# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3f92a8b2-ad07-558b-89e4-19455985a4ee
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2006
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
A. a)
Par acte déposé au greffe de la Juridiction des prud'hommes le 14 février 2006, E_ et Avocat_ appellent du jugement rendu le 10 janvier 2006, reçu le 12 du même mois, par le Collège des présidents de groupe du Tribunal des prud'hommes, dans la cause C/9539/2005-5, rejetant la requête en récusation formée par E_ le 29 juillet 2005 à l'encontre des cinq juges du Tribunal des prud'hommes - saisi de la demande en justice, déposée le 27 avril 2005 par T_ à l'endroit de E_ - ayant siégé à l'audience du 5 juillet 2005 et ayant condamné -, d'une part, E_ à verser, à titre de dépens, la somme de fr. 500.- à T_ et à payer, à titre de participation aux frais de justice, le montant de fr. 500.-, aux Services financiers du Pouvoir judiciaire et, d'autre part, Me Avocat_, son avocat, à verser, à titre d'amende de procédure, la somme de fr. 1'000.- aux Services financiers du Pouvoir judiciaire.
b)
Les appelants concluent à l'annulation du jugement du 10 janvier 2006 susmentionné et au prononcé de la récusation des juges du Tribunal précité, avec suite de dépens.
B.
Il résulte de la procédure les éléments pertinents suivants :
a)
En date du 27 avril 2005, T_ a assigné E_ en paiement d'un montant de fr. 96'469.80, avec intérêts, à titre de salaire et d'indemnités, ainsi qu'en délivrance d'un certificat de travail.
A la suite de l'audience de conciliation du 17 mai 2005, E_, sous la plume de son conseil, Me Avocat_, a, deux jours plus tard, adressé une lettre au greffe de la Juridiction des prud'hommes pour demander, d'une part, que soit annulée, pour violation de l'art. 21 de la loi sur la juridiction des prud'hommes (LJP), la décision prise par la juge conciliatrice, de renvoyer la cause au Tribunal et, d'autre part, d'ordonner à ladite juge conciliatrice de procéder selon la disposition précitée.
A l'appui de sa demande, E_ indiquait qu'à l'audience de conciliation du 17 mai 2005 susmentionnée, T_ ne s'était pas présentée, sans aucune excuse, son avocat, Me X_, n'ayant pu expliquer l'absence de sa cliente et s'étant contenté de dire, après plus d'un quart d'heure d'attente, qu'il pensait que celle-ci pouvait se trouver en Angleterre. Son propre conseil, Me Avocat_, avait donc conclu à ce que l'affaire soit rayée du rôle, en application de l'art. de 21 al. 1 LJP, ce qu'avait refusé la juge conciliatrice qui, en outre, s'était opposée à ce que sa décision soit protocolée.
b)
Par courrier du 3 juin 2005, le greffier-juriste de juridiction adjoint a répondu à Me Avocat_ que, renseignements pris auprès de la juge conciliatrice, il apparaissait que la décision d'autoriser l'avocat de T_ à représenter sa mandante avait été rendue après que son confrère avait expressément exclu toute possibilité de transiger, de sorte que ladite conciliatrice avait estimé pouvoir, exceptionnellement, faire application de l'art. 13 al. 1 LJP, nonobstant l'absence de preuve du séjour de T_ en Angleterre.
Par ailleurs, le greffier-juriste de juridiction adjoint indiquait qu'il n'appartenait pas aux présidents et vice-présidents de groupe du Tribunal des prud'hommes de fonctionner comme autorité de recours des décisions prises par le conciliateur, pour autant que la décision d'autoriser un conseil à représenter son mandant en application de l'art. 13 LJP puisse faire l'objet d'un recours.
c)
Lors de l'audience de comparution personnelle des parties du 5 juillet 2005 devant le Tribunal des prud'hommes, le conseil de E_, admis à représenter sa cliente, qui était en vacances, s'est opposé à la représentation de T_ par B_, assistant social - qui s'était présenté à l'audience muni d'une procuration de l'intéressée (qui, la veille, avait adressé au greffe de la juridiction, une lettre pour excuser son absence à ladite audience) accompagné de Me X_ - et a demandé à ce que l'affaire soit rayée du rôle "conformément à l'art. 34 LJP", précisant que si le Tribunal acceptait la représentation de la demanderesse, il serait contraint de demander sa récusation, dans la mesure où il ferait ainsi preuve de "favoritisme et manquerait donc d'impartialité".

## Considerations