# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8cb65331-f9b4-4f5a-bf6a-d05f5e16781b
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
X._ et A.Y._ se sont mariés le 7 juin 1996. Ils ont eu ensemble deux enfants, B.Y._, né le 3 juillet 1995, et C.Y._, né le 12 février 1998.
Le 2 octobre 2003, A.Y._ a quitté la Suisse pour aller au Mexique rejoindre son amie.
Par prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale du 19 décembre 2003, le président du Tribunal d'arrondissement du nord vaudois a notamment confié la garde des enfants du couple à X._ et astreint A.Y._ a contribuer à l'entretien de sa famille par le versement d'une pension mensuelle de 1'033 francs payable d'avance le premier de chaque mois, la première fois le 1
er
octobre 2003.
Le 5 janvier 2004, X._ a déposé une demande d'aide pour le recouvrement des pensions alimentaires auprès du Bureau de recouvrement et d'avances de pensions alimentaires (ci-après: BRAPA), lequel est rattaché au Service de prévoyance et d'aide sociales du Département de la santé et de l'action sociale.
Le BRAPA a fait droit à cette demande et a versé des avances à X._ dès le 1
er
janvier 2004.
Le montant de la contribution d'entretien due par A.Y._ en faveur de sa famille a été augmenté à 1'300 francs dès le 1
er
avril 2004 par ordonnance sur mesures provisionnelles du 15 avril 2004 rendue par le président du Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, puis a été fixé pour chaque enfant à 650 francs jusqu'à l'âge de dix ans révolus, 700 francs depuis lors et jusqu'à l'âge de 15 ans révolus, et 750 francs depuis lors et jusqu'à la majorité des enfants, sous réserve de l'achèvement de leurs formations professionnelles, par jugement du Tribunal civil de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois du 2 juin 2005 prononçant le divorce des époux X._-A.Y._.
Le BRAPA a continué de verser des avances sur les pensions alimentaires non payées.
B.
Le 15 novembre 2012, le BRAPA a informé X._ du fait que le 1
er
janvier 2013 entrerait en vigueur la loi du 9 novembre 2010 sur l'harmonisation et la coordination de l'octroi des prestations sociales et d'aide à la formation et au logement cantonales vaudoises (LHPS; RSV 850.03) et son règlement d'application du 30 mai 2012 (RLHPS; RSV 850.03.1), et que cette législation modifierait les critères familiaux et financiers utilisés jusqu'à alors pour l'obtention des avances sur pension alimentaire, notamment en ce qui concernait la prise en compte du revenu du partenaire vivant en ménage commun avec le requérant. Le BRAPA a dès lors invité l'intéressée à lui indiquer jusqu'au 10 décembre 2012 si elle faisait ménage commun avec quelqu'un.
Dans le délai imparti, X._ a informé le BRAPA du fait qu'elle vivait en concubinage depuis le 1
er
août 2009 avec Z._, né le 15 janvier 1964.
Le 5 avril 2013, le BRAPA a calculé le revenu net déterminant de X._ et Z._ en fonction de la LHPS et de son règlement et relevé qu'au vu de ce dernier, l'intéressée n'avait plus droit à des avances sur pension alimentaire non payée dès le 1
er
avril 2013.
C.
Le 30 avril 2013, X._ (ci-après: la recourante) a recouru contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal. Elle conclut implicitement à l'annulation de la décision attaquée.
Dans ses déterminations du 14 juin 2013, le BRAPA conclut au rejet du recours.
Une copie de ces déterminations a été transmise à la recourante qui n'a pas répliqué dans le délai qui lui était imparti.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le recours a été formé en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD, et son auteur a manifestement qualité pour recourir (art. 75 let. a LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
La recourante ne conteste pas les montants des revenus calculés par le BRAPA, mais fait valoir que l'autorité intimée n'aurait pas dû tenir compte du revenu de Z._ pour établir le revenu déterminant unifié, car elle vit "
en colocation
" avec lui depuis le 1
er
août 2009, soit depuis quatre ans, et que, selon la loi, le ménage commun devrait durer depuis au moins 5 ans. Elle ajoute qu'ils ne sont pas mariés et n'ont pas d'enfant en commun.
a)
L'Etat peut accorder au créancier d'aliments, enfant ou adulte, qui se trouve dans une situation économique difficile, des avances totales ou partielles sur les pensions courantes
(art. 9 al.1
er
de la loi du 10 février 2004 sur le recouvrement et les avances sur pensions alimentaires [LRAPA; RSV 850.36])
. L'art. 9a LRAPA dispose que pour l'attribution d'avances au sens de l'article 9, la LHPS est applicable en ce qui concerne le calcul du revenu déterminant, la composition de l'unité économique de référence et la hiérarchisation des prestations sociales.
La LHPS, entrée en vigueur le 1
er
janvier 2013, a en effet
pour but d'harmoniser notamment les éléments pris en considération dans le calcul du revenu déterminant le droit aux avances sur pension alimentaire (art. 1 al.1 et 2 al. 1 let. a LHPS). L'alinéa 2 let.c et d précise que la loi définit notamment les principes régissant le revenu déterminant unifié (art. 6 à 8) et l'unité économique de référence (art. 9 et 10).
Aux termes de l'art. 9 LHPS,
l'unité économique de référence désigne l'ensemble des personnes dont les éléments constitutifs du revenu déterminant unifié décrits à l'article 6 sont pris en considération pour calculer le droit à une prestation au sens de la présente loi.
Selon l'art. 10 al. 1 let. b LHPS, l'unité économique de référence comprend
le partenaire vivant en ménage commun avec la personne titulaire du droit.
L'art. 12 RLHPS dispose que:
"Sont considérées comme faisant ménage commun au sens de l’article 10, alinéa 1, lettre d de la loi, les personnes menant de fait une vie de couple.
2 Le ménage commun peut être établi sur la base des déclarations du requérant ou de la présomption ci-après.
3 Le ménage commun est présumé si :
a. le requérant a un ou plusieurs enfants communs avec son partenaire et s’il vit avec lui dans le même ménage ou
b. le requérant et son partenaire vivent dans le même ménage depuis au moins cinq ans.
4 Les législations spéciales peuvent prévoir que les alinéas 2 et 3 s’appliquent aux personnes ayant un lien de parenté avec le requérant qui vivent en ménage commun avec son partenaire".
b) En l'occurrence, la recourante a indiqué dans le formulaire qu'elle a adressé à l'autorité intimée en décembre 2012 qu'elle
vivait "
en concubinage
" depuis le 1
er
août 2009 avec Z._. Elle ne conteste pas ces éléments. Le fait qu'elle et Z._ vivent ensemble depuis moins de cinq ans ou qu'ils n'aient pas d'enfant commun n'a aucune importance dans le cas d'espèce, dans la mesure où l'autorité intimée pouvait se baser sur les déclarations de la recourante selon lesquelles elle vivait en concubinage et n'avait dès lors pas besoin de recourir aux présomptions prévue à l'art. 12 al. 3 RLHPS. En d'autres termes, le ménage commun a pu être établi sur la base des déclarations de la recourante, ce qui permettait, conformément à l'art. 12 al. 2 RLHPS, d'en tenir compte.
Partant, le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée.
3.
L'arrêt est rendu sans frais, ni dépens (art. 49, 55, 91 et 99 LPA-VD ; art. 4 al. 2 du tarif des frais judiciaires en matière de droit administratif et public du 11 décembre 2007, TFJAP ; RSV 173.36.5.1).