# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bfcc1f50-2057-5fab-b732-aa8479547229
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, l'ordonnance de preuve
OTPI/980/2014
rendue par le Tribunal de première instance le 11 juillet 2014, notifiée le 16 juillet 2014, dans la cause qui oppose D_ à A_, B_ et C_, par laquelle le Tribunal a ordonné "l'apport de la procédure pénale P/1_ (sans les pièces bancaires)" et fixé les plaidoiries finales orales au 3 octobre 2014;
Que D_ fonde sa demande sur un contrat intitulé "Credit Facility and Management Agreement", au terme duquel elle réclame la restitution de 332'467 US$ à A_ et au couple B_ et C_;
Que ceux-ci s'opposent à la demande, faisant notamment valoir que les tribunaux genevois ne sont pas compétents à raison du lieu pour trancher le litige, que D_ ne dispose pas de la légitimation active, celle-ci revenant à E_ et qu'il y aurait lieu de suspendre la procédure dans l'attente de l'issue de la procédure pénale;
Que, par ordonnance du 20 novembre 2013, le Tribunal a limité la procédure aux questions de la suspension, de la compétence et de la légitimation active de D_;
Que les défendeurs soutiennent, en outre, que F_ est le directeur d'I_, qui est entièrement détenue par D_, dont F_ serait ayant droit économique;
Qu'une procédure pénale, initiée par les défendeurs à l'encontre notamment d'F_ pour escroquerie, gestion déloyale et abus de confiance est actuellement pendante;
Que, dans ce cadre, le Ministère public a ordonné le dépôt du compte-client de l'Etude G_, dont l'associé, Me H_, représente les intérêts de D_ et de E_, cette mesure faisant cependant l'objet d'un recours actuellement pendant devant le Tribunal fédéral;
Vu le recours formé le 25 août 2014 par A_, B_ et C_ contre l'ordonnance du 11 juillet 2014, dont ils demandent l'annulation en tant qu'elle exclut l'apport des pièces bancaires, faisant essentiellement valoir que lesdites pièces établissent le lien entre F_ et D_;
Que les recourants sollicitent, à titre préalable, l'octroi de l'effet suspensif, n'exposant cependant pas de motifs à l'appui de leur requête;
Que l'intimée conclut, principalement, au rejet de la requête d'effet suspensif ainsi qu'à l'irrecevabilité du recours, relevant que la requête n'est pas motivée et que la décision dont est recours n'est pas susceptible de causer aux recourants un dommage difficilement réparable;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que le recours est recevable contre des décisions et ordonnances d'instruction de première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC);
Qu'en l'espèce, la décision querellée est à une ordonnance d'instruction, qui se rapporte à l'administration des preuves;
Qu'ainsi, la voie du recours n'est ouverte que si l'ordonnance est susceptible de causer un préjudice difficilement réparable au recourant;
Que dans le cadre d'un recours, la cognition de la Cour est limitée à la constatation manifestement inexacte des faits et à la violation du droit (art. 320 CPC);
Que selon l'art. 325 al. 2 CPC, l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire de la décision attaquée, le recours ne déployant dans la règle (art. 325 al. 1 CPC) aucun effet suspensif;
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Que l'instance de recours jouit d'un large pouvoir d'appréciation dans le cadre de la décision sur effet suspensif (Jeandin, in CPC, Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n° 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'en l'espèce, il convient en premier lieu de relever que la requête d'effet suspensif est dépourvue de motivation;
Que, par ailleurs, au vu de l'argumentation des recourants, le risque d'un préjudice difficilement réparable n'est pas manifeste;
Qu'en effet, la décision d'exclure les pièces bancaires contenues dans la procédure pénale dont l'apport a été ordonné pourra, le cas échéant et en cas de jugement défavorable pour les recourants, être contestée en appel contre le jugement au fond, l'instance d'appel ayant en outre la possibilité d'administrer des preuves (art. 316 al. 3 CPC) ou de renvoyer la cause en première instance pour complément d'instruction (art. 318 al. 1 let. c CPC);
Qu'en outre, le seul prolongement de la procédure ne constitue pas un préjudice difficilement réparable;
Que le présent recours est donc,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chances de succès, car irrecevable;
Que, dès lors, la requête des recourants tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance querellée doit être rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3), et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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