# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e9053f34-0300-5199-8c0b-e1af4949730f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

du 19 novembre 2007 consid. 4). L'autorité doit tenir compte de la nature et de l'importance de la cause, des difficultés particulières que celle-ci peut présenter en fait et en droit, du temps que l'avocat lui a consacré, de la qualité de son travail, du nombre des conférences, audiences et instances auxquelles il a pris part, du résultat obtenu ainsi que de la responsabilité assumée (arrêt du Tribunal fédéral
6B_810/2010
du 25 mai 2011 consid. 2 et les références citées) ;
Qu'il ne saurait, sous l'angle de la nécessité, être question d'indemniser toutes les démarches souhaitables ou envisageables.
Le mandataire d'office doit en effet gérer son mandat conformément au principe d'économie de procédure (décision de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2013.22 du 31 octobre 2013 consid. 5.2.3) ;
Que l'autorité cantonale jouit d'une importante marge d'appréciation lorsqu'elle fixe, dans la procédure, la rémunération du défenseur d'office (ATF
141 I 124
consid. 3.2 p. 126-127 et les références citées ; arrêts du Tribunal fédéral
6B_675/2015
précité consid. 3.1 et
6B_856/2014
du 10 juillet 2015 consid. 2.3 ; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2015.85 du 12 avril 2016 consid. 3.2.3) ;
Que le travail consistant en des recherches juridiques, sauf questions particulièrement pointues, n'est pas indemnisé, l'État ne devant pas assumer la charge financière de la formation de l'avocat stagiaire, laquelle incombe à son maître de stage, ou la formation continue de l'avocat breveté (
AARP/147/2016
du 17 mars 2016 consid. 7.3 ;
AARP/302/2013
du 14 juin 2013 ;
AARP/267/2013
du 7 juin 2013) ;
Que reprenant l'activité de taxation suite à l'entrée en vigueur du CPP, la CPAR a maintenu dans son principe – nonobstant l'ordonnance de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2015.35 du 3 août 2015 consid. 5.3 – l'ancienne pratique selon laquelle l'activité consacrée aux conférences, audiences et autres actes de la procédure était forfaitairement majorée de 20% jusqu'à 30 heures d'activité, 10% lorsque l'état de frais porte sur plus de 30 heures, pour couvrir les démarches diverses, telles la rédaction de courriers ou notes, les entretiens téléphoniques et la lecture de communications, pièces et décisions, sous réserve d'exceptions possibles, pour des documents particulièrement volumineux ou nécessitant un examen poussé, charge à l'avocat d'en justifier. Cette pratique s'explique par un souci de simplification et de rationalisation, l'expérience enseignant qu'un taux de 20% jusqu'à 30 heures de travail dans un même dossier, 10% au-delà, permet de couvrir les prestations n'entrant pas dans les postes de la procédure et répondant à l'exigence de nécessité et d'adéquation ;
Qu'en revanche, la Cour a décidé de revenir sur la pratique consistant à allouer aux avocats des victimes une indemnisation forfaitaire de 20% pour l'activité diverse, indépendamment du nombre d'heures effectivement consacré au dossier, estimant qu'il n'y a pas de raison objective de traiter différemment les conseils juridiques gratuits des victimes des défenseurs d'office des prévenus (
AARP/151/2016
du 14 avril 2016 consid. 8.2.4 et 8.4 ;
AARP/579/2014
du 19 décembre 2014 consid. 5.2) ;
Qu'aussi, les communications et courriers divers sont en principe inclus dans le forfait (
AARP/182/2016
du 3 mai 2016 consid. 3.2.2 ;
AARP/501/2013
du 28 octobre 2013) de même que d'autres documents ne nécessitant pas ou peu de motivation ou autre investissement particulier en termes de travail juridique, telle
la déclaration d'appel (ordonnance de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2014.51 du 21 novembre 2014 consid. 2.1 ; décisions de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2013.165 du 24 janvier 2014 consid. 4.1.3 et BB.2013.127 du 4 décembre 2013 consid. 4.2) ou d'appel joint (
AARP/133/2015
du 3 mars 2015) ;
Que les écritures plus amplement motivées sont pour leur part indemnisées séparément, dans les limites du principe de nécessité ;
Qu'en ce qui concerne les réquisitions de preuve, le simple établissement d'une liste de témoins est en règle générale considéré comme tombant sous le coup du forfait (
AARP/146/2014
du 31 mars 2014), de même que des réquisitions pas ou peu étayées, alors que celles nécessitant une activité plus importante, eu égard à leur nombre ou au dossier pourraient justifier une indemnisation propre (indemnisation séparée admise :
AARP/86/2016
du 10 mars 2016 consid. 6.2 et
AARP/288/2015
du 14 avril 2015 consid. 5.2.1 ; refusée :
AARP/472/2015
du 16 octobre 2015 consid. 7.3,
AARP/295/2015
du 12 juillet 2015 consid. 8.2.3 et 8.3.1.1, et
AARP/433/2014
du 7 octobre 2014) ;
Qu'en application de ces principes, il convient de trancher ainsi du recours et des demandes d'indemnisation formés par le défenseur d'office et le conseil juridique gratuit des parties :
Recours du défenseur d'office
:
Le recours a été interjeté dans le délai légal de 10 jours (art. 396 al. 1 CPP), devant l'autorité compétente, avant saisine de la CPAR;
La recourante fait valoir à raison que son activité n'a pas été taxée par la CPR, ce qui résulte de la simple lecture des arrêts. Il n'incombait d'ailleurs pas à la CPR de le faire, le recours et la demande de récusation relevant de l'activité du défenseur d'office durant l'instruction préliminaire. Le Tribunal correctionnel a donc refusé à tort d'entrer en matière.
