# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 48e3629b-33dc-5941-bfb5-964de25dc20c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après: l'assuré ou le recourant), né le _ 1971, divorcé, père d'un enfant né en 2001, originaire d'Uruguay, naturalisé suisse en 2002, a suivi, dans son pays d'origine, une formation de technicien en agriculture. Après son arrivée en Suisse, en 1996, il a travaillé en tant que manoeuvre, puis en tant que maçon-coffreur et peintre en bâtiment sur des chantiers.
2. En raison de problèmes de genoux et de lombalgies, il a dû changer d'activité et
a entamé une formation d'opérateur sur machines CNC (
computer numerical control
, francisé en « commande numérique par calculateur ») à l'IFAGE, qu'il a réussie (certificat d'opérateur sur machines CNC en avril 2008) et complétée par une formation de programmeur-régleur sur machine CNC, sanctionnée par un diplôme correspondant, décerné en avril 2011 par l'IFAGE.
3. Du 17 juin 2011 au 15 juin 2012, il a effectué une mission intérimaire d'opérateur en horlogerie auprès d'une entreprise cliente de son employeur, la société B_ SA.
4. En raison d'une neuropathie du nerf sciatique poplité externe (ci-après : SPE) à la jambe gauche et d'une sclérose du col vésical, il a dû subir des opérations en avril et mai 2013. N'ayant pas pu récupérer une capacité de travail entière, il a déposé une demande de prestations auprès de l'office cantonal de l'assurance-invalidité (ci-après: l'OAI ou l'intimé) le 27 septembre 2013, précisant qu'il était en incapacité de travail (ci-après : IT) à 100 % depuis le 30 novembre 2012 pour cause de maladie, qu'il souffrait de lombalgies chroniques depuis 2006, d'une hypoesthésie du pied gauche depuis 2009 et qu'il était suivi par le docteur C_, spécialiste FMH en médecine générale.
5. Dans un rapport du 7 octobre 2013 à l'OAI, le Dr C_ a indiqué que l'incapacité de travail de l'assuré était entière depuis le 1
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mars 2013 et toujours en cours. Elle était due à une compression du SPE de la jambe gauche, opérée en mai 2013, et à une sclérose du col vésical, opérée en avril 2013. L'assuré ressentait toujours des douleurs dans sa jambe gauche mais l'on pouvait s'attendre à une reprise de l'activité professionnelle dès que les douleurs auraient diminué. D'un point de vue médical, une telle reprise était exigible à 100 %.
6. Dans un rapport reçu le 4 décembre 2013 par l'OAI, le docteur D_, spécialiste en anesthésiologie, a estimé que les diagnostics avec effet sur la capacité de travail étaient les suivants :
- Lombalgies chroniques depuis 2006 ;
- Status post-neurolyse du SPE gauche en 2012 ;
- Lésion du ménisque interne gauche.
Les lombalgies chroniques ne répondaient pas à la physiothérapie, sans qu'il y ait de substrat anatomique clair. Au test de l'appui, on notait cependant une douleur sacro-iliaque et dans les articulations facettaires de la charnière lombo-sacrée. Comme le port de charges devait être évité, l'activité de peintre en bâtiment n'était plus exigible. À la date du dernier contrôle, soit le 22 octobre 2013, la capacité de travail était entière dans toute activité ne requérant ni port de charges lourdes ni travail à genoux.
7. Dans un rapport du 7 décembre 2103, le docteur E_, spécialiste en rhumatologier, a considéré que les diagnostics de lésion compressive du SPE gauche, atteinte du nerf cubital gauche au coude (déficitaire) et lombalgies chroniques avaient un effet sur la capacité de travail de l'assuré. Il marchait avec une canne, avait encore des engourdissements dans le pied gauche, ressentait des douleurs à la cheville et au tendon d'Achille gauche. Même s'il estimait qu'il convenait d'éviter les activités exercées uniquement en position assise ou debout, s'effectuant principalement en marchant (terrain irrégulier), nécessitant de travailler en porte-à-faux, en position accroupie, à genoux, en hauteur (échelle/échafaudages) ou impliquant le port de charges, le Dr E_ ne s'est pas prononcé sur la capacité de travail exigible de l'assuré dans une activité adaptée.
