# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a377c9bc-d2a3-5e69-bd6f-79312b58c776
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Le 30 septembre 2011, M. A_, né le _, a été engagé à compter du 1
er
novembre 2011 en qualité d’employé à 100 % à la fonction de gérant - directeur - de la caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après : CCGC) de l’office cantonal des assurances sociales (ci-après : OCAS), en classe 29, annuité 16.![endif]>![if>
2) Par arrêté du 2 novembre 2011, le Conseil d’État a approuvé sa nomination.![endif]>![if>
3) Le 15 octobre 2013 a eu lieu un entretien d’évaluation, survenu au terme des deux ans de période probatoire, en vue de la nomination.![endif]>![if>
4) Le 18 octobre 2013, Mme B_, supérieure hiérarchique directe de M. A_ en sa qualité de directrice générale de l’OCAS mais occupant également la fonction de directrice de l’office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OCAI), a rédigé une note relative à cet entretien, reçue le 21 octobre 2013 par l’intéressé, lequel ne l’a pas signée. ![endif]>![if>
La note était rédigée sur papier à en-tête de l’OCAS, en l’absence de formulaire adapté à la fonction de directeur, les thèmes d’appréciation s’inspirant de ceux couverts par les formulaires d’évaluation de l’État de Genève, en vigueur à l’OCAS.
Avant et après la prise de fonction de l’intéressé, sa hiérarchie lui avait exposé ses prérogatives tant par oral que par écrit. Elles comprenaient notamment la mise sous maîtrise des processus métiers de la CCGC et l’appréhension de la réalité et l’intégration de la situation financière de celle-ci,
et la proposition de mesures permettant son
assainissement financier, le soin de l’image et du service public et l’inscription de toutes les actions dans une logique de collaboration au sein de l’OCAS dans l’intérêt général et sous la responsabilité de la directrice générale. Il avait été précisé qu’une forte collaboration était attendue de sa part
pour favoriser la mise en place de l’OCAS - en construction à son arrivée et préparant un déménagement, prévu pour la fin de l’été 2012, pour réunir sur un même site l’OCAI et la CCGC - et pour permettre le déploiement de ses services transversaux. Il revenait également à M. A_ de porter la « fusion » afin de faciliter le développement et le déploiement de l’OCAS, une collaboration sans faille étant nécessaire avec Mme B_, qui assumait deux fonctions.
Différents échanges avec sa supérieure hiérarchique avaient ponctué ses deux premières années d’activité. Un premier bilan, positif mais non formalisé par écrit, avait été réalisé après les trois premiers mois d’activité. M. A_ s’inscrivait parfaitement dans ses prérogatives, menant avec dynamisme une analyse du fonctionnement et de la réalité de la CCGC, et entretenait en parallèle des échanges avec la directrice générale afin d’optimiser les organisations de l’OCAI et de la CCGC et définir la composition et les tâches du nouveau comité de direction de l’OCAS (ci-après : CODIR OCAS). La réflexion sur l’organigramme général de l’OCAS, publié le 1
er
avril 2012, avait été menée conjointement par l’intéressé et Mme B_, qui avaient rédigé ensemble un document explicatif.
L’évaluation du 15 octobre 2013 était positive quant aux compétences professionnelles de M. A_. Celui-ci répondait aux attentes fixées en termes d’actions réalisées. En relation avec les compétences relationnelles, dès le déménagement, fin août 2012, un détachement de plus en plus marqué par rapport à l’OCAS avait été noté, M. A_ agissant comme un directeur de caisse « indépendant ». Il avait fait part à plusieurs reprises de sa difficulté à accepter la gestion transversale des activités ne relevant pas exclusivement des métiers de la CCGC et vivait mal la montée en puissance des services transversaux ainsi que le fait qu’ils ne lui étaient pas rattachés sur l’organigramme. Le fait que sa qualité de membre du CODIR OCAS, l’organe de décision, le légitimait à exposer les éventuelles difficultés de la CCGC avec les activités des services transversaux et à contribuer à trouver des solutions dans une logique de bonne collaboration lui avait été rappelé à plusieurs reprises, sans qu’il ne change d’attitude. Il faisait preuve d’une résistance passive par rapport aux différentes activités transversales de l’OCAS et d’un désintéressement pour la construction du projet, se positionnant avec une attitude attentiste voire critique, laquelle favorisait une culture corporatiste propre à la CCGC ainsi qu’un repli et un isolement au sein de l’OCAS. Cela avait pour conséquences, à l’interne, des décisions ou orientations touchant à l’intérêt général de l’OCAS adoptées « en local » au sein de la CCGC, sans consultation de la directrice générale, affaiblissant ainsi l’autorité du CODIR OCAS et la clarté et la visibilité de ses actions, et à l’externe, un ternissement et affaiblissement de l’image de l’OCAS.
La collaboration ne répondait pas aux attentes, de sorte qu’il avait été décidé de repousser sa nomination en prolongeant sa période probatoire de douze mois, du 1
er
novembre 2013 au 31 octobre 2014, afin de pouvoir atteindre les objectifs initialement fixés. Il était notamment attendu de lui qu’il devienne porteur du développement de l’OCAS en s’inscrivant dans une logique de collaboration, soutenant la logique des services transversaux, fédérant ses
équipes autour du projet et contribuant à renforcer l’image de l’OCAS à l’externe.
5) Par courrier du 31 octobre 2013, M. A_ a contesté les reproches formulés à son encontre et le report de nomination, injustifié et constitutif d’un désaveu complet du travail effectué pendant deux ans, pour lequel il avait
,
à plusieurs reprises
,
reçu des remerciements et félicitations de la part du conseil d’administration de l’OCAS (ci-après : CA), a demandé la reconsidération de la note d’entretien et de sa conclusion, ou, subsidiairement, la confirmation du report de nomination dans une forme permettant sa contestation devant une autorité indépendante.![endif]>![if>
Ses compétences professionnelles reconnues et les nombreux projets menés à bien depuis son arrivée, à la satisfaction des organes de l’OCAS, en dépit de la réorganisation interne, infirmaient l’idée d’une attitude attentiste. Toutes les démarches proposées avaient été validées soit par le CODIR OCAS, soit par le CA. Les freins au déploiement de l’institution ne venaient pas d’un manque de collaboration de sa part. Les critiques formulées en rapport avec des faits remontant à août 2012 ne lui avaient jamais été communiquées auparavant, ni par la directrice générale de l’OCAS, ni par le CA. Son activité au sein de la CCGC n’avait fait l’objet d’aucune évaluation avant l’entretien du 15 octobre 2013, qui ne respectait ni la forme, ni le fond d’un entretien d’évaluation. Il avait l’intention de soumettre la question de la prolongation de sa période probatoire au CA.
