# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** dd368de3-4d49-4957-8239-a7ee980f9db0
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 1992
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

constate en fait :
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A. Le recourant X._ est membre du corps de police de la Commune de Moudon, avec le grade d'appointé.
B. Le 18 novembre 1991, la Municipalité de la Commune de Moudon a décidé de réduire les indemnités de fonction octroyées aux membres du corps de police pour les périodes correspondant à des maladies et à des longues absences pour diverses raisons. Le montant de cette réduction a été fixé à Fr. 150.- par mois plein.
Cette décision a été communiquée le 19 novembre 1991 au commissaire de police, à charge pour lui de la porter à la connaissance des membres du corps.
B. Le 23 décembre 1991, en constatant sur sa fiche de salaire du 16 décembre 1991 que les indemnités de service qui lui étaient versées pour l'année 1991 avaient été réduites de Fr. 300.-, le recourant s'est pourvu auprès du Conseil d'Etat pour contester l'application de la nouvelle décision. Le dossier a été transmis par la Chancellerie d'Etat au Tribunal administratif en date du 7 janvier 1992. Après avoir réglé un problème de recevabilité par décision du 14 février 1992, le magistrat instructeur a provoqué les explications des parties. La municipalité intimée s'est déterminée par actes des 11 février et 10 mars 1992, le recourant déposant une réplique le 9 avril 1992.
C. Le statut du personnel de la Commune de Moudon est régi par un règlement adopté par le Conseil communal le 28 avril 1981. Ce statut est complété, en ce qui concerne le corps de police, par un règlement de service du 18 novembre 1975.
D. Le Tribunal a délibéré le 17 juin 1992, en l'absence des parties, qui n'ont pas présenté de requête tendant à l'organisation de débats oraux.

## Considerations

et considère en droit :
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1. Le recourant conclut à ce que la décision réduisant l'indemnité de service lui étant due pour l'année 1991 soit annulée et que le montant selon lui abusivement retenu de Fr. 300.- lui soit restitué.
Dans sa réplique du 9 avril 1992, il a développé son argumentation, précisant la date de la durée de ses absences et contestant que celles-ci puissent justifier une retenue sur ses indemnités.
2. Conformément à l'art. 6 LJPA, le Tribunal administratif doit vérifier sa compétence, notamment au regard des dispositions de l'art. 1er LJPA.
L'art. 1er LJPA exclut de la compétence du Tribunal administratif les actions d'ordre patrimonial intentées contre une collectivité ou un établissement de droit public cantonal. Cette disposition retient une liste non exhaustive de ce genre d'actions, et il résulte notamment de l'exposé des motifs (BGC automne 1989 p. 514 et ss, plus spécialement 531 chiffres 7.4.1) que le législateur a voulu limiter la cognition du juge administratif aux affaires relevant du contentieux dit objectif, soit celui qui naît d'une décision sujette à recours et qui tend à rétablir la légalité d'une situation menacée par cette décision. Le contentieux dit subjectif, qui permet de déterminer si un administré dispose d'un droit subjectif - notamment de nature pécuniaire - contre une collectivité publique, lui échappe en revanche.
Cette distinction n'est certes pas reconnue de manière incontestée par la doctrine et la jurisprudence (voir notamment Jean-François Poudret et Pierre Moor, JT 1986 II 1 et ss). Elle correspond toutefois à la tradition juridique de ce canton, depuis qu'elle a été exposée par Zwahlen (Jugement des contestations administratives dans le canton de Vaud, JT 1939 III 34 et ss). Les autorités vaudoises s'y sont notamment référées dans des affaires relatives au droit d'amarrage dans le port de la Commune de Chevroux (arrêt du Tribunal cantonal, Chambre des recours, du 30 octobre 1984, JT 1986 III 21, et décision du Conseil d'Etat du 24 octobre 1984, JT 1986 III 29). Le Tribunal administratif quant à lui s'y est rallié dans un arrêt du 9 décembre 1991 Sch. GE 91/005.
3. Conformément à l'art. 1er al. 3 litt. c LJPA, les contestations d'ordre pécuniaire découlant des rapports de service des fonctionnaires sont exclus du champ d'application de la loi. De son côté, l'art. 65 du statut du personnel communal prévoit la compétence exclusive des tribunaux ordinaires pour "les contestations de nature pécuniaire".
En l'espèce, la démarche entreprise par le recourant tend à faire annuler une décision lui refusant le versement de la totalité de l'indemnité de service. Cette dernière ne résulte ni du statut du personnel communal, ni du règlement applicable au corps de police. Il n'est toutefois pas contesté par les parties qu'elle est due en son principe et son existence est indiquée sous rubrique 021 sur la fiche de paie délivrée le 16 décembre 1991 au recourant. Celui-ci conteste en revanche que l'on puisse en réduire le montant de Fr. 4'800.- à Fr. 4'500.- et fait ainsi valoir un droit à une indemnité complète. Il s'agit clairement d'un différend de nature pécuniaire que le recourant doit porter, conformément aux textes indiqués ci-dessus, devant les tribunaux civils. Le Tribunal administratif doit dans ces conditions constater que le recours échappe à sa compétence et renvoyer le recourant à agir devant le juge civil, selon les voies de la procédure civile ordinaire en fonction de l'importance des conclusions qu'il entend prendre, à l'exclusion des tribunaux de prud'hommes (JT 1991 III 74 et ss, plus spécialement 78).
4. Conformément à la règle de l'art. 55 LJPA, les frais de la présente procédure doivent être mis à la charge du recourant, qui a engagé une procédure devant une autorité incompétente.