# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f5d23e91-aff1-59a9-bb59-63521317e733
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, l'ordonnance
OTPI/1356/2014
du 16 octobre 2014, notifiée le 20 octobre 2014, aux termes de laquelle le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles dans le cadre de la procédure de divorce, a condamné A_ à verser à B_ à titre de contribution d'entretien la somme de 3'250 fr. par mois à partir du 1
er
août 2014 (ch. 1) et arrêté les frais à 1'500 fr., qu'il a mis pour moitié à charge de chaque partie (ch. 2);
Vu l'appel déposé le 30 octobre 2014 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel il conclut à l'annulation des chiffres 1 et 2 du dispositif précité et propose de verser la somme mensuelle de 2'300 fr. à titre de contribution d'entretien du 1
er
septembre au 31 décembre 2014;
Qu'il conclut, à titre préalable, à l'octroi de l'effet suspensif, exposant que s'il obtenait gain de cause en appel, il ne pourrait récupérer le trop-perçu, dès lors que son épouse ne réalise qu'un revenu modeste de 2'800 fr. par mois;
Que l'épouse a également formé appel, concluant à une contribution d'entretien de 4'000 fr. par mois;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimée s'y oppose, expliquant qu'en cas de trop-perçu, l'appelant pourra compenser celui-ci avec la contribution courante;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures protectrices de l'union conjugale, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion se distinguant de celle de "préjudice irréparable" au sens notamment de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (sur cette dernière notion, cf. arrêt du Tribunal fédéral
4A_458/2010
du 18 novembre 2010 consid. 1.1), permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable, la simple exécution de créances d'argent n'emportant pas en soi un tel dommage dans la mesure où l'intéressé pourra en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5D_52/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I p. 134);
Que la maxime de disposition est applicable à la contribution due en faveur d'un conjoint (art. 58 al. 1 CPC; ATF
129 III 417
consid. 2.1.2; arrêts du Tribunal fédéral
5A_757/2013
du 14 juillet 2014 consid. 2.1 et
5A_574/2013
du 9 octobre 2013);
Qu'en l'espèce, il n'apparaît pas qu'à défaut de l'octroi de l'effet suspensif l'appelant risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en effet, l'épouse a donné son accord à la compensation en cas de trop-perçu;
Que si la durée de la contribution d'entretien devait être limitée au 31 décembre 2014, l'appelant pourra faire valoir son éventuelle créance en remboursement dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial;
Que pour le surplus, l'appelant ne soutient pas que le versement de la contribution d'entretien querellée pendant la durée de la procédure d'appel risque de porter atteinte à son minimum vital;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête de suspension de l'effet exécutoire sera donc rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de
l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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