# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 41826e12-a189-5237-a2cb-52113fa36773
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, le contrat de bail tacite ayant lié les parties, portant sur la location d'une villa sise _;
Attendu qu'à la suite de la résiliation du bail adressée à A_ et B_ (ci-après également les locataires) le 22 avril 2016 pour le 31 août 2016 et la contestation de celle-ci par A_, un accord a été conclu par les parties à l'audience de conciliation du 5 septembre 2016;
Qu'à teneur de celui-ci, le congé a été accepté et une unique prolongation de bail au 15 février 2017 a été accordée, le procès-verbal valant jugement d'évacuation à l'encontre de A_ et de toutes personnes faisant ménage commun avec lui;
Que A_ a signé le procès-verbal muni d'une procuration établie par son épouse en faveur de Me EMERY;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête expédiée le 14 février 2017 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'exécution immédiate de l'évacuation;
Qu'à l'audience du 25 avril 2017 devant le Tribunal, la bailleresse a persisté dans ses conclusions, précisant que depuis plusieurs années le loyer n'était plus versé, la dette des locataires s'élevant à près de 66'000 fr.;
Que A_ a précisé avoir conclu l'accord devant la Commission, pensant pouvoir réintégrer un logement sis à X_ qu'il avait sous-loué; la sous-locataire avait toutefois refusé de libérer l'appartement concerné, de sorte qu'il ne pouvait quitter la villa en cause;
Qu'il a également, sur question du Tribunal, expliqué que l'adresse sise Y_ ne constituait pas son domicile, mais uniquement une adresse de correspondance; l'Hospice général payait le montant du loyer de l'appartement sis Y_;
Qu'en raison de l'absence de solution de relogement, un sursis à l'évacuation "suffisamment long" pour que les locataires réintègrent l'appartement sis X_ a été sollicité;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/417/2017
rendu le 25 avril 2017, expédié pour notification aux parties le 5 mai suivant, le Tribunal a autorisé la bailleresse à faire exécuter par la force publique le procès-verbal de conciliation du 5 septembre 2016 dans la cause C/10847/2016 valant jugement d'évacuation des locataires de la villa, dès l'entrée en force du jugement (ch. 1 du dispositif), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 3);
Que les premiers juges ont retenu que les locataires avaient admis en audience être locataires d'un autre appartement sis Y_, adresse qui constituait par ailleurs leur domicile officiel et dont le loyer était pris en charge par l'Hospice général;
Vu le recours expédié le 18 mai 2017 par les locataires contre ce jugement;
Que les locataires ont, préalablement, requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal;
Qu'ils ont conclu à l'annulation du jugement et à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation durant trois mois;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a, par écritures du 26 mai 2017 conclu, s'agissant de la suspension du caractère exécutoire, à son rejet, et, au fond, au rejet du sursis requis et à la confirmation du jugement entrepris;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant, en l'espèce, que le contrat a été résilié pour le 31 août 2016 et que les locataires se sont, par procès-verbal de conciliation, engagés à restituer la villa en cause pour le 15 février 2017, ledit procès-verbal valant jugement d'évacuation;
Que les locataires sont officiellement domiciliés au Y_, appartement dont le loyer est pris en charge par l'Hospice général;
Que le recourant est également locataire d'un autre appartement sis X_;
Que le montant de la dette est important, dès lors qu'il avoisine 66'000 fr., les locataires ne réglant plus le loyer depuis plusieurs années, ce qu'ils ont admis;
Qu'il ne se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 1 du jugement entrepris, le recours étant,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'en conséquence, la requête des recourants sera rejetée.
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