# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a704b8a1-f78e-4df3-9298-b800e5b7ad42
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

faits qui lui sont confiés ou dont il a eu connaissance en raison de sa
profession, pour autant qu’il agisse dans les limites de son activité
professionnelle ordinaire, peu importe que cela résulte de l’activité ministérielle ou de ses activités accessoires, en raison de la confiance que la
population doit placer dans le notaire (MOOSER, Le droit notarial en Suisse,
op.cit., n. 142 et 246 et les références citées). La Cour des plaintes se rallie à
cette deuxième opinion, la notion de secret professionnel ne pouvant pas
être considérée de manière schématique. L’activité du notaire étant
comparable à celle de l’avocat, il s’impose de traiter la problématique des
activités couvertes par le secret des notaires selon les critères relevant de la
profession d’avocat. La jurisprudence relative à la profession de l’avocat
étant applicable mutatis mutandis aux notaires, elle est pertinente également
pour distinguer l’activité typique du notaire, soumise au secret
professionnel, de l’activité atypique, qui ne l’est pas (cf. ég. PIGUET, op. cit., p. 10). En particulier, il y a lieu d’exclure toute activité commerciale que le
notaire peut être amené à traiter parallèlement aux activités relevant
typiquement de sa profession. Il sied ainsi d’examiner au cas par cas, selon
les circonstances du cas d’espèce, quand le secret peut valablement être
invoqué.
3.3 Les notaires, tout comme les avocats et les autorités cantonales de
dépôt, font partie des dépositaires officiels de testaments en Suisse. Il est
ainsi fréquent qu’ils soient appelés à assurer la conservation desdits
documents, également lorsqu’il s’agit de testaments olographes, soit ceux
qui sont rédigés par le testateur personnellement sans leur assistance
(STEINAUER, Le droit des successions, 2 e éd. 2015, n. 673). Le testateur
n’est toutefois pas obligé de déposer son acte auprès de ces professionnels.
Il peut garder le testament chez lui, le remettre à une personne de confiance,
à un institut bancaire ou à un fiduciaire (STEINAUER, op. cit., n. 699a). En
acceptant de garder en dépôt le testament (voire une esquisse de testament
ou simplement des indications relatives aux biens soumis à la succession),
le dépositaire s’engage non seulement à sa conservation, mais également à
le délivrer, à la mort du testateur, à l’autorité compétente, conformément à
l’art. 556 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC; RS 210; Revue
suisse du Notariat et du Registre foncier, RNRF 1995 223 ss). Il ne s’agit
TPF 2017 10
14
pas d’un simple contrat de dépôt au sens des art. 472 ss du Code des
obligations du 30 mars 1911 (CO; RS 220), mais, au vu notamment de cette
obligation accessoire, un contrat sui generis (Revue suisse du Notariat et du Registre foncier, RNRF 1995 223 ss). Si tout déposant est tenu par les
obligations qui en découlent, les dépositaires officiels sont soumis à une
responsabilité accrue, compte tenu de leur devoir de diligence (Revue suisse
du Notariat et du Registre foncier, RNRF 1995 223 ss). La législation
cantonale tessinoise sur le notariat énonce de manière spécifique les devoirs
rattachés à ce contrat (art. 62 de la legge sul notariato ticinese del 26
novembre 2013 [LNo/TI]). Ces considérations placent l’activité de
dépositaire de testaments parmi les mandats ordinaires de la profession de
notaire. Ainsi, bien que celui-ci ne dispose pas du monopole de l’activité de
dépositaire, ni de dépositaire officiel, la Cour des plaintes considère que
cette activité – loin de s’apparenter à une activité commerciale – doit être couverte par le secret professionnel. Ce même raisonnement s’impose du
reste à l’avocat dépositaire de testaments. Cette opinion a été confirmée au
plan cantonal lorsque l’avocat dépositaire d’un testament olographe reçu «a
titolo fiduciario» a dû être délié du secret pour produire ledit document en
justice (décision CAN n° 18.2002.4 du 22 janvier 2002 mentionnée par
RONDI, Il segreto professionale e le norme deontologiche, in:
Frigerio/Gross/Rondi/Favre, Il segreto professionale dell’avvocato e del
notaio, 2003, p. 44).
3.4 En l’espèce, A. a déposé auprès de Me B., avocat-notaire qui ne fait pas
lui-même l’objet de l’enquête pénale, les documents litigieux contenus dans
des enveloppes fermées devant être ouvertes, selon ses instructions, après sa mort. L’examen de leur contenu permet de constater qu’il s’agit de
dispositions pour cause de mort, ainsi que d’une convention conclue par A.
avec l’un de ses futurs héritiers, pour limiter le pouvoir de disposer de celui-
ci sur sa part d’héritage. Le plaignant a également remis à Me B. un
document dans lequel il a nommé des exécuteurs testamentaires. Etant
donné que l’activité de dépositaire de testaments est une activité typique du
notaire, ces documents (cf. Revue suisse du Notariat et du Registre foncier,
RNRF 1995 223 ss) sont protégés par le secret professionnel. Peu importe
que Me B. ait également exercé des mandats relevant de l’activité atypique
pour le compte du plaignant. Il n’est pas non plus pertinent que les
enveloppes litigieuses aient été placées dans le même dossier que celui relevant de son activité commerciale. L’AFC considère que les dispositions
testamentaires séquestrées ne bénéficient pas d’une protection, étant donné
qu’elles seraient entachées de vices de forme et ne constitueraient partant
pas de véritables testaments. Cet argument doit être écarté. La question de la
validité d’un testament, qui relève de la compétence du juge civil, doit être
TPF 2017 15
15
traitée dans le cadre d’une action en justice introduite par des personnes
habilitées à le faire et après la mort du testateur (art. 520 al. 1 CC) sans
quoi, de telles dispositions gardent en principe leur validité (ATF 113 II 270
in: JdT 1988 I 170; 91 II 327 in: JdT 1966 I 232). La validité desdites
dispositions ne saurait être mise en cause non plus, contrairement à
l’opinion de l’AFC, par le fait que le notaire ne les a pas enregistrées dans le
registre central des testaments. La législation cantonale en la matière prévoit
qu’une telle démarche est optionnelle (art. 6 al. 2 et 66 al. 2 LNo/TI).
3.5 Il résulte de ce qui précède que les documents saisis, couverts par le secret professionnel des notaires, ne pouvaient pas faire l’objet d’un
séquestre et ce conformément à l’art. 46 al. 3 DPA, applicable par analogie
aux notaires. L’AFC a donc violé le droit fédéral en séquestrant les
enveloppes litigieuses.
TPF 2017 15
4. Auszug aus dem Urteil der Strafkammer in Sachen Bundesanwaltschaft
gegen A. und B. vom 12. Januar 2017 (SK.2016.42)
Beweisverwertbarkeit
Art. 139, 192 ff. StPO
Die Untersuchungsakten und der Schlussbericht der Schweizerischen Sicherheitsuntersuchungsstelle (SUST) stellen sachliche Beweismittel dar, die im Strafverfahren der freien richterlichen Beweiswürdigung unterliegen (E. 2.3).
Exploitation des preuves
art. 139, 192 ss CPP
Les actes d’enquête et le rapport final du Service suisse d'enquête de sécurité (SESE) constituent des moyens de preuve objectifs qui, dans la procédure pénale, sont soumis à la libre appréciation du juge (consid. 2.3).

## Considerations