# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 34a88168-b67b-56b4-b767-f79773111711
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2008
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur P_, né en 1934, est domicilié à Genève. Il est titulaire d’un permis de conduire délivré en 1967.
2. Selon le dossier produit par le service des automobiles et de la navigation (ci-après : SAN), ce conducteur n’a aucun antécédent en matière de circulation routière.
3. Le 11 octobre 2006, à 18h45, l’intéressé circulait en voiture route du Camp à Bière en direction du centre de la localité à 75 km/h, alors que la vitesse était limitée à 50 km/h à cet endroit. Ainsi, le dépassement de la vitesse autorisée a été de 25 km/h, marge de sécurité de 5 km/h déduite.
4. Invité par le SAN à s’exprimer au sujet de l’infraction précitée, M. P_ ne l’a pas contestée. Il s’est toutefois étonné qu’une route de campagne, à plus d’un kilomètre du village, soit limitée à 50 km/h.
5. Par arrêté du 5 décembre 2007, le SAN a retiré le permis de conduire de M. P_ pendant trois mois, en application de l’article 16c de la loi fédérale sur la circulation routière du 12 décembre 1958 (LCR -
RS 741.01
). L’autorité s’en est tenue au minimum légal, compte tenu de l’ensemble des circonstances, notamment des observations de l’intéressé et de son absence d’antécédents.
6. a. Par courrier du 6 décembre 2007 adressé au SAN, M. P_ s’est déclaré surpris par la sévérité de la mesure, dont il a sollicité la réduction. Au cas où l’autorité devait maintenir sa décision, il souhaitait en repousser l’exécution jusqu’à la fin du mois de février. Il avait en effet besoin de son permis pour accompagner sa femme, qui devrait se soumettre à un traitement chimiothérapeutique jusqu’à la fin du mois de février.
Une copie de cette lettre a été envoyée au Tribunal administratif, qui l’a enregistrée comme valant recours.
b. Le 7 décembre 2007, le SAN a autorisé M. P_ à déposer son permis le 31 mars 2008 au plus tard.
7. Par plis recommandé et simple du 13 décembre 2007, le juge délégué a expliqué au recourant que la jurisprudence du Tribunal fédéral était stricte, notamment en matière d’excès de vitesse survenu à l’intérieur d’une localité. Ainsi, un dépassement de la vitesse autorisée de 25 km/h, comme en l’espèce, entraînait, sauf motif exceptionnel, un retrait minimum obligatoire du permis de conduire pendant trois mois, vu la gravité de la mise en danger qu’il provoquait. Un délai de réflexion échéant le 15 janvier 2008 lui a été accordé pour se prononcer sur la suite qu’il entendait donner à la procédure. Passée cette date, la cause serait gardée à juger en l’état du dossier.
8. A ce jour, M. P_ n’a donné aucune suite à ce courrier.

## Considerations

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
; art. 63 al. 1 litt. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2. Chacun doit respecter les signaux et les marques et, en particulier, les signaux fixant une vitesse maximale (art. 27 al. 1 LCR ; 16 et 22 de l’ordonnance sur la signalisation routière du 5 septembre 1979 – OSR,
RS 741.21
, ATF
108 IV 62
).
3. A l’intérieur des localités, la vitesse maximale générale des véhicules peut atteindre 50 km/h, lorsque les conditions de la route, de la circulation et de visibilité sont favorables selon l’article 4a alinéa 1 lettre a de l’ordonnance sur les règles de la circulation routière du 13 novembre 1962 (OCR -
RS 741.11
; ATF
121 II 127
, JdT
1995 I 664
).
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral en matière d’excès de vitesse à l’intérieur d’une localité, un dépassement de la vitesse maximale autorisée de l5 à 20 km/h constitue un cas de peu de gravité qui justifie un simple avertissement au sens de l’article 16a alinéa 3 LCR (ATF
122 II 37
, JdT
1997 I 733
, consid. 1e, p. 737), sous réserve de circonstances particulières (ATF
123 II 106
, JdT
1997 I 725
, consid. 2b, pp. 728-729 et réf. cit.).
Un dépassement de 21 à 24 km/h constitue, quant à lui, une infraction moyennement grave impliquant en règle générale un retrait de permis au sens de l’article 16b LCR.
En revanche, un dépassement de 25 km/h et plus entraîne en principe un retrait obligatoire du permis de conduire, respectivement une interdiction de faire usage en Suisse du permis de conduire étranger, sauf motif exceptionnel pouvant justifier l’excès de vitesse ou exclure la faute de l’automobiliste, vu la gravité de la mise en danger qu’il provoque. Dans ce dernier cas, la jurisprudence considère que le conducteur a commis une violation grossière d’une règle fondamentale du code de la route (art. 16c al. 1 let. a et art. 90 ch. 2 LCR ; ATF
123 II 106
, JdT
1997 I 725
, consid. 2c, p. 731 et réf. cit. ; ATF
123 II 37
, consid. 1d, pp. 40-41, SJ 1997 pp. 527-528 ;
ATA/382/1998
du 16 juin 1998).
Ce dernier principe reste applicable que les conditions de circulation soient favorables ou non et que les antécédents du conducteur fautif soient bons ou mauvais. Il s’agit, en effet, en la matière, d’assurer la sécurité du droit et de favoriser autant que possible l’égalité de traitement entre justiciables (ATF
119 Ib 156
; SJ 1993 p. 535 ; ATF
118 IV 190
;
108 Ib 67
;
104 Ib 51
).
En l’espèce, le dépassement de la vitesse autorisée, au demeurant non contesté, a été de 25 km/h après déduction de la marge de sécurité. Il s’agit d’un cas grave, saisi par l’article 16c alinéa 1 lettre a LCR, qui implique le retrait obligatoire du permis de conduire.
4. Selon l’article 16c alinéa 2 lettre a LCR, la durée minimale de retrait est de trois mois après la commission d’une faute grave. Le recourant ne fournit aucune explication propre à le disculper, de sorte que la décision du SAN, qui s’en tient à ce minimum, devra être confirmée.
5. Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté.
La conclusion du recourant visant à l’exécution de la mesure litigieuse après le 28 février 2008 est irrecevable, car le Tribunal administratif n’est pas compétent pour en connaître. Elle est en tout état sans objet, puisque le SAN a repoussé le délai pour le dépôt du permis jusqu’au 31 mars 2008.
6. Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 87 LPA).
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