# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0062ef1a-a5a9-52b3-8015-e50c30133884
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. a. Madame A_, née en 1962, a été, après avoir effectué une formation d’études pédagogiques, affectée pour l’année scolaire 1985-1986 comme enseignante à l’école B_ à Genève. Suite à sa demande, elle a été mutée à l’école de C_ en classe de 1
ère
enfantine à la rentrée 1986-1987, la direction de l’enseignement primaire du département de l’instruction publique, devenue la direction générale de l’enseignement primaire (ci-après : DGEP) du département de l’instruction publique, de la culture et du sport (ci-après : DIP), se réservant la possibilité de modifier l’affectation en cas de circonstances imprévues. Elle a enseigné en division élémentaire au sein de l’établissement D_/C_/E_ jusqu’en décembre 2010, à l’exception d’une interruption du 1
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septembre 1995 au 31 août 1997 suite à un séjour à l’étranger où elle a enseigné le français.![endif]>![if>
b. Le 8 décembre 1986, le Conseil d’État, sur proposition du DIP, a nommé Mme A_, avec effet au 1
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septembre 1986, à la fonction d’institutrice dans la division élémentaire de l’enseignement primaire.
c. Selon son cahier des charges, l’enseignante était astreinte à un devoir d’impartialité dans ses relations avec ses élèves, leurs parents, ses collègues et ses supérieurs. Son affectation au poste d’enseignante généraliste tenait compte des nécessités de l’institution et de ses vœux personnels. Pour encourager sa mobilité dans la carrière, le DIP pouvait lui proposer des moyens d’accompagnement comme le changement de lieu de travail, de fonction et d’activité, la permutation d’une division dans une autre ou de mandat de responsabilités diverses.
2. Le 7 janvier 2011, la DGEP a nommé Mme A_ comme directrice ad interim de l’établissement du F_ à Thônex, fonction devant être accompli sous son statut d’enseignante, à un taux d’activité de 80 %, du 17 janvier 2011 au 15 juillet 2011.![endif]>![if>
3. Le 1
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février 2011, Mme A_ a rempli un formulaire de vœux d’emploi pour l’année scolaire 2011-2012, dans lequel elle souhaitait la reconduction de sa situation de 2010-2011.![endif]>![if>
4. Le 12 avril 2011, elle a fait connaître par écrit à la DGEP sa volonté de poursuivre la fonction de directrice de l’établissement du F_.![endif]>![if>
5. Le 6 mai 2011, Madame H_, directrice régionale à la DGEP, a eu un entretien avec Mme A_ portant sur la poursuite de son activité comme directrice d’établissement dans une autre école que celle du F_ ou d’enseignante dans une classe de cycle moyen de l’école de C_, une classe en division élémentaire devant être fermée à la rentrée scolaire 2011-2012. L’intéressée a exprimé son souhait de continuer à exercer la fonction de directrice de l’école du F_.![endif]>![if>
6. Par décision du 20 mai 2011 de restructuration et de regroupement des écoles du F_ et G_ en un établissement, le poste de directrice de l’école du F_ a été supprimé. Mme A_ en a été informée le 25 mai 2011.![endif]>![if>
7. Le 27 mai 2011, Madame I_, directrice de l’établissement de D_/C_/E_ (ci-après : la directrice) a, lors d’une séance de l’équipe enseignante, informé Mme A_ qu’aucune classe de division élémentaire ne pouvait lui être attribuée pour la rentrée scolaire 2011-2012. Elle lui a fait une proposition de prendre en charge une classe de division moyenne à un taux d’activité de 75 % ou de conserver un enseignement en division élémentaire dans un autre établissement de la région, proposition que Mme A_ a refusé.![endif]>![if>
8. Du 30 mai au 17 juillet 2011, Mme A_ a été en congé-maladie.![endif]>![if>
9. Par courrier du 30 mai 2011, elle a requis de la DGEP d’honorer les engagements pris à son égard lors de sa nomination à la direction ad interim de l’école du F_.![endif]>![if>
En décembre 2010, la DGEP lui avait offert sans réserve un aménagement de son taux d’activité à 80 %, une garantie du retour sans condition dans son poste en division élémentaire à C_, la possibilité de stabilisation de sa fonction de directrice de l’école du F_ s’il n’y avait pas reconfiguration, ou un autre poste de direction d’établissement si ses compétences étaient avérées et si elle le souhaitait. Elle avait appris le 25 mai 2011 devoir reprendre l’enseignement, aucun poste de directeur n’étant ouvert pour la rentrée. Elle avait réalisé le 27 mai 2011, au cours d’une réunion de toutes les enseignantes de la division élémentaire de C_, n’avoir pas été associée à l’organisation de la rentrée 2011. Après la confirmation de son retour à C_, il lui avait été proposé un poste restant en 3P/4P qui ne correspondait ni à sa formation ni aux promesses faites par la DGEP.