6) a. Par courriel du 31 octobre 2013, Mme C_, assistante de direction de l’OCAS, a communiqué à M. A_ une décision du CA du 30 octobre 2013 prolongeant sa période probatoire, transmise avec un courrier d’accompagnement signé par la directrice générale de l’OCAS.![endif]>![if>
La décision lui serait également envoyée par courrier dans les meilleurs délais.
b. Dans la décision du 30 octobre 2013 annexée, qui était
signée par son président, M. D_, le CA prononçait le report de nomination de l’intéressé pour une durée de douze mois, jusqu’au 31 octobre 2014. Cette décision n’indiquait aucune voie de droit.
7) Par courriel du même jour, M. A_ a fait part de sa surprise au CA, lui a transmis la décision pour information - ayant pu comprendre que les membres du CA n’en avait pas été informés - et a sollicité un entretien.![endif]>![if>
8) Par réponse de la même date à l’intéressé avec copie aux membres du CA, M. D_, en déplacement à l’étranger, a indiqué avoir prévu de faire un point de situation avec Mme B_ et M. A_ à son retour, avant de « vous » en informer. D’ici là, aucune réunion du CA avec l’intéressé ne serait organisée. La décision prise par la directrice générale de l’OCAS avait été longuement discutée par M. E_, vice-président du CA, et lui-même, et ne serait pas remise en question.![endif]>![if>
9) Le 4 novembre 2013, M. A_ s’est rendu à un entretien dans les bureaux du président du CA à Champel.![endif]>![if>
10) Par courriel du 5 novembre 2013, l’intéressé a demandé au président du CA la confirmation du fait qu’il avait le choix entre l’acceptation du report de nomination sans opposition avec poursuite de la collaboration après nouvelle évaluation au terme de la prolongation de la période probatoire et le refus du report de nomination avec cessation de la collaboration et engagement des conditions de sortie.![endif]>![if>
11) Par réponse du 6 novembre 2013, le président du CA a indiqué que l’OCAS n’entendait à ce stade pas nommer M. A_ fonctionnaire et qu’en l’absence de prolongation, il n’y avait pas d’alternative à la résiliation des rapports de service pendant la période probatoire. La décision de report de nomination visait à éviter un tel licenciement. Si l’intéressé pouvait recourir contre cette décision, l’OCAS préférait une approche consensuelle. ![endif]>![if>
12) Par courriel du 7 novembre 2013, M. D_ a informé l’intéressé du fait que le CA accédait à sa demande d’être entendu dans le cadre de son report de nomination.![endif]>![if>
13) Le 11 novembre 2013, le CA a reçu M. A_.![endif]>![if>
14) Par courriel du même jour, M. D_ a exposé à l’intéressé la position du CA, comme convenu lors de la réunion de l’après-midi même.![endif]>![if>
Le CA confirmait le report de la nomination mais réduisait sa durée à six mois, souhaitait la nomination d’un médiateur pour construire, durant la période probatoire, une collaboration fructueuse pour l’avenir, demandait à la directrice générale de l’OCAS de transcrire dans le document officiel d’évaluation des cadres de l’État l’évaluation du 15 octobre 2013 et impartissait à M. A_ un délai au 19 novembre 2013 pour prendre position sur ces éléments.
15) Le 19 novembre 2013 a eu lieu une séance du CA, conformément au procès-verbal du 6 décembre 2013. ![endif]>![if>
a. M. A_ a remercié la CA d’avoir ramené le report de nomination à six mois, l’a accepté, a donné son accord à la nomination d’un médiateur et a indiqué être favorable à la retranscription dans le formulaire d’évaluation officiel. Il souhaitait que le CA suive régulièrement l’évolution de la situation. Il s’était entretenu avec la directrice générale de l’OCAS, qui lui avait exprimé son souhait de continuer à travailler avec lui, ce qui était également son désir. Il a confirmé sa prise de position par courrier remis au président du CA en cours de séance.
b. M. D_ a fait part de sa satisfaction quant à la décision de l’intéressé et aux discussions de ce dernier avec Mme B_.
c. M. E_ a déclaré être ravi et disposé à s’impliquer pour que tout fonctionne.
d. Mme F_, membre du CA, a indiqué penser que la directrice générale de l’OCAS et M. A_ devaient se rencontrer régulièrement pour parler des points à formaliser et souscrire à la demande de ce dernier d’avoir un suivi par le CA, avec un point de situation chaque mois.
e. M. G_, membre du CA, a déclaré être prêt à s’investir pour ressouder l’équipe.
16) Par courrier du même jour au président du CA, bien qu’en contestant le bien-fondé, l’intéressé a indiqué être disposé à renoncer à contester le report de sa nomination si ses conditions étaient respectées, assurant qu’il mettrait tout en œuvre afin de garantir le bon développement de l’OCAS, en adhérant aux attentes de la directrice générale et de l’ensemble du CA.![endif]>![if>
Il acceptait, par gain de paix, le report de nomination d’une durée maximale de six mois, lequel devrait être accompagné d’objectifs clairs, ainsi que la nomination d’un médiateur, des objectifs clairs devant également être fixés pour la médiation. Il demandait que la retranscription de son évaluation soit accompagnée de ses commentaires et que les points problématiques soient accompagnés d’objectifs spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et temporellement définis, fixés de manière tripartite par le CA, la directrice générale et lui-même, avec mise en place d’un suivi régulier et information périodique du CA de l’avancement des objectifs définis, voire de l’évolution de la médiation.
17) Le 18 décembre 2013, la directrice générale de l’OCAS s’est entretenue avec M. A_.![endif]>![if>
18) Le 13 janvier 2014 a eu lieu un entretien, qui a fait l’objet du procès-verbal du 14 janvier 2014, enregistré et réunissant, outre l’intéressé, le président du CA, M. E_, la directrice générale de l’OCAS et Mme H_, directrice adjointe de la CCGC.![endif]>![if>
a. M. D_ a expliqué avoir reçu un courriel de Mme H_ en décembre 2013, lui faisant part de son ressenti par rapport au comportement de M. A_ et dans lequel il avait détecté des actes potentiellement constitutifs de « mobbing ». Les éléments mentionnés démontraient que les choses n’allaient pas bien. La directrice adjointe de la CCGC revendiquait son rôle de n
o
2. Elle avait le sentiment de ne plus assumer sa fonction, ce qui posait un problème de gouvernance.
Depuis le report de nomination, des éléments avaient été mis en place pour montrer à l’intéressé que sa perception n’était pas forcément la bonne. Ce dernier se positionnait en victime réfutant tout, alors qu’il y avait un cumul d’éléments « venant de différents endroits » qui faisaient que ça ne fonctionnait pas. Il devait prendre conscience de la situation et s’ouvrir aux remarques qui lui étaient faites. S’il avait des compétences techniques extraordinaires, il agissait de la mauvaise manière pour les aspects relationnels et managériaux. Il fallait recréer un climat de confiance, avec mise en place des mesures constructives. Pour collaborer, il convenait de se comprendre sur le fond du problème et ne pas avoir de « clans ». Il n’y avait aucune volonté de lui nuire. En tant que n
o
2 de l’OCAS, il était indispensable, avait un devoir de loyauté envers la directrice générale et devait partager la vision et les valeurs de l’institution, en fonctionnant en équipe.
