# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a69191ab-e2ce-4612-81bb-c088a395d357
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Le 17 septembre 2002, A. X._ (ci-après: A. X._), ressortissant du Bangladesh né le 22 octobre 1977, a présenté une demande de visa pour la Suisse en vue de venir y suivre des cours intensifs de français. Sa requête a été acceptée et une autorisation de séjour de courte durée, valable jusqu'au 19 septembre 2003, lui a été délivrée à cet effet. A. X._ est arrivé en Suisse le 8 mars 2003. Le 7 août 2003, il a requis une prolongation de son autorisation de séjour. Par décision du 7 avril 2004, le SPOP a refusé de délivrer une autorisation d'entrée en Suisse, respectivement une autorisation de séjour pour études en faveur de A. X._ et lui a imparti un délai d'un mois dès notification pour quitter le territoire vaudois. Cette décision a été confirmée sur recours par l’ancien Tribunal administratif par arrêt du 9 août 2004 (réf. PE.2004.0267), qui lui a imparti un délai échéant le 15 septembre 2004 pour quitter le territoire vaudois.
B.
A. X._ n’a pas quitté la Suisse. En 2005, il a été rejoint par son amie d’alors B. Y._, ressortissante du Bangladesh. Celle-ci est repartie dans son pays en 2007, où elle a donné naissance à leur fils C.. Elle est revenue en Suisse en 2012 avec l’enfant.
C.
Le 8 août 2007 et le 20 mai 2010, A. X._ a été condamné par les autorités vaudoises pour séjour illégal en Suisse.
D.
Le 25 mars 2010, D. Z._ a donné naissance à Lausanne à E. Z._, qui a été reconnu par A. X._. D. Z._ et E. Z._ sont titulaires d’un permis F depuis le 4 décembre 2012 (valable au plus jusqu’au 12 février 2015).
E.
Le 17 février 2011, le SPOP a imparti à A. X._ un délai au 15 mars 2011 pour quitter la Suisse, délai prolongé à la demande de l’intéressé au 31 mars 2011. Le 17 mars 2011, A. X._ a sollicité une tolérance de séjour afin de pouvoir épouser une ressortissante suédoise titulaire d’un permis C. Cette demande a été refusée. Le 4 avril 2011, A. X._ a demandé une prolongation de son délai de départ et s’est engagé auprès du SPOP à quitter la Suisse d’ici à fin mai 2011. Sa requête a été rejetée.
F.
Le 16 avril 2013, l’entreprise F._ Sàrl a été sanctionnée pour avoir employé illégalement A. X._. Le 14 novembre 2013, une demande de titre de séjour CE/AELE a été déposée par G._ Sàrl afin d’engager A. X._ comme cuisinier (avec spécialités indiennes). Le 16 janvier 2014, le SPOP a accusé réception de la demande et a demandé à A. X._ de s’annoncer auprès de sa commune de domicile et de remplir le questionnaire
"
Rapport d’arrivée
"
. Le 15 mai 2014, le SPOP a réitéré sa demande.
G.
Le 16 septembre 2014, le SPOP a rendu une décision, formulée comme suit, adressée au conseil de A. X._:
"Après examen du dossier, nous constatons que vous n’avez pas donné suite à nos demandes des 16 janvier 2014 et à notre rappel du 15 mai 2014. Ainsi vous n’avez jamais précisé le but du séjour de votre mandant et celui-ci ne s’est jamais annoncé auprès du bureau des étrangers de sa commune de domicile.
En conséquence, nous ne sommes pas en mesure de déterminer si les conditions sont remplies pour l’octroi d’une éventuelle autorisation de séjour en sa faveur. Dès lors, celle-ci est refusée et le renvoi de Suisse de votre mandant est prononcé.
La présente décision est prise en application des articles 90, lettres a et b et 96 de la Loi fédérale sur tes étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr).
Les considérations qui précèdent justifient qu’un délai de départ fixé au 20 octobre 2014 soit imparti à votre mandant pour quitter notre territoire. Un tel délai n’est pas prolongeable".
H.
Par acte du 16 octobre 2014, A. X._ (ci-après: le recourant) a saisi la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal d'un recours dirigé contre la décision du SPOP, en concluant préalablement à l'octroi de l'effet suspensif, principalement à l’admission du recours et à l’annulation de la décision attaquée, subsidiairement à l’admission du recours, à l’annulation de la décision attaquée et au renvoi de la cause au SPOP pour nouvelle décision. Il invoque son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par les art. 8 et 13 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS 0.101).
Le SPOP a transmis son dossier le 23 octobre 2014.
