# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 12b67429-75a4-5865-a63c-5012fa462317
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, le procès-verbal de conciliation conclu par les parties le 22 décembre 2015, à teneur duquel le congé notifié par B_ pour l'appartement de trois pièces au 5
ème
étage de l'immeuble sis n
o
xx, route C_, pour le 31 décembre 2015, était accepté par A_, une unique prolongation du bail au 31 janvier 2017 étant accordée à cette dernière, le procès-verbal valant pour le surplus jugement d'évacuation dès le 1
er
février 2017;
Attendu que A_ n'a pas restitué l'appartement à l'issue de la prolongation de bail;
Que, par requête déposée le 3 février 2017 au Tribunal des baux et loyers, le bailleur a requis l'exécution du procès-verbal susmentionné et à ce qu'il soit ordonné à la force publique de procéder à l'expulsion de la locataire et de tout tiers de l'appartement en cause, ainsi que l'évacuation des meubles meublants, avec suite de frais et dépens;
Que la locataire a déposé des pièces au Tribunal;
Qu'à l'audience du 11 avril 2017 devant le Tribunal, le bailleur a persisté dans ses conclusions, soulignant que sa situation était urgente dès lors qu'il faisait lui-même l'objet d'une procédure d'évacuation et devait libérer l'appartement qu'il occupait avec ses enfants pour le 15 février 2017, ces derniers étant pour le surplus scolarisés à proximité du logement en cause; qu'il a déposé une citation à comparaître à une audience de débats le 25 avril 2017 devant le Tribunal dans une procédure l'opposant à D_ SA (cause C/3247/2017);
Que, pour sa part, la locataire a produit des recherches de solution de relogement et sollicité un sursis à l'exécution de l'évacuation de cinq mois;
Que la cause a été gardée à juger par le Tribunal à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/370/2017
rendu le 11 avril 2017, expédié pour notification aux parties le 13 avril suivant, le Tribunal a autorisé le bailleur à faire exécuter par la force publique le procès-verbal de conciliation du 22 décembre 2015 dans la cause C/21415/2015 valant jugement d'évacuation dès le 1
er
février 2017 concernant l'appartement de trois pièces situé au 5
ème
étage de l'immeuble sis n
o
xx, route C_ à Carouge, dès le 30
ème
jour suivant l'entrée en force du jugement (ch. 1), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 3);
Vu le recours déposé au greffe de la Cour de justice le 27 avril 2017 par A_ contre ce jugement, sollicitant l'annulation du chiffre 1 de son dispositif;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'elle a conclu à ce que le bailleur soit autorisé à faire exécuter par la force publique le jugement
JTBL/370/2017
rendu le 11 avril 2017 (recte : le procès-verbal de conciliation du 22 décembre 2015) à compter du 1
er
octobre 2017;
Qu'invité à se déterminer, le bailleur a conclu, par écritures du 3 mai 2017, au rejet de l'effet suspensif, et, au fond, au déboutement de la locataire de toutes ses conclusions, avec suite de frais et dépens;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'en l'espèce, le recours est formé contre les mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 1 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts de la recourante;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 339 al. 2 CPC);
Que, de plus, le bailleur a d'ores et déjà déposé sa réponse au fond;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera admise.
* * * * *