# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 76ff34b0-2a7f-59a5-adb3-61cca5e93a0c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame et Monsieur B_ sont domiciliés à C_, en France. ![endif]>![if>
Tous deux travaillent à Genève.
Ils sont les parents de D_, né en 2003, lequel fréquente le collège E_ à Genève, ainsi que de A_, né en _r 2005, lequel a été inscrit dans des écoles de C_ pendant les années scolaires 2016-2017 et 2017-2018.
Toute la famille est de nationalité française.
2. Le 14 janvier 2019, les parents de A_ ont saisi le département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (ci-après : le département) d’une demande d’admission visant à ce que l’intéressé soit admis au cycle d’orientation genevois dès la rentrée 2019.![endif]>![if>
3. Par décision du 13 février 2019, le département a refusé la demande d’admission déposée par les parents de A_. Ce dernier n’avait pas de fratrie déjà scolarisée au sein de l’enseignement obligatoire public genevois et cette condition était nécessaire.![endif]>![if>
4. Le 8 mars 2019, Mme et M. B_ ont saisi la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d’un recours contre la décision précitée. Ils travaillaient à Genève et leur fils aîné était actuellement enchanté d’y être au collège. Ils désiraient que toute la famille bénéficie des mêmes dates de vacances.![endif]>![if>
Au recours était jointe une lettre manuscrite de A_, confirmant son intérêt à poursuivre sa scolarité à Genève.
5. Le 25 mars 2019, le département a conclu au rejet du recours.![endif]>![if>
Le droit d’être scolarisé à Genève ne dépendait pas du lieu où les parents de la personne scolarisée travaillaient.
Si le texte des dispositions réglementaires en vigueur indiquait que les frères et sœurs ainsi que les demi-frères et demi-sœurs des enfants scolarisés au sein d’établissements scolaires publics genevois devaient être admis au cycle d’orientation genevois, le Conseil d’État – comme cela ressortait d’une communication qu’il avait faite à la presse – ne visait en réalité que les membres de la fratrie scolarisés dans l’enseignement obligatoire à Genève. Cette volonté politique avait été mal retranscrite dans les textes réglementaires.
De plus, le département se déterminait sur les principes juridiques applicables, sur la situation au regard des accords internationaux, sur le fait que les dispositions réglementaires genevoises ne créaient pas une discrimination et il communiquait des éléments démographiques, soulignant l’importance, pour la protection de l’environnement, de la promotion d’une mobilité douce et des droits de l’enfant.
6. À réception, cette détermination a été transmise aux recourants et la cause a été gardée à juger, ce dont les parties ont été informées.![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2. Selon l’art. 25 al. 1 let a et b du règlement du cycle d'orientation du 30 août 2010 (RCO -
C 1 10.26
), doivent être admis au cycle d'orientation public genevois : ![endif]>![if>
- les élèves domiciliés en France voisine et déjà scolarisés dans l’enseignement public genevois, pour autant que l'un de leurs parents au moins soit assujetti à Genève à l'impôt sur le revenu de l'activité rémunérée qu'il exerce de manière permanente dans le canton ;
- les frères et sœurs ainsi que les demi-frères et les demi-sœurs des enfants scolarisés au sein d'établissements scolaires publics genevois.
3. Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la loi s’interprète en premier lieu selon sa lettre (interprétation littérale).![endif]>![if>
Si le texte légal n’est pas absolument clair, si plusieurs interprétations de celui-ci sont possibles, le juge recherchera la véritable portée de la norme en la dégageant de sa relation avec d’autres dispositions légales, de son contexte (interprétation systématique), du but poursuivi, singulièrement de l’intérêt protégé (interprétation téléologique), ainsi que de la volonté du législateur telle qu’elle ressort notamment des travaux préparatoires (interprétation historique ; ATF 143 I 109 consid. 6 ;
142 II 388
consid. 9.6.1 et les références citées ;
ATA/1100/2017
du 18 juillet 2017 ;
ATA/1099/2017
du 18 juillet 2017). Le Tribunal fédéral ne privilégie aucune méthode d’interprétation, mais s’inspire d’un pluralisme pragmatique pour rechercher le sens véritable de la norme. Il ne se fonde sur la compréhension littérale du texte que s’il en découle sans ambiguïté une solution matériellement juste (ATF
142 II 388
consid. 9.6.1 ;
139 II 39
consid. 5.3.1 ;
ATA/212/2016
du 9 mars 2016). Enfin, si plusieurs interprétations sont admissibles, il faut choisir celle qui est conforme à la Constitution (ATF
141 II 338
consid. 3.1 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_219/2014
du 23 septembre 2014 consid. 5.2. et les arrêts cités).
4. En l’espèce, le texte du règlement est absolument clair et ne contient aucune ambiguïté : lorsque le frère, la sœur, le demi-frère ou la demi-sœur d’un enfant est scolarisé dans un établissement scolaire public genevois, l’enfant en question a le droit d’être admis au cycle d'orientation public genevois. Le département n’indique pas en quoi la solution qu’il soutient – soit l’admission uniquement des enfants ayant des frères et sœurs dans l’enseignement obligatoire – serait préférable à celle ressortant du texte réglementaire. ![endif]>![if>
Ce constat, de même que le texte du règlement en vigueur, ne peuvent être modifiés par la volonté du Conseil d’État qui serait établie au moyen d’un communiqué de presse. À cet égard, lorsque la volonté politique a mal été retranscrite dans un texte légal, mais que le texte adopté est clair et ne contient pas d’ambiguïté, ce dernier doit être appliqué de la manière dont il a été rédigé, même s’il s’agit d’une erreur (
ATA/272/2019
et les références citées).
5. Il sera au demeurant relevé que D_, né en 2003, est encore soumis à l’instruction obligatoire, ayant moins de 18 ans (art. 1 al. 1 de la loi sur l’instruction publique du 6 novembre 1940 - LIP -
C 1 10
).![endif]>![if>
6. Au vu de ce qui précède, le recours sera admis partiellement, sans qu’il soit examiné si les autres conditions d’admission sont remplies.![endif]>![if>
La décision de refus litigieuse sera annulée.
Le dossier sera retourné au département afin qu’il statue dans le sens des considérants.
7. Au vu de cette issue, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne sera allouée, le recourant, qui agit en personne, n’en sollicitant pas (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
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