# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a0a243c0-f780-5057-90ae-d1b0478cf03e
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2010
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Monsieur F_ (ci-après l'assuré ou le recourant), né en 1967, célibataire, de nationalité suisse, domicilié à Genève, est au bénéfice d’un certificat de graphisme, d’un CFC de peintre en publicité ainsi que de formations complémentaires en informatique (Corel Draw 4, X-Press & Photoshop 3, X-Press & Illustrator 6). L’assuré s’est inscrit auprès de l’Office cantonal de l’emploi (ci-après OCE) et un délai-cadre d’indemnisation a été ouvert en sa faveur du 1
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septembre 2005 au 31 août 2007.
Après avoir épuisé ses droits en matière d’assurance chômage, l’assuré a déposé une demande de prestations d'aide financière auprès de l'Hospice général (ci-après l'Hospice) en date du 24 janvier 2007. Selon ce formulaire, l'assuré n'avait pas de fortune ou d'autre ressource qu'un compte bancaire. Au titre des charges étaient mentionnés un loyer de 1'810 fr. (charges comprises) par mois, les primes d’assurance-maladie, les cotisations AVS pour personne sans activité lucrative et une pension alimentaire. L’assuré possédait un véhicule. Selon la case réservée à l'assistant social, ce dernier a fait une demande d'enquête d'ouverture de dossier par le Service des enquêtes le 16 juillet 2007.
Joint à cette demande de prestations, l'assuré a également signé un formulaire intitulé "Mon engagement en demandant le revenu minimum cantonal d'aide sociale (RMCAS)" (ci-après le formulaire "Mon engagement"). Selon ce document, l'assuré s'est engagé notamment à tout mettre en œuvre pour améliorer sa situation sociale et financière, notamment en recherchant activement une activité rémunérée, à donner immédiatement et spontanément à l'Hospice tout renseignement et toute pièce nécessaire à l'établissement de sa situation personnelle, familiale et économique tant en Suisse qu'à l'étranger, en particulier toute information sur toute forme de revenu et à se soumettre en tout temps et sur simple demande de l'Hospice à une enquête du Service des enquêtes de l'Hospice sur sa situation personnelle et économique, notamment en autorisant les établissements bancaires, de crédit et les caisses de compensation à donner à l'Hospice tout renseignement utile le concernant.
Par courrier du 16 mars 2007, l'Hospice a accusé réception de la demande de prestations au RMCAS de l'assuré et l'a informé qu'il lui appartenait de lui faire connaître tout changement qui interviendrait dans sa situation personnelle ou économique, afin de lui permettre de procéder aux ajustements qui s'imposeraient le cas échéant (changement d'adresse, modification d'état civil, début ou fin d'activité lucrative, augmentation ou diminution de fortune, de cotisations d'assurance maladie, de loyer, etc.).
Par décision du 27 mars 2007, l'Hospice a mis l'assuré au bénéfice de prestations du revenu minimum cantonal d’aide sociale (RMCAS) pour la période du 1
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avril 2007 au 29 février 2008, soit 2'611 fr. par mois/31'332 fr. par année.
Le 23 mai 2007, l’assuré a signé avec le service du RMCAS de l’Hospice un contrat relatif à l'exercice de l'activité compensatoire en qualité de photo-lithographe opérateur en numérisation pour une durée d'un an, à partir du 29 mai 2007 auprès de l'Association pour le Patrimoine Industriel (ci-après l'API), à raison de 16 heures hebdomadaires. Par contrat du 27 février 2008, cette activité compensatoire a été renouvelée pour un an à compter du 29 mai 2007.
Les 27 février 2008 et 24 février 2009, l'assuré a renouvelé ses demandes d'aide financière. D'après ces documents, l'assuré a indiqué avoir travaillé du 1
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avril 2007 au 31 mai 2007 de manière interrompue et sur demande. Quant aux autres rubriques, rien n'avait changé depuis sa première demande en 2007.
Un nouveau contrat relatif à l'exercice de l'activité compensatoire a été signé par les parties en date du 4 mars 2009, pour une activité de photographe auprès de l’API, pour une durée d'un an à partir du 25 février 2009, à raison de 20 heures hebdomadaires.
Le 21 avril 2009, l’Hospice a diligenté une enquête « au besoin ». Par courrier du 15 juillet 2009, Madame F_, la sœur de l'assuré, a confirmé à l'Hospice avoir financé intégralement l'achat de la voiture de son frère.
Le 24 août 2009, le Service des Enquêtes de l'Hospice a établi son rapport d'enquête complète sur l'assuré, rapport duquel divers éléments sont ressortis. Concernant la situation du ménage, l'assuré vivait seul. Le constat réalisé durant la visite domiciliaire corroborait les déclarations de l'assuré. Ce dernier recevait toutefois sa fille les fins de semaine et une partie des vacances scolaires, conformément à son droit de visite. Quant à la famille de l'assuré, sa sœur lui fournissait, à titre de dépannage, une aide financière de manière sporadique et irrégulière, sans qu'une comptabilité et un remboursement précis soient prévus.
L'assuré occupait un appartement de cinq pièces dont le loyer s’élevait à 1'850 fr. charges comprises. L’assuré et sa sœur, cette dernière agissant comme caution solidaire mais résidant à une autre adresse, étaient titulaires du bail. L'assuré a déclaré pouvoir assumer le dépassement du plafond budgétaire de l'Hospice sur le poste logement grâce aux gains réalisés par son travail de photographe/graphiste, sans toutefois qu'un justificatif chiffré n'ait été présenté afin de cautionner cette affirmation.
Sous la rubrique des activités et/ou ressources, l'inspecteur relève que l'assuré a concédé œuvrer depuis octobre 2002 comme photographe/graphiste sur ordinateur en tant qu'indépendant (pas d'employé), ne pas tenir de comptabilité, mais avoir évalué les gains nets à une moyenne de 500 fr. mensuels sur une année ; et cela en plus des prestations du RMCAS. En outre, le rapport indique que pour exercer l'activité précitée, l'assuré louait un dépôt pour 450 fr. mensuels, que le matériel nécessaire à l'exercice de ses activités pouvait être estimé à environ 15'000 fr. selon les dires de l'assuré, que l'assurance RC couvrant le matériel précité couvrait une somme de 16'500 fr. et que l'assuré avait un site internet (www.mcdphotos.ch). De plus, selon contrôle du 8 juin 2009 auprès du registre de l'Office cantonal de l'emploi (ci-après l'OCE), l'assuré était inscrit depuis le 22 août 2002 et avait bénéficié d'un dernier délai cadre indemnisé allant du 1
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septembre 2005 au 31 août 2007. Selon le contrôle effectué le 16 juin 2009, l'assuré était inconnu du Registre du Commerce à Genève (RC), de l'index suisse des raisons de commerce (ZEFIX), de l'annuaire Orell Füssli et du Répertoire des Entreprises du Canton de Genève (REG). Quant aux avis de taxation pour les années 2007 et 2008, ils démontrent qu'aucune activité indépendante n'a été prise en compte.
Conformément aux dires de l'assuré et au courrier de sa sœur, l'assuré était titulaire d'un véhicule, dûment enregistré au registre de l'Office cantonal des automobiles et de la navigation et immatriculé le 28 octobre 2008. Quant à d'éventuels autres biens, l'assuré a déclaré n'avoir aucun autre bien mobilier ou immobilier, que ce soit en Suisse ou à l'étranger et ne pas s'attendre à participer à une succession ou à bénéficier d'un héritage à moyen ou long terme.
Par décision du 24 septembre 2009, l'Hospice a mis un terme à l'aide financière qu'il octroyait depuis le 1
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mars 2007 à l'assuré au titre du droit cantonal, avec effet au 30 septembre 2009. Cette décision était motivée par le fait que l'assuré n'avait pas déclaré son activité indépendante en tant que photographe/graphiste ainsi que les revenus liés à cette activité. Il était ressorti de l'enquête menée par l'Hospice que l'assuré œuvrait en tant qu'indépendant depuis 2002, que le matériel nécessaire à cette activité pouvait être estimé à environ 15'000 fr. et qu'il louait un dépôt pour un loyer mensuel de 450 fr. L'Hospice a souligné qu'en dissimulant des ressources qui auraient dû être prises en compte dans le calcul de son revenu déterminant, il avait gravement contrevenu à la loi stipulant que "le bénéficiaire doit déclarer à l'Hospice tout fait nouveau de nature à entraîner la modification du montant des prestations qui lui sont allouées ou leur suppression". L’Hospice a informé l'assuré que le remboursement des prestations perçues indûment lui serait demandé dans une décision ultérieure, conformément à la loi.
L'assuré était prié par ailleurs de faire parvenir à l'Hospice tout justificatif lié à son activité d’ici le 31 octobre 2009, c'est-à-dire un bilan d'activité, les bénéfices et ressources de son activité ainsi que le montant total des gains obtenus depuis l'ouverture de son droit le 1
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mars 2007. Enfin, l'Hospice s'est réservé le droit de déposer plainte pénale à l'encontre de l'assuré. En outre, la décision mettait également un terme à la prise en charge des cotisations d'assurance maladie obligatoire de base de l'assuré au titre du subside. Toutefois, l'Hospice a conseillé à l'assuré de se renseigner auprès du Service d'assurance maladie (ci-après le SAM) pour un éventuel subside partiel. La décision a été déclarée exécutoire nonobstant réclamation.
