# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5cf753b0-8124-50f5-9139-ea3acc1ad89d
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. A._ et B._ sont les parents hors mariage de C._, né en 2010. L’enfant vit avec sa mère, laquelle est seule détentrice de l’autorité parentale et du droit de déterminer le lieu de résidence. Par convention du 20 septembre 2012, approuvée par la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) le 10 octobre 2012, les parents ont réglé les modalités de la contribution d’entretien en faveur de leur fils et fixé le droit de visite du père (cf. bordereau de la recourante, pièce 5).
Suite à la requête de A._ du 10 mai 2013 - laquelle aurait constaté un comportement étrange chez son fils de retour du droit de visite et craignant pour son bien-être - la Juge de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Juge de paix) a décidé, par voie de mesures superprovisionnelles du 21 mai 2013, que le droit de visite du père s’exercerait deux fois par mois au Point rencontre fribourgeois (ci-après: PRF) et a institué une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC en faveur de C._ (DO 300 2013 286, p. 81 ss). Le 17 juin 2013, la Justice de paix a confirmé cette décision (DO 300 2013 286, p. 109 ss).
Par décision du 25 novembre 2013, la Justice de paix a prononcé la reprise progressive du droit de visite du père pour s’exercer finalement, dès juillet 2014, un week-end sur deux, du samedi à 10h00 au dimanche à 17h00, sans passer par le PRF (DO 800 2013 50, p. 32 ss).
Suite aux allégations de C._ à sa mère selon lesquelles son père aurait eu des gestes à caractère sexuel à son égard, la Juge de paix a, par décision de mesures superprovisionnelles du 1er mai 2015, suspendu le droit de visite de B._ jusqu’à droit connu sur la procédure pénale ouverte à son encontre (DO 800 2013 50, p. 99 ss).
En date du 26 mai 2015, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière dans le cadre de la procédure pénale ouverte à l’encontre du père (DO 800 2013 50, p. 134 ss).
Le 8 juin 2015, la Justice de paix a levé la suspension du droit de visite de B._ et a décidé la reprise du droit de visite selon les modalités prévues par la décision du 25 novembre 2013 (DO 300 2013 286, p. 121 ss).
B. Le 10 octobre 2016, A._ a signalé au Service de l’enfance et de la jeunesse (: SEJ) qu’après avoir passé le week-end des 1er et 2 octobre 2016 chez son père, son fils lui avait confié qu’alors que son père et lui faisaient les « foufous » dans le lit, soit une bataille de polochons, B._ lui aurait touché le pénis, à la suite de quoi l’enfant lui aurait demandé d’arrêter, sans succès. Le 18 octobre 2016, le SEJ a signalé ces faits au Ministère public (DO 300 2013 286, p. 188 ss).
Le 26 octobre 2016, A._ a sollicité la suspension, à titre urgent, du droit de visite de B._. A titre provisionnel et sur le fond, elle a conclu à la suspension de son droit de visite pour une durée indéterminée et, subsidiairement, à la mise en place d’un droit de visite dans un lieu surveillé tel que le PRF (DO 300 2013 286, p. 213 ss).
Le 27 octobre 2016, la Greffière de la Justice de paix s’est entretenue avec D._, psychologue FSP ayant rencontré C._ à la suite des faits qu’il a dénoncés à sa mère. Elle
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a en substance indiqué que l’enfant lui avait répété ce qu’il avait dit à sa mère mais que cela restait flou et qu’il n’y avait pas d’autres éléments. Selon elle, il n’y aurait pas d’inquiétude pour le moment. Elle a senti un enfant en grande souffrance, perdu, qui ne comprend pas ce qui se passe. L’enfant aurait en outre envie de voir son père mais qu’il ne lui touche plus le sexe (DO 300 2013 286, p. 318 ss).
Par décision du 27 octobre 2016, la Juge de paix a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles de A._ (DO 300 2013 286, p. 321 ss).
Le 2 novembre 2016, l’enfant C._ a été entendu par la Juge de paix. Il a en particulier déclaré que le problème avec son père était qu’il lui touchait le zizi quand ils jouaient à la bataille de polochons; il n’arrivait pas à lui dire d’arrêter. Il a en outre relevé qu’il aimerait que son père vienne chez lui car il ne le voit pas souvent et que ses parents oublient leurs disputes (DO 300 2013 286, p. 345).
