# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 140446bb-5a73-4d4d-a39e-82342031d8b2
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a)
C_, né le _ 1967 à Genève, originaire de D_ (Vaud), et A_, née _ [nom de jeune fille] le _ 1981 à E_ (Haïti), originaire de Genève et D_ (Vaud), se sont mariés le _ 2007.![endif]>![if>
Une enfant est issue de leur union, soit F_, née le _ 2011 à Genève.
b)
C_ a adopté B_, née le _ 2001 à G_ (Guatemala), originaire de D_ (Vaud), dont la mère enregistrée à l’état civil genevois est H_, née le _ 1970 à I_ (Belgique), épouse de C_ du _ 1995 au 30 novembre 2004, décédée le _ 2015 à J_ (France).
B.
a)
Le 9 février 2022, A_ a formé une requête d'adoption de B_. Elle a exposé être mariée avec C_ depuis près de quinze ans et vivre avec B_ depuis que cette dernière était âgée de deux ans. Elle l’avait vue grandir, aimée et protégée comme sa propre fille et s’en était occupée en conséquence. Les rapports avec la mère biologique de B_ n'ayant pas toujours été simples, elle avait été plus présente et tenu un rôle de mère plus défini pour B_. La naissance de F_ en 2011 avait renforcé les liens familiaux. Elle aimait « ses deux filles » de la même manière. Il était naturel que toutes deux l’appellent « maman ».
b)
B_ a exprimé, par courrier du 17 janvier 2022, sa volonté d’être adoptée par A_. Depuis qu’elle était petite, elle la considérait comme sa deuxième maman, qui l’avait aidée à grandir et qui était présente à ses côtés depuis toujours, cette dernière s’occupant d’elle parfois plus que sa mère biologique. Elle s’était toujours sentie considérée comme la fille de A_ autant que sa petite sœur F_. Elle souhaitait pouvoir formaliser ce lien aux yeux de la loi, ce qui était une finalité émotionnellement très importante pour elle, de même que pour les siens.
c)
Par courrier du 24 janvier 2022, C_ a consenti à l’adoption de sa fille B_ par son épouse A_. Il a exposé que cette dernière était une figure maternelle pour B_ depuis ses deux ans et qu’à ses yeux c’était une évidence que ce lien devienne légal.
d)
F_ a déclaré par courrier du 24 janvier 2022, être la petite sœur de B_, et habiter avec elle depuis son « premier jour au monde ». Elle souhaitait que sa maman soit la maman officielle de sa sœur car elle l’aimait très fort et deviendrait ainsi « la petite fille la plus heureuse de la famille ».

## Considerations

EN DROIT
1.
La Chambre civile de la Cour de justice est l'autorité compétente pour prononcer l'adoption sollicitée, du fait du domicile à Genève de la requérante (art. 268 al. 1 CC; 120 al. 1 let. c LOJ).
2. 2.1
Selon l'art. 266 al. 1 CC, une personne majeure peut être adoptée notamment lorsque durant sa minorité, le ou les adoptants lui ont fourni des soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an (ch. 2). Selon l'alinéa 2 de cette disposition, les dispositions sur l'adoption de mineurs s'appliquent au surplus par analogie, à l'exception de celle sur le consentement des parents.
Selon l'art. 264c al. 1 CC, une personne peut adopter l'enfant de son conjoint (ch. 1). Le couple doit faire ménage commun depuis au moins trois ans (al. 2).
La différence d'âge entre l'enfant et le ou les adoptants ne peut être inférieure à 16 ans, ni supérieure à 45 ans (art. 264d al. 1 CC).
Le consentement de l’adopté capable de discernement est requis (art. 265 al. 1 CC).
Selon l'art. 268a
quater
al. 1 CC, lorsque le ou les adoptants ont des descendants, leur opinion doit être prise en considération. De même, selon l’al. 2 de cette disposition, avant l’adoption d’une personne majeure, l'opinion des personnes suivantes doit être prise en considération : conjoint ou partenaire enregistré de la personne qui fait l’objet de la demande d’adoption (ch. 1), parents biologiques de la personne qui fait l’objet de la demande d’adoption (ch. 2) et descendants de la personne qui fait l’objet de la demande d’adoption, pour autant que leur âge ou d’autres justes motifs ne s’y opposent pas (ch. 3).
2.2
Dans le cas d'espèce, la requérante fait ménage commun avec son époux depuis plus de 15 ans, de sorte que la condition de l'art. 264c al. 2 CC est remplie. La requérante a fourni des soins et pourvu à l’éducation de l'adoptée, comme si elle était sa mère biologique, dans le ménage qu'elle formait avec son époux, puis leur fille commune, soit pendant 16 ans durant la minorité de l'adoptée, et encore aujourd’hui, de sorte que les conditions de l'art. 266 al. 1 ch. 2 CC sont remplies.
Il en va de même de la condition de la différence d’âge de l’art. 264d al. 1 CC.
L’adoptée a consenti à son adoption par la requérante. De même, le père de l’adoptée s’est déclaré favorable à l’adoption de sa fille par son épouse. La fille du couple s’est également prononcée favorablement sur ce point.
Au vu de ce qui précède, il sera fait droit à la requête, le prononcé de l’adoption permettant de formaliser une relation de nature d’ores et déjà filiale qui perdure depuis de nombreuses années.
3.
3.1
Selon l'art. 267 al. 1 CC, l'enfant acquiert le statut juridique d'un enfant du ou des parents adoptifs. Les liens de filiation antérieurs sont rompus (al. 2). Les liens de filiation ne sont pas rompus à l'égard de la personne avec laquelle le parent adoptif est marié (al. 3 ch.1).
Le nom de l’enfant est déterminé par les dispositions relatives aux effets de la filiation (art. 267a al. 2 CC).
L'adoption d'un majeur n'a pas d'effet sur le droit de cité si l'adopté est suisse (art. 4 Loi fédérale sur la nationalité).
3.2
L’adoptée portant déjà le nom de l’adoptante, l’adoption n’aura pas d’effet sur le nom de famille de l’adoptée. De même l’adoption n’aura pas d’effet sur son droit de cité.
4.
Les frais de procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 19 al. 1 et 3, let. a LaCC; 18 RTFMC), sont mis à la charge de la requérante et entièrement compensés par l'avance de frais du même montant d'ores et déjà versée, qui reste acquise à l'Etat de Genève.
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