# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c87810d4-2666-5d89-bdbd-659a8435b4a6
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Né en 1972, de nationalité tunisienne, A._ est entré en Suisse le 5 septembre 1989, pour rejoindre son père qui était diplomate et a reçu pour cette raison une carte de légitimation du Département fédéral des affaires étrangères au titre du regroupement familial. Il a obtenu par la suite une autorisation de séjour pour études afin de suivre les cours du Pensionnat B._, puis, à partir du semestre d'hiver 1996/97, de l'Université de Fribourg à l'Institut de journalisme et communications sociales.
Depuis 1999, il bénéficie d'une autorisation de séjour avec prise d'emploi en tant que gérant d'établissements publics.
Il a cependant multiplié les dettes, de sorte qu'au 23 juin 2014, il avait 229'263 francs de poursuites et 2'137'998 francs d'actes de défaut de biens.
B. A._ s'est marié en 1999 avec une ressortissante turque. En 2001, le couple a eu une fille, qui est actuellement au bénéficie d'un permis d'établissement. En 2008, les conjoints se sont séparés avant de reprendre la vie commune dans le courant 2010. Depuis 2013, ils vivent officiellement séparés, le mari s'étant engagé à verser 1'300 francs par mois de pension pour son épouse et sa fille.
C. Compte tenu des dettes importantes accumulées, le Service de la population et des migrants (SPoMi) a refusé, le 4 juillet 2006, d'accorder à A._ le permis d'établissement qu'il sollicitait.
C. Sous l'angle pénal, A._ a fait l'objet de plusieurs condamnations, soit:
 Le 17 août 2001 par l'Untersuchungsrichteramt III Bern-Mittelland à Berne à une amende de 1'000 francs avec sursis pour violation grave des règles de la circulation routière;
 Le 16 septembre 2009 par le Tribunal économique de Fribourg à une peine privative de liberté de 18 mois, avec sursis pendant 5 ans, pour escroquerie, faux dans les titres, gestion déloyale (dessein d'enrichissement);
 Le 10 juin 2011 par le Ministère public du canton de Fribourg à une peine pécuniaire de 120 jours-amende à 140 francs, avec sursis pendant 4 ans, et à une amende de 3'000 francs pour emploi d'étrangers sans autorisation;
 Le 21 février 2014 par le Ministère public du canton de Fribourg à une peine pécuniaire de 30 jours-amande à 50 francs avec sursis pendant 3 ans et à une amende de 300 francs pour conduite d'un véhicule automobile sans permis de conduire;
 Le 5 juin 2014 par la Cour d'appel pénal de Fribourg à une peine privative de liberté de 6 mois pour escroquerie, diffamation, faux dans les titres, peine partiellement complémentaire au jugement du 16 septembre 2009 par le Tribunal économique de Fribourg, peine d'ensemble avec le jugement précité;
 Le 27 novembre 2014 par le Ministère public du canton de Fribourg à une peine pécuniaire de 90 jours-amende à 100 francs, complémentaire à celle du 21 février 2014 pour escroquerie et faux dans les titres.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
D. A._ a également été assisté par le Service de l'aide sociale de la Ville de Fribourg jusqu'à fin septembre 2010, sa dette s'élevant à 6'952 francs le 13 avril 2012 et à 2'690 francs le 24 juin 2014.
E. Le 26 avril 2012, le SPoMi a informé A._ qu'au vu des condamnations des 16 septembre 2009 et 10 juin 2011, de son manque d'intégration et de sa dette d'assistance sociale, il envisageait de refuser la prolongation de son autorisation de séjour et de prononcer son renvoi de Suisse.
Informé de l'existence de la procédure pénale qui allait conduire au jugement de la Cour d'appel pénal du 5 juin 2014, le SPoMi a décidé attendre ce prononcé avant de statuer et a renouvelé l'autorisation de séjour jusqu'au 7 septembre 2014.
Dans l'intervalle, il a procédé à diverses investigations sur l'état des dettes et sur les relations personnelles de l'intéressé. En particulier, le 17 juillet 2014, son épouse a fait savoir que ce dernier payait la pension pour sa fille et qu'il l'a voyait régulièrement.
Le 19 août 2014, le SPoMi a indiqué à A._ qu'il envisageait de révoquer son autorisation de séjour et de prononcer son renvoi, et il l'a invité à se déterminer à ce sujet.
Le 23 septembre 2014, celui-ci a déposé ses objections en rappelant qu'il vivait en Suisse depuis plus de 25 ans et qu'il n'avait plus d'attache particulière avec son pays d'origine, si ce n'était pour aller rendre visite de temps à autre à sa mère. Il a souligné que la peine privative de liberté de 6 mois confirmée par la Cour d'appel pénal n'était pas, à son avis, une peine de longue durée au sens de l'art. 62 let. b de la loi fédérale sur les étrangers (LEtr; RS 142.20). Il a indiqué qu'il percevait un salaire important qui lui permettait de rembourser ses dettes et qu'il s'était juré de ne plus commettre la moindre infraction pénale. Il a insisté sur la relation fusionnelle qu'il entretient avec sa fille qu'il voit plus régulièrement que lors de l'exercice d'un droit de visite ordinaire, la situation actuelle étant plus proche d'une garde partagée. Un renvoi vers son pays d'origine aurait pour conséquence de détruire définitivement le lien précieux entre un père et sa fille.

## Considerations