# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0add94d9-c8b2-578d-b148-117bc6463b8c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, le jugement
JTPI/15320/2021
du 3 décembre 2021, par lequel le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a notamment attribué à C_ la garde de l'enfant B_, née le _ 2012 (chiffre 1 du dispositif), réservé un droit de visite à A_, devant s'exercer, sauf accord contraire des parties, un samedi sur deux de 9h00 à 18h00 (ch. 2), condamné A_ à verser en mains de C_, à titre de contribution à l'entretien de l'enfant, pour la période du 9 au 30 novembre 2019, la somme de 581 fr. (ch. 3), condamné A_ à verser en mains de C_, au titre de contribution à l'entretien de la mineure, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la somme de 830 fr. du 1
er
décembre 2019 jusqu'à l'âge de 10 ans, puis de 1'030 fr. jusqu'à la majorité, voire au-delà en cas de formation professionnelle ou d'études suivies et régulières (ch. 4) et dit que A_ pourra déduire de l'arriéré dû selon les chiffres 3 et 4 ci-dessus, la somme de 6'300 fr. (ch. 5);
Que dans ce jugement, le Tribunal a retenu que A_ percevait un revenu moyen de l'ordre de 4'066 fr. par mois, pour des charges d'environ 3'005 fr. par mois, ce qui lui laissait un solde légèrement supérieur à 1'000 fr.; que s'agissant de la mineure B_, le Tribunal a retenu des charges non couvertes par les allocations familiales à hauteur de 830 fr. par mois; que le Tribunal a par ailleurs retenu que C_ percevait un revenu mensuel net de l'ordre de 4'315 fr., pour des charges d'environ 3'534 fr., ce qui lui laissait un solde disponible de 781 fr.;
Vu l'appel formé le 24 janvier 2022 par A_ contre le jugement du 3 décembre 2021, concluant à l'annulation des chiffres 3 et 4 de son dispositif et cela fait, à ce qu'un revenu hypothétique mensuel d'un montant net de 6'550 fr. avec effet au 1
er
septembre 2020 soit imputé à C_, à ce que l'entretien convenable de l'enfant B_ soit fixé, allocations familiales déduites, à 800 fr. jusqu'à l'âge de 10 ans, puis à 1'000 fr. dès 10 ans et jusqu'à la majorité, voire au-delà en cas d'études sérieuses et régulières; que l'appelant a par ailleurs conclu à ce qu'il soit condamné à verser en mains de C_, à titre de contribution à l'entretien de la mineure, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la somme de 420 fr. du 19 décembre 2019 jusqu'à la majorité de l'enfant, voire au-delà en cas d'études sérieuses et régulières;
Que l'appelant a notamment allégué ne percevoir qu'un revenu de 3'789 fr. par mois, versé douze fois par année, étant relevé qu'il travaillait pour la société D_ à un taux non pas de 100%, mais de 92,92%; que contrairement à ce que semblait avoir retenu le Tribunal, il n'avait pas réduit son taux d'activité, mais avait été engagé par D_ en 2017 à un tel taux; que le Tribunal n'avait par ailleurs pas tenu compte, à tort, de ses frais médicaux non remboursés à hauteur de 86 fr. par mois et avait comptabilisé dans une trop faible mesure sa part de loyer; que ses charges étaient dès lors de l'ordre de 3'370 fr. par mois, ce qui ne lui laissait qu'un solde disponible d'environ 420 fr.;
Vu la réponse de la mineure, représentée par sa mère, concluant au rejet de l'appel;
Que préalablement, la mineure a requis l'exécution anticipée du jugement attaqué; que sur ce point, elle a exposé que sa mère n'était pas en mesure de couvrir seule ses besoins; que dès lors, le maintien de l'effet suspensif pendant la durée de la procédure l'exposerait à une situation très précaire;
Vu la réponse de A_ à la demande d'exécution anticipée du jugement attaqué, concluant à son rejet; qu'il a allégué verser actuellement, grâce à l'aide de sa compagne, la somme de 700 fr. par mois pour l'entretien de la mineure et ce depuis le mois d'avril 2021; qu'il entendait continuer de verser ce montant pendant la durée de la procédure d'appel; qu'à l'appui de ses allégations, il a produit des relevés bancaires attestant de versements réguliers en faveur de sa fille;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que selon l'art. 315 CPC, l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision dans la mesure des conclusions prises en appel (al. 1);
Que selon l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution anticipée; elle ordonne au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de sûretés;
Que l'effet suspensif de l'appel constituant la règle, l'exécution anticipée ne doit être accordée qu'exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, notamment si une des parties est exposée, à défaut, à subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (Jeandin, CR CPC 2
ème
éd. 2019, n. 4 ad art. 315 CPC);
Qu'en l'espèce, il ressort de la procédure que l'appelant verse régulièrement, depuis de nombreux mois, une contribution à l'entretien de sa fille de 700 fr. par mois;
Que certes, ce montant est inférieur à celui fixé par le Tribunal;
Que l'intimée n'a toutefois pas rendu vraisemblable qu'elle subirait de ce fait un préjudice difficilement réparable;
Qu'en effet, le montant versé par l'appelant couvre l'essentiel de ses besoins;
Que le solde non couvert peut être pris en charge par sa mère, laquelle dispose, selon les calculs auxquels le Tribunal a procédé, d'un solde disponible supérieur à 700 fr. par mois;
Que la requête sera par conséquent rejetée;
Que les frais relatifs à la présente procédure seront fixés dans le cadre de l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
* * * * *