# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ca0fde86-a4c1-42ee-8707-f3f34458b4c7
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2003
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

vu les faits suivants :
A. Y._ (ci-après Y._) est entré en Suisse le 26 septembre 1996 pour y suivre les cours de l'Ecole Z._ Lausanne SA, à Lausanne (ci-après Z._). Les cours envisagés étaient des cours d'architecture intérieure ED-EPS, des cours d'arts mobiliers et de décoration générale, ainsi que des cours d'agencements d'habitation et d'exploitation. L'intéressé a obtenu à cet effet une autorisation de séjour temporaire pour études, valable jusqu'au 26 septembre 1997. Cette autorisation a été régulièrement renouvelée, la dernière fois jusqu'au 25 septembre 2001.
B. Le 8 juin 2001, X._ X._ SA, entreprise de nettoyage industriel à Crissier, a présenté une demande (formule 1350) en vue d'engager Y._ à son service en qualité de chef d'équipe pour une durée indéterminée. Dans sa lettre d'accompagnement, l'entreprise précitée exposait qu'Y._ avait travaillé régulièrement chez elle lors de ses vacances au cours des quatre dernières années, qu'il avait acquis une excellence base de nettoyeur polyvalent et avait su démontrer des qualités évidentes de négociateur et de meneur d'hommes. Elle précisait encore que le recourant avait acquis une formation d'architecte auprès de Z._ et était diplômé de cette école. Cette formation lui permettait d'avoir une parfaite connaissance des chantiers et du domaine de la construction, ce qui en faisait un interlocuteur privilégié et respecté des architectes. Etait jointe à cette demande copie d'un diplôme d'architecture intérieure délivré à l'intéressé par Z._ le 30 juin 2000.
Par décision du 9 juillet 2001, l'OCMP a refusé de délivrer l'autorisation requise, aux motifs que le but du séjour d'Y._ pour études était atteint et que, s'agissant de l'imputation d'une unité annuelle, ce dernier n'était pas ressortissant d'un pays traditionnel de recrutement et ne pouvait par ailleurs être considéré comme du personnel hautement qualifié ayant une large expérience professionnelle. Ni Y._ ni X._ X._ SA n'ont recouru contre cette décision.
B. L'intéressé ayant exprimé le désir de poursuivre ses études d'architecture pour obtenir un certificat de perfectionnement postgrade (informatique et design), le Service de la population (SPOP) a prolongé son autorisation de séjour jusqu'au 25 septembre 2002.
Le 15 mars 2002, le SPOP a adressé au recourant la lettre suivante :
"(...)
Monsieur,
Nous nous référons à votre demande de prolongation d'autorisation de séjour pour études qui nous a été transmise par le Bureau des étrangers de Renens et qui a retenu notre meilleure attention,
Après examen de votre dossier, nous constatons que vous séjournez sur notre territoire, au bénéfice d'une autorisation de séjour strictement temporaire pour études et que, dès fin septembre 2002, vous obtiendrez votre diplôme.
Par conséquent, force nous est de constater que le but initial de votre séjour sera atteint et que vous devrez quitter notre canton dès cette date.
Il vous appartient donc de prendre toutes dispositions utiles afin de préparer votre départ au terme de notre autorisation actuelle.
En vous remerciant de prendre bonne note de ce qui précède, nous vous présentons, Monsieur, nos salutations distinguées.
(...)".
Y._ a signé l'accusé de réception de cette correspondance en date du 22 mars 2002.
C. Le 17 juillet 2002, Z._ a adressé au SPOP copie des divers diplômes obtenus par Y._ auprès de cet établissement, soit un certificat d'études classiques des styles du 28 avril 2000, un diplôme d'architecture d'intérieure du 30 juin 2000, une attestation de cours d'initiation au dessin assisté par ordinateur du 31 mai 2002 et enfin une attestation de cours de perfectionnement au dessin assisté par ordinateur du 2 juillet 2002. Le 24 septembre 2002, Z._ a certifié que l'intéressé avait quitté son établissement le 30 juin 2002.
