# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ddffdb8b-84b5-5efb-ad37-e427cecd445b
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par courrier déposé le 9 juin 2017, A_ a annoncé appeler du jugement du 31 mai 2017, dont les motifs lui ont été notifiés le 19 juillet 2017, par lequel le Tribunal de police l'a reconnu coupable de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP -
RS 311.0
]), l'a condamné à une peine pécuniaire de 50 jours-amende, à CHF 290.- l'unité, avec sursis, l'a débouté de ses conclusions en indemnisation et a mis les frais de procédure à sa charge.
b.
Par la déclaration d'appel prévue à l'art. 399 al. 3 du code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP -
RS 312.0
), expédiée le 8 août 2017 à la Chambre pénale d'appel et de révision (ci-après : CPAR), A_ conclut à son acquittement, à la mise à la charge des frais de la procédure de première instance et de recours [
recte
:
d'appel] à l'État, au versement de CHF 13'745.25 au titre d'indemnité pour les frais raisonnables de sa défense et à une juste indemnité à titre de dépens dans la procédure d'appel.
c.
Par ordonnance pénale du 27 octobre 2016, valant acte d'accusation, il est reproché à A_, d'avoir, à Genève, le 15 septembre 2010, en tant que directeur de D_ LTD (ci-après : D_), signé le formulaire A relatif au compte dont cette société sollicitait l'ouverture auprès de BANQUE E_ SA (ci-après : la E_), lequel désignait F_, résidente à _ en Argentine, en tant que seule ayant droit économique du compte. Or, son mari H_, citoyen et résident américain, l'était également et F_ vivait en réalité, depuis 1996 à tout le moins, en _ aux États-Unis d'Amérique (ci-après : États-Unis). Les avoirs à déposer sur le compte appartenaient conjointement aux deux époux, puisqu'ils étaient déposés jusque-là sur un compte joint dont ils étaient titulaires. Ces indications contraires à la réalité étaient destinées à amener les organes compétents de la banque à autoriser l'ouverture du compte et ainsi à permettre aux époux H_ de maintenir une relation avec la E_, alors que cette dernière avait annoncé son intention de clôturer le compte joint des époux H_ dans le cadre de sa décision de se séparer de sa clientèle US.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.
A_ était, depuis sa création en 1993, actionnaire à 50% et administrateur président de B_SA, sise à Genève et active dans les conseils en matière commerciale, fiscale et immobilière, ainsi que dans la gestion de sociétés. B_SA était un intermédiaire financier directement contrôlé par l'autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) au sens de l'art. 2 al. 3 de la loi fédérale concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans le secteur financier du 10 octobre 1997 (LBA -
RS 955.0
).![endif]>![if>
b.a.
H_ et son épouse F_ faisaient partie de la clientèle de B_SA depuis de nombreuses années, à tout le moins dès le 11 novembre 1998, lorsqu'un contrat de mandat a été signé en faveur de A_ et B_SA par les époux, domiciliés "
_ USA
".
b.b.
Les époux H_ détenaient depuis le mois de juillet 1996 le compte joint n° 1_ auprès de la E_ à Genève, clôturé le 10 août 2011. ![endif]>![if>
Les documents d'ouverture dudit compte joint, dont un formulaire A, désignaient les titulaires du compte comme étant "
H_ _
" de nationalité "
USA
" et "
F_ _
" de nationalité "
Argentinia/USA
". Y était entre autres annexée la copie d'un passeport argentin de F_, née le _ 1955 à _ (Argentine), célibataire, qui avait été émis à _[USA] le _ 2004 et valable jusqu'au _ 2009.
Selon le formulaire de données confidentielles de ce compte du 10 février 2000, les époux H_, ayants droit économiques, étaient domiciliés au "
_ USA
".
b.c.
Un formulaire F du 20 juillet 2006 et un formulaire d'entrée en relation d'affaires entre B_SA et ses clients du 9 novembre 2006, provenant des documents de A_, indiquent que le domicile de H_ et Q_ se situait à
_
en _ [USA]. ![endif]>![if>
c.a.
