# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bb3ff92c-9e9a-514d-981a-564db9fa7a72
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
A.
Par contrat de bail du 26 mai 2004, B_SA a loué à A_ un appartement de 4,5 pièces au 7
ème
étage, avec une cave (no 74), de l’immeuble sis rue X_ à Genève, pour un loyer de 1'375 fr. par mois et des charges de 85 fr. par mois, soit au total 1'460 fr. Le loyer (charges comprises) s’est élevé, par la suite et en dernier lieu, à 1'560 fr.
Par contrat signé le même jour entre les mêmes parties, une place de parc intérieure pour véhicule (no 490, au 2
ème
sous-sol de l’immeuble de la rue X_) a été louée à A_ pour le loyer mensuel net de 145 fr.
B.
Le 13 octobre 2011, B_SA a envoyé une facture de rappel de 1'735 fr. pour le loyer de l’appartement et de la place de parc pour le mois d’octobre 2010 (1560 fr. + 145 fr. + 30 fr. de frais de rappel).
Par lettre recommandée adressée le 1
er
novembre 2010 à la locataire, la bailleresse a constaté qu’à cette date, elle lui devait la somme de 3'410 fr. correspondant au solde des loyers d’octobre et novembre 2010 pour la location de l’appartement et de la place de parc, et lui a imparti, conformément à l’art. 257d al. 1 CO, un délai de 30 jours pour s’acquitter de ce montant (grâce à un bulletin de versement joint), à défaut de quoi elle serait contrainte de résilier ses contrats de bail en application de l’art. 257d al. 2 CO. Cette mise en demeure a été distribuée le 3 novembre 2011 à la locataire.
Par avis officiels datés du 6 décembre 2010 et notifiés par plis recommandés le lendemain, B_SA a, en application de l’art. 266l al. 1 CO et compte tenu de l’absence de paiement des loyers malgré les mises en demeure du 1
er
novembre 2011, résilié le bail de l’appartement et celui de la place de parc, pour le 31 janvier 2011. Ces deux avis ont été distribués, au guichet, à A_, le 15 décembre 2010.
C. a.
Par requêtes déposées le 23 août 2011 au greffe du Tribunal des baux et loyers, formée en procédure sommaire en application de l’art. 257 CPC (cas clair), B_SA a conclu à ce que le Tribunal condamne A_ à évacuer immédiatement l’appartement, respectivement la place de parc, en les laissant libres de tous biens et de tous occupants et en bon état de réparations locatives, déboute la locataire de toutes ou contraires conclusions et ordonne, en application de l’art. 257 CPC (recte : 337 CPC), l’exécution immédiate du jugement rendu. L’adresse de la locataire indiquée dans ces actes était rue X_ à Genève.
b.
A_ n’a pas réclamé les citations à comparaître à l’audience du 14 novembre 2011 qui lui avaient été notifiées, concernant l’appartement et la place de parc, en recommandé le 11 octobre 2011. A la requête de B_SA, un huissier judiciaire - qui n’est pas celui qui la représente dans les présentes procédures - a, à l’intention de A_, mis dans la boîte de celle-ci les citations à comparaître à ladite audience (cause C/15733/2011 pour l’appartement et cause C/17770/2011 pour la place de parc); il a également laissé un avis de passage.
L’audience de débats du 14 novembre 2011 s’est tenue en l’absence de A_ et sans qu’un tiers la représente. Une représentante de l’Hospice général et un représentant de l’Office du logement étaient présents. Le représentant de la bailleresse a déclaré que l’arriéré s’élevait à 1'705 fr. pour l’appartement et la place de parc, ce qui correspondait à l’indemnité du mois de novembre 2011. La bailleresse ignorait si la locataire, qui avait déjà fait l’objet de plusieurs congés et procédures d’évacuation, habitait concrètement dans l’appartement en question, puisqu’elle changeait d’adresse régulièrement.
c.
Par jugement rendu le 17 novembre 2011 et communiqué aux parties le 18 novembre 2011 (
JTBL/1339/2011
dans la cause C/15733/2011), le Tribunal, statuant par voie de procédure sommaire, a condamné A_ à évacuer immédiatement de sa personne, de ses biens et de tout tiers dont elle est responsable l’appartement de 4,5 pièces de la rue X_ à Genève et ses dépendances (cave no 74), autorisé B_SA à requérir l’évacuation par la force publique de la locataire dès le 60
ème
jour suivant l’entrée en force du jugement, et débouté les parties de toutes autres conclusions.
