# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c4eaba9b-475b-575b-8629-90cd0f24643c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame A_ est engagée depuis le 1
er
février 2018 en qualité d’avocate-stagiaire au sein de l’Étude D_ (ci-après : D_).![endif]>![if>
Son maître de stage est Maître C_, associé de l’Étude.
2. Maître B_, associé gérant de l’Étude E_, collabore régulièrement avec D_. ![endif]>![if>
3. Me B_ a été mandaté dans le cadre d’un litige devant le Tribunal F_ (ci-après : F_). Maître G_ est constitué pour la défense du demandeur. Me B_ assure celle des défenderesses, aux côtés de Maître H_.![endif]>![if>
4. Le 20 avril 2018, le F_ a cité les parties à comparaître à une audience de débats devant se tenir le 1
er
juin 2018 devant Madame I_, présidente du F_ (ci-après : la présidente). ![endif]>![if>
5. Le 31 mai 2018, Mme A_ a pris contact avec le greffe du F_ pour annoncer qu’elle excuserait Me B_ lors de l’audience du lendemain, qu’elle plaiderait sur la question de la suspension de la cause et qu’elle souhaitait obtenir une attestation de plaidoirie.![endif]>![if>
6. Par télécopie du même jour adressée à la présidente, Me B_ a confirmé qu’il serait excusé lors de la prochaine audience par Mme A_, qu’elle souhaitait plaider oralement sur la question de la suspension de la procédure et prévoyait de requérir une attestation de plaidoirie. Il annexait une copie de ce document à son envoi, l’original devant être transmis à la fin de l’audience. ![endif]>![if>
7. Le jour de l’audience, Mme A_ a plaidé six minutes environ.![endif]>![if>
8. À l’issue de l’audience, Mme A_ s’est entretenue avec la présidente qui a refusé de lui délivrer son attestation de plaidoirie.![endif]>![if>
9. Par courriel du 4 juin 2018, Me H_ a fait part à Me B_ de son incompréhension face au refus de la présidente. La plaidoirie de Mme A_ était excellente, celle-ci ayant également intégré les arguments de Me G_ « au pied levé ». ![endif]>![if>
10. Par courrier du 13 juin 2018, Me B_ a demandé à la présidente de bien vouloir reconsidérer sa décision et, dans l’hypothèse où elle souhaitait la maintenir, de rendre une décision motivée avec indication de la voie de droit appropriée et du délai de recours. ![endif]>![if>
Ses confrères avaient jugé la prestation de sa stagiaire excellente. Elle était bien préparée et avait su répondre à un argumentaire inattendu de Me G_. Il était incompréhensible et arbitraire de refuser l’attestation à laquelle elle avait droit.
Une copie de ce courrier a été envoyée à Me H_ ainsi qu’à Me G_.
11. Le 14 juin 2018, Me G_ a spontanément écrit à Me B_. Il confirmait que Mme A_ avait plaidé tout à fait adéquatement sur une question de procédure spécialement compliquée vu l’argumentation complexe qu’il avait lui-même développée. ![endif]>![if>
12. Par courrier du 10 juillet 2018, la présidente a refusé de délivrer l’attestation de plaidoirie. Ainsi qu’elle l’avait indiqué à l’issue de l’audience du 1
er
juin 2018, elle n’avait pas été informée au préalable du fait que Mme A_ sollicitait une attestation de plaidoirie. Ce n’était qu’au retour de l’audience que la télécopie lui avait été transmise.![endif]>![if>
13. Par courrier du 23 juillet 2018, Me B_ a invité une nouvelle fois la présidente à rendre la décision demandée en exposant, le cas échéant, les raisons factuelles et juridiques de son refus.![endif]>![if>
Au terme de l’audience, la présidente avait simplement invoqué le fait que la plaidoirie n’était pas assez longue pour justifier de l’obtention d’une attestation de plaidoirie. Elle invoquait tardivement n’avoir pas reçu la télécopie. Or, ce n’était pas à Mme A_ d’en supporter les conséquences.
Une copie de ce courrier a été envoyée à Me H_ ainsi qu’à Me G_.
14. Le 25 juillet 2018, la présidente a confirmé la teneur de son courrier du 10 juillet 2018.![endif]>![if>
Elle n’avait pas été informée avant l’audience du souhait de Mme A_ d’obtenir une attestation de plaidoirie puisque la télécopie lui avait été remise à son retour d’audience. De plus, la plaidoirie était insuffisante.
15. Le 4 septembre 2018, Mme A_ a interjeté recours contre cette décision auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), concluant préalablement à l’audition de témoins, soit des deux confrères présents lors de l’audience de débats du 1
er
juin 2018 ; principalement, à l’annulation de la décision du 10 juillet 2018 et à l’octroi de l’attestation de plaidoirie requise. Les conclusions étaient prises sous suite de frais et dépens. ![endif]>![if>
Le courrier du 10 juillet 2018 revêtait les caractéristiques d’une décision et pouvait faire l’objet d’un recours devant la chambre administrative.
La présidente avait fait preuve d’arbitraire dès lors que, dans son courrier du 10 juillet 2018, le seul motif invoqué pour refuser de délivrer l’attestation requise était celui qu’elle n’avait pas été informée au préalable du fait que l’intéressée solliciterait une attestation de plaidoirie. Le rejet de la demande fondée sur ce seul motif était excessivement formaliste.

## Considerations