# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a821010d-df07-4b08-b240-79f65f7e245a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A. a.
Madame A_ (ci-après : l’assurée ou la recourante), née en _ 1969 et de nationalité kosovare, est arrivée en Suisse en juillet 2002. Elle a exercé la profession de couturière, à un taux de 100 %, chez B_ SA, depuis février 2004. ![endif]>![if>
b.
À partir du 19 octobre 2015, l’assurée s’est retrouvée en incapacité de travail totale, pour cause de maladie, suite à des douleurs dans le dos et la jambe droite. L’assureur-accidents de son employeur, à savoir Mutuel assurances SA (ci-après : MUTUEL), a mandaté, en date du 18 février 2016, la Clinique Corela afin d’établir un rapport d’expertise qui a été effectué par le docteur C_, rhumatologue. Ce dernier a rendu un rapport d’expertise de l’appareil locomoteur daté du 8 avril 2016.![endif]>![if>
c.
En substance, l’expert C_ a constaté la présence de quatre critères de Waddell sur cinq, en faveur d’une non-organicité, en dépit des douleurs décrites par l’expertisée, et a conclu qu’il existait une majoration nette des symptômes et qu’aucun diagnostic médicalement attesté ne pouvait être émis, en l’absence de critères diagnostics significatifs, en lien avec le reste de l’examen clinique. Aucune limitation fonctionnelle significative n’a été retenue et l’expert a conclu, dans son rapport, qu’il n’existait aucune incapacité de travail en lien avec les examens effectués.![endif]>![if>
d.
En date du 1
er
juillet 2016, l’assurée a déposé une demande de prestations invalidité auprès de l’office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : l’OAI ou l’intimé), en indiquant, comme troubles de la santé, des douleurs au dos et à la jambe droite. Elle précisait être suivie par la doctoresse D_, généraliste, le docteur E_, spécialiste en rhumatologie FMH, le docteur F_, médecin auprès du service de rhumatologie des Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG) et le docteur G_, neurologue.![endif]>![if>
e.
Questionné par l’OAI, l’employeur de l’assuré a confirmé, dans un formulaire daté du 9 août 2016, que l’assurée avait commencé son travail de couturière en date du 24 mars 2005 et que son dernier jour de travail effectif avait été le 19 octobre 2015, en raison de sa maladie. L’employeur ajoutait ne plus recevoir d’indemnités journalières de la part de l’assurance-accidents MUTUEL depuis le 21 mars 2016, ne pouvoir continuer à payer le salaire de l’assurée et être obligé de la licencier si les indemnités journalières n’étaient plus versées par MUTUEL. En date du 24 août 2016, B_ SA a informé l’assurée de son licenciement, avec effet au 30 novembre 2016.![endif]>![if>
f.
Dans son rapport d’évaluation IP du 4 octobre 2016, la gestionnaire de l’OAI a résumé le contexte du dépôt de la demande de prestation invalidité mentionnant que, pendant tout l’entretien avec l’assurée, cette dernière s’était levée, puis assise, puis relevée, décrivant des douleurs intenses au bas du dos et de la fesse droite avec des irradiations dans la jambe droite jusqu’au mollet ; elle était suivie à la clinique Beauséjour et prenait des médicaments contre les douleurs, à savoir du Lyrica 600 mg par jour, ces dernières étant d’une telle intensité qu’elles l’empêchaient de se projeter dans l’avenir.![endif]>![if>
g.
Dans une note de travail postérieure, datant du 12 mai 2017, la même gestionnaire a indiqué que l’assurée s’était inscrite au chômage au mois de novembre 2016 mais qu’elle n’avait pas perçu d’indemnités car elle était en arrêt maladie. Elle était actuellement suivie par une psychiatre, la doctoresse H_, et disait vouloir se soigner et reprendre à 50 % dès qu’elle pourrait aller mieux, recherchant un poste où elle pourrait alterner les positions assise et debout.![endif]>![if>
h.
Plusieurs médecins traitants consultés par l’assurée ont été invités par l’OAI à rendre des rapports médicaux.![endif]>![if>
i.
La Dresse H_, psychiatre, a déclaré dans son rapport médical du 27 septembre 2017 que les causes de l’incapacité de travail étaient une lombosciatalgie droite, chronique, non radiculaire, depuis octobre 2015 ainsi qu’un trouble anxieux et dépressif mixte, F 41.2, depuis 2016. Le traitement ambulatoire avait commencé en janvier 2017 et les derniers contrôles avaient eu lieu en septembre 2017. Selon le médecin traitant, l’assurée n’avait pas d’antécédent psychiatrique connu et elle présentait, au début du suivi en janvier 2017, un ralentissement psychomoteur marqué, un sentiment de désespoir, une thymie triste, des idées noires mais pas d’idées suicidaires. Des ruminations anxieuses étaient très présentes et elle souffrait également d’un trouble du sommeil. L’assurée se plaignait d’oublis et son attention et sa concentration étaient altérées, mais elle ne présentait pas de symptômes psychotiques. Un traitement médicamenteux de Duloxétine avait débuté en mars 2017, tout d’abord à raison de 30 mg par jour puis augmenté à raison de 90 mg par jour, ce qui avait amélioré la symptomatologie anxiodépressive, mais n’avait pas eu d’effet sur les douleurs. La psychiatre mentionnait encore que les restrictions psychiques étaient étroitement liées au vécu somatique et douloureux, les douleurs non soulagées provoquaient une baisse de la thymie avec anxiété, désespoir et impossibilité de se projeter dans l’avenir, même proche ; depuis le mois d’octobre 2015, les douleurs n’avaient pas été soulagées durablement, malgré les différentes approches et traitements. La psychiatre concluait à une capacité de travail nulle dans l’activité habituelle de couturière.![endif]>![if>
j.
Dans son rapport médical intermédiaire du 13 novembre 2017, le docteur I_, généraliste, a indiqué que l’état de santé de l’assurée était resté stationnaire depuis le mois d’octobre 2015 et qu’il n’y avait pas de changement dans les diagnostics. Les plaintes de la patiente étaient inchangées, on observait une raideur lombaire et des douleurs diffuses sacro-iliaques plus une dysesthésie du membre inférieur droit. Il n’y avait pas de syndrome neurologique déficitaire et le pronostic était actuellement réservé quant à une évolution favorable. Le dernier examen médical datait du 15 novembre 2017. Les limitations fonctionnelles étaient la flexion lombaire difficile, en raison d’une raideur algique, des lombalgies lors de positions stationnaires, telles que la station assise, au-delà de trente minutes. Le médecin traitant considérait que la capacité de travail était nulle dans l’activité habituelle en tant que couturière et pouvait être de 50 à 70 % dans une autre activité adaptée, telle qu’un travail avec changements de position.![endif]>![if>
k.
Par note de travail datée du 13 juillet 2018, après discussion avec la doctoresse J_, du service médical régional (ci-après : SMR) de l’OAI, le gestionnaire du cas a mentionné que comme le Dr I_, le SMR considérait que l’assurée avait une capacité de travail nulle dans l’activité habituelle, depuis le 19 octobre 2015, et une capacité de travail d’au moins 50 %, dans une activité adaptée, dès l’été 2016. ![endif]>![if>
l.
Par note du 17 juillet 2018, le statut de l’assurée a été défini comme statut actif pour une assurée travaillant, depuis 2005, à plein temps.![endif]>![if>
m.
À l’issue d’un entretien de réadaptation professionnelle du 27 août 2018, le dossier a été discuté avec l’assurée et cette dernière a été informée qu’en l’état, l’OAI considérait qu’elle disposait d’une capacité de travail d’au moins 50 % dans une activité adaptée.![endif]>![if>
n.
Une mesure lui a été fixée, par courrier du 14 novembre 2018, sous la forme d’une entrée en stage, le lundi 26 novembre 2018, auprès des établissements publics pour l’intégration (ci-après : EPI).![endif]>![if>
o.
