# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4e153908-b19c-5283-ae49-27613c3e5d43
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
A. Par jugement
JTPH/62/2018
du 8 mars 2018, reçu le lendemain par les parties, le Tribunal des prud’hommes a déclaré la demande formée le 28 février 2017 par C_ irrecevable s’agissant de ses conclusions visant la condamnation de A_ et B_ à l’affilier aux systèmes AVS et LPP et au paiement des arriérés de cotisations AVS et LPP (chiffre 1 du dispositif), déclaré recevable la demande pour le surplus (ch. 2), condamné A_ et B_ à payer à C_ la somme brute de 112'500 fr., avec intérêts à 5% dès le 1
er
novembre 2015, à titre de salaire pour les mois de novembre 2014 à juillet 2015 (ch. 3), invité la partie qui en avait la charge à opérer les déductions sociales et légales usuelles (ch. 4), condamné A_ et B_ à établir et remettre à C_ un certificat de travail (ch. 5), les fiches de salaire pour les mois de novembre 2014 à juillet 2015 (ch. 6), les certificats de salaire 2014 et 2015 (ch. 7), une attestation de l’employeur pour le chômage (ch. 8) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 9). ![endif]>![if>
Le Tribunal a arrêté les frais judiciaires à 3'130 fr. (ch. 10), en les mettant à la charge de A_ et B_ (ch. 11), condamné en conséquence ces derniers à verser cette somme aux Services financiers du Pouvoir judiciaire (ch. 12), dit qu’il n’était pas alloué de dépens (ch. 13) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 14).
B. a. Par acte expédié le 23 avril 2018 au greffe de la Cour de justice, A_ et B_ appellent de ce jugement, dont ils sollicitent l’annulation. Cela fait, ils concluent au déboutement de C_ de toutes ses conclusions, sous suite de frais et dépens. ![endif]>![if>
b. Par courrier du 9 mai 2018, reçu le 11 mai 2018 par C_, la Cour lui a imparti un délai de trente jours pour répondre à cet appel.
c. Dans sa réponse du 11 juin 2018, C_ conclut au déboutement de A_ et B_ de toutes leurs conclusions, sous suite de frais et dépens.
Il forme également un appel joint, sollicitant l’annulation du chiffre 9 du dispositif du jugement. Cela fait, il conclut à la condamnation de A_ et B_ à lui verser la somme brute de 200'000 USD, subsidiairement de 193'880 fr., avec intérêts à 5% dès le 31 juillet 2015, à titre de commissions, sous suite de frais et dépens.
d. Par décision du 11 juin 2018, C_ a été mis au bénéfice de l’assistance juridique.
e. Dans leur réplique, A_ et B_ ont persisté dans leurs conclusions et, dans leur réponse sur appel joint, ils ont conclu au déboutement de C_ de toutes ses conclusions, sous suite de frais et dépens.
f. Dans sa duplique et réplique sur appel joint, C_ a persisté dans ses conclusions.
g. Dans leurs duplique sur appel joint, A_ et B_ ont persisté dans leurs conclusions.
h. Par avis du greffe du 28 août 2018, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
C. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure:![endif]>![if>
a. A_ est l’unique administrateur de la société D_ AG, sise à Zoug.
Il est marié à B_.
b. C_ est l’unique administrateur de la société E_ SA (anciennement F_ SA), sise _ à Genève.
La faillite de cette société a été prononcée par jugement du 29 janvier 2018.
c. Dès novembre 2014, E_ SA a sous-loué une partie de ses locaux à D_ AG.
d. En 2014, A_ a souhaité lancer un projet de création d’un fond luxembourgeois, G_, et d’une société, H_ SA (ci-après : le projet I_), dont le but était l’investissement dans des sociétés actives sur le marché du pétrole et du gaz.
C_ a participé à ce projet, sans qu’aucun contrat écrit ne soit établi.
e. Par courriel du 14 octobre 2014, A_ a notamment précisé à C_ qu’il deviendrait actionnaire de la société à créer H_ SA à hauteur de 5%, montant qui pouvait être modifié en fonction des investissements qu’il apporterait. Il deviendrait également administrateur de cette société, fonction qui serait rémunérée dès que le fond atteindrait un capital de 100'000'000 USD.
«
The shareholders of the
[General Partner]
will be: B_ with 70% of the shares. C_ with 5% so far (might be ajusted depending on the size of investments he will bring in). L_ representing our NG interest will receive at this point 10%
[...]. [B_]
will keep open 5 to 10% additional if we would need to treat some large investors in the Fund that want to be in the General Partner as well
.».
«
The Board of Director will be made of J_– K_(Representing PF and MCB) - C_ and L_. Salaries are allocated to these positions which start to be remunerated once the Fund has reached USD 100 M.
