# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a01473fb-e716-4021-8704-6ff33e9a445d
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_013
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

En fait :
A.
Le 25 mai 2012, le Ministère public de l’arrondissement de Lausanne a ouvert une instruction pénale contre W._ pour escroquerie par métier, usure, contrainte, infractions à la LACI (loi sur l’assurance-chômage du 25 juin 1982; RS 837.0), à la LArm (loi sur les armes du 20 juin 1997; RS 514.54), à la LStup (loi sur les stupéfiants du 3 octobre 1951; RS 812.121) et à la LContr (loi sur les contraventions du 19 mai 2009; RSV 312.11).
W._ a été placé en détention provisoire à compter du 31 janvier 2015.
B.
a)
Par d
emande du 11 septembre 2015 adressée au Ministère public et transmise le 15 septembre 2015 au Tribunal des mesures de contrainte comme objet de sa compétence, le prévenu, agissant sans l’assistance de son défenseur d’office, a requis une indemnisation pour ses conditions de détention à la Prison du Bois-Mermet, qu’il estimait illicites.
Le 21 septembre 2015, le prévenu a complété sa demande, en requérant des mesures d’instruction, tendant notamment à ce qu’il soit ordonné à la Commission nationale de prévention de la torture de se rendre à la Prison du Bois-Mermet, de le rencontrer et de rendre un rapport détaillé sur ses conditions de détention.
Le 6 novembre 2015, la Direction de la Prison du Bois-Mermet s'est déterminée et a produit un rapport. Il en ressort notamment que l'intéressé a occupé différentes cellules d'une superficie de 8.8 m
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avec un autre détenu.
b)
Par ordonnance du 20 janvier 2016, le Tribunal des mesures de contrainte a constaté que les conditions dans lesquelles se déroulait la détention provisoire de W._ à la Prison du Bois-Mermet étaient conformes aux exigences conventionnelles, constitutionnelles et légales applicables en la matière (I), a arrêté les frais de la décision à 750 fr., mis à la charge de Christophe Rauch (II), et a dit qu’il n’y avait pas lieu de lui allouer une quelconque indemnité pour ses frais et dépens (III).
C. a)
Par arrêt du 4 février 2016, la Cour de céans a rejeté le recours formé le 29 janvier 2016 par W._ contre l'ordonnance précitée (I), qu'il a confirmée (II) et a mis les frais d'arrêt, par 770 fr., à la charge du recourant (III). L'autorité de recours a considéré en substance que les conditions de détention dénoncées ne violaient pas la dignité humaine.
b)
Par arrêt du 24 juin 2016, la I
re
Cour de droit public du Tribunal fédéral a partiellement admis le recours formé par W._, a annulé l'arrêt du 4 février 2016 et a renvoyé la cause à la Cour de céans pour complément d'instruction et nouvelle décision.
c)
Par courrier du 4 juillet 2016 adressée à la Cour de céans, W._ s'est spontanément déterminé sur l'arrêt rendu le 24 juin 2016 par le Tribunal fédéral.
Par courrier du 7 juillet 2016, le recourant a requis plusieurs mesures d'instruction.

## Considerations

En droit :
1.
1.1
Lorsque le Tribunal fédéral admet un recours, il statue lui-même sur le fond ou renvoie l'affaire à l'autorité précédente pour qu'elle prenne une nouvelle décision. Il peut également renvoyer l'affaire à l'autorité qui a statué en première instance (art. 107 al. 2 LTF [loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110]). L'autorité à laquelle l'affaire est renvoyée doit fonder sa nouvelle décision sur les considérants de droit contenus dans l'arrêt de renvoi. Elle ne peut en aucun cas s'écarter de l'argumentation juridique du Tribunal fédéral, aussi bien en ce qui concerne les points sur lesquels il a approuvé la motivation précédente que ceux sur lesquels il l'a désapprouvée. Il n'est pas possible de remettre en cause ce qui a été admis – même implicitement – par le Tribunal fédéral (Corboz, in Corboz/ Wurzburger/Ferrari/Frésard/Aubry Girardin, Commentaire de la LTF, Berne 2014, 2
e
éd., nn. 26 et 27 ad art. 107 LTF ; CREP 21 juin 2013/365).
1.2
En l'espèce, dans son arrêt du 24 juin 2016, la I
re
Cour de droit public du Tribunal fédéral a estimé qu'en retenant l'existence d'une surface individuelle de 4.4 m
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dans les différentes cellules occupées par le recourant sans déduire l'espace nécessaire aux installations sanitaires, la Cour de céans s'était écartée à tort des règles posées par sa jurisprudence (ATF 140 I 125) et par la norme du 15 décembre 2015 du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitement inhumains ou dégradants (CPT) sur l'espace vital par détenu dans les établissements pénitentiaires. Pour les juges fédéraux, l'arrêt du 4 février 2016 devait en conséquence être annulé et la cause renvoyée à l'autorité cantonale pour complément d'instruction sur le recours, à charge en particulier pour elle d'évaluer précisément l'espace individuel à disposition du recourant en tenant compte notamment de la surface occupée par les toilettes, de calculer le nombre approximatif d'heures durant lesquelles le recourant est seul dans sa cellule compte tenu des occupations (travail pénitentiaire, salle de sport) de son codétenu et de déterminer, à l'aide de photographies par exemple, la manière dont les toilettes sont séparées du reste de la cellule.
2.
2.1
La juridiction investie du contrôle de la détention est le Tribunal des mesures de contrainte, auquel il appartient d'intervenir en cas d'allégations crédibles de traitement prohibé et de vérifier que la détention a lieu dans des conditions acceptables (TF 1B_39/2013 du 14 février 2013 consid. 3.3 et 3.6 ; CREP 8 avril 2013/180 consid. 3d, JdT 2013 III 86). Le détenu qui fait valoir l'existence d'un traitement prohibé a droit à une enquête prompte et sérieuse, de sorte que ses griefs doivent être examinés dans les plus brefs délais (TF 1B_788/2012 du 5 février 2013 consid. 4.2).
2.2
En l'espèce, compte tenu des ressources à sa disposition et dès lors que les renseignements à solliciter des autorités pénitentiaires pourraient lui être utiles d'une manière générale pour le traitement des causes qui entrent dans sa compétence, il s'avère que le Tribunal des mesures de contrainte est l'autorité la mieux à même de procéder à bref délai aux compléments d'instruction ordonnés par le Tribunal fédéral (cf. en ce sens JdT 2013 III 86 consid. 3f).
Il convient donc de renvoyer le dossier au Tribunal des mesures de contrainte, qui se prononcera sur la licéité des conditions de détention de W._ après avoir procédé aux compléments d'instruction sollicités. Il s'agira en particulier pour cette autorité d'interpeller la Direction de la Prison du Bois-Mermet, à qui il reviendra de lui :
- fournir les plans des différentes cellules que le recourant a occupées au cours de sa détention provisoire,
- préciser, pour chacune des cellules, la surface totale et la surface de l'espace occupé par les sanitaires,
- indiquer pour chacune des cellules la manière dont les toilettes sont séparées du reste de la cellule, à l'aide par exemple de photographies,
- indiquer, en précisant les dates auxquelles il y a eu une modification de la situation, le temps que le recourant peut passer hors de sa cellule, en indiquant notamment le temps hebdomadaire durant lequel il travaille, le temps hebdomadaire dont il peut bénéficier dans la salle de sport ainsi que la durée de la promenade quotidienne,
- indiquer le nombre approximatif d'heures durant lesquelles le recourant est seul dans sa cellule, son codétenu se trouvant au travail ou à la salle de sport.
3.
En définitive, il résulte de ce qui précède que le recours formé par W._ doit être admis, l'ordonnance entreprise annulée et le dossier de la cause renvoyé au Tribunal des mesures de contrainte pour qu'il procède dans le sens des considérants.
Les frais de la procédure de recours, constitués de l’émolument d’arrêt (art. 422 al. 1 CPP), par 660 fr. (art. 20 al. 1 TFJP [tarif des frais judiciaires pénaux; RSV 312.03.1]), seront laissés à la charge de l’Etat.