# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bfc4ae09-dab8-50a3-8f87-8323eec540fc
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Une procédure pénale est ouverte contre A._ pour escroquerie, faux dans les titres, obtention illicite de prestations d’une assurance sociale ou de l’aide sociale, emploi d’étrangers sans autorisation, délit contre la loi fédérale sur la surveillance des assurances et gestion fautive. Le prévenu a été placé en détention provisoire jusqu’au 24 juin 2017, détention ensuite prolongée, par ordonnances du Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : Tmc) à trois reprises, jusqu’au 22 février 2018.
B. Sur requête du Ministère public, par ordonnance du Tmc du 20 février 2018, le prévenu a été libéré moyennant des mesures de substitution qui ont été plusieurs fois prolongées et modifiées. En dernier lieu, le prévenu a été astreint au dépôt de son passeport (ch. 1), à l’obligation de se présenter auprès du CIG B._ chaque samedi avant 10.00 heures (ch. 2) et à l’obligation de se soumettre à une assistance de probation du Service de l’exécution des sanctions pénales et de la probation (ci-après : le SESPP) afin notamment de l’accompagner dans les démarches nécessaire à l’obtention d’un emploi (ch. 3). Les mesures de substitution 2 et 3 ont été une nouvelle fois prolongées pour une durée de 6 mois, soit jusqu’au 19 août 2019, la première mesure n’étant pas limitée dans le temps.
C. Sur requête du prévenu, il a été libéré de la deuxième mesure tout en restant astreint au respect des deux autres mesures. L’obligation de se soumettre à une assistance de probation, devenue la deuxième mesure, a été ordonnée jusqu’au 19 août 2019. La durée de la première mesure est restée illimitée dans le temps.
D. Par ordonnance du 20 août 2019, le Tmc a admis partiellement la requête du Ministère public et a prolongé la deuxième mesure pour une durée de 4 mois, soit jusqu’au 19 décembre 2019.
E. Le 29 août 2019, le prévenu a sollicité du Ministère public la renonciation à l’assistance de probation, dans la mesure où il exploiterait un commerce à titre d’indépendant et exercerait le métier de C._, activité correspondant à sa formation. A l’appui de sa requête, il a produit un contrat de bail à loyer pour des locaux commerciaux de durée indéterminée et débutant le 1er juillet 2019, ainsi que trois correspondances émanant de la Caisse de compensation de l’Etat de Fribourg du 22 août 2019, démontrant ainsi son inscription en qualité d’indépendant.
F. Le 2 septembre 2019, le Ministère public a sollicité le refus de la demande de modification du prévenu en rappelant les raisons pour lesquelles il a été soumis à l’assistance de probation, tout en précisant que la situation pourrait être réévaluée dans le cas où il retrouverait une situation stable. Il a relevé que les pièces produites par celui-ci ne démontraient pas que tel serait le cas. Il s’est également référé au courriel de D._ du 30 août 2019, responsable de l’assistance de probation du prévenu, duquel il ressortait qu’il n’avait pas d’expérience particulière dans la coiffure et que très peu d’éléments concrets concernant la mise en œuvre de cette activité, à savoir entre autres les tarifs applicables et le matériel nécessaire.
G. Le 5 septembre 2019, le prévenu a confirmé vouloir la levée de l’assistance de probation en expliquant notamment en lien avec le rapport de D._ que la profession de C._ n’exigeait pas une expérience particulière et que rien ne s’opposerait à ce qu’il engage de C._ professionnels, dotés d’une longue expérience. Selon lui, il n’est pas pertinent qu’il
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
expose de manière précise et détaillée les tarifs applicables et le matériel de coiffure qu’il compte utiliser dans l’exercice de son activité.
H. Par ordonnance du 11 septembre 2019 (100 2019 291), le Tmc a rejeté cette demande.
I. Le 23 septembre 2019, le prévenu a interjeté recours contre l’ordonnance précitée, concluant à l’admission de son recours, à l’annulation de ladite ordonnance, à la levée immédiate de l’assistance de probation et à ce que les frais de la présente procédure, fixés à CHF 250.-, suivent le sort de la cause.
J. Le 25 septembre 2019, le Tmc a conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité et a renvoyé, au surplus, au dispositif et aux considérants de l’ordonnance attaquée.
K. Le 27 septembre 2019, le Ministère public a conclu au rejet du recours en se référant à sa demande de refus de modification du 2 septembre 2019 et en se ralliant entièrement aux motifs exposés par le Tmc dans l’ordonnance attaquée.
L. Le 2 octobre 2019, le prévenu a indiqué renoncer à se déterminer.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l’art. 237 al. 4 CPP (Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 ; RS 312.0), les dispositions sur la détention provisoire s’appliquent par analogie au prononcé des mesures de substitution ainsi qu’au recours contre elles. Les décisions prononçant ou prolongeant de telles mesures sont ainsi sujettes à recours auprès de la Chambre pénale (ci-après : la Chambre ; art. 20 al. 1 let. c, 222 et 393 al. 1 let. c CPP; arrêts TC FR 502 2017 269 du 6 novembre 2017 consid. 1 et 502 2019 142 du 18 juin 2019 consid. 1).
1.2. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 381 al. 1 CPP). La loi reconnaît la qualité de partie au prévenu (art. 104 al. 1 let. a CPP).