# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3e289038-6c54-5e3b-bdc4-4d45647e7d63
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par ordonnance
OTPI/48/2018
du 22 janvier 2018, reçue par les parties le 24 janvier 2018, le Tribunal de première instance a condamné A_ à fournir, soit en espèces, soit sous forme de garantie d'une banque établie en Suisse ou d'une société d'assurance autorisée à exercer en Suisse, des sûretés en garantie des dépens d'un montant de 15'000 fr., a fixé à celui-ci un délai de 30 jours à compter de la notification de la décision, pour déposer lesdites sûretés, soit en espèces auprès des Services financiers du Pouvoir judiciaire, soit sous forme de garantie auprès du Tribunal, et a statué sur les frais;
Que par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 5 février 2018, A_ recourt contre l'ordonnance précitée, dont il requiert l'annulation, en concluant à ce que la Cour dise, principalement, qu'il ne doit aucune sûreté en garantie des dépens et, subsidiairement, qu'il devra acquitter la somme de 500 fr. directement à l'un des conseils de B_ et qu'à défaut seulement, il devrait acquitter des sûretés en mains des Services financiers du Pouvoir judiciaire;
Que, préalablement, le recourant conclut à ce que la Cour suspende le caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée;
Qu'à cet égard, il fait valoir que la fourniture de sûretés n'aurait pas lieu d'être, dans la mesure où l'ordonnance entreprise sera annulée et réformée par la Cour, de sorte qu'il y aurait lieu de surseoir à la fourniture de sûretés jusqu'à droit connu sur le recours;
Qu'il ajoute qu'une telle suspension ne causerait de préjudice à aucune des parties, dès lors que si par impossible, la Cour devait arriver à la conclusion que les sûretés litigieuses doivent être versées, il suffirait d'impartir un nouveau délai au recourant à cette fin;
Qu'invité à se déterminer, B_ a conclu au rejet de la requête de suspension du caractère exécutoire attaché à l'ordonnance entreprise;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la voie du recours est ouverte contre les décisions relatives aux sûretés (art. 103 CPC);
Que la cognition de la Cour est limitée à la constatation manifestement inexacte des faits et à la violation du droit (art. 320 CPC);
Que selon l'art. 325 al. 2 CPC, l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire de la décision attaquée, le recours ne déployant dans la règle (art. 325
al. 1 CPC) aucun effet suspensif;
Qu'à cet égard, l'instance de recours jouit d'un large pouvoir d'appréciation (Jeandin, in CPC, Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n. 6 ad art. 325);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'il prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4A_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que la doctrine considère qu'il n'y a, en général, pas lieu d'accorder l'effet suspensif au recours prévu par l'art. 103 CPC, mais que l'octroi de l'effet suspensif peut se justifier lorsque le recours, dirigé contre une décision concernant les sûretés, est formé par celui qui doit s'en acquitter et pour autant que le recours ne soit pas d'emblée voué à l'échec (Sterchi, Berner Kommentar, ZPO, n. 4 ad art. 103);
Qu'en l'espèce, le recourant fait valoir que les conditions au versement de sûretés sur la base de l'art. 99 al. 1 let. c CPC ne sont pas réunies, dans la mesure où il excipe de compensation partielle entre sa propre dette de dépens de 500 fr. et la créance de 200'000 fr., plus intérêts moratoires, qu'il fait valoir dans le cadre de la présente procédure;
Que le recours n'apparaît pas d'emblée voué à l'échec;
Que d'un autre côté, l'intimé ne risque pas de subir un préjudice si la fourniture des sûretés est suspendue jusqu'à droit jugé sur le recours;
Que compte tenu du large pouvoir d'appréciation dont jouit la Cour, la requête d'effet suspensif sera admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Que la présente décision, de nature incidente, est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et de l'art. 98 LTF (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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