# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a1993357-e25d-56a0-926f-2d9795e21ef7
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. C._ et D._, nés respectivement en 2006 et en 2010, sont les enfants de A._ et de B._. Ces derniers ne se sont pas mariés et se sont séparés en 2010. L’autorité parentale sur les enfants a été confiée à leur mère, avec laquelle ils vivent.
B. Suite au signalement du Centre de pédopsychiatrie de Fribourg, le 29 juillet 2011, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a institué, par décision du 13 septembre 2011, une curatelle éducative et de surveillance du droit de visite au sens de l’art. 308 al. 1 et 2 CC en faveur des enfants de A._ et de B._ afin d’accompagner les parents dans la prise en charge de leurs enfants, de clarifier le rôle du père et sa présence et de rétablir la communication avec celui-ci. Le curateur a également été chargé de mettre en place le droit de visite du père au Point Rencontre fribourgeois. Ce mandat est actuellement exercé par E._, intervenante en protection de l’enfant au Service de l’enfance et de la jeunesse (: SEJ; DO 45 ss).
C. Par courriel du 24 mars 2016, la curatrice a demandé au Juge de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: le Juge de paix) de suspendre le droit de visite du père avec effet immédiat. En effet, la mère des enfants lui a rapporté que D._ refusait de voir son père alors que son frère se rendait chez lui tous les week-ends. Selon la mère, son fils reviendrait perturbé de ses visites, serait mystérieux sur ce qu’il fait chez son père et serait rentré chez lui avec des briquets, de la chicha et des jeux-vidéo violents interdits aux mineurs. C._ aurait en outre dit à sa mère qu’il buvait de la bière chez son père. De surcroît, la mère a rapporté que le week-end du  mars 2016, B._ s’était rendu en Allemagne avec son fils, sans l’en informer, ni détenir les documents d’identité de l’enfant, étant précisé que cela fait plusieurs mois que le père insiste auprès de la mère pour obtenir le passeport de C._ mais que celle-ci refuse de le lui donner. B._ aurait également dit à la mère qu’il voulait que leur fils aille en Syrie, étant précisé que selon A._, le père est syrien et musulman et ferait partie d’un groupe similaire à Daesh (DO 102, 103).
D. Par mesures superprovisionnelles du même jour, le Juge de paix a suspendu pour une durée indéterminée le droit de visite de B._ (DO 106, 107).
En date du 6 avril 2016, le SEJ a livré à la Justice de paix son rapport annuel 2015 sur la situation des enfants de A._ et de B._. Il en ressort en particulier que l’enseignante de C._ aurait fait part à sa mère de son inquiétude quant à son manque d’investissement scolaire. De plus, la mère a relevé que C._ avait des difficultés à respecter le cadre et les règles qu’elle lui imposait, d’autant plus lorsqu’il rentre de week-ends passés chez son père. Il se montrerait en outre agressif envers sa petite sœur. S’agissant de cette dernière, elle serait très craintive et n’entretiendrait que très peu de contact avec son père, lequel ne lui porterait que peu d’intérêt selon la mère. Le SEJ a précisé que le père ne s’était pas présenté, ni excusé, suite à la convocation à un entretien avec le SEJ (DO 115).
En date du 20 avril 2016, les parents de C._ et D._ ont comparu devant la Justice de paix. A cette occasion, le père a confirmé s’être rendu en Allemagne, à F._, avec son fils, sans les documents d’identité de ce dernier car la mère refusait de les lui donner. S’agissant des objets retrouvés par la mère dans les affaires de son fils, le père a contesté les lui
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avoir donnés. Interrogé sur le fait que C._ aurait bu de la bière, B._ a déclaré que tout le monde en buvait. Par ailleurs, il a ajouté laisser jouer ses enfants et ne pas les contrôler. Accusé de soutenir le groupe Daesh, B._ a expliqué être contre cette fraction précisant être affilié à un groupe politique kurde, actif également en Suisse (G._), dont les membres essayent de trouver des solutions s’agissant de la situation en Syrie, de Daesh, etc. En outre, la Justice de paix a rendu attentif le père que contrairement à ce qu’il croyait, l’éducation des enfants était le rôle des deux parents. Finalement, A._ a accepté que les enfants se rendent chez leur père et les parents se sont accordés sur les modalités d’exercice du droit de visite du père. En outre, la Justice de paix a autorisé qu’il s’exerce immédiatement selon ces modalités (DO 121 ss).
E. Par décision du même jour, la Justice de paix a levé la suspension du droit de visite de B._ sur ses enfants. Elle a réglé le droit de visite du père en ce sens qu’il s’exerce d’entente entre les parties, et à défaut, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. En outre, ordre a été donné à B._ de surveiller ses enfants lors de l’exercice de son droit de visite et de leur fixer un cadre éducatif plus strict. La Justice de paix a également ordonné à A._ de remettre les documents d’identité des enfants à B._ lors de tout séjour à l’étranger, pour autant que ces séjours lui soient communiqués au préalable et que le père s’engage à les rendre à la mère ensuite. De plus, la curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 1 et 2 CC, instituée en faveur des enfants, a été maintenue et la curatrice a été confirmée dans sa fonction.
F. Par courrier reçu le 6 juin 2016 à la Justice de paix, A._ a interjeté recours contre cette décision considérant « que [ses] enfants sont en danger de déportation par leur père ».
Le 7 juin 2016, le Juge de paix a transmis le recours de A._ à la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (ci-après: la Cour) et a indiqué que celui-ci n’appelait aucune remarque de sa part.
Sur interpellation de la Présidente de la Cour, A._ a précisé, le 15 juin 2016, qu’elle ne s’opposait pas à ce que ses enfants voient leur père et que son recours portait uniquement sur le fait que le père puisse séjourner à l’étranger avec les enfants, craignant que B._ les enlève.
Invité à se déterminer sur le recours, B._, dans un français peu compréhensible, a en substance conclu à son rejet, par courrier du 29 juin 2016.

## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
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b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 589 p. 399).