# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e6b345d8-70e3-558e-a0b0-a48fa71b1486
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2008
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Par jugement du 19 octobre 2006, la 1
ère
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame M_, et Monsieur M_, mariés en date du 20 juin 1991.
Selon le chiffre 8 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage. Le Tribunal précise que les parties se sont entendues sur cette question.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 28 novembre 2006, uniquement sur la question du divorce et du partage LPP et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 10 septembre 2007 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 20 juin 1991 et le 28 novembre 2006.
Selon le courrier de l'avocat du demandeur du 28 septembre 2007, ce dernier n'a aucun avoir de prévoyance puisqu'il a exercé une activité indépendante sans être affilié à une caisse de prévoyance professionnelle et a bénéficié de longues périodes de chômage. Selon le courrier de la KESSLER PREVOYANCE SA du 26 octobre 2007, la prestation de la demanderesse est de 16'945 fr.80, intérêts compris au divorce. La demanderesse a été indépendante jusqu'en 1998.
Ces documents ont été transmis aux parties en cours d'instruction et par pli du 25 janvier 2008, la juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 8 février 2008, un arrêt serait rendu sur cette base. Le demandeur a par ailleurs été invité à ouvrir un compte de libre passage.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 20 juin 1991, d’autre part le 28 novembre 2006, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire sur le point du divorce et du partage LPP.
Selon les documents produits, le demandeur n'a pas cotisé à la LPP et la demanderesse uniquement depuis 1998. Son avoir est de 16'945 fr. 80, les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance concernées. Ainsi la demanderesse doit à son ex-époux le montant de 8'472 fr.90 (16'945 fr.80 : 2) .
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF
129 V 255
consid. 3).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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