# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c49ca3da-556c-5388-8a77-d6b7bfa12a88
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu, en fait, que :
- le Ministère public a, par ordonnance pénale, déclaré A_ coupable de lésions corporelles simples et de tentatives de lésions corporelles simples commises dans le cercle familial, et l'a condamné à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à
CHF 50.- l'unité, sous déduction de 15 jours de détention avant jugement, avec sursis durant trois ans,
- parallèlement, le Ministère public a, par ordonnance séparée, ordonné le classement partiel de la procédure dirigée contre A_ pour les faits non retenus,
- à teneur de cette ordonnance, il était reproché à A_ d'avoir, à Genève, à tout le moins depuis le début de l'année 2012 jusqu'au 11 février 2013, jour de son interpellation, fait régulièrement subir des actes de violence physique, psychique et verbale à son épouse C_, à ses enfants adoptifs D_ (née en 2003) et E_ (né en 2001), aux enfants de son épouse, F_ (né en 2000) et G_ (né en 2002), et à leurs enfants communs, H_ (né en 2006) et I_ (née en 2008),
- dans cette ordonnance, le Procureur a, en outre, refusé d'allouer à A_ une quelconque indemnité et/ou montant à titre de réparation du tort moral (ch. 5) et l'a condamné aux frais de la procédure de classement partiel, arrêtés à CHF 1'643.- (art. 422 et 426 al. 2 CPP) (ch.7),
- dans son recours, A_ conclut à l'annulation des ch. 5 et 7 du dispositif de l'ordonnance de classement partiel et au versement d'une indemnité, en sa faveur, de CHF 3'000.- avec intérêts à 5% dès le 11 février 2013,
- le recourant estime que sa détention provisoire était, dans le contexte des faits qui lui étaient reprochés, "
clairement disproportionnée
eu égard à la présomption d'innocence
", de sorte qu'il avait droit à l'indemnisation précitée et ne devait pas être condamné aux frais,
- par suite de son opposition à l'ordonnance pénale, il a été renvoyé devant le Tribunal de police, qui a déclaré valables tant l'ordonnance pénale que l'opposition à celle-ci et l'a déclaré coupable de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 et 2 al. 1 et 4 CP) et de tentative de lésions corporelles simples (art. 22 al. 1
cum
art. 123 ch. 1 et 2 al. 1 et 4 CP) et l'a condamné à une peine pécuniaire de 80 jours-amende à CHF 30.- l'unité, sous déduction de 15 jours de détention avant jugement, avec sursis durant 2 ans.

## Considerations

Considérant, en droit, que :
- le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner des points d'une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP),
- la Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours qui, comme en l'espèce, sont manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP),
- selon l'art. 426 al. 2 CPP, lorsque la procédure fait l'objet d'une ordonnance de classement ou que le prévenu est acquitté, tout ou partie des frais de procédure peuvent être mis à sa charge s'il a, de manière illicite et fautive, provoqué l'ouverture de la procédure ou rendu plus difficile la conduite de celle-ci,
- la condamnation d'un prévenu acquitté à supporter tout ou partie des frais doit respecter la présomption d'innocence consacrée par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 par. 2 CEDH. Celle-ci interdit de rendre une décision défavorable au prévenu libéré en laissant entendre que ce dernier serait néanmoins coupable des infractions qui lui étaient reprochées. Une condamnation aux frais n'est ainsi admissible que si le prévenu a provoqué l'ouverture de la procédure pénale dirigée contre lui ou s'il en a entravé le cours. À cet égard, seul entre en ligne de compte un comportement fautif et contraire à une règle juridique, qui soit en relation de causalité avec les frais imputés (ATF
119 Ia 332
consid. 1b p. 334; ATF
116 Ia 162
consid. 2c p. 168; arrêts du Tribunal fédéral
6B_957/2017
du 27 avril 2018 consid. 2.2 destiné à la publication;
6B_556/2017
du 15 mars 2018 consid. 2.1;
6B_301/2017
du 20 février 2018 consid. 1.1),
- pour déterminer si le comportement en cause est illicite, le juge peut prendre en considération toute norme de comportement, écrite ou non écrite, résultant de l'ordre juridique suisse pris dans son ensemble, dans le sens d'une application par analogie des principes découlant de l'art. 41 CO. Le fait reproché doit constituer une violation claire de la norme concernée (ATF
119 Ia 332
et arrêt du Tribunal fédéral
6B_1191/2016
précités).
