# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9880349b-f46c-5ba1-a41a-16513dccc996
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait et en droit
1. Par ordonnance pénale du 10 août 2017, le Ministère public a reconnu A._ coupable d'empêchement d'accomplir un acte officiel, de violation grave des règles de la circulation routière et de contravention à l'ordonnance sur l'admission des personnes et des véhicules à la circulation routière et l'a condamné à une peine de travail d'intérêt général de 320 heures, avec sursis pendant deux ans, et à une amende de CHF 1'500.-, ainsi qu'au paiement des frais de la cause.
Le mandataire du prévenu a fait opposition à cette ordonnance par acte du 29 août 2017. Avisé de la tardiveté de cette opposition du fait que l'ordonnance avait été notifiée le 11 août 2017 au prévenu, il a exposé par courrier du 6 novembre 2017, après avoir obtenu plusieurs prolongations de délai pour indiquer si l'opposition était maintenue ou non, que pour raisons de santé ressortant d'un certificat médical annexé, le prévenu n'avait pas été en mesure de contester l'ordonnance et il a conclu à ce qu'il soit considéré "que mon opposition précitée a eu lieu en temps utile" et à ce qu'il soit fait droit "à la présente requête".
Par courrier du 16 novembre 2017, le Ministère public a transmis l'opposition et le dossier de la cause au Juge de police de l'arrondissement de la Gruyère compétent pour statuer sur la validité de l'opposition, concluant à l'irrecevabilité de celle-ci.
2. Par ordonnance du 3 avril 2018, la Juge de police a constaté la tardiveté de l'opposition, déclarée irrecevable, a rejeté la requête de restitution de délai, a dit que l'ordonnance pénale du 10 août 2017 acquiert force de chose exécutoire et a mis les frais à la charge du prévenu.
3. Par acte de son conseil du 19 avril 2018, A._ a contesté cette ordonnance en invoquant une violation du droit d'être entendu, un défaut de compétence et une constatation incomplète ou erronée des faits, et il demande "que le recours soit admis sous suite d'une équitable indemnité de partie allouée au recourant, et l'ordonnance du 3 avril 2018 annulée, l'affaire étant renvoyée à la Juge de police (art. 397 al. 2 CPP)".
Le Ministère public a fait savoir par lettre du 24 avril 2018 qu'il renonce à formuler des observations.
La Juge de police a fait connaître ses observations par acte du 26 avril 2018 et y conclut au rejet du recours.
4. La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 du Code de procédure pénale (CPP).
5. Le recourant se plaint ensuite d'une violation de son droit d'être entendu du fait qu'il n'a pas été cité à comparaître à l'audience de la Juge de police.
Compris comme l'un des aspects de la notion générale de procès équitable au sens de l'art. 29 Cst., le droit d'être entendu garantit notamment au justiciable le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, d'avoir accès au dossier, de prendre connaissance de toute argumentation présentée au tribunal et de se déterminer à son propos, dans la mesure où il l'estime nécessaire, que celle-ci contienne ou non de nouveaux éléments de fait ou de droit, et qu'elle soit ou non concrètement susceptible d'influer sur le jugement à rendre (not. ATF 142 III 48 consid. 4.1.1; 139 II 489 consid. 3.3; 139 I 189 consid. 3.2). Une violation du droit d'être entendu qui n'est pas particulièrement grave peut être exceptionnellement réparée devant l'autorité de recours lorsque l'intéressé jouit de la possibilité de s'exprimer librement devant une autorité de
Tribunal cantonal TC Page 3 de 5
recours disposant du même pouvoir d'examen que l'autorité précédente sur les questions qui demeurent litigieuses (ATF 136 III 174 consid. 5.1.2; arrêt TF 5A_178/2015 du 29 mai 2015 consid. 4.3), et qu'il n'en résulte aucun préjudice pour le justiciable (ATF 136 III 174 consid. 5.1.2 a contrario). A ces conditions, même si la violation du droit d'être entendu est grave, une réparation de ce vice procédural devant l'autorité de recours est également envisageable si le renvoi à l'autorité inférieure constituerait une vaine formalité. L'allongement inutile de la procédure qui en découlerait est en effet incompatible avec l'intérêt de la partie concernée à ce que sa cause soit tranchée dans un délai raisonnable (ATF 137 I 195 consid. 2.3.2; arrêt TF 5A_296/2013 du 9 juillet 2013 consid. 3.1).
En l'espèce, l'acte de transmission du 16 novembre 2017 mentionne qu'une copie est adressée à Me Jacques Bonfils. Envoyée sous pli simple, aucun élément du dossier ne permet cependant d'établir que le recourant en ait effectivement pris connaissance. Toutefois, le mandataire du recourant ne s’est plus manifesté après sa lettre du 6 novembre 2017 rappelant l'opposition du 29 août 2017, transmettant le certificat médical annoncé, relevant qu'il en résulte que son mandant n'était médicalement pas en mesure de réagir à l'ordonnance reçue dans le délai légal pour des raisons de santé psychiques et physiques, et priant de considérer que l'opposition précitée a eu lieu en temps utile (DO 9009 s.). En tant que l'ordonnance attaquée a été rendue le 3 avril 2018, soit plus de 4 mois plus tard, le recourant, assisté d'un conseil juridique, ne peut pas, de bonne foi, objecter qu'il ne s'est pas vu octroyer de délai pour se déterminer par écrit ou par oral; il lui appartenait en effet de s'enquérir de l’absence de nouvelles de l'autorité et de ne pas simplement attendre qu'on l'invite à se déterminer.
Au demeurant la décision sur la validité de l'opposition ne porte pas sur la culpabilité et une procédure écrite suffit. Quoi qu'il en soit, même à admettre que le droit d'être entendu du recourant ait été violé, la Chambre de céans dispose du même pouvoir d'examen que l'autorité précédente sur la question qui demeure litigieuse et un renvoi à la Juge de police provoquerait un allongement inutile de la procédure; dès lors, en tant qu'une hypothétique violation du droit d'être entendu du recourant peut être réparée devant la Chambre de céans, c'est à tort que le recourant en tire argument.

## Considerations