D. Le 27 septembre 2002, X._ X._ SA a présenté une nouvelle demande en vue d'engager à son service Y._ en qualité de cadre, soit de "
contremaître spécialisé en technologie ultra-propreté
", dès le 1
er
octobre 2002 pour un salaire mensuel brut de 4'950 francs, plus 250 francs de frais fixes, sans 13
ème
salaire. A l'appui de cette demande, l'employeur potentiel du recourant a exposé, en date du 5 octobre 2002, qu'ayant travaillé pour son compte à temps partiel durant quatre ans au cours de ses études, l'intéressé avait pu se spécialiser dans des travaux de hautes technologies concernant le domaine très spécifique de l'ultra-propreté et occuper ainsi une fonction de contremaître. Les tâches principales d'Y._ seraient les suivantes :
"(...)
Contremaître et chef d'équipe,
(encadrement d'une quarantaine d'employés).
Responsable de la formation du personnel dans le milieu des salles blanches et de l'ultra propreté.
Responsable à l'année du suivi et de la planification d'une dizaine de chantiers, soit dans les nettoyages traditionnels, soit dans l'ultra propreté (salles blanches).
Etablissement de devis, négociation.
(...)."
Par ailleurs, les connaissances linguistiques étendues du recourant (l'intéressé parle couramment le français, l'espagnol et le portugais; il comprend l'italien et l'anglais) lui permettent de contacter l'ensemble du personnel d'entretien de nationalité étrangère. Enfin, X._ X._ SA exposait avoir fait des recherches par l'intermédiaire du journal "24 Heures, cahier de l'Emploi" et auprès des divers ORP de la région, ainsi qu'auprès de ses filiales situées en Europe, sans pour autant recevoir de dossiers correspondant aux exigences du poste envisagé pour Y._. A la requête de l'OCMP du 14 novembre 2002, X._ (Suisse SA) a produit le 19 novembre 2002 diverses pièces, dont notamment copie d'une facture de Publicitas SA datée du 23 septembre 2002 relative à la parution d'une annonce dans "24 Heures" du 19 septembre 2002 pour un poste de contremaître, ainsi que copie des divers certificats obtenus par Y._, soit notamment copie d'un certificat délivré par le Centre de formation Wetrok pour la Suisse romande attestant que l'intéressé avait suivi les 3, 4 et 5 juillet 2001 le "cours de base, techniques de nettoyage modernes", copie d'une attestation de formation interne suivie auprès d'X._ X._ SA le 25 avril 2002 concernant une formation théorique de nettoyage et désinfection en salles blanches "UP Microbiologie", et encore copie d'une attestation de formation par compagnonnage du 14 août 2001. La société recourante a enfin produit un curriculum vitae de l'intéressé duquel il ressort notamment que ce dernier a suivi dans son pays d'origine (Pérou) une formation en électricité de 1993 à 1995 et qu'il a travaillé à temps partiel au service d'X._ X._ SA en qualité d'interlocuteur avec les architectes et la clientèle dans ladite entreprise".
D. Par décision du 3 décembre 2002, l'OCMP a refusé de délivrer l'autorisation requise. Sa décision est motivée de la même manière que celle rendue le 9 juillet 2001.
E. X._ X._ SA a recouru contre cette décision le 24 décembre 2002 en concluant à la délivrance de l'autorisation requise. A l'appui de son recours, elle reprend en substance les arguments développés dans sa demande de permis déposée en automne 2002, tout en précisant que la formation déjà acquise par l'intéressé dans son établissement a duré plusieurs années au cours desquelles il avait accumulé une expérience et un savoir-faire reconnus dans le domaine très pointu de l'ultra-propreté. Aucun de ses employés ne possède actuellement cette formation, extrêmement longue et complexe, de manière à pouvoir remplacer Y._. Si ce dernier ne pouvait obtenir de permis, X._ X._ SA affirme qu'elle se retrouverait dans une grave impasse professionnelle et économique. S'agissant des griefs avancés par l'OCMP relatifs à l'absence de qualifications particulières, la société recourante se détermine comme suit :
"(...)
Contrairement à ce qu'affirme le Service de l'Emploi, M. X._ bénéficie de qualifications particulières, d'une formation complète, et il peut justifier d'une large expérience professionnelle. En effet, il bénéficie d'un diplôme d'architecte d'intérieur, acquis dans une école supérieure ici en Suisse, et il connaît donc les lois, règlements et usages dans le domaine de l'habitat et de la construction en Suisse. Il a de plus acquis au sein de notre entreprise les connaissances spéciales indispensables à l'exercice de son travail dans un domaine très spécifique de l'ultra propreté. Il maîtrise plusieurs langues, dirige et forme une équipe d'une quarantaine de personnes depuis plusieurs années, il occupe dès lors une place primordiale dans notre entreprise. en effet, grâce à son engagement personnel et à ses compétences, il a décroché de nouveaux mandats pour notre entreprise, ce qui nous a permis de développer nos activités et d'engager plus de personnel. Dès lors, M. X._ remplit toutes les conditions de l'art. 8, al. 3 let. a de l'ordonnance limitant le nombre des étrangers (OLE).
