# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 44b18772-5e2e-497b-9aac-84f94b5a9a38
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
A.X._, ressortissant d'Arabie Saoudite né le 16 août 1982, est entré en Suisse le 8 juin 2007 pour suivre les cours de l'2.********, à 1.******** (ci-après: l'2.********), en vue de l'obtention d'un Bachelor of Business Administration. Le début des cours était fixé au 11 juin 2007 et la fin des cours au 30 juin 2010, soit une durée des études de 3 ans. Le 9 juillet 2007, il a obtenu une autorisation de séjour pour études valable jusqu'au 7 juin 2008, autorisation prolongée le 15 mai 2008 et valable jusqu'au 30 juin 2009. Dès le 31 mars 2008, il a suivi les cours en vue de l'obtention d'un Master of Business Administration, la fin des études étant prévue le 31 mars 2009.
B.
Le 6 mai 2009, A.X._ a présenté une demande de prolongation de son autorisation de séjour pour études, produisant une attestation de l'2.******** datée du 5 mai 2009 selon laquelle l'intéressé est inscrit dans le programme de Master of Business Administration dont les cours prennent fin en 2009.
C.
Le 15 juin 2009, le Service de la population (SPOP) a constaté que A.X._ avait terminé ses études le 15 mai 2009 et qu'il n'était plus inscrit auprès d'une école, raison pour laquelle il envisageait de révoquer son autorisation de séjour. Un délai au 10 juillet 2009 lui était imparti pour faire part de ses remarques et objections.
D.
Par lettre manuscrite en anglais remise au guichet du SPOP le 30 juin 2009, A.X._ a expliqué en substance qu'il était à la recherche d'un emploi, ayant déposé sa candidature auprès de plusieurs sociétés. Il lui avait été répondu à plusieurs reprises que sa candidature devait être écartée, parce qu'il ne parlait pas le français. Il avait donc décidé de suivre des cours de français pendant une année, avant de prendre un emploi ou de suivre les cours de la 3.********. Il a produit un extrait de compte bancaire, attestant de sa capacité financière à subvenir à son entretien et aux frais d'études.
E.
Par décision du 24 juillet 2009, notifiée à A.X._ le 30 juillet 2009, le SPOP a refusé de prolonger son autorisation de séjour temporaire pour études, aux motifs suivants:
"Monsieur A.X._ nous a fait part, dans sa correspondance reçue le 30 juin 2009, de son intention de trouver un emploi en Suisse. De plus, il nous fait part de sa volonté d'entreprendre une formation en Hôtellerie si il ne trouve pas d'employeur susceptible de l'engager.
A l'examen du dossier, il appert :
• Que la personne susmentionnée n'est plus inscrite auprès d'un établissement d'enseignement reconnu par notre canton.
• Qu'il n'y a pas de plan d'études ou de projet professionnel précis pouvant motiver la poursuite de son séjour en Suisse.
• Que notre Service estime que le but du séjour en Suisse est atteint.
• Que de plus, la sortie de Suisse n'est plus garantie (article 23 al. 2 OASA)."
Un délai d'un mois dès la notification de la décision précitée a été imparti à l'intéressé pour quitter la Suisse.
Le 3 août 2009, l'2.******** a écrit au SPOP que A.X._ était toujours étudiant dans son établissement et qu'il devait terminer sa thèse d'ici la fin de l'année 2009. Elle demandait à l'autorité de reconsidérer sa décision.
Le 26 août 2009, le SPOP a écrit à l'2.******** qu'elle avait refusé de prolonger l'autorisation de séjour de A.X._ et qu'elle impartissait à l'intéressé un délai au 30 août 2009 pour quitter la Suisse.
Agissant par l'intermédiaire de son conseil, par courrier non daté déposé à un bureau de la Poste le 27 août 2009, A.X._ a conclu avec suite de frais et dépens à l'annulation de la décision du SPOP du 24 juillet 2009 et implicitement à l'octroi d'une autorisation de séjour pour études, afin qu'il puisse terminer le cursus entrepris dont la fin était prévue au 31 décembre 2009.
