# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 927312c8-b3d2-4053-8591-9a1f4f79233c
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._ (le recourant), né en 1961, domicilié à Fribourg, divorcé, travaillait comme plâtrier.
Il a été victime d’un accident professionnel le 7 mars 2016. Atteint à l’épaule gauche, il a été opéré le 2 mai 2016. Par la suite, des tremblements de son membre supérieur gauche sont apparus.
Il n’a pas repris d’activité professionnelle.
B. Le 1er septembre 2016, le recourant a déposé une demande de prestations auprès de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg. Il a précisé que l’atteinte à son épaule gauche consistait en une « lésion sub-totale du sus-épineux avec lésion de l’intervalle et instabilité du long chef du biceps gauche ».
Auparavant, il avait sollicité la prise en charge de son cas par l’assurance-accidents. Par décision sur opposition du 25 avril 2019, la Suva a confirmé que le cas était clos avec effet au 30 septembre 2018, que le versement des indemnités journalières allouées jusqu’alors cessait à cette date, que la perte de gain subie était insuffisante pour justifier une rente d’invalidité de l’assurance-accidents et qu’une indemnité pour atteinte à l’intégrité était par contre octroyée. Elle a en particulier retenu que l’état de santé du recourant était stabilisé pour ce qui concernait l’épaule gauche, que cette seule affection lui permettait de continuer à travailler à 100% dans une activité adaptée et que les tremblements affectant le membre supérieur gauche – et désormais la main droite et d’autres parties du corps – n’étaient pas en lien de causalité avec l’événement du 7 mars 2016. Cette décision sur opposition a été confirmée sur recours par la Ie Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal (arrêt TC FR 605 2019 131 du 23 avril 2020).
C. Dans le cadre de l’instruction de la demande de prestations, l’Office de l’assurance-invalidité a d’abord considéré qu’il s’agissait d’un pur cas commun LAA/LAI. S’alignant sur la position de l’assureur-accidents, il a ainsi émis le 15 janvier 2019 un projet de décision par lequel il entendait reconnaître au recourant le droit à une rente entière d’invalidité limitée à la période du 1er mars 2017 au 31 août 2018, date au-delà de laquelle celui-ci devait être capable d’exercer à temps complet une activité adaptée, sans diminution de rendement (dossier AI p. 606).
Puis, suite aux objections du 15 mars 2019 par lesquelles le recourant se prévalait des tremblements de son membre supérieur gauche qui l’affectaient et qui n’avaient pas été pris en considération par la Suva, l’Office de l’assurance-invalidité a pris acte du fait qu’il ne s’agissait plus d’un pur cas commun LAA/LAI. Elle a mis en place une expertise bidisciplinaire en neurologie et psychiatrie auprès de B._, à C._. Dans leurs conclusions communes du 20 septembre 2019, les experts ont notamment retenu que le recourant n’avait alors aucune capacité de travail tant dans son activité habituelle de plâtrier que dans toute autre activité et que par la suite, une fois le tremblement maîtrisé, celui-ci pourrait retrouver progressivement une capacité de travail de 100% dans une activité adaptée, épargnant l’épaule gauche chez un expertisé gaucher (exclusion de port régulier de charges de plus de 10 kg, réduction d’amplitude des mouvements, exclusion des rotations forcées et des travaux au-dessus de l’horizontale) (dossier AI p. 699 ss).
D. Après avoir pris l’avis du médecin de son Service médical régional (SMR), l’Office de l’assurance-invalidité a considéré que l’expertise bidisciplinaire du 20 septembre 2019 n’était pas suffisamment probante et qu’une autre expertise bidisciplinaire devait être mise en œuvre. Le
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recourant ayant manifesté son opposition à cet égard, une décision incidente a été rendue le 14 janvier 2020, confirmant sur le principe la tenue d’une nouvelle expertise.
Cette décision incidente a fait l’objet d’un recours déposé le 13 février 2020 auprès du Tribunal cantonal. Le recourant était en effet d’avis que l’Office de l’assurance-invalidité devait statuer sur le droit à la rente sur la base de l’expertise du 20 septembre 2019. A l’appui de sa position, il soutenait en substance que les critiques du médecin du SMR vis-à-vis du rapport d’expertise bidisciplinaire étaient infondées, que celui-ci avait pleine valeur probante dès lors qu’il remplissait tous les critères formels et matériels pour se voir reconnaître une telle valeur et qu’il permettait d’éclaircir suffisamment les faits déterminants, au degré de la vraisemblance prépondérante, de telle sorte qu’une nouvelle expertise étaient superflue.
