# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f45d34d6-f089-5d0d-a90f-a1ef7c0f8732
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2003
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Monsieur O_, ressortissant albanais né en 1962, a travaillé depuis son arrivée en Suisse sur des chantiers. Il a été victime d’un accident le 15 juin 1992, lors duquel il a reçu un sac de ciment de 40 kg sur le dos.
Suite à son accident, il a effectué un séjour à la Clinique de médecine rééducative de Bellikon de la SUVA. Dans un rapport de sortie du 21 avril 1993, les médecins ont diagnostiqué un syndrome douloureux généralisé, des vertiges d’origine indéterminée, une suspicion de troubles des fonctions cérébrales et un blocage important psychoréactif.
Monsieur O_ a présenté une demande de prestations AI le 1
er
décembre 1993.
Son médecin traitant, la Doctoresse A_, a établi un rapport, le 12 mai 1994, à l’attention de l'Office cantonal de l'assurance-invalidité (ci-après l'OCAI). Elle a posé les diagnostics suivants : C-D lombalgies chroniques ; état anxio-dépressif chronique ; sinistrose post-traumatique ; fracture de l’apophyse transverse de L3-G ; ancienne maladie de Scheuermann ; scoliose C-D lombaire ; contusion au niveau de la colonne C-D-L et sternum ; hernie discale L3-L4 ; protusion discale L4-L5 ; canal lombaire étroit et lésion dégénérative des articulations sacro-iliaques, et déclaré que son patient présentait une incapacité totale de travailler depuis le 15 juin 1992.
Monsieur O_ a été soumis à une expertise professionnelle effectuée par le Centre d’observation professionnelle de l'assurance-invalidité d’Yverdon-les-bains (ci-après le COPAI), du 17 septembre au 11 octobre 1996. Les experts ont constaté dans leur rapport du 25 octobre 1996 que Monsieur O_ était incapable de mener à bien une activité, car il était totalement en dehors de la réalité du travail et complètement dépassé par les événements ; il présentait une lenteur généralisée constante ; son rythme de travail était saccadé et son rendement inexistant. Le médecin conseil du COPAI, le Dr B_, a quant à lui mentionné : « Monsieur O_ présente un ensemble de symptômes qui le rendent inapte à la reprise d’un travail. On l’a vu à l’atelier : ses rendements sont de l’ordre de 20% et encore, les résultats sont-ils qualitativement mauvais. Il n’est pas envisageable de remettre cet homme au travail ».
Par décision du 10 août 2001, l’OCAI lui a reconnu un degré de 100% d’invalidité dès le 15 juin 1993, lui a toutefois refusé l’octroi de prestations, au motif qu’il n’avait été affilié à l’AVS-AI qu’à partir du 1
er
janvier 1993 et ne présentait que cinq mois de cotisations au moment de la survenance de l’invalidité fixée au 15 juin 1993.
Par courrier du 5 septembre 2001, Monsieur O_, représenté par Maître Maurizio LOCCIOLA, a recouru contre cette décision, concluant, sous suite de dépens, à l’octroi d’une rente entière d'invalidité depuis le 15 juin 1993.
Dans un complément de recours daté du 1
er
février 1996, Monsieur O_ a fait valoir qu’il avait travaillé en Suisse pendant plus d’une année avant la survenance de l’invalidité, soit « au noir » du 21 janvier au 7 mai 1991 auprès de Monsieur F_, ferrailleur à Genève, du 14 mai au 26 juillet 1991 auprès de Monsieur D_, du 12 août au 5 octobre 1991 auprès de l’entreprise X_, du 22 octobre au 23 décembre 1991, auprès de Monsieur Jérôme D_, du 13 janvier au 30 avril 1992 auprès de Monsieur F_ et du 9 au 15 juin 1992, date de l’accident, auprès de l’entreprise X_.
Dans un préavis du 7 décembre 2001, l’OCAI a conclu au rejet du recours. Il indique que les renseignements recueillis par la Caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après la CCGC) auprès de Messieurs F_ et D_ n’avaient pas permis de conclure que ceux-ci avaient effectivement employé Monsieur O_ ; qu’en revanche ce dernier avait travaillé au service de l’entreprise X_ du 9 juin au 15 juin 1992 ; et a été affilié par la caisse en qualité de personne sans activité lucrative depuis le 1
er
janvier 1993. Il s’avérait ainsi que le recourant ne présentait que cinq mois de cotisations à l’AVS-AI, insuffisants pour ouvrir droit à des prestations.
Dans un préavis du 17 janvier 2002, la CCGC a reconnu qu’une caisse de compensation pouvait être amenée à procéder à une taxation d’office et par conséquent à réclamer des cotisations non payées à l’employeur, elle a toutefois souligné que ceci n’était possible que lorsqu’il existait de forts indices laissant croire que l’employeur n’avait pas versé assez de cotisations (article 39 du règlement sur l'assurance-vieillesse et survivants, en relation avec la Directive sur la perception des cotisations de l’Office fédéral des assurances sociales, N° 2133). Or, seule l’activité auprès de l’entreprise X_ avait été rendue vraisemblable. Il en résultait que des cotisations ne pouvaient être récupérées qu’auprès de cette entreprise et ce par la caisse auprès de laquelle elle était affiliée, à savoir l’agence genevoise de l’Ausgleichkasse des schweizerischen Baumeisterverbandes (caisse 66.2).
Dans des observations complémentaires du 21 février 2002, le recourant a sollicité l’audition de Messieurs E_, F_ et D_.

## Considerations