10. Le même jour, Monsieur A_, époux de l’intéressée, a adressé au Conseiller d’État en charge du DIP un courrier lui demandant de reconsidérer la situation de son épouse selon les promesses tenues par « vos subordonnés ».![endif]>![if>
Son épouse avait accepté de reprendre l’intérim à l’école du F_ moyennant une promesse orale non respectée de sa stabilisation dans la fonction de directrice en septembre 2011 ou, dans le cas contraire, d’un retour en division élémentaire à l’école du J_.
11. Par formulaire du 14 juin 2011, la DGEP a requis du service de la santé du personnel de l’État (ci-après : SPE), dans le cadre du processus de retour au travail de Mme A_, de recevoir celle-ci en consultation en vue de mettre en place un partenariat avec le service psychosocial.![endif]>![if>
L’intéressée avait réagi de manière forte et émotionnelle à l’annonce de son déplacement de l’école de C_. Elle s’était engagée dans une bataille épistolaire et juridique auprès de plusieurs interlocuteurs. Son mari avait usé de sa fonction pour dénoncer la situation de son épouse qui était, selon lui, une profonde injustice. Comme conseiller municipal, il avait également alerté son réseau, le climat autour de l’école devenait ainsi de plus en plus pesant. Mme A_ avait présenté un certificat médical faisant état d’une incapacité de travail à 100 % du 30 mai au 30 juin 2011.
12. Le 23 juin 2011, la DGEP a répondu au courrier de Mme A_ du 30 mai 2011.![endif]>![if>
La reconfiguration de l’école du F_ avait été discutée et confirmée en séance du 20 mai 2011. Auparavant, les postes de directeurs d’établissement disponibles à la rentrée 2011-2012 n’étaient pas connus. Mme A_ avait la possibilité de reprendre son activité à C_, mais la réalité ayant changé, les mêmes conditions ne pouvaient pas lui être garanties. Elle avait émis le souhait de prendre en charge une classe de 3P/4P à 50 % dans la mesure où elle pouvait collaborer avec une autre collègue de division élémentaire. Toutefois, ses collègues de cette division avaient émis des vœux différents.
13. Le 29 juin 2011, le médecin associé en santé-travail du SPE, le Docteur K_, a attesté que l’état de santé de Mme A_ évoluait favorablement et qu’une reprise du travail à 100 % était envisageable. Son suivi auprès d’une psychologue devait continuer afin de mieux l’accompagner dans ce processus.![endif]>![if>
14. Les 4 et 7 juillet 2011, Mme A_ a eu des entretiens, relatés dans un courrier de la DGEP du 16 juillet 2011, avec Madame L_, directrice des ressources humaines à la DGEP (ci-après : DRH-DGEP), en présence de Mme I_, de Madame M_, psychologue du SPE chargée du suivi de l’intéressée, et de Monsieur N_, adjoint à la DRH-DGEP.![endif]>![if>
a. L’affectation de Mme A_ dans le cycle moyen de l’école de C_ à la rentrée 2011 avait été confirmée, après une discussion sur son éventuel changement d’établissement tenant compte de son souhait de conserver un enseignement en division élémentaire. Un entretien était envisagé pour faire un premier bilan de son retour à l’enseignement et de sa santé. La réflexion pour l’année scolaire suivante tenant compte de ce bilan devait se poursuivre. L’équipe enseignante s’était réorganisée lors de l’intérimaire de Mme A_ à l’école du F_. Un dispositif destiné à réguler les relations interpersonnelles au sein de celle-ci devait être mis en place et une discussion sur la notion du devoir de réserve menée. Mme A_ occupait une place particulière dans l’école et bénéficiait d’une longue expérience dans l’établissement. Sa réaction émotionnelle à son changement de classe avait eu des retombées sur le climat de travail au sein de l’école comme dans l’environnement extra-scolaire. Un soutien à l’équipe enseignante, dès la rentrée, était envisagé en collaboration avec la DRH-DGEP.
