# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 940d1798-1485-48d1-800b-e1a4a64dc6a6
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
A_, B_, C_, D_ et E_ ont appelé en temps utile du jugement du 15 octobre 2021, par lequel le Tribunal de police (TP) les a respectivement condamnés à des amendes de CHF 100.-, CHF 300.-, CHF 200.-, CHF 300.- et CHF 600.-, avec peine privative de liberté de substitution correspondant à un jour pour CHF 100.-, pour contravention à la loi sur la circulation routière (art. 90 al. 1 LCR
cum
art. 26, 27, 34, 37 LCR et art. 73 de l'ordonnance sur la signalisation routière [OSR]), à l'exception de D_ qui a été reconnu coupable de refus d'obtempérer (art. 11F de la loi pénale genevoise [LPG]). Les prévenus ont chacun été condamnés à un cinquième des frais de la procédure, réduits à CHF 2'000.-, et leurs conclusions en indemnisation ont été rejetées.
Attaquant le jugement dans son ensemble, ils concluent au classement de la procédure, subsidiairement à leur acquittement.
b.
Selon les ordonnances pénales rendues par le Service des contraventions (SDC) entre le 17 juillet et 25 septembre 2020, il est reproché aux prévenus les faits suivants, commis le _ 2020 à Genève :
- A_ a entravé la circulation routière avec mise en danger sur son cycle, à 19h37, à l'intersection de la rue Grand-Pré avec la rue Hoffman (art. 26 LCR) ;![endif]>![if>
- B_ a franchi ou empiété une ligne double de sécurité ainsi que roulé à gauche de celle-ci sur son cycle, à 20h42, à la jonction de l'avenue de France avec le quai Wilson (art. 27 et 34 LCR ; art. 73 OSR) ;![endif]>![if>
- C_ a entravé la circulation sur son cycle avec mise en danger, à 20h34, à l'intersection du pont du Mont-Blanc avec le quai homonyme (art. 26 LCR) ;![endif]>![if>
- D_ a refusé d'obtempérer à une injonction d'un membre de la police, à 19h20, à l'intersection de la rue Jean-Dassier avec celle de la Servette (art. 11F LPG) ;![endif]>![if>
- E_ a franchi ou empiété une ligne double de sécurité ainsi que roulé à gauche de celle-ci sur son cycle avec mise en danger, à 20h25 au quai Gustave-Ador et à la rue du Roveray (art. 26, 27 et 34 LCR ; art. 73 OSR) ;
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B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.
Le _ 2020 s'est tenue sans autorisation à Genève une manifestation G_. Ce mouvement _.
Les prévenus y ont participé. Selon leur constat, les manifestants étaient ce jour-là au nombre de mille.
b.
Le TP a retenu à leur charge les faits suivants, résultant pour l'essentiel des rapports de police mentionnés ci-après.
b.a.
A_, alors qu'elle circulait sur son cycle rue Grand-Pré en direction de la rue Pestalozzi et était arrivée, à 19h37, à l'intersection avec la rue Hoffmann, s'est arrêtée sans raison sur la chaussée. Elle a ainsi entravé la circulation d'un véhicule roulant normalement derrière elle et pris le risque que celui-ci ne la percute.
Le rapport de police du 27 juin 2020 concernant cette infraction a été établi par l'agent H_.
b.b
.
B_, alors qu'il circulait sur son cycle sur le quai Wilson en direction de l'avenue de France et était arrivé à la jonction avec celle-ci, à 20h42, a franchi la double ligne de sécurité et circulé sur la voie de gauche. Il a ainsi entravé la circulation en direction du pont du Mont-Blanc.
Le rapport de police du 7 juillet 2020 concernant cette infraction a été établi par l'agent I_ et signé
"pour ordre"
. Par courriel du 20 octobre 2020 au SDC, ce dernier a maintenu son rapport concernant B_.
b.c
.
C_, alors qu'elle circulait sur son cycle sur le pont du Mont-Blanc en direction de la gare de Cornavin et était arrivée à la hauteur du quai du Mont-Blanc, s'est arrêtée au milieu de la chaussée durant plusieurs secondes pour discuter avec une connaissance. Elle a ainsi entravé la circulation sans toutefois créer de danger particulier.
