# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 51a37f26-ef36-521c-b87d-190b359450ef
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. C._, née en 2002, et D._, né en 2005, sont les enfants de A._, née en 1968, et de B._, né en 1958. A._ est également la mère de E._, F._ et G._, tous trois majeurs, issus d'une précédente relation. A._ et B._, non mariés, sont séparés depuis environ dix ans. Après la séparation des parties, la mère a conservé l'autorité parentale et la garde exclusive des enfants, le père exerçant en principe son droit de visite sur C._ et D._ un week-end sur deux ainsi que durant une partie des vacances.
B. Par décision du 23 juillet 2008, la Chambre pupillaire de la Commune de H._ a instauré une curatelle au sens de l'art. 308 CC en faveur des enfants C._, D._, F._ et G._, les deux derniers n'étant alors pas encore majeurs. Suite au transfert du domicile de A._ et de ses enfants C._, D._, F._ et G._ à I._, la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a accepté en son for la curatelle instituée en faveur des enfants précités par décision du 17 novembre 2009 (DO 13 ss).
Le 15 octobre 2012, J._, que A._ avait entretemps épousé, est décédé. Leur relation n'était pas sans incidents, la police étant ainsi en particulier intervenue en 2010 sur appel des voisins, J._ s'agitant devant l'immeuble de A._ (DO 27).
S'agissant du droit de visite du père, qu'il a presque toujours exercé régulièrement, le transfert des enfants ne s'est notamment pas toujours déroulé sans incidents, B._ ayant en particulier rapporté par courrier du 6 novembre 2012 à la Justice de paix avoir été pris à partie par des personnes de l'entourage de A._ et craignant ensuite pour sa sécurité (DO 80), de sorte qu'il a interrompu son droit de visite jusqu'au mois de février 2013 (DO 94).
C. Du 12 au 25 octobre 2013, A._ a fait l'objet d'un placement à des fins d'assistance à K._ (DO 135). Elle a ensuite à nouveau été hospitalisée à L._, toujours pour des raisons d'ordre psychique, le 6 novembre 2013 (DO 136 ss). Durant cette hospitalisation, C._ et D._ sont restés à I._ et étaient surveillés par leur tante maternelle, le père continuant d'exercer son droit de visite normalement. Une décision de placement à des fins d'assistance en faveur de A._ a ensuite été rendue le 10 novembre 2013 à L._ (DO 141). Celle-ci mentionnait une maladie maniaco-dépressive. Le 27 novembre 2013, A._ a consenti à la poursuite volontaire de son traitement (DO 143 s.). Le 16 décembre 2013, C._ et D._ ne se sont pas rendus à l'école (DO 155), leur mère les ayant emmenés auprès de leur grand-mère qui vit à M._ (DO 156) sans l'annoncer ni à l'école, ni à la curatrice, avant de se faire à nouveau hospitaliser à partir du 17 décembre 2013 (DO 161).
Dans son rapport annuel 2013 du 20 décembre 2013 (DO 160), la curatrice de C._ et D._ estimait notamment que la situation personnelle de la mère ne permettait pas d'assurer la stabilité et la sécurité nécessaires au développement adéquat des enfants et proposait de ce fait leur placement au Foyer N._ à O._.
Par ordonnance urgente du 23 décembre 2013, la Juge de paix de l'arrondissement de la Sarine a retiré le droit de garde sur C._ et D._ à leur mère pour une durée indéterminée et ordonné le placement des deux enfants au Foyer N._ pour une durée indéterminée à partir du 5 janvier 2014.
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Par écrit de son mandataire du 21 janvier 2014, B._ a requis que le droit de garde sur C._ et D._ lui soit attribué dès la fin de l'année scolaire en cours et qu'une autorité parentale partagée soit instaurée (DO 178).
Par décision du 11 février 2014, la Justice de paix a confirmé les mesures superprovisionnelles du 23 décembre 2013 et suspendu le traitement de la requête de B._ du 21 janvier 2014 jusqu'au moment où un retour des enfants à domicile pourrait être envisagé (DO 207 ss).
Le 14 février 2014, aux alentours de 03.00 heures, A._ a été amenée à l'hôpital de P._ dans un état second (DO 189) et une décision de placement à des fins d'assistance a été rendue avant qu'elle ne soit transférée à l'hôpital de L._ (DO 189 ss).
D. Dans son rapport annuel 2014 du 12 mars 2015 (DO 275 ss), le Service de l'enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ) a proposé que le placement de C._ et D._ se poursuive au minimum jusqu'à la fin de l'année scolaire 2015/2016, la mesure devant être réévaluée pendant ce temps, et qu'une enquête sociale soit ordonnée en début d'année 2016 afin d'évaluer la situation personnelle des parents et leurs motivations quant à la garde des enfants dans l'optique d'un éventuel retour des enfants en juillet 2016.
