# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d088946e-fff7-5222-b1ea-db6205ca2aee
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A.a. Selon ce qui figure au casier judiciaire, A._ a déjà été condamné notamment pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et opposition aux actes de l’autorité (18 janvier 2011), lésions corporelles simples et agression (9 mars 2012), lésions corporelles simples, injure et menaces (24 juin 2015), et lésions corporelles simples et tentative de lésions corporelles graves (17 juillet 2019).
A.b. Le 20 juin 2020, un incendie s’est déclaré à B._ dans l’appartement de C._, alors que celui-ci était absent. Arrêté le 24 juin 2020, A._ a reconnu s’être introduit dans cet appartement la nuit en question afin d’y dérober quelques affaires pour nuire à C._. Il est en effet en conflit avec celui-ci depuis plusieurs mois principalement en raison du fait que C._ entretient une relation avec son ancienne amie D._. Selon ce que A._ a alors déclaré à la police, l’incendie, dont il avait reconnu dans un premier temps la responsabilité, a été allumé par son comparse E._ avant qu’ils ne quittent les lieux. Entendu à son tour, E._ a rejeté sur A._ la responsabilité de l’incendie. Ils ont tous deux été placés en détention provisoire par le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après: le Tmc). Ils ont été libérés le 31 juillet 2020.
A.c. Le 2 avril 2021, A._ a été à nouveau arrêté car, dans la nuit précédente, il avait adressé de nombreux messages écrits et vocaux à C._ contenant des menaces de mort. Le 2 décembre 2020, ce dernier avait déjà déposé plainte pénale après avoir retrouvé dans l’habitacle de son véhicule stationné près de son domicile un livre et une lettre de A._. Lors de son audition du 2 avril 2021, A._ a alors déclaré que C._ était la personne qu’il détestait le plus au monde et qu’il voulait le tuer, envie qui s’était accentuée depuis que D._, manipulée par C._, avait également déposé plainte pénale à son encontre. Entendu à nouveau le lendemain 3 avril 2021, il a relativisé ses précédents propos, niant toute intention meurtrière et mettant ses déclarations sur le compte de l’alcool et de la colère.
A.d. Le 5 avril 2021, le Tmc a ordonné la détention provisoire de A._ jusqu’au 1er juin 2021, retenant un risque de passage à l’acte. Cette détention a été prolongée jusqu’au 1er juillet 2021. Le 9 juin 2021, A._ a demandé sa mise en liberté moyennant le prononcé de mesures de substitution, requête rejetée par le Tmc le 18 juin 2021. Le 7 juillet 2021, le Tmc a prolongé la détention provisoire jusqu’au 1er septembre 2021, toujours en raison d’un risque de passage à l’acte envers C._.
A._ a présenté le 16 août 2021 au Ministère public une nouvelle demande de libération moyennant le prononcé de mesures de substitution. Le Ministère public s’y est opposé et le Tmc, après avoir entendu A._ le 27 août 2021, a rejeté la demande de libération par décision du même jour. Un recours contre cette décision a été rejeté par la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre pénale) contre cette décision le 20 septembre 2021 (502 2021 184).
Par la suite, la détention provisoire de A._ a été prolongée le 13 septembre 2021 jusqu’au 1er novembre 2021, puis le 2 novembre 2021 jusqu’au 1er février 2022.
A.e. Le 24 janvier 2022, invoquant un risque de passage à l’acte, le Ministère public a déposé auprès du Tmc une demande, pour une durée de trois mois, de prononcé de mesures de substitution (1. Interdiction est faite à A._ d'entrer en contact avec C._ et D._, que ce
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soit de visu, par téléphone, par les réseaux sociaux, par courrier ou par le biais de tiers / 2. Interdiction est faite à A._ de s'approcher des domiciles et des lieux de travail de C._ et de D._/ 3. A._ est astreint à se soumettre immédiatement à un suivi psychiatrique et psychothérapeutique auprès d'un médecin de son choix et de communiquer immédiatement au Ministère public les démarches entreprises en vue d'entamer ce traitement / 4. A._ est astreint à entreprendre les démarches nécessaires pour intégrer un foyer ouvert du type « F._ », afin de bénéficier d'un traitement tel que préconisé par les experts dans leur rapport du 29 décembre 2021. Il s'engage à communiquer immédiatement au Ministère public les démarches entreprises en vue d'entamer ce traitement / 5. Obligation est faite à A._ de demeurer totalement abstinent à l'alcool et à toutes substances psychoactives, abstinence qui sera surveillée par des contrôles inopinés / 6. A._ est soumis à un suivi par l'assistance de probation, visant avant tout à s'assurer du respect des conditions évoquées ci-dessus, avec obligation de se présenter aux rendez-vous qui lui seront fixées par le Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation (SESPP); tout manquement sera immédiatement annoncé au Ministère public). Il a relevé que: « Il est pris note de l'évolution favorable de A._ et de la prise amorcée de conscience qu’il a tant s'agissant de ses actes, que de ses difficultés psychiques. Toutefois, au vu des considérations des experts, il appert que la remise en liberté de A._ doit s’effectuer dans un cadre strict et sécurisant. Il est en outre primordial que celui-ci reste abstinent à l’alcool et de manière plus générale à toute substance psychoactive qui pourrait avoir un effet désinhibiteur sur son comportement. »)
Le Ministère public a requis subsidiairement une prolongation de la détention provisoire du prévenu, précisant: « En effet, bien que l'évolution de la situation semble favorable, des mesures de substitution moins contraignantes ne semblent pas aptes à pallier de manière suffisante le risque de récidive et de passage à l’acte. A l'appui de ces constatations, on relèvera notamment le fait que A._ a consommé [en prison] du produit de nettoyage fortement alcoolisé. C'est dire que le risque qu’il consomme à nouveau de l’alcool rapidement après sa sortie de prison est très important en l'absence de tout encadrement et suivi. »
Le 27 janvier 2022, A._ a indiqué accepter l’ensemble des mesures de substitution.
Le 28 janvier 2022, C._ s’est opposé à la libération de A._.
Le 31 janvier 2022, le Tmc a invité A._ et le Ministère public à se prononcer sur l’existence d’un éventuel risque de récidive, ce que celui-ci a fait le même jour et celui-là le lendemain.
B. Par décision du 1er février 2022, le Tmc a refusé de libérer A._ et a prolongé sa détention provisoire jusqu’au 1er avril 2022. En substance, après avoir écarté le grief de violation du droit d’être entendu soulevé par le recourant, le Tmc a considéré que le recourant, multirécidiviste, présente un risque très élevé de passage à l’acte (crime grave, homicide intentionnel redouté) de sorte qu’un pronostic très défavorable doit être émis. Il a relevé que le recourant avait commis par le passé des actes graves, violents et répétés, et que son comportement est inquiétant et imprévisible. Le Tmc a également retenu un risque de récidive moyen et élevé pour l’ensemble des infractions reprochées au recourant dans cette procédure.
Enfin, le Tmc a estimé prématurée une libération de A._; le recourant n’a pas réglé ses problèmes d’alcool, qui risquent de ressurgir à sa sortie de prison; des contrôles et des interdictions de contacts et de périmètre ne présentent qu’une efficacité relative; l’expert préconise une mesure de traitement institutionnelle au sens de l’art. 59 CP durant quelques mois, traitement que seul un tribunal peut ordonner; le Tmc a « pris acte que l'exécution anticipée de la mesure institutionnelle
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au sens de l'art. 59 CP, préconisée par l'expert, a été validée, tant par le prévenu dans sa détermination du 27 janvier 2022 que par le Ministère public dans sa requête du 24 janvier 2022. Le SESPP (Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation) sera saisi, comme objet de sa compétence, de l'organisation de l'exécution de la mesure. Lors de l'exécution anticipée de la mesure institutionnelle, le SESPP devra veiller à ce que le prévenu respecte les mesures d'éloignement et d'interdiction de contact, ainsi que le suivi psychiatrique et psychothérapeutique. »
Et le Tmc de conclure: « ... compte tenu de l'ensemble des circonstances concrètes du cas, des faits, très graves, reprochés (l'incendie intentionnel prévoit une peine privative de liberté d'un an au moins, art. 221 al. 1 CP), du concours d'infractions, des antécédents, de la peine à laquelle il s'expose en cas de condamnation, des mesures d'instruction en cours et à venir, notamment le début de l'exécution anticipée de mesure, la clôture de l'instruction, une prolongation de la détention provisoire du prévenu d'une durée de deux mois, faisant porter la détention provisoire à un peu plus d'une année, est proportionnée et adéquate, la requête du Ministère public étant ainsi partiellement admise. Les conclusions du prévenu sont rejetées dans le sens des considérants. »
C. A._ a recouru le 14 février 2022 contre la décision du 1er février 2022, concluant à son annulation, à sa libération immédiate et à l’instauration des mesures de substitution requises le 24 janvier 2022. A titre subsidiaire, il a requis le renvoi de la cause au Tmc pour nouvelle décision.
Le Ministère public a conclu au rejet du recours le 16 février 2022.
Le Tmc en a fait de même le 18 février 2022.
A._ a déposé une ultime détermination le 23 février 2022.

## Considerations

en droit
1.