# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8723800e-2db3-4d45-88b6-6865dc0b8574
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
A. C_ est né le ********1965 en Angola, Etat dont il est ressortissant. Issu d'une famille nombreuse comptant douze enfants, il a été élevé par ses parents dans son pays d'origine et y a effectué sa scolarité obligatoire. Le 15 septembre 1983, il est arrivé en Suisse en qualité de requérant d'asile. Suite à son mariage, le 31 juillet 1987, avec une citoyenne suisse, il s'est vu délivrer une autorisation de séjour, ce qui a rendu sans objet la procédure d'asile. L'autorisation de séjour a été régulièrement renouvelée jusqu'au 28 mars 2013. Le couple a eu une enfant, D., le ********1988, avant de se séparer une année plus tard puis de divorcer en septembre 2001. A. C_ a eu une seconde fille prénommée E., le ********1990, de sa relation avec une ressortissante britannique. Depuis son arrivée en Suisse, l'intéressé a alterné les missions temporaires non qualifiées et les périodes de chômage, avant d'émarger à l'aide sociale à intervalles réguliers dès l'automne 1997. Il a en outre fait l'objet des condamnations pénales suivantes:
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14 décembre 1995
, Tribunal correctionnel du district de Lausanne, 6 mois d'emprisonnement avec sursis pour tentative d'escroquerie, faux dans les titres et conduite en état d'ébriété (inscription radiée);
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18 mars 1997, Tribunal de police du district de Lausanne, 53 jours d’emprisonnement avec sursis pour recel, infraction et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants (inscription radiée);
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8 octobre 1999
, Tribunal de police du district de Lausanne, 2 mois d'emprisonnement pour violation d'une obligation d'entretien (inscription radiée);
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14 février 2001
, Présidente du Tribunal du district de Bern-Laupen, 40 jours d'emprisonnement avec sursis et 1'000 fr. d'amende pour violation simple des règles de la circulation routière, vol d'usage d'un cycle, conduite en état d'ébriété, ivresse au guidon et injure (inscription radiée);
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19 février 2002
, Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne, 35 jours d'emprisonnement pour infraction et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants (inscription radiée);
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25 novembre 2004
, Tribunal de police de Genève, 30 jours d'emprisonnement pour conduite en état d'ébriété et opposition à une prise de sang;
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17 mars 2005
, Juge d'instruction de La Côte, 2 mois d'emprisonnement pour violation des règles de la circulation routière, conduite en état d'ébriété, contravention à l'ordonnance sur la vignette routière et circulation malgré un retrait ou refus du permis de conduire;
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18 juillet 2006
, Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne, 4 mois d'emprisonnement pour violation d'une obligation d'entretien, ivresse simple, ivresse qualifiée et conduite malgré un retrait de permis;
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21 juin 2010
, Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne, peine pécuniaire de 40 jours-amende à 50 fr. pour conduite en état d'ébriété qualifiée et dérobade à la prise de sang;
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29 janvier 2014
, Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, peine pécuniaire de 90 jours-amende à 50 fr. et amende de 500 fr. pour conduite en état d'ébriété qualifiée, entrave aux mesures de constatation de l'incapacité de conduire et conduite sans autorisation;
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24 février 2014
, Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, peine pécuniaire de 20 jours-amende à 30 fr. pour détournement de valeurs patrimoniales mises sous main de justice.
Compte tenu de ces condamnations et de sa situation financière obérée, A. C_ a fait l'objet de différents avertissements de la part du Service de la population (ci-après: SPOP), les 14 mars 1997, 20 octobre 1999, 5 juillet 2002, 27 juin 2006, 29 mars 2007 et 24 mars 2011, selon lesquels il risquait de se voir refuser le renouvellement de son autorisation de séjour à l'avenir et expulser de Suisse. Pour ces mêmes motifs, l'intéressé s'est vu dénier à réitérées reprises la transformation de son titre de séjour en autorisation d'établissement, en dernier lieu le 26 avril 2012.
B.
B. F_est une ressortissante de la République démocratique du Congo, née le ********1972 à Kinshasa. Quatrième enfant d'une fratrie de sept frères et sœurs, elle a été scolarisée dans son pays d'origine avant d'œuvrer dans la vente de vêtements au marché. Mère de trois filles nées hors mariage en 1990, 1995 et 1997, elle est venue seule en Suisse le 26 juillet 2002, où elle a déposé une demande d'asile. Malgré le rejet de cette demande le 15 août 2002, devenu définitif et exécutoire après que son recours a été déclaré irrecevable le 19 novembre suivant, l'intéressée n'a pas quitté le territoire dans le délai fixé au 17 janvier 2003. Hormis quelques heures de ménage hebdomadaires, elle est restée tributaire de l'assistance publique.
C.
Le 17 août 2006, à 1********, A. C_ a épousé B.F_(ci-après: B.C_). Cette dernière a alors sollicité la délivrance d'une autorisation de séjour par regroupement familial, laquelle lui a été refusée dans un premier temps compte tenu de l'impécuniosité du couple (décision du SPOP du 29 mars 2007, confirmée par l'arrêt du Tribunal administratif PE.2007.0216 du 22 octobre 2007 et l'arrêt du Tribunal fédéral 2C_628/2007 du 28 janvier 2008). Après que le Centre social régional de Lausanne (ci-après: CSR) eut attesté, le 25 novembre 2008, que le mari ne dépendait plus de l'aide sociale, l'intéressée s'est finalement vue délivrer une telle autorisation, dont la validité a été régulièrement prolongée jusqu'au 16 août 2014.
A la fin de l'année 2010, A. C_ a fait l'objet d'une enquête pénale supplémentaire pour lésions corporelles simples qualifiées et dommages à la propriété envers son épouse. Cette dernière ayant finalement retiré sa plainte, une ordonnance de classement a été rendue par le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, le 16 décembre 2011.
Par convention du 9 octobre 2012, ratifiée par le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne pour valoir ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale, les époux C_ sont convenus de vivre séparés pour une durée indéterminée.
Avisé de cette séparation, le SPOP a convoqué les conjoints en vue de leur audition. Entendu en premier lieu le 18 mars 2014, A. C_ a déclaré qu'il avait rencontré son épouse en 2002, à 2********, qu'ils s'étaient ensuite fréquentés régulièrement tout en vivant chacun de leur côté puis qu'il l'avait demandée en mariage en 2006, sans d'abord connaître son statut en Suisse. Il indiquait que leur séparation avait été requise par sa femme, en raison du fait qu'il n'avait pas de travail et que cela lui "tournait la tête". Il confessait que son couple avait connu des "petits" épisodes de violences domestiques, pour lesquels la police était intervenue deux ou trois fois au domicile. Il précisait toutefois, pièces à l'appui, qu'ils avaient fait part au juge civil de leur intention de reprendre la vie conjugale dès le 30 avril 2014, le temps de leur permettre d'y réfléchir, ce qui avait rendu caduques les mesures protectrices ordonnées. Il exposait que son couple n'avait pas d'enfant commun et que l'ensemble de sa famille était resté en Angola, à l'exception de l'un de ses frères qui s'était désormais établi à 3********. Il affirmait ne plus être retourné personnellement en Angola, mais avoir eu la visite de ses parents en Suisse. Il ajoutait qu'il était à la recherche d'un emploi, qu'il avait pour plus de 37'000 fr. de dettes, qu'il n'avait plus droit au chômage et qu'il avait donc pour seule ressource le revenu d'insertion.
