# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 26eb8f9c-d7c0-5048-bb79-87102035c85e
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. C._ est née en 2007. Elle est la fille de B._, née en 1976, et de A._, né en 1970, lesquels sont divorcés depuis décembre 2013. Le jugement de divorce prévoit que l’autorité parentale et la garde sur l’enfant sont attribuées à la mère, le père bénéficiant d’un droit de visite usuel.
B. Suite à un signalement de l’inspecteur des écoles, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a institué, le 30 juillet 2013, une curatelle éducative au sens de l’art. 308 al. 1 CC en faveur de C._.
C. Par décisions du 2 mars 2017 (mesures superprovisionnelles), puis du 14 mars 2017 (mesures provisionnelles), la Justice de paix a retiré le droit de déterminer le lieu de résidence de la mère sur sa fille, au sens de l’art. 310 CC, et a attribué la garde de fait au père. Cette décision a été motivée par le fait qu’une plainte pénale avait été déposée à l’encontre de la mère pour maltraitance physique sur C._ (l’avoir frappée avec un bâton ou une spatule sur les fesses). Dans un premier temps, le droit de visite de la mère a été suspendu. Cette suspension a ensuite été levée et une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC a été instituée. Le mandat a été confié à D._, intervenante en protection de l’enfant au Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: le SEJ), avec pour tâches de s’assurer du bon déroulement des relations personnelles de l’enfant avec sa mère jusqu’à l’issue de la procédure pénale et de faire des propositions en fonction de l’évolution de la situation. En particulier, elle devait veiller à mettre en œuvre des relations personnelles sous forme de contacts téléphoniques entre mère et fille.
Les père et mère ainsi que la curatrice ont été auditionnés par la Justice de paix le 14 mars 2017. Quant à C._, la Juge de paix l’a entendue le 27 mars 2017.
B._ a été condamnée par ordonnance pénale du 19 avril 2017 pour voies de fait réitérées (sur un enfant) et lésions corporelles simples (sur un enfant). Elle y a fait opposition.
Le 18 juillet 2017, E._, chef de secteur au SEJ, et D._ ont informé la Justice de paix que les relations personnelles entre C._ et sa maman ne parviennent pas à se réaliser sans l’intervention d’une tierce personne. C._ semble être prise dans un important conflit de loyauté et refuse en l’état tout contact avec sa mère. Ils ont ainsi proposé que le droit de visite s’exerce au Point Rencontre Fribourgeois, la curatrice étant chargée d’évaluer l’élargissement des visites et de proposer, en temps voulu, la possibilité d’envisager un droit de visite usuel.
Le 8 septembre 2017, E._ et D._ ont exposé que les visites convenues d’entente entre les parents et la curatrice ne s’étaient pas réalisées. Depuis la seule visite du 14 mai 2017, les contacts entre C._ et sa maman avaient été interrompus. La mère a indiqué être lasse de ne pas pouvoir parler avec sa fille et a donc cessé d’essayer de la joindre. E._ et D._ ont indiqué que, lors des contacts téléphoniques mis en place par la curatrice, C._ refusait systématiquement de prendre le téléphone. Ils ont également proposé à l’enfant d’organiser une activité afin de faciliter la reprise de contact avec sa mère. Dès lors, une sortie entre C._ et sa maman a été organisée le 30 août 2017. A cette occasion, la mère s’est présentée avec dix minutes de retard, ce qui a conduit à l’augmentation d’une certaine tension chez l’enfant qui s’est traduite par une distance physique entre C._ et sa maman en début de visite. Dès son arrivée, B._ a reproché à sa fille le fait qu’elle ne veuille pas
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lui faire un bisou pour lui dire bonjour, ni se tenir à côté d’elle pour la balade. E._ et D._ ont expliqué qu’ils ont dû intervenir à plusieurs reprises auprès de la mère tant ses propos ont pu être inadéquats. Afin de maintenir la proposition relative au Point Rencontre, il leur semblait primordial que B._ s’engage dans une collaboration active avec le Point Rencontre et le SEJ afin de viser l’objectif de renouer avec sa fille. Ils ont donc proposé que la Justice de paix entende la mère afin de clarifier ses intentions concernant la relation avec C._, avant d’envisager la mise en place d’un tel droit de visite surveillé.
Par courrier électronique du 7 novembre 2017, D._ a expliqué que les relations entre C._ et sa maman étaient au point mort. Le SEJ a maintenu sa proposition de visites au Point Rencontre, à condition que la mère puisse adopter une attitude visant la reconstruction du lien sans esprit de revanche.
En séance du 13 novembre 2017, la Juge de paix a entendu, par délégation, B._. A cette occasion, cette dernière a expliqué qu’elle avait vu sa fille le 30 août 2017 pour la dernière fois. Elle a déclaré qu’il lui était difficile d’imaginer le futur avec sa fille et que dès qu’elle essayait de prendre contact avec elle, elle ne recevait pas de réponse. Elle a déclaré qu’elle pensait que le Point Rencontre pouvait être une bonne idée, car peut-être C._ s’y sentirait plus à l’aise. Elle a indiqué qu’elle aimerait bien garder des contacts avec sa fille, qu’elles puissent se parler et faire des jeux ensemble, que cela puisse rester comme avant. Elle a expliqué que sa fille lui manquait mais qu’autrement elle se sentait relativement bien moralement. Elle a également affirmé qu’elle s’organiserait pour aller aux rencontres qui seraient prévues.
Par décision du 21 novembre 2017, la Justice de paix a fixé le droit de visite de B._ sur sa fille C._ au Point Rencontre Fribourgeois, selon les modalités de cette institution, la curatrice étant priée d’organiser les rencontres entre mère et fille et de veiller à leur bon déroulement, étant précisé que la pertinence et l’utilité de ce lieu de transition seraient régulièrement réévaluées et que le but serait d’arriver à des contacts réguliers hors de ce lieu dès que possible.
D. Le 4 janvier 2018, A._ a interjeté recours contre la décision du 21 novembre 2017. Invité à clarifier l’objet de son recours, il a répondu le 9 janvier 2018 qu’il n’était pas d’accord avec le droit de visite fixé au Point Rencontre. Il a également requis « un avocat d’office », notamment pour avoir la « garde totale » sur sa fille.
Par courrier du 12 janvier 2018, la Juge de paix a indiqué que le recours ne suscitait pas d’observations de sa part.

## Considerations

en droit
1.
1.1 Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 20 du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
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1.2 Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).