# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fcb4bc9d-21f5-5097-ab5d-1edda60b347a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement du 15 mars 2013, expédié pour notification aux parties le même jour, le Tribunal de première instance a, statuant sur nouvelles mesures protectrices de l'union conjugale, attribué à A_ la garde et l'autorité parentale sur l'enfant C_, né le _2009 (ch. 1 du dispositif), réservé à B_ un droit de visite sur l'enfant C_, qui s'exercera, à défaut d'accord contraire entre les parties, à raison d'une journée par semaine, dans un point rencontre (ch. 2), maintenu la curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite (art. 308 al. 2 CC) (ch. 3), transmis la cause au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, afin qu'il désigne le curateur et l'informe de sa mission (ch. 4), fait interdiction à B_ de quitter le territoire suisse avec l'enfant C_, né le 1
er
août 2009 (ch. 5), ordonné à B_ de déposer en mains d'un huissier judiciaire, aux frais de A_, puis dès qu'il sera désigné, en mains du curateur, tous les documents d'identité au nom de C_ (ch. 6), constaté qu'aucune contribution d'entretien n'était due par A_ pour l'entretien de sa famille, ce dès le 1
er
février 2013 (ch. 7), constaté qu'aucune contribution d'entretien n'était due par B_ pour l'entretien de l'enfant C_ (ch. 8), prononcé les présentes mesures pour une durée indéterminée (ch. 9), arrêté les frais judiciaires à 700 fr., compensés avec l'avance fournie par A_ les a répartis à raison de la moitié à la charge de chacune des parties et condamné B_ à verser à A_ la somme de 350 fr. (ch. 10), dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 11) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 12).
En substance, le premier juge a retenu qu'il se justifiait d'attribuer l'autorité parentale et la garde de l'enfant au père, la mère ayant quitté la Suisse et éloigné l'enfant de son père, contrairement à l'avis des spécialistes, et ainsi aggravé la mise en danger de C_. Pour protéger ce dernier, un droit de visite d'une fois par semaine a été fixé, en présence d'un tiers de confiance. En raison des difficultés rencontrées par les parties et les troubles de l'enfant, la curatelle d'organisation et d'exercice du droit de visite a été maintenue. Par ailleurs, le Tribunal a retenu que compte tenu des charges futures de B_ et de l'indemnité de licenciement reçue par A_, celle-ci ne devait verser aucune contribution à l'entretien de l'enfant. En ce qui concernait la contribution due par A_ à l'entretien de sa famille, le premier juge a retenu le 1
er
février 2013, date correspondant au licenciement de celui-ci et à la fin de la validité du visa de B_ pour les Etats-Unis.
B. a.
Par acte déposé le 27 mars 2013 au greffe de la Cour de justice, A_ appelle de ce jugement, dont il sollicite l'annulation des ch. 7, 8 et 11. Il conclut, avec suite de frais et dépens, à ce que la Cour constate qu'il ne doit aucune contribution à l'entretien de la famille dès le 17 juin 2011, lui donne acte de son acceptation de verser, pour l'entretien de son fils C_, 248 fr. par mois du 17 juin 2011 au 31 janvier 2013 et à ce qu'elle condamne B_ à payer, pour l'entretien de l'enfant, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, 1'500 fr. dès le 1
er
février 2013.
Il fait valoir que la modification relative à la contribution d'entretien pour la famille doit prendre effet le 17 juin 2011, date du dépôt de la requête de modification des mesures protectrices de l'union conjugale. Depuis cette date, en effet, B_ a été en mesure de pourvoir elle-même à son entretien, dès lors qu'elle avait indiqué travailler aux Etats-Unis. Elle n'a par ailleurs, malgré les demandes du Tribunal de première instance, fourni aucun document relatif à ses revenus et ses charges, ni s'agissant de celles de l'enfant.
Compte tenu de ses formations, B_ était en mesure de réaliser un salaire d'au moins 8'000 fr. par mois, au taux de 80%. A_ a estimé les charges de C_ à 2'557 fr. 50 par mois, en tenant compte de la nécessité de l'inscrire dans une école adaptée à ses problèmes.
b.
Par acte déposé également le 27 mars 2013 au greffe de la Cour de justice, B_ forme appel du jugement susmentionné. Elle conclut, préalablement, à la recevabilité des faits et moyens de preuves nouveaux, et, principalement, à l'annulation du jugement querellé et au renvoi de la cause en première instance pour instruction complémentaire, avec suite de frais et dépens.
