# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 987e31af-c207-46f3-a6f2-aa506dbb81cc
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2001
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. Dans le présent litige où le Tribunal administratif a rendu deux précédents arrêts (AF 96/005 du 16 décembre 1997 et AF 98/008 du 21 juin 1999, contenant des croquis auxquels il convient de se référer au sujet de la configuration des lieux), le Département des Infrastructures a rendu le 23 mars 2001 une décision dont la teneur est pour l'essentiel la suivante:
"(...)
a vu en fait
:
1.- Le plan de zone de la commune d'Oleyres, approuvé par le Conseil d'Etat le 19 octobre 1983, prévoit une zone de village destinée à l'habitation, à l'activité agricole, au commerce et à l'artisanat non préjudiciable à l'habitation (art. 5). Dans cette zone, la contiguïté est autorisée à certaines conditions et la distance aux limites est de 5 mètres ou 3 mètres pour les pignons sans vues droites (art. 6). Une partie de la zone village est soumise selon le plan à une limitation de la surface bâtie : l'article 8 prévoit que la surface bâtie n'y doit pas excéder 1/5 de la parcelle. Les parcelles du quartier "Derrière le Village" sont situées en zone village. Une partie de celles qui sont situées à l'est du chemin d'accès litigieux sont soumises à la limitation de la surface bâtie de l'article 8 du règlement communal.
2.- Le secteur en cause, y compris le plan routier litigieux, est inclus dans le périmètre du Syndicat d'améliorations foncières d'Oleyres constitué en 1986. Ledit syndicat a pour but le remaniement parcellaire ainsi que la construction de chemins et des ouvrages nécessaires d'assainissement et d'amélioration du sol.
La recourante Suzanne Mermoud-Miauton est propriétaire de la parcelle n° NE 639 qui borde le côté sud de la bifurcation Avenches-Oleyres-Misery. Cette parcelle fait partie d'un quartier d'habitation qui s'étend au sud du carrefour jusqu'au centre du village.
3.- La chaussée de la route cantonale (RC) 604f étant située sensiblement en contrebas des parcelles du quartier, aucun accès pour véhicule n'est aménagé le long de cette route. Ces parcelles sont en revanche accessibles en véhicule par un chemin qui parcourt l'intérieur du quartier et dont le tracé est en partie parallèle à la route cantonale. Ce chemin fait l'objet de diverses servitudes :
- au sud, depuis le centre du village jusqu'au bâtiment du propriétaire Rigert (parcelle n° NE 645), soit sur son tronçon le plus sinueux, le chemin fait l'objet d'une servitude 48'087 qui est un droit de passage public à pied et à char en faveur de la commune d'Oleyres;
- depuis l'extrémité nord du tracé de la servitude 48'087 jusqu'à la bifurcation de la route Avenches-Oleyres-Misery, le chemin fait l'objet d'une servitude 48'105 qui est un droit de passage à char (inscription originelle le 26 juin 1912) constitué au bénéfice des parcelles traversées; cette servitude traverse notamment la parcelle de la recourante.
- le tracé de la servitude 48'105 correspond sur toute sa longueur à celui de la servitude 48'088 qui est une servitude publique de passage à pied en faveur de la commune grevant toutes les parcelles traversées.
Le chemin est goudronné depuis le centre du village jusqu'à la limite de la parcelle de la recourante. Ce revêtement a été posé aux frais de la commune avec l'accord des propriétaires, à l'exception de Mme Mermoud, à la suite d'une enquête publique organisée en juin-juillet 1988 (chemin d'accès et collecteur en séparatif). La commune ne souhaitant pas entamer une procédure d'expropriation selon la LR, elle a effectué les travaux de revêtement à bien plaire sur les parcelles des propriétaires ayant donné leur consentement, ce qui explique qu'il s'interrompt à la limite de la parcelle de la recourante. A ce moment-là toutes les parcelles à l'est du chemin d'accès n'étaient pas construites. Le projet d'aménager cette route d'accès sur toute sa longueur existait déjà en 1979, mais la recourante s'y est toujours opposée. L'accès au quartier a toujours été prévu sur l'entier de la servitude 48'015.
