# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fc59207b-dc1a-52f8-a2ee-9743422dbb1c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2008
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait que
l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OCAI) a refusé l’octroi de toutes prestations à Monsieur M_, né en 1953, par décision du 6 décembre 2005, au motif que de l'avis du Service médical régional AI (SMR), son problème ne résultait pas d'une atteinte à la santé physique, mentale ou psychique ;
Que l'assuré a formé opposition en date du 21 décembre 2005 et produit un rapport établi en date du 13 décembre 2005 par les Drs A_, médecin adjoint agrégé, B_, chef de clinique et C_, médecin interne, du Programme Dépression, département de psychiatrie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), lesquels ont diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère, un syndrome douloureux somatoforme persistant ainsi que de trouble mental et troubles du comportement liés à l'utilisation d'alcool, actuellement abstinent, entraînant une incapacité de travail de 100 % depuis juillet 2003;
Que l'OCAI a mandaté le Dr D_, spécialiste FMH en psychiatrie-psychothérapie pour expertise;
Que dans son rapport du 21 juin 2007, l'expert a diagnostiqué un trouble de l'adaptation, des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool, syndrome de dépendance, actuellement abstinent mais en rémission partielle, ainsi que la recherche de bénéfices sociaux par des plaintes d'allure médicale, sans influence sur la capacité de travail;
Qu'il a relevé une compliance incomplète au traitement et a réfuté le diagnostic d'état dépressif sévère;
Que par décision du 9 août 2007, l'OCAI a rejeté l'opposition de l'assuré;
Que l’assuré a interjeté recours contre cette décision en date du 13 septembre 2007, en concluant à l’annulation de la décision, au motif que l'expertise du Dr D_ ne saurait être objective, dès lors que ce dernier avait déjà été mandaté comme expert par l'assurance perte de gain CSS en 2004;
Qu'il a produit un nouveau rapport établi par les médecins des HUG et conclu à l'octroi d'une rente entière d'invalidité;
Que dans sa réponse du 18 décembre 2007, l’OCAI a persisté dans ses conclusions ;
Qu'au vu des avis médicaux totalement contradictoires, le Tribunal de céans, par ordonnance du 15 juillet 2008, a mis en œuvre une nouvelle expertise psychiatrique du recourant et mandaté le Docteur E_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, à cet effet;
Que dans son rapport d'expertise du 1
er
octobre 2008, le Dr E_ a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen à sévère, entraînant une incapacité de travail totale et durable dans toute activité lucrative depuis le 26 août 2003;
Que l'expert a relevé que le pronostic est défavorable, malgré un traitement optimal et la bonne compliance du recourant, le processus de chronicisation des troubles étant largement en cours;
Que dans ses conclusions sur expertise du 31 octobre 2008, l'OCAI, se référant à l'avis du SMR du 20 octobre 2008, se rallie aux conclusions de l'expertise et propose de mettre le recourant au bénéfice d'une rente entière d'invalidité à l'échéance du délai de carence, soit dès le mois d'août 2004;
Que dans son écriture du 6 novembre 2008, le recourant se réfère également aux conclusions de l'expertise et conclut à l'octroi d'une rente entière d'invalidité depuis le 1
er
août 2004, avec suite de dépens ;

## Considerations

Considérant en droit
qu'il résulte des conclusions claires et convaincantes de l'expertise du Dr E_ que le recourant présente une atteinte à la santé psychique entraînant une incapacité de travail totale depuis le mois d'août 2003;
Que les parties se sont ralliées aux conclusions de l'expertise judiciaire;
Que le recourant a droit en conséquence à une rente entière d'invalidité dès le 1
er
août 2004 (art. 29 al. 1 LAI);
Que le recourant, obtenant gain de cause a droit à une indemnité à titre de participation à ses frais et dépens, fixée en l'espèce à 2'000 fr. (art. 61 let. g LPGA);
Qu'au vu de l'issue du litige, un émolument de 1'000 fr. est mis à la charge de l'OCAI (cf. art. 69 al. 1bis LAI))