# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 61e48f21-ccf8-4b35-b4d6-5bb98519c38c
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 1993
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

constate en fait :
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A. La société X._ SA (ci-après : la société) exploite une entreprise de menuiserie-ébénisterie à Y._. Elle emploie des travailleurs étrangers au bénéfice d'un permis de séjour.
B. Le 19 août 1992, la Commission d'impôts et recette de district de Cossonay (ci-après : la Commission d'impôts) a adressé à la société une sommation l'enjoignant de lui payer, dans les 10 jours, le montant des impôts prélevés à la source durant le deuxième trimestre 1992 en application des règles sur la perception à la source des impôts dus sur les salaires des employés et ouvriers étrangers. Etait jointe à cet envoi la lettre-circulaire de l'ACI énonçant les obligations de l'employeur. Ces deux documents mentionnaient également les sanctions auxquelles l'employeur s'expose en cas d'inobservation de ses obligations.
Le 2 novembre 1992, la recourante a versé la somme de Fr. 1'504,85, correspondant aux impôts retenus pour le 2ème trimestre 1992.
C. Par décision du 11 novembre 1992, l'ACI a infligé à la société une amende de Fr. 100.- pour n'avoir pas produit dans les délais légaux les décomptes trimestriels de paiement afférents au second trimestre 1992, ni versé aucune retenue d'impôts à l'autorité fiscale pour cette période.
D. Par lettre du 19 novembre 1992, la société a recouru contre la décision précitée. Elle admet ne pas avoir respecté le délai, mais soutient que le retard est dû à un problème bancaire et administratif (départ d'un associé).
E. L'ACI a déposé ses observations par mémoire du 28 janvier 1993. Elle conclut au rejet du recours.
G. Le Tribunal administratif a statué sans débats dans sa séance du 16 mars 1993.

## Considerations

Considère en droit :
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1. A teneur des art. 125 LI et 6 al. 1 du règlement du 12 décembre 1980 sur la perception et l'imposition à la source (ci-après : le règlement), l'employeur est responsable du paiement de l'impôt retenu à la source sur les salaires des employés étrangers et doit en effectuer périodiquement le règlement auprès de l'autorité fiscale; il est également tenu de fournir à cette autorité tous les renseignements utiles à la perception de l'impôt, ce qui signifie qu'il doit adresser trimestriellement à celle-ci le formulaire de décompte de paiement, cela même s'il n'a pas occupé du personnel étranger soumis à l'impôt à la source durant une période (voir lettre-circulaire de l'ACI).
En vertu de l'art. 7 du règlement, les retenues effectuées doivent être versées à l'autorité fiscale trimestriellement, aux termes d'échéance des 31 mars, 30 juin, 30 septembre et 31 décembre (al. 1), dans un délai fixé par le Département des finances (al. 3), délai qui a été arrêté à 30 jours (voir Instructions concernant la perception à la source de l'impôt sur leur salaire par les employés et ouvriers étrangers, chiffre VI, p. 3).
2. La recourante ne conteste pas le retard que lui reproche l'autorité intimée. Il ne fait dès lors aucun doute qu'elle a contrevenu aux dispositions précitées et qu'elle s'expose à une amende.
3. En vertu de l'art. 131 al. 1 LI, l'employeur qui enfreint, intentionnellement ou par négligence, les dispositions des articles 19 al. 4 et 125 LI est frappé d'une amende de Fr. 50.- à Fr. 25'000.- prononcée par le Département des finances.
Selon la jurisprudence développée par la Commission cantonale de recours en matière d'impôts et reprise par le Tribunal administratif (arrêt FI 92-017 du 4 septembre 1992), le montant de l'amende doit être fixé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de la cause, du degré de la faute, de l'importance des montants soustraits et de l'attitude du contribuable lors de l'instruction. La jurisprudence récente du Tribunal fédéral (inaugurée dans l'ATF 114 1b 32), fondée sur l'art. 6 CEDH, a posé le principe selon lequel l'autorité de recours doit disposer d'un plein pouvoir d'examen dans l'appréciation du bien-fondé d'une amende fixée par une autorité administrative.
4. Dans le cas d'espèce, le tribunal constate que la recourante, tout en reconnaissant devoir transférer à l'autorité fiscale des montants d'impôts prélevés à la source et dont le délai de paiement est échu depuis le mois de juillet 1992, a retenu les sommes dues pendant quatre mois. Elle ne saurait faire valoir les perturbations résultant d'une instruction. D'une part, la recourante n'expose pas en quoi le départ d'un actionnaire et administrateur n'a pas permis le versement dans les délais d'un montant - modeste - et dont l'échéance était connue. A cet égard, le recours est à la limite de la recevabilité sur le plan de la motivation (art. 31 LJPA). La même remarque peut être faite en ce qui concerne le moyen tiré d'un "... flottement à la banque", qui n'est ni explicité, ni démontré.
La recourante ne saurait davantage invoquer des difficultés financières s'agissant de verser à l'administration fiscale des sommes dûment prélevées auparavant sur le salaire des employés.
5. L'amende infligée est donc certainement justifiée dans son principe. Il en est de même de la quotité, le tribunal constatant que l'autorité intimée s'en est tenu à un montant correspondant pratiquement au minimum de l'échelle prévue par l'art. 131 LI. Si l'on admet que, comme toute sanction administrative, une amende fiscale doit être proportionnée à l'infraction, doit tenir compte de la gravité objective de celle-ci, le cas échéant de la faute, et doit être assez rigoureuse pour prévenir une récidive (voir ATF 108 Ib 166, considérant 5b), on ne saurait en aucun cas retenir qu'une amende de Fr. 100.- est disproportionnée. A cet égard le recours est même téméraire (JT 1984 III 76).
6. Le recours est ainsi rejeté et un émolument que le tribunal arrête à Fr. 250.- doit être mis à la charge de la recourante (art. 55 LJPA).