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An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 1. Oktober 2015
Embargo: 1. Oktober 2015, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 14. September 2015 (5A_443/2014)
Leihmutterschaft: Keine Eintragung genetisch fremder Kinder
Ein Ehepaar aus dem Kanton Aargau kann genetisch nicht verwandte Kinder, welche
in den USA von einer Leihmutter ausgetragen wurden, im schweizerischen Personenstandsregister nicht als seine Kinder eintragen lassen. Eine Anerkennung der
kalifornischen Geburtsurkunde, in der sie als Eltern der Zwillinge aufgeführt sind, ist
aufgrund der Umgehung des verfassungsmässigen Leihmutterschaftsverbotes nicht
mit dem Ordre public vereinbar. Vorbehalten bleibt die Herstellung der Kindesverhältnisse im Rahmen einer Adoption.
Die Leihmutter in Kalifornien hatte für das im Kanton Aargau wohnhafte Ehepaar 2012
Zwillinge zur Welt gebracht. Die Kinder weisen keine genetische Verwandtschaft mit
ihren Wunscheltern auf; die Embryonen wurden aus Eizellen und Spermien anonymer
Spender geschaffen. In der kalifornischen Geburtsurkunde wurde das Schweizer Ehepaar entsprechend den Anweisungen im Urteil des zuständigen US-Gerichts als Eltern
eingetragen. Gestützt auf diese Geburtsurkunde ersuchte das Ehepaar anschliessend
um Eintragung der Kindesverhältnisse im schweizerischen Personenstandsregister. Das
Departement Volkswirtschaft und Inneres des Kantons Aargau und das Obergericht
lehnten die Eintragung ab.
Das Bundesgericht weist die Beschwerde des Ehepaares ab, soweit es darauf eintritt.
Die Anerkennung der Geburtsurkunde und die Eintragung der Kindesverhältnisse im
schweizerischen Personenstandsregister würde in der zu beurteilenden Konstellation
gegen den Ordre public verstossen. In der Schweiz sind sämtliche Arten von Leihmutterschaft bereits auf Verfassungsstufe verboten. Das Leihmutterschaftsverbot bezweckt
unter anderem, das Kind vor einer Degradierung zur Ware und die Leihmutter vor der
Kommerzialisierung ihres Körpers zu schützen. Eine Verletzung des Ordre public liegt
vor, wenn in offensichtlicher Umgehung des Leihmutterschaftsverbots die entsprechenden Vorgänge ins Ausland verlagert, aber gleichzeitig Rechtswirkungen im Inland verlangt werden. Das ist vorliegend der Fall. Die Wunscheltern weisen keinerlei Bezug zu
den USA auf; insbesondere hatten sie ununterbrochen Wohnsitz in der Schweiz. Ihr Vorgehen ist dadurch geprägt, das in der Schweiz als fundamental angesehene Leihmutterschaftsverbot zu umgehen und sich ihren Kinderwunsch mit Hilfe einer Rechtsordnung
zu erfüllen, die kein solches Verbot kennt.
In der zu beurteilenden Konstellation darf überdies die funktionale Nähe zu einer Adoption nicht ausgeblendet werden, wo ebenfalls ein Kindesverhältnis zu genetisch nicht
verwandten Eltern hergestellt wird. Bei einer Adoption sehen sowohl das nationale
Recht als auch das Haager Adoptionsübereinkommen eine Reihe von Schutzbestimmungen zugunsten des Kindes vor. Insbesondere darf eine Adoption nicht ohne vorgängige Prüfung der Eignung der Adoptiveltern und des Kindeswohls erfolgen. Dieser
Schutzgedanke kann vorliegend wertungsmässig mitberücksichtigt werden. Eine Prüfung des Kindeswohls hat hier nie stattgefunden.
Die Verweigerung der Anerkennung der Kindesverhältnisse in der konkreten Situation ist
mit der aktuellen Rechtsprechung des Europäischen Gerichtshofes für Menschenrechte
und mit der UN-Kinderrechtskonvention vereinbar. Insbesondere kann die bestehende
Rechtsunsicherheit für die Kinder durch ein inländisches Adoptionsverfahren beseitigt
werden. Ihr Aufenthalt in der Schweiz ist bis zu diesem Zeitpunkt nicht gefährdet. 
