# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ae08f552-0a49-50e8-a257-c34914d21822
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_006
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. La famille de B._ et de son épouse C._ bénéficie depuis plusieurs années de l'aide du Service social de leur commune de domicile. Entre avril et juin 2012, ils n'ont touché aucune aide, leurs ressources financières étant suffisantes pour couvrir leurs dépenses.
Lors d'un entretien le 2 avril 2012, B._ a informé l'assistant social en charge de leur dossier que sa femme s'était inscrite le même jour au chômage. Des prestations de chômage, d'un montant d'environ 2'800 francs, ont commencé à être versées à C._ le 2 mai 2012 pour un droit au chômage dès avril 2012.
Le 29 juin 2012, l'assistant social a expliqué à B._ le budget de juillet 2012 et lui a indiqué le montant de l'aide qui leur serait versé. A cette occasion, B._ n'a pas annoncé que son épouse touchait des indemnités chômage et l'assistant social ne lui a pas directement posé la question, demandant simplement s'il y avait du nouveau par rapport à la situation de sa femme. B._ a répondu par la négative. Il devait encore apporter certaines pièces relatives à ses frais médicaux. B._ a par la suite expliqué qu'il était venu ce jour-là avec tout son dossier, mais qu'il est parti avec parce qu'il ne se sentait pas bien, ce que l'assistant social a constaté, et qu'il a été vexé par certaines questions. Aucun rendez-vous n'a été fixé pour le mois suivant. B._ soutient qu'il y a eu un malentendu et qu'il n'a pas compris que le montant leur serait versé même sans qu'il produise les pièces demandées. Ce n'est que lorsqu'il a reçu l'aide début juillet qu'il s'est rendu compte qu'ils avaient reçu trop d'argent compte tenu des indemnités de chômage touchées par son épouse. Il a alors téléphoné à la commune pour demander un  avec leur assistant social, qui n'a pu être fixé qu'au 30 juillet 2012, en raison des vacances de l'assistant social.
A cette date, B._ a spontanément apporté les décomptes de chômage de son épouse. L'assistant social lui a fait aussitôt part de son étonnement, et B._ a expliqué cet oubli par les médicaments qui l'empêchent d'avoir les idées claires. Le budget du mois d'août ayant déjà été versé, l'assistant social l'a informé qu'il discuterait avec le chef de service, mais que les montants au-dessus du minimum vital seraient reportés sur les mois suivants. Un rendez-vous a été fixé au 20 août 2012 pour clarifier la situation.
B._ et C._ n'ont pas remboursé l'argent reçu en trop et l'ont dépensé. La commune a toutefois récupéré cet argent par compensation sur les budgets d'aide sociale suivants. Une sanction de réduction de 15 % de l'aide matérielle octroyée a en outre été appliquée pendant plusieurs mois. Enfin, il est précisé que C._ n'a pas pris part aux entretiens avec l'assistant social.
B. Par deux ordonnances pénales séparées du 31 mai 2013, le Ministère public du canton de Fribourg a reconnu B._ et son épouse C._ coupables de contravention à la loi sur l'aide sociale pour n'avoir pas informé le service social de leur commune que C._ percevait des indemnités chômage depuis avril 2012 et avoir ainsi indûment touché des prestations d'aide sociale. Il les a condamnés chacun à une amende de 500 francs.
Suite à l'opposition des deux prévenus, le Juge de police de l'arrondissement de la Sarine ( le Juge de police) a, par jugement du 14 octobre 2014, acquitté B._ et C._ du chef d'infraction de contravention à l'aide sociale. Il a retenu qu'il n'était pas certain que B._ avait adopté un comportement actif de tromperie dans le but d'obtenir indûment des prestations d'assistance et l'a acquitté au bénéfice du doute. En ce qui concerne C._, il a
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estimé que, n'ayant pas pris part aux entretiens avec l'assistant social, elle n'était pas concernée par les faits en cause.
C. Par courrier du 21 octobre 2014, le Ministère public a annoncé son appel auprès du Juge de police. Le jugement rédigé lui a été notifié le 5 décembre 2014 et il a, le 23 décembre 2014, déposé une déclaration d'appel. Il conclut à ce que B._ et C._ soient reconnus coupables de contravention à la loi sur l'aide sociale et soient condamnés chacun à une amende de 500 francs.
Un défenseur d'office, en la personne de Me Jean-Philippe Troya, a été nommé aux prévenus le 22 janvier 2015.
Par courriers du 5 mars 2015, B._ et C._ ont indiqué ne pas présenter de demande de non-entrée en matière sur les appels du Ministère public, ni ne déclarer d'appels joints.
