# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8675cabc-6549-58f0-852b-24decc34e696
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Une instruction pénale est ouverte à l’encontre de A._, né en 1994, pour tentative de vol, dommages à la propriété, explosion et infractions à la loi fédérale sur la circulation routière. Il est soupçonné d’avoir participé à la tentative de cambriolage du bancomat B._ de C._, le 24 octobre 2019. Les auteurs sont soupçonnés d’avoir fait exploser le bancomat, situé dans un immeuble habité, et d’avoir incendié un de leurs véhicules dans la fuite. A._ a été arrêté le 24 octobre 2019 et placé en détention provisoire.
Par ordonnance du 4 novembre 2019, Me Damien-Raphaël Bossy a été désigné défenseur d’office de A._ (DO/7'002). Par décision du 27 janvier 2020, il a été mis fin à cette défense d’office, le recourant ayant décidé de mandater, à titre privé, Me Michaël Aymon. Dans cette décision, il a été précisé qu’au cas où le prévenu recourant ne devait plus pouvoir rémunérer son défenseur privé d’ici à la fin de la procédure de première instance, le mandat de défenseur d’office de Me Damien-Raphaël Bossy serait réactivé.
Par courrier du 15 juillet 2020, Me Michaël Aymon a informé le Ministère public ne plus être en charge, avec effet immédiat, de la défense privée de A._ (DO/7'056).
Par décision du 17 juillet 2020, Me Damien-Raphaël Bossy a été, à nouveau, nommé défenseur d’office du prévenu, comme initialement prévu (DO/7'057). Par courrier du 31 août 2020, le défenseur précité a informé le Procureur en charge du dossier que, malgré tous ses efforts, il était dans l’impossibilité de continuer son mandat (DO/7'060).
B. Dans sa décision du 4 septembre 2020, le Ministère public a mis fin au mandat de défenseur d’office de Me Damien-Raphaël Bossy et l’a confié à Me Pierre Mauron (DO/7'063).
C. A._ a interjeté recours contre la décision précitée à la Chambre pénale (ci-après : la Chambre) par acte, daté du 7 septembre 2020, remis au greffe du Tribunal cantonal le 14 septembre 2020. En substance, il a indiqué ne pas vouloir Me Pierre Mauron comme défenseur d’office et a demandé que le mandat soit confié à Me David Abikzer qu’il connaissait déjà.
Le 21 septembre 2020, le Ministère public a déposé sa détermination en concluant au rejet du recours.
Dans son courrier remis à la poste le 24 septembre 2020, le recourant a indiqué que lors d’un échange téléphonique avec Me Pierre Mauron il a demandé à celui-ci de contacter Me Frédéric Hainard pour l’informer qu’il souhaitait « le prendre » car il est à la Prison de D._. Le recourant explique qu’il ne souhaite pas que sa défense soit assurée par Me Pierre Mauron, désigné comme défenseur d’office, et qu’il veut « prendre comme avocat privé » Me David Abikzer ou Me Frédéric Hainard.
Le 24 septembre 2020, le Ministère public a transmis un courriel de Me Frédéric Hainard ainsi que la demande d’autorisation de téléphoner à cet avocat adressée par le recourant. Le Procureur en charge du dossier dit ne plus comprendre les démarches du recourant. A son avis, elles démontrent qu’il n’a aucun rapport privilégié avec ces avocats et qu’il est très vraisemblable qu’il connaît leurs noms par des codétenus. Le Ministère public estime que, si l’on suit le recourant dans ses demandes, l’on prend un important risque que le nouvel avocat désigné soit
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« congédié » peu de temps plus tard. Partant, il confirme ses observations et ses conclusions tendant au rejet du recours.
Le 25 septembre 2020, Me Pierre Mauron a indiqué qu’il a pris connaissance du dossier de la cause et qu’il est tout à fait disposé à défendre les intérêts de A._. Toutefois, il précise que le recourant a refusé de le rencontrer pour organiser sa défense et discuter de la présente affaire. Il ajoute que A._ estime qu’il a le droit de choisir son avocat et qu’il désirait, dans un premier temps, être défendu par Me David Abikzer, puis, dernièrement, par Me Frédéric Hainard. Le recourant voudrait que son futur avocat agisse comme défenseur choisi qu’il rémunérerait lui-même. Dans ces conditions, Me Pierre Mauron s’en remet à justice.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de la direction de la procédure en matière de révocation et de remplacement du défenseur d’office constituent des actes de procédure au sens de l’art. 20 al. 1 du Code de procédure pénale suisse (RS 312.0; CPP), susceptibles de recours. En application des art. 20 al. 1 et 393 al. 1 CPP et 85 al. 1 de la loi sur la justice (RSF 130.1; LJ), la voie du recours à la Chambre est par conséquent ouverte.
1.2. Déposé au greffe du Tribunal cantonal le 14 septembre 2020, le recours contre l’ordonnance attaquée du 4 septembre 2020 respecte le délai de dix jours prévu à l’art. 396 al. 1 CPP.
1.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Tel est le cas de A._ qui s’oppose à la désignation de Me Pierre Mauron comme défenseur d’office dans la procédure instruite à son encontre.