# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 15159912-96bc-4c4e-be89-3fd52b2f03e4
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

autorités de police étrangères compétentes, de l’autre, en vue de soutenir
leurs activités respectives, alors que la coopération judiciaire internationale
met en relation les autorités judiciaires compétentes de Suisse et d’autres
Etats pour favoriser leur collaboration à une procédure pénale (GISLER,
ibidem). Le principal critère permettant de différencier l’entraide judiciaire
de l’entraide policière réside dans le fait que la mise en œuvre de la
coopération policière, contrairement à la coopération judiciaire en matière
pénale, n’implique pas l’emploi de moyens de contrainte prévus par le droit
de procédure ou de toute mesure qui relève de la seule compétence d’une
autorité judiciaire (v. ZIMMERMANN, La coopération judiciaire
internationale en matière pénale, 5e éd. 2019, n. 1). De ce fait, seules les
informations et les mesures qu’un policier peut obtenir ou accomplir de
manière autonome et dans le cadre des compétences propres à sa fonction, à
savoir sans qu’une mesure coercitive – non encore réalisée – ne soit requise,
peuvent être transmises ou effectuées à l’attention d’un autre corps de
police suisse ou étranger par le biais de la coopération policière (GISLER,
op. cit., p. 108). Toutefois, s’il s’agit d’une information dont la police
dispose en raison d’une mesure de contrainte déjà réalisée, on est en
présence d’une mesure de coopération policière (KUSTER, Commentaire
bâlois, 2015, n. 11 ad art. 75a EIMP). Tel est par exemple le cas de la
diffusion d’avis de recherches tout comme la transmission de données
permettant l’identification de personnes et de détenteurs de véhicules, de
renseignements sur les antécédents de police d’un individu et sur des modes
opératoires, etc. (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2007.40 du 18 juin
2007 consid. 2.4; GISLER, op. cit., p. 108 et 109). La coopération policière
se caractérise également par l’absence de voie de recours contre les mesures
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entreprises (LUDWICZAK GLASSEY, Entraide judiciaire internationale en
matière pénale, 2018, n. 259).
2.1.2 En l’espèce, le recourant se plaint du transfert en Allemagne de
matériel informatique ayant été perquisitionné à son domicile. En effet,
selon lui, il ne peut s’agir ici d’un acte de coopération policière puisque les
informations transmises ont été récoltées en exécution d’une mesure de
contrainte. Il ne peut être suivi. De fait, l’email du Procureur du 19 juin
2019 relève sans conteste de l’entraide en matière policière et non de
l’entraide en matière judiciaire. En effet, ce courriel est une autorisation
donnée à la police suisse de pouvoir se rendre en Allemagne et de remettre
au Bundeskriminalamt de Francfort du matériel informatique déjà obtenu
dans la procédure nationale par le biais d’une mesure de contrainte à
laquelle le recourant ne s’est pas opposé. Cette remise a été faite dans le but
d’obtenir une assistance technique de la police allemande afin d’avoir accès
à des fichiers informatiques dont le recourant refusait de divulguer le
contenu, ce qui est parfaitement possible dans le cadre de la coopération
policière, tout comme d’ailleurs dans la procédure pénale (arrêt du Tribunal
fédéral 1B_459/2019 du 16 décembre 2019 consid. 2.5). C’est le lieu de
rappeler que contrairement à ce que soutient le recourant, le
Bundeskriminalamt n’est pas chargé de perquisitionner ou de trier les
données informatiques concernées. Il n’est ainsi pas appelé à mettre en
œuvre une mesure de contrainte particulière. L’opération contestée, qui a eu
lieu entre des services de police nationaux, ne peut donc être considérée
comme rentrant dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire. Le
recours doit dès lors être déclaré irrecevable pour ce motif déjà.
2.2 Le recourant soutient également que l’email du 19 juin 2019 du
Procureur équivaut à une décision de clôture qui doit être annulée.
2.2.1 Aux termes de l’art. 80d EIMP, la décision de clôture est la décision
par laquelle l’autorité d’exécution, lorsqu’elle estime avoir traité en totalité
ou en partie une demande d’entraide judiciaire, rend une décision motivée
sur l’octroi et l’étendue de l’entraide.
2.2.2 En l’espèce, le MP-FR mène depuis février 2019 une enquête pénale
nationale à l’encontre du recourant pour des faits qui se sont déroulés
exclusivement sur le territoire suisse. Dans cette affaire, rien au dossier ne
permet de conclure qu’il puisse exister un quelconque lien de rattachement
avec l’Allemagne. Il n’existe aucune procédure ouverte contre le recourant
dans ce pays et il n’est pas contesté que l’Allemagne ne dispose d’aucun
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élément lui permettant de poursuivre le recourant pour quelque chef
d’accusation que ce soit. Les autorités allemandes ne feront donc aucun
usage propre des données électroniques concernées. La Suisse n’est
d’ailleurs nullement saisie d’une quelconque requête de la part des autorités
allemandes. Il n’y a donc pas in casu de demande d’entraide internationale.
A ce titre, l’email du 19 juin 2019 ne peut en aucun cas constituer une
décision de clôture. Le recours serait donc également irrecevable sous cet
angle.
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11. Auszug aus dem Beschluss der Beschwerdekammer in Sachen A. gegen
Strafkammer des Bundesstrafgerichts, Bundesanwaltschaft vom 10. März
2020 (BB.2020.53)
Verfahrenshandlung der Strafkammer; Prinzip der Justizöffentlichkeit
Art. 70 Abs. 1, 393 Abs. 1 lit. b StPO, Art. 30 Abs. 3 BV, Art. 6 Ziff. 1 EMRK,
Art. 14 Abs. 1 UNO-Pakt II
Ausschluss der Öffentlichkeit von der Hauptverhandlung vor dem Hintergrund
des sich verbreitenden Coronavirus; Eintreten auf Beschwerde gegen eine
verfahrensleitende Verfügung der Strafkammer; nicht wieder gutzumachender
Nachteil in casu bejaht.
Acte de procédure de la Cour des affaires pénales; principe de la publicité de la
justice
Art. 70 al. 1, 393 al. 1 let. b CPP, art. 30 al. 3 Cst., art. 6 ch. 1 CEDH, art. 14
par. 1 Pacte ONU II
Exclusion du public des débats en raison de la propagation du coronavirus;
entrée en matière sur le recours contre une décision de la direction de la
procédure de la Cour des affaires pénales; admission dans le cas concret d’un
préjudice irréparable.
Atto procedurale della Corte penale; principio della pubblicità della giustizia
Art. 70 cpv. 1, 393 cpv. 1 lett. b CPP, art. 30 cpv. 3 Cost., art. 6 n. 1 CEDU,
art. 14 par. 1 Patto ONU II
Esclusione del pubblico dal dibattimento a causa della diffusione del
coronavirus; entrata nel merito di reclami contro decisioni ordinatorie della
Corte penale; ammissione nel caso concreto di un pregiudizio irreparabile.
Zusammenfassung des Sachverhalts:

## Considerations