(...)".
La recourante s'est acquittée en temps utile de l'avance de frais requise.
F. Par décision du 28 janvier 2003, le juge instructeur du Tribunal administratif a autorisé Y._ à entreprendre l'activité envisagée auprès de la recourante.
G. L'autorité intimée s'est déterminée le 12 février 2003 en concluant au rejet du recours. Elle relève notamment que la recourante n'a pas entrepris toutes les démarches que l'on aurait pu attendre d'elle pour tenter de trouver le collaborateur recherché sur le marché local du travail.
H. Le tribunal a délibéré par voie de circulation.
I. Les arguments respectifs des parties seront repris ci-dessous dans la mesure
utile.
considère en droit :
1. Aux termes de l'art. 4 al. 1 de la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (ci-après LJPA), le Tribunal administratif connaît en dernière instance cantonale de tous les recours contre les décisions administratives cantonales ou communales lorsqu'aucune autre autorité n'est expressément désignée par la loi pour en connaître. Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions de l'Office cantonal de la main-d'oeuvre et du placement rendues en matière de police des étrangers.
2. Selon l'art. 31 LJPA, le recours s'exerce dans les 20 jours à compter de la communication de la décision attaquée. En l'espèce, le recours, déposé en temps utile par l'employeur potentiel de l'intéressé auquel il faut reconnaître la qualité pour agir en vertu de l'art. 53 al. 4 de l'Ordonnance du Conseil fédéral du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (ci-après OLE), satisfait par ailleurs aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 LJPA de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
3. En dehors des cas où une disposition légale prévoit expressément le contrôle de l'opportunité d'une décision, le Tribunal administratif n'exerce qu'un contrôle en légalité, c'est-à-dire examine si la décision entreprise est contraire à une disposition légale ou réglementaire expresse, ou relève d'un excès ou d'un abus du pouvoir d'appréciation (art. 36 let. a et c LJPA). La loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers du 26 mars 1931 (ci-après LSEE) ne prévoyant aucune disposition étendant le pouvoir de contrôle de l'autorité de recours à l'inopportunité, ce grief ne saurait donc être examiné par le tribunal de céans (cf. parmi d'autres arrêts TA PE 98/0135 du 30 septembre 1998, RDAF 1999 I 142, c. 4). Conformément à la jurisprudence, il y a abus du pouvoir d'appréciation lorsqu'une autorité, usant des compétences qui lui sont dévolues par la loi, se laisse guider par des considérations non pertinentes ou étrangères au but des dispositions applicables, ou statue en violation des principes généraux du droit administratif que sont l'interdiction de l'arbitraire, l'égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité (cf. notamment ATF 116 V 307, c. 2; 110 V 360, c. 3b).
4. Selon l'art. 1a LSEE, tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice d'une autorisation de séjour ou d'établissement. Selon l'art. 4 LSEE, l'autorité statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, sur l'octroi de l'autorisation de séjour. Elle tiendra compte des intérêts moraux et économiques du pays, du degré de surpopulation étrangère et de la situation du marché du travail (art. 16 al. 1 LSEE et 8 du Règlement d'exécution de la LSEE du 1er mars 1949 [RSEE]). Ainsi, les ressortissants étrangers ne bénéficient en principe d'aucun droit à l'obtention d'une autorisation de séjour et de travail, sauf s'ils peuvent le déduire d'une norme particulière du droit fédéral ou d'un traité international (cf. parmi d'autres ATF 126 II 377, c. 2; 126 II 335, c. 1a; 124 II 361, c. 1a), ce qui n'est manifestement pas le cas en l'espèce. De même l'employeur suisse n'a en principe aucun droit à ce qu'une autorisation soit délivrée en faveur d'un employé étranger qu'il désire engager (cf. notamment ATF 114 Ia 307, c. 2a).
