# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cda25995-20ad-4c0f-94d3-be5ee2d5166b
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que l'enfant B_ est né le _ 2010 de la relation hors mariage entretenue par A_ et C_;
Que de juillet 2019 à mai 2020, A_ a versé, pour l'entretien de son fils, la somme de 1'000 fr. par mois; qu'auparavant, il avait versé 400 fr. par mois;
Que par requête du 9 novembre 2020, le mineur, représenté par sa mère, a formé une demande devant le Tribunal, concluant au versement, par A_, de la somme de 1'000 fr. par mois pour son entretien du 1
er
juin 2020 jusqu'à ses 12 ans, puis 1'100 fr. jusqu'à 15 ans et 1'200 fr. jusqu'à sa majorité, voire au-delà; que sur mesures provisionnelles, le mineur a conclu au versement de 1'000 fr. par mois dès le 1
er
juin 2020;
Que s'agissant de A_, le Tribunal a retenu qu'il était directeur de la société D_ SA depuis le 1
er
mai 2021, société active notamment dans l'exploitation d'un garage, le commerce, l'importation et l'exportation, la mise à disposition de véhicules et de chauffeurs; le premier juge a par ailleurs retenu que le revenu mensuel net de A_ s'élevait au moins à 5'180 fr. par mois, sous l'angle de la vraisemblance, ce montant correspondant non pas au revenu allégué par l'intéressé, mais aux charges dont il avait déclaré s'acquitter, augmentées de la contribution de l'ordre de 600 fr. qu'il était prêt à verser à son fils; que s'agissant de ses charges, le Tribunal les a retenues à concurrence de 2'775 fr. par mois; que l'ordonnance attaquée mentionne le fait que l'intéressé était partiellement en arrêt de travail; que le premier juge a retenu des charges, pour le mineur B_, de 730 fr. par mois, allocations familiales déduites; que s'agissant de C_, le Tribunal a considéré que ses revenus globaux s'élevaient à 3'882 fr. par mois, constitués du produit de son activité lucrative, de sa rente de veuve et de prestations complémentaires, pour des charges en 2'777 fr.;
Que dans son appel, A_ fait grief au Tribunal d'avoir retenu, le concernant, des charges trop basses et un revenu trop élevé, puisqu'il n'avait été que de 3'001 fr. par mois en 2021; que par ailleurs et depuis le 14 octobre 2021, il était en incapacité de travail à 80% et avait formé une demande de prestations auprès de l'assurance invalidité; que depuis son incapacité de travail, il ne percevait plus que des revenus de l'ordre de 2'900 fr. par mois, composés d'indemnités journalières et d'un revenu résiduel de l'ordre de 500 fr.; qu'il avait à sa charge un autre enfant, né le _ 2019, et la mère de ce dernier, qui ne travaillait pas; que l'appelant fait également grief au premier juge d'avoir tenu compte de revenus trop bas s'agissant de C_ et des charges trop élevées;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de
l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Que le Tribunal fédéral accorde généralement l'effet suspensif pour le paiement des arriérés de pensions (arrêts du Tribunal fédéral
5A_954/2012
du 30 janvier 2013 consid. 4;
5A_783/2010
du 8 avril 2011, let. D);
Qu'en l'espèce, l'atteinte au minimum vital de l'appelant n'est pas évidente, étant relevé que les revenus qu'il allègue sont incompatibles avec les charges dont il affirme s'acquitter mensuellement; que les griefs qu'il a soulevés seront traités dans le cadre de l'examen au fond du dossier;
Qu'en l'état, les mesures provisionnelles portent non seulement sur la période courante, mais également sur une période désormais révolue, de sorte que le mineur peut attendre l'issue de la procédure pour obtenir, cas échéant, le versement des arriérés;
Que dès lors et conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral, l'effet suspensif sera prononcé en ce qui concerne les contributions d'entretien dues pour la période allant du 1
er
juin 2020 jusqu'à la date du prononcé de l'ordonnance de mesures provisionnelles, soit, par mesure de simplification, jusqu'au 31 mars 2022;
Qu'à compter du 1
er
avril 2022, l'appelant est tenu de verser une contribution à l'entretien de son fils;
Que dans la mesure toutefois où le montant fixé par le Tribunal excède les besoins de l'enfant, non couverts par les allocations familiales, qui s'élèvent à 730 fr. par mois, il se justifie d'astreindre l'appelant à s'acquitter, pendant la procédure d'appel, de la somme de 700 fr. par mois, montant couvrant l'essentiel des besoins du mineur, le solde pouvant être pris en charge par C_, qui bénéficie d'un excédent; qu'ainsi, le mineur ne subira aucun préjudice, étant précisé qu'il peut attendre l'issue de la procédure pour percevoir, le cas échéant, une part de l'éventuel excédent de l'appelant;
Que dès lors et à compter du 1
er
avril 2022, l'effet suspensif sera accordé pour la somme dépassant 700 fr. par mois;
Que la requête sera rejetée pour le surplus;
Que la fixation des frais relatifs à la présente décision sera renvoyée à l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).