# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c1a03c71-94c6-5dee-ae91-bcce7362fc92
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 5 pièces au 4
ème
étage de l'immeuble sis _ à _ (GE), et de la cave en dépendant;
Que A_ est également locataire d'un parking n°_ sis au rez-de-chaussée du même immeuble;
Attendu que le loyer de l'appartement, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 2'400 fr. par mois et celui du parking à 150 fr.;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 11 janvier 2019, le bailleur a, par avis officiels du 25 février 2019, résilié les baux pour le 31 mars 2019;
Que les locaux et le parking n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête du 5 avril 2019 au Tribunal des baux et loyers, le bailleur a requis l'évacuation des locataires, assorties de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'il a également conclu au paiement par les locataires de 12'550 fr. plus intérêts à titre d'arriéré concernant l'appartement et 1'175 fr. 90 plus intérêts relativement au parking;
Qu'à l'audience du 4 juin 2019 devant le Tribunal, le bailleur a persisté dans ses conclusions; qu'il a déclaré que le montant de la dette était de 17'220 fr. pour l'appartement et 1'395 fr. 90 pour le parking; qu'il a amplifié en conséquence ses conclusions en paiement;
Que la locataire a exposé vivre dans le logement avec ses deux enfants mineurs,
de 8 et 10 ans, scolarisés dans le quartier; qu'elle a sollicité l'octroi d'un sursis humanitaire de six mois;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/560/2019
rendu le 4 juin 2019, reçu le 6 juin suivant par les locataires, le Tribunal les a condamné à évacuer leurs personnes et de leurs biens ainsi que de toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement en cause et la cave en dépendant (ch. 1 du dispositif), a autorisé le bailleur à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès le 30
ème
jours après l'entrée en force du jugement (ch. 2), a condamné les locataires, pris conjointement et solidairement, à payer au bailleur la somme de 17'220 fr., avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1
er
février 2019 (ch. 3), a condamné le locataire à verser au bailleur la somme de 1'395 fr. 90 avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er
janvier 2019 (ch. 4), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 6);
Vu le recours déposé le 17 juin 2019 par les locataires contre ce jugement;
Qu'ils ont conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation durant six mois;
Qu'ils ont préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal;
Qu'invité à se déterminer, le bailleur a conclu, par écritures du 20 juin 2019, au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par les recourants, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours paraît,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que les locataires ont par ailleurs bénéficié, de fait, de près de trois mois depuis la résiliation du bail, d'occupation des lieux;
Qu'enfin, le montant de la dette est important, de plus de 18'000 fr.;
Qu'en conséquence, la requête des recourants sera rejetée.
* * * * *