# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e0cef046-e41b-46b4-b3a8-e88cd57cc79e
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2002
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants :
A. X._ est une agence de publicité, communication, marketing. Le 18 février 2002, cette société et A._ ont conclu un contrat de travail tendant à l'engagement de celle-ci à partir du 1er mai 2002 pour un salaire mensuel brut de 4'000 francs.
Au mois de mars 2002, X._ a déposé une demande de main d'oeuvre étrangère en vue d'engager A._ à son service en qualité de graphiste. A l'appui de la demande ont été produites diverses pièces relatives aux qualifications et à l'expérience professionnelles de l'intéressée.
B. Par décision du 21 mars 2002, l'OCMP a refusé de délivrer une unité de son contingent des permis annuels de travail en faveur de l'étrangère concernée pour le motif que celle-ci n'était pas ressortissante d'un pays traditionnel, à savoir membre de l'Union Européenne et ou de l'Association Européenne de Libre-Echange (AELE).
C. Recourant auprès du Tribunal administratif, X._ conclut à l'octroi de l'autorisation sollicitée en faveur de A._. La recourante s'est acquittée d'une avance de frais de 500 francs. A._ n'a pas été autorisée à entrer dans le canton de Vaud. L'autorité intimée conclut au rejet du recours dans ses déterminations du 13 mai 2002. Le tribunal a encore reçu une lettre du 18 mai 2002 de B._, à Yverdon, compagnon suisse de A._. Le tribunal a statué sans débats.

## Considerations

et considère en droit :
1. En l'espèce, l'étrangère concernée, d'origine canadienne, n'est pas concernée par l'Accord entre la Confédération Suisse et la Communauté européenne et ses état membres entré en vigueur le 1er juin 2002.
Cela étant, la demande de permis de séjour et de travail déposée en sa faveur doit être examinée à la lueur de l'art. 8 al. 3 lit. a de l'Ordonnance limitant le nombre des étrangers du 6 octobre 1986 (OLE). Selon cette disposition, les offices de l'emploi peuvent déroger à titre exceptionnel au principe voulant que les autorisations initiales soient accordées aux travailleurs étrangers non ressortissants de l'Union Européenne ou de l'Association Européenne de Libre-Echange pour autant qu'il s'agisse de personnel qualifié et qu'il existe des motifs particuliers justifient une telle dérogation.
En l'espèce, le dossier ne permet manifestement pas de se convaincre de la nécessité d'admettre la demande de la recourante au regard de la première condition posée par la disposition précitée. Certes, A._ est âgée de 42 ans et peut arguer d'une expérience professionnelle au service de divers employeurs de plusieurs années. Mais rien ne permet de cerner en quoi elle disposerait d'une formation et de compétences si spécifiques qu'elles justifieraient le recours à l'exception prévue par l'art. 8 al. 3 lit. a OLE. La rémunération convenue (4'000 francs bruts par mois) ne paraît en tous cas pas en relation avec un degré très élevé de spécialisation complété par de nombreuses années d'expérience.
L'employeur démontre de son côté avoir fait paraître sans succès des annonces dans la presse concernant un graphiste (v. quatre factures de Publicitas concernant des recherches effectuées les 18 juin, 25 juillet et 10 août 2001, ainsi que le 24 janvier 2002), contrairement à ce que retient l'OCMP. Cette circonstance ne justifie pas encore d'admettre une exception fondée sur l'art. 8 al. 3 lit. a OLE dans la mesure où il ne rend pas vraisemblable qu'il serait impossible de recruter un graphiste qualifié au sein de l'UE ou de l'AELE.
Dès lors, en l'absence d'une part de qualifications véritablement particulières et d'autre part de motifs exceptionnels au sens de l'art. 8 al. 3 lit. a OLE, la décision attaquée doit être confirmée. La relation qu'entretient l'étrangère concerné avec un ressortissant suisse, lui-même non partie à la procédure, n'est pas déterminante dans la solution du litige.
2. Les considérant qui précèdent conduisent au rejet du recours aux frais de la recourante qui succombe.