M. D_ n’avait pas eu le temps de consulter le CA pour le report de nomination et M. A_ l’avait devancé en sollicitant lui-même ce dernier. À présent, tout passait par le CA. Dès la plainte de Mme H_, la directrice générale lui avait parlé et il avait dû prévenir le CA.
b. M. E_ a rapporté qu’à la fin du repas de fin d’année le 17 décembre 2013, il avait salué l’intéressé en souhaitant que l’année 2014 se passe bien pour tout le monde et celui-ci avait répondu qu’il espérait également que l’année 2014 se déroulerait bien. M. E_ avait ajouté qu’il souhaitait que cela se passe bien, y compris pour Mme H_, ce à quoi M. A_ n’avait pas répondu. Le vice-président du CA avait trouvé cette absence de réaction agressive et s’interrogeait sur la possibilité que l’effet des verres de vin consommés durant les repas ou la conversation récente avec le président du CA ait eu pour conséquence que le nom de l’adjointe de direction de la CCGC suscite la réserve chez l’intéressé. Par ailleurs, à son arrivée au restaurant, il avait constaté que Mmes H_ et C_ occupaient les places les plus proches de la porte alors qu’une autre équipe était installée à l’autre bout de la table, à distance.
À la fin de la discussion relative au repas du 17 décembre 2013, M. E_ a quitté la séance, tout en restant en communication par le biais de son téléphone portable.
c. M. A_ a précisé qu’en le saluant, M. E_ avait ajouté être confiant, lui-même ayant répondu l’être aussi et ayant en outre souhaité que tout se passe bien pour tout le monde, ce qui comprenait Mme H_. Il n’avait pas le souvenir du vœu du vice-président du CA que tout se déroule bien pour cette dernière et n’avait pas fait exprès d’ignorer cette remarque. Il ne buvait pas à midi et n’avait consommé qu’un verre de vin pendant le repas, de sorte qu’il était sobre et conscient. À son arrivée, un groupe était déjà assis et il s’était installé à sa suite. Il ne se souvenait pas si Mmes H_ et C_ étaient arrivées avant et cela n’avait rien à voir avec l’entretien.
Il avait laissé son adjointe de direction libre d’assister à la séance de préparation avec la société d’audit à laquelle il lui était reproché de ne pas l’avoir laissée participer, mais elle n’était pas venue. Elle avait reçu le rapport et avait été la seule à ne pas donner son avis. Par le passé, elle ne participait pas à ce type de séance, durant laquelle il s’agissait de feuilleter le rapport et d’apporter des corrections « cosmétiques ». Il ne voyait pas la problématique et ne comprenait pas l’attaque. Elle était la personne la plus impliquée dans les groupes de travail et ne pouvait pas être partout. Depuis son arrivée, Mme H_ jouissait d’une liberté totale et il l’avait toujours soutenue, aidée, voire
«
coachée
».
Lorsque la porte de son adjointe de direction était ouverte, il allait la saluer mais avait constaté qu’elle-même ne le faisait pas.
Tout ce qui arrivait lui semblait bizarre et non fondé. Il avait fait des efforts et avait montré qu’il allait dans le sens de la directrice générale. Il vivait une période très difficile, n’avait pas senti être indispensable et n’avait pas reçu beaucoup de soutien du CA et de celle-ci. Il ne comprenait pas pourquoi personne ne lui avait parlé du problème avec son adjointe de direction avant de porter l’affaire devant le CA. Trois semaines avant sa plainte, il avait mangé avec cette dernière, laquelle l’avait complimenté, lui disant qu’il était son soutien et exprimant son plaisir de travailler avec lui. Il irait lui parler.
Il n’avait pas insulté l’un des collaborateurs. La situation était navrante. Il était constamment jugé sur des « on-dit », personne ne l’interrogeait sur la véracité des faits rapportés et il devait constamment se défendre. Il ne se sentait pas soutenu, ni cru.
d. Mme H_ a exprimé se sentir dans une impasse avec l’intéressé. Ils ne comprenaient pas leur attitude respective. Elle constatait un grand décalage de comportement de ce dernier par rapport à la CCGC et à l’OCAS. Elle lui avait fait part du fait qu’ensemble, ils devaient mieux porter les projets de l’OCAS et que la collaboration et la communication avec les services transversaux - qui n’existaient pas - devaient s’améliorer. Ils ne s’étaient pas entendus, ayant deux manières différentes de voir les choses.
M. A_ rapportait les décisions collégiales du CODIR OCAS au comité de direction de la CCGC (ci-après : CODIR CCGC) comme si elles étaient imposées. Elle avait envie de le soutenir, mais il n’allait pas dans le même sens qu’elle, de sorte qu’elle s’était retrouvée dans un conflit de loyauté avec la directrice générale, avec laquelle elle s’était expliquée. Dans le cadre d’une affaire relative aux frais d’administration pour les non-actifs, de laquelle il l’avait chargée, elle avait constaté une indication erronée de sa part. Elle avait donc contacté la directrice générale et le président du CA, afin de remplacer l’extrait du procès-verbal par une décision du CA, et avait été étonnée lorsque M. A_ avait dit au CODIR CCGC qu’il ne comprenait pas l’intérêt et la manière d’agir du CA, qui avait demandé des explications. Lorsque la CCGC avait reçu le rapport de la société d’audit, elle avait pris l’initiative d’une séance de travail. Elle avait transmis les documents à un collaborateur mentionné dans le rapport, auquel l’intéressé ne les avait transmis qu’après coup. Ce dernier lui avait fait comprendre qu’elle n’était pas la bienvenue à la séance de préparation, alors qu’elle y avait participé en 2012.
Ils en étaient arrivés au point de ne plus se parler, ce qui l’attristait et la décevait. Elle ne le saluait plus depuis que lui-même ne le faisait plus. Elle se sentait dans la même situation que Mme I_ et M. J_, avec lesquels M. A_ ne communiquait pas non plus. Il avait émis de nombreuses critiques sur M. J_. Elle lui avait conseillé de lui en faire part, mais il ne l’avait pas fait.
