# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b88b53fe-aadb-45f5-85d0-ce7da1940ac8
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
F._ est propriétaire de la parcelle n° 50 de la Commune de Villars-le-Terroir. Cette parcelle, d’une surface de 1'218 m
2
, comporte un bâtiment d’habitation ECA n° 30 d’une surface de 131 m
2
, un bâtiment ECA n° 256 de 23 m
2
et un bâtiment agricole ECA n° 300 d’une surface de 264 m
2
.
G._ est propriétaire de la parcelle n° 43 de la Commune de Villars-le-Terroir, d’une surface de 260 m
2
, sur laquelle est érigé un bâtiment ECA n° 36 de 94 m
2
, ainsi que de la parcelle n° 51 de dite commune, d’une surface de 259 m
2
. Ces parcelles, sans être contigües, jouxtent respectivement les limites nord-ouest et nord-est de la parcelle n° 50, propriété de F._.
Les parcelles n° 50, n° 51 et n° 43 sont colloquées en zone village selon le plan général d’affectation (PGA) et le règlement du plan général d’affectation de la commune de Villars-le-Terroir (RPGA), dont les dernières modifications ont été approuvées préalablement par la Cheffe du Département de l’intérieur le 18 novembre 2013 et mises en vigueur le 22 janvier 2014.
B.
En février 2016, F._ et G._ (ci-après: les constructeurs) ont déposé une demande de permis de construire pour la "
Démolition du bâtiment ECA n° 300. Construction d'un immeuble de 4 logements et d'une surface artisanale
(situé sur la parcelle n° 50)
. Parking souterrain de 14 places, 5 places de parc extérieures et accès. Garage séparé de 2 places sur la parcelle n° 43
".
Selon le dossier d’enquête, le bâtiment projeté comprend un parking au sous-sol, une surface artisanale de 157 m
2
au rez-de-chaussée ainsi que quatre appartements, un de deux pièces, deux de trois pièces et un de quatre pièces, répartis sur trois niveaux habitables (étage, combles et surcombles). L’implantation de ce bâtiment est prévue sur la parcelle n° 50 et, pour sa partie souterraine, également sur l’actuelle parcelle n° 51. Il est par ailleurs prévu de relier les parcelles n° 43 et n° 51, qui ne formeront plus qu’une seule parcelle n° 43, par une étroite bande de terrain à détacher de la parcelle n° 50 le long de la limite nord-ouest de celle-ci.
La demande de permis de construire était en outre assortie d’une demande de dérogation à l’art. 3.1 RPGA (indice d’utilisation du sol).
Le Service Technique Intercommunal du Gros-de-Vaud a établi un rapport technique le 23 février 2016.
Le projet a été mis à l’enquête publique du 5 mars au 3 avril 2016. Il a suscité deux oppositions: l’une émanant de A._, propriétaire des parcelles n° 44, n° 45, n° 601 et n° 602 de la Commune de Villars-le-Terroir, ainsi que de B._, C._ et D._, l’autre formulée par E._, propriétaire des parcelles n° 42 et n° 47 de dite commune. Les opposants contestaient principalement le non-respect de l’indice d’utilisation du sol, ainsi que le nombre de places de stationnement, l’absence de plan des aménagements extérieurs et la forme de la future parcelle n° 43 après les mutations prévues.
Selon la synthèse de la Centrale des autorisations CAMAC du 26 avril 2016, le Service de la sécurité civile et militaire, Protection civile ainsi que l’Etablissement cantonal d’assurance contre l’incendie et les éléments naturels ont délivré les autorisations spéciales requises.
Début octobre 2016, les constructeurs ont déposé une demande de mise à l’enquête complémentaire concernant le projet précité, qui portait sur "
l’abaissement de la toiture de 100 cm. Diminution de la pente du toit et réduction des hauteurs d’étages. Adaptation de la hauteur des ouvertures
".
