# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 927c682f-573c-5e3b-b9ed-b8a5dc0dd1b3
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
A_ est propriétaire d'une villa sise à X_ (Vaud) et possède une importante collection d'œuvres d'art antique.
b.
Dès 1989, A_ a fait appel à G_, architecte, puis à G_ SA, pour effectuer divers travaux dans la villa précitée.
En 1999, il a confié à G_ SA la réalisation d'importants travaux en vue d'agrandir sa villa de X_, de créer un musée et une réserve au sous-sol de la villa.
Selon A_, il était notamment prévu de mettre en place un important système de régulation, de mesure, de contrôle et d'alarme dans le musée, avec un service de maintenance, de surveillance et d'intervention. B_, C_, D_, E_ et F_ étaient responsables de la mise en œuvre des systèmes et services précités.
c.
Entre juillet et août 2006 est survenu ce que A_ appelle "l'incident climatique", en ce sens que l'humidité et la température du musée ont fortement augmenté, causant, selon lui, d'importants dégâts aux œuvres d'art qui y étaient exposées.
d.
a
Par demande en paiement introduite auprès du Tribunal cantonal vaudois le
30 mars 2009, G_ SA a conclu au paiement par A_ d'un montant de 1'000'585 fr. 30 au titre d'honoraires impayés (procédure n° 1_).
Elle a fait valoir que A_ avait cessé de s'acquitter de ce qui lui était dû à la suite de l'incident climatique.
d.
b
Par requête du 30 septembre 2009, A_ a appelé en cause G_, B_, C_, D_, E_ et F_.
Il a fait valoir que le musée comportait de graves défauts, qui le rendaient inutilisable. Dans la mesure où G_ SA et les appelés en cause étaient responsables de la réalisation et du fonctionnement du musée, ceux-ci étaient solidairement responsables du dommage qu'il avait subi à hauteur de 3'600'000 fr. en lien avec la réalisation défectueuse du musée, ainsi que de celui subi en lien avec l'incident climatique à hauteur de 1'361'916 fr. 40. Il entendait compenser les deux créances précitées avec l'éventuel montant qu'il pourrait être condamné à verser à G_ SA.
d.
c
Par réponse du 15 décembre 2010 déposée dans la suite de la procédure, A_ a notamment pris des conclusions reconventionnelles contre G_ SA, réclamant le versement par cette dernière d'un montant de 9'891'343 fr. 50 en raison de surcoûts et de malfaçons de l'ouvrage, ainsi que de l'incident climatique.
d.
d
L'appel en cause a été rejeté par jugement de la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois le 7 avril 2010, décision qui a été confirmée par arrêt de la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois le 6 août 2010.
En substance, il a été considéré que les difficultés de l'instruction de la procédure n° 1_ seraient fortement accrues en cas d'admission de l'appel en cause et que l'intérêt de A_ à l'introduction de six nouvelles parties dans la procédure n'était pas suffisamment caractérisé pour pouvoir être imposé à G_ SA.
d.
e
Dans le cadre de la procédure n° 1_, cinq expertises ont été diligentées, soit une expertise architecturale, une expertise concernant la conservation préventive d'objets d'art, une expertise concernant le chauffage, la ventilation et la climatisation, une expertise concernant l'air de la villa et du musée et une expertise des œuvres d'art.
e.
Par demande en paiement déposée auprès du Tribunal de première instance du canton de Genève le 13 juin 2014, A_ a notamment conclu au versement par B_, C_, D_, E_ et F_, pris conjointement et solidairement entre eux, d'un montant de 1'327'916 fr. 40 avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er
octobre 2009, faisant valoir que les précités étaient coresponsables de l'incident climatique.
Ladite demande a été enregistrée sous le numéro de cause C/26383/2013.
f.
Par requête du 17 octobre 2014, B_ a conclu à la suspension de la procédure C/26383/2013 jusqu'à ce que la procédure n° 1_ soit jugée et le jugement entré en force.
A_ a conclu au déboutement de B_ de toutes ses conclusions.
D_, F_ et E_ ont appuyé la requête de suspension de B_. E_ a en outre indiqué que si la procédure allait de l'avant, elle entendait contester la compétence
ratione loci
des tribunaux genevois, se prévalant d'une clause de prorogation de fors.
