# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 99cfde49-0000-4baa-96a8-94325e571428
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
A._ (ci-après aussi: l'intéressée), née en 1977, est notamment titulaire d'un grade de docteur ès sciences de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) conféré sur proposition de la Faculté Sciences de Base selon DEA de géométrie de l'Université de Bucarest (Roumanie).
B.
Le 31 janvier 2015, l'intéressée s'est inscrite auprès de la Haute école pédagogique Vaud (HEP) afin d'y suivre un Master of advanced studies (MAS) d'enseignement secondaire II en mathématiques pour lequel elle a été admise au semestre d'automne 2015. Elle a toutefois été exmatriculée le 4 octobre 2018 en raison d'un échec définitif à la formation précitée dû à l'atteinte de la durée maximale autorisée des études.
C.
Le 13 janvier 2019, A._ a déposé un dossier de candidature pour la formation Master secondaire I, demande qui a été acceptée le 4 février 2019.
Le 5 février 2020, une décision de premier échec aux modules MSMET12 et MSDEV11 a été notifiée à l'intéressée.
Le 3 février 2021, une décision de premier échec aux modules MSMAT11, MSLAC37 et MSSYS31 a été adressée à A._. Le 7 juin 2021, cette dernière a requis du Service académique de la HEP le report de la certification de tous ses examens à la session d'août-septembre 2021, requête acceptée le lendemain.
D.
S'agissant du module MSMAT11, l'examen consistait en la rédaction d'un rapport de quatre pages au maximum analysant une séquence d'enseignement en mathématique au secondaire I. Selon le calendrier contenu dans le descriptif de l'examen pour la session d'août-septembre 2021, le sujet a été mis à disposition des étudiants le 2 août 2021 sur la plate-forme "Moodle". Un délai était fixé au lundi 23 août 2021 pour le dépôt sur "Moodle" du rapport. Une soutenance en présentiel était agendée au 30 août 2021.
Dans l'incapacité de rendre son rapport dans le délai prescrit, A._ a requis une prolongation de délai, vraisemblablement par téléphone. Par courriel du 24 août 2021, le Service académique de la HEP a accordé à l'intéressée un délai au 26 août suivant à midi pour rendre son rapport.
Par courriel du 26 août 2021, A._ a requis une nouvelle prolongation de délai au lendemain 27 août 2021 à 08h00, exposant qu'elle enseignait toute la journée du 26 et que cela lui laisserait le temps de finir son rapport dans la soirée. À l'appui de sa requête, elle exposait que son congé maladie avait été prolongé de trois jours, du 23 au 25 août, soit un jour de plus par rapport à leur conversation téléphonique. Elle indiquait qu'elle avait souffert d'une migraine avec aura; trois jours auraient été nécessaires pour trouver un médicament efficace. Elle produisait un certificat médical attestant une incapacité de travail complète le 23 août 2021, sans autre forme de motivation. Dans son courriel, l'intéressée expliquait également avoir eu peu de temps à disposition pour travailler au cours du mois d'août en raison du décès de sa grand-mère. Ce courriel est resté sans réponse.
À des dates indéterminées, A._ a également produit deux autres certificats médicaux. Le premier, daté du 27 août 2021, la concernait et faisait état d'une incapacité de travail à 100% les 24 et 25 août 2021; aucun motif n'était toutefois mentionné. Le second certificat, daté du 23 août 2021, émanait de la pédiatre du fils de l'intéressée et précisait que l'intéressée avait dû rester à domicile le 23 août 2021 pour s'en occuper.
Le 29 août 2021, à 11h10, A._ a transmis par courriel son rapport en demandant qu'il lui soit possible de le défendre lors de la soutenance agendée le 30 août 2021. Rappelant les problèmes de santé l'ayant affectée, elle révélait avoir perdu son ordinateur portable dans le train; cette situation malheureuse l'aurait alors conduite, en l'absence de toute sauvegarde effectuée, à devoir rédiger à nouveau intégralement son rapport.
Le même jour, B._, Professeur HEP associé en didactiques des mathématiques, a répondu ce qui suit à l'intéressée:
"Madame,
Nous ne pouvons pas accepter un dimanche à 11h00 un dossier qui doit être défendu le lundi matin à 08h50.
