# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d58f60db-cc0d-5ff7-ac05-b0ab79521f23
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur Eric Stauffer a été élu député, tout d’abord pour la législature 2005 à 2009, puis réélu pour celle courant de 2009 à 2013, en qualité de membre du parti politique du Mouvement citoyens genevois (ci-après : MCG). Depuis le 13 novembre 2008, il est également membre du bureau du Grand Conseil (ci-après : le bureau).
2. Lors de la séance plénière du 24 février 2012, consacrée à l’examen du rapport de la commission des travaux chargée d’examiner les projets de loi 10’773-A et 10’787-A concernant le financement de la liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (ci-après : CEVA), M. Stauffer a pris la parole en second, étant rapporteur de minorité de la commission précitée. Il disposait en cette qualité du même temps de parole que les autres députés. Les représentants des différents groupes se sont ensuite exprimés. A l’issue du débat, M. Stauffer a demandé un renvoi de ce projet en commission des travaux, ce qui a été refusé.
3. M. Stauffer a alors repris la parole pour demander le renvoi dudit projet à la commission des finances, ce qui a été refusé également. A l’occasion de chacune de ces requêtes, M. Stauffer a ainsi pu bénéficier d’un temps de parole supplémentaire de trois minutes.
4. Le député Vincent Maître, du parti démocrate chrétien (ci-après : PDC), a déposé une motion d’ordre, considérant que M. Stauffer entendait prendre en otage le Parlement. M. Maître a prié le président du Grand Conseil de rappeler son collègue à l’ordre, « en vertu de l’art. 90 let. d LRGC [loi portant règlement du Grand Conseil de la République et canton de Genève du 13 septembre 1985 (LRGC -
B 1 01
)] et qu’il lui soit fait lecture de l’art. 91 de la même loi concernant l’exclusion de la séance », ce que le président du Grand Conseil a commencé à faire, avant d’être interrompu par Monsieur Pierre Weiss, député libéral, qui indiquait avoir déposé avant M. Maître une motion d’ordre pour passer au vote sans débats. La motion d’ordre de M. Weiss ayant été rejetée, le président a donné la parole à M. Stauffer pour qu’il s’exprime, et celui-ci a sollicité le renvoi du projet concerné à la commission de contrôle de gestion, qui a été refusé par la majorité du Parlement.
M. Stauffer a ensuite demandé le renvoi à la commission fiscale. Madame Béatriz De Candolle, députée libérale, a alors sollicité une nouvelle motion d’ordre pour un vote direct jusqu’au troisième débat. Cette motion a été rejetée.
Le député Maître a requis formellement le bureau d’appliquer à la lettre le règlement et de rappeler à l’ordre le député Stauffer en vertu de l’art. 90 let. d LRGC, en informant M. Stauffer des conséquences d’une violation de cette disposition, en faisant lecture de l’art. 91, puis en appliquant celui-ci à la prochaine incartade.

## Considerations