# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 75eb662d-8560-45db-9cd7-9c3a5a55a62a
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

l’espèce vu les considérations qui suivent (cf. infra, consid. 4).
4. La recourante invoque une violation des art. 113 et 265 al. 2 let. a CPP,
lesquels concrétisent la garantie fondamentale du droit de ne pas participer à
sa propre incrimination, et 140 CPP, lequel interdit notamment de recourir,
dans l’administration des preuves, à des moyens de contrainte ou des
menaces. Elle soutient que, lors de la perquisition de son siège à Z., la PJF a
formellement exigé la présence d’employés IT de la banque et a tenté de les
obliger à collaborer en lui donnant accès aux systèmes informatiques, de
surcroît sous la menace de poursuites pénales potentielles en cas de refus
d’obtempérer. Cette menace serait concrétisée par la formulation utilisée par
la PJF ‒ si la banque refusait de collaborer en accordant l’accès aux
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systèmes informatiques ‒ que cela conduisait à «empêcher
l’accomplissement d’un acte officiel», ce qui est précisément la note
marginale de l’art. 286 CP.
4.1
4.1.1 Selon l’art. 113 al. 1 CPP, le prévenu n’a pas l’obligation de déposer
contre lui-même. Il a notamment le droit de refuser de déposer et de refuser
de collaborer à la procédure. Il est toutefois tenu de se soumettre aux
mesures de contrainte prévues par la loi. L’al. 2 de cette disposition précise
que la procédure est poursuivie même si le prévenu refuse de collaborer.
4.1.2 Les moyens de contrainte, le recours à la force, les menaces, les
promesses, la tromperie et les moyens susceptibles de restreindre les
facultés intellectuelles ou le libre arbitre sont interdits dans l’administration
des preuves (art. 140 al. 1 CPP). Ces méthodes illégales sont évidemment
différentes des mesures prévues aux art. 196 ss CPP. Les autorités
d’enquête sont en droit d’user de mesures de contrainte à l’égard du prévenu
et des tiers. Celles-ci sont d’ailleurs réglementées par le code (détention
préventive, perquisition, séquestre, prise de sang et prélèvement d’ADN,
écoute téléphonique, investigation secrète, etc.). Certaines d’entre elles
peuvent conduire, au moins indirectement, à l’obtention d’aveux. Le
législateur n’a donc pas entendu interdire totalement la contrainte à l’égard
du prévenu et des tiers (BÉNÉDICT, Commentaire romand, op. cit., n. 6 ad
art. 140 CPP). La contrainte peut découler de l’usage de la violence ou de la
menace d’un dommage sérieux. Dans ce dernier cas, il faut que la
perspective de l’inconvénient soit de nature à entraver le destinataire dans
sa liberté de décision (ibidem, n. 8 ad art. 140 CPP). Par menace, le
comportement prohibé (au sens de l’art. 180 CP), consiste à alarmer ou
effrayer une personne par une menace grave. La menace est grave si elle est
objectivement de nature à alarmer ou à effrayer la victime, sans que l’on
prenne en compte la sensibilité du destinataire (ibidem, n. 15 ad art. 140
CPP).
4.2 En l’espèce, selon le rapport relatif à l’exécution de la perquisition
effectuée au siège de A. SA, la PJF a indiqué à Me F. [conseil juridique de
la banque] qu’elle était, sur la base d’une mission officielle parfaitement
valable, chargée d’exécuter des mandats de perquisition décernés par le
MPC. Elle a exposé à Me F. ainsi qu’à C. et D. [représentants de la banque
présents lors de la perquisition] les variantes suivantes: la collaboration de
la banque avec la participation du responsable informatique pour qu’il soit
procédé à la copie/saisie de données souhaitées incluant la possibilité de
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mise sous scellés (1); la possibilité pour la banque de faire valoir son droit à
refuser de collaborer, en précisant que l’impossibilité d’accéder aux locaux,
aux données et aux personnes, empêchait de facto la PJF d’accomplir l’acte
ordonné par le MPC (2); la possibilité pour la banque de faire valoir son
droit à refuser de collaborer, tout en permettant l’accès aux locaux, aux
données et aux personnes donnant ainsi l’opportunité à la PJF de mener à
bien sa mission ou à tout le moins de constater que pour des aspects
techniques, il est impossible ou partiellement possible de procéder à la
copie/saisie de données souhaitées (3). Messieurs C. et D., clairement
renseignés, ont choisi d’user de leur droit à refuser de collaborer et de se
soumettre passivement aux perquisitions. Ceci a eu pour conséquence de
rendre impossible la saisie des données informatiques visées. Au procès-
verbal de la perquisition, il a été précisé, sur demande de Me F., que ce
dernier a déclaré que si la PJF persistait à demander la présence d’un
responsable informatique en vue d’obtenir l’accès au système, une plainte
pénale serait déposée, cette requête constituant à son sens un abus
d’autorité.
4.3 N’en déplaise à la recourante, il ne ressort aucunement de ce qui
précède que la PJF ait cherché à la contraindre ou l’ait menacée. La
perquisition est une mesure de contrainte expressément prévue par la loi (cf.
supra consid. 4.1.2) et le déroulement de celle-ci le 22 octobre 2019 au
siège de la banque ne va pas au-delà de ce qui est autorisé par la loi. Il n’est
à cet égard nullement surprenant qu’à cette occasion, et pour avoir accès
aux données informatiques afin d’effectuer des copies forensiques, la
présence du responsable IT soit demandée. Ce d’autant plus qu’un tel
procédé avait été prévu d’entente entre les parties. Le MPC précise qu’il
était en effet convenu que les experts IT de la PJF se rendent dans les
locaux de la banque à Z. ou à Y. pour procéder à une copie forensique de
l’intégralité des dossiers électroniques concernant les boîtes email,
lesquelles devaient être mises en sûreté sur un serveur informatique de
manière forensique, soit traçable et non modifiable, ce avec la collaboration
de M. E., responsable IT de la banque. Ce que la recourante ne conteste pas.
La demande de la présence du responsable IT à l’occasion de la perquisition
litigieuse ne saurait partant être considérée comme une tentative de
contrainte. Que la PJF ait en outre indiqué à la banque les options qui lui
étaient offertes ne saurait davantage être perçu comme une méthode de
contrainte. L’on ne voit pas non plus de contrainte dans la formulation par
la PJF de ces différentes options, quoi qu’en dise la recourante. Ainsi, le fait
qu’elle indique qu’en cas de refus total de collaborer, il lui serait impossible
d’accomplir l’acte ordonné par le MPC est une conséquence factuelle qui a
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été exposée à la recourante. C’est d’ailleurs l’option qu’elle a privilégiée.
Enfin, dans la mesure où aucune saisie ni aucune copie forensique n’a été
effectuée à cette occasion, force est de constater que la PJF a respecté le
choix de la recourante de ne pas s’auto-incriminer, de sorte que la violation
alléguée du principe nemo tenetur doit être écartée, tout comme le recours à
des menaces ou moyens de contrainte illicites.
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7. Extrait de l’ordonnance de la Cour des affaires pénales dans la cause
Ministère public de la Confédération et la partie plaignante B. contre A. du
17 novembre 2020 (SN.2020.31)
Action civile
Art. 118 CPP
La partie plaignante voulant participer à la procédure pénale comme
demanderesse au civil doit le déclarer expressément avant la clôture de la
procédure préliminaire. Une déclaration qui intervient postérieurement à la
clôture de la procédure préliminaire, par exemple devant le juge du fond, est
considérée comme tardive (consid. 1).

## Considerations