# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0fd9c1fb-b7da-4081-a03f-9fd460043cc2
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2003
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. La situation de police des étrangers de X._ a donné lieu à de multiples décisions des autorités :
- Une première
d
écision de l'OCE (devenu depuis lors le SPOP) du 17 mai 1999 lui a refusé la poursuite de son séjour dans le canton de Vaud, décision confirmée sur recours successivement par l'autorité de céans dans son arrêt PE TA 1999/0337 du 10 décembre 1999 et par le Tribunal fédéral dans son arrêt 2A.19/2000 du 28 février 2000;
- Une deuxième décision du SPOP du 17 juillet 2000 a déclaré irrecevable la demande du 25 avril 2000 de X._ tendant au réexamen du refus du SPOP du 17 mai 1999. Cette nouvelle décision du SPOP a été confirmée sur recours par l'arrêt du Tribunal administratif PE 2000/0425 du 23 novembre 2000. Le 27 avril 2001 de l'Office fédéral des étrangers (OFE) a alors étendu à tout le territoire de la Confédération la décision cantonale de renvoi et imparti à X._ un délai au 15 juillet 2001 pour quitter la Suisse; ensuite de recours formé le 30 mai 2001 auprès du Département fédéral de justice et police (DFJP), la procédure a été suspendue au niveau fédéral jusqu'à droit connu sur la demande de réexamen de X._ du 30 mai 2001.
- une troisième décision du SPOP du 20 décembre 2001 a rejeté la nouvelle demande de réexamen du 30 mai 2001 de l'intéressé dirigée contre le refus du SPOP du 17 mai 1999. Cette décision a été confirmée sur recours par l'arrêt TA 2002/0011 du 7 mars 2002, puis par le Tribunal fédéral dans son arrêt 2A.165/2002/viz du 29 août 2002.
Il convient d'extraire de cet dernier arrêt de notre Haute Cour les passages suivants:
"
Faits:
A.
Ressortissant brésilien né le 15 janvier 1962, X._ a séjourné et travaillé illégalement en Suisse de 1985 à 1991. Le 2 avril 1992, il a épousé à Lausanne Y._, ressortissante portugaise née le 16 août 1969 et titulaire d'une autorisation d'établissement. ll s'est donc vu octroyer une autorisation de séjour à l'année, qui a été prolongée à plusieurs reprises, la dernière fois jusqu'au 31 décembre 1998. Le couple X._ a eu une fille, Z._, née le 21 novembre 1993. X._ a ouvert action en divorce en 1996 et, depuis le 20 mai 1999, c'est le Service de protection de la jeunesse du canton de Vaud (ci-après: le Service de protection de la jeunesse) qui exerce le droit de garde sur Z._, fonction qu'il assumait à titre provisoire depuis le 18 novembre 1997. Le divorce des époux X._ a été prononcé le 22 avril 2002 par le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne (ci-après: le Tribunal civil).
Après avoir travaillé dans la restauration, X._ a exploité différents salons de massages. Il se prostituait et utilisait les services de plusieurs personnes. L'intéressé prétend avoir arrêté cette activité en 1996 mais, le 14 juin 1998, il a été interpellé par la police municipale zurichoise alors qu'il se livrait à la prostitution de façon illicite. De 1994 à 1997, X._ se serait également consacré à la vente d'habits, à titre dépendant et indépendant. Il se serait retrouvé au chômage en juin 1997. Par décisions d'avril 2000 et d'avril 2001, X._ s'est vu accorder une demi-rente ordinaire d'invalidité s'élevant mensuellement à 299, 306 et enfin 309 fr., puis une rente ordinaire d'invalidité s'élevant mensuellement à 632 fr. Le 13 décembre 2001, l'intéressé faisait l'objet de trois poursuites, huitante-quatre actes de défaut de biens ayant été délivrés pour un montant total de 262'345,36 fr.
B.
