# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1ba3e3a7-e45c-5f16-932d-6181f147973c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.a.
Par courrier recommandé du 21 mai 2021, A_ a personnellement annoncé appeler du jugement du 12 mai 2021, dont les motifs lui ont été notifiés, via son défenseur d'office, le 28 juin 2021, par lequel le Tribunal de police (TP) l'a reconnu coupable de voies de fait (art. 126 al. 1 du Code pénal [CP]) et de menaces (art. 180 al. 1 et 2 let. b CP), et condamné à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 20.-, sous déduction d'un jour-amende correspondant à un jour de détention avant jugement, avec sursis pendant trois ans, assistance de probation et règle de conduite, ainsi qu'à une amende de CHF 200.-, avec peine privative de liberté de substitution de deux jours, frais de la procédure à sa charge.
a.
b.
Selon l'ordonnance pénale du 3 septembre 2020, il était reproché à A_ d'avoir, le 3 janvier 2020 vers 20h00, au domicile de sa compagne, C_, sis 1_ à Genève, repoussé celle-ci en appuyant sa main sur son cou, de lui avoir tiré les cheveux ainsi que de l'avoir effrayée en lui disant : "
tu es une vendue, satanas. Regarde dans mon œil. Tu vois ce qui va t'arriver
".
b.
L'annonce d'appel du 21 mai 2021 n'a pas été portée à la connaissance de M
e
D_, défenseur d'office de A_.
Dans un courriel adressé le 12 mai 2021 à A_ par M
e
E_, avocate-stagiaire ayant assisté aux côtés de M
e
D_ à l'audience du TP du 11 mai 2021 (cf. pièce 61 du bordereau produit le 28 juillet 2021 par A_ à la Chambre pénale d'appel et de révision [CPAR]), celle-ci lui a indiqué, après en avoir discuté avec M
e
D_, que la fin de la procédure de première instance marquait la fin du mandat de défenseur d'office. Dès lors, A_ pouvait "
procéder à la procédure d'appel sans être lié
" à son défenseur, lequel pouvait, le cas échéant, être à nouveau nommé d'office par la CPAR pour la suite de la procédure qu'il aurait choisi d'entreprendre. M
e
E_ le rendait attentif aux voies de recours figurant en fin du dispositif du jugement rendu et lui indiquait être à disposition pour toute information complémentaire ou question, tout comme pour procéder à l'annonce d'appel et demande de motivation du jugement.
c.
Par courrier du 22 juillet 2021, M
e
D_, interpellé sur l'apparente irrecevabilité de l'appel – aucune déclaration d'appel n'ayant été déposée dans le délai légal de 20 jours venu à échéance le 19 juillet 2021 –, a indiqué que suite à l'audience de jugement du 12 mai 2021, il n'avait plus eu le moindre contact avec son client. Sa collaboratrice avait demandé à A_ ce qu'il voulait faire, une fois le jugement rendu, et celui-ci lui avait répondu qu'il s'en occuperait seul. A_ avait ainsi été rendu attentif sur la procédure à respecter, en particulier s'agissant des délais pour le dépôt de l'annonce et de la déclaration d'appel, étant précisé que A_ avait toujours voulu s'occuper lui-même de son affaire, ayant à l'époque contesté la nomination d'office de son avocat.
d.
Par courrier recommandé du 26 juillet 2021, A_ forme la déclaration d'appel consécutive à son annonce, en adressant à l'autorité, sous "
Réf. P/85/2020
. Déclaration d'appel contre le jugement du Tribunal de police du 12 mai 2021 ( ) Notification du 28 juin 2021, produisant ses effets à compter du 6 juillet 2021
", un mémoire d'appel accompagné d'un bordereau de 70 pièces.
B.
a.
Par courrier du 6 septembre 2021 adressé à la CPAR, A_ conclut à la recevabilité de son "
mémoire/déclaration d'appel
" du 26 juillet 2021.
Il conteste les affirmations de M
e
D_ figurant dans son courrier du 22 juillet 2021, notamment concernant le fait qu'il aurait informé la collaboratrice de son défenseur qu'il s'occuperait seul de la procédure d'appel. Il avait toujours respecté les dates de réception des divers courriers/décisions des autorités pour le dépôt de ses actes juridiques, lesquels n'avaient jamais été déclarés irrecevables. Il estimait que son écriture avait ainsi été déposée "
en plein respect du principe de la bonne foi
" et était donc recevable.
b.a.
Le Ministère public (MP) s'en rapporte à justice.
b.b.
C_, via son conseil, conclut à l'irrecevabilité de l'appel de A_, qui n'avait produit aucune déclaration d'appel dans le délai légal de 20 jours, et ce sans aucun motif justificatif.
C.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.a.
Le 3 janvier 2020, peu après 21h00, la police a été requise par sa centrale d'alarme d'intervenir à la rue 1_ à Genève, pour des faits de violence conjugale. La victime, C_, s'était réfugiée dans un restaurant avec son fils de deux ans, après avoir été frappée par A_, son compagnon et père de l'enfant, interpellé à leur domicile.
a.b.
