# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cb225da2-9c0b-57be-97a4-aca98ba423a2
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte expédié le 20 mai 2019 au greffe de la Chambre de céans, A_, prévenu, recourt contre l'ordonnance rendue le 9 du même mois, notifiée le 13 suivant, aux termes de laquelle le Ministère public a ordonné le séquestre de la relation n° 1_ dont il est co-titulaire auprès de la banque E_.
Le recourant conclut, sous suite de frais et dépens non chiffrés, à l'annulation de cette décision, les avoirs saisis devant être libérés.
b.
Par acte expédié le 20 mai 2019 au greffe de la Chambre de céans, B_ LTD, tiers saisi, recourt contre cette même ordonnance, qu'elle a reçue le 13 précédent, par laquelle le Procureur a prononcé le séquestre de la relation n° 2_ dont elle est titulaire auprès de la banque E_.
La recourante prend des conclusions identiques à celles formulées par A_.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.a.
A_, résident genevois, est co-titulaire, avec sa compagne, auprès de la banque genevoise E_, d'une relation n° 1_, ouverte le 13 juillet 2016.
Les fonds qui y sont déposés proviennent, selon les documents d'ouverture topiques, des revenus que le prénommé a retirés de certaines de ses activités, exécutées en collaboration avec F_, homme d'affaires.
Les valeurs saisies ascendaient, le 6 mai 2019, à GBP 2'226'704.-.
a.b.
B_ LTD, société incorporée aux îles Vierges britanniques, a été fondée par A_ (pièces 325'093 et 325'107
in fine
) en 2004. Ce dernier y exerce, actuellement, la fonction d'administrateur.
B_ LTD est titulaire, auprès de la banque E_, d'une relation n° 2_, ouverte en automne 2016.
Les fonds qui y sont placés proviennent, d'après les formulaires d'ouverture topiques, des bénéfices retirés par la société de son activité.
Les valeurs saisies ascendaient, le 6 mai 2019, à GBP 1'755'379.-.
b.a.
A_ a constitué, à une date indéterminée, un trust irrévocable et discrétionnaire, G_ TRUST, qu'il a, en qualité de
settlor
, doté d'un patrimoine. L'on ignore qui en est le
trustee
.
Les bénéficiaires sont A_, sa compagne ainsi que les enfants du premier.
G_ TRUST détient, parmi ses actifs, les actions de B_ LTD.
b.b.
Par ailleurs,A_ est le
trustee
de la H_ FOUNDATION ; il est, en cette qualité, le propriétaire (
legal owner
) du patrimoine de ce trust. Celui-ci comporte, entre autres actifs, une chaîne de cinq sociétés (chacune possédant, à son tour, l'intégralité des actions d'une autre); les quatre premières entités sont incorporées à l'étranger et la cinquième, I_ SA, à Zürich (annexe 4 au courrier adressé par J_ au Ministère public le 12 avril 2019).
b.c.
A_ est, en outre, aux côtés de J_ et K_, actionnaires de la société genevoise L_ SA, essentiellement active dans la gestion de trusts.
Les deux derniers nommés en sont les administrateurs; A_ n'a, pour sa part, jamais été inscrit en cette qualité au Registre du commerce (ci-après : RC).
L_ SA détient ultimement les actions de deux autres entités incorporées à l'étranger, soit M_ LTD et N_ LTD. Lorsque les trois précités exercent une activité pour le compte de ces deux dernières sociétés, ils le font (essentiellement)
via
L_ SA.
c.a.
Le trust O_, dont P_ est l'un des bénéficiaires, a été géré par M_ LTD du 10 juillet 2012 au printemps 2018.
c.b.
O_ comptait, parmi ses actifs, l'intégralité des actions de Q_ SA, société qui détenait,
via
treize autres entités, de nombreux biens immobiliers sis au Royaume-Uni (ci-après également le portfolio (immobilier) Q_).
La direction de ces sociétés était exercée par N_ LTD.
c.c.
Entre 2011 et 2016, plusieurs sommes d'argent ont été versées aux entités détenues par le trust. Ainsi :
· Q_ SA a reçu, courant 2011 :
§ GBP 900'000.- environ de [la société immobilière] R_;
§ GBP 8 millions de I_ SA;
· les filiales de Q_ SA ont obtenu, en 2016, un prêt de GBP 25 millions de I_ SA, somme destinée à réduire une ligne de crédit contractée, notamment, par leurs soins pour acquérir des propriétés, ouverte auprès de S_ PLC.
c.d.
Le 31 décembre 2017, I_ SA a cédé sa créance de GBP 25 millions sus-évoquée à T_ LTD - société dont U_ est le président du conseil d'administration -, étant elle-même débitrice d'une telle somme en faveur de cette dernière (pièce 10'501).
Le 9 mars 2018, T_ LTD a requis de ses nouvelles débitrices, au moyen d'un courriel adressé à L_ SA, le remboursement dudit montant (
ibidem
).
c.e.
