# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c3e8c289-d4fc-5d9d-9f54-be20aa59a336
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. B._ et A._ sont les père et mère de C._, né en 1998. Ils vivent séparés et une procédure de divorce est en cours.
C._ est polyhandicapé depuis sa naissance et a besoin d’une surveillance et d’un accompagnement permanents dans tous les domaines de la vie.
B._ et A._ ont encore un second fils, D._, né en 2003 et qui est également polyhandicapé.
B. Par décision du 4 janvier 2016, la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (: la Justice de paix) a instauré une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine, avec limitation de l’exercice des droits civils, au sens des art. 394 al. 1 et 2 et 395 al. 1 CC, en faveur de C._. La Justice de paix a confié ce mandat à E._, curatrice professionnelle auprès du Service des Curatelles des Communes de Bulle, Riaz et Morlon.
Par courrier du 13 janvier 2016, A._ et B._ ont annoncé faire recours contre cette décision, au motif que B._, qui n’avait pas pu être présent à la séance ayant pour objet l’instauration d’une mesure de protection de l’adulte en faveur de C._, souhaitait vivement pouvoir s’occuper lui-même des affaires administratives et financières de son fils en qualité de curateur. Était jointe audit courrier une lettre de F._, membre de la famille de A._ et B._ travaillant en qualité « d’indépendante dans des activités de gestion d’entreprises et de mandats administratifs pour les particuliers et les entreprises », de laquelle il ressort qu’en tant que professionnelle, elle estimait que B._ était « parfaitement capable de gérer des démarches administratives », étant précisé qu’il sollicitait parfois son intervention pour des détails mais qu’il effectuait un bon travail en amont et que, si B._ était nommé en qualité de curateur de C._, elle se portait garante afin de lui apporter son soutien.
Après avoir entendu les parties, la Justice de paix a, le 22 février 2016, reconsidéré sa décision du 4 janvier 2016 et nommé B._ en qualité de curateur de représentation et de gestion du patrimoine de son fils C._.
En date du 3 mai 2016, la Juge de paix a reçu B._ en séance afin de lui expliquer les tenants et aboutissants de la mesure de protection de l’adulte instaurée en faveur de son fils C._, ainsi que les tâches incombant à sa fonction de curateur. Elle lui a aussi expliqué que son rôle de curateur se limitait à certains aspects de la vie de son fils, précisant que les décisions d’ordre médical concernant l’intéressé devaient être prises d’un commun accord entre lui et son épouse. Suite à ces explications qu’il a déclaré avoir comprises, B._ a exposé que la situation était très lourde et qu’il avait jusqu’alors « fermé [sa] bouche ». Il a exposé que A._ n’était pas bien psychologiquement, qu’elle avait été hospitalisée pendant un mois par le passé et qu’il a dû s’occuper de ses enfants tout seul. Il a également déclaré que la situation dans leur couple était difficile, qu’il fallait divorcer, et que, dans cette situation, il était difficile pour lui d’avoir la force et le moral pour s’occuper de ses enfants lourdement handicapés. Il a notamment ajouté que le samedi ayant précédé la séance, A._ l’avait informé du fait qu’elle devait se rendre chez le médecin et qu’elle allait certainement être hospitalisée, ce qui bouleversait toute l’organisation relative à leurs enfants, étant relevé que finalement, ce n’était pas
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vrai que A._ avait rendez-vous chez le médecin et qu’il n’avait plus de nouvelles d’elle depuis ce samedi et ne savait pas où elle se trouvait.
Lors de cette même séance, la Juge de paix a également expliqué à B._ la manière dont devait être tenue la comptabilité, la façon dont les revenus de C._ devaient être utilisés, ainsi que les démarches à effectuer, inhérentes à son rôle de père, s’agissant du lieu de vie de l’intéressé, étant précisé que son fils était pour l’heure pris en charge par les G._, mais qu’en raison de sa majorité, il fallait chercher une nouvelle institution.
