# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 983d405d-2e4d-5b6b-aa82-2b0d6ad4275d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après l'intéressé ou le recourant) est né le _ 1944, ressortissant des États-Unis d'Amérique (ci-après USA) et divorcé. Selon le fichier de l'office cantonal de la population et des migrations (ci-après OCPM), il est titulaire d'un permis d'établissement C, a quitté la Suisse pour les USA en 1985, est revenu à Genève en 1989, s'est installé à Wollerau (SZ) en 1999, puis à Wilen (TG), avant de revenir à Genève le 4 août 2015 où il est domicilié chez Mme B_. Il est père de C_, qui a été domiciliée à Genève, en provenance de New-York, entre le 20 janvier 2010 et le 30 septembre 2011, date à laquelle elle est partie à Londres.
2. Le 16 février 2016, le service de l'assurance-maladie (ci-après le SAM) a informé l'intéressé de son obligation de s'affilier à la LAMal et lui a demandé de produire un certificat d'assurance-maladie.
3. Le 24 avril 2016, l'intéressé a informé le SAM qu'il était âgé de 71 ans et citoyen américain. Il était au bénéfice d'un permis de séjour suisse permanent C depuis plus de vingt ans. Il avait quitté le canton de Schwyz pour s'installer à Genève durant le dernier trimestre de l'année 2015. Il résidait six mois de l'année à Genève et six mois en Floride. Son assurance médicale couvrait tout : les hospitalisations, les visites chez le médecin et les médicaments sous ordonnance. La loi des États-Unis exigeait que toutes les personnes devaient adhérer et payer une contribution mensuelle au cours de leur vie entière de travail pour l'assurance médicale vieillesse. À l'âge de 65 ans, il avait obtenu une couverture d'assurance médicale connue sous le nom de Medicare. C'était l'assurance médicale qu'il avait utilisée quand il vivait dans le canton de Schwyz. Il transmettait au SAM, comme preuve, une copie de sa carte d'assurance-maladie Medicare.
4. Le 23 mai 2016, le SAM a demandé à l'intéressé de lui faire parvenir le formulaire de contrôle de l'équivalence de l'assurance-maladie qui lui était communiqué dûment rempli, signé et timbré par Medicare.
5. Le 7 juillet 2016, le SAM a relancé l'intéressé en lui octroyant un ultime délai au 7 août 2016 pour lui envoyer les documents requis.
6. Par courriel du 21 juillet 2016, le SAM a indiqué à l'intéressé qu'il ne pouvait pas le dispenser de l'assurance-maladie suisse sans le formulaire requis.
7. Par courriel du 21 juillet 2016, l'intéressé a indiqué au SAM qu'il n'était pas compris et victime de deux bureaucrates rigides l'un aux États-Unis et l'autre en Suisse. Le canton de Schwyz avait accepté immédiatement son assurance-santé Medicare. Cette dernière était une institution gouvernementale des USA. Medicare avait accepté de lui faire parvenir une lettre indiquant qu'il avait une assurance-maladie. Il était couvert par celle-ci depuis sa retraite à l'âge de 65 ans. Il était actuellement chez lui, en Floride.
8. Le 6 septembre 2016, le SAM a procédé à l'affiliation d'office de l'intéressé auprès de Mutuel Assurance Maladie SA à partir du 1
er
septembre 2016.
9. Le 4 novembre 2016, l'intéressé a formé opposition à la décision précitée.
10. Le 20 décembre 2016, le SAM a demandé à l'intéressé de lui transmettre les conditions détaillées de sa couverture d'assurance-maladie.
11. Dans le courant du mois de juin 2017, l'intéressé a adressé au SAM les conditions générales de Medicare ainsi que celles de UnitedHealthcare.
12. Par décision sur opposition du 25 juillet 2017, le SAM a rejeté l'opposition formée par l'intéressé. Selon l'art. 3 al. 1 LAMal, toute personne domiciliée en Suisse devait s'assurer pour les soins en cas de maladie ou être assurée par son représentant légal dans les trois mois qui suivent sa prise de domicile ou sa naissance en Suisse.
L'obligation de s'assurer concernait tant les citoyens suisses que les ressortissants étrangers. S'agissant de cette obligation, la LAMal reposait sur le principe de la territorialité, sauf exceptions expressément prévues par la loi. Ainsi, par prise de domicile en Suisse, il fallait entendre prise de domicile dans le canton. En l'occurrence, l'intéressé était arrivé à Genève le 4 août 2015 et était au bénéfice d'un permis d'établissement C depuis le 8 février 2016. Par conséquent, il était tenu de s'assurer à l'assurance obligatoire des soins conformément à la LAMal. Les conditions d'une dispense à l'obligation de s'assurer au sens de l'art 2 al. 2 OAMal n'étaient pas réalisées. Son assurance ne le couvrait pas en cas d'urgence en Suisse. La condition de l'équivalence à la LAMal n'était ainsi pas remplie.
