# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4815aeff-75de-4238-a234-b4bd60503e56
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. A._, né en 1994, et B._, née en 1995, sont les parents non mariés de C._, née en 2015. B._ est mère de deux autres enfants nées en 2017 et 2020. B._ s’est mariée avec le père de sa dernière fille en automne 2020.
A._ séjourne à la Fondation D._, à E._.
B._ détient seule l’autorité parentale sur C._, avec certaines limitations découlant de diverses décisions de la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après :la Justice de paix).
Par décision du 11 mai 2015, la Justice de paix a retiré, au sens de l’art. 310 al. 1 CC, le droit de déterminer le lieu de résidence et la garde de fait à B._ sur sa fille C._, qui est actuellement placée au foyer F._, à G._. Une curatelle d’autres droits et une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC ont également été instituées en faveur de l’enfant, ledit mandat étant actuellement confié à H._, intervenante en protection de l’enfant auprès du service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : SEJ).
Par décision rendue le 30 septembre 2016, la Justice de paix a fixé les modalités du droit de visite en faveur de B._ et A._ au sens de l’art. 273 CC et celui d’un tiers, à savoir I._, grand-mère paternelle, en vertu de l’art. 274a al. 1 CC.
Par décision du 25 novembre 2016, la Justice de paix a institué une curatelle d’administration des biens de l’enfant, au sens de l’article 325 alinéas 1 et 3 CC, en faveur de C._. Ce mandat est également confié à H._ et l’autorité parentale de B._ est en conséquence limitée en ce qui concerne les aspects relatifs à l’administration des biens de son enfant.
Par décision du 16 décembre 2016, la Justice de paix a décidé d’autoriser le SEJ à adapter les horaires de visite de B._ et A._ (les élargir ou les restreindre) selon les besoins et dans l’intérêt de l’enfant C._.
Par décisions de mesures superprovisionnelles du 25 novembre 2020, la Juge de paix a provisoirement suspendu le droit de visite de A._, en vertu de l’art. 274 al. 2 CC, et a institué une curatelle de représentation dans le cadre d’une procédure pénale en faveur de C._ en raison de soupçons d’actes d’ordre sexuel commis à son encontre par son père A._. Ledit mandat est actuellement confié à J._, intervenante en protection de l’enfant auprès du SEJ.
Par décision rendue le 11 juin 2021, la Justice de paix a autorisé J._, curatrice de représentation de C._, à plaider et à mandater un-e avocat-e dans le cadre de la procédure pénale ouverte pour actes d’ordre sexuel, au sens de l’art. 416 al. 1 chi. 9 CC appliqué par analogie.
Par décision du 21 janvier 2022, la Justice de paix a rejeté la requête de A._ du 29 décembre 2021 tendant à obtenir un droit exceptionnel aux relations personnelles sur C._ afin d’être à ses côtés pendant son hospitalisation et a maintenu la suspension du droit de visite de A._ pour une durée indéterminée en vertu de l’art. 274 al. 2 CC.
Par courrier du 18 février 2022 (date du sceau postal), K._ et H._ du SEJ ont indiqué à la Justice de paix que C._ évoluait positivement et qu’il serait souhaitable qu’elle puisse reprendre un suivi thérapeutique. Elles ont relevé que la reprise de contact avec sa mère, depuis l’été 2020, se passait bien, B._ gérant bien sa fille et des rencontres à deux ou à
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cinq, avec le mari de B._ et les demi-sœurs de C._, ont été organisées. Les intervenantes précitées ont constaté que B._ avait de bonnes et adéquates capacités pour s’occuper de ses trois filles lors d’un droit de visite ayant lieu chez elle. Elles ont relevé que C._ était contente de ce moment passé en famille, malgré la difficulté de dire au revoir à sa mère. Elles ont mentionné que B._ avait prouvé qu’elle pouvait tenir son statut de mère et avait les compétences nécessaires pour ce rôle. Elles ont cependant indiqué qu’il y avait des difficultés d’organisation entre le foyer et B._ pour les visites de C._, mais ont soutenu que C._ avait besoin d’être rassurée par la présence de sa mère car l’enfant a évolué positivement depuis que sa mère est présente dans sa vie. Elles ont proposé d’accorder un droit de visite à B._ du vendredi soir au dimanche soir à son domicile afin que C._ puisse passer du temps auprès de sa mère et ses demi-sœurs, dans le logement familial. Elles ont ajouté que le droit de visite allait être élargi par étape, selon les besoins de C._ et de sa mère, avant d’arriver à un week-end complet. Concernant le droit de visite de A._, elles ont indiqué qu’elles allaient se déterminer avant la fin du mois de mars 2022.
