# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ff9c5192-1d97-507d-842f-fd6d1c3147f8
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A.
A.a A._, né en 1953, et B._, née en 1960, tous deux originaires du Kosovo, sont mariés depuis près de 43 ans. Ils ont quatre enfants, notamment leurs fils C._ né en 1985, D._ né en 1981, et E._ né en 1979. Le couple habite à F._.
A.b. Le 16 août 2021, B._ a déposé plainte pénale contre son mari. Entendue le même jour par la police, elle a expliqué qu’après une vie conjugale malheureuse, qu’elle avait supportée pour ses enfants, elle a pris la décision de divorcer. Elle avait déjà entrepris des démarches en ce sens il y a une année, avant de renoncer à une séparation officielle. Son mari avait alors menacé de la « tuer, brûler, massacrer », ainsi que sa famille au Kosovo. Après réflexion, elle a à nouveau annoncé son souhait de divorcer à son mari alors qu’ils étaient au Kosovo. A._ n’a alors rien dit mais, à son retour en Suisse, il a affirmé à son fils C._ qu’il aurait dû la tuer lorsqu’ils étaient au Kosovo. B._ a précisé que son mari s’était déjà montré violent à son égard, la menaçant il y a des années avec un couteau. Elle a terminé son audition en précisant qu’elle avait peur de son mari (DO 2109).
C._ a été entendu par la police le 17 août 2021. Il a alors précisé que son père « nous méprise et nous menace toujours de mort » et qu’il n’était pas possible de le raisonner s’agissant de la décision de séparation prise par sa mère. Il a affirmé que son père lui avait dit qu’en raison du divorce, « il n’avait plus rien à perdre », qu’un père de famille qui, dans une situation similaire, avait tué toute sa famille au Kosovo « avait bien fait », qu’il en ferait de même si la situation se dégradait, et qu’il ne craignait pas la prison compte tenu de son âge. C._ a indiqué avoir peur que son père ne passe à l’acte.
A.c. Le 17 août 2021, le Ministère public a émis un mandat d’arrêt contre A._, lequel se trouvait au Kosovo (DO 5002).
Le 8 octobre 2021, alors que, revenant de ce pays, il franchissait la frontière à l’aéroport de Genève, A._ a été arrêté. Entendu par le Ministère public le lendemain, il a contesté toute menace et tout risque qu’il s’en prenne à sa famille (DO 2132). Il l’a confirmé lors de son audition par la police le 13 octobre 2021 (DO 2137).
B._ a été réentendue le 10 octobre 2021 par la police (DO 2002). Elle a précisé ne plus avoir été l’objet de menace de la part de son mari depuis qu’il était au Kosovo mais le craindre toujours.
C._ a également été réentendu par la police le 10 octobre 2021 (DO 2005). Il a indiqué que son père ne l’avait jamais menacé de mort mais avait menacé sa mère et ses frères, et avait dit une fois avant sa précédente audition qu’il allait éliminer toute la famille. Il a ajouté avoir « un peu peur » que cela ne dégénère, pensant au début que ce n’était que de la colère à la suite de la séparation mais se disant que cela pouvait être « du sérieux » depuis que ses frères ont été menacés.
A.d. Par décision du 12 octobre 2021, le Tribunal des mesures de contrainte (Tmc) a ordonné la détention provisoire de A._ jusqu’au 7 janvier 2022, retenant l’existence de forts soupçons de menaces et d’actes préparatoires au meurtre et un risque de fuite important, ainsi qu’un risque sérieux qu’il passe à l’acte.
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A.e. Sur requête de B._, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Gruyère a rendu, avec clause d’urgence, des mesures provisionnelles le 15 octobre 2021 (DO 6025), interdisant en particulier à A._, sous menace des peines de droit de l’art. 292 CP, de s'approcher à moins de 4 km de B._, de revenir au domicile conjugal attribué provisoirement à son épouse, et de prendre un domicile à F._ ainsi qu'à 4 km aux alentours de F._.
A.f. Le Ministère public a diligenté une expertise psychiatrique de A._. Après des premières démarches entreprises le 11 octobre 2021, il a transmis au Dr G._ le 22 novembre 2021 un questionnaire (DO 4013). L’expert a notamment été appelé à se prononcer sur la probabilité d’un passage à l’acte (questions 3.1 à 3.4). Le rapport est attendu d’ici à la fin janvier 2022 (DO 4001).
A.g. Le 25 novembre 2021, A._ a déposé plainte pénale contre B._ et C._ pour dénonciation calomnieuse, induction de la justice en erreur, et fausse déclaration d’une partie en justice.
A.h. Le 30 novembre 2021, la police cantonale a procédé à l’audition de D._ (DO 2201) et de E._ (DO 2207).
Le premier a indiqué qu’il pensait que le divorce provoquait un sentiment de honte chez son père, qu’hormis l’épisode du couteau, il n’avait jamais assisté à des violences entre ses parents mais bien à des menaces, qu’il croyait son frère C._ ainsi que sa mère mais qu’il ne pensait pas que son père pourrait faire du mal à sa mère, précisant qu’il ne connaissait pas son père aussi bien que devrait le connaître un fils, et que celui-là était « de l’ancien temps ».
Le second a expliqué que l’ambiance familiale avait toujours été mauvaise, et qu’elle s’était dégradée ces dernières années. Lui-même n’a jamais été témoin de violence; il n’était pas au courant de menaces et de violence, n’entendait pas prendre parti entre ses parents mais ne pensait pas que son père pourrait faire du mal à sa mère.
A.i. Se prévalant des déclarations de ses fils D._ et E._, A._ a sollicité le 30 novembre 2021 sa mise en liberté immédiate auprès du Ministère public, qui s’y est opposé le 3 décembre 2021, faisant sienne la motivation de l’ordonnance du 12 octobre 2021 et invoquant encore les risques de collusion et de réitération. Il a transmis la cause au Tmc. A._ a répliqué le 8 décembre 2021 et a sollicité des débats, qui se sont déroulés le 17 décembre 2021.
A.j. Par décision du 22 décembre 2021, le Tmc a rejeté la demande de libération.
B. A._ a recouru le 23 décembre 2021, concluant à sa libération immédiate, d’éventuelles mesures de substitution étant ordonnées à dire de justice.
Le Tmc a conclu au rejet du recours le 28 décembre 2021.
Le Ministère public en a fait de même le 29 décembre 2021.
A._ a déposé une ultime détermination le 4 janvier 2022.
C. Le 3 janvier 2022, le Ministère public a requis la prolongation de la détention provisoire de A._ pour une durée de deux mois, soit jusqu’au 7 mars 2022. Le Tmc a temporairement prolongé la détention du précité par décision du 3 janvier 2022.
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## Considerations

en droit
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