# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 849b612d-dbc6-43a1-abca-0805d4bc1502
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
A._, née le ******** 1984, est ressortissante de Serbie. Le
27
avril 2017, à ******** (Serbie), elle a épousé B._,
ressortissant
suisse.
Le 9 mai 2017, elle a déposé auprès de l'ambassade de Suisse à Belgrade une demande d'autorisation de séjour par regroupement familial.
B._, né le ******** 1967, chauffeur de taxi de profession, est domicilié à Vevey. En 2017, il percevait le revenu d'insertion. Il a un fils d'une précédente relation, C._, né le ******** 2008, sur lequel il a la garde alternée une semaine sur deux.
Le 16 août 2017, le SPOP a informé A._
(à son adresse à ********, en Serbie) que, dès lors que B._ ne disposait pas des moyens financiers suffisants pour subvenir à ses besoins et que ses revenus demeuraient entièrement dépendants de l'assistance publique, il avait l'intention de refuser l'autorisation de séjour sollicitée, et il lui a imparti un délai pour présenter ses observations. Dans une lettre du 14 mars 2018, le conseil d'alors du couple A._-B._ a informé le SPOP que B._ allait être engagé par une entreprise de taxis pour un taux d'occupation de 50%, et a produit une promesse d'embauche de A._ en qualité de préparatrice de commandes à un taux de 70% établie le 5 mars 2018 par ********, à ********.
B.
Le 3 avril 2018, le SPOP a informé le conseil d'alors du couple que, compte tenu des éléments apportés le 14 mars 2018, il délivrait une autorisation de séjour à A._ pour une période d'un an, et qu'à l'échéance de celle-ci, il procèderait à un examen de la situation financière de son ménage commun avec
B._.
Depuis mars 2019, A._ a travaillé à 40% en qualité d'employée de maison auprès du ********, à ********.
Le 4 mai 2019, le SPOP a renouvelé son autorisation de séjour jusqu'au
3 mai 2021.
C.
En juin 2019, le couple s'est séparé. A._ a sous-loué une chambre chez un ami dès la mi-juin 2019.
Le 2 juillet 2019, le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois a prononcé à l'endroit des époux des mesures protectrices de l'union conjugales par lesquelles ceux-ci ont convenu de vivre séparés pour une durée indéterminée, la jouissance du domicile conjugal étant attribuée à B._.
Les 30 et 31 octobre 2019, A._ et
B._
ont été auditionnés séparément par la Police Riviera. Il ressort des déclarations de A._ qu'elle avait rencontré
B._
lors de vacances en Suisse, en janvier 2016, alors qu'elle était avec une connaissance commune; c'était lui qui avait demandé le mariage, qui avait été célébré en Serbie; elle était venue s'établir en Suisse, dans l'appartement de
B._,
à Vevey, en mai 2018; ils avaient vécu ensemble jusqu'en juin 2019, date à laquelle B._ avait voulu qu'ils se séparent; pour le moment, elle ne cherchait pas un appartement car elle espérait retourner vivre avec lui.
B._ a fait des déclarations similaires concernant leur relation. Il a confirmé que c'était lui qui avait voulu la séparation, au motif qu'il "se sentai[t] oppressé par [la] présence" de A._ dans leur appartement, qu'il avait besoin de régler des problèmes personnels et que quand il irait mieux, il lui proposerait peut-être de revenir vivre chez lui. Il a par ailleurs indiqué qu'il avait récemment été mis au bénéfice d'une rente de l'assurance-invalidité de 50%.
Le 13 février 2020, le SPOP a révoqué l'autorisation de A._, au motif que la vie commune avec son époux avait pris fin, et lui a imparti un délai de trente jours pour quitter la Suisse. Le 24 mars 2020, A._ a déposé un recours contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), à l'appui duquel elle a allégué avoir repris la vie commune avec
B._
. Le 16 juin 2020, le SPOP a annulé sa décision du 13 février 2020 et, par décision du 18 juin 2020, la CDAP a déclaré le recours sans objet.
Le 7 janvier 2021,
B._
a déposé une requête de mesures protectrices de l'union conjugale auprès du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois demandant qu'il soit intimé l'ordre à A._ de quitter le domicile conjugal. Il a également adressé le 13 janvier 2021 un courrier au SPOP dans lequel il a indiqué avoir demandé, sans succès, à A._ de quitter son appartement, et avoir l'intention de requérir le divorce.
D.
Par courrier du 1
er
février 2021, le SPOP a informé A._ de son intention de révoquer son autorisation de séjour et de prononcer son renvoi de Suisse, du fait de la séparation de son couple.
Il ressort du prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale rendu le 3 mars 2021 par la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois suite à l'audience du 27 janvier 2021 (à laquelle seul B._ s'est présenté) qu'après la reprise de la vie commune en mars 2020,
les difficultés conjugales étaient rapidement réapparues
, et qu'en juillet 2020, B._ avait demandé à A._ de quitter le domicile conjugal, ce qu'elle n'avait pas fait. A._ passait toutefois souvent la nuit hors de l'appartement et était très souvent absente durant les week-ends. La Présidente a autorisé les époux à vivre séparés, a attribué la jouissance du domicile conjugal à B._ au vu de l'intérêt de son fils C._ à pouvoir demeurer dans l'environnement qui lui était familier, et a fixé à A._ un délai au 30 avril 2021 pour quitter le domicile conjugal.
Par une lettre adressée le 2 avril 2021 au SPOP, A._ s'est opposée à la révocation de son autorisation de séjour et à son renvoi de Suisse. Elle a fait valoir que son casier judiciaire était vierge, qu'elle n'avait pas de poursuites et qu'elle avait toujours travaillé. Ainsi, après avoir travaillé pendant une année au ********, elle avait oeuvré en qualité d'ouvrière de production auprès de ********, à ********, jusqu'en décembre 2020, et avait actuellement une promesse d'embauche comme serveuse/responsable de nettoyage par le bar ********, à ********. Elle a indiqué dans un document à part qu'elle était arrivée pour la première fois en Suisse le 19 avril 2009 et que depuis cette date, elle n'avait quitté notre pays que pour les vacances, soit deux semaines par année. Dans un autre document à part, elle a expliqué ce qui suit:
"ÉLÉMENTS NÉGATIF CONTRE ÉPOUX
Je me suis mariée le 27 avril 2017. Au bout d'une année, j'ai obtenue une visa de travail, le 05/04/2018. Un an plus tard, le 2 juillet 2019, mon mari a demandé la séparation en raison d'un mauvais état mental. A sa demande, j'ai quitté l'appartement et je suis revenue à son initiative le 23 mars 2020. Après quelques mois (4.5), des nouveaux problèmes sont apparus à mon avis, causés par l'état mental de mon mari qui est dépendent aux boissons énergisantes (en
moyenne. il
boit entre 3-6 canettes par jour) qui de temps en temps mélange avec des comprimés. Pendent la dernière période de notre vie commune, il a commis des violences psychologiques contre moi. Il m'a littéralement jeté à la rue tous les mois (je n'avais nulle part où aller car c'était toujours à la fin du mois que je manquais d'argent parce que j'étais la seule à travailler et à payer toutes les dépenses de la vie ensemble et tout les désires de mon mari). Il m'a ordonné de préparer le dîner entre 18h et 19h et m'a dit de garder à l'esprit qu'il était dérangé par l'odeur de la nourriture. Il m'a interdit de ne plus invitée des amis a la maison.
Chaque fois que je voulais faire le
ménage, il
m'a dit de ne pas le faire, parce que c'était propre (c'est pour ça que j'ai nettoyée toujours après qu'il n'était pas dans l'appartement). Il me disait constamment comment l'eau passé a coté par terre dans la salle de bain mais en même temps il m'interdisait de mettre un rideau dans la baignoire.
À un moment donné, il a arrêté de me parler. Il martelait souvent la nuit parce qu'il était nerveux, et il passé l'aspirateur après 22 heures. Il ne m'a pas, non plus, donné d'informations sur la façon dont il passe son temps libre et où il va.
Quand il est à la maison, il passe toute la journée devant la télévision, et son fils, sur qu'il a un garde partager, il est toujours entrain de jouer des jeux a la
télé, et
ils ont peu de conversation entre eux (généralement à l'heure du dîner ils échangent quelques phrases)
Il sortait souvent la nuit et il laissait son fis dormir seul dans sa chambre, sans m'en informer. J'avais souvent peur dans ces situations car l'enfant souffre d'asthme et peut avoir une crise. Comme parent et mari est nul, cela est démontré par le fait qu'il a 4 autres enfants avec lesquels il n'est pas en contact.
D'ailleurs, à mon avis et selon la relation que j'ai vue, il a pris l'obligation envers C._(son fils) parce qu'il a reçu plus d'aide sociale, Al.
En conclusion, je m'excuse pour l'expression, je peux dire que mon mari est un parasite qui a vécu (environ 8 ans) sur le compte de l'État et qui continue.
Sa motivation est de gagner plus, c'est à dire, que l'État le paie quand il ne travaille pas. De plus, le monsieur se respecte beaucoup et a des principes selon lesquels il n'acceptera pas tous les emplois. Il pense que quelqu'un devrait le payer sans travailler.
Il travaillait également illégalement en tant que chauffeur de taxi (peut-être le fait-il toujours, je ne peux pas le prétendre).
J'enseigne dès le plus jeune âge qu'il faut travailler honnêtement pour vivre honnêtement. Chaque fois que j'ai vu une annonce, je me suis inscrit. Pour la première année, M. B._ ne m'a pas permis de travailler pour ne pas perdre l'aide sociale, et c'était un peu difficile de trouver un emploi parce que je n'avais pas d'expérience en suisse. Du 21.03.2019 au 31.03.2020 j'ai travaillée comme remplaçant au ******** . Après cela dans l'usine comme intérimaire pendant 7 mois en 3 équipes. Je travaillais de nuit et j'avais un mari effronté qui ne me respecté pas et qui était pas de tout attentionné après mon travail de nuit, et qui ne pensait pas que je devais dormir un peu en silence. Notre seule belle et heureuse journée a été celle où j'ai reçu mon salaire et je l'ai laissé payer l'appartement, les factures et acheter des choses qui lui font plaisir. Il fume des cigarettes normaux, des cigarettes
électroniques, il
boit des boissons
énergisantes, il
mange des plats cuisinés, du Coca-Cola,... Sinon, mon mari qui vit de l'aide sociale ne boit pas d'eau parce qu'il peut se permettre ce luxe. Ma vie avec lui était très mauvaise et cela m'a laissé des conséquences
permanente, la
seule raison pour laquelle j'ai supporté tout, cela était parce que je n'avais nulle part où aller. Après mon mariage, je ne suis pas en bons termes avec mes parents (qui ont divorcé entre-temps et n'ont aucun contact avec mon père). Au moment où j'ai arrêtée de travailler, mon mari a parlé tous les jours de la façon dont je devais sortir de son appartement, il m'a même envoyé une lettre auto-enregistrée et m'a donné un délai, car depuis que j'ai perdu mon emploi, je vivais gratuitement. En dépensant tous mes salaires sur ses comptes réels et irréels, j'ai eu la chance que des nombreux amis que je me suis fait dans ce merveilleux pays m'ont apporté de l'aide et soutien. D'ailleurs en novembre quand nous étions endettés comme toujours M. B._ s'est offert un moteur de 4200 chf et c'était une goutte pour moi qui s'est renversée dans mon verre.
(...)"
Elle a également produit la lettre d'explications suivante du 7 mars 2020, signée par B._:
"En 2015, suite à des événements négatifs et destructeurs pour ma société de taxi, j'ai tout abandonné. J'ai été suivi en psychothérapie par la ******** quelques mois pour combattre une dépression. A peu près dans un méme temps, j'ai fait la connaissance de C._ qui venait régulièrement en Suisse rendre visite à des amis.
Jolie, charmante, souriante, intelligente et pleine d'optimisme, j'ai rapidement apprécié sa présence. A tel point que, tandis que nous trouvions des astuces pour nous voir plus fréquemment, j'espaçais mes rendez-vous en psychothérapie et, quand j'ai pensé m'en être "sorti", je lui ai demandé de devenir ma femme.
Ce qu'elle accepta.
Mais voilà, suite à des "erreurs" et à la lenteur administrative, nous avons dû attendre une année avant de pouvoir commencer réellement notre vie commune.
Certes j'ai fait des déplacements à l'étranger pour pouvoir la voir (Serbie et Italie), mais l'éloignement forcé a eu un impact négatif sur notre relation. Un impact que je n'ai pas tout de suite ressenti parce que trop occupé à essayer de sauver la société de taxi que j'avais vendue à un collègue.
C._ est arrivée dans une situation socio-économique qui s'était empiré et il y a eu quelques épisodes de comportements que je n'ai pas supportés.
Mon patron a fait faillite et j'ai perdu mon travail.
Il me faut reconnaître, malheureusement, que j'étais encore fragilisé et pas entièrement rétabli suite aux problèmes psychologiques subis auparavant.
Je devenais irascible, je ne supportais plus une autre présence que celle de mon fils C._ dans notre appartement. Je sentais bien que ce ressenti était en contradiction avec le sentiment de ne pas vouloir perdre C._, mais je ne savais comment le gérer.
Et trop fier pour retourner demander de l'aide parce que la société, malgré l'augmentation reconnue et avérée des troubles mentaux qui touchent la population, n'accepte pas les inutiles, les fous, les kassos, j'ai fini par faire le choix, égoïste peut-être, de demander une séparation.
Cependant, au début de cette année, les choses ont évolué dans un sens positif. Nous avons recommencé à nous voir plus souvent. Nous avons pu mettre les choses à plat. Et suite à un rendez-vous, LE rendez-vous de mi-février, nous avons envisagés de reprendre la vie commune.
Alors cela ne c'est pas fait dans l'immédiateté parce que nous avons choisi, conjointement, de le faire en douceur. Cela pour ne pas trop "choquer" C._, pour qu'il ne se retrouve pas du jour au lendemain avec sa belle-maman de retour à la maison. Ceci d'autant plus que j'ai la garde alternée de mon fils (une semaine sur deux).
De fait nous avons convenus d'une date arrêtée au 31 mars 2020 pour son retour au domicile conjugal."
A._ a aussi produit les lettres de recommandation de sept connaissances et amis. L'intéressée y est décrite comme étant très bien intégrée et ayant de nombreux amis avec lesquels elle pratique différentes activités (cyclisme, randonnée, ski).
Etaient également joints les certificats de travail établis par le ******** et ******** (pour l'emploi qu'elle a occupé auprès de ********), dont il ressort qu'elle est une employée efficace et consciencieuse.
Dans une lettre du 22 avril 2021, B._ a informé le SPOP que depuis janvier 2021, A._ n'habitait plus dans leur appartement, et qu'elle y était encore uniquement passée pour y prendre petit à petit ses effets personnels.
E.
Par décision du 18 mai 2021, le SPOP a révoqué l'autorisation de séjour de A._ et prononcé son renvoi de Suisse.
L'intéressée a formé opposition le 17 juin 2021. Elle a fait valoir qu'elle était toujours mariée et que par ailleurs son renvoi pourrait altérer la défense de ses intérêts dans le cadre de la procédure de divorce. Elle a également fait valoir qu'elle avait fait l'objet de violences conjugales. Son époux lui avait en effet fait subir en permanence des violences psychiques, qu'elle a décrites dans le document suivant, daté du 14 juin 2021:
"J'ai rencontré mon mari en janvier 2016, et depuis on a commencé à avoir une relation. Après une année de relation on a décidé de se marié et nous nous sommes mariés le 27 avril 2017. Il a proposé le mariage. Le mariage a eu lieu en Serbie.
