# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e2baba3a-59a5-5377-acb4-74dd3df95d08
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/4611/2020
du 7 avril 2020, reçu par A_ SARL le
22 avril 2020, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure ordinaire, a débouté A_ SARL de toutes ses conclusions (ch. 1), arrêté les frais judiciaires à 7'730 fr. 30, compensés partiellement avec les avances effectuées par les parties et mis à la charge de A_ SARL, condamné en conséquence celle-ci à payer 200 fr. à B_ SA, 600 fr. à C_ SA et 530 fr. 30 à l'Etat de Genève, soit pour lui les Services financiers du Pouvoir judiciaire (ch. 2), condamné A_ SARL à payer à B_ SA et C_ SA, solidairement entre elles, 10'500 fr. TTC à titre de dépens (ch. 3) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4).
B.
a.
Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 20 mai 2020, A_ SARL a formé appel de ce jugement, concluant à son annulation, sous suite de frais. Cela fait, elle a conclu à ce qu'il soit constaté que la décision entreprise violait le droit fédéral et à ce que la cause soit renvoyée au Tribunal pour complément d'instruction et nouvelle décision dans le sens des considérants. Subsidiairement, elle a conclu à la condamnation de B_ SA au paiement de 31'791 fr. 025 (sic), "
avec intérêts dès le 1
er
juillet 2018
", et de 240 fr. (frais de poursuite), au prononcé de la mainlevée définitive des oppositions formées par B_ SA aux commandements de payer, poursuites n
os
1_, 2_ et 3_, à la condamnation de C_ SA au paiement de 47'658 fr. 55, "
avec intérêts dès le 1
er
juillet 2018
", ainsi qu'au prononcé de la mainlevée définitive de l'opposition formée par C_ SA au commandement de payer, poursuite n° 4_.
A_ SARL a formulé des allégués nouveaux et produit des pièces nouvelles.
b.
Dans leur réponse du 8 juillet 2020, B_ SA et C_ SA ont conclu à la confirmation du jugement entrepris, sous suite de frais. A la forme, elles ont conclu à l'irrecevabilité des allégués n
os
4 à 7, 9, 10, 12 à 28, 30 à 39, 43, 44, 48, 50, 52 à 68, 70 à 78, 80 à 96 et 109 à 118 contenus dans le mémoire d'appel, ainsi qu'à l'irrecevabilité des pièces nouvelles produites par A_ SARL.
c.
Les parties ont répliqué et dupliqué, persistant dans leurs conclusions.
d.
La cause a été gardée à juger le 7 septembre 2020, ce dont les parties ont été avisées le jour même.
C.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure :
a.
A_ SARL est une société sise à Genève et active dans le commerce de véhicules neufs et d'occasion. Elle exploite un garage à l'enseigne "
D_
" (ci-après : D_).
P_ est l'associé gérant de la société, avec signature individuelle.
b.
B_ SA (ci-après : B_), société sise à Genève, a pour but social la "
construction, rénovation, gérance, location de résidences et d'appartements meublés, ainsi que tous travaux d'installations sanitaires et de chauffage
".
F_ en est l'administratrice unique, avec signature individuelle.
La société est propriétaire de trois véhicules, utilisés par F_ et son époux, G_, à savoir : un véhicule H_ (ci-après : la H_) et un véhicule I_, immatriculés sous plaques interchangeables GE 8_, ainsi qu'un véhicule J_ (ci-après : la J_), immatriculé GE 6_, puis GE 7_.
c.
C_ SA (ci-après : C_ SA), société sise à Genève, a pour but social "
[l']acquisition, gestion, détention et cession d'intérêts, prise de participations à des sociétés de capitaux et services s'y rattachant, dans le sens d'une société holding
".
F_ en est l'administratrice unique, avec signature individuelle.
La société est propriétaire d'un véhicule K_ (ci-après : la K_), immatriculé GE 8_ et utilisé par G_.
d.
Pendant plusieurs années, B_ et C_ SA, par l'intermédiaire de F_ et G_, ont confié à A_ SARL divers travaux d'entretien et de réparation sur les véhicules H_, J_ et K_. Pendant quelques années, G_ a également confié à A_ SARL un bateau à moteur qui était entreposé dans les locaux du Garage D_ (cf.
infra
let. i ss).
Dans ce contexte, une relation de confiance s'est établie entre les époux G_ et P_.
I. Des factures impayées de A_ SARL
e.
Les 20 juin, 22 octobre et 12 novembre 2018, A_ SARL a adressé à B_ et C_ SA un récapitulatif des factures ouvertes en ses livres concernant, pour l'essentiel, divers travaux effectués sur les véhicules H_, J_ et K_ entre les mois d'avril 2016 et de juin 2018. Il s'agit en particulier des factures suivantes :
I_
:
- facture n° 9_ datée du 4 avril 2016 pour 78 fr. 80 (TVA à payer en relation avec un sinistre survenu en janvier 2016 avec le véhicule I_);
H_ (20'167 fr. 35 au total)
:
- facture n° 10_ datée du 8 septembre 2016 pour 4'981 fr. 05 (redressage et peinture de l'aile arrière gauche, lavage et entretien des cuirs);
- facture n° 11_ datée du 11 novembre 2016 pour 331 fr. (montage et équilibrage des pneus);
- facture n° 12_ datée du 31 décembre 2016 pour 111 fr. 80 (lavage, vignette 2017);
- facture n° 13_ datée du 17 février 2017 pour 2'970 fr. 60 (service complet, changement des essuie-glaces et gicleur à l'avant);
- facture n° 14_ datée du 24 juillet 2017 pour 109 fr. 10 (lavage, dépôt du véhicule à l'aéroport);
- facture n° 15_ datée du 4 septembre 2017 pour 1'930 fr. 40 (recherche d'une panne, remplacement des bougies, de la bobine et du capteur de coffre, réinitialisation de l'alarme);
- facture n° 16_ datée du 29 novembre 2017 pour 1'665 fr. 70 (service des
80'000 km, graissage des trains roulants, fixation des bavettes, retouches sur les jantes);
- facture n° 17_ datée du 9 janvier 2018 pour 1'360 fr. 30 (lavage, remplacement de la serrure d'une porte, réinitialisation du verrouillage, réparation d'une jante, vignette 2018);
- facture n° 18_ datée du 23 février 2018 pour 3'113 fr. 05 (réparation et peinture de l'aile avant droite et du pare-chocs arrière);
- facture n° 19_ datée du 27 février 2018 pour 436 fr. 50 (TVA sur sinistre
n° 20_);
- facture n° 21_ datée du 24 avril 2018 pour 2'815 fr. 40 (service, remplacement des plaquettes de freins, retouches de peinture sur les jantes);
- facture n° 22_ datée du 14 mai 2018 pour 116 fr. 30 (lavage et nettoyage des cuirs);
- facture n° 23_ datée du 2 octobre 2018 pour 226 fr. 15 (dépose/réalignement du cache moteur, lavage).
J_ (11'544 fr. 90 au total)
:
- facture n° 24_ datée du 7 avril 2016 pour 1'549 fr. 85 (petit service, installation du GPS, changement d'un feu arrière, montage pneus d'été, graissage du train avant et arrière);
- facture n° 25_ datée du 17 août 2016 pour 1'191 fr. 70 (service complet, remplacement des bougies et d'une ampoule);
- facture n° 26_ datée du 21 décembre 2016 pour 804 fr. 10 (petit service, préparation du véhicule pour l'hiver);
- facture n° 27_ datée du 10 février 2017 pour 428 fr. 20 (remplacement du feu arrière gauche, lavage complet);
- facture n° 28_ datée du 9 juin 2017 pour 1'269 fr. 35 (petit service, préparation du véhicule pour la visite technique, remplacement du support des plaques);
- facture n° 29_ datée du 1
er
novembre 2017 pour 3'706 fr. 70 (service complet, remplacement des bougies et des plaquettes de freins avant, préparation du véhicule pour l'hiver);
- facture n° 30_ datée du 1
er
février 2018 pour 252 fr. 50 (nouvelle clé avec télécommande);
- facture n° 31_ datée du 24 mai 2018 pour 2'342 fr. 50 (service, changement des pneus).
