# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b830c661-073d-42cb-aeb1-32e9fdd28f4c
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
A._, né en 1982, a bénéficié des prestations du Revenu d’Insertion (ci-après: RI) du 15 mai 2017 au 31 mai 2020 pour un montant total de 103'318.10 francs.
Séparé de son épouse depuis le 1
er
octobre 2009, A._ (ci-après: l'intéressé ou le recourant) s’est mis en ménage, à une date indéterminée, avec B._, née en 1984. Cette dernière avait déjà une fille, C._, née en 2005. A._ et B._ ont eu ensemble deux enfants, D._, née en 2012, et E._, né en 2018. A partir du 15 juin 2017, l'intéressé a quitté le domicile familial situé à Aigle pour s’établir à Leysin.
Le 2 septembre 2019, les trois enfants ont été placés chez A._, puis C._ a quitté le logement de l'intéressé dans le courant du mois
d'avril 2020.
B.
Au moyen du "Questionnaire mensuel et déclaration de revenus", A._ a indiqué vivre seul jusqu'au mois d'août 2019 puis avec les trois enfants précités du mois de septembre 2019 au mois de mars 2020. Pour les mois d'avril et mai 2020, l'intéressé a indiqué que trois personnes vivaient dans son ménage, soit lui-même, D._ et E._.
Il ressort des différents décomptes que les versements effectués par le Centre social régional de Bex (ci-après: le CSR ou l'autorité concernée) du mois de mai 2017 au mois d'août 2019 l'ont été pour un ménage comportant une personne, le forfait mensuel s'élevant alors à 1'110 francs. A partir du mois d'avril 2019, des frais liés au droit de visite ont été ajoutés au total des dépenses budgetées pour l'intéressé. Suite à sa décision du 27 septembre 2019, le CSR a versé le RI d'août 2019 à mars 2020 pour un ménage constitué de quatre personnes, soit 2'375 fr. à titre de forfait. Le 27 avril 2020, le forfait RI a été réduit à 2'070 fr. pour les mois d'avril et mai 2020 suite au départ de C._.
C.
En novembre 2018, le CSR, qui avait des doutes sur l'indigence de A._, a diligenté une enquête au sujet de l'intéressé pour soupçons de dissimulation de ressources, de la domiciliation et d'éléments de fortune.
Il résulte du rapport d'enquête du 3 avril 2020, de ses annexes et des éléments au dossier, notamment ce qui suit:
-
L'intéressé a effectué différents virements bancaires en 2017 et en 2019 à destination de la Géorgie pour un montant total de 1'678.23 francs. Les montants envoyés en 2017 ont bénéficié à B._ tandis que ceux transférés en 2019 sont parvenus à F._ et G._.
-
Du 14 juin 2018 au 30 juillet 2018, l'intéressé a travaillé pour le compte de l'entreprise H._ et n'a pas annoncé cette activité au CSR. Il a perçu pour cette activité, un revenu net total de 4'450.75 francs.
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Entre le 31 décembre 2016 et le 26 février 2020, l'intéressé a proposé à la vente en ligne divers articles par le biais de la plateforme "********". Parmi ces articles figurent des habits et accessoires en cuir pour homme, de marque; des chaussures pour hommes, principalement de taille 43; des sacs pour femme ou homme, de marque; des habits pour femmes, notamment des vestes, de marque, parfois en cuir ou présentant de la fourrure véritable; des chaussures pour femmes neuves ou d'occasion, de marque, principalement de taille 38; du maquillage neuf ou d'occasion en quantité importante et de marque; des montres de marque neuves ou peu utilisées; des lunettes de soleil de marques diverses; une voiture de marque Alfa Romeo d'occasion ainsi que des accessoires pour voiture tels que des jantes en aluminium avec quatre pneus et des ampoules pour phares neufs; des téléphones portables dont notamment un Iphone 7 128 GB dans son emballage d'origine, un Iphone 6 64 GB d'occasion, un Iphone 5S 16 GB, un Iphone 6 64 GB neuf, un Iphone 5 SE 16 GB neuf, un LG k7 neuf, un Samsung J3 neuf, un Huawei P10 neuf; du matériel électronique et informatique (des chargeurs de batterie, des variateurs neufs, un disjoncteur, un distributeur de réseau 3G et 4G, des montres intelligentes de marque pour certaines encore dans leur emballage d'origine, des housses protectrices pour tablettes de marques diverses, un IPod, un IPad neuf, une tablette Samsung, un lecteur MP3, un babyphone, une télévision, des caméras de surveillance, une souris d'ordinateur Logitech non déballée, des détecteurs de mouvement, des consoles de jeux vidéo); des appareils électro-ménagers (des machines à café, des aspirateurs); du matériel audio, "hi-fi" et home cinéma neufs ou d'occasion; divers articles neufs et d'occasion de toutes sortes tels que plusieurs paires d'écouteurs sans fils, des jouets pour enfant, un set de couverts Sola complet et neuf, des couteaux suisses, des perceuses, des plafonniers et divers luminaires, un appareil photo, des fauteuils en cuir, des lampes frontales, un panneau solaire enroulable, etc.
