# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ae9c614f-dcfd-5d61-b9e6-fcc2bd02841a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par requête formée le 3 octobre 2019 devant le Tribunal de première instance, dirigée contre A_, domiciliée en France, l'ETAT DE GENEVE a requis le séquestre du salaire et de toutes autres rétributions versés à celle-ci par son employeur, B_ SA, route 1_ [no.] _ à Genève.
Il a fait valoir des créances d'arriérés d'impôts de respectivement 235 fr. plus intérêts à 5% dès le 3 octobre 2019 et 2'626 fr. 75, plus intérêts dès la même date, ainsi que 15 fr. 70 et 104 fr. 05 d'intérêts, sous suite de frais, résultant des bordereaux d'impôts à la source employés des années 2013 à 2018.
Il a allégué que A_ était employée salariée de B_ SA, à Genève, soumise à la taxation à la source en raison de son domicile en France voisine.
Il a produit notamment les pièces suivantes :
- un extrait du registre "C_" de l'Office cantonal de la population;
- un relevé de retenue de l'impôt à la source du 26 mars 2019;
- un bordereau d'impôt à la source 2012, taxe personnelle, du 12 février 2013, de 25 fr., portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- une sommation concernant le bordereau d'impôt 2012, du 1
er
décembre 2014, d'un montant y compris les intérêts et frais de sommation, de 46 fr. 30;
- un bordereau de renotification d'impôt à la source 2013, taxe personnelle, du 15 avril 2015, de 25 fr., portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- une sommation concernant le bordereau d'impôt 2013 du 29 octobre 2018, d'un montant y compris intérêts et frais de sommation de 47 fr. 40;
- un bordereau d'impôt à la source 2014, taxe personnelle, du 15 avril 2015, de 25 fr., portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- une sommation concernant le bordereau d'impôt 2014 du 29 octobre 2018, d'un montant y compris intérêts et frais de sommation de 47 fr. 40;
- un bordereau d'impôt à la source 2015, taxe personnelle, du 12 février 2019, de 25 fr., portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- un bordereau d'impôt à la source 2016 taxe personnelle, du 12 février 2019, de 25 fr., portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- un bordereau d'impôt à la source 2017, taxe personnelle, du 12 février 2019, de 25 fr., portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- un bordereau d'impôt à la source 2018, taxe personnelle, du 12 février 2019, de 25 fr., portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- un bordereau d'impôt à la source employés 2016, impôts cantonaux, communaux et fédéral direct, portant sur la période 2016, établi le 20 février 2018, d'un montant de 2'606 fr. 75 (2'684 fr. 75 sous déduction de 78 fr.), portant la mention du 3 octobre 2019 de ce qu'il vaut jugement exécutoire, aucune réclamation n'ayant été formée dans les 30 jours dès sa notification;
- une sommation du 29 mai 2018, d'un montant y compris les intérêts, de 2'639 fr. 20;
B.
Par ordonnance SQ/999/2019 du 4 octobre 2019, reçue le 8 octobre suivant par l'ETAT DE GENEVE, le Tribunal a déclaré irrecevable la requête de séquestre (ch. 1 du dispositif) et arrêté à 200 fr. les frais judiciaires, mis à la charge du précité (ch. 2 et 3).
Le Tribunal a considéré que l'ETAT DE GENEVE n'avait pas rendu vraisemblable que l'employeur de A_ était B_ SA, le relevé de retenue de l'impôt à la source produit étant un document confectionné par ses soins et dénué de toute force probante. L'existence d'un for à Genève n'avait ainsi pas été rendu vraisemblable.
C.
Par acte expédié à la Cour de justice le 17 octobre 2019, l'ETAT DE GENEVE a formé recours contre ladite ordonnance, dont il a requis l'annulation. Il a conclu à ce que la Cour ordonne, principalement, le séquestre requis, les frais et dépens devant être mis à la charge de A_ et, subsidiairement, le renvoi de la cause au Tribunal pour nouvelle décision dans le sens des considérants.

## Considerations

EN DROIT
1. 1.1
En matière de séquestre, la procédure sommaire est applicable (art. 251 let. a CPC).