Dans son rapport annuel 2015 du 3 mars 2016 (DO 315 ss), le SEJ a notamment exposé le déroulement du retour progressif des enfants auprès de leur mère, qui a déclaré avoir l'intention de déménager dans le canton de Q._. Le SEJ a en outre relevé que les deux parents étaient d'accord avec cette démarche, le père maintenant sa requête en vue de l'instauration d'une autorité parentale conjointe.
E. Alors que par citation du 6 juin 2016 A._ et B._ ont été convoqués par la Justice de paix à une séance fixée au 12 juillet 2016 dont l'objet était l'examen du projet de retour des enfants chez leur mère, qui avait entretemps pris un appartement à R._ pour accueillir ses enfants, A._ était à nouveau placée à L._ à des fins d'assistance à partir du 6 juillet 2016 (DO 328), de sorte qu'elle n'a pas pu se rendre à cette séance (DO 337), par conséquent renvoyée au 23 août 2016 (DO 341). La curatrice a immédiatement entrepris les démarches nécessaires afin que la prise en charge de C._ et D._ soit assurée durant tout l'été (DO 333). Sortie de l'hôpital le 25 juillet 2016 (DO 347), A._ y a à nouveau été placée par décision du 29 juillet 2016 (DO 348 s.) et la séance du 23 août 2016 a été annulée (DO 358). Dès lors, à partir du 24 août 2016, C._ et D._ ont été placés au Foyer N._ à S._, le retour chez la mère n'étant plus possible (DO 363).
Dans son rapport annuel 2016 du 13 septembre 2016 (DO 366 ss), la curatrice a relaté le placement de C._ et D._ au Foyer N._ à S._, intervenu suite à la soudaine précarisation de la situation de la mère, auprès de laquelle il était prévu qu'ils retournent définitivement durant l'été, après leur placement au Foyer N._ à O._. Le rapport a également exposé le désir des enfants que le placement prenne fin, ainsi que celui de chaque parent de récupérer les deux enfants. Selon le SEJ, les enfants font toutefois face à un conflit de loyauté important qu'ils ne sont pas en mesure de gérer. Le rapport a conclu à ce que le placement se poursuive le temps qu'une enquête sociale visant à évaluer la situation personnelle des parents et leurs compétences quant à la prise en charge quotidienne des enfants soit ordonnée et parvienne à des conclusions.
F. Par décision du 13 décembre 2016 (DO 429 ss), la Justice de paix a institué une curatelle d'administration des biens au sens de l'art. 325 al. 1 et 3 CC en faveur de C._ et D._ et confié le mandat à T._, qui a notamment la tâche de gérer le compte où les rentes de l'assurance-invalidité devant permettre de payer les factures du Foyer N._ sont versées. En effet, ces rentes étaient versées à A._ en tant que détentrice de l'autorité
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parentale, mais celle-ci ne s'était pas acquittée de factures afférentes au séjour de C._ et D._ au Foyer N._ à S._.
G. Le 14 février 2017, la Justice de paix a chargé le SEJ d'effectuer une enquête sociale portant sur la compétence des parents de C._ et D._ quant à leur prise en charge quotidienne des enfants et sur l'évaluation de la situation personnelle des parents (DO 464).
Au mois de mars 2017, la Justice de paix a appris que A._ avait été incarcérée parce qu'elle ne s'était pas acquittée de plusieurs amendes et peines pécuniaires auxquelles elle avait été condamnée par jugement du Juge de police de l'arrondissement de la Sarine du 8 avril 2016 (vol, lésions corporelles simples de peu de gravité, violation des règles de la circulation routière [inattention et perte de maîtrise], entrave aux mesures de constatation de l'incapacité de conduire, violation des devoirs en cas d'accident, tentative de vol d'usage et contravention à la loi fédérale sur le transport des voyageurs), et par ordonnances pénales des 30 août 2016 (vol d'importance mineure, lésions corporelles simples, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et contravention à la loi fribourgeoise d'application du code pénal [troubler la tranquillité publique]), 19 octobre 2016 (contravention à la loi fédérale sur le transport de voyageurs) et 28 décembre 2016 (vol et contravention à la loi fédérale sur le transport de voyageurs) (DO 471 ss).
