# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7b79dfa7-d926-4aae-a4a8-23623020cb9c
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
C._, née en 1978, est arrivée en Suisse en 2004 en provenance de Colombie, pays dont elle a la nationalité. Elle s'est mariée en septembre 2004 avec un ressortissant suisse, né en 1963. Un fils, né en 2006, est issu de cette union. C._ a été mise au bénéfice d'une autorisation de séjour et a obtenu, par décision du 6 avril 2011, la nationalité suisse par la voie de la naturalisation facilitée. Celle-ci a toutefois été annulée par décision de l'Office fédéral des migrations (ODM) du 15 août 2013. Il ressort de cette décision notamment que C._ était en contact étroit avec A._ (le recourant), ressortissant colombien né en 1977, dont elle avait fait la connaissance à Lausanne lors d'une soirée entre Colombiens en septembre 2010; dès cette date, elle avait entretenu des contacts avec le recourant qui l'avait d'emblée courtisée. Vingt jours avant sa naturalisation, elle s'était définitivement séparée de son époux suisse; et moins de quatre mois après sa naturalisation, elle avait introduit une requête de divorce qui a abouti le 17 janvier 2012; par la suite, elle avait entamé des démarches administratives dans le but d'épouser le recourant. Ce mariage avec le recourant a eu lieu en Suisse le 16 août 2012. Le même mois, l'ODM avait informé C._ de l'ouverture d'une procédure en annulation de la naturalisation facilitée.
Le 2 mars 2012, le recourant et C._ ont déposé une demande de mariage en Suisse. Le Service de la population du Canton de Vaud (SPOP) a déclaré en avril 2012 qu'il tolérait le séjour du recourant en Suisse en vue du mariage. A la suite de ce mariage, le recourant a obtenu, le 4 septembre 2012, une autorisation de séjour (permis B avec activité) par regroupement familial qui a, depuis lors, régulièrement été prolongée. Sur le formulaire de rapport d'arrivée signé en date du 20 août 2012 par le recourant, ce dernier a indiqué avoir une fille née en 2009, D._, et un fils né le ******** 1999, B._. Il y a encore déclaré être entré en Suisse le 28 mars 2012 pour vivre auprès de son épouse, son dernier domicile régulier ayant été en Espagne.
Par ordonnance pénale du Ministère public de l'Arrondissement de Lausanne du 30 avril 2013, le recourant et son épouse ont chacun été condamnés à 30 jours-amende à 20 fr. avec sursis pour vol à l'étalage (notamment parfums, sacs, trousse de toilette, paire de baskets, pullover) commis dans plusieurs magasins le 3 janvier 2013. Lors de son audition par la police, le recourant avait déclaré qu'il voulait prendre des affaires pour ses enfants qui habitaient en Colombie.
C._ a été mise au bénéfice d'une autorisation d'établissement (permis C) en août 2014.
En mars 2014 est née la fille commune du recourant et de C._, du nom de E._.
Le 22 juin 2015, une demande d'autorisation pour un emploi du recourant de plus de trois mois avec un taux d'activité de 10 heures par semaine dans le secteur du nettoyage a été déposée.
B.
Selon les indications du recourant, son fils B._ est entré en Suisse le 14 février 2016, donc à l'âge de 16 ans et 9 mois, afin de le rejoindre.
Le 24 mars 2016, le recourant a déposé une demande d'autorisation de séjour en faveur de son fils au titre de regroupement familial. Dans une lettre de motivation du 23 mars 2012 (
recte
: 2016), le recourant et son épouse ont exposé qu'ils avaient voulu entamer des démarches administratives pour le regroupement familial après leur mariage en août 2012, mais que la mère de son fils s'était opposée à sa venue en Suisse, ne voulant pas interrompre sa scolarité. Entre-temps, selon le recourant à la mi-août 2015, son fils avait été témoin de l'assassinat d'un camarade d'école qu'il était en train d'accompagner. Depuis, son fils avait reçu des menaces de mort. Pour sa sécurité, il avait dû quitter l'école et déménager chez un membre de la famille maternelle. En février 2016, la mère de son fils l'avait contacté afin d'entreprendre des démarches pour que leur fils puisse venir en Suisse. Le recourant a joint à sa requête notamment une attestation de prise en charge financière de son épouse en faveur de B._ ainsi que trois décomptes de la Caisse cantonale de chômage dont il ressort des versements d'indemnités journalières à l'épouse entre 2'800 et 3'100 fr. par mois.
A l'appui de sa demande, le recourant a produit notamment un acte de naissance de son fils et une traduction (du 3 mars 2016) de sa reconnaissance en paternité du 11 juin 1999. Il a encore transmis notamment une déclaration datée du 16 février 2016 de la mère de B._ lui permettant d'aller vivre en Suisse auprès de son père, ce dernier devant alors prendre en charge son fils et tous les frais qui y étaient liés. Le recourant a également produit un contrat de travail pour lui-même, signé le 25 mai 2016 auprès de F._ SA, pour une mission d'un maximum de trois mois dès le 30 mai 2016 en tant qu'ouvrier en assainissement et de la construction sans connaissances professionnelles.
Le 14 juillet 2016, le SPOP a informé le recourant de son intention de refuser l'octroi d'une autorisation de séjour pour son fils aux motifs que la demande avait été déposée tardivement, que les conditions financières au regroupement familial n'étaient
a priori
pas remplies et qu'il n'existait aucune raison personnelle majeure justifiant l'octroi d'une autorisation de séjour. Les menaces subies par le fils ne sauraient constituer une raison personnelle majeure justifiant l'octroi d'une autorisation de séjour. Un délai a été imparti au recourant pour lui permettre de se déterminer.
Le 9 août 2016, le recourant a notamment fait valoir qu'il ignorait le délai imposé par la loi pour le dépôt de la demande de regroupement familial, que son fils avait une grande capacité d'adaptation et que ce dernier s'investissait pour apprendre le français. Il a également fourni deux fiches de salaire de F._ SA pour juin et juillet 2016 avec des salaires net de 1'176 et 1'761 fr. ainsi que des décomptes d'indemnités journalières d'une assurance perte de gain pour son épouse pour les mois de mai à juillet 2016 avec des montants mensuels de 2'120 fr. au maximum.
Par décision du 14 décembre 2016, notifiée le 16 janvier 2017, le SPOP a refusé l'octroi d'une autorisation de séjour en faveur de B._ et prononcé son renvoi de Suisse. Le SPOP a repris en substance les motifs invoqués dans son courrier du 14 juillet 2016.
C.
Le 14 février 2017, le recourant a déféré la décision du 14 décembre 2016 auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), en concluant à l'octroi d'une autorisation de séjour en faveur de son fils. Il fait en substance valoir qu'après son mariage le 16 août 2012, il a voulu entreprendre les démarches pour que son fils le rejoigne en Suisse mais que son ex-épouse s'y était alors opposée pour des raisons scolaires et médicales. Il soutient que son fils est venu dans ce pays à la suite de graves faits survenus dans son école en Colombie où il aurait été témoin de l'assassinat de l'un de ses camarades de classe et que le déménagement dans une autre ville n'aurait pas suffi à écarter les menaces de mort dont il faisait l'objet. Enfin, il évoque encore la grande volonté et capacité d'intégration de son fils qui a rapidement appris le français et qui n'a pas eu de difficultés particulières à se sociabiliser.
A l'appui de son recours, le recourant a produit diverses pièces, dont la traduction du 1
er
février 2017 d'un document de la mère de B._ dans lequel elle déclare que pour l'instant elle ne désirait pas voir son fils "
revenir en Colombie suite à l'inconvénient qu'il a eu et aux menaces reçues après avoir observé comment on tuait l'un de ses compagnons
".