K_ (47'658 fr. 55 au total)
:
- facture n° 32_ datée du 2 octobre 2018 pour 11'509 fr. 65 (remplacement de la direction complète, du clavier de boîte intermédiaire, des biellettes de la barre stabilisatrice, du commodo de réglage des rétroviseurs, du débitmètre gauche et des deux buses du ventilateur); A_ SARL allègue que les travaux susvisés ont été effectués entre mars et juin 2018, ce que C_ SA conteste;
- facture n° 33_ datée du 2 octobre 2018 pour 26'265 fr. 85 (service complet, changement des disques et des plaquettes de freins avant/arrière, remplacement du débitmètre avant droit, du capteur de pression, des manchons droit/gauche, des bougies, des LED de volant, des vérins du capot avant et du coffre arrière, ainsi que du radiateur d'huile moteur); A_ SARL allègue que les travaux susvisés ont été effectués le 20 avril 2017, ce que C_ SA conteste;
- facture n° 34_ datée du 10 octobre 2018 pour 7'487 fr. 95 (remplacement des amortisseurs avant, des silentblocs inférieurs et de la "
moulure du haut-vent bas du pare-brise avant
", préparation du véhicule à la visite technique); A_ SARL allègue que ces travaux ont été effectués le 21 octobre 2016, ce que C_ SA conteste;
- facture n° 35_ datée du 10 octobre 2018 pour 2'395 fr. 10 (changement du tuyau de haute pression du clavier de commande de l'embrayage); A_ SARL allègue que les travaux concernés ont été réalisés le 8 juin 2017, ce que C_ SA conteste.
f.
Selon A_ SARL, les travaux effectués sur les véhicules H_, J_ et K_ "
ont été réalisés dans les règles de l'art et n'ont jamais fait l'objet d'aucune contestation
", ce que B_ et C_ SA contestent.
g.
Ses factures demeurant impayées, A_ SARL a initié plusieurs poursuites à l'encontre de B_ (poursuites n
os
1_, 2_ et 3_), et C_ SA (poursuite n° 4_), lesquelles ont été frappées d'opposition.
II. Des doléances de B_ et C_ SA au sujet des travaux effectués par A_ SARL sur les véhicules H_ et K_
h.a
Selon les allégués de B_ et de C_ SA, les époux G_ se sont rendus compte, au cours de l'année 2018, que les travaux prétendument réalisés par A_ SARL avaient en réalité été mal effectués, voire pas effectués du tout. La H_ et la K_ ne fonctionnaient pas à leur sortie du garage et G_ était systématiquement contraint de les ramener à A_ SARL pour réparation. A chaque fois, G_ avait signalé à cette dernière les problèmes constatés, en se plaignant de la mauvaise qualité du travail prétendument effectué.
Lassé d'être systématiquement empêché d'utiliser la K_, G_ avait conduit le véhicule dans un autre garage, à savoir le L_ à M_ (France), et il l'avait fait expertiser par un cabinet d'expertise automobile. Celui-ci avait constaté de nombreuses défectuosités, tandis que des pièces supposément changées par A_ SARL n'avaient en réalité pas été remplacées. Par courrier du 12 mars 2019, C_ SA avait interpellé A_ SARL à ce sujet et celle-ci avait contesté les reproches formulés. Finalement, la K_ avait été réparée par le L_ pour la somme de 13'119.80 EUR. Par pli du 24 juin 2019, C_ SA avait mis A_ SARL en demeure de lui verser cette somme sous dix jours. Celle-ci avait refusé de s'exécuter par courrier du 5 juillet 2019.
h.b
A l'appui de ces allégués, B_ et C_ SA ont notamment sollicité l'audition de G_ et N_ en qualité de témoins (cf.
infra
h.c).
Elles ont par ailleurs produit un rapport d'expertise privée daté du 6 décembre 2018, établi par O_ à la demande de G_. Se référant à l'inspection du véhicule K_, effectuée au L_ le 21 novembre 2018, ainsi qu'à six factures établies par A_ SARL (l'une datée de septembre 2017, les autres d'octobre 2018, dont les factures n
os
32_, 33_, 34_ et 35_), le cabinet d'expertise a constaté que plusieurs pièces, bien que facturées par A_ SARL, n'étaient "
visuellement pas neuves
" (amortisseurs avant, crémaillère de direction, disques de frein arrière).
