# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 41b5c7cc-69f3-5d24-8b80-e98dee95ac13
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 20 mai 2019, l’intervention de la police a été requise au domicile de A._ et de B._ pour des violences domestiques. Des procédures pénales ont alors été ouvertes tant contre A._ que contre B._.
Les procédures ouvertes contre A._ et B._ pour respectivement voies de fait réitérées (conjoint durant le mariage), lésions corporelles simples et calomnie ainsi que voies de fait réitérées (conjoint durant le mariage) ont été classées par ordonnances du Ministère public des 27 et 29 mai 2020 (DO F 19 6275-77/10003 ss et 10203 ss).
A._ a néanmoins fait l’objet d’une ordonnance pénale du Ministère public du 29 mai 2020 pour lésions corporelles simples (conjoint durant le mariage) pour avoir poussé B._ contre le cadre d’une porte et serré sa tête entre ses bras (DO F 19 6275-77/10006 ss).
Par courrier du 10 juin 2020, A._ a fait opposition à l’ordonnance pénale du 29 mai 2020 (DO F 19 6275-77/10013). Le Ministère public a, par courrier du 19 juin 2020, transmis le dossier à la Juge de police de la Gruyère (ci-après: la Juge de police).
Par acte d’accusation du 6 janvier 2021, complémentaire à l’ordonnance pénale du 29 mai 2020 (frappée d’opposition), le Ministère public a renvoyé A._ devant la Juge de police, ce dernier paraissant s’être rendu coupable de voies de fait (conjoint durant le mariage) et de lésions corporelles simples (conjoint durant le mariage) pour des faits survenus entre le 5 août 2014 et le 10 avril 2020 (DO F 20 4266/10206 ss).
B. Lors de l’audience devant la Juge police tenue le 8 juin 2021, A._, en qualité de prévenu, et B._, en qualité de partie plaignante, se sont déclarés d’accord d’effectuer une médiation pénale, ce d’autant qu’une médiation civile débutait le 10 juin 2021.
Par ordonnance du 8 juin 2021, la Juge de police a suspendu pour une durée de 6 mois la procédure pénale dirigée contre A._.
C. Par mémoire du 3 juillet 2021, remis à la poste le 4 juillet 2021, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de suspension du 8 juin 2021. Il a conclu à ce qu’une instruction pénale soit ouverte contre B._ « sur les accusations calomnieuses, de déclarations visant induire la justice en erreur, d’une entrave à l’action pénale et civil [sic] ».
D. Invitée à se déterminer, la Juge de police a, par courrier du 9 juillet 2021, conclu au rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilité. Elle s’est déclarée étonnée du recours dans la mesure où tant A._ que B._ ont acquiescé au principe de la médiation pénale, le recourant l’ayant lui-même informée qu’une médiation civile allait débuter le 10 juin 2021. Elle a encore indiqué que, contrairement à ce qu’affirme le recourant, aucune ordonnance de classement n’a été prononcée, mais bien uniquement une suspension de la procédure pénale pour une durée de 6 mois.
E. Invité à se déterminer, le Ministère public a, par courrier du 5 août 2021, conclu à l’irrecevabilité du recours. Il rapporte que le recourant n’a manifestement pas saisi que l’ordonnance attaquée se contentait de suspendre la procédure ouverte à son encontre pour la durée de la médiation pénale et qu’aucun des motifs qu’il expose n’est relatif à la légalité, à l’opportunité ou aux modalités de cette
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suspension. Le Ministère public souligne que le recourant ne fait que protester de son innocence et réitérer ses accusations à l’encontre de son épouse. Il termine en soulignant que la conclusion tendant à l’ouverture d’une procédure contre son épouse ne relève pas de la compétence de la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre).
F. Par courrier du 9 août 2021, le Président de la Chambre a invité le recourant à se déterminer sur les observations de la Juge de police et du Ministère public ainsi qu’à indiquer s’il maintenait son recours. Le recourant y a répondu par missive du 29 août 2021. En ce qui concerne les observations de la Juge de police, le recourant a précisé n’avoir rien à contester, relevant avoir accepté la médiation, mais refuser la proposition de classement dès lors que son épouse n’arrête pas avec des déclarations mensongères en justice. S’agissant des observations du Ministère public, le recourant a relevé s’y opposer déclarant qu’un innocent ne devrait jamais être condamné et que « la justice est aussi en possession des vidéos et photos que prouvent que B._ a menti à la police, au tribunal civil, au Ministère public et a la Juge de Police [sic] ». Il a dès lors maintenu son recours, estimant la décision du Procureur incompréhensible.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les parties peuvent attaquer les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance, sauf contre ceux de la direction de la procédure (art. 393 al. 1 let. b du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0]) devant l'autorité de recours (art. 20 al. 1 let. b CPP), qui est, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale (art. 85 al. 1 de la loi sur la justice du 31 mai 2010 [LJ; RSF 130.1]).
1.2. Le recours fait l'objet d'une procédure écrite (art. 397 al. 1 CPP).
1.3. Le délai de recours est de dix jours et commence à courir le lendemain du jour de la notification de la décision attaquée (art. 396 et 90 al. 1 CPP). In casu, le recours déposé le 4 juillet 2021 contre la décision de la Juge de police du 8 juin 2021, notifiée le 24 juin 2021, respecte ce délai.