b. Mme I_ avait exprimé ses craintes au sujet de la confusion qui existait depuis plusieurs années au sein du corps enseignant entre les relations professionnelles et celles d’ordre privé, notamment les siennes avec l’intéressée.
15. Mme A_ a occupé un poste d’enseignante en division moyenne de l’école de C_ à un taux d’activité de 75 % dès la rentrée scolaire 2011-2012.![endif]>![if>
16. Le 3 octobre 2011, l’équipe enseignante de C_ a discuté, en présence de la directrice de la DRH-DGEP et de son adjoint, de la question du devoir de réserve des enseignants dans un contexte d’interférences entre établissement scolaire, commune et/ou parents d’élèves, et des liens d’amitié entre les différents acteurs. Une personne externe devait être sollicitée pour approfondir le thème.![endif]>![if>
17. Le 12 octobre 2011, la DGEP a tenu une séance avec l’équipe enseignante de l’école de C_.![endif]>![if>
La reconfiguration de l’école du F_ avait eu des conséquences notamment sur l’organisation des affectations du corps enseignant de l’école de C_. Celle-ci étant confrontée à la nécessité de fermer une classe, il s’était posé la question des modalités du retour de Mme A_.
18. Le 10 novembre 2011, la DGEP a eu un entretien avec Mme A_ en présence de Mmes I_ et Mme M_ et de M. N_.![endif]>![if>
a. Mme A_ était satisfaite de ses débuts d’enseignement en cycle moyen. Ses rapports avec son « duettiste » et l’équipe enseignante étaient constructifs, même si une gêne demeurait avec ses anciens collègues du cycle élémentaire. Elle comprenait le souci de sa directrice de ne pas créer d’ambiguïté dans son rôle institutionnel, à cause de leurs anciens liens d’amitié.
b. Selon Mme I_, la part affective de l’intéressée dans les relations entretenues avec ses collègues et elle-même avait été importante et avait pu conditionner la dynamique au sein de l’école. Son objectif était de favoriser un contexte permettant de relativiser l’impact émotionnel dans les actions et décisions professionnelles au sein de l’établissement. Un contentieux était encore perceptible entre elle et Mme A_.
c. D’après la DGEP, l’ensemble de l’équipe enseignante de l’école de C_ devait bénéficier, à sa demande, des services d’une consultante extérieure pour mener une réflexion sur le devoir de réserve. Un bilan de l’évolution de la dynamique d’équipe permettant de définir les options à retenir en lien avec les vœux des enseignants et l’organisation de la rentrée 2012 serait effectué par la directrice.
19. Le 20 février 2012, Mme A_ a signé un formulaire de vœux d’emploi pour l’année scolaire 2012-2013, dans lequel elle souhaitait la reconduction de sa situation de 2011-2012.![endif]>![if>
20. Le 22 mars 2012, la directrice a tenu une séance de l’équipe enseignante.![endif]>![if>
L’école de C_ était de nouveau confrontée à la baisse des effectifs d’élèves et à la fermeture d’une classe en division moyenne pour la rentrée scolaire à venir. Des classes étaient également concernées par la fermeture pour les mêmes raisons à D_. Chaque enseignant de l’équipe était invité à formuler ses souhaits de changement volontaire d’affectation, à défaut la directrice devait, avec l’appui de la DGEP, décider de l’enseignant à déplacer. Aucune demande de changement volontaire d’affectation n’a été formulée.
