# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6554bb51-10c8-43e7-a359-b976cae6b584
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2003
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. Le recourant, à l'époque cambiste au service de la Société de banques suisses à Genève, avait déclaré pour la période fiscale 1985-1986 un revenu imposable de 56'100 fr. ainsi que, dans son état des titres, des valeurs pour un montant total de 89'334 fr. au 1er janvier 1985. L'autorité de taxation avait augmenté son revenu de 80'000 fr. pour le motif que le revenu déclaré n'était manifestement pas en rapport avec l'évolution de sa fortune et que l'intéressé avait refusé systématiquement de produire les pièces pertinentes pouvant justifier sa déclaration. Le recourant s'était pourvu en vain contre la décision de l'autorité de taxation auprès de la Commission cantonale de recours en matière d'impôt qui lui avait en outre infligé une amende pour refus de production de pièces (arrêt du 5 janvier 1989). La commission de recours avait confirmé la taxation d'office effectuée par l'autorité intimée sur la base de l'évolution de fortune du contribuable et considéré en bref que les gains réalisés parallèlement à l'activité du recourant auprès de son employeur provenaient d'une activité accessoire à but lucratif.
B. Pour la période fiscale 1987-1988, le recourant a déclaré un revenu imposable de 107'100 fr. ainsi qu'une fortune imposable de 551'000 fr. L'autorité de taxation a fixé le revenu imposable à 455'400 fr. et la fortune imposable à 571'000 fr. Pour ce faire, elle a retenu l'existence d'un gain accessoire indépendant de 435'131 fr.
"A._ SA"
en 1986 et ajouté au revenu annuel, sur la base de l'évolution de fortune, un montant de 166'902 fr. Contre la décision sur réclamation rendue en matière d'impôt cantonal et communal, ainsi que contre celle rendue en matière d'impôt fédéral direct, le recourant a déposé un recours que le Tribunal administratif a rejeté par arrêt du 2 février 1994 (FI 1992/0064). Le tribunal a rejeté les moyens de procédure soulevés par le recourant et considéré pour le surplus que les gains réalisés avaient été obtenus grâce à une activité assimilable à un commerce professionnel de titres, et que l'autorité intimée avait qualifié à juste titre de revenu imposable les éléments non justifiés de l'évolution de fortune du recourant.
C. a) Pour la période fiscale 1989-1990, le recourant a déclaré un revenu imposable de 81'000 francs ainsi qu'une fortune imposable dans le canton de 1'531'000 francs (2'652'000 francs en tout). Par décision du 18 juin 1991, l'autorité de taxation a fixé le revenu imposable à 760'021 francs et la fortune imposable dans le canton pour l'impôt cantonal et communal (ICC) à 1'546'000 francs. Pour ce qui concerne le revenu, cette décision procède à un calcul de l'évolution de fortune du recourant et ajoute au revenu imposable annuel la somme de 599'309 francs désignée comme
"gains accessoires effectués par l'intermédiaire de A._ SA"
.
Une décision de taxation concernant l'impôt fédéral direct (IFD) pour 1989-1990 a été notifiée le 19 juin 1991, fixant le revenu imposable à 750'000 francs.
Les réclamations déposées contre ces taxations ont été rejetées par décision du 17 août 1994 pour l'impôt fédéral direct (prononçant en outre une amende de 2'000 francs) et par décision du 29 août 1994 pour l'impôt cantonal et communal (prononçant en outre une amende de 3'000 francs). De rédaction semblable, ces deux décisions déclarent se fonder sur le calcul de l'évolution de fortune du recourant faisant apparaître
"un manco de Fr. 1'198'619.-- pour deux ans entre les revenus et les dépenses déclarés"
. Elles qualifient la différence, de 599'309 francs par an, de revenu d'une activité axée sur l'obtention d'un gain et motivent les amendes par le manque de collaboration du contribuable.
Les deux décisions sur réclamation ont fait l'objet d'un recours, respectivement les 16 (IFD) et 29 (ICC) septembre 1994.
b) Alors que la procédure de recours précitée était pendante, l'ACI a rendu une nouvelle décision, portant le revenu et la fortune imposables pour les années de taxation 1989-1990, en matière d'impôt cantonal et communal, à 1'580'200 fr. au taux de 564'330 fr. respectivement à 7'375'000 fr., au taux de 7'394'000 fr.; elle en a fait de même en matière d'impôt fédéral direct, le revenu imposable de cette période étant porté ainsi à 1'570'200 fr.; le Tribunal administratif a pour l'essentiel confirmé ces éléments imposables, réduisant cependant le revenu imposable en matière d'impôt cantonal et communal à 1'547'300 fr. (au taux de 552'600 fr.) et en matière d'impôt fédéral direct à 1'537'300 fr.; les décisions modifiées ont pour le surplus été maintenues.
