# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 57d609ca-095b-40b7-b7db-27f46c1453cb
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 17 mars 2022, A_ recourt contre l'ordonnance du 11 précédent, communiquée sous pli simple, par laquelle le Ministère public a refusé de relever M
e
B_ de sa mission de conseil juridique gratuit.
Sans prendre de conclusion formelle, la recourante sollicite l'annulation de l'ordonnance querellée et le remplacement de son avocate.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Le 25 mai 2021, A_ a porté plainte contre son ex-mari, C_, pour diffamation, injure, menace, contrainte et violation du devoir d'éducation.
En substance, dans le cadre d'une séparation difficile, celui-ci lui avait envoyé plusieurs messages insultants ou menaçants et négligeait ses responsabilités envers leurs deux filles mineures.
b.
Le 11 octobre 2021, le Ministère public a accordé l'assistance judiciaire à A_ avec effet au 8 juin 2021, désignant M
e
D_ au titre de conseil juridique gratuit.
Le jour même, à la demande de l'intéressée qui partait en congé maternité, le Ministère public a révoqué son mandat et désigné en lieu et place M
e
B_, avec effet au 31 juillet 2021.
c.
Le 16 février 2021, A_ a informé le Ministère public que M
e
B_ ne la représentait plus, en raison d'une "
rupture de confiance
" et du fait qu'il lui était impossible de "
collaborer avec cette dernière
". Elle était dorénavant représentée par M
e
E_.
Aucune procuration n'accompagnait le courrier.
d.
Dans une lettre du 21 février 2021, adressée à M
e
B_, le Ministère public a pris acte du souhait de A_ de ne plus être défendue par M
e
B_. Il lui a rappelé que dans le cadre d'une défense d'office, tout changement d'avocat devait être fondé sur de justes motifs et seul l'avocat d'office était rémunéré par l'État, la consultation de tout autre défenseur étant à sa propre charge à elle. Un délai de dix jours lui était imparti pour donner les raisons pour lesquelles elle ne souhaitait plus que M
e
B_ assume la défense de ses intérêts.
e.
Le même jour, le Ministère public a transmis à M
e
B_ la lettre de A_ et lui a également imparti un délai pour se déterminer sur son contenu.
f.
Le 24 février 2022, M
e
B_ a répondu au Ministère public. Depuis sa nomination, des dissensions étaient nées avec A_, laquelle refusait tout contact avec elle. Celle-ci refusait également qu'elle agisse en son nom et pour son compte, tant sur le volet civil que pénal. Elle n'était dès lors pas en mesure d'assurer la défense des intérêts de A_ et sollicitait la levée de son mandat.
g.
Le 3 mars 2022, dans une lettre signée de sa main, A_ a sollicité la suspension de la procédure et l'annulation d'une audience prévue le 15 suivant. Il n'était fait aucune mention au litige qui l'opposait à M
e
B_.
C.
Dans son ordonnance querellée, le Ministère public retient que la relation de confiance entre A_ et M
e
B_ n'était pas, de fait, gravement perturbée.
D.
a.
Dans son recours, A_ illustre la rupture du lien de confiance par plusieurs évènements où, selon elle, M
e
B_ n'aurait pas agi avec la diligence requise, lui reprochant notamment l'absence de démarche – et de nouvelles – durant plus de sept mois, même lorsqu'elle lui avait transmis de nouveaux messages reçus de son mari qui lui faisaient craindre pour sa sécurité et celle de ses filles. M
e
B_ avait également tardé à lui transmettre la lettre du Ministère public du 21 février 2021, l'empêchant de faire valoir ses moyens pour justifier la rupture du lien de confiance.
Des nouvelles pièces sont jointes au recours, dont il ressort notamment que:
- le 24 novembre 2021, A_ a adressé au Greffe de l'assistance juridique une demande "
de changement d'avocat
", précisant que M
e
E_ était d'accord de reprendre le dossier, sous le couvert de l'assistance judiciaire;
- le 27 décembre 2021, A_ a fait recours contre la décision de l'Assistance juridique (
AJC/6398/2021
), rendue dans la cause civile, lui refusant sa demande de changement de conseil juridique au motif que celle-ci reposait sur des considérations subjectives;
- le 9 février 2022, M
e
B_ a écrit à A_ pour lui rappeler qu'elle tenait son dossier à disposition de son "
nouvel avocat
" et la priant de confirmer qu'elle avait entrepris toutes les démarches en vue de la levée de l'assistance judiciaire;
- dans un courriel du 16 février 2022, M
e
B_ expliquait à A_ qu'il appartenait à cette dernière de mettre un terme au mandat et d'aviser le Ministère public qu'elle confiait sa défense à ses "
nouveaux avocats
" qui devaient l'assister lors d'une audience du 15 mars 2022;
- le 28 février 2022, M
e
B_ a transmis à A_ la lettre du Ministère public du 21 février 2022.
b.

## Considerations