Par accord concernant la demande de renseignements de l'
Internal Revenue Service
(ci-après : IRS), soit l'administration fiscale américaine, relative à la société de droit suisse G_ SA (ci-après : Accord 09), conclu entre la Suisse et les États-Unis le 19 août 2009, cette dernière s'est engagée à donner suite à une demande formulée par les États-Unis concernant environ 4'500 clients américains de G_, selon certains critères établis dans l'annexe audit accord. Par requête du 31 août 2009, l'administration fiscale américaine a adressé à l'Administration fédérale des contributions (ci-après : AFC) une demande d'entraide administrative et a requis des informations concernant des contribuables américains qui, durant la période du 1
er
janvier 2001 au 31 décembre 2008, avaient eu le droit de signature ou un autre droit de disposer des comptes bancaires détenus, surveillés ou entretenus par G_. Le 1
er
septembre 2009, l'AFC a décidé d'ouvrir une procédure d'entraide administrative et a requis de G_ de fournir en particulier les dossiers complets des clients visés par l'annexe. À la suite d'un arrêt du Tribunal administratif fédéral (ci-après : TAF) du 21 janvier 2010, admettant partiellement un recours contre une décision finale de l'AFC, le Conseil fédéral a conclu un protocole modifiant l'Accord 09, lequel a été approuvé par l'Assemblée fédérale le 17 juin 2010. Le 15 juillet 2010, le TAF a rendu un arrêt dans l'affaire pilote A-4013/2010 au sujet de la validité de la Convention 10, version consolidée de l'Accord 09 et du Protocole précité, considérant que ladite convention le liait pleinement (arrêt du TAF A_702/2010 du 28 avril 2011).
c.b.
Par courrier du 27 avril 2010, l'AFC a informé H_ que son dossier lui avait été transmis par G_. Dans sa décision finale du 23 août 2010, l'AFC a considéré que toutes les conditions étaient réunies pour accorder l'entraide administrative à l'IRS et lui fournir les documents édités par G_ SA sur H_. Ce dernier a interjeté le 24 septembre 2010 un recours contre cette décision auprès du TAF.
d.a.
Le 15 septembre 2010, selon le formulaire de demande d'ouverture de compte, signé par A_, la relation n°2_ a été ouverte auprès de la E_ au nom de D_, société constituée le 16 octobre 2009 dans les Îles Vierges Britanniques, dont A_ était, selon l'"
incumbency certificate
" du 13 octobre 2010, l'unique administrateur.![endif]>![if>
Le formulaire A, litigieux en l'espèce, lié à ce compte indiquait en qualité d'ayant droit économique des valeurs patrimoniale déposées par F_, de nationalité argentine et domiciliée "
_
", Argentine. Ce formulaire A a été signé par A_ et complété par plusieurs personnes vu la présence de différentes écritures. Était jointe la copie d'un passeport argentin d'urgence, délivré à F_ le 2 septembre 2010 par le Consulat argentin à _ [USA]. Sous la rubrique "
remarques
", il était indiqué que le passeport était délivré en renouvellement du passeport précédent ("
Otorgado la actualizacion de pasaporte anterior n°3_ expedido per Consulado en _
[USA]
el 30.04.2004
").
Deux versions d'un formulaire de données confidentielles ("
Confidential data
"), toutes deux datées du 15 septembre 2010, ont été signées par A_ et I_, ancien chef du département "
gérants externes
" de la E_. Il en ressort que F_, domiciliée en Argentine, était ayant droit économique du compte en question. La partie concernant le conjoint du bénéficiaire était barrée. Sur l'une des versions figuraient des informations supplémentaires par rapport l'autre, dont notamment que F_ était une nouvelle cliente et la "
personne de confiance (assistante) de M. A_
". L'écriture manuscrite était distincte entre les différentes parties de ces deux versions du formulaire.
d.b.a.
Le 19 octobre 2010, deux certificats d'actions de la société J_ AG n°1 et n°2 portant sur 150 actions ont été placés sur le compte de D_ par K_ SA (ci-après : K_), société dont l'administrateur, L_, gérait ledit compte.
Ces titres se trouvaient auparavant dans le dépôt rattaché au compte joint des époux H_, à tout le moins le 30 juin 2009, date du récapitulatif du portefeuille (
portofolio summary
).
d.b.b.
Selon les ordres de retrait et de versement du 20 octobre 2010, remplis par M_ et visés par I_, les sommes de CHF 342'000.- et EUR 84'466.22 ont été retirées en espèces du compte joint des époux H_ puis déposées à la caisse de la banque sur celui de D_. A_ a retiré le 15 août 2011 le solde en caisse du compte joint.
Le formulaire de clarification de l'arrière-plan économique du dépôt desdites sommes indiquait "
Argentine
" comme provenance des fonds et "
Discrétion
" comme motif pour lequel l'opération avait été effectuée en espèces, selon "
information reçue de M. L_ c/o K_
". Une note avait ensuite été ajoutée au pied du formulaire : "
NB compte va être clôturé (voir note de M. N_ et Mme O_)
".
d.b.c.
Le 20 octobre 2010, la E_ s'est vue remettre en mains propres, par A_, le certificat d'actions n°9 relatif à P_ SA qu'elle a été invitée à porter au compte de D_.
Auparavant, A_ avait reconnu, par une "
Declaration of Trust
" datée du 30 août 2010, détenir en qualité de
trustee
ledit certificat pour le compte de ses clients "
H_ & Q_ _ USA
".
d.c.
Il ressort d'un courriel interne à la E_ du 21 octobre 2010 de O_, employée du fichier central, adressé à M_, chargé du suivi du compte de D_, et à I_ que celle-ci demandait des informations complémentaires s'agissant de l'ouverture du compte de D_, dès lors qu'un rapprochement avait été fait entre F_ et Q_. O_ cherchait notamment à savoir si F_ avait ou avait eu la nationalité américaine, si elle avait toujours une résidence aux États-Unis et si elle était divorcée. Ce courriel a été transféré le 25 octobre 2010 par M_ à N_, ancien responsable du service fiscal de la E_, avec I_ en copie, en indiquant "
selon téléphone en conférence de ce jour avec M. L_ c/o K_
" que le compte allait être clôturé et qu'une somme de CHF 365'025.-, avec référence d'achat de participation R_, devait être virée à la S_, le solde devant être transféré dans une banque ou une caisse pour solde final. Par retour d'e-mail, N_ a donné son accord pour cette dernière opération.![endif]>![if>
d.d.
Le 27 octobre 2010, un montant de CHF 365'025.- a été débité du compte de D_ pour être versé sur celui de T_ AG à _ en lien avec l'achat de participations de R_. ![endif]>![if>
d.e.
Selon ordre interne du 15 février 2011, le compte de D_ était clôturé, pour le motif : "
Ade U.S.
".![endif]>![if>
Le solde des avoirs du compte de D_ représentant EUR 58'359.60 a été transféré sur un compte auprès de la U_ LTD (ci-après : U_) au nom de D_.
e.
Le 28 avril 2011, le TAF a rejeté le recours des époux H_.![endif]>![if>
f.
À la suite de l'arrêt du TAF, les époux H_ ont mandaté M
e
Z_, avocat exerçant aux États-Unis, pour les représenter dans la procédure en régularisation de leurs actifs détenus en Suisse, qu'ils ont introduite en juin 2011. Cette dernière s'est soldée par la signature d'un accord avec l'IRS le 5 mars 2014, dont il ressort que les époux étaient domiciliés à
_ [USA]
et qu'ils ont fait l'objet d'un rappel d'impôts ordinaires majorés d'une pénalité de USD 676'864.-.![endif]>![if>
g.a.
A_, dans un email du 20 juillet 2011 adressé à M
e
Z_, a indiqué que les époux H_ possédaient trois biens immobiliers commerciaux par l'intermédiaire de sociétés, dont J_AG et P_SA.
g.b.
Par courrier du 7 septembre 2011, A_ a indiqué que H_ était propriétaire de 150 titres au porteur de J_AG.
g.c.
Par courrier de son conseil du 29 août 2014 adressé au Ministère public (ci-après : MP), A_ a indiqué être toujours titulaire de la participation dans P_SA pour le compte des époux H_.
Les 3 septembre et 14 octobre 2014, A_ a signé deux exemplaires d'un formulaire F indiquant que H_ et Q_ faisaient partie des bénéficiaires économiques de P_SA. Ils apparaissaient domiciliés au "
_
" en _ [USA].
g.d.
Les 20, 27 août, 4 septembre 2014, 9 mars et 9 avril 2015, A_, agissant au nom de D_, a ordonné à la banque U_ à Hong Kong des transferts pour un total de CHF 2'000'000.- du compte D_ vers celui de H_ auprès de la V_.
h.
