# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5e3bd799-3357-56d4-94f3-7969af32acaa
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu, en fait, que :
1) Monsieur X_, né le _ 1984, est ressortissant du Pakistan. ![endif]>![if>
2) Il est arrivé en Suisse le 15 janvier 2013, sans être au bénéfice d'un visa Schengen, mais simplement d’un visa d'études délivré par les autorités britanniques et valable jusqu'en 2013.![endif]>![if>
3) Il a déposé le 23 janvier 2013 auprès de l’office cantonal de la population, devenu depuis l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : l’office), une demande d’autorisation de séjour pour études. Il désirait en effet obtenir un diplôme d'« It-engineer in e-business » à Genève, auprès du VM Institut. Il aurait terminé ses études en février 2016.![endif]>![if>
4) Le 11 novembre 2013, l’office a refusé de faire droit à cette demande. Le renvoi de M. X_ était prononcé et un délai au 15 décembre 2013 lui était octroyé pour quitter la Suisse. La décision était déclarée exécutoire nonobstant recours.![endif]>![if>
L'intéressé n’avait pas respecté la procédure relative à l’obtention d’une autorisation de séjour en déposant sa demande alors qu’il s’était déjà rendu à Genève au bénéfice d’un visa pour visite amicale, mettant ainsi les autorités devant le fait accompli. Il n'avait de plus pas démontré la nécessité d'effectuer la formation envisagée en Suisse, ni prouvé avoir les moyens financiers nécessaires à la poursuite de ses études.
5) Le 28 novembre 2013, M. X_ a interjeté recours auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI), concluant matériellement à l'octroi d'une autorisation de séjour pour études.![endif]>![if>
M. X_ n'a joint aucune pièce à son acte de recours.
6) Par jugement du 4 mars 2014, le TAPI a rejeté son recours.![endif]>![if>
7) Par acte posté le 4 avril 2014, M. X_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement du TAPI précité, concluant préalablement à la restitution de l'effet suspensif, et principalement à l'annulation du jugement attaqué et au renvoi de la cause à l’office pour octroi de l'autorisation sollicitée.![endif]>![if>
Il a produit, en lien avec ses études actuelles, une attestation du VM Institut du 13 février 2014, aux termes de laquelle il était inscrit en deuxième année pour la formation d'« It-engineer in e-business, session février 2014 ».
Son recours n'était pas manifestement dénué de chances de succès, exiger son départ était disproportionné et lui causerait un préjudice difficilement réparable, ce alors qu'il venait d'entamer sa deuxième année de formation. De plus, aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s'opposait à l'octroi de l'effet suspensif.
8) Le 8 avril 2014, le TAPI a remis son dossier sans formuler d'observations.![endif]>![if>
9) Le 15 avril 2014, l’office a conclu au rejet de la demande de restitution de l'effet suspensif.![endif]>![if>
M. X_ n'ayant jamais été au bénéfice d'un titre de séjour en Suisse, la décision du 11 novembre 2013 avait un contenu négatif. La requête ne pouvait dès lors faire l'objet d'une restitution de l'effet suspensif et devait être traitée comme demande de mesures provisionnelles.
Si des mesures provisionnelles étaient ordonnées, M. X_ obtiendrait à titre provisoire ce qu'il demandait au fond, ce qui n'était pas admissible. De plus, l'intérêt public au rétablissement d'une situation conforme au droit l'emportait ici sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse jusqu'à l'issue de la procédure.
10) Sur ce, la cause a été gardée à juger sur effet suspensif.![endif]>![if>

## Considerations

Considérant, en droit, que :
1) Interjeté en temps utile et devant la juridiction compétente, le recours est, prima facie, recevable sous ces angles (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) La compétence pour ordonner, d’office ou sur requête, des mesures provisionnelles en lien avec un recours appartient au président, respectivement au vice-président, de la chambre administrative (art. 7 ch. 1 du règlement interne de la chambre administrative du 21 décembre 2010).![endif]>![if>
3) Sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (art. 66 al. 1 LPA). ![endif]>![if>
4) a. Selon la jurisprudence et la doctrine, un effet suspensif ne peut être restitué lorsque le recours est dirigé contre une décision à contenu négatif, soit contre une décision qui porte refus d’une prestation. La fonction de l’effet suspensif est de maintenir un régime juridique prévalant avant la décision contestée. Si, sous le régime antérieur, le droit ou le statut dont la reconnaissance fait l’objet du contentieux judiciaire n’existait pas, l’effet suspensif ne peut être restitué car cela reviendrait à accorder au recourant d’être mis au bénéfice d’un régime juridique dont il n’a jamais bénéficié (ATF
127 II 132
;
126 V 407
;
116 Ib 344
; Ulrich HÄFELIN/ Georg MÜLLER/Felix UHLMANN, Allgemeines Verwaltungsrecht, 6
ème
éd., 2010, n. 1800 ; Pierre MOOR/Etienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 3
ème
éd., 2010, n. 5. 8. 3. 3 p. 814 ;
ATA/87/2013
du 18 février 2013 ;
ATA/84/2009
du 9 avril 2009). ![endif]>![if>
b. Lorsqu’une décision à contenu négatif est portée devant la chambre administrative et que le destinataire de la décision sollicite la restitution de l’effet suspensif, il y a lieu de distinguer entre la situation de celui qui, lorsque la décision intervient, disposait d’un statut légal qui lui était retiré de celui qui ne disposait d’aucun droit. Dans le premier cas, la chambre administrative pourra entrer en matière sur une requête en restitution de l’effet suspensif, aux conditions de l’art. 66 al. 2 LPA, l’acceptation de celle-ci induisant, jusqu’à droit jugé, le maintien des conditions antérieures. Elle ne pourra pas en faire de même dans le deuxième cas, vu le caractère à contenu négatif de la décision administrative contestée. Dans cette dernière hypothèse, seul l’octroi de mesures provisionnelles, aux conditions cependant restrictives de l’art. 21 LPA, est envisageable (
ATA/70/2014
du 5 février 2014 consid. 4b ;
ATA/603/2011
du 23 septembre 2011 consid. 2 ;
ATA/280/2009
du 11 juin 2009 et
ATA/278/2009
du 4 juin 2009).
