# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 662be8c1-0a33-4923-b792-cee9032ac5a9
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2004
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. Le 17 septembre 2002, le Département des Finances a rendu, au sujet de l'expropriation des terrains et droits nécessaires à la construction de l'usine d'incinération Tridel, la décision prévue par l'art. 23 de la loi cantonale du 25 novembre 1974 sur l'expropriation (LE, l'abréviation LEx étant réservée à la loi fédérale du même nom). On rappellera à cet égard, comme le Tribunal l'a fait par exemple dans la cause AC 1996/0101 du 11 juillet 1996 concernant l'évitement de Cheseaux, que la loi vaudoise sur l'expropriation prévoit une procédure en deux temps. La première phase, qui relève de la compétence du Département des finances, a pour but de vérifier que le projet pour lequel l'expropriation est demandée répond à un intérêt public, et de définir l'emprise nécessaire, celle-ci devant être limitée à ce qu'exige l'exécution du projet (art. 4, 5, 22 al. 3 et 23 al. 3 LE). A l'issue de cet examen, le Département des finances délivre au requerrant (Tridel SA en l'occurrence) une autorisation d'exproprier, qui détermine les emprises nécessaires. La seconde phase, qui n'est pas encore engagée pour ce qui concerne l'usine Tridel, vise à fixer les indemnités allouées aux propriétaires expropriés; elle relève de la compétence du Tribunal d'expropriation, qui n'est pas le Tribunal administratif, mais est composé du président du tribunal d'arrondissement du lieu où se trouve les immeubles et de deux assesseurs nommés pas le Tribunal cantonal (art. 29 à 31 LE).
La décision rendue en l'espèce le 17 septembre 2002 par le Département des Finances a la teneur intégrale suivante:
"Statuant
sur l'intérêt public du projet d'expropriation
- par la Société TRIDEL S.A. dont le siège est à Lausanne pour la construction de :
usine d'incinération des déchets urbains
galerie technique la reliant à l'usine de Pierre-de-Plan
interface de la Blécherette et tunnel d'approvisionnement
A. Constate que :
I. Bref historique
En 1993 paraissait le plan cantonal vaudois qui, outre des principes de prévention, prévoyait une régionalisation des objectifs à atteindre en matière de taux de recyclage et désignait un ensemble d'installations de traitement propres à assurer l'élimination des déchets.
En juillet 1993, le Conseil d'Etat, suite à une étude menée conjointement par les communes, les associations de protection de l'environnement et les services concernés, prenait la décision de lancer la planification d'une installation de traitement par incinération d'une capacité initiale de 140'000 t/an, le projet Tridel à Lausanne, pour assurer l'élimination des déchets urbains de Lausanne et environs, de la région morgienne, du Gros-de-Vaud et de la Vallée de Joux. Les autres régions du canton étaient déjà ou furent intégrées dans les bassins d'approvisionnement de toutes les usines situées dans les cantons voisins de Genève, Valais, Fribourg et Neuchâtel. Cette configuration a permis d'assurer à long terme le traitement d'un peu moins de la moitié du tonnage de déchets incinérables produit par le canton, soit environ 120'000 t/an. Cette planification a reçu l'assentiment de la Commission Intercantonale Romande et de la Commission cantonale pour la gestion des déchets,
Il. Procédures et décisions antérieures
1. Le Département des travaux publics de l'aménagement et des transports du canton de Vaud (DTPAT; aujourd'hui: Département des infrastructures: DINF) a adopté le 24 mai 1995 le plan d'affectation cantonal (PAC) n° 296, destiné à la réalisation d'un centre de recyclage et d'incinération des déchets dans la partie supérieure de la vallée du Flon à Lausanne, avec des installations annexes sur les territoires des Communes de Romanel-sur-Lausanne et du Mont-sur-Lausanne (projet "Tridel").
Ce plan comprend deux sous-périmètres séparés d'environ 2,5 km: celui du bâtiment principal (usine d'incinération et locaux annexes, volet A) et celui d'une "installation d'approvisionnement à distance" (interface de la Blécherette, volet B). Ces deux ouvrages, prévus sur les terrains dont la Commune de Lausanne est propriétaire, devraient être reliés par une galerie souterraine (ATF du 17 août 2000: 1A.17 et 39/2000, p. 3).
2. La décision du 24 mai 1995 a fait l'objet de recours que le Département de la justice de la police et des affaires militaires (DJPAM; actuellement Département des institutions et des relations extérieures: DIRE) a rejetés par prononcés du 14 mars 1996.
3. Le Tribunal administratif a confirmé cette décision par un arrêt rendu le 30 juin 1998.
4. Le Tribunal fédéral, dans un arrêt du 27 avril 1999 (cause 1A.179/1998) a renvoyé l'affaire pour une nouvelle décision au Tribunal administratif.
5. Le 13 décembre 1999, le Tribunal administratif a rendu un arrêt (AC 99/0063) confirmant les décisions rendues le 14 mars 1996 par le DJPAM.
6. Le 17 août 2000, le Tribunal fédéral a rejeté les recours de droit administratif dans les causes 1A. 17/2000 (PAC 296) et 1A. 39/2000 (défrichement) dans la mesure où ils étaient recevables.
7. Le 29 octobre 1997, le Département des travaux publics, de l'aménagement et des transports (DTPAT, actuellement DINF) a rendu sa décision finale sur l'impact sur l'environnement et approuvé le plan d'affectation cantonal 296.
8. Le 31 octobre 1997, la Municipalité de Lausanne a accordé le permis de construire pour le "centre Tridel", soit l'usine d'incinération avec centre de tri des déchets, garages de véhicules de ramassage et locaux administratifs.
9. Le 6 novembre 1997, la Municipalité de Romanel-sur-Lausanne a accordé le permis de construire pour l'installation de transbordement des conteneurs de déchets et des locaux de service à 1"'interface de la Blécherette".
10. Le 6 novembre 1997, la Municipalité du Mont-sur-Lausanne a accordé le permis de construire pour les ouvrages du tunnel d'approvisionnement entre l'interface et l'usine sur le territoire de la Commune de Lausanne.
11. Le 27 mars 2000, le Tribunal administratif a rendu un arrêt (AC 99/0064) rejetant les recours dans la mesure où ils étaient recevables et a confirmé les décisions attaquées avec une réserve (pt 11 de l'arrêt). Le 10 octobre 2000, le TF a rejeté un recours de droit administratif (cause 1A. 169/2000) et un recours de droit public (1P. 287/2000) dans la mesure où ils étaient recevables.
12. Le 29 mai 2001, le Grand Conseil du Canton de Vaud a accordé au Conseil d'Etat un crédit de Fr. 90'000'000.-- pour la construction d'une usine d'incinération de portée régionale au service de l'agglomération lausannoise, de la région morgienne, du Gros-de-Vaud et de la Vallée de Joux - Projet TRIDEL.
13. Le 23 septembre 2001, la population vaudoise s'est prononcée sur cet objet. Par arrêté du 1er octobre 2001, le Conseil d'Etat a proclamé le résultat de la votation. Le projet de construction de l'usine d'incinération a été approuvé par 58,89 % de oui (Le district de Lausanne a également approuvé ce projet par environ 57% des voix).