Après s’être exprimée, Mme H_ a quitté la séance.
e. Mme B_ a indiqué qu’il s’agissait de problèmes d’attitude. Elle était « frappée » que Mme H_ ne soit pas associée à certaines séances auxquelles un adjoint devait participer. Cette dernière, qui possédait plus de vingt ans d’expérience à la CCGC et dont les compétences et l’intégrité étaient reconnues de tous, avait mis en évidence que, depuis le report de nomination, l’intéressé avait changé d’attitude à son endroit.
Depuis le début, Mme B_ avait eu pour seul objectif de porter la vision du CA et de mettre en place l’OCAS. Elle avait senti que, parfois, certaines choses dérangeaient l’intéressé et des discussions informelles avaient eu lieu. Cela ne s’était pas amélioré durant les derniers mois avant le report de nomination, destiné à attirer l’attention sur le besoin de mise en conformité. Elle avait fait l’évaluation afin de pouvoir continuer et mieux redémarrer ensemble, mais il refusait de l’accepter. L’ambiance n’était pas sereine et il fallait une réelle collaboration avec les services transversaux. Elle était convaincue qu’ils pouvaient réussir. Si la situation n’était pas facile pour lui, elle ne l’était pas pour elle non plus. Outre les problèmes de fonctionnement et d’ambiance, il tenait un double discours. Elle avait aussi entendu qu’il avait tenu des propos désagréables concernant M. J_.
M. A_ n’avait pas la même manière de voir les choses qu’elle. Ils discutaient à présent ensemble, il l’avait consultée pour chaque sujet et les séances du CODIR OCAS se déroulaient bien, ce dont elle était satisfaite. C’était ce qui se passait autour qui posait problème. Il fallait se mettre d’accord sur des modes de fonctionnement.
19) a. Par courrier du 20 janvier 2014, Mme B_ a transmis à l’intéressé la retranscription de l’évaluation du 15 octobre 2013, à laquelle elle a joint sa note du 18 octobre 2013 ainsi que le courrier de ce dernier du 31 octobre 2013.![endif]>![if>
b. Le formulaire annexé reprenait le contenu de la note en l’adaptant à la forme usuelle d’évaluation.
L’objectif convenu de l’inscription de toutes les actions dans une logique de collaboration au sein de l’OCAS, dans l’intérêt de l’OCAS et sous la responsabilité de la directrice générale, n’était pas atteint. Certaines compétences n’étaient pas maîtrisées, étaient à la fois maîtrisées et non maîtrisées ou devaient être développées. N’acceptant pas les remarques, notamment formalisées dans un document, il lui revenait d’accroître son sens des relations interpersonnelles.
20) Par courrier du 27 janvier 2014, conformément aux souhaits exprimés par le CA durant ses séances des 17 décembre 2013 et 21 janvier 2014, la directrice générale de l’OCAS a convoqué M. A_ à un entretien de service le 24 février 2014, en sa présence et celle président du CA, ayant pour objet les devoirs d’entretenir des relations dignes et correctes avec les supérieurs, les collègues et les subordonnés, de permettre la collaboration entre ces personnes, de justifier et renforcer la considération et la confiance dans la fonction publique, d’assurer l’exécution ou la transmission des décisions notifiées, d’informer les subordonnés du fonctionnement de l’administration et du service et de veiller à la protection de la personnalité des membres du personnel.![endif]>![if>
Entre fin novembre et mi-décembre 2013, l’OCAS avait assisté et été informé de nouveaux éléments jugés inappropriés au vu des objectifs convenus au moment du report de nomination. Des discussions avaient déjà eu lieu le 18 décembre 2013 avec Mme B_ ainsi que le 13 janvier 2014. L’attitude de M. A_ dénotait un manquement à l’entretien de relations dignes, correctes et loyales avec ses supérieurs et avec ses collègues.
21) Le même jour, l’intéressé a été mis en arrêt de travail total jusqu’au 12 février 2014 pour cause de maladie.![endif]>![if>
22) Par courrier du 29 janvier 2014, il a contesté, d’une part, la manière dont la relation avait évolué depuis que l’OCAS avait décidé, sans avoir procédé à une évaluation, de reporter sa nomination et, d’autre part, le rapport d’évaluation transmis le 20 janvier 2014.![endif]>![if>
Les reproches infondés subis depuis le report de la nomination allaient à l’encontre des modalités fixées lors du report de nomination, constituaient une atteinte grave à sa personnalité et l’affectaient dans sa santé. La convocation à l’entretien de service lui avait été adressée alors qu’il était en arrêt maladie et il ne pourrait y prendre part que dans la mesure où il serait rétabli.
23) Par courrier du 10 février 2014, l’OCAS a contesté le contenu du courrier du 29 janvier 2014.![endif]>![if>
Le report de nomination était intervenu après plusieurs entretiens et une évaluation détaillée. Si l’intéressé avait commencé par contester l’évaluation du 15 octobre 2013 et le report de nomination, il avait, le 19 novembre 2013, formellement accepté ce dernier et le principe de la retranscription de l’évaluation, qui était intervenue le 20 janvier 2014. L’accusation de reproches quotidiens depuis le report d’évaluation était fausse et sans fondement. La convocation à l’entretien de service avait croisé l’annonce de l’arrêt maladie.
24) a. Par courrier du 13 février 2014, M. A_ a contesté le report de nomination et l’évaluation du 20 janvier 2014 et a demandé la transmission d’une copie du dossier, y compris l’enregistrement du 13 janvier 2014 effectué sur le téléphone de la directrice générale de l’OCAS.![endif]>![if>
Il a repris et complété l’argumentation développée précédemment.
L’évaluation indiquait pour les mêmes compétences aussi bien qu’elles étaient maîtrisées que non maîtrisées. Les objectifs fixés n’étaient pas mesurables et ne tenaient pas compte des conditions convenues lors du report de nomination. Le report de nomination n’était valable qu’aux conditions qu’il avait posées et que l’OCAS avait admises. Elles n’avaient pas été respectées, de sorte que la prolongation de la période probatoire était nulle. La convocation à l’entretien de service mentionnait de nouveaux éléments inappropriés sans plus de précisions, procédant ainsi à une nouvelle forme de pression inacceptable.
b. Selon le certificat médical du 12 février 2014 annexé, l’arrêt de travail total était prolongé jusqu’au 28 février 2014.
