# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5d5c0b85-b7d6-55a1-b7d3-e170fc8c0cee
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 4 octobre 2021, A_ recourt
contre l'ordonnance du 23 septembre 2021, adressée par pli simple, par laquelle le Ministère public a refusé qu'il exécute sa peine de façon anticipée.
Le recourant conclut, sous suite de frais, à l'annulation de la décision querellée et à ce que soit ordonnés l'exécution anticipée de sa peine.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier mis à la disposition de la Chambre de céans :
a.
Selon le rapport du 10 janvier 2021, depuis plusieurs semaines, la police menait des investigations sur un dénommé "D_", trafiquant de cocaïne opérant à Genève, identifié comme étant D_. Ce dernier disposait quasiment exclusivement d'une clientèle africaine, à laquelle il vendait la cocaïne par "
doigt
" de 10 grammes, la mesure-étalon d'une valeur d'environ CHF 550.-. Les trafiquants de rue conditionnaient ensuite la drogue sous la forme de "
boulettes
" vendues dans les rues genevoises au prix de CHF 60.- à 100.-. D_ avait également fourni quelques toxicomanes en "
boulettes
". Il utilisait sa voiture [de la marque] E_ pour les transactions de drogue ou pour les déplacements sur les lieux des transactions. Plusieurs mesures de surveillance avaient été ordonnées.
b.
Le 11 janvier 2021, le Procureur a prévenu D_ d’infractions aux art. 19 al. 1 et 2 LStup et 118 al. 1 LEI pour avoir, en particulier, depuis une date à déterminer, participé, notamment à Genève, à un important trafic de produits stupéfiants, portant sur plusieurs centaines de grammes de cocaïne, en détenant cette drogue, respectivement en fournissant celle-ci à des tiers, vendeurs sur le marché local.
c.
À teneur du rapport de police du 25 janvier 2021, la police avait identifié un dénommé "F_", transporteur pour le compte dudit "D_", comme étant A_, trafiquant de cocaïne ayant un rôle actif dans la livraison de cette drogue à d'autres trafiquants d'origine africaine et en ayant également vendu à des toxicomanes.
A_ a été interpellé en possession de deux boulettes de cocaïne (7.6 gr). La perquisition de son logement a permis la découverte de 4 emballages contenant des boulettes de cocaïne, pour un total de 17.6 grammes, 1.2 grammes de haschich et du matériel de conditionnement (papier cellophane et deux balances électroniques) ainsi que trois téléphones portables.
Le prévenu a déclaré que la drogue était destinée à son usage personnel et celui des membres de son groupe de musique. La carte Sim, trouvée dans son téléphone et portant le numéro 1_, appartenait à un ami, auquel il l'avait prise le 9 décembre 2020.
d.
Le 26 janvier 2021, le Procureur a prévenu A_ d'infractions aux art. 19 al. 1 et 2 LStup et 115 al. 1 let. a et b LEI et de faux dans les certificats étrangers (art. 252
cum
255 CP) pour avoir, depuis une date à déterminer :
- à tout le moins en 2019, participé, notamment à Genève, à un important trafic de produits stupéfiants, portant sur plusieurs centaines de grammes de cocaïne, en détenant et transportant cette drogue, respectivement en fournissant celle-ci à des tiers, actifs sur le marché local (vendeurs);
- et jusqu'à son interpellation, pénétré et séjourné en Suisse, notamment à Genève, de manière illégale, à savoir sans être au bénéfice des autorisations nécessaires, sans être en possession d'un passeport valable indiquant sa nationalité, et alors qu'il était démuni de moyens financiers légaux suffisants permettant d'assurer sa subsistance durant son séjour, étant précisé qu'il a fait l'objet d'une interdiction d'entrée dans l'espace SCHENGEN, notifiée le 26 avril 2016, valable du 13 septembre 2011 au 12 septembre 2021;
- utilisé, dans le dessin d'améliorer sa situation, notamment lui permettre d'entrer et de séjourner en Suisse, sans être inquiété par les autorités, une carte d'identité malienne au nom de G_, ressortissant malien, né le _ 1980, ainsi qu'une carte d'identité italienne établie au nom du dénommé H_, ressortissant sénégalais, né le _ 1976, toutes deux munies de sa propre photographie.