Lors de la mise à l’enquête publique de cette demande, du 28 octobre au 27 novembre 2016, A._, B._, C._, D._ et E._ ont confirmé leurs oppositions au projet.
Les constructeurs se sont déterminés au sujet des oppositions, par le biais de leur mandataire technique, le 14 décembre 2016.
Le 23 mai 2017, la Municipalité de Villars-le-Terroir (ci-après: la municipalité ou l’autorité intimée) a levé les oppositions et délivré le permis de construire sollicité. Elle a laissé ouverte la question d’une éventuelle dérogation à l’art. 3.1 RPGA, au motif que le projet entre dans le champ d’application de l’art. 3.2 RPGA, lequel prévoit un statut spécial pour les bâtiments existants situés dans la zone village. Elle a retenu que cette disposition s’applique en l’espèce, en présence d’une reconstruction pour laquelle le volume bâti est maintenu, voire légèrement réduit. Elle a ajouté que les conditions posées selon cet article sont remplies, notamment concernant l’offre en stationnement. La municipalité a par ailleurs rejeté les griefs des opposants relatifs au nombre de places de stationnement, à l’absence d’un plan des aménagements extérieurs ainsi qu’à la forme de la parcelle n° 43 après la mutation prévue.
C.
Le 20 juin 2017, par le biais de leur conseil, A._, B._, C._, D._ et E._ ont déféré la décision prise par la Municipalité de Villars-le-Terroir à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal, concluant, avec suite de frais et dépens, à son annulation.
Dans sa réponse du 15 septembre 2017, la municipalité a conclu, avec dépens, au rejet du recours et à la confirmation de sa décision.
Les constructeurs ont également conclu, avec suite de frais et dépens, au rejet des conclusions prises par les recourants.
Les recourants et les constructeurs se sont encore déterminés respectivement les 18 et 27 octobre 2017.
D.
Le tribunal a statué par voie de circulation.
Les arguments des parties seront repris ci-après dans la mesure utile.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
La décision attaquée peut faire l’objet d’un recours de droit administratif au sens des art. 92 ss de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36).
Les recourants A._ et E._ sont propriétaires des parcelles n° 44, n° 45, n° 601 et n° 602, respectivement des parcelles n° 42 et n° 47, qui jouxtent la parcelle n° 50 sur laquelle est prévue la construction litigieuse ou sont situées à proximité de cette parcelle. Ils ont participé à la procédure devant l’autorité intimée. La qualité pour recourir doit donc leur être reconnue (art. 75 al. 1 let. a et 99 LPA-VD).
B._, C._ et D._ indiquent être locataires de certains immeubles propriété de A._, ce qui n’est toutefois pas établi par le dossier. La question de leur qualité pour recourir peut cependant demeurer indécise en l’occurrence, puisque A._ et E._ ont qualité pour recourir.
Le recours a pour le surplus été formé dans le délai légal et le respect des formes prescrites (art. 79 al. 1, 95 et 99 LPA-VD). Il y a donc lieu d’entrer en matière.
2.
a) Les recourants requièrent la tenue d’une audience d’inspection locale.
b) D’après l’art. 34 LPA-VD, les parties participent à l'administration des preuves (al. 1). A ce titre, elles peuvent présenter des offres de preuve au plus tard jusqu'à la clôture de l'instruction (al. 2 let. d). L'autorité doit examiner les allégués de fait et de droit et administrer les preuves requises, si ces moyens n'apparaissent pas d'emblée dénués de pertinence (al. 3).
La garantie constitutionnelle du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.; art. 17 al. 2 Cst.-VD) comprend le droit pour la partie intéressée de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision touchant sa situation juridique ne soit prise, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1; 139 II 489 consid. 3.3; 137 IV 33 consid. 9.2). La garantie du droit d’être entendu n'empêche toutefois pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que celles-ci ne l'amèneront pas à modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1; 138 III 374 consid. 4.3.2; 137 III 208 consid. 2.2).
c) La Cour de droit administratif et public s'estime suffisamment renseignée en l’espèce pour statuer en toute connaissance de cause sur la base du dossier, ainsi que cela ressort des motifs exposés ci-après, auxquels il est renvoyé. Il n'apparaît par conséquent pas nécessaire de donner suite à la réquisition des recourants.