Selon les premières explications recueillies par la police, C_, à la suite d'un conflit avec A_, lui avait demandé de quitter leur logement, ce qu'il avait refusé, avant de s'en prendre physiquement à elle, l'attrapant par les cheveux et l'étranglant. Elle a déposé plainte.
a.c.
A_ a contesté s'en être pris à sa compagne et n'a fait état que d'un conflit verbal.
La police a noté qu'il avait tenu des propos incohérents et présenté des sautes d'humeur durant son audition, se positionnant en victime et refusant de signer les procès-verbaux de son audition et de la plainte qu'il avait déposée, étant précisé que ces constats ne ressortent pas desdits procès-verbaux. Il présentait un taux d'alcool de 0,16 mg/l le 3 janvier 2020 à 22h10. Sa plainte a fait l'objet d'un classement, définitif.
Selon le rapport d'arrestation, une main-courante prise par la police le 22 novembre 2019 renseigne que A_ avait alors peur pour sa sécurité, ayant notamment affirmé être sur écoute depuis une année, ce qu'il a contesté par courrier circonstancié du 21 février 2020 adressé au Procureur, en indiquant que ses propos avaient été déformés.
De l'avis de la police, il n'était pas exclu que des troubles psychologiques l'affectaient.
b.a.
A_ a été entendu par le Procureur le 4 janvier 2020, étant précisé qu'il s'est vu nommer un défenseur d'office par ordonnance du MP du même jour, l'instruction ayant notamment été ouverte des chefs de tentative de lésions corporelles simples (art. 22
cum
art. 123 CP) et de menaces (art. 180 CP), infractions relevant d'une défense obligatoire.
M
e
F_, désignée comme défenseure d'office, a assisté son client durant l'audience, des mesures de substitution (MSUB) ayant été sollicitées par le MP à l'issue de celle-ci.
b.b.
Par courrier du 8 mai 2020 au MP, A_ a sollicité la révocation, avec effet immédiat, du mandat accordé à M
e
F_, invoquant des divergences de vues avec elle incompatibles avec la poursuite dudit mandat. Il demandait qu'un délai raisonnable lui soit accordé pour qu'il puisse désigner un nouveau défenseur.
Dans le même temps, il a demandé à M
e
F_ de s'abstenir de toute démarche auprès du Tribunal des mesures de contrainte (TMC), saisi d'une demande de levée des MSUB suite au refus du MP saisi de sa requête du 5 mai 2020, et plaidé sa cause en personne (cf. courrier du 9 mai 2020, courriels du 11 mai 2020 et annexes à son courrier du 12 mai 2020 au TMC).
Le MP a rendu le 25 mai 2020 une ordonnance de refus de remplacement du défenseur d'office. M
e
F_, qui s'était entretemps adressée à la Commission du Barreau, a obtenu le relief de sa nomination par décision du 22 mai 2020, communiquée le 25 mai 2020 au MP et reçue le lendemain. L'avocate relevait le 6 mai 2020 la difficulté à conduire son mandat face à l'attitude de A_, qui agissait seul, sans la consulter ni tenir compte de son avis (cf. courriel du 6 mai 2020, pièce 19 du bordereau produit par le précité à la CPAR et courriel du 9 mai 2020, annexe 1 à la pièce 28,
dito
).
Par ordonnance du MP du 29 mai 2020, un nouveau défenseur d'office en la personne de M
e
D_ a été désigné en faveur de A_.
b.c.
Les MSUB, comprenant notamment un suivi par le Service de probation et d'insertion (SPI), ont été ordonnées le 5 janvier 2020 pour une durée de six mois.
Le TMC a rendu une ordonnance de refus de levée des MSUB le 11 mai 2020, contre laquelle A_ a formé recours en personne, sollicitant dans le même acte l'effet suspensif – rejeté par ordonnance du 26 mai 2020 de la Chambre pénale de recours (CPR) – ainsi que la récusation de la Procureure.
Le SPI, par courrier du 16 juin 2020 au MP, a fait part de ce qu'en raison de la situation sanitaire au printemps 2020 les MSUB n'avaient pas prospéré.
Ces dernières ont néanmoins été prolongées par ordonnance du TMC du 3 juillet 2020 pour un mois, avant d'être levées par le MP le 31 juillet 2020, étant précisé que A_ a recouru en personne le 16 juillet 2020 contre la décision de prolongation, son recours ayant été rejeté dans la mesure de sa recevabilité le 21 juillet suivant par la CPR (cf.
ACPR/501/2020
, pièce 50 du bordereau de A_ à la CPAR).
c.
Les parties ont notamment été confrontées le 29 mai 2020. À cette audience, A_ s'est opposé à toute tentative de conciliation. C_, par l'entremise de son conseil, a maintenu sa demande d'expertise psychiatrique de son compagnon. Une note du greffier du jour évoque un climat d'audience tendu, des interruptions par A_ lors de la dictée du procès-verbal, une longue lecture dudit en vue d'y apporter des modifications par le précité et le fait que celui-ci "
sembl[ait] particulièrement véhément envers le système judiciaire suisse
".
d.a.
