# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d0f75ed2-ec24-53c1-ac13-14215744a995
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
A. a.
Les parties sont liées par un contrat de bail à loyer du 23 avril 2011 portant sur la location d'un appartement de trois pièces au 3
ème
étage de l'immeuble sis _ à Genève.
b.
Le loyer initial, inchangé depuis, a été fixé à 1'370 fr. par mois, charges comprises.
c.
Par avis comminatoires du 13 décembre 2012 adressés par plis recommandés séparés aux locataires, la bailleresse, représentée par D_ (ci-après : la régie), a mis ces derniers en demeure de payer, dans un délai de trente jours, 2'740 fr. correspondant aux loyers échus (charges comprises) de novembre et décembre 2012.
Elle les a informés qu'à défaut de paiement dans ce délai, le bail serait résilié conformément à l'art. 257d CO.
d.
Considérant que les locataires ne s'étaient pas acquittés des montants dus à l'échéance du délai imparti, la bailleresse a résilié, pour le 28 février 2013, le bail de l'appartement, par avis officiels du 22 janvier 2013 qui leur ont été adressés par plis recommandés séparés.
e.
A la suite d'un téléphone des locataires, la régie leur a adressé un courrier le 1
er
mars 2013 leur rappelant que, faute d'avoir respecté le délai de paiement imparti dans son courrier du 13 décembre 2012, le bail se trouvait résilié. A dater de ce jour, les versements effectués seraient acceptés à titre d'indemnité pour occupation illicite des locaux. En outre, si les locataires ne versaient pas l'arriéré de loyers, de 4'110 fr., dans un délai échéant le 5 mars 2013, la bailleresse se verrait contrainte de déposer une requête en évacuation sans nouvel avertissement.
f.
Par courrier subséquent du 20 mars 2013, la régie a accusé réception du paiement des locataires de 4'350 fr., ayant mis à jour le compte au 31 mars 2013. Elle a précisé aux locataires qu'un délai d'épreuve de six mois leur était accordé durant lequel la bailleresse examinerait la réception des versements des indemnités pour occupation illicite, qui devaient lui parvenir avant le 10 de chaque mois.
B.
a.
Par requête de cas clair déposée par devant le Tribunal des baux et loyers (ci-après : le Tribunal) le 23 août 2013, la bailleresse a conclu à l'évacuation des locataires de l'appartement de trois pièces situé au 3
ème
étage de l'immeuble sis _ à Genève, et a requis l'exécution immédiate du jugement.
Elle a allégué que les locataires avaient à nouveau pris du retard dans le paiement de leurs indemnités pour occupation illicites et restaient lui devoir la somme de 4'110 fr. correspondant aux indemnités de juin à août 2013, ainsi que 498 fr. 30 relatifs au décompte de chauffage pour la période du 1
er
mai 2012 au 30 avril 2013.
b.
Lors de l'audience qui s'est tenue le 15 octobre 2013 devant le Tribunal, en présence de représentants de l'Hospice général et de l'Office du logement, la bailleresse a persisté dans sa demande. Elle a allégué qu'un versement de 1'370 fr. était intervenu dans le délai comminatoire et confirmé que les locataires avaient, à l'époque, mis leur compte à jour au 31 mars 2013. Ils devaient toutefois désormais 5'978 fr. 30.
A_, qui représentait valablement son épouse, a déclaré être indépendant et avoir des problèmes pour encaisser certaines factures. Il réalisait des revenus mensuels d'environ 4'000 fr. Son épouse percevait des revenus de l'ordre de 2'000 par mois. Ils occupaient l'appartement avec leur fille âgée de 14 ans.
La bailleresse a informé le Tribunal, sans être contestée, avoir produit le 27 septembre 2013 sa créance dans la faillite personnelle de A_, qui avait été prononcée en août 2013.
Au terme de cette audience, A_ a été invité par l'Hospice général à se présenter au centre social pour faire le point de sa situation tant sur le point financier qu'administratif.
c.
