# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ac47f11b-c67d-5471-a9b0-b2b1f9f4c660
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

- on ne saurait suivre le recourant lorsqu'il se plaint d'une violation de son droit d'être entendu, correspondant à un déni de justice formel, dans la mesure où, bien que le premier juge ne se soit pas prononcé sur le grief tiré de l'inconstitutionnalité du tarif horaire prévu par l'art. 16 RAJ, il a pu faire valoir ses arguments devant la Chambre de céans, disposant d'une pleine cognition en fait et en droit (cf. art. 393 al. 2 CPP; arrêt du Tribunal fédéral
1B_509/2018
du 6 mars 2019 consid. 2.1 et les références citées). Le recourant ne prend d'ailleurs aucune conclusion formelle - tant dans son recours du 2 mai 2016 que dans son écriture du 4 mars 2019 - tendant à un renvoi de la cause au premier juge, renvoi qui se réduirait, en l'espèce, à une vaine formalité;
- quant au grief tiré du défaut de motivation de la décision querellée, il ne peut qu'être rejeté, puisqu'il procède d'une lecture erronée de ladite décision par le recourant, ainsi qu'il sera vu ci-après;
- à teneur de l'art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d'office est indemnisé conformément au tarif des avocats de la Confédération ou du canton du for du procès. À Genève, le tarif des avocats est édicté à l'art. 16 RAJ;
- la modification des tarifs horaire de CHF 150.- pour le collaborateur (let. b) et de CHF 110.- pour le stagiaire (let. a), en vigueur dès le 1
er
octobre 2018, s'applique à tous les états de frais dont la taxation n'est pas définitive lors de son entrée en vigueur (art. 23 RAJ);
- dans la mesure où le recourant a adapté ses conclusions au tarif nouvellement en vigueur, il y a lieu de compléter l'indemnisation intervenue en première instance à l'aune de celui-ci;
- le recourant conteste les réductions opérées par le premier juge quant à l'activité déployée par le collaborateur et l'avocat-stagiaire ressortant de son état de frais définitif. Force est toutefois de constater qu'hormis les 30 minutes décomptées - point qui n'est pas remis en question -, la décision querellée ne fait que reprendre le temps d'activité allégué dans les rubriques "Entretiens", "Procédure" et "Audiences" dudit état de frais. Les "
nombreuses réductions visiblement opérées
" dont se plaint le recourant correspondent en définitive au retranchement du temps afférant au poste "Correspondance", lequel fait toutefois l'objet du forfait courriers/téléphones de 20%, appliqué au total des trois rubriques précitées;
- dans ses conclusions, le recourant arrête le temps d'activité du chef d'étude, du collaborateur et de l'avocat-stagiaire en prenant en compte le forfait courriers/téléphones de 20%, forfait qu'il applique ensuite une nouvelle fois au total obtenu, ce qui n'est pas admissible;
- cela étant, on relève, avec le recourant, que le premier juge n'a pris en compte que la durée effective de l'audience de jugement du 21 avril 2016 (soit 1h15, calculée depuis l'heure annoncée dans la convocation), à l'exclusion du temps de déplacement, lequel est pourtant considéré comme nécessaire à la défense d'office au sens de l'art. 135 CPP (décision de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2015.33 du 28 juillet 2015 consid. 4.3 et les références);
- le règlement genevois ne précisant pas quelle doit être la rémunération des vacations, la rémunération forfaitaire de déplacement aller/retour entre l'étude et le Palais de justice ou le bâtiment du Ministère public a été arrêtée, depuis la modification du RAJ du 1
er
octobre 2018, à CHF 100.- pour les chefs d'étude, CHF 75.- pour les collaborateurs et CHF 55.- pour les avocats-stagiaires (
ACPR/178/2019
du 6 mars 2019);
- c'est dès lors un forfait de CHF 55.- qui devra être ajouté pour le déplacement de l'avocat-stagiaire à l'audience de jugement du 21 avril 2016;
- de ce qui précède, il résulte que, pour l'activité du chef d'étude, un montant de CHF 50.- était dû, soit 0h15 d'activité, comme retenu par le premier juge sur la base de l'état de frais définitif, au tarif horaire de CHF 200.-;
- en ce qui concerne l'activité du collaborateur, un montant de CHF 900.- était dû, soit 6h d'activité au tarif horaire de CHF 150.-;
- en ce qui concerne enfin l'activité de l'avocat-stagiaire, un montant de CHF 669.20 arrondi était dû, soit 6h05 d'activité au tarif horaire de CHF 110.-;
- le total atteint CHF 1'619.20, auquel il faut ajouter le forfait courriers/téléphones de 20% (CHF 323.85 arrondi), un forfait déplacement de CHF 55.- pour l'audience du 21 avril 2016, la TVA à 8% (CHF 159.85 arrondi) et des débours en CHF 240.-, soit un montant total de CHF 2'397.90;
- l'indemnisation intervenue en première instance doit ainsi être complétée à hauteur de CHF 608.65;
- dans son écriture du 4 mars 2019, le recourant conclut, pour la première fois, que l'indemnité allouée soit porteuse d'intérêts à 5% dès le 21 avril 2016, au motif qu'il aurait dû être indemnisé "
à tout le moins à ce tarif dès le moment de la taxation de son activité en première instance
". À cet égard, indépendamment du fait que, de jurisprudence constante, la motivation d'un recours doit être entièrement contenue dans l'acte de recours lui-même et ne saurait dès lors être complétée ou corrigée ultérieurement (arrêt du Tribunal fédéral
1B_183/2012
du 20 novembre 2012 consid. 2), cette conclusion doit de toute manière être rejetée. En effet, dans la mesure où l'indemnisation du défenseur d'office ne vise pas à réparer un dommage subi, l'on ne saurait considérer une telle indemnité comme porteuse d'intérêts compensatoires (ATF
143 IV 495
consid. 2.2.4 et arrêt du Tribunal fédéral
6B_1008/2017
du 5 avril 2018 consid. 2.3; cf aussi
AARP/388/2018
du 5 décembre 2018 consid. 2.4);
- l'admission partielle du recours ne donnera pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 CPP);
- le Tribunal fédéral a déjà jugé que le défenseur d'office a droit à des dépens lorsqu'il conteste avec succès une décision d'indemnisation, sans pour autant rattacher cette affirmation à une disposition du code, en particulier aux exigences de l'art. 433 al. 2 CPP (ATF
125 II 518
consid. 5; arrêt du Tribunal fédéral
6B_439/2012
du 2 octobre 2012 consid. 2);
- en l'espèce, il se justifie, compte tenu de l'admission partielle des conclusions du recourant, de lui allouer, à titre de juste indemnité, un montant de CHF 600.- TTC, pour son recours.
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## Considerations