Le prévenu a déclaré que, de 2017 à novembre 2020, il se trouvait en Espagne et habitait depuis à I_ [France]; il n'avait ainsi pas participé à un trafic de stupéfiants. La drogue saisie était destinée à sa consommation et celle des huit membres de son groupe de musique; il l'achetait, prête à la consommation, à un dénommé "J_". Il ne portait pas le surnom de "F_". Il a refusé de communiquer le nom de son employeur en France. Les trois téléphones portables lui appartenaient; il utilisait le téléphone portable [de la marque] K_ avec la carte Sim d'un ami, dont il ne voulait pas donner l'identité, depuis le 9 février 2021, le [téléphone portable de la marque] L_ pour le WiFi et n'utilisait plus le second L_ depuis février 2019.
Il avait quitté la Suisse en 2017, à la suite du refus de sa demande d'asile, pour l'Espagne, pays qui avait également refusé de le lui octroyer; il avait fait faire les cartes d'identité en Espagne pour passer les frontières.
e.
Lors des audiences des 26 février et 9 avril 2021, D_ a déclaré qu'un ami, surnommé "M_" qui habitait Genève, lui avait envoyé A_ pour l'aider à trouver du travail auprès de son employeur; il s'était vu à deux reprises à ce sujet, [au centre commercial de] N_; la seconde fois, A_ était venu avec son CV et une photocopie de sa pièce d'identité (un permis de séjour français); il lui avait dit qu'il ne pouvait pas lui trouver de travail sans passeport européen. Son épouse ne connaissait pas A_. Ce dernier ne lui avait jamais remis d'argent ni ne lui en avait remis; ils ne s'étaient pas rendu dans un bureau de change.
A_ a déclaré qu'ils s'étaient vus à N_; il s'était rendu au bureau de change; il avait EUR 300.- et non EUR 8'000.-. Il ne connaissait pas "M_" (sic).
Le Procureur les a informé des diverses mesures secrètes ordonnées dans les P/2_/2020, P/3_/2020 et la P/4_/20.
Ainsi, le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après, TMC) avait autorisé, en substance, dans la P/2_/2020 :
- la surveillance active du raccordement téléphonique 9_, utilisé par D_, du 17 septembre 2020 au 14 janvier 2021 et la surveillance rétroactive de ce raccordement du 20 mai au 19 novembre 2020;
- la surveillance rétroactive du raccordement téléphonique 5_, utilisé par un complice présumé de D_, du 7 mai au 6 novembre 2020;
- la surveillance active du raccordement téléphonique 1_, utilisé par A_, du 27 novembre 2020 au 27 janvier 2021, et celle rétroactive de ce raccordement du 20 mai au 19 novembre 2020 ainsi que la surveillance active du raccordement 6_, également utilisé par le précité, du 13 novembre 2020 au 27 janvier 2021;
- la surveillance active du raccordement téléphonique 7_, utilisé par un complice présumé de D_, surnommé O_, du 8 janvier au 8 mars 2021.
Dans la procédure P/3_/2020, le TMC avait autorisé la pose d'une balise sur le véhicule E_ de D_ du 24 août 2020 au 26 février 2021 et d'un dispositif de sonorisation, sur le même véhicule, du 31 août 2020 au 26 février 2021.
Dans la procédure P/4_/2020, le TMC avait autorisé la pose de caméras dans les étages supérieurs de l'allée de l'immeuble sis 8_, du 13 novembre 2020 au 8 mars 2021.