3.
a) Les recourants s’opposent à la mutation consistant à relier les parcelles n° 43 et n° 51 par une très étroite bande de terrain à détacher de la parcelle n° 50. Selon eux, le bâtiment érigé sur la parcelle n° 43 fait l’objet d’un projet de rénovation et l’objectif de la mutation projetée serait d’augmenter considérablement les possibilités de bâtir sur cette parcelle.
b) Aux termes de l'art. 79 al. 2 LPA-VD (applicable par renvoi de l’art. 99 LPA-VD), le recourant ne peut pas prendre des conclusions qui sortent du cadre fixé par la décision attaquée. Il peut en revanche présenter des allégués et moyens de preuve qui n'ont pas été invoqués jusque-là. En procédure administrative, l’objet du litige est défini par trois éléments: la décision attaquée, les conclusions du recours et les motifs de celui-ci. Selon le principe de l’unité de la procédure, ne peuvent être examinés et jugés, en principe, que les rapports juridiques à propos desquels l’autorité administrative s’est prononcée préalablement, d’une manière qui la lie sous forme de décision. L’objet du litige peut être réduit devant l’autorité de recours, mais pas étendu, ni modifié (ATF 136 V 362 consid. 3.4.2). Ainsi, le juge administratif n’entre pas en matière sur des conclusions qui vont au-delà de l’objet du litige qui lui est soumis (ATF 134 V 418 consid. 5.2.1; 125 V 413 consid. 1a et les références citées; v. également Bovay / Blanchard / Grisel / Rapin, Procédure administrative vaudoise, LPA-VD annotée, Bâle 2012, ch. 3.1 ad art. 79 LPA-VD).
c) La parcelle n° 43 a une superficie de 260 m
2
. Après le regroupement projeté avec la parcelle n° 51, actuellement non construite, la superficie de cette parcelle sera doublée. Il est vrai que la forme de la nouvelle parcelle sera particulière, puisque les anciens biens-fonds n° 43 et n° 51 seront reliés par une très étroite bande de terrain, d’une longueur de 24 m environ mais dont la largeur sera inférieure à 1 m. Cela étant, l’argument relatif à la non-conformité d’un potentiel projet de transformation du bâtiment érigé sur la parcelle n° 43 avec les dispositions règlementaires en matière de capacité constructive excède l’objet du litige et n’a pas à être examiné par le tribunal. D’ailleurs les recourants eux-mêmes admettent que le projet de construction auquel ils s’opposent ne concerne pas directement la parcelle n° 43. Ce grief est donc irrecevable.
4.
a) les recourants font valoir que le projet ne respecte pas l’indice d’utilisation du sol.
b) D’après l’art. 3.1 RPGA, dans certaines zones, la capacité constructive des biens-fonds est limitée proportionnellement à la superficie du terrain classé en zone à bâtir (al. 1). Un indice d’utilisation du sol (IUS) fixe la surface de plancher habitable ou utilisable (al. 2). La valeur limite de l’indice d’utilisation du sol est fixée à 0,50 en zone village (al. 3).
