# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** aa1940fd-c47e-58cd-a197-8a0fb08a1b37
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._ (le recourant), ressortissant de B._, a effectué dès 1988 plusieurs séjours de courte durée en Suisse et s’y est établi illégalement à partir du 1er janvier 1992. Il a fui son pays à cause des conflits internes et par peur de servir dans l’armée yougoslave.
Le 25 mars 1993, le recourant s’est annoncé auprès du Service de la population et des migrants (SPoMi) afin de requérir une autorisation de séjour en vue de son mariage avec C._, citoyenne suisse. Le mariage a été contracté en 1993. Le recourant a de ce fait été mis au bénéfice d’une autorisation de séjour (permis B) qui a été, le 13 mai 1998, remplacée par une autorisation d’établissement (permis C).
Sur le plan personnel, le recourant est père de deux filles, issues de son mariage: D._ (née en 1994) et E._ (née en 2000). Le mariage a été dissous par jugement de divorce du 5 septembre 2001, rendu en application de l’art. 115 CC, à teneur duquel un époux peut demander le divorce avant l’expiration du délai de deux ans lorsque des motifs sérieux qui ne lui sont pas imputables rendent la continuation du mariage insupportable. Il ressort en particulier du jugement que le recourant s’est totalement désintéressé de la procédure matrimoniale introduite par son épouse. Un droit de visite a été instauré et une pension alimentaire pour chaque enfant a été fixée.
Sur le plan professionnel, le recourant a d’abord travaillé en tant qu’ouvrier dépendant. Licencié pour motifs économiques, il a par la suite exercé une activité en tant qu’associé gérant de la société F._ Sàrl. Le 24 février 2006, il est devenu associé sans signature, position occupée jusqu’à la faillite de la société en avril 2008. Il a ensuite été employé par une entreprise de plâtrerie et peinture jusqu’au moment où la décision querellée a été rendue. Il a perçu des indemnités de l’assurance chômage entre octobre 2012 et août 2013. Au mois de septembre 2013, le recourant travaillait chez son frère en tant que plâtrier, à G._. Il a cessé cette activité en janvier 2014 suite à un accident et il indique dans sa dernière détermination qu’il est sans emploi.
B. Durant son séjour en Suisse, le recourant a été condamné pénalement à 18 reprises:
 le 24 juin 1993, à une amende de CHF 500.- pour infraction à l’ancienne loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers (LSEE) – domicile en Suisse depuis le 1er janvier 1992 sans être au bénéfice d’une autorisation de séjour;
 le 2 février 1999, à une peine de 15 jours d’emprisonnement, avec sursis pendant deux ans, et à une amende de CHF 1'000.- pour infractions à la loi fédérale sur la circulation routière (LCR; RS 741.01) et à la loi d’application du code pénal (LACP; RSF 31.1) – ivresse au volant, perte de maîtrise, conduite sous le coup d’un retrait du permis de conduire;
 le 22 février 2000, à une amende de CHF 200.- pour infraction à la LACP (l’amende impayée a par la suite été convertie en six jours d’arrêt) – trouble à la paix et à la tranquillité des habitants;
 le 15 mars 2000, à une peine de 40 jours d’emprisonnement, avec délai d’épreuve de 5 ans et à une amende de CHF 1'000.- pour infraction à la LCR et contravention à
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l’ordonnance sur les règles de la circulation routière (OCR; RS 741.11) – conduite en état de surmenage, ivresse au volant, non-port de la ceinture de sécurité;
 le 3 juillet 2001, à 30 jours d’emprisonnement et à une amende de CHF 1'000.- pour infractions à la LCR et à la LACP – conduite sous le coup d’un retrait du permis de conduire et ivresse au volant;
 le 14 septembre 2001, à deux mois d’emprisonnement et à une amende de CHF 1'000.- pour dénonciation calomnieuse, infractions à la LCR et à la LACP – conduite sous le coup d’un retrait du permis de conduire, ivresse au volant, opposition à une prise de sang, vol d’usage (famille);