Auditionnée le même jour, B.C_ a corroboré dans les grandes lignes les circonstances de sa rencontre avec son époux. Elle précisait en revanche que c'était elle qui avait proposé leur union, car ils étaient "bien ensemble et qu'il fallait faire quelque chose pour les familles". Elle exposait en outre avoir demandé la séparation au motif que son mari buvait de l'alcool, qu'il devenait alors comme fou et commençait à la frapper, raison pour laquelle elle s'était enfuie au foyer G_. Elle confirmait cependant qu'une reprise de la vie commune était prévue pour le 30 avril 2014. Au sujet de sa famille, elle révélait que sa fille aînée vivait dorénavant à 4********, depuis 2012, les deux filles cadettes étant pour leur part restées au Congo auprès de leur grand-mère. D'un point de vue professionnel, B.C_ expliquait qu'elle avait suivi des cours d'aide soignante et travaillé "à gauche à droite", en dernier lieu comme nettoyeuse à taux partiel à 5********, mais qu'elle avait perdu son poste au début de l'année 2013. Elle indiquait émarger depuis lors à l'assurance-chômage et à l'aide sociale, sans parvenir à trouver un autre emploi, et faire l'objet de poursuites pour plus de 22'000 francs. Sur le plan social, elle disait être à l'aise en Suisse et y avoir trouvé sa place, mais n'avoir des amis que dans la communauté africaine.
Dans un courrier du 18 août 2014 adressé à A. C_, le SPOP a relevé que ce dernier avait continué à commettre des infractions pénales et qu'il bénéficiait toujours de l'aide sociale à l'instar de son épouse, nonobstant les différentes mises en garde qui lui avaient été adressées. L'autorité l'avisait en conséquence qu'elle prévoyait de refuser le renouvellement de leurs autorisations de séjour, d'ordonner leur renvoi de Suisse et de proposer à l'Office fédéral des migrations (désormais le Secrétariat d'Etat aux migrations) de prononcer des interdictions d'entrée en Suisse à leur endroit. Elle laissait néanmoins aux époux l'occasion de se déterminer à ce sujet, les avertissant qu'à défaut de réaction en temps utile, elle statuerait en l'état du dossier.
Par lettre de son conseil du 29 août 2014, A. C_ a fait valoir que les condamnations reprochées n'étaient pas suffisantes pour faire obstacle au maintien de son autorisation de séjour. Il se prévalait en outre d'un nouveau contrat de travail signé le 23 avril 2014 avec une entreprise de peinture, qui l'avait déjà engagé pour plusieurs missions depuis 2006, le salaire horaire convenu étant de 30 fr. brut environ.
Le 20 novembre 2014, le SPOP a encore sollicité du CSR un décompte des prestations d'aides sociales servies aux époux C_. Ce décompte, établi le même jour, révélait que les susnommés avaient bénéficié de l'assistance publique pour un montant total de 158'324 fr. 67 depuis 1997.
Par décision du 13 janvier 2015, le SPOP a refusé de renouveler les autorisations de séjour des époux C_ et prononcé leur renvoi de Suisse, aux motifs que le comportement d'A. C_ avait donné lieu à de nombreuses condamnations pénales, en dépit des diverses mises en garde de l'autorité, et que la situation financière du couple était totalement obérée.
D.
Par mémoire de leur conseil du 3 février 2015, A. et B.C_ ont déféré cette décision à la Cour de céans, en concluant au renouvellement de leurs autorisations de séjour. Ils allèguent en substance qu'ils s'efforcent tous deux de trouver du travail et que les infractions commises ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier un renvoi. Ils arguent en outre qu'A. C_ vit en Suisse depuis plus de trente ans, que sa fille aînée étudie actuellement à 6******** et qu'il a noué des liens étroits avec nombre de résidants dans le canton, de sorte qu'il serait choquant de le contraindre à quitter le pays, ce d'autant plus qu'il ne saurait pas où aller. A l'appui de leurs moyens, les recourants ont produit entre autres pièces différents documents relatifs à des missions temporaires en 2014 et requis l'audition de l'ex-épouse ainsi que de la fille d'A. C_.
Par décision incidente du 12 février 2015, les recourants ont été mis au bénéfice de l'assistance judiciaire.
Dans sa réponse du 16 février 2015, le SPOP considère en bref que les recourants n'ont pas su s'adapter à notre pays, en dépit des nombreuses années passées en Suisse, et qu'ils ne devraient pas être confrontés à d'insurmontables difficultés de réintégration dans leur pays d'origine en cas de renvoi.
