# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0b29f95f-0b26-5ffd-95f0-192d959279ba
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Employment Contract

## Facts

EN FAIT
A. Par suite du licenciement dont elle a été l’objet, B_, intimée et demanderesse principale a ouvert deux actions contre son ancien employeur A_ SA devant le Tribunal des prud'hommes, la première étant l'objet de la présente cause, et la seconde, pour des prétentions basées sur la Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes (ci-après : LEg).
B. Dans le cadre de l'instruction de la cause, l'intimée et demanderesse principale a requis les 6 mars 2020, 22 octobre 2020 et 25 juin 2021 l'audition en qualité de partie des "représentants de A_ SA", de C_, de D_, de E_ et d'elle-même, et, en qualité de témoin, l'audition de plusieurs autres personnes.
C. Pour sa part, la recourante et défenderesse principale a requis le 28 juin 2021 l'audition de C_, de D_ et de quatre autres personnes, toutes à titre de témoin, et de E_, à titre de représentant de A_ SA.
D. Le Tribunal des prud’hommes a tenu une audience de débats d'instruction en date du 13 juillet 2021, au cours de laquelle la recourante a notamment indiqué que E_ la représentera dans le cadre de la procédure.
E. À la suite de cette audience, il a rendu une ordonnance d’instruction au pied du procès-verbal de l’audience qui s’est tenue le même jour, par laquelle il a ordonné notamment d’entendre E_, D_ et C_ en qualité de partie.
F. Par lettre du 16 juillet 2021, la recourante a demandé la rectification du procès-verbal de l'audience du 13 juillet 2021, en sollicitant qu'il soit ajouté que son avocat avait mentionné en audience qu'il se basait sur l'arrêt du Tribunal fédéral ATF
141 III 80
pour le choix de son représentant en procédure.
G. Par courrier du 19 juillet 2021 adressé au Tribunal des prud'hommes, l'intimée s'est opposée à cette requête de sa partie adverse, au motif que celle-ci était tardive et irrecevable, car elle ne constituerait pas une rectification admise par le CPC.
H. Par acte du 21 juillet 2021, A_ SA a interjeté recours avec requête d'effet suspensif contre le chiffre 8 de l'ordonnance d’instruction et de preuve précitée. La recourante a conclu, sur effet suspensif, à la restitution de l’effet suspensif à son recours, à la suspension du caractère exécutoire du chiffre 8 de l’ordonnance d’instruction et de preuve querellée et à la suspension de la procédure jusqu’à droit jugé sur le recours ; à titre préalable, à l’invitation du Tribunal des prud’hommes à motiver le chiffre 8 de son ordonnance d’instruction et de preuve querellée ; à titre principal, à l’annulation du chiffre 8 de l’ordonnance querellée, à ce qu’il soit dit que E_ sera entendu dans le cadre de la procédure en qualité de partie, comme représentant de la recourante, et que D_ et C_ seront quant à elles entendues en qualité de témoin ou selon un «
statut ad hoc
», l’intimée devant être condamnée pour le surplus à prendre en charge tous les frais judiciaires.
Par son recours A_ SA souhaite faire annuler partiellement cette décision, pour qu’il soit dit que seul E_ sera entendu en qualité de partie et représentant de la banque, D_ et C_ devant être entendues pour leur part en qualité de témoin.
La recourante invoque en substance que l’ordonnance querellée viole son droit à déterminer librement ses représentants dans le cadre du procès, en ordonnant la comparution en audience de plusieurs personnes pour la représenter et en empêchant par conséquent certaines d’entre elles à être entendues en qualité de témoin.
A l’appui de son recours, la recourante a produit un chargé de pièces contenant sa procuration et les pièces A à M, qui constituent pour l'essentiel des actes de procédures des deux causes pendantes entre les parties.
I. Par acte du 9 août 2021 expédié par poste le même jour, l’intimée s’est déterminée par écrit sur la requête d’effet suspensif dans le délai qui lui avait été imparti par la Cour et en concluant au rejet de ladite requête, sous suite de frais et dépens.
A l’appui de sa détermination, l’intimée a produit copie d’un courrier de l’avocat de la recourante adressé le 14 juin 2021 au Tribunal des prud’hommes, dans lequel ce dernier indiquait que C_ représentait la recourante dans la présente procédure pendante devant le Tribunal des prud’hommes, ainsi que dans une procédure parallèle C/1_/2019-4 pendante entre les mêmes parties devant le Tribunal des prud’hommes pour des prétentions basées sur la LEg et un extrait internet du registre du commerce concernant A_ SA, lequel indique au 9 août 2021 que D_ est présidente du Conseil d’administration depuis le 11 juillet 2018, que E_ est membre de la direction générale depuis le 7 février 2018 et que C_ est fondée de procuration depuis le 21 mai 2008.
J. Par arrêt
CAPH/146/2021
du jeudi 12 août 2021, la Chambre des prud’hommes de la Cour de justice a rejeté la requête de A_ SA tendant à suspendre l’effet exécutoire attaché au chiffre 8 de l’ordonnance
OTPH/1376/2021
rendue le 13 juillet 2021 par le Tribunal des prud’hommes, et dit qu’il sera statué sur les frais éventuels avec le fonds du recours.
K. Par acte du 25 août 2021 expédié par poste le même jour, l’intimée a répondu au recours et conclu à ce que celui-ci soit déclaré irrecevable et subsidiairement qu’il soit rejeté intégralement, en confirmant le chiffre 8 de l’ordonnance d’instruction et de preuve du 13 juillet 2021 querellée et en mettant tous les frais du recours à la charge de A_ SA.
Dans le cadre de sa réponse, l’intimée fait valoir notamment que D_ est inscrite au registre du commerce comme représentante de la recourante en sa qualité de présidente du Conseil d’administration, que C_ est également inscrite au registre du commerce comme représentante de la recourante en sa qualité de fondée de procuration, et que E_ est lui aussi inscrit au registre du commerce comme représentant de la recourante en sa qualité de membre de la direction générale, ces inscriptions impliquant que ces personnes doivent être entendues en qualité de partie, et non en qualité de témoin.
L. Par lettre du 3 septembre 2021 déposée à la Cour le même jour, la recourante a formulé une réplique spontanée, par laquelle elle a fourni quelques explications supplémentaires et persisté dans les conclusions de son recours du 21 juillet 2021.
M. Par courrier du 6 septembre 2021 expédié par poste le même jour, l’intimée a pris acte de la réplique spontanée de sa partie adverse et souligné que celle-ci n’apportant rien de plus à la cause selon elle, elle maintenait l’argumentation qu’elle avait développée dans sa réponse du 25 août 2021 et ses conclusions.
N. Par communication adressée aux parties par la Cour en date du 28 septembre 2021, la cause a été gardée à juger.

## Considerations

Les argumentations des parties seront reprises en tant que de besoin dans les considérants en droit.
EN DROIT
1. 1.1 En application de son article 1
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