Nicht zu diskutieren ist im Rahmen des vorliegenden Urteils, wie in einer anderen Konstellation zu entscheiden wäre.

--- French ---
A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 1er octobre 2015
Embargo : 1er octobre 2015, 12:00 heures
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 14 septembre 2015 (5A_443/2014)
Gestation pour autrui : pas d'inscription d'enfants sans lien 
biologique
Un couple établi dans le canton d'Argovie ne peut faire inscrire comme étant les
siens dans le registre d'état civil suisse des enfants issus d'une gestation pour autrui
qui n'ont aucun lien biologique avec eux. La reconnaissance du certificat de naissance californien où ils figurent en qualité de parents des jumeaux en question n'est
pas compatible avec l'ordre public suisse dès lors qu'elle permettrait de contourner
l'interdiction ancrée dans la Constitution suisse d'avoir recours à la gestation pour
autrui.
Les jumeaux ont été mis au monde en 2012 par une mère porteuse en Californie pour le
compte d'un couple marié vivant dans le canton d'Argovie. Les enfants n'ont aucun lien
biologique avec leurs parents d'intention dès lors que les embryons sont issus d'une
donneuse d'ovocytes et d'un donneur de sperme anonymes. Conformément aux instructions données dans la décision rendue par le tribunal américain compétent, le couple
suisse a été inscrit en qualité de parents des enfants sur le certificat de naissance californien. Sur la base de ce certificat de naissance, le couple a requis d'être inscrit en
qualité de parents des enfants dans le registre d'état civil suisse. Le Département de
l'économie et de l'intérieur du canton d'Argovie ainsi que le Tribunal supérieur ont rejeté
la requête d'inscription.
Le Tribunal fédéral rejette le recours du couple dans la mesure de sa recevabilité. La
reconnaissance du certificat de naissance et l'inscription du couple en qualité de parents
des enfants dans le registre d'état civil suisse contreviendrait dans le cas d'espèce à
l'ordre public. En Suisse, toutes les formes de gestation pour autrui sont interdites par la
Constitution. Cette interdiction vise notamment à éviter que l'enfant ne soit réduit au statut de marchandise et à protéger la mère porteuse d'une éventuelle commercialisation
de son corps. L'ordre public est enfreint lorsque l'intégralité du processus de conception
a été délocalisé dans le but manifeste de contourner l'interdiction d'avoir recours à la
gestation pour autrui en Suisse et que des effets juridiques sont en parallèle requis dans
ce pays, ce qui est précisément le cas en l'espèce. Les parents d'intention ne se prévalent d'aucune attache avec les Etats-Unis. Ils ont en particulier été domiciliés sans
interruption en Suisse. Leur manière de procéder est motivée par le seul fait de vouloir
contourner l'interdiction perçue comme fondamentale en Suisse d'avoir recours à la gestation pour autrui et de satisfaire leur désir d'enfant en se servant d'un ordre juridique
qui autorise cette pratique.
On ne peut pas non plus ignorer les similitudes fonctionnelles que présente le cas d'espèce avec l'adoption où un lien de filiation est également créé entre des parents et un
enfant qui ne sont liés par aucun lien biologique. Or, dans le cas d'une adoption, autant
le droit national que la Convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale prévoient une multitude de dispositions visant
précisément à protéger l'enfant. Une adoption ne peut en particulier avoir lieu sans un
contrôle préalable de l'aptitude des adoptants et du bien de l'enfant. Ce souci de protection peut également être pris en considération dans la pesée des intérêts en présence
dès lors qu'un tel contrôle du bien de l'enfant n'a jamais eu lieu en l'espèce.
Le refus de reconnaître le lien de filiation dans le cas d'espèce est également compatible avec la jurisprudence actuelle de la Cour européenne des droits de l'homme ainsi
qu'avec la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant. L'insécurité juridique prévalant actuellement pour les enfants peut en particulier être écartée en ayant
recours à une procédure nationale d'adoption. Leur séjour en Suisse n'est pour l'heure
pas menacé.
La question de savoir si une appréciation différente serait indiquée dans d'autres situations peut rester ouverte dans le cadre de la présente décision.

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