8. Par avis du 11 février 2014, le médecin SMR a estimé à la lumière des rapports des
Drs C_, D_ et E_ que la compression du SPE, traitée par neurolyse en mai 2013, et les lombalgies chroniques non spécifiques (M54.5) étaient du ressort de l'assurance-invalidité. Le début de la longue maladie remontait au 15 juin 2012 et le début de l'aptitude à la réadaptation au 1
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novembre 2013, soit six mois après l'opération. Depuis lors, l'assuré présentait une capacité de travail entière dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles (port de charges régulier limité à 10 kg, alternance des positions, pas de mouvements en porte-à-faux du tronc, pas de marche prolongée ni en terrain irrégulier, pas de position statique les genoux croisés ou en tailleur [protection du SPE]). Cette capacité de travail était également entière dans l'activité habituelle d'opérateur en horlogerie mais pas en tant que peintre en bâtiment.
9. Par projet de décision du 3 mars 2014, l'OAI a rejeté la demande de prestations du 27 septembre 2013, motif pris que sa capacité de travail était entière dans toute activité depuis le 1
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novembre 2011.
10. Par courrier du 31 mars 2014, l'assuré a soutenu qu'au vu de ses limitations fonctionnelles, il ne pouvait exercer son activité d'opérateur CNC auprès d'une entreprise horlogère. Ses lombalgies chroniques l'empêchaient d'avoir la moindre activité. Il éprouvait des douleurs aigües, que ce soit en position assise ou debout, et il ne pouvait pas parcourir une distance de plus de 300 m sans avoir mal au pied gauche.
11. Dans un rapport du 7 avril 2014, le docteur F_, spécialiste FMH en médecine interne et maladies rhumatismales, a attesté avoir reçu l'assuré les 14 et 28 mars 2014 pour un avis rhumatologique, précisant qu'il avait eu à disposition le rapport SMR du 11 février 2014. Dans l'anamnèse qu'il avait établie le 14 mars 2014, il retenait des lombalgies mécaniques qui lui paraissaient en corrélation avec le syndrome facettaire lombaire connu. Quant aux paresthésies gênantes du dos du pied gauche - qui entrainaient une boiterie et rendaient nécessaire l'utilisation d'une canne -, elles étaient à mettre en relation avec le SPE opéré. Pour tenter d'aider l'assuré, il avait prescrit d'une part, une ceinture baleinée - que l'assuré portait quatre à six heures par jour avec un bénéfice notable - et d'autre part, quelques séances de désensibilisation tronculaire à effectuer chez une ergothérapeute. Ce traitement était actuellement en cours et un délai de trois mois paraissait nécessaire avant d'exiger la reprise d'une activité professionnelle à un poste adapté.
12. Le 14 avril 2014, le Dr F_ s'est déterminé par écrit sur une série de questions que le conseil de l'assuré lui avait soumises, rappelant qu'il avait retenu le diagnostic de syndrome facettaire lombaire et de trouble sensitif du membre inférieur gauche dans le territoire du SPE. Selon son anamnèse, il n'y avait pas d'aggravation de l'état de santé mais une absence d'amélioration significative depuis les différentes mesures thérapeutiques de la région lombaire et l'opération du SPE que l'assuré avait subie en mai 2013. L'activité d'opérateur CNC en horlogerie était adaptée aux limitations fonctionnelles de l'assuré mais ne pouvait être exercée, en l'état, à un taux supérieur à 50 %. Une éventuelle augmentation de celui-ci dépendait de l'évolution du traitement en cours. Il ne faisait cependant pas de doute qu'en cas de persistance des symptômes lombaires et de la névralgie du pied gauche, une baisse de rendement serait à craindre.