Par déterminations du 28 mars 2017, le SPOP a repris les arguments invoqués dans son courrier du 14 juillet 2016 ainsi que dans sa décision du 14 décembre 2016, précisant qu'il n'existait pas de changement de circonstances dans la prise en charge de l'intéressé à l'étranger propre à justifier une demande de regroupement familial déposée très tardivement. En l'occurrence, le fils avait vécu éloigné de son père durant trois ans et demi et aucun document ne venait étayer les menaces invoquées par le recourant. De plus, rien n'indiquait que la famille en Colombie, en particulier sa mère, n'était plus en mesure de s'occuper de lui. Le SPOP a également relevé qu'il fallait tenir compte de l'âge du fils, soit 17 ans, rendant son intégration plus difficile et que l'on ne pouvait considérer que le recourant ait assuré de manière effective la responsabilité principale de l'éducation de son fils, dans la mesure où, aux dires du recourant lui-même, la mère de l'enfant prenait toutes les décisions importantes relatives notamment à sa santé et à sa scolarité. Le SPOP a encore considéré que l'arrivée du fils en Suisse et les liens qu'il entretenait avec son pays d'origine excluaient d'emblée le cas individuel d'une extrême gravité.
Par déterminations du 27 avril 2017, le recourant expose qu'il n'a pas fait venir son fils en Suisse auparavant car il souhaitait d'abord avoir une situation financière et personnelle stable. Il fait également valoir que son fils a développé une maladie qui l'empêchait de voyager et qui aurait par conséquent retardé sa venue en Suisse. En outre, les menaces que son fils avait subies en Colombie auraient été déterminantes dans sa volonté de le faire venir en Suisse. Le recourant évoque une relation proche avec son fils, malgré la distance, et le fait qu'il dispose de l'autorité parentale et de la garde de celui-ci; il allègue que l'entretien de son fils a été assuré principalement par lui-même. Enfin, il fait valoir une bonne intégration en Suisse de toute la famille et, en particulier, de son fils et précise que lui-même travaille, de même que son épouse, pour subvenir aux besoins de la famille, laquelle n'a jamais recouru aux prestations de l'aide sociale.
Par courrier du 3 mai 2017, le SPOP a informé que les arguments invoqués par le recourant n'étaient pas de nature à modifier sa décision, laquelle était par conséquent maintenue.
D.
Le 27 octobre 2017, le tribunal alors présidé par le juge Eric Brandt a tenu une audience auprès de la CDAP à laquelle ont participé notamment le recourant, son épouse et son fils. Il ressort ce qui suit du procès-verbal de l'audience:
"Le recourant explique être arrivé en Suisse en 2012 afin de pouvoir offrir un meilleur avenir à sa famille. Il n’a pas été marié à la maman de son fils B._ (né en 1999) ; il s’est séparé de celle-ci en 2002. Ils ont vécu ensemble de 1999 à 2002. Après leur séparation, B._ est resté vivre auprès de sa maman; le recourant vivait avec sa famille (parents frères et sœurs) dans le même quartier et il voyait son fils tous les jours. Le recourant a toujours payé une pension à la mère de son fils. Au début, aucun jugement ne l’y astreignait, il respectait l’accord conclu avec son ex-compagne. Puis, celle-ci a finalement décidé de saisir la justice ; le recourant a toujours respecté le jugement qui l’obligeait à verser une pension pour son fils.
B._ explique qu’il a commencé l’école à l’âge de six ans. Il indique que suite à la séparation de ses parents il a vécu auprès de sa maman ; il voyait son papa le week-end lorsqu’il allait dormir chez ses grands-parents paternels car son papa vivait chez eux, il y avait aussi un frère et deux sœurs de son papa. B._ déclare qu’ils vivaient dans la même ville mais pas dans le même quartier. Le recourant précise qu’il s’agit bien du même quartier.
Le recourant a fait la connaissance de son épouse en Suisse ; ils se sont connus par le biais de la cousine du recourant qui est la marraine du fils de son épouse (né d’une précédente union).
B._ explique que lorsque son papa est venu en Suisse il est resté auprès de sa maman et qu’il a continué à aller à l’école, mais qu’il a aussi dû être hospitalisé. Il ne se souvient plus très bien des dates, il a un problème de mémoire. L’épouse du recourant relève que B._ est resté hospitalisé durant une année car une tumeur au cerveau lui avait été diagnostiquée. Le recourant précise que lorsque son fils était à peine âgé de trois mois il a souffert d’une androcéphalie.
Le recourant et son épouse exposent que B._ a été témoin du meurtre de l’un de ses copains alors qu’ils se promenaient tous les deux dans un parc. B._ déclare que deux personnes sont venues parler à son ami, puis elles lui ont tiré dessus. Ces personnes l’ont menacé, et il s’est enfui. B._ a appelé son papa pour lui parler de ce drame. Il n’arrive plus à se souvenir précisément quand ce meurtre a eu lieu. En ce qui concerne les motifs du meurtre, B._ explique que son ami était impliqué dans du trafic de drogue, c’était un jeune dealer. Or, les bandes organisées ont chacune leur territoire et son ami, qui est du quartier nord, est allé vendre de la drogue dans le quartier sud contrôlé par une autre bande. Ce sont des gens de la bande du quartier sud qui sont venus pour tuer son ami. Mais, B._ indique avoir été clairement menacé, devenant un témoin gênant à éliminer. Il déclare qu’il n’osait plus sortir de la maison après ce meurtre. Il n’était pas question non plus de déposer une plainte ou d’appeler la police; en cas de plainte, tout le monde sait en Colombie que les gangs se vengent en tuant les membres de la famille de la personne qui les a dénoncés.
L’épouse du recourant indique que B._ est un peu en retard par rapport à son âge; il n’arrive pas à bien se concentrer, mais il a fait des progrès depuis qu’il est en Suisse. Il est pris en charge par l’Organisme pour le perfectionnement scolaire, la transition et l’insertion professionnelle (OPTI).
L’épouse du recourant explique que ni son mari ni la maman de B._ n’ont déposé plainte car les auteurs du meurtre s’en seraient pris à leurs familles. Le recourant et son épouse exposent qu’ils ont peur pour B._ car il est un témoin gênant.
L’épouse du recourant déclare toucher des prestations de l’assurance chômage, prestations qu’elle percevra jusqu’à fin novembre 2017.
Les représentants du SPOP relèvent que les rapports médicaux produits relatifs à l’état de santé de B._ datent de 2011, ils sont donc antérieurs à l’événement lié à la mort de son ami. B._ est incapable de se rappeler à quelle date cet événement s’est produit. Le recourant et son épouse pensent que c..ait durant l’été 2015.
Compte tenu du fait que le recourant a des difficultés à s’exprimer en français et que son fils B._ y parvient très difficilement, le juge demande, avec l’accord des parties, à la greffière Leticia Blanc de fonctionner en qualité d’interprète.
Le recourant explique que depuis son arrivée en Suisse, sitôt qu’il rentrait du travail, il téléphonait régulièrement à son fils B._ pour prendre de ses nouvelles, au moins trois fois par semaine. Mais après l’incident du meurtre, il téléphonait tous les jours. Le recourant déclare que son fils n’a pas pu réintégrer l’école qu’il fréquentait avant son hospitalisation, en raison des séquelles liées à l’opération (retard dans le langage) et des traitements subis. Il a dû être placé dans une école spécialisée. Il a recherché, avec l’aide de son ex-compagne, une école pouvant accueillir leur fils. Depuis que B._ a été le témoin du meurtre de son ami, la situation a radicalement changé. Le recourant a eu très peur pour son fils. Il a demandé à son frère de passer tous les jours au domicile de son ex-compagne pour prendre des nouvelles de B._. Le recourant a appris par des personnes de son entourage que le copain de B._ vendait de la drogue. Il explique avoir demandé à la maman de son fils de ne plus l’envoyer à l’école spécialisée.
