# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e8f1fdfe-c1e4-5504-b062-7bd6ce097247
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. a) A._ est copropriétaire, pour moitié, avec C._ et D._ pour l’autre moitié, de la parcelle art. eee du Registre foncier de la commune de F._. Ce , constitué en propriété par étages, supporte deux villas jumelées dont l’une (B) est la propriété de A._ et l’autre (A) de C._ et D._. A côté de cette parcelle, se situe le fonds art. ggg RF, également constitué en propriété par étages selon la même configuration (villas C et D). L’accès à ce fonds s’effectue grâce à un chemin empiétant sur la parcelle art. eee RF et faisant l’objet d’une servitude en faveur du fonds art. ggg RF (décision attaquée, p. 3, let. B).
b) Le litige qui oppose A._ et la société B._ s’inscrit dans le cadre d’autres différends entre celui-là, d’une part et les autres copropriétaires de la parcelle art. eee et ceux de la parcelle art. ggg, d’autre part (décision attaquée, p. 4, let. C). Les premières difficultés sont apparues à la construction des villas sur le fonds art. ggg en automne 1999. Plusieurs procédures et décisions s’en sont alors suivies, dont notamment les suivantes.
aa) Le 11 juillet 2006, les propriétaires des villas A, C et D ont déposé une demande au fond auprès du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois, concluant en substance à ce qu’ordre soit donné à A._ de supporter sur son bien-fonds les travaux destinés à l’aménagement de la route d’accès aux villas sises sur les parcelles art. eee et ggg RF et à la construction et à l’aménagement des garages et places de parc (DO/bordereau réponse du 11 novembre 2015 = arrêt du Juge délégué de la Cour d’appel civile du TC/VD du 12 septembre 2011, p. 6, let. d).
bb) En décembre 2006, les propriétaires de l’art. ggg ont déposé une demande de permis de construire pour aménager la partie de la route d’accès située exclusivement sur leur fonds. Lors de la mise à l’enquête, A._ a formé opposition contre ce projet craignant des effets négatifs sur sa part de copropriété. La commune a levé cette opposition et a délivré le permis de construire. A._ a recouru devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois qui, par arrêt du 20 mai 2008, l’a débouté de ses conclusions (décision attaquée, p. 5, let. C).
cc) Entre 2008 et 2009, les travaux d’aménagement du chemin d’accès et de construction de trois des quatre garages prévus, soit ceux des propriétaires des villas A, C et D, ont été exécutés par la société B._. A._, quant à lui, a mandaté une autre entreprise pour la construction son garage (idem).
dd) A l’issue des travaux précités, la société B._ a, par courrier du 13 octobre 2010, indiqué que le raccordement vertical du chemin d’accès pouvait être amélioré et qu’elle était disposée à le faire. Le bureau technique de la commune s’est également prononcé en faveur de la réfection du bas du chemin d’accès et a précisé que la commune pourrait alors délivrer le permis d’habiter même si tous les propriétaires des fonds y habitaient déjà depuis plusieurs années. Comme A._ s’était opposé aux travaux, les autres propriétaires ont été contraints de saisir le Président du Tribunal civil de l’Est vaudois d'une requête de mesures provisionnelles du 21 mars 2011, déposée dans le cadre du procès au fond introduit le 11 septembre 2006. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 2 mai 2011 confirmée le 12 septembre 2011 par le Juge délégué de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal vaudois, la précitée société a été autorisée à entreprendre les travaux de réfection de la voie d’accès (ibidem).
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B. a) Par acte de son mandataire du 11 mars 2014 (DO/23 ss) consécutif à la requête en conciliation du 28 octobre 2013 et à l'autorisation de procéder notifiée le 18 décembre 2013, A._ a déposé une demande en dommages-intérêts contre la société B._, en prenant les conclusions suivantes :
« I. La demande est admise.
II. Principalement
1. B._ [recte] est condamnée à exécuter à ses propres frais la remise en état et en conformité de la voie d’accès au H._ jusqu’à la limite des parcelles art. eee et ggg du Registre foncier de la Commune de F._, la réfection complète du réseau de récolte des eaux de surface depuis le H._ jusqu’à dite limite, la réfection du revêtement en pavés devant les garages de la parcelle art. eee précitée, la démolition du mur en plots préfabriqués côté ouest de la cour et son remplacement par un mur en moellons et l’évacuation des déblais issus du chantier accumulés sur la propriété du demandeur.
