# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3c047c5f-71b4-501d-9f6e-0cb472661c78
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2000
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Le 3 septembre 1998, le Conseil d'Etat a déposé un projet de loi No 7888 modifiant des limites de zones sur le territoire de la commune du Grand-Saconnex portant sur 12 parcelles situées entre la Voie-du-Coin et la route de Colovrex afin de créer une zone de développement 4 B et une zone de développement 4 B protégée, d'une surface totale de 17'542 m2 dont 16'722 m2 étaient alors situés en zone 5, soit en zone villas, et 820 m2 en zone 4 B protégée. Ce projet s'accompagnait d'un plan No 28778-534 proposant de déclasser en zone de développement 4 B protégée la partie nord de ces terrains jusqu'ici en zone 5, sur lesquels se situent une ferme et ses dépendances, et de déclasser en zone de développement 4 B le solde des terrains.
2. La procédure d'opposition a été ouverte du 9 octobre au 9 novembre 1998.
3. Par lettre du 29 octobre 1998, l'Association X (ci-après : l'association) a formé opposition. Cette association était composée de nombreux propriétaires ou locataires de terrains se trouvant dans les alentours du périmètre concerné, parmi lesquels se trouvait également l'exploitant de la ferme susmentionnée. En substance, cette association relevait que selon l'étude du plan directeur communal datant de 1990, la commune du Grand-Saconnex et ses élus avaient considéré qu'il fallait maintenir en zone villas le périmètre dont le déclassement était prévu afin de garantir un juste équilibre entre le vieux village et la zone agricole. Ce déclassement, disproportionné, était la conséquence d'une demande de renseignements émanant du propriétaire des parcelles situées au No 15 de la Voie-du-Coin, lequel souhaitait rentabiliser son bien-fonds en construisant sur cette parcelle. L'association émettait des craintes quant au taux d'utilisation du sol prévu lequel ne devrait pas dépasser 0,5 alors que le PLQ No 28766-534 prévoyait un indice de 0,7.
Pour les opposants, il manquait dans cette procédure une enquête préliminaire de l'évaluation de l'impact sur l'environnement. L'association indiquait qu'elle s'opposerait au projet de loi No 7888 tant qu'elle n'aurait pas une garantie que le taux d'occupation ne dépasserait pas l'indice de 0,5 sur l'ensemble des 17'542 m2 dont le déclassement en zone 4 B et 4 B protégée était envisagé.
4. La commission d'aménagement du canton de Genève s'est rendue sur place. Elle a estimé qu'il n'y avait pas lieu de procéder au déclassement en zone de développement 4 B protégée et qu'il fallait réduire le déclassement en zone de développement 4 B aux seuls terrains totalisant 3'607 m2 compris à l'intérieur du périmètre du projet de plan localisé de quartier No 28766-534, lequel avait suivi une procédure parallèle.
5. Le 28 octobre 1999, le Grand Conseil a adopté le projet de loi No 7888, non sans avoir suivi l'avis de la commission d'aménagement, et modifié dans le sens précité le plan No 28778 A 534 pour ne créer qu'une zone de développement 4 B au sud du périmètre concerné. L'opposition était pour le surplus rejetée et le Président du Grand Conseil en a informé l'association en date du 11 novembre 1999 en lui indiquant que le délai de 30 jours pour recourir auprès du tribunal de céans courait dès l'arrêté de promulgation de ladite loi.
6. Par acte posté le 3 décembre 1999, l'association a interjeté recours auprès du Tribunal administratif contre cette loi qui n'a été promulguée dans la Feuille d'avis officielle que le 24 décembre 1999.
7. Le 4 décembre 1999, Mme D. et M. P. G., domiciliés X route de Colovrex au Grand-Saconnex, ont recouru à leur tour contre cette loi, suivis le 17 janvier 2000 par Mme M. et M. R. P., domiciliés X chemin de la Voie-du-Coin puis, le 24 janvier 2000 par M. E. Ch., domicilié X chemin Torney au Grand-Saconnex. Tous les recourants ont conclu à l'annulation de la décision du Grand Conseil prise par celui-ci le 28 octobre 1999 et rejetant leur opposition ainsi qu'à l'abrogation de la loi No 7888 étant précisé que tous les recourants avaient participé à la procédure d'opposition en tant que membres de l'association.
8. Le 22 mars 2000, le tribunal de céans a procédé à un transport sur place en présence de toutes les parties ainsi que de M. Pagani, président de la commission de l'aménagement du Grand Conseil et de M. Pauli, juriste auprès du département de l'aménagement, de l'équipement et du logement, soit le département rapporteur pour le Conseil d'Etat. Les participants au transport sur place ont visualisé le périmètre à déclasser depuis le balcon de la maison de M. et Mme P., située X chemin de la Voie-du-Coin. La limite ouest de la zone à déclasser était visible, ainsi que l'emplacement de la maison de M. Ch., X chemin Torney et celle de M. G.. Aucun des recourants n'est propriétaire de terrains situés dans la zone à déclasser. Ensuite, les participants se sont rendus au chemin de Torney à la hauteur de la maison de M. Ch. et ont repéré la bande de terrain à l'ouest de la parcelle actuellement en zone 4 B protégée qui deviendrait dans le projet litigieux une zone de développement 4 B. Ils ont remonté dans le jardin en direction de la maison de M. P., puis traversé une haie pour aller au No X de la Voie-du-Coin sur laquelle se trouve la maison d'un voisin, M. S. . La haie située à l'est de cette parcelle constitue la limite de la zone à développer. La Voie-du-Coin est un chemin agreste où deux véhicules se croisent de justesse. La parcelle suivante est un grand verger faisant partie de la ferme T.; ce terrain est actuellement en 5ème zone et doit y rester. De là, les participants repèrent la ferme de M. T. ainsi qu'une maison appartenant à Mmes T., voisine de celle des époux G. ainsi que celle de M. Ch.. Le chemin de Torney s'arrête à la hauteur de la maison de M. Ch. et ne rejoint pas celui de la Voie-du-Coin.

## Considerations