# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 30e3b005-2eb3-48e2-8eb5-492d639ccca0
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Monsieur A_, né le _1974, a été engagé dès le 1
er
novembre 2012 par la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève (ci-après : HEPIA ; laquelle fait partie de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale - Genève, ci-après : HES-SO Genève) en tant qu'_ HES à 80 %, en classe 17.![endif]>![if>
Cet engagement en tant que membre du corps intermédiaire HES était de durée déterminée, soit du 1
er
novembre 2012 au 31 octobre 2013. Selon son contrat d'engagement, M. A_ exercerait sous la direction et la responsabilité de Monsieur B_. Ce dernier enseignait le génie électrique, Monsieur A_ ayant quant à lui une formation d'ingénieur en électricité.
2) Le contrat précité a fait l'objet d'une augmentation de taux d'activité (à 100 %) à partir du 1
er
juillet 2013, puis de huit prolongations aux mêmes conditions, à savoir :![endif]>![if>
- du 1
er
novembre 2013 au 31 janvier 2014 ;
- du 1
er
février 2014 au 28 février 2014 ;
- du 1
er
mars 2014 au 31 janvier 2015 ;
- du 1
er
février 2015 au 15 mai 2015 ;
- du 16 mai 2015 au 30 septembre 2015 ;
- du 1
er
octobre 2015 au 31 mars 2016 ;
- du 1
er
avril 2016 au 31 août 2016 ;
- du 1
er
septembre 2016 au 31 mai 2017.
Les contrats y relatifs, dénommés « contrats de renouvellement de l'engagement », indiquaient notamment qu'« au terme de la durée d'engagement, le contrat prend fin sans qu'il soit nécessaire de le préciser » (ou que « le contrat prend automatiquement fin à l'échéance fixée ci-dessus, sans notification préalable »).
3) M. A_ a ensuite été engagé, toujours à la HEPIA, comme membre du corps intermédiaire, en tant que collaborateur scientifique ou artistique HES, en classe 15 et à 100 %, du 1
er
juin 2017 au 30 juin 2018. Le contrat ne mentionnait plus pour qui ou sous la responsabilité de qui M. A_ travaillait, mais indiquait qu'« au terme de la durée d'engagement, le contrat prend fin sans qu'il soit nécessaire de le préciser ».![endif]>![if>
Le contrat précité a été prolongé une fois aux mêmes conditions, du 1
er
juillet 2018 au 31 juillet 2018.
4) M. A_ a ensuite été engagé, par acte du 19 juillet 2018, toujours à la HEPIA et comme membre du corps intermédiaire, en tant qu'adjoint scientifique ou artistique HES, en classe 18 et à 100 %, du 1
er
août 2018 au 31 août 2019. Le contrat ne mentionnait pas pour qui ou sous la responsabilité de qui M. A_ travaillait, mais indiquait qu'« au terme de la durée d'engagement, le contrat prend fin sans qu'il soit nécessaire de le préciser ».![endif]>![if>
Le contrat précité a fait l'objet de trois prolongations aux mêmes conditions, à savoir :
- du 1
er
septembre 2019 au 31 août 2020 ;
- du 1
er
septembre 2020 au 28 février 2021 ;
- du 1
er
mars 2021 au 31 août 2021.
L'avant-dernière de ces prolongations s'est faite par courrier daté du 17 août 2020, la dernière par courrier daté du 23 mars 2021. Aucun des courriers de renouvellement ne contenait la mention qu'il s'agissait d'une décision, pas plus que la voie et le délai éventuels de recours.
5) Pendant toute la durée de son engagement dans ces trois fonctions, M. A_ a travaillé pour le Prof. B_, qui était son évaluateur lors des entretiens d'« analyse de prestations du corps intermédiaire HES » effectués les 24 septembre et 13 décembre 2013, 10 février et 5 septembre 2014, 26 février 2015, 30 avril et 30 juin 2018 et 11 juin 2020.![endif]>![if>
Dans le cadre de cette dernière analyse, les objectifs mentionnés pour la période à venir étaient « soutenir l'enseignement » et « travailler à la recherche d'un emploi ».
