# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4fcb1ebe-66fd-4d96-9623-a295031e364c
**Court:** JU_TC
**Chamber:** JU_TC_002
**Year:** 2011
**Language:** fr
**Jurisdiction:** JU / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu la décision du juge civil du 28 janvier 2011, prise à titre superprovisionnel, faisant interdic- tion à l'intimée d'aliéner l'intégralité de ses bijoux se trouvant au coffre de la Banque Jura- Laufon (actuellement Banque Romande Valiant SA) à Porrentruy ainsi que l'intégralité de ses tableaux et timbres, sous menace de la peine prévue par l'article 292 CP pour insoumis- sion à une décision de l'autorité, soit l'amende ; il est précisé que cette décision déploiera ses effets jusqu'à droit connu dans la procédure en mesures provisionnelles ; le juge civil considère que l'appelant a rendu suffisamment vraisemblable être titulaire d'une prétention à l'égard de l'intimée, compte tenu de l'acte de donation du 22 octobre 2009 établie par celle-ci à son intention ; il apparaît par ailleurs que les relations entre le donataire et la donatrice sont houleuses, celle-ci ayant déposé une plainte pénale contre celui-là pour vol, éventuel- lement escroquerie, éventuellement tentative d'escroquerie ; la procédure a toutefois été classée par une ordonnance de non-lieu de la procureure générale du 15 décembre 2010 ; l'intimée n'a certainement eu connaissance de cette décision que fin décembre 2010 ; par peur ou par vengeance, l'intimée peut commettre des actes préjudiciables aux intérêts de l'appelant ; la notion d'urgence doit dans ces circonstances être admise ; il y a dès lors lieu d'ordonner des mesures à titre superprovisoire ;
Vu l'appel en matière de mesures superprovisionnelles déposé contre cette décision le 31 janvier 2011 par X. auprès de la Cour civile, tendant à ce qu'il soit ordonné à la Banque
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Romande Valiant SA, avec siège à Delémont, d'interdire immédiatement à l'intimée l'accès au coffre dont elle dispose dans son établissement de Porrentruy et d'ordonner à la police cantonale de saisir immédiatement dans l'appartement de l'intimée l'intégralité des tableaux et des timbres qui s'y trouvent et de les déposer auprès du Tribunal de Première Instance, à fin de consignation, sous suite des frais et dépens ; il prétend que les mesures prises par le juge civil risquent d'être insuffisantes et impropres à empêcher un dommage considérable et irréparable, dans la mesure où l'intimée est parfaitement lucide et qu'elle n'a pas hésité à déposer abusivement une dénonciation pénale à l'encontre de l'appelant ; par ailleurs, le 11 août 2010, elle a informé l'appelant qu'elle révoquait l'acte de donation, alors même qu'au- cune des conditions de révocation n'est remplie ;
Vu la requête à fin de mesures provisionnelles et superprovisionnelles du 3 février 2011, adressée par l'appelant au président de la Cour civile, tendant à ce que soient adjugées à titre superprovisionnel et provisionnel les conclusions retenues dans l'appel ;
Attendu qu'il convient d'examiner à titre préalable si la décision de mesures super- provisionnelles du juge civil peut faire l'objet d'une voie de droit :
Attendu que la doctrine n'est pas unanime sur cette question ;
Attendu que pour la majeure partie des auteurs, il n'y aucune contestation possible des me- sures superprovisionnelles devant une autorité supérieure ; on ne peut ni appeler, ni recourir (dans ce sens notamment : HOFFMANN/LÜSCHER, Le Code de procédure civile, 2009, p. 170 ; STAHELIN/STAHELIN/GROLIMUND, Zivilprozessrecht, 2008, § 21.31, p. 387 ; DENIS TAPPY, Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile, in JdT 2010 III 115ss, p. 123 ; THOMAS SPRECHER, Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2010, n. 32 ad art. 265, p. 1305 ; LUCIUS HUBER, in Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger [édit.], Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2010, n. 20 ad art. 265, p. 1551) ; ces auteurs expli- quent que les parties ont la possibilité de faire valoir leur point de vue dans la procédure de mesures provisionnelles subséquente, de sorte qu'une voie de recours n'est pas nécessaire ;
