# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6177c402-73ec-5306-9cdd-797dbc8e00dd
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. B._, née en 2001, est la fille de A._. Légalement, son père est C._. Toutefois, les parties s’accordent sur le fait que le père biologique de B._ est D._.
B. En raison de violences répétées qu’elle a subies par sa mère entre 2013 et 2016, puis vraisemblablement lors des vacances à E._ en été 2017, B._ a été placée provisoirement en foyer par décision du 22 août 2017. Des curatelles éducative et de surveillance des relations personnelles ont été instituées en sa faveur. Le mandat est actuellement confié à F._.
Par décision de mesures superprovisionnelles du 3 novembre 2017, confirmée par décision du 29 novembre 2017, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a fixé le droit aux relations personnelles entre D._ et B._ tous les , du vendredi après l’école au lundi matin heure du début des cours.
Par décision du 5 mars 2018, la Justice de paix a notamment retiré le droit de déterminer le lieu de résidence et la garde de fait de A._ sur sa fille B._ pour une durée indéterminée, a placé celle-ci dès la fin de l’année scolaire 2017/2018 auprès de la famille de D._, à G._, et a mis les frais de placement à la charge de la mère. L’autorité parentale exclusive de A._ sur sa fille a été maintenue, en prenant acte de l’engagement de la mère à collaborer avec les intervenants et D._. Le droit aux relations personnelles de la mère sur sa fille a été fixé à raison d’un repas par semaine jusqu’à la fin de l’année scolaire 2017/2018 et dès l’emménagement de B._ à G._, selon entente, mais au minimum une fois toutes les trois semaines. Enfin, les curatelles éducative et de surveillance des relations personnelles instituées ont été maintenues et, de plus, une curatelle avec pour tâche spécifique d’établir la filiation correcte de B._ a été instituée.
Le 4 juin 2018, H._, F._ et I._, chef de secteur, respectivement intervenantes en protection de l’enfant au SEJ, ont informé la Justice de paix qu’il n’a pas été possible de trouver un accord concernant la convention d’entretien entre la mère, seule détentrice de l’autorité parentale, et le père biologique. Lors de l’entretien du 23 mai 2018, A._ a clairement indiqué son refus de payer des frais pour sa fille, encore plus si cet argent devait revenir à D._ en tant que famille d’accueil. De son côté, D._ a refusé de renoncer à cet entretien pour sa fille, indiquant qu’il subvient déjà depuis plusieurs mois aux premières nécessités de B._. Les intervenants ont rappelé que A._ gagnait actuellement un salaire, complété par le Service social de J._. De plus, ils ont ajouté que la collaboration avec elle restait très compliquée, notamment qu’il avait été très difficile d’obtenir sa signature pour l’inscription de son enfant à la plateforme de jeune fille au pair et cela seulement après l’assurance que tous les frais d’inscription seraient pris en charge de manière exceptionnelle par le SEJ. Enfin, les intervenants ont relevé que B._ s’était rendue à plusieurs reprises au domicile de sa mère où elle subirait beaucoup de reproches et mettrait ensuite du temps à s’en remettre. Ils ont souligné que, lors de leur entretien susmentionné avec la mère, ils avaient été témoins de l’hostilité de cette dernière à l’égard de sa fille. Notamment, A._ avait souhaité la mort de sa fille à plusieurs reprises. Les intervenants ont décidé d’attendre que la situation s’apaise avant de demander à l’intéressée de reprendre contact avec sa mère.
Le 19 juin 2018, F._ a informé la Justice de paix que A._ ne dépendait plus du Service social dès lors que son emploi à K._ la mettait en dehors des normes dudit service. Le 8 août 2018, elle a en outre exposé à la Justice de paix que A._ n’était pas
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disposée à parler des frais de sa fille; elle a précisé que B._ avait débuté son placement comme fille au pair, s’était inscrite à des cours d’allemand et avait donné l’adresse de sa mère pour la facturation; or, cette dernière lui avait déjà dit qu’elle ne paierait pas la facture.
Le 14 août 2018, B._ a interpellé la Justice de paix en expliquant avoir besoin qu’une décision soit prise rapidement s’agissant de savoir qui prenait en charge quoi, que sa mère devrait payer ses cours d’allemand et son abonnement, que son refus compliquait sa situation et qu’elle ne pouvait plus attendre.
Le 16 août 2018, L._, la compagne de D._, a signalé que B._ n’avait pas d’argent pour s’acheter son billet afin de se rendre à ses cours d’allemand, ni pour son billet pour se rendre chez eux le vendredi, alors que sa mère est partie un mois à E._. Elle a rappelé que depuis une année, ils subviennent seuls aux besoins de la jeune fille.
Le 20 août 2018, la Justice de paix a décidé ce qui suit:
I. Les curatelles éducative et de surveillance des relations personnelles, au sens de l’article 308 alinéas 1 et 2 CC, instituées en faveur de B._ sont maintenues.
II. Les mandats restent confiés à F._ [...].
III. Une curatelle avec pour tâche spécifique d’introduire dans les plus brefs délais une action en aliments contre la mère complétée d’une requête d’avis aux débiteurs est instituée en faveur de B._.
Le curateur aura pour tâche d’entreprendre toutes les démarches juridiques nécessaires afin que A._ contribue à l’entretien de sa fille en vertu du droit de la famille.
IV. Le curateur est d’ores et déjà autorisé à plaider et à mandater si nécessaire un avocat, au sens de l’article 416 alinéa 1 chiffre 9 CC.
V. Le mandat est confié à M._, Chef de secteur au Service de l’enfance et de la jeunesse, à Fribourg.
VI. Un recours contre la présente décision serait démuni d’effet suspensif (art. 450c CC par analogie).
VII. Il n’est pas perçu de frais de justice.
C. Par mémoire du 1er octobre 2018, A._ a interjeté recours contre cette décision. Elle conclut principalement à l’annulation des chiffres III à VI et subsidiairement à l’annulation des mêmes chiffres et au renvoi de la cause à la Justice de paix pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
Le même jour, elle a requis d’être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire totale.
Le 11 octobre 2018, la Juge de paix a déposé sa détermination. Le 18 octobre 2018, elle a transmis à la Cour de céans une copie du courrier de la recourante du 17 octobre 2018 relatif à la décision attaquée.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de
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protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC.