# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 887a52b0-62e9-58ba-b394-9f4e9f1138ad
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après : l’assuré ou le demandeur), né le _ 1949, a travaillé dès 1975 pour le groupe B_, avant de prendre une retraite anticipée le 1
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novembre 2009. Une rente d’enfant de retraité de CHF 2'342.- par mois lui a alors été octroyée pour sa fille, née en 2008, correspondant à 20% de sa rente de vieillesse mensuelle (CHF 11'710.-).![endif]>![if>
L’assuré a été affilié jusqu’au 31 décembre 2006 auprès de la Fondation de prévoyance de B_ en Suisse, puis dès le 1
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janvier 2007 auprès de la Caisse de pension des sociétés B_ en Suisse.
2. B_ comportait initialement trois institutions de prévoyance inscrites dans le registre du commerce du canton de Genève. La Fondation de prévoyance de B_ en Suisse, auprès de laquelle l’assuré était affilié, offrait un plan de prévoyance en primauté des prestations. Suite au rachat, en 2002, de F_ par B_, la Fondation de prévoyance de F_ a fusionné avec la Caisse de pension des sociétés B_ en Suisse (ci-après : la caisse de pension ou la défenderesse). Dans ce contexte, tous les assurés de la Fondation de prévoyance de B_ en Suisse ont été transférés le 1
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janvier 2007 dans la caisse de pension.![endif]>![if>
3. Les employés les plus anciens de B_ ont été mis au bénéfice d’un régime spécial destiné à proroger le plan de prévoyance en primauté des prestations dont ils bénéficiaient jusqu’alors auprès de la Fondation de prévoyance de B_ en Suisse. L’assuré était précisément l’un des employés visés par ce régime spécial, nommé « Grandfathering Program ».![endif]>![if>
4. En 2013, une nouvelle fusion de la caisse de pension est intervenue après que B_ a racheté la société C_ (C_). La caisse de pension a alors édicté trois nouveaux règlements, tous entrés en vigueur au 1
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janvier 2013 :![endif]>![if>
- un règlement de prévoyance, lié à un plan en primauté des cotisations et prévoyant notamment que la rente d’enfant de retraité était fixée à 20% de la rente de vieillesse, mais au maximum à CHF 7'200.- par an et par enfant ;![endif]>![if>
- un règlement complémentaire « plan en primauté des prestations », lié à un plan en primauté des prestations, dont il ressortait que la rente d’enfant était fixée à 20% de la rente de vieillesse, mais sans plafonnement à CHF 7'200.- ;![endif]>![if>
- un règlement complémentaire « Plan 2011 », lié à un plan en primauté des cotisations, dont les modalités de calcul de la rente d’enfant de retraité étaient les mêmes que pour le règlement de prévoyance. ![endif]>![if>
5. Le _ 2014, l’assuré est devenu père de son deuxième enfant, D_.![endif]>![if>
6. Par courrier du 22 octobre 2014, la société E_ SA, gestionnaire des rentes de la caisse de pension, a indiqué à l’assuré qu’il avait droit pour son fils à une rente de CHF 600.- par mois dès le 1
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juillet 2014 (CHF 7'200.- / 12).![endif]>![if>
7. Par courriel du 3 novembre 2014, l’assuré a requis des clarifications quant à la légitimité de l’application du « règlement complémentaire Plan 2011 » pour calculer la rente de son fils. Il a rappelé que lors de la fusion de la caisse de pension avec l’institution de prévoyance de F_, il avait été mis au bénéfice du Grandfathering Program, qui lui garantissait durant sa retraite les mêmes conditions que celles ayant cours avant la fusion. Lorsqu’il s’était entretenu avec la direction, celle-ci lui avait indiqué que les conditions du « Granfathering Program » seraient maintenues durant sa retraite, indépendamment d’éventuels changements réglementaires à venir.![endif]>![if>
8. Par courriel du 9 mars 2015, E_ SA lui a répondu que, lors de la fusion des sociétés B_ et C_, un nouveau règlement avait été établi pour les assurés du « plan 1 ». Ce règlement s’appliquait à la rente de son second enfant, car il était déjà en vigueur lors de sa naissance.![endif]>![if>
9. E_ SA a répondu à un nouveau courriel de l’assuré le 29 mai 2015 : ![endif]>![if>
« [...] suite à votre message du 13 mai 2015, nous avons étudié à nouveau votre demande. Lors de votre première demande, nous avons étudié le règlement en vigueur au moment de la naissance de votre enfant ainsi que le règlement complémentaire qui s’applique aux assurés bénéficiant du Grandfathering program (ce qui est votre cas). Nous avions également consulté le gérant et le Président de la Caisse. Sur cette base, nous vous avons informé que la rente d’enfant serait limitée à CHF 7'200.- par an et par enfant. Nous n’avons pas le pouvoir de changer cette décision. Si vous maintenez votre opposition, nous vous proposons de soumettre votre demande au conseil de Fondation [...] ».
