# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 60a45aa0-95e9-4f05-be7a-301148f4aa92
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu:
- la procédure pénale diligentée contre A. (ci-après: le prévenu) pour vol par métier
(art. 139 ch. 2 CP), escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), fabrication de fausse
monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 al. 2 CP), mise en circulation de
fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), importation, acquisition et prise en dépôt de
fausse monnaie en grande quantité (art. 244 al. 2 CP), faux dans les certificats
(art. 252 CP) et blanchiment d’argent (art. 305bis CP);
- la décision du 8 juillet 2022, par laquelle le Ministère public de la Confédération
(ci-après: MPC) a admis la demande du prévenu tendant à la mise en œuvre de
la procédure simplifiée (MPC 04-01-00-0026 à 0029);
- l’acte d’accusation du 31 août 2022 reçu par la Cour des affaires pénales du
Tribunal pénal fédéral, le 29 septembre 2022, accepté par les parties plaignantes
ainsi que par le prévenu (MPC 04-01-00-0077 à 00095), et plus singulièrement, la
proposition de renoncer à prononcer l’expulsion judiciaire du territoire suisse de ce
dernier, en application de l’art. 66a al. 2 CP (ch. 6.3 de l’acte d’accusation);
- le dossier transmis à la Cour et, plus particulièrement, les quelques pièces
déposées par le défenseur du prévenu au chapitre de l’expulsion de ce dernier du
territoire suisse (MPC 04-01-00-0002 à 0020) et l’absence d’instruction du MPC
sur ce point du dossier.

## Considerations

Et considérant que:
- lorsque les parties acceptent l’acte d’accusation, le ministère public le transmet
avec le dossier au tribunal de première instance (art. 360 al. 4 CPP); ce dernier
procède aux débats (art. 361 al. 1 CPP). Les dispositions relatives à la préparation
des débats de la première instance sont applicables à ceux de la procédure
simplifiée, sous réserve des règles spéciales prévues aux art. 361 et 362 CPP
(BERTRAND PERRIN/PASCAL DE PREUX, Commentaire romand CPP, 2e éd., 2019,
N. 3 et 4 ad art. 361 CPP; JO PITTELOUD, Code de procédure pénale suisse, 2012,
p. 705, N. 1035; voir aussi ATF 139 IV 233 consid. 2.5.1; voir aussi Message du
Conseil fédéral relatif à l’unification du droit de la procédure pénale, in FF 2006
1057, 1272);
- toutefois, les règles ordinaires qui ont trait au complément et à la correction de
l’accusation (art. 329 al. 2 CPP, deuxième phrase) ainsi qu’à la suspension de la
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procédure (art. 329 al. 2 CPP, première phrase) devant le tribunal ne sont pas
applicables en procédure simplifiée (PERRIN/DE PREUX, op. cit., N. 5 ad art. 361
CPP). La tâche du tribunal consiste à vérifier que les faits arrêtés dans l’acte
d’accusation correspondent bien à ce qui ressort du dossier et que le traitement
de l’affaire est conforme au droit (PITTELOUD, op. cit., p. 706, N. 1037 et p. 707,
N. 1040);
- au besoin, et conformément au principe d’économie de procédure, le tribunal peut,
avec le consentement des parties et dans les limites de la maxime d’accusation,
procéder à quelques corrections de l’acte d’accusation, prérogative qui découle
d’ailleurs de sa fonction d’autorité de contrôle inhérente à la procédure simplifiée;
en revanche, le tribunal est lié par le principe d’accusation, si bien que s’il se saisit
lui-même, il n’agit plus en tant qu’autorité de contrôle, mais en tant qu’autorité de
jugement (CHRISTIAN SCHWARZENEGGER, Kommentar zur Schweizerischen
Strafprozessordnung StPO, 3e éd., 2020, N. 8 ad art. 362 CPP; voir aussi MARC
THOMMEN, Kurzer Prozess – fairer Prozess? Strafbefehls- und abgekürzte
Verfahren zwischen Effizienz und Gerechtigkeit, 2013, p. 202);
- en outre, en vertu de l’art. 361 al. 4 CPP, la procédure simplifiée exclut toute
administration des preuves par l’autorité judiciaire;
- conformément à l’art. 329 al. 1 CPP, applicable en procédure simplifiée, la
direction de la procédure examine d’office si l’acte d’accusation et le dossier sont