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De plus, l'intéressé a également proposé sur cette plateforme ses services en tant qu'électricien à 100%. Ces services ont été sollicités comme l’atteste un courriel daté du 19 mai 2018 dans lequel A._ a répondu à une potentielle cliente qu'il devait d’abord examiner l’installation électrique existante de la propriété de celle-ci avant de lui soumettre un devis pour la révision qu’elle souhaitait réaliser. Il ressort également du dossier qu'en date du 4 juillet 2019, A._ a adressé un devis total de 2'335 fr. à un autre potentiel client pour des travaux d'électricité à effectuer sur la propriété de ce dernier.
-
La mère de A._ a vécu avec l’intéressé pour aider ce dernier à s'occuper de ses enfants.
D.
Il ressort du dossier de la cause que, le 3 avril 2019, le CSR avait imparti un délai au 15 avril 2019 à A._ pour se déterminer sur l'activité lucrative exercée du 14 juin au 30 juillet 2018 pour le compte de l'entreprise H._. Par courrier du 18 avril 2019, l'intéressé avait alors expliqué que, dès lors qu'il ne percevait pas assez d'argent de la part du CSR, il s'était retrouvé contraint de s'endetter notamment auprès d'un des administrateurs de la société précitée qui l'avait fait travailler pour le rembourser. Le 29 avril 2019, le CSR a en conséquence rendu une décision de sanction et de restitution à l'encontre de A._, réduisant son forfait de 15% pendant un mois et ordonnant la restitution de l'entier des prestations RI du mois de juillet 2018, soit un montant de 2'224.40 francs. Aucun recours n'a été déposé à l'encontre de cette décision qui est entrée en force.
E.
Le 26 mai 2020, le CSR a imparti un délai au 8 juin 2020 à A._ pour produire des justificatifs et explications quant aux moyens lui ayant permis d'effectuer des transactions financières en faveur de tiers et quant aux résultats des annonces qu'il avait publiées sur des sites en ligne. Cette lettre précisait que l'omission de signaler ces différents éléments pourrait avoir pour conséquence la perception indue des prestations du RI depuis le 15 mai 2017. L'intéressé était donc passible d'une sanction sous la forme d'une réduction de son forfait de 15 à 30 % pour une durée maximum de 12 mois. Il était également précisé que "
sans nouvelle de votre part dans le délai imparti, une décision sera prise sur la seule base des éléments en notre possession et nous pourrions être amenés à considérer que votre indigence n'est pas vérifiable et que la totalité des prestations RI versées jusqu'à ce jour doit être remboursée
." A._ n'a pas donné suite à ce courrier.
F.
Le 22 juin 2020, le CSR a rendu une décision de restitution de l'ensemble des sommes versées entre 2017 et 2020, soit un montant total de 103'318.10 fr., suivie, le 23 juin 2020, d'une décision de fin de droit au RI. Ces deux décisions étaient justifiées en substance par le fait que l'intéressé n'avait pas donné suite à la demande de renseignements du 26 mai 2020, de sorte que son indigence n'était plus vérifiable.
G.
Le 23 juillet 2020, A._, par l'intermédiaire de son avocat, a recouru contre les deux décisions précitées devant la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). Dans son recours, A._ a expliqué que les versements effectués en 2017, à l'attention de B._, étaient destinés à leurs enfants qui passaient des vacances en Géorgie et que ceux de 2019 avaient été faits pour le compte de son beau-frère, I._. A l'appui de ces allégations, A._ a produit une lettre manuscrite signée par I._ et datée du 20 juillet 2020 dans laquelle ce dernier confirme les dires de l'intéressé. A._ a également relevé qu'il avait déjà fait l'objet d'une sanction pour l'activité lucrative déployée auprès de l'entreprise H._. Quant aux articles mis en vente sur une plateforme en ligne, il a expliqué qu'une grande partie de ces objets a été proposée sur le site avant qu'il ne soit bénéficiaire du RI. Il a encore précisé que les articles pour femmes et enfants étaient mis à la vente pour le compte de B._ et que le matériel "hi-fi" mis en vente était lié à un investissement de sa mère et de sa soeur; qu'il procédait uniquement à la réparation et à la vente des articles pour le compte de tiers, et que l'entier des bénéfices ainsi perçus, qui selon lui ne dépassaient pas 200 à 300 fr. par mois, avait été reversé à sa mère. A._ a produit à cet égard deux lettres. L'une, datée du 19 juillet 2020, dans laquelle J._, la soeur de l'intéressé, a expliqué avoir prêté à son frère une somme de 1'350 euros en mars 2019. L'autre, datée du 20 juillet 2020, dans laquelle, K._, la mère de l'intéressé, a indiqué vivre chez son fils depuis une année environ et a expliqué lui avoir prêté une somme de 600 fr. au mois de juin 2019 pour qu'il achète du matériel, le répare et le revende; les fruits de la revente permettaient à celle-ci d'obtenir son unique revenu, se situant entre 200 fr. et 300 fr. par mois. A._ contestait ainsi tout indû et concluait à l'absence de restitution des prestations reçues et au maintien de son droit au RI. Il a requis l'octroi de l'assistance judiciaire.
