# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 714c6bca-6bf7-4403-8009-23e5011d6e96
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. En date du 2 septembre 2021, l’Hôpital fribourgeois (ci-après : HFR) a signalé à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Justice de paix) la situation de A._, née en 1943, sans domicile fixe ni famille connue, hospitalisée pour une fracture du col fémoral et en faveur de qui une évaluation neuropsychologique et psychiatrique avait été effectuée, mettant en évidence son absence de capacité de discernement.
Suite à la péjoration de son état de santé et compte tenu de sa situation personnelle, la Justice de paix a, par décision de mesures superprovisionnelles du 3 septembre 2022, institué en faveur de A._ une curatelle de portée générale, à titre provisoire, et a lui nommé B._ en qualité de curateur.
En date du 15 novembre 2021, la Juge de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Juge de paix) a entendu A._, le Dr C._, Chef de clinique adjoint à l’HFR Riaz et D._, infirmière à l’HFR Riaz.
Par courriel du 28 avril 2022, B._ a indiqué à la Justice de paix qu’il estimait qu’un mandat de curatelle de représentation et de gestion du patrimoine était suffisant pour préserver les intérêts de A._. Il a cependant souligné que, sans que cela ne pose un problème important, elle avait eu tendance à effectuer de nombreuses commandes par internet.
En date du 28 mars 2022, le Dr E._, médecin interne général FMH, à F._, a adressé un rapport à la Justice de paix concernant l’état de santé de A._. Il en ressort qu’elle souffre d’un trouble psychique au sens de l’art. 390 CC, mais n’est probablement pas affligée d’une déficience mentale au sens dudit article. Elle souffre de troubles mnésiques d’origine indéterminée, mais ceux-ci n’ont pas pu être totalement investigués en raison de la situation médicale aiguë de l’intéressée et un bilan neuropsychologique devrait être organisé. Le Dr E._ a précisé qu’elle n’était pas capable de discernement et qu’elle était incapable de gérer ses affaires. Il a relevé qu’elle nécessitait un suivi médical, un accompagnement et un encadrement pratiquement journalier. Il a préconisé, à cet égard, un maintien dans une structure médicalisée telle que le G._. Enfin, il a relevé qu’elle était anosognosique de son état et qu’elle prétendait continuer son travail de traductrice. À ce titre, elle envoie plusieurs dizaines de mails par jour au personnel du G._ et essaie même assez souvent de prodiguer des soins ou de l’aide aux autres résidents, ce qui pose problème au foyer.
En date du 10 mai 2022, la Justice de paix a entendu A._ et H._, infirmière-cheffe au G._. Lors de cette séance, A._ a requis la levée de sa mesure de curatelle. Elle a indiqué qu’elle se sentait bien au foyer et qu’elle se refaisait une santé, mais qu’elle comptait déménager à Lausanne une fois tous ses problèmes réglés, à savoir des problèmes d’argent et les déprédations sur son système informatique. Elle a également déclaré que le Dr E._ avait tenté de la faire passer pour schizophrène et qu’il lui avait prescrit de l’Haldol à ce titre, ce qu’elle refusait de prendre. A._ a précisé qu’il lui arrivait encore de travailler la nuit, qu’elle avait de nombreux délais de livraison de traductions et que tout se faisait par internet et par email. Elle a indiqué avoir surtout des contacts avec son associé en Grèce et que vivre de la traduction était très stressant.
H._ a pour sa part expliqué que A._ voulait toujours travailler, tout le jour et toute la nuit, mais que dans les faits, elle n’exerçait plus de travail. Elle a relevé que la Directrice du G._ avait reçu un mail de la part de A._ à 2h du matin lui disant que l’un des
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résidents souffrait de surdité, qu’elle avait également envoyé beaucoup de mails la nuit à sa physiothérapeute et qu’elle ratait souvent les repas, prétextant des délais de livraison de traductions à respecter, qui n’existaient pas. Elle a indiqué qu’elle considérait que la curatelle ne devait pas être levée.
B. Par décision du même jour, la Justice de paix a levé la curatelle de portée générale instituée à titre provisoire en faveur de A._. Elle a en revanche institué une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine en faveur de l’intéressée, avec pour objet de veiller à lui assurer en tout temps une situation de logement ou de placement appropriée et de la représenter de manière générale pour tous les actes nécessaires dans ce cadre, de veiller à son état de santé et de mettre en place les soins médicaux ou d’autres mesures médicales nécessaires et de la représenter pour tous les actes nécessaires dans ce cadre, de représenter l’intéressée dans le cadre du règlement de ses affaires administratives et financières, de gérer avec toute la diligence requise les revenus et la fortune de l’intéressée, de veiller à son bien-être social et de la représenter pour tous les actes nécessaires dans ce cadre. De plus, la Justice de paix a institué une curatelle de coopération avec pour effet de subordonner au consentement du curateur la validité juridique de tous les contrats ou engagements financiers d’une durée de plus d’un mois et/ou pour une valeur de plus de CHF 200.- et elle a limité de plein droit l’exercice des droits civils de A._ par rapport aux actes subordonnés au consentement de son curateur. Enfin, B._ a été confirmé dans sa fonction.
C. Par courrier du 13 juillet 2022, A._ a interjeté un recours contre cette décision, concluant implicitement à la levée de la mesure de curatelle.
D. Par courrier du 20 juillet 2022, la Justice de paix s’est déterminée sur le recours, concluant implicitement à son rejet.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte ( : la Cour ; art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).