# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 5b799f9b-1ffa-4dca-9963-603f4d3105f5
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
a) Le 19 mars 2013, la Municipalité de Pully (ci-après: la municipalité) a délivré à la société A._
(ci-après: la constructrice), en qualité de promettant-acquéreur
, un permis de construire n
° 6751
portant sur la construction d'un bâtiment d'habitation de huit logements sur la parcelle n° 7440 (anciennement 1355), située au chemin du Manoir.
Le permis de construire était notamment assorti de la condition suivante:
"Ce permis est conditionnel au sens de l'art. 117 LATC. Les exigences particulières et les modifications suivantes doivent être réalisées:
a) Conformément à l'art. 23 du règlement cantonal du 21 mai 2003 concernant la prévention des accidents dus aux chantiers (RPAC), un système de fixation permanente et efficace doit être installé, afin de faciliter l'installation de garde-corps en bordure de vide lors de travaux d'entretien des toits plats."
Par courrier du 17 juillet 2018 faisant suite à l'inspection de fin de chantier du 14 décembre 2017, la
Direction de l'urbanisme et de l'environnement de la commune
de Pully (ci-après: la direction de l'urbanisme et de l'environnement) a constaté que différentes interventions devaient encore être réalisées en vue de la délivrance du permis d'habiter.
Parmi celles-ci, figurait l'intervention suivante:
"
Toiture plate
·
certifier la conformité de l'installation des lignes de vie et transmettre le concept d'utilisation;
·
certifier qu'un système de fixation permanent est installé afin de faciliter l'installation de garde-corps provisoires en bordure de vide lors de travaux d'entretien sur la toiture plate;"
Un délai au 17 septembre 2018 était imparti à la constructrice (soit à la société B._ la représentant) à cet effet.
Par courrier du 25 avril 2019, le bureau d'architectes C._ (pour le compte de la constructrice) a informé la direction de l'urbanisme et de l'environnement du fait que les différentes interventions requises avaient été réalisées, y compris concernant la toiture plate.
B.
Le 14 mai 2014, la municipalité a délivré à la société D._ et à la constructrice, en qualité de promettants-acquéreurs, un permis de construire n° 6842 portant sur la construction de trois villas de trois logements chacune sur la parcelle n° 3431, sise au chemin des Bosquets.
Le permis de construire était notamment assorti de la condition suivante:
"Ce permis est conditionnel au sens de l'art. 117 LATC. Les exigences particulières et les modifications suivantes doivent être réalisées:
a)
conformément à l'art. 23 du règlement cantonal du 21 mai 2003 concernant la prévention des accidents dus aux chantiers (RPAC), un système de fixation permanente et efficace doit être installé afin de faciliter l'installation de garde-corps en bordure de vide lors de travaux d'entretien des toits plats."
Le 8 septembre 2014, avant le début des travaux, la commune a tenu une séance de coordination interservices, à laquelle a notamment participé un représentant de la constructrice. Il ressort du procès-verbal de dite séance qu'un représentant de la commune a rappelé que, s'agissant de la toiture plate, la pose de douilles de fixation était nécessaire afin de pouvoir fixer des barrières provisoires dans le cas de travaux et que, pour l'entretien de la toiture, un système de ligne de vie devait également être prévu.
Par courrier du 20 juillet 2018 faisant suite à l'inspection finale de chantier du 19 avril 2018, la direction de l'urbanisme et de l'environnement a constaté que plusieurs interventions devaient encore être effectuées en vue de la délivrance du permis d'habiter. Parmi celles-ci, figurait l'opération suivante:
"
Toiture plate
·
certifier qu'un système de fixation permanent est installé, afin de faciliter l'installation de garde-corps provisoires en bordure de vide lors de travaux d'entretien sur la toiture plate;"
La direction précitée fixait à la constructrice (soit à sa représentante B._) un délai au 20 septembre 2018 à cet effet.
Par courrier du 27 août 2019, la société B._
a informé la direction de l'urbanisme et de l'environnement du fait que les différentes interventions requises avaient été réalisées, y compris concernant la toiture plate.
C.
Le 8 mars 2016, la municipalité a délivré à la constructrice, en tant que propriétaire, un permis de construire n° 6985 portant sur la construction d'une villa de trois logements sur la parcelle n° 3529, située au chemin du Viaduc.
Ce permis de construire était soumis à la même condition que les permis de construire n
os
6751 et 6842, selon laquelle:
"Ce permis est conditionnel au sens de l'art. 117 LATC. Les exigences particulières et les modifications suivantes doivent être réalisées:
a) conformément à l'art. 23 du règlement cantonal du 21 mai 2003 concernant la prévention des accidents dus aux chantiers (RPAC), un système de fixation permanente et efficace doit être installé afin de faciliter l'installation de garde-corps en bordure de vide lors de travaux d'entretien des toits plats."
Le 20 juin 2016, soit avant que les travaux ne débutent, la commune a tenu une séance de coordination interservices, à laquelle a participé un représentant de la constructrice. Selon le procès-verbal de cette séance, un représentant de la commune a rappelé que, concernant la toiture plate, la pose de douilles de fixation était nécessaire afin de pouvoir fixer des barrières provisoires dans le cas de travaux et que, pour l'entretien de la toiture, un système de ligne de vie devait également être prévu.
