# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9848b71a-42f9-4a24-9249-e2e43ed4c354
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
Le "A._ " occupe le bâtiment ECA 26a, situé sur la parcelle 284 de la Commune de Corseaux, propriété d'B._ et de C._.
Le 4 décembre 2018, la Commission de salubrité communale a procédé à une visite du bâtiment précité, en présence de représentants du "A._ ". Un rapport de visite a été établi le 10 décembre 2018 par le Bureau technique intercommunal (BTI).
Par décision du 17 janvier 2019, adressée en recommandé au collectif, avec copie aux propriétaires, la Municipalité de Corseaux a retiré le permis d'habiter le bâtiment ECA 26a. La décision précisait qu'au vu du rapport précité et des risques d'incendie et d'intoxication, en particulier au monoxyde de carbone, le bâtiment devait être considéré comme dangereux. Elle ajoutait qu'il appartenait aux occupants des locaux de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires afin d'évacuer les lieux.
B.
Agissant le 29 janvier 2019 en son nom, le "A._ " a déféré cette décision à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP). Il s'opposait à évacuer les lieux sans délai, estimant que les sources de dangers pouvaient aisément être supprimées et le bâtiment remis en état de salubrité et de sécurité. A cet égard, il s'engageait à prendre de suite les mesures nécessaires, qu'il détaillait. Le recours ne mentionnait aucun nom de personne physique ni morale et portait à son pied une unique signature, anonyme et non identifiable.
Par accusé de réception du 30 janvier 2019, expédié en recommandé au "A._ ", la juge instructrice a invité celui-ci à verser une avance de frais dans un délai au 19 février 2019. L'accusé de réception enjoignait en outre le "A._ " à, en substance, préciser sa nature et attester les pouvoirs de représentation conférés au signataire du recours.
Le "A._ " a versé l'avance de frais dans le délai fixé, mais n'a pas réagi pour le surplus.
Par avis du 26 février 2019, expédié en recommandé au "A._ ", la juge instructrice a constaté que celui-ci ne s'était pas exprimé dans le délai imparti. Elle lui a fixé un ultime délai au 12 mars 2019 pour indiquer l'identité de l'auteur de la signature apposée au pied du recours, indiquer l'identité de la totalité des membres du "A._ " et démontrer, par exemple en fournissant une copie du recours contresignée par la totalité des membres du "A._ ", que l'auteur de la signature apposée au pied du recours était légitimé à recourir au nom du "A._ ". L'avis précisait qu'à défaut de réponse dans le délai fixé, il serait statué en l'état du dossier. Ledit courrier recommandé est revenu en retour au tribunal, l'enveloppe portant la mention, vraisemblablement apposée par la poste, "
manque d'infos du destinataire
".
Le 4 mars 2019, la juge instructrice a tenté de réexpédier en recommandé l'avis du 26 février 2019, en précisant que le délai fixé au 12 mars 2019 était prolongé au 18 mars suivant. Ce courrier a derechef été renvoyé au tribunal.
Le 8 mars 2019, une personne déclarant, sans décliner son identité, agir au nom du "A._ ", a appelé le greffe du tribunal pour l'aviser que le "A._ " souhaitait que les avis lui soient communiqués en courrier A, sinon qu'il puisse les collecter lui-même au guichet de la cour. Le 11 mars 2019, la messagère du "A._ " a rappelé le greffe, lequel l'a informée que le tribunal admettait la seconde modalité proposée, à condition cependant qu'une pièce d'identité soit fournie. En réponse, la messagère a déclaré, toujours par téléphone, que le "A._ " préférait en définitive trouver un arrangement avec la poste lui permettant de recevoir les recommandés.
A ce jour, le tribunal est sans nouvelle du "A._ ".

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Selon l'art. 75 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), a qualité pour former recours toute personne physique ou morale ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente ou ayant été privée de la possibilité de le faire, qui est atteinte par la décision attaquée et qui dispose d'un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée (let. a), ainsi que toute autre personne ou autorité qu'une loi autorise à recourir (let. b). L'art. 79 LPA-VD précise que l'acte de recours doit être signé et indiquer les conclusions et motifs du recours.
D'après la jurisprudence, l'autorité de recours doit pouvoir s'assurer sans difficulté et de manière certaine du cercle des personnes physiques ou des personnes morales qui ont déposé un recours dans le délai prescrit. Ainsi, un recours ne saurait être valablement déposé au nom d'un groupe défini de manière vague ("au nom des voisins du constructeur", par exemple). En définitive, l'élément décisif est que le groupe des recourants soit clairement circonscrit (cf. CDAP AC.1994.0245 du 1
er
novembre 1996 consid. 1a; CDAP AC.1990.7553 du 12 décembre 1991 consid. 1,
in
: RDAF 1992 p. 203; voir aussi CDAP AC.2001.0188 du 22 mai 2002 consid. 1a; CDAP AC.1997.0012 du 25 novembre 1997 consid. 1; CDAP AC.1993.0115 du 15 octobre 1993 consid. 1a; CDAP AC.1991.0139 du 1
er
juin 1992 consid. 1).
2.
En l'occurrence, la lecture du recours, déposé au nom d'une communauté appelée "A._ ", ne permet pas de déceler la forme sous laquelle ce groupe est constitué, ni l'identité de ses membres, pas même celle de l'auteur de la signature illisible apposée au pied du mémoire.
a) Les avis des 26 février et 4 mars 2019 expédiés en recommandé, enjoignant le "A._ " à fournir, au plus tard le 18 mars 2019, les renseignements nécessaires à son identification, n'ont pas été reçus par le "A._ ", contrairement à la décision attaquée ainsi qu'à l'accusé de réception, pourtant expédiés également en recommandé à la même adresse.
Selon la jurisprudence, celui qui se sait partie à une procédure judiciaire et qui doit dès lors s'attendre à recevoir notification d'actes du juge, est tenu de relever son courrier ou, s'il s'absente de son domicile, de prendre des dispositions pour que celui-ci lui parvienne néanmoins; à ce défaut, il est réputé avoir eu, à l'échéance du délai de garde, connaissance du contenu des plis recommandés que le juge lui adresse (ATF 139 IV 228 consid. 1.1; ATF 138 III 225 consid. 3.1; ATF 130 III 396 consid. 1.2.3). Cette jurisprudence doit être appliquée ici par analogie: il appartenait au "A._ " de procéder aux ajustements nécessaires pour communiquer avec la Cour de céans, devant laquelle il avait lui-même recouru, comme il l'avait du reste lui-même indiqué au greffe du tribunal par téléphone du 11 mars 2019. Le "A._ " n'ayant pas mis en œuvre le canal de notification voulu, il est réputé avoir eu connaissance des avis transmis, notamment du délai fixé au 18 mars 2019.
Dans ces conditions, le délai précité étant échu sans que les renseignements requis n'aient été fournis, il convient de statuer en l'état du dossier, conformément à la commination mentionnée sur les avis précités.
b) Comme exposé ci-dessus, l'identité du ou des recourants demeure celée à ce jour, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur le recours.
3.
Vu ce qui précède, le recours est manifestement irrecevable, ce qui peut être constaté par un juge unique (cf. art. 94 al. 1 let. d LPA-VD), selon la procédure de jugement immédiat (cf. art. 82 LPA-VD).
Au vu des circonstances, l'on renoncera à prélever un émolument judicaire. Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens.