# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1b463f9c-4823-5664-be7b-b9f661d98bad
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. B._, née en 1960, souffre de schizophrénie et d’un léger retard mental. Suite à la dégradation progressive de sa situation, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (: la Justice de paix) a institué en sa faveur, le 12 décembre 2014, une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine ayant pour objet de la représenter dans le cadre de ses affaires administratives et financières, de veiller à lui assurer en tout temps un lieu de vie adéquat et de veiller à son bien-être social et médical. La Justice de paix a constaté qu’une aide s’imposait au vu des problèmes de santé de l’intéressée et de son inexpérience dans la gestion de ses affaires. Le père de B._, A._, a été nommé curateur de cette dernière (DO 35 ss).
B. Le 11 avril 2016, C._, directeur de la Fondation D._, a signalé à la Justice de paix la situation de B._, ancienne résidante et collaboratrice externe de la Fondation D._, laquelle y revient régulièrement et y reste plusieurs heures assise au salon en fumant et en se plaignant. Il a indiqué qu’elle se trouve dans une réelle souffrance et exprime son besoin de vivre dans un lieu protégé. Elle ne se rendrait en outre plus régulièrement chez son psychiatre et son alimentation semble carencée. Selon C._, le père de l’intéressée minimiserait la situation (DO 57).
Le 21 avril 2016, A._ a contesté le signalement en indiquant que sa fille est suivie médicalement et qu’elle reçoit des soins à domicile. Il l’a en outre inscrite sur une liste d’attente pour entrer dans un home, admission qui requiert toutefois l’approbation du médecin cantonal, vu le jeune âge de l’intéressée (DO 60).
Le 9 mai 2016, A._ a comparu devant la Juge de paix. Il a en substance démenti les affirmations de C._. Il a indiqué que sa fille était hospitalisée au Centre de soins hospitaliers du réseau fribourgeois de santé mentale, à Marsens (ci-après: CSH Marsens), en raison de sa perte de poids de 20 kg et de la dégradation de son état de santé. Il a ajouté qu’il a fait plusieurs recherches pour lui trouver un lieu de vie et qu’une demande de placement au home E._ avait été déposée mais qu’il était en attente de l’autorisation du médecin cantonal (DO 64, 65).
Par courrier du 2 septembre 2016, la Dresse F._, médecin cheffe de clinique adjointe au CSH Marsens, a requis le changement de curateur de B._ au motif que des difficultés personnelles et familiales ne semblent plus permettre au père de s’occuper correctement des affaires de l’intéressée, en particulier d’entreprendre des démarches pour lui trouver un lieu de vie adéquat, de sorte qu’elle doit rester hospitalisée dans cette attente (DO 78).
Le 15 septembre 2016, A._ a indiqué que cette requête est injustifiée. Il a souligné qu’il a entrepris des démarches en vue de trouver un lieu de vie à sa fille, laquelle souhaite rester vivre à G._. Il a indiqué qu’une demande d’admission au home E._ a été déposée et qu’il ne manque qu’un rapport de Dresse F._ à l’attention du médecin cantonal. Dans l’attente d’un placement, il a proposé que sa fille retourne vivre à son domicile, avec l’aide de sa famille et de soins à domicile (DO 80, 81).
Le 28 septembre 2016, la Dresse H._, médecin au CSH Marsens, a informé la Justice de paix que l’état de santé psychique de B._ est stabilisé et que son hospitalisation n’est plus nécessaire. En revanche, elle doit être placée. La Dresse H._ reproche toutefois au père
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de l’intéressée de ne rechercher que des foyers de psycho-gériatrie, alors que sa fille n’a aucune raison d’être placée dans un EMS qui n’est pas adapté. Il lui faut au contraire un établissement avec des personnes de son âge et des activités stimulantes. Son père refuse cependant les institutions proposées par le CSH Marsens au motif qu’elles sont situées trop loin de son domicile (DO 83).
Le 31 octobre 2016, la Dresse F._ a informé la Justice de paix que B._ a quitté le CSH Marsens et qu’elle est retournée vivre à son domicile. Elle a ajouté que le curateur de l’intéressée continue de solliciter un rapport favorable à l’admission de sa fille dans un home, ce qu’elle refuse de lui délivrer (DO 86).
C. Par décision du 8 novembre 2016, la Justice de paix a institué, en faveur de B._, une curatelle de substitution (art. 403 CC) ayant pour objet d’analyser sa situation de logement, d’examiner si son père est capable de prendre des décisions à ce sujet et de faire des propositions de lieu de vie dans un délai de 4 mois. Elle a en substance considéré qu’il existe un conflit d’intérêts potentiel entre le curateur et sa fille concernant la recherche d’un lieu de vie adéquat en faveur de cette dernière. Le pouvoir de décision et de représentation de A._ lui a été retiré dans ce domaine. L’effet suspensif au recours a également été retiré.
D. Par acte du 3 février 2017, A._ a interjeté recours contre cette décision alléguant, en substance, que des démarches ont été entreprises pour trouver un lieu de vie adéquat à sa fille, étant précisé qu’elle souhaite être placée dans un foyer proche de sa famille et qu’une demande d’admission au Foyer I._, respectivement au Foyer J._, a été déposée. Il a conclu à l’annulation de la décision attaquée.
Le 9 février 2017, la Justice de paix a fait savoir que le recours ne suscite pas d’observation de sa part.
E. Par courrier du 13 février 2017, le Juge délégué de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte (ci-après: la Cour) a restitué d’office l’effet suspensif au recours.
F. Le 23 février 2017, la Justice de paix a transmis à la Cour le rapport de A._ du 21 février 2017 sur la situation personnelle de sa fille. En substance, il a indiqué qu’elle vit seule dans son appartement mais peut compter sur l’aide de sa famille et des soins à domicile. Il a confirmé le dépôt d’une demande d’admission au Foyer I._, respectivement au Foyer J._.

## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
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b) En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).