# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 369b87cb-4794-40df-ac19-3f0e3d16fd1c
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 1993
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

constate en fait :
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A. Le 14 décembre 1990, la Commission de recours en matière de taxe d'épuration du SIEG a rendu la décision suivante:
"A) Werner JOST est propriétaire sur le territoire de la commune de La Tour-de-Peilz d'une villa sise route de Sichoz 2.
Ce bâtiment a fait l'objet en août 1973 d'une taxation par l'ECA fixant sa valeur d'assurance de base à Fr. 44'000.--. Cette taxation a été revue une première fois à la demande du recourant en 1979, à la suite d'un agrandissement de l'immeuble. Celui-ci a été estimé à Fr. 343'629.- à l'indice 530, y compris des aménagements extérieurs par Fr. 7'000.- et un complément valeur à neuf de 10 % par Fr. 31'239.--. La valeur d'assurance de base a ainsi été fixée à Fr. 65'000.--.
Une nouvelle taxation valeur à neuf a eu lieu en 1987. La valeur de l'immeuble a été arrêtée à Fr. 605'200.-- à l'indice 735. La police mentionne que sont pris en compte dans ce montant, outre l'immeuble proprement dit, un cabanon par Fr. 6'000.-- et un couvert par Fr. 4'500.--.
La police indique une valeur d'assurance de base de Fr. 82'350.--.
B) Le 2l mai 1990, le SIEG a adressé au recourant un bordereau no 865OOO1 fixant la taxe d'épuration 1990 à Fr. 343.10. Les bases de calcul mentionnées dans le bordereau en question sont les suivantes :
- Valeur d'assurance incendie de base
de l'immeuble: Fr. 82'350.--
- Taux : 2,7 %
o
-
- Montant : Fr. 222,35
- Consommation d'eau de l'année précédente : 175.00 -
- Taux : 69 %
- Montant : Fr. 120.75
TOTAL Fr. 343.10
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C) Par lettre du 5 juin 1990, soit en temps utile, Werner JOST a recouru contre cette décision. En substance, il fait valoir que la valeur d'assurance déterminante pour le calcul de la taxe est la valeur actuelle du bâtiment, compte non tenu du complément valeur à neuf d'une part, des aménagements extérieurs dont la couverture est facultative d'autre part.
Selon Werner JOST, la valeur à prendre en compte devrait être fixée à Fr. 52'000.-- au lieu de Fr. 82'350.--. Il conviendrait en effet de se reporter à la valeur d'assurance de base figurant dans la police de 1979 (Fr. 65'000.--) dont on devrait déduire la contre-valeur des aménagements extérieurs par Fr. 7'000.--. Le montant ainsi obtenu devrait être retenu à concurrence de 90 % pour tenir compte du complément d'assurance valeur à neuf de 10 %. Ainsi, aux yeux du recourant, le calcul de la valeur d'assurance de base déterminant pour le calcul de la taxe d'épuration se présenterait comme suit :
(Fr 65'000 -- - Fr 7'000.--) x 0,9 = Fr. 52'000,--)
Si l'on retenait la thèse du recourant, la taxe d'épuration due pour 1990 devrait être établie de la manière suivante :
- Fr 52'000,-- x 2,7 %o = Fr 140,40
- Fr. 175--- x 69 % = Fr. 120,75
Fr. 261,15
en lieu et place de Fr. 343,10
Le recourant réclame en outre implicitement que lui soient restitués les montants qu'il aurait versés en trop pour les années 1988 et 1989.
D) Après un échange de correspondance entre les parties datées des 12 et 18 juillet 1990, la Commission de céans a été saisie du dossier.
Elle s'est réunie une première fois le 20 septembre 1990 pour organiser ses travaux. Elle a fixé un délai au 19 octobre 1990 au SIEG pour se déterminer sur le recours et aux deux parties pour requérir d'éventuelles mesures d'instruction. D'office, elle a ordonné production par l'ECA du dossier de la taxation de l'immeuble du recourant survenue en novembre 1987. Elle a au surplus organisé une inspection locale qui s'est tenue le 6 novembre 1990.
Etaient présents le recourant Werner JOST personnellement et, pour le service intimé, son président Jean-Pierre Ding et son secrétaire Rodolphe Wahlen.
La Commission a pu constater lors de cette visite que les aménagements extérieurs figurant dans la police consistent en un couvert servant - au moins occasionnellement - de garage, un cabanon abritant des outils, notamment des outils de jardin, ainsi qu'un dallage protégé par une paroi légère servant de coupe-vent.
En droit
:
Le recourant ne conteste pas la légalité de la taxe d'épuration. A bon droit. L'article 4 de la loi du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux autorise en effet les communes à percevoir des bénéficiaires de prestations ou d'avantages déterminés ou de dépenses particulières des taxes spéciales fixées proportionnellement dans des règlements soumis à l'approbation du Conseil d'Etat.