III. Autorisation préalable
1. Le 13 juin 2001, le Chef du département de la sécurité et de J'environnement a sollicité le Département des finances (ci-après : le Département) dans le but d'obtenir, pour la société Tridel S.A. (ci-après : l'expropriante), l'autorisation de mise à l'enquête d'un projet d'expropriation des terrains nécessaires à la réalisation de l'usine d'incinération des déchets urbains Tridel à Lausanne.
2. Le 7 août 2001, l'expropriante a confirmé se charger des frais d'enquête et garantir les dommages et frais en cas d'abandon de la procédure (art. 13 LEx).
3. Le 4 septembre 2001, le Département a autorisé l'expropriante à mettre à l'enquête publique le projet d'expropriation. Le Département avait pris préalablement l'avis des autorités communales intéressées qui n'avaient formulé ni remarque, ni observation ou opposition.
IV. Procédure d'expropriation
1. Une enquête publique a été ouverte du 27 mars au 29 avril 2002 dans les greffes municipaux des Communes de Romanel-sur-Lausanne, du Mont-sur-Lausanne et de Lausanne. Elle portait sur l'expropriation des terrains et des droits nécessaires à la réalisation des projets suivants :
- usine d'incinération des déchets urbains
- galerie technique la reliant à l'usine de Pierre-de-Plan
- interface de la Blécherette et tunnel d'approvisionnement
2. Cette enquête publique n'a fait l'objet d'aucune opposition ou observation selon la feuille d'enquête clôturée le 2 mai 2002 par la Municipalité de Romanel-sur- Lausanne.
3. Cette enquête publique a fait l'objet de 8 observations ou réclamations selon attestation de la Municipalité du Mont-sur-Lausanne sur la feuille d'enquête:
a) Me Jean-René Mermoud, avocat, agissant pour son compte et celui de M. Jean-François Mermoud, propriétaires de la parcelle 108 du Mont, s'oppose pour des motifs tant financiers (la Commune de Lausanne, endettée, n'offre pas les garanties d'exploitation) que juridiques (projet lacunaire, inadapté et dont l'impact n'a pas été suffisamment étudié).
b) Galland & Cie S.A., au nom de M. Jean-François Poudret, propriétaire de la parcelle 193 du Mont, s'oppose en considérant que le dossier soumis à l'enquête est incomplet.
c) Mmes Renate Brun, propriétaire de la parcelle 112 du Mont, et Sandrine Brun Rey, propriétaire de la parcelle 99 du Mont, s'opposent individuellement pour des inconvénients dus au bruit engendré lors de la construction et l'exploitation du tunnel ainsi que du risque d'assèchement de leur terrain.
d) M. Pierre Pache, propriétaire de la parcelle 128 du Mont, s'oppose par crainte de fissures murales et autres désagréments provoqués par la construction de la galerie ou de limitation de reconstruction future. Il désire des garanties.
e) Mme Edith Tealdi-Girod, propriétaire de la parcelle 79 du Mont, s'oppose à la constitution d'une servitude sur sa parcelle qui n'est pas touchée selon le plan d'enquête. Elle critique également le caractère succinct du projet et en demande une modification.
f) Me Denis Sulliger, avocat, agissant pour le compte de M. Arendse et consorts, propriétaires de parcelles concernées par le tunnel d'approvisionnement, forme opposition pour imprécision du projet mis à l'enquête, notamment l'absence de coupe. Il propose le déplacement du tracé et, en cas de réalisation, un constat préalable de l'état des immeubles de ses mandants.
g) M. et Mme Jonathan et Judith Lister complètent, personnellement, leur opposition présentée par Me Sulliger, par diverses observations concernant le tracé et l'indemnisation.
h) Le Service de l'électricité de la Commune de Lausanne a fait une observation concernant la réalisation de l'équipement électrique de la zone.
4. Cette enquête publique a fait l'objet de 5 oppositions et 1 intervention selon la feuille d'enquête clôturée par la Municipalité de Lausanne. Un addenda du 3 mai 2002 précise que
le greffe
a
reçu ce jour,: avec sceau postal du
29
avril
2002: 81
oppositions au nom du Collectif
«
Gestion rationnelle des déchets (GRD)
»:
a) Le Collectif «Gestion Rationnelle des déchets» s'oppose à la procédure d'expropriation tout
en applaudissant au projet de recourir au transport des déchets par le rail.
Il conteste la localisation du site en critiquant le coût du projet et craint des surcapacités.
b)
M. Eric Magnin s'oppose
formellement
à
la procédure d'expropriation touchant la cession des terrains communaux du Vallon du Flon en faveur de Tridel S.A.
pour le motif que
la procédure d'expropriation prive le Conseil communal de Lausanne de ses droits essentiels de décision et la population de ses droits référendaires. La procédure d'expropriation ne
se
justifie pas en l'espèce; l'autorité communale ne s'est jamais refusée
à
la vente.
c)
M. Pierre Pache, propriétaire de la parcelle 128 du Mont, s'oppose pour les mêmes raisons que celles évoquées sous chiffre 3 d) ci-dessus.
d)
Me Jacqueline de Quattro, avocate, agissant pour le compte de MM. Michel Glardon, en qualité de voisin et de contribuable lausannois, André Félix, propriétaire voisin du terrain à exproprier, l'Association pour la Sauvegarde du Vallon du Flon et les Amis de la Cité, s'oppose principalement pour les motifs suivants :
- l'expropriation n'est pas justifiée par un intérêt public suffisant;
- la clause du besoin doit être établie et les projections pour 2010 sont dépassées;
- la procédure utilisée est un artifice destiné à contourner les droits du pouvoir législatif de la commune de Lausanne.
Elle requiert le dépôt d'un nouveau rapport d'un organe spécialisé compétent et indépendant pour procéder à l'inventaire des capacités et besoins en matière de traitement des déchets, l'audition des opposants et une inspection locale.
e) L'Etat de Vaud, par le Service des gérances et achats, propriétaire de la parcelle 180 du Mont, intervient en demandant que toutes les mesures soient prises afin d'éviter tout dégât au bâtiment.
f)
M. et Mme René et Marie-France Bart, propriétaires de la parcelle 1563 du Mont-sur-Lausanne, s'opposent au projet étant donné que le dossier est incomplet (absence de coupe ou profil, manque d'informations sur les infrastructures, notamment les cheminées d'aération). Ils contestent l'utilité publique du projet et le mode de transport des déchets.
g) Mme Abbey et consorts font opposition
formellement
à
la procédure d'expropriation touchant la cession des terrains communaux du ValIon du Flon en faveur de Tridel S.A.
pour le motif que
la procédure d'expropriation prive le Conseil communal de Lausanne de ses droits essentiels de décision et la population de ses droits référendaires. La procédure d'expropriation ne se justifie pas en l'espèce; l'autorité communale ne s'est jamais refusée
à
la vente.
