# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fc480424-09b1-406d-a392-ac6358382d39
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Urs Ackermann est propriétaire depuis 1980 des parcelles 421, 507, 750 et 753, sises au lieu-dit "Les Dudes" de la commune d'Essertines-sur-Rolle. Bordée au nord par le chemin des Dudes, la parcelle 753 supporte à ce jour divers bâtiments, notamment une habitation, des écuries ainsi qu'une halle de dressage/manège. Urs Ackermann consacre en effet une large portion de la parcelle 753 à l’exploitation d'un centre équestre.
Enclavée dans la parcelle 753, la parcelle 754 appartient à l'association "Troupe Romande Artistes Lyriques 2000" (ci-après: TRAL). Construit d'une maison d'habitation ("Chalet J-S. Bach"), ce bien-fonds est au bénéfice d'une servitude de passage grevant la parcelle 753, qui le relie au chemin des Dudes.
B.
Du 15 avril au 6 mai 2005 a été mise à l’enquête une procédure de "mise en conformité des installations existantes, agrandissement du hangar multifonctionnel" (CAMAC 66476). Cette procédure visait notamment à mettre en conformité les installations réalisées par Urs Ackermann sur sa parcelle 753, alors en zone agricole, ainsi que les activités équestres qui s’y étaient développées illicitement. Dans la synthèse CAMAC établie le 12 avril 2006, le Service du développement territorial (SDT) a refusé de délivrer l’autorisation spéciale requise.
C.
A cette même fin de régularisation des ouvrages litigieux a été ouverte une procédure d’adoption d’un plan partiel d'affectation (PPA) "Les Dudes" instaurant, sur l’ensemble des parcelles précitées appartenant à Urs Ackermann, respectivement à l’association TRAL, une zone spéciale au sens de l’art. 50a de la loi vaudoise du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC; RSV 700.11).
Le PPA "Les Dudes" a été approuvé par la Municipalité d'Essertines-sur-Rolle le 30 avril 2007, adopté par son Conseil général le 11 mars 2008 et approuvé par le département compétent le 26 novembre 2008, date à laquelle il est entré en vigueur.
D.
Du 15 avril au 14 mai 2009, Urs Ackermann a fait mettre à l'enquête publique une demande de permis de construire (CAMAC 96064) visant l'édification du bâtiment équestre et la mise en conformité des installations existantes. La synthèse CAMAC a été établie le 11 août 2009 et les autorisations spéciales ont été délivrées.
Le constructeur a formé en janvier 2010 une demande de permis de construire complémentaire (CAMAC 103065), destinée à une régularisation du bâtiment équestre. La synthèse CAMAC a été établie le 8 mars 2010. Pour l'essentiel, les autorisations spéciales ont été accordées.
E.
Du 9 octobre au 8 novembre 2010, un projet d'agrandissement d'un atelier-menuiserie (ECA 191), implanté également sur la parcelle 753, a été mis à l'enquête publique (CAMAC 108395). Par courrier du 15 novembre 2010, le SDT a relevé que le projet prévoyait la création d'un avant-toit en façade nord-est, d'une largeur relativement importante (1,90 m) englobant un appentis existant (mais ne figurant pas sur le plan de PPA) et se prolongeant en dehors du périmètre d'évolution des constructions, contrairement aux exigences du RPPA. Aussi le SDT demandait-il la suppression de l'appentis et celle de l'avant-toit projeté.
Par décision du 14 septembre 2011, rendue à la suite des interventions de Pierre-Alain Camélique, la municipalité a prononcé plusieurs mesures relatives à la parcelle 753, concernant la circulation de chevaux sur le chemin d'accès existant reliant le chemin des Dudes au chalet de l'association TRAL, un éclairage installé sur un poteau électrique ainsi que les travaux d'agrandissement de l'atelier-menuiserie.
Urs et Claudia Ackermann ont recouru contre la décision municipale du 14 septembre 2011 devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: CDAP) en concluant à l'annulation de ladite décision, subsidiairement à sa réforme, en tant qu'elle interdisait la circulation des chevaux et l'éclairage sur le chemin d'accès et en tant qu'elle exigeait la suppression de l'avant-toit de l'atelier-menuiserie qui dépassait le périmètre d'évolution des constructions. La cause a été enregistrée sous la référence AC.2011.0255.
Par arrêt du 22 août 2012, la CDAP a admis le recours.
F.
