# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0bbe3ac6-f75f-5239-b9e1-25b2e74cde05
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 15 novembre 2019, A_ recourt
contre l'ordonnance du 5 novembre 2019, notifiée le 13 suivant, par laquelle le Ministère public a constaté le retrait de l'opposition qu'il avait formée contre l'ordonnance pénale prononcée le 1
er
septembre 2019.
Le recourant, sans prendre de conclusions formelles, conteste les faits qui lui sont reprochés, explique le motif de son absence à l'audience et demande une nouvelle convocation.
B.
Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants :
a.
Par ordonnance pénale du 1
er
septembre 2019, le Ministère public a reconnu A_ coupable de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires (art. 285 ch. 1 al. 1 CP) et d'infraction à l'art. 19a ch. 1 de la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup). Il a été condamné à une peine privative de liberté de 30 jours, sous déduction d'un jour de détention avant jugement, à une amende de CHF 300.-, ainsi qu'aux frais de la procédure, arrêtés à CHF 250.-. Le Procureur a en outre révoqué les sursis accordés le 24 novembre 2017 par le Parquet général du Ministère public du canton de Neuchâtel et le 28 août 2018 par le Ministère public du canton de Genève.
b.
Par courrier du 10 septembre 2019, le prévenu a formé opposition à l'ordonnance précitée.
c.
Par mandat de comparution du 18 septembre 2019, précisant les conséquences d'une absence non excusée, le Ministère public a cité A_ à comparaître à une audience, le 5 novembre 2019, à 9h30.
d.
À teneur du procès-verbal de ladite audience, A_ ne s'est pas présenté.
C.
Dans son ordonnance querellée,
le Ministère public a retenu que bien que dûment convoqué à l'adresse citée dans son opposition, A_ avait fait défaut à l'audience, sans excuse. Partant, conformément à l'art. 355 al. 2 CPP, son opposition à l'ordonnance pénale du 1
er
septembre 2019 était réputée retirée.
D.
a.
Dans son recours, A_ présente ses excuses pour son absence et explique ne pas avoir été en mesure de se présenter à l'audience, s'étant réveillé tardivement ce matin-là. Il maintient pour le surplus son opposition et conteste les faits reprochés.
b.
À réception du recours, la cause a été gardée à juger sans échange d'écritures ni débats.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 90 al. 2, 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
3.
3.1
. À teneur de l'art. 355 al. 2 CPP, si l'opposant, sans excuse, fait défaut à une audition malgré une citation à comparaître, son opposition est déclarée retirée.
Ainsi, contrairement à ce que prévoit l'art. 205 CPP, le défaut peut en vertu de l'art. 355 al. 2 CPP aboutir à une perte de toute protection juridique, nonobstant le fait que l'opposant ait précisément voulu une telle protection en formant opposition (ATF
140 IV 82
consid. 2.4 p. 84 s.). Le Tribunal fédéral a rappelé le caractère particulier de l'ordonnance pénale et spécifié que l'art. 355 al. 2 CPP devait être interprété en considération de différentes garanties procédurales (en particulier celles prévues aux art. 3 CPP, 29a et 30 Cst., 6 par. 1 CEDH). Au vu de l'importance fondamentale du droit d'opposition au regard de ces garanties, un retrait par acte concluant de l'opposition suppose que celui-ci résulte de l'ensemble du comportement de l'opposant, qui démontre qu'il se désintéresse de la suite de la procédure tout en étant conscient des droits dont il dispose. La fiction légale de retrait découlant d'un défaut non excusé suppose que l'opposant ait conscience de son omission et qu'il renonce à ses droits en connaissance de cause (ATF
140 IV 82
consid. 2.3 et 2.5 p. 84 s.). Son désintérêt doit s'interpréter au regard des règles de la bonne foi (arrêt du Tribunal fédéral
6B_152/2013
précité consid. 4.3 ss ;
ACPR/449/2012
du 19 octobre 2012 et 536/2012 du 29 novembre 2012 ;
ACPR/232/2014
du 6 mai 2014).
L'art. 355 al. 2 CPP ne précise pas les cas dans lesquels l'absence d'un prévenu aux débats peut être excusée. À cet égard, il faut se référer aux dispositions générales concernant la procédure ordinaire (
ACPR/501/2012
du 15 novembre 2012). À ce titre, l'art. 93 CPP dispose qu'une partie est défaillante si elle n'accomplit pas un acte de procédure à temps ou ne se présente pas à l'audience fixée. Par ailleurs, l'art. 205 al. 2 CPP prévoit que celui qui est empêché de donner suite à un mandat de comparution doit en informer sans délai l'autorité qui l'a décerné et doit lui indiquer les motifs de son empêchement et lui présenter les pièces justificatives éventuelles.
La doctrine mentionne, comme motifs d'excuse, la maladie, le service militaire ou l'absence à l'étranger, le service civil ou un autre service public affectant la disponibilité de la personne convoquée, la maladie d'un enfant ou d'un proche parent dont la personne convoquée a la charge et pour les soins duquel elle ne trouve pas de remplaçant à brève échéance, la grève d'une compagnie aérienne, le décès très récent d'un proche parent ou d'autres situations d'exceptions, voire des engagements de la vie privée pris de longue date, avant la notification du mandat (vacances, voyage d'affaires) (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds),
Commentaire romand
:
Code de procédure pénale suisse
, Bâle 2011, n. 4 ad art. 205; M. NIGGLI / M. HEER / H. WIPRÄCHTIGER,
Schweizerische Strafprozessordnung
/
Schweizerische Jugendstrafprozessordnung
, Basler Kommentar StPO/JStPO, Bâle 2011, n. 6 ad art. 205). Une panne de réveil ne suffit pas (
ACPR/420/2013
).
L'empêchement doit être porté à la connaissance de l'autorité pénale sans délai et, dans la mesure du possible, avant la survenance de l'acte de procédure visé (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds),
op. cit
., n. 4 ad art. 205).
3.2
. Rien de tel, en l'espèce.
Le Ministère public a cité le prévenu à comparaître à l'audience du 5 novembre 2019, et le recourant ne conteste pas avoir eu connaissance du mandat de comparution et des conséquences d'un défaut.
Le recourant déclare ne pas s'être présenté en raison du fait qu'il se serait réveillé tardivement le jour de l'audience. La raison invoquée ne constitue pas un motif valable pour refuser de comparaître. Le recourant n'a pas non plus tenté de joindre le Ministère public pour lui expliquer les raisons de son absence ou de s'y présenter, fût-ce tardivement (cf.
ACPR/407/2014
), de sorte que son comportement s'apparente à un désintérêt de la procédure.
Partant, son absence à l'audience du 5 novembre 2019 ne peut être considérée comme valablement excusée et c'est à bon droit qu'il a été fait application de l'art. 355 al. 2 CPP.
4.
Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée.
5.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
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