Il ne remplissait pas non plus les conditions d'une exception à l'obligation de s'assurer prévues par l'art. 2 al. 8 OAMal. Pour qu'une personne puisse bénéficier de cette exception, il fallait qu'elle dispose d'une assurance étrangère privée dont la couverture dépassait de beaucoup les prestations de la LAMal et, qu'en raison de son âge et/ou de son état de santé, cette personne ne pourrait plus conclure une assurance complémentaire de la même étendue que son ancienne assurance ou ne pourrait le faire qu'à des conditions difficilement acceptables. En l'espèce, l'intéressé ne disposait pas d'une assurance étrangère privée dont la couverture dépassait de beaucoup les prestations de la LAMal. Par conséquent, les exigences posées par l'art. 2 al. 8 OAMal n'étaient pas réunies.
L'attention de l'intéressé était attirée sur le fait que le SAM avait soumis sa problématique à l'Office fédéral de la santé publique, qui avait confirmé qu'il n'y avait pas de motif pour l'exempter de la LAMal.
13. Le 22 août 2017, l'intéressé a formé recours contre la décision précitée auprès de la chambre des assurances sociales de la Cour de justice. Il faisait valoir qu'il résidait la moitié de l'année à Genève et l'autre moitié en Floride, aux USA. Il avait épousé une femme suisse originaire du Valais. Pour sauver ce mariage, il avait abandonné sa carrière de premier plan à Wall Street et à la Bank D_. Il avait été directeur et directeur général par intérim de la filiale de cette banque à Genève. Son mariage avait échoué et il était ensuite allé travailler au siège mondial du E_ à Zurich en tant que directeur alors qu'il était âgé de 36 ans. Il avait alors épousé une autre citoyenne suisse. Il avait ensuite fondé une entreprise à Zurich, puis d'autres entreprises commerciales engagées dans des investissements suisses et américains. Il avait une police d'assurance-maladie supplémentaire avec une compagnie d'assurance américaine privée appelée UnitedHealthcare. Cette police d'assurance-maladie supplémentaire le couvrait pour tous les types de services médicaux, qui avaient besoin d'une attention nécessaire en plus des services médicaux qui nécessitaient une attention d'urgence universellement dans le monde. Le SAM avait mené une collusion criminelle avec la société d'assurance Mutuel Assurance Maladie SA. Ils avaient tous deux profané et violenté délibérément son libre arbitre et créé un contrat d'assurance-maladie sans son consentement. Cette violation criminelle de la coercition rendait tout contrat exécuté de cette manière nul. Mutuel Assurance Maladie SA le harcelait toujours en exigeant continuellement qu'il paie un tel contrat criminel et affirmait qu'il ne pouvait pas annuler ce contrat. Le recourant concluait à ce que le SAM annule la police d'assurance-maladie à laquelle il l'avait affilié sans son consentement et à ce que Mutuel Assurance Maladie SA cesse son harcèlement et ses demandes en paiement, avec suite de frais et dépens.
14. Par réponse du 17 octobre 2017, le SAM a conclu au rejet du recours. Il relevait que l'intéressé avait indiqué avoir sa famille et ses amis en Suisse et qu'il n'avait pas été en mesure de produire le formulaire requis. L'intéressé était tenu de s'assurer à l'assurance obligatoire des soins conformément à la LAMal, car il avait pris domicile dans le canton, étant précisé qu'il avait indiqué, notamment, avoir sa famille et ses amis en Suisse. Les conditions d'une dispense n'étaient pas réalisées pour les motifs déjà évoqués dans la décision querellée.
15. Le recourant a été convoqué le 26 avril 2018 à une audience fixée au 27 juin 2018.
16. Le 17 juin 2018, il a informé la chambre de céans qu'il ne pourrait pas y assister, car, pour des raisons personnelles, il devait être chez lui, aux USA. Comme il était avocat, à la retraite et âgé de 74 ans, il soumettait à la chambre des assurances sociales le cas, qui était un simple arbitrage des règlements administratifs et des pratiques subjectives des collaborateurs du SAM. Celle-ci disposait de suffisamment de pièces pour trancher l'affaire en son absence.
17. Le 13 novembre 2018, la chambre de céans a informé le recourant qu'elle estimait nécessaire de l'entendre et lui a demandé quand il se trouverait à Genève.
18. Le 22 novembre 2018, le recourant a informé la chambre de céans, par téléphone, qu'il ne viendrait pas à Genève avant le mois de juin. Il pensait qu'il n'était pas nécessaire de le convoquer.
19. Le 23 novembre 2018, la chambre de céans a informé l'assuré qu'elle renonçait à son audition et lui a demandé de répondre par écrit aux questions suivantes :
- Comment partagez-vous votre temps entre les États-Unis et la Suisse ?
- Quel statut avez-vous aux États-Unis ?
- Avec quel pays avez-vous les liens les plus proches ?
- Où se trouve votre centre d'intérêts principal (famille, amis, activités de loisirs) ?
- Cette situation a-t-elle changé depuis septembre 2016 ?

## Considerations