# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cfe40495-9563-5c0a-9fe4-6617532afd8c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame A_ (ci-après l'assurée), née le _1936, est au bénéfice de prestations complémentaires depuis août 2008.
2. Une révision du dossier a été initiée en août 2018, au cours de laquelle le service des prestations complémentaires (ci-après le SPC) a notamment appris que l’assurée avait été copropriétaire d’un bien immobilier sis en Italie jusqu’au 15 décembre 2016, date à laquelle ce bien avait été vendu. L’assurée détenait depuis une créance à l’encontre de sa fille, Madame D_, en paiement de sa part du produit de vente, soit EUR 113'333.- (4/6 de EUR 170'000.-).
3. Par décision du 28 juin 2019, confirmée sur opposition le 28 février 2020, le SPC a réclamé à l’assurée le remboursement de la somme de CHF 150'944.-, représentant les prestations complémentaires qui lui avaient été versées à tort du 1
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août 2012 au 30 juin 2019.
Le SPC a par ailleurs fixé le montant des prestations complémentaires fédérales à compter du 1
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janvier 2016, et dès le 1
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janvier 2019.
4. Par décision du 2 décembre 2019, également confirmée sur opposition le 28 février 2020, le SPC a établi le droit de l'assurée aux prestations complémentaires fédérales à compter du 1
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janvier 2020, en tenant compte d’une épargne de CHF 128'394.30.
5. L’assurée, représentée par Me Marc BALAVOINE, a interjeté recours le 20 avril 2020 contre les décisions sur opposition du 28 février 2020. Elle conteste les chiffres retenus par le SPC. Elle rappelle que son époux est décédé le 12 novembre 2007.
La liquidation de la succession s'est faite immédiatement sous réserve d'un bien immobilier situé à Comune di Civitella Di Romagna (FC), Viale E_ n. 18, en Italie, de sorte qu'elle est devenue copropriétaire de 4/6 de ce bien immobilier, 1/6 revenant à sa fille, D_, et 1/6 restant revenant à son fils, C_. Elle explique que le produit de la vente du bien immobilier a été détourné par sa fille D_. Cette créance est irrécouvrable, le SPC ne saurait la prendre en considération dans sa fortune. Elle fait ainsi valoir qu'elle avait en effet confié à sa fille une procuration pour procéder à la vente de ce bien. Le 16 décembre 2015, D_ avait procédé à la vente et encaissé le prix. Elle s'était toutefois abstenue d'en informer sa mère et de lui restituer la partie du produit de vente qui lui revenait.
Elle ajoute qu'elle a pourtant mis sa fille en demeure, ce par plis recommandés des 16 avril 2019 et 18 octobre 2019, de restituer sans délai ce montant.
Celle-ci n'a répondu à aucun des courriers.
Elle conclut à ce que ladite décision soit annulée et à ce que le montant des prestations complémentaires fédérales soit fixé à au moins CHF 2'285.- par mois dès le 1
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juillet 2019.
6. Le mandataire de l’assurée a transmis à la chambre de céans, le 5 mai 2020, copie de l’ordonnance rendue par le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant le 27 février 2020, aux termes de laquelle une curatelle de représentation et de gestion en faveur de l’assurée est instituée, et Monsieur C_ désigné aux fonctions de curateur.
7. Dans sa réponse du 14 mai 2020, le SPC a conclu au rejet du recours s’agissant de la période du 1
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août 2012 au 30 juin 2019, mais a accepté de ne plus tenir compte dès le 1
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janvier 2020 de la créance de EUR 113'333.- au vu des démarches actives entreprises par l’assurée depuis janvier 2020.
8. Invitée à se déterminer, l’assurée a, le 4 juin 2020, pris note de ce que le SPC acceptait de considérer la créance envers sa fille comme étant irrécouvrable dès le 1
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janvier 2020, mais constate qu’il ne s’est pas déterminé sur les prestations concernant la période du 1
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juillet 2019 au 31 décembre 2019. Elle a sollicité de la chambre de céans qu’elle admette partiellement son recours en tant qu’il porte sur son droit à des prestations complémentaires fédérales, en arrêtant leur montant à au moins CHF 2'279.70 par mois à compter du mois de juillet 2019, et à au moins
CHF 2'310.10 dès le mois de janvier 2020. Elle a par ailleurs requis la suspension de la procédure s’agissant du remboursement des prestations complémentaires fédérales perçues du 1
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août 2012 au 30 juin 2019, « jusqu’à ce que les démarches intentées en Italie pour recouvrer sa créance aboutissent, soit par la conclusion d’une transaction extrajudiciaire, soit par la décision définitive et exécutoire d’un tribunal » et conclu à l’annulation de la décision de restitution.
9. Le 1
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juillet 2020, le SPC a déclaré s’en rapporter à justice quant à l’opportunité de suspendre l’instance, rappelant toutefois que la durée de la procédure judiciaire en Italie a été estimée à quatre ou cinq ans. Il considère que la période du
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juillet au 31 décembre 2019 est comprise dans sa décision du 28 juin 2019. Il constate que les seules démarches effectuées afin de recouvrer la créance de l’assurée, sont deux courriers adressés à sa fille par son fils, M. C_ et par Me F_, avocat à Bari (Italie), respectivement les 16 avril 2019 et 18 octobre 2019, courriers auxquels elle n’a reçu aucune réponse, de sorte que le caractère irrécouvrable de la créance n’est pas démontré. Le SPC a parallèlement sollicité l’autorisation de la chambre de céans pour rendre d’ores et déjà une décision rétroagissant au 1
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janvier 2020 qui ne tiendrait pas compte de la créance que l’assurée détient à l’encontre de sa fille.