21. Le 4 mai 2012, la directrice a, dans une séance de l’équipe enseignante, confirmé la fermeture d’une classe en division moyenne à C_. À l’issue de la séance, elle a informé Mme A_ qu’elle changerait d’établissement suite à la fermeture annoncée.![endif]>![if>
22. a. Au cours des entretiens des 8 et 14 mai 2012, la directrice a confirmé à Mme A_ son changement d’affectation pour la rentrée 2012 et en a informé Mme M_. Cette option pouvait permettre à l’intéressée de se voir attribuer à nouveau un poste en cycle élémentaire et favoriser sa mobilité après de nombreuses années dans la même école de C_. Deux postes proches de son domicile à Vésenaz et à Anières, en division élémentaire à un taux d’activité de 50 %, étaient disponibles, aucun poste à 75 % ne l’étant dans la région.![endif]>![if>
b. Le directeur adjoint de la DRH-DGEP a également, le 16 mai 2012, pris contact avec l’intéressée au sujet de son affectation dans un autre établissement scolaire. Celle-ci lui avait fait part de son intérêt pour cette solution dans un courriel du 20 mai 2012. M. N_ en avait informé Mme M_ et avait évoqué avec celle-ci l’éventualité d’un congé extraordinaire sans traitement d’une année en faveur de Mme A_.
23. Le 15 mai 2012, la directrice a annoncé sa décision concernant la rentrée scolaire 2012-2013 et le changement d’école de Mme A_ lors d’une séance de l’équipe enseignante, à laquelle l’intéressée n’a pas assisté pour des raisons de santé.![endif]>![if>
24. Entre les 16 et 31 mai 2012, Mme A_ a échangé plusieurs courriels et a eu de nombreux contacts téléphoniques avec la directrice de l’école et l’adjoint de la DRH-DGEP portant notamment sur sa divergence avec la directrice au sujet des effectifs des élèves de l’école de C_ et sur sa candidature spontanée à un poste d’enseignante à 50 % à D_.![endif]>![if>
25. Le 24 mai 2012, Mme I_ a eu un entretien avec Mme A_![endif]>![if>
a. Sa décision de la déplacer de l’école de C_ se basait sur son ancienneté dans cette école, les effectifs des élèves inscrits, le principe de mobilité des enseignants préconisé par la DGEP et les éléments mis en évidence lors des entretiens avec la DGEP dans le cadre du suivi de sa santé. Elle était satisfaite de son investissement et de son engagement dans l’exercice de sa profession. Consciente de la portée de sa décision, elle lui avait fait part de sa disponibilité à collaborer avec le SPE dans le cadre du partenariat psychosocial initié. Elle lui avait proposé aussi son soutien pour contacter ses collègues directeurs.
b. Mme A_ avait reconnu le caractère irrévocable de la décision de son changement d’établissement, sans pour autant la comprendre. Elle se sentait fragilisée, voire dans un état d’épuisement. Elle éprouvait beaucoup de difficultés à prendre des décisions pour la suite de sa carrière. Elle n’avait pas encore pris des contacts avec les directeurs pouvant l’accueillir dans leur établissement. Elle s’interrogeait aussi sur la possibilité de prendre une année de congé personnel.
c. Mme I_ avait, le même jour, informé Madame O_, conseillère administrative de la commune de C_ en charge des écoles, de la fermeture d’une classe et de la réaffectation de Mme A_.
