# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c5b2fdf8-97b4-4165-8045-f2f5081d9d7e
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

Faits:
A. Le 15 juin 2015, la Cheffe du Département fédéral des finances a autorisé
l'Administration fédérale des contributions (ci-après: l'AFC) à mener une
enquête fiscale spéciale au sens des art. 190 ss de la loi fédérale sur l'impôt
fédéral direct (LIFD; RS 642.11), en relation avec les art. 19 ss de la loi
fédérale sur le droit pénal administratif (DPA; RS 642.11), à l'encontre du
dénommé B., ainsi que des sociétés C. SA et D. Inc., lesquels étaient
soupçonnés d'avoir commis de graves infractions fiscales (cf. act. 1).
B. Par mandat du même jour, le directeur de l'AFC a ordonné une perquisition
domiciliaire visant des papiers, dans les locaux de A. SA à Lausanne.
Effectuée le 17 juin 2015, celle-ci a révélé que des documents concernant
les inculpés étaient entreposés dans un local d'archivage de A. SA à Genève
(cf. act. 1).
C. Sur ordre du fonctionnaire enquêteur, l'AFC s'est rendue sur place le
lendemain, afin de mener une autre perquisition domiciliaire.
A. SA s'est opposée à la perquisition de certains documents, à savoir ceux
relatifs à la banque E. Ces derniers ont alors été placés sous scellés et
déposés en lieu sûr (cf. act. 1).
D. Le 10 juillet 2015, l'AFC requiert du Tribunal pénal fédéral la levée des
scellés (act. 1).
E. Dans sa réponse, du 27 juillet 2015, A. SA conclut au rejet de la requête
(act. 4).
F. Par réplique du 4 août 2015, l'AFC maintient ses conclusions (act. 6).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.
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## Considerations

La Cour considère en droit:
1.
A teneur des art. 25 al. 1 et 50 al. 3 DPA, la Cour des plaintes du Tribunal
pénal fédéral est compétente pour statuer sur l’admissibilité d’une
perquisition qui fait l’objet d’une opposition. Le dépôt d'une requête de levée
des scellés n'est soumise à aucun délai particulier. L’AFC est par ailleurs
indiscutablement légitimée à soumettre une telle requête à la Cour de céans.
Il y a donc lieu d'entrer en matière.
2.
2.1 L'opposante se plaint implicitement d'une violation de l'art. 45 DPA. Elle
soutient que les papiers relatifs à la banque E. ne sont pas visés par le
mandat de perquisition du 15 juin 2015, dès lors qu'ils ne concernent pas un
mandat à elle confié par un des prévenus.
2.2
2.2.1 Selon l'art. 191 LIFD, lorsqu’il existe un soupçon fondé de graves infractions
fiscales, d’assistance ou d’incitation à de tels actes, le chef du Département
fédéral des finances peut autoriser l’AFC à mener une enquête en
collaboration avec les administrations fiscales cantonales (al. 1). Par grave
infraction fiscale, on entend en particulier la soustraction continue de
montants importants d’impôt et les délits fiscaux (al. 2). La procédure dirigée
contre les auteurs, complices et instigateurs est réglée d’après les
dispositions des art. 19 à 50 DPA, l’arrestation provisoire selon l’art. 19 al. 3
DPA étant cependant exclue (art. 191 LIFD). Au nombre des mesures
prévues par le DPA figure notamment la perquisition visant des papiers
(art. 50 DPA).
Aux termes de l'art. 50 DPA, la perquisition visant des papiers doit être
opérée avec les plus grands égards pour les secrets privés; en particulier,
les papiers ne seront examinés que s’ils contiennent apparemment des écrits
importants pour l’enquête (al. 1). La perquisition doit être opérée de manière
à sauvegarder le secret de fonction, ainsi que les secrets confiés aux
ecclésiastiques, avocats, notaires, médecins, pharmaciens, sages-femmes
et à leurs auxiliaires, en vertu de leur ministère ou de leur profession (al. 2).