Par courrier du 3 mars 2022 (date du sceau postal), A._ a transmis une requête à la Justice de paix par l’intermédiaire de sa mandataire par laquelle il s’oppose à ce qu’un droit de visite soit octroyé à B._ aussi longtemps que son propre droit de visite n’est pas rétabli. Il s’est opposé à ce que le droit de visite de la mère s’exerce toutes les semaines au motif que cela serait préjudiciable à l’équilibre de l’enfant, mais s’est déclaré d’accord à ce que la mère puisse voir de temps en temps C._. Il a aussi demandé à ce que son droit de visite sur sa fille soit rétabli sans délai, selon des modalités adaptées à la situation.
B. Par décision du 11 mars 2022, la Justice de paix a rejeté la requête de A._ du 3 mars 2022, a confirmé que son droit de visite sur sa fille C._ restera suspendu pour une durée indéterminée en vertu de l’art. 274 al. 2 CC et a décidé que la situation sera réévaluée en fonction des circonstances et propositions de la curatrice. Elle a également fixé le droit de visite de B._ le week-end, à son logement familial, du vendredi soir au dimanche soir, avec un élargissement par étapes, selon les besoins de C._ et les possibilités de B._, en vue d’arriver à un week-end complet. La Justice de paix a ainsi donné charge à la curatrice d’organiser ces nouvelles modalités en collaboration avec le foyer F._ et de l’informer de l’évolution de la situation.
C. Le 27 avril 2022, A._ a interjeté recours contre la décision du 11 mars 2022 concluant principalement à l’admission de sa requête du 3 mars 2022 et au rétablissement sans délai de son droit de visite sur sa fille C._, selon les besoins de celle-ci et des modalités adaptées à la situation, subsidiairement au renvoi de la cause à la Justice de paix pour nouvelle décision dans le sens des considérants. De plus, il a conclu à ce qu’il ne soit pas perçu de frais judiciaires et à ce qu’une équitable indemnité pour ses dépens lui soit accordée.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix l’a fait par courrier du 12 mai 2022. Elle a notamment relevé que le parcours de vie de l’enfant C._ est marqué par la fragilité de ses parents et ses propres fragilités, que A._ s’est impliqué dans toute la mesure de ses possibilités dès la naissance de sa fille pour construire un lien fort avec elle, que B._ n’a pas été en mesure d’être présente durant les premières années de vie de sa fille, qu’aujourd’hui B._ vit dans son propre foyer, avec son mari et ses deux plus jeunes filles, et que si un jour la chance pouvait être offerte à C._ de quitter le foyer et grandir en famille, cela ne pourrait se faire qu’auprès de sa mère, A._ ne disposant pas de l’autonomie suffisante pour vivre de manière totalement indépendante, qu’il est ainsi important de permettre à C._ d’investir le lien avec sa mère, que, s’il ne lui appartient pas de se prononcer sur l’existence ou non d’actes d’ordre sexuel
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commis par le père sur l’enfant, en revanche, au vu des antécédents connus au sein de la famille paternelle, une certaine prudence est nécessaire et que B._ ne s’oppose pas aux relations entre C._ et son père. La Justice de paix a également souligné la proposition de la curatrice du 9 mai 2022 pour la reprise des relations personnelles entre C._ et son père. Il en ressort notamment que, en attendant le premier bilan thérapeutique prévu en été 2022, il est proposé de maintenir les contacts téléphoniques avec A._ sur demande de C._ et en présence d’un éducateur du foyer F._ et si le bilan thérapeutique mentionne que l’état psychique de C._ laisse la possibilité de rencontrer son père, de prévoir la première rencontre au SEJ et ensuite de laisser le Point Rencontre prendre le relais.
Invité à se déterminer sur la proposition de la curatrice, A._ a indiqué, par lettre du 20 mai 2022, qu’il maintenait ses conclusions.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA; RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 20 du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]) est compétente pour statuer.
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).