# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2ae68d7b-ff80-58f3-b5d9-98e14c7cc0db
**Court:** BE_VB
**Chamber:** BE_VB_001
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** BE / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Urban Planning and Environmental

## Facts

I. Faits
1. La recourante a déposé le 17 novembre 2014 une demande de permis de construire
tendant à la pose, pour desservir sa parcelle no C._ à Nods, de conduites privées
de raccordement aux réseaux communaux (égouts, eau et électricité). Les conduites
doivent mesurer 280 m de long et traverser la parcelle no D._, propriété de la
commune. Sur la parcelle no C._ se trouve une remise. Les parcelles
nos C._ et D._ sont sises hors de la zone à bâtir.
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2. Après une suspension de procédure tendant à la recherche d'un accord entre la com-
mune et la recourante, la commune a fait savoir à celle-ci en date du 30 juin 2016 qu'elle
maintenait sa décision de ne pas octroyer de droit de passage pour les conduites projetées
par la recourante.
3. Par décision du 7 novembre 2016, la préfecture a rejeté la demande de permis, faute
d'accord de la propriétaire de la parcelle no D._.
4. La recourante a adressé une écriture à la commune, datée du 8 décembre 2016,
dans laquelle elle demande d'abord les raisons du refus. Elle requiert en outre de pouvoir
utiliser la tranchée actuellement en cours de creusage sur la parcelle no D._ pour y
mettre ses propres conduites. Finalement, elle reproche qu'un permis a été octroyé sur
cette même parcelle pour la pose d'abreuvoirs pour le bétail. La préfecture et la personne
chargée des dossiers francophones à l'Office juridique, lequel conduit les procédures de
recours pour le compte de la TTE1, ont été mises en copie au bas de cette lettre. Par
courrier du 25 janvier 2017, le représentant de la recourante a prié l'Office juridique de
traiter cette écriture du 8 décembre 2016 comme un recours adressé à la TTE (cf. OJ
no 900/2016/41).
5. Dans sa prise de position du 22 février 2017, la commune renvoie au dossier et à la
décision attaquée. Dans sa prise de position du 2 mars 2017, la préfecture conclut au rejet
du recours. Elle laisse à la TTE le soin d'examiner si les conditions de recevabilité sont
remplies. Pour le surplus, elle renvoie aux considérants de sa décision. L'OACOT a re-
noncé à prendre position.
6. Invitée à prendre position au sujet du respect du délai de recours, la recourante ne
s'est pas prononcée.
1 art. 7 de l'ordonnance du 18 octobre 1995 sur l'organisation et les tâches de la Direction des travaux publics, des transports et de l'énergie, OO TTE, RSB 152.221.191
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## Considerations

