# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4e356367-855c-5306-b989-df02d43148ed
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

en fait
, qu'à teneur du dossier, respectivement du jugement rendu par le TP, l'OCPM, soit l'autorité en charge de l'exécution de l'expulsion de A_, lui avait donné un délai de départ de Suisse au 10 mars 2020, soit le jour même de sa libération de la prison B_, en lui remettant une carte de sortie ;
Que, selon l'OCPM, les vols à destination de l'Algérie n'ont plus été possibles depuis début mars 2020 et ne l'étaient toujours pas à la fin de la période pénale au 4 décembre 2020, ni ne le sont à ce jour ;
Que le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a informé le 6 février 2020 l'OCPM que A_ n'avait pu être identifié par le Consulat général de la République algérienne à Genève, ce résultat n'excluant toutefois pas une origine algérienne, pour autant que de nouveaux éléments soient présentés aux fins de réactivation du dossier auprès de l'autorité algérienne compétente ;
Que A_ a déclaré qu'en raison de la pandémie de Covid-19 et du fait que toutes les routes étaient bloquées, il n'avait pas quitté la Suisse ; il ne savait pas où aller ; son passeport se trouvait chez une soeur en Algérie ; il n'avait pas entrepris de démarche de retour dans son pays, mais le désirait ;
Que, selon le dernier extrait de son casier judiciaire figurant au dossier, A_ a été condamné à de nombreuses reprises entre avril 2012 et novembre 2019, essentiellement en lien avec des infractions en matière de droit des étrangers ;
Considérant,

## Considerations

en droit
, que selon l'art. 233 du Code de procédure pénale (CPP), la direction de la procédure de la juridiction d'appel est compétente pour statuer sur les demandes de libération de la détention pour des motifs de sûreté, dans les cinq jours dès réception de la réplique du prévenu ou à l'expiration du délai dont bénéficiait le prévenu pour en déposer une (art. 228 al. 4 CPP applicable par analogie : A. KUHN/Y. JEANNERET, Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 8
ad
art. 233
cum
n. 20
ad
art. 228) ;
Que la présente ordonnance est rendue dans le délai légal ;
Que, s'agissant des charges, il n'appartient pas au juge de la détention de procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge ; il doit uniquement examiner s'il existe des indices sérieux de culpabilité justifiant une telle mesure ; l'intensité des charges propres à motiver un maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale (arrêt du Tribunal fédéral
1B_69/2011
du 4 mars 2011 ; ATF
116 Ia 143
consid. 3 c p. 146) ;
Que, selon l'art. 212 al. 2 CPP, les mesures de contraintes entraînant la privation de liberté doivent être levées dès que : les conditions de leur application ne sont plus remplies (let. a), la durée prévue par le présent code ou fixée par un tribunal est expirée (let. b), des mesures de substitution permettent d'atteindre le même but (let. c) ;
Attendu, en l'espèce, que les charges sont suffisantes vu le verdict de culpabilité, étant précisé qu'elles ne sont pas débattues par le prévenu ;
Que ni le risque de fuite ni le risque de réitération n'ont été discutés par le prévenu ;
Qu'ils résultent des motivations retenues dans les décisions d'
habeas corpus
susmentionnées ;
Que, nonobstant ces risques et à la lumière de l'arrêt du Tribunal fédéral
6B_1398/2020
du 10 mars 2021, le genre de peine applicable pourrait faire obstacle au maintien du prévenu en détention, dans la mesure où, à son avis, "
aucune mesure concrète n'a été prise durant la période pénale afin d'assurer [son] éloignement (...) du territoire suisse
" ;
Qu'autrement dit, seule une peine pécuniaire pourrait être
in abstracto
envisageable, sa détention constituant, dès lors, une atteinte disproportionnée à sa liberté ;
Qu'en l'état, force est de constater qu'à l'exception de la remise d'une carte de sortie, aucune mesure ne semble avoir été prise par l'OCPM à la sortie de détention du prévenu du 10 mars 2020, aux fins de s'assurer qu'il quitte le territoire suisse ;
Que, sans spéculer sur la décision qui sera prise au fond, respectivement sur le genre de peine applicable, la détention avant jugement du prévenu ne se justifie plus aujourd'hui et il convient de faire droit à sa demande de mise en liberté.