# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 56d99313-852f-4ca7-a62a-4f204bf4413e
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
A._ est propriétaire de la parcelle n°35 du cadastre de la Commune de Tartegnin, au lieu-dit "Chantemerle". Ce bien-fonds est colloqué en zone agricole et viticole selon le Plan général d'affectation de la Commune de Tartegnin, adopté par le Conseil général le 19 décembre 1981 et approuvé par le Conseil d'Etat le 17 août 1983 (ci-après: PGA). Il supporte actuellement un chalet - bâtiment ECA n°88 -, ainsi qu'un cabanon de jardin.
B.
Le chalet a été construit en 1956 par les propriétaires genevois de l'époque pour servir de résidence secondaire. Il a ensuite été acquis par B._, oncle de A._, puis, dans le cadre d'un partage successoral, par la mère de celui-ci, laquelle en a elle-même fait donation à son fils en 2010. Le chalet constitue la résidence principale de A._ depuis 1992. Il y vivait d'abord avec ses parents et y habite désormais avec son épouse et son fils.
C.
Le 11 novembre 1992, la Municipalité de Tartegnin (ci-après: la municipalité) a délivré un permis de construire (n°2/92) à B._, qui était alors le vice-syndic de cette commune, pour d'importants travaux de transformation du chalet qui comprenaient son réhaussement afin de créer un étage habitable supplémentaire. Après les travaux, le chalet comportait un grand séjour, deux chambres, une salle de bain, un WC séparé, ainsi qu'une cuisine. La surface habitable a été doublée, passant de 36 m
2
à 72 m
2
. L'ensemble des autorisations cantonales requises ont été délivrées le 2 juin 1992. Lorsque le Service de l'aménagement du territoire (SAT, actuellement: Service du développement territorial, SDT) a autorisé l'agrandissement du chalet, en dérogation à l'art. 24 LAT, dans sa teneur en vigueur à l'époque, il a attiré l'attention de la commune et du propriétaire sur le fait que la réalisation des travaux projetés épuiserait toute autre possibilité d'agrandissement, de changement d'affectation ou de construction nouvelle.
D.
Le 21 septembre 1995, la municipalité a autorisé B._ à construire un couvert d'entrée sur la façade nord du chalet.
E.
Le 27 mars 2006, la municipalité a autorisé la mère de A._, devenue entre-temps propriétaire du bien-fonds, à supprimer un cabanon de jardin et à le remplacer par un modèle légèrement plus grand sans fondation, ainsi qu'à planter une haie.
F.
En date du 7 avril 2012, A._ a déposé une demande préalable auprès de la municipalité, dans le but d'augmenter de 33,70 m
2
la surface habitable du rez-de-chaussée de son chalet, en créant un jardin d'hiver en façade ouest. Il souhaitait agrandir la surface actuelle de l'habitation, devenue trop restreinte pour accueillir une famille.
Par courrier du 11 mai 2012, le SDT a indiqué à A._ qu'à la lecture des plans du projet actuel et de récentes prises de vues aériennes, il ressortait qu'un appentis avait été ajouté en façade nord du chalet et qu'une annexe semblait avoir été construite vers le nord-est, ces éléments ne figurant ni sur les plans de 1992, ni sur les vues aériennes plus anciennes. Le SDT ne trouvant aucune trace d'autorisation qui aurait été délivrée pour ces aménagements, il a sollicité de A._ que celui-ci transmette toutes les pièces utiles en sa possession et dresse un historique des travaux entrepris depuis 1992.
Le 17 juin 2012, A._ a fourni des renseignements au SDT sur les différents travaux réalisés sur la parcelle n°35. Il a notamment exposé que le couvert construit en 1995, sur la base d'une autorisation de la municipalité, avait été fermé l'année suivante pour éviter que l'eau s'introduise sous la porte d'entrée du chalet en cas de fortes pluies. Quant au cabanon de jardin situé au nord-est, il avait été construit en 2006, après autorisation de la municipalité, en remplacement de celui existant auparavant dont l'état s'était dégradé. Enfin, A._ expliquait avoir procédé à divers aménagements du jardin tels que la pose d'une clôture et d'un portail en treillis ainsi que la réalisation d'un dallage. Un dossier photographique était en outre joint à ce courrier.
Par courrier du 25 juillet 2012, le SDT a estimé que les renseignements fournis ne lui permettaient pas de se déterminer et a annoncé qu'une vision locale serait organisée. Il rappelait que les travaux autorisés en 1992 avaient épuisé toute possibilité d'extension du chalet si bien qu'un agrandissement des surfaces ne pourrait être admis.
Une séance s'est tenue sur place le 8 novembre 2012 en présence de A._, d'un membre de la municipalité et d'un collaborateur du SDT.
Il résulte du procès-verbal du 23 novembre 2012 que les travaux autorisés en 1992 avaient été réalisés conformément aux plans d'enquête. En outre, l'appentis aménagé sans autorisation cantonale en façade nord du bâtiment constituait l'entrée et la buanderie du bâtiment; il était isolé et tempéré. Cet aménagement permettait notamment de protéger la porte d'entrée des intempéries et le bâtiment contre les écoulements d'eau en provenance du haut de la parcelle (route et parking). L'actuel cabanon en bois aménagé sans autorisation cantonale avait remplacé deux anciens cabanons et correspondait à peu près à leur superficie. Une ancienne clôture en bois, séparant le haut de la parcelle de la route, avait récemment été remplacée par une clôture métallique en treillis vert. Plusieurs arbres avaient été supprimés et remplacés pour la plupart par des essences buissonnantes. Aucune autre modification des aménagements extérieurs ne semblait avoir réalisée après les travaux autorisés en 1992 (terrasse, cheminements, etc.). Le SDT requérait en outre certaines informations complémentaires pour pouvoir se prononcer sur une éventuelle remise en état.
A._ s'est déterminé le 7 février 2013. S'agissant du couvert réalisé en façade nord, il a notamment exposé que celui-ci était utilisé pour tenir lieu d'entrée et de petite buanderie dès lors que son habitation était exiguë et ne comportait ni cave ni grenier. Il indiquait qu'il devrait probablement quitter ce logement de famille s'il ne pouvait continuer à utiliser l'appentis et que la démolition en serait coûteuse. Il a également fourni des indications complémentaires sur le remplacement du cabanon de jardin et celle de la barrière en bois par une clôture en treillis vert. Il faisait en outre valoir sa bonne foi s'agissant des anciennes irrégularités.
La municipalité s'est déterminée le 15 février 2013. Elle a notamment confirmé avoir donné des autorisations pour la construction de l'appentis nord en 1995, suite à une mise à l'enquête administrative, ainsi que pour l'implantation d'un nouveau cabanon de jardin en 2006.
Par courrier du 4 novembre 2015, le SDT a adressé à A._ un projet de décision relative à la remise en état de sa parcelle en l'invitant à lui faire part de ses déterminations. En substance, ce projet prévoyait que l'installation d'un nouveau cabanon de jardin était tolérée. En revanche, il prévoyait la suppression du couvert réalisé en façade nord du chalet ainsi que des mesures de remise en état de celle-ci.
A._ a fait part de ses déterminations par courrier du 5 décembre 2015.
G.
Le 4 février 2016, le SDT a notifié à A._ une décision ordonnant la suppression du couvert réalisé en façade nord du chalet ainsi que la remise en état de cette façade. Le SDT a en revanche toléré l'installation du nouveau cabanon, moyennant l'inscription d'une mention au Registre foncier précisant qu'en cas de destruction volontaire ou involontaire du cabanon, l'installation d'un nouveau cabanon de jardin ne pourra pas être autorisée dans son gabarit actuel.
H.
Par acte du 7 mars 2016 de son conseil, A._ (ci-après: le recourant) a déposé un recours contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal en concluant principalement à l'annulation des mesures de remise en état ordonnées par la décision attaquée et subsidiairement à la réforme de celle-ci en ce sens que le couvert réalisé en façade nord du chalet peut être maintenu en l'état. Il a notamment requis qu'une inspection locale soit ordonnée.
Dans sa réponse du 1
er
avril 2016, le SDT (ci-après: l'autorité intimée) a conclu au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée.
La municipalité s'est déterminée le 25 avril 2016 en concluant implicitement à l'admission du recours.
Le recourant a déposé un mémoire complémentaire le 6 juillet 2016.
I.
Le tribunal a procédé à une inspection locale le 9 juin 2017 en présence des parties et de leurs représentants. Deux photos prises par le juge instructeur ont été versées au dossier de la cause. A cette occasion, le recourant a invoqué une violation du principe d'égalité de traitement en lien avec les travaux autorisés sur la parcelle n°296 de la Commune de Tartegnin, également sise hors zone à bâtir.
J.
Les parties se sont déterminées sur le contenu du procès-verbal de l'inspection locale et se sont exprimées sur la cause par des écritures respectives du 27 juin 2017 et du 29 juin 2017. Le SDT a produit la synthèse de la Centrale des autorisations du 19 février 2015 contentant son autorisation spéciale en lien avec les travaux sur la parcelle n°296.
K.
Le tribunal a ensuite délibéré. Les arguments des parties seront repris ci-dessous dans la mesure utile.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Déposé dans le délai légal de trente jours (art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36]), le recours est intervenu en temps utile. Le recourant, qui est directement lésé par la décision attaquée, a manifestement qualité pour recourir (art. 75 al. 1 let. a LPA-VD). Le recours répond pour le surplus aux autres exigences formelles posées par la loi (art. 79 et 99 LPA-VD), si bien qu'il convient d'entrer en matière.
2.
Le recourant soutient que le couvert litigieux peut faire l'objet d'une régularisation.
a) Il n'est pas contesté que l'extension litigieuse, située dans la zone agricole, n'a pas été autorisée par l'autorité cantonale lors de sa construction. Peu importe que la municipalité ait délivré une autorisation au précédent propriétaire et constructeur. Selon la jurisprudence, une autorisation délivrée en dehors de la zone à bâtir par l'autorité communale est absolument nulle, l'autorisation cantonale étant un élément constitutif et indispensable des art. 24 ss de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l’aménagement du territoire (LAT; RS 700); une simple autorisation communale est donc insuffisante (art. 25 al. 2 LAT, 81 al. 1 et 120 LATC; cf. ATF 132 II 21 traduit in JdT 2006 I p. 707 consid. 3.2.2 p. 710; 111 Ib 213 traduit in JdT 1987 I p. 630).
Il convient donc d'examiner si l'extension litigieuse peut être régularisée, ce que la décision attaquée a nié.
Il est constant que le chalet d'habitation dont il est question était déjà existant et voué au logement avant la date déterminante pour la garantie de la situation acquise, soit avant le 1
er
juillet 1972, date de l'entrée en vigueur de la loi fédérale du 8 octobre 1971 sur la protection des eaux contre la pollution qui a introduit expressément le principe de la séparation du territoire bâti et non bâti (ATF 129 II 396 consid. 4.2.1 p. 398). Sans rapport avec l'agriculture, son affectation n'est pas conforme avec la zone agricole. Le recourant ne prétend d'ailleurs pas en faire une utilisation en lien avec un domaine agricole.
b) Seules entrent donc en considération les dispositions dérogatoires permettant l'agrandissement des constructions hors zone à bâtir dont l'affectation n'est pas conforme à cette zone. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les demandes de régularisation (
nachträgliche Baugesuche
) doivent être examinées selon le droit en vigueur au moment de l'exécution (non autorisée) des travaux. Le droit postérieur n'est applicable que s'il est plus favorable au constructeur ou si le constructeur a éludé l'exigence d'une autorisation dans l'intention d'échapper au droit futur plus restrictif (ATF 1C_139/2014 du 17 mars 2015; 1C_179/2013 du 15 août 2013 consid. 1.2 et les références citées, concernant précisément l'art. 24c LAT).
