# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d54c48f5-5b25-565c-a122-2d1e4c113681
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par jugement
JTPI/10815/2018
du 4 juillet 2018, expédié pour notification aux parties le même jour, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment ordonné à A_ de libérer de sa personne et de ses biens personnels, ainsi que de son mobilier, le domicile conjugal, sis _ à _ [GE], d'ici au 31 octobre 2018 (ch. 3 du dispositif);
Qu'en substance, le Tribunal a retenu que les parties s'étaient accordées sur l'attribution de la jouissance exclusive du logement conjugal à B_; qu'il a accordé un délai de quatre mois à A_ pour quitter ledit logement, soit au plus tard le 31 octobre 2018;
Que, par acte déposé le 16 juillet 2018 au greffe de la Cour de justice, A_ a formé appel contre les chiffres 3 à 6 du dispositif de ladite décision;
Qu'il a conclu à titre superprovisionnel à la condamnation de son épouse à lui verser 1'900 fr. par mois à titre de contribution à son entretien dès le dépôt de l'appel;
Que, par arrêt
ACJC/972/2018
du 17 juillet 2018, la Cour a rejeté ladite requête de mesures superprovisionnelles;
Qu'il a préalablement conclu à la suspension du caractère exécutoire du chiffre 3 du dispositif du jugement; qu'il a fait valoir ne pas être en mesure de quitter l'appartement dans le délai fixé, compte tenu de son état de santé et de son absence de revenus;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a, par écritures du 23 juillet 2018, conclu au rejet de la demande d'effet suspensif;
Que les parties ont été avisées par pli du greffe du 24 juillet 2018 de ce que la cause était gardée à juger sur effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que les mesures protectrices de l'union conjugale constituent des mesures provisionnelles au sens de l'art. 315 al. 4 let. b et al. 5 CPC (ATF
137 III 478
consid. 4.1 et les nombreuses références);
Que la Présidente de la Chambre civile a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'il appartient donc à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Qu'en l'espèce, il ressort des explications des parties que l'atmosphère est délétère dans le logement, que les relations entre les parties sont tendues, ce qui rend peu adéquate la continuation de la cohabitation pour les parties, mais surtout pour leur enfant certes majeur, qu'il convient de préserver du conflit parental;
Qu'il ne peut être considéré, prima facie, que l'appel est manifestement bien fondé en tant qu'il porte sur l'octroi d'un délai plus long à l'appelant pour quitter le domicile conjugal;
Que la requête tendant à la suspension du caractère exécutoire du ch. 3 du dispositif du jugement attaqué sera dès lors rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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