Avant la perquisition, le détenteur des papiers est, chaque fois que cela est
possible, mis en mesure d’en indiquer le contenu. S’il s’oppose à la
perquisition, les papiers sont mis sous scellés et déposés en lieu sûr; la Cour
des plaintes du Tribunal pénal fédéral statue sur l’admissibilité de la
perquisition (art. 25 al. 1 DPA). Il y a lieu de relever que lorsqu'elle reçoit une
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demande de levée des scellés, la Cour des plaintes se limite, dans un
premier temps, à juger de l'admissibilité de la perquisition, la décision sur le
sort des documents étant renvoyée à après leur tri (arrêt du Tribunal pénal
fédéral BE.2006.5 du 19 septembre 2006, consid. 2).
2.2.2 Dans le cadre d'une demande de levée des scellés selon l'art. 50 al. 3 DPA,
la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral n'a pas à se prononcer sur la
réalisation des infractions reprochées au prévenu; elle se limite à déterminer
si la perquisition concernant les documents mis sous scellés est admissible,
soit si l'administration est légitimée ou non à y avoir accès (arrêt du Tribunal
fédéral 1B_671/2012 du 8 mai 2013, consid. 3.7.1 et les références citées).
La perquisition de documents n'est admissible qu’en présence d’indices
suffisants de l'existence d'une infraction (arrêt précité, ibidem). La nécessité
de la perquisition doit être justifiée par des soupçons précis et objectivement
fondés et non pas reposer sur une suspicion générale ou une prévention
purement subjective. L'art. 46 al. 1 let. a DPA permet le séquestre d'objets
pouvant servir de pièces à conviction. L'art. 48 al. 1 DPA prévoit en particulier
qu'une perquisition peut être effectuée dans des locaux dans lesquels se
trouvent des objets ou valeurs soumis au séquestre. Conformément à l'art.
45 DPA, les mesures précitées doivent respecter le principe de la
proportionnalité. L'objet de la perquisition doit être circonscrit de façon
précise afin que l'on puisse contrôler sa connexité avec le soupçon précis et
objectivement fondé qui pèse sur l'accusé et vérifier également le respect du
principe de la proportionnalité (arrêt du Tribunal fédéral précité,
consid. 3.8.1). La saisie de documents suppose en outre que ceux-ci soient
importants pour l’instruction de la cause (art. 50 al. 1 DPA). Cette règle ne
doit pas être interprétée de manière restrictive et, comme la formulation
allemande le suggère de manière plus nuancée ("... Papiere ... die für die
Untersuchung von Bedeutung sind"), elle signifie simplement que des
documents ne peuvent être saisis que s’ils sont pertinents pour l’enquête
(arrêt du Tribunal pénal fédéral BK_B 062/04 du 7 juin 2004, consid. 2.1). Il
est toutefois inévitable que la perquisition de papiers porte également sur
des documents qui ne présentent aucun intérêt pour l'enquête (arrêt du
Tribunal fédéral 1B_354/2009 et 1B_366/2009 du 2 mars 2010, consid. 3.2).
2.3 L'opposante n'avance aucun élément qui permettrait de dénier l'existence,
entre les faits investigués par l'AFC et les documents litigieux, d'un rapport
de connexité suffisant pour justifier la perquisition de ces derniers. Au
contraire, elle expose que B. est un ancien membre du conseil
d'administration de la banque E. et que, de ce fait, il est vraisemblablement
lié à celle-ci. Elle reconnaît même que des documents relatifs à cet
établissement bancaire peuvent présenter un intérêt pour l'enquête menée
par l'AFC. En outre, les circonstances dans lesquelles l'opposante est entrée
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en possession des papiers litigieux sont dénuées de toute pertinence au
regard des principes rappelés ci-dessus; peu importe donc que les
documents en cause aient ou non été remis à l'intéressée dans le cadre de
mandats confiés par un des inculpés. Il s'ensuit que le grief soulevé est mal
fondé.
3. Au vu de ce qui précède, la demande de levée des scellés est admise. L'AFC
est autorisée à lever les scellés sur l’ensemble de la documentation saisie
dans les locaux de l'opposante à Genève.
4. L'opposante, qui succombe, supportera un émolument fixé à CHF 2'000.--
(art. 73 LOAP applicable par renvoi de l'art. 25 al. 4 DPA; art. 5 et 8 du
règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais,
émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale; RS
173.713.162).
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