I.
Les arguments des parties seront repris ci-dessous dans la mesure utile.
J.
La Cour a statué sans échange d'écritures, selon la procédure simplifiée de l'art. 82 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36).

## Considerations

Considérant en droit
1.
Selon l'art. 95 LPA-VD, le recours s'exerce dans les 30 jours dès la notification de la décision attaquée. En l'espèce, le recours a été déposé en temps utile et satisfait de surcroît aux conditions formelles de l'art. 79 al. 1 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD. Par ailleurs, en tant que destinataire de la décision attaquée, le recourant bénéficie sans conteste de la qualité pour recourir.
2.
a) L'art. 8 CEDH dispose que "toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance". Encore faut-il, pour pouvoir invoquer cette disposition, que la relation entre l'étranger et une personne de sa famille ayant le droit de résider durablement en Suisse soit étroite et effective (
ATF 130 II 281
consid. 3.1 p. 285; ATF
129 II 193
consid. 5.3.1 p. 211; ATF 2C_971/2010 du 11 janvier 2011 consid. 3.1 et références citées; ATF 2P.183/2006 du 7 août 2006 ; voir égal. ATF 2P.42/2005 du 26 mai 2005). D'après la jurisprudence, les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de cette disposition, un droit à une autorisation sont avant tout les rapports entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (
ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146; 120 Ib 257
consid. 1d p. 261).
b) Pour que l’art. 8 CEDH puisse être invoqué, la jurisprudence exige que le membre de la famille qui séjourne en Suisse jouisse lui-même d'un droit de résidence durable. Tel est en pratique le cas lorsqu'il possède la nationalité suisse ou qu'il est au bénéfice soit d'une autorisation d'établissement soit d'une autorisation de séjour qui, elle-même, se fonde sur un droit durable (
ATF 135 I 143
consid. 1.3.1 p. 145 s.). Malgré les critiques de la doctrine à propos de cette exigence (cf.
ATF 130 II 281
consid. 3.1 p. 285 et les références), le Tribunal fédéral l'a confirmée (cf.
ATF 135 I 143
consid. 1.3.1 et 1.3.2 p. 145 s.;
130 II 281
consid. 3.1 p. 285 et les références, ATF 2C_22/2009 du 5 octobre 2009), de même que le tribunal de céans (
PE.2011.024 du 30 novembre 2011),
de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y revenir. Le Tribunal fédéral a certes laissé ouverte la question de savoir si un réfugié dont l'admission provisoire a été prolongée durant plusieurs années en application de l'art. 14c LSEE ne bénéficierait pas de facto d'un statut durable permettant à sa famille de se prévaloir d'un droit au regroupement fondé sur l'art. 8 CEDH (
ATF 126 II 335
consid. 2b/cc p. 341 s.; ATF 2A.8/2005 du 30 juin 2005 consid. 3.2 et 3.3). Il n’a pas encore tranché cette question.
En l’espèce, dès lors que la décision conférant à l’enfant du recourant l’admission provisoire date du 4 décembre 2012, on ne se trouve de toute façon pas dans la situation évoquée par la jurisprudence mentionnée ci-dessus. Force est donc d'admettre que l’enfant E. du recourant possède actuellement un statut précaire en Suisse. La situation de cet enfant ne permet donc pas au recourant d'invoquer un droit au regroupement familial. Point n’est donc besoin d’examiner la nature et l’intensité des relations que le recourant entretient avec son fils.
c)
Sous l'angle étroit de la protection de la vie privée, l'art. 8 CEDH n'ouvre le droit à une autorisation de séjour qu'à des conditions restrictives. L'étranger doit en effet établir l'existence de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Dans le cas présent, le recourant n'expose pas de manière soutenable qu'il remplirait les conditions restrictives lui permettant d'invoquer le droit à la protection de la vie privée, d'autant moins qu'il séjourne en Suisse de manière illégale depuis 2004 (cf. sur la faible portée des années de séjour illégal,
ATF 130 II 281
consid. 3.2.1 p. 286 et les arrêts cités). Le recourant ne peut par conséquent pas se prévaloir d'un droit à la protection de la vie privée en Suisse découlant de l'art. 8 CEDH.
3.
Manifestement mal fondé, le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. Vu les circonstances, il n'y a pas lieu de percevoir de frais de justice (art. 50 LPA-VD). Les conclusions du présent recours étant d'emblée vouées à l'échec, la demande d'assistance judiciaire doit être rejetée (art. 18 al. 1 et 2 LPA-VD). Le recourant n’a pas droit à des dépens