Elle fait grief au premier juge d'avoir admis sa compétence au-delà du 1
er
février 2013, date à laquelle le juge saisi de la procédure en divorce a prononcé une ordonnance de mesures superprovisionnelles, statuant sur l'autorité parentale et la garde de l'enfant. De plus, le Tribunal de première instance a, à tort, refusé d'ordonner l'apport de la procédure de divorce et a fondé sa décision sur des pièces obsolètes.
Elle produit des pièces nouvelles (n. 44 à 69).
c.
Dans sa réponse à l'appel formé par son époux, B_ conclut, sous suite de frais et dépens, au déboutement de A_ de ses conclusions et à la confirmation des ch. 7, 8 et 11 du jugement entrepris.
Elle conteste avoir eu initialement l'intention de s'établir aux Etats-Unis et indique payer "au mieux de ses possibilités, un loyer" à D_, grâce à l'aide financière de sa famille. Bénéficiaire d'un visa délivré pour des raisons médicales, elle ne peut pas exercer d'activité lucrative.
B_ indique pour le surplus que sa situation financière ne s'est pas sensiblement modifiée depuis le prononcé du jugement du 4 octobre 2010 sur mesures protectrices, de sorte que A_ devait contribuer à son entretien jusqu'au 1
er
février 2013.
Concernant C_, elle fait valoir la bonne situation financière de A_, laquelle lui permet de couvrir les frais de l'enfant. B_ explique qu'en conséquence aucun revenu hypothétique ne peut lui être imputé.
d.
Par écriture responsive à l'appel formé par son épouse, A_ conclut, avec suite de frais et dépens, au déboutement de B_ de toutes ses conclusions et à la confirmation du jugement querellé, sauf concernant les ch. 7, 8 et 11 dont il a formé appel.
Il indique que les mesures provisionnelles sollicitées ont été retirées, de sorte que les mesures protectrices prononcées doivent déployer leurs effets jusqu'au prononcé du divorce. Il souligne que le premier juge était fondé à rendre sa décision, sans ordonner l'apport de la procédure de divorce, dès lors que B_ avait non seulement eu l'opportunité de produire les pièces dont elle entendait faire état, mais qu'elle devait également collaborer activement à la procédure, en dépit de la maxime inquisitoire prévalant dans la présente cause. Pour le surplus, A_ s'oppose à l'admissibilité des faits et moyens de preuve invoqués en procédure d'appel.
Il produit des pièces nouvelles.
e.
Par réplique du 7 juin 2013, A_ indique que contrairement aux allégations de son épouse, elle s'était exprimée sur le rapport d'expertise familiale. Il précise également que B_ a rencontré C_ à Genève en décembre 2010. Il met pour le surplus en évidence plusieurs affirmations contradictoires de B_, en particulier s'agissant du loyer qu'elle réglerait à C_, alors que celui-ci est propriétaire de l'immeuble dans lequel il vit et que son conseil a reconnu dans le cadre de procédure de plainte qu'elle ne réglait aucun loyer; B_ a affirmé être sans activité lucrative, alors même qu'elle avait déclaré le contraire dans sa demande de divorce initiée aux Etats-Unis, précisant avoir un emploi rémunéré et pourvoir à son propre entretien.
Il verse de nouvelles pièces à la procédure (n. 162bis à 167).
f.
Les parties ont été avisées le 10 juin 2013 de la mise en délibération de la cause.
g.
Le 26 septembre 2013, A_ a remis à la Cour de céans ses décomptes d'indemnités de chômage des mois de juin à août 2013.
h.
A_ a fait part, le 28 octobre 2013, part à la Cour de céans de faits nouveaux.
i.
Le 28 octobre 2013, B_ a requis la restitution de l'effet suspensif à l'appel interjeté contre le jugement querellé.
j.
Par pli du 30 octobre 201, A_ a informé la Cour de justice de ce que C_ était revenu à Genève avec lui le même jour.
k.
Par détermination du 2 novembre 2013, A_ s'est opposé à la suspension du caractère exécutoire du jugement entrepris.
C.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure :
a.
Les époux A_, né le _1972, de nationalité britannique, et B_, née le _ 1968, de nationalité iranienne et suisse, ont contracté mariage le _ 2009 à Genève.
De cette union est issu l'enfant C_, né le _2009 à Genève, de nationalité suisse (Zurich).
A la suite d'importantes difficultés, les époux se sont séparés lors de l'été 2010.
b.
