# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** dbd19912-f7cc-558c-98ca-8e3bd74d05b9
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après : l'assuré ou le recourant), est né le _ 1957 en Iran, originaire d'Iran, installé en Suisse, dans le canton de Genève, depuis 1987, naturalisé suisse en 2001, époux de Madame B_, dont il vit séparé judiciairement depuis le 4 juin 2009, et père de trois enfants nés respectivement en 2000, 2002 et 2004, vivant avec leur mère.
2. Par décision de l'office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : OAI) du 8 mars 2002, l'assuré a été reconnu invalide à 40% et mis au bénéfice d'une demi-rente de l'assurance-invalidité (ci-après : AI) pour cas pénible à partir du 1
er
décembre 1998. Il sollicitera depuis lors à réitérées reprises la révision de son droit à la rente d'invalidité, en invoquant une aggravation de son état de santé, révision que l'OAI lui refusera par une décision du 24 février 2004, à la suite d'une expertise psychiatrique, puis par des communications des 28 septembre 2005, 20 février 2006 et 20 février 2009, puis encore, à la suite d'une expertise pluridisciplinaire effectuée par le Centre d'expertise médicale CEMed, par une décision du 12 mars 2014. Sur recours de l'assuré contre cette décision-ci, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice (ci-après : CJCAS) a ordonné une expertise judiciaire bidisciplinaire, confiée à un rhumatologue et à un psychiatre, qui ont rendu leur rapport les 6 février et 8 mars 2015. Par arrêt du 7 avril 2016 (
ATAS/276/2016
), resté non contesté, la CJCAS admettra le recours de l'assuré, annulera la décision de l'OAI du 12 mars 2014 et dira que l'assuré avait droit à une rente entière d'invalidité dès le 1
er
mars 2011.
3. Le 19 mars 2002, l'assuré a saisi le service des prestations complémentaires (ci-après : le SPC ou l'intimé) d'une demande de prestations complémentaires fédérales (ci-après : PCF) et cantonales (ci-après : PCC) et de prestations d'assistance, à laquelle le SPC a donné une suite favorable en rendant, depuis des dates inconnues mais ici non déterminantes, des décisions d'octroi de telles prestations.
Ainsi, par décisions du 20 décembre 2010 (pces SPC 25 et 26), le SPC a reconnu à l'assuré, par mois et dès le 1
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janvier 2011, le droit à des prestations complémentaires (CHF 232.00 de PCF + CHF 525.00 de PCC) et un subside d'assurance-maladie (ci-après : SubAM, de CHF 450.00), ainsi qu'à des prestations d'assistance (CHF 521.00), en retenant, au titre du revenu déterminant présenté, des rentes AI (CHF 3'120.00), un gain potentiel (CHF 25'400.00), une épargne (CHF 97.80) moins des dettes (CHF 12.80), un produit de l'épargne (CHF 0.60) et une rente 2
ème
pilier (CHF 7'635.00). Comme sur chacune de ses décisions de même que dans la « Communication importante » qu'il lui a fait parvenir en décembre de chaque année, le SPC a attiré son attention sur son obligation de vérifier attentivement les montants figurant sur lesdites décisions pour s'assurer qu'ils correspondaient bien à sa situation et de signaler tout changement dans sa situation personnelle ou financière, avec la précision que toute prestation reçue indûment ferait l'objet d'une demande de restitution.
4. Dès janvier 2012 - selon décisions des 18 et 20 décembre 2011 (pces SPC 30 et 31) puis des 5 mars 2012 (pces SPC 39 et 41),- l'assuré a eu droit aux mêmes prestations qu'en 2011, sous réserve que le SubAM a été porté à CHF 463.00 par mois.
Dès janvier 2013, selon décisions du 14 décembre 2012 (pces SPC 45 et 47), il a eu droit à CHF 232.00 de PCF, CHF 529.00 de PCC, CHF 470.00 de SubAM et CHF 515.00 de prestations d'assistance, sur la base des mêmes montants présentés au titre du revenu déterminant, sous réserve que les rentes de l'AI étaient de CHF 3'144.00 et le gain potentiel de CHF 25'613.00.
Il en est allé de même dès janvier 2014, selon décisions des 13 et 16 décembre 2013 (pces SPC 53 et 55), sous réserve que le SubAM a été porté à CHF 483.00 par mois.