A_ a, par courrier de son conseil, produit des pièces complémentaires, notamment l'accord entre le Département de la justice américain et E_ du 10 décembre 2015 ainsi que le communiqué dudit Département à ce propos. Il en ressort que E_ aurait aidé des clients à ouvrir et à maintenir des comptes non déclarés aux Etats-Unis jusqu'en 2013.![endif]>![if>
Il a également versé à la procédure deux photographies de l'École W_, _, Argentine, sur lesquelles figurent le bâtiment H_ et F_.
i.
Devant le MP, I_ a expliqué que l'identification de l'ayant droit économique était systématiquement déléguée aux gérants externes. Il pouvait arriver que son service complète les formulaires en raison d'informations manquantes. En 2010-2011, la banque avait décidé de clôturer toutes ses relations avec des clients américains.![endif]>![if>
Il ne reconnaissait pas son écriture sur les documents d'ouverture du compte D_, ni sur le formulaire A du 15 septembre 2010. Il avait signé le formulaire "
Confidential data
" daté du même jour. Dans la mesure où il existait deux versions de ce document, il y avait certainement eu une demande d'informations complémentaires sur le lien entre l'ayant droit économique et le signataire. Les informations avaient été ajoutées sur un second formulaire après qu'il ait signé le document.
Il n'avait pas le souvenir du dépôt d'espèces sur le compte D_. Pour des sommes d'une telle importance, le dépôt devait être validé par deux personnes, tout comme le dépôt et le retrait d'actions au porteur. Une personne du comité exécutif de la E_ avait ainsi probablement validé l'opération.
j.
L_ a confirmé au MP que l'identification de l'ayant droit économique était déléguée à K_ par la E_ en ce qui concernait leur clientèle. En 2010, il était le seul gérant de portefeuille au sein de K_.![endif]>![if>
Il connaissait H_, un client de K_, avec lequel les contacts se faisaient non pas directement mais par l'intermédiaire de A_. Après avoir indiqué qu'il ignorait avoir participé à l'ouverture d'un compte auprès de la E_ au nom de la société D_, il a admis avoir apposé sa signature sur certains documents liés audit compte bancaire, sans toutefois pouvoir se rappeler du contexte.
k.
M_ a déclaré au MP avoir été en 2010 chargé de relation, à savoir des tâches essentiellement administratives telles que compléter la documentation interne à la banque, les documents d'ouverture de compte, respectivement les documents
KYC
. De manière générale, il exécutait les instructions de son supérieur hiérarchique I_, responsable de groupe. ![endif]>![if>
Il était chargé du suivi du compte de D_. Il avait rempli l'ordre interne de clôture du compte, dont la mention "
Ade US"
, les deux ordres du 20 octobre 2010 attestant du retrait en espèces du compte joint des époux H_ et l'ordre de dépôt sur le compte de D_, mais n'avait pas paraphé ce dernier. Il n'avait pas fait le lien entre les sorties du compte joint n°1_et les entrées en
cash
du même jour sur le compte D_. Vu les montants concernés, c'était son supérieur I_ qui devait être chargé de clarifier l'arrière-plan économique de la transaction.
Les informations figurant sur le formulaire "
Confidential data
" étaient en partie de sa main, dont le numéro de compte, le texte libellé "
personne de confiance (assistante) de M. A_
", les mentions "
new client
", "
Euro 370'000
" et "
cash
". Il n'avait pas de souvenir de la raison de l'indication "
discrétion
", mais il s'imaginait que c'était l'explication fournie par L_. En effet, les informations qu'il mentionnait sur les documents venaient de ce dernier, et non de A_. Il avait rencontré ce dernier à seulement deux reprises, dont une fois lors du retrait précité sur le compte joint des époux H_. L_ était également présent ce jour-là. Pour le reste, il ne se rappelait de rien, soit en particulier d'une solution de rechange mise en place par l'ouverture du compte de D_. Il était certain de ne pas avoir eu de discussion avec A_ à ce sujet.
Sur le formulaire A litigieux, il avait seulement inscrit le numéro de compte, ajouté après que le formulaire ait été rempli et signé, puisque c'était seulement lorsque tous les documents d'ouverture étaient réunis qu'un numéro était attribué. En général, les documents étaient complétés par les gérants externes qui les lui renvoyaient.
Il ne se souvenait pas de sa réaction à la réception du courriel de O_ du 21 octobre 2010, ni d'une discussion qui s'en serait suivie avec L_. C'était le fichier central qui s'occupait du contrôle des documents d'ouverture, y compris du formulaire A, pour s'assurer qu'ils avaient été correctement remplis. La banque avait décidé de se séparer de sa clientèle US.
l.