Cet arrêt a cependant fait l'objet d'un recours de droit administratif et d'un recours de droit public au Tribunal fédéral. Par arrêt du 2 octobre 2003, dont les considérants ont été reçus par l'autorité de céans le 14 novembre suivant, le Tribunal fédéral a rejeté l'un et l'autre de ces pourvois.
D. a) Durant les années de calcul 1989 et 1990, X._ était encore cambiste auprès de la Société de banques suisses où il avait le rang de sous-directeur; il a cependant quitté cet emploi le 30 juin 1990, pour assumer la charge de directeur, du 1er juillet 1990 au 31 décembre 1991 de la Société ******** SA, Société d'arbitrage et de trésorerie à Lausanne, dont il était d'ailleurs actionnaire; cette société a été mise en liquidation à cette dernière date. Dès le 1er mars 1992 et jusqu'en 1998, il a occupé le poste de directeur délégué auprès de sa société, B._ SA, à ******** (VS); l'intéressé détenait en effet la totalité du capital-actions de cette dernière société. On notera que celle-ci déployait l'essentiel de ses activités dans le domaine du conseil financier, ce à partir de sa succursale de Genève.
b) Les éléments du dossier indiquent qu'X._ aurait constitué un certain nombre de structures off-shore.
aa) A cet égard, on extrait le passage suivant d'une télécopie de l'avocat Pierre H. Blanc du 4 décembre 1995 (portant la mention
"personnel-confidentiel"
; v. à ce sujet pièce 12 produite par l'ACI):
"Lors de notre entretien du 1er décembre 1995, vous m'avez demandé de vous faire un résumé de la structure des sociétés que j'ai constituées pour vous, ainsi que pour MM. C._ et ********.
Vous trouverez en annexe une récapitulation des sociétés groupées en fonction de l'ayant droit économique.
1. 1******** Investments Ltd
Je ne m'occupe pas directement de cette société, sinon pour vous transmettre des courriers que je reçois occasionnellement. Je n'ai aucune signature ni procuration en faveur de cette société.
2. 2******** Trust
J'ai constitué le 2******** Trust en votre faveur, en désignant comme bénéficiaire votre épouse, le cas échéant, vos descendants et/ou successeurs.
Le document indique qu'il est constitué en votre faveur et vous pouvez en principe donner des instructions directes. Si vous voulez que je fasse un courrier spécial aux trustees, qui sont MM. ********, D._ et ******** pour vous transférer les pouvoirs du settlor, je le ferai volontiers.
Le 2******** Trust est propriétaire de la société des Bermudes 3******** Investments Ltd. Je n'ai aucune procuration dans cette société. 3******** Investments Ltd est actionnaire unique des sociétés irlandaises 4******** Holdings Ltd, 5******** Holdings Ltd et 8******** Investments Ltd. Toutes ces sociétés comportent un Conseil d'administration comprenant deux administrateurs et un secrétaire. Je suis le Président du Conseil d'administration, Mme E._ est l'autre administrateur alors que Mlle F._ est la secrétaire du conseil. Pour les banques, je dispose de la signature individuelle, de même que mon associé, Me ********, afin qu'il puisse me remplacer en toutes circonstances. En outre, par sécurité supplémentaire, Mmes E._ et F._ pourraient encore signer ensemble.
(...)
5. 6******** Ltd
Je suis administrateur de 6******** Ltd et le Conseil d'administration, par l'intermédiaire de 7******** Management Ltd, à ********, m'a donné procuration pour signer seul les mouvements opérés au Crédit Suisse, à Genève. Mon associé possède également la signature individuelle, afin qu'il puisse me remplacer si j'étais durablement empêché.
En outre, *******"*, ******** et moi-même avons signé, le 19 novembre 1992 une procuration limitée en faveur de B._ SA, qui lui permet de gérer les comptes, sans toutefois pouvoir opérer des retraits."
On cite également ici un extrait du tableau annexé :
MM. X._ et C._
TRUST BERMUDES SOCIETES BERMUDES SOCIETES IRLANDE
Aucun 1******** Investments Ltd Aucune
M. X._
TRUST BERMUDES
SOCIETES BERMUDES SOCIETES IRLANDE
2******** 3******** Investments Ltd 4******** Holdings Ltd
5******** Holdings Ltd
8******** Investments Ltd
..."
Les éléments qui précèdent sont confortés, dans une certaine mesure par l'état des titres joint par l'intéressé à sa déclaration d'impôt 1999-2000; y figurent en effet les éléments suivants:
2******** Trust: propriétaire de 3******** Investments Ltd qui détient:
9******** Holdings Inc.: société panaméenne
liquidation en 1997: bénéfice net global/pertes déduites
- société étrangère, propriété d'entité étrangère:
résultats non imposables en Suisse
4******** Holdings Ltd : société irlandaise
liquidation en 1997 : bénéfice net global/pertes déduites
- Société étrangère, propriété d'entité étrangère :
résultats non imposables en Suisse
1997
484'425.00
237'633.00
-2******** Trust - suite - propriétaire de
3******** Investments Ltd qui détient - suite
10******** Finance International Corp
- société panaméenne cf. état dettes
liquidation en 1997: bénéfice net global/pertes déduites
- société étrangère, propriété d'entité étrangère
résultats non imposables en Suisse
99'685.00
5******** Holdings Ltd
8******** Investments Ltd
1******** Investment Ltd, aux Bermudes
- Dividende annoncé, alors qu'il s'agit manifestement de remboursement de capitaux placés
78'000.00
Le même document annonce également dans l'état des titres la détention de la Fondation G._, à ********.
On notera ici que les autorités fiscales ont déduit des documents précités, ainsi que d'autres indices qu'il y avait lieu de traiter ces structures en transparence et partant d'attribuer à H._, considéré comme l'ayant droit économique de celles-ci, les revenus et la fortune de ces différentes personnes morales. Pour sa part, H._ fait valoir au contraire que ces structures correspondent à une réalité économique et qu'elles doivent être reconnues par le fisc; il admet tout au plus - ce qui explique la déclaration d'impôt 1999-2000 - que, s'agissant de 2******** Trust, il est imposable sur le produit de liquidation de cette structure et des sociétés qui la composent, au moment où celle-ci a lieu; le même raisonnement doit valoir pour la Fondation G._. D'une part, le 2******** Trust est de nature discrétionnaire et irrévocable, de sorte qu'X._ n'avait plus aucune maîtrise du patrimoine qui avait été transféré à ce trust; la même remarque vaut, d'autre part, pour la Fondation G._.
bb) A lire le dossier, la maîtrise d'une autre structure encore devrait être attribuée à X._; il s'agit de 11******** Ltd, créée en application du droit de l'île de Man (pièce 24 de l'ACI). Ce point est contesté par l'intéressé.
Il ressort cependant des déclarations d'impôt 1991-1992 et 1993-1994 que le contribuable a annoncé des plus-values non imposables sous la rubrique placement chez 12******** Consult SA, pour chacune des années de calcul concernées (125'000 fr. en 1989 et 1990, 150'000 fr. en 1991, 125'000 fr. en 1992; en fortune, le placement en question est annoncé pour 50'000 fr.); ces montants, s'ils sont annoncés comme revenus, ne sont pas pris en compte dans la déclaration, puisque l'intéressé les considérait comme non imposables. A l'examen, il s'est avéré que les sommes en question correspondent à des dividendes servis par 11******** Ltd. Ces dividendes, au demeurant, sont documentés par diverses pièces (notamment des procès-verbaux des assemblées générales de cette société) et ont été crédités à 12******** Consult SA, laquelle les a ensuite répartis entre X._ et C._.
cc) Le tableau qui précède appelle au demeurant certaines nuances, que l'on mentionnera ici brièvement.
aaa) Ainsi, durant une première période, les sociétés panaméennes 10******** Finance et 9******** Holdings étaient détenues conjointement et par moitié par X._ et C._. Pour 10******** Finance, le dossier comporte deux certificats d'actions (portant sur 50 titres chacun) établis au nom de chacun des intéressés le 25 novembre 1986; ces deux documents ont ensuite été cédés à 3******** Investments Ltd (structure créée par X._, v. pièce 5 ACI). Le dossier contient des documents similaires, attestant également d'une cession à 3******** des certificats d'actions de 9******** Holdings (pièce 13 ACI).
