# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** dc8fe4e8-2402-4bd3-a10c-666267fa3d6e
**Court:** CH_BGer
**Chamber:** CH_BGer_004
**Year:** 2004
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Faits:
Faits:
A. Le 20 février 1995, I._ SA, dont le siège social est en France, et P._, également domicilié en France, agissant pour son compte, ont saisi le Tribunal de première instance du canton de Genève d'une demande en paiement dirigée contre A._, domicilié dans le canton de Genève.
Le 7 décembre 2000, le Tribunal de commerce de N._, en France, a ouvert une procédure simplifiée de redressement judiciaire de I._ SA et désigné un administrateur. Cette situation nouvelle n'a été signalée par aucun des plaideurs.
Par jugement du 14 juin 2001, le Tribunal de première instance du canton de Genève, se référant aux qualités des parties portées sur l'assignation, a condamné A._ à payer à I._ SA et à P._ l'équivalent en francs suisses, au jour du prononcé du jugement, des montants de 699'187 et 50'000 francs français avec intérêt dès le 17 février 1995.
Le 27 août 2001, A._ a appelé de ce jugement, contre lequel I._ SA et P._ ont formé un appel incident. Dans son acte d'appel, A._, conformément au jugement de première instance, a mentionné I._ SA, avec le siège social indiqué dans l'acte introductif d'instance, et P._, comme parties intimées. Aucun des plaideurs n'a fait état de ce que le Tribunal de commerce de N._ avait, par jugement du 16 février 2001, arrêté le plan de redressement judiciaire par cession totale de l'entreprise et désigné un commissaire à l'exécution du plan.
Dans son arrêt du 13 septembre 2002, la Cour de justice du canton de Genève a repris sans changement les qualités des parties. Elle a annulé le chiffre 1 du dispositif du jugement attaqué et, statuant à nouveau sur ce point, condamné A._ à payer à I._ SA l'équivalent en francs suisses, au cours du 31 décembre 2001, des montants de 699'187 et 50'000 francs français avec intérêt à 5% l'an dès le 17 février 1995, confirmant le jugement dans ses autres dispositions et déboutant les parties de toutes autres conclusions. Cet arrêt est définitif pour n'avoir pas été l'objet d'un recours au Tribunal fédéral.
A la date du 17 octobre 2003, I._ SA était toujours inscrite dans le registre du commerce et des sociétés.
A la date du 17 octobre 2003, I._ SA était toujours inscrite dans le registre du commerce et des sociétés.
B. Le 8 décembre 2003, A._ a saisi la Cour de justice du canton de Genève d'une demande en révision de l'arrêt du 13 septembre 2002. Il a prétendu à sa rétractation avant de conclure à ce que cette autorité constate que I._ SA a perdu le 7 décembre 2000 la légitimation active et la capacité d'être partie à la procédure, constate la nullité de plein droit des actes de procédure accomplis depuis cette date par I._ SA, déboute I._ SA et P._ de toutes leurs conclusions, les condamne en tous les dépens et confirme l'arrêt du 13 septembre 2002 en tant qu'il déboute I._ SA et P._ de toutes autres conclusions, sur appel principal et sur appel incident. Il a expliqué avoir eu connaissance le 8 octobre 2003 de la mise en liquidation judiciaire de I._ SA, à l'occasion d'une procédure de mainlevée de l'opposition au commandement de payer que celle-ci lui avait fait notifier en date du 21 août 2003. Du point de vue du droit, il a soutenu que des pièces décisives avaient été retenues par I._ SA et P._ et qu'ainsi l'arrêt de la Cour avait été obtenu par surprise ou machination frauduleuse, toutes circonstances qui impliquaient sa rétractation. Par rapport au fond, il a plaidé que I._ SA, dépourvue depuis le 7 décembre 2000 de la légitimation active et de la capacité d'être partie à la procédure, devait être déboutée des fins de sa demande en paiement.
Par arrêt du 23 avril 2004, la Cour de justice du canton de Genève a déclaré irrecevable la demande en révision formée par A._. Elle a rappelé que le recours en révision était soumis à l'exigence de l'intérêt juridique en ce sens que la décision sur recours doit être de nature à procurer au recourant l'avantage de droit matériel qu'il recherche. Elle a relevé que A._ invoquait la mise en redressement judiciaire de I._ SA, ce qui revenait à se prévaloir d'une modification des qualités de cette partie. Elle a considéré que cette circonstance était étrangère à l'objet du litige, en ce sens que la société conservait son existence et qu'en d'autres termes, la situation nouvelle résultant des jugements du Tribunal de commerce de N._ n'emportait de conséquence que sur le libellé de la raison sociale de celle-ci, qui devait être rectifiée pour indiquer que la société avait été mise en liquidation (sic), et restait sans incidence sur sa légitimation active. Elle a conclu que la procédure de redressement judiciaire n'était ainsi pas susceptible de modifier la situation juridique de A._, que par ailleurs celui-ci ne prétendait pas avoir été empêché de défendre efficacement ses intérêts en raison de cet événement et que, dès lors, le recours était irrecevable en l'absence d'un intérêt juridique.
