# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 63e3ccb7-9dad-5779-bbbf-a090a3a8f867
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
que, par mémoire du 3 avril 2017, A._ a introduit devant le Tribunal cantonal une demande en paiement à l’encontre de B._ SA et a conclu, sous suite de frais, à ce que B._ SA soit condamnée, sur la base des art. 19 et 20 de la Loi fédérale sur le droit d’auteur et les droits voisins (LDA; RS 231.1), au paiement, à titre de rémunération pour usage d’œuvres protégées par le droit d’auteur, d’un montant de CHF 61.50 avec intérêt à 5% l’an dès le 13 novembre 2015 pour la période de 2012 à 2014 (recte année 2013 et année 2014), d’un montant de CHF 30.75 avec intérêt à 5% l’an dès le 11 novembre 2015 pour l’année 2015 et d’un montant de CHF 30.75 avec intérêt à 5% l’an dès le 29 juin 2016 pour l’année 2016 ;
qu’elle allègue notamment que le montant de la redevance due par B._ SA a été estimée d’office dès lors qu’elle n’avait pas retourné le questionnaire permettant de procéder à la taxation et que les factures pour les périodes antérieures à 2012 avaient été amorties par la demanderesse ;
que, par courrier du 23 mai 2017, B._ SA a répondu à la demande, alléguant que pour la période jusqu’à l’année 2012 y compris, toutes les factures de A._ avaient été réglées ; elle relève qu’elle a informé A._, en 2012, qu’elle n’avait plus de bureau, ni de copieur, ni de réseau ; en 2016, alors que A._ lui a à nouveau envoyé des factures, elle a une nouvelle fois fait état de sa situation à la demanderesse par courriel, puis ensuite, lors d’un entretien téléphonique avec l’avocat de la demanderesse ; B._ SA conclut ainsi au rejet de la demande ;
que A._ a déposé une réplique en date du 22 janvier 2018 dans laquelle elle conteste que B._ SA l’ait informé qu’elle n’avait plus d’activité ; elle relève en revanche cette fois que pour déterminer le montant des redevances dues par B._ SA, elle s’est fondée sur le questionnaire rempli par la défenderesse le 22 février 2010 puis que le montant des redevances a été adapté ensuite du courriel du 25 avril 2012 de B._ SA l’informant qu’elle n’avait dorénavant plus qu’un employé ; elle admet également que toutes les factures jusque et y compris l’année 2012 avaient été réglées par la défenderesse ;
que par duplique du 26 mars 2018, B._ SA a produit des pièces complémentaires desquelles il ressort qu’elle a quitté les locaux qu’elle louait le 31 octobre 2012, ce qui démontre selon elle qu’elle n’a pas à être soumise aux redevances réclamées ; elle a en outre requis l’octroi d’une indemnité pour le travail consacré à sa défense ;
qu’aux termes de l’art. 5 al. 1 let. a CPC, le droit cantonal institue la juridiction compétente pour statuer en instance cantonale unique sur les litiges portant sur des droits de propriété intellectuelle, y compris en matière de nullité, de titularité et de licences d’exploitations ainsi que de transfert et de violation de tels droits;
que le Tribunal cantonal, plus précisément la 2ème Cour d'appel civil, est l’instance cantonale unique au sens de l’art. 5 CPC (art. 53 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice [LJ; 130.1] et art. 17 al. 2 du règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; 131.11] ;
que les parties ont renoncé à la tenue de débats principaux, comme le prévoit l’art. 233 CPC ;
que la cause est en état d’être jugée de sorte que la Cour peut rendre sa décision ;
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que la société B._ SA, qui a son siège à C._, a pour but développer toutes activités en relation avec le design en général ;
qu’en vertu des art. 19 et 20 LDA, elle est ainsi soumise à l’obligation de payer une rémunération pour l'usage d’œuvres protégées par le droit d’auteur ;
que l'obligation de payer la rémunération prévue par l'art. 20 al. 2 LDA naît dès lors qu'une entreprise dispose d'un appareil permettant de confectionner des reproductions, que ce dernier soit acheté, loué ou fasse l'objet d'un contrat de leasing, respectivement dès qu'elle dispose d'un réseau informatique interne (au moins deux ordinateurs reliés entre eux) sans égard à la question de savoir si des œuvres protégées par le droit d'auteur sont effectivement reproduites (ATF 125 III 147 et TF arrêt 4A_203/2015 du 30 juin 2015 c. 3.4.2);
que le droit à cette rémunération est exercé de manière collective par des sociétés de gestions agréées (art. 20 al. 4 LDA);
qu’en sa qualité de société de gestion agréée, A._ a le droit et le devoir d’établir des tarifs pour les rémunérations (art. 46 LDA), de facturer les droits de rémunération et d’encaisser les rémunérations (art. 44 LDA);
que le montant de la rémunération demandée a été fixé conformément aux tarifs standardisés, appelés « Tarifs communs », établis par les sociétés de gestion au sens de l’art. 46 LDA et approuvés par l’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI); lorsqu’ils sont entrés en vigueur, les tarifs lient le juge (art. 59 al. 3 LDA) ;
que la Cour retient comme établi que la défenderesse œuvre dans une branche professionnelle soumise aux Tarifs communs 8 VI « GT8 » relatifs à la reprographie dans le secteur des services et aux Tarifs communs 9 VI « GT9 » relatifs aux redevances pour réseaux numériques ;
que dans la mesure où l'on peut raisonnablement l'exiger d'eux, les utilisateurs d'œuvres doivent fournir aux sociétés de gestion tous les renseignements dont elles ont besoin pour fixer les tarifs, les appliquer et répartir le produit de leur gestion (art. 51 al. 1 LDA) ;

## Considerations