# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 52157bbe-dbcf-50a3-99d4-20d064bb665f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement du 19 février 2009, notifié le 25 du même mois à Y_ SA, le Tribunal de première instance a ordonné sa dissolution (chiffre 1 du dispositif), a prescrit que cette société porterait désormais la raison sociale de Y_ SA, EN LIQUIDATION (ch. 2), a nommé Me C_ , avocat, en qualité de liquidateur (ch. 3) et a condamné Y_ SA en tous les dépens, y compris une indemnité de procédure de 25'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de X_ (ch. 4).
Par acte déposé le 27 mars 2009 au greffe de la Cour, Y_ SA appelle de ce jugement, sollicitant son annulation. Elle conclut principalement au déboutement de X_ de toutes ses conclusions. Subsidiairement, elle requiert la condamnation de X_ à vendre à B_ et à A_ l'intégralité de ses actions de Y_ SA à un prix fixé d'un commun accord ou, à défaut, par la Cour sur la base d'une expertise qu'elle aura ordonnée. Elle produit notamment un courrier du 25 mars 2009 du conseil de B_ aux termes duquel ce dernier s'opposait à la dissolution de Y_ SA et prenait favorablement acte de l'appel qui serait formé.
X_ conclut à la confirmation du jugement entrepris.
Lors des plaidoiries du 29 septembre 2009, les parties ont persisté dans leurs conclusions.
B.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure :
a)
Y_ SA, avec siège à Genève, a pour but notamment la location et la gérance d'immeubles, l'exploitation de meublés et d'hôtels. A Genève, elle est propriétaire d'un immeuble sis rue _ et d'autres situés à la rue _ dans l'un desquels elle exploite une résidence hôtelière. Y_ SA est également propriétaire de biens fonds sis dans les cantons de Neuchâtel et du Valais.
Actuellement
,
son capital-actions se compose de 100 actions nominatives de 1'000 fr.
L'art. 15 des statuts de Y_ SA prescrit : "
L'Assemblée générale est convoquée vingt jours au moins avant la date de la réunion, par lettre recommandée envoyée à tous les actionnaires, si ceux-ci sont connus ou par avis inséré dans les organes officiels.
"
b)
X_ est mariée à D_ qui a pour frère E_ , ce dernier étant le père de A_ .
Par contrat du 13 janvier 1996, X_ et A_ ont acheté la totalité du capital-actions de Y_ SA à F_ , le beau-frère de E_ .
B_ a acheté sa participation dans le capital-actions à X_ et A_ par convention du 11 juillet 1997. Depuis lors, X_ , A_ et B_ sont propriétaires respectivement à concurrence 32%, 32 % et 36% du capital-actions.
c)
Par ordonnance du 18 décembre 1998, le Tribunal tutélaire a prononcé la mise sous conseil légal combiné de B_ . Se fondant sur une expertise judiciaire, le Tribunal a considéré qu'il était incapable de gérer ses affaires pour cause de maladie mentale.
B_ demeurant par la suite à _ (France), le Juge des tutelles du Tribunal d'Instance de _, par jugement du 26 février 2004, a prononcé sa mise sous curatelle d'Etat renforcée, considérant, sur la base d'éléments médicaux, qu'il présentait une altération de ses facultés mentales nécessitant qu'il soit conseillé ou contrôlé dans les actes de la vie civile.
Les parties admettent qu'au terme de la procédure judiciaire française, B_ a été libéré de toutes mesures tutélaires.
Entendu à titre de renseignement dans la présente procédure, D_ a déclaré que son frère avait un ascendant sur B_ , lui faisant faire ce qu'il voulait. Dûment convoqué à deux reprises dans la présente procédure, B_ n'a pas comparu.
d)
F_ a été l'administrateur unique de Y_ SA jusqu'au 31 octobre 2000. X_ et A_ ont été ensuite inscrits au Registre du commerce en qualité d'administrateurs de Y_ SA, avec signature collective à deux jusqu'au 6 novembre 2001.
X_ est restée inscrite comme administratrice unique jusqu'au 1er décembre 2004 et A_ a été à nouveau inscrit le 9 février 2005 comme seul administrateur. De 1991 à 2004, D_ a été actif au service de la société en qualité de mandataire.
e)
X_ a contesté les décisions de plusieurs assemblées générales des actionnaires de Y_ SA.
Par jugement par défaut du 4 mars 2003, non frappé d'opposition,
le Tribunal de première instance, statuant sur la demande de X_ , a constaté la nullité de la décision de l'assemblée générale des actionnaires de Y_ SA du 29 novembre 2002 nommant A_ au poste de directeur et a annulé la décision de la même assemblée nommant G_ administrateur en lieu et place de X_ .