En date du 8 novembre 2016, A._, B._, ainsi que E._ et F._, intervenantes en protection de l’enfant au SEJ, ont comparu à la séance de la Justice de paix. B._ a contesté avoir touché le sexe de son fils et refusé d’exercer son droit de visite au PRF, comme sollicité par A._, laquelle a confirmé sa requête. Les parents et les intervenantes en protection de l’enfant se sont dit favorables à la nomination d’un curateur de représentation en faveur de C._ (DO 300 2013 286, p. 344 ss).
A la demande de la Justice de paix, D._, psychologue FSP, et G._, médecin psychiatre, lui ont indiqué, par courrier du 16 novembre 2016, qu’à ce jour ils pouvaient affirmer que C._ a besoin d’un espace thérapeutique où il peut être libéré des conflits parentaux et des enjeux juridiques. S’ils devaient avoir à l’avenir des éléments d’importance capitale concernant une mise en danger de l’enfant, ils en feraient immédiatement part aux parents et à la justice (DO 300 2013 286; p. 365).
C. Par décision du 8 novembre 2016, envoyée le 25 novembre 2016 aux parties et au SEJ, la Justice de paix a fixé le droit de visite de B._ sur son fils à un week-end sur deux, le samedi de 09h00 à 18h00 et le dimanche de 09h00 à 18h00, en présence de H._, compagne de B._, compte tenu de la procédure pénale en cours à l’encontre de ce dernier. De plus, une curatelle de représentation au sens des art. 306 al. 2 et 314a bis CC a été instituée en faveur de C._ et ce mandat a été confié à Me Manuela Bracher Edelmann, avocate à Fribourg. En outre, l’effet suspensif à un éventuel recours a été retiré (DO 300 2013 286, p. 372).
D. Par mémoire du 1er décembre 2016, A._ a interjeté recours contre cette décision et a déposé une requête de mesures provisionnelles et superprovisionnelles. Elle a conclu, à titre superprovisionnel et provisionnel, principalement, à la suspension avec effet immédiat, pour la durée de la procédure de recours, du droit aux relations personnelles de B._ sur son fils, subsidiairement à ce que son droit aux relations personnelles s’exerce, avec effet immédiat et pour la durée de la procédure de recours, au PRF, uniquement dans le cadre de l’institution et selon le calendrier de celle-ci. Sur le fond, elle a conclu à la modification de la décision attaquée en ce sens que, principalement, le droit aux relations personnelles du père sur son fils soit suspendu jusqu’à droit connu sur la procédure pénale ouverte à son encontre, et subsidiairement, le droit aux relations personnelles de B._ s’exerce au PRF, uniquement dans le cadre de l’institution et selon le calendrier de celle-ci, jusqu’à droit connu sur la procédure pénale ouverte à son
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encontre, frais à la charge de l’intimé, subsidiairement de l’Etat. En outre, A._ a déposé une requête d’assistance judiciaire totale pour la procédure de recours et a requis la désignation de Me Anne-Laure Simonet en qualité de défenseur d’office, laquelle a été admise par arrêt du Vice-Président de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte (ci-après: la Cour), le 3 février 2017.
E. Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 5 décembre 2016, la Présidente de la Cour a supprimé le droit de visite de B._ agendé au week-end des 10 et 11 décembre 2016. Elle a en revanche maintenu le rendez-vous prévu le 7 décembre 2016 au SEJ afin que père et enfant puissent se voir et se parler, en présence de la curatrice uniquement, et a imparti un délai non prolongeable expirant le 12 décembre 2016 à l’intimé et à la curatrice de l’enfant pour se déterminer.
F. Invitée à se déterminer sur le recours, la Juge de paix a indiqué, le 6 décembre 2016, qu’il n’appelait aucune remarque particulière de sa part et s’est référée, pour le surplus, au dossier de la cause.
G. Par courrier du 12 décembre 2016, Me Manuela Bracher Edelmann, en sa qualité de curatrice de représentation de C._, a indiqué à la Cour qu’elle avait participé à la rencontre du 7 décembre 2016 entre C._, son père, et E._, lors de laquelle elle a constaté que l’enfant avait du plaisir à être avec son père et qu’il existait une réelle complicité entre eux. Etant donné l’envie de C._ de voir son père, elle a indiqué qu’il lui paraissait approprié, compte tenu de la procédure pénale actuellement en cours, de prévoir un droit de visite limité tel que prévu dans la décision de la Justice de paix du 8 novembre 2016, ce d’autant plus qu’il aurait lieu en présence de la compagne du père, avec laquelle l’enfant a confirmé très bien s’entendre. Selon Me Bracher Edelmann, un droit de visite au PRF risquerait de perturber C._.