»
f. Par courriel du 17 novembre 2014, A_ a précisé à C_ l’avancement du projet I_ et lui a indiqué que, dans un premier temps, il détiendrait 2.5% des actions de la société à créer H_ SA et que, s’il atteignait son objectif d’apporter 250'000'000 USD d’investissements dans le fond, il aurait droit à 12.5% des actions de la société.
g. Selon un tableau prévisionnel intitulé «
Flux de trésorerie sur 12 mois
» de la société H_ AG, dont l’exercice aurait dû débuter en avril 2015, un montant mensuel de 12'500 fr. apparait en regard du nom de C_.
h. De novembre 2014 à juin 2015, C_ a démarché d’éventuels investisseurs, essentiellement aux Emirats Arabes Unis, pour les faire investir dans le fond G_ et dans la société H_ AG.
Par courriel du 5 avril 2015, C_ a fait un résumé à A_ de son voyage de quatre jours aux Emirats Arabes Unis.
Par courriel du 5 mai 2015, C_ a envoyé à K_, membre du projet I_, une liste d’éventuels investisseurs. A_, B_, et d’autres membres dudit projet, soit M_ et L_, étaient mis en copie de ce courriel.
i. Le 25 juin 2015, B_, A_ et C_ se sont rencontrés à Zoug.
Lors de cette réunion, C_ a allégué avoir réclamé le paiement de son salaire, ainsi que le remboursement de ses frais de voyage. A_ et B_ ont allégué que C_ leur avait réclamé le remboursement d’honoraires (
retainer fees
) perçus par D_ AG de F_, sise à _ (UAE), dans le cadre d’un autre projet que celui I_.
Par courriel du 26 juin 2015, A_ a indiqué à C_ que la tournure donnée par ce dernier lors de la réunion de la veille était «
une voie de non-retour
. ».
j. Par courriels des 1
er
et 15 juillet 2015 adressés à B_, M_ et K_, C_ a indiqué avoir trouvé des investisseurs intéressés par le projet I_ à raison de 100'000'000 USD et de 50'000'000 USD.
Par courriel du 20 août 2015, C_ a écrit à B_ ce qui suit : «
It is now very difficult for me and Emad to justify the delays to our investors without hurting our credibility. Let us know what is the status of I_ and if you have a new pool of targeted assets (other ones, new ones, less than before), let us know as well
».
k. Après l’échec d’une tentative de conciliation, C_ a, par acte déposé le 28 février 2017 au greffe du Tribunal, assigné B_ et A_ en paiement des sommes brutes de 112'500 fr., avec intérêts à 5% dès le 1
er
avril 2015, à titre de salaire pour les mois de novembre 2014 à juillet 2015, et de 200'000 USD, subsidiairement 193'880 fr., avec intérêts à 5% dès le 31 juillet 2015, à titre de commissions. Il a également conclu à la condamnation de A_ et B_ à l’affilier aux systèmes AVS et LPP, à payer aux caisses afférentes les arriérés de cotisations, à lui remettre, sous menace de la peine prévue à l’art. 292 CP et d’une amende de 100 fr. par jours de retard, un certificat de travail, les fiches de salaire de novembre 2014 à juillet 2015, les certificats de salaire 2014 et 2015, une attestation pour le chômage, ainsi que les décomptes des cotisations sociales versées.
Il a allégué que B_ et A_ l’avaient engagé, à plein temps, en qualité de «
Business developement Director
», afin de démarcher des investisseurs pour la création du fond G_ et de la société H_ AG. Il n’avait toutefois perçu aucune rémunération et ces frais de voyage ne lui avaient pas été remboursés. Il suivait quotidiennement les instructions de A_ et B_ et leur faisait des rapports de son activité. Un salaire fixe de 12'500 fr. par mois avait été convenu avec ces derniers, ainsi qu’une commission de 2% sur tous les fonds apportés par lui. Il avait trouvé un tiers disposé à investir 10'000'000 USD dans le fonds de A_ et B_. Ces derniers n’ayant pas entrepris les démarches nécessaires, ce montant n’avait pas été investi. Malgré ses relances, aucun salaire fixe ni variable lui avait été versé. Au début, il avait fait preuve de souplesse dans le paiement de son salaire, le projet étant en phase de lancement. A_ avait résilié son contrat de travail le 26 juin 2015, de sorte que celui-ci avait pris fin au 31 juillet 2015. Pendant son préavis, il avait poursuivi son activité afin de finaliser certains investissements. Fin 2015, il avait compris que le projet I_ était fictif, aucun fond et aucune société n’ayant été créés, et semblait relever de l’arnaque.
l. Par décision du 26 avril 2017, C_ a été mis au bénéfice de l’assistance juridique, de sorte que l’avance de frais requise par le Tribunal de 3'130 fr. a été annulée.
m. Dans leur réponse, B_ et A_ ont conclu à l’irrecevabilité de la demande de C_, subsidiairement, au déboutement de ce dernier de toutes ses conclusions.