La loi du 17 septembre 1974 sur la protection des eaux contre la pollution précise, à l'article 66 alinéa 1, que "les communes peuvent percevoir, conformément à la loi sur les impôts communaux, un impôt spécial et des taxes pour couvrir les frais d'aménagement et d'exploitation du réseau des canalisations publiques et des installations d'épuration" notamment.
Selon ses statuts, le Service intercommunal S.I.E.G. Vevey-Montreux, association de communes au sens des articles 112 et suivants de la loi sur les communes, a pour but "l'épuration des eaux usées recueillies par les égouts publics sur le territoire des communes membres de l'association" (art. 4, alinéa 1). Ses ressources ordinaires destinées au service de la dette (intérêts et amortissements) et la couverture des frais d'entretien et d'exploitation des ouvrages d'épuration des eaux lui sont procurées par une taxe dite d'épuration (art. 22). En vertu de l'article 25, le taux, la procédure de taxation et les modalités de perception de la taxe d'épuration sont fixés par un règlement spécial adopté par le Conseil intercommunal. Le règlement sur la perception de la taxe d'épuration actuellement en vigueur a été adopté le 20 novembre 1985 et approuvé par le Conseil d'Etat dans sa séance du 8 janvier 1986.
2. Le recourant estime que le SIEG a fixé sa taxe 1990 en violation des prescriptions de l'article 7 dedit règlement. Cette disposition commanderait de ne retenir que la seule valeur d'assurance de base fixée par l'ECA, à l'exception de tout complément pour valeur à neuf d'une part, des aménagements extérieurs assurés à titre facultatif d'autre part. Cette manière de procéder devrait conduire à ne retenir en l'espèce qu'une valeur de base de Fr. 52'000.-- selon le calcul présenté ci-dessus sous lettre C).
D'emblée, la Commission de recours entend signaler que, même si l'on suivait le recourant, la valeur à prendre en considération n'atteindrait pas Fr. 52'000.-- mais Fr. 57'620.--.
La valeur d'assurance de base telle qu'elle figure sur les polices d'assurance de l'ECA correspond en effet au quotient résultant de la division de la valeur d'estimation de l'immeuble par l'indice de référence multiplié par 100. Ainsi la valeur de base de Fr. 65'000.-- figurant dans la police de 1979 a été fixée comme suit :
Fr. 343'629.-- x 100
= Fr. 64'836.--, arrondi à Fr. 65'000.--.
530
De même, la valeur d'assurance de base figurant dans la police du 21 décembre 1987 résulte du calcul suivant :
Fr. 605'200.-- x 100
= Fr. 82'340.--, arrêté à Fr. 82'530.--.
735
Si l'on veut conserver la logique du système tout en épousant les thèses du recourant, la valeur d'assurance de base de son immeuble devrait dès lors être fixée comme suit :
Taxation de l'immeuble
selon police de 1979 : Fr. 343'629,--
- dont à déduire
complément valeur à neuf: Fr. 31'239,--
- aménagements extérieurs: Fr. 7'000,-- Fr. 38'239,--
Total Fr. 305'390,--
Valeur d'assurance de base à prendre en compte :
Fr. 305'390.-- x 100
= Fr. 57'621.--, arrondi à Fr. 57'620.--
530
Ce montant est de Fr. 5'220.-- supérieur à celui préconisé par le recourant.
3. Jusqu'à la novelle du 23 septembre 1980, la loi concernant l'assurance des bâtiments et du mobilier contre l'incendie et les éléments naturels n'exigeait pas en principe l'assurance à la valeur à neuf des immeubles. Chaque propriétaire était néanmoins libre de conclure un "complément valeur à neuf".
Sous ce régime, le règlement sur la perception de la taxe d'épuration du SIEG prévoyait ce qui suit à son article 7, alinéa 1 :
"La valeur de l'assurance incendie est la valeur d'assurance de base, non compris le complément pour valeur à neuf fixé par l'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les autres dommages, multipliée par l'indice de l'année de taxation".
Dès le 1er juillet 1981, les immeubles sont en principe assurés à la valeur à neuf. Ce changement a conduit le Conseil intercommunal du SIEG à modifier l'article 7 du règlement susmentionné dont la teneur nouvelle est la suivante :
"La valeur de l'assurance incendie est la valeur d'assurance de base fixée par l'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et autres dommages.
Les assurances complémentaires pour valeur à neuf qui subsisteront transitoirement ne seront pas comprises dans la valeur de base jusqu'au moment où les immeubles concernés seront taxés en valeur à neuf."
En l'espèce, force est de constater que l'autorité intimée a appliqué cette prescription à la lettre. La valeur d'assurance retenue pour calculer la taxe d'épuration 1990 est bien la valeur d'assurance de base fixée par l'ECA dans la police du 21 décembre 1987.
L'alinéa 2 de l'article 7 du règlement en question sur lequel le recourant paraît fonder son pourvoi règle le cas des assurances complémentaires pour valeur à neuf. Cette disposition ne concerne en rien le cas du recourant.