H.
Le 5 octobre 2020, la DGCS a rejeté la demande d'assistance judiciaire. Elle a très partiellement admis le recours contre la décision de restitution du 22 juin 2020 afin de tenir compte de la décision de l'autorité concernée rendue le 29 avril 2019 et devenue exécutoire, ramenant le montant de l'indu à 101'093.70 francs. Elle a rejeté le recours contre la décision de fin de droit du 23 juin 2020 qu'elle a confirmée.
L'autorité intimée a estimé en substance qu'en tant que la procédure relevait essentiellement de l'établissement de faits et ne présentait pas de difficultés juridiques particulières, le recourant était en mesure de satisfaire seul à la défense de ses droits et que, partant, l’intervention d’un avocat n’était pas nécessaire. Sur le fond, elle a considéré que A._ ne s'était pas déterminé sur le rapport d'enquête du 3 avril 2020, avait violé son obligation de renseigner et de collaborer et que ce comportement fautif justifiait les décisions prises à son encontre par le CSR qui n'était plus dans la possibilité de vérifier son indigence. Dans le cadre de l'examen des faits reprochés, la DGCS a retenu qu'il était suspect que le recourant parvienne à transférer un montant total de 1'678.23 fr. en Géorgie, en partie en 2017 et en partie en 2019, alors qu'il bénéficiait d'une aide limitée à la subsistance de son propre entretien. En ajoutant à ce qui précède les autres éléments dissimulés par A._ - à savoir les prêts qui lui ont été octroyés, le partage de son appartement avec sa mère, le commerce de grande ampleur sur internet auquel il s'adonnait et qui laissait présumer une fortune ou des ressources non annoncées au CSR -, l'autorité intimée est arrivée à la conclusion que la situation du recourant était suffisamment opaque pour justifier de supprimer son droit au RI et de lui réclamer le remboursement de l'entier des prestations perçues.
I.
Le 5 novembre 2020, A._, par l'intermédiaire de son avocat, a recouru contre la décision précitée auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) en concluant, avec suite de frais et dépens,
à sa réforme en ce sens que la demande d’assistance judiciaire soit admise, qu'il soit constaté qu'il n'a pas perçu indûment de revenu et qu’il n'est pas tenu de restituer les prestations reçues au titre de RI. Il a requis le bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure de recours
. En substance, il estime qu'en application notamment du principe de la bonne foi, il n'était pas possible de considérer qu'il aurait refusé de collaborer et que différents motifs justifiaient la réforme des décisions de suppression et de restitution dont il a fait l'objet. Au sujet de la demande de renseignements du CSR, du 26 mai 2020, lui demandant de s'expliquer suite aux éléments révélés par le rapport d'enquête, A._ allègue qu'en raison d'éléments typographiques contenus dans ledit courrier, il n'aurait pas été en mesure d'apprécier les conséquences d'une absence de réponse de sa part, pensant que cette lettre se limitait à l'avertir d'une sanction sous forme de réduction de son droit au RI. Concernant les articles proposés à la vente en ligne, il explique que certains d'entre eux correspondraient à des annonces de vente qu'il trouvait sur internet et qu'il reprenait avec une majoration du prix, de sorte que les objets proposés ne lui appartenaient pas et que la plupart n'auraient jamais été vendus par lui ou pour le compte de tiers, à savoir sa mère ou sa soeur. Il a encore précisé que certains biens avaient été acquis par lui avant qu'il ne soit mis au bénéfice du RI et qu'il avait cherché à les vendre pour son propre compte. A._ considère encore que cette démarche était rendue nécessaire par le fait que, pendant plusieurs mois, son forfait d'entretien ne couvrait pas l'entier de son loyer et qu'il avait ainsi cherché à survivre. Il estime aussi que les devis proposés pour des travaux d'électricité ne confirment aucunement qu'il aurait effectué lesdits travaux et il conteste les avoir réalisés. Il concluait que, n'ayant pas perçu de montant de manière indue et le CSR ne démontrant pas le contraire, les décisions de l’autorité concernée, confirmées par la décision du DGCS, étaient abusives et le mettaient dans une situation financière extrêmement difficile.
Le 17 novembre 2020, le CSR a indiqué que, faute de pouvoir contrôler l'indigence du recourant, les décisions de restitution et de fin d'aide étaient conformes et que la décision de la DGCS du 5 octobre 2020 devait être confirmée.
Le 26 novembre 2020, l'autorité intimée a conclu au rejet du recours.
Par décision du 27 novembre 2020, le recourant a été mis au bénéfice de l’assistance judiciaire.