En réplique du 23 mars 2015, les recourants soutiennent qu'il " tombe sous le sens que quelqu'un qui a vécu plus de trente ans dans un pays aussi bien organisé que le nôtre souffrira de se trouver dans un pays en développement". Ils demandent par ailleurs l'audition d'A. C_ par la cour, dans le but de démontrer qu'il a pris conscience de la situation et a la ferme intention de s'amender.
Le 27 mars 2015, les recourants ont produit deux nouveaux contrats de missions temporaires en leur faveur conclus les 12 février 2015 et 20 mars 2015, pour un salaire horaire respectif de 22 fr. et 30 fr. brut environ. Le 24 avril suivant, ils ont encore versé au dossier deux certificats de travail récents, plusieurs fiches de salaire affichant un revenu mensuel net de quelque 1'000 fr. pour l'époux pour le mois de mars 2015 et d'environ 1'750 fr. en moyenne pour l'épouse entre février et mars 2015, ainsi qu'une attestation du CSR du 22 avril 2015 certifiant que les époux "ont bénéficié du revenu d'insertion (RI) du 1
er
novembre 2014 au 28 février 2015" et que le "droit RI d'avril sera à évaluer en fonction des revenus du couple".
Sur proposition du SPOP, la cause a été suspendue jusqu'au 9 novembre 2015, à charge pour les recourants de produire à cette échéance une nouvelle attestation du CSR ainsi que leurs dernières fiches de salaire.
Les 26 novembre et 14 décembre 2015, les recourants ont produit un extrait de compte bancaire de l'épouse, révélant un solde de 741 fr. 10 au 23 novembre 2015 et une nouvelle attestation du CSR du 26 novembre 2015 indiquant que les conjoints bénéficient derechef du revenu d'insertion depuis le 1
er
juin 2015.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Interjeté dans le délai légal de trente jours suivant la notification de la décision entreprise (cf. art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36]), le recours a été déposé en temps utile. Il satisfait par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (cf. art. 79 al. 1 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
Le dossier de la cause étant suffisamment complet pour permettre à la Cour de céans de statuer en toute connaissance de cause, les auditions requises par les recourants s'avèrent superflues. Il n'en résulte pas de violation du droit d'être entendu des intéressés (cf. TF 2C_1159/2014 du 4 avril 2015 consid. 2.1 et les références).
3.
L'autorité intimée a refusé de renouveler les autorisations de séjour des recourants, aux motifs que l'époux avait été maintes fois condamné pénalement et que le couple dépendait durablement de l'aide sociale.
4.
a) En vertu de l'art. 33 al. 3 de la
loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20)
, une autorisation de séjour peut être prolongée s'il n'existe aucun motif de révocation au sens de l'art. 62 LEtr.
b) Selon l'art. 62 let. c LEtr, l'autorité compétente peut révoquer une autorisation de séjour si l'étranger attente de manière grave ou répétée à la sécurité et l'ordre publics en Suisse ou à l'étranger, les met en danger ou représente une menace pour la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse.
Il y a atteinte à la sécurité et à l'ordre publics, au sens des art. 62 let. c LEtr et 80 al. 1 let. a de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201), notamment en cas de violation importante ou répétée de prescriptions légales ou de décisions d'autorité. Tel est aussi le cas lorsque les actes individuels ne justifient pas en eux-mêmes une révocation, mais que leur répétition montre que la personne concernée n'est pas prête à se conformer à l'ordre en vigueur (TF 2C_851/2014 du 24 avril 2015 consid. 3.3 et les références).