Le recourant déclare qu’il a toujours souhaité vouloir faire venir son fils en Suisse, mais que ses démarches ont été stoppées au début par le fait que son ex-compagne ne souhaitait pas que B._ quitte l’école; il y a eu aussi la maladie de son fils et sa longue hospitalisation et le fait qu’il n’a pas pu décrocher tout de suite un travail en Suisse. Mais lorsqu’il a appris que son fils avait été le témoin gênant d’un meurtre, il était vital de pouvoir le protéger en Suisse. Le recourant précise que son ex-compagne lui a demandé de le prendre en Suisse pour le protéger et de faire tout son possible pour éviter que B._ retourne en Colombie, car elle craint vraiment pour sa vie. Le recourant dit se trouver dans une situation très délicate car il ne peut pas retourner avec B._ en Colombie; il a aussi des responsabilités ici en Suisse envers son épouse et leur fille. L’épouse du recourant précise qu’ils souhaitent tous que B._ puisse rester vivre auprès d’eux car ensemble ils forment une famille.
Le recourant relève que son fils est suivi auprès du CHUV ainsi que par un psychologue.
Les représentants du SPOP estiment qu’il n’y a pas eu de modifications dans la prise en charge de B._, toujours assurée par la maman. Des circonstances extérieures ont conduit B._ à quitter la Colombie et à venir en Suisse pour rejoindre son père. Les représentants du SPOP considèrent que la sécurité de B._ doit être assurée par les autorités de son pays d’origine. Ils soulignent que les motifs du recourant pour faire venir son fils B._ en Suisse ont évolué au cours du temps. En outre, les moyens financiers dont dispose le couple ne seraient toujours pas établis de manière précise. L’épouse du recourant souligne qu’elle va débuter au mois de janvier prochain une activité professionnelle auprès d’une garderie; il s’agit d’un emploi à 60% pour lequel elle sera rémunérée 27 fr. l’heure. Le recourant relève s’être toujours acquitté du paiement de ses impôts et ne pas avoir eu recours à l’aide sociale.
Le président informe les parties qu’un avocat d’office sera commis au recourant car il ne maîtrise pas bien le français et ne comprend pas la procédure et les questions posées par le tribunal."
E.
Le 7 novembre 2017, le tribunal a invité le recourant à remplir le formulaire de demande d'assistance judiciaire et de le lui retourner avec les pièces justificatives utiles. Par l'intermédiaire de son mandataire, le recourant a transmis le 16 novembre 2017 au tribunal ledit formulaire avec un lot de pièces relatives à cette requête.
Par décision du 17 novembre 2017, le juge instructeur de l'époque a accordé au recourant l'assistance judiciaire avec Me Perez comme avocat d'office.
F.
Le 21 mars 2018, la mandataire du recourant a déposé un mémoire complémentaire dans lequel elle a fait valoir que les conclusions dans le sens de l'octroi d'une autorisation de séjour par regroupement familial en faveur de B._ étaient maintenues. Elle a exposé dans quelle mesure il y avait des raisons familiales majeures qui permettaient un regroupement familial différé. Elle a en outre produit un lot de pièces. Y figurent notamment comme pièce 10 un "
dossier médical
" de B._ et comme pièce 2 un contrat de travail à durée indéterminée, conclu le 13 décembre 2017 entre le recourant et l'entreprise G._ Sàrl, pour une activité en qualité de manœuvre avec un salaire brut de 5'000 fr. à un taux d'occupation à 100 % dès le 2 janvier 2018; sont également jointes deux fiches de salaire de cette entreprise pour les mois de janvier et février 2018 avec un salaire net de 4'351 fr. 50. Comme pièce 3, ont été produit des décomptes d'indemnités journalières de la Caisse cantonale de chômage de mai 2017 à septembre 2017 établis à l'attention de l'épouse du recourant et retenant des versements mensuels entre 618 fr. et 1'543 francs.
Invité à se déterminer, le SPOP a déclaré le 10 avril 2018 que les arguments invoqués et les pièces produites n'étaient pas de nature à modifier sa décision, laquelle était donc maintenue.
Le 3 mai 2018, le tribunal a informé les parties qu'il était désormais présidé par le juge Laurent Merz en raison d'un empêchement durable du précédent juge instructeur qui a entre-temps pris sa retraite. Par la même occasion, le recourant a été rendu attentif à son devoir de collaboration à l'établissement des faits et invité, pendant toute la présente procédure judiciaire, à informer le tribunal spontanément et immédiatement de toute modification essentielle de la situation des membres de la famille, tels que prise ou perte d'emploi, début ou fin d'un traitement médical. Le tribunal a en outre requis du SPOP la production de ses dossiers concernant le recourant et son épouse.
Le SPOP a produit lesdits dossiers le 7 mai 2018, ce dont le recourant a été informé.
Dans le délai prolongé à sa demande, la mandataire du recourant s'est déterminée le 1
er
juin 2018 et a transmis sa liste des opérations. Elle a encore produit une traduction française de la pièce 7 de son bordereau du 21 mars 2018. Elle a confirmé qu'il n'était pas allégué que le fils du recourant était toujours atteint du syndrome d'Arnold Chiari. Il souffrait toutefois encore des séquelles de cette maladie qui se manifestaient notamment par des migraines et troubles de l'attention. Selon le recourant, cette atteinte impliquait un suivi médical et des examens réguliers.
Les parties ne se sont plus déterminées par la suite.
G.
La Cour a statué par voie de circulation. Dans la mesure utile, les arguments des parties seront repris ci-après.

## Considerations

Considérant en droit
1.
a) Aux termes de l'art. 92 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal connaît en dernière instance cantonale de tous les recours contre les décisions rendues par les autorités administratives lorsqu'aucune autre autorité n'est expressément désignée par la loi pour en connaître. Elle est ainsi compétente pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions du SPOP.
b) Déposé en temps utile (art. 95 LPA-VD) et selon les formes prescrites par la loi (art. 79 al. 1 et 99 LPA-VD), le recours est formellement recevable, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond. Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 75 let. a LPA-VD), puisqu'il est le père de B._ qui au moment du dépôt du recours était encore mineur et que le regroupement familial est requis auprès du père. Certes, B._ est entre-temps devenu majeur. Cela ne change rien à la recevabilité du recours. A la rigueur, il faudrait admettre que le recourant continue d'agir au moins également au nom de son fils. Ce dernier a d'ailleurs témoigné son intérêt à la poursuite de la procédure vu qu'il a participé personnellement à l'audience du Tribunal du 27 octobre 2017 en tant qu'adulte. Dans son mémoire du 21 mars 2018, le conseil d'office mentionne père et fils comme parties (cf. p. 1 et 8 chiffre V).
2.
a) Le recourant est au bénéfice d'une autorisation de séjour, de sorte que le regroupement familial de son fils doit être envisagé sous l'angle de l'art. 44 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20) qui s'appelait jusqu'au 31 décembre 2018 loi fédérale sur les étrangers (LEtr). Certes, l'épouse du recourant est depuis 2014 au bénéfice d'une autorisation d'établissement. L'art. 43 LEI qui prévoit un droit au regroupement familial par des personnes titulaires d'une autorisation d'établissement ne s'applique toutefois pas aux enfants du seul conjoint qui n'a pas d'autorisation d'établissement, respectivement aux beaux-enfants de l'étranger titulaire de l'autorisation d'établissement (cf. ATF 137 I 284 consid. 1.2).
