# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e073a2d3-9ee9-5075-98d1-31549f62e20d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) a. Madame A_, née le _ 1960, a été engagée par les transports publics genevois (ci-après : TPG) par correspondance du 24 avril 2007 en qualité de « responsable santé, qualité, sécurité, environnement
(ci-après : SQSE, devenue par la suite SQSEP) – coordinatrice projets », à compter du 1
er
juillet 2007. ![endif]>![if>
Selon la description de poste, elle était rattachée à la direction générale.
Selon la mission du poste, elle devait coordonner une organisation transversale en assurant la maîtrise du système de management intégré et une gestion des risques dans le respect des principes du développement durable. Elle devait contribuer à l’élaboration de la stratégie en contrôlant et sécurisant son déploiement. Elle devait assurer une coordination de la gestion de projets, correspondant à la stratégie de l’entreprise et assurer le développement et le suivi des outils de pilotage de l’entreprise, permettant une meilleure anticipation des risques avec un objectif d’une organisation efficiente.
Elle avait six collaborateurs directs et était en soutien à environ vingt équipes de projets ou de réalisations.
Le salaire mensuel brut convenu s’élevait à CHF 12'509.15.
b. Selon l’organigramme, elle dirigeait le département « Risques et Management » (ci-après : « R&M »). Elle était soumise exclusivement à la direction générale, soit le directeur général (ci-après : DG) et, à teneur de l’art. 2 du règlement d’application du statut du 1
er
janvier 1999 ([RSP] ci-après : le règlement), des directeurs « divisions », de facto de départements (ci-après : DD).
L’organigramme ne fait pas mention du Conseil d’administration
(ci-après : CA) des TPG.
À l’époque, le directeur général était Monsieur B_.
2) Le « formulaire d’analyse des prestations et objectifs professionnels pour cadres et spécialistes » portant sur l’appréciation avant la fin de la période d’essai indiquait que Mme A_ « constitue une réelle plus-value au sein de notre entreprise. Par ailleurs, c’est un véritable plaisir que de travailler avec une personne de cette qualité. C’est donc sans réserve que l’engagement est confirmé ». Sous commentaires et conclusion, il était fait état d’une très bonne intégration et prise en charge de poste.![endif]>![if>
3) L’analyse des prestations et objectifs professionnels (cadres supérieurs et cadres ; ci-après : APOP) pour la période du 1
er
octobre 2007 au 30 juin 2008, signée par M. B_, indiquait que les compétences de Mme A_ correspondaient au poste. Certains domaines de compétence dépassaient les attentes tant d’un point de vue humain que métier. ![endif]>![if>
4) Mme A_ a perçu des primes exceptionnelles en lien avec son « engagement exceptionnel », sa disponibilité et le travail effectué dans le cadre du projet « R&M » notamment, de fin 2007 à fin 2009.![endif]>![if>
5) Le 17 décembre 2010, « compte tenu de la qualité de [ses] prestations, notamment dans la gestion de l’observatoire du risque et de la sécurité d’une part, et dans l’application des normes ISO ayant permis la recertification de l’entreprise de l’autre », une classe salariale supplémentaire lui était accordée, passant son revenu mensuel à CHF 13'459.26 dès le 1
er
janvier 2011.![endif]>![if>
6) a. Fin avril 2011, les vingt premiers nouveaux distributeurs automatiques de titres de transport (ci-après : DATT) ont été livrés et installés dans le canton. Ils étaient défectueux. ![endif]>![if>
Cette installation faisait suite à un appel d’offres du 18 mai 2009 pour le remplacement du parc des DATT, jugé vétuste. Le marché avait été attribué, par adjudication du 14 septembre 2009, à la société C_ (ci-après : C_), société allemande basée à Hanovre. Le contrat conclu avec C_ prévoyait que les DATT devaient être installés le 30 septembre 2011.
b. Deux cent cinquante DATT, aussi défectueux, ont continué à être livrés et installés par C_.
c. Le 17 février 2012, la Tribune de Genève a publié un article sur les problèmes présentés par les DATT sous le titre « les distributeurs TPG sont un vrai casse-tête ».
7) Mme A_ a fait l’objet d’une APOP le 1
er
février 2013. La période d’appréciation courait du « 01-01-1970 (sic) au 30-06-2011 (sic)». Le document était à retourner aux ressources humaines (ci-après : RH) avant « le 31-01-2010 (sic) ». Le nombre de mois de présence durant la période d’évaluation était de douze. Ses prestations répondaient aux exigences. Elle dépassait les exigences en matière « structure/organisation (méthodes, procédures et outils de travail) et « tableaux de bord (pertinents, données fiables, respect des délais) ». Sous « commentaires des prestations professionnelles », il était mentionné que « l’unité "SQSEP" évaluait très rapidement et d’une manière structurée, répondant ainsi aux besoins de l’entreprise. Le management de Mme A_ permettait de répondre aux attentes du directeur général (fiabilités des données, respect des délais, pertinence des actions) ». ![endif]>![if>
À la fin du document, la collaboratrice indiquait, en lien avec la diffusion et la circulation de l’information, avoir besoin d’un maximum d’informations afin de pouvoir « anticiper au mieux dans l’action ». À propos du climat de travail, elle évaluait à quatre (pleinement satisfaite) ses relations avec la direction générale et à deux (partiellement satisfaite) celles avec certains directeurs de départements (ci-après : DD).
