# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b9ea6211-fa8e-52c1-86d2-9efd53d74d99
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte adressé le 13 mai 2020 à B_, présidente du Tribunal correctionnel dans la cause P/1_/2018, A_ a demandé la récusation de la magistrate précitée, laquelle a fait parvenir, le lendemain, sa détermination à la Chambre de céans.
b.
Par pli recommandé expédié le 22 mai 2020 à la Chambre de céans, A_ a déposé un complément à sa demande de récusation, respectivement une nouvelle demande de récusation, sur lesquels B_ s'est déterminée, le 9 juin 2020.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Par jugement rendu le 20 mai 2020 par le Tribunal correctionnel dans la cause P/1_/2018, A_ a été déclaré coupable de faux dans les titres et condamné à une peine privative de liberté de 24 mois - sous déduction de 8 jours de détention avant jugement -, avec sursis. Il a été acquitté de l'accusation de tentative d'escroquerie.
L'appel formé par A_ et l'appel joint du Ministère public, sont actuellement pendants devant la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice.
À teneur de l'acte d'accusation, il lui était reproché d'avoir, entre 2009 et 2017, dans le canton de Vaud, alors qu'il s'occupait, en sa qualité d'avocat et avec la société C_ SA, de la gestion et location des immeubles appartenant à sa soeur, D_ (s'agissant de l'immeuble sis 2_ à E_ [VD]), et à la société F_ SA (pour l'immeuble sis chemin _ à G_ [VD]), falsifié des baux et formules officielles pour tromper des (nouveaux) locataires sur les loyers payés par les locataires précédents, permettant ainsi l'encaissement de loyers plus élevés, ainsi que d'avoir produit une partie de ces documents dans le cadre d'une procédure devant le Tribunal des baux du canton de Vaud, en 2017.
b.
Au cours de l'instruction devant le Ministère public, des perquisitions ont eu lieu dans les locaux de C_ SA, ainsi que chez A_. Les documents saisis ont été, en partie, versés à la procédure et le solde, porté à l'inventaire.
c.
Devant le Ministère public, A_ a sollicité une expertise visant à déterminer que les montants des loyers étaient légitimes. Par suite du refus du Ministère public, A_ a recouru, le 22 octobre 2018, devant la Chambre de céans, alléguant que les conclusions de l'expertise étaient déterminantes pour dire si oui ou non la condition subjective de punissabilité du faux dans les titres, c'est-à-dire le dessein spécial, était remplie. De son côté, le Ministère public estimait que dès lors que A_ n'était pas poursuivi pour avoir loué des appartements à des prix ne correspondant pas au prix du marché, mais pour avoir indiqué des anciens locataires et des loyers fictifs - ce qui avait privé le nouveau locataire de la possibilité de connaître les réelles informations et ainsi contester, le cas échéant, le loyer initial -, la détermination du loyer usuel ou légitime n'avait pas à être soumise à un expert.
Par arrêt
ACPR/131/2019
du 14 février 2019, la Chambre de céans a déclaré le recours irrecevable, A_ ne rendant pas vraisemblable l'existence d'un préjudice irréparable, au sens de l'art. 394 let. b CPP.
Le 18 mars 2019, A_ a saisi le Tribunal fédéral, qui a rejeté le recours, par arrêt 1B_/2019 du _ 2019.
d.
Sur ces entrefaites, A_ a été renvoyé en jugement devant le Tribunal correctionnel, par acte d'accusation du 12 mars 2019.
e.
Par pli du 18 mars 2019, signé par B_ en qualité de présidente du Tribunal correctionnel, les parties ont été informées que les débats auraient lieu les 27 et 28 août 2019. Le prévenu était invité à lui faire savoir rapidement s'il souhaitait obtenir une copie de la procédure.
f.
Par suite d'une demande de report de l'audience, B_ a informé A_, le 27 mars 2019, que les débats auraient lieu les 2 et 3 septembre 2019. Elle a ajouté que, en l'état, le dossier n'étant plus en mains du Tribunal correctionnel en raison du recours pendant au Tribunal fédéral, le précité était invité à lui faire savoir d'ici fin avril 2019 s'il souhaitait obtenir une copie de la procédure.
g.
Au dossier figure un document intitulé "
Demande de photocopie
", daté du 27 mars 2019 et signée de H_ - greffière au Tribunal pénal -, ainsi libellé : "
Svp besoin d'une copie urgente car le dossier doit partir au Tribunal fédéral. Gardez 1 copie scannée car il faudra refaire des copies pour les juges et les parties. [...]
".
h.
Par lettre du 28 mars 2019, reçue par le Tribunal correctionnel le lendemain, A_ a confirmé à B_ qu'il souhaitait recevoir une copie de la procédure. Cette demande est restée sans réponse.
i.
Le 3 mai 2019, A_ a demandé la récusation de B_, au motif qu'elle avait été pendant des années avocate spécialisée dans la défense des locataires et membre actif de I_, association très impliquée dans la procédure dirigée contre lui.
Par arrêt
ACPR/567/2019
du 25 juillet 2019, la Chambre de céans a déclaré la requête irrecevable - car tardive -, subsidiairement infondée.
Le Tribunal fédéral a rejeté, par arrêt 1B_/2019 du _ 2019, le recours formé par A_.
j.
Par lettre du 20 janvier 2020, A_, se référant à son pli du 28 mars 2019, a demandé à recevoir, dans les meilleurs délais, une copie numérotée de la procédure.
k.
