# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3b185216-6c4e-58b0-8a3e-641b97565525
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2005
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. L’Etat de Genève est propriétaire de la parcelle 539, feuille 25, de la commune de Carouge. Sur cette parcelle située en 5
ème
zone à bâtir, se trouve une villa gérée par l’office pénitentiaire qui relève du département de justice, police et sécurité (ci-après : DJPS), à l’adresse 11, chemin de Pinchat.
2. Cette villa précitée portait le nom de « centre Le Tram » de 1986 à 2001. Durant cette période, elle a accueilli en son sein des toxicomanes internés en vertu de l’article 44 du code pénal suisse, du 21 décembre 1937 (CPS -
RS 311.0
). En 2001, la villa a été renommée « maison pour hommes de Montfleury » (ci-après : « maison Montfleury »).
3. Madame Anne-Catherine et Monsieur Eric Grasset sont co-propriétaires avec Madame Corinne Schnyder-Grasset de la parcelle 2050, feuille 24, de la commune de Carouge, à l’adresse 5, chemin de Pinchat. Cette parcelle, également située en 5
ème
zone à bâtir, jouxte la parcelle 539.
Madame Jeanne-Françoise Grasset-Chaulmontet réside également au 5 chemin de Pinchat.
4. a. Depuis 2001, la « maison Montfleury » est destinée à accueillir des détenus en fin de peine soumis à un régime de semi-liberté.
b. Dans une note adressée au département de l’aménagement, de l’équipement et du logement (ci-après : DAEL), datée du 14 décembre 2004, Monsieur Claude Magnin a précisé que les toxicomanes internés avant 2001 dans le « centre Le Tram » ne pouvaient bénéficier d’un droit de sortie qu’après un séjour de huit mois, pendant lequel les détenus devaient être occupés à l’intérieur du centre, dans des ateliers de menuiserie, de serrurerie, de mécanique et de cuisine.
c. Dans la même note, M. Magnin, actuellement directeur de la « maison Montfleury », précisait que durant les dix premiers jours, les habitants étaient soumis à une phase d’observation à l’intérieur de l’établissement et qu’à la fin de cette période, ils travaillaient à l’extérieur de l’établissement. Le régime de fin de peine comprenait un certain nombre d’heures de congés mensuelles. La rentrée en semaine ainsi que le dimanche soir se faisait impérativement à 23 heures. La durée moyenne d’un séjour à la « maison Montfleury » était de six mois. Enfin, les détenus avaient été condamnés pour des infractions en tout genre.
5. L’affectation du « centre Le Tram » avait été déclarée conforme à la 5
ème
zone résidentielle par un arrêt du tribunal de céans (ATA Z. et consorts, du 27 mars 1985).
6. Après la fermeture du "centre Le Tram", la villa a dû faire l’objet de transformations intérieures, objet de l’autorisation de construire DD 97’656-3 délivrée le 25 mars 2002 et publiée dans la Feuille d’avis officielle (ci-après : FAO) le 3 avril 2002. Ladite publication ne portait aucune mention d’une dérogation à la loi sur les constructions et installations diverses (ci-après : LCI –
L 5 05
) ou à la loi d’application de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (ci-après : LaLAT –
L 1 30
).
7. Aucun recours n’a été interjeté contre cette autorisation dans le délai de trente jours dès sa publication dans la FAO.
8. Il ressort des dossiers photographiques que des grillages aux fenêtres et un éclairage sur les façades fonctionnant avec un détecteur de présence ont été installés, bien qu’ils n’aient pas été prévus par l’autorisation de construire précitée.
9. Le 20 janvier 2003, Mme Anne-Catherine et M. Eric Grasset ont écrit au président du DAEL pour obtenir des renseignements sur le contenu de l’autorisation de construire précitée, évoquant les transformations extérieures de la villa, notamment les grillages et l’éclairage.

## Considerations