# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 67bf3703-6dc3-5965-8a97-218b033c8063
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_010
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Par acte du 29 mars 2012, la Commune de A._ (ci-après: la Commune) a vendu à la société B._ SA (ci-après: la société) pour le prix de CHF 1'327'244.- une parcelle en nature de pré et surface inculte de 26'618 m2 sise en zone à bâtir (article ccc du registre foncier de la Commune, au lieu-dit D._). Il y était notamment prévu que l'immeuble était vendu en qualité de terrain à bâtir entièrement équipé en bordure de parcelle, que l'acheteuse supporterait les frais effectifs liés au raccordement, du ou des bâtiments à construire sur la parcelle vendue, au réseau d'eau potable, aux installations d'évacuation des eaux claires et usées, aux conduites électriques et téléphoniques ainsi que, cas échéant, au téléréseau, et que de plus, elle supporterait la taxe d'épuration et d'évacuation des eaux de même que la taxe pour le raccordement au réseau d'eau potable (p. 8, ch. 2 de l'acte de vente).
Le 19 août 2014, la société a obtenu un permis (no eee) pour la construction d'une usine, et d'un bâtiment administratif, l'aménagement de fff places de parc et ggg cases vélos [...].
Par facture du 28 août 2014, la Commune a notifié à la société un montant de CHF 103'011.65 au titre de "taxe de raccordement aux eaux usées":
ZIP no hhh Fact. no 27206 Article Quantité Unité Prix Rabais Total CHF Concerne: Dossier N° eee Permis de construire Emoluments communaux 2 200.00 400.00 Forfait: eau de construction 1 500.00 500.00 Taxe de raccordement à l'eau potable 1 1'500.00 1'500.00 Taxe de raccordement aux eaux usées: = surface x indice de construction x CHF 11.06 Taxe de raccordement aux eaux usées 26'618 3.87 103'011.65 Fiche technique N° 1 1 500.00 500.00 Fiche technique N° 2 1 500.00 500.00 Fiche technique N° 3 1 500.00 500.00 Sous-total 106'911.65 1) Excl. 103'011.65 8.00% 8'240.95 Total CHF 115'152.60
Après avoir indiqué en parallèle qu'elle devait connaître le nombre d'employés qui occuperaient les locaux pour "déterminer le nombre d'unités de logement (taxe relative à l'épuration)" et qu'une facture complémentaire serait ensuite établie, la Commune a adressé à la société le 17 octobre 2014 une facture totalisant CHF 56'338.50:
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ZIP no hhh Fact. no 28404 Article Quantité Unité Prix Rabais Total CHF Concerne: Dossier N° eee Permis de construire Complément de notre facture No 27206 du 28.08.2014 Taxe de raccordement par unité locative 17.75 3'174.00 56'338.50 iii places de travail avec réfectoire (selon plans déposés) - jjj à l'administration - kkk à l'atelier - lll au pliage - mmm au magasin Selon le règlement: 2 employés = 1 EH (équivalent habitant) 4 EH = 1 UL (unité locative)
B. En date du 18 novembre 2014, la société a formé réclamation à l'encontre des deux factures précitées par l'intermédiaire de son mandataire. Elle a conclu à ce que la taxe de raccordement due soit arrêtée à CHF 56'338.50 seulement, les premiers CHF 103'011.65 constituant une charge de préférence dont elle n'avait pas à s'acquitter car l'immeuble était déjà raccordable lorsqu'elle en est devenue propriétaire.
