# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7a8e8ce4-745a-44d2-8f2e-4e9eacd9b190
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. Par courrier du 5 janvier 2022, C._, responsable du Service social de D._, a tenu à attirer l’attention de la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Justice de paix) sur la situation de A._ et de son fils B._, né en 2020. En particulier, il a indiqué que A._ était suivie par le Service social de D._ depuis le mois de décembre 2020 et que la situation la concernant ne cessait de se dégrader depuis l'automne dernier, celle-ci n'arrivant pas à mener de front ses études auprès de E._, la tenue de son ménage et sa vie privée. ll a précisé que A._ était également suivie par F._, assistante sociale auprès de I'Association G._, à H._, I._, ergothérapeute indépendant, à J._, la Dre K._, cheffe de clinique au RFSM, ainsi que L._, assistante sociale au Service social de D._. ll a expliqué que A._ ne répondait pas ou très difficilement aux professionnels du réseau depuis décembre 2021 et qu'elle consommerait du cannabis, comme forme d'automédication. Il a ajouté que la garde son fils était assurée par la crèche et une maman de jour. Afin d'aider la maman à se recentrer sur elle-même, C._ a sollicité l'intervention de la Justice de paix.
Lors d’un entretien téléphonique du 12 janvier 2022, F._ a informé la Justice de paix suivre la situation de A._ depuis qu'elle était enceinte, mais que sa situation s'était dégradée depuis quelque temps. Elle a indiqué que celle-ci ne répondait plus aux sollicitations, qu'elle n'avait plus d'énergie, qu'elle était en dépression, qu'elle avait du mal à s'organiser et à prendre des décisions pour elle et son fils.
Entendue sur délégation par le Juge de paix le 13 janvier 2022, A._ a déclaré en substance qu'elle n'avait pas répondu aux sollicitations du réseau car elle avait eu le Covid et en avait profité pour se recentrer sur elle-même et ranger son appartement afin d'accueillir son fils qui était gardé par ses parents. Elle a indiqué avoir été étonnée des inquiétudes émises par le réseau et qu'elle s'engageait à reprendre contact, notamment avec M._ pour reprendre son suivi psychologique. Elle a précisé qu'elle avait mis ses études entre parenthèses et souhaitait aller mieux pour s'occuper de son fils. Elle a expliqué qu'elle avait le soutien de ses parents et que ces derniers gardaient volontiers B._. Elle a mentionné qu'elle n'était pas contre I'idée d'une hospitalisation à son égard, mais qu'elle ne voyait pas en quoi cela pourrait I'aider.
Sollicitée par le Juge de paix, la Dre K._ a, par courrier du 20 janvier 2022, répondu aux diverses questions à elle posées. Elle a notamment relevé que A._ souffrait d'épisode dépressif sévère sans symptômes psychotiques et de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation du cannabis et qu'un traitement ambulatoire était insuffisant au vu de la gravité de l'état psychique de la patiente et de sa difficulté à adhérer aux soins proposés, malgré sa volonté de le faire.
Par courrier du 2 mars 2022, C._ a informé la Justice de paix que différentes interventions avaient été mises en place pour soutenir A._ dans son quotidien, mais que la situation physique, psychique et sociale de cette dernière ne s'était pas améliorée, et qu'au contraire d'autres éléments inquiétants s'ajoutaient à la situation, notamment crise de colère, arrêt spontané de sa médication, difficultés de se rendre au suivi à M._. Il a indiqué que A._ était consciente de son état et a souhaité être hospitalisée en mode volontaire, afin qu'elle sorte de son quotidien et puisse se reposer et qu'une médication adéquate puisse être mise en place. Concernant l’enfant B._, il a été convenu que ce dernier soit gardé par ses grands-parents le temps de l'hospitalisation de sa mère, afin de ne pas changer ses habitudes. C._ a ajouté qu'un
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hébergement transitoire au Foyer N._, à H._ permettrait à A._ et son fils de restaurer leur lien et de préparer sereinement un retour à domicile.