Par courrier du 6 novembre 2018 faisant suite à l'inspection finale de chantier du 21 juin 2018, la direction de l'urbanisme et de l'environnement a constaté que plusieurs interventions devaient encore être effectuées en vue de la délivrance du permis d'habiter. Dans ce cadre, elle fixait un délai au 7 janvier 2019 à la constructrice pour, entre autres, effectuer l'opération suivante:
"
Toiture plate
·
confirmer qu'un système de fixation permanent est installé, afin de faciliter l'installation de garde-corps provisoires en bordure de vide, lors de travaux d'entretien (art. 23 du règlement de prévention des accidents dus aux chantiers (ci-après: RPAC)."
Par courrier du 28 février 2019, la constructrice a informé la direction de l'urbanisme et de l'environnement du fait que les différentes interventions requises avaient été réalisées, y compris concernant la toiture plate.
D.
Entre les mois de décembre 2019 et février 2021, des échanges sont intervenus entre la constructrice (sous la plume de son conseil) et la direction de l'urbanisme et de l'environnement, sur la question de savoir si les immeubles construits sur les parcelles n
os
7440 ("PPE Le Manoir"), 3431 ("PPE Les Bosquets") et 3529 ("PPE Le Viaduc") étaient conformes aux permis de construire délivrés et, partant, si les permis d'habiter pouvaient être octroyés. En substance, les avis des deux interlocuteurs divergeaient sur l'interprétation de l'art. 23 du Règlement de prévention des accidents dus aux chantiers du 21 mai 2003 (RPAC; BLV 819.31.1), mentionné dans les trois permis de construire.
Par courrier du 8 février 2021, la constructrice, relevant que les constructions étaient terminées depuis près de trois ans et les finitions depuis près d'une année et demie, a formellement requis la délivrance des permis d'habiter en cause. La constructrice précisait que, dans le cas où la municipalité n'entendait pas donner une suite favorable à sa demande, alors elle requérait que soit rendue une décision susceptible de recours (refusant lesdits permis d'habiter), qui pourrait être contestée devant les tribunaux. La constructrice a notamment produit, à l'appui de son courrier, un avis de droit émanant de la Fédération vaudoise des entrepreneurs portant sur la question de la sécurisation des toits plats.
E.
Par décisions du 30 juin 2021 adressées au conseil de la constructrice, la municipalité a refusé de délivrer les permis d'habiter pour les constructions sises sur les parcelles
n
os
7440 ("PPE Le Manoir"), 3431 ("PPE Les Bosquets") et 3529
("PPE Le Viaduc"), au motif que les exigences posées par les permis de construire correspondants n'étaient pas remplies s'agissant de la sécurisation des toitures plates.
F.
Par actes du 3 septembre 2021, la constructrice (ci-après: la recourante) a déposé trois recours distincts auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: la CDAP ou le tribunal) contre les trois décisions précitées, en concluant à leur annulation, respectivement à leur réforme, en ce sens que les permis d'habiter sollicités soient délivrés. A titre de mesures d'instruction, la recourante a sollicité, au besoin, la tenue d'une audience au cours de laquelle seraient entendus les représentants de la Commission consultative cantonale du RPAC (ci-après: la commission consultative), tout en précisant qu'elle sollicitait, à tout le moins, que ladite commission soit interpellée afin qu'elle prenne position sur la problématique évoquée dans le recours.
Les trois recours ont été enregistrés sous la référence AC.2021.0286.
Le 9 décembre 2021, la municipalité a déposé sa réponse, en concluant au rejet des recours. Elle relevait notamment que la qualité pour recourir de la recourante paraissait discutable, en ce sens que les propriétaires des immeubles concernés - soit les trois PPE et leurs copropriétaires - étaient, eux, en principe légitimés à prétendre à la délivrance des permis d'habiter litigieux. La municipalité déclarait toutefois s’en remettre à justice à ce propos.
Le 12 janvier 2022, la recourante s'est déterminée sur sa qualité pour recourir. Elle a exposé, en substance, qu'elle avait agi comme constructrice et venderesse des immeubles en cause et qu'elle s'était engagée, dans ce cadre, à obtenir les permis d'habiter pour les acheteurs et futurs propriétaires, de sorte qu'elle pouvait se prévaloir de la qualité pour recourir. A l'appui de ses déterminations, elle a produit deux exemples de contrat de vente afférant aux constructions réalisées.
Par avis du 19 janvier 2022, la juge instructrice a informé les parties du fait qu'une audience avec inspection locale serait agendée.
Le 24 janvier 2022, la recourante a sollicité l'audition du représentant de la commission consultative, respectivement de l'auteur de l'avis de droit produit, E._.
Le 8 février 2022, la municipalité a fait valoir, pour sa part, qu'elle ne s'opposait pas à l'audition d'un représentant de ladite commission, mais qu'elle s'opposait à l'audition de E._; il ne se justifiait pas de recueillir un témoignage sur une question de droit.
