# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d550c3e7-bf6d-5280-96c9-be8c6f17d6c9
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Employment Contract

## Facts

EN FAIT
, que par ordonnance
OTPH/1714/2019
du 20 septembre 2019, le Tribunal des prud'hommes a transmis à B_ et à C_ SARL un exemplaire de la réponse partielle de A_, ainsi qu'un chargé de pièces (ch. 1 du dispositif), rejeté la requête de A_ du 16 septembre 2019 tendant à limiter la procédure à la question de sa légitimation passive (ch. 2), admis la requête de A_ et de C_ SARL visant à l'octroi d'une prolongation de délai (ch. 3), prolongé par conséquent le délai initialement octroyé [pour répondre à la demande] au 18 octobre 2019 (ch. 4) et dit que ce délai valait délai supplémentaire au sens de l'art. 223 al. 1 CPC (ch. 5);
Qu'en substance, le Tribunal a retenu qu'au vu de la complexité de la cause et des rapports entre les parties défenderesses [A_ et C_ SARL], il ne se justifiait pas de limiter la procédure à la question de la légitimité passive de A_, une telle mesure étant susceptible de rallonger la procédure plutôt que de la simplifier;
Que par acte déposé le 3 octobre 2019 au greffe de la Cour de justice, A_ a formé recours contre cette ordonnance, concluant à l'annulation des chiffres 3 (refus de limiter la procédure) et 4 du dispositif (délai pour répondre prolongé au 18 octobre 2019) et, cela fait, à ce que la Cour ordonne au Tribunal de limiter préalablement la cause à la question de sa légitimation passive et de suspendre l'instruction de la cause jusqu'à droit jugé sur cette question;
Qu'il a requis l'octroi de l'effet suspensif à son recours faisant valoir qu'à défaut, il se verrait contraint "d'organiser sa propre défense", ce qui impliquerait "un travail très conséquent"; qu'en outre, il aurait à assumer les frais y relatifs compte tenu de la gratuité de la procédure prud'homale;
Que B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif, tandis que C_ SARL s'en est rapportée à justice sur ce point;
Que par pli du 21 octobre 2019, le Tribunal a informé A_ et C_ SARL de ce que, suite au recours formé devant la Cour, "les délais en cours au Tribunal [étaient] suspendus";
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que le recours est notamment recevable contre les décisions de première instance qui ne sont ni finales ni incidentes ni provisionnelles et les ordonnances d'instruction de première instance lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise, l'autorité de recours pouvant suspendre le caractère exécutoire en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de suretés (art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site internet de la Cour;
Qu'en l'espèce, le recours est dirigé contre l'ordonnance du 20 septembre 2019, en tant que le Tribunal a refusé de limiter la procédure à la question de la légitimation passive du recourant, d'une part, et prolongé le délai pour répondre au 18 octobre 2019, d'autre part;
Que, conformément à l'art. 319 let. b ch. 2 CPC, la recevabilité du recours est soumise à la condition du préjudice difficilement réparable;
Que, saisie d'une demande de suspension de l'effet exécutoire, l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; qu'elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4. 1);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que la notion de "préjudice difficilement réparable" au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC est plus large que celle de "préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (cf. ATF
137 III 380
consid. 2, in SJ
2012 I 73
;
138 III 378
consid. 6.3);
Qu'ainsi, elle ne vise pas seulement un inconvénient de nature juridique, mais toute incidence dommageable, y compris financière ou temporelle, pourvu qu'elle soit difficilement réparable; qu'il y a toutefois lieu de se montrer exigeant, voire restrictif, avant d'admettre la réalisation de cette condition, sous peine d'ouvrir le recours à toute décision ou ordonnance d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2
ème
éd. 2010, n. 2485, p. 449; BLICKENSTORFER, Kommentar Schweizerische Zivilprozessordnung, 2
ème
éd. 2016, n. 39 ad art. 319 CPC);
Qu'une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne
constitue pas un préjudice difficilement réparable (
ACJC/1244/2015
du 16 octobre 2015 consid. 3.1,
ACJC/122/2015
du 6 janvier 2015 consid. 5.1;
ACJC/1089/2014
du
12 septembre 2014; SPÜHLER, in Basler Kommentar ZPO, 3
ème
éd. 2017, n. 7 ad art. 319 CPC; HOFFMANN-NOWOTNY, ZPO-Rechtsmittel, Berufung und Beschwerde, 2013,
n. 25 ad art. 319 CPC);
Qu'il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision concernée lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse d'emblée aucun doute (par analogie ATF
134 III 426
consid. 1.2 et
133 III 629
consid. 2.3.1);
Que le recours contre le refus de simplification de la procédure au sens de l'art. 125 let. a CPC est en principe irrecevable, le refus du premier juge de limiter le procès à une seule question ne constituant pas un dommage difficilement réparable, mais étant une conséquence inhérente à l'ouverture de toute action judiciaire (COLOMBINI, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise relative à l'appel et au recours en matière civile, in JdT
2013 III 131
, p. 157);
Qu'en l'espèce, l'existence d'un préjudice difficilement réparable est,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, douteuse;
Que, s'agissant du refus de limiter la procédure à la question de la légitimation passive, l'on ne voit pas en quoi le fait de devoir répondre à une demande en justice pourrait causer à la partie défenderesse un préjudice difficilement réparable au sens évoqué
supra
;
Qu'au surplus, le délai prolongé au 18 octobre 2019 pour répondre à la demande a été suspendu par le Tribunal, de sorte que la requête d'effet suspensif est, dans cette mesure, dépourvue d'objet;
Qu'en tout état, les faibles chances de succès du recours justifient le rejet de la requête de suspension de l'effet exécutoire attaché à la décision attaquée;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CC).
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