# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 78ec90a1-3e27-5ec1-b936-8b48065af586
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. C._, née en 2004, est la fille de A._ et de B._. Une curatelle éducative au sens de l'art. 308 al. 1 CC a été instituée en faveur des deux enfants du couple le 20 décembre 2016. Mission a été donnée à D._, intervenant en protection de l'enfant auprès du Service de l'enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ), de veiller, avec la collaboration des parents de l'enfant, à la mise en place d'un suivi pédopsychiatrique et psychologique régulier en faveur de la jeune fille.
Le 24 janvier 2017, le placement de C._ au sein de la Fondation Transit a été ordonné pour une durée de trois mois. Après plusieurs placements successifs, l'adolescente a pu regagner le domicile de ses parents par décision du 31 janvier 2018, la Justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) ayant ordonné à ces derniers de poursuivre le suivi pédopsychiatrique et psychologique régulier en faveur de leur fille auprès du cabinet de la Dresse E._, afin de tenter de stabiliser ses comportements à risque. C._ a de nouveau été placée à Time Out du 27 février au 2 mars 2018, puis du 8 mars au 11 mars 2018, du 27 mars au 30 mars 2018, ainsi que du 10 avril au 13 avril 2018.
Par décision du 19 avril 2018, la Justice de paix a relevé D._ de son mandat de curateur de C._ et a nommé F._ intervenant en protection de l'enfant auprès du SEJ en qualité de curateur de cette dernière.
B. Le 12 juin 2018, la Dresse E._ a informé la Justice de paix des difficultés rencontrées notamment avec le père de C._, lequel ne souhaitait plus que sa fille poursuive de thérapie auprès de son cabinet, estimant que les résultats n'étaient pas assez concluants, définissant lui-même les objectifs de la thérapie sans remettre en cause le disfonctionnement intrafamilial violent et disqualifiant l'ensemble des intervenants n'allant pas dans son sens. Dans leur rapport déposé le 15 juin 2018, la médecin spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie d'enfants et d'adolescents précitée et la psychologue G._ ont expliqué avoir prescrit à C._ un traitement à base de Remeron, un antidépresseur sédatif qui semblait convenir à l'adolescente mais dont les parents n'ont pas souhaité la continuation.
Le 19 juin 2018, A._, B._ et F._ ont comparu à la séance devant la Justice de paix ayant pour objet l'"étude de la situation de C._". Le père a déclaré avoir pris la décision avec son épouse de ne pas poursuivre la thérapie auprès de la Dresse E._, le lien de confiance ayant été rompu lors de la prescription du Remeron à sa fille, sans que ses buts et effets secondaires ne leur aient été exposés alors que – selon lui – ce médicament ne doit en principe pas être prescrit pour une jeune de moins de 18 ans, conformément à la posologie y relative. En résumé, il a expliqué que sa fille ne prenait plus aucun traitement et que son désir de continuer le Remeron provenait de l'opposition dans laquelle elle se trouvait être perpétuellement face à eux. S'agissant des problèmes de violences intrafamiliales, il a indiqué avoir porté plainte contre sa fille, mais que le comportement de cette dernière n'avait pas changé depuis lors. B._ a pour sa part confirmé que sa fille ne prenait plus de médication, que cela n'avait pas influencé sur son comportement, de sorte qu'elle s'interrogeait elle aussi sur l'utilité de dite médication. Elle a précisé que les violences physiques et verbales se poursuivaient et avoir pris contact avec la psychologue scolaire.
C. Par décision du 3 juillet 2018, la Justice de paix a limité l'autorité parentale de A._ et de B._ dans le domaine médical, confiant, respectivement maintenant les missions de
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F._ de veiller à la poursuite du suivi pédopsychiatrique et psychologique régulier de C._ auprès de la Dresse E._, en prenant, le cas échéant, les rendez-vous nécessaires, en effectuant toute autre démarche utile et en la représentant légalement dans le domaine médical, en donnant notamment son consentement ou non pour toute médication à suivre après avoir recueilli toutes les informations nécessaires. Le curateur a en outre été chargé de représenter légalement C._ dans le domaine médical susmentionné et d'informer la Justice de paix de toute modification des circonstances et de tout élément nouveau. De plus, A._ et B._ ont été astreints à collaborer avec F._ et à favoriser le suivi régulier de leur fille auprès du cabinet de la Dresse E._. Les frais judiciaires ont été mis à la charge des parents. En cas d'insoumission à la décision, la Justice de paix les a menacés de l'application de l'art. 292 du code pénal suisse (CP). L'effet suspensif au recours a été retiré.
D. Par lettre du 11 août 2018, remise à un bureau de poste le 15 août 2018, A._ et B._ ont interjeté recours contre cette décision en concluant à la restitution de l'effet suspensif, à l'annulation des points du dispositif portant sur la limitation de l'autorité parentale dans le domaine médical, ainsi qu'à l'obtention de réponses à une série d'interrogations.
E. Par décision du 16 août 2018, en raison des nouveaux signalements et violences survenus, notamment une altercation avec son père lors de laquelle C._ l’a menacé avec un couteau de cuisine, la Justice de paix a ordonné un placement à des fins d’assistance de C._ pour procéder à sa désintoxication (alcool et cannabis) et à une prise en charge pédopsychiatrique complète. Cette décision n’a pas fait l’objet d’un recours.
F. La Justice de paix s'est déterminée sur le recours le 24 août 2018. Elle a conclu à son rejet ainsi qu'au rejet de la requête de restitution de l'effet suspensif.
G. Le 31 août 2018, le Vice-Président de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte a rejeté la requête de restitution, respectivement d'octroi de l'effet suspensif au recours contre la décision de la Justice de paix du 3 juillet 2018.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte est compétente pour statuer (art. 14 al. 1 let. c du règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
1.2. Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 du code civil suisse [CC]), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).