# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b4a513f3-bcc1-4645-8738-c94ba7d831aa
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2002
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. La Commission cantonale des personnes morales a rendu le 15 juin 1992 la décision dont les considérants de fait et de droit ont la teneur suivante:
"constate en fait :
A. En sa qualité de propriétaire de l'immeuble sis à la rue du ******** - rue du ********à ********, X._SA, dont le siège social est à ********, est assujettie à l'impôt dans le canton de Vaud de manière limitée, conformément à l'art. 3, al. 1, chiffre 3, lettre a, LI.
B. La contribuable ayant vendu l'immeuble précité en date du 11 octobre 1989 pour Fr. 1'800'000.--, l'Administration cantonale des impôts l'a informée aussitôt qu'en raison de la disparition des éléments imposables dans le canton, cette opération serait taxée selon l'art. 6la, LI.
C. La déclaration en vue de l'impôt spécial sur les bénéfices en capital et les réévaluations comptables signée par la contribuable mentionnait le montant de Fr. 1'271'414.-- soumis à l'impôt, compte tenu de la déduction de l'impôt cantonal, communal et fédéral sur ce même bénéfice en capital (soit Fr. 303'210.--).
D. Par décision du 16 janvier 1991, l'Administration cantonale des impôts a fixé à Fr. 1'574'624.-- le bénéfice en capital imposable, en précisant que les impôts prélevés sur le bénéfice en capital n'étaient pas déductibles du bénéfice en capital lui-même; les autres éléments déclarés par la contribuable ont été admis par l'autorité de taxation.
E. X._SA a formé réclamation le 30 janvier 1991 contre la décision de taxation précitée; elle conclut à la prise en compte des impôts dus sur le bénéfice en capital en vertu de l'art. 55, al. 1, lettre a, LI d'une part et de la jurisprudence du Tribunal fédéral en matière de double imposition intercantonale, d'autre part.
La contribuable a déclaré le 21 mars 1991 maintenir ses conclusions malgré les explications fournies par l'autorité de taxation en date du 8 mars 1991.
et considère en droit
1. Formé par acte écrit et motivé dans le délai légal de l'article 101, LI, le pourvoi est recevable.
2. L'imposition du bénéfice en capital réalisé le 11 octobre 1989 en vertu de l'art. 61a, LI, est contestée quant aux dispositions applicables pour la détermination du montant imposable. La réclamante soutient que la délimitation de la substance fiscale doit être établie d'après les règles applicables aux personnes morales.
3. L'impôt spécial de l'art. 61a, LI a été aménagé en vue d'atteindre les réserves latentes constituées par les sociétés durant leur assujettissement dans le canton et qui cessent
d'y
être imposées. "Il est calculé, comme pour les personnes physiques, d'après les taux prévus par l'article 27, réduits de moitié" (BGC, printemps 1956, p. 26, Exposé des motifs). Introduit par la loi du 31 mai 1988, l'actuel art. 61a, LI n'a pas modifié le taux d'impôt (BGC 1988, p. 33):
art. 61a) al. 3) LI: "L'impôt est calculé d'après les taux de l'article 28, réduits de moitié"
Au niveau fédéral, l'art. 53, al. 2, AIFD prévoit également en cas de liquidation ou de cessation d'assujettissement, "le paiement d'un impôt annuel entier sur les bénéfices en capital et les augmentations de valeur réalisés pendant la période de calcul et la période de taxation, comme les personnes physiques (art. 43); l'impôt est calculé selon l'art. 40, 1er alinéa; le taux maximum applicable correspond cependant au taux limite pour le calcul de l'impôt sur le rendement net selon l'article 57."
4.
Au vu de la similitude des dispositions fédérales et cantonales en matière d'impôt spécial sur les bénéfices en capital en cas de liquidation ou de fin d'assujettissement des sociétés, la jurisprudence du Tribunal fédéral rendue au niveau de l'impôt fédéral est applicable par analogie au niveau de l'impôt cantonal et communal (RDAF 1979, p.323).
Dans l'arrêt précité, le Tribunal fédéral a donné tort à la recourante qui, en raison de son entrée en liquidation et de la vente de son immeuble, invoquait la déduction des impôts cantonaux sur les gains immobiliers du bénéfice réalisé et imposable selon l'art. 53, al. 2, AIFD. Reconnaissant le texte clair de cette dernière disposition, le Tribunal fédéral a jugé que la détermination du bénéfice imposable devait avoir lieu d'après les règles applicables aux personnes physiques (art. 43, AIFD) et que la maximisation prévue au deuxième alinéa de l'art. 53, AIFD devait se limiter au taux d'impôt.
S'appuyant sur la jurisprudence du Tribunal fédéral, la doctrine relève que dans le cadre du calcul du bénéfice de liquidation imposable, ne peuvent être déduits les impôts dus sur le bénéfice de liquidation, ni d'ailleurs les autres impôts sur le revenu et la fortune, pas plus que les impôts cantonaux sur les gains immobiliers (H. Masshardt et F. Gendre, Commentaire IDN - éd 198O-p. 313).
5. Compte tenu de ce qui précède, la décision du 16 janvier 1991 en matière d'impôt spécial cantonal et communal sur les bénéfices en capital de l'art. 61a, LI doit être confirmée. A l'appui, il convient d'apporter les remarques suivantes:
- l'art. 61a, LI applicable aux personnes morales prévoit les mêmes modalités d'imposition que l'art. 29, LI destiné aux personnes physiques: les taux fixés à l'article 28, LI sont réduits de moitié. Contrairement à ce qui est prévu au niveau de l'impôt fédéral (art. 53, al. 2, dernière phrase, AIFD), aucun renvoi au taux applicable au bénéfice net des sociétés de capitaux n'est mentionné à l'art. 61a, LI, ce qui rend cette dernière disposition encore plus claire que celle de l'AIFD correspondante, quant aux règles applicables (soit celles prévues pour les personnes physiques).
- l'arrêt précité (RDAF 1979, p. 323) concerne l'imposition d'un contribuable interne. Il faut constater que X._SA, en sa qualité de contribuable externe, n'est pas imposée plus lourdement qu'une société contribuable interne qui réaliserait l'une des conditions de l'art. 6la, LI.

## Considerations