# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 30b85352-6863-48c9-8363-f5eb63202864
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
A.X._, né en 1993, est titulaire d'un permis de conduire à l'essai pour les véhicules automobiles de la catégorie B, depuis le 4 juillet 2012.
B.
Par ordonnance pénale rendue le 6 mai 2015 par le Préfet du Gros-de-Vaud, A.X._ a été condamné à une amende de 600 fr. pour infraction simple à la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR; RS 741.01). Selon les faits retenus dans l'ordonnance pénale, le 6 mars 2015 à 10h33, alors qu'il circulait au volant d'un véhicule automobile sur l'autoroute A1 (Yverdon-Lausanne), il a commis un excès de vitesse de 31 km/h sur un tronçon limité à 120 km/h.
A.X._ n'a pas formé opposition contre cette ordonnance.
C.
Le Service des automobiles et de la navigation du canton de Vaud (SAN) a, par décision du 2 juin 2015, prononcé, en raison de ces faits, une mesure de retrait du permis de conduire à l'essai de A.X._ pour une durée d'un mois, à exécuter au plus tard le 3 juillet 2015 jusqu'au (et y compris) le 2 août 2015. Il a également prolongé la durée probatoire du permis à l'essai d'un an.
A.X._ n'a pas contesté cette décision.
D.
Le 6 juillet 2015, alors qu'il circulait au volant d'un véhicule automobile sur la bretelle de sortie de l'autoroute A16, à Bure, en direction de Boncourt, dans le canton du Jura, A.X._ a perdu la maîtrise de son véhicule à la hauteur d'un cédez le passage. Son véhicule a glissé sur la chaussée et a heurté la barrière qui se trouvait en face de sa voie de circulation. L'intéressé a reconnu les faits. L'accident a entraîné des dégâts matériels (cf. rapport de la police cantonale du Jura du 5 août 2015).
Le 25 septembre 2015, le SAN a avisé A.X._ qu'il envisageait de prononcer l'annulation de son permis de conduire à l'essai en raison des faits survenus le 6 juillet 2015 et du retrait de permis de conduire prononcé le 2 juin 2015 (cf. art. 15a al. 4 LCR). Un délai de 20 jours lui était imparti pour faire valoir ses éventuelles objections.
A.X._ s'est déterminé le 6 octobre 2015. Il indiquait ne pas contester les faits reprochés. Il exposait toutefois être dans une situation professionnelle et financière précaire et avoir besoin de son permis de conduire pour trouver un emploi dans son domaine d'activité (aide-manutentionnaire).
Dans un nouvel avis du 13 octobre 2015, le SAN a également constaté que le 6 juillet 2015 A.X._ avait conduit un véhicule en dépit d'une mesure de retrait de son permis de conduire.
L'intéressé s'est encore déterminé le 19 octobre 2015 en indiquant que l'accident était survenu le dimanche 5 juillet 2015 alors qu'il se rendait à la caserne de Bure pour effectuer son service militaire (le rapport de police du 5 août 2015 retient que l'accident s'est produit le 6 juillet entre 0h20 et 1h45 du matin, soit dans la nuit du dimanche au lundi).
Le 21 octobre 2015, il s'est une nouvelle fois adressé au SAN en indiquant qu'il n'était pas l'auteur de l'excès de vitesse commis sur l'autoroute A1 (Yverdon-Lausanne) le 6 mars 2015 pour lequel le SAN avait prononcé un retrait de son permis de conduire pour un mois le 2 juin 2015. Il expliquait que le 6 mars 2015, à l'heure où l'excès de vitesse avait été commis, il se trouvait en entretien avec son conseiller de l'Office régional de placement (ORP). Il alléguait ne pas avoir eu la possibilité de s'opposer à l'ordonnance pénale du 6 mai 2015 car il était au service militaire et effectuait régulièrement des gardes les week-ends durant cette période.
E.
Par décision du 23 octobre 2015, le SAN a prononcé à l'encontre de A.X._ l'annulation de son permis de conduire à l'essai en vertu de l'art. 15a al. 4 LCR dans la mesure où le 6 juillet 2015, il avait commis une seconde infraction entraînant un retrait de son permis de conduire durant la période d'essai. Le SAN a fixé un délai d'attente d'une année avant qu'il puisse demander un nouveau permis d'élève conducteur et uniquement sur la base d'une expertise psychologique attestant son aptitude à conduire. Il a également retiré l'effet suspensif à une éventuelle réclamation contre cette décision.
