# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 845d84f7-95f1-5dd2-a8dc-86cf3d1a1699
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que, par ordonnance du 6 décembre 2021 notifiée aux parties le 8, le Tribunal, statuant sur mesures provisionnelles, a attribué à l'intimée la jouissance du domicile conjugal à C_ [GE] et imparti un délai au 31 janvier 2022 à l'appelant pour le quitter, notamment;
Qu'il a considéré qu'il était dans l'intérêt prépondérant des enfants du couple, scolarisés à Genève, qu'ils puissent réintégrer au plus vite ledit domicile avec leur mère à laquelle leur garde avait été attribuée, afin d'éviter les fastidieux trajets quotidiens entre la résidence secondaire des parties en France, dans laquelle ils résidaient momentanément, et leur école, notamment;
Que, le 20 décembre 2021, A_ a appelé de cette ordonnance, requérant le prononcé de l'effet suspensif;
Qu'il a fait valoir dans le cadre de cette requête que l'obliger à quitter dans un délai court l'appartement conjugal était susceptible de lui causer un préjudice difficilement réparable, notamment dans sa recherche d'emploi s'il devait se domicilier en France;
Que par détermination du 30 décembre 2021, reçue le 3 janvier 2022 par la Cour, l'intimée a conclu au rejet de la requête;
Que par arrêt du 3 janvier 2022, la Cour a rejeté la requête de A_ tendant à suspendre l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance attaquée;
Que par acte expédié à la Cour le 2 février 2022, A_ a derechef sollicité l'octroi de l'effet suspensif et la reconsidération de l'arrêt du 3 janvier 2022; qu'il a invoqué que B_ avait l'intention de résilier le bail de l'appartement de C_, précisant toutefois qu'à sa connaissance aucune démarche en ce sens n'avait été effectuée et que sa signature était nécessaire pour un telle résiliation;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a indiqué qu'elle avait l'intention de revenir s'installer à Genève dès que l'appartement de C_ serait libéré, puis de changer de logement afin de prendre un appartement moins cher; qu'elle concluait ainsi au rejet des conclusions de A_.
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que selon l'art. 315 al. 4 lit. b CPC, l'appel contre des décisions portant sur des mesures provisionnelles ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise;
Que l'instance de recours peut cependant suspendre le caractère exécutoire si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (al.5);
Qu'il appartient à la partie recourante d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision querellée lui cause un préjudice difficilement réparable (ATF
134 III 426
consid. 1.2), à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF
136 IV 92
consid. 4;
133 III 629
consid. 2.3.1 in fine);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale dispose d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2 et les références citées);
Qu'en l'espèce, le seul élément nouveau apporté par l'appelant à l'appui de sa deuxième requête d'effet suspensif est l'intention de l'intimée de résilier le bail de l'appartement de C_; qu'à bien le comprendre, l'appelant soutient que dans la mesure où l'intimée veut résilier le bail, l'appartement peut lui être attribué; qu'il relève toutefois lui-même que l'intéressée n'a effectué aucune démarche à cet égard à ce jour; que l'intimée expose par ailleurs avoir l'intention, dans un premier temps, de revenir s'installer à Genève, avant de déménager;
Qu'au vu de ce qui précède, la situation ne présente donc aucune urgence à statuer et aucun préjudice difficilement réparable nouveau n'est rendu vraisemblable;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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