5. En 2014, le SPC a procédé à une révision périodique du dosser de l'assuré, pour laquelle il a disposé notamment des décisions de taxation fiscale de ce dernier pour l'année 2012 (pce SPC 59) et lui a demandé plusieurs fois de produire diverses pièces, dont les relevés de ses comptes bancaires au 31 décembre 2013 et les justificatifs du montant de sa rente de prévoyance professionnelle pour 2013 et 2014.
Dès juin 2014, selon décisions des 30 mai 2014 (pces SPC 76 et 77), le SPC a reconnu à l'assuré, par mois, le droit à CHF 231.00 de PCF, CHF 529.00 de PCC, CHF 483.00 de SubAM et CHF 515.00 de prestations d'assistance, en retenant, au titre du revenu déterminant présenté, des rentes AI (CHF 3'144.00), un gain potentiel (CHF 25'613.00), une épargne (CHF 558.55) moins des dettes (CHF 470.45), un produit de l'épargne (CHF 0.35) et une rente 2
ème
pilier (CHF 7'644.00). Le droit mensuel de l'assuré à des prestations d'assistance a été réduit à CHF 415.00 dès septembre 2014 (pce SPC 80).
6. Dès janvier 2015, selon décisions des 17 décembre 2014 (pces SPC 83 et 84), l'assuré a eu droit à CHF 230.00 de PCF, CHF 531.00 de PCC, CHF 500.00 de SubAM et CHF 412.00 de prestations d'assistance, sur la base, en termes de revenu déterminant présenté, de rentes AI (CHF 3'168.00), d'un gain potentiel (CHF 25'720.00), d'une épargne (CHF 558.55) sans déduction de dettes, d'un produit de l'épargne (CHF 0.35) et d'une rente 2
ème
pilier (CHF 7'644.00). La prestation mensuelle d'assistance a été portée à CHF 437.00 dès avril 2015 (pce SPC 87).
L'assuré a bénéficié des mêmes prestations dès janvier 2016, selon décisions du 10 décembre 2015 (pces SPC 90 et 91), retenant les mêmes montants au titre du revenu déterminant présenté.
7. Le 18 juillet 2016 (après l'entrée en force de l'
ATAS/276/2016
précité), la Caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après : CCGC) a informé le SPC que l'assuré avait droit au paiement rétroactif de la part de l'AVS/AI/APG d'un total de CHF 50'993.00 pour la période de mars 2011 à juillet 2016, à savoir de CHF 68'017.00 sous déduction de CHF 17'024.00 de rentes AI déjà versées, et elle l'a invité à lui présenter le cas échéant une demande de compensation avec des prestations dont elle aurait fait l'avance à l'assuré (pce SPC 95).
8. Le 27 juillet 2016, après avoir recalculé le droit de l'assuré à des prestations complémentaires avec effet au 1
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mars 2011 compte tenu des informations communiquées par la CCGC, le SPC a indiqué à la CCGC qu'elle n'avait pas de prétention à faire valoir à l'encontre de l'assuré (pce SPC 97).
9. Le 8 août 2016, le SPC a adressé à l'assuré des décisions recalculant son droit à des prestations dès le 1
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mars 2011 (pce SPC 96), à savoir :
- une décision de prestation d'aide sociale du 25 juillet 2016, selon laquelle l'assuré n'avait plus droit, dès août 2016, à des prestations d'aide sociale, étant ajouté qu'il devait restituer CHF 11'550.00 de prestations d'aide sociale pour la période de juin 2014 à juillet 2016 ;
- une décision de prestations complémentaires du 26 juillet 2016, selon laquelle l'assuré avait droit, pour la période de mars 2011 à mai 2014, à CHF 64'576.00 de PCF + PCC, sous déduction de CHF 29'591.00 de PCF + PCC déjà versées, donc à un solde de CHF 34'985.00, dont un montant de CHF 19'817.00 était retenu en compensation d'une dette d'assistance, le solde devant lui être versé se montant ainsi à CHF 15'168.00 ;
- une décision de prestations complémentaires du 25 juillet 2016, selon laquelle l'assuré avait droit, pour la période de juin 2014 à juillet 2016, à CHF 43'281.00 de PCF + PCC, sous déduction de CHF 19'779.00 de PCF + PCC déjà versées, donc à un solde de CHF 23'502.00, dont un montant de CHF 11'550.00 était retenu en compensation d'une dette d'assistance, le solde devant lui être versé se montant ainsi à CHF 11'952.00, étant ajouté qu'il avait droit, dès août 2016, à CHF 579.00 de PCF et CHF 652.00 de PCC.
