# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ca640866-62d2-5651-8b11-a78f654caf61
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 8 février 2021, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 29 janvier 2021, notifiée le jour-même, par laquelle le Tribunal de police a constaté son défaut à l'audience de jugement, dit que son opposition formée le 17 mai 2019 contre l'ordonnance pénale du 29 avril précédent était réputée retirée et ladite ordonnance assimilée à un jugement entré en force.
Le recourant conclut, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de l'ordonnance querellée et au renvoi de la cause au Tribunal de police pour qu'il statue sur son opposition.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Le 18 novembre 2018, peu avant 20h00, une patrouille de police s'est rendue au rond-point des C_, puis à l'avenue 1_, à la suite d'un appel à la CECAL signalant une agression.
Sur place, la police a interpellé quatre personnes, dont A_.
Lors de son interpellation, A_ était porteur d'une carte d'identité roumaine, valable jusqu'au 27 octobre 2025, mentionnant comme adresse de domicile : 2_.
b.
A_ a été entendu par la police en qualité de prévenu.
Informé que par application des art. 87 et 88 CPP, s'il avait son domicile ou sa résidence habituelle à l'étranger ou s'il n'avait pas de domicile fixe ou connu, il était tenu de désigner une personne en Suisse pour recevoir à sa place toutes correspondances, avis de procédure ou décisions concernant cette affaire, faute de quoi les décisions pourraient lui être valablement notifiées dans la Feuille d'avis officielle (ci-après, FAO), il a répondu : "
Je n'ai pas d'adresse à vous donner
".
Tant la page de garde du procès-verbal d'audition que le formulaire de situation personnelle et financière du prévenu - documents que A_ a refusé de signer - , mentionnent l'adresse de domicile précitée.
c.
Le 19 novembre 2018, le Ministère public a ouvert une instruction pénale contre A_ pour agression (art. 134 CP), subsidiairement rixe (art. 133 al. 1 CP), voies de fait (art. 126 al. 1 CP
cum
59 let. a LTV), vol (art. 139 CP) et infraction à l'art. 119 al. 1 LEI.
d.
À l'issue de l'audience du même jour, A_ a été placé en détention provisoire.
Me B_ a été nommé d'office à la défense de ses intérêts.
e.
A_ a été remis en liberté le 11 janvier 2019.
f.
Il a été interpellé à nouveau le 14 suivant et prévenu d'infraction à l'art. 119 LEI pour avoir violé l'interdiction de pénétrer sur le territoire cantonal à lui notifiée le 6 novembre 2018, avant d'être remis en liberté le 15 janvier 2019.
Dite procédure (P/3_/2019) a été jointe à la présente procédure, le 17 janvier 2019.
g.
A_ a été une nouvelle fois interpellé le 28 janvier 2019, toujours pour violation à l'art. 119 LEI.
Dite procédure (P/4_/2019) a été jointe à la présente procédure, le 31 janvier 2019.
h.
Par ordonnance pénale du 29 avril 2019, notifiée à son conseil d'office, A_ a été reconnu coupable de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 al. 1 CP), rixe (art. 133 ch. 1 CP), vol (art. 139 ch. 1 CP), infraction à l'art. 119 al. 1 LEI et voies de fait (art. 126 al. 1 CP
cum
59 let. a LTV) et a été condamné à une peine pécuniaire de 180 jours-amende à CHF 30.-, ainsi qu'à une amende de CHF 300.-.
i.
Le 17 mai 2019, sous la plume de son avocat, A_ y a formé opposition.
j.
Par mandat de comparution du 12 juillet 2019, adressé en l'étude de son conseil, le Ministère public a convoqué A_ à une audience sur opposition fixée au 26 juillet 2019.
k.
Par pli du 23 juillet 2019, le conseil de A_ a informé le Ministère public qu'il "
ne parv
[enait]
pas à entrer en contact avec son mandant afin de lui communiquer sa citation à comparaître à l'audience du 26 juillet prochain
". Cette absence ne pouvait toutefois avoir pour conséquence le retrait fictif de l'opposition dès lors que son client n'avait pas eu connaissance de la citation à comparaitre, ni des conséquences juridiques d'un défaut. L'on ne pouvait pas non plus déduire de sa possible absence un désintérêt pour la suite de la procédure.
l.
Le Ministère public a annulé l'audience et informé le conseil du prévenu que le dossier serait transmis au Tribunal de police.
m.
Par ordonnance sur opposition du 27 septembre 2019, le Ministère public, considérant que toutes les preuves utiles avaient été administrées, a maintenu l'ordonnance pénale du 29 avril 2019 et transmis la procédure au Tribunal de police afin qu'il statue sur la validité de l'ordonnance pénale et de l'opposition, étant précisé que l'ordonnance pénale tenait lieu d'acte d'accusation.
n.
Par pli recommandé du 4 mai 2020, le Tribunal de police a adressé un mandat de comparution à A_ en Roumanie, à l'adresse qu'il avait indiquée lors de son audition par la police et qui figurait sur sa carte d'identité, pour une audience fixée au 10 juillet 2020 à 9h00.
o.
Lors de l'audience, A_ a fait défaut. Son conseil a expliqué être sans nouvelles de son client, qu'il n'avait pas réussi à joindre.

## Considerations