# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c590d01c-306d-458f-954b-bccfc8125109
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

l’amende s’est vue délivrer un acte de défaut de biens (ACHERMANN, BSK-VStrR,
n°31 ad art. 10).
2.3 En vertu de l’art. 10 al. 2 DPA, le juge peut exclure la conversion de l’amende lors-
que le condamné apporte la preuve qu’il est, sans sa faute, dans l’impossibilité de
payer. Il ne peut cependant exclure la conversion en cas d’infraction intentionnelle
si, en outre, dans les cinq ans qui ont précédé l’infraction, le condamné a déjà été
puni pour infraction à la même loi administrative, à moins qu’il ne se soit agi d’une
inobservation de prescriptions d’ordre.
2.4 L’impossibilité de payer peut être admise lorsque la situation financière du con-
damné s’est brusquement détériorée après le jugement, sans qu’il ne soit respon-
sable de cette détérioration (ACHERMANN, BSK-VStrR, n°36 ad art. 10). La perte
imprévisible d’un emploi ou des dépenses liées à une maladie ou à un accident de
la personne condamnée ou des personnes économiquement dépendantes de celle-
ci peuvent notamment entrer en considération. Un condamné ne peut en revanche
justifier son absence de paiement par une mauvaise situation financière qui préva-
lait déjà au moment du jugement, puisque celle-ci a déjà été prise en compte au
moment de la fixation de la peine. Toute autre approche reviendrait à une situation
dans laquelle toute personne condamnée à une amende de droit pénal administratif
pourrait, de facto, obtenir un réexamen du contenu du jugement de condamnation
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quant à la question de la fixation du montant de l’amende. Cette possibilité n’est
pas prévue par la loi et ne serait pas compatible avec le principe de l’autorité de
chose jugée. Si le condamné s’oppose au montant de l’amende, il doit faire appel
du jugement de condamnation. La procédure de conversion ne peut pas conduire
au réexamen du jugement définitif prononçant l’amende (cf. TPF 2016 17 con-
sid. 2.3c; ordonnance du Tribunal pénal fédéral SK.2020.9 de la Cour des affaires
pénales du Tribunal pénal fédéral du 17 juin 2020 consid. 4.1).
2.5 En l’occurrence, A. a reçu de la part du DFF une facture ainsi qu’un rappel pour le
paiement de l’amende prononcée contre lui dans le jugement SK.2018.42 du
25 janvier 2019. A. a alors négocié un plan de paiement par tranches mensuelles,
que le DFF a accepté. Il ne s’est toutefois jamais acquitté des mensualités conve-
nues. Mis en poursuite par l’Administration fédérale des finances, A. a obtenu un
deuxième plan de paiement. Toutefois, aucun versement n’ayant été effectué, la
procédure de poursuite s’est achevée par la délivrance d’un acte de défaut de
biens. La condition du non-recouvrement est donc remplie.
2.6 S’agissant de l’exception liée à l’impossibilité de payer, il convient de relever que
pour fixer le montant de l’amende de CHF 1'500.-, la Cour a retenu, dans son juge-
ment du 25 janvier 2019, qu'A. touchait, depuis le 1er février 2018, CHF 1'546.- par
mois à titre de revenu d’insertion. Or, le condamné se prévaut précisément de cette
situation dans sa détermination à la Cour du 18 novembre 2020 pour justifier ne
pas être en mesure de s’acquitter de l’amende, précisant percevoir ce revenu de-
puis près de deux ans. La situation financière actuelle du condamné est ainsi iden-
tique à celle qui prévalait au moment de la fixation du montant de l’amende. A.
n’ayant jamais établi que sa situation s’était, sans faute de sa part, brusquement
péjorée depuis le jugement, l’exception liée à l’impossibilité de payer ne peut être
retenue.
2.7 Au vu de ce qui précède, la conversion de l’amende en peine privative de liberté de
substitution doit être admise.
3. Peine de substitution
3.1 Selon l’art. 106 al. 2 CP, le juge prononce dans son jugement, pour le cas où, de
manière fautive, le condamné ne paie pas l’amende, une peine privative de liberté
de substitution d’un jour au moins et de trois mois au plus. Le juge fixe l’amende et
la peine privative de liberté de substitution en tenant compte de la situation de l’au-
teur afin que la peine corresponde à la faute commise (art. 106 al. 3 CP). En cas
de conversion, un jour d’arrêt ou de détention (soit de peine privative de liberté,
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cf. consid. 2.2 ci-dessus) sera compté pour 30 francs d’amende, mais la durée de
la peine ne pourra dépasser trois mois (art. 10 al. 3, 1re phr. DPA).