C_ SA a également produit une facture du 11 juin 2019 établie par SARL GARAGE D_ à l'attention de G_ pour un montant de 13'119.80 EUR, TVA incluse; cette facture porte sur divers travaux effectués sur la K_ (remplacement des amortisseurs avant/arrière et de diverses autres pièces, réglage du frein à main, nettoyage des connectiques du déphaseur, révision vidange, contrôle et réglage antipollution, etc.), comprenant la main d'oeuvre, les pièces détachées et diverses prestations forfaitaires (y compris deux tickets de carburant).
h.c
Devant le Tribunal, G_ a déclaré qu'il avait confié les véhicules litigieux à P_ pendant une dizaine d'années. Tout s'était bien passé, jusqu'à ce qu'il rencontre de nombreux problèmes avec la H_ et la K_ qui étaient souvent immobilisées. Il avait dû ramener la H_ au Garage D_ une dizaine ou une quinzaine de fois. A chaque reprise, il avait signalé le problème à A_ SARL "
avec photos et SMS
", mais la situation ne s'était pas améliorée. S'agissant de la K_, des messages de panne s'affichaient sur le tableau de bord; il avait transmis des photographies du signal de panne à A_ SARL par SMS, mais il ne se rappelait pas à quelle date. Un ami lui avait suggéré d'amener la K_ au L_, spécialisé dans les véhicules de forte puissance, et celui-ci lui avait conseillé de mandater un expert. Il avait demandé au L_ de procéder à l'ensemble des travaux préconisés par l'expert.
N_ a déclaré avoir effectué des réparations sur la K_ de G_, ce qui avait fait l'objet de la facture du 11 juin 2019. Ce dernier avait demandé au L_ de faire un "
check-up complet
" du véhicule "
car il avait des doutes sur les réparations faites dans un garage précédemment
". Lui-même avait constaté que certaines pièces étaient défectueuses ("
elles fuyaient
") et devaient être changées. Selon G_, les pièces défectueuses avaient déjà été remplacées "
quelque temps auparavant
". Il lui avait alors conseillé de faire expertiser la K_ "
pour prouver que les pièces n'avaient pas été changées
". N_ a encore précisé qu'il n'avait pas changé les disques de frein arrière ni la crémaillère de direction. A cet égard, il avait remarqué une fuite d'huile sur la crémaillère et il avait simplement remplacé une rotule sur la direction, ce qui apparaissait sur la facture. A la question de savoir s'il était en mesure "
de quantifier sur la facture ce qui rele[vait] de l'entretien courant et ce qui relev[ait] des travaux nécessaire
s", le témoin a répondu qu'il était "
difficile de le dire
".
III. Du litige concernant le bateau Q_
i.
En parallèle aux travaux de réparation sur les véhicules de B_ et C_ SA, G_ a confié à A_ SARL le gardiennage d'un bateau à moteur de marque Q_, immatriculé GE 36_ (ci-après : le bateau).
Selon les allégués de B_ et C_ SA, la propriétaire de ce bateau est R_ SARL, dont le siège se trouve à Genève. S_ est le gérant de cette société, avec signature individuelle, et T_ SA (anciennement U_ SA) en est l'associée. Selon le site internet du Registre du commerce de Genève, F_ est l'administratrice unique de T_ SA.
j.
Au cours de l'hiver 2017/2018, alors que le bateau était entreposé au Garage D_, les moteurs de l'engin ont gelé suite à une vidange défectueuse.
k.
Le 18 juillet 2018, à la demande de V_ AG (assurance RC de A_ SARL), les moteurs du bateau ont été examinés dans les locaux du Garage D_ par W_, expert naval titulaire de l'entreprise individuelle X_. Dans son rapport d'expertise du 21 juillet 2018, W_ est parvenu à la conclusion que les deux moteurs avaient été endommagés par la glace en raison d'un mauvais hivernage des circuits de refroidissement; les deux blocs moteurs étaient hors d'usage et devaient être remplacés.
Entendu comme témoin par le Tribunal, W_ a déclaré que sa mission s'était limitée à examiner les moteurs du bateau. Lors de son inspection, les moteurs avaient été déposés et mis à terre. Il avait constaté que ceux-ci étaient gelés et que les blocs moteurs étaient hors d'usage. Il ne faisait aucun doute que les dégâts causés aux moteurs résultaient d'un mauvais hivernage. Le circuit d'eau n'avait pas été vidangé, ce qui avait entraîné le gel des moteurs. Il n'avait vu le bateau qu'à une seule reprise, lorsqu'il l'avait examiné au Garage D_.
l.a
Selon les allégués de B_ et C_ SA, les travaux de réparation se sont révélés "
particulièrement complexes
" du fait que le bateau avait été "
terriblement endommagé
" suite aux mauvaises conditions d'entreposage dans D_. Le bateau avait été réparé dans les locaux de X_, "
mais devant la complexité des travaux de réparation, en accord avec le chantier naval, il a
[vait]
fallu faire appel à des spécialistes et collaborer avec un ingénieur en mécanique, notamment, ainsi que d'autres spécialistes
".
l.b
A l'appui de ces allégués, B_ et C_ SA ont sollicité l'audition de W_ (cf.
supra
let. k) et G_ en qualité de témoins.