Le 4 septembre 2009, le tribunal a délivré une attestation à l'intéressé afin qu'il puisse se rendre dans son pays d'origine du 11 septembre au 27 septembre 2009.
Le tribunal a statué par voie de circulation selon la procédure simplifiée de l'art. 82 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36).

## Considerations

Considérant en droit
1.
a) Aux termes de l’art. 27 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20) un étranger peut être admis en vue d’une formation ou d’un perfectionnement aux conditions suivantes :
"a. la direction de l’établissement confirme qu’il peut suivre la formation ou le perfectionnement envisagés ;
b. il dispose d’un logement approprié ;
c. il dispose de moyens financiers nécessaires ;
d. il paraît assuré qu’il quittera la Suisse."
Cette disposition est complétée par l'art. 23 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201), dont la teneur est la suivante :
" Art. 23 Qualifications personnelles
1
L’étranger peut prouver qu’il dispose des moyens financiers nécessaires à une formation ou à un perfectionnement en présentant notamment :
a. une déclaration d'engagement ainsi qu'une attestation de revenu ou de fortune d'une personne solvable domiciliée en Suisse; les étrangers doivent être titulaires d'une autorisation de séjour ou d'établissement;
b. la confirmation d'une banque reconnue en Suisse permettant d'attester l'existence de valeurs patrimoniales suffisantes;
c. une garantie ferme d'octroi de bourses ou de prêts de formation suffisants.
2
Il paraît assuré que l’étranger quittera la Suisse notamment :
a lorsqu’il dépose une déclaration d’engagement allant dans ce sens;
b. lorsque aucun séjour ou procédure de demande antérieur, ou aucun autre élément n’indique que la personne concernée entend demeurer durablement en Suisse;
c. lorsque le programme de formation est respecté.
3
Une seule formation ou un seul perfectionnement d’une durée maximale de huit ans est admis. (...)
4
(...)"
Ces dispositions reprennent dans une large mesure la réglementation des art. 31 et 32 de l'ordonnance fédérale du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (ci-après: OLE) qui était en vigueur jusqu'au 31 décembre 2007 (Message du Conseil fédéral concernant la loi sur les étrangers, FF 2002 3469 ss, spéc. 3542).
b) Les directives et commentaires sur l’entrée, le séjour et le marché du travail édictés par l’Office fédéral des migrations (ci-après: "les directives ODM") dans leur teneur en vigueur dès le 1
er
juillet 2009 prévoient notamment ce qui suit, sous le titre 5.1 "
Formation et perfectionnement
" :
"
5.1.1 Introduction
Vu le grand nombre d'étrangers qui demandent d'être admis en Suisse en vue d'une formation ou d'un perfectionnement, les conditions d'admission fixées à l'art. 27 LEtr, de même que les exigences en matière de qualifications personnelles et envers les écoles (art. 23 et 24 OASA) doivent être respectées de manière rigoureuse. Il y a lieu de tout mettre en œuvre pour empêcher que les séjours autorisés au motif d'une formation ou d'un perfectionnement ne soient exploités de manière abusive afin d'éluder des conditions d'admission plus sévères.
5.1.2 Généralités
L'étranger qui souhaite se former ou se perfectionner en Suisse doit présenter un plan d'étude personnel et préciser le but recherché (diplôme, maturité, master, licence, doctorat, etc.). Sa demande est comparée au programme officiel de l'établissement concerné. La direction de l'école doit confirmer que le requérant possède le niveau de formation requis et dispose de connaissances linguistiques suffisantes pour suivre l'enseignement visé.
(...)
Une seule formation ou un seul perfectionnement d'une durée maximale de huit ans sont autorisés. Des exceptions ne sont possibles que dans les cas suffisamment motivés et doivent être soumises à l'ODM pour approbation (art. 23, al. 3, OASA; cf. ch. 1.3.1.4 c). C'est par exemple le cas lorsqu'une formation présente une structure logique (p. ex. internat, gymnase, études menant à un diplôme, doctorat), qu'elle vise un but précis et n'est pas destinée à éluder des conditions d'admission plus strictes. (...)
(...)
Seul l'étranger qui fréquente une école délivrant une formation à temps complet dont le programme comprend au moins 20 heures de cours par semaine peut se voir délivrer une autorisation de séjour en vue d'une formation ou d'un perfectionnement au titre de l'art. 27 LEtr.