Au terme de son enquête sociale, le SEJ a formulé plusieurs propositions dans un rapport du 13 juillet 2017 (DO 505 ss), soit en particulier que l'autorité parentale et la garde sur D._ et C._ soient attribuées à B._, A._ bénéficiant d'un droit de visite usuel dès qu'elle aurait trouvé un logement adéquat, et que les mandats de curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles ainsi que de gestion administrative soient maintenus.
En juillet 2017, la Justice de paix a pris connaissance, par la Feuille officielle n° uuu, d'une décision de mesures superprovisionnelles rendue par le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine à l'encontre de A._ et interdisant à celle-ci d'approcher, d'entrer en contact ou d'importuner V._. A._ y était également informée de la tenue d'une audience dans cette affaire le 12 septembre 2017 (DO 548 ss). La décision de mesures provisionnelles a été confirmée par jugement du 22 septembre 2017, paru dans la Feuille officielle n° www (DO 628).
H. A._ a informé la Justice de paix le 21 août 2017 qu'elle devait subir une opération le 25 août 2017 et qu'elle ne pourrait pas assister à la séance prévue le 28 août 2017 à la Justice de paix, qui avait pour objet le rapport d'enquête sociale, l'autorité parentale et la situation des enfants (DO 559 ss). La séance a été renvoyée au 12 septembre 2017. Il s'est ensuite avéré que l'opération n'avait rien d'urgent et qu'elle aurait pu être repoussée (DO 587).
Après avoir entendu les deux parents ainsi que la curatrice le 12 septembre 2017, la Justice de paix a, le même jour, notamment retiré l'autorité parentale sur D._ et C._ à A._ et l'a attribuée à B._, auquel elle a également attribué la garde, le droit de visite de A._ devant s'exercer un week-end sur deux, du vendredi 18h00 au dimanche 18h00, ainsi que la moitié des vacances scolaires et la moitié des jours fériés, pour autant qu'elle dispose d'un logement adéquat lui permettant d'accueillir ses enfants, sans quoi il s'exercerait tous les quinze jours la journée du samedi et la journée du dimanche. Elle a de plus confirmé X._, intervenante en protection de l'enfance au SEJ, dans son mandat de curatrice, la chargeant de mettre en place une aide éducative au domicile de B._ (de type AEMO [Action éducative en milieu ouvert]) afin que celui-ci puisse bénéficier d'aide et des conseils courants dans la prise en charge quotidienne des enfants, ainsi que de veiller à la sortie progressive des enfants du Foyer N._ pour une entrée, par étapes, au domicile paternel.
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La curatrice a également pour tâche de vérifier l'adéquation du futur logement que prendra A._ à l'accueil des enfants et organisera les modalités du droit de visite (DO 604 ss).
I. Le 13 novembre 2017, A._ a interjeté recours contre la décision du 12 septembre 2017 de la Justice de paix, concluant à son annulation en tant qu'elle prononce le retrait de l'autorité parentale et demandant que l'autorité parentale et la garde de fait sur C._ et D._ lui soient exclusivement attribuées, le droit de visite de B._ s'exerçant un week-end sur deux, du vendredi 18h00 au dimanche 18h00, ainsi que la moitié des vacances scolaires et la moitié des jours fériés. Les missions attribuées à la curatrice jusque-là restent inchangées, si ce n'est qu'elle veillera en plus à la sortie progressive des enfants du Foyer N._ pour une entrée, par étapes, au domicile maternel.
Par mémoire du même jour, elle a requis l'octroi de l'assistance judiciaire pour la procédure de recours.
Par courrier du 17 novembre 2017, la Juge de paix a fait parvenir ses observations à la Cour de céans, relevant notamment que le SEJ estimait qu'actuellement B._ était en mesure d'offrir davantage de stabilité à C._ et D._ que ne le pouvait A._ et que le père mettait l'intérêt de ses enfants au premier plan. De plus, elle tenait les dossiers relatifs aux placements de A._ à des fins d'assistance au Centre hospitalier de L._ à disposition de la Cour de céans.
Par mémoire du 12 décembre 2017, B._ a déposé sa réponse au recours de A._, concluant, sous suite de frais, à son rejet et au retrait de l'effet suspensif à un éventuel recours au Tribunal fédéral. Il a également requis l'octroi de l'assistance judiciaire pour la procédure de recours.
Le 11 janvier 2018, B._ a fait part à la Cour d'un incident survenu lors de l'exercice du droit de visite du 26 décembre 2017, lors duquel A._ aurait mis C._ à la porte.
A._ s'est déterminée spontanément le 25 janvier 2018, contestant les faits allégués par B._.

## Considerations

en droit
1.
1.1 Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA; RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 20 du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]) est compétente pour statuer.
1.2 Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 589 p. 399).