# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e6d7ab06-12f4-5917-b857-32fc824cd1de
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par actes expédiés le 19 octobre 2018 au greffe du Ministère public, qui les a transmis à la Chambre de céans, A_ recourt contre les ordonnances du 4 octobre 2018, notifiées par pli simple, par lesquelles le Ministère public a, d'une part, sur la plainte qu'il avait déposée contre B_, déclaré ce dernier coupable de lésions corporelles simples mais décidé de ne pas entrer en matière pour les dommages à la propriété (ci-après : l'ordonnance de non-entrée en matière partielle) et, d'autre part, refusé d'entrer en matière sur la plainte déposée contre lui par B_ (ci-après : l'ordonnance de non-entrée en matière).
Le recourant demande que les nombreuses erreurs contenues dans l'ordonnance de non-entrée en matière soient corrigées, que ses "
dégâts physiques et matériels
" soient pris en compte et que B_ soit condamné comme "
récidiviste
", par un tribunal et non par le Ministère public.
b.
Le recourant a versé les sûretés en CHF 700.- qui lui étaient réclamées par la Direction de la procédure.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Le 25 octobre 2017, A_ a déposé plainte pénale contre B_.
Il a expliqué que, depuis plus d'une dizaine d'années, différentes altercations avaient eu lieu avec le précité, qui était son voisin. Le 23 octobre 2017, alors qu'il marchait dans la rue, il avait croisé ce dernier, qui circulait au guidon de son vélo. Après l'avoir croisé, B_ avait jeté le cycle au sol et lui avait dit
"maintenant je vais t'assassiner"
. Après un échange verbal, il avait reçu un coup de poing sur le côté droit du visage, ce qui avait provoqué sa chute et ses deux paires de lunettes étaient tombées. B_ avait volontairement piétiné l'une d'elles et avait continué à le frapper, alors qu'il se trouvait au sol. Lui-même avait préféré ne pas réagir, tentant, tant bien que mal, de se protéger, alors qu'il aurait pu riposter, ayant été formateur de Krav Maga, mais n'avait pas voulu prendre le risque de blesser son agresseur. Il avait ainsi reçu plusieurs coups au visage et des coups de pieds au genou gauche, auquel il avait été opéré par le passé ce que n'ignorait pas son voisin. Des gens avaient fini par les séparer et B_ avait quitté les lieux avant l'arrivée de la police. Il n'avait pas retrouvé la deuxième paire de lunettes.
À l'appui de sa plainte, il a produit une facture (CHF 868.-) et deux devis (CHF 1'734.- au total) pour le remplacement des paires de lunettes, ainsi que deux constats médicaux du Dr C_, du 23 octobre 2017, attestant la présence d'hématomes à l'arcade sourcilière gauche, à la pommette droite, aux ailes du nez, à la mâchoire droite et au genou gauche.
b.
Par la suite, A_ a fait parvenir à la police deux rapports médicaux datés du 1
er
novembre 2017 :
- celui de la Dresse D_, spécialiste en ophtalmologie, duquel il ressort, qu'il avait
"subi une contusion oculaire droite et une lésion de l'arcade sourcilière gauche suite à un traumatisme par coup de poing. L'examen effectué une semaine après l'accident ne met pas en évidence de signe d'activité inflammatoire intraoculaire. On note subjectivement une vision instable avec probable perte discrète de la vision des contrastes et altération du champ visuel supérieur qui demande à être recontrôlé [...]. Hormis l'hématome palpébral supérieur à gauche, une injection conjonctivale et la présence d'une petite opacité cristalline sous-capsulaire postérieure [...], actuellement, il n'y a pas d'autre signe en lien avec le traumatisme".
- le compte rendu de la radiographie et échographie de son genou gauche par le Dr E_, lequel conclut, respectivement, à des
"remaniements diffus au niveau du plateau tibial externe dans le cadre des antécédents fracturaires connus avec une surface articulaire restant régulière. [...]"
et
"remaniements corticaux en regard du plateau tibial externe dans le cadre des antécédents fracturaires connus associés à une discrète tuméfaction interprétée comme réactionnelle dans le contexte post-traumatique au niveau des tissus mous locorégionaux".
c.
Le 8 novembre 2017,
B_, entendu en qualité de prévenu par la police, a confirmé que le conflit avec A_ existait depuis longtemps. Le 23 octobre 2017, alors qu'il rentrait chez lui à vélo après son travail à la poste, il avait croisé A_, qui lui avait demandé "
quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
"
.
Il avait alors freiné, posé calmement son vélo contre le mur et s'était approché d'A_, qui l'avait bousculé. Après qu'ils s'étaient mutuellement provoqués et insultés, se sentant menacé il avait donné une gifle sur la joue droite d'A_. Ce dernier avait répliqué en lui donnant un coup au niveau de son œil gauche, ce qui lui avait provoqué un hématome et quelques coupures. Ensuite A_ l'avait agrippé au niveau de la tête. Il s'était débattu et lui avait mis deux coups de poing au niveau du visage. Des personnes alertées par les cris les avaient séparés, mais A_ avait continué à crier et à le menacer en disant
"je vais te tuer"
.
