# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** dcf0c390-7d38-550a-be54-30ad065ae7a4
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
Par convention du 3 octobre 2012, B_, propriétaire du fonds de commerce du café-restaurant "_", sis _ à Genève, comprenant 165 m
2
au rez-de-chaussée et un sous-sol d'environ 128 m
2
, a vendu celui-ci à A_.
Le prix de vente, fixé à 310'000 fr., était payable à raison de 65'629 fr. par la reprise de la dette de B_ à l'égard de C_ et de 244'371 fr. remboursables en vingt-huit mensualités de 9'000 fr. et une mensualité de 4'500 fr. du 1
er
janvier 2013 au 1
er
mai 2015, un intérêt à 5% étant compris dans les mensualités (art. 1 et 4 du contrat).
b.
Le sous-sol de 128 m
2
était exploité sur la base d'un contrat de sous-location par un tiers, qui avait versé à B_ une garantie de sous-loyer de 20'000 fr. (art. 8 al. 1 du contrat).
A_ s'engageait à reprendre ledit contrat aux mêmes conditions.
En cas de retard dans le paiement du sous-loyer, fixé à 4'500 fr., B_ s'engageait à verser à A_, à première demande, le montant correspondant au retard (art. 8 al. 3 du contrat).
La garantie de 20'000 fr. devait revenir " de plein droit " à A_, dès le paiement par celle-ci de l'intégralité du prix de vente du fonds de commerce. B_ s'engageait à lui verser ladite somme à première demande (art. 8 al. 4 du contrat).
c.
Par un avenant daté du 1
er
février 2013, signé pour A_ par son administrateur D_, et par B_, les parties ont convenu, en relation avec l'art. 8 du contrat du 3 octobre 2012, que B_ était libéré de toutes obligations concernant les retards éventuels de sous-loyer dus par l'exploitant du sous-sol. Il était par ailleurs convenu que A_ pourrait déduire le montant de 20'000 fr., correspondant à la garantie de sous-loyer, du prix de vente, lorsqu'elle se serait acquittée de tous les montants qu'elle devait à B_.
Selon un rapport d'expertise établi le 14 juillet 2014 par l'Institut de Police scientifique de l'Université de Lausanne à la demande de A_, déposé par celle-ci devant le Tribunal, les analyses effectuées soutenaient fortement l'hypothèse selon laquelle les deux signatures figurant sur l'avenant précité auraient été apposées entre 7 et 16 jours avant le 23 mai 2014 plutôt qu'à la date indiquée sur le document, à savoir le 1
er
février 2013.
d.
A_ a versé 15'000 fr. à B_ le 6 août 2014 en règlement partiel de la dette de celui-ci envers C_.
e.
Le 2 septembre 2015, sur réquisition de B_, l'Office des poursuites a notifié à A_ un commandement de payer, poursuite n° 1_, portant sur cinq montants de 9'000 fr. plus intérêts, à titre de mensualités payables au début des mois de décembre 2014 à avril 2015 (postes 1 à 5), sur la somme de 4'500 fr. plus intérêts, représentant la mensualité due pour le mois de mai 2015 (poste 6), sur la somme de 43'973 fr. 30 plus intérêts à titre de " prix de vente par reprise du contrat de bières sel. art. 1 (solde) " (poste 7) et sur 969 fr. 05 à titre d'intérêts à 5% sur des mensualités payées en retard (poste 8).
La poursuivie y a formé opposition.
f.
Par acte expédié le 26 novembre 2015 au Tribunal de première instance, B_ a requis la mainlevée provisoire de l'opposition précitée, avec suite de frais et dépens.
g.
Par réponse du 23 mars 2016, A_ a conclu au déboutement de B_ des fins de sa requête.
Elle a reconnu devoir à B_ 49'500 fr. à titre de mensualités en retard et 41'295 fr. 85 à titre de remboursement de la dette auprès de C_.
Elle a invoqué en compensation une créance de 130'500 fr. qu'elle avait déduite en poursuite à l'encontre de B_. Elle a produit un commandement de payer, poursuite n° 2_ , notifié le 10 août 2015 et frappé d'opposition, portant sur ladite somme et indiquant comme cause de l'obligation l'art. 8 de la convention du 3 octobre 2012 (2'500 fr. à titre de gérance relative au mois de mai 2013, 108'000 fr. à titre de gérance pour les mois de juin 2013 à mai 2015 (24 mois à 4'500 fr.) et 20'000 fr. à titre de garantie de sous-loyer).
Elle a par ailleurs allégué que l'avenant du 1
er
février 2013 était antidaté, donc nul.
B.
Par jugement
JTPI/4338/2016
du 5 avril 2016, reçu par A_ le 12 avril 2016, le Tribunal a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1_, à l'exception du poste 7 pour lequel la mainlevée provisoire a été prononcée à concurrence de 41'295 fr. 85 (ch. 1 du dispositif), a arrêté les frais judicaires à 500 fr., mis à la charge de A_, compensés avec l'avance de frais fournie, qui restait acquise à l'Etat de Genève (ch. 2 et 3), condamné A_ à verser à B_ 500 fr. à titre de restitution de l'avance de frais (ch. 4), et 2'600 fr. à titre de dépens (ch. 5 et 6).
Le Tribunal a prononcé la mainlevée provisoire pour les postes 1 à 6 du commandement de payer, dans la mesure où les montants réclamés étaient reconnus, et pour le poste 7 à concurrence du montant reconnu par la débitrice. Il a considéré que celle-ci était au bénéfice d'un titre de mainlevée provisoire s'agissant des intérêts moratoires (poste 8), dont le décompte était exact.
Le premier juge a considéré que A_ n'avait pas rendu vraisemblable que B_ avait perçu la somme de 20'000 fr.
Enfin, en relation avec la créance invoquée en compensation, le Tribunal a retenu qu'il découlait de l'art. 8 du contrat de remise de commerce que B_ devait à A_ le sous-loyer pour le sous-sol de l'établissement dans le cas où le tiers exploitant ne l'aurait pas payé et à la condition qu'elle en réclame le paiement à B_, ce que la débitrice n'alléguait pas, ni ne rendait vraisemblable. Le Tribunal a ainsi rejeté l'exception de compensation.
C. a.
Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 22 avril 2016, A_ recourt contre le jugement précité, dont elle demande l'annulation. Elle conclut, avec suite de frais et dépens de première instance et de recours, à ce que la Cour dise " que la poursuite n° 1_ n'ira pas sa voie ".
Elle reproche au Tribunal d'avoir rejeté l'exception de compensation, alors qu'elle avait rendu vraisemblable l'existence d'une dette de B_ à son endroit par la production du commandement de payer notifié le 10 août 2015. Elle fait valoir qu'à l'art. 8 de la convention du 3 octobre 2012, B_ s'est engagé à garantir le paiement de la gérance du sous-sol de l'établissement et d'en assumer le versement en cas de défaut.
b.
Dans sa réponse du 23 mai 2016, B_ conclut, avec suite de frais et dépens, principalement à l'irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet.
Il fait valoir des faits nouveaux et produit une pièce nouvelle, à savoir un extrait du Registre du commerce de sa partie adverse, avec les radiations.
c.
Dans sa réplique du 6 juin 2016, A_ persiste dans ses conclusions.
Elle fait valoir des faits nouveaux.
d.
Le 27 juin 2016, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger, l'intimé n'ayant pas fait usage de son droit de dupliquer.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
En matière de mainlevée d'opposition, seule la voie du recours est ouverte (art. 309 let. b ch. 3 et 319 let. a CPC).