# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d11c1952-f625-5b59-a27c-ad97492da01e
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, née en 1964, domiciliée à B._, divorcée et mère de trois enfants majeurs, titulaire d'un CFC de fleuriste, travaillait à 100% en tant que responsable administrative d'une entreprise active dans la construction de machines.
Le 30 octobre 2009, l'assurée a déposé une demande de prestations auprès de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après: OAI), en raison d'une atteinte au niveau de la "zone ophtalmique".
Par décision du 5 avril 2011, l'OAI lui a reconnu le droit à une demi-rente d'invalidité dès le 1er mai 2010 sur la base d'un degré d'invalidité de 50%. Ce droit a été confirmé par communications ultérieures.
B. En octobre 2014, l'assurée a demandé une nouvelle évaluation de son degré d'invalidité, affirmant que son état s'était péjoré.
Dans le cadre de l'instruction du dossier, l'OAI a diligenté une expertise auprès du Dr C._, spécialiste en neurologie. Dans son rapport du 23 mai 2017, ce dernier conclut que la capacité de travail de l'assurée est entière depuis 2009, sous réserve d'une perte de rendement de 30%.
Par décision du 6 octobre 2017, l'OAI a supprimé la demi-rente sur la base d'un degré d'invalidité à 30% avec effet dès le mois de décembre 2017. Le recours (608 2017 263) interjeté contre cette décision devant le Tribunal cantonal a été rejeté par arrêt du 10 décembre 2018.
C. Le 5 avril 2019, l'assurée a demandé la révision de son dossier, se prévalant d'une aggravation de son état sur le plan psychique, étant désormais régulièrement suivie par un psychiatre.
Avis pris auprès du médecin de son Service médical régional (ci-après: SMR), l'OAI a, dans un premier temps, rendu un projet de non-entrée en matière daté du 21 mai 2019. Suite aux objections de l'assurée, l'OAI a mandaté le Dr D._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie au sein de E._ pour une expertise. Dans son rapport du 10 juillet 2020, complété le 18 octobre 2020, le médecin conclut que l'assurée n'est plus en mesure de travailler qu'à un taux de 50% dans une activité adaptée.
L'expertise et son complément ont été soumis au SMR. Dans ses rapports du 2 octobre et du 21 octobre 2020, le médecin du SMR estime que ces documents ne remplissent pas les critères de qualité pour conférer à l'expertise psychiatrique une pleine valeur probante. Le 11 novembre 2020, l'OAI a donc informé l'assurée qu'il prévoyait de mandater le Dr F._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, pour une nouvelle expertise. Le 18 décembre 2020, l'assurée s'y est opposée, demandant plutôt qu'une expertise bidisciplinaire (neurologie et psychiatrie) soit mise en place.
Par décision incidente du 12 avril 2021, l'OAI a confirmé que l'expertise serait réalisée auprès du Dr F._.
D. Contre cette décision, l'assurée, représentée par Me Daniel Känel, avocat, interjette recours (605 2021 117) devant le Tribunal cantonal le 12 mai 2021 concluant, avec suite de frais et dépens, à la mise sur pied d'une expertise bidisciplinaire.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 9
A l'appui de ses conclusions, elle soutient que l'OAI aurait retenu à tort que sa nouvelle demande ne concernait que des troubles psychiques alors que la problématique principale est neurologique. Selon elle, il appartenait à l'office d'instruire également la situation sous cet angle, ne serait-ce que pour déterminer si les conclusions du Dr C._ sont encore d'actualité.
Parallèlement, elle requiert (605 2021 118) l'octroi de l'effet suspensif à son recours et demande (605 2021 119) à bénéficier de l'assistance judiciaire gratuite et à ce que son mandataire soit nommé défenseur d'office.
Dans ses observations du 16 juin 2021, l'OAI propose le rejet du recours, se référant à la motivation de la décision et au dossier constitué. Il précisait en outre que l'Office ne mettrait pas en œuvre l'expertise litigieuse tant que la procédure contentieuse ne serait pas terminée.
Le 23 juin 2021, l'assurée a déposé une intervention spontanée, produisant un rapport de son médecin traitant.
Autant qu’utiles à la solution du litige, il sera fait état des arguments développés par les parties à l’appui de leurs conclusions respectives dans les considérants en droit du présent arrêt.

## Considerations

en droit
1.
Recevabilité
1.1. En vertu de l'art. 120 du code cantonal du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1), applicable par le renvoi de l'art. 61, 1ère phrase de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA; RS 830.1), lui-même applicable par le biais de l'art. 1 al. 1 de la loi du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI; RS 831.20), les décisions incidentes sont susceptibles d’un recours séparé lorsqu’elles concernent la compétence, la récusation, la langue de la procédure, l’effet suspensif et l’assistance judiciaire gratuite (al. 1).
Dans les autres cas, les décisions incidentes ne sont susceptibles d’un recours séparé que si elles sont de nature à causer un préjudice irréparable à une partie ou si l’admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d’éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (al. 2).