Ils ont fait valoir qu’aucun contrat de travail n’avait jamais existé entre eux et C_. Ils étaient associés dans le projet I_ et allaient devenir actionnaires et membres du conseil d’administration de H_ AG. Un salaire devait effectivement être versé à C_, mais par cette société, une fois celle-ci crée et lorsque le fond aurait atteint 1'000'000'000 USD. Aucun associé ne devait percevoir de revenu durant la phase de création de ladite société. Il n’y avait aucun lien de subordination entre eux et C_. Ils avaient uni leurs efforts pour créer un fond d’investissement et une société qui devait générer, à tous, un profit. C_ devait apporter son réseau de connaissances. Le projet I_ n’avait pas été concrétisé en raison de l’absence du financement nécessaire et de la chute du cours du pétrole entre 2014 et 2016. Les relations avec C_ s’étaient dégradées à cause d’un litige au sujet du paiement du loyer des locaux sis rue _ et d’une relation d’affaires malheureuse entre D_ AG et F_.
n. Dans sa réplique, C_ a allégué que les procédés de A_ et B_ pour lever des fonds relevaient de l’escroquerie, notamment en encaissant des commissions en avance (
retainer fees
) sur le compte d’un tiers. Ils avaient engagé, sous diverses formes, plusieurs personnes pour mener à bien le projet I_, notamment L_, M_, K_, N_, O_ et P_. La chute du pétrole n’avait pas impacté leurs activités, puisqu’ils avaient engagé des employés en 2015.
o. Dans leur duplique, A_ et B_ ont allégué que L_, M_, K_, N_, O_ et P_ étaient en relation de travail ou de mandat avec la société D_ AG et non directement avec eux.
p. Lors de l’audience de débats principaux du 13 novembre 2017, à laquelle B_ était absente et non excusée, C_ a déclaré que le lien de subordination entre les parties s’était rompu à la suite de la réunion du
25 juin 2015 à Zoug. Lors de celle-ci, ils avaient discuté de son salaire et A_ l’avait insulté. De novembre 2014 à juin 2015, il avait travaillé à temps plein pour le projet I_. Il avait rencontré de nombreux clients et faisait des rapports à A_ et B_, dont il recevait les instructions. Il organisait des réunions en Suisse et à l’étranger et participait à toutes celles organisées par A_ et B_. Il avait pris en charge ses frais de déplacement, pensant que ceux-ci allaient lui être remboursés. Le fond I_ n’étant pas encore constitué, il travaillait pour ces derniers. Il n’avait jamais été présenté comme un partenaire, mais comme un employé. Jusqu’à juin 2015, il avait vécu sur ses économies. Avant novembre 2014, il était salarié de F_. Il n’était pas rémunéré pour son activité d’administrateur de F_ SA, sa tâche consistant à la cessation de l’activité de celle-ci.
A_ a déclaré qu’à aucun moment il n’avait été question d’un contrat de travail ni d’un salaire avec C_. La réunion du 25 juin 2015 avait porté sur la relation entre F_ et D_ AG. Lorsque C_ se rendait à l’étranger, c’était autant pour rencontrer les actionnaires de F_ que pour rencontrer deux ou trois potentiels investisseurs pour le projet I_.
Le témoin P_ a déclaré avoir travaillé pour E_ SA jusqu’à fin avril 2015. Elle avait ensuite été engagée, à temps plein, par D_ AG du 2 mai 2015 au 16 juin 2016, en qualité d’assistante administrative. Elle voyait C_ plusieurs fois par semaine dans les locaux, soit à raison de 70%, précisant qu’il se déplaçait souvent à l’étranger. B_ était rarement présente dans les locaux, soit une fois tous les trois mois. Cette dernière s’occupait de tout ce qui était financier, notamment du budget. Elle ne se souvenait plus quel était le rôle de C_ dans la société I_ à créer. Dans son souvenir, ce dernier ne travaillait pas avec B_, ni avec A_. Cependant, ce dernier lui avait demandé de commander des cartes de visite au nom de I_ pour toute l’équipe, dont C_. Elle était souvent entrée dans des réunions auxquelles A_, C_ et d’autres personnes participaient. Lorsque des clients arrivaient, elles les installaient en salle de conférence et ils étaient ensuite reçu par A_ et L_, et parfois C_. Ce dernier avait été «
éjecté
», puis O_ et N_ avaient été engagés.
