# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1bd912d6-39ce-576f-9812-66c379de08f1
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après : l’assuré ou le recourant), né en 1961, a travaillé en qualité de peintre en bâtiment avant de bénéficier des prestations de l’assurance-chômage, à partir du mois d’avril 2013. À ce titre, il était assuré contre les accidents professionnels et non professionnels auprès de la Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (ci-après : la SUVA). ![endif]>![if>
2. Le 1
er
septembre 2014, l’assuré, droitier, a été victime d’un accident alors qu’il réalisait un stage par le biais de l’assurance-chômage. En fermant une échelle, il s’est coincé le cinquième doigt de la main gauche et a subi une fracture de la deuxième phalange. ![endif]>![if>
3. La SUVA a pris en charge les suites du sinistre, en lui versant notamment des indemnités journalières.![endif]>![if>
4. En date du 4 septembre 2014, la doctoresse B_, médecin auprès du Département de chirurgie des Hôpitaux universitaires du Canton de Genève
(ci-après : HUG), a pratiqué une ostéosynthèse de la deuxième phalange du cinquième doigt gauche par plaque et mise en place d’un fixateur externe
(cf. compte-rendu opératoire du 5 septembre 2014), lequel a été retiré le
14 octobre 2014 (cf. compte-rendu opératoire du 28 octobre 2014). ![endif]>![if>
5. Par rapport du 5 janvier 2015, la Dresse B_ a relevé que l’évolution était bonne et que l’assuré présentait peu de douleur. Le traitement consistait en des séances de physiothérapie et le port d’un tube en extension nocturne. Il fallait s’attendre à une arthrose post traumatique de l’interphalangienne proximale
(ci-après : IPP) du cinquième doigt. ![endif]>![if>
6. Le 17 février 2015, la Dresse B_ a réalisé une arthrodèse IPP du cinquième doigt, compte tenu d’une arthrose post traumatique précoce associée à des douleurs (cf. compte-rendu opératoire du 19 février 2015). ![endif]>![if>
7. Dans un rapport du 6 avril 2015, elle a indiqué à la SUVA que l’évolution était favorable et le pronostic bon. L’ablation du matériel était prévue pour la fin du mois d’avril 2015 et la durée du traitement était de deux à trois mois.![endif]>![if>
8. La consolidation osseuse acquise, l’assuré a été passablement gêné par le matériel d’ostéosynthèse, de sorte que ce dernier a été retiré le 21 avril 2015. Parmi les consignes post-opératoires, la Dresse B_ a mentionné que l’assuré ne devait pas porter de charges pendant un mois (cf. compte-rendu opératoire du 22 avril 2015).![endif]>![if>
9. La SUVA a soumis le dossier de l’assuré à son médecin d’arrondissement, le docteur C_, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, lequel a considéré, dans un avis du 24 avril 2015, que l’assuré était a priori apte à reprendre son activité habituelle.![endif]>![if>
10. Dans une nouvelle appréciation du 3 août 2015, le Dr C_ a retenu que l’incapacité de travail était justifiée jusqu’à ce jour, mais qu’une reprise du travail était possible dès le jour de son rapport. Un examen de l’assuré ne lui semblait pas nécessaire, mais un rapport du chirurgien traitant était sollicité afin d’actualiser les données médicales. ![endif]>![if>
11. Par courrier du 5 août 2015, la SUVA a informé l’assuré que son médecin d’arrondissement estimait qu’il était apte à reprendre son activité professionnelle à 100% dès le 10 août 2015, de sorte que les indemnités journalières ne lui seraient versées que jusqu’au 9 août 2015. ![endif]>![if>
12. Le 12 août 2015, la Dresse B_ a établi un certificat médical attestant d’une totale incapacité de travail jusqu’au 31 août 2015. ![endif]>![if>
13. En date du 13 août 2015, elle a indiqué au médecin d’arrondissement de la SUVA que l’évolution des suites de l’accident était favorable concernant le cinquième doigt de la main gauche. L’assuré avait toutefois également développé des paresthésies dans le territoire du nerf ulnaire et un électroneuromyogramme
(ci-après : ENMG) avait mis en évidence une légère compression du nerf ulnaire au niveau du coude gauche. En outre, l’assuré se plaignait de douleurs cervicales « de longue date » et un syndrome irritatif radiculaire dans le territoire C8 à gauche ne pouvait être exclu, raison pour laquelle elle avait organisé une imagerie par résonnance magnétique (ci-après : IRM). Dans ce contexte, une reprise du travail semblait difficile. ![endif]>![if>
