# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8cf47c24-d298-4d95-8e96-6db1878cb926
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

La Cour, vu:
- la procédure pénale pour dénonciation calomnieuse (art. 303 CP) et
séquestration (art. 183 CP) contre A. et C. ainsi que pour les mêmes
infractions et faux témoignage (art. 307 CP) contre B. pendante auprès de
la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-après: Cour des
affaires pénales),
- l'ordonnance de disjonction rendue par la Cour des affaires pénales le 19 mai
2015 (BB.2015.56/59, act. 1.1), par laquelle elle scinde la procédure entre
celle menée contre A. et B. d'une part, C. d'autre part,
- les recours formés contre ladite décision par A. le 27 mai 2015 (BB.2015.56,
act. 1) et B. le 1er juin 2015 (BB.2015.59, act. 1), qui concluent en substance
à l'annulation de l'ordonnance querellée et au report des débats prévus dès
le 15 juin 2015,
et considérant
- que les recours ayant été formés dans la même procédure, contre la même
décision et, tant dans leurs conclusions que leurs allégués, étant largement
semblables, l'économie de procédure justifie de les lier et les traiter dans une
seule et même décision (art. 30 CPP);
- qu'au sens de l'art. 390 al. 2 CPP a contrario, la Cour de céans procède sans
échange d'écritures si les recours sont manifestement irrecevables;
- que la Cour de céans examine les recours en libre cognition, n'étant liée ni
par les motifs ni par les conclusions des parties (CALAME, Commentaire
romand CPP, Bâle 2011, n° 1 ad art. 382; ZIEGLER, Commentaire bâlois,
Schweizerische Strafprozessordnung, 2e éd., Bâle 2014, n° 1 ad art. 391
CPP);
- qu' aux termes des art. 393 al. 1 let. b CPP ainsi que 37 al. 1 de la loi fédérale
du 19 mars 2010 sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération
[LOAP; RS 173.71] en lien avec l’art. 19 al. 1 du règlement du 31 août 2010
sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral (ROTPF; RS 173.713.161), la
voie du recours est ouverte contre les «[...] décisions des tribunaux de
première instance, sauf contre celles de la direction de la procédure».
- 3 -
- que le recours est recevable à la condition que le recourant dispose d’un
intérêt juridiquement protégé et actuel à l’annulation ou à la modification de
la décision entreprise (CALAME, op.cit., n° 1 ad art. 382; LIEBER, Kommentar
zur Schweizerischen Strafprozessordnung, Donatsch/Hansjakob/Lieber,
[édit.], Zurich/Bâle/Genève 2014, 2e éd., n° 7 ad art. 382; SCHMID, Handbuch
des schweizerischen Strafprozessrechts, 2e éd., Zurich 2013, n° 2 ad
art. 382; GUIDON, Die Beschwerde gemäss Schweizerischer
Strafprozessordnung, thèse Zurich/Saint-Gall 2011, n° 232 ss et n° 244).
- que le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement doit par
ailleurs être motivé et adressé par écrit, dans un délai de dix jours, à l’autorité
de céans (art. 396 al. 1 CPP);
- que le recours selon les art. 393 ss CPP est recevable contre les
ordonnances, les décisions et les actes de procédure de la Cour des affaires
pénales statuant en tant que tribunal de première instance (art. 393 al. 1
let. b CPP en rapport avec les art. 35 al. 1 et 37 al. 1 LOAP);
- que les décisions qui concernent la conduite de la procédure sont exclues
de tout recours, sauf si elles exposent les recourants à un préjudice immédiat
et irréparable (arrêt du Tribunal fédéral 1B_199/2013 du 12 novembre 2013,
consid. 2 et 1B_569/2011 du 23 décembre 2011, consid. 2);
- qu' en l'occurrence, l'ordonnance querellée relève de la conduite de la
procédure;
- que la recevabilité des recours dépend donc du caractère immédiat et
irréparable du préjudice que l'ordonnance querellée ferait subir aux
recourants;
- qu' une ordonnance de disjonction de cause n'est, de prime abord, pas
manifestement susceptible de causer un préjudice de cette nature (arrêt du
Tribunal fédéral 1B/356_2012 du 22 juin 2012, consid. 2);
- qu' en outre, la critique par les recourants du principe de célérité considéré
par la Cour des affaires pénales (BB.2015.56, act. 1, p. 2; BB.2015.59, act. 1,
p. 4) et ainsi que l'invocation de la maxime d'unité de procédure
(BB.2015.59, p. 6) ne porte pas, car leur conséquence – «le risque de
jugements contradictoires» (BB.2015.59, p. 6) devrait, si elle intervenait, être
soulevée dans les recours contre lesdits jugements;
- qu' il en va de même de la violation du droit au procès équitable alléguée par
A. (BB.2015.56, act. 1, p. 2), le recourant se contentant de l'invoquer en une
- 4 -
ligne sans expliquer en quoi la disjonction opérée par la Cour des affaires
pénales lui causerait à ce stade un préjudice immédiat et irréparable, alors
que cette hypothétique inéquité pourrait être soulevée dans le recours contre
le prononcé final (cf. ATF 116 Ia 305 consid. 4b);
- que les griefs des recourants relatifs à l'exploitabilité des déclarations de C.
devant la Cour appelée à juger A. et B. (BB.2015.56, p. 2; BB.2015.59, p. 7)
ne sont pas plus efficaces à ce stade de la procédure, dans la mesure où
l'appréciation des preuves appartient au juge du fond et que sa critique peut
être formulée dans le recours contre le prononcé final;
- que le grief de B. fondé sur la nécessité que C. soit présent lors de l'audition
de témoins (BB.2015.59, p. 8) relève également de l'appréciation des
preuves et tombe donc à faux pour le même motif;
- que par conséquent, les recours sont irrecevables;
- que par ailleurs, les conclusions tendant au report des débats sont sans
objet, puisque la Cour des affaires pénales les a déplacés par ordonnance
du 2 juin 2015 (BB.2015.56, act. 2; BB.2015.59, act. 4);
- qu' au surplus, elles eussent été irrecevables à double titre: premièrement
faute d'objet attaqué, le report des débats ne faisant pas l'objet de
l'ordonnance querellée, et secondement car la Cour de céans n'a pas la
compétence de donner des instructions à la Cour des affaires pénales
hormis le cas prévu à l'art. 397 al. 4 CPP (décision du Tribunal pénal fédéral
BB.2014.42/43/44/45 du 27 mai 2014, consid. 1.5);
- que les frais de la procédure de recours sont mis à la charge des parties
dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé (art. 428
al. 1 CPP);
- qu' ainsi, en application des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal pénal
fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure
pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162), ils sont fixés à CHF 2'000.-- et
mis par moitié à la charge de chaque recourant.
- 5 -

## Considerations