# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7c703648-24b2-5eba-8495-2aaa382af868
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 10 décembre 2017, vers 17.00 heures, l’intervention de la Police cantonale a été sollicitée dans un studio, à C._, car B._ avait découvert son amie D._ inanimée et suspendue à la poignée de son vélo d’appartement. Les intervenants dépêchés sur place n’ont pu que constater le décès de celle-ci (DO/2'000 ss).
Par décision du 11 décembre 2017, le Ministère public a ouvert instruction pour homicide et omission de prêter secours contre inconnu (DO/2'032).
Plusieurs mesures d’instruction ont été, immédiatement, ordonnées. Notamment, l’audition de B._ entendu, le même jour, en qualité de personne appelée à donner des renseignements (DO/2'009 ss). A cette occasion, il a notamment relaté les circonstances de sa rencontre avec D._ qu’il aurait aidée lorsqu’elle a rencontré des problèmes avec sa famille liés au partage successoral à la suite du décès de son père en 2012. Selon ses dires, leur relation intime aurait débuté à fin 2013 ce dont son épouse se serait doutée depuis le début. D._, qui habitait à E._, venait le voir à C._, où il avait mis gratuitement un studio à sa disposition dans un immeuble dont il est propriétaire. Il a ajouté n’avoir jamais dormi dans ce studio à l’exception des nuits du 7 au 10 décembre 2017 lors de F._ qui s’est déroulé dans son ancienne entreprise G._ SA. Le jour du décès de son amie, il s’est brièvement rendu, entre 10.00 et 11.00 heures, au studio de celle-ci pour lui apporter le déjeuner et le journal, avant de retourner à son domicile pour déjeuner avec son épouse. Vers 13.00 heures, il aurait dit par téléphone à D._ qu’il lui rendrait visite à 16.00 heures. Lorsqu’il s’est effectivement rendu au studio vers 16.30 heures, qu’il a dû déverrouiller au moyen d’un passe-partout, il a découvert le corps de son amie suspendu « par une écharpe ou à un foulard à la poignée du vélo ». Après avoir découpé le morceau de tissu auquel elle était suspendue, il l’a déplacée sur le lit et a entrepris des manœuvres de réanimation. Ensuite, il a appelé son médecin traitant qui ne répondait pas puis le Dr H._ qui avait ses locaux dans le même immeuble que le studio. Comme celui-ci était en-dehors du canton, il ne pouvait pas intervenir et s’est chargé d’avertir le service des urgences.
I._ a été entendue le 11 décembre 2017 (DO/ 2'027 ss). Il s’agit de la concierge de l’immeuble dans lequel se trouve le studio de feue D._ et au nom de laquelle celui-ci avait été loué. Le 12 décembre 2017, B._ a été entendu une nouvelle fois par la police (DO/2'019 ss). Le même jour, son épouse J._ a aussi été entendue en qualité de personne appelée à donner des renseignements (DO/ 2'024 ss).
Au cours de l’instruction, le studio ainsi que l’appartement à E._ de D._ ont été perquisitionnés et divers objet ont été séquestrés (DO/2'036 ss). Le 12 décembre 2017, le Ministère public a demandé des contrôles téléphoniques rétroactifs des numéros de B._ et de D._ (DO/8'000 ss). Le 10 janvier 2018, il a demandé à la banque K._ la production de l’extrait du compte bancaire de la précitée et des documents d’ouverture du compte y relatifs (DO/8'022).
A la demande du Ministère public, le 19 décembre 2017, le Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après : CURML) a transmis son rapport préliminaire en concluant que la cause du décès n’était pas établie et que des analyses complémentaires étaient en cours (DO/ 4'001). Le 22 janvier 2018, le CURML a transmis son rapport d’expertise en génétique forensique à la suite de la levée du corps du 10 décembre 2017 (DO/4'002 ss). Le 18 juin 2018, celui-ci a établi une autopsie médico-légale en indiquant que la cause du décès n’a pas pu être établie et que la
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
présence d’un sillon cervical évoquait un mécanisme de strangulation, sans que l’on puisse se prononcer davantage par rapport à son origine. Bien que l’examen neuropathologique n’ait pas permis de mettre en évidence de foyer épileptogène, ce résultat n’excluait pas la survenue d’une crise d’épilepsie en lien avec le décès. Par contre, il n’y a pas eu de mise en évidence de lésions traumatiques majeures ayant pu jouer un rôle dans le décès ni de lésions pouvant être interprétées comme celles de défense (DO/4'007 ss, particulièrement 4'033).