Aux termes de l'art. 44 (al. 1) LEI, l'autorité compétente peut octroyer une autorisation de séjour au conjoint étranger du titulaire d'une autorisation de séjour et à ses enfants célibataires étrangers de moins de 18 ans aux conditions suivantes: ils vivent en ménage commun avec lui (let. a); ils disposent d'un logement approprié (let. b); ils ne dépendent pas de l'aide sociale (let. c). La version de cette disposition entrée en vigueur le 1
er
janvier 2019 contient encore les conditions suivantes: les personnes dont le regroupement familial est demandé sont en principe aptes à communiquer dans la langue nationale parlée au lieu de domicile, à moins qu'il s'agisse d'enfants célibataires de moins de 18 ans (let. d et al. 3; cf. aussi art. 44 al. 2 LEI); la personne à l'origine de la demande de regroupement familial ne perçoit pas de prestations complémentaires annuelles au sens de la LPC (RS 831.30) ni ne pourrait en percevoir grâce au regroupement familial (let. e).
L'art. 44 LEI est une disposition potestative, de sorte que l’octroi de l’autorisation de séjour est laissé à l’appréciation de l’autorité compétente (art. 96 LEtr) et que le conjoint et/ou les enfants du titulaire de l’autorisation de séjour ne peuvent pas se prévaloir d’un droit au regroupement familial même s'ils remplissent les conditions qui y sont mentionnées (
ATF 137 I 284 consid. 1.2;
TF 2C_1045/2014 du 26 juin 2015 consid. 1.1.1).
Cependant, vu que l'épouse du recourant dispose d'une autorisation d'établissement depuis 2014 et qu'elle est mère d'un enfant suisse (né en 2006), avec lequel elle vit et dont elle a le droit de garde, le recourant bénéficie d'une autorisation de séjour durable au sens de la jurisprudence du Tribunal fédéral (TF) au sujet de l'art. 8 de la
Convention
européenne du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS 0.101)
et de l'art. 13 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101), puisqu'il a un droit à la prolongation de sa propre autorisation de séjour selon l'art. 43 LEI, du moins aussi longtemps qu'il vit avec son épouse au bénéfice d'un permis d'établissement et qu'il n'y a pas de motifs de révocation au sens de l'art. 62 LEI (cf. ATF 144 II 1 consid. 6.1; 135 I 143 consid. 1.3.1). L'étranger qui bénéficie d'une autorisation de séjour durable est en droit de réclamer le regroupement familial selon l'art. 44 LEtr pour ses enfants en se prévalant des art. 8 CEDH et 13 Cst. (cf. ATF 137 I 284; CDAP PE.2017.0291 du 13 avril 2018 consid. 2b; PE.2017.0002 du 31 octobre 2017 consid. 6a).
b) S'agissant de la situation particulière dans laquelle les parents de l'enfant ne vivent pas ensemble et où il ne s'agit donc pas de regrouper la famille entière (les deux parents et leurs enfants), soit en présence d'une demande de regroupement familial partiel, il y a lieu de tenir compte encore de ce qui suit:
aa) Le parent qui demande une autorisation de séjour pour son enfant au titre du regroupement familial doit disposer (seul) de l'autorité parentale, même si cette exigence ne ressort pas explicitement de la loi. Le risque est en effet que le parent résidant en Suisse fasse venir un enfant auprès de lui, alors qu'il n'a pas l'autorité parentale sur celui-ci ou, en cas d'autorité parentale conjointe, lorsque la venue en Suisse de l'enfant revient
de facto
à priver l'autre parent de toute possibilité de contact avec lui. Or, le regroupement familial doit être réalisé en conformité avec les règles du droit civil
régissant les rapports entre parents et enfants et il appartient aux autorités compétentes en matière de droit des étrangers de s'en assurer (ATF 136 II 78 consid. 4.8).
bb) Le
regroupement
familial partiel suppose de tenir compte de l'intérêt supérieur de l'enfant, comme l'exige l'art. 3 par. 1 de la Convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant (CDE; RS 0.107). La Convention relative aux droits de l'enfant requiert de se demander si la venue en Suisse d'un enfant au titre du
regroupement
familial partiel n'entraînerait pas un déracinement traumatisant, ne reviendrait pas
de facto
à le couper de tout contact avec la famille résidant dans son pays d'origine et n'interviendrait pas contre la volonté de celui-ci. Certes, déterminer l'intérêt de l'enfant est très délicat. Les autorités ne doivent pas perdre de vue qu'il appartient en priorité aux parents de décider du lieu de séjour de leur enfant, en prenant en considération l'intérêt de celui-ci. En raison de l'écart de niveau de vie par rapport au pays d'origine, il est certes possible que les parents décident de la venue de l'enfant en Suisse sur la base de considérations avant tout économiques. Pour autant, les autorités compétentes en matière de droit des étrangers ne sauraient, en ce qui concerne l'intérêt de l'enfant, substituer leur appréciation à celle des parents, comme une autorité tutélaire peut être amenée à le faire. Leur pouvoir d'examen est bien plutôt limité à cet égard: elles ne doivent
intervenir et refuser le regroupement familial que si celui-ci est manifestement contraire à l'intérêt de l'enfant (ATF 136 II 78 consid. 4.8).
cc) Enfin, de manière générale, le droit au regroupement familial s'éteint lorsqu'il est invoqué de manière abusive, notamment pour éluder les dispositions de la loi sur l'admission et le séjour (cf. art. 51 al. 1 let. a et al. 2 let. a LEI; ATF 136 II 78 consid. 4.8). Il y a un abus de droit en particulier lorsque le regroupement familial de l'enfant a essentiellement un but économique, c'est-à-dire que sa venue en Suisse se fait principalement dans le but de venir travailler, alors que la relation avec son parent présent en Suisse n'était plus vécue ou qu'un réel regroupement familial n'est pas prévu (cf. ATF 136 II 497 consid. 4.3; TF 2C_425/2015 du 26 octobre 2015 consid. 2.2.4; Amarelle/Christen,
in
: Nguyen/Amarelle [éd.], Code annoté de droit des migrations, Vol. II, Loi sur les étrangers, Berne 2018, n. 12 s.
ad
art. 51).
dd) Le TF a retenu ces conditions supplémentaires par rapport aux art. 42 et 43 LEI; cela vaut toutefois tout autant pour l'art. 44 LEI, voire les art. 8 CEDH et 13 Cst.
3.
a) En plus des conditions précitées, le législateur a prévu des délais pour le regroupement familial. Selon l'art. 47 LEI, qui n'a pas connu de modification à la suite de la révision de la loi entrée en vigueur le 1
er
janvier 2019, le regroupement familial doit être demandé dans les cinq ans; pour les enfants de plus de 12 ans, le regroupement familial doit intervenir dans un délai de 12 mois (al. 1). Il est précisé que ce délai commence à courir, pour les membres de la famille d'étrangers, lors de l'octroi de l'autorisation de séjour ou d'établissement ou lors de l'établissement du lien familial (al. 3 let. b). Enfin, l'al. 4 de cette même disposition prévoit que, passé ce délai, le regroupement familial différé n'est autorisé que "
pour des raisons familiales majeures
" et que les enfants de plus de 14 ans sont entendus si nécessaire.
