# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6a59dde1-ee6a-4f32-b414-235a350a317f
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
La parcelle n° 748 de la commune de Froideville, d'une surface de 38'316 m
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, est propriété de Christian Jaccoud, agriculteur, qui l'a remise en fermage à son fils, David Jaccoud, également agriculteur. Située en zone agricole, à environ 600 m du centre du village au lieu-dit "Sous la Ville", elle est bordée au sud et à l'est par la forêt riveraine du Talent, au nord par le chemin du Closel, qui mène au cimetière et au village de Froideville, et, à l'ouest, par le chemin "Sous la Ville", un chemin chaintre appartenant au domaine public communal. Cette parcelle sert actuellement de pâturage.
La parcelle n° 79, également propriété de Christian Jaccoud, est séparée de la précédente par le chemin "Sous la Ville". D'une surface de 3'161 m
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, elle est pour plus de la moitié en nature de forêt.
B.
Dans le courant de l'année 2005, Christian et David Jaccoud ont déposé une première demande de permis de construire pour une installation de production de biogaz par un procédé de méthanisation de produits issus de leur exploitation agricole et de substrats organiques d'autres provenances. Selon une lettre adressée par le Service du développement territorial à la Municipalité de Froideville (ci-après la municipalité), les différents services de l'Etat ne s'étaient alors pas opposés à l'implantation de l'installation de biogaz sur la parcelle n° 748.
En raison de fortes oppositions et d'une modification de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700), entrée en vigueur le 1
er
septembre 2007, à savoir l'introduction de l'art. 16a al. 1bis LAT permettant, à certaines conditions, la construction d'installations nécessaires à la production d'énergie à partir de biomasse en zone agricole sans passer par une modification du plan d'affectation, Christian et David Jaccoud ont momentanément retiré leur demande.
C.
Christian et David Jaccoud ont repris leur projet, tenant compte des critiques précédemment exprimées. Le 1
er
décembre 2008, ils ont déposé une demande de permis de construire pour la "
Création d'une installation de production de biogaz
". Cette installation, dont l'implantation est projetée principalement dans la partie ouest de la parcelle n° 74, occuperait une surface d'environ 7'300m
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(dont 3'283m
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de bâtiments), à une altitude de 810 mètres; elle se situerait à environ 250 m des premières habitations, en contrebas du village de Froideville, et à 500 m de l'exploitation agricole de Christian et David Jaccoud, située en zone village. Selon les plans au dossier, la majeure partie du bâtiment principal serait cachée à la vue du village en raison du relief naturel du terrain et de la plantation projetée de végétaux. L'installation serait ceinte par une clôture; elle se composerait d'une station de pesage pour les véhicules, avec un "Portakabin" en guise de réception, de trois silos de 1'300 m
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chacun, d'une annexe fermée pour la réception des lavures, d'une annexe couverte pour le stockage du digestat solide, d'un bioréacteur, de deux méthaniseurs enterrés, d'une citerne de stockage final, d'une station de traitement du biogaz, d'un bassin biotope et d'un bâtiment principal fermé contenant un hangar de déchargement, des fosses au contenu variable, un local de chaufferie, une station de pompage et divers locaux d'exploitation. Un bassin de rétention serait aménagé sur la parcelle n° 79.
Le projet, tel que décrit dans le rapport d'impact sur l'environnement, établi par le Bureau d'investigation sur le recyclage et la durabilité (Bird) en décembre 2008 est le suivant:
"
[...]
L'installation de méthanisation prévue par MM Christian et David Jaccoud de Froideville permettra de traiter des produits issus de leur exploitation agricole (fumier, lisier, déchets agricoles, ensilage, etc.) et de proposer une solution pour le traitement d'autres déchets organiques. Afin de garantir la viabilité économique de l'installation et une meilleure qualité des produits, il est prévu de traiter également des produits d'autres exploitations agricoles, de restauration (lavures) et de l'industrie agro-alimentaire (p.ex. drèches de brasserie, petit-lait, fruits et légumes de grossistes).
Ce type d'installation est complémentaire aux installations de compostage. En effet, ces dernières ne permettent pas de traiter de façon adéquate ce genre de déchets organiques humides, sources principales des problèmes d'odeurs du compost. En outre, la méthanisation permet de récupérer une bonne partie de l'énergie contenue dans la biomasse. Selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), seul 12% des 740'000 tonnes des déchets verts traités en Suisse subissent actuellement une méthanisation qui permet de récupérer cette énergie.
Pour rappel, ce type d'installations fonctionne de façon anaérobie, en l'absence totale de contact avec l'air. Afin d'optimiser le rendement de production de biogaz et pour éviter le problème d'émission d'odeurs, les déchets humides et instables (lavures, petit-lait, etc.) seront introduits le plus rapidement possible dans le processus du traitement.
Le système choisi est encore inédit en Suisse. Il travaille avec un substrat abondamment broyé et homogénéisé lors de la préparation: pré-broyage des déchets solides, homogénéisation avec des déchets liquides et trituration lors de la phase d'hydrolyse. S'ensuit une phase acidogène de 6 à 12 jours, puis une longue phase thermophile (à 55°C) de 21 à 35 jours en conditions anaérobies qui permet d'obtenir un rendement en biogaz particulièrement performant, signe d'un digestat bien dégradé (environ 80% de la matière organique dégradable selon le concepteur de l'installation). Le résultat, après séparation de la phase solide et liquide dans un filtre-presse, est un digestat solide, biostabilisé et pratiquement sans odeur qui ne nécessite qu'une courte phase de respiration et de déshydratation naturelle (1-4 semaines). Le traitement de la phase liquide par osmose inverse a l'avantage de livrer, d'une part, une eau épurée pouvant être évacuée sans autres dans l'environnement et, d'autre part, un gâteau contenant tous les sels nutritifs récupérés du liquide et qui peut être mélangé au digestat pour l'enrichir. La performance du système ne se situe pas dans un processus plus rapide que les autres systèmes de méthanisation, mais dans une dégradation plus complète de la matière organique en conditions d'anaérobies. Ce qui conduit à une forte diminution du risque d'odeur, à un meilleur rendement en biogaz et à un produit solide ne nécessitant pas une dégradation finale à l'air libre (maturation).
[...]
L'installation est conçue pour traiter annuellement environ 3'250 tonnes équivalent de matières sèches (MS), comme indiqué dans le rapport d'impact de juin 2006. Exprimée en matières fraîches (MF), cette capacité correspond à un apport de 14'000 à 18'500 tonnes, en fonction du taux de MS dans les déchets (taux moyen attendu de 17 à 23%). Ces chiffres sont à considérer comme la quantité maximale que l'installation peut accepter. Dans les faits, l'exploitant compte maintenir un rythme de croisière tournant en moyenne à 85-89% de cette capacité maximale prévue.
[...]"
Du 10 janvier au 9 février 2009, le projet a été soumis à enquête publique. Il a fait l'objet de plusieurs oppositions dont celle, collective, de Albert et Samuel Blaser, Marcel-André Boillat, Léon Bourquin, Philippe Brun, Jean Carrard, Andrée Chabloz, Chantal Charrière, Nadia et César Munoz de Léon, Lilie Dirk, Roland Flad, Jean-Paul Frech, Antonio Guarino, Pierre Gueissaz, Alain-Eric Hediger, Christiane et Maurice Maire, Elisabeth et Pierre-Albert Manera, André et Olivier Martin, François Mathey, André Miéville, Laurent, Claire, Sandra et Piera Monachon, Marcos Morano, André Moser, Gian et Ellen Müller, Danielle Neithardt Stoudmann, Yves et Jacqueline Nicolet, Evelyne Olgar-Formica, Claude Porchet, Jean-Philippe Rey, Denis Roch, Yvan Ruchet, Filippo Ryter, Jean-Marc, Susanne et Noemi Scheidegger, Daniel Schwarz, Maurice Solari, Jean-Luc Stalder, Catherine et Claudine Thuillard, Michel Vodoz et Jean Vultier, tous domiciliés à Froideville et représentés par l'avocat Jean-Claude Perroud, celle de Sinss Graphic Sàrl et Sinss Immo Sàrl, également représentées par Me Perroud, et celle de la Société vaudoise des pêcheurs en rivière.
Le 25 septembre 2009, le Département de la sécurité et de l'environnement a rendu une décision finale relative à l'impact sur l'environnement dont le dispositif est le suivant:
"

## Considerations