# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5ab061ac-ea2c-4a24-b38c-3a188b5033ac
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
A._ et B._ (ci-après: les contribuables) n'ont pas déposé de déclaration d'impôt pour la période fiscale 2019 dans les délais impartis à cet effet.
B.
Par décision du 5 février 2021, l'Office d'impôt des districts de Nyon et Morges a taxé d'office les contribuables et prononcé des amendes à leur encontre.
C.
Le 11 juin 2021, A._ et B._ ont déposé une réclamation contre cette décision. En substance, ils ont fait valoir que A._ était en incapacité de travail depuis le 1
er
mars 2021 et que son état de santé l'empêchait de s'occuper de ses affaires administratives.
D.
Par décision du 7 février 2022, l'Administration cantonale des impôts (ci-après: ACI ou autorité intimée) a déclaré la réclamation irrecevable pour tardiveté et a confirmé la décision de taxation d'office et de prononcé d'amendes du 5 février 2021.
E.
Par acte du 5 mars 2022, envoyé le 6 mars 2022, A._ a déposé un recours contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP). Il conclut en substance à ce que la décision attaquée soit réformée en ce sens que la taxation d'office soit revue sur la base de sa déclaration d'impôts. Il a produit un certificat du Centre de psychiatrie et psychothérapie ******** du 5 octobre 2021 attestant d'un suivi depuis le mois d'août 2018 en lien avec des troubles affectant par période la gestion de ses affaires administratives et un certificat médical attestant d'une incapacité de travail du 31 janvier au 30 mars 2022.
F.
Le tribunal a statué sans ordonner d'échange d'écritures ni d'autre mesure d'instruction (art. 82 LPA-VD).

## Considerations

Considérant en droit:
1.
La décision sur réclamation de l'ACI peut faire l'objet d'un recours auprès de la CDAP dans un délai de 30 jours dès sa notification (art. 140 al. 1 de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct [LIFD; RS 642.11] et art. 95 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36], applicable par renvoi de l’art. 199 de la loi vaudoise du 4 juillet 2000 sur les impôts directs cantonaux
[LI; BLV 642.11]). En l'espèce, le recours a été déposé en temps utile auprès de l'autorité compétente et satisfait aux conditions formelles prévues par la loi si bien qu'il convient d'entrer en matière.
2.
Dès lors que la question juridique à trancher est réglée de la même façon en droit fédéral et en droit cantonal harmonisé, il sera statué en un seul arrêt sur l'impôt fédéral direct et sur l'impôt cantonal et communal (ATF 135 II 260 consid. 1.3.1).
3.
Il convient d'abord de déterminer l'objet du litige.
a) L'objet du litige est défini par trois éléments: la décision attaquée, les conclusions du recours et les motifs de celui-ci. Selon le principe de l’unité de la procédure, ne peuvent être examinés et jugés, en principe, que les rapports juridiques à propos desquels l’autorité administrative s’est prononcée préalablement, d’une manière qui la lie sous forme de décision. L'objet du litige peut être réduit devant l’autorité de recours, mais pas étendu, ni modifié (ATF 136 V 362 consid. 3.4.2).
b) En l'occurrence, la décision attaquée déclare irrecevable pour tardiveté la réclamation déposée par le recourant et par son épouse contre la décision de taxation d'office et de prononcé d'amendes du 5 février 2021; l'autorité intimée n'a donc pas examiné les arguments du recourant contre le prononcé de la taxation d'office et des amendes. Devant la cour de céans, ne sont donc recevables que les griefs en lien avec les motifs pour lesquels l'autorité intimée n'est pas entrée en matière sur la réclamation des contribuables. S'il s'avérait que c'est à tort que l'autorité intimée n'est pas entrée en matière, il conviendrait en principe de lui renvoyer l'affaire pour qu'elle examine la réclamation sur le fond.
4. Les motifs invoqués par le recourant ne permettent manifestement pas de remettre en cause le bien-fondé du prononcé d'irrecevabilité de l'autorité intimée.
a) D'abord, le recourant ne conteste à juste titre pas que la réclamation du 11 juin 2021 a été déposée largement après l'échéance du délai de 30 jours depuis la notification de la décision de taxation d'office et de prononcé d'amendes du 5 février 2021, si bien qu'elle était tardive.
b) Ensuite, comme l'a relevé à juste titre l'autorité intimée, les explications du recourant ne permettent pas non plus de retenir l'existence d'un motif de restitution du délai de recours au sens des art. 133 al. 3 LIFD, s'agissant de l'impôt fédéral direct et de l'art. 22 LPA-VD, s'agissant de l'impôt cantonal et communal.