Les EPI ont rendu un rapport de stage du 12 mars 2019 ; il était mentionné que l’assurée travaillait essentiellement en alternant les positions assise et debout, toutes les 10 à 20 minutes et interrompait parfois ses activités pour récupérer. Le tonus était faible, tout comme le rythme de travail. Le niveau de résistance et d’endurance était inférieure aux attentes du premier marché de l’emploi, y compris dans les tâches simples et répétitives. La mesure s’était déroulée à mi-temps et l’état de santé actuel de l’assurée n’avait pas permis d’augmenter le taux de présence. Il était mentionné qu’au niveau des capacités d’apprentissage, l’assurée était plutôt à l’aise dans les travaux demandant des aptitudes manuelles et apprenait principalement dans les situations pratiques proches de son domaine de compétence. Son manque de confiance en ses capacités à réintégrer le marché de l’emploi et son état émotionnel fragilisé constituaient des freins à son employabilité. Après six semaines de stage à l’atelier de production industrielle légère, aucune cible professionnelle réaliste n’avait pu être identifiée ; en effet, malgré un engagement sans faille, la résistance de l’assurée diminuait dans la durée et son tonus se réduisait, notamment en deuxième partie de la demi-journée, ce qui entraînait une baisse du rythme de travail. L’assurée présentait de bonnes aptitudes manuelles pour le montage simple, mais cette activité mono-tâche et ses limitations ne lui permettaient pas d’avoir l’autonomie et la polyvalence requises pour un emploi de ce type dans l’économie ordinaire, ce qui amenait à la conclusion que l’assurée n’était actuellement pas en mesure de travailler dans un premier marché de l’emploi et que le stage pouvait donc se terminer. ![endif]>![if>
p.
Par avis du 15 août 2019, le conseiller de l’OAI a interpellé le SMR sur la question de la capacité de travail de l’assurée en relation avec les observations faites aux EPI, notamment l’alternance et la fréquence des positions, la faiblesse du tonus et enfin, le fait que la mesure avait été effectuée à mi-temps. Le SMR a répondu que l’échec des mesures ne permettait pas de remettre en question une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée, comme indiqué par le même service en date du 13 juillet 2018, en se basant sur le rapport médical du Dr I_ du 13 novembre 2017. Il convenait donc de retenir une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée.![endif]>![if>
B. a.
Par projet de décision du 30 août 2019, l’OAI a informé l’assurée qu’elle aurait droit à une demi-rente, basée sur un degré d’invalidité de 54 %, dès le 1
er
janvier 2017 vu le dépôt de la demande de prestations au mois de juillet 2016. L’OAI s’était fondé sur l’avis du SMR, selon lequel la capacité de travail de l’assurée était de 50 % depuis le mois de juillet 2016, et avait pris en compte un revenu annuel brut sans invalidité de CHF 52'950.- et un revenu annuel brut avec invalidité de CHF 24'533.-, pour aboutir à une perte de gain de CHF 28'417.-, ce qui représentait 54 %.![endif]>![if>
b.
Par courrier du 30 septembre 2019, le mandataire de l’OAI s’est opposé au projet de décision, niant la capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée. Selon l’opposante, le stage réalisé aux EPI avait démontré qu’elle n’était pas en mesure de travailler dans le premier marché de l’emploi. De surcroît, s’agissant du revenu avant invalidité, l’OAI n’avait pas pris en compte un bonus annuel sous forme de la moitié d’un 13
ème
salaire, suivi d’augmentations régulières chaque année. Dès lors, le véritable revenu annuel brut avant invalidité qui devait être pris en compte était plus élevé que celui retenu par l’OAI.![endif]>![if>
c.
Par courrier du 1
er
octobre 2019, l’OAI a octroyé à l’assurée une mesure sous la forme d’une orientation professionnelle.![endif]>![if>
d.
Par courrier du 4 novembre 2019, le mandataire de l’assurée a transmis à l’OAI une copie du courrier que le docteur K_, chirurgien orthopédique FMH, avait adressé, le 6 septembre 2019, à son confrère, le Dr I_, informant ce dernier que l’assurée souffrait d’un problème dans le pied droit, qui se superposait à des lombalgies chroniques ; ledit problème consistait en un hallux valgus avec une composante de rigidus associée à une cure du deuxième orteil en griffe enraidi.![endif]>![if>
e.
Par avis médical du 5 février 2020, le SMR a considéré qu’il était nécessaire d’adresser un questionnaire spécialisé au Dr K_, ainsi qu’un questionnaire intermédiaire au Dr I_. ![endif]>![if>
f.
Par certificat médical du 10 février 2020, adressé à l’OAI, le Dr K_ a précisé qu’il n’avait vu qu’une seule fois la patiente, en date du 6 septembre 2019, et se référait, pour le surplus, à son courrier du 6 septembre 2019 adressé au Dr I_.![endif]>![if>
g.
En date du 19 juin 2020, le Dr I_ a envoyé à l’OAI un rapport médical intermédiaire indiquant que l’état de santé de l’assurée était stationnaire, depuis le début de la prise en charge en novembre 2015 et que le diagnostic était toujours resté le même. Les deux dernières consultations étaient datées, respectivement, du 29 avril et du 3 juin 2020. Les restrictions et limitations de santé qui découlaient de l’atteinte étaient la limitation du port de charges à environ 5 kg, des difficultés pour se pencher en avant occasionnant une gêne pour s’habiller et se doucher, une position debout fixe difficilement supportable au bout d’environ 15 minutes, en raison de douleurs diffuses dans la jambe droite et un sommeil très perturbé par cette symptomatologie algique. La reprise d’une activité professionnelle semblait difficile compte tenu de la symptomatologie inchangée. L’assurée prenait régulièrement un traitement antalgique ainsi que des antidépresseurs sous forme de Duloxetine 60 mg. ![endif]>![if>
h.
Était joint au rapport du Dr I_ du 19 juin 2020 un bilan multidisciplinaire – Promidos, daté du 18 février 2020 et signé par le docteur L_ médecin adjoint aux HUG pour la consultation Promidos. Selon ce dernier, le diagnostic sur le plan somatique était celui de lombosciatalgies droites, non radiculaires, mais, sur le plan psychique, la patiente présentait une thymie triste et des affects émoussés, ainsi que des ruminations anxieuses en lien avec l’évolution incertaine et peu favorable de ses douleurs qui semblaient néanmoins en diminution, suite à l’instauration du traitement d’antidépresseurs. Le Dr L_ recommandait une prise en charge ergothérapeutique – psychiatrique qui pouvait se dérouler, soit à domicile, soit auprès d’un ergothérapeute indépendant, en lien avec la psychiatre traitante, la Dresse H_.![endif]>![if>
i.
Par avis médical du 9 juillet 2020, le SMR de l’OAI, sous la plume de la doctoresse M_, a résumé les appréciations données par les différents médecins traitants soit le Dr K_, le Dr I_, le Dr L_ et la Dresse H_. Sur le plan somatique, les lombosciatalgies chroniques étaient des lombalgies communes, stationnaires depuis 2015, qui ne s’accompagnaient pas d’un déficit moteur ou sensitif. À l’anamnèse, l’assurée pouvait effectuer des promenades et quelques activités ménagères, même si elles étaient diminuées en comparaison avec la période avant l’atteinte ; elle présentait du plaisir en présence de sa famille et de ses petits-enfants et était suivie, tous les deux mois, par sa psychiatre traitante, cette périodicité semblant aller à l’encontre d’une atteinte sévère. Le SMR ne pouvait suivre l’avis du Dr I_, qui retenait une capacité de travail nulle, alors qu’il évaluait cette dernière à 50 - 70 % en 2017 et qu’il estimait que l’état de santé de l’assurée, sur le plan physique, était stable depuis quatre ans. Dès lors, le SMR était d’avis que les rapports médicaux n’amenaient pas de nouvel élément objectif permettant de revoir sa position et confirmait que l’ancienne profession n’était plus exigible, mais que dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles d’épargne du rachis lombaire, la capacité de travail exigible était de 50 % et la situation stabilisée depuis au moins 2017.![endif]>![if>
j.