À la fin du mois de mars 2018, P_ et le
protector
de O_ ont informé M_ LTD que son rôle de
trustee
serait dorénavant assumé par un tiers, soit V_ LTD.
D_ et C_ LTD ont succédé à cette dernière société, en été 2018.
M_ LTD a refusé, et continue de refuser, de transmettre l'essentiel du patrimoine du trust, singulièrement Q_ SA, aux sociétés précitées; elle estime, en raison de la mainmise qu'elle conserve sur ces biens, être toujours le
trustee
de O_.
c.f.
Le 3 avril 2018, M_ LTD a procédé à l'émission d'actions correspondant au 50% du capital de la société Q_ SA, en faveur de I_ SA; dite émission a été matérialisée par l'établissement d'un certificat d'actions nominatives.
Peu après, N_ LTD a désigné deux nouveaux directeurs pour lui succéder dans la gestion tant de Q_ SA que de ses filiales : U_ (représentant le 50% des actions de I_ SA) et une autre personne (soit le directeur de V_ LTD, représentant le 50% restant des actions).
d.a.
Le 11 septembre 2018, D_ et C_ LTD ont déposé plainte pénale contre J_, K_, A_ et F_ des chefs de gestion déloyale et abus de confiance, reprochant aux trois premiers d'avoir pris les décisions exposées à la lettre
B.c.f.
supra
, préjudiciables au trust, ce dans le seul intérêt du quatrième, ultime bénéficiaire de la cession des actions litigieuse.
En substance, ces sociétés ont exposé que, en 2011, F_ et P_ avaient oralement convenu de devenir des "
partenaires
" économiques. Le premier avait, ainsi, procédé aux apports suivants dans Q_ SA : GBP 8 millions
via
I_ SA, société qu'il utilisait comme "
véhicule financier
", et GBP 900'000.- environ par l'intermédiaire de R_. Si les intéressés avaient cherché, par la suite, à formaliser la participation de F_ dans le portfolio Q_ - notamment en envisageant le transfert de la moitié des actions de Q_ SA à une entité de F_ (existante ou à créer, I_ SA ayant été brièvement envisagée avant d'être exclue par courriel du 24 avril 2015)
- aucune des suggestions discutées n'avait toutefois été retenue. En 2016, F_ et P_ avaient convenu qu'une somme supplémentaire serait injectée dans le portfolio, sous la forme d'un prêt (GBP 25 millions) versé par le premier
via
I_ SA. En décembre 2017, P_ avait appris par la presse que F_ et A_ étaient impliqués dans un scandale financier [relatif à d'autres sociétés que celles détenues par O_]. Aussi, le bénéficiaire du trust avait-il souhaité se distancer de F_; il lui avait donc proposé de "
mettre fin à
[s]
a participation financière dans Q_"
, en versant à I_ SA une somme d'argent pour solde de tout compte, somme qui incluait le remboursement du prêt consenti en 2016; il avait adressé un courriel en ce sens à I_ SA le 26 mars 2018 [P_ ignorait, à cette époque, les éléments exposés à la lettre
B.c.d.
ci-dessus]. Le prénommé avait également souhaité se distancer, outre de A_, de K_ et J_, ces derniers étant des connaissances de F_, raison pour laquelle il avait été décidé que L_ SA cesserait d'exercer la fonction de
trustee
.
S'agissant plus particulièrement du portfolio Q_, les immeubles le composant étaient passés d'une trentaine environ en 2011 à cent six en 2017. En mars 2018, la valeur des propriétés totalisait GBP 60 millions environ [le document produit à l'appui de cette estimation ne désigne pas le(s) propriétaire(s) des biens qui y sont évalués]. Partant, le dommage causé au trust du chef du transfert des actions - opération qui avait profité
in fine
à F_, lequel avait "
manifestement
[été]
en quête de moyens financiers
[à la]
suite
" du scandale, largement médiatisé, susvisé - correspondait à la moitié de cette somme.
d.b.
À l'appui de leurs allégués, les plaignantes ont produit diverses pièces, parmi lesquelles plusieurs messages électroniques échangés entre P_ et le directeur de I_ SA, W_; ces courriels évoquent, successivement, entre 2013 et 2015, le partage des actions de Q_ SA au profit de I_ SA ou d'une autre entité (pièces 10'389 et ss, 10'395 ainsi que 10'399), puis, dès 2018, la proposition de P_ de s'acquitter d'une indemnité pour solde de tout compte en faveur de I_ SA (pièces 10'427 et ss).
e.
Le Procureur a auditionné, à une reprise, les parties plaignantes, P_ et les mis en cause, sous réserve de F_, qu'il n'a pas encore entendu. Aucun des protagonistes n'a eu, à ces occasions, accès au dossier.
e.a.
Les plaignantes ont confirmé leur dénonciation et produit, à l'appui de leurs déclarations, un courriel du 16 janvier 2018 dans lequel P_ faisait interdiction à J_, A_ et K_ de disposer, sans son autorisation, des actifs de O_; les différents biens du trust étaient énumérés au bas du message; à côté de Q_ SA, figurait la mention : "
O_ owns 50% - ? owns 50%
".
P_ a, quant à lui, précisé que A_ était "
le patron
" de L_ SA, J_ et K_ travaillant "
sous ses ordres
".
e.b.
Pour leur part, A_, J_ et K_ ont été prévenus d'infractions aux art. 138 et 158 CP. Ils ont contesté les faits qui leur étaient reprochés, déclarant que I_ SA avait reçu les actions litigieuses en contrepartie de l'important apport de fonds qu'elle avait consenti à Q_ SA en 2011. M_ LTD s'était donc contentée de formaliser la position économique que la première de ces sociétés détenait,
de facto
, déjà dans la seconde. La décision y relative avait été prise par K_ et J_, A_ n'en ayant été informé que par la suite.
K_ a ajouté ce qui suit : "
le transfert de trustee
[signifié par P_ et le
protector
de O_]
éta
[n]
t
in fine inéluctable, nous nous sommes retrouvés face à deux options, transférer Q_
[SA]
,
sans ratifier le partnership de 50/50, auquel cas nous nous serions exposés à des actions de la part de I_ SA ou alors,
[le]
ratifier
",
ce qui avait été fait en émettant les actions litigieuses.
D'après J_, I_ SA avait injecté GBP 8,9 millions
"
directement ou indirectement en échange de 50% des droits dans le projet Q_ SA
"
.
À la fin du mois de mars 2018, P_ avait évoqué une possible dissolution de O_. Les actifs du trust pouvant potentiellement disparaître, K_, qui était davantage au fait du dossier, et lui-même avaient décidé de "
rectifier
" la situation qui prévalait depuis 2011; en effet, il résultait de différents documents, en particulier de courriels de P_, que Q_ SA était déjà détenue à 50% par un tiers, soit I_ SA. P_ ayant admis que O_ détenait 50% de Q_ SA, l'émission d'actions correspondant au solde ne pouvait porter préjudice au trust. Par ailleurs, U_ avait,
via
"
sa société
" T_ LTD, prêté GBP 25 millions à I_ SA, qui les avait elle-même prêtés aux treize société du groupe Q_.
A_ a expliqué travailler dans le domaine des trusts depuis trente ans.
Il avait été "
administrateur
" des sociétés L_ SA - dont il était l'actionnaire majoritaire -, M_ LTD et N_ LTD jusqu'en décembre 2017; depuis lors, il intervenait en qualité de simple consultant, dispensant des conseils sur demande. Il était, certes, le
trustee
de la H_ FOUNDATION; il ne gérait toutefois pas I_ SA, cette société disposant de ses propres structure et organes. F_ était "
le conseiller
" de I_ SA et n'avait aucun lien financier avec cette société. Lui-même n'avait jamais été "
formellement impliqué dans l'administration
" de O_. Les GB 8,9 millions versés à Q_ SA en 2011 l'avaient été "
ultimement
" par I_ SA. À sa connaissance, F_ n'avait pas investi dans le portfolio Q_. En 2013 ou 2014, il avait personnellement étudié, en lien avec les tentatives de formalisation de la participation de I_ SA dans Q_ SA, des projets de modification de l'acte constitutif de cette société. F_ avait "
été décisif
" concernant le prêt de GBP 25 millions successivement consenti par T_ LTD à I_ SA, puis par cette dernière aux filiales de Q_ SA. Le 11 janvier 2018, il avait personnellement assisté à une séance entre U_ et P_ lors de laquelle il avait "
été question de deux actionnaires qui détenaient chacun 50%
" de Q_ SA. L'une des "
conséquence
[s]
de ne pas émettre les actions
[litigieuses]
aurait été que I_ SA s'en prenne à L_ SA pour ne pas défendre les intérêts de I_ SA
".
f.
Le Ministère public a, entre autres actes d'instruction, prononcé la saisie, d'une part, du certificat d'actions nominatives évoqué à la lettre
B.c.f.
ci-dessus, découvert dans les locaux de L_ SA, et, d'autre part, de la participation de I_ SA dans le capital de Q_ SA (séquestre ordonné en mains de la société zurichoise).
g.
Par arrêt
ACPR/501/2019
du 4 juillet 2019, la Chambre de céans, appelée à statuer sur la qualité de parties plaignantes de D_ et C_ LTD, a jugé que ces dernières - et V_ LTD avant elles - avaient revêtu/revêtaient le statut de
trustees
de O_, quand bien même M_ LTD avait refusé/refusait de leur transmettre les biens en sa possession, ce sous l'angle de la vraisemblance, sans préjuger de l'issue de la requête que les deux premières avaient déposé devant des tribunaux étrangers contre la dernière, requête qui tendait notamment à la remise desdits biens.
h.