Par arrêt TC FR 608 2020 36 du 9 avril 2020, la Cour de céans a considéré qu’à première vue, sans examen approfondi de l’ensemble des pièces du dossier, l’expertise du 20 septembre 2019 ne pouvait se voir dénier sa valeur probante sur la base des griefs formulés à son égard par l’Office de l’assurance-invalidité. Dans ces circonstances, la nécessité de procéder à une nouvelle expertise n’était pas rendue plausible et la mise en œuvre pour la deuxième fois de ce moyen de preuve s’apparentait a priori à la collecte d’une « second opinion » au sujet de faits déjà discutés dans la première expertise. Sans remettre en question l’important pouvoir d’appréciation dont jouit l’Office de l’assurance-invalidité dans la conduite de la procédure administrative, il a dès lors été constaté que celui-ci n’était pas en droit d’ordonner la tenue d’une nouvelle expertise. Le recours du 13 février 2020 a dès lors été admis dans ce sens et la décision incidente du 14 janvier 2020 annulée.
Par décision du 24 août 2020, l’Office de l’assurance-invalidité a reconnu au recourant le droit à une rente entière d’invalidité depuis le 1er mars 2017 (dossier AI p. 838).
E. Par courrier du 24 novembre 2021, dans le cadre d’une procédure de révision d’office, l’Office de l’assurance-invalidité a informé le recourant de son intention de faire réaliser une nouvelle expertise bidisciplinaire, à nouveau auprès de B._, à C._. Il a annoncé que l’expert neurologue serait Dr D._, soit le médecin qui avait déjà réalisé l’expertise du 20 septembre 2019, et l’expert psychiatre Dr E._, alors que c’est Dre F._ qui avait réalisé le volet psychiatrique de l’expertise du 20 septembre 2019. Il a ajouté la précision suivante: « Résumé du dossier et relecture de l’expertise: G._ » (dossier AI p. 1132).
Par courrier de son mandataire du 3 décembre 2021, le recourant s’est opposé à la désignation de Dr E._ en lieu et place de Dre F._ pour le volet psychiatrique de l’expertise. Il a relevé en particulier que cette désignation constituait une nouvelle collecte d’une « second opinion ». Se référant à la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, il a par ailleurs contesté que le résumé du dossier et la relecture de l’expertise soient confiés à une personne qui n’est pas médecin (dossier AI p. 1137).
Par courrier du 16 décembre 2021 adressé à l’Office de l’assurance-invalidité et transmis en copie au recourant, B._ a donné des précisions concernant la réalisation de ces expertises, plus spécifiquement la partie « résumé du dossier » et « relecture » (dossier AI p. 1139).
Lors d’un entretien téléphonique du 16 décembre 2021 avec le mandataire du recourant, l’Office de l’assurance-invalidité a indiqué qu’il ne pouvait pas confier la nouvelle expertise aux deux mêmes médecins qu’en 2019, car ils ne travaillaient plus pour le même centre d’expertise (dossier AI p. 1140).
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Puis, par décision incidente du 3 janvier 2022, l’Office de l’assurance-invalidité a confirmé la désignation des experts mentionnés dans son courrier du 24 novembre 2021. Il a expliqué sa décision par des considérations pratiques indépendantes de sa volonté. Il a également confirmé sa position selon laquelle les modalités de réalisation de B._ étaient conformes aux exigences de la jurisprudence.
F. Par mémoire de recours déposé le 2 février 2022 par son mandataire auprès du Tribunal cantonal, le recourant s’oppose à la décision incidente précitée, concluant pour l’essentiel et en substance à l’annulation de celle-ci, à ce que le résumé du dossier et la relecture de l’expertise soient confiés à des médecins et à ce que des médecins qui ne travaillent pas auprès de B._ soient mandatés. Plus spécifiquement, il conclut également à ce que le volet psychiatrique de l’expertise soit confié à Dre F._, subsidiairement à un autre expert ne travaillant pas pour le bureau d’expertise précité.
A l’appui de ses conclusions, il reproche notamment à l’Office de l’assurance-invalidité d’une part de confier le résumé du dossier et la relecture de l’expertise à des personnes qui ne sont pas médecin et, d’autre part, de confier une expertise psychiatrique et neurologique à des médecins d’un centre d’expertise qui ne semble pas respecter les exigences d’indépendance et de neutralité requises de la part des experts. Il reproche également à l’Office de l’assurance-invalidité de chercher une nouvelle fois à collecter une « second opinion » en désignant un autre médecin que Dre F._ pour la réalisation du volet psychiatrique de l’expertise. Il relève notamment à cet égard que rien n’empêche de confier l’expertise bidisciplinaire à deux médecins qui appartiennent à deux centres d’expertises médicales différents.
G. Dans ses observations, l’Office de l’assurance-invalidité conclut au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Se référant à la jurisprudence, il relève que celle-ci n’exige pas que le résumé des pièces soit établi par un médecin. Il précise à cet égard que les experts ne prennent pas uniquement connaissance dudit résumé pour accomplir leur mandat, mais qu’ils étudient au contraire l’ensemble du dossier, examinent eux-mêmes les assurés et rédigent leurs propres conclusions.
Les arguments des parties seront discutés dans les considérants en droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.
Recevabilité