A_ a contesté avoir eu le reccordement 1_; il n'avait jamais parlé par téléphone à D_. Il était monté à une reprise dans la E_ de ce dernier qui lui avait proposé de le déposer [au quartier de] P_ et ils avaient discuté des élections présidentielles qui se déroulaient dans le pays de D_.
Ce dernier a déclaré avoir parqué son véhicule 8_ mais ne pas s'être rendu dans les étages. "O_" lui avait fourni une centaine de grammes de cocaïne qu'il devait restituer vu la mauvaise qualité.
Les prévenus, informés des voies de recours contre ces décisions, n'ont pas saisi la Chambre de céans.
f.
Par ordonnance du 20 avril 2021, le Procureur a joint, à la P/21003/2020, la procédure dans laquelle Q_est prévenu d'infraction
à
l'art. 19 al. 1 let. d LStup, rupture de ban (art. 291 CP), faux dans les certificats (art. 252 CP) et infractions aux art. 90 al. 1 et 95 al. 1 LCR et celle dans laquelle T_ est prévenu d'infractions aux art. 291 CP, 115 LEI, 286 CP ainsi qu'aux art. 19 al. 1 et 2 et 19a LStup.
g.
Le 11 mai 2021, le TMC a autorisé l'exploitation à l'encontre de D_, A_, T_ et Q_ des résultats des données recueillies au moyen des mesures de surveillances secrètes et des mesures de surveillance active et rétroactive des télécommunications recueillies dans les procédures P/2_/2020, P/3_/2020 et P/4_/2020.
h.
Le Procureur a ensuite tenu les audiences suivantes :
o le 20 avril 2021, confrontation de D_, A_, T_ et Q_; audition d'une personne appelée à donner des renseignements;
o le 25 mai 2021, audition d'un témoin;
o le 7 (ou 8) juin 2021, confrontation des quatre prévenus;
o le 18 (ou 17) juin 2021, audience portant sur l'analyse de messages vocaux entre D_ et T_ et sur une conversation entre le premier cité et A_ dans la E_, le 13 octobre 2020.
A_ a déclaré être monté dans la voiture pour demander du travail. "M_", l'ami de D_ qui était en France, lui avait dit que ce dernier allait lui remettre de l'argent (2'700.-) pour son compte. Ce jour-là, il n'avait pas remis son CV et ses papiers d'identité à D_ et, par la suite, "M_" lui avait dit qu'il transmettrait ces documents par email au précité, mais le patron avait dit vouloir la photo en format papier. Il avait revu D_, une seconde fois, pour la confirmation de son travail. Dans la voiture, il y avait également une femme et un enfant.
Les deux prévenus ont déclaré ne pas connaître S_, dont la photographie leur a été soumise, et qui était soupçonné d'être "M_";
o le 8 juillet 2021, audience portant sur des conversations entre D_ et T_ et des messages entre le premier cité et S_; A_ a déclaré que ce dernier était l'ami de "M_" et le cousin de D_;
o les 26 juillet, 8 et 20 septembre 2021, audiences portant sur des conversations entre D_ et T_ Q_;
o le 18 octobre 2021, mise en prévention de U_, compagne de D_, pour infraction à l'art. 19 LStup et confrontation avec les autres prévenus;
o le 18 novembre 2021, audience portant sur des conversations et messages entre D_, A_ et V_;
o le 2 décembre 2021, audience portant sur des conversations tenues par Q_.
i.
L'audience du 1
er
octobre 2021 a porté, en particulier, sur des conversations entre D_ et A_.
Confronté à celle du 31 octobre 2020, D_ a fini par admettre que A_ était impliqé dans le trafic de drogue avec S_, alias "W_", et lui-même. A_ avait transporté 250 grammes de drogue de France à Genève pour le compte de ce dernier.
A_ a alors déclaré, après avoir jusque là contesté toute implication dans le trafic de stupéfiants, avoir reçu quelque chose, qui ressemblait à une balle de ping-pong, d'un poids de 50 grammes, qu'il avait remise à D_ lequel a réaffirmé qu'il s'agissait de 250 grammes. A_ a confirmé qu'il savait que les
CHF 8'000.-, qu'il avait comptés le 31 octobre 2020, avec D_, dans la E_, provenaient du trafic de drogue.