Lors de l'audience subséquente du 14 janvier 2014 devant le Tribunal, en présence de représentants des institutions précitées, la bailleresse a allégué que l'arriéré s'élevait à 4'608 fr. 30.
A_ a confirmé avoir toujours trois mois de retard dans le paiement des indemnités. Il a indiqué s'être rendu au centre social de son quartier mais, son permis de séjour n'étant plus valable, il n'avait pas pu effectuer de démarches. Il a annoncé vouloir prendre contact "
dans le meilleur délai
" avec l'Hospice général.
La bailleresse a informé le Tribunal que la faillite du locataire était toujours en cours. Un plan de remboursement de l'arriéré ne pouvant être proposé, elle a persisté dans sa demande.
d.
Par jugement
JTBL/67/2014
du 22 janvier 2014, communiqué aux parties pour notification le même jour, le Tribunal a condamné A_ et B_ à évacuer immédiatement de leur personne et de leurs biens, ainsi que de toute autre personne faisant ménage commun avec eux, l'appartement de trois pièces situé au 3
ème
étage de l'immeuble sis _ à Genève (ch. 1 du dispositif), autorisé C_ à requérir l'évacuation des précités par la force publique (ch. 2), débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et dit que la procédure était gratuite (ch. 4).
En substance, les premiers juges ont retenu que les conditions d'une résiliation selon l'art. 257d al. 1 CO étaient réunies, de sorte que la bailleresse était fondée à donner le congé litigieux. Les locataires ne disposant plus d'aucun titre juridique les autorisant à rester dans les locaux, leur évacuation devait être prononcée. Il y avait par ailleurs lieu d'ordonner, à la requête de la bailleresse, l'exécution de la décision.
e.
Les plis recommandés contenant le jugement précité, adressés séparément aux locataires, n'ont pas été réclamés à l'office postal, qui les a retournés au Tribunal à l'issue du délai de garde le 4 février 2014. L'exemplaire destiné à A_ lui a été renvoyé par courrier simple, le 7 février 2014, par le greffe du Tribunal. L'exemplaire destiné à B_ a été placé, le 10 février 2014, dans sa boîte aux lettres par huissier judiciaire, lequel a en outre laissé un avis de passage sur la porte de l'appartement.
C. a
. Par courrier reçu par la Cour de justice le 13 février 2014, A_ et B_ ont indiqué faire appel de ce jugement. Ils allèguent avoir déjà réglé 60% de la totalité des arriérés, soit 2'600 fr. versés le 21 janvier 2014, et rester encore devoir 2'000 fr. Ils font en outre valoir ne pas avoir "
reçu de la régie un délai final pour quitter
[recte : acquitter]
la somme totale des arriérés
", que leur demande auprès de l'Hospice général est en cours, avoir un rendez-vous le 14 février 2014 auprès de cet organisme, que B_ est enceinte, qu'il "
n'y a pas un autre appartement pour s'installer
", et qu'en cas de confirmation de la décision d'évacuation, ils sollicitent un congé supplémentaire jusqu'au 31 mars 2014 pour trouver un autre logement.
Ils produisent deux pièces nouvelles à l'appui de leur appel, soit la confirmation de l'ordre de paiement du 21 janvier 2014 et une attestation de grossesse datée du 4 février 2014.
b.
Par avis du 25 février 2014, C_ a été invitée à répondre dans un délai de dix jours. Ce pli, adressé à la bailleresse auprès de la régie, a été reçu par cette dernière le 27 février 2014.
c.
C_ a répondu à l'appel par acte remis à un office postal suisse le 11 mars 2014.
d.
A_ et B_ n'ont pas répliqué et les parties ont été informées par avis du greffe de la Cour du 8 avril 2014 de ce que la cause était gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1.
Selon l'art. 121 al. 2 LOJ, dans les causes fondées sur les art. 257d et 282 CO, la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice siège sans assesseurs.![endif]>![if>
2.