14. Une IRM de la colonne cervicale réalisée le 14 août 2015 a mis en exergue un débord discal circonférentiel C6-C7 non conflictuel. ![endif]>![if>
15. Le 26 août 2015, le Dr C_ a rendu un nouvel avis et relevé que le dernier rapport de la Dresse B_ confirmait une bonne évolution de l’arthrodèse et que le cliché radiographique du 22 avril 2014 (recte : 2015), réalisé après l’arthrodèse et l’ablation du matériel, mettait en évidence une consolidation de l’arthrodèse. Partant, il confirmait sa prise de position en faveur d’une reprise de l’activité professionnelle « dès le 13 août 2015 puisque le matériel d’ostéosynthèse a été retiré du doigt fin avril 2015 ». L’existence d’une possible compression du nerf cubital au coude, voire un niveau du rachis cervical, relevait d’une pathologie dégénérative et les investigations suggérées étaient en relation de causalité au mieux possible avec l’événement traumatique. ![endif]>![if>
16. Par décision du 31 août 2015, la SUVA a mis un terme au versement des indemnités journalières au 9 août 2015, considérant que l’assuré était apte à travailler à plein temps dès le 10 août 2015.![endif]>![if>
17. Dans un rapport du 14 septembre 2015, le docteur D_, chef de clinique au Département de chirurgie des HUG, a relevé que le résultat des examens d’IRM ne montrait pas de conflit radiculaire, mais révélait des petits troubles dégénératifs liés à l’âge. Il a conclu que l’assuré souffrait de cervicalgies avec des lombalgies de longue date qui étaient probablement liées à un déconditionnement musculaire. Il n’existait pas de compression radiculaire pouvant expliquer les fourmillements et les douleurs au niveau du territoire ulnaire. ![endif]>![if>
18. Le 18 septembre 2015, l’assuré a formé opposition contre la décision du
31 août 2015, soutenant qu’il n’était pas en mesure de travailler.![endif]>![if>
19. Le 29 septembre 2015, il a communiqué à la SUVA un certificat médical attestant d’une totale incapacité de travail du 1
er
au 30 septembre 2015. ![endif]>![if>
20. En date du 1
er
octobre 2015, la SUVA a annulé sa décision du 31 août 2015 et rendu une nouvelle décision susceptible d’opposition, par laquelle elle a accepté d’allouer les indemnités journalières jusqu’au 12 août 2015. Elle a retenu, sur la base de l’avis de son service médical, que l’assuré était apte à reprendre son activité professionnelle à 100% dès le 13 août 2015 et que les troubles qui subsistaient
au-delà de cette date n’étaient pas en lien de causalité avec l’accident assuré. ![endif]>![if>
21. Le 12 octobre 2015, la Dresse B_ a écrit au médecin d’arrondissement qu’elle avait revu l’assuré le 8 octobre 2015, qu’il avait développé dans les suites de son traumatisme des paresthésies dans le territoire du nerf ulnaire de sa main gauche, lesquelles persistaient malgré le port d’une attelle nocturne. Elle retenait une indication opératoire pour une libération du nerf ulnaire au coude gauche et souhaitait savoir si le médecin-conseil considérait qu’une telle opération était consécutive à l’accident. ![endif]>![if>
22. Le 19 octobre 2015, l’assuré a formé opposition contre la décision de la SUVA du 1
er
octobre 2015. En substance, il a fait valoir que ladite décision reposait sur deux rapports succincts du Dr C_ qui ne l’avait même pas examiné. ![endif]>![if>
L’assuré a joint un questionnaire médical auquel la Dresse B_ avait répondu le 10 octobre 2015. Elle a retenu le diagnostic de fracture complexe de la deuxième phalange du cinquième doigt de la main gauche et d’arthrodèse IPP du cinquième doigt le 21 avril 2015, ainsi que celui de syndrome du canal cubital du coude gauche. Le traitement était terminé s’agissant de l’arthrodèse du cinquième doigt qui était consolidée. En revanche, le traitement conservateur (attelle, antalgie) des paresthésies du territoire ulnaire de la main gauche avait échoué. Ces troubles étaient en relation de causalité possible (moins de 50%) avec l’accident, alors que les premiers diagnostics étaient eu rapport de causalité certaine (100%) avec le sinistre. La libération chirurgicale du nerf ulnaire au coude gauche était proposée. Enfin, la Dresse B_ a relevé l’absence d’invalidité en lien avec le premier diagnostic, mais retenu une perte de la mobilité de l’IPP du cinquième doigt. S’agissant du second diagnostic, l’assuré manquait de force, mais une récupération était attendue après la chirurgie.