Par avis du 9 février 2022, la juge instructrice a renoncé à tenir une audience dans l'affaire en cause, tout en réservant l'avis contraire de la section appelée à juger.
Par courrier du 15 février 2022, la recourante a sollicité, outre l'audition d'un membre de la commission consultative, l'audition de F._, "chef de projet", qui
disposerait d'une "large pratique de la réalisation d'immeubles d'habitation à toiture plate inaccessible"
.
Par avis du 17 février 2022, la juge instructrice a confirmé qu'aucune audience n'était convoquée en l'état; elle précisait toutefois que la section appelée à juger serait composée de spécialistes (architecte et ingénieur civil) qui pourraient décider, au besoin, de convoquer une audience ultérieurement.
G.
Le tribunal a délibéré à huis clos et adopté la motivation de l'arrêt par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Il convient en premier lieu d’examiner la recevabilité du recours et en particulier la qualité pour recourir de la société A._.
a) aa) Selon l'art. 75 let. a de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), a qualité pour former recours toute personne physique ou morale ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente ou ayant été privée de la possibilité de le faire, qui est atteinte par la décision attaquée et qui dispose d'un intérêt digne de protection à ce que cette décision soit annulée ou modifiée.
bb) La notion d'intérêt digne de protection au sens de la LPA-VD est la même que celle de l'art. 89 al. 1 let. c de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110), de sorte qu'il se justifie de l'interpréter à la lumière de la jurisprudence fédérale rendue à cet égard (arrêts CDAP GE.2018.0179 du 28 juin 2019 consid. 1a; GE.2008.0194 du 29 avril 2009 consid. 1). Constitue un intérêt digne de protection, tout intérêt pratique ou juridique à demander la modification ou l'annulation de la décision attaquée. Il consiste donc dans l'utilité pratique que l'admission du recours apporterait au recourant, en lui évitant de subir un préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait. Cet intérêt doit être direct et concret; en particulier, le recourant doit se trouver, avec la décision entreprise, dans un rapport suffisamment étroit, spécial et digne d'être pris en considération. Il doit être touché dans une mesure et avec une intensité plus grande que l'ensemble des administrés (ATF 138 II 162 consid. 2.1.2 p. 164; 137 II 40 consid. 2.3 p. 43 et les références). L'intérêt digne de protection doit en principe être actuel, c'est-à-dire qu'il doit exister non seulement au moment du dépôt du recours, mais encore au moment où l'arrêt est rendu (ATF 137 I 296 consid. 4.2 p. 299; 137 II 40 consid. 2.1 p. 41). Si l'intérêt actuel disparaît en cours de procédure, le recours est déclaré sans objet et la cause est rayée du rôle, alors qu'il est déclaré irrecevable et le tribunal n'entre pas en matière, si l'intérêt actuel faisait déjà défaut au moment du dépôt du recours (ATF 142 I 135 consid. 1.3.1 p. 143; 139 I 206 consid. 1.1 p. 208). De cette manière, les tribunaux sont assurés de trancher uniquement des questions concrètes et non de prendre des décisions à caractère théorique, ce qui répond à un souci d'économie de procédure (ATF 136 I 274 consid. 1.3 p. 276).
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, celui qui peut sauvegarder ses intérêts par la voie d'un procès civil n'a pas un intérêt digne de protection à pouvoir agir par les voies de droit administratif, même si la voie civile est moins commode (ATF 101 Ib 212 consid. c p. 214; arrêt TF 1P.70/2005 du 22 avril 2005 consid. 3.2; arrêt CDAP GE.2013.0006 du 31 mai 2013 consid. 1). Se prononçant sur l’existence d’un intérêt direct, le Tribunal administratif puis la Cour de céans ont, à plusieurs reprises, confirmé que cette condition n'était pas réalisée lorsqu'un tiers déposait un pourvoi dans le but de résoudre des difficultés contractuelles (voir aussi Pierre Moor / Etienne Poltier, Droit administratif, vol. II: Les actes administratifs et leur contrôle, 3e éd., Berne 2011, p. 731). Ainsi, le recours d'un architecte agissant en son propre nom en vue d'obtenir un mandat contre un refus de permis de construire a été déclaré irrecevable. Le tribunal a considéré que ce serait élargir à l'excès la qualité pour recourir que de l'accorder à tous ceux (architecte, géomètre, ingénieur, etc.) ayant participé à l'élaboration du projet ou pouvant espérer être mandatés ultérieurement pour sa réalisation (arrêts TA AC.2000.0124 du 9 novembre 2000 consid. 3; AC.2000.0163 du 6 novembre 2000 consid. 2c). La qualité pour recourir n'a pas non plus été reconnue par le Tribunal fédéral à l'actionnaire d'une société anonyme touchée par une décision administrative, même s'il était actionnaire unique ou principal, considérant qu'il n'était qu'indirectement concerné par la décision incriminée (ATF 116 Ib 331 consid. 1c p. 335). Dans le domaine des marchés publics encore, la jurisprudence a considéré que, lorsque le soumissionnaire évincé ne conteste pas la décision d'adjudication, les tiers – par exemple ses employés ou ses sous-traitants – ne sauraient se voir reconnaître la qualité pour recourir (arrêt TF 2P.42/2001 du 8 juin 2001 consid. 2e/bb, in ZBl 103/2002 p. 146, traduit et résumé in RDAF 2003 I p. 495).
