# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ca4d5a19-5d77-560c-9587-b996b26ee62a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu, en fait, que Madame A_, née le _1983, ressortissante d’Ukraine, a obtenu, le 22 novembre 2013, une autorisation de séjour temporaire pour études afin d’obtenir le diplôme d’études en lange française (DELF) au mois de juin 2015 ;
qu’elle a requis en juillet 2015, le renouvellement de son autorisation de séjour afin de suivre le programme de baccalauréat en psychologie, sous réserve de la réussite de l’examen de français ;
que n’ayant pas été admise à ce baccalauréat, elle a sollicité le renouvellement de son permis de séjour pour suivre les cours de français de septembre 2015 à juin 2016 en vue d’obtenir un DELF ;
que, par décision du 17 août 2016, l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) a refusé le renouvellement de l’autorisation de séjour et imparti à Mme A_ un délai au 30 septembre 2016 pour quitter la Suisse ;
qeu le 29 septembre 2016, elle a fait parvenir à l’OCPM une demande d’autorisation de séjour (formulaire M) ;
que l’OCPM a traité cette requête comme une demande de reconsidération qu’il a rejetée le 14 mars 2018, en impartissant un délai au 22 avril 2018 à l’intéressée pour quitter la Suisse ;
que par courrier du 13 avril 2018, Mme A_ a requis la reconsidération « en vue de l’obtention du renouvellement de son autorisation de séjour » ;
que le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a, par jugement du 8 août 2018, rejeté le recours formé par l’intéressée contre la décision rendue par l’OCPM du 18 avril 2018, par laquelle il a maintenu sa décision du 14 mars 2018 ;
que par recours interjeté le 21 août 2018 auprès de la chambre de céans, Mme A_ a contesté ce jugement, concluant à l’annulation de celui-ci et de la décision de l’OCPM du 14 mars 2018, à ce qu’il soit dit que les conditions d’une reconsidération sont remplies et que le dossier soit renvoyé à l’OCPM pour nouvelle décision ;
qu’à titre préalable, elle a requis la restitution de l’effet suspensif, exposant qu’elle disposait d’un logement et d’une couverture d’assurance-maladie, de sorte que l’intérêt public à son éloignement immédiat n’était pas prépondérant à son intérêt privé à demeurer en Suisse ;
que l’OCPM s’est opposé à la requête, relevant qu’elle visait au prononcé de mesures provisionnelles, dont le but était d’obtenir le plein de ses conclusions avant que la cause soit tranchée au fond, ce qui n’était pas possible ;

## Considerations

Considérant, en droit, l’art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre administrative de la Cour de justice du 26 septembre 2017, à teneur duquel les décisions sur effet suspensif sont prises par le président de ladite chambre, respectivement par le vice-président, ou en cas d’empêchement de ceux-ci, par un juge ;
qu’aux termes de l’art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (al. 3) ;
que, par ailleurs, l’art. 21 al 1 LPA permet le prononcé de mesures provisionnelles ;
que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif – ne sont légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/503/2018
du 23 mai 2018 ;
ATA/955/2016
du 9 novembre 2016 consid. 4) ;
qu’elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in RDS
1997 II 253
-420, 265) ;
que, par ailleurs, l'octroi de mesures provisionnelles présuppose l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace d'un dommage difficile à réparer (ATF
130 II 149
consid. 2.2 ;
127 II 132
consid. 3 = RDAF
2002 I 405
) ;
qu’un effet suspensif ne peut être restitué lorsque le recours est dirigé contre une décision à contenu négatif ; la fonction de l’effet suspensif est de maintenir un régime juridique prévalant avant la décision contestée. Si, sous le régime antérieur, le droit objet du contentieux judiciaire n’existait pas, 1’effet suspensif ne peut être restitué car cela reviendrait à accorder au recourant d’être mis au bénéfice d’un régime juridique dont il ne bénéficiait pas (ATF
127 II 132
;
126 V 407
;
116 Ib 344
;
ATA/676/2018
du 27 juin 2018 consid. 5a ;
ATA/658/2016
du 28 juillet 2016 consid. 1a) ;
que la restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution immédiate de la décision (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ;
que la chambre de céans dispose dans l’octroi de mesures provisionnelles d'un large pouvoir d'appréciation (ibidem) ;
qu’en l’espèce, la recourante ne disposait plus d’un titre de séjour depuis le 17 août 2016, date de la décision de l’OCPM qu’elle n’a pas contestée ;
qu’ainsi, sa demande de restitution de l’effet suspensif constitue une requête de mesures provisionnelles, revenant à demander l’octroi, pendant la durée de la procédure de recours, d’une autorisation de séjour ;
que toutefois comme indiqué ci-dessus, le prononcé de mesures provisionnelles ne saurait anticiper le jugement au fond ;
que, par ailleurs, en tant que la requête est dirigée contre le délai imparti à la recourante pour quitter la Suisse, il convient de relever que la recourante ne soutient pas que son retour en Ukraine et son séjour dans ce pays pendant la procédure de recours l’exposerait à subir un dommage difficilement réparable ;
que, partant, l’intérêt public à l’exécution immédiate de la décision contestée l’emporte sur l’intérêt privé de la recourante, de sorte qu’il convient de rejeter sa requête ;
qu’il sera statué avec la décision au fond sur les frais du présent incident.