10. Par décision du 2 juillet 2020, le SPC a repris le calcul du droit de l'assurée aux prestations complémentaires fédérales. Il met ainsi en évidence un solde en faveur de l’assurée de CHF 10'381.- pour la période du 1
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janvier au 31 juillet 2020 dont il précise qu’il sera compensé avec une dette existante.
11. Le 6 juillet 2020, le mandataire de l’assurée a informé la chambre de céans que Mme D_ n’avait pas donné suite à une mise en demeure du 5 mai 2020 et à un rappel du 8 juin 2020, qu’une ultime mise en demeure lui avait alors été adressée avec un délai au 15 juillet 2020 et qu’à défaut de réponse dans ce délai, il entreprendrait des démarches judiciaires.
12. Par courrier du 8 juillet 2020, la chambre de céans a laissé au SPC le soin de notifier à l’assurée une nouvelle décision établissant son droit aux prestations complémentaires à compter du 1
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janvier 2020.
13. Par arrêt incident du 17 août 2020 (
ATAS/647/2020
), la chambre de céans a refusé de suspendre l'instance, après avoir constaté ce jour-là, soit un peu plus d'un mois après l'expiration du délai que l'assurée avait imparti à sa fille, qu'aucune action judiciaire n'avait été déposée.
14. Par courrier du 5 octobre 2020, l'assurée a transmis à la chambre de céans copie d'un acte introductif d'instance déposé le 11 septembre 2020 auprès du Tribunal de Forli (Italie) contre Madame D_ et a sollicité, partant, la révision de l'arrêt incident du 17 août 2020.
15. Le 22 octobre 2020, le SPC a pris bonne note du fait qu’une action judiciaire avait finalement été intentée en Italie en septembre 2020. Il a toutefois persisté dans la position qu’il avait développée dans ses écritures du 1
er
juillet 2020 s’agissant des périodes allant du 1
er
août 2012 au 30 juin 2019 et du 1
er
juillet 2019 au 31 décembre 2019.
Il a par ailleurs indiqué que, faisant suite au courrier de la chambre de céans du 8 juillet 2020, il avait rendu une nouvelle décision le 17 juillet 2020 qui rétroagissait au 1
er
janvier 2020 et qui ne tenait pas compte de la créance que l’assurée détenait à l’encontre de sa fille.
16. Par arrêt en révision du 3 novembre 2020 (
ATAS/1035/2020
) dirigé contre l’arrêt incident du 17 août 2020 (
ATAS/647/2020
), et notifié aux parties le 5 novembre 2020, la chambre de céans a rejeté la demande, considérant que l’action judiciaire déposée le 11 septembre 2020 ne pouvait être considérée comme un fait nouveau important au sens de l’art. 61 let. i LPGA.
17. Par courrier du 5 novembre 2020, l’assurée a attiré l’attention de la chambre de céans sur le fait qu’elle n’avait pas reçu la décision du 17 juillet 2020 mentionnée par le SPC dans son courrier du 22 octobre 2020. Elle dit n’avoir reçu, datée de ce jour-là, qu’une décision concernant son droit à l’aide sociale à compter du 2 août 2020.
Elle rappelle qu’une décision lui a été notifiée le 2 juillet 2020 portant sur son droit aux prestations complémentaires à compter du 1
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janvier 2020, décision à laquelle elle s’était opposée du fait qu’elle prévoyait la compensation des prestations échues avec sa prétendue dette envers le SPC.
Elle rappelle également que sa créance à l’égard de sa fille était irrécouvrable en juillet 2019 et que des prestations devraient dès lors lui être versées pour les mois de juillet à décembre 2019.
Elle maintient sa demande du 5 octobre 2020 visant à la révision de l’arrêt incident du 17 août 2020 et persiste pour le surplus dans ses conclusions du 4 juin 2020.
18. Invité à se déterminer, le SPC a souligné, le 20 novembre 2020, que la décision du
17 juillet 2020, dont il produit un tirage et qui annule et remplace celle du 2 juillet 2020, faisait partie du même envoi que la décision de prestations d’aide sociale datée du même jour.
Il précise que des copies de la décision du 17 juillet 2020 ont été expédiées à l’EMS B_, à Ital-Uil et au curateur.
Le 16 décembre 2020, l’assurée a persisté à affirmer que ni elle ni son curateur n’avaient reçu la décision du 17 juillet 2020. Elle relève à cet égard qu’elle n’aurait pas formé opposition à la décision du 2 juillet 2020 si tel avait été le cas, dès lors que le SPC, par celle du 17 juillet 2020, renonce précisément à compenser les prestations échues avec sa prétendue dette, au contraire de la première.
19. Ce courrier a été transmis à l’assurée et la cause gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 6 octobre 2006 (LPC -
RS 831.30
). Elle statue aussi, en application de l'art. 134 al. 3 let. a LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les prestations complémentaires cantonales du 25 octobre 1968 (LPCC -
J 4 25
).
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.