# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 51f756dd-011c-4586-82bf-6f26241fba49
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2007
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Le 28 juillet 2003, A. X._, ressortissant algérien né le 8 mars 1970, et B. Y._, Suissesse née le 6 mars 1958, se sont mariés. Le 30 octobre 2003, le Service de la population (ci-après: le SPOP) a accordé une autorisation de séjour à A. X._.
B.
Entendue le 17 octobre 2006 par la police municipale de Bussigny-près-Lausanne, B. X._ a déclaré que le couple s’était séparé le 1
er
août 2006. Elle a déclaré avoir pris l’initiative de quitter son mari, car leur vie de couple était inexistante et que son mari ne travaillait pas. Elle a indiqué avoir renoncé à une procédure de divorce, faute de moyens et en raison de l’opposition de son mari. Elle avait le sentiment que celui-ci l’avait épousée uniquement pour obtenir une autorisation de séjour. Elle ne comptait pas reprendre la vie commune. Entendu le 6 décembre 2006 par la police municipale de Lausanne, A. X._ a confirmé s’être constitué un domicile séparé, en raison des tensions survenues dans le couple. Il s’agissait toutefois uniquement d’une pause, afin que chacun des conjoints fasse le point sur leur avenir. Il avait pris un emploi temporaire.
Le 27 mars 2007, le SPOP a révoqué l’autorisation de séjour accordée à A. X._ et lui a imparti un délai d’un mois pour quitter le territoire.
C.
A. X._ a recouru, en concluant à l’annulation de la décision du 27 mars 2007 et au renvoi de la cause au SPOP pour complètement de l’instruction et nouvelle décision au sens des considérants. Le SPOP propose le rejet du recours. Invité à répliquer, le recourant a maintenu ses conclusions.
D.
A la demande du juge instructeur, le SPOP s’est déterminé, le 5 octobre 2007, relativement au grief de violation du droit d’être entendu, au regard notamment de l’arrêt PE.2006.0361 du 19 avril 2007.
E.
Le Tribunal a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit
1.
a) Les parties ont le droit d'être entendues (art. 29 al. 2 Cst. et 27 al. 2 Cst./VD). Cela inclut pour elles le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à leur détriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 132 II 485 consid. 3.2 p. 494; 132 V 368 consid. 3.1 p. 370/371; 129 I 85 consid. 4.1 p. 88/89, et les arrêts cités). Lorsque le SPOP envisage de révoquer l’autorisation de séjour parce que l’invocation d’un mariage relève de l’abus de droit (cf. art. 7 et 17 de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l’établissement des étrangers – LSEE; RS 142.20), il a l’obligation d’avertir la personne visée de l’ouverture d’une telle procédure, et cela avant son audition par la police; il doit lui donner en outre la possibilité, concrète et effective, de se déterminer au sujet des éléments du dossier, notamment le procès-verbal de l’audition de son conjoint (arrêt PE.2006.0361 du 19 avril 2007, rendu sur ce point selon la procédure de coordination prévue par l’art. 21 du règlement organique du Tribunal administratif du 18 avril 1997 – ROTA; RSV 173.36.1).
b) Ces exigences n’ont pas été respectées en l’espèce. Le SPOP n’a pas averti le recourant de son intention de révoquer l’autorisation de séjour. Il ne lui a pas soumis le procès-verbal de l’audition de son épouse, du 17 octobre 2006, avant de statuer. A la fin de son audition du 6 décembre 2006, l’agent de la police municipale de Lausanne qui a recueilli ses déterminations a certes attiré l’attention du recourant sur la possibilité que le SPOP révoque son autorisation de séjour, et l’a invité à se déterminer à ce propos. Cela n’a toutefois pas suffi au recourant pour se faire une représentation quelconque des déclarations de son épouse et d’y répondre. Le SPOP ne lui a pas donné l’occasion de se prononcer avant de rendre la décision attaquée. Le droit d’être entendu du recourant, tel qu’il est défini par la jurisprudence qui vient d’être rappelée, a ainsi été violé.
c) Il se pose la question de savoir si ce vice formel a pu être guéri dans la procédure de recours (cf. ATF 133 I 201 consid. 2.2 p. 204; 132 V 387 consid. 5.1 p. 390; 130 II 530 consid. 7.3 p. 562, et les arrêts cités). La jurisprudence y a répondu négativement, car les violations constatées en l’espèce doivent être considérées comme graves (arrêt PE.2006.0361, précité, consid. 4c et d).
2.
Le recours doit ainsi être admis et la décision attaquée annulée. La cause est renvoyée au SPOP pour nouvelle décision. Il est statué sans frais; le recourant, assisté par un mandataire, a droit à des dépens (art. 55 de la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives - LJPA ; RSV 173.36).