# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5d1944f3-52c1-5cd4-81ba-0bb304d97e24
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Par acte du 23 avril 2015, la commune de C._ a déposé une action en réintégrande en procédure de cas clair à l’encontre de A._. Elle y conclut que ordre soit donné à ce dernier de quitter sans délai l’immeuble art. ddd RF de la dite commune, secteur E._ (parchet communal "F._") sous la menace de la peine d’amende prévue à l’art. 292 CP, à ce que faute d’exécution dans les dix jours dès l’entrée en force de la décision, l’autorité chargée de l’expulsion y procède avec l’assistance de la police et aux frais de celui-ci. La commune s’est réservé le droit d’élaborer, au cas où des dégâts auraient été causés au terrain naturel, une facture à titre de réparation compte tenu des déprédations subies.
Par acte de son mandataire du 5 mai 2015 (DO/ 9 ss), A._ a conclu, principalement, à l’irrecevabilité et, subsidiairement, au rejet de la demande de la commune de C._. En substance, il soutient que la commune n’a pas la qualité pour agir puisqu’elle a remis la possession à des tierces personnes et que de son côté il n'y a pas d'occupation illicite.
B. Par décision du 29 mai 2015, la Présidente du Tribunal civil a admis la requête de la commune de C._ et a donné ordre à A._ de quitter sans délai l’immeuble art. ddd RF de la dite commune, sous la menace des peines prévues à l’art. 292 CP. Elle a également autorisé la commune à avoir recours à la force publique si A._ ne s’exécutait pas dans un délai de dix jours dès l’entrée en force de la décision.
C. Par mémoires de son mandataire du 11 juin 2015, A._ a simultanément interjeté un recours et un appel contre la précitée décision en concluant à son annulation. Le recours a été assorti d’une requête d’effet suspensif et les deux voies de droit d'une requête de jonction de causes.
Dans sa réponse du 10 juillet 2015, l’intimée a conclu au rejet de la requête d’effet suspensif, de l’appel et du recours, dans la mesure de leur recevabilité.
Par courrier du 12 février 2016, le recourant a produit la plainte pénale de la commune du 23 avril 2015 ainsi que l’ordonnance de classement y relative. Ces pièces ont été notifiées à l’intimée par envoi du 17 février 2016.
D. Consécutivement à une fusion de communes, la Commune de C._ a pris fin et a été remplacée par la Commune de B._ en vertu de la loi relative à dite fusion.

## Considerations

en droit
1. a) aa) La décision attaquée, qui est relative à la restitution de la possession d’un immeuble (réintégrande : art. 927 CC), constitue une décision finale de première instance au sens des art. 308 al. 1 et 236 du CPC. La voie de droit ouverte contre une telle décision est l'appel (art. 308 al. 1 let. a CPC), sauf si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 2 CPC), auquel cas la décision ne peut faire l'objet que d'un recours (art. 319 let. a CPC).
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Ce ne sont en tous les cas pas les deux voies de droit qui seraient ouvertes et à traiter de manière jointe comme requis par le recourant.
La décision attaquée n'ayant pas mentionné de valeur litigieuse et les actes des parties ne contenant pas de conclusions chiffrées, il incombe à la Cour de l'apprécier, conformément à l'art. 91 al. 2 CPC (arrêt TF 5A_461/2015 du 6 août 2015, consid. 3). Les maximes inquisitoire (limitée) et d’office sont applicables (ZÜRCHER in Schweizerische Zivilporzessordnung (ZPO), 2011, art. 60 n. 2). L’obligation d’examiner d’office les conditions de recevabilité n’implique pas que dans les procès soumis à la maxime des débats, le tribunal doive rechercher de son propre chef les faits qui affectent la recevabilité de la demande (ATF 139 III 278 consid. 4.3). La maxime des débats (art. 55 al.1 CPC) est applicable en procédure sommaire, sous réserve des procédures de faillite, de concordat ou celles relevant de la juridiction gracieuse (art. 255 CPC). Les cas clairs sont traités en procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC). La réintégrande (art. 927 CC) est une action possessoire et donc de nature patrimoniale dont la valeur litigieuse ne correspond pas à une valeur d’usage capitalisée, mais au dommage présumable résultant du retard, respectivement au loyer ou à la valeur d’usage hypothétique pendant le temps nécessaire à obtenir le déguerpissement (BOHNET, Actions civiles - Conditions et conclusions, 2014, § 54 n. 4 ; arrêt TF 5A_645/2011 du 17 novembre 2011, consid. 1.1). Ainsi, dans le cadre de litiges sur les conditions de l’expulsion d’une propriété en procédure sommaire selon l’art. 257 CPC, la valeur litigieuse correspond au dommage présumable résultant du retard au cas où il serait retenu que les conditions d’une expulsion selon la procédure de l’art. 257 CPC ne sont pas réunies ; il consiste dans les loyers ou la valeur d’usage hypothétiques pendant le temps nécessaire à obtenir une décision d’expulsion selon la procédure ordinaire (arrêt TF 4A_273/2012 du 30 octobre 2012 consid. 1.2.2 non publié aux ATF 138 III 620).
bb) S’agissant de la valeur litigieuse, la demanderesse met le parchet communal gratuitement à disposition de trois agriculteurs. Dans le cadre de sa requête et de sa réponse à l’appel, elle ne prétend pas subir une quelconque perte financière. Tout comme elle n’indique pas que la mise à disposition gratuite va prochainement prendre fin. Dans ces circonstances, il convient de retenir que l’intimée ne subit aucun dommage matériel et que la valeur litigieuse est donc inférieure à CHF 10'000.-.
cc) Au vu de ce qui précède, seule la voie du recours est ouverte. Partant, il convient de déclarer l’appel irrecevable.