# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** eaec4b46-4ca5-54de-97ba-ebc34c74d1b6
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu, en fait, que :
Monsieur X_ a été élu le 13 mars 2011 conseiller municipal de la commune Z_ sur la liste du parti socialiste, pour la législature 2011-2015. Il avait déjà été élu en cette qualité pendant la législature 2007-2011.
Le 15 novembre 2011, M. X_ a été élu par le conseil municipal de Z_ membre du comité de la Fondation immobilière de la Ville de Z_ (ci-après : FONDATION_). Il en avait déjà été membre lors de la précédente législature.
Le 24 mars 2013, M. X_ a démissionné du parti socialiste, en précisant qu'il entendait rester conseiller municipal à titre indépendant et conserver son mandat à la FONDATION_.
La section de Z_ du parti socialiste a déposé un projet de délibération n°_ en vue de la séance du conseil municipal du 16 avril 2013, demandant que M. X_ soit révoqué en tant que membre du comité de la FONDATION_ « pour justes motifs sur la base de l'art. 20 al. 2 des statuts de la FONDATION_ » et qu'il soit procédé à son remplacement « en ouvrant une désignation pour un membre désigné par le conseil municipal ».
Selon l'exposé des motifs, la réglementation légale ne permettait pas au parti socialiste d'exiger de M. X_ qu'il « remette son mandat de conseiller municipal à son parti ». L'esprit des statuts de la FONDATION_ n'était en l'état plus respecté, celui-ci exigeant une représentation d'un membre par parti politique siégeant au conseil municipal. Il y avait toujours eu un consensus sur ce point au sein du conseil municipal.
Le 16 avril 2013, le conseil municipal a tenu débat sur ce projet de délibération et l'a adopté par 11 oui, 9 non et 5 abstentions (une personne n'ayant pas voté) après avoir entendu M. X_ ainsi que Monsieur Y_, conseiller municipal socialiste proposé pour remplacer le premier cité.
Le texte final amendé se lit ainsi :
« Le Conseil municipal décide : 1. De révoquer Monsieur X_ de son mandat de membre du Conseil de la FONDATION_ pour justes motifs sur la base de l'article 20, alinéa 2 des Statuts de la FONDATION_ ; 2. D'élire Monsieur Y_ comme délégué du Conseil municipal au Conseil de la FONDATION_ pour la période allant du 16 avril 2013 au 31 décembre 2015 ».
En fin de discussion sur ce point de l'ordre du jour, le président du conseil municipal a rappelé que le Conseil d'Etat devait encore prendre acte de cette délibération (
recte
: l'approuver) et que, s'agissant d'une décision administrative, M. X_ avait la possibilité de recourir auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative). Il n'a toutefois pas mentionné le délai de recours.
Par acte posté le 15 mai 2013, M. X_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative contre la délibération précitée, concluant à son annulation.
Selon les statuts de la FONDATION_, les membres élus respectivement par le conseil administratif et par le conseil municipal ne devaient revêtir aucune qualité particulière ; il suffisait qu'ils fussent élus par ces autorités. L'appartenance à un parti politique – représenté ou non au conseil municipal – n'était pas nécessaire.
La notion de justes motifs, bien qu'indéterminée, n'était pas applicable au cas d'espèce, car elle supposait que la personne considérée ne soit pas apte à remplir ses fonctions. En outre, lors de la législature précédente en outre, 7 partis politiques étaient représentés au conseil municipal, ce qui interdisait une représentation complète de ceux-ci au Conseil de la FONDATION_, seuls 5 membres de ce dernier étant élus par le conseil municipal.
Le 17 mai 2013, M. X_ a sollicité le prononcé de mesures provisionnelles, demandant qu'il soit fait interdiction à M. Y_, jusqu'à droit jugé, de siéger au sein de la FONDATION_.
Le 29 mai 2013, la commune Z_ a déclaré s'en rapporter à justice sur la question des mesures provisionnelles. Le fonctionnement de la FONDATION_ ne serait pas affecté quelle que soit la décision prise à cet égard.
La prochaine séance de la FONDATION_ était néanmoins prévue pour le 3 juin 2013, et M. Y_ y avait été convoqué.
Le 30 mai 2013, la commune a complété sa détermination sur un point demandé par le juge délégué. La décision attaquée était, selon elle, entrée en force le 16 avril 2013. Elle avait été notifiée à cette même date, M. X_ étant présent lors de la séance du conseil municipal. Les voies de droit lui avaient été communiquées à cette occasion.
Sur ce, la cause a été gardée à juger sur effet suspensif.

## Considerations

Considérant, en droit, que :
La compétence pour ordonner la restitution de l'effet suspensif au recours appartient au président de la chambre administrative (art. 7 du règlement interne de la chambre administrative du 21 décembre 2010, entré en vigueur le 1
er
janvier 2011).
Sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif (art. 66 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
L’autorité décisionnaire peut toutefois ordonner l’exécution immédiate de sa propre décision, nonobstant recours, tandis que l’autorité judiciaire saisie d’un recours peut, d’office ou sur requête, restituer l’effet suspensif à ce dernier (art. 66 al. 2 LPA).
Par ailleurs, selon la jurisprudence constante, les mesures provisionnelles - au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif - ne sont légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/248/2011
du 13 avril 2011 consid. 4 ;
ATA/197/2011
du 28 mars 2011 ;
ATA/248/2009
du 19 mai 2009 consid. 3 ;
ATA/213/2009
du 29 avril 2009 consid. 2). Elles ne sauraient, en principe tout au moins, anticiper le jugement définitif ni équivaloir à une condamnation provisoire sur le fond, pas plus qu’aboutir abusivement à rendre d’emblée illusoire la portée du procès au fond (arrêts précités). Ainsi, dans la plupart des cas, les mesures provisionnelles consistent en un
minus
, soit une mesure moins importante ou incisive que celle demandée au fond, ou en un
aliud
, soit une mesure différente de celle demandée au fond (I. HAENER, Vorsorgliche Massnahmen
in
Verwaltungs-verfahren und Verwaltungsprozess, RDS
1997 II 253
-420, 265).
En l'espèce, le recourant ne demande pas autre chose que l'octroi ou la reconnaissance de l'effet suspensif associé au recours, puisque le maintien de l'état de choses prévalant avant l'adoption de la délibération litigieuse implique que M. X_ continue de siéger au Conseil de la FONDATION_ en tant que membre élu par le conseil municipal, et donc que M. Y_ ne peut y siéger jusqu'à droit jugé sur le recours.
C'est,
prima facie
, à bon droit que la délibération attaquée a été qualifiée par la commune Z_ de décision administrative sujette à recours.
Force est de constater toutefois que ladite décision n'a à aucun moment été déclarée exécutoire nonobstant recours, et que la commune intimée n'a pas demandé le retrait dudit effet suspensif, s'en rapportant au contraire à justice sur ce point.
Dès lors, le recours déploie effet suspensif de plein droit, ce qui a pour conséquence que c'est le recourant qui doit être, à tout le moins jusqu'à droit jugé, convoqué aux séances du Conseil de la FONDATION_, et non M. Y_.
Le sort des frais sera réservé jusqu'à droit jugé au fond.
Vu l’art. 66 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 ;
vu l’art. 7 al. 1 du règlement de la chambre administrative du 21 décembre 2010 ;