# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4fcba276-4a2c-5924-9aff-0ae07eb51c13
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._ (ci-après : la recourante), née en 1974, travaillait comme assistante de direction. Elle était assurée contre le risque accidents auprès de la Suva.
Le 22 septembre 2014, elle a été victime d'un accident de voiture en tant que passagère, à la suite duquel elle a ressenti des douleurs aux épaules des deux côtés mais surtout à droite, des douleurs dans la nuque et subi un hématome au niveau abdominal sur le trajet de la ceinture. Elle s'est vu prescrire des antidouleurs et un arrêt de travail jusqu'au 28 septembre 2014. La situation (traumatisme cervical indirect sur AVP) s'est ensuite stabilisée avec la persistance de douleurs de l'épaule droite.
Le 28 avril 2017, alors qu'elle était en période d'essai dans un nouvel emploi, la recourante a été victime d'un accident professionnel, en se coinçant la main droite dans un brancard à l'occasion d'un cours de samaritains organisé par son entreprise. En lien avec ce second accident, des séances de physiothérapie et un arrêt de travail dès le 29 mai 2017 lui ont été prescrits.
Le Groupe Mutuel, en qualité d'assureur perte de gain maladie selon la LCA, lui a versé des indemnités journalières depuis le 26 juin 2017 à 100%, puis à 80% dès le 1er mars 2018, lesquelles lui ont été remboursées par la SUVA.
Le 30 novembre 2017, elle a eu un nouvel accident avec chute dans le train. Son employeur lui a signifié son licenciement pour fin 2017. Elle s'est annoncée auprès de l'assurance-chômage à fin 2017 et elle a repris temporairement une activité administrative à 20% du 1er mars au 31 juillet 2018.
Le 3 avril 2018, une expertise médicale rhumatologique a été réalisée sur mandat de l'assureur maladie à qui le cas avait été annoncé. Puis, sur requête de la SUVA, la Clinique romande de réadaptation a procédé, en septembre 2018, à une évaluation interdisciplinaire qui a été soumise au médecin d'arrondissement le 23 octobre 2018.
B. Par décision du 9 novembre 2018, la SUVA a supprimé ses prestations d'assurance (indemnités journalières et frais de traitement). Elle a considéré que selon l'appréciation médicale, l'état de santé tel qu'il aurait été sans l'accident pouvait être considéré comme atteint le 28 avril 2018 au plus tard de sorte que la prise en charge de l'incapacité de travail et celle du traitement médical ne relevaient plus de la compétence de l'assurance-accidents, mais de celle de l'assurance-maladie.
L'opposition formée le 7 décembre 2018 contre cette décision a été partiellement admise le 24 janvier 2019. La prise en charge par l'assurance a été prolongée du 28 avril 2018 jusqu'à la date de la décision du 9 novembre 2018, l'opposition étant rejetée pour le reste.
Statuant le 8 avril 2020 sur un recours déposé contre la décision sur opposition précitée, la Ie Cour des assurances sociales a retenu qu’il existait un doute à tout le moins léger quant à l’existence d’un lien de causalité naturelle entre l’accident du 28 avril 2017 et une lésion labrale de type SLAP mise en évidence dans un rapport du 19 février 2019 du chirurgien traitant et confirmée le 28 mars 2019 par un traitement chirurgical. Sur cette base, la décision sur opposition du 24 janvier 2019 a été annulée et la cause renvoyée à la SUVA pour mise en œuvre d’une expertise sur la question du lien entre la lésion labrale susmentionnée et l’accident de 2017, ainsi que sur la question d’une
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éventuelle rechute de l’atteinte subie lors de l’accident de circulation survenu en 2014 qui a entraîné des douleurs et que l’événement nouveau de 2017 pourrait avoir décompensée.
C. Par courrier du 23 juillet 2020 adressé à la société d’assurance protection juridique CAP représentant la recourante, la Suva a demandé à celle-ci de se déterminer sur la désignation comme expert de Dr B._, spécialiste en orthopédie.
