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--- German ---
An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 11. November 2016
Embargo: 11. November 2016, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 11. Oktober 2016 (6B_1026/2015)
Untersuchungshaft ausnahmsweise auch gegen Minderjährige 
zwischen 10 und 15 Jahren zulässig
Untersuchungshaft darf in Ausnahmefällen auch gegen minderjährige mutmassliche
Straftäter zwischen 10 und 15 Jahren angeordnet werden. Weil das Jugendstrafprozessrecht Untersuchungshaft gegen unter 15-Jährige nur als ultima ratio zulässt,
besteht eine ausreichende Garantie für deren rechtskonforme Anordnung.
Am 9. Dezember 2013 wurde in Genf ein mutmasslich 12 Jahre alter Junge von der
Polizei angehalten. Gegen den Betroffenen bestand ein Haftbefehl wegen Verdachts auf
Beteiligung an einem Einbruch. Er gab bei seiner Befragung zu, in der Schweiz bereits
Einbrüche begangen zu haben und auch am Tag seiner Verhaftung zum Kundschaften
nach Genf gekommen zu sein. Weiter gab er an, dass er keine Schule besuche, seine
Eltern in Rumänien leben würden und er sich mit seiner Grossmutter in Frankreich in
einem Camp aufhalte, dessen Standort er jedoch nicht preisgebe. Über Ausweispapiere
verfügte er nicht. Der Junge wurde in einer speziellen Einrichtung für Jugendliche in Untersuchungshaft gesetzt. Am 9. Januar 2014 sprach ihn der Jugendrichter des versuchten Diebstahls und weiterer Delikte schuldig, verhängte keine Strafe und ordnete seine
Entlassung an. In seiner Beschwerde ans Bundesgericht beantragte der Betroffene, die
Rechtswidrigkeit der Untersuchungshaft festzustellen. Er begründete dies damit, dass
unter 15-Jährige von Gesetzes wegen nicht mit einem Freiheitsentzug bestraft werden
dürften. Da eine Untersuchungshaft die Dauer der zu erwartenden Freiheitsstrafe nicht
übersteigen dürfe, sei Untersuchungshaft gegen unter 15-Jährige unzulässig. Zudem
verlangte er eine Haftentschädigung.
Das Bundesgericht bestätigt die Rechtmässigkeit der Untersuchungshaft und weist die
Beschwerde diesbezüglich ab. Es kommt zunächst zum Schluss, dass für die Anordnung von Untersuchungshaft gegen unter 15-Jährige eine ausreichende gesetzliche
Grundlage besteht. Gemäss Jugendstrafprozessordnung dürfen Jugendliche zwischen
dem 10. und 18. Altersjahr in Untersuchungshaft genommen werden. Dass der Gesetzgeber innerhalb dieses Rahmens auf die Festlegung eines Mindestalters verzichtet hat,
stellt keine Gesetzeslücke dar, die vom Richter zu füllen wäre. Die Jugendstrafprozessordnung lässt eine entsprechende Inhaftierung nur in Ausnahmefällen und nach Prüfung
sämtlicher Möglichkeiten von Ersatzmassnahmen zu, womit eine ausreichende Garantie
für die rechtskonforme Anordnung von Untersuchungshaft gegen unter 15 Jahre alte
Personen besteht. Zwar trifft es zu, dass die Verhängung eines Freiheitsentzugs als
Strafe gegen Jugendliche unter 15 Jahren ausgeschlossen ist. Allerdings ist zu beachten, dass gegen Personen dieses Alters Massnahmen verhängt werden können,
welche bei der Beurteilung der zulässigen Höchstdauer einer Untersuchungshaft
gegebenenfalls zu berücksichtigen sind. Auch vor diesem Hintergrund ist die Anordnung
von Untersuchungshaft gegenüber unter 15 Jahre alten Jugendlichen als ultima ratio
deshalb grundsätzlich zulässig. Etwas anderes ergibt sich auch nicht aus internationalem Recht. Im konkreten Fall war die angeordnete Untersuchungshaft zulässig und
aufgrund der Umstände verhältnismässig (u.a. fehlende Identitätspapiere, verweigerte
Bekanntgabe der Wohnadresse, Eltern nicht in der Schweiz, Fluchtgefahr). Was die
Haftentschädigung betrifft, ist eine solche grundsätzlich auch bei formell zulässiger
Untersuchungshaft möglich, sofern die letztlich ausgesprochene Strafe nicht auf die
Untersuchungshaft angerechnet werden kann. Vorliegend ist zu beachten, dass gegen
den Jungen weder eine Strafe noch eine Massnahme ausgesprochen wurde, welche auf
die Untersuchungshaft angerechnet werden könnte. Eine Entschädigung kann deshalb
in Betracht fallen. Die Vorinstanz muss über diesen Punkt neu entscheiden; die
Beschwerde wird in diesem Umfang gutgeheissen.

