# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 11cd10f1-3858-4b01-bf23-d4b7f7d1fda0
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Faits:
A. Par commission rogatoire du 18 février 2016, le Parquet d'Økokrim, Service
national norvégien pour la répression de la criminalité économique, a requis
la coopération des autorités suisses dans le cadre d'une enquête diligentée
du chef de corruption. L'autorité requérante s'intéresse en particulier à la
société norvégienne B. ASA et ses filiales, actives dans le commerce
pétrolier, lesquelles auraient pris part à un vaste schéma de corruption de
fonctionnaires au Brésil. Dans le cadre de ses investigations, le parquet
norvégien a mis à jour le fait que le dénommé C., soupçonné d'avoir agi
comme intermédiaire lors du paiement de pots-de-vin à au moins trois ex-
directeurs de l'entreprise semi-étatique D., était un organe de B. ASA. Il a
ensuite été recruté en tant qu’agent représentant de A. Ltd et a conclu des
contrats d’agent commercial avec B. ASA. Toujours selon l’enquête
norvégienne, B. ASA a transféré plus de USD 14 millions vers le compte de
A. Ltd entre 2007 et 2011 pour des «honoraires de succès». Une partie de
cet argent a plus tard été transférée vers les comptes de C. en Suisse (act.
8.3).
B. L’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ) a délégué l’exécution de la
requête norvégienne au Ministère public de la Confédération (ci-après:
MPC), qui est entré en matière par décision du 31 mars 2016 (act. 8.2).
C. Le MPC a rendu dix décisions de clôture datées des 13, respectivement
14 septembre 2016, ordonnant la transmission aux autorités norvégiennes
de la documentation bancaire liée à des comptes bancaires ouverts
notamment aux noms de C. et A. Ltd auprès de différents établissements
bancaires helvétiques. Par arrêt du 24 mai 2017, la Cour de céans a rejeté
les recours déposés contre les décisions précitées (arrêt du Tribunal pénal
fédéral RR.2016.218-229 du 24 mai 2017, entré en force).
D. En date du 7 juillet 2017, le MPC a ordonné la production de la
documentation bancaire relative aux comptes suivants:
- n° 1 ouvert au nom de A. Ltd auprès de la banque E. à Genève;
- n° 2 ouvert au nom de A. Ltd auprès de la banque E. à Genève.
E. Par décision de clôture partielle du 16 novembre 2017, le MPC a ordonné la
- 3 -
transmission aux autorités norvégiennes de la documentation bancaire liée
aux comptes susmentionnés (act. 1.1).
F. Le 18 décembre 2017, A. Ltd a formé recours auprès de la Cour des plaintes
du Tribunal pénal fédéral contre dite décision, concluant en substance à son
annulation et au refus de l’entraide (act. 1).
G. Appelés à répondre au recours, le MPC et l’OFJ ont, par courriers du
29 janvier 2018, conclu à son rejet (act. 8 et 10). Dans sa réplique du
9 février 2018, la recourante persiste dans l’intégralité de ses conclusions
(act. 12). Interpellés, le MPC et l’OFJ renoncent à dupliquer (act. 14 et 15).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

## Considerations

La Cour considère en droit:
1. En vertu de l’art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale sur l’organisation des
autorités pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71) mis en relation
avec les art. 25 al. 1 et 80e al. 1 de la loi fédérale sur l'entraide internationale
en matière pénale (EIMP; RS 351.1) et 19 al. 1 du règlement sur
l’organisation du Tribunal pénal fédéral (RS 173.713.161), la Cour des
plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour connaître des recours
dirigés contre les ordonnances de clôture de la procédure d’entraide rendues
par l’autorité fédérale ou cantonale d’exécution.