Je verrai en début de semaine avec la filière et la direction de la formation ce que nous pouvons faire et si votre dossier devait être accepté, nous vous entendrons pour sa défense plus tard dans la session d'examen."
Le 31 août 2021, le prénommé a adressé un courriel à A._ dont le contenu est le suivant:
"Madame,
Ces quelques mots pour vous dire que nous avons décidé de ne pas entrer en matière sur votre demande de vous accorder un nouveau délai supplémentaire."
L'intéressée a répondu par courriel le 1
er
septembre 2021 en demandant la reconsidération de sa demande de prolongation de délai. Elle rappelait l'ensemble des circonstances ayant contrarié la rédaction de son rapport et son rendu dans le délai prescrit, soit singulièrement ses problèmes de santé et le décès de sa grand-mère. Elle ajoutait que l'indisponibilité de son mari pour raison de santé – il aurait souffert d'effets secondaires indésirables après qu'on lui a administré le vaccin contre le Covid-19 – l'avait forcée à assumer seule les différentes obligations familiales.
Le 2 septembre 2021, B._ a indiqué à l'intéressée que son dernier courriel n'apportait aucun élément nouveau susceptible de remettre en cause la décision de ne pas accorder un nouveau délai pour la restitution du rapport à rédiger dans le cadre du module MSMAT11.
Le 2 septembre également, A._ a fait parvenir au Conseil de direction de la HEP deux documents intitulés "
Demande de prolongation d'études adressée au Conseil de Direction de la HEP-Vaud
". Du second document, il ressort notamment ce qui suit:
"Mesdames, Messieurs,
Je me permets de revenir vers vous avec cette demande dans l'espoir de pouvoir défendre le rapport de séquence que j'ai écrit. J'ai reçu votre dernière réponse par email envoyée aujourd'hui à 11h35. Vous m'écrivez n'avoir eu aucun élément nouveau par rapport à ce que je vous ai expliqué le 24 août lors de la conversation téléphonique à la fin de laquelle j'ai reçu le délai supplémentaire de deux jours et demi. Pourtant, ce n'est pas le cas.
-
Le 24 août vous m'avez accordé un délai supplémentaire de deux jours et demi pour envoyer le rapport, soit jusqu'au 26.08 à midi. Je vous avais expliqué avoir eu un arrêt maladie pour le 23 août, dernier jour pour le dépôt du rapport ayant fait une migraine avec aura (trouble du langage et oculaire, je ne pouvais plus parler, j'avais mal aux globes oculaires et la nausée) et n'ayant pas pu utiliser mon ordinateur pour écrire. D'habitude mes migraines passent assez vite si je m'en aperçois à temps et prends vite le médicament habituel. Cette fois-ci ça n'a pas été le cas. Mon médecin m'a prescrit alors deux médicaments différents à essayer les prochaines fois.
-
Maladie deux semaines en août. Nouveau: le certificat médical.
-
Nouveau: le 24 août dans l'après-midi la migraine est revenue; le 25 août pareil. Mon médecin m'a prescrit deux jours supplémentaires d'arrêt maladie. Par conséquent, au lieu d'avoir deux jours supplémentaires pour finir mon rapport de séquence, je n'ai eu que le jeudi matin jusqu'à midi quand par ailleurs j'ai enseigné. Le certificat médical pour ces deux jours est déjà en votre possession.
-
Nouveau: le matin du 26 août, j'ai oublié dans un train mon téléphone et le disque où j'avais le fichier texte de mon rapport. J'ai donc dû réécrire tout le rapport. Le matin du 29 août je vous ai envoyé le rapport."
E.
Par décision du 22 septembre 2021, le Comité de direction de la HEP a signifié à A._ son échec définitif au module MSMAT11 ainsi que l'échec définitif de sa formation menant au Master of Arts ou Master of Science en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I (RMS1). À cet égard, le formulaire "
Echec à la certification
" concernant le module MSMAT11 comportait la motivation suivante:
"Motifs de l'échec
N'a pas envoyé son dossier dans les délais malgré la prolongation du délai".
F.