L'ACI en a déduit qu'il convenait d'attribuer les rendements de ces deux sociétés pour moitié à X._, respectivement à C._, cela jusqu'à fin 1991, période durant laquelle est intervenu le transfert à 3******** (v. pièce ACI no 6; sur cette question, v. aussi lit. c ci-après).
bbb) 6******** Ltd est une structure dont le siège se trouve aux British Virgin Islands; son activité est notamment le placement d'avoirs, en l'occurrence déposés sur des comptes auprès du Crédit Suisse à Genève. Une seconde société, 7******** Management Ltd est chargée de la gestion de celle-ci; concrètement, elle choisit avec le bénéficiaire-actionnaire le type de placement à effectuer par l'intermédiaire de la première structure. Au sein de 6******** Ltd, X._ bénéficiait, de par la détention des actions de classe C, du résultat des placements effectués par le biais des comptes qui y étaient liés (sur tous ces points, v. pièce ACI no 22). L'ACI en a déduit qu'X._ était l'ayant droit économique du sous-compte précité.
c) aa) X._ détenait en nom propre un certain nombre de comptes bancaires, soit par exemple un compte no ******** auprès de la Banque Scandinave, à Genève, lequel était d'ailleurs géré par la société A._ SA (contraction de I._ Exchange) dont le siège est à Genève (société appartenant à 100% à I._); il avait également ouvert auprès de A._ SA un compte numéroté (compte A._ 13********).
bb) Les structures évoquées plus haut détenaient également de nombreux comptes bancaires, ouverts auprès de l'UBS, de la SBS, de la Banque Scandinave ou encore de Sogenal. La DEF ainsi que l'ACI déduisent de l'analyse de ces différents comptes qu'X._ en disposait librement.
aaa) On citera ici, à titre d'exemple, des opérations concernant des comptes de 10******** Finance, respectivement de 9******** Holdings. Chacun des actionnaires de 10******** Finance, soit X._ et C._, a acquis aux Bermudes un bungalow voisin, situé à 15******** et portant respectivement les désignations
"Unit 21"
et
"Unit 22"
. Il est en tout cas établi, puisque cela ressort de l'annexe
"Fortune immobilière"
de la propre déclaration d'impôt 1999-2000 du recourant, que ce dernier est effectivement propriétaire d'une maisonnette mitoyenne estimée 500'000 $ à 15********,
"Unit 22"
. Figure au dossier copie de deux avis de débit concernant le compte no 16******** de 10******** Finance auprès de la SBS. Chacun de ces débits, de 228'333 $ a été effectué en faveur de 15******** Development Ltd et ils indiquent respectivement comme motif du paiement
"Unit 22"
et
"Unit 21"
. Le dossier comprend aussi l'ordre de paiement du 10 décembre 1991, adressé à l'avocat Roguet et signé par le recourant, ainsi qu'une lettre d'un agent immobilier des Bermudes du 15 avril 1992 adressée au recourant pour lui réclamer le paiement d'une partie du prix des immeubles précités, précisément pour 228'333 $. S'y ajoute un décompte du 28 août 1992 au nom du recourant faisant état des versements effectués et du solde à payer pour l'acquittement du prix de 685'000 $. Tous ces éléments étayent la thèse de l'administration selon laquelle le recourant effectuait sur les comptes de 10******** Finance des prélèvements pour ses besoins personnels.
Quant au compte no 17******** de la même société 10******** Finance auprès de la Banque Scandinave en Suisse, une lettre du 2 mars 1992 de l'avocat Jean-Charles Roguet demande à cette banque de transférer à la banque Sogenal à Lausanne
"sans mention du donneur d'ordre"
, la somme de 400'000 fr., ainsi que l'avis de crédit adressé le 5 mars 1992, avec la mention
"personnel",
au recourant à l'adresse de B._ S.A., indiquant comme motif du paiement
"********"
, ce qui est l'indication qu'avait requise l'avocat Roguet dans son courrier précité.
bbb) Pour ce qui concerne le compte de 9******** Holdings auprès de l'UBS no 18********, figure au dossier une lettre de l'avocat Roguet déjà citée du 23 septembre 1991 invitant cette banque à remettre la somme de 500'000 fr. en cash au recourant personnellement, ainsi que le reçu du paiement correspondant, signé par le recourant en date du 25 septembre 1991.
ccc) On mentionnera également ici l'émission d'un chèque bancaire de 137'000 $ par le débit d'un compte détenu par la société 5******** Holding Ltd (compte no 19.********.60 auprès de l'UBS à Genève), transmis à une étude sise aux Bermudes avec la référence
"15******** Unit 22, Y. X._"
(pièce ACI no 20).
