# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6adbb909-620c-5692-b761-af64a4e9dde5
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. A._ et B._ se sont mariés en 2005 et sont parents de trois enfants, soit C._, née en 2006, D._, née en 2009 et E._, né en 2013.
B. Le 5 septembre 2016, F._, Directeur de l’établissement scolaire de G._, a informé la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) de la situation de l’enfant C._, laquelle se plaignait de maltraitances de la part de ses parents, en particulier de sa mère.
C._ a été entendue pour la première fois le 12 septembre 2016 par la Juge de paix H._, accompagnée de la greffière I._.
Le 19 septembre 2016, A._ s’étant rendue au Cameroun pour assister aux funérailles de son père, B._ a comparu seul par-devant la Justice de paix. Dite autorité était composée de H._, Juge de paix, J._ et K._, assesseurs, ainsi que de I._, greffière. Une décision de mesures superprovisionnelles a été rendue sur le siège, attribuant au père exclusivement et à titre provisoire l’autorité parentale ainsi que la garde de fait sur ses trois enfants et instituant un droit de regard et d’information en leur faveur, le mandat étant confié au Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ).
Le 24 octobre 2016, les parents ont été entendus par la Justice de paix composée de H._, Juge de paix, L._ et J._, assesseurs, ainsi que de I._, greffière. A l’issue de cette séance, la Juge de paix a décidé de réentendre C._ et d’auditionner D._, ce qu’elle a fait le 26 octobre 2016 en présence de la greffière I._. La maman de jour, les enseignants, ainsi que l’intervenant de l’action éducation en milieu ouvert (AEMO) ont été contactés par courrier du 27 octobre 2016 et courriels des 26 octobre et 2 novembre 2016 afin d’obtenir des renseignements au sujet de la prise en charge des enfants C._, D._ et E._.
C. La Juge de paix H._ a été en arrêt maladie du 15 novembre au 17 décembre 2016 puis une seconde fois au début de l’année 2017. Durant son absence, ses dossiers ont été repris par ses collègues Juges de paix, en particulier s’agissant de la tenue des audiences pour lesquelles les parties avaient déjà été assignées et le prononcé de décisions.
Le 2 mars 2017, la Justice de paix a envoyé aux parties une décision datée du 28 novembre 2016, par laquelle elle a confirmé pour l’essentiel les mesures prononcées par décision superprovisionnelle du 19 septembre 2016, à l’exception de l’autorité parentale, qui est restée conjointe. Un droit de visite surveillé au Point Rencontre a été octroyé à la mère. Dite décision a été rendue par la Justice de paix dans la composition suivante: M._, Juge de paix, J._ et N._, assesseurs, ainsi que I._, greffière.
D. Par mémoire du 5 avril 2017, A._ a interjeté recours contre cette décision. Elle requiert à titre de mesures provisionnelles l’octroi d’un droit de visite provisoire sur ses trois enfants et à ce que celui-ci s’exerce, à titre principal, du samedi matin au dimanche soir, une semaine sur deux et, à titre subsidiaire, auprès du Point Rencontre Fribourgeois de manière la plus large possible, soit au minimum à raison de 2 heures par semaine. Sur le fond, elle conclut à ce que le recours soit admis, à ce que les frais de la procédure de recours soient mis à la charge de B._, subsidiairement à la charge de l’Etat et, à titre principal, à ce que la décision du 28 novembre 2016 soit annulée et la cause renvoyée à l’autorité de première instance pour reprise
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de l’instruction et nouvelle décision, subsidiairement à ce que les chiffres I., III. et VI. soient modifiés comme suit:
I. Les mesures superprovisionnelles prononcées par décision du 19 septembre 2016 sont modifiées.
III. La garde de fait de C._, de D._ et de E._ est confiée à A._.
VI. Un droit de visite est réservé à B._. Il s’exercera d’entente entre les parties. A défaut d’entente, il aura lieu un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires.
Entre autres griefs, la recourante a contesté la composition régulière de la Justice de paix lorsqu’elle a rendu sa décision. Cette autorité s’est déterminée sur ce grief le 3 mai 2017.
B._ a déposé sa réponse le 22 mai 2017 en concluant à l’admission de la requête de mesures provisionnelles tendant à ce qu’un droit de visite sur les enfants soit provisoirement octroyé à A._ pour autant que celui-ci se déroule auprès du Point Rencontre Fribourgeois, de manière la plus large possible, et au rejet du recours, les frais de la procédure de recours devant être mis à la charge de la recourante, subsidiairement à la charge de l’Etat.
E. Par requêtes des 5 avril 2017 et 22 mai 2017, A._ et B._ requièrent d’être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire totale.

## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA; RSF 212.5.1.), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd. 2014, n. 589 p.399).