# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a1b6701b-d233-537b-8220-db1b0a46f10d
**Court:** GE_CAPJ
**Chamber:** GE_CAPJ_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Public Administration

## Facts

EN FAIT
1.
Après plusieurs années d’activité en qualité de juriste-rédacteur auprès de la Cour de justice, Monsieur X_ (ou encore « le recourant » ou « le magistrat »), né en 1960, a été élu comme juge, avec entrée en fonction le 1
er
mai 2013. Il a alors repris la 9
e
chambre du Tribunal de première instance, section du Tribunal civil.
Dès le 1
er
juin 2014, la 9
e
chambre a été réorganisée en demi-charges « concordats/faillites », d’une part, et « ordinaire », d’autre part, puis, dès le 1
er
novembre 2017, Monsieur X_ a assumé la vice-présidence du Tribunal, ce qui a impliqué une surcharge de travail du moins temporaire.
2.
Par décision communiquée le 8 juin 2016, le Conseil supérieur de la magistrature (ci-après : le « CSM » ou le « conseil ») a encouragé Monsieur X_ à persévérer dans ses efforts d’organisation, mettant un terme à la procédure disciplinaire
CSM/22/2016
.
Cette procédure avait été ouverte à son encontre le 16 mars 2016 en lien avec le rapport rendu dans le cadre du contrôle semestriel arrêté au 31 décembre 2015 pour erreurs dans la désignation de numéros de procédures, indications divergentes du nombre de procédures au rôle, lenteur du rythme de l’instruction de certaines procédures, reddition de multiples ordonnances. Lors de son audition par le CSM, Monsieur X_ avait reconnu les faits reprochés et fait part des mesures d’organisation qu’il avait prises pour remédier aux différentes problématiques.
3.
3.1.
Le 25 septembre 2017, le CSM a ouvert une procédure disciplinaire et/ou de mesures sous le numéro A/4145/2017 à l’endroit de Monsieur X_, après avoir constaté des imprécisions et irrégularités dans la fiche individuelle établie par le magistrat à l’occasion du contrôle semestriel au 30 juin 2017.
3.2.
Le 2 octobre 2017, le CSM a ouvert une procédure disciplinaire et/ou de mesures sous le numéro A/3420/2017 à l’encontre de Monsieur X_ sur la base d’une dénonciation émanant d’un avocat du barreau genevois qui se plaignait d’une instruction trop lente et erratique d’une procédure et d’autres faits. Ultérieurement, l’avocat en question a étendu sa dénonciation pour invoquer des erreurs dans des décisions rendues et l’animosité du juge depuis la saisine du CSM. Ce dernier a alors élargi la procédure contre Monsieur X_.
3.3.
Le même jour, le CSM a ouvert encore une procédure disciplinaire et/ou de mesures sous le numéro A/3421/2017 à l’encontre de Monsieur X_ consécutivement à la dénonciation d’une avocate qui reprochait au juge sa lenteur et sa partialité, au point que le client concerné avait perdu toute confiance en la justice.
3.4.
Le 18 juin 2018, le CSM a ouvert une procédure disciplinaire et/ou de mesures sous le numéro A/1959/2018 à l’encontre de Monsieur X_, à la suite de la dénonciation déposée par un troisième avocat, au nom et pour le compte de sa mandante dans le cadre d’une procédure de divorce menée par ledit magistrat, pour des griefs de lenteur.
3.5.
Lors de sa séance du 18 juin 2018, le CSM a ordonné la jonction des quatre procédures.
3.6.
Après instruction, par décision du 5 novembre 2018, le CSM a constaté des manquements disciplinaires de la part de Monsieur X_ et a prononcé un avertissement à son égard. En substance, si le CSM n’a pas retenu de manquements dans la procédure A/3421/2017, il a retenu que, pour une période postérieure à juin 2016, Monsieur X_ a manqué à son devoir de diligence dans le traitement des procédures A/3420/2017 et A/1959/2018. Dans la procédure A/4145/2017, le CSM a retenu que le juge a manqué à l’exigence de rigueur dans l’établissement de son rôle individuel. Enfin, le CSM a estimé que Monsieur X_ avait fait preuve de désinvolture lors de l’instruction des procédures précitées, attitude qui n’est pas non plus conforme aux devoirs du magistrat. Par ailleurs, les efforts que le magistrat avait annoncés, en particulier à la clôture de la procédure disciplinaire
CSM/22/2016
, ne s’étaient pas traduits dans la réalité.
4.
Statuant sur recoursde Monsieur X_, la Cour de céans, par arrêt du 26 août 2020, l’a rejeté. En substance, la Cour a confirmé que les manquements au devoir de diligence et de rigueur retenus à la charge du recourant, dont certains, pris isolément étaient relativement bénins, atteignaient, en raison de leur cumul et de leur caractère varié et répété, une certaine importance et que ces manquements avaient eu pour effet de compliquer à l’excès, voire, par périodes, de grandement freiner des procédures. La Cour de céans a constaté que le CSM avait tenu compte en faveur du recourant que ce dernier avait reconnu les difficultés engendrées par son comportement et avait admis qu’il aurait été avisé de procéder différemment, tout en considérant que cet élément ne compensait toutefois pas le fait que les efforts annoncés précédemment par le magistrat n’avaient pas été traduits dans la réalité.
Quant à la sanction, la Cour de céans a considéré que l’avertissement prononcé par le CSM – sanction la plus légère – tenait compte de toutes les circonstances et n’était nullement disproportionné.
5.
Le 28 septembre 2020, le CSM a ouvert une procédure disciplinaire sous le numéro A/3040/2020 contre Monsieur X_, sur la base du rapport semestriel de la Présidente du Tribunal de première instance dont il ressortait que :
- le magistrat se serait montré dénigrant vis-à-vis des greffiers qui avaient assumé le suivi administratif de la 9
e
chambre durant son absence au printemps 2020, aurait systématiquement remis en question les décisions présidentielles et aurait proféré, à haute voix dans les couloirs, devant des juges et des collaborateurs de la juridiction, des menaces telles
« ma capacité de nuisance a été sous-estimée » ;
- le magistrat aurait prononcé des décisions de masse s’écartant de la pratique mise en place et provoquant ainsi un engorgement du secteur des affaires sommaires, sans consultation préalable de la présidence ou du plénum de la juridiction ;
- à la fin de la période de vice-présidence, sa chambre civile n’avait pu être complétée de manière usuelle en raison de difficultés de gestion de son rôle par le magistrat.
L’instruction de cette procédure est en cours.
6.
Lors de la séance de contrôle semestriel du 29 mars 2021, puis dans une note du 13 avril suivant, la Présidente du Tribunal a relaté deux épisodes impliquant Monsieur X_.

## Considerations