L’art. 3.2 RPGA, sous la note marginale "
Statut des bâtiments anciens
" prévoit ce qui suit:
Lors de la transformation ou changement d’affectation ou reconstruction d’un bâtiment situé dans la zone village, la surface brute de plancher peut dépasser la limite fixée par l’indice d’utilisation du sol (IUS) lorsque la superficie du terrain, selon l’état cadastral du jour de la mise en vigueur des présentes dispositions, n’est pas suffisante. Cette mesure ne peut toutefois s’appliquer que dans les cas suivants :
-
le bâtiment existant est ancien et la conservation du volume bâti est, soit imposée, soit souhaitée pour sauvegarder les parties anciennes de la localité;
-
le volume bâti est utilisé dans une proportion compatible avec le respect de l’intégrité de la construction, respectivement des caractéristiques de la rue ou du quartier;
-
les équipements nécessaires et notamment ceux qui sont en relation avec le stationnement des véhicules sont suffisants.
c/aa) En l’espèce, les parties ne contestent pas que la construction projetée dépasse assez largement l’indice d’utilisation du sol limité à 0,50 en zone village en vertu de l’art. 3.1 RPGA.
Les recourants font valoir que l’exception prévue à l’art. 3.2 RPGA pour les bâtiments anciens concerne uniquement les constructions existantes qui sont devenues non réglementaires lors de l’entrée en vigueur du RPGA en raison d’un dépassement de l’indice d’utilisation du sol, pour lesquelles la surface brute de plancher préexistante pourrait être maintenue. Etant donné que le bâtiment ECA n° 300 voué à être démoli ne dépassait pas l’indice d’utilisation du sol lors de l’entrée en vigueur du RPGA, les constructeurs ne pourraient pas bénéficier de l’exception de l’art. 3.2. Les recourants ajoutent que les conditions d’application de l’art. 3.2 RPGA ne sont pas remplies, puisque la surface de la parcelle serait suffisante pour construire des appartements en respectant l’indice d’utilisation du sol et que rien n’imposerait de conserver les caractéristiques des dépôts actuels.
Selon la municipalité et les constructeurs, le but de l’art. 3.2 RPGA est de pouvoir conserver des volumes bâtis existants dans la zone village, non de maintenir des surfaces habitables existantes qui se révéleraient trop importantes au regard de la réglementation en vigueur. Le projet, consistant en la démolition d’un bâtiment existant dans un secteur du village ancien, caractérisé par une importante densité de construction, et la reconstruction d’un bâtiment d’un gabarit analogue, en l’occurrence légèrement réduit, serait conforme à l’art. 3.2 RPGA. Le grief de violation de l’art. 3.1 RPGA ne serait donc pas pertinent.
Les arguments des parties portent de plus sur la possibilité ou non de déroger à l’art. 3.1 RPGA.
c/bb) Il convient d’examiner en premier lieu si la disposition spéciale de l’art. 3.2 RPGA, qui régit le statut des bâtiments anciens, s’applique et si le projet litigieux est conforme à cette disposition, auquel cas la possibilité de déroger à l’art. 3.1 RPGA n’aurait plus à être examinée.
La loi s'interprète en premier lieu selon sa lettre (interprétation littérale). Conformément à la jurisprudence, il n'y a lieu de déroger au
sens
littéral
d'un texte clair par voie d'interprétation que lorsque des raisons objectives permettent de penser que ce texte ne restitue pas le
sens
véritable de la disposition en cause. De tels motifs peuvent découler des travaux préparatoires (interprétation historique), du but de la règle et de son
esprit
(interprétation téléologique) ou encore de sa relation avec d'autres dispositions légales (interprétation systématique), étant précisé que le Tribunal fédéral ne privilégie aucune méthode d'interprétation (ATF 143 I 109 consid. 6; 142 III 695 consid. 4.1.2; 141 II 57 consid. 3.2; 140 II 202 consid. 5.1; v. également arrêt AC.2015.0049 du 22 novembre 2016 consid. 6d/bb).
