# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2bab5cb6-e132-5ed5-878e-6dd4ae918b24
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'une villa sise _, à _ [GE];
Attendu que le loyer a été fixé en dernier lieu à 12'000 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 16 octobre 2017, le bailleur a, par avis du 24 novembre 2017, résilié le contrat de bail pour le 31 janvier 2018;
Que les locaux n'ont pas été restitués;
Que, par requête adressée le 2 février 2018 au Tribunal des baux et loyers, le bailleur a requis l'évacuation de A_ et B_, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, ainsi que leur condamnation à verser les arriérés de loyer, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 12 juillet 2018 devant le Tribunal, le bailleur a persisté dans ses conclusions en évacuation et en exécution de celui-ci; qu'il a amplifié ses conclusions en paiement;
Que ni A_ ni B_ ne se sont présentés ni fait représenter;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/650/2018
rendu le 12 juillet 2018, expédié pour notification aux parties le 28 août 2018, le Tribunal a condamné A_ et B_ à évacuer de leurs personnes et leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec eux la villa en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé le bailleur à requérir l'évacuation par la force publique de A_ et B_ dès l'entrée en force du jugement (ch. 2), a condamné ces derniers, pris conjointement et solidairement, à payer au bailleur la somme de 119'990 fr. (ch. 3), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 5);
Vu l'appel déposé le 7 septembre 2018 par A_ et B_ contre ce jugement;
Qu'ils ont préalablement requis la constatation de ce que l'appel suspendait la force de chose jugée et le caractère exécutoire du jugement entrepris;
Qu'ils ont notamment conclu, principalement, au renvoi de la cause en première instance;
Qu'à la lecture de leur acte d'appel, A_ et B_ ont fait valoir la nullité du congé, motif pris de vices de forme;
Qu'invité à se déterminer, le bailleur s'est, par courrier du 14 septembre 2018, rapporté à justice s'agissant de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la voie de l'appel est ouverte contre le prononcé de l'évacuation, pour autant que la valeur litigieuse soit supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC);
Qu'elle l'est également si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC);
Que selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral
4A_388/2016
du 15 mars 2017 consid. 1;
4A_479/2013
du 20 novembre 2013 consid. 1);
Que, lorsque l'action ne porte pas sur le paiement d'une somme d'argent déterminée, le Tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n'arrivent pas à s'entendre sur ce point ou si la valeur qu'elles avancent est manifestement erronée (art. 91 al. 2 CPC); la détermination de la valeur litigieuse suit les mêmes règles que pour la procédure devant le Tribunal fédéral (Rétornaz in : Procédure civile suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 363; Spühler, Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2
ème
éd., 2013, n. 9 ad art. 308 CPC);
Que selon l'art. 51 al. 2 LTF dispose que si les conclusions ne tendent pas au paiement d'une somme d'argent déterminée, le Tribunal fédéral fixe la valeur litigieuse selon son appréciation;
Que, dans une contestation portant sur la validité d'une résiliation de bail, la valeur litigieuse est égale au loyer de la période minimum pendant laquelle le contrat subsiste nécessairement si la résiliation n'est pas valable, période qui s'étend jusqu'à la date pour laquelle un nouveau congé peut être donné ou l'a effectivement été; que lorsque le bail bénéficie de la protection contre les congés des art. 271 ss CO, il convient, sauf exceptions, de prendre en considération la période de protection de trois ans dès la fin de la procédure judiciaire qui est prévue par l'art. 271a al. 1 let. e CO (ATF
137 III 389
;
136 III 196
consid. 1.1; arrêts du Tribunal fédéral
4A_367/2010
du 4 octobre 2010 consid. 1.1;
4A_127/2008
du 2 juin 2008 consid. 1.1;
4A_516/2007
du 6 mars 2008 consid. 1.1);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant en l'espèce que la présente procédure a trait à une demande d'évacuation avec mesures d'exécution directe, dans laquelle la validité du congé se pose, la période de protection de trois ans s'applique a priori, de sorte que la valeur litigieuse est prima facie supérieure à 10'000 fr. (12'000 fr. x 12 mois x 3 ans = 432'000 fr.);
Que la voie de l'appel est ainsi ouverte contre le prononcé de l'évacuation;
Que, déposé selon la forme requise et dans le délai légal (art. 130, 311 al. 1 et 314 al. 1 CPC), l'appel est recevable;
Que l'appel suspend les effets de la décision entreprise dans cette mesure;
Que, toutefois, contre la décision relative à l'exécution de l'évacuation, seule la voie du recours est ouverte (art. 309 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que le recours est recevable (art. 321 al. 1 et 2 CPC);
Que l'appel et le recours seront traités dans la même décision (art. 125 CPC);
Que, dans la mesure où l'appel suspend les effets de la décision, cette suspension s'étend également aux mesures d'exécution;
Qu'ainsi, la requête de restitution de l'effet suspensif est sans objet.
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