Dans sa teneur en vigueur du 1
er
janvier 1980 au 31 août 2000, l'art. 24 al. 1 aLAT prévoyait déjà que le droit cantonal pouvait autoriser, hors des zones à bâtir, la rénovation de constructions ou d'installations, leur transformation partielle ou leur reconstruction, pour autant que ces travaux soient compatibles avec les exigences majeures de l'aménagement du territoire. Selon la jurisprudence rendue en application de l'art. 24 al. 2 aLAT, la transformation d'une construction existante pouvait consister aussi bien en un agrandissement ou en une transformation intérieure qu'en un changement d'affectation. Elle était partielle lorsque la modification apportée à l'ouvrage était mineure, en comparaison avec l'état de celui-ci avant les travaux, qu'elle respectait l'identité du bâtiment et qu'elle n'entraînait pas d'effets notables sur l'affectation du sol, l'équipement ou l'environnement. Par ailleurs, la nouvelle utilisation ne devait pas diverger fondamentalement de l'ancienne, ni impliquer une destination économique entièrement nouvelle (cf. ATF 1C_139/2014 du 17 mars 2015 consid. 2.1.2 et les références citées, soit ATF 1A.247/1997 du 15 janvier 1998 consid. 2 in RDAF 1998 I 158 et les arrêts cités; cf. également DFJP/OFAT, Etude relative à la loi fédérale sur l'aménagement du territoire, Berne 1981, n
os
35 à 42 ad art. 24 LAT).
Le législateur vaudois avait fait usage de cette faculté en permettant au département d'autoriser la rénovation de constructions ou d'installations non conformes à l'affectation de la zone, leur transformation partielle ou leur reconstruction, à des conditions matériellement identiques à celles énoncées à l'ancien art. 24 al. 2 LAT (voir l'art. 81 al. 4 de la loi du 4 décembre 1985 sur l’aménagement du territoire et les constructions [LATC; RSV 700.11]). Sous l'empire de ce régime juridique, il n'existait pas de limite précise de l'agrandissement maximal autorisé. Selon ce qu'expose le SDT dans ses déterminations, la pratique de l'autorité cantonale limitait cet agrandissement à 25% de la surface existante au 1
er
juillet 1972. La jurisprudence fédérale admet plutôt que cet agrandissement pouvait être au maximum d'un tiers (ATF 127 II 215 consid. 3a).
Introduit par la révision de la LAT du 20 mars 1998, l'art. 24c LAT est entré en vigueur le 1
er
septembre 2000, simultanément à l'ordonnance du 28 juin 2000 sur l’aménagement du territoire (OAT; RS 700.1). Selon l'art. 24c LAT, dans sa version en vigueur du 1
er
septembre 2000 au 31 octobre 2012, les constructions et installations, sises hors de la zone à bâtir, qui peuvent être utilisées conformément à leur destination mais qui ne sont plus conformes à l'affectation de la zone bénéficient en principe de la garantie de la situation acquise (al. 1). L'autorité compétente peut autoriser la rénovation de telles constructions et installations, leur transformation partielle, leur agrandissement mesuré ou leur reconstruction, pour autant que les bâtiments aient été érigés ou transformés légalement. Dans tous les cas, les exigences majeures de l'aménagement du territoire doivent être satisfaites (al. 2). Le champ d'application de l'art. 24c LAT est restreint aux constructions et aux installations sises hors de la zone à bâtir, qui ne sont plus conformes à l'affectation de la zone à la suite d'un changement de réglementation, soit celles érigées comme en l'espèce avant le 1
er
juillet 1972.
L'art. 24c LAT est concrétisé par l'art. 42 OAT, dont la teneur applicable jusqu'au 31 octobre 2012, est la suivante:
Art. 42 Modifications apportées aux constructions et installations devenues contraires à l’affectation de la zone
1
Les constructions et installations pour lesquelles l’art. 24c LAT est applicable peuvent faire l’objet de modifications si l’identité de la construction ou de l’installation et de ses abords est respectée pour l’essentiel. Sont admises les améliorations de nature esthétique.
2
Le moment déterminant pour l’appréciation du respect de l’identité est l’état de la construction ou de l’installation au moment de la modification de la législation ou des plans d’aménagement.