Dans un premier temps, A_ a été mis en prévention par le MP concernant un formulaire F de P_SA du 30 octobre 2013, duquel il ressortait qu'il était l'ayant droit économique de cette société. ![endif]>![if>
Dans ce contexte, il a déclaré que les époux H_ faisaient partie des 4'500 noms envoyés par G_ aux États-Unis. En raison de cette période trouble, il avait convenu avec les époux H_ de détenir pour leur compte 25% d'actions de la société P_SA dont ses clients étaient les bénéficiaires économiques depuis qu'ils avaient acheté les actions en 2005. Le formulaire F qu'il avait signé le 30 octobre 2013 mentionnait par erreur qu'il était le bénéficiaire économique de cette société. Il s'agissait d'un formulaire pré rempli, qu'il avait signé par négligence, il en était désolé.
En 2011, à la suite de l'arrêt du TAF confirmant la transmission des données aux autorités américaines, il avait obtenu pour les époux H_ un rendez-vous auprès d'un expert fiscal aux Etats-Unis et les intéressés avaient fait une déclaration volontaire relative à l'intégralité de leurs avoirs. Il avait par la suite rectifié son erreur par la signature d'un nouveau formulaire F le 14 octobre 2014, indiquant H_ et Q_ comme bénéficiaires économiques desdites actions.
Lors de l'audience devant le MP, son conseil a ajouté que l'arrêt du TAF concernait un compte à G_ qui n'appartenait pas aux époux H_, les relevés mentionnant toutefois trois transferts provenant de ces derniers ainsi que la E_ comme l'établissement bancaire du donneur d'ordre. Les autorités américaines pouvaient ainsi identifier l'existence du compte joint des époux H_ au sein de la E_ de même que la détention sur ce compte d'actions de P_SA. Après le rejet de leur recours au TAF et la régularisation de leur situation fiscale, il n'y avait plus aucun intérêt à cacher la propriété des actions des époux H_ et à désigner un tiers comme ayant-droit économique de la société.
m.
Par plis de son conseil des 16 et 20 octobre 2015, A_ a expliqué que, dans l'attente du résultat du recours formé au TAF contre la décision de l'AFC du 23 août 2010, les époux H_ lui avaient confié le mandat de détenir à titre fiduciaire leur participation de 25 % dans P_SA, acquise en 2006. À la suite de la signature de l'acte de fiducie du 30 août 2010, le certificat d'actions N°9 de P_SA au nom de A_ avait effectivement fait l'objet d'une livraison interne en octobre 2010 auprès de la E_ afin d'être enregistré sur le compte de D_, nouvelle entité immatriculée par B_ pour le compte des époux H_. Les dividendes ultérieurement distribués par P_SA avaient été virés en faveur de D_.![endif]>![if>
n.
A_ a déclaré au MP et au Tribunal de police, à la suite de sa mise en prévention pour faux dans les titres au sujet du formulaire A, qu'au cours des années 2009 et 2010, le contexte était trouble. La E_ avait décidé de rompre ses relations avec ses clients américains, dont les époux H_. La société D_ puis sa relation bancaire avaient été créées à la suite à la décision du TAF de l'envoi de 4500 noms aux Etats-Unis parmi lesquels figurait le nom de H_, ce dernier ayant en effet été averti qu'il risquait d'être inquiété. Le but du transfert des fonds et titres du compte H_ sur le compte D_ n'était pas d'échapper à la procédure initiée aux Etats-Unis, mais uniquement de rassurer les clients, qui ne savaient "
pas trop quoi faire
". Au moment de la clôture du compte D_, il avait mis dans son coffre les titres des sociétés immobilières, ce qu'il aurait déjà eu loisir de faire en octobre 2010, s'il avait voulu les "
dissimuler
".![endif]>![if>
Afin de conserver provisoirement une relation avec la banque, en accord avec celle-ci, soit avec les gérants du compte, il avait été décidé de mettre en place une "
solution de rechange
" consistant en l'ouverture du compte de D_. Il n'avait pas été le seul interlocuteur de la banque et "
cela avait été fait conjointement
" avec L_, tiers gérant du compte, qui avait effectué toutes les démarches d'ouverture de compte. Il ne lui semblait pas avoir personnellement eu un contact avec la banque.
