# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ecbe7af9-1719-5d3d-a30b-3e10e9f081c9
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Un bail à ferme agricole a été conclu le 18 novembre 2006 entre feu G._, bailleur, et F._, fermier, portant sur les actuels articles hhh, iii, jjj, kkk, lll et mmm du registre foncier (ci-après: RF) de la commune de N._, dans le district de O._, mis en location à partir du 1er mai 2007 pour une durée initiale de 30 ans. Le prix annuel du fermage a été fixé à CHF 4'500.-, payables jusqu'au 31 décembre de chaque année. Les bâtiments n'ont pas été inclus dans le contrat de bail mais il a été prévu qu'ils pouvaient être mis à disposition du fermier, au bon vouloir du bailleur.
Toutes ces parcelles sont situées en zone agricole. Elles ne constituent pas et ne font pas partie d'une entreprise agricole au sens de l'art. 7 de la loi du 4 octobre 1991 sur le droit foncier rural (LDFR; RS 211.412.11). Une remise (ass. no ppp) et une remise partielle (ass. no qqq) sont implantées sur l'art. hhh RF, une habitation et un rural (ass. no rrr) ainsi qu'une remise (ass. no sss) se situent sur l'art. iii RF, une remise (ass. no ttt) se trouve sur l'art. jjj RF et, finalement, un rural (ass. no uuu) est localisé sur l'art. mmm RF.
B. Postérieurement au décès du bailleur, le 9 janvier 2018, F._ a requis de l'Autorité foncière cantonale (ci-après: AFC) l'approbation du contrat de bail à ferme agricole conclu le 18 novembre 2006.
Par décision constatatoire du 16 avril 2018, l'AFC a approuvé formellement le bail à ferme précité, pour le montant annuel de CHF 4'500.-.
C. Agissant le 18 mai 2018, A._, fille de feu G._, recourt en allemand auprès du Tribunal cantonal contre la décision de l'AFC du 16 avril 2018.
Suite à un échange d'écritures, le français a été désigné comme langue de la procédure.
Le 25 juillet 2018, A._ a précisé qu'elle agissait au nom et pour le compte de l'hoirie de feu son père et a produit le mémoire de recours, dûment signé par tous les hoirs, certificat d'héritiers à l'appui.
Les recourants concluent, principalement, à la nullité de la décision attaquée et, subsidiairement, à son annulation et à son renvoi à l'autorité intimée pour nouvelle décision. Ils font valoir que l'Autorité foncière cantonale a rendu sa décision sans les avoir consultés et que, partant, ils n'ont pas pu faire valoir leur droit d'être entendus en leur qualité de bailleurs. Ils estiment également que l’autorité intimée n’avait pas à approuver le bail à ferme puisqu’il ne s’agit pas, en l’espèce, d’une entreprise agricole mais uniquement d’immeubles agricoles. Ils demandent en outre la production du contrat de bail original. Ils affirment que le fermage est passé à CHF 12'000.- par an, en lieu et place des CHF 4'500.- initiaux, selon accord entre leur père et le fermier, aucune opposition n'ayant été formée contre cette augmentation. Finalement, les recourants contestent la validité du bail relativement à sa durée de 30 ans.
La 9 août 2018, la cause a été suspendue en vue d'une conciliation, laquelle a échoué. Le 5 novembre 2018, la procédure a été reprise.
Le 3 décembre 2018, les recourants ont spontanément produit une série de documents comprenant notamment des correspondances échangées entre parties ainsi que divers extraits de comptes, factures et quittances, dont il ressort notamment que le fermier a versé, au cours des
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dernières années, un montant de CHF 12'000.- au bailleur au lieu des CHF 4'500.- prévus dans le contrat de bail initial du 18 novembre 2006.
D. Dans ses observations du 17 janvier 2019, l'AFC propose le rejet du recours. Elle indique que le fermage annuel prévu par le contrat de bail d'un montant de CHF 4'500.- est licite, celui-ci n'ayant pas fait l'objet d'une opposition du Service de l'agriculture, et qu'elle pouvait ainsi légitimement donner suite à la demande en constatation déposée par le fermier. En outre, l'autorité intimée estime que le droit d'être entendu des parties a été respecté du fait que le contrat de bail a été signé tant par le bailleur que par le fermier. Finalement, elle remarque que les objections des recourants portent sur des questions de nature civile et les renvoie à saisir l'autorité compétente en la matière.
E. Appelé en cause, F._ s'est déterminé le 18 février 2019 sur le recours du 18 mai 2018 dont il conclut au rejet "sous suite de frais et dépens", demandant une indemnité de CHF 500.- à ce titre. Il y relate les rapports qu'il entretenait avec le de cujus, le contexte dans lequel a été signé le contrat de bail du 18 novembre 2006 et, en particulier, le fait qu'il rendait de nombreux services au bailleur. Il indique également avoir payé des montants de location plus élevés que ceux prévus par le contrat de bail "selon une entente orale" passée avec ce dernier, qui n'avait plus lieu d'être après son décès. Il explique avoir par la suite contacté l'AFC afin de protéger ses droits et rappelle que le contrat de bail portait uniquement sur la location de parcelles du domaine agricole et "non pas sur ses immeubles". Au surplus, il renvoie à la décision de l'AFC qui a "approuvé le contrat de bail [...] et la durée du contrat". Enfin, il a également joint une copie du courrier qu'il avait adressé le 23 avril 2018 aux recourants dans lequel il reconnaissait avoir versé des montants supérieurs au fermage mais "à bien plaire", celui-ci étant le seul revenu que le bailleur touchait, la différence étant considérée comme un amortissement pour l'achat ultérieur de ses terrains.
Aucun autre échange d'écriture n'a été ordonné entre les parties.
Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.