# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** df6a85f8-d823-5328-a481-84f839aebea9
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

ATTENDU EN FAIT
Que par acte du 7 décembre 2021, Madame A_ (ci-après : l’intéressée ou la recourante), par l’intermédiaire de son conseil, a interjeté recours pour déni de justice auprès de la chambre des assurances sociales de la Cour de justice (ci-après : CJCAS), concluant, sous suite de frais et dépens, à ce que la chambre de céans ordonne au service des prestations complémentaires (ci-après : SPC ou l’intimé) de rendre sans autre délai une décision motivée sur l’opposition que l’intéressée lui a adressée le 12 août 2021 ou à ce que la chambre de céans statue elle-même sur ladite opposition ;
Que par pli du 4 janvier 2022, le SPC a informé la chambre de céans avoir rendu une décision sur opposition en date du 15 décembre 2021 rendant ainsi le recours sans objet ; que compte tenu des nombreux documents versés au dossier par la recourante, le SPC n’avait commis aucun déni de justice en statuant dans un délai de quatre mois par rapport à la première opposition datée du 12 août 2021 et de deux mois par rapport à la seconde datée du 7 octobre 2021 ; qu’il n’y avait dès lors pas lieu d’allouer des dépens à la recourante ;
Que par courrier du 10 janvier 2022, la chambre de céans a imparti un délai à la recourante au 31 janvier 2022 pour se déterminer compte tenu des conclusions de l’intimé ;
Que par courrier du 26 janvier 2022, la recourante a, par l’intermédiaire de son conseil, donné acte au SPC de ce qu’il a acquiescé à la conclusion principale du recours et condamné en conséquence ce dernier en tous les dépens du recours ;
Que la chambre de céans a transmis cette écriture à l’intimé le 28 janvier 2022 ;

