# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9bd2c94a-153c-571f-a5e7-a61a6a4bff14
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2006
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Employment Contract

## Facts

EN FAIT
A.
Par demande déposée au greffe de la juridiction des prud'hommes le 10 juillet 2003, T_ a assigné E_ en paiement de 88'812 fr. 50 à titre d’heures supplémentaires, 25'000 fr. à titre de gratification pour chacun des exercices 2001 et 2002, 10'084 fr. 80 à titre de vacances non prises, 9'450 fr. à titre de remboursement de frais, notamment de nourriture, le tout plus intérêts à 5 % dès le 1er mars 2003, et 33'333 fr. 40 à titre d’indemnité pour licenciement abusif, plus intérêts à 5 % dès le 9 juillet 2003.
A l’appui de ses conclusions, T_ a notamment allégué avoir accompli 1'450 heures supplémentaires au service de son employeur du 14 mai 2001 au 31 décembre 2002, chiffre résultant pour partie d’une estimation. Toutefois, il requérait la production des relevés d’heures par son employeur pour établir un décompte précis de ces heures supplémentaires.
E_ a conclu au déboutement intégral de
T_ et à sa condamnation à une amende de 2'000 fr. pour téméraire plaideur, contestant en bloc son argumentation. Elle a par ailleurs formé une demande reconventionnelle tendant à la condamnation de
T_ au paiement de divers montants, en remboursement de dommages que la prétendue incurie de celui-ci lui aurait causés, en violation de ses obligations légales (art. 321a al. 1 et 321 e CO), soit 351'750 fr. (facturation mal transmise), soit 40'080 fr. (surcharge de la minute facturée par Z_ à E_), 28'270 fr. (approbation de crédits sans autorisation adéquate) et 31'000 fr. (vente de cartes sans paiement à un autre revendeur), le tout assorti d’un intérêt à 5 % dès le 22 septembre 2003.
B.
Par jugement notifié le 16 juin
2004, le Tribunal des prud’hommes a condamné E_ à payer à T_ 8'716 fr. 50 brut plus intérêts à 5% dès le 1
er
mars 2003 correspondant à 4 semaines de vacances et à un jour férié et 25'000 fr. net plus intérêts à 5% dès le 1
er
mars 2003 à titre de bonus pour 2001.
Le Tribunal a considéré que T_ avait démontré avoir droit aux vacances non prises et à une gratification, mais uniquement pour l'exercice 2001. En revanche, T_ n’avait pas démontré l’existence d’un tel accord pour l’année suivante, ni au sujet de la prise en charge des frais de repas à Zurich, non documentés, et n’avait donc aucun droit en conséquence. Par ailleurs, le contrat à prendre en considération excluait expressément la prise en compte des heures supplémentaires et E_ n’avait pas à les payer. Les autres prétentions des parties devaient enfin être rejetées, le congé n’étant pas abusif et la faute ou les négligences de l’employé n’étant pas démontrées.
C.
Agissant en temps utile, T_ a appelé de cette décision. Il concluait à sa confirmation s’agissant du paiement des vacances non prises et du bonus pour l’exercice 2001 et reprenait intégralement ses autres conclusions.
E_ a pour sa part conclu au déboutement de toutes les prétentions de T_ et renoncé à ses conclusions reconventionnelles.
D.
Par arrêt du 21 mars 2005, la Cour d’appel des prud’hommes a rejeté les appels principal et incident et confirmé la décision entreprise.
E.
T_ s’est pourvu au Tribunal fédéral contre cette décision et E_ a formé un recours en réforme joint. La contestation soumise au Tribunal fédéral portait sur la rémunération des heures supplémentaires, les gratifications pour les années 2001 et 2002 et l'indemnité pour licenciement abusif. La condamnation de E_ pour le paiement des vacances non prises devenait donc définitive, à défaut d’avoir été contestée en appel.
Par arrêt du 25 octobre 2005, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable l'argumentation des parties relativement aux gratifications (art. 63 al. 2 LOJ) et n'est donc pas entré en matière sur ce point. Il a par ailleurs confirmé que le licenciement de T_ n'était pas abusif, le déboutant de ses conclusions prises au regard de l'art. 336a al. 1 CO. Cela étant, le Tribunal fédéral a retourné la cause à la Cour pour nouvelle décision à rendre au regard de l'application de l'art. 3 let. d LTr, afin de déterminer la nature exacte des fonctions exercées par l'employé et, cas échéant, d'établir le nombre d'heures supplémentaires devant être rémunérées.
F.
Au regard des conclusions prises sur retour du dossier du Tribunal fédéral, les éléments pertinents suivants seront retenus :
a.

## Considerations