# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 626052b6-8d3b-582e-b4eb-43f942bb0a97
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, née en 1973, et B._, né en 1978, se sont mariés en 2005. Deux filles sont issues de leur union : C._, née en 2006, et D._, née en 2008. B._ a un fils issu d’un précédent mariage : E._, né en 1999.
Par décision de mesures protectrices de l’union conjugale du 6 septembre 2012, le Président du Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a notamment autorisé les époux à vivre séparés pour une durée indéterminée, a confié les enfants à leur mère pour leur garde, a réservé le droit de visite du père et a astreint celui-ci à contribuer à l’entretien des siens (DO 10 2013 1065/ pce 1 du bordereau du 4 décembre 2013).
B. Le 23 mai 2013, les époux ont déposé devant le Président du Tribunal civil de la Broye ( : le Président) une requête commune de divorce avec accord complet ainsi qu’une convention sur l’ensemble des effets accessoires du divorce. Celle-ci prévoyait notamment que C._ et D._ sont confiées à leur mère pour leur garde et leur entretien, avec contributions d’entretien pour elles, le droit de visite du père étant réservé et s’exerçant de la façon la plus large possible. Les parties ont renoncé réciproquement à toute contribution d’entretien  (DO 10 2013 426/2-13).
Par décision du 19 juillet 2013, la Dresse F._, psychiatre à Lausanne, a ordonné le placement à des fins d’assistance de A._. Il en ressort que la prénommée présentait des idées délirantes de persécution avec de forts moments d’angoisse et de peurs qu’elle n’arrivait pas à maîtriser, que cette situation faisait qu’elle pouvait mettre sa vie ainsi que celle d’autrui en danger, qu’elle présentait une conscience morbide très limitée et qu’elle refusait toute mesure thérapeutique (DO 10 2013 426/30).
Conformément à la requête de B._ du 18 juillet 2013, le Président a, par décision de mesures superprovisionnelles du 19 juillet 2013, attribué les filles à leur père pour leur garde et leur entretien (DO 10 2013 426/28 s.).
Par décision de mesures provisionnelles du 3 septembre 2013, le Président a confirmé l’attribution de C._ et D._ à leur père pour leur garde et leur entretien et a accordé à la mère un droit de visite au Point Rencontre (DO 10 2013 426/95 ss). Des requêtes de mesures (super-) provisionnelles de A._ tendant à la restitution de la garde ont été rejetées par la suite (DO 10 2013 426/114 et 137 ss).
Le 4 décembre 2013, B._ a déposé une requête de modification des mesures protectrices de l’union conjugale, concluant notamment à ce que les enfants lui soient confiées pour leur garde et à ce que la mère contribue à leur entretien. Celle-ci s’est déterminée le 21 janvier 2014 (DO 10 2013 1065/1 ss et 13 ss). Par décision du 3 février 2014, le Président a admis la requête de mesures superprovisionnelles déposée le même jour par B._ tendant à faire interdiction à A._ d’approcher à moins de 100 mètres l’école fréquentée par ses filles (DO 10 2013 426/224 s.).
Par ordonnance pénale du 30 avril 2014, le Ministère public a reconnu A._ coupable d’insoumission à une décision de l’autorité, celle-ci s’étant rendue, le 19 février 2014, dans les locaux de l’école enfantine de G._, malgré l’interdiction qui lui avait été signifiée (DO 10 2013 1065/96 s.).
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Suite au placement de A._ à l’hôpital psychiatrique de Marsens intervenu le 19 février 2014, puis à son transfert à l’hôpital de H._ (DO 10 2013 1065/71 s.), le Réseau fribourgeois de santé mentale (ci-après : Rfsm) a déposé, en date du 17 avril 2014, un rapport psychiatrique complémentaire à celui établi le 17 février 2014 (DO 10 2013 1065/42 ss et 89 ss).
