# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e5c122b6-4afa-5cba-a7f2-296142d360df
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2006
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur H_ est propriétaire de la parcelle_, feuille no _ de la commune de B_, située en 5
ème
zone de construction, développement industrielle et artisanale.
2. Le 14 juillet 2000, le département de l'aménagement, de l'équipement et du logement, devenu depuis lors le département des constructions et des technologies de l'information (ci-après : DCTI) a refusé d'autoriser la construction d'une villa.
Selon cette décision, la construction projetée n'était pas compatible avec la zone de développement
industriel et artisanal; elle était de nature à en compromettre les objectifs, l'élaboration d'un plan directeur étant à l'étude. Par ailleurs, une dérogation conduisant à l'application des normes de la zone de fond n'était pas envisageable, les limites sonores admissibles dans le périmètre concerné étant largement dépassées pour admettre la construction d'habitations. De plus, la villa projetée était implantée à 20 mètres de la forêt, en lieu et place des 30 mètres prévus par l'article 11 de la loi sur les forêts du 20 mai 1999 (LFo -
M 5 10
).
3. Le 7 septembre 2001, la commission cantonale de recours en matière de constructions (ci-après : CCRMC) a rejeté le recours formé par M. H_ contre le refus d'autorisation de construire et l'a condamné à payer un émolument de CHF 700.-.
La CCRMC a constaté que le projet de construction se trouvait à une distance de la forêt inférieure à celle prévue par la LFo et qu'aucune condition pour une autorisation dérogatoire n'était réalisée. Le recours étant rejeté pour ce motif déjà, les autres griefs soulevés n'ont pas été examinés.
Cette décision n'a pas fait l'objet d'un recours.
4. Par une décision du 16 novembre 2001, la CCRMC a rejeté deux réclamations formées par M. H_ contre la décision du 7 septembre 2001. L'une concernant l'émolument et l'autre le fond.
La réclamation au fond été jugé irrecevable.
La réclamation sur émolument a été rejetée, notamment au motif que la dernière conclusion prise par M. H_ dans la procédure de recours contre la décision du DCTI du 14 juillet 2000 était irrecevable. Il avait demandé que la CCRMC lui délivre une autorisation de construire préalable assortie de l'obligation de modifier le projet de façon à ce qu'il soit compatible avec la LFo.
M. H_ a été condamné à un émolument de CHF 200.-.
5. Par décision du 27 février 2002, la CCRMC a rejeté une réclamation de M. H_ formée contre les décisions de la CCRMC des 7 septembre et 16 novembre 2001.
La réclamation portant sur l'émolument de CHF 700.-, fixé par décision du 7 septembre 2001, confirmé par la décision du 16 novembre 2001 rendue sur réclamation, était irrecevable, la CCRMC ayant déjà statué à son sujet.
La réclamation contre l'émolument de CHF 200.- fixé par décision du 16 novembre 2001 devait être rejetée, car l'émolument était fixé dans la fourchette prévue par les dispositions réglementaires et apparaissait équitable.
La décision indiquait qu'aucun émolument n'était perçu.
6. En date du 7 juillet 2005, M. H_ a déposé auprès de la CCRMC une demande en révision des décisions des 7 septembre, 16 novembre 2001 et 27 février 2002.
Il concluait à l'annulation desdites décisions, à l'annulation du refus d'autorisation de construire du 14 juillet 2000 et à la délivrance d'une autorisation préalable de construire avec suite de frais et dépens.
Une modification de l'article 11 alinéa 2 lettre c LFo, entrée en vigueur le 28 juin 2005, justifiait la révision des décisions rendues et la délivrance de l'autorisation de construire requise.
7. Lors de l'audience de comparution personnelle du 9 décembre 2005 par devant la CCRMC, M. H_ a refusé de signer le procès-verbal indiquant qu'il persistait dans son recours. Il a quitté la salle avant la fin de l'audience au motif que le DCTI refusait de lui indiquer quelle base légale fondait l'obligation de déposer une nouvelle requête en autorisation de construire, s'il estimait que le droit avait été modifié en sa faveur.
8. Par décision du 19 décembre 2005, la CCRMC a rejeté la demande en révision de M. H_ et a mis à sa charge un émolument de CHF 700.-.
Une modification législative ne constituait pas un fait nouveau et ne pouvait motiver une révision des différentes décisions rendues. En outre, le nouvel article 11 alinéa 2 lettre c LFo avait pratiquement la même teneur que l'ancien. En particulier, s'agissant de la possibilité de déroger à la distance minimale pour une construction située à moins de 10m de la lisière de la forêt, il n'y avait pas de modification. La seule différence entre les deux dispositions consistait dans le fait que la nouvelle teneur avait supprimé l'exigence du caractère exécutoire du plan d'affectation dont l'alignement devait être respecté par la construction.
9. Le 16 janvier 2006, M. H_ a déposé auprès de la CCRMC une réclamation contre l'émolument de CHF 700.-, fixé le 19 décembre 2005.
Il faisait grief à la CCRMC de n'avoir pas respecté son droit d'être entendu et considérait qu'elle aurait dû rejeter son recours sans autre acte d'instruction.
10. Le 23 janvier 2006, M. H_ a recouru auprès du Tribunal administratif contre la décision de la CCRMC du 19 décembre 2005 en concluant principalement à son annulation et au renvoi de la cause à la CCRMC. Préalablement, il concluait à la suspension de la cause jusqu'à droit jugé par la CCRMC sur la réclamation sur émolument déposée le 16 janvier 2006. Le recours a été enregistré sous le no de cause A/234/2006.
M. H_ invoquait la violation de son droit d'être entendu, celle de la loi et affirmait être victime d'un déni de justice. N'ayant pu savoir sur quelle base légale se fondait le DCTI pour affirmer qu'il devait déposer une nouvelle demande d'autorisation de construire, il avait été empêché de retirer son recours. Sa question n'avait même pas été inscrite au procès-verbal.
11. Par décision du 10 février 2006, la CCRMC a rejeté la réclamation sur émolument de M. H_ et l'a condamné à verser un émolument de CHF 300.- ainsi qu'une amende de procédure d'un montant de CHF 500.-.
Un émolument pouvait être fixé même en cas de retrait d'un recours. L'amende était justifiée par le comportement de M. H_ qui avait été dûment averti par le Tribunal administratif, dans un arrêt du 30 août 2005, que l'emploi abusif de procédure serait sanctionné par une amende s'il devait continuer à saisir - comme il le faisait quasi systématiquement - le Tribunal administratif de demandes de révision/reconsidération et/ou de réclamation sur émoluments.
12. Le 20 février 2006, M. H_ a fait parvenir au Tribunal administratif copie d'un courrier qu'il avait envoyé le 12 janvier 2006 au président du département du territoire ainsi que la réponse de celui-ci du 16 février 2006.

## Considerations