# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6b6f6cb8-e072-43ac-9ce1-d4868438dea9
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_013
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

En fait :
A.
Par ordonnance pénale du 23 mai 2013, le Ministère public de l'arrondissement de W._, en la personne du Procureur B._, a condamné Q._ pour faux dans les titres, à une peine pécuniaire de 45 jours-amende à 70 fr. avec sursis pendant 2 ans et à une amende de 630 fr., la peine privative de liberté de substitution en cas de non-paiement fautif étant fixée à 9 jours.
Le 19 septembre 2013, Q._ a formé opposition contre cette ordonnance pénale, l'acte valant au surplus demande de restitution de délai et de nouvelle notification. Il faisait valoir en substance qu’il ne s’attendait pas à recevoir une ordonnance pénale car le policer, au terme de l’interrogatoire du 29 novembre 2012, l’avait assuré que l’affaire n’aurait aucune suite.
Par décision du 26 septembre 2013, le Ministère public de l'arrondissement de W._ a constaté que l'ordonnance pénale du 23 mai 2013 avait été valablement notifiée, a rejeté la demande de nouvelle notification respectivement de restitution du délai d'opposition et a dit que l'ordonnance du 23 mai 2013 était exécutoire.
Contre cette décision, Q._ a interjeté recours, sans succès, devant la Chambre des recours pénale, puis a obtenu gain de cause devant le Tribunal fédéral, qui, par arrêt du 12 mai 2014, a renvoyé la cause à l’autorité cantonale pour nouvelle instruction et nouvelle décision. Le Tribunal fédéral a estimé qu’il convenait de procéder aux auditions requises par le prévenu, afin de déterminer si celui-ci avait été informé d’une quelconque manière que l’affaire n’aurait pas de suite, auquel cas il devait être protégé dans sa bonne foi.
Le Ministère public s’est conformé aux instructions, dans le sens précité, données par la Chambre de céans par arrêt 12 juin 2014 en procédant, le 24 juillet 2014, aux auditions requises.
Par décision du 12 août 2014, le Ministère public de l’arrondissement de Lausanne, en la personne de la Procureure G._, a admis la requête de restitution du délai d’opposition du 19 septembre 2013 et a dit que le nouveau délai d’opposition à l’ordonnance pénale du 23 mai 2013 courait dès notification de la décision.
B.
Par lettre du 19 août 2014, Q._ a déposé une demande tendant à la récusation de la Procureure G._. Il a également requis le retranchement du dossier des procès-verbaux d’audition des 24 octobre 2012 et 29 novembre 2012,
Dans ses déterminations du 1
er
septembre 2014, la procureure a conclut au rejet de la demande de récusation.
Le même jour, elle a refusé la requête en retranchement présentée par le prévenu. Cette décision fait l’objet d’une procédure de recours distincte devant la Chambre de recours pénale (arrêt n° 755 du même jour).

## Considerations

En droit :
1.
Aux termes de l'art. 59 al. 1 let. b CPP, lorsqu’un motif de récusation au sens de l’art. 56 let. a ou f CPP est invoqué ou qu’une personne exerçant une fonction au sein d’une autorité pénale s’oppose à la demande de récusation d’une partie qui se fonde sur l’un des motifs énumérés à l’art. 56 let. b à e CPP, le litige est tranché sans administration supplémentaire de preuves et définitivement par l’autorité de recours, lorsque le Ministère public, les autorités pénales compétentes en matière de contraventions et les tribunaux de première instance sont concernés.
En l'occurrence, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal est compétente pour statuer sur la demande de récusation présentée par Q._ à l'encontre de la Procureure G._ (art. 13 LVCPP [loi d’introduction du code de procédure pénale suisse; RSV 312.01]).
2.1
Le requérant soutient que l’impartialité de la Procureure visée serait sujette à caution du fait qu’elle était intervenue dans la présente cause à un autre titre, soit en qualité de greffière du Procureur B._, auquel elle a succédé
2.2.
Un magistrat est récusable pour l'un des motifs prévus aux art. 56 let. a à e CPP.
En vertu de l'art. 56 let. b CPP, toute personne exerçant une fonction au sein d'une autorité pénale est tenue de se récuser lorsqu'elle a agi à un autre titre dans la même cause, en particulier comme membre d'une autorité, conseil juridique d'une partie, expert ou témoin. La notion de « même cause » au sens de cette disposition s'entend de manière formelle, c'est-à-dire comme la procédure ayant conduit à la décision attaquée ou devant conduire à celle attendue. Elle n'englobe en revanche pas une procédure distincte ou préalable se rapportant à la même affaire au sens large, soit au même ensemble de faits et de droits concernant les mêmes parties (TF 1B_137/2013 du 17 mai 2013 c. 3.2; TF 6B_621/2011 du 19 décembre 2011 c. 2.3.1 et les références citées). Ainsi, une "même cause" au sens de l'art. 56 let. b CPP implique une identité de parties, de procédure et de questions litigieuses (ATF 133 I 89 c. 3.2 p. 91 s.; ATF 122 IV 235 c. 2d p. 237 s.). Le cas de récusation visé par cette disposition présuppose aussi que le magistrat en question ait agi à « un autre titre », soit dans des fonctions différentes (TF 1B_137/2013 du 17 mai 2013 c. 3.2; TF 6B_621/2011 du 19 décembre 2011 c. 2.3.2 et les références citées). En particulier, la garantie du juge impartial ne commande pas la récusation d'un juge au simple motif qu'il a, dans une procédure antérieure – voire dans la même affaire (TF 4A_151/2012 du 4 juin 2012 c. 2.2) –, tranché en défaveur du requérant (ATF 129 III 445 c. 4.2.2.2 p. 466; ATF 114 Ia 278 c. 1 p. 279 ; TF 1B_44/2014 du 14 avril 2014 c. 3.1).
La récusation d’un magistrat peut également, selon l'art. 56 let. f CPP, intervenir « lorsque d'autres motifs, notamment un rapport d'amitié étroit ou d'inimitié avec une partie ou son conseil, sont de nature à le rendre suspect de prévention ». Cette disposition a la portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs de récusation non expressément prévus aux lettres précédentes. Elle correspond à la garantie d'un tribunal indépendant et impartial instituée par les art. 30 Cst. et 6 CEDH. Elle n'impose pas la récusation seulement lorsqu'une prévention effective du magistrat est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée. Il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules les circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération. Les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont pas décisives (ATF 138 IV 142 c. 2.1 p. 144 et les arrêt cités).
2.3