# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bc142fed-da00-4ffe-b283-d8bdbd850b7f
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Faits:
A. Faisant suite à la dénonciation pénale déposée par C. le 13 septembre 2017
et à l’autorisation de poursuivre délivrée le 20 janvier 2021 par le Secrétariat
général du Département fédéral de justice et police, le Ministère public de la
Confédération (ci-après: MPC) a, en date du 2 février 2021, ouvert une
instruction à l’encontre de B. et A. pour soupçon d’actes exécutés sans droit
pour un Etat étranger (art. 271 ch. 2 du Code pénal suisse, du 21 décembre
1937 [CP; RS 311.0]; BB.2021.159, act. 1.2, p. 1; BB.2021.160, act. 1.1,
p. 1).
B. Dans le cadre de la dénonciation précitée, C. a indiqué se constituer partie
plaignante, dès lors que les « agissements dénoncés [lui auraient] causé un
préjudice considérable » (BB.2021.159, act. 1.3, p. 23; BB.2021.160,
act. 1.6, p. 23).
C. A. et B. ont, en dates des 30 avril, respectivement, 4 mai 2021, contesté la
qualité de partie plaignante de C., lequel devrait être uniquement considéré
comme dénonciateur. A cette occasion, ils requéraient en outre que soit
ordonnée à l’endroit des parties et de leurs conseils une mesure de
protection au sens de l’art. 73 al. 2 CPP (obligation de garder le secret), de
même qu’une restriction temporaire du droit d’être entendu de C. (art. 108
al. 1 let. b CPP), en particulier s’agissant de son droit de consulter le dossier
et de participer aux auditions des prévenus (BB.2021.160, act. 1.10 et 1.11).
D. Par décision du 27 mai 2021, le MPC a admis la qualité de partie plaignante
de C. et rejeté les requêtes susmentionnées formulées par les prévenus
dans leur courrier des 30 avril et 4 mai 2021 (BB.2021.159, act. 1.2;
BB.2021.160, act. 1.1).
E. Le 7 juin 2021, A. et B. ont, sous la plume de leurs conseils respectifs,
interjeté séparément auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral (ci-après: la Cour) un recours contre la décision précitée, concluant,
préalablement, à ce que le MPC ordonne à l’encontre de C. l’interdiction
d’accéder au dossier de la procédure d’instruction jusqu’à droit jugé sur leurs
recours. Principalement, ils concluent, sous suite de frais et dépens, à
l’annulation de la décision rendue le 27 mai 2021 par le MPC (BB.2021.159
et BB.2021.160, act. 1).
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F. Invité à répondre, le MPC a, par courrier du 21 juin 2021, renoncé à formuler
des observations quant aux recours précités et conclu au rejet de ceux-ci
ainsi qu’à la confirmation de son ordonnance du 27 mai 2021. Cette dernière
autorité a, par ailleurs, souligné qu’elle s’oppose à donner l’accès au dossier
de la procédure d’instruction aux prévenus dès lors que leur première
audition n’avait pas encore eu lieu (BB.2021.159 et BB.2021.160, act. 5).
Quant à C., il a, en date du 15 juillet 2021, conclu au rejet des mesures
provisionnelles requises par les prévenus et à ce que les recours
susmentionnés soient déclarés irrecevables (BB.2021.159 et BB.2021.160,
act. 10).
G. Par répliques du 20 août 2021, A. et B. ont persisté dans les conclusions
prises à l’appui de leur recours du 7 juin 2021 (BB.2021.159 et BB.2021.160,
act. 14).
H. Invité à dupliquer, le MPC a, par courrier du 6 septembre 2021, renoncé à
formuler des observations quant aux répliques précitées et a réitéré ses
conclusions tendant au rejet des recours interjetés le 7 juin 2021 par A. et B.
(BB.2021.159 et BB.2021.160, act. 17).
Quant à C., il s’est déterminé par duplique du 27 septembre 2021
(BB.2021.159 et BB.2021.160, act. 18).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

## Considerations

La Cour considère en droit:
1.
1.1 En tant qu'autorité de recours, la Cour de céans examine avec plein pouvoir
de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (KELLER,
Zürcher Kommentar, 3e éd. 2020, n. 39 ad art. 393 CPP; GUIDON, Basler
Kommentar, 2e éd. 2014, n. 15 ad art. 393 CPP; MOREILLON/PAREIN-
REYMOND, Petit commentaire, 2e éd. 2016, n. 3 ad art. 393 CPP; Message
du 21 décembre 2005 relatif à l'unification du droit de la procédure pénale,
[ci-après: Message CPP], FF 2006 1057, 1296 in fine; JdT 2012 IV 5 n. 199).
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1.2 Les décisions du MPC peuvent faire l'objet d'un recours devant la Cour de
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 de la loi fédérale du 19 mars 2010
sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP;
RS 173.71]).
2.
2.1 Si des raisons objectives le justifient, le ministère public et les tribunaux
peuvent ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales (art. 30
CPP).
2.2 En l’espèce, les deux recours sont interjetés contre la même décision
d’acceptation de la qualité de partie plaignante rendue le 27 mai 2021 par le
MPC et reposent sur le même complexe de faits. En outre, les recourants,
bien que représentés par des avocats différents, invoquent des arguments,
respectivement, prennent des conclusions identiques, sans faire valoir
d’intérêts contradictoires qui commanderaient un prononcé séparé.
2.3 L’économie de procédure justifie par conséquent de joindre les causes
BB.2021.159 et BB.2021.160 et de les traiter dans une seule et même
décision.
3.
3.1 Aux termes de l'art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation
du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, le déni de
justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée des
faits (let. b) ou l'inopportunité (let. c).
3.2 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et
adressé par écrit à l'autorité de recours dans le délai de 10 jours (art. 396
al. 1 CPP).
Déposés le 7 juin 2021 contre la décision du 27 mai 2021, notifiée le
lendemain, les recours ont été interjetés en temps utile.
3.3 Le recours est recevable à la condition que le recourant dispose d'un intérêt
juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification de la décision
entreprise (art. 382 al. 1 CPP).
L’intérêt doit être juridique et direct, le but étant de permettre aux tribunaux
de ne trancher que des questions concrètes et de ne pas prendre des
décisions uniquement théoriques (ATF 136 I 274 consid. 1.3; CALAME,
Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 1 ad art. 382 CPP; MOREILLON/PAREIN-
REYMOND, op. cit., n. 2 ad art. 382 CPP). L’intérêt juridiquement protégé se
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distingue de l’intérêt digne de protection qui n’est pas nécessairement
juridique mais peut également être un pur intérêt de fait; ce dernier ne
suffisant pas à fonder une qualité pour recourir (CALAME, op. cit., n. 1 ad art.
382 CPP; LIEBER, Zürcher Kommentar, op. cit., n. 7 et 7a ad art. 382 CPP;
MOREILLON/PAREIN-REYMOND, op. cit., n. 2 ad art. 382 CPP). Ainsi,
l’existence d’un intérêt de pur fait ou la simple perspective d’un intérêt futur
ne suffit pas (ibidem).
3.3.1 Selon la jurisprudence de la Cour de céans, le prévenu ne dispose en
principe pas d'un intérêt juridiquement protégé pour s'en prendre à une
décision admettant une partie plaignante à la procédure dirigée à son
encontre. L'atteinte subie par le prévenu en pareille hypothèse étant de
manière générale purement factuelle (v. décision du Tribunal pénal fédéral
BB.2013.38 du 29 juillet 2013 consid. 1.2). A ce titre, le fait que la partie
plaignante puisse, grâce à son statut, avoir accès à certaines pièces du
dossier ne constitue pas un préjudice suffisant qui habiliterait le prévenu à
recourir contre l’admission de la constitution de partie plaignante (arrêts du
Tribunal fédéral 1B_183/2021 du 21 septembre 2021 consid. 2.2;
1B_570/2020 du 17 février 2021 consid. 1.2; 1B_238/2020 du 8 juin 2020
consid. 2.4; 1B_582/2012 du 12 octobre 2012 consid. 1.2). A cet égard,
l’intéressé conserve, par ailleurs, la possibilité de solliciter des mesures de
protection en application des art. 73 al. 2, 102 al. 1 ou 108 CPP, de sorte
que les éventuels inconvenants liés à la consultation du dossier par la partie
plaignante sont susceptibles d’être examinés, voire réparés, par une
décision ultérieure (v. arrêts du Tribunal fédéral 1B_183/2021 du
21 septembre 2021 consid. 2.2; 6B_473/2021 du 12 mai 2021 consid. 1.4.3;
1B_559/2018 du 12 mars 2019 consid. 2.2).
