# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** afc91c00-47bb-5af8-9ba1-eda662623850
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. B._, né en 2004, est le fils de C._ et de A._, parents non mariés et séparés depuis la naissance de l’enfant. Le père vit à D._ et la mère à E._.
Par décision du 24 octobre 2012, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Justice de paix/la Juge de paix) a institué une curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles en faveur de l’enfant, dont le mandat a été confié à F._ du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : la curatrice).
Par décision du 20 février 2013, la Justice de paix a attribué aux parents l’autorité parentale conjointe, tout en accordant le droit de garde au père ainsi que les prérogatives liées au choix du lieu de vie de l’enfant et à l’organisation de sa vie courante.
B. Du 11 mars 2013 à l’été 2018, l’enfant a vécu chez sa tante paternelle à G._, scolarisé dans une école privée.
Par décision du 29 octobre 2015, la Justice de paix a levé les curatelles suite au départ de la Suisse et a modifié le droit de visite de la mère en conséquence. Par décision du 15 novembre 2017, elle a élargi le droit de visite de la mère à raison d’un entretien téléphonique toutes les deux semaines au lieu d’un par mois.
C. A la fin de l’été 2018, l’adolescent est revenu en Suisse vivre chez son père et a débuté sa scolarité au Cycle d’orientation H._.
D. Par décision du 5 septembre 2018, la Justice de paix a réinstauré les curatelles ainsi que le mandat à la curatrice (DO I/207).
E. Suite à des plaintes de l’adolescent à propos de maltraitances et pressions subies par son père, la Justice de paix a, par décision de mesures superprovisionnelles du 21 novembre 2018 (DO I/168), retiré au père le droit de déterminer le lieu de résidence et la garde de fait avec effet immédiat pour la durée du placement et a placé l’adolescent à I._ pour un séjour d’observation de trois mois.
F. Du 26 octobre au 29 octobre 2018, l’adolescent a été placé à J._, à E._ pour un recadrage (décision du 26 octobre 2018, DO I/191). Ce placement a été ordonné en raison du comportement agressif et menaçant adopté par l’adolescent à l’égard des éducateurs du foyer I._ et des policiers intervenus sur place.
G. Suite à un comportement auto-agressif avec pensées suicidaires, état dépressif important et mutilations ainsi qu’à une hétéro-agressivité, l’adolescent a été placé à des fins d’assistance ( : PAFA) à K._ à L._ (ci-après : l’Hôpital de L._), dès le 22 novembre 2018 pour une durée indéterminée (décision du 21 novembre 2018, DO I/264).
Par entretien téléphonique du 30 novembre 2018 (DO I/275), la psychiatre en charge de l’adolescent à l’Hôpital de L._ (Dresse M._) a fait part à la Juge de paix du comportement ingérable de l’adolescent et de la nécessité de le placer dans un milieu éducatif fermé.
Par courriel du 30 novembre 2018 (DO I/276), la psychiatre traitante (Dresse N._) a relevé les importants troubles de comportement de l’adolescent lors de son séjour hospitalier rapportés
Tribunal cantonal TC Page 3 de 9
par le personnel hospitalier. Elle a rappelé que l’adolescent nécessitait une prise en charge bilatérale, soit éducative et médicale, qu’il était déjà sous traitement médicamenteux maximal avec une bonne tolérance et qu’il fallait mettre en œuvre l’aspect éducatif avec un lieu de vie adapté et un encadrement strict par une équipe éducative solide.
Lors de l’entretien téléphonique du 3 décembre 2018 (DO I/278), la Dresse M._ a indiqué que le comportement du jeune ne s’améliorait pas et a réitéré sa proposition de placement en foyer éducatif fermé.
Lors de l’entretien téléphonique du 14 décembre 2018 (DO I/288), la curatrice a fait part à la Juge de paix qu’un réseau avait eu lieu le jour même et qu’il en était ressorti que l’était psychique de l’adolescent s’était stabilisé, l’aspect éducatif devant être mis en œuvre. Elle a indiqué que le jeune pouvait retourner à I._.
H. Par décision du 19 décembre 2018 (DO I/294), le PAFA a été levé et l’adolescent est retourné à I._ pour un séjour d’observation de trois mois.
Par courriel du 15 janvier 2019 (DO I/312), la curatrice a informé la Justice de paix que la situation de l’adolescent demeurait difficile d’un point de vue éducatif malgré le traitement médicamenteux et qu’il fallait encore du temps au niveau thérapeutique pour que le jeune puisse se stabiliser. Elle a relevé l’absence du père dans la situation et la reprise des relations entre le jeune et sa mère ainsi que l’incapacité de cette dernière à accueillir son fils. Elle a ajouté qu’une évaluation à I._ n’était pas idéale car, à son terme, la poursuite du placement s’avérait déjà nécessaire. Elle a indiqué qu’une autre institution pouvait accueillir l’adolescent, soit O._, à P._. Elle a précisé que la mère et l’adolescent adhéraient à cette proposition et que le père devait encore en être informé.
Le 23 janvier 2019 (DO I/319), la curatrice a indiqué à la Juge de paix que la visite de la nouvelle institution s’était bien déroulée et qu’il était prévu que le jeune y retourne quelques soirées pour s’y acclimater, son admission étant prévue pour le 10 février 2019 avec une reprise scolaire le 11 février 2019 dans un nouveau cycle d’orientation.
I. Par décision du 4 février 2019 (DO II/328), la Justice de paix a retiré au père le droit de déterminer le lieu de résidence sur son fils pour une durée indéterminée, a levé le placement à I._ et a placé l’adolescent à O._, à P._, dès le 10 février 2019 pour une durée indéterminée.
J. Le 11 mars 2019, A._ a interjeté recours contre la décision précitée. En substance, il a conclu à ce que son fils soit placé dans une autre institution, soit Q._, à E._. Il a également sollicité le bénéfice de l’assistance judiciaire totale.
K. Invitée à se déterminer, la Juge de paix a déposé ses déterminations le 19 mars 2019. En substance, elle a rappelé l’impérieux besoin de stabilité de l’adolescent que lui offre son actuelle institution. Elle a relevé l’absence de collaboration du père et souligné l’inadéquation de l’institution qu’il propose, l’estimant contraire aux intérêts de l’adolescent.
L. Le 3 avril 2019, le recourant a déposé ses déterminations et modifié ses conclusions en ce sens qu’il requiert un placement à R._, à S._ ou tout autre établissement  adapté à la problématique de son fils. Il réitère ses critiques à l’égard de l’actuelle institution, estimant que celle-ci n’est pas à même d’offrir un cadre thérapeutique avec suivi psychothérapeutique suffisant aux problèmes de son fils et qu’elle lui offre trop de libertés. Il démontre également son implication dans la situation de son fils et évoque les difficultés de
Tribunal cantonal TC Page 4 de 9
communication vécues avec la curatrice, laquelle par exemple ne l’informe que tardivement des réunions.
M. Par courrier du 27 mai 2019, le recourant a invoqué des faits nouveaux, notamment le fait que son fils ne respectait pas son nouveau cadre scolaire et la décision d’une nouvelle scolarisation en classe-relais. Il a également réitéré ses critiques à l’égard des décisions de la Justice de paix selon lui inadaptées à la situation de son fils. Il s’est dit opposé à la pratique du kick-boxing autorisée par les éducateurs qu’il juge inadaptée à la violence de son fils. Il a enfin requis l’élargissement de son droit de visite et une décision sur sa demande d’assistance judiciaire.

## Considerations

en droit
1.
1.1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).
1.3. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions du code de procédure civile (CPC) s'appliquent par analogie (art. 450f CC).