# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a785a7ba-6b49-5851-bb40-015d9fe9a2b9
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2000
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame M. S_, née le _ 1957, est originaire du Brésil. Elle s'est mariée à Plan-les-Ouates (GE) le 15 août 1997 avec M. S_, originaire de Fahrwangen (Argovie).
2. Une quarantaine de jours après le mariage, Mme S_ indique avoir subi de la part de son époux des violences physiques et verbales et s'être pour ce motif rendue à la police le ler octobre 1997. Elle a quitté le domicile conjugal et déposé une demande en annulation du mariage le 27 octobre 1997. Celle-ci a été rejetée par jugement du Tribunal de lère instance du 4 juin 1998.
3. Mme S_ est alors retournée au Brésil.
4. En automne 1999, elle est revenue à Genève.
Elle a présenté le 6 octobre 1999 une demande d'autorisation de séjour.
5. Dépourvue de moyens d'existence, Mme S_ a été mise au bénéfice des prestations d'assistance par l'Hospice général dès janvier 2000.
6. Par décision du 14 février 2000, confirmée le 15 mars 2000, l'Office cantonal de la population (ci-après : OCP) a refusé l'octroi d'une autorisation, même d'une durée limitée.
Un délai au 31 juillet 2000 était imparti à Mme S_ pour quitter le territoire suisse.
7. En temps utile, Mme S_ a recouru contre cette décision auprès de la commission cantonale de recours de police des étrangers. Le 13 avril 2000, ladite commission a constaté que la décision attaquée n'ayant pas été déclarée exécutoire nonobstant recours, Mme S_ était autorisée "à habiter dans le canton de Genève jusqu'à droit jugé sur le recours".
8. Le 6 juin 2000, Mme S_ a déposé une demande en divorce unilatérale en application de l'article 115 CCS. Elle concluait au prononcé du divorce et à ce que le Tribunal lui donne acte de ce qu'elle renonçait à toute pension après divorce et à sa part de la prestation de libre passage de son époux.
9. Par décision du 24 juillet 2000, le service d'action sociale de l'Hospice général a mis un terme dès le 1er août 2000 à son intervention financière en faveur de Mme S_. Cette décision était fondée sur l'article 2 alinéa 4 de l'arrêté du département de l'action sociale et de la santé du 31 mars 2000 relatif à l'aide financière aux étrangers non titulaires d'une autorisation de séjour régulière selon lequel "lorsqu'un délai de départ est fixé, l'Hospice général peut accorder une aide jusqu'à l'échéance de ce délai, au plus tard".
Cette décision pouvait faire l'objet d'une réclamation dans les 30 jours auprès du président du conseil d'administration de l'Hospice général.
10. Le 2 août 2000, Mme S_ a élevé réclamation contre cette décision auprès du président du conseil d'administration de l'Hospice général. Elle souhaitait rester en Suisse pour mener à bien la procédure en divorce déposée par elle, consciente que le lien avec son mari était définitivement rompu.
Elle se trouvait dans une situation kafkaïenne : elle était toujours mariée mais son mariage n'était pas reconnu sur le plan administratif. Elle devait se défaire des liens l'unissant encore à son époux. Ce dernier refusait cependant d'introduire une requête commune en divorce.
Elle était sans moyens d'existence et dans une situation de détresse.
Selon l'article 12 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999, entrée en vigueur le ler janvier 2000
(CF -
RS 101
) et la jurisprudence développée à cet égard, elle avait droit à des conditions minimales d'existence.
La décision prise le 24 juillet 2000 par l'Hospice général devait donc être annulée. Mme S_ devait recevoir l'aide financière de l'Hospice aussi longtemps qu'elle résiderait en Suisse et qu'elle en aurait besoin.
11. Le 4 août 2000, l'Hospice a accusé réception de ladite réclamation. Le 15 août, il a confirmé que
la décision prise par lui le 24 juillet 2000 n'ayant pas été déclarée exécutoire nonobstant réclamation, celle-ci avait effet suspensif. Mme S_ continuerait ainsi à percevoir des prestations jusqu'à droit connu.
12. Le 22 août 2000, Mme S_ a introduit une requête en mesures préprovisoires, modifiant sa demande en divorce et sollicitant une contribution d'entretien mensuelle de CHF 2'000.- de la part de son époux.
13. Par décision du 8 septembre 2000, cette demande a été rejetée et la cause renvoyée au juge du fond, la condition de l'urgence - nécessaire pour le prononcé de
telles mesures - n'étant pas réalisée.
14. Par décision du 6 septembre réceptionnée le 16 octobre 2000, le président du conseil d'administration de l'Hospice général a rejeté la réclamation et confirmé la décision précitée du 24 juillet en tant qu'elle mettait fin aux prestations d'assistance selon l'article 2 alinéa 4 de l'Arrêté 2000, en retenant en substance que selon l'article 5 alinéa 3 lit b) de la loi sur l'assistance publique du 19 septembre 1980 (LAP -
J 4 05
) lorsqu'une décision sur réclamation confirme une décision antérieure, celle-ci devient définitive. En l'espèce, "les prestations LAP cesseront d'être versées au jour de la réception du pli recommandé notifiant la présente décision sur réclamation, soit à la fin du mois dans lequel intervient la notification".

## Considerations