# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e0ffcb47-8d57-5a2e-ad3f-52bb4e2606c3
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 3 janvier 2022, A_ recourt
contre l'ordonnance du 17 décembre 2021, notifiée le 21 suivant, aux termes de laquelle le Ministère public a classé la procédure dirigée contre elle, laissé les frais de la procédure à la charge de l'Etat et lui a alloué une indemnité de CHF 6'171.20 pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure.
La recourante s'oppose au classement et sollicite son acquittement par un jugement.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Il était reproché à A_ d'avoir, à Genève, le 29 août 2018, vers 07h00, alors que C_, D_ et E_, respectivement _ [fonction], et inspectrices auprès de la Brigade des mineurs, étaient entrés dans son domicile afin de procéder à la perquisition de la chambre de son frère, F_, laquelle avait été ordonnée par le Juge des mineurs, d'avoir filmé l'intervention des policiers et refusé de leur remettre son téléphone portable, malgré leurs injonctions, avant de tenter de s'interposer alors que C_ voulait procéder au menottage de son autre frère, G_, et de se débattre alors que E_ tentait de la maintenir, contraignant celle-ci à effectuer une clé de bras pour la maîtriser.
b.
Le Procureur a entendu la prévenue, qui a contesté les faits reprochés, et tenu plusieurs audiences de confrontation et d'instruction.
c.
Par avis de prochaine clôture, le Ministère public a annoncé à A_ qu'il considérait l'instruction comme achevée et qu'une ordonnance de classement serait prochainement rendue à son encontre, lui impartissant un délai pour présenter d'éventuelles réquisitions de preuves et/ou solliciter une indemnisation.
Le conseil de la prévenue a sollicité une indemnité au sens de l'art. 429 al. 2 CPP pour couvrir les frais générés par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure.
C.
Dans sa décision querellée, le Ministère public a classé la procédure, en application de l'art. 319 al. 1 let. b CPP. Il ressortait de l'instruction que A_ n'avait pas commis d'infraction pénale,les faits reprochés ayant en réalité été commis par H_.
D.
a.
Dans son recours, A_ considère avoir fait l'objet d'une procédure pénale fondée sur une calomnie orchestrée par des policiers.
Elle estime que son acquittement devait être prononcé par un jugement lavant son honneur. Les personnes responsables de la procédure devaient être pénalement reconnues coupables, en ce qu'elles avaient induit la justice en erreur, l'avaient diffamée et avaient rédigé un faux rapport; en outre, son téléphone portable, après avoir été saisi par la police, avait fait l'objet de plusieurs intrusions illicites; les vidéos du jour des événements avaient été détruites par la Direction de la procédure à la suite de l'intervention illégale d'un plaignant. Elle précise que sa plainte était instruite séparément par le Ministère public.
b.
À réception, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni débats.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 al. 2 et 5 a contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
2.
2.1.
Le recours a été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerne une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émane de la prévenue, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP).
2.2.
Reste à examiner si un intérêt juridiquement protégé peut être reconnu à la recourante (art. 382 al. 1 CPP).
2.3.
Pour se voir reconnaître la qualité pour agir, une partie à la procédure doit avoir un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
L'intérêt doit être juridique, direct, actuel et pratique, le but étant de permettre aux tribunaux de ne trancher que des questions concrètes et de ne pas prendre des décisions uniquement théoriques (ATF
137 I 296
consid. 4.2 p. 299). L'intérêt juridiquement protégé se distingue de l'intérêt digne de protection qui n'est pas, lui, nécessairement juridique mais peut aussi être un pur intérêt de fait. Ce dernier, de même que la perspective d'un intérêt juridique futur, ne suffisent pas à conférer la qualité pour recourir. Le recourant doit établir que la décision attaquée viole une règle de droit qui a pour but de protéger ses intérêts et qu'il peut par conséquent en déduire un droit subjectif (ATF
145 IV 161
consid. 3.1;
144 IV 81
consid. 2.3.1).
L'intérêt du recourant se détermine en fonction du dispositif de l'acte juridictionnel exclusivement. Cet intérêt provient en effet de la partie de l'acte qui énonce la conséquence juridique et qui est seule susceptible d'atteindre le recourant dans ses droits. La motivation d'une décision n'est, pour elle-même, pas susceptible d'être entreprise par un recours, car elle ne contient pas l'élément matériel caractéristique qu'est la conséquence juridique, sous réserve d'une violation de la présomption d'innocence (ATF
133 IV 121
consid. 1.2; arrêts du Tribunal fédéral
6B_1496/2020
du 16 décembre 2021 consid. 3.2;
6B_155/2014
du 21 juillet 2014 consid.1;
1B_3/2011
du 20 avril 2011 consid. 2ss; Y. JEANNERET / A. KUHN / C. PERRIER DEPEURSINGE (éds),
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse
, 2ème éd., Bâle 2019, n. 4 ad art. 382).
Un prévenu n'est donc, en principe, pas légitimé à recourir contre une ordonnance de classement rendue en sa faveur, dont les effets équivalent à un acquittement (cf. art. 320 al. 4 CPP), dans le but d'obtenir une motivation juridique différente (cf. arrêts du Tribunal fédéral
6B_155/2014
consid. 1.1 et
1B_3/2011
du 20 avril 2011 consid. 2.4).
Le recours d'une partie qui n'est pas concrètement lésée par la décision est irrecevable (arrêt du Tribunal fédéral
1B_669/2012
du 12 mars 2013 consid. 2.3.1).
2.4.
Il résulte de ce qui précède que la recourante, qui a vu son innocence reconnue par l'ordonnance de classement, laquelle équivaut à un acquittement, n'a pas d'intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la décision.
Le recours est irrecevable.
3.
La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixés en totalité à CHF 500.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP;
E 4 10.03
).
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