En se fondant sur l’avis de son SMR, l’OAI a notifié une décision du 7 octobre 2020, confirmant le projet de décision et octroyant, dès le 1
er
janvier 2017, une demi-rente d’invalidité, fondée sur un degré d’invalidité de 54 %.![endif]>![if>
C. a.
Par acte de son mandataire, posté le 9 novembre 2020, l’assurée a recouru contre la décision du 7 octobre 2020 par-devant la chambre des assurances sociales de la Cour de justice (ci-après : la chambre de céans). Elle contestait disposer d’une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée, dès le mois de juillet 2016, tel que retenu par l’intimé et estimait que l’appréciation du SMR n’était basée sur aucun élément concret du dossier et était même en contradiction avec les conclusions du stage réalisé aux EPI par l’assurée. Il n’avait pas été tenu compte de la diminution de rendement de 30 à 50 % observée lors du stage en entreprise, puisque le taux d’abattement retenu par l’OAI était seulement de 10 %, en raison du taux d’activité et des années de service. De surcroît, les limitations fonctionnelles, que ce soit sous l’angle somatique ou psychique, n’avaient pas été prises en compte. L’assurée concluait à l’annulation de la décision querellée.![endif]>![if>
b.
Par acte de son mandataire daté du 10 décembre 2020, l’assurée a complété son recours en reprenant les faits, en critiquant l’appréciation du SMR, ainsi que la comparaison des revenus et a considéré que l’intimé avait mal instruit son dossier, raison pour laquelle il n’avait retenu qu’un degré d’invalidité de 54 %, sans tenir compte, notamment, des limitations psychiques de l’assurée.![endif]>![if>
c.
Par réponse du 13 janvier 2021, l’OAI a précisé que, de son point de vue, le Dr I_ avait confirmé que la situation de la recourante était stabilisée depuis l’été 2016, raison pour laquelle une capacité de travail de 50 % avait été retenue, des juin 2016. Les conclusions du SMR quant à l’appréciation de la capacité résiduelle de travail de la recourante, soit 50 %, ne prêtaient pas le flanc à la critique. Quant à l’appréciation des EPI, l’OAI rappelait la jurisprudence du Tribunal fédéral concernant les informations recueillies au cours d’un stage d’observation qui ne supplantaient pas l’avis dûment motivé d’un médecin. S’agissant du revenu sans invalidité, l’OAI s’était fondé sur les chiffres communiqués par l’employeur de la recourante. Il concluait au rejet du recours. ![endif]>![if>
d.
Par réplique du 5 mars 2021, la recourante a persisté intégralement dans ses arguments et conclusions, rappelant les limitations fonctionnelles somatiques auxquelles étaient venues se superposer les limitations fonctionnelles psychiques de la recourante. Cette dernière joignait, en annexe, un e-mail daté du 14 mars 2021 et rédigé par le Dr I_, qui confirmait qu’il n’avait tenu compte, en 2017, que des limitations fonctionnelles somatiques. Or, ces dernières étaient actuellement superposables à l’impact psychologique de la situation difficile à vivre pour la patiente, raison pour laquelle le médecin traitant avait réévalué l’incapacité de travail dans son rapport de 2020. Il ajoutait que la psychiatre traitante de la recourante [la Dresse H_], qui assurait un suivi de soutien psychologique auprès de cette dernière, partageait son avis.![endif]>![if>
e.
Par duplique du 30 mars 2021, l’OAI a maintenu intégralement ses conclusions fondées sur un avis médical du SMR du 29 mars 2021, qui était joint en annexe. Le SMR prenait acte de l’appréciation du Dr I_ quant à « l’impact psychologique » tout en relevant que d’éventuelles limitations fonctionnelles psychiatriques n’étaient pas décrites, qu’il n’y avait pas de diagnostic psychiatrique, ni de status psychiatrique. Par ailleurs, le fait que l’assurée ne soit suivie que tous les mois, voire tous les deux mois, par son psychiatre traitant, était un signe qu’il ne s’agissait pas d’une atteinte sévère.![endif]>![if>
f.
Par courrier du 18 novembre 2021, la chambre de céans a informé les parties qu’elle avait l’intention de confier une mission d’expertise bi-disciplinaire aux docteurs N_, spécialiste FMH en rhumatologie, et O_, spécialiste FMH en psychothérapie.![endif]>![if>
g.
Les parties n’ont pas fait valoir de motif de récusation à l’encontre des experts proposés.![endif]>![if>
h.
Par courrier du 8 juin 2022, la chambre de céans a communiqué aux parties un projet de mission d’expertise bi-disciplinaire. L’OAI n’a pas fait de remarque sur ce projet et le mandataire de la recourante a fait plusieurs remarques, dont la chambre de céans a partiellement tenu compte.![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1.
Conformément à l’art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l’organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI -
RS 831.20
).![endif]>![if>
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
2.
À teneur de l’art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s’appliquent à l’assurance-invalidité, à moins que la loi n’y déroge expressément.![endif]>![if>
3.
Le 1
er
janvier 2021 est entrée en vigueur la modification du 21 juin 2019 de la LPGA. Toutefois, dans la mesure où le recours était, au 1
er
janvier 2021, pendant devant la chambre de céans, il reste soumis à l'ancien droit (cf. art. 82
a
LPGA).![endif]>![if>
4.
Le délai de recours est de trente jours (art. 56 LPGA ; art. 62 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 [LPA -
E 5 10
]). ![endif]>![if>
Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi, le recours est recevable.
5.
Le litige porte sur le bien-fondé de la décision de l’OAI du 7 octobre 2020 et notamment sur la fixation de la capacité de travail de l’assurée, à un taux de 50 %, depuis le mois de juillet 2016.![endif]>![if>
6.
Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l’art. 7 LPGA, est réputée incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assurée sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si cette diminution résulte d'une atteinte à la santé physique, mentale ou psychique et qu'elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (al. 1). Seules les conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la présence d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a incapacité de gain que si celle-ci n’est pas objectivement surmontable (al. 2 en vigueur dès le 1
er
janvier 2008).![endif]>![if>
En vertu de l’art. 28 al. 2 LAI, l’assurée a droit à une rente entière s’il est invalide à 70 % au moins, à un trois quarts de rente s'il est invalide à 60 % au moins, à une demi-rente s’il est invalide à 50 % au moins, ou à un quart de rente s’il est invalide à 40 % au moins.
Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assurée aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA et art. 28 al. 2 LAI).
7.
![endif]>![if>
7.1
Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA. On ne considère pas comme des conséquences d'un état psychique maladif, donc pas comme des affections à prendre en charge par l'assurance-invalidité, les diminutions de la capacité de gain que l'assurée pourrait empêcher en faisant preuve de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi objectivement que possible (ATF
127 V 294
consid. 4c ; ATF
102 V 165
consid. 3.1 ; VSI 2001 p. 223 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 786/04 du 19 janvier 2006 consid. 3.1).
La reconnaissance de l’existence d’une atteinte à la santé psychique suppose la présence d’un diagnostic émanant d’un expert (psychiatre) et s’appuyant selon les règles de l’art sur les critères d’un système de classification reconnu, tel le CIM ou le DSM-IV (ATF
143 V 409
consid. 4.5.2 ; ATF
141 V 281
consid. 2.1 et 2.1.1 ; ATF
130 V 396
consid. 5.3 et 6).
7.2
Dans l’ATF
141 V 281
, le Tribunal fédéral a revu et modifié en profondeur le schéma d'évaluation de la capacité de travail, respectivement de l'incapacité de travail, en cas de syndrome douloureux somatoforme et d'affections psychosomatiques comparables. Il a notamment abandonné la présomption selon laquelle les troubles somatoformes douloureux ou leurs effets pouvaient être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible (ATF
141 V 281
consid. 3.4 et 3.5) et introduit un nouveau schéma d'évaluation au moyen d'un catalogue d'indicateurs (ATF
141 V 281
consid. 4). Le Tribunal fédéral a ensuite étendu ce nouveau schéma d'évaluation aux autres affections psychiques (ATF 143 V 418 consid. 6 et 7 et les références). Aussi, le caractère invalidant d'atteintes à la santé psychique doit être établi dans le cadre d'un examen global, en tenant compte de différents indicateurs, au sein desquels figurent notamment les limitations fonctionnelles et les ressources de la personne assurée, de même que le critère de la résistance du trouble psychique à un traitement conduit dans les règles de l'art (ATF
143 V 409
consid. 4.4 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_369/2019
du 17 mars 2020 consid. 3 et les références).