Le témoin O_ a déclaré avoir été engagé par D_ AG, par contrat de travail écrit, du 12 octobre 2015 au 1
er
mars 2016 pour un salaire annuel fixe de 180'000 fr., plus bonus en fonction des fonds levés. Il avait été engagé pour constituer la société I_ et trouver des investisseurs en Suisse et au Luxembourg. A_ lui avait demandé de contacter des investisseurs potentiels aux Emirats Arabes Unis qu’il avait connu au travers de C_. Il ne l’avait pas fait, car il n’avait jamais été payé, ni déclaré. Il avait démissionné de D_ AG et avait été en litige contre celle-ci devant le Tribunal. Il avait reçu des menaces de la part de A_. Il avait repris le travail initié par C_. Au départ, le projet I_ avait été conçu par les parties, puis A_ et B_ avaient eu deux personnes sous mandat avec D_ AG, avant d’engager N_ et lui-même. Il ignorait la fonction que C_ aurait dû avoir dans la société à créer. Il n’avait jamais entendu parler d’un contrat de travail entre les parties, mais il avait clairement constaté un rapport de subordination entre eux, A_ et B_ donnant des instructions à C_.
q. Lors de l’audience de débats principaux du 27 novembre 2017, à laquelle B_ et A_ étaient absents et non excusés, le Tribunal a entendu des témoins.
L_ a déclaré avoir été engagé par D_ AG de mars 2015 à fin août 2015 en tant que conseiller technique. Il travaillait uniquement sur le projet I_ et devait rapporter à A_. Il percevait à ce titre un montant mensuel forfaitaire de 10'000 USD. On lui avait promis une commission, mais il ne l’avait jamais perçue, probablement parce que le fond I_ n’avait pas été constitué. Il n’était pas obligé d’être présent dans les locaux à Genève et pouvait travailler depuis chez lui, en Angleterre. Lorsqu’il venait à Genève, il rencontrait l’équipe, composée de A_, C_, M_, K_ et L_. A chacune de ses visites, C_ était dans le bureau, à l’exception d’une seule fois où il était en voyage. A_ était le «
boss
» de C_ et de tous les autres. B_ n’était pas vraiment impliquée dans le projet I_; elle n’avait pas de rôle actif au sein de l’équipe, à l’exception de certains paiements. Elle ne lui avait jamais donné d’instruction. Il n’avait aucune information concernant C_; il ne savait pas si ce dernier avait un contrat de travail avec D_ AG ou I_. Le tableau intitulé «
Flux de trésorerie sur 12 mois
» de la société H_ AG avait été conçu pour montrer le développement du projet et sa projection financière.
Q_ a déclaré avoir eu une relation d’affaires avec A_ et C_. Sa société, R_ AG, avait un intérêt à investir dans le projet I_, qui correspondait à ses activités. Après avoir découvert le mode de fonctionnement de A_, qui était incapable de fournir les informations usuelles, il avait notifié par courriel ne plus avoir d’intérêts à ce projet. Toutes les réunions auxquelles il avait assisté étaient en présence de A_, C_ et parfois d’autres personnes. Selon lui, C_ travaillait pour A_, qui aimait souligner être en haut de la hiérarchie. Ce dernier prenait les décisions sur les questions soumises par C_ et par lui-même.
S_, directeur adjoint d’une société financière, a déclaré être un ami de C_, qui lui avait présenté A_. Il avait découvert le projet I_ dans le cadre de son activité et avait assisté à deux réunions, auxquelles participaient A_ et C_. Il avait eu l’impression que ces derniers étaient associés avec un ascendant pour A_ vu son âge et son expérience. Il ne savait pas qui des deux prenait les décisions; selon lui, il s’agissait d’une association. Après la deuxième réunion, les discussions sur le projet I_ s’étaient arrêtées, les chiffres présentés par A_ étant un peu fantaisistes. Il avait demandé des clarifications, qu’il n’avait jamais obtenues.
r. Lors de l’audience de débats principaux du 11 décembre 2017, à laquelle B_ et A_ étaient absents et non excusés, C_ a déclaré avoir requis, à plusieurs reprises, oralement et par courriels, le remboursement de ses frais de voyage, précisant que ces courriels n’avaient pas été produits. P_ était la seule personne qu’il avait conseillée à A_; il n’avait participé au recrutement de personne d’autre.
Le témoin T_, compagne du C_, a déclaré que fin 2014 et 2015 ce dernier avait développé une activité pour A_ et B_ et avait fréquemment voyagé à _ (UAE) et _ (UAE) pour rencontrer des investisseurs potentiels. Elle ignorait si C_ consacrait tout son temps à cette activité. Ce dernier n’ayant pas perçu de salaire, ils avaient été dans une situation financière difficile.
Le témoin U_, artiste peintre, a déclaré avoir eu un contrat de location de ses tableaux avec la société F_ SA. Aux termes de ce contrat, C_ lui avait dit de s’adresser à A_. Ce dernier lui avait dit que C_ était son associé. A_ ne l’avait jamais payé; il lui avait menti à plusieurs reprises.
s. Lors de l’audience de débats principaux du 13 décembre 2017, à laquelle B_ et A_ étaient absents et non excusés, C_ a déclaré que E_ SA, dont il était l’administrateur, n’avait eu aucune activité de novembre 2014 à juillet 2015.