 le 14 juin 2002, à 20 jours d’emprisonnement, avec sursis de trois ans, et CHF 500.- d’amende, pour menaces;
 le 14 mai 2003, à deux mois d’emprisonnement, pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et infraction à la LACP;
 le 5 septembre 2003, à trois semaines d’emprisonnement et CHF 300.- d’amende, pour opposition aux actes de l’autorité;
 le 26 janvier 2004, à une peine de 30 jours d’emprisonnement et à une amende de CHF 400.- pour violences ou menaces contre les autorités et les fonctionnaires, contravention à la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants (LAVS; RS 831.10) et à la LSEE – non-remise de la déclaration de salaires à la Caisse de compensation, non-remise de documents requis par le SPoMi, insultes et menaces envers la Police;
 le 2 décembre 2004, à une amende de CHF 300.- pour délit contre la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup; RS 812.121);
 le 17 février 2005, à une amende de CHF 2'000.-, avec délai d’épreuve d’une année, pour infraction à la loi fédérale sur les étrangers (LEtr; RS 142.20) – emploi d’étrangers sans autorisation;
 le 22 mars 2006, à une peine de 30 jours d’emprisonnement et à une amende de CHF 1'300.- pour infractions à la LCR – violation des règles sur la circulation routière et ivresse au volant;
 les 17 octobre 2008, 22 janvier 2009 et 3 juin 2009, à des peines privatives de liberté de 60, 15 et cinq jours, pour détournement de valeurs patrimoniales mises sous main de justice – non-remise du salaire saisi;
 le 22 décembre 2008, à une amende de CHF 90.- pour excès de vitesse (7 km/h);
 le 6 septembre 2013, à une peine pécuniaire de 70 jours-amende, avec sursis pendant quatre ans, et à une amende de CHF 800.- pour infraction à la LCR – ivresse au volant.
C. En ce qui concerne la police des étrangers, le SPoMi, prenant acte des condamnations pénales du recourant, lui a adressé un premier avertissement le 14 novembre 2003, une menace d’expulsion le 30 novembre 2004 et un sérieux avertissement le 27 février 2008.
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Le 3 février 2009, le SPoMi a informé le recourant de sa volonté de prendre une décision de révocation du permis d’établissement et de prononcer son renvoi suite à la condamnation du 17 octobre 2008. Elle l’a invité à formuler d’éventuelles objections. Par courrier du 3 novembre 2009, le SPoMi a renouvelé cette invitation en demandant des renseignements sur l’existence d’une activité lucrative et sur sa situation financière. A ce titre, le recourant – par l’intermédiaire de sa fiduciaire – a produit un contrat de travail ainsi que divers décomptes de salaire, sans toutefois formuler d’objections ayant trait au réexamen des conditions de séjour.
Selon un extrait du 6 novembre 2009 de l’Office des poursuites de la Sarine, le recourant faisait l’objet, à cette date, de poursuites pour un montant de CHF 139'465.80 et d’actes de défaut de biens pour CHF 111'688.60. Une attestation du Service de l’aide sociale de la ville de Fribourg du même jour attestait en outre une dette à hauteur de CHF 5'504.10. Le 17 novembre 2009, le Service de l’action sociale (Bureau des pensions alimentaires) a indiqué que le recourant avait des arriérés de pensions alimentaires pour un total de CHF 27'975.30 en faveur de l’Etat de Fribourg.
Le 9 novembre 2009, à la demande du SPoMi, l’ex-épouse du recourant a indiqué que celui-ci lui versait régulièrement la pension alimentaire pour les deux enfants, conformément au jugement de divorce. Elle a également confirmé qu’il entretenait des contacts réguliers avec ses filles, en passant en tout cas un jour par semaine avec elles et en séjournant une fois par année dans son pays d’origine ou ailleurs avec elles pour les vacances.

## Considerations