5) A teneur de l’art. 21 LPA, l’autorité administrative peut ordonner, d’office ou sur requête, des mesures provisionnelles lorsqu’il est nécessaire de régler provisoirement la situation en cause, jusqu’au prononcé de la décision finale. ![endif]>![if>
Selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, de telles mesures ne sont légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis et elles ne peuvent anticiper le jugement définitif (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/87/2013
précité ;
ATA/248/2011
du 13 avril 2011 consid. 4 ;
ATA/197/2011
du 28 mars 2011 ;
ATA/248/2009
du 19 mai 2009 consid. 3 ;
ATA/213/2009
du 29 avril 2009 consid. 2). Elles ne sauraient, en principe tout au moins, anticiper le jugement définitif ni équivaloir à une condamnation provisoire sur le fond, pas plus qu’aboutir abusivement à rendre d’emblée illusoire la portée du procès au fond (arrêts précités). Ainsi, dans la plupart des cas, les mesures provisionnelles consistent en un minus, soit une mesure moins importante ou incisive que celle demandée au fond, ou en un aliud, soit une mesure différente de celle demandée au fond (Isabelle HAENER, Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess, RDS
1997 II 253
-420, p. 265).
6) En l’espèce, la décision de l’office du 11 novembre 2013 a un contenu négatif, puisqu’elle refuse l’octroi d’une autorisation de séjour à une personne qui n’était alors au bénéfice d’aucun statut légal en Suisse. La restitution de l’effet suspensif n’est pas possible, de sorte que la demande s’y rapportant ne peut qu’être rejetée.![endif]>![if>
7) En tant que demande de mesures provisionnelles, la requête doit également être refusée. Même en admettant que de telles mesures soient ordonnées avec une limitation dans le temps, par hypothèse jusqu'à fin juin 2014 – ce qui prendrait en compte un délai raisonnable de jugement de la présente cause, tout en ne correspondant pas exactement à ce que le recourant demande sur le fond, soit l'octroi d'une ou plusieurs autorisations lui permettant d'effectuer ses études jusqu'à leur terme – la pesée des intérêts devant être effectuée ne permettrait pas de considérer l'intérêt privé du recourant comme prépondérant.![endif]>![if>
En effet, le recourant, qui est censé avoir entamé sa deuxième année d'études, n'a fourni pendant toute la procédure aucun procès-verbal d'examens permettant de démontrer qu'il a réussi une partie de sa formation et que celle-ci avance conformément à un plan d'études qui lui serait propre. Il n'a de même fourni aucune attestation d'inscription à des examens ou de participation à des séminaires pour le printemps ou l'été 2014, ni même une attestation de présence régulière aux cours. Il n'a dès lors pas démontré que sa présence à Genève serait indispensable jusqu'à l'issue de la présente procédure.
8) L’autorité compétente rend une décision de renvoi à l’encontre de l’étranger auquel une autorisation de séjour est refusée (art. 64 al. 1 let. c de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 - LEtr -
RS 142.20
) à moins que des circonstances particulières au sens de l’art. 83 al. 1 LEtr ne rendent le renvoi impossible.![endif]>![if>
En l’espèce, la décision de renvoi contestée est la conséquence légale du refus d’autorisation. Le recourant n’alléguant pas ni ne rendant vraisemblable que son renvoi est impossible, il n’y a pas lieu de restituer l’effet suspensif pour ce volet de la décision du 11 novembre 2013.
9) La restitution de l’effet suspensif au recours et l’octroi de mesures provisionnelles seront ainsi refusés, le sort des frais de la procédure étant réservé jusqu’à droit jugé au fond.![endif]>![if>
Vu le recours interjeté le 4 avril 2014 par Monsieur X_ contre un jugement du Tribunal administratif de première instance du 4 mars 2014 ;
vu l’art. 66 al. 2 LPA ;
vu l’art. 7 al. 1 du règlement de la chambre administrative du 21 décembre 2010 ;