## Considerations

CONSIDÉRANT EN DROIT
Que, conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 6 octobre 2006 (LPC -
RS 831.30
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Qu’en vertu de la LPGA, un recours peut être formé lorsque l'assureur, malgré la demande de l'intéressé, ne rend pas de décision ou de décision sur opposition (art. 56 al. 2 LPGA) ;
Que selon la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), lorsqu’une autorité mise en demeure refuse sans droit de statuer ou tarde à se prononcer, son silence est assimilé à une décision (art. 4 al. 4 LPA-GE) ; qu’une partie peut recourir en tout temps pour déni de justice ou retard non justifié si l’autorité concernée ne donne pas suite rapidement à la mise en demeure prévue à l’art. 4 al. 4 (art. 62 al. 6 LPA) ;
Qu’en l’occurrence, au vu de la décision rendue le 15 décembre 2021 par l’intimé, le recours pour déni de justice est devenu sans objet, de sorte qu'il convient de rayer la cause du rôle ;
Qu'en vertu de l'art. 61 let. g LPGA, le recourant qui obtient gain de cause a droit au remboursement de ses frais et dépens dans la mesure fixée par le tribunal ; que leur montant est déterminé sans égard à la valeur litigieuse d'après l'importance et la complexité du litige ;
Que selon la jurisprudence applicable dans le cadre de l'art. 61 let. g LPGA, lorsque la cause est devenue sans objet, les dépens sont répartis en tenant compte de l'état de fait existant avant l'événement mettant fin au litige et de l'issue probable de celui-ci (ATF
110 V 54
consid. 3a ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_773/2011
du 30 juillet 2012 consid. 4), par une décision sommairement motivée (ATF
125 V 373
consid. 2a ;
ATAS/214/2020
du 11 mars 2020 consid. 4a) ; qu'ils sont supportés en premier lieu par la partie qui a provoqué la procédure devenue sans objet ou chez qui sont intervenues les causes qui ont conduit à ce que cette procédure devienne sans objet (ATF
118 Ia 488
consid. 4a ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_773/2011
précité consid. 4) ;
Qu'au vu de la conclusion de la recourante en l'octroi de dépens, il convient de déterminer ci-après l'issue qui aurait été probablement celle de la procédure pour déni de justice si elle n'avait pas été rendue sans objet ;
Qu’il y a retard injustifié à statuer lorsque l'autorité administrative ou judiciaire compétente ne rend pas la décision qu'il lui incombe de prendre dans le délai prévu par la loi ou dans un délai que la nature de l'affaire ainsi que toutes les autres circonstances font apparaître comme raisonnable (ATF
131 V 407
consid. 1.1 et les références) ; qu'entre autres critères sont notamment déterminants le degré de complexité de l'affaire, l'enjeu que revêt le litige pour l'intéressé ainsi que le comportement de ce dernier et celui des autorités compétentes mais aussi la difficulté à élucider les questions de fait (expertises, par exemple ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances C 53/01 du 30 avril 2001 consid. 2.2), mais non des circonstances sans rapport avec le litige, telle une surcharge de travail de l'autorité (ATF
130 I 312
consid. 5.2 ; ATF
125 V 188
consid. 2a) ; qu'à cet égard, il appartient au justiciable d'entreprendre certaines démarches pour inviter l'autorité à faire diligence, notamment en incitant celle-ci à accélérer la procédure ou en recourant pour retard injustifié ; que si on ne peut reprocher à l'autorité quelques « temps morts », celle-ci ne saurait en revanche invoquer une organisation déficiente ou une surcharge structurelle pour justifier la lenteur de la procédure ; qu’il appartient en effet à l'État d'organiser ses juridictions de manière à garantir aux citoyens une administration de la justice conforme aux règles (ATF 130 I 312 consid. 5.1 et 5.2 et les références) ; que dans le cadre d'une appréciation d'ensemble, il faut également tenir compte du fait qu'en matière d'assurances sociales, le législateur accorde une importance particulière à une liquidation rapide des procès (ATF
126 V 244
consid. 4a) ; que peu importe le motif qui est à l’origine du refus de statuer ou du retard injustifié ; que ce qui est déterminant, c’est le fait que l’autorité n’ait pas agi ou qu’elle ait agi avec retard (ATF
124 V 133
; ATF 117 Ia 117 consid. 3a et 197 consid. 1c ; arrêts du Tribunal fédéral des assurances I 819/02 du 23 avril 2003 consid. 2.1 et C 53/01 du 30 avril 2001 consid. 2) ;
Qu'à titre d'exemple, un déni de justice a été admis par la chambre de céans ou antérieurement par le Tribunal cantonal des assurances sociales dans un cas où :
- la décision de l’office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : OAI) était intervenue cinq mois après son arrêt, lequel rétablissait simplement la rente que l'OAI avait supprimée, car aucune instruction complémentaire n'était nécessaire de la part de l'administration, hormis l'envoi d'un formulaire de compensation (
ATAS/859/2006
du 2 octobre 2006) ;
- aucune décision formelle n’avait été rendue neuf mois après la demande en ce sens de l’assuré, faute de mesures d’instruction durant six mois (
ATAS/711/2015
du 23 septembre 2015) ;
- l’OAI, neuf mois après un jugement lui ordonnant de mettre en place une expertise, n’avait pas encore entrepris de démarches en ce sens (
ATAS/430/2005
du 10 mai 2005) ;
- l’OAI avait attendu quatorze mois depuis l’opposition de l’assuré au projet pour mettre en œuvre une expertise multidisciplinaire à laquelle l’assuré avait conclu d’emblée (
ATAS/484/2007
du 9 mai 2007) ;
Qu’en l’occurrence, la recourante a adressé à l'intimé une opposition le 12 août 2021 ;
Que le recours pour déni de justice a été formé le 7 décembre 2021 ;
Qu'en l'espèce, il s'est écoulé un peu moins de quatre mois entre l’opposition formée par la recourante et le recours pour déni de justice ;
Que, compte tenu des circonstances, les conditions d'un déni de justice n'étaient probablement pas réalisées au moment du recours s’il n'avait pas été rendu sans objet ;
Que, partant, aucune indemnité ne sera allouée à la recourante ;
Qu'au vu de ce qui précède, le recours sera déclaré sans objet et la cause rayée du rôle ;
Que pour le surplus, la procédure est gratuite (art. 61 let. f
bis
a contrario
LPGA).
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