aa) Selon l'art. 133 al. 3 LIFD, passé le délai de 30 jours, une réclamation n’est recevable que si le contribuable établit que par suite de service militaire, de service civil, de maladie, d’absence du pays ou pour d’autres motifs sérieux, il a été empêché de présenter sa réclamation en temps utile et qu’il l’a déposée dans les 30 jours après la fin de l’empêchement. D'après l'art. 22 LPA-VD, le délai peut être restitué lorsque la partie ou son mandataire établit qu'il a été empêché, sans faute de sa part, d'agir dans le délai fixé (al. 1). Par empêchement non fautif au sens de cette dernière disposition, il faut entendre non seulement l'impossibilité objective, comme la force majeure, mais aussi l'impossibilité subjective due à des circonstances personnelles ou à une erreur excusables (cf. TF 1C_520/2015 du 13 janvier 2016 consid. 2.2). La partie qui désire obtenir une restitution de délai doit établir l'absence de toute faute de sa part; est non fautive toute circonstance qui aurait empêché un plaideur consciencieux d'agir dans le délai fixé (cf., entre autres, arrêt PE.2019.0301 du 10 octobre 2019 et les références citées). La maladie ou l'accident peuvent, à titre d'exemples, être considérés comme un empêchement non fautif et, par conséquent, permettre une restitution d'un délai, s'ils mettent la partie recourante ou son représentant légal objectivement ou subjectivement dans l'impossibilité d'agir par soi-même ou de charger une tierce personne d'agir en son nom dans le délai (cf. TF 1C_520/2015 précité consid. 2.2).
bb) En l'occurrence, le recourant expose en substance qu'il fait face à d'importantes difficultés personnelles depuis le mois de juillet 2018 qui l'ont conduit à être suivi sur le plan psychiatrique et à être assisté sur le plan social. Il conteste être resté passif et expose les soutiens dont il a bénéficié pour effectuer ses démarches sur le plan administratif. Il explique que son épouse, qui est d'origine étrangère, a également souffert de graves problèmes de santé et qu'il se charge des affaires administratives du couple. Il invoque également la situation financière délicate dans laquelle le met la décision de taxation d'office.
Les certificats médicaux produits et les explications fournies par le recourant, s'ils attestent d'un état de santé fragile et d'une situation financière difficile que ne méconnaît pas le tribunal, ne sont à l'évidence pas suffisants pour démontrer qu'il aurait été dans l'impossibilité, sans faute de sa part, d'agir dans le délai de réclamation contre la décision de taxation d'office. En effet, le recourant ne prétend pas ni à plus forte raison ne démontre qu'il aurait été empêché au sens de la jurisprudence précitée pendant la période allant de l'échéance du délai de réclamation contre la décision du 5 février 2021 jusqu'au 11 juin 2021 d'accomplir l'acte simple que constitue le dépôt d'une réclamation auprès de l'autorité intimée. Le fait que le recourant se soit trouvé en incapacité de travail, comme il l'expose, ne suffit pas à démontrer un empêchement. On en veut pour preuve que, bien qu'en incapacité de travail jusqu'au 30 mars 2022, le recourant a été en mesure de déposer le présent recours en temps utile. Les explications du recourant ne permettent pas non plus de considérer que son épouse était empêchée de déposer une réclamation en temps utile contre la décision de taxation d'office. S'agissant enfin de la situation financière difficile dans laquelle le recourant se trouve, elle n'a pas à être prise en considération à ce stade mais éventuellement dans le cadre d'un plan de paiement ou d'une demande de remise.
C'est donc à juste titre que l'autorité intimée a déclaré la réclamation irrecevable pour tardiveté. Il n'y a donc pas lieu d'examiner plus avant les griefs que formule le recourant en lien avec la décision de taxation d'office et de prononcé d'amendes.
4.
Le recourant se plaint de ce qu'une même personne aurait procédé à sa taxation d'office et statué sur sa réclamation.
La procédure en matière fiscale prévoit que la réclamation dirigée comme en l'espèce contre une décision de taxation rendue par l'office d'impôt est examinée préalablement par cette autorité. Si l'office d'impôt ne peut pas liquider le cas, le dossier est transmis à l'Administration cantonale des impôts. Cette autorité arrête des propositions de règlement qu'elle soumet au contribuable. Si le contribuable repousse les propositions, elle rend une décision motivée (art. 187 et 188 LI).
En l'occurrence, la procédure s'est déroulée conformément aux dispositions précitées. Ce sont donc en l'occurrence deux autorités différentes qui ont statué sur la taxation d'office et sur la réclamation.
Le grief que le recourant formule à cet égard est donc manifestement hors de propos.
5.
Manifestement mal fondé, le recours doit être rejeté par un arrêt sommairement motivé (art. 82 LPA-VD). Il n'est pas perçu d'émolument (art. 49 et 50 LPA-VD) ni alloué de dépens (art. 55 LPA-VD).