Par ailleurs, selon la jurisprudence, la municipalité jouit d’un certain pouvoir d’appréciation dans l’interprétation qu’elle fait des règlements communaux. Elle dispose notamment d’une latitude de jugement pour interpréter des concepts juridiques indéterminés dont la portée n'est pas imposée par le droit cantonal (v. par exemple les arrêts AC.2017.0302 du 8 juin 2018 consid. 4a et les arrêts cités; AC.2017.0045 du 6 avril 2018 consid. 1a et les arrêts cités; AC.2016.0289 du 25 septembre 2017 consid. 3; AC.2016.0431 du 17 juillet 2017 consid. 1e; AC.2015.0296, AC.2015.0297 du 8 février 2017 consid. 5b/bb). L'autorité cantonale de recours n'est toutefois pas définitivement liée par l'interprétation faite d'une disposition réglementaire communale et peut adopter une autre interprétation si celle-ci repose sur des motifs sérieux, objectifs et convaincants, tirés du texte ou de la systématique de la norme, de sa genèse ou de son but (v. arrêts TF 1C_138/2010 du 26 août 2010 consid. 2.6; 1C_103/2008 du 23 septembre 2008 consid. 2.4 et les arrêts cités; v. également arrêts AC.2017.0302 précité consid. 4a; AC.2017.0045 précité consid. 1a; AC.2016.0289 précité consid. 3; AC.2016.0431 précité consid. 1e; AC.2015.0296, AC.2015.0297 précité consid. 5b/bb). Lorsque plusieurs interprétations sont envisageables, il faut s’en tenir à celle qui respecte l’exigence d'une base légale précise pour les restrictions du droit de propriété issues du droit public (v. notamment les arrêts AC.2017.0302 précité consid. 4a et les arrêts cités; AC.2017.0045 précité consid. 1a et les arrêts cités; AC.2016.0289 précité consid. 3; AC.2016.0431 précité consid. 1e).
c/cc) La Cour de droit administratif et public partage en l’occurrence l’avis de l’autorité intimée, selon lequel il ressort du texte clair de l’art. 3.2 RPGA que cette disposition permet, à certaines conditions, lors de la transformation, du changement d’affectation ou de la reconstruction d’un bâtiment, de dépasser l’indice d’utilisation du sol en zone village afin de conserver le volume bâti existant. Au vu de son libellé, cet article s’applique indépendamment du fait qu’un bâtiment respectait l’indice d’utilisation du sol de 0,50 ou qu’il dépassait cet indice lors de l’entrée en vigueur du RPGA. Le changement d’affectation y est d’ailleurs expressément mentionné. Contrairement à ce que semblent soutenir les recourants, l’art. 3.2 RPGA ne régit donc pas la situation des bâtiments existants non conformes aux règles de la zone à bâtir entrées en force postérieurement. Le sort des constructions existantes qui ne sont pas conformes aux dispositions du RPGA est effectivement réglé à l’art. 12.1 RPGA, lequel renvoie à l’art. 80 de la loi du 4 décembre 1985 sur l’aménagement du territoire et les constructions (LATC; RSV 700.11). L’art. 3.2 RPGA constitue une lex specialis par rapport à la règle générale de l’art. 3.1 RPGA, selon laquelle l’indice d’utilisation du sol est limité à 0,50 en zone village, et il s’applique en l’occurrence, s’agissant d’un projet de démolition d’un bâtiment agricole ancien, qui sera remplacé par un bâtiment affecté pour partie à l’artisanat et pour partie au logement.
