# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a3bf2e96-47c3-542b-ad5f-5998b1b2af03
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait
que Madame A_ (ci-après l’assurée ou la recourante), née le _ 1969, a déposé une première demande de prestations auprès de l’office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après l’OAI) le 16 janvier 2012 pour une lombosciatalgie sur hernie discale gauche L5-S1 et une scoliose ;
Que par décision du 31 janvier 2013, l’OAI a refusé d’octroyer une rente à l’assurée, motif pris que son degré d’invalidité était inférieur à 40%, selon la méthode mixte ;
Qu’en 2014, l’état de santé de l’assurée s’est péjoré et qu’elle a été en incapacité de travail depuis le 27 octobre 2014 ;
Que l’assureur perte de gain Swica a versé des indemnités journalières perte de gain sur la base d’un taux d’incapacité de travail de 50% ;
Que par courrier du 2 mars 2015, Swica a communiqué à l’OAI une nouvelle demande de prestations d’invalidité signée par l’assurée le 22 février 2015 ;
Qu’une IRM de la colonne lombaire du 29 décembre 2014 a révélé une récidive d’une volumineuse hernie discale postérolatérale gauche L5-S1, en conflit avec l’émergence de la racine S1, opérée le 15 février 2015 par le docteur C_, médecin adjoint agrégé des Hôpitaux universitaire de Genève (ci-après HUG) ;
Que l’assurée est en incapacité de travail à 100% depuis le 13 février 2015 ;
Que lors de la consultation spécialisée du 1
er
avril 2015, le Dr C_ a relevé que les douleurs irradiant dans le membre inférieur gauche avaient totalement cessé et que la patiente notait la persistance d’une douleur au niveau de la fesse et surtout au niveau de la face latérale de la hanche gauche ;
Que d’un point de vue neurochirurgical, l’évolution post-opératoire était satisfaisante ;
Que l’examen clinique laissait fortement suspecter une atteinte péri-hanche sous forme d’une bursite ou d’un arrachement du moyen fessier, de sorte que le Dr C_ avait organisé une IRM de la hanche ainsi qu’une consultation spécialisée auprès du service d’orthopédie ;
Qu’une reprise professionnelle n’était pas encore possible, qu’il n’y avait pas de contre-indications neurochirurgicales à une reprise professionnelle à distance de son travail de caissière, sous réserve d’une adaptation de son environnement de travail ; qu’en revanche, le port de charges lourdes était à éviter, ainsi que la station assise prolongée au vu de l’inconfort provoqué ;
Que dans un rapport du 5 mai 2015, la doctoresse D_, médecin traitant, a diagnostiqué, avec effet sur la capacité de travail, une récidive herniaire L5-S1 gauche opérée le 13 février 2015 et, sans effet sur la capacité de travail, des lombosciatalgies gauches, une hypercholestérolémie, un tabagisme chronique, un trouble anxieux et un eczéma dysidrosique plantaire ; que s’agissant de la capacité de travail, elle renvoyait à l’avis du chirurgien orthopédique ;
Que dans un rapport du 22 juin 2015, la doctoresse E_, médecin traitant, a diagnostiqué un syndrome douloureux chronique réfractaire aux traitements conservateurs et aux trois interventions chirurgicales, dans le contexte d’une récidive herniaire L5-S1 gauche ; que l’assurée présentait de nombreuses limitations fonctionnelles et que l’incapacité de travail était de 100% depuis le 13 juin 2015 ;
Que dans un rapport du 12 septembre 2015, la doctoresse F_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen, avec syndrome somatique et des lombalgies dans le contexte d’une hernie discale L5-S1, opérée ; que l’assurée était au bénéfice d’un suivi psychothérapeutique et médicamenteux, qu’elle présentait un trouble de la concentration, des difficultés à prendre des décisions, de la fatigue, un manque d’énergie et d’élan surtout le matin ; que l’incapacité de travail était de 100% dès le 13 juin 2015 ;
Qu’en date du 6 octobre 2015, Swica a communiqué à l’OAI un rapport d’expertise établi, à sa demande, par la clinique Corela en date du 21 septembre 2015 ;
Que les docteurs G_ et H_, experts auprès de la clinique Corela, ont considéré en substance que sur le plan somatique aucun diagnostic incapacitant ne pouvait être retenu et que la hernie discale L5-S1 devait être considérée en status post, de sorte qu’il n’y avait pas de limitation somatique significative pour l’emploi de caissière ; que sur le plan psychiatrique, il n’y avait pas de diagnostic incapacitant au jour de l’évaluation ; que par conséquent, au jour de l’expertise, il n’y avait aucune incapacité de travail tant sur plan somatique que psychiatrique ;
Que par avis médical du 18 avril 2016, le docteur I_, médecin SMR, relève qu’au vu du rapport d’expertise Corela, on ne pouvait suivre les experts quant à leurs conclusions ; qu’en effet, bien que les atteintes lombaires soient limitées, les limitations fonctionnelles qu’elles entraînent justifient une incapacité de travail totale pour l’ancienne activité ; que l’intervention chirurgicale d’octobre 2015 n’a pas entraîné d’incapacité de travail durable et qu’il faut par conséquent considérer que la capacité de travail est nulle pour l’ancienne activité de caissière depuis février 2015, mais pleine dans une activité strictement adaptée aux limitations fonctionnelles d’épargne du dos ;
Que par décision du 23 août 2016, l’OAI a refusé l’octroi de mesures professionnelles et de rente d’invalidité à l’assurée, motif pris que son degré d’invalidité total, de 5%, était insuffisant pour ouvrir droit à une rente d’invalidité ; qu’il a en effet considéré qu’elle présentait une incapacité de travail totale dans son activité habituelle et une capacité de travail entière dans une activité adaptée, en février 2016 ;
Que l’assurée, représentée par son mandataire, a interjeté recours en date du 22 septembre 2016, concluant à la mise en œuvre d’une expertise médicale bidisciplinaire et, sur le fond, à l’annulation de la décision de l’OAI ;
Que dans son écriture complémentaire du 30 novembre 2016, la recourante fait grief à l’intimé de n’avoir pas instruit le dossier et d’avoir fondé sa décision sur un examen médical du dossier par le SMR et un rapport d’expertise de la clinique Corela qui ne revêtent aucune valeur probante ;
Que la recourante relève que l’intimé s’écarte des conclusions fondées sur cette expertise ainsi que sur celles des médecins l’ayant traitée ; qu’elle conteste également l’application de la méthode mixte, rappelant que la Cour européenne des droits de l’homme l’a jugée discriminatoire ; qu’elle invoque enfin que sa situation n’a cessé de s’empirer, notamment d’un point de vue psychique, et qu’une incapacité de travail totale doit être retenue ;
Que dans sa réponse du 17 janvier 2017, l’intimé conclut au rejet du recours ;
Que dans son écriture du 8 février 2017, la recourante relève que la position de l’intimé est aberrante dès lors qu’il affirme avoir suivi les conclusions de l’expert mais, contrairement à ce dernier, avoir retenu une incapacité de travail différente ; que l’avis du SMR du 22 décembre 2016 ne tient pas compte des rapports médicaux produits ; que la recourante se réfère aux rapports médicaux du docteur J_, de Monsieur K_ et du docteur L_, aux termes desquels elle présente actuellement des douleurs de la face latérale de la hanche et de la région fessière, une cervico-brachialgie droite et des limitations fonctionnelles bien plus importantes en raison de la recrudescence des douleurs ; qu’au surplus le psychiatre a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent d’épisode actuel sévère sans syndrome psychotique, des troubles anxieux, une personnalité dépendante et un trouble mental dû à une affection physique ;
Que dans sa duplique du 16 février 2017, l’intimé a persisté à conclure au rejet du recours ;
Que lors de l’audience de comparution personnelle des parties du 29 mars 2017, l’intimé a déclaré que le SMR n’a pas suivi les conclusions finales de l’expertise Corela quant à la capacité de travail dans l’activité habituelle ;
Que l’assurée a déclaré quant à elle que ses problèmes de dos ont commencé en Italie, avant son arrivée en Suisse ; qu’elle avait en effet été opérée en 2005 et que pendant six ans elle allait bien parce qu’elle ne travaillait pas ; qu’elle a commencé à travailler à la M_ et qu’elle a subi deux opérations en trois ans ; qu’actuellement elle avait deux hernies cervicales et que ses problèmes du dos ont réapparu en Suisse en 2012 ; qu’elle a persisté dans ses conclusions tendant à la mise en œuvre d’une expertise bidisciplinaire ;
