# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 75c1b6db-70ac-5644-979e-6906b435c173
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Par décision du 6 novembre 2014, la Justice de paix de l’arrondissement de la Veveyse ( : la Justice de paix) a institué en faveur de B._, née en 1992, une curatelle de portée générale, au motif qu’elle souffre d’un retard mental léger avec un trouble du comportement et un trouble dépressif récurrent et qu’elle ne dispose pas de sa capacité de discernement pour gérer ses affaires, de sorte qu’elle est totalement empêchée d’assumer elle-même la sauvegarde de ses intérêts et nécessite une assistance personnelle et patrimoniale globale.
B. Par décision du 19 février 2019, la Justice de paix a levé la curatelle de portée générale en faveur de B._ et institué, en lieu et place, une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine. Il apparaissait, en effet, que depuis l’institution de la mesure, des progrès avaient été observés quant à l’état de santé de B._ et de l’autonomie qu’elle semblait progressivement acquérir, si bien qu’une curatelle de portée générale n’était plus nécessaire.
C. Par courrier du 16 juillet 2020, la mère de B._, A._, a sollicité la levée de la mesure de curatelle de sa fille. A l’appui de sa demande, elle a indiqué que l’intéressée avait la faculté d’agir raisonnablement, qu’elle prenait ses responsabilités et assumait sa vie personnelle. Elle a ajouté que B._ avait de bons contacts avec l’extérieur et son entourage et gérait son compte C._ avec rectitude. A._ a de plus indiqué que sa fille bénéficiait de tout le soutien nécessaire de la part de son entourage dans l’accomplissement de ses démarches de sorte que la mesure de protection n’était désormais plus utile.
Le 3 septembre 2020, B._, A._ et D._, curatrice de l’intéressée, ont comparu à la séance de la Justice de paix. Il ressort des déclarations de B._ qu’elle a entrepris une formation à distance dans le domaine médical durant les trois dernières années. Elle a relaté toutefois les difficultés qu’elle avait rencontrées lors de l’évaluation finale en raison du stress que cela avait provoqué pour elle et du manque de confiance en elle qu’elle avait ressenti. B._ a indiqué qu’elle n’avait actuellement pas d’activité et passait son temps à la maison, auprès de sa mère, mais a déclaré souhaiter trouver désormais une nouvelle activité en fonction de ses capacités, une nouvelle formation ou un atelier. Elle a également exprimé le souhait de prendre son indépendance en rejoignant, par exemple, un appartement protégé. Elle a exprimé à cet égard son besoin de voir plus de monde et le fait que la solitude lui pesait parfois. Elle a par ailleurs proposé diverses solutions en vue de quitter le domicile de sa mère mais a surtout exprimé son hésitation et sa difficulté à se prononcer précisément sur l’activité qu’elle souhaiterait faire ou le lieu où elle souhaiterait vivre. B._ a expliqué bénéficier d’un budget de CHF 200.- par semaine à sa libre disposition qu’elle utilise pour de petites courses ou pour ses autres besoins quotidiens. Pour le surplus, elle a indiqué souhaiter continuer à bénéficier de la mesure et de l’aide de sa curatrice au vu de sa situation. Interpellée à son tour, D._ a exposé que l’intéressée bénéficiait d’une rente AI complète et était considérée comme inapte au travail ordinaire. Elle a expliqué que l’AI pourrait éventuellement proposer des places de travail dans le cadre de mesures de réinsertion, mais qu’il était nécessaire pour cela que le médecin psychiatre de l’intéressée transmette encore des documents. S’agissant de son mandat, D._ a indiqué qu’elle n’avait pour tâches que de régler quelques factures et prendre contact régulièrement avec les prestations complémentaires pour les remboursements. Au surplus, c’est la mère de l’intéressée qui se charge des questions en lien avec le logement. La curatrice a ajouté que B._ lui avait demandé d’apprendre à faire ses paiements elle-même. A cet égard, D._ a indiqué que l’intéressée était en mesure de faire ses paiements à la Poste par elle-même, tout en
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précisant qu’elle ne connaissait toutefois pas ses compétences informatiques. Elle a ajouté en définitive qu’au vu des éléments discutés lors de l’audience, il apparaissait qu’outre la gestion financière et les différentes factures à payer, il y avait beaucoup d’autres choses à mettre en place avant de pouvoir lever la mesure. Il ressort des déclarations de A._ que sa fille va beaucoup mieux et gère tout à fait bien ses comptes bancaires, raison pour laquelle elle a sollicité la levée de la mesure. Toutefois, elle a expliqué que la période de pandémie l’avait secouée si bien qu’elle était plus inquiète et angoissée. A._ a ajouté que sa fille avait néanmoins fait beaucoup de progrès depuis l’institution de la mesure, qu’elle avait toujours cherché ses occupations par elle-même et avait travaillé sur tout ce qu’elle avait entrepris. Elle s’est dite en outre favorable à ce que l’intéressée prenne son indépendance mais a relevé l’importance qu’elle puisse bénéficier d’une activité professionnelle avant cela. Elle a évoqué diverses idées de lieux de vie ou occupationnels qui pourraient correspondre aux besoins et aux compétences de B._.
D. Par décision du 7 septembre 2020, la Justice de paix a maintenu la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine instituée en faveur de B._ et a maintenu D._ dans sa fonction de curatrice de l’intéressée ainsi que confirmé ses tâches dans le cadre de son mandat. La Justice de paix a, de plus, donner à la curatrice pour tâche spécifique de tenter d’autonomiser l’intéressée en lui confiant progressivement notamment le paiement de certaines factures. Les frais judiciaires ont été mis à la charge de B._.
E. Par courrier du 30 novembre 2020, A._ a interjeté un recours contre cette décision, concluant à la levée de la mesure de protection en faveur de sa fille.
F. Par courrier daté du 11 décembre 2020 et envoyé par email à cette date mais par pli postal le 22 décembre 2020, la Justice de paix s’est déterminée sur le recours et a conclu à son rejet et au maintien de la mesure de protection.
G. Par courrier du 7 janvier 2021, A._ a complété son recours.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte (ci-après : la Cour ; art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).