# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f7eba6ed-9164-5d96-88cd-017dc5dd51e6
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement
JTBL/825/2021
du 5 octobre 2021, le Tribunal des baux et loyers, statuant par voie de procédure sommaire, a condamné C_, B_ et A_ à évacuer immédiatement de leur personne et de leurs biens ainsi que toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement de 4 pièces n° 1_ situé au 1er étage de l'immeuble sis 2_ à E_ [GE] ainsi que la cave (ch. 1 du dispositif), autorisé "D_" FONDATION _ à requérir l'évacuation par la force publique de C_, B_ et A_ dès l'entrée en force du jugement (ch. 2), débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et dit que la procédure était gratuite (ch. 4).
B. a.
Par acte expédié le 22 octobre 2021 à la Cour de justice, signé par C_, B_ et A_, celui-ci (ci-après : le recourant) forme recours contre ce jugement, faisant valoir que ses parents sont titulaires du bail, qu'il occupe l'appartement depuis quinze ans, que le loyer est à jour et qu'"il n'y a plus aucune raison de [l']envoyer à la rue".
b.
Dans sa réponse du 5 novembre 2021, "D_" FONDATION _ (ci-après : la bailleresse ou l'intimée) a conclu à l'irrecevabilité du recours et à la confirmation du jugement entrepris.
c.
Les parties ont été avisées par pli du greffe du 2 décembre 2021 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure :
a.
Le 19 janvier 1993, C_ et B_ ont signé un contrat de fourniture d'une garantie dans le cadre d'un bail à loyer concernant un appartement de 4 pièces situé au 1
er
étage de l'immeuble sis 2_ à E_ (Genève).
Le 3 septembre 2018, ils ont conclu avec "D_" FONDATION _, bailleresse, un nouveau contrat de bail à loyer portant sur l'appartement précité.
Le montant du loyer et des charges a été fixé en dernier lieu à 1'111 fr. par mois, subventions déduites et charges comprises.
b.
Par avis comminatoires du 5 mars 2021, la bailleresse a mis C_ et B_ en demeure de lui régler dans les 30 jours le montant de 5'605 fr., à titre d'arriéré de loyer et de charges pour la période de novembre 2020 à mars 2021, et les a informés de son intention, à défaut du paiement intégral de la somme réclamée dans le délai imparti, de résilier le bail conformément à l'art. 257d CO.
c.
Considérant que la somme susmentionnée n'avait pas été intégralement réglée dans le délai imparti, la bailleresse a, par avis officiels du 28 avril 2021 adressés à C_ et B_, résilié le bail pour le 31 mai 2021.
d.
Par requête déposée le 2 juillet 2021, la bailleresse a introduit action en évacuation devant le Tribunal des baux et loyers à l'encontre de C_, B_ et A_. Elle a en outre sollicité l'exécution directe de l'évacuation de ces derniers et le paiement, d'une part par C_ et B_ conjointement et solidairement et d'autre part par A_, de 1'942 fr. pour la "location participation", ainsi que la libération de la garantie bancaire.
e.
Lors de l'audience du 26 août 2021, la bailleresse a déclaré qu'elle était d'accord de donner un délai de départ aux locataires et à leur fils A_ au 31 mars 2022, si l'arriéré était soldé et les indemnités réglées régulièrement.
A_, seul présent à l'audience, a indiqué être pris en charge par l'Hospice général. Il s'est opposé à la requête et a sollicité un délai à l'exécution de l'évacuation.
f.
Une nouvelle audience a été convoquée le 5 octobre 2021, lors de laquelle seule la bailleresse a comparu. Elle a persisté dans ses conclusions, à l'exception des conclusions en paiement et en libération de la garantie, l'Hospice général ayant soldé l'arriéré et payant les indemnités courantes. Elle a indiqué que le délai de départ proposé à l'audience précédente ne pouvait être maintenu vu l'absence de l'occupant et de toute garantie quant à la restitution des locaux à l'échéance.
La cause a été gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC).
Lorsque la décision de première instance a été rendue en procédure sommaire, le délai pour l'introduction du recours est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC). La procédure sommaire s'applique à la procédure de cas clair (art. 248 let. b CPC).
Les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêt du Tribunal fédéral
4A_388/2016
du 15 mars 2017 consid. 1;
4A_72/2007
du 22 août 2007 consid. 2).
La valeur litigieuse est déterminée par les dernières conclusions de première instance (art. 91 al. 1 CPC; Jeandin, Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., 2019, n. 13 ad art. 308 CPC).
Si les conditions pour ordonner une expulsion selon la procédure sommaire en protection des cas clairs sont contestées, la valeur litigieuse équivaut au dommage présumé, si les conditions d'une expulsion selon l'art. 257 CPC ne sont pas remplies, correspondant à la valeur locative ou la valeur d'usage hypothétiquement perdue pendant la durée prévisible d'un procès en procédure ordinaire permettant d'obtenir une décision d'expulsion, laquelle a été estimée à six mois (ATF
144 III 346
consid. 1.2.1).
1.2
En l'espèce, au vu du montant du loyer, l'intimée ayant renoncé à ses autres conclusions en paiement et en libération de la garantie devant le Tribunal, seule la voie du recours est ouverte.
1.3