Par mémoires séparés, l'association TRAL et l'Etat de Vaud ont formé contre l'arrêt précité de la CDAP un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral (1C_483/2012, respectivement 1C_485/2012). Le Tribunal fédéral a statué sur les deux affaires par arrêt du 30 août 2013. En substance, il a considéré dans la cause 1C_485/2012 que les terrains régis par la nouvelle zone spéciale créée par le PPA "Les Dudes" restaient hors zone à bâtir. Les autorisations d'installations devaient par conséquent être délivrées par l'autorité cantonale et non par l'autorité municipale, ce qui entraînait la nullité de la décision communale contestée. L'arrêt attaqué était ainsi annulé et le dossier renvoyé à la CDAP pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il appartiendrait à la cour cantonale de transmettre l'affaire au SDT pour, en tant que de besoin, examen de la légalité de l'usage du chemin d'accès, des deux dispositifs d'éclairage installés sur la parcelle 753 et des travaux d'agrandissement de la menuiserie. S'agissant de la cause 1C_483/2012, il a retenu que la nullité de la décision municipale rendait le recours sans objet, tout en laissant indécise la question de savoir si la TRAL pouvait justifier d'un intérêt suffisant à recourir.
Suite à l'arrêt du Tribunal fédéral, la CDAP a transmis l'affaire au SDT.
G.
Le SDT a rendu sa propre décision le 5 février 2014, dont on extrait ce qui suit:
"
A.
Travaux de remise en état
1. Les éclairages situés sur le bâtiment ECA 330 (côté est et côté sud), sur le mât à l'intersection du chemin d'accès à la parcelle 754 et sur le bâtiment ECA 82 doivent être démontés.
2. La circulation des chevaux doit être formellement interdite sur le chemin empiétant sur la servitude permettant l'accès à la parcelle 754.
3. L'avant-toit du bâtiment ECA 191 devra être ramené à une profondeur plus modeste, de l'ordre de 1 m au maximum.
B.
Autres mesures
a) Un délai au 30 avril 2014 est imparti à M. Urs Ackermann pour procéder aux mesures de remise en état ordonnées ci-dessus.
b) Une séance
de constat est d'ores et déjà fixée, sur place, le 2 mai 2014 à 14 h00 en présence du propriétaire de la parcelle et d'un représentant des autorités communale et/ou cantonale.
IV. EMOLUMENT
Conformément à l'article 11a du règlement du 8 janvier 2001 fixant les émoluments en matière administrative, dans sa teneur adoptée par le Conseil d'Etat et entrée en vigueur le 1
er
février 2006, un émolument (de Fr. 500.- à Fr. 10'000.-) pour les décisions relatives aux constructions illicites hors des zones à bâtir est perçu (art. 11a). La présente décision relative à des travaux entrepris sans droit fait dès lors l'objet d'une facture, ci-jointe, d'un
montant de Fr. 1'120.- (soit 8h de travail à Fr. 140.-/heure pour étude du dossier (2h), rédaction (5h), gestion du dossier (1h))
".
H.
Agissant le 27 février 2014, Urs Ackermann a déféré la décision précitée du SDT devant la CDAP, concluant à l'annulation de ce prononcé, une autorisation étant délivrée autant que de besoin pour les éclairages situés sur le bâtiment ECA 330 (côtés est et sud), sur le mât en bordure du chemin d'accès à la parcelle 754 et sur le bâtiment ECA 82, ainsi que pour l'avant-toit du bâtiment ECA 191. La cause a été enregistrée sous la référence AC.2014.0086.
Statuant par arrêt du 25 août 2015, le Tribunal cantonal a admis le recours. On reproduit ci-après le dernier considérant ainsi que le dispositif de l'arrêt:
"
9.
Vu ce qui précède, le recours doit être admis. La décision attaquée doit être réformée dans le sens des considérants et annulée pour le surplus.
Le recourant ayant gain de cause pour l'essentiel, il a droit à des dépens, légèrement réduits, à charge du SDT et de l'association TRAL. N'ont pas droit à des dépens le SDT qui ne peut les réclamer en raison de l'art. 56 al. 3 LPA-VD, et l'association TRAL qui n'était pas assistée.
L'émolument judiciaire doit être assumé dans une mesure restreinte par le recourant. Le solde sera mis à la charge de l'association TRAL à l'exclusion du SDT en raison de l'art. 52 al. 1 LPA-VD.
La municipalité, qui n'a pas pris de conclusions, ne participe ni aux dépens, ni aux frais.

## Considerations