# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9b0ed7ab-fc7b-528d-b4d5-8fa322d46fb4
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
A_SA est active notamment dans le domaine du bâtiment, de la construction, de la décoration, de la rénovation et de l'entretien de biens immobiliers.
Depuis fin juillet 2015, C_ en est administrateur président avec signature collective à deux et D_ administrateur avec signature individuelle.
b.
Le 5 novembre 2015, A_SA, représentée par D_, d'une part, et B_, d'autre part, ont signé un "contrat de base de sous-traitance", selon lequel la société confiait à ce dernier l'exécution de travaux de plâtrerie, gypserie et peinture.
Tout travail devait impérativement faire l'objet d'une demande validée, "moyennant signatures", par D_ et C_. Tout travail réalisé n'ayant pas été approuvé par les précités ne serait pas réglé par A_SA.
c.
Entre le 13 octobre 2014 et le 25 février 2016, B_ a établi trente factures adressées à A_SA totalisant, selon les parties, 264'277 fr. (montant arrondi).
Par courrier du 15 mars 2016, B_, par l'intermédiaire de son Conseil, a indiqué à A_SA, à l'attention de C_, que sur la somme précitée, il avait reçu 202'450 fr., de sorte que la société restait lui devoir la somme de 61'823 fr. 55, étant précisé qu'il devait établir prochainement encore quelques factures pour des travaux non compris dans le total mentionné. A_SA était mise en demeure de verser à B_ la somme 63'323 fr. 55 comprenant 1'500 fr. de participation aux frais et honoraires de recouvrement.
Par courrier du 17 mars 2016 signé par C_, A_SA a répondu à B_ qu'elle ne pouvait plus effectuer de versement en sa faveur puisqu'elle avait reçu un avis de saisie de l'Office des poursuites. La société a par ailleurs fait valoir qu'aux termes du contrat de sous-traitance, tant qu'un décompte définitif ne serait pas établi, aucun versement ne serait effectué.
A_SA espérait qu'une solution à l'amiable puisse être trouvée.
d.
Par lettre du 30 mars 2016, adressée à A_SA, à l'attention de C_, B_ a mis en demeure la société de lui verser un "acompte substantiel sur le montant dû à ce jour", acompte qui ne devait pas être inférieur à 30'000 fr.
Par ailleurs, il allait envoyer à A_SA prochainement "encore quelques factures ne participant pas dans celles indiquées" dans sa lettre du 15 mars 2016.
e.
Le 20 avril 2016, A_SA a envoyé au Conseil de B_ un courrier signé par C_, "administrateur", dont la teneur est la suivante :
"Nous faisons suite, par la présente, à l'entretien que nous avons eu avec Monsieur B_, Messieurs C_ et D_ le 13 avril dernier.
Selon votre courrier du 15 mars 2016, nous restons devoir un montant de CHF 61'823.00 à Monsieur B_. Ce dernier propose un arrêté à CHF 55'000.00.
Nous vous indiquons qu'une somme de CHF 15'000.00 sera retenue afin de pallier aux éventuelles corrections sur les factures et seront rediscutés lors d'un rendez-vous que nous fixons au mardi 17 mai 2016 à 16h. en nos bureaux.
D'autre part, et afin de débloquer la situation, nous vous confirmons qu'un versement de CHF 10'000.00 vous sera fait ce vendredi 22 avril 2016 et qu'un paiement de CHF 2'500.00 sera effectué chaque semaine".
f.
A_SA a versé à B_ 10'000 fr. le 25 avril 2016, puis quatre fois 2'500 fr. les 4, 11, 17 et 23 mai 2016, soit un total de 20'000 fr.
Aucune précision n'est fournie par les parties en relation avec l'entretien du 17 mai 2016 évoqué dans le courrier du 20 avril 2016 précité.
g.
Par lettre du 12 juillet 2016 adressée à A_SA à l'attention de C_, B_ a mis en demeure la société de lui verser "les sommes lui revenant en juin, soit Fr. 10'000.-".
Par courrier du 22 juillet 2016 adressé au même administrateur, B_ a fait valoir que la société restait lui devoir 20'000 fr., "à savoir 8 semaines à Fr. 2'500.- par semaine". La société était mise en demeure de verser ladite somme avant le 21 juillet 2016.
h.
Par courrier du 26 juillet 2016, signé par C_ désigné comme "Directeur" et D_, désigné comme "Directeur Opérationnel", A_SA a répondu au courrier précité du 12 juillet 2016.