Les parties ont été entendues lors de l’audience présidentielle du 8 mai 2014 (DO 10 2013 1065/ 110 ss) et les enfants le 14 mai 2014 (DO 10 2013 1065/118 s.).
Par décision du 14 août 2014, le Président a partiellement admis la requête de B._ du 4 décembre 2013 et, partant, a modifié la décision de mesures protectrices de l’union conjugale du 6 septembre 2012 en ce sens que, depuis le 19 juillet 2013, la garde et l’entretien des enfants ont été confiés au père. En outre, une curatelle de surveillance des relations personnelles a été instaurée (DO 10 2013 426/278 ss). L’appel interjeté par A._ contre cette décision a été rejeté par arrêt de la Ie Cour d’appel civil du Tribunal cantonal du 19 février 2015 (DO 10 2013 426/303 ss). La Justice de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après : la Justice de paix) a, par décision du 26 novembre 2014, désigné I._ curateur (DO JdP 300 2014 207 et 208 ; ci-après : DO JdP).
Egalement par décisions du 14 août 2014, le Président a notamment rejeté la requête de mesures provisionnelles de B._ du 3 février 2014 tendant à ce qu’interdiction soit faite à A._ de s’approcher à moins de 100 mètres de l’école fréquentée par les filles et celle de A._ du 2 avril 2014 tendant à la restitution de la garde sur ces dernières (DO 10 2013 426/266 ss).
Le 28 août 2014, constatant que les conditions du divorce sur requête commune avec accord complet n’étaient à l’évidence pas remplies, le Président a rejeté la requête commune y relative. Un délai a été imparti à B._ pour introduire une action en divorce (DO 10 2013 426/265).
C. En date du 15 janvier 2015, B._ a déposé devant le Tribunal civil de la Broye ( : le Tribunal) une demande unilatérale de divorce (DO 15 2015 3/1 ss).
Le 22 janvier 2015, le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : le SEJ) a requis que les relations personnelles entre A._ et ses filles soient immédiatement suspendues pour une durée indéterminée et qu’interdiction soit faite à la prénommée d’avoir des contacts avec ses enfants, que ce soit dans le cadre scolaire ou auprès de l’assistante parentale. Cette requête résultait du fait que, depuis la rentrée scolaire en janvier 2015, A._ s’était rendue à plusieurs reprises à l’école afin de rencontrer ses filles et que, par son comportement inadéquat, elle les avait perturbées (DO 10 2015 69/6 s).
Le Président a entendu les enfants le 30 janvier 2015 (DO 10 2015 69/16 s.). Par décision de mesures superprovisionnelles du 5 février 2015 (DO 10 2015 69/33 ss), puis par décision de mesures provisionnelles du 11 mai 2015, il a notamment fait interdiction à A._ d’approcher à moins de 100 mètres l’école ou les bâtiments scolaires fréquentés par ses filles et a rejeté la requête du SEJ du 22 janvier 2015 tendant à la suspension du droit de visite de la mère (DO 10 2015 69/53 s.).
A._ a déposé sa réponse à la demande unilatérale de divorce le 15 septembre 2015 (DO 15 2015 3/25 ss).
Le 2 octobre 2015, elle a déposé une requête de mesures (super-)provisionnelles en rapport avec la contribution d’entretien qu’elle réclamait en sa faveur dans le cadre de la procédure de modification des mesures provisionnelles (DO 15 2015 3/44 ss). Après avoir reçu la détermination
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de B._, le Président a admis partiellement la requête en date du 7 octobre 2016 (DO 15 2015 3/149 ss). Sur appel de B._, la Ie Cour d’appel civil du Tribunal cantonal a modifié cette décision par arrêt du 27 décembre 2016 et astreint ce dernier à payer à A._ notamment une pension mensuelle de CHF 2'500.- dès le 1er août 2016 (DO 15 2015 3/183 ss).
