# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d0dec76a-9325-54f5-b4be-497fd6ebbdc2
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. A._ et B._ sont les parents hors mariage de C._. Ils vivent désormais séparés, l’enfant résidant auprès de sa mère. La séparation est conflictuelle, en particulier s’agissant des questions concernant l’enfant. La Justice de paix de la Broye est saisie de la cause.
Le 26 juin 2014, B._ a déposé plainte pénale contre son ancien concubin pour injure (DO 2057-2067).
Le 9 juillet 2014, la police a dû intervenir au domicile de B._ car une personne vraisemblablement avinée, qui s’est révélée être A._, causait du scandale dans les couloirs de l’immeuble. Bien qu’il ait été sommé de quitter les lieux et de ne pas y retourner, il y est revenu 40 minutes plus tard, nécessitant à nouveau l’intervention de la police. Lors de son interpellation, il lui est reproché d’avoir injurié les policiers et, durant la détention qui s’en est suivie, de n’avoir eu de cesse de les menacer (« Connard, du con, fils de pute », « Je vais vous attaquer » ou encore « Tu vas voir comme je vais te faire payer tout ça » [pièce 2002]).
Auditionné le 10 juillet 2014, le recourant a reconnu s’être énervé du fait de ne pas avoir pu voir son fils alors qu’il le savait au domicile de sa mère. Il a également dit regretter ses actes envers les forces de l’ordre (p.-v. audition de la police du 10.07.2014). Il a ensuite été relâché.
Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2014, la police a été à nouveau sollicitée, au même endroit, pour des faits similaires.
Le 11 juillet 2014, B._ a déposé une nouvelle plainte pénale contre A._ pour menaces, injure et utilisation abusive d’une installation de télécommunication. En effet, à peine sorti la veille du poste de police de D._, le recourant lui a envoyé plusieurs mails insultants et menaçants. Lors de son audition du 11 juillet 2014, A._ a reconnu les faits (DO 2007-2010). Il a également admis avoir écrit plusieurs messages de cet acabit lors des trois dernières semaines qui ont précédé son arrestation (DO 2009 lignes 37-39).
Le 10 août 2014, la police a dû intervenir à E._ à la suite d’un conflit entre A._ et son voisin. Il est reproché aux deux protagonistes d’avoir troublé la tranquillité publique en ayant notamment diffusé de la musique à haut volume, en s’insultant et en hurlant sur la voie publique (DO 2100-2101).
Enfin, le 23 septembre 2014, le prévenu a été contrôlé sans titre de transport, ni pièce de légitimation. Il aurait commis un esclandre lors de son contrôle par la police.
Une séance est prévue devant le Ministère public le 15 janvier 2015. B._ et A._ y sont cités, ce dernier en qualité de prévenu.
B. Le 13 octobre 2014, A._ a requis la désignation de Me Lucienne Bühler en qualité de défenseure d’office au pénal.
Par décision du 24 octobre 2014, le Ministère public a rejeté cette requête au motif que les conditions de l’art. 132 CPP ne sont selon lui pas remplies.
C. Par mémoire de sa défenseure du 7 novembre 2014, A._ a recouru contre cette décision et a conclu, sous suite de frais et dépens, à ce que Me Lucienne Bühler lui soit désignée
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
comme avocate d’office, subsidiairement au renvoi de la cause au Ministère public pour nouvelle décision.
Dans sa détermination du 21 novembre 2014, le Ministère public conclut au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité.

## Considerations

en droit
1. a) Le recours à la Chambre pénale est ouvert contre les décisions du Ministère public, en application des art. 393 al. 1 let. a du Code de procédure pénale (CPP) et 85 al. 1 de la loi sur la justice (LJ).
b) Le recourant a un intérêt juridiquement protégé à la modification de la décision rejetant sa requête de désignation d’un défenseur d’office. Il possède dès lors la qualité pour recourir au sens de l’art. 382 al. 1 CPP.