# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ec2125b4-7df4-5e8d-85e7-a9ade70f15ab
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_010
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._ (le recourant) exploite une entreprise de sanitaire-ferblanterie sous la forme d'une raison individuelle, avec siège à B._ (voir extrait du registre du commerce, www.fr.ch/rc).
Dans le cadre d'une révision des comptes pour la période fiscale 2013, le Service cantonal des contributions (SCC) a découvert que des factures pour des prestations effectuées n'avaient pas été comptabilisées et que les montants correspondants avaient été versés sur le compte C._ ddd, lequel n'était pas déclaré par l'intéressé. Par courrier du 24 juin 2015, la production de tous les relevés bancaires relatifs au compte non déclaré pour les dix dernières années a été requise.
Par courrier du 17 juillet 2015, le SCC a avisé le recourant de l'ouverture d'une procédure pour tentative de soustraction fiscale pour la période fiscale 2013. La production des relevés bancaires détaillés du compte non déclaré pour les années 2005 à 2013 a à nouveau été requise. Par courrier du 21 juillet 2015, le recourant a produit les extraits de fin d'année du compte précité pour les années 2005 à 2013, ainsi que les décomptes d'intérêts pour les années 2005 à 2009. Suite à une nouvelle demande du SCC, il a précisé le 26 août 2015 que les extraits détaillés avaient été détruits par mégarde et qu'il n'avait plus de relation avec la banque en cause, de sorte qu'il ne pouvait pas obtenir de nouvelles copies. Par courrier du 4 septembre 2015, suivi d’un rappel le 7 décembre 2015, le SCC a toutefois maintenu son exigence de production des extraits détaillés du compte en question, en précisant que les banques disposaient des archives nécessaires et en ajoutant que si les éléments imposables ne pouvaient être déterminés avec toute la précision voulue, il pourrait effectuer une taxation par estimation. Le recourant n’a pas donné de suite à ces demandes.
Par avis de taxation ordinaire du 19 novembre 2015, le SCC a fixé l’impôt fédéral direct et l’impôt cantonal dû par le recourant pour la période fiscale 2013. Se basant sur un rapport de révision établi le 13 octobre 2015, il a estimé le revenu de son activité indépendante à CHF 80'000.- en lieu et place du revenu déclaré de CHF 53'710.-. Cette décision, non contestée, est entrée en force.
B. Par courrier du 12 janvier 2016, le SCC a avisé le recourant de l’ouverture d'une procédure en rappel d'impôt et en soustraction fiscale pour les périodes fiscales 2005 à 2012, en lien avec l’évolution inexpliquée du solde du compte non déclaré.
Par décision en matière de rappel d'impôt du 15 avril 2016 portant sur l'impôt fédéral direct des périodes fiscales 2006 à 2012, constatant une insuffisance d’imposition du revenu de l’activité indépendante pour ces périodes, le SCC a astreint le recourant à payer le montant total de CHF 10'968.35 à titre de rappel d'impôt, ainsi que CHF 2'275.80 à titre d'intérêts moratoires. Ces montants ressortaient de deux tableaux annexés à la décision, récapitulant le revenu imposé et non imposé ainsi que l'impôt rappelé en conséquence pour les années en cause (CHF 1'207.- pour 2006, CHF 3'200.- pour 2007, CHF 1'320.- pour 2008, CHF 1'304.- pour 2009, CHF 1'962.25 pour 2010 CHF 452.70 pour 2011 et CHF 1'522.25 pour 2012).
Par décision séparée du même jour concernant également l'impôt fédéral direct, le SCC a prononcé une amende fiscale de CHF 3'300.- en raison d'une soustraction fiscale consommée se rapportant à cette insuffisance d'imposition pour les périodes fiscales 2006 à 2012.
Par décision en matière de rappel d'impôt du 15 avril 2016 portant sur l'impôt cantonal des périodes fiscales 2006 à 2012, le SCC a astreint le recourant à payer le montant total de CHF 28'540.25 à
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titre de rappel d'impôt, ainsi que CHF 2'814.75 à titre d'intérêts moratoires. Ces montants ressortaient des tableaux annexés à la décision, récapitulant le revenu imposé et non imposé ainsi que l'impôt rappelé en conséquence pour les années en cause (CHF 2'627.95 pour 2006, CHF 5'815.70 pour 2007, CHF 2'769.40 pour 2008, CHF 2'736.30 pour 2009, CHF 6'821.20 pour 2010, CHF 3'151.05 pour 2011 et CHF 4'618.65 pour 2012).
Par décision séparée du même jour concernant également l'impôt cantonal, le SCC a prononcé une amende fiscale de CHF 8'500.- en raison d'une soustraction fiscale consommée se rapportant à cette insuffisance d'imposition pour les périodes fiscales 2006 à 2012.
