# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 51da650a-3668-5ce8-a8c4-1ae4df6160b9
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. A._ détenait de très nombreux animaux dans son logement (chats et lapins notamment). Suite à des dénonciations, les autorités sont intervenues pour tenter d’apprécier la situation de ces animaux.
Son contrat de bail a été résilié en raison de manquements à ses obligations contractuelles et B._, administrateur de la régie, a sollicité le 31 octobre 2018 l’intervention de la police en raison d’une forte odeur en provenance de son appartement. Ont été découverts sur place 36 chats et 10 lapins, dont l’état de santé général a été qualifié de mauvais par C._. L’appartement était dans un état d’insalubrité avancée, le sol et le lit jonchés de déjections animales, et des cadavres de chats, dans un état de décomposition avancée, ont été retrouvés dans le réfrigérateur de la cuisine (DO 2 et 57).
Par la suite, la situation personnelle de A._ a fait l’objet de plusieurs procédures pénale, administrative et civile.
B. Par courrier daté du 1er février 2019, A._ a déposé plainte pénale pour violation de domicile (art. 186 CP), dommages à la propriété (art. 144 CP) et contrainte (art. 181 CP) contre différentes personnes.
Elle a dénoncé les faits suivants, tout en exposant les avoir appris en décembre 2018 lors de la consultation de son dossier administratif en main de C._ :
Elle reproche à différentes personnes d’avoir pénétré sans son accord et parfois en son absence dans sa propriété (jardin, terrasse et appartement), d’avoir engendré la mort d’un de ses lapins et d’avoir jeté contre sa volonté ses affaires personnelles. Elle se plaint également de contrainte, exposant que l’administrateur de la régie a conservé sans droit des clés de son appartement tout en refusant de les lui remettre avant la fin du contrat de bail.
Ainsi, selon sa plainte, D._ est allée en avril 2017 sur sa propriété alors à E._, en son absence et sans son accord ; celle-ci a ensuite alerté F._ de la présence de nombreux animaux. Les 31 mai, 9, 10 et 28 juin, 29 septembre et 22 octobre 2017, des représentants de F._ ont pénétré dans son jardin pour faire le tour de la villa afin de prendre des photos, y compris de l’intérieur de la véranda.
Le 31 octobre 2018, alors qu’elle résidait dans un appartement à G._, B._, l’administrateur de la régie, a requis l'intervention de la police et lui a ensuite ouvert la porte de l'appartement, à l'aide du double des clés qu’il possédait. Le service vétérinaire cantonal contacté par la police a procédé à une inspection des lieux en l'absence de A._. Elle expose qu’à son retour, elle a découvert un appartement dévasté et des animaux terrorisés dont un lapin mort.
Le lendemain, deux policiers, le vétérinaire cantonal adjoint et un collaborateur, ainsi que deux personnes de F._ sont intervenus dans son appartement alors qu’elle s’y trouvait. C'est à ce moment qu’elle a pris connaissance de l’intervention de la veille. F._ a saisi les chats et les lapins, tandis que les autres intervenants ont inspecté l'appartement. Elle a été emmenée au poste de police, puis enfermée dans une cellule jusqu'à l'arrivée d'une psychiatre. Elle s'est par la suite fait hospitaliser contre son gré jusqu’au 16 novembre 2018.
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Elle reproche également à B._ d’avoir conservé des clés de son appartement sans son consentement et à la police qui les avait saisies dans un premier temps de les avoir restituées à celui-ci, le 7 novembre 2018, alors que le contrat de bail se terminait le 30 novembre 2018. L’administrateur de la régie avait ensuite refusé, le 29 novembre 2018, de les remettre à sa curatrice alors qu’elle souhaitait vider son appartement avant la fin du bail. Elle indique que, par cette rétention des clés, elle a été empêchée de récupérer ses affaires personnelles. Elle expose ainsi que, le 1er décembre 2018, elle avait pu se rendre dans son appartement pour emporter quelques affaires et que, le 3 décembre 2018, elle avait constaté que l’entreprise H._ avait jeté, contre sa volonté, toutes ses affaires, à l’exception de celles se trouvant à la cave.
C. Le 18 septembre 2019, le Ministère public a refusé d’entrer en matière sur la plainte précitée, considérant que les éléments constitutifs d'une infraction n’étaient manifestement pas remplis (art. 310 al. 1 let. a CPP).
D. Le 30 septembre 2019, A._ a interjeté recours contre l'ordonnance précitée, concluant à ce que le recours soit admis, à ce que la décision de non-entrée en matière soit annulée et à ce que la cause soit renvoyée au Ministère public pour instruction.
Le 4 octobre 2019, elle a presté l’avance de sûretés de CHF 500.- requise.
E. Par courrier du 15 octobre 2019, le Ministère public a indiqué qu’il renonçait à se déterminer et a conclu à la confirmation de son ordonnance de non-entrée en matière. Il a en outre remis son dossier.
F. Le 22 octobre 2019, A._ a sollicité la consultation du dossier au greffe du Tribunal cantonal.

## Considerations

en droit
1.
1.1. La voie du recours à la Chambre pénale (ci-après : la Chambre) est ouverte à l'encontre d'une ordonnance de non-entrée en matière (art. 20 al. 1 let. b, 310 al. 2,322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du Code de procédure pénale [CPP ; RS 312.0]; art. 85 al. 1 de la loi sur la justice [LJ; RSF 130.1]).
1.2. Selon les art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L'ordonnance de non-entrée en matière a été notifiée le 20 septembre 2019 à la recourante, tandis que son recours a été posté le 30 septembre 2019 de sorte qu'il l'a été en temps utile.
1.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de la décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art. 104 al. 1 CPP). On entend par partie plaignante le lésé qui déclare expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil (art. 118 al. 1 CPP). Concrètement, il s’agit du lésé, au sens de l’art. 115 CPP, de la victime et du proche de celle-ci selon l’art. 116 CPP (PC CPP, 2016, art. 118 n. 2). En l’espèce, la recourante – titulaire des biens
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juridiquement protégés qu’elle prétend atteints par les actes dénoncés – s'est constituée partie plaignante et a intérêt à ce que l’ordonnance attaquée soit annulée. Par conséquent, elle a la qualité pour recourir.