26. Entre les 25 et 29 mai 2012, M. N_ et Mme M_ ont échangé des courriels au sujet notamment de l’affectation de Mme A_ à Vésenaz ou Anières et d’un éventuel congé d’une année de l’intéressée.![endif]>![if>
27. Dès le 1
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juin 2012, Mme A_ a pris contact avec le directeur de l’école de Vésenaz et l’a informé de son intérêt pour un poste d’enseignante à un taux d’activité de 50 % dans cet établissement, intérêt renouvelé lors de leur entretien du 4 juin 2012.![endif]>![if>
28. Les 8 et 13 juin 2012, Mme A_ a postulé à nouveau pour la place d’enseignante à un taux d’activité de 50 % à l’école de D_, auprès de la directrice qui lui a donné une réponse négative.![endif]>![if>
29. Le 11 juin 2012, la directrice a eu un entretien avec le maire de C_ sur invitation de celui-ci, au cours duquel ce dernier a remis en question la décision concernant le changement d’affectation de Mme A_.![endif]>![if>
30. Depuis le 11 juin 2012, Mme A_ a été en incapacité de travail pour une durée indéterminée. Elle a produit plusieurs certificats médicaux dont le dernier était daté du 28 janvier 2013.![endif]>![if>
31. Le même jour, le Dr K_ a attesté que Mme A_ souffrait d’une affection médicale qui justifiait une incapacité de travail à 100 %. Le stress professionnel pouvait être à l’origine de ce trouble. Le pronostic était à terme favorable et devait permettre une reprise d’activité au taux contractuel à la rentrée scolaire d’août 2012. Deux autres avis médicaux des 20 août et 28 novembre 2012 ont cependant constaté une évolution de l’état de santé défavorable à une reprise d’une activité par l’intéressée à court et moyen terme.![endif]>![if>
32. Le 14 juin 2012, le conseil d’établissement des écoles de D_/C_/E_ a été informé des fermetures de classes à C_ et à D_.![endif]>![if>
33. Le 21 juin 2012, un groupe de parents d’élèves de C_ a adressé au Conseiller d’État en charge du DIP un courrier collectif faisant état de sa surprise et de sa tristesse suite au changement d’établissement de Mme A_.![endif]>![if>
a. Il avait appris par les rumeurs le départ de Mme A_. Le choix de la directrice était incompréhensible, dans la mesure où l’école devait se doter d’un nouvel enseignant à la rentrée 2013-2014. Mme A_ avait prouvé sa motivation et sa capacité d’adaptation en relevant le défi d’enseigner aux enfants du cycle moyen. Ils ne remettaient pas en cause les capacités professionnelles des autres enseignants de l’établissement.
b. Le Conseiller d’État précité a répondu à ce courrier le 15 août 2012.
34. À une date non déterminée, le même groupe de parents d’élèves a adressé à Mme I_ un courrier reçu par celle-ci le 26 juin 2012 reprenant le contenu de celui adressé au Conseiller d’État.![endif]>![if>
35. Par courrier du 26 juin 2012 à Madame P_, directrice générale de la DGEP, l’équipe enseignante de C_ a réagi au changement d’établissement de Mme A_.![endif]>![if>
La directrice avait fermé une classe de cycle moyen suite à une baisse des effectifs d’élèves. Un certain nombre de parents et Mme A_ avaient véhiculé des informations erronées sur les circonstances du départ de celle-ci. Cette dernière habitait le village depuis de nombreuses années et entretenait des liens amicaux avec certains parents et membres des autorités communales. La vie privée et la vie professionnelle avaient été confondues, ce qui portait préjudice, notamment aux élèves, aux parents, à la directrice et aux enseignants.
Grâce au soutien permanent de la directrice, l’équipe enseignante était restée professionnelle et respectait le devoir de réserve. Elle avait tenu ses élèves à l’écart de la situation. Elle craignait cependant les répercussions de la situation à la prochaine rentrée scolaire. Il lui était désormais impossible de maintenir un climat serein et respectueux de tous au sein de l’école.
