# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7b9b43ba-5ad5-5f32-af75-294736fc90ac
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 4 septembre 2018, A._ et B._ ont déposé plainte pénale contre C._ et D._ pour mise en danger de la vie d'autrui (art. 129 CP) et dommages à la propriété (art. 144 CP). En bref, les faits qu'ils leur reprochent sont les suivants : C._ est la propriétaire d'une forêt située sur l'art. eee RF de la commune de F._. D._, son fils, gère et entretient le domaine familial. A._ et B._ sont les propriétaires d'une parcelle voisine à l'art. eee RF sur laquelle se situe leur chalet. Le 1er août 2018, suite à un violent orage, des arbres situés sur la parcelle de C._ sont tombés sur celle des plaignants. Leur voiture ainsi que des barrières leur appartenant ont été endommagées. A._ et B._ ont demandé à la suite de cet événement à C._ d'aviser son assurance RC de l'incident. Cette dernière ne l'ayant pas fait, A._ et B._ se sont résolus à porter plainte pénale.
B. Le 19 septembre 2019, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière. Il a retenu en substance que l'assurance RC de C._ avait indemnisé les dommages causés par la chute de l'arbre et que le service des forêts et de la faune avaient abattu plusieurs arbres présentant un danger. S'agissant des infractions à proprement dit, il a relevé que les infractions de mise en danger de la vie d'autrui et de dommages à la propriété sont de nature intentionnelle et que la mise en danger de la vie d'autrui sous-entend un risque concret et sérieux et pas une lointaine éventualité qu'une personne soit tuée. Il a souligné que ce risque doit être dans un rapport de connexité étroit avec le comportement reproché à l'auteur. Il a alors retenu qu'en l'espèce ces conditions ne sont clairement pas réalisées, les dégâts causés étant à mettre en relation avec la violation d'un devoir de prudence, soit un défaut d'entretien de la forêt, et non un comportement intentionnel.
C. Par mémoire posté le 26 septembre 2019, A._ et B._ ont interjeté recours contre l'ordonnance de non-entrée en matière du 19 septembre 2019.
Par courrier du 8 octobre 2019, C._ et D._ se sont déterminés spontanément sur le recours. Le 24 octobre 2019, le Ministère public a renoncé à déposer des observations et a remis son dossier. Le 30 octobre 2019, A._ et B._ ont déposé une détermination complémentaire.

## Considerations

en droit
1.
1.1. La voie du recours à la Chambre pénale est ouverte à l'encontre d'une ordonnance de  en matière (art. 20 al. 1 let. b, 322 al. 2, 310 al. 2 et 393 al. 1 let. a du Code de procédure pénale [CPP]; art. 85 al. 1 de la loi sur la justice [LJ; RSF 130.1]).
1.2. Selon les art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L'ordonnance de non-entrée en matière a été notifiée au
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
plus tôt le 20 septembre 2019 aux recourants tandis que leur recours a été posté le 26 septembre 2019 de sorte qu'il l'a été en temps utile.
S'agissant de la détermination complémentaire du 30 octobre 2019, il est communément admis en procédure que la motivation d'un acte de recours doit être entièrement contenue dans l'acte de recours lui-même. L'art. 89 al. 1 CPP interdit la prolongation des délais fixés par la loi. La motivation du recours ne saurait dès lors être complétée ou corrigée ultérieurement, le délai de l’art. 385 al. 3 CPP ne pouvant être utilisé à cette fin (arrêt TF 1B_232/2017 du 19 juillet 2017 in RSJ 2017 p. 446).
Certes, cette détermination complémentaire fait suite à la réponse spontanée de C._ et D._ du 8 octobre 2019. Les intimés se contentaient toutefois d’indiquer qu’ils attendaient toujours la dérogation relative à la construction du chalet. Or, il n’est admissible de compléter le recours par le biais d’une réplique que si les arguments contenus dans la prise de position y donnent lieu (ATF 132 I 42 consid. 3.3.4). Le mémoire complémentaire du 30 octobre 2019 va bien au-delà. Il est partant irrecevable et il n'en sera pas tenu compte dans la présente procédure.
1.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de la décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art. 104 al. 1 CPP). On entend par partie plaignante le lésé qui déclare expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil (art. 118 al. 1 CPP). Concrètement, il s’agit du lésé, au sens de l’art. 115 CPP, de la victime et du proche de celle-ci selon l’art. 116 CPP (PC CPP, 2016, art. 118 n. 2). En l’espèce, A._ et B._ se sont constitués parties plaignantes et ils ont intérêt à ce que l’ordonnance attaquée soit annulée ou modifiée. Par conséquent, ils ont la qualité pour recourir.