5. La délivrance des autorisations de travail à des étrangers désireux d'exercer une activité lucrative en Suisse est soumise à un système de contingentement d'après les art. 12 ss OLE. Ce système est notamment censé contribuer à un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, à améliorer la structure du marché du travail et à assurer un équilibre optimal en matière d'emploi (art. 1 let. a et c OLE). Pour les séjours d'une durée supérieure à un an, les cantons peuvent délivrer des autorisations de séjour à l'année dans les limites des nombres maximums mentionnés dans l'appendice à l'OLE 1, al. 1, let. a. S'agissant du canton de Vaud, ce contingent s'élevait pour la période comprise entre le 1
er
juin 2002 et le 31 octobre 2002 à 83 unités (cf. appendice précité, dans sa nouvelle teneur selon le ch. II de l'Ordonnance limitant le nombre des étrangers du 30 octobre 2002, al. 1 let. a, RO 2002, p. 1778; le contingent s'élève à 165 unités pour la période du 1
er
novembre 2002 au 31 octobre 2003). Une telle limitation impose nécessairement à l'autorité cantonale de gérer son contingent pour être à même de disposer d'unités tout au long de l'année et d'éviter qu'une pénurie ne sévisse au cours de périodes contingentaires (cf. arrêts TA PE 00/0298 et PE 00/0314 du 25 septembre 2002; PE 00/0356 du 9 octobre 2000 et PE 00/0396 du 30 octobre 2002).
6. a) Pour sa part, l'art. 7 al. 3 OLE prévoit que lorsqu'il s'agit de l'exercice d'une première activité, priorité sera donnée aux travailleurs indigènes, aux demandeurs d'emploi étrangers se trouvant déjà en Suisse et autorisés à travailler. Une exception aux principes de la priorité des travailleurs indigènes est prévue à l'art. 7 al. 1 in fine OLE, soit lorsque l'employeur ne trouve pas un travailleur indigène capable et désireux d'occuper le poste aux conditions de travail et de rémunération usuelles de la branche et du lieu. Selon les directives et commentaires en matière de marché du travail de l'Office fédéral des étrangers concernant l'application de l'OLE (version du 1er juin 2002; ci-après : les directives), les ressortissants des Etats membres de l'Association Européenne de libre-échange (AELE) et de l'Union Européenne (UE) bénéficient également du principe de la priorité. L'admission de ressortissants des Etats tiers n'est admise que lorsqu'il est prouvé qu'aucun travailleur indigène ou résidant ou ressortissant de l'UE ou de l'AELE ne peut être recruté pour un travail en Suisse. Dans une telle hypothèse, l'art. 7 al. 4 OLE dispose que l'employeur est tenu, sur demande, de prouver qu'il a fait tous les efforts possibles pour trouver un travailleur sur le marché indigène et au sein de l'UE/AELE, qu'il a signalé la vacance du poste en question à l'office de l'emploi compétent et que celui-ci n'a pas pu trouver un candidat dans un délai raisonnable et qu'enfin pour le poste en question, il ne peut pas former ou faire former dans un délai raisonnable un travailleur disponible sur le marché du travail. Dans sa jurisprudence constante, le Tribunal administratif a en outre considéré qu'il fallait se montrer strict quant à l'exigence des recherches faites sur le marché du travail de manière à donner la priorité aux demandeurs d'emploi indigènes. Il rejette en principe les recours lorsqu'il apparaît que c'est par pure convenance personnelle que le choix de l'employeur s'est porté sur un étranger et non sur des demandeurs d'emploi présentant des qualifications comparables (cf. notamment arrêts TA PE 96/0431 du 10 juillet 1997, PE 97/0667 du 3 mars 1998, PE 99/0004 du 1er juillet 1999, PE 00/0180 du 28 août 2002, PE 01/0364 du 6 novembre 2001 et PE 02/0330 du 10 septembre 2002).
