# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1f747ad7-e414-5691-9f00-79ef3c6aea48
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, que A_, B_ et C_ ont formé, dans un même acte déposé le 10 février 2021, un appel - contre le constat de la validité du congé notifié pour demeure des locataires et le prononcé de leur évacuation par la procédure du cas clair - et un recours - contre la mesure d'exécution consistant à autoriser la bailleresse à requérir l'évacuation, cas échéant avec l'aide de la force publique -, dès l'entrée en force du jugement.
Que les appelants et recourants ont conclu, au fond, sur appel et sur recours, à l'annulation du jugement entrepris et à ce qu'il soit constaté que la requête en évacuation était irrecevable; qu'en substance, ils faisaient grief au Tribunal d'avoir retenu que la situation était claire au sens de l'art. 257 CPC s'agissant de leur demeure, puisqu'ils avaient contesté le non-paiement des loyers en raison de situation sanitaire liée à la pandémie de COVID-19, et reprochaient au Tribunal de ne pas avoir examiné leurs arguments à cet égard, violant leur droit d'être entendus;
Que les recourants ont assorti le volet "recours" de leur acte d'une requête de suspension du caractère exécutoire du jugement;
Que la partie intimée a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la voie de l'appel est ouverte contre le jugement qui constate que le bail est valablement résilié et prononce l'évacuation du locataire, pour autant que la valeur litigieuse soit supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC);
Que l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision (art. 315 al. 1 CPC);
Que les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral
4A_388/2016
du 15 mars 2017 consid. 1;
4A_479/2013
du 20 novembre 2013 consid. 1);
Que pour calculer la valeur litigieuse dans les actions en expulsion initiées selon la procédure prévue par l'art. 257 CPC, il faut distinguer les cas où seule est litigieuse l'expulsion en tant que telle, de ceux où la résiliation l'est également à titre de question préjudicielle; que s'il ne s'agit que de la question de l'expulsion, l'intérêt économique des parties réside dans la valeur que représente l'usage des locaux pendant la période de prolongation résultant de la procédure sommaire elle-même, laquelle est estimée à six mois; que si, en revanche, le congé est également contesté, il y a lieu de prendre en compte la durée prévisible pendant laquelle l'usage de l'objet se prolongerait si le congé était éventuellement invalidé, soit la période de protection de trois ans de l'art. 271a al. 1 let. e CO (ATF
144 III 346
consid. 1.2.1 et 1.2.2.3, JdT
2019 II 235
; arrêt du Tribunal fédéral
4A_565/2017
du 11 juillet 2018 consid. 1.2.1);
Qu'en l'espèce, la partie appelante invoque une violation de l'art. 257 CPC et conteste la réalisation des conditions du cas clair, de sorte qu'il sera considéré, à ce stade, que la valeur litigieuse correspond au moins à six mois de loyer, soit en l'occurrence 120'000 fr. (20'000 fr. x 6 mois); qu'elle est donc supérieure à 10'000 fr. et que la voie de l'appel est ainsi ouverte;
Que dans la mesure où l'appel suspend les effets de la décision, cette suspension s'étend également aux mesures d'exécution prononcées dans la même décision;
Qu'ainsi la requête d'octroi de l'effet suspensif est sans objet;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CPC).
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