# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 31e959af-4f25-5c9d-acec-b2bcdea76cce
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame A_, née le _ 1965, d'origine portugaise, en Suisse depuis 1983, ayant travaillé au service de B_ SA comme ouvrière en horlogerie de 1987 au 30 novembre 2001, date à laquelle elle a été licenciée, a déposé le 10 janvier 2008 une demande auprès de l'office cantonal de l'assurance-invalidité (ci-après OAI) visant à la prise en charge d'une orientation professionnelle, d'un reclassement dans une nouvelle profession, d'un placement, de mesures médicales de réadaptation spéciale et à l'octroi d'une rente. Elle allègue souffrir de fibromyalgie et de diabète depuis 1998. ![endif]>![if>
2. L'assurée a été soumise à un examen clinique rhumatologique et psychiatrique le 1
er
juillet 2008 dans le cadre du service médical régional (SMR), par les docteurs C_, rhumatologue, et D_, psychiatre. ![endif]>![if>
Les médecins n'ont retenu aucun diagnostic déterminant, ceux de dysthymie, de fibromyalgie, de rachialgies chroniques dans un contexte de fibromyalgie, de troubles statiques et d'obésité de classe I, étant sans répercussion sur la capacité de travail.
Ils n'ont relevé aucune limitation fonctionnelle durable et ont considéré que la dépression chronique de l'humeur présentée par l'assurée revêtait une sévérité insuffisante pour justifier un diagnostic de trouble dépressif récurrent léger. Ils ont noté qu'elle avait de nombreuses amitiés solides et anciennes qu'elle rencontrait régulièrement. S'agissant des troubles cognitifs, dont le diagnostic avait été évoqué par le Dr E_ dans le cadre du syndrome douloureux, ils ont indiqué qu'une imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale avait été effectuée, excluant une atteinte organique. Les migraines sont quant à elles susceptibles d'amélioration sous traitement.
Ils ont ainsi fixé la capacité de travail de l'assurée à 100%, tant dans son activité d'ouvrière en horlogerie que dans une activité adaptée, et ce depuis toujours.
3. Par décision du 24 octobre 2008, l’OAI a rejeté la demande. ![endif]>![if>
Par arrêt du 19 mai 2009, le Tribunal cantonal des assurances sociales (aujourd’hui la chambre de céans) a confirmé ladite décision, constatant que l’assurée ne remplissait pas les critères jurisprudentiels applicables en matière de fibromyalgie, en dépit de la présence d’affections corporelles chroniques, et admettant, partant, qu’elle était capable de travailler à plein temps dans une activité adaptée (
ATAS/601/2009
).
Par arrêt du 14 janvier 2010, le Tribunal fédéral a rejeté le recours déposé par l’assurée (
9C_561/2009
).
4. Le 3 mars 2010, l’assurée, représentée par Me Jacques-André SCHNEIDER, a déposé une demande visant à la révision de la décision du 24 octobre 2008. Elle a conclu, préalablement, à ce qu’une expertise soit ordonnée afin de déterminer les conséquences de la dégénérescence discale en L4-L5 avec protrusion discale paramédiane gauche en contact avec la racine L5 gauche, de la protrusion discale en C3-C4 paramédiane droite et du pincement du compartiment interne du genou gauche sur sa capacité, compte tenu des autres atteintes à la santé dont elle souffre, documentées dans le dossier, et principalement, à ce que la décision du 24 octobre 2008 soit annulée, et à ce qu’elle soit mise au bénéfice d’une rente entière d’invalidité à compter du 2 mars 2009. Elle a produit un rapport de la Dresse F_ du 10 février 2010 et des rapports du Dr G_ des 2 mars 2009, 22 février 2010 (IRM cervicale), 25 avril 2007 et 22 février 2010 (radiographie genou gauche) et du Dr H_ du 23 janvier 2008.![endif]>![if>
5. Le 10 mai 2010, le médecin du SMR s’est déterminé. Il considère que, en l’état, les conclusions du SMR restent les mêmes, soit une capacité de travail de 100% dans l’activité habituelle et dans une activité adaptée depuis toujours, aucune limitation fonctionnelle n’étant justifiée.![endif]>![if>
6. Le 29 juin 2010, l’OAI a transmis à l’assurée un projet de décision, aux termes duquel sa demande du 3 mars 2010 était rejetée.![endif]>![if>
7. Les 6 et 9 juillet 2010, l’assurée, par l’intermédiaire de son mandataire, a insisté sur le fait que sa demande portait sur une aggravation de son état de santé survenue postérieurement à la décision du 24 octobre 2008, et fait état d’un nouveau diagnostic, soit une dégénérescence discale en L4-L5.![endif]>![if>
8. Par décision du 14 septembre 2010, l’OAI a confirmé son projet du 29 juin 2010.![endif]>![if>
9. Le 6 novembre 2017, la Dresse F_ a adressé à l’OAI un rapport, selon lequel « l’état de santé de la patiente va en s’aggravant de jour en jour, tant sur le plan physique que psychique, et ne lui permet pas de travailler. Son invalidité est de 100% ».![endif]>![if>
L’assurée, elle-même, a à nouveau rempli le questionnaire « demande de prestations AI » le 11 décembre 2017. Elle indique souffrir de fibromyalgie, douleurs et blocages au niveau de la colonne CD, douleurs irradiant au niveau du MIG, maux de tête, trouble du sommeil, angoisse, asthénie, troubles de la mémoire et de la respiration, douleurs au niveau de toutes les articulations, depuis 2005, avec une aggravation vers 2007.