Le 23 novembre 1992, X._ a été condamné à trois jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans et à une amende de 300 fr. pour ivresse au volant. Le 27 octobre 1998, le Tribunal correctionnel du district de Lausanne a condamné l'intéressé à dix-huit mois d'emprisonnement, sous déduction de dix-neuf jours de détention préventive, avec sursis pendant cinq ans, pour tentative de meurtre passionnel sur la personne de sa femme, abus de confiance et contravention à la loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants et les substances psychotropes (loi sur les stupéfiants ; Lstup; RS 812.121); il a également prononcé son expulsion du territoire suisse pour une durée de cinq ans, avec sursis pendant cinq ans. Par ordonnance du 4 mai 2001, le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne a condamné X._ à vingt jours d'emprisonnement pour infraction à la loi fédérale du 25 juin 1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (loi sur l'assurance-chômage; LACI; RS 837.0) et conduite sous retrait de permis de conduire.
(...)
4.1
Le recourant invoque la modification de sa situation familiale. Il fait valoir que le Service de protection de la jeunesse, qui s'est vu attribuer la garde de Z._, a choisi d'accroître les liens de cette enfant avec son père, en vue de la lui confier complètement en été 2002.
Il convient de revenir brièvement sur la relation de l'intéressé avec sa fille, née en novembre 1993. Ils ont vécu ensemble pendant environ quinze mois et demi. Puis, par ordonnance de mesures provisoires du 13 mars 1995, le Juge de paix du cercle de Lausanne (ci-après: le Juge de paix) a octroyé au Service de protection de la jeunesse le droit de garde sur Z._, à la suite de la tentative de meurtre du recourant sur sa femme. Du 12 avril au 1er juin 1995, cette enfant a été placée dans l'institution l'1.********, avant de retourner chez ses parents. Le 4 juillet 1997, dans le cadre de la procédure en divorce, le Tribunal civil a attribué la garde de Z._ à sa mère, le père ayant un droit de visite. Le 7 novembre 1997, Z._ a été placée dans l'institution précitée. Par ordonnance de mesures provisoires du 18 novembre 1997, le Juge de paix a retiré le droit de garde sur Z._ à ses parents pour le confier au Service de protection de la jeunesse. Ces mesures ont été renouvelées les 3 avril et 10 novembre 1998. Le 20 mai 1999, la Justice de paix du cercle de Lausanne a retiré le droit de garde sur Z._ à ses parents, pour le confier au Service de protection de la jeunesse, à la suite d'une enquête en limitation de l'autorité parentale qui, au demeurant, a abouti à un non-lieu. Z._ est restée à l'1.******** jusqu'en août 1999, puis elle a vécu dans une famille d'accueil pendant quelque deux ans, les parents pouvant exercer leur droit de visite un week-end sur trois. A partir du mois d'août 2001, Z._ a été placée au foyer de la 2.******** et a passé les week-ends chez son père. L'objectif visé par le Service de protection de la jeunesse étant le retour progressif de Z._ chez le recourant, le placement provisoire à la 2.******** était un moyen de voir comment évoluerait la relation père-fille. Dans une lettre du 21 février 2002, le Service de protection de la jeunesse prévoyait que Z._ passe à un régime d'externat à la 2.******** après les vacances de Pâques 2002 et qu'elle dorme chez son père, puis qu'elle vive chez lui à partir de l'année scolaire 2002/2003.
Il ressort de ce qui précède qu'il y a effectivement une évolution de la relation chaotique tissée entre le recourant et sa fille. Toutefois cette évolution reste limitée dans la mesure où l'intéressé n'a pas la garde de son enfant. Or, malgré les contacts quotidiens que le recourant entretient avec sa fille, le jugement de divorce rendu le 22 avril 2002 par le Tribunal civil - qui tient notamment compte des mesures retenues par le Service de protection de la jeunesse ainsi que du rapport d'expertise pédopsychiatrique établi le 5 mars 2001 par le Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent dans le canton de Vaud -, qualifie encore d'adéquate la mesure consistant à confier le droit de garde sur Z._ au Service de protection de la jeunesse. Dès lors, le changement que l'intéressé invoque en ce qui concerne sa situation familiale n'est pas suffisant pour justifier une modification de la décision de l'Office cantonal du 17 mai 1999.
