# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4a299d36-be1f-5999-b34b-001722715774
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. B._, née en 1936, est veuve et vit avec sa fille, A._, née en 1971. Une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens des art. 394 et 395 CC a été instituée en faveur de A._ et C._, du Service officiel des curatelles de D._, a été nommé en qualité de curateur.
Par courrier du 2 mai 2017, C._ a signalé la situation de B._ à la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix). Il relevait en particulier que suite à d'importants problèmes de santé de B._, des soins à domicile ainsi qu'une aide au ménage avaient dus être mis en place et qu'il avait pu être constaté, dans le cadre du mandat qu'il exerçait en faveur de A._, qu'il existait également des manquements dans la gestion administrative et financière de B._.
L'extrait du registre des poursuites de B._ du 3 mai 2017 requis par la Justice de paix a en particulier montré qu'il existait à son encontre des actes de défaut de biens pour une somme avoisinant les CHF 48'000.- et qu'elle était régulièrement mise en poursuite depuis de très nombreuses années.
Faisant suite à la citation à comparaître du 3 mai 2017 de la Justice de paix, le Service officiel des curatelles de D._ (ci-après: le Service des curatelles) a informé la Justice de paix que B._ ne pouvait pas se déplacer, car elle était alitée, ne se levait qu'avec l'aide des soins à domicile et n'était pas sortie de son domicile depuis plusieurs mois.
Dans un courrier reçu par la Justice de paix le 15 mai 2017, A._ a en substance exposé qu'elle et sa mère étaient parfaitement à même de gérer leur ménage et leurs factures, qu'un arrangement de paiement avait été trouvé avec E._ et qu'elles s'opposaient à l'institution d'une curatelle en faveur de B._, ce qu'elle a encore répété dans un courrier reçu le 22 mai 2017 par la Justice de paix.
Vu l'impossibilité de se déplacer de B._, le Juge de paix, agissant par délégation, a tenu une séance au domicile de celle-ci le 28 juin 2017, séance à laquelle A._ a également assisté. A cette occasion, mère et fille ont déclaré qu'elles ne souhaitaient pas qu'une curatelle soit instituée en faveur de B._, cette dernière ayant notamment dit qu'elle avait des problèmes au genou, mais que sa santé allait mieux, qu'elle pouvait se déplacer doucement mais ne pouvait plus monter les escaliers et que l'ascenseur lui faisait peur. Selon elle, elle et sa fille arrivaient à s'en sortir, cette dernière s'occupant du ménage. A._ partageait cet avis, relevant qu'elle s'occupait des paiements et faisant part d'un certain mécontentement à l'encontre de son curateur, déclarant en particulier qu'elle ne l'aimait pas et qu'elle préférerait F._ de G._.
Répondant aux questions qui lui ont été soumises par la Justice de paix, le médecin traitant de B._ a notamment indiqué par courrier reçu par la Justice de paix le 14 juillet 2017 que sa patiente souffrait d'une pathologie sévère du genou droit qui la handicapait fortement dans toutes les activités de la vie quotidienne. Selon lui, elle ne présentait aucune pathologie psychique et était capable de discernement mais, en raison de son handicap physique, elle n'était pas en mesure de gérer elle-même ses affaires et se faisait aider par sa fille. A la question de savoir si B._ était capable de désigner elle-même un mandataire dans son entourage et d'en surveiller l'activité, le médecin traitant a répondu qu'il pensait que cela était théoriquement possible.
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Par courrier du 25 octobre 2017, faisant suite à la requête de la Justice de paix, C._ a indiqué qu'il semblait que la situation de B._ n'avait pas évolué. Ainsi, elle était alitée à longueur de journée et l'alimentation de la mère et de la fille était douteuse. Il a également relevé que le Service des curatelles avait pris en charge les arriérés de factures de E._ par le biais du compte de gestion de A._ afin d'éviter de nouvelles poursuites. Le fait que B._ faisait l'objet d'une saisie par l'Office des poursuites laissait penser à une gestion pour le moins chaotique, même s'il semblait que les loyers étaient régulièrement payés.
B. Par décision du 2 novembre 2017, la Justice de paix a institué en faveur de B._ une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens de l'article 394 CC en lien avec l'article 395 CC avec pour objet plusieurs cercles de tâches, soit la représentation de B._ dans le cadre de ses affaires administratives et financières et la gestion de ses revenus et de sa fortune. C._ a été nommé comme curateur et la Justice de paix a prononcé le retrait de l'effet suspensif à un éventuel recours contre sa décision.
C. A partir du 25 novembre 2017, B._ a été hospitalisée et le Service de liaison de H._ a contacté la Justice de paix le 28 novembre 2017 afin de déterminer qui était la personne de référence pour cette patiente.
D. Par actes des 15 et 17 décembre 2017, A._ a interjeté recours contre la décision du 2 novembre 2017, contestant l'institution d'une curatelle en faveur de B._.
Le 18 décembre 2017, la Cour de céans a imparti un délai de 10 jours à la Justice de paix afin qu'elle lui fasse parvenir le dossier de la cause ainsi que son éventuelle détermination, en deux exemplaires.
Par courrier du 19 décembre 2017, la Justice de paix a indiqué ne pas avoir de remarques à formuler et s'est, pour le surplus, référée au dossier de la cause.
Par fax du 21 décembre 2017, B._ a requis une prolongation du délai de 10 jours, puis A._ a, par courrier du 8 janvier 2018 adressé à la Justice de paix qui l'a transmis à la Cour de céans, déposé une détermination, se référant au courrier du 18 décembre 2017 adressé par la Cour de céans à la Justice de paix.

## Considerations

en droit
1.
1.1 En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).
1.2 Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA; RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection – soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) – ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 20 du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]) est compétente pour statuer.
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