# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3bc43f7b-83df-5d11-82cd-1d5ea9900a57
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 22 octobre 2018 au greffe du Tribunal d'application des peines et des mesures (ci-après, TAPEM), qui l'a transmis à la Chambre de céans, A_ recourt
contre le jugement, à lui notifié le 15 octobre 2018, par lequel la libération conditionnelle lui a été refusée.
Le recourant déclare s'opposer "
totalement au verdict prononcé
".
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_, né le _ 1989, est ressortissant gambien.
b.
Il a été condamné :
· à 3 jours de peine privative de liberté de substitution, par suite de l'exécution d'une peine d'amende CHF 300.- prononcée par ordonnance pénale du Ministère public, le 14 mai 2016, pour contravention contre la Loi fédérale sur les stupéfiants (ci-après, LStup) (exécution de peine requise le 14 mars 2018 par le Service des contraventions) ;![endif]>![if>
· à une peine privative de liberté de 6 mois (peine d'ensemble avec la révocation de la libération conditionnelle du 16 novembre 2016 du TAPEM de Genève), sous déduction d'un jour de détention avant jugement, prononcée par ordonnance du Ministère public, le 20 mars 2017, pour entrée illégale en Suisse ;![endif]>![if>
· à une peine privative de liberté de 3 mois, pour entrée illégale, prononcée par ordonnance pénale du Ministère public du canton du Haut-Valais, le 14 juin 2017 (l'exécution de cette peine a fait l'objet d'une délégation du canton du Valais du 18 avril 2018).![endif]>![if>
c.
Incarcéré le 16 avril 2018 à la prison B_, A_ y demeure encore à ce jour. Il a atteint les deux tiers des peines le 16 octobre 2018 et la fin de leur exécution est fixée au 17 janvier 2019.
d.
Selon l'extrait de son casier judiciaire, A_ a été condamné à cinq autres reprises entre mars 2013 et janvier 2016, comprenant trois délits et deux contraventions à la LStup, un empêchement d'accomplir un acte officiel, cinq séjours illégaux et deux entrées illégales.
e.
Il a bénéficié d'une libération conditionnelle, le 29 novembre 2016 (peine restante 4 mois et 11 jours), avec un délai d'épreuve d'un an, laquelle a été révoquée par l'ordonnance pénale du Ministère public le 20 mars 2017.
Après avoir été libéré conditionnellement, il a été condamné à deux reprises (par les peines qu'il purge actuellement) pour entrées illégales, les 20 mars et 14 juin 2017.
f.
Dans le formulaire qu'il a rempli en vue de l'examen de sa libération conditionnelle, A_ expose être célibataire mais avoir contracté un mariage traditionnel et être père d'un enfant âgé de 3 ans. Il précise que son épouse est enceinte de leur deuxième enfant. À sa sortie de prison, il allègue vouloir retourner en Italie, à C_, pays dont il dit être résident, pour y reprendre son travail de _. Il précise qu'il logera chez lui, étant relevé que l'adresse qu'il donne n'est pas lisible et omet le code postal.
g.
La direction de la prison de B_ a émis un préavis favorable, le 22 août 2018, le comportement de A_ en détention étant jugé correct. L'intéressé, qui ne travaillait pas, était inscrit sur la liste d'attente depuis le 23 avril 2018.
h.
Le 27 septembre 2018, le Service de l'application des peines et mesures (ci-après, SAPEM) a préavisé défavorablement la libération conditionnelle de A_, aux motifs qu'il avait déjà bénéficié de cette mesure, sans succès, et été condamné, par le passé, pour des faits similaires et à des intervalles rapprochés. De plus, il ne formulait aucun projet concret de réinsertion professionnelle.
i.
Par requête du 8 octobre 2018, le Ministère public conclut au refus de la libération conditionnelle de A_. Ses nombreux antécédents, sa situation personnelle précaire et l'échec de sa précédente libération conditionnelle entraînaient un risque de récidive concret, justifiant qu'il exécute l'entier de sa peine.
j.
