# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f1ca78db-9eaf-5f2e-9e07-844fe3cddecb
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par courrier expédié le 4 mai 2018, A_ a annoncé appeler du jugement du 30 avril 2018, dont les motifs lui ont été notifiés le 18 mai suivant, par lequel le Tribunal de police l'a reconnu coupable de non-respect d'une interdiction de pénétrer dans une région déterminée (art. 119 al. 1 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 [LEtr -
RS 142.20
]) et de rupture de ban (art. 291 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP -
RS 311.0
]). Il l'a condamné à une peine privative de liberté de 10 mois et aux frais de la procédure, s'élevant à CHF 2'249.-, y compris un émolument de jugement de CHF 1'500.-. Le maintien en détention pour des motifs de sûreté de A_ a été ordonné par prononcé du 30 avril 2018.
b.
Par acte déposé au greffe de la Chambre pénale d'appel et de révision (ci-après : CPAR) le 6 juin 2018, A_ forme la déclaration d'appel prévue à
l'art. 399 al. 3 du code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP -
RS 312.0
) et conclut à son acquittement ainsi qu'à son indemnisation en application de l'art. 429 CPP.
c.
Selon l'acte d'accusation du 27 mars 2018, il est reproché à A_ d'être entré le 16 mars 2018 sur le territoire du canton de Genève alors qu'une décision formelle d'interdiction d'y pénétrer lui avait été valablement notifiée la veille.
Il lui est également reproché d'avoir, du 30 janvier au 16 mars 2018, persisté à séjourner en Suisse alors qu'une décision d'expulsion du territoire, d'une durée de cinq ans, avait été prononcée à son encontre par le Tribunal de police le 8 juin 2017.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.
Le 8 juin 2017, le Tribunal de police a notamment prononcé l'expulsion de A_ du territoire suisse pour une durée de cinq ans (P/1_/2017).![endif]>![if>
b.
A_ a purgé une peine privative de liberté jusqu'au 29 janvier 2018, date à laquelle il a été libéré. Par courrier du 20 novembre 2017 de l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM), il avait été informé qu'en raison de l'expulsion prononcée à son encontre, il était tenu de quitter la Suisse dans les 48h suivant sa sortie de prison.![endif]>![if>
c.
Le 13 mars 2018, A_ a été arrêté à Genève par la police.![endif]>![if>
d.
Par décision du 15 mars 2018, notifiée le même jour, A_ s'est vu interdire de pénétrer dans le canton de Genève pour une durée de 12 mois. Il a immédiatement fait opposition à ladite décision, le formulaire précisant que, l'opposition n'ayant pas d'effet suspensif, il devait en tous les cas avoir quitté la zone interdite dans les 24h qui suivaient sa libération.![endif]>![if>
e.
Par ordonnance pénale rendue le 15 mars 2018 (P/2_/2018), notifiée le jour même en mains propres à A_, le Ministère public l'a notamment reconnu coupable de rupture de ban, pour avoir séjourné sur le territoire suisse du 30 janvier au 13 mars 2018 alors qu'il faisait l'objet d'une expulsion prononcée par le Tribunal de police le 8 juin 2017. Il l'a condamné à 180 jours de peine privative de liberté, sous déduction de deux jours de détention avant jugement.![endif]>![if>
f.
A_ a été libéré le jour même sur le territoire du canton de Neuchâtel.![endif]>![if>
g.
Le 16 mars 2018, selon le rapport du même jour, la police a interpellé à 17h00 A_, lors d'une surveillance aux alentours du _, à Genève.![endif]>![if>
A_ a aussitôt été arrêté et sa détention provisoire ordonnée le 18 mars 2018.
h.
Entendu le 17 mars 2018 par le Ministère public, A_ a indiqué avoir fait opposition à l'interdiction d'entrer dans le canton de Genève car il prenait de la méthadone et était suivi par des médecins à Genève. Pour cette raison, il ne pouvait accepter la décision.![endif]>![if>
i.
Devant le premier juge, A_ a reconnu être revenu à Genève le jour de son renvoi dans le canton de Neuchâtel. ![endif]>![if>
Il avait eu 24h à sa disposition depuis le moment où l'agent lui avait indiqué qu'il ne devait plus revenir à Genève. Il était arrivé à Neuchâtel le 15 mars 2018 vers 16h00, en manque, et était retourné immédiatement à Genève, où il était arrivé à 17h30. Il s'était rendu à la Consultation ambulatoire d'addictologie psychiatrique C_ du Service d'addictologie aux HUG (ci-après : CAAP C_) et avait expliqué son problème d'addiction. Il avait reçu un numéro de téléphone pour prendre rendez-vous et on lui avait avancé de la méthadone pour trois jours, soit jusqu'au lundi où il devait reprendre contact. La police l'avait arrêté le lendemain à proximité du _, de sorte qu'il estimait avoir été arrêté dans le délai de 24h durant lequel il pouvait rester à Genève.
j.
Le Tribunal de police a également entendu D_, infirmier référent de A_ au CAAP C_. Ce dernier y était suivi depuis juin 2014. Il était dépendant aux opiacés et recevait un traitement de substitution, en complément d'un entretien en vue de traiter son problème de dépendance. Il ne pouvait y avoir une double cure dans deux cantons différents. Si A_ avait quitté le territoire, ils auraient pu lui donner tout au plus un traitement sur quelques jours et essayer d'identifier un autre centre dans son canton de destination. Ils auraient ainsi arrêté de gérer l'administration de son traitement. Selon les informations dont il disposait, sans traitement de méthadone sur une période de trois jours, A_ pouvait être en état de manque évident.![endif]>![if>
C. a.

## Considerations