Par décision du 28 juillet 2015, la Commune a rejeté la réclamation précitée. Elle a indiqué entre autres considérations que si elle avait, sur la base de son règlement, la faculté de percevoir une charge de préférence dès que le terrain est raccordable, des dispositions légales et réglementaires applicables ne l'y contraignaient pas. Selon l'art. 31 de son règlement, la charge de préférence ne devait être déduite de la taxe de raccordement que si elle avait été effectivement perçue et il lui était possible de décider de facturer et d'encaisser la charge de préférence une fois l'immeuble concerné effectivement raccordé. Selon elle, si cela ne devait pas être admis, il n'en restait pas moins que la question de la succession fiscale avait été réglée dans le contrat de vente immobilière conclu le 29 mars 2012. La société avait repris cette obligation par convention dans le cadre de l'acte de vente immobilière et lui avait donc succédé en qualité de débitrice de la charge de préférence. La Commune a encore expliqué que toutes les autres entreprises ayant acquis du terrain dans la même zone, avaient signé des contrats de vente au contenu similaire, et s'étaient acquittées sans sourciller de la taxe de raccordement et de la charge de préférence. Elle a ajouté qu'aucune réserve n'avait été émise en relation avec la prise en charge des frais de raccordement et qu'il allait de soi qu'elle aurait dû revoir le prix de vente si elle avait su qu'elle ne pourrait pas facturer à la société la charge de préférence non perçue.
C. Le 31 août 2015, la société a interjeté recours auprès du Préfet en concluant à ce que le solde dû pour le raccordement aux eaux usées soit fixé à CHF 56'338.50, les CHF 103'011.65 de charge de préférence devant être assumés par la Commune. Elle a indiqué pour l'essentiel qu'une commune peut se voir imposer une charge de préférence pour son patrimoine tant administratif que privé à la condition qu'elle tire un avantage économique particulier de l'équipement réalisé. Elle a ajouté qu'en application du principe de causalité, la taxation d'une collectivité se justifie lorsque celle-ci bénéficie de la plus-value qu'elle a fait prendre à ses terrains en les rendant
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raccordables, un terrain raccordable étant plus attractif de sorte que les acheteurs sont prêts à payer un prix plus élevé. S'agissant de l'obligation de percevoir la charge de préférence, la société a fait valoir que dite charge devait être exigée et perçue dès qu'elle pouvait l'être hormis certains cas spécifiques (simultanéité de la possibilité de se raccorder et du raccordement, art. 41 al. 3 de la loi cantonale sur les eaux et art. 31 al. 2 et 3 de la loi sur la protection de l'environnement). Par ailleurs selon elle, en application de la jurisprudence, comme le règlement ne contenait pas de disposition prévoyant une succession fiscale, ce n'est que si elle avait accepté une reprise de dette qu'une telle succession aurait été possible. Or, l'acte de vente ne mentionnait à aucun moment qu'elle devait reprendre une dette de la Commune. Si la société n'a pas contesté devoir s'acquitter de la taxe de raccordement, elle a requis l'application du système mis en place par l'art. 31 du règlement communal, à savoir que la charge de préférence doit être déduite de la taxe due (en l'occurrence les CHF 159'350.15 correspondant au total des deux contributions facturées ./. les CHF 103'011.65 de charge de préférence). Elle a encore soulevé l'exception de prescription si sa mise à contribution n'était pas écartée pour un autre motif, auquel cas il s'agirait de déterminer à quel moment l'article ccc était devenu raccordable.
