# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d7ee60c4-3871-5e38-891b-ac0d0f4aa2a5
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Madame et Monsieur N_ (ci-après : les contribuables) sont domiciliés à Genève. Ils étaient parents de trois enfants mineurs en 2010.![endif]>![if>
2) M. N_ (ci-après : le contribuable) est fonctionnaire au département de l’instruction publique, de la culture et du sport (ci-après : DIP). Il exerce la fonction d’enseignant en géographie, histoire, français et éducation citoyenne au collège X_. Durant l’année 2010, sa charge d’enseignement a oscillé entre 14 et 18 périodes d’enseignement de quarante-cinq minutes par semaine pour un taux d’activité de 80 %.![endif]>![if>
3) Dans leur déclaration fiscale 2010, les époux N_ ont fait valoir, sous code 31.63, des frais professionnels exposés par le contribuable d’un montant total de CHF 7’119.-. Cette somme était composée de cotisations syndicales pour CHF 786.-, de CHF 333.- pour l’amortissement sur trois ans d’un ordinateur portable acheté CHF 999.- en novembre 2010 et de CHF 6'000.- pour l’affectation professionnelle, dans l’appartement familial, d’un bureau de 7 m
2
destiné à M. N_ (loyer total annuel de l'appartement : CHF 30'000.-).![endif]>![if>
Sous position 31.60 (frais de repas) et 31.70 (frais de déplacement, transports publics), les contribuables ont demandé d’autres déductions qui ne sont plus litigieuses.
4) Par bordereau de taxation du 5 septembre 2011, l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) a fixé l’impôt cantonal et communal (ci-après : ICC) 2010 dû par les contribuables à CHF 11'887,75 sur la base d’un revenu imposable de CHF 92'619.-.![endif]>![if>
Parmi les déductions figurant sous point 31.63 (frais professionnel), seules les cotisations syndicales étaient admises, à concurrence de CHF 766.-.
5) Le 30 septembre 2011, les contribuables ont formé réclamation contre ce bordereau.![endif]>![if>
La somme des cotisations syndicales s’élevait à CHF 786.- et non à CHF 766.-. La déduction forfaitaire de CHF 900.- pour les enseignants aurait dû être prise en compte, de même que les frais effectifs exposés (amortissement de l’ordinateur et frais de location du bureau).
6) Par décision du 2 novembre 2011, l’AFC a admis partiellement ladite réclamation et établi un bordereau rectificatif fixant l’ICC 2010 à CHF 11'640,70 sur la base d’un revenu imposable de CHF 91'699.-.![endif]>![if>
Elle avait pris en compte la déduction forfaitaire de CHF 900.- accordée aux enseignants ainsi que l’intégralité des cotisations syndicales. Les autres frais professionnels n’étaient pas admis car l’usage de l’ordinateur et du bureau litigieux n’était pas exclusivement professionnels.
7) Par acte du 5 décembre 2011, les contribuables ont saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d’un recours contre la décision précitée en persistant dans leur demande de déduction de CHF 7'119.- à titre de frais professionnels. ![endif]>![if>
8) Ce recours a été rejeté par le TAPI par jugement du 22 janvier 2013.![endif]>![if>
Le contribuable disposait, sur son lieu de travail, d’une infrastructure informatique suffisante pour effectuer des tâches accessoires à ses heures d’enseignement proprement dites. L’utilisation d’un ordinateur personnel et le choix de travailler à domicile n’étaient pas commandés par une nécessité, mais relevaient de la convenance personnelle.
Certes, la surface d’étagères mise à disposition par le DIP aux enseignants dans les salles des maîtres apparaissait insuffisante. Rien n’obligeait cependant le contribuable à affecter une pièce entière de son logement à cette fin, quelques rayonnages ayant suffi à pallier ce manque.
9) Les contribuables ont recouru contre ce jugement auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) par acte du 4 mars 2013 en concluant à son annulation et à ce que la déduction de CHF 7'119.- sollicitée leur soit accordée dans son intégralité.![endif]>![if>
Cette demande se fondait sur les art. 9 de la loi fédérale sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes du 14 décembre 1990 (LHID -
RS 642.14
) et 29 let. a de la loi sur l'imposition des personnes physiques du 27 septembre 2009 (LIPP -
D 3 08
), ainsi que sur l’ordonnance fédérale sur la déduction des frais professionnels des personnes exerçant une activité lucrative dépendante en matière d’impôt fédéral direct, du 10 février 1993 (ci-après : ordonnance sur les frais professionnels -
RS 642.118.1
) dont les principes s’appliquaient
mutatis mutandis
à l’ICC. Selon cette dernière, étaient réputés autres frais professionnels pouvant faire l’objet d’une déduction forfaitaire, les dépenses indispensables à l’exercice de la profession, soit l’outillage professionnel (y compris le matériel informatique et les logiciels), les ouvrages professionnels, l’utilisation d’une chambre de travail privée, les vêtements professionnels, l’usure exceptionnelle des chaussures et des vêtements, l’exécution de travaux pénibles, etc.
Les infrastructures mises à disposition des enseignants pour effectuer leur travail étaient insuffisantes. En effet, le collège X_ était équipé de quarante-quatre places de travail pour quatre-vingt enseignants, employés à temps plein ou à temps partiel. Sur ces quarante-quatre places, quatorze seulement étaient équipées d’un ordinateur. L’établissement disposait en outre de quatre scanners, permettant la numérisation de documents, dont trois étaient des photocopieuses multifonctions très sollicitées. Aux fins de stockage, seul un casier pouvant contenir environ huit classeurs était attribué à chaque enseignant. Les salles de classe étant équipées d’un ordinateur fixe et d'un beamer, les documents projetés en classe devaient être nécessairement préalablement numérisés. Enfin, l’accès à l’établissement n’était possible qu’entre 7h00 et 19h00 du lundi au jeudi et entre 7h00 et 18h00 le vendredi à l’exclusion des week-ends et des vacances scolaires.
Ces conditions ne permettaient pas aux enseignants d’effectuer l’intégralité de leurs tâches sur leur lieu de travail. Dans son bureau, le contribuable stockait un nombre important de documents dont la plupart n’auraient pu trouver place dans le casier qui lui était affecté. La possession d’un ordinateur portable était indispensable à l’exercice de sa profession. Il lui était d’ailleurs demandé de l’apporter en diverses occasions (réunions professionnelles, etc.). Il en allait de même de l’usage du bureau installé à son domicile, dans lequel il préparait ses cours, effectuait son travail d’expert pour la conférence intercantonale des directeurs (mandat pour lequel il avait notamment été déchargé de certaine heures d’enseignement), préparait des brochures et autres documents (brochures sur la citoyenneté qu’il avait été chargé d’élaborer par le DIP) ou encore corrigeait des travaux d’élèves. Les structures à disposition ne permettaient pas l’accomplissement de l’ensemble de ces tâches sur le lieu de travail, raison pour laquelle la nécessité d’un bureau à domicile devait être admise.

## Considerations