6) Par courrier du 15 juin 2021, la directrice adjointe de la HEPIA a indiqué à M. A_ que son engagement en qualité d'adjoint scientifique arrivait à échéance le 31 août 2021. Suite aux discussions qu'il avait eues avec Messieurs C_ et D_, elle lui confirmait que son contrat de travail ne serait pas renouvelé. Après les mentions administratives d'usage liées à son départ, elle le remerciait pour sa collaboration.![endif]>![if>
7) Le 14 juillet 2021, le syndicat interprofessionnel des travailleuses et travailleurs (ci-après : SIT), au nom de M. A_, s'est adressé à la directrice adjointe.![endif]>![if>
M. A_ avait été au bénéfice de seize contrats à durée déterminée depuis le 1
er
novembre 2012, et avait été employé de manière ininterrompue pendant plus de huit ans. Un tel recours à des contrats de durée déterminée était, dans ce cas-là, abusif et ne répondait pas à des besoins objectifs. De plus, l'art. 115 al. 1 du règlement interne sur le personnel de la HES-SO Genève du 6 février 2017 (ci-après : RIPers) prévoyait que les adjoints scientifiques étaient en principe engagés pour une durée indéterminée.
M. A_ avait ainsi en réalité été engagé par un contrat de durée indéterminée et les rapports de travail ne pouvaient être considérés comme s'achevant au 31 août 2021. Il offrait ses services à partir du 1
er
septembre 2021 et s'opposait tant au courrier du 15 juin 2021 qu'aux précédentes correspondances, notamment celles des 17 août 2020 et 23 mars 2021 (soit, respectivement, les prolongations d'engagement pour la durée du 1
er
septembre 2020 au 28 février 2021, et pour la durée du 1
er
mars 2021 au 31 août 2021).
Par ailleurs, M. A_ n'avait pas vu son annuité progresser lors des années 2013 à 2020, si bien que son traitement devait être corrigé rétroactivement. En 2017 et 2018, sa collocation en classe 15 de l'échelle des traitements constituait une diminution de salaire injuste, qui devait être corrigée selon l'art. 9 du règlement d’application de la loi concernant le traitement et les diverses prestations alloués aux membres du personnel de l’État, du pouvoir judiciaire et des établissements hospitaliers du 17 octobre 1979 (RTrait -
B 5 15.01
). Il concluait au versement de cet « impayé ».
8) Le 13 août 2021, le directeur général de la HES-SO Genève a répondu au SIT en indiquant ne pas pouvoir entrer en matière, les engagements successifs de durée déterminée étant conformes aux règles applicables et la non-prolongation du contrat de M. A_ lui ayant été annoncée en juin 2020, lors de son entretien d'évaluation. Ses revendications étaient en toute hypothèse tardives. De plus, l'intéressé avait touché toutes les annuités octroyées par le Conseil d'État depuis 2013, et sa diminution de classe était liée à son changement de fonction, les collaborateurs scientifiques HES étant en classe 15 de l'échelle des traitements.![endif]>![if>
9) Par courrier du 19 août 2021, le SIT a répondu au courrier précité en indiquant qu'il prenait position sur ses prétentions sans mention qu'il s'agissait d'une décision, et sans indication de la voie et du délai de recours.![endif]>![if>
10) Le 23 août 2021, le directeur général de la HES-SO Genève a rendu une décision formelle d'irrecevabilité.![endif]>![if>
La voie de la réclamation n'était ouverte que contre une décision. En l'absence de décision, la réclamation formée par M. A_ le 14 juillet 2021 était déclarée irrecevable, et il ne serait procédé à aucune analyse de ses prétentions sur le fond.
