# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b7e9c53d-e9c6-5ef4-b01e-2872887bf756
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. A._, née en 1993, et B._, né en 1993, sont les parents non mariés de C._, née en 2013.
Par décision de la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine du 17 février 2014, l’autorité parentale conjointe sur C._ a été attribuée à ses parents.
Les parents vivant séparés depuis le début de l’année 2017, la garde de C._ a été exercée par la mère avec un droit de visite du père. Convoqués par la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine en séance du 4 juin 2018, A._ et B._ se sont engagés à mieux communiquer entre eux s’agissant de l’organisation du droit de visite du père et à éviter d’impliquer leurs nouveaux partenaires respectifs.
A._ ayant déménagé à Bulle en mars 2018 et les parents ayant toujours des difficultés quant à l’exercice du droit de visite, ces derniers ont été entendus à plusieurs reprises, séparément et/ou ensemble (5 juillet 2018, 27 septembre 2018 et 22 novembre 2018), par la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après : la Justice de paix).
Par décision de mesures provisionnelles, le Juge paix de l’arrondissement de la Gruyère ( : le Juge de paix) a maintenu le droit aux relations personnelles de B._ sur sa fille pour le week-end du vendredi 30 novembre 2018 au dimanche 2 décembre 2018, avec passation de l’enfant à titre exceptionnel dans les locaux de la Justice de paix.
Par décision du 29 novembre 2018, la Justice de paix a instauré une curatelle de surveillance des relations personnelles en faveur de l’enfant C._, avec pour mission au curateur de soutenir A._ et B._ dans la mise en place d’un programme consensuel de prise en charge de l’enfant (a) et de soutenir A._ et B._ dans la recherche d’une solution pour la remise de l’enfant dans les meilleures conditions possibles (b).
Avant la rencontre avec les parents prévue le 18 février 2019, la curatrice a organisé les droits de visite des week-ends jusqu’au 22 février 2019, prévoyant que la passation se ferait les vendredis et dimanches soirs à la gare de Bulle. Consécutivement à la rencontre du 18 février 2019, la curatrice a établi, en accord avec les parents, le planning des droits de visite pour l’année 2019, en instaurant un roulement des week-ends et la passation toujours à la gare de Bulle.
A la suite d’un compte-rendu de la curatrice, la Justice de paix a, par décision du 21 mars 2019, instauré une curatelle éducative en faveur de l’enfant C._, en sus de la curatelle de surveillance des relations personnelles, avec pour mission au curateur d’assister A._ et B._ de ses conseils et de son appui dans les soins et l’éducation de l’enfant, afin notamment de la préserver du conflit parental et de lui assurer sécurité et bien-être (a) et de veiller à la mise en place des suivis médicaux ou thérapeutiques (notamment logopédie, psychomotricité) nécessaires au bon développement de l’enfant (b). Elle a également ordonné une action éducative en milieu ouvert au profit de l’enfant C._ ainsi que de ses parents, dont le contenu et les modalités d’application sont à déterminer par la curatrice.
B. Alerté par un courriel de la curatrice du 29 juillet 2019 à la suite d’événements survenus le 24 juillet 2019 au domicile de la mère de A._, qui assumait la garde de C._, ainsi que par le rapport de gendarmerie du 28 juillet 2019, le Juge de paix a, après avoir entendu D._, mère de A._, le 9 août 2019, rendu une décision de mesures
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superprovisionnelles aux termes de laquelle A._ a été privée du droit de déterminer le lieu de résidence de sa fille C._ et de la garde de fait de cette dernière, jusqu’à nouvelle décision (I), l’enfant C._ a été confiée à son père, B._, jusqu’à nouvelle décision (II) et le droit aux relations personnelles entre A._ et sa fille C._ a été limité à des entretiens téléphoniques, entre 18h00 et 18h30, un jour sur deux, dès le dimanche 11 août 2019, le père étant prié de se tenir à disposition auprès de sa fille ces moments-là (III).
Par acte du 14 août 2019, A._ a demandé la récusation du Juge de paix, qui s’y est opposé. Par décision du 27 août 2019, la Justice de paix a déclaré irrecevable la demande de récusation.
Par courrier du 27 août 2019, A._ a déposé une détermination en vue de l’audience du 28 août 2019.
Le 28 août 2019, E._, compagnon de A._, B._, A._ ainsi que la curatrice de l’enfant C._ ont comparu devant la Justice de paix. E._ et A._ ont contesté le déroulement des événements du 24 juillet 2019 ayant conduit à la décision de mesures superprovisionnelles du 9 août 2019. La curatrice a précisé que la situation était inquiétante et qu’il fallait trouver une solution pour permettre à C._ d’avoir un cadre stable. Elle a également souligné qu’elle se demandait si le retour de C._ chez sa maman était une bonne chose, tout en relevant que l’enfant avait une chambre dans l’appartement du papa ainsi que tout le nécessaire.
C. Par décision de mesures provisionnelles du 28 août 2019, la Justice de paix a arrêté que A._ demeure privée du droit de déterminer le lieu de résidence de sa fille, C._, et de la garde de fait de cette dernière, jusqu’à nouvelle décision (I), que l’enfant C._ demeure confiée à son père, B._, jusqu’à nouvelle décision (II), que le droit aux relations personnelles entre A._ et sa fille C._ est réservé, mission étant donnée à la curatrice de le favoriser, sous forme de visites les plus larges possibles au vu de la situation et de son évolution, et de tenir la Justice de paix informée du planning établi (III) et que B._ est sommé de collaborer afin de permettre la bonne exécution du droit aux relations personnelles de A._ et sa fille C._, selon ce qui aura été mis en place par la curatrice (IV).
D. Par mémoire du 19 septembre 2019, A._ a interjeté « appel » contre cette décision en concluant à ce que le droit de déterminer le lieu de résidence de sa fille lui soit restitué, que l’enfant lui soit confiée pour sa garde et son entretien et que le droit aux relations personnelles entre le père et l’enfant soit réservé et s’exerce d’entente entre les parties, à défaut un week-end sur deux, du vendredi à 18h00 au dimanche à 18h00. Elle a également requis d’être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire.
E. Invitée à se déterminer sur le recours, la Justice de paix a fait savoir que, s’agissant d’une appréciation arbitraire des faits, elle a fondé sa décision sur l’ensemble du dossier, relevant notamment que la valeur probante des déclarations et rapports d’une curatrice professionnelle assermentée ainsi que des rapports de police est supérieure aux déclarations des parents impliqués affectivement, et que, s’agissant de l’arbitraire en droit, elle a tenu compte des principes de proportionnalité et de subsidiarité en jugeant que le maintien du placement chez le père correspondait aux meilleurs intérêts provisoires de C._. Elle a précisé que, en ce qui concerne en particulier l’organisation des relations personnelles, elle l’a confiée, au stade des mesures provisoires, à la curatrice conformément à l’évolution de la pratique en la matière.
B._ n’a pas été invité à se déterminer.
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## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, ou de son président ou sa présidente, soit le/la Juge de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC], ci-après: la Cour).
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 ss CC.
1.3. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).