# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 760ff559-1036-5856-952a-718ba9635a68
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Par décision du 9 mai 2016, la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) a instauré une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine en faveur de B._, née en 1943, avec pour objet de la représenter dans le cadre du règlement de ses affaires administratives et de gérer ses revenus et sa fortune ainsi que de la représenter pour tous les actes nécessaires dans ce cadre. La Justice de paix a constaté que l’intéressée se trouvait dans un état de faiblesse et qu’une aide s’imposait en raison des difficultés importantes qu’elle rencontrait dans la gestion de ses affaires administratives et financières, notamment dues aux troubles mnésiques dont elle souffre et du fait qu’elle ne peut pas compter sur l’aide de ses proches pour l’épauler dans les démarches auxquelles elle doit faire face.
B. Par courrier du 30 juin 2017, la curatrice de B._, C._, curatrice auprès du Service des curatelles Sionge et Rive Gauche, a proposé à la Justice de paix de modifier la mesure de protection instituée en faveur de la personne concernée en une curatelle de portée générale compte tenu de la dégradation de son état de santé suite à l’évolution rapide de la maladie d’Alzheimer dont elle souffre. Elle a relevé que le 19 juin 2017, B._ a intégré une unité spécialisée en psychogériatrie au Foyer D._. Elle a souligné que l’intéressée n’a plus la capacité de refuser des demandes d’argent, qu’elles proviennent de son fils, A._, ou de tiers, et qu’il lui est très difficile de pouvoir se déterminer sur le sort de la maison dont elle est propriétaire et de prendre une décision, ce d’autant que la collaboration de ses deux enfants, A._ et E._, est parfois compliquée par leur relation conflictuelle et leur vision très différente du bien-être de leur mère. Elle a enfin précisé que l’intéressée n’est plus en mesure de protéger ses intérêts et que selon son médecin, le Dr F._, sa capacité de discernement est « discutable ».
Lors de son entretien téléphonique du 7 juillet 2017 avec la Justice de paix, C._ a indiqué que B._ est incapable de discernement et que son fils lui demande souvent de l’argent et l’appelle pour lui dire qu’il viendra lui faire signer des documents, ce qui engendre autant de stress chez l’intéressée que d’inquiétude de la part de la direction du home. La curatrice a notamment précisé que les sommes versées par B._ à son fils lui paraissent déraisonnables en relation avec le travail que celui-ci déclare faire pour elle.
Par décision de mesures superprovisionnelles du 7 juillet 2017, la Juge de paix de l’arrondissement de la Gruyère a instauré une curatelle de portée générale en faveur de B._ en lieu et place de la curatelle en vigueur et désigné C._ en qualité de curatrice.
A._ et E._ ainsi que la curatrice de leur mère, C._, ont comparu à la séance de la Justice de paix du 26 septembre 2017, B._ ayant été dispensée de comparaître compte tenu de son état de santé. La curatrice a confirmé sa demande de curatelle de portée générale et E._, qui vit en Malaisie, s’est déclarée favorable à l’instauration de cette mesure au vu de l’évolution défavorable de la maladie de sa mère et du fait qu’elle ne peut pas l’aider. A._ s’est quant à lui opposé à l’instauration d’une telle mesure à l’égard de sa mère. Il a insisté sur la nécessité qu’elle suive une thérapie de kinésiologie avant qu’une telle mesure soit prononcée afin qu’elle puisse libérer ses blocages d’énergie, améliorer sa santé et trouver des médicaments plus adaptés. Il a en outre précisé qu’il demandait un peu d’argent à sa mère pour l’entretien du gazon et de la maison dont il se chargeait régulièrement lorsqu’elle vivait encore à la maison, ajoutant que depuis son entrée au home il ne lui avait plus demandé de
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
l’argent, ayant cessé de se charger de cet entretien. La curatrice a finalement déclaré qu’au vu de l’entrée en foyer de B._, une curatelle de représentation avec gestion de patrimoine avec limitation de l’exercice des droits civils lui paraissait suffisante pour protéger ses intérêts. S’agissant du sort de l’appartement dans lequel vivait l’intéressée, les enfants se sont mis d’accord pour le louer, l’intéressée n’ayant, selon sa fille, jamais parlé de réintégrer son domicile.
Dans son rapport médical du 13 octobre 2017, le Dr F._ a confirmé que B._ souffre d’une maladie neurodégénérative avec suspicion d’Alzheimer.
C. Par décision du 24 octobre 2017, la Justice de paix a levé la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine instaurée en faveur de B._ et l’a remplacée par une curatelle de portée générale, rendant ainsi caduque la décision de mesures superprovisionnelles du 7 juillet 2017. Elle a en outre nommé C._ à la fonction de curatrice. La Justice de paix a considéré qu’en raison des troubles cognitifs dont souffre B._, sa capacité de discernement est altérée durablement, de sorte qu'elle n'est pas à même de prendre des décisions la concernant et que sa représentation médicale par ses enfants paraît compromise en raison des divergences de vue de ceux-ci sur les intérêts de leur mère.
D. Par acte du 13 février 2018, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant implicitement au maintien de la mesure préexistante et à sa nomination en tant que curateur de sa mère.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix s’est référée, en date du 21 février 2018, au contenu de sa décision.
Par courrier du 12 mars 2018, E._ a indiqué qu’elle ne conteste pour sa part pas la décision de la Justice de paix.

## Considerations

en droit
1.
1.1 Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2 En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).