# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f131c730-7f29-4434-92b2-cfb779066463
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2007
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Propriété des époux Henri et Ursula Combes depuis 1995, la parcelle n°584 de la Commune de Le Vaud supporte leur villa, construite en 1978. Ce fonds est contigu à la parcelle n°156, que les époux Gérard et Corinne Fues ont acquise en 1985 et qui supporte également leur maison d’habitation. Ces deux parcelles ont une limite commune d’une trentaine de mètres bordée de plantations situées sur le fonds des époux Fues, soit 26 pieds de charmes constituant une haie haute d’environ 10 à 12 mètres, que prolonge une rangée de onze frênes atteignant pour la plupart une vingtaine de mètres de hauteur. Invoquant une privation importante d’ensoleillement de sa parcelle et un surcroît d’humidité dans sa maison du fait de la hauteur de ces arbres, Henri Combes a saisi le Juge de paix du district de Nyon d’une requête tendant à l’abattage de neuf frênes et à l’écimage de la haie de charmes. La tentative de concilier les deux couples ayant échoué, le Juge de paix a invité la Municipalité de Le Vaud à trancher, comme objet de sa compétence, la question de savoir si les plantations litigieuses bénéficiaient d’une protection de droit public et, dans l’affirmative, si leur abattage ou leur taille pouvait néanmoins être autorisé.
B.
Par décision rendue le 13 juillet 2006, la municipalité a nié toute protection de droit public aux charmes litigieux, tout en relevant que leur rabattage à moins de 6 mètres de hauteur menacerait leur survie. Elle a par contre décidé que les frênes litigieux bénéficiaient d’une telle protection, respectivement qu’ils ne pouvaient être abattus ou écimés dès lors que la villa des époux Combes avait été construite après leur apparition. Cette décision a été notifiée aux seuls époux Combes.
C.
Par acte de leur conseil du 4 août 2006, les époux Combes ont recouru devant le Tribunal administratif contre cette décision. Ils ont conclu à son annulation en tant qu’elle restreignait le rabattage de la haie de charmes à une hauteur de 6 mètres et interdisait l’abattage de neuf gros arbres. Ils ont respectivement conclu à ce que soient autorisés la taille de la haie de charmes à la hauteur légale d’une part, l’abattage ou l’écimage des neuf frênes d’autre part.
Par réponse du 4 septembre 2006, la municipalité a conclu au rejet du pourvoi. Dans la même écriture, elle a indiqué que la mesure de l’écimage à 6 mètres de hauteur ne constituait qu’un avis d’expert, livré par le garde-forestier communal.
Dans des déterminations produites par leur conseil le 25 septembre 2006, les époux Fues ont conclu au rejet de l’ensemble des conclusions prises par les recourants. Sans remettre en cause le refus de la municipalité de reconnaître une protection de droit public à la haie de charmes, ils ont déclaré adhérer à la décision attaquée en tant qu’elle préconisait de limiter une taille à 6 mètres de hauteur.
Par réplique du 12 octobre 2006, les recourants ont confirmé leurs conclusions tendant à l’écimage des charmes à une hauteur inférieure à 6 mètres et à l’abattage ou à la taille des frênes. Les époux Fues ont également confirmé leurs conclusions dans leurs déterminations du 13 novembre 2006.
Le Tribunal administratif a tenu audience à Le Vaud le 17 janvier 2007. A cette occasion, il a effectué une inspection locale et entendu les parties ainsi que le garde-forestier Bernard Pichon. Par lettre du 18 janvier 2007, il a donné aux parties la faculté de s'exprimer au sujet d'une protection à accorder aux charmes litigieux à l'issue d'une éventuelle reformatio in pejus de la décision entreprise.
La municipalité intimée, les recourants et les époux Fues ont déposé une ultime écriture les 26 et 29 janvier 2007. A cette occasion, les époux Fues ont modifié leurs conclusions en ce sens que l’écimage à hauteur légale de la haie de charmes ne pouvait être autorisé dans la mesure où il s’agissait d’une haie vive protégée par le règlement communal.
Les arguments des parties seront repris ci-après dans la mesure utile.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Les recourants soulèvent le grief de nature formelle de la violation du droit d’être entendu, reprochant à l’autorité intimée de ne pas les avoir invités à se déterminer avant de rendre sa décision. Lors de l’audience, ils ont cependant admis que, avant que la municipalité ne statue, le municipal Boujol les avait interpellés pour leur soumettre certaines propositions et qu’ils avaient eu à cette occasion la possibilité de s’exprimer sur l’objet du litige. Ils n’ignoraient du reste pas les tenants et les aboutissants de la procédure, qu’ils avaient initiée en saisissant le juge de paix. En définitive, ils ne soutiennent pas avoir été empêchés d’une quelconque manière de faire valoir utilement leurs arguments avant que la décision attaquée ne soit rendue, de sorte que ce premier moyen doit être écarté.
2.
Selon l’article 57 du Code rural et foncier (CRF ; RSV 211.41), le voisin peut exiger soit l’enlèvement des plantations qui ne respectent pas certaines distances à la limite, soit leur écimage jusqu’à leur hauteur légale. Saisi d’une telle requête, le juge de paix la transmet à la municipalité afin qu’elle détermine « s’il y a lieu de protéger la plantation ou, lorsqu’elle l’est déjà, s’il convient d’autoriser l’abattage ou la taille » (art. 62 al. 2 CRF). La protection dont la municipalité est ainsi chargée de déterminer l’étendue est celle qui est prévue par la loi sur la protection de la nature, des monuments et sites (LPNMS ; RVS 450.11). Selon l’article 5 LPNMS, sont notamment protégés les arbres que désignent les communes "par voie de classement ou de règlement communal" en raison soit de leur valeur esthétique, soit des fonctions biologiques qu’ils assurent.
Cette protection de droit public n’est cependant pas absolue. Ainsi, conformément à l’article 18 du règlement d’application de la LPNMS (RLPNMS ; RSV 450.11.1), la taille des arbres classés entrant dans le cadre d’un entretien normal n’a pas à être autorisée (al. 1
er
), contrairement à ce qui est le cas pour une taille affectant gravement l’arbre en cause (al. 2). Si, à la lettre de cette disposition, seuls les arbres classés appellent une autorisation d'élagage, rien ne justifie en réalité de les distinguer à ce sujet des arbres saisis de manière générale par un règlement communal: dans les deux cas, la protection est celle qui est conférée par l'art. 5 LPNMS, peu important le mode de désignation des arbres par la commune. Au surplus, l’abattage d’arbres protégés et par conséquent aussi leur élagage ou leur écimage sévère peuvent être autorisés dans les quatre hypothèses décrites comme il suit à l’article 15 RLPNMS : l’arbre prive un local d’habitation préexistant de son ensoleillement normal dans une mesure excessive (chiffre 1), il nuit notablement à l’exploitation rationnelle d’un bien-fonds ou d’un domaine agricoles (chiffre 2), il fait subir au voisin un préjudice grave (chiffre 3) ou des impératifs l’imposent tels que son état sanitaire ou la sécurité du trafic (chiffre 4). A relever que les trois premières des hypothèses susmentionnées figurent également à l’article 61 CRF, règle dispositive (art. 3 al. 1 CRF), qui permet, lorsque l’une d’elles est réalisée, de demander l’abattage, respectivement l’écimage d’une plantation contrevenant aux règles de distance et de hauteur instaurées par le CRF.
Le règlement de la Commune de Le Vaud sur la protection des arbres tel qu’approuvé par le Conseil d’Etat le 4 septembre 1992 (RPA) prévoit à son article 2 al. 1
er
que sont protégés les arbres de 30 cm de diamètre mesuré à 1,3 m. du sol (lit. a), les cordons boisés (lit. b), les boqueteaux (lit. c) et les haies vives (lit. d). A son art. 3, il soumet l’abattage de tels arbres ou arbustes aux conditions de l’art. 6 LPNMS.