1.1 La Confédération suisse et le Royaume de Norvège sont tous deux parties
à la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale (CEEJ;
RS 0.351.1) entrée en vigueur le 12 juin 1962 pour la Norvège et le
20 mars 1967 pour la Suisse. A compter du 12 décembre 2008, les art. 48 ss
de la Convention d’application de l’Accord Schengen du 14 juin 1985 (CAAS;
n° CELEX 42000A0922(02); Journal officiel de l’Union européenne L 239 du
22 septembre 2000, p. 19 à 62) s’appliquent également à l’entraide pénale
entre ces deux Etats. Les dispositions de ces traités l’emportent sur le droit
autonome qui régit la matière, soit l'EIMP et son ordonnance d’exécution
(OEIMP; RS 351.11). Le droit interne reste toutefois applicable aux
questions non réglées, explicitement ou implicitement, par le traité lorsqu’il
est plus favorable à l’entraide (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123
- 4 -
consid. 2; 137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1). L’application de la
norme la plus favorable doit avoir lieu dans le respect des droits
fondamentaux (ATF 135 IV 212 consid. 2.3; 123 II 595 consid. 7c).
1.2 Le délai de recours contre la décision de clôture est de 30 jours dès la
communication écrite de celle-ci (art. 80k EIMP). Ledit délai a en l'espèce
été respecté.
1.3 Aux termes de l’art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière
d’entraide quiconque est personnellement et directement touché par une
mesure d’entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu’elle soit annulée
ou modifiée. Précisant cette disposition, l’art. 9a let. a OEIMP reconnaît au
titulaire d’un compte bancaire la qualité pour recourir contre la remise à l’Etat
requérant d’informations relatives à ce compte (v. ATF 137 IV 134 consid. 5
et 118 Ib 547 consid. 1d).
En tant que titulaire des relations bancaires visées par la décision querellée,
la recourante a qualité pour attaquer celle-ci.
1.4 Compte tenu de ce qui précède, il convient d’entrer en matière sur le fond.
2.
2.1 Dans un grief qu’il convient de traiter en premier lieu compte tenu de sa
nature formelle, la recourante dénonce une violation de son droit d’être
entendue. La décision attaquée ne serait pas motivée et renverrait aux
mauvaises bases légales en ce qui concerne la condition de la double
incrimination (act. 1, p. 10 ss); la motivation ferait également défaut quant à
l’étendue des documents à transmettre (act. 1, p. 13 s.).
2.2 L’art. 29 al. 2 Cst. consacre le droit d’être entendu, lequel découle également
du droit à un procès équitable (art. 6 par. 1 de la Convention de sauvegarde
des droits de l’homme et des libertés fondamentales [CEDH; RS 0.101]). La
jurisprudence a tiré du droit d’être entendu, l’obligation pour l’autorité de
motiver ses décisions. La motivation a pour but de permettre au justiciable
de comprendre suffisamment la décision pour être en mesure de faire valoir
ses droits. L’autorité doit ainsi mentionner au moins brièvement les motifs
qui l’ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision pour que le justiciable
puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l’attaquer en
connaissance de cause (ATF 134 I 84 consid. 4.1 et références citées).
L’objet et la précision des indications à fournir dépendent de la nature de
l’affaire ainsi que des circonstances particulières du cas. L’autorité n’est pas
tenue de discuter de manière détaillée tous les faits, moyens de preuve et
- 5 -
griefs soulevés par les parties (ATF 134 I 83 consid. 4.1; ATF 125 II 369
consid. 2c; ATF 124 II 146 consid. 2a; ATF 112 Ia 107 consid. 2b; arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2017.42-43-44-45-46 du 22 août 2017
consid. 3.1), mais se limiter à l’examen des questions décisives pour l’issue
du litige (ATF 134 I 83 consid. 4.1; ATF 126 I 15 consid. 2a/aa; ATF 124 V
180 consid. 1a et références citées). La motivation peut être implicite et
résulter de la décision prise dans son ensemble (arrêt du Tribunal fédéral
1B_120/2014 du 20 juin 2014 consid. 2). Le droit d’être entendu comporte
également le droit des parties de s’expliquer avant qu’une décision ne soit
prise à leur détriment (ATF 135 II 286 consid. 5.1 et références citées;
ATF 129 II 497 consid. 2.2; ATF 129 I 85 consid. 4.1). Par ailleurs, une
autorité se rend coupable d’une violation du droit d’être entendu si elle omet
de se prononcer sur des griefs qui présentent une certaine pertinence ou de
prendre en considération des allégués et arguments importants pour la
décision à rendre (ATF 133 III 235 consid. 5.2 p. 248).
