# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2653a8c8-a94a-4bc1-b452-33efe78fa826
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
L'Association de Communes Police Nyon Région (ci-après: l'association PNR) a pour membres les Communes de Crans-près-Céligny, Nyon et Prangins. Elle est composée de trois organes (cf. art. 9 des statuts): le Conseil intercommunal, le Comité de direction et la Commission de gestion. Le Comité de direction comprend un conseiller municipal par commune membre (cf. art. 19 des statuts). Durant la législature 2016-2021, il était composé de B._, conseillère municipale de la Commune de Nyon, C._, conseiller municipal de la Commune de Crans-près-Céligny, et D._, conseillère municipale de la Commune de Prangins. A compter du 1
er
juillet 2021, ces deux derniers membres ont été remplacés par E._, syndic de la Commune de Crans-près-Céligny, et F._, conseiller municipal de la Commune de Prangins. Parmi ses attributions, le Comité de direction exerce à l'égard du personnel les droits et obligations de l'employeur (cf. art. 24 let. e des statuts).
B.
Depuis le 1
er
janvier 2015, A._ exerce la fonction de ******** au sein de l'Association PNR. Avant le transfert du personnel des polices communales à l'association, il occupait le même poste au sein de la Police de Nyon.
C.
Le 29 septembre 2020, G._, une employée de l'association, a sollicité du Comité de direction un entretien, afin d'évoquer les problèmes qu'elle rencontrait avec A._. Le Comité de direction, représentée par ses trois membres, a procédé à son audition le 1
er
octobre 2020. A cette occasion, G._ a fait notamment état de comportements inadéquats et de remarques déplacées à son endroit de la part de son supérieur.
Le 7 octobre 2020, le Comité de direction, représentée toujours par ses trois membres, a entendu A._ sur les griefs émis par G._. L'intéressé a contesté en substance tout manquement de sa part.
Le 27 octobre 2020, le Comité de direction, dans sa composition plénière, a procédé à une nouvelle audition de G._, à la demande de cette dernière. A cette occasion, l'intéressée a précisé ses griefs, exposant qu'A._ lui avait témoigné ses sentiments amoureux au mois de juillet 2018 et qu'elle avait subi depuis lors, de manière récurrente, des remarques et gestes à connotation sexuelle de sa part.
D.
Le 2 novembre 2020, le Comité de direction a mandaté Me Véronique Perroud afin de réaliser un audit externe au sein du corps de police "
visant à clarifier les faits
[...]
s'agissant des accusations portées à l'encontre du ********, mais également au sujet d'éventuels griefs que ce dernier pourrait formuler s'agissant de comportements adoptés par d'autres membres de l'Etat-Major
".
Par lettre du 3 novembre 2020, le Comité de direction, par sa présidente B._ et son secrétaire-général H._, a informé A._ de la mise en œuvre de cet audit.
Le 16 novembre 2020, le Comité de direction a libéré provisoirement A._ de son obligation de travailler jusqu'au terme de l'investigation en cours, relevant qu'au vu des auditions d'ores et déjà effectuées, il lui appartenait "
de prendre une mesure provisoire de protection générale de la personnalité du personnel
[...]
et de préserver un climat de travail permettant d'assurer un bon fonctionnement et l'accomplissement des missions du Corps de police en toutes circonstances
".
E.
Durant l'enquête, A._, par l'intermédiaire de Me Christian Favre, a reçu une copie des procès-verbaux d'audition des personnes entendues en fonction de l'avancée des investigations. Les procès-verbaux lui ont été ainsi remis successivement les 16 novembre 2020, 1
er
décembre 2020 et 19 février 2021. Le courrier du 19 février 2021 comprenait notamment les procès-verbaux d'audition de la Présidente du Comité de direction et de son secrétaire-général.
Le 26 février 2021, A._, agissant toujours par son conseil, a écrit au Comité de direction pour l'informer qu'il avait été extrêmement surpris d'apprendre que B._ et H._ avaient été entendus en qualité de témoins dans le cadre de l'audit commandité. Il a ajouté que les propos tenus lors de ces auditions laissaient planer peu de mystère quant à la nature de la décision qui pourrait être prise à son endroit et que les procès-verbaux établis allaient nécessairement influencer les autres membres du comité. Il a dès lors formellement requis la récusation du Comité de direction
in corpore
et l'annulation de tous les actes d'investigation entrepris.
Le Comité de direction, par son vice-président C._ et son secrétaire-général, s'est déterminé le 18 mars 2021 sur cette demande de récusation, en relevant:
"S'agissant à présent de la requête "de récusation" formée par votre mandant, le Comité de Direction relève qu'aucun processus décisionnel n'a été entrepris à l'encontre de votre mandant, cette éventualité étant dépendante des conclusions qui seront prises dans le cadre de l'audit. Par conséquent, à défaut de l'exercice d'une compétence décisionnelle par le Comité de Direction, il n'existe pas de fondement juridique permettant de requérir la "récusation" de l'un ou de plusieurs de ses membres. Il en va de même s'agissant de votre conclusion tendant à l'annulation et tous les actes d'investigation.

## Considerations