# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3e7585f2-8057-5d5e-be00-a725f339316e
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 15 novembre 2018, A_ recourt
contre l'ordonnance provisionnelle rendue le 5 novembre 2018, notifiée le 7 suivant, par laquelle le Juge des mineurs (ci-après: JMin) a notamment ordonné le placement de son fils B_, dès le 5 novembre 2018, au sein de l'internat du C_ (ci-après : C_) et dit que ses parents contribueraient aux frais de ce placement, en vertu de leur obligation d'entretien et dans la mesure de leurs possibilités financières (ch. IV).
Le recourant conclut, sous suite de frais, à l'annulation du chiffre IV de cette ordonnance.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
B_, né le _ 2002, fils de A_ et de D_, a été reconnu coupable de tentative de vol d'usage et d'infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants, par ordonnance pénale du 16 janvier 2017 du JMin.
b.
Après un premier placement de B_ ordonné le 19 juin 2017 jusqu'au 27 août 2017, le précité a, du 23 mars au 24 août 2018, intégré le programme Inserre aux fins de pouvoir entrer au C_, ce qu'il a fait à la rentrée scolaire 2018.
c.
L'évolution de la situation de B_ a été un peu chaotique, l'intéressé ayant de la peine à respecter les limites posées par sa mère, chez qui il vivait.
d.
Une place à l'internat de ladite école s'étant libérée à fin septembre, B_ a indiqué qu'il était preneur, ce qui lui permettrait de se concentrer sur ses études.
e.
Tant sa mère que son éducatrice sociale s'y sont montrées favorables.
C.
Dans son ordonnance querellée, le JMin a retenu qu'un placement au sein de l'internat du C_ constituerait pour le mineur une opportunité de se concentrer sur ses études et de bénéficier de l'encadrement de cette école.
Aucune motivation n'est consacrée à la question de la contribution des parents de B_ aux frais de son placement.
D.
a.
À l'appui de son recours, A_ fait valoir que la mère de B_, dont il était séparé depuis 15 ans, avait essayé de réduire au maximum son droit de visite en 2015 et tout fait pour le mettre à l'écart des décisions importantes concernant l'enfant. Il n'avait pas l'autorité parentale sur son fils et estimait dès lors que sa contribution à ses frais de placement était inopportune.
b.
À réception, la cause a été gardée à juger sans échange d'écritures ni débats.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
1.1.
L'acte de recours a été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP
cum
art. 3 al. 1 et 39 al. 1 PPMin) et concerne une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 26 al. 1 let. c et 39 al. 2 let. a PPMin). ![endif]>![if>
1.2.
Se pose néanmoins la question de savoir si le recourant dispose de la qualité pour recourir contre l'ordonnance querellée.
1.2.1.
En vertu de l'art. 38 al. 1 let. b et 3 PPMin, les représentants légaux du prévenu mineur ont qualité pour recourir, l'art. 382 CPP étant pour le surplus applicable. Selon l'art. 382 al. 1 CPP, toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci.
L'intérêt du recourant doit être actuel et pratique (ATF
137 I 296
consid. 4.2 p. 299; arrêt du Tribunal fédéral
1B_380/2016
du 6 décembre 2016 consid. 2). L'existence d'un intérêt de pur fait ou la simple perspective d'un intérêt juridique futur ne suffit pas (arrêts du Tribunal fédéral
1B_380/2016
précité;
1B_390/2015
du 16 décembre 2015 consid. 2.1 et les arrêts cités). Une partie qui n'est pas concrètement lésée par la décision ne possède donc pas la qualité pour recourir et son recours est irrecevable (arrêt du Tribunal fédéral
1B_669/2012
du 12 mars 2013 consid. 2.3.1 et la référence citée).
L'intérêt pour recourir se détermine en fonction du dispositif de l'acte juridictionnel. Ainsi, la qualité pour interjeter un recours n'est reconnue que si le recourant est lésé personnellement par le dispositif de la décision (arrêt du Tribunal fédéral
1B_3/2011
du 20 avril 2011 consid. 2.4 et les références citées).
1.2.2.