Contre une décision refusant un séquestre, qui est une décision finale en tant qu'elle met fin à l'instance d'un point de vue procédural, seul le recours est ouvert (art. 309 let. b ch. 6 et 319 let. a CPC; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
du 28 août 2012 consid. 3.2; Hohl, Procédure civile, tome II, 2ème éd., 2010, n. 1646), dont les griefs recevables sont la violation du droit et la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC).
1.2
Le recours, écrit et motivé, doit être formé dans un délai de dix jours à compter de la notification de la décision (art. 321 al. 1 et 2 CPC).
Déposé selon la forme et le délai prescrits, le recours est recevable.
2. 2.1
Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'instance de recours examine les questions de droit avec le même pouvoir d'examen que l'instance précédente, y compris en ce qui concerne l'appréciation des preuves administrées (art. 157 CPC) et l'application du degré de preuve (cf. Jeandin, in Commentaire romand, Code de procédure civile, 2
ème
éd. 2019, n. 2 ad art. 321 CPC; Message du Conseil fédéral du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse (CPC), FF 2006 6841, p. 6984).
2.2
La procédure de séquestre est soumise dans toutes ses phases à la maxime de disposition et à la maxime des débats (art. 58 al. 2 CPC; art. 255 CPC a contrario).
2.3
Au stade de la requête et de l'ordonnance de séquestre, la procédure est unilatérale et le débiteur n'est pas entendu (art. 272 LP; ATF
133 III 589
consid.1; Hohl, op. cit., n. 1637 p. 299).
Dans le cadre du recours contre l'ordonnance de refus de séquestre, la procédure conserve ce caractère unilatéral, car, pour assurer son efficacité, le séquestre doit être exécuté à l'improviste; partant, il n'y a pas lieu d'inviter A_ à présenter ses observations, ce qui ne constitue pas une violation de son droit d'être entendu (ATF
107 III 29
consid. 2 et 3; arrêt du Tribunal fédéral
5A_344/2010
du 8 juin 2010 consid. 5, in RSPC 2010 p. 400, et
5A_279/2010
du 24 juin 2010 consid. 4).
L'art. 322 CPC est par conséquent inapplicable dans un tel cas.
3.
Le recourant fait grief au Tribunal d'avoir retenu à tort qu'il n'avait pas rendu vraisemblable l'existence de sa créance et ainsi l'absence de for de séquestre à Genève.
3.1
Le créancier d'une dette échue et non garantie par gage peut requérir le séquestre des biens du débiteur qui se trouvent en Suisse, lorsqu'il possède contre celui-ci un titre de mainlevée définitive (art. 271 al. 1 ch. 6 LP), soit notamment un jugement exécutoire (cf. art. 80 al. 1 LP).
Aux termes de l'art. 80 al. 1 LP, le créancier qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition.
Sont assimilées à des jugements les décisions des autorités administratives suisses (art. 80 al. 2 ch. 2 LP), soit une autorité de la Confédération ou une autorité cantonale.
Selon l'art. 36 al. 4 de la loi relative à la perception et aux garanties des impôts des personnes physiques et des personnes morales (LPGIP -
D 3 18
) (exécution forcée), dans la procédure de poursuite, les décisions et prononcés des autorités fiscales, qui sont entrés en force, sont assimilés à des jugements exécutoires au sens de l'article 80 LP.
Est exécutoire au sens de l'art. 80 LP le prononcé qui a non seulement force exécutoire, mais également force de chose jugée (formelle Rechtskraft; ATF
113 III 6
consid. 1b, p. 9;
105 III 43
consid. 2a, in JdT 1980 p. 117), c'est-à-dire qui est devenu définitif, parce qu'il ne peut plus être attaqué par voie de recours ordinaire qui, de par la loi, a un effet suspensif (arrêt du Tribunal fédéral
5P_405/2004
du 22 février 2005 consid. 3; Staehelin, in Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, 2010, n. 7 ad art. 80 LP).
La force de chose jugée doit résulter du titre ou d'un document qui s'y réfère. Le jugement ne remplit pas cette condition s'il a été rendu avec effet suspensif, s'il est conditionnel, si la dette n'est pas exigible, s'il n'a pas été régulièrement notifié (Schmidt, Commentaire romand LP, Bâle, 2005, n. 3 ad art. 80 LP et jurisprudence citée).