11) Par courrier du 1
er
septembre 2011 adressé au directeur général, le SIT a précisé que la réclamation du 14 juillet 2021 était formée à l'encontre des courriers des 17 août 2020 et 23 mars 2021, qui constituaient des décisions. Certes, la réclamation avait été formée plus de trente jours après leur prononcé, mais elle était néanmoins recevable en l'absence d'indication de la voie et du délai de recours. M. A_ demandait qu'il soit statué sur ses prétentions, indépendamment de la voie de droit utilisée.![endif]>![if>
12) Par acte posté le 14 septembre 2021, M. A_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre « les décisions rendues les 13 et 23 août 2021 par le directeur général » de la HES-SO Genève, concluant préalablement à la comparution personnelle des parties, et principalement à l'annulation des actes attaqués, à ce qu'il soit dit et constaté qu'il avait été engagé par contrat de durée indéterminée ayant débuté le 1
er
novembre 2012, à ce que son traitement soit fixé en classe 17 annuités 1 à 7 en fonction de l'année puis en classe 18 annuités 6 à 8 en fonction de l'année, à ce que la HES-SO Genève soit condamnée au paiement immédiat d'un rétroactif de traitement de CHF 59'547.95 bruts, plus intérêts à 5 % dès le 16 janvier 2017, à ce qu'il soit dit que la fin des rapports de travail ne reposait pas sur un motif fondé, à sa réintégration immédiate et à l'octroi d'une indemnité de procédure. Des conclusions subsidiaires et plus subsidiaires étaient formulées ; dans sa conclusion encore plus subsidiaire, M. A_ demandait à ce que la HES-SO Genève soit invitée à statuer sur ses prétentions formulées dans son courrier du 14 juillet 2021.![endif]>![if>
Il avait formé, à cette dernière date, une réclamation contre trois courriers qui ne mentionnaient pas les voies de droit. La réclamation avait été formée dans un délai inférieur à onze mois, ce qui était raisonnable, si bien qu'elle était recevable à l'encontre des décisions des 17 août 2020 et 23 mars 2021. Il s'était opposé au courrier du 15 août 2021 en temps utile. Il ne s'agissait certes, selon la jurisprudence, pas d'une décision, mais au vu des dizaines de contrats à durée déterminée conclus dans le cas d'espèce, il ne pouvait se douter que son contrat ne serait pas renouvelé pour la énième fois, tous les précédents contrats ayant été prolongés malgré les mentions qu'ils portaient. Dans ces circonstances très particulières, le courrier du 15 juin 2021 faisait part pour la première fois d'une volonté réelle de mettre un terme à son engagement, et constituait ainsi une décision sujette à recours.
La HES-SO Genève s'était prononcée par courrier du 13 août 2021 sur ses prétentions, tout en estimant sa réclamation tardive. Le 23 août 2021, elle avait déclaré sa réclamation irrecevable. Ces deux actes étaient des décisions sur réclamation, sujettes à recours auprès de la chambre administrative.
Sur le fond, la HES-SO l'avait sciemment maintenu dans un statut précaire en utilisant une dizaine de contrats de durée déterminée sans le moindre motif. Cette succession injustifiée de contrats de durée déterminée avait eu une influence négative sur son traitement, qui avait peu évolué en neuf ans, et violait l'interdiction de l'abus de droit et de l'arbitraire. Il convenait de requalifier son contrat en contrat de durée indéterminée et en conséquence de faire droit à ses conclusions principales. Il avait toujours donné satisfaction, si bien qu'il n'existait pas de motif fondé de résiliation des rapports de travail.
Selon l'art. 115 al. 1 RIPers, les adjoints scientifiques étaient en principe engagés pour une durée indéterminée, si bien qu'en faisant l'inverse la HES-SO Genève avait commis un abus de son pouvoir d'appréciation.
13) À la suite d'un courriel du SIT, le directeur général de la HES-SO Genève a, par courrier du 15 septembre 2021, confirmé que sa position restait inchangée. Les décisions de renouvellement mentionnées dans l'opposition étaient en force, et aucun motif de reconsidération n'était donné.![endif]>![if>
14) Le 20 septembre 2021, M. A_ a écrit à la chambre administrative, en vue d'étendre les conclusions de son recours à la contestation de la « décision » du directeur général du 15 septembre 2021.![endif]>![if>
15) Le 26 novembre 2021, la HES-SO Genève a conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité.![endif]>![if>
Le recours et son complément du 20 septembre 2021 étaient dirigés contre une décision sur réclamation du 23 août 2021, ayant pour seul objet de déclarer la réclamation du 14 juillet 2021 irrecevable. L'objet de ce recours ne devait dès lors porter que sur cet aspect, tandis que M. A_ abordait le fond de ses prétentions.