25) a. Par courrier du 26 février 2014, l’OCAS a répondu au courrier du 13 février 2014.![endif]>![if>
Au vu du processus de recrutement, l’intéressé ne pouvait ignorer le descriptif et le cahier des charges du gérant de la CCGC. Ayant participé à la mise en place des modifications de l’organisation de l’OCAS, il connaissait les attentes liées à sa fonction. Son comportement avait donné lieu à de nombreuses remarques orales de la part de la directrice générale de l’OCAS. Le fait que la note de l’entretien du 15 octobre 2013 ne soit pas établie sur le formulaire usuel ne changeait rien à l’existence et au contenu de l’évaluation. Lors de la séance du CA du 19 novembre 2013, M. A_ avait remis à M. D_ un courrier faisant état de conditions non évoquées devant le CA. Au cours d’un entretien téléphonique le lendemain, il s’était excusé, avait indiqué que les exigences supplémentaires n’avaient pas lieu d’être et qu’il écrirait un nouveau courrier conforme à ses déclarations du 19 novembre 2013, ce qu’il n’avait finalement pas fait. S’il entendait contester la prolongation, il aurait dû le faire immédiatement. Il ne pouvait prétendre avoir été induit en erreur par les vices de forme de la décision, gérant une caisse notifiant des dizaines de décisions
par mois. La médiation avait été engagée. La séance du 13 janvier 2014 avait été enregistrée avec l’accord de tous les participants.
b. À ce courrier était joint l’entretien de service du 24 février 2014, auquel l’OCAS avait procédé par écrit suite à la prolongation de l’arrêt de travail et lequel était signé par sa directrice générale et le président du CA. L’OCAS envisageait de mettre un terme aux rapports de services.
L’intéressé avait adopté une attitude générale et un double discours dénotant un manque de loyauté envers sa hiérarchie. Il rapportait les décisions prises collégialement par le CODIR OCAS auprès du CODIR CCGC comme imposées par la directrice générale, laissant sous-entendre une absence de vision commune et se désolidarisant ainsi de la décision prise. Il induisait par son attitude un état d’esprit sarcastique chez les membres du CODIR CCGC. Ces faits, inacceptables de la part d’un directeur, étaient constatés par la directrice adjointe de la CCGC, laquelle était membre des deux comités de direction, ce qui la plaçait dans une situation de contrainte et de conflit de loyauté.
Depuis le report de nomination, il avait changé d’attitude avec sa directrice adjointe, ne lui adressant plus la parole. Il ne collaborait pas avec elle et l’isolait volontairement, entretenant des relations directes avec les responsables de division de la CCGC et la mettant à l’écart des problématiques discutées. Cette situation l’empêchait d’accomplir sa mission et la discréditait auprès des responsables de division.
Il n’avait entrepris aucune démarche permettant d’engager un dialogue auprès des responsables des services transversaux. Dans le contexte de la révision principale de la CCGC par la fiduciaire, il n’avait pas impliqué le service de contrôle interne (ci-après : SCI) malgré les problématiques relevant de sa compétence. Son attitude et l’absence de collaboration avec les cadres de l’OCAS dénotaient une difficulté à accepter le modèle mis en place. L’image donnée au sein de la CCGC des responsables des services transversaux et des personnes s’investissant dans ces services était déplorable, notamment en raison de moqueries à leur encontre.
Lors de l’entretien du 18 décembre 2013, il avait minimisé l’importance des faits reprochés et affirmé l’absence de fondements de certains des éléments évoqués. Le but de la séance du 13 janvier 2014 était de le confronter à sa directrice adjointe. Il avait démontré une absence totale de remise en question. Il n’avait ensuite pas procédé à la discussion promise avec cette dernière.
26) Le 3 mars 2014, l’arrêt de travail total a été prolongé du 1
er
au 28 mars 2014.![endif]>![if>
27) a. Par courrier du 28 mars 2014, M. A_ a insisté sur le fait que les conditions du report de nomination n’avaient pas été respectées par l’OCAS, lequel avouait n’avoir pas fourni de cahier des charges, ni fait de remarque ou évaluation écrite pendant deux ans. L’OCAS n’avait pas contesté le courrier du 19 novembre 2013 par écrit, ce qui démontrait qu’il ne contenait pas de nouvelles conditions. L’attitude de l’OCAS contribuait à son atteinte à la santé.![endif]>![if>
b. Conformément au certificat médical du 27 mars 2014 joint au courrier, son incapacité totale de travail était prolongée jusqu’au 30 avril 2014.
c. Dans ses observations du 28 mars 2014 relatives à l’entretien de service écrit annexées, il demandait à l’OCAS de constater l’absence de manquement, les violations de la procédure d’évaluation, le non-respect des conditions de prolongation de la période probatoire et la nullité de cette dernière.
Il a repris et précisé l’argumentation formulée auparavant.
L’entretien de service ne pouvait prendre la forme écrite que dans des situations exceptionnelles et, en cas de maladie, que lorsque l’incapacité se prolongeait au-delà de la période de protection. La précipitation à procéder par la voie écrite constituait une pression inadmissible supplémentaire. Le formulaire d’entretien de service ne contenait aucun objectif pour qu’il puisse améliorer son comportement et contenait pour seule sanction le souhait d’une rupture des relations de service, avant de l’avoir entendu. Cette violation de son droit d’être entendu s’ajoutait aux autres violations, qui avaient pour conséquence que toute décision de résiliation des rapports de service serait nulle.
Le changement d’attitude de la directrice générale juste avant sa nomination provenait d’une différence de rythme de travail entre cette dernière et lui-même. Sur vingt-huit mesures sous sa responsabilité, il en avait terminé vingt-et-une, et sept, dont deux ayant des échéances à long terme, étaient en cours. Sur les vingt-cinq mesures incombant à Mme B_, seize n’avaient pas débuté, deux étaient en suspens et sept en cours, aucune n’étant terminée, malgré l’échéance à fin 2013. La confrontation entre les deux rythmes de travail s’était accentuée avec le regroupement de la CCGC et l’OCAI au même endroit.
Il n’avait pas été convoqué à l’entretien du 15 octobre 2013 contrairement à ce que prévoit le guide de l’entretien d’évaluation de l’État. Aucun formulaire ne lui avait été remis. Il n’existait pas de document de référence, en l’absence d’objectifs fixés, de cahier des charges et de précédente évaluation. La décision de prolongation de la période probatoire avait été prise avant l’échéance du délai pour qu’il fasse valoir ses observations, sans qu’il ait été entendu par le CA et sans que ce dernier dans son ensemble ait été consulté. L’original de la décision ne lui était parvenu qu’après l’échéance de sa période probatoire. Le CA avait accepté les conditions contenues dans le courrier de M. A_ du
19 novembre 2013 durant sa séance du même jour. La médiation n’avait jamais débuté. Aucun accord n’avait été trouvé sur les objectifs. La retranscription de l’évaluation du 15 octobre 2013 avait été effectuée plus de deux mois après avoir été demandée par le CA. Sans attendre ses commentaires, il avait été convoqué à l’entretien de service, son droit d’être entendu ayant à nouveau été violé.