En l'espèce, le recourant a été condamné à non moins de onze reprises depuis son arrivée en Suisse, pour atteindre un total de 19 mois et 8 jours d'incarcération, cela sans compter les 150 jours-amende prononcés depuis 2010. Certes, la condamnation la plus grave, à 6 mois d'emprisonnement avec sursis pour tentative d'escroquerie, faux dans les titres et conduite en état d'ébriété, date de 1995. Il n'en demeure pas moins que le recourant semble se complaire dans la délinquance, puisqu'il n'a cessé de commettre des infractions depuis lors avec une régularité singulière. L'affirmation de l'intéressé selon laquelle il aurait aujourd'hui pris conscience de ses agissements et entendrait s'amender sonne donc passablement faux, ce d'autant plus lorsque l'on sait qu'elle n'intervient qu'au stade du recours et que ses deux dernières condamnations, à respectivement 90 et 20 jours-amende pour conduite en état d'ébriété qualifiée, entrave aux mesures de constatation de l'incapacité de conduire, conduite sans autorisation et détournement de valeurs patrimoniales mises sous main de justice, remontent seulement à 2014. Ce constat est d'autant plus regrettable que le recourant a été mis en garde par l'autorité intimée sur les conséquences de son comportement par six fois entre 1997 et 2011, ce qui ne l'a nullement empêché de récidiver à réitérées reprises dans la commission d'infractions multiples.
Le recourant a ainsi démontré, par ses violations systématiques du droit pénal, qu'il n'a ni la volonté ni la capacité de respecter notre ordre juridique à l'avenir, de sorte que les conditions de révocation posées à l'art. 62 let. c LEtr sont incontestablement réalisées à son égard.
c) L'art. 62 let. e LEtr permet également à l'autorité compétente de révoquer l'autorisation de séjour d'un étranger si lui-même ou une personne dont il a la charge dépend de l'aide sociale.
Cette disposition suppose qu'il existe un risque concret de dépendance de l'aide sociale, de simples préoccupations financières n'étant pas suffisantes. Pour évaluer ce risque, il sied non seulement de tenir compte des circonstances actuelles, mais aussi de considérer l'évolution financière probable à plus long terme. Il convient en outre de tenir compte des capacités financières de tous les membres de la famille sur le plus long terme (cf. TF 2C_427/2015 du 29 octobre 2015 consid. 3 et les références).
Dans le cas présent, le recourant n'a jamais été en mesure, depuis sa venue en Suisse en 1983, de conserver une activité lucrative durable et stable. Il n'a effectué que quelques missions temporaires, entrecoupées de périodes de chômage, puis a eu recours à l'assistance publique de manière régulière depuis l'automne 1997. La situation diffère peu pour la recourante, qui a été prise en charge par les services sociaux dès son arrivée dans notre pays en 2002, pour compléter ses quelques heures de ménage hebdomadaires. De ce fait, le couple a touché une aide financière de près de 160'000 fr. au total entre 1997 et 2014, comme l'atteste le décompte du CSR du 20 novembre 2014 figurant au dossier. Or, rien ne laisse présager une amélioration de cette situation à l'avenir. Bien au contraire, les susnommés se sont montrés incapables de mettre à profit leur long séjour en Suisse pour acquérir leur autonomie financière. Leur situation est du reste fortement obérée, puisqu'ils comptaient déjà près de 60'000 fr. de dettes il y a deux ans. Enfin, même après avoir trouvé chacun un nouvel emploi pendant la procédure de recours et bénéficié d'une suspension de procédure de quelque six mois pour démontrer leur aptitude à le préserver, les recourants sont retombés rapidement dans l'aide sociale, puisqu'ils dépendent de nouveau du revenu d'insertion depuis le 1
er
juin 2015. Force est donc de constater que les intéressés ne fournissent à l'évidence pas les efforts raisonnablement exigibles pour s'émanciper de l'assistance publique et subvenir eux-mêmes à leurs besoins, si bien que le simple risque d'une dépendance concrète et durable à l'aide sociale est aujourd'hui largement concrétisé.
Il s'ensuit que le motif de révocation de l'autorisation de séjour prévu à l'art. 62 let. e LEtr est également réalisé.
d) Dans ces circonstances, c'est à raison que l'autorité intimée a considéré que les deux motifs de révocation de l'art. 62 let. c et e LEtr s'opposaient au renouvellement des autorisations de séjour des recourants.
5.