établis régulièrement (lit. a), si les conditions à l’ouverture de l’action publique sont
réalisées (lit. b) et s’il existe des empêchements de procéder (lit. c); partant, s’il
apparaît déjà lors de l’examen de l’acte d’accusation en procédure simplifiée qu’un
jugement ne peut pas être rendu, le tribunal doit transmettre le dossier au ministère
public afin que ce dernier engage une procédure préliminaire ordinaire (art. 362
al. 3 CPP), les conditions permettant de rendre un jugement n’étant pas réunies
(PERRIN/DE PREUX, op. cit., N. 5 ad art. 361 CPP, note de bas de page N. 9);
- dans un souci d’économie de procédure, une décision de renvoi au sens de
l’art. 362 al. 3 CPP peut être rendue exceptionnellement par écrit (cf. ordonnance
du Tribunal pénal fédéral SK.2021.38 du 5 novembre 2021, dernier paragraphe);
- le rejet de l’acte d’accusation par le tribunal n’exclut pas la mise en œuvre d’une
nouvelle procédure simplifiée au cours de la procédure préliminaire ordinaire
(CHRISTIAN SCHWARZENEGGER, op. cit., N. 8 ad art. 362 CPP; NIKLAUS
SCHMID/DANIEL JOSITSCH, Schweizerische Strafprozessordnung,
Praxiskommentar, 3e éd., 2017, N. 2 ad art. 359 CPP; GEORGES GREINER/IRMA
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JAGGI, Basler Kommentar Schweizerische Strafprozessordnung, 2e éd., 2014,
N. 35 ad art. 362 CPP);
- en l’occurrence, le MPC reproche notamment au prévenu d’avoir commis, par
métier, divers vols à hauteur de CHF 329'900.- (art. 139 ch. 2 CP) et escroqueries,
totalisant un préjudice de CHF 83'100.- (art. 146 al. 2 CP);
- bien qu’il s’agisse d’actes astreignant, depuis le 1er octobre 2016, le juge à
prononcer à l’encontre de leur auteur une expulsion judiciaire hors de Suisse, au
sens de l’art. 66a al. 1 lit. c CP, le MPC a, toutefois, proposé qu’il soit dérogé au
régime ordinaire de l’expulsion obligatoire au profit du régime extraordinaire prévu
à l’art. 66a al. 2 CP. Cette disposition permet au juge de renoncer, à titre
exceptionnel, à une expulsion lorsque celle-ci mettrait l’étranger dans une situation
personnelle grave et que les intérêts publics à l’expulsion ne l’emportent pas sur
l’intérêt privé de l’étranger à demeurer en Suisse;
- or, à l’issue d’un examen sommaire du dossier, la Cour estime que celui-ci ne
contient pas suffisamment d’éléments permettant d’apprécier, en fait et en droit, si
les conditions du cas de rigueur posées à l’art. 66a al. 2 CP sont réunies ou si, au
contraire, la mesure proposée contreviendrait au régime strict de l’expulsion
obligatoire. En d’autres termes, la Cour est dans l’incapacité, compte tenu du
manque d’informations au dossier sur la situation personnelle, familiale,
professionnelle et sociale du prévenu (cf. ATF 144 IV 332 consid. 3.3.2),
d’apprécier si la proposition faite au ch. 6.3 du dispositif figurant dans l’acte
d’accusation est appropriée ou non;
- ce point ne saurait faire l’objet de quelques accommodements lors des débats, vu
l’absence d’administration de preuves (art. 361 al. 4 CPP), mais doit être, au
contraire, instruit et étayé par des éléments matériels, a fortiori dès lors que la
solution retenue par le MPC déroge à la règle posée à l’art. 66a al. 1 CP (voir à ce
propos ANGELA GIGER, Das abgekürzte Verfahren [art. 358 - 362 StPO], Ablauf
samt Klärung von Detailfragen, praktischen Erfahrungen und statistischen
Erhebungen, ZStStr, Band/Nr. 111, 2021, pp. 62 à 63, N. 78);
- dans ces circonstances, il n’y a pas lieu de tenir des débats (cf. ordonnance du
Tribunal pénal fédéral SK.2021.38 du 5 novembre 2021);
- partant, les conditions permettant de rendre le jugement en procédure simplifiée
ne sont, en l’état du dossier, pas réunies;
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- par conséquent, il se justifie de retourner le dossier au MPC pour qu’il complète
l’instruction sur ce point afin que la Cour puisse apprécier si les conditions de
l’art. 66a al. 2 CP sont réunies;
- il n’est pas perçu de frais au prononcé de la présente décision.
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