Les frais occasionnés par un placement à titre provisionnel ordonné pendant la procédure sont réputés frais d'exécution (art. 45 al. 1 let. b PPMin; arrêt du Tribunal fédéral
6B_739/2012
du 13 mai 2012 consid. 2). Ils sont en principe supportés par le canton dans lequel le prévenu mineur a son domicile lors de l'ouverture de la procédure, sous réserve de réglementations contractuelles contraires des cantons sur la répartition des frais (art. 45 al. 2 et 4 PPMin).
Selon l'art. 45 al. 5 PPMin, les parents du mineur participent aux frais des mesures de protection et de l'observation au titre de leur obligation d'entretien au sens du droit civil. La notion d'entretien est celle prévue aux art. 276 et suivants du Code civil (CC –
RS 210
) ; elle comprend en particulier l'entretien de l'enfant majeur, aux conditions de l'art. 277 al. 2 CC (M. NIGGLI / M. HEER / H. WIPRÄCHTIGER (éds),
Schweizerische Strafprozessordnung / Schweizerische Jugendstrafprozessordnung, Basler Kommentar StPO/JStPO
, 2e éd., Bâle 2014
,
n. 8 ad art. 45 PPMin; cf. arrêt du Tribunal fédéral
6B_739/2012
du 13 mai 2012 consid. 1).
Dans le canton de Genève, la compétence de fixer la participation des parents du prévenu mineur aux frais des mesures de protection et de l'observation au sens de l'art. 45 al. 5 PPMin revient à l'Office de l'enfance et de la jeunesse (art. 49 al. 1 LaCP).
C'est sciemment que le législateur a confié à l'Office cantonal de la jeunesse (désormais Office de l'enfance et de la jeunesse) le soin de statuer sur la participation des parents aux frais des mesures de protection des mineurs, cet office étant jusqu'alors compétent en dehors d'une procédure pénale et disposant par conséquent d'une expérience en la matière (Mémorial des séances du Grand Conseil de la République et canton de Genève, 2007-2008/XI A 12670).
1.2.3.
En l'espèce, quand bien même le recourant n'aurait pas l'autorité parentale sur son fils, l'art. 45 al. 5 PPMin astreint les parents, et non les représentants légaux, à participer aux frais des mesures de protection au titre de leur obligation d'entretien au sens du droit civil. Ainsi, il faut reconnaître au recourant la faculté d'interjeter recours en son nom propre à l'encontre d'une décision relative à sa participation aux frais du placement de son fils mineur, dans la mesure toutefois où il dispose d'un intérêt juridiquement protégé au sens de l'art. 382 al. 1 CPP (cf. également M. NIGGLI / M. HEER / H. WIPRÄCHTIGER (éds),
op. cit.
, n. 2 ad art. 38 PPMin, relatif aux frais de procédure à charge des parents en vertu de l'art. 44 al. 3 PPMin).
Reste dès lors à examiner si le JMin a effectivement pris une décision qui lèse de manière concrète et actuelle les intérêts du recourant.
Le chiffre IV du dispositif de l'ordonnance querellée, en tant qu'il "
dit que les parents contribueront aux frais de placement, en vertu de leur obligation d'entretien et dans la mesure de leurs possibilités financières
", ne fait en réalité que reprendre les termes de l'art. 45 al. 5 PPMin. Cet énoncé n'a pas de valeur contraignante pour le recourant, le JMin se contentant de se référer à son obligation d'entretien, sans toutefois en examiner les conditions ou en arrêter le montant.
La décision y relative reviendra en définitive à l'Office de l'enfance et de la jeunesse, en vertu de l'art. 49 al. 1 LaCP, à qui il appartiendra d'appliquer les principes issus des art. 276 et suivants CC (cf. notamment
ATA/67/2012
du 31 janvier 2012;
ATA/276/2015
du 17 mars 2015 consid. 8b). La décision de l'Office de l'enfance et de la jeunesse pourra le cas échéant faire l'objet d'un recours auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010, LOJ – RSG
E 2 05
).
Ainsi, à défaut d'intérêt juridiquement protégé concret et actuel à l'annulation du chiffre IV du dispositif de l'ordonnance querellée, le recourant ne dispose pas de la qualité pour recourir contre cette dernière (
ACPR/231/2018
du 25 avril 2018).
Son recours est par conséquent irrecevable, ce que la Chambre de céans pouvait constater sans interpeller l'autorité intimée (art. 390 al. 2 CPP
a contrario
).
2.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 300.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP –
E 4 10.03
).![endif]>![if>
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