# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 615801ba-6239-4522-8fbf-9e5a6e4fc0ba
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_007
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

En fait et en droit :
Vu le procès ouvert devant la Cour civile par la demanderesse I._SA (précédemment : S._SA) contre les défendeurs L._ (défendeur 1), R._ (défendeur 2) et N._ (défendeur 3), selon demande du 11 février 2011, dont les conclusions, prises avec dépens, sont les suivantes :
"
I.-
Les
défendeurs 1, 2 et 3
sont condamnés à payer immédiatement à la
demanderesse
la somme de
CHF 9'500'000.-
(neuf millions et cinq cent mille francs suisses), solidairement entre eux, subsidiairement sans solidarité selon ce que justice dira, avec intérêt à 5 % dès le 22 juillet 2010 (date moyenne entre le 9 juin et 6 septembre 2010).
II-
La diffusion des assertions qui seront précisées et alléguées en cours d'instance, dont les auteurs sont l'un et/ou l'autre des
défendeurs 1, 2 et 3
constitue une atteinte illicite à la personnalité de la
demanderesse.
III.-
Les
défendeurs 1, 2 et 3
sont condamnés à payer immédiatement à la
demanderesse
la somme de
CHF 10'000.-
(dix mille francs suisses), solidairement entre eux, subsidiairement sans solidarité selon ce que justice dira, avec intérêt à 5 % dès le 22 juillet 2010 (date moyenne entre le 9 juin et 6 septembre 2010).
IV.-
Les
défendeurs 1, 2 et 3
condamnés à payer la somme mentionnée par la conclusion III ci-dessus la verseront à la fondation
«
Institut de Médecine de [...]
»
à [...].
V.-
Ordre est donné aux
défendeurs 1, 2 et 3
auteurs de la diffusion des assertions mentionnées à la conclusion II ci-dessus, sous la menace des peines d'arrêts et/ou d'amende prévues par l'art. 292 CP en cas d'insoumission à une décision de l'autorité, de publier à leur frais le dispositif du jugement à intervenir dans les journaux nationaux suivants :
a)
24 Heures
, Avenue de la Gare 33, 1001 Lausanne
b)
Le Matin
, Avenue de la Gare 33, 1001 Lausanne
c)
Le Temps
, Place Cornavin 3, 1211 Genève 2
d)
Tages-Anzeiger
, Werdstrasse 21, 8004 Zurich
e)
Sonntags Zeitung
, Werdstrasse 21, 8021 Zurich.",
vu la requête incidente d'appel en cause déposée le 16 juin 2011, dans le délai de réponse prolongé, par le défendeur au fond L._, concluant avec dépens à ce qu'il soit autorisé à appeler en cause J._, afin de prendre contre lui, avec dépens, les conclusions suivantes (sans préjudice des conclusions qu'il prendrait à l'encontre des autres parties au procès et sous réserve d'augmentation ultérieure) :
"
I.
J._
est tenu
de relever L._ de toute condamnation en capital, intérêts, frais et dépens qui pourrait être prononcée à son encontre dans le cadre de la procédure au fond.
II
. En conséquence, J._ est le débiteur et doit immédiat paiement à L._ de la somme de CHF 9'500'000.00 (neuf millions cinq cent mille francs suisses) avec intérêt à 5 % dès le 22 juillet 2010, ainsi que de la somme de CHF 10'000.00 (dix mille francs suisses) avec intérêt à 5 % dès le 22 juillet 2010, ou de tout autre montant en capital, intérêts, frais et dépens auxquels il pourrait être condamné dans le cadre de la présente procédure au fond.
III.
Le jugement
à intervenir
dans la procédure au fond est opposable à J._, notamment en ce qu'il condamne L._ à payer des dommages-intérêts à S._SA.
IV.
J._
est le débiteur et doit immédiat paiement à L._ de la somme de CHF 101'169.00 (cent un mille cent soixante-neuf francs suisses) avec intérêt à 5% dès le 11 avril 2011.
V
. J._ est le débiteur et doit immédiat paiement à L._ de la somme de CHF 100'000.00 (cent mille francs suisses) avec intérêt à 5% dès le 12 juin 2011.