Eu égard aux textes allemand et italien de l'art. 47 LEI, cette disposition ne concerne cependant que les demandes de regroupement familial pour lesquelles il existe un droit au regroupement familial ("
Anspruch auf Familiennachzug
" et "
diritto al ricongiungimento
"), tel que par exemple selon les art. 42 et 43 LEI. Dans le cas de l'art. 44 LEI, c'est en principe l'art. 73 de l’ordonnance fédérale du 24 octobre 2007 relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA; RS 142.201) qui s'applique (cf. ATF 137 II 393 consid. 3.3). On peut se demander si cela vaut également lorsque l'étranger peut, en outre, se prévaloir des art. 8 CEDH et 13 Cst. (cf. consid. 2
in fine supra
). L'art. 73 OASA prévoit toutefois les mêmes règles que l'art. 47 LEI et n'a pas non plus été modifiée à la suite de la révision entrée en vigueur le 1
er
janvier 2019. Dès lors, l'art. 73 OASA est toujours interprété de la même manière que l'art. 47 LEI (cf. ATF 137 II 393; CDAP PE.2017.0291 du 13 avril 2018; PE.2016.0341 du 23 décembre 2016 consid. 4a). Dans cette mesure, il n'y a pas lieu de trancher la question de savoir s'il faut appliquer l'art. 47 LEI ou 73 OASA. Il n'est dès lors pas non plus déterminant que ni le SPOP ni le recourant n'aient mentionné l'art. 73 OASA.
b) Les limites d'âge et les délais prévus aux art. 47 LEI et 73 OASA visent à permettre une intégration précoce et à offrir une formation scolaire en Suisse aussi complète que possible (ATF 133 II 6 consid. 5.4; TF 2C_1/2017 du 22 mai 2017 consid. 4.1.2). Les délais des art. 47 LEI et 73 OASA ont également pour objectif la régulation de l'afflux d'étrangers (TF 2C_1/2017 du
22 mai 2017 consid. 4.1.2). Ces buts étatiques légitimes sont compatibles avec la CEDH
(cf. ATF 137 I 284 consid. 2.4-2.6; TF 2C_467/2016 du 13 février 2017 consid. 3.1.2).
c) Pour les membres de la famille d'étrangers, le délai commence à courir dès la date de l'octroi de l'autorisation de séjour. Si l'enfant a atteint l'âge de douze ans pendant le délai de cinq ans accordé pour le regroupement, un délai de douze mois commence à courir le jour de son 12
ème
anniversaire, pour autant qu'il se soit écoulé moins de quatre ans depuis le début du délai initial de cinq ans (cf. TF 2C_201/2015 du 16 juillet 2015 consid. 3; 2C_473/2014 du 2 décembre 2014 consid. 4.1; 2C_205/2011 du 3 octobre 2011 consid. 3.5; CDAP PE.2013.0463 du 13 janvier 2014 consid. 2).
d) En l'occurrence, le recourant a obtenu son autorisation de séjour le 4 septembre 2012, alors que son fils avait déjà fêté son 13
ème
anniversaire. Il disposait donc d'un délai d'une année selon l'art. 47 al. 1 LEI, respectivement 73 al. 1 OASA, pour déposer une demande de regroupement familial en faveur de son fils. Ce délai est arrivé à échéance début septembre 2013. Déposée le 24 mars 2016, donc plus de deux ans et demi après la date prévue, la demande est ainsi tardive, ce que le recourant ne conteste pas. Certes, il fait valoir qu'il n'avait pas connaissance des délais des art. 47 LEI et 73 OASA. Cela n'est toutefois pas déterminant. Le recourant n'a du reste ni prétendu, ni démontré s'être renseigné auprès d'une autorité compétente et avoir reçu une réponse erronée (cf. CDAP PE.2015.0386 du 18 février 2016 consid. 4).
Dès lors, un regroupement familial différé peut entrer en ligne de compte uniquement s'il existe des raisons familiales majeures (art. 47 al. 4 LEI et 73 al. 3 OASA).
e) Les raisons familiales majeures au sens de l'art. 47 al. 4 LEtr peuvent être invoquées, selon l'art. 75 OASA, lorsque le bien de l'enfant ne peut être garanti que par un regroupement familial en Suisse. C'est l'intérêt de l'enfant, et non les intérêts économiques (prise d'une activité lucrative en Suisse), qui prime (TF 2C_1172/2016 du 26 juillet 2017 consid. 4.3.1; 2C_1102/2016 du 25 avril 2017 consid. 3.2). Selon la jurisprudence, il faut prendre en considération tous les éléments pertinents du cas particulier (cf. TF 2C_467/2016 du 13 février 2017 consid. 3.1.2), parmi lesquels l'intérêt de l'enfant à maintenir des contacts réguliers avec ses parents, ainsi que l'exige l'art. 3 par. 1 CDE (cf. TF 2C_851/2014 du 24 avril 2015 consid. 4.2), étant précisé que les dispositions de cette convention ne font toutefois pas de l'intérêt de l'enfant un critère exclusif, mais un élément d'appréciation dont l'autorité doit tenir compte lorsqu'il s'agit de mettre en balance les différents intérêts en présence (cf. ATF 139 I 315 consid. 2.4). Il y a en outre lieu de tenir compte du sens et des buts des art. 47 LEI et 73 OASA. Il s'agit également d'éviter que des demandes de regroupement familial différé soient déposées peu avant l'âge auquel une activité lucrative peut être exercée, lorsque celles-ci permettent principalement une admission au marché du travail facilitée plutôt que la formation d'une véritable communauté familiale (TF 2C_1/2017 du 22 mai 2017 consid. 4.1.3; 2C_467/2016 du 13 février 2017 consid. 3.1.2). D'une façon générale, il ne doit être fait usage de l'art. 47 al. 4 LEtr qu'avec retenue (cf. TF 2C_1102/2016 du 25 avril 2017 consid. 3.2; 2C_787/2016 du 18 janvier 2017 consid. 6.2; 2C_905/2015 du 22 décembre 2015 consid. 4.2; 2C_330/2102 du 18 octobre 2012 consid. 4.1). Les raisons familiales majeures doivent toutefois être interprétées d'une manière conforme au droit fondamental au respect de la vie familiale protégé par les art. 13 Cst. et 8 CEDH (cf. TF 2C_1172/2016 du 26 juillet 2017 consid. 4.3.1; 2C_1/2017 du 22 mai 2017 consid. 4.1.3).
Le parent qui a librement décidé de venir vivre en Suisse et d’y vivre séparé de ses enfants pendant une certaine période ne peut en principe pas se prévaloir d’un droit au regroupement en faveur de ses enfants restés au pays lorsqu’il entretient avec ceux-ci des contacts moins étroits que l’autre parent ou les membres de la famille qui en prennent soin (cf. ATF 133 II 6 consid. 3.1.2). Les art. 8 CEDH et 13 Cst. n’octroient pas à l’étranger le droit de choisir librement l’endroit où il entend vivre. Il n’y a pas atteinte à la vie familiale si l’on peut attendre des membres de la famille qu’ils réalisent leur vie de famille à l’étranger; l’art. 8 CEDH n’est
a priori
pas violé si le membre de la famille jouissant d’un droit de présence en Suisse peut quitter ce pays sans difficultés. En revanche, si le départ du membre de la famille pouvant rester en Suisse ne peut d’emblée être exigé sans autres difficultés, il convient de procéder à la pesée des intérêts prévue par l’art. 8 par. 2 CEDH. Celle-ci suppose de tenir compte de l’ensemble des circonstances et de mettre en balance l’intérêt privé à l’obtention d’un titre de séjour et l’intérêt public à son refus (cf. ATF 140 I 145 consid. 3.1; 135 I 153 consid. 2.1).
