# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7a168b77-9cb1-4f4c-b550-dbe63578fccd
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

fait qu’un jugement de première instance ait été revu fait cesser le cours de
la prescription de l’action pénale, de sorte que c’est l’ancien droit, plus
favorable à A., qui trouve application en l’espèce.
3.4 L’autorité précédente retient dans son jugement que le délai de
prescription s’est interrompu en date du 12 mars 2019 lors du prononcé du
jugement SK.2019.3 tandis que l’appelant soutient que le délai n’a pas été
interrompu et, par conséquent, la prescription aurait été acquise durant la
rédaction de la motivation du jugement de première instance.
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3.5 Contrairement au nouveau droit qui prévoit expressément que la
prescription ne court plus si, avant son échéance, un jugement de première
instance a été rendu (art. 97 al. 3 CP), l’ancien droit prévoyait que la
prescription cessait de courir après le prononcé d’un jugement de
condamnation exécutoire (ATF 127 IV 220 consid. 2 et la référence citée et
arrêt du Tribunal fédéral 6B_653/2014 du 22 décembre 2017 consid. 1.2.1).
Un tel jugement entrait en force lorsque plus aucun recours ordinaire ne
pouvait être déposé (ATF 121 IV 64 consid. 2). Le pourvoi en nullité au
Tribunal fédéral était une voie de droit extraordinaire de sorte que le dépôt
d’un tel recours n’avait pas d’influence sur la prescription de l’action pénale
avec l’ancien droit de prescription. Si le pourvoi en nullité était admis et par
conséquent le jugement qui avait mis fin à la prescription de l’action pénale
était annulé, son entrée en force était également mise à néant et la
prescription recommençait à courir. Dans ce cas, la prescription était
suspendue entre le jugement de condamnation et le jugement du Tribunal
fédéral et le délai allongé d’autant (ATF 115 Ia 321 consid. 3e p. 325). Le
délai recommençait ainsi à courir avec la notification du jugement du
Tribunal fédéral (cf. ATF 92 IV 171; plus récemment arrêt du Tribunal
fédéral 6S.683/2001 du 28 janvier 2002 consid. 3c). Il en allait de même en
cas d’admission partielle du pourvoi en nullité; par exemple si l’autorité
précédente devait revoir la peine en raison de l’abandon de certains des
chefs sur lesquels reposaient la condamnation prononcée (ATF 129 IV 305
consid. 6.2). Ainsi, les voies de droit extraordinaires, comme l’était l’ancien
pourvoi en nullité, n’avaient pas d’influence sur la question de la
prescription pénale.
3.6 Selon la jurisprudence, le recours en matière pénale est une voie de
recours extraordinaire, comme l’était l’ancien pourvoi en nullité (arrêts du
Tribunal fédéral 6B_440/2008 du 11 novembre 2008 consid. 3.3;
6B_298/2007 du 24 octobre 2007 consid. 5 non publié in ATF 134 IV 26;
6B_146/2007 du 24 août 2007 consid. 7.2 non publié in ATF 133 IV 293;
contrairement au recours en matière de droit public cf. ATF 138 II 169). Il
est en principe cassatoire (arrêts du Tribunal fédéral 6B_440/2008 précité
consid. 3.3; 6B_298/2007 précité consid. 5 non publié in ATF 134 IV 26;
6B_146/2007 précité consid. 7.2 non publié in ATF 133 IV 293;
WILLISEGGER, Strafrechtswissenschaft und Rechtsprechung des
Bundesgerichts – zwei fremde Welten?, forumpoenale 2013, p. 104 ss,
107). Comme l’était le pourvoi en nullité, le recours en matière pénale n’est
pas entièrement dévolutif. Il ne permet pas un examen complet de toutes les
questions de fait et de droit. Il est en principe limité à l’examen des
questions de droit et à l’établissement manifestement inexact des faits.
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3.7 Les jugements rendus par la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal
fédéral jusqu’au 31 décembre 2018 ont effectivement interrompu la
prescription dans la mesure où la seule voie de recours ouverte contre ceux-
ci à l’époque était une voie de droit extraordinaire, soit la voie du recours en
matière pénale au Tribunal fédéral. Il n’existait pas d’autorité de seconde
instance avec plein pouvoir de cognition au niveau fédéral. En l’espèce, les
recours ayant été admis, le délai de prescription a recommencé à courir dès
la date de notification des arrêts du Tribunal fédéral et le délai a été rallongé
d’autant.
