# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 047050ac-192d-5681-a5f5-732676c956ab
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Par actes séparés du 1er février 2015, A._ et sa mère B._ ont déposé plaintes pénales pour diffamation, subsidiairement calomnie à l’encontre de C._, de D._, respectivement Présidente et Secrétaire de E._ (ci-après : la Commission), ainsi qu’envers tout autre membre en l’état inconnu de ladite Commission qui pourrait être tenu responsable de l’écrit incriminé. A._ a également déposé à leur encontre une dénonciation pénale pour tentative de contrainte (DO 1 ss et 23 ss).
A l’appui de leur plainte, A._ et sa mère ont allégué que par décision du 30 octobre 2014, la Commission avait refusé l’octroi de l’aide sociale au recourant à partir du 1er novembre 2014, en substance au motif qu’il ne respectait pas l’obligation de collaborer avec le Service de l’aide sociale de E._ (ci-après : le Service de l’aide sociale), en particulier qu’il refusait de présenter les documents nécessaires à l’enquête, et qu’il refusait le principe de prendre tout emploi qui lui était proposé. Par décision du 2 décembre 2014, la Commission a rejeté la réclamation formée par A._. Un recours contre cette décision est actuellement pendant devant la Iere Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal ; dans le cadre de la procédure de recours, la Commission a formulé des observations le 21 janvier 2015. A._ soutient que les reproches que la Commission lui a alors faits (« la Commission sociale retire de ces considérations que M. A._ dispose de ressources auprès de tiers, lui permettant de financer une formation complémentaire coûteuse » ; observations du 21.01.2015, p. 7) jettent sur lui le soupçon d’être un escroc au sens de l’art. 146 CP, ce qui est propre à porter atteinte à sa considération et qui est constitutif de diffamation (art. 173 CP). De plus, il reproche à la Commission de commettre une tentative de contrainte à son égard en requérant la production de l’avis de taxation de sa mère sous peine de refus d’aide matérielle. B._ s’est ralliée au premier grief de son fils, estimant que la Commission a tenté de la faire passer pour une escroc en soutenant qu’elle aurait financé la formation complémentaire de son fils alors qu’il l’aurait payée par le biais de ses propres économies.
Aucune détermination n’a été demandée à la Commission par l’autorité intimée.
B. Par ordonnance du 25 février 2015, le Ministère public a refusé d’entrer en matière sur les plaintes pénales et la dénonciation pénale de A._ et de B._ considérant qu’il est évident que les observations du 21 janvier 2015 ne contiennent aucune remarque qui puisse être objectivement considérée comme attentatoire à l’honneur et que le grief de tentative de contrainte est manifestement infondé. Le Ministère public a en outre mis les frais de procédure à charge de A._ à hauteur des 2/3 et de sa mère à hauteur de 1/3 afin de sanctionner l’usage abusif qu’ils ont fait de la voie pénale.
C. Par mémoire du 6 mars 2015, A._ a interjeté recours contre cette ordonnance, concluant à son annulation et à ce qu’il soit ordonné au Ministère public de procéder à des investigations dans le cadre de la plainte pénale pour diffamation, respectivement pour calomnie, afin de déterminer les auteurs de l’infraction, de mettre sur pied une tentative de conciliation et en cas d’échec de poursuivre la procédure par la voie de la condamnation, ainsi que de poursuivre la procédure pénale pour contrainte par la voie de la condamnation. Il a en outre conclu à ce que les frais de procédure soient supportés par les prévenus et, à défaut, par l’Etat, et a requis l’octroi d’une équitable indemnité de partie à charge de l’autorité intimée. Par la même occasion, le recourant a sollicité l’octroi de l’effet suspensif à son recours ainsi que le bénéfice de l’assistance judiciaire.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 8
Invité à se déterminer, le Ministère public a conclu, par courrier du 19 mars 2015, à ce que la requête d’effet suspensif soit déclarée sans objet, ainsi qu’au rejet du recours et de la requête d’assistance judiciaire, frais à la charge du recourant.
Par courrier remis au greffe du Tribunal cantonal le 30 mars 2015, le recourant a spontanément livré des contres-observations.

## Considerations

en droit
1. a) En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0] et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice [LJ; RSF 130.1], la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
b) Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance querellée a été notifiée au recourant le 2 mars 2015, si bien que le mémoire de recours, remis au greffe du Tribunal cantonal le 6 mars 2015, a été adressé à l’autorité en temps utile.
c) aa) Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 CPP). La notion de partie doit être comprise au sens des art. 104 et 105 CPP, si bien que, outre le prévenu et la partie plaignante, les autres participants à la procédure peuvent être considérés comme ayant la qualité pour recourir, pour autant qu’ils aient participé à la procédure de première instance et disposent d’un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l’annulation de la décision entreprise (DEPEURSINGE, CPP annoté, 2015, art. 382, p. 461). L’intérêt doit être juridique et direct. La partie recourante doit démontrer en quoi la décision attaquée viole une règle de droit destinée à protéger ses intérêts et en quoi elle en déduit un droit subjectif (MOREILLON/PAREIN-REYMOND, CPP Code de procédure pénale, 2013, art. 383 N 2, 3 et les réf. citées). Une partie qui n’est pas concrètement lésée par la décision ne possède pas la qualité pour recourir et son recours est irrecevable (DEPEURSINGE, op. cit., 2015, art. 382, p. 461).
bb) En tant que partie plaignante (art. 104 al. 1 let. b CPP), A._ a qualité pour recourir.
cc) Dans ses contre-observations du 28 mars 2015, A._ estime être en droit de « se prévaloir de la plainte » de sa mère, celle-ci se ralliant au reproche de soupçon d’escroquerie. On ne perçoit pas ce que cela signifie. A supposer que le recourant considère que sa mère est également partie à la procédure de recours, il se trompe manifestement, B._ n’ayant pas signé le recours (art. 110 al. 1 CPP) et seul A._ étant désigné comme recourant dans le mémoire du 6 mars 2015.