# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 226380f8-c0ff-5d39-9ad8-629ec7de9cac
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. A._ fait l’objet d’une procédure pénale pour injures, menaces et voies de fait, suite à une plainte pénale déposée par sa grand-mère maternelle, B._, le 23 mars 2020.
Elle lui reproche en substance de proférer, depuis des années, des insultes à son encontre (p. ex. vieille vache, bonne à rien, incapable, connasse, sale Allemande, nazie, mère d’une criminelle), précisant que, moralement, elle n’en peut plus et qu’elle a dû consulter une psychologue. A une reprise, alors qu’il la conduisait à C._, son petit-fils aurait fait tout le trajet en accélérant et en freinant tout le temps; elle aurait eu bien peur. Une fois, quand elle était dans la voiture avec lui, il l’aurait tapée. Elle a peur de son petit-fils car il peut être violent. S’il ne l’a pas menacée physiquement, il aurait touché sa mère. Il piquerait des crises de colère et ne se maîtriserait plus. Elle resterait beaucoup à la maison pour ne pas le croiser.
B. La Police a procédé à l’audition de la plaignante le 19 mai 2020. Il ressort du rapport de police du 5 juin 2020 qu’elle a également essayé d’entendre le prévenu (convocation téléphonique du 15 mai 2020 et mandats de comparution pour les 20 mai, 26 mai et 2 juin 2020), ceci en vain puisque l’intéressé ne s’est ni présenté, ni excusé.
Les 15 et 16 mai 2020, A._ s’est adressé au Ministère public, respectivement à la Police pour notamment se plaindre qu’un agent l’avait importuné par téléphone le 15 mai 2020, lui annonçant une plainte pénale pour injures et tentant de l’auditionner.
Le 6 juillet 2020, le Ministère public a émis un mandat d’amener à l’encontre de A._, ordonnant à la Police d’amener le précité devant le Procureur, le 17 juillet 2020, à 14h15, pour y être entendu en qualité de prévenu.
La Police a exécuté le mandat et a « acheminé [l’intéressé] au Ministère public en date et heure précitées ».
Le Ministère public a ainsi procédé à l’audition de A._ ainsi que de la plaignante le 17 juillet 2020. A cette occasion, le prévenu a contesté les faits reprochés et s’est plaint au sujet de l’appel téléphonique de la Police le 15 mai 2020, qu’il considère comme une mesure de contrainte illégale, précisant n’avoir jamais été convoqué par écrit.
Le 18 juillet 2020, A._ s’est adressé au Ministère public pour, entre autres, se plaindre au sujet du mandat d’amener précité, lequel serait intervenu sans qu’il n’ait été cité de manière régulière. Cette mesure étant selon lui illicite, il s’est réservé le droit de faire valoir des dommages et intérêts. Il a conclu au prononcé d’un classement; aucune procédure pénale ne devait en effet être ouverte ou à tout le moins poursuivie.
Le 23 juillet 2020, le Ministère public s’est déterminé à ce sujet à l’égard du mandataire du prévenu, relevant en particulier que le fait de ne pas être convoqué par écrit par la Police pour un interrogatoire ne constitue pas un vice de procédure.
C. Le 30 juillet 2020, A._ s’est adressé au Ministère public pour compléter sa correspondance du 18 juillet 2020, relevant qu’aucun mandat de comparution ne lui a été notifié et qu’un mandat d’amener ne pouvait pas être prononcé, les conditions de l’art. 207 al. 1 CPP n’étant pas remplies. Par ailleurs, il a fait valoir des dommages-intérêts.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 8
Le 27 août 2020, le Ministère public a transmis le courrier du 30 juillet 2020 à la Chambre pénale (ci-après: la Chambre), comme éventuel objet de sa compétence.
Invité à se déterminer, le Ministère public a conclu au rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilité, par acte déposé le 8 septembre 2020.
Le 20 octobre 2020, Me Philippe Maridor a informé la Chambre qu’il ne représentait pas A._ dans le cadre de la présente procédure de recours.
A._ s’est déterminé spontanément les 29 octobre 2020 et 4 novembre 2020. Le 4 novembre 2020, il a en outre requis que l’assistance judiciaire lui soit accordée pour la procédure de recours.
Sur demande de la Chambre, le Ministère public a produit, le 25 novembre 2020, copie des mandats de comparution des 15, 20 et 27 mai 2020.
A._ s’est déterminé spontanément à ce sujet le 3 décembre 2020.

## Considerations

en droit
1.
Dans la mesure où le recourant conclut au classement de la procédure pénale ouverte à son encontre, son pourvoi est irrecevable puisque la Chambre n’est en l’état saisie qu’en lien avec le mandat d’amener du 6 juillet 2020, de sorte qu’elle ne peut pas statuer sur le classement ou non de la procédure, et plus particulièrement sur la question d’un éventuel retrait de la plainte pénale déposée par B._.
2
2.1. En application des art. 393 al. 1 let. a CPP et 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre est ouverte contre les décisions du ministère public portant sur des mesures de contrainte au sens du titre 5 CPP, dont fait partie le mandat d'amener (art. 207 CPP).
2.2. Le délai de recours est de dix jours (art. 396 al. 1 CPP).
En l’espèce, il ne ressort pas du dossier qu’une copie du mandat d’amener a été communiquée au recourant, alors que tel devait être le cas, le Ministère public ne soutenant pas que le mandat en question était secret (cf. art. 208 al. 1 CPP en relation avec l’art. 199 CPP). Dans ces conditions, tant l’écrit du 18 juillet 2020 que celui du 30 juillet 2020 seront considérés comme déposés à temps.