4.- Au nord, le chemin se prolonge en direction de la bifurcation de la route Avenches-Oleyres-Misery. A son extrémité, soit entre le tronçon goudronné et le carrefour litigieux, le tracé de la servitude est constitué d'un passage herbeux de la largeur de la route projetée et en pente. Ce tronçon a été utilisé par les machines de chantier lors de la construction sur la parcelle NE 641 en 1989 et est utilisé depuis lors occasionnellement par MM. Maurer et Gattolliat. Pour empêcher ce passage, la recourante avait placé des bornes, enlevées depuis lors, à l'entrée de sa parcelle.
A son extrémité sud, le chemin d'accès au quartier débouche en face du collège à proximité du carrefour du centre du village. Le débouché sud vers le collège est étroit, notamment en raison de la présence des bâtiments existants, de murs et de barrières. La visibilité est mauvaise à ce débouché qui se trouve au surplus très proche du carrefour constituant le centre du village. Sur place, on constate que le long du tronçon correspondant à la servitude publique RF 48'087 dans le virage, le chemin est étroit (2m85) et bordé de chaque côté par un treillis délimitant le jardin des parcelles adjacentes. Des dégâts ont déjà été causés à ces clôtures provenant apparemment du passage des camions livrant de la marchandise à l'entreprise de boucherie du propriétaire Simon-Vermot, recourant aujourd'hui décédé. D'après les explications fournies à l'audience du 31 janvier 2001, ce propriétaire a renoncé à faire transiter des camions jusqu'à son entreprise: ceux-ci sont déchargés au centre du village et la marchandise est ensuite transbordée à l'aide de véhicules plus petits (fourgons).
5.- Dans le nouvel état mis à l'enquête par la commission de classification du 4 au 29 septembre 1995, la servitude 48105 était supprimée pour ce qui concerne le tronçon traversant la parcelle de la recourante, suite aux voeux de cette dernière. La servitude 48'088 (passage public à pied) était en revanche maintenue.
Le tribunal administratif a été saisi d'un recours émanant des intimés Rigert, Maurer et Gattolliat (dossier AF 96/005), qui demandaient notamment le maintien de la servitude 48'105.
6.- Durant la procédure de recours, la commune d'Oleyres a mis à l'enquête du 6 juin au 7 juillet 1997 un plan routier tendant à modifier le carrefour Avenches-Oleyres-Misery constitué par un îlot triangulaire en le remplaçant par un carrefour en forme de T dans lequel la route de Misery débouche à angle droit sur la RC 604f Avenches-Oleyres. Cette nouvelle configuration a dégagé, dans l'angle formé par le nouveau débouché, une nouvelle parcelle NE 701, propriété de la commune d'Oleyres, située entre le carrefour et la parcelle de la recourante NE 639. Sur cette dernière, seule subsistait !a servitude de passage public à pied n° 48'088 qui prolonge le tracé de la servitude 48'105, sur une largeur de 1 mètre, à travers la parcelle 639 de la recourante et la parcelle 701 , rejoignant ainsi selon un tracé un passage pour piéton figuré sur la chaussée de la RC 604f.
Sur opposition des propriétaires Maurer et Gattolliat qui contestaient la suppression de la servitude 48'105 de passage à char, la municipalité a soumis le plan routier au conseil communal avec un préavis qui tendait à la levée des oppositions tout en proposant une modification selon laquelle
"en cas de maintien de la servitude
à
pied et
à
char par le Tribunal administratif, un raccordement
à
la route cantonale au moins égal
à
l'actuel sera réalisé".
En bref, le conseil général a adopté le préavis municipal en date du 4 décembre 1997. Le plan mis à l'enquête n'a pas été modifié.
Par arrêt du 16 décembre 1997, le Tribunal administratif a admis le recours de MM Maurer et Gattolliat. Il a jugé que la suppression de la servitude, qui n'avait pas perdu tout usage, était prématurée en l'état. Il a renvoyé le dossier à la commission de classification en invitant cette dernière à rendre une nouvelle décision cas échéant en coordonnant l'adaptation des servitudes avec l'aménagement du carrefour, projet qui n'était pas connu par le tribunal administratif et qui n'était pas encore approuvé définitivement par le département.
