# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fde9797e-de11-5ab1-b4b8-51d4cb33c474
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, l'ordonnance de preuves
ORTPI/116/2022
du 2 février 2022, par laquelle le Tribunal de première instance a rejeté la requête de A_ SA tendant à la limitation de la procédure à la problématique de la responsabilité de D_ et de C_ (chiffre 1 du dispositif), autorisé les parties à apporter les preuves des faits qu'elles allèguent, qui sont contestés (ch. 2), réservé à chacune des parties la possibilité d'apporter la contre preuve (ch. 3), admis les moyens de preuve suivants pour A_ SA: interrogatoire/déposition de A_ SA sur certains allégués de la demande, interrogatoire/déposition de C_ sur certains allégués de la demande, interrogatoire/déposition de D_ sur certains allégués de la demande, audition des témoins E_, F_, G_ et H_ (ch. 4), admis les moyens de preuve suivants pour C_: audition de A_ SA sur certaines déterminations contenues dans la duplique, audition de C_ sur certains allégués de la réponse, de la duplique, ainsi que sur certaines déterminations de la duplique, audition de D_ sur certaines déterminations de la duplique (ch. 5); le Tribunal a par ailleurs imparti un délai à A_ SA au 9 mars 2022 pour produire tout document attestant un versement effectué en faveur de I_ correspondant au prix des actions de J_ SA (ch. 6), dit qu'il serait ordonné à K_, par ordonnance séparée, de produire les documents pouvant que la plateforme L_ avait été aliénée en faveur de M_ et indiquant les conditions de cette transaction (ch. 7), imparti à A_ SA un délai au 8 mars 2022 pour fournir une avance de frais de 5'000 fr. pour les frais de traduction et d'interprète, ainsi que pour l'éventuelle indemnisation du témoin (ch. 8), attiré l'attention de A_ SA sur le fait qu'en cas de défaut de paiement, les preuves ne seraient pas administrées, sauf si l'autre partie effectuait l'avance (ch. 9) et réservé la question de l'expertise judiciaire (ch. 10);
Vu le recours formé A_ SA contre l'ordonnance du 2 février 2022, concluant à son annulation et au renvoi de la cause au Tribunal avec instructions impératives selon lesquelles la pièce 164 dont la production est requise par A_ SA (soit les états financiers de M_ clôturés au 31 décembre 2018, 31 décembre 2019 et 31 décembre 2020 ou tout autre document prouvant les bénéfices réalisés par M_ provenant de l'exploitation de la plateforme N_) est admise et la pièce 250 dont la production est requise par C_ (soit tout document attestant d'un versement que A_ SA a effectué en faveur de I_ correspondant au prix des actions de J_E SA, visé par le chiffre 6 du dispositif de l'ordonnance attaquée) est rejetée;
Que préalablement, la recourante a conclu à la restitution de l'effet suspensif;
Que sur ce point, elle a allégué que si elle devait produire la pièce 250, elle risquerait de subir un préjudice difficilement réparable en cas d'admission du recours sur ce point; qu'en effet, les autres parties seraient ainsi en possession d'informations bancaires concernant A_ SA, sans y être autorisées et le recours deviendrait partiellement sans objet;
Que sur le fond, A_ SA a notamment développé les raisons pour lesquelles elle s'oppose à la production de cette pièce 250;
Vu la réponse de C_ sur effet suspensif, concluant au rejet de la requête;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un recours au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC;
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée (art. 325 al. 1 CPC);
Que toutefois, l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 2 CPC);
Qu'elle dispose d'un large pouvoir d'appréciation;
Que l'on devrait à tout le moins admettre que l'effet suspensif soit restitué lorsque la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (Jeandin, CR, CPC 2
ème
éd. 2019, ad art. 325 n. 6);
Qu'en l'espèce et sans préjuger de la recevabilité du recours, qui sera examinée dans le cadre de l'arrêt au fond, il y a lieu de relever que si la recourante devait produire la pièce 250 avant que la Cour ne se soit prononcée sur le recours, celui-ci deviendrait partiellement sans objet;
Que la recourante risquerait ainsi de subir un préjudice difficilement réparable dans l'hypothèse où elle obtiendrait gain de cause sur son recours, puisque C_ aurait eu accès à la pièce litigieuse;
Qu'à l'inverse, C_ ne subira aucun préjudice en attendant l'issue du recours pour obtenir, le cas échéant, la production de la pièce 250;
Qu'au vu de ce qui précède, le caractère exécutoire attaché au chiffre 6 du dispositif de l'ordonnance attaquée sera suspendu;
Que la recourante n'ayant pas motivé sa requête d'effet suspensif en ce qui concerne les autres chiffres du dispositif de l'ordonnance querellée, elle sera rejetée pour le surplus;
Que la question des frais relatifs à la présente décision sera renvoyée à l'arrêt au fond.
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