# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9a239e4e-b92a-55a2-b7ea-673e3c9dea88
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement
JTBL/798/2020
du 5 novembre 2020, le Tribunal des baux et loyers, statuant par voie de procedure sommaire, a autorisé la FONDATION B_ a faire executer par la force publique le jugement d'evacuation
JTBL/1163/2019
rendu le 2 décembre 2019 (ch. 1 du dispositif), deboute les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et dit que la procedure etait gratuite (ch. 3).
Le Tribunal a considere que A_ ne faisait valoir aucun motif posterieur au jugement d'evacuation du 2 décembre 2019 qui s'opposait a l'execution dudit jugement.
B. a.
Par acte expédié le 16 novembre 2020 à la Cour de justice, A_ recourt contre le jugement précité, dont il requiert l'annulation. Il conclut à ce qu'un délai de départ supplémentaire de 3 à 6 mois lui soit octroyé.
Il produit une pièce nouvelle.
b.
Dans sa réponse du 26 novembre 2020, la FONDATION B_ (ci-après également : la bailleresse) conclut, à la forme, à l'irrecevabilité du recours et, principalement, au rejet de celui-ci et à la confirmation du jugement querellé.
c.
Le locataire n'ayant pas répliqué, les parties ont été avisées le 23 décembre 2020 par le greffe de la Cour de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure :
a.
La FONDATION B_ et A_ ont ete lies par un contrat de bail a loyer portant sur la location d'un appartement de 3 pièces n° 02 situé au rez-de-chaussée et une cave n° 02 comme dépendance dans l'immeuble sis rue D_ à C_ (GE) pour un loyer annuel, charges comprises, fixe en dernier lieu a 7'032 fr.
b
. Le bail a été résilié par la FONDATION B_ le 20 mars 2018 avec effet au 30 avril 2018 pour violation du devoir de diligence et d'égards envers les voisins.
c
. Saisi par A_ d'une requête en contestation de congé, puis par la FONDATION B_ d'une requête reconventionnelle en évacuation, le Tribunal, par jugement
JTBL/1163/2019
du 2 décembre 2019, a déclaré efficace le congé notifié à A_ le 20 mars 2018 et a condamné celui-ci à évacuer immédiatement de sa personne et de ses biens, ainsi que toutes autres personnes faisant ménage commun avec elle, l'appartement litigieux et a indiqué transmettre la cause, à l'expiration du délai d'appel, à la 7
ème
Chambre du Tribunal des baux et loyers, siégeant dans la composition prévue à l'art. 30 LaCC, pour statuer sur les mesures d'exécution sollicitées.
d
. Le 31 décembre 2019, A_ a formé appel contre ce jugement.
e
. La Chambre des baux et loyers a rendu un arrêt le 18 mai 2020 (
ACJC/632/2020
), déclarant irrecevable l'appel interjeté le 31 décembre 2019 par A_ contre le jugement
JTBL/1163/2019
rendu le 2 décembre 2019.
f.
La cause a été transmise au Tribunal de l'exécution qui a appointé une audience le 3 novembre 2020.
g
. Lors de l'audience, A_ a comparu en personne. Il a expliqué se trouver toujours dans le logement litigieux et attendre la décision du Tribunal s'agissant de la remise de l'appartement. Il a déclaré qu'il n'avait pas encore trouve une solution de remplacement mais avait entrepris quelques recherches. Il a relevé être au bénéfice de prestations de l'Hospice général. Enfin, A_ a conclu à ce qu'un sursis humanitaire jusqu'à la fin du mois d'avril ou du mois de mai 2021 lui soit accordé.
La FONDATION B_ a persiste dans ses conclusions, et s'est opposée à l'octroi d'un sursis humanitaire. Elle a indiqué que les nuisances persistaient au sein de l'immeuble et que le congé avait été donné pour le 30 avril 2018.
A_ a reconnu avoir sur-réagi et avoir «fait des choses» mais que concernant les nouvelles plaintes il s'agissait de diffamation et de calomnie.
Le Tribunal a garde la cause a juger a l'issue de l'audience

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
La voie du recours est ouverte contre les decisions du Tribunal de l'execution (art. 309 let. a CPC; 319 let. a CPC).
En l'espèce, le jugement querellé prononce l'exécution de l'évacuation, de sorte que la voie du recours est ouverte.
1.2
Le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de la deuxième instance dans les trente jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 311 al. 1 et 321 al. 1 CPC). Le délai est de dix jours pour les décisions prises en procédure sommaire (art. 314 al. 1 et 321 al. 2 CPC).
