# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e1c6e0b6-3ec1-5bb1-a1bc-cdca9dc9c1dd
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_009
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par courrier expédié le 29 mars 2019, A_ a annoncé appeler du jugement du 19 mars précédent, dont les motifs lui ont été notifiés le 12 juin 2019, par lequel le Tribunal correctionnel (TCO) a acquitté C_ de contrainte sexuelle aggravée (art. 189 al. 1 et 3 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP -
RS 311.0
]) et de séquestration et enlèvement (art. 183 CP) mais l'a reconnu coupable de lésions corporelles simples aggravées (art. 123 ch. 1 et 2 CP), de contrainte (art. 181 CP), de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 CP ; art. 16 al. 1
cum
123 ch. 1 CP), de tentative de menaces (art. 22 al. 1
cum
180 CP), de vol (art. 139 ch. 1 CP), de tentative de vol (art. 22 al. 1
cum
139 ch. 1 CP), de dommages à la propriété (art. 144 al. 1 CP), de non-restitution du permis de conduire malgré les sommations de l'autorité (art. 97 al. 1 let. b de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 [LCR -
RS 741.01
]), de conduite sans autorisation (art. 95 al. 1 let. b LCR), de violation simple des règles de la circulation routière (art. 90 al. 1 LCR) et d'infraction à l'art. 19a ch. 1 de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 octobre 1951 (LStup -
RS 812.121
). Le TCO a révoqué le sursis octroyé le 11 avril 2016 par le Ministère public (MP), a condamné C_ à une peine privative de liberté d'ensemble de 36 mois, sous déduction de 375 jours de détention avant jugement et de 42 jours correspondant à l'imputation des mesures de substitution, peine suspendue au profit de la mesure ordonnée, à savoir un traitement institutionnel des addictions (art. 60 CP), ainsi qu'à une amende de CHF 400.- (peine privative de liberté de substitution de quatre jours).
Le TCO a en sus condamné C_ à payer CHF 2'100.- à F_ au titre de réparation du dommage matériel, CHF 8'000.-, avec intérêts à 5% dès le 31 juillet 2016, à A_ pour la réparation de son tort moral et CHF 5'000.- à G_ au même titre, ainsi qu'aux trois quarts des frais de la procédure, par CHF 16'412.60, y compris un émolument de jugement de CHF 3'000.-.
b.
Aux termes de sa déclaration d'appel du 2 juillet 2019 (art. 399 al. 3 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 [CPP -
RS 312.0
]), A_ conteste l'acquittement de C_ des chefs de contrainte sexuelle aggravée et de séquestration et partant le tort moral alloué. Elle conclut à ce que C_ soit condamné de ces chefs d'infractions et à lui verser CHF 20'000.- avec intérêts à 5% l'an à titre de réparation de son tort moral.
c.
Par acte d'accusation du 16 août 2018, il est reproché à C_ d'avoir, à Genève :
c.a.
le 31 juillet 2016, alors qu'il logeait depuis quelques semaines au domicile de A_ sis rue _ à H_ (GE), après avoir infligé des coups à cette dernière, l'avoir jetée au sol à plusieurs reprises et l'avoir menacée de la tuer si elle parlait à la police, obligé A_ à s'allonger sur un matelas et à se déshabiller, avant de lui enfoncer un manche à balai dans l'anus.
Soupçonnant que A_ lui avait pris une boulette de cocaïne, il lui a infligé des coups à réitérées reprises entre 10h00 et 21h00, notamment lui a pincé les seins, donné des coups de pied dans la poitrine, tordu les oreilles, donné des coups à l'aide de ses mains et d'un manche à balai sur tout le corps jusqu'à casser ce dernier sur sa tête, lui causant de la sorte de nombreux hématomes, ecchymoses et dermabrasions, ainsi que la fracture de deux dents.
Toujours sous le même prétexte du vol d'une boulette de cocaïne, il l'a contrainte à déféquer devant lui, la surveillant de près, et à manger une partie de ses excréments, en usant dans ce cadre de la violence, en proférant des menaces de mort et en profitant du climat de terreur qu'il avait instauré. Il a aussi contraint A_ à rester debout, sans bouger, sans aller aux toilettes et sans manger alors que lui-même se nourrissait et regardait un film et à demeurer dans l'appartement avec lui, puis, aux alentours de 12h00, l'a obligée à l'accompagner pour chercher un kebab auprès de l'établissement à l'enseigne I_ sis _ (GE), et, enfin, à retourner avec lui à l'appartement et à y demeurer jusqu'aux environs de 21h00, heure à laquelle il a finalement quitté le domicile de A_.
c.b.a.
le 17 octobre 2016 aux alentours de 18h00, dans le quartier de H_, frappé G_ en lui donnant plusieurs coups de poing au niveau du visage et des bras, lui causant une contusion de l'arcade sourcilière gauche avec une plaie superficielle, une contusion au 4
ème
doigt gauche, une contusion dentaire et un choc psychologique. Il a menacé G_ de le "
violer
", ce qui l'a effrayé.
c.b.b.
le 20 janvier 2017 aux alentours de 21h30, sur la plaine _ (GE), frappé à de nombreuses reprises G_ au visage, à l'aide de ses poings, le faisant chuter avant de lui donner encore des coups de pied alors que ce dernier était à terre, lui causant de la sorte des lésions dont en particulier une fracture "
Le Fort
" complète, deux fractures "
hémi-Le Fort
" à droite et à gauche, de multiples avulsions et fractures dentaires avec perte de dents, de multiples dermabrasions, des plaies profondes de l'arcade sourcilière gauche et des lèvres inférieures et supérieures, une tuméfaction péri-orbitale bilatérale et un hématome infra-orbitaire gauche.
c.b.c.
à une date indéterminée entre le début du mois de janvier 2017 et le 18 janvier 2017, menacé G_ de lui "
casser la gueule
", ce qui l'a effrayé.
c.c.a.
entre le 4 et le 5 février 2017, brisé la vitre avant droite du véhicule appartenant à J_, alors stationné dans un garage souterrain, sis rue _ (GE), et d'y avoir dérobé un _ [une tablette], des lunettes de soleil, un GPS, une montre et de l'argent liquide pour plus de CHF 2'000.- (faits non contestés par C_).
c.c.b.
entre le 3 et le 4 novembre 2016, forcé et endommagé le toit ouvrant du véhicule appartenant à F_, lequel était stationné dans un parking souterrain sis chemin _ (GE), dans le but d'y dérober des objets et/ou valeurs, sans toutefois y parvenir (faits non contestés par C_).
c.d.a.
le 26 novembre 2015, omis de restituer son permis de conduire, lequel lui avait été retiré à compter du 16 novembre 2015 pour une durée indéterminée, et ce malgré le délai imparti à cet effet au 26 novembre 2015 par la Direction générale des véhicules (faits non contestés par C_).
c.d.b.
le 10 décembre 2016, à la rue _ (GE) en direction de la rue _ (GE), circulé sans porter la ceinture de sécurité, au volant du véhicule automobile immatriculé GE 1_, alors qu'il faisait l'objet d'un retrait de permis valable depuis le 16 novembre 2015, pour une durée indéterminée (faits non contestés par C_).
c.e.
entre 2016 et 2017, régulièrement consommé de la cocaïne et, le 6 août 2016, possédé 4.1 grammes de cocaïne destinés à cette fin (faits non contestés par C_).
B.
Les faits pertinents pour l'issue de l'appel sont les suivants :
Faits relatifs à A_
a.a.
Selon le rapport de renseignements du 5 août 2016, A_ s'est rendue le 1
er
août 2016 aux urgences des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) où elle a indiqué s'être fait agresser la veille vers 22h00 par un ami, C_, lors d'un conflit lié à la drogue. L'homme l'avait séquestrée et frappée, même si elle avait essayé de se défendre avec les bras, au niveau du visage et du thorax. Le 3 août 2016, A_ a révélé à la police que C_, pendant l'agression, l'avait également pénétrée analement avec un manche à balai.
a.b.
A_ a déposé plainte pénale le 4 août 2016, accompagnée de L_, infirmière dans un centre ambulatoire de psychiatrie et de psychothérapie intégrés (CAPPI). Début juillet 2016, elle avait fortuitement rencontré C_ à M_ (GE), qu'elle connaissait de longue date, qui la "
rackettait
" depuis une dizaine d'années. Depuis lors, il était resté à son domicile.
Le dimanche 31 juillet 2016 vers 10h00, C_, qui avait dormi chez elle, s'était énervé car il pensait, à tort, qu'elle lui avait volé une boulette de cocaïne. Il avait refusé de la croire et lui avait ordonné d'avouer où elle l'avait cachée. Il lui avait dit qu'elle était le diable, qu'elle était folle et n'arrêtait pas de "
jurer sur le Coran
". Il l'avait emmenée dans sa chambre, lui avait donné plusieurs "
coups de boule
", l'avait saisie par les cheveux et lui avait asséné des coups de pied dans la tête et dans le dos. Elle était tombée au sol. Il avait déchiré son t-shirt, de sorte qu'elle s'était retrouvée seins nus. Il les lui avait pincés et lui avait donné des coups de pied dans la poitrine. Il lui avait également asséné des coups de poing au visage, lui cassant ainsi trois dents, et lui avait violemment tordu les oreilles et le bras. Il l'avait encore frappée, avec un manche un balai, sur la tête et tout le corps, jusqu'à ce que le manche se casse en deux.
Vers midi, C_ avait voulu qu'elle l'accompagne pour acheter à manger. Il lui avait dit de rester calme et de ne pas appeler au secours sans quoi il la tuerait. Ils avaient pris le bus n° _ jusqu'à l'arrêt "
M_
" puis s'étaient rendus dans un kebab, au I_, selon ses déclarations au MP. Alors couverte d'hématomes, personne ne s'était adressé à elle pour s'enquérir de la situation. Elle avait vu une voiture de police et hésité à appeler au secours, ce qu'elle n'avait finalement pas fait. Après le repas, elle avait suivi sans rien dire C_ au rond-point _ pour qu'il se procure de la cocaïne. Ils étaient rentrés chez elle en bus après avoir passé environ deux heures à l'extérieur.
De retour à l'appartement, C_ avait consommé de la cocaïne dans le salon. Elle avait refusé d'en prendre. Pensant qu'elle avait pu dissimuler une boulette dans son anus, il lui avait demandé si elle avait besoin de déféquer. Il l'avait surveillée pendant qu'elle se trouvait aux toilettes, s'était ensuite rendu à la cuisine pour chercher une spatule et, avec cette dernière, avait fouillé ses excréments. Avec l'ustensile, il avait prélevé un morceau de matière fécale qu'il l'avait forcée à manger. Il voulait récupérer sa boulette de cocaïne à tout prix. Comme elle saignait du visage, il lui avait ordonné de prendre une douche. Elle s'était retrouvée nue et il l'avait lavée, ce qui avait été un supplice. Il lui avait ensuite demandé de se rhabiller, de sorte qu'ils s'étaient rendus dans sa chambre où il avait recommencé à la frapper. Elle avait reçu des coups de pied sur tout le corps. Il l'avait jetée à terre plusieurs fois et avait "
tabassé
" ses seins. Il était allé chercher un manche à balai dans la salle de bains. De retour dans la chambre, il avait parlé d'"
humiliation complète
", de "
dénigration totale
" et lui avait encore dit qu'il la tuerait si elle parlait à la police. Il lui avait ordonné de s'allonger sur le matelas et de se déshabiller. Elle était alors incapable de résister, car elle "
voyait des étoiles
". Alors qu'elle se trouvait sur le ventre, il lui avait enfoncé le manche à balai dans l'anus. Elle avait imploré sa pitié mais il avait continué pendant un moment, après quoi il s'était mis à frapper sur sa tête, avec le bâton, jusqu'à ce que ce dernier se casse en deux. Elle avait par la suite constaté la présence de sang sur le matelas.
C_ l'avait forcée toute la soirée à rester debout, sans bouger, dans le salon, pendant qu'il regardait, à la télévision, un reportage puis un film. Elle avait fini par s'uriner dessus. Comme elle avait soif, elle avait demandé à pouvoir lécher son urine, ce que C_ avait accepté. Vers 21h00, il avait définitivement quitté son logement et n'était plus revenu.
a.c.
Devant le MP, A_ a indiqué confirmer ses déclarations à la police, à laquelle elle avait dit toute la vérité. Les hématomes sur ses seins (cf. rapports médicaux
infra
, consid. c) avaient été uniquement causés par C_, qui les avait frappés exprès, la traitant comme si elle était une transsexuelle, après lui avoir arraché son t-shirt. Pendant qu'il la frappait, il l'avait notamment traitée de "
pute
" et de "
petite merde
". Elle avait constaté la présence de sang sur le canapé de la mezzanine.
Après son agression, elle avait fait le ménage avec le "
bâton
", cassé en deux, avec lequel C_ l'avait frappée. Ce bâton avait alors pu être en contact avec un chiffon ou une patte.
a.d.
Dans une note manuscrite, non datée, établie en présence des infirmières L_ et N_, A_ a décrit de manière chronologique les faits du 31 juillet 2016.
Les coups avaient été donnés dans la chambre, puis dans la cuisine, où elle avait perdu trois dents. L'épisode dans les toilettes, où le prévenu avait prélevé des excréments avec un ustensile de cuisine et lui avait demandé de les manger, intervenait après avoir été jetée au sol. Après avoir continué à la frapper dans toutes les pièces, son agresseur l'avait obligée à se doucher. Elle s'était rendue dans la chambre pour se changer puis ils étaient sortis pour manger un kebab et acheter de la cocaïne. De retour au domicile, les violences avaient repris. Après une pause, l'agresseur avait recommencé à la menacer de la tuer si elle appelait la police et de l'emmener dans le bois _ (GE). Il s'interrompait parfois, l'obligeant à rester devant la fenêtre, les stores abaissés, l'humiliant verbalement, pendant qu'il regardait des films pornographiques. Elle avait uriné sur elle et dû boire son urine. De retour dans la chambre, il était allé chercher un balai avec lequel il l'avait frappée une vingtaine de fois au point qu'il s'était brisé. Elle avait encore reçu des coups de pied dans le ventre, les seins et le dos. Puis l'auteur l'avait pénétrée analement avec ce bâton, en fin d'après-midi, et lui avait demandé de mettre sa main dans le vagin. Il l'avait punie en lui demandant de ne plus bouger dans la chambre et avait pris son téléphone pour appeler un ami, lui demandant de venir poursuivre les violences à son égard. À 22h00, il était parti.
a.e.
En audience de confrontation, A_ a indiqué qu'elle confirmait ses précédentes déclarations. C_ l'avait menacée de l'emmener dans les bois _ (GE) pour enfoncer un bâton dans son anus, ce qu'il avait effectivement fait après cette menace. Il arrivait à C_ de regarder des films pornographiques mais pas au moment des faits, contrairement à ce qu'elle avait écrit dans sa note.
a.f.
A_ a confirmé une nouvelle fois ses déclarations devant le TCO.
Le prévenu et elle-même consommaient de la cocaïne en général le soir. Le jour des faits, ils en avaient toutefois consommé "
du matin au soir
", avant que la dispute n'éclate. Après l'avoir couverte d'insultes, il l'avait jetée sur le canapé, traitée de "
pédé
" et avait mis le bout du manche à balai dans son anus. A_ a spontanément corrigé ses propos en indiquant que les faits s'étaient en réalité déroulés sur le matelas, dans la chambre. Sur question, elle se trouvait alors sur le dos.
Le lendemain des faits, C_ était revenu à son domicile. Il avait voulu la dissuader de porter plainte contre lui et l'avait menacée de mort pour le cas où elle le ferait.
a.g.
