# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** eb9bb147-8617-545e-9a2c-2efc3ee80425
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
C_ a hérité en 1987 de la parcelle n° 1_ de la commune de D_ (Genève). Cette parcelle de 3769 m
2
, sise route _, est située en zone agricole et est soumise à la loi sur le droit foncier rural (ci-après : LDFR). Sont érigés sur cette parcelle une habitation à un seul logement de 92 m
2
ainsi qu'un garage privé de 33 m
2
. La parcelle était libre de toute servitude.
b.
C_ étant endetté et poursuivi par ses créanciers, l'Office des poursuites de Genève a mis en vente aux enchères publiques et forcées la parcelle n° 1_ précitée, laquelle a été adjugée le 17 mars 2005 à A_ pour le prix de 270'000 fr.
c.
Après s'être acquitté de l'acompte initial requis de 105'028 fr. 35, A_ a pris possession de la parcelle qu'il a entrepris d'exploiter en y cultivant notamment des sapins.
d.
Toutefois, par décision du 22 mars 2005, la Commission foncière agricole a refusé à A_ l'autorisation d'acquérir cette parcelle.
Sur recours de A_, le Tribunal administratif d'abord, puis le Tribunal fédéral, par arrêt du 21 décembre 2006, ont confirmé cette décision.
e.
En date du 11 juillet 2007, l'Office des poursuites a notifié à A_ qu'il révoquait en conséquence l'adjudication du 17 mars 2005 et lui enjoignait, après un premier avis dans ce sens du 11 avril 2005, de libérer cette parcelle et de remettre les clés de l'habitation et du garage à la régie qu'il avait mandatée.
Par ailleurs, l'Office des poursuites indiquait vouloir procéder à de nouvelles enchères concernant la parcelle précitée et prélever les frais de celles-ci sur le montant versé par A_ en 2005, montant conservé à cet effet.
f.
Le 16 octobre 2007, B_ a payé à l'Office des poursuites la somme de 128'165 fr. 65 afin de solder l'ensemble des poursuites en cours à l'encontre de C_. La nouvelle vente aux enchères n'a donc pas eu lieu.
g.
Par acte notarié du 10 janvier 2008, C_ a vendu à B_ un lot de diverses parcelles sises sur les communes de D_, E_ et F_ et classées en zone de bois et forêts ainsi qu'en zone agricole, pour le prix global de 600'000 fr.
La parcelle n° 1_ précitée était comprise dans cette vente.
h.
Ladite vente a été autorisée par la Commission foncière agricole par décision du 13 novembre 2007, entrée en force.
B_ a été inscrit au Registre foncier le 5 février 2008 en qualité d'unique propriétaire notamment de la parcelle n° 1_ de la commune de D_.
B. a.
A_ persistant à occuper cette parcelle et à y cultiver des sapins, nonobstant l'injonction que lui avait adressée l'Office des poursuites auparavant, B_ a déposé le 16 juillet 2008 auprès du Tribunal de première instance une action en revendication (référencée sous le numéro de cause C/16289/2008) à l'encontre de A_ et de son père, G_, qui l'aidait dans son exploitation.
Il a conclu, sous suite de dépens, à ce que le Tribunal condamne les précités à évacuer de leur personne et de leurs biens la parcelle n° 1_ de la commune de D_, sous la menace des peines prévues à l'art. 292 CP et à ce qu'ils soient condamnés à lui payer les sommes de 4'000 fr. plus intérêts à 5% dès le 20 juin 2008 au titre d'indemnité pour occupation illicite du 1
er
juin 2008 au 10 juillet 2008 puis 100 fr. par jour d'occupation illicite dès le 11 juillet 2007 (recte : 2008) jusqu'à restitution de la parcelle.
b.
Lors de l'introduction de la cause, G_ n'a pas comparu tandis que A_ a comparu par l'intermédiaire de son avocat. Celui-ci a contesté la demande et a indiqué avoir déposé une action en constatation de l'existence d'un bail à ferme agricole.
c.
Cette action a finalement été déposée par-devant le Tribunal de première instance le 9 février 2009 et dirigée contre B_, C_ et G_.
En substance, A_ exposait avoir conclu oralement avec C_, postérieurement à la révocation de l'adjudication, un contrat de bail à ferme agricole portant sur la parcelle n° 1_ de la commune de D_, pour une durée de six ans moyennant un fermage de 21'600 fr. pour la durée totale du bail. Le Tribunal était également invité à constater que B_ avait succédé en qualité de bailleur à C_ lors du rachat de la parcelle n° 1_.
d.
