# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1bc4fa55-8642-4e2f-9b77-89a13d0bb43d
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_007
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

En fait:
1.
Par acte notarié Edouard Gilliéron du 28 juillet 1969, [...] a fait donation au défendeur d'une écurie avec terrain attenant, d'une surface totale de 4'616 m2, sur la parcelle no [...], folio [...] du cadastre de la Commune d' [...], au lieu-dit " [...]". Cette donation, stipulée rapportable à la succession de la donatrice, a été convenue pour une valeur brute de 6'000 fr., portée par la suite à 10'000 francs.
Cet acte prévoit notamment ce qui suit:
" (...)
7. Les comparants attribuent à l'immeuble donné
une valeur de six mille francs, 6'000.-
8. [...] est redevable à l'égard de
son fils C.B._ de salaires; il est expliqué
à ce sujet que C.B._ est né le six
décembre mil neuf cent trente-trois, qu'il a travaillé
à la maison jusqu'en mil neuf cent soixante-huit
et qu'il n'a pas touché de salaires dès sa majorité.
C'est la raison pour laquelle les contractants arrêtent
d'un commun accord à trois mille francs l'indemnité
pour salaires dont [...] se trouve redevable
à l'égard de son fils C.B._, 3'000.-
en sorte que le montant net de la donation
est de trois mille francs, montant qui est 3'000.-
convenu rapportable dans la succession de la donatrice.
Sommes égales: six mille francs, 6'000.- 6'000.-
(...)."
Le 4 août 1969, l'acte a été inscrit au Registre foncier d' [...] sous
no [...].
Le 15 décembre 1969, la Commission d'estimation fiscale des immeubles du district d' [...] a fixé la valeur fiscale de la parcelle à 19'500 francs.
Le 11 mars 1971, l'écurie no [...] d'assurance incendie se trouvant sur la parcelle a fait l'objet d'une mention de précarité.
Le défendeur a constitué une cédule hypothécaire en premier rang d'un montant de 75'000 fr., selon acte du 9 décembre 1969, no [...] de la minute du notaire Edouard Gilliéron à [...], avec un complément de 45'000 fr. selon acte notarié Roland Niklaus no [...] du 15 décembre 1972.
L'immeuble donné comportait une écurie avec du terrain agricole alentour. Le défendeur a chargé l'ingénieur géomètre officiel Frédéric Corboz d'établir des plans en vue de la transformation et de l'agrandissement du bâtiment sur les fondations et murs existants.
Le 29 juillet 1971, un permis de construire a été délivré au défendeur qui a été autorisé à transformer et agrandir l'immeuble existant à destination d'une villa suivant les plans produits par l'architecte A. Protti. L'ensemble des travaux exécutés par le défendeur ont été entièrement assumés par celui-ci.
La villa a fait l'objet d'une police d'assurance bâtiment selon taxation du 22 février 1979 d'un montant de 204'100 fr. et 5'000 fr. pour les aménagements extérieurs. Cette police d'assurance mentionne l'année de construction avec les annexes 1910-1977. Sept photos décrivent l'état de l'écurie-étable cédée au défendeur selon acte de donation du 24 juillet 1969. Six photos décrivent la villa érigée par le défendeur selon permis de construire délivré le 29 juillet 1971.
Dès la réalisation de l'ouvrage, le défendeur a utilisé l'habitation comme résidence secondaire. Ses parents s'y sont rendus souvent jusqu'à la fin de leur vie.
2.
Le 2 mai 1985, [...] et le défendeur sont convenus notamment de ce qui suit:
"
CONVENTION
(...)
il est passé la convention suivante:
Préliminaires
:
1) Par un acte signé le 28 juillet 1969 (...) Mme [...] a fait donation à son fils C.B._, par morcellement de la parcelle [...], folio [...] du cadastre de la commune d' [...], lieu dit [...], d'une écurie avec terrain attenant, d'une surface totale de 4616 m2.
2) Cette donation a été convenue pour une valeur brute de Fr. 6'000.--(...).
3) Compte tenu d'une créance pour salaire de C.B._ à l'encontre de sa mère, la donation a été consentie pour une valeur de
trois mille francs
(...).
4) Elle a été déclarée rapportable à la succession de la donatrice.
5) Par une convention subséquente à la signature de l'acte de donation, C.B._ s'est obligé à augmenter à
dix mille francs
(...) la valeur de rapport du bien immobilier acquis.
6) L'écurie a été transformée en bâtiment d'habitation aux frais exclusifs de C.B._.
CONVENTION
(...)
Article 1er
:
C.B._ verse à [...] un capital en espèces de:
DIX MILLE FRANCS
Fr. 10'000.--
dont il reçoit ici quittance.
Article 2ème
:
Ce versement exécute par anticipation, par un versement effectué en mains de la donatrice directement, l'engagement pris par C.B._ et relaté ci-devant.
Article 3ème
:
Avec l'accord de son époux, également signataire de la présente convention valant avenant à l'acte de donation, [...] déclare la donation résultant de l'acte notarié Gilliéron, sous numéro [...] de ses minutes, comme
non rapportable
à sa succession, avec dispense pour le donataire, C.B._, de tout compte à rendre à ses cohéritiers.
