# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cbbe594b-559d-5fad-adce-ccdecca308d3
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 26 juillet 2021, A_ et B_ (ci-après: les époux A/B_) recourent contre l'ordonnance du 15 juillet 2021, notifiée le lendemain, par laquelle le Ministère public a notamment maintenu le séquestre sur la relation 1_, dont le titulaire est C_ (ci-après: C_), ouverte en les livres de D_ SA (ci-après: D_).
Les recourants concluent, sous suite de frais, à l'annulation de cette décision et à ce qu'il leur soit restitué les USD 540'000.- versés sur ladite relation bancaire.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Le 18 mars 2019, les époux A/B_ ont déposé plainte pénale contre E_. Ils avaient mandaté sa société pour qu'il intervienne comme gestionnaire de fortune sur leur compte. Celui-ci l'avait débité indument de trois transferts de fonds, dont un, le 5 février 2019, d'un montant de USD 540'000.- en faveur de C_.
b.
Le 26 février 2019, le Ministère public a ordonné plusieurs séquestres, dont celui des avoirs en compte pour la relation 1_, dont était titulaire C_ auprès de D_.
c.
F_ est l'ayant droit économique dudit compte.
d.
Le 5 mai 2020, C_ a requis du Ministère public la levée du séquestre portant sur ses avoirs.
e.
Dans leurs déterminations du 30 avril 2021, les époux A/B_ se sont principalement opposés à la levée dudit séquestre, concluant subsidiairement à son maintien à hauteur de USD 990'000.-, correspondant aux transferts effectués de manière indue depuis leur compte, et sollicitant la restitution immédiate de USD 540'000.-.
C.
Dans son ordonnance querellée, qui porte simultanément sur plusieurs séquestres, dont celui touchant C_, le Ministère public a retenu que les valeurs litigieuses étaient le produit d'une infraction, E_ ayant reconnu les avoir débitées sans droit. Elles ne pouvaient néanmoins pas être clairement identifiées, de sorte qu'une restitution ne pouvait pas être envisagée. S'agissant d'une créance compensatrice, la bonne foi de F_ pouvait difficilement être retenue. Pour le surplus, la condition de la contre-prestation faisait défaut. Les séquestres étaient donc maintenus, notamment celui portant sur les avoirs de C_.
D.
a.
Dans leur recours, les époux A/B_ soutiennent que le montant de USD 540'000.- était clairement identifié sur le compte de C_, parmi les avoirs séquestrés. Aucun autre montant n'avait été crédité sur ledit compte en provenance des parties plaignantes à la procédure. De plus, seule une autre partie plaignante avait élevé une prétention en restitution en relation avec les avoirs du compte de C_. Or, les avoirs séquestrés étaient suffisants pour couvrir cette prétention également, ce qui excluait toute contestation. À titre subsidiaire, ils soutiennent bénéficier d'un droit préférable à l'attribution du montant de USD 540'000.-. Enfin, deux ans s'étaient déjà écoulés depuis l'ouverture de la procédure pénale, sans perspective d'aboutissement, de sorte qu'il était disproportionné de leur imposer d'attendre le jugement pénal.
b.
La cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni débats.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
2.
2.1.
En sa qualité d'autorité de recours, la Chambre de céans ne peut statuer que sur une décision préalable (art. 393 al. 1 let. a CPP;
ACPR/333/2021
du 20 mai 2021 consid. 3).
2.2.
En l'espèce, l'unique conclusion des recourants vise la restitution de USD 540'000.- versés sur la relation bancaire dont C_ est titulaire.
Or, l'ordonnance querellée ne se prononce en aucun cas sur ce point. Dans le dispositif de sa décision, le Ministère public a uniquement ordonné le maintien du séquestre sur la relation bancaire de cette entité, notamment.
Si le Ministère public a certes exclu toute restitution des fonds aux lésés en l'état, faute de pouvoir identifier clairement les valeurs litigieuses, il ne s'est pas formellement prononcé sur cet objet. Sa saisine ne portait que sur la requête en levée de séquestre de C_. Mais surtout, il a fait droit à la conclusion principale prise par les recourants dans leurs déterminations du 30 avril 2021.
3.
À défaut donc de décision motivée préalable, le recours doit être déclaré irrecevable.
4.
Les recourants, qui succombent, supporteront, conjointement et solidairement, les frais envers l'État, fixés en totalité à CHF 600.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
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