De même, 5******** Holdings Ltd a transféré des obligations émises par la SNCF (émises en francs suisses, à hauteur d'un montant de 2'000'000 fr.) en faveur de 6********, réf.
"J._"
(pièces 20 et 22 de l'ACI); on relève des transferts de titres similaires de 8******** Investement Ltd, également au bénéfice de M._, réf.
"J._"
.
E. a) Dans sa déclaration d'impôt pour la période fiscale 1991-1992, déposée le 10 décembre 1991, X._ a déclaré un revenu imposable de 9'300 fr. (au taux de 3'300 fr.), ainsi qu'une fortune de 2'600'000 fr., au taux de 2'614'000. Peu après, le 11 février 1992, le mandataire d'X._ a demandé une remise totale des impôts directs (impôts fédéral, cantonal et communal), soit pour l'ensemble des bordereaux provisoires et définitifs émis à ce jour.
Cette déclaration laissait apparaître une très importante augmentation de fortune, qui devait sans doute s'expliquer par des opérations en bourse; le contribuable n'a toutefois produit aucune pièce à ce sujet. L'état des titres mentionnait cependant un certain nombre de comptes, mais non la totalité de ceux-ci, notamment auprès de A._ SA et de B._ SA (par exemple le compte personnel de l'intéressé auprès de la Banque Scandinave à Genève, ainsi que le compte 13******** auprès de A._ n'ont pas été déclarés).
A la suite de diverses mesures d'instruction, la commission d'impôt a arrêté le 25 juin 1993 la taxation de l'intéressé pour la période précitée; elle a fixé le revenu imposable à 908'700 fr., au taux de 324'500 fr. et la fortune imposable à 2'975'000 fr., au taux de 2'992'000 fr. en se fondant pour l'essentiel sur un calcul d'évolution de fortune. X._ a formé une réclamation contre cette décision (rendue en matière d'impôt cantonal et communal) le 2 juillet 1993. Une décision similaire a été rendue le 16 août 1993 en matière d'impôt fédéral direct (le revenu imposable étant arrêté à 900'000 fr.); celle-ci a fait à son tour l'objet d'une réclamation en date du 31 août suivant. Simultanément, le mandataire d'alors d'X._ a également produit diverses pièces dont l'autorité fiscale lui avait demandé production.
b) X._ a déposé le 8 janvier 1994 sa déclaration d'impôt pour la période 1993-1994. Y figure un revenu de 246'110 fr. (revenu déterminant pour le taux : 87'800 fr.) et une fortune de 2'885'000 fr. au taux de 2'908'000 fr.). L'état des titres annonçait pour l'essentiel les mêmes comptes que durant la période précédente.
Après diverses mesures d'instruction, la commission d'impôt de ******** a notifié au contribuable une décision de taxation pour la période 1993-1994, qui arrêtait le revenu imposable à 386'400 fr. au taux de 138'000 fr. et la fortune imposable à 2'890'000 fr. au taux de 2'908'000 francs. S'agissant de l'impôt fédéral direct, le revenu imposable d'X._ a été arrêté à 376'000 francs. La lettre d'accompagnement du même jour indiquait que la correction, par rapport à la déclaration, était liée principalement à une erreur d'addition importante, en relation avec le rendement des titres durant chacune des années de calcul.
X._ a formé réclamation contre l'une et l'autre des taxations le 1er mai 1995.
c) Dans le cadre de l'instruction des réclamations précitées (périodes 1991-1992 et 1993-1994), l'ACI a émis le souhait d'entendre le contribuable dans ses explications (lettre du 11 avril 1996); une audition s'est effectivement déroulée le 13 mai 1997 dans les locaux de l'ACI, le contribuable étant assisté de son nouveau mandataire fiscal (Raymond Bech, de la fiduciaire Atag).
d) La Division d'enquêtes spéciales de l'Administration fédérale des contributions (DEF) a procédé à une perquisition chez le recourant le 16 mars 1999 en se fondant sur un mandat de perquisition du 3 mars 1999 ordonnant le séquestre de documents divers et précisant que
"le séquestre des papiers susmentionnés concerne particulièrement les années 1989 à 1998 mais également tout document notable antérieur à 1989 ou postérieur à 1998"
.
