# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1bab0fd7-ceae-5ae2-a94f-ac2089bde815
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_010
**Year:** 2008
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Substantive Criminal

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement du 29 avril 2008, notifié le 23 mai 2008, le Tribunal de police a reconnu M. K_ coupable de violation d'une obligation d'entretien (art. 217 CP), de conduite sous retrait, refus ou interdiction d'utilisation du permis de conduire (art. 95 ch. 2 LCR) et de violations de l'art. 90 ch. 1 LCR, l'a condamné à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à 300 fr. le jour-amende, a renoncé à révoqué un sursis antérieur, a réservé les droits de la partie civile Mme K_, et a condamné M. K_ aux frais de la procédure ainsi qu'aux dépens de la partie civile, y compris une indemnité de 300 fr. valant participation aux honoraires d'avocat.
B.
Le 20 juin 2008, la partie civile a formé une opposition à taxe. Elle a conclu à ce que M. K_ soit condamné à ses dépens, comprenant une indemnité de 3'497 fr. correspondant à la totalité de ses honoraires d'avocat.
Elle a produit la note d'honoraires de son conseil, qu'elle avait déjà remise au Tribunal de police. Cette note, d'un montant total de 3'497 fr., se compose de 3'150 fr., correspondant à sept heures d'activité au tarif horaire de 450 fr. pour correspondance, rédaction de la plainte pénale et préparation d'un chargé de pièces, préparation de l'audience et audience du Tribunal de police, et de 247 fr. de TVA.
C.
A l'audience du 23 septembre 2008, Mme K_ a persisté dans leurs conclusions.
Le Ministère public s'en est rapporté à justice.
M. K_ a conclu à la confirmation du jugement du Tribunal de police, soutenant que seuls les frais d'avocat nécessaires devaient être pris en charge.

## Considerations

EN DROIT
1.
Aux termes de l'art. 6 du Règlement fixant le tarif des frais et dépens en matière pénale, les parties peuvent faire opposition à l'état de frais dans les 30 jours à dater de la notification de la condamnation aux dits frais. Ce délai ayant été respecté en l'espèce, l'opposition est recevable.
2. 2.1
Selon l’art. 97 al. 1 CPP, devant les juridictions de jugement, les frais de l’Etat et les dépens de la partie civile sont mis à la charge du condamné.
Il résulte de la systématique des art. 96 à 105 CPP et plus particulièrement des art. 104 et 105 CPP, que le principe de la condamnation aux frais et dépens et leur répartition ne peuvent être revus dans la procédure d’opposition à taxe et que celle-ci concerne uniquement le mode de calcul et le montant desdits frais et dépens (PONCET, Le nouveau code de procédure pénale annoté, p. 180/181).
Ainsi, la voie de l’opposition à taxe prévue par les art. 105 CPP et 6 du règlement se limite à l’arrêté des frais et dépens, soit leur quotité, à l’exclusion de la condamnation à les payer (ACJ D. du 16 septembre 1991).
En matière de fixation de dépens et d’émolument, le juge n’a pas à motiver sa décision lorsqu’il existe un tarif ou règle légale déterminant des minima et des maxima, sauf si le juge sort de ses limites légales ou si des éléments extraordinaires sont invoqués par les parties (ATF 111 Ia I).
Le pouvoir d'examen de la Chambre pénale statuant sur opposition à taxe est dès lors limité à la conformité de la taxation au règlement et elle ne peut pas vérifier l'opportunité de la taxation, ni modifier les montants fixés, dans la mesure où ceux-ci l'ont été conformément au règlement.
2.2
Le Tribunal fédéral a relevé, dans l'ATF
133 II 361
, qu'en droit de la responsabilité civile, les frais engagés par la victime pour la consultation d'un avocat avant l'ouverture du procès civil, lorsque cette démarche était nécessaire et adéquate, peuvent constituer un élément du dommage, pour autant que ces frais n'aient pas été inclus dans les dépens. Il en va de même pour les frais engagés dans une autre procédure, comme une procédure pénale par exemple. Si cette procédure permet d'obtenir des dépens, même tarifés, il n'est alors plus possible de faire valoir une prétention en remboursement des frais de défense par une action ultérieure en responsabilité civile (arrêt
4C.51/2000
du 7 août 2000 consid. 2 publié in SJ
2001 I 153
; ATF
117 II 101
consid. 5 p. 106;
112 Ib 353
consid. 3a p. 356).
Cette réglementation repose sur des considérations pratiques et la recherche d'un équilibre entre des intérêts divergents; cet équilibre se trouverait compromis si la décision sur les dépens ne liquidait pas les prétentions des parties et laissait la porte ouverte à une action civile ultérieure (ATF
112 Ib 353
consid. 3a p. 357).
A Genève, l'art. 97 al. 1 du code de procédure pénale (CPP/GE) met à la charge du condamné les dépens de la partie civile devant les juridictions de jugement. Ces dépens sont calculés conformément au tarif établi par le Conseil d'Etat (art. 104 al. 1 CPP/GE). Selon l'art. 12 al. 1 du règlement fixant le tarif des frais et dépens en matière pénale, les dépens dus par le condamné comprennent les débours ainsi qu'une participation aux honoraires d'avocat allant en particulier de 50 à 1'000 fr. devant le Tribunal de police (let. b). Aux termes de l'alinéa 2 de cette même disposition, l'autorité de jugement peut accorder, à titre exceptionnel, une participation d'un montant supérieur en raison de circonstances particulières, notamment les difficultés du procès, la situation financière des parties, la durée de la procédure ou encore l'ampleur des débats.
Le Tribunal fédéral a jugé que, en droit cantonal genevois, l'usage de l'expression "participation aux honoraires d'avocat" ne signifiait pas que l'indemnité pour les dépens ne correspondait qu'à une quotité déterminée des honoraires totaux de l'avocat. Les dépens permettaient le dédommagement de tous les frais d'avocat rendus nécessaires par le procès (arrêt
4C.51/2000
précité, consid. 3; arrêt
4C.80/1995
du 28 août 1995 consid. 2 publié in SJ 1996 299; arrêt P.287/1981 du 17 juillet 1981 consid. 3a publié in SJ 1982 289; arrêt P.367/73 du 29 mars 1973 consid. 4a publié in SJ 1973 337). La partie civile ne dispose donc pas d'une prétention en dommages-intérêts pour la part non couverte par les dépens (arrêt
4C.51/2000
précité, consid. 3).
2.3
In casu, les premiers juges ont fait une application correcte du tarif des frais et dépens en matière pénale, la cause ne présentant pas de circonstances particulières justifiant d'accorder, à titre exceptionnel, un montant supérieur à ceux prévus à l'art. 12 al. 1 let. b.
Cela étant, ledit règlement apparaît trop restrictif vu la jurisprudence du Tribunal fédéral rappelée ci-dessus. En application de celle-ci, la partie civile a droit à la prise en charge, par le condamné, de la totalité de ses frais d'avocats, pour autant que ceux-ci correspondent à une activité nécessaire et adéquate.
Tel est le cas en l'espèce, ce que M. K_ ne conteste pas sérieusement au demeurant.
Le jugement du Tribunal de police sera donc annulé, en ce qu'il a arrêté à 300 fr. une indemnité valant participation aux honoraires d'avocat comprise dans les dépens, et M. K_ condamné aux dépens de la partie civile comprenant une indemnité de 3'497 fr. correspondant aux honoraires d'avocat.
* * * * *