Parallèlement à la procédure pénale, S_ PLC a requis de Q_ SA et de ses filiales, le 19 novembre 2018, le remboursement immédiat de la ligne de crédit qu'elle leur avait consentie, soit GBP 12.5 millions environ, intérêts inclus, au motif, notamment, que le transfert de 50% des actions à I_ SA était intervenu sans son consentement préalable, pourtant requis selon les conditions stipulées dans le contrat de prêt.
Dit remboursement n'ayant pas eu lieu, la banque a fait valoir les droits de gage dont elle disposait et a procédé,
via
deux
receivers
, à la gestion et à la réalisation de certains immeubles détenus ultimement par le trust.
C.
Dans sa décision déférée - adressée à la banque E_ avec copie aux conseils de A_ et B_ LTD -, le Procureur annonçait séquestrer les relations nos 1_ et 2_, au motif que le premier nommé en était co-titulaire, respectivement ayant droit économique. La lettre d'accompagnement jointe à cette décision précisait que ces mesures étaient destinées à garantir de futures confiscations (art. 263 al. 1 let. d CPP) ou créances compensatrices (art. 71 al. 3 CP), que le contexte des saisies était "
désormais connu
" et que le dommage allégué par les parties plaignantes s'élevait, en l'état, à GBP 30 millions.
D.
Les 16 mai, 18 septembre et 1
er
octobre 2019 - soit postérieurement à l'ordonnance querellée -, les
trustees
de O_ ont informé le Ministère public que plusieurs propriétés du portfolio Q_ avaient été vendues aux enchères, à une valeur inférieure à celle du marché, compte tenu des circonstances de leur réalisation (forcée). Un manque à gagner découlait à son tour de ces ventes, soit les loyers qui ne pourraient plus être encaissés sur les immeubles réalisés. Ces évènements étaient la conséquence directe des actes dénoncés dans la plainte; le dommage du trust ne cessait ainsi de s'accroître.
E. a.a.
Dans son recours, A_ soutient, sur le plan formel, que le Procureur avait violé son droit d'être entendu. En effet, la décision entreprise était muette sur les motifs qui justifiaient le séquestre litigieux; de plus, il n'avait pas pu avoir accès à la documentation bancaire, versée au dossier, relative à son compte avant d'interjeter recours. Sur le fond, les conditions matérielles du séquestre n'étaient pas réunies. Singulièrement, l'existence de soupçons suffisants devait être niée, le trust n'ayant subi aucun dommage de par l'émission des actions litigieuses, eu égard à la position économique qu'occupait déjà I_ SA dans Q_ SA; subsidiairement il n'était aucunement impliqué dans ladite émission. La mesure était, de surcroît, disproportionnée, puisqu'il n'avait, avant le prononcé de la saisie, jamais manifesté de quelconque velléité de soustraire les fonds séquestrés.
a.b.
Dans ses observations, le Ministère public expose les raisons détaillées pour lesquelles tant l'existence de soupçons suffisants que le caractère proportionné de la mesure devaient être admis, à ce stade, précisant que le séquestre ordonné sur la participation de I_ SA correspondant à l'émission des actions litigieuses était insuffisant pour couvrir le dommage causé au trust, au vu des évènements qui étaient récemment survenus, énoncés à la lettre
D
.
a.c.
Invité à se déterminer, A_ persiste, le 30 septembre 2019 - soit après que le Ministère public a mis à la disposition de ses conseils, le 24 mai précédent, le dossier actualisé pour consultation -, dans les termes de son recours.
a.d.
Le Ministère public n'a pas dupliqué.
a.e.
Les plaignantes concluent, dans leurs observations, au rejet du recours.
b.a.
Dans ses recours et réplique, B_ LTD se plaint aussi d'un défaut de motivation de la décision attaquée. Au fond, elle conteste que les conditions pour ordonner le séquestre des biens d'un tiers (art. 70 al. 2 et 71 al. 1
in fine
CP) soient réalisées. Par ailleurs, le Procureur n'exposait pas en quoi les éventuels liens qu'elle pourrait avoir avec des parties à la procédure pourraient justifier une possible application de la théorie de la transparence (
Durchgriff
).
b.b.
Dans ses observations, le Ministère public a exposé les raisons détaillées pour lesquelles le séquestre attaqué se justifiait, à savoir qu'il y avait identité économique entre A_ et B_ LTD.
b.c.
Les plaignantes concluent, dans leurs observations, au rejet du recours.
c.
Les parties précitées ont produit, à l'appui de leurs allégués devant la Chambre de céans, des pièces nouvelles, dont la teneur a été résumée ci-avant, dans la mesure utile.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
Les deux recours déposés céans sont dirigés contre la même décision, concernent des faits de même nature - soit des séquestres rendus dans la P/17386/2018 - et portent, entre autres, sur une question juridique commune -
i.e.
l'existence de soupçons suffisants laissant présager la commission d'une infraction par A_ -. Il se justifie, par conséquent, de les joindre et de les traiter en un seul arrêt.
