# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2d136f5b-722c-56ac-9ff4-19c920f80d5b
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_015
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Messieurs A_ et B_ sont tous deux de nationalité suisse et domiciliés au Petit-Lancy (GE), où ils exercent leurs droits politiques. Ils sont respectivement administrateur-président et administrateur-secrétaire de la D_ SA, ayant son siège à Athenaz (commune d'Avusy / GE) et pour but la production de sables, le recyclage, le transport et la vente de sables et de graviers ainsi que toutes opérations s'y rattachant.
Monsieur C_, de nationalité suisse, est domicilié à Onex (GE), où il exerce ses droits politiques.
2. a. M. A_ est propriétaire des parcelles n° 1_, 2_ et 3_ de la commune d'Avusy, sises en zone agricole, sur lesquelles la D_ SA a été autorisée, en 1983 et 1986, à exploiter des gravières, avec des échéances de remblayage et de remise en culture en 1994, ainsi que, en 1986, à utiliser une station mobile de lavage de matériaux graveleux, avec la précision que les échéances fixées pour le remblayage et la remise en culture desdites parcelles restaient inchangées et que l'installation devrait être déplacée en temps utile.
b. En juillet 1993, en réponse à une demande de la D_ SA de prolonger les autorisations d'exploiter précitées, les services compétents de l'administration cantonale ont indiqué que de nouveaux délais seraient fixés ultérieurement, d'entente avec les autorités communales. Ces dernières se sont opposées à la délivrance à la société précitée d'une autorisation de conserver ses installations de recyclage et de récupération à long terme, non compatibles avec la zone agricole. L'autorisation que le département cantonal compétent a néanmoins délivrée le 15 janvier 1996 à la D_ SA de réorganiser ses installations et de construire une installation fixe de recyclage, de concassage et de lavage ainsi qu'un radier sur les parcelles n° 2_ et 3_ de la commune d'Avusy a été annulée par décision du 3 septembre 1996 de la commission cantonale de recours en matière de constructions, qui a été confirmée le 5 août 1997 par le Tribunal administratif, dont l'arrêt est devenu définitif après que le recours formé à son encontre auprès du Tribunal fédéral a été rejeté le 13 février 1998. La poursuite de l'exploitation de la D_ SA sur les parcelles précitées a depuis lors été tolérée.
3. a. Une première procédure de modification des limites de zones, entamée en juin 1998, aux fins notamment de mettre les parcelles n° 1_, 2_ et 3_ précitées en zone industrielle et artisanale, a été abandonnée en avril 2001, compte tenu d'un préavis défavorable de la commune d'Avusy et de la perspective alors envisagée de reloger l'exploitation de la D_ SA sur le territoire de la commune de Satigny (GE), au lieu-dit Bois-de-Bay, dans le cadre d'un déclassement d'importantes surfaces de terrain. La D_ SA n'a pas déménagé dans la zone industrielle du Bois-de-Bay, créée en juin 2007.
b. Le 13 novembre 2012, à la suite du renvoi au Conseil d'État, par le Grand Conseil, d'une motion demandant que la situation de la D_ SA soit régularisée, le conseil municipal de la commune d'Avusy a décidé de refuser tout nouveau projet de déclassement en zone industrielle des parcelles précitées n° 1_, 2_ et 3_ et de demander au Conseil d'État de prendre toutes les mesures utiles pour faire déménager la D_ SA dans une zone industrielle.
En avril 2013, le Conseil d'État a néanmoins fait part à la commune d'Avusy de sa volonté de déclasser les parcelles considérées de façon à les affecter aux seules activités de recyclage de matériaux minéraux, voie qu'il a confirmé choisir, en janvier 2015, pour régulariser la situation de la D_ SA.
4. Le 4 juin 2015, le département cantonal compétent a refusé de donner suite à une demande de la commune d'Avusy que soit constaté que les activités de la D_ SA sur les trois parcelles précitées étaient illégales, que leur suspension immédiate soit prononcée et qu'obligation soit faite à cette société d'évacuer ses installations et de remettre lesdites parcelles en état.