Par décision du 14 juin 2016, le Préfet du district de la Gruyère (ci-après: le Préfet) a admis le recours de la société. Il a considéré en substance - compte tenu de la réglementation communale instituant clairement l'obligation de la Commune de percevoir la charge de préférence dès qu'elle peut l'être, soit au moment où le terrain devient raccordable - que la société était devenue propriétaire bien après que la parcelle soit devenue raccordable. Il en a conclu que la dette fiscale liée à la charge de préférence était née à un moment où dite société n'en était pas encore propriétaire et qu'elle ne pouvait donc pas en être la débitrice à moins d'avoir convenu d'une succession fiscale dans le contrat de vente, la réglementation communale ne prévoyant pas expressément une succession fiscale de la dette de charge de préférence en cas de changement de propriétaire. Or, l'acte de vente du 29 mars 2012 ne mentionnait aucunement la reprise de la charge de préférence par la société et celle-ci ne pouvait pas déduire du point 2 "Garantie" de l'acte de vente qu'elle devrait s'acquitter également d'une charge de préférence, en sus des frais effectifs liés au raccordement du ou des bâtiments à construire et à la taxe d'épuration et d'évacuation des eaux. Après avoir rappelé que la taxe d'épuration et d'évacuation des eaux et la charge de préférence sont deux redevances distinctes, perceptibles généralement à deux moments différents, le Préfet a retenu qu'il n'y avait pas eu de succession fiscale. Il a également retenu que la Commune devait être traitée comme un particulier dans la mesure où le terrain en cause faisait partie de son patrimoine financier, et qu'elle avait retiré un avantage économique spécifique de l'équipement réalisé lors de la vente de ce terrain car la plus-value apportée à cette parcelle devenue raccordable lui avait permis de la vendre à un prix supérieur. Il a considéré que la déduction de la charge de préférence de la facture du 17 octobre 2014 devait être accordée à la société, puisque le montant de cette charge qui n'avait pas été effectivement perçu aurait pu et aurait dû l'être (les opérations concrètes de perception ne pouvant se limiter qu'à des écritures et transferts dans les comptes communaux sans que ceux-ci n'apparaissent en tant que charge de préférence effective). Dans un dernier point, le Préfet a exposé que la réglementation communale ne contenait pas de règles concernant la prescription du droit de prélever les taxes, de sorte qu'il était possible de s'inspirer de la loi sur les impôts cantonaux directs - applicable par analogie par renvoi de l'art. 44 al. 3 de la loi sur les impôts communaux et qui connaît un délai prescription du droit de taxer de 5 ans à compter de la fin de la période fiscale - pour considérer que le droit de percevoir la charge de préférence paraissait selon toute vraisemblance prescrit, le terrain étant probablement devenu raccordable avant 2009.
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D. Par acte du 16 août 2016, la Commune a interjeté recours à l'encontre de la décision précitée par l'intermédiaire de son mandataire. Elle invoque tout d'abord le fait que la réclamation du 18 novembre 2014 était tardive en tant qu'elle était dirigée contre la facture du 28 août 2014, (une facture distincte de celle du 20 octobre 2014 et qui ne portait pas sur le même objet), que cette facture du 28 août 2014 était entrée en force et qu'elle ne pouvait plus être annulée. Elle relève ensuite qu'une interprétation littérale du règlement communal permet d'admettre que la Commune peut décider de facturer et d'encaisser la charge de préférence seulement lorsque l'immeuble concerné a effectivement été raccordé. Après avoir précisé que le délai de prescription, qui est de dix ans pour les prestations uniques, a manifestement été respecté et que tel aurait également été le cas si l'on admettait un délai de cinq ans, la Commune fait valoir qu'on ne saurait lui imposer de se facturer elle-même une charge de préférence pour l'équipement d'un terrain appartenant à son patrimoine financier faute d'un intérêt concret à l'équipement de celui-ci, contrairement à la société. Dans un dernier point, elle soutient que si l'on devait admettre qu'il n'était pas possible de facturer la charge de préférence à la société qui n'était pas propriétaire au moment où l'immeuble était raccordable, la question de la succession fiscale a été réglée dans le cadre du contrat de vente. Elle est ainsi d'avis que la société a repris l'obligation d'assumer la charge de préférence, après avoir notamment exposé ce qui suit: "à l'occasion de la vente aucune remarque n'a été faite ni aucune réserve émise en relation avec la prise en charge des frais de raccordement notamment en relation avec la fixation du prix de vente. Or, si tel avait été le cas, il va de soi que la commune, si elle avait notamment su qu'elle ne pourrait facturer la charge de préférence non perçue, à B._ SA, aurait dû revoir le prix en question et l'argumenter d'autant. Or à aucun moment les parties n'ont évoqué cette éventualité du fait que, à l'évidence, il appartenait à l'acheteuse, seule bénéficiaire des installations à financer, de supporter le coût intégral du raccordement soit la charge de préférence et la taxe de raccordement dont les coûts estimatifs lui avaient d'ailleurs été communiqués durant tous les pourparlers".
