# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3287ed0e-f803-5bc2-a86c-c8294e0e6bc9
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

- on ne saurait suivre le recourant lorsqu'il se plaint d'une violation de son droit d'être entendu, correspondant à un déni de justice formel, dans la mesure où, bien que l'autorité de première instance ne soit pas prononcée sur le grief tiré de l'inconstitutionnalité du tarif horaire prévu par l'art. 16 RAJ, il a pu faire valoir ses arguments devant la Chambre de céans, disposant d'une pleine cognition en fait et en droit (cf. art. 393 al. 2 CPP; arrêt du Tribunal fédéral
1B_509/2018
du 6 mars 2019 consid. 2.1 et les références citées). Le recourant ne prend d'ailleurs aucune conclusion - tant dans son recours du 10 février 2017 que dans son écriture du 21 mars 2019 - tendant à un renvoi de la cause au premier juge, renvoi qui constituerait en l'espèce une vaine formalité;
- à teneur de l'art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d'office est indemnisé conformément au tarif des avocats de la Confédération ou du canton du for du procès. À Genève, le tarif des avocats est édicté à l'art. 16 RAJ;
- la modification des tarifs horaire de CHF 110.- pour le stagiaire (let. a), en vigueur dès le 1er octobre 2018, s'applique à tous les états de frais dont la taxation n'est pas définitive lors de son entrée en vigueur (art. 23 RAJ);
- dans la mesure où le recourant ne remet pas en cause l'application de ce nouveau tarif, il y a lieu de compléter l'indemnisation intervenue en première instance à l'aune de celui-ci;
- le recourant conteste l'allocation d'un forfait de 1h00 par visite à _ [établissement pénitencier] pour l'avocat-stagiaire, alléguant qu'il doit être porté à 1h30 - déplacement compris - comme pour l'avocat breveté;
- le temps admissible pour les visites dans les établissements du canton est d'une heure et 30 minutes quel que soit le statut de l'avocat concerné, ce qui comprend le temps de déplacement (
AARP/181/2017
du 30 mai 2017 consid. 8.2.2.2 et 8.3.5, qui revient sur la pratique en vigueur jusqu'alors; cf. également Ordonnance de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2016.369 du 12 juillet 2017 consid. 4.2.4);
- partant, il y a lieu d'ajouter à l'indemnisation critiquée, au titre de l'activité de l'avocat-stagiaire, 30 minutes par visite à la prison de _ [établissement pénitencier], correspondant, pour 3 visites, à 1h30;
- le recourant critique ensuite l'application du forfait courriers/téléphones de 20%, lequel ne correspondrait pas à l'activité effectivement déployée;
- la fixation des honoraires de manière forfaitaire est admissible. Il est constant que le système forfaitaire a précisément pour but d'éviter aux défenseurs d'office de devoir préciser le nombre, la nature ou les dates des courriers et téléphones effectués en lien avec le dossier dont ils ont la charge, et d'éviter à l'autorité judiciaire d'avoir à les vérifier avec minutie, la simplification et la rationalisation étant aussi favorables à cette dernière (
AARP/257/2017
du 13 juillet 2017 consid. 5.2.3). Dans la mesure où elle réserve des exceptions au principe du forfait, charge à l'avocat de justifier l'ampleur des opérations dont la couverture ne serait pas assurée par dit forfait, la pratique genevoise permet de tenir compte des cas qui sortent de l'ordinaire sous l'angle de leur complexité ou de leur volume, ainsi que l'exige la jurisprudence. Il ne suffit pas de présenter une note d'honoraire dont il découle que les opérations du conseil juridique gratuit ne sont pas intégralement couvertes par le montant forfaitaire pour démontrer qu'il se justifie, dans le cas d'espèce, de s'écarter du forfait (ATF
143 IV 453
consid. 2.5.1 p. 455; arrêt du Tribunal fédéral
6B_1045/2017
du 27 avril 2018 consid. 3.3);
- en l'espèce, le recourant se borne à contester le taux de 20% appliqué par le premier juge au titre de forfait courriers/téléphones, sans démontrer en quoi son mandat sortait de l'ordinaire et justifiait ainsi qu'on s'écartât d'une telle indemnisation forfaitaire, étant précisé que le simple renvoi à une note d'honoraire plus importante est insuffisant à cet égard. Le dossier n'est pas volumineux ni ne dénote d'une procédure particulièrement longue ou complexe, de sorte que les honoraires alloués, même fixés de manière forfaitaire, sont dans un rapport raisonnable avec les prestations que le recourant a fournies en qualité de défenseur d'office;
- on relèvera en outre que dans son écriture du 21 mars 2019, le recourant semble s'accommoder du forfait courriers/téléphones de 20%, puisqu'il actualise ses conclusions en tenant compte dudit forfait;
- il l'applique toutefois aux heures précédemment arrêtées dans son recours du 10 février 2017, lesquelles comprenaient déjà l'activité effective déployée pour l'échange de correspondance, activité qui ne saurait être indemnisée à double;
- de ce qui précède, il résulte que, pour l'activité du chef d'étude, un montant de CHF 350.- était dû, soit 1h45 d'activité au tarif horaire de CHF 200.-, comme retenu par le premier juge;
- en ce qui concerne l'activité de l'avocat-stagiaire, un montant de CHF 678.35 arrondi était dû, soit 6h10 d'activité (4h40 admises par le premier juge auxquelles il faut ajouter 1h30 pour les visites à _ [établissement pénitencier]) au tarif horaire de CHF 110.-;
- le total atteint CHF 1'028.35, auquel il faut ajouter le forfait courriers/téléphones de 20% (CHF 205.65 arrondi) et la TVA à 8% (CHF 98.70 arrondi), soit un montant total de CHF 1'332.70;
- l'indemnisation intervenue en première instance doit ainsi être complétée à hauteur de CHF 486.-;
- enfin, dans son écriture du 21 mars 2019, le recourant conclut, pour la première fois, que l'indemnité allouée soit porteuse d'intérêts à 5% dès le 31 janvier 2017, au motif qu'il aurait dû être indemnisé "
à tout le moins à ce tarif dès le moment de la taxation de son activité en première instance
". À cet égard, indépendamment du fait que, de jurisprudence constante, la motivation d'un recours doit être entièrement contenue dans l'acte de recours lui-même et ne saurait dès lors être complétée ou corrigée ultérieurement (arrêt du Tribunal fédéral
1B_183/2012
du 20 novembre 2012 consid. 2), cette conclusion doit de toute manière être rejetée. En effet, dans la mesure où l'indemnisation du défenseur d'office ne vise pas à réparer un dommage subi, l'on ne saurait considérer une telle indemnité comme porteuse d'intérêts compensatoires (ATF
143 IV 495
consid. 2.2.4 et arrêt du Tribunal fédéral 6B_/2017 du _ 2018 consid. 2.3; cf aussi
AARP/388/2018
du 5 décembre 2018 consid. 2.4);
- l'admission partielle du recours ne donnera pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 CPP);
- le Tribunal fédéral a déjà jugé que le défenseur d'office a droit à des dépens lorsqu'il conteste avec succès une décision d'indemnisation, sans pour autant rattacher cette affirmation à une disposition du code, en particulier aux exigences de l'art. 433 al. 2 CPP (ATF
125 II 518
consid. 5; arrêt du Tribunal fédéral
6B_439/2012
du 2 octobre 2012 consid. 2);
- en l'espèce, il se justifie, compte tenu de l'admission partielle des conclusions du recourant, de lui allouer, à titre de juste indemnité, un montant de CHF 600.- TTC, pour son recours.
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## Considerations