# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cf6103fc-c066-40af-8916-ceb4e58433dd
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
Le 20 janvier 2014, A._ et B._, de nationalité iranienne, ont déposé une demande d'asile en Suisse pour eux-mêmes et leurs quatre enfants, C._, D._, E._ et F._ (ci-après: les intéressés ou la famille G._).
Le 12 septembre 2019, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a repris l'instruction de la demande d'asile des recourants. Selon une décision incidente du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) du 26 novembre 2019, les intéressés sont autorisés à demeurer en Suisse à titre temporaire jusqu'à l'issue de leur procédure d'asile en application de l'art. 42 de la loi fédérale du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi; RS 142.1) (cf. aussi l'arrêt du TAF E-5914/2019 du 21 novembre 2019 concernant la situation des intéressés du point de vue du droit d'asile).
Les intéressés bénéficient en l'état de prestations d'aide urgence de l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM cf. arrêt PS.2019.0080 du 18 décembre 2019).
B.
Le 17 octobre 2019, A._ et B._ ont adressé au Chef du Service de la population (SPOP) un courrier recommandé lui demandant de les informer des motifs pour lesquels le SPOP avait enregistrées de "
fausses informations
" dans leur dossier administratif, notamment que, le 8 janvier 2018, leur famille aurait refusé un plan de vol. Ils se référaient au contenu de leur dossier auprès de l'EVAM produit dans le cadre d'un litige les opposant à cet établissement pour l'octroi de prestations en nature (cause instruite sous la référence PS.2019.0080), en particulier à une fiche recensant les différents événements pour leur famille (extrait Asylum). Ils ont en outre indiqué dans leur courrier qu'à défaut de réponse d'ici au 1
er
novembre 2019, ils "
introduiraient une plainte
" devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) contre le SPOP pour avoir "
enregistré de fausses informations
".
C.
Le 2 novembre 2019, A._ et B._ (ci-après: les recourants) ont formé un recours auprès de la CDAP en concluant à ce que le SPOP soit obligé d'effacer les fausses informations qu'il aurait enregistré dans leur dossier administratif et de les remplacer par les informations correctes, soit que le plan de vol avait été annulé suite au refus des autorités de la Pologne de réadmettre les recourants sur leur territoire. Ils prétendent en substance que l'enregistrement de fausses informations dans leur dossier administratif aurait pour but leur utilisation contre leur famille dans des démarches administratives, ce qui serait illégal.
Le 18 novembre 2019, le SPOP a indiqué qu'il n'envisageait pas de rendre une décision sur une demande de rectification d'une information figurant sur un document émis par l'EVAM.
Le 18 novembre 2019, les recourants se sont enquis de l'état de la procédure.
Le 20 novembre 2019, les recourants ont répliqué. Ils ont indiqué que les informations des personnes bénéficiaires de l'EVAM ne parvenaient à l'EVAM que par l'intermédiaire du SPOP et que le SPOP était donc responsable de l'enregistrement de fausses informations dans leur dossier de l'EVAM. Ils concluent à ce que le SPOP soit obligé de les informer sur la "véritable situation administrative" de leur famille depuis le 5 janvier 2018 et que l'EVAM précise de quelle source il aurait reçu les informations relatives à leur refus d'un plan de vol.
D.
Le tribunal a ensuite statué sans ordonner d'autre mesure d'instruction.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Il convient d'abord de délimiter l'objet du recours.
a) Aux termes de l'art. 92 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par les autorités administratives. Il peut aussi être saisi d’un recours contre l’absence de décision, lorsque l’autorité tarde à statuer ou refuse de le faire (art. 74 al. 2 LPA-VD, applicable par renvoi de l’art. 99 LPA-VD). Le recours pour déni de justice présuppose que le recourant ait requis l’autorité inférieure d’agir, que celle-ci ait disposé de la compétence pour statuer, qu’il existe un droit au prononcé de la décision, et que le recourant dispose de la qualité de partie dans la procédure (cf. ATF 130 II 521 consid. 2.5; ATAF 2010/53 consid. 1.2.3; 2010/29 consid. 1.2; CDAP FI.2015.0090 du 25 novembre 2015, consid. 1; FI.2013.0047 du 22 novembre 2013, consid. 2a; AC.2012.0344 du 22 mai 2013, consid. 2b).
b) En l'espèce, les recourants ont saisi le SPOP le 17 octobre 2019 d'une demande visant à obtenir des informations sur les motifs pour lesquels le SPOP aurait enregistré de "
fausses informations
" dans leur dossier administratif, notamment que le 8 janvier 2018, leur famille aurait refusé un plan de vol. Ils n'ont pas requis la rectification de données inexactes. En l'état, le SPOP n'a pas donné de suite à ce courrier. Dans le cadre de la présente procédure, il a toutefois indiqué qu'il n'envisageait pas de rendre une décision sur la demande de rectification d'un document émanant de l'EVAM.