La société a fait part de ses observations le 24 octobre 2016. Sur la question de la tardiveté de la réclamation à l'encontre de la facture du 28 août 2014, elle reproche à la commune son comportement contradictoire dans la mesure où elle est elle-même entrée en matière sur la réclamation, puis a déposé ses observations devant le Préfet sans jamais évoquer ce point. Elle ajoute qu'il s'agit d'une taxe unique de raccordement avec fixation cumulative des deux sommes prévues par l'art. 26 du règlement communal et ainsi d'une seule et même taxation avec facturation en deux temps de sorte que la réclamation ne pouvait être formulée que lorsque tous les éléments de la taxation ont été connus. Comme c'est la taxe de raccordement qui a été prélevée et non pas la charge de préférence, cette dernière aurait dû en être déduite mais ne l'a pas été, ce qui avait justifié la réclamation. Pour le surplus, elle fait valoir qu'il n'est "nullement besoin d'établir l'intention d'un propriétaire actuel de construire un bâtiment destiné à être raccordé pour que résulte un avantage économique particulier de l'équipement du terrain". Selon elle, le patrimoine administratif de la Commune a favorisé le patrimoine financier de la Commune. La taxe facturée pour le raccordement ne tient pas compte de l'avantage dont la Commune a elle-même profité une première fois lorsqu'elle a vendu le bien-fonds, et celle-ci chercherait ensuite à en profiter une seconde fois en qualité d'administratrice de son patrimoine administratif en refusant la déduction de la charge de préférence. La société maintient que la Commune doit assumer la charge de préférence comme n'importe quel propriétaire foncier "même si elle a « décidé de différer momentanément la mise en valeur » de sa parcelle en la vendant à un tiers ultérieurement. Son intention de construire ou non n'est en rien déterminante". Elle observe que l'art. 31 du règlement communal doit s'entendre dans le sens que la charge de préférence doit être déduite
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lorsque celle-ci a été perçue ou qu'elle pouvait et devait effectivement l'être mais ne l'a pas été. Quant à une éventuelle succession fiscale, elle rappelle que l'acte de vente mentionne qu'elle supporterait les contributions publiques à compter de l'entrée en jouissance mais pas qu'elle reprendrait une dette de la Commune.
Une copie de cette détermination a été communiquée pour information à la recourante le 26 octobre 2016.

## Considerations

en droit
1. a) Conformément à l’art. 114 al. 1 let. c du code fribourgeois de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1), le Tribunal cantonal connaît en dernière instance des recours contre les décisions prononcées par les préfets.
b) Le recours du 16 août 2016 contre la décision du Préfet du 14 juin 2016 a été interjeté en temps utile ainsi que dans les formes requises (art. 79 et 81 CPJA), par une autorité ayant qualité pour recourir (art. 76 let. b CPJA et art. 155 de la loi fribourgeoise du 25 septembre 1980 sur les Communes [LCo; RSF 140.1]). Par ailleurs, l'avance des frais de procédure a été déposée en temps utile. Partant, le recours est recevable.
c) L’art. 77 CPJA prévoit que le recours peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (let. b). Il peut aussi être formé pour inopportunité si l’affaire concerne le domaine des contributions publiques (art. 78 CPJA).
2. a) Aujourd’hui fondé sur l’art. 76 Cst., l’art. 3a de la loi fédérale du 24 janvier 1991 sur la protection des eaux (LEaux; RS 814.20) dispose, sous la note marginale "Principe de causalité", que celui qui est à l’origine d’une mesure prescrite par la présente loi en supporte les frais. A cet égard, conformément à l’art. 60a LEaux, les cantons veillent à ce que les coûts de construction, d’exploitation, d’entretien, d’assainissement et de remplacement des installations d’évacuation et d’épuration des eaux concourant à l’exécution de tâches publiques soient mis, par l’intermédiaire d’émoluments ou d’autres taxes, à la charge de ceux qui sont à l’origine de la production d’eaux usées.