Lors de la séance du Tribunal du 1er mars 2016, les parties ont été entendues. J._, curatrice de représentation et de gestion de A._ depuis juillet 2015 (DO 15 2015 3/261), a également été interrogée (DO 15 2015 3/87 ss).
Le 9 mai 2017, le Dr K._ a établi un bref rapport sur la situation médicale de sa patiente, A._, duquel il ressort qu’il n’existe pas de contre-indication sur le plan psychiatrique à octroyer à sa patiente le droit de s’occuper pleinement de ses filles (DO 15 2015 3/208).
Une nouvelle audience a eu lieu devant le Tribunal le 18 mai 2017 (DO 15 2015 3/209 ss).
Le 6 octobre 2017, le SEJ a rendu son rapport d’enquête sociale. Il a notamment conclu à ce que la garde des enfants soit attribuée exclusivement au père, à ce que la mère bénéficie d’un droit de visite aussi large que possible et à ce que la curatelle de surveillance des relations personnelles soit maintenue. Dans le cadre de cette enquête, C._ et D._ ont été entendues par le Service le 16 août 2017 (DO 15 2015 3/247 ss).
Lors de la séance du 16 novembre 2017 devant le Tribunal, les parties ainsi que I._ ont été interrogés. Au terme de la séance, la procédure probatoire a été close, sous réserve de la production de divers documents (DO 15 2015 3/277 ss).
Le 28 mars 2018, A._ a déposé une requête de mesures (super-)provisionnelles, concluant à ce que les enfants lui soient immédiatement confiées et à ce que le droit de visite du père soit suspendu, alléguant des punitions déplacées de la part du père (DO 15 2015 3/300 ss).
B._ s’est déterminé le 11 avril 2018 et a conclu au rejet de la requête (DO 15 2015 3/307 ss). Invité à le faire, I._ a transmis au Tribunal son rapport d’activité 2017 ainsi que ses notes personnelles des entretiens des 15 février, 21 et 28 mars 2018 ainsi que ses courriels à la Justice de paix des 22 et 27 mars 2018. Il en ressort notamment que les enfants se portent bien et ont une bonne relation avec leurs parents, malgré le fait qu’elles sont prises dans le conflit permanent de ces derniers pour la garde. C._ et D._ demandent à habiter auprès de leur mère plutôt qu’auprès de leur père et ont refusé de retourner chez leur père et chez la maman de jour comme prévu, notamment les 21 et 22 mars 2018. Les parents ont les compétences éducatives leur permettant de prendre en charge correctement leurs enfants. Les sanctions corporelles données par le père (fessées, gifles, pincer les joues) sont toutefois discutables. Enfin, I._ dit ne pas minimiser dans cette situation l’influence que peut avoir la mère sur ses filles et le conflit de loyauté qui pourrait dès lors s’intensifier et expliquer le ras- actuel de ces dernières (DO 15 2015 3/311 ss).
Le 19 avril 2018, I._ a produit un rapport du SEJ du même jour sur l’état des relations entre les filles et leurs parents. Il en ressort en particulier que la situation n’est plus viable, C._ et D._ refusant avec détermination de se rendre chez leur père. Afin de désamorcer les rivalités entre filles et père, d’une part, et père et mère, d’autre part, et d’éviter que la situation ne s’aggrave, le Service estime approprié de mettre les parents sur un pied d’égalité concernant la garde des enfants. Il a ainsi conclu à une garde alternée, à raison d’une semaine sur deux. En outre, il a proposé d’élargir le mandat du curateur à un mandat éducatif (DO 15 2015 3/332 ss).
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Le 8 juin 2018, le Président a prononcé la réouverture de la procédure probatoire de la cause de divorce, eu égard aux derniers développements de la cause en lien avec la garde et le droit de visite (DO 15 2015 3/352). Il a entendu les enfants le 21 juin 2018 (DO 15 2015 3/363 ss) et les parties lors de la séance du Tribunal du 28 suivant. I._ et J._ ont également été interrogés. La procédure probatoire a été close, sous réserve de la production par B._ de divers documents (DO 15 2015 3/368 ss).
