# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d0631e6e-c1c0-5ae9-8602-461ca2080b09
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 19 juin 2017, A._ a été reconnu coupable par le Ministère public de contraventions à la loi d'application du code pénal (contrevenir aux ordres et aux mesures de la police destinés à rétablir l'ordre et la sécurité publics; causer du désordre ou du tapage; troubler la tranquillité publique) et a été condamné au paiement d'une amende de CHF 300.- et des frais de procédure.
B. Par courrier du 23 juin 2017, soit dans le délai légal, A._ a formé opposition à l'ordonnance pénale susmentionnée. Il a également sollicité la récusation du Procureur général.
C. La cause a été transmise au Juge de police de l'arrondissement de la Sarine B._ (: le Juge de police).
Par citation à comparaître du 9 août 2017, le Juge de police a fixé des débats au 23 août 2017. A._ ne s'est pas présenté à dite audience, sans en avoir avisé le Juge de police. Par décision du 23 août 2017, le Juge de police a, en application de l'art. 356 al. 4 CPP, considéré que l'opposition était retirée et rayé la cause du rôle.
D. Suite à un courrier du 26 août 2017 de A._, le Juge de police a octroyé à ce dernier, par courrier du 30 août 2017, un délai échéant le 15 septembre 2017 pour lui faire savoir si son écriture devait être interprétée comme une demande de restitution d'audience ou comme un recours. Par courrier du 1er septembre 2017, A._ a requis une restitution de délai. Il a également déposé un recours le même jour contre la décision du 23 août 2017. Par ordonnance du 6 septembre 2017, le Juge de police a rejeté la requête de restitution. Le recours du 1er septembre 2017 concluait quant à lui à l'annulation de la décision querellée et à ce qu'il soit constaté que les autorités judiciaires fribourgeoises ne soient plus compétentes pour traiter le litige.
E. Par arrêt du 10 novembre 2017 (502 2017 234 + 244), la Chambre pénale a admis le recours formé par A._ contre l'ordonnance du 23 août 2017 qu'elle a annulée et a renvoyé la cause au Juge de police en vue de la fixation d'une nouvelle audience. Elle a cependant rejeté la demande de récusation.
F. Le 14 novembre 2017, le Juge de police a cité le prévenu à comparaître à son audience du 6 décembre 2017 et l'a invité à présenter ses réquisitions de preuves et à faire valoir ses questions préjudicielles dans un délai de dix jours.
G. Le 25 novembre 2017, A._ a formulé une demande de récusation à l'encontre du Juge de police et du Procureur général. Le Juge de police a ainsi décidé, par courrier du 27 novembre 2017, que les débats étaient renvoyés sine die et a révoqué le mandat de comparution du 14 novembre 2017.
Par courrier du 16 janvier 2018, le Juge de police s'est déterminé sur la demande et a refusé sa récusation.
H. La Chambre pénale a rejeté, respectivement déclaré irrecevables les requêtes de récusation formées par A._ au terme d'un arrêt rendu le 31 janvier 2018 (502 2018 11).
I. Par acte du 10 février 2018, A._ a déposé un recours au Tribunal fédéral à l'encontre de l'arrêt précité. Le Juge de police et la Chambre pénale ont renoncé à se déterminer.
Par arrêt du 3 mai 2018, le Tribunal fédéral a rejeté le recours, dans la mesure de sa recevabilité.
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J. Par citation à comparaître du 17 juillet 2018, le Juge de police a une nouvelle fois fixé des débats au 29 août 2018.
Par courrier du 28 juillet 2018, reçu par le greffe du Tribunal de la Sarine le 30 juillet 2018, A._ a indiqué qu'il n'était pas en mesure d'assister à une audience en raison de son état de santé et a remis un certificat médical non signé et daté du 18 juillet 2018 attestant du fait qu' "il n'est pas possible d'exiger de A._ sa présence devant la Justice actuellement".
Par courrier du 30 juillet 2018, le Juge de police a demandé au recourant de lui transmettre dans un délai échéant le 16 août 2018 un certificat médical dûment signé par la main de la Dr C._. Il lui a encore indiqué qu'en l'état, l'audience du 29 août 2018 était maintenue. Par courrier du 8 août 2018, reçu au greffe du Tribunal de la Sarine le 10 août 2018, A._ a fourni le même certificat, mais cette fois signé par la Dr C._. Par missive du 17 août 2018, le Juge de police a annulé et renvoyé les débats fixés au 29 août 2018 sine die.
K. Le 17 décembre 2018, le Juge précité a contacté le recourant par courrier pour que celui-ci lui indique si son état de santé lui permettait de comparaître à une audience du Juge de police. Il lui a imparti un délai au 15 janvier 2019 pour ce faire et pour lui envoyer un certificat médical attestant de son impossibilité éventuelle à comparaître.
Par courrier du 7 janvier 2019, reçu par le greffe précité le 14 janvier 2019, A._ a indiqué que son état de santé ne s'était toujours pas amélioré depuis 2017 et qu'il ne pouvait dès lors pas participer à une audience. Il y avait joint un certificat médical daté du 19 décembre 2018 attestant de "céphalées et de nucalgies, qui sont exacerbées lors de périodes de stress. Il ne devrait donc pas être exposé à des situations stressantes".
L. Par courrier du 6 mai 2019, le Juge de police a une fois de plus contacté A._ pour que ce dernier lui indique s'il était en état de comparaître ou non. Un délai échéant le 20 mai 2019 lui a été imparti pour répondre et pour fournir un certificat médical.
