# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8d2cafff-ea83-4dd9-bdc8-f4321f2f6b63
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. A._ et B._ sont les parents non mariés de C._, née en 2011.
Par décision du 12 juillet 2011, la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a institué une curatelle en vue de l'établissement de la filiation paternelle de C._ et de la fixation de la créance alimentaire. Par décision du 10 septembre 2012, la Présidente du Tribunal civil de la Sarine a constaté la paternité de A._ sur C._ et a astreint ce dernier à verser des pensions mensuelles pour l'entretien de sa fille. Elle a par ailleurs instauré une curatelle de surveillance des relations personnelles, au sens de l'art. 308 al. 2 CC. Le mandat de curatelle est confié depuis le 2 juin 2020 à D._, intervenante en protection de l'enfant auprès du Service de l'enfance et de la jeunesse.
Plusieurs autres décisions fixant le droit de visite de A._ sur sa fille par l'intermédiaire de E._ ont ensuite été rendues.
Par décision du 20 mars 2018, la Justice de paix a fixé le droit de visite de A._ à raison d'une journée complète un week-end sur deux. L'élargissement du droit de visite a été décidé avec l'accord de deux parents.
Par courriel du 11 janvier 2019, B._ a demandé à la Justice de paix la modification des modalités du droit de visite de A._, dès lors que C._ présentait des troubles au retour des visites chez son père et qu'elle avait exprimé son mal-être et son angoisse à ce sujet.
Par courrier du 31 juillet 2019, la Juge de paix a fait parvenir aux deux parents un résumé de l'entretien qu'elle a eu avec C._ en date du 27 mai 2019.
Par courrier du 13 août 2019, A._, par l'entremise de sa mandataire, a requis qu'une expertise soit ordonnée en faveur de C._ afin de déterminer si l'enfant souffre d'un syndrome d'aliénation parentale, les motifs pour lesquels cette dernière craint de rencontrer son père et les mesures aptes à établir le lien entre C._ et son père.
Par courrier du 19 septembre 2019, B._, par l'entremise de son mandataire, s'est déterminée sur la demande d'expertise et a indiqué qu'une telle mesure semblait totalement disproportionnée. Il fallait, à son sens, plutôt investiguer sur le comportement de A._.
Par décision du 24 septembre 2019 et pour la durée de l'expertise psycho-judiciaire, la Justice de paix a fixé le droit de visite du père à E._, tout en réitérant son ordre à la mère de se conformer aux modalités du droit de visite telles que fixées, dès lors que A._ n'avait plus exercé son droit de visite depuis le mois de décembre 2018.
Par courrier du 23 octobre 2019, la Juge de paix a confié à F._, psycho-criminologue, du G._ à H._, une expertise au sens de l'art. 446 CC visant à répondre à une série de questions portant sur C._, les causes de ses peurs et angoisses vis-à-vis de son père, l'impact que ces dernières peuvent avoir sur son développement, les suivis thérapeutiques indiqués, les compétences parentales de chaque parent à favoriser les relations personnelles et les mesures préconisées susceptibles de rétablir le lien entre elle et son père.
En date du 23 mars 2020, F._ a fait parvenir à la Justice de paix son rapport d'expertise menée avec I._, psychologue FSP, en qualité de co-experte. En résumé, elles ont notamment expliqué en quoi C._, avec sa personnalité, était impactée tant par la dynamique
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familiale de ses parents que par le fonctionnement respectif de chacun d'eux. Les craintes liées au contexte familial dans lequel évolue C._ ont généré chez elle un conflit de loyauté vis-à-vis de ses parents. Toutefois, ce conflit de loyauté ne suffit pas à expliquer l'angoisse ressentie par C._ lorsqu'elle rencontre son père. Selon les expertes, elle est également impactée par le besoin de vengeance de son père à l'encontre de sa mère qui l'a poussé à tenir des propos dénigrants sur cette dernière devant C._. Les expertes ont également relevé que B._ n'avait pas su gérer de manière appropriée la relation de sa fille avec son père et qu'elle avait pris avant tout des décisions égocentrées qui manquaient souvent de cohérence. Cela étant, l'existence d'une aliénation parentale a été exclue. S'agissant des possibilités d'évolution de la situation, les expertes ont préconisé que les relations personnelles père-fille soient suspendues tant que C._ ne manifeste ni le besoin ni l'envie de voir son père.
Par courrier du 22 avril 2020, la Juge de paix a imparti aux parents un délai au 22 mai 2020 pour se déterminer sur l'expertise psycho-judiciaire.
Par courrier du 22 mai 2020, B._ a indiqué adhérer sans réserve aux conclusions de l'expertise et s'en remettre ainsi aux mesures préconisées par les expertes.
Par courrier du 28 juillet 2020, A._ a requis qu'une contre-expertise soit réalisée. Une telle mesure serait rendue nécessaire en raison du parti pris ressenti à la lecture du rapport étant donné les nombreuses imprécisions et erreurs dans la prise en compte des propos qu'il a relatés et du fait que les conclusions de l'expertise ne proposent aucune mesure permettant à terme la reprise d'un droit de visite sur sa fille.
Par décision du 16 février 2021, la Justice de paix a rejeté la demande de contre-expertise formulée par A._.