C'était ainsi un montant de (sic) CHF 46'937.00 [CHF 58'487.00 - CHF 11'550.00], recte CHF 27'120.00 [CHF 15'168.00 + CHF 11'952.00], que le SPC allait verser à l'assuré rétroactivement pour la période de mars 2011 à juillet 2016, plus CHF 1'231.00 pour août 2016.
Au titre du revenu déterminant présenté, lesdites décisions tenaient compte des rentes AI dues à l'assuré, ne retenaient plus de gain potentiel, et retenaient les mêmes montants d'épargne, de produit de l'épargne et de rente du 2
ème
pilier que les décisions précitées rendues depuis 2011.
10. Le SPC a versé CHF 27'455.00 (soit CHF 27'120.00 + CHF 335.00) sur le compte UBS de l'assuré le 11 août 2016.
11. Par décisions du 18 août 2016, adressées en copie au SPC (pce SPC 98), la CCGC a fixé à CHF 57'878.00 le montant à verser rétroactivement à l'assuré, compte tenu de la pension AI d'août 2016 (CHF 1'053.00) et des intérêts moratoires (CHF 6'096.00) et à CHF 69'412.00 celui à verser rétroactivement à l'épouse séparée de l'assuré au titre des rentes complémentaires simples dues pour leurs trois enfants.
La CCGC a versé CHF 57'878.00 sur le compte Migros de l'assuré le 19 août 2016.
12. Par décision du 12 décembre 2016 (pce SPC 101), le SPC a reconnu à l'assuré le droit, dès janvier 2017, à CHF 579.00 de PCF et CHF 652.00 de PCC, compte tenu, au titre du revenu déterminant présenté, des rentes AI (CHF 12'636.00), d'une épargne de CHF 78'671.55, d'un produit de l'épargne (CHF 78.45) et d'une rente 2
ème
pilier (CHF 7'644.00). Il en ira de même dès janvier 2018, selon décision du 13 décembre 2017 (pce SPC 106).
13. Dans l'intervalle, soit par décision du 24 janvier 2017 (annexe à pce SPC 119), la caisse de pension C_ c/o D_ Prévoyance SA a octroyé à l'assuré, à la suite de l'AI, une rente entière d'invalidité avec effet au 1
er
mars 2011, soit - selon ce qui se déduisait de l'avis des prestations de la même date joint à cette décision - une rente mensuelle de CHF 1'602.00 (soit CHF 1'822.00 - CHF 220.00 de surindemnisation) en faveur de l'assuré et trois fois une rente d'enfant d'invalide de CHF 321.00 (soit CHF 365.00 - CHF 44.00 de surindemnisation) en faveur des enfants de l'assuré. Déduction faite des rentes 2
ème
pilier versées, c'était un total de CHF 109'624.00 que ladite caisse de pension allait verser rétroactivement pour la période de mars 2011 à janvier 2017, à savoir CHF 68'515.00 en faveur de l'assuré et trois fois CHF 13'703.00 en faveur des enfants de l'assuré.
C_ a viré CHF 70'117.00 (soit CHF 68'515.00 + CHF 1'602.00 pour février 2017) sur le compte UBS de l'assuré en date du 6 février 2017, puis chaque mois CHF 1'602.00.
14. Le 1
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février 2018, le SPC s'est procuré l'extrait du registre des rentes perçues par l'assuré et ses enfants (pce SPC 109), de même que les avis de taxation de l'assuré respectivement de 2009 à 2016 (pce SPC 110) et, comme indépendant, de 2014 et 2015 (pce SPC 111), et les états de ses titres de 2013 à 2016 (pce SPC 112), et il a initié une révision périodique de son dossier en lui adressant une demande de pièces (pce SPC 114), dont la déclaration de ses avoirs bancaires et postaux en Suisse et à l'étranger avec les relevés détaillés mentionnant le capital et les intérêts au 31 décembre 2017, les justificatifs du montant de la rente 2
ème
pilier Etavis pour 2017, les relevés détaillés de ses comptes Migros et UBS du 1
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août 2016 au 31 décembre 2017, les justificatifs de la diminution de ses avoirs entre l'encaissement, en août 2016, des rétroactifs respectivement de l'AI et sa déclaration fiscale 2016 (- CHF 57'878.00) et des prestations complémentaires et sa déclaration fiscale 2016 (- CHF 27'457.00), l'indication de l'utilisation qu'il avait faite des sommes qu'il avait perçues rétroactivement en août 2016 de l'AI et des prestations complémentaires.
