# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 03074dca-50c1-44b4-8121-b81bc165ef82
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2007
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Ressortissant tunisien né le 10 janvier 1947, X_ a séjourné en Suisse de 1970 à 1976 puis de 1990 à 1992. Entendu le 6 août 2004 par la police cantonale, il a déclaré être revenu dans notre pays le 20 juillet 2003, sans autorisation, et y travailler depuis le mois d'avril 2004, également sans autorisation. Il a en outre exposé avoir prêté en 1991 une importante somme d'argent à Y_, domicilié dans le canton de Vaud, pour permettre à ce dernier de développer des lunettes électroniques de relaxation. Cette initiative ayant échoué le recourant a tenté de récupérer cette somme, raison principale pour laquelle il est revenu dans notre pays. Le 9 février 2005, le recourant a été condamné par le juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois par défaut à 8 jours d'emprisonnement avec sursis pendant 2 ans et 500 fr. d'amende pour contravention et infraction à la loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers.
Par la suite, le recourant a écrit à diverses reprises à l'Office fédéral des migrations (ODM) dans le but d'obtenir une autorisation de séjour en Suisse pour venir y défendre ses droits.
B.
Le 28 juillet 2006, X_ a déposé une nouvelle demande d'autorisation de séjour et de travail dans le canton de Vaud pour "
défendre sur place
[ses]
droits légitimes violés par un juge et par un avocat vaudois malhonnête, de mauvaise foi, indignes de confiances et de responsabilité
".
C.
Par décision du 11 décembre 2006, le SPOP a refusé de délivrer une autorisation d'entrée, respectivement une autorisation de séjour en faveur de l'intéressé. Il estime en substance que sa demande doit être instruite sous l'angle de l'art. 36 OLE et que les conditions de cette disposition ne sont pas réalisées.
D.
X_ a recouru contre cette décision le 29 janvier 2007 en concluant implicitement à la délivrance d'une autorisation de séjour. A l'appui de son recours, il expose que le motif fondamental de sa requête d'autorisation de séjour est fondé sur la violation de ses droits légitimes par le juge informateur chargé de l'instruction de sa plainte déposée contre Y_.
E.
Par avis du 8 février 2007, le recourant a été invité à élire un domicile de notification en Suisse dans un délai échéant le 10 avril 2007, son attention étant expressément attirée sur le fait qu'à défaut, il serait réputé avoir élu domicile au greffe du tribunal où les actes de procédure seraient conservés à sa disposition.
F.
Par courrier du 28 février 2007, le recourant a refusé d'élire un domicile de notification en Suisse, considérant que son adresse actuelle en Tunisie était sa seule et unique adresse de notification, compte tenu du fait qu'il résidait en Tunisie "
physiquement, moralement et officiellement
".
G.
Par décision du 13 mars 2007, le juge instructeur du Tribunal administratif a dispensé le recourant de procéder à une avance de frais compte tenu de sa situation financière.
H.
L'autorité intimée s'est déterminée le 27 mars 2007 en concluant au rejet du recours.
I.
Le tribunal a statué par voie de circulation.
J.
Les arguments respectifs des parties seront repris ci-dessous dans la mesure utile.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Aux termes de l'art. 4 al. 1 de la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA), le Tribunal administratif connaît en dernière instance cantonale de tous les recours contre les décisions administratives cantonales ou communales lorsque aucune autre autorité n'est expressément désignée par la loi pour en connaître. Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions du SPOP et de l'Office cantonal de la main-d'œuvre et du placement rendues en matière de police des étrangers.
2.
D'après l'art. 31 al. 1 LJPA, le recours s'exerce par écrit dans les 20 jours dès la communication de la décision attaquée. En l'espèce, le recours a été déposé en temps utile et satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 al. 2 et 3 LJPA. En outre, le recourant en tant que destinataire de la décision attaquée, a manifestement qualité pour recourir au sens de l'art. 37 al. 1 LJPA, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
3.
Faute pour la loi du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE) d'étendre le pouvoir d'examen de l'autorité de recours à l'opportunité, le Tribunal administratif n'exerce qu'un contrôle en légalité, c'est-à-dire examine si la décision entreprise est contraire à une disposition légale ou réglementaire expresse ou relève d'un excès ou d'un abus du pouvoir d'appréciation (art. 36 lit. a et c LJPA; cf. parmi d'autres, arrêt TA PE.1998.0135 du 30 septembre 1998, RDAF 1999 I 242, cons. 4). Conformément à la jurisprudence, il y a abus du pouvoir d'appréciation lorsqu'une autorité, usant des compétences qui lui sont dévolues par la loi, se laisse guider par des considérations non pertinentes ou étrangères au but des dispositions applicables, ou statue en violation des principes généraux du droit administratif que sont l'interdiction de l'arbitraire, l'égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité (cf. ATF 116 V 307, cons. 2).
4.
D'après l'art. 1 LSEE, tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice d'une autorisation de séjour ou d'établissement. Selon l'art. 4 LSEE, l'autorité statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, sur l'octroi de l'autorisation de séjour. Elle tiendra compte des intérêts moraux et économiques du pays, du degré de surpopulation étrangère et de la situation du marché du travail (art. 16 al. 1 LSEE et 8 du Règlement d'exécution de la LSEE du 1er mars 1949 (RSEE)). Ainsi, les ressortissants étrangers ne bénéficient en principe d'aucun droit à l'obtention d'une autorisation de séjour et de travail, sauf s'ils peuvent le déduire d'une norme particulière du droit fédéral ou d'un traité international (cf. parmi d'autres ATF 127 II 161 c. 1a et 60, c. 1a; 126 II 377, c. 2; 126 II 335, c. 1a; 124 II 361, c. 1a), ce qui n'est manifestement pas le cas en l'espèce.
5.
Le recourant revendique la délivrance d’une autorisation de séjour pour lui permettre de défendre en Suisse ses droits suite à une plainte pénale qu'il a déposée pour escroquerie. Sa requête doit être examinée au regard de l'art. 36 de l'Ordonnance du Conseil fédéral limitant le nombre des étrangers du 6 octobre 1986 (OLE).
Selon cette disposition, des autorisations de séjour peuvent être accordées à des étrangers n’exerçant pas une activité lucrative lorsque des raisons importantes l’exigent. Les motifs importants de l’art. 36 OLE constituent une notion juridique indéterminée. Les directives de l'ODM (ci-après : Directives, chiffre 551) rappellent qu’une application trop large de l’art. 36 OLE s’écarte des buts de l’ordonnance limitant le nombre des étrangers. Elles prévoient que l’art. 36 OLE peut ainsi être invoqué dans le cas de membres de la famille nécessitant aide et assistance, dépendants du soutien de personnes domiciliées en Suisse. Elles renvoient pour le surplus à la notion du cas personnel d’extrême gravité de l’art. 13 lit. f OLE et aux développements du chiffre 433.25 des Directives, dont la teneur est la suivante :
« (...)
Il est nécessaire que l’étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. Cela signifie que ses conditions de vie et d’existence, comparées à celles applicables à la moyenne des étrangers qui ne peuvent pas ou plus séjourner en Suisse, doivent être mises en cause de manière accrue, c’est-à-dire que le refus de soustraire l’intéressé aux restrictions des nombres maximums comporte pour lui de graves conséquences.
Selon l’art. 13, let. f, OLE, cette disposition ne s’applique notamment pas à des motifs d’ordre économique. Elle ne peut être invoquée par exemple lorsque l’employeur ou un tiers se trouve lui-même dans une situation de rigueur (garde de personnes malades ou âgées, soins qui leur sont dispensés, garde des enfants lorsque le ou les parents doivent travailler, etc.).
La reconnaissance d’un cas personnel d’extrême gravité ne tend pas à protéger l’étranger contre les conséquences de la guerre ou contre des abus des autorités étatiques. Des considérations de cet ordre relèvent d’autres institutions comme celle de l’asile ou de l’admission provisoire.
Le fait que l’étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période ne suffit pas, à lui seul, à fonder un cas d’extrême gravité. Il faut encore que sa relation avec la Suisse soit si étroite qu’on ne puisse exiger qu’il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d’origine (très long séjour en Suisse, bonne intégration, enfants scolarisés ; ATF 123 II 125 ss ;124 II 110 ss).
Dans le cadre de l’appréciation globale du cas, il n’est pas exclu de tenir compte des difficultés que l’étranger rencontrerait dans son pays d’origine sur le plan personnel, familial, et économique. Sa future situation dans le pays d’origine est à comparer avec ses relations personnelles avec la Suisse.
(...). »
6.
Dans le cas présent, le recourant ne démontre nullement en quoi il remplirait l'une ou l'autre des conditions énumérées ci-dessus. Comme diverses autorités fédérales le lui ont déjà expliqué, il lui est loisible de consulter un avocat dans notre pays pour le représenter et assurer la défense de ses intérêts, cas échéant en introduisant notamment de nouvelles poursuites contre ses débiteurs. Sa présence personnelle durable dans le canton de Vaud pour les besoins de telles démarches n'est en revanche pas indispensable. Si tel devait être occasionnellement le cas pour l'accomplissement de l'une ou l'autre opération, il pourrait obtenir un visa temporaire. Ainsi, et quand bien même le tribunal peut comprendre le désarroi dans lequel se trouve le recourant suite aux escroqueries dont il paraît avoir été victime dans le canton, il n'existe aucune raison au sens des directives exposées ci-dessus d'admettre qu'X_ se trouverait dans un cas d'extrême gravité justifiant l'octroi d'une autorisation de séjour en sa faveur.
7.
Au vu des considérants qui précèdent, le recours doit être rejeté et la décision attaquée, qui ne relève ni d'un abus ni d'un excès du pouvoir d'appréciation, confirmée.
Vu la situation financière du recourant, les frais du présent arrêt seront laissés à la charge de l'Etat (art. 55 al. 3 LJPA).