# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4081c3d0-6248-5028-b2fc-5e36b447a7e1
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a)
C_, née le _ 1976 à Genève, originaire de D_ (Vaud) et Genève, et A_, née E_ [nom de jeune fille] le _ 1976 à F_ (Neuchâtel), originaire de G_ (Berne), sont liées par un partenariat enregistré à Genève le _ 2014.
Domiciliées à Genève, elles font ménage commun depuis environ vingt ans.
b)
C_ est la mère de l'enfant B_, né le _ 2017 à Genève, originaire de D_ (Vaud) et Genève. Aucune inscription ne figure à l'état civil s'agissant du lien de filiation paternelle.
B. a)
Par courrier expédié le 19 mars 2019 à la Cour de justice civile, A_ a requis le prononcé de l'adoption par elle-même du fils de sa partenaire, B_.
Elle explique qu'elle souhaitait depuis longtemps fonder une famille avec sa partenaire. Leur projet s'est concrétisé avec la naissance de B_ dont elle s'occupe quotidiennement depuis lors. Elle souhaite officialiser le lien très fort qu'elle a noué avec l'enfant. Elle représente, à l'instar de sa mère biologique, une figure d'attachement pour ce dernier et veut être présente, l'accompagner et le soutenir dans son parcours de vie. Elle désire également le protéger dans l'éventualité du décès de sa mère biologique.
b)
Par courrier du même jour, C_ a consenti à l'adoption de son fils B_ par sa partenaire.
c)
Dans un rapport du 25 mai 2020, le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement s'est prononcé en faveur de l'adoption requise, considérant qu'il était dans l'intérêt de l'enfant que ses liens avec la requérante soient officialisés afin de donner un fondement légal à un état de fait existant depuis la naissance de l'enfant et de lui faire bénéficier d'un double lien de filiation. Le mineur B_ a été conçu en Espagne par procréation médicalement assistée grâce à un donneur anonyme, de sorte qu'il n'a pas de filiation paternelle. Il est âgé de presque trois ans et est pris en charge à plein temps par A_ depuis sa naissance, tandis que C_ travaille en qualité de responsable de ressources humaines. B_ est un petit garçon vif, souriant et très sociable qui circule avec beaucoup d'aisance au sein de la famille et passe de sa mère biologique à la requérante sans différence. Il a développé des liens d'attachement identiques avec ces dernières et est intégré dans leur famille respective.
d)
Par ordonnance du 22 juin 2020, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a constaté que C_ avait donné son consentement définitif et irrévocable à l'adoption de son fils, a consenti à l'adoption du mineur par la partenaire de cette dernière et transmis le dossier à la Cour de justice pour suite de la procédure d'adoption.

## Considerations

EN DROIT
1.
Compte tenu du domicile genevois de la requérante, la Cour de justice est compétente pour connaître de la requête (art. 268 al. 1 CC, art. 120 al. 1 let. C LOJ).
Il n'existe aucun élément d'extranéité, tant la requérante que le mineur étant de nationalité suisse.
2.
2.1
Selon l'art. 264 CC, un enfant mineur peut être adopté si le ou les adoptants lui ont fourni des soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an et si toutes les circonstances permettent de prévoir que l'établissement d'un lien de filiation servira au bien de l'enfant.
L'art. 264c al. 1 et 2 CC prévoit par ailleurs qu'une personne peut adopter l'enfant de son partenaire enregistré si le couple fait ménage commun depuis au moins trois ans. La différence d'âge entre l'enfant et le ou les adoptants ne peut pas être inférieure à seize ans ni supérieure à quarante-cinq ans (art. 264d al. 1 CC).
L'adoption requiert le consentement du père et de la mère de l'enfant (art. 265a al. 1 CC). Il peut être fait abstraction du consentement d'un des parents lorsqu'il est inconnu, absent depuis longtemps sans résidence connue ou incapable de discernement de manière durable (art. 265c CC). Si l'enfant est capable de discernement, son consentement à l'adoption est requis (art. 265 al. 1 CC).
2.2
Dans le cas d'espèce, les conditions au prononcé de l'adoption sont remplies. La requérante et la mère du mineur sont liées par un partenariat enregistré le _ 2014 et forment un couple depuis près de vingt ans, en ménage commun. La requérante est présente dans le quotidien de l'enfant depuis sa naissance; elle lui a prodigué des soins et a pourvu à son éducation depuis lors. B_ s'épanouit dans la famille qu'il forme avec sa mère biologique et la requérante. La différence d'âge entre la requérante et le mineur est de 41 ans. La mère biologique a consenti à l'adoption de son fils par la requérante. Il sera par ailleurs fait abstraction du consentement du père, dont l'identité est inconnue, ainsi que de celui du mineur, compte tenu de son jeune âge. Il ressort par ailleurs du rapport du Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement du 25 mai 2020 que le prononcé de l'adoption est conforme à l'intérêt du mineur et ne fera qu'entériner juridiquement une situation de fait existante.
Il sera par conséquent donné une suite favorable à la requête d'adoption.
3.
3.1
L'enfant acquiert le statut juridique d'un enfant du ou des parents adoptifs (art. 267 al. 1 CC). Les liens de filiation ne sont pas rompus à l'égard de la personne avec laquelle le parent adoptif est lié par un partenariat enregistré (art. 267 al. 3 ch. 2 CC).
L'enfant de conjoints qui portent un nom de famille commun acquiert ce nom (art. 270 al. 3 CC).
L'enfant acquiert le droit de cité cantonal et communal du parent dont il porte le nom (art. 271 al. 1 CC).
3.2
Dans le cas d'espèce, il sera dit que le lien de filiation du mineur avec sa mère C_ n'est pas rompu.
L'enfant portant déjà le nom commun des partenaires enregistrées, il conservera ce nom de famille et demeurera originaire de D_ (Vaud) et Genève.
4.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 19 al. 1 et 3 let. a LaCC; 26 du Règlement fixant le tarif des frais en matière civile - RTFMC) sont mis à la charge de la requérante. Ils sont entièrement compensés avec l'avance de frais de même montant, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 98, 101 et 111 CPC).
* * * * *