# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 952ff7f7-2a13-4def-8f05-20eeabe0d635
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 7 mars 2022, A_ recourt pour déni de justice, qu'elle reproche au Ministère public.
La recourante conclut, sous suite de frais et dépens, au constat d'une violation de l'obligation de procéder à une enquête effective au sens de la CEDH et à ce qu'il soit enjoint au Ministère public de convoquer à bref délai une audience de confrontation des parties.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Le 21 juin 2021, C_, agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure, A_, née le _ 2007, a déposé plainte contre D_, ancien professeur de _ [activité sportive] de sa fille, lui reprochant d'avoir abusé sexuellement de celle-ci.
Le 15 juin précédent, la marraine de A_ l'avait informée que le prénommé avait contraint sa fille à lui prodiguer une fellation. Son amie lui avait précisé avoir elle-même été mise au courant par sa propre fille, E_, laquelle avait recueilli les confidences de A_.
Questionnée sur ces faits, cette dernière avait d'abord nié, puis pleuré, pour finalement "
tout lui expliquer
". Un mercredi après-midi, dans le courant du mois de mai 2021, D_ et elle s'étaient donnés rendez-vous en bas de son immeuble à elle, puis, sur l'initiative du prénommé, s'étaient rendus à la cave où ils s'étaient embrassés. L'intéressé lui avait touché le sexe, mais elle l'avait repoussé. Puis, il avait voulu la pénétrer vaginalement, ce qu'elle avait refusé. Ensuite, il l'avait placée contre un mur, avait baissé son pantalon à lui, et l'avait contraint à lui prodiguer une fellation, jusqu'à éjaculation.
b.
Entendue le même jour par la police, selon le protocole NICHD, A_ a, en substance, confirmé les faits relatés par sa mère, ajoutant que D_ lui avait baissé son short, avait glissé son sexe entre ses cuisses et s'était frotté contre elle, sans la pénétrer vaginalement. Il lui avait également introduit les doigts dans son vagin, mais elle s'était dégagée.
c.
Le 7 juillet 2021, D_, né le _ 2001, a été auditionné par la police en qualité de prévenu. Il a, en substance, reconnu s'être fait prodiguer une fellation par A_, affirmant toutefois que cet acte était consenti. Par ailleurs, il pensait que l'intéressée était âgée de quinze ans et n'avait appris son âge réel – 13 ans – que deux jours après les faits.
d.
Le rapport d'arrestation du 7 juillet 2021, auquel est annexé le DVD de l'audition EVIG de A_ du 21 juin 2021, contient un résumé de celle-ci. Il y est également mentionné que la transcription de ladite audition était en cours et serait transmise au Ministère public dès réception.
e.
Le 8 juillet 2021, le Ministère public a ouvert une instruction pénale et prévenu D_ d'actes d'ordre sexuel avec des enfants (art. 187 CP) et d'entrée, séjour et travail illégaux en Suisse (art. 115 al. 1 let. a, b, et c LÉI).
f.
Il a ensuite ordonné la mise en liberté de l'intéressé moyennant des mesures de substitution et chargé la police d'extraire et analyser le contenu du téléphone portable du prévenu et de procéder à l'audition de E_ ainsi que de la mère de cette dernière.
g.
Par missives des 14 et 20 juillet 2021, en des termes semblables, M
e
B_ s'est constituée au pénal et au civil pour la défense des intérêts de A_, tout en produisant une procuration signée par la mère de celle-ci, a demandé que sa mandante soit mise au bénéfice de l'assistance judiciaire, et requis du Ministère public de pouvoir consulter le dossier.
Le 27 juillet suivant, la Procureure y a apposé son "
n'empêche
".
h.
Par lettre de son conseil du 13 août 2021, A_ a sollicité la mise en prévention complémentaire de D_ pour contrainte sexuelle (art. 189 CP).
i.
Par ordonnance du 25 août 2021, le Ministère public a accordé l'assistance judiciaire à la plaignante et désigné M
e
B_ pour la défense de ses intérêts, avec effet au 14 juillet 2021.
j.
Par pli du 20 septembre 2021, A_ a demandé à pouvoir consulter le dossier.
La Procureure y a apposé son "
n'empêche
" le lendemain.
k.
Par courrier du 4 octobre 2021, A_ a demandé à ce que la transcription de son audition EVIG soit versée à la procédure. En outre, elle sollicitait l'audition de E_, auprès de laquelle elle s'était confiée à la suite de son agression.
l.
Par lettre du 6 décembre 2021, la plaignante a demandé à pouvoir consulter le dossier.
Le même jour, la Procureure y a apposé son
"
n'empêche
".
m.
Par lettre de son conseil du 13 décembre 2021, A_ a rappelé la teneur de ses courriers des 13 août et 4 octobre 2021, demeurés sans suite.
En consultant le dossier, elle avait constaté qu'aucun acte d'instruction n'avait été entrepris par le Ministère public depuis le 8 juillet 2021. Dans la mesure où la procédure portait sur des actes sexuels commis sur une enfant, il convenait de donner une suite favorable à ses demandes dans les meilleurs délais.
n.
Par réponse manuscrite du lendemain, la Procureure lui a indiqué qu'un mandat d'actes d'enquête était en cours à la police et qu'une fois celui-ci exécuté, une confrontation serait agendée.
o.

## Considerations