# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 44e278dd-4b89-5276-86d0-9a865b779ae4
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
que, suite à son mariage avec un ressortissant suisse le 11 janvier 2014, A._, née en 1972, de nationalité brésilienne, a obtenu au titre du regroupement familial une autorisation de séjour, valable jusqu'au 11 janvier 2017;
que, le 27 juillet 2016, la Police cantonale a été appelée à intervenir dans le cadre de violences domestiques au domicile des époux. Il ressort du procès-verbal de dénonciation établi le 6 août suivant que chacun des conjoints a déposé plainte pénale contre l'autre, l'épouse pour voies de fait et le mari pour dommage à la propriété. Interrogé par les gendarmes, ce dernier a expliqué en substance avoir voulu calmer sa partenaire en furie - qui cassait le mobilier après l'avoir giflé - en la saisissant par le cou. Il a en outre déclaré ce qui suit: "Au cours de notre vie commune, il est vrai que j'ai été violent avec ma femme. J'explique ce comportement par le fait qu'elle me poussait à bout sans arrêt et que je prenais sur moi jusqu'au moment où je n'arrivais plus". Pour sa part, A._ a déclaré que son conjoint avait commencé à être violent avec elle environ 4 mois après le mariage. Elle a indiqué, sans autre précision, avoir déjà appelé la police au mois d'octobre 2015. Le procès-verbal mentionne également que les époux vivaient séparés depuis le mois de juin 2016;
qu'à réception d'une copie du procès-verbal de dénonciation, le Service de la population et des migrants (SPoMi) a invité les époux à l'informer si une reprise de la vie commune était encore envisageable. Le 25 août 2016, A._ a exclu une telle éventualité en soulignant subir des violences verbales et physiques depuis le début de son union. Après une certaine accalmie, ces violences étaient réapparues de plus en plus souvent, de sorte qu'elle ne pouvait reprendre la vie de couple dans ce climat d'insécurité;
que, pour sa part, le 23 août 2016, l'époux a confirmé la séparation dès le 1er juin 2016 en raison de dysfonctionnements dans le ménage, les conjoints n'étant pas fait pour vivre ensemble. Il a expliqué ne pas pouvoir rester sous le même toit que sa compagne pour cause de jalousie, d'abus d'alcool et de "violence domestique dans les deux parties". Il a mentionné qu'une convention de divorce était en cours d'élaboration par leur avocat commun;
que, le 12 septembre 2016, le SPoMi a fait savoir à A._ qu'il avait l'intention de révoquer son autorisation de séjour et de prononcer son renvoi de Suisse;
que, le 5 décembre 2016, le mandataire de l'intéressée a déposé ses objections en concluant au renouvellement de l'autorisation de séjour. Il a souligné qu'il avait été mis fin à la vie commune uniquement en raison du comportement déplacé du mari, qui s'était montré violent envers sa partenaire à plusieurs reprises. L'avocat a joint à sa lettre une prise de position de l'époux du 15 septembre 2016 à l'intention du SPoMi. Il ressort de cette déclaration que les relations dans le couple s'étaient dégradées lorsque l'épouse était devenue jalouse après avoir découvert des écrits de son mari adressés à d'autres femmes. Elle avait commencé à boire et le mari à devenir violent. Ce dernier avait estimé qu'une séparation était obligatoire pour éviter de faire vraiment du mal à sa femme, ce qu'il n'aurait pas supporté. Soulignant la bonne intégration de celle-ci en Suisse, il a demandé à l'autorité de lui accorder un titre de séjour;
que le SPoMi a procédé à l'audition du couple le 31 janvier 2017. A cette occasion, l'épouse a déclaré que les problèmes de couple avaient commencé pour des motifs financiers. Après avoir
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découvert que son conjoint la trompait, les disputes étaient devenues de plus en plus fréquentes et il avait commencé à la taper. Par ailleurs, elle a rappelé que la police avait été appelée deux fois pour des violences conjugales, en octobre 2015 et en juillet 2016. En juillet 2016, malgré la séparation de juin, voulue par le mari qui avait une relation extraconjugale, l'intéressée espérait encore pouvoir sauver le couple. C'était pour cela que les conjoints avaient décidé de passer la soirée ensemble. Une thérapie de couple avait été suivie avant avril 2016, mais celle-ci ne s'était pas bien passée en raison de divergences sur les violences et les mensonges;
que, lors de son audition, le mari a confirmé ce qu'il avait déjà déclaré. Il a indiqué que les problèmes de couple avaient dégénéré pour entraîner des violences de part et d'autre. Des violences plutôt verbales de l'épouse et des violences plutôt physiques de sa part. Invité à décrire comment se traduisait les violences envers son épouse, il a expliqué qu'au début, il lui tirait les cheveux et lui donnait des claques et que, la dernière fois, il l'avait saisie par le cou. Il a ajouté: "Et comme on ne contrôle pas sa force, je me suis fait peur et je me suis dit que si on continuait comme ça, cela pourrait s'aggraver". L'intéressé a mentionné que son épouse avait parlé des violences subies à son généraliste, qui avait aussi un diplôme de psychologie et qui lui avait prescrit des antidépresseurs. Elle était en traitement chez lui depuis fin 2015. De plus, toute sa famille était au courant des problèmes du couple. Il a confirmé que la police était intervenue deux fois pour des violences domestiques et a précisé que la seule plainte qui avait été déposée contre lui avait été retirée en novembre 2016. S'agissant de sa lettre du 15 septembre 2016, il a mentionné qu'il l'avait écrite sur demande de l'avocat de sa femme, mais qu'il confirmait la totalité de son contenu;

## Considerations