# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cb21b1f5-822c-46e6-949f-4d880dd40008
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

La Cour des plaintes, vu:
la demande d’entraide formée auprès des autorités de la République et can-
ton de Genève le 29 mars 2016 par Israël, fondée sur la Convention de la
Haye sur l'obtention des preuves à l'étranger en matière civile ou commer-
ciale du 18 mars 1970,
la décision d’entrée en matière rendue le 11 avril 2016 par le Ministère public
de la République et canton de Genève (ci-après : le MP-GE),
l’ordonnance d’exécution du même jour du MP-GE, portant sur la saisie pro-
batoire de documentation bancaire relative à des comptes dont A. et B.
étaient titulaires, ayants droit ou fondés de procuration,
la missive du 20 septembre 2016, par laquelle le MP-GE a transmis le dos-
sier de la cause aux autorités judiciaires civiles, en précisant que la demande
avait «été traitée comme une demande pénale, émanant du Ministère public
israélien, alors qu’il semble s’agir en réalité d’une demande civile»,
les courriers de A. et B. au MP-GE, des 14 et 20 octobre 2016, par lequel les
intéressés ont demandé à cette autorité de statuer sur la fin de la procédure,
laquelle avait, selon eux, été ouverte à tort,
le mémoire adressé à la Cour de céans le 31 octobre 2016 par les prénom-
més, lesquels concluaient (1) à ce que soit constatée l’existence d’un déni
de justice et (2) à ce qu’il soit ordonné au MP-GE de statuer sans délai sur
la fin de la procédure d’entraide internationale en matière pénale,
la réponse au recours de l’Office fédéral de la justice (autorité de surveil-
lance), du 1er décembre 2016, concluant au rejet de celui-ci,
la réponse au recours du MP-GE du 6 décembre 2016, par laquelle celui-ci
a indiqué ne pas être en mesure de se prononcer sur le fond de la cause,
dès lors qu’il ne disposait plus du dossier, qui avait été transmis « à l’autorité
civile compétente »,
le courrier du 16 décembre 2016, par lequel la Cour de céans a demandé au
MP-GE de bien vouloir lui indiquer si cette transmission emportait dessaisis-
sement de la cause au profit de l’autorité civile en question,
la réponse, affirmative, fournie par courrier du 27 décembre 2016,
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## Considerations

et considérant:
qu’aux termes de l’art. 80d EIMP, lorsque l'autorité d'exécution estime avoir
traité la demande en totalité ou en partie, elle rend une décision motivée sur
l'octroi et l'étendue de l'entraide,
que le MP-GE s’est dessaisi de la cause au profit des autorités judiciaires
civiles compétentes,
qu’il considère que la commission rogatoire du 29 mars 2016 doit être traitée
intégralement comme une demande d’entraide judiciaire internationale en
matière civile, et non en matière pénale,
que, partant, le MP-GE se tient pour incompétent, à raison de la matière,
pour statuer sur ladite demande d’entraide,
qu’il devait ainsi, en vertu de la disposition légale précitée, rendre une déci-
sion de clôture mettant fin à la procédure,
que, faute d’avoir agi en ce sens, le MP-GE a commis un déni de justice,
que la cause lui est renvoyée pour décision au sens de ce qui précède,
que la présente décision ne préjuge nullement du sort d’une éventuelle nou-
velle demande qu’adresseraient les autorités d’Israël au MP-GE en lien avec
le complexe de faits décrit dans la demande du 29 mars 2016,
que le recours est bien fondé,
que, partant, le MP-GE succombe,
qu’aux termes de l’art. 63 al. 2 PA, aucun frais de procédure n'est mis à la
charge des autorités inférieures, ni des autorités fédérales recourantes et
déboutées; si l'autorité recourante qui succombe n'est pas une autorité fédé-
rale, les frais de procédure sont mis à sa charge dans la mesure où le litige
porte sur des intérêts pécuniaires de collectivités ou d'établissements auto-
nomes,
qu’il y a donc lieu de statuer sans frais,
que la caisse du Tribunal pénal fédéral restituera aux recourants l'avance de
frais versée par CHF 4'000.--,
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que, dans la mesure où les recourants ont obtenu gain de cause, ils ont droit
à une indemnité au sens de l'art. 64 al. 1 PA (TPF 2008 172 consid. 7.2),
qu’en l'espèce, leur conseil n'a pas produit de liste des opérations effectuées,
que vu l'ampleur et la difficulté de la cause, et dans les limites du règlement
du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de
la procédure pénale fédérale du 31 août 2010 (RFPPF; RS 173.713.162),
l'indemnité est fixée ex aequo et bono à CHF 1'000.--, à la charge de la partie
adverse.
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prononce:
1. Le recours est admis.
2. La cause est renvoyée au Ministère public de la République et canton de
Genève pour décision au sens des considérants.
3. Il est statué sans frais. La caisse du Tribunal pénal fédéral restituera aux re-
courants l’avance de frais effectuée, par CHF 4'000.--.
4. Une indemnité de CHF 1'000.-- est allouée aux recourants, à la charge de la
partie adverse.
Bellinzone, le 4 janvier 2017
Au nom de la Cour des plaintes
du Tribunal pénal fédéral
Le président: Le greffier:
Distribution
- Me Romain Jordan
- Ministère public du canton de Genève
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire