# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 39ad8736-265f-57a5-81ec-b626704779b7
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. a) A._, né en 1976, et D._, née en 1983, sont les parents hors mariage des enfants B._, née en 2007, et C._, né en 2008. Ils vivent séparés depuis 2010.
La mère est seule titulaire de l’autorité parentale et de la garde. Le père bénéficie d’un droit de visite, lequel a toutefois été modifié à plusieurs reprises par décision judiciaire (droit de visite élargi, puis usuel, puis suspendu, puis à nouveau usuel).
Un lourd conflit et de nombreuses procédures aussi bien civiles que pénales ont opposé les parents depuis leur séparation, notamment en ce qui concerne la garde et l’autorité parentale.
Une curatelle éducative et de surveillance du droit de visite au sens de l’art. 308 al. 1 et 2 CC est instaurée depuis 2011.
b) Le 30 juin 2015, A._ a saisi la Justice de paix d’une requête en attribution de l’autorité parentale conjointe à la suite de l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions sur l'autorité parentale.
Le 10 septembre 2015, le Juge de paix a suspendu pour une durée indéterminée le droit de visite du père, se basant notamment sur le rapport du 9 septembre 2015 du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: le SEJ).
La Justice de paix a entendu les parents et la curatrice des enfants le 8 octobre 2015. Le même jour, elle a rendu une décision par laquelle elle a refusé d’instaurer une autorité parentale conjointe. Le droit de visite du père a par contre été réintroduit à raison d’un week-end sur deux, le transfert des enfants se déroulant au Point Rencontre à E._. La curatrice a été chargée de diverses tâches. Une expertise psychiatrique ambulatoire du père, à tout le moins une évaluation psychiatrique à brève échéance, a été ordonnée et confiée au Centre pédopsychiatrique de Fribourg. Cette décision a été envoyée aux parties le 30 novembre 2015 sous la forme d’un avis de dispositif. La décision entièrement motivée a été notifiée aux parties en octobre 2016.
B. Par acte du 17 novembre 2016, A._ a interjeté recours contre la décision du 8 octobre 2015. Il conclut, sous suite de frais, principalement à ce que cette dernière soit réformée en ce sens que l’autorité parentale soit attribuée aux deux parents et à ce qu’il ne doive pas se soumettre à une évaluation ou une expertise psychiatrique et, subsidiairement, à ce que la cause soit renvoyée à l’autorité précédente pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
Le même jour, il a requis d’être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure de recours.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix a informé la Cour le 1er décembre 2016 que le dossier de la cause se trouve au Tribunal fédéral, demandant au surplus une prolongation de délai pour déposer sa prise de position, ce qu’elle a fait le 12 décembre 2016, confirmant sa décision du 8 octobre 2015. S’agissant de l’expertise psychiatrique, elle a relevé que celle-ci n’a finalement jamais été mise en œuvre et qu’elle n’a plus vraiment de raisons d’être puisque le père voit régulièrement ses enfants sans surveillance depuis le début du mois d’avril 2016, raison pour
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laquelle elle envisage de renoncer à cette expertise, avec l’accord exprès de la mère, de manière à pouvoir, une fois le recours tranché, clore le dossier et le transférer au plus vite aux autorités françaises de protection.
Le 13 janvier 2017, D._ a conclu, sous suite de frais, au rejet intégral du recours, se référant à la décision entreprise dont elle fait sienne la motivation. Concernant la question spécifique de l’expertise, elle ne partage pas l’avis de la Justice de paix et requiert la production des dossiers pénaux dans lesquels A._ apparaît, que ce soit en qualité de plaignant ou de prévenu. Ce dernier a, pour sa part, confirmé ses conclusions en date du 16 janvier 2017.
Par arrêt du 13 février 2017, le Tribunal fédéral a statué sur un recours déposé par A._ concernant un déni de justice, suite à quoi les dossiers de la cause ont pu être transmis à la Cour de céans.
Le 27 février 2017, la Cour a demandé au SEJ un rapport sur l’évolution de la situation depuis la reprise du droit de visite au mois d’avril 2016. Ledit rapport a été déposé le 1er mars 2017. D._ s’est déterminée le 16 mars 2017. Quant à A._, il n’a pas répondu dans le délai prolongé jusqu’au 18 avril 2017.

## Considerations

en droit
1. a) A teneur de l’art. 442 al. 1 CC, l’autorité de protection compétente est celle du lieu de domicile de la personne concernée. Lorsqu’une procédure est en cours, la compétence demeure acquise jusqu’à son terme. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente.
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 589, p. 399).