# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8ce1d7a8-3c67-525d-b5df-2f71f7f8c91a
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. a) A._ est la secrétaire du comité de gestion et gérante des immeubles de la société coopérative C._ qui est inscrite au Registre du commerce depuis 1991 (DO/partie 1). Il s’agit d’une société sans but lucratif qui gère des appartements subventionnés.
Le 15 mai 2012, B._, expert-réviseur et administrateur président de la société D._ SA, nommée organe de révision de C._ le 30 novembre 2011, a établi le rapport de révision pour les comptes de l’année 2011. Il y a notamment indiqué que la société coopérative n’était plus solvable, que l’actif ne couvrait plus les dettes et que l’administration devait en informer le juge à moins que les conditions d’un ajournement de faillite soient remplies (DO/2'027).
Lors de l’assemblée générale extraordinaire du 6 juin 2012, des divergences d’opinions au sein du comité d’administration et entre les sociétaires sont apparues (DO/2'021 ss). Une partie d’entre eux ont estimé que la société était surendettée et l’autre pensait qu’elle ne l’était pas. Dans une ambiance pesante, B._ a pu prendre la parole et expliquer son point de vue mais il a ensuite quitté l’assemblée sans avoir présenté son rapport. Le 15 juin 2012, il a invité les administrateurs à aviser le juge de la situation en soulignant qu’à défaut il serait, en sa qualité de réviseur, contraint de le faire lui-même (DO/13'184 s.). A l’assemblée générale extraordinaire du 20 novembre 2012 (DO/13'206 ss), le président E._ et l’un des membres, F._, ont démissionné du comité d’administration (DO/13'207) en raison notamment de ces divergences.
Suite au courrier du 21 juin 2012 de A._ (DO/13'164), l’Office fédéral du logement ( OFL) a contesté deux points figurant dans le rapport de B._. Ces contestations ont été adressées le 27 juin 2012 (DO/2'031 s.) par courrier recommandé au précité ainsi qu’au président. Par conséquent, la société n’a pas annoncé de surendettement au juge, tandis que le 4 septembre 2012 B._ a requis auprès du Tribunal civil de la Sarine de déclarer la faillite de cette dernière (DO/13'176).
Le 5 décembre 2012, la Présidente du Tribunal civil de la Sarine a retenu que C._ n’était pas surendettée et a rejeté (DO/13'190 ss) la requête déposée par B._. Elle a considéré qu’au vu du courrier de l’OFL du 27 juin 2012, ce dernier ne pouvait pas ignorer les inexactitudes des réserves contenues dans son rapport de révision et a décidé de mettre les frais judiciaires et les dépens à sa charge.
b) Le 4 février 2014, G._, détenteur d’une part sociale de la coopérative a déposé une dénonciation pénale à l’encontre de B._ pour faux dans les titres et obtention frauduleuse d’une constatation fausse. Par ordonnance du 26 février 2014, le Ministère public n’est pas entré en matière sur cette dénonciation. Par arrêt du 2 juin 2014 (DO/partie 9), la Chambre a déclaré le recours de G._ irrecevable en retenant qu’il n’était pas partie à la procédure (cf. art. 301 al. 3 CPP).
c) Le 13 juin 2014, A._ a dénoncé à son tour B._ auprès du Ministère public pour faux dans les titres (art. 252 CP) et "non-respect de l’indépendance du réviseur" (art. 716 et 729 CO). En substance, elle lui reproche d’avoir établi un rapport de révision volontairement faux dans le but d’obtenir la faillite de la société.
B. Par courrier du 23 juin 2014 (DO/partie 9), le Ministère public a transmis la dénonciation pénale à l’Autorité fédérale de surveillance en matière de révision (ci-après ASR). Celle-ci lui a répondu que sur la base de la documentation à sa disposition il n’était pas possible d’établir
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l’existence d’une dépendance économique ou même d’un conflit d’intérêt susceptible de remettre en cause l’indépendance de B._. Néanmoins, elle demeurait intéressée par l’issue de l’instruction pénale qui pourrait avoir des conséquences sur l’agrément d’expert-réviseur de .
Le 4 novembre 2014, le Ministère public a prononcé une ordonnance de non-entrée en matière estimant que les éléments constitutifs d’un faux dans les titres n’étaient manifestement pas remplis et qu’il ne pourrait s’agir que d’un faux intellectuel, à savoir d’un mensonge écrit qualifié. Toutefois, le Ministère public est arrivé à la constatation que l’on ne pouvait, sur le plan objectif, démontrer aucun mensonge de la part de B._ mais tout au plus un excès de prudence.
C. Exposant agir en qualité de gérante, membre du comité et propriétaire d'une part sociale de C._, A._ a, le 13 novembre 2014, déposé un recours contre l’ordonnance de  en matière en soulignant notamment que tous les éléments constitutifs d’un faux intellectuel étaient réunis, tant sous les angles objectifs que subjectifs. Elle a conclu, sous suite de frais et dépens, à l’annulation de l’ordonnance attaquée et à ce que le Ministère public soit enjoint à poursuivre la procédure.
Le 27 novembre 2014, le Ministère public a déposé ses observations en contestant partiellement la recevabilité du recours car ses motifs n’étaient pas très clairs, dans le sens où des considérations civiles et pénales semblaient se confondre. Le Ministère public a ainsi conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité et à ce que les frais et dépens soient mis à la charge de la recourante.
Par courrier de son mandataire du 12 décembre 2014, B._ a déposé ses observations en reprenant l’argumentation du Ministère public et en concluant, principalement, à l’irrecevabilité et, subsidiairement, au rejet du recours. Il demande que les frais de procédure soient mis à la charge de la recourante et qu’une juste indemnité, qui sera précisée à première réquisition, pour les frais d’avocat lui soit allouée.
Par courrier du 17 décembre 2014, un délai de vingt jours a été imparti à la recourante pour déposer des éventuelles remarques sur les observations précitées. Le 5 janvier 2015, celle-ci a précisé les bases légales qui ont motivé son recours en complétant l’argumentation développée dans son mémoire de recours.
Par acte du 28 août 2015, le conseil de l'intimé a déposé sa liste détaillée d'opérations, dont copie a été communiquée à la recourante le 31 du même mois.
Par courrier du 9 septembre 2015, A._ a indiqué qu’en cas d’admission de son recours, il conviendrait de l’indemniser conformément au chiffre 3 de ses conclusions. Elle a annexé à son courrier une note d’honoraires et débours de CHF 1'150.-.

## Considerations

en droit
1. a) En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 CPP et 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière. Le délai de recours est de dix jours (art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP); son respect n'est pas contestable en l’espèce, l’ordonnance ayant été notifiée à la recourante le 5 novembre 2014.
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