10. Dans une note du 4 janvier 2018, le médecin du SMR a constaté que dans le rapport de la Dresse F_ du 6 novembre 2017, ne figuraient que des diagnostics déjà connus. Les éléments médicaux versés au dossier étaient tous anciens. Aucun document n’avait rendu l’aggravation plausible.![endif]>![if>
11. Le 9 janvier 2018, l’OAI a annoncé à l’assurée qu’il envisageait de ne pas entrer en matière sur sa nouvelle demande.![endif]>![if>
12. L’assurée s’est opposée à ce projet de décision le 17 janvier 2018 et a produit plusieurs pièces médicales, dont un rapport du docteur I_ du 3 août 2016, une radiographie du thorax face et profil du 27 novembre 2017 et un examen de la doctoresse J_ du 29 octobre 2013.![endif]>![if>
13. Par décision du 1
er
février 2018, l’OAI a informé l’assurée qu’il refusait d’entrer en matière. ![endif]>![if>
14. Le docteur K_, spécialiste FMH en psychiatrie, a adressé à l’OAI un rapport le 13 février 2018, attestant que les problèmes de santé dont souffre l’assurée l’empêchent de travailler et que son état psychique ne lui permet pas de reprendre une activité professionnelle à plus de 20%. Il a ajouté qu’« elle dit avoir beaucoup de problèmes de santé, lesquels l’empêchent de travailler ».![endif]>![if>
15. Le 21 février 2018, l’OAI a indiqué qu’il ne pouvait prendre considération cette nouvelle pièce médicale, la décision de refus d’entrer en matière ayant été rendue le 1
er
février 2018.![endif]>![if>
16. Par courrier du 28 février 2018 adressé à l’OAI, l’assurée a déclaré qu’elle n’était pas d’accord avec la décision du 1
er
février 2018.![endif]>![if>
L’OAI a transmis ce courrier à la chambre de céans, qui a enregistré le numéro de cause A/760/2018.
17. Le 12 mars 2018, l’assurée a été invitée par la chambre de céans à compléter son recours, faute de quoi celui-ci serait écarté, conformément à l’art. 89 b al. 3 LPA.![endif]>![if>
Par courrier du 12 mars 2018, elle a ainsi précisé que :
« Je plus de revenus, je tout perdu, ma santé, travail que j’aimais énormément. Pas de mots pour écrire tant de souffrances, en plus tout ce que vous m’avez fait subir à moi et mon mari, un homme avec beaucoup de force et travailleur. Sa santé est touchée à cause de moi, toute la situation. On est en train de perdre notre petit appartement au Portugal, pas les moyens de le payer. Mais je vais me battre, si quelqu’un qui m’aide, soit médias, TV, pas en Suisse. C’est mes derniers mots pour vous. C’est avec tristesse. »
18. Dans sa réponse au recours du 25 avril 2018, l’OAI a conclu au rejet du recours. Il constate que la décision litigieuse a été rendue le 1
er
février 2018 et qu’à cette date, aucun nouveau document médical probant n’avait été produit à l’appui de la nouvelle demande de prestations du 11 décembre 2017, étant précisé que le rapport du Dr K_ du 13 février 2018 ne pouvait être pris en considération.![endif]>![if>
19. Ce courrier a été transmis à l’assurée et un délai lui a été accordé pour faire part de ses éventuelles observations. Elle ne s’est pas manifestée.![endif]>![if>
20. Sur ce, la cause a été gardée à juger.![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI -
RS 831.20
).![endif]>![if>
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
2. À teneur de l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s'appliquent à l'assurance-invalidité, à moins que la loi n'y déroge expressément.![endif]>![if>
Toutefois, les modifications légales contenues dans la LPGA constituent, en règle générale, une version formalisée dans la loi de la jurisprudence relative aux notions correspondantes avant l'entrée en vigueur de la LPGA ; il n'en découle aucune modification du point de vue de leur contenu, de sorte que la jurisprudence développée à leur propos peut être reprise et appliquée (ATF
130 V 343
consid. 3).