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An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 3. Dezember 2019
Embargo: 3. Dezember 2019, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 8. November 2019 (6B_383/2019, 6B_394/2019)
LTTE-Urteil: Beschwerde der BA weitgehend abgewiesen
Das Bundesgericht bestätigt den Freispruch von 12 Personen vom Vorwurf der
Unterstützung und/oder Mitgliedschaft in einer kriminellen Organisation im Zusammenhang mit ihren Aktivitäten für die tamilische Organisation "Liberation Tigers of
Tamil Eelam" (LTTE). Es weist die Beschwerde der Bundesanwaltschaft gegen das
Urteil des Bundesstrafgerichts in den Hauptpunkten ab.
Die Bundesanwaltschaft (BA) hatte 2016 13 Personen angeklagt. 12 von ihnen wurde
Unterstützung und/oder Mitgliedschaft in einer kriminellen Organisation vorgeworfen,
indem sie die mutmasslich als Terrororganisation zu betrachtende LTTE in den Jahren
1999 bis 2009 von der Schweiz aus finanziell unterstützt hätten. Weitere Anklagepunkte
betrafen Betrug, Urkundenfälschung, Geldwäscherei und Erpressung. Gemäss BA sei
die LTTE zur Tatzeit über  ihren  Schweizer Ableger "World  Tamil Coordinating
Committee" (WTCC) aufgetreten. Die führenden Köpfe der LTTE in der Schweiz hätten
eine  Methode  zur  systematischen  und  raschen  Geldbeschaffung  innerhalb  der
tamilischen Diaspora-Gemeinde in der Schweiz entwickelt und umgesetzt. Mit Hilfe von
Kurieren und Krediten aus der Diaspora-Gemeinde seien namhafte Geldbeträge
beschafft worden. Das Bundesstrafgericht sprach 2018 alle Beschuldigten vom Vorwurf
der Unterstützung und/oder Mitgliedschaft in einer kriminellen Organisation frei. Bei fünf
Angeklagten erkannte es auf gewerbsmässigen Betrug, bei zwei von ihnen zusätzlich
auf Urkundenfälschung. Es verurteilte sie zu bedingten Freiheitsstrafen zwischen 11 und
24 Monaten. Die BA gelangte ans Bundesgericht und forderte Verurteilungen wegen
Unterstützung und/oder Mitgliedschaft in einer kriminellen Organisation und weiterer
Delikte. 
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde der BA in einem Punkt gut und weist sie im
übrigen ab. Das Bundesstrafgericht wird bezüglich einer freigesprochenen Person
prüfen müssen, ob sie sich der Urkundenfälschung schuldig gemacht hat. Die Freisprüche vom Vorwurf der Unterstützung und/oder der Mitgliedschaft in einer kriminellen
Organisation (Artikel 260 ter des Strafgesetzbuches, StGB) sind nicht zu beanstanden.
Gemäss dem Legalitätsprinzip muss ein Straftatbestand so präzise formuliert sein, dass
der Bürger sein Verhalten danach richten und die Folgen eines bestimmten Verhaltens
mit einem den Umständen entsprechenden Grad an Gewissheit erkennen kann. Artikel
260ter StGB wurde ursprünglich zur Bekämpfung der organisierten Kriminalität mafiösen
Charakters konzipiert und später auch auf terroristische Organisationen angewendet.
Nicht angelegt wurde die Norm im Hinblick auf Organisationen, die am Rande zwar
terroristische Akte begehen, sonst aber überwiegend andere Ziele verfolgen. Ab gesehen
von Gruppierungen, die das Bundesgericht bereits als terroristisch qualifiziert hat (u.a.
"Al-Qaida" und "Islamischer Staat"), ist nur schwer absehbar, ob eine Organi sation, die
terroristische Akte begangen hat, als kriminelle Organisation im Sinne von Artikel 260 ter
StGB einzustufen ist. Was die LTTE betrifft, ist diese entgegen der Ansicht der
Vorinstanz zwar auch Urheberin terroristischer Angriffe gewesen. Zu ihren überwiegenden Zielen gehörte dies allerdings nicht; dazu zählten vielmehr die Führung eines
konventionellen bewaffneten Kampfes, die quasi-staatliche Verwaltung eines Gebiets
und die Anerkennung der Unabhängigkeit ihrer ethnischen Gemeinschaft. Angesichts
des Umfangs und der Vielfältigkeit der nicht-kriminellen Aktivitäten der LTTE kann
schwerlich gesagt werden, dass eine Person, die zu ihren Gunsten Geld gesammelt hat,
davon ausging, ihr Verhalten diene direkt einem kriminellen Ziel. Stellungnahmen
verschiedener Bundesbehörden aus dem fraglichen Zeitraum zeigen zudem, dass die
LTTE nicht als kriminelle Organisation betrachtet wurde. Insgesamt war es für die
Beschuldigten somit nicht vorhersehbar, dass ihre Tätigkeiten zu Gunsten der WTCC
resp. der LTTE gegen Artikel 260 ter StGB verstossen könnten. Eine entsprechende Verurteilung würde das Legalitätsprinzip verletzen. Gutgeheissen hat das Bundesgericht die
Beschwerde eines Betroffenen. Das Bundesstrafgericht wird seine Verurteilung wegen
Betrugs neu prüfen müssen.