Par courrier du 15 mai 2019, le recourant a indiqué ne pas pouvoir comparaître pour raison médicale et a transmis un certificat daté du 30 janvier 2019 attestant de "céphalées tensionnelles survenues après accident. Dans ce cadre, il est important pour la gestion des douleurs que le patient pratique une activité physique quotidienne (marche, exercices d'étirement doux) et ne soit pas soumis à des stress importants".
Par missive du 15 mai 2019, le Juge de police a constaté que le certificat datait du 30 janvier 2019 et imparti au recourant un délai échéant le 29 mai 2019 pour en fournir un actualisé. Par courrier du 24 mai 2019, reçu par le greffe du Tribunal de la Sarine le 27 mai 2019, A._ a expliqué que son état de santé ne s'était pas amélioré depuis 2017 et qu'il devait "toujours suivre le traitement qui consiste à faire environ trois heures de promenade par jour dans la nature et éviter tout stress et notamment les séances judiciaires". Il a également indiqué qu'il avait été convenu avec la Dr C._ qu'une nouvelle évaluation de son état de santé aurait lieu en juillet 2019, vu que celui-ci ne s'était pas amélioré depuis le mois de janvier 2019. Le 27 mai 2019, le Juge de police a imparti un délai au 12 juin 2019 au recourant pour lui fournir un certificat médical actualisé.
M. Le 5 juin 2019, A._ a requis l'annulation de l'arrêt du Tribunal fédéral du 3 mai 2018. Par arrêt du 28 juin 2019 du Tribunal fédéral, sa demande d'annulation, respectivement de révision a été déclarée irrecevable et les frais, arrêtés à CHF 500.-, ont été mis à sa charge.
N. Par courrier du 8 juin 2019, remis à la poste le 10 juin 2019, A._ a transmis au Juge de police un certificat daté du 7 juin 2019 attestant de "céphalées tensionnelles persistantes, survenues après un accident ayant causé un traumatisme crânien. Ces céphalées sont
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exacerbées par les situations de stress ainsi que par les tâches exigeant une concentration importante. Les symptômes sont aussi déclenchés par l'exposition à la fumée de cigarette. Dans ce contexte, je recommande au patient d'éviter les situations stressantes, de pratiquer une activité physique douce régulière et de maintenir des activités sociales ainsi que des activités stimulant la mémoire".
O. Par citation à comparaître du 19 juillet 2019, le Juge de police a fixé des débats au 17 septembre 2019. A._ a répondu, par courrier du 31 juillet 2019, qu'il n'était pas en mesure d'y participer en raison de son état de santé qui n'a pas évolué depuis 2017. Un certificat médical de la Dr C._, daté du 31 juillet 2019, y était joint attestant de "céphalées importantes suite à son accident survenu en décembre 2017. Ces céphalées sont déclenchées par les situations de stress".
Par missive du 5 août 2019, le Juge de police a indiqué que l'audience du 17 septembre 2019 était maintenue, au vu des derniers certificats ne mentionnant nullement une éventuelle impossibilité de comparaître à une audience devant le Juge de police. Il a, par ailleurs, rejeté la requête de A._ tendant à l'audition des dénonciateurs, par appréciation anticipée des preuves, car une telle audition n'apporterait aucun élément de preuve pertinent et déterminant supplémentaire pour trancher les causes.
P. Par courrier du 14 août 2019, reçu au greffe du Tribunal de la Sarine le 16 août 2019, A._ a demandé la récusation du Juge de police.
Q. Par ordonnance du 21 août 2019, le Juge de police, s'estimant habilité à statuer lui-même sur la demande de récusation, l'a rejetée pour tardiveté et l'a qualifiée d'abusive ou de manifestement irrecevable. Il a par ailleurs expressément mentionné les conséquences d'une  aux débats.
R. Par acte du 31 août 2019, remis à la poste le 2 septembre 2019, A._ a déposé un recours à l'encontre de l'ordonnance du 21 août 2019. En substance, il conclut à l'annulation de l'ordonnance et à la récusation du Juge de police.
Par courrier du 6 septembre 2019, le Juge de police a renoncé à se déterminer. Par courrier de la même date adressé au recourant, il l'a informé que suite à son recours déposé le 2 septembre 2019, les débats fixés au 17 septembre 2019 ont été annulés et renvoyés sine die. Le mandat de comparution a de ce fait été révoqué.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'article 59 al. 1 CPP, lorsqu'un motif de récusation au sens de l'art. 56 al. 1 let. a (intérêt personnel dans l'affaire) ou 56 al. 1 let. f CPP (autres motifs, notamment un rapport d'amitié étroit ou d'inimitié avec une partie ou son conseil juridique de nature à rendre suspecte la prévention) est invoqué, le litige est tranché, sans administration supplémentaire de preuves et de façon définitive par l'une ou l'autre des autorités désignées à l'art. 59 al. 1 let. a à d CPP (PC CPP, 2e édition, 2016, art. 59, n. 1). Conformément à l'art. 59 al. 1 let. b CPP, l'autorité de recours est compétente pour se prononcer sur la récusation d'un membre du ministère public, des autorités compétentes en matière de contraventions ou des tribunaux de première instance (PC CPP, art. 59, n. 11). La jurisprudence admet cependant que lorsque la demande paraît irrecevable au motif
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que le requérant n'allègue aucun fait ou que ceux-ci ne semblent guère vraisemblables, l'autorité concernée peut écarter elle-même la requête (ATF 129 III 445 consid. 4.2.2). En l'espèce, le Juge de police a fait usage de cette faculté en rendant une ordonnance de rejet de la demande de récusation.
1.2. Aux termes de l'art. 393 al. 1 let. b CPP, le recours est recevable contre les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance. La Chambre pénale est compétente pour statuer sur le recours selon les arts. 20 al. 1 let. a CPP, 21 RTC et 85 al. 1 LJ.