# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 679544b7-df96-52ac-a4f1-c00339164547
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par ordonnance pénale n° 1_, notifiée par pli recommandé du 10 août 2018, il est reproché à A_ d'avoir, le 9 avril 2018 à 10h49, à la rue _ à Genève, avec le véhicule B_ immatriculé 3_, omis d'enclenché le parcomètre (art. 27 al. 1 de de la Loi sur la circulation routière du 19 décembre 1958 [LCR -
RS 741.01
] et art. 48 al. 6 de l'Ordonnance sur la signalisation routière du 5 septembre 1979 [OSR ;
RS 741.21
]).
Cette ordonnance a été notifiée le 16 août 2018 et n'a pas été frappée d'opposition dans le délai de 10 jours de l'art. 354 al. 1 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP -
RS 312.0
) et est entrée en force.
Dans un courrier du 14 novembre 2018, A_ a toutefois déjà fait valoir auprès du SDC qu'elle faisait l'objet d'une usurpation d'immatriculation.
b.
Par ordonnance pénale n° 2_, notifiée par pli recommandé du 15 août 2018, il est reproché à A_ d'avoir, le 20 avril 2018 à 11h20, à la route _ au _ (GE), avec le véhicule B_ immatriculé 3_, stationné à un endroit où une interdiction de parquer est signalée (art. 27 al. 1 LCR et art. 30 al. 1 OSR) et de n'avoir pas observé le signal de prescription Interdiction générale de circuler dans les deux sens (art. 27 al. 1 LCR et art. 18 al. 1 OSR).
A_ a contesté cette seconde ordonnance pénale par courrier du 28 septembre 2018, exposant être victime d'une usurpation de plaques d'immatriculation depuis 2017, copie de sa plainte pénale à l'appui.
Le SDC a rendu le 2 novembre 2018 une ordonnance sur opposition tardive, exposant que l'ordonnance du 15 août 2018 avait été notifiée le 27 août suivant de sorte que l'opposition avait été faite hors délai de 10 jours prévu par le CPP.
Statuant ensuite de sa saisine par le SDC, le Tribunal de police a, par ordonnance du 22 janvier 2019 rendu dans la P/4_/2018, constaté l'irrecevabilité de l'opposition formée par A_ pour cause de tardiveté et dit que l'ordonnance n° 2_ était assimilée à un jugement entré en force.
c.
A_ a écrit une nouvelle fois le 6 février 2019 au SDC qui lui a alors indiqué qu'elle devait procéder par la voie du recours en révision.
B. a.
Par acte adressé le 26 février 2019 à la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR), A_ demande la révision des ordonnances pénales n° 1_ et 2_.
A l'appui de sa demande, A_, domiciliée à _ (France), commune située dans le département de _ (France) à environ 220 km de Genève par la route, fait en substance valoir avoir été victime d'une usurpation de plaques d'immatriculation. Elle produit copie de la plainte déposée le 3 mars 2017 à la gendarmerie française, dont il ressort qu'elle utilisait son véhicule B_ immatriculé 3_ dans le cadre de son travail et se déplaçait uniquement sur la commune de _ (France), dans le département de _ (France). Elle produit également copie de documents attestant d'une nouvelle immatriculation 5_, obtenue le 6 novembre 2018 pour le véhicule B_, en raison, selon ses explications, de cette usurpation d'immatriculation.
b.
Devant la CPAR, le SDC et le Ministère public s'en rapportent à justice sur la demande de révision de A_.
c.
Les parties ont été informées par courrier du 26 avril 2019 que la cause était gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
1.1.
La CPAR est l'autorité compétente en matière de révision (art. 21 al. 1 let. b du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 [CPP -
RS 312.0
] cum art. 130 al. 1 let. a de la loi d'organisation judiciaire [LOJ -
E 2 05
]). Seules des contraventions faisant l'objet des ordonnances attaquées et la demande de révision ne visant pas une déclaration de culpabilité pour un crime ou un délit, la direction de la procédure statue (art. 129 al. 4 LOJ).
1.2.
La demande de révision a été déposée dans la forme prescrite et, reposant sur des faits ou moyens de preuves nouveaux au sens de l'art. 410 al. 1 let. a CPP, n'est soumise à aucun délai (art. 411 CPP).
Les ordonnances pénales qu'elle vise sont assimilées à des jugements entrés en force dans la mesure où elles n'ont pas été frappées d'opposition dans le délai légal (art. 354 al. 3 CPP).
La demande de révision est ainsi recevable.
2. 2.1.
Cette demande est fondée sur les dispositions de l'art. 410 al. 1 let. a CPP qui permet à toute personne lésée par un jugement ou une ordonnance pénale entrés en force d'en demander la révision s'il existe des faits ou des moyens de preuve qui étaient inconnus de l'autorité inférieure et qui sont de nature à motiver l'acquittement ou une condamnation sensiblement moins sévère du condamné.
Cette disposition reprend la double exigence posée par l'art. 385 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP -
RS 311.0
), selon laquelle les faits ou moyens de preuve invoqués doivent être nouveaux et sérieux (cf. Message relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 1303 ad art. 417 [actuel art. 410 CPP]). Les faits ou moyens de preuve sont inconnus lorsque le juge n'en a pas eu connaissance au moment où il s'est prononcé, c'est-à-dire lorsqu'ils ne lui ont pas été soumis sous quelque forme que ce soit (ATF
137 IV 59
consid. 5.1.2 p. 66 ss). Les faits ou moyens de preuve sont sérieux lorsqu'ils sont propres à ébranler les constatations de fait sur lesquelles se fonde la condamnation et que l'état de fait ainsi modifié rend possible un jugement sensiblement plus favorable au condamné (ATF
130 IV 72
consid. 1 p. 73). Le fait que le recourant a eu connaissance des faits ou moyens de preuve au moment du jugement de condamnation n'importe pas (ATF
130 IV 72
consid. 2.2 p. 74 ; ATF
116 IV 353
consid. 3a p. 357 ; ATF
69 IV 134
consid. 4 p. 138).
2.2.
En l'espèce, la requérante a fourni à l'appui de sa demande en révision des moyens de preuve inconnus du SDC au moment du prononcé des deux ordonnances pénales litigieuses, soit la preuve d'un dépôt de plainte pour usurpation d'immatriculation et le nouveau certificat d'immatriculation de sa voiture. Ce changement d'immatriculation corrobore l'allégation d'usurpation de plaques, aucune autre raison à ce changement ne ressortant du dossier.
Il ressort en outre de ses explications que la demanderesse vit et travaille à plus de 200km de Genève. Elle affirme n'avoir jamais circulé en Suisse avec le véhicule concerné, ce que rien dans le dossier ne contredit.
Ces éléments suffisent pour considérer qu'elle n'est pas l'auteur des contraventions et qu'il y a eu soit une erreur de la part de l'agent verbalisateur, qui aurait mal retranscrit le numéro d'immatriculation, soit une usurpation de plaques, comme le soutient la demanderesse.
3.
La requête ayant été admise, il ne sera pas perçu de frais (art. 428 CPP a contrario).
* * * * *