Il contestait tous les reproches formulés à son encontre. Les faits rapportés par sa directrice adjointe à Mme B_ étaient déformés et sortis du contexte des séances du CODIR CCGC. Il n’avait jamais tenu de double discours, ni manqué de loyauté. Il avait toujours défendu les positions et décisions de sa supérieure et du CODIR OCAS. Il lui avait cependant à certaines occasions été impossible de suivre les positions de la directrice générale de l’OCAS pour des raisons objectives, comme le besoin d’une meilleure répartition des postes, des projets bloqués sans raison - la messagerie commune à l’OCAS, bloquée dans l’attente de l’aval de Mme B_ depuis avril 2013, ou le portail internet interne à l’OCAS, dont la feuille de route n’avait jamais été validée malgré ses relances -, et des décisions contraires à celles du CODIR OCAS - les tableaux de bord dont il avait fait une démonstration au CA en première partie de l’année 2012 et que le service informatique était prêt à mettre en œuvre mais que la directrice générale avait confiés au SCI.
Les accusations de mise à l’écart de son adjointe de direction étaient très graves et « diffamatoires ». Les conditions dans lesquelles s’était déroulé l’entretien du 13 janvier 2014 n’avaient pas permis un échange franc et loyal. Il n’avait pas pu parler à cette dernière avant son arrêt maladie. C’était elle qui avait changé d’attitude à son égard dès la prolongation de sa période probatoire.
Il avait collaboré avec les services transversaux dans la mesure nécessaire à la mise en place des projets liés à la CCGC. C’était à la directrice générale de l’OCAS que revenait la responsabilité directe des services transversaux. Le point soulevé par la fiduciaire concernait uniquement le directeur de la CCGC et éventuellement le directeur des finances, présent à la séance, mais pas le SCI. Une grande partie de ses projets avaient été lancés tant pour la CCGC que pour l’OCAS. Il avait toujours inscrit son activité dans la vision globale de l’OCAS, en matière de stratégie d’entreprise - stratégie, management, communication externe, gestion des ressources humaines et contrôle -, de fonctionnement des comités de direction et de gestion du service informatique. Les précisions demandées quant aux allégations de moqueries, dépourvues de fondement, et la confrontation avec les plaignants lui avaient été refusées.
La directrice générale de l’OCAS avait toujours fait preuve de désintérêt pour la CCGC, ne lui ayant jamais demandé comment cette dernière se portait ni sollicité de renseignements ou d’information sur son activité. Lorsqu’il avait essayé de l’intéresser, elle lui avait répondu lui faire confiance. Il n’y avait pas de cohérence entre le comportement de sa supérieure et les reproches à son encontre.
28) Par courrier du 9 avril 2014, l’OCAS a fait part de son intention de mettre un terme aux rapports de service, a accordé un délai au 17 avril 2014 à l’intéressé pour faire part d’éventuelles observations complémentaires et a relevé l’état d’esprit de confrontation et concurrentiel de ses propos, lesquels reflétaient son refus manifeste de s’inscrire dans le modèle de l’OCAS voulu par le CA.![endif]>![if>
Il a répondu aux arguments de M. A_ en reprenant des éléments déjà formulés et en ajoutant de nouveaux.
Il n’était pas pertinent de fixer des objectifs dans l’entretien de service écrit, tenu précisément pour exposer le fait qu’il n’avait pas atteint les objectifs fixés le 15 octobre 2013, les faits reprochés et les intentions de l’employeur, afin de donner la possibilité au collaborateur d’exercer son droit d’être entendu en connaissance de cause.
29) Par courrier du 17 avril 2014, l’intéressé a déploré la brièveté du délai imparti, a contesté intégralement les termes du courrier du 9 avril 2014, a maintenu ses observations du 28 mars 2014 et a annoncé qu’il contesterait l’éventuelle décision de résiliation des rapports de service.![endif]>![if>
Il a repris des points précédemment exposés, y apportant des précisions.
La discussion téléphonique avec le président du CA concernant le courrier du 19 novembre 2013 n’avait pas eu la teneur indiquée par l’OCAS. Il ne s’était pas excusé mais avait simplement proposé de modifier la forme de son courrier, réaffirmant qu’il ne modifierait pas les conditions du report, validées par le CA.
30) Le 28 avril 2014, l’arrêt de travail a été prolongé jusqu’au 1
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juin 2014.![endif]>![if>
31) a. Par décision exécutoire nonobstant recours du 29 avril 2014, notifiée le lendemain et signée par le président du CA, l’OCAS a licencié M. A_ avec effet au 31 juillet 2014 et l’a libéré de l’obligation de travailler.![endif]>![if>
Il a motivé sa décision en répondant aux arguments de l’intéressé et en exposant les reproches formulés précédemment.
Le guide d’évaluation n’avait pas force de loi ou de règlement, ni même de directive, de sorte qu’il pouvait tout au plus contenir des propositions. La loi ne prescrivait pas de forme pour les entretiens d’évaluation. L’évaluation du 15 octobre 2013 avait permis le respect des droits de l’intéressé, lequel avait pu se déterminer oralement sur les faits s’opposant à sa nomination tels qu’exposés. En acceptant sa retranscription dans le formulaire usuel, il avait reconnu sa validité.
La décision de report de nomination était intervenue le 30 octobre 2013, avant l’échéance de la période probatoire. En l’absence de caractère de sanction, il s’agissait d’une question de gestion administrative, domaine dans lequel le président du CA avait reçu la compétence de signer sans discussion en séance avec le CA. Le fait que la notification soit intervenue, le 31 octobre 2013, par voie électronique n’était pas pertinent. Le choix de la réduction à six mois constituait une reconsidération à bien plaire. Les conditions contenues dans le courrier du 19 novembre 2013 n’avaient pas été discutées durant la séance du CA, n’apparaissaient pas au procès-verbal et n’avaient pas pu être acceptées par l’OCAS, qu’elles ne liaient pas. La prolongation de six mois n’était pas assortie de conditions, mais de mesures visant à rétablir une relation de travail saine. L’intéressé n’avait pas contesté la prolongation dans le délai, laquelle était dès lors en force.
Au moment de la fixation de l’entretien de service, l’OCAS ne savait pas que l’arrêt maladie de M. A_ serait prolongé. Ce n’était qu’à réception du nouveau certificat médical qu’il avait décidé de procéder par écrit. La période de protection ne s’appliquait pas en matière d’entretien de service écrit. Il avait fait usage de son droit d’être entendu de manière approfondie.
