# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 088f1289-01eb-4c0b-a5c6-9e9d8fc27e73
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Faits:
A. Le 11 mai 2015, INTERPOL United Nations Interim Administration Mission
in Kosovo a diffusé une demande d’arrestation en vue d’extradition à
l’encontre de A., ressortissant kosovar, aux fins d’exécuter une peine
privative de liberté d’un an et cinq mois – avec un reliquat de peine à purger
d’un an, deux mois et seize jours – à laquelle celui-ci avait été condamné le
23 septembre 2011 par la Cour départementale de Pristina, pour des vols de
voitures perpétrés dans cette ville en août et novembre 2008 (act. 1.4).
B. Entendu le 27 juillet 2015 par le Ministère public central du canton de Vaud
sur mandat de l’Office fédéral de la justice (ci-après : l’OFJ), le prénommé,
qui purgeait alors une peine privative de liberté prononcée à son encontre
par les autorités pénales vaudoises, s’est opposé à son extradition vers le
Kosovo selon une procédure simplifiée (act. 1.5).
C. Le 14 août 2015, l’Ambassade du Kosovo à Berne a formellement requis
l’extradition de A. vers le Kosovo (act. 1.6).
D. Le 19 août 2015, l’OFJ a émis un mandat d’arrêt en vue d’extradition à
l’encontre de l’intéressé (act. 1.7).
E. Le 25 août 2015, A. a de nouveau contesté son extradition vers le Kosovo.
Il a refusé de signer ledit mandat d’arrêt (act. 1.8).
F. Le 17 novembre 2015, l’OFJ a sollicité des autorités kosovares, qui se sont
exécutées le 1er décembre suivant, la remise de garanties diplomatiques,
relatives notamment aux conditions de détention et à la prise en charge
médicale adéquate de l’intéressé en cas d’extradition vers le Kosovo
(act. 1.10 et 1.11).
G. Le 21 décembre 2015, l’OFJ a demandé aux autorités kosovares que les
garanties fournies soient complétées, ce qui a été fait le 24 décembre suivant
(act.1.13).
H. Le 28 décembre 2015, A. a terminé l’exécution de la peine privative de liberté
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à laquelle il avait été condamnée dans le canton de Vaud. Depuis lors, il est
détenu en vue d’extradition (cf. act. 1.1, n° 14).
I. Le 26 janvier 2016, les autorités kosovares ont fourni de nouvelles garanties
diplomatiques (act. 1.17).
J. Par décision du 28 janvier 2016, l’OFJ a accordé l’extradition de A. au
Kosovo pour les faits figurant dans la demande formelle d’extradition du
14 août 2015, complétée les 1er et 24 décembre 2015, ainsi que le 26 janvier
2016 (act. 1.1).
K. Par mémoire du 26 février 2016, A. interjette un recours contre cette
décision, dont il demande l’annulation. Il conclut au rejet de la demande
d’extradition du 14 août 2015, éventuellement à ce que la cause soit
renvoyée à l’OFJ pour nouvelle décision après la mise en œuvre d’une
instruction complémentaire. Il demande également à ce que son dossier
médical, en mains du Service de médecine et psychiatrie pénitentiaire de la
prison Z., soit versé au dossier de la cause (act. 1).
L. Le 2 mars 2016, A. sollicite l’octroi de l’assistance judiciaire gratuite (dossier
RP.2016.10, act. 1).
M. Dans sa réponse au recours, du 4 mars 2016, l’OFJ conclut au rejet de celui-
ci (act. 5).
N. Par réplique du 1er avril 2016, le recourant maintient ses conclusions.
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.
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## Considerations

La Cour considère en droit:
1. L'entraide judiciaire entre le Kosovo et la Confédération suisse est régie par
la loi fédérale sur l’entraide internationale en matière pénale
(EIMP;RS 351.1), ainsi que son ordonnance d'exécution (OEIMP;
RS 351.11; cf. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2010.233 du 4 avril 2011,
consid. 1.1 et la jurisprudence citée).