Les contrats avaient concerné trois fonctions différentes, et les renouvellements avaient été conformes au règlement applicable. M. A_ avait travaillé comme assistant de recherche pendant quatre ans et sept mois, puis comme collaborateur scientifique – fonction colloquée en classe 15 de l'échelle des traitements –, puis comme adjoint scientifique. Cette dernière catégorie de membres du corps intermédiaire faisait en principe, mais pas obligatoirement, l'objet d'un contrat de durée indéterminée.
Les compétences professionnelles de M. A_ n'étaient pas remises en question. Toutefois, elles se rapportaient au génie électrique, filière qui avait été fermée au début des années 2000 à l'École d'ingénieurs de Genève, qui avait précédé la HEPIA. Le Prof. B_ avait néanmoins continué à développer ce secteur dans ses recherches jusqu'à son départ à la retraite à l'été 2020, étant précisé qu'il avait gardé un pied dans l'institution le temps de terminer les projets encore en cours. Le professeur engagé après son départ était quant à lui actif dans le secteur du génie robotique, ce qui expliquait aussi pourquoi il n'existait plus à ce jour de poste correspondant aux qualifications de M. A_, qui savait depuis le mois de juin 2020 voire plus tôt que son engagement allait prendre fin.
Dès lors, quand bien même les décisions de renouvellement contestées ne portaient pas de mention de la voie et du délai de recours, on ne pouvait accepter qu'il fût possible de les contester respectivement treize et cinq mois après leur prononcé. M. A_ ne s'était jamais plaint du fait que ses contrats étaient périodiquement renouvelés et avait attendu le 14 juillet 2021 pour formuler ses prétentions.
Selon la jurisprudence, il n'existait pas de droit au renouvellement d'un contrat de durée déterminée, et l'échéance d'un tel contrat ne constituait ni un licenciement ni une mesure disciplinaire, mais un simple fait objectif non susceptible de recours. Le courrier de l'employeur rappelant cette échéance n'était ainsi pas une décision. Les courriers des 15 juin et 13 août 2021 n'étaient pas susceptibles de recours. La réclamation du 14 juillet 2021 était quant à elle irrecevable à deux égards, soit d'une part l'absence d'acte attaquable, et d'autre part le non-respect du délai de réclamation.
16) Le 3 janvier 2022, le juge délégué a fixé aux parties un délai au 4 février 2022 pour formuler toutes requêtes ou observations complémentaires, après quoi la cause serait gardée à juger.![endif]>![if>
17) Le 1
er
février 2022, la HES-SO Genève a indiqué ne pas avoir de requêtes ni d'observations complémentaires.![endif]>![if>
18) Le 4 février 2022, M. A_ a persisté dans ses conclusions. Il demandait en outre l'audition du Prof. B_. Un dossier complet incluant les dates de commencement et de fin de chaque projet ainsi que la preuve des dates de l'octroi du financement de chaque projet.![endif]>![if>

## Considerations

La réclamation contre la décision de renouvellement du 23 mars 2021 avait été formée trois mois et trois jours après le prononcé de l'acte attaqué, ce qui était raisonnable, et à peine supérieur à un délai de trois mois et deux semaines accepté en 2013 par la chambre administrative. Il s'était manifesté un mois et demi avant la fin des rapports de travail. De plus, lorsqu'une voie de droit était utilisée en dehors du délai légal contre une décision viciée, il convenait d'être moins strict en droit de la fonction publique que dans d'autres domaines du droit.
Le courrier de la HES-SO Genève du 13 août 2021 n'était pas une simple prise de position, mais statuait sur les prétentions qu'il avait élevées quelques semaines plus tôt, si bien qu'il s'agissait d'une décision. Enfin, la recevabilité du recours du 20 septembre 2021 contre la « décision » du 15 septembre 2021 n'était pas formellement contestée, et devait être admise.
