# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 30be5be2-8d32-554b-88eb-8ba86c0107ea
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. A._ et B._ sont les parents hors mariage de C._ et D._, nées en 2012. En raison de doutes émis par l’Hôpital fribourgeois quant aux capacités de A._ d’accueillir ses jumelles à son domicile, la Justice de paix de l’arrondissement de la Glâne (ci-après : la Justice de paix) a ordonné, en date du 16 avril 2012, le suivi de C._ et D._ par une puéricultrice (DO 6 ss).
Par décision urgente du 30 juin 2012, la Juge de paix de l’arrondissement de la Glâne (ci-après : la Juge de paix) a retiré le droit de garde de A._ et de B._ sur leurs deux filles et a institué une curatelle éducative au sens de l’art. 308 al. 1 CC en faveur de ses dernières limitant également l’autorité parentale en application de l’art. 308 al. 3 CC, suite au signalement de deux médecins de E._ qui ont constaté sur les deux enfants des signes de maltraitance évidents, vraisemblablement de nature non accidentelle (DO 46 ss).
Par courrier du 2 juillet 2012, le Ministère public a informé la Justice de paix de l’ouverture d’une instruction pénale à l’encontre des parents.
Par décision urgente du 5 juillet 2012, la Juge de paix a placé D._ et C._ au foyer F._, à partir du 6 juillet 2012 et pour une durée indéterminée (DO 74 ss).
En date du 16 juillet 2012, les décisions urgentes des 30 juin et 5 juillet 2012 ont été confirmées jusqu’à ce que les conclusions de l’enquête pénale soient connues (DO 84 ss).
Le droit de visite des parents a fait l’objet de nombreuses décisions, variant tant dans ses modalités que dans son étendue, tendant néanmoins globalement dans le sens d’un élargissement progressif (DO 100 ss, 122 ss, 142 ss, 164 ss, 172 ss, 202 ss, 232 ss, 251 ss, 266 ss, 317 ss).
Par décision du 7 novembre 2013, le droit de visite des parents a été étendu en ce sens que A._ a été autorisée, en plus de ses visites dans l’enceinte du foyer, à sortir de F._ non accompagnée, avec obligation d’informer les éducateurs du lieu de l’activité. Elle a également été autorisée à garder ses filles du samedi au dimanche, non accompagnée. B._ a quant à lui eu l’autorisation de rendre visite à ses filles dans l’enceinte du foyer et de sortir de F._ avec elles pendant la semaine, non accompagné, selon les directives du foyer. Il n’a toutefois été autorisé à emmener ses filles chez lui que le dimanche durant la journée, accompagné de sa mère ou d’une personne à définir.
Les parties ainsi que G._, curatrice de D._ et de C._, H._, curateur de représentation des fillettes dans la procédure pénale, et I._, collaboratrice à F._, ont comparu à la séance du 21 août 2014 de la Justice de paix visant à examiner la situation ainsi que les demandes d’extension du droit de visite déposées par les parents les 31 mars et 1er avril 2014. A cette occasion, les parents ont proposé un calendrier de visite consistant en une prise en charge des enfants par la mère du jeudi au lundi soir, avec la garde des fillettes par la grand-mère le lundi matin et le vendredi toute la journée, suivi du retour des filles à F._ pour la nuit. Selon ce planning, les filles seraient prises en charge par leur père du mardi au mercredi, étant entendu qu’elles passeraient la nuit à F._. En outre, tous les quinze jours, le père aurait un droit de visite les week-ends. Ils ont également relevé que le Service
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de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : SEJ) proposait une AEMO pour le père. Les curateurs ainsi que l’intervenante de F._ se sont toutefois montrés unanimes quant au fait que la proposition des parties semblait trop rapide et ambitieuse en l’état et que l’évolution du droit de visite devait se faire de manière progressive. En outre, G._ a proposé une autre répartition du droit de visite en ce sens que les enfants seraient chez leur père le jeudi et le vendredi, puis seraient gardés par leur mère du vendredi soir au lundi, et se trouveraient à F._ du lundi soir au jeudi matin. A son avis, une AEMO serait également nécessaire pour le père.
Par acte d’accusation du 26 juin 2014, A._ et B._ ont été renvoyés devant le Juge de police de l’arrondissement de la Sarine. A._ est prévenue de lésions corporelles graves et exposition envers D._, de voies de faits réitérées envers ses deux filles et de menaces envers B._. Il est reproché à B._ une violation de son devoir d’assistance ou d’éducation par négligence au préjudice de ses deux filles, de lésions corporelles par négligence envers D._ et de voies de fait réitérées et de lésions corporelles simples envers A._.
