# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d993dfe5-c76b-5476-a949-509dcea5c207
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. Par courrier du 14 juin 2017, A._ a demandé à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) l’institution d’une mesure de curatelle en faveur de sa mère, C._, née en 1948, divorcée, atteinte de surdité et de démence. Il a précisé qu’il s’occupait déjà de ses affaires administratives et financières depuis plusieurs années et qu’elle était favorable à cette demande, de même que son frère, B._ (DO 1 s.).
Par décision du 12 septembre 2017, la Justice de paix a institué une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine en sa faveur, avec pour objet de la représenter dans le cadre de ses affaires administratives et financières, de gérer avec toute la diligence requise ses revenus et sa fortune et de veiller à son bien-être social. Son fils, A._, a été nommé curateur (DO 22 ss).
Par arrêt du 18 décembre 2017 (DO 47 ss), la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal a déclaré irrecevable, en raison d’un défaut de motivation, le recours introduit le 2 octobre 2017 par D._, compagnon de l’intéressée, à l’encontre de cette décision (DO 35).
B. Le 8 juin 2018, D._ a requis de la Justice de paix une procuration d’accompagnement (DO 54 s.).
Le 8 juillet 2018, A._ et B._, invités à se déterminer sur cette requête, ont indiqué ne pas s’opposer à l’aide apportée à leur mère par D._, tout en indiquant qu’ils souhaitaient avoir un suivi sur cette situation, en particulier sur les retraits d’argent effectués par leur mère en compagnie de D._ et sur son suivi médical (DO 57 s.).
A._ et B._ ainsi que D._ ont été entendus par la Justice de paix le 24 août 2018, C._ ayant été dispensée de comparaître pour raisons médicales. A cette occasion, les parties présentes se sont accordées sur l’opportunité d’un placement de l’intéressée en EMS. Pour sa part, D._ a déclaré ne vouloir aucun contact avec les fils de l’intéressée et a requis la nomination d’un curateur professionnel. Quant à A._ et B._, ils se sont opposés à cette demande, tout en précisant qu’ils ne souhaitaient pas écarter D._ mais qu’ils avaient besoin d’avoir des informations sur le suivi médical de leur mère et de la gestion de ses affaires financières (DO 70 ss).
C. Par décision du 4 septembre 2018, expédiée le 17 octobre 2018, la Justice de paix a prononcé l’adaptation de la mesure. Elle a élargi les tâches du curateur à la recherche d’un lieu de vie adéquat et aux démarches y relatives, ainsi qu’à la représentation en matière médicale. Par ailleurs, en raison des conflits récurrents entre D._ d’une part et A._ et B._ d’autre part, et de l’absence de communication concernant les informations essentielles concernant l’intéressée, tant en matière médicale que concernant son futur lieu de vie ou des retraits d’argents effectués par celle-ci, la Justice de paix a relevé A._ de ses fonctions de curateur et a nommé à ce titre E._, assistante sociale auprès du Service des curatelles d’adultes de la Ville de Fribourg (DO 82 ss).
D. Le 26 octobre 2018, A._ et B._ ont adressé à la Justice de paix une « détermination sur la décision du 4 septembre 2018 », dans laquelle ils ont notamment indiqué que l’intéressée ne voyait plus régulièrement D._ mais qu’elle résidait désormais à F._ depuis le 1er octobre 2018. Ils ont estimé que la nomination d’une personne inconnue
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en tant que curateur, au mépris de la volonté exprimée par l’intéressée, était contraire à ses intérêts (DO 95 s.).
E. Par acte du 14 novembre 2018, A._ et B._ ont interjeté recours contre la décision du 4 septembre 2018, concluant au maintien de A._ en qualité de curateur de l’intéressée. En substance, ils ont allégué que ce dernier avait géré les affaires administratives de sa mère depuis plus de cinq ans sans difficultés et que l’accord de celle-ci à la demande de curatelle formulée le 14 juin 2017 était soumis à la condition que son fils soit nommé curateur. Ils ont également indiqué que l’intéressée résidait à F._ depuis le 1er octobre 2018, grâce aux démarches entreprises par leurs soins, et qu’elle n’avait plus de contacts avec D._. En conclusion, ils ont affirmé que la décision attaquée, en tant qu’elle nommait une curatrice professionnelle, était disproportionnée et contraire aux intérêts de l’intéressée.
Ils demandent également le droit pour leur mère de constituer un mandat pour cause d’inaptitude et des directives anticipées.
Ils ont en outre produit deux procurations signées le 1er octobre 2018 par l’intéressée, désignant A._ en qualité de mandataire aux fins de gérer les affaires courantes et de représentant thérapeutique.
Le 19 novembre 2018, la Justice de paix a fait savoir que le recours ne suscitait pas d’observations de sa part.
Le 25 novembre 2018, A._ et B._ ont produit les directives anticipées établies par l’intéressée le 20 novembre 2018, désignant A._ en qualité de représentant thérapeutique, ainsi que le contrat funéraire signé par l’intéressée le 27 octobre 2016.
F. Le 20 février 2019, G._ et H._, au nom de la Direction de F._, ont informé la Cour de céans que la collaboration entre A._ et leur établissement était correcte et qu’il respectait le souhait de sa mère de voir D._, qui venait manger avec elle plusieurs fois par semaine.
Le 22 février 2019, le Juge délégué a informé D._ qu’un recours était pendant et qu’il serait informé de l’issue de la procédure.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).
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