# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** dc4f8e1a-e372-4b61-bf8d-42d5d58ea482
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

vue de l’exécution de la créance compensatrice prononcée à l’encontre de
A. et du paiement de l’amende et des frais de procédure et a levé les
séquestres pour le surplus (IV.). A. et B. SA ont formé appel à l’encontre de
ce jugement. Le DFF a formé appel joint.
Au cours de la procédure d’appel, le 4 février 2021, le conseil de A. et B.
SA a requis du DFF la levée des séquestres, faisant valoir que le point IV.
du jugement SK.2019.13, portant sur la levée des séquestres, était entré en
force. Le 8 février 2021, le DFF a transmis ladite demande de levée des
séquestres à la Cour d’appel, pour objet de sa compétence.
Le 29 mars 2021, le juge président de la Cour d’appel a constaté que le
point IV. du jugement SK.2019.13 n’était pas entré en force de chose jugée.
Arrêt du Tribunal fédéral 1B_201/2021 du 20 août 2021: le recours est
rejeté.

## Considerations

Le juge président considérant:
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qu’en l’espèce, il faut déterminer si le point IV. du jugement SK.2019.13, se
rapportant aux séquestres, est entré en force;
que si un point principal du jugement de première instance est porté devant
la juridiction d’appel, celle-ci pourra être amenée à modifier les points
secondaires, de sorte qu’aucune attestation de force exécutoire ne devra être
délivrée (KISTLER VIANIN, Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 4 ad art.
402 CPP);
que selon l’art. 46 al. 1 let. b DPA, les valeurs qui seront vraisemblablement
confisquées peuvent être séquestrées à titre conservatoire;
qu’à teneur des art. 46 al. 2 DPA et 70 al. 1 CP, ce dernier applicable par
renvoi de l’art. 2 DPA, les valeurs qui sont le produit ou l’instrument d’une
infraction, de même que celles qui, le cas échéant, devront servir à garantir
le paiement d’une créance compensatrice peuvent être séquestrées à titre
conservatoire;
que tant que subsiste une possibilité de confiscation, de créance
compensatrice ou d’une allocation au lésé, la mesure conservatoire doit être
maintenue (ATF 141 IV 360 consid. 3.2);
que l’intégralité des fonds doit demeurer à disposition de la justice aussi
longtemps qu’il existe un doute sur la part de ceux-ci qui pourrait provenir
d’une activité criminelle (arrêt du Tribunal fédéral 1B_145/2016 du 1er
juillet 2016 consid. 3.1 et les arrêts cités);
que la levée d’un séquestre conservatoire intervient généralement au
moment du jugement final (art. 267 al. 3 CPP; décision du Tribunal pénal
fédéral BB.2020.212 du 9 septembre 2020 consid. 3.1; LEMBO/NERUSHAY,
Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 10c ad art. 267 CPP);
qu’il découle de ce qui précède que la question du séquestre est étroitement
liée à celle de la confiscation, respectivement de la créance compensatrice;
qu’en l’occurrence, dans son appel joint du 26 janvier 2021, le DFF n’a
certes pas expressément attaqué le point IV. du jugement SK.2019.13
concernant les séquestres;
que le DFF a en revanche conclu au prononcé de la confiscation d’un
montant de fr. 807’041.– sur le compte de B. SA auprès de C. SA. n° 1 et au
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prononcé en faveur de la Confédération d’une créance compensatrice d’un
montant de fr. 490’552.– et USD 1’755’472.– à l’encontre de B. SA;
qu’en outre, comme le relevait le Tribunal fédéral lorsqu’il a statué sur le
refus d’une demande de levée de séquestre formée par B. SA en marge de la
présente procédure, la question de la possibilité de confisquer le produit
d’une activité non autorisée d’intermédiaire financier, quand bien même
dite activité ne serait pas en soi illicite, n’a pas encore été tranchée par la
jurisprudence (arrêt du Tribunal fédéral 1B_554/2017 du 19 avril 2018
consid. 2.3);
que cette question a d’ailleurs été soulevée par le DFF dans son appel joint;
que dès lors, le point du jugement de première instance concernant la
confiscation ayant été attaqué par le DFF, et eu égard au lien étroit entre la
confiscation et le séquestre (supra), force est de constater que le point
concernant les séquestres a également été attaqué et qu’il fait ainsi l’objet de
l’appel joint du DFF;
que le DFF n’était par conséquent pas tenu d’attaquer expressément le point
du jugement SK.2019.13 se rapportant aux séquestres;
qu’une telle exigence de la part de la juridiction d’appel s’apparenterait à du
formalisme excessif;
que, de la même manière, l’appelant qui conclut à son acquittement ne doit
pas attaquer le point du jugement de première instance qui contient la peine,
celui-ci étant considéré comme automatiquement attaqué (KISTLER VIANIN,
op. cit., n. 27 ad art. 399 CPP);
que par conséquent, contrairement à ce que soutient B. SA, l’absence de
mention expresse de la part du DFF, dans son appel joint, de la question des
séquestres ne saurait s’interpréter comme une violation de la présomption
d’innocence de B. SA;
que vu ce qui précède, le point IV. du jugement SK.2019.13 n’est pas entré
en force de chose jugée;
que dès lors, les séquestres des avoirs concernant les comptes n° 1 et n° 2 au
nom de B. SA auprès de C. SA sont maintenus jusqu’à ce que le sort de
l’appel joint du DFF ait été définitivement tranché;
[...]