Reste à examiner si le non-renouvellement des autorisations de séjour des recourants ne contrevient pas au principe de proportionnalité, respectivement à procéder à une pesée des différents intérêts en présence.
a) Exprimé de manière générale à l'art. 5 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) et découlant également de l'art. 96 LEtr, le principe de la proportionnalité exige que la mesure prise par l'autorité soit raisonnable et nécessaire pour atteindre le but d'intérêt public ou privé poursuivi (cf. ATF 136 I 87 consid. 3.2; ATF 135 II 377 consid. 4.2). C'est au regard de toutes les circonstances de l'espèce qu'il convient de trancher la question de la proportionnalité de la mesure de non-renouvellement de l'autorisation de séjour. Lors de cet examen, il y a lieu de prendre en considération la gravité de la faute commise, le degré d'intégration, la durée du séjour en Suisse, ainsi que le préjudice que l'intéressé et sa famille auraient à subir du fait de la mesure (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.3). Quand le refus d'octroyer une autorisation de séjour se fonde sur la commission d'une infraction, la peine infligée par le juge pénal est le premier critère servant à évaluer la gravité de la faute et à procéder à la pesée des intérêts. La durée de présence en Suisse d'un étranger constitue un autre critère très important. Plus cette durée est longue, plus les conditions pour prononcer l'expulsion administrative doivent être appréciées restrictivement (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.4 et 4.5; TF 2C_170/2015 du 10 septembre 2015 consid. 4.1; TF 2C_260/2015 du 2 avril 2015 consid. 5.2 et les références; voir également CDAP PE.2014.0363 du 6 octobre 2015 consid. 4a et les références).
Selon la jurisprudence enfin, un étranger peut se prévaloir de la protection de la vie familiale découlant de l'art. 8 par. 1 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS 0.101) pour s'opposer à une éventuelle séparation de sa famille, à condition qu'il entretienne une relation étroite et effective avec une personne de sa famille ayant le droit de résider durablement en Suisse (ce qui suppose que cette personne ait la nationalité suisse, une autorisation d'établissement en Suisse ou un droit certain à une autorisation de séjour en Suisse, cf. ATF 135 I 143 consid. 1.3.1). Les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de l'art. 8 par. 1 CEDH, un droit à une autorisation de police des étrangers sont avant tout les rapports entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (ATF 135 I 143 consid. 1.3.2; TF 2C_783/2014 du 27 janvier 2015 consid. 4.1 et les références). Outre ces cas, un étranger majeur ne peut se prévaloir de cette disposition que s'il se trouve dans un état de dépendance particulier par rapport à des membres de sa famille résidant en Suisse en raison, par exemple, d'un handicap (physique ou mental) ou d'une maladie grave (ATF 120 Ib 257 consid. 1e; TF 2D_19/2014 du 2 octobre 2014 consid. 4 et les références).
b) En l'occurrence, les recourants font valoir qu'ils résident en Suisse depuis de nombreuses années et qu'ils ne sauraient pas où aller si leur expulsion venait à être confirmée. Le recourant allègue en outre qu'il a noué d'étroites relations avec plusieurs résidents du canton de Vaud et que sa fille aînée est née dans notre pays, où elle poursuit actuellement ses études.
Il est vrai que le recourant est entré en Suisse en 1983, soit à l'âge de 18 ans, si bien qu'il vit dans notre pays depuis plus de 32 années. La recourante est arrivée pour sa part en 2002, à l'âge de 30 ans, et n'a pas non plus quitté le territoire depuis lors. Leur long séjour en Suisse constitue donc un élément important à prendre en compte dans le cadre de la pesée des intérêts à effectuer. Il s'agit cependant du seul motif pertinent à l'avantage des intéressés. En effet, comme déjà relevé précédemment, ces derniers n'ont jamais pris la peine, pendant toutes ces années, de développer les efforts propres à s'intégrer sur le marché du travail et subvenir seuls à leurs besoins, puisqu'ils n'ont jamais réussi à conserver d'emploi stable permettant d'assurer leur autonomie financière et ont principalement vécu aux crochets de l'aide sociale. Ils n'ont pas davantage utilisé cette période à bon escient pour participer à la vie sociale et culturelle de notre pays. Bien au contraire, le recourant a démontré qu'il n'avait nullement l'intention de se conformer à nos valeurs, en cumulant les condamnations pénales. Le simple fait, au demeurant non étayé, qu'il ait noué des contacts avec son entourage ne suffit clairement pas à renverser ce constat. Quant à son épouse, elle n'a, de son propre aveu, aucune interaction sociale au-delà de la communauté africaine. Dans ces conditions, force est de constater, avec l'autorité intimée, que les susnommés ne peuvent pas se prévaloir d'un degré d'intégration suffisant dans notre pays, sur quelque plan que ce soit.
