# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a92456b0-8a55-5ab6-b9c6-793779ac0ae2
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2010
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur D_ a été arrêté le 5 juillet 2010 dans le cadre de l’opération "Figaro" et de la surveillance opérée dans le secteur de la promenade de Saint-Jean. Il avait proposé de la marijuana à un policier lequel avait accepté l’offre. S’en est suivie l’arrestation précitée.
A raison des faits précités, M. D_ a fait l’objet, le 6 juillet 2010, d’une ordonnance de condamnation du Procureur général à une peine privative de liberté d’un mois.
2. Le 6 juillet 2010, le Commissaire de police a établi une interdiction de pénétrer dans une région déterminée (interdiction locale Genève) à l’encontre de M. D_. La zone d’interdiction était celle du centre ville, selon plan annexé à la décision.
Dite décision a été remise à l’intéressé le 6 juillet 2010 qui a immédiatement rempli un formulaire d’opposition.
3. Par convocation du 6 juillet 2010, remise en mains propres, la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : CCRA) a convoqué M. D_ pour une audience de comparution personnelle le 8 juillet 2010 à 14h30 ;
4. Selon le procès-verbal de comparution personnelle du 8 juillet 2010, M. D_ ne s’est pas présenté à l’audience et l’avocat de permanence s’en est rapporté à justice.
5. Par décision du 8 juillet 2010, notifiée par pli recommandé avec accusé de réception le 9 juillet 2010, la CCRA a confirmé la décision d’interdiction de pénétrer sur une partie du territoire du canton de Genève (interdiction locale Genève) prise par le Commissaire de police le 6 juillet 2010 à 16h40 à l’encontre de M. D_ pour une durée de six mois.
Dite décision, adressée à M. D_, Foyer X_, 1, chemin Y_, n’a pas été retirée par son destinataire et a été retournée à l’expéditeur le 20 juillet 2010.
Le 21 juillet 2010, la CCRA a transmis à M. D_, Foyer X_, 1, chemin Y_, copie de la décision précitée qui lui avait été retournée avec la mention "non réclamé".
6. Le 5 août 2010, M. D_ a saisi simultanément le Tribunal administratif et la CCRA d’un recours et/ou demande de révision de la décision précitée.
Celle-ci lui avait été notifiée le 28 juillet 2010 par courrier simple. Le premier envoi, par voie recommandée, avait été fait à l’adresse de sa femme avec laquelle il vivait séparé. Il n’avait pas pu entrer en possession de l’invitation à retirer l’envoi recommandé car il n’avait jamais élu domicile chez sa séparée.
Par ailleurs, il n’avait eu aucun contact avec l’avocat d’office commis à sa défense, ni avant ni après la condamnation. Ce dernier n’avait pas cherché à lui notifier l’acte de la CCRA ni à attirer son attention sur le délai de recours.
Posté dans le délai de 10 jours de l’art. 10 al. 1 de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 (LaLEtr -
F 2 10
), le recours intervenait en temps utile.
Subsidiairement, il devait être traité comme une demande de révision au sens de l’art. 48 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
). La décision attaquée, ayant été rendue en toute méconnaissance de la situation effective du recourant et se basant tant sur des faits imprécis que sur des faits sans pertinence devait être annulée.
Il conclut préalablement à ce qu’un délai lui soit accordé pour compléter son acte de recours et à la suspension de la mesure d’interdiction du 6 juillet 2010 à titre de mesures provisionnelles jusqu’à droit connu sur le fond. Principalement, sur recours au sens de l’art. 10 al. 1 LaLEtr, il conclut à l’annulation de la décision du 8 juillet 2010 de la CCRA et sur révision, à la rétractation de la décision querellée de la CCRA avec suite de frais et dépens.
7. Le 11 août 2010, la CCRA a déposé son dossier sans observations.
8. Dans sa réponse du 12 août 2010, l’officier de police a conclu principalement à l’irrecevabilité du recours et subsidiairement à son rejet.
L’adresse à laquelle le courrier recommandé avait été acheminé était celle que le recourant lui-même avait indiqué aux services de police et ce, pour la dernière fois, lors de son audition du 6 juillet 2010 par le Commissaire de police. Après avoir fait opposition à l’interdiction de pénétrer, le recourant devait manifestement s’attendre à recevoir une convocation à bref délai, ainsi que la décision de la CCRA en découlant.

## Considerations