# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2b41083d-6a34-5f0b-906d-9539b372e5b5
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/10664/2019
du 12 juillet 2019, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1_ (chiffre 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance effectuée par B_ (ch. 2) et mis à la charge de A_, et condamné celui-ci à les verser à celle-là, qui en avait fait l'avance (ch. 3).
En substance, le Tribunal a considéré que le jugement du 4 septembre 2008 constituait un titre de mainlevée définitive. Les montants réclamés correspondaient à des contributions dues alors que l'enfant était encore mineur de sorte que B_ avait la légitimation active.
B. a.
Par acte expédié à la Cour de justice le 31 juillet 2019, A_ forme recours contre ce jugement, qu'il a reçu le 23 juillet 2019, concluant à son annulation, et, cela fait, à ce que la requête de mainlevée définitive introduite le 19 mars 2019 par B_ soit déclarée irrecevable et au déboutement de cette dernière de toutes ses conclusions, sous suite de frais et dépens.
b.
Par arrêt présidentiel du 22 août 2019, la Cour a rejeté la requête de A_ tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché au jugement querellé et dit qu'il serait statué sur les frais de la décision avec l'arrêt rendu sur le fond.
c.
B_ ne s'est pas déterminée sur le recours dans le délai imparti à cet effet par la Cour.
d.
Les parties ont été informées par courrier du 2 septembre 2019 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits pertinents suivant ressortent du dossier :
a.
B_, née _ [nom de jeune fille] le _ 1982 à D_ (Colombie), de nationalité colombienne, et A_, né le _ 1982 à E_ (Portugal), de nationalité portugaise, ont contracté mariage à F_ [GE] le _ 2003.
Un enfant est issu de cette union, C_, né le _ 2000 à Genève.
b.
Par jugement
JTPI/11496/2008
du 4 septembre 2008, le Tribunal de première instance a notamment dissous par le divorce le mariage contracté le _ 2003 à F_ par B_ et A_, laissé à B_ et à A_ l'autorité parentale conjointe sur C_, né le _ 2000 à Genève, attribué la garde sur C_ à B_, donné acte à A_ de son engagement à verser à B_, à titre de contribution à l'entretien de leur enfant, par mois et d'avance, outre les allocations familiales ou d'études éventuellement versées, 550 fr. dès l'âge de 15 ans révolus jusqu'à sa majorité, voire au-delà mais jusqu'à 25 ans au plus, s'il poursuit une formation professionnelle ou des études sérieuses et régulières, et dit que les contributions d'entretien fixées seraient adaptées chaque 1er janvier à l'indice genevois des prix à la consommation du mois de novembre précédant, pour la première fois le 1er janvier 2009, l'indice de base étant celui du mois du prononcé du présent jugement.
c.
Le 3 octobre 2018, B_ a requis la poursuite de A_, lequel s'est vu notifier, le 29 octobre 2018, un commandement de payer, poursuite n° 1_, portant sur les sommes de 550 fr., 550 fr. et 330 fr., dues au titre de contribution alimentaire de l'enfant C_, pour respectivement août 2017, juillet 2018 et octobre 2018.
Opposition totale y a été formée.
d.
Le _ 2018, l'enfant C_ est devenu majeur.
e.
Le 12 mars 2018 [
recte:
2019], B_ a déposé une requête de mainlevée définitive de l'opposition précitée. Etait notamment joint à la requête le jugement du 4 septembre 2008.
f.
Lors de l'audience devant le Tribunal du 12 juillet 2019, B_ a persisté dans ses conclusions. A_ a conclu au rejet de la requête sous suite de frais et dépens au motif que l'enfant était majeur et que sa mère ne disposait dès lors pas de la légitimation active.
Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience.

## Considerations

EN DROIT
1.
En matière de mainlevée d'opposition, seule la voie du recours est ouverte
(art. 309 let. b ch. 3 et 319 let. a CPC).
La décision - rendue par voie de procédure sommaire (art. 251 let. a CPC) - doit être attaquée dans un délai de dix jours dès sa notification (art. 321 al. 2 CPC) par un recours écrit et motivé (art. 130 et 131 CPC), adressé à la Cour de justice.
Interjeté dans le délai et les formes prévus par la loi, le recours est en l'espèce recevable.
2.
Dans le cadre d'un recours, l'autorité a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant que les griefs formulés et motivés par le recourant (art. 320 CPC; Hohl, Procédure civile, Tome II,
2ème éd., 2010, n. 2307).
3.
Le recourant reproche au Tribunal d'avoir admis la légitimation active de l'intimée, alors que la requête de mainlevée avait été déposée tandis que l'enfant était déjà majeur.
3.1.1
L'enfant est le créancier des contributions d'entretien et dispose de la qualité pour agir en paiement de celles-ci (art. 279 al. 1 CC; ATF
129 III 55
consid. 3.1.2; arrêt du Tribunal fédéral
5A_445/2015
du 13 octobre 2015 consid. 2.3.1). S'il est mineur, il a la capacité d'être partie (Parteifähigkeit), mais est dépourvu de celle d'ester en justice et doit donc être représenté en procédure par son représentant légal (art. 304 CC).
Selon l'art. 318 al. 1 CC, les père et mère administrent les biens de l'enfant aussi longtemps qu'ils ont l'autorité parentale. La jurisprudence en a déduit que le détenteur de l'autorité parentale, qui a l'administration et la jouissance des biens de l'enfant mineur en vertu d'un droit propre, peut protéger en son nom les droits patrimoniaux de l'enfant (ATF
136 III 365
consid. 2.2).
Cela vaut en particulier pour le pouvoir des parents de poursuivre en justice, en leur propre nom, le droit de leur enfant à la place de celui-ci ("Prozessstandschaft" ou "Prozessführungsbefugnis"). Cette faculté n'existe toutefois que durant la période durant laquelle les parents disposent de l'autorité parentale et elle cesse avec la majorité de l'enfant. Un parent n'a dès lors plus le droit, après la majorité de ce dernier, d'agir en justice ou de réclamer par voie de poursuite des contributions d'entretien, et cela même pour les prétentions qui auraient dû être exécutées durant la minorité de l'enfant (ATF
142 III 78
consid. 3.3).
Le Tribunal fédéral a cependant laissé ouverte la question de savoir si le représentant légal ou le détenteur de la garde peut poursuivre une procédure d'exécution forcée ou un procès en mainlevée d'opposition lorsqu'il a entamé la poursuite ou requis la mainlevée en son nom pour l'entretien dû à l'enfant avant la majorité de celui-ci et que ce dernier devient majeur en cours de procédure, par analogie avec ce qui prévaut en matière de divorce (ATF
142 III 78
consid. 3.3).
En pareil cas, il est en effet admis que la faculté d'agir du parent qui détient l'autorité parentale perdure au-delà de la majorité de l'enfant, lorsque celle-ci survient en cours de procédure. L'enfant devenu majeur durant la procédure doit cependant être consulté dans la mesure où le procès porte sur les contributions d'entretien réclamées pour la période postérieure à la majorité (ATF
129 III 55
consid. 3.1.5; voir également Abbet/Veuillet, La mainlevée de l'opposition, 2017, n. 80 ad art. 80 LP et n. 37 ad art. 84 LP).
Certains auteurs relèvent qu'à teneur de la loi, les contributions d'entretien doivent être versées en mains de la personne qui a effectivement fourni les prestations d'entretien. Il s'agit généralement du détenteur de l'autorité parentale, et ce même après la majorité de l'enfant, lorsqu'il a effectué des paiements en lieu et place du débirentier (Breitschmid/Kamp, Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I, 2010,
n. 8 ad art. 289 CC et réf. citées).
3.2
En l'espèce, la réquisition de poursuite déposée par l'intimée le 3 octobre 2018 l'a été avant que l'enfant C_ ne devienne majeur et concerne des contributions dues pendant la minorité de ce dernier. C'est à bon droit que le Tribunal a fait application de la jurisprudence valable pour la procédure de divorce et a admis en conséquence la légitimation active de l'intimée pour requérir la mainlevée définitive, l'enfant n'étant devenu majeur qu'en cours de procédure. Il n'était pas nécessaire de le consulter s'agissant de contributions dues pendant sa minorité.