--- French ---
A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 11 novembre 2016
Embargo : 11 novembre 2016, 12:00 heures
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 11 octobre 2016 (6B_1026/2015)
La détention provisoire de mineurs âgés de 10 à 15 ans est 
exceptionnellement admissible
Dans des cas exceptionnels, la détention provisoire peut également être prononcée à
l'encontre de prévenus mineurs âgés de dix à quinze ans. Le droit de procédure
pénale des mineurs autorise le prononcé d'une détention provisoire à l'encontre de
mineurs de moins de quinze ans comme une mesure d'ultima ratio, en sorte qu'il
existe une base légale suffisante pour garantir la licéité d'un tel prononcé.
Le 9 décembre 2013, un mineur, alors vraisemblablement âgé de douze ans, qui faisait
l'objet d'un mandat d'arrêt pour suspicion de participation à la commission d'un
cambriolage, a été interpellé par la police à Genève. Lors de son audition, il a avoué
avoir déjà commis des cambriolages en Suisse et être venu ce jour-là à Genève pour
faire des repérages. Il a expliqué qu'il n'était pas scolarisé, que ses parents vivaient en
Roumanie et qu'il séjournait avec sa grand-mère dans un camp en France, dont il
refusait d'indiquer l'emplacement. Il était en outre dépourvu d'une quelconque pièce
d'identité. Le jeune garçon a été placé en détention provisoire dans un établissement
spécialisé dans la prise en charge des mineurs. Le 9 janvier 2014, le Juge des mineurs
du canton de Genève a prononcé une ordonnance pénale reconnaissant le mineur
coupable notamment de tentatives de vol, l'exemptant de toute peine, et a relaxé le
mineur. Dans son recours au Tribunal fédéral le mineur a conclu à la constatation de
l'illicéité de sa détention provisoire. Il soutenait qu'un mineur de moins de quinze ans ne
peut pas, de par la loi, être condamné à une peine privative de liberté. Dès lors que la
détention provisoire ne saurait excéder la durée de la peine privative de liberté
prévisible, la mise en détention provisoire d'un mineur de moins de quinze ans serait
également prohibée. Le recourant a en outre conclu à l'indemnisation de sa détention
provisoire.
Le Tribunal fédéral confirme la licéité de la détention provisoire et rejette le recours sur
ce point. Il parvient d'abord à la conclusion qu'il existe une base légale suffisante pour
prononcer la mise en détention provisoire d'un mineur de moins de quinze ans. Il ressort
de la procédure pénale des mineurs que la mise en détention provisoire s'adresse à
tous les mineurs entre dix et dix-huit ans. Le fait que le législateur a renoncé à fixer un
âge minimal dans ce cadre ne constitue pas une lacune de la loi qui devrait être
comblée par le juge. La procédure pénale applicable aux mineurs n'autorise le placement en détention provisoire que dans des cas exceptionnels et à la suite d'un examen
de toutes les possibilités alternatives moins incisives, en sorte qu'il existe des garanties
suffisantes pour que la mise en détention provisoire de mineurs de moins de quinze ans
soit conforme au droit. Il est certes impossible de sanctionner un mineur de moins de
quinze ans par une peine privative de liberté; mais des mesures peuvent toutefois être
prononcées à l'encontre des mineurs de moins de quinze ans, lesquelles peuvent être
imputées sur la détention provisoire. Il s'ensuit que la mise en détention provisoire d'un
mineur de moins de quinze ans, bien qu'elle demeure une mesure exceptionnelle, est
licite. Le droit international ne contredit pas cette solution. Dans le cas d'espèce, la
détention provisoire était admissible et proportionnée au vu des circonstances (i. e. le
recourant n'était pas en possession de document d'identité, a refusé d'indiquer son lieu
de résidence à l'étranger, ses parents ne se trouvaient pas en Suisse et il existait un
risque de fuite). Même lorsque la détention provisoire est licite, une indemnisation est
susceptible d'entrer en considération, si la sanction finalement infligée ne peut pas être
(totalement) imputée sur la détention provisoire effectivement subie. En l'espèce, le
recourant a été exempté de toute peine et aucune mesure n'a été ordonnée, en sorte
qu'une imputation sur la détention provisoire subie est exclue. Une indemnisation peut
donc entrer en ligne de compte. L'autorité cantonale, à laquelle la cause est renvoyée,
devra examiner cet aspect et rendre un nouveau jugement. Dans cette mesure, le
recours est admis.

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