# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8e589746-504d-55c2-8e67-382ba8e2d86f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Selon le rapport de dénonciation du 11 décembre 2019 de la police cantonale fribourgeoise établi à l’attention de la Préfecture du Lac (ci-après : la Préfecture), A._, alors qu’il circulait sur la route d’Anet, à Sugiez, au guidon de sa moto immatriculée bbb, a été mesuré le 17 septembre 2019 à 15h37 à une vitesse de 113 km/h sur un tronçon limité à 80 km/h, soit un dépassement de la vitesse autorisée de 27 km/h après déduction de la marge de sécurité de 6 km/h.
Par ordonnance pénale du 23 décembre 2019 de la Lieutenante de Préfet (25-19/R4110), A._ a été condamné à une amende de CHF 600.- et à la prise en charge des frais de procédure par CHF 93.-.
Par acte daté du 2 janvier 2020, remis à la poste le 3 janvier 2020, A._ a formé opposition à l’ordonnance pénale et a, dans le même acte, déposé plainte pénale contre le conducteur qui le suivait « à quelques centimètres » sur la route d’Anet le jour en question et qui l’a contraint à accélérer afin d’éviter tout contact.
Le 8 janvier 2020, la Lieutenante de Préfet a annulé l’ordonnance pénale du 23 décembre 2019 dès lors qu’elle ne contenait pas l’état de fait imputé au prévenu. Dans le même acte, elle a derechef condamné A._ à une amende de CHF 600.- et à la prise en charge des frais de procédure par CHF 93.-. Cette ordonnance pénale a été notifiée à A._ le 13 janvier 2020. A._ a informé la Lieutenante de Préfet par acte remis à la poste le 19 janvier 2020 de ce qui suit :
« Selon votre courrier du 8 janvier, je constate que vous n’avez pas pris en compte mon opposition du 2 janvier.
Je ne comprends pas tous les termes utilisés.
Je ne sais pas quoi faire pour me défendre, en effet, après avoir reçu le courrier de la police fribourgeoise, j’ai téléphoné pour avoir des précisions (vu que ce n’est pas dans mes habitudes de rouler à pareilles vitesses).
J’ai aussi correspondu par Email (copies ci-jointes), on m’a conseillé de vous écrire.
Je ne conteste pas votre décision, au vu de la seule information en ma possession.
Dans l’attente d’une réponse, recevez, » etc.
B. Par acte remis à la poste le 29 janvier 2020, A._ a fait opposition à l’ordonnance pénale du 8 janvier 2020 et a requis une restitution du délai pour la former. Il a exposé qu’alors qu’il circulait à une vitesse adaptée le 17 septembre 2019, un automobiliste qui le suivait s’est rapproché dangereusement. Il a alors accéléré par réflexe. Quand la circulation l’a permis, l’automobiliste l’a dépassé. Le comportement dangereux de celui-ci ressort des photographies qu’il a pu consulter au poste de police de C._. Il a dès lors formé opposition à l’ordonnance pénale du 23 décembre 2019 et a dénoncé l’automobiliste. Lorsqu’il a reçu l’ordonnance pénale du 8 janvier 2020, il a constaté que ses arguments n’avaient nullement été pris en compte. Lorsqu’il a écrit le 19 janvier 2020 qu’il ne contestait pas la décision au vu de la seule information en sa possession, il sous-entendait que si la Préfecture ne prenait pas connaissance des circonstances
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de cet excès de vitesse, il était dans l’impossibilité de contester quoi que ce soit. Il a pensé, par erreur, que son opposition et sa dénonciation du 3 janvier 2020 allaient être traitées. Il n’a compris que tel n’était pas le cas que lorsque la Préfecture, par courriel du 20 janvier 2020, a pris acte qu’il ne s’opposait pas à l’ordonnance pénale du 8 janvier 2020 et l’a invité à déposer sa dénonciation auprès du Ministère public, sans lui signaler son erreur, ce qu’elle aurait du faire.
Il ressort du courrier de la Lieutenante de Préfet à la Juge de police de l’arrondissement du Lac du 11 février 2020 que A._ a payé l’amende le 29 janvier 2020.
C. En outre, par décision du 9 mars 2020, le Ministère public a suspendu la procédure pénale consécutive à la plainte pénale du 2 janvier 2020 de A._ (LMO F 20 1270).
D. La Juge de police ayant retourné le dossier à la Lieutenante de Préfet afin qu’elle statue sur la demande de restitution de délai, cette autorité, par décision du 16 juin 2020, l’a rejetée, frais par CHF 93.- à la charge de A._. Elle a considéré que les motifs invoqués, soit l’absence de connaissances juridiques suffisantes et le fait de ne pas savoir comment procéder, ne constituaient pas des motifs suffisants. Elle a en outre relevé que la procédure à suivre était clairement indiquée dans l’ordonnance pénale du 8 janvier 2020, et que le recourant aurait eu le temps de consulter un homme de loi.
E. Par acte remis à la poste le 22 juin 2020, A._ a formé un recours contre la décision du 16 juin 2020. S’agissant des motifs de son pourvoi, il a renvoyé à son courrier du 29 janvier 2020, et a indiqué que si cela n’était pas suffisant, il fallait le lui faire savoir. Le Président de la Chambre lui a demandé le 24 juin 2020 de signer son courrier du 29 janvier 2020 adressée à la Préfecture, ce qu’il a fait le 26 juin 2020.
Le Ministère public a renoncé à se déterminer le 3 juillet 2020. Le 6 juillet 2020, la Préfecture a conclu au rejet du recours.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Le recours à la Chambre pénale est ouvert contre les décisions et les actes de procédure des autorités pénales compétentes en matière de contraventions (art. 393 al. 1 let. a du Code de procédure pénale [CPP] et 85 al. 1 de la Loi du 31 mai 2010 sur la justice [LJ; RSF 130.1]).