# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** efdc4b43-625e-565e-8b52-186704dca701
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame A_ (ci-après : la bénéficiaire) a adressé au Service des prestations complémentaires (ci-après : SPC) deux factures établies par VISILAB pour deux paires de lunettes, l'une datée du 15 octobre 2018, pour un montant de CHF 343.-, la seconde, datée du 5 novembre 2018, pour un montant de CHF 456.-.
2. Par décision du 19 mars 2019, le Service des prestations complémentaires (SPC) n'a accepté de prendre en charge à titre de frais médicaux que l'une des deux paires de lunettes (la plus chère).
3. L'intéressée a formé opposition le 1
er
avril 2019 en alléguant que « vu [son] âge, il lui est impossible d'avoir une paire de lunettes à double foyer » et que l'opticien lui a conseillé de commander deux paires, l'une pour la vision de près, l'autre pour la vision de loin.
4. Par décision du 5 novembre 2019, le SPC a rejeté l'opposition en rappelant qu'aux termes de la loi, seule une paire de lunettes est remboursée par année.
5. Par écriture du 19 novembre 2019, la bénéficiaire a interjeté recours contre cette décision.
Elle allègue que lorsqu'elle s'est rendue chez son ophtalmologue, en août 2018, cette dernière lui a prescrit des lunettes, jugées indispensables, et que, lorsqu'elle s'est rendue chez son opticien, celui-ci lui a conseillé de prendre deux paires, vu son âge, l'une pour voir de près, la seconde pour voir de loin.
6. Invité à se déterminer, l'intimé, dans sa réponse du 10 décembre 2019, a conclu au rejet du recours.

## Considerations

EN DROIT
1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l'assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 6 octobre 2006 (LPC -
RS 831.30
).
Elle statue aussi, en application de l'art. 134 al. 3 let. a LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les prestations complémentaires cantonales du 25 octobre 1968 (LPCC -
J 4 25
).
2. Le recours a été interjeté dans les forme et délai prévus par la loi (art. 56ss LPGA).
3. Le litige se limite à la question de savoir si c'est à juste titre que l'intimé a refusé de prendre en charge les frais de la deuxième paire de lunettes acquise par la recourante.
4. L'art. 2 al. 2 let. a du règlement relatif au remboursement des frais de maladie et des frais résultant de l'invalidité en matière de prestations complémentaires à l'assurance vieillesse et survivants et à l'assurance-invalidité (RFMPC - RS GE
J 4 20.04
) énonce que sont remboursés les frais de lunettes médicales, une fois par année, à concurrence de CHF 150.- pour la monture et du coût effectif de verres simples et adéquats.
Conformément à la jurisprudence de la Cour de céans, rendue sous l'empire de l'ancien art. 6 du règlement relatif aux prestations cantonales complémentaires à l'assurance-vieillesse et survivants et à l'assurance-invalidité du 25 juin 1999 (aRPCC-AVS/AI -
J 4 25.03
), mais dont l'art. 2 RFMPC reprend précisément les termes, les assurés ne peuvent prétendre le remboursement que d'une seule monture par année, à concurrence de CHF 150.- ainsi que des verres posés sur cette monture, à leur coût effectif, et pour autant qu'ils soient simples et adéquats (cf.
ATAS/431/2011
du 3 mai 2011). Dans cet arrêt, la Cour de céans a constaté que le texte de la disposition légale était clair et non susceptible d'interprétation, d'une part, qu'il respectait le principe de la légalité, d'autre part.
Dès lors, c'est à juste titre que l'intimé, appliquant les dispositions légales, n'a accepté la pris en charge que d'une paire de lunettes. Il n'est pas démontré que deux paires seraient nécessaires - à cet égard, on relèvera d'ailleurs que cet argument n'a plus été avancé au stade du recours - et, même si tel était le cas, le texte légal ne permet aucune dérogation.
Eu égard aux considérations qui précèdent, le recours ne peut donc qu'être rejeté.