Dans une détermination du 7 septembre 2020, la CAP a contesté ce choix, au motif que le médecin en question fonctionne exclusivement en faveur du monde des assurances, souvent pour la SUVA. Elle a proposé en lieu et place la désignation de Dr C._, notamment spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur, et de Dr D._, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologique, ainsi qu’en chirurgie de l’épaule.
Lors d’un entretien téléphonique du 29 septembre 2020, la CAP a précisé que la recourante avait déjà rencontré Dr B._ et ne souhaitait dès lors pas la désignation de celui-ci. La SUVA a quant à elle indiqué qu’elle n’entendait pas confier l’expertise aux médecins proposés par la recourante, au motif qu’ils ne disposaient pas de la certification SIM (swiss insurance medicine). Elle a proposé comme alternative la désignation de Prof. E._, chef du service d’orthopédie et de traumatologie de F._. La recourante a donné son accord, mais le médecin en question n’a pas accepté ce mandat, faute de disponibilité.
Puis, par courrier du 30 octobre 2020 adressé à la CAP, la SUVA a annoncé qu’elle entendait désigner comme expert Dr G._, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur, au bénéfice d’une certification SIM. Dans une détermination du 9 novembre 2020, la CAP a indiqué que la recourante ne pouvait pas accepter l’expert proposé, au motif qu’il fonctionnait exclusivement en faveur du monde des assurances. Elle a proposé en lieu et place la désignation de Prof. H._, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur, et Dr I._, spécialiste en chirurgie orthopédique.
Suite à ces échanges, par décision incidente du 24 novembre 2020, la SUVA a confié un mandat d’expertise à Dr G._. Elle a considéré d’une part que la recourante ne faisait valoir aucun motif de récusation formel à l’égard de ce médecin et, d’autre part, que les rapports établis d’ordinaire par les deux médecins proposés par la recourante ne remplissaient pas les critères de qualité attendus pour une expertise.
D. Le 8 janvier 2021, la recourante, représentée par Assuas Association suisse des assurés, interjette recours contre la décision incidente devant le Tribunal cantonal. Elle conclut, avec suite de frais et dépens, à l’annulation de la désignation de Dr G._ et à la désignation en lieu et place de Dr H._ ou, subsidiairement, d’un expert médical impartial.
A l'appui de son recours, elle soutient pour l’essentiel que Dr G._, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologique de l’appareil locomoteur et précisément en chirurgie de la main, n’est pas spécialisé dans la chirurgie de l’épaule, ni dans les SLAP de type 2, pathologie qui fonde la nécessité de l’expertise. Elle relève également que ce médecin est souvent mandaté par les assureurs pour des expertises médicales et que, afin de déterminer sa partialité et son intérêt économique, il serait opportun de vérifier le nombre d’expertises qui lui sont confiés. Elle fait par ailleurs valoir qu’elle a elle-même proposé deux spécialistes, dont Dr H._, médecin chef du Département de chirurgie de J._, spécialiste reconnu dans la chirurgie orthopédique de l’épaule et du coude, et dont l’intégrité et l’impartialité ne peuvent être contestées, contrairement à
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ce que sous-entend la SUVA en affirmant que ses rapports sont « argumentés de manière peu cohérente afin de soutenir les assurés ».
Dans ses observations du 16 mars 2021, la SUVA conclut au rejet du recours.
Elle relève en particulier qu’elle a consulté la recourante avant de désigner l’expert, mais qu’il n’existe aucun droit de la personne assurée à la désignation du spécialiste de son choix, de telle sorte que la désignation de l’expert reste du ressort exclusif de l’assureur. Se référant à son profil de spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur, elle réfute par ailleurs les critiques relatives aux compétences spécifiques de Dr G._. Elle conteste également tout risque de partialité lié au fait que ce médecin serait souvent désigné comme expert pas des assurances. Elle mentionne enfin que le litige ne porte que sur l’existence éventuelle d’un motif de récusation formel ou matériel à l’égard de l’expert désigné, de telle sorte que la conclusion tendant à la désignation d’un autre expert nommément désigné est irrecevable.
Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.
Recevabilité.