--- French ---
A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 3 décembre 2019
Embargo : 3 décembre 2019, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 8 novembre 2019 (6B_383/2019, 6B_394/2019)
Jugement LTTE  : recours du MPC largement rejeté
Le Tribunal fédéral confirme l'acquittement de 12 personnes accusées de soutien
et/ou de participation à une organisation criminelle en relation avec leurs activités
pour l'organisation tamoule «  Liberation Tigers of Tamil Eelam  » (LTTE). Il rejette, sur
les points principaux, le recours du Ministère public de la Confédération contre le
jugement du Tribunal pénal fédéral.
Le Ministère public de la Confédération (MPC) avait, en 2016, mis 13  personnes en
accusation. 12 d'entre elles avaient été accusées de soutien et/ou de participation à une
organisation criminelle, pour avoir, depuis la Suisse, soutenu financièrement l'organisation prétendument terroriste LTTE durant les années 1999 à 2009. D'autres points de
l'accusation concernaient des escroqueries, des faux dans les titres, du blanchiment
d'argent et de l'extorsion. Selon le MPC, le mouvement LTTE se serait, à l'époque des
faits, manifesté par sa ramification suisse, le «  World Tamil Coordinating Committee  »
(WTCC). Les dirigeants du mouvement LTTE en Suisse auraient développé et appliqué
une méthode d'obtention rapide et systématique d'argent au sein de la communauté
tamoule de la diaspora dans notre pays. Des fonds considérables auraient été obtenus
de la communauté tamoule de la diaspora par le biais d'émissaires et de crédits. En
2018, le Tribunal pénal fédéral avait libéré tous les prévenus du chef de prévention de
soutien et/ou de participation à une organisation criminelle. Il avait condamné cinq
accusés pour escroquerie par métier, dont deux en outre pour faux dans les titres. Il leur
avait infligé des peines privatives de liberté de 11 à 24 mois avec sursis. Le MPC a saisi
le Tribunal fédéral et a demandé des condamnations pour soutien et/ou participation à
une organisation criminelle ainsi que pour d'autres délits.
Le Tribunal fédéral admet le recours du MPC sur un point et le rejette pour le reste. Le
Tribunal pénal fédéral devra, à cet égard, examiner si une personne acquittée a pu se
rendre coupable de faux dans les titres. Les acquittements concernant l'accusation de
soutien et/ou de participation à une organisation criminelle (article  260ter du Code pénal,
CP) ne sont pas critiquables. Selon le principe de la légalité, une norme pénale doit être
formulée de manière suffisamment précise pour qu'un citoyen puisse s'y conformer et
prévoir les conséquences d'un comportement déterminé avec un certain degré de certitude dépendant des circonstances. A l'origine, l'article  260ter CP a été conçu pour lutter
contre le crime organisé de type mafieux. Par la suite, son application a été étendue aux
organisations terroristes. La norme n'a pas été conçue pour des organisations qui se
livrent certes, en marge, à des actes terroristes, mais qui poursuivent principalement
d'autres objectifs. En dehors des groupes qui ont déjà été qualifiés de terroristes par le
Tribunal fédéral (entre autres «  Al-Qaïda » et « Etat islamique »), il est malaisé de prévoir si une organisation ayant notamment commis des actes terroristes doit être considérée comme une organisation criminelle au sens de l'article  260ter CP. Concernant le
mouvement LTTE, ce dernier a, contrairement à l'avis de l'autorité précédente, bien
commis des attaques terroristes. Ces dernières ne comptaient toutefois pas parmi ses
objectifs directs ; parmi ceux-ci comptaient plutôt la conduite d'une lutte armée conventionnelle,  l'administration  quasi-étatique  d'un  territoire  et  la  reconnaissance  de
l'indépendance de sa communauté ethnique. Vu l'ampleur et la diversité des tâches non
criminelles exercées par le mouvement LTTE, on pouvait difficilement affirmer qu'une
personne collectant des fonds à son profit pouvait partir du principe que son comportement servait directement un objectif criminel. Les prises de position de différentes
autorités fédérales durant la période en question montrent en outre que le mouvement
LTTE n'était pas considéré comme une organisation criminelle. En définitive, il n'était
pas prévisible, pour les prévenus, que leurs activités en faveur du WTCC, respectivement du mouvement LTTE, pourraient porter atteinte à l'article  260ter CP. Une condamnation à cet égard aurait violé le principe de la légalité. Le Tribunal fédéral a par ailleurs
admis le recours d'un intéressé. Le Tribunal pénal fédéral devra à nouveau examiner sa
condamnation pour escroquerie.

--- Italian ---