# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 82f6601b-7951-53e1-bf02-951e5286a8e2
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait
qu’en date du 7 juin 2013 l’entreprise B_ Sàrl a annoncé à la SUVA un accident dont a été victime le 5 juin 2013 Monsieur A_ (ci-après l’assuré ou le recourant), né le _ 1986, alors qu’il était en train de travailler sur un chantier ;
Qu’en date du 2 août 2013, l’assuré a été victime d’un nouvel accident ; qu’il a perdu l’équilibre alors qu’il était en train de travailler sur une échelle et a chuté sur le sol, se blessant à la main droite et ressentant des douleurs à la main au bras gauches ;
Que l’assuré, blessé à la main et à l’avant-bras gauches, a subi une ostéotomie le 22 octobre 2013 ;
Que la SUVA a pris en charge le cas et versé des prestations ;
Que sur proposition du médecin-conseil, l’assuré a été adressé à la Clinique romande de réadaptation (ci-après CRR) à Sion ;
Que lors de son entrée le 10 septembre 2014, des doutes sont apparus quant à l’identité de l’assuré ;
Qu’après vérification de son dossier, la SUVA a constaté que le numéro AVS de l’assuré (1_), correspond la date de naissance du _ 1980 et que ce numéro AVS figurent dans quatre dossiers antérieurs au nom de l’assuré ;
Qu’interpellé, l’assuré a indiqué que sa date de naissance était le _ 1986 ;
Qu’en date du 18 septembre 2014, la SUVA a informé l’assuré qu’elle suspendait le versement des prestations d’assurance avec effet immédiat ;
Que l’instruction menée par la SUVA a mis en évidence le fait qu’aucune cotisation n’a été enregistrée sous le nom de A_, né le _ 1986 ; que ce dernier était sans profession et adresse connus ; qu’en revanche il existait un extrait de compte individuel au nom de Monsieur A_, né le _ 1980 ;
Qu’aucun renseignement n’a pu être obtenu de l’entreprise B_ Sàrl, dont la faillite a été suspendue pour défaut d’actifs le 23 septembre 2014 ;
Qu’en date du 16 juillet 2015, l’assuré, par l’intermédiaire de son mandataire, a informé la SUVA qu’il avait deux numéros AVS, l’un, correct, avec sa date de naissance du _ 1986, l’autre faux, indiquant la date de naissance du _ 1980 ; qu’il a joint copie de son courrier du 21 mai 2015 adressé à l’Office cantonal des assurances sociales par lequel il sollicitait la rectification de son numéro AVS, à savoir le numéro AVS correct 2_ avec sa date de naissance du _ 1986 ;
Que par décision du 13 octobre 2015, la SUVA (ci-après l’intimée) a reconsidéré sa prise en charge du cas et réclamé à l’assuré la restitution d’un montant de CHF 75'016.65 (CHF 50'274 d’indemnités journalières et CHF 24'742.65 de frais de traitement), correspondant aux prestations versées à tort, motif pris que son identité était fausse et qu’il n’était pas prouvé qu’il avait été engagé par l’entreprise B_ Sàrl ;
Que par décision du 4 janvier 2016, l’intimée a rejeté l’opposition formée par l’assuré ;
Qu’en date du 5 février 2016, l’assuré, représenté par son conseil, a interjeté recours ;
Que l’intimée, par réponse du 4 avril 2016, a conclu au rejet du recours ;
Qu’à l’issue de l’audience de comparution personnelle des parties du 8 juin 2016, la chambre de céans a ouvert les enquêtes ;
Que la chambre de céans a requis la production de diverses pièces, notamment l’extrait des comptes individuels de Messieurs A_, nés respectivement le _ 1986 et le _ 1980, la déclaration des salaires annuels de l’entreprise B_ Sàrl pour les années 2012 et 2013;
Qu’elle a procédé à l’audition de témoins, notamment d’un ancien organe de la société B_ Sàrl, qui a formellement identifié le recourant, confirmé qu’il avait travaillé pour son entreprise et avait été victime de deux accidents en 2013 au cours desquels il avait été blessé à la main gauche ;
Qu’en date du 6 juillet 2016, la chambre de céans a entendu Monsieur A_, né le _ 1980, en qualité de témoin, lequel a déclaré qu’il était chauffeur de poids lourds, qu’il avait travaillé neuf ans pour C_ à Bussigny, que le siège social de cette entreprise était à Genève, qu’il n’avait jamais travaillé dans le bâtiment et en particulier pas pour la société B_, dont il ne connaissait aucun de ses anciens dirigeants ; que le témoin a confirmé qu’il ne connaissait pas le recourant, qu’il n’y avait aucun lien de parenté entre eux et qu’il n’avait pas été interpellé à propos de l’existence d’un éventuel homonyme ; que pour le surplus, le témoin a déclaré qu’il était disposé à collaborer à la procédure de rectification des comptes individuels ;
Que lors de l’audience de comparution personnelle qui a suivi, la chambre de céans a imparti aux parties un délai au 20 juillet 2016 pour déposer leurs conclusions après enquêtes ;
Que par écriture du 20 juillet 2016, le recourant a persisté dans ses conclusions en annulation de la décision querellée ;
Que l’intimée, par écriture du 20 juillet 2016, a admis que l’instruction avait établi que le recourant avait été engagé par l’entreprise B_, de sorte qu’elle conclut à l’annulation de sa décision, sous suite de dépens ;

## Considerations

Considérant en droit
que
c
onformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA -
RS 832.20
).
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Que le recours, interjeté en la forme et dans le délai prescrits, est recevable (art. 55 et 60 LPGA ; art. 89B de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985, LPA-GE -
E 5 10
) ;
Que dans ses conclusions après enquêtes, l’intimée conclut à l’admission du recours et à l’annulation de sa décision du 4 janvier 2016 ;
Qu’en effet, il résulte de l’instruction menée par la chambre de céans que le recourant, né le _ 1986, a bien travaillé pour le compte de l’entreprise B_ Sàrl et qu’il a été victime de deux accidents en 2013 ;
Qu’un homonyme, né le _ 1980, domicilié dans le canton de Vaud, a travaillé pour le compte C_ (siège social à Genève) ; que des cotisations provenant de l’entreprise B_ Sàrl ont été enregistrées par erreur sur son compte individuel sous son numéro AVS 1 ;
Qu’en réalité, ces cotisations concernent le recourant, né le _1986, n° AVS 2_ ;
Que par conséquent, c’est à tort que l’intimée a suspendu le versement de ses prestations et réclamé la restitution des prestations ;
Que le recours, bien fondé, est admis et la décision querellée annulée ;
Que le recourant, qui obtient gain de cause, a droit à une indemnité à titre de participation à ses dépens ainsi qu’à ceux de son mandataire, fixée en l’espèce à CHF 3'500.- (art. 61 let. g LPGA ; art. 6 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986, RFPA -
E 5 10.03
) ;
Que la procédure est gratuite (art. 61 let. a LPGA) ;