Par la suite, il est apparu que malgré sa motivation et son envie, B._ avait beaucoup de difficultés avec la gestion du mandat. Plusieurs fois, il est passé à la Justice de paix pour produire diverses pièces relatives à la comptabilité d’C._, notamment sous forme de relevés de compte, de tickets de caisse et de copies de récépissés postaux portant des annotations manuscrites. Il a également demandé à ce que son travail puisse être contrôlé une fois par mois par la Justice de paix et s’il était possible qu’il mandate une tierce personne pour tenir « le secrétariat de la curatelle ». Une séance a eu lieu à la Justice de paix le 22 août 2016. Malgré l’indication expresse de la Juge de paix qu’un deuxième véhicule ne pouvait être acheté avec les ressources de C._ qu’avec le consentement de la Justice de paix, B._ a acquis une voiture pour CHF 4'000.-. Par décision du 5 septembre 2016, la Justice de paix a refusé de consentir à des prélèvements d’argent par B._ sur le compte de son fils destinés à l’achat d’un second véhicule au nom de B._ et a ordonné à ce dernier de rembourser la somme de CHF 4'000.-. Des contacts avec les assistants sociaux auprès du Service social de H._, il est ressorti leur inquiétude s’agissant de la situation de la famille de A._ et B._. B._ qui était soutenu par le Service, ne remplissait aucun document et ne faisait rien au niveau administratif, étant relevé que l’argent qu’il recevait pour son fils semblait être en réalité utilisé pour ses propres besoins, en plus de l’aide sociale. De plus, il ne semblait pas verser des moyens à son épouse qui pourtant avait la charge de leur fils afin qu’elle puisse subvenir aux besoins courants de celui-ci. Enfin, d’un entretien téléphonique avec un collaborateur de l’Office AI, il est principalement ressorti que la contribution d’assistance, permettant à C._ et à son frère de rester à domicile auprès de leurs parents, avait été suspendue en juillet 2015 et que, si elle demeurait inactive depuis plus d’un an, elle serait définitivement perdue. Exceptionnellement, un délai au 31 octobre 2016 avait été accordé à la famille pour entreprendre les démarches nécessaires et déposer la demande. Vu la complexité des dossiers des enfants, le collaborateur estimait judicieux de nommer un curateur professionnel pour gérer les aspects administratifs et financiers. Sur requête de la Juge de paix, le délai a été prolongé jusqu’au 30 novembre 2016.
Les personnes contactées auprès de la fondation les G._, la pédiatre des enfants ainsi que I._, intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfant et de la jeunesse et curatrice de D._, respectivement ancienne curatrice de C._, ont confirmé que B._ s’occupait bien de ses enfants. I._ a également exposé que B._ avait toujours été présent aux bilans ou autres entretiens avec les institutions ou le Service de l’enfance et de la jeunesse, qu’il collaborait bien et qu’il cherchait beaucoup de solutions concrètes pour rendre le quotidien de ses enfants plus agréable. Par contre, la fondation les G._ et I._ ont confirmé qu’à plusieurs reprises, A._ était restée injoignable durant plusieurs semaines et que c’était alors B._ qui s’occupait seul de leurs deux enfants. Par ailleurs, lors de la séance à la Justice de paix du 3 octobre 2016, A._ ne s’était pas présentée, bien qu’elle ait été régulièrement citée, et est restée injoignable au
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téléphone malgré les tentatives de la Juge de paix en début de séance. Par courrier du 6 octobre 2016, la Juge de paix a transmis à A._ le procès-verbal de cette séance afin qu’elle se détermine, mais cette dernière ne s’est pas exécutée dans le délai imparti. B._ a expliqué lors de cette séance que son épouse était partie le 2 septembre 2016, qu’elle lui avait dit par message qu’elle prévoyait de rentrer le 28 septembre 2016, mais qu’il ne l’avait pas revue ni n’avait eu de contact téléphonique avec elle depuis. Il a également exposé qu’il s’occupait seul de ses deux enfants au domicile de A._, son appartement ne lui permettant pas de les accueillir, en raison de leur handicap lourd. Il a ajouté qu’il était en possession des clés du logement de son épouse et qu’il n’avait pas d’autre choix pour s’occuper de ses enfants que de le faire au domicile de cette dernière, de sorte qu’il souhaitait vivement que ses deux enfants viennent habiter avec lui dans un appartement adapté, près de l’institution Home-atelier J._, à K._, qui accueillait C._ depuis fin août 2016 et où le fils cadet pourrait le rejoindre en temps voulu. Il a encore relevé que son épouse ne lui donnait pas toutes les informations nécessaires s’agissant de la situation financière des enfants et qu’il la soupçonnait d’avoir utilisé l’argent des enfants pour ses propres besoins. A ce sujet, la fondation les G._ a transmis à la Justice de paix des factures pour le fils cadet dont A._ ne s’était pas acquittée. Lors de la séance du 3 octobre 2016, B._ a finalement relevé qu’il faisait de son mieux pour les enfants, mais que l’attitude de A._ l’empêchait d’avancer dans certaines démarches liées notamment à l’aspect médical de la vie des enfants, leur mère devant systématiquement donner son accord. I._, également présente lors de cette séance, a notamment déclaré qu’elle était favorable à l’idée que B._ puisse vivre avec ses enfants dans son propre appartement et qu’il serait pertinent de permettre au père de représenter seul ses enfants sur le plan médical, étant précisé que ce dernier avait jusqu’à présent démontré qu’il était capable de faire ce qu’il fallait pour le bien de ses fils et d’écouter les conseils des professionnels.
Le 28 octobre 2016, A._ a pris contact par téléphone avec la Justice de paix au sujet du courrier du 6 octobre 2016 qu’elle n’a pas compris. On lui a alors expliqué le contenu du courrier puis conseillé de demander de l’aide au Réseau Santé et Social de H._ ou de passer au guichet de la Justice de paix.
