# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 67f5e5b6-7222-57ba-a73a-192adaaefb6a
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_006
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, ressortissant algérien, est arrivé en Suisse le 15 janvier 2013 et a déposé une demande d’asile le lendemain. Cette demande a été rejetée par décision du 23 mai 2013, le requérant étant renvoyé de Suisse et un délai au 18 juillet 2013 lui étant imparti pour quitter la Suisse, faute de quoi il s’exposerait à des moyens de contrainte. Cette décision est entrée en force le 24 juin 2013.
Le 19 février 2013, le Service de la population et des migrants du canton de Fribourg a prononcé à l’encontre du A._ une interdiction de pénétrer dans une région déterminée, soit le centre de la ville de Fribourg, pour une durée d’une année. Cette décision faisait suite à une interpellation le 18 février 2013 pour vol commis au centre-ville de Fribourg.
La police a dénoncé A._ à plusieurs reprises pour séjour illégal et non respect d’une interdiction de pénétrer dans une région déterminée. Par ordonnance pénale du 17 janvier 2014, A._ a été condamné à une peine privative de liberté de 50 jours, sans sursis. Il a fait opposition à cette ordonnance et le dossier à été transmis au juge de police. Par acte d’accusation du 12 mars 2014, A._ se vit reprocher des infractions à la Loi fédérale sur les étrangers et fut renvoyé devant le juge de police de l’arrondissement de la Sarine, le procureur proposant une peine privative de liberté de 100 jours, sans sursis. Il fut mis au bénéfice de l’assistance judiciaire gratuite et Me Sébastien Dorthe lui fut désigné en qualité de défenseur d’office.
Par jugement du 1er juillet 2014, A._ a été reconnu coupable de délits à la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (séjour illégal ; non respect d’une assignation à un lieu de résidence ou interdiction de pénétrer dans une région déterminée) et condamné à une peine privative de liberté de 150 jours, peine partiellement complémentaire à celle du 10 décembre 2013. Les frais pénaux ont été mis à sa charge.
B. A._ a annoncé l’appel le 14 juillet 2014. Il a ensuite adressé une déclaration d’appel motivée à l’autorité de céans le 22 septembre 2014, le jugement rédigé lui ayant été notifié le 1er septembre 2014. Il conclut à ce que, son recours étant admis, le jugement attaqué soit annulé et à ce qu’il soit renoncé à prononcer une peine à son encontre, les frais étant mis à la charge de l’Etat. Il conclut également à ce qu’il soit mis au bénéfice de l’assistance judiciaire totale avec effet au 1er septembre 2014. Il allègue qu’il est algérien, de langue maternelle arabe, avec des connaissances sporadiques du français oral et qu’il ne sait pas lire. Il affirme qu’il avait compris qu’il devait quitter la Suisse, mais sans connaître les détails et l’ampleur de la décision du 23 mai 2013, et qu’il en allait de même de la décision rendue le 19 février 2013 par le SpoMi, de sorte que, ne comprenant pas entièrement les décisions rendues, il ne pouvait les respecter. Compte tenu de ces faits, le recourant estime que le juge de police a violé les règles concernant la fixation de la peine puisqu’il n’en a pas tenu compte et qu’il a retenu les antécédents qu’on ne saurait lui reprocher puisqu’il n’a pas compris les décisions. Il en va de même du pronostic favorable pour l’octroi du sursis. Enfin, le recourant reproche au premier juge de n’avoir pas renoncé à lui infliger une peine en application des art. 115 et 119 LEtr puisqu’il a exprimé son souhait de quitter la Suisse et que, s’il n’a pas respecté l’ordre public suisse, c’est involontairement en raison de ses connaissances sporadiques du français et de son illettrisme.
C. Par courrier du 1er octobre 2014, le Ministère public a fait savoir qu’il ne présentait ni demande de non-entrée en matière ni appel-joint.
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Les 27 octobre 2014 et 4 novembre 2014, le recourant et le Ministère public ont consenti à ce que l’appel soit traité dans le cadre d’une procédure écrite. Le recourant a déclaré que la motivation figurant à l’appui de sa déclaration d’appel valait mémoire motivé.
Par courrier du 24 novembre 2014, le Ministère public a renoncé à se déterminer sur la déclaration d’appel. Le 25 novembre 2014, le Juge de police de l’arrondissement de la Sarine a fait savoir qu’il n’avait pas de remarques à formuler sur la déclaration d’appel et s’est référé aux motifs de son jugement.
