# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 37e49319-cb4e-58a0-8dec-0f909f98c665
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
qu'après être déjà venu en Suisse au début des années 1990 et avoir été refoulé du pays en 1993 pour séjour illégal, B._, ressortissant italien né en 1966, y est revenu le 24 juin 2000 afin d'y exercer une activité lucrative saisonnière au bénéfice du permis de séjour idoine. Au mois de mai 2000, son épouse, A._, née en 1963, est venue le rejoindre illégalement, accompagnée de leurs deux enfants, C._ né en 1996, et D._, né en 1998. Un 3ème enfant, E._, est né en 2000;
que, le 20 novembre 2000, le Service de la population et des migrants (SPoMi, à l'époque Service de la police des étrangers et des passeports) a constaté que l'épouse et les enfants séjournaient illégalement dans le pays et les a avertis qu'il entendait prendre à leur encontre une décision de refoulement. Saisi d'une demande de régularisation de la situation, le SPoMi a rappelé, le 19 mars 2001, que les saisonniers ne pouvaient pas faire venir leur famille, de sorte que les intéressés devaient prendre leurs dispositions pour quitter la Suisse jusqu'au 10 juin 2001. Le 12 novembre 2001, face aux problèmes de santé des enfants, cette autorité a fait savoir qu'elle tolérait la présence de l'épouse et des enfants jusqu'au 9 décembre 2001. Elle a maintenu cette tolérance durant l'année 2002 pendant laquelle le mari a reçu à nouveau une autorisation saisonnière jusqu'au 1er décembre 2002. A cette date, ce dernier a obtenu une autorisation de séjour de courte durée, ce qui a permis de régulariser la situation de sa famille, son épouse et ses enfants recevant le même jour un titre de séjour identique. Les intéressés ont bénéficié par la suite d'une autorisation d'établissement;
que, se plaignant de problèmes de santé, B._ n'a plus exercé de véritable activité lucrative depuis 2006. Pour sa part, femme au foyer, son épouse s'est occupée des enfants et n'a pas pris d'emploi;
que la famille a bénéficié de prestations du Service social de F._ d'octobre 2003 à juin 2011, puis du Service social de G._, suite à son déménagement à H._, de juillet 2011 à décembre 2014, avant de dépendre à nouveau depuis cette date et jusqu'à fin 2017 de l'aide du Service social de F._. Selon une lettre de ce service du 12 mars 2019, au total, l'aide financière qu'il a versée s'élève à CHF 187'726.30, dont 47'591.20 de mesures d'insertion sociale. Le montant des dépenses d'aide sociale consenti par le Service social de G._ atteint, pour sa part, CHF 183'894.95, soit 115'103.45 d'aide sociale, CHF 59'361.50 de mesures d'insertion sociale et CHF 9'430.- de solde de frais d'organisation des dites mesures (lettre du 17 janvier 2018);
qu'au 12 mars 2019, B._ avait par ailleurs CHF 67'167.30 d'actes de défauts de biens et son épouse CHF 8'213.20;
que, le 19 janvier 2015, le SPoMi a adressé à B._ un sérieux avertissement en raison de sa situation financière obérée et l'a enjoint d'améliorer celle-ci grâce, par exemple, à la prise d'un emploi, sans quoi son autorisation d'établissement pourrait être révoquée;
que, le 16 janvier 2017, constatant qu'aucune amélioration n'était intervenue, le SPoMi a informé les époux A._ et B._ et leur fils mineur E._ qu'il avait l'intention de prendre à leur encontre une mesure de révocation de leur autorisation d'établissement et de prononcer leur renvoi de Suisse;
Tribunal cantonal TC Page 3 de 12
que, le 7 avril 2017, les intéressés ont déposé leurs objections en relevant que, sur le permis d'établissement de A._ figurait comme date d'entrée le 30 mai 2000, de sorte qu'en application de l'art. 63 al. 1 let. c de la loi du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration (dans sa version en vigueur avant le 1er janvier 2019), il n'était plus possible de révoquer une autorisation d'établissement après plus de 15 ans de séjour pour des motifs de dépendance à l'aide sociale. Partant, en vertu des règles sur le regroupement familial, les autres membres de la famille avaient le droit de demeurer avec elle sur territoire suisse;

## Considerations