# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 344d083d-1b34-4370-be94-2a567879eeac
**Court:** CH_BGer
**Chamber:** CH_BGer_016
**Year:** 2000
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

A.- Par acte du 15 décembre 1998, F._ a demandé
au Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais,
que son ancien employeur, Z._, soit "condamné à
s'acquitter de la somme portant intérêts de 8146 fr. 20 au
titre d'arriérés de contributions LPP".
B.- Par jugement du 28 avril 1999, la cour cantonale a
déclaré la demande irrecevable au motif qu'elle n'était pas
compétente ratione materiae et a référé l'assuré au juge
civil.
C.- L'Office fédéral des assurances sociales (OFAS)
interjette un recours de droit administratif en concluant à
l'annulation de ce jugement et au renvoi de la cause à
l'autorité cantonale pour qu'elle statue sur la demande de
l'assuré.
F._ propose l'admission du recours, sous suite
de frais et dépens. Z._ propose le rejet du recours,
sous suite de frais et dépens.
Considérant en droit
:
1.- Le Tribunal fédéral des assurances examine d'of-
fice la recevabilité des recours qui lui sont soumis
(ATF 125 V 167 consid. 1 et la référence).
D'après l'al. 2 de de l'art. 4a OPP 1, introduit par
le chiffre I de l'ordonnance du 18 août 1993 sur la sur-
veillance et l'enregistrement des institutions de prévoyan-
ce professionnelle (RO 1993 2475), l'OFAS est habilité à
porter devant le Tribunal fédéral des assurances les déci-
sions des tribunaux cantonaux (art. 73 LPP) et devant le
Tribunal fédéral les décisions de la commission fédérale de
recours (art. 74 LPP) par un recours de droit administratif
(ATF 125 V 167 s consid. 1).
Il en résulte que l'OFAS a qualité pour former le
présent recours de droit administratif.
2.- a) Selon l'art. 73 al. 1 LPP, chaque canton dési-
gne un tribunal qui connaît, en dernière instance cantona-
le, des contestations opposant institutions de prévoyance,
employeurs et ayants droit; le tribunal statue de même sur
les prétentions en matière de responsabilité selon
l'art. 52 LPP et sur le droit de recours selon l'art. 56a
al. 1 LPP. Dans le canton du Valais, ces litiges ressortis-
sent au Tribunal cantonal des assurances, comme juridiction
cantonale unique (art. 15 al. 1 et 2 du Décret du
14 novembre 1988 concernant la surveillance des fondations
et des institutions de prévoyance professionnelle vieil-
lesse, survivants et invalidité) [Recueil des lois de la
République et canton du Valais vol. V no 1859]).
b) L'art. 73 LPP constitue une réglementation spécia-
le, dérogeant à l'OJ, dans la mesure où il supprime impli-
citement une des conditions ordinaires de recevabilité du
recours de droit administratif, à savoir l'existence d'une
décision fondée sur le droit public fédéral (ATF 114 V 105
consid. 1b).
c) La compétence des autorités visées par l'art. 73
LPP est doublement définie.
Elle l'est, tout d'abord, quant à la nature du
litige : il faut que la contestation entre les parties
porte sur des questions spécifiques de la prévoyance pro-
fessionnelle, au sens étroit ou au sens large. Ce sont donc
principalement des litiges qui portent sur des prestations
d'assurance, des prestations de libre passage (actuellement
prestations d'entrée ou de sortie) et des cotisations. En
revanche, les voies de droit de l'art. 73 LPP ne sont pas
ouvertes lorsque la contestation a un fondement juridique
autre que le droit de la prévoyance professionnelle, même
si elle devait avoir des effets relevant du droit de ladite
prévoyance (ATF 125 V 168 consid. 2, 122 V 323 consid. 2b
et les références).
Cette compétence est également limitée par le fait que
la loi désigne de manière non équivoque les parties pouvant
être liées à une contestation, savoir les institutions de
prévoyance, les employeurs et les ayants droit.
3.- a) Dans le cas particulier, le litige, en première
instance, opposait indiscutablement un ayant droit à un
employeur. Par ailleurs, la prétention de l'employé, soit
le versement des cotisations arriérées par l'employeur à
l'institution de prévoyance, la Fortuna, est fondée direc-
tement sur l'art. 66 al. 2 et 3 et LPP et fait partie des
questions spécifiques relevant de la prévoyance profession-
nelle au sens large (SZS 1990 157 consid. 1, 203 consid. 2;
arrêts non publiés P. du 6 décembre 1999, B 4/99 et B. du
18 juin 1999, B 5/99). Peu importe à cet égard que la solu-
tion du litige dépende d'une question préjudicielle de
droit civil, en l'occurrence l'interprétation du contrat de
travail conclu par les parties aux fins d'en déterminer le
contenu, la nature et la portée de leurs engagements. C'est
à tort que les premiers juges se sont référés à l'arrêt ATF
120 V 26 ss à l'appui de leur décision. En effet, cet arrêt
ne concerne pas le versement de cotisations de la prévoyan-
ce professionnelle obligatoire, mais bien l'omission, par
un employeur, de conclure une assurance plus étendue que le
minimum légal découlant d'une convention collective de
travail.
L'autorité cantonale aurait donc dû entrer en matière
sur le fond de la demande, sous réserve que toutes les
autres conditions de recevabilité sont remplies, et non
référer l'assuré au juge civil.
b) Dans ces circonstances, il convient d'annuler le
jugement attaqué et de renvoyer la cause à l'autorité can-
tonale pour qu'elle statue sur le fond et rende un nouveau
jugement.
4.- Vu la nature du litige, la procédure n'est pas
gratuite. Compte tenu de l'issue de celle-ci, il se justi-
fie de mettre les frais de justice à la charge de
Z._ (art. 134 OJ a contrario; art 156 OJ). Il se
justifie, par ailleurs, d'allouer une indemnité de dépens,
réduite, à F._.

## Considerations