# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0e046dc7-c46d-522b-a4de-8546a8abdeb6
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Par décision sur réclamation du 24 mai 2012, l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) a déclaré irrecevable la réclamation formée par Madame A_, contribuable dans le canton de Genève, le 16 mai 2010 contre le bordereau d’impôt concernant l’année fiscale 2009, remis le 1
er
septembre 2010. ![endif]>![if>
Cette réclamation était tardive.
2) Le 21 juin 2010, Mme A_ a saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d’un recours contre la décision précité. ![endif]>![if>
3) Le 4 juillet 2012, le TAPI a demandé à la recourante d’effectuer une avance de frais de CHF 300.- avant le 3 août 2012, à défaut de quoi son recours serait déclaré irrecevable. ![endif]>![if>
Non retiré, ce pli recommandé a été retourné au TAPI par la poste.
4) Par jugement du 31 août 2012, le TAPI a déclaré le recours irrecevable, vu le défaut de l’avancement de frais. ![endif]>![if>
5) Le 6 décembre 2012, Mme A_ s’est adressée au TAPI. Elle n’avait pas reçu la demande d’avance de frais car elle n’avait pas accès à sa boîte aux lettres dont elle avait perdu la clé. Au surplus, elle demandait l’annulation de la taxation d’office concernant l’année 2009, au vu de sa situation, qu’elle décrivait. ![endif]>![if>
6) L’intéressée ayant confirmé au TAPI que son acte du 6 décembre 2012 devait être considéré comme un recours contre le jugement du 31 août 2012, le TAPI l’a transmis à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), par jugement sur compétence du 4 mars 2013. ![endif]>![if>
7) Le 14 mai 2013, Mme A_ a transmis un certificat médical du Docteur B_, psychiatre et psychothérapeute. Ce praticien certifiait que l’intéressée subissait « depuis de nombreuses années de sévères atteintes à sa santé ». Elle n’avait pas été capable durant la période d’août 2012 à fin 2012 d’effectuer des tâches administratives.![endif]>![if>
8) Le recours ainsi que le certificat médical ont été transmis, pour information à l’AFC, et les parties ont été informées que la cause était gardée à juger le 27 mai 2013. ![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) L'exigence de l'avance de frais et les conséquences juridiques en cas de non-paiement relèvent du droit de procédure cantonal. Par conséquent, les cantons restent libres, dans le respect des garanties constitutionnelles, d'organiser cette matière à leur guise (Arrêt du Tribunal fédéral
2C_1022/2012
du 25 mars 2013 consid. 5.1).![endif]>![if>
La procédure administrative genevoise prévoit que la juridiction saisie invite le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments de procédure présumables. A cette fin, elle lui fixe un délai raisonnable (art. 86 al. 1 LPA). Si l’avance de frais n’est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable (art. 86 al. 2 LPA).
Les juridictions administratives disposent ainsi d'une grande liberté d’organiser la mise en pratique de cette disposition. Elles peuvent choisir d’envoyer la demande d’avance de frais d’entrée de cause par pli recommandé (
ATA/280/2012
du 8 mai 2012 consid. 2 ;
ATA/594/2009
du 17 novembre 2009).
3) S’agissant d’un acte soumis à réception, telle une communication de procédure, la notification est réputée faite au moment où l’envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (P. MOOR, Droit administratif, vol. 2, 3
ème
éd., 2011, Droit administratif, pp. 302-303 n. 2.2.8.3). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF
118 II 42
consid. 3b p. 44 ; 115 Ia 12 consid. 3b p. 17 ; Arrêts du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1 ;
2A.54/2000
du 23 juin 2000 consid. 2a, et les références citées). Celui qui, pendant une procédure, omet de prendre les dispositions nécessaires pour que les envois postaux lui soient transmis ne peut se prévaloir de son absence lors de la tentative de notification d’une communication officielle à son adresse habituelle s’il devait s’attendre, avec une certaine vraisemblance, à recevoir une telle communication (ATF
130 III 396
consid. 1.2.3 p. 399 ; Arrêt du Tribunal fédéral
1C_549/2009
du 1
er
mars 2010 consid. 3.2.1, et les références citées). ![endif]>![if>
4) En l'espèce, l’avance de frais n’a pas été versée dans le délai, bien que la demande ait été envoyée par le TAPI par pli recommandé à l'adresse de la recourante.![endif]>![if>
Ladite demande a par ailleurs été valablement notifiée, Mme A_ n'ayant pas fourni d'éléments ou de preuves permettant d’infirmer la règle jurisprudentielle voulant qu’une décision est notifiée valablement à un administré à l’échéance du délai de garde de sept jours du pli recommandé par la poste, notamment lorsqu’il sait qu’une procédure à laquelle il est partie est en cours (ATF
127 I 31
consid. 2a ;
ATA/156/2013
du 7 mars 2013). Le certificat médical transmis à la chambre administrative concerne la période allant du mois d'août 2012 à la fin de l'année en question, alors que le courrier recommandé réclamant le versement de l'avance de frais n'a pas été retiré au mois de juillet 2012.
Le TAPI n'a dès lors pas commis de formalisme excessif en déclarant le recours irrecevable.
5) Mal fondé, le recours sera rejeté. Un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée vu l'issue du litige (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
* * * * *