Le 1
er
juin 2010, A_ a déposé une requête en mesures protectrices de l'union conjugale avec mesures préprovisoires urgentes auprès du Tribunal de première instance visant à obtenir l'interdiction pour B_ de sortir du territoire suisse avec leur fils C_ (cause C/12316/2010).
Après audition des parties et compte tenu de leur accord, le Tribunal de première instance a rendu, le 30 juin 2010, une ordonnance sur mesures préprovisoires urgentes, donnant acte à B_ de ce qu'elle s'engage à ne pas quitter le territoire suisse avec C_ sans l'accord de son père et ce jusqu'à l'audience de comparution personnelle des parties.
c.
Le 11 août 2010, B_ a, à son tour, saisi le Tribunal de première instance d'une requête en mesures préprovisoires urgentes et en prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale (cause C/18000/2010).
Sur mesures préprovisoires, elle a conclu à l'attribution en sa faveur de la jouissance exclusive du domicile conjugal et à ce que A_ soit condamné à lui verser, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, dès le 1
er
juillet 2010, la somme de 8'500 fr. à titre de contribution à l'entretien de la famille. Sur le fond, elle a pris les mêmes conclusions et a requis l'attribution en sa faveur de la garde de C_.
Elle a fait état de 16'158 fr. 50 de revenus de A_ et de charges de ce dernier de 2'936 fr. 90; s'agissant de sa situation financière, elle a indiqué avoir réalisé un bénéfice net de 51'864 fr. 89 pour l'année 2009 dans le cadre de son activité de physiothérapeute indépendante; selon un bilan intermédiaire établi au 5 août 2010, elle subissait une perte de 9'054 fr. 05. Au titre de charges, elle a indiqué 3'375 fr. de loyer, 51 fr. 25 d'assurance RC ménage, 599 fr. d'assurance maladie, 70 fr. de frais de transport et le montant de base OP de 1'350 fr. Quant aux charges de C_, elles comprenaient 89 fr. 40 d'assurance-maladie, 45 fr. de frais de transport, 150 fr. de frais médicaux estimés non couverts par l'assurance, 1'408 fr. de frais de garde, 80 fr. de baby-sitting et 400 fr. de minimum vital.
d.
Lors de l'audience de comparution personnelle des parties du 13 septembre 2010, B_ n'était pas présente : elle était partie en voyage avec C_ chez sa sœur aux États-Unis, sans l'accord du père.
e.
Par jugement sur mesures protectrices du 4 octobre 2010, rendu d'entente entre les parties dans la cause C/12316/2010, le Tribunal de première instance a autorisé les époux à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué la jouissance du domicile conjugal à B_ (ch. 2), attribué la garde de C_ à B_ (ch. 3), réservé un droit de visite à A_ sur l'enfant de deux après-midi chaque week-end à élargir à un week-end sur deux en accord avec le curateur (ch. 4), ordonné l'instauration d'une curatelle de surveillance de l'exercice du droit de visite et transmis la cause au Tribunal tutélaire en vue désigner le curateur (ch. 5), donné acte à A_ de son engagement à verser à B_ une contribution mensuelle à l'entretien de la famille de 6'500 fr., dès le 1
er
octobre 2010, puis de 5'000 fr. dès octobre 2011 (ch. 6), prononcé les mesures pour une durée indéterminée (ch. 7), compensé les dépens (ch. 8), condamné les parties à respecter les dispositions du jugement (ch. 9) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 10).
Le Tribunal a indiqué que l'accord conclu entre les parties tenait équitablement compte des droits et des obligations réciproques des parties découlant de leur mariage et de leur situation respectives telles qu'exposées.
f.
La curatrice, juriste titulaire de mandats au Service de protection des mineurs (SPMi), a été nommée le 21 octobre 2010.
Le droit de visite du père a été fixé le samedi et le dimanche, de 13h à 18h.
Pendant plusieurs semaines, ce droit de visite n'a pu être exercé qu'une seule fois par le père. La mère a indiqué à cet égard que le père n'était pas équipé pour recevoir l'enfant, - alors qu'une assistante sociale du SPMi avait pourtant confirmé que tout était en ordre -, et que le rythme de l'enfant était perturbé par les horaires de visite imposés; en particulier elle indiquait qu'à 13h, l'enfant faisant sa sieste, et que le lieu de passage posait problème : le père souhaitait un lieu de passage public, alors que la mère souhaitait que le lieu de passage se situe en bas de son immeuble.
