# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 011199d4-b15c-4228-882d-22b90ea8e042
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Faits:
A. Dans le cadre de l’enquête pénale dirigée contre A. pour diffamation, calom-
nie, utilisation abusive d’une installation de télécommunication, menaces et
contrainte, une procédure de fixation du for intercantonal avait été engagée
entre le canton du Valais et celui de Vaud. Ce dernier avait accepté de re-
prendre l’affaire par décision du 8 janvier 2020 (dossier no PE19.024534).
Saisie d’un recours par A., la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-
après: la Cour de céans) l’avait rejeté (décision du Tribunal pénal fédéral
BG.2020.2 du 22 janvier 2020).
B. Suite à une seconde enquête dirigée contre A. pour utilisation abusive d’une
installation de télécommunication notamment (no dossier PE20.001808), les
cantons du Valais et de Vaud ont engagé à nouveau une procédure de fixa-
tion de for intercantonal. Par décision du 31 janvier 2020, le Ministère public
du canton de Vaud s’est déclaré compétent pour traiter cette affaire
(cf. act. 1.1).
C. Les parties ont été informées de cette décision par le biais d'une « ordon-
nance de reprise d'enquête après fixation du for et ordonnance de jonction
de procédures pénales » rendue le 19 mai 2020 par le Ministère public de
l’arrondissement de Lausanne (act. 1.1). Ainsi, la nouvelle affaire
(no PE20.001808) a été jointe à l’enquête déjà ouverte auprès du Ministère
public du canton de Vaud (no PE19.024534).
D. Le 25 mai 2020 (timbre postal), A. interjette recours contre l’ordonnance pré-
citée auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-après: la
Cour). Elle conclut en substance à ce que l’enquête soit menée par le Minis-
tère public du canton du Valais ou par celui du canton de Soleure (act. 1).

## Considerations

La Cour considère en droit:
1.
1.1 L'autorité pénale saisie vérifie d'office sa compétence et, le cas échéant,
transmet l'affaire à l'autorité compétente (art 39 al. 1 du Code de procédure
pénale suisse [CPP; RS 312.0]). Lorsque plusieurs autorités paraissent com-
pétentes à raison du lieu, les ministères publics concernés se communiquent
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sans délai les éléments essentiels de l'affaire et s'entendent aussi vite que
possible sur le for (art. 39 al. 2 CPP). La Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral peut connaître d'un conflit de for, lorsque les autorités de poursuite
pénale de différents cantons ne peuvent s'entendre sur le for et le ministère
public du canton saisi en premier de la cause lui soumet la question sans
retard (art. 40 al. 2 CPP; art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur l'organisation des
autorités pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71]).
1.2 Par ailleurs, le for peut être contesté par les parties à la procédure pénale
(art. 41 CPP). Lorsqu'une partie entend contester la compétence de l'autorité
en charge de la procédure pénale, elle doit immédiatement demander à cette
dernière de transmettre l'affaire à l'autorité pénale compétente (art. 41 al. 1
CPP). L'autorité en charge doit alors mettre en œuvre un échange de vues
avec le canton concerné, ou rendre directement une décision confirmant sa
propre compétence. En d’autres termes, la partie, qui entend contester la
compétence de l’autorité en charge de la procédure pénale, doit s’en préva-
loir en premier lieu auprès de cette autorité, afin de faire valoir son droit d’être
entendue et obtenir une décision susceptible de recours. Elle aura ensuite
dix jours pour contester celle-ci devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral (art. 41 al. 2 CPP en lien avec les art. 40 al. 2 CPP et 37 al. 1 LOAP;
TPF 2013 179 consid. 1; arrêt du Tribunal pénal fédéral BG.2019.43-44 du
17 septembre 2019 consid. 1.1; cf. également SCHMID/JOSITSCH, Schweize-
rische Strafprozessordnung, Praxiskommentar, 3e éd. 2018, no 3 ad art. 41).
Il en découle que la décision originaire par laquelle les autorités cantonales
s’entendent sur le for – sans contestation de la part des parties – (cf. con-
sid. 1.1) est de de nature interne et non susceptible de recours direct à la
Cour de céans au sens notamment de l’art. 393 al. 1 let. a CPP (cf. KUHN,
Basler Kommentar, 2e éd. 2014, no 10 ad art. 41 CPP), nonobstant le fait
qu’elle indique, dans cette procédure comme de nombreuses autres, la voie
de recours au Tribunal pénal fédéral.
1.3 En l'occurrence, les cantons de Vaud et du Valais se sont entendus sur le
for, suite à une nouvelle plainte pénale déposée contre la recourante. Après
s'être déclaré compétent, le Ministère public du canton de Vaud a notifié sa
décision – qui indique faussement la voie de recours au Tribunal pénal fédé-
ral – aux parties, notamment à A. Cette dernière la conteste devant la Cour
de céans plutôt que s’adresser d’abord à l’autorité qui l’a rendue. Vu ce qui
précède, et nonobstant l’indication erronée de la voie de recours par les auto-
rités vaudoises, son recours est en principe irrecevable.
1.4 Néanmoins, à titre exceptionnel, il peut se justifier de laisser ouverte la ques-
tion de la recevabilité et statuer au fond. En effet, selon la cause et l’état du
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dossier soumis à la Cour de céans, il peut apparaître que les arguments de
la recourante sont tellement dépourvus de fondement que prononcer l’irre-
cevabilité du recours dans un premier temps puis statuer ultérieurement au
fond après que les autorités cantonales auront rendu une décision au sens
de ce qui précède ne serait pas conforme au principe d’économie de procé-
dure et ne servirait ni les intérêts de la recourante, ni ceux des autorités (dé-
cision du Tribunal pénal fédéral BG.2020.2 du 22 janvier 2020 consid. 2.2).
1.5 En l’occurrence la recourante demande une nouvelle fois que la procédure
pénale soit transmise au canton de Soleure, sans s’être adressée au préa-
lable aux autorités vaudoises. Cette question a déjà fait l’objet de la décision
du Tribunal pénal fédéral BG.2020.2 du 22 janvier 2020. Vu l’état du dossier,
il apparaît que la Cour de céans est en mesure de statuer au fond, sans
conclure d’abord à l’irrecevabilité du recours, ce qui obligerait les autorités
vaudoises à rendre une décision attaquable puis la recourante à introduire
un nouveau recours, alors que la Cour de céans a déjà statué récemment
sur le même objet. Par conséquent il se justifie par économie de procédure
et au vu du principe de célérité de laisser la question de la recevabilité ou-
verte et d’entrer en matière.
1.6 Enfin, il sied de relever que le recours a été déposé dans le délai de dix jours
dès le moment où l’intéressée a eu connaissance de la fixation du for (supra,
let. c). En qualité de prévenue dans la procédure pénale, la recourante a
qualité pour recourir.
2. La recourante se prévaut essentiellement qu’elle est traitée avec « iniquité »
par le Ministère public du canton de Vaud. Pour ce motif, elle conclut à ce
que l’enquête soit menée, soit par le Ministère public du canton du Valais,
soit par le canton de Soleure, canton dans lequel elle habite (act. 1).
2.1 De manière générale, le for est fixé conformément aux art. 31 à 37 CPP.
L'autorité du lieu où l'acte a été commis est compétente pour la poursuite et
le jugement de l'infraction (art. 31 al. 1 CPP).
2.2 Une dérogation aux articles précités constitue une exception, tel que par
exemple l’art. 38 CPP (arrêt du Tribunal pénal fédéral BG.2013.23 du 4 fé-
vrier 2014 consid. 3.4). Selon l’alinéa 1 de cette disposition, les ministères
publics peuvent convenir d’un autre for que celui prévu aux art. 31 à 37,
lorsque la part prépondérante de l’activité délictueuse, la situation person-
nelle du prévenu ou d’autres motifs pertinents l’exigent. La faculté de déroger
aux règles de for n’étant pas exhaustivement énumérée à l’art. 38 al. 1 CPP,
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la jurisprudence admet une dérogation générale aux règles sur les fors pour
d'autres motifs, à l'image de l'opportunité ou l'économie du procès (arrêt du
Tribunal pénal fédéral BG.2013.23 du 4 février 2014 consid. 3.4 et les réfé-
rences citées). Les dérogations aux règles de for ne sont possibles qu’en
faveur d’un canton disposant, en vertu de ces règles, d’une compétence al-
ternative ou subsidiaire. Elles ne peuvent aboutir à l’attribution de la compé-
tence pour poursuivre et juger à une autorité avec laquelle il n’existe aucun
point de rattachement (BOUVERAT, Commentaire romand, 2e éd. 2019, no 2
ad art. 38 CPP).
2.3 En l’occurrence, il sied de souligner que la motivation de la recourante est
semblable à ce qu’elle avait soulevé dans son précédent recours devant la
Cour de céans. Dans ce contexte, il convient de se référer à l’argumentation,
qui avait été développée (arrêt du Tribunal fédéral BG.2020.2 du 22 janvier
2020 consid. 3). Le grief de la recourante (iniquité) ne constitue ni un critère
pour la fixation du for (cf. art. 31 à 37 CPP a contrario) ni un motif pertinent
au sens de l’art. 38 CPP qui exigerait de déroger à titre exceptionnel au for
fixé dans le canton de Vaud. En d’autres termes, les allégations de la recou-
rante ne sont pas pertinentes en matière de for; elles correspondent à tout
le moins à une éventuelle demande de récusation au sens des art. 56 ss
CPP. Pour les mêmes raisons, le second grief de la recourante doit être re-
jeté: son domicile dans le canton de Soleure ne constitue pas à lui seul un
motif pertinent suffisant au regard de l’art. 38 CPP pour déroger aux règles
ordinaires sur la fixation du for. De plus, la recourante n’établit pas que le
canton de Soleure disposerait d’une compétence alternative ou subsidiaire.
En l’absence de point de rattachement avec le canton de Soleure, la procé-
dure pénale topique ne pourra d’aucune manière être de la compétence de
ce canton.
3. Partant, le recours manifestement mal fondé doit être rejeté dans la mesure
de sa recevabilité.
4. Au vu de ce qui précède et en application de l’art. 390 al. 2 CPP, la Cour de
céans a renoncé à procéder à un échange d’écritures.
5. En tant que partie qui succombe, la recourante doit supporter les frais de la
présente décision (cf. art. 428 al. 1 CPP). Ceux-ci sont fixés à CHF 500.--
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(cf. art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émo-
luments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS
173.713.162]).
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