# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fc4efa56-019a-595d-aae5-ebfe60f59aeb
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2008
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Par jugement du 20 juin 2007, la 2
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame B_ , et Monsieur B_ , mariés en date du 28 juin 1985.
Selon le chiffre 7 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage.
Le prononcé du divorce est devenu définitif le 28 août 2007 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 10 septembre 2007 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 28 juin 1985 et le 28 août 2007.
L'instruction menée par le Tribunal de céans a permis d'établir les faits suivants :
S'agissant de Madame B_
:
Selon le courrier du 18 octobre 2007 de la CAISSE DE PENSIONS MIGROS auprès de laquelle la demanderesse est affiliée depuis le 1
er
octobre 2002, les avoirs LPP de celle-ci s'élèvent à
40'097 fr. 50
. La prestation de libre passage accumulée à la date du mariage est de
1'777 fr
. intérêts au 28 août 2007 compris.
Cette institution a précisé avoir reçu des prestations de libre passage, soit 2'621 fr. le 1
er
octobre 2002 de la CVP/CAP Coop Personalversicherung, 3'115 fr. 10 le 1
er
novembre 2002 de la Fondation de libre passage de la Banque cantonale de Genève et 6'045 fr. 80 le 16 juin 2005 de la Fondation de libre passage de la Banque cantonale de Zurich.
S'agissant de Monsieur B_
:
Selon le courrier du 12 octobre 2007 de la CAISSE DE PREVOYANCE DES FONCTIONNAIRES DE POLICE ET DE LA PRISON, auprès de laquelle le demandeur est affilié depuis le 1
er
août 1987, la prestation acquise pendant le mariage par celui-ci est de
491'364 fr. 16
, intérêts au 31 août 2007 compris, étant précisé qu'une prestation de libre passage de 1'833 fr. 45 avait été versée par HOTELA le 24 février 1987.
6. Ces documents ont été transmis aux parties en date du 12 février 2008. La juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 22 février 2008, un arrêt serait rendu sur cette base.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 18 juin 1985, d’autre part le 28 août 2007, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de
491'364 fr. 16,
tandis que celle acquise par la demanderesse est de
38'320 fr. 50 (40'097 fr. 50 - 1'777 fr.)
, le
s
intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur doit à son ex-épouse le montant de
245'682 fr. 10 (
491'364 fr. 16 : 2)
et celle-ci doit à celui-là le montant de
19'160 fr. 25
(
38'320 fr. 50 : 2),
de sorte que c’est le demandeur qui doit à son ex-épouse le montant de
226'521 fr. 85 (
245'682 fr. 10 - 19'160 fr. 25).
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF
129 V 255
consid. 3).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).