Le Tribunal a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l'art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), le
recours
est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l'art. 79 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
Le recourant critique tout d'abord la décision attaquée en tant qu’elle lui a refusé l’octroi de l’assistance judiciaire durant la procédure de recours devant l’autorité intimée. Seule doit être examinée la question de la désignation d'un avocat d'office, dès lors que la décision contestée a été rendue sans frais.
a) Selon l'art. 29 al. 3 Cst., toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes a droit, à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de succès, à l'assistance judiciaire gratuite. Elle a en outre droit à l'assistance gratuite d'un défenseur, dans la mesure où la sauvegarde de ses droits le requiert. L'art. 18 al. 1 LPA-VD prévoit que l'assistance judiciaire est accordée, sur requête, à toute partie à la procédure dont les ressources ne suffisent pas à subvenir aux frais de procédure sans la priver du nécessaire, elle et sa famille et dont les prétentions ou les moyens de défense ne sont pas manifestement mal fondés. Selon l'art. 18 al. 2 LPA-VD, si les circonstances de la cause le justifient, l'autorité peut désigner un avocat d'office pour assister la partie au bénéfice de l'assistance judiciaire.
Aux termes de l’art. 18 al. 3 LPA-VD, les autorités administratives sont compétentes pour octroyer l'assistance judiciaire pour les procédures qu'elles mènent.
L'octroi de l'assistance judiciaire est ainsi soumis à trois conditions cumulatives, à savoir l'indigence du requérant, la nécessité de l'assistance, respectivement celle de la désignation d'un avocat et les chances de succès de la démarche entreprise (Bernard Corboz, Le droit constitutionnel à l'assistance judiciaire,
in
: SJ 2003 II p. 66-89, ch. 7 let. a p. 75; arrêts CDAP GE.2014.0036 du 25 juin 2014; GE.2013.0186 du 12 décembre 2013).
En ce qui concerne la nécessité de l'assistance, il se justifie en principe de désigner un avocat d’office à l’indigent lorsque l’affaire présente des difficultés en fait et en droit que l’intéressé ne peut surmonter seul (ATF 130 I 180 consid. 2.2; GE.2012.0032 du 6 juin 2012, consid. 2c). Le point décisif est toujours de savoir si la désignation d'un avocat d'office est objectivement nécessaire dans le cas d'espèce. A cet égard, il faut tenir compte des circonstances concrètes de l'affaire, de la complexité des questions de fait et de droit, des particularités que présentent les règles de procédure applicables, des connaissances juridiques du requérant ou de son représentant, du fait que la partie adverse est assistée d'un avocat et de la portée qu'a pour le requérant la décision à prendre, avec une certaine réserve lorsque sont en cause principalement ses intérêts financiers (ATF 123 I 145 consid. 2b/cc p. 147; 122 I 49 consid. 2c/bb p. 51 s.; 118 Ia 264 consid. 3b p. 265 s.). A cela s’ajoute que, dans le domaine de l'aide sociale, où il s'agit généralement de prendre en considération avant tout des situations personnelles, la nécessité de désigner un avocat d'office doit être examinée avec retenue (TF 8C_376/2014 du 14 août 2014 consid. 4.2.1; 8C_292/2012 du 19 juillet 2012 consid. 8.2 et 8.6; 8C_778/2008 du 12 décembre 2008 consid. 3.2.2).
b) En l’occurrence, l’autorité intimée a nié que la condition de la nécessité soit remplie, estimant que la procédure ouverte devant elle sur recours ne présentait pas de complexité particulière, au point qu’il s’imposât le concours d'un avocat. Suite à l'enquête dirigée contre le recourant, l’autorité concernée a demandé à ce dernier des explications et des justificatifs afin de vérifier son indigence. Le litige repose ainsi pour l’essentiel sur des questions de fait. Compte tenu de son pouvoir d'appréciation (
cf
. la formulation potestative de l'art. 18 al. 2 en relation avec l'al. 3 LPA-VD, ainsi que la jurisprudence précitée du Tribunal fédéral), l'autorité intimée pouvait donc considérer que le litige, comme il se présentait devant elle, n'était pas d'une complexité telle qu'il imposait le concours d'un avocat. Elle pouvait exiger du recourant, sous l'angle purement factuel, qu'il satisfasse seul à son obligation de fournir des renseignements complets, tant sur sa situation personnelle que sur sa situation financière qu'il était le mieux à même de connaître.
Sur le plan juridique, la cause n'apparaît pas non plus poser de grandes difficultés du moment que le litige portait exclusivement sur le devoir de collaborer du recourant et l'établissement de son indigence.
c) Ainsi, l’appréciation de l'autorité intimée estimant que les conditions d’octroi de l’assistance judiciaire n’étaient pas réalisées devant elle peut être confirmée. Au demeurant, si le recourant a été mis au bénéfice de l'assistance judiciaire dans le cadre de la présente procédure, c'est essentiellement en raison de son incarcération au moment du dépôt de son recours, justifiant une assistance légale en raison de cette circonstance particulière.
3.
Le litige porte sur la suppression du droit au RI du recourant dès le 31 mai 2020 et au remboursement des prestations perçues, aux motifs qu'il n'a pas renseigné de manière complète l’autorité concernée sur sa situation financière ainsi que sur la composition de son ménage et que son indigence ne pouvait être établie.
a) La loi sur l'action sociale vaudoise du 2 décembre 2003 (LASV; BLV 850.051) a pour but de venir en aide aux personnes ayant des difficultés sociales ou dépourvues des moyens nécessaires à la satisfaction de leurs besoins indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine (art. 1 al. 1 LASV).