B. Le 27 août 2014, la Justice de paix a pris la décision suivante :
« I. Le droit de visite de A._ sur ses deux filles D._ et C._ s’exercera toutes les semaines comme suit : B._ lui amènera les enfants le vendredi soir à 18 :00 heures. Elle pourra les garder chez elle jusqu’au lundi soir et les conduira à F._ à 17 :00 heures pour qu’elles puissent y prendre le repas du soir. Elle est autorisée à les confier à sa mère pendant son temps de travail, soit le lundi matin. Le SEJ est invité à mettre en place l’AEMO le lundi après-midi.
II. Le droit de visite de B._ sur ses filles D._ et C._ s’exercera toutes les semaines comme suit : il ira chercher ses enfants à F._ le jeudi matin à 9 :00 heures et les y ramènera pour le repas du soir à 17 :00 heures, puis les reprendra le vendredi matin à 9 :00 heures et les déposera chez A._ à 18 :00 heures. Le SEJ est invité à mettre en place l’AEMO le vendredi après-midi, avant que les enfants ne soient conduits chez leur mère.
III. Les enfants dormiront à F._ le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi soir et y passeront les journées du mardi et du mercredi.
IV. La curatrice est autorisée à modifier quelque peu le calendrier, s’agissant des horaires et pendant les vacances de Noël, si elle le juge utile.
V. La situation sera revue à la fin du mois de janvier 2015. F._ et la curatrice éducative sont invités à produire des rapports, comportant des propositions concrètes, dans un délai échéant au 16 janvier 2015. La date du 26 janvier 2015 est pré-réservée pour la séance.
VI. Il n’est pas perçu de frais pour la présente décision. »
C. Par mémoire du 29 septembre 2014, A._ a interjeté recours contre la décision de la Justice de paix. Elle a conclu, sous suite de frais, à ce que son droit de visite sur ses filles s’exerce du jeudi matin au lundi soir, étant précisé qu’elle viendra chercher ses filles à F._ les jeudis matin et qu’elle les ramènera à F._ les lundis soir. Elle a également sollicité que le droit de visite de B._ s’exerce les mardis et mercredis ainsi qu’un dimanche sur deux. En outre, A._ a requis le retrait de l’effet suspensif au recours.
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Par acte séparé du 30 septembre 2014, elle a sollicité l’octroi de l’assistance judicaire et la désignation de Me Bernard Ayer en qualité de défenseur d’office.
D. En date du 29 septembre 2014, des blessures légères ont été constatées, essentiellement sur C._, lors du retour des enfants à F._ ensuite de leur séjour chez leur mère. Par courrier du 2 octobre 2014, le Juge de paix a informé les parties qu’il ne suspendait pas davantage leur droit de visite et qu’il ne dénoncerait pas ces faits aux autorités pénales dès lors qu’il avait acquis la conviction que ces blessures n’étaient pas constitutives de maltraitance, avis que ne partage pas le SEJ dès lors qu’il a dénoncé le cas aux autorités pénales en date du 14 octobre 2014 (courrier du Ministère public du 20.10.2014).
E. Par courrier du 9 octobre 2014, B._ a indiqué qu’il adhérait à la requête de retrait de l’effet suspensif et a sollicité le bénéfice de l’assistance judiciaire ainsi que la désignation de Me Daniel Zbinden en qualité de défenseur d’office.
Invité à se déterminer, le Juge de paix a fait savoir, par courrier du 8 octobre 2014, qu’il se référait, en substance, au contenu de sa décision du 27 août 2014.
Par courrier du 13 octobre 2014, le SEJ a déposé ses observations sur le recours de A._ et a proposé que le droit de visite soit réglé comme suit :
« - D._ et C._ se rendraient chez leur mère du jeudi 9h00 au dimanche soir 17h00. Madame A._ se chargerait d’aller les chercher à F._ le jeudi et de les ramener pour 17h00 à F._ le dimanche. Le suivi AEMO pourrait être introduit le jeudi au domicile de Madame A._.
- Monsieur B._ prendrait ses filles le mardi de 9h00 à 17h00 ainsi que le mercredi de 9h00 à 17h00. Il se chargerait de les prendre en charge à F._ puis de les ramener à F._ également. Le suivi AEMO pourrait s’organiser durant un de ses deux jours.
- C._ et D._ passeraient les nuits du dimanche, lundi, mardi et mercredi à F._. »
Il s’est en outre prononcé en défaveur du retrait de l’effet suspensif au recours, en ce sens que le droit de visite ne soit pas élargi au-delà du planning qu'il propose.
F. En date du 14 octobre 2014, le Juge délégué de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte a retiré l’effet suspensif au recours déposé par A._ et a invité les parties à se déterminer sur la proposition de réglementation du droit de visite formulée par le SEJ.
G. Le 24 octobre 2014, B._ a indiqué qu’il était favorable à la proposition faite par le SEJ. Par courrier du 27 octobre 2014, A._ s’est en revanche opposée à cette alternative et a requis la tenue d’une audience.

## Considerations

en droit
1. a) Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de
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l'adulte (art. 450 al. 1 du Code civil [CC], 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).