10. Le 25 juin 2015, le conseil de l’assuré a invité le conseil de fondation à reconsidérer le montant de la deuxième rente d’enfant versée à son client, qui devait selon lui être fixé conformément au règlement complémentaire plan en primauté des prestations.![endif]>![if>
11. Le conseil de fondation a décliné cette demande par courrier du 8 juillet 2015. Elle a rétorqué en allemand que son nouveau règlement s’appliquait aux nouveaux événements (Ereignisse) tels que la naissance d’un enfant.![endif]>![if>
12. Le 1
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novembre 2016, le demandeur a saisi la chambre de céans d’une demande contre la caisse de pension. Il a conclu principalement, sous suite de frais et dépens, à ce que la défenderesse soit condamnée à lui verser une rente en faveur de son fils de CHF 2'342.- par mois, du 1
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juillet 2014 jusqu’aux 18 ans, respectivement aux 25 ans de celui-ci en cas de poursuite d’études, avec intérêt à 5%, sous déduction des montants lui ayant déjà été versés.![endif]>![if>
À son sens, il entrait dans le champ d’application du « règlement complémentaire plan en primauté des prestations », car au 31 décembre 2006, il était déjà assuré auprès de la Fondation de prévoyance de B_ en Suisse et âgé de plus de 55 ans. Or, en vertu du règlement complémentaire qui lui était applicable, la rente d’enfant versée pour son fils ne devait pas être fixée mensuellement à CHF 600.- mais à CHF 2'342.-, montant correspondant au 20% de sa rente de vieillesse. D’ailleurs, il percevait déjà ce même montant pour sa fille.
Le versement d’une rente mensuelle de CHF 2'342.- se justifiait également sous l’angle du principe de la confiance, car son ancien employeur lui avait garanti que le Grandfathering Program s’appliquerait également durant sa retraite, de sorte qu’il continuerait de toucher le même niveau de prestations que celui qui prévalait sous l’empire du règlement de la Fondation de prévoyance de B_ en Suisse. On ne pouvait dès lors lui verser un montant moins élevé pour son fils que pour sa fille.
13. Dans sa réponse du 25 janvier 2017, la défenderesse a conclu au rejet de la demande.![endif]>![if>
Elle a préalablement rappelé qu’elle pratiquait la prévoyance professionnelle surobligatoire et offrait trois plans de prévoyance entrés en vigueur en 2013, à savoir :
- un plan en primauté des cotisations, régi par son règlement de prévoyance ;![endif]>![if>
- un plan complémentaire en primauté des prestations, régi par le règlement complémentaire « plan en primauté des prestations » ;![endif]>![if>
- un plan complémentaire en primauté des cotisations, régi par le règlement complémentaire « Plan 2011 ».![endif]>![if>
Suite à sa fusion avec l’institution de prévoyance du groupe C_, elle avait adopté un nouveau règlement de prévoyance, entré en vigueur en 2013, qui prévoyait un plafonnement des rentes d’enfants à CHF 7'200.- par an. Ce règlement contenait une disposition transitoire qui s’appliquait à tout nouveau cas de prévoyance, y-compris pour les bénéficiaires de rentes actuels. Cette disposition dérogeait à la règle générale selon laquelle la rente pour enfant n’était pas plafonnée pour les bénéficiaires du règlement complémentaire « plan en primauté des prestations ». En l’occurrence, le cas de prévoyance principal s’était produit lorsque le demandeur avait atteint l’âge de la retraite, tandis que le cas de prévoyance accessoire était intervenu lorsque son fils était né. Ce cas de prévoyance accessoire étant postérieur à l’entrée en vigueur du règlement de prévoyance 2013, la rente devait être plafonnée à CHF 7'200.-.