19) Sur ce, la cause a été gardée à juger.![endif]>![if>
EN DROIT
1) La chambre administrative examine d'office la recevabilité des recours portés devant elle (art. 1 al. 2, art. 6 al. 1 let. c et art. 11 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
;
ATA/774/2022
du 9 août 2022 consid. 1).![endif]>![if>
2) a. Le recourant a déposé un acte de recours le 14 septembre 2021 contre « les décisions rendues les 13 et 23 août 2021 par le directeur général » de la HES-SO Genève, puis un autre recours le 20 septembre 2021 contre la « décision » du directeur général du 15 septembre 2021.![endif]>![if>
b. Le recours à la chambre administrative est ouvert contre les décisions des autorités et juridictions administratives au sens des art. 4, 4A, 5, 6, al. 1, let. a et e, et 57 LPA. Sont réservées les exceptions prévues par la loi (art. 132 al. 2 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
).
c. En vertu de l'art. 4 al. 1 LPA, sont considérées comme des décisions au sens de l'art. 1 LPA, les mesures individuelles et concrètes prises par l'autorité dans les cas fondés sur le droit public fédéral, cantonal, communal et ayant pour objet : de créer, de modifier ou d'annuler des droits ou des obligations (let. a) ; de constater l'existence, l'inexistence ou l'étendue de droits, d'obligations ou de faits (let. b) ; de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou obligations (let. c).
En droit genevois, la notion de décision est calquée sur le droit fédéral (
ATA/1656/2019
du 12 novembre 2019 consid. 2b ;
ATA/385/2018
du 24 avril 2018 consid. 4b et les références citées). Il ne suffit pas que l'acte querellé ait des effets juridiques, encore faut-il que celui-ci vise des effets juridiques. Sa caractéristique en tant qu'acte juridique unilatéral tend à modifier la situation juridique de l'administré par la volonté de l'autorité, mais sur la base de et conformément à la loi (
ATA/1656/2019
précité consid. 2c ;
ATA/385/2018
précité consid. 4c). La décision a pour objet de régler une situation juridique, c'est-à-dire de déterminer les droits et obligations de sujets de droit en tant que tels. Ce critère permet d'écarter un certain nombre d'actes qui ne constituent pas des décisions, comme les actes matériels, les renseignements, les recommandations ou les actes internes de l'administration (Benoît BOVAY, procédure administrative, 2
ème
éd., 2015, p. 339 ss).
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, en droit public, la notion de « décision » au sens large vise habituellement toute résolution que prend une autorité et qui est destinée à produire un certain effet juridique ou à constater l'existence ou l'inexistence d'un droit ou d'une obligation ; au sens étroit, c'est un acte qui, tout en répondant à cette définition, intervient dans un cas individuel et concret (ATF
135 II 328
consid. 2.1 ;
106 Ia 65
consid. 3 ;
99 Ia 518
consid. 3a ; arrêt du Tribunal fédéral
2C_282/2017
du 4 décembre 2017 consid. 2.1). La notion de décision implique donc un rapport juridique obligatoire et contraignant entre l'autorité et l'administré. De simples déclarations, comme des opinions, des communications, des prises de position, des recommandations et des renseignements n'entrent pas dans la catégorie des décisions, faute de caractère juridique contraignant (arrêts du Tribunal fédéral
1C_593/2016
du 11 septembre 2017 consid. 2.2 ;
8C_220/2011
du 2 mars 2012 consid. 4.1.2).
Pour déterminer s'il y a ou non décision, il y a lieu de considérer les caractéristiques matérielles de l'acte. Un acte peut ainsi être qualifié de décision (matérielle), si, par son contenu, il en a le caractère, même s'il n'est pas intitulé comme tel et ne présente pas certains éléments formels typiques d'une décision, telle l'indication des voies de droit (arrêt du Tribunal fédéral
2C_282/2017
précité consid. 2.1 et les références citées).