# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 98b5b217-9bd4-4a17-acda-a00b197e66c1
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2004
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants :
A.
a) X._, née en 1977, a exercé diverses activités dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration. Elle a occupé en dernier lieu un emploi en qualité de serveuse auprès du Beau-Rivage Palace, cela jusqu’au 30 avril 2003.
b) Le 31 mars 2003, le Beau-Rivage Palace SA a en effet dénoncé le contrat qui le liait avec l’intéressée pour la fin du mois suivant.
B. a) X._ s’est annoncée à l’Office régional de placement (ci-après : ORP) comme demandeuse d’emploi le 11 avril suivant. Elle a reçu à cette occasion diverses brochures d’information, dont celle consacrée aux droits et devoirs du demandeur d’emploi. Elle a assisté ensuite, le 14 avril, à une séance d’information, et elle a eu un entretien avec son conseiller le lendemain, soit le 15 avril. Elle a enfin déposé sa demande d’indemnité auprès de la caisse le 16 avril, en sollicitant les indemnités à compter du 1
er
mai.
Dans ses notes relatives à l’entretien du 15 avril, le conseiller ORP indique que la requérante n’a pas encore démarré ses recherches d’emploi ; il ajoute qu’il lui a rappelé ses obligations en la matière.
Elle a enfin été absente pour une brève période de vacances dès le 26 avril suivant.
b) Le dossier comporte les formulaires usuels de recherches d’emploi, notamment celui concernant les mois d’avril et mai 2003. Ce document fait état d’une recherche en date du 22 avril 2003, auprès du Musée Olympique à Lausanne, l’assurée postulant une place d’hôtesse d’accueil ; la réponse a été négative.
C. a) Par lettre du 28 mai 2003, l’ORP a demandé à l’assurée de fournir les éléments relatifs à ses recherches de travail pendant la période précédant son inscription au chômage , soit avant le 1
er
mai 2003 ; cet avis précisait que l’absence de recherches d’emploi peut constituer une faute vis-à-vis de l’assurance-chômage et conduire à une suspension du droit aux indemnités. L’assurée a répondu par lettre du 2 juin 2003 ; elle fait valoir notamment qu’elle a reçu son congé abruptement, soit le dernier jour du délai de congé d’un mois seulement ; durant le délai en question, elle a été, outre le choc psychologique, occupée à régler sa situation au regard de l’assurance-chômage.
b) Par décision du 29 août 2003, l’ORP a néanmoins, après avoir indiqué que les explications de l’assurée ne pouvaient pas être acceptées, sanctionné l’intéressée d’une suspension dans son droit aux indemnités pour une durée de six jours à compter du 1
er
mai 2003.
D. Pour sa part, la caisse de chômage de la CVCI (ci-après : la caisse), a rendu une décision de restitution en date du 19 septembre 2003. En effet, la caisse avait indemnisé sans réserve l’assurée pour le mois de mai précédent ; en conséquence, l’intéressée avait reçu à tort six indemnités correspondant à la suspension que lui a infligée l’ORP. Le montant à restituer s’élève en conséquence à 749 fr. 20 (correspondant à six indemnités). On relèvera que cette décision indique la voie du recours au Service de l’emploi (ci-après : SE).
E. a) Par lettre du 25 septembre 2003, X._ a formé un recours auprès du SE ; formellement, celui-ci est dirigé contre la lettre de la caisse précitée (lettre D ci-dessus) ; cependant, elle fait valoir pour l’essentiel qu’elle a pris toutes les mesures qu’il lui était possible d’assumer pour mettre fin au chômage le plus rapidement possible. Ce grief concerne principalement, non pas la décision de la caisse, mais bien plutôt celle de l’ORP du 29 août précédent.
b) Dans sa décision du 5 août 2004, le SE considère que le recours est dirigé tout à la fois contre l’une et l’autre des décisions précitées (soit celle de la caisse et celle de l’ORP). Cela étant, il retient, comme l’ORP, que la recourante n’a effectué aucune recherche de travail durant le délai de congé, soit pendant la période précédant le 1
er
mai 2003. Le SE écarte les explications de la recourante et juge que cette dernière n’a pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour réduire le dommage ou éviter la réalisation du risque assuré ; le fait qu’elle n’ait pas effectué de recherches d’emploi durant cette période apparaît comme une faute qui doit être sanctionnée. S’agissant de la quotité de la suspension, le SE déclare qu’elle «
ne saurait être revue dans la mesure où elle reste dans la fourchette prévue par la disposition précitée. La quotité de la sanction infligée fait partie du pouvoir d’appréciation de l’autorité qui rend la décision. Dans cette mesure, l’autorité de céans estime que l’ORP n’a pas outrepassé son pouvoir d’appréciation pour arrêter la durée de la suspension
».
F. Agissant par acte daté du 19 août, mais confié à la poste le lendemain, X._ a recouru au Tribunal administratif contre la décision précitée. Pour sa part, le SE propose le rejet du recours.

## Considerations

Considérant en droit
1.
