# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 73e222d1-c8cc-56f1-aef2-0732295b24a4
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
A.
Par décision
DCBL/950/2015
, du 27 octobre 2015, communiquée pour notification aux parties le même jour, la Commission de conciliation en matière de baux et loyers a rayé du rôle la cause C/18055/2015, vu l'irrecevabilité de l'acte. Référence était faite aux art. 59 et 132 CPC.
Cette décision mentionnait qu'elle pouvait faire l'objet d'un recours dans un délai de 30 jours.
B. a.
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 27 novembre 2015, A_ et B_ (ci-après : les recourants) forment recours contre cette décision. Ils demandent que la cause soit remise au rôle, faisant valoir que B_ est titulaire d'un bail principal avec les C_ (ci-après : les C_), et que les conditions de recevabilité de leur demande étaient réalisées. Ils remettent notamment en cause l'absence de motivation de la décision entreprise.
b.
Le 30 novembre 2015, le recours a été communiqué à l'intimée et un délai de 30 jours lui a été imparti pour y répondre.
c.
Par courrier du 13 janvier 2016, déposé au greffe de la Cour de justice le lendemain, A_ s'est enquis de la réponse des C_ et a demandé à être auditionné par la Chambre des baux et loyers à l'occasion d'une audience.
d.
Par mémoire de réponse adressé au greffe de la Cour de justice le 18 janvier 2016, les C_ ont conclu à l'irrecevabilité de l'appel interjeté par B_ et s'en sont rapportés à justice, s'agissant de la recevabilité de l'appel déposé par A_. Sur le fond, ils ont conclu au déboutement du recourant, subsidiairement des deux recourants, de toutes leurs conclusions, avec suite de frais et dépens.
Ils ont expliqué que B_ n'avait pas été partie à la procédure de première instance, malgré sa requête en intervention. Elle n'aurait par ailleurs aucun intérêt juridique au litige.
Sur le fond, le Tribunal des baux et loyers ne serait pas compétent s'agissant d'un litige entre un bailleur et un sous-locataire, soit des parties non liées par un rapport de bail. C'était donc à bon droit que la requête du sous-locataire avait été déclarée irrecevable et que la cause avait été rayée du rôle.
Les C_ ont produit différentes pièces à l'appui de leur réponse, soit un contrat de bail avec B_, un jugement d'évacuation de cette dernière du Tribunal des baux et loyers du 14 août 2014, un arrêt de la Chambre des baux et loyers du 11 mai 2015 rejetant le recours formé contre ce jugement, et une attestation du Tribunal fédéral au sujet de l'absence de recours contre ledit arrêt.
e.
La réponse des C_ et les pièces produites ont été communiquées aux recourants le 19 janvier 2016. Ils étaient informés de ce qu'à défaut de répliquer par écrit dans un délai de 20 jours, leur acte ne serait pas pris en considération.
f.
A_ a demandé, le 8 février 2016, la prolongation de ce délai de deux semaines, en raison de l'absence de B_ et de la nécessité d'obtenir le concours d'un avocat commis d'office. La demande était aussi motivée par l'égalité de traitement avec la bailleresse, qui, selon elle, aurait obtenu une prolongation de délai. A_ a réitéré sa volonté d'être entendu en audience publique, afin de s'exprimer oralement.
g.
La Chambre des baux et loyers de la Cour de justice a refusé de prolonger le délai de 20 jours imparti, par communication du 9 février 2016.
h.
Les parties ont été avisées le 19 février 2016 que la cause était gardée à juger, n'ayant pas fait usage de leur droit de répliquer.
C.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Les C_ et B_ ont été liés par contrat de bail à loyer portant sur un studio situé au 6
ème
étage de l'immeuble sis _ à Genève à Genève.
b.
Ce bail a été résilié pour le 31 mars 2013.
c.
La requête en contestation de congé de la locataire a été rayée du rôle le 17 décembre 2012 en raison du défaut de comparution de la locataire à l'audience, cette décision ayant été confirmée par la Cour de justice et le Tribunal fédéral.
d.
Par jugement du 14 août 2014, le Tribunal des baux et loyers a condamné B_ à évacuer immédiatement le logement loué et autorisé les C_ à requérir l'évacuation par la force publique de B_, ceci immédiatement après l'entrée en force du jugement.
e.
Par jugement du 26 août 2015, le Tribunal des baux et loyers a condamné B_ à payer la somme de 17'000 fr. aux C_, avec suite d'intérêts. L'opposition à un commandement de payer a également été levée.
f.
Le 28 août 2015, A_ a déposé au greffe de la Commission de conciliation en matière de baux et loyers une requête en paiement, « en constatation de droits, en sursis à exécution de jugement d'évacuation et en contestation de mesures de contrainte ».
Cette requête était dirigée contre les C_, en lien avec le studio du 6
ème
étage situé dans l'immeuble sis _ à Genève. L'on comprend de cette requête que A_ prétend être le sous-locataire dudit logement, et qu'il proteste contre son évacuation dudit logement par un huissier judiciaire. Cette requête ne comporte pas de réelles conclusions. Elle mentionne toutefois un montant de 17'000 fr. qui serait dû par la partie adverse.
g.
A_ et les C_ ont été convoqués le 14 septembre 2015 à une audience appointée au 27 octobre 2015.
La convocation de A_ a été retournée avec la mention « non réclamé » à la Commission de conciliation, qui l'a lui a adressée à nouveau sous pli ordinaire.
h.
Par courrier du 23 octobre 2015, B_ a déclaré intervenir dans la procédure et « conclu à ce que l'évacuation se fasse ». Elle ajoutait qu'elle ne pourrait pas assister à l'audience « de ce mardi 28 octobre 2015 ».
i.
Le dossier de la Commission de conciliation en matière de baux et loyers ne permet pas d'établir si l'audience du 27 octobre 2015 a été tenue, respectivement si une ou des parties y ont comparu.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
La chambre des baux et loyers de la Cour de Justice est compétente pour connaître des appels et des recours dirigés contre les jugements du Tribunal des baux et loyers, ainsi que des recours dirigés contre les décisions au fond de la commission de conciliation en matière de baux et loyers (art. 122 LOJ).
1.2
L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC).
Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêt du Tribunal fédéral
4C.310/1996
du 16 avril 1997 = SJ 1997 p. 493 consid. 1).
Lorsque l'action ne porte pas sur le paiement d'une somme d'argent déterminée, le Tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n'arrivent pas à s'entendre sur ce point ou si la valeur qu'elles avancent est manifestement erronée (art. 91 al. 2 CPC). La détermination de la valeur litigieuse suit les mêmes règles que pour la procédure devant le Tribunal fédéral (Rétornaz in : Procédure civile suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 363; Spühler, BSK ZPO, 2
ème
ed., 2013, n. 9 ad art. 308 CPC).
La valeur litigieuse est déterminée par les dernières conclusions de première instance (art. 91 al. 1 CPC; Jeandin, Code de procédure civile commenté, Bâle, 2011, n. 13 ad art. 308 CPC; arrêt du Tribunal fédéral
4A_594/2012
du 28 février 2013).
L'appel n'est pas recevable contre les décisions du Tribunal de l'exécution (art. 309 lit. a CPC).
1.3