Le 5 mars 2015, la commune de domicile des prévenus (ci-après la commune) a déposé un appel joint. Elle conclut également à ce que les prévenus soient chacun condamnés à une amende de 500 francs pour contravention à la loi sur l'aide sociale.
Le 1er avril 2015, les intimés ont conclu, sous suite de frais et dépens, au rejet de l'appel du Ministère public et de l'appel joint de la commune.

## Considerations

en droit
1. a) L'appel est recevable contre les jugements des tribunaux de première instance qui ont clos tout ou partie de la procédure (art. 398 al. 1 CPP). La partie annonce l'appel au tribunal de première instance par écrit ou oralement pour mention au procès-verbal dans le délai de 10 jours dès la communication du jugement, c'est-à-dire dès la notification de son dispositif (art. 384 let. a CPP), puis adresse une déclaration d'appel écrite à la juridiction d'appel dans les 20 jours dès la notification du jugement motivé (art. 399 al. 1 et 3 CPP).
En l'espèce, le Ministère public a annoncé son appel contre le jugement du 14 octobre 2014 le 21 octobre 2014, soit dans les 10 jours. Ensuite, le jugement intégralement rédigé lui a été notifié le 5 décembre 2014 et il a, le 23 décembre 2014, soit en temps utile, déposé une déclaration d'appel à la Cour. De plus, l'appelant a qualité pour interjeter appel (art. 104 al. 1 let. c, 381 al. 1 et 399 al. 1 et 3 CPP). La commune a déposé un appel joint le 5 mars 2015, soit dans le délai de 20 jours que le Président lui a imparti par courrier du 12 février 2015.
b) Dirigé contre un prononcé ne portant que sur des contraventions, l'appel ne peut être formé que pour le grief que le jugement est juridiquement erroné ou que l'état de fait a été établi de manière manifestement inexacte ou en violation du droit ("appel restreint"; art. 398 al. 4 CPP). L'appelant peut ainsi dénoncer toute violation du droit, fédéral ou cantonal. Il peut notamment se plaindre d'un abus ou d'un excès du pouvoir d'appréciation, mais non d'erreurs d'appréciation (CR CPP – KISTLER VIANIN, art. 398 N 27). Pour le surplus, aucune nouvelle allégation ou preuve ne peut être produite (art. 398 al. 4 i.f. CPP).
c) La procédure écrite a été ordonnée dès lors que le jugement de première instance ne porte que sur des contraventions et que l'appel ne porte pas sur une déclaration de culpabilité pour un crime ou un délit (art. 406 al. 1 let. c CPP).
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d) Le jugement querellé a été mis en cause par un appel du Ministère public et un appel joint de la commune. Dirigés contre le même jugement, opposant les mêmes parties et portant sur un état de faits identique, les deux appels seront joints (art. 29 al. 1 CPP) et traités dans le cadre du même arrêt (arrêt du TF du 8 avril 2010 6B_608/2009, consid. 1).
2. L'appelante jointe se plaint d'une constatation inexacte des faits.
a) Lorsque seules des contraventions sont en cause, l'appelant ne peut critiquer les faits retenus que s'ils ont été établis en violation du droit ou de manière manifestement inexacte (art. 398 al. 4 CPP). Le pouvoir d'examen de l'autorité d'appel est ainsi limité dans l'appréciation des faits à ce qui a été établi de manière arbitraire (art. 9 Cst.), la formulation de la disposition correspondant à celle de l'art. 97 al. 1 LTF (arrêt du TF 6B_695/2012 du 9 avril 2013 consid. 2.3.1). En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, il y a arbitraire lorsque le juge ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'il se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, il en tire des constatations insoutenables (cf. ATF 137 III 226 consid. 4.2; 136 III 552 consid. 4.2). L'appréciation des preuves n'est cependant pas arbitraire du seul fait que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle de l'appelant. Encore faut-il que cette appréciation soit manifestement insoutenable, en contradiction évidente avec la situation de fait, repose sur une inadvertance manifeste ou heurte de façon choquante le sentiment de la justice (cf. ATF 134 V 53 consid. 4.3).
b) La commune fait valoir que le budget a été présenté au prévenu le 29 juin 2012 et que celui-ci aurait compris qu'un montant lui serait versé suite à cet entretien, la famille étant suivie depuis des années. Ce faisant, elle se contente de présenter sa propre version sans expliquer et – a fortiori – sans démontrer en quoi le premier juge aurait fait preuve d'arbitraire. Partant, le grief est rejeté.
