# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4176fcf8-6519-5628-af8a-ad5c79e414c2
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 6 mai 2014, à 04.10 heures, une patrouille motorisée de la gendarmerie fribourgeoise a intercepté un véhicule de marque Porsche 911 circulant à haute vitesse dans la ville de Fribourg. Malgré les feux bleus et le "stop police", le conducteur du véhicule, A._, ne s’est pas arrêté. Le véhicule de police a dû dépasser la Porsche et s’arrêter devant elle pour qu’elle s’immobilise, après qu’il y eut un léger choc. Selon le rapport de police, l'interpellation du conducteur a été mouvementée, avec insultes, menaces et tentatives de coups de la part de celui-ci. Il a été placé en détention provisoire dont il a été libéré le 9 mai 2014. L’éthylotest effectué dans les locaux de la police a révélé un taux d’alcoolémie de 1.41‰ à 4.47 heures; le prévenu a refusé la prise de sang.
Le même jour, le Ministère public a prononcé l’ouverture d’une instruction pénale contre A._ pour violation grave des règles de la circulation routière, conduite en état d'ébriété (taux d'alcool qualifié), entrave aux mesures de constatation de l'incapacité de conduire, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, empêchement d'accomplir un acte officiel. Il a en outre ordonné oralement à son encontre la fouille de personne et d’objets selon l’art. 249 CPP. Lors de l’examen du contenu du téléphone portable du recourant, la police a découvert une vidéo montrant une Porsche roulant à 236 km/h sur l’autoroute A12. Cette vidéo aurait été réalisée quelques heures avant l’interpellation. Dès lors, la Porsche 911 – propriété de la société B._ Sàrl – a été séquestrée et acheminée à la fourrière. Il en est de même du véhicule de marque Bentley Continental GT appartenant au recourant. Le 7 mai 2014, le Ministère public a émis un mandat de séquestre relatif au montant de 4'300 fr. trouvé sur A._ lors de la fouille.
Par mandat écrit et ordonnance du 21 mai 2014, le Ministère public a confirmé les ordres oraux, ordonnant la perquisition de documents et enregistrements, la fouille de A._ et des véhicules utilisés par celui-ci ainsi que le séquestre de ces objets.
B. Le 15 mai 2014 par l’intermédiaire de son mandataire, A._ a interjeté recours contre la perquisition et le séquestre de son téléphone portable, ainsi que contre le séquestre des deux véhicules effectués le 6 mai 2014 par la police. Le 2 juin 2014, A._ a de même recouru contre le mandat de perquisition et de séquestre ainsi que contre l’ordonnance de mise sous séquestre rendus par le Ministère public le 21 mai 2014.
Dans les deux recours, A._ soutient que la perquisition du 6 mai 2014 de son téléphone portable et des données qu’il contient était illicite car il n’y a eu ni de mandat écrit ni ordonnance écrite délivrés à la police. Le recourant ajoute que, même si un mandat de perquisition existait, la mesure ordonnée ne répondrait pas aux exigences légales de l’art. 197 CPP. Le recourant reproche également l’absence d’ordonnance écrite de séquestre en lien avec les deux véhicules. Il précise qu’en plus de la transgression des règles de procédure, le séquestre des deux véhicules ne répond pas aux exigences légales de l’art. 263 al. 1 let. d CPP car les conditions de l’art. 90a LCR ne sont pas remplies, les infractions reprochées ne constituant pas des violations suffisamment graves pour justifier la confiscation par un tribunal.
Dans le recours du 15 mai 2014, A._ conclut au retrait du dossier pénal des pièces et éléments relatifs aux données du téléphone portable et à la destruction de ces pièces à la
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clôture de la procédure, à la restitution du téléphone portable, à l’annulation du séquestre des deux véhicules et à la restitution de ceux-ci avec octroi d’une indemnité, frais à charge de l’Etat.
Dans le recours du 2 juin 2014, il reprend les mêmes conclusions en requérant en plus l’annulation du mandat de perquisition et de séquestre du 21 mai 2014 ainsi que de l’ordonnance de mise sous séquestre des deux véhicules.
C. Dans sa détermination du 21 mai 2014 sur le recours du 15 mai 2014, le Ministère public conclut au rejet de celui-ci. Dans sa détermination du 11 juin 2014 sur le recours du 2 juin 2014, il renvoie à sa détermination du 21 mai 2014.

## Considerations

en droit
1. a) L’art. 30 CPP prévoit, si des raisons objectives le justifient, la possibilité pour le Ministère public et les tribunaux d’ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales. En l’occurrence, les questions sont connexes en tant qu’elles s'inscrivent dans la même procédure, concernent des objets de la même personne et sont issues mutatis mutandis du même état de fait. Les recours sont du reste pratiquement identiques. Les causes seront donc jointes et traitées dans le même arrêt.
b) Le recours à la Chambre pénale est ouvert contre les décisions et les actes de la procédure de la police et du Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP et. 85 al. 1 LJ). Un mandat de perquisition et de fouille (art. 241 CPC) ainsi qu’une ordonnance de séquestre (art. 263 CPP) sont ainsi susceptibles de recours selon les art. 393 ss CPP.