# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cd55a873-5ef6-5c72-a0a5-3f7cdb0c7da4
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Le 28 novembre 2018, B._ a déposé plainte pénale à l'encontre de son mari A._ pour viol, lésions corporelles simples et menaces. Le lendemain, elle a également déposé plainte contre lui pour vol et dommages à la propriété. Le 18 janvier 2019, elle a déposé une nouvelle plainte contre lui pour faux dans les titres.
Le 27 juin 2019, A._ a déposé une dénonciation pénale contre B._ pour dénonciation calomnieuse et induction de la justice en erreur (DO/2201 s.). La procédure pénale relative à cette plainte a été suspendue par ordonnance du Ministère public du 14 octobre 2019 (DO/10003 s.).
B. A._ a été renvoyé en jugement par acte d'accusation du 18 mai 2020 pour lésions corporelles simples (conjoint), menaces (conjoint), abus de la détresse, vol, dommages à la propriété et faux dans les titres. Par jugement du 12 novembre 2020, le Tribunal pénal de la Sarine l'a acquitté de tous les chefs de prévention, au bénéfice du doute.
C. Le 27 avril 2021, le Ministère public a informé de son intention de rendre une ordonnance de classement s'agissant des infractions de dénonciation calomnieuse et induction de la justice en erreur (DO/9008).
Le 10 juin 2021, A._ a requis la récusation de la Procureure en charge du dossier, de même que le versement au dossier du jugement du 12 novembre 2020 ainsi qu'il soit procédé à l'audition de B._ (DO/9017 s.). Le 17 juin 2021, la Procureure s'est opposée à la requête de récusation et a transmis à la Chambre pénale du Tribunal cantonal, comme objet de sa compétence, ladite requête, ainsi que ses observations. La requête a été déclarée irrecevable par la Chambre par arrêt du 9 juillet 2021 (DO/9046 ss).
Par décision du 18 août 2021, la Procureure a versé au dossier le jugement du 12 novembre 2020 du Tribunal pénal de la Sarine (DO/9019 ss); en revanche, elle a refusé de procéder à l'audition de B._, s'estimant suffisamment renseignée (DO/10013 s.).
Une ordonnance de classement a été rendue le 18 août 2021 (DO/10018 ss).
D. Par acte du 30 août 2021, A._ a interjeté recours à l'encontre de l'ordonnance de classement, concluant, sous suite de frais, à son annulation et au renvoi de la cause au Ministère public, celui-ci étant invité à ordonner les mesures d'instruction requises.
E. Le 28 septembre 2021, le Ministère public a indiqué qu'il se référait intégralement à son ordonnance de classement et renonçait pour le surplus à déposer des observations.
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## Considerations

en droit
1.
1.1. En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP, ainsi que de l'art. 85 al. 1 de la loi sur la justice (LJ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre) est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de 10 jours, à l'autorité de recours. L'ordonnance querellée, datée du 18 août 2021, a été notifiée au recourant le lendemain, 19 août 2021 (bordereau du recours, pièce no 3), de sorte que le recours, déposé le lundi 30 août 2021, l'a été en temps utile.
1.3.
1.3.1. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art. 104 al. 1 CPP). Les participants à la procédure tels les lésés, les personnes qui dénoncent les infractions, les témoins, les personnes appelées à donner des renseignements et les tiers touchés par des actes de procédure ont la qualité de partie dans la mesure nécessaire à la sauvegarde de leurs intérêts s'ils sont directement touchés dans leurs droits (art. 105 CPP). Pour se voir reconnaître la qualité de partie en application de cette dernière disposition, il faut que l'atteinte à leurs droits soit directe, immédiate et personnelle, une atteinte de fait ou indirecte n'étant pas suffisante (ATF 137 IV 280 consid. 2.2.1; arrêts TF 1B_276/2015 du 2 décembre 2015 consid. 2.1; 6B_1159/2015 du 7 avril 2016 consid. 2.1).
Lorsque la norme protège un bien juridique individuel, la qualité de lésé appartient au titulaire de ce bien (ATF 138 IV 258 consid. 2.3; 129 IV 95 consid. 3.1). Cependant, lorsque l'infraction protège en première ligne l'intérêt collectif, les particuliers ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés ont été effectivement touchés par les actes en cause, de sorte que leur dommage apparaît comme la conséquence directe de l'acte dénoncé (ATF 138 IV 258 consid. 2.3; 129 IV 95 consid. 3.1 et les références citées); les personnes subissant un préjudice indirect n'ont pas le statut de lésé et sont donc des tiers n'ayant pas accès au statut de partie à la procédure (JEANNERET/KUHN, Précis de procédure pénale, 2013, n. 7017). Cela vaut aussi par rapport aux ordonnances de classement (cf. arrêt TF 6B_1234/2013 du 14 mai 2014 consid. 2.4).
Aux termes de l'art. 304 al. 1 CP, l'induction de la justice en erreur est réalisée par celui qui aura dénoncé à l'autorité une infraction qu'il savait n'avoir pas été commise. Alors que l'art. 303 CP relatif à la dénonciation calomnieuse protège tant les intérêts juridiques individuels que l'administration de la justice pénale contre une tromperie, l'art. 304 CP a pour but la protection exclusive de la justice pénale (DUPUIS et al., PC CP, 2ème éd. 2017, art. 304 n. 1).
1.3.2. En l'espèce, en tant que le recourant demande l'annulation de l'ordonnance attaquée dans son intégralité et donc également en lien avec l'infraction d'induction de la justice en erreur, et compte tenu du fait que l'art. 304 CP ne vise qu'à protéger l'administration de la justice pénale, il en résulte qu'il n'est pas le titulaire du bien juridique protégé par cette disposition. Dès lors, le recours doit être déclaré irrecevable sur ce point. L'on peut en revanche admettre, quand bien même il aurait pu motiver son atteinte, que A._ dispose d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation
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de la décision attaquée en ce qui concerne l'infraction de dénonciation calomnieuse. Quoi qu'il en soit, vu le sort réservé au recours, cette question peut demeurer ouverte.