b) Les principes des art. 3a et 60a LEaux sont concrétisés dans la loi fribourgeoise du 18 décembre 2009 sur les eaux (LCEaux; RSF 812.1). Cette loi, en vigueur depuis le 1er janvier 2011, a abrogé l'ancienne loi fribourgeoise du 22 mai 1974 d’application de l’ancienne loi fédérale du 8 octobre 1971 sur la protection des eaux contre la pollution (LALPEP). L'art. 40 LCEaux dispose que les communes prélèvent des taxes auprès des propriétaires, des superficiaires ou des usufruitiers ou usufruitières des fonds bâtis ou non bâtis, en tenant compte équitablement de l’affectation des immeubles et des bâtiments ainsi que du type et de la quantité d’eaux usées produites (al. 1). Les taxes communales - qui comprennent notamment les taxe de raccordement et charge de préférence - couvrent les coûts des installations communales d’évacuation et d’épuration; pour les installations de ce type à caractère intercommunal, elles couvrent aussi la part qui incombe à la commune (al. 2 et 3).
http://bdlf.fr.ch/data/150.1/fr/art79 http://bdlf.fr.ch/data/140.1/fr/art155 http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a76.html http://www.admin.ch/ch/f/rs/814.20/a1.html https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19910022/index.html http://bdlf.fr.ch/data/812.1/fr http://bdlf.fr.ch/data/812.1/fr
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L’art. 41 LCEaux énonce que la taxe de raccordement sert à couvrir les coûts de construction des installations publiques d’évacuation et d’épuration des eaux existantes. Pour les fonds bâtis, la taxe est perçue en entier. Pour les fonds non construits mais raccordables, une charge de préférence, correspondant au maximum à 70 % de la taxe de raccordement, est perçue. Quant aux modalités de calcul et de perception de cette taxe, l’art. 44 LCEaux renvoie à la réglementation communale (voir art. 9 al. 1 let. e LCEaux).
c) Le Règlement du 22 juin 2004 relatif à l’évacuation et à l’épuration des eaux (ci-après: REEE) a été adopté par les assemblées communales des 22 décembre 2004 et 7 juin 2004 et approuvé par la Direction de l’aménagement, de l’environnement et des constructions le 4 février 2005. Il est entré en vigueur le même jour.
Ce règlement a pour but d’assurer, dans les limites du périmètre des égouts publics défini par le PGEE, l’évacuation et l’épuration des eaux polluées, ainsi que l’évacuation des eaux non polluées s’écoulant de fonds bâtis et non bâtis. Le périmètre des égouts publics englobe: a) les zones à bâtir; b) les autres zones dès qu’elles sont équipées d’égouts; c) les autres zones dans lesquelles le raccordement au réseau d’égouts est opportun et peut
raisonnablement être envisagé (art. 1er REEE).
Dans son chapitre "IV. Financement et taxes", le REEE dispose que les propriétaires d'immeubles sont astreints à participer au financement de la construction, de l’entretien, de l’utilisation et du renouvellement des installations publiques d’évacuation et d’épuration des eaux s’écoulant de leurs fonds bâtis ou non, situés dans le périmètre des égouts publics (art. 22 REEE). Aux termes de l'art. 23 al. 1 REEE, la commune finance les installations publiques d’évacuation et d’épuration des eaux. A cette fin, elle se dote d'une planification financière pour laquelle elle dispose des ressources suivantes: a) taxes uniques (taxe de raccordement et charge de préférence); b) taxes périodiques (taxe de base, taxe d’exploitation, taxes spéciales); c) subventions et contributions de tiers.
Sous la note marginale "Taxe unique de raccordement a) Pour les fonds bâtis", l’art. 26 al. 1 REEE dispose que - pour les fonds situés à l’intérieur de la zone à bâtir - la taxe de raccordement aux égouts publics pour un fonds bâti est fixée cumulativement comme il suit: a) Fr. 11.06 par m2 de surface de la parcelle x l’indice d’utilisation fixé pour la zone considérée (cf. règlement d’urbanisme). Pour les zones centre village sans indice, la valeur minimale de l’indice est de 0.60; b) Fr. 3.87 par m2 de surface de parcelle située en zone industrielle ou artisanale; c) Fr. 3'174.- par « unité locative » déterminée selon l’avenant No 1 du présent règlement. En ce qui concerne les bâtiments (ou de parties de bâtiments) affectés à d’autre fin que le logement (industrie, commerce, artisanat, etc.) l’ « unité locative » est déterminée selon l’avenant No 1 du présent règlement (art. 26 al. 2 REEE).
