# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 7f43eade-94f4-5c29-b940-bc1629f98e14
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. C._, ressortissante française, née en 2010, est la fille de A._ et de B._, lesquels se sont pacsés selon le droit français le 4 mars 2008. Ils vécurent ensemble en France jusqu’en août 2011, date à laquelle B._ est parti vivre en Côte d’Ivoire, pour des motifs professionnels. Leur pacs a été dissout le 12 septembre 2012.
Par jugement du 22 juillet 2013, la Juge aux affaires familiales du Tribunal de grande instance de Lille a constaté que A._ et B._ exerçaient en commun de plein droit l’autorité parentale sur leur fille. Elle a également fixé la résidence habituelle de l’enfant chez sa mère, a accordé, à titre provisoire, un droit de visite surveillé au père devant s’exercer dans un point rencontre, et a astreint le père à verser à sa fille une contribution d’entretien de EUR 250.- par mois (DO 31 ss).
Par jugement du 11 février 2014, la Juge aux affaires familiales au Tribunal de grande instance de Lille a maintenu, à défaut d’entente entre les parents, le droit de visite du père à l’espace rencontre, pour une durée renouvelable d’un an. Elle a également ordonné aux parents d’organiser des rendez-vous téléphoniques et par webcam entre C._ et son père, au moins deux fois par mois. En outre, la requête de la mère tendant à ce qu’il soit interdit au père de sortir du territoire de l’enfant sans l’accord des deux parents a été rejetée, de même que sa demande de révision de la contribution d’entretien (DO 234 ss).
En mars 2015, C._ et sa mère se sont installées en Suisse, à D._.
A la demande de C._, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Broye ( : le Président du tribunal) a, par mesures superprovisionnelles du 1er octobre 2015, interdit à B._, sous la menace de la peine prévue à l’art. 292 CP, de s’approcher à moins de 100 mètres d’elle, de son domicile ou de tout autre endroit où elle se trouverait (DO 94 ss).
B. Par mémoire du 23 novembre 2015, C._, agissant par sa mère, a requis de la Justice de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après : la Justice de paix) la suppression de l’autorité parentale conjointe et son attribution exclusive à A._, à ce qu’il soit constaté que B._ n’a pas de droit de visite sur sa fille et qu’il est astreint à contribuer à son entretien par le versement d’une pension mensuelle de EUR 250.-, frais à la charge du père. Elle a également conclu, par voie de mesures superprovisionnelles, au retrait de l’autorité parentale conjointe au père. A l’appui de ses requêtes, elle a en substance allégué que son père ne s’occupait pas de manière adéquate d’elle, qu’il n’exerçait pas son droit de visite correctement, qu’il avait exercé des violences sur elle, qu’il risquait de l’enlever pour l’emmener en Côte d’Ivoire, et qu’il ne payait pas la contribution d’entretien à laquelle il a été astreint (DO 1 ss).
C. Par décision de mesures superprovisionnelles du 25 novembre 2015, la Juge de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après : la Juge de paix) a retiré à B._ l’autorité parentale sur sa fille en application de l’art. 311 al. 1 CC (DO 66 ss).
D. Par mémoire du 15 décembre 2015, B._ a conclu au rejet de la requête de C._ et a requis, reconventionnellement, à ce que son droit de visite sur sa fille soit réservé et, à défaut d’entente entre les parents, à ce qu’il s’exerce librement trois fois par semaine lors de ses séjours au lieu de résidence de l’enfant, pour une durée de deux heures à la première visite et
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de quatre heures à compter de la deuxième. De plus, il a requis que les parents soient exhortés à organiser des rendez-vous téléphoniques et par webcam entre sa fille et lui au moins deux fois par mois, frais à la charge de la mère (DO 192 ss).
E. Par décision de mesures provisionnelles du 21 mars 2016, la Justice de paix a fixé les relations personnelles entre B._ et sa fille, à défaut d’entente entre les parties, par le biais de contacts téléphoniques/chats avec webcam d’une durée maximale de 15 minutes deux fois par mois entre 17h et 19h. En outre, elle a invité les parties à se déterminer sur cette décision (DO 272 ss).
En date du 28 avril 2016, la recourante a confirmé les conclusions prises le 23 novembre 2015 (DO 282 ss). Par courrier du 9 mai 2016, le père a indiqué qu’il adhérait à la décision de la Justice de paix du 21 mars 2016 (DO 285 ss).
F. En date du 14 juin 2016, les parents ont comparu à la séance de la Justice de paix lors de laquelle ils ont, en substance, confirmé leurs conclusions respectives. Ils ont en outre accepté l’institution d’une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC (DO 316 ss).
Par décision du 22 juin 2016, le Président du tribunal a rejeté la requête d’éloignement et a constaté la caducité de sa décision urgente du 1er octobre 2015 (DO 347 ss).
Le 27 juin 2016, E._, responsable de l’établissement scolaire de D._ a fait savoir que C._ était une élève souriante, énergique et motivée qui possédait de bonnes connaissances dans les branches scolaires (DO 339).
A la demande de la Justice de paix, un agent de la police des mineurs de Lille l’a informée, le 11 juillet 2016, que la plainte pénale déposée par A._ à l’encontre de B._ pour violences envers leur fille a été « classée sans suite », « en stade 11, ce qui correspond à une absence d’infraction » (DO 344).
G. Par décision du 20 juillet 2016, la Justice de paix a levé la décision de mesures superprovisionnelles de la Juge de paix du 25 novembre 2015 de façon à ce que B._ bénéficie à nouveau de l’autorité parentale conjointe sur sa fille. Elle a également confirmé sa décision de mesures provisionnelles du 21 mars 2016. De plus, une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC a été instituée en faveur de l’enfant et F._, adjoint au chef de secteur et intervenant en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : SEJ), lui a été désigné en tant que curateur ; sa mission consiste, en substance, à favoriser l’exercice harmonieux des relations personnelles entre B._ et sa fille et leurs échanges ainsi qu’à examiner la possibilité de les étendre. B._ a également été invité à s’investir dans ses relations personnelles avec sa fille.
H. Par mémoire du 28 septembre 2016, C._, agissant par sa mère, a interjeté recours contre cette décision, concluant à sa modification en ce sens que l’autorité parentale sur C._ soit retirée à B._ et qu’elle soit attribuée exclusivement à A._, frais à la charge de l’intimé.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix y a renoncé et s’est référée au dossier de la cause. Une réponse n’a pas été sollicitée de B._.
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## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).