Dans leur recours devant la CDAP, les recourants ont conclu en substance à ce que le SPOP soit obligé de rectifier les données litigieuses s'agissant du vol du 8 janvier 2018. Cela étant, ils perdent de vue que, lorsqu'il est saisi d'un recours pour déni de justice, le tribunal ne peut que cas échéant constater le refus de statuer de l'autorité intimée et lui renvoyer l'affaire mais qu'il ne saurait statuer en lieu et place de l'autorité compétente. Les conclusions des recourants tendant à ce que le SPOP rectifie les données litigieuses sont donc d'emblée irrecevables. Il en va de même de leurs conclusions prises en réplique tendant à ce que le SPOP les informe sur leur véritable situation administrative depuis le 5 janvier 2018 et que l'EVAM indique de quelle source il aurait reçu les informations relatives à un refus de plan de vol.
2.
Le tribunal ne peut donc se prononcer que sur le droit des recourants d'obtenir une décision du SPOP suite à leur courrier du 17 octobre 2019, dans la mesure où ceux-ci se plaignent, à tout le moins implicitement, d'une absence de décision de la part de cette autorité.
a) La recevabilité du recours pour déni de justice suppose que le SPOP soit compétent pour rendre une décision.
Dans la mesure où, dans ce courrier, les recourants ne demandaient au SPOP que des renseignements sur les raisons pour lesquelles leur dossier de l'EVAM mentionnait qu'ils avaient refusé un plan de vol, le SPOP n'avait pas à rendre de décision. En effet, selon la jurisprudence, de simples déclarations, comme des opinions, des communications, des prises de position, des recommandations et des renseignements n'entrent pas dans la catégorie des décisions au sens de l'art. 3 LPA-VD, faute de caractère juridique contraignant (arrêt TF 8C_220/2011 du 2 mars 2012 consid. 4.1.2).
Il s'ensuit que, même s'il aurait été souhaitable que le SPOP réponde aux recourants, fût-ce pour indiquer qu'il ne leur devait pas d'explications, ou à tout le moins accuser réception de leur courrier, un recours pour déni de justice n'est pas recevable.
b) Même si l'on devait considérer la demande des recourants comme une demande de rectification des données personnelles (art. 29 de la loi du 11 septembre 2017 sur la protection des données personnelles [LPrD; BLV 172.65]), il n'appartiendrait pas au SPOP - comme celui-ci l'indique à juste titre dans sa réponse - mais au responsable du traitement - soit à l'EVAM - de statuer sur celle-ci. Il résulte toutefois de la réplique des recourants que ceux-ci ne souhaitent en réalité pas obtenir une rectification de la part de l'EVAM mais bien du SPOP qui serait, selon eux, à l'origine de l'enregistrement de ces données dans leur dossier auprès de l'EVAM. Or, si les recourants entendent demander la rectification des données figurant dans le dossier auprès de l'EVAM – puisqu'il semble effectivement à la lumière des documents figurant dans le dossier du SPOP, notamment d'un courriel d'une collaboratrice du SEM du 5 janvier 2018 qu'ils n'ont pas refusé le plan de vol mais que celui-ci a été annulé suite au refus des autorités polonaises de réadmettre les recourants sur leur territoire – il leur appartient de s'adresser à cette autorité. Le recours pour déni de justice est dès lors également irrecevable dans la mesure où la demande des recourants tend à la rectification des données personnelles figurant dans leur dossier auprès de l'EVAM.
c) Faute pour le SPOP de disposer d'une compétence pour statuer sur la demande adressée par les recourants le 17 octobre 2019 ou d'une autre décision susceptible de recours devant la cour de céans, le recours doit être déclaré irrecevable.
3.
Le recours, qui frise la témérité, doit être déclaré irrecevable. Au vu des circonstances, les recourants ayant requis à être dispensés compte tenu de leur situation financière de frais judiciaires – ce qui équivaut, quoiqu'ils en disent, à une requête d'assistance judiciaire partielle –, on renoncera à percevoir un émolument (art. 50 LPA-VD). Les recourants sont toutefois rendus attentifs que des frais judiciaires pourraient être mis à leur charge à l'avenir et une amende prononcée s'ils engagent une nouvelle procédure d'emblée irrecevable ou mal fondée, notamment pour déni de justice, ou usent de procédés abusifs (art. 39 LPA-VD; voir aussi ATAF E-5914/2019 du 21 novembre 2019, p. 8). Il n'est pas alloué de dépens (art. 55 LPA-VD).