# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7e50fb37-acc6-5373-b313-84dcf0338e7b
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2002
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. La commune de Collonge-Bellerive (ci-après, la commune) est propriétaire de la parcelle n° 8117, feuille 61 du cadastre de ladite commune dont l'adresse est, 20, chemin de Relion. Cette parcelle est située en zone sportive.
2. Actuellement une partie de la parcelle n°8117, soit environ 23'300 m2 est occupée par un tennis-club, lequel comporte sept courts extérieurs ainsi que deux murs d'entraînement. Dix places de stationnement sont à la disposition des utilisateurs du tennis-club, situées sur le chemin de Relion, disposées perpendiculairement.
3. Le 16 juin 1999, au cours d'une assemblée générale extraordinaire du tennis-club, M. S., président, a présenté un projet pour l'édification d'une structure couverte ainsi que de nouveaux aménagements sur la parcelle précitée.
4. Par courrier du 27 septembre 1999 adressé à la commune, plusieurs propriétaires voisins du tennis-club ont formulé un certain nombre de critiques au projet.
5. Le 25 novembre 1999 a eu lieu une séance d'information relative au projet de construction précité. Suite à cette réunion, diverses observations ont été formulées.
6. Tenant compte des remarques émises lors de la procédure informelle de consultation, la commune a fait exécuter trois études supplémentaires, soit une expertise hydraulique des collecteurs sur le territoire de la commune, une étude d'aménagement du chemin de Relion et une étude complète de la gestion arboricole dans le secteur du chemin du Relion et du Fosseau.
7. Le 20 janvier 2000, la commune a déposé auprès du département de l'aménagement, de l'équipement et du logement (ci-après : DAEL) une demande définitive d'autorisation de construire portant sur la construction d'une halle de tennis pour quatre courts avec vestiaires, l'aménagement de cinq courts extérieurs et la création de dix-huit places de parc supplémentaires.
Selon le projet de la commune, la redistribution des courts impliquait le passage de sept courts extérieurs à quatre courts intérieurs et cinq courts extérieurs. La halle avait une surface au sol d'environ 2'800 m2. La hauteur moyenne prévue était de 7m40 (10,50 au faîte et 4,40 en bas de pente). Sa volumétrie était inférieure à 20'000 m3. En fait le volume bâti net hors sol était encore inférieur étant donné que le bâtiment était enterré par endroits de 1m50 à 2m.
Les places de stationnement passaient de douze à trente.
Cette requête prévoyait l'abattage d'arbres pour la réalisation du projet.
8. Tous les préavis recueillis lors de l'instruction de ladite requête ont été favorables au projet litigieux, notamment celui de la commission d'architecture du 29 février 2000, celui de l'office des transports et de la circulation du 13 mars 2000 (ci-après; OTC), celui du département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'énergie (ci-après; DIAE), service nature et paysage du 3 mars 2000, celui de la direction de l'aménagement du 5 avril 2000, celui de la commune du 25 mai 2000 et celui de la direction du patrimoine et des sites du 21 février 2000.
9. Par pli du 31 mars 2000 adressé au DAEL, plusieurs riverains du tennis-club ont manifesté leur opposition au projet.
10. Le 29 juin 2000 la commune a déposé une requête en autorisation pour abattage d'arbres et élagage auprès du DIAE.
11. Le service des forêts, de la protection de la nature et du paysage a admis l'abattage et l'élagage d'arbres prévus les 14 et 25 juillet 2000, pour autant que des arbres soient replantés pour une valeur d'au moins CHF 20'000.-.
12. Le DAEL a délivré l'autorisation définitive de construire le 23 janvier 2001 notamment parce que le projet était conforme aux dispositions régissant la zone sportive et que l'ensemble des préavis recueillis était favorable. La publication de l'autorisation a eu lieu dans la Feuille d'avis officielle du 26 janvier 2001.
13. Le 23 février 2001 M. et Mme B., M. et Mme L., Mme F., M. L., M. et Mme K., Mme M., M. et Mme H., M. et Mme P. (ci-après : les recourants), tous propriétaires de parcelles voisines de la parcelle 8117 ont recouru contre la décision précitée par devant la Commission cantonale de recours en matière de constructions (ci-après : la commission). Ils ont fait valoir le caractère inesthétique de la construction au vu des dimensions prévues, les problèmes de circulation dus aux difficultés de stationnement et à la fluidité du trafic ainsi que les nuisances sonores et visuelles. L'autorisation d'abattage d'arbres n'avait pas encore été rendue à cette date.
14. Dans sa réponse du 29 mars 2001 la commune a conclu au rejet du recours. Elle a fait valoir que tous les préavis étaient positifs, que la volumétrie de la halle était bien inférieure à ce qui avait été allégué par les recourants; conforme au caractère sportif de la zone, elle respectait donc les critères d'esthétique imposés par la loi. Par ailleurs, les nuisances invoquées par les recourants étaient sans fondement puisque d'une part aucun éclairage nocturne n'était prévu et que d'autre part le projet prévoyait une solution adéquate aux prétendus problèmes de circulation, le bruit occasionné par une telle installation étant par ailleurs parfaitement conforme à la zone considérée.
