# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0b3d7f71-a344-58ca-9b0f-de3d8c9baa60
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Le 28 juillet 2017, le département des finances de la République et canton de Genève, soit pour lui l'office des bâtiments (ci-après : OBA), a fait paraître dans la Feuille d'avis officielle de la République et canton de Genève ainsi que sur la plateforme Internet simap (site www.simap.ch) un appel d'offres en procédure ouverte, soumis aux accords internationaux, pour un marché public de travaux de façades métalliques, fenêtres et portes extérieures du bâtiment de stationnement des troupes.![endif]>![if>
2) L’art. 3.1 de l’avis d’appel d’offres précisait que seules seraient retenues les offres de soumissionnaires qui respectaient les usages locaux et, en particulier, payaient les charges sociales prévues selon l’art. 32 du règlement cantonal sur la passation des marchés publics (RMP -
L 6 06.01
). Les garanties à fournir étaient celles visées à l’art. 32 RMP (art. 3.2 de l’appel d’offre). À cet effet, l’annexe P2+ du dossier d’appel d’offres énumérait les attestations requises devant obligatoirement être soumises. En remettant ces attestations, le soumissionnaire s’engageait à respecter les exigences y relatives pendant toute la durée de la procédure de soumission et d’exécution du marché. Le non-respect de ces conditions entraînait l’exclusion immédiate du soumissionnaire.![endif]>![if>
Les attestations requises devaient, notamment, justifier de ce que le personnel était assuré conformément à la législation en vigueur et que les paiements de cotisations étaient à jour, que l’impôt à la source était acquitté ou que l’employeur n’avait pas de personnel soumis à cet impôt et que, pour ce qui concernait le personnel appelé à travailler sur territoire genevois, le soumissionnaire était lié à la convention collective de travail applicable à Genève (ci-après : CCT-GE) ou qu’il ait signé auprès de l’office cantonal de l’inspection et des relations du travail (ci-après : OCIRT) un engagement à respecter les usages en vigueur à Genève dans la branche pour laquelle il soumissionnait.
3) Josef Meyer Stahl und Metall AG (ci-après : Josef Meyer) a soumissionné dans le délai imparti. Elle n’a pas produit, dans les annexes requises, l’attestation justifiant du paiement de l’impôt à la source. Elle a produit une attestation justifiant de ce qu’elle était liée par la convention collective de travail pour le secteur suisse de la serrurerie, de la construction métallique, des machines agricoles, de la forge et de la construction d’acier (ci-après : CCT-CH).![endif]>![if>
4) Par décision du 20 septembre 2017, l'OBA a exclu Josef Meyer de la procédure d'attribution du marché, car elle n'avait pas produit l’attestation de l’autorité fiscale justifiant du paiement de l’impôt à la source et qu’elle n’était pas liée par la CCT-GE ni n’avait signé d’engagement avec l’OCIRT visant au respect des usages en vigueur à Genève. La CCT-CH n’était pas applicable à Genève.![endif]>![if>
5) Par acte expédié le 27 septembre 2017 à la chambre administrative de la Cour de justice, Josef Meyer a recouru contre la décision d'exclusion précitée, concluant à ce qu’elle soit « reconsidérée ». Elle a exposé qu’elle occupait, certes, du personnel imposé à la source, mais n’avait pas prévu d’en employer dans le projet pour lequel elle avait soumissionné. Elle annexait l’attestation de l’autorité fiscale justifiant du paiement dudit impôt. Par ailleurs, elle avait joint l’attestation de la commission paritaire nationale pour les métiers du métal (ci-après : CPNM), attestant du fait qu’elle en était membre et respectait ainsi la CCT-CH.![endif]>![if>
6) L'OBA a conclu au rejet du recours.![endif]>![if>
7) Par courrier du 12 décembre 2017, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1) Le marché public litigieux est principalement soumis à l’Accord GATT/OMC du 15 avril 1994 sur les marchés publics (AMP -
RS 0.632.231.422
), à l’accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne sur certains aspects relatifs aux marchés publics (
RS 0.172.052.68
), à l'accord intercantonal sur les marchés publics du 25 novembre 1994 (AIMP -
L 6 05
), à la loi autorisant le Conseil d’État à adhérer à l’accord intercantonal sur les marchés publics du 12 juin 1997 (L-AIMP -
L 6 05.0
), au RMP ainsi qu’à la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
La décision d’exclusion du marché public peut faire l'objet d'un recours auprès de l'autorité juridictionnelle cantonale (art. 15 al. 1 et al. 1bis let. d AIMP et 55 let. c RMP), soit à Genève la chambre administrative de la Cour de justice (art. 3 L-AIMP ; 56 al. 1 RMP ; art 132 al. 1 et 2 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05