2. B._ [recte] est condamnée à exécuter à ses propres frais l’arrachage des câbles électriques traversant l’art. eee du Registre foncier de la Commune de F._ et la mise en ordre du terrain avoisinant.
III. Subsidiairement
1. B._ [recte] est condamnée à payer CHF 110'000.- avec intérêts à 5% l’an depuis le 28 mai 2009.
2. B._ [recte] est condamnée à payer les travaux nécessaires à l’arrachage des câbles électriques traversant l’art. eee du registre foncier de la Commune de F._ et la mise en ordre du terrain avoisinant.
IV.[recte] Les frais et dépens de la présente procédure sont mis à la charge de B._ [recte]. »
Dans sa réponse du 18 août 2014, B._ a conclu, à titre principal, à l’irrecevabilité de l’action et, à titre subsidiaire, au rejet de celle-ci, les frais judiciaires et les dépens étant mis à la charge de A._ (DO/58 ss).
Le 19 septembre 2014 (DO/80 ss), A._ a répliqué et a notamment précisé que contrairement à ce que prétend la défenderesse, il n’aurait pas ouvert d’action en  contre les copropriétaires mais qu’il poursuivrait simplement la procédure que ces derniers ont introduite devant le Tribunal civil de l’Est vaudois afin de régulariser la servitude d’accès ou de passage à leurs garages (DO/92, Ad 14nouveau).
Le 9 janvier 2015 (DO/104 ss), B._ a dupliqué en prenant notamment acte de ce qui précède (DO/110, Ad 14).
b) Le 30 mars 2015 (DO/112), le Président du Tribunal civil a cité les parties à comparaître en les informant que les débats seront limités à la recevabilité de la demande. Sur requête des parties, les débats ont été annulés et remplacés par le dépôt de notes de plaidoiries. Le demandeur y a soutenu que sa qualité pour agir était établie tant du point de vue procédural que du droit de fond (DO/123 ss). L'intimée s’est remise à justice concernant la rectification de la désignation de la défenderesse en relevant que dans la mesure où le demandeur a interrompu par deux fois la prescription par des poursuites d’un montant de CHF 100'000.-, intérêts en sus, toutes les conclusions pour un montant supérieur seraient irrecevables en raison de la prescription.
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C. Par décision du 6 juillet 2015, le Tribunal civil de la Glâne a statué comme suit :
1. La demande en dommages-intérêts déposée le 11 mars 2014 par A._ contre la société B._ est irrecevable.
2. Les frais judiciaires et les dépens sont mis à la charge de A._.
Les frais judiciaires dus à l’Etat sont fixés à fr. 2'000.-. Ils seront acquittés par A._ par prélèvement sur l’avance de frais effectuée (art. 111 al. 1 CPC).
Les dépens de Me Guye-Darioli sont fixés au montant total de fr. 10'366.90, au tarif horaire de fr. 230.- (honoraires : fr. 6'344.15 + fr. 2'504.65.- (39.48% * fr. 6'344.15.-) ; frais forfaitaires : fr. 300.- ; débours : fr. 450.20.- ; TVA à 8% : fr. 767.90.-).
D. Par mémoire de son mandataire du 16 septembre 2015, A._ a appelé de cette décision en prenant les conclusions suivantes :
« Plaise à la Ière Cour d’appel civil du Tribunal cantonal dire et prononcer, sous suite de frais et dépens :
1. L’appel est admis.
2. La décision rendue par le Tribunal civil de l’arrondissement de la Glâne le 6 juillet 2015 est annulée.
3. La demande en dommages-intérêts déposée le 11 mars 2014 par A._ contre la société B._ est déclarée recevable et est renvoyée par-devant le Tribunal civil de l’arrondissement de la Glâne pour jugement. »
Dans sa réponse du 11 novembre 2015, l’intimée a conclu au rejet de l’appel, à la confirmation de la décision attaquée ainsi qu’à la mise des frais à la charge de l’appelant.
Le 15 décembre 2015, A._ a déposé une réplique spontanée.
Les mandataires ont déposé leurs listes de frais pour dépens les 22 août et 5 septembre 2016. Une détermination y relative a été communiquée par le conseil de l'intimée par courrier du 27 septembre 2016.

## Considerations

en droit