VI
J._
est le débiteur et doit immédiat paiement à L._ de la somme de CHF 10'000.00 (dix mille francs suisses) avec intérêt à 5% dès le 20 décembre 2010.",
vu le bordereau de pièces accompagnant cette requête et la liste des pièces requises (pièces n
os
450 à 488),
vu l’avis du 21 juin 2011, par lequel le juge instructeur a notifié la requête à l'appelé, en lui impartissant un délai au 13 juillet 2011, pour contester la régularité de l'appel en cause et faire valoir tous les moyens de procédure lui permettant, le cas échéant, de ne pas participer à l'instance engagée ou de l'invalider,
vu l'avis du 21 juin 2011, valant interpellation au sens de l'art. 149 al. 4 CPC-VD (Code de procédure civile vaudoise du 14 décembre 1966 dans sa teneur au 31 décembre 2010; RSV 270.11) pour toutes les parties, par lequel le juge instructeur a notifié la requête incidente aux intimés I._SA, R._ et N._
en leur impartissant un délai au 13 juillet 2011 pour faire la déclaration prévue à l'art. 148 CPC-VD ou demander des mesures d'instruction,
vu le courrier du 22 juin 2011 de l'intimé N._ informant qu'il ne s'opposait pas à la requête incidente,
vu la lettre du 13 juillet 2011 du requérant déclarant ne pas s'opposer à ce que l'audience incidente soit remplacée par un échange d'écritures unique et à bref délai conformément à l'art. 149 al. 4 CPC-VD et, d'autre part, réitérant sa réquisition tendant à la production des pièces n
os
450 à 488 susmentionnées,
vu le courrier du 13 juillet 2011 de l'intimé R._ déclarant ne pas s'opposer à la requête incidente, d'une part, et, d'autre part, requérant une prolongation de délai pour procéder selon l'art. 149 al. 4 CPC-VD,
vu l'avis du 14 juillet 2011 du juge instructeur l'informant que dans la mesure où il ne s'opposait pas à l'incident, la demande de prolongation pour procéder au sens de l'art. 149 al. 4 CPC-VD était sans objet,
vu le courrier du 18 juillet 2011 de l'intimé R._ qui a contesté cette décision et a réitéré sa demande de prolongation, exposant qu'il gardait un intérêt à se déterminer sur le remplacement d'une audience par l'échange d'écritures, qu'il conservait son intérêt de faire administrer des preuves pour démontrer le bien-fondé de l'appel en cause au cas où l'appelé ou une autre partie s'opposerait à la requête incidente,
vu l'avis du 21 juillet 2011 du juge instructeur l'informant qu'un intimé à un incident qui ne s'oppose pas aux conclusions incidentes n'a pas à faire administrer des preuves pour établir que l'incident est fondé et que s'il entend vraiment l'établir, il devrait pour le moins conclure à l'admission de l'incident,
vu la lettre et les déterminations du 31 août 2011, dans le délai prolongé, déposées par l'intimée I._SA, qui a déclaré s'opposer à la requête incidente d'appel en cause et a requis la tenue d'une audience notamment pour faire entendre les témoins [...], président de son conseil d'administration, [...], vice-président de ce conseil, et [...], membre de ce conseil,
vu le courrier du 31 août 2011, également dans le délai prolongé, de l'appelé, qui a déposé une requête de déclinatoire et des déterminations sur appel en cause, un bordereau de pièces, une liste de pièces requises et requis l'audition des témoins [...] et [...], déclarant par ailleurs s'opposer d'ores et déjà aux requêtes de production de pièces qui seraient formulées à son endroit,
vu le courrier du 7 octobre 2011 de l'intimé R._ qui, se référant aux déterminations de l'intimée I._SA et à la requête en déclinatoire de l'appelé, a requis la fixation d'une audience incidente à bref délai,
vu l'avis du 12 octobre 2011 du juge instructeur qui, se référant à ce dernier courrier, a informé les parties qu'avant de fixer une audience incidente ou d'ordonner un échange de mémoires, il devait examiner les très nombreuses réquisitions de pièces,
vu l'avis du 30 juillet 2012 du juge instructeur, qui a informé les parties qu'il ne faisait pas droit à leurs réquisitions de pièces, les pièces requises visant soit à établir des faits qui ressortaient de pièces produites, soit à prouver des allégués pour lesquels l'absence de preuve contraire suffisait, soit à établir des faits sans pertinence, les avisant par ailleurs qu'une audience n'était pas nécessaire et que des délais aux 30 août 2012 et 17 septembre 2012 étaient fixés respectivement au requérant et aux intimées pour le dépôt de mémoires incidents,
vu le mémoire incident, accompagné d'un nouvel onglet de pièces, déposé le 30 août 2012 par le requérant,
vu le courrier du 18 septembre 2012 de l'intimé N._ déclarant s'en remettre à justice s'agissant de l'appel en cause,
vu le mémoire incident, accompagné d'un onglet de pièces, déposé le 9 octobre 2012, dans le délai prolongé, par l'appelé,
vu le courrier du 9 octobre 2012, également dans le délai prolongé, de l'intimé R._ déclarant s'en remettre à justice s'agissant de l'appel en cause,
vu le mémoire incident déposé dans le délai prolongé au 9 octobre 2012 par l'intimée I._SA,
vu les pièces au dossier;
vu les art. 19, 83 ss, 146 ss CPC-VD, ainsi que l'art. 404 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272);
attendu qu'aux termes de l'art. 404 al. 1 CPC, les procédures en cours à l'entrée en vigueur de cette loi, le 1
er
janvier 2011, sont régies par l'ancien droit de procédure jusqu'à la clôture de l'instance,
