# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fdf8f009-30f1-58bb-a68b-6ec37548bbc8
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, que les parties ont été liées par des contrats de bail portant sur un appartement de _ pièces en attique au _
ème
étage, un garage n
o
1_ et une place de parking intérieure n
o
2_ au rez-de-chaussée de l'immeuble sis _ à _ (GE);
Qu'à la suite de vaines mises en demeure du 10 novembre 2017, la bailleresse a, par avis officiels du _ 2017, résilié les baux relatifs à l'appartement, au garage et au parking, avec effet au _ 2018;
Que, par requête en protection des cas clairs formée le 23 février 2018 devant le Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a sollicité l'évacuation des locataires, l'exécution de l'évacuation, le paiement de 5'904 fr. 10 plus intérêts et la libération de la garantie bancaire à due concurrence;
Que lors de l'audience du Tribunal du 28 mai 2018, la bailleresse a amplifié ses conclusions en paiement, en requérant le paiement de 15'480 fr. 10 plus intérêts;
Que A_ a sollicité l'octroi d'un sursis humanitaire de sept mois, en exposant les difficultés auxquelles elle faisait face;
Que par jugement JTBL/_/2018 du _ 2018, reçu le 26 juillet 2018 par A_, le Tribunal, statuant par voie de procédure sommaire, a condamné C_ et A_ à évacuer immédiatement de leur personne et de leurs biens, ainsi que de toute personne faisant ménage commun avec eux, l'appartement, le garage et le parking (ch. 1 du dispositif), autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès le 30
ème
jour suivant l'entrée en force du jugement (ch. 2), condamné les locataires à payer à la bailleresse 15'480 fr. 10 avec intérêts à 5% dès le 1
er
février 2018 (ch. 3) et ordonné la libération de la garantie bancaire en faveur de la bailleresse (ch. 4);
Qu'aux termes du jugement attaqué, le Tribunal a tenu compte de la situation de la locataire, habitant son logement avec ses deux enfants mineurs et faisant manifestement face à certaines difficultés;
Que par acte déposé à la Cour de justice le 6 août 2018, A_ forme recours contre le jugement précité, dont elle requiert l'annulation;
Que l'on comprend qu'en réalité son recours est dirigé uniquement contre le chiffre 2 du dispositif du jugement attaqué, dans la mesure où elle conclut à ce que la Cour autorise la bailleresse à faire exécuter par la force publique le jugement du 24 juillet 2018 uniquement à partir du 1
er
février 2019;
Que la recourante conclut préalablement à l'octroi de l'effet suspensif au recours;
Que l'intimée s'en rapporte à justice sur la requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les décisions du tribunal en matière d'exécution (art. 309 let. a CPC; art. 319 let. a CPC);
Que, déposé selon la forme requise et dans le délai légal (art. 142 al. 3, 321 al. 1 et 2 CPC), le recours est recevable;
Que le recours contre la décision relative à l'exécution de l'évacuation n'a pas d'effet suspensif, l'instance de recours pouvant toutefois suspendre le caractère exécutoire attaché à celle-ci (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que le Président soussigné a compétence pour statuer sur la restitution de l'effet suspensif sollicitée, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'en l'espèce, la recourante fait grief au Tribunal de lui avoir octroyé un sursis insuffisant à l'exécution du jugement d'évacuation;
Qu'il se justifie en l'espèce de ne pas vider le recours de son objet et de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts de la recourante;
Que l'intimée ne s'oppose d'ailleurs pas à l'octroi de l'effet suspensif;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 339 al. 2 CPC);
Qu'un délai a déjà été fixé à l'intimée pour se déterminer sur le recours;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera admise.
* * * * *