Le responsable indiquait qu’il allait faire en sorte de développer la communication avec le SQSEP afin de répondre aux besoins exprimés. Concernant le climat de travail, il précisait que le SQSEP était parfois perçu comme une entité qui remettait en cause certains points d’organisation. Le fait de mieux positionner SQSEP (visibilité et compétence) devait « y répondre partiellement ».
8) Le 4 mars 2013, La Tribune de Genève a publié un article critiquant les DATT, sous le titre « Distributeurs de billets : les TPG se confondent en excuses ».![endif]>![if>
9) Selon les parties, les faits pertinents pour le présent dossier se déroulent principalement dès 2013, période où la direction des TPG était composée comme suit :![endif]>![if>
a. Le DG des TPG a été, respectivement :
- M. B_ jusqu’au 13 janvier 2014,
- Monsieur D_, ad interim, puis
- Monsieur E_ dès le 1
er
mars 2015.
b. Sur les sept départements mentionnés dans l’organigramme, ceux pertinents dans le présent dossier étaient dirigés respectivement par :
- Monsieur F_, directeur du département « ventes, marketing et promotion » (ci-après : VMP) et responsable du comité de pilotage du projet DATT (ci-après : COPIL) ;
- Monsieur G_, puis dès le 1
er
janvier 2015 Monsieur H_ pour la division des ressources humaines ;
- Monsieur I_ pour la division technique ;
- Monsieur J_ pour la division système information et télécommunication (SIT) ;
- Monsieur K_ pour la division de l'exploitation ;
- Monsieur L_, coordinateur projets, (« directeur D&C » dans l’organigramme).
10) Selon M. B_, directeur de l’époque, entendu en qualité de témoin dans la présente procédure, le problème des DATT était connu de la direction, du CA, du bureau du CA et du peuple, depuis 2012. L’entreprise allemande risquait de faire faillite. Le problème était clairement identifié et connu.![endif]>![if>
11) Par courriel du 15 mai 2013, M. F_ a confirmé à M. L_ que le projet DATT était « à mettre en jaune et pas en rouge. L’information serait alors fausse si elle restait en rouge ». ![endif]>![if>
Il s’agissait de l’évaluation des risques liés au projet DATT, l’évaluation consistant en trois niveaux : « jaune : zone de veille ; orange : zone de vigilance et rouge : zone d’alerte ».
Mme A_ était en copie du courriel, à l’instar de trois autres destinataires.
Mme A_ ne faisait pas partie du COPIL.
12) En été 2013, une « cellule de crise » du projet DATT a été créée. Elle était dirigée par M. I_.![endif]>![if>
Mme A_ n’en faisait pas partie.
13) Le 8 septembre 2013, le quotidien Le Matin s’est fait l’écho des problèmes rencontrés par les DATT.![endif]>![if>
14) Le 9 septembre 2013, Monsieur M_, responsable management, a présenté au bureau du CA (ci-après : le bureau) le point de la situation des DATT, sous point 7 d’un ordre du jour comprenant seize points. ![endif]>![if>
Il ressort notamment du procès-verbal du bureau que « les équipes qui travaillent à la résolution de ce problème ont été très fortement sollicitées. Cela fait deux ans que ces personnes essaient de faire remonter l’information, mais qu’elles ne peuvent le faire de manière optimale (problèmes d’interface entre ce que l’appareil indique comme panne et le problème réel) ».
À la question de l’un des membres du bureau de savoir qui étaient les responsables au sein de l’entreprise, le directeur a insisté sur « la complexité du projet ». Le procès-verbal mentionne aussi : « S’agissant des responsabilités, le chef de projet est VMP, soit M. F_ et Mme N_. (...) Quant à la partie technique, elle dépend du département de M. I_. M. M_ précise qu’il intervient en tant que task force ».
15) Par « lettre de mission », datée du 20 septembre 2013, le CA a mandaté l’auditeur interne afin qu’il recueille les éléments objectifs permettant d’avoir une vision claire et complète sur le projet DATT.![endif]>![if>
16) Il ressort du rapport d’audit que des interviews se sont déroulées entre le 25 septembre 2013 (entretien d’ouverture) et le 13 novembre 2013 (entretien de clôture). ![endif]>![if>
17) Le 12 novembre 2013, Mme A_ a adressé un courriel à Madame O_, présidente du CA, et à M. B_. Elle transmettait le bilan de gouvernance à T3 (troisième trimestre).![endif]>![if>
Le projet DATT était en orange.
Les questions de certification de l’entreprise étaient mentionnées en rouge.