Outre l’insuffisance de ses prestations par la non-atteinte des objectifs convenus, il avait violé fautivement les devoirs du personnel en relation avec l’attitude générale et les devoirs d’autorité. Le rapport de confiance était rompu. Les actes et l’attitude de l’intéressé rendant impossible la poursuite des rapports de service dans une structure telle que l’OCAS, toute réintégration était impossible.
b. Conformément au procès-verbal de la séance du même jour - approuvé lors de la séance du 27 mai 2014, comme le confirme le procès-verbal de cette dernière séance -, le CA avait pris la décision de licenciement à huit-clos et à l’unanimité sous réserve de deux abstentions, ayant par ailleurs chargé son président de la signer pour le compte du CA.
32) a. Par acte du 28 mai 2014, M. A_ a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre cette décision, concluant préalablement à la restitution de l’effet suspensif, à l’injonction à l’OCAS de produire les procès-verbaux des séances du CA du 1
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janvier 2014 au 30 avril 2014, à la comparution personnelle des parties et à l’ouverture d’enquêtes, principalement à la constatation de la nullité de toute décision de report de nomination, à la constatation du caractère contraire au droit de la décision attaquée, à l’annulation du licenciement et à la proposition de sa réintégration, subsidiairement à la condamnation de l’OCAS à lui payer une indemnité équivalant à vingt-quatre mois du dernier traitement brut, avec intérêts à 5 % dès le 31 juillet 2014, avec suite de frais et « dépens ».![endif]>![if>
Il a repris et complété l’argumentation développée précédemment.
La décision de report de nomination du 30 octobre 2013 avait été prise par le président du CA seul, qui n’avait pas consulté les membres du CA, lesquels en avaient été offusqués, six d’entre eux ayant refusé la convocation pour le 6 novembre 2013 en signe de protestation. Le CA n’avait pas statué dans sa composition régulière. Du fait de l’absence d’évaluation avant celle du 15 octobre 2013, de prise en compte de sa position dans la note relative à cet entretien - qu’il n’avait pas signée - et d’octroi d’un délai pour faire part de ses observations, son droit d’être entendu avait été violé, sans que l’évaluation du 20 janvier 2014 ne répare ce vice. Il n’avait pas expressément accepté la communication par courriel et la notification de la décision du 30 octobre 2013 par ce biais était irrégulière, de sorte qu’elle n’était survenue que lors de la réception du courrier et était tardive. Pour ces trois motifs, la décision de report de nomination était nulle. Subsidiairement, elle était nulle en raison de la violation des conditions de prolongation de la période probatoire. Le licenciement était ainsi intervenu après la fin de la période probatoire.
La décision attaquée avait été prise par le président du CA seul, alors qu’une signature collective à deux était nécessaire pour engager l’OCAS. Le licenciement reposait sur des appréciations subjectives contraires à celles ressortant de la procédure d’évaluation des prestations et des faits ainsi que sur des manquements - non avérés - dont la gravité ne pouvait justifier une telle décision. Aucun reclassement ni mesure de développement ou de réinsertion professionnelle ne lui avait été proposé.
En raison du dommage causé par la perte de son emploi, du caractère possible de la réintégration, de l’absence de manquement, de la responsabilité de l’OCAS dans la dégradation des rapports de service et de l’absence de reclassement, l’indemnité en cas de refus de réintégration devrait s’élever à vingt-quatre mois de son dernier traitement brut.
Même à admettre la validité de la décision de report de nomination, le licenciement avait été notifié le dernier jour de la période probatoire prolongée, le 30 avril 2014, de sorte que le vice formel lié à la signature du président du CA seul ne pouvait être réparé avant la fin de la période probatoire prolongée. Le fait d’admettre la notification malgré son irrégularité lui causerait irrémédiablement un préjudice, de sorte que la décision attaquée devait être examinée à la lumière des licenciements prononcés après la période probatoire.
b. À l’appui de son recours, il a versé plusieurs documents à la procédure. L’organigramme de l’OCAS indiquait que l’OCAS, à la tête duquel se trouvait Mme B_, était composé de l’OCAI et de la CCGC, ainsi que de services transversaux - parmi lesquels le SCI - directement soumis à la directrice générale de l’OCAS. Selon un document non daté intitulé « Mesures principales de la feuille de route validée par le CA [...] ainsi que diverses mesures prises lors des CODIR OCAS », vingt-et-une mesures de M. A_ étaient terminées et sept en cours tandis que sept mesures de Mme B_ étaient en cours, seize non débutées et deux en suspens. Une enveloppe portant le logo de l’OCAS et adressée à l’intéressé portait un tampon postal du 31 octobre 2013 et avait été postée par courrier A. Le guide de l’entretien d’évaluation et développement du manager de l’office du personnel de l’État exposait les informations relatives audit entretien.
33) Par observations sur effet suspensif du 13 juin 2014, l’OCAS a conclu au rejet de la demande de restitution de l’effet suspensif, au rejet du recours, à la confirmation du licenciement, avec suite de « dépens ».![endif]>![if>
Il a repris et précisé l’argumentation formulée auparavant.
L’OCAS refusait toute réintégration, le lien de confiance étant irrémédiablement rompu, raison pour laquelle il avait libéré l’intéressé de l’obligation de travailler.
Les vices invoqués par M. A_ auraient été sanctionnés par l’annulabilité et non la nullité de la décision de report de nomination, sous réserve du grief du non-respect des conditions de prolongation de la période probatoire, qui ne constituait ni un motif de nullité, ni un motif d’annulabilité. L’absence de sa signature sur le document d’évaluation n’avait aucune conséquence sur sa validité, la signature indiquant seulement la prise de connaissance, non contestée en l’espèce. L’absence de délai pour communiquer des observations n’était pas pertinent, M. A_ ayant conscience de cette possibilité de par sa fonction. La décision du 30 octobre 2013 avait été envoyée et lue le dernier jour de la période probatoire. La communication par courriel au sein de la direction était fréquente, de sorte qu’en entrant dans ce genre de poste, l’intéressé pouvait automatiquement se voir opposer ce mode de communication. La décision de prolongation de la période probatoire était valable et entrée en force.
La décision attaquée avait été prise par le CA au complet, lequel était compétent.
Même à considérer que les règles applicables à la fin des rapports de service avec un fonctionnaire étaient applicables, le licenciement était fondé. Il avait été prononcé en raison de l’insuffisance des prestations et de la rupture du lien de confiance, laquelle ne permettait pas à l’OCAS de proposer à l’intéressé un autre poste en son sein, n’ayant pas la possibilité d’en proposer hors de l’institution. Il n’y avait pas de mesures de développement et de réinsertion professionnelle pouvant aider M. A_, qui pourrait retrouver facilement en emploi au vu de ses qualifications et son jeune âge.
34) Par décision du 4 juillet 2014, la présidence de la chambre administrative a refusé la restitution de l’effet suspensif et réservé le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond.![endif]>![if>
35) a. Par réponse du 25 juillet 2014, l’OCAS a persisté dans l’intégralité de ses conclusions.![endif]>![if>
Il a repris l’argumentation développée précédemment et l’a compétée.
