# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a02e9790-4cfb-41fd-907a-c2bb42739011
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

2.2 Selon le MPC, la procédure de scellés n’étant pas expressément prévue par la LTEJUS, il appartient à l’autorité centrale spécialisée de statuer sur ce qui relève de la protection du domaine secret. L’Office central se serait par ailleurs déjà reconnu compétent dans une précédente affaire (cf. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2015.242 du 17 février 2016 consid. 3.3). Enfin, dès lors que la personne touchée pourra soulever, devant le Tribunal des mesures de contrainte, l’intégralité des griefs à sa disposition, tels que la double incrimination et la proportionnalité, il s’agirait de questions qui échappent à la cognition de l’autorité d’exécution et que la loi réserve à l’OFJ, le MPC n’ayant aucun pouvoir d’exécution indépendant.
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2.3 La procédure de scellés n’est en effet pas réglée par le TEJUS ou la LTEJUS. Cependant, l’art. 7 al. 2 LTEJUS prévoit que l’autorité d’exécution applique les règles de procédure qu’elle est tenue d’observer en matière pénale, singulièrement l’EIMP, la PA ou le CPP lorsque la matière n’est pas prévue dans le Traité ou la loi d’application du Traité (cf. supra, consid. 2.1.2). L’on ne saurait dès lors en déduire que l’absence de dispositions relatives à la procédure de scellés implique que ce soit à l’autorité centrale spécialisée de mener une telle procédure. Au contraire, les dispositions du TEJUS et de la LTEJUS laissent peu de place à l’interprétation concernant la répartition des compétences entre l’Office central et l’autorité cantonale ou fédérale chargée par l’office central d’exécuter la demande. Ainsi, l’autorité en charge applique les règles de procédure applicables en matière pénale et dispose d’une certaine autonomie quant aux mesures d’instruction qu’elle estime nécessaires (art. 7 al. 2 et art. 12 al. 1 LTEJUS). Pour la plus parfaite clarté, l’art. 31 TEJUS indique que l’autorité exécutant la demande dispose de toutes les compétences et de tous les pouvoirs qu’elle détient dans une procédure tombant sous sa juridiction, au besoin en procédant à la mise en sûreté de pièces. La tâche incombant à l’autorité d’exécution est ainsi la phase d’exécution de la demande, qui est considérée comme exécutée lorsque tous les documents estimés pertinents sont transmis à l’office central pour décider de leur transmission sur la base des principes tels que la double incrimination et la proportionnalité. Sur ce vu, il apparaît que la compétence pour mener la procédure de scellés appartient au MPC et non à l’Office central USA. Concernant l’arrêt cité par le MPC pour fonder la compétence de l’Office central USA, il s’agissait, comme relevé par ce dernier, d’un cas exceptionnel d’une banque qui avait elle-même procédé à des scellés privés de documentation bancaire, en agissant sur demande des titulaires de compte. La situation est différente en l’espèce dans la mesure où l’on a affaire à une procédure de mise sous scellés ordinaire. Enfin et comme le relève à juste titre l’Office central USA, il ne serait pas concevable de ne pas admettre la procédure de scellés pour l’entraide avec les Etats-Unis d’Amérique alors qu’elle est possible avec les autres Etats, conformément à l’EIMP.
2.4 Les considérations qui précèdent conduisent à l’admission du recours, ce qui entraîne l’annulation de la décision d’irrecevabilité du MPC datée du 3 octobre 2018.

## Considerations