# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 41c2f46e-8692-5fbe-a905-44cd50b49d2d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par jugement du 24 mars 2017, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis 1_ (ch. 2 du dispositif), maintenu l'exercice en commun de l'autorité parentale sur C_, née le _ 2002, D_, née le _ 2006 et E_ né le _ 2008 (ch. 3), instauré une garde alternée sur les enfants D_ et E_, laquelle s'exercerait, sauf entente contraire des parties, à raison d'une semaine sur deux chez chacune des parties à compter des dimanches soir, ainsi que la moitié des vacances scolaires d'été et les vacances d'hiver, de février, de Pâques et d'automne en alternance une année sur deux chez chacune des parties (ch. 4), attribué la garde de l'enfant C_ à A_ (ch. 5), réservé à B_ un droit aux relations personnelles sur l'enfant C_ qui s'exercerait, sauf accord contraire des parties à raison d'un week-end sur deux, du vendredi soir au dimanche soir, les week-ends où elle a la garde des enfants D_ et E_, ainsi que la moitié des vacances scolaires concomitamment à la prise en charge de D_ et E_ (ch. 6), condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d'avance, la somme de 500 fr. à titre de contribution à l'entretien de l'enfant C_, dès le prononcé du présent jugement (ch. 7), condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d'avance, allocations familiales, frais de scolarité de base et assurance-maladie de base non compris, les sommes de 2'000 fr. dès le prononcé du jugement jusqu'au 30 septembre 2017, puis 1'400 fr. dès le 1er octobre 2017 à titre de contribution à l'entretien de l'enfant D_ (ch. 8) ainsi que les sommes de 1'850 fr. jusqu'au 30 septembre 2017, puis de 1'300 fr. à titre de contribution à l'entretien de l'enfant E_ (ch. 9), condamné A_ à verser en mains de B_ les sommes de 3'850 fr. jusqu'au 30 septembre 2017 puis 400 fr. à titre de contribution à l'entretien de cette dernière (ch. 11) ainsi que 6'100 fr. à titre de provision ad litem, sous imputation de 1'100 fr. (ch. 12) et mis les frais judiciaires, arrêtés à 2'200 fr., à la charge de chaque partie pour moitié (ch. 14);
Que le Tribunal a retenu que, jusqu'en octobre 2017, les revenus mensuels de A_ s'élevaient à 13'718 fr. et ses charges à 3'545 fr., que B_ n'avait pas de revenus alors qu'elle devait supporter des charges mensuelles de 3'755 fr. et que les charges des enfants s'élevaient à 1'693 fr. pour C_, 1'754 fr. pour D_ et 1'565 fr. pour E_; qu'il a tenu compte dans les charges des enfants, qui servent de base au calcul de leur contribution d'entretien, d'un montant de 600 fr. pour D_ et de 400 fr. pour E_, à titre de minimum vital, ainsi que d'un montant de 531 fr. pour chacun des trois enfants correspondant à une part du loyer de leur père, qui a été réduit en conséquence à 1'591 fr. dans le calcul des charges de ce dernier;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 10 avril 2017, B_ a formé appel de ce jugement, concluant à l'annulation de ch. 7, 8, 9 et 11 de son dispositif;
Que par acte expédié le même jour au greffe de la Cour, A_ a également formé appel de ce jugement, concluant à l'annulation des ch. 2, 6 à 12 et 14 de son dispositif et, cela fait, à ce qu'il soit dit que les relations entre C_ et sa mère s'exerceraient librement selon l'accord entre les parents et cet enfant, qu'il lui soit donné acte de ce qu'il s'engageait à assumer les frais d'écolage des enfants les cotisations d'activités extrascolaires, les primes d'assurance-maladie, les frais médicaux ordinaires, les frais de transport ainsi que les frais de téléphonie mobile des enfants E_ et D_ et à ce que B_ soit condamnée à s'acquitter de la totalité des frais et charges relatifs au domicile conjugal;
Qu'il a conclu préalablement à l'octroi de l'effet suspensif "à titre superprovisionnel" à son appel, expliquant à cet égard que le Tribunal l'avait condamné à verser une contribution d'entretien pour les enfants comprenant l'intégralité de leurs prétendues dépenses, y compris les frais de nourriture et d'habillement de D_ et E_, alors qu'ils vivaient la moitié du temps chez lui (garde alternée), de même que la moitié de son loyer; que le Tribunal avait retenu que ses frais ainsi que ceux qu'il doit assumer lui-même en lien avec la garde des enfants s'élevaient à 6'413 fr., soit un montant supérieur à son disponible de 5'518 fr., après paiement des contributions d'entretien des enfants; qu'il serait dès lors obligé de déménager pour prendre un appartement plus petit, ne lui permettant pas de prendre en charge ses enfants correctement et ne pourrait plus couvrir son minimum vital, qu'il ne disposait d'aucune fortune et était endetté à hauteur de plusieurs milliers de francs envers l'AFC, que le montant total des contributions d'entretien qu'il était condamné à payer devait être réduit à tout le moins de 2'000 fr.;
