# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a5670d94-350f-4134-b4cc-67030b9b7411
**Court:** CH_BGer
**Chamber:** CH_BGer_005
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Faits :
A.
A.A._ est propriétaire et exploitant d'un domaine agricole sis à U._.
Le 18 septembre 2010, A.A._ et son épouse, B.A._ ont signé un contrat de bail à ferme avec la Commune bourgeoise de V._ portant sur le domaine agricole de W._. Ce domaine comprend une métairie ainsi que divers bâtiments et des pâturages utilisés par les parties en été pour l'estivage de leur bétail ou celui de tierces personnes.
Depuis janvier 2012, A.A._ exerce l'activité salariée de représentant de machines agricoles à un taux d'occupation de 100%. Cette activité, déployée parallèlement à celle liée à son exploitation agricole, a entraîné une extension des activités de B.A._ au sein du domaine agricole de W._. Celle-ci y réside d'ailleurs à l'année, le couple étant désormais séparé.
B.
B.a. Par mémoire du 17 mai 2013, A.A._ a déposé auprès du Tribunal régional Jura bernois-Seeland, agence du Jura bernois (ci-après: le Tribunal régional), une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles à l'encontre de B.A._, concluant à ce que l'exploitation agricole du domaine agricole du requérant, notamment de la Métairie de W._, lui soit interdite (1), à ce qu'il lui soit ordonné d'enlever les animaux de C._ qu'elle a pris en estivage à la Métairie de W._ et dans les prés et pâturages en possession du couple A._, sous menace de la peine prévue à l'art. 292 CPC en cas d'inexécution (2a), un bref délai lui étant imparti à cet effet (2b).
Le 24 mai 2013, statuant à titre superprovisionnel, la Présidente a fait droit à la requête de A.A._ et imparti à la requise un délai au 29 mai 2013 pour évacuer les animaux.
Le 28 mai 2013, la requise a conclu au rejet de la requête de mesures provisionnelles et superprovisionnelles formée par son époux ainsi qu'à la révocation de l'ordonnance du 24 mai 2013; elle a également pris des conclusions à titre reconventionnel.
Par ordonnance du 30 janvier 2015, le Tribunal régional a rejeté la requête formée par A.A._ le 17 mai 2013, révoqué en conséquence les mesures provisionnelles prononcées le 24 mai 2013 (1) et déclaré irrecevable la requête reconventionnelle provisionnelle déposée par B.A._ le 28 mai 2013 (2).
B.b. A.A._ a appelé de cette décision le 12 février 2015.
Statuant le 13 juillet 2015, la Cour suprême du canton de Berne a constaté que la décision du Tribunal régional du 30 janvier 2015 était entrée en force dans la mesure où la requête reconventionnelle provisionnelle déposée par B.A._ le 28 mai 2013 avait été déclarée irrecevable (1) et rejeté la requête de mesures provisionnelles déposée par A.A._ le 17 mai 2013 (2).
C.
Agissant le 24 août 2015 par la voie du recours en matière civile au Tribunal fédéral, A.A._ (ci-après: le recourant) conclut à titre principal à la réforme de l'arrêt attaqué en ce sens que les procédures CIV xxx (procédure de mesures protectrices de l'union conjugale pendante entre les parties) et CIV yyy (procédure de mesures superprovisionnelles et provisionnelles visant à ordonner à C._ d'enlever le bétail placé sur les terres d'estivage du recourant) sont jointes et certaines pièces déclarées recevables (a), que sa requête de mesures provisionnelles du 17 mai 2013 est admise (b) et qu'il soit fait interdiction à B.A._ (ci-après: l'intimée) d'exploiter le domaine agricole du recourant, notamment la Métairie de W._ (c). Subsidiairement, le recourant réclame le renvoi de l'affaire à la Cour suprême du canton de Berne pour instruction et nouvelle décision.
Des déterminations n'ont pas été demandées.

## Considerations

Considérant en droit :
1.
Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 140 IV 57 consid. 2).
1.1. Les mesures provisionnelles sont des décisions finales au sens de l'art. 90 LTF lorsqu'elles sont prises dans une procédure autonome; elles sont en revanche des décisions incidentes au sens de l'art. 93 LTF lorsque leur effet est limité à la durée d'un procès en cours ou à entreprendre par la partie requérante, dans un délai qui lui est imparti (ATF 137 III 324 consid. 1.1; 136 V 131 consid. 1.1.2; 134 I 83 consid. 3.1). Peu importe à cet égard que la requête soit admise ou rejetée (arrêt 4A_478/2011 du 30 novembre 2011 consid. 1.1).
En l'espèce, les mesures provisionnelles réclamées par le recourant sont manifestement destinées à se greffer sur une procédure principale sans laquelle elles ne peuvent pas subsister. Bien que l'intéressé ne le précise pas dans ses écritures, sa requête de mesures provisionnelles constitue en effet un préalable à l'action au fond qu'il lui conviendra d'introduire en vue d'établir son droit préférentiel à l'exploitation du domaine de W._. La décision entreprise est donc une décision incidente au sens de l'art. 93 LTF.
1.2. La recevabilité du recours en matière civile suppose en conséquence que la décision querellée soit de nature à causer un préjudice irréparable aux termes de l'art. 93 al. 1 let. a LTF, la condition de l'art. 93 al. 1 let. b LTF étant d'emblée exclue s'agissant de mesures provisionnelles (ATF 137 III 589 consid. 1.2.3; 138 III 333 consid. 1.3). Un préjudice ne peut être qualifié d'irréparable au sens de la disposition précitée que s'il cause un inconvénient de nature juridique, qui ne puisse pas être ultérieurement réparé ou entièrement réparé par une décision finale favorable au recourant (ATF 134 III 188 consid. 2; 138 III 190 consid. 6); un dommage économique ou de pur fait n'est pas considéré comme un dommage irréparable (ATF 141 III 80 consid. 1.2; 138 III 333 consid. 1.3.1; 134 III 188 consid. 2.1 et consid. 2.2). Il appartient au recourant d'expliquer en quoi la décision entreprise remplit les conditions de l'art. 93 LTF, sauf si ce point découle manifestement de la décision attaquée ou de la nature de la cause (art. 42 al. 1 et 2 LTF; notamment: ATF 141 III 80 consid. 1.2; 138 III 46 consid. 1.2 et les références).
Le recourant n'a en l'espèce pas pris la peine de qualifier la décision qu'il attaquait et n'a donc manifestement pas relevé son caractère incident. Il n'a en conséquence pas démontré le préjudice irréparable qu'elle serait susceptible de lui causer. Si l'existence d'un dommage d'ordre économique paraît évidente, celle d'un préjudice de nature juridique ne l'est en revanche nullement. Il n'y a donc pas lieu d'entrer en matière sur le recours.
2.
En définitive, le recours est irrecevable. Les frais judiciaires doivent en conséquence être mis à la charge du recourant (art. 66 al. 1 LTF). L'intimée, qui n'a pas été invitée à se déterminer, n'a droit à aucun dépens.