# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ee95537c-7e42-4b53-868b-730cd4add75d
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
que le plan d'aménagement local (PAL) de la Commune de E._, mis à l'enquête publique en 2015, a été adopté par le Conseil communal le 11 juin 2018 et approuvé par la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions (DAEC; actuellement et ci-après, Direction du développement territorial, des infrastructures, de la mobilité et de l'environnement, DIME) le 11 décembre 2019;
que le secteur de F._ doit faire l'objet d'un plan d'aménagement de détail (PAD), en application de l'art. 21 du règlement communal d'urbanisme (RCU);
que les propriétaires du périmètre ont élaboré le PAD "F._";
que la Commune de E._ a mis ce PAD à l'enquête publique par avis dans la Feuille officielle (FO) n° ggg;
que 69 oppositions, dont certaines étaient regroupées, ont été déposées contre ce PAD. Elles concernaient les points suivants: des agriculteurs ont contesté le déplacement d'une servitude de passage existante, en arguant que le nouveau tracé n'était pas adapté au gabarit de leurs engins et qu'il traversait le périmètre du PAD; des habitants ont critiqué la répartition des différents secteurs du PAD par rapport aux densités; et la question du raccordement routier a également fait l'objet de plusieurs oppositions;
que, le 3 septembre 2018, suite à des séances de conciliation, le conseil communal a informé les opposants que la procédure était annulée, leurs arguments ayant été jugés pertinents ou méritant d'être examinés. Il a indiqué que les oppositions devaient en conséquence être déclarées "caduques". Il a ajouté qu'une nouvelle publication dans la FO serait engagée concernant le projet de PAD. Les auteurs du PAD ont été informés de cette prise de position par courrier du 4 septembre 2018; ils s'y sont opposés le 10 octobre 2018;
que par la suite, la commune, les propriétaires requérants et les agriculteurs concernés ont mené des discussions en vue de prévoir le déplacement de la servitude agricole projetée dans la version initiale du PAD, ce qui a conduit à un verbal de géomètre, destiné à modifier l'assiette de la servitude de passage agricole litigieuse, et ce à l'extérieur du périmètre du PAD. Les plans signés ont été déposés au Registre foncier (RF). Les autres aspects du PAD n'ont pas été modifiés. Certaines oppositions ont été retirées;
que, parallèlement, la procédure d'examen final du PAD auprès des services cantonaux a été initiée. Dans ce cadre, le Service des constructions et de l'aménagement (SeCA) a indiqué à la commune, le 5 mars 2021, que la modification intervenue au cours de la procédure ne nécessitait pas de nouvelle publication;
que par la suite, contrairement à ce qui était mentionné dans la lettre du 3 septembre 2018, le conseil communal n'a pas procédé à une nouvelle publication mais a rejeté les oppositions émises et adopté le PAD "F._" par décision du 22 mars 2021. Il a en particulier expliqué que la procédure n'avait pas été annulée le 3 septembre 2018, mais uniquement suspendue;
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que dix recours ont été interjetés contre cette décision, concluant à son annulation au motif notamment que, conformément à la lettre du 3 septembre 2018, il devait être procédé à une nouvelle mise à l'enquête;
que, par décision sur recours du 12 juillet 2021, la DIME a annulé la décision communale en invitant la commune à procéder, conformément à sa décision du 3 septembre 2018, à une nouvelle publication du PAD dans la FO. A l'appui de sa décision sur recours, la DIME explique que, pour des raisons de sécurité du droit et conformément au contenu clair de la lettre du 3 septembre 2018, qui doit être qualifiée de décision malgré l'absence d'indication des voies de droit, cette manière de faire est inévitable, notamment aussi compte tenu des trois années qui se sont écoulées depuis le mois de septembre 2018;
que, le 27 septembre 2021, A._, en son propre nom et pour le compte de la communauté héréditaire composée de B._, C._ et lui-même, ainsi que D._ – propriétaires des articles hhh, iii, jjj, kkk, lll et mmm, respectivement de l'article nnn RF de la Commune de E._ se situant à l'intérieur du périmètre du PAD concerné, ayant élaboré  – ont interjeté recours contre cette décision, concluant – sous suite de frais et dépens – principalement à l'annulation de la décision de la DIME et à la confirmation des décisions du 22 mars 2021 de la commune. Subsidiairement, ils demandent que l'affaire soit renvoyée à la DIME pour qu'elle complète l'instruction des recours et qu'elle rende une nouvelle décision et que le Tribunal constate la nullité de la décision du 3 septembre 2018. Ils expliquent que le délai de recours est respecté dès lors que la décision du 12 juillet 2021 leur a été notifiée le 25 août 2021 seulement. Ils se plaignent d'avoir été tenus à l'écart de la procédure, tant avant la lettre du 3 septembre 2018 que par la suite, quand bien même ils ont sollicité la commune à plusieurs reprises. Ils dénoncent en outre le fait de ne pas avoir été entendus avant la prise de décision par la DIME. Cette procédure étant entachée de graves violations du droit d'être entendu, les recourants demandent le renvoi pour que le dossier soit complété et pour qu'ils soient intégrés dans la procédure. Ils soutiennent que la DIME n'était pas en possession de tous les faits déterminants et soulignent que la commune a, suite à leur opposition à la lettre du 3 septembre 2018, continué à traiter le dossier. Ils sont d'avis que la lettre de la commune du 3 septembre 2018 doit être considérée comme nulle et ne saurait avoir l'effet d'une décision. Ils estiment de plus que la commune n'a pas la compétence d'annuler une procédure de PAD, cela d'autant plus que cette manière de faire leur cause de nombreux désavantages. Par ailleurs, ils expliquent que les droits des opposants ne sont pas lésés si la commune traite l'affaire au fond, comme elle l'a fait dans sa décision du 22 mars 2021;
que, dans ses observations du 11 novembre 2021, la DIME conclut au rejet du recours. Elle souligne que la procédure d'approbation d'un PAD est régie par les règles relatives à l'établissement des plans, ce qui exclut que tous les propriétaires concernés puissent et doivent être inclus dans la procédure par la commune. Elle relève par ailleurs que rien n'empêche la commune de demander qu'un projet de PAD soit remis à l'enquête;
que, dans sa détermination du 29 novembre 2021, la commune conclut à l'admission du recours. Selon elle, la DIME perd de vue la réalité de la procédure communale litigieuse, dès lors que, conformément aux séances de ses organes des 27 et 30 août 2018, elle n'a pas souhaité annuler la procédure d'adoption du PAD mais le modifier concernant la servitude agricole, ce qui ne nécessitait pas de décision formelle de sa part à ce moment. Elle estime de surcroit que les lettres des 3 et 4 septembre 2018 ne fondent pas de droit s'appuyant sur le principe de la bonne foi puisque les droits des propriétaires concernés n'étaient pas touchés par cette information imprécise et que
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ces derniers n'ont pas pris de dispositions ni subi un préjudice. Finalement, elle est d'avis que le contenu matériel du PAD n'a pas été modifié d'une manière qui pourrait toucher des droits de tiers, ce qui permet de ne pas procéder à une nouvelle publication;
que, par lettres du 15 mars 2022, les personnes ayant interjeté recours auprès de la DIME contre la décision du 22 mars 2021 ont été invitées à se déterminer dans la présente procédure;
que la plupart d'entre elles ont répondu les 1er, 2 et 4 avril 2022, en indiquant qu'elles n'avaient pas d'observations à formuler;

## Considerations

considérant