C. Par décision du 31 octobre 2016, la Justice de paix a prononcé la décision suivante:
I. Autorisation est donnée à B._ de modifier le domicile de C._ et d’entreprendre les démarches nécessaires à l’obtention d’un nouveau logement à son nom, pour lui et son fils C._, lui permettant d’accueillir et de prodiguer les soins nécessaires à C._.
II. B._ est immédiatement déchargé de ses fonctions de curateur de représentation et de gestion du patrimoine de C._, sous réserve de l’approbation du rapport et des comptes finaux.
III. B._ est prié de produire le rapport et les comptes finaux relatifs à son activité de curateur de représentation et de gestion de C._ dans un délai fixé au 31 décembre 2016.
IV. E._, curatrice professionnelle auprès du Service des Curatelles des Communes de Bulle, Riaz et Morlon, est désignée, avec effet immédiat, à la fonction de curatrice de représentation et de gestion du patrimoine de C._, à charge pour elle:
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a) de se mettre immédiatement en contact avec l’AI et Pro Infirmis afin de régler la question de la contribution d’assistance et, si cela est nécessaire, d’obtenir une prolongation de délai pour la conclusion du contrat d’assistance;
b) d’entreprendre les démarches nécessaires au déménagement de C._ auprès de son père dans un logement adapté à ses besoins;
c) de dresser, en collaboration avec l’autorité de protection, un inventaire des valeurs patrimoniales qu’il (recte : elle) doit gérer;
d) de déposer un rapport d’activité annuel en bonne et due forme et les comptes annuels arrêtés au 31 décembre de chaque année, accompagnés des comptes et des pièces justificatives, dans les deux mois suivant la clôture de l’exercice;
e) de requérir une adaptation de la mesure en cas de modification des circonstances.
V. Autorisation est d’ores et déjà donnée à E._ d’accéder au dossier AI de C._ dans le cadre de l’accomplissement de son mandat de curatrice de représentation sur le plan administratif et financier.
VI. B._ et A._ sont exhortés à collaborer avec E._ et à lui fournir tous les documents utiles à l’accomplissement de son mandat de curatrice de représentation sur le plan administratif et financier.
VII. B._ est désigné comme seul représentant en matière médicale de C._, en application de l’art. 381 al. 2 ch. 3 CC, à charge pour lui:
a) de se charger des aspects personnels ayant trait à la vie de C._, en lui prodiguant les soins et lui fournissant l’assistance nécessaire au vu de sa situation;
b) de concerter impérativement et systématiquement, dans la mesure du possible, A._ pour les décisions d’ordre médical concernant C._;
c) de représenter C._ sur le plan médical lorsqu’un commun accord ne peut être trouvé avec A._.
VIII. B._ est exhorté à favoriser le lien existant entre C._ et A._ et à ne pas empêcher cette dernière d’accomplir son devoir d’entretien envers C._ par les soins et l’éducation qu’elle lui apporte.
IX. La présente décision est immédiatement exécutoire nonobstant recours.
X. Il est renoncé à percevoir des frais judiciaires.
D. Par mémoire du 23 novembre 2016, A._ a interjeté recours contre cette décision. Elle requiert à titre de mesure provisionnelle la restitution de l’effet suspensif. Sur le fond, elle conclut à ce que le recours soit admis, à ce que les frais soient mis à la charge de l’Etat et à ce que les chiffres I., IVb., VII., VIII. et IX. soient annulés ou modifiés comme suit:
I. Le domicile légal de C._ est maintenu au domicile de A._.
IVb. annulé
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VII. E._ est désignée comme seule représentante en matière médicale de C._, en application de l’art. 381 al. 2 ch. 3 CC, à charge pour elle:
a) annulé
b) de concerter impérativement et systématiquement, dans la mesure du possible, A._ et B._ pour les décisions d’ordre médical concernant C._ et
c) de représenter C._ sur le plan médical lorsqu’un commun accord ne peut être trouvé entre A._ et B._.
VIII. A._ et B._ se chargent des aspects personnels ayant trait à la vie de C._, en lui prodiguant les soins et en lui fournissant l’assistance nécessaire au vu de sa situation lorsqu’il celui-ci séjourne chez [sic]
IX. annulé
La Justice de paix s’est déterminée le 29 novembre 2016 en concluant au rejet du recours.
En date du 29 décembre 2016, B._ a conclu au rejet du recours, sous suite de dépens.
E. Le 24 novembre 2016, la Présidente de la Cour de céans a, à titre superprovisionnel, restitué l’effet suspensif au recours concernant les chiffres attaqués du dispositif de la décision, soit I., IVb., VII. et VIII. uniquement.
B._ ne s’est pas déterminé sur la requête d’effet suspensif dans le délai imparti.
Par décision du 7 décembre 2016 (106 2016 113), la Présidente de la Cour de céans a partiellement admis la requête d’effet suspensif en ce sens qu’elle a confirmé la décision superprovisionnelle du 24 novembre 2016.
F. Par requêtes des 23 novembre 2016 et 29 décembre 2016, A._ et B._ requièrent d’être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire totale.

## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd. 2014, n. 589 p.399).
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