# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 818028b4-c6ed-5f53-94f1-572d241a673c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par courrier reçu le 23 juillet 2013, le Ministère public a annoncé appeler du jugement du Tribunal de police du 15 juillet 2013, dont les motifs ont été notifiés le 19 septembre suivant, par lequel B_ a été reconnu coupable de violation d'une obligation d'entretien (art. 217 al. 1 du Code pénal suisse, du 21 décembre 1937 [CP ;
RS 311.0
]) et de voies de fait (art. 126 al. 1 CP), acquitté du chef de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 et 2 al. 3 CP), de menaces (art. 180 al. 1 et 2 let. a CP) et d'infraction à l'art. 205 al. 4 du Code de procédure pénale suisse, du 5 octobre 2007 (CPP ;
RS 312.0
), condamné à une peine pécuniaire de soixante jours-amende à CHF 40.– l'unité, mis au bénéfice du sursis, le délai d'épreuve étant fixé à 2 ans, condamné à payer à A_, à titre de participation aux honoraires de son conseil, la somme de CHF l'000.– et condamné aux frais de la procédure en CHF 485.– y compris un émolument de jugement de CHF 300.–, une indemnité partielle pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure de CHF 1'500.– étant mise à la charge de l'État de Genève en faveur de B_.
b.
Par acte du 23 septembre 2013 reçu à la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) le 25 septembre 2013, le Ministère public, sans formuler de réquisition de preuve, conclut à ce que B_ soit reconnu coupable de lésions corporelles simples, de menaces et de voies de fait, ainsi que d'infraction à l'art. 205 al. 4 CPP, condamné à une peine pécuniaire de cent jours-amende, à CHF 40.– l'unité, avec sursis, délai d'épreuve à trois ans, ainsi qu'à une amende de CHF 500.– (peine de substitution de cinq jours).
c.
Par courrier expédié le 22 octobre 2013, A_ a déclaré former appel joint et conclut, sans solliciter de réquisitions de preuve complémentaire, à ce que B_ soit reconnu coupable de lésions corporelles simples, de menaces, de voies de fait et d'infraction à l'art. 205 al. 4 du CPP, à ce qu'il soit donné suite aux réquisitions du Ministère public sur la peine, à ce que le prévenu soit condamné à lui verser la somme de CHF 5'275.– à titre d'indemnité pour tort moral et de dommages et intérêts pour ses frais d'avocat de première instance, et la somme de CHF 2'000.–, ramenée à CHF 1800.– lors des débats, à titre de dommages et intérêts pour ses frais d'avocat de seconde instance, à ce que lui soit réservée la possibilité d'augmenter ou de réduire ses conclusions à l'audience, et à la mise des frais de toute la procédure à la charge du prévenu.
d.a.
Au stade de l'appel, il est encore reproché à B_ selon l'ordonnance pénale du 23 juillet 2012 valant acte d'accusation :
- d'avoir, lors d'une dispute en novembre 2011, en son domicile, saisi son épouse, A_, par le bras et lui avoir ainsi causé un hématome de huit centimètres sur l'avant-bras, faits qualifiés de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 et 2 al. 3 CP) ;
- d'avoir, le 1
er
avril 2012, en son domicile, frappé A_ sur la main, de s'être rendu à la cuisine pour y prendre un couteau, de lui avoir dit "
Tu verras ce qu'il va se passer
" et de l'avoir suivie dans le salon, faits qualifiés de voies de faits et de menaces (art. 126 al. 1 et 180 al. 1 et 2 CP) ;
- de ne pas avoir donné suite, sans motif, à un mandat de comparution du Ministère public, régulièrement acheminé, en vue d'une audience prévue le 6 juillet 2012, faits qualifiés d'infraction à l'art. 205 al. 4 CPP.
d.b
.
Il était également reproché à B_ d'avoir omis de verser à sa précédente épouse, C_, pour l’entretien de leur fille D_, par mois et d’avance, allocations familiales non comprises, les sommes mensuelles de CHF 614.– en 2009, CHF 615.– en 2010 et CHF 617.– en 2011, dues en vertu du jugement du Tribunal de première instance du 17 juin 2008, alors qu’il avait les moyens d’honorer ses dettes, plainte pénale ayant été déposée par le SCARPA, titulaire des créances, le 12 octobre 2011.
B.
Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants :
a.
Selon l'attestation médicale établie le 28 novembre 2011 par le Docteur E_, A_ présentait un hématome de huit centimètres sur huit centimètres sur l'avant-bras droit et des tuméfactions sur la région lombaire.
b.