En raison de la conformité au droit du licenciement, aucune indemnité n’était due à l’intéressé. Si une indemnité était allouée, la gravité des faits reprochés et la facilité avec laquelle il retrouverait un emploi devaient être prises en compte.
b. À l’appui de sa réponse, l’OCAS a versé de nouvelles pièces à la procédure.
Un document intitulé « commentaire organigramme OCAS : nouvelle organisation dès 1
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avril 2012/1
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mai 2012 », rédigé par la directrice générale de l’OCAS en collaboration avec M. A_ et daté du 27 mars 2012, relevait que ce dernier possédait le profil idéal pour relever le défi de direction de la CCGC, dans le but de la mener vers une modernisation de ses processus internes et une inscription dans le projet global de l’OCAS. Dès sa venue et pour la prise du poste, il s’était appliqué à mener une réflexion générale et à poser une analyse sous la forme d’un diagnostic des différents processus et services de la CCGC, avec pour but de faire le bilan des bonnes pratiques et de tirer les grandes lignes d’amélioration dans une perspective de planification d’objectifs à réaliser à terme, tant pour la CCGC qu’au sein de l’OCAS, en collaboration avec la directrice générale. Un délai à fin 2012 était nécessaire pour que les différents processus transversaux s’installent correctement et déploient leur finalité efficacement.
Un exemplaire du courrier du M. A_ du 19 novembre 2013 comportait des notes manuscrites indiquant « m’en envoie une autre, est désolé, s’excuse - téléphone du 20.
11.13/16
h50 ».
36) Par lettre du 15 août 2014, l’intéressé a maintenu ses conclusions et a demandé les raisons à l’origine de l’absence de mesures d’instructions complémentaires.![endif]>![if>
37) Par courrier du 18 août 2014, le juge délégué a expliqué que les motifs de l’absence de mesures d’instruction complémentaires seraient exposés dans l’arrêt et a indiqué que la cause était gardée à juger.![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 31 al. 1 et 32 al. 7 de la loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux du 4 décembre 1997 - LPAC -
B 5 05
; par renvoi de l’art. 6 let. h de la loi relative à l’OCAS du 20 septembre 2002 - LOCAS -
J 4 18
; art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1
let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) Le recourant sollicite la production des procès-verbaux des séances du CA du 1
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janvier au 30 avril 2014, la comparution personnelle des parties ainsi que l’ouverture d’enquêtes.![endif]>![if>
a. Tel qu’il est garanti par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. -
RS 101
), le droit d’être entendu comprend notamment le droit pour l’intéressé d’offrir des preuves pertinentes et d’obtenir qu’il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes (ATF
135 I 279
consid. 2.3 p. 282 ;
132 II 485
consid. 3.2 p. 494 ;
127 I 54
consid. 2b p. 56 ; arrêts du Tribunal fédéral
2D_5/2012
du 19 avril 2012 consid. 2.3 ;
2C_552/2011
du 15 mars 2012 consid. 3.1).
b. Le droit de faire administrer des preuves n’empêche cependant pas le juge de renoncer à l’administration de certaines preuves offertes et de procéder à une appréciation anticipée de ces dernières, en particulier s’il acquiert la certitude que celles-ci ne l’amèneront pas à modifier son opinion ou si le fait à établir résulte déjà des constatations ressortant du dossier (ATF
136 I 229
consid. 5.2 p. 236 ;
134 I 140
consid. 5.3 p. 148 ;
131 I 153
consid. 3 p. 158 ;
ATA/586/2013
du 3 septembre 2013 consid. 5b).
c. En l'espèce, la chambre administrative dispose d'un dossier complet lui permettant de trancher le litige et se prononcer sur les griefs soulevés en toute connaissance de cause.
Il ne sera dès lors pas donné suite aux requêtes du recourant.
3) Le recours porte sur la conformité au droit de la décision de l’autorité intimée de mettre fin aux rapports de service la liant à M. A_.![endif]>![if>
4) Dans un grief d’ordre formel, le recourant soutient que le président du CA ne pouvait pas signer seul la décision attaquée.![endif]>![if>
a. Le CA nomme et révoque la direction de l’OCAS ainsi que des institutions qu'il regroupe (art. 6 let. g LOCAS). Il fixe les pouvoirs de signature, dans le respect des compétences attribuées par le droit fédéral au directeur de la CCGC et de l’OCAI (art. 6 let. c LOCAS).
L'OCAS est valablement engagé par la signature collective du président ou du vice-président du CA, conjointement avec celle d'un membre du bureau ou du directeur de l'OCAS ou de l'un ou l'autre des directeurs des établissements composant l'OCAS (art. 5 al. 1 du règlement d'exécution de la LOCAS du 23 mars 2005 - ROCAS -
J 4 18.01
).
b. Les décisions doivent être désignées comme telles, motivées et signées (art. 46 al. 1 LPA). Une notification irrégulière ne peut entraîner aucun préjudice pour les parties (art. 47 LPA).
c. Selon la doctrine et la jurisprudence, ce n’est que dans l’hypothèse d’une réparation impossible du vice que la sécurité du droit ou le respect de valeurs fondamentales implique l’annulabilité d’une décision viciée à la forme. Ce principe général découle des règles de la bonne foi qui, conformément à l’art. 5 al. 3 Cst., imposent également des devoirs à l’autorité dans la conduite d’une procédure (ATF
123 II 231
consid. 8b p. 238 ;
119 IV 330
consid. 1c ; 117 Ia 297 consid. 2 p. 298 s ; Benoît BOVAY, Procédure administrative, 2000, p. 271). L’inobservation des mentions dont l’art. 46 LPA exige le respect ne saurait par conséquent conduire à l’annulation de la décision attaquée si le vice qui affecte celle-ci peut être réparé, à travers le contrôle qu’exerce la chambre administrative, sans occasionner de préjudice pour les parties (
ATA/480/2012
du 31 juillet 2012 consid. 3d ;
ATA/155/2012
du 20 mars 2012 consid. 5b ;
ATA/524/2007
du 16 octobre 2007 consid. 5c).
Dans une affaire dans laquelle la décision attaquée ne comportait pas de signature manuscrite, il avait été constaté que, si ce vice formel constituait un motif d'annulabilité, il n'avait entraîné aucun préjudice pour la recourante, qui avait valablement recouru, de sorte que la décision attaquée ne pouvait être annulée sans faire preuve de formalisme excessif (
ATA/524/2007
du 16 octobre 2007 consid. 5e).
d. En l’espèce, conformément au procès-verbal de la séance du CA du 29 avril 2014, le CA a accepté