3.2
Le séquestre est une mesure conservatoire urgente, qui a pour but d'éviter que le débiteur ne dispose de ses biens pour les soustraire à la poursuite pendante ou future de son créancier (ATF
133 III 589
consid. 1;
116 III 111
consid. 3a;
107 III 33
consid. 2). Le juge du séquestre statue en procédure sommaire (art. 251 let. a CPC), sans entendre préalablement le débiteur (ATF
133 III 589
consid. 1;
107 III 29
consid. 2), en se basant sur la simple vraisemblance des faits (ATF
138 III 232
consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_870/2010
du 15 mars 2011 consid. 3.2; sur la simple vraisemblance en général, cf. ATF
130 III 321
consid. 3.3) et après un examen sommaire du droit (ATF
138 III 232
consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
28 août 2012 consid. 3.1).
Le séquestre est ordonné, entre autres exigences, si le créancier a rendu vraisemblable l'existence de biens appartenant au débiteur (art. 272 al. 1 ch. 3 LP). Afin d'éviter tout séquestre investigatoire, le requérant doit rendre vraisemblable le lieu où sont localisés les droits patrimoniaux à séquestrer ou du tiers débiteur ou détenteur (arrêts du Tribunal fédéral
5A_307/2012
du 11 avril 2013 consid. 3.3.2;
5A_402/2008
du 15 décembre 2008 consid. 3.1; Gillieron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, vol. IV, n. 54 ad art. 272 LP; Stoffel, in Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs II, 2ème éd. 2010, n. 29 ad art. 272 LP; Reeb, Les mesures provisoires dans la procédure de poursuite, in RDS 1997/2 p. 421ss, p. 464). Il est admis qu'un séquestre soit ordonné et exécuté sur des biens désignés par leur genre seulement, à la condition toutefois que l'ordonnance indique leur lieu de situation ou la personne qui les détient (ATF
142 III 291
consid. 5.1;
130 III 579
consid. 2.2.4; arrêts du Tribunal fédéral
5A_402/2008
du 15 décembre 2008 consid. 3.1, in SJ 2009 I p. 301;
7B_207/2005
du 29 novembre 2005 consid. 2.3.4, in Pra 2006 n° 45 p. 331;
5A_925/2012
du 5 avril 2013 consid. 4.3). On parle alors de séquestre générique ("Gattungsarrest").
Les créances sont désignées par l'indication du nom et de l'adresse du créancier (qui est le débiteur séquestré) ou du tiers débiteur (souvent une banque) et par des renseignements plausibles sur leurs relations (Stoffel/Chabloz, in Commentaire romand de la LP, 2015, n. 24 ad art. 272 LP).
Le lieu de situation d'une créance en argent non incorporée dans un papier-valeur est au domicile de son titulaire (art. 74 al. 2 ch. 1 CO). Le juge compétent pour prononcer le séquestre d'une créance est donc celui du domicile suisse du créancier. Si celui-ci est domicilié à l'étranger, la créance est réputée être située au domicile ou à l'établissement du tiers débiteur en Suisse. Le séquestre doit donc être requis auprès du juge du lieu de domicile ou du siège du débiteur de la créance à séquestrer (ATF
107 III 147
; ATF
128 III 473
; Stoffel/Chabloz, op. cit., § 8, p. 261, n. 78; Gillieron, op. cit., p. 520. n. 2218).
Par ailleurs, seuls les biens patrimoniaux qui pourront par la suite être réalisés peuvent être l'objet d'un séquestre. Comme cela découle de l'art. 275 LP, les biens séquestrés doivent être saisissables au sens des art. 92 ss LP. Appartiennent à cette catégorie les biens corporels (immeubles, meubles, papiers-valeurs) ainsi que les créances et biens immatériels qui présentent une valeur patrimoniale. Un séquestre peut également porter sur des biens du débiteur qui se trouvent en mains de l'Office des poursuites (Stoffel, in Basler Kommentar, SchKG II, 2010, n. 46 ad art. 271 LP; Stoffel/Chabloz, op. cit., n. 36 ad art. 271 LP).