Il avait signé le formulaire A litigieux et savait que ce document constituait un titre. Il ne l'avait en revanche pas daté ni rempli.
Les informations contenues dans le formulaire A étaient exactes, notamment le domicile en Argentine de F_. Elle y avait toute sa famille, y était née, y avait passé sa jeunesse et y retournait régulièrement en particulier dans le cadre professionnel. Sur le formulaire d'entrée en relation d'affaires du 9 novembre 2006 et la "
declaration of trust
" du 30 août 2010, A_ avait mis la même adresse pour les deux époux, vu qu'ils passaient une partie de l'année ensemble. Il y avait apposé le nom de H_ pour les deux époux car il les connaissait en tant que tels, même si, administrativement parlant, il aurait dû mentionner F_. Celle-ci avait acquis la nationalité américaine en 2004 et son passeport américain ne mentionnait que son nom de jeune fille. Avant janvier 2016, il n'avait dans son dossier qu'une copie du passeport argentin de F_, dont il ignorait qu'il avait été établi en urgence. Il avait reçu une copie de son passeport américain la veille de son audition au MP.
Il n'avait pas signé la version du document de données confidentielles ("
confidential data
") contenant les ajouts de M_. Il n'avait pas dit à I_ que F_ était son assistante, ce qui n'avait jamais été le cas et ignorait la raison pour laquelle cela avait été indiqué. Il était possible, sur suggestion de son conseil, que I_ eût en réalité évoqué par erreur à cet endroit le lien qu'il avait avec X_, son assistante à l'époque.
Les avoirs déposés sur ce compte provenaient bien du compte joint des époux H_. Toutefois, au vu du contexte, H_ avait décidé de "
mettre l'intégralité des avoirs au nom de son épouse
" et avait, "
en quelque sorte
", fait une donation de ses avoirs. Il n'y avait pas eu de contrat écrit. Au premier juge, il a expliqué que, vu l'affaire G_, il y avait "
vraiment eu donation
" des titres et avoirs de H_, même si ensuite, ils étaient "
revenus en arrière
".
Il s'était personnellement rendu, avec L_, au guichet de la banque pour procéder au transfert des titres et des liquidités du compte joint des époux H_ sur celui de D_. L'opération avait été faite en liquide s'agissant des sommes d'argent, car F_ voulait couper les liens entre le compte H_ et le compte D_. Les actions des sociétés P_SA et de J_AG, déposées sur le compte joint, avaient effectivement été transférées sur le compte de D_. Il ignorait qui, au sein de la E_, savait que les fonds et titres versés au crédit du compte de D_ provenaient du compte des époux H_.
Les deux époux étaient aujourd'hui ayants droit économiques des actions de P_SA. Les actions au porteur de J_AG avaient été vendues au cours de l'année 2015, le produit de leur vente ayant été transféré sur le compte de D_ à Hong Kong puis sur un compte de H_ aux États-Unis. Aucun ayant droit économique n'était indiqué dans les documents bancaires du compte à Hong Kong puisque cela n'était pas exigé. Le compte à Hong Kong n'avait pas tout de suite été ouvert pour y transférer les avoirs déposés sur le compte joint des H_ car il n'y avait pas lieu de cacher des transactions à la E_. F_ souhaitait conserver son compte à Genève.
À la suite du courriel de O_ du 21 octobre 2010, L_ l'avait appelé pour lui dire que la banque ne souhaitait plus garder cette relation car elle voulait se "
décharger de la clientèle US
". Il avait compris que la décision était définitive. Le seul "
lien US
" de F_ était la nationalité américaine de son époux.
o.
Le 11 mars 2016, A_, par courrier de son conseil, a indiqué que l'ouverture du compte de D_ avait eu pour seul objectif d'apaiser provisoirement les inquiétudes des clients de B_ dans l'attente de l'arrêt du TAF. Après la notification de la décision de l'AFC, H_ et son épouse avaient donné en septembre 2010 pour instruction à A_ de transférer à cette dernière l'ensemble des avoirs détenus sur leur compte joint dans les livres de la E_.![endif]>![if>
Selon une copie du passeport américain de F_ jointe au courrier, ledit passeport était valable du 2 août 2004 au 1
er
août 2014. Était également annexée une copie du certificat de naturalisation de cette dernière, établissant qu'elle était devenue ressortissant des États-Unis le 23 juillet 2004.
C. a.

## Considerations