Entendue sur délégation par le Juge de paix le 13 juin 2022, A._ a déclaré en substance que le retour à domicile après son hospitalisation au RFSM était compliqué et qu'elle n'avait pas réussi à se reprendre. Elle a expliqué qu'elle n'avait aucun moyen de communication avec l'extérieur lors de son hospitalisation et que sa dépression n'avait pas pu être soignée. Elle a indiqué être sous antidépresseur et avoir commencé un nouveau suivi psychologique auprès d'une nouvelle psychologue à M._, à Villars-sur-Glâne. Elle a précisé qu'elle ne souhaitait pas aller au Foyer N._, à Fribourg, car elle ne se voyait pas vivre en communauté. Elle a expliqué qu'il était difficile pour elle de s'organiser au niveau des tâches ménagères, mais qu'elle ne ressentait pas avoir besoin d'aide avec son fils. A l'issue de la séance, A._ s'est engagée à suivre son suivi psychologique auprès de M._, à Villars-sur-Glâne, et s'est exprimée en faveur d'une curatelle éducative pour son fils. Entendue, à son tour, O._, assistante sociale auprès de I'Association G._, à H._, a notamment déclaré qu'il était important que A._ ait un objectif professionnel et/ou une formation en vue et qu'une reprise à I'HES serait peut-être envisageable en septembre 2022. Elle a expliqué qu'il était difficile pour A._ de concilier ses études et la prise en charge de son fils, mais qu'elle savait répondre aux besoins de ce dernier. Elle a ajouté qu'un séjour au Foyer N._, à Fribourg, permettrait à A._ de prendre le temps nécessaire pour s'organiser et organiser ses projets quant à son avenir.
B. Par décision du 15 juin 2022, la Justice de paix a institué une curatelle éducative, au sens de l’art. 308 al. 1 CC, en faveur de B._, a confié le mandat de curatelle à P._, intervenante en protection au Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : SEJ), qui aura notamment pour tâche d’assister A._, de la conseiller et de lui prodiguer un appui dans l’éducation et la prise en charge de son fils et de veiller au bon développement de l’enfant, a astreint A._ à poursuivre un suivi auprès de M._ et a demandé audit centre de l’informer sans délai si A._ devait interrompre son suivi.
C. Par acte daté du 6 septembre 2022, mais remis à la Poste le 8 septembre 2022, A._ a interjeté recours contre la décision du 15 juin 2022. Elle a conclu en demandant à ce que la mise en place de la curatelle éducative soit réévaluée dès lors qu’elle ressent le besoin d’être pleinement actrice de sa vie. En substance, elle a allégué que, lorsqu’elle avait accepté la mise en place de la curatelle éducative, elle n’avait pas compris le but de celle-ci. Or, elle est convaincue de ne pas avoir besoin d’aide dans l’éducation de son enfant et certifie du bon développement de celui-ci. Si elle reconnaît rencontrer des difficultés psychologiques qu’elle essaie et souhaite réellement soigner, elle estime qu’il serait plus opportun qu’elle bénéficie d’une aide centrée sur sa santé mentale. Elle relève mettre un point d’honneur à s’investir dans l’éducation et le bien-être de son fils et note que ce serait difficile pour elle de se voir contrainte à subir la curatelle instaurée qui, à son sens, n’est pas nécessaire. Elle a indiqué encore pouvoir compter sur plusieurs ressources pour l’épauler et l’aider dans son quotidien tant pour elle que pour son fils. Elle a encore souligné s’investir dans son suivi avec sa psychologue tout en reconnaissant avoir eu des difficultés dans ses suivis précédents et avoir sollicité l’aide d’une association pour la gestion de ses affaires administratives.
D. Par courrier du 19 septembre 2022, la Justice de paix s’est déterminée sur le recours. Elle a tenu à préciser qu’elle ne remet pas en cause les compétences éducatives de A._ en tant que telles, mais que la question se pose sur sa capacité à faire face à toutes les sollicitations, notamment concernant la prise en charge de son fils, au vu des difficultés d’ordre psychique qu’elle connaît. Elle a encore souligné que, au vu des retours effectués par les différents intervenants, notamment par rapport au fait que l’état de santé de la recourante ne s’améliorait pas, l’alternative
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N._ ou d’une hospitalisation restait d’actualité et dans une telle hypothèse la présence d’un intervenant du SEJ s’avérait nécessaire. La Justice de paix estime ainsi qu’il lui paraissait adéquat que A._ puisse être soutenue par un intervenant du SEJ, qui constitue le chaînon manquant de son réseau constitué essentiellement de professionnels qui sont axés principalement sur ses intérêts personnels, mais moins sur ceux qui touchent spécifiquement sa situation avec son fils et qui de surcroît qu’ils n’étaient plus en mesure de garantir une prise en charge coordonnée de sa situation. Pour terminer, la Justice de paix a souligné qu’elle encourage la recourante à poursuivre son suivi thérapeutique et que la nomination d’un curateur du SEJ vise également à consolider son réseau afin de lui permettre de réaliser ses objectifs en terme de formation ainsi que de concilier ses études et la prise en charge de son fils.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA; RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]; ci-après: la Cour).
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 ss CC. Pour les points non réglés à ces articles et en l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).