5. Le 10 juin 2002, Me Daniel Pache, avocat, agissant au nom de l'expropriante, a transmis le dossier au Département avec des mémoires prévus à l'art. 22 LEx concernant les oppositions de M. Abbey et Consorts (usine), des époux Bart, M. Arendse et Consorts, M. Jean-François Poudret, Mmes Brun et Rey, M. Pierre Pache, Mme Edith Tealdi-Girod (tunnel d'approvisionnement), MM. Jean-François et Jean-René Mermoud (usine et tunnel d'approvisionnement), à Mes De Quattro (usine) et Sulliger (tunnel d'approvisionnement) ainsi que l'observation de la direction des Services industriels. Enfin, il a produit un plan indiquant les parcelles et le profil du tunnel d'approvisionnement avec l'indication des profondeurs sous chaque parcelle des opposants de la Commune du Mont-sur-Lausanne.
6. Le 13 juin 2002, Me Jean-René Mermoud a complété ses motifs d'opposition en réponse au mémoire adressé en copie par le conseil de l'expropriante. Il estime que l'intervention de l'expropriante a pour seul but d'éluder les règles communales en matière budgétaire. Il est d'avis que la présence d'un municipal de la Commune de Lausanne en qualité d'administrateur et le but de la société entraînent un conflit d'intérêt entre concédant et concessionnaire. Enfin, il ajoute que, par la copie du mémoire du 10 juin de l'expropriante reçue le 11 juin 2002, ce dernier porte, pour la première fois, à la connaissance des opposants l'existence du permis de construire entré en force ensuite de l'arrêt rendu par le TF en date du 10 octobre 2000. Il considère que leur droit de recours contre cette décision est intact, celle-ci n'ayant pas été notifiée personnellement aux opposants.
7. Le 18 juin 2002, l'Inspectorat du registre foncier (ci-après : l'Inspectorat), chargé de l'instruction du dossier pour le Département, a communiqué le mémoire de l'expropriante aux opposants, énumérés sous chiffres 3. a) à g) et 4. b) à d) et f) ci-dessus, en leur impartissant un délai au 10 juillet 2002 pour compléter leurs motifs d'opposition, s'ils le jugeaient nécessaire, par l'envoi à'un mémoire au Département. Ils pouvaient également requérir une inspection locale.
8. Le 20 juin 2002, l'lnspectorat a communiqué le mémoire de l'expropriante aux opposants, énumérés sous chiffre 4. a) et g) ci-dessus, en leur impartissant un délai au 15 juillet 2002 pour compléter leurs motifs d'opposition et requérir une inspection locale. Il précisait, par courrier adressé personnellement à chaque opposant de l'opposition collective, que, par analogie à l'article 57 LATC et à défaut de représentants communs désignés, toute correspondance ou toute décision ultérieure serait adressée à M. Michel Glardon, p.a. Collectif "Gestion rationnelle des déchets (GRD)", expéditeur des oppositions collectives.
9. Le 4 juillet 2002, Mmes Renate Brun et Sandrine Brun Rey ont complété leurs motifs d'opposition concernant le tunnel d'approvisionnement.
10. Le 5 juillet 2002, Galland & Cie S.A. a complété ses motifs d'opposition concernant le tunnel d'approvisionnement.
11. Le 8 juillet 2002, Mme Edith Tealdi-Girod a complété ses motifs d'opposition concernant le tunnel d'approvisionnement.
12. Le 9 juillet 2002, M. et Mme Marie-France et René Bart ont complété leurs motifs d'opposition concernant le tunnel d'approvisionnement.
13. Le 10 juillet 2002, Me Denis Sulliger a complété ses motifs d'opposition concernant le tunnel d'approvisionnement.
14. Le 10 juillet 2002, Me de Quattro a requis une prolongation de délai d'un mois pour compléter ses moti0fs d'opposition.
15. Le 22 juillet 2002, l'expropriante informait le Département et sept opposants que
le Conseil d'Administration de Tridel S.A.
a
décidé de poursuivre l'étude de la variante de liaison ferroviaire depuis Sébeillon et d'abandonner la variante du déchoduc depuis la Blécherette. Par conséquent, Tridel S.A. renonce
à
toutes mesures d'expropriation concernant les parcelles sises sur la Commune du Mont-sur-Lausanne
.
16. Le 24 juillet 2002, l'expropriante a transmis au Département les déterminations du 5 juillet 2002 de l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (ci- après OFEFP), sur l'état 2002 de la clause du besoin. E!le en adressait copie à Me de Quattro qui les avait requises en qualité de mesure d'instruction.
17. Le 25 juillet 2002, Me de Quattro informait le Département qu'elle n'était plus le conseil des opposants Michel Glardon et consorts.
18. Le 31 juillet 2002, M. Michel Glardon a demandé à l'Inspectorat une prolongation de délai dans le sens de celle demandée sous chiffre 14 ci-dessus. Elle a été accordée verbalement au 13 août 2002.
19. Le 9 août 2002, l'Inspectorat a informé Mme Abbey et consorts, p.a. Collectif "Gestion rationnelle des déchets" (GRD), M. Eric Magnin, M. Pierre Pache, M. et Mmes René et Marie-France Bart, Me Jean-René Mermoud, M. Michel Glardon, M. André Félix, L'Association pour la Sauvegarde du Vallon et du Flon et les Amis de la Cité, que le Chef du Département procéderait à une inspection locale le 21 août 2002 à 13 h.30 sur le site prévu pour la construction de l'usine.
20. Le 13 août 2002, M. Michel Glardon, pour le collectif GRD, a complété ses motifs d'opposition avec le dépôt d'un
mémoire ampliatif
qui répond à la fois au mémoire de l'expropriante et aux déterminations de l'OFEFP citées sous chiffre 16.
21. Le 21 août 2002, le Chef du département a procédé à une inspection locale, sur l'emplacement projeté et ensuite dans les locaux de l'actuelle usine d'incinération, en présence de M. Andlauer, représentant le Département de la sécurité et de l'environnement, Service des eaux, sols et assainissement, Me Pache et MM. Richard, Nellen et Diserens, pour l'expropriante, et des opposants: Mme Wüthrich, MM. Zbinden et Magnin à titre personnel ainsi que Mme Schaller, MM. Mathey, Schneider et Isoz pour l'Association du Vallon du Flon, M. Faucherre pour les Amis de la Cité et M. Wetter pour le Mouvement de Défense de Lausanne. M. Dind de I'lnspectorat tenait les notes de séance.
22. Le 12 septembre 2002, M. Michel Glardon a adressé à l'expropriante et à l'expropriée une mise en garde contre tout début des travaux avant la fin de la procédure d'expropriation .
23. Le 18 septembre 2002, l'expropriante a demandé à être autorisée à prendre possession anticipée des immeubles.
B. Considère que :
Autorisation préalable
L'art. 13 de la loi du 25 novembre 1974 sur l'expropriation (LEx) indique que
"Si le projet n'émane pas de l'Etat, d'une commune, d'une association de communes ou d'une fraction de commune, il ne peut être mis à l'enquête sans une autorisation préalable du Département des finances qui ne préjuge pas la décision sur le caractère d'intérêt public de l'expropriation".
L'art. 12 de la loi du 13 décembre 1989 sur la gestion des déchets (LGD) permet aux communes de confier à des organismes indépendants (corporations ou établissements publics et privés) les tâches exigées par cette loi.
