# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 64951640-6160-5e2c-927b-e54fa9198052
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte remis au greffe de la prison de B_ le 30 septembre 2020, et reçu par le greffe de la Chambre de céans le 2 octobre 2020, A_ recourt contre l'ordonnance du 29 septembre 2020, par laquelle le Tribunal de police a refusé de révoquer son avocat d'office.
Il conclut à l'annulation de cette décision.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Le 10 août 2020, le Ministère public a prévenu A_ de rupture de ban et d'infraction à l'art. 33 LArm.
b.
Le même jour, il a ordonné une défense d'office en sa faveur en la personne de M
e
C_ (art. 132 CPP).
c.
Par email du 20 août 2020, le conseil de A_ a demandé que des images de vidéosurveillance soient versées à la procédure afin d'attester que l'arme retrouvée sur son client ne lui appartenait pas. Par celui du 25 suivant, il a demandé la jonction de la procédure avec une autre cause à laquelle son client avait fait opposition.
d.
Par courrier du 18 août 2020, A_ a demandé le remplacement de son défenseur d'office parce que ce dernier ne voulait pas prendre sa défense.
e.
Dans sa réponse du 25 suivant, M
e
C_ a contesté cette allégation; les conditions de son remplacement n'étaient
a priori
pas réalisées; il avait assisté son client devant le Ministère public et lui avait rendu visite à B_; la demande du prévenu reflétait vraisemblablement des certitudes erronées quant à la procédure suisse.
f.
Par ordonnance du 26 août 2020, le Ministère public a refusé de relever l'avocat de sa mission.
A_ n'a pas recouru contre cette décision.
g.
Par avis de prochaine clôture de l'instruction du 4 septembre 2020, le Ministère public a annoncé la rédaction d'un acte d'accusation et a imparti un délai au prévenu pour ses éventuelles réquisitions de preuves.
h.
Le 15 septembre 2020, le Ministère public a renvoyé A_ en jugement.
i.
Le 18 septembre 2020, A_ a demandé au Ministère public, qui l'a transmis au Tribunal de police, un nouveau changement d'avocat d'office. Son conseil n'était venu le voir qu'à une reprise à B_; il n'avait pas reçu de réponse à ses courriers. Il n'avait pas confiance en ce conseil. Il avait déposé une demande de mise en liberté.
j.
Le 24 septembre 2020, M
e
C_ s'en est rapporté à justice sur la demande de remplacement de son client; il lui semblait que, parfois, l'explication juridique ne correspondant pas au souhait de son client était interprétée par ce dernier comme une mauvaise défense.
À teneur de la note du greffier du 25 suivant, M
e
C_ a confirmé que le courrier du 14 septembre précédent de son client ne devait pas être considéré comme une demande de mise en liberté.
k.
Le 30 septembre, le conseil du prévenu a sollicité la jonction de la procédure avec celle pendante devant le Tribunal.
C.
Dans son ordonnance querellée, le Tribunal de police a considéré que la relation de confiance entre A_ et son défenseur n'apparaissait pas, de fait, gravement perturbée; il appartenait à l'avocat nommé d'office de "
décider de la conduite du procès et qu'il ou elle ne saurait se faire le simple interprète des sentiments et des arguments de son client
".
D.
a.
Dans son recours, A_ affirme que son avocat, accompagné de son associé, lui avait conseillé de mentir devant le Tribunal, de changer de version en donnant celle que ce dernier avait inventée. Il considère que le lien de confiance était rompu.
b.
Le Tribunal de police confirme sa décision sans autres observations.
c.
M
e
C_ s'en rapporte à justice tout en contestant les allégués de son client, lequel vivait mal sa détention. Il précise néanmoins que son associé l'excusera lors de l'audience, de sorte que son client serait défendu par un autre avocat que lui.
E.
a.
Par jugement du 16 octobre 2020, le Tribunal de police a condamné A_ pour rupture de ban (art. 291 CP) et l'a acquitté de l'infraction à l'art. 33 al. 1 let. a LArm.
b.
Par courrier du même jour, A_ a déclaré faire appel de ce jugement. Il a à nouveau demandé le changement d'avocat d'office.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
2.1.
Selon l'art. 133 CPP, le défenseur d'office est désigné par la direction de la procédure compétente au stade considéré (al. 1); lorsqu'elle nomme le défenseur d'office, la direction de la procédure prend en considération les souhaits du prévenu dans la mesure du possible (al. 2).
Une demande de remplacement du défenseur d'office (art. 134 CPP) ne peut être admise que si, pour des motifs objectifs, une défense compétente et efficace des intérêts du prévenu n'est plus garantie (ATF
116 Ia 102
consid. 4b/aa). Le simple fait que la partie assistée n'a pas confiance dans son conseil d'office ne lui donne cependant pas le droit d'en demander son remplacement, lorsque cette perte de confiance repose sur des motifs purement subjectifs et qu'il n'apparaît pas de manière patente que l'attitude de l'avocat d'office est gravement préjudiciable aux intérêts de la partie (ATF
138 IV 161
consid. 2.4 p. 164;
114 Ia 101
consid. 3 p. 104; arrêt du Tribunal fédéral 1B_375 2012 du 15 août 2012 consid. 1.1).
2.2.
En l'espèce, le recourant n'a pas attaqué la décision du Ministère public refusant de remplacer le conseil nommé d'office. Ses nouveaux griefs ne sont pas de nature à conduire à une appréciation différente de celle faite précédemment.
Force est de constater que le manque de confiance allégué est purement subjectif. Le recourant, à suivre son conseil, ne semble pas d'accord avec les explications juridiques qui lui sont données. Il ne relate aucun fait précis permettant à la Chambre de céans d'apprécier si la relation de confiance serait perturbée, qui plus est gravement. Etant précisé qu'il est du devoir de l'avocat de faire part de son avis juridique sur la situation de son client.
Au regard des conditions strictes de l'art. 134 al. 2 CPP, le changement du défenseur d'office ne se justifie donc pas et le prévenu, qui bénéfice d'une défense d'office prise en charge par l'État, ne peut pas choisir librement son défenseur.
Au vu de l'ensemble de ces éléments, c'est donc à bon droit que le remplacement du défenseur du recourant a été refusé par le Tribunal de police.
3.
Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée.
4.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixés en totalité à CHF 300.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *