# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 519d0350-6e0e-5551-9bc9-1df033382168
**Court:** BE_VB
**Chamber:** BE_VB_001
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** BE / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Urban Planning and Environmental

## Facts

I. Faits
1. En date du 11 novembre 2013, l'intimé a déposé à la Commune de Corcelles une
demande de permis de construire pour la pose d'un revêtement bitumineux sur l'accès à
son immeuble, le prolongement d'un chemin existant et l'installation d'une piscine sur les
parcelles n° C._ et D._ du registre foncier de la commune de Corcelles.
Les parcelles se situent en zone agricole. Le recourant a formé opposition contre ce projet
de construction. Dans sa décision globale du 1er décembre 2014, la Préfecture du Jura
bernois a accepté la demande d'octroi du permis de construire.
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2. Le 31 décembre 2014, le recourant a déposé un recours contre cette décision auprès
de la Direction des travaux publics, des transports et de l'énergie du canton de Berne
(TTE). Il fait valoir, en substance, que différentes conditions de la décision globale du 1er
décembre 2014 n'auraient pas été respectées. Il fait également valoir que l'intimé aurait
réalisé sur son immeuble différents travaux sans autorisation.
3. L'Office juridique, qui dirige les procédures de recours pour la TTE1, a requis le
dossier préliminaire et dirigé l'échange des mémoires. Les prises de position de l'intimé, de
l'instance précédente et de la commune de Corcelles ont été envoyées le 15 janvier 2015,
le 4 février 2015 et le 6 février 2015. Le recourant a déposé deux autres prises de position,
le 9 janvier 2015 et le 11 mars 2015. Dans la mesure où cela est important pour la
décision, il sera fait référence aux mémoires dans les considérants ci-dessous.
L'intimé a vendu son immeuble entre-temps. La présente décision est envoyée au nouveau
propriétaire pour information.2

## Considerations

II. Considérants
1. Conditions de recevabilité
a) Le recours porte sur une décision globale au sens de l'article 9 LCoord3.
Conformément à l'article 11, alinéa 1 LCoord, une telle décision ne peut être attaquée ‒
indépendamment des griefs invoqués ‒ que par la voie de recours admise en procédure
directrice. La procédure directrice est en l'occurrence la procédure d'octroi du permis de
construire (art. 5, al. 1 LCoord). Selon l'article 40, alinéa 1 LC4, la décision relative à l'octroi
du permis de construire peut être attaquée dans les 30 jours qui suivent sa notification en
1 Article 7 de l'ordonnance du 18 octobre 1995 sur l'organisation et les tâches de la Direction des travaux publics, des transports et de l'énergie (OO TTE ; RSB 152.221.191). 2 Extrait de GRUDIS (système d'information sur les immeubles) du 23 février 2015. 3 Loi de coordination du 21 mars 1994 (LCoord ; RSB 724.1). 4 Loi du 9 juin 1985 sur les constructions (LC ; RSB 721).
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déposant un recours auprès de la TTE. La TTE est ainsi compétente pour statuer sur le
recours contre la décision globale.
b) Un recours doit contenir notamment l'indication des motifs (art. 67 en relation avec
art. 32, al. 2 LPJA5). La pratique montre que les exigences à l'égard des écrits de non-
spécialistes ne sont pas élevées. Il suffit que le recours permette de comprendre sur quels
points et pourquoi la décision attaquée est critiquée. L'indication des motifs doit au moins
traiter de manière minimale la décision attaquée, et permettre de déterminer à quelles
normes juridiques ou principes de l'exercice du pouvoir d'appréciation il est selon le
recourant porté atteinte, ou dans quelle mesure des faits ont été selon lui incorrectement
ou incomplètement établis.6
Le présent recours ne contient pas de légitimation, de la part du recourant, de sa qualité
pour faire opposition, qualité que la Préfecture du Jura bernois lui avait déniée. Par ailleurs,
il ne contient aucune indication des motifs qui justifieraient de refuser le permis de
construire pour le projet de construction présenté dans la demande du 11 novembre 2013.
Il ne remplit donc pas les prescriptions formelles de l'article 67 LPJA, et doit ainsi être
déclaré irrecevable.
2. Transfert en tant que dénonciation de police des constructions
a) La décision globale du 1er décembre 2014 concerne la pose d'un revêtement
bitumineux sur l'accès au bâtiment d'exploitation sur la parcelle n° C._, le
prolongement d'un chemin existant sur la parcelle n° D._, ainsi que l'installation
d'une piscine. Le recourant dénonce dans son recours le fait que l'intimé aurait réalisé sur
le chemin de contournement de son exploitation un bovi-stop qui ne supporterait pas la
charge des camions de 40 tonnes, et installé de chaque côté du chemin des baguettes qui
rendent le passage malaisé. De plus, un chemin d'accès existant, occupé par les vaches
de l'intimé et constamment souillé, ne pourrait plus être utilisé. Le recourant soulève par
ailleurs la question de savoir si l'intimé dispose de permis pour les autres chemins et pour
sa deuxième fosse.
5 Loi du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives (LPJA ; RSB 155.21). 6 Merkli/Aeschlimann/Herzog, Kommentar zum bernischen VRPG, 1997, article 32 n° 15.
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b) Les recours en matière de construction permettent de contester la légalité des permis
de construire, mais pas leur mise en œuvre concrète. Il convient ici d'engager une
procédure de police des constructions pour contrôler si les travaux réalisés correspondent
bien au permis, sans l'outrepasser. Il en va de même pour les constructions soumises à
autorisation et réalisées sans permis (art. 46, al. 1 LC). L'autorité compétente est la
commune (art. 45, al. 1 LC).
Les critiques du recourant ne constituent pas un exposé contre la décision globale du 1er
décembre 2014. Elles concernent bien plus la mise en œuvre de cette décision, et
représentent une dénonciation de police des constructions, du fait de travaux
supplémentaires que l'intimé aurait réalisés sur son immeuble. Ces allégations ne peuvent
pas être examinées dans le cadre de la présente procédure de recours, mais doivent l'être
via une procédure de police des constructions.
Le présent recours est donc transféré à la commune de Corcelles pour être traité dans le
cadre d'une procédure de police des constructions. La lettre du recourant du 31 décembre
2014 doit être considérée comme une dénonciation de police des constructions. Si le
recourant est concerné en tant que voisin, il faut lui offrir la possibilité d'exercer les droits
de partie dans la procédure (art. 46, al. 2, lit. a LC). S'il n'est pas concerné en tant que
voisin ou s'il renonce à participer à la procédure, il convient de l'informer de l'issue de sa
dénonciation.
3. Frais
Le recours étant irrecevable, le recourant doit être considéré comme la partie qui
succombe, à laquelle il revient de prendre en charge les frais de procédure. Les
circonstances particulières justifient cependant en l'occurrence de ne pas percevoir de frais
de procédure (art. 108, al. 1 LPJA). Il n'est pas alloué de dépens (art. 104, al. 1 LPJA).
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