Il a contesté, pour le surplus, la version donnée par A_. Il n'avait, en particulier, pas écrasé ses lunettes; il n'avait, au demeurant, pas vu que son voisin en portait. Peut-être qu'à cause de la gifle, une des paires était tombée.
B_ a produit le
"constat de coup"
établi par la Dresse F_ le 23 octobre 2017, dans lequel une tuméfaction et des entailles étaient constatées près de son œil gauche, ainsi qu'un hématome de l'œil
.
d.
Le 14 novembre 2017, B_, se référant à son audition précitée, a déposé plainte contre A_.
Entendu par la police en qualité de prévenu, A_ a contesté avoir asséné un coup à B_. Il avait fait usage de ses bras pour le repousser et le plaquer contre une vitre, afin de le maîtriser, mais uniquement après que ce dernier l'avait frappé.
e.
Un témoin a été entendu par la police, le 1
er
mars 2018, expliquant avoir vu depuis son lieu de travail, le 23 octobre 2017, deux hommes se bagarrer. L'un des deux, habillé en uniforme de la poste, avait rapidement donné des coups de poing au visage de l'autre, sans que ce dernier ne réplique ni ne donne l'impression de se défendre, ayant les bras le long du corps. La bagarre s'était ensuite déplacée hors de son champ de vision, de sorte qu'il n'avait pas assisté à la suite de celle-ci.
f.
Les plaignants ont été convoqués à une audience devant le Ministère public, le 11 octobre 2018, pour l'instruction de leurs plaintes réciproques, audience qui a été annulée pour une raison que les pièces au dossier ne permettent pas d'expliquer.
C. a.
Dans l'ordonnance de non-entrée en matière, le Ministère public a décidé de ne pas traiter la plainte déposée par B_ contre A_. Les déclarations des parties étaient contradictoires et, compte tenu du contexte conflictuel, elles devaient être retenues avec prudence et seulement si elles étaient corroborées par d'autres éléments objectifs. Aucun élément du dossier ne permettait d'étayer la version donnée par B_, ce d'autant moins qu'un témoignage infirmait le déroulement décrit par ce dernier. Partant, une prévention suffisante ne pouvait être établie à l'encontre d'A_.
Dans l'énoncé des faits, le nom d'A_ est plusieurs fois utilisé, par erreur, pour des faits concernant B_.
b.
Dans l'ordonnance de non-entrée en matière partielle, le Ministère public a retenu que les déclarations des parties étaient contradictoires et les certificats médicaux produits de part et d'autre ne permettaient pas d'étayer une version plutôt qu'une autre. Cependant, le témoignage permettait d'établir que B_ avait asséné deux coups de poings au visage d'A_, sans que ce dernier ne rétorque.
B_ a ainsi été déclaré coupable de lésions corporelles simples et condamné à une peine pécuniaire de 15 jours-amende, à CHF 50.- le jour-amende, avec sursis.
L'état de fait mentionne les certificats médicaux des 23 octobre et 1
er
novembre 2017 produits par A_, faisant état respectivement "
d'hématomes à l'arcade sourcilière gauche, à la pommette droite, aux ailes du nez, à la mâchoire à droite, ainsi qu'au genou gauche [...], d'une contusion oculaire droite et d'une lésion à l'arcade sourcilière gauche
". Le Ministère public a retenu que A_ avait été victime de lésions corporelles simples, au sens de l'art. 123 CP. Pour le surplus, aucun élément ne permettait d'établir que B_ avait volontairement endommagé les paires de lunettes, de sorte qu'il n'était pas entré en matière sur ces faits.
D.
a.
Dans son recours dirigé contre l'ordonnance de non-entrée en matière, A_ se déclare choqué par les erreurs contenues dans l'état de fait. Il trouve par ailleurs "
étrange
" que B_ ait été condamné à une peine de 15 jours-amende avec sursis, alors qu'il avait déjà été condamné à la même peine en 2011 pour des lésions corporelles par négligence. Par ailleurs, aucune mention n'était faite aux "
dégâts
" subis à son œil, alors qu'il avait remis à la police le rapport médical de la Dresse D_. Il ressentait en outre toujours des douleurs au genou, qui nécessitaient, pour les atténuer, des injections de "
cortisol
". Il souhaitait que "
ce recours
" passe en jugement.
b.
Dans son recours contre l'ordonnance de non-entrée en matière partielle, A_ explique avoir été surpris d'apprendre, le 11 octobre 2018, alors qu'il se présentait au Ministère public, que "
le procès

## Considerations