# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3a332ade-ed02-48f9-87ad-84e52ee5edc5
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 14 avril 2020, B._ a déposé plainte pénale contre A._ pour calomnie, voire subsidiairement diffamation (DO/1-6). Il reprochait à A._ d’avoir usé de termes attentatoires à son honneur, d’une part, dans une requête en médiation du 24 janvier 2020 et, d’autre part, dans une lettre de lecteur parue dans le journal C._ en 2020. B._ relevait que notamment dans la requête en médiation A._ avait utilisé les termes suivants: « D._. ». S’agissant de la lettre de lecteur, B._ soulignait que, entre autres, A._ avait relaté les termes suivants : « E._. »
En audience du 8 juillet 2020 devant le Ministère public, B._ a complété sa plainte en raison des allégations tenues le même jour par A._ (DO/187).
Le 24 août 2020, le Ministère public a adressé aux parties un avis de clôture d’instruction les informant que, s’agissant des propos contenus dans le courrier du 24 janvier 2020 et lors de l’audience du 8 juillet 2020, il entendait rendre une ordonnance de classement, alors que, pour les propos tenus dans le courrier de lecteur en 2020, il entendait rendre une ordonnance pénale pour diffamation.
Par courriers des 4 et 28 septembre 2020, A._ s’est déterminé et a formulé différentes réquisitions de preuves. Il a par ailleurs réitéré sa requête du 20 juillet 2020 par laquelle il demandait au Ministère public d’examiner d’office l’application contre B._ des art. 303 et 304 CP.
B. a) Par ordonnance du 6 octobre 2020, le Ministère public a décidé de ne donner aucune suite à la requête de A._ d’examiner les plaintes de B._ sous l’angle des art. 303 ss CP (DO/433).
b) Par ordonnance du 6 octobre 2020, le Ministère public a rendu une ordonnance de classement pour les éléments ressortant des faits des 24 janvier 2020 et 8 juillet 2020 reprochés à A._ (DO/434 s.).
c) Par ordonnance pénale du 6 octobre 2020, le Ministère public a reconnu A._ coupable de diffamation pour les propos tenus dans le courrier de lecteur en 2020 et l’a condamné à une peine pécuniaire de 15 jours-amende, avec sursis pendant 2 ans, le montant du jour-amende étant fixé à CHF 100.-, ainsi qu’aux frais pénaux par CHF 505.- (DO/436-438).
A._ a formé opposition contre dite ordonnance pénale le 19 octobre 2020 (DO/).
Par jugement de la Juge de police de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après : la Juge de police) du 6 mai 2021, A._ a été acquitté. Par ailleurs, la Juge de police n’est pas entrée en matière sur la question préjudicielle de A._ tendant à ce qu’elle se prononce sur l’art. 303 CP à charge de B._ (DO [50 2021 4]/82 ss). Ledit jugement a été notifié aux parties les 17 et 18 août 2021.
C. Le 19 octobre 2020, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de non-entrée en matière du Ministère public du 6 octobre 2020. Il a conclu, sous suite frais et indemnité, à son annulation et à ce que la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après : la Chambre pénale) rende une décision de condamnation contre B._ basée sur l’art. 303 CP, subsidiairement renvoie
Tribunal cantonal TC Page 3 de 8
la cause au Ministère public pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Le recourant a requis de sursoir au traitement du recours jusqu’à droit connu sur son opposition du même jour.
D. Invité à se déterminer, le Ministère public a, par courrier du 4 novembre 2020, conclu au rejet du recours et a laissé à l’appréciation de la Chambre pénale la question de la suspension de la procédure.
E. Par décision du 1er décembre 2020, le Président de la Chambre pénale a suspendu la cause jusqu’à droit connu sur l’opposition de A._ du 19 octobre 2020.
F. Par acte du 18 mai 2021, A._ a déposé un mémoire complémentaire. Il y a notamment indiqué avoir été acquitté par jugement de la Juge de police du 6 mai 2021 et que B._ avait déposé une annonce d’appel. Il a alors demandé de prolonger la suspension de la procédure pendante. Le recourant a par ailleurs complété ses conclusions.
G. Par décision du 27 mai 2021, le Président de la Chambre pénale a indiqué laisser la procédure suspendue jusqu’à droit connu sur un éventuel appel contre le jugement du 6 mai 2021.
H. Informé par la Cour d’appel pénal qu’aucune déclaration d’appel n’avait été déposée par B._ contre le jugement motivé de la Juge de police du 6 mai 2021 et que la cause était ainsi rayée du rôle, le Président de la Chambre pénale a, par décision du 20 septembre 2021, ordonné la reprise de la procédure. Le même jour, il a imparti un délai à B._ pour déposer une détermination sur le recours.
I. Le 22 septembre 2021, A._ a déposé une écriture complémentaire.
J. Le 6 octobre 2021, B._ s’est déterminé sur le recours du 19 octobre 2020 ainsi que sur les mémoires complémentaires de 18 mai 2021 et 22 septembre 2021.
K. Le 13 octobre 2021, A._ s’est spontanément déterminé sur les observations de B._.
L. Par acte du 28 octobre 2021, A._ a déposé un nouveau mémoire complémentaire en se référant à l’arrêt de la Ière Cour administrative du Tribunal cantonal du 8 octobre 2021 relatif à son recours contre la décision de F._ du 20 mai 2020 et portant sur sa demande d’accès à des documents (601 2020 115).

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les parties peuvent attaquer une ordonnance de non-entrée en matière rendue par le ministère public (art. 310 CPP) devant l’autorité de recours qui est, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale (art. 85 al. 1 de la loi sur la justice du 31 mai 2010 [LJ; RSF 130.1]).
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de 10 jours, à l'autorité de recours. L'ordonnance querellée, datée du 6 octobre 2020, a été notifiée au recourant le lendemain, 7 octobre 2020 (bordereau du recours, pièce no 1), de sorte que le recours, déposé le lundi 19 octobre 2020, l'a été en temps utile (art. 90 al. 2 CPP). La question de la
Tribunal cantonal TC Page 4 de 8
recevabilité des mémoires complémentaires déposés après le délai pour interjeter recours sera analysée au regard des moyens de preuve dont l’administration est requise dès lors que, à défaut, lesdits écrits seraient irrecevables puisque tardifs (cf. infra consid. 1.6).
1.3.
1.3.1. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art. 104 al. 1 CPP). Les participants à la procédure tels les lésés, les personnes qui dénoncent les infractions, les témoins, les personnes appelées à donner des renseignements et les tiers touchés par des actes de procédure ont la qualité de partie dans la mesure nécessaire à la sauvegarde de leurs intérêts s'ils sont directement touchés dans leurs droits (art. 105 CPP). Pour se voir reconnaître la qualité de partie en application de cette dernière disposition, il faut que l'atteinte à leurs droits soit directe, immédiate et personnelle, une atteinte de fait ou indirecte n'étant pas suffisante (ATF 137 IV 280 consid. 2.2.1; arrêts TF 1B_276/2015 du 2 décembre 2015 consid. 2.1; 6B_1159/2015 du 7 avril 2016 consid. 2.1).
Lorsque la norme protège un bien juridique individuel, la qualité de lésé appartient au titulaire de ce bien (ATF 138 IV 258 consid. 2.3; 129 IV 95 consid. 3.1). Cependant, lorsque l'infraction protège en première ligne l'intérêt collectif, les particuliers ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés ont été effectivement touchés par les actes en cause, de sorte que leur dommage apparaît comme la conséquence directe de l'acte dénoncé (ATF 138 IV 258 consid. 2.3; 129 IV 95 consid. 3.1 et les références citées); les personnes subissant un préjudice indirect n'ont pas le statut de lésé et sont donc des tiers n'ayant pas accès au statut de partie à la procédure (JEANNERET/KUHN, Précis de procédure pénale, 2e éd. 2018, n. 7017). Cela vaut aussi par rapport aux ordonnances de classement, respectivement de non-entrée en matière (cf. arrêt TF 6B_1234/2013 du 14 mai 2014 consid. 2.4).
Aux termes de l'art. 304 al. 1 CP, l'induction de la justice en erreur est réalisée par celui qui aura dénoncé à l'autorité une infraction qu'il savait n'avoir pas été commise. Alors que l'art. 303 CP relatif à la dénonciation calomnieuse protège tant les intérêts juridiques individuels que l'administration de la justice pénale contre une tromperie, l'art. 304 CP a pour but la protection exclusive de la justice pénale (PC CP, 2ème éd. 2017, art. 304 n. 1).
1.3.2. En l'espèce, alors que le recourant avait requis du Ministère public d’analyser les plaintes pénales de B._ sous l’angle des art. 303 ss CP, il se limite dans son recours à évoquer l’art. 303 CP. Ainsi, on peut admettre, quand bien même il aurait pu motiver son atteinte, que A._ dispose d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la décision attaquée en ce qui concerne l'infraction de dénonciation calomnieuse. Quoi qu'il en soit, vu le sort réservé au recours, cette question peut demeurer ouverte.