# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c4dcc008-3acb-46ac-b2a3-0871d02fb57e
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 1998
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. A._ est employé en qualité d’agent de bourse auprès des sociétés B._ S.A. et C._ S.A. à Y._. Son épouse, Mme A._, n'a pas de formation professionnelle.
En 1983, A._ a acquis un domaine agricole de 9,7 hectares, situé sur la commune de X._. Afin d’obtenir l’autorisation de rénover la ferme, il s’est engagé à maintenir l’affectation agricole des parcelles acquises, en constituant le 21 septembre 1984 une charge foncière en faveur de l’Etat de Vaud. A partir de 1985, l'exploitation s'est étendue à la culture de céréales et à l’élevage de moutons. Cette activité n’ayant pas produit de bénéfices, les époux A._ ont pris la décision, en 1988, d’acquérir trois chevaux dans la perspective de constituer un élevage de pur-sangs arabes. Le haras s’est peu à peu agrandi. En 1989, l’élevage comptait cinq chevaux. En 1990, la naissance d’un poulain a porté l’effectif à six. En 1993, les recourants ont acquis trois chevaux supplémentaires. Enfin, en 1996, l’élevage comprenait douze chevaux. A._ affirme avoir progressivement abandonné sa profession pour consacrer deux tiers de son temps à son exploitation agricole. Son épouse y travaille à plein temps. En outre, trois employés seraient engagés à temps partiel.
B. Depuis le début de l’exploitation, l’élevage de chevaux s’est révélé déficitaire. En 1989, les pertes se montaient à Fr. 95'106.-; en 1990, à Fr. 96'779.-; en 1991, à Fr. 85'949.-; en 1992, à Fr. 76'734.-; en 1993, à Fr. 96'591.- et, en 1994, à Fr. 67'960.-. En somme, le cumul des pertes durant les six premières années d’exploitation s’est élevé à Fr. 519'119.-. Les exercices de 1995 et 1996 se sont soldés également par des pertes, respectivement de Fr. 22'509.05 et de Fr. 59'873.70.
Les résultats d’exploitation avant amortissements présentaient des pertes de Fr. 38'312.- en 1989, de Fr. 44'195.- en 1990, de Fr. 27'865.- en 1991, de Fr. 18'653.- en 1992, de Fr. 47'679.- en 1993 et de Fr. 26'147.- en 1994, soit Fr. 202'851.- au total sur toutes ces périodes.
En 1991, les produits s’élevaient à Fr. 4'345.-. Ils provenaient, d’une part, de la vente de brebis, par Fr. 1'250.-, et d’autre part d’une plus-value comptable des chevaux, par Fr. 3'095.-. Les charges s’élevaient en revanche, en 1991, à Fr. 90'294,65. En 1992, les produits de l’exploitation agricole se montaient à Fr. 3'571.-, soit Fr. 476.- résultant de la vente de deux agneaux et Fr. 3'095.- de plus-value comptable des chevaux. Les charges comptabilisées en 1992 étaient au total de Fr. 80'305.20.
Selon l’inventaire établi par les recourants, de 1989 à 1994, seuls deux chevaux ont été vendus. La première vente, en juin 1989, a généré une perte de Fr. 5'000.-. La seconde, intervenue en 1992, a dégagé un bénéfice de Fr. 5'000.-. En décembre 1995, deux chevaux supplémentaires ont été vendus, dégageant un bénéfice de Fr. 31'000.-. Tous deux étaient nés dans l’élevage, respectivement en 1989 et en 1990.
C. En 1990, Les époux A._ ont pris contact avec la Commission d'impôt de Nyon. Il ressort du dossier qu'un taxateur les a alors aidés à établir un plan de revalorisation et d'amortissement des chevaux.
Pour la période 1991-1992, l'administration fiscale avait admis la déduction des pertes réalisées en 1989 et en 1990.
Afin de financer l'exploitation, A._ a investi en 1991 son capital de prévoyance (3
ème
pilier), qui s'élevait à Fr. 311'493.-. Le 27 septembre 1994, il a contracté un emprunt hypothécaire de Fr. 300'000.-.
D. Par décision de taxation du 9 juin 1994, la Commission d’impôt de Nyon a fixé le revenu imposable des recourants, en matière d’impôt cantonal et communal, pour la période 1993-1994 à Fr. 80'800.-. Outre des modifications non contestées, l’autorité de taxation a refusé la déduction des pertes d’exploitation de l’élevage de chevaux arabes, à concurrence de Fr. 85'949.- en 1991 et de Fr. 76'734.- en 1992.
A la demande du contribuable, la Commission d’impôt de Nyon a expliqué par courrier du 29 juin 1994 qu'en raison du cumul des pertes, elle devait dorénavant considérer l’élevage de chevaux comme un hobby et non comme une activité lucrative.
Le 1
er
juillet 1994, Les époux A._ ont formé une réclamation contre la décision de taxation du 9 juin 1994.
Le 8 juillet 1994, la Commission d’impôt de Nyon a confirmé sa décision après réexamen du cas. Le 13 juillet 1994, Les époux A._ ont déclaré maintenir leur réclamation.
E. Par décision sur réclamation du 22 octobre 1996, l’Administration cantonale des impôts (ACI) a rejeté la réclamation des époux A._. Cette décision se fonde essentiellement sur un arrêt du Tribunal administratif du 7 août 1992 (FI 29/87). Selon cette jurisprudence, lorsqu’un contribuable exerce une activité durablement sans bénéfice, il faut conclure à l’existence d’un hobby ou, tout au moins, exclure celle d’une entreprise en raison du manque de succès financier de cette activité.

## Considerations