# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9db93add-4e4e-5fb6-bc9a-1b92605d9b4d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que, par jugement
JTPI/9502/2019
du 26 juin 2019, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment autorisé les époux B_ et A_ à vivre séparés (chiffre 1 du dispositif) attribué à B_ la garde sur l'enfant D_, née le _ 2014 à Genève (ch. 2), réservé à A_ un droit de visite sur l'enfant (ch. 3), attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis rue 1_ (ch. 5), condamné A_ à évacuer ce logement au plus tard le 31 juillet 2019 (ch. 6), et ordonné l'évacuation du précité et B_ étant autorisée à faire appel à la force publique en cas n'inexécution (ch. 7);
Que le Tribunal a considéré qu'en raison de l'attribution de la garde de l'enfant à la mère, il se justifiait de lui attribuer la jouissance du domicile conjugal; que par ailleurs, il était choquant que l'enfant doive continuer à vivre dans des hôtels successifs, alors que A_ occupait seul le logement comportant quatre pièces;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 15 juillet 2019, A_ a formé appel contre les chiffres 2, 3 et 5 à 7 du dispositif de ce jugement, concluant à leur annulation, avec suite de frais; qu'il a notamment conclu à ce que la Cour instaure une garde alternée sur l'enfant, fixe le domicile légal de l'enfant chez lui, les frais de l'enfant devant être répartis par moitié entre les parties et à l'attribution en sa faveur du domicile conjugal;
Qu'il a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son appel, faisant valoir qu'il aurait grande peine à retrouver un logement, compte tenu de ses modestes revenus, et qu'il recevait dans l'appartement ses deux filles;
Qu'invitée à se déterminer, B_ s'est rapportée à l'appréciation de la Cour concernant l'effet suspensif, soulignant qu'elle vivait toujours en foyer;
Que les parties ont été avisées par plis du greffe du 19 juillet 2019 de ce que la cause était gardée à juger sur effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P_5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2 et les références citées);
Qu'en l'espèce, l'intérêt de l'appelant à pouvoir demeurer, jusqu'à droit jugé sur l'appel qu'il a formé, dans le logement qu'il occupe seul depuis l'automne 2018 doit prévaloir sur l'intérêt de l'intimée à réintégrer immédiatement ledit logement;
Qu'aucun élément du dossier ne permet de retenir que l'appelant dispose d'une solution de relogement;
Que l'intimée habite quant à elle dans un foyer; qu'il s'agit certes d'une situation temporaire et précaire;
Qu'elle ne fait pas valoir qu'elle subirait un préjudice difficilement réparable si cette situation devait perdurer encore quelque peu;
Que cela est d'autant plus vrai que la présente cause est régie par la procédure sommaire de sorte que sa durée sera limitée;
Qu'il sera par conséquent fait droit à la requête d'effet suspensif uniquement en ce qui concerne l'attribution du logement;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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