# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4a791932-fe0e-52c3-95f2-039b2da397fb
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié, depuis la France, le 25 avril 2017 et reçu par le greffe de la Chambre de céans le 4 mai suivant, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 20 avril 2017, notifiée à une date inconnue – le suivi des recommandés de La Poste mentionnant une "
tentative de distribution
" le 22 avril 2017 puis plus rien – par laquelle le Tribunal de police a constaté l'irrecevabilité de l'opposition qu'il avait formée à l'ordonnance pénale du 24 mai 2016 et confirmé que cette dernière était assimilée à un jugement entré en force.
Le recourant conclut à "
l'acquittement définitif de l'amende
".
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Par ordonnance pénale 3272800 du 24 mai 2016, le Service des contraventions (ci-après : SdC) a condamné A_ à une amende de CHF 120.-, augmentée d'un émolument de CHF 100.-, soit au total CHF 220.-, pour avoir, le 8 mars 2016, à l'impasse _, à Genève, "
stationn[é] à un endroit où une interdiction de s'arrêter était signalée - jusqu'à 60 minutes
".
L'ordonnance a été notifiée au contrevenant le 27 mai 2016.
b.
Par courrier du 2 juin 2016, le SdC a accusé réception d'un chèque envoyé par A_, l'a informé que ce type de paiement n'était plus admis, lui a retourné le chèque et l'a invité à régler la somme due dans un délai venant à échéance le 23 juin 2016.
c.
En l'absence de paiement dans ce délai, un rappel été adressé à A_ le 19 août 2016, avec l'ajout de frais de rappel de CHF 20.-, le précité devant désormais CHF 240.-.
d.
A_ a payé CHF 121.- par virement bancaire, valeur au 1
er
septembre 2016.
e.
Le 25 octobre 2016, le SdC a invité A_ à régler le solde, de CHF 119.-.
f.
Par courrier du 3 novembre 2016, expédié le surlendemain, A_ a requis "
l'indulgence
" du SdC et une "
non majoration
".
g.
Par ordonnance du 6 février 2017, le SdC, constatant la tardiveté de l'opposition à l'ordonnance pénale, a transmis la cause au Tribunal de police, qui a invité, le 24 février 2017, A_ à se prononcer sur l'apparente irrecevabilité de son opposition.
h.
Ce dernier a répondu,
le 2 mars 2017, avoir dûment payé l'amende, mais contester les émoluments.
C.
Dans l'ordonnance querellée, le Tribunal de police a retenu que, l'ordonnance pénale _ ayant été notifiée le 27 mai 2016 à A_, le délai pour former opposition à celle-ci arrivait à échéance le 6 juin 2016, de sorte que, expédiée le 5 novembre 2016, l'opposition était tardive.
D.
a.
Dans son recours, A_ expose que le 8 mars 2016, son ami B_ avait également été amendé pour les mêmes faits – leurs véhicules étant garés l'un derrière l'autre – mais, par suite de l'opposition que ce dernier avait formée contre l'ordonnance pénale le concernant, il avait été acquitté par jugement du Tribunal de police, le 10 avril 2017 (ordonnance pénale _).
Le recourant produit, à l'appui de son recours, le jugement précité.
b.
Le Tribunal de police se réfère à sa décision querellée, sans formuler d'observations.
c.
Le SdC conclut au rejet du recours, l'opposition formée par A_, le 5 novembre 2016, étant tardive.
d.
A_ ne conteste pas que sa "
demande d'acquittement
" était tardive. Toutefois, le jugement dans la cause de B_– dont le véhicule était stationné au même endroit que le sien, le même jour et à la même heure – n'était intervenu qu'après que lui-même eut payé l'amende. Dès lors que l'amende avait été dressée par un agent assermenté, il ne l'avait pas mise en doute, et n'avait donc pas formé opposition contre celle-ci. C'était après l'acquittement de son ami qu'il s'était rendu compte ne pas s'être trouvé en "
stationnement abusif
" et demandait dès lors son acquittement. Son comportement de bon citoyen ne devait pas être retenu contre lui simplement pour des motifs de délais. Il concluait dès lors à l'acquittement total et au remboursement des sommes versées.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
1.1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP) – la preuve de la date de notification de l'ordonnance ne pouvant être apportée par l'autorité – concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. b CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).![endif]>![if>
1.2.
Les faits et moyens de preuve nouveaux sont recevables devant l'instance de recours, de sorte que les pièces nouvelles produites par le recourant seront admises (arrêts du Tribunal fédéral
1B_768/2012
du 13 janvier 2013 consid. 2.1 rendu en matière de détention provisoire et la doctrine citée;
1B_332/2013
du 20 décembre 2013 consid. 6.2).
2.
Le recourant demande à être "
acquitté
", c'est-à-dire, par voie de conséquence, conclut à l'annulation de l'ordonnance pénale _ du 24 mai 2016, au motif que son ami, amendé le même jour pour les mêmes motifs et au même endroit, s'est vu acquitté des faits reprochés.
2.1.
Lorsque le Service des contraventions considère que les faits sont établis, il rend une ordonnance pénale et prononce l'amende (art. 352 al. 1 let. a
cum
357 al. 1 CPP). Le prévenu peut former opposition par écrit, dans les dix jours à compter du lendemain de la notification de l'ordonnance pénale (art. 90, 354 al. 1 CPP). Si aucune opposition n'est valablement formée, l'ordonnance pénale est assimilée à un jugement entré en force (art. 354 al. 3 CPP).
Lorsque, saisi d'une opposition, le Service des contraventions décide de maintenir l'ordonnance pénale, il transmet le dossier au Tribunal de police, qui statue tant sur la validité de celle-ci que sur celle de l'opposition (art. 356 al. 1 et 2 CPP).
2.2.
En l'espèce, non seulement le recourant ne conteste pas avoir agi en dehors du délai d'opposition, de 10 jours – dûment mentionné dans l'ordonnance pénale –, mais il n'explique pas pour quel motif il n'aurait pas pu contester celle-ci (même si sa contestation ne portait que sur l'émolument), à temps. Il a en effet eu connaissance à réception de l'ordonnance pénale du montant de l'amende et des frais, de sorte que le fait que son paiement par chèque n'ait pas été accepté n'y change rien.
C'est donc à juste titre que le Tribunal de police a constaté la tardiveté, et donc l'irrecevabilité, de l'opposition du recourant.
Le recours est dès lors infondé.
L'argument – nouveau – soulevé par le recourant devant la Chambre de céans, tiré de l'existence d'un jugement contradictoire ultérieur sur les mêmes faits, ne peut être examiné par l'autorité de recours, qui est uniquement saisie de la question de la recevabilité de son opposition formée le 5 novembre 2016. Ce grief relèverait, le cas échéant, de la révision (art. 410 al. 1 let. b CPP), dont connaît la Chambre pénale d'appel et de révision (cf.
AARP/206/2017
du 23 juin 2017 consid. 1 et 2.4).
3.
Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée.
4.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, arrêtés au total à CHF 200.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *