# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 45fb7cf0-8840-5eab-9929-b9aaa4e175a6
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu, EN FAIT, que par acte adressé au greffe du Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) le 22 juillet 2019, à la suite de l'échec de la tentative de conciliation, A_ et F_ ont conclu, avec suite de frais et dépens, à ce qu'il soit ordonné à B_, D_, E_ et C_ de supprimer le portail installé en limite de leur parcelle n. 1_ et empiétant sur la parcelle n. 2_ de la commune de G_, à ce qu'il leur soit ordonné de supprimer la haie plantée dans le prolongement du portail susvisé, en limite de leur 1_ et empiétant sur la parcelle n. 2_ de la commune de G_, et ce sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, à être autorisés à procéder eux-mêmes à la suppression du portail et de la haie aux frais de leurs parties adverses et à la condamnation de celles-ci à leur payer la somme de 6'951 fr. 25 avec intérêts à 5% l'an dès le 22 novembre 2018 à titre de dommages et intérêts, avec suite de frais et dépens à la charge de leurs parties adverses;
Que dans le cadre de la procédure, B_, D_, C_ et E_ ont pris des conclusions reconventionnelles portant sur la réfection d'une partie du gazon semé sur la parcelle n. 2_, ainsi que sur la suppression des barreaux aux fenêtres de la maison des époux A/F_, ainsi que des poteaux et de la chaîne installés par ces derniers sur leur parcelle n. 3_;
Qu'après instruction de la cause, par jugement
JTPI/15966/2021
du
17 décembre 2021, communiqué aux parties pour notification le
21 décembre 2021, le Tribunal a ordonné à B_, D_, C_ et E_ de supprimer le portail installé sur la 1_ de la commune de G_ empiétant sur la parcelle n. 2_ (chiffre 1 du dispositif), ordonné à A_ et F_ de supprimer les poteaux et la chaîne se trouvant côté entrée de leur propriété, parcelle 1_ (sic) de la commune de G_ (ch. 2), dit que les chiffres 1 et 2 étaient prononcés sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP dont la teneur a été rappelée (ch. 3), arrêté les frais judiciaires à 5'100 fr., compensés avec les avances versées et les a mis à la charge de A_ et F_ pour moitié et des autres parties pour l'autre moitié, un solde de 640 fr. devant être restitué à A_ et F_ (ch. 4), n'a pas alloué de dépens (ch. 5) et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6);
Qu'en substance, le Tribunal a considéré que le portail constituait un empiétement au sens de l'art. 764 al. 3 CC; que s'agissant de la haie, elle était plantée sur la parcelle n. 2_, en copropriété, de sorte que B_, D_, C_ et E_ n'avaient pas la légitimation passive; que s'agissant des poteaux et de la chaîne installés par A_ et F_, le Tribunal a considéré qu'ils n'entraient pas, contrairement aux barreaux installés aux fenêtres pour des raisons de sécurité, dans le cadre de l'art. 10 chapitre III du Règlement de copropriété, de sorte que leur enlèvement devait être ordonné;
Que par courrier expédié le 24 janvier 2022 à la Cour de justice, signé par A_ seule, cette dernière a indiqué "répondre", dans les trente jours, à "l'envoi mentionné ci-dessus reçu du 21 décembre 2021"; que A_, tout en mentionnant le numéro de cause C/27528/2018 correspondant à la procédure qui l'oppose à B_, D_, C_ et E_, a par contre mentionné un jugement du Tribunal du 5 novembre 2021, rendu dans une procédure l'opposant à d'autres parties;
Que de manière pour le moins confuse, A_ a mentionné le non-respect du Règlement de copropriété par B_ et son "usurpation" de la partie commune; que le Règlement et le plan cadastral 3 étaient très clairs en ce qui concernait les limites des jardins privatifs et il était "dommage" que la juge H_ ait décidé, malgré l'évidence, que le Règlement n'était pas important et qu'elle ne l'ait pas pris en compte; que pour le surplus, A_ a transmis à la Cour deux photographies montrant, selon elle, la raison pour laquelle elle avait dû mettre des piquets pour éviter que les personnes se rendant chez B_ parquent leur véhicule "jusqu'aux escaliers", ce qui l'empêchait d'accéder à son propre véhicule; qu'elle a en outre transmis à la Cour un plan du géomètre I_, mandaté par le Tribunal, qui ne correspondait pas, selon elle, au plan cadastral; qu'elle a reproché à la juge H_ de n'avoir pas fait preuve d'impartialité et de s'être rendue coupable "de tort moral"; que A_ a enfin conclu à l'annulation de "tous les jugements erronés" rendu par la juge H_ et au réexamen des litiges, pour arriver à "une juste conclusion";
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que selon l'art. 311 al. 1 CPC, il incombe à l'appelant de motiver son appel, c'est-à-dire de démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée; que pour satisfaire à cette exigence, il ne lui suffit pas de renvoyer à une écriture antérieure, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée; que sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision que l'appelant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1 p. 375); que la motivation de l'appel constitue une condition de recevabilité, qui doit être examinée d'office; que lorsque l'appel est insuffisamment motivé, l'autorité n'entre pas en matière (arrêts du Tribunal fédéral
5A_247/2013
du 15 octobre 2013 consid. 3.1;
4A_651/2012
du 7 février 2013 consid. 4.2); que l'acte d'appel doit en outre contenir des conclusions (arrêt du Tribunal fédéral
4A_659/2011
du 7 décembre 2011, consid. 4);
Que les mêmes exigences de motivation s'appliquent à un recours au sens
des art. 319 ss CPC;
Qu'en l'espèce, il n'est pas possible de déterminer si la décision attaquée (dont la référence est au demeurant erronée) peut faire l'objet d'un appel ou d'un recours, en l'absence de données suffisantes quant à la valeur litigieuse; par souci de simplification, A_ sera désignée ci-après comme l'appelante;
Quoiqu'il en soit, que son acte constitue un appel ou un recours, il ne contient, dans les deux cas, aucune motivation conforme aux exigences en la matière; que l'appelante semble se référer au Règlement de copropriété, qu'elle reproche au Tribunal de ne pas avoir pris en considération, sans critiquer toutefois spécifiquement l'argumentation du premier juge; qu'elle allègue en outre, de manière toute générale, que le rapport du géomètre I_ ne serait pas conforme au plan cadastral, sans préciser en quoi consisteraient les différences et quelles en seraient les conséquences sur la procédure; que de surcroît, l'acte de l'appelante ne contient aucune conclusion précise, mais se contente de solliciter l'annulation de "tous les jugements erronés" rendus par la juge H_, les explications fournies ne permettant pas de déterminer de manière suffisamment certaine ce qui est réclamé devant la Cour;
Que l'acte expédié à la Cour le 24 janvier 2022 ne répondant pas aux exigences formelles en la matière, même interprétées de manière large, il sera déclaré irrecevable d'entrée de cause;
Que compte tenu de l'issue du litige, il sera exceptionnellement renoncé à percevoir des frais judiciaires.
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