# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5e69999e-c608-4bd1-a004-3f9714f8df97
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

La Cour, vu:
- la demande d’entraide du Procureur auprès du Tribunal ordinaire de Y.
(Italie) formée le 20 juin 2012 par devant les autorités helvétiques, et
complétée le 12 janvier 2013, dans le cadre d’une enquête diligentée
pour soupçons d'appropriation illégitime de bijoux de grande valeur in-
tervenue en lien avec la succession de feu B. (act. 1.2),
- l’ordonnance d’entrée en matière rendue le 14 février 2013 par le Minis-
tère public du canton de Genève (ci-après: MP-GE) et déclarant admis-
sible la demande d'entraide susmentionnée (act. 1.2),
- l'ordonnance d'exécution rendue le même jour par le MP-GE libellée
comme suit:
"En exécution de l'ordonnance d'entrée en matière du 14 février 2013,
notifiée avec la présente:
Le Ministère public
Ordonne à l'établissement genevois A. de déposer en mains du Minis-
tère public de Genève la copie de l'intégralité des documents et des
dossiers en vos mains, y compris le catalogue de vente et la documen-
tation de provenance, concernant:
La vente aux enchères d'un diamant (...), ayant eu lieu le (...) 2010,
pour un montant d'environ EUR x mios.
Ordonne à l'établissement genevois A. de déposer en mains du Minis-
tère public de Genève la copie de l'intégralité des documents et des
dossiers en vos mains concernant les personnes suivantes:
1. C.;
2. D.;
3. E.;
4. F..
Recours: quiconque subit un préjudice irréparable et immédiat de la
présente saisie (art. 181 CPPGe) peut recourir dans les dix jours dès la
notification de la présente par le dépôt de conclusions écrites et moti-
vées devant la cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, CP 2720,
6501 Bellinzone (art. 80e - 80l) EIMP) (...)" (act. 1.3),
- le recours du 1 er mars 2013 formé par la société A. à l’encontre de la
décision précitée tendant principalement à l'annulation de cette dernière
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et, subsidiairement, à ce que le MP-GE reformule les cinq premières li-
gnes de l'acte attaqué dans le sens suivant: "Ordonner à l'établisse-
ment genevois A. de déposer en mains du Ministère public à Genève le
catalogue de la vente aux enchères d'un diamant (...) ayant eu lieu le
(...) 2010 et tous autres documents et pièces de son dossier après
avoir "caviardé" toutes références client" (act. 1, p. 1 s.),
- la demande d’effet suspensif présentée dans le cadre du recours préci-
té (act. 1, p. 1),

## Considerations

considérant:
- qu’aux termes de l’art. 80e al. 1 EIMP, peuvent faire l'objet d'un recours
à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, la décision de l'autorité
cantonale ou fédérale d'exécution relative à la clôture de la procédure
d'entraide et, conjointement, les décisions incidentes;
- qu'aux termes de l'art. 80e al. 2 EIMP, les décisions incidentes anté-
rieures à la décision de clôture peuvent faire l'objet d'un recours séparé
si elles causent un préjudice immédiat et irréparable en raison de la
saisie d'objets ou de valeurs (let. a), ou de la présence de personnes
qui participent à la procédure à l'étranger (let. b);
- qu'il ressort ainsi du texte même de la loi que, dans le domaine de l'en-
traide, les possibilités de recourir contre des décisions incidentes avant
que ne soit rendue une décision de clôture sont très limitées;
- que pareille solution correspond à une volonté expresse du législateur
(v. TPF 2011 205, consid. 1.4; ZIMMERMANN, La coopération judiciaire
internationale en matière pénale, 3 e éd., Berne 2009, n
o 513);
- qu’en l'espèce, l'ordonnance entreprise, de caractère incident, n'entre
dans aucune des catégories susmentionnées, et ce dans la mesure où
il s'agit là d'une ordonnance d'édition de documents rendue sur la base
de l'obligation de dépôt prévue à l'art. 265 CPP, applicable par renvoi
de l'art. 12 al. 1 EIMP;
- qu'en effet, la production de documents – destinée à remplacer leur
remise sous la contrainte – ne constitue pas un séquestre, mais sert
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essentiellement à mettre des pièces en sûreté, le contrôle physique sur
les actes à produire passant ainsi de leur détenteur à l'autorité d'exécu-
tion (v. TPF 2006 218);
- que ce n’est que suite au tri, par l’autorité d'exécution, des documents
saisis qu’il apparaîtra quels sont ceux qui, pouvant servir de moyens de
preuve, devront effectivement faire l’objet d’une ordonnance de séques-
tre;
- qu’ainsi, et en dépit de l'indication d'une voie de recours – dont le renvoi
à l'art. 181 CPPGe n'est au demeurant plus d'actualité depuis l'entrée
en vigueur du CPP suisse –, l'ordonnance d'exécution du 14 février
2013 ici entreprise n'est pas sujette à recours;
- que l'absence d'acte susceptible d'être attaqué devant l'autorité de
céans conduit à l'irrecevabilité du recours;
- que, vu le sort du recours, la demande d’effet suspensif est sans objet;
- que, le recours étant d’emblée irrecevable, la Cour de céans a renoncé
à procéder à un échange d’écritures (art. 57 al. 1 PA a contrario, appli-
cable par renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b LOAP) et à percevoir une avance
de frais (art. 63 al. 4 in fine PA);
- qu’en tant que partie qui succombe, la recourante devrait, selon la
règle, supporter les frais du présent arrêt (art. 63 al. 1 PA);
- que, toutefois, et au vu du fait que l'indication des voies de recours figu-
rant au pied de l'acte attaqué pouvait laisser croire à la recourante
qu’elle était en droit de s'en plaindre, il y a lieu en l’espèce de renoncer
exceptionnellement à percevoir des frais (art. 63 al. 1 in fine PA).
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