# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c6f1654f-5a2d-571f-82bc-d33a0d034666
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, née en 1968, domiciliée à B._, mariée et mère de deux enfants majeurs, aide-hospitalière diplômée, travaillait en tant que chauffeure dans le transport de personnes à temps plein. Elle est en incapacité de travail, médicalement attestée, depuis le 30 juin 2013.
Le 9 décembre 2013, elle a requis l'octroi de prestations auprès de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après: OAI), signalant l'existence d'atteintes à la tête de la coiffe des rotateurs de l'épaule gauche et aux tendons, présentes depuis 2010.
B. En parallèle avec la procédure devant l'assurance-invalidité, l'assurance perte de gain de l'employeur de l'intéressée a diligenté une expertise pluridisciplinaire (chirurgie orthopédique et psychiatrie) auprès de C._. Dans leur rapport du 11 avril 2014, les experts concluaient que les troubles somatiques n'empêchaient pas l'assurée d'exercer une activité légère adaptée. Cependant, ils estimaient que sa capacité de travail était nulle du point de vue psychique, estimant qu'une reprise progressive serait envisageable d'ici deux à trois mois grâce au traitement mis en place.
Suite à une évolution alléguée de l'état de santé, l'assurance perte de gain a diligenté une seconde expertise psychiatrique auprès de la clinique D._. Dans son rapport du 18 juin 2015, l'experte a conclu à l'existence d'une incapacité de travail de 50% le jour de l'examen (le 21 mai 2015) mais a considéré que l'état s'améliorerait suite à une modification du traitement. Selon elle, l'assurée était susceptible de travailler à temps plein dans une activité adaptée dès le 18 juin 2015.
Par décision du 26 avril 2017, se fondant sur les conclusions de la clinique D._, l'OAI a reconnu à son assurée le droit à une rente entière du 1er juin 2014 au 30 septembre 2015, celle-ci étant supprimée pour la suite.
Par arrêt du 12 octobre 2018 (608 2017 124), le Tribunal cantonal a admis le recours interjeté par l'assurée et renvoyé le dossier à l'OAI pour instruction complémentaire et nouvelle décision, la Cour n'estimant pas le dossier suffisamment instruit pour lui permettre de statuer.
C. Suite à cet arrêt, l'OAI a mandaté le Dr E._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, pour expertise. Dans son rapport du 25 mars 2019, celui-ci conclut que l'assurée n'est pas en mesure de travailler en raison d'un épisode dépressif sévère et d'une anxiété généralisée. Se référant au traitement proposé par les médecins de C._, il propose néanmoins la mise sur pied d'un traitement de type cognitivo-comportemental en association à de la médication.
Interrogé, le Dr F._, spécialiste en anesthésiologie, du Service médical régional (SMR) confirme les conclusions de l'expert, recommandant un suivi hebdomadaire et une réévaluation de la situation après 6 à 12 mois. Par courrier du 28 mars 2019, l'OAI a informé son assurée qu'il lui incombait de suivre un traitement psychothérapeutique hebdomadaire, de faire parvenir mensuellement une attestation confirmant le suivi et de se soumettre à un contrôle mensuel de sa compliance.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
Après avoir pris un nouvel avis auprès du SMR, l'OAI a mandaté C._ pour une expertise bidisciplinaire (orthopédie et psychiatrie), ce qu'il a confirmé par décision incidente du 8 janvier 2020.
D. Contre cette décision, l'assurée, représentée par Me Charles Guerry, avocat, interjette recours (608 2020 31) devant le Tribunal cantonal le 10 février 2020, concluant, avec suite de frais et dépens, principalement, à ce qu'elle ne soit soumise à aucune expertise et, subsidiairement, à ce que le volet psychiatrique de l'expertise bidisciplinaire ne concerne que la période postérieure au mois de novembre 2019.
A l'appui de ses conclusions, elle se plaint de ce qu'une deuxième expertise psychiatrique soit ordonnée alors que la première s'est vu reconnaître une pleine valeur probante par le SMR. A ses yeux, une nouvelle expertise sur ce plan est dès lors totalement superflue et aboutirait à recueillir une seconde opinion sur un état de fait qui a déjà été établi par une expertise réalisée dans les règles de l'art.
Parallèlement, elle demande (608 2020 39) la restitution de l'effet suspensif à son recours.
Le 19 février 2020, elle s'est acquittée de l'avance de frais de CHF 400.- requise.
Dans ses observations du 6 mars 2020, l'OAI propose le rejet du recours, se référant à la motivation de sa décision incidente ainsi qu'aux pièces de son dossier. Il indique que la procédure d'expertise est suspendue jusqu'à droit connu sur la procédure de recours.
Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.