Ils ont été prévenus complémentairement de blanchiment d'argent pour avoir changé cette somme en euro, le 31 octobre 2020.
j.
Entretemps, le Procureur a rendu, le 23 septembre 2021, la décision querellée.
k.
Le TMC a ordonné la mise en détention provisoire de A_ ainsi que les prolongations ultérieures de cette détention, la dernière jusqu'au 4 mars 2022, durée suffisante pour clore l'instruction concernant ce prévenu et rédiger un acte d'accusation. Un dernier rapport de police, non accessible, concernant spécifiquement A_ et ses liens avec D_ et S_ devait encore faire l'objet de questions de la part de la direction de la procédure.
Il a retenu les risques de fuite et de réitération et que celui de collusion demeurait très concret vis-à-vis des divers participants au trafic de stupéfiants.
C.
Dans sa décision querellée, le Ministère public relève que l'existence d'un risque de collusion avait été retenu de manière constante par le juge de la détention. Il a refusé la demande d'exécution anticipée aux motifs que S_, surnommé "M_", n'avait pas été interpellé, ni même localisé, et que l'instruction, portant notamment sur des messages vocaux entre les protagonistes de la procédure, n'était de loin pas terminée.
D.
a.
À l'appui de son recours A_ conteste l'existence d'un risque de collusion justifiant le refus d'une exécution anticipée de sa peine. Il avait fait des aveux partiels et vu le stade avancé de la procédure, il n'existait pas de risque accru de collusion. Tous les prévenus, sauf S_ encore en fuite, avaient été entendus et confrontés. Il n'avait jamais eu le moindre contact avec l'extérieur depuis sa mise en détention, et était prêt à continuer à ne pas en avoir en exécution anticipée de peine.
b.
Le Ministère public conclut au rejet du recours.
c.
Le recourant n'a pas répliqué.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une décision sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 102 al. 1 et 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu qui, en tant que partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2. 2.1.
Selon l'art. 236 al. 1 CPP, la direction de la procédure peut autoriser le prévenu à exécuter de manière anticipée une peine privative de liberté ou une mesure entraînant une privation de liberté si le stade de la procédure le permet. L'exécution anticipée des peines et des mesures est, de par sa nature, une mesure de contrainte qui se classe à la limite entre la poursuite pénale et l'exécution de la peine. Elle doit permettre d'offrir à l'accusé de meilleures chances de resocialisation dans le cadre de l'exécution de la peine avant même l'entrée en force du jugement (ATF
133 I 270
consid. 3.2.1). En vertu de l'art. 236 al. 4 CPP, le prévenu est soumis au régime de l'exécution de la peine dès son entrée dans l'établissement, sauf si le but de la détention provisoire ou de la détention pour des motifs de sûreté s'y oppose. Les modalités d'exécution de peine ne permettent en effet pas de prévenir les manoeuvres de collusion aussi efficacement que le cadre de la détention préventive. L'exécution anticipée de la peine doit ainsi être refusée lorsqu'un risque élevé de collusion demeure de sorte que le but de la détention et les besoins de l'instruction seraient compromis (arrêts du Tribunal fédéral
1B_426/2012
du 3 août 2012 consid. 2.1;
1B_415/2012
du 25 juillet 2012 consid. 3 et les arrêts cités).
Durant la procédure d'instruction, l'autorisation de l'exécution anticipée des peines et des mesures ne peut être donnée que si la présence du prévenu n'est plus requise dans le contexte de la procédure, autrement dit, si l'instruction touche à sa fin ( ). La direction de la procédure devra tenir compte du fait que le risque de collusion est plus difficile à écarter durant une exécution anticipée que pendant la détention provisoire (Message relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, p. 1217 ad art. 235 [actuel article 236]).
