# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ba6fa1de-d9d4-5261-b2ca-4fd8c697ede6
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement du 17 août 2015, expédié pour notification aux parties le 27 août 2015, le Tribunal de première instance, retenant que le commandement de payer frappé d'opposition n'avait pas été produit, a débouté A_ de ses conclusions en mainlevée définitive, arrêté les frais judiciaires à 400 fr., compensés avec l'avance déjà effectuée, et laissés à la charge du précité.![endif]>![if>
B.
Par acte expédié par la poste française et reçu par la poste suisse le 9 septembre 2015, A_ a formé recours contre le jugement précité, qu'il avait reçu le 2 septembre 2015. Il a conclu à l'annulation de celui-ci, cela fait au prononcé de la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer poursuite n° 1_.![endif]>![if>
Il a nouvellement allégué qu'il n'avait pas encore reçu l'exemplaire dudit commandement de payer frappé d'opposition lorsqu'il avait déposé sa requête de mainlevée, et a produit cette pièce.
Par avis du 2 novembre 2015, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger, faute de réponse de l'intimé.
Par réponse expédiée le 2 novembre 2015, soit postérieurement au délai de
dix jours (dès la date de distribution du pli soit le 19 octobre 2015 selon le suivi de la poste, et non le 23 octobre 2015 comme allégué) imparti par la Cour pour répondre, B_ a conclu au rejet du recours, relevant notamment que la pièce produite était irrecevable.
Le 23 novembre 2015, la Cour a encore reçu un courrier de A_ dont copie a été transmise à sa partie adverse.
C.
Il résulte de la procédure de première instance les éléments pertinents suivants :![endif]>![if>
a.
Le 3 mars 2015, A_ a saisi le Tribunal en ces termes : "Je vous prie de bien vouloir prononcer une mainlevée au commandement de payer n° 1_ que j'ai fait établir contre Monsieur B_ en date du 29 octobre 2014, lequel a formé opposition".
Il a allégué que B_ avait été condamné à lui verser 2'668 fr. 55, 3'000 fr. et 5'000 fr. avec suite d'intérêts.
Il a indiqué, dans sa requête, qu'il joignait à celle-ci copie d'un jugement rendu le 28 avril 2014 par le Tribunal de police (P/2_), lequel avait notamment condamné B_ et deux tiers, conjointement et solidairement, à lui verser 2'668 fr. 55 plus intérêts à 5% l'an dès le 15 décembre 2011 à titre de réparation de son dommage matériel, 3'000 fr. plus intérêts à 5% dès le 17 juillet 2011 à titre de tort moral, et 5'000 fr. plus intérêts à 5% dès le 28 avril 2014 à titre de participation aux honoraires de conseil afférents à la procédure, ainsi qu'un certificat de non-appel de la décision précitée, attestant de l'entrée en force de celle-ci le 16 mai 2014.
b.
A l'audience du Tribunal du 17 août 2015, A_ a persisté dans ses conclusions. B_ n'était ni présent ni représenté.
Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1.
En matière de mainlevée d'opposition, seule la voie du recours est ouverte
(art. 309 let. b ch. 3 et 319 let. a CPC).
La décision - rendue par voie de procédure sommaire (art. 251 let. a CPC) - doit être attaquée dans un délai de dix jours dès sa notification (art. 321 al. 2 CPC) par un recours écrit et motivé (art. 130 et 131 CPC), adressé à la Cour de justice.
En l'occurrence, le recours, qui respecte les dispositions précitées, est recevable, l'acte de recours étant parvenu à la poste suisse dans le délai de dix jours dès notification de la décision attaquée (art. 143 al. 1 CPC).
2.
Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC). Cela concerne également les faits survenus après la clôture des débats devant le premier juge, dès lors que la juridiction de recours doit statuer sur un état de fait identique à celui soumis à celui-ci (CHAIX, L'apport des faits au procès, in Bohnet, Procédure civile suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, p. 132-133; HOFMANN/LÜSCHER, Le Code de procédure civile, 2009, p. 202). Partant, pour examiner si la loi a été violée, la Cour de justice doit se placer dans la situation où se trouvait le premier juge lorsque celui-ci a rendu la décision attaquée.
Il s'ensuit que les allégués de fait nouveaux formés et la pièce nouvelle produite par le recourant devant la Cour sont irrecevables.
3.
Le recourant reproche au Tribunal de ne pas avoir fait droit à sa requête de mainlevée de l'opposition.
3.1
Le créancier qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition (art. 80 al. 1 LP). Lorsque la poursuite est fondée sur un jugement exécutoire rendu par un tribunal, l'opposant peut prouver par titre que la dette a été éteinte (art. 81 al. 1 LP).
Le juge doit vérifier d'office l'identité du poursuivant et du créancier et l'identité du poursuivi et du débiteur désignés dans le titre de mainlevée, ainsi que l'identité de la créance déduite en poursuite et de la dette constatée par jugement (ATF
139 III 444
consid. 4.1.1 p. 446; STAEHELIN, in Basler Kommentar, SchKG I, 2
ème
éd., 2010, n. 29 ad art. 80 LP; GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, 1999, n. 13 ad art. 81 LP, arrêt du Tribunal fédéral
5P.174/2005
du 7 octobre 2005 consid. 2.1).
3.2
Selon l'art. 132 al. 1 CPC, le tribunal fixe un délai pour la rectification des vices de forme telle l'absence de signature ou de procuration. A défaut, l'acte n'est pas pris en considération.
L'art. 132 al. 1 CPC permet de réparer certaines inadvertances qui surviennent parfois lors du dépôt d'un acte. Il se rapporte textuellement à des vices de forme; le plaideur ne peut donc pas s'en prévaloir afin de remédier aux éventuelles insuffisances de ses moyens au fond (arrêt du Tribunal fédéral
4A_659/2011
du
7 décembre 2011 consid. 5 et les références citées).
Parmi les vices qui peuvent être réparés figure notamment l'absence de production des titres invoqués comme moyen de preuve (GSCHWEND/BORNATICO, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2
e
éd., 2013, n. 13 ad art. 132 CPC; WEBER, in Kuko, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2
e
éd., 2013, n. 5 ad art. 130-132 CPC; FREI, in Berner Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2012, n. 18 ad art. 138 CPC).
3.3
En l'espèce, le Tribunal a rejeté la requête de mainlevée au motif que le commandement de payer n'avait pas été produit avec la requête.
Si ce constat était exact, il n'en demeure pas moins que la requête du recourant exposait clairement que le commandement de payer, poursuite n° 1_ notifié à B_ avait fait l'objet d'une opposition dont la mainlevée était sollicitée.
Dans la mesure où ledit commandement de payer était mentionné et où le requérant agissait en personne, il appartenait au Tribunal d'impartir à celui-ci un bref délai pour produire la pièce manquante et réparer ainsi le vice de forme de son dossier.
Le Tribunal a dès lors statué sans respecter l'art. 132 CPC, en déboutant le requérant de ses conclusions vu l'absence de production du commandement de payer.
Il s'ensuit que le recours est fondé. Le jugement entrepris sera annulé et la cause sera renvoyée au premier juge pour nouvelle décision, le fond de la cause n'ayant pas été examiné (art. 318 al. 1 let. c ch. 1 CPC).
4.
Les frais de la procédure de recours seront arrêtés à 600 fr. (art. 48 et 61 OELP) et compensés avec l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat à concurrence de ce montant (art. 111 al. 1 CPC).
La répartition des frais sera déléguée au Tribunal (art. 104 al. 3 CPC).
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