# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b767c935-0946-5f9f-a17b-c773e11fd5f7
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
A. Par jugement
JTPH/461/2015
du 11 novembre 2015, expédié aux parties pour notification le même jour, le Tribunal des prud'hommes a condamné A_ à verser à B_ la somme brute de 5'207 fr. 30 plus intérêts moratoires à 5% l'an dès le 31 janvier 2015 (chiffre 2 du dispositif), invité la partie qui en avait la charge à opérer les déductions sociales et légales usuelles (ch. 3), dit que la procédure était gratuite (ch. 4) et débouté les parties de toute autre conclusion (ch. 5).![endif]>![if>
B. Par acte expédié le 23 novembre 2015 à la Cour de justice, A_ recourt contre le jugement précité. Il ne prend pas de conclusions formelles, mais critique le jugement attaqué, dans la mesure où le Tribunal n'a pas retenu que le contrat de travail liant les parties avait été résilié d'un commun accord. Par ailleurs, il indique que durant le préavis retenu par le Tribunal, B_ a touché des indemnités de chômage et qu'il
"souhaite donc, dans le cas où le tribunal reste sur cette décision, que ce montant soit déduit de ce que [il] lui doi[t]"
.![endif]>![if>
Aux termes de sa réponse expédiée le 30 décembre 2015, B_ conclut à la confirmation du jugement attaqué.
Les parties ont été informées le 25 janvier 2016 de ce que la cause était gardée à juger.
C. a. Par contrat de travail du 24 mars 2014, B_ s'est engagée à travailler
"en qualité de maman de jour"
au service de A_, à compter du 1
er
avril 2014 à raison de nonante heures par mois, les horaires étant fixés mensuellement.
L'article 3 du contrat prévoit un salaire mensuel brut de 1'467 fr. ou 16 fr. 30 de l'heure. Les parties admettent cependant que le contrat était soumis au Contrat-type de travail genevois pour les travailleurs de l'économie domestique (CTT-Edom, RS/GE
J 1 50.03
) et qu'ainsi le salaire brut était de 1'709.10 par mois, soit 18 fr. 99 de l'heure, en 2014.
L'article 8 du contrat de travail dispose que
"les délais de résiliation sont fixés d'après la loi en vigueur par les articles 335-337 CO. Le congé pouvant intervenir de part et d'autre en tout temps, sur présentation d'une lettre de congé assortie d'un délai légal de trois mois"
.
B_ devait s'occuper de C_, fille de A_ et de D_.
b. Le 22 septembre 2014, A_ et D_ ont indiqué à B_ qu'ils avaient obtenu une place en crèche pour leur fille C_.
A_ a soumis à B_ une lettre qui avait été préparée avant l'entretien, ayant pour objet la
"rupture de contrat en accord mutuel"
, dont la teneur est la suivante :
"Madame,
Suite à notre entretien concernant notre rupture de contrat en accord mutuel, je vous fais part de ce courrier précisant que celle-ci prendra effet en date du 31 octobre 2014 (après la période légale de un mois de préavis).
Veuillez agréer, Madame, mes meilleures salutations.
Document fait en double exemplaire, signé par les deux parties et remis en propre à B_."
B_ a apposé sa signature sur ce document après la mention manuscrite
"Lu et approuvé 22.09.14"
B_ a déclaré au Tribunal que lors de l'entretien, elle a indiqué que le mois de préavis était incorrect et que A_ lui a répondu que le contrat du 24 mars 2014 comportait une mention de trois mois erronée et que si nécessaire, il aurait corrigé ce document. B_ avait vérifié et savait qu'un mois de préavis était adéquat selon la loi. Elle a pourtant quand même posé la question de savoir pourquoi sur le contrat de travail trois mois étaient mentionnés. Elle a alors demandé, puisque son contrat allait se terminer, comment les parties allaient procéder pour le règlement des vacances et des heures supplémentaires. A_ s'est alors énervé. Il lui a indiqué qu'elle avait déjà pris trop de vacances et que les heures de travail faites en plus seraient compensées. B_ s'est sentie menacée par la situation et comme elle savait qu'un mois de préavis était le délai légal, elle a pensé que A_ avait raison et a signé le document.
A_ a déclaré au Tribunal que B_ n'a pas contesté la lettre précitée. Il a sans doute été expéditif après une longue journée de travail. Il était fatigué. Il n'avait effectivement pas les réponses aux nombreuses questions que lui posait B_. Il s'est engagé à se renseigner et à l'informer. Il a déclaré que si B_ n'avait pas été d'accord pour une fin du contrat d'un commun accord, il aurait appliqué le délai de congé de trois mois prévu par le contrat de travail.
D_, entendue par le Tribunal
"en qualité d'information",
a déclaré qu'elle n'avait pas ressenti de l'agressivité de la part de A_ lors de l'entretien du 22 septembre 2014. Par ailleurs, B_ n'avait pas indiqué ne pas être d'accord avec les modalités de fin du contrat de travail.
c. Par courrier du 16 octobre 2014, A_ a indiqué à B_ qu'elle était libérée de son obligation de travailler à compter du 25 octobre 2014.
d. B_ a été incapable de travailler pour cause de maladie du
16 octobre au 7 novembre 2014.
e. B_ s'est inscrite à Pôle emploi en France en vue d'obtenir des allocations. Le 18 novembre 2014 Pôle emploi lui a restitué sa demande d'allocations dans la mesure où il manquait des pièces, dont l'attestation de l'employeur. Celle-ci a été établie le 14 février 2015. Pôle emploi a versé à B_ 2'221 € 48 le 24 février 2015 et 840 € 56 le 4 mars 2015.
f. Par acte déposé en conciliation le 2 février 2015, ayant donné lieu à une autorisation de procéder le 4 mars 2015 et porté devant le Tribunal le 4 juin 2015, B_ a réclamé à A_ le paiement de la somme brute totale de 6'800 fr., plus intérêts moratoires à 5% dès le 1
er
janvier 2015. Ce montant comprenait notamment 5'127 fr. 30 à titre de salaire des mois de novembre 2014 à janvier 2015 et 80 fr. à titre de majoration inhérente à son travail lors d'un jour férié.
g. Lors de l'audience du 6 octobre 2015, le Tribunal a interrogé B_, A_ et D_. Les déclarations de ceux-ci ont été intégrées dans la mesure utile sous let. C b ci-dessus.
A l'issue de l'audience les parties ont plaidé et confirmé leurs conclusions. Il ne résulte pas du procès-verbal de l'audience que A_ aurait évoqué les allocations versées à B_ par Pôle emploi.
Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience.

## Considerations

EN DROIT
1. 1.1 Compte tenu de la valeur litigieuse inférieure à 10'000 fr., la voie de recours ouverte est celle de l'art. 319 CPC (art. 308 al. 2
a contrario