# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 432ac247-596c-55e3-bc88-4aaf9fc205c2
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) A_, née le _ 2003, est inscrite dans l’enseignement public obligatoire. En juin 2015, elle a terminé sa scolarité primaire et, dès la rentrée scolaire 2015/2016, elle est inscrite au cycle d’orientation du D_ dans le degré 9P.![endif]>![if>
2) Le 13 février 2015, Monsieur C_ et Madame B_, ses parents, l’ont inscrite pour qu’elle soit mise au bénéfice du dispositif sport-art-étude (ci-après : SAE) du cycle d’orientation pour l’année scolaire 2015/2016.![endif]>![if>
Selon le formulaire d’inscription, le dispositif constituait un regroupement de sportifs, de musiciens et de danseurs de haut niveau dans des classes spécifiques qui proposaient des horaires allégés permettant de concilier une scolarité normale et des entrainements intensifs. Les exigences scolaires étaient les mêmes que celles du parcours traditionnel. Ce dispositif s’adressait aux jeunes talents sportifs, danseurs et musiciens issus d’un cadre élite disposant d’une structure de formation reconnue officiellement par leur fédération nationale ou association faîtière. La sélection des candidats reposait sur les critères établis par le département de l’instruction publique, de la culture et du sport (ci-après : le département), en collaboration avec les associations sportives de référence. La mission n’était pas automatique, elle était notamment conditionnée au nombre de places disponibles.
À l’appui de leur demande, les parents de l’élève ont fait valoir que celle-ci pratiquait la gymnastique rythmique de manière intensive depuis octobre 2013 à raison de trois heures quatre fois par semaine et de septembre 2013 à juin 2014 à raison de six heures un samedi par mois. L’enfant avait participé aux championnats romands de mai 2014, atteignant le dixième rang.
Le formulaire d’inscription était certifié par l’entraîneuse cantonale, Madame E_. Celle-ci mentionnait que l’enfant ne disposait pas de la carte « Swiss Olympic Talents Card » et qu’elle n’était pas non plus sélectionnée dans un cadre régional ou national.
Mme E_ a également adressé un courrier daté du 7 février 2015 à Monsieur F_, coordinateur pour l’éducation physique au sein de la direction générale de l’enseignement secondaire II (ci-après : DGES II). Elle rappelait que la section gymnastique rythmique de la Fédération Suisse de Gymnastique Aïre le Lignon (ci-après : FSG Aïre) avait dû fermer ses portes en juin 2013 mais qu’elle les avait rouvertes en octobre 2013. Elle s’était rendue compte que les gymnastes qui fréquentaient les activités de la section avaient beaucoup de potentiel physiquement mais énormément de retard sur le plan technique des engins. Un certain nombre de gymnases avaient été sélectionnés pour leur offrir l’opportunité de pratiquer la gymnastique rythmique en individuel. Le seul objectif de compétition qui leur avait été mis pour l’année 2014 était le championnat romand. Concernant A_, elle n’avait pas obtenu de grands résultats en 2014 mais s’était entrainée intensément. Pour la saison 2015, elle faisait partie des gymnastes sélectionnées par les entraîneurs de la section pour participer aux compétitions suisses. Elle continuait à s’entraîner au même rythme car l’objectif était qu’elle participe en individuel mais aussi en ensemble aux compétitions suisses. Il avait été très difficile pour ces gymnases de récupérer le retard accumulé durant toutes ces années, mais celles-ci travaillaient dur et avaient fait beaucoup de progrès.
3) Par courrier du 26 février 2015, la direction générale de l’enseignement obligatoire (ci-après : DGEO
)
a écrit aux parents de l’élève. Dans un premier temps le niveau de compétence de leur enfant serait évalué par le coordinateur de l’éducation physique pour l’enseignement secondaire en référence aux critères établis, en collaboration avec différents experts, sous l’égide du service cantonal du sport. Cela fait, l’ensemble des candidatures serait considéré et les places seraient attribuées dans les trois établissements aux élèves dont le niveau sportif ou artistique aurait été jugé suffisant. S’il n’y avait pas assez de places disponibles, une liste d’attente serait établie.![endif]>![if>
4) Le 21 avril 2015, le coordinateur a rendu un rapport d’évaluation sportive concernant l’élève. Le niveau de celle-ci était insuffisant.![endif]>![if>
5) Le 20 mai 2015, la DGEO a écrit aux parents de l’élève. Le dossier de leur fille avait été évalué par les services compétents concernant son niveau sportif. Cette évaluation leur était adressée en annexe. Son niveau de compétence n’était pas compatible avec les exigences fixées pour l’admission dans les dispositifs SAE. Cette décision pouvait faire l’objet d’un recours dans les trente jours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative).![endif]>![if>
6) Le 27 mai 2015, la DGEO a écrit aux parents de l’élève. Elle leur a fait parvenir le 22 mai écoulé, par pli recommandé, la décision du 20 mai 2015 concernant l’admission de leur enfant dans le dispositif SAE. Toutefois en raison d’un problème d’acheminement postal, cette lettre ne pouvait être retracée et elle ne savait pas si elle avait pu leur être remise correctement. Pour cette raison, elle la notifiait à nouveau sous pli recommandé.![endif]>![if>
7) Par pli recommandé du 17 juin 2015, reçu le 18 juin 2015, les parents de l’élève ont interjeté recours auprès de la chambre administrative contre la décision du 20 mai 2015. Ils concluaient à son annulation et à ce qu’il soit ordonné au département d’admettre leur fille au cycle d’orientation dans une classe du dispositif SAE pour l’année scolaire 2015/2016. ![endif]>![if>
Préalablement, des enquêtes devaient être ordonnées et Mme E_ devait être entendue.
Leur fille pratiquait la gymnastique rythmique et sportive depuis l’âge de 5 ans, soit plus de sept ans. Depuis trois ans elle suivait un programme d’entraînement intense de treize heures par semaine plus un samedi par mois à raison de six heures, plus des camps d’entraînement lors des vacances d’octobre, de février, de Pâques et d’été. Elle avait participé à de nombreux concours cantonaux et cette année aux qualifications du championnat suisse. En parallèle de son activité sportive, elle avait effectué la première partie de sa scolarité obligatoire qui s’était effectuée sans aucun problème. Elle avait terminé les trois dernières années avec une moyenne générale supérieure à 5,7.

## Considerations