La société a fait valoir que B_ lui devait la somme de 49'366 fr. 80 calculée sur la base du total des factures émises (264'277 fr. 63), des factures acceptées pour les travaux (188'411 fr. 28) et du versement effectué par A_SA (237'778 fr. 08).
i.
Le 19 août 2016, B_ a écrit à A_SA, à l'attention de C_, que le 20 avril 2016, "après vérification détaillée", celui-ci avait dû "admettre bel et bien être redevable" d'un solde de 61'823 fr. Le "montant finalement arrêté pour ce solde par les parties" avait été fixé à 55'000 fr., à verser selon des modalités précises. Le dernier versement hebdomadaire datait du 23 mai 2016, date à laquelle la société avait cessé "d'honorer les acomptes prévus". Ainsi, A_SA restait lui devoir encore huit acomptes de 2'500 fr., à savoir 20'000 fr.
j.
Le 25 novembre 2016, sur réquisition de B_, l'Office des poursuites a notifié à A_SA un commandement de payer, poursuite n° 1_, portant sur la somme de 20'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 1
er
juillet 2016, avec la mention "Factures impayées – remboursement de dette du 20 avril 2016".
La poursuivie y a formé opposition.
k.
Par acte déposé le 9 décembre 2016 au Tribunal de première instance, B_ a requis la mainlevée provisoire de l'opposition précitée, avec suite de frais et dépens.
l.
Dans sa réponse du 3 avril 2017, A_SA a conclu au rejet de la requête de mainlevée provisoire, avec suite de frais et dépens.
Elle a fait valoir que la lettre du 20 avril 2016 n'avait "aucun caractère de reconnaissance de dette". Celle-ci ne l'engageait pas, puisqu'elle n'était signée que par C_, qui n'avait pas la signature individuelle, mais une signature collective à deux. Par ailleurs, elle a soutenu que B_ lui devait la somme de 49'366 fr. 80. A cet égard, elle a produit une réquisition de poursuite dirigée contre B_ qu'elle avait envoyée le 3 octobre 2016 à l'Office des poursuites.
B.
Par jugement
JTPI/6220/2017
du 11 mai 2017, reçu par A_SA le 17 mai 2017, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1_ (ch. 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 400 fr., compensés avec l'avance effectuée et mis à la charge de A_SA, condamnée à verser ledit montant à B_ (ch. 2 et 3) et condamné la société à verser au précité 960 fr. TTC à titre de dépens (ch. 4).
Le Tribunal a considéré qu'il ressortait des pièces produites que les engagements pris par C_ déclarant agir au nom de A_SA dans le courrier du 20 avril 2016 avaient été exécutés entre le 25 avril et le 23 mai 2016 par un versement de 10'000 fr. et quatre versements de 2'500 fr. effectués au débit d'un compte de A_SA, soit selon les modalités d'exécution prévues par le courrier précité. Il résultait clairement de ces versements que C_ avait le pouvoir d'engager la société par son courrier du 20 avril 2016 ou, à tout le moins, que la société avait ratifié (art. 38 CO) les engagements pris en son nom par son organe. Ainsi, le courrier précité valait reconnaissance de dette.
Par ailleurs, A_SA n'avait pas rendu vraisemblable sa libération. Elle s'était bornée à faire valoir qu'elle avait émis des contre-prétentions à l'encontre de B_ par courrier du 26 juillet 2016 et qu'elle avait requis la poursuite sur la base dudit courrier.
C. a.
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 29 mai 2017, A_SA recourt contre le jugement précité, dont elle demande l'annulation. Elle conclut, avec suite de frais et dépens, au rejet de la requête en mainlevée provisoire.
Elle produit trois pièces nouvelles relatives à la poursuite qu'elle a intentée à l'encontre de B_.
b.
Par arrêt du 26 juin 2017, la Cour a rejeté la requête de A_SA tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché au jugement entrepris et dit qu'il serait statué sur les frais liés à la décision dans l'arrêt rendu sur le fond.
c.
Par réponse du 28 juin 2017, B_ conclut au rejet du recours, avec suite de frais et dépens.
d.
A_SA a répliqué le 10 juillet 2017, en persistant dans ses conclusions.
e.
Les parties ont été informées le 28 juillet 2017 de ce que la cause était gardée à juger, B_ n'ayant pas fait usage de son droit de dupliquer.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
En matière de mainlevée d'opposition, seule la voie du recours est ouverte (art. 309 let. b ch. 3 et 319 let. a CPC).