L'autorité intimée a distingué en l'espèce la haie de charmes d'avec une rangée de frênes, qu'on examinera successivement ci-après.
3.
S’agissant des neuf frênes, qu’ils répondent indifféremment à la notion de haie vive ou de cordon boisé, comme le retient l’autorité intimée, ou qu’ils soient vus comme un alignement d’arbres présentant un diamètre de plus de 30 cm, ils rentrent dans le champ d’application de l’art. 2 RPA et bénéficient de la protection réglementaire. Subsiste la question de savoir si leur abattage ou écimage devait être autorisé, soit si l’une des conditions d’une atteinte aux arbres protégés telles que prévues à l’art. 15 RPNMS est en l’occurrence réalisée.
Il n’est à juste titre pas allégué que l’on se trouverait en présence d’un bien-fonds agricole dont l’exploitation rationnelle serait compromise au sens de l’art. 15 ch. 2 RPNMS, ni qu’un impératif commanderait un abattage ou une taille au sens du chiffre 4 de cette disposition.
Comme le retient l’autorité intimée, on ne saurait non plus considérer que les frênes privent un local d’habitation préexistant de son ensoleillement normal au sens de l’art. 15 ch. 1 RPNMS. En effet, outre que la construction de la villa des recourants est postérieure à la plantation litigieuse, ce dont ceux-ci ne disconviennent en définitive pas, les frênes ne portent d’ombre qu’à l’une des façades de cette habitation et durant une partie de l’après-midi seulement, soit dans une mesure que l’on ne saurait qualifier d’excessive.
Enfin, on ne discerne pas de préjudice grave subi par les recourants du fait de la plantation litigieuse au sens de l’art. 15 ch. 3 RPNMS. Il ne faut pas perdre de vue que l’exception déduite de cette disposition doit être interprétée de manière très restrictive, l’atteinte portée aux prérogatives de droit civil du propriétaire touché devant être à ce point grave et inhabituelle qu’elle justifierait une indemnité pour expropriation matérielle si elle était maintenue (Piotet, Le droit vaudois de la propriété foncière, 1991, ch. 1206). Ainsi, selon la jurisprudence, un préjudice grave ne peut être vu dans la chute de brindilles, petits bois morts, feuilles, glands et lichens, qui est inhérente à l’existence d’un arbre (Tribunal administratif, arrêts AC.2004.0131 du 3 mars 2006; AC.2002.0061 du 23 décembre 2002 ; AC.1992.0135 du 1
er
février 1993). Un tel préjudice n’existe pas non plus en raison du fait que les branches d’un arbre surplombent la propriété du voisin lorsque cet arbre est sain, comme c’est le cas des frênes litigieux (Tribunal administratif, arrêt AC.2005.0192 du 25 octobre 2006). Enfin, un préjudice grave n’existe pas non plus du fait de l’humidité persistante du sol lorsque celle-ci tient davantage à la morphologie du terrain qu’à la présence d’arbres (Tribunal administratif, arrêt AC.2004.0131 du 3 mars 2006). Tel est le cas de la parcelle des recourants : située dans une cuvette, elle reçoit naturellement l’eau de pluie que drainent les fonds situés en amont.
Des considérants qui précèdent, il résulte que la municipalité n’a pas abusé de son pouvoir d’appréciation en refusant d’autoriser l’écimage ou la taille des frênes litigieux. Mal fondé, le recours doit être rejeté à ce sujet.