Par décision du 6 juillet 2018, le Président a partiellement admis la requête de modification des mesures provisionnelles déposée le 28 mars 2018 par A._ et modifié la convention de mesures protectrices de l’union conjugale homologuée par décision du 6 septembre 2012 et modifiée les 14 août 2014 et 7 octobre 2016. Il a notamment prononcé que, dès le mois de juin 2018, la garde des filles s’exercerait sous la forme d’une garde alternée et que B._ contribue à leur entretien, par le versement en mains de la mère, d’une pension mensuelle de CHF 1'235.- par enfant, et à celui de A._ par le versement d’une pension mensuelle de CHF 740.- (DO 15 2015 3/409 ss).
Le 11 décembre 2018 ainsi que le 11 janvier 2019, le Président a encore prononcé la réouverture de la procédure probatoire s’agissant des points qui ne sont aujourd’hui plus litigieux (DO 15 2015 3/406 et 454).
Le 14 janvier 2019, I._ a fait parvenir au Président un courriel portant sur la façon dont se déroulait la garde alternée depuis l’été passé. Il en ressort en substance que depuis la mi-octobre 2018, la garde alternée ne fonctionne plus. Le curateur s’inquiète particulièrement d’une rupture possible de la relation entre les enfants et leur père. Sans son intervention, les visites auprès du père ne se feraient plus, la mère ne parvenant pas à obliger ses filles à visiter leur père ou à les y amener (DO 15 2015 3/455 ss).
D. Le 25 février 2019, le Tribunal a prononcé le jugement suivant (DO 15 2015 3/481 ss) :
1. Le mariage contracté en 2005 par les époux B._ et A._ est dissous par le divorce.
2. L’autorité parentale exclusive sur les enfants C._, née en 2006, et D._, née en 2008, est attribuée à B._.
3. Les enfants C._ et D._ sont confiées à B._ pour leur garde et leur entretien.
4. Le droit de visite de A._ s’exercera d’entente entre les parties, ou, à ce défaut de la manière suivante :
- C._ et D._ vivront auprès d’elle une semaine sur deux, du vendredi après l’école (ou dès 18 heures pendant les vacances scolaires) au vendredi suivant après l’école (ou jusqu’à 18 heures pendant les vacances scolaires).
- C._ et D._ vivront auprès d’elle pendant la moitié des vacances et des jours fériés, ce qui sera défini d’entente entre les parents moyennant un accord à trouver avec le curateur de surveillance du droit de visite.
5. La curatelle de surveillance du droit de visite, au sens de l’art. 308 al. 2 CC, instaurée par décision du Président du Tribunal du 14 août 2014, est confirmée et élargie à un mandat éducatif au sens de l’art. 308 al. 1 CC.
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6. B._ conservant les allocations familiales (actuellement CHF 330.- et CHF 250.-) et les rentes AI (actuellement CHF 495.- chacune) servies pour ses filles, il contribuera à l’entretien de C._ et de D._ par le versement, en mains de leur mère, des pensions mensuelles suivantes :
C._: CHF 475.-
D._: CHF 555.- jusqu’à fin avril 2020 et CHF 515.- dès mai 2020.
Les pensions sont payables d’avance, le 1er de chaque mois, et portent intérêts à 5% l’an dès chaque échéance. Elles sont dues jusqu’à la majorité des filles, l’art. 277 al. 2 CC étant réservé.
7. B._ et A._ se répartiront par moitié la charge des frais extraordinaires de leurs filles C._ et D._, sur présentation des factures et après déductions des éventuels frais pris en charge par une assurance ou un tiers.
8. Les bonifications AVS pour tâches éducatives sont attribuées par moitié à B._ et à A._.
9. Aucune contribution d’entretien n’est due par B._ en faveur de A._.

## Considerations