A cela s'ajoute que les intéressés n'ont pas d'enfant commun. Les filles du recourant, dont l'une a la nationalité suisse, sont toutes deux majeures et leur père ne soutient pas qu'il entretiendrait des relations particulières avec elles. Le fait qu'il ait été condamné à plusieurs reprises pour violation d'une obligation d'entretien permet d'ailleurs d'en douter. Quant aux filles de la recourante, majeures également, elles sont restées au Congo, à l'exception de l'aînée qui vivrait à 4******** depuis 2012, sans que les recourants n'aient indiqué qu'elle disposerait d'un droit de présence en Suisse. Il n'est du reste pas allégué qu'il existerait un lien de dépendance quelconque entre les recourants et leurs rares proches en Suisse. Pour le surplus, le couple, encore jeune (51 et 43 ans respectivement) et en bonne santé, ne prétend pas qu'il serait confronté à des difficultés de réintégration particulières en cas de retour dans l'un ou l'autre de leur pays de provenance, dans lesquels ils ont d'ailleurs tous deux grandi et conservé une famille nombreuse.
En conséquence, le seul fait que les recourants résident dans notre pays depuis de nombreuses années ne saurait suffire à considérer leur éloignement comme étant disproportionné. Un raisonnement contraire reviendrait en effet à leur laisser penser qu'ils n'auraient dorénavant plus guère à craindre un non-renouvellement de leurs titres de séjour, quel que soit leur comportement à l'avenir sur le plan professionnel et financier, voire pénal, ce qui n'est pas acceptable.
Aussi est-ce à bon droit que l'autorité intimée a refusé de renouveler leurs autorisations de séjour et prononcé leur renvoi de Suisse.
6.
Compte tenu de l'ensemble de ce qui précède, la décision attaquée, qui ne procède ni d’une violation du droit ni d’un abus du pouvoir d’appréciation, ne prête pas le flanc à la critique.
7.
En définitive, le recours, mal fondé, doit être rejeté et la décision attaquée confirmée.
Vu l'issue du pourvoi, le SPOP est chargé de fixer aux recourants un nouveau délai de départ et de veiller à l'exécution de sa décision.
Les recourants ont procédé au bénéfice de l'assistance judiciaire. Le conseil d'office peut prétendre à un tarif horaire de 180 fr. (cf. art. 2 al. 1 let. a du règlement vaudois du 7 décembre 2010 sur l’assistance judiciaire en matière civile [RAJ; RSV 211.02.3], applicable par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD) et aux débours figurant sur la liste des opérations et débours (cf. art. 3 al. 1 RAJ). En l'occurrence, l'indemnité de Me Jean-Pierre Bloch peut être arrêtée, au vu de la liste des opérations produite, à 1'620
fr. (9
h
x 180 fr.), montant auquel s’ajoute celui des débours, chiffré à 50
fr. Compte tenu de la TVA au taux de 8%, l’indemnité totale s’élève ainsi à 1'803 fr. 60
. L'indemnité de conseil d'office et les frais de justice sont supportés provisoirement par le canton (cf. art. 122 al. 1 let. a et b du code de procédure civile du 19 décembre 2008 [CPC; RS 272], applicable par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD), les recourants étant rendus attentifs au fait qu'ils seront tenus de rembourser les montants ainsi avancés dès qu'ils seront en mesure de le faire (cf. art. 123 al. 1 CPC).