# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c02e1463-b8ef-5fac-8076-d175a6d2eb5f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Le 29 avril 2020, A._ a déposé une plainte pénale pour violation de domicile contre l’entreprise D._, organe d’inspection pour les exploitations sous label de « E._ », et deux de ses collaborateurs. Il reproche en substance à ces derniers d’avoir pénétré à son insu, le 16 mai 2019, dans l’étable qu’il loue à F._ pour relever le numéro des oreillettes de certains de ses animaux (DO/3 s.).
Le siège de l’entreprise précitée étant dans le canton de G._, un rapport d’entraide judiciaire a été établi par la police de ce canton en date du 2 septembre 2020 (DO/7 ss). Il en ressort notamment que les deux collaborateurs concernés par la plainte pénale du 29 avril 2020 sont B._ et C._.
Par ordonnance du 28 janvier 2021, le Ministère public n’est pas entré en matière sur la plainte pénale du 29 avril 2020, frais par CHF 355.- à la charge de A._ (DO/57 ss).
Sur demande de ce dernier, le Ministère public lui a communiqué, le 5 février 2021, une traduction en allemand du contenu essentiel de l’ordonnance du 28 janvier 2021 (DO/60 ss).
B. Par courrier daté du 6 février 2021, mais déposé à la Poste le 8 février 2021, A._ a interjeté recours – en langue allemande – contre l’ordonnance précitée. Pour l’essentiel, il conclut, sous suite de frais, à la condamnation de B._ et C._ à une peine à dire de justice pour violation de domicile, à l’allocation de dommages-intérêts équitables, au renvoi de la cause au Ministère public pour reprise de l’instruction contre inconnu, respectivement contre les deux personnes précitées, à la constatation et sanction des violations de droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié, de la constatation incomplète ou erronée des faits et de l’inopportunité. Il précise en outre qu’il se constitue partie plaignante, demandeur au civil et au pénal, et sollicite la consultation du dossier de la cause. Enfin, il requiert qu’ordre soit donné au Ministère public de traduire complètement et correctement l’ordonnance querellée, d’adapter les voies de droit de la notification en allemand et de mentionner complètement le Tribunal cantonal compétent.
B._ et C._ ayant fait usage de leur droit de refuser que la procédure de deuxième instance ait lieu en allemand, la Vice-Présidente de la Chambre pénale a informé les parties, le 23 mars 2021, que la procédure se poursuivrait en français. Cette correspondance a été notifiée à A._ le 24 mars 2021.
Le 9 avril 2021, copie du dossier d’instruction, à l’exception de la pièce 16-19 du 19 juin 2019 (Beurteilung der Rekursargumente durch D._), de la pièce 28-34 du 14 novembre 2019 (Protokoll – H._) et de la pièce 45-46 du 29 octobre 2019 (Beurteilung der  durch D._), a été communiquée à A._.
Par courrier du 22 avril 2021, le Ministère public a renoncé à déposer des observations sur le recours.
Le 20 mai 2021, A._ a demandé à pouvoir accéder à toutes les pièces du dossier, cas échéant anonymisées, respectivement avec l’accord des tiers. Le 16 juin 2021, I._, responsable de D._, s’y est opposée.
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## Considerations

en droit
1.
Le recourant a déposé son pourvoi en allemand, ce qu’il est en droit de faire (ATF 145 I 297). Par contre, l’arrêt sera rendu dans la langue de la décision attaquée, soit en français (art. 115 al. 4 LJ). En effet, les prévenus sont de langue maternelle française et s’opposent à un changement de langue de la procédure (art. 118 al. 1 LJ), étant précisé que c’est à juste titre que l’ordonnance querellée a été rendue en français, les faits litigieux s’étant déroulés dans le district fribourgeois de la Broye (art. 115 al. 2 let. a LJ).
2.
