# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9e1a0cf7-fd92-531c-b7f6-1098d9e5bbdb
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Monsieur A_, ressortissant kosovar né en 1981, a vu la demande d'asile qu'il avait déposée en Suisse à son arrivée, le 15 septembre 1998, être rejetée par l'office fédéral des réfugiés, devenu depuis lors le secrétariat d'État aux migrations (ci-après : SEM) par décision du 8 mars 1999.
2) Ayant épousé une ressortissante suisse, le 23 mars 2001, il a été mis au bénéfice d'une autorisation de séjour le 10 mai 2001, puis d'une autorisation d'établissement le 4 avril 2006.
Le divorce des époux a été prononcé le 5 juin 2007.
3) Le 8 février 2008, M. A_ a épousé au Kosovo Madame B_, ressortissante de ce pays, laquelle est arrivée en Suisse en octobre 2008, et y a donné naissance à C_, le _2009, et à D_, le _2013.
Mme B _ est au bénéfice d'un permis de séjour. Dépendante de l'aide sociale, elle n'a pu obtenir une autorisation d'établissement, selon décision de l'office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) du 26 mars 2015. L'autorisation de séjour serait échue depuis le 18 octobre 2016, selon la base de données de l'OCPM.
C_ et D_ sont toutes deux au bénéfice d'une autorisation d'établissement.
4) Le 23 mars 2006, M. A_ a été condamné par ordonnance de condamnation du Ministère public (ci-après : MP) à une peine privative de liberté de vingt jours, avec sursis pendant deux ans, pour lésions corporelles simples.
5) L'OCPM lui a adressé, le 12 juillet 2006, un avertissement.
6) Le 21 mai 2012, M. A_ a été condamné à une peine pécuniaire de trente jours-amende avec sursis pendant trois ans et à une amende de CHF 500.- pour détournement de valeurs patrimoniales mises sous mains de justice.
7) Le 24 octobre 2012, le MP l'a condamné à une peine pécuniaire de trente jours-amende avec sursis pendant trois ans et à CHF 600.- d'amende pour emploi d'étrangers sans autorisation.
8) Arrêté le 27 juin 2012, M. A_ a été condamné, par jugement du Tribunal criminel du 10 octobre 2014, à une peine privative de liberté de sept ans pour tentative d'assassinat. Sur appel du MP, la chambre pénale d'appel et de révision (ci-après : la chambre pénale) a fixé la peine privative de liberté à neuf ans, sous déduction de la détention subie avant jugement.
Sur recours du MP, le Tribunal fédéral a annulé cet arrêt le 5 juillet 2017 considérant que la peine infligée procédait d'une clémence excessive.
Le 27 décembre 2017, la chambre pénale, statuant à nouveau, a condamné M. A_ à une peine privative de liberté de douze ans, pour tentative d'assassinat. Cette décision est définitive et exécutoire. La fin de l'exécution de cette peine était prévue le 11 décembre 2023.
9) Le 5 juillet 2018, l'OCPM a informé M. A_ qu'il entendait suggérer au département de la sécurité, devenu depuis lors le département de la sécurité, de l'emploi et de la santé (ci-après : le département), de révoquer son autorisation d'établissement et de le renvoyer de Suisse. Au vu de sa condamnation pénale, il y avait un intérêt public prépondérant à l'éloigner de la Suisse.
10) Par courriers des 20 septembre et 16 novembre 2018, M. A_ s'est opposé à cette révocation.
11) Le 6 décembre 2018, le département a révoqué l'autorisation d'établissement de M. A_, lequel devrait quitter la Suisse dès sa sortie de prison.
12) Le 25 janvier 2019, M. A_ a saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d'un recours contre cette décision, reprenant et développant les éléments de sa situation personnelle, son évolution en prison ainsi que ses projets d'avenir.
13) Le TAPI, après instruction, a rejeté le recours de M. A_ par jugement du 9 septembre 2019.
14) Le 10 octobre 2019, M. A_ a saisi la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d'un recours contre le jugement précité.
15) Par jugement du 29 novembre 2019, le Tribunal d'application des peines et des mesures a ordonné la libération conditionnelle de M. A_ pour le 9 décembre 2019, constatant que tous les préavis requis étaient favorables et que la procédure ne contenait aucun élément permettant de les contredire.