Cette action a été enregistrée sous C/2_.
e.
Par jugement rendu le 28 mai 2009 dans le cadre de l'action en revendication formée par B_, le Tribunal de première instance a déclaré ladite action irrecevable en tant qu'elle était dirigée contre G_, cela en raison de la nullité de l'assignation le concernant et il a, pour le surplus, suspendu l'instruction de la cause jusqu'à droit jugé dans la procédure C/2_.
f.
Par jugement du 10 mars 2011 rendu dans le cadre de l'action en reconnaissance de l'existence d'un bail à ferme agricole (cause C/2_), le Tribunal de première instance a, sur le fond, débouté A_ de toutes ses conclusions avec suite de dépens.
En substance, le Tribunal a considéré que le précité n'avait pas prouvé l'existence du bail supposé le lier à C_. En outre, même si ce bail avait été conclu en août 2007 comme cela avait été allégué, il aurait été frappé de nullité car C_ n'avait plus qualité pour conclure un bail sur la parcelle litigieuse, encore saisie et soumise à une gérance légale.
g.
A la suite d'un appel formé par A_, agissant en personne, à l'encontre de ce jugement, la Cour de justice, par arrêt du 26 janvier 2012, a débouté l'appelant de toutes ses conclusions et confirmé le jugement entrepris.
h.
Par arrêt du 10 avril 2012, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours en matière civile formé par A_, agissant en personne, et a rejeté son recours constitutionnel dans la mesure où il était recevable.
i.
Par jugement du 25 mai 2012 rendu dans la présente cause, le Tribunal de première instance a ordonné la reprise de l'instruction et une comparution personnelle des parties fixée au 25 juin 2012.
A ladite audience, B_ a comparu, assisté de son conseil, tandis que A_ s'est uniquement fait représenter par son avocat. Ce dernier a remis au Tribunal un courrier de son client daté du 15 juin 2012 indiquant qu'il ne souhaitait pas se confronter au conseil du demandeur.
A l'issue de cette audience, la cause a été remise à plaider au lundi 27 août 2012.
j.
Par acte expédié le 22 août 2012, reçu le 23 par le Tribunal, B_ a déposé ses conclusions motivées, contresignées par le conseil de A_. Il a conclu à ce que le Tribunal, statuant sur partie, condamne A_ à évacuer de sa personne et de ses biens la parcelle n° 1_ de la commune de D_, ceci sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, avec suite de frais et dépens. Par ailleurs, sur le dommage, B_ a conclu, préalablement, à la nomination d'un expert aux fins de déterminer la valeur locative de la parcelle, et, principalement, à la condamnation de A_ à lui payer une indemnité pour occupation illicite de cette parcelle, du 5 février 2008 au jour de son évacuation.
k.
Par courrier posté de Genève le 22 août 2012, reçu le 24 août 2012 par le Tribunal de première instance, A_, agissant en personne, a transmis ses conclusions dans la présente cause, ainsi que les pièces l'accompagnant, concluant, préalablement, à l'appel en cause de C_ et, principalement, au constat que celui-ci occupait la moitié de l'habitation sise sur la parcelle n° 1_ de la commune de D_ et qu'il n'était pas responsable de l'évacuation de ce dernier, à la condamnation de C_ à payer la moitié de l'indemnité due à B_ pour l'occupation de la moitié de l'habitation, à ce qu'il lui soit donné acte qu'il procéderait à l'évacuation des terres cultivables de la parcelle n° 1_ ainsi que de l'habitation au 31 janvier 2013 après la fixation amiable ou judiciaire des indemnités dues à B_ et à ce qu'il soit dit que les indemnités dues pour l'occupation des terres et la moitié de l'habitation s'élèveraient à la somme de 5'695 fr. 75 à raison de 4'906 fr. 25 pour l'occupation de la moitié de l'habitation et 789 fr. 50 pour l'occupation des terres cultivables pour la période entre le 5 février 2008 et le 31 janvier 2013.
A titre subsidiaire, A_ a conclu à la désignation d'un expert immobilier pour calculer le montant de l'indemnité due à B_.
l.
Par fax du 27 août 2012 adressé au Tribunal, le conseil de A_ l'a informé de ce qu'il cessait de défendre les intérêts de ce dernier.
m.