4.
a) S’agissant des charmes litigieux, l’autorité intimée leur dénie toute protection de droit public au motif qu’ils ne constitueraient pas une haie vive au sens de l’art. 2 al. 1
er
lit. d RPA en tant que monoculture « plantée de main d’homme », conformément à une pratique constante. A ce refus de principe, la municipalité a joint l’avis du garde-forestier selon lequel le rabattage de ces arbres à moins de 6 mètres de hauteur en menacerait la survie. Dans le cadre de leur pourvoi, sans remettre en cause le constat de l’absence de protection qu’ils appelaient de leurs vœux, les recourants se bornent à conclure à l’annulation de la décision municipale en tant qu’elle restreint le rabattage de la haie à une hauteur de six mètres, circonscrivant l’objet du litige à l’autorisation d’une taille à la hauteur légale, en l’occurrence 2 mètres (art. 56 al. 1
er
lit. a CRF). Sans remettre en cause eux non plus l’absence de protection retenue par l'autorité intimée, les époux Fues ont dans un premier temps conclu au rejet des conclusions des recourants, se bornant à demander que les arbres ne soient pas rabattus à moins de 6 mètres afin de ne pas en compromettre la survie. Ce n’est qu’après la tenue de l’audience, lors de laquelle le refus d’une protection de la haie a été discuté, que les époux Fues ont fait valoir qu’il s’agissait d’une haie vive, protégée par le RPA, et conclu à l'interdiction de la rabattre à la hauteur prévue par le Code rural.
b) Comme déjà jugé par le Tribunal administratif, lorsqu’elle est appelée à se prononcer sur le classement d’une haie en application de l’art. 62 CRF, la municipalité n’est compétente pour statuer sur le principe et la mesure d’un écimage ou d’une taille que dans l’hypothèse où elle constate préalablement qu’il s’agit d’une plantation digne de protection. A défaut, l’autorité est réputée ne rendre qu’un avis ou un conseil, et non pas une décision administrative sujette à recours au sens de l’art. 29 LJPA, son prononcé ne pouvant alors être compris que comme déniant toute protection réglementaire (Tribunal administratif, arrêts AC.2006.0038 du 13 novembre 2006, AC.1997.0192 du 1
er
novembre 1999, consid. 2). Ainsi, en tant qu’elle s’est exprimée sur la hauteur du rabattage des charmes après avoir déclaré clairement que ceux-ci ne jouissaient d'aucune protection, l’autorité intimée n’a pas rendu de décision sujette à recours, de sorte que le pourvoi est irrecevable sur ce point, faute d’objet.
Dès lors que la décision attaquée retient que la haie litigieuse n’est pas protégée, on ne voit pas non plus, cette fois au regard de l’art. 37 al. 1
er
LJPA définissant la qualité pour recourir, en quoi les recourants seraient atteints par une décision qu’ils ne peuvent qu'appeler de leurs vœux, ni quel intérêt digne de protection ils auraient à l’annulation ou à la modification de cette décision, qui fait le lit de leur requête tendant au rabattage de la plantation à la hauteur légale. Le pourvoi s’avère donc également irrecevable sur ce point, faute de qualité pour recourir des intéressés.
c) Le refus de la municipalité de protéger la haie litigieuse ne doit pas pour autant être maintenu. En demandant la confirmation de la "décision" municipale préconisant un élagage à six mètres de hauteur, les époux Fues ont en réalité contesté un prononcé dont la seule portée était la négation de toute protection. Dès lors que celui-ci n'a été porté à leur connaissance qu'à l'occasion du recours formé par les époux Combes, il faut considérer qu'ils l'ont eux-mêmes attaqué par un recours dans leurs observations du 25 septembre 2006, cela sans être à tard. Le Tribunal administratif se trouve ainsi saisi de conclusions visant à la protection des charmes litigieux, au sujet desquelles les époux Combes ont eu la faculté de s'exprimer tant au cours d'un second échange d'écritures qu'à l'audience; il s'impose de joindre ce second pourvoi au premier pour faire l'objet d'un seul arrêt.