3.8 Au 1er janvier 2019, l’institution de la Cour d’appel du Tribunal pénal
fédéral a créé une voie de recours ordinaire, soit celle de l’appel au sens de
l’art. 398 ss CPP. L’appel produit en principe un effet dévolutif complet et
confère à la juridiction d’appel un plein pouvoir d’examen lui permettant de
revoir la cause librement en fait, en droit et en opportunité (art. 398 al. 2 et
3 CPP; cf. ATF 141 IV 244 consid. 1.3.3; arrêt du Tribunal fédéral
6B_827/2017 du 25 janvier 2018 consid. 1.1).
Ainsi, lorsque le condamné fait appel et qu’en vertu de la procédure ce
recours a un effet dévolutif et suspensif, il faut prendre en considération le
moment où le jugement de seconde instance a été rendu (cf. art. 398 al. 2
CPP; cf. ATF 132 IV 1 consid. 6.2.1 p. 4; 115 IV 95 consid. 3). Le fait que
la jurisprudence susmentionnée se réfère aux instances cantonales ne
change rien à l’interprétation des dispositions.
Le jugement de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral dont
le dispositif a été notifié le 12 mars 2019, soit après l’entrée en vigueur de la
Cour d’appel, n’a dès lors pas interrompu la prescription, laquelle a
continué à courir.
3.9 En l’occurrence, l’appelant a été condamné pour escroquerie par
jugement du 10 octobre et complément du 29 novembre 2013. Le délai de
prescription de l’action pénale a été interrompu par le prononcé du
jugement, au plus tard le 29 novembre 2013 et jusqu’au 28 décembre 2017,
date de la notification de l’arrêt de renvoi du Tribunal fédéral. Le délai de
prescription a ainsi été rallongé d’autant, ainsi la prescription de l’action
pénale a été interrompue au moins 241 jours avant son échéance absolue du
28 juillet 2014. Le délai de prescription a ainsi recommencé à courir à
compter du 28 décembre 2017, jusqu’au 3 juillet 2018 (date du jugement de
la Cour des affaires pénales), soit durant 187 jours. Le délai a à nouveau été
valablement interrompu le 3 juillet 2018 (date du jugement de la Cour des
affaires pénales), soit 54 jours avant son échéance, jusqu’à la notification de
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l’arrêt du Tribunal fédéral du 27 décembre 2018, le 24 janvier 2019. Le
délai de prescription a ainsi recommencé à courir, sans être interrompu par
le jugement rendu le 12 mars 2019 par l’autorité de première instance,
celui-ci ne revêtant pas la qualité de jugement de condamnation exécutoire
au sens de l’ancien droit applicable à A. La prescription absolue a été
acquise, dans tous les cas, au plus tard le 8 mai 2019.
3.10 L’action pénale étant prescrite, il convient de constater que les
conditions à l’action pénale ne sont plus réunies et, par conséquent,
d’ordonner le classement de la procédure. Le jugement de première instance
est ainsi caduc.
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27. Extrait de la décision de la Cour des plaintes dans la cause A. contre
Ministère public de la Confédération du 26 novembre 2019 (BB.2019.242)
Suspension de l’instruction; indemnisation
Art. 314 en lien avec l’art. 322 al. 2 CPP
Caractère contraignant des arrêts de renvoi (consid. 2.1). Dès le moment où le
prévenu remplit les conditions prévues à l’art. 429 al. 1 CPP et qu’aucun des
motifs – exhaustifs – de réduction ou de refus d’une indemnisation ne peut lui
être imputé (art. 430 CPP), celle-ci doit lui être accordée. Le ministère public ne
peut pas, dans un premier temps, classer la procédure pour, par la suite,
suspendre l’instruction dans la mesure où elle concerne la question de
l’indemnité (consid. 2.2).
Sistierung der Untersuchung; Entschädigung
Art. 314 i.V.m. Art. 322 Abs. 2 StPO
Verbindlichkeit von Rückweisungsentscheiden (E. 2.1). Erfüllt die beschuldigte
Person die Voraussetzungen von Art. 429 Abs. 1 StPO und kann ihr keiner der
in Art. 430 StPO abschliessend aufgezählten Gründe für eine Herabsetzung
oder Verweigerung einer Entschädigung zur Last gelegt werden, so ist ihr eine
Entschädigung auszurichten. Die Staatsanwaltschaft kann nicht in einem ersten
Schritt die Untersuchung einstellen und sie nachher sistieren, soweit diese noch
die Frage nach der Entschädigung zum Gegenstand hat (E. 2.2).

## Considerations