# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** faed34c7-798a-5b84-8c6e-d52b170e33d6
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Par arrêt de la Cour de céans du 12 décembre 2011, la cause relative à la demande de prestations de Madame P_ a été renvoyée à l'Office de l'assurance-invalidité (OAI) afin qu'il procède à la mise en œuvre d'une expertise rhumato-psychiatrique.
Par courrier du 7 février 2012 adressé à l'OAI, le conseil de l'assurée a suggéré que l'expertise soit confiée aux Drs Q_, rhumatologue, et R_, psychiatre. Il a, par ailleurs, demandé à pouvoir se déterminer sur les questions que l'OAI allait poser aux experts.
Restée sans réponse, l'assurée a relancé l'OAI le 22 mars 2012. Celui-ci a répondu par retour de courrier qu'il reviendrait à elle, dès que le service médical régional (SMR) se serait déterminé.
Le 2 juillet 2012, l'OAI a relancé le SMR. Ce dernier, dans son avis du 7 juillet 2012, a indiqué "qu'étant donné la nouvelle procédure en cours en matière d'expertise", il préconisait que celle-ci soit réalisée "via la plate-forme MED@P". Suivaient les questions à poser aux experts qui seraient ainsi désignés.
Par courrier du 11 juillet 2012, l'OAI a informé l'assurée de son intention de mandater, sauf contestation écrite et motivée de sa part, un centre d'expertise en vue de réaliser l'expertise. Sous l'intitulé annexe figuraient les questions adressées aux experts.
L'assurée a contesté cette manière de faire et s'est étonnée du fait qu'aucune suite n'avait été donnée à sa proposition d'experts. Elle a, par ailleurs, fait parvenir à l'assurance les questions qu'elle souhaitait voir posées aux experts.
Interpellé par l'assurée, l'Office fédéral des assurances sociales a indiqué les 23 août et 17 septembre 2012 qu'il n'entendait pas modifier le chiffre 2080 de la Circulaire CPAI. Les offices AI et les assurés étaient invités, autant que possible, à se mettre d'accord sur le choix de l'expert et sur le questionnaire. Plusieurs tribunaux cantonaux avaient déjà considéré qu'il n'existait pas un vrai droit à une telle procédure, qui était difficilement réalisable. Pour le surplus, l'OFAS observait l'évolution de la pratique et l'acceptation de la nouvelle procédure et prendrait, le cas échéant, toutes les mesures qui s'imposaient.
Par décision incidente du 26 septembre 2012, l'OAI a maintenu son intention de confier, sans contestation écrite et motivée, l'expertise à un centre d'expertise, désigné de manière aléatoire. S'agissant des propositions faites par l'assurée quant au choix des médecins, il a relevé que son service médical estimait "qu'afin de garantir la qualité de l'expertise bidisciplinaire, il est important que les deux médecins exercent ensemble, ce qui n'est pas le cas en l'espèce". L'OAI rappelait, en outre, que l'ordonnance d'expertise ne pouvait être attaquée au seul motif qu'aucun effort n'avait été consenti pour parvenir à un accord. Enfin, les questions complémentaires de l'assurée allaient être soumises aux experts.
Par courrier du 2 octobre 2012, l'assurée a demandé à ce que deux questions complémentaires soient posées aux experts.
Par acte expédié le 29 octobre 2012, l'assurée recourt contre la décision précitée, dont elle demande l'annulation. Elle conclut à ce qu'il soit ordonné à l'OAI "de procéder à une discussion tendant à mettre en œuvre une expertise consensuelle dans le respect des principes jurisprudentiels issus de l'ATF
137 V 210
et du principe de la bonne foi".
L'OAI a conclu à l'irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet. Il estime avoir suivi les enseignements de la jurisprudence fédérale en ayant informé l'assurée de son intention d'effectuer une mission d'expertise bi-disciplinaire, confiée à un centre d'expertise, choisi au hasard, conformément à l'art. 72bis RAI. A la suite des objections soulevées par la recourante, l'OAI avait expliqué pour quelle raison il ne souhaitait pas mandater les médecins proposés par l'assurée. Dès lors qu'ainsi aucune solution consensuelle n'avait pu être trouvée, la décision querellée avait été rendue. La recourante n'invoquait ni la violation d'un droit, ni celle de son droit d'être entendue ou une constatation inexacte des faits. Partant, les conditions de recevabilité de l'art. 61 al. 1 LPA/GE faisaient défaut.
La recourante a rétorqué qu'aucune discussion n'avait été tentée entre les parties quant au choix des experts. Ce n'est que dans la décision querellée que l'intimé s'était prononcée sur sa proposition. L'objection relative au fait que les experts ne pratiquaient pas au même endroit n'avait ainsi pas pu être discutée. La recourante aurait tout à fait été d'accord que l'expertise soit confiée à un centre universitaire par exemple. La méthode préconisée par l'intimé n'était pas une panacée. Dans ce système, seuls les organismes conventionnés de l'OFAS pouvaient être choisis. Or, il était notoire que les meilleurs spécialistes et les plus indépendants se trouvaient en milieu universitaire. Enfin, la recourante s'est prévalue d'une violation de l'art. 6 CEDH en tant qu'il donne droit à un procès équitable.
L'intimé a relevé que le fait qu'un centre d'expertise soit conventionné ne constituait pas en soi une cause de récusation.
La recourante a encore souligné qu'elle ne partageait pas l'avis d'une partie de la doctrine - apparemment suivi de l'intimé - selon lequel seule l'administration participe à l'instruction de la cause. Une telle manière de concevoir la maxime inquisitoire était contraire aux art. 57 al. 3 et 59 al. 2bis LAI. L'attribution au hasard à un centre d'expertise était subsidiaire à une discussion consensuelle. Cette question n'était pas purement théorique en l'espèce, dès lors que l'on était en présence d'une fibromyalgie, diagnostic qui n'était pas reconnu par tous les médecins.
Lors de l'audience, qui s'est tenue le 4 février 2013 devant la Cour, aucune solution transactionnelle n'a pu être trouvée. En revanche, les parties se sont accordées sur le fait que le conseil de la recourante communique à brève échéance le nom des experts pratiquant dans un centre d'expertise qu'il ne souhaiterait pas voir nommés. L'OAI s'engageait, dans la mesure du possible, de tenter de respecter ce souhait.

## Considerations