En juillet 2017, je suis arrivée en Suisse et j'ai habité avec lui, illégalement, à la même adresse. J'ai reçu un visa d'entrée, en mai 2018 et j'ai continué à vivre légalement avec lui.
Mon mari m'avait prévenu qu'un enfant vivrait avec nous. Je savait qu'il y avait plusieurs enfants, mais je ne connaissais pas le nombre exact. C'était un sujet interdit et nous en parlions rarement.
Il disait souvent que toutes les ex-femmes qui s'occupent de enfants sont mauvaises.
Nous avions commencé à nous disputer. Les querelles ne se terminaient pas par un coup, mais il le faisait en criant, en hurlant, en frappant sur des meubles, des portes, ... . il tremblait souvent devant moi de nervosité et à ces moments-là, j'avais peur qu'il me frappe aussi. Une fois après une dispute, il a pris la clé de la salle de bain et il me l'a rendue après quelques jours. Puis j'avais très peur de ses intentions et pendant cette période il ne m'a pas parlé pendant 10 jours."
Enfin, elle a fait valoir que désormais elle disposait d'un logement et bénéficiait d'un contrat de travail en qualité d'ouvrière de production auprès de ******** d'une durée de trois mois depuis le 1
er
juin 2021.
Par décision sur opposition du 2 juillet 2021, le SPOP a rejeté l'opposition de l'intéressée, confirmé sa décision du 18 mai 2021 et prolongé au 15 août 2021 le délai de départ de Suisse initialement imparti, au motif qu'elle vivait séparée de son époux et que la vie commune avait duré moins de trois ans. Par ailleurs, l
a poursuite de son séjour dans notre pays ne se justifiait pas pour des raisons personnelles majeures au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20). Ainsi, s
'agissant des violences conjugales, A._ n'était pas parvenue à établir qu'elle avait été victime de violences systématiques. P
ar ailleurs sa réintégration en Serbie ne semblait pas compromise, dès lors qu'elle y avait passé la majeure partie de sa vie, qu'elle en connaissait la culture, en parlait la langue et qu'âgée de 38 ans, elle ne résidait en Suisse que depuis trois ans. Enfin, sa situation ne justifiait pas de lui délivrer une autorisation de séjour au titre de cas personnel d'extrême gravité fondée sur les art. 30 al. 1 let. b LEI et 31 al. 1 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201). En effet, elle ne pouvait se prévaloir d'un long séjour dans notre pays, ni d'une intégration professionnelle particulièrement poussée, ayant notamment dépendu de l'assistance sociale pendant un an. Par ailleurs, elle était en bonne santé et dès lors qu'elle avait passé la grande partie de sa vie dans son pays d'origine, un retour dans ledit pays ne saurait lui poser des problèmes insurmontables.
F.
A._ a interjeté recours contre cette décision auprès de la CDAP le 3 août 2021, en concluant à son annulation et à ce qu'elle soit autorisée à poursuivre son séjour dans notre pays. Elle s'est plainte de ce que le SPOP n'avait pas pris en considération les conditions de vie que lui avait fait subir son mari. En effet, alors qu'il était censé n'avoir qu'un enfant, elle avait réalisé qu'il en avait en fait plusieurs autres. Par ailleurs, son époux s'était montré d'emblée hostile à son égard au point de la mettre à la porte du domicile conjugal. Elle a fait valoir que la répétition des conditions décrites dans le document du 14 juin 2021 qu'elle avait produit constituait de la violence conjugale et qu'il n'était pas imaginable pour elle de poursuivre la vie commune. Elle a relevé qu'elle était en Suisse depuis 2009 et que face au développement de sa situation, elle avait fait preuve de débrouillardise, recourant à l'aide d'amis et connaissances et acceptant divers contrats de durée limitée. Elle a souligné que la prétendue prestation des services sociaux dont le SPOP relevait qu'elle aurait bénéficié n'était que le fait de son époux, qu'en effet, elle travaillait et faisait face à ses obligations, et n'avait jamais requis une telle aide, excepté à des amis et pour une durée limitée. Enfin, elle a relevé qu'elle n'avait plus que ses parents et une soeur en Serbie, avec lesquels elle n'avait que peu ou pas de contacts, et qu'elle n'y possédait aucun bien immobilier.
Dans des documents produits à part, elle a expliqué ce qui suit. Elle avait travaillé en avril 2009 puis de juin à décembre 2009 comme garde d'enfant pour une famille à Vevey, puis de mars 2010 à janvier 2017 comme garde d'enfant pour une autre famille à Vevey. Par ailleurs, durant la période de 2009 à 2018, elle avait aussi oeuvré comme femme de ménage et aide-concierge pour différentes personnes dans la région de Vevey. De mars 2019 à mars 2020, elle avait travaillé comme employée de maison à 40% au ********. De mai 2020 à décembre 2020, elle avait travaillé comme ouvrière de production auprès de ********. De fin avril 2021 à fin mai 2021 elle avait travaillé comme nettoyeuse pour ********, à ********, pour un taux variant entre 50% et 80%. Depuis juillet 2021, elle travaillait chez ******** comme préparatrice de commandes.