L'expropriante est une société anonyme, constituée en 1997, dont le siège est à Lausanne, qui a pour but le traitement des déchets urbains, légalement admissibles, dans une installation d'incinération au sens de la législation fédérale, provenant des zones d'apport qui lui sont assignées par la législation vaudoise et par le plan cantonal vaudois sur la gestion de déchets.
L'expropriante est au bénéfice d'une décision d'autorisation préalable délivrée par le Département le 4 septembre 2001. Elle pouvait ainsi valablement engager la procédure d'expropriation.
Compétence du département des finances
L'art. 2 LEx s'applique
"aux expropriations prévues par la législation cantonale et aux expropriations prévues par la législation fédérale dans la mesure où le droit cantonal est déclaré applicable.
". L'ordonnance fédérale du 10 décembre 1990 sur le traitement des déchets (OTD: art.46) et la loi vaudoise du 13 décembre 1989 sur la gestion des déchets (LGD) établissent le principe de l'exécution de cette mission au canton.
Du point de vue formel, les prescriptions de la LEx concernant la mise à l'enquête du projet, le contenu de la publication et les délais d'opposition et d'observations ont été respectés. L'expropriante a ensuite transmis le dossier au Département dans le délai fixé à l'art. 21 LEx.
Le Département a procédé à l'instruction du dossier, en application de l'art. 22 LEx. Il a procédé à l'audition des opposants et a procédé à une inspection locale lors de laquelle les parties ont eu l'occasion de s'exprimer. La décision est rendue dans le délai légal de 4 mois dès sa réception, soit le 10 juin 2002, délai qui peut être d'ailleurs prolongé de 2 mois, d'entente entre le Département et l'expropriant (art. 23 LEx).
Expropriante
Le cas normal est celui où l'Etat exproprie en son nom et pour la réalisation de l'une de ses tâches. Souvent, cependant, il y a délégation
à
un tiers: communes, personnes morales de droit public, sujets de droit privé et, dans le cas d'une tâche fédérale, il faut ajouter la délégation aux cantons. L'opération est soumise
à
une condition formelle: une base légale, concernant non seulement la délégation d'exécution de la tâche publique, mais aussi le pouvoir d'exproprier.
Elle est également soumise
à
une condition matérielle: l'expropriation ne peut se faire que dans le cadre de la tâche déléguée et n'a pas à servir les intérêts privés du délégataire (cf JAAC 1954, n° 154, DFJP; ATF 98 la
43,
Neth
;
Germann, p. 98ss).
[...]
Le droit cantonal applique des règles identiques, par exemple le droit vaudois n'exige pas d'autorisation préalable pour les communes à qui une loi ou un décret du Grand Conseil délègue le droit d'exproprier
(Moor, Droit administratif, vol. III p. 405 et 6).
L'expropriante, agissant en vertu de l'art. 12 LGD, peut se prévaloir de l'art. 23 LGD qui précise que
les terrains nécessaires
à
l'aménagement d'une installation de traitement ou de stockage des déchets peuvent être acquis par voie d'expropriation.
Si l'activité de l'expropriante n'est pas contestée, un des opposants critique la participation d'un municipal lausannois au sein de son conseil d'administration qui entraîne, selon lui, un conflit d'intérêt entre l'expropriante et l'expropriée. Le but de la société est le traitement des déchets urbains et 144 communes sont regroupées au sein de Tridel SA, il paraît ainsi acceptable que les collectivités finançant majoritairement le projet y soient représentées. De plus, l'art. 17 des statuts du 3 juin 1997 précise qu'en
application de l'art.
762
CO, un membre du conseil d'administration est désigné par l'Etat de Vaud et un membre est désigné par la Commune de Lausanne. L 'administrateur désigné par la Commune de Lausanne ne pourra être président du conseil d'administration.
Le Département, dans la mesure où cet objet relèverait de sa compétence, ne peut ainsi que considérer que les dispositions statutaires de l'expropriante sont , respectées.
Cet opposant estime également que l'expropriante est sous-capitalisée et que la création de cette personnalité juridique n'est qu'une simulation. Cette argumentation ne relève pas de la procédure d'expropriation. Toutefois, il est aisé de remarquer, à la suite du crédit de Fr. 90'000'000.- accordé par le Grand Conseil et la votation populaire du 23 septembre 2002, la légitimité politique et financière de l'expropriante.
Renonciation partielle à l'expropriation
En application de l'art. 96 LEx, l'expropriante peut renoncer à l'expropriation jusqu'à sa perfection (art. 88), soit jusqu'au jour où le conservateur informe l'exproprié du paiement de l'indemnité.
Le 22 juillet 2002 (pt IV 15), l'expropriante informait le Département que
le conseîl d'administration de Tridel S.A. a décidé de poursuivre l'étude de la variante de liaison ferroviaire depuis Sébeillon et d'abandonner la variante du déchoduc depuis la Blécherette. Par conséquent, Tridel S.A. renonce
à
toutes mesures d'expropriation concernant les parcelles sises sur la Commune du Mont-sur-Lausanne.
L'expropriante a ainsi abandonné le projet d'expropriation de l'interface de la Blécherette et tunnel d'approvisionnement. Les conditions légales à l'abandon (partiel) de l'expropriation sont remplies. Les oppositions relatives à ce projet deviennent sans objet et sont abandonnées sans plus ample instruction. Le Département en prend acte et se limite par conséquent, dans la présente décision, à l'examen de l'intérêt public du projet de construction de l'usine d'incinération des déchets urbains et de la galerie technique la reliant à l'usine de Pierre-de-Plan .
Objet de l'expropriation
L'expropriation a pour effet le transfert, la suppression ou la modification d'un droit. Dans la règle, il s'agit d'un droit de nature privée. Dans la plupart des cas, il s'agit de la propriété foncière. L'expropriation d'un immeuble exige en même temps celle de droits d'autres personnes que le propriétaire, qui portent sur le terrain et dont l'exercice est inconciliable avec l'affectation nouvelle.
a} Définitive en propriété et en droits réels restreints.
L'expropriation définitive, qui constitue la règle, prive l'exproprié de la titularité de son droit.
Ensuite de la renonciation de l'expropriation sur le territoire des Communes de Romanel et du Mont-sur-Lausanne, la procédure ne concerne plus que les immeubles et les droits situés sur le territoire de la Commune de Lausanne. Il est projeté de détacher une surface d'environ 23'000 m2 (fraction A du plan d'enquête) de la parcelle 20061, propriété de la Commune de Lausanne. Diverses servitudes seront constituées ou modifiées dans le cadre de la réalisation du projet.
b) Expropriation temporaire
L'expropriation temporaire, prévue à l'art. 106 LEx, prive l'exproprié de son droit et porte généralement sur des droits qui sont nécessaires à l'expropriant pendant la construction de l'ouvrage. Des emprises provisoires d'environ 5800 m2 sur la parcelle 20061 et d'environ 1061 m2 sur la parcelle 3428 font l'objet d'une expropriation temporaire.
c} Les droits de voisinage
Il y a expropriation des droits de voisinage selon la doctrine et la jurisprudence, lorsque l'expropriante ne respecte pas les obligations résultant des rapports de voisinage. Elle doit s'abstenir de toute immission excessive au détriment de la propriété des voisins (art. 684 CC).