2.3
2.3.1 Selon la recourante, la motivation relative à la condition de la double
incrimination contenue dans la décision d’entrée en matière du 31 mars 2016
– à laquelle renvoie la décision attaquée – serait insuffisante; de plus, elle se
réfèrerait aux mauvaises bases légales. Une telle critique n’est pas
recevable dès lors qu’elle aurait dû intervenir dans le cadre de la procédure
précédente (RR.2016.218-229), laquelle était dirigée contre la même
ordonnance d’entrée en matière. A cette occasion, la recourante avait
invoqué une violation de son droit d’être entendue s’agissant de la
participation au tri des pièces et d’une transmission tardive de la
documentation bancaire. A défaut d’avoir allégué un défaut de motivation
concernant la condition de la double incrimination, il y a lieu de considérer
qu’elle l’avait tenue pour suffisante. Il n’est au demeurant pas pertinent que
l’autorité de céans ait estimé que les conditions de l’infraction de corruption
passive privée étaient réalisées alors que l’autorité d’exécution a analysé les
faits sous l’angle de la corruption publique dans son ordonnance d’entrée en
matière. Dans les deux cas, il s’agit d’infractions ouvrant la voie à l’entraide.
Le grief tiré de la violation du droit d’être entendu sur ce point doit par
conséquent être rejeté.
2.3.2 Concernant ensuite la motivation relative à l’étendue des documents à
transmettre, le MPC indique notamment que, «suite au tri effectué par les
autorités norvégiennes les 21 et 22 avril 2016, il apparaît que la
documentation bancaire concernant cette relation est pertinente pour la
procédure pénale ouverte en Norvège» (act. 1.1, p. 4). Il avait préalablement
rappelé dans les faits qu’au terme du tri de la documentation bancaire
effectué par les autorités requérantes, celles-ci sollicitaient dans un premier
- 6 -
temps la transmission de la documentation concernant toutes les relations
contrôlées par C. (act. 1.1, p. 2). Les documents bancaires objets de la
décision querellée entrent manifestement dans cette catégorie, de sorte que
le MPC les a estimés pertinents pour l’enquête norvégienne. Par
conséquent, bien que succincte, la motivation de l’autorité précédente est
suffisante sous l’angle du droit d’être entendu. Elle a permis à la recourante
d’apprécier correctement la portée de la décision et l’attaquer à bon escient.
Mal fondé, ce grief doit également être rejeté sur ce point.
3. La recourante estime que la condition de la double incrimination n’est pas
réalisée. Selon elle, seules les sociétés B. ASA et F. ASA seraient prévenues
dans la procédure pénale norvégienne, de sorte qu’il conviendrait d’analyser
si les actes de corruption reprochés à ces deux sociétés sont également
réprimés en Suisse sous l’angle de l’art. 102 CP (act. 1, p. 16 ss).
3.1 La condition de la double incrimination est satisfaite lorsque l’état de faits
exposé dans la demande correspond, prima facie, aux éléments constitutifs
objectifs d’une infraction réprimée par le droit suisse, à l’exclusion des
conditions particulières en matière de culpabilité et de répression, et donnant
lieu ordinairement à la coopération internationale (cf. art. 64 al. 1 EIMP cum
art. 5 ch. 1 let. a CEEJ; ATF 124 II 184 consid. 4b; 122 II 422 consid. 2a;
118 Ib 448 consid. 3a; 117 Ib 337 consid. 4a). Le juge de l’entraide se fonde
sur l’exposé des faits contenu dans la requête. L’autorité suisse saisie d’une
requête n’a pas à se prononcer sur la réalité des faits. Elle ne s’écarte des
faits décrits par l’autorité requérante qu’en cas d’erreurs, lacunes ou
contradictions évidentes et immédiatement établies (ATF 107 Ib 264
consid. 3a; 1A.270/2006 du 13 mars 2007 consid. 2.1; arrêt du Tribunal
pénal fédéral RR.2008.69 du 14 août 2008 consid. 3). Il n’est pas nécessaire
que les faits incriminés revêtent, dans les deux législations concernées, la
même qualification juridique, qu’ils soient soumis aux mêmes conditions de
punissabilité ou passibles de peines équivalentes; il suffit qu’ils soient
réprimés, dans les deux Etats, comme des délits donnant lieu ordinairement
à la coopération internationale (ATF 124 II 184 consid. 4b/cc; 117 Ib 337
consid. 4a; 112 Ib 225 consid. 3c et les arrêts cités; arrêt du Tribunal fédéral
1C_123/2007 du 25 mai 2007 consid. 1.3), et pour autant qu’il ne s’agisse
pas d’un délit politique ou fiscal (art. 2 let. a CEEJ). Contrairement à ce qui
prévaut en matière d’extradition, il n’est pas nécessaire, en matière de
«petite entraide», que la condition de la double incrimination soit réalisée
pour chacun des chefs à raison desquels les prévenus sont poursuivis dans
l’Etat requérant (ATF 125 II 569 consid. 6; arrêts du Tribunal fédéral
1C_138/2007 du 17 juillet 2007 consid. 2.3.2; 1A.212/2001 du 21 mars 2002
consid. 7). La condition de la double incrimination s’examine selon le droit
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en vigueur dans l’Etat requis au moment où est prise la décision relative à la
coopération, et non selon celui en vigueur au moment de la commission de
l’éventuelle infraction ou à la date de la commission rogatoire (ATF 129 II
462 consid. 4.3; 122 II 422 consid. 2a; 112 Ib 576 consid. 2; arrêt du Tribunal
fédéral 1A.96/2003 du 25 juin 2003 consid. 2.2; arrêts du Tribunal pénal
fédéral RR.2012.262-263 du 28 juin 2013 consid. 2.1; RR.2011.246 du
30 novembre 2011 consid. 3.2; RR.2007.178 du 29 novembre 2007
consid. 4.3; cf. ég. ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en
matière pénale, 4e éd. 2014, n°581, p. 584 s.).
3.2 La Cour de céans s’est également déjà déterminée concernant la condition
de la double incrimination relative à la même commission rogatoire dans
l’arrêt précité du 24 mai 2017 (RR.2016.218-229 consid. 4.2), entré en force.
Elle a ainsi considéré que «le comportement des personnes soupçonnées
au Brésil, en qualité d’employés de l’entreprise D., consistant en
l’acceptation d’avantages indus pour l’exécution d’actes en relation avec leur
activité professionnelle ou commerciale et qui étaient contraires à leurs
devoirs en tant qu’employés, réalise à première vue les conditions objectives
de l’infraction de corruption passive privée, au sens de l’art. 4a al. 1 let. a
LCD mis en relation avec l’art. 23 LCD (...) Un tel constat suffit pour conclure
que la condition de la double incrimination est dûment remplie dans le cas
d’espèce». La question ayant déjà été traitée, elle n’a pas à être réexaminée.
A toutes fins utiles, l’on relève que contrairement aux affirmations de la
recourante, les sociétés B. ASA ne sont pas les seules à être prévenues
dans la procédure norvégienne. Sont également mises en causes les
personnes physiques G., H., I. et J. (act. 8.3, p. 2). L’examen de la
punissabilité de l’entreprise au regard de l’art. 102 CP n’est dès lors pas
pertinent et le grief tiré de la violation du principe de la double incrimination
doit être rejeté.
4. La recourante invoque encore une violation du principe de la
proportionnalité. De nombreux documents bancaires ont déjà été produits
dans le cadre de ce dossier aux autorités norvégiennes, lesquelles
n’auraient pas requis de précisions ou de compléments (act. 1, p. 15).
Partant, une transmission supplémentaire contreviendrait au principe de la
proportionnalité.
