# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 39fbaae9-3efc-535f-a2f7-2c727ec6830e
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. A._, né en 1968, et B._, née en 1970, sont les parents mariés de D._, né en 2001, de C._, née en 2003, de E._, né en 2005, de F._, né en 2007, et de G._, née en 2009.
B. Consécutivement au signalement du 29 mai 2019 de H._, psychologue auprès de I._ ainsi qu’au courrier du même jour des Dres J._ et K._, médecin cheffe de clinique adjointe, respectivement médecin-adjointe auprès de L._, faisant part de leur inquiétude concernant C._, hospitalisée à deux reprises dans un laps de temps très court, témoignant de violences physiques et verbales de la part de son frère aîné, voire d’attouchements, présentant un état dépressif avec idées suicidaires, la Justice de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après : la Justice de paix) a, après avoir entendu C._, par décision de mesures superprovisionnelles du 19 juin 2019, placé provisoirement et avec effet immédiat la prénommée au Foyer M._ et institué une curatelle éducative à forme de l’art. 308 al. 1 CC.
Par décision de mesures superprovisionnelles du 9 juillet 2019, la Juge de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après : la Juge de paix) a nommé N._, intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : SEJ), curatrice de C._ dans le cadre de la décision rendue le 19 juin 2019 par la Justice de paix.
Le 10 juillet 2019, O._, intervenante au SEJ en charge de l’organisation des modalités du placement de C._, a déposé un rapport sur la situation de cette dernière au Foyer M._. Il y est notamment rapporté les problèmes de gestion de C._ dans l’utilisation de son téléphone portable, le seul bref séjour de l’enfant à la maison familiale depuis son placement, le peu de contact de C._ avec son père ainsi que les critiques évoquées par la mère envers sa fille.
Par décision du 19 août 2019, la Justice de paix a institué une curatelle de représentation en faveur de C._ dans le cadre de la procédure pénale ouverte à l’encontre de son frère D._ et a désigné Me P._, avocate à Fribourg, curatrice de la mineure. Sur sa demande, Me P._ a été, par décision du 9 septembre 2019, relevée de son mandat afin de pouvoir s’impliquer exclusivement en tant qu’avocate de C._, ayant été désignée dans la procédure pénale mandataire juridique gratuit pour partie plaignante, Q._, intervenant en protection de l’enfant auprès du SEJ, lui succédant et les pouvoirs de B._ et A._ prenant fin de plein droit à l’égard de leur fille pour cette procédure.
Par décision de mesures superprovisionnelles du 9 septembre 2019, la Juge de paix a institué à l’égard de C._ une curatelle de représentation pour les questions médicales à forme de l’art. 308 al. 2 CC. N._ a été désignée comme curatrice avec mandat de prendre toutes les dispositions nécessaires concernant la situation médicale de C._ tant au niveau physique que psychologique et de s’assurer d’un suivi psychothérapeutique régulier.
Invités à se déterminer, A._ et B._ ont contesté, par écrit du 23 septembre 2019, la décision de mesures superprovisionnelles du 9 septembre 2019, évoquant entre autres de la négligence dans la prise en charge thérapeutique de leur fille, la non-administration d’un médicament depuis la fin du mois de juin 2019 aidant à améliorer la concentration de leur enfant, la prescription d’un médicament psychotrope et l’insuffisance des réunions prévues pour le suivi de C._, compte tenu de sa santé mentale fragile.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
Alertée par la curatrice le 10 octobre 2019 qui faisait état de fugues constantes, de consommation d’alcool et de suspicions de prostitution, la Juge de paix a, par décision de mesures superprovisionnelles du même jour, ordonné un séjour de rupture à l’égard de C._.
C. Après avoir entendu A._, B._ et la curatrice N._ le 6 novembre 2019, la Justice de paix a, par décision de mesures provisionnelles du même jour, confirmé la curatelle de représentation pour les questions médicales instituée à titre de mesures superprovisionnelles le 9 septembre 2019 ainsi que la limitation de l’autorité parentale de B._ et A._ à l’égard de C._ pour les questions médicales.
Le 6 novembre 2019, la Justice de paix a, par décision au fond, maintenu le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence de B._ et A._ sur leur fille C._ prononcé à titre de mesures superprovisionnelles le 19 juin 2019, le Foyer M._ demeurant le lieu de placement, confirmé la curatelle éducative instituée à titre de mesures superprovisionnelles le 19 juin 2019 et maintenu N._ dans ses fonctions de curatrice.
D. Par écrit daté du 17 janvier 2020, mais remis à la poste le 19 janvier 2020, B._ et A._ ont recouru contre cette décision, concluant à son annulation. Ils ont également requis que le caractère exécutoire de dite décision soit retiré.
E. Invitée à se déterminer, la Juge de paix a renoncé à se prononcer sur les recours, mais a tenu à conclure au rejet de la requête de restitution de l’effet suspensif au vu de la dynamique familiale actuelle, de la procédure pénale ouverte auprès du Tribunal des mineurs et de la santé mentale préoccupante de C._.
F. Par arrêt du 21 février 2020, le Juge délégué a rejeté la requête de restitution de l’effet suspensif.
G. Invitée à se prononcer par le Juge délégué, N._ a, par courrier du 3 mars 2020, confirmé sa proposition contenue en son rapport du 24 octobre 2019 à la Justice de paix tendant à lever la curatelle de représentation pour les questions médicales.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, ou de son président ou sa présidente, soit le/la Juge de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC], ci-après: la Cour).
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 ss CC.
1.3. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).