Pour le surplus, l’implantation sur la parcelle n° 50 de la construction projetée correspond quasiment à celle du bâtiment qui sera démoli. Certes, il résulte du plan des "volumes" du 13 septembre 2016, produit par les constructeurs à l’appui de leurs déterminations suite aux oppositions, postérieurement à la mise à l’enquête complémentaire du projet, que la construction projetée sera un peu plus haute que le bâtiment existant (de moins d’1 m). Elle sera également un peu plus large dans sa partie supérieure (1 m 50 environ). Cela étant, toujours selon le plan des "volumes", le volume projeté apparent (2’118 m
3
) correspondra au volume existant (2’124 m
3
). Les recourants ne contestent d’ailleurs pas que le volume bâti du bâtiment existant correspond à peu près au volume de la construction projetée. Compte tenu de ces éléments, la municipalité n’a pas abusé du large pouvoir d’appréciation dont elle dispose dans l’interprétation de la réglementation communale en retenant que la construction d’un bâtiment d’un gabarit analogue à celui voué à être démoli est conforme à l’art. 3.2 RPGA. Cette disposition, au vu de son libellé, n’exige en effet pas une configuration en tous points absolument identique du bâtiment ni le respect exact des gabarits après reconstruction. Les recourants soutiennent par ailleurs en vain que les conditions de l’art. 3.2 RPGA ne sont pas remplies, au motif que la surface de la parcelle serait suffisante pour construire des appartements en respectant l’indice d’utilisation du sol. L’art. 3.2 RPGA permet justement un dépassement de cet indice lorsqu’il s’agit de maintenir le volume bâti existant, y compris en cas de reconstruction. En outre, si le projet prévoit de modifier les limites nord-ouest et nord-est de la parcelle n° 50, la surface totale de la parcelle, soit 1’218 m
2
, ne sera pas modifiée. Finalement, les recourants ne prétendent pas que le projet porterait atteinte aux caractéristiques du centre du village, ni que les équipements nécessaires seraient insuffisants.
Les griefs relatifs au non-respect de l’indice d’utilisation du sol doivent donc être rejetés.
5.
a) Les recourants contestent par ailleurs le nombre de places de parc; selon eux, le projet ne devrait pas comporter plus de 12 places, alors que 21 places sont prévues.
De l’avis de la municipalité et des constructeurs, le nombre de places de stationnement prévu selon le RPGA constitue un minimum, qu’il serait possible de dépasser.
b) l’art. 8.3 RPGA relatif aux places de stationnement pour véhicules à la teneur suivante:
al. 1 Tout propriétaire est tenu de mettre à la disposition des usagers de son bien-fonds des places de stationnement pour véhicules. La capacité de ces équipements doit correspondre aux besoins effectifs ou présumés de la construction.
al. 2 Dans la règle, les normes suivantes sont applicables :
-
bâtiments d’habitation,
pour les habitants : 2 places par logement;
pour les visiteurs : 1 place pour 2 logements, mais au minimum
2 places par bâtiment;
-
autres bâtiments ou : selon normes de l’Union suisse des professionnels
autres affectations de la route
[...]
Selon la norme de l’Union des professionnels suisses de la route (norme VSS) 640 281 "Stationnement / Offre en cases de stationnement pour les voitures de tourisme", pour une affectation à l’artisanat, l’offre en cases de stationnement doit correspondre à une place pour le personnel et à 0,2 place pour les visiteurs par 100 m
2
de surface brute de plancher (p. 14). La surface brute de plancher correspond au total de toutes les surfaces à tous les niveaux sous et hors sol (y compris les murs et les parois) servant ou pouvant servir aux différentes affectations (p. ex. logement, travail; ch. 5.5 p. 6). Le nombre de cases de stationnement est par ailleurs arrondi à l’entier supérieur (ch. 9.3 p. 11).
c) En application de l’art. 8.3 al. 2 RPGA, huit places de stationnement pour les habitants des quatre appartements projetés et deux places pour leurs visiteurs devraient en principe être prévues, soit dix places au total pour la partie du bâtiment affectée à l’habitation. S’agissant de la surface commerciale de 157 m
2
, deux places de parc sont nécessaires pour le personnel et 0,4 place pour les visiteurs selon la norme VSS précitée, à savoir trois places de stationnement au total puisque le nombre de cases doit être arrondi à l’entier supérieur. C’est donc treize places de parc au total qui devraient être aménagées pour répondre aux besoins des usagers du bâtiment projeté selon les normes précitées.
