# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1cc7ebed-47f8-5d37-9fe3-ee215885b95a
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. Par décisions du 21 décembre 2012, le Tribunal civil de la Broye a prononcé l'interdiction civile selon l'art. 369 aCC de B._, C._ et D._, nées respectivement en 1946, en 1949 et en 1951, lesquelles souffrent de la maladie de Little et nécessitent un soutien total dans la prise en charge de leurs affaires administratives et quotidiennes ainsi qu’une assistance personnelle importante. En raison de l'entrée en vigueur du nouveau droit de la protection de l'adulte, le 1er janvier 2013, ces mesures ont été automatiquement converties en curatelle de portée générale au sens de l’art. 398 CC. Le mandat de curatelle était alors exercé par la nièce des intéressées, A._.
En date du 10 février 2016, E._, service d’aide et de soins à domicile, a signalé à la Justice de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après: la Justice de paix) la situation des sœurs B._, C._ et D._, relevant que l’équipe soignante avait constaté plusieurs manquements lors de ses interventions à leur domicile, en particulier, une hygiène insuffisante, une insalubrité domestique, des moyens auxiliaires défectueux ou obsolètes, une surveillance nocturne inexistante et que des accusations avaient été portées par la curatrice à l’encontre du personnel de E._.
Par décision de mesures superprovisionnelles du 18 février 2016 et après avoir procédé à une visite à domicile au vu de la gravité des faits allégués, la Justice de paix a libéré avec effet immédiat A._ de son mandat de curatrice et nommé à sa place F._, assistante sociale auprès de l’Office des curatelles, au motif que l'assistance personnelle nécessitée par la situation des personnes concernées n'était pas assurée, leurs intérêts personnels n'étant nullement protégés. A._ a en outre été sommée de déposer ses comptes et rapport finaux ainsi qu’invitée à se déterminer d’ici au 18 mars 2016.
En date du 3 mai 2016, A._, sa sœur, G._, et sa mère, H._, se sont déterminées sur la levée du mandat de curatelle de A._ et la désignation de la nouvelle curatrice, concluant à la libération de cette dernière de son mandat et à la réintégration de A._ en qualité de curatrice des intéressées.
Depuis la décision du 18 février 2016, la Justice de paix a continué à suivre le dossier des sœurs B._, C._ et D._. De nombreux échanges et discussions ont eu lieu entre la Justice de paix, la famille des sœurs B._, C._ et D._, en particulier A._ et H._, et différents intervenants sociaux afin de remédier aux carences constatées dans la prise en charge et l’hygiène des sœurs B._, C._ et D._, de régler leur prise en charge par la famille et les aides-soignants, et de trouver des solutions permettant d’aménager le domicile des sœurs B._, C._ et D._ de manière adéquate, respectivement de leur trouver un nouveau lieu de vie adapté à leur situation. La Justice de paix a également tenté de régler les importantes tensions existant entre, d’une part, la famille des intéressées et, d’autre part, les intervenants sociaux, en particulier ceux de E._ ainsi que le curateur. Un appartement plus grand et adapté aux besoins des intéressées a pu être trouvé à I._ et les sœurs B._, C._ et D._ y ont emménagé à la fin du mois de mai 2017. Des veilles de nuit au domicile des trois sœurs ont également été mises en place par E._. La Justice de paix a procédé au contrôle des comptes 2014 et 2015 des sœurs B._, C._ et D._ et accordé de multiples prolongations de délais à A._ pour produire les documents nécessaires. A ce
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jour, les comptes n’ont pas pu être approuvés par la Justice de paix, certaines pièces faisant toujours défaut.
Le 11 mai 2017, F._ a fait savoir à la Justice de paix qu’elle s’opposait à ce que le mandat de curatelle soit réattribué à A._, plusieurs organismes d’aide refusant de continuer à intervenir si une telle décision devait être prise. Elle estime en outre que le mandat doit être exercé par un professionnel expérimenté.
Lors de la séance de la Justice de paix du 23 mai 2017, A._ a demandé à ce que le mandat de curatelle lui soit attribué et, subsidiairement, à ce que sa sœur, G._, soit nommée à cette fonction, estimant qu’il est souhaitable que ce mandat soit exercé par un membre de la famille.
Par décision de mesures provisionnelles du 24 mai 2017, la Juge de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après: la Juge de paix) a rejeté les requêtes de A._, H._ et G._ de réintégrer A._, respectivement de nommer G._, en qualité de curatrice de leurs tantes, et a confirmé la libération de A._ de son mandat. F._ ayant quitté le Service de protection de l’adulte, la Juge de paix a désigné J._, Chef de l’Office des curatelles, en qualité de curateur des sœurs B._, C._ et D._ pour la remplacer. Elle a en substance considéré qu’au vu du manque de collaboration de A._ avec la curatrice, E._ et la Justice de paix, il n’était pas envisageable de lui confier le mandat de curatelle. La nomination de G._ ne serait pas non plus opportune dès lors qu’elle se heurterait à un conflit d’intérêt de par ses liens familiaux avec A._ et ses parents, H._ et K._, qui se sont opposés à de nombreuses reprises aux démarches envisagées, ce qui l’empêcherait d’exercer son mandat de manière objective.
Ensuite du prononcé de cette décision, la Justice de paix a poursuivi le suivi de la prise en charge des sœurs B._, C._ et D._, l’examen de la situation des intéressées et le contrôle des comptes 2014 et 2015. Elle a dû également gérer les importantes tensions existant entre E._ et la famille de A._, laquelle refuse de collaborer avec cet organisme, et le médecin traitant des intéressées qui soutient la famille de A._ dans ses positions.
B. Par mémoire du 19 juin 2018, A._ a interjeté un recours pour déni de justice. Elle a conclu principalement à l’annulation de la décision du 18 février 2016 et, subsidiairement, à ce qu’un délai de 30 jours soit imparti à la Justice de paix pour rendre une décision finale motivée concernant sa destitution de ses fonctions de curatrice, frais à la charge de l’Etat.
C. Invitée à se déterminer, la Justice de paix a déposé ses observations le 29 juin 2018. Elle a implicitement conclu au rejet du recours.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC).
La procédure est dès lors régie par les art. 450 ss CC et, sauf disposition contraire du droit cantonal, par le CPC (art. 450f CC).
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