# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ce4fa8a8-9f0f-53ea-9b1a-8a54eb31c9f0
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2001
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Par courrier du 32 août (sic) 1985, l'office du personnel de l'Etat a confirmé à M. S. son engagement en qualité de commis administratif 1 à 50% au Tribunal de première instance, dès le 1er septembre 1985.
2. Le 7 septembre 1988, le Conseil d'Etat a nommé M. S. fonctionnaire, à 100%, au même poste.
3. Le 2 avril 1996, le greffier-juriste du Tribunal de première instance a adressé à M. S. un avertissement, au motif que celui-ci avait par deux fois négligé d'informer ses supérieurs hiérarchiques de son état de santé durant une absence qui avait duré un mois.
Cet avertissement est devenu définitif.
4. Le 4 novembre 1997, M. M., alors administrateur du Palais de justice et nommé, le 1er janvier 2001, secrétaire général du pouvoir judiciaiire, a adressé à M. S. un nouvel avertissement. Il lui reprochait de s'absenter de son poste de travail, soit pour faire des courses ou aller au café, en plus des pauses auxquelles il avait droit. En outre, il ne respectait pas ses horaires et ne se conformait pas aux instructions qui lui étaient données pour effectuer son travail.
L'administrateur a indiqué qu'il avait décidé de lui offrir une dernière chance et, après six mois durant lesquels M. S. a tenu ses engagements, il avait renoncé à ouvrir une enquête administrative en vue de son licenciement. L'intéressé était cependant averti que tout nouveau manquement à son devoir de fonction entraînerait l'ouverture d'une telle enquête.
5. Par note adressée à l'office du personnel de l'Etat le 16 septembre 1999, l'administrateur a sollicité l'ouverture d'une telle enquête administrative. De nouveaux manquements avaient été constatés et, selon le supérieur hiérarchique de l'intéressé, le lien de confiance était rompu, que ce soit par incompétence ou par manquement au devoir professionnel.
6. Par arrêté du 27 octobre 1999, le Conseil d'Etat a ordonné l'ouverture d'une enquête administrative, confiée à M. D..
Il était reproché à M. S. d'avoir modifié le système de classement des minutes des jugements sommaires du Tribunal de première instance sans en avoir référé à sa hiérarchie, générant ainsi un important travail consistant à reclasser les douze mille jugements manquants lors de la reliure des minutes. A cette occasion, des erreurs relatives au classement des jugements des années 1996 à 1998 étaient apparues, ceux-ci ayant été retrouvés dans les minutes de 1997.
Le Conseil d'Etat retenait également que l'intéressé n'approvisionnait pas régulièrement les photocopieuses en papier, alors même que cette tâche lui incombait. De plus, il avait omis d'informer la personne compétente du fait qu'une nouvelle commande de papier à en-tête était nécessaire, si bien que la juridiction s'était trouvée en rupture de stock.
7. L'enquêteur a entendu les parties.
a. Lors de sa première audition, M. S. a produit une lettre du 7 janvier 1994, rédigée par son supérieur de l'époque, lequel sollicitait l'ouverture d'une enquête administrative, suite à un problème de toilettes bouchées.
M. M. a indiqué que ce fait n'avait pas été prouvé, si bien qu'aucune suite n'avait été donnée à cet incident.
b. S'agissant du classement des dossiers d'affaires sommaires, M. S. a expliqué qu'à la fin de l'année 1996, il recevait les affaires sommaires déjà numérotées, dans des fourres se trouvant dans un bac. Il en avait déduit qu'elles ne seraient plus classées avec les autres jugements et il s'en était ouvert auprès de l'un de ses supérieurs hiérarchiques.
L'administrateur a expliqué que M. S. disposait d'une certaine autonomie dans le traitement du classement des affaires sommaires. Les dossiers auxquels il faisait allusion avaient été introduits suite à l'informatisation du système. L'intéressé avait modifié le classement de sa propre initiative.
c. Quant à l'approvisionnement en papier des photocopieuses, M. S. a exposé qu'il était chargé de faire en sorte qu'il y ait toujours suffisamment de papier dans les machines. Toutefois, il pouvait arriver que les greffiers épuisent les réserves. A l'époque de son audition, il a reconnu procéder à des contrôles plus fréquents.
d. S'agissant de la question de la rupture de stock du papier qui lui était reprochée, elle s'était produite pendant les vacances du collègue responsable, M. B.. Or, il avait pour habitude de lui demander oralement de commander du papier. Depuis cet incident, il rédigeait des notes écrites.
8. L'enquêteur a d'autre part procédé à de nombreuses auditions :
a. M. B. a déclaré qu'il avait été le supérieur hiérarchique direct de M. S. à une certaine époque. Avant son départ en vacances en 1999, ce dernier lui avait indiqué qu'il n'avait plus assez de papier pour les photocopieuses. Il ne lui avait pas parlé du papier à en-tête, qui n'avait donc pu être commandé qu'à son retour, d'où une rupture de stock de trois à quatre semaines. M. S. lui transmettait toujours une note écrite lorsqu'il manquait du papier.
M. S. a maintenu sa position, insistant sur le fait qu'il avait indiqué oralement à M. B. qu'il manquait du papier à en-tête.
b. Pour ce qui était du classement des jugements sommaires, M. B. a indiqué que lorsqu'en 1999, il avait demandé si les jugements de 1997 pouvaient être reliés, M. S. avait répondu par l'affirmative. Les jugements avaient été remis au relieur. Ce dernier avait signalé qu'il manquait plusieurs numéros et une cinquantaine de jugements. Interrogé, M. S. avait indiqué qu'il avait classé séparément, de sa propre initiative, les jugements en question sans les relier.
M. S. a confirmé qu'il avait pensé que les jugements sommaires, rangés dans des bacs, constituaient un classement définitif.
c. M. R. a confirmé avoir demandé l'ouverture d'une enquête administrative en 1991. Il avait ensuite travaillé dans un autre service. M. S. était l'un de ses collègues depuis 1998. Il rendait volontiers service lorsqu'on le lui demandait.
M. S. a précisé que s'il n'y avait pas eu d'enquête administrative en 1991, c'était parce qu'il avait consulté un avocat, ce qui lui avait coûté CHF 1'000.-.

## Considerations