3. Les appelants estiment que le premier juge a procédé à une interprétation erronée de l'art. 37a al. 1 LASoc en considérant que seul un comportement actif de tromperie réalise l'infraction.
a) L'art. 37a al. 1 LASoc prévoit que celui qui obtient illégalement une aide matérielle, en particulier par des déclarations fausses ou incomplètes, ou celui qui l'utilise à des fins non conformes à la présente loi, ou celui qui ne rembourse pas les avances d'aide sociales versées à titre d'avance sur des prestations d'assurance ou de tiers est passible d'amende. La teneur de cette disposition est, dans son essence, identique aux art. 87 LAVS et 31 al. 1 let. a LPC, de sorte que la jurisprudence relative à ces dispositions peut servir de base pour son interprétation.
L'infraction de cette disposition consiste en le fait d'obtenir le versement de prestations d'aide sociale sur la base d'indications trompeuses, c'est-à-dire fausses ou incomplètes, sur des faits déterminants ou de toute autre manière, bien que les conditions légales pour une prestation respectivement pour le versement ne soient pas remplies dans une mesure objective. Cette disposition pénale devrait garantir, compte tenu notamment des moyens financiers limités du budget public, l'utilisation ciblée et efficace de ces ressources ainsi que l'application des principes généraux du droit administratif, que des prestations complémentaires ne seront versées qu'aux personnes qui remplissent les conditions légales et nécessitent une aide financière. Le but protecteur de la norme est l'exécution conforme au droit, la plus efficace et équitable possible, de l'aide sociale ainsi que la bonne foi dans les rapports entre les autorités et les personnes demandant des prestations (cf. ATF 131 IV 83 consid. 2.1.1 / JdT 2007 IV 83).
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L'infraction de l'art. 37a al. 1 LASoc est consommée du point de vue formel dès le premier versement de prestations d'aide sociale. À ce moment-là, tous les éléments constitutifs objectifs et subjectifs sont réalisés. Vu l'exigence du (premier) versement accompli, la norme constitue une infraction de résultat. L'art. 37a LASoc n'est pas un délit continu. Celui qui obtient par des indications fausses ou incomplètes, ou de toute autre manière, pour lui-même ou pour autrui, l'octroi indu d'une prestation au sens de cette loi et qui viole ensuite son devoir de renseigner, ne poursuit la réalisation de l'infraction ni en maintenant de façon illicite un état de fait contraire au droit qu'il a créé, ni en poursuivant l'acte de façon ininterrompue. L'infraction n'englobe, d'après sa formulation précise, que l'obtention d'une prestation par un comportement trompeur. La tromperie en soi ne fait pas partie du résultat de l'infraction. Celui qui commet une infraction au sens de l'art. 37a LASoc ne crée pas un état de fait contraire au droit mais provoque uniquement le résultat de l'infraction qui consiste en l'obtention indue de prestations. Le résultat de l'infraction ne dure pas mais est accompli à nouveau à chaque versement. L'infraction en question ne contient aucun élément qui comprendrait explicitement, ou du moins implicitement, un comportement illicite durable. La violation de l'obligation de renseigner ancrée à l'art. 24 al. 3 LASoc ne constitue pas une perception indue de prestations au sens de l'art. 37a LASoc (cf. ATF 131 IV 83 consid. 2.1.3 / JdT 2007 IV 83). Le Tribunal fédéral a exposé dans un arrêt récent que la seule obligation d'informer prévue par l'art. 24 de la loi fribourgeoise sur l'aide sociale ne fonde pas une position de garant (cf. arrêt du TF 6B_791/2013 du 3 mars 2014, consid. 3.3.2 i.f.).
b) Aux termes de l'art. 10 al. 2 LACP, qui renvoie aux art. 103 à 109 CP, les infractions au droit cantonal sont punissables même quand elles ont été commises par négligence, sauf disposition légale contraire.
Agit intentionnellement quiconque commet un crime ou un délit avec conscience et volonté (art. 12 al. 2, 1ère phrase CP). L'auteur agit déjà intentionnellement lorsqu'il tient pour possible la réalisation de l'infraction et l'accepte au cas où elle se produirait (art. 12 al. 2, 2ème phrase CP). Selon la jurisprudence constante, il y a dol éventuel lorsque l'auteur envisage le résultat dommageable, mais agit néanmoins, s'accommodant de ce résultat pour le cas où il se produirait, même s'il ne le souhaite pas. Pour prouver l'intention, en l'absence d'aveux, le tribunal se fondera sur des indices extérieurs et sur les règles de l'expérience qui lui permettront de tirer des conclusions sur le contenu de la pensée de l'auteur à partir des circonstances extérieures (cf. ATF 134 IV 26, consid. 3.2.2 / JdT 2009 IV 43).
A l'inverse, agit par négligence quiconque, par une imprévoyance coupable, commet un crime ou un délit sans se rendre compte des conséquences de son acte ou sans en tenir compte; l'imprévoyance est coupable quand l'auteur n'a pas usé des précautions commandées par les circonstances et par sa situation personnelle (art. 12 al. 3 CP; cf. ATF 134 IV 26 consid. 3.2.3 / JdT 2009 IV 43).
c) En l'espèce, B._ n'a pas mentionné lors de l'entretien du 29 juin 2012 avec l'assistant social le montant des indemnités chômage perçues par son épouse. Il n'a ainsi pas donné des informations complètes à l'assistant social alors que celui-ci a posé la question d'un éventuel changement dans la situation de sa femme. Le fait que l'assistant social n'ait pas directement posé la question par rapport aux indemnités de chômage n'y change rien, le début du versement de ces indemnités constituant une modification de la situation. Les prestations ont de ce fait été calculées sur une base erronée avant d'être versées. En omettant d'apporter cette information au service social, B._ a par conséquent provoqué le résultat de l'infraction, à savoir l'obtention indue d'une prestation. Un comportement actif de tromperie n'est en effet pas
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nécessaire pour que l'infraction soit consommée, contrairement à ce qu'à retenu le Juge de police. Les éléments objectifs de l'infraction sont ainsi réalisés.
En ce qui concerne l'élément subjectif de l'infraction, le prévenu, bénéficiaire avec son épouse de l'aide sociale depuis 2004 (DO 22), ne pouvait ignorer que les entretiens, en principe mensuels, ont pour but principal d'établir les besoins du ménage pour le mois suivant (DO 55). Le budget ne peut de plus être calculé qu'après une discussion sur les dépenses et les revenus, ainsi que l'a relevé l'assistant social (DO 139). Le prévenu ne pouvait pas non plus ignorer que ces revenus auraient une influence sur le montant à recevoir. En effet, le montant de l'aide a déjà été influencé par des revenus obtenus de la part de tiers par le passé. Ensuite, dûment informé de son devoir de signaler tout changement notamment financier (DO 23), et précédemment condamné pour contravention à l'aide sociale pour avoir violé son obligation d'information (DO 5), B._ a admis avoir attendu une semaine environ pour réagir après avoir constaté qu'ils avaient reçu trop d'argent (DO 140). Le 29 juin 2012, il n'a par ailleurs pas produit les décomptes de chômage de son épouse alors qu'il les avait avec lui (DO 139). Il ne l'a pas fait non plus le 5 juillet 2012 lorsqu'il a apporté des factures (DO 101, 143). Dans ces conditions, il y a lieu de retenir que le prévenu s'est rendu coupable de violation de l'art. 37a al. 1 LASoc à tout le moins par négligence, voire par dol éventuel.
A sa décharge, le prévenu allègue que le 29 juin 2012, il était dans un état second en raison des médicaments, ce que l'assistant social a effectivement constaté (DO 72). B._ a toutefois été capable de répondre aux questions sans que celui-ci remarque une incapacité de comprendre le budget. Il a également été en mesure de réaliser que l'assistant social aurait posé des questions en dehors de celui-ci, et de se rendre compte au début juillet qu'il avait reçu trop d'argent (DO 140). Aucun certificat médical n'atteste par ailleurs de l'influence des médicaments sur le prévenu. Celui-ci était dès lors capable de se rendre compte qu'il ne produisait pas les décomptes de chômage alors qu'il aurait dû le faire. Enfin, le reproche est fait à l'assistant social de ne pas avoir fait preuve du minimum de prudence et d'attention exigible, et de ne pas s'être renseigné auprès de l'Office du travail de la commune. Le droit pénal ne connaissant pas la compensation des fautes (cf. arrêt du TF 6B_909/2014 du 21 mai 2015, consid. 2.5), cet aspect n'a cependant pas à être examiné. Au surplus, être inscrit au chômage ne signifie pas encore toucher des indemnités, l'assuré devant remplir certaines conditions pour pouvoir en bénéficier, et il appartient en premier lieu aux bénéficiaires de fournir les renseignements nécessaires. Ce n'est que s'il existe des doutes sur l'exactitude ou la véracité des renseignements fournis que le service social pourra s'adresser à des tiers (art. 24 al. 1 et 3 LASoc). L'élément subjectif est ainsi également réalisé.