36. Le 28 juin 2012, le conseil administratif de la commune de C_ a adressé à la DGEP un courrier faisant état de sa déception suite au changement d’établissement de Mme A_. Il a demandé la prise en considération de son retour à l’école de C_ dès la rentrée 2013-2014. La DGEP a répondu à ce courrier le 11 juillet 2012.![endif]>![if>
37. Le 28 juin 2012, la directrice a tenu une réunion des parents d’élèves en présence du directeur des établissements primaires au DIP, dont le procès-verbal a été envoyé le 9 juillet 2012 aux signataires de la lettre collective précitée.![endif]>![if>
Le changement d’établissement de Mme A_ avait respecté le processus institutionnel. L’équipe enseignante avait été informée dans un premier temps. Aucun départ volontaire n’ayant été formulé, la directrice avait décidé de l’enseignante à déplacer et en avait informé l’intéressée. Une communication avait été ensuite faite aux autorités communales et aux membres du conseil d’établissement comprenant une représentante des parents d’élèves de C_. L’information sur la fermeture d’une classe à D_ avait suivi le même processus. Un climat peu serein s’était installé autour de l’école de C_. Les enseignants avaient des craintes pour la rentrée scolaire à venir. Ils étaient déstabilisés en raison de l’ampleur des réactions à l’annonce du départ de Mme A_. L’équipe enseignante avait l’impression d’une perte de confiance de la part des parents et d’une remise en cause de ses compétences professionnelles.
38. Le 5 juillet 2012, Mme A_ a reçu de la DGEP un avis d’affectation à l’école de Vésenaz à un taux d’activité de 53.6 %.![endif]>![if>
39. Par courrier du 6 juillet 2012 à Mme I_, Mme A_ a qualifié le comportement de celle-ci à son égard de harcèlement psychologique.![endif]>![if>
Son affectation à l’école de D_ avait été refusée sous prétexte d’assurer sa mobilité. Pourtant, sa solide expérience dans un système d’enseignement étranger, ses nombreux duos, son rôle de maîtresse adjointe et celui de directrice ad interim et son passage de la division élémentaire à la division moyenne prouvaient le contraire. Au cours de la dernière année scolaire, aucun reproche sérieux ne lui avait été adressé. La décision de l’exclure de l’école de C_ ne se fondait sur aucune explication crédible. Les effectifs des élèves inscrits dans les divisions élémentaire et moyenne n’avaient pas été discutés contrairement aux usages. Des informations pourtant partagées avec les autres membres du corps enseignant lui avaient été cachées.
Elle était en possession de deux certificats médicaux attestant de sa souffrance morale en raison des manœuvres de la DGEP et de la directrice à son égard. Son état de santé avait été affecté par les difficultés rencontrées au travail.
40. Le même jour, elle a dénoncé au DIP les actes de mobbing dont elle était victime dans ses fonctions d’enseignante de la part de la directrice et de certains membres de la DGEP. Elle s’est opposée à son changement d’affectation, en rappelant son parcours dans l’enseignement primaire.![endif]>![if>
De fortes pressions avaient été exercées sur elle pour quitter l’école de C_ et l’établissement de D_/C_/E_ notamment lors des entretiens en présence de la psychologue du SPE. Des raisons fallacieuses et rabaissantes avaient été invoquées au sujet de sa créativité qui mettait la pression sur ses collègues. Des propos dévalorisants et blessants étaient régulièrement utilisés à son encontre. Elle était accusée d’être dans l’émotionnel. Elle n’avait pas été conviée à participer aux réunions de discussions sur la répartition des classes pour la rentrée 2012. La directrice s’était employée à la marginaliser, décidant arbitrairement et unilatéralement de son sort. Elle avait été affectée dans sa santé.
41. Par courrier du 16 juillet 2012 à la DGEP, Mme A_ a contesté son avis d’affectation du 5 juillet 2012.![endif]>![if>
42. Le 20 juillet 2012, la DGEP a confirmé la décision de changement d’affectation de Mme A_.![endif]>![if>
D’autres enseignantes de l’établissement D_/C_/E_ avaient fait l’objet de changement d’affectation sans créer de problème particulier ou générer un sentiment d’atteinte à leur personnalité.