Dans sa réponse du 9 septembre 2021, le SPOP a conclu au rejet du recours.
Avec sa réplique du 14 septembre 2021, la recourante a produit la copie de son dernier bulletin de salaire établi le 4 août 2021 pour son emploi auprès de ********, dont il ressort qu'elle a perçu un salaire net de 2'863 fr. en août 2021. Elle a fait valoir qu'elle réalisait des gains mensuels lui permettant de faire face à ses obligations.
G.
Le tribunal a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
La décision du SPOP peut faire l’objet d’un recours de droit administratif au sens des art. 92 ss de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36). Le recours a été formé en temps utile (art. 95 LPA-VD) et il satisfait aux autres conditions formelles de recevabilité (art. 75 al. 1 let. a, 79 al. 1 et 99 LPA-VD). Il y a donc lieu d’entrer en matière.
2.
Le litige porte sur la révocation par l'autorité intimée de l’autorisation de séjour de la recourante à la suite de sa séparation d'avec son époux.
3.
Ressortissante de Serbie, la recourante ne peut se prévaloir d’aucun traité qui lui conférerait un droit au séjour en Suisse. Sa situation s'examinera donc au regard du seul droit interne, soit la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20) et l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA; RS 142.201).
4.
a) L'art. 50 al. 1 let. a LEI prévoit qu'après la dissolution de la famille, le droit du conjoint et des enfants à l'octroi d'une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité en vertu de l'art. 43 LEI subsiste lorsque l'union conjugale a duré au moins trois ans et que les critères d'intégration définis à l'art. 58a sont remplis.
b) La période minimale de trois ans de l'union conjugale commence à courir dès le début de la cohabitation effective des époux en Suisse et s'achève au moment où ceux-ci cessent de faire ménage commun (ATF 140 II 345 consid. 4.1 p. 348; 138 II 229 consid. 2 p. 231; TF 2C_40/2019 du 25 mai 2020 consid. 3.3.1). La limite des trois ans est absolue et s'applique même s'il ne manque que quelques jours pour atteindre la durée des trente-six mois exigés par l'art. 50 al. 1 let. a LEI (ATF 137 II 345 consid. 3.1.3 p. 347; 136 II 113 consid. 3.2 et 3.4 p. 116 s.; TF 2C_72/2019 du 7 juin 2019 consid. 4.1). Seules les années de mariage et non de concubinage sont pertinentes (ATF 140 II 345 consid. 4.1 p. 348). La notion d'union conjugale de l'art. 50 al. 1 let. a LEI ne se confond pas avec celle du mariage. Alors que celui-ci peut n'être plus que formel, l'union conjugale implique une vie conjugale effective, sous réserve des exceptions mentionnées à l'art. 49 LEI (ATF 137 II 345 consid. 3.1.2 p. 347; TF 2C_95/2020 du 24 avril 2020 consid. 4.1).
c) En l'espèce, l'union conjugale a duré depuis la date à laquelle la recourante a été mise au bénéfice d'une autorisation de séjour par regroupement familial, le 3 avril 2018, jusqu'à mi-juin 2019, où la recourante est allée habiter dans une chambre sous-louée à un ami (soit pendant quatorze mois et demi), puis depuis que les époux ont repris la vie commune, à la fin du mois de mars 2020 (le 23 mars 2020 selon la recourante, et le 30 mars 2020 selon B._, dans leurs déclarations respectives à la Police Riviera), jusqu'au mois de janvier 2021, date à partir de laquelle la recourante n'habitait plus dans l'appartement du couple (selon les déclarations au SPOP du 22 avril 2021 de B._) (soit pendant neuf à dix mois). L'union conjugale n'a par conséquent pas atteint le seuil de trois ans requis par l'art. 50 al. 1 let. a LEI. La recourante ne prétend d'ailleurs pas le contraire. Elle se prévaut par contre de l'art. 50 al. 1 let. b LEI.
d) L'art. 50 al. 1 let. b LEI prévoit que le droit du conjoint à l'octroi d'une autorisation de séjour et à sa prolongation subsiste après la dissolution de la famille lorsque la poursuite du séjour en Suisse s'impose pour des raisons personnelles majeures. Cette disposition vise à régler les situations qui échappent à l'art. 50 al. 1 let. a LEI, parce que le séjour en Suisse durant le mariage n'a pas duré trois ans ou parce que l'intégration n'est pas suffisamment accomplie ou encore parce que ces deux aspects font défaut mais que – eu égard à l'ensemble des circonstances – l'étranger se trouve dans un cas de rigueur après la dissolution de la famille (cf. ATF 138 II 393 consid. 3.1; TF 2C_737/2020 du 23 novembre 2020 consid. 4.2 et les références citées).