Le rapport de police du 30 juin 2020 concernant cette infraction a été établi par l'agent J_, lequel a confirmé son constat par courrier au SDC du 9 octobre 2020.
b.d.
D_ s'est approché d'agents de police alors que ceux-ci procédaient au contrôle d'un cycliste au carrefour à l'intersection des rues de la Servette et de Lyon. Ils lui ont demandé à plusieurs surprises de circuler mais il n'a pas obtempéré à leurs injonctions et a ainsi perturbé leur travail.
Le rapport de police du 27 juin 2020 concernant cette infraction a été établi par l'agent K_, lequel a confirmé son constat par courriel au SDC du 6 octobre 2020.
b.e
.
E_, alors qu'il circulait sur son cycle sur le quai Gustave-Ador en direction de la rue Pierre-Fatio et se trouvait peu après la place des Marronniers, a franchi une ligne double de sécurité et roulé sur la voie de gauche jusqu'à la rue Du-Roveray. Il a ainsi obligé plusieurs automobilistes à ralentir et à se déporter sur le côté afin d'éviter une collision.
Le rapport de police du 30 juin 2020 concernant cette infraction a été établi par l'agent L_.
c.a.
En première instance, A_ a reconnu s'être arrêtée sur la chaussée et avoir entravé une voiture derrière elle. Elle avait cependant agi ainsi pour ralentir la circulation et de cette manière éviter que des voitures n'arrivent trop vite et provoquent un accident dans le cadre de la manifestation qui s'était séparée en deux. Plus précisément, il était juste de dire qu'elle avait voulu éviter qu'une voiture, venant d'une rue adjacente, s'intercale dans l'espace entre les deux cortèges.
c.b.
B_ a expliqué ne pas se souvenir avoir franchi une double ligne durant sa participation à la manifestation, sans toutefois pouvoir l'exclure au vu du temps écoulé. Il n'avait pas eu l'intention de bloquer la circulation et ne pouvait dire si la manifestation avait eu un tel effet. La contravention en cause découlait d'un
"déferlement"
de police visant à empêcher la G_.
c.c
.
C_ n'a pas comparu en première instance.
c.d
.
D_ a indiqué avoir assisté au contrôle de police en cause, concernant un
"gamin"
, alors qu'il était en fin de cortège. Il était descendu de son vélo et avait attendu sur le trottoir le précité, qu'il n'avait préalablement pas vu entraver le trafic. Il n'avait ce faisant adressé aucun commentaire aux policiers et ne voyait pas en quoi, à cinq mètres de distance, il aurait perturbé leur travail. Il n'avait effectivement pas obtempéré à leur ordre de quitter les lieux mais n'avait pas compris le sens de cette demande. Il ne se souvenait pas le leur avoir demandé mais pensait l'avoir fait.
c.e
.
E_ a contesté avoir circulé en sens inverse, concédant avoir pu franchir la double ligne blanche sans s'en rendre compte dans la mesure où la largeur du cortège n'était pas clairement définie. La circulation était plutôt entravée par les forces de police se trouvant en face d'eux. Il n'avait pas roulé en sens inverse de voitures qu'il aurait ainsi obligées à ralentir et se déporter.
d.
Préalablement aux débats, les prévenus ont requis un certain nombre d'auditions, que le TP a partiellement admises en acceptant d'entendre comme témoins quatre des policiers présents lors de la manifestation, à l'exclusion notamment de la personne à l'interpellation de laquelle D_ avait assisté.
Aucune partie n'a renouvelé ou complété ses réquisitions de preuves durant les débats.
d.a
.
L_ a confirmé son rapport du 30 juin 2020 concernant E_.
La mission générale était d'assurer l'ordre et la sécurité publique, plus particulièrement dans ce cas, d'intervenir en cas d'infractions à la LCR mettant en danger les participants ou la circulation.
