# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 96e135a5-ae15-43f5-aa91-0f370d3a8681
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2010
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
A. B. C. X._ (ci-après: A. X._), ressortissant belge, né le 20 janvier 1960, est entré en Suisse le 3 juin 2008. Il a déposé une demande d'autorisation de séjour sans activité lucrative. A titre de preuve de ses revenus et moyens financiers, il a produit une copie d'un relevé bancaire de la Société générale, ainsi que d'un contrat de travail. Il a également indiqué qu'il possédait une villa dont le loyer lui rapporterait 2'500 euros par mois. Le 8 août 2008, le Service de la population (ci-après: le SPOP) a informé A. X._ qu'il lui manquait des documents attestant de manière chiffrée le montant exact des revenus dont il disposait pour assurer les frais de son séjour en Suisse. En outre, il appartenait à l'intéressé de définir avec exactitude le but réel de son séjour en Suisse, et de disposer d'une adresse de domicile fixe dans la commune de son choix; une adresse postale telle que le D._ à 1******** ne suffirait pas. Sa situation ne pourrait dès lors être régularisée que lorsqu'il aurait fourni les éléments complémentaires nécessaires. Le 7 septembre 2008, A. X._ a indiqué qu'il gardait son adresse postale au Centre D._ à 1********, et que le centre de ses intérêts se situait à l'Hôtel F._ à 2********, ainsi que dans d'autres hôtels de la riviera vaudoise. S'agissant de ses moyens financiers, l'intéressé a indiqué qu'il disposait de plusieurs comptes en banque ainsi que des portfolios avec des investissements, et il a produit un contrat de bail du 10 février 2008 concernant un immeuble en Espagne dont le loyer lui rapporterait 2'500 euros par mois. Le 27 novembre 2008, le SPOP a indiqué à A. X._ que celui-ci n'avait produit aucune pièce attestant de manière chiffrée le montant de ses revenus et qu'il n'avait en outre pas pris de domicile fixe dans le canton de Vaud. L'autorité l'a dès lors informé qu'elle avait l'intention de refuser sa demande d'autorisation de séjour sans activité lucrative et elle lui a imparti un délai au 5 janvier 2009 pour faire valoir ses objections à ce sujet. L'intéressé a notamment répondu par courriel le 28 novembre 2008 qu'il aurait prouvé disposer de moyens financiers suffisants.
B.
Le 19 janvier 2009, la Caisse cantonale de chômage a informé le SPOP que A. X._ avait revendiqué des prestations de chômage depuis le 3 juin 2008.
C.
Par décision du 13 mars 2009, le SPOP a refusé de délivrer une autorisation de séjour CE/AELE sans activité lucrative en faveur de A. X._, au motif que ce dernier n'était pas en mesure de produire des justificatifs de ressources financières propres eu égard à l'art. 24 de l'annexe I de l'accord bilatéral du 21 juin 1999 sur la libre circulation des personnes. L'intéress¿n'avait en outre pas pris de domicile fixe dans le canton de Vaud, de sorte que son lieu exact de résidence restait peu déterminé.
D.
A. X._ a recouru le 21 avril 2009 (sceau postal) auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal contre la décision du SPOP du 13 mars 2009; il a en particulier invoqué le fait que le SPOP n'aurait pas respecté les dispositions prises en application de l'accord bilatéral sur la libre circulation des personnes. L'intéressé aurait en effet prouvé disposer de moyens financiers suffisants, ainsi que d'une assurance-maladie et AVS; il serait en outre, comme demandeur d'emploi, contrôlé par l'office régional de placement de 1********. Le SPOP s'est déterminé sur le recours le 16 juin 2009 en concluant à son rejet. A. X._ a encore déposé un mémoire complémentaire le 1
er
juillet 2009 avec plusieurs documents, sur lesquels le SPOP s'est déterminé le 9 juillet 2009 en maintenant sa position.
E.