Le 5 novembre 2010, le SPMi a rappelé aux parents de C_ les horaires de visite (samedi et dimanche de 13h à 18h) et le lieu de passage dans un lieu public, soit au Starbucks Café, à Plainpalais.
Le 29 novembre 2010, le Ministère public a invité B_ à respecter le droit de visite du père.
g.a.
Le 1
er
décembre 2010, le Tribunal tutélaire a été saisi par A_ d'une demande de mesures de protection de l'enfant afin de faire respecter le droit de visite instauré par le Tribunal de première instance.
Dans ce cadre, le 1
er
février 2011, B_ a exposé au Tribunal tutélaire, devenu le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le TPAE), qu'une suspicion d'autisme et de retard mental chez C_ était posée, que des rendez-vous médicaux étaient prévus et que selon le pédiatre consulté «il ne fallait changer ni le rythme ni les habitudes de C_»; elle souhaitait dès lors que les horaires des visites soient revus.
Par ordonnance du 2 février 2011, le TPAE, a modifié le droit de visite du père aux samedi et dimanche après-midis de 16h à 19h durant deux semaines en attendant la réception du rapport de la Dresse E_ et il a ordonné une expertise psychiatrique de la famille.
g.b.
Il ressort du certificat établi par la Dresse E_ le 22 février 2011 que C_ souffrait d'un trouble de type autistique avec un retard psychomoteur léger. Cette affection pouvant induire des intolérances aux changements dans son environnement et se répercuter sur ses besoins physiologiques (nourriture et sommeil en l'espèce), la Dresse E_ a proposé aux parents de respecter le plus possible les rythmes de l'enfant. Elle a estimé en outre nécessaire d'instaurer un suivi par un thérapeute spécialisé avec pour objectif de
«soulager la mère dans sa difficulté à alimenter C_ et permettre à ce dernier de manger et dormir chez son père lors des droits de visite
».
Le 17 mars 2011, la Dresse F_, responsable du Centre de consultation spécialisée en autisme auprès de l'Office médico-pédagogique, a rendu un rapport de bilan psychologique concernant C_. Elle a confirmé que l'enfant présentait des troubles du spectre autistique (TSA) et elle recommandait de faire un nouveau bilan à l'âge de 3 ans. Elle a également précisé que C_ présentait des altérations de la communication, des interactions sociales et du comportement. Elle préconisait également une prise en charge précoce, intensive et ciblée pour les enfants atteints de tels troubles (15 heures par semaine).
g.c.
Par ordonnance du 7 avril 2011, le TPAE a confirmé le droit de visite régulier du père le samedi et le dimanche, de 13h à 18h, avec un passage de l'enfant par la nounou en bas de l'immeuble de B_.
h.
En avril 2011 A_ a sollicité et obtenu de son employeur de pouvoir réduire son taux d'activité à 80% afin de prendre en charge et soutenir son fils en l'accompagnant à un centre spécialisé.
i.
B_ a sollicité et obtenu une autorisation de séjour ESTA, lui permettant de se rendre aux États-Unis pour une durée de 90 jours au maximum.
B_ s'est ainsi rendue aux États-Unis à mi-avril 2011 pour y passer des vacances. Elle a informé son époux par courrier du 27 avril 2011 qu'elle partait quelque temps en vacances pour se reposer. L'avocat de B_ a confirmé à A_ que sa cliente se trouvait en vacances aux États-Unis par courrier du 11 mai 2011.
La section des visas à Berne a confirmé, le 1
er
septembre 2011, que B_ n'avait pas fait de demande de visa, ni pour elle-même ni pour C_.
j.
Par courrier du 17 mai 2011, l'Office médico-pédagogique a informé le Tribunal tutélaire de ce qu'il lui serait difficile de rendre un rapport dans le meilleur délai comme demandé, la mère et l'enfant ayant quitté la Suisse pour des vacances.
k.
Par requête déposée auprès du Tribunal de première instance le 17 juin 2011, A_ a sollicité des modifications des mesures protectrices de l'union conjugale dans le cadre de la présente cause.
Il a conclu à ce que le Tribunal lui attribue la garde exclusive de C_, ainsi que l'autorité parentale, réserve à B_ un droit de visite sur C_, ordonne l'instauration d'une curatelle de surveillance du droit de visite, ordonne le dépôt des papiers d'identité de l'enfant en ses mains ou de celles du curateur, condamne B_ à verser une contribution pour l'enfant et à ce que le Tribunal constate que B_ n'avait droit à aucune pension en sa faveur.