Le SPC lui a rappelé cette demande de pièces les 5 mars et 3 avril 2018 (pces SPC 115 et 116).
15. L'assuré a fait parvenir au SPC, le 10 avril 2018, notamment les relevés de son compte UBS du 22 juin 2016 au 22 février 2018 et de son compte Migros d'août 2016 à janvier 2018, ainsi que, pour l'année 2017, l'attestation du versement de CHF 138'860.00 par la caisse de pension C_ c/o D_ AG.
Lors d'un entretien téléphonique du 16 avril 2018 (pce SPC 118), l'assuré a indiqué au SPC qu'il avait reçu un rétroactif de sa rente 2
ème
pilier de quelque CHF 138'000.00.
Par courriel du 30 avril 2018 (pce SPC 119), D_ AG a envoyé au SPC la décision précitée de la caisse de pension C_ du 24 janvier 2017, avec la précision qu'un collaborateur de cette dernière expliquerait au SPC comment se composait le montant de CHF 138'860.00, ce que la caisse de pension C_ a fait par un courrier du 8 mai 2018 (pce SPC 121). De ce courrier se déduit que ce montant de CHF 138'860.00 résultait de l'addition de CHF 1'021.00 versés en janvier 2017 (soit CHF 637.00 + 3 fois CHF 128.00), CHF 109'624.00 de paiement rétroactif selon l'avis des prestations précité du 24 janvier 2017 et CHF 28'215.00 versés de février à décembre 2017 (11 fois CHF 2'565.00), étant précisé que la rente d'invalidité de 40 % était de CHF 637.00 par mois et les rentes d'enfant de CHF 128.00 par mois et enfant, et que la rente d'invalidité de 100 % était de CHF 1'602.00 et les rentes d'enfant de CHF 321.00 par mois et enfant.
16. Par courrier du 15 mai 2018 (pce SPC 122), accompagné de justificatifs plus ou moins probants, l'assuré a expliqué au SPC qu'en 2011, avec l'aide d'amis et de sa famille, il avait créé un magasin, mais que, faute de succès, il avait dû le fermer en 2016, et qu'il avait utilisé les montants rétroactifs qu'il avait reçus de l'AI et du SPC pour payer des dettes, en particulier payer son avocat (CHF 15'000.00), rembourser M. et Mme E_ (CHF 8'000.00 et CHF 6'000.00), M. F_ (CHF 12'000.00), ses enfants (CHF 30'000.00), M. G_ (CHF 20'000.00 + CHF 2'000.00), payer « le cimetière de [sa] mère » (CHF 7'600.00) et plusieurs petites sommes d'argent pour lesquelles il n'avait pas de document.
17. Le 13 juin 2018 (pce SPC 126), le service de l'assurance-maladie (ci-après : SAM) a indiqué au SPC que le montant des SubAM à réclamer en retour à l'assuré pour la période du 1
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janvier au 30 juin 2018 était de CHF 2'004.00.
18. Par recommandé du 27 juin 2018 (pce SPC 128), le SPC a fait part à l'assuré qu'après un nouveau calcul de son droit aux prestations avec effet au 1
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juillet 2011 effectué en tenant compte de l'augmentation de sa rente LPP, du dessaisissement non justifié de sa fortune suite aux montants lui ayant été versés rétroactivement par l'AI, le SPC et sa caisse de pension et de la mise à jour de son épargne, il n'avait plus droit à des prestations complémentaires dès juillet 2018 et que, pour la période de juillet 2011 à juin 2018, il avait trop perçu CHF 82'894.00 de prestations complémentaires et CHF 2'004.00 de SubAM, si bien qu'il devait restituer un total de CHF 84'898.00.