C. Par réclamation du 26 avril 2016, complétée le 11 juillet 2016, le recourant a contesté les quatre décisions du 15 avril 2016 précitées. Il a pour l'essentiel fait valoir que le compte non déclaré avait vocation à couvrir le manque à gagner des mois de décembre, janvier et février de chaque année ainsi qu'un éventuel chômage qui aurait pu le concerner. Il a de plus estimé ne pas avoir commis de fraude fiscale, donnant l’exemple de faits selon lui similaires qui ont été qualifiés d’optimisation fiscale admissible dans le cas d’un autre contribuable.
Par courrier du 16 mars 2021, formulant des excuses quant au retard dans l’instruction du dossier, le SCC a confirmé au recourant que les reprises litigieuses avaient été effectuées sur la base d’une estimation des recettes non-déclarées et d’un calcul de l’évolution de fortune et du minimum vital. Il a invité une nouvelle fois le recourant à produire les relevés détaillés de son compte non déclaré pour les années 2006 à 2012, ce qui pouvait permettre de constater les recettes effectivement encaissées sur ce compte.
Dans sa réponse du 16 avril 2021, le recourant a maintenu sa contestation en précisant que, à la retraite depuis quatre ans, il ne possédait plus de documents à ce sujet.
D. Par décision du 2 juin 2021, le SCC a partiellement admis la réclamation du 26 avril 2016. S’agissant de l’impôt fédéral direct, il a réduit le montant total d’impôt rappelé à CHF 2'609.35 (CHF 1'299.- pour 2007, CHF 804.30 pour 2010, CHF 70.80 pour 2011 et CHF 435.25 pour 2012), plus CHF 522.10 d’intérêts moratoires, et il a fixé à CHF 700.- l’amende prononcée pour soustraction fiscale consommée. Concernant l’impôt cantonal, il a réduit le montant total d’impôt rappelé à CHF 9'378.60 (CHF 2'857.15 pour 2007, CHF 3'774.30 pour 2010, CHF 873.05 pour 2011 et CHF 1'874.10 pour 2012), plus CHF 845.50 d’intérêts compensatoires, et il a fixé à CHF 2'500.- le montant de l'amende pour soustraction fiscale consommée.
Le SCC a tout d'abord relevé que le rappel d'impôt pour la période fiscale 2006 était périmé et que la reprise devait être abandonnée pour cette période. Il a ensuite considéré que la comptabilité fournie dans le cadre des déclarations fiscales pour les périodes allant de 2007 à 2012 avait perdu sa valeur probante dans la mesure où, dans la procédure d'imposition 2013, un versement, non comptabilisé et versé sur le compte non déclaré C._ ddd, avait été découvert. Le recourant n'ayant pas fourni les relevés détaillés de ce compte pour les années en cause, malgré les multiples demandes en ce sens, il était dès lors nécessaire d'estimer les revenus manquants sur la seule base des attestations annuelles fournies par l'intéressé. Compte tenu de l'évolution des soldes annuels de ce compte non déclaré, dont les variations ne pouvaient s'expliquer par le revenu effectivement annoncé, il manquait les montants désormais limités à CHF 20'000.- en 2007, CHF 35'000.- en 2010, CHF 9'000.- en 2011 et CHF 15'000.- en 2012, ce qui justifiait de revoir à la baisse les revenus non déclarés tels qu’ils avaient été estimés dans les décisions initiales. Quant aux années 2008 et 2009, compte tenu du calcul de l'évolution de la fortune et du niveau de vie de l'intéressé, aucun
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revenu manquant ne pouvait être mis en évidence. Il convenait dès lors d’abandonner les reprises pour ces périodes fiscales.
S’agissant ensuite des amendes pour soustraction d'impôt, le SCC a relevé que le recourant n'avait jamais déclaré le compte litigieux et n'avait pas produit les relevés détaillés malgré les demandes en ce sens. Il avait dès lors failli à ses obligations de procédure et empêché l'autorité fiscale de procéder à la taxation de manière complète et exacte. Compte tenu de sa situation personnelle et financière, le SCC a fixé les amendes à 30% du montant soustrait.
E. Par acte du 28 juin 2021, A._ recourt contre cette décision sur réclamation auprès du Tribunal cantonal. Concluant implicitement à l’annulation des rappels d’impôts et des amendes prononcées, il affirme que la seule facture de CHF 1'200.- non comptabilisée par erreur en 2013 ne suffit pas pour soutenir une fraude fiscale telle que celle retenue par le SCC. Il soutient avoir procédé uniquement à une optimisation fiscale et conteste toute fraude.
Dans ses observations du 2 septembre 2021, le SCC conclut au rejet du recours. Se référant à sa décision sur réclamation, il précise que les amendes ont été fixées au 30% des impôts soustraits pour tenir compte de la situation financière actuelle difficile dans laquelle se trouve le recourant, ainsi que de l’ancienneté des faits.
Dans ses contre-observations spontanées du 26 octobre 2021, le recourant affirme à nouveau avoir procédé à une optimisation fiscale et rejette les accusations de fraude fiscale et les amendes qui en découlent.
Les arguments détaillés des parties seront repris dans les considérants en droit pour autant que nécessaire.

## Considerations

en droit
1.
Recevabilité