b) En l'espèce, l'OCMP a, dans ses déterminations du 12 février 2003, fondé son refus sur l'absence de recherches suffisantes sur le marché de l'emploi. Force est effectivement de constater qu'X._ X._ SA n'a nullement démontré ne pas avoir pu trouver de travailleur ou de travailleuse indigènes capables et désireux(se) d'occuper le poste de contremaître spécialisé en technologie ultra-propreté brigué par Y._. Certes, la recourante affirme avoir effectué des recherches par voie d'annonces dans la presse (24 Heures du 19 septembre 2002), ainsi que par l'intermédiaire des divers ORP et de ses propres filiales, mais que les réponses reçues ne correspondaient pas à ses critères de sélection. Or, si l'annonce dans la presse résulte bien de la pièce produite au dossier (cf. facture de Publicitas SA du 23 septembre 2002), il en va différemment des autres recherches prétendument effectuées (contact avec les ORP, démarches auprès des filiales d'X._ X._ SA)), lesquelles ne sont absolument pas établies. Cela étant, l'annonce susmentionnée - publiée au demeurant à une seule occasion et relativement tardivement, soit le 23 septembre 2002, pour un poste dont la date d'entrée en fonction était le 1
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octobre 2002 - est, selon la jurisprudence constante du tribunal de céans, insuffisante à elle seule pour satisfaire aux exigences liées à la recherche active des collaborateurs indigènes (cf. parmi d'autres arrêts TA PE 2000/0515 du 4 janvier 2001, PE 2000/0619 du 12 mars 2002 et PE 2002/0330 du 10 septembre 2002). Comme exposé ci-dessus, on est en droit d'attendre d'un employeur qu'il entreprenne toutes les démarches possibles en vue de trouver le collaborateur recherché sur le marché local du travail et y compris sur le marché de l'UE et de l'AELE. Manifestement, tel n'est pas le cas en l'occurrence et la trop grande légèreté dans les recherches effectuées par la recourante incline le tribunal à penser que c'est en réalité par pure convenance personnelle que le choix de l'intéressée s'est porté sur Y._ et non sur des demandeurs d'emploi locaux présentant des qualifications comparables.
La rigueur dont il convient de faire preuve dans l'interprétation du principe de la priorité des demandeurs d'emploi indigènes ne permet donc pas de s'écarter de la décision négative de l'OCMP. Ce dernier a considéré à raison que la recourante n'avait pas exploité tous les moyens à sa disposition pour recruter sur le marché local le personnel qualifié dont elle avait besoin. La décision attaquée apparaît de ce point de vue là bien fondée. A cela s'ajoute également le fait que la recourante n'a pas démontré non plus en quoi elle ne pouvait pas former ou faire former dans un délai raisonnable un travailleur disponible sur le marché local du travail. Elle affirme certes à cet égard que la formation nécessaire pour le poste envisagé est extrêmement longue et complexe. Or, si l'on se réfère au curriculum vitae de l'intéressé produit par la recourante, on constate que ce dernier n'a finalement travaillé à temps partiel au service d'X._ X._ SA que comme "
interlocuteur avec les architectes et la clientèle
". On est assez loin d'un poste nécessitant les qualifications particulières alléguées par la recourante. Quant à la formation spécifique suivie par Y._, les pièces produites par l'intéressée font état de cours de base (formation Wetrok) suivis sur trois jours, d'une formation théorique de nettoyage et de désinfection en salle blanche organisée sur un seul jour et, enfin, d'une formation par compagnonnage également sur un seul séjour (cf. pièces produites par X._ X._ SA à l'OCMP le 19 novembre 2002). En d'autres termes, on ne voit pas en quoi la formation prétendument poussée d'Y._ ne pourrait être donnée dans un délai raisonnable à un autre travailleur disponible sur le marché indigène du travail.
7. Indépendamment de ce qui précède, le recours d'X._ X._ SA doit également être rejetée au regard des exigences de l'art. 8 al. 1 et 3 OLE. Aux termes de l'art. 8 al. 1 OLE, une autorisation initiale peut être accordée aux travailleurs ressortissants d'Etats membres de l'UE et de l'AELE. Lors de la décision préalable à l'octroi des autorisations, les offices de l'emploi peuvent admettre des exceptions lorsqu'il s'agit de personnel qualifié et que des motifs particuliers justifient une exception (art. 8 al. 3 let. a OLE). Dans le cas présent, il n'est pas contesté qu'Y._, citoyen péruvien, n'est pas ressortissant d'un des pays mentionnés à l'art. 8 al. 1 OLE, de sorte que la seule possibilité d'envisager une éventuelle délivrance de l'autorisation requise serait celle visée à l'art. 8 al. 3 let. a OLE.
a) La première condition à remplir pour bénéficier d'une exception au sens de la disposition précitée est que la demande soit faite en faveur de personnel qualifié. Les directives (ch. 1.2, p.10) définissent la notion de personnel qualifié comme suit :
" - Les
qualifications
peuvent avoir été obtenues, selon la profession ou la spécialisation, à différents niveaux : diplôme universitaire ou d'une haute école spécialisée; formation professionnelle spéciale assortie de plusieurs années d'expérience; connaissances spéciales indispensables dans des domaines spécifiques.