Sous la note marginale "Charge de préférence", l'art. 30 REEE prévoit que la commune perçoit une charge de préférence pour les fonds situés en zone à bâtir, qui ne sont pas encore raccordés aux installations publiques d’évacuation et d’épuration des eaux. Elle est fixée selon les critères suivants: a) Fr. 11.06 par m2 de surface de la parcelle x l’indice d’utilisation fixé pour la zone considérée (cf. règlement d’urbanisme). Pour les zones centre village sans indice, la valeur minimale de l’indice est de 0.60; b) Fr. 3.87 par m2 de surface de parcelle située en zone industrielle ou artisanale.
http://www.bas-intyamon.ch/files/BXMediaPlusDocument1130file.pdf
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L'art. 31 REEE dispose qu'est déduit de la taxe de raccordement le montant de la charge de préférence effectivement perçue.
S'agissant de la perception, le REEE prévoit à son art. 32 "Exigibilité de la taxe de raccordement" que la taxe prévue aux articles 26, 27, et 28 est perçue dès le moment où le fond est raccordé (al. 1); des acomptes peuvent être perçus dès le début des travaux (al. 2). Quant à l'art. 33 relatif à l'exigibilité de la charge de préférence, il précise que celle-ci est due dès que le raccordement du fonds aux canalisations publiques est possible. Sous la note marginale "Débiteur", l'art 34 REEE dispose que le débiteur de la taxe de raccordement est le propriétaire foncier au moment où le fonds est raccordé aux installations publiques d’évacuation et d’épuration des eaux (al. 1) et que le débiteur de la charge de préférence est le propriétaire foncier au moment où le fonds est raccordable (al. 2).
3. a) Parmi les contributions publiques, la jurisprudence et la doctrine distinguent traditionnellement entre les impôts et les contributions causales (voir ATF 138 II 70 consid. 5.1 et les références citées). Les impôts représentent la participation des citoyens aux charges de la collectivité; ils sont dus indépendamment de toute contre-prestation spécifique de la part de l'État. Les contributions causales, en revanche, constituent la contrepartie d'une prestation spéciale ou d'un avantage particulier appréciable économiquement accordé par l'État. Elles reposent ainsi sur une contre-prestation étatique qui en constitue la cause (voir ATF 135 I 130 consid. 2 et les références citées). En font notamment partie les taxes de raccordement aux canalisations publiques. Les taxes causales se divisent à leur tour en plusieurs catégories. En font notamment partie les taxes de raccordement aux canalisations publiques (voir notamment arrêt TF 2C_173/2013 du 17 juillet 2013 consid. 5.1) et les charges de préférence.
Les taxes de raccordement aux canalisations publiques sont exigées des propriétaires qui relient leur immeuble aux conduites d'amenée d'eau, de gaz et d'électricité ou d'évacuation des eaux usées; la prestation de l'Etat implique l'octroi du droit d'utiliser ces installations publiques et d'en tirer profit (voir arrêt TF 2C_153/2007 du 10 octobre 2007 consid. 4). Quant aux charges de préférence, leur prélèvement dépend uniquement de la possibilité de se raccorder et est exigible même en l'absence de raccordement (voir notamment ATF 112 Ia 260 s, ATF 106 Ia 241 ss). La charge de préférence est une participation aux frais d'installations déterminées réalisées par une corporation publique dans l'intérêt général, participation mise à la charge des personnes ou des groupes de personnes auxquels ces installations procurent des avantages économiques particuliers. Elle est calculée d'après la dépense à couvrir et mise à la charge de celui qui profite des installations réalisées, dans une proportion correspondant à l'importance des avantages économiques particuliers qu'il en retire. Il n'est pas nécessaire qu'il s'agisse d'installations techniques (telles notamment une station d'épuration ou une route); une telle contribution peut également servir à financer une institution ou un service (ATF 122 I 305 consid. 4b).