Le Tribunal fédéral a en revanche maintenu, voire renforcé la portée des motifs d'exclusion définis dans l'ATF
131 V 49
, aux termes desquels il y a lieu de conclure à l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit aux prestations d'assurance, si les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération des symptômes ou d'une constellation semblable, et ce même si les caractéristiques d'un trouble au sens de la classification sont réalisées. Des indices d'une telle exagération apparaissent notamment en cas de discordance entre les douleurs décrites et le comportement observé, l'allégation d'intenses douleurs dont les caractéristiques demeurent vagues, l'absence de demande de soins, de grandes divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de l'anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert, ainsi que l'allégation de lourds handicaps malgré un environnement psycho-social intact (ATF
141 V 281
consid. 2.2.1 et 2.2.2 ; ATF
132 V 65
consid. 4.2.2 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_16/2016
du 14 juin 2016 consid. 3.2).
7.3
L'organe chargé de l'application du droit doit, avant de procéder à l'examen des indicateurs, analyser si les troubles psychiques dûment diagnostiqués conduisent à la constatation d'une atteinte à la santé importante et pertinente en droit de l'assurance-invalidité, c'est-à-dire qui résiste aux motifs dits d'exclusion tels qu'une exagération ou d'autres manifestations d'un profit secondaire tiré de la maladie (cf. ATF
141 V 281
consid. 2.2 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_756/2018
du 17 avril 2019 5.2.2 et la référence).
7.4
Pour des motifs de proportionnalité, on peut renoncer à une appréciation selon la grille d’évaluation normative et structurée si elle n’est pas nécessaire ou si elle est inappropriée. Il en va ainsi notamment lorsqu’il n’existe aucun indice en faveur d’une incapacité de travail durable ou lorsque l’incapacité de travail est niée sous l’angle psychique sur la base d’un rapport probant établi par un médecin spécialisé et que d’éventuelles appréciations contraires n’ont pas de valeur probante du fait qu’elles proviennent de médecins n’ayant pas une qualification spécialisée ou pour d’autres raisons (arrêt du Tribunal fédéral
9C_101/2019
du 12 juillet 2019 consid. 4.3 et la référence ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_724/2018
du 11 juillet 2019 consid. 7). En l’absence d’un diagnostic psychiatrique, une telle appréciation n’a pas non plus à être effectuée (arrêt du Tribunal fédéral
9C_176/2018
du 16 août 2018 consid. 3.2.2).
8.
Selon la jurisprudence, en cas de troubles psychiques, la capacité de travail réellement exigible doit être évaluée dans le cadre d'une procédure d'établissement des faits structurée et sans résultat prédéfini, permettant d'évaluer globalement, sur une base individuelle, les capacités fonctionnelles effectives de la personne concernée, en tenant compte, d'une part, des facteurs contraignants extérieurs incapacitants et, d'autre part, des potentiels de compensation (ressources) (ATF 141 V 281 consid. 3.6 et 4). L'accent doit ainsi être mis sur les ressources qui peuvent compenser le poids de la douleur et favoriser la capacité d'exécuter une tâche ou une action (arrêt du Tribunal fédéral
9C_111/2016
du 19 juillet 2016 consid. 7 et la référence). ![endif]>![if>
Il y a lieu de se fonder sur une grille d’analyse comportant divers indicateurs qui rassemblent les éléments essentiels propres aux troubles de nature psychosomatique (ATF
141 V 281
consid. 4).
Ces indicateurs sont classés comme suit :
I. Catégorie « degré de gravité fonctionnelle »
Les indicateurs relevant de cette catégorie représentent l’instrument de base de l’analyse. Les déductions qui en sont tirées devront, dans un second temps, résister à un examen de la cohérence (ATF
141 V 281
consid. 4.3).
A. Axe « atteinte à la santé »
1. Caractère prononcé des éléments et des symptômes pertinents pour le diagnostic
Les constatations relatives aux manifestations concrètes de l’atteinte à la santé diagnostiquée permettent de distinguer les limitations fonctionnelles causées par cette atteinte de celles dues à des facteurs non assurés. Le point de départ est le degré de gravité minimal inhérent au diagnostic. Il doit être rendu vraisemblable compte tenu de l’étiologie et de la pathogenèse de la pathologie déterminante pour le diagnostic (ATF
141 V 281
consid. 4.3.1.1).
L'influence d'une atteinte à la santé sur la capacité de travail est davantage déterminante que sa qualification en matière d'assurance-invalidité (ATF
142 V 106
consid. 4.4). Diagnostiquer une atteinte à la santé, soit identifier une maladie d'après ses symptômes, équivaut à l'appréciation d'une situation médicale déterminée qui, selon les médecins consultés, peut aboutir à des résultats différents en raison précisément de la marge d'appréciation inhérente à la science médicale (ATF
145 V 361
consid. 4.1.2 ; arrêts du Tribunal fédéral
9C_212/2020
du 4 septembre 2020 consid. 4.2 et
9C_762/2019
du 16 juin 2020 consid. 5.2).
2. Succès du traitement et de la réadaptation ou résistance à ces derniers
Le déroulement et l'issue d'un traitement médical sont en règle générale aussi d'importants indicateurs concernant le degré de gravité du trouble psychique évalué. Il en va de même du déroulement et de l'issue d'une mesure de réadaptation professionnelle. Ainsi, l'échec définitif d'une thérapie médicalement indiquée et réalisée selon les règles de l'art de même que l'échec d'une mesure de réadaptation - malgré une coopération optimale de l'assuré - sont en principe considérés comme des indices sérieux d'une atteinte invalidante à la santé. À l'inverse, le défaut de coopération optimale conduit plutôt à nier le caractère invalidant du trouble en question. Le résultat de l'appréciation dépend toutefois de l'ensemble des circonstances individuelles du cas d'espèce (arrêt du Tribunal fédéral
9C_618/2019
du 16 mars 2020 consid. 8.2.1.3 et la référence).
3. Comorbidités
La présence de comorbidités ou troubles concomitants est un indicateur à prendre en considération en relation avec le degré de gravité fonctionnel (arrêt du Tribunal fédéral
9C_650/2019
du 11 mai 2020 consid. 3.3 et la référence). On ne saurait toutefois inférer la réalisation concrète de l'indicateur « comorbidité » et, partant, un indice suggérant la gravité et le caractère invalidant de l'atteinte à la santé, de la seule existence de maladies psychiatriques et somatiques concomitantes. Encore faut-il examiner si l'interaction de ces troubles ayant valeur de maladie prive l'assuré de certaines ressources (arrêt du Tribunal fédéral
9C_756/2018
du 17 avril 2019 consid. 5.2.3 et le référence). Il est nécessaire de procéder à une approche globale de l’influence du trouble avec l’ensemble des pathologies concomitantes. Une atteinte qui, selon la jurisprudence, ne peut pas être invalidante en tant que telle (cf. ATF
141 V 281
consid. 4.3.1.2 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_98/2010
du 28 avril 2010 consid. 2.2.2, in : RSAS 2011 IV n° 17, p. 44) n’est pas une comorbidité (arrêt du Tribunal fédéral
9C_1040/2010
du 6 juin 2011 consid. 3.4.2.1, in : RSAS 2012 IV n° 1, p. 1) mais doit à la rigueur être prise en considération dans le cadre du diagnostic de la personnalité (ATF
141 V 281
consid. 4.3.2). Ainsi, un trouble dépressif réactionnel au trouble somatoforme ne perd pas toute signification en tant que facteur d’affaiblissement potentiel des ressources, mais doit être pris en considération dans l’approche globale (ATF 141 V 281 consid. 4.3.1.3).
Même si un trouble psychique, pris séparément, n'est pas invalidant en application de la nouvelle jurisprudence, il doit être pris en considération dans l'appréciation globale de la capacité de travail, qui tient compte des effets réciproques des différentes atteintes. Ainsi, une dysthymie, prise séparément, n'est pas invalidante, mais peut l'être lorsqu'elle est accompagnée d’un trouble de la personnalité notable. Par conséquent, indépendamment de leurs diagnostics, les troubles psychiques entrent déjà en considération en tant que comorbidité importante du point de vue juridique si, dans le cas concret, on doit leur attribuer un effet limitatif sur les ressources (ATF
143 V 418
consid. 8.1).