D'autre part, le Tribunal fédéral lui permet de n'indemniser les voisins que si leur dommage est à la fois spécial, imprévisible et grave, afin que le coût soit supportable et qu'elle ne renonce pas à son entreprise d'intérêt public
(Zen-Ruffinen Guy-Ecabert, Aménagement du territoire, construction, expropriation, p. 458).
Par fonds voisins, il faut entendre non seulement les fonds contigus, mais aussi tous les fonds atteints par l'immission, quand bien même ils se trouvent
à
plusieurs kilomètres de la source de l'immission. Il suffit que l'immission apparaisse comme une conséquence de l'utilisation ou de l'exploitation de l'immeuble concerné. La qualité de voisin comprend le propriétaire, le titulaire d'un autre droit réel, le fermier ou locataire, donc chaque possesseur d'un fonds
(Zen-Ruffinen, op. cit., p, 461).
Cette extension, fondée sur la garantie constitutionnelle et la Convention Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), s'applique aux expropriations fédérales. L'expropriation cantonale est soumise à un régime comparable et il doit être pris en considération dans la délimitation des personnes soumises à la procédure d'expropriation.
Catégories des personnes soumises
La qualité pour agir des opposants dans le cadre de la procédure d'expropriation pose le problème des catégories de personnes soumises à cette procédure: l'expropriant, les expropriés et les intéressés. Si la première catégorie est claire, il n'en va pas toujours de même pour les deux autres. La distinction entre droit direct et dérivé à l'indemnité se révèle parfois délicate.
a) Expropriée
La qualité d'expropriés appartient aux personnes dont les droits sont transférés, supprimés ou restreints par l'expropriation et qui peuvent émettre directement une prétention à une indemnité contre l'expropriant. Il s'agit des titulaires des droits réels expropriés, généralement le propriétaire de l'immeuble exproprié ou de l'immeuble sur lequel on constitue une servitude nouvelle et, dans certains cas, des titulaires des droits de voisinage expropriés.
L'exproprié est, au sens de l'art. 8 LEx, la personne mise en cause par l'expropriant ou qui intervient auprès de l'expropriant ou devant le tribunal d'expropriation pour réclamer une indemnité.
La Commune de Lausanne, propriétaire des parcelles objets de l'expropriation, en propriété et en droits réels restreints, a la qualité d'expropriée.
b) Intéressés
Les intéressés sont des personnes dont l'expropriation atteint les droits mais qui, en principe, n'ont pas qualité pour exercer directement contre l'expropriant une prétention à une indemnité. Il s'agit principalement des créanciers hypothécaires, des titulaires de charges foncières, des bénéficiaires d'un usufruit ou d'un droit au gain. Ils ne sont pas parties à la procédure. En vertu de l'art. 8 LEx, ils exercent leur droit sur l'indemnité allouée au propriétaire et remplaçant la chose expropriée. Ils peuvent toutefois réclamer une indemnité distincte s'ils subissent un préjudice du fait de la transformation de l'objet de leur droit.
c) Extension de la qualité de partie aux tiers
Il s'agit enfin d'examiner l'extension de la qualité de partie aux tiers. L'art. 17 ch. 4 et 5 LEx, précisant que
tout intéressé peut faire une déclaration écrite d'opposition s'il estime que l'expropriation n'est pas justifiée par un intérêt public suffisant
et
tout intéressé peut faire une observation écrite tendant
à
la modification du projet,
pose un problème d'interprétation. Il ne s'agit pas des intéressés au sens de l'art. 8 al. 2 LEx au bénéfice d'un droit "indirect" sur l'indemnité allouée à l'expropriée. La Commission parlementaire en charge du projet de loi sur l'expropriation
a beaucoup discuté de ce terme, qu'elle a finalement maintenu, n'en ayant pas trouvé de meilleur. Précisons simplement qu'il doit être interprété dans un sens large. Il s'agit de quiconque peut faire valoir un intérêt même affectif
à
l'encontre de l'expropriation mise
à
l'enquête
(Bull. GC 1974,2, p.273).
Ainsi la qualité pour agir dans le cadre de la procédure d'expropriation doit être admise largement. S'agissant des associations qui ont pour but la défense d'intérêts esthétiques, de sauvegarde de quartier ou de zone de détente, le Département doute de leur qualité pour agir, n'étant pas titulaire de droit faisant l'objet de l'expropriation, ni propriétaire de parcelles voisines. Il en va de même des simples citoyens, domiciliés à ou hors Lausanne qui font part de critiques générales sur l'intérêt public du projet. Toutefois, mettant en cause l'intérêt public du projet, elles paraissent pouvoir être mises au bénéfice de l'art. 17 LEx.
De toute manière, cette question peut rester indécise, plusieurs opposants, M, André Félix, propriétaire de la parcelle 7044, Rte de Berne 25, M. Julien François Zbinden, de la parcelle 7033, Rte de Berne 59, sont des propriétaires voisins, proches du projet. Ils agissent ainsi valablement, la LEx offrant une qualité pour agir plus étendue que celle pour recourir. (voir ATF du 27 avril 1999, consid. 2 b, du 17 août 2000, consid. 2 c et du 10 octobre 2000, consid. 2 a).
L'expropriation des droits de voisinage a largement occupé la doctrine et la jurisprudence ces dernières années. Les dispositions sur la protection de l'environnement, imposent des obligations résultant des rapports de voisinage, même lorsque la collectivité construit ou exploite un ouvrage d'intérêt public.
Dans sa jurisprudence (ATF 99 la 126 et 100 la 334), le TF a précisé qu'une expropriation n'est nécessaire envers le voisin, indirectement touché, qu'à la condition que le dommage soit grave, spécial et imprévisible. A ce titre, le Département considère que les propriétaires voisins agissent en qualité d'intéressés au sens de l'art. 17 LEx, contestant l'intérêt public du projet. En effet, les nuisances liées à l'installation, en particulier la pollution atmosphérique ou sonore, ont fait l'objet de rapports d'impact et d'une analyse détaillée dans l'arrêt du Tribunal administratif du 13 décembre 1999, confirmé par celui du Tribunal fédéral du 17 août 2000. Lors de l'inspection locale, les représentants de l'expropriante ont confirmé que les immissions respecteront scrupuleusement les normes légales et seront même, grâce à l'évolution technique, inférieures à celles actuelles. Les voisins opposants n'ont d'ailleurs pas fait valoir de prétention, l'expropriante ayant pris toutes les précautions propres à mettre le public et les fonds voisins à l'abri de toute immission excessive.
Recours à la procédure d'expropriation
L'expropriation représente une des facultés de transférer un immeuble avec la vente de gré à gré ou le remaniement parcellaire. Les parties ignorent d'ailleurs souvent au début des démarches ou lors de l'introduction d'autres procédures (routières, permis de construire) si elles devront recourir ou non à l'expropriation. Pour ce motif, le renvoi de l'art. 23 LGD à la LEx doit être compris comme une possibilité de procéder par la voie de l'expropriation, en cas d'acquisition dans un but d'intérêt public. Le législateur cantonal a admis implicitement que les aspects concernant la planification (PAC 296), la construction de l'usine d'incinération et le respect des règles sur la protection de l'environnement et l'expropriation puissent être traités dans des procédures successives, notamment en imposant le respect de délais stricts dans la LEx. S'adressant prioritairement aux expropriés, la procédure d'expropriation permet toutefois aux intéressés de saisir l'autorité à plusieurs reprises sur des questions similaires (TA: AC 92/014; 93/020; 93/023 du 3.11.93). Ainsi et dans la mesure où les opposants se sont souvent contentés de remettre en cause, dans la procédure d'expropriation, des décisions définitives et exécutoires, le Département se limitera à renvoyer et citer les décisions et arrêts qui sont pertinents ou facilitent la compréhension du dossier.
