# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 582833b6-67ed-57a7-ade0-8e233c8b045e
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame A_ (ci-après : l’assurée) ressortissante de Serbie et Monténégro, née en octobre 1961, sans formation professionnelle, a travaillé, de 2003 à juillet 2014, comme employée d’entretien dans une société de nettoyage, à raison de quelques heures par semaine.![endif]>![if>
2. Le 2 mars 2007, l’assurée a déposé une première demande de prestations auprès de l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OAI) en invoquant un épisode dépressif sévère présent depuis août 2004.![endif]>![if>
3. Par décision du 17 février 2009, l’OAI lui a reconnu le droit à un trois-quarts de rente d’invalidité pour une période limitée, du 1
er
mars 2006 au 31 août 2007.![endif]>![if>
4. Saisie d’un recours, la Cour de céans, par arrêt du 26 novembre 2009 (
ATAS/1497/2009
), l’a partiellement admis en ce sens qu’elle a reconnu à l’assurée le droit à un trois-quarts de rente d’invalidité du 1
er
mars 2006 au 31 août 2007, puis à un quart de rente.![endif]>![if>
5. Par arrêt du 30 juin 2010 (
9C_51/2010
) le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours formé par l’OAI contre cet arrêt et modifié celui-ci en ce sens qu’il a repoussé la date de fin du droit de l’assurée à un trois-quarts de rente au 31 octobre 2007, date à compter de laquelle il lui a nié le droit à toute prestation.![endif]>![if>
6. Le 1
er
février 2013, l’assurée a déposé une nouvelle demande de prestations en invoquant à nouveau ses troubles psychiques.![endif]>![if>
7. Par décision du 17 octobre 2013, intitulée « refus d’entrée en matière », l’OAI a rejeté cette nouvelle demande motif pris qu’aucun élément médical nouveau ne rendait plausible une aggravation de l’état de santé de l’assurée.![endif]>![if>
8. Saisie d’un recours de cette dernière, la Cour de céans, par arrêt du 5 juin 2014 (
ATAS/702/2014
), l’a partiellement admis en ce sens qu’elle a annulé la décision du 17 octobre 2013 et renvoyé la cause à l’OAI pour instruction complémentaire et décision au fond.![endif]>![if>
9. Par décision du 28 mars 2017, l’OAI a nié à l’assurée le droit à toute prestation. Il a considéré que son degré d’invalidité était resté de 21% depuis septembre 2007.![endif]>![if>
10. Par écriture du 11 mai 2017, l’assurée a interjeté recours contre cette décision en concluant à l’octroi d’une rente entière.![endif]>![if>
11. Invité à se déterminer, l’intimé, dans sa réponse du 9 juin 2017, a conclu au rejet du recours. ![endif]>![if>
L’intimé, se référant à l’instruction menée en procédure de révision, considérait que celle-ci n’avait pas permis d’objectiver une détérioration de l’état de santé de la recourante.
12. Par écriture du 2 août 2017, l’assurée a persisté dans ses conclusions.![endif]>![if>
13. Une audience d’enquêtes s’est tenue en date du 12 octobre 2017, au cours de laquelle ont été entendus le docteur B_, psychiatre auprès du CAPPI-Servette, et la doctoresse C_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychiatre traitant de l’assurée.![endif]>![if>
14. À l’issue de ces audiences, la recourante a persisté dans ses conclusions. ![endif]>![if>
15. L’intimé à quant à lui sollicité un délai pour se déterminer après consultation du Service médical régional (SMR).![endif]>![if>
16. Dans le délai qui lui avait été imparti pour ce faire, l’intimé a indiqué à la Cour de céans, par écriture du 8 novembre 2017, avoir soumis les procès-verbaux des enquêtes au SMR, lequel avait émis l’avis, en date du 7 novembre 2017, qu’il convenait d’admettre une aggravation de l’état de santé de l’assurée dès 2010, justifiant une totale incapacité de travail dans toute activité professionnelle.![endif]>![if>
L’intimé fait valoir que l’assurée devant se voir reconnaître un statut mixte (40% active et 60% ménagère), il convient de lui renvoyer le dossier afin qu’il puisse instruire la question des empêchements dans la sphère ménagère.

## Considerations

EN DROIT
1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI -
RS 831.20
).![endif]>![if>
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
2. Le recours ayant été interjeté dans les forme et délai prévus par la loi (art. 56 à 60 LPGA), il y a lieu de le déclarer recevable.![endif]>![if>
3. Le litige porte sur la question de savoir si l’état de santé de la recourante s’est aggravé au point de lui ouvrir désormais droit à une rente d’invalidité. ![endif]>![if>
4. En vertu de l’art. 53 al. 3 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), l’assureur peut reconsidérer une décision contre laquelle un recours est formé jusqu’à l’envoi de son préavis. ![endif]>![if>
Cette possibilité n’est plus offerte en l’occurrence à l’intimé, ce dernier ayant d’ores et déjà rendu son préavis.
À l’issue des enquêtes, l’intimé a toutefois admis que la réalité de l’aggravation alléguée par la recourante et le fait qu’elle entraîne une totale incapacité à exercer la moindre activité lucrative.
Comme l’intimé le relève à juste titre, cela ne suffit toutefois pas à déterminer le degré d’invalidité de l’intéressée, laquelle travaillait à temps partiel. Doit encore être investiguée la question des empêchements éventuellement rencontrés dans la sphère ménagère par l’intéressée.
Au vu de ces éléments, il convient de donner suite à la proposition de l’intimé de lui renvoyer le dossier pour instruction complémentaire et nouvelle décision. En ce sens, le recours est donc partiellement admis.
Le recourant qui obtient gain de cause a droit au remboursement de ses frais et dépens ainsi que de ceux de son mandataire. Tel est le cas en l’espèce, dès lors que l’intimé a admis l’existence d’une aggravation entrainant une totale incapacité dans la sphère professionnelle et la nécessité d’un complément d’instruction concernant la sphère ménagère.