2. 2.1.
Les recours sont recevables pour avoir été déposés selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance de séquestre sujette à contestation auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP), et émaner tant du prévenu (art. 104 al. 1 let. a CPP) que du tiers saisi (art. 105 al. 1 let. f CPP), lesquels ont qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification de cette décision (art. 382 al. 1 CPP).
2.2.
Il en va de même pour l'ensemble des pièces nouvelles produites (arrêts du Tribunal fédéral
1B_368/2014
du 5 février 2015 consid. 3.1 et 3.2 ainsi que
1B_768/2012
du 15 janvier 2013 consid. 2.1).
3.
Les recourants dénoncent une violation de leur droit d'être entendus.
3.1.
L'art. 29 al. 2 Cst féd. garantit au justiciable le droit d'accéder au dossier (arrêt du Tribunal fédéral
1B_440/2018
du 28 janvier 2019 consid. 3.1), respectivement celui de bénéficier d'une décision motivée, motivation qui est considérée comme suffisante lorsque l'autorité mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle s'est fondée, de manière à ce que le destinataire puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (arrêt du Tribunal fédéral
6B_1251/2016
du 19 juillet 2017 consid. 3.1).
Le droit d'être entendu est une garantie de nature formelle, dont la violation entraîne, en principe, l'annulation de la décision attaquée. Sa violation peut cependant être réparée lorsque la partie lésée a la possibilité de s'exprimer devant une autorité de recours jouissant d'un plein pouvoir d'examen. Toutefois, une telle réparation doit rester l'exception et n'est admissible, en principe, que dans l'hypothèse d'une atteinte qui n'est pas particulièrement grave aux droits procéduraux de l'intéressé; cela étant, une réparation peut également se justifier, même en présence d'un vice grave, lorsque le renvoi à l'instance inférieure constituerait une vaine formalité et aboutirait à un allongement inutile de la procédure, ce qui serait incompatible avec l'intérêt de la partie concernée à ce que sa cause soit tranchée dans un délai raisonnable (ATF
142 II 218
consid. 2.8.1; arrêt du Tribunal fédéral
6B_1251/2016
précité).
3.2.
En l'espèce, la motivation fournie par le Ministère public à l'appui des saisies litigieuses est quasiment inexistante. Pour autant, A_ (ci-après le recourant) et B_ LTD (ci-après la recourante) - dont le précité est administrateur - connaissaient, le jour où ils ont reçu la décision entreprise, les charges détaillées qui pesaient contre le premier - lequel s'est longuement exprimé à leur sujet lors d'une audience - et, partant, le contexte dans lequel les séquestres s'inscrivaient. La recourante savait, de surcroît, que ses avoirs étaient saisis au motif que le recourant en serait l'ayant droit économique, cette précision figurant dans la décision querellée.
Ces parties apparaissaient donc à même d'attaquer utilement l'ordonnance entreprise. La question n'a toutefois pas besoin d'être examinée plus avant, le grief devant être rejeté pour d'autres raisons.
En effet, le Ministère public a, dans ses observations, exposé les motifs qui l'ont amené à considérer que sa décision était justifiée. Les recourants ont, pour leur part, eu l'occasion, dans leurs déterminations subséquentes, de se prononcer exhaustivement à cet égard. Par ailleurs, le recourant a eu accès au dossier actualisé avant de rédiger sa réplique. La Chambre de céans disposant d'un plein pouvoir d'examen (art. 393 al. 2 CPP), il apparaîtrait contraire à l'économie de procédure et au principe de célérité de renvoyer la cause au Procureur afin qu'il rende une ordonnance motivée - d'une teneur similaire à ses observations -, décision qui ne manquerait pas d'être à nouveau frappée de recours, pour les mêmes griefs que ceux présentement soulevés.
Du reste, le renvoi de la cause au Ministère public constituerait une vaine formalité, au vu des considérations qui suivent.
4.
Le recourant conteste le bien-fondé du séquestre de la relation bancaire n° 1_.
4.1.
Il nie l'existence d'une infraction, subsidiairement toute implication dans la commission de celle-ci.
4.1.1.
Conformément à l'art. 197 al. 1 let. b CPP, les mesures de contrainte - au nombre desquelles figure le séquestre - doivent répondre à l'existence de soupçons suffisants laissant présumer une infraction.
L'art. 158 CP (gestion déloyale) punit le gérant d'affaires qui, en agissant avec ou sans mandat, viole les devoirs auxquels il est tenu et, ce faisant, porte atteinte aux intérêts pécuniaires qu'il est chargé de protéger (arrêt du Tribunal fédéral
6B_514/2009
du 29 septembre 2009 consid. 5.1). L'auteur encourt une peine plus élevée s'il a agi dans un dessein d'enrichissement illégitime, pour autrui ou pour lui-même (al. 1 ch. 3).
Le trust est un rapport juridique dans lequel le constituant (
settlor
) confie des biens patrimoniaux à un
trustee
, afin que ce dernier les gère dans l'intérêt d'un ou de plusieurs bénéficiaires, selon les termes de l'acte de trust (ATF
143 II 350
consid. 3.1 et 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
6B_1051/2018
du 19 décembre 2018 consid. 1.2.2).
Celui qui gère l'affaire d'autrui sans mandat est tenu de le faire conformément aux intérêts et intentions présumables du maître (art. 419 CO).
4.1.2.
En matière de séquestre pénal, l'autorité statue sous l'angle de la vraisemblance, examinant des prétentions encore incertaines. Il s'agit, en effet, d'une mesure provisoire. L'autorité doit pouvoir statuer rapidement (cf. art. 263 al. 2 CPP), ce qui exclut qu'elle résolve des questions juridiques complexes ou qu'elle attende d'être renseignée de manière exacte et complète sur les faits avant d'agir (ATF
141 IV 360
consid. 3.2; arrêt du Tribunal fédéral
1B_59/2019
précité).
Au début de l'enquête, un soupçon crédible ou un début de preuve de l'existence de l'infraction reprochée suffit à ordonner le séquestre, ce qui laisse une grande place à l'appréciation du juge. On exige toutefois que ce soupçon se renforce au cours de l'instruction pour justifier le maintien de la mesure (A. KUHN/Y. JEANNERET (éds),
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse
, Bâle 2011, n. 17, 22 et 25
ad
art. 263).
4.1.3.
En l'espèce, le recourant conteste que la cession de 50% des actions de Q_ SA à I_ SA puisse être constitutive, notamment, de gestion déloyale.
Dite cession est intervenue à une époque (le 3 avril 2018) où M_ LTD - soit pour elle L_ SA, soit pour cette société ses administrateurs (inscrits au RC ou de fait; art. 29 CP) - n'était vraisemblablement plus le
trustee
de O_ (cf.
ACPR/501/2019
), V_ LTD lui ayant succédé à fin mars 2018. Il convient donc de déterminer si un gérant d'affaire (
a priori
sans mandat) avisé aurait également procédé à cette cession, le cas échéant aux mêmes conditions - étant relevé que l'art. 419 CO (art. 117 al. 2 et al. 3 let. c LDIP) paraît applicable, en l'absence d'élection d'un autre droit alléguée/rendue vraisemblable par les parties en lien avec une gestion sans mandat -.
Or, tel n'apparaît,
prima facie
, pas être le cas, l'acte incriminé semblant privilégier les intérêts de I_ SA au détriment du trust.
En effet, la cession revient à conférer à la société, en l'état des données figurant au dossier, un actif de l'ordre de GBP 11.25 millions (portfolio immobilier de GBP 60 millions au début 2018 - GBP 25 millions de dette à rembourser à T_ LTD - GBP 12.5 millions empruntés auprès de S_ PLC = GBP 22.5 millions/2, I_ SA étant titulaire de la moitié des actions) en contrepartie des GBP 8 ou 8,9 millions initialement investis, largesse qui ne concorde guère avec une gestion diligente du patrimoine de O_.
Elle revient, surtout, à conférer à I_ SA un statut dont cette société n'a jamais disposé jusqu'alors au sein de Q_ SA, soit celui d'actionnaire, respectivement les prérogatives y relatives (droits de vote/aux dividendes/d'emption, etc.). La cession paraît donc excéder sensiblement son but allégué, à savoir la formalisation d'une situation préexistante.
Enfin, les intentions et/ou instructions résultant des courriels de P_ - citées, pour certaines, par J_ en vue de justifier l'émission litigieuse des titres - sont sans pertinence pour l'issue du litige, la gestion (avec ou sans mandat) d'un trust n'étant nullement du ressort d'un bénéficiaire. En effet, ce dernier ne dispose, généralement, ni de la possession ni de la jouissance du capital du trust, mais tout au plus d'une expectative à en obtenir la distribution par le
legal owner
(B. VISCHER/J. WYNNE,
La notion de trust en droit suisse
, Fiche juridique suisse n° 20, juin 2013, § 3.3, en particulier ndb n° 59
in fine
).
Il existe donc, à ce stade, des soupçons suffisants d'une infraction contre le patrimoine, singulièrement d'une transgression d'un devoir de gestion (
a priori
sans mandat).
4.1.4.
Reste à déterminer si le recourant a été impliqué dans la commission de cette potentielle infraction.
Bien que les trois prévenus le contestent, leurs dénégations n'emportent, à ce stade, pas conviction.
En effet, le recourant semble avoir joué un rôle d'une certaine importance dans L_ SA, dès lors qu'il s'est lui-même qualifié d'administrateur de cette entité (jusqu'à fin 2017) - de fait, puisqu'il n'a jamais été inscrit en cette qualité au RC - et que P_ l'a perçu comme étant le "
patron
" des autres mis en cause. Son influence semble avoir perduré en 2018, l'intéressé ayant notamment participé à une séance qui réunissait, en janvier de cette même année, le prénommé et U_.