Pour le reste, le demandeur disposait non pas de droit acquis mais de simples expectatives non protégées s’agissant du montant de la rente due pour son fils, de sorte qu’il ne pouvait valablement se prévaloir du principe de la confiance pour prétendre au versement d’une rente supérieure.
14. Le demandeur a répliqué le 30 janvier 2017.![endif]>![if>
Il convenait de déterminer si le montant des prestations devait être fixé sur la base du règlement de prévoyance 2013 ou du règlement complémentaire plan en primauté des prestations. Selon lui, c’était bien le règlement complémentaire plan en primauté des prestations qui s’appliquait, car il contenait déjà des normes portant sur le montant des prestations, alors que le règlement de 2013 ne s’appliquait qu’à titre supplétif. La disposition transitoire du règlement de prévoyance 2013 invoquée par la défenderesse ne s’appliquait pas aux assurés qui, comme lui, bénéficiaient d’un règlement complémentaire spécifique. C’était donc bien le règlement complémentaire dont il bénéficiait qui constituait une lex specialis par rapport au règlement de prévoyance 2013 et non l’inverse.
Par ailleurs, si le règlement complémentaire entré en vigueur en 2013 n’était voué à s’appliquer qu’aux cas de prévoyance passés, comme le soutenait la défenderesse, il ne s’expliquait pas pourquoi ce document contenait toute une série de dispositions concernant des cas de prévoyance futurs. Il persistait dès lors dans ses conclusions.
15. La défenderesse a dupliqué le 20 février 2017.![endif]>![if>
Le règlement complémentaire plan en primauté des prestations définissait certes le salaire annuel assuré et le montant des prestations de prévoyance, mais toutes les autres dispositions – y-compris les dispositions transitoires – étaient réglées par le règlement de prévoyance 2013. Or, ces dispositions transitoires soustrayaient les nouveaux cas de prévoyance survenus dès 2013 au règlement complémentaire plus favorable. Comme la naissance du fils du demandeur constituait un cas de prévoyance postérieur à l’entrée en vigueur du règlement de prévoyance 2013, il convenait d’appliquer ce règlement et partant, de plafonner la rente d’enfant à CHF 7'200.- par an.
16. La chambre de céans a entendu les parties en audience le 29 août 2017.![endif]>![if>
Interrogé sur le point de savoir qui lui avait garanti que le Grandfathering Program s’appliquerait non seulement au moment mais également pendant sa retraite, le demandeur a répondu que lorsqu’il avait quitté B_ en 2009, les personnes qui, au sein de l’entreprise, s’occupaient des questions touchant à la prévoyance professionnelle lui avaient indiqué qu’il bénéficierait après sa retraite de tous les avantages du Grandfathering Program. Seules quelques dizaines de personnes, dont lui-même, étaient concernées. Aucune confirmation écrite de ce qu’il alléguait ne lui avait été donnée. C’était néanmoins comme cela qu’il avait compris quels seraient ses droits après sa retraite, et sa décision de prendre une retraite anticipée était le fruit d’une réflexion menée avec son épouse. La question de concevoir un second enfant avait pesé dans sa décision d’accepter une retraite anticipée, compte tenu des garanties qui lui avaient été données à l’époque. À cet égard, le demandeur versait au dossier deux courriels qu’il avait échangés le 1
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avril 2009 avec l’ancien président du conseil de fondation de la défenderesse :
Le demandeur : « [...] Will the impact of the attached proposal affect all the grand fathered employees or only those who will give their consent for the salary cut [?] In other words, a grand fathered employee who will give his consent for a salary cut will also tacitly accept to contribute to pay 12.5% of the difference between the old and the new insured salary [...]. What about those grand fathered employees who may decide not to give their consent for the salary deduction, will they also be contributing with the payment of the 12.5% as per above ? [...] ».

## Considerations