13. Par avis du 13 mai 2014, le médecin SMR a estimé à la lumière des explications du Dr F_ que le cas n'était pas stabilisé et qu'il convenait de reprendre l'instruction médicale.
14. Dans un rapport à l'OAI du 2 juin 2014, le Dr F_ a fait état d'une raideur des segments lombaires, précisant que le pronostic était réservé suivant les activités. Les diagnostics incapacitants étaient des lombalgies mécaniques chroniques dès 2006. La paresthésie du pied gauche n'était plus considérée comme incapacitante. Le traitement actuel consistait dans le port d'une ceinture lombaire, la prescription d'antalgiques et une tentative de désensibilisation tronculaire auprès d'une ergothérapeute. Il était trop tôt pour se prononcer sur une amélioration de la capacité de travail dans une activité adaptée. Interrogé sur les spécificités auxquelles devrait répondre une activité adaptée au handicap, le Dr F_ a mentionné qu'il convenait d'éviter les activités exercées uniquement en position assise ou debout, s'effectuant principalement en marchant (terrain irrégulier), nécessitant de monter des escaliers, de travailler en porte-à-faux, en position accroupie, à genoux, en hauteur (échelle/échafaudages) ou impliquant le port de charges.
15. Le 27 août 2014, le Dr G_ a estimé que l'état de santé de l'assuré s'était amélioré depuis deux à trois mois, avec une diminution des douleurs ressenties aux jambes. La capacité de travail de l'assuré était de 100 % (« à voir avec le patient ») dans une activité permettant d'alterner fréquemment les positions.
16. Le 6 septembre 2014, le Dr F_ a considéré que l'état de santé de l'assuré s'était amélioré - sans changement dans les diagnostics - depuis août 2014 grâce à un régime alimentaire (perte de 10 kg), au port de la ceinture lombaire et aux séances de désensibilisation du tronc nerveux du SPE gauche. Il tenait mieux les postures assise et debout et avait augmenté son périmètre de marche. Avant de se prononcer définitivement sur la capacité de travail, celle-ci était à évaluer, dans un premier temps, sur la base d'une reprise thérapeutique.
17. Par avis du 10 novembre 2014, le médecin SMR a estimé qu'afin de préciser les limitations fonctionnelles, la capacité de travail résiduelle dans la dernière activité et/ou dans une activité adaptée, le taux ainsi que l'évolution de cette capacité depuis juin 2012, il convenait de convoquer l'assuré à un examen clinique rhumatologique.
18. Le 5 janvier 2015, l'assuré s'est rendu au SMR-Vevey pour y subir un examen clinique rhumatologique pratiqué par le docteur H_, spécialiste FMH en médecine physique et réadapation. Après avoir pris connaissance et résumé le dossier de l'assuré, retracé son anamnèse, recueilli ses plaintes et établi son status général, neurologique et ostéo-articulaire, ce médecin a retenu deux diagnostics avec répercussion durable sur la capacité de travail de l'assuré :
- Lombalgies chroniques dans le cadre d'une discrète arthrose des articulations postérieures, congestive en L3-L4 (M54.5) ;
- Arthrose débutante du compartiment fémoro-tibial interne du genou gauche et redéchirure de la corne postérieure du ménisque interne (M17.1).
En revanche, le status après neurolyse et enfouissement du SPE gauche - opération pratiquée le 28 mai 2013 pour une neuropathie compressive - était sans répercussion sur sa capacité de travail.