A_ a, notamment, indiqué avoir été empêché par son épouse d'exercer son droit de visite convenu sur C_, malgré des injonctions dans ce sens du Service de protection des mineurs et du TPAE. Il n'avait ainsi plus vu son fils depuis le 2 avril 2011.
l.
A la suite d'une plainte déposée par A_ notamment pour enlèvement d'enfant, la Police judiciaire a établi un rapport de renseignements le 7 juillet 2011. Les services de police se sont entretenus téléphoniquement avec B_ le 17 juin 2011. Celle-ci leur a expliqué qu'elle avait rendu visite à sa sœur aux États-Unis, puis visité le pays et qu'elle était retournée auprès de sa sœur afin de l'assister dans le cadre de son accouchement. B_ avait déclaré qu'elle envisageait de revenir en Suisse à la fin de l'été et qu'elle prendrait contact avec son avocat dès son retour.
Il résulte également de l'enquête effectuée par la police que B_ avait exercé une activité d'ostéopathe à Genève et sous-loué, pour ce faire, une partie d'arcade depuis le mois de février 2010. Elle avait résilié ce contrat de sous-location pour la fin du mois de mai 2011. Le bail de son appartement avait été résilié par la régie pour le 31 juillet 2011 en raison d'un retard de paiement de loyer de trois mois et en l'absence de dépôt d'une garantie de loyer suite au changement du détenteur du bail. B_ avait annoncé à la Poste le 24 avril 2011 que son adresse serait à l’avenir celle de son avocat.
m.
L'expertise ordonnée par le TPAE a été rendue le 7 juillet 2011 par le Centre universitaire romand de Médecine légale.
Les experts ont considéré que, faute de modification dans les six mois de la relation de B_ avec C_, l'attribution de la garde de celui-ci à son père serait recommandée. En l'état, une curatelle d'assistance éducative ainsi qu'un suivi psychologique, tant de la mère que de l'enfant, étaient conseillés.
Ils ont constaté que B_ souffrait de troubles de la personnalité qui ne lui permettaient pas de voir son enfant tel qu'il était dans la réalité, à savoir un enfant avec des besoins propres. Il s'ensuivait que les démarches et décisions qu'elle prenait n'étaient souvent pas en lien avec la réalité de l'enfant et ne servaient donc pas toujours l'intérêt de ce dernier. Ils ont relevé que la relation entre B_ et son fils C_ comportait certains dangers pour l'évolution de l'enfant qui pourraient aller en s'aggravant (rapport d'expertise p. 49).
Les experts sont arrivés à la constatation que A_ ne souffrait pas de troubles psychiques, qu'il était bien ancré dans la réalité et qu'il voyait son fils tel qu'il était. A_ était tout-à-fait à même de répondre aux besoins de son fils tant sur le plan physique que psychologique (rapport d'expertise p. 49).
Ils ont relevé que B_ était trop centrée sur sa propre problématique et ses propres angoisses pour être capable de voir et répondre aux besoins réels de son fils. Sur le plan physique, elle lui imposait un protocole d'alimentation strict qui ne prenait pas en compte la faim de l'enfant. Le rapport à la nourriture entre B_ et C_ n'était pas cohérent. B_ changeant régulièrement de médecin ("tourisme médical"), il existait un risque que C_ subisse des traitements inappropriés ou répétitifs par manque d'information que la mère pourrait donner aux médecins. Sur le plan psychologique, C_ était l'objet des projections maternelles, ses difficultés propres n'étant ni entendues ni reconnues par B_ et n'étant en conséquence pas traitées (rapport d'expertise p. 49).
Les experts ont encore souligné qu'une obstruction au droit de visite du père était préjudiciable pour l'enfant. La présence du père était d'autant plus importante dans cette situation où l'enfant était investi de façon symbiotique par la mère (rapport d'expertise p. 50).
Sur le plan physique, les analyses effectuées n'avaient mis en lumière aucun trouble gastrique chez C_. Sur le plan psychologique, le Centre de consultation en autisme avait détecté un trouble envahissant du développement. Les experts n'excluaient pas cette hypothèse, des investigations complémentaires devaient encore être faites. Ils ont souligné que B_ refusait la prise en charge des troubles psychologiques de C_ (rapport d'expertise p. 50).
A_ était conscient de ces troubles et il proposait de diminuer son temps de travail et de prendre en charge les trajets de l'enfant pour son traitement (rapport d'expertise p. 50).
