# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 12888255-dbb5-50d6-9507-077bb7ad4fb3
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. B._ et A._ sont les parents hors mariage de C._ et de D._, nés respectivement en 2005 et 2007. Les parents exercent conjointement l’autorité parentale selon une convention passée le 5 juin 2012 et ratifiée par la Justice de paix du cercle de la Broye le 12 juillet 2012. Toujours selon cette convention, la garde de C._ avait été confiée à son père et celle de D._ à sa mère. Une curatelle éducative avait été précédemment instaurée selon décision du 28 novembre 2011. C._ a poursuivi sa scolarité au Centre Educatif et Pédagogique de jour (CTJ) et fréquentait la semaine l’internat du Centre éducatif et pédagogique (CEP) de E._ depuis fin novembre 2011, placement confirmé par la Justice de paix du cercle de la Broye le 19 juillet 2012 par laquelle la garde de l’enfant a été retirée au père.
Le dossier a par la suite été transféré à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (: la Justice de paix).
C._ a quitté le CEP pour le foyer F._ au début novembre 2013 et passait ses week-ends alternativement chez chacun de ses parents.
La Justice de paix a été informée en automne 2014 par le Service de l’enfance et de la jeunesse (SEJ) que B._ avait confié D._ à son père depuis le mois de mars précédent et que la situation de l’enfant était difficile.
Par décision du 27 février 2015, la Justice de paix a mis fin au placement de C._ et a rendu sa garde au père. S’agissant de D._, son père exerçait également sa garde. La mère voyait ses enfants un week-end sur deux, avant que la Justice de paix ne restreigne ce droit à un après-midi par semaine au domicile du père (décision du 15 juin 2016). Au printemps 2018, les parents ont brièvement convenu d’un droit de visite plus large, avant que le père ne révoque son accord. Depuis février 2019, la mère a vu ses enfants un week-end sur deux à son domicile. La Justice de paix a formalisé cette situation dans une décision du 14 octobre 2019, la mère devant accueillir ses enfants un week-end sur deux du vendredi soir au dimanche soir, sous les peines de droit de l’art. 292 CP.
B. Le 11 février 2020, B._ a sollicité le placement de ses enfants en foyer avec effet immédiat, exposant qu’une violente bagarre avait éclaté entre C._ et son père la semaine précédente. Le père s’est opposé au placement le 27 février 2020.
Une audience s’est tenue le 25 mai 2020 devant la Justice de paix. Les parents ont été entendus, de même que G._, époux de B._. Celle-ci a indiqué qu’elle ne requérait plus le placement de son aîné mais toujours celui de D._ qui présentait un comportement agressif.
Le 27 mai 2020, B._ a sollicité par mesures superprovisionnelles et provisionnelles la garde de C._ et de D._, exposant qu’une nouvelle violente dispute avait opposé celui-là à son père le 26 mai 2020. C._ a ensuite fui le domicile paternel. Le même jour, A._ a indiqué s’opposer au changement de garde. Toujours le 27 mai 2020, le Juge de paix a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles.
Le Juge de paix a entendu C._ le 18 juin 2020. Un résumé de cet entretien a été adressé aux parents le 7 août 2020.
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Entretemps, soit le 29 juin 2020, B._ a une nouvelle fois abordé la Justice de paix, relatant une altercation violente entre C._ et son père survenue le jour-même à l’aube. Le 20 juillet 2020, A._ a contesté avoir été violent, son aîné se plaignant des règles qu’il tente de mettre en œuvre à la maison.
C. Par décision du 10 août 2020, la Justice de paix a retiré à A._ le droit de déterminer le lieu de résidence de son fils C._ avec effet au 29 juin 2020 et l’a confié à la mère. En revanche, s’agissant de D._, elle a maintenu au père le droit de déterminer son lieu de résidence. Elle a arrêté le droit de visite de chaque parent sur l’enfant dont il n’a pas la garde, veillant à ce que la fratrie soit réunie. Elle a enfin rappelé les parents à l’ordre. Aucuns frais judiciaires n’ont été perçus.
En bref, elle a retenu que C._, à la suite des événements des 27 mai et 29 juin 2020, avait émis le souhait d’aller vivre avec sa mère, souhait soutenu par sa curatrice. Il s’agit d’être à l’écoute des besoins du jeune garçon et lui permettre de retrouver sa place de jeune et également de maintenir le lien avec son père. Un éloignement entre C._ et celui-ci apparaît par ailleurs nécessaire au vu des tensions existantes. Quant à D._, il a demandé à pouvoir rester chez son père, là encore soutenu par sa curatrice. Il s’agit aussi de respecter ce souhait, le cadet n’étant pas concerné par les disputes précitées.