À l'examen clinique, il y avait une douleur palpatoire de la jonction lombosacrée. La flexion lombaire, bien que conservée, était douloureuse et l'extension lombaire limitée. La manoeuvre de Lasègue était négative. Il n'y avait pas de sciatalgie. L'examen neurologique était normal, hormis une légère hypoesthésie au niveau des premier et deuxième rayons du pied gauche, s'étendant jusqu'à la cheville. La discrète arthrose des articulations postérieures, congestive en L3-L4, justifiait des limitations fonctionnelles pour les activités très contraignantes pour la région lombaire, c'est-à-dire le port de charges lourdes, les positions statiques notamment penchées en avant. Concernant les genoux, l'assuré précisait n'avoir plus de problèmes à ce niveau et l'examen clinique révélait une mobilité conservée, sans épanchement intra-articulaire, ainsi que des ligaments latéraux et croisés « compétents ». Les épreuves méniscales étaient indolores. Cependant, au vu de l'atteinte cartilagineuse débutante - amincissement du cartilage du compartiment fémoro-tibial interne objectivé par une IRM du 15 octobre 2012 - et de l'atteinte méniscale, les activités exposant le genou gauche à de fortes contraintes mécaniques étaient à éviter, à l'instar des longues marches, de la marche en terrain irrégulier, des postures prolongées genoux fléchis ou à genoux et des mouvements de torsion du genou. Pour le reste, au vu des faibles séquelles neurologiques de la neuropathie compressive du pied gauche - hypoesthésie tacto-algique des premier et deuxième rayons du pied gauche -, il n'y avait pas lieu de retenir de limitations fonctionnelles pour cette atteinte.
En synthèse, la discrète arthrose des articulations postérieures lombaires avec épanchement articulaire en L3-L4 et l'arthrose débutante du compartiment interne du genou gauche avec déchirure méniscale ne permettaient plus à l'assuré d'exercer la profession de manoeuvre sur les chantiers, du fait d'une incompatibilité avec les limitations fonctionnelles lombaires (port de charges supérieures à 15 kg, marche au-delà de 2 km, position debout au-delà d'une heure, position assise au-delà de deux heures, activités en porte-à-faux lombaire ou penché en avant, mouvements répétitifs de flexion ou rotation lombaires de forte amplitude et répétitifs) et du genou gauche (marches fréquentes au-delà de 1 km, marche sur terrain irrégulier, activités à genoux ou en position accroupie, mouvements de torsion du genou). À noter que l'activité d'opérateur CNC dans une entreprise horlogère était adaptée à ces limitations. Dans cette activité, la capacité de travail était nulle à compter du
1
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mars 2013 (cf. rapport du Dr C_ du 7 octobre 2013), mais depuis le 22 octobre 2013, elle était à nouveau entière dans cette activité (cf. rapport du
Dr D_ reçu le 4 décembre 2013 par l'OAI).
19. Par avis du 19 janvier 2015, le médecin SMR a considéré que le début de la longue maladie remontait au 1
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mars 2013 mais que depuis le 22 octobre 2013, la capacité de travail était entière dans l'activité habituelle comme dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles retenues par le Dr H_.
20. Par décision du 20 janvier 2015, l'OAI a rejeté la demande de prestations formée le 27 septembre 2013. L'assuré avait certes connu une incapacité de travail entière dans toute activité professionnelle depuis le 1
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mars 2013 mais celle-ci avait duré moins d'une année. En effet, depuis le 22 octobre 2013, sa capacité de travail était à nouveau entière dans toute activité adaptée. Non contestée, cette décision est entrée en force.
21. Le 13 juin 2016, l'assuré a déposé une nouvelle demande de prestations auprès de l'OAI, précisant qu'il souffrait de rachialgies et de paresthésies à la jambe et au pied gauche, affections pour lesquelles il était suivi par le Dr F_ du
14 mars à ce jour.