Les experts ont également indiqué que B_ ne pouvait assumer une autorité parentale complète; une curatelle éducative, voire de soins, était nécessaire (rapport d'expertise p. 50).
En ce qui concernait le droit de garde de C_ par B_, en l'état actuel des choses, ils ne pensaient pas que cette dernière soit adéquate pour assurer le bien-être de son fils. En effet, B_ n'avait montré aucune adéquation concernant les soins de base de son fils C_, tant sur le plan alimentaire que sur le plan du respect des rythmes de l'enfant et de ses besoins fondamentaux. Elle n'avait en outre aucune cohérence dans les traitements de C_. Il y avait des risques que B_ amène des traitements non-nécessaires pour l'enfant. Elle refusait par ailleurs des traitements fortement recommandés par les professionnels (rapport d'expertise p. 51).
Pour donner une chance à B_ et au vu de l'âge de l'enfant, un délai de six mois devait lui être donné pour modifier la situation. Sans changements importants de la part de B_, les experts ne pensaient pas raisonnable pour l'avenir de C_ de le laisser auprès de sa mère.
Le père était capable d'exercer l'autorité parentale et si la mère persistait à se montrer défaillante, le père serait ainsi capable d'exercer la garde de son fils (rapport d'expertise p. 51).
Une curatelle d'assistance éducative permettant de veiller sur les prises en charge médicale et psychologique de C_ était fortement recommandée; un suivi psychologique de C_ était primordial pour aider l'enfant à bien évoluer. Il était par ailleurs fortement recommandé à B_ de se faire aider sur le plan psychologique, pour lui permettre d'évoluer et pour favoriser une évolution de sa relation avec son enfant (rapport d'expertise p. 51).
n.
Le 19 juillet 2011, le TPAE a indiqué au conseil de B_ que plusieurs éléments du dossier laissaient à penser que celle-ci n'était pas en état de s'occuper correctement de C_.
Il a, pour tenir compte de l'intérêt de l'enfant, invité fermement B_ à revenir en Suisse pour qu'elle puise être entendue et que des mesures puissent être prises rapidement.
o.
Par courriel à son avocat du 19 août 2011, B_ a exposé que C_ vivait aux États-Unis dans une grande maison avec un jardin. Elle a indiqué que l'enfant était suivi médicalement pour ses troubles alimentaires.
p.
Le 1
er
septembre 2011, B_ a obtenu à Ottawa (Canada) un visa américain de type B1/B2, pour elle et pour C_.
Le visa B1 est accordé pour des visites d'affaires et le visa B2 pour le tourisme, le bien-être et les traitements médicaux.
Le visa B1/B2 permet un séjour d'une durée limitée par année, pendant sa durée de validité (in casu jusqu'au 29 août 2021).
Pour obtenir ce visa, les demandeurs doivent fournir des explications sur le but du séjour, démontrer qu'ils vont séjourner aux États-Unis durant une période spécifique et limitée, prouver qu'ils disposent des fonds nécessaires pour couvrir leurs dépenses pendant le séjour, et qu'ils ont un domicile en dehors des États-Unis ainsi que d'autres liens donnant l'assurance qu'ils retourneront chez eux à la fin de leur visite des États-Unis.
q.
Le 16 septembre 2011, le Service de protection des mineurs s'est adressé au TPAE. Il a indiqué avoir été mandaté pour l'exercice d'une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles. Les droits de visite entre A_ et son fils C_, devant avoir lieu chaque samedi et dimanche après-midi, n'avaient jamais pu se mettre en place entièrement.
Il avait par ailleurs été informé des problèmes de santé de C_, nécessitant rapidement une prise en charge médicale importante. Alors qu'une place dans un centre spécialisé en autisme avait été trouvée pour C_ à Genève, B_ n'y avait pas donné suite. Le SPMi a constaté que sur le plan médico-social, la prise en charge de l'enfant dans une institution spécialisée était possible. Il a souligné qu'en quittant Genève avec son fils, B_ avait mis ce dernier en danger.
r.
Exposant que B_ avait été vue à Genève le 21 septembre 2011, A_ a sollicité du Tribunal de première instance des mesures superprovisionnelles, dans le cadre de la présente procédure de modification des mesures protectrices de l'union conjugale.
Par ordonnance sur mesures superprovisionnelles du 23 septembre 2011 (
OTPI/1053/2011

## Considerations