# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 648b3d67-ae7d-58eb-95f7-15b27e58dc8f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
que, ressortissant marocain, né en 1967, A._ est entré en Suisse le 9 janvier 2003 et a obtenu une autorisation de séjour dans le canton de Vaud suite à son mariage avec une ressortissante suisse. Un permis d'établissement lui a été délivré le 18 avril 2008;
que, séparé de son épouse (dont il a divorcé le 15 novembre 2015), l'intéressé a déposé, le 2 octobre 2008, une demande de changement de canton pour vivre dans le canton de Fribourg avec une nouvelle partenaire. Il a maintenu cette requête après que cette dernière ait informé le Service de la population et des migrants (SPoMi) le 18 août 2009 qu'elle ne faisait plus ménage commun avec lui. Le 19 janvier 2010, le changement de canton a été autorisé et un permis d'établissement a été accordé au requérant;
que ce dernier n'a pas d'enfant reconnu en Suisse;
que, depuis son arrivée dans le canton, A._ a été condamné par ordonnances pénales à 5 reprises entre le 15 décembre 2009 et le 27 juin 2017 à un total de 220 heures de travail d'intérêt général et à 60 jours-amende pour des infractions essentiellement en lien avec ses relations personnelles (injure, utilisation abusive d'une installation de télécommunication, menaces, dommage à la propriété, violation de domicile, tentative de contrainte);
que, sous l'angle professionnel, l'intéressé a une formation en économie et finance et a acquis, dans ce domaine, des compétences en informatique. Il a travaillé dans son pays d'origine en qualité de comptable et a continué pendant un temps cette activité en Suisse, notamment dans l'enseignement de la comptabilité. En raison de problèmes psychiques et d'une consommation excessive d'alcool, il a perdu ses emplois. Malgré diverses tentatives de retrouver du travail, l'intéressé n'a plus exercé d'activité lucrative depuis 2009. Ses difficultés ont conduit la Justice de paix à le placer sous curatelle de représentation et de gestion du patrimoine;
que sa situation financière s'est constamment aggravée depuis 2009. Au 25 octobre 2017, il faisait l'objet d'actes de défaut de biens pour un montant de CHF 124'618.65;
que, par ailleurs, il bénéficie de l'aide sociale depuis 2010 (avec une brève interruption en 2012). Au 26 octobre 2017, sa dette s'élevait à CHF 14'573.70 auprès du Service social de B._, à laquelle s'ajoutait celle dont il est redevable par CHF 96'920.60 auprès du Service social de C._. Suite à son déménagement à D._ en septembre 2018, il dépend actuellement du Service social de E._ qui lui verse une aide de CHF 1'577.- par mois (cf. lettre du Service social de E._ du 5 février 2019, communiqué le 28 février 2019 par le curateur);
que, par décision du 16 décembre 2015, après avoir entendu l'intéressé, le SPoMi a prononcé à son encontre une menace de révocation de son permis d'établissement et de renvoi. Compte tenu de la durée du séjour en Suisse de cette personne et de son état de santé tel qu'établi par un rapport médical du 27 novembre 2015 (diagnostic de trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen et de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool, syndrome de dépendance, actuellement abstinent en milieu protégé), l'autorité a estimé qu'il convenait de lui accorder une ultime chance et de renoncer à prendre une mesure d'éloignement. A._ a été formellement averti que si, à l'avenir, il devait à nouveau faire l'objet de plaintes fondées et ne
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pas s'intégrer socialement et professionnellement, il s'exposerait à une révocation de ses conditions de séjour. Cette décision est entrée en force sans être contestée;
que, le 24 août 2017, le Service de l'application des sanctions pénales et des prisons a converti 40 jours-amende à CHF 90.- non payés en 40 jours de peine privative de liberté de substitution. L'intéressé a purgé sa peine du 9 octobre au 18 novembre 2017;
que, le 7 novembre 2017, le SPoMi a fait savoir à A._ qu'en raison de sa condamnation du 27 juin 2017 - à une peine de 20 jours-amende pour tentative de contrainte - et de sa dépendance durable à l'aide sociale, il envisageait de prendre à son encontre une décision de révocation de son autorisation d'établissement et de renvoi de Suisse et l'a invité à faire valoir ses éventuelles objections;
que le concerné n'a pas donné suite à cette invitation;

## Considerations