La donation perd donc sa qualification d'avance d'hoirie.
Article 3ème
:
C.B._ en prend acte.
(...)."
La convention a été communiquée au défendeur qui y a apposé sa signature.
3.
[...] et [...], mère de [...], étaient des amies d'enfance, très proches l'une de l'autre. [...] a donné des conseils à [...], en particulier à l'occasion de la rédaction de ses dernières volontés, mais ne lui a jamais adressé de note d'honoraires.
Le 17 juillet 1985, [...], alors avocat, a écrit ce qui suit à [...]:
" (...)
Je donne suite à notre entretien du 16 juillet 1985. Comme j'ai eu l'occasion de te l'expliquer, il est prudent de faire un testament complémentaire par rapport à celui qui existe déjà, s'agissant de la convention que t'a fait signée C.B._ le 2 mai 1985.
Voici le texte que je te propose de rédiger de ta main sur un papier spécial
à mettre en sécurité
.
TESTAMENT COMPLEMENTAIRE
Je soussigné [...], domiciliée à [...], complète mes dispositions de dernières volontés de la façon suivante: le 2 mai 1985, j'ai passé avec mon fils C.B._, une espèce de pacte successoral qui ne me donne pas satisfaction. Contre versement d'une somme de Fr. 10'000.--, C.B._ a obtenu une dispense de rapport qui me paraît inéquitable car je souhaite que mes enfants soient traités sur un pied d'égalité, B.B._ ayant le droit de reprendre le domaine d' [...] à la valeur de rendement (si je n'ai pas eu l'occasion de le lui remettre avant mon décès). Je confirme donc ici que C.B._ a reçu le chalet et la parcelle de 4616 m2 en avance d'hoirie, et qu'il est tenu de la rapporter pour sa valeur au jour de la succession, sous déduction de la somme de Fr. 10'000.-- qu'il m'a remboursée le 2 mai 1985.
Bien entendu, les travaux de réfection des bâtiments qui se trouvaient sur la parcelle, qui ont été exécutés par C.B._, viennent également en déduction de la valeur d'estimation des immeubles qui lui ont été donnés le
28 juillet 1969.
(...)
Conserve une photocopie de ce document et mets-le encore à un autre endroit sûr, de façon à ce que, si ton décès devait survenir, la preuve de ce qui précède puisse t'être rapportée sans trop de difficultés.
-----------------
Maintenant, s'agissant du domaine de [...] à [...], qui appartient à ton mari, je pense qu'il pourrait également faire un testament complémentaire du genre suivant:
Je soussigné [...], à [...], complète mes dispositions de dernières volontés de la façon suivante: je désire que le domaine de [...] soit si possible conservé par mes trois fils comme bien de famille et ne soit pas vendu à des tiers. Si l'un de mes enfants ouvre action en partage afin de faire vendre ce domaine, j'établis comme règle de partage que celui ou ceux de mes enfant (s) qui voudront le garder en pleine propriété pourront l'avoir à une valeur d'estimation qui correspondra aux 3/4 de la valeur vénale. Je souhaite véritablement que ce bien de famille reste en mains de la famille.
(...)
Je répète que ces documents doivent être déposés en original en lieu sûr, et qu'il est même prudent d'en avoir des photocopies dans un autre endroit, de manière à éviter des difficultés de preuve.
Navré de devoir t'écrire des choses aussi pénibles, mais je crois que cela était nécessaire et correspondait à ce que tu souhaitais avoir de moi.
(...)."
4.
Par acte notarié Jean-Marc Terrier du 22 juin 1990, [...] a vendu au demandeur A.B._ deux parcelles de 2'321 m2 à détacher de l'article no [...] du cadastre de [...] et 310 m2 à détacher de l'article no [...] dudit cadastre. Il s'agissait de bâtiments avec dégagements. Un usufruit a alors été constitué en faveur de [...] et d' [...]. Le prix de vente a été fixé de la manière suivante:
"
(...)
- Valeur des bâtiments ici vendus frs. 55'750,--
somme à laquelle s'ajoute:
- le montant de frs. 20,--/m2 de
dégagements (surface non bâtie) soit
2260 m2, à savoir
frs. 45'200,--
frs. 100'950,--
montant rapportable dans le cadre
de la succession du vendeur au
sens de l'article 626 alinéa 1,
du Code Civil Suisse.
somme à laquelle s'ajoute:
- le coût total des travaux de rénovation
des bâtiments ici vendus après consolidation
du crédit de construction dû à la Société de
Banque Suisse à Neuchâtel par
frs. 1'280'000,--
Somme égale au prix de vente total par frs. 1'380'950,--
(...)."
Le 26 juin 1990, le transfert immobilier a été enregistré au Registre foncier de [...] sous no [...].
5.
Le 12 janvier 1992,
[...], né le 27 avril 1902, domicilié de son vivant à [...], est décédé.