3.2 En l’occurrence, par jugement du 25 janvier 2019, A. a été condamné à une amende
de CHF 1'500.- pour non-respect des décisions de la FINMA commis en date du
16 octobre 2013. La Cour a fixé la peine privative de liberté de substitution à
50 jours pour le cas où A. ne s’acquitterait pas de cette amende.
3.3 Il convient de constater que la durée de la peine privative de liberté de substitution
a été fixée conformément à la règle de l’art. 10 al. 3 DPA, un jour de peine privative
de liberté correspondant à 30 francs d’amende. L’amende de CHF 1'500.- sera
donc convertie en une peine privative de liberté de substitution de 50 jours.
4. Exécution
4.1 Jusqu’au 31 décembre 2019, l’art. 10 al. 2 DPA prévoyait, outre la possibilité d’ex-
clure la conversion, la possibilité pour le juge de suspendre l’exécution de la peine
infligée en conversion de l’amende, si les conditions prévues par l’art. 41 CP (ac-
tuellement art. 42 CP) étaient réalisées. L’art. 10 al. 2 aDPA prévoyait, tout comme
pour l’exclusion de la conversion, qu’un sursis à l’exécution de la peine privative de
liberté de substitution était exclu en cas d’infraction intentionnelle si, dans les cinq
ans qui ont précédé l’infraction, le condamné a déjà été puni pour une infraction à
la même loi administrative, à moins qu’il ne se soit agi d’une inobservation de pres-
criptions d’ordre.
4.2 Dans sa nouvelle teneur au 1er janvier 2020, l’art. 10 al. 2 DPA ne prévoit plus de
sursis à l’exécution de la peine privative de liberté de substitution. Cette suppres-
sion vise à éviter que des personnes condamnées au paiement d’une amende puis-
sent s’y soustraire par le sursis à l’exécution de la peine privative de liberté de
substitution. Cette nouvelle solution vise par ailleurs à établir une égalité de traite-
ment entre les personnes dont l’amende est convertie sur la base de l’art. 36 CP
(par renvoi de l’art. 106 al. 5 CP) et celles pour lesquelles la conversion se fonde
sur l’art. 10 DPA, l’intention du législateur étant de formuler des règles de conver-
sion similaires (ACHERMANN, BSK-VStrR n°35 ad art. 10).
4.3 Les jugements rendus en application de l’ancien droit doivent être exécutés confor-
mément à l’ancien droit (art. 388 al. 1 CP par renvoi de l’art. 2 DPA). Cela vaut
également pour la procédure en conversion de l’amende (arrêt du Tribunal fédéral
6B_365/2007 du 9 janvier 2008 consid. 3.3.2; ordonnance de la Cour des affaires
pénales du Tribunal pénal fédéral SK.2020.9 du 17 juin 2020 consid. 2.2).
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4.4 A teneur de l’art. 42 al. 1 CP, le juge suspend en règle générale l’exécution d’une
peine pécuniaire ou d’une peine privative de liberté de deux ans au plus lorsqu’une
peine ferme ne paraît pas nécessaire pour détourner l’auteur d’autres crimes ou
délits. Selon la jurisprudence en lien avec la disposition susmentionnée, le sursis à
l’exécution de la peine constitue la règle, la condamnation ferme ne devant être
ordonnée qu’en cas de pronostic défavorable, soit lorsqu’une peine avec sursis ne
paraît pas suffisante à dissuader le condamné de commettre de nouveaux crimes
ou délits. Toutes les circonstances relatives à la situation et à l’auteur doivent être
prises en considération (ATF 134 IV 1 consid. 4.2.1 et 4.2.2).
4.5 L’examen d’un éventuel sursis à l’exécution de la peine dans le cadre de l’art. 10
al. 2 aDPA présente certaines particularités. Cette disposition renvoie en effet à
l’art. 41 aCP, qui prévoyait alors les conditions de l’octroi du sursis à l’exécution de
la peine, lesquelles diffèrent de celles prévues par l’actuel art. 42 CP, qui l’a rem-
placé. La question du renvoi de l’art. 10 al. 2 aDPA aux nouvelles conditions du
sursis à l’exécution de la peine réglées à l’art. 42 CP n’a jamais été clairement
tranchée. A cet égard, il sied de relever que, dès lors que le droit des sanctions du
Code pénal ne prévoyait plus de sursis à l’exécution de la peine pour les peines
privatives de liberté de substitution, une partie de la doctrine considérait que ce
système n’avait plus lieu de s’appliquer en droit pénal administratif (ANDREAS
EICKER/ FRIEDRICH FRANK/ JONAS ACKERMANN, Verwaltungsstrafrecht und Verwal-
tungsstraverfahrensrecht, 2012, p. 80). Selon certains auteurs, il serait en effet in-
cohérent que, si le condamné décide de ne pas s’acquitter de son amende, celle-ci
soit remplacée par une peine privative de liberté dont l’exécution serait suspendue.