Selon l'art. 50 al. 2 LEI, les raisons personnelles majeures au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEI sont notamment données lorsque le conjoint est victime de violence conjugale, que le mariage a été conclu en violation de la libre volonté d'un des époux ou que la réintégration sociale dans le pays de provenance semble fortement compromise. Cette disposition n'est pas exhaustive et laisse aux autorités une certaine liberté d'appréciation humanitaire (cf. ATF 136 II 1 consid. 5.3; TF 2C_49/2021 du 20 mai 2021 consid. 2.1 et les références citées). Il convient ainsi de déterminer sur la base des circonstances de l'espèce si l'on est en présence d'un cas de rigueur. A cet égard, c'est la situation personnelle de l'intéressé qui est décisive et non l'intérêt public que revêt une politique migratoire restrictive. Il s'agit par conséquent uniquement de décider du contenu de la notion juridique indéterminée "raisons personnelles majeures" et de l'appliquer au cas d'espèce, en gardant à l'esprit que l'art. 50 al. 1 let. b LEI confère un droit à la poursuite du séjour en Suisse, contrairement à l'art. 30 al. 1 let. b LEI. Comme il s'agit de cas de rigueur survenant à la suite de la dissolution de la famille, en relation avec l'autorisation de séjour découlant du mariage, les raisons qui ont conduit à sa dissolution revêtent par conséquent de l'importance. L'admission d'un cas de rigueur personnel survenant après la dissolution de la communauté conjugale suppose que, sur la base des circonstances d'espèce, les conséquences pour la vie privée et familiale de la personne étrangère liées à ses conditions de vie après la perte du droit de séjour découlant de la communauté conjugale (art. 42 al. 1 et 43 al. 1 LEI) soient d'une intensité considérable (cf. ATF 138 II 393 consid. 3.1; 137 II 345 consid. 3; TF 2C_110/2020 du 9 juin 2020 consid. 4.1 et les références citées).
La situation visée par l'art. 50 al. 1 let. b LEI s’apparente en quelque sorte au cas de rigueur selon l’art. 30 al. 1 let. b LEI. Au demeurant, l’art. 31 OASA se rapporte autant à cette dernière disposition qu’à l’art. 50 al. 1 let. b LEI. L'art. 31 al. 1 OASA prévoit que parmi les éléments déterminants pour la reconnaissance d'un cas de rigueur, figurent, en particulier, la très longue durée du séjour en Suisse, une intégration sociale particulièrement poussée, une réussite professionnelle remarquable, une maladie grave ne pouvant être soignée qu'en Suisse, la situation des enfants, notamment une bonne intégration scolaire aboutissant après plusieurs années à une fin d'études couronnée de succès; constituent en revanche des facteurs allant dans un sens opposé le fait que la personne concernée n'arrive pas à subsister de manière indépendante et doive recourir à l'aide sociale, ou encore des liens conservés avec le pays d'origine (par exemple sur le plan familial) susceptibles de faciliter sa réintégration (cf. CDAP PE.2020.0143 du 17 septembre 2020 consid. 2c/aa; PE.2020.0013 du 8 juillet 2020 consid. 4c; PE.2019.0241 du 29 janvier 2020 consid. 5b et les références citées).
e) S’agissant de la violence conjugale, la personne admise dans le cadre du regroupement familial doit établir qu’on ne peut plus exiger d’elle qu’elle poursuive l’union conjugale, parce que cette situation risque de la perturber gravement. La violence conjugale doit par conséquent revêtir une certaine intensité (ATF 138 II 229 consid. 3.2.1, résumé in RDAF 2013 I p. 532; ATF 136 II 1 consid. 4 et 5; arrêts TF 2C_919/2019 du 25 février 2020 consid. 5.3.1; 2C_693/2019 du 21 janvier 2020 consid. 4.2; 2C_145/2019 du 24 juin 2019 consid. 3.2 et les réf. citées). La notion de violence conjugale inclut également la violence psychologique. A l’instar de violences physiques, seuls des actes de violence psychique d’une intensité particulière peuvent justifier l’application de l’art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI.
Par exemple, une attaque verbale à l'occasion d'une dispute ne suffit pas (cf. ATF 138 II 229 consid. 3.2 p. 233; RDAF 2013 I p. 533). De même, une simple gifle ou le fait pour un époux étranger d'avoir été enfermé une fois dehors par son épouse ne suffisent pas (cf. ATF 138 II 229 consid. 3.2.1 p. 232; 136 II 1 consid. 5.4 p. 5; arrêt TF 2C_1085/2017 du 22 mai 2018 consid. 3.1 et les arrêts cités). En revanche, le Tribunal fédéral a considéré qu'un acte de violence isolé, mais particulièrement grave, pouvait à lui seul conduire à admettre l'existence de raisons personnelles majeures au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI (cf. arrêt TF 2C_1085/2017 du 22 mai 2018 consid. 3.1 et les arrêts cités).
La personne étrangère qui se prétend victime de violences conjugales sous l'angle de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI est soumise à un devoir de coopération accru (cf. art. 90 LEI; ATF 138 II 229 consid. 3.2.3, résumé in RDAF 2013 I p. 532). Elle doit rendre vraisemblable, par des moyens appropriés (rapports médicaux ou expertises psychiatriques, rapports de police, rapports/avis de services spécialisés [foyers pour femmes, centres d'aide aux victimes, etc.], témoignages crédibles de proches ou de voisins, etc.), la violence conjugale, respectivement l'oppression domestique alléguée (arrêts TF
2C_693/2019 du 21 janvier 2020 consid. 4.4; 2C_145/2019 du 24 juin 2019 consid. 3.4 et les réf. citées).