Au vu de ces éléments, il y a lieu d'admettre que B._ était conscient du caractère incomplet des indications fournies. En ne réagissant qu'une semaine après avoir constaté que le montant effectivement versé était trop élevé, il s'est tout au moins accommodé du fait que des prestations auxquelles il n'avait pas droit lui seraient versées, de sorte qu'il s'est rendu coupable de contravention à l'aide sociale.
d) Quant à C._, elle n'était pas présente aux entretiens du 29 juin 2012 et du 30 juillet 2012, et n'a de ce fait pas fait de déclarations. Elle a tout de même bénéficié des prestations d'aide sociale au même titre que son mari.
En l'espèce, C._ a les mêmes devoirs, notamment d'information, que son mari, puisqu'elle bénéficie de l'aide sociale au même titre que lui, et n'ignorait pas cette obligation d'information (DO 23). De ce fait, il lui appartenait d'informer elle-même, cas échéant à la place de son époux, l'assistant social des changements intervenus, d'autant plus que les décomptes de chômage la
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concernaient et lui étaient personnellement adressés (DO 119 ss). Elle aurait ainsi dû réagir dès la réception du premier versement, le 3 juillet 2012, en fournissant les décomptes. Le fait d'avoir laissé son mari s'occuper de leur dossier n'est pas de nature à modifier cette appréciation, d'autant plus qu'elle est en mesure d'indiquer qu'ils devaient encore regarder quel montant a été versé en trop et que le trop-perçu a été entièrement dépensé (DO 24), montrant par là qu'elle était au courant de la situation. Enfin, elle a admis que son mari avait attendu pour avertir le service social de l'erreur, que cet argent avait servi à payer diverses factures pour leur fille et pour vivre (DO 23), et elle s'exprime également au nom du couple (DO 24). En restant passive dès le premier versement en juillet 2012, elle s'est au moins accommodée du fait que des prestations indues seraient à nouveau payées.
Partant, C._ doit également être reconnue coupable de contravention à la loi sur l'aide sociale.
4. Le Ministère public et l'appelante jointe requièrent que les prévenus soient chacun condamné au paiement d'une amende de 500 francs.
a) Aux termes de l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur; il prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier, ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien concerné, par le caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution ("objektive Tatkomponente"). Dans ce cadre, le juge tiendra compte également du mode d'exécution et, éventuellement, de la durée ou la répétition des actes délictueux. Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur ("subjektive Tatkomponente"), de même que la liberté de décision dont il disposait au moment d'agir; plus il aurait été possible de respecter la loi, plus grave apparaît alors sa décision de la violer. A ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés à l'auteur lui-même ("Täterkomponente"), à savoir les antécédents, la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale (cf. arrêt TF 6B_353/2012 du 26 septembre 2012, consid. 1.1 et les références citées).
L'art. 47 CP n'énonce ni la méthode, ni les conséquences exactes qu'il faut tirer de tous les éléments précités quant à la fixation de la peine. Il confère donc au juge un large pouvoir d'appréciation. Dans sa décision, le juge doit exposer les éléments essentiels – relatifs à l'acte ou à l'auteur – qu'il prend en compte. Ainsi, le condamné doit connaître les aspects pertinents qui ont été pris en considération et comment ils ont été appréciés. Le juge peut passer sous silence les éléments qui, sans abus du pouvoir d'appréciation, lui paraissent non pertinents ou d'une importance mineure. La motivation doit justifier la peine prononcée, en permettant de suivre le raisonnement adopté. Cependant, le juge n'est nullement tenu d'exprimer en chiffres ou en pourcentages l'importance qu'il accorde à chacun des éléments qu'il cite. Plus la peine est élevée, plus la motivation doit être complète (ATF 134 IV 17 consid. 2.1 et les références citées). Le critère essentiel pour fixer la peine reste celui de la faute. L'art. 47 CP ajoute comme critère l'effet de la peine sur l'avenir du condamné. Cet aspect de prévention spéciale ne permet toutefois que des corrections marginales, la peine devant toujours être proportionnée à la faute (cf. arrêt TF 6B_823/2007 du 4 mars 2008, consid. 2 et les références citées). L'art. 47 CP est violé si le juge
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ne considère pas les critères susmentionnés ou si la peine est dictée par des considérations étrangères à cette norme (ATF 134 IV 17 consid. 2.1; 116 IV 288 consid. 2b). Hormis ces hypothèses, la loi n'est enfreinte que si le juge abuse de son pouvoir d'appréciation, c'est-à-dire si son raisonnement ou ses conclusions apparaissent insoutenables (ATF 136 IV 55 consid. 5.6).
b) D'après l'art. 46 al. 1 CP, lorsque le condamné commet, durant le délai d'épreuve, un crime ou un délit et qu'il y a dès lors lieu de prévoir qu'il commettra de nouvelles infractions, le juge révoque le sursis partiel ou le sursis.