18) Le 14 novembre 2013, l’auditeur interne a présenté ses constats à la commission « audit et finance » (ci-après : CAUFIN) et à la présidence lors de la séance de la commission précitée. ![endif]>![if>
19) D’entente avec la CAUFIN, l’auditeur interne a rendu son projet de notes le 26 novembre 2013. Il a fait état de dix-sept recommandations.![endif]>![if>
La réponse écrite de l’audité serait rendue le 3 décembre 2013 en vue d’une nouvelle présentation à la CAUFIN du 5 décembre 2013. Il était convenu que la note ferait l’objet d’une présentation finale au CA le 16 décembre 2013.
20) a. Le 3 décembre 2013, à 16h07, Monsieur P_, auditeur interne, a, par courriel à Mme A_, avec copie à MM. I_ et Q_, membre du CA et président de la CAUFIN principalement, indiqué qu’il avait appris qu’elle était surprise de ne pas avoir été contactée pour l’audit DATT. Si elle avait des éléments complémentaires à lui adresser à ce sujet, l’auditeur interne « resterait à son écoute ». ![endif]>![if>
b. Par réponse du même jour, à 17h18, Mme A_ a confirmé avoir été surprise de constater que le 25 % des remarques concernaient « R&M » alors que ni elle, ni aucun membre de son unité n’avaient été audités. Elle proposait à M. P_ de prendre connaissance de la position de l’audité qui lui serait prochainement envoyée par M. I_ pour juger de la nécessité d’approfondir certains points, en fonction du mandat qui lui avait été confié.
c. Par courriel du même jour, à 17h30, Mme A_ a transmis copie de l’échange de courriels sur l’audit DATT à M. B_. « De ne pas avoir audité "R&M" est une erreur évidente de l’audit interne ».
d. La « position de l’audité » a été envoyée le même jour par M. I_ à M. P_.
e. Par courriel du 4 décembre 2013, à 12h49, M. Q_ a accusé réception de la position de l’audité. Il s’étonnait quant au fait qu’à plusieurs reprises il était mentionné que « la responsable cellule R&M n’ayant pas été interviewée, elle (la recommandation) n’est pas recevable en l’état ». Il s’attendait à recevoir des positions plus détaillées. Au vu de l’importance du dossier et de ses répercussions économiques et politiques pour l’entreprise, il ne se satisfaisait pas de telles positions. Il demandait à Mme A_ de prendre contact avec M. P_ pour se rencontrer dans la journée afin d’avoir une position plus détaillée pour la réunion du lendemain. À défaut, la présence d’un représentant de la cellule « R&M » s’imposait à la séance du jeudi matin 5 décembre 2013 afin de faire part de la position de l’audité sur les points concernant ladite cellule.
f. Par courriel du 4 décembre 2013 à 17h35, M. L_ a fait l’historique du projet DATT à l’attention de Mme A_. Y est notamment rappelé que le projet DATT était en rouge jusqu’au 15 mai 2013, date du courriel de M. F_.
g. Le 11 décembre 2013 à 15h03, M. P_ a sollicité la copie de documents attestant que le risque évalué par le COPIL avait été en désaccord avec l’appréciation des risques effectuée par « R&M ».
h. Par courriel du même jour à 17h06, M. L_ a détaillé à Mme A_ et à M. I_ la position de l’audité. Celui-ci l’a transmise le 13 décembre 2013 à M. P_,
i. Les documents attestant que le risque évalué par le COPIL divergeait de l’évaluation faite par « R&M » sont parvenus le 17 décembre 2013 à M. P_.
21) Le 13 janvier 2014, M. B_ a démissionné avec effet immédiat.![endif]>![if>
22) Il ressort d’un procès-verbal de la CAUFIN du 23 janvier 2014, sous la rubrique « 6. observatoire du risque : retour sur les demandes de la commission et revue du bilan T3 – Mme A_ » dans la bouche de celle-ci, que, « quelle que soit l’analyse de "R&M" sur la situation, in fine, c’[était] le collège de direction qui décidait ». Elle avait remonté à plusieurs reprises des situations qu’elle et son équipe considéraient comme critiques, soit en zone d’alerte, et que le collège de direction avait ramenées dans une zone de vigilance, soit avec un risque moins élevé, expliquant que la vue de « R&M » était trop pessimiste. En ce qui concernait les DATT, l’alerte avait été donnée, d’où la scission du projet en trois projets. À la fin du troisième trimestre 2013, « R&M » avait considéré que le risque lié aux DATT devait être en rouge, mais le collège de direction avait dit que ce risque devait être abaissé et présenté comme tel au CA. Une autre alerte de « R&M » avait concerné « le plan de transition ». Mme A_ expliquait que le problème résidait dans le fait qu’elle ne participait pas aux séances du collège de direction et qu’elle n’avait donc pas accès à l’information qui lui permettrait d’atteindre les objectifs fixés à son service. ![endif]>![if>

## Considerations