Le Tribunal a gardé la cause à juger à l’issue de l’audience.
D. Dans la décision querellée, le Tribunal a considéré que les conclusions de C_ concernant le domaine des assurances sociales étaient irrecevables, celles-ci ne relevant pas de sa compétence. ![endif]>![if>
Le Tribunal a retenu que les parties étaient liées par un contrat de travail. De novembre 2014 à juillet 2015, C_ s’était entièrement consacré au projet I_; il était régulièrement présent dans les locaux sis _ (GE). Il participait à toutes les réunions aux côtés de A_ et faisait partie de l’équipe I_. Il devait percevoir un revenu de 12'500 fr. par mois. Selon les témoignages, A_ était hiérarchiquement supérieur à C_ et donnait des instructions à ce dernier. B_ était également l’employeur de C_. Elle était en charge des finances du projet I_ et était présente lors de la réunion du 25 juin 2015. Cette date correspondait à la résiliation du contrat de travail liant les parties, de sorte que celui-ci s’était terminé après un préavis d’un mois pour la fin d’un mois, soit au 31 juillet 2015.
C_ avait ainsi droit à son salaire, soit à la somme totale de 112'500 fr. (12'500 fr. bruts x 9 mois – novembre 2014 à juillet 2015). En revanche, aucun montant n’était dû à titre de commission, dès lors que ce n’était pas l’attitude de A_ qui avait fait fuir les investisseurs démarchés par C_. Enfin, ce dernier avait droit aux documents sollicités dans sa demande, sans qu’une amende ne soit infligée à A_ et B_ par jour de retard.

## Considerations

EN DROIT
1. 1.1 L'appel est dirigé contre une décision finale de première instance rendue dans le cadre d'un litige portant sur une valeur litigieuse de plus de 10'000 fr. (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC).![endif]>![if>
Il a été déposé dans le délai imparti par la loi (art. 311 al. 1 et 145 al. 1 let a CPC) et respecte, au surplus, la forme prescrite (art. 130, 131 et 311 CPC).
L'appel principal est ainsi recevable.
1.2 L'appel joint est également recevable pour avoir été déposé dans la forme et le délai prévus par la loi (art. 312, 313 al. 1 et 142 al. 3 CPC).
Par souci de simplification et pour respecter le rôle initial des parties en appel, A_ et B_ seront ci-après désignés en qualité d'appelants et C_ en qualité d'intimé.
1.3 La valeur litigieuse étant supérieure à 30'000 fr., la procédure ordinaire est applicable (art. 243 al. 1 CPC
a contrario
) et la cause est soumise aux maximes des débats (art. 55 al. 1 CPC) et de disposition (art. 58 al. 1 CPC).
2. La Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC). En particulier, elle contrôle librement l'appréciation des preuves effectuée par les juges de première instance et vérifie si ceux-ci pouvaient admettre les faits qu'ils ont retenus (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral
4A_153/2014
du 28 août 2014 consid. 2.2.3).![endif]>![if>
3. Le Tribunal a, à bon droit, considéré que les appelants avaient fait défaut aux audiences d’administration des preuves, étant précisé que A_ a été entendu le 13 novembre 2017. La procédure a donc suivi son cours sans qu’il soit tenu compte de ce défaut auxdites audiences (art. 147 al. 2 CPC). ![endif]>![if>
L’intimé ne peut dès lors pas se prévaloir du comportement procédural des appelants en première instance pour en déduire une prétendue mauvaise foi ou une attitude malhonnête.
Cet argument ne sera pas pris en compte par la Cour.
4. Les appelants font griefs aux premiers juges d’avoir retenu l’existence d’un contrat de travail entre les parties. A_ et l’intimé étaient associés dans le projet I_ et B_ n’avait aucune relation avec ce dernier. Ils reprochent aux premiers juges de ne pas avoir recherché la réelle et commune volonté des parties quant à la nature juridique de leur relation.![endif]>![if>
L’intimé reproche, sur appel joint, aux premiers juges de ne pas avoir condamné les appelants à lui verser un montant à titre de commission, alors même qu’il avait trouvé des investisseurs.
4.1.1 Par le contrat individuel de travail, le travailleur s'engage, pour une durée déterminée ou indéterminée, à travailler au service de l'employeur et celui-ci à payer un salaire fixe d'après le temps ou le travail fourni (art. 319 al. 1 CO).
Les éléments caractéristiques de ce contrat sont donc une prestation de travail, un rapport de subordination, un élément de durée et une rémunération (Dunand, in Commentaire du contrat de travail, 2013, n° 9 ss ad art. 319 CO).
