# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9980a56c-c2d1-5cde-bada-293aea845257
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que A_, né le _ 1945 et B_, née le _ 1958, ont contracté mariage à C_ (Genève) le _ 2005;
Que le 24 septembre 2020, A_ a formé une requête de mesures protectrices de l'union conjugale;
Que dans le jugement attaqué, le Tribunal a retenu que l'appelant perçoit des revenus mensuels nets de l'ordre de 9'900 fr., composés de ses rentes AVS et LPP ainsi que de dividendes perçus, pour des charges estimées à environ 6'077 fr. par mois, ce qui lui permet de supporter les charges de son épouse, estimées à 3'900 fr. par mois environ;
Qu'il ressort par ailleurs du dossier que A_ est propriétaire d'actions de la société D_, dont la valeur fiscale est estimée à plus de 864'000 fr., ainsi que d'un bien immobilier sis à E_ (France);
Que les parties sont copropriétaires d'un bien immobilier sis à F_ (Valais), lequel est loué et a été mis en vente;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le Tribunal fédéral accorde généralement l'effet suspensif pour le paiement des arriérés de pensions (arrêts du Tribunal fédéral
5A_954/2012
du 30 janvier 2013 consid. 4;
5A_783/2010
du 8 avril 2011, let. D);
Que l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, l'atteinte portée au minimum vital de l'appelant n'est pas d'emblée évidente, étant rappelé que les contributions à l'entretien du conjoint priment les dettes du débirentier;
Que pour sa part, l'intimée ne perçoit aucun revenu et est entièrement dépendante de l'aide de l'Hospice général;
Que l'appelant pourra par ailleurs se prévaloir d'un éventuel trop versé dans le cadre de la liquidation des rapports de copropriété entre les époux en lien avec l'appartement sis à F_;
Que par conséquent, la suspension de l'effet exécutoire ne saurait être accordée s'agissant des contributions d'entretien courantes, soit celles dues à compter du prononcé du jugement attaqué;
Qu'en revanche, le paiement de l'arriéré de contributions d'entretien, qui représente un montant non négligeable, est destiné à couvrir les besoins de l'intimée pour des périodes échues;
Que l'intimée ne subira par conséquent pas un dommage difficilement réparable si elle n'obtient pas immédiatement le paiement de l'arriéré, qui peut dès lors attendre l'issue de la procédure au fond devant la Cour;
Que dès lors, la requête d'effet suspensif sera admise exclusivement en tant qu'elle porte sur le paiement des arriérés de contributions d'entretien pour la période allant du 1
er
juin 2020 jusqu'au prononcé du jugement attaqué, soit, par mesure de simplification, jusqu'au 30 avril 2021;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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