22. Par courrier du 15 juin 2016, l'OAI a accusé réception de cette demande. Il a expliqué à l'assuré qu'au vu de la précédente demande de prestations, rejetée et en force, sa nouvelle demande ne pouvait être examinée que s'il était établi de façon plausible que l'invalidité s'était modifiée de manière à influencer ses droits. L'office lui a expliqué ce qu'il attendait de lui, respectivement du contenu nécessaire d'un rapport médical circonstancié qu'il était invité à fournir dans un délai de trente jours, à défaut de quoi, en l'absence de réponse de sa part, l'office se verrait contraint de ne pas entrer en matière.
23. Par courrier du 5 juillet 2016, le Dr F_ a fait part à l'OAI de l'évolution clinique de l'assuré depuis février 2015 en expliquant que le diagnostic de lombalgies sur syndrome facettaire accompagné de symptômes iatrogènes du SPE en 2012, n'avait pas changé. Il persistait une boiterie douloureuse et des limitations fonctionnelles intéressant la station assise et debout prolongée, ainsi que les mouvements répétitifs de flexion du tronc. Il a joint à son courrier un rapport d'évaluation du 17 mars 2016 émanant des Établissements publics pour l'intégration (ci-après : EPI), relatif à un stage de réinsertion professionnelle que l'assuré avait effectué au sein de ces établissements du 22 juin au 17 juillet 2015 et du 10 août au 4 septembre 2015, à la demande de l'Hospice général. Dans la mesure où il en ressortait que le rendement de l'assuré avait été évalué à 50 % sur un mi-temps (soit 25 %), le Dr F_ a fait savoir qu'il lui paraissait justifié que l'OAI se repositionnât.
24. Le 5 août 2016, l'OAI a reçu un rapport du 4 août 2016 de la doctoresse I_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie au Service médical de la Jonction. Elle prenait en charge le patient depuis le 15 avril 2014 en raison d'un trouble dépressif récurrent. Il présentait, un fonds dépressif « en raison de sa conscience de ses pertes physiques ». C'était une personne jeune qui était confrontée au quotidien à ses limites. Ce contexte avait eu beaucoup de conséquences sur sa vie sociale et l'avait poussé à s'isoler et à fuir le regard d'autrui avec un sentiment de tristesse permanent, une baisse de l'élan vital, des troubles du sommeil ainsi que des troubles de l'appétit. Il présentait par périodes des idées de mort et c'était la présence de son fils, ainsi que sa croyance spirituelle qui l'empêchait de se faire du mal. Il avait ressenti le rejet de sa première demande de prestations d'assurance-invalidité comme une non-reconnaissance de sa personne en tant que personne malade ainsi qu'un rejet de la société qui pouvait l'accepter uniquement en l'absence de maladie, alors qu'il avait usé sa force physique dans le bâtiment. Il voulait bien travailler à 50 % dans un cadre très protégé prenant en considération ses limites physiques, mais ne se voyait pas capable de travailler au-delà de ce taux ni dans un cadre inapproprié à ses problèmes physiques. Sur le plan médicamenteux, il était depuis le début du suivi, et à ce jour, sous traitement antidépresseur (Remeron, 30 mg par jour).
25. Le 29 août 2016, l'OAI a reçu plusieurs certificats du Dr C_, attestant une incapacité de travail de 50 % du 1
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au 30 avril 2016, prolongée d'un mois à plusieurs reprises, la dernière fois du 1
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au 31 août 2016.
26. Par courrier du 11 octobre 2016, le docteur J_, médecin SMR, a invité la Dresse I_ à mentionner quelle était l'atteinte à la santé psychiatrique (diagnostic CIM 10), et à préciser si selon elle cette atteinte était incapacitante et, dans l'affirmative, depuis quand. Elle était invitée à fournir en outre toutes les pièces médicales qu'elle jugerait nécessaires afin d'étayer ses considérations.
27. Par communication du 12 novembre 2016, l'OAI a indiqué à l'assuré qu'aucune mesure de réadaptation d'ordre professionnel n'était possible actuellement. Il poursuivait l'instruction de son dossier dans le but de déterminer s'il remplissait les conditions pour l'octroi d'une rente d'invalidité. S'il n'était pas d'accord avec la présente, il disposait d'un délai de trente jours pour demander par écrit une décision sujette à recours.