Aucun de ces critères pris isolément n'est déterminant. Le lien de subordination qui permet de différencier en particulier le contrat de travail du contrat de mandat, constitue un critère distinctif essentiel. Le travailleur est placé dans la dépendance de l'employeur sous l'angle personnel, fonctionnel, temporel et dans une certaine mesure économique (ATF
121 I 259
consid. 3c). Le travailleur est assujetti à la surveillance, aux ordres et instructions de l'employeur. Il est intégré dans l'organisation de travail d'autrui et y reçoit une place déterminée (arrêt du Tribunal fédéral
4A_194/2011
du 5 juillet 2011 consid. 5.6.1).
Le lien de subordination peut connaître des variations de degré en fonction des différentes situations d’emploi. Ainsi, le degré de dépendance peut varier à l’intérieur même du rapport de subordination: à titre d’exemple, les cadres dirigeants peuvent se voir reconnaître une large autonomie dans l’organisation de leur travail (Witzig, La subordination dans le contrat de travail, in SJ
2015 II 39
, p. 45). Il faut alors apprécier la situation en se fondant sur l’image globale que présente l’intégration du prestataire de service dans l’entreprise. L'indépendance de l'employé est beaucoup plus grande et la subordination est alors essentiellement organisationnelle. Dans un tel cas, plaident notamment en faveur du contrat de travail la rémunération fixe, périodique, la mise à disposition d'une place de travail ou encore des outils de travail (arrêt du Tribunal fédéral
4A_194/2011
précité consid. 5.6.1).
4.1.2 Aux termes de l’art. 530 CO, la société simple est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes conviennent d’unir leurs efforts ou leurs ressources en vue d’atteindre un but commun.
La position des parties l’une envers l’autre permet de distinguer le contrat de travail de la société simple. Alors que le travailleur se situe dans un rapport de subordination avec son employeur, les associés sont sur un pied d’égalité. L’associé ne reçoit pas de rémunération périodique et supporte le risque d’entreprise, contrairement au travailleur. Les associés sont unis par un
animus societatis
, par lequel ils ont une volonté de mettre en commun des biens, ressources ou activités en vue d’atteindre un objectif déterminé, d’exercer une influence sur les décisions et de partager non seulement les risques et les profits, mais surtout la substance même de l’entreprise (Wyler/Heinzer, Droit du travail, 2014, p. 27 et 28). En effet, le travailleur renonce à participer au marché comme entrepreneur assumant le risque économique et abandonne à un tiers l’exploitation de sa prestation en contrepartie d’un revenu assuré (arrêt du Tribunal fédéral
4A_194/2011
précité consid. 5.6.1).
L'apport que chaque associé doit fournir peut consister aussi bien dans une prestation patrimoniale que personnelle. Il n'est pas nécessaire que les apports soient égaux, la seule limite étant celle de l'art. 27 al. 2 CC (ATF
137 III 455
consid. 3.1; arrêt du Tribunal fédéral
4A_74/2015
du 8 juillet 2015 consid. 4.2.1).
4.1.3 Pour déterminer l'existence d'un contrat de travail, le juge doit rechercher, dans un premier temps, la réelle et commune intention des parties (art. 18 al. 1 CO), le cas échéant empiriquement sur la base d'indices, parmi lesquels figurent les circonstances survenues antérieurement, simultanément ou postérieurement à la conclusion du contrat, telles que le comportement des intéressés (ATF
135 III 410
consid. 3.2; ATF
129 III 675
consid. 2.3, in JdT
2004 I 66
; arrêts du Tribunal fédéral
4A_136/2014
du 28 août 2014 consid. 3.2;
4A_436/2012
du 3 décembre 2012 consid. 3.1 et
4A_98/2012
du 3 juillet 2012 consid. 3.2). Déterminer ce qu'un cocontractant savait ou voulait au moment de conclure relève des constatations de fait; la recherche de la volonté réelle des parties est qualifiée d'interprétation subjective (ATF
131 III 606
consid. 4.1).
Si la volonté réelle des parties ne peut pas être établie ou si leurs volontés intimes divergent, le juge doit interpréter les déclarations faites et les comportements selon la théorie de la confiance (ATF
135 III 410
consid. 3.2; arrêt du Tribunal fédéral
4A_36/2013
du 4 juin 2013 consid. 2.2).
Chaque partie doit, si la loi ne prescrit pas le contraire, prouver les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit (art. 8 CC).
4.1.4 Le juge établit sa conviction par une libre appréciation des preuves administrées (art. 157 CPC). La libre appréciation des preuves permet ainsi au juge de tenir compte non seulement des preuves matérielles proprement dites, mais également de celles plus subjectives ou psychologiques, telles que l’attitude des parties et des témoins, le degré de crédibilité de leurs déclarations, les difficultés rencontrées par les parties dans l’administration des preuves, etc. (SJ 1984, p. 29).