2. La décision par laquelle l’OFJ accorde l’extradition (art. 55 al. 1 EIMP) peut
faire l’objet d’un recours devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral (art. 55 al. 3 EIMP, en lien avec les art. 25 EIMP et 50 al. 1 de la loi
fédérale sur la procédure administrative [PA; RS 172.021]). La personne
extradée a qualité pour recourir au sens de l’art. 21 al. 3 EIMP (ATF 122 II
373 consid. 1b; 118 Ib 269 considw. 2d). Formé dans les trente jours à
compter de la notification de la décision d’extradition, le recours est
formellement recevable (cf. art. 80k EIMP).
3.
3.1 Le recourant dénonce en premier lieu une violation de l’art. 37 al. 3 EIMP.
Les autorités du Kosovo n’auraient pas garanti qu’il ne serait pas soumis à
un traitement portant atteinte à son intégrité corporelle. Aussi, les réquisits
posés par cette disposition légale ne seraient-ils pas satisfaits, d’autant qu’il
souffrirait de troubles psychiques et aurait été l’objet de menaces.
3.2
3.2.1 Aux termes de l’art. 37 al. 3 EIMP, l’extradition est refusée, notamment, si
l’Etat requérant ne donne pas la garantie que la personne poursuivie ne sera
pas soumise à un traitement portant atteinte à son intégrité corporelle.
3.2.2 Afin de parer le danger que l'extradable soit exposé à des mauvais
traitements dans l'Etat requérant, une pratique internationale a été instaurée,
qui permet à l'Etat requis de subordonner l'octroi de la coopération à la
présentation de garanties diplomatiques (cf. par exemple ZIMMERMANN, La
coopération judiciaire internationale en matière pénale, 4e éd. 2014, n° 654
p. 666, et les références citées).
3.2.3 Aux termes de l’art. 28 al. 5 EIMP, les demandes émanant d'un Etat étranger
et leurs annexes doivent être présentées en allemand, en français ou en
italien, ou seront accompagnées d'une traduction dans l'une de ces langues.
Les traductions doivent être officiellement certifiées conformes.
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3.3 Il résulte de cette dernière disposition légale que des garanties
diplomatiques fournies en langue allemande, comme en l’espèce (act. 1.19),
sont formellement admissibles. Aussi, l’argumentation du recourant,
entièrement fondée sur la prémisse contraire, tombe-t-elle à faux. C’est le
lieu de préciser que les documents remis à l’OFJ correspondent quant à leur
contenu aux garanties usuelles en matière d’extradition et se réfèrent,
notamment, à l’intégrité psychique de l’extradable. Quant au fait que l’écrit
en cause ne prémunirait pas le recourant contre d’éventuelles violences
consécutives à des menaces proférées à son encontre, il est dénué de toute
pertinence, dès lors que ces dernières sont, de l’aveu même de l’intéressé,
l’œuvre de personnes privées (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1A.189/1986 du
1er octobre 1986, consid. 2, cité par ZIMMERMANN [op. cit., ibidem]; arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2016.298 du 12 janvier 2016, consid. 3.3.1 et les
références citées).
4. Le recourant invoque encore, implicitement, une violation de l’art. 53 EIMP.
Il affirme, en se fondant sur un jugement rendu contre lui en France, qu’il se
trouvait dans ce pays et non au Kosovo au moment où se sont déroulés les
faits décrits dans la demande d’extradition.
Ce moyen est d’emblée mal fondé. En effet, pour que l’alibi au sens de cette
disposition légale soit admis, il faut que le fait allégué à ce titre conduise
inéluctablement à ce que la personne soit reconnue innocente dans l’Etat
requérant (ZIMMERMANN, op. cit., n° 674 p. 691). Or, tel n’est manifestement
pas le cas en l’espèce, dès lors que le recourant a été condamné en France
pour des faits qu’il a commis dans ce pays en 2010 (act. 1.23), alors que le
jugement rendu au Kosovo concerne comme on l’a vu (let. A) des vols
perpétrés en 2008.
