# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c4389b70-8a2d-5549-ba08-a938ebc6465d
**Court:** GE_CAPJ
**Chamber:** GE_CAPJ_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Public
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
1.
Par courriel du 1
er
mai 2020, adressé au Conseil supérieur de la magistrature (ci-après : CSM), A_ s’est plainte des manquements disciplinaires du Premier Procureur B_, auquel elle reprochait sa collusion avec d’autres acteurs de la procédure pénale la concernant et concernant son enfant.
Par lettre du 8 mai 2020, la Présidente du CSM a attiré l’attention d’A_ sur les règles de la procédure administrative lui imposant d’agir par courrier postal, daté et signé, faute de quoi le Conseil n’entrerait pas en matière.
2.
Par courrier du 19 mai 2020, A_ a dénoncé au CSM les manquements disciplinaires du Premier Procureur B_, l’accusant de partialité et de couvrir des faits graves commis par d’autres magistrats, par des avocats et des médecins au détriment
« de la vie et le développement libre protégé et heureux de [s]a fille mineure, C_ ».
3.
Par courrier du 2 octobre 2020, la Présidente du CSM a fait savoir à A_ que sa dénonciation – ouverte sous le numéro de procédure A 1288/2020 – était classée sans suite, le CSM n’étant compétent que pour statuer sur les manquements disciplinaires des magistrats et n’étant donc ni une autorité de recours ni de révision contre les décisions des juges. En l’occurrence, aucun manquement disciplinaire n’était imputable au Premier Procureur B_, qui avait rendu une ordonnance de non entrée en matière concernant la plainte déposée par A_ contre la curatrice de l’enfant C_.
Il ressort des pièces du dossier qu’A_ est en litige, depuis de nombreuses années, avec le père de l’enfant C_, née le 16 septembre 2011, au sujet de la garde et des modalités du droit aux relations personnelles. Dans le cadre de cette procédure, A_ est assistée par un avocat expérimenté et l’enfant est représentée par une curatrice.
4.
Par acte non daté, remis à la Poste le 8 octobre 2020 et reçu le 12 octobre suivant, A_ a recouru auprès du CSM contre l’ordonnance de non entrée en matière de la Présidente du CSM du 2 octobre 2020, concluant, outre à l’octroi de l’assistance juridique, à l’annulation de cette ordonnance.
A_ a reproché au Premier Procureur B_ d’être
« en déni total et en abus d’autorité absolue, au point de devenir complice et dangereux pour le citoyen et la sécurité et la santé publique ».
5.
Par décision du 23 novembre 2020, communiquée à A_ par pli recommandé du 14 décembre 2020, le CSM a classé la procédure A/1288/2020, confirmant les motifs invoqués par sa Présidente.
Le CSM a ainsi statué dans la composition suivante : Madame D_, présidente, Monsieur E_, Procureur Général, Monsieur F_, juge, Monsieur G_, avocat, Monsieur H_, avocat, Madame I_ et Monsieur J_.
6.
Par lettre recommandée du 19 décembre 2020, adressée au CSM et reçu par celui-ci le 22 décembre suivant, A_ a contesté cette décision, au motif qu’E_, Procureur Général, figurait parmi les membres du Conseil ayant participé à cette décision, alors même qu’elle l’avait dénoncé pour abus d’autorité et pour refus d’instruire contre son premier procureur : le Procureur Général avait ainsi un intérêt personnel dans la cause.
Le 14 janvier 2021, le CSM a transmis à la Cour de céans le recours d’A_, pour raison d'incompétence, en application de l'art. 64 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA – RS/GE
E 5 10
).
7.
Le 23 février 2021, la Cour de Céans a informé A_ que son recours du 19 décembre 2020 avait été enregistré sous
DSCM/48/2020
– A/1288/2020 et qu’il portait la référence CAPJ 2_2021.

## Considerations