# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 96003911-f2dc-5b8d-8574-d090a5b5777f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par jugement du 27 septembre 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d’avance, allocations familiales éventuelles non comprises, une somme de 350 fr. au titre de contribution à l’entretien de chacun de ses enfants, rétroactivement dès le 10 novembre 2017 (ch. 4 du dispositif) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 11);
Que le Tribunal a considéré que sur la base des revenus respectifs des parents (4'160 fr. nets pour B_ et 3'500 fr. pour A_ – qui a reçu en 2017 des indemnités journalières de l'AI de 4'860 fr. par mois, était au bénéfice de mesures de réadaptation professionnelles, en principe jusqu'au 8 septembre 2018 et a estimé son futur salaire dans le domaine de l'horlogerie à environ 3'500 fr. nets –), de leurs charges, soit
3'291 fr. pour A_, 3'187 fr. pour B_ et des besoins des enfants, soit 1'032 fr. avant déduction des allocations familiales, A_ devait être condamné à verser
300 fr. par enfant, en mains de la mère, pour leur entretien; que le dispositif du jugement fixe toutefois le montant des contributions d'entretien à 350 fr. par enfant;
Que par acte expédié au greffe de la Cour le 11 octobre 2018, A_ a formé appel contre ce jugement; qu'il a conclu, en substance, à l'annulation des chiffres précités de son dispositif et, cela fait, à ce qu'il soit dit et constaté que l'entretien convenable des enfants C_ et D_ s'élève à 632 fr., respectivement, 732 fr., allocations familiales déduites et à ce qu'il soit dispensé en l'état de toute contribution à l'entretien des enfants, subsidiairement à ce qu'il soit condamné à verser une contribution de
100 fr. à l'entretien de chacun des enfants dès le 1
er
septembre 2018;
Qu'il a conclu également à la suspension du caractère exécutoire du ch. 4 du dispositif du jugement attaqué; qu'il a invoqué que le Tribunal avait retenu que ses revenus s'élevaient à 3'500 fr. par mois et ses charges à 3'291 fr., ce qui lui laissait un disponible de 209 fr., de sorte que le montant qu'il avait été condamné à payer entamait son minimum vital; que le Tribunal avait fixé le dies a quo à la date du dépôt de la demande, soit dix mois avant qu'il ne quitte le domicile conjugal;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif; qu'il était à même de percevoir des revenus de 4'860 fr. et que, compte tenu de ses charges de 3'300 fr., il disposait d'un solde de 1'560 fr. par mois;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient en particulier à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, le revenu exact actuel de l'appelant n'est pas connu puisqu'il allègue qu'il est désormais inscrit au chômage mais qu'il ignore le montant des indemnités qu'il va percevoir;
Que le montant des charges prises en compte par le Tribunal est de 3'269 fr., et non 3'291 fr. comme indiqué; qu'au vu du montant de 3'500 fr. pris en compte à titre de revenus par le Tribunal, l'appelant disposerait d'un solde de 231 fr. ne lui permettant pas de s'acquitter des contributions d'entretien fixées par le Tribunal de 300 fr. (selon les considérants), voire 350 fr. (selon le dispositif) par enfant sans entamer son minimum vital; que l'appel ne paraît dès lors pas, sur la base de ces chiffres,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'en outre, il doit être considéré à ce stade, que chacun des parents a participé de manière équivalente à l'entretien des enfants jusqu'au 3 septembre 2018, lorsque l'appelant vivait encore au domicile conjugal; que l'appel n'apparaît ainsi pas d'emblée infondé en tant qu'il critique le jugement attaqué quant à la date depuis laquelle il doit s'acquitter des contributions d'entretien, fixée au 10 novembre 2017;
Qu'au vu de l'ensemble des circonstances, la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire du ch. 4 du dispositif du jugement entrepris sera admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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