Ainsi, le grief soulevé par Werner JOST selon lequel le SIEG n'aurait pas appliqué le règlement sur la perception de la taxe d'épuration est mal fondé.
4. A titre subsidiaire, le recourant fait valoir qu'il est la victime d'une inégalité de traitement, en ce sens qu'il paie une taxe supérieure à celle que devrait un propriétaire qui n'aurait pas encore fait l'objet d'une nouvelle taxation valeur à neuf.
L'inégalité dont se plaint le recourant ne lui est pas propre. Elle existe entre tous les propriétaires assurés à neuf et ceux qui ne le sont pas encore. En d'autres termes, il s'agit d'une inégalité que le recourant partage avec de nombreuses autres personnes, ce qui atténue fortement son atypicité.
Bien plus, cette inégalité est engendrée par un régime transitoire qu'il a fallu mettre en place lors de la modification de la loi concernant l'assurance des bâtiments et du mobilier contre l'incendie et les éléments naturels. Or, c'est la caractéristique d'un régime transitoire de créer des disparités entre ceux qui sont soumis à l'ancien droit et ceux qui sont régis par les nouvelles dispositions. De telles disparités ne sont pas contraires au droit à l'égalité déduit de l'article 4 de la Constitution fédérale.
Il y a lieu encore d'ajouter qu'en l'espèce, l'inégalité est atténuée par le fait que la taxe réclamée par le SIEG ne se calcule pas sur le seul critère de la valeur d'assurance incendie, mais également sur celui tiré de la consommation d'eau.
Enfin, supposé que l'article 7 du règlement sur la perception de la taxe d'épuration crée une inégalité de traitement, la Commission de recours estime qu'il ne lui appartiendrait pas d'annuler la décision. Emanant du Conseil intercommunal du SIEG, elle a pour tâche de contrôler la bonne application du règlement par le Comité de direction et non pas de discuter de la constitutionnalité d'un texte réglementaire émanant de l'autorité qui la nomme.
Vu ce qui précède, la Commission estime que le moyen du recourant tiré de l'inégalité de traitement ne peut être retenu.
5. Werner JOST fait encore valoir que le calcul de la taxe ne devrait pas prendre en compte la valeur d'assurance des aménagements extérieurs qui ne sont assurés que facultativement.
En l'espèce, il s'agit du cabanon et du couvert estimés à Fr. 6'000.-- et Fr. 4'500.-- respectivement dans la police du 21 décembre 1987.
Dans la détermination de la taxe 1990 de Fr. 343.10, ces deux éléments sont pris en compte à concurrence de Fr. 1'429.-- selon calcul suivant :
(Fr. 6'000.-- + Fr. 4'500.--) x 100
= Fr. 1'429.--
735
Au taux de 2,7 %
o
, leur influence sur le montant total de la taxe atteint Fr. 3.85. C'est dire que le montant supplémentaire réclamé au propriétaire qui assure facultativement ses ouvrages extérieurs est en règle générale très modique.
Or, il est de jurisprudence constante qu'il n'est pas contraire à l'ordre constitutionnel de percevoir des taxes selon des critères schématiques fondés sur des moyennes tirées de l'expérience (cf. JT 1982 1 485, spécialement 488 et la jurisprudence citée). Il a toujours été admis qu'on ne saurait imposer à une autorité de recourir, pour le calcul d'une taxe, à des critères affinés, si la détermination de ceux-ci engendrerait pour la collectivité concernée d'importants frais supplémentaires.
En l'espèce, si le Comité de direction du SIEG devait, comme le suggère le recourant, soustraire de la valeur d'assurance de base celles des ouvrages extérieurs facultativement assurés, cela supposerait qu'il se fasse communiquer par l'ECA les 13'000 polices d'assurance des bâtiments qu'il dessert. Ces documents devraient être analysés l'un après l'autre. Dans les cas douteux, une inspection locale devrait être conduite pour déterminer les aménagements extérieurs qui, comme cela pourrait être le cas d'un couvert utilisé comme garage, sont de nature à générer des eaux usées. De telles démarches obligeraient le SIEG à engager des collaborateurs supplémentaires, ce qui accroîtrait considérablement les frais et ferait, en fin de compte, augmenter la taxe.
Compte tenu de la modicité de l'incidence de la prise en compte des ouvrages extérieurs dans le calcul de la taxe, la Commission estime que la thèse du recourant n'est pas fondée.
6. Vu le sort réservé au présent recours, il n'y a pas lieu de statuer sur la conclusion implicite du recourant tendant à ce que les taxes d'épuration qu'il a versées en trop en 1988 et 1989 lui soient restituées. On relèvera cependant que, même si la décision de la Commission avait été différente, une rétrocession n'aurait pu être ordonnée, les bordereaux relatifs à la taxe 1988 et 1989 étant définitifs et exécutoires.

## Considerations