# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ce504854-04ae-5427-8183-480364dc943b
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte daté du 23 juillet 2020, expédié depuis la prison de B_ à l'Office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM), qui l'a reçu le 6 août 2020 et transmis au greffe de la Chambre de céans le 1
er
septembre 2020, A_ recourt contre la décision de non-report de son expulsion judiciaire, prononcée par l'OCPM le 17 juillet 2020 et notifiée le lendemain.
Le recourant conteste cette décision.
b.
Par ordonnance du 4 septembre 2020 (
OCPR/37/2020
), la Direction de la procédure de la Chambre de céans a accordé d'office l'effet suspensif au recours.
c.
Par arrêt du 23 novembre 2020 (
ACST/34/2020
), la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice a admis que la Chambre de céans était compétente pour connaître des recours contre les décisions de l'OCPM rendues en matière de report de l'exécution de l'expulsion pénale au sens de l'art. 66
d
CP.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Par arrêt du 15 mai 2020 (
AARP/179/2020
), aujourd'hui définitif et exécutoire, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice (ci-après : CPAR) a déclaré A_, ressortissant soudanais - également connu sous l'alias de C_, originaire du Maroc -, coupable de brigandage, lésions corporelles simples, vol, injure, entrée et séjour illégaux, infraction à l'art. 19 al. 1 let. c, d et g LStup et contravention à la LStup. Elle l'a condamné à une peine privative de liberté de 13 mois, sous déduction de 8 mois et 27 jours de détention avant jugement, peine complémentaire à celle prononcée le 7 mars 2020 par le Ministère public, ainsi qu'à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 10.- le jour et à une amende de CHF 100.-.
Elle a également prononcé son expulsion judiciaire du territoire suisse (art. 66
a
al. 1 CP) pour une durée de 5 ans.
b.
Le 6 juillet 2020, l'OCPM a imparti un délai à A_ pour faire valoir ses observations sur la décision qu'il entendait prendre de l'expulser du territoire suisse.
C.
Dans sa décision, l'OCPM a considéré, eu égard aux art. 66
d
CP et 83 LEI, qu'il n'existait aucun obstacle à l'exécution de l'expulsion de l'intéressé du territoire suisse.
D.
a.
À l'appui de son recours, A_ dit avoir deux enfants (une fille de 8 ans et demi et un garçon de 7 ans). Il avait grandi au Maroc dans un orphelinat, privé de son père, et ne souhaitait pas la même chose pour ses enfants. Il regrettait ses agissements et voulait partir en Italie, où ses enfants pourraient le rejoindre pendant les vacances.
b.
Dans ses observations du 21 décembre 2020, le Ministère public conclut au rejet du recours. Le condamné se limitait à contester le principe de l'expulsion, pourtant définitivement jugée, et ne soulevait aucun motif de report au sens de l'art. 66
d
al. 1 CP, seul invocable à ce stade.
c.
Dans ses observations du 15 janvier 2021, l'OCPM conclut au rejet du recours. L'intéressé ne jouissait pas du statut de réfugié reconnu en Suisse et ne faisait pas valoir que son retour au Maroc - pays dont il était originaire selon copie de sa carte d'identité jointe - l'exposerait à la torture ou à des peines ou traitements inhumains. Les juges du fond, après examen notamment de l'art. 8 par. 1 CEDH, qui garantit le droit au respect de la vie privée et familiale, n'avaient pas renoncé à la mesure d'éloignement, de sorte que le recourant ne pouvait plus venir soutenir, à ce stade, que son expulsion du territoire suisse l'éloignerait de ses supposés enfants et de sa compagne. Pour le surplus, aucune raison pratique étrangère au comportement du recourant ne rendait impossible l'exécution de son expulsion à destination de son pays d'origine, étant précisé qu'il n'était pas autorisé à séjourner en Italie, comme le Tribunal d'application des peines et mesures le lui avait du reste rappelé dans son jugement du 21 décembre 2020 (PM/1_/2020).
d.
Le recourant n'a pas répliqué.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
1.1.
La compétence de la Chambre de céans pour statuer sur le recours interjeté découle désormais de l'arrêt du 23 novembre 2020 de la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice.
Cette attribution résultera en outre de la modification de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LaLEI) en cours, laquelle confère au Département de la sécurité, de l'économie et de la santé, soit pour lui l'OCPM, la compétence pour statuer sur le report de l'exécution de l'expulsion. Le nouvel art. 5 al. 5 LaCP entraînera ainsi la compétence de la Chambre pénale de recours pour statuer sur les recours en la matière, par le truchement des art. 40 al. 1 et 42 al. 1 let. a LaCP.
1.2.
La procédure devant la Chambre de céans est régie par le CPP, applicable au titre de droit cantonal supplétif (art. 42 al. 2 LaCP).
1.3.
Le recours émane du condamné, qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée (art. 382 al. 1 CPP).
1.3.1.