Qu'invitée à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au refus de la restitution de l'effet suspensif, indiquant que le revenu de A_ lui permettait de s'acquitter des montants qu'il avait été condamné à payer, lui laissant même un disponible de 683 fr., qu'il avait cessé depuis août 2016 de régler les frais liés au logement de famille ainsi que divers frais médicaux pour elle-même et les enfants et qu'elle avait signé un contrat de travail, lequel devait toutefois encore être paraphé par son employeur;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, la simple exécution de créances d'argent n'emporte pas en soi un dommage difficilement réparable dans la mesure où le poursuivi peut en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (ATF
138 III 333
consid. 1.3.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_143/2012
du 9 mai 2012 consid. 2.2.1;
5D_52/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I p. 134);
Qu'il appartient donc à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Qu'en l'espèce, aucun motif ne justifie l'octroi de l'effet suspensif à titre superprovisionnel, comme le réclame l'appelant, sans motiver d'ailleurs pourquoi il conviendrait de statuer avant que l'intimée ait exercé son droit d'être entendue; qu'il s'agit en revanche d'examiner si le caractère exécutoire du jugement attaqué peut être suspendu après détermination de l'intimée sur cette question;
Qu'en se fondant sur les revenus et charges des parties tels qu'arrêtés par le Tribunal, l'appelant bénéficie d'un solde de 664 fr. après paiement de ses charges, de celles de l'enfant C_ (sans le montant de la participation aux intérêts hypothécaires de l'intimée qui est déjà couverte par la contribution de 500 fr.) et des contributions d'entretien qu'il a été condamné à payer (13'718 fr. – 3'545 fr. – 1'309 fr. – 500 fr. – 2'000 fr. – 1'850 fr. – 3'850 fr.);
Que le Tribunal n'a toutefois comptabilisé, dans les charges de l'appelant, que la moitié de son loyer, ce qui ne paraît pas d'emblée manifestement évident;
Que l'appelant doit en effet, d'une part, effectivement payer l'intégralité de son loyer et, d'autre part, s'acquitter d'une contribution d'entretien en faveur des enfants D_ et E_ dont le calcul inclut également une part de ce même loyer;
Que le minimum vital de l'appelant est ainsi, prima facie, entamé puisque son budget présente un déficit de 926 fr. (13'718 fr. – [3'545 fr. + 1590 fr.] – 1'309 fr. – 500 fr. – 2'000 fr. – 1'850 fr. – 3'850 fr.);
Qu'en déduisant la part de loyer de l'appelant du montant des charges des enfants, son minimum vital est préservé puisque son budget présente un solde de 136 fr. (13'718 fr. – [3'545 fr. + 1'590 fr.] – 1'309 fr. – 500 fr. – [2'000 fr. – 531 fr.] – [1'850 fr. – 531 fr.] – 3'850 fr.);
Qu'il convient dès lors, en l'état de préserver la situation pendant la durée de la procédure devant la Cour, et de permettre à l'appelant qui a la garde de l'enfant C_ et bénéficie d'une garde alternée sur les enfants D_ et E_ de s'acquitter de son loyer;
Que par ailleurs, les charges des enfants D_ et E_ retenues par le Tribunal pour fixer leur contribution d'entretien comprennent l'intégralité de leur minimum vital alors qu'une garde alternée a été instaurée; qu'il n'est pas d'emblée manifeste que l'appelant doit supporter l'entier de ce montant; qu'il ne se justifie toutefois pas en l'état de réduire celui-ci en raison de ladite garde alternée dans la mesure où le minimum vital des enfants pourrait être atteint;
Qu'au vu de ce qui précède, le caractère exécutoire du ch. 8 du dispositif du jugement attaqué, concernant l'enfant D_, doit être suspendu pour tout montant supérieur à 1'469 fr. (2'000 fr. – 531 fr.) et celui du ch. 9, concernant l'enfant E_, pour tout montant supérieur à 1'319 fr. (1'850 fr. – 531 fr.);
Que pour le surplus, l'appelant ne démontre pas qu'il ne disposerait pas d'une fortune suffisante pour s'acquitter de la
provisio ad litem
, le simple fait qu'il ait des dettes à l'égard de l'AFC et qu'il ait obtenu un arrangement de paiement n'étant pas de nature à démontrer qu'il ne dispose pas du montant de 6'100 fr., sous imputation de 1'100 fr., qu'il a été condamné à verser à ce titre;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre l'effet exécutoire du jugement entrepris sera partiellement admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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