# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c5813adf-4c58-5012-adfd-4f8f6a731220
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. B._, née en 1984, et A._, né en 1975, se sont mariés le 5 juin 2009, à C._. Deux enfants sont issus de leur union, D._, né en 2010, et E._, née en 2012.
B. En date du 30 septembre 2013, B._ a déposé une requête de mesures protectrices de l’union conjugale doublée d’une requête de mesures provisionnelles à l’encontre de son époux, alléguant que la vie familiale était devenue insupportable, son mari se montrant dénigrant et humiliant à son égard et ayant menacé de se suicider.
Le 8 octobre 2013, les parties ont comparu à l’audience du Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après: le Président) lors de laquelle A._ a reconnu avoir dit qu’il avait des envies de meurtre, de viol et de suicide. Il a également admis avoir saisi son épouse par le cou, avoir dit à son fils « ta gueule » et lui avoir répondu qu’il allait se suicider.
Par ordonnance du 16 octobre 2013, le Président a autorisé les parties à vivre séparées, a confié la garde des deux enfants à leur mère et a accordé au père un droit de visite sur ses enfants devant uniquement s’exercer en présence de sa mère en raison des problèmes psychiques dont il souffre, chaque semaine du mercredi soir au jeudi soir, ainsi qu’un week-end sur deux. A._ a en outre été astreint à contribuer à l’entretien de ses enfants par le versement d’une pension alimentaire de CHF 2'500.- par mois.
Le 5 novembre 2013, les Drs F._ et G._, respectivement médecin-adjoint et médecin-assistante auprès du Centre de soins en santé mentale à Bulle, ont fait parvenir au Président leur rapport du 31 octobre 2013 relatif à leur patient A._, dans lequel ils indiquent qu’il souffre de troubles de l’adaptation anxio-dépressifs réactionnels et de troubles de la personnalité mais que son état psychique est stable et qu’il est apte à exercer son droit de visite sans autres mesures de protection.
Le 21 novembre 2013, la Dresse H._, psychiatre et psychothérapeute, a fait parvenir son rapport médical concernant B._, duquel il ressort qu’elle ne présente aucun symptôme psychiatrique majeur.
Par jugement de mesures protectrices de l’union conjugale du 6 janvier 2014, le Président a confirmé l’attribution de la garde des enfants à B._ et fixé l’exercice du droit aux relations personnelles de A._ de la manière suivante:
« 2. A._ exercera seul son droit de visite sur ses enfants selon les modalités suivantes:
2.1
Dès l’entrée en force du présent jugement et jusqu’au 31 mars 2014, un lundi tous les 15 jours ainsi qu’un jour par week-end sur deux (samedi ou dimanche à fixer entre parties), de 8h. à 19h.
2.2
Dès le 1er avril 2014 et pour autant que cette réglementation n’ait pas été modifiée, un week-end sur deux, du vendredi à 18h30 au dimanche à 18h30, une semaine sur deux le lundi de 8h. au mardi à 8h., une semaine à Noël, une semaine à Pâques, les fêtes de Noël et de Pâques étant
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passées alternativement chez l’un et l’autre des parents, deux semaines durant les vacances d’été.
2.3
Une curatelle au sens de l’art. 308 al. 2 CC est instaurée en faveur des enfants et est confiée à un collaborateur du SEJ. La Justice de paix du Cercle de la Veveyse est chargée de la nomination du curateur et de l’exécution de cette mesure. »
A._ a également été astreint à contribuer à l’entretien de ses enfants par le versement d’une pension alimentaire mensuelle de CHF 700.- par enfant, allocations familiales en sus.
C. En date du 5 février 2015, le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ) a transmis à la Justice de paix de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après: la Justice de paix) son rapport annuel 2014 relatif à la situation des enfants de A._ et B._, duquel il ressort en particulier que A._ pourrait s’être montré violent et grossier à l’égard de ses enfants lors de l’exercice de son droit de visite (lancer les enfants fort sur le carrelage, doigts dans les yeux, gifles et poings sur la tête tel un marteau, enfants régulièrement secoués), et que D._ est depuis lors agité. Le SEJ a donc préconisé le maintien du mandat de curatelle et un réexamen des modalités d’exercice du droit de visite par la Justice de paix dans le sens d’une diminution des temps de visite (par exemple sans nuitée) ou d’un éventuel exercice du droit de visite au Point Rencontre (proposition de la mère), qui pourraient être assortis d’autres mesures.