43. Le 31 août 2012, la DRH-DGEP a contesté les accusations de harcèlement psychologique formulées par Mme A_.![endif]>![if>
Un accompagnement transparent et respectueux de l’intéressée avait été mis en place pour favoriser sa réintégration à l’école de C_ dès la rentrée 2011. Un partenariat avec le SPE avait été organisé par la DGEP suite à la fragilisation de la santé de l’intéressée, au printemps 2011.
Durant l’année scolaire 2011-2012, un soutien avait été apporté par une consultante externe à l’équipe enseignante de C_, à la demande de la directrice. Ce travail avait permis de mettre en évidence la nécessité de définir un cadre de travail facilitant l’exercice du devoir de réserve par les professionnels de l’école et améliorant leurs conditions de travail pour éviter des interférences qui s’étaient produites à plusieurs reprises entre la sphère scolaire, la commune et les parents d’élèves.
44. Le 27 septembre 2012, le conseil municipal de la commune de C_ a tenu une séance dont le procès-verbal a été publié le 16 novembre 2012 sur le site internet de la commune.![endif]>![if>
a. M. A_ avait dénoncé les explications de la directrice au sujet de la mutation de son épouse. Selon lui, il était reproché à son épouse son excellence dans la préparation de son matériel d’enseignement, dans ses méthodes pédagogiques, dans sa créativité, dans ses relations avec le personnel communal proche de l’école, dans sa relation avec les parents d’élèves qui sollicitaient son aide au lieu de celle de la directrice en cas de problème de leurs enfants. Cette excellence était vécue comme faisant de l’ombre à ses collègues qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas en faire autant.
b. Mme O_ avait rappelé la procédure suivie en cas de fermeture d’une classe. La directrice adressait une demande aux enseignants pour un changement volontaire. Si aucune candidature n’était reçue, elle désignait la personne à déplacer en se référant à la DGEP.
45. Dans un courrier du 1
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octobre 2012 au DIP, Mme A_ a maintenu ses allégations de harcèlement psychologique et a contesté son affectation à Vésenaz et son bulletin de salaire établi sur un taux d’activité de 53.6 %. Elle a en outre fixé au DIP un délai au 12 octobre 2012 pour lui faire parvenir une décision formelle lui proposant une « solution digne », en reprenant, pour le surplus, son argumentation antérieure.![endif]>![if>
46. Le 22 octobre 2012, Mme I_ a déposé auprès du groupe de confiance de l’État de Genève (ci-après : le groupe de confiance) une plainte contre Mme A_ pour atteinte à sa personnalité, à son intégrité et à sa réputation professionnelle. Mme A_ a été informée de cette plainte le 31 octobre 2012, finalement retirée le 14 juin 2013.![endif]>![if>
47. Le 7 novembre 2012, la DGEP a adressé à Mme A_ un courrier explicatif sur le processus de son changement d’établissement. Elle l’a aussi informée d’un possible rétablissement rétroactif de son taux d’activité à 75 % au 1
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septembre 2012 et d’une affectation à un poste conforme à ce taux dans une école située en dehors de la région de Thônex.![endif]>![if>
48. Par courrier du 22 novembre 2012 adressé à la DGEP, l’équipe enseignante de C_ s’est indignée de la publication des propos de M. A_ sur le site internet de la commune.![endif]>![if>
La directrice avait été attaquée injustement par les propos de M. A_. Elle avait fait un bon travail de cohésion de l’équipe. Elle avait géré de manière professionnelle la fermeture des classes dans l’école et ses démarches étaient empreintes de respect et d’équité vis-à-vis de tous les membres de l’équipe enseignante. Elle avait su préserver celle-ci des retombées négatives liées à la réaction de Mme A_.
49. Le 26 novembre 2012, Mme A_ a contesté la teneur du courrier du 7 novembre 2012 de la DGEP. Elle a aussi exigé un salaire à un taux d’activité de 75 % à compter du 1
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septembre 2012 et une décision sujette à recours.![endif]>![if>
50. a. Le 29 novembre 2012, la DGEP a, dans une réponse au courrier de l’équipe enseignante, condamné les propos de M. A_ et leur publication sur le site internet de la commune.![endif]>![if>

## Considerations