B. Axe « personnalité » (diagnostic de la personnalité, ressources personnelles)
Le
«
complexe personnalité » englobe, à côté des formes classiques du diagnostic de la personnalité qui vise à saisir la structure et les troubles de la personnalité, le concept de ce qu’on appelle les « fonctions complexes du moi » qui désignent des capacités inhérentes à la personnalité, permettant des déductions sur la gravité de l’atteinte à la santé et de la capacité de travail (par exemple : auto-perception et perception d’autrui, contrôle de la réalité et formation du jugement, contrôle des affects et des impulsions, intentionnalité et motivation ; cf. ATF
141 V 281
consid. 4.3.2). Étant donné que l’évaluation de la personnalité est davantage dépendante de la perception du médecin examinateur que l’analyse d’autres indicateurs, les exigences de motivation sont plus élevées (ATF
141 V 281
consid. 4.3.2).
Le Tribunal fédéral a estimé qu’un assuré présentait des ressources personnelles et adaptatives suffisantes, au vu notamment de la description positive qu’il avait donnée de sa personnalité, sans diminution de l'estime ou de la confiance en soi et sans peur de l'avenir (arrêt du Tribunal fédéral
8C_584/2016
du 30 juin 2017 consid. 5.2).
C. Axe « contexte social »
Si des difficultés sociales ont directement des conséquences fonctionnelles négatives, elles continuent à ne pas être prises en considération. En revanche, le contexte de vie de l’assuré peut lui procurer des ressources mobilisables, par exemple par le biais de son réseau social. Il faut toujours s’assurer qu’une incapacité de travail pour des raisons de santé ne se confond pas avec le chômage non assuré ou avec d’autres difficultés de vie (ATF
141 V 281
consid. 4.3.3 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_756/2018
du 17 avril 2019 consid. 5.2.3).
Lors de l'examen des ressources que peut procurer le contexte social et familial pour surmonter l'atteinte à la santé ou ses effets, il y a lieu de tenir compte notamment de l'existence d'une structure quotidienne et d'un cercle de proches [ ]. Le contexte familial est susceptible de fournir des ressources à la personne assurée pour surmonter son atteinte à la santé ou les effets de cette dernière sur sa capacité de travail, nonobstant le fait que son attitude peut rendre plus difficile les relations interfamiliales (arrêt du Tribunal fédéral
9C_717/2019
du 30 septembre 2020 consid. 6.2.5.3). Toutefois, des ressources préservées ne sauraient être inférées de relations maintenues avec certains membres de la famille dont la personne assurée est dépendante (arrêt du Tribunal fédéral
9C_55/2020
du 22 octobre 2020 consid. 5.2).
II. Catégorie « cohérence »
Il convient ensuite d’examiner si les conséquences qui sont tirées de l’analyse des indicateurs de la catégorie « degré de gravité fonctionnel » résistent à l’examen sous l’angle de la catégorie « cohérence ». Cette seconde catégorie comprend les indicateurs liés au comportement de l’assuré (ATF
141 V 281
consid. 4.4). À ce titre, il convient notamment d’examiner si les limitations fonctionnelles se manifestent de la même manière dans la vie professionnelle et dans la vie privée, de comparer les niveaux d’activité sociale avant et après l’atteinte à la santé ou d’analyser la mesure dans laquelle les traitements et les mesures de réadaptation sont mis à profit ou négligés. Dans ce contexte, un comportement incohérent est un indice que les limitations évoquées seraient dues à d’autres raisons qu’une atteinte à la santé (arrêt du Tribunal fédéral
9C_618/2019
du 16 mars 2020 consid. 8.3).
A. Limitation uniforme du niveau des activités dans tous les domaines comparables de la vie
Il s’agit ici de se demander si l’atteinte à la santé limite l’assuré de manière semblable dans son activité professionnelle ou dans l’exécution de ses travaux habituels et dans les autres activités (par exemple, les loisirs). Le critère du retrait social utilisé jusqu’ici doit désormais être interprété de telle sorte qu’il se réfère non seulement aux limitations mais également aux ressources de l’assuré et à sa capacité à les mobiliser. Dans la mesure du possible, il convient de comparer le niveau d’activité sociale de l’assuré avant et après la survenance de l’atteinte à la santé (ATF
141 V 281
consid. 4.4.1).
B. Poids de la souffrance révélé par l’anamnèse établie en vue du traitement et de la réadaptation
L'interruption de toute thérapie médicalement indiquée sur le plan psychique et le refus de participer à des mesures de réadaptation d'ordre professionnel sont des indices importants que l’assuré ne présente pas une évolution consolidée de la douleur et que les limitations invoquées sont dues à d'autres motifs qu'à son atteinte à la santé (arrêt du Tribunal fédéral
9C_569/2017
du 18 juillet 2018 consid. 5.5.2).
La prise en compte d’options thérapeutiques, autrement dit la mesure dans laquelle les traitements sont mis à profit ou alors négligés, permet d’évaluer le poids effectif des souffrances. Tel n’est toutefois pas le cas lorsque le comportement est influencé par la procédure assécurologique en cours. Il ne faut pas conclure à l’absence de lourdes souffrances lorsque le refus ou la mauvaise acceptation du traitement recommandé est la conséquence d’une incapacité (inévitable) de l’assuré à reconnaître sa maladie (anosognosie). Les mêmes principes s’appliquent pour les mesures de réadaptation. Un comportement incohérent de l'assuré est là aussi un indice que la limitation fonctionnelle est due à d’autres raisons qu’à l'atteinte à la santé assurée (ATF
141 V 281
consid. 4.4.2).
9.
Selon la jurisprudence rendue jusque-là à propos des dépressions légères à moyennes, les maladies en question n'étaient considérées comme invalidantes que lorsqu'on pouvait apporter la preuve qu'elles étaient « résistantes à la thérapie » (ATF
140 V 193
consid 3.3 ; arrêts du Tribunal fédéral
9C_841/2016
du 8 février 2017 consid. 3.1 et
9C_13/2016
du 14 avril 2016 consid. 4.2). ![endif]>![if>
Dans l'ATF
143 V 409
consid. 4.2, le Tribunal fédéral a rappelé que le fait qu'une atteinte à la santé psychique puisse être influencée par un traitement ne suffit pas, à lui seul, pour nier le caractère invalidant de celle-ci ; la question déterminante est en effet celle de savoir si la limitation établie médicalement empêche, d'un point de vue objectif, la personne assurée d'effectuer une prestation de travail. À cet égard, toutes les affections psychiques doivent en principe faire l'objet d'une procédure probatoire structurée au sens de l'ATF
141 V 281
(ATF
143 V 418
consid. 6 et 7 et les références). Ainsi, le caractère invalidant des atteintes à la santé psychique doit être établi dans le cadre d'un examen global, en tenant compte de différents indicateurs, au sein desquels figurent notamment les limitations fonctionnelles et les ressources de la personne assurée, de même que le critère de la résistance du trouble psychique à un traitement conduit dans les règles de l'art (ATF 143 V 409 consid. 4.4 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_142/2018
du 24 avril 2018 consid. 5.2).
Dans les cas où, au vu du dossier, il est vraisemblable qu'il n'y a qu'un léger trouble dépressif, qui ne peut déjà être considéré comme chronifié et qui n'est pas non plus associé à des comorbidités, aucune procédure de preuve structurée n'est généralement requise (arrêt du Tribunal fédéral
9C_14/2018
du 12 mars 2018 consid 2.1).
Le Tribunal fédéral a récemment rappelé qu’en principe, seul un trouble psychique grave peut avoir un caractère invalidant. Un trouble dépressif de degré léger à moyen, sans interférence notable avec des comorbidités psychiatriques, ne peut généralement pas être défini comme une maladie mentale grave. S'il existe en outre un potentiel thérapeutique significatif, le caractère durable de l'atteinte à la santé est notamment remis en question. Dans ce cas, il doit exister des motifs importants pour que l'on puisse néanmoins conclure à une maladie invalidante. Si, dans une telle constellation, les spécialistes en psychiatrie attestent sans explication concluante (éventuellement ensuite d'une demande) une diminution considérable de la capacité de travail malgré l'absence de trouble psychique grave, l'assurance ou le tribunal sont fondés à nier la portée juridique de l'évaluation médico-psychiatrique de l'impact (ATF
148 V 49
consid. 6.2.2 et les références).