Certes, on peut admettre que de par son libellé ("dans la règle"), l’art. 8.3 al. 2 RPGA confère une certaine marge d’appréciation à la municipalité. Avec 21 places de parc, soit huit de plus que ce que prévoit le règlement communal et la norme VSS à laquelle il renvoie, l’offre en places de stationnement du projet litigieux dépasse toutefois d’un peu plus de 60 % les normes applicables. Il s’agit d’un dépassement trop important pour pouvoir encore considérer qu’il s’inscrit dans la marge d’appréciation dont dispose la municipalité dans l’application de sa règlementation. Ce d’autant que la capacité des équipements doit correspondre aux besoins effectifs ou présumés de la construction selon l’art. 8.3 al. 1 RPGA et que ni la municipalité ni les constructeurs n’exposent pour quelles raisons les besoins en matière de places de parc des futurs usagers du bâtiment projeté seraient supérieurs aux normes réglementaires applicables. Compte tenu du large pouvoir d’appréciation de la municipalité ainsi que de la faible desserte en transports publics de la Commune de Villars-le-Terroir, deux places de parc supplémentaires au maximum peuvent être admises, en sus des treize places précitées, soit au total quinze places de stationnement. Six places de parc devront en revanche être supprimées.
Le recours doit donc être admis sur ce point et la décision attaquée réformée en ce sens que le nombre de places de stationnement est fixé à 15 places au maximum au lieu de 21.
6.
a) Les recourants invoquent encore l’absence d’un plan des aménagements extérieurs, de sorte qu’il ne serait pas possible de vérifier le respect de l’art. 7.1 al. 2 RPGA
b) Aux termes de l’art. 7.1 al. 2 RPGA, qui régit les aménagements extérieurs, dans la règle, les surfaces libres de construction se répartissent comme suit: 50 % au moins en nature de jardin, pré, verger; 50 % au plus en nature de place, cour, voie de circulation.
c) Les aménagements extérieurs projetés figurent sur le plan "extérieurs et canalisations", lequel est suffisant. Les recourants n’indiquent par ailleurs pas en quoi les proportions fixées à l’art. 7.1 al. 2 RPGA ne seraient pas respectées en l’occurrence, alors que le projet apparaît respecter cette disposition. A cela s’ajoute qu’avec la suppression de six places de stationnement sur les vingt-et-une projetées, dont certaines potentiellement à l’extérieur du bâtiment, la proportion d’espaces verts se trouvera probablement augmentée.
7.
Les considérants qui précèdent conduisent à l’admission partielle du recours et à la réforme de la décision de la Municipalité de Villars-le-Terroir du 23 mai 2017, par laquelle cette autorité a levé les oppositions et délivré le permis de construire, en ce sens que le nombre de places de stationnement est fixé à quinze places au maximum. La décision de la Municipalité de Villars-le-Terroir du 23 mai 2017 est confirmée pour le surplus.
Selon les art. 49 al. 1 et 55 al. 2 LPA-VD, les frais et les dépens sont mis à la charge de la partie qui succombe. D'après la jurisprudence toutefois, lorsque la procédure met en présence, outre le recourant et l'autorité intimée, une ou plusieurs autres parties dont les intérêts sont opposés à ceux du recourant, c'est en principe à cette partie adverse déboutée, à l'exclusion de la collectivité publique dont la décision est annulée ou modifiée, d'assumer les frais et dépens (v. notamment arrêts AC.2016.0027 du 10 mars 2017 consid. 16; AC.2015.0232 du 26 septembre 2016 consid. 5; AC.2016.0035 du 16 juin 2016 consid. 8).
Vu l’issue du litige, les frais de justice seront supportés pour partie par les recourants, solidairement entre eux, et pour partie par les constructeurs, solidairement entre eux (art. 49 al. 1, 51 al. 1, 91 et 99 LPA-VD).
La Commune de Villars-le-Terroir et les constructeurs, qui obtiennent partiellement gain de cause en ayant procédé avec l’assistance d’un mandataire professionnel, ont droit à une indemnité de dépens réduite, à la charge des recourants (art. 55 al. 1 et 2, 91 et 99 LPA-VD).