# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 67cc92e8-1789-5cea-8160-0262ae3c9c02
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a)
A_, née le _ 1986 à F_ (Genève), originaire de G_ (Genève) et H_ (Argovie), et C_, née le _ 1990 à Genève, originaire de Genève, sont liées par un partenariat enregistré à G_ (Genève) le _ 2013.
Domiciliées à Genève, elles sont en couple depuis 2008 et font ménage commun depuis 2012.
b)
C_ est la mère de l'enfant B_, née le _ 2016 à F_ (Genève), originaire de Genève (Genève). Aucune inscription ne figure à l'état civil s'agissant du lien de filiation avec le père.
c)
A_ est la mère des enfants D_ et E_, tous deux nés le _ 2014 à Genève et originaires de G_ (Genève) et H_ (Argovie). Aucune inscription ne figure à l'état civil s'agissant du lien de filiation avec le père.
B. a)
Par courrier expédié le 17 avril 2018, A_ a requis le prononcé de l'adoption par elle-même de B_, fille de sa partenaire.
Elle explique avoir voulu fonder une famille avec sa partenaire, être présente et participer activement à la vie et à l'éducation de B_ depuis sa naissance, comme sa partenaire l'était pour ses deux fils. Elles formaient une famille avec leurs trois enfants et sollicitaient l'adoption notamment en vue de protéger les mineurs dans l'éventualité d'un décès de l'un des parents. L'adoption de ses fils D_ et E_ par sa partenaire était sollicitée dans une requête parallèle.
Elle a notamment produit des photographies de leur vie de famille depuis la naissance des enfants.
b)
Par courrier du même jour, C_ a consenti à l'adoption de sa fille B_ par sa partenaire. Elle a par ailleurs exprimé le souhait que sa partenaire et elle-même exercent conjointement l'autorité parentale sur B_.
c)
Par pli du 21 août 2019, C_ et A_ ont demandé que la mineure B_ porte le nom de famille A_ comme ses frères D_ et E_.
d)
Dans un rapport du 25 septembre 2019, le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement s'est prononcé en faveur de l'adoption requise, considérant qu'il était dans l'intérêt de l'enfant que ses liens avec la requérante soient officialisés et qu'un second lien de filiation soit établi. La mineure avait été conçue en Espagne par procréation médicalement assistée grâce à un donneur anonyme, de sorte qu'aucune filiation paternelle n'était établie. Elle était une petite fille vive, souriante et sociable. Elle considérait sa mère et la requérante comme ses mamans. A_ et C_ formaient un couple depuis dix ans et vivaient ensemble depuis sept ans. Elles exerçaient toutes deux une activité lucrative et assuraient ensemble la prise en charge quotidienne et financière de B_, ainsi que des jumeaux D_ et E_, qui considéraient B_ comme leur soeur. B_ entretenait des liens étroits avec les familles de la requérante et de sa mère biologique.

## Considerations

EN DROIT
1.
Compte tenu du domicile genevois de la requérante, la Cour de justice est compétente pour connaître de la requête (art. 268 al. 1 CC, art. 120 al. 1 let. c LOJ).
Il n'existe aucun élément d'extranéité, tant la requérante que la mineure étant de nationalité suisse.
2.
2.1
Selon l'art. 264 CC, un enfant mineur peut être adopté si le ou les adoptants lui ont fourni des soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an et si toutes les circonstances permettent de prévoir que l'établissement d'un lien de filiation servira au bien de l'enfant.
L'art. 264c al. 1 et 2 CC prévoit par ailleurs qu'une personne peut adopter l'enfant de son partenaire enregistré si le couple fait ménage commun depuis au moins trois ans. La différence d'âge entre l'enfant et le ou les adoptants ne peut pas être inférieure à seize ans ni supérieure à quarante-cinq (art. 264d al. 1 CC).
L'adoption requiert le consentement du père et de la mère de l'enfant (art. 265a al. 1 CC). Il peut être fait abstraction du consentement d'un des parents lorsqu'il est inconnu, absent depuis longtemps sans résidence connue ou incapable de discernement de manière durable (art. 265c CC). Si l'enfant est capable de discernement, son consentement à l'adoption est requis (art. 265 al. 1 CC).