b) En l'espèce, il ressort du dossier que la recourante a sollicité et obtenu les permis de construire les immeubles concernés (en qualité de promettant-acquéreur pour les parcelles n
os
7440 et 3431 et de propriétaire pour la parcelle n° 3529), qu'elle a réalisé les constructions projetées et qu'elle a ensuite sollicité les permis d'habiter correspondants, qui lui ont été refusés, comme on l'a vu, pour un motif lié à la conformité des travaux aux permis de construire délivrés.
Il découle également du dossier que la recourante a procédé, en parallèle de la construction des bâtiments, à la vente des différents lots des PPE constituées. A cet égard, il résulte des exemples de contrats de vente produits que la recourante s'est engagée, en sa qualité de venderesse, envers les acheteurs - devenus propriétaires - à obtenir les permis d'habiter, une fois les travaux terminés.
On constate ainsi que la recourante a pris part à la procédure devant l'autorité intimée, notamment en sollicitant les permis d'habiter pour les immeubles qu'elle a construits. La recourante est en outre directement atteinte par la décision attaquée et dispose d'un intérêt juridique et pratique à ce que celle-ci soit modifiée, afin d'éviter un éventuel préjudice économique liés aux engagements qu'elle a pris envers les acheteurs.
Dans ces circonstances, les conditions posées par l'art. 75 LPA-VD sont remplies et la recourante peut se prévaloir de la qualité pour recourir.
c) Le recours satisfaisant au surplus aux autres conditions formelles de recevabilité (art. 79, 92, 95 et 99 LPA-VD), il convient d'entrer en matière sur le fond.
2.
A titre de mesures d'instruction, la recourante sollicite l'audition de différents témoins.
a) Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par les art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) et 27 al. 2 de la Constitution du Canton de Vaud du 14 avril 2003 (Cst-VD; BLV 101.01), comprend notamment le droit pour l'administré de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes et de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 145 I 167 consid. 4.1 p. 170; 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; PE.2018.0117 du 7 janvier 2019 consid. 2a).
Aux termes de l'art. 34 LPA-VD, les parties participent à l'administration des preuves (al. 1) et peuvent notamment présenter des offres de preuve (al. 2 let. d). L'autorité n'est toutefois pas liée par les offres de preuve formulées par les parties (art. 28 al. 2 LPA-VD; cf. ég. art. 34 al. 3 LPA-VD); de jurisprudence constante en effet, le droit d'être entendu n'empêche pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; arrêt TF 2C_954/2018 du 3 décembre 2018 consid. 5; PE.2018.0208 du 29 mai 2019 consid. 3a).
b) En l'occurrence, la recourante sollicite l'audition d'un représentant de la Commission consultative cantonale du RPAC (de préférence E._, auteur de l'avis de droit versé au dossier), ainsi que de F._ qui disposerait d'une "large pratique de la réalisation d'immeubles d'habitation à toiture plate inaccessible".
Dans le cas particulier, on observe que les éléments au dossier permettent au tribunal de se faire une idée complète et précise des faits pertinents et de statuer en toute connaissance de cause. On souligne par ailleurs que la cour est notamment composée d'assesseurs spécialisés (architecte et ingénieur) qui sont à même d'apprécier les aspects techniques du litige, de sorte que les auditions de témoins sollicitées n'apparaissent pas nécessaires. Dès lors, par appréciation anticipée des preuves, le tribunal renoncera à ordonner les auditions sollicitées, sans qu'il n'en résulte une violation du droit d'être entendu des parties.
3.
Sur le fond, se pose la question de savoir si c'est à bon droit que l'autorité intimée a refusé de délivrer les permis d'habiter requis. A cet égard, les avis des parties divergent sur l'interprétation de l'art. 23 al. 6 RPAC.
a) aa) Aux termes de l'art. 128 de la loi du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC; BLV 700.11), aucune construction nouvelle ou transformée ne peut être occupée sans l'autorisation de la municipalité. Cette autorisation, donnée sous la forme d'un permis, ne peut être délivrée que si les conditions fixées par le permis de construire ont été respectées et si l'exécution correspond aux plans mis à l'enquête. Le préavis de la commission de salubrité est requis (al. 1). La municipalité statue dans le délai de quinze jours dès le dépôt de la demande de permis (al. 2).
L'art. 129 LATC dispose que le règlement cantonal fixe les conditions auxquelles doit répondre une construction pour bénéficier d'un permis d'habiter ou d'utiliser.
L'art. 79 al. 1 du règlement d’application de la LATC du 19 septembre 1986 (RLATC; BLV 700.11.1) précise que le permis d'habiter ou d'utiliser ne peut être délivré que:
"
a. si les locaux satisfont aux conditions fixées par la loi et les règlements;
b. si la construction est conforme aux plans approuvés et aux conditions posées dans le permis de construire;
c. si les travaux extérieurs et intérieurs sont suffisamment achevés pour assurer la sécurité et la santé des habitants ou des utilisateurs;
d. si l'équipement du terrain est réalisé
".
Selon la jurisprudence, l'institution du permis d'habiter ou d'utiliser est uniquement destinée à permettre à la municipalité de vérifier que la construction est conforme aux plans approuvés ainsi qu'aux conditions posées dans le permis de construire et que les travaux extérieurs et intérieurs sont suffisamment achevés pour assurer la sécurité et la santé des habitants. La délivrance du permis d'habiter n'est pas destinée à vérifier une nouvelle fois si les dispositions réglementaires sont respectées: en effet, cet examen a déjà eu lieu lors de la délivrance du permis de construire. L'art. 79 al. 1 let. a RLATC prévoit certes de vérifier "si les locaux satisfont aux conditions fixées par la loi et les règlements", mais cette disposition de niveau réglementaire doit être interprétée dans le cadre de la base légale que constitue l'art. 128 LATC: lorsque rien n'indique qu’aux termes de cette disposition, les constructions réalisées ne respecteraient pas les conditions du permis de construire, le permis d'habiter doit être délivré. Le permis d'habiter dépend du permis de construire. Ce qui n'a pas été autorisé dans le permis de construire ne peut pas être autorisé
a
posteriori
par le biais du permis d'habiter (cf. CDAP AC.2020.0329 et les références citées).
bb) L'ordonnance sur la sécurité et la protection des travailleurs dans les travaux de construction du 18 juin 2021 (OTConst; RS 832.311.141) contient différentes dispositions relatives aux travaux exécutés sur les toits à ses art. 41 ss, en particulier:
"
Art. 41 Mesures à prendre au bord des toits
1
Au bord de tous les toits, des mesures appropriées doivent être prises pour éviter les chutes à partir d'une hauteur de plus de 2 m. Pour les toits accusant différentes inclinaisons, l'inclinaison du toit au-dessus du chéneau est déterminante pour les mesures à prendre.
2
Pour les toits dont la pente est inférieure ou égale à 60°, les règles suivantes s'appliquent:
a.
si la pente est inférieure à 10°, un pont de ferblantier doit être installé, à moins qu'un garde-corps périphérique continu selon l'art. 22 ne soit posé de sorte que tous les travaux puissent être exécutés à l'intérieur de cette protection;
[...]
"
"
Art. 46 Travaux de peu d'ampleur
1
Pour les travaux d'une durée totale inférieure à deux jours-personne à effectuer sur un toit, les mesures de protection contre les chutes doivent être prises uniquement si la hauteur de chute est supérieure à 3 m. En cas de risque de glissades, ces mesures doivent déjà être prises à partir d'une hauteur de chute de plus de 2 m.
2
Dans tous les cas, il convient de prendre les mesures suivantes:
a.
dispositif de sécurité avec un équipement de protection individuelle contre les chutes pour des pentes de toit inférieures ou égales à 60°;
[...]
"
L'art. 22 OTConst, auquel renvoie l'art. 41 al. 2 let. a précité se lit comme suit:
"
Art. 22 Exigences concernant le garde-corps périphérique
1 Un garde-corps périphérique se compose d'une lisse haute, d'au moins une lisse intermédiaire et d'une plinthe.
2 L'arête supérieure de la lisse haute doit se situer au moins 100 cm au-dessus de la surface praticable.
3 Les plinthes doivent avoir une hauteur de 15 cm au moins à partir de la surface praticable.
4 L'écartement entre la lisse haute et la lisse intermédiaire, entre la plinthe et la lisse intermédiaire et entre les lisses intermédiaires ne peut dépasser 47 cm.
5 Les lisses hautes et les lisses intermédiaires peuvent être remplacées par un cadre ou un grillage avec un maillage de 25 cm au maximum, pour autant que la même protection soit garantie.
6 Le garde-corps périphérique doit être fixé de manière qu'il ne puisse ni être enlevé par mégarde, ni se détacher."
L'art. 22 OTConst est complété par l'art. 23 OTConst, dont l'al. 1 let. a prévoit qu'"un garde-corps périphérique doit être installé dans les endroits non protégés lorsque la hauteur de chute est supérieure à 2 m".
Quant à l'art. 23 RPAC, invoqué par les parties, il se lit comme suit:
"
Art. 23 Barres de sécurité et ancrages de toits
1
Des barres de sécurité à deux traverses, dont la supérieure sera distante d'au moins 14 cm de la surface du toit, en tubes galvanisés de 3/4 '', posées sur crochets distants de 1,65 m au plus, devront être installées à demeure:
a. lorsque le toit est recouvert d'un revêtement métallique ou plastique et a une inclinaison de 20 % ou plus et que le bas des pans est à 3 m du sol ou plus;
b. lorsque le toit est recouvert de tuiles de terre cuite ou de béton, d'ardoises naturelles ou fibrociment, de bardeaux bitumeux ou tout autre matériau connu à ce jour, qu'il a une inclinaison de 40 % ou plus et que le bas des pans est à 3 m du sol ou plus.
