# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9069bc14-98ef-5e91-8b96-4a9accbc9544
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. C._, née en 1989, et D._, né en 1977, sont les parents séparés de B._, né en 2010. La mère s’est installée à E._ au printemps 2018 et le père vit à F._.
Par décision de mesures protectrices de l’union conjugale du 1er décembre 2011, la Juge II du district de Sierre a retiré la garde de B._ aux deux parents, décidé que l’enfant serait placé et instauré une curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 1, 2 et 3 CC (DO 3 ss). Depuis lors, l’enfant a vécu, pour l’essentiel, auprès de sa grand-mère maternelle, A._. Il souffre notamment d’encoprésie et d’énurésie (not. DO 335 ss).
En janvier 2012, la Justice de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après la Justice de paix), en sa qualité d’autorité de protection de l’enfant, a ouvert un dossier concernant ce garçon (DO 300 2012 1, pces 1 à 729).
Par mesures provisionnelles rendues le 3 août 2017, la Juge de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après la Juge de paix) a prononcé la prise en charge de B._ au Centre Thérapeutique de Jour (ci-après le CTJ), à Fribourg, en vue d’un soutien thérapeutique (DO 389). Elle s’est pour cela notamment fondée sur deux rapports du Centre de pédopsychiatrie datés des 2 juin et 12 juillet 2017 (DO 335 ss, 347 ss). L’enfant n’a toutefois pas pu intégrer le CTJ, sa mère s’y opposant; de plus, dans une première phase, il n’y avait pas de place pour lui dans ce centre (DO 395 ss).
A._ s’est adressée à la Justice de paix le 5 janvier 2018 pour lui faire part des difficultés qu’elle rencontre avec sa fille, la mère de B._, relevant que la situation est devenue invivable (DO 432 ss). Les intervenants du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après le SEJ) ont quant à eux signalé à plusieurs reprises l’évolution inquiétante de la situation de B._. Ils ont proposé des solutions de placement, notamment chez une tante de l’enfant à F._ (DO 427, 450, 462 ss, 498, 517 s.). Le 29 mai 2018, ils ont annoncé que l’enfant allait être inscrit sur la « plateforme placement », afin de réserver une place; à cette occasion, ils ont relevé les inquiétudes formulées par les enseignantes, la situation en classe se péjorant (résultats scolaires à la baisse, manque de motivation, problèmes d’hygiène) (DO 498). Le 18 juillet 2018, le SEJ a informé la Justice de paix que le Foyer G._ serait une solution adaptée pour B._; il a demandé à la Justice de paix de se déterminer à ce sujet (DO 504 ss).
La Justice de paix a entendu les père, mère, grand-mère maternelle et curatrice de l’enfant le 27 juillet 2018 (DO 537 ss).
Par décision de mesures provisionnelles du 27 juillet 2018, la Justice de paix a modifié le lieu de séjour de B._ et placé ce dernier au Foyer G._, à H._, à partir du 17 août 2018, à 17.00 heures, le temps d’une année scolaire au minimum; elle a précisé la mission de la curatrice et fixé les relations personnelles des père, mère et grand-mère maternelle avec l’enfant, la décision étant exécutoire nonobstant recours (DO 544 ss). L’enfant est entré au foyer précité le 17 août 2018 (DO 615).
B. Par mémoire de son mandataire du 15 août 2018, A._ a interjeté recours contre le retrait de l’effet suspensif et requis des mesures superprovisionnelles. Le 16 août 2018, le  de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte a déclaré le recours irrecevable, frais à
Tribunal cantonal TC Page 3 de 10
la charge de A._, ce dernier ne comprenant aucun chef de conclusion tendant à l’annulation ou à la modification de la décision querellée (DO 106 2018 75-76).
C. Le 23 août 2018, A._, agissant par son mandataire, a interjeté recours contre la décision du 27 juillet 2018. Elle conclut cette fois-ci, sous suite de frais et dépens, à l’annulation de la décision, à la confimation du lieu de séjour de l’enfant auprès d’elle et, subsidiairement, au renvoi de la cause à la Justice de paix pour nouvelle décision. Elle requiert en outre que l’effet suspensif soit restitué et qu’elle soit mise au bénéfice de l’assistance judiciaire totale, avec effet rétroactif au 8 août 2018.
Le 7 septembre 2018, la Justice de paix a produit les dossiers de la cause et s’est déterminée sur le recours.
Par arrêt du 12 septembre 2018, la Présidente de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte a rejeté la requête de restitution de l’effet suspensif.
Le 26 septembre 2018 et le 1er octobre 2018, la Justice de paix a produit copie des dernières pièces versées au dossier.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC.