# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 72de0b87-3ac8-5af3-a7c8-1625a9c17981
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
que A._, ressortissante du Cap Vert, née en 1980, a séjourné et travaillé illégalement en Suisse entre 2002 et 2005. Par la suite, sous une fausse identité, elle a obtenu en 2007 une autorisation de séjour UE/AELE, puis dès le 7 mai 2012 une autorisation d'établissement. Le 1er février 2013, constatant la fraude, le Service de la population et des migrants (SPoMi) a pris à son encontre une décision de révocation du permis d'établissement et de renvoi, confirmée par le Tribunal cantonal le 20 juin 2013. Dès le mois de mars 2013, l'intéressée a effectué des démarches pour obtenir une autorisation de séjour sur la base d'un regroupement familial. Dans ce but, elle a produit un certificat de capacité matrimonial portugais afin de prouver son intention d'épouser B._, ressortissant portugais, domicilié à Marseille, qui travaillait à ce moment-là pour le même employeur qu'elle. Après avoir entendu A._ et son futur époux, le SPoMi a informé les fiancés de son intention de refuser la demande d'autorisation de séjour en raison d'indices d'un mariage de complaisance. Néanmoins, suite à la célébration du mariage civil, le 2 mai 2014, A._ a obtenu une autorisation de séjour UE/AELE valable jusqu'au 9 avril 2018;
que, le 3 juin 2015, sur mandat du SPoMi, la Police cantonale a fourni un rapport constatant, sans autre précision, que les époux faisaient effectivement ménage commun à l'adresse indiquée;
qu'une année plus tard, un nouveau rapport de police mentionne que, lors de trois contrôles effectués le 29 juin, le 15 juillet et le 9 août 2016, l'époux était soit déjà au travail, soit en vacances, étant remarqué en outre qu'il n'y avait que peu d'affaires personnelles de ce dernier au domicile conjugal, presque pas d'habits, ni de chaussures et qu'il n'avait pas l'air d'y habiter;
que les époux ont été entendus une nouvelle fois en audition administrative le 5 octobre 2016. Il est apparu à cette occasion que ceux-ci n'avaient aucune activité commune, passaient prétendument l'essentiel de leur temps reclus à la maison, sans ami, et que chacun n'entretenait des relations familiales qu'avec ses propres enfants, quasiment sans contact avec la belle-famille. Ils n'étaient jamais partis en vacances ensemble. L'époux a en outre expliqué avoir travaillé de mai 2013 à avril 2015 à 100% pour le même restaurateur que son épouse à Fribourg et que d'avril 2015 à avril 2016, il avait réduit son taux d'activité à 50 %. Par la suite, il avait arrêté de travailler, sans demander des indemnités de chômage, vivant sur le salaire de son épouse. Il a reconnu en outre se rendre environ tous les 15 jours pour des séjours de moins d'une semaine à Marseille où habite son frère;
que, le 10 octobre 2016, A._ a été informée par le SPoMi qu'il envisageait de révoquer son autorisation de séjour et de prononcer son renvoi de Suisse;
que, selon un rapport de l'Administration fédérale des douanes, communiqué au SPoMi le 21 octobre 2016, il ressort, que, lors d'un contrôle douanier effectué le 4 octobre 2016, soit la veille de l'audition par le SPoMi, le conjoint avait déclaré vivre en France depuis 3 ans (troisième renouvellement consécutif de son titre de séjour français) et que son permis de séjour suisse était entre les mains de son épouse, domiciliée à Fribourg. Il a expliqué avoir quitté le domicile conjugal quelques mois après le mariage, ne trouvant pas de travail en Suisse et qu'il était installé à Marseille, ville dans laquelle il œuvre en qualité de plaquiste afin de nourrir ses 5 enfants nés d'une précédente relation et domiciliés au Cap-Vert. Tout en admettant posséder des titres de
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séjour en France et en Suisse, il a déclaré être domicilié de façon permanente à Marseille, ses venues en Suisse étant peu nombreuses et de courte durée. Les autorités douanières ont constaté par ailleurs que l'époux était le détenteur du véhicule immatriculé en France qu'il conduisait. Cette pièce a été communiquée pour information à A._;
que, le 5 décembre 2016, cette dernière a fait usage de son droit d'être entendue pour déclarer simplement que, suite aux problèmes rencontrés, les conjoints avaient décidé de "remettre les choses à plat" et de faire à nouveau ménage commun, le mari s'étant remis à la recherche d'un nouveau travail en Suisse. Sur cette base, elle a demandé au SPoMi de renoncer à révoquer l'autorisation de séjour;

## Considerations