2
Les mansards verticaux seront pourvus de barres de sécurité à une traverse.
3
Les croupes sur mansards, pans brisés ou réveillons seront équipés de barres de sécurité à deux traverses.
4
Des crochets de service seront posés au droit des massifs de cheminée, de même que sur les tourelles dont la pente est supérieure à 70 %. Ces divers dispositifs doivent être solidement fixés, bien protégés de l'oxydation et convenablement entretenus.
5
Les crochets stop neige ne sont pas assimilés aux barres de sécurité. Chaque accès aux toitures devra être muni d'un crochet fermé pour corde de sécurité.
6
Afin de faciliter l'installation de garde-corps en bordure de vide lors de travaux d'entretien des toits plats, un système de fixation permanente et efficace doit être installé.
7
Sur les bâtiments existants et dépourvus des moyens de protection permanents indiqués plus haut, ces dispositifs seront installés à l'occasion des premiers travaux (entretien, réparation ou installation) à exécuter sur les toits ou exigeant un appui sur ceux-ci."
Tant les directives de la SUVA (intitulées "Planifier les dispositifs d'ancrage sur les toits", éd. janvier 2022; ci-après: les directives SUVA) que la fiche technique de la Commission technique des toits plats (intitulée "La sécurité contre les chutes sur les toits plats", année d'édition non précisée; ci-après: la fiche technique toits plats) - produite par la recourante - prévoient que le niveau de sécurité exigé varie en fonction des intervenants et de la fréquence d'entretien et d'accès aux toits. Les niveaux de sécurité s'échelonnent de 1 à 4, le chiffre 1 correspondant au dispositif le plus léger et le chiffre 4 au dispositif le plus contraignant.
Le tableau ci-dessous définit le niveau de sécurité et, partant, les installations de protection à mettre en place sur les toits plats. Ce tableau est identique dans les directives SUVA (p. 22) et dans la fiche technique toits plats (p. 4):
La présence d'installations techniques et/ou de panneaux solaires et la végétalisation des toits impliquent une catégorie d'utilisation B ou C. Le niveau de sécurité 1 est donc exclu.
Le niveau de sécurité 2 concerne des travaux de très courte durée (1 jour à 2 personnes, car les interventions de personne seule sont exclues) effectués par des personnes qui doivent être formées aux travaux avec équipement de protection individuelle contre les chutes (durée de formation d'un jour au minimum).
Le niveau de sécurité 3 implique la pose d'un garde-corps comme équipement de protection collective. Les travaux concernés ne sont pas liés à des travaux d'entretien lourd nécessitant la pose d'un échafaudage sur toute la hauteur des bâtiments. Il peut s'agir en revanche d'entretien de la végétation ou des panneaux solaires par une personne non formée ou d'interventions de quelques jours sur les installations techniques ou les panneaux solaires.
b) La recourante fait en substance valoir que les permis d'habiter devraient être délivrés, dès lors que les conditions posées par les permis de construire - en particulier relatives au respect de l'art. 23 al. 6 RPAC - seraient réalisées.
A cet égard, la recourante expose que, sur la base de l'art. 23 al. 6 RPAC et des dispositions topiques de l'OTConst, les professionnels de la branche ont établi des directives et des fiches techniques applicables dans toute la Suisse, lesquelles correspondent aux exigences qui doivent être respectées pour la sécurité des toits plats; elle se réfère à la fiche technique toits plats.
Ainsi, d'après la recourante, lorsqu'une toiture n'implique des travaux de maintenance qu'une à deux fois par année - comme ce serait le cas en l'espèce -, les équipements exigés en toiture correspondraient à des systèmes dits de "lignes de vie" avec des points d'ancrage individuels. La recourante précise que ces lignes de vie se composent d'œillets avec un câble permettant aux techniciens de s'accrocher par un système de harnais.
La recourante précise qu'elle ne conteste pas que, dans l'hypothèse où des travaux lourds devraient être effectués sur une toiture, la protection de la ligne de vie ne suffirait pas. La recourante relève toutefois que, dans une telle hypothèse, la pratique voudrait que des échafaudages soient posés ou que soient justement utilisés les câbles de sécurité afin de pouvoir installer les protections complémentaires nécessaires.
A l'appui de son argumentation, la recourante se réfère notamment à un avis de droit qu'elle a produit, qui ne concerne toutefois pas la situation des bâtiments construits sur les parcelles n
os
7440, 3431 et 3529, mais celle d'un autre bâtiment qui ne fait pas l'objet de la présente cause, sis à l'avenue Charles-Ferdinand-Ramuz à Pully. D'après la recourante, l'avis en cause confirmerait qu'il conviendrait d'interpréter l'art. 23 al. 6 RPAC en ce sens que cette disposition ne serait que la reprise des règles de sécurité en matière fédérale, telles qu'elles ressortiraient de l'OTConst et des fiches techniques. En d'autres termes, lorsque l'on interpréterait l'art. 23 al. 6 RPAC, on devrait en réalité faire application des fiches techniques établies sur la base de l'ordonnance fédérale. Enfin, la recourante souligne que l'avis de droit arriverait à la conclusion que, dans le cas de toitures plates, pour lesquelles les interventions sont limitées à moins de trois jours par année, seul un dispositif d'œillets et de câbles, à savoir une ligne de vie, serait nécessaire.
