# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8e7edb6b-aa6d-59bd-8cf1-fe59de860b8d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Monsieur B_, né le _1974, originaire de Jamaïque, a été condamné le 4 avril 2012 par le Tribunal de police de Genève à une peine privative de liberté de dix-huit mois pour tentative de meurtre.
Par décision du 15 mai 2012, exécutoire nonobstant recours, dûment notifiée, l’office cantonal de la population (ci-après : OCP) a prononcé le renvoi de Suisse de M. B_. Celui-ci était en Suisse sans documents de voyage valables, sans visa ou titre de séjour valables et il présentait une menace pour l’ordre public de la Suisse en raison de sa condamnation pénale. La police était chargée d’exécuter cette décision sans délai.
Le 24 mai 2012, M. B_ a été libéré conditionnellement et remis à la police en vue de son refoulement.
Le même jour, l’officier de police a ordonné la mise en détention administrative de l’intéressé, en vue de renvoi, pour une durée de trois mois. Les démarches en vue de l’obtention d’un titre de voyage permettant le renvoi de M. B_ en Jamaïque étaient en cours et prendraient plusieurs semaines car il avait déclaré que son passeport lui avait été volé. Il faisait l’objet d’une décision de renvoi et avait été condamné pour un crime au sens de l’art. 10 al. 2 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP -
RS 311.0
).
Le 25 mai 2012, M. B_ a été entendu par le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI). Il s’est opposé à son retour en Jamaïque, pays dans lequel il risquait la mort, où il n’avait plus de famille et ne connaissait plus personne.
Par jugement du 25 mai 2012, le TAPI a confirmé l’ordre de mise en détention de M. B_ jusqu’au 22 août 2012, validant les motifs de mise en détention précités retenus par l’officier de police. Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) du 13 juin 2012 (
ATA/381/2012
). Vu l’opposition de M. B_ à son renvoi, les autorités devaient entreprendre les démarches nécessaires à l’obtention des documents de voyage. L’existence d’un danger de mort en Jamaïque n’était pas établie.
La détention de M. B_ a été prolongée par le TAPI jusqu’au 22 octobre 2012 (jugement du 20 août 2012), puis jusqu’au 22 décembre 2012 (jugement du 18 octobre 2012).
Les démarches entreprises par l’office fédéral des migrations (ci-après : ODM) en vue de la délivrance d’un laissez-passer par les autorités jamaïcaines ont été infructueuses car conditionnées au fait que M. B_ signe un formulaire de délivrance d’un laissez-passer, ce qu’il a refusé de faire les 13 novembre et 5 décembre 2012.
Le 5 décembre 2012, l’intéressé a été placé en détention administrative pour insoumission par l’officier de police.
Cet ordre de mise en détention a été confirmé par le TAPI, qui a prolongé la détention jusqu’au 5 janvier 2013 (jugement du 6 décembre 2012), puis jusqu’au 3 mai 2013 (jugement du 28 février 2013).
Entendu par l’OCP le 25 février 2013, M. B_ a refusé de signer le formulaire qui permettrait la délivrance d’un laissez-passer jamaïcain et il a réitéré ce refus lorsqu’il a été auditionné le 28 février 2013 par le TAPI. Parallèlement, l’ODM est entré en discussion avec les représentants des autorités consulaires de Jamaïque en Suisse pour tenter de trouver une solution pragmatique aboutissant à la délivrance d’un laissez-passer à l’intéressé malgré l’absence de signature dudit formulaire.
Le 26 avril 2013, l’OCP a requis la prolongation de la détention de M. B_ pour une nouvelle durée de deux mois.
Lors de son audition par le TAPI du 2 mai 2013, M. B_ a confirmé qu’il refusait de signer le formulaire valant demande de laissez-passer. Il refusait de retourner en Jamaïque pour les motifs qu’il avait exposés jusque-là. Il avait une sœur habitant en Suisse chez qui il pouvait retourner vivre s’il était remis en liberté.
Le 17 mai 2013, l’ODM a informé l’OCP que l’ambassade de Jamaïque était disposée à délivrer le laissez-passer demandé en l’absence de signature de M. B_. L’OCP pouvait dès lors réserver un vol avec accompagnement à destination de Kingston, démarche que cette autorité a effectuée pour le 19 juin 2013.