10.
Selon la jurisprudence, une dysthymie (F34.1) est susceptible d'entraîner une diminution de la capacité de travail lorsqu'elle se présente avec d'autres affections, à l'instar d'un grave trouble de la personnalité. Pour en évaluer les éventuels effets limitatifs, ces atteintes doivent en principe faire l'objet d'une procédure probatoire structurée selon l'ATF
141 V 281
(arrêt du Tribunal fédéral
9C_599/2019
du 24 août 2020 consid. 5.1 et la référence).![endif]>![if>
11.
Des traits de personnalité signifient que les symptômes constatés ne sont pas suffisants pour retenir l’existence d’un trouble spécifique de la personnalité. Ils n'ont, en principe, pas valeur de maladie psychiatrique et ne peuvent, en principe, fonder une incapacité de travail en droit des assurances au sens des art. 4 al. 1 LAI et 8 LPGA (arrêt du Tribunal fédéral
9C_369/2019
du 17 mars 2020 consid. 5.3 et les références). ![endif]>![if>
12.
Les principes jurisprudentiels développés en matière de troubles somatoformes douloureux sont également applicables à la fibromyalgie (ATF 132 V 65 consid. 4.1), au syndrome de fatigue chronique ou de neurasthénie (ATF 139 V 346 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_662/2009
du 17 août 2010 consid. 2.3 in SVR 2011 IV n° 26 p. 73), à l'anesthésie dissociative et aux atteintes sensorielles (arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 9/07 du 9 février 2007 consid. 4 in SVR 2007 IV n° 45 p. 149), à l’hypersomnie (ATF
137 V 64
consid. 4) ainsi qu'en matière de troubles moteurs dissociatifs (arrêt du Tribunal fédéral
9C_903/2007
du 30 avril 2008 consid. 3.4), de traumatisme du type « coup du lapin » (ATF
141 V 574
consid. 5.2 et ATF
136 V 279
consid. 3.2.3) et d’état de stress post-traumatique (ATF
142 V 342
consid. 5.2). En revanche, ils ne sont pas applicables par analogie à la fatigue liée au cancer (cancer-related Fatigue) (ATF
139 V 346
consid. 3 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_73/2013
du 2 septembre 2013 consid. 5).![endif]>![if>
13.
![endif]>![if>
13.1
Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir (ATF
122 V 157
consid. 1b). Pour apprécier le droit aux prestations d’assurances sociales, il y a lieu de se baser sur des éléments médicaux fiables (ATF
134 V 231
consid 5.1). La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. Dans le cas des maladies psychiques, les indicateurs sont importants pour évaluer la capacité de travail, qui - en tenant compte des facteurs incapacitants externes d’une part et du potentiel de compensation (ressources) d’autre part -, permettent d’estimer la capacité de travail réellement réalisable (cf. arrêt du Tribunal fédéral
8C_286/2020
du 6 août 2020 consid. 4 et la référence).
13.2
Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son origine, ni sa désignation, mais son contenu. À cet égard, il importe que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motivées (ATF
134 V 231
consid. 5.1 ; ATF
133 V 450
consid. 11.1.3 ; ATF
125 V 351
consid. 3). Il faut en outre que le médecin dispose de la formation spécialisée nécessaire et de compétences professionnelles dans le domaine d’investigation (arrêt du Tribunal fédéral
9C_555/2017
du 22 novembre 2017 consid. 3.1 et les références).
Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux.
13.3
Ainsi, en principe, lorsqu’au stade de la procédure administrative, une expertise confiée à un médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine connaissance du dossier, et que l'expert aboutit à des résultats convaincants, le juge ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter de leur bien-fondé (ATF
135 V 465
consid. 4.4 et les références ; ATF 125 V 351 consid. 3b/bb).
Le fait qu'une expertise psychiatrique n'a pas été établie selon les nouveaux standards - ou n'en suit pas exactement la structure - ne suffit cependant pas pour lui dénier d'emblée toute valeur probante. En pareille hypothèse, il convient bien plutôt de se demander si, dans le cadre d'un examen global, et en tenant compte des spécificités du cas d'espèce et des griefs soulevés, le fait de se fonder définitivement sur les éléments de preuve existants est conforme au droit fédéral. Il y a lieu d'examiner dans chaque cas si les expertises administratives et/ou les expertises judiciaires recueillies - le cas échéant en les mettant en relation avec d'autres rapports médicaux - permettent ou non une appréciation concluante du cas à l'aune des indicateurs déterminants. Selon l'étendue de l'instruction déjà mise en oeuvre, il peut s'avérer suffisant de requérir un complément d'instruction sur certains points précis (ATF
141 V 281
consid. 8 ; ATF
137 V 210
consid. 6 ; arrêts du Tribunal fédéral
9C_808/2019
du 18 août 2020 consid. 5.2. et
9C_109/2018
du 15 juin 2018 consid. 5.1).
13.4
Le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF
143 V 269
consid. 6.2.3.2 et les références ; ATF
135 V 465
consid. 4.4. et les références ; ATF
125 V 351
consid. 3b/aa et les références).
13.5
Le juge peut accorder pleine valeur probante aux rapports et expertises établis par les médecins d'un assureur social aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des résultats convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces avis ne contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de mettre en cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à l'assureur par un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité de son appréciation ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est qu'en présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité d'une appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Étant donné l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances sociales, il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères quant à l'impartialité de l'expert (ATF
125 V 351
consid. 3b/ee).
Lorsqu'un cas d'assurance est réglé sans avoir recours à une expertise dans une procédure au sens de l'art. 44 LPGA, l'appréciation des preuves est soumise à des exigences sévères : s'il existe un doute même minime sur la fiabilité et la validité des constatations d'un médecin de l'assurance, il y a lieu de procéder à des investigations complémentaires (ATF
145 V 97
consid. 8.5 et les références ; ATF
142 V 58
consid. 5.1 et les références ; ATF
139 V 225
consid. 5.2 et les références ; ATF
135 V 465
consid. 4.4 et les références). En effet, si la jurisprudence a reconnu la valeur probante des rapports médicaux des médecins-conseils, elle a souligné qu'ils n'avaient pas la même force probante qu'une expertise judiciaire ou une expertise mise en œuvre par un assureur social dans une procédure selon l'art. 44 LPGA (ATF
135 V 465
consid. 4.4 et les références).
Dans une procédure portant sur l'octroi ou le refus de prestations d'assurances sociales, lorsqu'une décision administrative s'appuie exclusivement sur l'appréciation d'un médecin interne à l'assureur social et que l'avis d'un médecin traitant ou d'un expert privé auquel on peut également attribuer un caractère probant laisse subsister des doutes même faibles quant à la fiabilité et la pertinence de cette appréciation, la cause ne saurait être tranchée en se fondant sur l'un ou sur l'autre de ces avis et il y a lieu de mettre en œuvre une expertise par un médecin indépendant selon la procédure de l'art. 44 LPGA ou une expertise judiciaire (ATF
139 V 225
consid. 5.2 et les références ; ATF
135 V 465
consid. 4).
13.6
Une appréciation médicale, respectivement une expertise médicale établie sur la base d'un dossier, n’est pas en soi sans valeur probante. Une expertise médicale établie sur la base d'un dossier peut avoir valeur probante pour autant que celui-ci contienne suffisamment d'appréciations médicales qui, elles, se fondent sur un examen personnel de l'assuré (RAMA 2001 n° U 438 p. 346 consid. 3d). L’importance de l’examen personnel de l’assuré par l’expert n’est reléguée au second plan que lorsqu’il s’agit, pour l’essentiel, de porter un jugement sur des éléments d’ordre médical déjà établis et que des investigations médicales nouvelles s’avèrent superflues. En pareil cas, une expertise médicale effectuée uniquement sur la base d’un dossier peut se voir reconnaître une pleine valeur probante (arrêt du Tribunal fédéral
8C_681/2011
du 27 juin 2012 consid. 4.1 et les références).