28. Le 10 avril 2017, l'OAI a adressé au Dr F_ un formulaire de rapport médical intermédiaire et invité ce médecin à actualiser le dossier depuis juillet 2016.
29. Le 28 avril 2017, le Dr F_ a retourné ledit formulaire à l'OAI en faisant état d'une aggravation de l'état de santé de l'assuré depuis fin 2016, sans changement dans les diagnostics, dans le cadre d'un état « cliniquement stationnaire ». Plus précisément, cette évolution était marquée par une aggravation des limitations à la marche, la marche prolongée étant restreinte à une distance inférieure ou égale à 500 m. Quant à la station assise, elle ne pouvait être tenue plus de trois heures d'affilée. La capacité de travail était de 50 % en tant que dessinateur DAO [NDR : dessin assisté par ordinateur], ce poste étant adapté aux limitations fonctionnelles de l'assuré. La compliance était optimale, et il y avait une bonne concordance entre les plaintes et son examen clinique. La fréquence des consultations était d'une fois par mois. Le traitement en cours consistait en la prise de médicaments (Tramadol 2 x/j., Dafalgan 1g 2 x/j., Remeron 15 mg) et un suivi psychiatrique auprès de la Dresse I_.
30. Par courrier du 2 mai 2017, la Dresse I_ a indiqué que sa prise en charge depuis le 15 avril 2014 portait sur un épisode dépressif qui s'inscrivait, selon le patient, dans le contexte d'une perte d'une bonne partie de ses compétences physiques notamment du fait de ses douleurs lombaires et de ses gonalgies. Il s'investissait fortement dans un projet de recherche d'une nouvelle activité professionnelle, avait étudié la programmation informatique et s'était orienté par la suite dans l'élaboration de plans « tri-démentiel » (recte : « tridimensionnels » selon toute vraisemblance), ce qui lui avait permis de bénéficier d'un stage au sein des EPI qui présentaient un cadre protégé et globalement adapté à ses limites. Cette activité lui convenait bien, mais seulement à 50 %, en raison de ses douleurs physiques. La limitation de sa capacité de travail était due principalement aux douleurs physiques. D'ailleurs la dépression n'était que la conséquence de ces douleurs. Alors qu'il était jeune, il se trouvait limité au niveau de sa vie de manière générale. Sur la base de ces éléments, la Dresse I_ a conclu que « toute non prise en considération de ses douleurs et l'impact de ceci sur sa capacité professionnelle qui ne pourrait selon lui dépasser 50 %, et seulement dans un cadre adapté à ses maux physiques, pourraient aggraver son état dépressif ».
31. Le 2 novembre 2017, la doctoresse K_, médecin SMR, a émis un avis médical. Résumant les conclusions ayant abouti à la première décision, elle a constaté qu'après un examen clinique rhumatologique, concluant à une lombalgie chronique dans le cadre d'une discrète arthrose des articulations postérieures, une arthrose débutante de comportement fémoro-tibial interne du genou gauche, une re-déchirure de la corne postérieure du ménisque interne et un status post neurolyse du SPE gauche en mai 2013, pour une neuropathie compressive, la capacité de travail avait été estimée à 100 % dans une activité adaptée dès le 22 octobre 2013, l'activité d'opérateur CNC - pour laquelle il avait bénéficié d'une formation ad hoc et reçu l'opportunité d'exercer ce métier en intérim - étant adaptée à ses limitations fonctionnelles.
