# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a256a9e2-96c2-5b99-9694-ed41178c9167
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 14 septembre 2015, C._ a porté plainte contre inconnu notamment pour concurrence déloyale et contravention à la loi fédérale sur la circulation routière, en raison des services proposés par la plate-forme informatique « D._.ch ». D._ est une association à but non lucratif fondée par B._ et A._, qui met en relation des élèves-conducteurs et des accompagnateurs pour des services liés à l’apprentissage de la conduite automobile.
B._ et A._ ont été auditionnés dans le cadre de l’instruction ouverte à leur encontre, ainsi que plusieurs personnes qui fournissaient des heures d’auto-école par le biais de la plate-forme informatique.
B. Par ordonnances pénales séparées du 6 juin 2016, le Ministère public a reconnu B._ et A._ coupables de délit contre la loi fédérale contre la concurrence déloyale et les a condamnés chacun à un travail d’intérêt général de 80 heures avec sursis pendant deux ans et à une amende de CHF 300.-.
C. Le 17 juin 2016, B._ et A._, par le ministère de leur avocate, ont formé opposition à leur ordonnance pénale respective et ont requis d’être mis au bénéfice d’une défense d’office.
D. Par courrier du 27 juin 2016, le Ministère public a informé les prévenus que la cause sera transmise au Juge de police de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: Juge de police).
E. Par courrier du 29 juin 2016, les prévenus ont rappelé au Juge de police leur demande de désignation d’un défenseur d’office et d’assistance judiciaire.
F. Par ordonnances séparées du 19 juillet 2016, le Juge de police a rejeté les requêtes d’assistance judiciaire des prévenus.
G. Par mémoires datés du 2 août 2016, B._ et A._ ont interjeté recours contre les ordonnances précitées, en concluant principalement à leur annulation et à la désignation d’un défenseur d’office en la personne de Me Alexandra Brenner avec effet rétroactif au 7 juin 2016.
H. Invité à se déterminer, le Juge de police a, par courrier du 11 août 2016, conclu au rejet des recours sous suite de frais.

## Considerations

en droit
1. a) Si des raisons objectives le justifient, le Ministère public et les tribunaux peuvent ordonner la jonction de procédures pénales (art. 30 du Code de procédure pénale suisse [RS 312.0; CPP]). En l’espèce, les requêtes de désignation d’une défense d’office ont été rejetées pour des motifs similaires et les deux recours contiennent une motivation quasi identique. Dans ces conditions, il se justifie de joindre les procédures de recours 502 2016 189 et 502 2016 190.
b) aa) Aux termes de l'art. 393 al. 1 let. b CPP, le recours est recevable contre les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance, « sauf contre ceux de la direction de la procédure » (en allemand: «ausgenommen sind  Entscheide»; en italien: «sono eccettuate le decisioni ordinatorie»). Cette disposition doit être lue en corrélation avec l'art. 65 al. 1 CPP, aux termes duquel « les ordonnances rendues par
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
les tribunaux » (en allemand: « verfahrensleitende Anordnungen der Gerichte »; en italien: « le disposizioni ordinatorie del giudice ») ne peuvent être attaquées qu'avec la décision finale. Les décisions contre lesquelles un recours immédiat est exclu selon les art. 65 al. 1 et 393 al. 1 let. b in fine CPP concernent, malgré la formulation trompeuse de la version française, non pas celles prises par la direction de la procédure, mais celles relatives à la marche de la procédure (PIQUEREZ/MACALUSO, Procédure pénale suisse, 3e éd., Genève/Zurich/Bâle 2011, n. 1969). Il s'agit en particulier de toutes les décisions qu'exigent l'avancement et le déroulement de la procédure avant ou pendant les débats (ATF 138 IV 193 consid. 4.3.1 pp. 195 s.).
Selon la jurisprudence, ces décisions peuvent toutefois faire l’objet d’un recours selon le CPP lorsqu’elles sont susceptibles de causer un préjudice irréparable (ATF 140 IV 202 consid. 2.1 in fine p. 205/SJ 2015 I 73; cf. RFJ 2013 p. 64 ss). Constitue un préjudice irréparable un dommage de nature juridique qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable au recourant (arrêt TF_6B 805/2014 du 20 octobre 2014; ATF 137 IV 172 consid. 2.1). Ainsi, notamment, une décision par laquelle un tribunal de première instance refuse de nommer un défenseur d’office au prévenu est susceptible de recours selon les art. 393 ss CPP, dans la mesure où un tel refus est de nature à causer un préjudice irréparable à l’intéressé (cf. ATF 140 IV 202 consid. 2.2/SJ 2015 I 73; ATF 139 IV 113/JdT 2014 IV 30), puisque, dans l'hypothèse où le refus de désigner un défenseur d’office est annulé en fin de procédure, on conçoit mal que le prévenu puisse se trouver ensuite dans la même situation que s'il avait été d'emblée assisté (arrêt TF 1B_37/2014 du 10 juin 2014 consid. 2.2 et l’arrêt cité).