Le 15 mars 1999, l'Administration cantonale des impôts a également notifié au recourant un avis dont la teneur est la suivante:
Avis d'ouverture d'une enquête pour soustraction fiscale
Madame, Monsieur,
Selon des renseignements en notre possession, votre déclaration d'impôt 1999-2000 et celles des années antérieures ne seraient pas exactes.
En conséquence, fondés sur les dispositions des articles 109, 128 et suivants de la loi du 26 novembre 1956 sur les impôts directs cantonaux (LI), 129 de l'arrêté du Conseil fédéral du 9 décembre 1940 concernant la perception d'un impôt fédéral direct (AIFD) ainsi que des articles 175 et suivants de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD), nous ouvrons une enquête pour soustraction fiscale.
La présente vaut interruption de la prescription au sens de l'article 133 LI et 184 LIFD pour les infractions commises.
Vous avez la possibilité de collaborer au redressement des taxations inexactes en nous communiquant dans un délai de trente jours les éléments de revenu et de fortune qui n'auraient pas été mentionnés dans vos déclarations d'impôts 1995-1996, 1997-1998 et 1999-2000. Nous attirons votre attention sur le fait qu'il sera tenu compte de votre collaboration dans le cadre des amendes qui pourraient être prononcées à votre encontre.
Nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
Le même jour, l'ACI a rendu deux décisions comportant des demandes de sûretés, l'une en matière d'impôt cantonal et communal d'un montant de 1'300'000 fr. et l'autre, en matière d'impôt fédéral direct, portant sur une somme de 500'000 fr. Dans leurs motifs, ces décisions font état expressément de réclamations pendantes à l'encontre des taxations 1991-1992 et 1993-1994. L'ACI a encore explicité le calcul du montant des sûretés précitées dans une lettre du 14 avril 1999. On notera que des décisions complémentaires du 6 février 2001 ont été rendues, lesquelles concernent de nouvelles demandes de sûretés, à hauteur de 3'000'000 fr. en matière d'impôt cantonal et communal et 1'000'000 fr. en matière d'impôt fédéral direct.
F. a) Le 6 février 2003, l'ACI a statué sur les réclamations relatives aux période fiscales 1991-1992 et 1993-1994, tant en matière d'impôt fédéral direct, qu'en matière d'impôt cantonal et communal. En substance, cette décision a repris de manière fondamentale l'examen du dossier, cela sur la base notamment des investigations de la DEF, évoquées plus haut. Elle a donc procédé à un nouveau calcul - non plus en se fondant sur l'évolution de fortune de l'intéressé - mais bien plutôt en consolidant les rendements des différents comptes d'X._, ainsi que de ceux des structures off-shore qu'il avait mises en place; l'autorité fiscale a ainsi raisonné en transparence, attribuant directement les revenus de ces personnes morales à l'intéressé (ou en partie à celui-ci, s'agissant des personnes morales dont la détention était partagée avec un tiers).
L'ACI décrit au surplus de la manière suivante la méthode qu'elle a appliquée au calcul du rendement des différents comptes (décision sur réclamation, p. 15) :
"Pour le calcul du rendement des comptes dont X._ est l'ayant droit économique, l'autorité fiscale a utilisé l'équation suivante :
Différence entre le solde du début (01.01) et de fin d'année (31.12.)
+ les retraits de fonds
- les apports de fonds
Rendement global réalisé sur l'année
Ce calcul a été fait pour chaque compte en monnaie. Les résultats des comptes en devises ont été convertis en francs suisses aux taux de change fixé par l'Administration fédérale des contributions.
Ainsi par exemple, pour le compte no CO-16********.0 CHF, ouvert auprès de SBS à Genève, au nom de 10******** Finance Corp. (cf. lit. DD ci-dessus), les opérations suivantes ont été effectuées en 1989 :
SBS,Genève, cpt no CO-16********.0 CHF
Date valeur
Libellé
Débit
Crédit
Solde
01.01.1989
Solde initial +
pl. fid en cours
7'010'387
02.03.1989
Prélèvement
1'000'010
18.07.1989
Virement
5'000'004
28.09.1989
Prélèvement
200'000
31.12.1989
Solde final
3'371'992
Le rendement est donc de
CHF 2'561'619.-
(=3'371'992 - 7'010'387 + 1'000'010 + 5'000'004 + 200'000)."
Le dispositif de cette décision se lit en définitive comme suit :

## Considerations