Le 27 octobre 2015, A.X._ a déposé auprès du SAN une réclamation contre la décision du 23 octobre 2015. Il reprenait en substance les arguments exposés dans son courrier du 21 octobre 2015. Il a joint à sa réclamation une copie d'une demande de révision de l'ordonnance pénale du 6 mai 2015, datée du 27 octobre 2015, adressée au Tribunal cantonal (Palais de l'Hermitage). Il demandait que le SAN suspende la procédure administrative dans l'attente de l'issue de cette procédure.
F.
Par jugement du 4 novembre 2015, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal a déclaré irrecevable la demande de révision de A.X._ du 27 octobre 2015. La Cour a retenu que cette demande était manifestement abusive dans la mesure où l'intéressé pouvait et devait faire valoir les faits allégués à l'appui de sa demande de révision par la voie de l'opposition contre l'ordonnance pénale du 6 mai 2015. Il aurait également dû signaler ces faits à la police lors de sa convocation du 13 avril 2015. Au lieu de cela, il avait signé le formulaire dans lequel il avait reconnu être le conducteur fautif. Elle relevait au surplus que le fait qu'il ait été convoqué par l'ORP ne prouvait pas encore que l'intéressé se fût présenté à la convocation ou que l'entretien eût lieu à l'heure indiquée.
G.
Par décision du 4 janvier 2016, le SAN a rejeté la réclamation de A.X._ et confirmé sa décision du 23 octobre 2015. Il a retiré l'effet suspensif à un éventuel recours. Il a retenu en substance que la décision du 2 juin 2015 prononçant le retrait du permis de conduire de l'intéressé était entrée en force et que la nouvelle infraction commise le 6 juillet 2015 l'avait été durant la période probatoire de sorte que le permis de conduire à l'essai devait être annulé en vertu de l'art. 15a al. 4 LCR.
H.
Par acte du 3 février 2016, A.X._, représenté par un avocat, recourt contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), en concluant à son annulation, subsidiairement au renvoi de la cause à l'autorité intimée pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il conteste à nouveau être l'auteur de l'infraction commise le 6 mars 2015. Il indique avoir déposé un recours en matière pénale au Tribunal fédéral en demandant la réforme de l'arrêt de la Cour pénale du 4 novembre 2015 déclarant irrecevable sa demande de révision. Il a notamment produit une attestation de l'ORP du 19 novembre 2015 confirmant qu'il s'était présenté à la convocation dudit office le 6 mars 2015.
Dans sa réponse du 22 février 2016, le SAN conclut au rejet du recours et au maintien de sa décision. Il fait valoir en substance que les éléments invoqués par le recourant ne sont pas des faits nouveaux qui justifieraient le réexamen de sa décision du 2 juin 2015 entrée en force (cf. art. 64 LPA-VD). Dans ces conditions, la nouvelle infraction commise le 6 juillet 2015 – non contestée par le recourant – justifie l'annulation du permis de conduire à l'essai.
Le recourant a répliqué le 10 mars 2016. Il expose qu'il était dans l'impossibilité de produire l'attestation de l'ORP confirmant qu'il s'était bien présenté à la convocation du 6 mars 2015 avant le 19 novembre 2015.
Le 25 février 2016, le juge instructeur a octroyé l'assistance judiciaire au recourant et lui a désigné Me Jean-Christophe Oberson comme avocat d'office.
I.
Par arrêt du 14 mars 2016 (n° de référence 6B_1291/2015), le Tribunal fédéral a rejeté, dans la mesure où il était recevable, le recours de A.X._ contre le jugement de la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du 4 novembre 2015 déclarant irrecevable sa demande de révision contre l'ordonnance pénale du 6 mai 2015. Il a confirmé l'appréciation de l'autorité judiciaire cantonale selon laquelle la demande de révision du recourant était abusive.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
Le litige porte sur l'annulation du permis de conduire à l'essai du recourant au motif qu'il a commis deux infractions, entraînant un retrait de permis, durant la période probatoire. Le recourant ne nie pas être l'auteur de l'accident commis le 6 juillet 2015. Il conteste en revanche être l'auteur de l'excès de vitesse de 31 km/h sur l'autoroute A1 Yverdon-Lausanne commis le 6 mars 2015 pour lequel il a été condamné par ordonnance pénale du 6 mai 2015. Suite à cette infraction, le SAN a prononcé le 2 juin 2015 un retrait de son permis de conduire d'un mois et la prolongation de la durée probatoire de son permis à l'essai d'un an. Cette décision est entrée en force. Le recourant conteste le refus du SAN de réexaminer sa décision du 2 juin 2015.
