# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 18a57341-aeda-4657-b22b-611027dc3d26
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

Faits:
A. Le 17 août 1998, sous la signature de son gérant Me B., la société C. Ltd., siège à Tortola (Iles Vierges Britanniques) requiert et obtient l’ouverture d’un compte N° 1 auprès de la banque D. à Genève. Selon la formule A établie à cette occasion, l’ayant droit économique de la société est A.,  français demeurant en France.
B. Le 17 mars 2004, d’ordre de la société E. Ltd., le compte de C. Ltd auprès de la banque D. est crédité d’un montant de EUR 2'300'384.16. Me F., nouveau gérant de C. Ltd, ayant requis des explications au sujet de ce , il lui est expliqué que la somme reçue correspond au paiement par E. Ltd du prix d’un terrain à Port-Harcourt (Nigéria) acquis de son propriétaire G., ressortissant nigérian demeurant au Nigéria. Dans les jours qui suivent, Me F. reçoit instruction de débiter le compte en faveur de tiers dont il  qu’ils sont liés à E. Ltd ou plus généralement au groupe pétrolier H. Craignant d’être impliqués dans des opérations qui pourraient être  relevantes, l’avocat puis la banque font part de leurs soupçons au MROS, qui fait suivre l’information au Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC).
C. Le 10 mai 2004, le MPC décide d’ouvrir une procédure pénale contre G. et
A. du chef de blanchiment d’argent et procède au séquestre du compte de C. Ltd auprès de la banque D. Le 25 novembre 2004, au vu des  reçues en procédure, le MPC accepte de lever le séquestre du compte de C. Ltd à hauteur de EUR 2'000'000.-- et décide de maintenir la mesure pour le surplus.
D. Le 14 novembre 2005, le MPC requiert l’ouverture d’une instruction prépa-
ratoire auprès de l’Office des juges d’instruction fédéraux. L’ouverture est ordonnée le 23 décembre suivant.
E. Le 30 mars 2007, A. requiert du juge d’instruction la levée du séquestre du
compte de C. Ltd et le transfert à son intention d’une somme de EUR 172’528.--, le solde devant revenir à G. Par ordonnance du 30 avril suivant, le juge d’instruction rejette la requête.
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F. Par acte du 7 mai 2007, A. saisit la cour d’une plainte dirigée contre le  de libérer le solde du compte de C. Ltd. Le plaignant soutient en  que l’opération de vente à E. Ltd du terrain appartenant à G. est  en totale conformité au droit et que les montants versés à C. Ltd, à l’intention du vendeur, ne comprennent aucune rémunération ou  illégitime destinée à des tiers, notamment à des collaborateurs du groupe H. Il conclut à l’annulation de l’ordonnance du juge d’instruction du 30 avril 2007, à la levée du séquestre du compte C. Ltd en vue de la  d’une somme de EUR 172’528.-- en sa faveur et en faveur de G. pour le surplus, respectivement à la consignation de ce montant.
G. Invités à répondre, le MPC et le juge d’instruction concluent au rejet de la
plainte. Selon ces autorités, le soupçon subsiste que le prix de la vente  a été augmenté, au préjudice de la société acheteuse, à la faveur de procédés relevant de la corruption ou de la gestion déloyale.
H. Invité à répliquer, le plaignant persiste dans ses conclusions initiales.
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris si nécessaire dans les considérants en droit.

## Considerations

La Cour considère en droit:
1. A teneur de l’art. 214 PPF, le droit de plainte contre les opérations du juge d’instruction appartient aux parties, ainsi qu’à toute personne à qui ces opérations font subir un préjudice illégitime. Faisant sienne la jurisprudence du Tribunal fédéral, la Cour des plaintes, de jurisprudence constante, considère que la légitimation pour se plaindre suppose l’existence d’un préjudice personnel et direct. En d’autres termes, seule est recevable à se plaindre la personne qui est directement et personnellement lésée par une décision ou une mesure (TPF BB.2005.123 du 9 février 2005, consid. 1.4 et références citées). S’agissant plus particulièrement d’une mesure de séquestre d’un compte bancaire, la jurisprudence, tout aussi constante, précise que seul le titulaire du compte ou, dans des situations , la banque elle-même, sont directement et personnellement touchés par la mesure. Tel n’est pas le cas en revanche de l’ayant droit  d’une entité titulaire (TPF BB.2005.69 du 1er février 2006; BB.2005.11 du 14 juin 2005, consid. 1.2 et références citées).
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2 En l’espèce, le compte litigieux appartient à C. Ltd qui en est la seule titu-
laire. Le plaignant n’est que l’ayant droit économique de la société et, à ce titre, il n’est ni personnellement, ni directement touché par le refus de lever la mesure de séquestre.
Les conclusions de sa plainte témoignent d’ailleurs clairement de sa  de tiers dès lors qu’elles tendent à obtenir l’adjudication des valeurs saisies en sa faveur comme en faveur d’un autre bénéficiaire, alors que seule C. Ltd serait en mesure d’ordonner de tels transferts. Il n’appartient certainement pas à l’autorité de poursuite, au cas où le séquestre serait , de décider du sort des avoirs concernés. Cette décision incombe  au titulaire du compte, contre lequel le plaignant ne dispose tout au plus que d’une créance.
La plainte est ainsi irrecevable.
3. En application de l’art. 66 al. 1 LTF (applicable par renvoi de l’art. 245 PPF)
et de l’art. 3 du règlement du 11 février 2004 fixant les émoluments  perçus par le Tribunal pénal fédéral (RS 173.711.32), un émolument de Fr. 1’500.--, réputé couvert par l’avance déjà versée, sera mis à la charge du plaignant.
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