Le 20 février 1992, le Juge de Paix du Cercle d' [...] a homologué le testament du 24 août 1988 de [...]. Selon ce testament olographe, [...] a révoqué toutes dispositions pour cause de morte prises antérieurement, a institué héritiers ses trois fils, à savoir les demandeurs et le défendeur. Il a en outre légué à son épouse [...] l'usufruit sur la totalité des biens revenant à sa succession. Cette déclaration écrite a été prise en considération. L'homologation a été contresignée par les parties, ainsi que par la veuve [...].
Au cours de la séance du 20 février 1992, il a été dressé l'inventaire complet des biens du défunt selon procès-verbal du même jour contresigné par les parties, ainsi que par la veuve [...] et dont il ressort notamment ce qui suit:
" (...)
Les biens se composent comme suit:
Numéraire: fr. -.-
CCP (solde au 13.01.92) fr. 6.05
Créances:
[(- dossier titres SBS Lausanne n° [...]
(valeur fiscale au 21.4.91: fr. 129'750.-)
au nom de Mme [...]
)]
- "compte joint solidaire" n° [...].
de la SBS, que le défunt possédait
conjointement à Mme [...] et
à M. A.B._, portant au jour
du décès (y.c. intérêts)
un solde
de fr. 2'592.-
intérêts courus sur prêt hypothécaire [...] de la SBS fr 2'565.45
Assurances: -.-
Mobilier et effets personnels: sans valeur commerciale
Voiture //
Immeubles:
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface totale de 73'027 m2 de prés
et champs, comprenant un garage, une remise
et une écurie,
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface totale de 1530 m2 de prés
et champs,
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 8'975 m2 de bois
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 4'610 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 3'545 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 2'920 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 23'625 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 3'700 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 5'400 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 1'990 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 2'440 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 17'410 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 1'375 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 1'255 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 3'940 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 2'039 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 3'085 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 7'245 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 3'320 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 3'985 m2 de champs
- parcelle no [...], sise à [...]
au lieu dit " [...]"
d'une surface de 1'720 m2 de champs
Valeur fiscale de toutes les parcelles
(selon déclaration d'impôt 91-92)
fr 246'100.-
Valeur vénale globale de toutes
les parcelles sus décrites:
fr 1'200'000.-
y.c. les bâtiments.
Le passif consiste en
Hypothèque:
- compte hypothécaire n° [...]:
capital dû au 12.01.92 fr. 128'850.-
+ intérêts déb. au "
fr. 303.-
total fr 129'153.-
==============
(...)
A la connaissance de Mme [...] et de ses
trois enfants
ici présents il n'existe pas d'autres biens.
(...)."
Au mois d'avril 1993, un inventaire final des biens du défunt a été établi par l'Office de paix du cercle d' [...]. A la rubrique "Héritiers (...), légataires et clauses testamentaires intéressant les autorités fiscales", il mentionnait le demandeur B.B._ pour 5/24, le défendeur C.B._ pour 5/24, le demandeur A.B._ pour 14/24, la veuve [...] étant usufruitière sur la totalité des biens.
Le 6 mai 1993, une attestation d'héritier mentionnant que chacun des héritiers légaux l'était à concurrence d'un tiers et que l'usufruit en faveur de la veuve portait sur la totalité des biens successoraux, a été établie. L'inventaire des biens a été corrigé en ce sens.
A la même date, l'Office de paix du cercle d' [...] a procédé aux inscriptions de transfert immobilier et usufruit sur la base du certificat d'héritier, à concurrence d'un tiers pour chacune des parties.
Par courrier du 12 mai 1993, le défendeur a été informé de l'établissement du certificat d'héritier, du fait que sa part était d'un tiers des biens successoraux et que la veuve [...] disposait de l'usufruit viager sur ceux-ci.
6.
Le 2 septembre 1993, [...], le 17 octobre 1905, domiciliée de son vivant à [...], est décédée à [...].
Le 9 décembre 1993, l'Office de paix du cercle d' [...] a dressé l'inventaire des actifs et passifs de la défunte. La parcelle RF no [...], folio [...], du cadastre de la Commune d' [...], sise au lieu-dit " [...]" n'y était pas mentionnée. En revanche, l'indication suivante y figurait:
" A la connaissance de MM. B.B._, C.B._ et A.B._ ici présents, il n'existe pas d'autres biens."
Les parties ont demandé au Juge de paix du cercle d' [...] de délivrer le certificat d'héritier dans les proportions suivantes: un tiers en faveur du demandeur B.B._, un tiers en faveur du demandeur A.B._ et un tiers en faveur du défendeur, selon "acceptation de succession" adressée à chacun.
Les parties ont procédé après le décès de leur mère au partage des biens mobiliers laissés par leurs parents.
Au mois d'octobre 2001, les parties ont procédé à un partage partiel des immeubles, précédé d'un acte de division cadastrale et constitution d'une propriété d'étages concernant les parcelles nos [...] et [...] du Registre foncier du district de [...] dans le Canton de [...]. A la suite de cette division de biens-fonds, les parcelles nos [...] et [...] du cadastre de [...] ont formé deux nouveaux articles nos [...] d'une surface de 1'900 m2, propriété du défendeur et du demandeur A.B._ en commun, et [...] d'une surface de 140'714 m2, propriété des parties en commun. Sur la parcelle no [...] du cadastre de [...], a été érigée une propriété par étages. Les parties sont demeurées encore propriétaires de la parcelle no [...] d'une surface de 12'975 m2.