D'après les renseignements fournis, le 28 septembre 2018, par l'Office cantonal de la population et des migrations, A_ fait l'objet d'une décision de non-entrée en matière. Son transfert en Italie doit avoir lieu avant le 15 mai 2019 et sera exécuté à sa sortie de prison.
k.
Lors de l'audience devant le TAPEM, A_ a expliqué qu'à sa sortie de prison, il retournerait en Italie, à C_, chez lui, où il vivait, depuis 2011, avec son frère et travaillait comme _ et comme _.
Il était le seul soutien financier de son épouse, enceinte, vivant en Gambie avec leur premier enfant.
Il disposait d'un passeport gambien et d'un permis de séjour italien qui lui permettait de résider en Italie, mais pas de sortir du pays. Après sa libération conditionnelle le 29 novembre 2016, il avait été renvoyé en Italie, mais, faute de travail saisonnier, il était revenu en Suisse où il avait trouvé un travail consistant à remplir, pour CHF 50.- par jour, des containers pour l'Afrique. Après sa condamnation à six mois de peine privative de liberté, il avait quitté de lui-même la Suisse, mais s'était fait attraper dans le train alors qu'il voulait se rendre en Allemagne. Il savait qu'il n'avait pas le droit de revenir en Suisse. Interrogé sur ses précédentes condamnations, il a expliqué avoir changé et être devenu une meilleure personne. Sa dernière condamnation n'était d'ailleurs pas liée aux stupéfiants. Il était devenu un homme responsable, avec une femme et des enfants. Il avait compris la leçon et ne ferait plus une telle erreur après avoir passé six mois en prison. Il a demandé qu'une chance lui soit donnée.
C.
Dans l'ordonnance querellée, le TAPEM a retenu un pronostic fort défavorable, au vu des huit antécédents, commis entre 2013 et 2017, qui n'avaient pas dissuadé A_ de récidiver malgré l'exécution de peines privatives de liberté ferme, ainsi que de l'échec de sa précédente libération conditionnelle, chance dont il n'avait visiblement pas su tirer profit.
Sa situation personnelle demeurait inchangée et on ne percevait aucun effort de sa part pour modifier la situation. Le projet de retourner chez lui, en Italie, était certes compatible avec sa situation administrative, mais n'était nullement étayé. A_ était déjà, par le passé, retourné en Italie après l'exécution de peines en Suisse et n'avait toutefois pas hésité à revenir, commettant de la sorte de nouvelles infractions et faisant preuve soit d'une totale absence de prise de conscience de l'illégalité de ses comportements, soit d'une détermination à faire primer son propre intérêt privé au détriment de la loi en vigueur. Le juge a relevé que A_ était déjà marié et père lorsqu'il avait été condamné à tout le moins en 2016 et 2017.
Dans ces circonstances, rien n’indiquait que A_ saurait mettre davantage à profit une nouvelle libération conditionnelle et le risque qu'il commette de nouvelles infractions apparaissait très élevé, de sorte que la libération conditionnelle devait être refusée.
D.
a.
Dans son recours, A_ explique, en tout et pour tout, vouloir faire recours contre la décision lui refusant la libération conditionnelle et s'opposer totalement au "
verdict
" ainsi prononcé.
b.
A réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni débats.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
1.1.
La décision rendue en matière de libération conditionnelle (art. 86 CP) constitue une "
autre décision ultérieure
" indépendante au sens de l'art. 363 al. 3 CPP (arrêts du Tribunal fédéral
6B_1136/2015
du 18 juillet 2016 consid. 4.3 et
6B_158/2013
du 25 avril 2013 consid. 2.1; A. KUHN / Y. JEANNERET (éds),
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse
, Bâle 2011, n. 12 art. 363). ![endif]>![if>
Le recours au sens de l'art. 393 CPP est la voie de droit ouverte contre les prononcés rendus par le TAPEM en matière de libération conditionnelle (art. 42 al. 1 let. b LaCP
cum
ATF
141 IV 187
consid. 1.1 et les références citées).
La procédure devant la Chambre de céans est régie par le CPP, applicable au titre de droit cantonal supplétif (art. 42 al. 2 LaCP).
1.2.