# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 693b89b0-c953-5489-9813-443b5a739d28
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Le 14 février 2012, le service du commerce (ci-après : SCom) a signifié à Monsieur X_, chauffeur de taxi, une amende de CHF 300.- pour avoir, le 27 juin 2011, manqué à son devoir général de courtoisie envers un client à l’aéroport international de Genève. Ce pli a été reçu par son destinataire le 16 février 2012.
2. Le 13 mars 2012, M. X_ a recouru contre cette décision auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) en contestant l’amende en question. Cependant, ce recours n’était pas signé.
3. Par pli recommandé et courrier prioritaire expédiés le 15 mars 2012, la chambre administrative a invité M. X_ à payer, d’ici le 14 avril 2012, une avance de frais. De plus, il devait faire parvenir au juge délégué un exemplaire signé de son recours, dans le délai de trente jours courant dès réception de la décision attaquée.
4. Le 22 mars 2012, M. X_ a posté à l’attention de la chambre de céans, qui l’a reçu le 23 mars 2012, un exemplaire de son courrier initial du 12 mars 2012, mais dûment signé.
L’avance de frais a été payée le 22 mars 2012 également.
5. Par arrêt du 3 avril 2012, la chambre administrative a déclaré irrecevable le recours posté le 22 mars 2012, puisqu’il était tardif, l’échéance du délai de recours contre la décision du SCom du 14 février 2012 étant intervenue le lundi 19 mars 2012 à minuit, par application des art. 62 al. 1 let. a et 17 al. 3 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).
Cet arrêt a été expédié aux parties le 12 avril 2012.
6. Par pli posté le 24 avril 2012, M. X_ a prié la chambre administrative de revoir l’arrêt du 3 avril 2012. Il n’avait pas pu respecter le délai légal pour envoyer un exemplaire signé de son recours, étant donné qu’il avait été hospitalisé d’urgence en raison d’un infarctus, comme cela résultait de l’attestation signée par un chef de clinique le 13 avril 2012, certifiant que M. X_ avait été hospitalisé en unité de cardiologie du 15 au 20 mars 2012.

## Considerations

EN DROIT
1. Il y a lieu à révision lorsque, dans une affaire réglée par une décision définitive, il apparaît :
« que des faits ou des moyens de preuve nouveaux et importants existent, que le recourant ne pouvait connaître ou invoquer dans la procédure précédente » (art. 80 let. b LPA).
2. La demande doit être adressée par écrit à la juridiction qui a rendu la décision dans les trois mois dès la découverte du motif de révision (art. 81 al. 1 LPA).
Les art. 64 à 65 LPA sont applicables par analogie. La demande devant indiquer notamment le motif de révision et contenir les conclusions du requérant (art. 81 al. 3 LPA).
L’arrêt rendu le 3 avril 2012 par la chambre de céans n’a pas fait l’objet d’un recours de droit public et il est à ce jour définitif.
3. Comme cela résulte des pièces produites, le délai de recours contre la décision du 14 février 2012 prononcée par le SCom est venu à échéance le lundi 19 mars 2012 à minuit. Or à cette date, M. X_ était hospitalisé comme l’atteste le certificat médical qu’il a produit et cette hospitalisation, nécessitée par un infarctus, n’était pas prévisible. Il en résulte qu’entre le courrier qui lui a été envoyé par la chambre de céans le 15 mars 2012 et l’expiration du délai de recours le 19 mars 2012 M. X_ ne pouvait pas en raison d’un cas de force majeure signer comme demandé l’acte de recours initialement posté le 13 mars 2012. En s’acquittant cependant de cette obligation le 22 mars 2012, soit si tôt après la fin de son hospitalisation, M. X_ a agi dès la fin de l’empêchement de sorte que compte tenu de ces circonstances exceptionnelles, qui doivent s’apparenter à des faits ou moyens preuve nouveaux que le recourant ne pouvait invoquer précédemment, la demande en révision sera admise et, le jugement prononcé le 3 avril 2012 par la chambre de céans annulé. Le recours posté le 22 mars 2012 sera déclaré recevable et transmis au SCom afin que celui-ci se détermine sur le fond du litige.
4. Vu l’issue du litige, il ne sera pas perçu d’émolument.
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