16) Après instruction de la cause, la chambre administrative a, par arrêt
ATA/409/2020
du 30 avril 2020, annulé le jugement du TAPI du 9 septembre 2019 et la décision du département du 6 décembre 2018 et prononcé un avertissement à l'encontre de M. A_. Vu l'issue du recours, aucun émolument n'a été perçu et une indemnité de procédure de CHF 1'000.- a été allouée à M. A_.
17) Des suites du recours formé par le département contre cette décision, le Tribunal fédéral l'a, par arrêt
2C_467/2020
du 17 novembre 2020, admis, a annulé la décision entreprise et a retourné la cause à la chambre de céans pour qu'elle statue sur les frais et dépens de la procédure antérieure.
Le Tribunal fédéral a en substance retenu qu'il n'existait pas de circonstances exceptionnelles propres à contrebalancer le passé pénal de l'intimé, dont l'extrême gravité ne pouvait être niée, et qui seules auraient permis de faire primer son intérêt privé à demeurer en Suisse sur l'intérêt public à l'y éloigner. C'était donc à tort que l'autorité précédente a considéré que la mesure de révocation de l'autorisation d'établissement de l'intéressé était disproportionnée.
18) Les parties ont partant été interpellées par la chambre de céans sur la seule question des frais et de l'indemnité de procédure.
a. Le département a, par observations du 10 décembre 2020, estimé que l'émolument devait être mis à charge de M. A_ qui ne devait par ailleurs se voir allouer aucune indemnité de procédure.
b. Le 14 décembre 2020, M. A_ a conclu à ce qu'aucuns frais ne soient mis à sa charge, compte tenu notamment de sa situation financière. « La Ville » ayant agi en personne, aucuns dépens ne devaient lui être alloués.
Le 15 décembre 2020, M. A_ a relevé que le Tribunal fédéral avait certes annulé l'arrêt de la chambre administrative du 30 avril 2020, mais n'avait pas ordonné le renvoi du dossier à la juridiction cantonale, en particulier pour statuer sur les frais et dépens. Dès lors, la chambre de céans ne pouvait pas modifier les décisions y relatives contenues dans son arrêt.
19) La cause a été gardée à juger le 17 décembre 2020.

## Considerations

EN DROIT
1) La chambre de céans s'est déjà prononcée sur la recevabilité du recours dans l'
ATA/409/2020
précité, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y revenir.
2) En application du principe de l'autorité de l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral, l'autorité cantonale à laquelle la cause est renvoyée par celui-ci est tenue de fonder sa nouvelle décision sur les considérants de droit de l'arrêt du Tribunal fédéral. Elle est ainsi liée par ce qui a déjà été définitivement tranché par le Tribunal fédéral et par les constatations de fait qui n'ont pas été attaquées devant lui ou l'ont été sans succès. La motivation de l'arrêt de renvoi détermine dans quelle mesure la cour cantonale est liée à la première décision, décision de renvoi qui fixe aussi bien le cadre du nouvel état de fait que celui de la nouvelle motivation juridique (arrêt du Tribunal fédéral
6B_207/2018
du 15 juin 2018 consid. 1.1 et les références citées ;
ATA/1221/2018
du 13 novembre 2018 consid. 2).
3) En l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, le Tribunal fédéral, dans son arrêt du 17 novembre 2020, a bien renvoyé la cause à la chambre de céans, ce qui figure à la dernière phrase de son considérant 5, ainsi qu'au ch. 3 du dispositif, pour procéder à une nouvelle répartition des frais et dépens de la procédure qui s'est déroulée devant elle.
Il convient donc de statuer à nouveau sur ce point.
En définitive, le recourant échoue dans son recours contre le jugement du TAPI du 9 septembre 2019 ayant confirmé la décision du département du 6 décembre 2018 révoquant son autorisation d'établissement et ordonnant son renvoi de Suisse dès sa sortie de prison.
4) Nonobstant l'issue du litige, dans la mesure où il plaide au bénéfice de l'assistance juridique, il ne sera pas condamné au paiement d'un émolument (art. 87 al. 1 LPA et 13 al. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA -
E 5 10.03
). Aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée, pas plus qu'au département qui dispose de son propre service juridique (art. 87 al. 2 LPA).
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