En l'espèce, la procédure d'expropriation est contestée et apparaît plusieurs opposants comme une manoeuvre privant le conseil communal et la population lausannoise de leurs droits démocratiques. S'agissant d'un projet d'importance cantonale, il n'est pas possible de suivre les opposants. La construction de cette usine dépasse le cadre strictement lausannois (voir rapport OFEFP) et le Grand Conseil a accordé, par décret du 29 mai 2001, un crédit de Fr. 90'000'000.-
pour la construction d'une usine d'incinération de portée régionale au service de l'agglomération lausannoise, de la région morgienne, du Gros de Vaud et de la Vallée de Joux - Projet Tridel.
Une votation cantonale a eu lieu le 23 septembre 2001 sur cet objet et le peuple vaudois a approuvé le projet de construction de l'usine d'incinération par 58,89 % de oui. Le district de Lausanne a également approuvé ce projet par environ 57 % des voix. Par conséquent, le législatif cantonal et la population de l'ensemble du canton ont pu se prononcer sur la construction de cette usine.
La Commune de Lausanne, en sa qualité de propriétaire expropriée, ne conteste pas le principe de la cession des emprises nécessaires à la construction de l'usine. Elle ne s'est effectivement pas opposée à la vente mais conteste toutefois la valeur proposée pour l'acquisition des terrains. Le prix de vente est, selon les principes généraux, un élément essentiel du contrat, qui, a défaut d'accord entre les parties, ne peut être conclu.
La Commission immobilière de la ville de Lausanne, le 19 février 1996, et la Commission cantonale immobilière, le 1er novembre 1996, ont établi des rapports fixant la valeur du simple au double, avec une différence de plusieurs millions de francs. Expropriante et expropriée étant en total désaccord sur le prix de la cession, il y a par conséquent matière à expropriation.
Etant donné la procédure choisie, il appartiendra au juge de fixer le montant de l'indemnité. Une fois la décision du Département sur l'intérêt public définitive et exécutoire, le dossier sera transmis au Tribunal d'expropriation qui statuera selon la procédure d'estimation.
Intérêt public
En application de l'art. 23 LEx, le Département doit examiner l'intérêt public du projet.
La condition de l'intérêt public se dédouble: il y a d'une part l'intérêt du but poursuivi lui-même et de l'autre l'utilité de l'ouvrage en tant que moyens affectés à sa réalisation. Du premier point de vue, on ne trouve dans la pratique guère de contestations. Souvent une loi spéciale consacre la tâche publique de manière indubitable
(Moor, Droit administratif, vol. III, 8.1.2.2, p.402)
Selon le principe de la légalité, l'art. 3 LEx exige qu'une expropriation ne puisse être ordonnée qu'en application d'une loi prévoyant expressément ce mode d'acquisition. En l'espèce la LGD
régit la collecte, le transport et le traitement des déchets; elle comporte les dispositions cantonales d'application de la législation fédérale sur la protection de l'environnement en cette matière
(art premier). Cette activité est manifestement d'intérêt public et elle n'est d'ailleurs pas contestée.
Par contre, plusieurs opposants contestent l'intérêt public du projet et critiquent le rapport de l'OFEFP, rendu le 7 septembre 1999, intitulé
"usine d'incinération de Lausanne dans les contextes suisses et romands - évaluation par l'OFEFP des besoins
à
mi-1999".
Ils estiment qu'il n'est plus d'actualité et qu'au surplus, les hypothèses retenues à sa base sont alarmistes et insuffisantes.
Le Tribunal fédéral avait estimé, dans son arrêt du 27 avril 1999, que le dossier était lacunaire s'agissant de la justification du projet, plus précisément des perspectives à court et à moyen terme de la quantité de déchets devant être livrée à l'installation et des capacités de traitement disponibles dans d'autres installations du canton et des cantons voisins. Ce complément d'instruction a été apporté notamment par le rapport de l'OFEFP que le TF a estimé, dans son arrêt du 17 août 2000 (p. 2355), parfaitement fondé:
Pour établir, dans l'arrêt attaqué, les faits déterminants au sujet de la clause du besoin, le Tribunal administratif s'est largement fondé sur le rapport de !'OFEFP du 7 septembre 1999, intitulé
"Usine d'incinération de Lausanne dans les contextes suisse et romand -Evaluation par l'OFEFP des besoins
à
mi-1999".
Ce rapport reflète la position actuelle des différents cantons concernés qui ont collaboré à son élaboration.
Dans ce rapport du 7 septembre 1999, comme du reste dans des documents antérieurs (notamment le rapport d'impact sur l'environnement), on retient pour le projet Tridel une capacité annuelle de traitement d'environ 130'000 t de déchets. La nouvelle usIne n'aurait pas seulement pour fonction de remplacer l'actuelle usine d'incinération du Vallon, située également dans la vallée du Flon à Lausanne, dont la conception et l'équipement sont dépassés (capacité de traitement: environ 45'000 t par an) ; elle servirait à l'élimination des déchets en provenance d'une région plus vaste, sur le territoire du Canton de Vaud (zone d'apport de l'usine Tridel). En vertu du droit fédéral, la zone d'apport de chaque installation de traitement de déchets urbains doit être délimitée préalablement par le canton compétent (cf. art. 18 OTD).
Pour celle de l'usine Tridel, l'arrêt attaqué renvoie la carte 3.15 du plan cantonal de gestion des déchets (zone de l'"'installation cantonale" correspondant à l'agglomération lausannoise, la région morgienne, le Gros-de-Vaud, la vallée de Joux et une partie du Nord vaudois), en précisant que l'administration cantonale n'envisageait pas de la modifier. En se fondant sur la même configuration de la zone d'apport donnée de base de la planification cantonale, qu'aucun élément du dossier ne permet de mettre en doute - le rapport du 7 septembre 1999 retient qu'environ 120'000 t de déchets vaudois devraient être incinérés chaque année à Lausanne, dès 2006.
Ce pronostic de l'OFEFP, repris tel quel par le Tribunal administratif dans l'arrêt attaqué, se base sur une estimation de l'évo!ution des quantités de déchets à incinérer en Suisse romande entre 2000 et 2010. Il tient compte de l'interdiction de stockage en décharge bioactive des déchets urbains à partir du 1er janvier 2000 (art. 53a OTD) et des tendances, constatées grâce à des statistiques récentes, à l'augmentation tant de la masse totale des déchets que de leur pouvoir calorifique (si le pouvoir calorifique augmente, le tonnage maximum de déchets pouvant être incinérés dans un four diminue). Il est aussi fait mention de la mise en place de collectes sélectives des déchets, afin de séparer ceux qui sont valorisables (recyclage, etc. - cf. art. 6 OTD) de ceux qul doivent être incinérés.