L._, frère de D._, et B._ ont émis tous les deux des prétentions sur les objets séquestrés dans le studio (DO/9'002 ss). Le 28 juin 2018 (DO/9'005 ss), ce dernier a indiqué qu’il s’opposait à ce que ceux-ci soient restitués à L._ en indiquant que D._ avait fait un testament dans lequel elle instituait M._ comme héritière universelle. Il a précisé qu’une action en justice était en cours pour invalider ce testament et qu’il avait le souci que des moyens de preuve susceptibles de démontrer la bonne santé mentale de la défunte ainsi que son implication « dans toute cette relation à la famille de D._ » ne disparaissent ou ne soient détruits. Dès lors, il a demandé que les objets séquestrés soient conservés jusqu’à ce que l’affaire soit terminée. Il a également produit une copie de sa déclaration de refus du mandat d’exécuteur testamentaire comme l’avait institué feue D._ dans son testament.
Par courrier du même jour de son précédent mandataire (DO/9'015 ss), A._, la mère de D._, a demandé que, si le téléphone portable de B._ lui avait été restitué, il fallait le séquestrer à nouveau. Elle a, également, précisé que depuis le 26 juin 2018 ce dernier serait intervenu auprès des membres de la famille « avec fébrilité et pressions menaçantes annonçant qu’il mettrait tout en œuvre pour entraver la transcription des entretiens téléphoniques » entre  et la défunte.
Le 2 juillet 2018, le Ministère public a répondu qu’aucune décision n’avait été prise quant au sort des objets séquestrés (DO/9'020).
Par courrier de son mandataire du 18 juillet 2018 (DO/9'021 s), B._ a expliqué que, dès lors que les objets ont été séquestrés dans son studio, il en était le propriétaire présumé. Il a donc formellement revendiqué la restitution de l’ensemble des objets séquestrés en indiquant qu’il se chargera de remettre à la succession de D._ ce qui lui revient.
Après d’autres échanges, le 30 octobre 2018, le Ministère public a demandé aux précités si un accord était susceptible d’être trouvé quant à la restitution des différents objets séquestrés (DO/9'026).
Le 12 novembre 2018 (DO/9'029 ss), le précédent mandataire de A._ a indiqué qu’il était très surpris par la demande de restitution du Ministère public alors que l’instruction pénale n’était pas à son terme. Il a, également, indiqué qu’il était inadmissible que la police ou le Ministère public n’aient pas demandé de transcription des entretiens et messages téléphoniques, notamment ceux échangés les 9 et 10 décembre 2017. Il a précisé que sa mandante « pri[ait] [le Ministère public] de faire reprendre l’enquête, par l’établissement des faits avec ordre et chronologie et en lien notamment avec l’historique des entretiens et messages téléphoniques ». Il a demandé qu’en fin de procédure, il soit ordonné la restitution à l’hoirie, par sa mandante qui est héritière réservataire, de tous les objets séquestrés au domicile de la défunte tant à E._ qu’à son studio à C._.
Le même jour, il a adressé encore un autre courrier au Ministère public en annonçant qu’une deuxième détermination sera déposée prochainement (DO/9'028).
Tribunal cantonal TC Page 4 de 7
Par courrier de son mandataire du 14 novembre 2018 (DO/9'034 s), B._ a produit divers documents dont le testament de la défunte en concluant qu’il ne voyait pas à quel titre A._ ou son avocat pourraient obtenir la restitution des objets séquestrés.

## Considerations