# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ef12364c-4e80-5724-b5ae-3bd6b97f4ec3
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par requête formée le 20 février 2020, l'ETAT DE GENEVE DF - SERVICE DU CONTENTIEUX DE L'ÉTAT (ci-après : le SERVICE DU CONTENTIEUX DE L'ÉTAT) a formé une requête à l'encontre de A_, domicilié à B_, en France, tendant au séquestre, à concurrence d'une somme de 2'993 fr. 25 avec intérêts (sans préciser le taux de ces derniers) dès le 2 août 2019, de tous comptes ou créances du précité en mains de C_ [société active dans la gestion de cabinets de médecin]. Il a invoqué, comme titre de la créance, un acte de défaut de biens n° 1_ du 2 août 2019.
Pour fonder sa requête de séquestre auprès de C_, le SERVICE DU CONTENTIEUX DE L'ÉTAT a produit un contrat de gestion comptable entre [C_] et A_ du 2 juillet 2018. Ce contrat prévoit notamment que C_ met à disposition du mandant un plan comptable, saisit et comptabilise les justificatifs qui lui parviennent selon les principes d'une comptabilité réglementaire, établit un bouclement annuel, effectue les écritures de bouclement selon les instructions et fournit d'autres prestations en accord avec le client
(art. 1).
B.
Par ordonnance du 24 février 2020, le Tribunal de première instance a rejeté la requête de séquestre formée par le SERVICE DU CONTENTIEUX DE L'ÉTAT (ch. 1 du dispositif) et a mis à la charge de ce dernier les frais judiciaires, arrêtés à 200 fr. (ch. 2).
Le Tribunal a considéré que C_ intervenait en qualité de simple gestionnaire comptable et que le requérant n'avait pas démontré l'existence de comptes ou de créances de A_ auprès ou envers [C_].
C.
Par acte expédié à la Cour de justice le 4 mars 2020, le SERVICE DU CONTENTIEUX DE L'ÉTAT a formé recours contre cette ordonnance. Il a conclu à ce que soit ordonné le séquestre en mains de C_, - Compta _, chemin 2_ [no.] _, [code postal] D_ [GE] de tous les comptes ou créances de A_ à concurrence de 2'993 fr. 25.
Le SERVICE DU CONTENTIEUX DE L'ÉTAT a été informé par avis du greffe de la Cour du 13 mars 2020 de ce que la cause était gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1. 1.1
Contre une décision refusant un séquestre, qui est une décision finale en tant qu'elle met fin à l'instance d'un point de vue procédural, seul le recours est ouvert (art. 309 let. b ch. 6 et 319 let. a CPC; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
du 28 août 2012 consid. 3.2; Hohl, Procédure civile, tome II, 2ème éd., 2010, n. 1646).
1.2
Le recours, écrit et motivé, doit être formé dans un délai de dix jours à compter de la notification de la décision, la procédure sommaire étant applicable (art. 321 al. 1 et 2 CPC).
Déposé selon la forme et le délai prescrits, le recours est en l'espèce recevable.
1.3
Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'instance de recours examine les questions de droit avec le même pouvoir d'examen que l'instance précédente (cf. Jeandin, in Commentaire romand, Code de procédure civile, 2ème éd. 2019, n. 2 ad art. 320 CPC; Message du Conseil fédéral du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse (CPC), FF 2006 6841, p. 6984).
1.4
La procédure de séquestre est soumise dans toutes ses phases à la maxime de disposition et à la maxime des débats (art. 58 al. 2 CPC; art. 255 CPC
a contrario
).
1.5
Au stade de la requête et de l'ordonnance de séquestre, la procédure est unilatérale et le débiteur n'est pas entendu (art. 272 LP; ATF
133 III 589
consid.1; HOHL, op. cit., n. 1637 p. 299).
Dans le cadre du recours contre l'ordonnance de refus de séquestre, la procédure conserve ce caractère unilatéral, car, pour assurer son efficacité, le séquestre doit être exécuté à l'improviste; partant, il n'y a pas lieu d'inviter A_ à présenter ses observations, ce qui ne constitue pas une violation de son droit d'être entendu (ATF
107 III 29
consid. 2 et 3; arrêt du Tribunal fédéral
5A_344/2010
du 8 juin 2010 consid. 5, in RSPC 2010 p. 400, et
5A_279/2010
du 24 juin 2010 consid. 4).
2.
Le recourant invoque que, dans la mesure où A_ pratique à Genève et qu'il n'a pas de compte bancaire à son nom, il semble évident que C_ établit ses factures et procède aux encaissements. Certes, le contrat de gestion n'était pas une preuve par titre qu'il possédait un compte auprès de C_ ou qu'il était créancier de celle-ci, mais, au vu de la situation, c'était suffisamment probant pour qu'un séquestre soit ordonné.
2.1
Le créancier d'une dette échue et non garantie par gage peut requérir le séquestre des biens du débiteur qui se trouvent en Suisse, lorsque le créancier possède contre le débiteur un acte de défaut de biens provisoire ou définitif (art. 271 al. 1 ch. 4 LP).
En vertu de l'art. 272 al. 1 LP, le séquestre est autorisé par le juge du for de la poursuite ou par le juge du lieu où se trouvent les biens, à condition que le créancier rende vraisemblable que sa créance existe (ch. 1), qu'on est en présence d'un cas de séquestre (ch. 2) et qu'il existe des biens appartenant au débiteur (ch. 3).
Le séquestre est une mesure conservatoire urgente, qui a pour but d'éviter que le débiteur ne dispose de ses biens pour les soustraire à la poursuite pendante ou future de son créancier (ATF
133 III 589
consid. 1;
116 III 111
consid. 3a;
107 III 33
consid. 2). Le juge du séquestre statue sans entendre préalablement le débiteur (ATF
133 III 589
consid. 1;
107 III 29
consid. 2), en se basant sur la simple vraisemblance des faits (ATF
138 III 232
consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_870/2010
du 15 mars 2011 consid. 3.2; sur la simple vraisemblance en général, cf. ATF
130 III 321
consid. 3.3) et après un examen sommaire du droit (ATF
138 III 232
consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
28 août 2012 consid. 3.1).
Pour admettre la simple vraisemblance des faits, il suffit que, se fondant sur des éléments objectifs, le juge ait l'impression que les faits pertinents se sont produits, mais sans qu'il doive exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés autrement (ATF
132 III 715
consid. 3.1;
130 III 321
consid. 3.3; arrêts du Tribunal fédéral
5A_877/2011
du 5 mars 2012 consid. 2.1;
5A_870/2010
du 15 mars 2011 consid. 3.2).
2.2
En l'espèce, le contrat de gestion comptable conclu entre C_ et A_ prévoit la fourniture de services administratifs par C_, mais pas que celle-ci procède à des encaissements pour le compte du médecin. L'existence d'un compte ou de créances de A_ auprès de celle-ci n'est donc pas rendue vraisemblable. De plus, les circonstances invoquées, à savoir la pratique de la médecine et la prétendue absence de compte bancaire à Genève, ne sont pas, en elles-mêmes, pertinentes, et donc suffisantes, pour rendre vraisemblable que les conditions pour ordonner le séquestre requis auprès de C_ sont remplies.
Le recours sera donc rejeté.
3.
Le recourant, qui succombe, sera condamné aux frais du recours (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés à 300 fr. (art. 48 et 61 OELP).
Il n'y a pas lieu à l'allocation de dépens.
* * * * *