# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c81d2226-52b4-5163-ac58-7d9584265578
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Le divorce de B._ et A._ a été prononcé le 20 septembre 2011 par le Juge du Tribunal régional des Montagnes et du Val-de-Ruz; la garde sur l’enfant, C._, née en 2004, a été accordée à la mère et l’autorité parentale conjointe maintenue. Conformément à la convention passée par les parties, A._ a été astreint à contribuer à l’entretien de sa fille par le versement, allocations familiales en sus, d’une pension mensuelle de CHF 300.- du 1er mai 2011 au 31 décembre 2011, de CHF 450.- du 1er janvier 2012 au 31 juillet 2016 et de CHF 500.- dès le 1er août 2016 jusqu’à la majorité ou la fin des études régulièrement menées.
B. Le 13 février 2014, A._ a déposé une demande de modification du jugement de divorce auprès du Tribunal civil de l’arrondissement de la Broye (ci-après: le Tribunal). Il a conclu à ce que la garde de leur fille lui soit confiée et à ce que la mère soit astreinte au paiement d’une pension mensuelle de CHF 500.-, allocations familiales en sus. Il a également requis le bénéfice de l’assistance judiciaire. Le 30 avril 2014, B._ a déposé sa réponse, concluant au rejet de la demande. Elle a aussi sollicité d’être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire. Les parties ont comparu à la séance du 2 mai 2014 et se sont accordées sur le fait d’entreprendre une médiation et de requérir la suspension de la procédure. Par décision du 6 mai 2014, la Présidente a prononcé la suspension.
Par courrier du 8 mai 2015, A._ a retiré ses conclusions prises dans sa demande du 13 février 2014 et en a pris des nouvelles, requérant cette fois que la pension alimentaire mensuelle pour sa fille soit réduite à CHF 200.-, allocations familiales en sus, dès le 12 février 2014. Il a fait valoir comme fait nouveau la naissance de ses deux enfants, entraînant l’augmentation de ses charges, ainsi que la diminution de ses revenus. Par décision du 12 mai 2015, la Présidente a prononcé la reprise de la procédure. Le 2 juin 2015, B._ a conclu au rejet des nouvelles conclusions.
Les parties ont comparu à l’audience du 4 septembre 2015 et ont convenu de requérir l’instauration d’une curatelle de surveillance du droit de visite, afin de restaurer le droit de visite du père. La Présidente a ordonné cette mesure à titre provisionnel. Le 13 novembre 2015, A._ s’est déterminé sur les conclusions restées litigieuses, concluant à la réduction de la pension alimentaire due à sa fille à CHF 200.- dès le 12 février 2014. Dans sa réponse du 12 janvier 2016, B._ s’y est opposée.
Les parties ont comparu à une nouvelle audience le 20 mai 2016 et ont trouvé l’accord suivant: Dès février 2014 et jusqu’à fin février 2016, A._ contribue à l’entretien de sa fille par une pension mensuelle de CHF 350.-, allocations familiales en sus. Elles ont aussi requis la suspension de la procédure jusqu’à fin 2016, précisant qu’à ce terme le demandeur indiquera s’il entend retirer sa demande et que, dans le cas contraire, seules demeurent litigieuses les pensions alimentaires dues dès le 1er mars 2016. La Présidente a prononcé la suspension de la procédure séance tenante.
Par courrier du 6 février 2017, A._ a indiqué qu’il maintenait sa demande de modification. Par courriers séparés des 8 et 15 mai 2017, les parties se sont prononcées en faveur de la levée de la curatelle de surveillance du droit de visite. Elles ont comparu à la séance du 19 mai 2017. L’enfant a, quant à elle, été auditionnée le 14 juin 2017.
C. Par décision du 18 juillet 2017, le Tribunal a rejeté la demande de modification du jugement de divorce du 12 février 2014 en ce sens qu’il a refusé la réduction de la pension alimentaire
Tribunal cantonal TC Page 3 de 13
mensuelle à CHF 200.-. Il a, par contre, modifié d’office l’art. 4 de la convention sur les effets accessoires du divorce homologuée par jugement du 20 septembre 2011 par le Juge du Tribunal régional des Montagnes et du Val-de-Ruz, en ce sens que A._ est astreint à payer une pension mensuelle à sa fille de CHF 300.- du 1er mai 2011 au 31 décembre 2011, de CHF 450.- du 1er janvier 2012 au 31 janvier 2014, de CHF 350.- du 1er février 2014 au 29 février 2016, de CHF 980.- du 1er mars 2016 au 31 décembre 2016 et de CHF 800.- dès le 1er janvier 2017 jusqu’à la majorité ou la fin des études régulièrement menées, étant précisé qu’il participera à la prise en charge de frais extraordinaires liés à l’enfant tels que frais d’orthodontie à raison de 50 %. Le Tribunal a aussi prononcé la levée de la curatelle de surveillance du droit de visite.
Les parties plaidaient en première instance au bénéfice de l’assistance judiciaire (décisions du 8 mai 2014).
D. Le 13 septembre 2017, A._ a interjeté appel contre le jugement précité, accompagné d’une requête d’assistance judiciaire. Il a pris les conclusions suivantes: principalement, il conclut à l’admission de sa demande de modification, en ce sens que, dès le 1er mars 2016, il soit astreint à payer une pension mensuelle de CHF 200.- pour sa fille. A titre subsidiaire, il conclut à ce que sa demande soit rejetée et à ce que l’art. 4 de la convention sur les effets accessoires de divorce demeure inchangé; à titre plus subsidiaire, il conclut à l’annulation de la décision du 18 juillet 2017 et au renvoi de la cause en instruction pour nouvelle décision. En substance, il conteste le revenu hypothétique qui lui a été imputé tant dans son principe que dans son montant; il conteste également l’augmentation d’office des pensions alimentaires.
Par décision du 19 septembre 2017, le Président de la Cour de céans lui a accordé l’assistance judiciaire.
Le 11 octobre 2017, B._ a déposé sa réponse à l’appel, concluant à son rejet, accompagnée d’une requête d’assistance judiciaire. Celle-ci a été admise par décision présidentielle du 9 mars 2018.
Le 22 octobre 2017, A._ a produit son attestation de formation élémentaire d’ouvrier forestier, précisant qu’il avait déjà allégué en procédure qu’il était titulaire de ce titre et non d’un CFC.

## Considerations

en droit
1.
1.1 L'appel est recevable notamment contre les décisions finales de première instance, pour autant que, dans les causes patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions soit supérieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Seules les contributions dues depuis le 1er mars 2016 sont en l’occurrence contestées. Au dernier état des conclusions, sont litigieux les montants mensuels de CHF 250.- entre le 1er mars 2016 et le 31 juillet 2016 (le père concluant à CHF 200.- et la convention de divorce prévoyant CHF 450.- pour cette période), et de CHF 300.- dès le 1er août 2016 jusqu’à la majorité de l’enfant le 31 juillet 2022 ou la fin des études régulièrement menées. Il s’ensuit que la valeur litigieuse de CHF 10'000.- est clairement atteinte.
Tribunal cantonal TC Page 4 de 13
La valeur litigieuse devant le Tribunal fédéral est supérieure aux CHF 30'000.- exigés pour un recours en matière civile dans une cause patrimoniale (art. 51 al. 1 let. a et 4, 72 et 74 al. 1 let. b de la loi sur le Tribunal fédéral [LTF RS 173.10]).