# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 59db8c0b-1ae4-53f6-8b3c-e09d2a994e30
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, né en 1967, ressortissant italien, père de deux enfants majeurs, a travaillé comme pizzaïolo durant de nombreuses années. En raison principalement de problèmes psychiques, il a subi des périodes d'incapacité de travail partielles et totales médicalement attestées depuis 2014.
L'assuré a déposé une première demande de prestations auprès de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après: OAI) le 15 octobre 2015, laquelle a été rejetée par décision du 27 septembre 2016 au motif de l'absence d'une incapacité de travail de 40 % au moins durant douze mois. Dans le cadre de cette demande, une expertise psychiatrique avait été confiée au Dr B._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, qui avait retenu, le 11 novembre 2014, un trouble de l'adaptation sans incidence sur sa capacité de travail.
Le 21 juin 2017, l'assuré a déposé une seconde demande de prestations, en raison d'une nouvelle incapacité de travail médicalement attestée à compter du 6 février 2017. Sa psychiatre traitante, la Dre C._, spécialiste notamment en psychiatrie et psychothérapie, retient l'existence d'un trouble dépressif récurrent, épisode actuel d'abord moyen à sévère (F33.1), puis sévère sans symptômes psychotiques (F33.2), d'un trouble de l'adaptation avec réaction mixte anxieuse et dépressive (F43.22), puis encore de modifications de la personnalité (F61.1), l'empêchant totalement de travailler.
Sur proposition de son Service médical régional (ci-après: SMR), l'OAI a décidé de mettre sur pied une nouvelle expertise psychiatrique.
Toutefois, l'assureur perte de gain de l'employeur ayant diligenté une expertise psychiatrique auprès de la Dre D._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, le SMR a proposé de renoncer à faire réaliser l'expertise annoncée. Selon la spécialiste (expertise du 5 juillet 2018), les symptômes dépressifs et anxieux de l'assuré sont en rémission (F33.4); il ne souffre d'aucune atteinte avec incidence sur la capacité de travail, la dysthymie (F34.1) et les traits de personnalité dépendante (F60.7) demeurant sans une telle influence.
Tenant compte des objections de l'assuré qui a contesté la valeur probante de dite expertise, laquelle se base sur une autre expertise réalisée précédemment par E._ SA, l'OAI a déféré à sa requête et a décidé de confier une expertise au Dr F._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie.
Dans son rapport du 27 novembre 2019, celui-ci conclut à un trouble dépressif récurrent épisode actuel sévère sans symptômes psychotiques (F33.2) et à des modifications de la personnalité (F61.1) entraînant une incapacité de travail totale.
Toutefois, le 4 décembre 2019, le SMR a estimé que ce rapport présentait des faiblesses et qu'il était à son avis moins convaincant que celui de la Dre D._.
Le 18 décembre 2019, le Dr F._ a transmis à l'OAI les résultats des tests psychométriques réalisés sur l'assuré qui n'avaient pas été joints à son rapport, lesquels mettent en évidence un ralentissement important, des troubles mnésiques rétrogrades et des difficultés de reconnaissance de l'expression faciale des émotions, compatibles selon lui avec un état dépressif.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 9
Le 6 janvier 2020, le SMR a maintenu ses critiques quant à la valeur probante de l'expertise F._, suite à quoi l'OAI a indiqué à l'assuré qu'il entendait commettre un nouvel expert en la personne du Dr B._.
Devant les contestations de l'intéressé, l'office a confirmé sa position par décision formelle du 6 mai 2020.
B. Le 8 juin 2020, A._, représenté par Mes Jérôme Magnin et Aurore Verdon, avocats, interjette recours de droit administratif auprès du Tribunal cantonal contre cette décision, concluant, avec suite de frais et dépens, à l'annulation de la décision attaquée et, subsidiairement, à la récusation du Dr B._. A l'appui de ses concussions, il fait valoir pour l'essentiel que l'autorité intimée a excédé son devoir d'instruction en ordonnant une expertise dans le seul but de remettre en question l'évaluation médiale du Dr F._ dont les conclusions ne lui conviennent manifestement pas. Il souligne que l'anamnèse réalisée par l'expert est détaillée sur six pages alors que le SMR estime qu'elle n'est pas suffisamment poussée. Par ailleurs, l'architecture du rapport serait plus faible que celle de la Dre D._; pourtant, le rapport F._ reprend presque point par point le formulaire qui lui a été remis par l'office. Selon le recourant, dite expertise a entière valeur probante et ses conclusions reposent bel et bien sur une corrélation entre les observations objectives et les plaintes invoquées. Pour sa part, l'OAI donne la préférence à l'expertise D._ qui repose toutefois largement sur une expertise réalisée en mars 2018 par E._ SA - qui s'était vue retirer l'autorisation d'exploiter à la même période - alors même que l'office avait expressément demandé à l'expert F._ de ne pas en tenir compte. S'agissant du choix du nouvel expert, le Dr B._, l'assuré estime qu'alors que ce dernier s'est prononcé en sa "défaveur" en lien avec une première décision, il ne peut lui revenir de trancher la controverse entre les deux autres experts. De plus, il souligne qu'il a fait l'objet de critiques dans le canton de Vaud pour avoir travaillé de manière régulière pour les offices AI cantonaux, ceci remettant en cause son indépendance.
Dans ses observations du 1er juillet 2020, l'OAI propose le rejet du recours, tout en renvoyant à l'argumentation développée dans la décision attaquée.
Aucun autre échange d'écritures n'a été ordonné entre les parties.
Il sera fait état de leurs arguments, développés à l'appui de leurs conclusions, dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.