# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9d82a46e-7594-54b6-b5c0-531e65fb58e3
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, né en Turquie en 1970, marié et père de deux enfants, a exercé la profession de manœuvre dans la construction puis, dès juillet 1990, d’employé de fromagerie. Le 20 octobre 1992, il a reçu une meule de fromage d’une quarantaine de kilos sur l’épaule gauche. En arrêt de travail depuis le 9 février 1993, il s’est soumis à une intervention chirurgicale les 27 août 1993 et 21 avril 1994.
Saisi d’une première demande de prestations, l’Office de l’assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après : l’office AI) a mis en place un stage d’observation professionnelle (du 21 août au 15 septembre 1995; rapport du 19 septembre 1995), puis a octroyé à l’assuré une rente entière d’invalidité du 1er février au 30 novembre 1994 (décision du 24 janvier 1996).
B. A la suite d’une nouvelle demande de prestations, l’office AI a mis en œuvre une expertise médicale pluridisciplinaire. Dans un rapport daté du 20 janvier 1999, les médecins de B._ ont diagnostiqué un syndrome de la douleur chronique touchant essentiellement l’épaule gauche, le membre supérieur gauche et le membre inférieur gauche dans le cadre d’un status après traumatisme de l’épaule gauche (du 20 octobre 1992), un état dépressif sévère sans symptôme psychotique et une personnalité passive agressive avec traits narcissiques; les médecins ont indiqué qu’ils doutaient que l’assuré puisse travailler à plus de 50 % dans une activité adaptée.
Par décision du 2 septembre 1999, l’office AI a confirmé l’octroi d’une rente entière d’invalidité du 1er février au 30 novembre 1994, puis alloué à l’assuré une demi-rente de l’assurance-invalidité dès le 1er décembre 1994.
C. Le 17 mai 2001, l’assuré a demandé la révision de son droit à des prestations de l’assurance-invalidité en raison d’une aggravation de son état de santé sur le plan psychique. L’office AI a mis en œuvre une expertise psychiatrique. Dans un rapport du 19 mars 2002, le Dr C._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a diagnostiqué un épisode dépressif (actuellement moyen) avec syndrome somatique et un trouble de la personnalité, ainsi que des difficultés liées à l’acculturation et au contexte familial; le médecin a confirmé que l’assuré disposait d’une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée.
Le 11 novembre 2002, l’office AI a confirmé le droit de l’assuré à une demi-rente d’invalidité. Par arrêt 5S 02 841 du 27 mars 2003, le Tribunal administratif du canton de Fribourg (actuellement Tribunal cantonal, Ire Cour des assurances sociales) a rejeté le recours formé par l’assuré contre cette décision. Par communications des 11 février 2004 et 7 septembre 2007, l’office AI a maintenu l’octroi une demi-rente d’invalidité.
D. Le 15 juin 2012, l’assuré a demandé une révision de son droit à une rente de l’, puis a séjourné à D._ du 27 décembre 2012 au 4 février 2013. A l’invitation de l’office AI, le docteur E._, spécialiste en en psychiatrie et psychothérapie et médecin adjoint à D._, a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen, et une fracture de l’épaule gauche avec douleur chronique post-traumatique; d’un point de vue psychique, l’assuré était capable de reprendre une activité professionnelle dans un environnement calme à temps partiel au moins (avis du 30 septembre 2013). Le 22 mai 2013, le Dr F._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a repris les diagnostics du Dr E._, mais s’est interrogé sur l’existence d’une psychose à bas bruit, avec un état un peu déficitaire et un délire
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somatoforme. En se fondant sur l’avis du 31 octobre 2013 du médecin de son Service médical régional (SMR), l’office AI a maintenu le droit de l’assuré à une demi-rente d’invalidité (décision du 6 août 2014).
E. Le 8 mai 2015, l’assuré a déposé une nouvelle demande de révision, invoquant une péjoration de son état de santé sur les plans physique et psychique. Dans un avis du 3 octobre 2015, le Dr F._ a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère, sans symptômes psychotiques, des modifications gênantes de la personnalité (status après contusion de l’épaule gauche), un trouble somatoforme sans précision et un abus d’alcool probable; il a précisé qu’il lui était impossible d’imaginer son patient avec une capacité de travail quelconque.
L’assuré s’est ensuite soumis à une nouvelle expertise psychiatrique. Dans un rapport daté du 27 avril 2016, le Dr G._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent (d’un degré léger au moment de l’expertise) avec syndrome somatique, ayant évolué ces derniers temps à un trouble dépressif avec des épisodes moyens avec syndrome somatique avec des rechutes ayant amené l’assuré à séjourner à D._ (notamment du 27 décembre 2012 au 4 février 2013 et du 4 décembre 2013 au 10 février 2014) et un syndrome douloureux somatoforme persistant, d’évolution lente ces dernières années; le psychiatre a exclu une aggravation de l’état de santé depuis la dernière décision de l’assurance-invalidité. Par décision du 5 juillet 2016, l’office AI a rejeté la demande de révision et confirmé le droit de l’assuré a une demi-rente d’invalidité.
A la demande de l’assuré, le Dr F._ a pris position le 5 septembre 2016 sur les conclusions de l’expertise psychiatrique, soulignant en particulier qu’on ne pouvait exclure une psychose chronique à bas bruit (le délire somatoforme concernerait les aspects tout à fait bizarres des plaintes douloureuses à point de départ de l’épaule). Après la retraite du Dr F._, la Dre H._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie d’enfants et d’adolescents, a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère, avec symptômes psychiques, un trouble obsessionnel compulsif et un trouble de la personnalité, sans précision; sur le plan psychique, elle a indiqué une incapacité de travail de plus de 70 % (avis du 4 février 2017).
Par arrêt 605 2016 197 du 20 juin 2017, le Tribunal cantonal, Ire Cour des assurances sociales, a rejeté le recours formé par l’assuré contre la décision du 5 juillet 2016.
F. Le 3 mai 2018, le Dr I._, médecin-chef de clinique adjoint de D._, a informé l’office AI que l’assuré avait été hospitalisé le 9 mars 2018 en raison d’un état dépressif sévère avec des symptômes psychotiques dans le contexte d’un trouble dépressif récurrent. A la demande de l’office AI, A._ a rempli le 14 juin 2018 un questionnaire pour la révision de sa rente d’invalidité et indiqué que son état de santé s’était aggravé depuis 2013. Dans un avis du 22 juin 2018, le Dr J._, spécialiste en chirurgie et médecin auprès du SMR, a relevé que l’assuré – respectivement le Dr I._ – n’avait pas rendu plausible une modification des atteintes à la santé.

## Considerations