7.
Le 18 février 2004, le défendeur a déposé une requête de partage devant le Président du Tribunal d'arrondissement de [...], concluant à ce qu'il y ait partage des successions de [...] et d' [...] (I), à ce qu'un notaire commis au partage soit désigné simultanément en qualité de représentant de la communauté héréditaire (II) et que celui-ci ait pour mission de stipuler le partage à l'amiable, à défaut qu'il constate les points sur lesquels porte le désaccord des parties et qu'il fasse des propositions en vue du partage (III).
Par prononcé du 16 juin 2004, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de [...] a notamment décidé ce qui suit:
" (...)
le Président,
I.
Prend acte
pour valoir jugement de la convention signée par les parties lors de l'audience du 6 mai 2004, dont la teneur est la suivante:
Les parties conviennent de désigner A.S._ à [...], à son défaut Raymond Ramoni à Cossonay pour procéder au partage des successions de feu [...] et de feu [...] et de stipuler le partage à l'amiable, à défaut de constater les points sur lesquels portent le désaccord des parties et de faire des propositions en vue du partage;
II.
Désigne
le notaire commis au partage, soit A.S._ à [...] et à son défaut Raymond Ramoni à Cossonay, en qualité de représentant de la communauté héréditaire de feu [...] et de feu [...], décédés respectivement en 1992 et 1993;
(...)."
Par courrier du 6 juillet 2004, le notaire A.S._ a été désigné en qualité de notaire commis au partage des successions des époux [...], tout en étant désigné en qualité de représentant de la communauté héréditaire de ceux-ci.
Par courrier du 12 juillet 2004, le notaire A.S._ a accepté sa mission.
8.
Le 25 mai 2005, le défendeur a procédé à une division du bien-fonds dont est litige selon plan cadastral-mutation du 2 décembre 2004 établi par l'ingénieur géomètre officiel Jean-Paul Ferrini.
Le 8 juillet 2005, il a vendu la maison d'habitation avec une parcelle pré-champs de 1'108 m2 à [...] et à [...]. A l'époque, la valeur fiscale de la parcelle s'élevait à 558'000 francs. Le défendeur est resté propriétaire d'une parcelle en zone agricole de 3'270 m2.
9.
Le 1
er
septembre 2006, l'hoirie formée par le défendeur et le demandeur A.B._ a été liquidée s'agissant de l'immeuble du cadastre de [...].
Le 3 novembre 2006, les parties ont signé une convention dont il ressort notamment ce qui suit:
" (...)
1.-
Les parties à la présente convention sont:
d'une part
:
·
C.B._
, (...),
d'autre part
:
·
A.B._
, (...).
2.-
Intervient en outre à la présente convention:
·
B.B._
, (...).
(...)
1.-
C.B._ et A.B._ étaient copropriétaires, chacun pour une demie, de l'immeuble locatif
[...]
à [...]. Par acte authentique du
1
er
septembre 2006, A.B._ a cédé sa part d'immeuble à C.B._.
2.-
Divers points de divergence ont surgi entre les copropriétaires, notamment au sujet des travaux de construction de l'immeuble, du financement de ces travaux et du prix de cession, de même qu'au sujet de travaux ayant affecté la propriété voisine d'A.B._.
3.-
Dans le cadre de l'immeuble locatif précité, les parties sont cotitulaires du compte N° [...] auprès de l' [...] SA, à [...], compte présentant un disponible de Fr. 87'995.20 au 31 octobre 2006.
4.-
Le partage des successions des parents des parties, (...), est pendant devant le Président du Tribunal d'arrondissement de [...], qui a désigné le notaire A.S._ à [...] en qualité de notaire commis au partage. Les questions en relation avec l'immeuble précité sont traitées dans ce cadre.
Cela exposé, les parties conviennent de ce qui suit:
(...)
Article 1
Pour solde de tous comptes et de toutes prétentions en relation avec l'immeuble locatif
[...]
à [...], y compris toutes relations avec l'immeuble voisin d'A.B._, C.B._ reconnaît devoir à A.B._ une somme forfaitaire de:
***Fr.*102'500.-***
(...)
Article 7
Moyennant exécution de la présente convention, C.B._ et A.B._ se donnent ici quittance de toutes prétentions quelconques en relation avec les immeubles de [...].
B.B._ confirme pour sa part qu'il n'a plus aucune prétention à faire valoir contre ses frères prénommés au titre de sa part antérieure au bien-fonds sur lequel a été construit l'immeuble locatif
[...]
.
(...)."
Le notaire A.S._ a établi une convention signée par le défendeur concernant le sort des forêts situées dans les cantons de [...] et de [...], ainsi que des terres agricoles sises dans le canton de [...], convention correspondant à l'accord des parties intervenu lors de la séance du
3 novembre 2006.
Le 6 novembre 2006, le notaire A.S._ a adressé la convention du 3 novembre 2006 au Président du Tribunal d'arrondissement de [...]. Il a notamment mentionné ce qui suit:
" (...)
Les parties ont également trouvé une solution concernant le partage des forêts, celles de [...] ( [...]) étant reprises par M. C.B._ et celles de [...] ( [...]) par ses cohéritiers. Les attributaires respectifs contacteront des notaires sur place pour les formalités de transfert.
L'unique question encore ouverte est dès lors celle des terres agricoles. Les parties ont admis unanimement de les vendre au prix de Fr. 4.- le mètre carré. Elles s'emploieront à réengager les discussions avec le fermier et à rechercher des tiers intéressés. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant du suivi.
(...)."
10.
Dans le courant de l'automne 2006, le demandeur A.B._ a trié un lot de documents anciens et a trouvé une photocopie intégrale d'un testament olographe intitulé "testament complémentaire" signé [...].
Daté du 20 juillet 1985, ce document mentionne ce qui suit:
" Testament complémentaire
Je, soussignée, [...], domiciliée à [...], complète mes dispositions de dernières volontés de la façon suivante:
Le 2 mai 1985, j'ai passé avec mon fils C.B._, une espèce de pacte successoral qui ne me donne pas satisfaction. Contre versement d’une somme de frs. 10'000.- C.B._ a obtenu une dispense de rapport qui me paraît inéquitable, car je souhaite que mes enfants soient traités sur un pied d'égalité. B.B._ ayant le droit de reprendre le domaine d' [...] à la valeur de rendement (si je n'ai pas eu l'occasion de le lui remettre avant mon décès). Je confirme donc ici que C.B._ a reçu le chalet et la parcelle de 4616 m2 en avance d'hoirie, et qu'il est tenu de la rapporter pour sa valeur au jour de la succession sous déduction de la somme de fr. 10'000.- qu'il m'a remboursée le 2 mai 1985.
Bien entendu, les travaux de réfection des bâtiments qui se trouvaient sur la parcelle, qui ont été exécutés par C.B._, viennent également en déduction de la valeur d'estimation des immeubles qui lui ont été donnés le
28 juillet 1969.
Ainsi fait à [...], le 20 juillet 1985
[...]
(...)."
Une photocopie d'un testament complémentaire daté du 20 juillet 1985 et signé [...] y était jointe.
Lors de la réunion intervenue en l'Etude de Me A.S._, le demandeur A.B._ lui a remis des photocopies des deux testaments complémentaires. Le notaire n'a pas donné suite à la production de ces deux documents.
Par courrier du 14 mars 2007, le notaire A.S._ s'est adressé aux conseils des parties notamment de la manière suivante:
" (...)
J'accuse réception de la lettre de M
e
Luciani du 1
er
février 2007 et de celle de M
e
Heider du 5 du mois écoulé. Des photocopies de testaments, non homologuées, n'ont à mon sens aucune validité, et cela d'autant moins que les originaux paraissent avoir été détruits. A cet égard, j'avais compris que cette destruction était bien antérieure à l'ouverture des successions et que
M. A.B._ n'attribuait lui-même aux documents qu'il m'avait remis qu'un intérêt historique. Cette remise est d'ailleurs intervenue à l'occasion de la dernière réunion des parties en mon Etude, à savoir celle où a été signée la convention relative à l'immeuble locatif de [...] et où le partage des forêts a été convenu.
(...)."
11.
Le 19 janvier 2007, le demandeur A.B._ a déposé une plainte pénale contre le défendeur pour soustraction de titres, l'accusant d'avoir détruit les testaments complémentaires de leurs parents.
Par ordonnance rendue le 11 septembre 2007, le Juge d'instruction de l'arrondissement de [...] a rendu l'ordonnance de non-lieu suivante:
" (...)
considérant que le plaignant reproche à son frère d'avoir détruit en 1993, lors du décès de la mère des parties, deux testaments complémentaires datés du 20 juillet 1985 et établis par [...] et [...], dont l'existence est attestée par deux photocopies,
qu'aucun élément concret ne permet de savoir si C.B._ a été en possession de ces documents ni à quelle date ou par qui ces documents ont été détruits,
qu'il a par ailleurs été établi que le testament de [...] a été homologué en séance publique par le Juge de paix du cercle d' [...] le
20 février 1992 sans qu' [...], présente, fasse référence aux testaments complémentaires,
qu'on peut dès lors à juste titre se demander si à cette date les testaments complémentaires n'avaient pas déjà été détruits, du plein gré des rédacteurs,
qu'aucun indice suffisant ne permet en tout cas d'imputer un comportement contraire au droit à C.B._,
(...)."
Par arrêt du 7 février 2008, le Tribunal d'accusation du Canton de Vaud a confirmé l'ordonnance de non-lieu et relevé notamment ce qui suit:
" (...)
qu'au moment de l'ouverture du testament de [...] devant notaire, [...] n'a évoqué l'existence d'aucun testament complémentaire,
que l'on peut ainsi supposer que les dispositions testamentaires dont le recourant a découvert des copies ont été révoquées par leurs auteurs,
qu'en tout état de cause, l'enquête n'a révélé aucun indice susceptible de démontrer l'existence d'une suppression de titre dont C.B._ se serait rendu coupable,
(...)."
12.
Le 10 décembre 2007, les demandeurs, par l'intermédiaire de leur conseil, ont adressé les deux copies des testaments complémentaires à la Justice de paix du district d' [...].
Le 20 décembre 2007, la Justice de paix du district d' [...] a homologué le testament complémentaire daté du 20 juillet 1985 d' [...].
13.
Le 21 février 2008, les demandeurs ont, à titre de preuve à futur hors procès, requis l'audition du témoin [...]. A l'appui de leur requête, ils ont étayé leur intérêt à connaître les circonstances exactes qui ont entouré les dispositions de dernières volontés de leur mère. En particulier, ils ont fait valoir leur intérêt à éclaircir les circonstances dans lesquelles l'avance d'hoirie a été octroyée par [...] en faveur du défendeur, leur permettant d'apprécier à sa juste valeur le bien-fondé d'une éventuelle action en rapport.
Par jugement du 19 mai 2008, le Président du Tribunal civil de [...] a donné suite à la requête déposée le 21 février 2008. Ce jugement retient en particulier ce qui suit:
" (...) En l'espèce, les requérants envisagent d'ouvrir action contre l'intimé, en contestant le caractère non rapportable de la libéralité faite par [...] à l'intimé le 28 juillet 1969; ils pourraient alors se prévaloir du "testament complémentaire" du 20 juillet 1985 dans lequel leur mère revient sur la dispense de rapport concédée à l'intimé par convention du 2 mai 1985, d'où l'intérêt à établir les circonstances exactes dans lesquelles la testatrice a rédigé les dispositions dont il s'agit, puis les a peut-être révoquées, notamment par suppression de l'original.
(...)."
Le 5 février 2009, [...] a été entendu comme témoin. Cette audition a été justifiée par son âge de 78 ans. Il ressort notamment ce qui suit du procès-verbal d'audition:
" (...) J'ai beaucoup pratiqué celle qu'on appelait "tante [...]", qui m'a souvent posé des questions d'ordre juridique qui n'étaient pas nécessairement en relation avec sa succession, (...). J'ai certainement donné des conseils à la prénommée, mais je n'ai conservé aucune archive à ce sujet. Si les parties consentent à ce que je m'exprime, je suis prêt à le faire au plus près de mes souvenirs. (...)
Je tiens à déclarer d'emblée, que tante [...] voulait une répartition équitable entre ses trois fils. Je sais qu'à un moment donné, elle voulait rectifier quelque chose. Vous me montrez le testament complémentaire du
20 juillet 1985; je crois bien avoir vu ce document, sans que je puisse dire précisément dans quelles circonstances et si j'ai participé à son élaboration. Je répète que tante [...] était très obsédée par l'idée d'être équitable. Je ne peux être affirmatif sur le point de savoir s'il s'agit de l'écriture de la défunte. J'ignore à qui l'original de ce testament a pu être remis. Je peux exclure avoir reçu en dépôt un tel original. Je suis incapable de dire s'il y a eu révocation de ce testament par destruction de son original.
Vous me montrez la convention du 2 mai 1985. Ce document ne me dit rien du tout. Il n'a jamais été utilisé dans mon étude une machine à écrire avec un si petit caractère.
(...) je n'ai pas la moindre raison de douter de la capacité de discernement d' [...] en 1985.
(...) j'affirme que tante [...] n'était pas une "girouette".
(...)."
Le témoin n'a pu se fonder que sur sa mémoire portant sur des faits remontant à près de vingt-cinq ans, ses archives ayant été détruites.
14.
Dans son rapport du 22 août 2008, le notaire A.S._ a notamment relevé ce qui suit:
" (...)
3. TESTAMENTS COMPLEMENTAIRES DU 20 JUILLET 1985
3.1. HOMOLOGATION
M
e
Luciani a produit à la Justice de Paix du district d' [...] les photocopies des deux testaments complémentaires établis par les époux [...] en date du 20 juillet 1985 (...). La Justice de Paix a homologué ces dispositions en date du 20 décembre 2007, tout en précisant dans un courrier adressé aux conseils des parties:
«Considérant que les certificats d'héritiers ont déjà été délivrés en date du 6 mai 1993 et du 6 janvier 1994, vous êtes rendus attentifs au fait que ceux-ci ne peuvent plus être modifiés que par un jugement au fond ou l'accord de tous les intéressés»
(...).
3.2. PORTEE
L'homologation des photocopies des testaments de 1985 par la Justice de Paix ne constitue pas une reconnaissance judiciaire de leur validité. Elle s'apparente davantage à un accusé de réception entraînant une communication officielle aux ayants droit (art. 558 CC).
Dans son testament du 24 août 1988, M. [...] a expressément révoqué toutes dispositions à cause de mort antérieures. Il est donc vain de s'interroger sur les effets éventuels de la photocopie du testament complémentaire du 20 juillet 1985.
M
me
[...] ne paraît pas avoir pris d'autres dispositions de dernières volontés depuis le testament complémentaire du 20 juillet 1985. On doit donc se demander si la photocopie produite a une quelconque valeur. En l'absence de l'original, tel ne nous paraît pas être le cas. En effet, on doit présumer que
M
me
[...] a révoqué son testament complémentaire en en détruisant l'original, comme elle l'a sans doute fait pour ses dispositions initiales dont il n'existe aucune trace.
M. A.B._ a déposé plainte pénale contre M. C.B._ pour destruction des deux testaments complémentaires. Cette plainte a abouti à une ordonnance de non-lieu, qui a été confirmée par le Tribunal d'accusation (...).
Au demeurant, dans son testament complémentaire, M
me
[...] entendait remettre en question une convention sous seing privé du 2 mai 1985 (...) dans laquelle elle avait donné quittance à son fils C.B._ de la somme rapportable au titre d'une donation antérieure (...). Cette donation était donc, dorénavant, dispensée de rapport. De l'avis de la doctrine unanime, la dispense de rapport, bien qu'elle constitue une disposition de dernières volontés, n'est soumise à aucune forme, le but étant notamment qu'elle puisse être incluse dans un simple contrat en la forme écrite. La convention du 2 mai 1985 n'était pas davantage soumise à la forme authentique.
A la requête de MM. A.B._ et B.B._, le Président du Tribunal d'arrondissement de [...] a rendu en date du 19 mai 2008 un jugement incident ordonnant l'audition provisoire, à titre de preuve à futur hors procès, d'un témoin. Ce dernier devra être entendu sur les circonstances qui ont entouré la rédaction par
M
me
[...] de ses dispositions de dernières volontés. Il nous apparaît cependant que, quelle que soit la teneur du témoignage, le testament complémentaire du 20 juillet 1985 n'était pas de nature à annuler la dispense de rapport contenue dans la convention du 2 mai 1985.
Nous sommes ainsi d'avis que les photocopies des deux testaments complémentaires du 20 juillet 1985 sont dépourvues de toute portée quelconque.
(...)
Une nouvelle réunion a eu lieu en notre Etude le 3 novembre 2006, avec les trois parties et certains proches. Cette séance a abouti à la signature d'une convention réglant définitivement les problèmes liés à l'immeuble locatif de [...]. Les parties se sont en outre entendues sur les modalités de liquidation des autres biens successoraux.
A la suite de cette séance, nous avons soumis aux parties une convention complémentaire portant sur les terres agricoles et les forêts. Ladite convention a été signée par M. C.B._ le 5 février 2007. Nous en avons transmis les quatre exemplaires originaux à M
e
Luciani par courrier du 14 mars 2007. Depuis lors, MM. A.B._ et B.B._ ont constamment refusé de les signer à leur tour.
La situation étant bloquée, nous nous trouvons contraint d'établir le présent rapport – dont le dépôt a d'ailleurs été requis à maintes reprises par le conseil de
M. C.B._ – afin que les points litigieux soient tranchés par le Président du Tribunal d'arrondissement de l' [...].
(...)
L'immeuble locatif de [...] provenait de la succession du père des parties. Il relevait au demeurant d'une «sous-hoirie» constituée exclusivement de MM. C.B._ et A.B._. Il n'avait donc aucun lien quelconque avec la succession de M
me
[...]. Même si l'existence et la validité du testament complémentaire de cette dernière étaient reconnues, (...), on ne voit aucunement en quoi ces dispositions auraient pu influer sur la décision prise par
M. A.B._ de céder sa part sur l'immeuble de [...] à son frère ou sur les modalités de cette cession. Il s'agit de questions totalement indépendantes.
Par ailleurs, nous sommes d'avis, tout comme notre confrère neuchâtelois, que l'acte du 1
er
septembre 2006 contenait toutes les indications nécessaires et qu'il ne saurait être considéré comme nul, mais au contraire comme pleinement valable.
De surcroît, on rappellera qu'il ne s'agissait pas d'un acte de vente (comme indiqué par M
e
Luciani dans sa lettre du 31 août 2007), mais d'un «acte d'attribution d'immeubles en partage», soit d'un acte de partage successoral. Un tel acte n'est pas soumis à la forme authentique, mais à la forme écrite simple (art. 634 al. 2 CC). A supposer même que l'acte du 1
er
septembre 2006 n'ait pas été suffisamment précis, force est de constater que les dernières inconnues ont été levées dans la convention du 3 novembre 2006.
A cette dernière date, M. A.B._ était en possession des photocopies des testaments complémentaires de ses parents, puisque c'est à cette occasion qu'il nous les a remises. Cela ne l'a aucunement empêché de signer la convention mettant un point final à l'ensemble du contentieux portant sur l'immeuble de [...].
A notre sens, il ne saurait donc y avoir ni erreur, ni vice de forme.
(...)."
15.
Par arrêt du 11 novembre 2009, la Chambre des recours du Tribunal cantonal a refusé de suspendre la procédure de partage en cours, confirmant le jugement incident rendu par le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de [...] le 11 août 2009.
