# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 43fead58-af86-503f-b4ea-8c38210b2210
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. a) Le lundi 13 mars 2017, vers 16h45, A._ circulait au guidon de son cycle de marque Merida à C._, sur la route D._, en direction de E._. Sur cette route, une collision s’est produite entre l’avant du cycle de A._ et l’angle avant gauche du véhicule de marque Mercedes, immatriculé fff, conduit par B._. En arrivant sur place quelques instants plus tard, la police a constaté que A._ était allongé sur la route, . Il saignait au niveau du genou droit et de la tête. Quant à B._, il était en état de choc. Les véhicules occupaient toujours leur emplacement suite au choc. Au moment de l’accident, la route était sèche et le temps ensoleillé. L’intervention du Groupe Technique Accident a été demandée afin qu’il soit procédé au constat technique. Les analyses effectuées ont permis d’établir qu’au moment des faits, B._ était pris de boisson (taux d’alcool minimal: 0.83 ‰) et qu’il se trouvait sous l’influence de stupéfiants (concentration de THC déterminée dans le sang [4.3 μg/l] supérieure à la valeur limite définie dans la loi [1.5 μg/l]. Quant à A._, il a été conduit à l’Inselspital, à Berne. Les analyses effectuées n’ont pas révélé la présence d’alcool ou de stupéfiants. Il a notamment souffert d’un traumatisme crânien et de diverses fractures (DO/2'008, 2'011, 4’009 et 4’009). Selon les données extraites du système de navigation (GPS) présent sur le cycle de A._, ce dernier roulait à environ 50 km/h au moment du choc (DO/2’034).
b) Le 30 avril 2017, A._ a déposé plainte pénale contre inconnu pour lésions corporelles par négligence (DO/2'035 s.).
B._ a été entendu le jour de l’accident et a notamment déclaré qu’alors qu’il roulait normalement à G._, sur la route D._, il avait aperçu un cycliste qui arrivait au milieu de la route et qui avait paru surpris de le voir. Il a ajouté que ce cycliste ne circulait pas normalement et avait une position « bizarre » sur le vélo. Aussi, il allait un peu en zigzag et dérapait un peu, comme s’il avait effectué un freinage d’urgence. Selon B._, le cycliste arrivait « assez vite ». Il avait alors tenté d’éviter ce vélo en donnant un coup de volant sur la droite, mais sans succès (DO/2'003 s).
Lors de son audition par la police, le 30 avril 2017, A._ a en substance déclaré qu’il ne gardait aucun souvenir du déroulement de l’accident. Au surplus, il a indiqué qu’il roulait très régulièrement à vélo et connaissait bien la route où l’accident s’est produit (DO/2’014 s.).
c) Le 20 novembre 2017, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière en faveur de B._, s’agissant de l’infraction de lésions corporelles par négligence (DO 10’004 ss). Le même jour, il a également prononcé une non-entrée en matière en ce qui concerne A._, au motif qu’il y aurait lieu de retenir qu’il a fautivement perdu la maîtrise de son cycle, mais que force est de constater qu’il a été directement atteint par les conséquences de son acte au point qu’une peine serait inappropriée (DO/10’002 ss). Enfin, toujours le 20 novembre 2017, B._ a été reconnu coupable de conduite en état d’ébriété, de conduite en incapacité de conduire et de contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants (DO/10’000 ss).
d) Par mémoire du 1er décembre 2017, A._ a recouru contre l’ordonnance de  en matière (DO/10'007 ss). Il a conclu, sous suite de frais et dépens, à ce que le recours soit admis, à ce que le Ministère public soit invité à ouvrir l’instruction et à engager l’accusation à l’encontre de B._ pour lésions corporelles par négligence et, subsidiairement, à ce que l’ordonnance de non-entrée en matière soit annulée pour vice de forme, en raison du défaut
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d’approbation de l’ordonnance par le Procureur général, et la cause renvoyée au Ministère public pour nouvelle décision.
e) L’arrêt cantonal du 16 mars 2018 (502 2017 308) admet le recours, annule l’ordonnance attaquée et renvoie la cause au Ministère public pour nouvelle décision. En substance, il y est constaté que l’ordonnance attaquée aurait dû être approuvée par le Procureur général, ce qui n’a pas été le cas. Les autres griefs n’ont pas été examinés.
B. Le 23 avril 2018, le Ministère public a une nouvelle fois rendu une ordonnance de non-entrée en matière s’agissant de l’infraction de lésions corporelles par négligence dont le contenu ne diffère pas de la précédente. La dite ordonnance a été approuvée par le Procureur général.
C. Par acte du 25 mai 2018, A._ a interjeté recours contre cette ordonnance, concluant à ce que le recours soit admis, « la cause est retournée au Ministère public, de préférence à un autre Procureur, cette autorité étant invitée, dans le sens des considérants, à ouvrir l’instruction et à engager l’accusation à l’encontre de B._ pour lésions corporelles par négligence ».
Dans ses observations du 5 juin 2018, le Ministère public conclut au rejet du recours en se référant intégralement au contenu de l’ordonnance attaquée, ainsi qu’à ses observations du 20 décembre 2017.
Le 11 juin 2018, B._ a, également, conclu au rejet du recours ainsi qu’à l’octroi d’une indemnité de dépens.
Le 20 juin 2018, A._ s’est déterminé sur les observations de B._.

## Considerations

en droit
1.
1.1. En application des art. 310 al. 2 et 322 al. 2 CPP, la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance querellée ayant été notifiée le 17 mai 2018, le recours déposé le 25 mai suivant l’a été dans le délai légal.
1.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). La partie plaignante a la qualité de partie (art. 104 al. 1, let. b CPP). On entend par partie plaignante le lésé qui déclare expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil. Une plainte pénale équivaut à une telle déclaration (art. 118 al. 1 et 2 CPP).
L’ordonnance querellée prononce la non-entrée en matière sur les faits objets de la plainte pénale. Le recourant étant partie plaignante, il est directement touché par cette décision et a la qualité pour recourir (art. 104 al. 1 let. b et 382 al. 1 CPP).