- la condamnation d'un prévenu acquitté à supporter tout ou partie des frais peut se fonder sur l'art. 28 CC (arrêt du Tribunal fédéral
6B_87/2012
du 27 avril 2012 consid. 1.4.1), qui protège notamment le droit à la vie, à l'intégrité corporelle (physique et psychique), à la liberté sexuelle et à l'honneur (P. PICHONNAZ / B. FOEX [éds],
Commentaire romand : Code civil I
, 2010, n. 24 ad art. 28),
- en l'espèce, le recourant a été reconnu coupable, par le Tribunal de police, de lésions corporelles simples et tentative de lésions corporelles simples commises dans le cercle familial, soit un comportement contraire au bien protégé par l'art. 28 CC,
- que certains des faits initialement reprochés aient finalement été classés n'est pas pertinent puisque le prévenu, par son comportement fautif, a bel et bien provoqué l'ouverture de la procédure pénale,
- partant, sa condamnation aux frais est justifiée,
- aux termes de l'art. 431 al. 2 CPP, en cas de détention provisoire et de détention pour des motifs de sûreté, le prévenu a droit à une indemnité ou à une réparation du tort moral lorsque la détention a excédé la durée autorisée et que la privation de liberté excessive ne peut être imputée sur les sanctions prononcées à raison d'autres infractions (art. 431 al. 2 CPP),
- l'art. 431 al. 2 CPP vise spécifiquement l'indemnisation de la détention avant jugement ni en soi injustifiée (le prévenu a bien été condamné) ni illicite, mais dont la durée a excédé la durée autorisée et qui ne peut pas être imputée sur les sanctions prononcées (G. PIQUEREZ / A. MACALUSO,
Procédure pénale suisse
, 3e édition, 2011, p. 732, n. 2300). Il y a détention excessive ("
Überhaft
") lorsque la détention provisoire et la détention pour des motifs de sûreté ont été ordonnées de manière licite dans le respect des conditions formelles et matérielles, mais que cette détention dépasse la durée de la privation de liberté prononcée dans le jugement, c'est-à-dire dure plus longtemps que la sanction finalement prononcée (ATF
142 IV 389
consid. 5). En cas de détention excessive selon l'art. 431 al. 2 CPP, ce n'est pas la détention en soi, mais seulement la durée de celle-ci qui est injustifiée. La détention ne sera qualifiée d'excessive qu'après le prononcé du jugement (ATF
141 IV 236
consid. 3.2). Conformément à l'art. 51 CP, l'art. 431 al. 2 CPP pose la règle que la détention excessive est d'abord imputée sur une autre sanction et ne peut donner lieu à une indemnisation que si aucune imputation n'est possible (arrêt du Tribunal fédéral
6B_343/2015
du 2 février 2016 consid. 1.2.4). En d'autres termes, le prévenu doit être indemnisé si la sanction finalement infligée ne peut pas être (totalement) imputée sur la détention avant jugement effectivement subie (ATF
142 IV 389
consid. 5).
- en l'espèce, la détention provisoire - de 15 jours - effectuée par le recourant a été intégralement imputée sur la peine à laquelle il a été condamné, de sorte qu'il n'a droit à aucune indemnité,
- justifiée,
l'ordonnance
querellée sera donc confirmée sous cet angle également,
- le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
),
- le défenseur d'office du recourant produit une note de frais faisant état d'une conférence avec le client (1 heure 30) et l'étude du dossier (30 minutes), le 23 avril 2018, ainsi que 6 heures 30 de "
rédaction du recours CPAR
", le 30 "
mai
" 2018 (référence étant vraisemblablement faite au recours devant la Chambre de céans, le 30 avril 2018),
- à teneur de l'art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d'office est indemnisé selon l'art. 16 du Règlement sur l'assistance juridique et l'indemnisation des conseils juridiques et défenseurs d'office en matière civile, administrative et pénale (RAJ;
E 2 05.04
), qui prévoit une indemnisation sur la base d'un tarif horaire de CHF 200.- pour un chef d'étude ; la TVA est versée en sus (art. 16 al. 1 let. c RAJ),
- selon l'art. 16 al. 2 RAJ, seules les heures nécessaires sont retenues. Elles sont appréciées en fonction, notamment, de la nature, de l'importance et des difficultés de la cause, de la valeur litigieuse, de la qualité du travail fourni et du résultat
obtenu. Les directives du greffe sont applicables pour le surplus (art. 17 RAJ). L'autorité cantonale dispose d'un large pouvoir d'appréciation dans la fixation de l'indemnité du défenseur d'office (ATF
141 I 124
consid. 3.2; arrêt du Tribunal fédéral
6B_838/2015
du 25 juillet 2016, consid. 3.2),
- en l'occurrence, le temps nécessaire et adéquat à la rédaction du recours, qui tient sur 6 pages (y compris les pages de garde et de conclusions) et contient un développement juridique de deux pages - le solde, bien que rédigé sous le titre "
En droit
", exposant les faits -, sera ramené à 2 heures 30, de sorte que l'indemnité sera fixée à CHF 800.- (4 heures x CHF 200.-), plus TVA (7.7%).
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