# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cba0e3d8-85c6-4f14-83c3-4cb2057dcf3b
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 9 juin 2022, A_ recourt
contre la décision
du 1
er
juin 2022, communiquée par pli simple, par laquelle le Service de l'application des peines et mesures (ci-après : SAPEM) a refusé l'exécution de sa peine privative de liberté sous la forme d'un travail d'intérêt général (ci-après : TIG).
Le recourant, sans prendre de conclusions formelles, semble requérir l'annulation de la décision querellée.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Par ordonnance pénale rendue le 18 mars 2022 dans la cause P/1_/2021, A_, né le _ 1998, ressortissant français domicilié à C_ (France), a été reconnu coupable d'infraction à l'art. 115 al. 1 let. a LEI, d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. b et d LStup et de conduite sans permis de conduire (art. 95 al. 1 let. a LCR). Il a été condamné à une peine privative de liberté de 45 jours, sous déduction d'un jour de détention avant jugement.
b.
Il ressort de ladite ordonnance pénale que l'intéressé, célibataire, avait expliqué travailler pour une succursale de B_ SARL. Il était alors en arrêt de travail et ne percevait aucun revenu.
c.
Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, A_ a, en outre, été condamné le 13 février 2018 à une peine pécuniaire et une amende pour conduite d'un véhicule automobile sans le permis de conduire requis et, le 4 juillet 2018, à une peine privative de liberté de 5 mois avec sursis, le délai d'épreuve étant de 3 ans, ainsi qu'à une amende, pour violation de domicile, dommages à la propriété, vol, opposition aux actes de l'autorité, entrée illégale et contravention selon l'art. 19
a
LStup.
d.
Le 17 mai 2022, le Ministère public a adressé au SAPEM une injonction d'exécuter la peine privative de liberté de 45 jours susmentionnée.
e.
Le 23 mai 2022, A_ a demandé à exécuter sa condamnation sous forme d'un TIG.
f.
Lors de l'échange de courriels qui s'en est suivi, A_ a adressé une copie d'une attestation de travail établie le 23 octobre 2020 par B_ SARL selon laquelle l'intéressé était employé à 50% en qualité d'employé polyvalent (livreur) pour une durée indéterminée. Il a précisé que ladite attestation n'était plus valable en raison de ce qu'il était en arrêt de travail depuis plus de six mois. Il a également adressé des copies de trois certificats d'arrêt de travail établis les 19 mai, 16 juin et 22 juin 2022 par un médecin-psychiatre couvrant la période du 19 mai au 22 juillet 2022.
g.
Le 1
er
juin 2022, le SAPEM a, en parallèle de la décision querellée, émis un ordre d'exécution selon lequel l'incarcération de A_ était prévue le 5 octobre 2022.
C.
Dans sa décision querellée, le SAPEM retient que A_ ne bénéficiait pas d'une activité reconnue. Il était en incapacité de travail, de sorte que l'autorisation d'exécuter sa peine sous une forme alternative devait lui être refusée.
D.
a.
Dans son recours,
A_ expose qu'il avait été licencié en raison d'une incapacité de travail. Il continuait à percevoir des indemnités de l'assurance perte de gains de son employeur. Il devrait bénéficier de mesures de réhabilitation au travail de l'assurance-invalidité dès la rentrée, mesures qu'il attendait depuis longtemps. En cas d'incarcération, il perdrait ses prétentions à l'encontre de l'assurance de son employeur et se retrouverait dans une impasse économique et psychologique, dès lors qu'il avait de gros problèmes de santé. Pour ce dernier motif, la prison n'était pas adaptée.
À l'appui de son recours, il a produit, outre des courriers administratifs figurant déjà au dossier de la procédure, un récépissé relatif au versement au SAPEM d'un montant de CHF 444.60.
b.
Dans ses observations du 4 juillet 2022, l'autorité intimée soutient que A_ ne remplit pas les conditions pour exécuter sa peine sous une forme alternative puisqu'il n'exerce pas d'activité reconnue et se trouve toujours en arrêt de travail.
c.