Une raison majeure au sens des art. 47 al. 4 LEI et 73 al. 3 OASA doit être admise lorsque la prise en charge nécessaire de l'enfant dans son pays d'origine n'est plus garantie, à la suite par exemple du décès ou de la maladie de la personne qui s'en occupait (TF 2C_467/2016 du 13 février 2017 consid. 3.1.3; 2C_147/2015 du 22 mars 2016 consid. 2.4.3). Lorsque le regroupement familial est demandé en raison de changements importants des circonstances à l'étranger, il convient toutefois d'examiner s'il existe des solutions alternatives permettant à l'enfant de rester dans son pays. De telles solutions peuvent en effet mieux correspondre au bien-être de l'enfant, parce qu'elles permettent d'éviter que celui-ci ne soit arraché à son milieu et à son réseau de relations de confiance (TF 2C_1172/2016 du 26 juillet 2017 consid. 4.3.2; 2C_1/2017 du 22 mai 2017 consid. 4.1.5). Cette exigence est d'autant plus importante pour les adolescents qui ont toujours vécu dans leur pays d'origine (cf. TF 2C_1172/2016 du 26 juillet 2017 consid. 4.3.2; 2C_1102/2016 du 25 avril 2017 consid. 3.2), dès lors que plus un enfant est âgé, plus les difficultés d'intégration qui le menacent apparaissent importantes (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.2). Il ne serait toutefois pas compatible avec l'art. 8 CEDH de n'admettre le regroupement familial différé qu'en l'absence d'alternative. Simplement, une telle alternative doit être d'autant plus sérieusement envisagée et soigneusement examinée que l'âge de l'enfant est avancé et que la relation avec le parent vivant en Suisse n'est pas aussi étroite (TF 2C_1172/2016 du 26 juillet 2017 consid. 4.3.2; 2C_1/2017 du 22 mai 2017 consid. 4.1.5).
La jurisprudence ne pose aucune règle rigide en la matière, mais invite au contraire, dans la ligne de la pratique de la Cour européenne des droits de l'homme, à procéder à un examen individuel dans chaque cas d'espèce, loin de tout schématisme préétabli. Comme évoqué, l'appréciation doit donc se faire sur la base de l'ensemble des circonstances et tenir particulièrement compte de la situation personnelle de l'enfant (liens familiaux et sociaux, possibilité de prise en charge éducative dans son pays, etc.), de ses chances d'intégration en Suisse (compte tenu notamment de son âge, de son niveau scolaire et de ses connaissances linguistiques), du temps qui s'est écoulé depuis la séparation d'avec son parent établi en Suisse, de la situation personnelle de celui-ci (notamment sur les plans familial et professionnel) et des liens qui les unissent l'un à l'autre. Pour juger de l'intensité de ces liens, il faut notamment prendre en considération le nombre d'années que le parent établi en Suisse a vécues avec son enfant à l'étranger avant d'émigrer, et examiner dans quelle mesure il a depuis lors maintenu concrètement avec lui des relations malgré la distance, en particulier s'il a eu des contacts réguliers avec lui (au moyen de visites, d'appels téléphoniques, de lettres, etc.), s'il a gardé la haute main sur son éducation et s'il a subvenu à son entretien (ATF 133 II 6 consid. 5.5).
4.
a) En l'espèce, le recourant fait valoir que la demande tardive de regroupement familial en faveur de son fils s'expliquerait par le fait que la mère de B._ s'était opposée à sa venue en Suisse afin de ne pas interrompre sa scolarité et le traitement médical suivi en Colombie. Celle-ci aurait toutefois changé d'avis à la suite de menaces de mort dont aurait fait l'objet son fils après un évènement survenu en 2015 lors duquel B._ aurait assisté à l'assassinat de l'un de ses camarades de classe.
Assisté par un avocat, le recourant a encore précisé par rapport au changement de circonstances ce qui suit par mémoire du 21 mars 2018: alors que B._ menait une "
vie correcte
" dans son pays d'origine auprès de sa mère et que cette dernière était réticente à ce qu'il puisse venir en Suisse, un événement était venu bouleverser leur vie. Le 15 août 2015, son fils avait été témoin d'un homicide d'un camarade de classe, âgé de 14 ans. Cet adolescent s'était fait tirer dessus à deux reprises et avait reçu un coup de couteau dans le thorax alors qu'il discutait tranquillement avec B._. Le recourant expose que, selon la presse locale, un groupe de jeunes armés voulait prendre le contrôle du quartier et attaquait des mineurs. Dans un autre quartier, une jeune fille de 11 ans avait reçu une balle dans la tête alors qu'elle rentrait chez elle. Le 15 août 2015, son fils aurait réussi à s'enfuir. Il s'en était suivi un profond traumatisme psychologique à la vue de cet homicide d'une rare violence en sa présence et contre l'un de ses amis. D'après les renseignements obtenus par la famille en Colombie, cet homicide serait en lien avec des trafics de stupéfiants, activités très répandues en Colombie. Ces éléments constituaient des raisons familiales majeures en ce sens que la sécurité du fils n'aurait plus pu être assurée auprès de sa mère en Colombie. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) relevait d'ailleurs l'important taux de criminalité en Colombie et notamment à ********. Selon le recourant, les autorités locales étaient démunies face à de telles violences et la sécurité du recourant n'était désormais plus assurée dans sa ville d'origine. Même après avoir déménagé, son fils aurait continué à subir des menaces ce qui démontrait qu'aucun membre de la famille n'était en mesure d'assurer la sécurité de l'enfant en Colombie. La sécurité de son fils ne pouvait désormais être assurée qu'en Suisse auprès de son père. A l'appui de ces explications, le recourant a produit en copie un extrait d'un article paru sur Internet, un acte de décès d'un adolescent tué le 15 août 2015 et des conseils aux voyageurs du DFAE (pièces 7 à 9). Quand bien même son fils était désormais majeur, il fallait retenir qu'il était atteint dans sa santé et qu'il souffrait encore de séquelles liées à l'hydrocéphalie (maladie Arnold Chiari) dès sa naissance. Dès son plus jeune âge, son fils avait été en proie à d'importantes céphalées avec vomissements, photophobie et phonophobie liées à sa maladie. Il avait dû subir notamment en 2011 une intervention chirurgicale suivie de contrôles et examens médicaux multiples. En 2014, à la suite de tests neuropsychologiques, il avait été constaté qu'il souffrait d'un retard mental et possédait un QI inférieur à la moyenne, probablement une séquelle de sa maladie. Le suivi médical avait été repris dans une clinique en Suisse qui attestait la présence toujours actuelle de migraines qui avaient toutefois diminué depuis 2015. A l'appui de la situation médicale du fils du recourant, ce dernier a produit (comme pièce 10) un lot de divers copies de documents médicaux et scolaires pour la période allant de 2006 à septembre 2017. Le recourant a encore ajouté que son fils s'était rapidement et parfaitement intégré en Suisse. Il participait à des activités sociales telles que le football qu'il pratiquait au sein d'une équipe. Il s'était montré motivé dans des projets professionnels qui semblaient à sa portée puisqu'il avait déjà effectué un stage de peintre en bâtiment qui s'était révélé positif. Cet élément n'était pas négligeable puisqu'en raison de son retard mental, il devait fournir bien plus d'efforts que quiconque dans le cadre des apprentissages. Enfin, le recourant avait toujours maintenu des contacts réguliers et étroits avec son fils, même pendant la séparation lorsque le recourant avait quitté la Colombie.