- L'existence des qualifications requises peut souvent, lors de l'examen sous l'angle du marché du travail, découler de la
fonction
du travailleur étranger, par exemple lorsqu'il s'agit de personnes appelées à créer ou à diriger des entreprises importantes pour le marché de l'emploi.
- S'il s'agit de personnes admises dans le cadre de programmes de formation, le but même du séjour autorise à se montrer un peu moins exigeant en matière de qualifications. Des connaissances linguistiques suffisantes sont néanmoins indispensables."
Dans sa jurisprudence relative à l'application de cette disposition, le Tribunal administratif s'est toujours montré relativement restrictif (cf. notamment arrêts TA PE 93/0443 du 11 mars 1994, PE 94/412 du 23 septembre 1994, PE 00/0466 du 21 novembre 2000 et PE 02/336 du 26 novembre 2002). Il a ainsi précisé qu'il fallait entendre par personnel qualifié les ressortissants étrangers au bénéfice de connaissances professionnelles si spécifiques qu'il ne serait pas possible de les recruter au sein de l'UE ou de l'AELE.
b) En l'espèce, Y._ a obtenu des diplômes dans le domaine de l'architecture d'intérieur et du dessin assisté par ordinateur. X._ X._ SA désire aujourd'hui l'engager en qualité de cadre, soit de contremaître spécialisé en technologie ultra-propreté. Cependant, la formation de l'intéressé ne lui permet à l'évidence pas d'entrer dans la définition de personnel qualifié telle qu'imposée par les directives. Il n'a en effet obtenu aucun diplôme universitaire et, à supposer que Z._ puisse être assimilée à une haute école spécialisée, l'enseignement qui y est prodigué est sans aucun rapport avec l'activité envisagée. De plus, si la formation professionnelle que l'intéressé a pu acquérir en travaillant à temps partiel auprès de la recourante pourrait éventuellement être tenue pour spéciale, elle n'a en revanche pas été assortie de plusieurs années d'expérience comme l'exigent les directives. Enfin, la fonction d'Y._ au sein d'X._ X._ SA ne saurait pas non plus être comparée à celle d'une personne appelée à créer ou à diriger une entreprise importante pour le marché de l'emploi.
Par ailleurs, même à supposer que l'intéressé remplisse les exigences relatives à la notion de personnel qualifié au sens décrit ci-dessus, il faudrait encore que des motifs particuliers justifient une exception, comme l'exige l'art. 8 al. 3 litt. a OLE dont les conditions sont cumulatives. Or en l'espèce, les motifs invoqués à l'appui du recours - même s'il sont tout à fait dignes de considération - ne sauraient être qualifiés de particuliers, dans la mesure où ils ne s'écartent en rien de ceux qu'invoque tout employeur souhaitant engager un étranger dont il affirme qu'il est le seul à revêtir les qualités nécessaires à l'exercice de l'emploi en question. Cela étant, c'est à juste titre que l'autorité intimée n'a pas fait usage de la possibilité offerte par l'art. 8 al. 3 litt. a OLE.
On relèvera enfin, par surabondance, qu'Y._ ne pouvait ignorer que son séjour dans notre canton arrivait à échéance à fin septembre 2002, puisque le SPOP le lui avait clairement signifié en date du 15 mars 2002 et lui avait rappelé à cette occasion que son autorisation de séjour prendrait fin dès l'obtention de son diplôme, le but de son séjour devant être considéré comme atteint à ce moment-là.
8. En définitive, le recours doit être rejeté, la demande litigieuse ne remplissant ni les conditions de l'art. 7 al. 3 et 4 OLE ni celles de l'art. 8 al. 1 et 3 litt. a OLE. L'OCMP n'a par ailleurs ni abusé ni excédé de son pouvoir d'appréciation en refusant de délivrer l'autorisation requise de sorte que la décision attaquée doit être maintenue.
Vu l'issue du pourvoi, les frais du présent arrêt seront mis à la charge de la recourante. Pour la même raison et faute d'avoir consulté un mandataire professionnel, cette dernière n'a pas droit à des dépens (art. 55 al. 1 LJPA).

## Considerations