# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0f017717-18d2-4754-bf1b-fb710111f8a7
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Suite à une perquisition des locaux de C._ SA le 11 janvier 2017, effectuée dans le cadre d'une procédure pénale dirigée contre D._, le Ministère public a ouvert une instruction pénale le 18 janvier 2017 pour gestion déloyale à l'encontre de B._ et D._, administrateurs de la société. La perquisition a permis de mettre en lumière que C._ SA était surendettée et survivait grâce à d'importants emprunts obtenus auprès de divers investisseurs.
Par contrat du 1er février 2017, C._ SA, représentée par son administrateur B._, a cédé à A._ Sàrl en constitution, représentée par ses gérants E._ et F._, les six demandes de brevets qu'elle avait déposées en 2016 en échange d'une reprise de dettes de CHF 766'218.24. Dans la mesure où A._ Sàrl en constitution n'était pas encore constituée, la modification de la titularité des brevets au registre des brevets de l'Institut de Propriété Intellectuelle (ci-après: l'IPI) est restée en suspens.
Le 1er mai 2017, par signature de B._, C._ SA a donné procuration générale à D._ pour la représenter dans toutes les opérations la concernant. Le 5 mai 2017, muni de cette procuration, D._ a demandé à l'IPI la cession à son nom et à celui de G._ des six demandes de brevets déposées au nom de C._ SA. Le 8 mai 2017, l'IPI a procédé à la modification de l'inscription en faveur de D._ et G._.
Le 19 mai 2017, A._ Sàrl en constitution, représentée par E._, a déposé plainte contre D._ pour escroquerie et a déclaré que l'instruction déterminerait l'éventuelle complicité de C._ SA dans la réalisation de cette infraction. En substance, elle reproche à D._ de s'être approprié sans droit les six demandes de brevets et à C._ SA d'avoir cédé à deux reprises ces mêmes actifs, la première fois en sa faveur pour un montant de CHF 766'218.24 et la seconde fois en faveur de D._ à titre gratuit. Par conséquent, l'instruction a été étendue à l'encontre de B._, en sa qualité d'administrateur de C._ SA, pour diminution effective de l'actif au préjudice des créanciers et non pour escroquerie au vu de la chronologie des événements.
Sollicitée par l'un de ses créanciers, la faillite de C._ SA a été prononcée le 25 septembre 2017.
Le 23 septembre 2020, A._ Sàrl a dénoncé B._ pour gestion fautive. À l'appui de sa dénonciation, A._ Sàrl a indiqué que B._ s'était octroyé CHF 40'000.- sur le produit de la vente d'un terrain à H._ appartenant à C._ SA le 24 février 2017, alors qu'il la savait surendettée, aggravant par-là même la situation de la société. L'instruction a dès lors été étendue contre B._ pour gestion fautive.
B. Par ordonnance du 19 avril 2021, le Ministère public a classé la procédure ouverte à l'encontre de B._ pour gestion déloyale, diminution effective de l'actif au préjudice des créanciers et gestion fautive. En substance, bien que le Ministère public ait estimé que B._ était un homme de paille mais qu'il demeurait néanmoins administrateur et responsable de la bonne gestion de C._ SA, aucune infraction ne pouvait être retenue à son endroit. En effet, s'agissant de l'infraction de gestion déloyale, le Ministère public a considéré que ni une intention dolosive, ni un dol caractérisé, dans les engagements pris pour C._ SA par B._ pouvait être retenu, de sorte que la condition subjective de l'infraction fait défaut. S'agissant de l'infraction de diminution effective de l'actif au préjudice des créanciers, le Ministère public a
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également estimé que B._ n'avait pas fait preuve d'intention dolosive lorsqu'il a signé la procuration générale en faveur de D._, qui a ensuite utilisé ladite procuration pour modifier la titularité des six demandes de brevets auprès de l'IPI, si bien que B._ ne s'est pas rendu coupable de ladite infraction. Enfin, il ressort de l'instruction qu'au moment de la perception des CHF 40'000.-, B._ n'avait aucune raison de penser que C._ SA était surendettée, de sorte qu'il n'avait pas l'intention de causer ou d'aggraver le surendettement de cette dernière par ses agissements. Ainsi, aucune gestion fautive au détriment de C._ SA ne peut lui être reprochée. Au surplus, le Ministère public a mis à la charge de A._ Sàrl la moitié des frais de défense d'office de B._ ainsi que la moitié des frais de procédure.
C. Par acte du 30 avril 2021, A._ Sàrl a recouru contre l'ordonnance de classement du 19 avril 2021 auprès de la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre). À titre principal, elle conclut à ce qu'il plaise à la Chambre d'annuler l'ordonnance attaquée, d'ordonner au Ministère public de mettre en accusation B._ et de dire que la question des frais et indemnités de la procédure suivra le sort de la cause. Subsidiairement et en cas de confirmation du classement, la recourante conclut à ce qu'elle ne soit pas condamnée à rembourser à l'État une quelconque part des frais de procédure et de l'indemnité pour la défense d'office de B._, au déboutement du Ministère public et de tout autre intervenant de toutes autres ou contraires conclusions et à la condamnation de l'État de Fribourg, agissant par son Ministère public, aux frais et débours de la procédure de recours, comprenant une équitable indemnité pour le défraiement des frais de son conseil. A._ Sàrl a en outre requis à titre provisionnel l'octroi de l'effet suspensif au recours, lequel a été octroyé partiellement en lien avec les chiffres 2 et 4 du dispositif de l'ordonnance attaquée (cf. lettre-décision du Président de la Chambre du 26 mai 2021).
Le 10 mai 2021, la recourante a versé les sûretés de CHF 1'500.- requises.
Invité à se déterminer, le Ministère public a produit ses observations le 31 mai 2021 et a conclu au rejet du recours de A._ Sàrl ainsi qu'à la mise à la charge de la recourante des frais et dépens.
Le 15 juin 2021, la recourante, par l'entremise de son mandataire, s'est déterminée de manière spontanée sur les observations formulées par le Ministère public.
Par courrier du 23 juin 2022, le Président de la Chambre a attiré l'attention du Ministère public et de la recourante et les a invités à se déterminer sur la question de la qualité de partie de cette dernière dans la procédure de recours au regard de l'arrêt de la Chambre rejetant le recours de A._ Sàrl et, partant, confirmant la décision du Ministère public du 26 avril 2022 déniant la qualité de partie plaignante à ladite société dans le cadre de la procédure ouverte le 18 janvier 2017 contre B._ et D._ (arrêt TC FR 502 2022 115 et 116 du 13 juin 2022).
Par courrier du 29 juin 2022, le Ministère public s'est déterminé sur la question de la qualité de partie de A._ Sàrl dans le cadre de la procédure de recours ouverte à la suite de l'ordonnance de classement du 19 avril 2021 et a confirmé entièrement les conclusions figurant dans ladite ordonnance.
Le 13 juillet 2022, la recourante, par l'entremise de son mandataire, s'est déterminée en indiquant en substance que l'arrêt rendu le 13 juin 2022 n'enlevait rien à la pertinence des arguments développés dans son recours du 30 avril 2021, auxquels par ailleurs elle renvoie.
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## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon les art. 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du Code de procédure pénale (CPP; RS 312.0), 64 let. c et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de 10 jours, à l'autorité de recours. L'ordonnance querellée, datée du 19 avril 2021, a été notifiée à la recourante le 21 avril 2021, de sorte que le recours, déposé le 30 avril 2021, l'a été en temps utile.