# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b17f757e-8c6f-5fec-b178-2259a7b1f7ae
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2006
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu en fait
l'arrêt du Tribunal cantonal des assurances sociales du 13 septembre 2004 (
ATAS/724/2004
) admettant le recours de M. S_ (ci-après : l'assuré), représenté d'abord par Me POGGIA puis dès le 19 décembre 2003 par sa mère, Mme S_, recours déposé à l'encontre d'une décision sur opposition de la Caisse cantonale genevoise de chômage (ci-après : la Caisse) du 3 février 2003, annulant celle-ci, renvoyant la cause à la Caisse pour nouvelle décision au sens des considérants et indiquant la voie du recours au Tribunal fédéral des assurances;
Vu l'entrée en force dudit arrêt;
Vu le courrier de Mme S_ adressé au Tribunal cantonal des assurances sociales le 21 février 2005 demandant à ce que celui-ci statue sur la conclusion visant à l'allocation au recourant d'une indemnité à titre de dépens formée dans son recours ayant donné lieu à l'arrêt du 13 septembre 2004;
Vu l'arrêt du Tribunal cantonal des assurances sociales du 24 mars 2005 (ATAS 251/2005) déclarant irrecevable, pour tardiveté, la réclamation déposée le 22 février 2005 par Mme S_, au sens de l'art. 87 al. 3 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA);
Vu l'arrêt du Tribunal cantonal des assurances sociales du 13 janvier 2005 (ATAS 27/2005) rejetant un recours de l'assuré, représenté par Mme S_, déposé à l'encontre d'une décision sur opposition de l'Office cantonal de l'emploi du 5 octobre 2004 et indiquant la voie du recours au Tribunal fédéral des assurances;
Vu l'arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 4 mai 2005 (C 70/2005) déclarant irrecevable le recours interjeté par l'assuré à l'encontre de l'arrêt précité et transmettant la cause au Tribunal fédéral, comme objet de sa compétence;
Vu l'arrêt du Tribunal fédéral du 6 juillet 2005 (2P. 160/2005) déclarant le recours irrecevable pour motivation insuffisante;
Vu l'arrêt du Tribunal cantonal des assurances sociales du 30 juin 2005 (ATAS 577/2005) admettant le recours de l'assuré, représenté par Mme S_, interjeté contre une décision sur opposition de l'Office cantonal de l'emploi du 22 mars 2005, annulant celle-ci et renvoyant la cause à l'autorité intimée pour nouvelle décision au sens des considérants;
Vu la réclamation de l'assuré du 7 juillet 2005 contre cet arrêt requérant l'allocation de dépens au sens de l'art. 89H LPA en estimant que le Tribunal cantonal des assurances sociales aurait préalablement dû reconnaître à Mme S_ la qualité de mandataire professionnellement qualifiée au sens de l'art. 9 al. 4 LPA.
Vu l'arrêt du Tribunal cantonal des assurances sociales du 1
er
septembre 2005 (ATAS 711/2005) rejetant la réclamation de l'assuré au motif que sa mère ne remplissait pas les conditions attachées à la reconnaissance de la qualité de mandataire professionnellement qualifiée au sens de l'art. 9 al. 4 LPA;
Vu l'indication dans cet arrêt de la voie de recours au Tribunal fédéral des assurances;
Vu l'entrée en force dudit arrêt;
Vu la demande de révision des arrêts du Tribunal cantonal des assurances sociales des 13 septembre 2004 et 24 mars 2005 déposée par Mme S_ devant ledit Tribunal le 14 octobre 2005 et contenant les conclusions suivantes :
"
Préalablement
:
Déclarer le recours recevable.
Joindre au besoin les deux autres demandes de ce jour : demande de révision (réclamation) des arrêts A/1258/2005 et A/2458/2005) et demande d'interprétation de l'arrêt A/2458/2005.
Joindre comme pièces (preuves) les documents adressés au Tribunal cantonal des assurances sociales dans la lettre d'accompagnement de ce jour.
Examiner si la notification était correcte.
Reconnaître, au besoin, S_ comme mandataire professionnellement qualifiée pour la cause dont il s'agit.
Principalement
:
Constater qu'il y a eu déni de justice en ne statuant pas sur la demande d'indemnité et de frais et en n'accordant pas d'office l'indemnité au gagnant.
Statuer sur l'indemnité et les frais dus à S_";
Vu les motifs invoqués par Mme S_, soit le fait que le Tribunal cantonal des assurances sociales a omis de statuer sur la conclusion prise dans le mémoire de Me POGGIA visant à l'allocation d'une indemnité, au sens de l'art. 80 let. d LPA, de telle façon qu'il aurait commis un déni de justice formel;
Que le Tribunal cantonal des assurances sociales n'aurait pas dû traiter sa demande du 21 février 2005 comme une réclamation mais bien comme une demande de révision de l'arrêt du 13 septembre 2004;
Que les arrêts du Tribunal cantonal des assurances sociales des 30 juin 2005 et 1
er
septembre 2005 constituaient des faits ou moyens de preuves nouveaux et importants au sens de l'art. 80 let. b LPA dès lors qu'ils expliquaient les conditions du droit à une indemnité;
Qu'elle n'agissait pas à titre de mère mais bien à titre de mandataire ayant droit à une rémunération;
Qu'elle joignait divers documents attestant de sa qualité de mandataire professionnellement qualifiée;
Vu l'enregistrement de ces deux demandes de révision sous les numéros A/1742/2003 et A/470/2005;
Vu la demande de révision des arrêts du Tribunal cantonal des assurances sociales des 30 juin 2005 et 1
er
septembre 2005 déposée auprès dudit Tribunal par Mme S_ le 14 octobre 2005 et contenant les conclusions suivantes :
"
Préalablement
:
Déclarer le recours recevable.