Pour admettre la simple vraisemblance des faits, il suffit que, se fondant sur des éléments objectifs, le juge ait l'impression que les faits pertinents se sont produits, mais sans qu'il doive exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés autrement (ATF
132 III 715
consid. 3.1;
130 III 321
consid. 3.3; arrêts du Tribunal fédéral
5A_877/2011
du 5 mars 2012 consid. 2.1;
5A_870/2010
du 15 mars 2011 consid. 3.2).
En relation avec la vraisemblance de l'existence d'une créance, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de relever que si les conditions posées au degré de vraisemblance ne doivent pas être trop élevées, un début de preuve doit cependant exister. Le créancier séquestrant doit alléguer les faits et, pratiquement, produire une pièce ou un ensemble de pièces qui permettent au juge du séquestre d'acquérir, sur le plan de la simple vraisemblance, la conviction que la prétention existe pour le montant énoncé et qu'elle est exigible (arrêt du Tribunal fédéral
5A_877/2011
du 5 mars 2012 consid. 2.1).
3.3
Selon l'art. 7 de la loi cantonale sur l'imposition à la source des personnes physiques et morales (LISP -
D 3 20
) les travailleurs, y compris les enfants mineurs, qui, sans être domiciliés ni en séjour en Suisse, exercent une activité lucrative dépendante, sont soumis à l'impôt à la source sur le revenu de leur activité conformément aux articles 2 à 4. En sont exclus les revenus soumis à l'imposition selon l'article 44 de la loi sur l'imposition des personnes physiques, du 27 septembre 2009
A teneur de l'art. 18 al. 1 LISP, le débiteur de la prestation imposable (l'employeur) a l'obligation de retenir l'impôt dû à l'échéance des prestations en espèces et de prélever auprès du contribuable l'impôt dû sur les autres prestations (notamment les prestations en nature et en pourboires) (let. a), de remettre au contribuable un relevé ou une attestation indiquant le montant de l'impôt retenu (let. b) et de verser périodiquement les impôts à l'autorité fiscale compétente, d'établir à son intention les relevés y relatifs et de lui permettre de consulter tous les documents utiles au contrôle de la perception de l'impôt (let. c).
Le débiteur de la prestation imposable est responsable du paiement de l'impôt à la source (art. 18 al. 3 LISP).
L'art. 18A LISP prévoit que les listes récapitulatives établies par les débiteurs de prestations imposables (cf. l'article 18, alinéa 1 let. c), font l'objet de factures établies par le département. Ces factures sont assimilées à des décisions de taxation.
Selon l'art. 21 al. 2 LISP, le contribuable peut être contraint par le département de verser ultérieurement l'impôt dû lorsqu'il n'a pas été prélevé sur la prestation imposable, ou l'a été de manière insuffisante.
L'art. 21D LISP renvoie à l'art. 36 LPGIP s'agissant de l'exécution forcée.
A teneur de l'art. 7 al. 3 et 4 du Règlement d'application de la loi sur l'imposition à la source des personnes physiques et morales (RISP -
D 3 20.01
) le débiteur de la prestation imposable a l'obligation de vérifier la situation du contribuable au moyen de pièces officielles, sur la base d'une déclaration pour le prélèvement de l'impôt à la source que le contribuable doit remplir. Le débiteur de la prestation doit établir la liste récapitulative de toutes les retenues effectuées durant l'année et la remettre au département jusqu'à la fin du mois de janvier de l'année suivante au plus tard.
Chaque année, la Direction générale de l'Administration fiscale cantonale établit des directives sur l'impôt à la source, accessibles sur le site internet de l'Etat de Genève (https://www.ge.ch/document/directives-concernant-imposition-source). Selon l'art. 6.5 desdites directives, le débiteur de la prestation imposable (DIP) doit remettre en fin d'année, au plus tard au 31 janvier de l'année suivante, les données relatives aux contribuables imposés à la source, ainsi que les retenues effectuées durant toute l'année.