15. La commission a appointé une audience le 15 juin 2001. Au cours de cette audience le problème de coordination entre l'autorisation de construire délivrée par le DAEL et la décision d'abattage des arbres non encore rendue par le DIAE a été évoqué. Les recourants ont formellement demandé la pose de gabarits ainsi qu'un transport sur place.
16. En conséquence, en raison de l'informalité précitée, la commission de recours a décidé de suspendre la procédure de recours contre l'autorisation de construire jusqu'à la publication de l'autorisation d'abattage d'arbres ainsi qu'au dépôt d'un recours par les mêmes parties.
17. Le 20 juin 2001, le DIAE a délivré une autorisation d'abattage d'arbres qui a été publiée dans la FAO du même jour.
18. Par acte du 18 juillet 2001, les recourants ont formé recours auprès de la commission contre la décision d'abattage d'arbres en invoquant la violation du principe de coordination matérielle et formelle.
19. Par pli du 26 septembre 2001, la commission a informé les parties du fait que les deux recours avaient été joints.
20. Dans son courrier du 12 octobre 2001, la commune a conclu au rejet du deuxième recours interjeté par les recourants. Elle considérait que, puisque tout document utile concernant l'abattage d'arbres avait été annexé à la demande en autorisation définitive de construire, le principe de coordination matérielle avait été respecté. Malgré l'informalité quant à la publication de l'autorisation d'abattage d'arbres, le principe de coordination formelle était également respecté puisque les recourants ne subissaient aucun préjudice étant donné la suspension et la jonction des deux causes.
21. Par décision du 15 janvier 2002, la commission a prononcé le rejet des deux recours.
En substance, elle a considéré que les recourants avaient mal estimé la volumétrie de la halle, celle-ci étant au maximum de 20'000 m3 et n'entraînant pas l'impact inesthétique allégué par les recourants. De plus, le projet prévoyant des solutions adéquates aux problèmes de circulation, les éventuels bruits liés à l'utilisation du tennis-club étant conformes à l'affectation de la zone, le grief d'éventuelles nuisances pour le voisinage était également infondé. Pour le surplus, le principe de coordination matérielle était respecté puisque la requête d'autorisation de construire contenait tous les éléments nécessaires à l'examen de la question de l'abattage des arbres. L'informalité dans la publication des autorisations était sans conséquence puisque la procédure de recours contre l'autorisation de construire avait été suspendue jusqu'à la publication de l'autorisation d'abattage des arbres et au dépôt du recours.
22. Par acte du 18 février 2002, Mme B., M. et Mme L., Mme F., M. L., Mme M., M. et Mme H., M et Mme P. ont recouru à l'encontre de la décision précitée. Reprenant en substance les arguments déjà développés devant la commission, ils ont invoqué pour le surplus la violation du droit d'être entendu du fait que la commission de recours n'avait pas donné suite à la demande de pose de gabarits ni à un transport sur place.
23. Dans sa réponse du 22 mars 2002, le DIAE s'est uniquement exprimé sur le principe de coordination. Son argumentation était identique à celle qui avait déjà été développée à ce sujet par la commune de Collonge-Bellerive. Le DIAE concluait au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée.
24. Le DAEL s'est opposé au recours. Comme la commission ne s'était pas écartée des préavis favorables et concordants délivrés par les services compétents, on ne pouvait lui reprocher une violation du droit d'être entendu ni une mauvaise appréciation du caractère esthétique de la construction. De même, on ne pouvait retenir d'inconvénients graves puisque le projet correspondait à l'affectation de la zone et que les préavis étaient favorables et ne faisaient état d'aucune nuisance. Il ne retenait aucune violation du principe de la coordination.
25. Dans son mémoire du 5 avril 2002, la commune a repris et développé l'argumentation déjà soutenue devant la commission de recours. En ce qui concernait le respect du droit d'être entendu elle a rappelé que la procédure administrative est régie à Genève par la maxime d'office et que la commission pouvait parfaitement renoncer à ordonner un transport sur place si elle estimait que cette mesure n'était pas nécessaire à la solution du litige. Elle a conclu au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée.

## Considerations

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
; art. 63 al. 1 litt. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2. Les recourants invoquent la violation du droit d'être entendu du fait que la commission de recours a rendu une décision sans avoir ordonné de transport sur place, ni la pose de gabarits alors que ces mesures avaient été expressément requises par les recourants.
3. Tel qu'il est garanti par l'article 29 alinéa 2 Cst, le droit d'être entendu comprend en particulier le droit pour l'intéressé d'offrir des preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF
122 I 53
consid. 4a p.55;
119 Ia 136
consid. 2d p. 139;
118 Ia 17
consid. 1c p. 19;
116 Ia 94
consid. 3b p.99; ATA F. du 5 janvier 1999; H. du 2 décembre 1997). Le droit de faire administrer des preuves n'empêche pas cependant le juge de procéder à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont offertes, s'il a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF
120 Ib 224
consid. 2b p. 229 et les arrêts cités). Le droit d'être entendu ne contient pas non plus d'obligation de discuter tous les griefs et moyens de preuve du recourant; il suffit que le juge discute ceux qui lui paraissent pertinents (ATF
121 I 54
consid. 2c p.57; ATF n.p. C. du 19 juin 1997; ATA P. du 24 juin 1997).