# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4ca22cc7-fa50-5143-80e1-2fe4edc0cd4a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2008
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. M. F_ s’est présenté pour la troisième fois aux examens d’avocat lors de la session de mai 2007.
Par pli recommandé du 6 juin 2007, la commission d’examens des avocats (ci-après : la commission) lui a signifié son échec définitif. Il avait totalisé 18,75 points au lieu des 20 minimum requis. Ses notes étaient les suivantes :
- Procédure civile 4
- Procédure pénale 4,25
- Procédure administrative 2,5
- Déontologie 5,5
Moyenne 4
- Epreuve écrite du 9 mai 2007 (coefficient 2) 4,75
- Epreuve orale du 2 mai 2007 3,75
- Epreuve orale du 16 mai 2007 1,5
Total 18,75
Il était spécifié que cette décision pouvait faire l’objet dans les trente jours d’un recours auprès du Tribunal administratif et qu’une séance de correction collective serait organisée le 14 juin 2007.
2. Par acte posté le 9 juillet 2007, M. F_ a recouru auprès du Tribunal administratif contre cette décision. Il concluait préalablement à ce que la commission produise les notes prises par chacun des examinateurs lors de l’examen oral du 16 mai et/ou tout autre document pouvant refléter le déroulement de celui-ci.
Le tribunal devait en outre ordonner à la commission de produire des documents comparant les notes attribuées par chaque sous-commission s’agissant de l’examen oral du 16 mai 2007, de même que la liste des membres de la commission ayant siégé lors de la séance du 5 juin 2007. Un délai devait lui être imparti pour compléter ses écritures. Principalement, il a conclu à l’annulation de la décision de la commission d’examens des avocats du 5 juin en tant qu’elle concernait le résultat des épreuves orales du 16 mai 2007. Il demandait à être autorisé à se représenter à cette épreuve orale lors d’une session ultérieure. La décision querellée devait encore être annulée s’agissant de l’épreuve écrite du 9 mai 2007
et la cause renvoyée à la commission pour nouvelle décision.
Il sollicitait l’octroi d’une indemnité de procédure.
3. Par un courrier daté du 10 juillet 2007, M. F_ a demandé derechef un délai pour compléter ses écritures, car il n’avait pris connaissance de son examen écrit que le 19 juin 2007. Profondément affecté par la décision de la commission, il était tombé malade et il avait encore dû déménager le 1
er
juillet.
4. Un tel délai lui a été octroyé et il a déposé le 30 juillet 2007 un complément à son recours dans lequel il a développé son argumentation au sujet de l’appréciation de son examen oral du 16 mai 2007 et de son examen écrit du 9 mai 2007 en réitérant ses conclusions.
Le recourant faisait valoir en substance que :
a. Moins de deux mois avant la tenue de l’examen écrit, la commission avait modifié les modalités de celui-ci en envoyant au Jeune Barreau un texte publié par ce dernier sur son site internet, qui différait des informations dispensées par le délégué de la commission lors de la séance d’information du 14 mars 2007. A cette occasion, il avait été indiqué que seules les modifications légales pouvaient être collées dans les livres à disposition des candidats mais que toutes les annotations devaient être manuscrites. Selon le complément diffusé par le Jeune Barreau, les annotations en questions pouvaient comprendre des résumés ou même des extraits de jurisprudence ou de doctrine et ces textes pouvaient être soit manuscrits soit dactylographiés et collés dans le code, pourvu que le texte ainsi collé occupe une page disponible de l’ouvrage et ne s’y ajoute pas. Certains candidats avaient même reçu l’assurance que les textes collés ne devaient pas nécessairement être en lien avec les dispositions légales à côté desquelles ils se trouvaient. Ils avaient ainsi pu coller dans leur code de nombreux textes et résumés qu’ils avaient préparés. Le recourant ne disposant plus que d’un mois avant les examens, il n’avait pas pu annoter ses codes, notamment sur des matières spécifiques comme l’aménagement du territoire, objet de l’examen oral du 16 mai 2007. La modification des modalités d’examens dans les conditions précitées lui avait porté préjudice.
En procédant de la sorte, la commission avait violé l’article 21 alinéa 2 du règlement d’application de la loi sur la profession d’avocat du 5 juin 2002 (RALPAv -
E 6 10.01
) et contrevenu au principe d’égalité de traitement.
b. Pour cet examen oral, le recourant avait comparu devant une sous-commission composée de Mes Michel Muhlstein et Eric Maugué. S’agissant du déroulement de cet examen, le recourant indiquait avoir développé la plupart des points sous un angle pratique. Après avoir posé le cadre légal, il avait soulevé les autres points sous l’angle des moyens qu’il était possible de faire valoir dans un recours. Il avait développé ses arguments pendant une vingtaine de minutes. Les examinateurs lui avaient alors dit qu’il pouvait continuer, tout en ajoutant que s’il le souhaitait, ils allaient lui poser des questions. Ils lui avaient alors posé quatre questions en indiquant que le tour du problème avait été fait. Pendant cet examen et selon le recourant, Me Maugué prenait fréquemment des notes. Quant à Me Muhlstein, il avait plusieurs fois tourné les pages qui se trouvaient devant lui et n’avait écrit que deux lignes. Me Muhlstein avait semblé plus préoccupé par les notes mises aux candidats précédents que par la prestation du recourant. Ce comportement qui ne correspondait pas à des conditions normales d’un examen, avait particulièrement stressé le candidat.