b) On peut se demander si les allégations concernant les menaces que subirait B._ à la suite du meurtre d'un adolescent sont vraisemblables. Si les auteurs du crime avaient voulu éliminer le recourant comme témoin, on se demande pourquoi ils l'ont laissé échapper alors que le recourant prétend que son fils était en train de parler avec la victime lorsque ce dernier a été poignardé et a reçu les coups de feu. On relèvera quand même que B._ a souffert de surpoids depuis son enfance (par ex. 43 kg à l'âge de neuf ans et 68 kg à l'âge de 12-13 ans) et d'une déficience mentale selon le recourant. Ce dernier et son fils restent très évasifs sur cet événement et les menaces subséquentes dont le fils aurait fait l'objet. Les seuls documents produits sont un extrait d'un article de journal paru sur internet et l'acte de décès de la victime (pièces 7 et 8 produites le 21 mars 2018). B._ ne s'est jamais annoncé comme témoin aux autorités colombiennes et n'a à ce jour donc jamais témoigné au sujet de ce meurtre. De plus, il ne ressort pas du dernier certificat scolaire colombien du 27 janvier 2016 (pièce 10/5) portant sur l'année scolaire 2015 ("
periodo lectivo 2015
"), de fin janvier à début décembre, que B._ aurait manqué les cours, alors que le recourant a expliqué que son fils ne devait plus aller à l'école à la suite des menaces et du meurtre qui a eu lieu en août 2015. Ce certificat retient plutôt que B._ avait des difficultés à plusieurs niveaux (notamment pour la lecture) et qu'il présentait dans certaines matières des appréciations avec la mention basique ("
basico
"), voire basse ("
bajo
" - en espagnol, anglais et dans les sciences sociales), tandis que dans d'autres (comme la technologie et l'informatique, l'éducation religieuse et morale) il avait reçu une bonne mention ("
alto
"). Le certificat se termine par la décision que B._ n'avait pas atteint les objectifs requis et n'était ainsi pas promu. Du reste, selon les dires du recourant lui-même, il n'a pas fait venir son fils en Suisse plus tôt car il devait y stabiliser sa situation financière et personnelle. Enfin, il ne ressort d'aucun des nombreux documents médicaux produits par le recourant que son fils aurait subi, comme allégué, un profond traumatisme psychologique à la vue de l'homicide en question (cf. pièce 10). Dans cette mesure, on doit conclure que le recourant n'a pas rendu suffisamment vraisemblable le fait que son fils aurait été victime de sérieuses menaces pour sa vie en Colombie dès 2015. Au contraire, eu égard au déroulement chronologique des faits, on peut sérieusement se demander si le regroupement familial n'a pas été demandé en mars 2016 à la suite de l'échec scolaire en Colombie, afin que B._, alors âgé de presque 17 ans, entreprenne une formation ou prenne un emploi en Suisse. Une telle démarche pourrait être considérée comme abusive (cf. consid. 2b/cc
supra
). En tout cas, l'échec scolaire vécu en Colombie ne représente pas une raison familiale majeure au sens des art. 47 al. 4 LEI et 73 al. 3 OASA, d'autant moins qu'il n'a jamais été allégué que la mère aurait négligé B._ ou manqué d'attention envers ce dernier.
Même en admettant que B._ ait effectivement été témoin du meurtre d'un adolescent dans son pays le 15 août 2015, l'argumentation du recourant tend en définitive à ce que son fils puisse rester en Suisse afin de ne pas devoir témoigner et puisse échapper à une bande criminelle de jeunes gens dans sa ville natale. Si on peut alors quelque peu comprendre la crainte de B._ et de ses parents, il ne peut toutefois pas non plus être question que la Suisse prête la main à ce que B._ se soustraie à son obligation de témoigner. Par ailleurs, selon l'article produit par le recourant (pièce 7), l'auteur du meurtre avait déjà été identifié par la police. Son identification ne dépendait donc pas uniquement du témoignage du recourant, de sorte que l'intérêt à éliminer B._ comme témoin dérangeant apparaîtrait moindre. En définitive, on ne peut pas non plus conclure à des raisons familiales majeures dans cette hypothèse.
Le recourant ne fait pas non plus valoir une persécution de son fils contraire aux droits humanitaires par des organes de l'Etat colombien; dans ce cas, il aurait du reste dû déposer une demande d'asile, le regroupement familial n'étant pas le moyen prévu pour faire valoir un statut qui relève de celui des réfugiés.
Enfin, le Tribunal de céans a déjà retenu qu'il existait des alternatives en Colombie pour demander la protection de l'Etat sur place et/ou pour vivre loin d'endroits jugés dangereux. La Colombie a une superficie de plus de 1'000'000 km carré (contre environ 42'000 pour la Suisse) et une population d'environ 50 millions d'habitants. Si une personne ne veut pas rester vivre dans une région dangereuse, elle peut vivre ailleurs dans son pays où la situation est plus apaisée (cf. CDAP PE 2015.0386 du 18 février 2016, en particulier consid. 7c; Tribunal administratif fédéral [TAF] E-4270/2018 du 4 septembre 2018 consid. 6.3 à 6.5; E-7676/2015 du 29 janvier 2016 consid. 6.2; D-2529/2016 du 10 août 2016). Selon les propres allégations du recourant, la bande criminelle en question ne serait active que dans certaines zones de sa ville natale. Comme l'a retenu le TAF à plusieurs reprises pour la Colombie (notamment dans les arrêts précités), des bandes locales auront toutes les peines à retrouver quelqu'un en-dehors de leur zone d'activités.
En outre et même s'il convient de prendre en compte l'âge de l'
enfant
au jour du dépôt de la demande de regroupement familial (cf. ATF 136 II 497 consid. 3.4), force est de reconnaître qu'à ce jour B._ est âgé de bientôt 20 ans et qu'il n'a par conséquent plus réellement besoin d'être pris en charge, à tout le moins sur le plan éducatif (cf. TF 2C_438/2015 du 29 octobre 2015 consid. 5.3). Lors du dépôt de la demande de regroupement familial, il avait presque 17 ans révolus et se trouvait donc à une année de la majorité.
c) Il sera encore relevé que B._ a vécu toute sa vie en Colombie où il conserve, à n'en pas douter, d'importantes attaches familiales, sociales et culturelles. Il a vécu séparé de son père durant plusieurs années et l'on ignore la fréquence des contacts avec celui-ci durant ce laps de temps relativement long.
Certes, le recourant allègue avoir eu des contacts réguliers avec son fils lorsqu'il vivait encore en Colombie et lui avoir régulièrement téléphoné depuis qu'il s'est marié en Suisse. Il ressort toutefois du dossier que le recourant avait quitté la Colombie déjà en 2010. Il n'a notamment pas exposé et encore moins démontré comment il avait contribué à l'entretien de son fils en particulier depuis son absence, alors qu'il peinait à trouver un emploi en Suisse. Jusqu'à son départ pour la Suisse, B._ a vécu toute sa vie auprès de sa mère qui a pourvu à son éducation et il n'apparaît pas que celle-ci ne soit plus en mesure de le prendre en charge actuellement, dans la mesure où cela devrait encore être nécessaire, vu l'âge avancé du fils. Par ailleurs, aucun document n'indique que le père aurait effectivement entretenu son fils et pris des décisions importantes concernant son éducation lorsque celui-ci résidait en Colombie. Il n'existait en tout cas pas une relation familiale prépondérante entre père et fils. Cela étant, rien n'empêche le recourant de contribuer à l'entretien de son fils depuis la Suisse et de garder des contacts avec lui comme il soutient l'avoir fait jusqu'à présent.
d) Concernant l'état de santé de B._, il ressort notamment d'un rapport médical établi le 18 mars 2011 que celui-ci souffrait d'hydrocéphalie qui a nécessité une hospitalisation avec traitement chirurgical en Colombie. Sans minimiser les problèmes de santé dont il a souffert, il apparaît, en particulier à la lecture des documents produits comme pièce 10 et des déterminations du recourant du 27 avril 2017, que B._ est revenu à meilleure forme. Certes, il souffre encore parfois de céphalées. Il a toutefois non seulement pu effectuer le voyage en Suisse, mais aussi pu intégrer une équipe de football et suivre l'école, même s'il a subi un échec fin 2015. B._ a été suivi médicalement en Colombie jusqu'à son arrivée en Suisse, de sorte que l'on ne voit pas de raison médicale qui permettrait de justifier un droit au regroupement familial. Par ailleurs, on ne saurait suivre le recourant lorsqu'il soutient que la demande de regroupement familial aurait été retardée en raison du fait que son fils aurait développé une maladie qui l'aurait empêché de voyager, dès lors que l'état de santé fragile de son fils lui était déjà connu au moment où il est arrivé en Suisse en 2010 ou 2012.