Elle règle l'action sociale cantonale, qui inclut notamment le revenu d'insertion (art. 1 al. 2 LASV)
. L'aide financière aux personnes est subsidiaire à l'entretien prodigué par la famille à ses membres, aux prestations des assurances sociales et aux autres prestations sociales, fédérales, cantonales, communales ou privées; elle peut, le cas échéant, être accordée en complément de revenu ou à titre d'avance sur prestations sociales (art. 3 al. 1 LASV).
b) Le revenu d'insertion comprend une prestation financière et peut, cas échéant, également comprendre des prestations sous forme de mesures d'insertion sociale ou professionnelle (art. 27 LASV). Cette prestation financière est composée d'un montant forfaitaire et d'un supplément correspondant au loyer effectif, dans les limites fixées par le règlement du 26 octobre 2005 d'application de la LASV (RLASV; BLV 850.051.1); elle est accordée dans les limites d'un barème établi par le RLASV, après déduction des ressources du requérant, de son conjoint ou partenaire enregistré ou de la personne qui mène de fait une vie de couple avec lui et de ses enfants à charge (art. 31 al. 1 et 2 LASV). Elle est accordée à toute personne qui se trouve dépourvue des moyens nécessaires pour satisfaire les besoins vitaux et d'autres besoins personnels spécifiques importants (art. 34 LASV). La prestation financière, dont l'importance et la durée dépendent de la situation particulière du bénéficiaire, est versée complètement ou en complément de revenus ou encore à titre d'avance remboursable sur des prestations d'assurances sociales ou privées et d'avances sur pensions alimentaires (art. 36 LASV).
c) Selon l'art. 38 LASV, la personne qui sollicite une prestation financière ou qui en bénéficie déjà fournit des renseignements complets sur sa situation personnelle et financière (al. 1); elle signale sans retard tout changement de sa situation pouvant entraîner la réduction ou la suppression de ladite prestation (al. 4). L'art. 38 LASV pose l'obligation pour le requérant de collaborer à l'établissement des faits propres à rendre au moins vraisemblable le besoin d'aide qu'il fait valoir. Il n'appartient pas, en effet, à l'autorité d'application de l'aide sociale d'établir un tel besoin d'aide (cf. arrêt TF 2P.16/2006 du 1
er
juin 2006 consid. 4.1), et le fardeau de la preuve incombe au requérant, conformément à la règle générale de l'art. 8 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC; RS 210). L'art. 40 LASV prévoit que la personne au bénéfice d'une aide doit collaborer avec l'autorité d'application.
On relève à cet égard que si la procédure administrative fait prévaloir la maxime inquisitoire, impliquant que l'autorité doit se fonder sur des faits réels qu'elle est tenue de rechercher d'office (cf. art. 28 al. 1 LPA-VD), ce principe n'est pas absolu. En particulier, lorsqu'il adresse une demande à l'autorité dans son propre intérêt, l'administré, libre de la présenter ou d'y renoncer, doit la motiver; il doit également apporter les éléments établissant l'intensité de son besoin, ainsi que son concours à l'établissement de faits ayant trait à sa situation personnelle, qu'il est mieux à même de connaître (art. 30 al. 1 LPA-VD). La sanction pour un tel défaut de collaboration consiste en ce que l'autorité statue en l'état du dossier constitué (art. 30 al. 2 LPA-VD), considérant que le fait en cause n'a pas été prouvé (Pierre Moor, Droit administratif, vol. II, 3
e
éd., Berne 2011, ch. 2.2.6.3 p. 294 s). Dans ce cadre, l'autorité sera le cas échéant amenée à considérer que l'intéressé n'a pas prouvé qu'il était dépourvu des moyens nécessaires pour satisfaire ses besoins vitaux et à prononcer une décision de suspension ou de suppression des prestations (PS.2017.0104 du 8 octobre 2018 consid. 2cc; PS.2014.0026 du 5 juin 2015 consid. 1b; PS.2014.0009 du 12 mai 2015 consid. 2b; PS.2013.0095 du 25 avril 2014 consid. 2a et les références citées).
d) Quant à l'art. 45 LASV, il dispose que la violation par le bénéficiaire des obligations liées à l'octroi de prestations financières, intentionnelle ou par négligence, peut donner lieu à une réduction, voire à la suppression de l'aide. Cette disposition est précisée notamment par les art. 42 et 43 RLASV, dont la teneur est la suivante:
Art. 42 – Conditions (Art. 45 LASV)
"1
L'autorité d'application peut réduire, voire supprimer le RI lorsque le bénéficiaire dissimule l'exercice d'activités lucratives, ne signale pas des éléments de revenu ou de fortune qui dépassent les limites permettant de bénéficier du RI, ou qui modifient le montant des prestations allouées; elle peut également réduire le RI lorsque le bénéficiaire l'affecte à d'autres fins que celles prévues par la loi, notamment s'il ne s'acquitte pas du loyer avec le montant versé à cet effet ou s'il ne signale pas l'éventuel remboursement des charges locatives payées en trop par acompte.
2
Les sanctions pénales sont réservées."