Au MP et au TCO, A_ a indiqué penser tous les jours à l'agression qu'elle avait subie. Dans un premier temps, elle craignait des représailles, ce qu'elle n'a plus évoqué par la suite. Elle était rongée par la colère et les angoisses. Elle dormait avec la lumière allumée et portait des couches la nuit pour ne pas mouiller son lit en raison de ses cauchemars. Elle était devenue insomniaque. Il était difficile d'oublier ce qui était arrivé mais elle essayait de vivre avec.
Elle était suivie par l'Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD) et, au niveau psychologique, par le Centre de thérapies brèves (CTB). Elle travaillait par ailleurs bénévolement auprès de l'association O_, ce qui l'aidait beaucoup. Elle bénéficiait d'un soutien important. Elle avait des douleurs sur l'arrière du crâne, aux dents et à l'anus lorsqu'elle allait trop aux toilettes. Ses dents devaient être arrachées car elles étaient cariées.
b.a.
Au domicile de A_, la police a trouvé le 4 août 2016 un morceau de dent sur la table du salon. Le matelas était maculé de sang "
suite à la sodomie par manche à balai
".
Deux morceaux de manche à balai brisés (P001 et P002) étaient appuyés contre le mur du hall d'entrée (la plaignante ayant indiqué les y avoir placés après les avoir partiellement nettoyés avec un torchon après les faits), dont l'un nettement plus grand que l'autre dont l'extrémité non brisée est plutôt pointue (P001), et l'autre, plus petit, dont l'extrémité non brisée est plutôt arrondie (P002).
b.b.
Sur la partie P001, deux profils ADN complets correspondant à ceux de C_ et A_ ont été mis en évidence à savoir sur l'extrémité du côté non brisé, ainsi qu'au milieu du manche ("
zone possible de saisie
").
Du sang appartenant à A_ a été prélevé sur le morceau P002. Le profil ADN identifié "
sur cette zone rougeâtre
" correspondait à celui de A_. Le profil ADN de C_ a été mis en évidence sur le "
pourtour du manche côté brisé
".
Selon un rapport de la Brigade des moeurs du 2 septembre 2016, l'idée d'une analyse afin de trouver d'éventuelles traces de matière fécale par recherche de bactéries a été abandonnée, d'entente avec la Procureure et la Brigade de police technique et scientifique (BPTS), car la partie plaignante avait indiqué avoir nettoyé le manche avec un chiffon après les faits. Elle avait ce faisant déposé des bactéries provenant dudit chiffon et certainement enlevé d'autres. Faussé, le résultat de l'analyse aurait été sans intérêt pour l'enquête.
c.a.
Il ressort du constat médical du 1
er
août 2016 que, lors de l'examen pratiqué le jour même aux HUG, A_ s'est plainte de céphalées et de nausées. Ledit examen avait mis en évidence, en particulier, plusieurs hématomes volumineux aux seins, un hématome aux avant-bras, deux aux genoux, un hématome palpébral supérieur droit et un autre palpébral inférieur gauche, ainsi qu'une dermabrasion latéro-cervicale gauche. Les incisives 21-22 étaient cassées. Des photographies desdites blessures étaient annexées au constat médical.
A teneur de ce constat, A_ a expliqué aux médecins avoir été agressée par un ami en raison d'un conflit en lien avec de la drogue et s'être fait séquestrer et frapper, au visage ainsi qu'au thorax, avec essai de se protéger avec ses bras.
c.b.
Selon le rapport d'expertise relatif au constat de lésions traumatiques et d'abus sexuel ordonné le 3 août 2016, A_, capable de discernement, a été examinée, à cette dernière date, à 17h00. À cette occasion, elle a notamment expliqué que C_ lui avait inséré un manche à balai dans l'anus, soit le même que celui qu'il avait utilisé pour lui frapper la tête. Après l'agression, A_ avait constaté une petite perte de sang au niveau anal. Elle avait consommé de la cocaïne avec son agresseur pendant la soirée du 30 au 31 juillet 2016. A cette seconde date, vers 10h00, son agresseur lui avait fait le reproche de lui avoir dérobé une boulette de cocaïne. Une violente dispute avait éclaté et son agresseur l'avait trainée dans sa chambre à coucher où il lui avait asséné des coups de poing, de genou et de pieds. Lors de cet examen, A_ n'avait pas été en mesure fournir de détails concernant la façon dont le manche à balai avait été introduit dans son anus, ni de relater avec précision la manière dont les différents coups lui avaient été portés.
L'examen médical a mis en évidence les lésions suivantes : un hématome "
en lunettes
", ainsi que des ecchymoses et des dermabrasions au niveau du visage, de vastes ecchymoses aux seins, des ecchymoses et des dermabrasions sur les membres supérieurs et une ecchymose à la cuisse droite. Il n'avait pas été constaté de lésions "
en forme
" d'un objet contondant de forme allongée. Les lésions n'avaient pas mis en danger la vie de A_.
Lors de l'examen gynécologique, avec anuscopie également pratiquée le 3 août 2016, une fissure radiale de la marge anale (plaie externe), d'environ 2,5-3 centimètres (cm) de longueur, 0,8 cm de largeur maximale et 2 cm de profondeur, avait été mise en évidence, avec du matériel purulent en surface, d'allure "
plutôt chronique
", étant précisé que A_ avait indiqué n'avoir jamais eu de rapport anal. Aucune lésion traumatique n'avait été constatée à l'intérieur du canal anal. L'examen pratiqué n'avait pas mis en évidence de plainte douloureuse ou de présence de sang. Ces constatations ont été confirmées par le proctologue qui avait examiné A_ le jour même.