La recourante parvient à la conclusion que l'autorité intimée ne respecterait pas les directives techniques en matière de sécurité des toitures en posant des exigences allant au-delà de ce que prévoient celles-ci, selon une interprétation erronée de l'OTConst et du RPAC.
La recourante fait en outre état de différents inconvénients liés aux exigences posées par l'autorité intimée. Elle évoque à cet égard le coût de l'installation requise, les faiblesses structurelles que cette dernière pourrait entraîner (sous l'angle de l'étanchéité de la toiture et de l'isolation du bâtiment), ainsi que le stockage des garde-corps dans l'attente de leur utilisation.
c) aa) En l'espèce, les permis de construire qui ont été délivrés à la recourante (concernant les bâtiments construits sur les parcelles n
os
7440, 3431 et 3529) sont soumis à la condition selon laquelle "conformément à l'art. 23 RPAC, un système de fixation permanente et efficace doit être installé, afin de faciliter l'installation de garde-corps en bordure de vide lors de travaux d'entretien des toits plats." Comme relevé par l'autorité intimée, au stade du permis d'habiter, cette condition ne peut - en tant que telle - être remise en cause; elle constitue en effet une modalité des permis de construire précités, entrés en force et exécutoires.
Aux termes de la décision attaquée, l'autorité intimée considère que la condition en cause n'est pas respectée. Elle estime en effet que des lignes de vie devraient être posées en vue de l'entretien des toitures et que des douilles permettant de fixer des barrières provisoires devraient être installés en vue de travaux plus importants. Il ressort au demeurant du dossier que l'autorité intimée a exposé ses exigences en matière de toitures plates à plusieurs reprises, notamment (s'agissant des PPE Bosquets et Viaduc) au cours de séances de coordination interservices précédant le début des travaux.
bb) En l'occurrence, les photographies au dossier et les vues aériennes disponibles sur le site du Guichet cartographique cantonal permettent de constater que les bâtiments concernés par les permis d'habiter litigieux comportent tous des toits plats. Les mêmes images permettent d'observer que les bâtiments des PPE Manoir et Viaduc, ainsi que l'une des trois villas de la PPE Bosquets sont équipés de panneaux solaires sur les toits, étant précisé que ceux de la PPE Viaduc sont installés presque à plat. En outre, il ressort des vues aériennes précitées que la PPE Manoir, à tout le moins, comporte également des installations techniques sur le toit.
Selon les écritures de la recourante, l'entretien des toitures litigieuses se ferait une à deux fois par année. S'agissant de la formation des personnes procédant à cet entretien, la recourante n'allègue pas - ni ne démontre - qu'il s'agirait de personnes formées aux travaux avec des équipements de protection individuelle contre les chutes. On retiendra dès lors que l'entretien n'est pas réalisé par des personnes bénéficiant d'une formation spécifique. Il s'ensuit qu'indépendamment de la fréquence d'entretien et d'accès aux toits des bâtiments concernés, un niveau de sécurité 3 s'applique dans le cas particulier, impliquant la pose de garde-corps périphériques, selon les directives précitées.
cc) Les photographies produites par la recourante permettent toutefois de constater que les toits des PPE Manoir et Bosquets sont équipés, à titre de dispositifs de sécurité, de simples potelets munis d'œillets qui ne sont pas reliés entre eux par un câble; quant au toit de la PPE Viaduc, il est équipé de lignes de vie (soit de potelets munis d'œillets reliés entre eux par un câble). Il apparaît ainsi que les dispositifs de sécurité existants sur les toits des différents bâtiments concernés ne correspondent pas aux dispositifs requis pour un niveau de sécurité 3.
Il semblerait bien plutôt que le dispositif dont dispose la PPE Viaduc équivaut à un niveau de sécurité 2, lequel est admissible uniquement pour des personnes formées aux travaux avec des équipements de protection individuelle contre les chutes et des travaux limités à deux jours-personnes. Or, dans le cas d'espèce, non seulement les personnes qui procèdent à l'entretien des toits ne disposent pas d'une formation particulière, mais en plus, l'entretien en cause ne peut être réalisé dans la limite des deux jours-personnes, vu la présence de panneaux solaires installés presque à plat sur le toit de la PPE Viaduc, requérant davantage d'entretien que des panneaux installés de biais.
Quant aux dispositifs existants sur les toits des PPE Manoir et Bosquets, ils semblent correspondre à un niveau de sécurité 1, admissible uniquement pour des personnes formées aux travaux avec des équipements de protection individuelle contre les chutes, une fréquence d'accès et d'entretien faible et des travaux limités à deux jours-personnes.