Art. 43 – Obligation de renseigner (Art. 38 LASV)
"Après un avertissement écrit et motivé, l'autorité d'application peut réduire, cas échéant supprimer le RI, lorsque le bénéficiaire omet, refuse de fournir ou tarde à remettre les renseignements ou documents demandés dans le délai imparti."
e) Les prestations de l'aide sociale sont en principe non remboursables (art. 60 de la Constitution du Canton de Vaud du 14 avril 2003 [Cst-VD; RSV 101.01]). Elles peuvent néanmoins donner lieu à restitution aux conditions fixées par les art. 41 à 44 LASV. En particulier la personne qui, dès sa majorité, a obtenu des prestations du RI, y compris les frais particuliers ou aides exceptionnelles, est tenue au remboursement notamment lorsqu'elle les a obtenues indûment; le bénéficiaire de bonne foi n'est tenu à restitution, totale ou partielle, que dans la mesure où il n'est pas mis de ce fait dans une situation difficile (art. 41 al. 1 let. a LASV).
4.
La décision attaquée retient un défaut de collaboration du recourant, en violation notamment de son devoir de collaborer au sens de l'art. 40 LASV.
Le recourant conteste cette appréciation et se prévaut tout d'abord de sa bonne foi dans sa compréhension de la demande de renseignements que l'autorité concernée lui a adressée le 26 mai 2020. Il estime que, étant donné que le passage du texte prévoyant une diminution de son revenu d'insertion de 15% à 30% était souligné et que celui le menaçant de restitution en cas d'absence de réponse de sa part ne l'était pas, il était fondé à croire, de bonne foi, qu'il s'exposait uniquement à une réduction de son RI s'il ne répondait pas à cette demande et qu'il n'était par conséquent pas possible de considérer qu'il aurait refusé de collaborer. Cet argument ne résiste pas à l'examen. D'une part, nonobstant la mise en évidence d'une possible sanction, cette lettre précisait au préalable que l'omission de signaler ces différents éléments pourrait avoir pour conséquence la perception indue des prestations du RI depuis le 15 mai 2017. Il était également indiqué expressément que "
sans nouvelle de votre part dans le délai imparti, une décision sera prise sur la seule base des éléments en notre possession et nous pourrions être amenés à considérer que votre indigence n'est pas vérifiable et que la totalité des prestations RI versées jusqu'à ce jour doit être remboursée"
. Ces termes ne souffrent d'aucune ambiguïté, de sorte que le recourant ne pouvait ignorer les conséquences auxquelles il s'exposait en ne donnant pas suite à la demande de renseignements du 26 mai 2020. A cela s'ajoute que le devoir de collaborer du recourant existait indépendamment des mesures de sanctions auxquelles il s'exposait en refusant de l'accomplir. Le recourant ne peut ainsi se prévaloir de sa bonne foi après avoir délibérément refusé de donner suite au courrier du CSR et donc de collaborer. C'est partant à juste titre que l'autorité concernée, puis l'autorité intimée ont retenu du défaut de collaboration du recourant, en violation en particulier de l'art. 40 LASV.
5.
Reste à déterminer si les explications fournies en cours de procédure permettent de pallier ce manque de collaborer.
a) Le recourant affirme notamment qu'il n'avait pas à indiquer la provenance de l'argent envoyé en Géorgie en 2017 et en 2019 car cette information ne lui aurait jamais été demandée. Or, en exigeant dans son courrier du 26 mai 2020 des "
justifications et explications relatives aux moyens qui
[
lui
]
ont permis d'envoyer de l'argent via RIA International avec le seul recours du RI
", c'est précisément ce que l'autorité concernée a demandé au recourant. Par conséquent, étant donné qu’il n'a jamais fourni d'explication à cet égard, c'est à juste titre que les autorités concernée et intimée ont déduit que la capacité du recourant à verser un montant total de 1'678.23 fr. en Géorgie, soit en 2017 et 2019 alors que celui-ci bénéficiait d'une aide limitée à la subsistance de son propre entretien, laissait présumer une fortune ou des ressources non annoncées.
b) S'agissant ensuite des activités commerciales sur internet, il ressort du rapport d'enquête que, depuis la création de son compte sur la plateforme de vente en ligne "********" le 31 décembre 2016, le recourant a proposé une centaine d'objets entre cette date et le mois de juillet 2017. Puis, entre le 24 juillet 2017 - date de la décision d'octroi du RI avec effet à partir du 15 mai 2017 - et le mois de février 2020, le recourant a proposé à la vente environ 190 objets, pour un montant total, en retenant les prix de vente indiqués les plus bas, de plus de 35'000 francs. C'est partant à juste titre que l'autorité intimée a retenu que le recourant a poursuivi cette activité alors qu'il bénéficiait du RI.
aa) Pour justifier la provenance d'une partie des articles mis en vente sur internet, le recourant indique avoir reçu 1'350 euros de la part de sa soeur, au mois de mars 2019, et 600 fr. de la part de sa mère, au mois de juin 2019, et que ces prêts servaient à l'achats d'objets qu'il réparait, parfois, et qu'il revendait ensuite pour le compte de ces dernières. A cet égard, la mère du recourant explique lui avoir prêté la somme en question dans le but indiqué par celui-ci, tandis que sa soeur se contente de mentionner que les 1'350 euros transmis l'ont été à titre de prêt.
En l'occurrence
, le recourant ne conteste pas avoir reçu ces deux montants qu'il n'a pas déclarés au CSR, alors même qu'il était, en vertu de son devoir de collaboration, tenu de le faire.
En principe,
les prêts doivent être considérés comme des ressources soumises à déduction au sens de l'art. 26 al. 1
RLASV.
Peu importe qu'un prêt ne soit pas à proprement parler un revenu et que son obtention n'enrichisse pas le requérant, puisqu'il doit le rembourser et a ainsi une dette du même montant que le prêt obtenu. Ce qui est en l'occurrence déterminant est le versement d'un montant et non la constitution d'une dette. Sous l'angle du principe de subsidiarité qui régit l'aide sociale, il est cohérent de prendre en considération les prêts dans les ressources des bénéficiaires (PS.2017.0025 du 7 février 2018 consid. 1b et 1c; PS.2017.0065 du 7 décembre 2017 consid. 2b/aa; PS.2017.0006 du 21 juin 2017 consid. 3b; PS.2016.0013 du 31 janvier 2017 consid. 3e/bb). Le recourant n'allègue au demeurant pas qu'il s'agirait ici de d
ons de proches qui ne font pas partie des ressources soumises à déduction, jusqu'à concurrence d'un montant de 1'200 fr. par année civile (art. 27 al. 1 let. c RLASV).
Par conséquent, le recourant a d'emblée manqué à son obligation de collaborer en n'annonçant pas ces deux montants.
bb) Pour le reste, le recourant s'est limité à indiquer la provenance de certaines catégories d'objets (articles pour femmes et enfants, matériel "hi-fi" et électronique, articles proposés par d'autres vendeurs) et à expliquer qu'il procédait à la vente de ces différents articles, parfois après avoir effectué quelques réparations sur certains d'entre eux, uniquement pour le compte de tiers. Il a néanmoins fait savoir qu'il avait également procédé, pour son propre compte, à la vente de certains biens qui lui appartenaient.
Tout d'abord, le recourant n'apporte aucun justificatif à l'appui de ses allégations permettant d'établir la vraisemblance de ses propos. En effet, aucune quittance, aucune attestation, aucun récépissé relatif aux achats, aux ventes, aux restitutions d'objets, aux montants reçus, conservés ou transférés, ni aucune comptabilité ou autre élément probant de cette nature n'a été produit. Ensuite, force est de constater que les explications du recourant consistent essentiellement en des affirmations que les éléments de son dossier, voire même parfois ses propres déclarations, font apparaître comme peu convaincantes. Si l'on se fonde sur les explications du recourant, les prêts de sa mère et de sa soeur lui auraient permis de se procurer, respectivement de réparer puis mettre en vente des articles "hi-fi" et électroniques dont il dit lui-même que certains étaient des biens onéreux et de haute qualité. Ces ventes auraient au plus assuré un revenu à sa mère de l'ordre de 200 à 300 fr. par mois. On ne voit toutefois pas comment les faibles montants reçus de sa mère et de sa soeur auraient pu couvrir l'ensemble de telles acquisitions et reventes. Cette allégation est ainsi insuffisamment étayée et peu crédible. A cela s'ajoute la mise en ligne d'un nombre important d'objets pour lesquels le recourant n'explique ni la provenance ni le sort. Ce dernier reconnaît toutefois avoir vendu quelques biens propres, sans toutefois préciser lesquels ni pour quels montants. Il est ainsi impossible, faute d'explications et de justificatifs, d'établir les éventuels revenus obtenus par le recourant, que ce soit pour son propre compte ou pour celui de tiers. Au vu de l'ampleur des annonces effectuées, l'autorité intimée était en conséquence fondée à retenir l'exercice d'une activité commerciale en ligne d'une certaine ampleur, de nature à mettre en doute le droit au RI du recourant.
A cela s'ajoutent les offres de services en tant qu'électricien mis en ligne et pour lesquelles il est établi que le recourant a reçu des demandes et fourni des devis. Le recourant allègue certes qu'il n'est pas démontré qu'il aurait réalisé ces travaux. Il lui appartenait en revanche d'étayer cette allégation en produisant d'éventuels justificatifs démontrant le refus des personnes ayant répondu aux annonces de donner suite à de tels devis. Il ne s'agit pas ici d'un fait négatif dont la preuve ne pourrait être exigée du recourant. Il apparaît plutôt que si des indices importants rendent vraisemblable l'existence d'une activité lucrative, comme cela est le cas en l'espèce, l'autorité peut légitimement exiger de l'intéressé qu'il apporte la preuve de son caractère non lucratif (PS.2016.0027 du 24 juin 2016 consid. 4a). Un défaut de collaboration doit donc également lui être reproché à cet égard, étant rappelé que, le 29 avril 2019, le recourant avait déjà fait l'objet d'une décision de restitution pour dissimulation d'une activité lucrative. C'est dire qu'il ne pouvait ignorer ses obligations en la matière.
