# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4bab0efc-1a3c-521f-be97-505a86f79f8a
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 17 septembre 2019, sur demande de D._, responsable de l’entreprise A._ SA à E._, le gendarme F._ s’est rendu dans l’entreprise précitée afin d’y faire une inspection des lieux suite à diverses déprédations signalées.
Lors de cette inspection des lieux, le gendarme F._ a constaté qu’un sérieux désordre régnait à cet endroit. Les alentours des différents bâtiments n’étaient pas propres et de nombreux objets semblant abandonnés y étaient entreposés, notamment des épaves de véhicules, de vieilles machines et divers déchets de toutes sortes. L’état des lieux pouvait laisser penser que les différentes installations de cette entreprise n’étaient plus en activité (DO 2001).
Aux termes de la visite, D._ lui a signalé que des dommages avaient été commis sur sa conduite de transport des boues située entre l’usine de traitement des graviers à E._ et les bassins de décantation de G._, dans le secteur « H._ ». D._ et F._ se sont alors rendus sur place. D._ y a déclaré que plusieurs tuyaux métalliques de la conduite avaient été endommagés par des inconnus, probablement au moyen de machines et autres véhicules. D._ a encore indiqué que des billes de bois avaient été directement entreposées sur sa conduite et que, de ce fait, plusieurs tuyaux avaient été écrasés. F._ a constaté la présence sur place de vieux tuyaux rouillés qui étaient pour la plupart déjà regroupés. La conduite avait déjà été démontée par l’entreprise A._ SA et certains tuyaux étaient effectivement pliés ou écrasés. Aucune bille de bois n’était toutefois déposée sur l’un de ces tuyaux. D._ a encore mentionné à F._ les dégâts commis sur sa voie ferrée située à proximité. Malgré le fait que cette installation semblait désaffectée et hors d’usage, D._ a déclaré que l’entreprise I._ SA avait vandalisé cette installation (DO ).
B. Le 31 octobre 2019, D._, à titre de représentant de l’entreprise A._ SA, a déposé plainte pénale contre le représentant du Service forestier de l’État de Fribourg, B._, et contre inconnu pour dommages à la propriété.
En substance, le plaignant allègue qu’entre janvier 2017 et le 31 octobre 2019, durant d’importants travaux effectués par l’entreprise I._ SA et le Service forestier de l’État de Fribourg à proximité du camping de E._, 22 tuyaux métalliques lui appartenant, qui étaient entreposés à cet endroit le long de la Sarine, ont été pliés et écrasés d’une manière indéterminée, vraisemblablement par des billes de bois. Le montant des dégâts causés a ainsi été estimé par A._ SA à hauteur de CHF 6’000.-.
Diverses photos étaient annexées à la plainte pénale. La plupart des photos des tuyaux ont été prises dans l’enceinte de l’entreprise A._ SA à E._ alors que les tuyaux endommagés avaient déjà été démontés et déplacés.
Le 21 novembre 2019, B._ a été entendu par la police. Il a nié avoir commis les dommages en question et a assuré qu’aucune bille de bois n’avait été entreposée le long de la Sarine à cet endroit, en particulier sur les tuyaux mentionnés, qui se trouvaient selon lui à cet endroit-là depuis de nombreuses années déjà.
Le 22 novembre 2019, C._ a été entendu par la police. Ce dernier a également nié avoir causé des dommages aux tuyaux. Il a toutefois indiqué qu’il ne pouvait pas exclure que l’un de ses
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camions ou l’une de ses machines ait pu rouler accidentellement sur l’un des tuyaux, tout en précisant que c’était peu probable. Il a en outre souligné que ces tuyaux avaient été disposés à cet endroit, selon lui, il y a plus de vingt ans.
La police a ensuite procédé à l’audition de D._ le 13 février 2020. Il a déclaré que la conduite avait été installée dans les années 1970 et qu’elle avait été utilisée jusqu’à l’automne 2017. Il a expliqué que le démontage de la conduite avait débuté dans le courant de l’année 2018, sans toutefois pouvoir donner une période plus précise. D._ n’a pas été en mesure de déterminer à quelle période les tuyaux avaient été endommagés, mais aurait constaté les dommages durant l’été 2018. Au terme de son audition, il a déclaré que le dénommé J._ pouvait avoir des informations à donner au sujet de ces dommages.
En date du 15 février 2020, J._, forestier-bûcheron pour la commune de K._, a été entendu par la police. Celui-ci a indiqué avoir chargé des billes de chêne à l’endroit concerné durant l’été 2019, mais qu’aucune bille de chêne n’avait été entreposée directement sur les tuyaux. Il a ajouté qu’il n’avait pas touché à ces tuyaux et qu’il n’avait d’ailleurs constaté aucun dommage sur ces tuyaux.
Le gendarme F._ a déposé un rapport de dénonciation concernant les faits décrits  auprès du Ministère public le 23 janvier 2020. Ce rapport indique qu’il n’est pas possible, en l’état, de déterminer avec certitude à quelle période, par qui et de quelle manière ces tuyaux ont été endommagés. Toutefois, il précise que l’entreprise H._ SA a effectivement effectué des travaux d’aménagement dans ce secteur entre 2017 et 2019, en collaboration avec le garde forestier B._.
C. Le 20 février 2020, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière.
D. Le 2 mars 2020, D._, au nom de sa société A._ SA, a déposé un recours auprès de la Chambre pénale contre l’ordonnance de non-entrée en matière du Ministère public du 20 février 2020.
Par courrier du 11 mars 2020, le Président a transmis à la recourante une copie des trois  d’auditions demandés dans son recours du 2 mars 2020.
Invité à se déterminer, le Ministère public a renoncé, par courrier du 12 mars 2020, à déposer des observations et a renvoyé aux considérants de son ordonnance. Il a en outre conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité.
Par courrier du 1er avril 2020, Me Bertrand Morel a informé la Chambre pénale qu’il représentait désormais les intérêts de A._ SA.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon les art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a CPP et 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
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1.2. Selon l’art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans un délai de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance de non-entrée en matière du 20 février 2020 n’ayant pas été transmise à la recourante par acte judiciaire, il n’est pas possible de déterminer à quel moment elle lui a été notifiée. Le recours déposé le 2 mars 2020 semble ainsi l’avoir été en temps utile.