Selon le dossier médical, examiné par les experts, A_ a été hospitalisée le 5 août 2016 dans le Service de psychiatrie des HUG. A l'admission, les cliniciens ont noté que la patiente était "
connue pour une schizophrénie paranoïde actuellement stabilisée, des consommations actives de cocaïne et un transsexualisme (...) Elle nous est adressée par nos collègues du CAPPI [de] AE_ en admission ordinaire suite à une agression très violente le 31 juillet 2016... elle présente une confusion, un état de perplexité avec mise à distance de ses émotions et ressent la nécessité d'être à l'abri (craignant des représailles de son agresseur)
".
c.c.
Le 27 septembre 2017, devant le MP, N_, infirmière au CAPPI, a indiqué qu'elle avait A_ comme patiente depuis neuf à dix ans, laquelle souffrait de troubles schizophrènes. Comme elle suivait, de manière régulière, son traitement et se présentait quotidiennement pour prendre ses médicaments (des neuroleptiques, des antidépresseurs et des anxiolytiques), elle n'avait présenté au cours des dernières années que très peu d'idées délirantes.
À son propre retour de vacances, dès la mi-août 2016, elle avait vu A_ quotidiennement puis hebdomadairement. La patiente s'était, dans un premier temps, montrée réticente à évoquer certaines choses en lien avec son intimité. Elle avait par la suite notamment confié avoir été sodomisée avec un manche à balai. Les séances avaient parfois dû être interrompues car trop difficiles pour A_, qui ressentait encore de la peur, en particulier d'être agressée et violée. Le récit de A_ paraissait refléter la réalité.
Elle était présente au moment de la rédaction de la note manuscrite. A_ ne savait pas par où commencer pour raconter les évènements. Ainsi, L_ et elle-même lui avaient suggéré de mettre les choses par écrit. Cela était d'autant plus important que la durée de l'agression avait paru très longue à A_ et que cela lui permettait de recréer un "
ordre plus chronologique
". Ce moment avait été difficile pour A_.
c.d.
D'après le rapport de N_ du 6 novembre 2018, A_ présentait un état de stress post traumatique, caractérisé par une angoisse "
croissante
", surtout le soir.
c.e.
Selon les notes de suite établies par l'infirmière L_ pour la période du 4 au 16 août 2016, A_ avait mentionné pour la première fois avoir été pénétrée analement avec un manche à balai le 3 août 2016, lors du trajet pour se rendre au poste de police. A son arrivée au poste, elle avait indiqué que son agresseur pensait qu'elle avait caché une boulette de cocaïne dans son sexe. De manière générale, A_ était bien ancrée dans la réalité, l'infirmière n'ayant pas constaté d'élément délirant. Lors du dépôt de plainte du 4 août 2016, elle avait toutefois livré des propos incohérents qu'elle était apte à "
critiquer
".
L'audition à la police avait été "
difficile
". A_ avait eu de la peine à être factuelle et avait dû être recentrée sur le déroulement chronologique des faits. Selon ce qu'elle avait alors déclaré, l'agresseur ne l'avait pas pénétrée vaginalement mais lui avait demandé de "
chercher en elle avec ses doigts dans son vagin
".
c.f.
Entendu comme témoin, P_, président de l'association O_, a indiqué connaître A_ - qu'il appelait Q_ -, depuis six ans. Au-delà des rencontres "
trans
" auxquelles A_ participait, elle s'impliquait comme bénévole dans l'association. Ses membres avaient une confiance particulière en elle, étant présente dans les locaux plusieurs fois par semaine. Ils avaient accompagné A_, notamment lors de son dépôt de plainte, après l'agression dont elle avait été victime. Elle avait commencé à venir moins souvent au travail, à faire des insomnies et des cauchemars. Elle avait dû prendre une médication plus lourde pour calmer ses angoisses et il lui arrivait de mouiller son pantalon. Elle allait aujourd'hui mieux. Grâce à toutes les personnes qui l'accompagnaient, elle se reconstruisait doucement. Elle était une belle personne, quelqu'un de combatif, avec beaucoup de force. Ses angoisses et ses insomnies étaient moins fréquentes, mais elle restait une personne fragile.
d.
a.
La police a visionné les images filmées par la caméra de vidéosurveillance disposée dans le kebab à l'enseigne I_, pour la période du 31 juillet 2016 de 12h00 au 1
er
août 2016 à 02h00. Aucune personne correspondant à la description de C_ ou A_ n'y a été repérée.
Le responsable de l'enseigne R_, un autre kebab, a indiqué à la police, sur présentation de photographies de C_ et A_, ne les avoir jamais vus.
d.b.
Aux termes d'un rapport de police, les mêmes protagonistes n'apparaissaient pas le 31 juillet 2016 entre 11h00 et 15h00 sur les images de vidéosurveillance de la ligne n° _ des transports publics, au départ de l'arrêt "_".
e.
C_ a été interpellé à H_ le 6 août 2016. Il a été entendu par la police le même jour, puis par le MP les 6 août et 15 septembre 2016, 31 mai et 27 septembre 2017 ainsi que le 23 février 2018 et enfin par le TCO le 18 mars 2019.