2.2
Dans le cas d'espèce, les conditions au prononcé de l'adoption sont remplies. La requérante et la mère de la mineure sont liées par un partenariat enregistré le _ 2013, forment un couple depuis dix ans et font ménage commun depuis sept ans. La requérante est présente dans le quotidien de l'enfant depuis sa naissance; elle lui a prodigué des soins et a pourvu à son éducation depuis lors. B_ s'épanouit dans la famille qu'elle forme avec sa mère biologique, la requérante et les fils de celle-ci. La différence d'âge entre la requérante et l'adoptée est de 31 ans. La mère biologique a consenti à l'adoption de sa fille par la requérante. Il sera par ailleurs fait abstraction du consentement du père, dont l'identité est inconnue, ainsi que de celui de la mineure, compte tenu de son jeune âge. Il ressort par ailleurs du rapport du Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement du 25 septembre 2019 que le prononcé de l'adoption est conforme à l'intérêt de l'enfant et ne fera qu'entériner, juridiquement en Suisse, une situation de fait existante.
Il sera par conséquent donné une suite favorable à la requête d'adoption.
3.
3.1
L'enfant acquiert le statut juridique d'un enfant du ou des parents adoptifs (art. 267 al. 1 CC). Les liens de filiation ne sont pas rompus à l'égard de la personne avec laquelle le parent adoptif est lié par un partenariat enregistré (art. 267 al. 3 ch. 2 CC).
L'enfant de conjoints qui portent des noms différents acquiert celui de leurs deux noms de célibataire qu'ils ont choisi de donner à leurs enfants communs lors de la conclusion du mariage; les parents peuvent toutefois demander conjointement, dans l'année suivant la naissance du premier enfant, que l'enfant prenne le nom de célibataire de l'autre conjoint (art. 270 al. 1 et 2 CC; art. 267a al. 2 CC, applicables par analogie en cas d'adoption de l'enfant par le partenaire enregistré de sa mère ou de son père). Si les parents ont été dispensés de faire une telle déclaration ou qu'ils n'en ont pas fait pour une autre raison, ils procéderont à ce choix dans le cadre de la procédure d'adoption (meier/stettler, Droit de la filiation (2014), n. 654; graf-gaiser, FamPra.ch 2013 p. 269).
L'enfant acquiert le droit de cité cantonal et communal du parent dont il porte le nom (art. 271 al. 1 CC).
3.2
Dans le cas d'espèce, il sera dit que le lien de filiation de la mineure avec sa mère C_ n'est pas rompu.
Conformément à la volonté exprimée par la mère biologique de l'enfant et la requérante, B_ portera le nom de famille A_ et sera originaire de G_ (Genève) et H_ (Argovie).
4.
La requérante et sa partenaire souhaitent exercer conjointement l'autorité parentale sur la mineure.
4.1
L'enfant acquiert le statut juridique d'un enfant du ou des parents adoptifs (art. 267 al. 1 CC). L'enfant est soumis, pendant sa minorité, à l'autorité parentale conjointe de ses père et mère (art. 296 al. 2 CC). Dans le cas d'adoption de l'enfant du conjoint, le parent adoptant acquiert de plein droit l'autorité parentale qu'il exerce en commun avec le parent déjà en place (breitschmid, in Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I (2018) n. 17 ad art. 267).
4.2
En l'espèce, le prononcé de l'adoption de B_ par la requérante entraîne de plein droit, sans qu'il soit nécessaire de statuer judiciairement, l'autorité parentale conjointe. A_ et C_ exerceront en conséquence conjointement l'autorité parentale sur B_ dès le prononcé de l'adoption.
5.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 19 al. 1 et 3 let. a LaCC; 26 du Règlement fixant le tarif des frais en matière civile - RTFMC) sont mis à la charge de la requérante. Ils sont entièrement compensés avec l'avance de frais de même montant, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 98, 101 et 111 CPC).
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