# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b5aa88c8-d768-5db5-b580-592c7cb4088a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
A.
A_, SOCIETE COOPERATIVE D'HABITATION (ci-après : la Coopérative) a pour but social la création de logements, ainsi que toutes autres réalisations destinées à améliorer les conditions d'habitation de ses membres, principalement employés à l'aéroport (art. 2 des statuts).
Peuvent devenir membres de la société, les personnes physiques majeures, les sociétés commerciales ou les personnes morales qui se proposent de prendre à bail une villa, un logement ou un local de la société ou de participer, sous une autre forme, à son activité (art. 4 statuts). Chaque nouvel associé, à qui un appartement ou un local est attribué par la société, est tenu de payer un droit d'admission dont le montant est fixé par le conseil d'administration (art. 6 statuts).
L'exclusion peut, sur préavis du comité de direction, être prononcée par l'administration à la majorité des deux tiers des voix émises à l'égard de tout associé qui agit contrairement aux intérêts de la société, viole sciemment les statuts ou les règlements de la société, dont la conduite est incompatible avec les buts et principes de la société ou qui ne tient pas les engagements financiers contractés par lui envers la société (art. 11 statuts). L'exclusion est notifiée à l'intéressé par lettre recommandée. Un associé exclu peut recourir contre son exclusion à l'assemblée générale; pour être valable, le recours doit être adressé par lettre recommandée à l'administration dans les dix jours dès la communication de la décision, le recours au juge, en conformité de l'article 846 du Code des obligations étant réservé (art. 13 statuts). L'exclusion d'un associé prononcée conformément aux statuts entraîne automatiquement le départ du logement ou local qu'il occupe, à défaut son évacuation (art. 15 statuts).
B.
En date du 25 avril 1991, B_ a pris à bail de la Coopérative un appartement de trois pièces, situé au 2
ème
étage de l'immeuble sis, chemin _, à _ (Genève).
Le contrat a été conclu pour une durée initiale de deux ans et dix mois, du 1
er
mai 1991 au 31 décembre 1993, renouvelable ensuite d'année en année. Le loyer annuel, charges non comprises, a été fixé, en dernier lieu, à 5'964 fr.
L'art. 6 al. 2 des conditions générales du contrat de bail prévoyait que toute sous-location, complète ou partielle, même à titre temporaire, était interdite et entraînerait la résiliation du bail.
Les statuts de la Coopérative, que le locataire déclarait connaître, ont été intégrés au contrat de bail (art. 8 des clauses particulières du bail).
C.
Par courrier du 25 juillet 2007, B_ a informé la Coopérative que, pour des raisons professionnelles, il entendait quitter Genève pour une période de trois ans "environ" de sorte qu'il souhaitait sous-louer son appartement à C_ pendant cette période. Il a précisé que cette sous-location était temporaire et qu'il avait la ferme intention de réintégrer son appartement à son retour à Genève.
Aux termes du contrat de sous-location daté du même jour, adressé à la Coopérative par courrier d’accompagnement du 23 janvier 2008, l'appartement était cédé meublé, pour la période initiale du 3 juillet au 31 décembre 2007, renouvelable ensuite de six mois en six mois, moyennant un loyer mensuel de 850 fr., charges comprises, (eau, chauffage, électricité, place de parking, redevance TV et radio, câble). Le locataire a confirmé le caractère temporaire de la sous-location.
D.
a.
Par lettre recommandée du 15 février 2011, la Coopérative, constatant que le locataire n'avait pas réintégré l'appartement et que, selon les informations données par l'Office cantonal de la population, il était domicilié au, _, a enjoint ce dernier de mettre un terme à cette situation "
contraire à [leurs] directives, visant que [leurs] logements soient occupés par [leurs] coopérateurs
" et de lui adresser la résiliation de son bail dans les meilleurs délais. Sans nouvelles de sa part dans les vingt jours, elle procéderait à son exclusion de son statut de sociétaire ainsi qu'à la résiliation du bail.
b.
