# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fccb1534-d74d-4ee2-a634-a7e106a18359
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2003
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. Au bénéfice de l'indemnité de chômage depuis le 1er janvier 2002, Y._ a déposé une demande d'allocations d'initiation au travail (AIT) le 26 mars 2002. Elle a produit une formule de "confirmation de l'employeur relative à l'initiation au travail" remplie à cette dernière date par la société X._ SA (ci-après : X._). Celle-ci y indiquait que l'initiation aurait lieu du 15 avril au 15 octobre 2002 et souscrivait notamment à la déclaration suivante :
"(...)
L'employeur s'engage à :
(...)
c) limiter le temps d'essai à un mois. Après la période d'essai, le contrat de travail ne peut, en principe, être résilié avant la fin de l'initiation que pour de juste motifs conformément à l'art. 337 CO.
(...)"
Cette demande a été acceptée par l'Office régional de placement de Lausanne (ci-après : ORP) par décision du 28 mars 2002, qui précisait que la restitution des prestations pourrait être exigée notamment en cas de non respect "de la confirmation de l'employeur".
Y._ a travaillé dès le 15 avril 2002 au service de X._. Celle-ci a résilié le contrat de travail par lettre du 30 août 2002 avec effet au 14 octobre 2002 "selon notre contrat AIT", pour des motifs liés à la conjoncture économique.
B. Par décision du 28 octobre 2002, l'ORP a révoqué sa décision d'octroi au motif qu'une résiliation du contrat de travail ne pouvait être motivée par des difficultés économiques.
X._ a recouru contre cette décision par lettre du 5 mai 2003 en faisant valoir que le texte de la formule de confirmation de l'employeur l'autorisait à résilier le contrat avec effet au 14 octobre 2002.
Par prononcé du 2 avril 2003, le Service de l'emploi (ci-après : SE) a rejeté ce recours en considérant qu'une résiliation n'aurait pu être signifiée qu'après le 15 octobre 2002.
X._ a saisi le Tribunal administratif par lettre du 5 mai 2003 en reprenant les motifs qu'il avait invoqués devant le SE. Dans sa réponse du 16 mai 2003, celui-ci a conclu au rejet du recours; par lettre du 25 septembre 2003, il a déclaré qu'à son sens, le substantif "résiliation" utilisé dans la confirmation de l'employeur désignait la signification du congé et non pas la prise d'effet de celui-ci.

## Considerations

Considérant en droit:
1. Selon l'art. 65 LACI, les assurés dont le placement est difficile et qui, accomplissant une initiation au travail dans une entreprise, reçoivent de ce fait un salaire réduit, peuvent bénéficier d'allocations d'initiation au travail. Selon la jurisprudence, le versement de ces allocations à l'employeur peut avoir lieu sous la condition résolutoire qu'il ne soit pas mis fin aux relations de travail durant une période donnée englobant ou dépassant l'initiation. Si cette condition se réalise, l'employeur est alors tenu de restituer les allocations perçues sans que l'administration soit tenue de révoquer sa décision (DTA 2000, no 36).
2. En l'espèce, la recourante plaide qu'elle n'a pas mis fin aux relations de travail de façon anticipée dès lors que, si la résiliation a été signifiée par lettre du 30 août 2002, elle ne portait effet qu'au 14 octobre suivant, à savoir à la fin de l'initiation. De son côté, l'autorité intimée soutient que la signification d'un congé ne pouvait intervenir qu'après l'échéance de l'initiation, de sorte qu'une résiliation n'aurait pu intervenir qu'à compter du 15 octobre 2002 avec effet à la fin du mois de novembre suivant.
En prévoyant que le contrat de travail "ne peut (...) être résilié avant la fin de l'initiation (...)", la formule pré-imprimée de "confirmation de l'employeur relative à l'initiation au travail" sur laquelle a été fondée la décision attaquée manque de clarté. En effet, alors que l'art. 335c al. 1er CO prévoit qu'un contrat de travail "peut être résilié pour la fin d'un mois moyennant un délai de congé d'un mois", la formule précitée omet de préciser l'échéance du congé, de sorte que l'on ne sait pas si la résiliation doit s'entendre comme la signification du congé ou la prise d'effet de celui-ci. La recourante a dès lors pu de bonne foi comprendre que, ce qui lui était interdit, c'était d'empêcher l'accomplissement de l'initiation prévue et non pas de signifier un congé n'ayant des effets qu'ultérieurement. Cela est d'autant plus vrai que la formule de "confirmation de l'employeur relative à l'initiation au travail" n'imposait une résiliation postérieure à l'initiation que "en principe", ce qui ajoutait à l'imprécision de la règle.
Comme l'a déjà jugé le Tribunal administratif, (arrêts des 23 mai 2003 dans la cause PS 2002/0123 et 10 octobre 2003 dans la cause PS 2002/0066), en présence d'une formule si peu explicite, l'employeur doit être protégé dans sa bonne foi : il n'y a pas à lui imputer une interruption intempestive de l'initiation dès lors qu'une résiliation prenant effet à la fin de celle-ci n'était pas exclue par la décision attaquée. Cela étant, la recourante doit être maintenu au bénéfice des allocations litigieuses.