3
La question de savoir si l’identité de la construction ou de l’installation est respectée pour l’essentiel est à examiner en fonction de l’ensemble des circonstances. Les règles suivantes doivent en tout cas être respectées:
a. à l’intérieur du volume bâti existant, la surface brute de plancher imputable ne peut pas être agrandie de plus de 60 %;
b. lorsqu’un agrandissement n’est pas possible ou ne peut pas être exigé à l’intérieur du volume bâti existant, il peut être réalisé à l’extérieur; l’agrandissement total ne peut alors excéder ni 30 % de la surface utilisée pour un usage non conforme à l’affectation de la zone ni 100 m
2
; les agrandissements effectués à l’intérieur du volume bâti existant ne comptent que pour moitié.
4
(...).
L'art. 42 al. 3 OAT retient la surface utilisée pour un usage non conforme à la zone comme point de référence s'agissant d'apprécier si un agrandissement est ou non mesuré au regard de l'art. 24c al. 2 LAT. Selon les recommandations de l’office fédéral compétent (Nouveau droit de l'aménagement du territoire, explications relatives à l'ordonnance sur l'aménagement du territoire et recommandations pour la mise en œuvre, 2001, chapitre IV, ch. 2.4.4, p. 45), cette référence permet de préciser que la comparaison des surfaces ne se limite pas aux surfaces brutes de plancher habitables (SBPH), conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral rendue sous l'empire de l'art. 24 al. 2 aLAT (arrêt AC.2011.0289 du 9 mai 2012 consid. 4b et arrêt cité). Ce qui est déterminant, c'est l'ampleur réelle de l'agrandissement, même si celui-ci consiste dans la réalisation de garages, de locaux de chauffage, de caves, de combles, etc. Dans un arrêt du 7 juin 2005 (ATF 1A.289/2004 consid. 2.2.2), le Tribunal fédéral a ainsi jugé que la surface à prendre en considération comprenait non seulement la surface brute de plancher utile, mais également les surfaces annexes existantes, telles que les garages, les locaux de chauffage, les caves et les combles, qui sont reliés directement et par un lien fonctionnel au logement servant à un usage non conforme à l'affectation de la zone.
c) En l'espèce, les travaux litigieux ont été réalisés en 1995 et 1996 soit sous l'empire de l'art. 24 al. 2 aLAT. Si l'on s'en tient à la pratique décrite par le SDT admettant un agrandissement d'au maximum 25% de la surface existante, le régime de l'art. 42 al. 3 OAT est plus favorable au recourant. On relèvera toutefois que le SAT avait autorisé en 1992 des travaux allant bien au-delà puisqu'ils ont doublé la surface habitable existant auparavant. Dès lors que le couvert litigieux n'était pas compris dans cette autorisation, on ne saurait toutefois en tenir compte en l'espèce. Il y a donc lieu d'examiner la conformité au droit de l'extension litigieuse en application de l'art. 24c LAT et de l'art. 42 al. 3 OAT.
Il convient d'abord de savoir quelles surfaces déterminantes doivent être prises en considération. La décision attaquée retient qu'au 1
er
juillet 1972, la surface brute de plancher imputable (SBPi) était de 31,95 m
2
et les surfaces annexes de 4,35 m
2
correspondant à une terrasse extérieure couverte dans l'angle sud-ouest du chalet. Le recourant soutient qu'il convient de tenir compte des combles.
Comme l'a relevé le SDT dans ses déterminations, il résulte des plans produits à l'appui de la demande de permis de construire datant de 1992 que, préalablement aux travaux autorisés à cette date, la hauteur des combles était inférieure à 1m. Dès lors, c'est à juste titre que la surface déterminante a été comptée sans tenir compte des combles, lesquelles n'étaient pas habitables avant ces travaux.
Pour le surplus, la décision attaquée retient à juste titre que les travaux réalisés en 1992 ont épuisé et même dépassé – largement – le potentiel admissible pour ce bâtiment. L'autorisation délivrée en 1992 par le SAT mentionnait d'ailleurs expressément que la réalisation des travaux projetés épuiserait toute autre possibilité d'agrandissement, de changement d'affectation ou de construction nouvelle.