A la lumière de ces éléments, l'autorité concernée, puis l'autorité intimée étaient fondées à retenir l'existence d'activités commerciales de nature à procurer des revenus considérables au recourant lui-même. Par conséquent c'est à juste titre que la situation financière du recourant a été qualifiée d'opaque et de nature à rendre impossible la vérification de l'indigence du recourant qui, en l'état, a été niée.
C'est partant à juste titre qu'il a été mis fin à l'aide versée au recourant, conformément aux art. 40 et 45 LASV. La décision attaquée doit être confirmée en tant qu'elle confirme la suppression du droit au RI du recourant.
6.
Reste encore à déterminer dans quelle mesure le recourant est tenu à restitution des montants reçus au titre du revenu d'insertion entre 2017 et 2020.
La décision attaquée a légèrement réduit le montant total réclamé par le CSR dans sa décision du 22 juin 2020, dès lors qu'une décision antérieure de restitution, en relation avec son activité lucrative non annoncée, de juin à juillet 2018, avait été rendue et exécutée. L'autorité intimée a en conséquence réduit le montant à restituer à 101'093.70 francs.
a) Comme on vient de le voir, le recourant doit se voir reprocher une violation grave de ses obligations de collaboration en omettant en particulier d'informer les autorités d'application de l'aide sociale de ses activités lucratives exercées pendant qu'il était au bénéfice du revenu d'insertion (art. 40 LASV). Un tel comportement exclut d'emblée sa bonne foi. Il est dans un tel cas tenu à restitution (art. 41 LASV). Reste à déterminer l'étendue de la restitution.
b) Le recourant allègue n'avoir pas perçu de bénéfices résultant de ses activités de commerce en ligne. Il reconnaît toutefois avoir procuré un revenu mensuel de l'ordre de 200 à 300 fr. à sa mère qui vivait avec lui. Or la présence de cette dernière dans son ménage depuis l'été 2019 était de nature à entraîner des conséquences quant au calcul de son forfait. En effet, selon l'art. 28 al. 1 RLASV, lorsqu'un ménage bénéficiant du RI vit avec une ou plusieurs personnes non à charge, la prestation financière du RI est réduite en tenant compte d'une contribution de cette ou de ces personnes aux frais. Ce revenu était partant susceptible de modifier son droit au RI. A cela s'ajoutent les éventuels bénéfices tirés des autres activités commerciales pour compte propre, respectivement l'activité professionnelle exercée par le recourant (cf. ses offres de services en ligne). Comme on l'a vu ci-dessus, l'autorité intimée était fondée à retenir l'existence d'activités commerciales, voire professionnelles de nature à procurer des revenus considérables au recourant. A défaut de précisions détaillées du recourant à cet égard, son allégation quant à l'absence de revenus n'est pas crédible et c'est partant à juste titre que l'autorité intimée a retenu un devoir de restitution de l'ensemble des prestations versées au recourant entre 2017 et 2020, sous déduction du montant déjà remboursé selon décision de restitution du 29 avril 2019. Le montant à restituer n'est d'ailleurs pas contesté et il n'apparaît pas non plus, au vu du dossier, qu'il serait inexact. Cette décision est conforme à la loi et proportionnée. Vu l'absence de bonne foi du recourant, il n'y a pas lieu d'examiner si et dans quelle mesure il serait mis de ce fait dans une situation financière difficile (art. 41 let. a LASV). La décision attaquée, en tant qu'elle confirme le devoir de restitution du recourant, doit en conséquence être confirmée.
7.
a) Au vu des considérants qui précèdent, le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. Il est statué sans frais (art. 4 al. 3 TFJDA). Compte tenu de l'issue du litige, il n'y a pas lieu d'allouer d'indemnité à titre de dépens (art. 55 al. 1,
91 et 99 LPA-VD
).
b) Le recourant a été mis au bénéfice de l'assistance judiciaire
pour la procédure devant la Cour de céans
par décision du 27 novembre 2020.
L'avocat qui procède au bénéfice de l'assistance judiciaire dans le canton de Vaud peut prétendre à un tarif horaire de 180 fr. (art. 2 al. 1 let. a du règlement vaudois du 7 décembre 2010 sur l'assistance judiciaire en matière civile [RAJ; BLV 211.02.3], applicable par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD) et aux débours figurant sur la liste des opérations et débours (art. 3 al. 1 RAJ).
En l'occurrence, l'indemnité de Me Lauris Loat peut être arrêtée, compte tenu de la liste des opérations produite, à 1'458.80 fr., arrondi à 1'459 fr., soit 1’290 fr. d'honoraires (7h08 arrondi à 7h10 x 180 fr.), 64.50 fr. de débours et 104.29 fr. de TVA (7.7%).
L'indemnité du conseil d'office est supportée provisoirement par le canton (cf. art. 122 al. 1 let. a du code de procédure civile du 19 décembre 2008 – CPC; RS 272 – , applicable par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD), le recourant étant rendu attentif au fait qu'il est tenu de rembourser les montants ainsi avancés dès qu'il sera en mesure de le faire (art. 123 al. 1 CPC, applicable par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD). Il incombe au Service juridique et législatif de fixer les modalités de ce remboursement (art. 5 RAJ).