Ce nonobstant, à titre exceptionnel, l'existence d'un intérêt juridiquement
protégé a été reconnue lorsque la partie plaignante admise à la procédure
est un Etat (TPF 2015 55 consid. 3.4; TPF 2012 48 consid. 1.3.1; décisions
du Tribunal pénal fédéral BB.2019.287 du 17 mars 2020 consid. 2.4;
BB.2017.149 du 7 mars 2018 consid. 3.1 et les réf. citées) ou lorsque le sujet
de droit en question est de nature « quasi-étatique » (décisions du Tribunal
pénal fédéral BB.2019.287 du 17 mars 2020 consid. 2.4; BB.2012.107 du
15 mai 2013 consid. 1.3; BB.2012.194 du 2 juillet 2013 consid. 2.1).
3.3.2 En l’espèce, le MPC a, par la décision entreprise du 27 mai 2021, admis le
statut de partie plaignante à C., soit une personne physique. La Cour de
céans relève en outre qu’aucun élément allégué et/ou produit par les parties
au cours de l’échange d’écritures intervenu dans le cadre de la présente
procédure ne permet d’assimiler C. comme représentant d’une institution
« quasi-étatique ».
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3.3.3 Par conséquent, et en l'absence de tout élément permettant de retenir
l'existence d'un cas exceptionnel dans lequel un intérêt juridiquement
protégé devrait être in casu reconnu aux prévenus, il ne saurait être entré en
matière sur les recours interjetés par ces derniers contre la décision
querellée admettant la qualité de partie plaignante à C.
4. Au vu des considérations qui précèdent, les recours en question doivent être
déclarés irrecevables.
5. La présente décision rend sans objet la requête de mesure provisionnelle
formulée par les recourants dans le cadre de leurs recours respectifs et
tendant à ce que C. n’ait pas accès à la procédure d’instruction jusqu’à droit
jugé sur leurs recours du 7 juin 2021 (BP.2021.52 et BP.2021.53).
6.
6.1 Selon les termes de l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours
sont mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de
cause ou succombé (1re phr.). La partie dont le recours est irrecevable ou
qui retire le recours est également considérée avoir succombé (2e phr.).
6.2 En tant que parties qui succombent, les recourants doivent supporter de
manière solidaire les frais de la présente décision, lesquels sont fixés à
CHF 2'000.-- (v. art. 5 et 8 al. 1 du règlement du 31 août 2010 du Tribunal
pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la
procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]).
7.
7.1 La partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les dépenses
occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure (art. 433
al. 1 let. a CPP, applicable par renvoi de l’art. 436 CPP).
Selon l'art. 12 al. 2 RFPPF, lorsque l'avocat ne fait pas parvenir le décompte
de ses prestations dans la procédure devant la Cour des plaintes, avec son
unique ou sa dernière écriture, le montant des honoraires est fixé selon
l'appréciation de la Cour.
7.2 En l'espèce, vu le sort du recours et les conclusions prises par C., ce dernier
doit être considéré comme ayant obtenu gain de cause.
Au vu de l’absence de mémoire d’honoraires du conseil de C. ainsi que de
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l’ampleur et de la difficulté de la cause, une indemnité ascendant à un
montant de CHF 1'500.-- (TVA incluse) paraît justifiée et sera mise à la
charge solidaire des recourants.
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