C_ s'en est rapportée à justice.
g.
Par ordonnance du 26 juin 2015, le Tribunal a suspendu la procédure jusqu'au 26 juin 2016 et réservé à chacune des parties le droit de requérir en tout temps la reprise de la procédure.
Il a considéré que les prétentions de A_ à l'encontre des parties défenderesses dans la procédure genevoise (C/26383/2013) étaient identiques à celles qu'il faisait valoir à l'encontre de G_ SA dans la procédure vaudoise (1_). En effet, ces deux procédures avaient pour objet de déterminer l'éventuel dommage subi par A_, ainsi que la responsabilité éventuelle des différentes parties. Les prétentions formulées par A_ dans la procédure genevoise avaient le même fondement et le même montant qu'une partie des prétentions qu'il formulait dans le cadre de la procédure vaudoise. L'issue de la procédure vaudoise pourrait ainsi avoir une incidence sur la procédure genevoise. Il existait donc un risque de voir prononcer des jugements contradictoires.
Le principe d'économie de procédure justifiait également de suspendre la procédure, dans la mesure où certaines des preuves instruites par le Tribunal cantonal vaudois portaient sur des faits identiques à ceux allégués dans la procédure genevoise.
Il se justifiait donc de suspendre cette procédure genevoise jusqu'à l'issue de la procédure vaudoise. Toutefois, dans la mesure où il convenait de déterminer l'avancement procédural de la procédure vaudoise en faveur de laquelle la suspension était demandée, la suspension devait être ordonnée pour une année seulement.
h.
Dans le courant de l'été 2016, le Tribunal a invité les parties à se déterminer sur la suite à donner à la procédure pendante devant lui.
i.
A_ a conclu à la reprise de cette procédure, avec suite de frais et dépens.
Il a notamment fait valoir que la procédure vaudoise était loin d'être terminée, car il était certain que des contre-expertises seraient sollicitées. De plus, aucune des cinq expertises diligentées dans la procédure vaudoise ne portait spécifiquement sur l'implication et le degré de responsabilité des parties défenderesses à la procédure genevoise dans la survenance du dommage subi par A_ lors de l'incident climatique.
j.
B_, D_ et F_ ont conclu au maintien de la suspension de la procédure genevoise jusqu'à l'issue de la procédure vaudoise.
k.
C_ et E_ s'en sont rapportées à justice. E_ a en outre rappelé que dans l'hypothèse où la procédure serait reprise, elle comptait contester la compétence à raison du lieu des juridictions genevoises.
l.
A_ a persisté dans ses précédentes conclusions, faisant en outre valoir que l'expertise architecturale et celle concernant le dommage causé aux œuvres d'art lors de l'incident climatique venaient d'être achevées.
m.
Par ordonnance
ORTPI/745/2016
du 19 septembre 2016, le Tribunal a maintenu la suspension de la procédure pour une année, soit jusqu'au 30 juin 2017, considérant implicitement que les motifs invoqués à l'appui de son ordonnance du 26 juin 2015 demeuraient actuels.
B. a.
Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 7 octobre 2016, A_ a recouru contre cette ordonnance, qu'il a reçue le 27 septembre 2016. Il a conclu à son annulation et, cela fait, à la reprise de la procédure et à ce qu'un délai raisonnable soit imparti aux parties défenderesses pour déposer leurs réponses à la demande du 13 juin 2014, avec suite de frais et dépens.
b.
B_ et F_ ont conclu au rejet du recours.
C_ et E_ s'en sont rapportées à justice.
D_ n'a pas fait usage de son droit de réponse.
c.
A_ a répliqué, persistant dans ses précédentes conclusions.
B_ a renoncé à dupliquer et les autres parties intimées n'ont pas fait usage de leur droit à la duplique.
d.
A_ et C_ ont produit des pièces nouvelles.
e.
Les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger par courrier du 13 janvier 2017.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
La décision ordonnant la suspension de la cause est une mesure d'instruction qui peut, conformément à l'art. 126 al. 2 CPC, faire l'objet du recours de l'art. 319 let. b ch. 1 CPC.