# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0018bf1d-a894-5cc5-abbf-a8b9fcff3b22
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. A._ a déposé plainte pénale le 14 novembre 2018 contre B._ pour diffamation. Il lui reproche d’avoir fait de fausses allégations à son supérieur au sujet de ses domaines privé et professionnel, par téléphone le 29 octobre 2018 ainsi que dans un restaurant à C._.
Auditionnée par la Police le 22 novembre 2018, B._ a admis avoir dévoilé aux supérieurs de A._ divers détails privés et professionnels au sujet de ce dernier. Elle indiqua que ces allégations étaient véridiques et qu’elle en avait les preuves sur son téléphone portable, sous forme d’enregistrements vocaux sur WhatsApp.
Par citations du 29 janvier 2019 adressées en acte judiciaire, la Préfecture du Lac (ci-après: la Préfecture) a cité A._ et B._ à une séance de conciliation pour le 19 février 2019. Si la citation a bien été notifiée à B._ le 30 janvier 2019, en revanche A._ n’a pas réclamé l’envoi à lui destiné. La Préfecture a alors adressé à A._ un nouvel envoi comportant la citation à comparaître par courrier prioritaire le 15 février 2019.
Lors de la séance de conciliation tenue le 19 février 2019, la Lieutenante de Préfet a constaté que A._ ne s’est pas présenté bien que régulièrement convoqué et que B._ était bien présente. Elle a ainsi considéré la plainte comme retirée et transmis le dossier au Ministère public pour classement et décision sur les frais.
B. Par ordonnance du 19 mars 2019, le Ministère public a pris acte du défaut de A._ lors de la séance de conciliation du 19 février 2019 et, partant, du retrait de la plainte pénale (art. 316 al. 1 CPP). Il a ainsi prononcé une non-entrée en matière et mis les frais de procédure à charge de A._, vu son défaut à la séance préfectorale.
C. Par lettre du 27 mars 2019 adressée au Ministère public, A._ a contesté l’ordonnance de non-entrée en matière du 19 mars 2019, relevant qu’il n’avait pas pu récupérer le premier courrier dès lors qu’il était en déplacement et que lorsqu’il avait voulu le retirer celui-ci avait déjà été retourné à son expéditeur. Il a encore souligné que le 20 février 2019, il devait comparaître devant un tribunal à Berlin et que de ce fait, il avait réservé le 7 février 2019 un vol pour dite ville sur le samedi 16 février 2019. Il a ajouté que, de retour de son voyage à Berlin le 20 février 2019, il avait constaté le courrier ordinaire l’avisant d’une séance de conciliation le 19 février 2019. Il a complété en ce sens qu’il avait appelé la Préfecture le 21 février 2019 pour expliquer les motifs de son absence à la séance du 19 février 2019. Pour terminer, il a demandé l’annulation de l’ordonnance du 19 mars 2019 dès lors que son absence à la séance de conciliation n’était pas « occasionné de manière direct de mon côté ».
D. Par courrier du 29 mars 2019, le Ministère public a transmis à la Chambre pénale la missive de A._ du 27 mars 2019 dès lors qu’elle devait être considérée comme un recours. Il a alors conclu au rejet du recours et à la confirmation de l’ordonnance attaquée, avec suite de frais. Le Ministère public a également joint son dossier.
E. Par courrier du 2 avril 2019, le Président de la Chambre pénale a imparti un délai de 5 jours à A._ pour qu’il lui indique si sa lettre du 27 mars 2019 devait être considérée comme un recours contre l’ordonnance de non-entrée en matière du Ministère public du 19 mars 2019. Il a précisé qu’à défaut de réponse, la procédure de recours sera engagée, avec demande de sûretés.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
F. A._ ne s’étant pas déterminé dans le délai à lui imparti, sa lettre du 27 mars 2019 a ainsi été considérée comme un recours à l’ordonnance de non-entrée en matière du 19 mars 2019.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Lorsqu’une plainte pénale est considérée comme retirée au motif que le plaignant ne s’est pas présenté à la séance de conciliation, la procédure est classée (Message relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005 in FF 2006, p. 1251; PC CPP, 2e éd. 2016, art. 316 n. 4; SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung, Praxiskommentar, 2013, art. 316 n. 5). En l’occurrence, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière, conformément à l’art. 310 CPP. Peu importe toutefois, la voie du recours à la Chambre pénale étant ouverte contre les deux ordonnances (art. 310 al. 2, 322 al. 2 CPP et 85 al. 1 de la loi sur la justice [LJ; RSF 130.1]).
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. En l'espèce, ce délai a manifestement été respecté, nonobstant le fait que l’écrit du recourant ait été adressé au Ministère public, dès lors que l’ordonnance querellée a été notifiée le 25 mars 2019 et le recours interjeté le 27 mars 2019.
1.3. En tant que partie plaignante (art. 104 al. 1 let. b CPP), le recourant a qualité pour recourir.
1.4. La Chambre pénale statue avec cognition complète, soit sur la violation du droit et la constatation incomplète ou erronée des faits (art. 393 al. 2 CPP), et elle y procède sans débats (art. 397 al. 1 CPP).