# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 25c561b1-d52c-4267-ab45-769fc74f49ee
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

peuvent être utilisés à d'autres fins que celles prévues dans ladite loi, le
Message ADN indique, à titre d'exemples, que le profil ADN recueilli dans
une procédure pénale ne peut pas être utilisé dans une procédure civile, ou
que le profil d'un parent établi pour identifier une personne décédée dans un
accident (soit hors procédure pénale, cf. Message ADN, FF 2001 p. 36, §
2.2.2.4) ne peut être utilisé dans une procédure pénale (Message ADN, FF 2001 p. 34, § 2.2.1.2, par. 2). Les analyses génétiques dans d'autres
domaines que ceux de la loi sur les profils d'ADN sont régies par la loi
fédérale du 8 octobre 2004 sur l'analyse génétique humaine (LAGH; RS
810.12).
2.3 La requête du MP-GE refusée par FEDPOL peut se résumer ainsi: en
général (et du point de vue de FEDPOL, exclusivement), la comparaison
des profils ADN doit permettre de dégager deux profils identiques sur un
certain nombre de points de comparaison (high stringency). La mesure
envisagée par le MP-GE a pour but de dire si des profils ADN figurant déjà
dans la base de données correspondent, avec moins de points de
comparaison (low stringency), à celui attribué à l'auteur présumé. Etant notoire que la comparaison des profils ADN repose sur la statistique, moins
le nombre de points de comparaison est élevé, plus le «risque» que des
profils ADN présents dans la base de données soient, en ces points,
semblables à celui de l'auteur présumé est grand. Il convient de préciser que
les points de comparaison sont établis sur des séquences non-codantes de
l'ADN, qui ne sont – en substance – pas en rapport avec des caractéristiques
physiques (Message ADN, FF 2001 p. 25 à 26, § 2.1.1). Il faut également
remarquer que la mesure demandée par le MP-GE a pour objectif
d'identifier des profils proches, et donc en nombre limité.
2.4 Prima facie, l'on peut comprendre la réticence de FEDPOL à ce que des personnes soient portées à la connaissance du MP-GE de par leur seule
similarité génétique avec le profil de l'auteur présumé, suite à ce qui
pourrait être interprété comme une «fishing expedition» dans la base de
données ADN, réserve partagée par VUILLE/HICKS/KUHN lorsqu'ils estiment
que les recherches familiales portent atteinte à la vie privée des individus
présents dans la banque de données et dont le profil génétique est «parent»
de celui de l'auteur présumé, atteinte d'une telle intensité qu'elle interdirait
le recours à ce procédé (VUILLE/HICKS/KUHN, op. cit., p. 158 ss).
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Cependant, on voit mal, considérant que le Message ADN envisage la
comparaison de profils génétiques comme «une méthode d'investigation
parmi d'autres» (Message ADN, FF 2001 p. 32, § 2.2.1.1, par. 2), en quoi la
mesure envisagée se distingue, dans ses effets, des investigations
«ordinaires», en particulier suite à un crime capital, qui impliquent souvent
un certain niveau de contrainte envers des personnes dont la participation au
crime sous enquête est d'emblée exclue ou très improbable (par exemple
l'inspection, art. 193 CPP; l'appréhension, art. 215 CPP; la perquisition, art.
241 CPP) et qui, le cas échéant, bénéficient de droits dans la procédure pénale. En effet, la mesure demandée par le MP-GE ne permettra que
d'isoler certains individus qui présentent une proximité génétique avec le
profil présumé. Le déroulement ultérieur de l'enquête relative à ces
individus – qui sont exclus d'emblée comme l'auteur présumé sur la base de
la trace – suivra les règles ordinaires de la procédure pénale, dans laquelle
ils disposeront des droits relatifs à leur qualité. A fortiori, si l'enquête révèle
d'autres individus dont le profil ne figure pas dans la banque de données, le
prélèvement de leur ADN devra répondre aux conditions du CPP. Il en
découle que la mesure demandée par le MP-GE n'affaiblit en rien les droits
des individus que l'enquête pourrait concerner, soit parce qu'ils figurent déjà
légalement dans la banque de données soit parce que si le prélèvement de
leur ADN devait être ordonné pour y figurer, il se fera aux conditions légales des art. 255 ss CPP, éventuellement dans le cadre et aux conditions
d'une enquête de grande envergure (art. 256 CPP, cf. CHARVET, Les
conditions de mise en œuvre d'un prélèvement d'ADN lors d'enquêtes de
grande envergure et recours contre cette décision, in: Jusletter du 21
septembre 2015). Dès lors que la loi n'interdit pas expressément la mesure
demandée par le MP-GE et que le Message ADN va dans le sens d'une
utilisation la plus large possible, dans les limites légales, de la comparaison
de profils ADN «pour accroître l'efficacité des poursuites pénales»
(Message ADN, FF 2001 p. 32, § 2.2.1.1), la Cour ne partage pas l'avis de
FEDPOL quant au silence qualifié du législateur qui interdirait la mesure
demandée (silence qualifié que contestent également VUILLE/HICKS/KUHN, qui voient plutôt dans la législation actuelle un flou juridique
[VUILLE/HICKS/KUHN, op. cit., p. 176]).
2.5 Par conséquent, le différend entre le MP-GE et FEDPOL est tranché en
faveur du premier. FEDPOL est invité à donner droit à la demande
d'entraide nationale telle que formulée par le MP-GE.

## Considerations