# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 3e1b9b46-cd8c-5eb3-81b5-2a5d4cd28f4c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 6,5 pièces sis à l'entresol de l'immeuble sis _, à Genève;
Que par avis officiels du 2 mai 2016, C_, bailleur, a résilié le contrat de bail pour le 30 juin 2016;
Que ces congés n'ont pas été contestés par les locataires;
Qu'à la suite du dépôt de la requête en évacuation auprès du Tribunal des baux et loyers le 24 février 2017, celui-ci a rendu un jugement
JTBL/711/2017
le 8 août 2017, condamnant les locataires à évacuer de leurs personnes et de leurs biens l'appartement en cause, le dossier étant transmis, à l'expiration du délai d'appel, à la 7
ème
chambre du Tribunal afin qu'il statue sur les mesures d'exécution sollicitées par le bailleur;
Que, par arrêt
ACJC/1646/2017
du 15 décembre 2017, la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice a confirmé ce jugement;
Que cet arrêt est définitif et exécutoire;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que la cause a été transmise au Tribunal de l'exécution;
Qu'à l'audience du 19 avril 2018 devant le Tribunal des baux et loyers, le bailleur a persisté dans ses conclusions;
Que B_ a exposé souffrir d'un cancer depuis la fin de l'année 2015 et être suivi depuis lors par le service d'oncologie des HUG; qu'il vivait dans le logement avec son épouse, qui ne travaillant pas, et leur fille, étudiante; qu'il a allégué avoir effectué de vaines recherches de solution de relogement;
Que le conseil des locataires a requis l'octroi d'un sursis à l'exécution de l'évacuation, pour des motifs humanitaires;
Que le conseil du bailleur a précisé que le montant de l'arriéré s'élevait à 139'000 fr., aucun loyer n'ayant été versé depuis trente-et-un mois;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement rendu le 19 avril 2018, expédié pour notification aux parties le 7 mai suivant, le Tribunal des baux et loyers a autorisé le bailleur à requérir l'évacuation par la force publique des locataires (ch. 1 du dispositif), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 3);
Vu le recours expédié le 15 mai 2018 par les locataires contre ce jugement;
Qu'ils ont préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'ils ont conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation durant six mois;
Qu'invité à se déterminer, le bailleur a, par écritures du 17 mai 2018, conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant en l'espèce qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du ch. 1 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts des recourants;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 339 al. 2 CPC);
Que le bailleur a par ailleurs été invité, par pli du 16 mai 2018, à répondre au recours dans un délai de dix jours;
Qu'en conséquence, la requête des recourants sera admise.
* * * * *