# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5ce98e8f-33aa-5f9e-a3fa-ec89f192a282
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) À teneur d'un rapport établi le 11 décembre 2018 par un gardien de la prison de Champ-Dollon (ci-après : la prison), M. A_, qui y était détenu depuis le _ 2018, avait, le même 11 décembre 2018 à 8h05, fait l'objet du contrôle pour la descente à la promenade, mais le magnétomètre avait sonné au premier passage ainsi qu'aux passages suivants, de sorte que le gardien avait procédé à une fouille par palpations. M. A_ avait mis de la mauvaise volonté dans ce cadre et, lorsqu'il avait entamé la descente des escaliers, il avait crié aux gardiens : « Je vous emmerde ».
2) Par décision du même jour à 9h35, déclarée exécutoire immédiatement nonobstant recours, le gardien-chef adjoint, après avoir entendu M. A_ à 9h30, lui a infligé, au titre de sanction, la suppression des promenades collectives du 12 au 19 décembre 2018, au motif que l'intéressé avait traîné les pieds et « râlé » lors dudit contrôle au magnétomètre.
3) Par acte de recours adressé le 14 décembre 2018 à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), M. A_ a contesté cette sanction.
Sa prise en charge lors du contrôle en vue de la promenade avait été abusive. Il avait été traité de manière agressive, avec un manque de respect, lors de son passage au magnétomètre, ce que la caméra de surveillance pourrait prouver.
4) Dans sa réponse du 16 janvier 2019, la prison a conclu au rejet du recours.
Les faits ayant conduit à la sanction disciplinaire litigieuse ne faisaient pas l'objet d'images de vidéosurveillance sauvegardées.
Le recourant ne semblait pas contester le déroulement des faits. Le rapport d'incident du 11 décembre 2018 avait été établi par un agent assermenté. La sanction querellée était conforme au principe de la proportionnalité.
Par ailleurs, après le prononcé de cette sanction, l'intéressé avait fait l'objet de sanctions disciplinaires les 22 et 24 décembre 2018.
5) Par courrier du 23 janvier 2019, la prison a informé la chambre administrative que M. A_, ayant subi sa peine, ne se trouvait plus à la prison.
6) M. A_ n'ayant pas répliqué dans le délai imparti par la lettre de la chambre administrative du 31 janvier 2019 adressée à son adresse privée, ladite chambre a, par pli du 28 février 2019, informé les parties que la cause était gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ces points de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
; art. 60 al. 1 du règlement sur le régime intérieur de la prison et le statut des personnes incarcérées du 30 septembre 1985 - RRIP -
F 1 50.04
).
2) a. Aux termes de l'art. 60 al. 1 let. b LPA, ont qualité pour recourir toutes les personnes qui sont touchées directement par une décision et ont un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée.
b. Selon la jurisprudence, le recourant doit avoir un intérêt pratique à l'admission du recours, soit que cette admission soit propre à lui procurer un avantage, de nature économique, matérielle ou idéale (ATF
138 II 162
consid. 2.1.2 ;
ATA/1272/2017
du 12 septembre 2017 consid. 2b).
c. Un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à obtenir l'annulation de la décision attaquée (ATF
138 II 42
consid. 1 ;
137 I 23
consid. 1.3 ; arrêts du Tribunal fédéral
2C_1157/2014
du 3 septembre 2015 consid. 5.2 ;
1C_495/2014
du 23 février 2015 ;
ATA/308/2016
du 12 avril 2016 ; Jacques DUBEY/Jean-Baptiste ZUFFEREY, Droit administratif général, 2014, n. 2084 ; Pierre MOOR/Étienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 2011, p. 748 n. 5.7.2.3 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2018, n. 1367). L'existence d'un intérêt actuel s'apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du prononcé de la décision sur recours
(ATF
137 I 296
consid. 4.2 ;
136 II 101
consid. 1.1) ; si l'intérêt s'éteint pendant la procédure, le recours, devenu sans objet, doit être simplement radié du rôle (ATF
125 V 373
consid. 1) ou déclaré irrecevable (ATF
123 II 285
consid. 4 ;
ATA/322/2016
du 19 avril 2016 ;
ATA/308/2016
du 12 avril 2016).
d. Il est toutefois exceptionnellement renoncé à l'exigence d'un intérêt actuel lorsque cette condition de recours fait obstacle au contrôle de légalité d'un acte qui pourrait se reproduire en tout temps, dans des circonstances semblables, et qui, en raison de sa brève durée ou de ses effets limités dans le temps, échapperait ainsi toujours à la censure de l'autorité de recours (ATF
140 IV 74
consid. 1.3 ;
139 I 206
consid. 1.1 ; arrêts du Tribunal fédéral
2C_1157/2014
du 3 septembre 2015 consid. 5.2 ;
1C_477/2012
du 27 mars 2013 consid. 2.3 ;
ATA/236/2014
du 8 avril 2014 ;
ATA/716/2013
du 29 octobre 2013 ; Jacques DUBEY/Jean-Baptiste ZUFFEREY, op. cit., p. 734 n. 2086 ; François BELLANGER, La qualité pour recourir, in François BELLANGER/ Thierry TANQUEREL, Le contentieux administratif, 2013, p. 121) ou lorsqu'une décision n'est pas susceptible de se renouveler mais que les intérêts des recourants sont particulièrement touchés avec des effets qui vont perdurer (ATF
136 II 101
;
135 I 79
). Cela étant, l'obligation d'entrer en matière sur un recours, dans certaines circonstances, nonobstant l'absence d'un intérêt actuel, ne saurait avoir pour effet de créer une voie de recours non prévue par le droit cantonal (ATF
135 I 79
consid. 1 ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_133/2009
du 4 juin 2009 consid. 3).
e. Dans sa jurisprudence concernant le placement d'un prisonnier en cellule forte ou aux arrêts disciplinaires - applicable suivant les circonstances à d'autres sanctions disciplinaires -, compte tenu de la brièveté de la sanction, lorsque le recourant est encore en détention au moment du prononcé de la décision querellée, la chambre administrative fait en principe abstraction de l'exigence de l'intérêt actuel, faute de quoi un telle mesure échapperait systématiquement à son contrôle (
ATA/135/2019
du 12 février 2019 consid. 3e ;
ATA/1272/2017
précité consid. 2c ;
ATA/29/2017
du 17 janvier 2017 consid. 2d ;
ATA/118/2015
du 27 janvier 2015 consid. 2c ;
ATA/510/2014
du 1er juillet 2014 consid. 3b).
3) En l'espèce, le recourant a été libéré.
Aucun élément du dossier ne laisse à penser qu'il serait susceptible d'être incarcéré à nouveau.
En application de la jurisprudence précitée et constante de la chambre de céans, il n'y a dès lors aucune raison de passer outre l'exigence de l'intérêt actuel (
ATA/1030/2019
du 18 juin 2019
ATA/555/2018
du 5 juin 2018 consid. 2f ;
ATA/308/2016
du 12 avril 2016 et les références citées).
4. Vu ce qui précède, le recours sera déclaré irrecevable.
Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA et art. 12 al. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA -
E 5 10.03
). Vu son issue, aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).
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