4.2.1 En l’espèce, la relation entre les parties n’a pas été formalisée par un contrat écrit. Pour déterminer si elles ont souhaité se lier par un contrat de travail, il y a donc lieu de rechercher leur commune et réelle volonté sur les éléments caractéristiques d’un tel contrat.
Il est établi que l’intimé a, de novembre 2014 à juillet 2015, activement recherché des fonds dans le cadre du projet I_ et effectué des voyages aux Emirats Arabes Unis dans ce but.
4.2.2 Il ressort des courriels des 14 octobre 2014 et 17 novembre 2014, que l’intimé devait faire partie du «
General Partner
» et devenir ainsi actionnaire de la société à créer, à hauteur de 2.5%, de 5%, voire de 12.5%. Il devait donc partager les risques et les profits, mais surtout la substance même de celle-ci, avec les autres actionnaires, même si sa part était moins importante que celle de B_, qui devait détenir 70% des actions.
Il était également convenu que l’intimé fasse partie du conseil d’administration (
The Board of Director
) de la société à créer. Il ressort du courriel du 14 octobre 2014 que la fonction d’administrateur de la société H_ AG devait être rémunérée, lorsque le fond aurait atteint 100'000'000 USD. Selon le tableau intitulé «
Flux de trésorerie sur 12 mois
», ladite société aurait dû, à partir d’avril 2015, verser un montant de 12'500 fr. par mois à l’intimé à ce titre. Aucun document ne mentionne que ce montant aurait dû être versé par les appelants personnellement. Faute d’investissement suffisant, H_ AG n’a pas été créée et le versement de ce montant par cette société n’a pas eu lieu.
Les parties n’ont donc pas convenu que les appelants rémunéreraient l’intimé pour son activité de recherche d’investisseurs, durant la phase de création et de lancement du projet I_.
L’intimé ne produit, d’ailleurs, aucun document démontrant qu’il aurait, à un moment ou un autre, réclamé aux appelants le paiement d’un salaire ou même le remboursement de ses frais de voyages, effectués afin de trouver des investisseurs. A cet égard, l’intimé a reconnu que les prétendus courriels, par lesquels il réclamait un tel remboursement, n’ont pas été versés à la procédure.
Le défaut d’une rémunération convenue entre les parties pour la phase de création du projet I_ ne plaide pas en faveur de l’existence d’un contrat de travail entre elles.
4.2.3 Contrairement à ce que soutient l’intimé, il ne ressort pas des pièces produites que les appelants lui donnaient des instructions sur la manière dont il devait trouver des investisseurs, sur le choix de ceux-ci ou encore sur la présentation qu’il devait faire du projet. Le simple fait qu’il résumait ses voyages d’affaires aux appelants et leur soumettait des listes de potentiels investisseurs ne permet pas de retenir un lien de subordination.
Bien que le témoin O_ ait déclaré avoir constaté un rapport de subordination entre les parties, la crédibilité de cette déclaration est à relativiser. En effet, ce témoin a été engagé par D_ AG après le départ de l’intimé, de sorte qu’il n’a pas été un témoin direct de la relation entre les parties. Par ailleurs, il a été en litige avec la société précitée et A_ l’aurait menacé.
Le témoin L_ a déclaré que A_ était «
le boss
» de l’équipe. Il a toutefois admis qu’il n’avait aucune information sur l’intimé, en particulier s’il avait ou non conclu un contrat de travail. L’ascendant de A_ sur l’intimé, qui a également été relevé par le témoin S_, ne crée toutefois pas, à lui seul, un rapport de subordination entre les parties. En effet, l’apport de chaque associé dans un projet n’est pas forcément égal. Celui de l’intimé était limité à son réseau de connaissances, en particulier, aux Emirats Arabes Unis. De plus, l’initiateur du projet I_ est A_. Le témoin S_ a d’ailleurs déclaré que ce dernier et l’intimé étaient associés dans ce projet. Or, ce témoin, ami de l’intimé, a été cité par ce dernier à l’appui de sa propre thèse, de sorte que ses déclarations défavorables à l’intimé acquièrent un haut degré de crédibilité.
Selon le témoin Q_, qui avait été un potentiel investisseur dans le projet I_, l’intimé travaillait pour A_, ce qui a été contredit par les déclarations du témoin P_. Or, celles-ci ont une force probante plus importante, dès lors qu’elle était directement témoin des relations entre les parties et ce, au quotidien.