Par acte du 1er avril 2021, A._ a recouru contre la décision du 16 février 2021 auprès de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte du Tribunal cantonal (ci-après: la Cour) en concluant à ce que le dossier soit renvoyé à l'autorité intimée, à charge pour elle de procéder à l'écoute des enregistrements réalisés par les expertes, respectivement lui donner accès, par le biais de son conseil, auxdits enregistrements, afin de vérifier si ses propos ont été correctement transcrits dans l'expertise, puis, sur cette base, rendre une nouvelle décision sur la demande de contre-expertise psycho-judiciaire par lui émise le 28 juillet 2020.
Dans son arrêt du 9 juillet 2021, la Cour a déclaré irrecevable le recours de A._ contre la décision du 16 février 2021 au motif que son recours est prématuré, dès lors que la décision attaquée peut être remise en cause en même temps que la décision principale subséquente (106 2021 31).
B. Par décision du 14 septembre 2021, la Justice de paix a suspendu le droit de visite de A._ sur C._ pour une durée indéterminée, ce dernier étant cependant autorisé à envoyer unilatéralement des messages à sa fille pour des occasions particulières par l'intermédiaire de la curatrice et a exhorté B._ à mettre en place un suivi psychologique en faveur de C._ auprès d'un thérapeute de sexe masculin. Elle a en outre invité A._ et B._ à entreprendre une médiation parentale afin de déposer les tensions liées à leur relation passée, de favoriser un dialogue en vue de se rassurer et d'établir une communication et une collaboration plus adéquates, dans l'intérêt de leur fille. À cet égard, ils ont été mis au bénéfice de la gratuité de 10 séances de médiation pour autant que le processus débute d'ici le 31 mai 2022. Enfin, la Justice de paix a mis, pour moitié, les frais relatifs à l'expertise à la charge de B._ et A._, a renoncé à percevoir des frais de justice et a décidé que chaque partie assume ses dépens.
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Par décision du 31 janvier 2022, la Justice de paix a rectifié les chiffres V et VI du dispositif de sa décision rendue le 14 septembre 2021 afin qu'ils soient complétés par la mention suivante : "sous réserve de l'assistance judiciaire accordée à A._".
C. Par mémoire de son conseil du 13 décembre 2021, B._ a recouru contre la décision du 14 septembre 2021. Elle conclut, à titre principal, à la réformation de la décision attaquée en ce sens que les frais relatifs à l'expertise du 23 mars 2020, d'un montant de CHF 10'355.-, soient mis à la charge de A._, subsidiairement, pour moitié à la charge de l'Etat et pour moitié à la charge de A._. Elle requiert en outre qu'une indemnité équitable lui soit allouée à titre de dépens pour la procédure de recours.
Par mémoire de son conseil du 31 décembre 2021, A._ a également recouru contre la décision du 14 septembre 2021. En substance, A._ ne conteste pas l'intégralité de la décision attaquée mais requiert la modification des chiffres I et II du dispositif par l'ajout de compléments quant à la réévaluation périodique de son droit de visite et au rôle de la curatrice dans le suivi thérapeutique de C._. Il conclut en outre à ce que B._ et lui-même soient exhortés, et non pas invités, à entreprendre une médiation parentale ou que la partie s'y refusant soit astreinte à un suivi psychologique (ch. III du dispositif de la décision attaquée). Subsidiairement, il conclut à ce que la décision attaquée soit annulée et que le dossier de la cause soit renvoyé à la Justice de paix pour nouvelle décision. Par courrier du même jour, A._ a requis l'assistance judiciaire totale pour la procédure de recours et la désignation de Me Jillian Fauguel en qualité de mandataire d'office.
Invité à se déterminer sur le sort du recours de B._, A._ a déposé, par le biais de son avocate, sa réponse le 26 janvier 2022. Il conclut au rejet du recours et à ce que les frais et les dépens soient, principalement, mis à la charge de B._ et, subsidiairement, laissés à la charge de l'Etat de Fribourg. A._ a en outre sollicité l'assistance judiciaire totale pour la procédure de recours et la désignation de Me Jillian Fauguel en qualité de mandataire d'office.
Par réponse du 16 février 2022, B._ a conclu au rejet du recours de A._ et à la mise des frais et des dépens à la charge de A._, subsidiairement à la charge de l'Etat de Fribourg.
Interpellée sur les recours de A._ et de B._, la Juge de paix a renoncé à se déterminer et s'est référée en tout point à la décision rendue le 14 septembre 2021 par la Justice de paix.

## Considerations

en droit
1.
1.1. L'art. 125 let. c du code de procédure civile du 19 décembre 2008 (CPC; RS 272), applicable par analogie selon l’art. 450f CC, permet au tribunal d'ordonner la jonction des causes. Celle-ci, comme la division de causes, n'est pas conditionnée par des critères précis, tels que la connexité pour la jonction ou l'absence de connexité pour la division. Le seul critère est celui de la simplification du procès, selon l'appréciation du tribunal (CR CPC-HALDY, 2e éd. 2019, art. 125 n. 6). En l'espèce, les recours portent sur la même décision, de sorte qu'il se justifie, pour des raisons évidentes d'économie de procédure et de simplification, de joindre les causes 106 2021 98 et 106 2022 1.
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