# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e6472c7a-5a1f-52fb-bed0-4f539f69bbe5
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par ordonnance
OTPI/567/2021
du 9 juillet 2021, le Tribunal de première instance – statuant sur mesures provisionnelles dans le cadre de la procédure en divorce opposant les époux B_ et A_ – a attribué à B_ la garde sur les enfants C_, née le _ 2013, D_, née le _ 2015, et E_, né le _ 2017 (ch. 1 du dispositif), réservé à A_ un droit aux relations personnelles sur les enfants C_, D_ et E_, droit qui s'exercerait, sauf accord contraire des parties, de la manière suivante : en 2021, les nuits de chaque mardi et d'un vendredi sur deux; dès janvier 2022, les nuits de chaque mardi et de chaque vendredi; ainsi que durant la moitié des jours fériés et des vacances scolaires (ch. 2), condamné A_ à payer à B_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, à partir du 1
er
novembre 2021, la somme de
4'000 fr. pour l'entretien des enfants C_, D_ et E_ (ch. 3), dit que les allocations familiales perçues par A_ revenaient à B_ (ch. 4), attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal, sis 1_ à F_ [GE] (ch. 5), réservé la décision finale du Tribunal quant au sort des frais judiciaires (ch. 6), dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 7) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 8);
Que dans son ordonnance, le Tribunal a retenu que les parties étaient parvenues à trouver un accord au sujet de la prise en charge de leurs enfants, au départ litigieuse, ainsi que sur l'attribution provisoire du domicile conjugal, que l'époux avait désormais quitté; qu'il se justifiait de ratifier l'accord des parties sur ces points, étant précisé que les modalités de garde entérinées dans l'ordonnance étaient celles convenues par les parties jusqu'à
fin 2022; qu'il était prématuré, sur mesures provisionnelles, de statuer sur les modalités de prise en charge des enfants au-delà de cette date;
Que, sur le plan financier, le Tribunal a retenu qu'au vu de son âge, de son état de santé et de ses qualifications, il se justifiait d'imputer à A_ – qui était salarié de G_ SA (anciennement H_ SA), société qu'il avait créée en 2011 suite à son licenciement – un revenu hypothétique de 11'000 fr. par mois à partir du 1
er
novembre 2021, soit une année après le dépôt de la demande en divorce (date à partir de laquelle l'époux devait savoir qu'il serait amené à mettre en œuvre sa capacité contributive en faveur de C_, D_ et E_); que de son côté, B_, qui assumerait l'essentiel de la prise en charge des enfants jusqu'à fin 2022, disposait d'un revenu mensuel de quelque 13'450 fr., tandis que le minimum vital de droit de la famille des enfants – hors participation à l'excédent – s'élevait à 3'023 fr. au total, allocations familiales déduites; qu'afin de tenir compte des revenus des parties, ceux de l'épouse étant supérieurs à ceux de l'époux, et des besoins des trois enfants, il se justifiait de fixer la contribution d'entretien à la charge de A_ à 4'000 fr., allocations familiales non comprises, dès le 1
er
novembre 2021, ce qui laisserait à l'intéressé un disponible de 3'642 fr. après couverture de ses charges en 3'358 fr. (11'000 fr. – 3'358 fr. – 4'000 fr.);
Que par acte déposé le 28 juillet 2021 au greffe de la Cour de justice, A_ a formé appel contre ce jugement, concluant à l'annulation des chiffres 2 à 4 de son dispositif et, cela fait, à ce qu'il soit condamné à contribuer à l'entretien de ses enfants à hauteur de 1'500 fr. par mois, allocations familiales comprises, dès le 1
er
juillet 2022, aucune contribution n'étant due avant cette date, et à ce qu'il soit dit que les mesures provisionnelles prendraient fin le 31 décembre 2022;
Qu'il a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son appel, faisant valoir qu'il s'exposerait à des difficultés financières insurmontables s'il devait contribuer à l'entretien de ses enfants à hauteur de 4'000 fr. par mois dès le 1
er
novembre 2021; qu'en particulier, il était illusoire de penser qu'il pourrait réaliser un revenu mensuel de 11'000 fr. dès cette date, que ce soit en qualité de salarié ou d'indépendant, étant précisé qu'il s'était déjà endetté pour payer ses charges courantes et celles de sa société;
Qu'il a allégué pour le surplus que G_ SA n'était pas en mesure de lui verser un salaire supérieur à 15'000 fr. pour l'année 2021 et qu'il espérait pouvoir réaliser un salaire brut de 6'666 fr. par mois (80'000 fr. par an) à partir de juin 2022;
Que B_ a conclu au rejet de la requête en restitution de l'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC; que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, concernant le paiement d'une somme d'argent, il appartient en particulier à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1); qu'en matière de contributions d'entretien, le Tribunal fédéral n'accorde en règle générale pas l'effet suspensif pour les contributions courantes (arrêt du Tribunal fédéral
5A_954/2012
du
30 janvier 2013 consid. 4);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; qu'elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019, consid. 5.3.2);
Que la motivation constitue une condition de recevabilité, qui doit être examinée d'office; que lorsqu'un acte est insuffisamment motivé, l'autorité cantonale n'entre pas en matière (arrêt du Tribunal fédéral
5A_89/2014
du 15 avril 2014 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, l'appelant n'a pas motivé sa requête d'effet suspensif en tant qu'elle vise les chiffres 2 et 4 du dispositif, de sorte qu'il ne sera pas entré en matière sur ce point;
Qu'en ce qui concerne la contribution d'entretien mise à charge de l'appelant à partir du 1
er
novembre 2021 – soit une année après le dépôt de la demande en divorce –, il ne peut être retenu, au stade de l'examen
prima facie
du dossier, que le Tribunal aurait manifestement violé le droit en imputant à l'époux un revenu hypothétique mensuel de 11'000 fr. dès cette date;
Que, par ailleurs, il ne parait pas d'emblée totalement exclu que l'appelant – pour autant qu'il fournisse tous les efforts que l'on peut raisonnablement attendre de lui – puisse reprendre un nouvel emploi salarié au cours des prochains mois; qu'il n'est donc pas rendu vraisemblable que, dès le mois de novembre 2021, la contribution fixée par le premier juge aurait pour effet d'entamer le minimum vital de l'appelant;
Que la présente cause est par ailleurs soumise à la procédure sommaire, de sorte qu'elle devrait être jugée dans des délais raisonnables;
Qu'enfin, rien n'indique que l'appelant ne pourrait pas récupérer les contributions éventuellement versées à tort pendant la durée de la procédure d'appel dans l'hypothèse où il obtenait gain de cause sur le fond;
Que la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire des chiffres 2 à 4 du dispositif du jugement attaqué sera donc rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104
al. 3 CPC).
* * * * *