Le rapport du 7 septembre 1999 - également repris sur ce point dans l'arrêt attaqué du Tribunal administratif - mentionne en outre les capacités de traitement dans les installations des cantons voisins du Canton de Vaud (Fribourg, Genève, Neuchâtel, Valais et Berne). C'est en effet un élément déterminant pour l'examen des conséquences de la mise en service d'une nouvelle installation, vu l'obligation imposée aux cantons d'éviter les surcapacités (art. 31 al. 1 et 31a a!. 1 LPE). Le rapport présente d'abord les solutions prévues pour l'incinération des déchets vaudois pour les périodes 2000-2001 et 2002-2005, vu qu'en l'absence d'une nouvelle installation dans le Canton de Vaud, ces déchets doivent être partiellement remis à des installations situées sur le territoire d'autres cantons (Les Cheneviers à Genève; SATOM à Monthey; SAIOD à Colombier/Neuchâtel ; future usine de Posieux dans le Canton de Fribourg). Il contient ensuite un pronostic concernant la situation à partir de 2006, dans l'hypothèse de la réalisation du projet Tridel (et du traitement, dans cette usine de 120'000 t de déchets) : 30'000 t de déchets vaudois seraient encore incinérés chaque année à l'usine des Cheneviers, 52'000 t à l'usine SATOM, 13'000 t à l'usine SAIOD et 12'000 t à l'usine de Posieux. Dans ces conditions, les usines précitées ne disposeraient pas de surcapacités : l'usine des Cheneviers devrait renoncer à partir de 2006 à l'emploi d'un four (3e ligne) et verrait sa capacité annuelle passer de 343'000 t à 227'000 t ; l'usine SATOM devrait être agrandie dès 2003, selon les décisions prises par les organes de la société et les autorités compétentes, mais il est déjà assuré que des déchets lui seront fournis en fonction de sa nouvelle capacité (170'000 t au lieu de 130'000 t) ; l'usine de Posieux, en service dès 2002 (88'000 t), n'aurait pas non plus de réserve; quant à l'usine SAIOD, sa capacité actuelle (61'000 t) serait entièrement utilisée et il n'existe aucun projet concret d'agrandissement.
Le rapport du 7 septembre 1999 mentionne encore les usines d'Uvrier (VS), Gamsen (VS), Zermatt (vS), La Chaux-de-Fonds, Bienne et Berne, en précisant qu'elles n'entrent pas en considération pour l'incinération des déchets vaudois, à défaut de capacité de traitement inutilisée aux stades actuel et futur.
Les parties ont eu l'occasion de s'exprimer très largement lors des décisions antérieures ou lors de l'audience du Tribunal administratif sur la clause du besoin et la localisation de l'usine. Les opposants ont fait valoir à l'époque des arguments identiques à ceux qu'ils mettent en avant aujourd'hui pour critiquer l'intérêt public et la proportionnalité du projet.
Intérêt public actuel
Contestant l'intérêt public actuel projet, les opposants, alors représentés par Me de Quattro, ont requis le dépôt d'un nouveau rapport d'un organe spécialisé compétent et indépendant (OFEFP ou autre) pour procéder à l'actualisation de l'inventaire des capacités et des besoins en matière de traitement des déchets en Suisse romande, dans le Canton de Vaud et plus particulièrement à Lausanne, avec pronostics effectués sur la base de données les plus récentes.
L'expropriante a remis aux opposants qui l'avaient demandé, les déterminations de l'OFEFP du 5 juillet 2002 sur "la clause du besoin - état 2002 -". Ce document a été versé au dossier et ses conclusions sont les suivantes:
Les données actuellement disponibles, tant sur les quantités de déchets combustibles que sur l'évolution des capacités d'incinération, permettent de confirmer une fois de plus le besoin de l'usine Tridel dans une perspective de coordination des capacités d'incinération en Suisse romande.
Même en partant d'hypothèses de planification particulièrement restrictives, la capacité d'incinération libre au moment de la mise en service de l'usine Tridel, en 2006, ne devrait se monter qu'à 50'000 tonnes pour l'ensemble de la Suisse romande, soit 6 % de la capacité totale. Une capacité libre de cette ampleur permet d'assurer un bon fonctionnement des installations et de faire face aux imprévus.
Les données du rapport du 7 septembre 1999 de OFEFP, contrairement à ce que prétendent les opposants au projet Tridel, sont confirmées. L'interprétation de ces données par les recourants se fonde malheureusement sur des déductions abusives ou sur une incompréhension des bases de planification .
Dans ce contexte, les arguments du mémoire ampliatif des opposants concernant notamment la méthode de calcul utilisée pour définir le tonnage des déchets à traiter, le défaut de révision du plan cantonal de gestion des déchets, ont pour seul effet de remettre en cause des éléments déjà admis dans les procédures antérieures. Lors de l'inspection locale, les représentants de l'expropriante et les opposants se sont encore exprimés à ce sujet, sans apporter d'éléments nouveaux.
Bien que les opposants estiment que les scénarios de l'OFEFP ont été retenus "arbitrairement", ils ne démontrent pas que leur argumentation soit plus pertinente. A l'expropriante avançant que
la question de l'intérêt public a non seulement été longuement examinée, mais de surcroît, elle a été définitivement tranchée et ceci par les plus hautes instances du pays,
ils estiment que rien n'est jamais définitif, même une prise de position du Tribunal fédéral, sinon la notion de l'évolution de la jurisprudence serait sans contenu. Ils sont d'avis que, contrairement à celui de l'expropriante, plusieurs éléments nouveaux sont apparus depuis l'expertise de l'OFEFP, qui sont tous, à leurs yeux, de nature à tempérer l'appréciation de l'utilité publique de l'usine Tridel. Il s'agit:
- D'un rapport-préavis communal 151 accordant un crédit de 35'700'000.- pour la rénovation de l'actuelle usine du Vallon. Décision "gelée" à la suite de l'acceptation du projet Tridel.
- Mises en service d'installations récentes ou futures pour le traitement de certains déchets (en particulier des centrales de chauffage fonctionnant avec des bois de rebut).
- Accélération de la politique de recyclage en particulier à Genève.
- Possibilité d'extension des systèmes de taxe sur les déchets proportionnelle à la quantité ("taxe au sac")
Enfin et pour conclure, les opposants estiment que le maintien du four 3 des Cheneviers (Genève) et la rénovation de l'usine du Vallon seraient non seulement suffisantes, mais également plus économiques que l'usine projetée.
S'agissant d'hypothèses et d'arguments techniques dont l'OFEFP ne peut ignorer l'existence ou la probabilité et qui ne sont pas de nature à remettre en cause le projet, le Département prend acte du rapport du 5 juillet 2002 de
"l'organe spécialisé compétent et indépendant (OFEFP ou autre)'
: selon les propos du conseil des opposants. La clause du besoin a déjà fait l'objet d'une analyse détaillée du TF dans son arrêt 17 août 2000. Le Département fait ainsi siennes les conclusions de l'OFEFP et confirme l'intérêt public actuel du projet.