Quatre possibilités sont offertes au DPI pour la remise des listes récapitulatives :
- saisie directement sur internet des données des employés assujettis à l'impôt à la source (ISeL);
- transmission par internet d'un fichier contenant les données relatives aux contribuables assujettis à l'impôt à la source (ISeL);
- décompte électronique de l'impôt à la source par Swissdec ELM-QST;
- remise des formulaires "pré-casés" officiels délivrés par l'AFC (formulaire récapitulatif et attestation-quittance).
3.4
En l'espèce, les conditions pour prononcer un séquestre fondé sur l'art. 271 al. 1 ch. 6 LP sont remplies. En effet, le recourant se fonde sur plusieurs bordereaux d'impôt à la source, lesquels n'ont pas fait l'objet d'une réclamation, de sorte qu'ils sont définitifs. Ils sont ainsi assimilés à des jugements exécutoires.
Contrairement à ce qu'a retenu le Tribunal, le recourant a rendu vraisemblable l'existence de biens à séquestrer appartenant au débiteur, ainsi que la localisation de ceux-ci. En effet, le recourant a versé à la procédure un relevé de retenue de l'impôt à la source, certes sur papier à l'en-tête de l'Etat de Genève, Département des finances et des ressources humaines, document qui a toutefois été rempli par le débiteur de la prestation imposable, soit B_ SA, employeur de A_. Dès lors, il ne s'agit pas d'un titre confectionné par le recourant, mais d'une pièce imprimée sur la base des informations transmises par B_ SA. Ce document suffit à rendre vraisemblable l'existence d'une créance, en l'occurrence de salaire de la précitée, ainsi que la localisation de ladite créance, à l'établissement du tiers débiteur en Suisse, en l'espèce à Genève.
Le recours sera dès lors admis et l'ordonnance attaquée sera annulée.
3.5
Dans la mesure où la cause est en état d'être jugée (art. 327 al. 3 let. b CPC), le séquestre du salaire et de toutes autres rétributions versés à A_ en mains de B_ SA sera ordonné.
Toutes les indications prévues par l'art. 274 al. 2 LP et le formulaire 45 "ordonnance de séquestre" figurent dans la présente décision, étant souligné que l'utilisation du formulaire précité n'est pas obligatoire pour les autorités cantonales (art. 2 al. 3 Oform).
4. 4.1
Lorsque l'instance de recours rend une nouvelle décision, elle se prononce sur les frais de première instance (art. 318 al. 3 CPC par analogie; JEANDIN, Commentaire romand, Code de de procédure civile, 2
ème
éd., 2019, n. 9 ad art. 327 CPC).
Le montant des frais judiciaires de première instance sera arrêté à 200 fr., en conformité avec l'art. 48 de l'Ordonnance sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (OELP).
Compte tenu du caractère unilatéral de la procédure d'autorisation de séquestre, le débiteur ne peut être assimilé à une partie qui succombe au sens de l'art. 106 al. 1 CPC (arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
du 28 août 2012 consid. 3.1 et
5A_344/2010
du 8 juin 2010 consid. 5). Cela étant, dans la mesure où le recourant obtient gain de cause sur les conclusions de sa requête de séquestre, il serait inéquitable de lui faire supporter les frais judiciaires de première instance. Ces frais seront par conséquent mis à la charge de la débitrice séquestrée en application de l'art. 107 al. 1 let. f CPC. Ils seront compensés avec l'avance de frais opérée en première instance par le recourant, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC et art. 68 al. 1 LP).
A_ sera par conséquent condamnée à verser au recourant la somme de 200 fr. à ce titre.
Elle sera également condamnée à lui payer 500 fr., débours et TVA inclus, à titre de dépens de première instance (art. 85, 88 et 89 RTFMC; art. 25 et 26 LaCC).
4.2
Les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 300 fr. (art. 48 et 61 OELP). La présente procédure de recours ayant été rendue nécessaire par la décision erronée en droit de l'instance inférieure, ces frais seront laissés à la charge de l'Etat en application de l'art. 107 al. 2 CPC (TAPPY, Commentaire romand, Code de procédure civile, 2019, n. 37 ad art. 107 CPC). L'avance de frais de 300 fr. fournie par le recourant lui sera restituée.
Il ne sera pas alloué de dépens, l'art. 107 al. 2 CPC ne permettant pas de mettre des dépens à la charge de l'Etat de Genève.
* * * * *