# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a9780759-6107-4261-b22a-5a9da8be120e
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2004
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Née en ********, X._ est au bénéfice de prestations de l'aide sociale versées par le Centre social régional de l'Est lausannois-Oron-Lavaux (ci-après: le CSR) depuis la constitution de celui-ci, au mois de juillet 1997. Au préalable, elle avait déjà obtenu des aides financières auprès des instances communales, depuis 1993.
B.
Par décision du 21 septembre 2004, le CSR a informé X._ qu'il interrompait le versement de l'aide sociale avec effet rétroactif au 1er septembre. En substance, il fonde sa décision sur de nombreux manquements (informations dissimulées au CSR, démarches non exécutées, nombreux rendez-vous manqués, preuves de recherches d'emploi non fournies) reprochés à l'intéressée.
C.
Représentée par l'avocat Jean-Pierre Bloch, X._ a recouru contre la décision précitée par acte du 1er octobre 2004, en concluant principalement à l'octroi des prestations de l'aide sociale avec effet au 1er septembre 2004, et en sollicitant d'être mise au bénéfice de l'assistance judiciaire. A l'appui de cette requête, elle fait valoir qu'elle est totalement démunie de moyens financiers, et qu'elle doit faire face à une procédure judiciaire en raison du non-paiement d'un loyer, pour laquelle l'avocat Jean-Pierre Bloch a été désigné comme son conseil d'office. Elle ajoute que ses connaissances de la langue française sont limitées.
D.
Par décision incidente du 20 octobre 2004, le juge instructeur a notamment rejeté la requête d'assistance judiciaire présentée par X._.
E.
Agissant toujours par l'intermédiaire de l'avocat Jean-Pierre Bloch, le 21 octobre 2004, soit en temps utile, X._ a formé un recours incident auprès de la section des recours du Tribunal administratif. Elle conclut, avec dépens, à l'octroi de l'assistance judiciaire.
Le juge intimé, dans sa réponse du 28 octobre 2004 a conclu au rejet du recours incident. Pour sa part, le CSR, par lettre du 5 novembre 2004, a renoncé à se déterminer.

## Considerations

Considérant en droit
1.
a) Selon la jurisprudence, il se justifie en principe de désigner un avocat d'office à l'indigent lorsque la situation juridique de celui-ci est susceptible d'être affectée de manière particulièrement grave. Lorsque, sans être d'une portée aussi capitale, la procédure en question met sérieusement en cause les intérêts de l'indigent, il faut en sus que l'affaire présente des difficultés en fait et en droit que le requérant ou son représentant légal ne peuvent surmonter seuls (ATF 122 I 49 consid.
2c/bb p. 51, 275 consid. 3a p. 276; 120 Ia 43 consid. 2a p. 44/45; 119 Ia 264 consid.
3b p. 265). En général, on ne tranchera par l'affirmative que si les problèmes posés ne sont pas faciles à résoudre et si le requérant ou son représentant ne bénéficient pas lui-même d'une formation juridique (ATF 119 Ia 264 consid. 3 p. 266). Le point décisif est toujours de savoir si la désignation d'un avocat d'office est objectivement nécessaire dans le cas d'espèce. A cet égard, il faut tenir compte des circonstances concrètes de l'affaire, de la complexité des questions de fait et de droit, des particularités que présentent les règles de procédure applicables, des connaissances juridiques du requérant ou de son représentant, du fait que la partie adverse est assistée d'un avocat, et de la portée qu'a pour le requérant la décision à prendre, avec une certaine réserve lorsque sont en cause principalement ses intérêts financiers (ATF 122 I 49 consid.
2c/bb p. 51/52, 275 consid. 3a p. 276; 119 Ia 264 consid. 3b p. 265/266; 117 Ia 277 consid.
5b/bb p. 281). La nature de la procédure, qu'elle soit ordinaire ou sommaire, unilatérale ou contradictoire, régie par la maxime d'office ou la maxime des débats, et la phase de la procédure dans laquelle intervient la requête, ne sont pas à elles seules décisives (cf. ATF 122 I 8 consid.
2c p. 10; 121 I 314 consid. 2b p. 315/316; 120 Ia 43 consid. 2a p. 45; 119 Ia 264 consid.
3b p. 266; v. aussi ATF 122 III 392).
On peut également se référer à une récente étude parue sur ce sujet (Bernard Corbeaux, Le droit constitutionnel à l'assistance judiciaire, SJ 2003 II 67 ss, spéc. 80 s.). Selon cet auteur, il faut prendre en compte essentiellement deux paramètres différents qui entrent en jeu et offrent une infinie variété de situations, avec une gradation constante qui exclut que l'on puisse distinguer clairement et de manière convaincante diverses catégories; ces deux paramètres sont, d'une part, les intérêts en cause et, d'autre part, la complexité de l'affaire. Il faut opérer une sorte de moyenne entre ces deux éléments. Si les intérêts en jeu sont de peu d'importance et si la démarche est simple à accomplir, l'assistance d'un avocat doit être refusée; si, au contraire, les intérêts en jeu sont très importants ou si la démarche à accomplir est excessivement difficile, compte tenu des facultés concrètes du requérant, il faut accorder l'assistance d'un avocat; entre ces extrêmes, selon cet auteur, il s'agit d'une question d'appréciation.
b) En définitive, on peut relever que la jurisprudence du Tribunal administratif est restrictive quant à l'octroi d'un défenseur d'office. Elle suit ainsi l'idée que le juge peut se montrer plus sévère à cet égard dès lors que la procédure obéit au principe de la maxime d'office (ATF 125 V 36, consid. 4b et 122 I 10 consid. 2c, cités par Corbeaux, op. cit.; T 80); c'est donc essentiellement dans des situations à caractère exceptionnel que le tribunal a accueilli des requêtes d'assistance judiciaire (v. arrêt RE 2001/0023 du 13 août 2001 parmi d'autres).
2.
C'est à la lumière des considérants qui précèdent qu'il convient d'examiner le cas d'espèce.
a) L'indigence de la recourante est avérée. Il en va de même des intérêts financiers en jeu qui sont manifestement importants dès lors que l'intéressée pourrait être privée de tout ou partie du minimum vital que lui garantit l'aide sociale.
b) Toutefois, il y a lieu de relever que le dossier ne présente aucune difficulté particulière, que ce soit au plan du droit ou à celui de l'établissement des faits. Le Tribunal administratif devra se prononcer sur la question de savoir si les manquements dont le CSR fait grief à la recourante sont établis, en se référant aux éléments figurant dans le dossier. Sa tâche peut être comparée à celle relevant du contentieux de l'assurance-chômage - où un avocat d'office n'est qu'exceptionnellement désigné -, pour décider si une suspension du droit à l'indemnité est justifiée ou non.
3.
Enfin, les difficultés de la recourante à s'exprimer et à comprendre la langue française, telles qu'elle les invoque, sont peu crédibles: en effet, depuis de nombreuses années, elle a eu des entretiens avec des collaborateurs du CSR au cours desquels elle s'est exprimée en français. De même, c'est dans cette langue qu'elle a rédigé de nombreux courriers.
4.
En définitive, sur la base d'une appréciation de l'ensemble des circonstances, et compte tenu de l'approche restrictive du Tribunal administratif dans l'octroi de l'assistance judiciaire, il apparaît que le cas d'espèce ne justifie pas la désignation d'un conseil d'office.
5.
Le recours incident doit par conséquent être rejeté, sans frais (art. 15 RPAS). Il ne sera pas alloué de dépens à la recourante dont le pourvoi est rejeté.