# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f11a08a1-cdeb-5ab2-96fa-bb6d2a08e96f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 1997
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur W_, né le _ 1932, d'origine argovienne, est domicilié à Onex, dans le canton de Genève.
2. Par arrêté du 29 janvier 1960, le Conseil d'Etat l'a autorisé à exploiter un service de taxi et à faire stationner un taxi immatriculé GE X_ aux emplacements réservés à cet effet sur la voie publique. Cette autorisation était décrite comme rigoureusement personnelle et non transmissible.
Le 11 janvier 1971, le département de justice et police (actuellement : le département de justice et police et des transports; ci-après : le DJPT) a autorisé M. W_ à reprendre le droit de stationnement détenu précédemment par un tiers sous le numéro de plaques minéralogiques GE Y_ et à faire stationner deux taxis aux emplacements réservés à cet effet sur la voie publique, les autres conditions fixées par l'arrêté précité demeurant valables.
3. Le 9 juillet 1984, le DJPT a attiré l'attention de M. W_ sur son obligation de participer effectivement et personnellement à la gestion de son service de taxi, en particulier en en conduisant un régulièrement. Pour le surplus, les permis de stationnement correspondant aux plaques de police GE X_ et GE Y_ n'étaient pas remis en question.
4. Depuis 1993, les plaques de police GE Y_ sont apposées sur un véhicule vendu à un tiers, le fils de M. L_, ce dernier étant employé par M. W_.
Le 10 mai 1994, le DJPT a rappelé à M. W_ son obligation de se consacrer à l'exploitation du service de taxi et en particulier d'assurer personnellement et de manière régulière la conduite d'un de ses véhicules immatriculés GE X_ et GE Y_. M. W_ était invité à se déterminer sur une éventuelle décision de retrait des plaques de police précitées.
Le 30 mai 1994, M. W_ a confirmé avoir acheté, en 1960 et 1971, les deux autorisations de stationnement remises en cause par le département. Il n'avait fait l'objet d'aucune plainte en quarante ans d'activité professionnelle et avait occupé divers postes dans l'organisation professionnelle de sa branche. Son épouse était gravement malade. Il déposait un rapport médical attestant sa capacité à conduire des véhicules employés comme taxis.
5. Par arrêté du 7 juin 1994, le DJPT a constaté que M. W_ ne répondait plus à la condition de l'exercice personnel et régulier de la profession de chauffeur de taxi et lui a retiré l'autorisation d'exploiter le service de taxi avec permis de stationnement attaché aux jeux de plaques de police GE X_ et GE Y_.
6. Le 7 juillet 1994, M. W_ a recouru contre l'arrêté précité.
Le 2 septembre 1994, le DJPT a annulé sa propre décision du 7 juin 1994 et rendu une nouvelle décision, comportant également le retrait des deux permis de stationnement GE X_ et GE Y_.
Le 22 mai 1995, le DJPT a retiré sa décision du 2 septembre 1994 et le 13 juin 1995, le Tribunal administratif a considéré que le recours du 7 juillet 1994 était devenu sans objet et a rayé la cause du rôle.
7. Par un arrêté du 12 octobre 1995, le DJPT, constatant que M. W_ avait loué le jeu de plaques de police GE Y_ à M. L_ contre une rémunération mensuelle de 1'500.- Frs en violation des articles 2 alinéa 2 et 4 alinéa 1 de la loi sur les services de taxis du 14 septembre 1979 (LST - H/1/7), lui a retiré la carte professionnelle de chauffeur de taxi pour une durée de six mois.
8. Le 15 novembre 1995, M. W_ a recouru contre la décision du 12 octobre, reçue le 16 du même mois. Il a conclu à son annulation, au motif que la commission spéciale des taxis prévue à l'article 13 LST était composée de manière irrégulière, que la sanction entreprise violait les articles 13a et 16 LST ainsi que 16 du règlement d'exécution de la loi sur les services de taxis du 27 février 1981 (RLST - H/1/7,5; le règlement) et que cette mesure était "arbitraire et [violait] gravement le principe de la proportionnalité découlant de l'article 4 de la Constitution fédérale".
Le 14 décembre 1995, le DJPT a déposé des observations, concluant au rejet du recours.
9. Par une lettre du 6 mars 1996, le juge délégué à l'instruction de la cause a enquêté sur l'organisation générale des services de taxis dans le canton de Genève en s'adressant à l'entreprise "Garage Z_". Il lui a posé trois questions pour savoir si les véhicules servant de taxis conduits par les chauffeurs employés par cette entreprise étaient la propriété de cette dernière, si ces employés étaient rémunérés "au forfait" et si l'entrepreneur imposait à son personnel un horaire de travail fixe.
Le 11 mars 1996, l'entreprise "Garage Z_" a répondu au Tribunal administratif que tous les véhicules servant de taxis relevant de ce garage lui appartenaient; les chauffeurs conservaient effectivement la recette encaissée, sous déduction d'une part revenant à l'entreprise fixée soit forfaitairement "sans tenir compte du kilométrage parcouru", soit "à la tabelle" en fonction du nombre de kilomètres parcourus par le chauffeur considéré. Dans les deux cas, les charges sociales et les vacances, calculées sur la base de la déclaration de revenu brut de ce chauffeur, étaient calculées séparément. Enfin, l'entreprise fixait un cadre général d'horaire à ses chauffeurs, à l'intérieur duquel ceux-ci pouvaient organiser librement leur temps de travail, sous réserve d'un temps de "doublage" et du respect de l'ordonnance fédérale sur la durée du travail et du repos. Selon une convention rédigée par cette entreprise et déposée par le recourant, le dépôt des disques tachygraphiques est hebdomadaire.
10. Les 6 mars et 9 avril 1996, le greffe du Tribunal administratif a écrit à l'avocat du recourant pour demander le dépôt du décompte des charges payées par M. W_ et afférentes au véhicule immatriculé GE Y_.
Le 16 avril 1996, le mandataire de M. W_ a écrit s'employer à recueillir les documents nécessaires et être en mesure de "faire tenir ceux-ci dans les plus brefs délais".

## Considerations