Le lendemain, B_ a informé les parties que les débats, entretemps annulés en raison de la procédure de récusation, auraient lieu du 11 au 13 mai 2020. Une copie de la procédure était à la disposition de A_ au greffe du Tribunal.
l.
À la suite d'une nouvelle demande de report d'audience formée par les conseils de A_, B_ a informé les parties, par lettre du 23 janvier 2020, que l'audience de jugement aurait finalement lieu du 18 au 20 mai 2020.
m.a.
Saisie de diverses réquisitions de preuve formées par A_, B_ a, le 9 mars 2020, partiellement rejeté celles-ci.
En particulier, elle a rejeté la requête d'expertise, au motif que cet acte d'instruction n'apparaissait pas nécessaire. Il appartenait au juge et non à l'expert de déterminer le loyer non abusif. Selon la jurisprudence, le loyer non abusif devait être fixé sur la base du critère du rendement de la chose louée. Cela étant, il n'était pas nécessaire pour le juge pénal de déterminer si les loyers étaient abusifs ou non "
dans le cadre de l'infraction de faux dans les titres visée en l'espèce par l'acte d'accusation
". En revanche, si A_ estimait utile à un autre titre d'établir les loyers usuels dans la localité ou le quartier, il lui était loisible de produire les pièces nécessaires et usuellement requises devant la juridiction des baux. Corollairement, "
des ordres de dépôt ser[aie]nt notifiés pour la production des pièces nécessaires au calcul de rendement
".
m.b.
Dans ce contexte, B_ a écrit, le 6 mars 2020, à la présidente du Tribunal des baux et loyers (ci-après, TBL) pour l'informer que, dans la présente procédure, le Tribunal correctionnel devrait, le cas échéant, examiner le montant des loyers non abusifs sur la base du rendement de la chose louée, de sorte qu'elle souhaitait que lui soit communiquée une ordonnance de preuve "
type
" détaillant la liste des pièces que le TBL ordonnait au bailleur de produire pour procéder audit calcul. L'ordonnance "
type
" lui a été envoyée, le 9 mars 2020, par la présidente du TBL.
m.c.
Le 16 mars 2020, A_ a relevé qu'en raison de la date à laquelle l'immeuble avait été acquis, la méthode de calcul de rendement n'était manifestement pas applicable, contrairement à celle visant à déterminer les loyers usuels dans la zone concernée, raison pour laquelle il sollicitait derechef une expertise sur ce point. Il sollicitait en outre un délai de 30 jours pour produire la documentation prouvant la date d'acquisition de l'immeuble et les loyers usuels dans la zone concernée.
Par lettre du lendemain, il a sollicité l'audition de divers témoins.
m.d.
Le 6 avril 2020, B_ a rejeté ces réquisitions de preuve et la demande d'expertise, rappelant qu'il n'était pas nécessaire au juge pénal de déterminer si les loyers fixés étaient abusifs ou non dans le cadre de l'infraction de faux dans les titres visée par l'acte d'accusation.
m.e.
Le lendemain, A_, reprenant les étapes susmentionnées, a fait savoir qu'il ne comprenait pas pourquoi, tout en retenant qu'il n'était pas nécessaire pour le juge pénal de déterminer si les loyers étaient abusifs ou non dans le cadre de l'infraction de faux dans les titres, B_ avait interpellé la présidente du TBL pour être renseignée sur les pièces nécessaires et usuellement requises à cette fin. Il en déduisait qu'elle n'entendait pas lui fixer le délai requis pour produire les pièces annoncées, de sorte qu'il produirait les documents pertinents quand il en disposerait, voire quand il le jugerait utile.
m.f.
Le 15 avril 2020, B_ a derechef rejeté les réquisitions de preuve de A_, car elles n'étaient pas nécessaires au jugement. Elle rejettera aussi, le 23 avril 2020, la demande d'audition de deux autres témoins.
m.g.
Le 23 avril 2020, la magistrate a ordonné le dépôt, auprès de la régie C_ SA, pour les besoins de la procédure, de l'acte d'acquisition de l'immeuble sis rue du 2_ à E_ [VD], le détail des amortissements des dettes hypothécaires, les comptes de gestion et de charges pour les années 2006 à 2017, l'état locatif de 2009 à 2019 et le bordereau de l'impôt immobilier complémentaire des années 2008 à 2016.
m.h.
La société précitée ayant répondu ne pas pouvoir transmettre les documents sollicités, dès lors qu'elle ne s'occupait plus de la gérance de l'immeuble concerné, B_ s'est adressée, le 27 avril 2020, au conseil de D_, lequel a répondu, le 12 mai suivant, que l'immeuble, construit en 1958, avait été hérité par sa cliente en 1963. La précitée n'était pas en possession des pièces requises. L'avocat a toutefois produit les quelques pièces en sa possession.
n.
Parallèlement aux échanges susmentionnés, le conseil de A_ a demandé à B_, le 11 mars 2020, à pouvoir consulter la procédure en mains du Tribunal correctionnel, ce qu'il a fait le surlendemain.
o.
En raison de l'épidémie de la Covid 19, l'accès au Tribunal pénal a été restreint dès mi-mars 2020.
p.
Par lettre du 5 mai 2020, B_ a fait parvenir aux parties copie des derniers éléments versés à la procédure, précisant qu'il leur était loisible de venir consulter le dossier, sur demande préalable et selon un créneau horaire précis pour assurer le respect des distances, afin de vérifier qu'ils avaient reçu tous les documents, voire demander copie de certaines pièces.
q.

## Considerations