Le
"stade de la procédure"
permettant l'exécution de peine de manière anticipée correspond au moment à partir duquel la présence du prévenu n'est plus immédiatement nécessaire à l'administration des preuves, ce qui est en principe le cas lorsque l'instruction est sur le point d'être close (A. KUHN / Y. JEANNERET / C. PERRIER DEPEURSINGE,
Commentaire romand: Code de procédure pénale suisse
, 2ème éd., Bâle 2019, n. 2 ad art. 236; arrêt du Tribunal fédéral
1B_415/2012
du 25 juillet 2012 consid. 3 et la référence citée).
La poursuite de la détention sous la forme de l'exécution anticipée de la peine présuppose l'existence d'un motif de détention provisoire particulier, comme le risque de collusion. Ce motif de détention est en premier lieu justifié par les besoins de l'instruction en cours. Plus l'instruction est avancée et les faits établis avec précision, plus les exigences relatives à la preuve d'un risque de collusion sont élevées (cf. ATF
132 I 21
consid. 3.2 p. 23 et les références citées).
Un risque de collusion justifiant un refus d'exécution anticipée de peine demeure lorsque le fonctionnement concret d'une bande n'a pas pu être établi (arrêts du Tribunal fédéral
1B_415/2012
du 25 juillet 2012 et
1B_107/2020
du 24 mars 2020) ou parce que le prévenu conteste avec véhémence les graves accusations portées contre lui, le risque de collusion demeurant ainsi jusqu'à l'audience de jugement, moment où les preuves essentielles et décisives doivent être administrées (arrêt du Tribunal fédéral
1B_400/2017
du 18 octobre 2017).
Les modalités d'exécution de la peine ne permettent pas de prévenir les manœuvres de collusion aussi bien que dans le cadre de la détention préventive. Il y a ainsi lieu de refuser l'exécution anticipée de la peine lorsqu'un risque élevé demeure qui mettrait en péril le but de la détention et les besoins de l'instruction (arrêt du tribunal fédéral
1B_415/2012
du 25 juillet 2012 consid. 3).
2.2.
En l'occurrence, ce n'est que confronté aux enregistrements de ses conversations et aux déclarations de D_ l'impliquant dans le trafic que le recourant a admis avoir transporté quelque chose pesant 50 grammes (mais non 250 grammes de cocaïne) et avoir servi d'intermédiaire entre D_ et S_ dans le transfert d'argent qu'il savait provenir du trafic de stupéfiant. Jusqu'alors, il contestait toute implication. Le Procureur doit encore le confronter aux constatations du dernier rapport de police concernant spécifiquement ses liens avec D_ et S_, et déterminer le rôle de chacun dans le trafic; il a d'ailleurs agendé plusieurs audiences dans le courant du mois de janvier 2022 portant sur les messages vocaux et conversations téléphoniques. On ne peut dès lors considérer que la présence du recourant n'est plus requise ni que l'instruction touche à sa fin.
En outre, S_ – qui apparaît comme étant un acteur important du trafic – n'a pas encore été interpellé et il ne peut être exclu que le recourant ne veuille avertir ce dernier de la procédure et des charges pesant sur lui, ce qu'il pourrait faire plus facilement sous le régime de l'exécution de peine.
Enfin, le but de l'art. 236 CPP est d'offrir au détenu un régime d'exécution tenant compte notamment de sa situation et de lui assurer, cas échéant, de meilleures chances de resocialisation (ATF
143 IV 160
consid. 2.1). Or, force est de constater que le recourant ne répond pas à cette condition préalable, faute de pouvoir espérer séjouner en Suisse par la suite.
3.
Justifiée,
la décision querellée sera donc confirmée.
4.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixés en totalité à CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
5.
Il n'y a pas lieu d'indemniser à ce stade (cf. art. 135 al. 2 CPP) la procédure n'étant pas terminée.
* * * * *