# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2a5f4ddc-62a2-491a-99cd-51aed0b0f300
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

La Cour des plaintes, vu:
- la demande d’entraide du 2 juillet 2018 adressée aux autorités helvétiques par
l’Espagne et dont l’exécution a été confiée au Ministère public du canton de
Genève (ci-après: MP-GE; in act. 1.2),
- la décision de clôture du 14 septembre 2020 du MP-GE ordonnant la
transmission à l’autorité requérante de documents bancaires relatifs à la relation
n° 1 ouverte auprès de la Banque B. SA et dont le titulaire est A. SA (in act. 1.2,
p. 2),
- le recours interjeté le 15 octobre 2020 auprès de la Cour des plaintes du Tribunal
pénal fédéral par A. contre ce dernier prononcé (act. 1.3),
- la lettre recommandée du 20 octobre 2020 par laquelle la Cour des plaintes a
imparti à la requérante un délai au 2 novembre 2020 pour s’acquitter d’une
avance de frais de CHF 5'000.-- et transmettre des documents récents
démontrant que la requérante existait au jour du dépôt du recours et établissant
l’identité du signataire de la procuration produite et l’habilitation de celui-ci à la
représenter (act. 1.4),
- l’avertissement donné à cette occasion qu’à défaut de paiement de l’avance de
frais et de transmission des documents requis dans le délai imparti, il ne serait
pas entré en matière sur le recours (act. 1.4),
- l’avance de frais payée le 30 octobre 2020 (act. 1.5),
- la demande de prolongation de délai au 30 novembre 2020, formulée le
2 novembre 2020 par les conseils de la requérante, pour fournir les documents
précités (act. 1.6),
- l’envoi, le 2 novembre 2020, d’une copie du passeport de C. (act. 1.6), signataire
de la procurations produite (act. 1.1; in act. 1.2, p. 2),
- l’ultime prolongation de délai accordée et le report de celui-ci au 23 novembre
2020 (act. 1.7),
- l’écrit des conseils de la requérante du 23 novembre 2020 par lequel ils ont
transmis à la Cour de céans une confirmation du notaire au Costa Rica qui
« atteste de l’existence » de leur mandante (act. 1.9 et 1.10) et requièrent un
délai supplémentaire au 15 décembre 2020 pour transmettre le document
manquant si ladite Cour ne devait pas considérer celle-ci comme suffisante
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(act. 1.10),
- l’envoi le 26 novembre 2020 à la Cour de céans d’un « certificate of existence
and good standing » du Costa Rica daté du 24 novembre 2020 relatif à la
requérante (act. 1.12),
- l’arrêt du 1er décembre 2020 de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral
RR.2020.272 déclarant le recours du 15 octobre 2020 irrecevable (act. 1.2),
- la demande de restitution de délai formée le 11 décembre 2020 par la requérante
(act. 1),
- les observations de l’OFJ et du MP-GE du 23 décembre 2020, par lesquelles ce
dernier conclut au rejet de la demande de restitution de délai et l’OFJ s’en remet
à dire de justice (act. 3 et 4),