c. En recevant le procès-verbal des examens du 6 juin 2007, le recourant avait été stupéfait par la note de 1,5 qui lui avait été attribuée pour cet examen. Il avait aussitôt appelé le secrétariat pour vérifier s’il n’y avait pas eu une erreur. Il lui avait été répondu que la note de 1,5 était bien celle qui avait été transmise au secrétariat par la sous-commission.
Le recourant a alors demandé à recevoir le procès-verbal de cet examen. Il lui a été répondu qu’aucun procès-verbal n’était tenu et que même s’il en existait un, celui-ci ne lui serait pas transmis. Seule pourrait lui être communiquée la copie de son examen écrit. Il avait demandé à la secrétaire de la commission s’il existait un quelconque contrôle quant à l’éventuel arbitraire d’une sous-commission. Il s’était avéré qu’il n’y en avait aucun. La secrétaire avait toutefois ajouté que la commission établissait pour chaque session une comparaison des notes attribuées par chaque sous-commission. Le recourant a demandé si les notes attribuées par Me Muhlstein étaient, sur la durée, généralement inférieures à celles des autres sous-commissions et si celui-ci mettait plus souvent des notes qui pouvaient être éliminatoires. Il a encore souhaité savoir si les notes de la sous-commission composée de Mes Muhlstein et Maugué étaient inférieures à celles des autres commissions s’agissant de l’examen oral du 16 mai 2007 et si de nombreuses notes comparables à 1,5 avaient été attribuées par cette même sous-commission. Le secrétariat de la commission n’avait pas voulu répondre à ses questions. Enfin, il avait cherché à savoir pourquoi, contrairement aux autres candidats qui se présentaient pour la troisième fois et qui avaient tous été convoqués le matin pour les examens oraux, il avait quant à lui été convoqué l’après-midi.
d. Le recourant a pris contact avec Me Muhlstein en demandant une motivation de la note de cet examen oral. Me Muhlstein a répondu que la commission avait décidé de ne pas accorder d’entretiens individuels. Il a affirmé qu’aucun procès-verbal n’était tenu.
Le recourant a encore demandé à Me Muhlstein ce que contenaient les feuilles qu’il regardait pendant l’examen et Me Muhlstein aurait répondu qu’il s’agissait de feuilles personnelles sur lesquelles il prenait des notes et inscrivait l’évaluation du candidat. Enfin, le recourant a demandé à Me Muhlstein s’il savait qu’il était en session éliminatoire. Me Muhlstein lui aurait répondu que les examinateurs pouvaient le savoir s’ils le désiraient, ce qu’ils faisaient parfois et parfois non.
e. Le recourant dit encore avoir discuté avec deux autres candidats, D_ et le frère de celui-ci, L_. Le premier, ayant été le même jour interrogé sur le même sujet par une autre sous-commission et ayant donné pour l’essentiel les mêmes réponses que le recourant, avait obtenu la note de 4,5. Le second, comparant également devant Mes Muhlstein et Maugué, avait eu la note de 2, ce candidat se plaignant de l’attitude de Me Muhlstein qualifiée de particulièrement stressante.
5. Le recourant avait assisté le 14 juin 2007 à la séance publique de correction collective. A l'insu des participants à cette séance, il avait enregistré tous les propos tenus par les uns et les autres à cette occasion.
Concernant l’examen oral du 16 mai 2007, le barème suivant a été exposé :
1 point
Poser le cadre légal avec les dispositions légales applicables (zone agricole) ; est-ce que les constructions peuvent être autorisées ? Eventuelles dérogations ? présence de constructions ?
0,75 point
Couvert à chevaux : il bénéficie d’une situation acquise: ;
0,75 point
Roulotte : Construction ou Art. 111 de la loi sur les constructions et les installations diverses du 14 avril 1988 (LCI -
L 5 05
) ;
1,25 point
Roulotte : n’est pas autorisable, une dérogation n’est pas possible ; démolition de la roulotte non, "il suffit de déplacer ailleurs" ; ordre évacuation est valable ;
0,25 point
Carré de dressage : même raisonnement : pas autorisable ; ordre de démolition est proportionné ;
0,25 point
Manège : même raisonnement ; pas autorisable ;
1 point
Amende : roulotte : fondée, mais éventuelle bonne foi de Monsieur Lefoin pour plaider la réduction de l’amende ; carré de dressage : fondé ;
0,75 point

## Considerations