(...)
5.1.3 Formation et perfectionnement avec activité accessoire
Les étrangers qui suivent en Suisse une formation ou un perfectionnement dans une haute école ou une haute école spécialisée peuvent être autorisés à exercer une activité accessoire au plus tôt six mois après leur arrivée si la direction de l'école certifie que cette activité est compatible avec la formation et n'en retarde pas la fin, si la durée du travail n'excède pas 15 heures par semaine en dehors des vacances, s'il existe une demande d'un employeur et si les conditions de rémunération et de travail sont remplies (cf. ch. 4.4.4).
(...)"
2.
En l'espèce, le recourant est entré en Suisse en juin 2007 pour entreprendre des études universitaires de management et obtenir un bachelor puis un master. La première attestation établie par l'2.******** le 31 janvier 2007 certifie que A.X._ est inscrit en voie "Bachelor of Business Administration", la durée prévue des études étant de trois ans jusqu'au 30 juin 2010. Par la suite, l'attestation du 29 avril 2008 de l'2.******** précise que le prénommé suit un cursus d'une année - du 31 mars 2008 au 31 mars 2009 - en voie "Master of Business Administration". Le 25 mai 2009, l'2.******** a attesté que les cours suivis par l'intéressé avaient pris fin le 15 mai 2009.
Invité à se déterminer, le recourant a alors évoqué ses recherches d'emploi et le refus d'employeurs potentiels, parce qu'il ne parlait pas le français. Il a en outre mentionné le projet de deux nouveaux cursus d'études (langue française 3.********). Il n'a aucunement fait référence à un travail de doctorat qui serait en cours. Le SPOP pouvait dès lors considérer que ses études auprès de l'2.******** étant terminées, le but de son séjour étant atteint. C'est donc à juste titre que l'autorité intimée a refusé la prolongation de son autorisation de séjour, au motif notamment qu'il n'était plus inscrit à l'2.******** et que sa sortie de Suisse n'était pas assurée, notamment parce qu'il envisageait la prise d'une activité lucrative.
Quand bien même l'2.******** avait attesté que les cours avaient pris fin le 15 mai 2009, elle a, par courrier du 3 août 2009 adressé à l'autorité intimée, certifié que A.X._ était toujours étudiant dans son établissement, en train de terminer sa thèse jusqu'à la fin de l'année 2009. De son côté, alors qu'il avait affirmé en juin 2009 être à la recherche d'un emploi ou vouloir le cas échéant entreprendre deux nouveaux cursus d'études, ce qui laissait clairement entendre qu'il avait terminé ses études à l'2.********, l'intéressé soutient dans son recours vouloir terminer une thèse de doctorat d'ici fin 2009. Il relève que la décision de l'autorité intimée, dans la mesure où elle l'empêcherait de terminer sa thèse, partant d'obtenir un master degree, se traduirait par un grave préjudice pour sa carrière et son avenir professionnel. Il n'explique toutefois pas ce qui l'empêcherait de terminer sa thèse à l'étranger, puisque les cours à l'2.******** ont pris fin le 15 mai 2009 déjà.
L'autorité intimée était donc en droit de refuser l'octroi d'une prolongation de l'autorisation de séjour, cela d'autant plus que c'est le recourant lui-même qui est responsable du doute quant à l'assurance de sa sortie de Suisse, puisqu'il a évoqué spontanément des recherches intensives d'emplois en Suisse et la perspective d'entreprendre deux nouveaux cursus d'études. L'argument portant sur la poursuite, respectivement la fin des études par un doctorat à fin 2009, n'a été évoquée que tardivement, alors que l'intéressé avait déjà reçu la décision négative.
La décision querellée doit par conséquent être maintenue. L'autorité intimée impartira un nouveau délai de départ au recourant, étant laissé à l'appréciation de celle-ci de tenir compte de l'imminence (fin décembre 2009) de l'achèvement du travail de thèse du recourant.
3.
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours aux frais de son auteur (art. 49 al. 1 LPA-VD), qui n'a pas droit à l'allocation de dépens.