# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bda210ef-81e7-5675-ad13-c5727ad51d79
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2008
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
B_ est une société active dans le négoce de pétrole. Son siège se trouve aux Iles Vierges Britanniques, mais son centre d'activité est situé à Riga (Lettonie). B_ n'a ni filiale ni succursale en Suisse. Le propriétaire de la société, S_, se présente avec une carte de visite à l'entête B_ comportant des coordonnées à Riga et à Zoug (
Adresse :
_;
Tél
. : _
; Fax :
_). Selon les renseignements fournis par SWISSCOM, ce raccordement téléphonique correspond à la société T_, société anonyme inscrite au Registre du commerce de Zoug à l'adresse _. S_ ne compte pas parmi les administrateurs de cette société.
M_ est une société domiciliée à Londres, également active dans le domaine du négoce de pétrole. Cette société n'a pas non plus de filiale ou de succursale en Suisse.
b.
Au début du mois de février 2007, B_ - en qualité de venderesse - et M_ - en qualité d'acheteuse - ont participé à Londres à des négociations portant sur la vente d'une quantité de _ tonnes métriques de gazoline de trois qualités distinctes. Selon le dire de M_, ce produit était destiné au marché nigérian.
M_ soutient qu'un contrat a été conclu par les parties le 12 février 2007, la société C_ - apparemment domiciliée à Londres - intervenant en qualité de courtier pour le compte de B_. A l'appui de cette affirmation, elle produit un document daté du 12 février 2007 intitulé "
C
_
contract
ref:
_" confirmant la transaction portant sur la vente de _ tonnes métriques de gazoline en provenance de la raffinerie de Biélorussie à un prix fixé en dollars américains en référence au cours de ce produit en avril 2007 (art. 7). Le paiement devait intervenir au moyen d'une lettre de crédit irrévocable ouverte par l'acheteur auprès d'une banque désignée par le vendeur (art. 8). Le droit anglais était applicable et les parties convenaient d'une prorogation de for irrévocable en faveur de la Haute Cour de Londres (art. 13). Ce document a été établi par C_ et ne comporte aucune signature.
B_ conteste que C_ soit intervenue à titre de courtier pour son compte, tout comme elle conteste qu'un contrat ait été conclu entre elle et M_.
c.
Par courrier électronique du 14 février 2007, M_ a rappelé à B_ qu'elle n'avait pas reçu les coordonnées de la banque de la venderesse. Elle annexait néanmoins au courrier un projet de lettre de crédit établi la veille auprès de la banque N_, succursale de Genève pour un montant de US$ 11'115'833.10 +/- US$ 50'538.-. M_ explique qu'elle a choisi cet établissement bancaire parce qu'elle avait rencontré des représentants de cette banque en compagnie de B_ lors des négociations contractuelles à Londres. A l'appui de cette affirmation, elle produit des cartes de visite de la banque N_, succursale de Genève, et de P_, ainsi qu'une déclaration écrite de son directeur responsable du négoce.
B_ conteste avoir convenu avec M_ que le prix de la transaction devait être versé sur le compte d'une banque suisse. Le 15 février 2007, elle a d'ailleurs adressé à M_ un courrier qui se conclut par le constat qu'aucun contrat n'a été conclu entre les parties.
Depuis lors, M_ persiste dans son argumentation selon laquelle le contrat a été valablement conclu, tandis que B_ soutient qu'elle n'est pas liée contractuellement à M_. M_ fait en outre valoir qu'elle avait déjà revendu la cargaison de gazoline le 10 février 2007 et que l'inexécution du contrat avec B_ lui cause un préjudice - sous la forme d'un gain manqué - de US$ 302'563.- avec intérêts à 8% dès la date de l'inexécution.
B.
Le 23 mars 2007, M_ a requis - et obtenu moyennant sûretés de 30'000 fr.
- auprès du Tribunal de première instance de Genève le séquestre de la somme de US$ 330'000.- sur le compte de B_ auprès de la banque N_, succursale de Genève. Elle a indiqué comme cause de l'obligation l'inexécution du contrat _ du 12 février 2007.
Avisée par la banque le 18 octobre 2007 de l'existence du séquestre, B_ a formé opposition auprès du Tribunal de première instance le 26 octobre 2007. Elle y a notamment soutenu que la créance n'était pas rendue vraisemblable et qu'il n'existait pas de lien suffisant avec la Suisse.
Par jugement du 6 décembre 2007, communiqué aux parties par pli du lendemain, le Président du Tribunal de première instance a révoqué l'ordonnance de séquestre du 23 mars 2007 et condamné M_ à verser à sa partie adverse une indemnité de 2'000 fr. à titre de dépens. En substance, le premier juge a retenu qu'il n'existait pas de lien suffisant avec la Suisse. Il n'a pas examiné la question de l'existence de la créance invoquée par M_.
C.
Par acte déposé le 20 décembre 2007 au greffe de la Cour, M_ forme appel de ce jugement dont elle demande l'annulation. Reprenant son argumentation de première instance, elle conclut à la confirmation de l'ordonnance de séquestre du 23 mars 2007 avec suite de dépens.
Dans sa réponse, B_ conclut à la confirmation du jugement entrepris avec suite de dépens.
L'argumentation juridique des parties sera examinée ci-après, dans la mesure utile.

## Considerations

EN DROIT
1.
Interjeté selon la forme et dans le délai prescrits, le recours est recevable (art. 354 al. 1 LPC, art. 278 al. 3 LP et 22 al. 4 LALP).
2.