13.7
Un rapport du SMR a pour fonction d'opérer la synthèse des renseignements médicaux versés au dossier, de prendre position à leur sujet et de prodiguer des recommandations quant à la suite à donner au dossier sur le plan médical. En tant qu'il ne contient aucune observation clinique, il se distingue d'une expertise médicale (art. 44 LPGA) ou d'un examen médical auquel il arrive au SMR de procéder (art. 49 al. 2 du règlement sur l’assurance-invalidité du 17 janvier 1961 [RAI -
RS 831.201
] ; ATF
142 V 58
consid. 5.1 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_542/2011
du 26 janvier 2012 consid. 4.1). De tels rapports ne sont cependant pas dénués de toute valeur probante, et il est admissible que l'office intimé, ou la juridiction cantonale, se fonde de manière déterminante sur leur contenu. Il convient toutefois de poser des exigences strictes en matière de preuve ; une expertise devra être ordonnée si des doutes, même faibles, subsistent quant à la fiabilité ou à la pertinence des constatations effectuées par le SMR (ATF
142 V 58
consid. 5 ; ATF
135 V 465
consid. 4.4 et 4.6 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_371/2018
du 16 août 2018 consid. 4.3.1).
13.8
En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF
125 V 351
consid. 3b/cc). S'il est vrai que la relation particulière de confiance unissant un patient et son médecin traitant peut influencer l'objectivité ou l'impartialité de celui-ci (cf. ATF
125 V 351
consid. 3a 52 ; ATF
122 V 157
consid. 1c et les références), ces relations ne justifient cependant pas en elles-mêmes l'éviction de tous les avis émanant des médecins traitants. Encore faut-il démontrer l'existence d'éléments pouvant jeter un doute sur la valeur probante du rapport du médecin concerné et, par conséquent, la violation du principe mentionné (arrêt du Tribunal fédéral
9C_973/2011
du 4 mai 2012 consid. 3.2.1).
13.9
On ajoutera qu'en cas de divergence d’opinion entre experts et médecins traitants, il n'est pas, de manière générale, nécessaire de mettre en œuvre une nouvelle expertise. La valeur probante des rapports médicaux des uns et des autres doit bien plutôt s'apprécier au regard des critères jurisprudentiels (ATF
125 V 351
consid. 3a) qui permettent de leur reconnaître pleine valeur probante. À cet égard, il convient de rappeler qu'au vu de la divergence consacrée par la jurisprudence entre un mandat thérapeutique et un mandat d'expertise (ATF 124 I 170 consid. 4 ; arrêt du Tribunal fédéral I 514/06 du 25 mai 2007 consid. 2.2.1, in SVR 2008 IV Nr. 15 p. 43), on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée par l'administration ou le juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait qu'un ou plusieurs médecins traitants ont une opinion contradictoire. Il n'en va différemment que si ces médecins traitants font état d'éléments objectivement vérifiables ayant été ignorés dans le cadre de l'expertise et qui sont suffisamment pertinents pour remettre en cause les conclusions de l'expert (arrêt du Tribunal fédéral
9C_369/2008
du 5 mars 2009 consid. 2.2).
13.10
Les constatations médicales peuvent être complétées par des renseignements d’ordre professionnel, par exemple au terme d'un stage dans un centre d'observation professionnel de l'assurance-invalidité, en vue d'établir concrètement dans quelle mesure l'assuré est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur le marché du travail. Il appartient alors au médecin de décrire les activités que l'on peut encore raisonnablement attendre de l'assuré compte tenu de ses atteintes à la santé (influence de ces atteintes sur sa capacité à travailler en position debout et à se déplacer ; nécessité d'aménager des pauses ou de réduire le temps de travail en raison d'une moindre résistance à la fatigue, par exemple), en exposant les motifs qui le conduisent à retenir telle ou telle limitation de la capacité de travail. En revanche, il revient au conseiller en réadaptation, non au médecin, d'indiquer quelles sont les activités professionnelles concrètes entrant en considération sur la base des renseignements médicaux et compte tenu des aptitudes résiduelles de l'assuré. Dans ce contexte, l'expert médical et le conseiller en matière professionnelle sont tenus d'exercer leurs tâches de manière complémentaire, en collaboration étroite et réciproque (ATF
107 V 17
consid. 2b ; SVR 2006 IV n° 10 p. 39).
En cas d'appréciation divergente entre les organes d'observation professionnelle et les données médicales, l'avis dûment motivé d'un médecin prime pour déterminer la capacité de travail raisonnablement exigible de l'assuré (arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 531/04 du 11 juillet 2005, consid. 4.2). En effet, les données médicales permettent généralement une appréciation plus objective du cas et l'emportent, en principe, sur les constatations qui peuvent être faites à l'occasion d'un stage d'observation professionnelle, qui sont susceptibles d’être influencées par des éléments subjectifs liés au comportement de l'assuré pendant le stage (arrêt du Tribunal fédéral
9C_462/2009
du 2 décembre 2009 consid. 2.4). Au regard de la collaboration, étroite, réciproque et complémentaire selon la jurisprudence, entre les médecins et les organes d'observation professionnelle (cf. ATF
107 V 17
consid. 2b), on ne saurait toutefois dénier toute valeur aux renseignements d'ordre professionnel recueillis à l'occasion d'un stage pratique pour apprécier la capacité résiduelle de travail de l'assuré en cause. Au contraire, dans les cas où l'appréciation d'observation professionnelle diverge sensiblement de l'appréciation médicale, il incombe à l'administration, respectivement au juge - conformément au principe de la libre appréciation des preuves - de confronter les deux évaluations et, au besoin de requérir un complément d'instruction (ATF
9C_1035/2009
du 22 juin 2010 consid. 4.1, in SVR 2011 IV n° 6 p. 17 ; ATF
9C_833/2007
du 4 juillet 2008, in Plädoyer 2009/1 p. 70 ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 35/03 du 24 octobre 2003 consid. 4.3 et les références, in Plädoyer 2004/3 p. 64 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_512/2013
du 16 janvier 2014 consid. 5.2.1).
14.
En ce qui concerne les facteurs psychosociaux ou socioculturels et leur rôle en matière d'invalidité, ils ne figurent pas au nombre des atteintes à la santé susceptibles d'entraîner une incapacité de gain au sens de l'art. 4 al. 1 LAI. Pour qu'une invalidité soit reconnue, il est nécessaire, dans chaque cas, qu'un substrat médical pertinent, entravant la capacité de travail (et de gain) de manière importante, soit mis en évidence par le médecin spécialisé. Plus les facteurs psychosociaux et socioculturels apparaissent au premier plan et imprègnent l'anamnèse, plus il est essentiel que le diagnostic médical précise s'il y a atteinte à la santé psychique qui équivaut à une maladie. Ainsi, il ne suffit pas que le tableau clinique soit constitué d'atteintes qui relèvent de facteurs socioculturels ; il faut au contraire que le tableau clinique comporte d'autres éléments pertinents au plan psychiatrique tels, par exemple, une dépression durable au sens médical ou un état psychique assimilable, et non une simple humeur dépressive. Une telle atteinte psychique, qui doit être distinguée des facteurs socioculturels, et qui doit de manière autonome influencer la capacité de travail, est nécessaire en définitive pour que l'on puisse parler d'invalidité. En revanche, là où l'expert ne relève pour l'essentiel que des éléments qui trouvent leur explication et leur source dans le champ socioculturel ou psychosocial, il n'y a pas d'atteinte à la santé à caractère invalidant (ATF
127 V 294
consid. 5a in fine).![endif]>![if>
15.
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15.1
Le point de départ de l'évaluation prévue pour les troubles somatoformes douloureux (ATF
141 V 281
), les troubles dépressifs (ATF
143 V 409
), les autres troubles psychiques (ATF
143 V 418
) et les troubles mentaux du comportement liés à l’utilisation de substances psychoactives (ATF
145 V 215
) est l'ensemble des éléments médicaux et constatations y relatives. Les experts doivent motiver le diagnostic psychique de telle manière que l'organe d'application du droit puisse comprendre non seulement si les critères de classification sont remplis (ATF 141 V 281 consid. 2.1.1), mais également si la pathologie diagnostiquée présente un degré de gravité susceptible d'occasionner des limitations dans les fonctions de la vie courante (arrêt du Tribunal fédéral
9C_551/2019
du 24 avril 2020 consid. 4.1 et la référence).