e) Enfin, on relèvera que compte tenu de l'âge de B._, il ne fait aucun doute que son intégration en Suisse sera rendue plus difficile. A cet égard et comme l'a relevé à juste titre l'autorité intimée, l'attestation de scolarité fournie par le recourant pour démontrer l'investissement de son fils à apprendre le français et à s'intégrer ne suffit pas à modifier l'appréciation du cas d'espèce. Du reste, depuis l'audience d'octobre 2017, la partie recourante n'a plus communiqué d'évolutions favorables au niveau professionnel ou de la formation par rapport à B._, alors que le juge instructeur l'a encore invitée le 3 mai 2018 à indiquer spontanément et immédiatement toute évolution essentielle de la situation. Le fait qu'il puisse y avoir éventuellement plus de soutien de la part de l'Etat en Suisse qu'en Colombie ne justifie pas la venue de l'enfant hors délai, alors que ses problèmes de santé étaient déjà connus de longue date. Par ailleurs, il ressort notamment des documents produits par le recourant sous pièce 10 que B._ n'est pas resté sans soutien en Colombie où ses problèmes de santé ont notamment été investigués et traités (cf. par ex. l'expertise neuropsychologique de 2014, pièce 10/10).
f) Il doit être conclu de l'appréciation globale de toutes les circonstances du cas d'espèce qu'il n'y a pas de raisons familiales majeures au sens des art. 47 al. 4 LEI et 73 al. 3 OASA qui permettent le regroupement familial différé hors délai.
Dans cette mesure, il n'est pas nécessaire de se prononcer définitivement sur les autres conditions du regroupement familial, en particulier sur les questions de savoir si la famille accueillante en Suisse ne dépend pas de l'aide sociale au sens de l'art. 44 let. c LEI, si le recourant en tant que père de B._ dispose, respectivement a disposé (seul) de l'autorité parentale et du droit de garde de l'enfant au sens civil (cf. consid. 2b/aa
supra
) et s'il a entretenu des relations suffisantes avec son fils, respectivement si le regroupement familial est abusif (cf. consid. 2b/cc et 4c
supra
).
Figure uniquement au dossier une déclaration faite le 16 février 2016 par la mère, qui n'a jamais été mariée avec le recourant, selon laquelle elle confiait B._ au recourant et que ce dernier pourrait la représenter devant toutes les autorités compétentes. Il est dès lors douteux que le recourant ait disposé de l'autorité parentale au sens du droit civil.
Quant à la situation financière, bénéficiant depuis septembre 2012 d'une autorisation de séjour en Suisse lui permettant d'exercer une activité lucrative, le recourant a eu toutes les peines à trouver un emploi stable en Suisse. En janvier 2013, le recourant et son épouse ont encore commis des vols à l'étalage notamment pour subvenir à leurs propres besoins ou à ceux de leurs enfants. Ce n'est en outre qu'en janvier 2018, donc après plus de cinq ans, que le recourant a enfin débuté une activité salariée à plein temps en tant que manœuvre au bénéfice d'un contrat de travail à durée indéterminée pour un salaire brut de 5'000 francs. Hormis deux fiches de salaire pour janvier et février 2018 (indiquant toutes deux des dates de paiement du salaire au 26 février 2016), le recourant n'a par la suite toutefois plus produit d'autres fiches de salaire. L'entreprise, gérée par un ressortissant espagnol, qui avait engagé le recourant sans temps d'essai dès janvier 2018 a été déclarée en faillite par décision du 30 octobre 2018 du Président du Tribunal civil de la Broye; par décision du 4 janvier 2019, la procédure de faillite a été suspendue faute d'actif (cf. registre du commerce du Canton de Fribourg). Alors que le Tribunal de céans avait demandé au recourant de lui indiquer spontanément et immédiatement toute modification de la situation, notamment la prise ou perte d'emploi, le recourant ne s'est pas manifesté. Quant à l'épouse du recourant, elle a déclaré lors de l'audience du 27 octobre 2017 qu'elle allait débuter au mois de janvier suivant une activité professionnelle auprès d’une garderie. Le 21 mars 2018, la mandataire du recourant n'a toutefois transmis pour l'épouse que des décomptes d'indemnités journalières de la caisse de chômage pour la période de mai à septembre 2017. De ces décomptes, il ressort que le droit à ces indemnités prenait fin en septembre 2017 après que l'épouse a bénéficié du nombre maximum d'indemnités journalières auxquelles elle avait droit. Quant aux allocations familiales octroyées pour B._ à hauteur de 330 fr. par mois, elles ont pris fin le 30 juin 2017 au motif indiqué de la "
fin études/appr.
" (cf. pièces 2 à 4 produites le 21 mars 2018 par le recourant).
g) En définitive, le recours doit donc être rejeté et la décision attaquée confirmée. Le SPOP fixera à B._ un nouveau délai raisonnable pour quitter la Suisse.
5.
a) Vu le sort de la cause, un émolument judiciaire, fixé à 600 fr., sera mis à la charge du recourant (art. 49 LPA-VD; art. 4 al. 1 du Tarif des frais judiciaires et des dépens en matière administrative, du 28 avril 2015 - TFJDA; BLV 173.36.5.1). Ce montant sera compensé avec l'avance de frais que le recourant a effectuée avant l'octroi de l'assistance judiciaire. Il ne sera pas alloué de dépens (cf. art. 55 et 56 LPA-VD).
b) L'assistance judiciaire ayant été octroyée au recourant par décision du 17 novembre 2017, il y a lieu de fixer les indemnités à verser au conseil d'office. Pour l’indemnisation du mandataire d’office, les dispositions régissant l’assistance judiciaire en matière civile sont applicables par analogie (art. 18 al. 5 LPA-VD). L’art. 39 al. 5 du Code de droit privé judiciaire vaudois, du 12 janvier 2010 (CDPJ; BLV 211.02), délègue au Tribunal cantonal la compétence de fixer les modalités de la rémunération des conseils et le remboursement dans un règlement. Conformément à l’art. 2 du règlement du Tribunal cantonal du 7 décembre 2010 sur l’assistance judiciaire en matière civile (RAJ; BLV 211.02.3), le conseil juridique commis d'office a droit au remboursement de ses débours et à un défraiement équitable, sur la base d'un tarif horaire de 180 fr. pour un avocat (al. 1 let. a); lorsque la décision fixant l'indemnité est prise à l'issue de la procédure, elle figure dans le dispositif du jugement au fond (al. 4).
En l'occurrence, dans la liste de ses opérations du 1
er
juin 2018 (cf. art. 3 al. 1 RAJ), Me Ana Rita Perez a indiqué avoir consacré 17 heures et 45 minutes pour les opérations de la cause, ce qui paraît approprié aux nécessités du cas. L'indemnité de conseil d'office doit dès lors être arrêtée à un montant total de 3'694 fr. 55, correspondant à 3'195 fr. d'honoraires (17h45 x 180 fr.), 235 fr. 40 de débours (selon la liste des opérations) et 264 fr. 15 de TVA (7.7 % de 3'430 fr. 40).
L'indemnité de conseil d'office est supportée provisoirement par le canton (cf. art. 122 al. 1 let. a du code de procédure civil du 19 décembre 2008 - CPC; RS 272 -, applicable par analogie par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD), le recourant étant rendu attentif au fait qu'il est tenu de rembourser le montant ainsi avancé dès qu'il est en mesure de le faire (art. 123 al. 1 CPC).