Par courrier du 25 septembre 2009, l'assuré a formé opposition à l'encontre de la décision de l'Hospice du 24 septembre 2009. Il a contesté l'état de fait relaté dans ladite décision. En effet, il a indiqué que son « activité » de photographe était connue de ses deux assistants sociaux, qui savaient également qu'il ne pouvait pas en vivre. L'assuré a dit l'avoir stipulé et expliqué lors de l'enquête financière. Il a expliqué avoir peut-être commis une erreur en ne déclarant pas tous ses revenus, mais sachant qu'il avait droit à 500 fr. par mois venant d'une activité « lucrative » sans que cela ne porte conséquence sur les versements de RMCAS, il n'avait pas pensé bon de déclarer ses petits « revenus » vu qu'ils ne dépassaient jamais les 500 fr. par mois. Il a déclaré au surplus qu'il ne pourrait jamais rembourser les prestations perçues, s'élevant à environ 70'000 fr., voire 100'000 fr.
Par courrier du 28 septembre 2009, l'Hospice a prié le SAM d'annuler l'attestation de subside pour l'assuré à partir du 1
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novembre 2009.
Par « décision en reconsidération » du 22 octobre 2009, annulant et remplaçant une précédente décision du 15 octobre 2009, le Centre d'action sociale et de santé des Grottes de l'Hospice (ci-après le CASS) a rappelé à l'assuré que les personnes exerçant une activité lucrative indépendante n'avaient pas droit à l'aide financière ordinaire. Toutefois, une aide financière exceptionnelle, limitée à trois mois au maximum, pouvait être octroyée aux personnes exerçant une telle activité. Cette aide, destinée à faire face aux besoins urgents, permettait au bénéficiaire de décider de la poursuite de son activité indépendante ou de son abandon et de prendre des dispositions en conséquence. Le CASS a cependant décidé d'allouer une aide financière exceptionnelle à l'assuré du 1
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novembre 2009 au 31 janvier 2010, aide qui prenait fin sans notification d'une nouvelle décision. A cette date, s'il renonçait à son statut d'indépendant et qu'il avait besoin d'une aide financière, il lui appartenait de déposer une nouvelle demande d'aide financière. Au vu de l'ensemble de la situation, le Centre a renoncé à réduire le montant de son aide de 15%.
Par décision du 26 octobre 2009 communiquée à l’assuré par courrier de l’Hospice daté du 27 octobre 2009, le Président du conseil d'administration de l'Hospice a rejeté l’opposition de l’assuré contre la décision du 24 septembre 2009. A l’appui de sa décision, l’Hospice a relevé que, sur sa demande de prestations initiales, l'assuré n'avait pas mentionné avoir un bénéfice/déficit provenant d'une activité indépendante et avait indiqué ne pas être titulaire d'autres baux à loyer que celui de son appartement. En outre, lors du premier entretien que l'assuré avait eu avec son assistant social, en date du 16 mars 2007, ce dernier lui avait fait remarquer que le montant de son loyer, soit 1'810 fr., était trop élevé pour être entièrement pris en charge par le RMCAS et qu'en raison de la taille de son logement (cinq pièces), il n'aurait pas droit à une allocation de logement. L'assistant social lui avait conseillé de changer de logement, ce que l'assuré n'a jamais fait.
L'Hospice a relevé ensuite que, lors de l'entretien du 14 juin 2007, l'assuré avait expliqué à son assistant social que le montant de 500 fr. crédité sur son compte provenant de X_ était un petit salaire qu'il avait perçu pour un travail effectué pour leur compte, ajoutant qu’il ne recevait pas de fiche de salaire pour des mandats de ce genre. L’Hospice a rappelé que le montant des prestations versées n'avait pas été modifié suite à l'entretien du 27 février 2008, alors que le compte bancaire de l'assuré avait été crédité de diverses petites sommes. En effet, ces sommes provenaient de trois mandats très ponctuels qu'il s'était vu attribués sur trois mois différents et pour lesquels il avait gagné environ 500 fr. à chaque fois.
Le 27 juillet 2009, l'assuré a déclaré à son assistante sociale avoir perdu tout espoir de retrouver un travail dans son domaine car cela faisait trop longtemps qu'il ne touchait plus aux machines. Ainsi, la possibilité d'une remise à niveau de
web designer
avait été évoquée, mais l'assuré avait déclaré que cela ne suffirait pas.

## Considerations