b) Les recommandations intitulées "Règlement-type relatif à l’évacuation et l’épuration des eaux - Principe de calcul des taxes" de février 2017 du Service de l'environnement (Sen), Section protection des eaux, Section lacs et cours d'eau, publiées à l'adresse www.fr.ch/eau, sous les rubriques "Documentation", puis "Epuration des eaux"; ci-après les Recommandations), précisent elles aussi sous le point 6.1.1 (comme la précédente version de mai 2012), que la taxe de raccordement (en allemand: Anschlussgebühr) est en quelque sorte l’ « achat » du droit d’utiliser les installations publiques existantes. Cette taxe est destinée à couvrir les investissements consentis à l’époque pour la construction de ces installations, ainsi que les coûts des travaux de
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=17.11.2011_2C_169/2010 http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=24.02.2009_2C_605/2008 http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=17.07.2013_2C_173/2013 http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=10.10.2007_2C_153/2007 http://www.fr.ch/eau http://www.fr.ch/eau/files/pdf93/recommandations_principes_calcul_taxes_fr.pdf
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conservation et d’extension réalisés depuis lors. Quant à la charge de préférence (ou contribution d’équipement; en allemand: Vorzugslast, Erschliessungsbeitrag ou Mehrwertsbeitrag), elle est prélevée auprès de propriétaires fonciers qui disposent d'un avantage économique particulier. Cet avantage réside dans l'augmentation de la valeur d'un bien-fonds du fait de la possibilité de raccordement créée par l'aménagement du réseau d'égouts publics. Elle est due pour l'avantage spécifique qu'un propriétaire foncier retire des infrastructures publiques, même s'il ne les utilise pas parce qu'il a décidé de différer momentanément la mise en valeur de sa parcelle. La charge de préférence peut aller jusqu’à 70% de la taxe de raccordement. A noter que cette charge de préférence peut avoir un effet incitatif sur les propriétaires afin d’éviter que des parcelles en zone à bâtir ne « dorment » et bloquent par là-même le développement de la commune (point 6.1.2).
Les Recommandations indiquent sous le point 5.1 que les taxes doivent être fixées de manière à ce que les recettes couvrent à moyen terme les charges d'exploitation et d'entretien, les charges induites par les investissements, notamment les intérêts et les amortissements, ainsi que le maintien de la valeur des installations d'évacuation et d'épuration des eaux. Ces principes étaient déjà rappelés dans les précédentes recommandations de la Direction des travaux publics sur le financement des installations d'évacuation et d'épuration des eaux de septembre 2001.
c) Les contributions causales doivent respecter notamment les principes de la légalité, de l'égalité de traitement, de la proportionnalité (en particulier les principes de couverture des frais et d'équivalence) et de non-rétroactivité. Elles doivent, en principe, être calculées d'après la dépense à couvrir (principe de la couverture des frais), et répercutées sur les contribuables proportionnellement à la valeur des prestations fournies ou des avantages économiques retirés (principe de l'équivalence; voir arrêt TF 2C_467/2008 du 10 juillet 2009 consid. 3.2.2).
Selon le principe de l'équivalence, le montant de la contribution exigée d'une personne déterminée doit être en rapport avec la valeur objective de la prestation fournie à celle-ci (rapport d'équivalence individuelle). Ce principe concrétise l'interdiction de l'arbitraire en matière de contributions causales. Dans ce contexte, une redevance doit être fondée sur des critères appropriés et objectifs et ne pas créer des différences qui ne seraient pas justifiées par des motifs pertinents (voir ATF 138 II 70 consid. 7.2). Le montant de chaque redevance doit être en rapport avec la valeur objective de la prestation fournie et rester dans des limites raisonnables (voir ATF 130 III 225 consid. 2.3; arrêt TF 2C_816/2009 du 3 octobre 2011 consid. 5.1).