Me Sébastien Dorthe a produit sa liste de frais le 2 décembre 2014.

## Considerations

en droit
1. a) Le recourant, qui a été condamné en première instance et qui a donc un intérêt juridiquement protégé à l’annulation du jugement du 1er juillet 2014, a la qualité pour recourir contre celui-ci (art. 382 al. 1 et 104 al. 1 lit. a CPP).
b) Le recourant a valablement annoncé l’appel au Juge de police dans les dix jours à compter de la notification du jugement (art. 399 al. 1 et 384 lit. a CPP), le dispositif du jugement lui ayant été notifié le 2 juillet 2014 et A._ ayant annoncé son appel le lundi 14 juillet 2014. Dès notification du jugement rédigé le 1er septembre 2014, le recourant a formé en temps utile, soit dans les vingt jours, sa déclaration d’appel à l’autorité de céans (art. 399 al. 2 CPP). Il a déclaré attaquer le jugement condamnatoire uniquement sur la quotité de la peine prononcée.
c) L’appel étant dirigé contre un jugement rendu par le juge de police et des débats ne paraissant pas nécessaires, le Président de la Cour de céans a proposé aux parties que l’appel soit traité en procédure écrite (406 al. 2 CPP), ce que les parties ont accepté par lettres des 27 octobre 2014 et 4 novembre 2014.
d) Le recourant a requis le bénéfice de l’assistance judicaire totale pour la procédure d’appel. Celle-là lui a été accordée par le Juge de police et elle s’étend également à la procédure d’appel. La conclusion tendant à l’octroi de l’assistance judicaire est ainsi sans objet.
2. a) Le recourant motive son appel par le fait qu’il ne comprenait pas le français ni ne le lisait, et qu’il n’avait ainsi pas compris les interdictions qui lui avaient été faites, qu’il ne « connaissait pas les détails et l’ampleur de la décision du 23 mai 2013, ni les conséquences du non-respect de cette décision ». Il estime que, ne comprenant pas entièrement les décisions qui avaient été rendues, il ne pouvait les respecter. Si cet argument n’avait pas été relevé lors de l’opposition à l’ordonnance pénale, où seuls un excès de sévérité dans la mesure de la peine et une absence d’antécédents avaient été mentionnés (DO 50 2014/5 p. 10005), il l’avait déjà été devant le juge de première instance, dès la demande d’assistance judicaire et d’interprète du 21 mai 2014 (DO 50 20144/89 p. 35).
Lors de l’audience du Juge de police du 1er juillet 2014, A._ a déclaré qu’il avait demandé l’asile normal, mais qu’on ne l’avait pas accepté pour l’asile et qu’on lui avait donné un papier blanc et une petite place à la Poya pour dormir. A la question de savoir ce qu’il devait faire si l’asile n’était pas accepté, il a répondu « Je quitte ce pays » et, à celle de savoir pourquoi il ne l’avait pas fait, « Je cherchais un travail pour pouvoir quitter ce pays, parce que je n’avais pas d’argent » (DO 50 2014/89 p.63). Il ressort de ces déclarations que le recourant avait compris que sa demande d’asile avait été rejetée et qu’il devait en conséquence quitter la Suisse. Le fait qu’il n’ait peut-être
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pas compris les conséquences précises d’un non-respect de cette décision ne change rien au fait que le recourant savait qu’il devait quitter la Suisse.
S’agissant de l’interdiction de pénétrer dans le centre ville de Fribourg, le recourant a déclaré lors de l’audition administrative du 19 février 2013 qu’il fréquentait la région de Fribourg centre parce qu’il voulait acheter, mais qu’il n’avait pas d’argent. Après qu’on lui ait expliqué qu’on envisageait de lui interdire de se rendre au centre ville, il a déclaré qu’il voulait « seulement aller là-bas pour marcher et pas pour voler ». La décision d’interdiction de périmètre lui a alors été notifiée (DO 50 2014/89 p. 44). Il n’a pas non plus prétendu qu’il ne comprenait pas lors de l’audition du 8 avril 2013, mais a indiqué qu’il voulait aller à Lausanne et qu’il n’avait été qu’une seule fois à la gare de Fribourg par le bus n° 1, sans billet (DO 50 2014/89 p. 45). Le recourant avait ainsi clairement compris qu’il n’avait pas le droit de se rendre au centre ville de Fribourg.