Le second point de vue concernant l'intérêt public a trait à l'ouvrage lui-même dans la mesure où ses caractéristiques concrètes délimitent son emprise et par conséquent les droits à exproprier: Il nécessite une balance des intérêts: non seulement par rapport aux intérêts privés du propriétaire visé, mais aussi avec des intérêts publics divergents
(Moor. op. cit., 8.1.2.2, p. 403).
Lors de l'inspection locale, les opposants ont dénoncé une nouvelle fois les atteintes au site ou au paysage que provoquerait la réalisation du projet Tridel. Selon eux, la partie supérieure de la vallée du Flon est une zone de verdure à sauvegarder, conformément aux buts généraux de la fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT). Ils invoquent aussi la loi cantonale sur la protection de la nature, des monuments et des sites (LPNMS), en se référant à la protection accordée selon cette loi à la forêt de Sauvabelin, sur le flanc ouest de cette vallée. Ils se plaignent en outre qu'il n'a pas été démontré que la construction de l'usine serait impossible sans atteinte à la forêt.
Dans son arrêt du 17 août 2000 (p. 38), le TF s'est clairement déterminé sur cette critique en affirmant qu'en
raison de la situation du terrain et de son utilisation actuelle, il se distingue du bois de Sauvabelin. Le Tribunal administratif a en outre considéré que l'implantation et le volume des bâtiments de l'usine Tridel avaient été conçus de manière à en diminuer l'impact et
à
ménager le paysage. Cette appréciation n'est pas contestée. La planification cantonale tient donc compte de façon adéquate, de l'intérêt général
à
la protection des paysages et
à
la bonne intégration des constructions en milieu urbain.
Il y a lieu de s'en tenir à l'appréciation du TF.
Proportionnalité
En vertu de l'art. 23 LEx, si le Département admet l'intérêt public, il détermine les emprises en veillant à ce que l'expropriation soit contenue dans les limites de ce qu'exige l'exécution du projet.
Les opposants déplorent spécialement le choix du site en milieu urbain.
Le TF a également eu à se prononcer sur ce point dans son arrêt du 17 août 2000 (p. 33, 34 et 35) et il en a considéré que
Dans le cas particulier, une étude de variantes - notamment des deux autres sites préconisés par les recourants - a bel et bien été effectuée dans le cadre de la procédure d'élaboration du plan d'affectation cantonal. II ressort de l'arrêt du Tribunal administratif et du dossier que cet examen a été relativement détaillé; if est manifestement suffisant, au regard des règles que l'on vient de rappeler. En d'autres termes, un site alternatif n'entrerait en considération que si, sur les points litigieux, le projet Tridel se révélait non conforme au droit fédéral. (...)
Les recourants soutiennent que le choix du site de Lausanne ne serait pas compatible avec l'art. 16 al. 3 let. e OTD, aux termes duquel "les déchets seront acheminés par le rail chaque fois que cela sera économiquement supportable et qu'il sera avéré que ce mode de transport est plus respectueux de l'environnement que les autres". En revanche, une desserte ferroviaire des sites d'Aclens et d'Eclépens (terrains industriels en périphérie de l'agglomération lausannoise) serait selon eux réalisable.
Les recourants critiquent encore, à propos du choix d'un site urbain, l'argument retenu par le Tribunal administratif concernant l'utilisation de l'énergie produite par l'usine Tridel pour le chauffage à distance des quartiers avoisinants. (. ..)
En définitive, le choix du site de Lausanne est compatible avec le principe de l'art. 31 b al. 2 LPE qui impose aux cantons de veiller à une exploitation économique des installations d'élimination des déchets. Cet objectif d'économie, dont l'importance a été réaffirmée récemment par le législateur fédéral (l'art. 31b al. 2 LPE a été adopté le 20 juin 1997, pour entrer en vigueur le 1er novembre 1997), figure également à l'art. 16 al. 3 let. e OTD, le raccordement au réseau ferroviaire ne devant pas être assuré à tout prix (il faut que cette solution soit "économiquement supportable".
Comme, à l'intérieur d'une agglomération, le nombre d'emplacements se prêtant à la construction d'une usine d'incinération des déchets est nécessairement réduit, la proximité par rapport au réseau ferroviaire existant ne peut pas être considérée comme un critère prépondérant. Dans le cas particulier; le choix de renoncer à relier la partie supérieure de la vallée du Flon aux voies de chemin de fer desservant Lausanne n'est manifestement pas critiquable, au regard des principes que l'on vient d'exposer.
A la lumière de ces considérants, le Département est d'avis que la décision de l'expropriante de poursuivre l'étude de la variante de liaison ferroviaire depuis Sébeillon et d'abandonner la variante du déchoduc depuis la Blécherette est un élément nouveau qui donne, non seulement satisfaction aux propriétaires des immeubles situés sur le territoire de la Commune du Mont-sur-Lausanne, mais également aux opposants sensibles à la limitation des nuisances routières.
Lors de l'inspection locale, le Département a pu se faire une idée précise de la localisation de la future usine et des raisons du choix de ce site à proximité d'habitation. Il considère que les emprises projetées sont nécessaires à la construction de l'usine, au bénéfice d'un permis de construire, et qu'elles sont contenues dans les limites de ce qu'exige l'exécution du projet.
De plus, il a pris connaissance des motivations et déterminations reprises dans les divers arrêts cités ci-devants dont les décisions sont définitives et exécutoires. Il en fait siennes leurs conclusions.
Vu ce qui précède, le Département conclut que l'intérêt public du projet est manifeste et prépondérant et qu'il doit être reconnu comme actuel et continu. Enfin, ce projet respecte le principe de proportionnalité.
Prise de possession anticipée
:
En vertu de l'art. 92 LEx,
lorsqu'il est urgent, pour sauvegarder un intérêt public, d'exécuter un projet qui donne lieu à l'expropriation, le Département des finances peut autoriser l'expropriant à prendre possession de tout ou partie des immeubles avant le transfert de propriété et à exercer par anticipation les droits que l'expropriation a pour but de lui transférer.
La prise de possession ne peut être autorisée qu'une fois définitive la décision du Département des finances sur l'intérêt public (art. 23 et 24).
Le permis de construire prolongé arrivera à échéance le 30 mars 2003. Vu la durée de la procédure en cours, il ne sera vraisemblablement pas possible de prendre possession des immeubles avant leur transfert en propriété. Afin de sauvegarder l'intérêt public du projet, l'expropriante demande à être mise au bénéfice de la prise de possession anticipée de l'art. 92 LEx.
Le Département considère qu'il est établi, qu'à défaut d'autorisation, le projet serait exposé à de graves préjudices tels que retard dans la mise en service de l'usine, augmentation des coûts d'exécution et mise en oeuvre de nouvelles procédures, sans qu'ils puissent être imputés à l'expropriante qui a constamment veillé à faire avancer le dossier.
L'expropriante se plaît d'ailleurs à relever que la durée de la procédure en cours est initiée par les opposants.
Le Département autorise l'expropriante à la prise de possession anticipée, une fois définitive la décision sur l'intérêt public, selon les modalités de l'ordonnance du Tribunal d'expropriation. (art. 93ss LEx).

## Considerations