# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d7dd6d25-c5c5-51b7-bc2f-77f1de1d088b
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. C._, D._ et E._, nés respectivement en 2005, 2011 et en 2013, sont les enfants de A._ et B._.
B. Les 3 juillet 2017 et 8 septembre 2017, A._ a déposé plaintes pénales à l'encontre de ses voisins, pour injures envers ses enfants notamment. Du rapport de la Gendarmerie du 3 janvier 2016, il ressort que les enfants étaient eux-mêmes injurieux et inconvenants dans leurs comportements, en particulier qu'ils tenaient et adoptaient régulièrement des propos et comportements déplacés, étaient spécialement malhonnêtes et visiblement mal éduqués, précisant qu'à leur avis, des problèmes d'éducation au sein de la famille de A._ et B._ se posaient.
Lors de la séance par-devant la Justice de paix de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) le 20 février 2018, A._ et B._ ont déclaré que leurs enfants étaient harcelés et effrayés par leurs voisins, au point de contrôler que la porte d'entrée de leur appartement était bien verrouillée et de provoquer des problèmes d'énurésie pour les deux cadets, ainsi que des difficultés scolaires pour l'aîné. Ils ont pour le reste déclaré que leurs enfants étaient d'habitude agréables et charitables, que tout se passait bien tant à l'école qu'à la maison, la mère ne travaillant pas et le père étant absent la journée de 6.00 heures à 18.00 heures. Les parents ont en outre déclaré chercher à déménager, les rapports avec les voisins étant devenus si mauvais, de telle façon que le père était inquiet lorsqu'il partait au travail de peur qu'il n'arrive un malheur. Les époux ont délié du secret médical les Dresses F._, G._ et H._ ainsi que le Dr I._.
Le 5 mars 2018, la Dresse F._, pédiatre de D._ et de E._ a rendu son rapport.
Les Dresses G._ et H._, médecin cheffe de clinique et médecin assistante auprès du secteur de psychiatrie et de psychothérapie pour adultes du Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) ont rendu leur rapport concernant A._ le 15 mars 2018.
Le 26 avril 2018, les enseignantes J._, K._ et L._ ont fait parvenir des rapports concernant les enfants C._, D._ et E._ et l'évolution de leur situation scolaire, avec une copie du bulletin scolaire de chacun d'eux. Elles ont également fait part du déroulement des interactions entre enseignantes et parents.
Le Dr I._, médecin traitant de C._, a rendu son rapport le 3 mai 2018, lequel ne constate pas de problèmes particuliers.
C._ et D._ ont été entendus séparément lors de la séance de la Justice de paix le 14 mai 2018. La fillette a fait part de la méchanceté de ses voisins, sans qu'elle ne leur fasse de mal de son côté. Quant à l'aîné, il a déclaré que tout se passait bien, tant à la maison où l'ambiance était bonne, qu'à l'école, que ce soit avec élèves ou la maîtresse. Il a indiqué qu'il n'osait plus se rendre au parc en raison de la présence de ses voisins, faisant état du fait que beaucoup de personnes de l'immeuble l'embêtaient et l'insultaient, ce envers ses frère et sœur également.
Le 22 juin 2018, le Ministère public a rendu une ordonnance de classement dans le cadre de la procédure pénale ouverte par A._ à l'encontre de ses voisins pour injures.
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C. Par décision du 15 mai 2018, la Justice de paix a institué une curatelle éducative, au sens de l'art. 308 al. 1 CC, en faveur des enfants C._, D._ et E._. Elle a confié ce mandat à M._, intervenante en protection de l'enfant auprès du Service de l'enfance et de la jeunesse, et lui a donné pour tâche d'assister les père et mère de ses conseils et de son appui dans la prise en charge des enfants, afin notamment de fixer un cadre éducatif et de leur assurer sécurité et bien-être.
D. Par courrier du 18 juillet 2018, A._ et B._ ont interjeté recours contre cette décision concluant implicitement à son annulation.
E. Invitée à se déterminer sur le recours, la Justice de paix a déposé ses observations le 26 juillet 2018. Elle a implicitement conclu à son rejet.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC), de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).