# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 02b0e8dd-6745-54f7-abb0-8f51f3440e12
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Le 2 février 2017, vingt-deux conseillers en personnel de l’Office cantonal de l’emploi (ci-après : OCE) ont sollicité de celui-ci la suppression du « code complémentaire 9 » les concernant impliquant une diminution de leur traitement.![endif]>![if>
2. En l’absence de réponse, ils ont demandé, par courrier du 13 juin 2017, que l’OCE rende une décision formelle sujette à recours.![endif]>![if>
3. Une relance a été adressée à l’OCE le 25 juillet 2017.![endif]>![if>
4. Par courrier du 9 août 2017, l’OCE a indiqué que le dossier était en cours. Une réponse suivrait. ![endif]>![if>
5. Les parties se sont réunies le 5 octobre 2017. Le contenu de ces discussions n’est pas connu. ![endif]>![if>
6. Le 6 juillet 2018, dix-huit des vingt-deux personnes précitées ont informé l’OCE qu’elles saisissaient la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d’un recours pour déni de justice, ce qu’elles ont fait.![endif]>![if>
7. Par réponse au recours du 30 juillet 2018, le conseiller d’État en charge du département de l’emploi et de la santé (ci-après : DES) a relevé qu’entre mai 2007 et janvier 2010, les dix-huit collaborateurs concernés s’étaient vu notifier un arrêté du Conseil d’État, un courrier de l’office du personnel de l’État (ci-après : OPE) ou un contrat de travail déterminant la classe de fonction ainsi que le code 9 correspondant à chaque situation. Ces décisions n’avaient pas été contestées en temps utile, de sorte que le Conseil d’État n’était pas tenu de rendre de nouvelles décisions sur les mêmes éléments de faits. Les personnes concernées pouvaient déposer une demande de réévaluation de leur fonction dans le but d’obtenir une suppression du code 9 appliqué jusqu’alors.![endif]>![if>
L’existence d’un déni de justice était contestée. À l’issue des discussions du 5 octobre 2017, l’OCE était dans l’attente d’une prise de position du conseil des collaborateurs concernés.
L’OCE s’en rapportait à justice.
8. Par réplique du 27 août 2018, les recourants ont contesté que les informations communiquées entre mai 2007 et janvier 2010 puissent avoir été comprises comme des décisions administratives susceptibles de recours. Ils ne pouvaient se trouver définitivement forclos à faire constater l’illégalité de cette décision jusqu’à la fin de leurs rapports de service. Le code qu’ils considéraient leur être imputé de manière illégale impactait non seulement leur traitement mensuel, mais également leurs expectatives de prévoyance professionnelle. Cette question revêtait un intérêt actuel qui justifiait que le Conseil d’État statue par voie de décision administrative.![endif]>![if>
L’issue des discussions du 5 octobre 2017 était contestée. À l’instar des « réserves d’usage », des discussions entre les parties devaient pouvoir se tenir sans que le contenu ne doive en être dévoilé dans le cadre d’une procédure judiciaire.
9. Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1. Interjeté devant la juridiction compétente, le recours est recevable sous cet aspect (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2. Lorsqu’une autorité mise en demeure refuse sans droit de statuer ou tarde à se prononcer, son silence est assimilé à une décision (art. 4 al. 4 LPA).![endif]>![if>
Une partie peut recourir en tout temps pour déni de justice ou retard non justifié si l’autorité concernée ne donne pas suite rapidement à la mise en demeure prévue à l’art. 4 al. 4 LPA (art. 62 al. 6 LPA).
Si la juridiction administrative admet le recours pour déni de justice ou retard injustifié, elle renvoie l’affaire à l’autorité inférieure en lui donnant des instructions impératives (art. 69 al. 4 LPA).
L’autorité qui refuse expressément de statuer alors qu’elle en a l’obligation comme celle qui tarde sans droit à statuer commet un déni de justice formel susceptible de recours, dès lors qu’elle a été mise en demeure, mais qu’elle ne le fait pas. Toutefois, en dehors des cas où la loi fixe à l’autorité un délai impératif, l’administré n’a pas un droit à ce que l’autorité compétente statue dans un délai déterminé abstraitement. Ce délai dépend des circonstances, de la nature de l’affaire, de sa complexité et de la difficulté éventuelle d’élucider les questions de fait (ATF
135 I 265
et jurisprudences cités ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n. 1501).
3. À teneur de l’art. 4 du règlement d’application de la loi concernant le traitement et les diverses prestations alloués aux membres du personnel de l’État et des établissements hospitaliers du 17 octobre 1979 (RTrait -
B 5 15.01
), en principe, seuls les candidats qualifiés peuvent être engagés ; toutefois si, lors de son engagement, le futur titulaire n'a pas encore le titre correspondant au niveau d'exigence requis pour la fonction, il se voit attribuer le code complémentaire 9, impliquant une diminution maximale de deux classes par rapport à la classe prévue pour la fonction. Le même code est applicable lors de la nomination.![endif]>![if>
4. En l’espèce, les recourants se plaignent d’un déni de justice dans la mesure où l’intimé n’a pas fait suite à leur mise en demeure des 13 juin 2017 et 25 juillet 2017. ![endif]>![if>
L’existence de discussions entre les parties, le 5 octobre 2017, n’est pas contestée par celles-ci. Les recourants contestent l’issue de ces discussions. Ils ne démontrent toutefois pas que l’autorité aurait été mise en demeure de statuer à l’issue de celles-ci.
En tout état, les recourants ont, plusieurs mois après ces discussions, subitement, saisi la chambre de céans d’un recours pour déni de justice. Ils en ont informé le même jour l’autorité intimée.
Au vu des pièces du dossier et de l’entretien qui s’est tenu le 5 octobre 2017 dont l’issue n’est pas connue, du silence des recourants entre le 5 octobre 2017 et le 6 juillet 2018, il ne peut être considéré que les recourants ont satisfait à l’obligation de mise en demeure de l’autorité intimée avant de déposer un recours pour déni de justice.
Le recours sera dès lors rejeté en tant qu’il est recevable, la question de la qualité pour défendre de l’autorité intimée au recours pouvant souffrir de rester indécise.
5. Vu l’issue de la procédure, un émolument de CHF 1’000.- sera mis à la charge des recourants, pris conjointement et solidairement, qui succombent (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87
al. 2 LPA).![endif]>![if>
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