# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c992ad48-85d5-5e0f-a738-c742f5171877
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2005
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
A. Par demande déposée au greffe de la Juridiction des prud'hommes le 10 juillet 2003, T_ a assigné E_ en paiement de 88'812 fr. 50 à titre d’heures supplémentaires, 25'000 fr. à titre de gratification pour chacun des exercices 2001 et 2002, 10'084 fr. 80 à titre de vacances non prises, 9'450 fr. à titre de remboursement de frais, notamment de nourriture, le tout plus intérêts à 5 % dès le 1er mars 2003, et 33'333 fr. 40 à titre d’indemnité pour licenciement abusif, plus intérêts à 5 % dès le 9 juillet 2003.
A l’appui de ses conclusions, T_ a allégué avoir accompli 1'450 heures supplémentaires au service de son employeur du 14 mai 2001 au 31 décembre 2002, chiffre résultant pour partie d’une estimation. Toutefois, il requérait la production des relevés d’heures par son employeur pour établir un décompte précis de ces heures supplémentaires. Il considérait par ailleurs que ses frais de nourriture n’avaient pas été intégralement couverts lorsqu’il travaillait à Zürich, réclamant à ce titre 75 fr. par jour sur 126 jours, le premier de ces chiffres procédant d’une appréciation. Enfin, ses vacances non prises ne lui avaient pas été payées en 2002 et 2003 et un jour férié travaillé (1
er
août 2002) n’avait pas été compensé. T_ excipait en outre de son licenciement abusif, le considérant comme la conséquence des oppositions qu’il avait élevées contre certaines pratiques de l’entreprise et de son insistance à formuler de justes prétentions, s’agissant principalement des gratifications convenues.
E_ a conclu au déboutement intégral de T_ et à sa condamnation à une amende de 2'000 fr. pour téméraire plaideur, contestant en bloc son argumentation. Elle a par ailleurs formé une demande reconventionnelle tendant à la condamnation de T_ au paiement de divers montants, en remboursement de dommages causés par l’incurie de celui-ci à elle-même en violation de ses obligations légales (art. 321a al. 1 et 321 e CO), soit 351'750 fr. (facturation mal transmise), 40'080 fr. (surcharge de la minute facturée par X_ à E_), 28'270 fr. (approbation de crédits sans autorisation adéquate) et 31'000 fr. (vente de cartes sans paiement à un autre revendeur), le tout assorti d’un intérêt à 5 % dès le 22 septembre 2003.
B. Par jugement du 11 mars 2004, notifié par plis recommandés du 16 juin
2004, le Tribunal des prud’hommes a condamné E_ à payer à T_ 8'716 fr. 50 brut plus intérêts à 5% dès le 1
er
mars 2003 correspondant à quatre semaines de vacances et à un jour férié et 25'000 fr. net plus intérêts à 5% dès le 1
er
mars 2003 à titre de bonus pour 2001.
Le Tribunal, après avoir admis sa compétence, a considéré que T_ avait démontré avoir droit aux vacances non prises (2002, 2003 et le 1
er
août 2002) et à une gratification (2001) dans la mesure où l’existence d’un accord oral parfait à ce sujet avait été prouvé. En revanche, T_ n’avait pas démontré l’existence d’un tel accord pour l’année suivante, ni au sujet de la prise en charge des frais de repas à Zürich non documentés, et n’avait donc aucun droit en conséquence. Par ailleurs, son contrat relevant étant celui du 23 septembre 1999, qui excluait expressément, avec l’accord du travailleur, la prise en compte des heures supplémentaires, E_ n’avait pas à payer celles-ci. Les autres prétentions des parties devaient enfin être rejetées, le congé n’étant pas abusif et la faute ou les négligences de l’employé n’étant pas démontrées.
C. Par courrier du 19 juillet 2004, T_ appelle de cette décision ; il conclut à sa confirmation s’agissant du paiement des vacances non prises et du bonus pour l’exercice 2001 et reprend ses conclusions de première instance pour les autre postes, soit le paiement de 88'812 fr. 50 à titre d’heures supplémentaires, 25'000 fr. à titre de gratification pour 2002, 9'450 fr. à titre de remboursement de frais de nourriture et 33'333 fr. 40 à titre d’indemnité pour licenciement abusif, le tout plus intérêts à 5 % dès le 1
er
mars 2003, respectivement 9 juillet 2003.
Par mémoire du 8 septembre 2004, E_ conclut au déboutement de l’appel principal et forme un appel incident tendant à l’annulation des condamnations en paiement prononcées par le Tribunal à son encontre. Elle renonce à ses conclusions reconventionnelles.
D. Au regard des conclusions prises en appel, les éléments pertinents suivants seront retenus :

## Considerations