# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 30ceb01f-c954-5778-be05-6d682b87231a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2003
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A._, né le 16 juillet 1960, domicilié à la rue _ à Genève, est arrivé en Suisse en 1981. Il vit avec sa femme, Madame A._, et leurs huit enfants, dont deux sont majeurs.
Son épouse a perçu, à partir du 12 septembre 2001, des indemnités de chômage à 50%, correspondant à un montant de CHF 2'170,05 par mois, allocations familiales comprises. Son délai cadre est arrivé à échéance le 11 septembre 2003.
2. M. A._ a exploité en qualité d'indépendant un café-restaurant jusqu'au mois de juillet 2001.
Sa demande d'indemnité de chômage, déposée le 24 septembre 2001, lui a été refusée le 2 octobre 2001 en raison de son statut d'indépendant. L'office cantonal de l'emploi (ci-après: OCE) lui a alors proposé d'effectuer un emploi temporaire cantonal (ci-après: ETC).
M. A._ n'a pas usé de cette possibilité, estimant que le revenu que lui procurerait ce travail n'aurait pas été suffisant pour assumer ses charges familiales. Il a décidé de suivre une formation de cafetier-restaurateur, qu'il a financée lui-même et qui s'échelonnait du mois de février 2002 au mois de mai 2002, avec pour objectif de trouver un emploi dans ce domaine.
3. Il s'est par la suite adressé en février 2002 au centre d'action sociale et de santé de son quartier afin de pouvoir bénéficier d'une assistance.
L'OCE ayant accepté de reporter l'inscription de M. A._ à un ETC jusqu'à la fin dudit cours, soit le 1er juin 2002, l'Hospice général (ci-après: l'hospice) lui a accordé une aide dès le 1er février 2002.
4. Au mois de juin 2002, bien qu'ayant échoué à ses examens et n'ayant pas trouvé d'emploi, M. A._ a annoncé à l'hospice qu'il ne s'inscrirait pas pour un ETC. Il désirait en effet partir en juillet et août 2002 pour le Kosovo, pays dont il est originaire et qu'il n'avait pas revu depuis 11 ans.
Estimant que M. A._ n'avait pas respecté les termes de son contrat d'assistance en ne s'inscrivant pas pour l'ETC alors qu'il n'avait pas trouvé d'emploi, l'hospice l'a dès lors informé qu'il interrompait son aide financière, ainsi que l'octroi du subside cantonal pour son assurance maladie, dès le 1er juillet 2002. Il lui a également conseillé de prendre contact avec l'OCE afin de voir si un nouveau report de l'inscription à l'ETC était encore possible.
5. Au mois de septembre 2002, une nouvelle demande d'assistance, sollicitée pour la famille A._ par la fille aînée de M. A._, a été refusée par l'hospice.
6. Par décision du 20 décembre 2002, l'OCE a refusé d'accorder un ETC à M. A._ au motif que ce dernier n'était pas en mesure de prouver son affiliation en qualité d'indépendant auprès d'une caisse de compensation AVS. Référence était faite à l'article 44 alinéa 2 de la loi cantonale en matière de chômage du 11 novembre 1983 (J 2 20), sont réputées indépendantes les personnes qui, au cours des deux années précédant la demande d'emploi temporaire, ont exercé une activité lucrative indépendante et qui sont en mesure de justifier, pour la même période, leur affiliation en qualité de travailleur indépendant à une caisse de compensation de l'assurance-vieillesse et survivants fédérale.
Dans ce but, il était invité à continuer à faire contrôler (timbrer) son chômage et à poursuivre ses contacts avec sa conseillère afin d'envisager d'autres opportunités de placement. Il lui était également conseillé de s'adresser au service du revenu minimum cantonal d'aide sociale (ci-après: RMCAS) "afin d'examiner les conditions d'ouverture d'un dossier".
M. A._ n'a pas formé de réclamation contre cette décision.
7. Le 16 janvier 2003, ce dernier a à nouveau sollicité une aide financière auprès de l'hospice en expliquant s'être lourdement endetté pour subvenir aux besoins de sa famille.
8. Par décision du 12 février 2003, l'hospice a refusé l'aide demandée, motif pris qu'en ne s'inscrivant pas à un ETC dans les délais convenus au mois de février 2002, M. A._ s'était privé de ses droits en matière d'assurance chômage et éventuellement d'un droit futur au RMCAS.
Dans la mesure où l'assistance publique était subsidiaire à toutes autres ressources, en particulier aux revenus provenant d'une mesure cantonale en faveur des indépendants, elle ne pouvait être accordée à une personne qui abandonnait son droit à une mesure cantonale.
9. M. A._ a formé une réclamation contre cette décision le 18 mars 2003.
Lorsqu'il avait pris la décision de ne pas s'inscrire à l'ETC au mois de juin 2002 et de partir deux mois au Kosovo, il ignorait qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un ETC à son retour.
Il admettait cependant avoir fait "une erreur" en laissant passer le délai qui lui avait été octroyé. Il expliquait cette dernière par la profonde détresse dans laquelle lui et sa famille se trouvaient, les dettes s'étant accumulées.

## Considerations