# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fb1fcb0d-a5cd-558e-b3e9-12c80027035a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_015
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. a. Suite à une plainte pénale avec constitution de partie civile notamment de Monsieur A_ et feu son père, Monsieur B_, la Cour correctionnelle sans jury a, par arrêt du 27 juin 2008 (ACC/_/08) dans la procédure P/_/2006, reconnu Monsieur C_ et Madame D_ coupables d’abus de confiance aggravés, abus de confiance, gestion déloyale, faux dans les titres, filouterie d’auberge et escroquerie, les a condamnés de ces chefs, et a prononcé la confiscation de valeurs patrimoniales et de biens, une créance compensatrice de CHF 10'000'000.- à l’encontre de M. C_, le séquestre de biens immobiliers sis en France en garantie de cette créance compensatrice, une créance compensatrice de CHF 200'000.- à l’encontre de Mme D_, et le séquestre d’un compte bancaire dans une banque française en garantie de cette créance compensatrice. ![endif]>![if>
b. Par arrêt du 30 janvier 2012 (AARP/_/2012) – rendu à la suite d’un jugement du Tribunal d’application des peines et des mesures (TAPEM) du 31 août 2009, d’un arrêt du 22 décembre 2010 de la chambre d’appel et de révision de la Cour de justice rejetant un appel contre ce jugement, et d’un arrêt du Tribunal fédéral du 18 juillet 2011 (
6B_17/2011
) annulant ledit arrêt et lui renvoyant la cause pour nouvelle décision –, la chambre d’appel et de révision de la Cour de justice a jugé que le montant du dommage total subi par M. A_ et feu son père (dont M. A_ était le légataire universel) était de CHF 1'073'000.- et que le préjudice total des différents lésés participant à la procédure était de CHF 15'300'000.- . Elle a modifié le jugement précité du TAPEM en tant qu’elle a alloué à M. A_ et feu son père 7.01 % (et non 6.7 %) des biens et valeurs confisqués par la Cour correctionnelle sans jury et 7.01 % (et non 6.7 %) de la créance compensatrice de CHF 10'000'000.- prononcée contre M. C_, et a dit que le montant de la créance compensatrice devant être alloué aux lésés selon la clé de répartition fixée devait correspondre à la différence entre les dommages et intérêts calculés pour chacun des lésés au jour de l’arrêt de la chambre pénale d’appel et de révision et les sommes leur revenant après allocation et réalisation des biens confisqués par la Cour correctionnelle sans jury.
2. Par courriers des 1
er
octobre 2012, 8 février 2013 et 16 avril 2013, M. A_ a requis le Ministère public de réaliser les biens confisqués par la Cour correctionnelle sans jury et de lui remettre le produit de la réalisation lui revenant selon l’arrêt précité de la chambre d’appel et de révision. ![endif]>![if>
Par ordonnance du 18 juillet 2013, le Ministère public s’est déclaré incompétent pour procéder à la réalisation des biens et valeurs confisqués et à la distribution du produit de cette opération. La compétence pour faire exécuter les peines et les mesures ordonnées par les jugements rendus par les tribunaux pénaux en vertu du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP -
RS 311.0
) revenait au département de la sécurité (devenu dans l’intervalle le département de la sécurité et de l’économie [DSE]), selon l’art. 5 al. 2 let. g de la loi d’application du code pénal suisse et d’autres lois fédérales en matière pénale du 27 août 2009 (LaCP -
E 4 10
). Cette ordonnance n’a pas été contestée.
3. À la suite d’une demande de M. A_ du 5 novembre 2013, rappelée le 14 mars 2014, de procéder à la réalisation des biens et valeurs confisqués par la Cour correctionnelle sans jury et de lui remettre la part lui revenant sur le produit de cette opération, le DSE a estimé, par courrier du 24 mars 2014 à M. A_, ne disposer d’aucune compétence légale pour procéder à la réalisation de biens confisqués sur la base d’un jugement pénal et à la distribution du produit d’une telle opération. Selon un courrier du 12 mars 2014, la Commission de gestion du pouvoir judiciaire partageait ce point de vue, évoquant l’existence d’un conflit de compétence négatif dans la législation (depuis le 1
er
janvier 2011, date d’entrée en vigueur du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 [CPP -
RS 312.0
] et de la LaCP), à régler par la voie législative, étant précisé que tant le Ministère public que les juridictions de jugement pénales estimaient ne jouir d’aucune compétence en la matière considérée. ![endif]>![if>
4. Le 24 avril 2014 (cause A/1158/2014), M. A_ a recouru contre cette décision auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), en concluant à son annulation, au renvoi de la cause au DSE pour qu’il procède à la réalisation des biens et valeurs confisqués par la Cour correctionnelle sans jury et à la distribution en sa faveur de la part du produit de cette opération lui revenant conformément à l’arrêt de la chambre pénale d’appel et de révision, subsidiairement à la transmission de la cause à l’autorité compétente aux fins de réalisation desdits biens et valeurs confisqués et de distribution du produit de cette réalisation, sous suite de frais et dépens. ![endif]>![if>
5. Le 14 juin 2014 est entrée en fonction la chambre constitutionnelle de la Cour de justice (ci-après : la chambre constitutionnelle), instituée par la loi 11311 du 11 avril 2014 modifiant la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), en exécution de l’art. 124 de la Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 (Cst-GE -
A 2 00
), prévoyant l’institution d’une Cour constitutionnelle ayant notamment pour compétence de trancher les conflits de compétence entre autorités. ![endif]>![if>
6. Le 2 septembre 2014, au terme d’un échange de vues initié le 12 août 2014 par la chambre administrative entre cette dernière et la chambre constitutionnelle, qui a déclaré le 26 août 2014 partager l’avis que la procédure A/1158/2014 devait lui être transmise pour raison de compétence, la cause a été réattribuée à la chambre constitutionnelle, pour le motif que le conflit de compétence négatif soulevé dans cette affaire s’inscrivait dans le cadre défini par l’art. 130B al. 2 LOJ et, au titre des dispositions transitoires, de l’art. 143 al. 11 et 12 LOJ, et les parties en ont été informées. ![endif]>![if>
7. Dans le cadre de l’instruction qu’elle a alors entreprise, la chambre constitutionnelle a appelé en cause le Conseil d’État et invité les autorités apparaissant alors a priori susceptibles d’être concernées – à savoir le Ministère public, le DSE et le Conseil d’État – à se déterminer sur différents sujets évoqués, englobant la question de savoir quels actes l’exécution des jugements considérés requérait, question estimée nécessaire à la détermination de la question stricto sensu de l’autorité compétente pour les accomplir. ![endif]>![if>

## Considerations