De surcroît, ses allégués selon lesquels il n'aurait été impliqué dans la gestion ni de O_ ni de I_ SA contrastent sensiblement avec sa parfaite connaissance, tant des investissements/prêt consentis par la seconde aux sociétés détenues par le trust qu'aux principe et degré d'implication de F_ dans l'octroi ceux-ci. En outre, le recourant était incontestablement au fait de l'existence de démarches pour tenter de formaliser le "
partnership
" entre Q_ SA et I_ SA, puisqu'il a étudié des projets de modification de l'acte constitutif de cette dernière société (en 2013 et 2014), respectivement qu'il a assisté à une séance au cours de laquelle il avait "
été question de deux actionnaires qui détenaient chacun 50%
" de Q_ SA (en 2018).
S'ajoute à ces éléments le fait que le recourant et K_ ont tous deux déclaré que I_ SA aurait pu "
s'en pren
[dre]
à L_ SA
" si les actions litigieuses n'avaient pas été émises, ce qui permet d'inférer qu'ils ont évoqué ensemble cette situation.
Enfin et surtout, l'opération litigieuse aurait profité, si l'on en croit le recourant, non à F_ mais à I_ SA, société dont il est l'ultime détenteur.
Dans ces circonstances, il appert, en l'état, vraisemblable que le recourant a pu être impliqué - à un degré ou à un autre (co-auteur/participant) - dans la commission d'une infraction de gestion déloyale.
4.2.
Le recourant conteste, ensuite, le caractère proportionné de la mesure.
4.2.1.
Un séquestre est proportionné (art. 197 al. 1 let. d CPP) lorsqu'il porte sur des avoirs dont on peut admettre qu'ils pourront être vraisemblablement confisqués en application du droit pénal. Il ne peut être levé que s'il est d'emblée manifeste et indubitable que les conditions matérielles d'une confiscation/d'une créance compensatrice ne sont pas réalisées et ne pourront l'être (ATF
140 IV 133
consid. 4.2.1; arrêt du Tribunal fédéral
1B_92/2018
du 5 juillet 2018 consid. 2.2).
4.2.2.
La finalité des art. 70 (confiscation) et 71 (créance compensatrice) CP est d'ôter à l'auteur (ou à un tiers bénéficiaire) toute rentabilité à l'infraction commise. C'est donc la suppression de l'avantage financier résultant de l'activité illicite qui est visée, que l'auteur/le tiers dispose toujours de cet avantage - auquel cas une confiscation est envisageable - ou que l'intéressé n'en dispose plus (parce qu'il l'a aliéné, etc.) - hypothèse qui justifie alors le prononcé d'une mesure de substitution à la confiscation,
i.e
. la créance compensatrice - (L. MOREILLON/Y. NICOLET,
La créance compensatrice
,
in
RPS 135 (2017), p. 417 et p. 419). En raison de son caractère subsidiaire, la créance compensatrice ne peut donc être ordonnée que si, dans l'hypothèse où les valeurs patrimoniales provenant de l'infraction auraient été disponibles, la confiscation eût été prononcée (arrêt du Tribunal fédéral
1B_307/2017
du 16 octobre 2017 consid. 5.2).
L'avantage illicite - obtenu directement ou indirectement au moyen de l'infraction - doit, pour être saisissable, avoir une valeur économique; il peut revêtir la forme d'une augmentation de l'actif, d'une diminution du passif, d'une non-diminution de l'actif ou d'une non-augmentation du passif (ATF
144 IV 1
consid. 4.2.2; arrêt du Tribunal fédéral
6B_122/2017
du 8 janvier 2019 consid. 18.3; L. MOREILLON/ Y. NICOLET,
op. cit.
, p. 419 et p. 427).
4.2.3.
En l'espèce, statuer sur le caractère proportionné du séquestre implique de déterminer si le recourant a personnellement retiré un avantage économique de l'émission des actions litigieuses, le cas échéant dans quelle mesure.
À en croire cette partie, ladite émission aurait profité à I_ SA, F_ n'ayant aucun lien financier avec la société. Dans ces circonstances, le prévenu pourrait avoir été enrichi, à tout le moins indirectement. En effet, les actifs et prérogatives de I_ SA ayant augmenté, il en est très vraisemblablement allé de même de la valeur de ses actions et, partant, de la fortune des personnes qui la détiennent, à savoir ultimement le recourant. La rémunération de ce dernier en qualité de
trustee
de la H_ FOUNDATION pourrait également être plus élevée, l'intéressé ayant
in fine
davantage de biens à gérer.