En conclusion, au regard de l'art. 23 al. 6 RPAC et des directives précitées, on retient, d'une part, que les dispositifs de sécurité installés sur les toits des trois PPE sont manifestement insuffisants et, d'autre part, que l'autorité intimée ne va pas au-delà des prescriptions applicables, en exigeant la pose de lignes de vie, ainsi que de douilles permettant d'installer des barrières provisoires pour le cas de travaux à effectuer sur les toits.
dd) L'avis de droit produit par la recourante - qui, comme on l'a vu, ne concerne pas les immeubles objets de la présente cause - ne permet pas d'arriver à une conclusion différente. Il découle au reste de ce document que les directives de la SUVA prévoient que, pour les travaux d'entretien courant ou de peu d'ampleur, tels que le contrôle et l'entretien périodiques de la toiture, un système de ligne de vie est possible pour autant que la durée totale des travaux n'excède pas deux-jours personne. Or, comme exposé ci-avant, cette règle s'applique aux personnes formées aux travaux avec des éléments de protection individuelle, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Il paraît par ailleurs très peu probable - voire impossible - que l'entretien des toitures concernées puisse être réalisé dans la limite de deux jours-personnes vu la présence d'installations techniques et panneaux solaires. On relève au demeurant que le document en question précise, s'agissant des directives de la SUVA, que celles-ci privilégient l'installation de garde-corps pour les travaux d'entretien courant se déroulant une fois par an.
Enfin, les arguments développés par la recourante relatifs aux risques que les dispositifs requis entraîneraient pour le bâtiment (sous l'angle de l'étanchéité et de l'isolation) tombent à faux. En effet, de l'avis des assesseurs spécialisés, il est tout à fait possible d'installer les éléments en cause soit dans l'acrotère, soit dans le toit (comme cela a été fait pour les panneaux solaires et les potelets), sans que cela ne constitue un risque de dégradation de l'étanchéité ou de l'isolation des bâtiments concernés.
ee) On relève au demeurant que, selon les plans produits relatifs à la PPE Viaduc, l'accès à la toiture - qui doit se faire avec une échelle de service depuis la terrasse située à tout le moins à 3 m en-dessous de la dalle - n'est pas sécurisé. Il semble ainsi que la sécurisation des toitures concernées soit insuffisante, sur ce point également.
ff) En conclusion, c'est à bon droit que l'autorité intimée a refusé de délivrer les permis d'habiter sollicités.
4.
La recourante fait enfin valoir que la persistance de l'autorité intimée à refuser de délivrer les permis d'habiter sollicités - alors qu'elle y aurait droit - serait constitutive d'un déni de justice formel. Elle expose à cet égard avoir sollicité, par courrier du 8 février 2021, une décision formelle susceptible de recours. Or, au jour du dépôt des recours objet de la présente cause, l'autorité intimée persistait encore à refuser les permis d'habiter sollicités.
a) Consacré à l’art. 29 al. 1 Cst, le principe de célérité prévoit que toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans un délai raisonnable. Viole la garantie constitutionnelle l'autorité qui ne rend pas une décision qu'il lui incombe de prendre dans le délai prescrit par la loi ou dans le délai que la nature de l'affaire et les circonstances font apparaître comme raisonnable (ATF 130 I 312 consid. 5.1 p. 331; 119 Ib 311 consid. 5 p. 323 et les références citées). Pour déterminer la durée du délai raisonnable, il y a lieu de se fonder sur des éléments objectifs, notamment le degré de complexité de l'affaire, l'enjeu que revêt le litige pour l'intéressé ainsi que le comportement de ce dernier et des autorités compétentes. Il appartient au justiciable d’entreprendre ce qui est en son pouvoir pour que l’autorité fasse diligence, que ce soit en l’invitant à accélérer la procédure ou en recourant, le cas échéant, pour retard injustifié (ATF 130 I 312 consid. 5.2 p. 332; arrêt TF 2C_89/2014 du 26 novembre 2014 consid. 5.1; AC.2020.0295 du 14 décembre 2021 consid. 2a).
b) Dans le cas d'espèce, on constate que l'autorité intimée n'a pas ignoré les requêtes de la recourante (visant à la délivrance des permis d'habiter les bâtiments construits), mais a refusé d'y donner suite, en exposant - à plusieurs reprises - que les conditions posées à cet effet n'étaient pas remplies. L'appréciation de l'autorité intimée était au demeurant bien fondée, comme on vient de le voir. Il ressort en outre du dossier qu'après que la recourante a requis qu'une décision formelle soit rendue, l'autorité intimée a statué par une décision négative. Il s'ensuit que l'argument relatif au déni de justice formel est manifestement mal fondé et doit être écarté.
5.
Il résulte des considérants qui précèdent que les recours doivent être rejetés et les décisions attaquées confirmées. Les frais de justice seront mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 49 al. 1 LPA-VD). La commune de Pully, qui a procédé par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel, a droit à une indemnité à titre de dépens à la charge de la recourante (art. 51, 55, 91 et 99 LPA-VD).