Pour autant, le recours contre le refus du MP d'appointer une audience pour réentendre le prévenu était irrecevable, ce qui aurait dû sauter aux yeux du défenseur d'office, et l'amener à y renoncer, au regard du principe de nécessité. L'activité y relative (quatre heures 50 minutes) ne sera partant pas indemnisée.
L'utilité du dépôt de la demande de récusation paraît également discutable du point de vue du principe de nécessité. Néanmoins, dans le cadre de son large pouvoir d'appréciation, et afin de ne pas faire preuve de trop de rigueur compte tenu de la décision qui précède, la CPAR retiendra les deux heures facturées à ce titre et admettra le recours dans cette mesure, de sorte que l'indemnité totale sera portée à CHF 14'892,95 (= CHF 14'417,45 + CHF 475,20 dont CHF 35,20 de TVA).
La recourante, qui n'obtient que partiellement gain de cause, se verra octroyer une indemnité de procédure de CHF 100.- étant observé que la rédaction de l'acte de recours ne saurait avoir exigé d'elle plus de 45-60 minutes de travail.
Indemnisation du défenseur d'office pour la procédure d'appel
:
Le défenseur d'office ne peut prétendre à indemnisation pour la rédaction de la déclaration d'appel, au-delà de la majoration forfaitaire de 10%, que dans la mesure où celle-ci comporte une motivation d'une certaine consistance à l'appui des réquisitions de preuve. S'agissant d'un dossier censé bien connu et d'une argumentation simple, tenant sur une page, l'activité y relative doit en l'espèce encore être considérée comme tombant sous le coup de ladite majoration forfaitaire.
Il en va de même des conclusions en indemnisation, dont la motivation se résume au rappel, simple et inutile tant le principe est bien connu, de la jurisprudence en la matière.
L'activité facturée apparaissant pour le surplus globalement adéquate, il y a lieu de fixer l'indemnisation du défenseur d'office à CHF 2'142.- correspondant à sept heures trente d'activité à CHF 200.-/heure (CHF 1'500.-), la majoration forfaitaire de 10% vu l'activité consacrée à l'ensemble de la procédure (CHF 150.-), la TVA au taux de 8% (CHF 132.-) et les débours d'interprète.
Indemnisation du conseil juridique gratuit pour la procédure d'appel
:
En l'occurrence, la prise de position de la partie plaignante sur les réquisitions de preuve a requis davantage de travail que la motivation de celles-ci, le conseil juridique gratuit ayant repris les éléments du dossier pour démontrer en quoi il n'était pas utile d'y donner suite. Au demeurant, la question peut être laissée ouverte, car, considéré dans sa globalité, l'état de frais du conseil juridique est adéquat, de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'en examiner individuellement les postes. Cette solution s'impose d'autant plus que le temps facturé demeure inférieur à celui comptabilisé par le défenseur d'office.
Le conseil juridique gratuit sera partant rémunéré par CHF 1'425,60 pour six heures d'activité au taux réservé aux chefs d'étude (CHF 1'200.-), la majoration forfaitaire de 10% (CHF 120.-) vu l'activité consacrée à l'ensemble du dossier (30 heures 20 minutes) et la TVA au taux de 8% (CHF 105,60).
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## Considerations