# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b4da9a22-9388-5151-bc57-e6b4f151fa87
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. A_ SÀRL (ci-après la société), active en matière de conseils et de services dans le domaine pétrolier, ayant son siège social à Genève, a été inscrite au registre du commerce de ce canton le 15 octobre 2008. Son capital social est de CHF 20’000.-, divisé en 20 parts sociales de CHF 1’000.- chacune, toutes détenues par Monsieur B_, associé gérant avec signature individuelle (ci-après l’associé gérant).![endif]>![if>
2. Par courrier du 10 octobre 2013, le service du contrôle des employeurs de la Caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après la CCGC) a adressé à la société un avis de contrôle AVS et allocations familiales portant sur la période d’octobre 2008 à décembre 2012.![endif]>![if>
3. Selon le rapport de contrôle du 28 novembre 2013, la société était sans personnel depuis le 1
er
juin 2012. Il existait deux plans de prévoyance professionnelle auprès d’AXA Winterthur (ci-après AXA), l’un pour la direction et l’autre pour «employé». Le premier prenait en charge les deux parts de la prévoyance professionnelle, alors que le second ne prenait pas en charge la part des salariés. Les reprises opérées concernaient le salaire de Monsieur C_, employé du nettoyage, pour les années 2009 à 2012, et celui de Monsieur D_, pour les années 2010 à 2012.![endif]>![if>
4. Le 19 décembre 2013, la CCGC a adressé à la société quatre décisions comportant des « factures rectificatives » pour les cotisations sociales AVS/AI/APG/AC/Amat et les contributions aux allocations familiales, ainsi que quatre décisions de « factures complémentaires » relatives aux intérêts moratoires: ![endif]>![if>
- pour l’année 2009 : une reprise de CHF 387.60, intérêts moratoires compris, concernant M. C_ ;![endif]>![if>
- pour l’année 2010 : une reprise de CHF 502.75, intérêts moratoires compris, concernant MM. C_ et D_ ;![endif]>![if>
- pour l’année 2011 : une reprise de CHF 3’164.80, intérêts moratoires compris, concernant MM. C_ et D_;![endif]>![if>
- pour l’année 2012 : une reprise de CHF 1’499.-, intérêts moratoires compris, concernant MM. C_ et D_.![endif]>![if>
5. En date du 10 janvier 2014, la société a formé opposition aux factures rectificatives 2010, 2011 et 2012 concernant M. D_ uniquement. Elle a précisé que lors de l’engagement de ce collaborateur, il avait été convenu que les cotisations au
2
ème
pilier seraient entièrement à la charge de la société. La « part employeur
100% » et la « part employé 0% » avaient toujours été versées par la société à AXA, sans aucune déduction pour le 2
ème
pilier sur les salaires versés à M. D_. Les factures rectificatives concernant celui-ci n’étaient donc pas justifiées. ![endif]>![if>
La société a communiqué à la CCGC les documents suivants :
- une attestation de M. D_ aux termes de laquelle la société avait versé à 100% les cotisations au 2
ème
pilier à AXA, conformément à ce qui avait été convenu lors de son engagement ;![endif]>![if>
- une attestation de la société E_ SA, courtier en assurances mandaté par la société pour la mise en place et l’établissement d’une couverture de prévoyance professionnelle en faveur de
M. D_, stipulant que les cotisations du 2
ème
pilier avaient été prises en charge dans leur intégralité par la société et qu’aucune déduction n’avait été opérée sur le salaire de M. D_ à ce titre. Le contrat établi par AXA était erroné car il ne correspondait pas à ce qui lui avait été demandé. ![endif]>![if>
6. Par décision du 13 janvier 2015, la CCGC a rejeté l’opposition de la société et confirmé les décisions de reprise du 19 décembre 2013, au motif que le paiement des primes LPP (part « employé ») avait été effectué sur une base purement volontaire et qu’aucun document n’attestait d’un plan de contributions de l’employeur en faveur de l’ensemble des employés. Ainsi, les contributions litigieuses faisaient partie du salaire.![endif]>![if>
7. Par acte du 13 février 2015, la société, sous la signature de son associé gérant, a interjeté recours contre la décision susmentionnée, concluant à l’annulation des factures rectificatives 2010, 2011 et 2012 et à ce qu’il soit ordonné à l’intimée d’en établir de nouvelles. Elle a allégué qu’elle avait toujours pris en charge l’intégralité des primes LPP de ses employés. Au cours de l’année 2010, elle avait conclu un mandat avec F_, société de M. D_, et avait engagé ce dernier en qualité de consultant dans le domaine pétrolier pour un salaire mensuel de
CHF 31’041.35. M. D_ avait été affilié au plan de prévoyance existant, qu’il jugeait toutefois trop complet car il avait déjà une assurance le couvrant pour les mêmes risques en Angleterre. La recourante avait alors demandé à son courtier de négocier avec AXA un autre plan de prévoyance pour M. D_. Alors que la recourante ne comptait que deux employés, AXA avait accepté, après de nombreuses réticences, de créer un nouveau plan. Toutefois, bien qu’il ait toujours été prévu que la recourante prenne en charge les 100% des cotisations LPP, AXA avait émis un contrat mentionnant que ces dernières seraient prises en charge à concurrence de 50% par l’employeur et 50% par l’employé. L’associé gérant avait signé le contrat de bonne foi, faisant confiance à son courtier qui n’avait pas relevé l’erreur d’AXA. En mai 2012, le mandat de la recourante avait pris fin et ses caisses avaient été laissées vides, après paiement de toutes les factures ouvertes, de sorte que l’associé gérant avait dû trouver un autre emploi. La recourante n’ayant plus d’actifs, son associé gérant ne voyait pas comment il pourrait payer ces factures.![endif]>![if>
8. Le 10 mars 2015, l’intimée a conclu au rejet du recours et à la confirmation de la décision sur opposition du 13 janvier 2015. Malgré la bonne foi non contestée de la recourante, l’obligation de s’acquitter des cotisations sociales sur les montants repris lors du contrôle du 28 novembre 2013 demeurait inchangée.![endif]>![if>
L’intimée a notamment communiqué les certificats de salaire de M. D_ pour les années 2010 à 2012, documents attestant qu’aucune déduction n’avait été retenue à titre de prévoyance professionnelle 2
ème
pilier durant ses rapports de travail avec la recourante, du 1
er
avril 2010 au 31 mai 2012 .
9. Sur demande de la chambre de céans, la recourante lui a transmis, en date du
3 décembre 2015, copie du contrat de travail de M. D_, lequel n’était ni daté ni signé.![endif]>![if>
10. La chambre de céans a entendu M. D_ le 7 décembre 2015 en qualité de témoin. ![endif]>![if>
Celui-ci a notamment déclaré que la recourante était chargée de trouver des clients pour la société F_, laquelle était apparentée à des gens qu’il connaissait très bien, mais il n’avait aucun rapport avec elle et il n’en détenait aucune part. Au moment où il avait été engagé par la recourante, il n’avait pas d’autres activités rémunérées en Suisse ou à l’étranger. Appelé à examiner le contrat de travail produit par la recourante, il n’a pas été en mesure de confirmer ou d’infirmer que cette version était celle qu’il avait signée. Le témoin a pris note que ce document stipulait que toutes les cotisations sociales obligatoires étaient déduites du salaire et ne comportait pas la mention d’une prise intégrale des primes LPP par la recourante. Néanmoins, c’était ce qui avait été discuté. S’il retrouvait le contrat signé, il l’enverrait à la chambre de céans. Il ne se souvenait pas d’avoir demandé une modification de son plan de prévoyance auprès de la recourante au motif que celui-ci était trop complet et qu’il disposait déjà d’une assurance pour les mêmes risques en Angleterre, où il avait travaillé avant d’être engagé par la recourante. Il a précisé qu’en Angleterre, les risques retraite étaient couverts dans le cadre d’assurances privées et qu’il ne disposait pas d’une telle assurance.
11. Le même jour, la chambre de céans a procédé à la comparution personnelle des parties.![endif]>![if>
L’intimée a confirmé que les reprises litigieuses portaient sur les montants de CHF 2’073.15, CHF 20’861.40, CHF 9’305.75 et CHF 1’003.25, soit les cotisations sociales part « employé » de M. D_ pour les années 2010, 2011 et 2012, étant précisé que pour cette dernière, il y avait deux montants car il y avait probablement eu plusieurs paiements à des dates différentes. La chambre de céans a observé que le rapport de contrôle mentionnait que la recourante disposait de deux plans de prévoyance, soit un plan direction (prime 0% salarié – 100% employeur) et un plan « employé » (prime 50% salarié - 50% employeur). L’intimée a alors expliqué ne pas avoir retrouvé le plan « employé », mais il lui semblait avoir vu un document mentionnant la répartition 50% - 50%. À la question de savoir qui était assuré sous le plan « direction », l’intimée a répondu qu’à sa connaissance, il n’y avait qu’un seul plan de prévoyance et la reprise s’était fondée sur les décomptes d’AXA.

## Considerations