(...)."
B. Par ordonnance du 18 septembre 2002, le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne a condamné X._ pour infraction à la l'art. 23 al. 1 par. 5 LSEE (hébergement d'une compatriote en séjour illégal) à cinq jours d'emprisonnement, peine partiellement complémentaire à celle prononcée le 4 mai 2001. Le sursis accordé le 27 octobre 1998 par le Tribunal correctionnel de Lausanne n'a pas été révoqué.
C. Le 25 novembre 2002, X._ a sollicité le réexamen de la décision de l'OCE du 17 mai 1999 en se prévalant notamment du fait que dans sa séance du 3 octobre 2002, la Justice de paix du cercle de Lausanne l'avait réintégré dans son droit de garde sur sa fille Z._. Il a invoqué la prééminence de l'intérêt privé de son enfant, titulaire d'un permis C et du sien à pouvoir rester en Suisse
Il résulte de la décision précitée que la Justice de paix a institué une curatelle à la forme de l'art. 308 al. 1er CC en faveur de Z._ X._ et nommé le Service de la protection de la jeunesse en qualité de curateur.
D. Le 3 décembre 2002, le DFJP a suspendu à nouveau la procédure pendante devant lui (recours contre la décision d'extension du renvoi de l'OFE du 27 avril 2001).
E. Le 20 janvier 2003, le SPOP a demandé au Service de protection de la jeunesse un rapport détaillé sur la situation familiale des intéressés, lequel lui a répondu le 18 février 2003 ce qui suit :
"
Depuis le retour de Z._ auprès de son père le 5 juillet 2002, nous avons mis en place un soutien éducatif par l'AEMO. Rappelons que l'expertise pédopsychiatrique du 5 mars 2001 relevait que la relation entre Z._ et son père avait des aspects positifs important et nécessaire au développement de l'enfant susmentionnée. En outre, elle recommandait un soutient de l'AEMO lors du retour de l'enfant auprès de son père.
L'AEMO a eu pour but de soutenir M. X._ dans son rôle de père, notamment du fait qu'il devenait le cadre de référence principal pour Z._ et devait également permettre l'évaluation des relations entre père et fille. L'AEMO a donc eu pour mission de renforcer l'autorité de M. X._ auprès de sa fille et que cette dernière puisse reprendre le rôle d'une enfant de neuf ans.
Les prestations de l'AEMO ont pris fin au 31 décembre 2002 suite à une évaluation tripartite : il a en effet été constaté une évolution positive et stabilisée sur les deux points mentionnés.
Nous avons également constaté que M. X._ a des ressources familiales : il a en effet une soeur, qui a elle-même des enfants, avec qui Z._ et M. X._ ont de fréquents contacts.
Monsieur X._ est très présent auprès de sa fille, ne travaillant pas actuellement. De lui-même, il a mis en place un suivi mensuel chez une psychologue pour Z._.
Actuellement, Z._ est à l'école de Prélaz, en quatrième primaire. M. X._ reste attentif au domaine scolaire : il a inscrit Z._ aux devoirs surveillés et est en contact régulier avec la maîtresse de Z._. De plus, M. X._ a également fait les démarches nécessaires pour mettre en place un suivi par un logopédiste dans le cadre de l'école. Actuellement, les résultats scolaires de Z._ sont bons. Elle a toutefois quelques problèmes de concentration.
Concernant les relations entre Z._ et sa maman, notre Service, dans son rapport du 25 juillet 2002, a demandé à la Justice de Paix que les visites puissent se dérouler dans le cadre de l'association Point Rencontre, du fait des problèmes de santé récurrents de Mme X._ et de l'irrégularité des visites lorsque Z._ se trouvait encore à la 2.********. Dans sa séance du 3 octobre 2002, la Justice de Paix a ordonné que les visites se fassent à Point Rencontre. Les visites dans le cadre de l'association précitée ne sont à ce jour pas encore effectives.
