# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a6797af4-9edd-507a-963d-9b01f76f3637
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Le 27 novembre 2014, A_ SA (ci-après : A_) a déposé auprès de l'office cantonal de l'inspection et des relations du travail (ci-après : OCIRT) une demande urgente d'autorisation de séjour pour prise d'emploi de durée indéterminée, afin d'engager Monsieur B_, ressortissant des États-Unis d'Amérique, en qualité de directeur général.
2) L'OCIRT a rendu, le 7 janvier 2015, une décision favorable conditionnelle, et M. B_ a bénéficié d'une autorisation de séjour de type B pour des activités lucratives imputées sur le contingent de l'ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative du 24 octobre 2007 (OASA -
RS 142.201
) dès le 4 mai 2015. Cette décision a été prolongée par deux fois.
3) Par décision du 20 juin 2018, l'OCIRT a refusé de prolonger l'autorisation de séjour à l'année de type B en faveur de M. B_.
4) Par acte du 27 août 2018, A_ a interjeté recours auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) à l'encontre de la décision rendue le 20 juin 2018 par l'OCIRT, concluant à l'annulation de celle-ci et à la prolongation, pour une durée indéterminée, des autorisations de séjour de la famille B_.
5) Par jugement du 7 février 2019, le TAPI a rejeté le recours.
6) Par acte posté le 13 mars 2019, A_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement précité, concluant principalement à son annulation et à la prolongation de l'autorisation de séjour de M. B_.
7) Le 22 mars 2019, Monsieur C_ a demandé à la chambre administrative d'être appelé en cause dans la procédure de recours.
Il était l'actionnaire majoritaire d'A_ et, en cette qualité, sa situation était susceptible d'être affectée par l'issue du recours tant il estimait que celui-ci était entièrement infondé. Subsidiairement, il demandait à pouvoir fournir un témoignage ou des renseignements écrits.
8) Par arrêt du 8 août 2019 (
ATA/1217/2019
), la chambre administrative a refusé d'ordonner l'appel en cause de M. C_.
Dans la mesure néanmoins où la situation de fait concernant l'actionnariat de la société n'était pas claire, et où M. C_ disait détenir des informations importantes à ce sujet, il serait le cas échéant convoqué comme témoin.
9) Lors de l'audience de comparution personnelle et d'enquêtes du 25 septembre 2019, ni M. C_ ni aucun représentant d'A_ ne se sont présentés.
10) Le 6 décembre 2019, le juge délégué s'est adressé à A_.
Un délai au 10 janvier 2020 lui était imparti pour dire si elle maintenait son recours, et le cas échéant sur quelle base. En l'absence de réponse, le recours pourrait être déclaré irrecevable en application de l'art. 24 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).
11) A_ ne s'est pas manifestée.
12) Sur ce, la cause a été gardée à juger.
13) Selon le registre du commerce (ci-après : RC), M. C_ est désormais président et administrateur d'A_ et, selon publication du 18 décembre 2019 dans la Feuille officielle suisse du commerce (ci-après : FOSC), M. B_ n'est plus administrateurs, et ses pouvoirs sont radiés.

## Considerations

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ces points de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a LPA).
2) A notamment qualité pour recourir toute personne directement touchée par une décision et ayant un intérêt personnel digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée (art. 60 al. 1 let. b LPA). Les parties, à moins qu'elles ne doivent agir personnellement ou que l'urgence ne le permette pas, peuvent notamment se faire représenter par un ascendant majeur (art. 9 al. 1 LPA). Sur demande, le représentant doit justifier ses pouvoirs par une procuration écrite (art. 9 al. 2 LPA).