Le 31 mai 2013, l’officier de police a délivré un ordre de mise en détention administrative en vue de renvoi à l’encontre de M. B_ pour une durée de deux mois fondé sur sa condamnation pour un crime et le risque de fuite lié à son opposition.
Le 3 juin 2013, M. B_ a été entendu par le TAPI. Il a maintenu son refus de retourner en Jamaïque et informé le TAPI qu’il ne monterait pas dans l’avion le 19 juin 2013. Selon le représentant de l’officier de police, il était vraisemblable que le 19 juin 2013 un vol de ligne (vol DEPU) serait organisé. Si cette tentative échouait, un vol avec escorte policière (vol DEPA) serait mis en place en tenant compte qu’un délai de quinze jours serait nécessaire dès la date de la réservation pour obtenir un nouveau laissez-passer.
Par jugement du 3 juin 2013, le TAPI a confirmé l’ordre de mise en détention administrative du 31 mai 2013, pris pour une durée de deux mois, soit jusqu’au 13 juillet 2013. L’officier de police avait considéré de manière fondée que les conditions d’une mise en détention pour insoumission n’étaient plus réalisées dès lors que les autorités jamaïcaines avaient accepté de délivrer un laissez-passer sans requérir la signature de l’intéressé. Le nouveau titre de détention émis par l’officier de police le 31 mai 2013 s’était substitué au titre précédent. Il n’était pas nécessaire que l’OCP prononce la levée de la détention pour insoumission préalablement. Les conditions d’une mise en détention en vue de renvoi étaient réalisées. M. B_ avait été condamné pour un crime et il existait un risque de fuite matérialisé par le comportement de l’intéressé, qui s’opposait systématiquement et catégoriquement à son renvoi. La durée de la détention administrative était inférieure à la durée maximale légale qui était de dix-huit mois. Le principe de célérité avait été respecté et la mesure était proportionnée.
Le 19 juin 2013, M. B_ a refusé de prendre place dans l’avion dans lequel une place à destination de Kingston lui avait été réservée.
Par arrêt du 21 juin 2013 (
ATA/389/2013
), la chambre administrative a rejeté le recours que M. B_ avait interjeté contre le jugement du TAPI du 3 juin 2013. La prolongation de la détention administrative de l’intéressé était conforme au droit.
Le 25 juillet 2013, le TAPI a prolongé la détention administrative de M. B_ jusqu’au 30 septembre 2013. Un vol avec escorte policière (DEPA) avait été organisé le 14 août 2013 et le maintien en détention administrative pouvait permettre de s’assurer de la présence de l’intéressé ce jour-là, voire ultérieurement dans l’hypothèse où un vol spécial devrait être organisé.
Le 14 août 2013, le renvoi de M. B_ par vol spécial a échoué. L’intéressé avait refusé de monter dans l’avion.
Le 24 septembre 2013, l’OCP a formé auprès du TAPI une demande de prolongation de la détention administrative en vue du renvoi de M. B_ pour une durée supplémentaire de deux mois, soit jusqu’au 24 novembre 2013. Il s’agissait de permettre l’organisation dans ce délai d’un vol spécial à destination de la Jamaïque, qui serait organisé par les autorités genevoises pour raison de compétence.
Le 26 septembre 2013, lors de son audition par le TAPI, M. B_ a maintenu son opposition à rentrer en Jamaïque.
Par jugement du même jour, le TAPI a prolongé la détention administrative de l’intéressé jusqu’au 10 octobre 2013. Les conditions du maintien en détention administratives restaient réalisées. L’accord de principe des autorités genevoises était accordé quant à la prise en charge financière du renvoi par vol spécial. Une prolongation de la détention d’un mois était accordée au vu des pièces présentées pour justifier de l’organisation en cours dudit vol spécial.
Le 4 octobre 2013, l’OCP a formé une nouvelle demande de prolongation de la détention administrative. Le 3 octobre 2013, l'ODM avait confirmé que le vol spécial requis pour l’intéressé aurait bien lieu durant la première quinzaine du mois de novembre 2013. La prolongation de la détention devait cependant être accordée jusqu’au 24 novembre 2013, soit jusqu’à la date ultime autorisée par l’art. 79 al. 2 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr -
RS 142.20
) car cette mesure constituait l’unique moyen de mener à bien le rapatriement de M. B_.
M. B_ a été entendu le 7 octobre 2013 par le TAPI.

## Considerations