5.
5.1 A l’appui de ses conclusions tendant à ce que la cause soit renvoyée à l’OFJ
pour nouvelle décision après la mise en œuvre d’une instruction
complémentaire, respectivement à ce que son dossier médical soit versé à
celui de la cause, le recourant invoque son état de santé. Cet état
s’opposerait à l’extradition.
5.2 Une personne est réputée incapable de subir une détention lorsqu’il faut
admettre avec certitude ou avec une grande probabilité, que la détention
mettrait en danger sa vie ou sa santé. Ce principe – qui vaut en cas de risque
de suicide – doit être appliqué avec une grande retenue (arrêt du Tribunal
pénal fédéral RR.2015.231, RR.2015.213 du 21 janvier 2016, consid. 6.3.3
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et les références citées).
5.3 Le seul document de nature médicale figurant au dossier est un rapport
rédigé le 19 décembre 2014 – soit plus d’un an avant la date de la décision
litigieuse – par le département de psychiatrie du CHUV (act. 1.21). Celui-ci
a été établi sur la base d’un seul entretien réalisé en présence d’un médecin
psychiatre (ibidem, p. 1) et consacre, au total, moins de trois pages aux
observations cliniques et à la discussion. Il est donc douteux qu’il revête une
quelconque valeur probante. En tout état de cause, ledit rapport ne contient
aucun élément qui permettrait d’établir un lien de causalité entre les
diagnostics posés – un trouble mixte de la personnalité et un trouble
dépressif récurrent, épisode actuel sévère avec symptômes psychotiques –
et la détention du recourant. Une telle hypothèse paraît même bien
improbable, dès lors que selon les auteurs dudit rapport, le trouble dépressif
récurrent existe depuis de nombreuses années. De plus, l’état de santé du
recourant – y compris les tentatives de suicide relatées dans l’écrit en
question – n’a jamais fait obstacle à l’incarcération que celui-ci subit depuis
décembre 2013 et il n’y a pas lieu de penser qu’il devrait en aller autrement
en cas d’extradition, étant rappelé que l’Etat requérant a fourni des garanties
relatives à l’état de santé, y compris psychique, de l’extradable (cf. supra
consid. 3.3). Par ailleurs, le recourant, qui allègue une aggravation de son
état de santé, n’expose aucunement en quoi celle-ci consisterait. Il n’avance
donc pas le moindre indice laissant à penser, au regard de la jurisprudence
précitée, que son état de santé actuel pourrait s’opposer à l’extradition, de
sorte que les conclusions citées en tête du présent considérant doivent être
rejetées.
6. Les considérations qui précèdent conduisent au rejet du recours.
7. Aux termes de l'art. 65 PA, l'octroi de l'assistance judiciaire est subordonné
notamment à la condition que les conclusions prises sur le fond ne soient
pas vouées à l'échec. Or, celle-ci n'est pas remplie en l'espèce. Les motifs
avancés à l'appui du recours se sont en effet avérés infondés à la lumière
de dispositions légales, respectivement de principes jurisprudentiels, clairs
et le recourant n'a pas fait état de circonstances tout à fait particulières qui
pourraient justifier qu'on s'écarte, à titre exceptionnel, de ceux-ci.
L'assistance judiciaire doit partant être refusée.
8. Il s'ensuit que les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté, les
émoluments de chancellerie et les débours seront mis à la charge du
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recourant, qui succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 39
al. 2 let. b LOAP). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de
l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties,
de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP, 5
et 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments,
dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale du 31 août 2010
[RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA). Le recourant supportera ainsi
les frais du présent arrêt qui seront fixés, compte tenu des circonstances, à
CHF 500.--.
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