# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b77e6cad-6d6a-59b7-bf89-3b983e756199
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, que par requête déposée au greffe du Tribunal de première instance le 19 mars 2021, A_ a requis le prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale, assorties de mesures superprovisionnelles; qu'elle a conclu à ce que le Tribunal autorise les époux à vivre séparés, dise que chaque époux a déjà choisi son domicile, condamne B_ à lui verser, par mois et d'avance, à titre de contribution à son entretien, 1'000 EUR à compter du 1
er
mars 2020, prononce la séparation de biens des époux et ordonne à B_ de lui verser 5'000 fr. au titre de
provisio ad litem
;
Qu'elle a notamment exposé que son époux lui avait versé une contribution de 2'000 EUR de juillet 2011 à fin 2016, puis de 1'000 EUR dès 2017 et que depuis juin 2019, il ne lui versait plus aucun montant;
Que le Tribunal a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles par ordonnance du 19 mars 2021;
Que par jugement du 15 septembre 2021, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale par voie de procédure sommaire, a notamment dit que B_ ne devait pas de contribution à l'entretien de A_ (ch. 2 du dispositif) et rejeté la requête visant à l'octroi d'une
provisio ad litem
formée par cette dernière (ch. 4);
Que par acte expédié à la Cour de justice le 27 septembre 2021, A_ a formé appel contre ce jugement; qu'elle a conclu à l'annulation des chiffres 2 et 4 de son dispositif et, cela fait, à ce que B_ soit condamné à lui verser le montant de 1'000 EUR à titre de contribution d'entretien, dès le 1
er
mars 2020, ainsi qu'une
provisio ad litem
de 10'000 fr.;
Qu'elle a également formé une requête de mesures superprovisionnelles tendant à ce que B_ soit condamné à lui verser le montant de 1'000 EUR à titre de contribution d'entretien, pour la première fois le 19 mars 2021, subsidiairement dès le 1
er
mars 2020; qu'elle a invoqué que l'interruption du versement de la contribution d'entretien que son époux lui versait n'était pas due à la situation financière de celui-ci, mais à la détérioration des relations conjugales et que sa propre situation économique était dramatique, ce qui rendait urgent qu'une décision soit rendue;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, qu'en cas d'urgence particulière, le tribunal peut ordonner des mesures provisionnelles immédiatement, sans entendre la partie adverse (art. 265 al. 1 CPC);
Que le prononcé de telles mesures suppose un danger particulièrement imminent ou que le fait de donner connaissance de la requête à la partie requise risquerait de prétériter l'exécution des mesures (Bohnet, Commentaire romand, Code de procédure civile, 2
ème
éd., 2019, n. 2 ad art. 265 CPC);
Qu'en l'espèce, la requérante n'invoque aucun danger imminent; que la cause ne présente pas une urgence telle que le prononcé de mesures superprovisionnelles se justifie; qu'en effet, l'appelante soutient que l'intimé ne lui verse plus de contribution d'entretien depuis juin 2019 déjà et elle n'a requis des mesures protectrices de l'union conjugale qu'en mars 2021; que la présente procédure de mesures protectrices de l'union conjugale est par ailleurs régie par la procédure sommaire, de sorte qu'une décision devrait être rendue dans un délai relativement rapide;
Que le prononcé de mesures superprovisionnelles avant audition de la partie adverse constitue une entorse à l'un des principes essentiels de la procédure, à savoir le droit d'être entendu de la partie adverse, et l'urgence alléguée n'est pas suffisante en l'espèce pour y déroger devant la Cour;
Qu'au vu de l'issue du litige, la requérante, qui succombe, sera condamnée aux frais judicaires (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés à 200 fr. (art. 31 RTFMC) et compensés à concurrence de ce montant avec l'avance fournie.
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