Il connaissait depuis longtemps A_, qu'il appelait "
Q_
", vu qu'ils habitaient dans le même immeuble "
quand il était jeune
". Née femme, elle se faisait passer pour un homme. Depuis qu'ils s'étaient revus, deux mois avant son interpellation, ils avaient sympathisé. Il a d'abord déclaré qu'ils se voyaient de temps en temps, puis plusieurs fois par semaine avant de reconnaitre devant le TCO avoir effectivement été logé chez A_, mais pas de manière continue. Ils se voyaient plutôt le soir pour fumer de la cocaïne et boire de l'alcool. Même s'ils se voyaient surtout autour de la drogue, ils s'entendaient bien et elle était devenue une amie. Il a précisé le 15 septembre 2016 au MP que A_ était quelqu'un de "
vraiment gentil, de vraiment cool
". Il leur arrivait de se faire des câlins, sans connotation sexuelle. A_ lui avait déjà proposé d'entretenir une relation sexuelle, ce qu'il avait refusé. Elle n'avait pas insisté.
Le 31 juillet 2016, il pensait n'avoir passé que la soirée chez A_. Ils n'avaient ainsi pas déjeuné ensemble, ni pris le bus pour se rendre dans un kebab pour le repas de midi. Devant le MP, il a nuancé ses propos en indiquant ne pas se rappeler s'il était allé chez A_ le matin, à midi, ou le soir. Il ignorait si, à un moment, tous deux s'étaient rendus dans un kebab ou déplacés pour acheter de la drogue, mais cela était possible, à l'instar d'autres soirées. Il contestait toutefois avoir obligé A_ à sortir.
Le soir, ils avaient consommé plusieurs boulettes de cocaïne et bu de la vodka. Il avait en plus avalé du SERESTA. En raison de la prise de ces substances, il avait peu de souvenirs et n'était pas capable d'expliquer les évènements du 31 juillet 2016 de manière chronologique ou de donner des détails.
A_ avait profité du fait qu'il s'était rendu aux toilettes pour lui voler un gramme de cocaïne, la boulette ayant disparu de la table où il l'avait laissée. Malgré ses demandes, elle avait refusé de la lui rendre. Elle le narguait. Elle lui avait dit qu'elle la fumerait avec un certain "
S_
". Il se souvenait avoir cassé une horloge au début de l'altercation, pour faire peur à A_.
Il a devant la police tout de suite reconnu avoir, dans un état anormal, "
tellement défoncé
" à cause du mélange de drogue et d'alcool, "
pété les plombs
" et frappé A_. Il avait pris ce qu'il y avait à proximité, soit un balai en bois à côté du canapé, et l'avait frappée au visage, vers la tête. Il avait également pu lui donner des coups de pied dans la poitrine. Très énervé, il ignorait cependant combien de coups il avait portés. À un moment, le balai en bois s'était rompu en touchant "
quelque chose
" dans l'appartement. A_ saignait au visage. En audience de confrontation devant le MP, il a déclaré l'avoir frappée avec le balai sur tout le corps, sans pouvoir dire où exactement, ni se souvenir quand le manche s'était brisé. Il contestait toutefois avoir donné de coups de tête, de poing, déchiré son t-shirt ou pincé ses seins. Au MP encore, il a dit ne pas se souvenir lui avoir asséné des coups de pied ou de poing. S'il avait menacé A_, il avait dû le faire pendant qu'il la frappait. Si ses dents étaient cassées, c'était peut-être en raison de ses coups.
Devant le TCO, C_ a reconnu avoir pincé les seins de A_, lui avoir tordu les oreilles et lui avoir donné des coups de pied dans la poitrine, des coups de poing et de manche à balai sur tout le corps. Il ne se rappelait pas dans quelles pièces du logement ces faits s'étaient déroulés.
Il l'avait frappée pour qu'elle lui rende la drogue car il était en manque. Ce n'était pas en lien avec sa transformation sexuelle et physique. Il ne savait pas jusqu'où il était prêt à aller pour récupérer sa cocaïne. Il ne savait pas non plus pourquoi il avait arrêté de frapper A_. Il a par ailleurs reconnu l'avoir menacée et insultée.
Devant la police, il a dit n'avoir jamais ordonné à A_ d'aller déféquer pour pouvoir vérifier si elle avait avalé sa boulette de cocaïne, ni fouillé dans ses excréments avec une spatule ni ne l'avait forcée à en manger - il n'était pas un "
psychopathe
". En audiences de confrontation, il s'est souvenu avoir obligé A_ à aller aux toilettes afin de lui permettre de vérifier, dans ses excréments, s'il n'y avait pas la drogue. Si quelqu'un avait effectivement fouillé dans les excréments de A_, cela devait être lui. Enfin, devant le TCO, il a admis l'avoir contrainte à manger une partie de ses excréments. Il ne conservait toutefois que peu de souvenirs à ce sujet, en dehors de "
flashbacks
" qui lui revenaient.
Il n'avait ni forcé A_ à rester debout, sans bouger, dans le salon pendant qu'il regardait un film, ni ne l'avait empêchée de boire, d'aller aux toilettes ou de manger. Devant le TCO, il a tempéré ses déclarations en indiquant ne pas s'en souvenir. De manière générale, lorsqu'il consommait des stupéfiants, il se concentrait sur cette seule activité et ne regardait pas de film. Il n'avait ni autorisé ni forcé A_ à boire son urine. Il ne l'avait pas empêchée de sortir de son logement.