Lorsque des contraintes psychiques sont invoquées, il incombe à la personne d'illustrer de façon concrète et objective, ainsi que d'établir par preuves le caractère systématique de la maltraitance, respectivement sa durée, ainsi que les pressions subjectives qui en résultent. Des affirmations d'ordre général ou des indices faisant état de tensions ponctuelles sont insuffisants (ATF 138 II 229 consid. 3.2.3, résumé in RDAF 2013 I p. 532; arrêts TF
2C_693/2019 précité consid. 4.4; 2C_145/2019 précité consid. 3.4 et les réf. citées;
2C_777/2015 du 26 mai 2016 consid. 3.3, non publié in ATF 142 I 152).
Il n'en reste pas moins, d'une part, que ces preuves pourront être apportées de différentes manières et à la faveur d'un faisceau d'indices convergents, et d'autre part, que l'autorité ne saurait rendre vaine l'obligation de l'Etat de protéger la dignité humaine ainsi que l'intégrité de l'époux étranger malmené par son conjoint (ATF 142 I 152 consid. 6.2).
f) Concernant par ailleurs la réintégration sociale dans le pays de provenance, l’art. 50 al. 2 LEI exige qu’elle semble fortement compromise. La question n’est donc pas de savoir s’il est plus facile pour la personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d’examiner si, en cas de retour dans le pays d’origine, les conditions de sa réintégration sociale, au regard de sa situation personnelle, professionnelle et familiale, seraient gravement compromises (ATF 138 II 229 consid. 3.1, résumé in RDAF 2013 I p. 532; arrêts TF 2C_1048/2019 du 6 février 2020 consid. 7.3.1; 2C_213/2019 du 20 septembre 2019 consid. 5.1.1 et les réf. citées; 2C_725/2019 du 12 septembre 2019 consid. 8.1). Le simple fait que l’étranger doive retrouver des conditions de vie qui sont usuelles dans son pays de provenance ne constitue pas une raison personnelle majeure au sens de l’art. 50 LEI, même si ces conditions de vie sont moins avantageuses que celles dont cette personne bénéficie en Suisse (ATF 139 II 393 consid. 6; arrêt du TF 2C_213/2019 précité consid. 5.1.1 et les réf. citées).
En tout état de cause, le fait qu'un étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré, socialement et professionnellement, et que son comportement n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas personnel d'extrême gravité; il faut encore que la relation du requérant avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse pas exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d'origine, ou que d'autres motifs du genre de ceux qui sont évoqués à l'art. 50 al. 2 LEI se présentent. Les relations de travail, d'amitié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient d'admettre un cas de rigueur (ATF 130 II 39 consid. 3; 124 II 110 consid. 2; 123 II 125 consid. 2).
g) En l'espèce, la recourante fait valoir que, pendant la seconde période de vie commune avec son mari (soit de mars 2020 à janvier 2021), elle a fait l'objet de violences psychologiques par celui-ci. Elle décrit, dans des lettres produites au SPOP le 2 avril 2021 et le 17 juin 2021, les faits suivants: son époux lui ordonnait de préparer des repas, lui faisait des reproches concernant la tenue du ménage et lui interdisait d'inviter des amis à la maison; pendant certaines périodes, il ne lui adressait pas la parole; lorsqu'ils se disputaient, il criait et frappait sur des meubles et des portes, ce qui lui inspirait la crainte qu'il la frappe; par ailleurs, après une dispute, il a confisqué la clef la salle de bain pendant plusieurs jours, ce qui a engendré chez elle un fort sentiment d'insécurité; enfin, à plusieurs reprises, il l'a mise à la porte de leur appartement. Elle se plaint que la pression psychologique qu'il a exercée à son égard lui a laissé des séquelles
permanentes, et que la
seule raison pour laquelle elle a supporté cette pression était qu'elle n'avait nulle part où aller.
h) Pour sa part, son époux a déclaré (lettre du 7 mars 2020) que, lorsqu'ils se sont mis en ménage la première fois, du fait de problèmes psychologiques qu'il présentait, il était irascible et ne supportait pas une autre présence que celle de son fils, raison pour laquelle il avait demandé à la recourante de quitter le domicile conjugal en juin 2019. On relève qu'il ressort également des déclarations de chacun des époux lors de leur audition par la Police Riviera les 30 et 31 octobre 2019 que c'est B._ qui avait demandé la séparation en juin 2019. Au sujet de la seconde période de vie commune des époux (durant laquelle la recourante se plaint d'avoir fait l'objet de violences conjugales),
B._
a indiqué lors de l'audience du 27 janvier 2021 devant la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois qu'après la reprise de la vie commune en mars 2020, les difficultés conjugales étaient rapidement réapparues, et qu'en juillet 2020, il avait demandé à la recourante de quitter le domicile conjugal, ce qu'elle n'avait pas fait, mais qu'elle passait souvent la nuit hors de l'appartement et était très souvent absente durant les week-ends.