Par acte du 4 octobre 2021, A._, désormais assistée d'un mandataire professionnel, a formé recours contre la décision précitée auprès de la Commission de recours de la HEP (ci-après: CRHEP). Elle concluait à titre principal à l'annulation de la décision du 22 septembre 2021 en tant qu'elle prononçait l'échec définitif au module MSMAT11 et l'échec définitif de la formation suivie par l'intéressée à la HEP. À l'appui de son pourvoi, elle invoquait une violation du droit d'être entendu et du principe de la proportionnalité ainsi que de l'art. 17 du règlement d'études du 28 juin 2010 menant au Master of Arts ou Master of Science en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I (RMS1).
G.
Par décision du 26 janvier 2022, la CRHEP a rejeté le recours formé par A._ à l'encontre de la décision rendue le 22 septembre 2021 par le Comité de direction de la HEP et, en conséquence, a confirmé ladite décision. En substance, elle a nié l'existence de tout motif compatible avec l'octroi d'une restitution de délai.
H.
Par acte de recours du 2 mars 2022, A._ (ci-après: la recourante) a, par l'entremise de son conseil, déféré la décision de la CRHEP (ci-après aussi: l'autorité intimée) du 26 janvier 2022 à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP). Elle conclut principalement à la réforme de la décision entreprise en ce sens que la décision d'échec pour le module MSMAT11 est annulée ainsi que la décision corrélative d'échec définitif de la formation suivie. Pour l'essentiel, son pourvoi se fonde sur les mêmes griefs que ceux invoqués devant la CRHEP.
Par courrier du 11 avril 2022, la CRHEP s'est déterminé sur le recours en concluant à son rejet. Elle a également produit son dossier.
Par avis du 14 avril 2022, la juge instructrice a imparti à la recourante, à sa demande, un délai au 5 mai 2022 pour produire un certificat médical. Ce délai a, par la suite, été prolongé à deux reprises : jusqu'au 27 mai 2022 puis jusqu'au 20 juin 2022. La recourante n'a pas produit le certificat annoncé.
Le 20 avril 2022, le Comité de direction de la HEP s'est également déterminé sur le recours. Il conclut à son rejet et renvoie pour le reste aux déterminations faites auprès de la CRHEP.
I.
Le Tribunal a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Selon l'art. 3 de la loi vaudoise du 12 décembre 2007 sur la Haute école pédagogique (LHEP; BLV 419.11), la HEP est une école de niveau tertiaire à vocation académique et professionnelle visant un niveau d'excellence dans les domaines de la formation d'enseignants, de la didactique et des sciences de l'éducation (al. 1). Elle a pour mission, en particulier, d'assurer la formation de base en pédagogie, en didactique et en sciences de l'éducation d'enseignants notamment des degrés secondaire I et secondaire II (al. 2 let. a, 2
ème
tiret).
Les décisions prononçant l'échec définitif d'un étudiant dans le cadre de sa formation auprès de la HEP émanent du Comité de direction (cf. art. 74 al. 2 du règlement du 3 juin 2009 d'application de la LHEP [RLHEP; BLV 419.11.1]) et sont susceptibles de recours devant la CRHEP (art. 58 al. 1 LHEP; cf. ég. art. 91 let. c RLHEP). Le droit applicable ne prévoyant aucune autre autorité pour en connaître, les recours contre les décisions de la CRHEP relèvent de la compétence du Tribunal cantonal (cf. art. 92 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]), singulièrement de la CDAP (cf. art. 30 al. 2 du règlement organique du Tribunal cantonal, du 13 novembre 2007 [ROTC; BLV 173.31.1]).