Par courrier déposé le 27 août 2012 au greffe du Tribunal, A_ a sollicité le report de l'audience fixée le jour même en début d'après-midi, au motif qu'il souhaitait pouvoir désigner un nouvel avocat.
A l'audience du 27 août 2012, B_, représenté par son conseil, a plaidé et persisté dans ses conclusions, indiquant que celles déposées par sa partie adverse devaient être refusées pour cause de tardiveté. A_ n'était ni présent, ni représenté à ladite audience.
A l'issue de l'audience, le Tribunal a gardé la cause à juger.
n.
Selon jugement
JTPI/18210/2012
rendu le 14 décembre 2012 et communiqué par pli du 17 décembre 2012, le Tribunal de première instance, statuant contradictoirement et sur partie, a condamné A_ à évacuer immédiatement la parcelle n° 1_ sise sur la commune de D_ de sa personne et de ses biens, ainsi que de tous tiers dont il est responsable (chiffre 1), dit que le présent jugement a été rendu sous la menace de la peine prévue par l'art. 292 CP (ch. 2), condamné A_ aux dépens de l'instance sur partie comprenant une indemnité de procédure de 1'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de B_ (ch. 3), a réservé les conclusions des parties pour le surplus ainsi que la suite de la procédure (ch. 4 et ch. 5) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6).
o.
Le Tribunal a rendu cette décision après avoir préalablement écarté, sur requête de B_, les écritures et les pièces de A_ reçues le 24 août 2012 par le greffe.
Le Tribunal a relevé que A_, représenté par un avocat, aurait dû remettre ses écritures cinq jours avant la date des plaidoiries fixée le 27 août 2012 soit le 22 août 2012. La communication tardive de ces écritures avait empêché B_ d'en prendre connaissance avant la date de l'audience. Il n'était pas non plus démontré que B_ ou son conseil aurait accepté a posteriori la signification tardive desdites écritures.
Sur le fond, le Tribunal a considéré que la question de l'évacuation de A_ de la parcelle acquise par B_ était en état d'être jugée, puisqu'il avait été statué définitivement sur l'inexistence du bail à ferme invoqué par A_ pour s'opposer à son évacuation. Ce dernier ne faisant dès lors valoir aucun droit susceptible d'être valablement opposé au droit de propriété invoqué par B_, il convenait de faire droit à la requête de ce dernier.
En revanche, la question du dommage, dont l'étendue devait faire l'objet d'une expertise, devait être réservée.
C. a.
Par acte posté de Genève le 25 janvier 2013 à l'attention du greffe de la Cour de justice, A_ a interjeté appel à l'encontre du susdit jugement. Il a formulé les conclusions suivantes :
"Principalement
Déclarer l'appel recevable
Renvoyer la cause devant la première instance pour que la demande de Monsieur A_ soit jugée du fait de la recevabilité de ses conclusions datées du 22 août 2012.
Subsidiairement
1. Déclarer recevables les conclusions déposées par l'appelant au TPI le 22 août 2012 et juger l'affaire au fond compte tenu de ces conclusions.
2. Acheminer Monsieur A_ à prouver par tous les moyens de preuve les faits allégués dans la présente demande.
L'appelant se réserve le droit de déposer des écritures complémentaires avant l'expiration du délai d'appel à savoir le 28 janvier 2013."
b.
En résumé, A_ a fait valoir à l'appui de son appel qu'il ne contestait pas l'exposé des faits de ce jugement sous réserve des circonstances se rapportant à la recevabilité des conclusions qu'il avait déposées le 22 août 2012.
A cet égard, l'appelant a fait grief au Tribunal d'avoir à tort considéré qu'il avait encore un conseil à la date du 22 août 2012 alors que celui-ci avait déjà cessé d'occuper ainsi que le prouvait le fait que les conclusions postées le 22 août 2012 l'avaient été par lui-même comparant en personne. Il n'était pas responsable du fait que son précédent conseil n'avait informé le Tribunal de première instance que le 27 août 2012 de la fin de son mandat. En réalité, son ancien conseil avait cessé d'occuper dès la réception des conclusions de B_, pour le motif qu'il mettait personnellement en cause l'avocat de ce dernier qui aurait siégé comme membre de la Commission foncière agricole lorsque celle-ci avait accordé à B_ l'autorisation d'acquérir la parcelle litigieuse.

## Considerations