# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c55bae17-493f-56b4-b025-dcba09475bcb
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par jugement du 21 mars 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, dès le 1
er
avril 2017, sous déduction des montants déjà versés, soit 24'200 fr. (2'200 fr. d'avril 2017 à février 2018), montant de 1'100 fr. à titre de contribution à l'entretien de C_ et de 950 fr. à titre de contribution à l'entretien de D_ (ch. 5) ainsi qu'un montant de 2'050 fr. à titre de contribution à l'entretien de B_ (ch. 6);
Que le Tribunal a notamment retenu que les revenus de A_ étaient de 8'560 fr. par mois et ses charges de 4'367 fr., de sorte que son disponible mensuel était de 4'100 fr.;
Que par acte expédié au greffe de la Cour le 9 avril 2018, A_ a formé appel contre ce jugement; qu'il a conclu à l'annulation des chiffres précités et, cela fait, à ce qu'il lui soit donné acte de son engagement à verser, sous déduction des montants déjà versés, soit 24'750 fr. à fin février 2018 puis 2'250 fr. par mois, un montant de 1'100 fr. à titre de contribution à l'entretien de C_ et de 950 fr. à titre de contribution à l'entretien de D_ et à ce qu'il soit dit qu'il ne devait verser aucune contribution à l'entretien de B_;
Qu'il a par ailleurs conclu à l'octroi de l'effet suspensif concernant le ch. 6 du dispositif du jugement attaqué; qu'il a fait valoir que son disponible n'était que de 144 fr. après paiement de la contribution d'entretien des enfants et que B_ disposait d'une fortune de 190'000 fr.;
Que B_ a conclu au rejet de cette requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, l'appelant fait valoir à l'appui de sa requête d'effet suspensif que ses revenus sont inférieurs à ceux retenus par le Tribunal au motif qu'il conviendrait de déduire des frais de véhicule; que s'il ressort des fiches de salaire mensuelles de l'appelant qu'un montant est ajouté à titre de "part privée voiture de service", puis déduit, il ne peut être considéré,
prima facie
, qu'un montant devrait être déduit à ce titre du salaire net tel qu'il ressort des certificats de salaire annuels de l'appelant; qu'il ne peut davantage être retenu à ce stade que le Tribunal a manifestement erré en tenant compte des gratifications ou bonus de l'appelant même s'ils ne sont pas contractuellement garantis;
Que l'appelant invoque par ailleurs à titre de charge sa prime d'assurance ménage; qu'il n'est toutefois pas d'emblée évident que le montant de celle-ci, qui ne fait pas partie du minimum vital, devait être pris en compte par le Tribunal;
Que l'intimée dispose par ailleurs d'un intérêt à obtenir le paiement, durant la procédure d'appel, de la contribution d'entretien fixée par le Tribunal dans la mesure où ses revenus ne lui permettent pas de couvrir ses charges et que son déficit de 2'900 fr., selon les chiffres retenus par le Tribunal, n'est que partiellement couvert par le montant alloué par le jugement entrepris; qu'il ne peut être considéré, à ce stade, qu'il peut être imposé à l'intimée de couvrir ses charges courantes avec son avoir LPP, qui n'a pas cette fonction;
Que l'effet suspensif sera en revanche accordé concernant l'arriéré de contributions, soit pour la période du 1
er
avril 2017 au 21 mars 2018, date du jugement attaqué; que l'admission de l'effet suspensif sur ce point n'est
a priori
pas susceptible d'entraîner pour l'intimée un préjudice difficilement réparable, celle-ci n'ayant pas allégué qu'elle n'aurait pas été en mesure de couvrir ses charges incompressibles écoulées et ferait l'objet de poursuites;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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