Attendu que d'autres auteurs semblent admettre que la voie du recours est ouverte, à l'ex- clusion de l'appel (VALENTIN RÉTORNAZ, L'appel et le recours, in Bohnet [édit.], Procédure civile suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, 2010, n. 55 p. 369) ;
Attendu que pour certains auteurs, l'appel est ouvert lorsque le refus des mesures entraîne un dommage difficilement réparable, à tout le moins la perte définitive d'un droit (dans ce sens : FRANÇOIS BOHNET, La procédure sommaire selon le Code de procédure civile suisse, in RJJ 2008 p. 263ss, p. 302ss ; le même, La procédure sommaire, in Bohnet [édit.], Procé- dure civile suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, 2010, n. 116, p. 227ss ; FABIENNE HOHL, Procédure civile, tome II, 2ème éd., 2010, n. 1873 ; REETZ/THEILER, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2010, n. 34 ad art. 308, p. 1853ss) ;
Attendu qu'à cet égard, le Message du Conseil fédéral est toutefois parfaitement clair, préci- sant que les mesures superprovisionnelles ordonnées ne sont pas sujettes à recours en tant que telles (FF 2006 p. 6964) ;
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Attendu qu'il faut en outre rappeler que celui qui requiert de telles mesures peut en tout temps déposer une nouvelle requête si les circonstances se sont modifiées (art. 268 al. 1 CPC par analogie ; THOMAS SPRECHER, op. cit., n. 32, qui renvoie également au n. 100 ad art. 261) ;
Attendu que dans ces circonstances, on doit admettre, à l'instar de la doctrine majoritaire, que les mesures superprovisionnelles ne peuvent faire l'objet d'une voie de droit ;
Attendu qu'il suit de ce qui précède que l'appel est irrecevable ;
Attendu que la requête afin de mesures superprovisionnelles et provisionnelles dans le cadre de la procédure d'appel devient ainsi sans objet ;
Attendu qu'au demeurant, même s'il avait pu être entré en matière, l'appel aurait dû être reje- té ;
Attendu, en effet, que la prise de mesure conservatoires superprovisionnelles et provision- nelles est subordonnée à quatre conditions, à savoir une prétention au fond, une atteinte ou le risque d'une atteinte à celle-ci, le risque d'un préjudice difficilement réparable et l'absence de sûretés appropriées (FABIENNE HOHL, op, cit., n. 1751ss); il doit y avoir nécessité d'une protection immédiate en raison d'un danger imminent menaçant les droits du requérant (FA- BIENNE HOHL, op. cit., n. 1758ss); la prise de mesures superprovisionnelles exige même une "urgence particulière" (art. 265 al. 1 CPC) ;
Attendu qu'en l'espèce toutefois, il ne ressort pas des éléments au dossier que l'urgence, encore moins l'urgence particulière, est donnée ; l'intimée a en effet porté plainte contre l'ap- pelant le 9 décembre 2009 déjà ; elle l'a ensuite informé en août 2010, de sa volonté de ré- voquer l'acte de donation ; l'ordonnance de non-lieu a par ailleurs été rendue à mi-décembre 2010 et a été notifiée très rapidement à l'intimée, dans la mesure où elle est entrée en force le 30 décembre 2010 ; l'intimée avait dès lors tout loisir d'aliéner ses bijoux, tableaux et tim- bres ; l'appelant ne rend pas vraisemblable que ses droits seraient plus compromis à ce jour que lors du dépôt de la plainte pénale le 9 décembre 2009 ;
Attendu que les frais de la présente procédure sont à la charge de l'appelant qui succombe (art. 106 al. 1 CPC) ; il n'y a pas lieu d'allouer d'indemnité de dépens à l'intimée qui n'a pas fait valoir son point de vue ;
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## Considerations