# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 878abe00-5fc1-564f-a3ff-9e7f830849ca
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur X_, né en _, a été engagé, le 1
er
novembre 1999, en qualité d’ingénieur système informatique par le Centre d’intégration professionnelle (ci-après : CIP).
2. Le 1
er
janvier 2008, M. X_ a été rattaché au secteur informatique des Etablissements publics pour l’intégration (ci-après : EPI) avec lesquels le CIP avait été fusionné.
3. M. X_ a été absent, pour cause de maladie, depuis le 7 janvier 2008.
4. Le 25 février 2009, l’intéressé a sollicité des EPI l’octroi, à partir du 1
er
janvier 2010, d’une rente de retraite anticipée (ci-après : PLEND) au sens de la loi instaurant des mesures d’encouragement à la retraite anticipée du 15 décembre 1994 (
B 5 20
- LERA).
5. Parallèlement, des démarches ont été entreprises auprès de l’office de l’assurance-invalidité ainsi qu’auprès de la caisse de prévoyance professionnelle des EPI afin que M. X_ ne se retrouve pas, au terme du droit aux indemnités pour cause de maladie, sans ressources.
6. Le 17 mars 2010, les EPI ont résilié les rapports de service avec M. X_ pour le 30 juin 2010. Son droit aux indemnités pour incapacité de travail était terminé. Le médecin-conseil avait émis un préavis médical constatant que l’incapacité de travail était durable. Il n'y avait plus lieu de poursuivre les rapports de service puisqu'il existait une disparition durable du motif d'engagement.
7. Le 22 mars 2010, M. X_ a demandé aux EPI de confirmer que s’il n’était pas mis au bénéfice d’une rente d’invalidité à partir du 6 janvier 2010, il pourrait bénéficier du PLEND.
8. Le 6 avril 2010, les EPI ont refusé d’accorder à M. X_ le PLEND dès lors que l’octroi de ce dernier ne suivrait pas directement une période d’activité professionnelle.
9. Le 16 avril 2010, M. X_ a saisi le Tribunal administratif, devenu depuis lors, la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), d’un recours contre la décision précitée du 17 mars 2010.
10. Le 10 mai 2010, M. X_ a saisi le Conseil d’Etat et le Tribunal administratif d’un recours contre la décision des EPI refusant de lui octroyer le PLEND (A/1671/2010).
11. Par décision du 30 juillet 2010, le Tribunal administratif a suspendu les deux procédures dont il était saisi, jusqu’à droit jugé par le Conseil d’Etat dans la cause pendante devant lui.
12. Par arrêté du 3 novembre 2010, le Conseil d’Etat a rejeté le recours formé par M. X_ dans la mesure de sa recevabilité. L’intéressé ne pouvait bénéficier du PLEND dès lors qu’il recevait une rente provisoire complète d’une caisse de prévoyance depuis le mois de février 2010.
13. Le 6 décembre 2010, M. X_ a saisi le Tribunal administratif d’un recours contre l’arrêté du Conseil d’Etat précité (A/4167/2010).
Dite procédure a été jointe à celle déjà ouverte devant le Tribunal administratif concernant le refus de PLEND.
14. Après avoir entendu les parties en audience de comparution personnelle le 24 janvier 2011, le juge délégué a suspendu les deux causes jusqu’à droit connu dans la procédure pendante devant l’assurance-invalidité.
15. Le 17 novembre 2011, les EPI ont informé le juge délégué que l’office cantonal des assurances sociales (ci-après : OCAS) avait décidé d’octroyer une rente entière ordinaire d’invalidité à M. X_ avec effet dès le 1
er
septembre 2009. L’intéressé ne pouvait dès lors plus être mis au bénéfice du PLEND ni contester le congé qui lui avait été signifié le 17 mars 2010. Les deux causes pendantes devant la chambre administrative n’avaient plus d’objet.
16. Le 16 décembre 2011, M. X_ a retiré le recours concernant le PLEND, tout en ne partageant pas la motivation de l’arrêté du Conseil d’Etat du 3 novembre 2010.
