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--- German ---
An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 14. April 2020
Embargo: 14. April 2020, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 31. März 2020 (1B_111/2020)
Im Nachverfahren angeordnete Sicherheitshaft mit EMRK vereinbar
Die vom Kantonsgericht Wallis im massnahmenrechtlichen Nachverfahren angeordnete Sicherheitshaft gegenüber einem rückfallgefährdeten pädosexuellen Straftäter
ist mit der Europäischen Menschenrechtskonvention (EMRK) vereinbar. Zu diesem
Schluss kommt das Bundesgericht in Auseinandersetzung mit einem kürzlich ergangenen Urteil des Europäischen Gerichtshofs für Menschenrechte (EGMR).
Der Betroffene wurde mehrmals wegen sexueller Handlungen mit Kindern und weiteren
Delikten zu insgesamt über sechs Jahren Freiheitsstrafe verurteilt. 2013 wurde eine den
Vollzug begleitende ambulante therapeutische Massnahme in eine stationäre therapeutische Massnahme umgewandelt, die bis Ende Dezember 2019 verlängert wurde. Anfang
Dezember 2019 beantragte die Dienststelle für Straf- und Massnahmenvollzug des Kantons Wallis die Verlängerung der stationären Massnahme. Da sich das zuständige
Gericht nicht in der Lage sah, vor Ende Dezember 2019 darüber zu entscheiden, ordnete das kantonale Zwangsmassnahmengericht am 20. Dezember 2019 (per 1. Januar
2020) gegen den Betroffenen vorläufig Sicherheitshaft an. Das Kantonsgericht des Kantons Wallis wies die Beschwerde des Mannes ab, von dem gemäss Gutachtern eine
hohe Rückfallgefahr ausgeht. Es bejahte dabei eine analoge Anwendung der Bestimmungen der Strafprozessordnung (StPO) zur Sicherheitshaft vor einer Verurteilung.
Das Bundesgericht weist die Beschwerde des Mannes ab. Er hatte eine Verletzung von
Artikel 5 Ziffer 1 EMRK gerügt, da für die angeordnete Sicherheitshaft keine ausreichende gesetzliche Grundlage bestehe. Zur Begründung stützte er sich auf ein
kürzlich ergangenes Urteil des EGMR ( I.L. gegen die Schweiz vom 3. Dezember 2019,
Nr. 72939/16). Dem Urteil lag ebenso wie im vorliegenden Fall die Anordnung von
Sicherheitshaft im massnahmenrechtlichen gerichtlichen Nachverfahren zu Grunde. Der
EGMR stellte dabei eine Verletzung von Artikel 5 Ziffer 1 der EMRK fest.
Gemäss Artikel 5 Ziffer 1 EMRK darf einer Person die Freiheit nur "auf die gesetzlich
vorgeschriebene Weise" entzogen werden. Derzeit besteht für die Anordnung und Fortsetzung von Sicherheitshaft im massnahmenrechtlichen gerichtlichen Nachverfahren
noch keine ausdrückliche gesetzliche Regelung. Nach der Praxis des EGMR kann
indessen eine analoge Anwendung haftrechtlicher Bestimmungen mit Artikel 5 Ziffer 1
EMRK vereinbar sein, wenn sie sich auf eine lang andauernde und konstante Rechtsprechung stützen kann. Entscheidend ist dabei gemäss EGMR, dass für die Betroffenen das Recht hinreichend klar und sein Gehalt somit vorhersehbar ist. Der EGMR hat
das Bestehen einer solchen Praxis im Entscheid vom Dezember 2019 verneint, im
Wesentlichen mit der Begründung, dass es lediglich einen Grundsatzentscheid des Bundesgerichts gebe, der dieselbe Situation betreffe.
Das Bundesgericht kommt zum Schluss, dass für die im vorliegenden Fall angeordnete
Sicherheitshaft eine lang andauernde und konstante Rechtsprechung des Bundesgerichts zur analogen Anwendung der Bestimmungen über die Sicherheitshaft vor einer
Verurteilung (Artikel 221 und 229 ff StPO) besteht und der angefochtene Entscheid mit
Artikel 5 Ziffer 1 EMRK vereinbar ist. Vorliegend ist der Stand der Rechtsprechung und
der Gesetzgebung von Dezember 2019 (Datum der Haftanordnung) massgebend.
Wesentlich ist sodann, dass nicht nur Grundsatzentscheide des Bundesgerichts zu
berücksichtigen sind, sondern sämtliche einschlägigen Entscheide des Bundesgerichts,
die seit 2000 grösstenteils und seit 2007 vollständig im Internet publiziert werden. Am
Anfang steht dabei definitionsgemäss ein einziger Grundsatzentscheid, während die
nachfolgenden Entscheide diesen bestätigen. Weiter hat der EGMR die Kategorie der
massgebenden Entscheide zu eng gefasst. Im Ergebnis ist von einer erheblichen Anzahl
übereinstimmender publizierter höchstrichterlicher Entscheide auszugehen, die ohne
Weiteres als konstante und lang andauernde Rechtsprechung zu qualifizieren sind.
