# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** afc36400-b2ba-4148-91b9-eceeccaedb97
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_004
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

E n f a i t e t d r o i t :
Vu
la demande de prestations déposée le 19 février 1998 par A._ (ci-après : l’assuré ou le recourant) auprès de l’Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après : l’OAI ou l’intimé), invoquant un cancer,
vu les décisions des 31 juillet et 21 août 2000 de l'OAI, allouant à l'assuré une demi-rente d’invalidité du 1
er
mars au 31 mai 1998 et du 1
er
novembre 1998 au 31 janvier 1999, ainsi qu'une rente entière du 1
er
février au 30 octobre 1999, puis à nouveau une demi-rente dès le 1
er
novembre 1999,
vu la lettre de sortie du Service de chirurgie viscérale du Centre hospitalier M._ du 16 décembre 2004, selon laquelle l'assuré a subi une allogreffe rénale le 11 octobre 2004,
vu la décision du 10 avril 2007 de l’OAI, octroyant à l'assuré une rente entière d’invalidité dès le 1
er
décembre 2002, puis une demi-rente dès le 1
er
septembre 2005,
vu le projet de décision du 8 mars 2016, par lequel l'OAI informait l'assuré de son intention de remplacer la demi-rente versée par un quart de rente, l'état de santé de l'intéressé s'étant amélioré,
vu le courrier du 5 avril 2016 du Dr [...], médecin assistant au Centre de transplantation d'organes du Centre hospitalier M._, selon lequel l'assuré présentait une progression d'insuffisance rénale du greffon, soit une insuffisance rénale de stade IV, justifiant selon le médecin le maintien de l'invalidité à 50 %,
vu la décision du 9 mai 2016 de l'OAI, allouant à l'assuré un quart de rente d’invalidité dès le 1
er
juillet 2016,
vu le recours déposé le 9 juin 2016 par A._, représenté par CAP Compagnie d’Assurance de Protection Juridique SA, auprès de la Cour des assurance sociales du Tribunal cantonal, concluant en substance à l'annulation de la décision précitée,
vu l'avis du 18 juillet 2016 de la Dresse [...] du Service médical régional de l’assurance-invalidité (SMR), indiquant notamment ce qui suit :
«
Notre avis
: vu l'aggravation sur
le plan rénal au fil de temps et plus importante depuis fin 2015/début 2016, selon toute vraisemblance
(suite à un traitement antiinflammatoire probable lié à «l'oligoarthrite microcristalline »)
, attestée par le courrier du 05.04.16 avec un taux de créatinine élevée
(trois fois la norme) dont
l'évolution est irréversible
, puis,
la fatigabilité, les conséquences sur les activités quotidiennes
(œdèmes des membres inférieurs et difficultés de la marche), nous estimons la
capacité de travail de l'intéressé de 50% dans une activité adaptée (respectant les limitations fonctionnelles (LF)
; dans une activité comme mécanicien-automobile ou mécanicien-chauffeur, c'est possible que l'assuré assume cette activité au-dessus de ses forces ;
- quant aux LF, elles sont les suivantes : fatigue et fatigabilité, activité plutôt légère, sans port des charges, en évitant le maintien des bras au-dessus de l'horizontale des épaules; pas de déplacement sur terrain accidenté, pas de monter/descente des escaliers/échafaudages, pas d'activité avec risque de traumatisme local (piqures, contusion) en raison des troubles de la sensibilité des membres inférieurs et risque d'infection.
»,
vu le rapport du 27 juillet 2016 de la Dresse [...], médecin assistante au Centre de transplantation d'organes du Centre hospitalier M._, rédigé ainsi :
«
Nous suivons actuellement le patient sus-mentionné dans notre centre de transplantation d'organes en raison de:
1. Première allogreffe rénale le 11.10.2014 pour une néphropathie terminale sur toxicité de chimiothérapie (cisplatine, ifosfamide, produit de contraste et AINS [anti-inflammatoire non stéroïdien]), avec:
-
actuellement:
insuffisance rénale terminale (IRT) du greffon
(eGFR <15ml/min/1.73m2; protéinurie >5g/24h) sur toxicité des inhibiteurs de la calcineurine et composante de néphropathie chronique d'allogreffe.
