# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0bb3d5c3-cbca-5efb-8146-465acac0e032
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
B_, né le _ 1963 à _, de nationalité italienne et A_, née _ le _ 1960 à _, de nationalité suédoise, ont contracté mariage le _ 2008 à _.
Ils ont conclu un contrat de mariage de séparation de biens le 2 octobre 2008.
Aucun enfant n’est issu de cette union.
B.
a.
Par requête déposée au greffe du Tribunal de première instance le 12 novembre 2013, B_ a formé une demande unilatérale en divorce. Il a conclu au prononcé du divorce, à la condamnation des parties au paiement de la moitié des frais judiciaires, à la compensation des dépens et au déboutement de A_ de toutes autres conclusions.
b.
Lors de l'audience de conciliation du 24 janvier 2014, B_ a persisté dans ses conclusions.
A_ s'est opposée au prononcé du divorce, au motif que le délai légal de deux ans de séparation n'était pas venu à échéance.
Le Tribunal a limité la procédure à la question de la durée de la séparation.
c.
Selon conclusions sur la durée de la séparation des 24 février 2014 et 24 mars 2014, les parties ont persisté dans leurs conclusions en divorce respectivement en déboutement.
Lors des audiences des 9 mai 2014 et 22 septembre 2014, le Tribunal a procédé à la déposition des parties.
d.
Dans des plaidoiries finales écrites du 31 octobre 2014, B_ a conclu à ce qu'il soit constaté qu'à la date du dépôt de la requête unilatérale de divorce, les parties étaient séparées depuis plus de deux ans, persistant pour le surplus.
Dans des plaidoiries écrites du 31 octobre 2014, A_ a conclu à la condamnation de B_ à lui verser une
provisio ad litem
de 10'000 fr., à sa condamnation à une amende disciplinaire de 2'000 fr. et au déboutement de B_, avec suite de frais et dépens.
Par courrier du 18 novembre 2014, B_ s'est opposé aux conclusions de son épouse, en particulier celle en versement d'une
provisio
ad litem
.
e.
Il ressort encore de la procédure que A_ a été admise au bénéfice de l'assistance juridique avec effet au 16 décembre 2013 et limité à la première instance, l'octroi étant subordonné au paiement d'une participation mensuelle de 100 fr.
C.
Par jugement
JTPI/133/2015
du 6 janvier 2015, le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a rejeté la demande en divorce formée par B_ le
12 novembre 2013 (ch. 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 1'000 fr, et les a compensés avec l'avance fournie par ce dernier, les a laissés à la charge de B_, a dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 2 à 4), et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5).
S'agissant de la
provisio ad litem
, le premier juge a retenu qu'au vu des versements mensuels de son époux de 4'000 fr. et du fait que A_ ne payait pas de loyer, celle-ci pouvait faire face par ses propres moyens aux frais du procès.
D. a.
Par acte du 6 février 2015, A_ (ci-après : l'appelante) forme appel contre ce jugement dont elle sollicite l'annulation en tant qu'il déboute les parties de toutes autres conclusions. Cela fait, elle conclut à la condamnation de B_ à lui verser une
provisio ad litem
de 10'000 fr., avec suite de frais et dépens.
A l'appui de son appel, elle produit un chargé de pièces complémentaires.
Dans sa réponse à l'appel, B_ (ci-après : l'intimé) conclut au déboutement de A_ de toutes ses conclusions, avec suite de frais et dépens.
b.
Par duplique et réplique des 6 mai et 1
er
juin 2015, les parties ont persisté dans leurs conclusions.
c.
Par courrier du 2 juin 2015 du greffe de la Cour de justice (ci-après : la Cour), les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
Par un nouveau courrier prolixe et à la limite de l'inconvenance, du 16 juillet 2015, A_ s'est adressée en personne à la Cour pour fournir de nombreux éléments sur la situation financière de son époux.

## Considerations

EN DROIT
1.
L'appel est recevable contre les décisions finales de première instance, dans les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse, au dernier état des conclusions devant l'autorité inférieure, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). ![endif]>![if>
En l'espèce, le litige porte notamment sur le principe du divorce, soit sur une affaire non pécuniaire, l'appel est donc ouvert indépendamment de la valeur litigieuse (arrêt du Tribunal fédéral
5A_26/2014
du 2 février 2014 consid. 1).
Le présent appel, motivé et formé par écrit dans le délai utile de trente jours, est donc recevable (art. 130, 131, 311 al. 1 et 145 al. 1 let. b CPC).
2.
La Cour examine d'office la recevabilité des pièces produites en appel (Reetz/Hilber, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2ème éd., 2013, n. 26 ad art. 317 CPC).
Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et les moyens de preuves nouveaux ne sont pris en considération en appel que s'ils sont invoqués ou produits sans retard (let. a) et s'ils ne pouvaient pas être invoqués ou produits devant la première instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de diligence (let. b).
En l'espèce, les pièces nouvelles produites par l'appelante, de même que les allégués nouveaux qu'elles contiennent, sont irrecevables. Elles ne sont de toute façon pas pertinentes pour l'issue du litige.
Il en va de même de son courrier du 16 juillet 2015.
3.
L'appelante fait valoir que compte tenu de la disparité des situations financières respectives des époux, elle a droit au versement d'une
provisio ad litem
de
10'000 fr., dans la mesure où la procédure est extrêmement litigieuse.
L'intimé conteste l'impécuniosité de l'appelante.
3.1
Si un époux ne dispose pas des moyens suffisants, il peut exiger de son conjoint, sur la base des art. 159 al. 3 et 163 CC, qu'il lui fasse l'avance des frais du procès en divorce (
provisio ad litem
) pour lui permettre de sauvegarder ses intérêts (ATF
117 II 127
consid. 6 et les références citées).
Le versement d'une
provisio ad litem
intervient lorsque la partie qui la requiert ne pourrait pas assumer les frais d'un procès sans recourir à des moyens qui lui seront nécessaires pour couvrir son entretien courant. Il est déterminant que la partie puisse, au moyen de l'excédent dont elle dispose, procéder aux avances de frais de justice et d'avocat dans un délai raisonnable (FamPra 2008, no 101, p. 965).
La
provisio ad litem
constitue une simple avance, qui doit en principe être restituée. Lorsque la procédure est arrivée à son terme, il ne se justifie plus de statuer sur l'octroi d'un telle avance mais uniquement, dans l'hypothèse où une
provisio ad litem
aurait été octroyée au cours de la procédure de divorce, de trancher la question de son éventuelle restitution (arrêt du Tribunal fédéral
5A_777/2014
précité consid. 6.3).
3.2
En l'espèce, ce n'est que dans ses plaidoiries finales, soit après un premier échange d'écritures et plusieurs audiences, que l'appelante a sollicité, pour la première fois, le versement d'une
provisio ad litem
. En rejetant la demande de divorce, ce qui mettait fin à la procédure (ce point n'ayant d'ailleurs pas fait l'objet d'un appel), le juge n'avait plus à statuer sur l'octroi d'une telle avance, dont l'éventuel versement aurait dû être examiné au cours de la procédure. C'est donc à juste titre qu'il a débouté l'appelante de ses conclusions en versement d'une
provisio ad litem
.
Le jugement sera dès lors confirmé.
4.
L'appelante, qui succombe, sera condamnée aux frais de l'appel, arrêtés à 1'000 fr., compensés à due concurrence avec l'avance de 500 fr. fournie par cette dernière, laquelle reste acquise à l'Etat (art. 95 al. 1 let. a et al. 2, 96, 104 al. 1, 105 al. 1 et 106 al. 1 CPC; art. 30 al. 1 et 35 RTFMC). Elle sera en outre condamnée à verser la somme de 500 fr. à l'Etat, soit pour lui les Services financiers du pouvoir judiciaire.
Pour des motifs d'équité liés à la nature du litige, les parties conserveront à leur charge leurs propres dépens d'appel (art. 95 al. 1 let. b et al. 3, 104 al. 1, 106 al. 1 et 107 al. 1 let. c CPC).
* * * * *