# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cc2de417-0c90-5560-8902-07f59936f161
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2004
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Par jugement du 19 juin 2003, la 10ème chambre du Tribunal de première instance de la République et canton de Genève a dissous par le divorce le mariage contracté le 28 décembre 1977 par Madame L_, née S_, et Monsieur L_.
Selon le chiffre 3 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage. Il a transmis la procédure au Tribunal de céans afin de déterminer le montant des avoirs de Monsieur L_.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 28 août 2003.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, puis a interpellé les intitutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 28 décembre 1977 et le 28 août 2003.
Selon le courrier de la Winterthur Columna du 28 janvier 2004, la prestation acquise pendant le mariage par Monsieur L_ est de 192'136, fr. 80. La Caisse Inter-Entreprises de Prévoyance Professionnelle, auprès de laquelle les avoirs de prévoyance de l’intéressé ont été transférés dès le 1
er
janvier 2004, a confirmé ce montant.
La prestation de libre passage de Madame L_ s’élève à 166'170, fr. 90 selon courrier de la Caisse d’assurance du personnel de la Ville de Genève et des Services industriels de Genève (CAP) du 6 février 2004.
Ces documents ont été transmis aux parties. Le conseil de Madame L_ a fait valoir qu’au vu des documents versés à la procédure, c’est une somme de 12'982, fr. 95 qui devra être transférée par le fonds de prévoyance professionnelle de Monsieur L_ sur le compte que possède son ex-épouse auprès de la CAP.
Monsieur L_ n’a pas émis d'objection dans le délai qui lui a été imparti et la cause a été gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. En cas de désaccord des conjoints sur la prestation de sortie à partager en cas de divorce (art. 122 et 123 CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 LPP, soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003 (art. 1 lettre r) et 56V alinéa 1 lettre b) LOJ), doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
2. Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
3. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs respectifs acquis pendant la durée du mariage, soit du 28 décembre 1977 au 28 août 2003, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire, ce qui n’est pas contesté par les parties.
4. Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par Monsieur est de 192'136, fr. 80 tandis que celle acquise par Madame est de 166'170, fr. 90, les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Le Tribunal ordonnera à l’institution de prévoyance de Monsieur L_ de transférer le montant de 12'982, fr. 95 (192'136, fr. 80 – 166'170, -fr. 90 : 2) auprès de la fondation de prévoyance de son ex-épouse.
5. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu’au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal prévu à l’art. 12 de l’Ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATFA non publié B 36/02 du 18 juillet 2003).
6. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (articles 73 al. 2 LPP, 89H al. 1 LPA).
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