i) Il y a lieu de constater que les reproches répétés et les cris (lors de disputes) de la part de son époux dont se plaint la recourante apparaissent s'inscrire plus
dans un contexte de mésentente du couple que dans un schéma durable de pouvoir et de domination à son encontre. Par ailleurs, ils n'atteignent pas un degré de gravité suffisant pour justifier le maintien de son autorisation de séjour. Quant au fait que
B._ l'
ait mise à plusieurs reprises à la porte de leur appartement, on relève que de tels actes, s'ils sont avérés, apparaissent également s'inscrire dans un contexte de mésentente du couple. Il ressort en effet du dossier que, rapidement après avoir repris la vie commune, en mars 2020, les conjoints ne se sont plus entendus, que
B._ a demandé depuis juillet 2020 à la recourante de quitter le domicile conjugal et qu'elle ne le faisait pas (cf. le prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale rendu le 3 mars 2021 par la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois, par lequel les époux ont été autorisés à vivre séparés,
la jouissance du domicile conjugal a été attribuée à B._ au vu de l'intérêt de son fils C._ à pouvoir demeurer dans l'environnement qui lui était familier,
et un délai au 30 avril 2021 a été fixé à la recourante pour quitter le domicile conjugal). On rappelle que depuis mai 2020, la recourante travaillait comme employée de production auprès de ******** et qu'étant autonome financièrement, elle pouvait par conséquent louer un logement séparé. Ainsi, pris en compte dans ce contexte, et s
ans aucunement minimiser les difficultés auxquelles la recourante - qui n'a pas de famille en Suisse - a été confrontée lorsqu'elle était mise à la porte du domicile conjugal, les actes de son époux
ne suffisent pas à établir une maltraitance psychologique d'une intensité particulière.
Dans ces circonstances, le SPOP a retenu à juste titre que la recourante ne pouvait pas se prévaloir de raisons personnelles majeures au motif qu’elle aurait été victime de violence conjugale. Le recours est ainsi infondé sur ce point.
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)
La recourante, sans toutefois explicitement faire valoir que sa réintégration dans son pays d'origine serait fortement compromise, soutient qu'elle vit en fait depuis 2009 en Suisse, qu'elle a toujours travaillé (sur ce point, cf. la description de ses emplois au § 2 de la lettre F de la partie Faits), qu’elle est autonome financièrement, qu'elle n'a jamais fait l'objet de condamnation, qu'elle n'a pas de poursuites et qu'elle n’a jamais bénéficié de l’aide sociale. Elle a produit, le 2 avril 2021, les lettres de recommandation de sept connaissances et amis qui la décrivent comme étant très bien intégrée et ayant de nombreux amis avec lesquels elle pratique différentes activités (cyclisme, randonnée, ski). Elle fait par ailleurs valoir qu'en Serbie, elle n'a plus que ses parents et une soeur avec lesquels elle n'a que peu ou pas de contacts, et qu'elle n'y possède aucun bien immobilier.
k) Or, si elle séjourne depuis 2009 en Suisse, son statut était toutefois illégal jusqu'au 3 avril 2018, date à laquelle elle a obtenu une autorisation de séjour, soit il y a seulement un peu plus de trois ans et demi. Elle n’a pour le surplus pas d’attache familiale dans notre pays. Née en Serbie (en 1984), elle y a vécu son enfance et le début de sa vie d'adulte. On peut donc présumer qu'elle y a conservé des attaches culturelles, sociales et familiales. Elle s'y est d'ailleurs mariée en 2017, preuve qu'elle semble y avoir conservé des liens avec sa famille. Par ailleurs, quand bien même elle ne disposerait pas de bien immobilier en Serbie, rien ne semble s’opposer à ce qu’elle y exerce une activité professionnelle pour subvenir à ses besoins.
Son âge n'est en outre pas à ce point avancé qu'il ne lui permettrait pas de se réinstaller dans son pays d'origine, cela d'autant plus qu'elle semble en bonne santé et qu'elle est sans charge de famille. Elle n'expose au demeurant aucun élément propre à démontrer qu'un tel retour l'exposerait à des difficultés insurmontables ou à un quelconque danger.
L’autorité intimée n’a donc pas non plus violé le droit en considérant que la recourante ne pouvait pas se prévaloir de raisons personnelles majeures en raison d’une réintégration sociale fortement compromise dans son pays d’origine.
l) Les conditions de l’art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI permettant d’obtenir la prolongation de l’autorisation de séjour ne sont ainsi pas remplies par la recourante.
m) On ajoutera encore que la poursuite du séjour de la recourante en Suisse ne se justifie pas non plus pour tenir compte d’un cas individuel d’une extrême gravité au sens des art. 30 al. 1 let. b LEI et 31 al. 1 OASA. En effet, les relations de travail, d’amitié ou de voisinage que l’étranger a pu nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec la Suisse qu’ils justifieraient une exemption des mesures de limitations du nombre des étrangers selon la jurisprudence (cf. ATF 130 II 39 consid. 3). Or, si la recourante apparaît relativement bien intégrée d’un point de vue socio-économique, et sans minimiser les efforts qu’elle a consenti à cet égard, on ne saurait toutefois retenir que son intégration serait particulièrement poussée. Pour le surplus, étant donné que la situation visée par l’art. 50 al. 1 let. b LEI s’apparente au cas de rigueur de l’art. 30 al. 1 let. b LEI, on peut renvoyer aux motifs figurant au considérant 4/k ci-dessus (cf. arrêt CDAP PE.2018.0480 du 22 janvier 2020 consid. 4b et 5 et les réf. citées).
5.
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Succombant, la recourante supportera les frais de justice. Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens (art. 49, 50 et 55 LPA-VD).