Le juge instructeur a sollicité de A. X._ la production de ses relevés bancaires couvrant la période du 1
er
janvier au 31 juillet 2009, ainsi que ses titres de propriété concernant son bien immobilier en Espagne. Le SPOP a également été invité à se prononcer sur le relevé bancaire de la Société générale produit par l'intéressé le 3 juin 2008. Le SPOP a indiqué à ce sujet le 12 août 2009 que ce document, portant sur la période du 12 avril au 14 mai 2008, ne saurait être pertinent compte tenu du temps écoulé et du fait qu'il constituait un simple état de situation financière à un moment déterminé. En outre, le montant de 19'599 euros figurant sur ce relevé bancaire était manifestement insuffisant pour vivre en Suisse de manière indéterminée. S'agissant des documents demandés à A. X._, le tribunal a reçu le 31 août 2009 une copie d'un registre de propriété en Espagne du 25 avril 2008, ainsi que des extraits de comptes bancaires espagnols. Invité à se prononcer sur ces documents, le SPOP a indiqué le 1
er
septembre 2009 que ceux-ci n'étaient pas de nature à modifier sa décision, laquelle était par conséquent maintenue.
F.
Par arrêt du 28 septembre 2009 (PE.2009.0209), la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal a rejeté le recours formé par A. X._ contre la décision du SPOP du 13 mars 2009. Le tribunal a en substance considéré que l'origine des revenus de l'intéressé n'était pas déterminée et qu'il lui appartenait d'indiquer avec précision les sources de ses revenus et l'étendue de sa fortune en produisant à cet égard des documents probants, s'il souhaitait obtenir une autorisation de séjour sans activité lucrative en Suisse. Le tribunal a également constaté que A. X._ n'était pas domicilié en Suisse et que l'adresse fournie (Centre D._ à 1********) était une simple adresse postale. Ainsi, tout en laissant la question ouverte, le tribunal a indiqué que le centre d'intérêts de l'intéressé ne semblait pas se trouver en Suisse.
G.
Par arrêt du 3 mars 2010 (2C_696/2009), le Tribunal fédéral a rejeté le recours formé par A. X._ contre l'arrêt de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du 28 septembre 2009. Le Tribunal fédéral a considéré que l'intéressé n'avait pas démontré dans quelle mesure l'arrêt attaqué était arbitraire.
H.
A. X._ a déposé le 20 mars 2010 une demande de réexamen de la décision du SPOP du 13 mars 2009. Il a joint à sa requête plusieurs documents, dont un extrait d'un compte bancaire auprès de la BCV pour la période du 9 au 15 octobre 2009, affichant un solde de 398'243.55 fr. Le 12 avril 2010, le SPOP a accusé réception de cette demande de réexamen et il a constaté que le domicile de A. X._ à 1******** se résumait toujours à une simple adresse postale. Le SPOP a dès lors requis de l'intéressé la production d'une copie de contrat de bail à loyer ou de sous-location. Un délai au 12 mai 2010 a été imparti à cet effet. A. X._ n'ayant pas transmis les documents requis, le SPOP a rendu une décision le 1
er
juillet 2010 par laquelle il a rejeté la demande de réexamen déposée par l'intéressé et il lui a imparti un délai au 3 août 2010 pour quitter la Suisse. En substance, le SPOP a considéré que l'extrait de compte bancaire attestant d'un avoir au mois d'octobre 2009 de 398'243 fr. était un élément nouveau et pertinent justifiant d'entrer en matière sur la requête de réexamen, mais que, de toute manière, cette requête devait être rejetée, au vu de l'absence de domicile de l'intéressé en Suisse. A cet égard, le Centre D._, à 1********, mentionné par A. X._ comme lieu de résidence, avait indiqué le 10 juin 2010 qu'il était sans nouvelles de l'intéressé depuis le mois de mars 2010, qu'il ne connaissait pas son adresse et que le centre ne disposait de toute manière pas de logement.
I.
Le 13 juillet 2010, l'autorité compétente en matière de police des étrangers du canton de Saint-Gall a demandé au SPOP de lui transmettre le dossier de A. X._, pour consultation; le SPOP a transmis le dossier à cette autorité le 19 juillet 2010. Le 26 juillet 2010, le SPOP a transmis à la Police cantonale des étrangers du canton des Grisons la copie du dossier de A. X._, car ce dernier aurait annoncé son arrivée dans le canton des Grisons.
J.
Par recours déposé le 14 juillet 2010 auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal, A. X._ a contesté la décision du SPOP du 1
er
juillet 2010 en concluant implicitement à son annulation et à l'obtention d'une autorisation de séjour en Suisse depuis le 3 juin 2008. Le SPOP a indiqué le 9 août 2010 que les arguments invoqués dans le recours du 14 juillet 2010 n'étaient pas de nature à modifier sa décision, laquelle était par conséquent maintenue, car l'intéressé n'avait toujours pas établi qu'il avait un lieu de résidence en Suisse.
K.
Le 20 août 2010, le juge instructeur a demandé à A. X._ la production des relevés bancaires mensuels de son compte courant auprès de la BCV pour la période de novembre 2009 à juillet 2010, et des explications sur l'origine des sommes transférées sur le compte courant auprès de la BCV pendant le mois d'octobre 2009 ainsi que sur les motifs qui ont conduit les autorités concernées des cantons de Saint-Gall et des Grisons à demander son dossier auprès du SPOP. Le juge instructeur a également requis la production, auprès des autorités concernées, des dossiers relatifs à la demande d'assurance-chômage de l'intéressé. Ce dernier n'a pas donné suite à la demande de renseignements du juge instructeur, mais il a déposé une demande de récusation de celui-ci, qui a été rejetée par la Cour administrative du Tribunal cantonal le 1
er
octobre 2010.

## Considerations

Considérant en droit
1.
L'art. 64 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36; cette disposition codifie la jurisprudence en matière d'obligation pour les autorités administratives de se saisir d'une demande de réexamen; cf. ATF 124 II 1 consid.
3a p. 6; 120 Ib 42 consid. 2b p. 46-47; 113 Ia 146 consid. 3a p. 151-152) prévoit ce qui
suit:
"
Art. 64 Principes
1
Une partie peut demander à l'autorité de réexaminer sa décision.
2
L'autorité entre en matière sur la demande:
a. si l'état de fait à la base de la décision s'est modifié dans une mesure notable depuis lors, ou
b. si le requérant invoque des faits ou des moyens de preuve importants qu'il ne pouvait pas connaître lors de la première décision ou dont il ne pouvait pas ou n'avait pas de raison de se prévaloir à cette époque, ou
c. si la première décision a été influencée par un crime ou un délit."
2.
a) L’accord entre la Confédération suisse, d’une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d’autre part, sur la libre circulation des personnes (ALCP; RS 0.142.112.681) conclu le 21 juin 1999 et entré en vigueur le 1
er
juin 2002 a notamment pour but d’accorder un droit d’entrée et un droit de séjour, sur le territoire des parties contractantes, aux personnes sans activité économique dans le pays d’accueil (art. 1
er
let. c ALCP), et d’accorder les mêmes conditions de vie, d’emploi et de travail que celles accordées aux nationaux (art. 1
er
let. d ALCP). Le droit de séjour sur le territoire d’une partie contractante est garanti aux personnes n’exerçant pas d’activité économique selon les dispositions de l’annexe I relatives aux non actifs (art. 6 ALCP).
b) L’art. 24 al. 1 annexe I ALCP prévoit qu’une personne ressortissante d’une partie contractante n’exerçant pas d’activité économique dans le pays de résidence, reçoit un titre de séjour d’une durée de cinq ans au moins, à condition qu’elle prouve aux autorités nationales compétentes, qu’elle dispose pour elle-même et les membres de sa famille de moyens financiers suffisants pour ne pas devoir faire appel à l’aide sociale pendant son séjour (let. a) et d’une assurance-maladie couvrant l’ensemble des risques (let. b). L’alinéa 2 de l’art. 24 annexe I ALCP précise que les moyens financiers nécessaires sont réputés suffisants s’ils dépassent le montant en dessous duquel les nationaux, eu égard à leur situation personnelle, peuvent prétendre à des prestations d’assistance. Selon l'art. 16 al. 1 de l'ordonnance sur l'introduction de la libre circulation des personnes du 22 mai 2002 (OLCP; RS 142.203), les moyens financiers des ressortissants de la CE/AELE ainsi que des membres de leur famille sont réputés suffisants s'ils dépassent les prestations d'assistance qui seraient allouées en fonction des directives "Aide sociale: concepts et normes de calcul" (directives CSIAS), à un ressortissant suisse, éventuellement aux membres de sa famille, suite à la demande de l'intéressé et compte tenu de sa situation personnelle. Ainsi, en d'autres termes, les moyens financiers sont réputés suffisants si un citoyen suisse, dans la même situation, ne pourrait pas avoir recours à l'aide sociale (cf. directives OLCP, état au 1
er
juin 2009, chiffre 8.2.3).