Déposé en temps utile (cf. art. 95 LPA-VD), le présent recours satisfait en outre aux autres conditions formelles de recevabilité (cf. en particulier art. 79 al. 1 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
Dans un premier grief d'ordre formel, la recourante se plaint d'une violation du droit d'être entendu. Elle reproche à l'autorité intimée d'avoir ignoré sa requête tendant à l'octroi d'un délai pour qu'elle puisse produire un rapport médical au sujet de son état de santé. Partant, elle invoque une constatation inexacte des faits pertinents.
a) Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour l'intéressé de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (
ATF 135 II 286
consid. 5.1,
135 I 279
consid. 2.3). L'autorité peut cependant renoncer à procéder à des mesures d'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières, même favorables au requérant, ne pourraient pas modifier sa conviction (cf. ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 et les références; TF 2C_1172/2016 du 26 juillet 2017 consid. 2.1; GE.2016.0166 du 9 novembre 2017 consid. 2b).
b) En l'espèce, la recourante a pu expliquer à maintes reprises les problèmes de santé dont elle souffre et les obstacles qu'ils ont pu poser dans la rédaction et le rendu de son rapport dans le délai prescrit, singulièrement dans ses courriels des 26 et 29 août 2021 ainsi que dans ses requêtes datées du 2 septembre 2021 tendant à la reconsidération de sa demande de prolongation de délai. Outre une confirmation de faits connus et qui n'ont pas été remis en cause par la CRHEP, il est difficile de voir en quoi le rapport médical requis aurait été en mesure d'apporter des éléments nouveaux susceptibles d'infléchir l'appréciation de l'autorité intimée. Celle-ci était déjà suffisamment renseignée pour pouvoir se prononcer en connaissance de cause sur la base des éléments de fait pertinents en sa possession.
Par ailleurs, possibilité a été laissée à la recourante de produire un certificat médical dans le cadre de la procédure de recours devant l'autorité de céans. Malgré deux prolongations de délai, l'intéressée n'a donné aucune suite à ces invitations. Quand bien même l'on considérerait que le droit d'être entendu de la recourante n'a pas été respecté par l'autorité intimée, il y aurait lieu de retenir que le vice a pu être réparé à l'occasion de la présente procédure.
Mal fondé, le grief relatif à la violation du droit d'être entendu doit ainsi être écarté.
3.
Sur le fond, la recourante reproche à l'autorité intimée de n'avoir pas fait droit à sa demande de prolongation de délai formulée dans son courriel du 26 août 2021 puis répétée dans ses écritures ultérieures. Elle invoque à cet égard l'art. 17 RMS1 en relation avec l'art. 17 al. 1 de la Directive 05_05 de la HEP du 23 août 2010 portant sur les évaluations certificatives.
a) Selon une jurisprudence constante, les conditions de prolongation ou de restitution de délais en matière d'examens s'inspirent notamment des principes applicables en matière de restitution de délai pour empêchement non fautif (GE.2020.0184 du 7 mai 2021 consid. 4c/aa).
aa) La restitution d'un délai pour empêchement non fautif est exceptionnelle; il s'agit toutefois d'un principe général du droit (arrêts GE.2018.0194 du 28 mars 2019 consid. 7a; FI.2018.0006 du 14 janvier 2019 consid. 4a; GE.2013.0197 du 27 mars 2014 consid. 2c). Par empêchement non fautif, il faut entendre non seulement l'impossibilité objective, comme la force majeure, mais aussi l'impossibilité subjective due à des circonstances personnelles ou à une erreur excusable (TF 9C_54/2017 du 2 juin 2017 consid. 2.2; 1C_520/2015 du 13 janvier 2016 consid. 2.2; 2C_319/2009 du 26 janvier 2010 consid. 4.1, non publié sur ce point in ATF 136 II 241; arrêts FI.2018.0006 précité consid. 4a; GE.2013.0197 précité consid. 2c; GE.2008.0217 précité consid. 3).
La maladie peut constituer un tel empêchement à la condition qu'elle n'ait pas permis à l'intéressé non seulement d'agir personnellement dans le délai, mais encore de charger un tiers d'accomplir les actes de procédure nécessaires, en l'empêchant de ressentir la nécessité d'une représentation. Une éventuelle restitution du délai de recours doit être appréciée au regard de l'argumentation présentée par le requérant (ATF 136 II 241 consid. 4.1; 119 II 86 consid. 2; TF 9C_54/2017 précité consid. 2.2; 9C_209/2012 du 26 juin 2012 consid. 3.1; 2C_319/2009 précité consid. 4.1; arrêts FI.2018.0006 précité consid. 4a; GE.2013.0197 précité consid. 2c; GE.2008.0217 précité consid. 3).
