# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 738d79fb-aeb2-41bc-8483-3a6c34e222c2
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. B._, née en 2002, est la fille de C._ et de A._. Par courriel du 11 avril 2022, C._ a signalé la situation de sa fille à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Justice de paix). Elle a indiqué que sa fille avait été hospitalisée à plusieurs reprises avant que les diagnostics de schizophrénie et de borderline puissent être posés au début de l’année 2022. Elle a relevé que B._ était suivie par une psychologue et une psychiatre, la Dre D._, et que, depuis avril 2022, elle était engagée dans un atelier protégé. C._ a souligné que son but était que sa fille puisse atteindre une plus grande autonomie et diminuer sa dépendance envers elle ou ses connaissances. Dès lors que sa fille allait percevoir une rente AI selon une décision d’avril 2022 et qu’elle se renseignait pour lui trouver un logement protégé, elle a souhaité qu’une mesure de protection puisse être instituée en faveur de B._ et qu’un curateur professionnel soit nommé, bien que sa fille eût préféré qu’elle endosse ce mandat.
Lors d’un entretien téléphonique avec le Greffe de la Justice de paix du 18 mai 2022, C._ a signalé que sa fille était hospitalisée au Centre de soins hospitaliers à Marsens (ci-après: CSH) depuis le 13 mai 2022 pour des envies suicidaires causées par les visites d’appartements protégés et qu’elle se faisait du souci pour elle dès lors qu’elle avait dépensé tout son argent pour une copine.
Le 13 juin 2022, la Juge de paix a, par délégation de la Justice de paix, entendu B._ et C._. Concernant l’éventuelle institution d’une curatelle en sa faveur, B._ a indiqué qu’elle préférerait que sa mère soit nommée curatrice, mais que si son père voulait être nommé curateur, elle lui ferait confiance. Elle a encore souligné qu’elle avait été diagnostiquée borderline et schizophrène et qu’elle faisait des dépenses inutiles, car elle n’arrivait pas à dire non lorsqu’une amie lui demandait de l’argent. Pour sa part, C._ a notamment relevé que, bien que sa fille eût l’impression d’être abandonnée par elle si elle ne prenait pas le mandat de curatelle, elle réitérait sa demande tendant à ce qu’un curateur professionnel puisse être nommé. Ella a ajouté que le père de sa fille était contre l’instauration d’une telle mesure et qu’elle était défavorable à ce que celui-ci soit nommé curateur. C._ a précisé qu’elle pensait que l’institution d’une curatelle de coopération en faveur de sa fille était nécessaire pour la protéger d’éventuels abus de tiers et qu’un accompagnement l’était également pour rappeler à B._ de prendre soin de son espace de vie et de son hygiène.
Par courrier daté du 11 juillet 2022, mais remis à la poste le 19 juillet 2022, A._ a indiqué à la Justice de paix qu’il était défavorable à l’instauration d’une curatelle en faveur de sa fille. Il a relevé que celle-ci était consciencieuse, qu’elle connaissait ses forces et ses limites et que sa capacité de discernement était intacte. Il a alors souligné que l’institution d’une telle mesure pourrait produire des effets contreproductifs et nuisibles sur le processus de construction des compétences et de l’identité de sa fille. Il a terminé en relevant être à disposition.
Sollicitée par la Justice de paix, la Dre D._, médecin spécialiste psychiatrie et psychothérapie, suivant B._ au Centre de psychiatrie et psychothérapie E._, à F._, a déposé un rapport médical le 25 juillet 2022. Elle a indiqué que sa patiente souffrait d’une schizophrénie, d’une retard mental léger et d’un trouble envahissant du développement. Elle a également précisé que B._ a eu cinq hospitalisations dans un service spécialisé en psychiatrie pour des idéations suicidaires avec des hallucinations acoustico-visuelles qui l’incitent au passage à l’acte. La médecin a souligné que l’état psychiatrique de sa patiente n’est pas stabilisé et la rend vulnérable vis-à-vis des autres, mais également d’elle-même. Régulièrement, elle peut avoir tendance à se mettre en danger et ne pas savoir se protéger. La Dre D._ a noté que
Tribunal cantonal TC Page 3 de 8
B._ n’est pas en mesure de gérer elle-même ses affaires. Elle a précisé que la capacité de discernement de l’intéressée est fortement altérée par ses troubles psychotiques, son retard mental et son trouble envahissant du développement. Elle a terminé en relevant que l’institution d’une mesure de curatelle de gestion, si possible extérieure à la famille, est fortement souhaitable.
Par courriels des 5 et 7 septembre 2022, C._ a informé la Justice de paix que B._ était une nouvelle fois hospitalisée au CSH depuis le 19 août 2022, avec son accord et sur demande de sa psychiatre. Elle a précisé qu’aucune date de sortie n’est actuellement prévue.
B. Par décision du 7 septembre 2022, la Justice de paix a institué en faveur de B._ une curatelle de représentation, avec gestion du patrimoine, ainsi qu’une curatelle de coopération. G._, curatrice officielle auprès du Service des curatelles de H._, a été désignée à la fonction de curatrice. Les tâches de la curatrice sont de représenter B._ dans le cadre du règlement de ses affaires administratives et financières, de gérer ses rentes, revenus et fortune, de veiller à son bien-être médical et social et d’entreprendre les démarches nécessaires pour trouver un lieu de vie adéquat et approprié à l’intéressée. La curatelle de coopération a pour conséquence de subordonner au consentement de la curatrice la validité juridique de tous les contrats de longue durée conclus par l’intéressée et de tous engagements financiers dépassant un montant de CHF 150.-.
C. Par lettre datée du 14 octobre 2022, mais remise à la poste le 19 octobre 2022, A._ a interjeté recours contre la décision du 7 septembre 2022. Il conteste notamment que la décision attaquée ne prend pas en compte l’avis de B._, ni sa demande clairement exprimée de représenter sa fille.
Le 25 octobre 2022, la Justice de paix a fait savoir que le recours ne suscitait pas d’observations de sa part. Elle a remis son dossier.
Par courrier du 28 octobre 2022, C._ a informé la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (ci-après : la Cour) que B._ a dû être hospitalisée après avoir appris que la mesure de curatelle était suspendue à la suite du recours déposé par son père. Elle a souligné que sa fille avait été pleinement rassurée en rencontrant la curatrice et qu’elle se réjouissait de leur prochaine rencontre, rencontre qui a été annulée suite au recours. C._ a alors indiqué qu’elle soutenait totalement une reprise de la curatelle par Mme G._.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour (art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA; RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]).
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 ss CC.
Tribunal cantonal TC Page 4 de 8
1.3. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).