Document ID: JURITEXT000007489243
Case Number: 
URL: texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/48/92/JURITEXT000007489243.xml
Dataset Source: la-mousse/INCA-17-01-2025

--- Full Document ---
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le premier moyen : Vu l'article 1351 du Code civil ; Attendu que, selon deux actes authentiques des 31 décembre 1987 et 2 janvier 1988, la Caisse d'épargne et de prévoyance des Alpes (la Caisse d'épargne) a consenti deux prêts, le premier d'un montant de 3 400 000 francs, le second d'un montant de 2 400 000 francs, à M. et à Mme X... que ceux-ci se sont solidairement obligés à rembourser ; qu'en raison de la défaillance des époux X..., il a été procédé à la saisie et à la vente de biens immobiliers leur appartenant ; que l'état de collocation dressé pour parvenir à la distribution du prix de cette vente a été frappé par Mme X... d'un contredit, rejeté par jugement du 5 décembre 1996, devenu irrévocable ; que soutenant que la Caisse d'épargne avait fautivement octroyé ces prêts, dont elle prétendait qu'ils étaient sans cause ou sur une fausse cause, Mme X... a assigné la Caisse d'épargne en réparation du préjudice qu'elle reprochait à celle-ci de lui avoir ainsi causé ; Attendu que pour rejeter cette demande l'arrêt attaqué retient que la mise en cause de la responsabilité de la Caisse d'épargne, tant sur un fondement contractuel que sur un fondement quasi délictuel, se heurte à l'autorité de chose jugée attachée au jugement du 5 décembre 1996 ; Attendu, cependant, que ce jugement avait écarté des manquements imputés à faute à la Caisse d'épargne par Mme X... au soutien de son contredit aux motifs que celle-ci ne critiquait pas la motivation du jugement du 12 novembre 1992 rendu dans une instance opposant la Caisse d'épargne aux époux X... à propos d'une demande en remboursement d'un autre prêt contracté à la même époque, que cette décision, à laquelle il convient de se reporter, fait une analyse approfondie de la situation financière des époux X... à cette époque, d'où il ressort que le crédit consenti par l'établissement bancaire n'avait rien d'anormal compte tenu des revenus qu'ils déclaraient et de l'importance de leur train de vie et de leur patrimoine et que cette motivation doit s'appliquer dans les mêmes termes dans la présente instance ; D'où il suit qu'en se déterminant ainsi alors, d'une part, que le jugement du 12 novembre 1992 tranchait un litige opposant la Caisse d'épargne au seul M. X..., en sorte que ce jugement était à l'égard de Mme X... dépourvu de l'autorité de la chose jugée, d'autre part, que le jugement du 5 décembre 1996 se bornait à renvoyer à ce précédent jugement sans réfuter aucun des moyens articulés en cause d'appel par Mme X... pour rechercher la responsabilité civile de la Caisse d'épargne, la cour d'appel, a violé, par fausse application, le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le second moyen : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 15 octobre 2002, entre les parties, par la cour d'appel de Grenoble ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Lyon ; Condamne la Caisse d'épargne et de prévoyance des Alpes aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, condamne la Caisse d'épargne et de prévoyance des Alpes à payer à Mme X... la somme de 2 000 euros ; rejette la demande formée par la Caisse d'épargne et de prévoyance des Alpes ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du premier mars deux mille cinq.

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AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le premier moyen : Vu l'article 1351 du Code civil ; Attendu que, selon deux actes authentiques des 31 décembre 1987 et 2 janvier 1988, la Caisse d'épargne et de prévoyance des Alpes (la Caisse d'épargne) a consenti deux prêts, le premier d'un montant de 3 400 000 francs, le second d'un montant de 2 400 000 francs, à M. et à Mme X... que ceux-ci se sont solidairement obligés à rembourser ; qu'en raison de la défaillance des époux X..., il a été procédé à la saisie et à la vente de biens immobiliers leur appartenant ; que l'état de collocation dressé pour

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saisie et à la vente de biens immobiliers leur appartenant ; que l'état de collocation dressé pour parvenir à la distribution du prix de cette vente a été frappé par Mme X... d'un contredit, rejeté par jugement du 5 décembre 1996, devenu irrévocable ; que soutenant que la Caisse d'épargne avait fautivement octroyé ces prêts, dont elle prétendait qu'ils étaient sans cause ou sur une fausse cause, Mme X... a assigné la Caisse d'épargne en réparation du préjudice qu'elle reprochait à celle-ci de lui avoir ainsi causé ; Attendu que pour rejeter cette demande l'arrêt attaqué retient que la mise en cause de la responsabilité de la Caisse d'épargne, tant sur un fondement contractuel que sur un fondement quasi délictuel, se

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de la Caisse d'épargne, tant sur un fondement contractuel que sur un fondement quasi délictuel, se heurte à l'autorité de chose jugée attachée au jugement du 5 décembre 1996 ; Attendu, cependant, que ce jugement avait écarté des manquements imputés à faute à la Caisse d'épargne par Mme X... au soutien de son contredit aux motifs que celle-ci ne critiquait pas la motivation du jugement du 12 novembre 1992 rendu dans une instance opposant la Caisse d'épargne aux époux X... à propos d'une demande en remboursement d'un autre prêt contracté à la même époque, que cette décision, à laquelle il convient de se reporter, fait une analyse approfondie de la situation financière des époux X... à cette époque, d'où il ressort que le crédit