Hinzu kommt, dass das Bundesgericht in diversen Entscheiden eine klare gesetzliche
Regelung als wünschbar bezeichnet, der Gesetzgeber diese Anregung konsequent aufgenommen hat und seit August 2019 ein Gesetzesentwurf vorliegt. Für den anwaltlich
verbeiständeten Beschwerdeführer war daher im Zeitpunkt der Haftanordnung ausreichend erkennbar, welche haftrechtlichen Regeln zur Anwendung gelangten.

--- French ---
A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 14 avril 2020
Embargo : 14 avril 2020, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 31 mars 2020 (1B_111/2020)
Détention pour des motifs de sûreté ordonnée dans la procédure 
ultérieure compatible avec la CEDH
La détention pour des motifs de sûreté, ordonnée par le Tribunal cantonal valaisan
dans une procédure ultérieure relative à une mesure envers un délinquant pédosexuel, susceptible de récidiver, est compatible avec la Convention européenne des
droits de l'homme (CEDH). Le Tribunal fédéral arrive à cette conclusion après avoir
examiné un récent arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme.
L'homme concerné avait été condamné à plusieurs reprises pour des actes d’ordre
sexuel avec des enfants, ainsi que d'autres délits, à une peine privative de liberté totale
de plus de six ans. En 2013, une mesure thérapeutique ambulatoire accompagnant la
peine de prison a été convertie en une mesure thérapeutique institutionnelle, qui a été
prolongée jusqu'à la fin décembre 2019. Début décembre 2019, le Service de l'application des peines et mesures du canton du Valais a demandé la prolongation de la mesure
institutionnelle. Le tribunal compétent n'étant pas en mesure de prendre une décision
avant fin décembre 2019, le Tribunal des mesures de contrainte du canton a ordonné, le
20 décembre 2019, le placement de l'intéressé en détention pour des motifs de sûreté
(à partir du 1er janvier 2020). Le Tribunal cantonal du canton du Valais a rejeté le
recours déposé par l'intéressé qui, selon les experts, est considéré comme présentant
un risque élevé de récidive. Le Tribunal a affirmé que les dispositions du Code de procédure pénale (CCP) sur la détention pour des motifs de sûreté avant condamnation
s'appliqueraient par analogie.
Le Tribunal fédéral rejette le recours de l'intéressé. Celui-ci s'était plaint d'une violation
de l'article 5 chiffre 1 de la CEDH, car il n'y existerait pas de base légale suffisante pour
la détention pour des motifs de sûreté ordonnée. A l'appui de son recours, il se réfère à
un récent arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme ( I.L. c. Suisse du 3
décembre 2019, n° 72939/16 ). Comme dans le cas présent, l'arrêt se référait à un ordre
de détention pour des motifs de sûreté dans une procédure judiciaire ultérieure relative
à une mesure. La Cour européenne des droits de l'homme avait constaté une violation
de l'article 5 chiffre 1 de la CEDH.
Selon l'article 5 chiffre 1 de la CEDH, une personne ne peut être privée de sa liberté
que « selon les voies légales  ». Actuellement, il n'existe pas de réglementation légale
explicite concernant l'ordre et le maintien d'une détention pour des motifs de sûreté
dans une procédure judiciaire ultérieure relative à une mesure. Toutefois, selon la
pratique de la Cour européenne des droits de l'homme, une application analogue des
dispositions relatives à une détention peut être compatible avec l'article 5 chiffre 1 de la
CEDH, si elle peut se fonder sur une jurisprudence ancienne et constante. Selon la
Cour européenne des droits de l'homme, le facteur décisif à cet égard est que le droit
soit suffisamment clair pour les personnes concernées et que son contenu soit donc
prévisible. La Cour européenne des droits de l'homme a nié l'existence d'une telle
pratique dans sa décision de décembre 2019, essentiellement au motif qu'il n'y avait
qu'une décision de principe du Tribunal fédéral concernant la même situation.
Le Tribunal fédéral conclut qu'il existe, pour la présente affaire, une jurisprudence
ancienne et constante de sa part sur l'application par analogie des dispositions relatives
à la détention pour des motifs de sûreté avant condamnation (articles 221 et 229 ss
CPP) pour la détention pour des motifs de sûreté  ; la décision attaquée est compatible
avec l'article 5 chiffre 1 de la CEDH. En l'espèce, est déterminant l'état de la jurisprudence et de la législation en décembre 2019 (date de l'ordonnance de détention). Il est
alors essentiel de prendre en compte non seulement les décisions de principe du Tribunal fédéral, mais aussi tous les arrêts du Tribunal fédéral en la matière, dont la plupart
est publiée sur Internet depuis 2000 et l'intégralité depuis 2007. Par définition, cela commence par une seule décision de principe, alors que les décisions ultérieures confirment
la règle. En outre, la Cour européenne des droits de l'homme a défini la catégorie des
décisions pertinentes de manière trop étroite. En conséquence, on peut supposer qu'il
existe un nombre considérable de décisions allant dans le même sens qui ont été
publiées par le Tribunal fédéral et qui peuvent sans autre être qualifiées de jurisprudence ancienne et constante. En outre, le Tribunal fédéral a déclaré dans plusieurs
décisions qu'une réglementation juridique claire était souhaitable  ; le législateur a par
conséquent accueilli cette suggestion et un projet de loi est disponible depuis août
2019. Pour le recourant, qui était représenté par un avocat, il était donc suffisamment
clair, au moment de l'ordonnance de détention, quelles règles de détention seraient
appliquées.

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