7.- Par décision du 10 mars 1998, la Municipalité d'Oleyres a décidé de demander l'inscription de la parcelle n° 701 au domaine public dans le but d'aménager dans une étape future un parking dans la zone sud du carrefour projeté, et permettre un accès de la servitude 48'105 sur ledit parking.
La Commission de classification a donné suite à la demande de la municipalité et a décidé de supprimer la parcelle 701 attribuée à la commune d'Oleyres. La surface de celle-ci sera passée au domaine public conformément au plan du 23 mars 1998, plan sur lequel Mme Mermoud et M. Simon-Vermot ont signé l'acceptation de leur nouvel état parcellaire. La Commission a en outre décidé de maintenir la servitude n° 48'105 à pied et à char, dès lors que, selon la décision du Tribunal administratif, la servitude pourra être adaptée très facilement avec le nouveau carrefour tel qu'il sera réalisé. La commission a également rappelé dans sa décision que le syndicat d'améliorations foncières n'exécute pas de travaux en relation avec cette servitude.
En date du 23 mars 1998, la Commission de classification a notifié sa décision à Suzanne Mermoud-Miauton.
Cette dernière a recouru contre cette décision auprès du Tribunal administratif en concluant à son annulation et, en substance, au renvoi de la cause à la commission de classification pour qu'elle statue en coordination avec le plan routier.
La procédure a été suspendue jusqu'à droit connu sur le recours également déposé par Suzanne Mermoud-Miauton contre le plan routier auprès du Département des infrastructures. La recourante est fermement opposée au maintien de la servitude de passage à pied et à char n° 48'105 sur sa parcelle.
Par décision du 12 juin 1998, le département des infrastructures a approuvé le projet d'aménagement routier décidé par le Conseil général d'Oleyres en date du 4 décembre 1997, en précisant toutefois que cette décision ne valait pas autorisation, notamment pour les opposants Maurer et Gattolliat, de disposer d'un accès à la future route, à partir du tracé de la servitude 48105.
Par décision du 16 octobre 1998, la Municipalité d'Oleyres a accordé aux titulaires de la servitude 48'105, l'autorisation d'accéder au domaine public tout en précisant que tout aménagement devra faire l'objet d'une enquête publique.
8.- Par arrêt du 21 juin 1999, le Tribunal administratif a partiellement admis le recours de Suzanne Mermoud-Miauton. Il a annulé les deux décisions attaquées, à savoir la décision de la Commission de classification quant au maintien de la servitude et la décision de la municipalité autorisant un accès de la servitude au domaine public. Le Tribunal a invité la commission de classification et la municipalité à statuer sur les différentes prétentions des propriétaires concernés, et à préciser, cas échéant, le sort de la parcelle 701 dans le cadre d'une procédure respectant le droit d'être entendu de la recourante et des autres intéressés.
9.- En date du 2 août 2000, la Commission de classification a pris la décision de rendre publique la servitude privée existante sur l'entier du chemin, y compris sur le tronçon litigieux traversant la parcelle de la recourante. Cette dernière a déposé un nouveau recours au Tribunal administratif en date du 24 août 2000. La procédure est suspendue jusqu'à droit connu sur la présente procédure.
10.- Parallèlement, la Municipalité d'Oleyres a mis à l'enquête un projet routier prévoyant l'aménagement de l'accès de la servitude desservant la zone "Derrière le Village" sur la route cantonale, vers le carrefour de la route de Misery et l'aménagement de cinq places de parc sur l'ancienne parcelle n° 701, passée au domaine public. Le projet a été accepté par le Conseil général dans sa séance du 24 juin 2000 et les oppositions, dont celle des recourants, ont été levées.
11.- Suzanne Mermoud-Miauton et François Simon-Vermot ont recouru conjointement au Département des infrastructures par acte du 31 juillet 2000 contre la décision précitée. Ils ne contestent pas l'aménagement des places de parc mais soutiennent que l'aménagement de la servitude privée de passage en servitude publique de passage à pied et à char par la parcelle de Suzanne Mermoud-Miauton ne saurait être réalisé faute d'intérêt public suffisant, l'accès par le chemin existant étant suffisant au regard de l'article 19 LAT.
12.- Dans le délai prescrit, les recourants ont effectué un dépôt de fr. 1'800.-- destiné à garantir l'émolument et les frais présumés de l'instruction.
