# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7bb73501-6911-596a-acb6-0f17a9f6c673
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Le 7 février 2020, la société B._ SA a requis la faillite de A._ SA dans la poursuite n° ccc de l'Office des poursuites de la Gruyère. Par décision du 16 mars 2020, le Président du Tribunal civil de la Gruyère a prononcé la faillite de la débitrice, celle-ci n'ayant soulevé aucune exception prévue par les art. 172 ss LP. Cette décision a été notifiée à la défenderesse le 28 mars 2020.
B. Par courrier du 30 avril 2020, A._ SA a déposé un recours contre la décision prononçant sa faillite et a conclu à son annulation au motif que la société a prévu de cesser son activité à la fin de l’année et aimerait pouvoir vendre son matériel dans de bonnes conditions dans cette optique. Elle a en outre sollicité l'effet suspensif.
C. Le 30 avril 2020, A._ SA a versé en dépôt auprès du Tribunal cantonal la somme de CHF 5’030.- couvrant la dette faisant l'objet de la réquisition de faillite.
D. La créancière n'a pas été invitée à se déterminer sur le recours.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Conformément à l'art. 174 al. 1 LP, la décision du juge de la faillite peut, dans les dix jours, faire l'objet d'un recours. La décision attaquée a été notifiée au recourant le 28 mars 2020. Par ordonnance sur la suspension des poursuites au sens de l’art. 62 LP du 18 mars 2020, le Conseil fédéral a décidé qu’en raison de la pandémie, du 19 mars au 4 avril 2020 inclus, les poursuites seraient suspendues dans toute la Suisse, période suivie immédiatement par les féries de Pâques. Le délai pour recourir contre une décision notifiée pendant cette suspension commençait donc à courir dès le lundi 20 avril 2020. Interjeté le 30 avril 2020, le recours l’a donc été en temps utile.
1.2. Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC), les parties pouvant toutefois faire valoir, selon l'art. 174 LP, des  (al. 1) ainsi que, à certaines conditions, de vrais nova (al. 2).
1.3. En application de l'art. 327 al. 2 CPC, la Cour statue sur pièces.
2.
2.1. Selon l'art. 174 al. 2 LP, l'autorité de recours peut annuler le jugement de faillite lorsque le débiteur rend vraisemblable sa solvabilité et qu’il établit par titre que la dette, intérêts et frais compris, a été payée (ch. 1), la totalité du montant à rembourser a été déposée auprès de l’autorité de recours à l’intention du créancier (ch. 2) ou que le créancier a retiré sa réquisition de faillite (ch. 3).
Les motifs empêchant la faillite doivent être apparus et soulevés dans le délai de recours (ATF 139 III 491 consid. 4; ATF 136 III 294 consid. 3.1). La solvabilité, au sens de l'art. 174 al. 2 LP, se définit par opposition à l'insolvabilité au sens de l'art. 191 LP. Celle-ci, qui n'équivaut pas au surendettement, est l'incapacité du débiteur, en raison d'un manque de liquidités qui n'apparaît pas
Tribunal cantonal TC Page 3 de 5
seulement temporaire, de payer ses dettes échues. Selon l'art. 174 al. 2 LP, le débiteur doit seulement rendre vraisemblable – et non prouver – sa solvabilité; il ne peut toutefois se contenter de simples allégations, mais doit fournir des indices concrets tels que récépissés de paiement, justificatifs des moyens financiers (avoirs en banque, crédit bancaire) à sa disposition, liste des débiteurs, extrait du registre des poursuites, comptes annuels récents, bilan intermédiaire, etc. (arrêt TF 5P.399/1999 du 14 janvier 2000 consid. 2b et les références; cf. aussi arrêt TC in RFJ 2001 p. 69).
Le débiteur doit établir qu'il n'est pas insolvable, c'est-à-dire qu'il n'existe plus contre lui d'actes de défaut de biens définitifs après saisie et/ou d'actes de défaut de biens après faillite mentionnant qu'il a reconnu sa dette: pour ce faire, il doit produire une attestation de l'office des poursuites de son domicile. Pour rendre vraisemblable sa solvabilité, c'est-à-dire l'état dans lequel le débiteur dispose de moyens liquides suffisants pour acquitter ses dettes exigibles, le poursuivi doit établir qu'aucune requête de faillite dans une poursuite ordinaire ou dans une poursuite pour effets de change n'est pendante contre lui et qu'aucune poursuite exécutoire n'est en cours contre lui (GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, Vol. 3 art. , 2e éd. 2001, art. 174 n. 43 s.). Lorsque des poursuites ont atteint le stade de la commination de faillite, le débiteur doit en principe prouver par titre qu'une des hypothèses de l'art. 174 al. 2 ch. 1 à 3 LP est réalisée à leur égard, à moins que ne résulte du dossier la vraisemblance qualifiée de l'existence de disponibilités en liquidités objectivement suffisantes non seulement pour payer ces créances, mais aussi pour faire face aux autres prétentions créancières déjà exigibles (CR , 2005, art. 174 n. 13). S'agissant de sa solvabilité, le débiteur doit rendre vraisemblable qu'il est en mesure de régler ses créances à leur échéance ou du moins sur une durée déterminable. Etre insolvable ne signifie pas avoir provisoirement des difficultés de paiement, mais bien plus se trouver dans une telle situation pour une période indéterminable (AMONN/WALTHER, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrecht, 9e éd. 2013, § 38 n. 14).
2.2. La recourante a acquitté le 30 avril 2020 la somme de CHF 5’030.- couvrant la totalité du montant à rembourser à la créancière, y compris les intérêts et les frais, mais pas les frais de la procédure de faillite. Il n’est pas certain que, dans ces circonstances, la condition de l'art. 174 al. 2 ch. 2 LP est réalisée. Cette question peut cependant être laissée ouverte pour les motifs suivants.