# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0a3f6473-1bf7-58ae-94ef-f62992ee0f03
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Le 3 novembre 2009, Monsieur le Procureur général de la République et canton de Genève a prononcé une ordonnance de refus de réintégration de Madame P_ dans la chambre qu'elle sous-louait à Mme R_, à l'adresse 4, ch. des X_ au Grand-Lancy.
Cette décision mentionnait qu'elle pouvait faire l'objet d'un recours dans les trente jours auprès du Tribunal administratif, "en déposant des conclusions motivées (art. 63 et 64 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
)".
2. Par un courrier de nonante-cinq pages, daté du 12 novembre 2009 mais posté le 20 novembre 2009 à l'intention du Tribunal administratif et rédigé entièrement en allemand, Mme P_, indiquant être domiciliée à l'hôtel H_, 17, rue de C_ à Genève, a protesté contre la décision précitée.
3. A réception de ce pli le 24 novembre 2009, le Tribunal administratif a, par courriers simple et recommandé envoyés à Mme P_ à l'hôtel H_, informé l'intéressée que le français étant la langue officielle du canton de Genève, elle devait, dans les trente jours dès réception de la décision du Procureur général du 3 novembre 2009, faire parvenir une traduction en français du recours qu'elle entendait déposer, sous peine d'irrecevabilité de celui-ci.
4. Le pli recommandé, non réclamé, a été réexpédié par La Poste au tribunal de céans le 9 décembre 2009.
5. A ce jour, aucune traduction en langue française n'est parvenue au juge délégué.

## Considerations

EN DROIT
1. De jurisprudence constante, la langue officielle du canton de Genève est le français. C'est dans cette langue que les parties doivent agir devant les tribunaux (
ATA/362/2009
du 28 juillet 2009).
2. Toutefois, un délai doit être octroyé à la partie concernée pour procéder à la traduction en français ; cette exigence vaut aussi pour les pièces (arrêt du Tribunal fédéral
2P.192/2003
du 11 juillet 2003 ;
ATA/478/2008
du 16 septembre 2009 et les références citées).
En effet, la prohibition du formalisme excessif commande à l'autorité d'éviter de sanctionner par l'irrecevabilité les vices de procédure aisément reconnaissables auxquels il pourrait être remédié à temps, car signalés utilement au plaideur (
ATA/351/2009
du 28 juillet 2009 ;
ATA/451/2007
du 4 septembre 2007 ;
ACOM/77/2006
du 17 août 2006).
3. En l'espèce, Mme P_ avait reçu le 12 novembre 2009 en tout cas puisque son courrier porte cette date, la décision du Procureur général du 3 novembre 2009, même s'il n'a été expédié que le 20 novembre 2009. Le délai de recours de trente jours venait donc à expiration au plus tard le samedi 12 décembre 2009. En application de l'art. 17 LPA, ce délai a été reporté au lundi 14 décembre 2009.
De plus, si le pli recommandé que le tribunal de céans lui a envoyé le 24 novembre 2009 n'a pas été réclamé, il est réputé lui avoir été notifié à l'expiration du délai de garde, soit le 2 décembre 2009, comme cela figure sur l'enveloppe. Enfin, un pli simple avait également été expédié à Mme P_.
4. Cette dernière devait donc faire parvenir au tribunal de céans une traduction en français de son recours le 14 décembre 2009 au plus tard.
5. Tel n'a pas été le cas. L'acte de Mme P_ sera donc déclaré irrecevable, sans autre instruction (art. 72 LPA) car il ne respecte pas les exigences formelles posées par la jurisprudence (ATF
122 I 236
et les arrêts précités).
6. Vu la situation de l'intéressée, il ne sera pas perçu d'émolument.
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