Le 9 avril 2021, copie du dossier d’instruction, à l’exception de la pièce 16-19 du 19 juin 2019 (Beurteilung der Rekursargumente durch D._), de la pièce 28-34 du 14 novembre 2019 (Protokoll – H._) et de la pièce 45-46 du 29 octobre 2019 (Beurteilung der  durch D._), a été communiquée au recourant, ceci avec la motivation suivante : les pièces citées se rapportent à la procédure de recours menée auprès de D._ / H._ et n'apparaissent pas pertinentes dans le cadre de la procédure pénale ouverte à l'endroit de B._ et C._; elles semblent surtout susceptibles de contenir des informations dont l'intérêt de tiers au maintien du secret prime le droit à la consultation (art. 102 al. 1 in fine CPP).
Le recourant a par la suite demandé à pouvoir accéder à toutes les pièces du dossier, cas échéant anonymisées, respectivement avec l’accord des tiers. I._, responsable de D._, s’y est opposée.
En l’occurrence, il est tout d’abord relevé que la partie plaignante a eu accès à l’ensemble des pièces en lien direct avec la procédure pénale, ce alors qu’aucune instruction n’a été ouverte. Ensuite, il appert que les autres documents portent sur la procédure (administrative) que le recourant a menée en 2019 auprès de D._ / H._ sans lien direct avec la procédure pénale et sans pertinence pour cette dernière. Ils ne contiennent en particulier aucun élément supplémentaire en relation avec les faits du 16 mai 2019 ni avec la question du respect du délai de plainte. Par contre, elles font état d’arguments et de discussions internes, notamment entre les membres de la Commission de recours, suite au recours (administratif) interjeté par le plaignant, respectivement concernent d’autres personnes. Dans ces conditions, le recourant ne sera pas autorisé à consulter ces pièces et il n’en sera pas non plus tenu compte dans le cadre de la présente procédure. Par surabondance, il sera relevé que s’il est certes possible d’anonymiser les points qui concernent d’autres personnes, tel n’est à l’évidence pas le cas pour les arguments et les discussions relatives au recours (administratif) du recourant.
3.
Le recourant demande qu’ordre soit donné au Ministère public de traduire complètement et correctement l’ordonnance querellée, d’adapter les voies de droit de la notification en allemand et de mentionner complètement le Tribunal cantonal compétent.
A ce sujet, il est relevé que nul ne peut se prévaloir d’un droit à la traduction intégrale des actes de procédure et des pièces du dossier (art. 68 al. 2 CPP). En l’espèce, le Ministère public a procédé à
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la traduction en allemand du contenu essentiel de son ordonnance de non-entrée en matière, en particulier s’agissant des motifs, du dispositif et de la voie de droit, ce qui est suffisant pour comprendre et être en mesure d’attaquer l’ordonnance. Le recourant n’indique d’ailleurs pas en quoi la traduction serait erronée ou insuffisante.
Il fait en revanche grief au Ministère public de ne pas avoir adapté le délai de recours suite à la traduction de l’ordonnance en allemand. Sur ce point, il convient de lui donner raison (cf. not. arrêt TF 6B_964/2013 du 6 février 2015 consid. 3.3.2). Cela étant, on constate qu’il a été en mesure de déposer son recours à temps, respectivement qu’il n’a pas requis une restitution de délai, alors qu’il a consulté un avocat avant le dépôt du recours (DO/63). De plus, il ne s’est pas non plus manifesté par la suite pour cas échéant compléter son pourvoi, notamment après consultation du dossier de la cause.
Quant à la mention complète du Tribunal cantonal compétent, on peine à suivre le recourant puisque la traduction indique la même autorité que la version originale en français (Chambre pénale du Tribunal cantonal, Strafkammer des Kantonsgerichts des Kantons Freiburg; DO/58, 66); le recourant a du reste été en mesure d’interjeter son recours auprès de l’autorité compétente.
Sur ce point, le recours est ainsi infondé, pour autant que recevable.
4.
4.1.
4.1.1. Les parties peuvent attaquer une ordonnance de non-entrée en matière rendue par le ministère public dans les dix jours devant l’autorité de recours (art. 310 al. 2, 322 al. 2 CPP; art. 20 al. 1 let. b CPP) qui est, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale (art. 85 al. 1 LJ).
En l’espèce, le recours a été interjeté à temps et, comme indiqué ci-devant, auprès de l’autorité judiciaire compétente.