Par arrêt du 23 avril 2004, la Cour de justice du canton de Genève a déclaré irrecevable la demande en révision formée par A._. Elle a rappelé que le recours en révision était soumis à l'exigence de l'intérêt juridique en ce sens que la décision sur recours doit être de nature à procurer au recourant l'avantage de droit matériel qu'il recherche. Elle a relevé que A._ invoquait la mise en redressement judiciaire de I._ SA, ce qui revenait à se prévaloir d'une modification des qualités de cette partie. Elle a considéré que cette circonstance était étrangère à l'objet du litige, en ce sens que la société conservait son existence et qu'en d'autres termes, la situation nouvelle résultant des jugements du Tribunal de commerce de N._ n'emportait de conséquence que sur le libellé de la raison sociale de celle-ci, qui devait être rectifiée pour indiquer que la société avait été mise en liquidation (sic), et restait sans incidence sur sa légitimation active. Elle a conclu que la procédure de redressement judiciaire n'était ainsi pas susceptible de modifier la situation juridique de A._, que par ailleurs celui-ci ne prétendait pas avoir été empêché de défendre efficacement ses intérêts en raison de cet événement et que, dès lors, le recours était irrecevable en l'absence d'un intérêt juridique.
C. A._ (le défendeur) interjette un recours en réforme au Tribunal fédéral. Il conclut à ce qu'il lui plaise: A. réformer l'arrêt attaqué, cela fait premièrement rétracter l'arrêt de la Cour de justice du 13 septembre 2002 en tant qu'il le condamne à payer plusieurs sommes à I._ SA et compense les dépens et, statuant à nouveau, constater que I._ SA a perdu le 7 décembre 2000 la légitimation active et la capacité d'être partie à la procédure, constater la nullité de plein droit des actes de procédure accomplis depuis cette date par celle-ci, débouter celle-ci et P._ de toutes leurs conclusions et les condamner aux dépens, deuxièmement confirmer l'arrêt du 13 septembre 2002 en tant qu'il déboute I._ SA et P._ de toutes autres conclusions sur appel principal et sur appel incident; B. débouter I._ SA et P._ de toutes autres conclusions et les condamner aux dépens.
I._ SA (la demanderesse) et P._ (le demandeur) concluent préalablement à ce que le Tribunal fédéral ordonne la rectification de la désignation des parties en ce sens que la société I._ SA doit être désignée sous ce seul nom, sans adjonction de la mention - erronée - "en liquidation judiciaire par cession totale de l'entreprise", principalement au rejet et subsidiairement à l'irrecevabilité du recours, avec suite de frais et dépens.
Par arrêt de ce jour, le Tribunal fédéral a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, le recours de droit public déposé parallèlement par A._.

## Considerations

Le Tribunal fédéral considère en droit:
Le Tribunal fédéral considère en droit:
1. Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 130 II 65 consid. 1, 321 consid. 1).
1. Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 130 II 65 consid. 1, 321 consid. 1).
2. Statuant en premier lieu, conformément à l'art. 57 al. 5 OJ, sur le recours de droit public interjeté parallèlement au présent recours en réforme et examinant la recevabilité des moyens du défendeur sous l'angle de l'art. 84 al. 2 OJ, la Cour de céans est arrivée à la conclusion que ceux-ci ne pouvaient être soumis au Tribunal fédéral ni par la voie du recours en réforme, ni par celle du recours en nullité (cf. consid. 2.1). Dans ces circonstances, elle se limitera à constater formellement cette irrecevabilité dans l'arrêt sur le recours en réforme, en renvoyant les parties à la lecture de l'arrêt sur le recours de droit public pour la motivation de ce refus d'entrer en matière.
2. Statuant en premier lieu, conformément à l'art. 57 al. 5 OJ, sur le recours de droit public interjeté parallèlement au présent recours en réforme et examinant la recevabilité des moyens du défendeur sous l'angle de l'art. 84 al. 2 OJ, la Cour de céans est arrivée à la conclusion que ceux-ci ne pouvaient être soumis au Tribunal fédéral ni par la voie du recours en réforme, ni par celle du recours en nullité (cf. consid. 2.1). Dans ces circonstances, elle se limitera à constater formellement cette irrecevabilité dans l'arrêt sur le recours en réforme, en renvoyant les parties à la lecture de l'arrêt sur le recours de droit public pour la motivation de ce refus d'entrer en matière.
3. Compte tenu de l'issue du litige, les frais et dépens seront supportés par le défendeur (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).