# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0b3cadd2-1c1b-4833-9513-bd7f38de5beb
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. A._ et B._ ont trois enfants hors mariage, soit C._, né en 2009, D._, née en 2011, et E._, né en 2013. Le couple s’est séparé en fin d'année 2017.
B.
B.a. Par courrier daté du 11 février 2022, A._ a déposé plainte pénale pour escroquerie à l'encontre de B._. En bref, il a exposé les faits suivants :
Après la séparation de 2017, il a continué à aider et à entretenir B._ prenant en charge chaque mois, outre la totalité des frais des enfants, son loyer (CHF 1'172.-), des frais afférents à sa place de parc (CHF 120.-), des primes de son assurance-maladie (CHF 120.-) ainsi que d'un montant en espèces de CHF 100.-. Il lui a en outre intégralement payé un voyage au Vietnam en décembre 2019.
Le 7 novembre 2021, il s'est rendu chez B._, accompagné de son fils, pour récupérer diverses affaires appartenant aux enfants. A cette occasion, apercevant des échographies sur la table du salon, il a découvert que B._ était enceinte d'un autre homme. Se rendant une nouvelle fois chez cette dernière le 14 novembre 2021 afin de récupérer des affaires appartenant aux enfants, il a rencontré F._, père de l'enfant à naître, et une altercation s'en est suivie. Ce n'est qu'à l'occasion de la séance du 3 décembre 2021 par-devant la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine qu’il a été informé que B._ et F._ s'étaient mariés en avril 2019. Il accuse B._ d’avoir mis au point un stratagème pour qu’il ne connaisse pas sa situation maritale et sentimentale et continue à l’entretenir, en demandant aux enfants de lui dire qu’elle vivait seule et en ne procédant pas au changement de nom sur la sonnette de l’immeuble. Elle savait en effet que s’il avait eu connaissance de son mariage, il aurait immédiatement stoppé son aide financière.
B._ a été entendue par la police le 24 mars 2022. A cette occasion, elle a admis que A._ avait continué à l’entretenir comme il l’avait expliqué, étant convenu qu’il l’aiderait jusqu’à ce qu’elle trouve un meilleur travail. Elle a également admis qu’elle ne lui avait pas dit qu’elle s’était remariée, car il lui avait annoncé qu’il tuerait alors F._, de sorte qu’elle ne voulait pas qu’il l’apprenne, sans pour autant faire quoi que ce soit pour le lui cacher. C’est selon elle par leur propre choix que les enfants n’ont pas indiqué à leur père que leur mère vivait avec quelqu’un.
B.b. A la suite de l’altercation du 14 novembre 2021, F._ avait déposé plainte pénale contre A._ pour tentative de lésions corporelles graves, lésions corporelles simples, injures, menace et violation de domicile. Celui-ci a été entendu par la police le 19 novembre 2021. Il avait alors notamment déclaré que s’agissant de la prise en charge des enfants, tout s’était fait entre la mère et lui sans passer devant une autorité judiciaire, qu’il accueille ses enfants la moitié de la semaine, et qu’il verse environ CHF 2'000.- par mois à B._, tous les frais liés aux enfants étant à sa charge.
C. Par ordonnance du 10 juin 2022, le Ministère public a refusé d'entrer en matière sur la plainte pénale déposée par A._. Il a considéré que le litige financier n'avait pas de composante pénale et relevait plutôt d'une affaire civile, la contribution d'entretien à l'égard des enfants pouvant d'ailleurs aussi se matérialiser en paiement du loyer de leur mère. En tout état de cause, le Ministère
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public a estimé que le comportement de B._ ne pouvait être qualifié d'astucieux, bien qu'elle ait caché son mariage avec le père de l'enfant à naître et le fait que celui-ci vivait avec elle.
D. Par écrit daté du 23 juin 2022, remis à la poste le même jour, A._ a interjeté recours contre l'ordonnance de non-entrée en matière du 10 juin 2022.
Invité à se déterminer, le Ministère public, par courrier du 26 juillet 2022, a informé qu'il se référait intégralement à la motivation contenue dans l'ordonnance de non-entrée en matière du 10 juin 2022 – relevant au surplus que les documents produits par le recourant démontrent que le litige relève bel et bien d'une affaire civile.
Egalement invitée le 22 août 2022 à se déterminer, B._ ne s’est pas manifestée.

## Considerations

en droit
1.
1.1. En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP ; RS 312.0), ainsi que de l'art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après : la Chambre) est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit dans le délai de dix jours à l'autorité de recours. L'ordonnance querellée du 10 juin 2022 ayant été notifiée le 13 juin 2022, le recours, posté le 23 juin 2022, a été interjeté en temps utile.
1.3. L'ordonnance querellée prononce la non-entrée en matière sur les faits objets de la plainte pénale. Le recourant, partie plaignante, est directement touché par cette décision et a dès lors la qualité pour recourir (art. 104 al. 1 let. b et 382 al. 1 CPP).