# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0682bdce-7116-53ea-9ded-b137658c2465
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Par acte de leur mandataire du 17 août 2011, A._ et B._ ont déposé une plainte pénale pour homicide par négligence et éventuellement lésions corporelles graves par négligence contre inconnu (DO/2004 ss). Comme objet de celle-ci, ils ont indiqué que la plaignante a accouché de jumeaux en 2011 à l’hôpital D._ et que le médecin  responsable de l’opération était le Dr C._, assisté d’autres professionnels. Ils ont précisé que le premier jumeau, prénommé E._, est né en bonne santé par voie naturelle. La naissance du second jumeau, prénommé F._, a nécessité une césarienne en urgence. L’état de santé de celui-ci a obligé son transfert à l’hôpital de G._, où il est décédé en 2011. Ils ont indiqué qu’au sortir de la salle d’opération, en 2011, le médecin responsable se serait adressé au plaignant plus ou moins en ces termes: « c’est ma faute, j’ai trop attendu ».
Les documents médicaux ont été versés au dossier. Mandat d'investigations a aussitôt été donné à la police qui a entendu le plaignant et des intervenants du secteur médical, soit l'anesthésiste, le pédiatre, la nurse, les sages-femmes, et qui a déposé son rapport le 11 novembre 2011. Le médecin obstétricien en charge de l'accouchement a été mis en prévention d'homicide par négligence et de lésions corporelles graves par négligence le 22 du même mois puis a été entendu par le Ministère public le 4 mai 2012. Une expertise médico-légale a été ordonnée le 11 juillet 2012 et confiée au Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) en collaboration avec le Prof. H._, qui ont déposé leur rapport le 13 mai 2013. Une requête de contre-expertise a été rejetée mais l'établissement d'un rapport complémentaire a été ordonné aux fins de répondre aux questions et remarques des parties; ce complément a été déposé le 8 décembre 2014. Le Procureur en charge de la cause a procédé à une nouvelle audition le 10 novembre 2015 aux fins d'interrogatoire du prévenu et des témoins présents lors de l'accouchement, soit la sage-femme I._, la sage-femme J._, le médecin assistant K._, l'anesthésiste L._, ainsi que de la plaignante.
Avisées de la prochaine clôture de l'instruction et de l'intention d'un classement, auquel les parties plaignantes ont fait connaître leur opposition, les parties n'ont pas requis de nouvelles mesures d'instruction.
B. Par ordonnance du 31 mai 2016, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte contre C._ pour homicide par négligence et lésions corporelles par négligence. En se référant à l’expertise et à son complément, il a estimé que l’on ne saurait considérer que ce dernier a violé ses devoirs de médecin ou qu’il a fait preuve d’un manque d’effort blâmable. De même, il a retenu qu’il n’y avait pas de lien de causalité adéquate entre le comportement de l’intéressé et le décès de l’enfant F._. S’agissant des lésions corporelles graves, il a considéré qu’au sortir de la césarienne C._ a dû prendre différentes mesures réparatrices car B._ a subi des lésions. Toutefois, les différents gestes pratiqués représentent des actes courants lors d’une césarienne et ont été consentis par celle-ci de manière préalable à l’accouchement.
C. Par mémoire de leur mandataire du 13 juin 2016, A._ et B._ ont interjeté recours en prenant les conclusions suivantes:
Plaise à la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l’Etat de Fribourg, dire et prononcer:
1. Le recours est admis.
2. L’ordonnance de classement du 31 mai 2016 est annulée.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 13
3. Le dossier mmm est renvoyé à Monsieur le Procureur pour nouvelle décision au sens des considérants.
4. Une équitable indemnité de partie est octroyée aux recourants.
Les recourants ont également demandé à être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire qui leur a été octroyée au cours de la procédure d’instruction.
Par courrier du 16 juin 2016, le Ministère public a indiqué qu’il renonçait à déposer des observations et qu’il confirmait la teneur de son ordonnance à laquelle il renvoyait.
Par acte de son mandataire du 28 juin 2016, C._ s'est déterminé sur le recours et a conclu à son rejet ainsi qu’à l’octroi d’une indemnité au sens de l’art. 429 CPP.

## Considerations

en droit
1. a) En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP, ainsi que de l’art. 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de classement.
b) Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance du 31 mai 2016 a été notifiée le lendemain aux recourants. Le délai légal qui arrivait à échéance le samedi 11 juin 2016 a été reporté au lundi 13 juin 2016, soit le premier jour ouvrable suivant le week-end (art. 90 al. 2 CPP). Par conséquent, le recours déposé le 13 juin 2016 l’a été en temps utile.
c) Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art 104 al. 1 CPP). En l’espèce, les parties plaignantes recourantes ont intérêt à ce que la décision prononçant le classement de la procédure soit annulée ou modifiée.
d) Il sera statué sans débats (art. 397 al. 1 CPP).