Dès le dépôt du recours, le pouvoir de traiter l'affaire qui en est l'objet passe à l'autorité de recours (art. 67 al. 1 LPA). Selon l'art. 67 al. 2 LPA, l'autorité de première instance peut, en cours de procédure, reconsidérer ou retirer sa décision. En pareil cas, elle notifie, sans délai, sa nouvelle décision aux parties et en donne connaissance à l'autorité de recours. Cette dernière continue à traiter le recours dans la mesure où la nouvelle décision ne l'a pas rendu sans objet (art. 67 al. 3 LPA). La juridiction administrative chargée de statuer est liée par les conclusions des parties, à l'exclusion des motifs qu'elles invoquent (art. 69 al. 1 LPA).
En outre, les parties sont tenues de collaborer à la constatation des faits dans les procédures qu'elles introduisent elles-mêmes, dans celles où elles y prennent des conclusions indépendantes ainsi que dans les autres cas prévus par la loi (art. 22 LPA). Selon l'art. 24 al. 2 LPA, l'autorité apprécie librement l'attitude d'une partie qui refuse de produire une pièce ou d'indiquer où celle-ci se trouve. Elle peut ainsi le cas échéant déclarer irrecevables les conclusions des parties qui refusent de produire les pièces et autres renseignements indispensables pour que l'autorité puisse prendre sa décision.
3) Selon la jurisprudence, le recourant doit avoir un intérêt pratique à l'admission du recours, soit que cette admission soit propre à lui procurer un avantage, de nature économique, matérielle ou idéale (ATF
121 II 39
consid. 2c/aa ;
ATA/403/2016
du 10 mai 2016 et les références citées). Un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à obtenir l'annulation de la décision attaquée. L'existence d'un tel intérêt s'apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du prononcé de la décision sur recours ; s'il s'éteint pendant la procédure, le recours, devenu sans objet, doit être simplement radié du rôle (
ATA/403/2016
précité et les références citées).
En outre, la procédure administrative est régie par la maxime inquisitoire, selon laquelle le juge établit les faits d'office (art. 19 LPA). Ce principe n'est pas absolu, sa portée étant restreinte par le devoir des parties de collaborer à la constatation des faits (art. 22 LPA). Celui-ci comprend en particulier l'obligation des parties d'apporter, dans la mesure où cela peut être raisonnablement exigé d'elles, les preuves commandées par la nature du litige et des faits invoqués, faute de quoi elles risquent de devoir supporter les conséquences de l'absence de preuves (arrêts du Tribunal fédéral
8C_1034/2009
du 28 juillet 2010 consid. 4.2 ;
9C_926/2009
du 27 avril 2010 consid. 3.3.2 ;
ATA/573/2015
du 2 juin 2015 ;
ATA/99/2014
du 18 février 2014). La violation du devoir de collaboration des parties peut, si elle est suffisamment grave, entraîner l'irrecevabilité des conclusions de l'administré (
ATA/67/2019
du 22 janvier 2019 consid. 3b ;
ATA/1365/2018
du 18 décembre 2018 consid. 1b ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n. 1561).
4) En l'espèce, la recourante a interjeté recours contre le refus de prolongation de l'autorisation de séjour de son directeur, M. B_. Il a été toutefois allégué en cours de procédure par M. C_ que celui-ci - qui visiblement ne souhaitait pas que M. B_ fût maintenu dans ses fonctions - avait pris le contrôle de la société.
Toutefois, ni M. C_ ni aucun représentant d'A_ ne s'est présenté lors de l'audience destinée à éclaircir la situation de fait. De plus, interpellée sur la question du maintien du recours, et dûment avertie qu'un défaut de réponse pourrait entraîner l'irrecevabilité du recours, la recourante n'a pas réagi, si bien qu'elle a failli à son devoir de collaborer.
Au surplus, au vu des modifications intervenues récemment au sein de la recourante, telles que relayées officiellement par le RC, on peut inférer que le recours n'a probablement plus d'objet, et que la société n'a quoi qu'il en soit plus la volonté de recourir contre le jugement attaqué.
Le recours sera dans ces conditions déclaré irrecevable.
5) Vu l'issue du recours, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité de procédure ne sera allouée.
* * * * *