Quand bien même l'appentis litigieux reste d'une surface relativement modeste – soit 12,54 m
2
–, il ne peut être autorisé compte tenu des travaux déjà intervenus en 1992. Dès lors que l'ampleur de l'agrandissement dépasse les critères quantitatifs fixés par l'art. 42 al. 3 OAT, il convient de considérer que l'identité de la construction n'est pas respectée (ATF 1C_415/2013 du 1 octobre 2015 consid. 3.8; Commentaire pratique LAT: Construire hors zone à bâtir, Berne 2017, Rudolf Muggli, n. 35 ad art. 24c LAT). Autrement dit, peu importe que l'aspect général du bâtiment ne soit que peu modifié par le couvert litigieux et que celui-ci n'ait qu'un impact limité sur l'affectation du sol et l'environnement. Le tribunal tiendra toutefois compte de ces éléments dans le cadre de l'examen du principe de proportionnalité (consid. 3b ci-dessous).
C'est donc à bon droit que la décision attaquée a considéré que le couvert litigieux ne pouvait pas être régularisé, les autres dispositions pouvant justifier une autorisation (art. 24a ss LAT) ne trouvant manifestement pas application en l'espèce.
Le recours s'avère donc mal fondé sur ce point.
3.
Le recourant invoque une inégalité de traitement avec les propriétaires de la parcelle n°296 de la Commune de Tartegnin, également sise hors de la zone à bâtir, environ 200 mètres au-dessus de celle du recourant, côté Jura. Il soutient que ceux-ci ont été autorisés à entreprendre des travaux bien plus conséquents du point de vue du maintien de l'identité du bâtiment.
a) Il y a inégalité de traitement au sens de l'art. 8 al. 1 Cst. lorsque, sans motifs sérieux, deux décisions soumettent deux situations de fait semblables à des règles juridiques différentes; les situations comparées ne doivent pas nécessairement être identiques en tous points, mais leur similitude doit être établie en ce qui concerne les éléments de fait pertinents pour la décision à prendre (ATF 137 I 58 consid. 4.4 p. 68; 136 I 297 consid. 6.1 p. 304, 345 consid. 5 p. 347/348, et les arrêts cités). Cela étant, le principe de la légalité de l'activité administrative prévaut sur celui de l'égalité de traitement. En conséquence, le justiciable ne peut généralement pas se prétendre victime d'une inégalité devant la loi lorsque celle-ci est correctement appliquée à son cas, alors qu'elle aurait été faussement, voire pas appliquée du tout dans d'autres cas. Cela présuppose cependant, de la part de l'autorité dont la décision est attaquée, la volonté d'appliquer correctement à l'avenir les dispositions légales en question. Le citoyen ne peut prétendre à l'égalité dans l'illégalité que s'il y a lieu de prévoir que l'administration persévérera dans l'inobservation de la loi. Il faut encore que l'autorité n'ait pas respecté la loi selon une pratique constante, et non pas dans un ou quelques cas isolés, et qu'aucun intérêt public ou privé prépondérant n'impose de donner la préférence au respect de la légalité (ATF 139 II 49 consid. 7.1 et les réf. cit.).
b) En l'espèce, il résulte de la synthèse CAMAC du 19 février 2015, versée au dossier de la présente cause, que l'autorité intimée a délivré son autorisation spéciale pour une démolition et reconstruction du bâtiment ECA n°67, qui a été construit avant le 1
er
juillet 1972 et était initialement dévolu à des activités agricoles et viticoles qui ont cessé depuis quarante ans. Ce projet diffère sur de nombreux points de la situation litigieuse. Il s'agit d'un projet de démolition et de reconstruction d'un ancien bâtiment agricole tandis que le bâtiment du recourant a fait l'objet de travaux successifs et n'a jamais eu de vocation agricole. Le bâtiment ECA n°67 est en outre d'une taille sensiblement plus importante que celle du bâtiment litigieux puisqu'il avait au 1
er
juillet 1972 une surface brute de plancher habitable de 153,90 m
2
, laquelle sera augmentée à 245,61 m
2
après travaux, ce qui entre dans le cadre du potentiel d'extension disponible compte tenu du volume important du bâtiment. Pour le surplus, d'importants aménagements extérieurs – notamment la construction d'une piscine – sont prévus, l'autorité intimée ayant considéré en l'espèce que son installation respectait l'identité des abords du bâtiment existant. Le seul fait qu'il s'agisse de deux bâtiments situés à proximité et hors de la zone à bâtir ne saurait justifier que l'on régularise les travaux litigieux sur la base du principe de l'égalité de traitement. Les deux situations sont trop dissemblables pour que le recourant puisse se prévaloir de l'application de ce principe du point de vue du respect de l'identité du bâtiment ou de son intégration dans le paysage.
