# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 031851d3-7a5a-5591-9167-138b79282c0d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
A_ appelle en temps utile du jugement du 15 mars 2021 par lequel le Tribunal de police (TP) l'a condamné à une amende de CHF 500.-, avec peine privative de liberté de substitution de cinq jours, pour infraction à l'art. 34 al. 1 let. e de la loi fédérale sur les armes, les accessoires d'armes et les munitions (LArm). Parmi les armes séquestrées, celles saisies sur le bateau du précité ont été confisquées (inventaire n° 1_ du 28 mars 2019) et les autres lui ont été restituées (inventaire n° 2_ du 5 avril 2019). Il a été condamné aux frais de la procédure en CHF 1'173.- et débouté de ses conclusions en indemnisation.
b.
A_ entreprend entièrement ce jugement et conclut, sous suite de frais et dépens, à son acquittement, subsidiairement à l'annulation dudit jugement et au renvoi de la cause au TP, ainsi qu'en tout état de cause à la restitution des armes séquestrées.
c.
Selon l'ordonnance pénale du Service des contraventions (SDC) du 18 octobre 2019, il est reproché à A_ d'avoir, le 14 novembre 2018 à 13h49 (
recte
: le 27 mars 2019), au quai 3_ à Genève, omis de conserver avec prudence des armes, des éléments essentiels d'armes, des composants d'armes spécialement conçus, des accessoires d'armes, des munitions ou des éléments de munitions.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du jugement querellé et pour le surplus de la procédure :
a.
Le 26 novembre 2018, le SDC a rendu une première ordonnance pénale, entrée en force de chose jugée, condamnant A_ à une amende pour des faits identiques à ceux susmentionnés, commis le 4 octobre 2018, sur son bateau, amarré quai 3_. Cette décision ordonnait le séquestre et la confiscation des douze armes saisies, comprenant notamment les sept armes listées
infra
let. c.b.a.
b.
Le 19 novembre précédent, la Brigade des armes, de la sécurité privée et des explosifs (ci-après : BASPE) avait toutefois restitué ces armes à A_. Selon le rapport de police du 29 août 2019 (cf.
infra
let. c.c), ce dernier lui avait communiqué l'ordonnance précitée (
sic !
) sans présenter la page consacrée à la confiscation, de sorte que la restitution résultait d'une erreur. La BASPE avait en tout état considéré que les conditions de stockage des armes en cause étaient conformes à la LArm, ayant reçu l'assurance de A_ qu'il louerait un coffre au stand de tir C_ sis dans le canton.
Le 20 mars 2019, réalisant son erreur, la BASPE s'est rendue audit stand de tir afin de récupérer les armes, mais elle n'en a trouvé qu'une seule, avec son carton de munitions.
c.a.
Le 27 mars 2019, la BASPE s'est présentée sur le bateau de A_, amarré quai 3_, et a demandé à ce dernier de présenter les armes dont il était détenteur. Celles-ci y étaient stockées dans des contenants métalliques se trouvant à l'avant de la cabine, qui n'étaient pas fixés de manière solide de sorte à prévenir tout vol. Leur verrou ne présentait pas un degré particulier de sécurité et pouvait être facilement forcé. L'accès au bateau n'était protégé que par une bâche en partie transparente, faisant office de porte d'entrée, pouvant être déchirée avec un couteau sans difficulté ou même retirée à mains nues. L'embarcation était équipée d'un système de surveillance avec alarme, toutefois sans dispositif mécanique relié aux contenants métalliques abritant les armes, mais seulement propre à éventuellement provoquer la fuite d'un intrus. Le port privé dans lequel elle était amarrée faisait l'objet d'une surveillance uniquement assurée par des patrouilles sporadiques d'agents de sécurité. Son accès terrestre n'était limité que par un portail qui pouvait être franchi et l'accès par le lac était libre.
c.b.a.
La police a, à nouveau, saisi les armes de A_ entreposées sur son bateau, soit, selon l'inventaire n° 1_ du 28 mars 2019, un pistolet D_/4_ (calibre 45 ACP, n° 5_), un pistolet D_/6_ (calibre 9 mm, n° 7_), un pistolet D_/8_ (calibre 9 mm, n° 9_), un fusil à pompe E_ (calibre 12 mm, n° 10_), un fusil à pompe F_ (calibre 12 mm, n° 11_), un fusil d'assaut automatique G_/12_ (calibre 7.62 mm, n° 13_) et un fusil semi-automatique H_ (calibre 7.62 mm, n° 14_).
c.b.b.