13.- Le Service de I'aménagement du territoire s'est déterminé par mémoire du 13 septembre 2000 et a implicitement conclu au rejet du recours tout en relevant que le projet était de compétence municipale.
La Municipalité s'est déterminée dans un mémoire du 5 septembre 2000 en concluant au rejet du recours.
Le Service des routes s'est déterminé en date du 22 septembre 2000 en se référant à l'avis émis par le Service de l'aménagement du territoire.
14.- Une inspection locale a eu lieu le 31 janvier 2001. A cette occasion, une délégation du Département des infrastructures chargée de l'instruction du présent recours a entendu dans leurs explications le recourant, la Municipalité, le Service de l'aménagement du territoire et le Service des routes. Me de Braun a informé l'autorité de céans que le recourant François Simon-Vermot était entre temps décédé et que ses héritiers ne souhaitaient pas continuer la procédure, de sorte que le recours est devenu sans objet en ce qui concerne François Simon-Vermot.
15.- En date du 20 février 2001, la Municipalité a produit des pièces complémentaires à la requête de l'autorité d'instruction. la recourante s'est déterminée sur ces pièces et sur les explications complémentaires de la Municipalité en date du 5 mars 2001.
16.- Les arguments des parties seront repris autant que de besoin dans les considérants de droit ci-après.
considérant en droit :
(...)
IV.- Sur le fond, l'autorité de céans doit se limiter à vérifier si le projet routier litigieux est conforme aux dispositions de la loi sur les routes sous réserve du verdict du Tribunal administratif concernant le sort de la servitude litigieuse sur la parcelle de la recourante. L'autorité de céans n'est ainsi pas compétente pour statuer sur le bien fondé ou non de la décision de la commission de classification de transformer la servitude de passage privée qui grève la parcelle de la recourante en servitude publique.
La loi sur les routes régit tout ce qui a trait à la construction, à l'entretien ou à l'utilisation des routes ouvertes au public et qui font partie du domaine public, cantonal ou communal. Sont également soumis à la présente loi les servitudes de passage public et les sentiers publics (art. 1 LR).
En l'espèce, le passage de la parcelle n° 701 de la commune d'Oleyres au domaine public n'est pas contesté. Il s'agit d'un fait acquis quand bien même le nouvel état n'est pas encore inscrit au registre foncier faute d'être définitif et exécutoire. La loi sur les routes est donc applicable en l'espèce (art. 1, al. 1 LR), sur le domaine public.
V. En règle générale, la route comprend, outre la chaussée proprement dite, les trottoirs, les accotements, les pistes cyclables, les talus, les murs qui ne font pas partie de la propriété privée, les ouvrages de protection antibruit, les places rattachées au domaine public, les aires de repos, de ravitaillement ou de stationnement, les baies d'arrêts des transports publics, ainsi que toutes les installations accessoires nécessaires à son entretien ou son exploitation (art. 2 LR).
En l'espèce, le projet consiste à aménager les abords du nouveau carrefour modifié, conformément à la décision du département des infrastructures du 12 juin 1998. Le projet consiste à supprimer le tronçon de route devenu inutile et à aménager des places de parc. Ces travaux permettront l'accès de la servitude litigieuse sur la route cantonale. Personne ne conteste la nécessité d'aménager des places de parc publiques sur le territoire communal qui n'en possède aucune. Les visiteurs doivent tous se parquer sur le domaine privé. L'aménagement des places de parc, y compris l'accès à ces dernières, doit par conséquent être confirmé, l'intérêt public à un tel projet étant manifestement donné.
VI.- La recourante conteste en revanche l'aménagement d'un passage public pour tous les véhicules sur sa parcelle en soutenant que le quartier est actuellement déjà au bénéfice d'un accès suffisant au sens de l'article 19 LAT.
Cette disposition exige que pour être équipé un terrain doit être desservi d'une manière adaptée à l'utilisation par des voies d'accès notamment. Ces voies d'accès aux différents quartiers doivent en principe être aménagés par la collectivité publique, mais il suffit que l'accès soit juridiquement garanti. Il s'ensuit que l'accès peut également être aménagé sur une servitude de passage au sens de l'article 730 CC (Commentaire ASPAN de la LAT, ad art. 19, ch. 23).