a) En matière de répression des infractions relatives à la circulation routière, le droit suisse connaît le système de la double procédure pénale et administrative: le juge pénal se prononce sur les sanctions pénales (amende, peine pécuniaire, travail d'intérêt général ou peine privative de liberté) prévues par les dispositions pénales de la LCR (art. 90 ss LCR) et par le Code pénal (art. 34 ss, 106 et 107 CP), tandis que les autorités administratives compétentes décident de mesures administratives (avertissement ou retrait de permis) prévues par les art. 16 ss LCR (ATF 137 I 363 consid. 2.3). Une certaine coordination s'impose entre ces deux procédures. La jurisprudence a ainsi établi que, en principe, l'autorité administrative statuant sur un retrait du permis de conduire ne peut pas s'écarter des constatations de fait d'un jugement pénal entré en force. La sécurité du droit commande en effet d'éviter que l'indépendance du juge pénal et du juge administratif ne conduise à des jugements opposés, rendus sur la base des mêmes faits (ATF 137 I 363 consid. 2.3.2 et les références). L'autorité administrative ne peut s'écarter du jugement pénal que si elle est en mesure de fonder sa décision sur des constatations de fait inconnues du juge pénal ou qui n'ont pas été prises en considération par celui-ci, s'il existe des preuves nouvelles dont l'appréciation conduit à un autre résultat, si l'appréciation à laquelle s'est livré le juge pénal se heurte clairement aux faits constatés, ou si le juge pénal n'a pas élucidé toutes les questions de droit, en particulier celles qui touchent à la violation des règles de la circulation (ATF 129 II 312 consid. 2.4; 123 II 97 consid. 3c/aa; 105 Ib 18 consid. 1a et les références).
b) En l'occurrence, le recourant a été informé le 25 septembre 2015 par le SAN que son permis de conduire allait être annulé en raison des infractions commises les 6 mars et 6 juillet 2015. Dans ses courriers au SAN des 6 et 19 octobre 2015, le recourant n'a pas contesté ces infractions. Ce n'est que le 21 octobre 2015, alors qu'il s'adressait pour la troisième fois au SAN, qu'il a allégué ne pas être l'auteur de l'excès de vitesse commis le 6 mars 2015 parce qu'il était en rendez-vous à l'ORP au moment où ces faits se sont produits. Le recourant explique ne pas avoir contesté l'ordonnance pénale du 6 mai 2015 qui le reconnaissait coupable d'infraction simple à la LCR pour les faits survenus le 6 mars 2015 au motif qu'il était au service militaire à cette période et qu'il était souvent de garde les week-ends, ce qui l'aurait empêché d'agir dans le délai légal. Le recourant ne donne toutefois aucun argument valable pour expliquer le fait qu'il ait attendu plusieurs mois et l'ouverture d'une procédure d'annulation de son permis de conduire avant de contester être l'auteur de l'infraction commise le 6 mars 2015 alors qu'il avait admis sa responsabilité devant la police, qu'il n'avait pas contesté l'ordonnance pénale du 6 mai 2015 et qu'il s'est dument acquitté de l'amende à laquelle il a été condamné. Le fait qu'il était au service militaire durant cette période ne l'a au demeurant pas empêché de se présenter à la convocation de la police le 13 avril 2015. Il avait tout le loisir de s'expliquer à cette occasion. Au demeurant, l'attestation produite par l'ORP le 19 novembre 2015 confirme que le recourant s'est bien présenté à son entretien fixé le 6 mars 2015 à 10h30 mais pas qu'il soit arrivé à l'heure au rendez-vous. A cela s'ajoute que le recourant indique qu'il partage l'usage du véhicule litigieux avec sa sœur (allégué n° 3, p. 3 de son recours). Or il ne prétend pas que c'est sa sœur qui conduisait le véhicule au moment de l'infraction. Sur la photographie prise par le radar au moment de l'excès de vitesse litigieux (pièce 2 produite par le recourant), le conducteur semble bien être un homme. Quant à sa demande de révision de l'ordonnance pénale du 6 mai 2015, déposée le 27 octobre 2015, elle a été déclarée irrecevable par la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal qui a retenu en substance qu'elle était manifestement abusive dans la mesure où le recourant aurait pu et dû faire valoir ses arguments dans la procédure pénale ayant conduit au prononcé de l'ordonnance du 6 mai 2015 (cf. jugement du 4 novembre 2015). Cette appréciation a été confirmée par le Tribunal fédéral dans son arrêt du 14 mars 2016. Dans ces conditions et compte tenu de la jurisprudence précitée, l'autorité administrative n'avait aucun motif de s'écarter des faits retenus dans l'ordonnance pénale du 6 mai 2015 et c'est dès lors à bon droit qu'elle a refusé de réexaminer sa décision du 2 juin 2015 (cf. art. 64 LPA-VD).