La manifestation se dirigeait en direction du Jardin anglais. Plusieurs cyclistes, dont E_, circulaient sur la voie de circulation en sens inverse, soit en sortant de la masse du cortège et en franchissant la double ligne blanche. Cela avait contraint les automobilistes roulant en sens inverse à se mettre de côté ou à s'arrêter pour les laisser passer. E_, qui se trouvait seul vers l'arrière, zigzaguait entre les deux voies de circulation. Les véhicules impactés ne roulaient pas vite en raison de la manifestation qui progressait sur l'autre voie. Le comportement de E_ avait toutefois induit un réel risque d'accident, que le témoin a estimé à six ou sept sur une échelle de dix.
d.b
.
M_ a expliqué ne pas être l'auteur du rapport du 7 juillet 2020 concernant B_. Il se trouvait dans le fourgon de la police au moment de l'interpellation de ce dernier, dont il ignorait le motif. Leur mission consistait à maintenir l'ordre et à davantage intervenir en cas d'entraves découlant d'infractions à la LCR.
d.c.
H_ a confirmé le rapport du 27 juin 2020 concernant Marc D_ et dit se rappeler vaguement du précité. Il était venu leur parler alors qu'ils contrôlaient une personne. Son collègue K_ lui avait demandé à plusieurs reprises de circuler, ce qu'il n'avait pas fait. Cela avait dérangé le contrôle car il parlait avec la personne interpellée et qu'ils ne pouvaient pas laisser quelqu'un agir dans leur dos pour une question de sécurité. Il y avait du monde dans la rue mais seul D_ était suffisamment proche d'eux, soit entre cinquante centimètres et un mètre, pour qu'il se justifie de lui demander de s'éloigner.
Leur but était d'encadrer la manifestation et d'éviter les débordements. L'intervention était difficile dans le cadre de la G_ et était décidée en fonction de la dangerosité de l'infraction et du risque d'accident tant pour le cycliste que les tiers.
H_ se rappelait vaguement que l'un de ses collègues avait interpellé C_ mais il ne pouvait pas en dire plus.
Il a confirmé la teneur du rapport du 27 juin 2020 qu'il avait établi en lien avec A_. Elle s'était arrêtée sans raison à la hauteur du carrefour Hoffman. L'automobiliste derrière elle, qui ne roulait pas vite, avait dû s'arrêter et aurait pu la heurter en cas d'inattention. Il était douteux qu'elle eût pu se placer au milieu du cortège, lequel se trouvait sur les rue du Grand-Pré et Hoffman, y compris le carrefour les séparant.
d.d
.
K_ a confirmé son rapport du 27 juin 2020 concernant D_. Celui-ci était venu perturber un contrôle qu'il effectuait avec deux de ses collègues, formant une
"sphère de sécurité"
, en s'approchant d'eux et en leur parlant. K_ lui avait demandé de quitter les lieux mais il avait refusé de le faire. Il ne se souvenait pas de ce que le cycliste leur avait dit. Il les avait en tout état de cause dérangés car il y avait du monde et ils n'étaient que deux pour assurer la sécurité de leur collègue qui effectuait le contrôle. D_ était parti après avoir été identifié et déclaré en contravention.
Il ne se souvenait pas des interpellations de A_ et C_.
De manière générale dans le cadre de la G_, ils intervenaient lorsqu'ils constataient une entrave à la circulation dans le but d'éviter les débordements et les conflits avec les automobilistes. Le nombre de mille manifestants lui semblaient correct en l'occurrence.
e.
Devant les premiers juges, les parties ont produit des notes d'honoraires individualisées de leur conseil de montants de CHF 1'500.- (E_), CHF 3'040.- (C_), CHF 3'800.- (A_), CHF 2'620.- (D_) et CHF 1'380.- (B_), sur la base de tarifs horaires de CHF 400.- pour l'associé et CHF 300.- pour le collaborateur.
Les honoraires à la charge de C_ comptabilisaient une activité de 0h45 pour le collaborateur et de 6h30 pour l'associé, celles-ci comprenant 0h50 pour l'ouverture du dossier et les observations au SDC, 1h00 pour la demande de jonction (deux pages), 1h30 pour les réquisitions de preuve avant débats (deux pages et demie) et 3h10 pour l'examen du dossier et la préparation aux débats.
C. a.

## Considerations