# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1863738f-6fba-587c-a052-0cc979cfdda8
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Me A._ est le défenseur d’office de J._ dans l’affaire concernant l’homicide de K._ intervenu à L._, le mmm, aux alentours de 23.50 heures (DO 2006).
Le 20 janvier 2014, Me A._ a requis l’audition comme témoin de N._, la sœur de la compagne de son mandant (DO 2090). Il exposait dans sa requête qu’elle devait être entendue le plus rapidement possible, car son témoignage concernant le mmm pourrait être déterminant dans le cadre de la procédure et entre autres conduire à mettre un terme à la détention provisoire de son client.
N._ a été auditionnée par le Ministère public le 7 février 2014 en qualité de témoin (DO 2103 ss). A cette occasion, elle a notamment déclaré qu’elle a gardé l’enfant de J._ le soir de l’homicide et que le précité lui a ouvert la porte. N._ a été entendue une nouvelle fois le 27 février 2014; à cette occasion, elle a confirmé et complété ses précédentes déclarations.
B. Le ggg, le Tribunal pénal de l’arrondissement de H._ (ci-après: le Tribunal) a rendu son jugement et a reconnu J._ coupable notamment d’assassinat (DO 2083).
S’agissant du témoignage de N._, le jugement retient ceci (p. 32): « Si les prévenus n'ont pas été très loquaces s'agissant de leur emploi du temps pour la soirée du mmm à ooo, ils ont néanmoins pu compter sur le témoignage de N._, sœur de P._, qui, elle, lors de son audition du 7 février 2014, soit presque qqq après les faits, s'en est parfaitement souvenue. N._ a ainsi exposé que, le mmm, elle était allée garder R._ (dont le diminutif est S._), fille de J._, au domicile de ce dernier et de sa sœur, P._. Lorsqu'elle avait sonné au domicile du prévenu, à 23.50 heures, celui-ci lui avait ouvert la porte. Elle était alors allée directement dans la chambre de R._, car il devait "sûrement" y avoir quelqu'un au salon lorsqu'elle est arrivée. Elle s'est souvenue qu'elle s'était réveillée au salon (DO 3080, lignes 400-403). Les circonstances dans lesquelles N._ a déposé en justice ont fortement interpellé le Tribunal pénal. A une première question tout à fait générale que le Procureur lui posait: « Que savez-vous de la présente affaire ? », la prénommée s'est aussitôt exprimée sur les faits précis qui pouvaient servir d'alibi au prévenu: "Je ne sais pas grand-chose. Je connais juste mon beau-frère J._. Ma sœur m'a raconté un peu. Elle m'a rappelé que le mmm était la veille de T._. Je me souviens que je suis allée dormir chez ma sœur P._ car elle m'a donné de l'argent pour acheter un cadeau. Je ne me souviens pas de ma journée, mais de ma soirée. J._ m'avait ouvert. J'ai dormi chez ma sœur et le lendemain j'ai acheté le cadeau pour ma maman." (DO 3078, lignes 322-327). De telles déclarations, près de uuu après les faits, sont pour le moins surprenantes. De la lecture des procès-verbaux d'audition, il ressort toutefois que P._ a reconstitué son emploi du temps pour la nuit du mmm à ooo sur interpellation de Me A._: "[...] je ne savais plus. Ensuite l'avocat de J._ m'a dit que c'était important. J'ai demandé aux parents de J._ qui ne se souvenaient plus. J'ai ensuite discuté avec ma sœur qui s'est rappelée avoir acheté un cadeau pour T._ avec de l'argent que je lui avais donné." (DO 3074, lignes 218-222). Cette discussion entre les deux sœurs démontre déjà à l'envi que le témoignage de N._ est dénué de toute spontanéité. Cette absence de spontanéité est encore plus marquée par la production par Me A._, lors de la comparution du témoin devant le Procureur général, de l'horaire des TPF censé être en vigueur en vvv (DO 3080 in fine). Cette production en pleine audience permet au Tribunal d'affirmer que des contacts préalables ont existé entre le témoin N._ et l'avocat, directement ou par l'intermédiaire de P._, à défaut de quoi ce dernier n'aurait pas été en mesure de produire séance tenante, le 7 février 2014, un document imprimé le 20 janvier 2014 à 16.41 heures – selon
Tribunal cantonal TC Page 3 de 9
les propriétés de l'imprimante – (DO 3104) et étayant ainsi le témoignage de l'intéressée. Ces contacts préalables ressortent d'ailleurs de la liste de frais déposée par Me A._: "20.01.2014 Appel à Mme P._, analyse du dossier [...]" (DO TP 9025). Or, dans une affaire de la gravité de celle qui est jugée ce jour, le comportement des avocats se doit d'être exemplaire. Ces contacts préalables entre l'avocat et la sœur de N._ démontrent que le témoignage est orienté et justifient déjà à eux seuls de l'écarter. Par surabondance, le Tribunal pénal constate que les éléments suivants renforcent l'absence de force probante du témoignage de N._: [...] ».
C. Le 23 mai 2016, Me A._ a déposé plainte pénale auprès du Ministère public du canton de W._ pour diffamation et subsidiairement calomnie à l’encontre du président du Tribunal, des quatre juges assesseurs ainsi que de toutes autres personnes ayant participé à la rédaction du jugement rendu le ggg par le Tribunal pénal de l’arrondissement de H._ dans la cause iii (DO 2000 ss).
Par courrier du 7 juin 2016, le Ministère public du canton de Fribourg a accédé à la demande du Procureur général Y._ de reprendre l’affaire, ce dernier ne s’estimant pas compétent en raison du lieu (DO 9000 ss).
D. Le 19 juillet 2016, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière, les éléments constitutifs d’une diffamation ou d’une calomnie n’étant, selon lui, manifestement pas remplis (art. 310 al. 1 let. a CPP). Les frais de procédure ont été mis à la charge de l’Etat. Aucune indemnité n’a été allouée.
E. Me A._ a interjeté recours contre cette décision le 29 juillet 2016. Il conclut, sous suite de frais et dépens, à l’admission du recours, à l’annulation de l’ordonnance attaquée ainsi que, principalement, à ce que l’instruction pénale soit poursuivie, respectivement formellement ouverte et, subsidiairement, à ce que la cause soit renvoyée au Ministère public pour qu’une nouvelle décision soit rendue dans le sens des considérants.
Le Ministère public s’est déterminé par acte daté du 17 août 2016, concluant au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité.
Le 5 septembre 2016, B._, C._, D._, E._ et F._ se sont déterminés à leur tour, concluant également au rejet du recours, avec suite de frais.
Le 13 septembre 2016, Me A._ a pris spontanément position sur les déterminations précitées.
B._, C._, D._, E._ et F._ ont répondu spontanément le 22 septembre 2016.

## Considerations

en droit
1. a) En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP), ainsi que de l’art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de  en matière.
Tribunal cantonal TC Page 4 de 9