# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** eee861f1-60e1-5b58-b19c-2f924177402c
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. A._ est la mère de B._, née en 2015. En date du 8 juin 2015, le Service de l’état civil a informé la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après : la Justice de paix) que la filiation entre B._ et son père biologique n’avait pas été établie. Par courrier du 10 juin 2015, la Justice de paix a demandé à A._ de l’établir ou d’inviter le père à reconnaître son enfant, faute de quoi une procédure de protection de l’enfant serait ouverte et l’instauration d’une curatelle en vue d’établir la filiation et faire valoir la créance alimentaire de l’enfant serait envisagée (DO 3).
Le 24 juin 2015, A._ a informé la Justice de paix qu’aucune reconnaissance de paternité de la part du père biologique ne serait faite pour le moment et que, pour des motifs strictement personnels, elle ne souhaitait pas révéler son identité. Elle a également relevé qu’elle était parfaitement en mesure d’assumer l’entretien de son enfant ainsi que de veiller à ses intérêts de sorte qu’il n’y avait pas lieu de nommer un curateur de représentation (DO 4 ss).
En date du 10 septembre 2015, A._ a comparu devant la Justice de paix. Elle a confirmé qu’elle refusait de révéler l’identité du père de sa fille pour des raisons personnelles et a ajouté agir ainsi dans l’intérêt de sa fille et avoir pris les mesures nécessaires pour garantir son bien-être. Elle a conclu à ce qu’aucune curatelle de représentation ne soit instituée en faveur de sa fille (DO 10 ss).
B. Par décision du 10 septembre 2015, la Justice de paix a instituée une curatelle de représentation en paternité et aliments au sens de l’art. 308 al. 2 CC en faveur de l’enfant B._ et a confié ce mandat à C._, curatrice auprès du Service des curatelles D._ et E._, laquelle a reçu pour mission de s’entretenir avec la mère, faire constater la filiation paternelle et réaliser toutes les démarches nécessaires y relatives, ainsi que représenter l’enfant pour faire valoir sa créance alimentaire. En outre, la curatrice a été autorisée à plaider en faveur de B._ dans le cadre de l’accomplissement de son mandat. Les frais judiciaires ont été mis à la charge de B._, respectivement de sa mère. En substance, la Justice de paix a considéré que le droit quasi absolu de l’enfant à connaître ses origines l’emportait sur la volonté de sa mère de maintenir secrète l’identité de son père.
C. Par mémoire du 21 décembre 2015, B._, représentée par sa mère, et cette dernière à titre personnel, ont interjeté recours contre cette décision et ont conclu à son annulation, frais à la charge de l’Etat.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix a conclu au rejet du recours et s’est référée aux considérants de sa décision en précisant que les intérêts personnels et les motifs avancés par la mère ne l’emportaient pas, en l’espèce, sur l’intérêt supérieur de l’enfant à connaître ses origines. Elle a complété sa détermination en date du 15 janvier 2016.
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## Considerations

en droit
1. a) Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 du Code civil [CC], 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).