Il n'avait pas demandé à A_ de se déshabiller et de s'allonger sur le ventre avant de lui enfoncer le manche à balai dans son anus. Cette accusation était totalement fausse. Il ne conservait certes pas - ou très peu - de souvenirs des évènements, mais n'avait jamais commis de tels actes par le passé, alors qu'il lui était arrivé, à de nombreuses reprises, d'être "
défoncé
". Jamais il n'avait violé ou tué. Il n'expliquait pas la présence de sang sur le matelas.
À la police, il a expliqué que, quelques semaines auparavant, alors qu'ils avaient consommé de la cocaïne et étaient défoncés, A_ lui avait demandé de quitter le logement pour un moment. Il avait compris qu'elle voulait se masturber ou faire des "
trucs
" bizarres. A_ lui avait dit qu'elle s'était inséré quelque chose, sans préciser dans quel orifice ni de quoi il s'agissait.
Il ne pensait pas avoir appelé un ami pour que ce dernier poursuive les violences à l'égard de A_. Il pensait avoir quitté l'appartement de A_ juste après l'avoir frappée mais n'en était pas sûr. Il ne se souvenait pas du tout ce qu'il avait fait après son départ.
Le lendemain, il était retourné chez elle pour présenter ses excuses et avait vu des marques sur son visage. Elle avait l'arcade sourcilière ouverte et une marque sur la lèvre. Ils avaient consommé de la cocaïne. Il avait voulu prendre de ses nouvelles, mais craignait aussi qu'elle ne porte plainte.
À chaque fois qu'il consommait de la cocaïne, il buvait également de l'alcool. La prise de SERESTA permettait d'atténuer quelque peu le stress induit par la cocaïne.
Il n'avait plus envie de consommer de stupéfiants. La prison l'avait fait réfléchir. Il était prêt à entamer un suivi, par exemple auprès d'une fondation. Le contenu de son casier judiciaire lui ayant été rappelé, il a indiqué que, "
de près ou de loin
", toutes ses condamnations avaient un lien avec la cocaïne.
Il avait beaucoup pensé au mal qu'il avait causé à A_, était désolé et regrettait réellement. Il a produit une lettre d'excuse à son intention. Au dossier figure également un courrier envoyé de la prison adressé à "Q_".
Faits relatifs à G_
f.a.
C_ a reconnu avoir frappé G_ les 17 octobre 2016 et 20 janvier 2017, à tout le moins avec ses poings et/ou ses pieds.
D'après le certificat médical du 17 octobre 2016, G_ a présenté une contusion dentaire, à l'arcade sourcilière gauche avec plaie superficielle et au 4
ème
doigt gauche.
Le certificat médical du 22 janvier 2017 de G_, les avis de sortie des 25 janvier et 4 février 2017, ainsi que l'audition du Dr T_ attestent pour leur part de l'existence, à la suite de l'évènement du 20 janvier 2017, des lésions décrites dans l'acte d'accusation. G_ a été hospitalisé du 21 au 25 janvier 2017 puis du 31 janvier 2017 au 4 février 2017.
f.b.
C_ n'a pas contesté avoir dit à G_ qu'il allait le violer et lui "
casser la gueule
". Selon le TCO, qui l'a reconnu coupable de tentative de menace en lien avec ces faits, il était cependant douteux que G_ ait réellement été effrayé par ces propos.
Statut psychiatrique de C_
g.a.
Aux termes des conclusions du rapport 7 juillet 2017 du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), C_ présentait un trouble mixte de la personnalité et un syndrome de dépendance d'intensité modérée à la cocaïne, à l'alcool et au cannabis, actuellement abstinent mais dans un environnement protégé, constituant un grave trouble mental, de sévérité légère. Si la consommation de toxiques (cocaïne, benzodiazépines et alcool) le 31 juillet 2016 était établie, il fallait également retenir un diagnostic d'intoxication aigüe à diverses substances.
La faculté de C_ d'apprécier le caractère illicite de ses actes n'avait pas été altérée. Il ne possédait toutefois pas pleinement la faculté de se déterminer d'après cette appréciation. Sa responsabilité était très faiblement restreinte. En cas d'intoxication aigüe le 31 juillet 2016, avec effets psychostimulants et désinhibiteurs, la responsabilité de C_ devait être considérée pour ces faits seulement comme faiblement à moyennement restreinte.
Il présentait un risque d'importance moyenne de commettre à nouveau des faits similaires à ceux qui lui étaient reprochés.
Un traitement médical et des soins spéciaux, sous la forme d'un traitement ambulatoire, étaient appropriés pour diminuer le risque de récidive. Les drogues étaient l'un des principaux facteurs de passage à l'acte violent (toute forme de violence confondue), le maintien de l'abstinence de C_ devrait être l'objectif principal vers lequel tendre. Celui-là était d'accord de se soumettre à un tel traitement qui était compatible avec l'exécution d'une peine privative de liberté.
Le risque de récidive d'infractions du même genre était à mettre en relation avec les caractéristiques de sa personnalité, les circonstances dans lesquelles il avait agi et son vécu. Une mesure d'internement n'était pas préconisée.
g.b.
