# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4da50010-eac1-5a26-aacf-c339689a1285
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 1996
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait et en droit que
1) Monsieur S_, né le 24 février 1971 à Alger (Algérie), ressortissant algérien, célibataire, sans profession a été condamné le 30 octobre 1996 par voie d’ordonnance par le juge d’instruction chargé du dossier pour s’être livré à un trafic de produits stupéfiants dans le canton de Genève et pour être demeuré sur territoire suisse alors qu’il avait l’ordre de quitter ce pays. Cette condamnation est assortie du sursis pour
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une durée de 4 ans. En outre, le juge d’instruction a ordonné l’expulsion de M. S_ pour une durée de 7 ans.
2) L’intéressé a été placé en détention administrative après avoir satisfait aux exigences de la procédure pénale.
3) Il ressort du dossier soumis ce jour à l’appréciation du Tribunal de céans que M. S_ s’est légitimé le 23 octobre 1996, à l’occasion d’un contrôle de police, au moyen d’une carte d’identité française falsifiée, établie au nom de B_, né le 21 janvier 1973 à Aix-en-Provence et domicilié dans l’Hérault. Entendu par la police de sûreté à l’issue de cette arrestation, M. S_ a déclaré que le patronyme “B_’ serait en fait son véritable nom.
4) Il ressort encore du dossier que le dénommé S_ a déposé une demande d’asile au mois de novembre 1995, rejetée par l’office fédéral des réfugiés le 4 mars 1996, décision confirmée sur recours par la première chambre de la Commission suisse de recours en matière d’asile le 28 juin 1996.
Un nouveau délai pour quitter le territoire helvétique a été fixé à l’intéressé au 31 juillet 1996 par l’office fédéral des réfugiés. Selon un rapport de la police de sûreté du canton de Genève du 29 août 1996, l’intéressé a quitté le foyer où il était hébergé le 5 août 1996 sans laisser de nouvelle adresse. La veille, il avait fait défaut à une audience de comparution personnelle devant les Prud’hommes du canton de Genève.
5) Entendu ce jour, M. S_ a reconnu bien s’appeler S_, né le 24 février 1971 à Alger. Il a reconnu avoir fait l’objet d’une ordonnance de condamnation du juge d’instruction le 30 octobre 1996 pour trafic de haschisch. Il a encore exposé avoir quitter le foyer où il était hébergé à la fin du mois de juillet 1996 parce que l’office cantonal de la population avait refusé de prolonger son séjour. Il a déclaré enfin souhaiter pouvoir quitter la Suisse de son propre chef et compterait organiser son départ vers l’Espagne ou le Canada à l’aide de son amie.
6) Lors de la même audience, M. D_, représentant l’office cantonal de la population, a expliqué que la procédure de renvoi de M. S_ n’avait pu se dérouler normalement du fait de la disparition de ce dernier de son foyer au mois d’août 1996 et faute pour les autorités chargées d’exécuter ce renvoi de
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détenir des documents d’identité satisfaisant aux conditions posées par les autorités algériennes. Ceux découverts le 23 octobre 1996 au domicile d’un tiers lors de l’arrestation de M. S_ devraient permettre d’organiser le départ de ce dernier dans un délai de 2 semaines environ. L’office cantonal de la population a estimé que l’intéressé présente un danger concret de disparaître dans la clandestinité et a conclu à la confirmation de la détention administrative.
7) Maître Piazza, conseil de M. S_, s’en est rapporté en l’état sur la question de la légalité et de la détention administrative de son client.
8) Selon l’article 13 b alinéa 1 lettre c LFSEE, l’autorité cantonale peut ordonner la mise en détention d’une personne lorsque celle-ci fait l’objet d’une décision de renvoi ou d’expulsion prise en première instance et dûment notifiée et lorsque des indices concrets font craindre qu’elle entend se soustraire au refoulement.
En l’espèce, il résulte du dossier de la cause et des déclarations des parties à la procédure que M. S_ a tenté de se légitimer le 23 octobre 1996 au moyen d’une pièce d’identité qu’il savait fausse, qu’il a tenté d’induire en erreur les policiers qui l’interrogeaient en mentionnant une autre identité encore et qu’il avait caché les documents établis à son véritable nom dans le but manifeste de ne pas respecter l’ordre qui lui a été donné de quitter la Suisse le 31 juillet 1996 au plus tard. Il y a lieu de surcroît d’observer que l’intéressé a quitté le foyer où il était hébergé sans laisser de nouvelle adresse, tentant ainsi de se soustraire aux autorités.
9) Le fait que l’intéressé se livre à un trafic de haschisch d’une importance certes relative ne permet pas que les conditions de l’article 13 a lettre e LFSEE sont réunies, puisque la jurisprudence du Tribunal fédéral en matière de stupéfiants doit amener à considérer que le haschisch n’a pas le caractère d’un produit mettant gravement en danger la vie ou l’intégrité corporelle de tiers (ATF
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- 324) . Il faut voir toutefois dans ce trafic l’indice d’une absence de volonté réelle de l’intéressé de quitter la Suisse, pays dans lequel il s’est livré à un trafic rémunérateur de substances interdites.
Il y a donc lieu d’admettre de l’intéressé entend se soustraire au renvoi et que sa mise en détention constitue le seul moyen adéquat pour assurer l’exécution de cette mesure (ATF
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119 lb 193 — 202; ATA du 24 octobre 1996 en la cause R. et du 30 septembre 1996 en la cause 0., confirmé le 23 octobre 1996 par le Tribunal fédéral).
Il ressort enfin du dossier et des déclarations des
parties que l’exécution du renvoi est poursuivie avec diligence par les autorités compétentes et que celui-ci ne semble pas impossible
10) La détention administrative de M. S_ est donc
conforme aux articles 13 b alinéa 1 lettre c et 13 c alinéa 5 LFSEE et est également légale et adéquate. Elle sera confirmée pour une durée de 3 mois à compter du 30 octobre 1996 à lSh.45, étant précisé qu’une demande de levée de cette détention pourra être déposée à l’échéance du délai d’un mois prévu par l’article 13 c alinéa 4 LFSEE.

## Considerations