Prendre connaissance des documents joints à la lettre du 14.10.05 au Tribunal cantonal des assurances sociales, de la demande en interprétation de l'arrêt A/2458/2005 et de la demande de révision des arrêts A/1742/2003 et A/240/2005 et joindre les causes au besoin.
Principalement
:
Accorder à S_ l'indemnité due en vertu de l'article 89 H, al. 3 LPA.
Reconnaître S_ comme mandataire professionnellement qualifiée pour la cause dont il s'agit.
Subsidiairement
:
Considérer cette demande de révision comme une réclamation contre l'arrêt du 1.9.05";
Vu les motifs invoqués, soit le fait que le Tribunal cantonal des assurances sociales n'a pas suffisamment instruit la question de sa qualification professionnelle alors que la maxime d'office l'obligeait à le faire;
Que selon Mme S_, il existe des faits ou des moyens de preuves nouveaux et importants au sens de l'art. 80 let. b LPA et que l'arrêt du Tribunal cantonal des assurances sociales ne tient pas compte des faits invoqués et établis par pièces au sens de l'art. 80 let. c LPA puisqu'il n'a pas fait état, par exemple, de son gros ouvrage scientifique ni du résultat des procédures où le Tribunal l'a vue à l'œuvre depuis une année;
Que l'art. 89 H LPA, contrairement à l'art. 87 al. 2 LPA, n'utilise pas le mot "peut" mais précise qu'une indemnité est allouée au recourant qui obtient gain de cause;

## Considerations

Que l'exigence de la justification économique posée par le Tribunal cantonal des assurances sociales ne ressort pas du texte légal et ne doit pas s'appliquer en droit cantonal;
Qu'en conséquence, une indemnité est, selon Mme S_, due à l'assuré;
Qu'elle fait valoir, qu'en tant que juriste, elle était spécialisée dans les questions d'interprétation du droit et des assurances sociales;
Que, comme l'avait reconnu la Cour de Justice, il n'existait aucun intérêt public à lui refuser le titre de mandataire professionnellement qualifiée;
Vu l'enregistrement de ces deux demandes de révision sous les numéros A/1258/2005 et A/2458/2005;
Vu la demande en interprétation dirigée contre l'arrêt du Tribunal cantonal des assurances sociales du 1
er
septembre 2005 interjetée par Mme S_ le 14 octobre 2005 et contenant les conclusions suivantes :
"
Préalablement
:
Déclarer la demande recevable.
Prendre connaissance des documents joints à la lettre du 14.10.05 au Tribunal cantonal des assurances sociales, et des deux demandes de révision de ce jour et joindre les causes au besoin.
Principalement
:
Dire quelle est la voie de recours et expliquer, le cas échéant, quelle loi fédérale entre en compte pour un recours de droit administratif au TFA.
Expliquer l'interprétation donnée à l'art. 89 H LPA qui s'écarte du texte clair de cet article.
Expliquer quelles seraient les compétences "techniques" et "juridiques" nécessaires pour être reconnu comme mandataire professionnellement qualifié en matière de droit du chômage".
Vu les motifs invoqués, soit qu'il existe une contradiction entre l'arrêt du 23 mars 2005 et celui du 1
er
septembre 2005 quant à l'indication de la voie de recours dès lors que le premier n'indique aucune voie de droit alors que le second mentionne la voie de recours au Tribunal fédéral des assurances et alors même que le Tribunal fédéral des assurances, dans son arrêt du 4 mai 2005 a précisé qu'un recours de droit administratif n'est ouvert que lorsqu'une loi fédérale était appliquée;
Que selon Mme S_ le Tribunal cantonal des assurances sociales devait se prononcer clairement sur les voies de recours;
Que le Tribunal cantonal des assurances sociales cite l'art. 89H LPA de manière erronée et invoque la nécessité d'une justification économique qui relève du droit fédéral;
Que face à ces obscurités, le Tribunal cantonal des assurances sociales devait expliquer plus clairement son interprétation restrictive de l'art. 89H al. 3 LPA tout comme il devait expliquer plus clairement ce qu'il entendait par qualifications techniques en matière de mandataire professionnellement qualifié et pourquoi il appliquait de manière très restrictive la loi;
Que cette demande a été enregistrée sous le même numéro que la demande de révision concernant l'arrêt du 1
er
septembre 2005, soit A/2458/2005;
Vu les pièces jointes aux demandes précitées, soit un curriculum vitae de Mme S_, la table des matières d'un ouvrage intitulé "EFTA Restrictive Business Practices" de Mme S_, une attestation du Professeur A_ du 29 septembre 2005 selon laquelle Mme S_ a travaillé dans le cadre d'une occupation temporaire (OCE) de plusieurs mois à la faculté de droit, dans le domaine de la sécurité sociale, une attestation de Me POGGIA, avocat, du 11 octobre 2005 selon laquelle il avait activement collaboré avec Mme S_ dans le cadre de la défense de patients et des assurés, celle-ci devant être considérée comme mandataire professionnellement qualifiée en droit des assurances sociales, notamment en assurance-chômage, une attestation de Me GIANINAZZI, avocat, du 4 octobre 2005, selon laquelle Mme S_ disposait de connaissances suffisantes pour être admise en tant que mandataire professionnellement qualifiée devant le Tribunal cantonal des assurances sociales, une attestation de l'association PSYCHEX selon laquelle Mme S_ assistait l'association dans son travail de défense juridique des personnes souffrant de troubles psychiques;
Vu l'audience de comparution personnelle du 14 novembre 2005 au cours de laquelle Mme S_ a déclaré :