# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 92b9888a-9407-443c-960f-61c92dfb2e71
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2001
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. A._ a bénéficié des indemnités de chômage depuis le 1er février 1995.
Par décision du 8 octobre 1996, l'Office cantonal de l'assurance-chômage (ci-après : l'OCAC) a accepté la demande d'encouragement à une activité indépendante durable formée par cet assuré le 24 septembre 1996. Cette décision précisait notamment ce qui suit :
"Pour autant que les autres conditions dont dépend le droit à l'indemnité soient remplies, des indemnités à concurrence de 60 au maximum vous sont allouées dès le 17 septembre 1996 pendant la phase d'élaboration de l'activité indépendante et seront versées par la caisse de chômage à la fin de chaque mois.
En outre, vous nous transmettrez, au plus tard pour le 17 décembre 1996, un rapport succinct sur l'évolution du projet en précisant votre intention d'entreprendre ou non votre activité indépendante; le cas échéant, la prise définitive d'une activité indépendante aura pour effet de prolonger votre délai-cadre de deux ans."
Le 30 décembre 1996, A._ a adressé à la Caisse publique cantonale vaudoise de chômage (ci-après : la caisse) les explications suivantes :
... "Etant au terme de l'EAI, je me dois de vous apporter quelques informations sur ma situation actuelle.
En effet, j'ai effectué une requête auprès de l'Agence communale d'Assurances Sociales afin d'obtenir le statut d'indépendant pour débuter mon activité au 1er janvier 1997. Cette dernière a abouti par une réponse favorable compte tenu de la présentation de mon projet.
Cette décision a bien entendu été précédée de la signature du contrat de bail à loyer pour un bureau commercial à Lausanne et qui sera disponible dès le 16 janvier 1997.
Il va de soi que rien est encore terminé et qu'il me reste encore beaucoup de choses à régler, mais cela fait partie du défi que je me suis fixé et j'en suis fier (...)."
Par lettre du 15 janvier 1997, l'OCAC a informé la caisse que A._ avait poursuivi son activité indépendante au-delà du 17 décembre 1996.
Le 17 mars 1997, la société X._SA, dont l'administrateur unique avec signature individuelle est A._, a été inscrite au Registre du commerce de Lausanne. Par contrat de travail du même jour, elle a engagé A._ comme directeur pour un salaire net de 4'000 francs.
Le 9 janvier 1998, A._ s'est inscrit comme demandeur d'emploi en raison de la perte de son emploi de directeur dès le 1er janvier 1998. II a rempli une formule de "demande d'indemnité de chômage" le 16 janvier 1998 en précisant notamment qu'il avait exercé une activité indépendante du 1er janvier au 16 mars 1997.
Par décision du 28 mai 1998, la caisse a constaté que le droit au chômage de A._ était épuisé depuis le 1er mars 1998 pour les motifs suivants :
"Dans le cas présent, des indemnités spécifiques dans le cadre de l'encouragement à l'activité indépendante vous ont été octroyées du 17 septembre au 9 décembre 1996. En date du 15 janvier 1997 le Service de l'Emploi nous confirme que vous avez entrepris votre activité indépendante. Dès lors, votre délai-cadre débutant le 1er février 1995 a été prolongé jusqu'au 31 janvier 1999.
Vous avez bénéficié des prestations de l'assurance-chômage de février 1995 à décembre 1996, puis février 1998, ce qui totalise 24 mois."
Par décision du 26 janvier 1999, l'OCAC a rejeté le recours déposé par A._ et confirmé la décision de la caisse.
B. C'est contre cette décision que A._ a recouru au Tribunal administratif par acte du 22 février 1999. Il conclut principalement à l'annulation du jugement, le dossier étant renvoyé à l'autorité intimée pour nouvelle décision dans le sens des considérants; subsidiairement, il conclut à la réforme de la décision en ce sens qu'il a droit aux indemnités de chômage à compter du 1er février 1998 et qu'il est procédé au calcul et au versement des indemnités en sa faveur dès cette date.
A l'appui de son recours, A._ a produit notamment un extrait de compte individuel établi le 2 février 1999 par la Caisse de compensation de la Fédération patronale vaudoise dont il résulte qu'il a touché un revenu de 27'763 fr. en tant qu'employé chez X._pour la période de mars à décembre 1997.
L'OCAC a conclu au rejet du recours dans ses déterminations du 10 mars 1999.

## Considerations

Considérant en droit:
1. Déposé dans le délai de trente jours fixé par l'art. 103 al. 3 de la loi fédérale du 25 juin 1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (ci-après : LACI), le recours est intervenu en temps utile. Il est au surplus recevable en la forme.
2. Le recourant reproche à l'autorité intimée d'avoir ignoré qu'il disposait d'un nouveau droit aux prestations de l'assurance-chômage, compte tenu de son activité soumise à cotisation au service de X._SA du 17 mars 1997 au 31 décembre 1997.
Pour sa part, l'autorité intimée estime qu'à la suite de la prise d'une activité indépendante par le recourant, le délai-cadre de celui-ci a été prolongé de deux ans, soit jusqu'au 31 janvier 1999, sans qu'un nouveau délai-cadre puisse être ouvert avant cette date.