## Considerations

et considérant:
qu’en vertu de l’art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale sur l’organisation des autorités
pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71), mis en relation avec les art. 25
al. 1 et 80e al. 1 de la loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale
(EIMP; RS 351.1), la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente
pour connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure
d’entraide rendues par l’autorité cantonale ou fédérale d’exécution et,
conjointement, contre les décisions incidentes;
que, dans le cadre de recours qui lui sont dévolus, la Cour de céans est compétente
pour statuer sur les demandes de restitution de délai, selon l’art. 24 al. 1 de la loi
fédérale sur la procédure administrative (PA; RS 172.021), applicable par renvoi des
art. 12 EIMP et 39 al. 2 let. b LOAP, y compris – par analogie avec l’art. 50 al. 2 de
la loi fédérale sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110) et quand bien même la PA
ne le prévoit pas expressément – après la notification de l’arrêt (arrêts du Tribunal
pénal fédéral RR.2020.316 du 17 décembre 2020; RR.2019.95-96 du 28 mai 2019
et références citées; v. arrêts du Tribunal fédéral 1C_491/2008 du 10 mars 2009
consid. 1 et 9C_75/2008 du 20 août 2008; v. également arrêt du Tribunal
administratif fédéral C-1840/2015 du 31 mars 2015 consid. 3.1 et arrêts cités);
qu’à teneur de l’art. 24 al. 1 PA, si le requérant ou son mandataire a été empêché,
sans sa faute, d’agir dans le délai fixé, celui-ci est restitué pour autant que, dans les
trente jours à compter de celui où l’empêchement a cessé, le requérant ou son
mandataire ait déposé une demande motivée de restitution et ait accompli l’acte
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omis;
que la requérante fait en substance valoir qu’elle a entrepris toutes les démarches
utiles et nécessaires auprès de I’agent-résident de A. en Suisse en vue de répondre
à l’ordonnance de la Cour des plaintes du 20 octobre 2020, à savoir, parmi d’autres,
la production de documents récents démontrant I’existence de la requérante au jour
du dépôt de son mémoire de recours;
qu’elle relève que les deux autres exigences formulées par la Cour des plaintes, à
savoir le paiement de l’avance de frais ainsi que la production des documents
indiquant l’identité du signataire de la procuration produite, ont été respectées par
la requérante dans le premier délai qui a été imparti, à savoir le 2 novembre 2020;
que par conséquent, la requérante conclut qu’aucune faute ne peut être imputée ni
à ses mandataires ni à elle-même; que bien au contraire, ceux-ci ont tout entrepris
pour respecter les injonctions de la Cour des plaintes et que c’est uniquement en
raison de la situation due au Covid-19, laquelle a des répercussions sur toutes les
démarches administratives, notamment au Costa Rica, que le document requis n’a
pu être obtenu que 3 jours après le délai fixé, étant précisé qu’il a été transmis à la
Cour de céans sans attendre, le jour-même de sa réception (act. 1, p. 7 s.);
que la requérante relève en outre que la première prolongation requise était au
30 novembre 2020 parce que cette date raisonnable leur semblait nécessaire
compte tenu du contexte pandémique, et que si la Cour de céans avait fait droit à
cette première prolongation, le document requis aurait pu être produit à temps, sans
qu’aucune autre prolongation, pas plus que la présente restitution de délai, ne soit
sollicitée (act. 1, p. 8);
que selon la jurisprudence constante, une restitution de délai n’entre pas en ligne
de compte lorsque la partie ou son mandataire a tardé à agir en raison d’un choix
délibéré ou d‘une erreur, même légère (ATF 143 I 284 consid. 1.3; v. VOGEL, in
Auer/Müller/Schindler [éd.], Kommentar zum Bundesgesetz über das
Verwaltungsverfahren [VwVG], 2e éd. 2018, ch. 9 ad art. 24 PA); qu’il appartient en
particulier aux mandataires professionnels de s’organiser de telle manière que les
délais puissent être respectés indépendamment d’un éventuel empêchement de
leur part; qu’une défaillance dans l’organisation interne d’une étude d’avocats
(problèmes informatiques, auxiliaire en charge du recours, absences ou maladies)
ne justifie donc pas une restitution de délai (ATF 143 I 284 consid. 1.3 et la
jurisprudence citée; arrêt du Tribunal fédéral 1C_673/2020, 1C_717/2020 du
30 décembre 2020 consid. 4.2);
qu’en l’espèce, dans son arrêt d’irrecevabilité du 1er décembre 2020, la Cour de
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céans a notamment rappelé qu’aux termes de l’art. 52 PA, si le recours ne satisfait
pas aux exigences légales, l’autorité de recours impartit au recourant un court délai
supplémentaire pour régulariser le recours; que lorsque l’autorité saisie éprouve des
doutes sur l’existence de la personne morale partie à la procédure et, par voie de
conséquence, sur les pouvoirs de représentation de celle-ci, elle peut l’interpeller
sur ce point et exiger une procuration écrite (v. art. 11 al. 2 PA; arrêt du Tribunal
fédéral 1C_248/2012 du 1er octobre 2012 consid. 2.2 et référence citée); que dans
ce domaine, les parties sont soumises à un véritable devoir de collaboration, dont
la sanction peut être l’irrecevabilité de l’acte en question (v. art. 13 PA; ibidem);
que du fait que le principe de célérité tient une place toute particulière dans la
procédure d’entraide (v. art. 17a EIMP; arrêt du Tribunal fédéral 1C_673/2020,
1C_717/2020 du 30 décembre 2020 consid. 4.3), la Cour de céans peut valablement
s’attendre à ce qu’une partie qui décide de contester une décision ou une
ordonnance par devant elle soit en mesure de déposer, dès le début de la
procédure, un acte de recours complet et, par conséquent, s’agissant du cas
d’espèce, de produire à l’appui de celui-ci les documents attestant l’existence de la
société requérante au moment du dépôt du recours, l’identité du signataire de la
procuration et des pouvoirs qui lui ont été conférés par ladite société;
que ces principes sont clairement établis par la jurisprudence de la Cour de céans
(v. notamment arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2020.128 du 8 juillet 2020;
RR.2019.280 du 10 décembre 2019; RR.2019.146 du 8 octobre 2019);
qu’il sied de relever que le contexte actuel de la pandémie et les retards qu’il peut
engendrer pour des démarches administratives, notamment à l’étranger, n’est pas
un événement inattendu et soudain qui ne pouvait être anticipé; qu’en outre la
requérante disposait d’un délai de recours de 30 jours (art. 80k EIMP) pour
présenter un acte de recours complet auprès de la Cour de céans et a obtenu de
celle-ci un premier délai supplémentaire de 10 jours ainsi qu’une ultime prolongation
de délai de 20 jours pour se faire;
que dans ces conditions, l’empêchement ne saurait être considéré comme sans
faute, au sens de l’art. 24 al. 1 PA;
qu’une des conditions de l’application de l’art. 24 PA faisant défaut, la requête de
restitution de délai doit être rejetée;
qu’en tant que partie qui succombe, la requérante doit supporter les frais du présent
arrêt (art. 63 al. 1 PA) lesquels sont fixés à CHF 1'000.-- (v. art. 73 al. 2 LOAP et
art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens
et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]; art. 63
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al. 5 PA).
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