Le système des sanctions pénales perdrait en crédibilité s’il existait de tels méca-
nismes permettant d’éviter une peine (STEFAN TRECHSEL/ STEFAN KELLER, Schwei-
zerisches Strafgesetzbuch PraxisKommentar, 2e éd. 2013, n°11 ad art. 36). Cela
étant, en dépit de l’avis de la doctrine susmentionnée et en vertu du principe de la
légalité, le tribunal a l’obligation d’examiner la possibilité d’un sursis à l’exécution
de la peine selon l’art. 10 al. 2 aDPA (cf. ordonnance de la Cour des affaires pénales
du Tribunal pénal fédéral SK.2020.9 du 17 juin 2020 consid. 6.3).
4.6 Dans le cas d’espèce, la condamnation au paiement d’une amende de CHF 1'500.-
a été ordonnée par jugement du 25 janvier 2019. C’est ainsi l’art. 10 al. 2 DPA dans
sa teneur en vigueur jusqu’au 31 décembre 2019 qui s’applique. L’éventuel octroi
d’un sursis à l’exécution de la peine privative de liberté de substitution doit donc
être examiné.
4.7 A. a commis intentionnellement l’infraction pour laquelle il a été sanctionné d’une
amende. Dans les cinq ans précédant le jugement du 25 janvier 2019, le condamné
n’avait toutefois pas fait l’objet d’une condamnation pour une infraction à la LFINMA.
L’octroi d’un sursis à l’exécution de la peine n’est ainsi pas exclu d’emblée. Cela
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étant, au vu des circonstances, il existe de sérieuses raisons de douter de la capa-
cité d'A. à améliorer sa conduite à l’avenir. En effet, ce dernier a allégué être suivi
depuis plusieurs années par un psychiatre, lequel lui aurait fait prendre conscience
de son comportement. Ce suivi thérapeutique n’a toutefois pas été de nature à en-
traîner un changement de perception par le condamné, celui-ci n’ayant jamais dé-
montré une intention concrète de s’acquitter de l’amende, même partiellement. La
durée de la procédure devant les instances pénales cantonales n’a, à cet égard,
aucune incidence. Le fait qu'A. se soit totalement soustrait au paiement de
l’amende, et ce malgré les conditions de paiement avantageuses accordées tout
d’abord par le DFF, puis par l’Administration fédérale des finances, démontre que
la sanction prononcée n’était pas de nature à l’impressionner. En outre, ses anté-
cédents pénaux indiquent une indifférence quant à la loi et une défiance à l’égard
de l’autorité. Le défaut de réponse à la dernière correspondance du DFF, datée du
25 juin 2020, renforce encore cette impression. L’octroi du sursis à l’exécution de
la peine privative de liberté de substitution ne suffirait dès lors pas à remplir l’objectif
préventif de la sanction, mais serait au contraire de nature à convaincre A. que son
insoumission est récompensée. L’exécution d’une peine privative de liberté de
substitution est ainsi nécessaire pour remplir le but préventif de la sanction.
4.8 Le canton de Vaud, où A. est domicilié, est chargé de l’exécution de la peine priva-
tive de liberté de substitution (art. 74 LOAP). Conformément à l’art. 10 al. 4 DPA, si
l’amende est payée après avoir été convertie, la peine devient caduque dans la
mesure où elle n’a pas encore été exécutée.
5. Frais de la procédure et dépens
5.1 L’art. 97 al. 1 DPA prévoit que, sous réserve de l’art. 78 al. 4 DPA, les frais de la
procédure judiciaire et la mise à la charge de ceux-ci sont régis par les art. 417 à
428 CPP. Conformément aux art. 5 et 7 al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral
sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale
du 31 août 2010 (RFPPF; RS 173.713.162), les frais judiciaires sont arrêtés à
CHF 1’000.- et mis à la charge du condamné qui succombe.
5.2 Il n’est pas alloué de dépens.
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## Considerations