# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ba414ef5-07bd-572b-8a41-6cea88905adb
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_010
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._ est séparé depuis le 1er janvier 2014. Dans la déclaration d'impôt qu'il a signée avec son épouse le 29 août 2013, il a annoncé, entre autres revenus, un montant de CHF 261'634.- provenant de son activité lucrative indépendante. Le revenu imposable indiqué sous le code 7.910 de la formule de déclaration s'élevait à CHF 399'699.-.
A deux reprises, le 17 mars 2014 et le 16 mai 2014, le Service cantonal des contributions a invité A._ à déposer le bilan et les comptes de pertes et profits de l'exercice 2012 pour son activité indépendante, pièces qu'il avait omis de joindre à sa déclaration d'impôt. Ces courriers sont restés sans réponse.
Par taxation d'office du 19 juin 2014, le Service cantonal des contributions a arrêté l'impôt cantonal sur le revenu dû par A._ et B._, à CHF 65'880.- sur la base d'un revenu imposable de CHF 488'064.- (au taux d'un revenu déterminant de CHF 419'956.-), et leur impôt fédéral direct, après déduction sur impôt de CHF 502.-, à CHF 46'481.90 sur la base d'un revenu imposable de CHF 481'825.- (au taux d'un revenu déterminant de CHF 413'717.-). Il a indiqué que la taxation intervenait d'office suite à la sommation du 15 mai 2014.
B. Le 7 août 2014, B._ a déposé le compte de pertes et profits (présentant un résultat de CHF 261'633.84 pour 2012 et CHF 321'519.06 pour l'exercice précédent) ainsi que le bilan, en s'excusant pour ce retard.
Le Service cantonal des contributions a considéré cet envoi comme une réclamation qu'il a déclarée irrecevable pour cause de tardiveté.
C. Par acte posté le 23 septembre 2014, B._ et A._ ont interjeté recours à l'encontre de la décision précitée par l'intermédiaire de leur fiduciaire. Ils ne remettent pas en cause la tardiveté de leur réclamation et admettent qu'ils n'ont pas donné suite aux demandes de pièces des 17 mars 2014 et 16 mai 2014. Ils requièrent la reconsidération du montant retenu au titre de revenu d'activité indépendante, lequel doit être fixé sur la base des comptes. Ils expliquent qu'ils se sont séparés au début de 2014, et que leurs soucis, liés à leurs déménagements et au changement d'emploi de la recourante précédemment employée par son époux, ont généré des retards administratifs. Ils ajoutent que le recourant, né en 1945, a considérablement diminué son activité dès 2012 comme le démontrent les comptes, et que le paiement des impôts sur un revenu supplémentaire de près de CHF 100'000.- menace leur santé financière.
L'avance de frais, fixée à CHF 600.- par ordonnance du 25 septembre 2014, a été versée dans le délai imparti.
Dans ses observations déposées le 28 octobre 2014, le Service cantonal des contributions a conclu au rejet du recours en considérant, pour l'essentiel, que les soucis liés à la séparation des contribuables au début de l'année 2014 qui auraient généré des retards administratifs ne constituent en aucun cas un motif valable d'empêchement concernant le délai légal de réclamation, et qu'en l'absence des comptes de l'exercice 2012, les résultats des exercices précédents ont servi de base à la fixation du revenu de l'activité indépendante. Il précise encore que les conditions d'une procédure de révision ne sont pas réalisées dans le cas d'espèce.
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Les recourants ont fait part de leurs contre-observations le 1er décembre 2014 en indiquant qu'ils avaient mis fin au mandat confié à leur fiduciaire. Ils invoquent le fait que celle-ci a omis de joindre les comptes à la déclaration d'impôt préparée à leur attention et qu'ils l'ont signée sans remarquer cette erreur, dite déclaration comportant les chiffres exacts des résultats de l’exploitation. Cela s'est produit au moment où ils se séparaient, une période très dure sur le plan émotionnel, de sorte qu'ils ont négligé l'importance des courriers les invitant à déposer leurs comptes et n'ont pas vu non plus que la déclaration qu'ils signaient était incomplète. Ils rappellent qu'ils ont toujours respecté leurs obligations fiscales ces vingt dernières années et que le cas de la déclaration 2012 étant exceptionnel, une exception peut aussi être admise quant à leur empêchement d'agir. Dans un dernier point, ils invoquent le fait que le délai de réclamation a pris fin pendant les féries judiciaires, de sorte qu'il convient de vérifier si leur "recours" n'a pas malgré tout été formé dans les délais.
Le 9 janvier 2015, le Service cantonal des contributions a transmis ses ultimes remarques en maintenant ses conclusions et en précisant que les délais n'étaient pas suspendus pendant les périodes de féries de sorte que la réclamation avait bien été déposée en dehors du délai.
Une copie de cette dernière détermination a été communiquée aux recourants pour information le 12 janvier 2015.

## Considerations

en droit
I. Impôt fédéral direct (604 2014 101)
1. a) Le recours, déposé le 23 septembre 2014 contre une décision du 26 août 2014, l’a été dans le délai et les formes prévus aux art. 140 ss de la loi du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11) et l'avance des frais de procédure a été versée en temps utile. Partant, il est recevable s’agissant de l’impôt fédéral direct.
b) La décision attaquée est un prononcé d'irrecevabilité. L'objet de la présente procédure de recours se limite donc à la seule question de savoir si l'autorité inférieure était fondée à déclarer irrecevable la réclamation du 7 août 2014. C'est pourquoi, dans la mesure où les recourants prennent des conclusions au fond, ces dernières doivent être déclarées irrecevables.
c) Dans leurs contre-observations, les recourants demandent à pouvoir expliquer de vive voix l'enchaînement malheureux de circonstances les ayant amenés à ne pas avoir rempli - exceptionnellement - leurs obligations fiscales.
Il importe de rappeler tout d'abord que la procédure est en principe écrite. Cela étant, l'audition requise apparaît superflue dès lors que la Cour dispose d'indications écrites suffisamment explicites données par les recourants. Elle ne voit pas en quoi cette audition mettrait en lumière d'autres éléments déterminants pour l'issue du litige. C'est pourquoi il n'est pas donné suite à cette requête des recourants (art. 59 al. 2 du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative, CPJA; RSF 150.1).
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19900329/201201010000/642.11.pdf
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