# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ed5a67b7-59c9-5486-bc57-aa84c33b89fa
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a)
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 21 octobre 2013, par le biais de son conseil, A._ recourt contre l'ordonnance "sur opposition tardive" rendue par le Ministère public le 9 octobre 2013, reçue le surlendemain, maintenant l'ordonnance pénale prononcée à son encontre le 5 juin 2013, transmettant la procédure au Tribunal de police "afin qu'il statue sur la validité de l'ordonnance pénale et de l'opposition (art. 356 al. 1 CPP)" et concluant "à l'irrecevabilité de l'opposition et au maintien de l'ordonnance pénale prononcée le 5 juin 2013".
A._ conclut à l'annulation de l'ordonnance querellée et à ce qu'il soit constaté qu'il a été "empêché sans sa faute de formuler une opposition dans le délai prescrit par la loi, à l'ordonnance pénale rendue par le Ministère public le 5 juin 2013" et, par conséquent, que soit déclarée recevable ladite opposition, frais et indemnité de défense à la charge de l'Etat de Genève.
b)
Invité à se déterminer au sujet du recours, le Ministère public, par pli du 15 novembre 2013, a déclaré s'en tenir à son ordonnance querellée et proposer "le rejet de l'appel comme étant mal fondé", sans autres développements.
c)
Le recourant n'a pas répliqué.
B.
Les faits pertinents pour l'issue du litige dont les suivants :
a)
A._, ressortissant helvétique né le _, est l'associé-gérant président, avec signature individuelle, de la société D._ Sàrl, dont le siège social se trouve au chemin _, Chêne-Bourg. Sa fille, E._, ainsi que son fils, B._, sont les associés de la société, la première avec signature individuelle, le second sans signature; le quatrième associé, également sans signature, est C._.
b)
A._ a été déclaré comme l'employé de D._ Sàrl. A ce titre, il a fait l'objet, de la part de l'Office des poursuites de Genève, de plusieurs poursuites, ayant abouti à des saisies sur son salaire en 2011 et 2012.
c)
ca )
N'ayant pas respecté lesdites saisies, A._ a fait l'objet, de la part de l'Office des poursuites, de dénonciations auprès du Procureur général, en date des 10 mai, 17 août, et 16 novembre 2012 ainsi que des 7 février et 2 mai 2013.
L'Office des poursuites a adressé toute sa correspondance destinée à A._ à l'adresse de sa société, à Chêne-Bourg.
cb)
Dans ce cadre-là, l'intéressé a été convoqué par le Ministère public, à l'adresse de D._ Sàrl, pour une audience fixée le 4 juillet 2012, audience à laquelle il ne s'est pas présenté.
d)
Le 19 juillet 2012, le Ministère public a émis un mandat d'acte d'enquêtes à l'attention de la Police judiciaire, qui a été chargée de procéder à l'audition de A._ en qualité de prévenu.
A._ s'est présenté à la Police judiciaire à la date fixée pour son audition, soit le 17 septembre 2012. A cette occasion, il a d'emblée été protocolé que son "adresse principale" se trouvait au chemin _, Chêne-Bourg.
A._ a notamment expliqué qu'il ne s'était pas présenté à l'audience du Ministère public du 4 juillet 2012 parce qu'il se trouvait à un mariage à Saint-Gall, mais que, toutefois, deux jours avant ladite audience, il s'était rendu au Ministère public à la route de Chancy afin de connaître les raisons de sa convocation. On lui avait dit d'écrire un courrier pour remettre l'audience, mais il avait "dû oublier de le faire".
A._ a admis n'avoir pas payé les retenues-salaires, au motif que la trésorerie de sa société ne le permettait pas.
S'agissant de sa situation personnelle et financière, A._ a complété et signé le formulaire ad hoc, dans lequel était notamment indiqué que son "adresse complète" se trouvait au chemin _, Chêne-Bourg.
e)
Par ordonnance pénale du 5 juin 2013, le Ministère public a déclaré A._ coupable de détournement de valeurs patrimoniales mises sous main de justice, et l'a condamné à une peine privative de liberté de 90 jours.
Cette ordonnance a été notifiée chez D._ Sàrl, chemin de la Mousse 34, 1225 Chêne-Bourg, envoi que A._ n'est pas venu retirer dans le délai fixé au 14 juin 2013 par la Poste de Chêne-Bourg.
f)
Par courrier du 12 septembre 2013, le Service de l'application des peines et mesures (SAPEM) a convoqué A._ le 16 octobre 2013 pour fixer les modalités d'exécution de la peine à laquelle il avait été condamné par ordonnance pénale du Ministère public du 5 juin 2013.
Cette lettre était adressée à A._ "c/o B._, _ Genève".
g)
Par lettre du 25 septembre 2013, l'avocat de A._, Me C._, a informé le Ministère public que son client entendait former opposition à contre l'ordonnance pénale rendue à son endroit le 5 juin 2013, décision qui lui avait été communiquée uniquement le 18 septembre dernier lors d'un passage auprès du SAPEM, service qui, par courrier du 12 septembre 2013, l'avait invité à se présenter le 16 octobre dans ses locaux en vue de fixer les modalités d'exécution d'une peine privative de liberté de 90 jours. Or, son client ignorait l'existence de cette ordonnance pénale qu'il n'avait jamais reçue, dès lors qu'elle lui avait été adressée "à un domicile erroné", soit celui de la société D._ Sàrl au _ à Chêne-Bourg, où A._ n'avait jamais été domicilié. En effet, celui-ci avait habité au _, à Avusy, de mars 2001 jusqu'au 31 décembre 2012 et, depuis le 1
er
janvier 2013, était domicilié chez son fils, au _ à Genève. Le dernier domicile de A._ était manifestement connu des organismes de l'Etat, puisque le SAPEM l'avait convoqué à cette adresse.
h)
Dans son ordonnance "sur opposition tardive", le Ministère public fait valoir que si le domicile officiel du prévenu n'était pas celui où l'ordonnance pénale lui avait été notifiée, il n'en demeurait pas moins que l'intéressé se prévalait abusivement de cet argument, dès lors que l'adresse qu'il avait toujours fait valoir dans le cadre de la procédure était celle du chemin de la _, à Chêne-Bourg, adresse qui ressortait de son procès-verbal d'audition à la police du 17 septembre 2012 ainsi que de la convocation à l'audience d'instruction du Ministère public du 4 juillet 2012. Ainsi, le prévenu devait s'attendre à recevoir la décision querellée à l'adresse de sa société, où il avait reçu l'avis recommandé, auquel il avait fautivement décidé de ne pas donner suite.
Le Ministère public ajoutait que pour autant que l'acte formé par le prévenu pouvait être compris comme une demande de restitution du délai d'opposition à l'ordonnance pénale du 5 juin 2013, il n'y avait pas lieu, au sens de l'art. 94 al. 1 et 2 CPP, d'admettre une telle restitution.

## Considerations