L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC).![endif]>![if>
2.1
Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêt du Tribunal fédéral
4C.310/1996
du 16 avril 1997 = SJ 1997 p. 493 consid. 1).
La détermination de la valeur litigieuse suit les mêmes règles que pour la procédure devant le Tribunal fédéral (Retornaz, in : Procédure civile suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 363; Spühler, BSK ZPO, n° 8 ad art. 308 CPC).
La jurisprudence prévoit, s'agissant d'une procédure relative à une évacuation, dans laquelle la question de l'annulation, respectivement de la prolongation du bail ne se pose pas, que l'intérêt économique du bailleur peut être assimilé à la valeur que représente l'usage des locaux pendant la période où le déguerpissement du locataire ne peut pas être exécuté par la force publique (arrêt du Tribunal fédéral
4A_72/2007
du 22 août 2007 consid. 2.2). La valeur correspond à l'usage de l'appartement pendant la période durant laquelle le locataire pourrait encore l'occuper s'il obtient gain de cause (arrêt du Tribunal fédéral
4A_549/2008
du 19 janvier 2009 consid. 1).
Dans le cas d'espèce, la durée séparant le dépôt du recours du départ prévisible des locataires peut être estimée à neuf mois selon le décompte suivant : trois mois de procédure devant la Cour de justice, puis le cas échéant trente jours pour recourir au Tribunal fédéral, quatre mois de procédure devant ce dernier et trente jours pour la force publique pour procéder à l'évacuation.
La valeur litigieuse est en l'espèce supérieure à 10'000 fr. (1'370 fr. x 9 = 12'330 fr.), de sorte que la voie de l'appel est ouverte (art. 308 al. 2 CPC).
2.2
Le délai d'appel est de dix jours si la décision a été rendue en procédure sommaire (art. 314 al. 1 CPC). Cette procédure s'applique notamment aux cas clairs (art. 248 lit. b et 257 CPC), procédure choisie par l'intimée.
Reçu par l'autorité de céans dans le délai de dix jours dès la notification du jugement (art. 138 al. 3 let. a CPC, 257 et 314 al. 1 CPC) et dans le respect des formes prévues par l'art. 311 al. 1 CPC, l'acte d'appel a été formé dans le délai légal.
2.3
A teneur de l'art. 311 al. 1 CPC, il incombe au recourant de motiver son appel - que la cause soit soumise à la maxime des débats ou à la maxime inquisitoire -, c'est-à-dire de démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée. Pour satisfaire à cette exigence, il ne lui suffit cependant pas de renvoyer aux moyens soulevés en première instance, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée. Sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1).
En l'occurrence, les locataires invoquent le fait qu'ils n'auraient pas reçu de la part de la régie un délai final pour acquitter la somme totale des arriérés.
Même en faisant preuve d'indulgence au regard du fait que les locataires agissent en personne, il sera retenu que ce grief est insuffisant au sens de l'art. 311 al. 1 CPC, dès lors que cette critique, faisant référence aux indemnités pour occupation illicite dont les intéressés restent devoir un solde, ne porte manifestement pas sur les motifs du jugement d'évacuation entrepris.
L'appel, en tant qu'il serait dirigé contre le chiffre 1 du dispositif du jugement entrepris, est dès lors irrecevable.
3. 3.1
Le jugement entrepris a ordonné l'exécution de la décision prononçant l'évacuation. Seule la voie du recours est ouverte contre l'exécution d'une décision prononcée par le Tribunal (art. 309 let. a et 319 let. a CPC).
A teneur de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la notification de la décision lorsque la décision a été rendue en procédure sommaire (art. 314 al. 1 CPC), procédure qui s'applique notamment aux cas clairs (art. 248 lit. b CPC).
En l'occurrence, le recours, déposé dans le délai précité et dans le respect des formes prévues par la loi, est recevable.
3.2