# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 77caea69-c880-546d-92e3-2b9def045db0
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait que
:
1. Le 4 septembre 2012, le doyen de la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation (ci-après : la faculté) de Université de Genève (ci-après : l’université), statuant sur opposition, a confirmé sa décision du 9 juillet 2012 éliminant Madame M_ de la section de psychologie pour n'avoir pas obtenu, à l'issue des quatre premiers semestres, le nombre minimum de crédits requis par le règlement d'études.
Cette décision était exécutoire nonobstant recours.
2. Le 4 octobre 2012, Mme M_ a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la décision susmentionnée, concluant à son annulation et au prononcé de sa réintégration au sein de la faculté afin de bénéficier d'une ultime chance de passer ses examens de première période propédeutique. Elle a sollicité la restitution de l'effet suspensif à son recours.
Elle avait entamé sa formation en septembre 2010, mais avait connu des soucis de santé et d'importantes perturbations dans sa vie familiale, ayant dû s'occuper seule de sa fille durant environ une année dès février 2011.
3. Le 23 octobre 2012, l’université s’est déterminée sur la restitution de l’effet suspensif au recours, concluant au rejet de la requête.
Accorder l'effet suspensif au recours permettrait à l'intéressée de poursuivre ses études et de présenter des examens. Cela reviendrait à faire droit à ses conclusions au fond.

## Considerations

Considérant en droit que :
1. La recevabilité du recours sera laissée ouverte en l’état.
2. Selon l’art. 66 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), le recours a effet suspensif. A teneur de cette même disposition, l’autorité de première instance peut retirer l’effet suspensif au recours. Le titre IV de la LPA, concernant la procédure de recours en général, ne contient aucune disposition expresse en matière de mesures provisionnelles. A teneur de l’art. 21 al. 1 LPA, l’autorité peut d’office ou sur requête ordonner des mesures provisionnelles en exigeant au besoin des sûretés. Celles-ci sont de la compétence du Président s’il s’agit d’une autorité collégiale ou d’une juridiction administrative (al. 2).
3. Il est conforme à l’institution de l’effet suspensif que celui-ci empêche ou paralyse l’exécution d’une décision sujette à un recours jusqu’à droit connu, c’est-à-dire jusqu’au moment où l’autorité de recours se sera prononcée sur le fond de la cause. Selon la doctrine et la jurisprudence du Tribunal fédéral, une ordonnance d’effet suspensif peut avoir pour objet une décision positive, qui confère un droit à l’administré ou lui impose une obligation, ou encore qui constate l’existence de l’un ou de l’autre. Il est exclu en revanche d’attribuer un effet suspensif à une décision à contenu négatif qui écarte une demande ; la suspension des effets de cette décision, faute d’impliquer l’admission de la demande repoussée, ne rimerait à rien
(A. GRISEL, Traité de droit administratif, 1984, p. 923 ; F. GYGI, L’effet suspensif et les mesures provisionnelles en procédure administrative,
in
RDAF 1976, n° 4 pp. 217 et ss ; RDAF, 1994, p. 320).
Il est donc exclu d’attribuer un effet suspensif à une décision à contenu négatif. Dans un tel cas, la voie à suivre est celle de mesures provisionnelles
(ATF
117 V 185
et ss ;
ACOM/21/2008
du 20 février 2008 et les références citées).
4. En l’espèce, la question de savoir si la décision d’élimination constitue une décision à caractère négatif peut être laissée ouverte. L’élimination de la recourante constitue la conséquence d'un nombre de crédits insuffisants. La recourante ne conteste pas ne pas avoir obtenu le nombre minimal de crédits requis pour pouvoir continuer sa formation, mais prétend être mise au bénéfice de circonstances particulières justifiant une exception. Cette question sera traitée avec le fond du recours. Dans l’intervalle, l’intérêt public à ce que l’université n’accueille que des étudiants ayant rempli les critères de sélection prime l’intérêt privé de la recourante à poursuivre ses études. C’est à juste titre que la faculté a déclaré sa décision exécutoire nonobstant recours et l’examen
prima facie
des circonstances de la présente cause n’autorise pas à restituer l’effet suspensif au recours.
5. Au vu de ce qui précède, la requête de restitution de l'effet suspensif au recours sera rejetée. Le sort des frais sera réservé jusqu’à droit jugé au fond.
Vu l’art. 66 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du
12 septembre 1985 ;
vu l’art. 7 al. 1 du règlement de la chambre administrative du
21 décembre 2010 ;