II. Considérants
1. Recevabilité
En vertu de l’art. 40 al. 1 LC2, les décisions relatives à l’octroi d’un permis de construire
peuvent faire l’objet d’un recours auprès de la TTE dans les 30 jours qui suivent leur notifi-
cation. En l'espèce, on peut raisonnablement douter de la volonté initiale de la recourante
d'interjeter recours auprès de la TTE, puisque seule une copie de la lettre du 8 décembre
2016 était destinée à celle-ci. Toutefois, pour éviter tout formalisme excessif, la TTE se
considère comme compétente pour connaître de la présente affaire. Elle examine d'office
les (autres) conditions de recevabilité (art. 20a LPJA3), dont le respect du délai de recours
fait partie.4
2. Délai de recours
Le délai de recours est de 30 jours à compter de la notification du permis de construire
(art. 67 LPJA). Il a été indiqué correctement dans la décision attaquée. Pour que le délai
soit observé, l'acte considéré doit être accompli avant l'expiration du délai (art. 42 al. 1
LPJA). En particulier, l'écrit doit être remis à un bureau de poste suisse avant l'expiration
du délai (art. 42 al. 2 LPJA). Les délais dont le début dépend d’une communication, d’une
publication officielle ou de la survenance d’un événement courent dès le lendemain de
celles-ci (art. 41 al. 1 LPJA).
Selon le suivi postal des envois5, la décision attaquée a été remise personnellement à la
recourante le 8 novembre 2016. Le délai de recours a donc commencé à courir le mercredi
9 novembre 2016 et il est échu le jeudi 8 décembre 2016. Selon la documentation fournie
par la recourante elle-même (confirmation quittance et track and trace), elle a remis son
écriture au bureau de poste de La Neuveville le 9 décembre 2016. Le recours est donc
tardif, il doit être déclaré irrecevable.
2 loi du 9 juin 1985 sur les constructions, LC, RSB 721 3 loi du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives, LPJA, RSB 155.21 4 Pierre Moor / Etienne Poltier, Droit administratif vol. II, 3e éd., 2011, p. 625 s. 5 dossier préfectoral p. 111
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3. Fond
Quoi qu'il en soit, matériellement également, le recours aurait dû être rejeté. En effet, con-
trairement à l'art. 10 al. 2 DPC6, la demande de permis ne comporte pas la signature de la
propriétaire de la parcelle no D._, qui a plus tard également refusé expressément
son accord pour l'utilisation de sa parcelle par la recourante. Cette disposition veut
empêcher que les autorités entrent en matière sur des demandes qui, pour des questions
de droit civil, n'ont aucune chance d'aboutir. Plutôt que de statuer le refus de la demande
de permis, la préfecture aurait dû, d'un point de vue technique, la considérer comme
irrecevable.7 Quoi qu'il en soit, il est correct de la part de la préfecture de n'avoir pas traité
la demande de permis. Sur le plan du droit civil, la recourante n'aurait pas pu tirer avantage
de l'art. 691 CC8, étant donné que les conduites censées traverser la parcelle no
D._ ne sont pas nécessaires à l'utilisation de la parcelle no C._ dans son
état actuel.
A cela s'ajoute qu'il n'y a pas d'obligation de la commune d'équiper un terrain qui n'est pas
situé dans la zone à bâtir (art. 19 LAT9, art. 10 al. 1 LEaux10, art. 64 al. 2 let. a LC et
art. 106 al. 1 LC). Autrement dit, un ou une propriétaire d'une parcelle sise hors de la zone
à bâtir n'a aucun droit à ce que son terrain soit viabilisé.
De plus, il n'y a aucune inégalité de traitement: la pose d'abreuvoirs pour le bétail autorisée
par la préfecture sur la parcelle no D._ par décision du 4 octobre 2016 est
conforme à la zone agricole.
Finalement, le fait que par décision du 20 novembre 2015, la préfecture a sorti la parcelle
de la recourante du champ d'application de la LDFR11 n'a aucune incidence sur la présente
procédure. En effet, la parcelle no C._ tout comme la parcelle voisine no
D._ restent néanmoins sises hors de la zone à bâtir. Or il est notoire qu'en dehors
de la zone à bâtir, la LAT prévoit un grand nombre de restrictions à la construction.
6 décret du 22 mars 1994 concernant la procédure d'octroi du permis de construire, DPC, RSB 725.1 7 Aldo Zaugg / Peter Ludwig, Kommentar zum Baugesetz des Kantons Bern, 4e éd., tome I, Berne 2013, art. 34 n. 10 8 Code civil suisse, du 10 décembre 1907, CC, RS 210 9 loi fédérale du 22 juin 1979 1985 sur les constructions sur l'aménagement du territoire, LAT, RS 700 10 loi fédérale du 24 janvier 1991 sur la protection des eaux, LEaux, RS 814.20 11 loi fédérale du 4 octobre 1991 sur le droit foncier rural, LDFR, RS 211.412.11
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4. Frais et dépens
a) Les frais de procédure sont perçus sous la forme d'un émolument forfaitaire. Un émo-
lument supplémentaire peut être perçu pour les enquêtes particulières, les expertises ou
d'autres mesures d'instruction (art. 103 al. 1 LPJA). Un émolument forfaitaire de 200 à
4'000 fr. est perçu pour les décisions sur recours dans des affaires de justice administrative
(art. 19 al. 1 en relation avec art. 4 al. 2 et 3 OEmo12).
Selon la pratique de la TTE, les frais de la procédure sont fixés à 400 fr. Les frais de la
procédure de recours sont mis à la charge de la partie qui succombe, à moins que le com-
portement d’une partie au cours de la procédure permette une répartition différente ou qu’il
soit justifié par des circonstances particulières de ne pas percevoir de frais (art. 108 al. 1
LPJA). La recourante n'obtient pas gain de cause, elle assume les frais de procédure.
b) La recourante, qui succombe, n'a pas droit à des dépens (art. 108 al. 3 LPJA).