En l'espèce, les propriétaires riverains du quartier "Derrière le Village" sont déjà au bénéfice d'une servitude de passage à pied et pour tous véhicules sur la parcelle de la recourante en vertu de l'article 19 LAT. Ils peuvent prendre toutes les mesures nécessaires pour la conserver et pour en user (art. 737 al. 1 CC). Ils peuvent ainsi, dans le cadre des droits concédés par la servitude, pénétrer sur le fonds grevé pour effectuer en particulier des travaux d'entretien, de réparation et de rénovation, sans avoir à procéder préalablement par la voie judiciaire (ATF 115 IV 26, 118 IV 291 ). Une servitude ne peut être radiée contre la volonté des propriétaires des fonds dominants que si elle a perdu toute utilité (art. 736 CC). Le droit des améliorations foncières a repris cette notion à l'article 62 LAF .
Le projet litigieux ne crée pas un nouvel accès sur la parcelle de la recourante. Il se limite à permettre l'accès sur le domaine public de la servitude de passage existante en faveur des propriétaires riverains, qui, vu la configuration des lieux et l'opposition de la recourante, ont préféré à ce jour emprunter le chemin goudronné depuis le collège pour accéder à leur parcelle. La servitude n'en a pas pour autant perdu son utilité au sens de l'article 736 CC, ce dont la recourante était certainement consciente puisqu'elle n'a jamais tenté d'en obtenir la radiation par le biais d'une action civile. Cela a d'ailleurs également été confirmé par le Tribunal administratif dans ses arrêts du 16 décembre 1997 (AC 96/05, cons. 3c) et du 21 juin 1999 (AF 98/08).
Les bénéficiaires de la servitude peuvent en outre exiger en tout temps de la collectivité publique d'obtenir un accès sur la voie publique si cet accès est indispensable pour les besoins du fonds (art. 32, al. 1 et 2 LR). Tel est manifestement le cas s'il s'agit d'un accès au sens de l'article 19 LAT. Or, tel est le cas en l'espèce. L'accès par le carrefour a d'ailleurs été prévu de longue date par la Municipalité. S'il n'a jamais été réalisé à ce jour, c'est uniquement en raison de l'opposition constante de la recourante. La municipalité et les bénéficiaires de la servitude n'ont toutefois pas pour autant renoncé au projet qui redevenu d'actualité dans le cadre de la procédure d'améliorations foncières.
L'accès litigieux est certainement le meilleur accès au quartier pour les bénéficiaires de la servitude. Il améliore sensiblement la sécurité des enfants qui empruntent ce chemin (on rappellera que la Commune est au bénéfice depuis longtemps d'une servitude publique de passage à pied sur tout le tronçon privé de la servitude litigieuse) pour se rendre à l'école. On relèvera également en passant que le chemin existant, dont une partie mesure moins de trois mètres de large, ne répond pas aux exigences d'un accès riverain selon les normes VSS qui exigent une largeur minimale de trois mètres (norme VSS 640 050). Quant à savoir s'il y a un intérêt à faire bénéficier l'entier de la population de cet accès, et non seulement les propriétaires riverains, relève de la compétence du Tribunal administratif.
Il s'ensuit que, quelle que soit l'issue du recours pendant devant le Tribunal administratif, la recourante ne pourra pas empêcher que le tronçon de la servitude de passage situé sur sa parcelle soit aménagé pour le passage de véhicules, que ce soit par les bénéficiaires actuels de la servitude en vertu du droit civil en suivant la procédure du permis de construire, ou par la commune par le biais du projet litigieux si le Tribunal administratif devait confirmer la décision du 2 août 2000 de la commission de classification du syndicat d'améliorations foncières tendant à rendre publique la servitude de passage à pied et pour tous véhicules. Selon la solution adoptée, seuls le cercle des usagers du tronçon litigieux et les responsables de son entretien seront différents.
VII. Il résulte des considérants qui précèdent que le recours formulé par Suzanne Mermoud-Miauton est rejeté. Les frais sont laissés à la charge de la recourante qui succombe. Il n'est pas alloué de dépens, la municipalité n'ayant pas consulté avocat.

## Considerations