# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f8aa6a46-a9fe-4f9b-b775-b9cb2223a069
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que B_ et A_ se sont mariés le 1
er
avril 2006;
Que sont issus de cette union, C_ et D_, nés respectivement le _ 2009 et le _ 2014;
Que les époux ont mis un terme définitif à leur vie commune à fin décembre 2018, époque à laquelle B_ a quitté l’appartement conjugal, où sont demeurés A_ et les deux enfants;
Que par jugement sur mesures protectrices du 23 juin 2020, le Tribunal de première instance a notamment attribué aux deux parents une garde alternée par moitié sur les deux enfants, soit d’une semaine sur deux sauf du mardi soir au mercredi matin réservé à l’autre parent, et de la moitié des vacances scolaires et fixé le domicile légal des deux mineurs auprès de leur mère;
Que le 9 mars 2021, B_ a déposé une demande unilatérale de divorce à laquelle A_, déclarant consentir à son prononcé, a répondu le 20 septembre 2021;
Que les parties ont trouvé plusieurs accords sur les effets accessoires de leur désunion; qu'elles sont convenues, conformément aux modalités déjà mises en place dans l’intérêt des deux enfants sur mesures protectrices de l’union conjugale, d’exercer entre eux une garde alternée par moitié sur leurs enfants, à raison d’une semaine sur deux avec un jour intercalaire pour l’autre parent et de la moitié des vacances scolaires, solutions qui étaient confirmées, dès lors qu'elles étaient conformes à l'intérêt des enfants;
Que par jugement
JTPI/4824/2022
du 20 avril 2022, le Tribunal a, notamment, prononcé le divorce des parties, ordonné une garde alternée entre les parents sur leurs deux enfants et fixé le domicile légal de ces derniers auprès de leur mère;
Que par acte du 23 avril 2022, B_ a formé appel à la Cour de justice du jugement précité, concluant notamment à l'attribution en sa faveur de la garde exclusive sur les enfants, un droit de visite devant être réservé à la mère, le domicile légal des enfants devant être fixé auprès de lui; qu'il a notamment fait valoir que A_ envisageait de quitter Genève pour s'installer à Neuchâtel; qu'un déménagement des enfants dans ce canton était préjudiciable à leurs intérêts;
Que dans sa réponse et appel joint du 7 juillet 2022, A_ a allégué, sans autre précision, avoir vendu l'appartement dont elle était propriétaire à Genève, avoir pris en location un appartement à Neuchâtel et entendre annoncer son départ de Genève pour Neuchâtel à l'Office cantonal de la population et des migrations genevois à la fin du mois de juillet 2022;
Que B_ a, par requête du 7 juillet 2022, requis de la Cour le prononcé de mesures superprovisionnelles et provisionnelles; qu'il a conclu, sur mesures superprovisionnelles, à ce que la Cour ordonne que D_ soit inscrite dans l'établissement primaire de E_ à F_ [GE], et, sur mesures provisionnelles, notamment à ce que la Cour ordonne l'inscription susmentionnée, ordonne que C_ soit inscrit au cycle d'orientation de G_ à H_ [GE], à ce que la garde exclusive des deux enfants lui soit attribuée, leur domicile devant être fixé auprès de lui;
Que, par arrêt du 8 juillet 2022, la Cour, statuant sur mesures superprovisionnelles, a fait interdiction à A_ de déplacer le lieu de résidence des enfants;
Que A_ a, le 15 juillet 2022, répondu sur mesures provisionnelles, concluant au déboutement de B_ de toutes ses conclusions;
Que, dans le même acte, elle a formé une requête de mesures provisionnelles, concluant à ce qu'il soit fait interdiction à B_ de procéder à l'inscription des enfants au sein du collège de G_ (pour l'enfant C_) et de l'établissement primaire de E_ à F_ (pour l'enfant D_), à ce qu'il soit dit que l'enfant C_ poursuivrait sa scolarité au collège de I_ ou à défaut à celui de J_, et que l'enfant D_ poursuivrait sa scolarité à l'établissement primaire K_;
Qu'elle a pris les mêmes conclusions à titre superprovisionnel;
Que la Cour a requis une avance de frais, versée par A_ le 28 juillet 2022;
Que A_ affirme à l'appui de ses conclusions qu'elle a vendu l'appartement dont elle était propriétaire à Genève (chemin 1_ no. _), qu'elle serait toujours domiciliée à Genève, (tout en admettant l'allégué de B_ portant sur son déménagement à Neuchâtel durant la semaine du 4 au 8 juillet 2022), que si elle n'était pas autorisée à déplacer le lieu de résidence des enfants à Neuchâtel, elle louerait un appartement "dans le quartier de L_";
Que l'acte précité porte mention, sur la page de garde, du domicile de A_ au chemin 1_ no. _;
Que A_ a produit un document établi par un tiers, certifiant que celui-ci lui remettrait en location, à compter du 22 août 2022, un logement sis au no. _ chemin 2_, [code postal] M_ [GE];
Qu'elle a également déposé diverses correspondances échangées avec des établissements scolaires, entre le 11 et le 15 juillet 2022, dont il paraît résulter que ceux-ci considéreraient que les enfants n'auraient de lieu de vie dans le canton de Genève qu'auprès de leur père;
Qu'il en résulte que, pour la rentrée scolaire 2022, l'enfant C_ devrait être scolarisé au collège de J_ ou au collège de G_ et l'enfant D_ à l'école du E_;
Que A_ fonde ses conclusions, provisionnelles comme superprovisionnelles, sur "ces récents événements", sans autre développement;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que l'art. 265 al. 1 CPC prévoit que, en cas d'urgence particulière, notamment s'il y a un risque d'entrave à leur exécution, le tribunal peut ordonner des mesures provisionnelles immédiatement, sans entendre la partie adverse;
Que le requérant doit rendre vraisemblables les conditions présidant à l'octroi des mesures provisionnelles, en particulier que le danger d'atteinte à son droit est particulièrement imminent;
Que l'octroi de mesures provisionnelles suppose d'une façon générale la vraisemblance du droit invoqué. Le requérant doit ainsi rendre plausible que le droit matériel invoqué existe et que le procès a des chances de succès (arrêt du Tribunal fédéral
5P.422/2005
du 9 janvier 2006 consid. 3.2, SJ 2006 I p. 371; BOHNET, Commentaire romand, Code de procédure civile, 2
ème
éd. 2019, n. 7 ad art. 261 CPC); qu'en outre, la vraisemblance requise doit porter sur un préjudice difficilement réparable, qui peut être patrimonial ou immatériel (BOHNET, op. cit., n. 11 ad art. 261 CPC; HUBER, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 3
ème
éd., 2017, n. 20 ad art. 261 CPC); que la condition du préjudice difficilement réparable vise à protéger le requérant du dommage qu'il pourrait subir s'il devait attendre jusqu'à ce qu'une décision soit rendue au fond (ATF
116 Ia 446
consid. 2, JdT 1992 I p. 122); qu'elle suppose l'urgence, laquelle s'apprécie au regard des circonstances concrètes du cas (BOHNET, op. cit., n. 12 ad art. 261 CPC);
Que dès lors qu'elle concerne le sort d'enfants mineurs, la présente cause est soumise aux maximes d'office et inquisitoire illimitée (art. 296 al. 1 et 3 CPC); que dans ce cadre, la Cour n'est pas liée par les conclusions des parties (art. 58 al. 2 CPC) ni par l'interdiction de la reformatio in pejus (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_757/2013
du 14 juillet 2014 consid. 2.1), et elle établit les faits d'office (art. 55 al. 2 CPC);
Que l'art. 301a al. 1 CC prévoit que l'autorité parentale inclut le droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant; qu'il en résulte qu'un parent exerçant conjointement l'autorité parentale ne peut modifier le lieu de résidence de l'enfant qu'avec l'accord de l'autre parent ou sur décision du juge ou de l'autorité de protection de l'enfant, lorsque le nouveau lieu de résidence se trouve à l'étranger ou quand le déménagement a des conséquences importantes pour l'exercice de l'autorité parentale par l'autre parent et pour les relations personnelles (art. 301a al. 2 let. a et b CC);
Que lorsqu'une garde alternée est attribuée aux parents, le domicile de l'enfant se trouve au lieu de résidence avec lequel les liens sont les plus étroits (ATF
144 V 299
consid. 5.3; arrêt du Tribunal fédéral
5A_210/2021
du 7 septembre 2021 consid. 4.2). Le centre de vie ne doit pas nécessairement être déterminé en fonction de l'endroit où l'enfant est le plus présent, mais peut dépendre d'autres critères, tels que le lieu de la scolarisation et d'accueil pré- et post-scolaire, ou le lieu de prise en charge si l'enfant n'est pas encore scolarisé, la participation à la vie sociale, notamment la fréquentation d'activités sportives et artistiques, la présence d'autres personnes de référence, etc. Pour apprécier ces critères, le juge du fait dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(art. 4 CC; arrêt du Tribunal fédéral
5A_210/2021
du 7 septembre 2021 consid. 4.2);
Qu'en l'occurrence, il est constant que le domicile des enfants est, selon les décisions judiciaires régissant la situation, auprès de la mère;
Qu'en l'état, la requérante donne des explications contradictoires sur son domicile actuel, faisant figurer sur la page de garde de son acte comportant ses conclusions provisionnelles et superprovisionnelles un domicile correspondant au lieu de situation de l'appartement vendu (sans alléguer qu'elle en aurait conservé la disposition), ne contestant pas un allégué de l'intimé sur son déménagement à Neuchâtel, affirmant qu'elle serait toujours domiciliée à Genève, sans pièce à l'appui, et fournissant pour le surplus un supposé bail d'un logement sis à M_ avec effet au 22 août 2022;
Que dès lors, rien n'indique que les enfants seraient domiciliés à proximité d'un établissement scolaire plutôt que d'un autre parmi ceux énumérés dans les conclusions prises à titre superprovisionnelles;
Qu'il sera rappelé qu'aux termes de l'arrêt de la Cour du 8 juillet 2022, il a été fait interdiction à la requérante de déplacer le lieu de résidence de ses enfants, après qu'il avait été relevé qu'un déménagement était
prima facie
préjudiciable aux intérêts des enfants;
Qu'au demeurant seuls lesdits intérêts sont déterminants en la matière;
Que la requérante ne consacre aucun développement à l'urgence à statuer avant détermination du cité;
Qu'en définitive, au vu de ce qui précède, la requête formulée à titre superprovisionnel sera rejetée;
Qu'un délai de dix jours sera imparti au cité pour se déterminer sur mesures provisionnelles;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans la décision sur mesures provisionnelles.
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