# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 328ae73d-de29-5295-90be-2a058525751e
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_006
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait et en droit:
que par jugement par défaut du 2 septembre 2019, la Juge de police de l'arrondissement du Lac (ci-après: la Juge de police) a reconnu A._ coupable de violation grave qualifiée des règles de la circulation routière et l'a condamné à une peine privative de liberté de 18 mois, dont 6 mois fermes et 12 mois avec sursis pendant 5 ans (peine complémentaire);
que le dispositif du jugement par défaut du 2 septembre 2019 a été notifié à Me Guillaume Bénard le 9 septembre 2019;
que le dispositif du jugement par défaut a été envoyé une première fois à A._, à Anvers (Belgique), mais que le pli est venu en retour avec la mention "ne reçoit pas/plus le courrier à l'adresse indiquée";
qu'après des recherches effectuées auprès du contrôle des habitants de la ville d'Anvers, celui-ci a communiqué le 30 septembre 2019 la nouvelle adresse de A._, valable depuis le 10 septembre 2019;
que le dispositif du jugement par défaut a pu être notifié à la nouvelle adresse de A._ le 10 octobre 2019;
que Me Bénard a annoncé l'appel le 15 octobre 2019;
que le jugement par défaut entièrement motivé du 2 septembre 2019 a été notifié à Me Bénard le 25 février 2020;
qu'il a également été envoyé à A._ à B._ (Belgique): A._ en a été avisé pour retrait le 29 février 2020 mais n'ayant pas été retiré son pli, ce dernier a été retourné à l'expéditeur le 17 mars 2020;
que le 16 mars 2020, Me Bénard a déposé, pour le compte du prévenu, une déclaration d'appel contre le jugement par défaut du 2 septembre 2019;
que le 25 mars 2020, le Président de la Cour d'appel pénal a interpellé Me Bénard afin de savoir si le jugement du 2 septembre 2019 avait pu être notifié personnellement à A._, sans quoi il proposerait à la Cour de ne pas entrer en matière sur l'appel du 16 mars 2020, considéré comme prématuré;
que le 14 avril 2020, Me Bénard a estimé que le point de départ pour la demande de nouveau jugement n'était pas identique à celui pour faire appel du jugement par défaut;
qu'il a exposé que le jugement par défaut avait été notifié à son étude le 25 février 2020 et que la déclaration d'appel était intervenue dans le cadre du délai de 20 jours de l'art. 399 al. 3 CPP, de sorte qu'elle était valable;
qu'il a ajouté que même à considérer qu'une notification personnelle du jugement par défaut eût été requise, les délais auraient été respectés, une notification fictive au sens de l'art. 85 al. 4 let. a CPP pouvant être opposée à A._;
que selon lui, il y aurait lieu de considérer que le jugement par défaut a été personnellement notifié à A._ le 7 mars 2020 (à l'issue du délai de garde de 7 jours depuis l'avis de réception), de
Tribunal cantonal TC Page 3 de 4
telle manière que dans cette configuration également, la déclaration d'appel déposée le 16 mars 2020 l'aurait été valablement;
que si le jugement rendu par défaut peut être notifié personnellement au condamné, celui-ci doit être informé sur son droit de demander un nouveau jugement au tribunal dans les dix jours, par écrit ou oralement (art. 368 al. 1 CPP);
que tant que court le délai d'appel, le condamné peut faire une déclaration d'appel contre un jugement rendu par défaut parallèlement à sa demande de nouveau jugement ou au lieu de ; il doit en être informé conformément à l'art. 368 al. 1 CPP (art. 371 al. 1 CPP);
qu'il ressort de l'art. 368 al. 1 CPP que pour faire partir le délai de 10 jours, il faut que le jugement ait été notifié personnellement au condamné (PAREIN/PAREIN-REYMOND/THALMANN in CR-CPP, 2ème éd. 2019, art. 368 n. 3; SUMERS in DONATSCH/HANSJAKOB/LIEBER, Kommentar zur  Strafprozessordnung, 2ème éd. 2014, art. 368 n. 2);
que la Cour a eu l'occasion de préciser dans plusieurs arrêts non publiés (cf. 501 2017 117 du 9 août 2017 et les arrêts cités) que le délai pour déposer une déclaration d'appel contre un jugement par défaut, au sens de l'art. 371 al. 1 CPP, partait en même temps que le délai pour demander un nouveau jugement, soit au moment de la notification personnelle (également arrêt de la Cour d’appel pénale vaudoise du 6 mai 2015 in JdT 2015 III 145, THALMANN in CR-CPP, 1ère éd. 2011, art. 371 n. 2);
que la notification personnelle exclut notamment la notification à l'avocat du condamné absent, de même qu'une notification dans la feuille d'avis officielle (501 2017 117 du 9 août 2017);
que même si la solution inverse est maintenant soutenue dans la deuxième édition du CR-CPP, la Cour n'entend pas modifier sa jurisprudence;
qu'en effet, la solution retenue a l'avantage de faire courir les délais à partir d'une seule et même date, à savoir celle de la notification personnelle du jugement par défaut au prévenu;
que le prévenu a alors la possibilité de formuler une demande de nouveau jugement et/ou de déposer une déclaration d'appel, l'appel étant suspendu jusqu'à droit connu sur le nouveau jugement (art. 371 al. 2 CPP);
que l'art. 371 al. 1 CPP mentionne d'ailleurs expressément que le prévenu doit être informé de cette possibilité conformément à l'art. 368 al.1 CPP, lequel prévoit justement une notification personnelle;
qu'en l'espèce, le jugement par défaut a été envoyé à A._ en Belgique: le prévenu en a été avisé dans sa boîte au lettre, mais il n'a pas retiré cet envoi avant l'échéance du délai de garde; le pli est donc venu en retour en Suisse;
que contrairement à l'hypothèse soutenue par Me Bénard selon laquelle la fiction de la notification de l'art. 85 al. 4 let. a CPP peut être opposée au prévenu, la Cour est d'avis que le jugement par défaut n'a pas encore pu être notifié personnellement au prévenu;
que la notification personnelle doit être effective, dans le sens où le jugement par défaut est personnellement remis au prévenu, une notification à l'un de ses employés ou à toute personne de plus de 16 ans vivant dans le même ménage (art. 85 al. 3 CPP) n'étant pas suffisante (MAURER in BSK-StPO, 2ème éd. 2014, art. 368 n. 4);
Tribunal cantonal TC Page 4 de 4
que dans le même sens, la fiction de notification au sens de l'art. 85 al. 4 let. a CPP ne permet pas une notification personnelle, contrairement au refus du pli par le prévenu (art. 85 al. 4 let. b CPP; cf. MAURER, art. 368 n. 4);
qu'au surplus, même si dans le cas présent le dispositif du jugement par défaut a pu être réceptionné par le prévenu le 10 octobre 2019 (DO/ 60.1), le fait que ce jugement ait ensuite été motivé oblige à procéder à une nouvelle notification personnelle afin que le prévenu ait connaissance de l'entier de l'argumentation de première instance (MAURER, art. 368 n. 5);
qu'en dernier lieu, la Cour tient à rappeler que cette façon de procéder ne prive aucunement le prévenu d'une partie de ses droits ou d'un degré de juridiction;
que tout au plus, elle diffère l'exercice de ses droits jusqu'à ce que la notification personnelle ait pu avoir concrètement lieu et lui permet ensuite de choisir la meilleure stratégie à adopter en déposant une demande de relief, une déclaration d'appel, voire les deux;
que faute pour le jugement par défaut d'avoir été personnellement notifié à A._, le délai de 10 jours de l'art. 368 al. 1 CPP comme le délai d'appel de l'art. 371 al. 1 CPP n'ont pas encore commencé à courir;
qu'en conséquence, à ce stade, le dépôt d'une déclaration d'appel pour le compte de A._ s'avère prématuré;
qu'il n'est dès lors pas entré en matière sur la déclaration d'appel du 16 mars 2020 (cf. art. 403 al. 1 CPP);
qu'il est statué sans frais;

## Considerations