Qu’à la demande de la chambre de céans, la policlinique médicale universitaire, par courrier du 4 avril 2017, a déclaré pouvoir accepter le mandat d’expertise ; que la docteure N_, médecin responsable, a indiqué que cette dernière devrait comporter les disciplines de médecine interne, orthopédie, psychiatrie et neurologie et qu’elle a communiqué les noms des médecins qui se chargeraient de l’expertise ;
Qu’en date du 6 avril 2017, la chambre de céans a communiqué aux parties le courrier de la PMU et leur a imparti un délai pour faire part d’éventuels motifs de récusation à l’encontre des experts ;
Que le 21 avril 2017, l’intimé relève qu’il n’est pas en mesure de se prononcer sur la légitimité de la mise en œuvre d’une expertise, raison pour laquelle il s’opposait à une telle mesure dans la mesure où l’expertise bidisciplinaire figurant au dossier et l’analyse approfondie de la part du SMR sont probantes ; que pour le surplus il n’avait pas de motif de récusation à l’encontre des experts pressentis ;
Qu’en date du 4 mai 2017, la chambre de céans a communiqué aux parties le dispositif de l’ordonnance d’expertise et leur a imparti un délai pour se prononcer sur les questions ;
Que le 16 mai 2017, la recourante a communiqué à la chambre de céans des questions complémentaires à poser aux experts ;
Que l’intimé a fait savoir, le 18 mai 2017, qu’il n’avait pas de question complémentaires à poser aux experts ;

## Considerations

Attendu en droit
quedès le 1
er
janvier 2011, la chambre des assurances sociales est compétente en la matière (art.134 de la loi sur l’organisation judiciaire; LOJ -
E 2 05
) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1
er
janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que, selon le principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des assurances sociales, le juge doit établir (d'office) les faits déterminants pour la solution du litige, avec la collaboration des parties, administrer les preuves nécessaires et les apprécier librement (art. 61 let. c LPGA; cf. ATF
125 V 193
consid. 2) ;
Qu’il doit procéder à des investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du dossier ;
Qu’en particulier, il doit mettre en oeuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 282
consid. 4a; RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 du 19 mars 2004 consid. 3.3) ;
Que lorsque le juge des assurances sociales constate qu'une instruction est nécessaire, il doit en principe mettre lui-même en oeuvre une expertise (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4) ;
Qu’un renvoi à l’administration reste possible, notamment lorsqu'il s'agit de préciser un point de l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4 ; arrêt du Tribunal fédéral
8C_760/2011
du 26 janvier 2012 consid. 3) ;
Que les coûts de l'expertise peuvent être mis à la charge de l'assureur social (ATF
137 V 210
consid. 4.4.2) ;
Qu’en l’espèce, la chambre de céans n’est pas en mesure de statuer définitivement sur le droit aux prestations de la recourante, dès lors que la situation médicale n’est pas claire quant aux atteintes à la santé et leurs répercussions sur la capacité de travail ;
Que l’intimé se fonde sur une expertise de la clinique Corela mise en œuvre par l’assureur perte de gain et datant de plus d’une année avant la décision querellée ; qu’au demeurant, le SMR admet qu’il ne peut suivre les conclusions des experts quant à la capacité de travail de la recourante dans l’activité habituelle, ce qui conduit déjà à douter fortement de la valeur probante de l’expertise ;
Qu’enfin, les avis médicaux figurant au dossier contredisent les conclusions des experts de la clinique Corela, aussi bien du point de vue des diagnostics, des limitations fonctionnelles et de la capacité de travail ;
Que dans ces conditions, il convient d’ordonner une expertise, laquelle sera confiée aux docteurs N_, O_, P_ et Q_ de la PMU à Lausanne ;
Que pour le surplus, la chambre de céans complétera l’ordonnance par les questions complémentaires de la recourante, dans la mesure de leur pertinence.
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