D. Par décision de mesures provisionnelles urgentes du 9 février 2015, la Juge de paix de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après: la Juge de paix) a suspendu avec effet immédiat le droit de visite de A._ et cité les parties à comparaître devant la Justice de paix.
A la demande de la Juge de paix, les Drs I._ et G._, respectivement  de clinique adjoint et médecin-assistante au Centre de soins en santé mentale, à Bulle, lui ont transmis, le 25 février 2015, leur rapport concernant l’état de santé actuel de A._, indiquant, en substance, qu’il est en rémission, que ses troubles ont diminué et qu’il ne représente pas un danger pour ses enfants. La Dresse H._, n’a quant à elle pas donné suite à la demande de rapport de la Juge de paix.
Le 5 mars 2015, les parties ainsi que J._, intervenante en protection de l’enfant auprès du SEJ et curatrice des enfants de A._ et B._, ont comparu à la séance de la Justice de paix, lors de laquelle A._ a catégoriquement contesté l’ensemble des allégations ressortant du rapport annuel du SEJ. J._ a pour sa part indiqué que selon elle et K._, psychologue auprès du Centre de consultation LAVI qui a entendu l’enfant, il était peu probable que D._ ait inventé les gestes de violence qu’il a décrits et les aurait vraiment vécus. J._ a ainsi conclu à ce que la reprise de l’exercice du droit de visite de A._ soit dans un premier temps limitée au Point Rencontre.
E. Par décision du même jour, la Justice de paix a accordé à A._ un droit de visite surveillé sur ses enfants, à raison de deux fois par mois, au Point Rencontre, à Fribourg, étant précisé que les trois premières visites ne pourront excéder une durée d’une heure et demie et se dérouleront dans l’enceinte du Point Rencontre; dès la quatrième visite, la durée de celles-ci pourra s’étendre à deux heures et demie, voire trois heures en cas de sortie. La Justice de paix a en outre prié J._ de lui adresser un rapport sur le déroulement du droit de visite d’ici à la fin juin 2015. Elle l’a également chargée de coordonner les visites au Point Rencontre et de
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l’informer en tout temps d’éventuels faits nouveaux qui justifieraient un élargissement du droit de visite et un réexamen de la situation. Par ailleurs, la Justice de paix a retiré l’effet suspensif à cette décision.
Par courrier du 11 mars 2015, les Drs I._ et G._ ont précisé leur rapport du 25 février 2015 en indiquant que leur patient ne prenait actuellement plus de traitement médicamenteux.
F. Par mémoire du 10 avril 2015, A._ a interjeté recours contre cette décision concluant, principalement, à son annulation et à ce que l’exercice de son droit de visite soit régi par le jugement de mesures protectrices de l’union conjugale du 6 janvier 2014, subsidiairement, à ce que la décision querellée soit réformée en ce sens que son droit de visite s’exerce, durant une période de trois mois, à raison d’un week-end sur deux le samedi et le dimanche de 8h30 à 18h30, puis à la suite de la période provisoire de trois mois, selon les modalités prévues dans le jugement du Président du Tribunal du 6 janvier 2014. De plus, il a conclu à ce que les frais de la procédure de recours soient supportés par B._.
Par acte séparé du même jour, A._ a sollicité le bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure de recours ainsi que la désignation de Me Laurent Bosson en qualité de défenseur d’office.
Invitée à se déterminer sur le recours, la Justice de paix a fait savoir qu’elle confirmait sa décision du 5 mars 2015.
Par courrier daté du 24 avril 2015, la Dresse H._ a indiqué qu’elle se référait à son rapport du 21 novembre 2013 s’agissant de l’état de santé de B._, cette dernière n’étant plus en traitement chez elle depuis février 2014.
G. Par acte du 22 mai 2015, B._ a déposé sa réponse au recours interjeté par son époux, concluant à son rejet, frais de la procédure de recours à la charge de A._. Elle a également requis le bénéfice de l’assistance judicaire pour la procédure de recours et la désignation de Me Julien Membrez en qualité de défenseur d’office.

## Considerations

en droit
1. a) Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 du Code civil [CC], 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).