# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b740f2ab-59b8-54de-ab7c-9313eddbb7a3
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2001
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur S_ a été engagé par la Ville de Carouge (ci-après : la Ville) le 3 janvier 1980. Il a d'abord travaillé comme cantonnier au service travaux-voirie, puis, à partir du 1er juillet 1993, comme concierge à l'école des Promenades (ci-après : l'école).
2. Depuis son entrée en fonction, M. S_ a été l'objet des sanctions administratives suivantes : blâme en 1982 pour abandon de poste, mise à pied pendant une semaine avec suppression de traitement en 1984 pour abus de pauses, avertissement en 1994 pour mauvaise exécution du travail et problèmes relationnels avec les usagers de l'école, avertissement en 1996 pour mauvaise exécution du travail et problèmes relationnels avec le corps enseignant. Il a finalement été révoqué pour mauvaise exécution du travail à la fin juillet 1998.
3. Le 1er août 1998, M. S_ a été réengagé par la Ville en qualité de cantonnier ouvrier-manœuvre. Le port de charges de plus de 5 kilos pendant une durée prolongée lui étant médicalement contre-indiqué, il a demandé, en 2000, à être affecté au ramassage des déchets canins, travail qu'il effectue depuis lors.
4. Le 8 novembre 2000, le comportement de M. S_ a fait l'objet d'une note adressée à M. Daniel Mouchet, conseiller administratif délégué au service travaux-voirie, par M. Denis Martin, chef du service, ainsi que par MM. Philippe Santschi et André Guisolan, chefs de secteur. Cette note disait notamment ceci :
"... l'attitude, l'état d'esprit, le travail de cet employé est déplorable.
Régulièrement, les chefs de secteur et le chef du service constatent que M. S_ n'exerce pas sa tâche, qu'elle soit individuelle ou en équipe.
Aujourd'hui, à 15h.55, M. S_ "se cache" à l'entrée du cimetière, évitant ainsi de travailler jusqu'à l'horaire obligatoire".
5. Le 15 novembre 2000, le recourant a été entendu par MM. Mouchet et Martin, ainsi que par M. Yves-Alain Mosimann, chef du personnel de la Ville.
6. Le 16 novembre 2000, le conseil administratif a ordonné l'ouverture d'une enquête administrative. Le 17 novembre 2000, MM. S_, Martin, Santschi et Guisolan ont été entendus et, le 20 novembre 2000, un rapport a été établi par M. Mosimann. M. S_ faisait preuve de mauvaise volonté et de fainéantise dans son travail, lequel laissait à désirer. L'attitude de M. S_ devait être sanctionnée.
7. Dans sa séance du 22 novembre 2000, le conseil administratif a décidé de mettre à pied M. S_ pour une semaine avec suppression de traitement et de le rétrograder dans une classe inférieure, avec réduction de traitement dans les limites de la nouvelle catégorie.
8. Cette sanction a été notifiée à M. S_ par courrier du 24 novembre 2000.
9. Par courrier du 8 décembre 2000, M. S_ a contesté les mesures prises à son encontre.
10. Par courrier du 14 décembre 2000, M. Mosimann a indiqué à M. S_ que s'il entendait recourir contre la sanction, il lui appartenait d'adresser un recours au Tribunal administratif dans un délai de 30 jours.
11. Par acte du 11 janvier 2001, M. S_ a recouru contre la décision du conseil administratif du 22 novembre 2000, concluant à son annulation. Les reproches qui lui étaient adressés ne reposaient sur aucun fondement. Il effectuait son travail avec conscience et entretenait d'excellents rapports tant avec la population carougeoise qu'avec ses collègues de service.
12. Dans sa réponse du 22 février 2001, la Ville conclut au rejet du recours. Les faits reprochés à M. S_ étaient graves. Son attitude portait atteinte à l'image de l'ensemble du personnel communal et donnait un très mauvais exemple à ses collègues.
13. Une comparution personnelle des parties s'est tenue le 27 avril 2001. La Ville était représentée par MM. Mouchet et Mosimann. Selon celui-ci, M. S_ devait être fréquemment motivé. Son travail était insuffisant tant en qualité qu'en quantité. Le rapport du 8 novembre 2000 faisait suite à plusieurs remarques orales. Selon M. S_ au contraire, l'incident du 8 novembre 2000 était isolé. Ses chefs ne lui avaient jamais fait part de coups de téléphone de la population se plaignant de son travail. Il ne se sentait toutefois pas motivé. Une mauvaise ambiance régnait au chantier.
14. Lors de l'audience d'instruction du 22 juin 2001, les personnes suivantes ont été entendues à titre de renseignements :
- M. Martin;
- M. Albert Vuadens, chef du secteur parcs et
promenades;
- M. Gérard Murith, chef du secteur transports,
manifestations et entretien des bâtiments
communaux;
- M. Alain Schmitt, jardinier, président de la
commission du personnel.
a. M. Martin considérait que M. S_ manquait de dynamisme et de volonté. On l'observait souvent sans activité. Ces manquements avaient parfois fait l'objet d'appels téléphoniques ou de remarques d'habitants de la commune, lesquels n'avaient toutefois pas été protocolés.
b. M. Vuadens considérait que M. S_ ne faisait pas un travail de qualité, qu'il ne se donnait pas de peine et qu'il contribuait à donner une mauvaise image de ses collègues dans la population.
c. M. Murith considérait que M. S_ n'était pas motivé et manquait d'entrain au travail. Il avait souvent vu M. S_ cacher sa galère pour éviter de travailler.
d. M. Schmitt, qui ne travaille pas dans le même service que M. S_ mais témoignait à sa demande en qualité de président de la commission du personnel, a précisé qu'aucun membre de celle-ci n'avait recueilli de plainte de collègues ou de citoyens mécontents au sujet de M. S_. Il n'avait pas non plus entendu que la qualité du travail de M. S_ laissait à désirer.
15. Dans son mémoire après enquêtes du 26 juillet 2001, M. S_ persiste dans sa conclusion en annulation de la décision du conseil administratif du 22 novembre 2000. La Ville n'avait pas réussi à démontrer la matérialité ni la gravité des griefs formulés à l'encontre du recourant. Ceux-ci devaient être considérés comme une accumulation de jugements de valeur abstraits ne reposant sur aucun élément concret. Par ailleurs, le caractère peu motivant, ingrat, voire dévalorisant de la tâche attribuée au recourant devait être prise en considération. Enfin, les événements ayant fait l'objet du rapport du 8 novembre ne sauraient, à eux seuls et sans avertissement préalable, justifier la décision du conseil administratif du 22 novembre 2000.
16. Dans son mémoire après enquêtes du 27 juillet 2001, la Ville réfute les arguments du recourant et conclut au déboutement de ses conclusions.
17. Le 2 août 2001, le Tribunal administratif a informé les parties que la cause était gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT