# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ff48995c-ef2c-5296-b695-a4a3eaa7a1de
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
, que la recourante ne remet en cause en seconde instance que le chiffre 2 du dispositif du jugement susmentionné considérant que le "
sursis humanitaire
" pour l'exécution forcée de l'évacuation de 60 jours dès le prononcé du jugement d'évacuation devait être reporté au 1
er
janvier 2023; qu'à cet égard, elle invoque le fait qu'elle s'est retrouvée en situation difficile personnellement, financièrement et administrativement suite au suicide de son mari en mai 2021 et en charge d'une enfant âgée de 16 ans encore aux études; que le bailleur n'avait pas fait état d'un besoin particulier de l'objet loué et qu'elle devait être prochainement en mesure de trouver des financements permettant de couvrir partiellement l'arriéré de loyer de 17'605 fr. 85 ainsi que le montant nécessaire mensuellement pour payer le loyer courant de 3'280 fr.;
Que s'agissant de la suspension du caractère exécutoire du jugement précité, elle invoque l'exposition à une évacuation à brève échéance, sans disposer d'un logement de remplacement et le fait que le recours n'est pas dénué de chances de succès;
Que l'intimé conclut au rejet de la requête d'effet suspensif au motif qu'aucune solution concrète et actuelle de paiement des arriérés de loyer ainsi que du loyer courant n'est présentée par la recourante et que le découvert s'accroît chaque mois; qu'il souligne le fait que la recourante a déjà annoncé à plusieurs reprises qu'elle obtiendrait les aides nécessaires à couvrir les arriérés de loyer et le loyer courant, sans que cela ne se soit concrétisé; qu'il ajoute que l'Hospice général limite à 1'800 fr. par mois son aide au paiement du loyer, de sorte que cet organisme ne couvrirait jamais l'entier du loyer contractuel de la recourante accroissant chaque mois l'arriéré en l'absence d'intervention d'un autre organisme;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que seules les mesures d'exécution contenues dans le jugement entrepris ont été remises en cause par la partie recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire du jugement (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que la suspension du caractère exécutoire du jugement prévue par l'art. 325 al. 2 CPC implique que la partie recourante allègue et établisse la possibilité que la décision querellée lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF
136 IV 92
consid. 4);
Que, saisie d'une requête de suspension du caractère exécutoire du jugement, l'autorité de recours procède à une pesée des intérêts en présence, notamment entre les préjudices respectifs des parties en fonction de la solution choisie, et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées; arrêts du Tribunal fédéral
5A_1047/2017
du 3 mai 2018 consid. 3.3.2;
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Qu'il se justifie en l'espèce de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 3 du jugement entrepris afin, d'une part, de ne pas vider le recours de son objet et, d'autre part, de ne pas porter une atteinte importante aux intérêts de la recourante et de son enfant;
Que
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, le recours n'est pas dénué de chances de succès, à tout le moins partielles;
Que la partie intimée allègue certes un préjudice potentiellement difficilement réparable si l'effet suspensif est octroyé, en raison de l'accroissement de l'arriéré de loyers impayés et de l'insolvabilité de la locataire; qu'il y a lieu d'en tenir compte et d'éviter des atermoiements infinis puisqu'en l'état aucune solution n'a été trouvée pour le règlement de l'arriéré de loyer ainsi que de l'intégralité du loyer courant;
Qu'il convient en conséquence de faire droit à la requête d'effet suspensif dans la mesure où la présente cause, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC), sera courte, si bien que l'effet suspensif ne se prolongera vraisemblablement que de très peu au-delà du délai déjà fixé par le Tribunal pour le départ de la locataire;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CPC).
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