En comparant la situation telle qu'elle se présentait à cette époque à celle décrite par les Drs F_ et I_ dans leurs rapports datés du 28 avril 2017, respectivement du 2 mai 2017, qui faisaient suite au dépôt de la nouvelle demande de prestations le 13 juin 2016, la Dresse K_ a estimé que le premier médecin ne donnait ni description clinique ni explication à l'appui de l'aggravation alléguée, alors même qu'il évoquait une situation clinique stationnaire. Quant à la Dresse I_, il ressortait de ses explications que c'était des raisons somatiques qui dominaient à l'appui de son appréciation de la capacité de travail - selon elle réduite à 50 %. En conclusion, la Dresse K_ a estimé que les éléments médicaux mis à sa disposition ne rendaient pas plausible une aggravation de l'état de santé de l'assuré. Par conséquent, celui-ci disposait toujours d'une capacité de travail entière, que ce soit dans l'activité habituelle d'ouvrier en horlogerie ou dans toute activité adaptée.
32. Par projet de décision du 20 décembre 2017, l'OAI a refusé l'octroi d'une rente d'invalidité et de mesures professionnelles à l'assuré, motif pris que celui-ci n'avait pas rendu plausible une aggravation de son état de santé depuis la décision du 20 janvier 2015. Par conséquent, il n'était pas possible « d'entrer en matière » sur la nouvelle demande.
33. Le 16 janvier 2018, l'assuré a formulé des objections à l'encontre de ce projet : résumant l'évolution de sa situation depuis l'époque où il travaillait dans le bâtiment, il a relevé qu'après avoir réussi sa reconversion professionnelle avec succès, son activité d'opérateur CNC en horlogerie n'était plus possible. Cela ressortait des explications du rapport de stage des EPI du 24 février 2016 et du courrier du 5 juillet 2016 du Dr F_. Malgré son état de santé, il exerçait depuis septembre 2015 - et à ce jour - une activité à 50 %, non rémunérée, dans le secteur « menuiserie » des EPI, où il réalisait des plans de fabrication à l'aide d'un logiciel de dessin assisté par ordinateur. Même si cet environnement était adapté à son état de santé et lui permettait de travailler en position assise, il était dans l'incapacité d'exercer cette activité plus de quatre heures par jour car sa douleur lombaire s'intensifiait tout au long de la matinée et devenait insupportable à la mi-journée. Au bénéfice de ces explications, l'assuré a demandé, préalablement, une deuxième évaluation rhumatologique et, cela fait, une décision tenant compte de l'aggravation de son état de santé et de ses limitations fonctionnelles.
34. Le 14 février 2018, l'OAI a rendu une décision en tous points identique à son projet de décision du 20 décembre 2017.
35. Par courrier du 19 mars 2018, l'assuré, représenté par son conseil, a saisi la chambre des assurances sociales de la Cour de justice d'un recours contre cette décision, concluant, sous suite de frais et dépens, à son annulation, au renvoi du dossier à l'intimé pour instruction complémentaire et nouvelle décision. Il ressortait des rapports médicaux et des EPI produits à l'appui de sa nouvelle demande que la situation n'était à l'évidence pas la même qu'au moment de la décision du 20 janvier 2015 et que la capacité de gain en résultant avait subi un changement important. Il se justifiait par conséquent d'obliger l'intimé à entrer en matière sur la nouvelle demande et d'examiner le droit aux prestations du recourant, que ce soit sous la forme de mesures professionnelles ou d'une rente.
36. Le 12 avril 2018, l'intimé a conclu au rejet du recours, motif pris qu'aucune modification notable de l'état de santé du recourant n'était intervenue. En attestait le rapport du 28 avril 2017 du Dr F_, aux termes duquel cet état était cliniquement stationnaire.
