# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 872a2b2f-1869-5023-81af-deec93d5ac11
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Le 6 mars 2015, A._ a été interrogée par la Gendarmerie en qualité de prévenue d’infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants. A cette occasion, elle a indiqué qu’elle faisait l’objet d’une curatelle volontaire et a communiqué comme adresse celle de l’Office des curatelles et tutelles, à B._ (DO 6 ss). Lors de cette audition, elle a admis avoir acheté, vendu et consommé de l’héroïne, respectivement avoir acheté et consommé de la cocaïne; s’agissant en particulier de la vente, elle a admis avoir vendu, à Fribourg, une quantité totale de 12g d’héroïne en été 2014 et une quantité de 48g d’héroïne pour un montant de CHF 3'480.- au C._ entre le 9 février 2015 et le 6 mars 2015 (cf. procès-verbal du 06.03.2015 signé par A._, DO 6 ss, en particulier 9).
Par ordonnance pénale du 22 mai 2015, A._ a été reconnue coupable de délit et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants et condamnée à une peine pécuniaire de 180 jours-amende, soit 90 jours-amende, sans sursis, sous déduction d’un jour de détention provisoire (un jour-amende) et 90 jours-amende, avec sursis pendant 5 ans, ainsi qu’à une amende de CHF 200.-. Les frais ont été mis à sa charge (DO 14 ss).
Cette ordonnance a été notifiée le 26 mai 2015 à l’adresse indiquée par A._ (DO 18).
B. Par courrier du 19 août 2016, complété par lettre du 1er septembre 2016, A._ a demandé la restitution du délai d’opposition et a formé opposition contre l’ordonnance pénale précitée. Elle a expliqué en substance qu’elle n’avait pas eu connaissance de l’ordonnance au moment de la notification, mais uniquement le 16 août 2016. Sur le fond, elle a notamment exposé qu’elle n’a jamais vendu de drogue (DO 21 ss).
Le 29 septembre 2016 et après avoir pris des renseignements auprès de l’Office des curatelles de B._, le Ministère public a constaté que l’opposition du 19 août 2016 était tardive. Il n’a pas accordé de restitution de délai pour former opposition et a confirmé l’ordonnance pénale du 22 mai 2015, frais à la charge de l’Etat (DO 37 ss).
C. A._ a interjeté recours contre cette décision par courrier daté du 6 octobre 2016, remis à la poste le lendemain. Elle y répète en particulier que la curatrice ne lui a pas remis l’ordonnance litigieuse, qu’elle n’a jamais vendu de drogue, qu’elle n’a rien signé et qu’elle veut « les preuves matérielles contre elle ».
Elle a adressé ce courrier au Ministère public, lequel l’a transmis à la Chambre de céans le 12 octobre 2016. Par la même occasion, il a indiqué renoncer à déposer des observations.

## Considerations

en droit
1. En ce qui concerne la constatation de la tardiveté de l’opposition et le refus de la restitution de délai, le Tribunal fédéral a jugé que c’est au Tribunal de première instance, et non au Ministère public, de statuer sur la validité d’une opposition à une ordonnance pénale. Jusqu’à ce moment-là, il faut suspendre une éventuelle demande de restitution du délai présentée à titre préjudiciel (arrêt TF 6B_175/2016 du 2 mai 2016 consid. 2, destiné à publication; également arrêts TF 6B_446/2016 du 27 juin 2016 consid. 2.4 et 6B_1118/2015 du 30 juin 2016 consid. 1).
Tribunal cantonal TC Page 3 de 5
Il en découle qu’en l’espèce, le Ministère public n’aurait pas dû statuer lui-même sur la recevabilité de l’opposition. Cela étant, il faut constater que la recourante ne conteste pas que son opposition est en soi tardive, en d’autres termes que le délai de 10 jours de l’art. 354 al. 1 CPP n’a pas été respecté. La validité de la notification n’est pas remise en cause non plus. Seule l’existence d’un motif de restitution du délai doit être discutée, la recourante estimant qu’elle n’est pas responsable du fait que sa curatrice aurait omis de lui transmettre l’ordonnance pénale. Dans ces circonstances, renvoyer la cause au tribunal de première instance à seule fin qu'il constate formellement le non-respect du délai serait artificiel et inutilement formaliste.
2. a) La Chambre est compétente pour examiner si la recourante peut se prévaloir de l'existence d'un cas de restitution du délai contrairement à ce qu’a considéré le Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP).
b) Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. En l'espèce, ce délai est respecté.
c) En tant que personne touchée par l'acte de procédure attaqué, la recourante a indéniablement qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP).
d) La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).