# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5704b5ef-9c6a-53a0-b6b6-7fee1dd1bd35
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._ (ci-après, l’assurée) née en 1968, ressortissante B._, a été engagée à plein temps comme responsable de département logistique, dès le 23 janvier 2012. A ce titre, elle est assurée contre le risque d'accident auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA, devenue SUVA). En arrêt de travail depuis le 15 septembre 2014, elle a perçu des prestations d’indemnités journalières de l’assurance-maladie en raison d’un syndrome anxiodépressif (situation d’épuisement professionnel de type «burn-out») jusqu’au 31 mai 2015 (correspondances de Visana du 27 mai et du 10 septembre 2015).
Le 20 janvier 2015, elle s’est sectionnée l’extenseur propre de l’index droit dans son faisceau long en manipulant la vitre de sa cheminée (déclaration d’accident du 23 janvier 2015). Elle a bénéficié de deux interventions chirurgicales à la main (du 22 janvier et du 9 avril 2015), avec à chaque fois la mise en place ultérieure d’une attelle. La SUVA a pris en charge le cas, sous réserve des indemnités journalières déjà versées par la caisse-maladie (communication du 21 avril 2015).
Le 5 novembre 2015, la SUVA a, en se fondant sur l’avis de son médecin d’arrondissement (du 2 novembre 2015), nié le droit de l’assurée à des prestations d’assurance au-delà du 31 août 2015.
B. Par courrier électronique du 29 novembre 2015, l’assurée s’est opposée à la décision du 5 novembre 2015 au motif que la mise en place d’une attelle avait conduit à la formation d’une rhizarthrose (arthrose à la base du pouce). Le 30 novembre 2015, la SUVA a tout d’abord accusé réception de l’opposition, puis a complété l’instruction de la cause en recueillant un nouvel avis de son médecin d’arrondissement (du 4 décembre 2015).
Elle a également demandé à l’assurée des renseignements complémentaires sur l’attelle utilisée (correspondance du 10 décembre 2015). Le 27 janvier 2016, elle a ensuite imparti à cette dernière un délai échéant tout d’abord au 12 février 2016, prolongé encore au 27 février 2016, pour que celle-ci lui fasse parvenir une opposition munie d’une signature manuscrite et les différents renseignements requis le 10 décembre précédent. Cette correspondance était munie de l’indication que la SUVA n’entrerait pas en matière sur l’opposition si la signature manuscrite devait faire défaut à l’échéance du délai.
Le 25 février 2016, l’assurée a indiqué à la SUVA qu’elle n’avait pas encore reçu la totalité des documents médicaux requis et qu’elle les lui adresserait d’ici au 1er mars 2016. Le 29 février 2016, à 19 heures 45, l’assurée a envoyé par courrier électronique à la SUVA des renseignements sur l’attelle utilisée. Le même jour, à 19 heures 54, elle a ajouté: «Sauf erreur de ma part, je ne vois pas le courrier d’opposition. Est-ce un courrier que je dois rédiger moi-même? Dans ce cas, je vous informe que je suis opposée à la décision de la [SUVA], vu que mon accident m’a laissé des séquelles.» Le 1er mars 2016, à 19 heures 58, l’assurée a encore indiqué à la SUVA, toujours par courrier électronique, qu’elle lui avait adressé un courrier avec la mention suivante: «Je soussignée, A._, m’oppose formellement à votre décision de ne pas indemniser les conséquences directes et indirectes de mon accident du 20 janvier 2015.»
Le 2 mars 2016, la SUVA a déclaré irrecevable l’opposition du 29 novembre 2015 au motif que l’assurée ne lui avait pas fait parvenir un tel document muni d’une signature manuscrite dans le délai prolongé au 27 février 2016.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 5
C. Contre cette décision, A._ a formé une nouvelle «opposition» par courrier électronique du 4 mars 2016 et lettre recommandée avec accusé de réception du 16 mars 2016 (extrait du suivi des envois de la Poste suisse) devant la SUVA, qui les a transmis au Tribunal cantonal le 29 mars 2016, comme objet de sa compétence. En reprenant les motifs exposés devant la SUVA, elle a ensuite formellement recouru devant le Tribunal cantonal, Cour des assurances sociales. Elle fait valoir en substance qu’elle a adressé à la SUVA un courrier comportant une signature manuscrite.
La SUVA conclut au rejet du recours et produit le dossier de la cause. Celui-ci contient notamment une écriture de l’assurée réceptionnée par la SUVA en date du 8 mars 2016 qui a la teneur suivante: «Je soussignée, A._, m’oppose formellement à votre décision de ne pas indemniser les conséquences (actuellement rhizarthrose) de mon accident du 20 janvier 2015. Les séquelles de cet accident me posent des difficultés dans la vie quotidienne. De plus, je suis contrainte de porter 2 attelles, une le jour et une la nuit, pour atténuer les douleurs.» Cette écriture est munie de la signature manuscrite de l’intéressée.
Il n’a pas été ordonné un autre échange d’écritures entre les parties.
Il sera fait état plus avant de leurs arguments, développés à l’appui de leurs conclusions, dans les considérants en droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1. Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l'autorité judiciaire compétente par une assurée directement touchée par la décision sur opposition attaquée, le recours est recevable.
2. L'objet du litige porte sur le point de savoir si la SUVA était fondée à nier la validité formelle de l’opposition formée par la recourante contre sa décision initiale de refus de prester.