37. Par réplique du 14 mai 2018, le recourant a relevé que dans le même rapport du
28 avril 2017, le Dr F_ indiquait également que l'état de santé du recourant s'était aggravé. Il ne fallait pas y voir une contradiction dès lors qu'une même atteinte pouvait provoquer des symptômes et des limitations qui évoluaient ou s'aggravaient avec le temps, sans que cela ne modifie fondamentalement l'atteinte. Dans la mesure où ce n'étaient pas les diagnostics mais les conséquences de l'atteinte à la santé sur la capacité de travail qui étaient déterminantes pour l'évaluation de l'invalidité, l'aggravation des limitations rencontrées constituait sans aucun doute un changement important des circonstances, propre à influencer le degré d'invalidité et donc le droit à la rente. De plus, l'intimé avait fait l'impasse sur les problèmes psychiques du recourant, pourtant attestés par sa psychiatre, la Dresse I_. Il s'ensuivait que c'était à tort que l'intimé n'avait pas retenu d'aggravation de l'état de santé du recourant.
Le recourant a joint à son écriture une attestation du 7 mai 2018 dans laquelle le
Dr F_ rappelait la teneur de ses rapports des 5 juillet 2016 et 28 avril 2017 et confirmait, à la lumière du dernier examen clinique - lequel remontait au 1
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mai 2018 - que cet examen révélait un état stationnaire. C'était les mêmes limitations fonctionnelles qui persistaient depuis un an et qui ne lui paraissaient compatibles qu'avec un travail en position assise, s'exerçant au maximum à 50 %.
38. Le 31 mai 2018, l'intimé a dupliqué en renvoyant à un avis du 30 mai 2018 du
Dr J_. Par son attestation du 7 mai 2018, le Dr F_ confirmait que l'examen clinique était stationnaire et que seules les plaintes subjectives avaient augmenté. En effet, en tant que le Dr F_ insistait sur les limitations fonctionnelles d'épargne du dos, force était de constater que celles-ci avaient déjà été retenues précédemment par le Dr H_ dans son rapport d'examen rhumatologique du 6 janvier 2015. Étant donné que le Dr F_ confirmait qu'il n'y avait pas eu de modification de l'état de santé du recourant depuis la décision du 20 janvier 2015, il convenait de s'en tenir aux conclusions précédente du SMR.
39. Entendue le 28 janvier 2019 en audience de comparution personnelle des parties, la représentante de l'intimé a reconnu en substance que la décision entreprise recelait une contradiction en tant qu'elle annonçait d'une part, un refus d'entrée en matière et d'autre part, un refus de prestations, précisant que c'était ce deuxième sens qui définissait la portée de l'acte attaqué.
Pour sa part, le recourant a expliqué qu'il était toujours dessinateur par ordinateur (DAO) aux EPI, à 50 %. Après la décision de refus de prestations du 20 janvier 2015, il avait dû s'adresser à l'Hospice général. C'était dans ce contexte qu'avec son assistant social ils avaient tenté de prospecter les pistes de réinsertion socio-professionnelle; et son assistant social avait pu lui trouver ce stage d'observation socio-professionnelle aux EPI. S'agissant de la formation sur machines CNC qu'il avait entreprise dès le moment où on lui avait dit que son handicap ne lui permettait plus de travailler dans le bâtiment, c'était déjà en 2007 que les HUG l'avaient orienté dans cette direction. La formation sur machines CNC (Control Numerical Computer) impliquait plusieurs fonctions et donc plusieurs formations successives : il avait commencé comme opérateur, ce qui avait été sa première formation, qu'il avait complétée par la suite pour obtenir un diplôme de programmeur-régleur. En pratique, le programmeur s'occupe de concevoir la pièce à façonner (CAO - conception assistée par ordinateur). Une fois la programmation effectuée, la machine était à même de commencer à façonner automatiquement la pièce, une fois le feu vert donné par le régleur. Lorsque la machine était en fonction, il incombait à l'opérateur d'en contrôler le bon fonctionnement (selon la programmation), de faire appel au régleur en cas de problème et, à la fin de la production, de contrôler la pièce. Ainsi, lorsqu'il travaillait dans une entreprise horlogère entre 2011 et 2012, il avait la responsabilité de contrôler trois machines à la fois.

## Considerations