c) Selon l'art. 15a al. 4 LCR, le permis de conduire à l'essai est caduc lorsque son titulaire commet une seconde infraction entraînant un retrait. Le recourant a déjà fait l'objet d'une mesure de retrait de son permis de conduire à l'essai le 2 juin 2015 qui pouvait être exécutée au plus tard le 3 juillet 2015. La nouvelle infraction commise le 6 juillet 2015 doit être qualifiée de grave puisque le recourant a conduit alors que son permis de conduire lui était retiré à cette date (cf. art. 16c let. f LCR). Ces deux infractions commises dans le délai probatoire conduisent à l'annulation du permis de conduire à l'essai du recourant (art. 15a al. 4 LCR). Il n'est pas possible de tenir compte des conséquences professionnelles de l’annulation du permis de conduire du recourant, l'art. 15a al. 4 LCR prévoyant impérativement l'annulation du permis de conduire à l'essai si le conducteur concerné fait l'objet d'une seconde infraction entraînant un retrait; aucune solution moins contraignante n'est autorisée. Quant à la condition à la délivrance d'un nouveau permis à l'issue d'un délai d'attente d'un an (expertise psychologique attestant l'aptitude à conduire de l'intéressé), elle est expressément prévue par la loi (art. 15a al. 5 LCR).
Il s'ensuit que l’autorité intimée n’a pas violé la loi, ni abusé de son pouvoir d’appréciation en annulant le permis de conduire à l’essai du recourant.
3.
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée.
Le recourant ayant été mis au bénéfice de l’
assistance
judiciaire, les frais de justice doivent être arrêtés, et une équitable indemnité au conseil juridique désigné d’office pour la procédure, doit être fixée ; les frais et l’indemnité seront supportés par le canton, provisoirement (art. 122 al.1 let. a et b du code de procédure civile du 19 décembre 2008 [CPC ; RS 272], applicable par renvoi de l’art. 18 al. 5 LPA-VD). En effet, la partie qui a obtenu l’
assistance
judiciaire est tenue à remboursement dès qu’elle est en mesure de le faire (art. 123 al. 1 CPC, applicable par renvoi de l’art.18 al. 5 LPA-VD). Le Service juridique et législatif fixera les conditions de remboursement, en tenant compte des montants éventuellement payés à titre de franchise ou d’acomptes depuis le début de la procédure.
S’agissant de l’indemnité – laquelle doit être fixée eu égard aux opérations nécessaires pour la conduite du procès, et en considération de l'importance de la cause, de ses difficultés, de l'ampleur du travail et du temps consacré par le conseil juridique commis d'office (cf. art. 2 du règlement du 7 décembre 2010 sur l'
assistance
judiciaire en matière civile [RAJ; RSV 211.02.3]) - elle comprend, selon la liste des opérations transmise par Me Oberson, le montant de 2'008.80 francs (dont 148.80 francs de TVA) à titre d'honoraires et celui de 120.40 francs (dont 8.90 francs de TVA) à titre de débours, ce qui représente un total de 2'129.20 francs, TVA comprise. Il n’y a pas lieu d’allouer des dépens (art. 55 al. 1 LPA-VD).