A_ n'a pas répliqué.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une décision rendue par le SAPEM, dans une matière pour laquelle il est compétent (art. 40 al. 1 et 5 al. 2 let. e de la Loi d'application du code pénal suisse du 27 août 2009 [LaCP ;
E 4 10
]), sujette à recours auprès de la chambre de céans (art. 42 al. 1 LaCP et 52 al. 2 du Règlement sur les formes alternatives d'exécution des peines du 13 décembre 2017 [RFAEP ;
E 4 55.13
]), les art. 379 à 397 CPP s'appliquant par analogie (art. 42 al. 2 LaCP), et émaner du condamné visé par la décision querellée, qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la décision entreprise (art. 382 CPP).![endif]>![if>
2.
Le recourant fait grief au SAPEM d'avoir refusé l'exécution de sa peine sous forme de TIG.![endif]>![if>
2.1.
L'art. 79
a
al. 1 let. a CP prévoit que, s'il n'y a pas lieu de craindre que le condamné s'enfuie ou commette d'autres infractions, une peine privative de liberté de six mois au plus peut, à sa demande, être exécutée sous la forme d'un travail d'intérêt général.![endif]>![if>
Depuis le 1
er
janvier 2018, le travail d'intérêt général n'est plus une peine mais une forme de l'exécution (FF 2012 4397). Hormis que, dorénavant, le condamné doit avoir demandé à exécuter sa peine sous forme de TIG, pour le reste, celui-ci reste régi par les mêmes règles que sous l'ancien droit (FF 2012 4402).
2.2.
Le TIG est notamment admissible pour les peines privatives de liberté (art. 1 al. 2 du Règlement sur l'exécution des peines sous la forme du travail d'intérêt général du 30 mars 2017 [RTIG;
E 4 55.09
]) et à condition que la peine prononcée ou la durée totale des peines exécutables simultanément soit inférieure ou égale à 6 mois (art. 4 al. 1 let. a RTIG).![endif]>![if>
Il suppose que le condamné soit apte au travail (ATF
134 IV 97
consid. 6.3.3.2). L'art. 18 let. d RFAEP prévoit que le formulaire de demande d'exécuter une peine sous forme de TIG soit accompagné de la preuve des restrictions médicales existantes. L'art. 23 al. 1 let. b dudit règlement prévoit, en outre, le devoir de la personne condamnée d'informer immédiatement le service de probation et d'insertion si elle n'est plus apte à exercer le travail d'intérêt général convenu, notamment pour des raisons médicales.
Le travail doit être compatible avec la situation personnelle de la personne condamnée. Selon la doctrine, un TIG infligé à une personne domiciliée à l'étranger, à l'exception peut-être des régions frontalières, est peu envisageable pour des raisons pratiques, notamment liées au temps de déplacement (M. DUPUIS / L. MOREILLON / C. PIGUET / S. BERGER / M. MAZOU / V. RODIGARI (éds),
Code pénal - Petit commentaire
, 2
e
éd., Bâle 2017, n. 17 ad art. 37; R. PFISTER-LIECHTI,
Partie générale du code pénal
, Zurich 2007, p. 54).
2.3.
En l'espèce, le SAPEM s'est fondé, pour lui refuser l'exécution d'un TIG, sur le fait que le recourant ne bénéficiait pas d'une activité reconnue et était en incapacité de travail pour une durée indéterminée.![endif]>![if>
Force est de constater que le recourant fait l'objet de certificats médicaux successifs qui attestent de cette incapacité. L'intéressé a indiqué avoir été licencié en raison de son absence du travail de plus de six mois et être actuellement suivi par l'assurance-invalidité en vue de mesures de "
réhabilitation
" qui débuteraient "
au cours de la rentrée
". L'incapacité de travail s'inscrit donc sur la durée. Partant, la mise en œuvre d'un TIG n'est en l'espèce pas compatible avec sa situation personnelle.
Le recours sera, dès lors, rejeté.
3.
Justifiée,
la décision
querellée sera donc confirmée.![endif]>![if>
4.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 600.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP;
E 4 10.03
).![endif]>![if>
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