A teneur de l'art. 311 al. 1 CPC, il incombe au recourant de motiver son appel
- que la cause soit soumise à la maxime des débats ou à la maxime inquisitoire -, c'est-à-dire de démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée. Pour satisfaire à cette exigence, il ne lui suffit cependant pas de renvoyer aux moyens soulevés en première instance, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée. Sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1).
1.3
En l'occurrence, l'acte déposé au greffe de la Cour de céans l'a été dans le délai légal de dix jours, de sorte qu'il est recevable sous cet angle.
Les griefs sont motivés d'une manière suffisante s'agissant d'un plaideur en personne.
Il n'y a cependant pas lieu de se pencher plus avant sur la recevabilité du recours, au vu des considérations qui suivent.
1.4
Les allegues nouveaux et les pieces nouvelles sont irrecevables (art. 326 CPC) de sorte que la nouvelle pièce produite par le recourant est irrecevable.
2.
Le recourant fait grief au Tribunal de ne pas lui avoir accordé un sursis humanitaire pour l'exécution du jugement.
2.1
En procedant a l'execution forcee d'une decision judiciaire, l'autorite doit tenir compte du principe de la proportionnalite. Lorsque l'evacuation d'une habitation est en jeu, il s'agit d'eviter que des personnes concernees ne soient soudainement privees de tout abri. L'expulsion ne saurait etre conduite sans menagement, notamment si des motifs humanitaires exigent un sursis, ou lorsque des indices serieux et concrets font prevoir que l'occupant se soumettra spontanement au jugement d'evacuation dans un delai raisonnable. En tout etat de cause, l'ajournement ne peut etre que relativement bref et ne doit pas equivaloir en fait a une nouvelle prolongation de bail (ATF
117 Ia 336
consid. 2b; arret du Tribunal federal
4A_207/2014
du 19 mai 2014 consid. 3.1).
L'art. 30 al. 4 LaCC concretise le principe de la proportionnalite en cas d'evacuation d'un logement, en prevoyant que le Tribunal des baux et loyers peut, pour des motifs humanitaires, surseoir a l'execution du jugement dans la mesure necessaire pour permettre le relogement du locataire ou du fermier lorsqu'il est appele a statuer sur l'execution d'un jugement d'evacuation d'un logement, apres audition des representants du departement charge du logement et des representants des services sociaux ainsi que des parties.
S'agissant des motifs de sursis, differents de cas en cas, ils doivent etre dictes par des "raisons elementaires d'humanite"; sont notamment des motifs de ce genre la maladie grave ou le deces de l'expulse ou d'un membre de sa famille, le grand age ou la situation modeste de l'expulse; en revanche, la penurie de logements ou le fait que l'expulse entretient de bons rapports avec ses voisins ne sont pas des motifs d'octroi d'un sursis (
ACJC/422/2014
du 7 avril 2014 consid. 4.2;
ACJC/187/2014
du 10 fevrier 2014 consid. 5.2.1; arret du Tribunal federal du 20 septembre 1990, in Droit du bail 3/1990 p. 30 et ref. cit.).
2.2
En l'espèce, le recourant sollicite l'octroi d'un sursis à l'exécution de l'évacuation de trois à six mois afin qu'il puisse s'organiser, en alléguant des faits nouveaux irrecevables.
Le Tribunal a équitablement tenu compte des intérêts en présence et des circonstances du cas d'espèce, notamment en retenant que le recourant n'avait pas prouvé avoir entrepris de démarches en vue de se reloger. Celui-ci n'explique par ailleurs pas pourquoi les féries de Noël ou la pandémie l'auraient empêché de trouver un nouveau logement, étant relevé que si l'activité des régies immobilières a pu être ralentie au printemps 2020, tel n'a plus été le cas par la suite. Le fait de devoir attendre d'avoir une nouvelle adresse pour pouvoir procéder à la résiliation de ses abonnements et assurances ne saurait constituer un motif de sursis.
Enfin, en raison de la presente procedure, le recourant a obtenu dans les faits un sursis de quatre mois a compter du prononce du jugement attaque, ce qui constitue un delai equitable au sens des principes sus-rappeles.
Dans ces circonstances, le jugement attaqué ne viole pas l'art. 30 al. 4 LaCC. Le recours sera donc rejeté.
3.
A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes soumises à la juridiction des baux et loyers (ATF
139 III 182
consid. 2.6).
* * * * *