Par ailleurs, contrairement à ce que soutient l’intimé, le fait qu’après son départ, D_ AG ait engagé des personnes, notamment pour reprendre son activité, est sans incidence sur la relation juridique qui liait les parties lors du lancement du projet I_. Il sera relevé que ces contrats de travail écrits ont été établis entre D_ AG et, notamment, O_ et N_, lesquels ont œuvré pour le projet I_, de sorte que si une relation salariée avait voulu être créée avec l’intimé, elle l’aurait également été avec D_ AG, dès lors qu’à l’évidence les appelants n’ont jamais engagé quiconque à titre personnel pour ce projet.
Quant à B_, aucun élément du dossier ne permet de retenir qu’elle donnait des instructions à l’intimé et qu’ils avaient un rapport de subordination.
Le fait que le témoin P_ ait commandé des cartes de visites, notamment au nom de l’intimé, ne démontre pas que ce dernier était un employé des appelants. En effet, il faisait partie de l’équipe - il levait des fonds, était présent dans les locaux et participait aux réunions - mais, contrairement à ce qu’ont retenu les premiers juges, ces éléments ne sont pas déterminants, dans le cas d’espèce, pour prouver l’existence d’un contrat de travail entre les parties. En effet, l’intimé pouvait être intégré dans l’équipe en sa qualité d’associé et non d’employé. De plus, la présence de l’intimé dans les locaux, sis rue _, s’explique par le fait que c’est la société dont il était administrateur, E_ SA, qui sous-louait une partie desdits locaux à D_ AG, société administrée par A_. Les appelants n’ont donc pas fourni à l’intimé une place de travail.
L’intimé n’a donc pas démontré de manière suffisamment convaincante qu’il était subordonné aux appelants.
4.2.4 Enfin, aucun élément ne permet de retenir que les parties ont mis un terme à leur relation à la suite de la réunion du 25 juin 2015. L’objet de cette réunion n’est effectivement pas établi. L’intimé a, par ailleurs, continué à s’investir dans le projet I_ après celle-ci et ce, au-delà de son prétendu délai de congé fin juillet 2015. En effet, fin août 2015, il s’inquiétait auprès de B_ du retard pris vis-à-vis de potentiels investisseurs en ces termes: «
It is now very difficult for me and Emad to justify the delays to our investors without hurting our credibility.
». S’il se considérait réellement employé des appelants, il n’aurait certainement pas continué à s’investir de la sorte.
4.2.5 Au regard de ce qui précède, non seulement aucun contrat écrit n’a été établi entre les parties, mais, au surplus, aucun montant n’a été versé pendant les neuf mois de relation entre elles. A cet égard, à l’appui de l’existence d’un contrat de travail, l’intimé n’a produit que les courriels des 14 octobre 2014 et 17 novembre 2014, ainsi que le tableau prévisionnel intitulé «
Flux de trésorerie sur 12 mois
», et n’a pas versé à la procédure les courriels, par lesquels il aurait réclamé le versement d’un prétendu salaire et le remboursement de ses frais de voyage. De plus, aucun lien de subordination entre les parties n’a été démontré de manière convaincante.
Il s’ensuit que l’intimé, qui supporte le fardeau de la preuve, n’a pas établi avoir été lié aux appelants par un contrat de travail, mais par un contrat de société simple. Le Tribunal des prud'hommes n'était donc pas compétent pour connaître de la demande de l'intimé (art. 1 al. 1 LTPH).
Les chiffres 2 à 8 du dispositif du jugement attaqué seront ainsi annulés et la demande formée par l’intimé le 28 février 2017 sera déclarée irrecevable.
5. 5.1 Si l’instance d’appel statue à nouveau, elle se prononce sur les frais de première instance (art. 318 al. 3 CPC).![endif]>![if>
Les frais judiciaires de première instance, dont le montant de 3'130 fr. n'est pas contesté par les parties, seront mis à la charge de l’intimé, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). Ce dernier ayant été mis au bénéfice de l'assistance juridique pour la première instance, les frais judiciaires seront supportés provisoirement par l'Etat de Genève, qui pourra en réclamer le remboursement ultérieur aux conditions fixées par la loi (art. 122 al. 1 let. b et 123 CPC; art. 19 du Règlement sur l'assistance juridique).
Les chiffres 11 et 12 du dispositif du jugement attaqué seront modifiés en conséquence.
Le chiffre 13 de ce dispositif sera confirmé en tant qu'il n'alloue pas de dépens de première instance (art. 22 al. 2 LaCC).
5.2 Les frais judiciaires d'appel seront arrêtés à 1'500 fr. (art. 19 al. 3 let. c LaCC et art. 71 RTFMC) et mis à la charge de l’intimé, qui succombe. Ce dernier plaidant au bénéfice de l’assistance juridique pour la seconde instance, ces frais seront provisoirement supportés par l’Etat de Genève. L’avance de frais de même montant effectuée par les appelants, leur sera remboursée.
Il ne sera pas alloué de dépens (art. 22 al. 2 LaCC).
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