# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ca8c40d0-7372-583a-8dea-ff36bbdb6c71
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par jugement du 2 novembre 2021, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis 1_[GE] ainsi que du mobilier le garnissant (ch. 2 du dispositif), imparti à A_ un délai au 28 février 2022 pour quitter le domicile conjugal (ch. 3) autorisé d'ores et déjà B_, au cas où A_ ne se conformerait pas au chiffre 3 précité dans le délai prescrit, à recourir à la force publique en vue de l'exécution forcée de l'évacuation prononcée, laquelle sera précédée de l'intervention d'un huissier judiciaire (ch. 4), attribué à B_ la garde sur les enfants C_, née le _ 2016, et D_, né le _ 2018 (ch. 5) et réservé à A_ un droit de visite sur ceux-ci, à exercer selon les modalités indiquées (ch. 7), fixé les contributions d'entretien dues par A_ à l'entretien de ses enfants et de son épouse (ch. 8 à 10), statué sur les frais (ch. 11 et 12) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 13);
Que par acte déposés au greffe de la Cour le 15 novembre 2021, A_ a formé appel contre ce jugement; qu'il a conclu à la modification des ch. 2 à 7 de son dispositif et à l'annulation des ch. 8 à 10 en ce sens que le domicile conjugal lui était attribué et qu'un délai était imparti à B_ pour le quitter au 28 février 2022, à ce que la garde sur les enfants lui soit attribuée et un droit de visite réservé à B_ et enfin à ce que chacun des parents contribue par moitié à l'entretien des enfants;
Qu'il a préalablement conclu à l'octroi de l'effet suspensif à son appel sur les ch. 2, 3 et 4 du dispositif du jugement attaqué; qu'il a invoqué à cet égard qu'à défaut d'effet suspensif, il sera vraisemblablement amené à quitter le domicile conjugal avant la fin de la procédure d'appel, vidant par là-même le litige de sa substance sur la question de l'attribution du domicile conjugal; que les parties cohabitaient de manière courtoise depuis plusieurs mois, dans une maison permettant aux époux d'avoir chacun un espace propre;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a conclu au rejet de cette requête; qu'elle a notamment relevé que l'appel n'avait pas de chance de succès sur la question de l'attribution du domicile conjugal, qu'il s'agissait de protéger l'intérêt des enfants et que A_ présentait un problème d'alcoolisme et utilisait de manière exagérée des services d'escort girls; qu'en outre la vie commune était invivable depuis le début de 2021 déjà et l'appelant avait eu tout le temps nécessaire pour retrouver un nouveau logement;
Que A_ a répliqué, persistant dans ses conclusions;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, le maintien du caractère exécutoire des chiffres 2 à 4 du jugement contesté contraindrait l'appelant à entreprendre des démarches (signature d'un contrat de bail, déménagement) qui ne seraient que difficilement réversibles dans l'hypothèse, qui,
prima facie
, ne peut être d'emblée exclue, où il obtiendrait gain de cause au fond;
Qu'à l'inverse, l'intimée ne subira vraisemblablement pas de préjudice difficilement réparable du fait du maintien, pour quelques semaines supplémentaires, de la situation actuelle qui perdure depuis près d'une année selon ses dires;
Qu'en effet, les parties vivent, de fait, séparées, tout en continuant de faire toit commun depuis plusieurs mois, de sorte que si la situation est sans doute tendue, elle n'apparaît pas insupportable; que l'intimée ne rend par ailleurs pas vraisemblable qu'une cohabitation des parties durant la procédure d'appel serait préjudiciable à l'intérêt des enfants;
Que la requête de suspension du caractère exécutoire des chiffres 2 à 4 du dispositif du jugement attaqué sera donc admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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