A ce recommandé étaient joints :
- une décision de prestations complémentaires du 20 juin 2018 avec les plans de calcul pour quatre périodes allant globalement de juillet 2011 à mai 2014, dont il résultait que, pour ces périodes, l'assuré n'avait pas droit à des PCF, mais à un total de CHF 24'127.00 de PCC, alors qu'il avait perçu un total de CHF 57'972.00 de prestations complémentaires, soit CHF 33'845.00 de trop, compte tenu, au titre du revenu déterminant présenté, des rentes AI (soit CHF 12'468.00, puis, dès janvier 2013, CHF 12'576.00), des mêmes montants d'épargne et de produit de l'épargne que dans les décisions précédentes, et de la rente 2
ème
pilier (CHF 19'224.00) ;
- une décision de prestations complémentaires du 20 juin 2018 avec les plans de calcul pour sept périodes allant globalement de juin 2014 à juin 2018, dont il résultait que, pour ces périodes, l'assuré n'avait pas droit à des PCF, mais à un total de CHF 22'545.00 de PCC, alors qu'il avait perçu un total de CHF 71'594.00 de prestations complémentaires, soit CHF 40'049.00 de trop, compte tenu, au titre du revenu déterminant présenté, des rentes AI (soit CHF 12'576.00, puis, dès janvier 2015, CHF 12'636.00), d'une fortune et le cas échéant d'un produit de l'épargne indiqués ci-après, et de la rente 2
ème
pilier (CHF 19'224.00) ; au titre de la fortune et le cas échéant d'un produit de la fortune, le SPC retenait désormais :
· pour la période de juin à décembre 2014, CHF 558.55 d'épargne moins CHF 940.90 de dettes et CHF 0.35 d'intérêts de l'épargne ;
· pour l'année 2015, CHF 127.00 d'épargne ;
· pour la période de janvier à juillet 2016, CHF 2'918.00 d'épargne ;
· pour la période d'août à décembre 2016, CHF 81'031.00 d'épargne et CHF 78.10 d'intérêts de l'épargne ;
· pour l'année 2017, CHF 144.55 d'épargne + CHF 78'113.00 de biens dessaisis et CHF 78.10 d'intérêts de l'épargne + CHF 78.11 de produit hypothétique de biens dessaisis ;
· pour la période de janvier à juin 2018, CHF 202.55 d'épargne + CHF 136'044.00 de biens dessaisis, moins CHF 4'081.65 de dettes + CHF 78.10 de produit de l'épargne + CHF 136.04 de produit hypothétique de biens dessaisis ;
· dès juillet 2018, CHF 202.55 d'épargne + CHF 136'044.00 de biens dessaisis, moins CHF 4'081.65 de dettes + CHF 136.10 de produit de l'épargne + CHF 136.04 de produit hypothétique de biens dessaisis ;
- une décision de remboursement du 20 juin 2018 de CHF 2'004.00 de SubAM pour 2018.
19. Par recommandé posté le 13 juillet 2018 (pce SPC 129), l'assuré a formé opposition contre ces décisions, en contestant la transformation en biens dessaisis des montants rétroactifs qu'il avait reçus respectivement de l'AI le 19 août 2016 (CHF 57'878.00), du SPC le 11 août 2016 (CHF 27'455.00) et de la caisse de pension C_ le 6 février 2017 (CHF 70'117.00), sans qu'il soit tenu compte des remboursements des emprunts qu'il avait contractés pendant la période litigieuse, en particulier de CHF 17'000.00 à Mme E_, CHF 16'000.00 à M. F_, CHF 20'000.00 à M. G_, ni des CHF 15'000.00 de frais d'avocat qu'il avait eus pour sa procédure contre l'OAI. Il avait dû se rendre aux Etats-Unis à la suite du décès de sa belle-soeur et de sa nièce. Il demandait au SPC de réexaminer le montant dont il lui réclamait la restitution et celui de ses biens dessaisis, et sollicitait, en cas de maintien d'une dette auprès dudit service, la remise du solde à rembourser, pour le motif que ses CHF 2'655.00 de revenus, constitués de sa rente AI et de sa rente 2
ème
pilier (CHF 1'053.00 + CHF 1'602.00), ne lui laissaient que CHF 1'386.00 par mois pour vivre après paiement de son loyer (CHF 896.00) et de son assurance-maladie (CHF 373.00).
20. Selon décision du 12 décembre 2018 (pce SPC 135), l'assuré n'avait droit, dès janvier 2019, ni à des PCF ni à des PCC, compte tenu, au titre du revenu déterminant présenté, des rentes AI (CHF 12'744.00), d'une épargne de CHF 202.55, de CHF 126'044.00 de biens dessaisis, de dettes de CHF 4'081.65, de produits de la fortune (CHF 136.10 + CHF 63.02) et d'une rente 2
ème
pilier de CHF 19'224.00.
