# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 385cc155-236b-5d21-bdac-7217bc260555
**Court:** GE_TP
**Chamber:** GE_TP_001
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Substantive Criminal

## Facts

EN FAIT:
A.
Par ordonnance pénale du 14 août 2015, il est reproché à A_ d'avoir, à Genève, le 1
er
décembre 2013, à 05h39, sur la route de Meyrin en direction du carrefour du Bouchet, à hauteur des Fontaines-Saintes, circulé au volant du véhicule automobile immatriculé France 1_à la vitesse de 96 km/h, alors que la vitesse maximale autorisée à cet endroit est de 50 km/h.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure.
a.a.
Entendu par la police française sur commission rogatoire le 18 mai 2015, A_ a confirmé avoir été propriétaire du véhicule immatriculé 1_et l'avoir revendu à son ami E_. Suite à cette vente, il avait continué à conduire la voiture très régulièrement. Il était possible qu'il eût été au volant de la voiture le 1
er
décembre 2013, dans la mesure où il s'était rendu à plusieurs reprises en Suisse, généralement les week-ends. Les faits s'étant produits plus d'une année auparavant, il ne se souvenait pas s'il était l'auteur de l'infraction reprochée ou non.
a.b.
Entendu par la police française sur commission rogatoire le 6 juin 2016, E_ a confirmé avoir été le propriétaire de la voiture immatriculée 1_au moment des faits mais a nié être l'auteur de l'infraction. Après avoir acheté la voiture à A_, ce dernier avait continué à l'utiliser régulièrement durant les week-ends. Il ne s'était pas rendu en Suisse avec sa voiture et avait revendu cette dernière deux ans auparavant.
a.c.
Lors de son audition par la police française sur commission rogatoire le 14 juin 2016, F_, sœur de A_ et curatrice de ce dernier, a confirmé que ce dernier avait été propriétaire de la voiture immatriculée 1_et qu'il l'avait revendue à son ami E_ le 26 septembre 2013. Elle ne savait pas si, suite à cette vente, A_ avant continué à utiliser la voiture. Elle a indiqué que, dans la nuit du 30 novembre au 1
er
décembre 2013, son frère se trouvait avec elle. En effet, cette nuit-là, ils étaient tous les deux restés au chevet de leur mère malade à G_. Avant d'aller se coucher à 6h00 du matin du 1
er
décembre 2013, elle avait pu constater que son frère se trouvait bien dans la maison. F_ a précisé que son frère ne reconnaissait pas l'infraction reprochée. Selon elle, l'excès de vitesse avait été commis à l'aide d'une plaque de voiture usurpée.
a.d.
Il ressort, par ailleurs, des pièces produites par la curatrice légale du prévenu qu'une plainte pénale a été déposée par ce dernier pour usurpation de plaques. F_ a par ailleurs été entendue par la police française au sujet de ces faits.
C.
Le prévenu ne s'est pas présenté à l'audience du 20 octobre 2017 par devant le Tribunal de céans, à laquelle il avait été dûment convoqué.
D.
A_ est né le _1983 à Villeurbanne, en France. Il expose être célibataire et sans enfant. Il a effectué sa scolarité secondaire obligatoire et obtenu un baccalauréat. Il ressort enfin d'une attestation établie par un psychothérapeute et produite par F_ pour le compte de son protégé, que A_ souffre de problèmes psychologiques et qu'il a présenté des signes de troubles psychotiques avec des hallucinations et des délires.
Selon l'extrait du casier judiciaire suisse, le prévenu n'a fait l'objet d'aucune condamnation.