Par courrier du 12 juin 2020 adressé à la CPR, M
e
D_, dont il était attendu une éventuelle détermination sur le recours formé par A_ à l'encontre de sa nomination en qualité de défenseur d'office, informait que son client refusait toute collaboration avec lui, A_ l'ayant sommé de ne plus s'immiscer "
dans cette affaire
".
d.b.
Par un nouveau courrier du 16 juin 2020 à la CPR, M
e
D_ rendait attentif l'autorité au fait qu'il ne pouvait assurer la défense des intérêts de A_, lequel considérait qu'il avait été nommé "
à mauvais droit
", et sollicitait en conséquence d'être déchargé avec effet immédiat de l'obligation de s'occuper des intérêts de son mandant.
d.c.
Le 18 juin 2020, la CPR répondait à M
e
D_ avoir statué sur les recours de son client "
rédigés en personne et suffisamment motivés
", auxquels il n'avait pas eu à prêter son concours (cf. voir encore la page 6 de l'arrêt
ACPR/423/2020
), motif pour lequel il n'y avait pas lieu pour elle de le décharger de son mandat pour les besoins de la procédure de recours.
e.a.
Par trois arrêts rendus le 18 juin 2020, la CPR, saisie des recours de A_, a :
- rejeté, dans la mesure de sa recevabilité (ndr : la CPR a indiqué, en ce qui concerne les griefs soulevés, qu'on les comprenait "
en effet sans peine
"), celui formé contre la décision de refus de levée des MSUB du TMC du 11 mai 2020 (
ACPR/423/2020
), les griefs en lien avec la demande de récusation étant traités séparément (cf. procédure PS/2_/2020) ;
- déclaré sans objet celui formé à l'encontre de l'ordonnance du 25 mai 2020 (cf. refus par le MP du remplacement du défenseur d'office) et rayé la cause du rôle (
ACPR/424/2020
) ;
- rejeté celui formé contre l'ordonnance du 29 mai 2020 désignant M
e
D_ en qualité de défenseur d'office, relevant que c'était à tort que le recourant affirmait le droit de se défendre seul, étant alors soumis au régime de la défense obligatoire (art. 130 let. b CPP) qu'il n'avait pas contesté (
ACPR/425/2020
).
e.b.
Le Tribunal fédéral, par arrêt du 30 juillet 2020 (cf. site internet du Tribunal fédéral
1B_384/2020
), a déclaré irrecevables les recours de A_, agissant en personne, le précité ne s'étant pas prononcé sur la question d'un préjudice irréparable en lien avec sa défense d'office comme il lui appartenait de le faire, alors qu'un tel préjudice ne pouvait être retenu au vu des arguments présentés.
f.
À la suite de l'audience du 3 juillet 2020 consacrée à l'audition de C_ en qualité de prévenue, à laquelle A_ n'a pas comparu, ce dernier a produit divers documents, dont un courrier du 25 juin 2020 de son avocat à son attention.
Son conseil le rendait attentif à la tenue de l'audience convoquée par le MP, en lui faisant parvenir copie du mandat de comparution, et au fait qu'en raison de sa nomination pour la défense de ses intérêts, son domicile était constitué en l'étude, alors que toutes les communications du Pouvoir judiciaire y parviendraient. Il lui indiquait également que sa "
demande de destitution
" avait été refusée par la CPR.
g.
Par arrêt du 23 juillet 2020 (
ACPR/514/2020
), la CPR a rejeté la demande de récusation formée par A_ à l'encontre de la Procureure.
h.
Le 3 septembre 2020, le MP a rendu une ordonnance pénale et de classement partiel à l'encontre de A_ (cf. let. a.b.
supra
), le condamnant des chefs de menaces et de voies de fait à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à CHF 30.-, sous déduction d'un jour-amende, correspondant à un jour de détention avant jugement, avec sursis pendant trois ans, assistance de probation et règle de conduite, ainsi qu'à une amende de CHF 500.- à titre de sanction immédiate et à une amende contraventionnelle de CHF 500.-, avec peine privative de liberté de substitution de cinq jours, frais de la procédure – sauf frais de classement – à sa charge.
Il a rejeté la réquisition de preuve de C_ d'ordonner une expertise psychiatrique à l'endroit de A_, considérant que les faits étaient suffisamment établis et que l'expertise sollicitée ne serait "
pas susceptible d'apporter des éléments décisifs, qui permettraient de modifier sa conviction, ( ) les positions des parties sur les faits dénoncés [étant] suffisamment étayées
".
i.
Dans son annonce d'appel du 21 mai 2021, A_ a demandé au TP de lui adresser le jugement motivé à son adresse électronique, ne disposant pas d'une adresse postale officielle, "
dans l'optique de la bonne préservation de [s]es droits dans la procédure
", ce qui a été fait le 25 juin 2021.

## Considerations