En sa qualité d'administratrice, X_ a convoqué A_ et B_ à l'assemblée générale ordinaire des actionnaires de Y_ SA du 14 novembre 2003 par courriers recommandés. Elle a également procédé à la convocation par publication dans la FOSC. Lors de cette assemblée, B_ était assisté de son conseil légal. Toutes les décisions de cette assemblée ont été prises à la majorité formée par les voix de A_ et B_ , X_ s'y opposant. Par jugement par défaut du 2 septembre 2004, statuant sur la demande de X_ , le Tribunal de première instance a constaté la nullité de la décision de ladite assemblée nommant H_ au poste de directeur, a annulé la décision de cette assemblée nommant A_ à la fonction d'administrateur unique et a constaté que X_ demeurait administratrice. Ce jugement a été frappé d'opposition.
X_ a démissionné de ses fonctions d'administratrice le 11 novembre 2004.
Saisi le 15 décembre 2004 par X_ d'une demande en constatation de la nullité et en annulation des décisions de l'assemblée générale du 22 novembre 2004 refusant notamment son élection au poste d'administratrice et nommant A_ aux fonctions d'administrateur unique, le Tribunal de première instance a ordonné la jonction de cette cause avec celle relative à l'assemblée générale du 14 novembre 2003.
Inscrit entretemps au registre du commerce en qualité d'administrateur, A_ a convoqué l'assemblée générale ordinaire des actionnaires de Y_ SA du 26 août 2005 par publication dans la FOSC du 4 août 2005. En réponse à X_ qui sollicitait le 13 octobre 2005 la tenue urgente d'une assemblée générale ordinaire, Y_ SA a indiqué, par courrier du 25 octobre 2005, que l'assemblée s'était tenue à la date précitée. Par courrier du 29 octobre 2005, X_ a sollicité en vain de Y_ SA la copie des comptes relatifs à l'exercice 2004, de l'ordre du jour et du procès-verbal relatif à cette assemblée.
Dans la procédure en contestation des décisions prises lors des assemblées générales des 14 novembre 2003 et 22 novembre 2004 devant le Tribunal de première instance, X_ a sollicité en outre la constatation de la nullité respectivement l'annulation des décisions de l'assemblée générale du 29 novembre 2002, la constatation de la nullité de celles de l'assemblée du 26 aout 2005 au motif qu'elle n'avait pas été convoquée selon la forme statutaire, et, subsidiairement, la dissolution de la société pour justes motifs.
Par jugement du 23 mars 2006, le Tribunal a constaté la validité des décisions des assemblées générales ayant eu lieu en 2003 et 2004 et nommant A_ aux fonctions d'administrateur. B_ avait en effet la qualité d'actionnaire dès lors que la convention du 11 juillet 1997 n'avait été remise en question ni par son conseil légal, ni par son curateur. Ainsi, ces décisions avaient été prises à la majorité de 68% des voies représentées. Par ailleurs, le Tribunal a constaté la nullité de la décision de l'assemblée générale du 14 novembre 2003 nommant H_ au poste de directeur s'agissant d'une compétence du conseil d'administration. En outre, le Tribunal a déclaré irrecevables les conclusions de X_ relatives à l'assemblée du 29 novembre 2002 du fait qu'elles étaient déjà l'objet d'un jugement entré en force. Il en allait de même de celles en constatation de la nullité des décisions de l'assemblée générale du 26 août 2005 et en dissolution de la société, dès lors qu'elles n'avaient pas été déposées en temps utile après la connaissance des faits nouveaux qui les motivaient.
f)
Par la suite,
les décisions des assemblées générales n'ont pas été attaquées par X_ .
Les assemblées générales ordinaires des 15 décembre 2006 et 18 décembre 2007 ont été convoquées par avis publiés dans la FOSC. X_ n'a ni participé ni été représentée à la première de ces assemblées, mais a demandé à Y_ SA le 8 janvier 2007 une copie du procès-verbal y relatif, ainsi que des comptes au 31 décembre 2005, lui fixant un délai au 12 décembre 2007 à cet effet. Cette demande est restée vaine. En revanche, X_ a été représentée, par son mari et son conseil, lors de la seconde assemblée, y faisant valoir qu'elle n'avait pas été convoquée auxdites assemblées selon la forme statutaire. B_ y était assisté par son avocat français. Toutes les décisions de cette assemblée ont été prises à la majorité des voix formée par A_ et B_ , X_ s'y opposant. Tous les actionnaires ont toutefois décidé que la société répondrait par écrit aux questions déposées par X_ . Le 14 janvier 2008, cette dernière a sollicité la réponse à ses questions et la copie du procès-verbal de l'assemblée. Y_ SA a répondu aux questions de X_ par courrier du 29 octobre 2008, mais ne lui a pas transmis une copie du procès-verbal.

## Considerations