Le prononcé d'une éventuelle future mesure (art. 70/71 CP) ne peut donc être exclu, à ce stade. Aussi, le Ministère public investiguera-t-il le principe et la quotité d'un éventuel enrichissement du prévenu. Dans l'intervalle, l'intégralité des fonds doit demeurer à disposition de la justice.
Le séquestre attaqué est donc, en l'état, proportionné, étant relevé que l'affirmation du recourant selon laquelle il n'entend pas soustraire ses avoirs à la procédure est impropre à garantir les éventuelles futures prétentions de l'État.
Infondé, le recours de A_ doit être rejeté.
5.
La recourante conteste le séquestre frappant la relation bancaire n° 2_.
5.1.
En application des principes exposés au considérant
4.2.2.
ci-dessus, l'on ne saurait retenir à ce stade - et cela n'est pas allégué - que la recourante aurait été enrichie du chef de l'émission litigieuse des actions en faveur de I_ SA. Le séquestre entrepris ne peut donc se justifier sous cet angle.
5.2.
Reste à déterminer s'il pourrait l'être au regard du principe de la transparence (
Durchgriff
).
5.2.1.
Selon ce principe, l'on ne peut s'en tenir sans réserve à l'existence formelle de deux personnes juridiquement distinctes lorsque tout l'actif ou la quasi-totalité de l'actif d'une personne morale appartient, soit directement, soit par personnes interposées, à une même personne (physique ou morale); malgré la dualité de personnes à la forme, il n'existe pas deux entités indépendantes, la personne morale étant un simple instrument dans la main de son détenteur, qui, économiquement, ne fait qu'un avec elle (ATF
144 III 541
consid. 8.3.1).
5.2.2.
La question du
Durchgriff
s'examine à l'aune du droit applicable à la société (art. 154 LDIP) ou au trust (art. 149c LDIP) concerné (ATF
128 III 346
consid. 3.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_436/2011
du 12 avril 2012 consid. 9.3.1 et 9.3.2).
Il y a
sham trust
-
i.e.
un trust simulé et, partant, nul (B. VISCHER/J. WYNNE,
op. cit.
, § 2.6) - lorsque le
settlor
utilise cette institution de manière artificielle; tel est le cas s'il conserve, de fait, les pouvoirs sur les biens en trust (arrêt du Tribunal fédéral
5A_436/2011
précité, consid. 9.3.1).
5.2.3.
Dans les causes régies par la procédure sommaire, il est admis que le juge puisse appliquer le droit suisse en lieu et place du droit étranger qui serait topique au fond (en matière de séquestre LP : arrêt du Tribunal fédéral
5A_60/2013
du 27 mai 2013 consid. 3.2.1.2; en matière de mesures provisoires rendues dans une procédure de divorce : arrêt du Tribunal fédéral
2A_259/2010
du 26 avril 2012 consid. 7.3.2.2
in medio
[affaire où il était question d'une possible application du
Durchgriff
à un trust grec]).
5.2.4.
En l'espèce, A_ a fondé, successivement, B_ LTD, puis le trust détenteur des actions de cette société. Il exerce, actuellement, au sein de la recourante, une fonction dirigeante (administrateur).
L'on ignore, pour le surplus, qui est le
legal owner
de B_ LTD, si d'autres personnes y officient en qualité de directeur/administrateur et quels sont les liens que A_ entretient avec ce(s) protagoniste(s).
Dans ces circonstances, l'on ne saurait exclure que le recourant conserve le pouvoir d'influencer de manière déterminante, tant les décisions que la gestion des biens de la recourante, que ce soit en application du droit suisse (
Durchgriff
) ou du droit étranger régissant G_ TRUST (éventuel
sham trust
), respectivement B_ LTD.
Or, en cas d'identité économique entre les recourants, une éventuelle future créance compensatrice pourrait être ordonnée sur la relation n° 2_. En effet, il a été jugé
supra
qu'il existait une prévention suffisante d'infraction contre A_ et que ce dernier avait possiblement bénéficié d'avantages illicites résultant de celle-ci, avantages qui pourraient ne pas être entièrement couverts par les valeurs déposées sur le compte n° 1_.
L'instruction devra donc porter - en sus des aspects évoqués au consid.
4.2.3.
- sur les points de fait et de droit pertinents pour juger de l'existence d'une dualité juridique entre les recourants, respectivement de la possibilité d'en faire abstraction.
Dans l'intervalle, le maintien de la mesure attaquée se justifie.
Infondé, le recours de B_ LTD doit aussi être rejeté.
6.
Les recourants succombent intégralement. Ils seront donc déboutés de leurs conclusions tendant au versement d'une indemnité au sens de l'art. 436 CPP.
Ils supporteront les frais de la procédure de recours (art. 428 al. 1 CPP) à raison de la moitié chacun (art. 418 al. 1 CPP), frais qui seront fixés à CHF 4'000.- en totalité - soit CHF 2'000.- par recours -, émolument de décision inclus (art. 3
cum
13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP;
E 4 10.03
).
* * * * *