Dans l'intervalle, pour le bien-être et le développement de Z._, et en accord avec les différentes parties, nous avons instauré des visites de 2 heures au domicile de la maman, à quinzaine et ce, depuis septembre 2002.
Une nouvelle expertise n'a pas été effectuée et n'est pas planifiée. L'expertise rendue le 5 mars 2001 et les propositions qui en découlent s'inscrivent dans un projet à long terme et notre prise en charge actuelle se trouve dans le dit projet.
Pour conclure, il nous est difficile d'évaluer (de faire un pronostic) la durée de la mesure de curatelle d'assistance éducative au sens de l'art. 308.1 du CCS instaurée lors de la séance en Justice de paix du 3 octobre 2002. Cependant, la mesure ne pourra être levée que lorsque la situation sera stabilisée sur le long terme, notamment sur les aspects de l'évolution de Z._ dans ses relations avec son père et sa mère (évolution de Z._ sur le plan familial, déroulement des visites) et sur le plan scolaire.
"
F. Le 26 mars 2003, le SPOP a rendu la décision suivante :
"
(...)
A l'appui de votre requête, vous invoquez principalement la réintégration de M. X._ dans son droit de garde sur sa fille ordonnée par la Justice de Paix du cercle de Lausanne le 3 octobre 2002. Dite décision a été motivée par la nécessité d'adapter le droit à la réalité, le retrait du droit de garde étant devenu inopérant.
En dépit du caractère plus juridique que factuel de cette modification et malgré la relativité de sa pertinence, nous décidons d'entrer en matière sur votre demande de réexamen, qui est dès lors recevable.
Cela étant, les instances saisies précédemment ont toujours, dans l'analyse de la situation familiale de M. X._, considéré que sa relation avec sa fille était étroite, positive et solide. Leurs contacts quotidiens ont par ailleurs été pris en compte par l'arrêt rendu le 29 août 2002 par le Tribunal fédéral.
Notre Haute Cour, saisie sur recours de droit administratif, a invariablement examiné la recevabilité de tels recours et statué sous l'angle de l'article 8 CEDH, disposition dont l'application suppose l'existence de relations familiales étroites et effectives, et a conclu au rejet des recours.
Dès lors, la réintégration de M. X._ dans son droit de garde, même à considérer qu'elle impliquerait plus qu'elle ne constaterait un accroissement de ses relations avec sa fille, ne saurait modifier notre appréciation, respectivement justifier l'annulation de nos décisions.
L'on doit relever à cet égard que l'intérêt public à l'éloignement du requérant a toujours été considéré comme prédominant sur son intérêt privé à l'octroi d'une autorisation de séjour par les instances de recours saisies du dossier.
Son incapacité à s'adapter à l'ordre établi dans notre pays, sa situation financière totalement obérée, ses infractions répétées, révélatrices de son mépris de nos règles morales, us et coutumes, sont autant de circonstances justifiant le maintien de notre position.
Enfin l'intéressé invoque à nouveau son état de santé, alors même que le Tribunal fédéral, par son arrêt du 29 août 2002, se référait à son précédent arrêt du 28 février 2000 pour écarter ce même argument, précisant qu'il serait, le cas échéant, examiné dans le cadre d'un renvoi hors de Suisse.
On peut par ailleurs sérieusement s'interroger sur l'influence d'une aggravation de sa maladie déjà invalidante sur sa capacité à s'occuper d'une enfant de 9 ans et sur sa disponibilité future.
Dès lors et compte tenu des motifs qui précèdent, il ne se justifie pas de reconsidérer notre décision du 17 mai 1999 et de renouveler l'autorisation de séjour de M. X._.
Ces éléments imposent la fixation au requérant d'un nouveau délai de départ au 30 avril 2003 pour quitter notre territoire.

## Considerations