Par jugement du 26 mai 2016, le Tribunal administratif de première instance a admis le recours que la commune d'Avusy a interjeté contre cette décision et renvoyé le dossier à l'administration compétente pour nouvelle décision.
Sur recours de la D_ SA et du département cantonal compétent, la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a annulé ce jugement, par arrêt du 26 juin 2018.
Cet arrêt a fait l'objet, de la part de la commune d'Avusy, d'un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral, dont l'instruction a été suspendue le 7 février 2019 jusqu'à droit connu sur le référendum cantonal évoqué ci-après.
5. a. Dans l'intervalle, soit le 21 septembre 2016, le Conseil d'État avait en effet saisi le Grand Conseil d'un projet de loi 11976 modifiant les limites de zones sur le territoire de la commune d'Avusy (ci-après : PL 11976), par la création d'une zone industrielle et artisanale affectée à des activités de recyclage de matériaux minéraux au lieu-dit « Sous-Forestal », sur les parcelles précitées n° 1_, 2_ et 3_, dans le but de régulariser les activités s'y exerçant depuis des décennies, conformément aux objectifs de valorisation des déchets minéraux fixés par le Plan de gestion des déchets du canton de Genève 2009-2012 ainsi qu'au Plan directeur cantonal 2030 adopté le 20 septembre 2013 et approuvé par le Conseil fédéral le 29 avril 2015. Dans le cadre de l'enquête publique ayant précédé le dépôt de ce projet de loi, de nombreuses observations avaient été formulées et, en date du 15 mars 2016, le conseil municipal de la commune d'Avusy unanime avait émis un préavis défavorable à son sujet.
b. Les communes d'Avusy, Cartigny, Laconnex et Soral ont formé opposition au PL 11976, de même que, notamment, les associations Pro Natura Genève et Pro Natura Suisse et l'association Grain de Sable de la Champagne.
c. Le 2 novembre 2018, le Grand Conseil a adopté la loi 11976 modifiant les limites de zones sur le territoire de la commune d'Avusy, qui approuve la création d'une zone industrielle et artisanale exclusivement affectée à des activités de recyclage de matériaux minéraux au lieu-dit « Sous-Forestal », sur les parcelles n° 1_, 2_ et 3_ de la commune d'Avusy, et rejette, dans la mesure de leur recevabilité, les oppositions formées à cette modification des limites de zones notamment par les communes d'Avusy, Cartigny, Laconnex et Soral, les associations Pro Natura Genève et Pro Natura Suisse et l'association Grain de Sable de la Champagne.
d. La loi 11976 a été publiée dans la Feuille d'avis officielle de la République et canton de Genève (ci-après : FAO) du 9 novembre 2018, avec la mention qu'un référendum cantonal pouvait être lancé à son encontre jusqu'au 19 décembre 2018.
6. a. Monsieur E_, président de l'association Grain de Sable de la Champagne et membre du conseil municipal d'Avusy, et Monsieur F_, alors président du conseil municipal d'Avusy, se sont concertés en vue du lancement d'un référendum contre la loi 11976 et, à cette fin, de l'obtention de l'accord - en plus des associations Pro Natura, AgriGenève et du Grain de Sable de la Champagne - des communes d'Avusy, Chancy, Laconnex et Soral. D'après le projet de budget établi par M. E_, le coût de l'opération s'élèverait à CHF 14'000.-, somme qui serait réunie si les trois associations et les quatre communes précitées acceptaient de participer à son financement chacune à hauteur de CHF 2'000.-.
b. Par courriels du 20 novembre 2018, Pro Natura Genève et AgriGenève ont fait part respectivement à M. F_ et à M. E_ que leur comité s'était prononcé respectivement en faveur d'une « participation au référendum » et d'un « soutien » à ce dernier. L'association Grain de Sable de la Champagne s'est dite par téléphone en faveur du référendum.

## Considerations