## Considerations

EN DROIT:
1.1.
La présomption d'innocence, garantie par les art. 14 par. 2 Pacte ONU, 6 par. 2 CEDH, 32 al. 1 Cst. et 10 CPP, ainsi que son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves (ATF
120 Ia 31
consid. 2c p. 36).
En tant que règle relative au fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie que toute personne prévenue d'une infraction pénale doit être présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité soit légalement établie et, partant, qu'il appartient à l'accusation de prouver la culpabilité de l'intéressé. La présomption d'innocence est violée si le juge du fond condamne l'accusé au motif que son innocence n'est pas établie, s'il a tenu la culpabilité pour établie uniquement parce que le prévenu n'a pas apporté les preuves qui auraient permis de lever les doutes quant à son innocence ou à sa culpabilité ou encore s'il a condamné l'accusé au seul motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence (ATF
127 I 38
consid. 2a p. 41;
124 IV 86
consid. 2a p. 88,
120 Ia 31
consid. 2c p. 37). Cela étant, le juge du fond ne peut retenir un fait défavorable à l'accusé que s'il est convaincu de la matérialité de ce fait, de sorte que le doute profite à l'accusé (ATF
120 Ia 31
consid. 2c p. 37).
1.2.
A teneur de l'art. 26 al. 1 LCR, chacun doit se comporter, dans la circulation, de manière à ne pas gêner ni mettre en danger ceux qui utilisent la route conformément aux règles établies.
1.3.
En vertu de l'art. 27 al. 1 LCR, chacun se conformera aux signaux et aux marques ainsi qu'aux ordres de la police. Les signaux et les marques priment les règles générales; les ordres de la police ont le pas sur les règles générales, les signaux et les marques.
1.4.
Selon l'art. 32 al. 1 LCR, la vitesse doit toujours être adaptée aux circonstances, notamment aux particularités du véhicule et du chargement, ainsi qu'aux conditions de la route, de la circulation et de la visibilité. Aux endroits où son véhicule pourrait gêner la circulation, le conducteur est tenu de circuler lentement et, s'il le faut, de s'arrêter, notamment aux endroits où la visibilité n'est pas bonne, aux intersections qu'il ne peut embrasser du regard, ainsi qu'aux passages à niveau.
1.5.
Selon l'art. 90 al. 2 LCR, celui qui, par une violation grave d'une règle de la circulation, crée un sérieux danger pour la sécurité d'autrui ou en prend le risque est puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.
L'infraction réprimée par l'article 90 alinéa 2 LCR est objectivement réalisée lorsque l'auteur viole grossièrement une règle fondamentale de la circulation et met ainsi sérieusement en danger la sécurité d'autrui; une mise en danger abstraite accrue est toutefois suffisante. Subjectivement, l'infraction suppose un comportement sans scrupule ou gravement contraire aux règles de la circulation. Cette condition est toujours réalisée si l'auteur est conscient du danger que représente sa manière de conduire. En cas d'acte commis par négligence, l'application de l'article 90 alinéa 2 LCR implique à tout le moins une négligence grossière (ATF
6B_3/2014
du 28 avril 2014).
1.6.
Dans le domaine des excès de vitesse, la jurisprudence, afin d'assurer l'égalité de traitement, a été amenée à fixer des règles précises. Ainsi, le cas est objectivement grave, c'est-à-dire sans égard aux circonstances concrètes, en cas de dépassement de la vitesse autorisée de 25 km/h ou plus à l'intérieur des localités, de 30 km/h ou plus hors des localités et sur les semi-autoroutes dont les chaussées, dans les deux directions, ne sont pas séparées et de 35 km/h ou plus sur les autoroutes (ATF
132 II 234
consid. 3.1 p. 237 s.;
124 II 259
consid. 2b p. 261 ss). Le conducteur qui dépasse de manière aussi caractérisée la vitesse autorisée agit intentionnellement ou à tout le moins par négligence grossière.
2.1.
En l'espèce, le Tribunal considère qu'il existe un doute insurmontable s'agissant de la culpabilité du prévenu compte tenu des explications de sa curatrice ainsi que du fait que lui-même n'a pas été en mesure d'indiquer de manière précise s'il a ou non commis l'infraction qui lui est reprochée. Il sera en conséquence acquitté au bénéfice du doute.