21. Par décision sur opposition du 26 novembre 2019 (pce SPC 139), le SPC a rejeté l'opposition précitée de l'assuré. Le délai de péremption retenu par le SPC était celui de sept ans de la prescription de l'infraction pénale prévue par l'art. 31 al. 1 let. a et d de la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l'AVS/AI (ci-après : LPC -
RS 831.30
). Les revenus déterminants comprenaient les rentes, pensions et autres prestations périodiques, de même que les ressources et parts de fortune dont un ayant droit s'était dessaisi (notamment sans obligation légale ni contre-prestation adéquate), la part de fortune dessaisie étant réduite chaque année de CHF 10'000.00. Le montant de CHF 78'113.00 des biens dessaisis retenus pour l'année 2017 se composait de CHF 50'993.00 de rentes AI versées rétroactivement + CHF 27'120.00 de prestations complémentaires versées rétroactivement ; cette somme avait disparu de sa fortune mobilière à la fin de l'année 2016 sans justification valable. Pour l'année 2018, il s'ajoutait à ce montant de CHF 78'113.00 celui de CHF 67'931.00 (soit le versement rétroactif de CHF 68'515.00 effectué par la caisse de pension C_ , moins une facture de CHF 584.00 de New Bike Sport ayant pu être produite), dont à déduire CHF 10'000.00 d'amortissement, ce qui donnait un total de CHF 136'044.00, étant précisé que seule une dette de CHF 4'081.65 figurant sur la déclaration fiscale de l'assuré avait été déduite des biens dessaisis, les autres dettes communiquées n'ayant pas pu l'être faute de justificatifs attestant des transferts effectifs des montants indiqués. La somme de CHF 84'898.00 restait donc due en retour par l'assuré. Le SPC se déterminerait une fois la décision attaquée entrée en force sur la demande de remise de l'obligation de restituer contenue dans l'opposition.
22. Selon décision du 3 décembre 2019 (pce SPC 140), l'assuré n'avait droit, dès janvier 2020, ni à des PCF ni à des PCC, compte tenu, au titre du revenu déterminant présenté, des rentes AI (CHF 12'744.00), d'une épargne de CHF 202.55, de CHF 116'044.00 de biens dessaisis, de dettes de CHF 4'081.65, de produits de la fortune (CHF 136.10 + CHF 46.42) et d'une rente 2
ème
pilier de CHF 19'224.00.
23. Par acte du 9 janvier 2020, l'assuré a formé recours auprès de la CJCAS contre la décision sur opposition précitée, en demandant un délai pour le compléter une fois qu'il aurait pu consulter le dossier et solliciter les services d'un avocat. Il estimait avoir valablement démontré, au mieux de ses possibilités, les dépenses qu'il avait eues depuis que l'AI, le SPC et la caisse de pensions C_ lui avaient faits des versements rétroactifs, dont il n'avait pas pensé qu'ils pourraient avoir une incidence sur son droit aux prestations complémentaires, ni n'imaginait que les assurances sociales en question ne se coordonneraient pas immédiatement entre elles s'il y avait lieu de rectifier la situation. Il n'était plus enrichi, n'ayant plus qu'environ CHF 5'000.00 sur son compte bancaire ; il sollicitait la remise de l'obligation de restituer qui subsisterait.
24. Le 28 janvier 2020, le SPC a produit le dossier de la cause et conclu au rejet du recours, estimant qu'aucun argument avancé par l'assuré ne pouvait l'amener à modifier son appréciation de la situation et, en particulier, qu'aucune nouvelle pièce n'expliquait les dépenses alléguées par l'assuré. Il statuerait sur la demande de remise une fois que serait entré en force le jugement à rendre sur le recours de l'assuré.
25. Par mémoire du 9 mars 2020, l'assuré, désormais représenté par un avocat, a développé son recours précité. Il lui avait fallu de nombreuses années de procédure pour que son droit à une rente AI entière lui soit reconnu, années durant lesquelles il avait accumulé des dettes importantes auprès de proches pour pouvoir subvenir à ses besoins.
