# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a8b2ffca-7da5-548e-95ba-f235956d4295
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2011
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur Y_, né le _ 1991, est étudiant en troisième année de diplôme de commerce au CEC André-Chavanne à Genève.
2. Dans le cadre de sa scolarité, il s’est inscrit pour participer à un voyage de fin d’étude prévu du dimanche 7 novembre au vendredi 12 novembre 2010 à Rome. Le maître organisateur du voyage, Monsieur B_, a adressé à l’étudiant et à ses parents un courrier fixant les modalités du voyage en question, auquel était annexé un « contrat d’entente », déterminant les obligations des participants.
Selon ce contrat :
- La participation aux activités et repas était obligatoire (art. 1 et 2) ;
- Lors de promenades individuelles, les élèves ne devaient pas se déplacer à moins de trois et communiquer leurs projets au maître (art. 3) ;
- Selon l’attitude du groupe, des heures de rentrée pourraient être fixées. Dans cette hypothèse, les élèves devaient signer un registre des présences à leur retour (art. 7) ;
- Les élèves majeurs s’engageaient par leur signature à respecter intégralement le contrat (art. 9) ;
- Les élèves, mineurs ou majeurs, s’engageaient à respecter les directives et les indications données par leurs maîtres (art. 10) ;
- Tout comportement à risque (alcool, absorption de substances illicites) ou attitude irrespectueuse, donnait le droit aux organisateurs de renvoyer à ses frais l’élève à son domicile avant la fin du voyage (art. 11) ;
- Tout touriste était un ambassadeur de son pays, les maîtres comptaient donc sur chaque élève pour qu’il soit aimable avec son entourage et respectueux de la culture du pays visité (art. 12).
Les élèves majeurs devaient retourner, à titre d’accusé de réception, le talon figurant au bas du contrat précité, ce que l’intéressé a fait le 28 octobre 2010, en certifiant qu’il avait pris connaissance dudit contrat et s’engageait à le respecter.
3. Le 7 novembre 2010, M. B_, accompagné d’une autre enseignante, Madame C_, a ainsi emmené à Rome un groupe de vingt-quatre élèves, dont l’intéressé.
4. Dans la nuit du 8 au 9 novembre 2010, aux environs de 3h du matin, M. Y_ a été arrêté par la police de Rome en compagnie de deux autres élèves, Messieurs X_, majeur comme lui, et Z_, mineur.
5. Des pièces de la procédure pénale italienne, que M. Y_ a versées à la présente cause, il résulte que :
a. Le 8 novembre 2010, MM. Y_ et X_ ont été mis en accusation par le Ministère public de Rome pour brigandage aggravé, pour avoir conjointement avec M. Z_, mineur, dans le but de se procurer un enrichissement illégitime, frappé un homme, lui avoir donné des coups de poing et de pied et, une fois celui-ci au sol, l’avoir attrapé par les cheveux et avoir cogné son visage à terre afin de s’approprier le portefeuille et le briquet qui se trouvaient dans la poche de son pantalon. De même, ils ont été accusés de lésions corporelles volontaires graves pour avoir, dans le but de commettre le brigandage précité, fait subir à leur victime des lésions corporelles considérées comme guérissables en quelques jours.
b. MM. Y_ et X_ ont été présentés le 9 novembre 2010 au juge du Tribunal ordinaire de Rome pour le contrôle de leur détention, leur audition et la fixation de la procédure. A l’issue de l’audience, ils ont été mis en liberté provisoire avec une mesure d’assignation territoriale et la cause a été reportée au 11 novembre 2010.
Selon le représentant du Ministère public présent à l’audience, les trois étudiants genevois avaient été arrêtés par une patrouille de police alertée par des témoins, en flagrant délit de brigandage. Selon ces témoins, ils avaient accosté la victime pour lui demander une cigarette et l’avaient ensuite frappée de la manière décrite dans l’acte d’accusation. M. Z_ avait été intercepté par la police alors qu’il se débarrassait des billets de banque dérobés et un briquet Zippo avait été retrouvé sur M. Y_.
Interrogé par le juge, M. Y_ a admis les faits, il avait consommé de l’alcool. Lorsqu’il avait accosté la victime pour lui demander une cigarette, l’homme lui avait répondu de manière grossière. Il était le seul à avoir frappé. Il avait effectivement pris le briquet Zippo. Il ne comprenait pas comment M. Z_ avait été retrouvé en possession d’argent. Pour le surplus, il ne se rappelait de rien.
Quant à M. X_, il a refusé de répondre au magistrat car il estimait que M. Y_ avait dit plus ou moins tout ce qui s’était passé.
6. Le 11 novembre 2010, le Tribunal ordinaire de Rome a condamné MM. Y_ et X_, à une peine de vingt mois d’emprisonnement ainsi qu’à une amende de 400.- Euros chacun, pour les infractions énoncées dans l’acte d’accusation du 8 novembre 2010, à la suite d’une transaction judiciaire.
7. Le 12 novembre 2010, Monsieur Sylvain Rudaz, directeur général de l’enseignement secondaire postobligatoire, a écrit à Madame Marianne Frischknecht, secrétaire générale du département de l’instruction publique (ci-après : DIP ou le département). Il sollicitait que le conseil de discipline de l’enseignement secondaire I, de l’enseignement postobligatoire et tertiaire non HES (ci-après : le conseil de discipline) soit saisi des faits reprochés à MM. Y_, X_ et Z_. Il se référait aux faits, relatés par la presse, et à l’annonce de la condamnation des deux étudiants majeurs. Il annexait à son courrier les directives applicables aux voyages d’étude dans l’enseignement postsecondaire ainsi que les documents et circulaires qui avaient été communiqués aux étudiants en vue du voyage à Rome, dont le contrat d’entente qu’il leur avait fait signer.
8. Le 15 novembre 2010, M. Rudaz a notifié à M. Y_ une décision de suspension provisoire jusqu’à droit jugé par le conseil de discipline. Cette mesure, déclarée exécutoire nonobstant recours, a pris fin le 28 novembre 2010.
9. Le 16 novembre 2010, Mme Frischknecht a saisi le conseil de discipline en lui transmettant le courrier de M. Rudaz.
10. Le 18 novembre 2010, le président dudit conseil (ci-après : le président) a écrit à M. Y_ pour l’aviser de sa saisine et l’a prié de se présenter devant lui le 22 novembre 2010 pour être entendu. Ses droits lui étaient rappelés. Une copie du règlement interne du conseil de discipline (ci-après : RECD) lui était transmise.
L’identité des membres composant le conseil de discipline avec leur qualité, soit, outre lui-même, deux représentants de l’autorité scolaire pour l’enseignement secondaire II et tertiaire non HES, une représentante du corps enseignant pour les élèves de l’enseignement secondaire II et tertiaire non HES, une représentante des parents pour les élèves mineurs de l’enseignement secondaire II et tertiaire non HES, ainsi qu’un représentant des élèves majeurs, lui était communiquée.

## Considerations