2. Carcinome embryonnaire du testicule gauche métastatique actuellement en rémission
3. Polyneuropathie des membres inférieurs et problèmes auditifs avec acouphènes secondaires à une toxicité de cisplatine
Le patient sus-mentionné présente une progression d'une insuffisance rénale du greffon avec une créatinine actuellement aux alentours de 400 mcmol/ (clairance de créatinine inférieure à 15 ml/min) et donc à une insuffisance rénale de stade V. Le bilan effectué retient comme cause une
toxicité des inhibiteurs de la calcineurine avec composante de néphropathie chronique d'allogreffe
(sur base de biopsies rénales effectuées en 2006 et 2012).
Sachant que la maladie rénale du patient progresse de manière irréversible à court terme (6 mois), nous suivons actuellement le patient aux 2 semaines et préparons un retour en dialyse (hémodialyse ou dialyse péritonéale).
Compte tenu des effets secondaires d'une IRT (asthénie, troubles de la concentration, anorexie, fonte musculaire, troubles électrolytiques, rétention hydrique entre autres) ainsi qu'un prochain retour en dialyse, un
maintien de son invalidité à minimum 50% est actuellement nécessaire
.
»,
vu la réponse du 3 août 2016 de l'intimé, relevant, sur la base notamment du rapport du 27 juillet 2016, que le recourant a connu une évolution négative de sa maladie rénale avec divers effets secondaires, l'aggravation étant devenue plus importante depuis fin 2015-début 2016, soit avant la décision querellée, de sorte que celle-ci ne pouvait plus être maintenue et qu’un complément d'investigations s'avérait nécessaire, l’intimé proposant en conséquence l'annulation de la décision du 9 mai 2016 et la reprise de l'instruction,
vu les pièces au dossier ;
attendu que
, déposé en temps utile, le recours est recevable en la forme (art. 60 al. 1 et 61 let. b LPGA [loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales ; RS 830.1]),
qu'aux termes de l'art. 82 LPA-VD (loi cantonale vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative ; R5V 173.36), l'autorité peut renoncer à l'échange d'écritures ou, après celui-ci, à toute autre mesure d'instruction, lorsque le recours paraît manifestement irrecevable, bien ou mal fondé (al. 1), rendant dans ces cas à bref délai une décision d'irrecevabilité, d'admission ou de rejet, sommairement motivée (al. 2),
qu'en l'espèce, l'intimé admet lui-même que l'état de santé du recourant a évolué négativement en raison d'une aggravation de la maladie rénale de celui-ci, devenue plus importante depuis fin 2015-début 2016,
qu'il convient de la nécessité de mener des mesures d'instruction supplémentaires et de rendre ensuite une nouvelle décision,
qu'il s'ensuit que le renvoi du dossier à l'intimé pour une instruction complémentaire, en particulier sur le plan médical, est nécessaire,
que le recours s'avère ainsi manifestement bien fondé, les faits pertinents n'ayant pas été constatés de manière complète sur le plan médical,
que la décision attaquée doit en conséquence être annulée et la cause renvoyée à l'intimé pour nouvelle décision, après complément d'instruction sur le plan médical ;
attendu que le recourant obtient gain de cause avec l'assistance d'un mandataire professionnel, de sorte qu'il peut prétendre une indemnité de dépens (art. 61 let. g LPGA),
qu'en l'état de la procédure, cette indemnité doit être arrêtée à 1'300 fr. (art. 10 et 11 TFJCPA [tarif du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière administrative ; RSV 173.26.5.1]),
qu'au surplus, débouté, l'intimé supportera les frais judiciaires de la cause, fixés à 400 fr. (art. 69 al. 1
bis
LAI).

## Considerations