Il produisait des quittances et factures fastidieusement rassemblées, totalisant, d'avril 2014 à mai 2019, CHF 53'756,70, dont CHF 40'000.00 de dettes privées (soit des emprunts de respectivement CHF 20'000.00 auprès de son frère G_, CHF 12'000.00 auprès de M. F_ et CHF 8'000.00 auprès de M. E_), et il faisait référence à des retraits et débits de ses comptes bancaires de janvier 2016 à avril 2017, se montant, sur un total de CHF 122'077.83, à CHF 38'339.70, dont CHF 1'591.60 pour les Pompes funèbres, CHF 6'710.00 pour des casinos, CHF 860.55 de frais divers et CHF 28'600.00 de retraits cash (correspondant approximativement aux remboursements des prêts consentis en sa faveur par MM. F_ et E_ et une partie de celui consenti par son frère G_). Ses dépenses dans des casinos n'avaient pas été dépourvues de contre-prestation puisqu'il avait bénéficié des services de ces établissements ; elles étaient la conséquence de troubles psychiques. Comme l'attestaient des photographies, l'assuré s'était rendu en Iran sur la tombe d'un membre de sa famille, ce pour quoi il avait eu des frais, vol et hébergement compris, de l'ordre de CHF 3'000.00.
Ayant dû savoir que l'assuré avait droit à des versements rétroactifs des assureurs sociaux à tout le moins dès l'entrée en force de l'
ATAS/276/2016
, soit dès le 10 mai 2016 au plus tard, le SPC n'avait pas demandé la restitution des montants prétendument perçus en trop dans le délai relatif de péremption d'un an, en ayant agi à fin juin 2018. L'assuré n'avait pas été animé d'une intention dolosive, amoindri qu'il était dans sa santé à l'issue d'une décennie de procédure et de grande précarité, et pouvant au surplus s'attendre à ce que les assurances sociales se coordonnent entre elles s'il y avait lieu à imputation d'éventuelles réductions aux montants rétroactifs qui lui seraient dus. Les conditions d'une remise d'une éventuelle obligation de restituer résiduelle étaient manifestement remplies. Le SPC faisait montre d'un formalisme excessif en persistant à réclamer des preuves liées à des dépenses et remboursements survenus entre particuliers il y a plusieurs années et dans le contexte de précarité financière et de souffrance avéré de l'assuré. Il était inopportun de monnayer une hypothétique remise de l'obligation de restituer contre l'entrée en force de la décision du SPC.
26. Dans une écriture du 2 avril 2020, le SPC a relevé que l'essentiel du montant des prestations à restituer était dû à l'augmentation rétroactive de la rente 2
ème
pilier de l'assuré depuis juillet 2011. Quelques factures produites par l'assuré, effectivement réglées par ce dernier, étaient susceptibles d'être prises en compte, à savoir des factures d'hôtel totalisant CHF 1'318.20 (CHF 115.10 + CHF 138.10 + CHF 122.70 + CHF 662.20 + CHF 115.10 + CHF 165.00 de juin 2016 à avril 2017 [pces REC 6, 7, 9, 11, 15 et 16]), un billet de train de CHF 438.00 (pce REC 8), et CHF 1'591.60 remboursant très partiellement et a priori une facture des pompes funèbres de CHF 7'560.00 du 25 septembre 2014 (pce REC 4 et 21). D'autres dépenses ne pouvaient être retenues, faute de preuve de leur règlement effectif (comme les pces REC 12 [CHF 982.00 : assistance juridique], 13 [quittance quasi illisible de CHF 300.00] et 14 [confirmation d'ordre en faveur de Me H_, « en suspens »]), ou en raison d'un défaut de force probante suffisante (comme les pces REC 17 [prêt de CHF 20'000.00 de G_], 18 [remboursement à M. F_ de CHF 12'000.00] et 19 [emprunt de CHF 8'000.00 à M. E_]). Certaines dépenses annoncées ne concernaient pas les années 2016 ou 2017 et ne pouvaient donc justifier les dessaisissements de ces deux années-ci (pces REC 3 [CHF 500.00 versés à Me H_ le 23 avril 2014], 5 [CHF 20.00 pour une autorisation parentale, du 24 juillet 2015] et 20 [quittance de CHF 185.00 des Bains de Cressy, du 7 mai 2019]). Aucun montant destiné à des jeux d'argent ou au remboursement de dettes d'argent ne pouvait être déduit des biens dessaisis. Il était impossible de déterminer l'usage que l'assuré avait fait des sommes qu'il avait retirées en espèces de son compte bancaire.
27. Dans une écriture du 8 juin 2020, l'assuré a persisté dans les termes et conclusions de ses précédentes écritures. Il a produit une confirmation de Me H_ du 6 mai 2020 aux termes de laquelle il avait versé à ce dernier un total de CHF 8'000.00 d'honoraires (CHF 500.00 le 28 avril 2014, CHF 2'000.00 le 7 novembre 2016 et CHF 5'500.00 le 18 novembre 2016 [pce REC 23]), ainsi qu'une attestation de la Ville de Genève du 4 juin 2020 selon laquelle celle-ci lui avait facturé, le 25 septembre 2014, un montant de CHF 7'560.00 pour l'exhumation de Madame I_ et qu'il s'était acquitté, sur cette somme, de CHF 6'764.30 par des mensualités de CHF 198.95 entre novembre 2014 et septembre 2018 (pce REC 24). Concernant ses dettes privées, il fallait admettre que l'assuré, étant de bonne foi, les avait payées. On ne pouvait exiger qu'il soit capable de fournir un justificatif pour chaque paiement pour des transactions effectuées parfois de manière informelle, l'assuré étant au surplus d'une génération privilégiant les transactions en espèces de main à la main et non familière de l'e-banking. L'assuré ayant souffert d'addiction aux jeux d'argent, on ne pouvait écarter d'un trait de plume les dépenses qu'il avait faites au casino.
28. Dans une écriture du 18 juin 2020, le SPC a indiqué que les deux versements totalisant CHF 7'500.00 que l'assuré avait faits en faveur de Me H_ pouvaient être déduits des biens dessaisis de l'assuré pour l'année 2016 dès lors qu'ils étaient intervenus en novembre 2016, de même que le prorata, non exactement déterminable, des mensualités ayant été effectivement versées en faveur de la Ville de Genève durant les années 2016 et 2017. Le SPC maintenait pour le surplus sa position précédemment exprimée.
29. Le 26 août 2020, la CJCAS a procédé à la comparution personnelle des parties ainsi qu'à l'audition, à titre de témoins, de MM. E_ et F_.
a. L'assuré (auquel la possibilité avait été offerte de faire venir à cette audience ses enfants pour audition à titre de renseignements) a indiqué qu'il ne souhaitait pas impliquer ces derniers dans cette procédure, mais il a produit un avis de crédit dont résultait que, le 11 février 2017, il avait viré CHF 5'000.00 sur le compte bancaire de sa fille J_, en remboursement - a-t-il indiqué - de prélèvements qu'il avait effectués précédemment, totalisant au moins cette somme, sur le compte de sadite fille, à l'insu de cette dernière. Il a en outre expliqué que, de 2010-2011 à 2016, il avait tenté, sans succès, d'exploiter un commerce de seconde main et que, ne disposant pas assez d'argent pour vivre, il avait dû emprunter de l'argent à diverses personnes et avait pu effectuer des remboursements de ces prêts une fois qu'il avait reçu les versements rétroactifs du SPC, de la CCGC et de sa caisse de retraite.
b. M. E_, âgé de 80 ans, a déclaré que son épouse décédée en juin 2018 et lui-même avaient prêté de l'argent à l'assuré, au moins à deux reprises pour un total et dans un contexte dont il ne se souvenait pas bien, mais qui pouvaient bien constituer deux prêts de respectivement CHF 6'000.00 et CHF 8'000.00, comme l'indiquait l'assuré. Il a affirmé que ce dernier leur avait remboursé intégralement ces prêts par le versement d'acomptes, une à plusieurs années avant le décès de son épouse, ainsi qu'il fallait comprendre la mention figurant sur la pièce 19 REC selon laquelle il « n'y a[vait] plus aucun prêt à cette date » (non indiquée).
c. M. F_, âgé de 58 ans, a déclaré que l'assuré s'étant trouvé en difficultés financières pour des motifs inconnus de lui, il avait accepté, avant l'année 2016, de lui prêter de l'argent à plusieurs reprises, pour un total de l'ordre de CHF 15'000.00, sans demander de reconnaissances de dettes. Il a certifié que l'assuré - il y avait trois à quatre ans de cela - lui avait remboursé ces prêts par le versement d'acomptes. Il a confirmé les attestations figurant au dossier (sous pce SPC 122), à teneur desquelles l'assuré lui avait remboursé CHF 6'000.00 le 11 mars 2015, mais au total, d'après l'attestation datée du 16 avril 2018, CHF 12'000.00 (incluant le montant précité de CHF 6'000.00).

## Considerations