bb) Selon la jurisprudence en matière d'examens (GE.2015.0231 du 16 août 2016 consid. 2b; GE.2010.0162 du 30 mai 2011 consid. 5), un motif d'empêchement ne peut, en principe, être invoqué par le candidat qu'avant ou pendant l'examen. La production ultérieure d'un certificat médical ne peut remettre en cause le résultat obtenu lors d'un examen. Il est en effet difficile de concevoir un système d'examen efficace si des certificats médicaux produits après l'examen peuvent annuler une épreuve passée (cf. notamment arrêt du Tribunal administratif fédéral [ATAF] du 24 septembre 2009, B-3354/2009, consid. 2.2). Ainsi, le candidat à un examen qui se sent malade, qui souffre des suites d'un accident, qui fait face à des problèmes psychologiques, qui est confronté à des difficultés d'ordre familial graves ou qui est saisi d'une peur démesurée de l'examen doit, lorsqu'il estime que ces circonstances sont propres à l'empêcher de subir l'examen normalement, non seulement les annoncer avant le début de celui-ci (cf. ATAF du 12 novembre 2009, B-6063/2009, consid. 2.2), mais également ne pas s'y présenter (cf. ATAF du 26 mars 2007 C-7728/2006, consid. 3.2; ATAF du 15 juillet 2008, B-2206/2008, consid. 4.3). Le Tribunal cantonal considère pour sa part, à la suite du Tribunal administratif, qu'un certificat médical produit ultérieurement peut, à certaines conditions, justifier l'annulation d'un examen. Dans son arrêt GE.1994.0008 du 7 octobre 1994, le Tribunal administratif avait jugé, lorsqu'un cas de force majeure était établi par un certificat médical, que l'autorité ne pouvait s'en écarter sans raisons, même si celui-ci était produit après la période à laquelle il rétroagissait. Le Tribunal administratif avait alors estimé qu'il pouvait arriver que le candidat ne soit pas conscient de l'atteinte à la santé dont il était victime ou de l'ampleur de celle-ci au moment d'effectuer l'épreuve. Sauf à contester la teneur du certificat médical, le cas de force majeure doit en principe être alors admis par l'autorité avec pour conséquence que les examens échoués sont annulés, en considérant que la diminution des capacités de l'intéressé est due à une atteinte à la santé préexistante au commencement de l'examen, dont le candidat ne se prévaut pas, par ignorance de son état, par exemple (cf., outre l'arrêt précité, GE.2002.0039 du 14 octobre 2002; GE.2007.0034 du 22 août 2007; GE.2008.0217 du 12 août 2009; GE.2009.0060 du 2 juillet 2009; GE.2008.0154 du 25 juin 2010). La jurisprudence du Tribunal administratif fédéral prévoit également des exceptions au principe selon lequel la production ultérieure d'un certificat médical ne peut remettre en cause le résultat d'un examen, aux conditions cumulatives suivantes : a) la maladie n'apparaît qu'au moment de l'examen, sans qu'il n'ait été constaté de symptômes auparavant, le candidat acceptant, dans le cas contraire, un risque à se présenter dans un état déficient, ce qui ne saurait justifier par après l'annulation des résultats d'examen; b) aucun symptôme n'est visible durant l'examen; c) le candidat consulte un médecin immédiatement après l'examen; d) le médecin constate immédiatement une maladie grave et soudaine qui, malgré l'absence de symptômes visibles, permet à l'évidence de conclure à l'existence d'un rapport de causalité avec l'échec à l'examen; e) l'échec doit avoir une influence sur la réussite ou non de la session d'examen dans son ensemble (cf. notamment ATAF du 27 octobre 2014, B-5994/2013 consid. 4.4 et les références; ATAF du 12 novembre 2009, B-6063/2009 consid. 2.2; ATAF du 24 septembre 2009, B-3354/2009 consid. 2.2).
cc) Quant aux dispositions réglementaires applicables au cas d'espèce, il convient de relever, en premier lieu, l'art. 17 RMS1 qui dispose ce qui suit:
"
1
L'étudiant qui pour un cas de force majeure:
a. interrompt un stage ou ne s'y présente pas;
b. interrompt une session d'examen ou ne s'y présente pas;
c. interrompt un séminaire auquel la présence est définie comme obligatoire par le présent règlement ou par le plan d'études ou ne s'y présente pas
en informe immédiatement par écrit le service académique.