D. A._ a recouru le 29 octobre 2020, concluant à l’annulation de la décision du 10 août 2020, l’autorité parentale sur C._, le droit de déterminer son lieu de résidence, le droit de visite de la mère ainsi que les curatelles éducatives et de surveillance des relations personnelles demeurant fixés par les décisions de la Justice de paix des 27 février 2015 et 14 octobre 2019.
Il a sollicité que son appel soit muni de l’effet suspensif; la Présidente de la Cour lui a indiqué que le recours avait cet effet de plein droit.
En bref, A._ a fait valoir que son fils vit toujours chez lui. Un changement de domicile empêcherait C._ de poursuivre sa scolarité au cycle d’orientation de H._ où il effectue une 11ème année et où il bénéficie de l’aide pour compenser un désavantage lié à une dyslexie très limitative; la mesure contestée bouleverserait quoi qu’il en soit la scolarité de l’enfant. Il précise que l’Office AI du canton de Fribourg interviendrait dans l’hypothèse où C._ ne trouverait pas de place d’apprentissage, et craint que des mesures de soutien rapides ne pourraient cas échéant pas être mises en place à I._. Il soutient ensuite que la mère n’apportera pas l’encadrement et l’environnement nécessaires pour progresser.
Le 2 novembre 2020, la Justice de paix a renoncé à se déterminer sur le recours et a transmis ses dossiers.
B._ a déposé sa réponse le 7 décembre 2020, concluant au rejet du recours et à ce que l’exécution anticipée de la décision querellée soit ordonnée.
Elle a exposé que la volonté de son fils doit être respectée compte tenu de son âge, dès lors qu’elle est constante et étayée, sa curatrice l’appuyant; l’enfant a notamment fait part de son insécurité au domicile paternel à la suite des altercations violentes avec A._, attestées par des rapports de police. En ce qui la concerne, après avoir vécu une rupture affective très pénible, de sorte qu’elle était effectivement peu stable et disponible, tel n’est plus le cas désormais. Enfin, s’il devait être scolarisé dans le canton de Vaud, C._ bénéficierait de tout l’encadrement nécessaire.
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Le 22 décembre 2020, le Juge délégué a informé les parents qu’il entendrait C._ le 7 janvier 2021 et qu’en l’état, il rejetait la demande d’exécution anticipée de la décision querellée.
Par courriel du 22 décembre 2020, J._, intervenante en protection de l’enfant au SEJ et curatrice de C._, a informé la Cour qu’elle s’était entretenue avec celui-ci le 26 novembre 2020, et qu’il avait à nouveau manifesté le souhait d’aller vivre chez sa mère, proposition qu’elle soutient. Elle a précisé que l’enfant bénéficie actuellement au CO de H._ d’un encadrement adapté à sa problématique de dyslexie, avec mise en place de mesures adaptées renforcées, et qu’il pourrait terminer son année scolaire (11ème année) dans cette école même s’il devait aller vivre à I._.
Se référant à cet avis, B._, le 6 janvier 2021, a sollicité que la garde de son fils lui soit immédiatement attribuée.
Le Juge délégué a entendu C._ le 7 janvier 2021 et, le lendemain, il a imparti aux parties un délai pour se déterminer sur le compte-rendu de cette audition, au cours de laquelle le précité avait réitéré son souhait d’aller vivre chez sa mère. Il a maintenu sa décision de ne pas ordonner l’exécution anticipée de la décision.
Le 7 janvier 2021, A._ a transmis à la Cour un échange de mails avec K._, enseignant spécialisé de C._, qui préconise notamment que ce dernier termine sa scolarité à H._.
Les parents ont adressé des déterminations à la Cour les 25, 27 et 29 janvier 2021.
La Cour a sollicité de la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Présidente du tribunal) la production du dossier relatif à l’action alimentaire pendante depuis le 29 mars 2019 entre C._ et D._ et leur mère.
Chaque partie plaide en procédure de recours au bénéfice de l’assistance judiciaire selon décisions du Juge délégué du 21 décembre 2020.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC], RSF 131.11; ci-après: la Cour).
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 ss CC. Pour les points non réglés à ces articles et en l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).