Le grief tiré de l'inégalité de traitement doit donc être rejeté.
4.
Subsidiairement, le recourant fait grief à la décision attaquée de violer le principe de la proportionnalité dans la mesure où elle ordonne la démolition du couvert et la remise en état de la façade nord du chalet.
a) Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, lorsque des constructions ou des installations illicites sont réalisées en dehors de la zone à bâtir, le droit fédéral exige en principe que soit rétabli un état conforme au droit. L'autorité renonce à une telle mesure, conformément au principe de la proportionnalité, si les dérogations à la règle sont mineures, si l'intérêt public lésé n'est pas de nature à justifier le dommage que la démolition causerait au maître de l'ouvrage, si celui-ci pouvait de bonne foi se croire autorisé à construire ou encore s'il y a des chances sérieuses de faire reconnaître la construction comme conforme au droit (ATF 132 II 21 consid. 6 p. 35; ATF 123 II 248 consid. 3a/bb). Celui qui place l'autorité devant un fait accompli doit s'attendre à ce que celle-ci se préoccupe plus de rétablir une situation conforme au droit que d'éviter les inconvénients qui en découlent pour lui (ATF 123 II 248 consid. 4a; ATF 111 Ib 213 consid. 6b).
b) En substance, le recourant soutient qu'il est de bonne foi, que la démolition du couvert entraînerait des frais et des inconvénients pour lui et sa famille, que l'atteinte à l'intérêt public n'est pas importante.
En l'espèce, le recourant ne peut être considéré comme étant de bonne foi. En effet, selon la jurisprudence (ATF 1C_59/2011 du 20 mai 2011 consid. 3.3.), le nouveau propriétaire d'un immeuble doit se laisser opposer la mauvaise foi de ses prédécesseurs et ne peut s'opposer à une remise en état au motif qu'il a acquis l'immeuble de bonne foi et qu'il ne connaissait pas l'existence d'une situation contraire au droit des constructions. Or, en l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, le précédent propriétaire, qui était membre de la municipalité et avait sollicité l'autorisation d'effectuer les précédents travaux, ne pouvait ignorer que la construction du couvert litigieux était soumis à l'autorisation de l'autorité cantonale. Cela étant, on ne saurait entièrement assimiler le recourant à une personne qui met l'autorité devant le fait accompli dans la mesure où il a lui-même sollicité une autorisation pour une nouvelle extension, qui a finalement débouché sur la décision attaquée.
Outre les aspects financiers liés au coût de la démolition, il apparaît probable aux yeux du tribunal que la construction ne serait plus viable pour la famille du recourant si le couvert devait être démoli. En effet, le local litigieux sert d'espace de rangement et des machines à laver et sécher le linge y ont été installées et il est douteux compte tenu de l'exiguïté des locaux qu'ils puissent être déplacés dans l'espace restant.
En outre et surtout, le recourant a exposé que le couvert litigieux avait été réalisé à l'époque notamment pour éviter que, lors de fortes chutes de pluie, l'eau ne rentre dans la partie initiale de l'habitation. L'autorité intimée ne le conteste pas et, dans la décision attaquée, déclare qu'elle serait disposée à autoriser la réalisation d'un porche ou d'une marquise pour protéger le chalet contre les infiltrations d'eau. Il n'apparaît cependant pas d'emblée que ces solutions alternatives, qui portent également atteinte aux règles de police des constructions, permettraient d'arriver au même résultat. On peut aussi considérer que le maintien de la construction actuelle constitue une solution permettant de continuer à protéger le chalet contre les inondations, ce qui est dans l'intérêt privé du recourant.
