# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d03135eb-1440-4723-bdc5-2fc2d5454e31
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par jugement du 23 mars 2022, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à B_ la garde sur l’enfant C_, née le _ 2016 à Genève (ch. 4 du dispositif), réservé à A_ un droit de visite devant s’exercer, à défaut d’accord contraire des parties, à raison d'un week-end sur deux, du vendredi en fin d'après-midi au dimanche début de soirée, ainsi que deux fois une semaine durant les vacances d'été (ch. 5), maintenu D_ dans ses fonctions de curatrice (ch. 7), transmis le jugement au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant en vue de la désignation d'un co-curateur à Genève (ch. 8), dit qu'il appartiendrait aux co-curateurs de collaborer dans l'exercice de leurs mandats, leurs tâches consistant à accompagner les parents de leurs conseils et de leur soutien dans la prise en charge adéquate de C_, ainsi qu'à les assister dans l'organisation, la mise en place et, le cas échéant, l'élargissement progressif du droit de visite par le père (ch. 9) et dispensé en l'état A_ de contribuer à l'entretien de l'enfant C_ (ch. 10);
Que par acte expédié le 4 avril 2022 à la Cour de justice, B_ a formé appel contre ce jugement; qu'elle a conclu, avec suite de frais, à l'annulation des ch. 5, 8, 9 et 10 précités et, cela fait, à ce que A_ soit condamné à lui payer la somme mensuelle de 500 fr. pour l'entretien de C_, avec effet rétroactif au 24 juillet 2019, à ce qu'un droit de visite soit octroyé à celui-ci sur l'enfant à raison d'un samedi ou dimanche sur deux, de 14h00 à 16h30 à Bâle et à la confirmation du jugement attaqué pour le surplus;
Qu'elle a par ailleurs conclu à l'octroi de l'effet suspensif à son appel sur les ch. 5, 8 et 9 du dispositif du jugement attaqué; qu'elle a invoqué que le jugement prévoyait une extension trop importante de la durée du droit de visite accorée au père, dont le temps à disposition pour s'occuper de sa fille était limité; dans ces circonstances, l'exécution du ch. 5 du dispositif du jugement attaqué devait être suspendue;
Qu'invité à se déterminer, A_ a conclu au rejet de cette requête d'effet suspensif; qu'il conteste que l'exercice du droit de visite fixé par le Tribunal serait contraire à l'intérêt de l'enfant;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Que le préjudice difficilement réparable peut être de nature factuelle; il concerne tout préjudice, patrimonial ou immatériel, et peut même résulter du seul écoulement du temps pendant le procès; que le dommage est constitué, pour celui qui requiert les mesures provisionnelles, par le fait que, sans celles-ci, il serait lésé dans sa position juridique de fond et, pour celui qui recourt contre le prononcé de telles mesures, par les conséquences matérielles qu'elles engendrent;
Que les mêmes principes s'appliquent, en matière d'effet suspensif, s'agissant de l'exercice du droit aux relations personnelles, que ceux qui régissent la garde (arrêt du Tribunal fédéral
5A_792/2018
du 6 février 2019 consid. 3.2.2); qu'en matière de garde, la jurisprudence considère que des changements trop fréquents peuvent être préjudiciables à l'intérêt de l'enfant; que, par conséquent, lorsque la décision de mesures protectrices ou provisionnelles statue sur la garde ou modifie celle-ci de sorte que l'enfant devrait être séparé du parent qui prenait régulièrement soin de lui au moment de l'ouverture de la procédure ayant donné lieu à la décision attaquée, le bien de l'enfant commande alors, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence (ATF
144 III 469
consid. 4.2.1;
138 III 565
consid. 4.3.2; arrêt du Tribunal fédéral précité
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, à teneur des explications non contestées formées par l'appelante, les relations personnelles entre l'enfant et le père étaient limitées avant le jugement attaqué, lequel a notablement étendu leur durée;
Qu'il convient de maintenir, durant la durée de la procédure d'appel, qui devrait être relativement brève, les modalités en vigueur jusqu'à ce que soit rendu le jugement attaqué, afin d'éviter des changements, le cas échéant, dans la prise en charge de l'enfant, étant relevé que
prima facie
, l'appel ne paraît pas d'emblée manifestement dépourvu de toute chance de succès et que la poursuite des relations personnelles selon les modalités précédemment en vigueur, pour la durée de la procédure, n'est vraisemblablement pas contraire à l'intérêt de l'enfant;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire du ch. 5 du dispositif du jugement attaqué sera admise;
Que pour le surplus, l'appelante ne fournit aucune motivation à l'appui de sa requête tendant à la suspension du caractère exécutoire des ch. 8 et 9 du dispositif du jugement attaqué, de sorte qu'il ne sera pas entré en matière à cet égard;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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