# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4c2a30ef-663a-4bd9-b839-0fdd1d1aee50
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

compétente, les objets ou valeurs saisis à titre conservatoire peuvent lui être remis au terme de la procédure d’entraide (art. 80d), en vue de confiscation ou de restitution à l’ayant droit»;
- en l’espèce, il ne ressort pas du dossier que les autorités françaises aient
jamais présenté à la Suisse une demande tendant à la remise des avoirs
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litigieux en vue de restitution à l’ayant droit, de sorte que la condition d’une «demande de l’autorité étrangère compétente» au sens de l’art. 74a EIMP n’est manifestement pas réalisée;
- aux termes de l’art. 75 al. 2 EIMP, «si le droit de l’Etat requérant donne
aux parties la compétence d’accomplir des actes de procédure, les autorités suisses peuvent également donner suite à leurs requêtes»;
- selon la jurisprudence, cette disposition tient compte de certains cas
particuliers du droit anglo-américain, dans lesquels la citation et l’audition des parties, des témoins et des experts, les demandes tendant à l’obtention d’une expertise, à l’édition de documents, à l’aménagement d’une vision locale, etc. ne relèvent pas de la compétence des autorités, mais des parties (arrêt du Tribunal fédéral 1A.246/1999 du 20 décembre 1999, consid. 2b);
- toujours selon la jurisprudence, l’art. 75 al. 2 EIMP doit être interprété
de manière restrictive, en ce sens qu’une demande d’entraide ne peut être formée qu’exceptionnellement par une partie à la procédure étrangère, par exemple lorsque cette partie ne peut obtenir la remise d’une demande d’entraide à la Suisse de la part des autorités étrangères concernées (arrêt du Tribunal fédéral 1A.246/1999 du 20 décembre 1999, consid. 2b; v. aussi ROBERT ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en matière pénale, 3e éd., Berne 2009, n° 292);
- en l’espèce, il ne ressort pas du dossier que le droit français autorise les
parties à accomplir des actes de procédure;
- il ne ressort pas non plus du dossier que la société C. ait jamais présenté
aux autorités françaises une requête tendant à ce que ces autorités sollicitent la remise, par les autorités suisses, des avoirs déposés sur le compte n° 1 en vue de confiscation ou de restitution;
- il s’ensuit que la décision querellée doit être annulée, au motif que la
restitution des avoirs litigieux à la société C. ne peut être ordonnée en application de l’art. 74a EIMP, en l’absence d’une demande d’entraide dans ce sens émanant des autorités françaises;
- contrairement à l’avis du recourant, cela ne signifie toutefois pas que le
blocage des avoirs litigieux doive être levé;
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- en effet, à teneur de l’art. 33a OEIMP, «les objets et valeurs dont la remise à l’Etat requérant est subordonnée à une décision définitive et exécutoire de ce dernier (art. 74a, al. 3, EIMP) demeurent saisis jusqu’à réception de ladite décision ou jusqu’à ce que l’Etat requérant ait fait savoir à l’autorité d’exécution compétente qu’une telle décision ne pouvait plus être rendue selon son propre droit, notamment en raison de la prescription»;
- en l’occurrence, vu le degré de complexité de la procédure française, la
durée de la saisie litigieuse est loin d’atteindre la durée considérée comme critique par la jurisprudence (v. à ce sujet TPF 2007 124 consid. 8);
- le recours est par conséquent admis, dans le sens des considérants qui
précèdent.
- la société C. dispose de la faculté d’intervenir auprès des autorités
françaises afin que celles-ci sollicitent, par la voie de l’entraide, la remise, par les autorités suisses, des avoirs déposés sur le compte n° 1 en vue de confiscation ou de restitution;
- il incombe par ailleurs à l’OFJ, en sa qualité d’autorité de surveillance
pour l’application de l’EIMP au sens de l’art. 3 OEIMP, de suivre attentivement l’avancement de la procédure pénale et de la procédure de confiscation en France (v. TPF 2007 124 consid. 8.2.4);
- en l’espèce, l’OFJ interpellera au besoin les autorités françaises sur le
sort qu’elles entendent réserver aux avoirs déposés sur le compte n° 1 bloqués à leur demande.

## Considerations