# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a43ab7ed-3110-5524-9408-f52fa38973e7
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2001
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur B_ et Madame D. B_ sont copropriétaires de la parcelle _ feuille ... de la Commune de Vernier, située rue _. La parcelle, sise en zone 4B protégée, était occupée par un atelier de charpente et de menuiserie, portant le numéro cadastral _, datant de la fin du XIX
e
siècle. Le bâtiment abritait trois machines anciennes en fonte, entraînées par des courroies au sol et un seul moteur, mode de transmission aujourd'hui disparu.
2. Monsieur B_ a déposé, en qualité d'architecte, le 19 octobre 1998 auprès du département de l'aménagement, de l'équipement et du logement (ci-après le département) une requête en démolition de l'atelier et une requête en reconstruction d'une maison d'habitation. Dans le cadre de l'examen de la requête en construction, la Commission des monuments, de la nature et des sites (ci-après CMNS) a délivré deux préavis favorables en date des 1
er
décembre 1998 et 19 janvier 1999. Quant à la requête en démolition, elle a fait l'objet d'un préavis favorable de la direction du patrimoine et des sites. Le département a accordé les deux autorisations sollicitées, publiées dans la FAO du 19 février 1999. Deux recours, l'un provenant de l'Association _ et l'autre des époux L_ ont été formés contre l'autorisation de construire devant la Commission cantonale de recours en matière de constructions (ci-après Commission de recours), puis retirés les 23 août 1999 et 25 octobre 1999 respectivement et rayés du rôle les 3 septembre 1999 et 29 octobre 1999.
3. Par lettre du 26 juillet 1999 adressée au Conseil municipal de la Commune de Vernier, l'Association pour le patrimoine industriel (API) a déclaré rechercher une menuiserie pour y créer un programme d'occupation temporaire à l'attention des chômeurs en fin de droits, dans le cadre du projet
"bateau-lavoir"
et sollicité sa mise à disposition pour la durée de la construction dudit bateau. L'association a relevé à cette occasion le caractère historique de la menuiserie et en a avisé Monsieur B_, conservateur des monuments et des sites, mais non les intimés. Le projet de l'API a été finalement abandonné, faute de financement suffisant.
4. En date du 10 avril 2000, Action Patrimoine Vivant (ci-après APV) a adressé au Conseil d'Etat une demande de classement, subsidiairement de mise à l'inventaire de l'atelier et des machines et outillages qui s'y trouvaient, en application de l'article 10 LPMNS et sollicité des mesures conservatoires, au sens de l'article 13 LPMNS, pour faire interdiction d'effectuer des travaux ou de porter atteinte aux objets mobiliers pendant la durée de l'instruction de la demande. Quelques jours plus tard, par lettre du 17 avril 2000, l'association a encore demandé au département de prendre des mesures urgentes, ayant appris que les travaux de démolition avaient commencé le 14 avril précédent. De fait, les travaux ont débuté le 13 avril 2000 et entraîné la destruction le 17 avril de 25 à 30% du bâtiment.
5. Le 17 avril 2000, le secrétaire général du département a téléphoné à Monsieur B_ et lui a fait part de la demande de classement formée par APV. Ordre lui a été donné de surseoir à la démolition pendant 48 heures jusqu'à ce que le département se fût prononcé sur la mesure urgente requise. Par pli recommandé du 19 avril 2000, le chef du département a notifié à Monsieur B_ et Madame B_ une décision, fondée sur les articles 5 et 13 LPMNS leur faisant interdiction de poursuivre les travaux de démolition pendant un délai de 6 mois et d'assurer une couverture provisoire du bâtiment. La décision leur a également été adressée par deux fax du même jour, au numéro _ et confirmée par le secrétaire général du département lors d'un entretien téléphonique, dont le contenu exact a été rapporté différemment par les parties. La lettre recommandée du 19 avril n'a été retirée, à l'échéance du délai de garde, que le 2 mai 2000 par Monsieur B_, tandis que les fax ne lui seraient jamais parvenus, en raison du changement de numéro survenu en 1999 (nouveau numéro _). Les travaux de démolition se sont ainsi poursuivis jusqu'au 2 mai 2000, date à laquelle une réunion a été tenue sur place, à l'initiative de Monsieur B_, conservateur des monuments, en la présence des représentants du département, d'APV, d'API, de la mairie de Vernier, du SIB (syndicat concerné par le programme d'occupation temporaire de chômeurs en fin de droits) et de Monsieur B_. A cette date, l'atelier était détruit à 80% environ. Le même jour, le département a sommé Monsieur B_ d'interrompre immédiatement tous travaux de démolition et d'évacuation du bâtiment, lui précisant que sa décision pouvait être déférée au Tribunal administratif. Monsieur B_ a écrit au département, le 2 mai encore, pour l'informer qu'il avait donné instruction d'arrêter les travaux, puis, les 4 et 8 mai pour faire le point sur la situation et préciser qu'une machine avait été donnée et les autres remises à la démolition. Monsieur B_ et Madame B_ ont en outre saisi, le 2 juin 2000, le Tribunal administratif d'un recours contre les décisions du département des 19 avril et 2 mai 2000 (interdiction de poursuivre les travaux de démolition).

## Considerations