# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 23f6eb07-b88b-54bc-b4a0-a23722c4fd27
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. En date du 2 avril 2019, A._, veuve, née en 1938, a comparu à la séance de la Justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère (ci-après : la Justice de paix) pour faire un point sur sa situation. Entendue lors de dite séance, A._ a déclaré qu’elle se portait bien, qu’elle était propriétaire de sa maison, n’avait que peu d’économies et aucune dette mise à part son hypothèque et qu’elle s’occupait de ses affaires administratives et financières, étant précisé qu’elle payait ses factures toute seule et qu’elle pouvait compter sur l’aide de sa petite-fille, B._, en cas de besoin, ou sur celle de son petit-fils qui vivait en France. Enfin, l’intéressée a déclaré qu’elle n’allait pas sur Internet mais communiquait avec des personnes qu’elle ne connaissait pas via WhatsApp.
Le 23 avril 2019, B._ a informé la Justice de paix qu’elle avait prêté CHF 10'000.- à sa grand-mère pour acheter des appareils auditifs et que ce prêt avait été remboursé. Elle a ajouté que A._ avait vendu un terrain d’environ de 250m2 à son voisin. B._ a en outre déclaré que sa grand-mère voulait se marier et qu’elle avait dernièrement coupé les ponts avec ses petits-enfants. Selon elle, sa grand-mère se serait probablement fait arnaquer.
Le 3 mai 2019, A._ a indiqué à la Justice de paix qu’elle avait vendu du terrain pour financer des travaux de rénovation de sa maison. Cette vente a été faite rapidement car elle craignait d’éventuelles pressions de la part de la famille du petit ami de B._ qui voulait acheter le terrain pour une somme dérisoire. Elle a exposé que ses petits-enfants s’inquiétaient pour son patrimoine et leur potentielle part de celui-ci à son décès.
Le 7 mai 2019, la police a informé la Justice de paix que A._ avait déposé plainte pour escroquerie. En outre, le gendarme a indiqué qu’il avait des doutes quant à l’utilisation du solde du produit de la vente de son terrain et que l’instauration d’une mesure de protection en sa faveur serait judicieux afin de la protéger de futurs actes préjudiciables à ses intérêts.
Le même jour, B._ a signalé à la Justice de paix que sa grand-mère lui avait avoué avoir envoyé CHF 25'000.- à l’étranger, soulignant que cet argent provenait de la vente du terrain. Elle a également indiqué que sa grand-mère avait déposé plainte auprès de la police. Elle a précisé que A._ semblait avoir compris qu’elle s’était fait arnaquer mais qu’il n’était pas exclu qu’elle recommence, cette dernière ayant eu ce jour même un échange téléphonique avec l’étranger.
Le 14 mai 2019, A._ et B._ ont comparu devant la Justice de paix.
A._ a déclaré qu’elle avait discuté avec un inconnu sur Facebook pendant deux ans car elle se sentait seule. Elle a cependant été arnaquée par cet homme, lequel lui avait dit qu’il se prénommait Richard et travaillait pour les Nations Unies, qu’il était coincé dans une prison et avait besoin d’argent pour se faire libérer de sorte qu’il lui avait demandé de verser de l’argent à plusieurs reprises, respectivement CHF 4'500.-, CHF 10'000.- et CHF 12'500.-. Elle a souligné qu’il lui avait dit de ne pas en parler à ses proches car ils pouvaient être en danger, raison pour laquelle elle avait gardé ce secret et n'en avait pas parlé à la Justice de paix plus tôt. A._ a également exposé qu’elle avait vendu le terrain à côté de sa maison afin de pouvoir rembourser le prêt de CHF 10’000.- que sa petite-fille lui avait accordé, précisant qu’elle avait versé cette somme à la personne inconnue et ne l’avait pas utilisé pour les appareils auditifs. S’agissant de ses affaires administratives et financières, elle a expliqué qu’elle était capable de s’en occuper, étant précisé qu’elle avait remboursé les dettes de son fils et que sa petite-fille pouvait avoir un droit de regard sur ses comptes. Enfin, elle a expliqué que cette arnaque lui avait servi de leçon et qu’elle
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n’allait pas vendre sa maison car elle aimerait la transmettre à ses petits-enfants. A._ a également produit un certificat médical et un rapport médical de son médecin psychiatre traitant, le Dr C._, ainsi que l’acte de vente de son terrain. B._ a quant à elle déclaré qu’il était nécessaire de contrôler les comptes de A._ et aimerait avoir de l’aide pour le faire, même si sa grand-mère avait su gérer ses affaires administratives et financières jusqu’à maintenant.
B. Par décision du même jour, la Justice de paix a institué une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine en faveur de A._ avec pour objet de la représenter, si nécessaire, dans le cadre du règlement de ses affaires administratives, de gérer ses revenus et sa fortune et de la représenter de manière générale pour tous les actes nécessaires dans ce cadre, ainsi que de mettre en place une procédure aux fins d’annuler l'acte de vente du terrain. Une curatelle de coopération a également été instituée en sa faveur avec pour effet de subordonner la validité juridique de ses engagements supérieurs à CHF 2'000.- au consentement de la curatrice. L’effet suspensif à un éventuel recours a été retiré.
C. Par courrier du 28 juin 2019, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant implicitement à l’annulation de la mesure de protection instaurée.
D. Invitée à se déterminer, la Justice de paix a indiqué, par courrier 4 juillet 2019, que la curatelle était totalement justifiée aux fins de protéger au mieux tant l’intéressée que ses intérêts.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).