3. Selon l'art. 71a al. 1 LACI, l'assurance peut soutenir l'assuré au chômage ou sur le point de l'être, qui projette d'entreprendre une activité indépendante durable, par le versement de 60 indemnités journalières spécifiques au plus durant la phase d'élaboration du projet. A l'issue de la phase d'élaboration du projet, mais au plus tard lorsque l'assuré perçoit la dernière indemnité journalière spécifique, il incombe à l'assuré d'informer l'autorité cantonale de son intention d'entreprendre ou non une activité indépendante (art. 71d al. 1 LACI). Si l'assuré entreprend ou exerce déjà une activité indépendante lorsqu'il a touché la dernière indemnité journalière spécifique, le délai-cadre pour l'octroi ultérieur d'éventuelles indemnités journalière est étendu à quatre ans (art. 71d al. 2 première phrase LACI). Ainsi, au moment où l'assuré débute son activité indépendante, le délai cadre de deux ans applicable à la période d'indemnisation (art. 9 al. 2 LACI) est prolongé de deux ans (art. 95e al. 2 OACI). Le versement des prestations de l'assurance ne dépassera toutefois pas deux ans au total (art. 71d al. 2 deuxième phrase LACI).
Une fois fixé, le délai-cadre ne peut pas être déplacé, de sorte que, durant l'écoulement dudit délai, le renouvellement d'une demande d'indemnité ne provoquera pas la fixation d'un nouveau délai-cadre (Gerhards, Kommentar zum Arbeitslosenversicherungsgesetz, Band I, Berne 1987, n. 19 ad art. 9 LACI, p. 119; OFIAMT, Circulaire relative à l'indemnité de chômage, n. 8 et 9). Ce n'est que lorsque le délai-cadre applicable à la période d'indemnisation a expiré et que l'assuré prétend de nouveau à des indemnités de chômage que des délai-cadres de deux ans s'appliquent à nouveau à la période d'indemnisation et à celle de cotisation (art. 9. al. 4 LACI). Ainsi, l'assuré, qui présente une nouvelle demande d'indemnité immédiatement après la fin du précédent délai-cadre applicable à la période d'indemnisation, peut voir celui-ci converti en un nouveau délai-cadre applicable cette fois-ci à la période de cotisation; une telle juxtaposition mécanique des délais-cadres a été voulue pour éviter que des assurés ne renoncent par légèreté à des périodes de cotisation leur donnant droit à la perception d'indemnités de chômage, dès lors que, contrairement à l'ancien droit, les jours chômés et indemnisés ne pouvaient plus être pris en compte comme période de cotisation (Gerhards, op. cit., n. 30 ad art. 9 LACI, p. 121).
Pour remplir les conditions relatives à la période de cotisation, l'assuré, qui se retrouve au chômage dans l'intervalle de trois ans à l'issue de son délai-cadre d'indemnisation, doit justifier d'une période de cotisation minimale de 12 mois (art. 13 al. 1 deuxième phrase LACI). Cette règle est fondée sur l'idée qu'un assuré qui se serait adapté aux exigences du marché du travail peut aussi trouver une place appropriée d'une durée suffisante en faisant preuve de bonne volonté (voir Gerhards, in Grundriss des neuen Arbeitslosenversicherungsrechts, Berne 1996, n. 20 et 21, p. 37).
4. a) En l'espèce, A._ a informé la caisse le 30 décembre 1996 de son intention d'entreprendre une activité indépendante qu'il a d'ailleurs effectivement exercée du 1er janvier au 16 mars 1997. Dès lors, conformément à l'art. 71d al. 2 LACI, son délai-cadre d'indemnisation a été étendu à quatre ans, soit du 1er février 1995 au 31 janvier 1999. La demande d'indemnité de chômage déposée par A._ en janvier 1998 avant l'expiration du délai-cadre ne pouvait donc permettre à l'assuré que de toucher le solde des prestations afférentes au dit délai-cadre; elle n'a pas provoqué la fixation d'un nouveau délai-cadre. Appliquant à la lettre l'art. 71d al. 2 deuxième phrase LACI, l'autorité intimée a considéré que le droit au chômage de A._ était épuisé au 1er mars 1998 dès lors qu'à cette date il avait touché 24 mois d'indemnités au total.
b) L'article 71d al. 2 deuxième phrase LACI limite le versement des prestations de l'assurance à "deux ans au total". Dans un arrêt PS 99/0095 du 4 mai 2000, le Tribunal administratif a cherché à interpréter cette règle au regard des travaux préparatoires des Chambres fédérales. En conclusion, l'arrêt retient que la limite de "deux ans au total" doit être comprise en ce sens que le droit total aux indemnités de l'assurance-chômage de l'assuré s'élève à 520 indemnités journalières, celles-ci étant composées d'un nombre de mesures actives et passives variant suivant l'âge de l'assuré, conformément à l'art. 27 al. 2 lettre a LACI. Dans le cas cité, cette interprétation a conduit le tribunal à considérer que l'assuré, qui avait bénéficié des prestations de l'assurance-chômage du 1er janvier au 21 juin 1996 et du 1er janvier 1997 au 30 juin 1998 (ce qui totalisait 24 mois), n'avait pas épuisé le nombre maximum de prestations auxquelles il avait droit; dès lors, son indemnisation devait être poursuivie, dans les limites du délai-cadre, jusqu'à épuisement du droit à 520 indemnités journalières.
Les mêmes considérations s'appliquent à la présente cause. Il en résulte que le recourant peut prétendre à 520 indemnités journalières de l'assurance-chômage dans les limites de son délai-cadre prolongé au 31 janvier 1999. Toutefois, les pièces du dossier ne permettent pas d'arrêter le nombre précis des indemnités touchées par l'assuré. Aussi le tribunal se bornera-t-il à annuler les décisions rendues le 28 mai 1998 et le 26 janvier 1999 respectivement par la caisse et par l'autorité intimée et à renvoyer le dossier à la caisse pour nouvelle décision dans le sens de ce dernier considérant.
5. Conformément à l'art. 103 al. 4 LACI, les frais sont laissés à la charge de l'Etat.