L’art. 52 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (ci-après : LPGA) prévoit que les décisions peuvent être attaquées dans les 30 jours par voie d’opposition auprès de l’assureur qui les a rendues (al. 1) ; cette loi est entrée en vigueur le 1
er
janvier 2003 ; par ailleurs, selon l’art. 100 al. 2 LACI, les cantons peuvent, en dérogation à l’art. 52 al. 1 LPGA précité, conférer la compétence de traiter l’opposition à une autorité autre que celle qui a pris la décision. A la date du dépôt du recours au SE (courant septembre 2003), le canton de Vaud n’avait pas encore adopté de dispositions d’application de l’art. 100 al. 2 LACI. On peut dès lors se demander si la règle cantonale antérieure – qui prévoyait un droit de recours au SE – conservait sa validité ou, au contraire, si le régime découlant de la LPGA primait le droit cantonal (dans cette hypothèse, la décision du SE aurait été rendue en violation des règles de compétences applicables, la caisse devant statuer sur l’opposition). On laissera cependant cette question ouverte, dans la mesure où la décision de la caisse, comme on le verra plus loin doit de toute façon être annulée.
2.
a) L'assuré a droit à l'indemnité de chômage s'il satisfait aux exigences du contrôle (art. 8 al. 1 lit. g LACI). Ainsi, l'assuré qui fait valoir des prestations d'assurance doit, avec l'assistance de l'office du travail compétent, entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour éviter le chômage ou l'abréger. Il lui incombe, en particulier, de rechercher du travail, au besoin en dehors de la profession qu'il exerçait précédemment. Il doit pouvoir apporter la preuve des efforts qu'il a fournis (art. 17 al. 1 LACI). Sur le plan temporel l'obligation de rechercher un emploi prend déjà naissance avant le début du chômage, c'est-à-dire aussi bien durant le délai de dédit ou durant les derniers mois d'un rapport de travail de durée déterminée que durant la période qui précède la présentation à l'office (DTA 1981 p. 126 ; dans le même sens, voir TFA, arrêt du 16 septembre 2002, C. 141/02, consid. 3.2, rendue dans la cause PS 2001/0148 ; voir également TA, arrêt du 23 décembre 1997, PS 1997/0320, consid. 2).
b) L'assuré sera suspendu dans l'exercice de son droit à l'indemnité lorsqu'il est établi qu'il ne fait pas tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour trouver un travail convenable (art. 30 al. 1 lit. c LACI). La durée de la suspension dans l'exercice du droit à l'indemnité est de 1 à 15 jours en cas de faute légère, de 16 à 30 jours en cas de faute de gravité moyenne, et de 31 à 60 jours en cas de faute grave (art. 45 al. 2 OACI).
Lorsque les faits justifiant une suspension sont établis, l'assuré doit être suspendu dans l'exercice de son droit aux indemnités. Un simple avertissement n'est pas admissible (G. Gerhards, Kommentar zum Arbeitslosenversicherungsgesetz, vol. 1, ad. art. 30 p. 376, n. 61; dans le même sens ATF 124 V 225, spéc. 233).
3.
Dans le cas d’espèce, la décision attaquée paraît critiquable sur deux aspects au moins :
a) En premier lieu, le SE se borne à constater que l’ORP a fait un usage correct du pouvoir d’appréciation qui doit lui être reconnu quant à la quotité des suspensions. Toutefois, on observera que, en matière d’assurance sociales, le recours de droit administratif au Tribunal fédéral des assurances peut être formé également pour inopportunité de la décision attaquée. Cela implique, en d’autres mots, que l’autorité de recours (y compris la plus haute instance , mais a fortiori les autorités inférieures; voir à ce sujet art. 132 lettre a OJ) n’a pas la faculté de limiter son pouvoir d’examen à un éventuel excès ou abus du pouvoir d’appréciation, ce qui recouvirait un examen restreint à la légalité, voire à l’arbitraire.
b) Par ailleurs, tant l’ORP que le SE sont partis de la prémisse que l’assurée n’avait effectué aucune recherche d’emploi avant la période de chômage qui débutait le 1
er
mai 2003 ; or, cela est inexact au vu du formulaire qu’a rempli l’assurée.
c) Cela étant, le tribunal pourrait annuler la décision de suspension querellée et renvoyer la cause au SE pour examen du recours en opportunité, respectivement à l’ORP pour nouvelle appréciation de la situation sur la base d’un état de fait conforme à la réalité. Par économie de procédure, l’autorité de céans estime pouvoir statuer elle-même sur cette question.
On relèvera tout d’abord que la recourante fait valoir à juste titre qu’elle a préparé soigneusement son dossier, durant le mois d’avril 2003, aux fins de retrouver un emploi ; cela n’était sans doute pas aisé pour elle, puisqu’elle est de langue allemande. Par ailleurs, elle a bien effectué une recherche d’emploi (auprès du Musée Olympique à Lausanne), mais, malgré le peu de temps dont elle disposait, le nombre de recherches d’emploi effectuées durant le mois d’avril apparaît quelque peu insuffisant. Cela justifie en définitive une sanction réduite à trois jours (à titre de comparaison, voir ATF 124 V précité, spéc. p. 234, où une sanction identique a été confirmée).
3. La modification de la suspension prononcée à l’égard de l’assurée entraîne nécessairement une correction de la décision de restitution prononcée par la caisse. Cette dernière décision sera dès lors annulée, le dossier étant renvoyé sur cet aspect à la caisse pour nouveau calcul du montant à restituer.
4. Le présent arrêt sera rendu sans frais (art. 61 lettre a LPGA).