# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7eb95148-c437-5b99-98ea-661e5863bb7d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
Par jugement du 15 novembre 2011, le Tribunal des baux et loyers a condamné M. et J. C_ à évacuer immédiatement de leur personne, de leurs biens et de tout tiers dont ils répondent, l’appartement de quatre pièces situé au 2
ème
étage et la cave située au sous-sol de l’immeuble sis _ à Chêne-Bourg (1), débouté les parties de toutes autres conclusions (2), et dit que la procédure était gratuite (3).
Le jugement a été communiqué aux parties par pli recommandé du 22 novembre 2011. Les locataires n’ayant pas retiré celui-ci à l’office de poste, une nouvelle expédition par pli simple a eu lieu le 14 décembre 2011.
Par acte déposé le 5 janvier 2012 à la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice de la République et Canton de Genève, J. et M. C_ ont appelé de ce jugement, concluant à son annulation.
Par mémoire de réponse du 7 février 2012, F_ a conclu à la confirmation du jugement attaqué et au déboutement des locataires de toutes leurs conclusions.
Les parties ont été informées le 23 février 2012 de la mise en délibération de la cause.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure de première instance :
a.
Les parties sont liées par un contrat de bail à loyer du 19 août 1994 portant sur un appartement de quatre pièces situé au 2
ème
étage et d'une cave située au sous-sol de l'immeuble sis _ à Chêne-Bourg (Genève).
Le bail a été conclu pour une durée initiale de trois ans et quatre mois, soit du 1
er
septembre 1994 au 31 décembre 1997, renouvelable ensuite tacitement d'année en année, sauf congé donné au moins trois mois à l'avance.
Le montant du loyer et des provisions pour charges a été fixé initialement à 510 fr. par mois et n'a pas été modifié depuis lors.
b.
L'immeuble, classé HBM, est soumis à la loi générale sur le logement et la protection des locataires (LGL - RS GE
I 4 05
) et à son règlement d'exécution (RGL - RS GE
I 4 05.01
).
Le contrat prévoit qu'en cas de sous-occupation du logement, le bailleur est tenu, sur simple réquisition du service compétent, de dénoncer le bail avec effet immédiat (art. 6).
c.
En 2009, l'Office du logement a constaté que M. et J. C_ n'occupaient plus le logement susvisé.
d.
Par décision du 1
er
septembre 2009, envoyée par pli recommandé, l'Office du logement a signifié à M. et J. C_ que compte tenu de la non-occupation du logement, il requérait de F_ la résiliation du contrat de bail.
e.
M. et J. C_ n’ont pas formé réclamation contre la décision susmentionnée. Ils n’ont pas non plus allégué ne pas avoir reçu celle-ci.
f.
Se conformant à la réquisition de l’Office du logement, F_ a, par avis officiel du 14 septembre 2009, résilié le bail pour le 31 décembre 2009. Le congé était motivé comme suit :
"Procédure engagée conformément à l'article 31B de la loi générale sur le logement et la protection des locataires du 4 décembre 1977 (LGL) et 7, alinéa 4 du Règlement d'exécution de la loi générale sur le logement et la protection des locataires du 24 août 1992 (RGL). Veuillez vous référer au courrier du Département des constructions et des technologies de l'information, Direction du logement. Selon l'article 19 al. 1 RGL, vous disposez d'une année au plus à compter de la notification du congé pour évacuer les locaux".
g.
M. et J. C_ n'ont pas saisi la Commission de conciliation en matière de baux et loyers d’une requête visant à contester ce congé ou à obtenir une prolongation de bail.
h.
M. et J. C_ n'ont pas libéré les locaux à l’écoulement du délai d'une année à compter de la notification du congé du 14 septembre 2009.
i.
Par requête déposée le 26 octobre 2010 devant la Commission de conciliation en matière de baux et loyers, déclarée non conciliée le 12 mai 2011 et introduite auprès du Tribunal des baux et loyers le 18 mai 2011, F_ a sollicité l'évacuation de M. et J. C_ de l'appartement.
j.
Une audience de comparution des parties a eu lieu le 6 septembre 2011.
Les locataires n’ayant pas retiré la convocation adressée à leur domicile, ils n’étaient ni présents, ni représentés à cette occasion.
Lors de cette audience, la représentante de la bailleresse a indiqué que les époux C_ n’habitaient plus l'appartement, mais que leur fils y résidait depuis deux ans et que son dossier n'avait pas été mis à jour. Elle n'avait plus de nouvelles depuis le 18 octobre 2010.
k.
Par courrier du 16 septembre 2011, F_ a communiqué au Tribunal les attestations de l'Office cantonal de la population relatives à la famille C_, desquelles il ressortait que M. et J. C_ n’étaient plus domiciliés dans le canton de Genève, et que leur fils, _, était domicilié _ à Chêne-Bourg.
l.
La cause a été remise à plaider au 27 septembre 2011 et gardée à juger à l'issue de l'audience.
C.
L’argumentation des parties sera examinée ci-après, dans la mesure utile à la solution du litige.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
Aux termes de l'art. 405 al. 1 CPC entré en vigueur le 1
er
janvier 2011, les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de la décision entreprise. En l'espèce, le jugement a été notifié aux parties le 22 novembre 2011. Dès lors, le nouveau droit de procédure s’applique à la procédure de recours. En revanche, la procédure de première instance reste régie par l’ancien droit de procédure, soit les art. 274 ss CO et l’aLPC (arrêt du Tribunal fédéral
4A_641/2011
du 27 janvier 2012, consid. 2.2).
1.2
L’appel est recevable contre des décisions finales de première instance si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 CPC) et qu’aucune des exceptions de l’art. 309 CPC n’est réalisée.
Lorsque l’action ne porte pas sur le paiement d’une somme d’argent déterminée, le tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n’arrivent pas à s’entendre sur ce point ou si la valeur qu’elles avancent est manifestement erronée (art. 91 al. 2 CPC).
Lorsque le locataire recourt contre un jugement d’expulsion et que la procédure ne porte que sur cet objet, la valeur litigieuse correspond à la somme des loyers entre le moment du dépôt du recours et le moment où le déguerpissement du locataire pourra vraisemblablement être exécuté par la force publique (arrêt du Tribunal fédéral
4A_72/2007
du 22 août 2007 consid. 2.2; LACHAT, Procédure civile en matière de baux et loyers, Lausanne 2011, p. 49).
En l’espèce, les appelants ont intitulé l’acte déposé par-devant la Chambre de céans «appel». La présente procédure a trait exclusivement à une demande d'évacuation. La valeur litigieuse correspond dès lors à la somme des loyers entre le moment du dépôt du recours par les appelants et le moment où leur déguerpissement pourra vraisemblablement être exécuté par la force publique, soit 6'630 fr. (loyer mensuel charges comprises de 510 fr. x 13 mois), la période de 13 mois correspond à l'estimation suivante : trois mois de procédure devant la Cour de justice, trente jours pour recourir au Tribunal fédéral, quatre mois de procédure devant le Tribunal fédéral et cinq mois concernant le dépôt et la procédure d'exécution forcée.
La voie d'appel n'est ainsi pas ouverte.
Le jugement querellé indique par erreur qu’il peut faire l’objet d’un appel. La voie du recours, au sens des art. 319 ss CPC n’est en revanche pas mentionnée.
Enfin, il convient de relever que les appelants plaident en personne.
Au vu de ce qui précède, la Chambre des baux et loyers examinera l’acte du 5 janvier 2012 comme un recours, étant au demeurant précisé que ce point est sans pertinence sur le sort de la présente procédure.
1.3