# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9eda8e8e-9040-5f78-b6e0-440baf3d935c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Le 29 septembre 2020, la Présidente du Tribunal correctionnel (ci-après, TCor) a avisé la Chambre de céans de la demande de récusation du juge C_ formulée par A_ dans la P/1_/2016 et a transmis le procès-verbal de l'audience du même jour.
b.
Le 14 octobre 2020, C_ a transmis ses observations.
c.
Dans sa réplique du 21 octobre 2020, A_ demande la récusation du juge C_, l'annulation [du jugement] et à la répétition de tous les actes entrepris par le TCor dans sa composition irrégulière.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_ suspecte C_, juge faisant partie de la composition du TCor saisi de la P/1_/2016, de prévention en raison de son réquisitoire devant la Chambre d'appel et de révision (ci-après, CPAR) en novembre 2016 dans la P/2_/2015.
b.a.
C_ a instruit, en qualité de procureur, la procédure P/2_/2015, ouverte contre A_ - et d'autres individus non visés par la P/1_/2016 -, du 23 août 2015 au 18 décembre 2015, date à laquelle il l'a renvoyé en jugement devant le Tribunal de police, pour tentative de lésions corporelles graves.
Selon l'acte d'accusation du 18 décembre 2015, il était reproché à A_ d'avoir, le 23 août 2015 vers 05h00, sur le pont D_ [GE], en coactivité avec 2 autres prévenus, pris part à une altercation lors de laquelle il avait d'abord frappé une personne, puis un autre homme qui tentait de les séparer, notamment à l'aide d'une bouteille en verre, pour ensuite asséner à ce dernier plusieurs coups de pied, pendant une dizaine de secondes, alors qu'il était à terre, causant les blessures décrites dans les constats de lésions traumatiques produits par les victimes, acceptant d'occasionner des atteintes graves et durables à l'intégrité physique de celles-ci.
Il a précisé requérir une peine privative de liberté de 9 mois et la révocation dudit sursis.
b.b.
Le 30 août 2016, le Tribunal de police a condamné A_ pour tentative de lésions corporelles graves (art. 122 CP
cum
art. 122 al. 1 CP) à une peine privative de liberté de 10 mois et a révoqué le sursis octroyé le 10 décembre 2013 par le Ministère public à la peine pécuniaire de 80 jours-amende avec sursis pendant 3 ans.
b.c.
Le 17 octobre 2016, la CPAR, saisie de l'appel de A_, a désigné Me B_ en qualité de défenseur d'office de ce dernier.
Elle a ordonné la comparution du Ministère public, représenté par le Procureur C_, lors de l'audience du 21 novembre 2016.
b.d.
Par arrêt du 2 janvier 2017 (
AARP/17/2017
), la CPAR a reconnu A_ coupable de lésions corporelles simples qualifiées (art. 123 ch. 2 CP) et l'a condamné une peine privative de liberté de neuf mois et confirmé pour le surplus le jugement entrepris.
b.e.
L'arrêt mentionne ce qui suit:
"
Le Ministère public conclut au rejet de l'appel. A_ faisait preuve d'une lâcheté totale, en s'en prenant systématiquement à plus faible que lui et en agissant en bande, puis encore au moment d'être confronté à ses actes, adoptant la même attitude désinvolte à chaque procédure. S'agissant des coups assénés à
[V]
au visage, le fait qu'il puisse s'agir de coups de poing et non de bouteille ne devait en rien influencer le résultat, l'appelant ayant vu que
[B, autre prévenu]
s'était muni d'un tel objet comme arme si bien qu'il devait être considéré comme coauteur. Si seules des lésions simples devaient être retenues, celles-ci entreraient en concours avec l'infraction d'agression. Concernant son alcoolémie lors des faits, le taux de 1,25 % relevé n'était pas particulièrement élevé, d'autant que l'appelant était consommateur régulier et qu'il se servait de cette excuse à chaque récidive. A_ présentait une absence totale de prise de conscience. Il était déjà suivi psychologiquement à la date du jugement, mesure qui lui avait été imposée, et qui n'avait pas influencé son comportement. Il était depuis lors accusé de tentative de meurtre, pour des faits très similaires, la victime s'en étant sortie vivante par miracle. Du point de vue du sursis, le pronostic était catastrophique. En plus de deux antécédents spécifiques, il présentait une nouvelle montée en puissance dans la violence
" (consid. C.c);
Et :
"
Selon l'extrait de son casier judiciaire,
[A_]
a été condamné par le Ministère public du canton de Genève, le 12 mars 2013, à 48 heures de travail d'intérêt général avec sursis durant trois ans et 12 heures fermes pour lésions corporelles simples, puis, le 10 décembre 2013, à une peine pécuniaire de 80 jours-amende à CHF 30.- l'unité avec sursis durant trois ans pour lésions corporelles simples, vol et utilisation frauduleuse d'un ordinateur. Versées au dossier de la procédure, les ordonnances pénales relatives à ces infractions relatent en substance un complexe de faits similaire au présent, soit que A_ a agi au cours ou immédiatement après une soirée, arguant ensuite ne pas se souvenir de ses faits et gestes en raison d'une consommation excessive d'alcool
"
(consid. D);
Et, encore :
"
Ses antécédents sont mauvais et spécifiques. La CPAR relève également une gradation dans l'importance des actes commis, dès lors que les infractions retenues contre lui ce jour sont plus graves que celles pour lesquelles il a été condamné par le passé, ce qui démontre que l'appelant n'a pas su tenir compte des avertissements sérieux que constituaient ses précédentes condamnations
" (consid. 3.1.5).
c.a
Préalablement à l'audience du 21 novembre 2016 susmentionnée, le Ministère public, représenté par un autre procureur que le cité, a ouvert le 1
er
janvier 2016 une instruction contre A_, et d'autres prévenus, pour tentative de meurtre, lésions corporelles simples et agression (P/1_/2016).
c.b.
Me B_ s'est constitué le 9 mars 2016 pour la défense de A_.
c.c.
Par acte d'accusation du 20 février 2020, le Ministère public a renvoyé A_ devant le TCor pour agression, tentative de meurtre, vol d'usage, tentative de vol, dommages à la propriété, violation de domicile, empêchement d'accomplir un acte officiel ainsi que pour infractions à la LCR et à l'OCR.
d.
Par mandat de comparution du 2 mars 2020 pour l'audience de jugement agendée du 28 septembre au 1
er

## Considerations