4.1 Selon le principe de la proportionnalité, la question de savoir si les
renseignements demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la
procédure pénale est en principe laissée à l’appréciation des autorités de
poursuite de l’Etat requérant. L’Etat requis ne disposant généralement pas
des moyens qui lui permettraient de se prononcer sur l’opportunité de
- 8 -
l’administration des preuves acquises au cours de l’instruction étrangère, il
ne saurait substituer sur ce point sa propre appréciation à celle des
magistrats chargés de l’instruction. La coopération ne peut dès lors être
refusée que si les actes requis sont manifestement sans rapport avec
l’infraction poursuivie et impropres à faire progresser l’enquête, de sorte que
la demande apparaît comme le prétexte à une recherche indéterminée de
moyens de preuve (ATF 122 II 367 consid. 2c; arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2009.33-36 du 25 juin 2009 consid. 3.1). Le principe de la
proportionnalité interdit en outre à l’autorité suisse d’aller au-delà des
requêtes qui lui sont adressées et d’accorder à l’Etat requérant plus qu’il n’a
demandé. Cela n’empêche pas d’interpréter la demande selon le sens que
l’on peut raisonnablement lui donner. Le cas échéant, une interprétation
large est admissible s’il est établi que toutes les conditions à l’octroi de
l’entraide sont remplies; ce mode de procéder permet aussi d’éviter
d’éventuelles demandes complémentaires (ATF 121 II 241 consid. 3a; arrêt
du Tribunal pénal fédéral RR.2009.286-287 du 10 février 2010 consid. 4.1).
Sur cette base, peuvent aussi être transmis des renseignements et des
documents non mentionnés dans la demande (TPF 2009 161 consid. 5.2;
arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2010.39 du 28 avril 2010 consid. 5.1;
RR.2010.8 du 16 avril 2010 consid. 2.2). Le principe de l’utilité potentielle
joue, en outre, un rôle crucial dans l’application du principe de la
proportionnalité en matière d’entraide pénale internationale. C’est le propre
de l’entraide de favoriser la découverte de faits, d’informations et de moyens
de preuve, y compris ceux dont l’autorité de poursuite étrangère ne
soupçonne pas l’existence. Il ne s’agit pas seulement d’aider l’Etat requérant
à prouver des faits révélés par l’enquête qu’il conduit, mais d’en dévoiler
d’autres, s’ils existent. Il en découle, pour l’autorité d’exécution, un devoir
d’exhaustivité, qui justifie de communiquer tous les éléments qu’elle a réunis,
propres à servir l’enquête étrangère, afin d’éclairer dans tous ses aspects
les rouages du mécanisme délictueux poursuivi dans l’Etat requérant (arrêts
du Tribunal pénal fédéral RR.2010.173 du 13 octobre 2010 consid. 4.2.4/a
et RR.2009.320 du 2 février 2010 consid. 4.1; ZIMMERMANN, op. cit., n°723,
p. 748 s.).
4.2 Les autorités suisses sont tenues, au sens de la procédure d’entraide,
d’assister les autorités étrangères dans la recherche de la vérité en
exécutant toute mesure présentant un rapport suffisant avec l’enquête
pénale à l’étranger, étant rappelé que l’entraide vise non seulement à
recueillir des preuves à charge, mais également à décharge (ATF 118 Ib 547
consid. 3a; arrêt du Tribunal fédéral 1A.88/2006 du 22 juin 2006 consid. 5.3;
arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.287 du 9 avril 2009 consid. 2.2.4 et
la jurisprudence citée). L’octroi de l’entraide n’implique pas que la personne
soumise à une mesure de contrainte dans l’Etat requis soit elle-même
- 9 -
accusée dans l’Etat requérant. Dans le domaine de l’entraide judiciaire, les
mesures de contrainte ne sont pas réservées aux seules personnes
poursuivies dans la procédure étrangère, mais à toutes celles qui
détiendraient des informations, des pièces, des objets ou des valeurs ayant
un lien objectif avec les faits sous enquête dans l’Etat requérant (arrêt du
Tribunal fédéral 1A.70/2002 du 3 mai 2002 consid. 4.3; arrêt du Tribunal
pénal fédéral RR.2013.301 du 22 mai 2014 consid. 6.2).
