# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2dfe4603-1bc7-5882-9510-019586b8bed1
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Par jugement du Tribunal pénal de l'arrondissement de la Sarine (ci-après le Tribunal) du 25 septembre 2013 et arrêt de la Cour d'appel pénal du canton de Fribourg du 1er octobre 2015 consécutif à un renvoi du Tribunal fédéral selon arrêt du 22 juillet 2015 (6B_42/2015), A._ a été reconnu coupable de tentative de meurtre et de délit contre la loi fédérale sur les armes, a été condamné à une peine privative de liberté de six ans et a été soumis à un traitement ambulatoire. Il a été retenu que le 21 août 2012, aux alentours de 18h15, à la suite d'une altercation avec B._ pour un tabouret sur la terrasse d'un café à Fribourg, A._ s'est rendu à son domicile et, armé d'une baïonnette longue d'environ 50 cm, est revenu sur les lieux une trentaine de minutes après les avoir quittés. A._ a attaché son chien sur la terrasse du café et posé son sac avant d'en sortir l'arme et d'aller la planter dans le flanc gauche de B._, assis à une table. La lame a pénétré d'au moins 20 cm dans l'abdomen de ce dernier. A la suite de son geste, A._ est parti s'asseoir un peu plus loin.
B. Par décision judiciaire ultérieure indépendante du 15 mars 2018, rendue à la suite d'une demande du Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation (SESPP, anciennement SASPP) du 16 novembre 2017, lequel avait auparavant levé le traitement ambulatoire pour cause d'échec selon l'art. 63a al. 2 lit. b CP par décision du 17 mai 2017, le Tribunal a prononcé le remplacement de l'exécution de la peine privative de liberté de A._ par une mesure thérapeutique institutionnelle au sens de l'art. 59 CP (art. 63b al. 5 CP), a pris acte que cette personne est en exécution de peine jusqu'au 23 août 2018 et l'a placée en détention pour des motifs de sûreté dès la fin de l'exécution pour une durée de trois mois, soit jusqu'au 23 novembre 2018, frais à la charge du condamné.
Préalablement et parallèlement, par décision du 25 mai 2016, l'autorisation de séjour de A._ a été révoquée et son renvoi de Suisse a été ordonné avec effet lorsqu'il aura satisfait aux exigences de la justice pénale (DO 2005).
C. a) Par mémoire du 9 avril 2018, son défenseur d'office a interjeté recours contre la décision du Tribunal du 15 mars 2018, concluant préliminairement à ce qu'il soit déchargé de sa mission de défenseur d'office, à ce qu'un nouveau défenseur soit nommé, à charge pour celui-ci de confirmer les conclusions prises, de les modifier ou de les retirer, et concluant au fond à ce que les chiffres de la décision portant remplacement de la sanction, détention pour motif de sûreté et mise des frais à charge du condamné soient mis à néant et à ce qu'il soit pris acte de la continuation de l'exécution de la peine privative de liberté.
Par acte du 12 avril 2018, le Président du Tribunal a transmis les dossiers de la cause, s'est référé à la décision attaquée et a proposé le rejet du recours pour autant que recevable. Invité à se déterminer, le condamné, qui a refusé le courrier, n'y a donné aucune suite. Lui aussi invité à se déterminer, le Ministère public a fait savoir par acte du 26 avril 2018 qu'il conclut à la décharge du défenseur d'office actuel, à la désignation d'un nouveau défenseur, à ce que celui-ci se voit attribué un délai pour exposer les motifs qui commanderaient la mise à néant des points attaqués et à ce que ces motifs soient communiqués au Ministère public avec possibilité de se déterminer.
Par décision du 2 mai 2018, la requête de remplacement du défenseur d'office a été admise par la direction de la procédure, un nouveau défenseur a été désigné et un délai a été fixé pour compléter le recours.