Entendu en première instance, le Dr U_, auteur du rapport d'expertise psychiatrique, a indiqué en confirmer les conclusions. S'agissant des troubles dont souffrait C_ examinés sous l'aulne du risque de récidive, il paraissait approprié de soigner, en priorité, son addiction aux stupéfiants et à l'alcool. Ce trouble était le plus sévère parmi ceux présentés par l'expertisé. Cela étant, les différents troubles dont il souffrait pouvaient s'influencer mutuellement.
Le Dr U_ a d'abord confirmé les passages du rapport selon lesquels C_ s'était montré très investi dans le suivi psychothérapeutique et présentait une authentique volonté à poursuivre celui-ci et à être abstinent, tout comme le fait qu'un traitement médical et des soins spéciaux sous la forme d'un traitement ambulatoire étaient susceptibles de diminuer le risque de récidive.
Informé de la teneur des rapports qui avaient été rédigés par le Service de probation et d'insertion (SPI) après la libération de C_ du 23 février 2018, en particulier qu'un traitement thérapeutique de type ambulatoire n'était selon le SPI pas suffisant pour soigner son addiction, en particulier à la cocaïne (
cf
. en particulier le rapport du 21 août 2018), le Dr U_ a indiqué qu'il s'agissait effectivement de craintes que son confrère et lui-même avaient eues, étant précisé que C_ présentait un risque de rechute. L'échec constaté dans le cadre des mesures de substitution était susceptible de conduire à une révision du type de mesure préconisée dans le rapport d'expertise. Dans certaines situations, en cas de rechute ou de non-respect des conditions, il existait des arguments pour un traitement institutionnel ou un traitement des addictions. Informé que C_ avait lui-même été demandeur d'un séjour en résidentiel auprès de la Fondation V_, en particulier dans le centre _ [structure d'accuei], lequel était toujours disposé à l'accueillir, l'expert a indiqué qu'il faisait référence à ce type d'établissement en évoquant un traitement institutionnel ou des addictions. Cela pourrait convenir à la situation de C_, le choix de l'établissement étant fonction de la rapidité à laquelle il pourrait y être intégré. Il fallait profiter de la volonté de l'expertisé pour un tel placement et de l'accord de la Fondation V_ de l'accueillir.
A la question de savoir si une mesure, comportant des effets plus contraignants en termes de liberté, était envisageable ou préférable, l'expert a répondu que, de manière générale, une prise en charge en milieu ouvert était plus bénéfique qu'en milieu fermé. L'objectif était pour le patient de pouvoir réintégrer la société, de résister à ses envies et de s'éloigner de certaines fréquentations. Un établissement tel que la Fondation V_ nécessitait une participation et une volonté importantes de se soigner de la part du patient, ainsi que de ne pas consommer de stupéfiants. Si C_ était partiellement motivé, il pourrait facilement mettre un terme à sa consommation.
h.
W_, soeur de C_, a indiqué avoir toujours eu une très bonne relation avec son frère qui en revanche avait des rapports très difficiles avec leur père. Dès son plus jeune âge, soit à peu près à la fin du cycle d'orientation, son père l'avait mis à la porte, période à laquelle ses problèmes d'addiction avaient débuté, selon son souvenir. Par la suite, C_ avait travaillé avec son père avant d'être une nouvelle fois mis à la porte. Même avec le soutien de sa famille, C_ avait besoin de professionnels qualifiés pour l'aider à se soigner, ce qu'il souhaitait ardemment.
C. a.
C_ a été interpellé le 6 août 2016 et placé en détention provisoire par le Tribunal des mesures de contrainte (TMC ;
OTMC/2359/2016
du 7 août 2016) avant une première mise en liberté, en date du 22 septembre 2016, moyennant des mesures de substitution (interdiction de consommer toute drogue, notamment de la cocaïne, et de l'alcool, obligation d'entreprendre, auprès de la Fondation X_, un suivi psychothérapeutique en lien avec sa consommation d'alcool et de drogues, et obligation de suivre les règles imposées par le SPI, notamment de se rendre aux rendez-vous fixés (
OTMC/2803/16
du 22 septembre 2016).
b.
Interpellé le 17 février 2017, il a été placé une nouvelle fois en détention provisoire dès le 19 février suivant (
OTMC/470/17
), C_ ayant devant le TMC reconnu ne pas avoir entièrement respecté les mesures de substitution, en particulier s'agissant de la consommation de stupéfiants. Il est resté incarcéré, d'abord en détention provisoire, dûment prolongée, puis en exécution d'une précédente peine privative de liberté de six mois (P/1_/2015) à titre de mesure de substitution (
OTMC/1854/17
du 19 juin 2017), dont il a finalement exécuté trois mois et un jour (6 mois sous déduction de deux jours de détention provisoire de septembre 2016 et de deux mois et 27 jours restants selon le jugement du Tribunal d'application des peines et des mesures [TAPEM] du 28 novembre 2017). Il a à nouveau été détenu à titre provisoire dans la présente procédure ce, jusqu'au 23 février 2018 où il a été remis en liberté, le TMC ayant ordonné le 26 février suivant des mesures de substitution, identiques à celles précédemment prononcées (
OTMC/658/18
).
c.
Le 14 novembre 2018, à la demande du Président du TCO, C_ a été placé en détention pour motifs de sûreté par le TMC (
OTMC/4129/2018
). Celui-ci a, dans ce contexte, reconnu avoir recommencé à consommer de la cocaïne et ne pas s'être présenté aux rendez-vous fixés en lien avec un éventuel placement auprès du _ [du centre d'accueil de l'association] (V_).

## Considerations