15.2
Dans un arrêt de principe du 2 décembre 2019 (ATF
145 V 361
), le Tribunal fédéral, à la lumière de l'ATF
141 V 281
, a notamment posé une délimitation, entre l'examen (libre), par les autorités chargées de l'application du droit, de l'admission d'une incapacité de travail par l'expert psychiatre, d'une part, et une appréciation juridique parallèle inadmissible, d'autre part.
Selon le Tribunal fédéral, dans tous les cas, l’administration et, en cas de recours, le juge, doivent examiner si et dans quelle mesure les experts ont suffisamment et de manière compréhensible étayé leur évaluation de l'incapacité de travail, en tenant compte des indicateurs pertinents (questions de preuve). À cette fin, les experts doivent établir un lien avec la partie précédente de l'expertise médico-psychiatrique (avec extraits du dossier, anamnèse, constatations, diagnostics, etc.), c'est-à-dire qu'ils doivent se référer en détails aux résultats médico-psychiatriques des examens et explorations cliniques menés dans les règles de l’art qui relèvent de leur compétence. Le médecin doit donc exposer de manière détaillée les raisons médico-psychiatriques pour lesquelles les éléments constatés sont susceptibles de restreindre la capacité fonctionnelle et les ressources psychiques en termes qualitatifs, quantitatifs et temporels (ATF
143 V 418
consid. 6). À titre d’exemple, dans le cadre de troubles dépressifs récurrents de degrés légers à modérés qui sont souvent au premier plan dans l’examen de l’invalidité au sens de l’AI, cela signifie qu’il ne suffit pas que l'expert psychiatre déduise directement de l'épisode dépressif diagnostiqué une incapacité de travail, quel qu'en soit le degré ; il doit bien plutôt démontrer si et dans quelle mesure les constatations qu'il a faites (tristesse, désespoir, manque de dynamisme, fatigue, troubles de la concentration et de l'attention, diminution de la capacité d'adaptation, etc.), limitent la capacité de travail, en tenant compte - à des fins de comparaison, de contrôle et de plausibilité - des autres activités personnelles, familiales et sociales de la personne requérant une rente. Si les experts s'acquittent de cette tâche de manière convaincante, en tenant compte des éléments de preuve établis par l'ATF
141 V 281
, l'évaluation des répercussions de l’atteinte psychique sera également valable du point de vue des organes chargés de l’application du droit, que ce soit l’administration ou le juge. À défaut, il se justifie, juridiquement, de s'en écarter (ATF
145 V 361
consid. 4.3 et la référence).
15.3
En ce qui concerne l'évaluation du caractère invalidant des affections psychosomatiques et psychiques, l'appréciation de la capacité de travail par un médecin psychiatre est soumise à un contrôle (libre) des organes chargés de l'application du droit à la lumière de l'ATF
141 V 281
(ATF
145 V 361
consid. 4.3 ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_585/2019
du 3 juin 2020 consid. 2 et les références). Il peut ainsi arriver que les organes d'application du droit se distancient de l'évaluation médicale de la capacité de travail établie par l’expertise sans que celle-ci ne perde sa valeur probante (arrêt du Tribunal fédéral
9C_128/2018
du 17 juillet 2018 consid. 2.2 et les références). Du point de vue juridique, il est même nécessaire de s’écarter de l’appréciation médicale de la capacité de travail si l’évaluation n’est pas suffisamment motivée et compréhensible au vu des indicateurs pertinents, ou n’est pas convaincante du point de vue des éléments de preuve instaurés par l’ATF
141 V 281
. S’écarter de l’évaluation médicale est alors admissible, du point de vue juridique, sans que d’autres investigations médicales ne soient nécessaires (arrêt du Tribunal fédéral
9C_832/2019
du 6 mai 2020 consid. 2.2). Toutefois, lorsque l’administration ou le juge, au terme de son appréciation des preuves, parvient à la conclusion que le rapport d'expertise évalue la capacité de travail en fonction des critères de médecine des assurances établis dans l'ATF
141 V 281
et qu’il satisfait en outre aux exigences générales en matière de preuves (ATF
134 V 231
consid. 5.1), il a force probante et ses conclusions sur la capacité de travail doivent être suivies par les organes d'application de la loi. Une appréciation juridique parallèle libre en fonction de la grille d'évaluation normative et structurée ne doit pas être entreprise (cf. ATF
145 V 361
consid. 4.3 ; arrêts du Tribunal fédéral
8C_213/2020
du 19 mai 2020 consid. 4.3 et les références).
En fin de compte, la question décisive est toujours celle des répercussions fonctionnelles d'un trouble. La preuve d'une incapacité de travail de longue durée et significative liée à l’état de santé ne peut être considérée comme rapportée que si, dans le cadre d’un examen global, les éléments de preuve pertinents donnent une image cohérente de l’existence de limitations dans tous les domaines de la vie. Si ce n'est pas le cas, la preuve d'une limitation invalidante de la capacité de travail n'est pas rapportée et l'absence de preuve doit être supportée par la personne concernée (cf. arrêt du Tribunal fédéral
8C_423/2019
du 7 février 2020 consid. 3.2.2 et les références).
16.
Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus probables (ATF
130 III 321
consid. 3.2 et 3.3 ; ATF
126 V 353
consid. 5b ; ATF
125 V 193
consid. 2 et les références). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des assurances sociales, un principe selon lequel l’administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de l’assuré (ATF
126 V 319
consid. 5a).![endif]>![if>
17.
Si l’administration ou le juge, se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent procéder d’office, sont convaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d’autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation, il est superflu d’administrer d’autres preuves (appréciation anticipée des preuves ; ATF
145 I 167
consid. 4.1 et les références ; ATF
140 I 285
consid. 6.3.1 et les références). Une telle manière de procéder ne viole pas le droit d’être entendu selon l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. -
RS 101
; SVR 2001 IV n. 10 p. 28 consid. 4b), la jurisprudence rendue sous l’empire de l’art. 4 aCst. étant toujours valable (ATF
124 V 90
consid. 4b ; ATF
122 V 157
consid. 1d).![endif]>![if>
18.
Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les parties pour la simple raison qu'ils n'auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 consid. 4a). En particulier, il doit mettre en œuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 282
consid. 4a ; RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 du 19 mars 2004 consid. 3.3). Lorsque le juge des assurances sociales constate qu'une instruction est nécessaire, il doit en principe mettre lui-même en œuvre une expertise lorsqu'il considère que l'état de fait médical doit être élucidé par une expertise ou que l'expertise administrative n'a pas de valeur probante (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4). Un renvoi à l’administration reste possible, notamment quand il est fondé uniquement sur une question restée complètement non instruite jusqu'ici, lorsqu'il s'agit de préciser un point de l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4 ; SVR 2010 IV n. 49 p. 151, consid. 3.5 ; arrêt du Tribunal fédéral
8C_760/2011
du 26 janvier 2012 consid. 3).![endif]>![if>
19.
En l’espèce, le diagnostic et les limitations fonctionnelles semblent établis sur le plan somatique, mais le taux de capacité résiduelle de travail, dans une activité adaptée, ne fait pas encore l’unanimité, l’avis des médecins traitants et les observations des EPI se heurtant à l’appréciation du SMR de l’OAI.![endif]>![if>
D’autre part, plusieurs médecins traitants ont relevé des indices de troubles psychiatriques de l’assurée, sans que ces derniers aient été définis avec précision, aussi bien en ce qui concerne le diagnostic et la gravité de l’atteinte qu’en ce qui concerne les éventuelles limitations fonctionnelles psychiatriques en résultant.
Il manque également un point de vue global qui permette, en confrontant les limitations fonctionnelles somatiques et éventuellement psychiatriques de la recourante, d’en déduire la capacité de travail résiduelle globale ; dès lors, la chambre de céans n’est pas en mesure d’établir, au degré de la vraisemblance prépondérante, la capacité résiduelle de travail de la recourante pour les raisons exposées supra.
La chambre de céans ordonnera, en conséquence, une expertise bi-disciplinaire rhumatologique et psychiatrique de la recourante, qu’elle confiera aux experts mentionnés ci-dessous.