L’assuré a également produit un certificat médical de la Dresse B_, daté du 8 octobre 2015, prolongeant l’incapacité totale de travail pour cause d’accident du 1
er
octobre au 30 novembre 2015.
23. Par courrier du 2 novembre 2015, l’assuré a notamment requis de la SUVA qu’une décision soit rendue promptement, précisant être dans une situation financière précaire en l’absence de tout revenu depuis le 13 août 2015. ![endif]>![if>
24. Sans nouvelles de la SUVA, l’assuré l’a derechef priée de faire preuve de célérité par plis des 16 novembre et 1
er
décembre 2015, relevant qu’elle disposait de toutes les pièces nécessaires pour statuer.![endif]>![if>
25. Le 3 décembre 2015, la SUVA lui a répondu qu’il serait convoqué auprès de son service médical le 15 décembre 2015. ![endif]>![if>
26. En date du 3 décembre 2015, la doctoresse E_, cheffe de clinique au Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur des HUG, a attesté que l’assuré pouvait reprendre le travail à 100% dès le 1
er
décembre 2015. ![endif]>![if>
27. Le 15 décembre 2015, le Dr C_ a procédé à l’examen de l’assuré. Dans son rapport daté du lendemain, il a retenu les diagnostics de fracture complexe du cinquième doigt de la main gauche et d’ostéosynthèse puis arthrodèse de l’articulation IPP. L’assuré lui avait notamment indiqué qu’il n’y avait pas eu d’impact au niveau du coude lors du sinistre du 1
er
septembre 2014. Actuellement, il se plaignait d’une hypoesthésie au niveau de la pulpe et sur tout le cinquième doigt, jusqu’au milieu de la paume de la main, et d’une hypersensibilité persistante à la douleur. Au niveau du quatrième doigt, l’assuré relatait une gêne matinale, sans paresthésie ou diminution de la sensibilité. Il déclarait ressentir des douleurs dans le cinquième rayon depuis la première intervention chirurgicale et une douleur du cinquième doigt dès qu’il soulevait un poids de 5 kg. Au niveau du coude gauche, les troubles étaient apparus une semaine après la première intervention. Il présentait des douleurs lorsqu’il appuyait son coude sur un support, décrivait des douleurs barométriques et ressentait parfois son avant-bras endormi pendant la nuit. Il avait suivi une vingtaine de séances de physiothérapie et n’était actuellement pas sous traitement médicamenteux. Après avoir consigné les résultats de son examen du coude, du poignet et de la main gauche, le médecin d’arrondissement a exposé que l’ENMG du 29 juillet 2015 était en faveur d’une compression très discrète du nerf ulnaire gauche au niveau du coude. Il a conclu que l’hypoesthésie ressentie au niveau du cinquième doigt jusqu’au niveau de la paume était en rapport de causalité probable avec le sévère traumatisme et les multiples interventions, d’autant que le versant ulnaire du quatrième rayon n’était pas douloureux et que la sensibilité de cette zone, assurée par le nerf ulnaire, était normale. En l’absence de traumatisme au niveau du coude gauche et devant une compression très discrète du nerf cubital et un examen ENMG dans les limites de la norme, la relation de causalité entre la compression très modérée du nerf cubital et le traumatisme initial était au mieux possible.![endif]>![if>
28. Le même jour, le médecin d’arrondissement a évalué le taux de l’atteinte à l’intégrité à 5%, compte tenu des douleurs persistantes avec une hypoesthésie de la pulpe du cinquième doigt et des douleurs survenant lors du port de charges.![endif]>![if>
29. Dans une nouvelle appréciation du 7 janvier 2016, le Dr C_ a estimé que pour les seules suites de l’événement accidentel, on pouvait s’attendre à une reprise de l’activité professionnelle de peintre en bâtiment dès le 1
er
octobre 2015, sans baisse de rendement. L’assuré devait éviter le port de charges supérieures à 15 kg de la main gauche, aucune limitation n’étant retenue du côté droit.![endif]>![if>
