# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c0b37aef-0512-5c6e-a596-e167304e2b73
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 9 décembre 2019, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 21 novembre 2019, notifiée le 28 suivant, par laquelle le Ministère public a classé la procédure ouverte à la suite de sa plainte pénale du 9 juillet 2018.
Le recourant conclut à l'annulation de l'ordonnance précitée et au renvoi de la cause au Ministère public pour poursuivre l'instruction.
B.
Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants :
a.
Dans sa plainte pénale du 9 juillet 2018, A_ a expliqué que le 11 mai 2018, il avait organisé une fête avec l'aide d'une de ses connaissances, B_ (ci-après, B_). En fin de soirée, tous deux s'étaient rendus devant l'établissement C_, à la rue 1_, à Genève, où ils avaient eu une discussion animée en lien avec l'organisation de l'événement. B_ était accompagné de son amie de l'époque, laquelle était détentrice d'un véhicule 4x4, qu'elle avait stationné en face du lieu des débats. En plein milieu de la conversation, B_ et sa compagne étaient montés dans le véhicule et avaient quitté les lieux en marche arrière. Au cours de la manoeuvre, la voiture l'avait violemment renversé. B_ et son amie avaient pris la fuite. Par la suite, ils ne s'étaient ni inquiétés de son état de santé, ni n'avaient réparé son dommage.
À teneur des documents médicaux produits à l'appui de la plainte, A_ présentait, le 12 mai 2018, une "
fracture comminutive intra-articulaire du plateau latéral et métaphysaire du tibia gauche proximal
". Il a subi une intervention chirurgicale et est resté hospitalisé jusqu'au 24 mai 2018.
b.
Selon le rapport de renseignements établi par la Brigade routière et accidents, la police avait été requise le 12 mai 2018 à 4 h. 30 à la rue 2_, à Genève, pour une personne - A_ - qui prétendait avoir été heurtée par une voiture, laquelle avait pris la fuite. Sur place, le précité avait été pris en charge par les ambulanciers. Il avait tenu des propos totalement incohérents et n'avait pas été en mesure d'expliquer ce qu'il s'était passé, avec qui, quel véhicule, ni l'endroit ni l'heure. L'éthylotest avait révélé un taux positif élevé, soit 0.88 mg/l.
c.
Lors de son audition par la police, le 28 juillet 2018, B_ a expliqué que le 11 mai 2018 il avait organisé un festival de musique, à la rue 3_, à Genève. Les boissons étaient gratuites. A_, qui était déjà sur place à midi, n'avait cessé de consommer de l'alcool jusqu'au soir. Vers 18 h. A_ était parti avec "
la femme en question
", en voiture, pour acheter de la bière. Au retour, la femme était fâchée contre le précité, mais il n'avait pas cherché à savoir pourquoi, étant très occupé. Vers 20 h. il avait eu un différend avec A_, qui voulait être payé alors que les personnes travaillaient bénévolement. Vers 3 h. du matin il (B_) était parti avec "
la femme en question
", dont il ne connaissait pas le nom, laquelle avait accepté de le ramener à _ (VD) car elle allait dans cette direction. La voiture était stationnée devant le numéro XX de la rue 1_, contre les barrières. La rue était complètement fermée aux voitures. Alors qu'ils se tenaient dans la voiture, étaient prêts à partir, ils avaient vu A_ qui marchait dans la zone de travaux, devant eux. Les piétons devaient zigzaguer entre les barrières. Il y avait des trous sur la chaussée et des machines de chantier. Ils étaient sortis de la rue 1_ en marche arrière, en direction de la rue 4_, puis en marche avant dans la rue 5_. A_ courait dans leur direction, dans la zone de chantier, les insultait et parlait fort. Il avait toujours été devant eux, jamais derrière. Il n'y avait eu aucun choc entre la voiture et lui. A_ était visiblement saoul, mais compte tenu du comportement de celui-ci durant la journée, il ne voulait plus avoir affaire à lui.
d.
Selon le rapport de police, le groupe de recherche de véhicules avait été consulté, en vain. Une demande de recherches de témoin et de la femme inconnue avait été publiée dans les médias, sans succès. Compte tenu du manque d'éléments probants, des propos peu précis de A_, de son taux d'alcoolémie élevé et de la fracture "
uniquement
" du tibia, d'une part, et, d'autre part, des explications cohérentes de B_, les gendarmes ne disposaient d'aucun élément leur permettant d'affirmer qu'il y avait bien eu un accident.
e.
Le Ministère public a ouvert une instruction contre inconnu pour infractions aux art. 125 CP et 92 LCR, et contre B_ pour infractions aux art. 125 et 305 CP, et 92 LCR. Il a mis A_ au bénéfice de l'assistance judiciaire gratuite et désigné son avocat en qualité de conseil juridique gratuit.
f.
Par lettre de son conseil, du 2 novembre 2018, A_ a informé le Ministère public avoir identifié le compte D_ (profil - réseau social) de la femme qui accompagnait B_ le jour des faits. Il a transmis les références du compte et une photographie, que le Ministère public a fait parvenir à la police avec un mandat d'actes d'enquête.
g.
Selon le rapport de police, du 4 janvier 2019, la femme dont les références du compte D_ (profil - réseau social) avaient été transmises était E_, domiciliée à F_, en France voisine. Après convocation téléphonique, elle ne s'était pas présentée pour son audition, prétextant "
d'autres choses à faire
". Un mandat lui avait été envoyé, mais elle ne s'était à nouveau pas présentée, expliquant qu'elle devait se rendre en Valais, pour son travail. Après recherches, elle n'était pas enregistrée dans ce canton. Elle n'avait donc pas pu être entendue. Selon les autorités françaises, elle n'avait ni permis de conduire ni voiture.
Les gendarmes ont par ailleurs informé le Ministère public que les recherches effectuées au moyen des données résultant de la surveillance rétroactive du raccordement utilisé par B_ n'avaient rien donné de probant.
h.

## Considerations