2
Si le cas de force majeure relève de l'état de santé, l'étudiant remet au service académique un certificat médical au plus tard le cinquième jour ouvrable d'absence ou d'interruption.
3
Si les motifs de l'interruption ou de l'absence sont jugés valables, l'étudiant est autorisé à reprendre la formation dès que possible et à se soumettre à l'évaluation selon les dispositions du présent règlement. De même, à moins que le motif invoqué ne subsiste, il doit se présenter au plus tard à la session d'examen suivante, sous peine d'échec, sauf si une demande de report a été déposée selon l'article 22 alinéa 2.
4
Si les motifs de l'interruption ou de l'absence ne sont pas jugés valables par le Comité de direction, les éléments de formation concernés sont considérés comme échoués.
Quant à l'art. 17 de la Directive 05_05, il est libellé comme suit:
1
L'étudiant qui, pour raison médicale, ne peut se présenter à un ou plusieurs examens au cours d'une session, en avise immédiatement le service académique et lui fait parvenir un certificat médical au plus tard dans les cinq jours qui suivent la survenance du motif d'interruption.
2
Un certificat médical présenté après un examen ne peut être pris en considération, sous réserve du délai mentionné au premier alinéa du présent article. Demeurent réservés les cas d'accident ou d'incapacité de discernement.
b) En l'espèce, la recourante, qui devait initialement rendre son rapport le 23 août 2021, l'a finalement déposé le 29 août 2021. Elle a bénéficié d'une prolongation de délai accordée jusqu'au 26 août 2021 à midi, vraisemblablement au motif qu'elle avait été malade. Elle aurait donc été en droit de rendre valablement son rapport dans ce délai, ce qui n'est pas contesté. Le 26 août 2021, elle a elle-même demandé une nouvelle prolongation de délai au 27 août 2021 à 8h00, au motif que sa maladie s'était prolongée jusqu'au 25 août 2021. L'autorité intimée n'a pas répondu à cette demande. Au vu des motifs invoqués, et du certificat médical produit – vraisemblablement en annexe au courriel de la recourante du 2 septembre 2021 –, il n'est pas impossible qu'une telle prolongation ait pu être admise, même si on rappelle qu'une incapacité de travail ne suffit pas à elle seule à démontrer un empêchement non fautif (FI.2022.0034 du 14 mars 2022 consid. 4b/bb). Nul n'est toutefois besoin de répondre à cette question. Au final, on constate en effet que la recourante n'a pas été en mesure de respecter le délai au 27 août 2021 au matin qu'elle s'était elle-même fixé et qu'elle a requis auprès du Comité de direction de la HEP. Elle n'a pas produit son rapport dans ce délai et n'a pas demandé de nouvelle prolongation de délai. Elle n'était plus malade à ce moment-là depuis le 26 août 2021 au matin au moins, ce qu'elle ne conteste pas. La recourante a donc dépassé le délai dont elle disposait pour rendre son rapport, à tout le moins de trois jours, du 27 au 29 août 2021, sans être couverte par un certificat médical, à savoir sans juste motif. On relève encore que la recourante, malgré sa demande, n'a pas été en mesure de produire devant la CDAP le certificat médical qu'elle avait annoncé.
Au surplus, et contrairement à ce que semble insinuer la recourante, le simple fait de procéder à une demande de prolongation de délai accompagnée d'un certificat médical ne signifie pas qu'elle sera
ipso facto
acceptée. En effet, il ressort du RMS1 et de la directive 05_05 que la production d'un certificat médical est la condition pour qu'une demande de prolongation de délai soit prise en considération. Quant à savoir si une telle demande est susceptible d'être acceptée, force est de constater que l'art. 17 al. 3 et 4 RMS1 laisse une certaine liberté à l'autorité compétente de juger si le motif d'absence invoqué est valable ou non.