que l'ancien droit de procédure, en particulier le CPC-VD précité, régit un procès au fond introduit avant cette date, ainsi qu'une procédure, telle qu'une procédure incidente d'appel en cause, introduite après le 1
er
janvier 2011 et conduisant à une décision purement accessoire dans le cadre d'un procès au fond soumis à l'ancien droit (Tappy, Le droit transitoire applicable lors de l'introduction de la nouvelle procédure civile unifiée, in JT 2010 III 11 ss, spéc. p. 26),
que la requête d'appel en cause déposée le 16 juin 2011, dans le cadre d'un procès au fond soumis au CPC-VD, car ouvert par la requête de conciliation du 20 décembre 2010 (art. 119 let. a CPC-VD; art. 62 al. 1 CPC), sera dès lors examinée sous l'angle de l'ancien droit de procédure;
attendu que la demande d'appel en cause est instruite et jugée en la forme incidente (art. 84 al. 2 CPC-VD),
que celui qui procède en la forme incidente prend des conclusions écrites, hors audience par une requête (art. 147 al. 1 CPC-VD),
que le juge saisi par une requête incidente assigne les parties à comparaître à bref délai avant de statuer sur la requête (art. 147 al. 2 CPC-VD),
qu'il lui est toutefois permis de remplacer l'audience par un échange d'écritures unique et à bref délai (Poudret/Haldy/Tappy, Procédure civile vaudoise, 3
ème
éd., note ad art. 149 CPC-VD, p. 274),
que la demande d'appel en cause de la part du défendeur est faite dans le délai de réponse (art. 84 al. 1 CPC-VD),
que la requête déposée le 16 juin 2011 l'a été en temps utile,
qu'elle contient en outre les motifs de l'appel en cause et les conclusions que le requérant entend prendre contre l'appelé, conformément à l'art. 84 al. 1 CPC-VD,
que la requête litigieuse, qui remplit au demeurant les exigences de l'art. 19 CPC-VD, est donc recevable en la forme;
attendu que dans le procès ouvert devant la cour de céans le 11 février 2011, la demanderesse I._SA réclame des défendeurs L._, R._ et N._ le paiement de montants de 9'500'000 fr. et de 10'000 fr. en capital ainsi que la publication dans la presse du dispositif du jugement à intervenir,
qu'à l'appui de sa demande, elle expose en substance que durant la période de juin à septembre 2010, les défendeurs composaient seuls son conseil d'administration, que dans le dessein de prendre le contrôle opérationnel de la société et de le garder, ils auraient empêché l'élection de nouveaux membres de ce conseil, alors qu'ils auraient été incapables de gérer la société, et que pour réparer cette défaillance, ils ont engagé plusieurs mandataires externes pour gérer la société à leur place,
que les défendeurs auraient ainsi agi contre l'intérêt de la demanderesse et manqué à leurs devoirs d'administrateur (art. 754 CO),
qu'ils devraient dès lors l'indemniser en particulier pour les coûts générés par l'engagement des mandataires externes durant l'été 2010, pour la perte d'image de la demanderesse, la perte de son chiffre d'affaires et pour le dommage supplémentaire qu'elle aurait subi du fait qu'elle n'a pas pu acquérir la clinique [...],
que dans sa requête incidente, le requérant L._ soutient que les dépenses que la demanderesse reproche aux défendeurs sont imputables à l'appelé J._, qui, alors lié à la société demanderesse par un contrat de travail, aurait empêché le conseil d'administration de fonctionner normalement, notamment en l'accaparant d'innombrables actions judiciaires, lesquelles l'auraient contraint à engager des frais de justice, d'avocat, de consultants externes et auraient causé un tort à la société demanderesse en termes d'image,
que l'appelé aurait ainsi violé son devoir de fidélité (art. 321a CO),
que le requérant ajoute qu'en vertu de la convention du 31 août 2010 conclue entre l'appelé et les défendeurs L._ et R._ personnellement et au nom de la demanderesse, l'appelé s'est engagé à mettre fin aux procédures civiles engagées contre la société demanderesse et ses organes et à ne pas initier de nouvelles procédures en relation avec la qualité d'organe ou d'actionnaire de ces derniers,
que selon l'accord du 28 octobre 2010 intitulé "Settlement Agreement" conclu entre l'appelé et le requérant, le premier aurait pris l'engagement de ne pas "faciliter, favoriser ou soutenir" quelque procédure initiée à l'encontre du second; de s'efforcer de prendre toutes mesures utiles en vue d'empêcher des tierces parties d'initier de telles procédures et de ne pas initier, directement ou indirectement, quelque nouvelle action notamment civile concernant des faits ou circonstances survenus avant la date de cet accord en relation avec la qualité d'actionnaire, d'administrateur ou de directeur de la société demanderesse,
que selon le requérant, l'action en responsabilité intentée par la demanderesse à son encontre n'aurait été possible que par l'aval ou requête expresse de l'appelé, qui exercerait un contrôle de droit et de fait sur le nouveau conseil d'administration élu le 6 septembre 2010,
que le requérant fait enfin valoir
qu'en violation de l'art. 2 dudit accord, l'appelé aurait tenu des propos dans la presse, le 12 juin 2012, donnant l'impression que le requérant "avait agi de manière contraire au droit, destructrice de valeur et non éthique",
que le requérant estime qu'
il doit être autorisé,

## Considerations