# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d0f66ea3-50f1-4bae-bdd4-9739105ecdc6
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A. X._, né le ********, est titulaire d'une licence ès lettres de l'Université de Lausanne obtenue en octobre 1998, ainsi que d'un brevet d'aptitude à l'enseignement secondaire du Département de la formation et de la jeunesse du canton de Vaud, daté du 4 juillet 2001. Depuis le 1er août 2001, il exerce la fonction de "Maître de géographie, d'économie et d'histoire" dans l'établissement secondaire de 2********. D'abord engagé temporairement par contrat de droit privé, il l'a été depuis le 9 septembre 2004 par contrat de droit administratif de durée indéterminée; sa fonction était celle de "Maître secondaire licencié" et il était colloqué en classes de salaire 24-28. Depuis le 1er janvier 2003, ses rapports de travail ont été régis par la loi vaudoise du 12 novembre 2001 sur le personnel de l’Etat de Vaud (LPers-VD; RSV 172.31), entrée en vigueur le 1er janvier 2003.
Lors du passage au nouveau système salarial DECFO/SYSREM, l'intéressé s'est vu attribuer l'emploi-type de "Maître-sse de discipline académique", chaîne 142, niveau 11, par un avenant daté du 1er décembre 2008, reçu le 5 janvier 2009 et qui a produit ses effets dès le 1er décembre 2008.
Le 5 mars 2009, X._ a ouvert action contre l’Etat de Vaud, Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, Direction générale de l’enseignement obligatoire, auprès du Tribunal de prud’hommes de l’Administration cantonale vaudoise (ci-après: TriPAc). Cette cause a été enregistrée sous la référence TD09.008558. L'intéressé a contesté sa nouvelle classification salariale, considérant notamment qu'elle lui assurait un "salaire-carrière" inférieur pour sa fonction, les conditions de sa rémunération étant diminuées quant à son espérance de "salaire-carrière" dans une fourchette allant 61'125 fr. à 274'087 fr. entre la date de la mise en oeuvre de la nouvelle politique salariale et sa retraite attendue. Il a expliqué que l'ensemble des maîtres secondaires licenciés, qui étaient autrefois en classes 24-28, avaient été colloqués au niveau 11 du nouveau système salarial, mais que d'autres fonctions précédemment colloquées en classes 24-28 ou approchant avaient fait l'objet de collocations différentes. Or, son activité n'avait en rien été modifiée ni les compétences requises pour l'exercer. Il a par conséquent demandé que l'Etat de Vaud produise un certain nombre de pièces utiles à la clarification des critères sur lesquels sa classification dans le système salarial DECFO/SYSREM avait été arrêtée.
B. Le TriPAc ayant, par ordonnance du 30 septembre 2010, requis de l'Etat de Vaud la production de ces pièces, la délégation du Conseil d'Etat du canton de Vaud aux ressources humaines a statué par une décision du 15 décembre 2010 dont le contenu est le suivant:
"Vu l’ordonnance du 30 septembre 2010 portant sur la production par l’Etat de Vaud des pièces suivantes:
1. le ou les questionnaires, et le ou les éventuels interviews réalisés (au besoin anonymisés) pour définir la fonction de maître-sse de disciplines académiques
2. les rapports des chargés d’études mandatés pour l’évaluation de la fonction de maître-sse de disciplines académiques
3. l’évaluation de la fiche emploi-type de maître-sse de disciplines académiques selon la méthode GFO
4. le ou les documents indiquant la validation de la fiche emploi-type de maitre-sse de disciplines académiques et de son évaluation par le SPEV, et par l’autorité d’engagement
5. le ou les documents sanctionnant la mise en cohérence de la classification de la fonction de maître-sse de disciplines académiques dans la grille de fonctions et le système de rémunération
6. le listing anonymisé avec mention des fonctions exercées et des classifications dans l’ancien système pour tous les dossiers avant bascule en classes 24-28, ainsi que la notation détaillée par critères et sous-critères des fonctions occupées dans le nouveau système. Il s’agit en particulier des fonctions suivantes de l’ancien système:
a. Archiviste documentaliste aux archives cantonales vaudoises
b. Maître d’enseignement professionnel A
c. Chimiste B
d. Conservateur A de musée
e. Documentaliste A
f. Economiste
g. Géographe B
h. Géologue B
i. Greffier substitut C (Tribunal cantonal et Tribunal administratif)
j. Ingénieur B
k. Juriste
7. l’ancien catalogue des fonctions publiques cantonales
8. toutes les versions du plan d’études vaudois PEV pour les années 2001 à 2009 pour les disciplines histoire et géographie
9. la liste des moyens d’enseignement pour les disciplines histoire et géographie pour l’enseignement aux classes des degrés 5 à 9 pour les années 2001 à 2009

## Considerations

Considérant,
Qu’aux termes de l’article 19 de la loi sur l’information (LInfo),
“1 Les collaborateurs de la fonction publique ne peuvent déposer en justice comme partie, témoin ou expert sur des faits dont ils ont eu connaissance dans l’exercice de leur fonction qu’avec l’autorisation écrite de l’autorité que désignera le Conseil d’Etat. Une telle autorisation n’est toutefois pas nécessaire aux médecins et autres professionnels de santé employés des établissements sanitaires publics lorsqu'ils sont sollicités par leurs patients de témoigner sur des aspects qui concernent personnellement ces derniers.
2 Cette autorisation reste nécessaire après la cessation des fonctions.
3 Si elle l’estime utile, l’autorité compétente pour délivrer l’autorisation se fait désigner par le juge les points sur lesquels doit porter la déposition du collaborateur. L’autorisation peut être générale ou limitée à certains points.
4 Les mêmes règles s'appliquent à la production des pièces officielles et à la remise d’attestations”,
Que de surcroît, selon l’article 9, alinéa 2 LInfo, les documents internes, notamment les notes et courriers échangés entre les membres d’une autorité collégiale ou entre ces derniers et leurs collaborateurs, sont exclus du droit d’information institué par ladite loi,
Que selon l’article 14 du règlement d’application de la Llnfo, “sont des documents internes les notes et courriers échangés entre les membres d’une autorité collégiale, entre ces derniers et leurs collaborateurs ou entre leurs collaborateurs personnels, ainsi que les documents devant permettre la formation de l’opinion et de la décision d’une autorité collégiale”,
Qu’en l’occurrence, s’agissant des réquisitions n° 1 et 2, le demandeur requiert production de documents de travail produits dans le cadre du processus d’élaboration de la nouvelle politique salariale de l'Etat de Vaud,
Que les documents établis par les groupes d’étude (GET) ont, parmi d’autres, fondé les décisions finalement prises par le Conseil d'Etat, conformément à l’article 24 de la loi sur le personnel de l‘Etat de Vaud (Lpers),
Que ces documents n’avaient de valeur qu’à un moment donné et qu’une production pourrait biaiser l’examen des décisions prises,
Qu’au demeurant les travaux des GET chargés des entretiens et de l'évaluation des fonctions étaient d’ailleurs confidentiels, en particulier du fait de leur caractère provisoire, de l’absence de cohérence entre les divers groupes et de l'image ainsi nécessairement faussée que les résultats de ces travaux pouvaient donner,
Que les motifs ayant justifié cette confidentialité demeurent pertinents aujourd’hui,
Qu’il existe un intérêt public prépondérant à ce que des documents entrant dans le processus de décision du Conseil d’Etat, mais qui n’ont constitué qu’une étape dans ce dernier et ne peuvent être appréciés pour eux-mêmes, indépendamment du reste de la démarche, ne soient pas produits en procédure,
Que de tels documents ne sauraient dès lors être produits, puisqu’ils répondent à la définition du document interne rappelée ci-dessus,
Que la production de tels documents aurait pour effet de divulguer le processus de formation de la volonté de l’autorité dans un cas d’espèce,
Qu’il en va du bon fonctionnement du Conseil d’Etat en tant qu’autorité collégiale,
Qu’en l’absence de cahiers des charges, seuls les fiches emplois et le descriptif des fonctions font finalement foi pour la classification des personnes concernées dans les nouvelles fonctions,
Que tout autre document n’aurait donc aucune pertinence dans ce contexte,
Que les fiches emploi ne font pas partie de la méthode GFO et n’ont de ce fait pas été évaluées;
Que la pièce requise n° 3 n’existe donc pas,
Que pour le surplus, on relève que les fiches emploi ont été validées par le Conseil d’Etat, et non par le Service du personnel, celui-ci étant uniquement chargé de les tenir à jour en fonction de leur évolution;
Qu’on peut dans ce contexte produire l‘extrait de la décision du Conseil d’Etat y relative,
Que la pièce requise n° 4 n’existe donc pas non plus,
Que, quant à la pièce requise n° 5, si des travaux de cohérence ont bien eu lieu, aucun documents officiels ne les a sanctionnés,
Qu’au demeurant, ces travaux n’ont pas porté spécifiquement sur les fonctions enseignantes,
Que la pièce requise n° 5 n’existe pas non plus,
Que la pièce requise n° 6 tend à démontrer la cohérence de la méthode de la nouvelle politique salariale,
Qu’ainsi, aucun intérêt public ne s’oppose à ce que les profils des fonctions considérées soient produits dans le cadre du litige en cause,
Que cela étant, afin de permettre au Tribunal de se faire une opinion non tronquée de la cohérence susmentionnée, il y a lieu de produire l'ensemble des profils des fonctions précédemment colloquées en classes 24-28,
Que les pièces requises n° 7 à 9 neuf sont de nature publique,
Qu’elles ne sont par conséquent pas sous le sceau du secret de fonction,
Que la présente décision est rendue sans frais,