A_ a également remis à la BASPE trois éléments qu'il avait stockés dans un dépôt et listés à l'inventaire n° 2_ du 5 avril 2019, soit un pistolet D_/8_ (calibre 9 mm, n° 15_), deux lots de munitions de 123 cartouches de 9 mm et de 75 cartouches de 45 ACP, ainsi qu'un pistolet I_ (calibre 22 lr, n° 16_). La restitution de ces pièces-ci n'est cependant pas litigieuse en appel.
c.c.
Selon le rapport de la BASPE du 29 août 2019 et son complément du 13 janvier 2020, dont résultent les éléments mentionnés
supra
let. c.a., les conditions de stockage des armes de A_ étaient identiques à celles ayant motivé sa condamnation du 26 novembre 2018 et les mesures nécessaires pour garantir la conservation des armes n'avaient ainsi toujours pas été prises.
Le rapport complémentaire indique qu'en 2018 et 2019, 45 et 49 cas d'effractions d'embarcations avec vol de biens privés avaient fait l'objet d'une plainte. Les contenants métalliques dans lesquels l'appelant avait déposé ses armes n'étaient pas solidement fixés de sorte qu'ils étaient sujets au vol par des cambrioleurs avertis, tout comme par des
"adolescents amateurs"
.
c.d.
Les faits constatés le 27 mars 2019 ont donné lieu à l'ordonnance pénale du SDC du 18 octobre 2019. L'annexe de cette décision comporte la mention de la
"dénonciation"
du 29 août 2019, la description des faits reprochés telle que reportée
supra
let. A.c., ainsi que la liste des armes saisies par la police qui ont fait l'objet d'un
"séquestre et d'une confiscation"
.
A_ a contesté la décision susmentionnée du SDC de séquestrer ses armes. Son recours a toutefois été rejeté par arrêt
ACPR/926/2019
de la Chambre pénale de recours du 25 novembre 2019, ce que le Tribunal fédéral a confirmé par arrêt
1B_16/2020
du 24 juin 2020.
d.
Dans la motivation de son opposition transmise le 5 décembre 2019 au SDC, A_ a expliqué que, contrairement à ce que semblait affirmer la BASPE, les contenants métalliques ayant servi à l'entreposage des armes étaient verrouillés au moyen d'une clé, laquelle se trouvait en permanence en sa possession. Son bateau était amarré dans un port privé dont les accès étaient contrôlés et la surveillance par patrouille opérée par une société de sécurité privée. Ce dernier était équipé d'un système déclenchant une alarme sonore en cas d'intrusion. Il lui servait à la fois de logement et de bureau, de sorte qu'une présence très fréquente était assurée à bord. Aucun indice extérieur ne permettait d'imaginer la présence d'armes, qu'il transportait au moyen de housses discrètes, imitant notamment les étuis à guitare et autres instruments de musiques. Son adresse légale ne se trouvait pas exactement à l'endroit de la place d'amarrage, mais plus loin sur le quai, ce qui rendait l'identification de son logement difficile.
e.a.
A_ a conclu devant le premier juge à son acquittement ainsi qu'au versement d'une indemnité de CHF 4'026.14 pour ses frais de défense, se fondant sur une activité de son conseil de 9h40, facturée au tarif horaire de CHF 350.-.
Il a soutenu que ses armes étaient conservées sur son bateau de manière très sécurisée. Le service compétent avait continué à lui délivrer des permis d'achat d'armes jusqu'en 2016 ou 2017 et était au courant de cette situation, tout comme du nombre de pièces qu'il avait en sa possession.
Il avait indiqué à la police avoir loué un coffre auprès de C_ car le responsable de la BASPE lui avait fait comprendre qu'un tel dépôt était suffisamment sécurisé selon leurs critères. Il n'y avait finalement laissé qu'une seule arme car, antérieurement à 2018, deux éléments y entreposés par ses soins avaient disparu. Il avait une nouvelle fois rangé ses armes sur son bateau nonobstant sa condamnation par le SDC en 2018 après avoir consulté la loi, selon laquelle celles-ci devaient être conservées avec précaution, hors d'atteinte. Il avait donc pensé que ses caissons en acier, se fermant à clef, offraient une protection suffisante. Contrairement à la description faite dans le rapport de police, lesdits caissons faisaient partie de la masse du bateau, de sorte que, plus que scellés à ce dernier, ils étaient soudés dans la structure en acier. La police ne l'avait pas relevé car elle n'était pas montée à bord.
A_ a confirmé que l'arme longue G_ séquestrée constituait un fusil d'assaut automatique.
e.b.
A la fin des débats, il a requis d'être autorisé à produire des photographies du bateau et du lieu où étaient stockées les armes, ce qui lui a été refusé au motif qu'il aurait pu le faire avant le procès et que la cause était de toute manière en état d'être jugée.
C. a.

## Considerations