# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9ec9c074-926e-5228-be46-909f73357b1f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a)
A_, né le _ 1972 à D_ (France), originaire de E_ (Genève), a épousé à Genève, le _ 2008, C_, née le _ 1973 à F_ (Russie), désormais originaire de E_ (Genève).
Le couple a donné naissance à une fille, G_, née le _ 2008 à H_ (Genève).
C_ est par ailleurs la mère de B_, né I_ le _ 1997 à J_ (Russie), issu d'une précédente union, et désormais originaire de E_ (Genève). B_ porte le nom de A_ en lieu et place de I_ à la suite d'une décision du Service de l'état civil et des légalisations du 22 septembre 2015.
b)
Par requête du 24 septembre 2019 adressée à la Cour de justice, A_ a conclu au prononcé de l'adoption par lui-même de B_, déclarant le considérer comme son fils depuis des années.
c)
Par courrier du même jour, B_ a pris les mêmes conclusions. Il a expliqué avoir grandi en Russie jusqu'à l'âge de quatre ans. En avril 2001, ses parents avaient divorcé et il s'était installé en Suisse avec sa mère. Celle-ci avait fait la connaissance de A_, qu'elle avait épousé en 2008, année de naissance de sa soeur G_. Il a expliqué considérer d'ores et déjà A_ comme son père, rôle que ce dernier tenait depuis longtemps, puisque tous deux vivaient sous le même toit depuis plus de dix ans. B_ a indiqué n'avoir plus eu aucun contact avec son père biologique depuis 2001; celui-ci ne s'était jamais occupé de lui d'aucune manière.
d)
C_ a appuyé la requête formée par son époux, indiquant que ce dernier élevait et prenait soin de B_ comme s'il était son propre fils depuis près de quinze ans. Il y avait toujours eu entre eu de la compréhension, de la confiance et de l'amour. B_ considérait A_ comme un repère et un exemple.
e)
G_ a déclaré souhaiter que son frère B_ soit adopté par son père.
f)
Le dossier contient également le témoignage écrit de K_, père de A_ et du frère de ce dernier, L_. Tous deux ont confirmé que B_ faisait partie intégrante de la famille au même titre que sa soeur G_ et qu'ils soutenaient la démarche d'adoption initiée par A_.
g)
Le dossier contient par ailleurs des photos de moments partagés entre A_ et B_, notamment durant l'enfance de ce dernier.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
Tant l'adoptant que l'adopté ont la nationalité suisse, de sorte que la cause ne présente aucun élément d'extranéité.
B_ est né le _ 1997, de sorte qu'il a atteint la majorité le _ 2015. La présente procédure concerne par conséquent l'adoption d'un majeur.
2.
2.1
Selon l'art. 266 al. 1 CC, une personne majeure peut être adoptée si elle a besoin de l'assistance permanente d'autrui en raison d'une infirmité physique, mentale ou psychique et que le ou les adoptants lui ont fourni des soins pendant au moins un an (ch. 1), lorsque, durant sa minorité, le ou les adoptants lui ont fourni des soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an (ch. 2), ou pour d'autres justes motifs, lorsqu'elle a fait ménage commun pendant au moins un an avec le ou les adoptants (ch. 3).
Au surplus, les dispositions sur l'adoption de mineurs s'appliquent par analogie, à l'exception de celle sur le consentement des parents (art. 266 al. 2 CC).
Une personne peut adopter l'enfant de son conjoint (art. 264c al. 1 ch. 1 CC). Le couple doit faire ménage commun depuis au moins trois ans (art. 264c al. 2 CC).
La différence d'âge entre l'enfant et l'adoptant ne peut pas être inférieure à seize ans, ni supérieure à 45 ans (art. 264d al. 1 CC).
Si l'enfant est capable de discernement, son consentement à l'adoption est requis (art. 265 al. 1 CC).
Avant l'adoption d'une personne majeure, l'opinion des personnes suivantes doit en outre être prise en considération : conjoint ou partenaire enregistré de la personne qui fait l'objet de la demande d'adoption, parents biologiques de la personne qui fait l'objet de la demande d'adoption et descendants de la personne qui fait l'objet de la demande d'adoption, pour autant que leur âge ou d'autres justes motifs ne s'y opposent pas (art. 268a
quater
al. 2 CC).
2.2
En l'espèce, l'adoptant est l'époux de la mère de l'adopté depuis le _ 2008, soit depuis près de douze ans. L'adoptant a prodigué des soins et pourvu à l'éducation de l'adopté à tout le moins depuis cette date, de sorte qu'ils ont noué entre eux des relations filiales. La condition de l'art. 264d al. 1 CC est remplie, puisque la différence d'âge entre l'adoptant et l'adopté est de 25 ans. L'adopté a consenti à son adoption par A_; il en va de même de sa mère, laquelle a déclaré appuyer la requête de son époux et G_ A_, demi-soeur de l'adopté le considère d'ores et déjà comme son frère à part entière. Seul le père biologique de l'adopté n'a pas été consulté, au motif que ce dernier n'entretient plus aucune relation avec lui depuis 2001. Au demeurant et compte tenu des circonstances, un éventuel avis négatif du père de l'adopté n'aurait, quoiqu'il en soit, pas mis en échec la procédure d'adoption.
Au vu de ce qui précède, il sera fait droit à la requête.
Il sera précisé que conformément à l'art. 267 al. 3 ch. 1 CC, les liens de filiation avec la mère ne sont pas rompus.
3.
L'adopté portant d'ores et déjà le nom de famille de A_, l'adoption n'aura aucun effet sur celui-ci.
L'adopté étant majeur, l'adoption n'a pas d'impact sur sa nationalité, étant par ailleurs relevé que l'adoptant et l'adopté ont d'ores et déjà la même origine.
4.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr., seront mis à la charge du requérant et compensés avec l'avance de frais de même montant, qui reste acquise à l'Etat de Genève.
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