La Coopérative a réitéré sa demande dans deux courriers subséquents, l'un recommandé, daté du 7 mars 2011, retourné "non réclamé" et l'autre par pli simple du 22 mars 2011.
c.
Par courrier du 19 avril 2011, B_ a expliqué qu'il venait de recevoir les plis des 7 et 22 mars précédents. Il a exposé, en substance, avoir été contrarié dans ses projets professionnels initiés en _ et qu'il lui était impossible en l'état de formuler une date de retour. L'adresse communiquée par l'Office cantonal de la population correspondait au domicile de son ex-épouse, D_ auprès de laquelle il faisait suivre son courrier pendant son séjour à l'étranger. Ce fait a été confirmé par lettre de D_ du 8 novembre 2011 adressée au Tribunal. Il a relevé qu'il était primordial pour lui d'avoir un logement lorsqu'il reviendrait à Genève et que tous ses biens se trouvaient dans cet appartement. Il a donc refusé de résilier son contrat de bail et a demandé à la Coopérative de reconsidérer sa décision et d'accepter cette situation jusqu'à son retour à Genève.
d.
Par courrier électronique du 20 avril 2011, la Coopérative a refusé de revoir sa décision. Elle a invité le locataire à lui transmettre les coordonnées des différents sous-locataires qui occupaient ou avaient occupé le logement, ainsi que le montant des sous-loyers perçus. Enfin, elle a exposé qu'elle n'admettait pas le manque d'information quant à une date précise de retour qui la privait du choix de l'affectation du logement.
e.
Le 21 avril 2011, le locataire a communiqué à la société bailleresse, par voie électronique, les conditions de la sous-location en faveur de C_, précisant que cette dernière recevait de temps en temps des amies dans le logement en question pendant des périodes plus ou moins longues. Il a, pour le surplus, repris la teneur des explications fournies dans son précédent courrier du 19 avril 2011, confirmant qu'il ne pouvait pas avancer de date précise de retour.
f.
Dans un courrier électronique du 28 avril 2011 adressé à l'un des membres du Conseil d'administration, la Coopérative a indiqué qu'elle avait enquêté sur l'occupation de l'appartement litigieux et qu'il en résultait que plusieurs noms figuraient sur la boîte aux lettres. Deux locataires avaient, en outre, indiqué qu'il y avait souvent beaucoup de monde dans l'appartement et énormément de bruit, la Coopérative relevant toutefois n'avoir jamais reçu de plainte.
g.
Lors de sa séance du 2 mai 2011, le conseil d'administration de la Coopérative a examiné le point 5 de l'ordre du jour, à savoir "
Assemblée générale Ordinaire du 30 mai 2011"(...) "Exclusion de sociétaires" (...)
"
B_, 3 pièces sis _ à _, qui a quitté l’appartement depuis septembre 2007 et est domicilié à Genève à une autre adresse; plusieurs personnes se sont succédées dans les locaux"
. Après que le Président avait donné lecture du rapport concernant B_, les membres présents ont voté à l'unanimité l'exclusion du locataire.
h.
Par courrier électronique du 6 mai 2011, la Coopérative a informé B_ de la décision d'exclusion prise à son encontre par son conseil d'administration et l'a invité une nouvelle fois à résilier son bail, lui indiquant qu'à défaut le conseil d'administration demanderait son expulsion lors de la prochaine assemblée générale du 30 mai 2011.
i.
Par courrier électronique du 23 mai 2011, le locataire s’est déclaré bouleversé par la décision du conseil d'administration.
j.
La décision d'exclusion prise par le conseil d'administration a été soumise à l'assemblée générale ordinaire lors de sa séance du 30 mai 2011 étant précisé que le point 7 de l'ordre du jour était identique au point 5 soumis au conseil d'administration.

## Considerations