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b) Par mémoire du nouveau défenseur du 18 juin 2018, le recours a été complété. Les conclusions au fond antérieures y sont confirmées et par ailleurs le recourant y requiert la production de rapports en mains du SESPP (p. 8 ch. 29), d'un rapport de suivi par l'infirmier en charge de la thérapie en cours (p. 8 ch. 30), de preuves de notifications (p. 9 ch. 31 et 32) ainsi que la mise en œuvre d'un complément d'expertise (p. 11 ss).
c) Par acte du 28 juin 2018, le Président du Tribunal a annoncé n'avoir pas d'observations sur le complément du recours, s'est référé à la décision attaquée et a confirmé sa proposition de rejet du recours.
Lui aussi invité à se déterminer, le Ministère public a fait savoir par acte du 9 août 2018 qu'en l'état du dossier il conclut au rejet du recours et, s'agissant des réquisitions, il conclut à ce que les griefs formulés à l'encontre du rapport d'expertise soient portés à la connaissance de l'expert avec invitation à se déterminer et répondre aux questions suggérées par le recourant ainsi qu'à la question complémentaire suivante: "Maintenez-vous les huit réponses figurant sous le ch. 6 («Conclusions») de votre rapport ? Dans le cas contraire, quelles modifications leur ?"; quant aux autres réquisitions, il s'en remet à justice.
d) Invité à fournir la preuve de la notification de la décision du 17 mai 2017 ordonnant la levée du traitement ambulatoire, le SESPP a fait savoir par courrier du 21 août 2018 qu'il n'est pas en mesure de fournir une telle preuve étant donné que cette décision a simplement été remise à l'intéressé par un intervenant social de son établissement de détention, en date du 21 ou 22 mai 2018, sans accusé de réception, contrairement à sa demande et à la pratique.
Après en avoir pris connaissance, le défenseur du recourant a fait connaître ses observations par courrier du 4 septembre 2018, dans lequel il a complété ses conclusions pour requérir une indemnité pour tort moral de CHF 200.- par jour à compter du 23 août 2018.
e) L'exécution de la peine du recourant a pris fin dans l'intervalle. Sur requête de celui-ci, la direction de la procédure a autorisé une exécution anticipée de la mesure, sous réserve de l'assentiment du SESPP, en lieu et place du régime de détention pour motif de sûreté (cf. lettre du 23 août 2018). Cette exécution anticipée a été ordonnée par le SESPP le 13 septembre 2018.
Ultérieurement, par ordonnance du 22 novembre 2018, la direction de la procédure a constaté que l'exécution anticipée de la mesure thérapeutique institutionnelle, qui a été ordonnée le 13 septembre 2018 pour A._ et qui tient lieu de détention pour des motifs de sûreté, n'est pas limitée au 23 novembre 2018 et se poursuivra au-delà de cette date, jusqu'à ce qu'un arrêt devienne exécutoire sur le recours interjeté le 9 avril 2018.
f) Ayant accepté une requête du recourant, la Chambre a ordonné un complément d'expertise, pour lequel l'expert C._ a fait parvenir son rapport du 6 novembre 2018, sur lequel le recourant a fait connaître ses observations par acte du 3 décembre 2018 tandis que le Ministère public a fait savoir par lettre du 21 novembre 2018 qu'il n'a pas d'observations sur ce rapport.
g) Invités à se prononcer sur des débats, le Ministère public y a d'emblée renoncé (cf. lettre précitée) et le recourant en a fait finalement de même selon lettre de son conseil du 6 décembre 2018, après avoir précédemment émis un autre avis (cf. lettre du 3 décembre 2018).
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## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon la jurisprudence, le prononcé relatif au changement de sanction constitue une décision judiciaire ultérieure indépendante au sens des art. 363 ss CPP, susceptible d’un recours auprès de la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ATF 141 IV 396 consid. 3 et 4/JdT 2016 IV 255; art. 393 al. 1 let. b CPP et art. 85 al. 1 LJ).