Cet arrêt contient notamment les considérants suivants:
" (...) En principe, les créanciers du rapport successoral doivent agir en exécution par une action en partage et demander que le débiteur du rapport soit condamné au rapport en vue de la réalisation du partage. L'action en rapport est ainsi une partie (ou un préalable) de l'action en partage (...). A titre subsidiaire, une action (indépendante du partage) en constatation de l'obligation de rapporter peut être ouverte si le demandeur établit un intérêt suffisant à une telle constatation (...).
Selon l'art. 567 CPC, l'action en partage est portée devant le président du tribunal du for déterminé par le droit fédéral (al. 1). La juridiction ordinaire est néanmoins compétente pour statuer, selon les formes de la procédure contentieuse, sur les contestations relatives aux rapports lorsque ces contestations sont jointes, même sous forme de conclusions alternatives, à une action en nullité ou en réduction (al. 2; hypothèse qui n'entre pas en ligne de compte ici). L'art. 582 CPC prévoit que chaque héritier a la faculté, s'il ne préfère pas ouvrir action en partage, de saisir par une requête le président du tribunal aux fins de statuer, notamment, sur les rapports (art. 582 ch. 11 CPC).
Il résulte de ce qui précède que, lorsque la procédure en partage est, comme en l'espèce, déjà pendante, les conclusions en rapport peuvent et doivent être prises dans le cadre de cette procédure. Il n'y a dès lors aucune nécessité à suspendre la procédure en partage jusqu'à droit connu sur la requête séparée en rapport déposée devant la Cour civile, dont la recevabilité apparaît au demeurant douteuse.
(...)."
16.
Le 26 mars 2010, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de [...] a rendu le dispositif suivant:
" I.- admet la requête en partage;
II.- constate que le sort de l'immeuble locatif de [...] a été réglé par la convention signée par les parties le 3 novembre 2006 et que le partage a été exécuté pour cet actif;
III.- ordonne la vente aux enchères de la parcelle, entièrement en zone agricole, portant le no [...] du cadastre de [...], le prix maximum étant de Fr. 3.- le m2;
IV.- ordonne la vente aux enchères des parcelles de forêt nos [...] de [...] ( [...]) no [...] d' [...] ( [...]);
V.- ordonne le partage du produit net des ventes ordonnées aux chiffres III et IV en parts égales dévolues aux héritiers;
(...)."
Le 6 septembre 2010, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de [...] a rendu les motifs du jugement de partage dont il ressort notamment ce qui suit:
" (...)
4.- La question de l'immeuble de [...] (...) a été réglée dans une convention signée par les parties le 3 novembre 2006. Cette convention prévoit que moyennant son exécution, les parties se donnaient quittance de toutes prétentions quelconques en relation avec ledit immeuble. Cet accord a été exécuté.
Au vu des explications fournies par le notaire, on ne saurait considérer qu'il y ait eu erreur ou vice de forme.
Dès lors, il y a lieu de constater que le contentieux au sujet de l'immeuble a été réglé, sous réserve de la question du paiement de la facture Maillard.
5.- Les forêts parcelles no [...] de [...] ( [...]) et no [...] d' [...] ( [...]) (...) n'ont fait l'objet que d'un accord oral qui, contrairement à ce qu'il résulte de l'expertise, a depuis lors été remis en cause.
En l'absence d'accord entre les parties, et dans la mesure où la valeur des parcelles n'est pas connue, seule la vente est possible.
6.- Reste la question des terres agricoles de [...].
Selon l'art. 619 CC, la reprise et l'imputation des entreprises et des immeubles agricoles sont régies par la loi fédérale du 4 octobre 1991 sur le droit foncier rural (LDFR).
Selon l'art. 11 LDFR, lorsqu'il existe dans une succession une entreprise agricole, tout héritier peut en demander l'attribution dans le partage successoral lorsqu'il entend l'exploiter lui-même et en paraît capable. Si aucun héritier ne demande l'attribution de l'entreprise agricole pour l'exploiter lui-même ou si celui qui la demande ne paraît pas capable de l'exploiter, tout héritier réservataire peut en demander l'attribution.
Aux termes de l'art. 58 al. 1 et 2 LDFR, aucun immeuble ou partie d'immeuble ne peut être soustrait à une entreprise agricole (interdiction de partage matériel). Les immeubles agricoles ne peuvent pas être partagés en parcelles de moins de 25 ares (interdiction de morcellement) (...)
Les conditions d'application de l'art. 11 LDFR ne sont pas remplies.
En outre, la parcelle de [...] ne fait pas partie d'une entreprise agricole. Elle est donc en principe divisible selon l'art. 58 LDFR.
En revanche, le droit foncier rural prévoit un droit de préemption du fermier à certaines conditions (art. 47). Le Président ne dispose d'aucun élément au sujet dudit droit et il est possible qu'il paralyse la division.
A cela s'ajoute que le requérant [réd.: le défendeur], qui ne veut pas cultiver la parcelle, n'a pas intérêt à ce qu'elle soit divisée. En effet, la vente à tiers d'une petite parcelle sera plus difficile.
Dès lors, il y a lieu d'ordonner la vente de la parcelle.
On ne peut pas s'éloigner du prix licite, représentant Fr. 3.- le m2, arrêté par la commission foncière agricole du canton de [...].
(...)

## Considerations