# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3e458edd-49f2-5f79-bdc3-24da578f22a2
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. B._ et A._ sont les parents de C._, né en 2006. Ils sont divorcés par jugement du Tribunal civil de l’arrondissement du Lac du 14 mars 2012 (ci-après: le Tribunal). L’autorité parentale et la garde de l’enfant ont été confiées à la mère; le droit de visite du père a été réglé. Par ailleurs, une curatelle éducative, déjà précédemment instaurée, a été maintenue. Enfin, la pension de l’enfant due par le père a été fixée à CHF 800.- par mois.
Le 13 octobre 2014, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) est intervenue, maintenant la curatelle éducative et instituant une curatelle de surveillance des relations personnelles, soulignant l’absence de communication entre les parents qui mettait en danger le bien de l’enfant.
Par décision du 3 juillet 2017, le Tribunal a partiellement admis la demande en modification du jugement de divorce du 14 mars 2012 introduite par B._ et a attribué l’autorité parentale conjointement aux deux parents et mis en place une garde alternée à compter du 1er juillet 2017. Il a également statué sur la modification de la pension due par le père, la supprimant à compter de la date précitée. Adressant plusieurs reproches à la mère, laquelle essaie par tous les moyens de tenir B._ à l’écart des informations concernant son fils, utilise à son avantage le fait que celui-ci ne dispose pas de l’autorité parentale, et adopte un comportement inadapté envers la nouvelle école de son fils dont elle conteste la nécessité, le Tribunal a estimé que le père ne pouvait continuer à être privé de son autorité parentale. Les tensions très vives n’empêchaient par ailleurs pas la mise en place d’une autorité parentale conjointe. Ensuite, le Tribunal a jugé que, dans les faits, les parties exerçaient déjà quasiment une garde alternée, l’enfant dormant chez son père plusieurs nuits par semaine, sans que le conflit persistant entre les parents ne pose problème sur ce point. Soulignant en outre les capacités éducatives équivalentes des parents, la plus grande disponibilité du père et le souhait de C._, le Tribunal a décidé que celui-ci vivrait une semaine chez chaque parent.
Le 21 septembre 2017, A._ a déposé un appel contre cette décision. Elle ne s’est pas opposée à la mise en place d’une autorité parentale conjointe mais a sollicité la garde de son enfant, un droit de visite un week-end sur deux ainsi que durant certaines périodes de vacances étant accordé au père, et les pensions étant maintenues. Subsidiairement, elle a conclu au maintien de la garde alternée, B._ versant une pension de CHF 450.- dès l’entrée en force du jugement d’appel, et CHF 800.- auparavant.
B. Par courrier du 27 mars 2018, D._ et E._, respectivement chef de secteur et intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (: SEJ), ont informé le Tribunal cantonal de la situation de l’enfant C._. Ils ont relevé, en substance, que le conflit parental est toujours présent et que depuis plusieurs mois, l’inquiétude concernant C._ a augmenté, ce dernier ayant en outre tenu un discours très inquiétant à E._ lors de leur rencontre. Il lui a en effet fait part du fait qu’il n’était pas bien au sein de son école et qu’il est en colère d’avoir été changé d’école par son père alors que sa mère s’y opposait. Il reproche de nombreuses choses à son père qui ferait tout faux et contre qui il est en colère. Il a en revanche déclaré éprouver beaucoup d’amour pour sa mère qui prend soin de lui. Il a également indiqué à sa curatrice qu’il se demande « des fois pourquoi il est né, a envie de mourir des fois et préfère des fois mourir que vivre ». Vu ces déclarations, la curatrice a souhaité rencontrer les parents. Si B._ a pu faire part de ses inquiétudes quant à la situation, A._ ne s’est quant à elle pas présentée à la rencontre. Selon les intervenants,
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C._ serait dans un grave confit de loyauté et en détresse. Il est primordial de le protéger et d’avoir une évaluation complète sur la situation familiale afin de trouver la meilleure solution pour son avenir. Ils ont donc proposé une évaluation de trois mois à F._. Ils ont également mis en évidence l’existence d’un risque de fuite du pays de A._ avec son fils et se sont questionnés sur l’opportunité de maintenir l’autorité parentale à la mère.
Vu le rapport du SEJ du 27 mars 2018, le Président de la Ie Cour d’appel civil, autorité saisie de l’appel déposé par A._ le 21 septembre 2017, a sollicité l’intervention de la Justice de paix afin de prendre les mesures immédiatement nécessaires à la protection de l’enfant.
Par décision de mesures superprovisionnelles du 29 mars 2018, la Justice de paix a placé C._ dès que possible pour une observation d’une durée de trois mois à F._ et a retiré en conséquence le droit de déterminer le lieu de résidence et la garde de fait à A._ sur son fils pour la durée du placement. La Justice de paix a en outre interdit à A._ de quitter le territoire suisse avec son fils et lui a ordonné de remettre sans délai tous les documents d’identité de son fils. Un délai de 20 jours a été imparti aux parents de C._ pour déposer leurs éventuelles déterminations.
Par décision séparée du même jour, la Justice de paix a rejeté la requête tendant à la nomination de Me G._ en tant que représentant de C._ en raison de la présence d’un conflit d’intérêt, Me G._ ayant été mandaté par A._. Au surplus, la Justice de paix a indiqué que l’opportunité de la nomination d’un curateur de représentation, au sens de l’art. 314abis CC, en faveur de C._, serait prochainement instruite.
Le 3 avril 2018, le Président de la Ie Cour d’appel civil a suspendu la procédure d’appel jusqu’à droit connu sur la mesure de protection ordonnée le 29 mars 2018.
C. Par décision du 14 mai 2018, la Justice de paix a institué une curatelle de représentation au sens de l’art. 314abis CC en faveur de C._ et lui a désigné Me Jérôme Magnin, avocat, en qualité de curateur, à charge pour lui de le représenter et défendre ses intérêts dans la procédure ouverte par devant la Justice de paix. Le tarif horaire de l’intervention de Me Magnin a été fixé à CHF 250.- et les frais et la rémunération du curateur ont été mis à la charge des parents de C._, sous réserve de l’assistance judiciaire. La Justice de paix a imparti un délai de 30 jours à Me Jérôme Magnin pour déposer son éventuelle détermination concernant la décision de mesures superprovisionnelles rendue le 29 mars 2018. Tout éventuel recours contre cette décision a été démuni d’effet suspensif.
D. Par mémoire du 22 juin 2018, A._ a interjeté recours contre cette décision. Elle a en outre requis le bénéfice de l’assistance judiciaire.
E. Invitée à se déterminer sur le recours, la Justice de paix a livré ses observations le 29 juin 2018.
F. Par décision de mesures provisionnelles du 31 juillet 2018, la Justice de paix a confirmé le placement de C._ pour une durée de trois mois, interdiction étant faite à la mère de communiquer avec lui.
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## Considerations

en droit
1.
1.1. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie aux procédures relatives aux enfants devant les autorités de protection (art. 314 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC. Les décisions de la Justice de paix peuvent dès lors faire l’objet d’un recours auprès de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (art. 450 al. 1 CC, art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l’enfant et de l’adulte [LPEA], art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).