# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c09dc7f0-10bc-515a-a9ba-038b015d5fdc
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
A.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure de première instance :
a.
Le 13 octobre 2005, D_ et A_, locataires, et FONDATION DE PLACEMENT B_, bailleresse, ont conclu un contrat de bail à loyer portant sur la location d'un appartement de 4 pièces situé au 2
ème
étage de l'immeuble sis chemin 1_ [no.] _, à E_ [GE], et de la cave n° 2_ qui en dépend.
b.
Le montant du loyer et des charges a été fixé en dernier lieu à 1'658 fr. par mois.
c.
Par avis comminatoire du 15 avril 2020, la bailleresse a mis en demeure les locataires de lui régler dans les 30 jours le montant de 1'658 fr. à titre d'arriéré de loyer et de charges pour le mois de mars 2020 et les a informés de son intention, à défaut du paiement intégral de la somme réclamée dans le délai imparti, de résilier le bail conformément à l'art. 257d CO.
d.
Considérant que la somme susmentionnée n'avait pas été intégralement réglée dans le délai imparti, la bailleresse a, par avis officiel du 23 juin 2020, résilié le bail pour le 31 juillet 2020.
e.
Par requête du 21 août 2020, la bailleresse a introduit action en évacuation devant le Tribunal des baux et loyers et a en outre sollicité l'exécution directe du jugement d'évacuation.
f.
A l'audience du 13 octobre 2020, bien que dûment convoqués, les locataires n'étaient ni présents ni représentés. La bailleresse a persisté dans ses conclusions, soulignant que l'arriéré de loyers et de charges s'élevait désormais à 6'043 fr. 45.
La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience.
g.
Par jugement non motivé du 13 octobre 2020, notifié aux locataires le 17 octobre 2020, le Tribunal a condamné les précités à évacuer immédiatement de leurs personnes et de leurs biens ainsi que toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement de 4 pièces situé au 2
ème
étage de l'immeuble sis chemin 1_ [no.] _ à E_ et la cave n° 2_ qui en dépend (ch. 1 du dispositif), autorisé FONDATION DE PLACEMENT B_ à requérir l'évacuation par la force publique de D_ et A_ dès l'entrée en force du jugement (ch. 2), débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et dit que la procédure était gratuite (ch. 4).
h.
Par courrier du 26 octobre 2020, A_ a demandé la motivation du jugement.
i.
Le même jour, elle a adressé un courrier au Tribunal, transmis à la Cour le 28 octobre suivant, par lequel elle a sollicité l'octroi d'un délai humanitaire et l'octroi de l'effet suspensif.
Par arrêt
ACJC/1672/2020
du 25 novembre 2020, la Cour a déclaré irrecevable le recours interjeté le 26 octobre 2020, seul un jugement motivé pouvant être remis en cause.
j.
A la suite de la demande de motivation, le Tribunal a rendu un jugement
JTBL/7385/2020
motivé, reçu par les locataires les 4 et 5 novembre 2020.
B. a.
Par acte expédié le 16 novembre 2020 au greffe de la Cour de justice, D_ et A_ ont formé "appel" de ce jugement. Ils ont principalement conclu à son annulation, subsidiairement au renvoi de la cause au Tribunal et "en tout état de cause" à ce qu'il soit sursis à l'exécution du jugement d'évacuation jusqu'à droit connu sur le fond, sous suite de frais et dépens.
Ils ont également sollicité la suspension de l'effet exécutoire du jugement entrepris.
D_ et A_ ont produit de nouvelles pièces (n. 2, 6 et 7).
b.
Seule une procuration signée par A_ ayant été produite, la Cour a imparti le 24 novembre 2020 un délai à D_ pour verser à la procédure une procuration signée par lui.
Aucune suite n'y a été donnée.
c.
Par arrêt
ACJC/1642/2020
du 24 novembre 2020, la Cour, après avoir considéré que seules les mesures d'exécution avaient été remises en cause, de sorte que seule la voie du recours était ouverte, a rejeté la requête d'effet suspensif.
d.
Dans sa réponse du 27 novembre 2020, FONDATION DE PLACEMENT B_ a conclu à l'irrecevabilité du recours et à son rejet.
e.
Par réplique du 30 novembre 2020, D_ et A_ ont persisté dans leurs conclusions. Ils ont précisé qu'un colocataire est autorisé à agir seul en cas d'urgence, telle en l'espèce.
f.
FONDATION DE PLACEMENT B_ n'a pas fait usage de son droit de dupliquer.
g.
Le 17 décembre 2020, D_ et A_ ont déposé un complément au recours et une détermination sur la réponse du 27 novembre 2020.
h.
Les parties ont été avisées par plis du greffe du 23 décembre 2020 de ce que la cause était gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
1. 1.1
La voie de l'appel est ouverte contre les décisions d'évacuation, lorsque la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC) alors que la voie du recours est ouverte contre les décisions du Tribunal de l'exécution (art. 309 let. a CPC; art. 319 let. a CPC).
En l'espèce, il ne ressort pas des explications des locataires qu'ils contestent que les conditions pour le prononcé de leur évacuation étaient réunies, mais uniquement l'exécution de celle-ci, ayant indiqué qu'ils sollicitaient à ce qu'il soit sursis à l'exécution de leur évacuation jusqu'à droit connu sur le fond.
La voie du recours est dès lors seule ouverte.
1.2 1.2.1