Devant le Tribunal, G_ a déclaré que le bateau avait été entreposé au Garage D_ pendant six ou sept ans. L'engin "
prenait l'eau, se détruisait et c'était une catastrophe
". Il avait décidé de faire intervenir un ami ingénieur en mécanique et tous deux avaient essayé de mettre le bateau en marche. De la mousse était sortie de tous les côtés, ce qui indiquait la présence d'eau dans l'huile. A_ SARL avait convoqué son expert en assurance, W_, lequel avait analysé l'état des moteurs. Ceux-ci avaient gelé faute d'avoir été vidangés. Avec l'aide de son ami ingénieur, G_ avait "
commandé les pièces qui soit disant étaient introuvables et elles
[étaient]
arrivées dix jours plus tard
". Suite à cet incident, il n'entendait plus confier de véhicule ou de bateau à P_. Il avait donc sorti le bateau et l'avait "
amené dans un chantier naval à _ [GE], qui a
[vait]
fait un devis de réparation
".
m.
Par pli du 15 mars 2019, R_ SARL a sommé A_ SARL de lui verser un montant de 125'020 fr. 85, correspondant au coût des travaux de réparation du bateau, ainsi qu'aux frais d'immobilisation de celui-ci jusqu'en mars 2019.
Etait annexé à ce courrier un devis estimatif daté du 13 janvier 2019, établi par Y_ SA à l'attention de R_ SARL, pour un montant de 113'712 fr. 08. Ce devis - qui porte la mention "
CETTE EVALUATION EST UN DEVIS ESTIMATIF ET NON CONTRACTUEL
" - fait état des travaux à effectuer sur le bateau "
suite à un hivernage mal géré
[ayant]
entraîné la casse des deux blocs moteurs
", ainsi que de "
l'immobilisation du bateau pour la durée estivale de mai à novembre 2018
". Sous la rubrique "
Z_
", la phrase suivante a été mise en évidence : "
A la prise en charge du bateau, nous avons constaté que les blocs moteurs, les collecteurs d'échappement, ainsi que les coudes d'échappement étaient déjà neufs
".
n.
Le 3 juin 2019, R_ SARL a fait notifier à A_ SARL un commandement de payer, poursuite n° 37_, pour les montants de
125'020 fr. 85, avec intérêts à 5 % dès le 25 mars 2019 (frais de réparation et d'immobilisation du bateau jusqu'en mars 2019), et de 4'523 fr. 40, avec intérêts à 5% dès le 1
er
mai 2019 (frais d'hivernage pour avril et mai 2019).
A_ SARL a formé opposition à ce commandement de payer.
o.
Par "
Déclaration de cession de créance
" signée par S_ le
13 septembre 2019, R_ SARL a cédé sa créance à l'encontre de A_ SARL (pour le dommage subi par le bateau) à B_ à hauteur
de 33'800 fr.
Par pli du 16 septembre 2019, B_ a déclaré opposer sa créance contre A_ SARL (i.e. la créance cédée par R_ SARL) en compensation avec la créance de 31'791 fr. 50 (contestée) invoquée par A_ SARL pour les travaux effectués sur la H_ et la J_.
p.
Par "
Déclaration de cession de créance
" signée par S_ le
13 septembre 2019, R_ SARL a cédé sa créance à l'encontre
de A_ SARL (pour le dommage subi par le bateau) à C_ SA à hauteur de 35'300 fr.
Par pli du 16 septembre 2019, C_ SA a déclaré opposer sa créance envers A_ SARL (i.e. la créance cédée par R_ SARL) en compensation avec la créance de 47'658 fr. 55 (contestée) invoquée par A_ SARL pour les travaux effectués sur la K_.
IV. De la présente procédure
q.
Par demande du 18 janvier 2019, déclarée non conciliée le 6 mai 2019 et portée devant le Tribunal le 10 mai 2019, A_ SARL a assigné B_ en paiement de 31'791 fr. 05, avec intérêts à 5% dès le 1
er
juillet 2018, au titre des travaux effectués sur le véhicule I_, la H_ et la J_, 240 fr. au titre de frais de poursuite et 200 fr. au titre de "
frais de tribunal
". Elle a également conclu au prononcé de la mainlevée des oppositions formées par B_ aux commandements de payer, poursuites n
os
1_, 2_ et 3_. Cette demande a été enregistrée sous le numéro de cause C/37_/2019.
Dans sa réponse du 16 septembre 2019, B_ a conclu, principalement, au déboutement de A_ SARL de toutes ses conclusions, sous suite de frais. Subsidiairement, B_ a conclu à ce que le Tribunal admette son exception de compensation (cf.
supra
let. o), dise que les éventuelles créances de A_ SARL seraient compensées avec la créance de B_ à son encontre et déboute A_ SARL de ses conclusions en mainlevée d'opposition.
A titre préalable, B_ a conclu à ce qu'il soit ordonné à A_ SARL de produire "
tous les documents relatifs aux commandes de pièces d'origine et les récépissés des pièces de remplacement pour toutes les factures émises, ainsi que concernant les pièces anciennes qui ont été remplacées
".
r.
Par demande du 18 janvier 2019, déclarée non conciliée le 6 mai 2019 et portée devant le Tribunal le 10 mai 2019, A_ SARL a assigné C_ SA en paiement de 47'658 fr. 55, avec intérêts à 5% dès le 11 décembre 2018, au titre des travaux effectués sur la K_, 90 fr. au titre de frais de poursuite et 200 fr. au titre de "
frais de tribunal
". Elle a également conclu au prononcé de la mainlevée de l'opposition formée par C_ SA au commandement de payer, poursuite
n° 4_. Cette demande a été enregistrée sous le numéro de cause C/37_/2019.
Dans sa réponse du 16 septembre 2019, C_ SA a conclu, principalement, au déboutement de A_ SARL de toutes ses conclusions, sous suite de frais. Subsidiairement, elle a conclu à ce que le Tribunal admette son exception de compensation (cf.
supra
let. p), dise que les éventuelles créances de A_ SARL seraient compensées avec la créance de C_ SA à son encontre et déboute A_ SARL de ses conclusions en mainlevée d'opposition.
A titre préalable, C_ SA a conclu à ce qu'il soit ordonné à A_ SARL de produire "
tous les documents relatifs aux commandes de pièces d'origine et les récépissés des pièces de remplacement pour toutes les factures émises, ainsi que concernant les pièces anciennes qui ont été remplacées
".
s.
Par ordonnances du 18 septembre 2019, rendues dans les causes C/2240/2019 et C/37_/2019, le Tribunal a transmis les réponses de B_ et de C_ SA à A_ SARL. Il a par ailleurs "
ordonn[é] des débats d'instruction le mercredi 6 novembre 2019, 15h30, salle R5
", et précisé que ceux-ci seraient suivis, au cours de la même audience, de l'ouverture des débats principaux et des premières plaidoiries. L'attention des parties a été attirée sur le fait qu'elles seraient amenées, lors de cette audience, à se déterminer formellement sur les allégations de fait de leur partie adverse, dans la mesure où elles ne l'auraient pas encore fait, sur les mesures probatoires sollicitées de part et d'autre et sur la suite de la procédure.
A teneur du dossier, aucune citation à comparaître n'a été communiquée aux parties avec cette ordonnance.
t.
Lors de l'audience du 6 novembre 2019, à laquelle A_ SARL n'était pas présente ni représentée, le Tribunal a ouvert les débats principaux et ordonné les premières plaidoiries dans les causes C/2240/2019 et C/37_/2019. B_ et C_ SA ont persisté dans leurs conclusions et dans leurs offres de preuve. A l'issue de l'audience, le Tribunal a ordonné l'audition des quatre témoins cités par les sociétés défenderesses. Il a également ordonné à A_ SARL de produire "
tous les documents relatifs aux commandes de pièces d'origine et les récépissés des pièces de remplacement pour toutes les factures émises ainsi que les documents permettant de démontrer quelles pièces ont été remplacées
".
u.
Par courriers du 11 novembre 2019 signés par P_, A_ SARL s'est adressée en ces termes au Tribunal : "

## Considerations