30. Le 14 janvier 2016, la SUVA a rendu une nouvelle décision annulant et remplaçant celle du 1
er
octobre 2015, par laquelle elle a accepté de verser l’indemnité journalière jusqu’au 30 septembre 2015 et considéré que les troubles qui subsistaient au-delà de cette date n’étaient pas en lien avec l’accident assuré. Par ailleurs, elle a accordé à l’assuré une indemnité pour atteinte à l’intégrité de 5%, soit un montant de CHF 6’300.-.![endif]>![if>
31. En date du 8 février 2016, l’assuré a contesté ladite décision et requis la transmission des rapports du médecin d’arrondissement qui ne lui avaient pas été communiqués.![endif]>![if>
32. Le 16 février 2016, la SUVA a envoyé à l’assuré les documents précités, lui accordant un délai de 15 jours pour prendre position.![endif]>![if>
33. Par pli du 21 février 2016, l’assuré a maintenu les termes de son opposition.![endif]>![if>
34. Par décision sur opposition du 4 mars 2016, la SUVA a confirmé sa décision du 14 janvier 2016, relevant notamment que la causalité entre l’accident et la compression très modérée du nerf cubital du coude gauche était au mieux possible.![endif]>![if>
35. Par acte du 31 mars 2016, l’assuré, par l’intermédiaire d’un mandataire, a interjeté recours contre la décision du 4 mars 2016, concluant, sous suite de dépens, à l’annulation des décisions des 14 janvier et 4 mars 2016 concernant la durée de l’incapacité de travail, à ce qu’il soit constaté qu’il avait été en incapacité totale de travail suite à l’accident assuré jusqu’au 30 novembre 2015, à ce que les prestations correspondantes lui soient octroyées, ainsi que le versement d’une indemnité nette de CHF 10’000.- à titre de dommages et intérêts. En substance, le recourant a fait grief à l’intimée de lui avoir transmis le 16 février 2016 seulement l’avis médical du 15 décembre 2015 auquel elle s’était référée dans sa décision du 14 janvier 2016, de ne l’avoir fait examiner que le 15 décembre 2015 alors qu’il était à nouveau apte à travailler, de l’avoir plongé dans une situation financière et morale des plus précaires en tardant à statuer alors qu’elle était en possession de toutes les pièces utiles dès sa première opposition du 18 septembre 2015. ![endif]>![if>
36. En date du 29 avril 2016, l’intimée a conclu au rejet du recours, dans la mesure où il était recevable, et à la confirmation de la décision entreprise. Invoquant l’absence de tout élément nouveau avancé par le recourant, l’intimée a renoncé à « déposer une réponse en bonne et due forme ». Elle a considéré que la conclusion tendant à l’octroi d’une indemnité en dommages et intérêts était irrecevable car elle sortait de l’objet de la contestation. Sur le fond, elle a rappelé n’avoir jamais accepté la prise en charge des atteintes au niveau du coude et des cervicalgies, lesquelles n’étaient pas en rapport de causalité avec l’accident assuré. S’agissant des seules séquelles accidentelles, aucun motif médical ne justifiait de poursuivre l’octroi des prestations au-delà du 30 septembre 2015. ![endif]>![if>
37. Invité le 3 juin 2016 à prendre position sur la détermination de l’intimée, le recourant ne s’est pas manifesté.![endif]>![if>
38. Sur ce, la cause a été gardée à juger. ![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA -
RS 832.20
).![endif]>![if>
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
2. À teneur de l’art. 1 al. 1 LAA, les dispositions de la LPGA s’appliquent à l’assurance-accidents, à moins que la loi n’y déroge expressément.![endif]>![if>
Toutefois, les modifications légales contenues dans la LPGA constituent, en règle générale, une version formalisée dans la loi de la jurisprudence relative aux notions correspondantes avant l’entrée en vigueur de la LPGA ; il n’en découle aucune modification du point de vue de leur contenu, de sorte que la jurisprudence développée à leur propos peut être reprise et appliquée (ATF
130 V 343
consid. 3).