4.3 S’agissant de demandes relatives à des informations bancaires, il convient
en principe de transmettre tous les documents qui peuvent faire référence
au soupçon exposé dans la demande d’entraide; il doit exister un lien de
connexité suffisant entre l’état de fait faisant l’objet de l’enquête pénale
menée par les autorités de l’Etat requérant et les documents visés par la
remise (ATF 129 II 462 consid. 5.3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.189/2006
du 7 février 2007 consid. 3.1; 1A.72/2006 du 13 juillet 2006 consid. 3.1).
Lorsque la demande vise à éclaircir le cheminement de fonds d’origine
délictueuse, il convient en principe d’informer l’Etat requérant de toutes les
transactions opérées au nom des personnes et des sociétés et par le biais
des comptes impliqués dans l’affaire, même sur une période relativement
étendue (ATF 121 II 241 consid. 3c). L’utilité de la documentation bancaire
découle du fait que l’autorité requérante peut vouloir vérifier que les
agissements qu’elle connaît déjà n’ont pas été précédés ou suivis d’autres
actes du même genre (cf. arrêts du Tribunal fédéral 1A.259/2006 du
26 janvier 2007 consid. 2.2; 1A.75/2006 du 20 juin 2006 consid. 3.2;
1A.79/2005 du 27 avril 2005 consid. 4.2; 1A.59/2005 du 26 avril 2005
consid. 6.3). Certes, il se peut également que les comptes litigieux n’aient
pas servi à recevoir le produit d’infractions pénales, ni à opérer des virements
illicites ou à blanchir des fonds. L’autorité requérante n’en dispose pas moins
d’un intérêt à pouvoir le vérifier elle-même, sur le vu d’une documentation
complète (ATF 118 Ib 547 consid. 3a; arrêt du Tribunal fédéral 1A.88/2006
du 22 juin 2006 consid. 5.3; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.287 du
9 avril 2009 consid. 2.2.4 et la jurisprudence citée). L’autorité d’exécution,
respectivement l’autorité de recours en matière d’entraide, ne peut pas se
substituer au juge pénal étranger et n’est pas compétente pour se prononcer
sur la substance des chefs d’accusation formulés par les autorités de
poursuite (v. ATF 132 II 81 consid. 2.1; 122 II 373 consid. 1c p. 375; 112 Ib
215 consid. 5b; 109 Ib 60 consid. 5a p. 63 et renvois).
4.4 En l’espèce, la décision de clôture partielle s’inscrit dans le cadre de la
demande d’entraide des autorités norvégiennes du 18 février 2016. Dans
son ordonnance d’entrée en matière, le MPC a autorisé les représentants du
Parquet d’Økokrim à consulter les dossiers du MPC ouverts dans le
complexe de faits D., notamment relatifs à l’instruction pénale SV.15.0768
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(act. 1.1, p. 3). Dans le cadre de cette procédure nationale ouverte contre
C., le MPC a identifié puis édité les relations bancaires objets de la présente
décision au nom de la recourante, laquelle a reçu USD 14 mio de B. ASA
pour les re-transférer sur les comptes de C. en Suisse. Ces informations
présentent manifestement un rapport suffisant avec l’enquête pénale
étrangère, justifiant leur transmission aux autorités norvégiennes
conformément à la jurisprudence précitée (supra, consid. 4.3). Partant, le
principe de la proportionnalité n’est pas violé et ce grief doit également être
rejeté.
5. En règle générale, les frais de procédure comprenant l’émolument d’arrêté,
les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge des
parties qui succombent (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de
l’art. 39 al. 2 let. b LOAP). Le montant de l’émolument est calculé en fonction
de l’ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des
parties, de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2
LOAP). La recourante supportera ainsi les frais du présent arrêt, lesquels
sont fixée à CHF 5'000.-- (art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du règlement du
Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens, et indemnités de la
procédure pénale fédérale du 31 août 2010 [RFPPF; RS 173.713.162] et
art. 63 al. 5 PA), couverts par l’avance de frais déjà versée.
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