# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 67d067cf-875f-5043-a020-a523b2927af7
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. A._ fait l’objet d’une procédure pénale devant la Cour d’appel pénal du Tribunal cantonal de Fribourg (501 2017 32) à l’occasion de laquelle il a dû se soumettre à une expertise psychiatrique effectuée par les Drs B._ et C._. Suite au dépôt du rapport d’expertise, il a déposé plainte pénale contre les psychiatres pour atteinte à l’honneur, faux rapport et induction de la justice en erreur.
B. Par ordonnance du 6 novembre 2018, le Ministère public a refusé d’entrer en matière sur la plainte pénale.
C. Le 22 novembre 2018, le Ministère public a transmis à l’autorité de céans le courrier daté du 12 novembre 2018 que lui a adressé A._ dans lequel il requiert la suspension de la procédure et celle du délai de recours, ainsi que sa réponse à ce dernier datée du 15 novembre 2018. Dans son courrier réponse, le Ministère public lui indiquait qu’il ne pouvait faire droit à sa requête de suspension dès lors que la procédure avait été close par une ordonnance de  en matière uniquement contestable par un recours. Il lui précisait également que le délai de recours ne pouvait ni être prolongé ni suspendu. Enfin, lui rappelant que l’instance de recours a la possibilité de revoir l’état de fait en cas de contestation, il a estimé que l’écrit du 12 novembre 2018 devait être considéré comme un recours qu’il transmet à la Chambre pénale dès lors qu’il contenait des conclusions tendant à l’annulation de l’ordonnance litigieuse.
D. Par courrier du 22 novembre 2018, le Président de la Chambre pénale a imparti à A._ un délai au 3 décembre 2018 pour lui indiquer si son écrit du 12 novembre 2018 devait être considéré comme un recours contre l’ordonnance de non-entrée en matière.
E. Le 26 novembre 2018, A._ a adressé un courrier au Président de la Chambre pénale ainsi que des courriers échangés avec le Ministère public dans l’intervalle. Dans le courrier du 21 novembre 2018, il répondait au Ministère public qu’il prenait note du fait que ce dernier allait transmettre son courrier du 12 novembre 2018 comme recours à la Chambre pénale.
F. Par courrier du 28 novembre 2018, le Président de la Chambre pénale s’est à nouveau adressé à A._. Il lui a signifié que sa lettre du 26 novembre 2018 ne précise pas expressément si son courrier du 12 novembre 2018 doit être considéré comme un recours, lui rappelant le délai au 3 décembre 2018 pour clarifier sa position.
Le 29 novembre 2018, le Ministère public a transmis copie du courrier du 28 novembre 2018 qu’il a adressé à A._, dans lequel il lui précise qu’il n’enregistrera pas la nouvelle plainte déposée le 21 novembre 2018 pour les mêmes faits faisant l’objet de l’ordonnance de non-entrée en matière du 6 novembre 2018 et qu’il la transmettra à la Chambre pénale pour être versée au dossier.
G. Le 3 décembre 2018, A._ a adressé un courrier au Président de la Chambre pénale, lui transmettant copie de son courrier du même jour adressé au Ministère public et l’informant en substance qu’il ne pouvait à ce jour pas se déterminer sur la requête du Président de la Chambre pénale sans connaître la suite que donnerait le Ministère public à son courrier du jour.
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Dans son courrier du 3 décembre 2018, il demande au Ministère public d’être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire. Ce courrier a été transmis à la Chambre de céans par le Ministère public le 5 décembre 2018.
H. Invité à se déterminer, le Ministère public a conclu à l’irrecevabilité du recours ainsi qu’au rejet de la demande de suspension de la procédure, par courrier du 6 décembre 2018. En substance, il indique que le recourant ne semble pas comprendre qu’au vu du principe ne bis in idem, il n’a plus la possibilité de déposer une nouvelle fois plainte pénale pour les faits faisant déjà l’objet de l’ordonnance de non-entrée en matière. Il rappelle que le Ministère public a été dessaisi de la direction de la procédure et qu’il appartient à l’autorité de recours de statuer sur la requête de suspension de la procédure, que cette requête doit être rejetée dès lors que cette procédure n’a aucune incidence sur celle pendante devant la juridiction d’appel. Il estime que le courrier du 6 novembre 2018 doit être considéré comme un recours en dépit de l’absence d’indication claire en ce sens du recourant et que celui-ci doit être déclaré irrecevable. Il soutient que dans son long écrit du 12 novembre 2018, le recourant ne s’en prend pas directement à l’ordonnance de  en matière, mais conteste essentiellement le déroulement de l’instruction dans laquelle il est prévenu et pour les besoins de laquelle une expertise psychiatrique a été ordonnée. Selon le Ministère public, les seuls griefs intelligibles à l’ordonnance litigieuse se trouvent aux numéros 43 à 47, mais ne contiennent que l’appréciation du recourant lequel ne tente pas de démontrer que les arguments retenus dans l’ordonnance litigieuse seraient erronés.

## Considerations

en droit
1.
En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (RS 312.0 ; CPP), ainsi que de l’art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (RSF 130.1 ; LJ), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
2.
Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit dans le délai de dix jours à l’autorité de recours. L’ordonnance querellée a été notifiée au recourant le 8 novembre 2018, si bien que les écrits qu’il a déposés jusqu’au 19 novembre 2018 y compris l’ont été dans le respect du délai de recours, il en va ainsi de son courrier du 12 novembre 2018.
3.
Le recourant requiert du Ministère public la suspension de la procédure. Le Ministère public lui a indiqué qu’il ne pouvait faire droit à cette requête. En effet, une fois la procédure préliminaire close par une ordonnance de non-entrée en matière ou de classement, le Ministère public est dessaisi de la direction de la procédure (art. 61 al. 1 let. a CPP) et cette décision de classement ou de  en matière ne peut qu’être remise en cause par un recours. Il ne lui appartient ainsi plus de statuer sur une éventuelle requête de suspension de la procédure comme il l’a rappelé au recourant.
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La suspension de la procédure est régie par l’art. 314 CPP. A la lecture de la demande de suspension contenue dans l’écrit du 12 novembre 2018, on ne perçoit pas exactement pourquoi le recourant souhaitait que le Ministère public suspende la procédure, sauf à considérer qu’il voulait se préserver le délai de recours car il ne disposait pas de mandataire professionnel pour rédiger un recours. Comme le lui a correctement rappelé le Ministère public dans son courrier du 15 novembre 2018, celui-ci n’était pas compétent pour examiner une telle requête et quoi qu’il en soit, le délai de recours ne pouvant être ni suspendu ni prolongé (art. 89 al. 1 CPP en lien avec l’art. 396 al. 1 CPP), la cause ne pouvait être suspendue à ce stade pour pouvoir s’assurer de la rédaction d’un mémoire de recours par un mandataire professionnel.
Pour le surplus, la présente cause n’a pas à être suspendue au profit de la cause pendante devant la juridiction d’appel.
Il s’ensuit que la requête de suspension de la procédure est rejetée.
4.