# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8d1f4931-d375-55ae-ba22-4d1e49546042
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur D_, né en 1985, est originaire de Guinée.
2. Le 13 novembre 2003, l'office fédéral des réfugiés (ci-après : ODR) a rendu une décision de non-entrée en matière sur une demande d'entraide que M. D_ avait déposée le 12 octobre 2003.
L'intéressé n'avait pas remis aux autorités, dans un délai de quarante huit heures après le dépôt de sa demande d'asile, ses documents de voyages ou ses pièces d'identité (art. 32 al. 2 let. a de la loi sur l'asile du 26 juin 1998
LAsi -
RS 142.31
).
3. Le 23 octobre 2005, l'ODR a notifié à M. D_ une décision d'interdiction d'entrée en Suisse prise le 21 octobre 2005, valable jusqu'au 23 novembre 2010. Cette décision est entrée en force.
4. Le 26 novembre 2005, après que l'ambassade de Guinée à Paris a délivré un laissez-passer à son nom, M. D_ a été refoulé à destination de son pays d'origine.
5. Le 5 mars 2009, M. D_ a été interpellé par les services de police au foyer d'asile des Tattes à Vernier.
6. Entendu le jour même par la police, l’intéressé a expliqué être revenu en Suisse deux jours auparavant. Il avait décidé de quitter son pays en raison de la faim. Il avait voyagé avec un passeport fourni par un compatriote et avait profité d'un vol faisant escale à Genève. Il savait qu’il n'avait plus le droit de revenir en Suisse. Il était sans moyens financiers.
7. Le 5 mars 2009, l'officier de police a décerné à l'encontre de l'intéressé un mandat d'amener pour infraction à l'article 115 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr -
RS 142.20
).
8. Le 6 mars 2009, l'office cantonal de la population (ci-après : OCP) a prononcé à l'encontre de M. D_ une décision de renvoi de Suisse fondée sur l'article 64 LEtr, décision exécutoire nonobstant recours. Les services de police étaient chargés d'exécuter sans délai son renvoi du territoire suisse.
9. Le 6 mars 2009, après que l'officier de police ait relaxé l'intéressé, le commissaire de police a pris à son encontre un ordre de mise en détention administrative pour une durée de trois mois, fondé sur l’article 76 alinéa 1 lettre b, chiffre 1 LEtr.
10. Le 9 mars 2009 à 11h00, M. D_ a été présenté à la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : CCRA) pour le contrôle de sa détention.
Il a alors indiqué qu'il était arrivé par accident en Suisse et qu'il ne voulait pas y rester. Il ne souhaitait pas retourner en Guinée car la vie y était trop dure.
Le représentant de l'OCP a indiqué que les modifications au sein du gouvernement guinéen obligeaient les autorités suisses à de nouvelles discussions avec ce pays pour obtenir des laissez-passer en vue du rapatriement de ressortissants guinéens. Une rencontre était prévue en avril 2009 mais un renvoi effectif ne pourrait avoir lieu avant le mois de mai 2009. C’est la raison pour laquelle il sollicitait le maintien en détention pour une durée de trois mois.
11. Par décision du 9 mars 2009, la CCRA a confirmé la détention pour une durée de trois mois.
M. D_ était revenu en Suisse avant l'échéance de la décision de l'interdiction d'entrée en Suisse qui le frappait et qui était valable jusqu'au
23 novembre 2010. Il n'avait ni domicile fixe, ni moyens d'existence reconnus. Les circonstances de son retour clandestin en Suisse faisaient penser qu'il chercherait à se soustraire à son nouveau renvoi. Les conditions de l'article 76 alinéa 1 lettre b chiffre 1 LEtr étaient donc réalisées. Au plan de la proportionnalité, le retard dans le renvoi de l'intéressé ne résultait pas d'une inactivité des autorités suisses chargées du renvoi, mais des changements survenus au sein des autorités guinéennes qui retardaient le processus. Compte tenu de ces circonstances, la détention administrative pouvait être confirmée pour une durée de trois mois.
12. Par acte déposé le 16 mars 2009, M. D_ a interjeté recours auprès du Tribunal administratif contre la décision du 9 mars 2009 de la CCRA.

## Considerations