La chambre administrative devait constater, « avec suite de dépens », que le congé était nul car notifié plus de six mois après que les rapports de service avaient pris fin par l’octroi d’une rente d’invalidité.
17. Par décision du 20 décembre 2011, le juge délégué a prononcé la reprise de la procédure (A/1327/2010) concernant le licenciement, qu’elle a gardée à juger.
Par décision du même jour, elle a rayé du rôle la cause concernant le PLEND (
ATA/791/2011
).

## Considerations

EN DROIT
1. Depuis le 1
er
janvier 2011, suite à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), l'ensemble des compétences jusqu'alors dévolues au Tribunal administratif a échu à la chambre administrative, qui devient autorité supérieure ordinaire de recours en matière administrative (art. 132 LOJ).
Les procédures pendantes devant le Tribunal administratif au 1
er
janvier 2011 sont reprises par la chambre administrative (art. 143 al. 5 LOJ). Cette dernière est ainsi compétente pour statuer.
2. Interjeté en temps utile devant la juridiction alors compétente, le recours est recevable de ce point de vue (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - aLOJ ; 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
) dans sa teneur au 31 décembre 2010.
3. a. Aux termes de l'art. 60 let. b LPA, ont qualité pour recourir toutes les personnes qui sont touchées directement par une décision et ont un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée.
b. Selon la jurisprudence, le recourant doit avoir un intérêt pratique à l'admission du recours, soit que cette admission soit propre à lui procurer un avantage, de nature économique, matérielle ou idéale (ATF
121 II 39
consid. 2 c/aa p. 43 ; Arrêt du Tribunal fédéral
1A.47/2002
du 16 avril 2002, consid. 3 ;
ATA/146/2009
du 24 mars 2009).
c. Un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à obtenir l’annulation de la décision attaquée (ATF
135 I 79
consid. 1 p. 81 ;
128 II 34
consid. 1b p. 36 ; Arrêt du Tribunal fédéral
1C.133/2009
du 4 juin 2009 consid. 3 ; H. SEILER, Handkommentar zum Bundesgerichtsgesetz [BGG], Berne 2007, n. 33
ad
art. 89 LTF p. 365 ; K. SPUHLER/A. DOLGE/D. VOCK, Kurzkommentar zum Bundesgerichtsgesetz [BGG], Zurich/St-Gall 2006, n. 5
ad
art. 89 LTF p. 167). L’existence d’un intérêt actuel s’apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du prononcé de la décision sur recours ; s’il s’éteint pendant la procédure, le recours, devenu sans objet, doit être simplement radié du rôle (ATF
125 V 373
consid. 1 p. 374 ;
118 Ib 1
consid. 2 p. 7 ; Arrêt du Tribunal fédéral
1C.76/2009
du 30 avril 2009 consid. 2 ;
ATA/175/2007
du 17 avril 2007 consid. 2a ;
ATA/915/2004
du 23 novembre 2004 consid. 2b) ou déclaré irrecevable (ATF
123 II 285
consid. 4 p. 286 et ss ; Arrêt du Tribunal fédéral
1C.69/2007
du 11 juin 2007 consid. 2.3 ;
ATA/192/2009
du 21 avril 2009 ;
ATA/224/2012
du 17 avril 2012).
4. En l'espèce, il ressort de la procédure que, depuis le prononcé de la décision de licenciement litigieuse, M. X_ a en premier été mis au bénéfice d'une rente provisoire complète de sa caisse prévoyance professionnelle puis d'une rente complète de l'assurance-invalidité, ce qui démontre qu'il était définitivement incapable de travailler lors de la résiliation de son contrat de travail le 17 mars 2010.
Dans ces circonstances, il a perdu tout intérêt au recours et ce dernier sera déclaré irrecevable.
5. Au vu de cette issue, aucune indemnité de procédure ne sera allouée au recourant. Pour tenir compte de l'ensemble des circonstances, aucun émolument ne sera mis à sa charge (art. 87 LPA).
* * * * *