c) Dans son arrêt du 28 septembre 2009 (PE.2009.0209), le tribunal a considéré que les documents transmis par le recourant au sujet de ses moyens financiers étaient insuffisants pour examiner s'il y avait un risque qu'il doive faire appel au revenu d'insertion (RI) pendant son séjour; les pièces produites n'attestaient en effet pas de manière précise le montant exact de ses revenus et de sa fortune. Malgré l'extrait de compte bancaire produit par le recourant avec sa demande de réexamen du 20 mars 2010, affichant un solde de 398'243 fr., la situation financière du recourant est toujours aussi floue. En effet, l'extrait de ce compte bancaire auprès de la BCV ne porte que sur la période du 9 au 15 octobre 2009. Ce document n'est ainsi pas déterminant, compte tenu du temps écoulé et du fait qu'il constitue un simple état de situation financière à un moment précis. Le recourant n'a d'ailleurs pas donné suite à la demande de renseignements du juge instructeur, qui a, d'une part, requis des explications sur l'origine des sommes transférées sur ce compte courant pendant le mois d'octobre 2009, et d'autre part, demandé la production des relevés bancaires mensuels de ce compte courant pour la période de novembre 2009 à juillet 2010. Au vu du manque de transparence affiché par le recourant au sujet de sa situation financière, une autorisation de séjour sans activité lucrative ne peut lui être accordée. Enfin, le recourant a revendiqué les prestations de l'assurance-chômage en Suisse depuis le 3 juin 2008, demande qui a d'ailleurs été refusée, alors qu'il sollicite une autorisation de séjour sans activité lucrative. Le recourant n'a apporté aucune explication sur le caractère paradoxal de cette situation. Le tribunal considère ainsi que la condition des moyens financiers suffisants posée par l'art. 24 al. 1 annexe I ALCP n’est toujours pas réalisée, à défaut d'informations plus précises sur l'origine des sommes parvenant sur les comptes bancaires du recourant. C'est donc à juste titre que l'autorité intimée a rejeté sa demande de réexamen.
3.
Les conditions prévues à l'art. 24 al. 1 annexe I ALCP donnant droit à l'octroi d'une autorisation de séjour sans activité lucrative se résument à la preuve de moyens financiers suffisants et à une couverture d'assurance-maladie. Cela ne signifie pas pour autant qu'un ressortissant européen puisse obtenir une autorisation de séjour sans véritablement résider dans le pays. La preuve de cette résidence doit se traduire par une présence continue, durant une majeure partie de l'année, c'est-à-dire en principe durant plus de 6 mois consécutifs sans interruption (art. 24 al. 6 annexe I ALCP). Cela implique pour l'intéressé, le cas échéant pour sa famille, un déplacement du centre de ses intérêts vitaux dans le pays d'accueil, où il doit disposer de son propre logement, pris à bail ou dont il est propriétaire (arrêt PE.2010.0024 du 7 juin 2010 consid. 4b).
En l'espèce, le recourant n'a cessé de donner la même adresse postale depuis 2 ans sans indiquer de lieu de résidence en Suisse et il ressort en outre du dossier qu'il aurait annoncé son arrivée dans le canton des Grisons. Ces éléments sont ainsi de nature à renforcer les doutes qui se posent inévitablement sur la question de l'intérêt du recourant à obtenir une autorisation de séjour sans activité lucrative dans le canton de Vaud. La question de savoir si l'absence de résidence en Suisse justifie le refus d'autorisation de séjour peut toutefois demeurer ouverte, puisque le recours doit de toute manière être rejeté pour un autre motif (cf. considérant précédent).
4.
Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté et la décision attaquée maintenue. Au vu de ce résultat, les frais de justice sont mis à la charge du recourant (art. 49 al. 1 LPA-VD). Il n'y a au surplus pas lieu d'allouer de dépens.