# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c3f74b88-5a2d-524c-a483-7b581b877b70
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
, que C_ (ci-après : l'intimée) est titulaire du contrat de bail portant sur la location d'un appartement n° _ de cinq pièces situé au sixième étage de l'immeuble sis chemin D_ 8 à Genève;
Que dès décembre 2015, elle a sous-loué une chambre meublée dans cet appartement à B_ (ci-après : l'appelante), contre un loyer de 700 fr. par mois;
Que par la suite, A_ (ci-après : l'appelant), en janvier 2016, ainsi que les enfants du couple, en juillet 2016, ont rejoint l'appelante dans cet appartement;
Que la sous-location s'était alors étendue à la seconde des trois chambres de l'appartement, selon l'intimée, et à tout l'appartement, selon les appelants, pour un loyer total de 1'400 fr. par mois, sur lequel les parties s'accordent;
Que les appelants n'ayant pas réglé ce loyer mensuel, l'intimée leur a demandé de quitter l'appartement à plusieurs reprises;
Que, finalement, en janvier 2017, les appelants ont changé le cylindre de la porte d'entrée de l'appartement à l'insu de l'intimée, prétextant des incursions de cette dernière dans ce logement;
Que l'intimée a été contrainte de se reloger ailleurs dans l'urgence avec son époux;
Attendu que, par requête sur mesures provisionnelles et super-provisionnelles, déposée le 8 mars 2017 au greffe du Tribunal des baux et loyer, l'intimée a conclu à ce qu'il soit ordonné aux appelants de lui rendre l'appartement en cause immédiatement accessible, ainsi qu'à son époux, de même qu'à leur mettre à disposition toutes leurs affaires personnelles et le mobilier leur appartenant;
Que le Tribunal a refusé de prononcer des mesures provisionnelles en urgence avant audition des parties dans le cas d'espèce;
Qu'il les a dès lors entendues en audience du 21 mars 2017;
Que l'appelante a alors prétendu que l'intimée lui avait proposé un bail portant sur l'ensemble de l'appartement, trois jours après son arrivée, pour le loyer de 1'400 fr.;
Qu'elle n'a toutefois produit aucun contrat de bail allant dans ce sens;
Qu'elle a également affirmé n'avoir jamais vu le bail portant sur une seule chambre pour un loyer de 700 fr., tout en confirmant que ce contrat était bien signé de sa main;
Qu'elle a dit avoir changé le cylindre de la porte d'entrée de l'appartement en janvier 2017, après avoir reçu un courrier de l'intimée du 31 janvier 2017 lui donnant un délai au 28 février 2017 pour quitter les lieux;
Qu'elle s'est également plainte que cette dernière et son époux pénétraient sans avertissement dans ce logement;
Que de son côté, l'intimée a confirmé n'avoir sous-loué que deux chambres aux appelants, la troisième étant sa propre chambre à coucher qu'elle avait dit vouloir conserver;
Qu'étant à la retraite, elle résidait souvent chez des amis ou dans sa résidence secondaire en France voisine, mais qu'elle-même et son mari s'étaient réservé un accès illimité à leur appartement;
Que pour le surplus, et cela déjà avant le changement du cylindre de la porte d'entrée par l'appelante, l'intimée et son époux ne pouvaient souvent pas pénétrer dans ledit logement, l'appelante laissant la clé emboîtée dans la serrure de la porte d'entrée;
Qu'à la suite de cette audition, le Tribunal a prononcé le 31 mars 2017 une ordonnance
JTBL/313/2017
sur mesures provisionnelles faisant droit aux conclusions sus-énoncées de l'intimée du 8 mars 2017;
Que cette ordonnance a été communiquée pour notification aux parties par le greffe le 31 mars 2017 et reçue par les appelants le 3 avril 2017;
Attendu que ces derniers ont déposé, le 6 avril 2017, un appel contre cette ordonnance, dont ils ont principalement conclu à l'annulation;
Qu'ils ont en outre, préalablement, conclu à la restitution de l'effet suspensif à leur appel;
Qu'invitée à se déterminer, l'intimée a conclu au rejet de cette requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que l'appel, déposé le 6 avril 2017, a été formé dans le délai légal et selon la forme requise (art. 311 al. 1 et 314 al. 1 CPC); qu'il est ainsi recevable;
Que l'ordonnance querellée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la Présidente ad interim soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
5A_194/2012
du 8 mai 2012 consid. 5.1.1 et 5.1.2);
Que selon la jurisprudence, le préjudice difficilement réparable peut être de nature factuelle; il concerne tout préjudice, patrimonial ou immatériel, et peut même résulter du seul écoulement du temps pendant le procès. Le dommage est constitué, pour celui qui requiert les mesures provisionnelles, par le fait que, sans celles-ci, il serait lésé dans sa position juridique de fond et, pour celui qui recourt contre le prononcé de telles mesures, par les conséquences matérielles qu'elles engendrent; que, saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; qu'elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
138 III 378
consid. 6.3;
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_257/2016
du 6 juillet 2016 consid. 3.1;
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à la pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Qu'en l'espèce, il y a lieu de garantir à l'intimée et à son époux, l'accès à leur logement, dont ils doivent pouvoir conserver la jouissance conférée par le contrat de bail conclu par l'intimée avec la bailleresse principale et dont l'existence n'est pas contestée par les appelants;
Que de leur côté, ces derniers ne peuvent démontrer qu'ils bénéficieraient d'un contrat de sous-location portant sur l'ensemble de cet appartement, et non pas seulement sur deux chambres, contrairement à leurs allégués;
Que par conséquent, les appelants n'étaient pas autorisés à expulser l'intimée de son logement, comme ils l'ont fait en changeant le cylindre de la porte d'entrée;
Qu'ils ont ainsi porté une atteinte grave et causé un préjudice difficilement réparable à l'intimée, qui s'est retrouvée, avec son époux, du jour au lendemain sans accès à leur logement légitime;
Que l'ordonnance querellée ayant précisément pour but de rétablir l'intimée dans la possession de cet appartement, il y a lieu de rejeter les conclusions en restitution de l'effet suspensif à cette ordonnance, telles que formées par lesdits appelants;
Que cette ordonnance sur mesures provisionnelles
JTBL/313/2017
prononcée par le Tribunal le 31 mars 2017 devra ainsi déployer tous ses effets jusqu'à droit connu sur l'appel à son encontre pendant devant la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice.
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