Il convient également de tenir compte du temps qui s'est écoulé depuis la construction. Selon la jurisprudence, l'Etat peut faire valoir sa prétention à ce que la situation conforme au droit soit rétablie dans un délai de trente ans (ATF 1C_150/2016 du 20 septembre 2016 consid. 10.5). Certes, en l'espèce, l'autorité est intervenue dès le moment où elle a eu connaissance de la construction illicite, soit environ vingt ans après cette dernière. Toutefois, dans la prise en compte des différents intérêts en jeu, on ne saurait faire abstraction du fait que la construction de l'extension litigieuse a eu lieu il y a désormais vingt-cinq ans et que son existence n'avait jamais été remise en cause avant la présente procédure, que ce soit par l'autorité ou par des voisins.
Pour le surplus, même si l'intérêt public que revêt le principe de la séparation du bâti et du non bâti est important, l'atteinte reste ici très limitée. Il n'y a notamment aucun risque qu'en tolérant cette augmentation, cette construction isolée puisse entraîner un mitage accru du territoire. Il ressort tant des constatations faites lors de l'inspection locale que des photos versées au dossier, que l'appentis est discret et pratiquement invisible depuis le chemin vicinal bordant la parcelle. L'augmentation de la surface litigieuse reste modeste et, même s'il est pourvu d'un radiateur pour éviter le gel, le couvert litigieux n'est pas utilisé par l'actuel propriétaire comme une pièce à vivre mais comme un local de rangement vu l'absence de cave ou de grenier. En outre, le tribunal ne partage pas l'appréciation de l'autorité intimée selon laquelle les travaux litigieux auraient modifié l'identité du bâtiment et les abords de celui-ci. Un bois de même teinte a été utilisé si bien que, le temps passant, il est pratiquement impossible à un observateur attentif de remarquer que l'appentis a été ajouté après la construction du bâtiment principal. Il respecte pour le surplus le caractère de chalet du bâtiment édifié avant l'instauration de la zone agricole (arrêt AC.2013.0367 du 24 septembre 2015, consid. 6c concernant également un bâtiment érigé à l'origine comme chalet de week-end). On relèvera encore que la décision attaquée n'a pas ordonné la remise en état du cabanon de jardin, qui ne peut non plus être régularisé, et dont la situation paraît pour le surplus comparable au couvert litigieux, tant s'agissant des dimensions (12,54 m
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pour le couvert litigieux et 10,29 m
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pour le cabanon) que de l'utilisation comme local de rangement qui en est faite par le propriétaire. Aux yeux du tribunal, il se justifie de traiter ces deux constructions illicites de la même manière sous l'angle du principe de la proportionnalité, d'autant plus que le couvert litigieux protège également le bâtiment contre les risques d'inondation.
En définitive, au regard de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce, le tribunal est d'avis que l'intérêt du recourant au maintien de la construction litigieuse l'emporte exceptionnellement sur l'intérêt public à sa démolition. La décision attaquée viole donc le principe de la proportionnalité dans la mesure où elle exige la démolition de l'extension et la remise en état de la façade nord du chalet.
Il résulte de ce qui précède que le couvert réalisé en façade nord du chalet sera toléré, une mention étant inscrite au Registre foncier précisant, comme pour le cabanon de jardin, qu'en cas de destruction volontaire ou involontaire de celui-ci, un nouveau couvert ne pourra pas être réalisé dans son gabarit actuel (art. 44 OAT).
Au vu de ce qui précède, il n'est pas nécessaire d'examiner si, pour le surplus, la décision attaquée viole le principe de l'égalité de traitement comme le soutient le recourant.
5.
Le recours doit donc être admis, la décision étant réformée dans le sens précité. Dans la mesure où le recourant obtient gain de cause, il n'y a pas lieu de percevoir en l'espèce un émolument (art. 49 et 50 LPA-VD). Le recourant, qui a procédé par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel, a droit à des dépens, lesquels seront en l'espèce fixés à 2'000 (deux mille) francs (art. 55 et 56 LPA-VD et art. 10 et 11 du tarif du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière administrative [TFJDA; RSV 173.36.5.1]).