# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7a5d15dc-43fc-5601-880b-6cccb6c517ef
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
Une procédure oppose C_ AG à A_ et B_ devant le Tribunal des baux et loyers (ci-après : le Tribunal), inscrite sous C/1_/2018 et instruite par la juge D_.
b.
Une audience a eu lieu le 8 mars 2019, à l'issue de laquelle le Tribunal a ordonné l'ouverture des débats principaux et les premières plaidoiries, annonçant qu'il rendrait une ordonnance de preuve.
c.
Par ordonnance du 20 mai 2019, reçue par les époux A/B_ le 21 mai 2019, le Tribunal a dit que les moyens de preuve admis pour les deux parties étaient les pièces déjà produites, clôturé la phase d'administration des preuves et ordonné les plaidoiries finales.
L'ordonnance mentionne par ailleurs le fait que tant les époux A/B_ que leur partie adverse avaient sollicité leur interrogatoire et que l'appréciation anticipée des preuves rendait cette mesure inutile.
d.
Le 31 mai 2019, A_ et B_ ont formé recours devant la Cour de justice contre l'ordonnance du 20 mai 2019, sollicitant son annulation, considérant que leur droit d'être entendu avait été violé, le Tribunal ayant refusé de les entendre oralement dans un procès dont la valeur litigieuse était importante.
Par arrêt
ACJC/358/2020
du 2 mars 2020, la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice a déclaré irrecevable le recours interjeté le 31 mai 2019 par A_ et B_, en l'absence d'un préjudice difficilement réparable.
e.
Le 8 juin 2019, les époux A/B_ ont formé une demande de récusation à l'encontre de la juge D_. Il lui était reproché d'avoir refusé de les entendre, par appréciation anticipée des preuves, sans aucune autre motivation. Selon A_ et B_, ce refus résultait du fait que la juge D_ n'avait l'intention de donner une suite favorable à aucune de leurs réquisitions et qu'elle avait préféré clôturer le dossier le plus rapidement possible, dans la mesure où elle avait déjà une idée préconçue du litige. Par ailleurs, la juge D_ avait omis d'indiquer les dispositions concernant les voies de recours dans cette même ordonnance du 20 mai 2019, alors que leur mention constituait une obligation légale et ce afin de les empêcher d'exercer correctement leur droit à recourir. Enfin, la juge D_ n'avait pas interrogé la partie adverse sur un certain nombre de faits prouvés par les documents que les époux A/B_ avaient déposés, de sorte que tous deux doutaient de son impartialité.
f.
La juge D_ a formulé des observations le 30 juillet 2019, relevant que la requête était tardive, puisque les éléments dont se plaignaient A_ et B_ leur étaient connus depuis le 21 mai 2019. Par ailleurs, la demande de récusation avait un caractère appellatoire; elle a conclu à ce qu'elle soit écartée.
g.
C_ AG a conclu pour sa part, dans ses déterminations du 18 juillet 2019, à ce que la requête de récusation soit déclarée irrecevable, subsidiairement rejetée.
h.
A_ et B_ ont répliqué le 29 août 2019.
i.
C_ AG a dupliqué le 25 septembre 2019.
j.
Les époux A/B_ ont adressé de nouvelles observations au Tribunal de première instance le 31 octobre 2019.
B.

## Considerations