# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7009c78c-dacf-5089-b03e-8eb5a55425d1
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de quatre pièces au rez-de-chaussée de l'immeuble sis _, à _ [GE];
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 3'250 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 19 mars 2018, le bailleur a, par avis du 18 mai 2018, résilié le contrat de bail pour le 30 juin 2018;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête déposée le 18 juillet 2018 au Tribunal des baux et loyers, le bailleur a requis l'évacuation des locataires, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, ainsi que leur condamnation à payer l'arriéré de loyer, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 28 août 2018 devant le Tribunal des baux et loyers, le bailleur a persisté dans ses conclusions;
Que la locataire a indiqué vivre dans le logement avec son compagnon; que sa situation financière ne lui permettait pas de s'acquitter du loyer; qu'elle a sollicité l'octroi d'un sursis à l'évacuation de six mois;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/767/2018
rendu le 28 août 2018, expédié pour notification aux parties le 31 août suivant, le Tribunal a condamné les locataires à évacuer de leurs personnes et de leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé le bailleur à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès le 30
ème
jour après l'entrée en force du jugement (ch. 2), a condamné les locataires, pris conjointement et solidairement, à payer au bailleur la somme de 16'362 fr. (ch. 3), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 5);
Vu le recours déposé le 12 septembre 2018 par A_ contre ce jugement;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal;
Qu'elle a conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'au 28 février 2019;
Qu'invité à se déterminer, le bailleur s'est, par courrier du 17 septembre 2018, rapporté à justice s'agissant de la requête d'effet suspensif;
Que D_ ne s'est pas déterminé;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts de la recourante;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC);
Qu'enfin, l'intimé s'est rapporté à l'appréciation de la Cour;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera admise.
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