Selon le rapport du 25 avril 2012, la centrale d'engagement avait demandé, le 1
er
avril 2012 à 22h18, l'intervention de la police à l'avenue F_ pour une femme victime de violences conjugales.
À son arrivée, la police avait trouvé A_, pieds nus, dans la rue en bas de l'immeuble et l'avait raccompagnée dans son appartement où se trouvait B_ ainsi que leur fils de quatre ans, la situation étant calme. Après s'être entretenue, séparément avec les époux, elle avait emmené A_, à sa demande, chez une amie pour qu'elle y passe la nuit.
c.
A_ a déposé plainte le 6 avril 2012. Elle était mariée avec B_ depuis trois ans. Lors de leur dispute, il avait voulu la gifler, mais le coup était arrivé sur sa main. Il l'avait ensuite frappée dans le dos. Elle s'était mise sur le lit et l'avait repoussé avec les pieds. Il était ensuite allé chercher un couteau sur la table de la cuisine. Elle était alors sortie de l'appartement et avait couru au rez-de-chaussée afin d'appeler la police sans s'être chaussée. Elle n'était pas allée chez le médecin, n'ayant qu'une légère douleur au pouce.
B_ n'était violent que lorsqu'il buvait, ce qui était le cas le jour des faits. Sa consommation était d'au minimum quatre bières par jour en sus des apéritifs et de deux ou trois bières une fois rentré à la maison. Il avait déjà été violent et menaçant par le passé.
d.
Le 12 avril 2012, B_ a été entendu par la police. Le jour des faits, il avait bu deux ou trois bières et un verre de vin rouge. A_ mentait au sujet de sa consommation d'alcool et de la violence perpétrée. Il vivait depuis sept ans avec elle, dont trois maritalement, mais envisageait de divorcer. Il avait haussé le ton car A_ avait été absente toute la journée et avait refusé de lui en expliquer la raison. Il ne l'avait pas insultée et n'avait pas été violent. Alors qu'il voulait préparer un sandwich, il avait ouvert un tiroir de la cuisine. A_ avait cru qu'il voulait se munir d'un couteau et avait pris peur. En réalité, elle avait fui pour lui nuire et n'avait pas du tout peur de lui.
e.
B_ ne s'est pas présenté à l'audience de confrontation du 6 juillet 2012, et ne s'est pas excusé.
A_ a confirmé les termes de sa plainte. Son mari était régulièrement absent du domicile conjugal. Le 1
er
avril 2012, elle était sortie avec son fils et était rentrée le soir. Elle avait trouvé son mari en train de boire, ce qu'il n'avait cessé de faire depuis le matin. Il l'avait insultée dès son retour au domicile et avait continué alors qu'elle était au téléphone avec une amie. Il l'avait frappée au moment où elle lui avait demandé de la laisser tranquille. Le coup était arrivé sur la main qui tenait le téléphone, à hauteur d'oreille, alors qu'il visait le visage. Elle avait ressenti des douleurs à la main durant plusieurs jours.
Alors qu'elle était sur le lit et tentait de le repousser avec les pieds, il était sorti de la chambre en disant "
Tu verras ce qu'il va se passer
" puis s'était dirigé vers la cuisine et avait pris un couteau mesurant entre vingt-cinq et trente centimètres. Elle était sortie en courant de l'appartement, voyant qu'il venait dans sa direction avec le couteau à la main.
Au mois de novembre 2011, elle était rentrée un dimanche vers 16 heures et avait trouvé la porte de son domicile close et la sonnette débranchée. Elle avait frappé à la porte et menacé d'appeler la police. B_ avait ouvert la porte, porté un coup sur sa tête, l'avait saisie par les bras et l'avait insultée. Elle s'était réfugiée dans les toilettes et avait appelé la police.
f.
B_, entendu le 26 octobre 2012, a contesté les faits retenus par le Ministère public dans l'ordonnance pénale du 23 juillet précédent. Il avait tenu son épouse par les bras pour éviter qu'elle le frappe en novembre 2011.
Le 1
er
avril 2012, il ne lui avait pas donné de coup de poing et ne l'avait pas suivie avec un couteau. Il avait un petit couteau de cuisine dans les mains pour préparer un sandwich. Elle avait eu peur car il lui avait dit de quitter la maison en raison de ses rentrées tardives. Il lui avait dit "
Tu vas voir
". Il n'était pas une personne violente.

## Considerations