H. Par mémoire du 12 décembre 2016, B._ s’est déterminé sur le recours de A._. Il a conclu à l’irrecevabilité, subsidiairement au rejet, de la requête de mesures provisionnelles ainsi qu’au maintien avec effet immédiat de son droit aux relations personnelles selon les modalités de la décision attaquée, pour toute la durée de la procédure de recours. Sur le fond, il a conclu à l’irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet et à la confirmation de la décision attaquée, frais à la charge de la recourante. Il a en outre requis l’octroi de l’assistance judiciaire totale pour la procédure de recours et la désignation de Me Jérôme Magnin en qualité de défenseur d’office, requête qui a été admise par arrêt du Vice-Président de la Cour du 3 février 2017.
I. Par arrêt du 15 décembre 2016, la Cour a rejeté la requête de mesures provisionnelles de A._ et décidé que le droit aux relations personnelles de B._ sur son fils s’exercera, avec effet immédiat et pendant toute la durée de la procédure de recours, selon les modalités fixées dans la décision attaquée (ch. 4 du dispositif), le SEJ devant s’assurer de la disponibilité de la compagne du père lors de l’élaboration du calendrier des visites, laquelle sera présente lors des visites. La Cour a considéré qu’une suspension du droit aux relations personnelles de B._ ou une limitation de celui-ci au PRF n’est pas justifiée dès lors que l’enfant a clairement exprimé son désir de voir son père, que la curatrice de représentation ne s’y oppose pas et qu’aucun élément n’atteste d’une mise en danger concrète de l’enfant.
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J. Par courrier des 16 et 23 décembre 2016, l’intimé et Me Bracher Edelmann ont fait savoir à la Cour que leurs déterminations respectives du 12 décembre 2016 pouvaient être considérées comme des réponses au fond.
K. Par courrier du 23 décembre 2016, la recourante s’est déterminée sur l’exception d’irrecevabilité du recours soulevée par l’intimé, concluant à son rejet et confirmant intégralement son recours.
L. En date du 18 janvier 2017, A._ a déposé une demande de modifications des mesures provisionnelles prises par la Cour le 15 décembre 2016 dans le sens de ses conclusions initiales du 1er décembre 2016 au motif que la compagne du père ne veut plus être présente lors de l’exercice du droit de visite et compte tenu du rapport rendu par le Dr G._ et par D._, duquel il ressort qu’il leur paraît absolument nécessaire que C._ puisse bénéficier d’un accompagnement lors des visites chez son père. Pour le surplus, elle a confirmé les conclusions prises dans son recours.
M. En date du 30 janvier 2017, la Justice de paix a transmis à la Cour des notes téléphoniques desquelles il ressort que la compagne du père ne souhaite plus être présente lors de l’exercice du droit de visite du père et que ce dernier ne souhaite plus exercer son droit de visite, les accusations qui pèsent à son encontre étant difficiles à vivre pour lui.
N. Invitée à se déterminer sur la requête de modification des mesures provisionnelles de A._, Me Manuela Bracher Edelmann a proposé, le 2 février 2017, de suspendre provisoirement le droit de visite et de modifier les mesures provisionnelles en ce sens au vu du rapport du Dr G._ et de D._, du fait que H._, qui n’est d’ailleurs plus la compagne du père, ne souhaite plus être présente lors des droits de visite, et que ce dernier, qui est en souffrance, ne désire plus exercer son droit de visite.
O. Par courrier du 10 février 2017, B._ s’est également déterminé sur la requête de A._. Il a confirmé ses conclusions prises à l’appui de sa détermination du 12 décembre 2016 et a sollicité le maintien des mesures provisionnelles telles que fixées par la Cour dans son arrêt du 15 décembre 2016. Subsidiairement, jusqu’à tout le moins la transmission du rapport de police, il a conclu à ce que son droit de visite soit ramené à un week-end sur deux, à exercer dans des lieux publics, sous forme de promenades, visites ou activités sportives, à raison d’une journée ou de deux demi-journées par week-end concerné.

## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
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b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 589 p. 399).