# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c8e3715d-45fa-5fa3-9fb2-859ee87ae947
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. La société B_ SA (ci-après la société) a été inscrite au registre du commerce le 19 décembre 1986 et affiliée en qualité d'employeur auprès de la caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après la caisse ou l'intimée) le 1
er
janvier 1987. Elle était active dans le domaine de l'exploitation d'un atelier d'arts graphiques et de communication visuelle. Monsieur A_ (ci-après l'administrateur ou le recourant) a exercé la fonction d'administrateur de la société du 9 juillet 2013 au 30 mai 2016, date à laquelle la faillite de la société a été prononcée. Monsieur C_ (ci-après l'administrateur président) en était l'administrateur président.
2. Le 13 juillet 2016, la société a transmis à la caisse l'attestation des salaires 2016 dont il ressort qu'elle a versé des salaires à quatorze personnes pendant la période courant du 1
er
janvier au 31 mai 2016.
3. Le 13 juillet 2016, la caisse a adressé à la société une facture finale pour les cotisations salariales du 1
er
janvier au 31 mai 2016 à hauteur de CHF 14'246.10, soit CHF 45'666.40 plus les frais de sommation et moins les virements à hauteur de CHF 13'846.20, la redistribution Taxe CO2 de CHF 544.10, le paiement de CHF 17'478.-.
4. Le 10 juillet 2017, la caisse a transmis à la société, suite au contrôle auquel son réviseur avait procédé, un décompte relatif aux cotisations AVS/AI/APG/AC/Amat/AF, pour la période du 1
er
janvier au 31 mai 2016, intitulé « Attestation des salaires complémentaire 2016 » dont il ressort que les salaires à prendre en compte s'élevaient au total à CHF 296'197.55 pour l'AVS/AI/APG/Amat/AF et à CHF 240'197.75 pour l'AC.
5. Le 10 juillet 2017, la caisse a établi le montant des cotisations salariales (facture rectificative), pour la période du 1
er
janvier au 31 mai 2016 à hauteur de CHF 51'980.-.
6. Selon des actes de défaut de biens après faillite, du 10 février 2017, reçus par la caisse le 13 suivant, la société devait à la caisse, à la date de l'ouverture de la faillite, le 30 mai 2016 :
- CHF 13'552.55, moins la somme payée de CHF 3'080.54, soit au total CHF 10'472.01, représentant les cotisations sur les salaires versés au 31 mai 2016 plus les frais administratifs ;
- et CHF 695.55 au titre de taxes, de sommation, plus amendes, plus TPF et intérêts moratoires de 5% jusqu'au jour de la faillite.
7. Le 1
er
février 2018, la caisse a adressé à l'administrateur une demande de réparation du dommage, en application de l'art. 52 LAVS, à hauteur de CHF 15'690.05, représentant les cotisations paritaires selon le décompte annexé, y compris les frais et les intérêts moratoires. Il s'agissait des sommes dues et exigibles, lorsqu'il avait pris ses fonctions, et échues au cours de son mandat, dont il était solidairement responsable avec l'administrateur président. La consultation de l'état de collocation publié le 20 décembre 2016 avait révélé que le dividende prévisible serait de 22,7303% de sorte que la créance de la caisse produite dans la faillite ne serait pas couverte. De ce fait, elle subissait un dommage.
À teneur du décompte annexé, le montant réclamé avait été établi en prenant en compte les cotisations salariales sur les salaires versés par la société en 2016, plus les frais administratifs et de sommation ainsi les intérêts moratoires et après déduction des versements effectués et de la redistribution Taxe CO2.
8. Le 26 février 2018, l'administrateur a formé opposition à la décision de la caisse. Il était devenu administrateur de la société le 9 juillet 2013, à la suite de la démission abrupte de l'ex-épouse de l'administrateur président. La direction administrative et financière de la société avait été reprise par une directrice. Cette dernière avait été brutalement licenciée le 11 mars 2016 par le fils de l'administrateur président, devenu directeur de la société, aux côtés de son père, jusqu'à la mise en faillite volontaire de la société. Pendant la période durant laquelle l'opposant avait été administrateur de celle-ci, il n'avait cessé d'aider financièrement la société par des apports en compte courant actionnaire, afin que celle-ci puisse régler ses dettes, notamment sociales. Il n'avait en revanche joué aucun rôle dans la gestion et l'administration de la société. Ses interventions s'étaient limitées à des apports d'argent à bien plaire, et à la tenue des assemblées générales aux côtés de l'administrateur président. Il n'avait fait preuve ni d'intention ni de négligence grave dans le préjudice subi par la caisse, le sien s'élevant à quelques CHF 550'000.-. L'administrateur président était parfaitement capable financièrement d'assumer la responsabilité qui lui incombait, c'est-à-dire de payer la totalité de la créance de la caisse. C'était lui qui avait fait le choix de ne pas payer les charges sociales. Pour sa part il n'y était pour rien. L'administrateur président disposait de biens immobiliers importants et notamment d'une maison de luxe en France estimée à plus de EUR 2'000'000.-. L'opposant considérait qu'il n'était pas juste que la caisse s'en prenne à lui alors qu'il était sans revenu, ruiné par les déboires qu'il avait eus et qu'il tentait de subvenir aux besoins de sa famille comme il le pouvait.

## Considerations