# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cd55a888-af1e-55aa-b823-ff1a1d66d5a2
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

ATTENDU EN FAIT
Quel’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OCAI), par décision sur opposition du 29 mai 2007, a nié tout droit à des prestations à Monsieur B_ au motif que l’on pouvait raisonnablement exiger de ce dernier qu’il exerce une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles à 100% et sans diminution de rendement;
Que l’assuré a interjeté recours contre cette décision en date du 29 juin 2007, en concluant à son annulation ainsi qu’à l’octroi d’une demi-rente d’invalidité et de mesures d’ordre professionnel sous forme d’un reclassement;
Que, dans sa réponse du 3 septembre 2007, l’OCAI a conclu au rejet du recours;
Que le 8 avril 2008, le recourant a produit une décision de l’Office cantonal de l’emploi (ci-après : OCE) du 28 mars 2008 prononçant son inaptitude au placement depuis le 20 septembre 2007 à la suite du rapport du Centre d’intégration professionnelle (ci-après : CIP) du 10 décembre 2007, lequel concluait que ses limitations physiques importantes ne lui permettaient pas de réintégrer le marché primaire de l’emploi malgré sa motivation;
Que le 3 octobre 2008, le recourant a encore produit, d’une part, une décision sur opposition de l’OCE datée du 10 juillet 2008 confirmant sa décision du 28 mars 2008, d’autre part, le recours interjeté devant le Tribunal de céans, en date du 12 septembre 2008, contre ladite décision sur opposition (une procédure a été ouverte sous la référence A/3262/2008); qu’il a conclu à la mise en œuvre d’une expertise médicale afin de déterminer sa capacité de travail;
Que par ordonnance du 10 octobre 2008, le Tribunal de céans a ordonné l’apport de la procédure A/3262/2008 et accordé à l’intimé un délai pour en prendre connaissance et se déterminer;
Que par écriture du 10 novembre 2008, l’intimé a exprimé l’avis que l’issue de la procédure pendante en matière d’assurance-chômage n’aurait aucune incidence pour l’assurance-invalidité, de sorte et qu’il n’y avait donc pas lieu de suspendre la présente cause dans l’attente de l’issue de la procédure en assurance-chômage;
Que pour sa part, le 12 janvier 2009, dans le cadre de la procédure A/2568/2008, l’OCE a manifesté son intérêt pour les résultats de l’expertise qui serait éventuellement mise sur pied et dont il attendait qu’elle permette de déterminer, en particulier, si le recourant pourrait ou non exercer une activité et si oui, laquelle, compte tenu des restrictions médicales (physiques), de son absence de qualification et de son niveau de français;
Que le Tribunal de céans a informé les parties de son intention de mettre en œuvre une expertise et leur a communiqué les questions qu’il avait l’intention de poser à l’expert, tout en leur impartissant un délai au pour compléter celles-ci;
Que les parties ont informé le Tribunal de céans qu’elles n’avaient ni motif de récusation à faire valoir, ni de questions à ajouter à celles qu’il entendait poser aux experts.

## Considerations

ATTENDU EN DROIT
Que le Tribunal de céans est compétent pour connaître du présent litige (art. 56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ);
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1
er
janvier 2003, est applicable au cas d’espèce;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi, est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA);
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l’assurance-invalidité est de savoir si l’on peut raisonnablement exiger du recourant qu’il exerce à 100% une activité lucrative tenant compte de ses limitations fonctionnelles, sans diminution de rendement;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 1994, t.1, p. 438);
Qu’ainsi, l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.);
Que de son côté, le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136);
Qu’en l’espèce, force est de constater que, dans son rapport du 12 octobre 2005, le Service médical régional de l’assurance-invalidité (ci-après : SMR) n’a retenu que des limitations fonctionnelles concernant la vue alors que le recourant souffre également de problèmes orthopédiques touchant son épaule droite et sa colonne lombaire;
Qu’au surplus, le SMR a conclu à une capacité médio-théorique entière sans se prononcer sur une éventuelle diminution de rendement;
Que dans un rapport d’expertise du 9 décembre 2005 réalisée pour le compte de l’assurance perte de gain, le Dr L_, spécialiste FMH en ophtalmologie, a conclu qu’au vu de la perte fonctionnelle de l’œil droit, des pathologies générales et de l’âge du patient, aucune activité adaptée et aucune réadaptation professionnelle n’étaient envisageables;
Que le rapport du CIP du 10 décembre 2007 a conclu que le recourant demeure avant tout un homme de chantier typique et qu’au vu de ce qui avait pu être observé, il ne pouvait réintégrer le marché ordinaire de l’emploi car son rythme de travail était ralenti par des difficultés visuelles;
Que lors du stage d’observation professionnelle, le recourant s’est plaint de douleurs à la nuque et au dos suite au port de charges de 15 kilos, qu’une mobilité corporelle rigide, un manque de souplesse, des difficultés à se baisser et une impossibilité à rester debout plus de 30 minutes ont en outre été observées;
Que ces constatations concordent avec le rapport d’expertise, mais divergent fondamentalement des conclusions du SMR de sorte qu’il apparaît nécessaire d’ordonner une expertise ophtalmologique et orthopédique afin d’apprécier la capacité résiduelle de travail de l’assuré dans une activité adaptée à son handicap ;
Que cette expertise sera confiée au Dr M_ pour ce qui est du volet ophtalmologique et au Dr N_ pour le volet orthopédique;
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