S'agissant des autres motifs invoqués, le tribunal constate que la perte de son ordinateur portable – tout comme les autres événements ayant altéré son quotidien au cours du mois d'août 2021 tels que le décès de sa grand-mère, les effets secondaires du vaccin contre le Covid-19 subis par son mari ou la maladie de son fils – ne saurait constituer un cas d'empêchement non fautif dans le sens restreint retenu par la jurisprudence. Comme le retient à juste titre l'autorité intimée, il s'agit là de circonstances générales qui, à l'instar d'autres problèmes de travail ou de famille, peuvent concerner de nombreux étudiants sans qu'on puisse y discerner un caractère exceptionnel. En particulier, même si l'on peut comprendre les désagréments suscités par la perte d'un ordinateur, cet événement n'est pas une circonstance extraordinaire au point de ne pas être prévisible. Il appartenait à la recourante de faire preuve de diligence en effectuant des sauvegardes de son travail sur d'autres supports.
La recourante ne remplissait ainsi pas les conditions requises par la jurisprudence pour qu'une restitution de délai entre en ligne de compte. Partant, c'est à bon droit que l'autorité intimée a confirmé l'échec subi au module MSMAT11 prononcé par le Comité de direction de la HEP, entraînant l'échec définitif de la recourante à la formation suivie au sein de la HEP.
Partant, en n'accordant pas un délai supplémentaire à la recourante, l'autorité intimée tout comme le Service académique de la HEP n'a pas enfreint l'art. 17 RMS I, pas plus que l'art. 17 de la Directive 05_05.
4.
Enfin, la recourante invoque une violation du principe de la proportionnalité.
a)
Exprimé de manière générale à l'art. 5 al. 2 Cst., le principe de la proportionnalité
comporte traditionnellement trois aspects. Tout d'abord, la mesure restrictive doit être apte à produire les résultats escomptés (règle de l'aptitude). Ces derniers ne doivent ensuite pas pouvoir être atteints par une mesure moins incisive (règle de la nécessité). Le principe de la proportionnalité proscrit enfin toute restriction allant au-delà du but visé et exige un rapport raisonnable entre celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (principe de la proportionnalité au sens étroit, impliquant une pesée des intérêts en présence) (ATF
140 I 2 consid.
9.2.2; 139 I 180 consid. 2.6.1; 138 II 346 consid. 9.2; 137 I 167 consid. 3.6; 136 IV 97 consid. 5.2.2; 135 I 176 consid.
8.1).
b) L'échec définitif subi par la recourante est dû au double échec essuyé dans le module MSMAT11. En effet, la recourante avait subi un premier échec à ce module, constaté par décision du 3 février 2021. Le second échec a été prononcé par la décision du Comité de direction du 22 septembre 2021, confirmé par la décision du CRHEP du 26 janvier 2022 qui forme l'objet du présent litige. À cet égard, la recourante semble ignorer que l'art. 24 al. 3 RMS1 dispose de manière claire et explicite qu'un second échec implique l'échec définitif des études, sauf s'il concerne un module au choix, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Dès lors que l'état de fait visé par cette disposition se réalise – soit un double échec subi dans un module obligatoire – l'autorité n'a d'autre choix que de tirer la conséquence légale qui s'impose en prononçant l'échec définitif des études. En d'autres termes, une telle disposition crée pour l'autorité une compétence liée et la prive de toute liberté d'appréciation. Or la jurisprudence retient que le principe de proportionnalité est respecté s'il n'existe pas de marge de manœuvre pour l'administration (cf. Grégoire Geissbühler, Les recours universitaires, 2016, p. 108 n. 357; voir aussi CDAP GE.2018.0233 du 24 septembre 2019 consid. 5c; GE.2018.0224 du 3 juin 2019 consid. 6b/cc).
C'est donc en vain que la recourante invoque une violation du principe de la proportionnalité.
5.
Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée.
Un émolument de 1'000 fr. est mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 49 al. 1 LPA-VD; art. 1 et 4 al. 1 du tarif des frais judiciaires et des dépens en matière administrative, du 28 avril 2015 - TFJDA; BLV 173.36.5.1). Il n'y a pas lieu pour le reste d'allouer d'indemnité à titre de dépens (cf. art. 55 al. 1 LPA-VD).