Le Tribunal administratif ne pourrait pas accorder aux époux Fues une protection des charmes litigieux allant au-delà de celle qu'ils ont demandée; ayant conclu dans leurs déterminations au sujet du recours à ce qu'un élagage ne puisse pas réduire les cimes à moins de six mètres de hauteur, ils ont fixé ainsi le cadre du litige de manière définitive, sans avoir la faculté de l'étendre ultérieurement. Il ne paraît pas de toute manière que, dans leurs explications fournies à l'audience ou par lettre de leur conseil du 29 janvier 2007, ils aient entendu s'opposer à un élagage au-dessus de la hauteur de six mètres préconisée par l'autorité intimée.
d) Le refus de la municipalité de protéger la haie de charmes en tant qu’il se fonde sur le motif qu’il s’agit d’une monoculture plantée par l’homme ne peut pas être approuvé. Si la distinction entre l’arbre planté par l’homme et celui qui a poussé spontanément jouait un rôle sous l'empire du Code rural et foncier de 1848, en raison d’un point de départ différent du délai de prescription de l’action en enlèvement, cette distinction est aujourd’hui abandonnée, l’origine de la plantation ne modifiant en rien ses conséquences nuisibles éventuelles sur le fonds voisin (cf. Piotet, Le droit vaudois de la propriété foncière, 1991, ch. 1111 p. 520). Quant au fait qu'il s'agisse d'une haie d'une essence unique, la jurisprudence rendue jusqu’à ce jour par le Tribunal de céans n’a nié la protection de droit public qu'à des écrans de verdure composés d’une essence non indigène et ne présentant pas d’utilité à la conservation de la faune et des biotopes, ainsi les haies de thuyas (Tribunal administratif, arrêts AC 1991.0173 du 19 novembre 1992, consid. 3, AC 1996.0073 du 2 décembre 1997 ; AC 1998.0194 du 28 juillet 1999 ; art. 21 de la loi sur la faune - LFaune, RSV 922.03 – et art. 8 du règlement d’application de cette loi). Or, le même point de vue ne peut pas être adopté pour des charmilles (Tribunal administratif, arrêt AC.1993.0314 du 21 décembre 1994) ou pour les charmes litigieux, qui sont indigènes et offrent un abri pour les oiseaux, comme on a pu le constater sur place. Rien ne justifie au surplus de s'écarter de la lettre du règlement communal, qui prévoit que les haies sont protégées, sans que des restrictions permettent de distinguer la monoculture entourant une villa d'avec le biotope situé en pleine nature. La haie litigieuse bénéficie ainsi d'une protection selon la réglementation applicable de sorte que le recours doit être admis et la décision entreprise réformée dans le sens et la mesure requis par les époux Fues, à savoir qu'un élagage ne peut pas réduire la hauteur de la haie à moins de six mètres de hauteur.
e) Subsiste la question de savoir s'il peut être fait échec à cette protection partielle pour l'un des motifs prévus à l'art. 15 RLPNMS, disposition invoquée par les époux Combes. Pour trancher cette question, il se justifie de renvoyer au considérant 3 ci-dessus. La situation des charmes ne diffère en effet pas de celle des frênes, de sorte qu'il n'y a pas à autoriser une atteinte, ainsi un abattage ou un élagage au-dessous de la hauteur protégée de six mètres telle que reconnue ci-dessus.
f) Il peut certes sembler paradoxal que ce soit l'ampleur réduite des conclusions des époux Fues qui détermine seule une suppression de la végétation sur une hauteur de plus de quatre mètres, qui pourrait paraître prohibée en tant qu'élagage sévère, au contraire d'une taille d'entretien normale. C'est cependant une telle taille ou sa mesure extrême que le garde-forestier avait en vue lorsqu'il a préconisé de s'en tenir à une hauteur de six mètres, ce que l'autorité intimée n'a pas intégré formellement dans sa décision. Il s'ensuit qu'il existe une correspondance entre la mesure de la protection obtenue par les époux Fues pour la hauteur de la haie litigieuse jusqu'à six mètres et celle d'un entretien ou élagage jugé normal pour la partie supérieure de la haie en cause.
5.
Déboutés de leurs conclusions dans la mesure où celles-ci sont recevables, les recourants supporteront un émolument de justice. Ils verseront au surplus aux époux Fues, qui obtiennent gain de cause avec le concours d’un mandataire professionnel, une indemnité à titre de dépens qu’il y a lieu de fixer à 2'500 francs (art. 55 LJPA).