Par jugement rendu également le 17 novembre 2011 et communiqué aux parties le 18 novembre 2011 (
JTBL/1340/2011
dans la cause C/17770/2011), le Tribunal, statuant par voie de procédure sommaire, a condamné A_ à évacuer immédiatement de sa personne, de ses biens et de tout tiers dont elle est responsable la place de parc n° 490, autorisé B_SA à requérir l’évacuation par la force publique dès le 60
ème
jour suivant l’entrée en force du jugement, et débouté les parties de toutes autres conclusions.
D. a.
Par acte déposé le 1
er
décembre 2011 au greffe de la Cour de justice, A_ a formé appel du jugement
JTBL/1339/2011
(concernant l’appartement), concluant à son annulation et au déboutement de B_SA de ses conclusions en évacuation ainsi que de toutes autres conclusions.
Par acte déposé le même jour au greffe de la Cour, elle a interjeté recours contre le jugement
JTBL/1340/2011
(concernant la place de parc), concluant préalablement à l'octroi de «l’effet suspensif», principalement à l’annulation du jugement et au déboutement de B_SA de ses conclusions en évacuation ainsi que de toutes autres conclusions.
Elle a fait valoir essentiellement les arguments suivants : elle conteste la réalisation des conditions des art. 257d CO et 257 CPC, dès lors qu’elle n’a pas trouvé trace d’avis comminatoires dans ses dossiers, de sorte que les congés seraient inefficaces; elle se prévaut de l’art. 271 al. 1 CO (annulabilité d’une résiliation contraire à la bonne foi); l’avis comminatoire - s’il avait été réellement reçu par elle - remontait au 1
er
novembre 2010 déjà, de sorte que la bailleresse n’était de bonne foi pas recevable à ouvrir action en évacuation «des mois plus tard», alors que le loyer était à jour, étant relevé que cette requête était postérieure à une première demande en évacuation qui avait été rayée du rôle à la seule initiative de B_SA; il y avait une disproportion évidente et inadmissible entre l’intérêt de celle-ci, bailleresse institutionnelle, à donner le congé et l’intérêt d’elle-même à pouvoir conserver la jouissance de l’appartement; elle était divorcée et s’occupait prioritairement de sa fille D_, qui était née le _ 2001 et qui fréquentait l’école à proximité immédiate; le père de l’enfant habitait à proximité, s’étant volontairement rapproché de sa fille pour pouvoir entretenir avec elle des relations plus étroites.
A l’appui de ces deux actes, la locataire a produit des pièces nouvelles, dont un certificat de garantie de loyer établi le 19 mai 2008 par SWISSCAUTION et des récépissés de deux bulletins de versement du loyer, avec tampons au 23 septembre 2011 et au 10 novembre 2011.
L’effet suspensif a été accordé au recours.
b.
L’appelante a en outre produit un procès-verbal de l’audience du 12 juillet 2011 dans les causes C/8267/2011 et C/8268/2011 (requêtes en évacuation et exécution) introduites le 27 avril 2011 – faits notoirement connus de la Cour -, prises en charge par la même chambre du Tribunal que les causes présentement litigieuses et portant sur les mêmes objets que les présentes causes. A_ n’était ni présente ni représentée à cette audience; elle allègue qu’elle était alors à l’étranger.
Me T_, huissier judiciaire et représentant de B_, a déclaré lors de cette audience :
«Aucun versement n’est intervenu dans le délai comminatoire. Au 31 juillet 2011, la situation est à jour. Cette locataire a déjà fait l’objet d’une précédente procédure en évacuation. En 2003, la bailleresse a finalement renoncé à évacuer Mme A_. Le contentieux avec cette dame est très important et remonte à loin.
Nous sommes prêts à ne pas requérir l’évacuation forcée de la locataire par la force publique à condition que les indemnités soient versées ponctuellement, au plus tard le 10 du mois en cours.»
D’après la représentante du service des évacuations de la Police, la locataire était officiellement domiciliée à la rue Y auprès de l’Office cantonal de la population (OCP).
Me T_ a alors dit :
«A notre connaissance, il s’agit de l’adresse d’une Sàrl dont la locataire serait l’administratrice. Il s’agit de E_Sàrl.
Je ne suis pas en mesure de vous fournir la preuve de l’acheminement du congé, raison pour laquelle je retire ma demande que je redéposerai avec les bonnes pièces.»
Sur quoi, le Tribunal a rayé la cause du rôle (appartement et place de parc).

## Considerations