# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2d3886d6-45d1-4125-92e5-7f96a4d8a97a
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2002
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. X._ SA, société active dans les études et réalisations dans le domaine électronique, ainsi que la commercialisation de tout matériel en liaison avec ce domaine, a déposé le 13 novembre 2001 deux formulaires de préavis de réduction de l'horaire de travail, l'un pour la période du 19 au 23 novembre 2001, l'autre pour celle du 17 au 21 décembre 2001. Il y était indiqué que ces réductions devaient être introduites pour toute l'entreprise, que le seul travailleur qu'elle employait par le biais d'un contrat de travail de durée déterminée était touché par cette réduction de l'horaire de travail et que le temps probable de la perte de travail était de 25 %. A ce formulaire était jointe une lettre explicative précisant que la requérante avait eu initialement un contrat de mandat avec une société tierce, Y._ SA, que ce dernier avait été périodiquement renouvelé, que la société avec laquelle X._ SA était en relation d'affaires avait enregistré une baisse importante dans son carnet de commandes et décidé de fermer durant les semaines du 19 au 23 novembre et 17 au 21 décembre 2001 et que le chiffre d'affaires mensuel était d'environ 14'000 fr. La requérante a encore ajouté que la société avec laquelle elle était en relation d'affaires réalisait un chiffre d'affaires annuel de plus de quatre cents millions de francs, qu'elle était un leader mondial dans le domaine "machines-outils électro-érosion" qui avait présenté une croissance annuelle de plus de 5 % ces dernières années si bien que, sauf récession généralisée, on pouvait espérer que la baisse actuelle n'était que passagère. A cette occasion, X._ SA a également produit un extrait du registre du commerce de Nyon duquel il ressort que A._ était administrateur unique de cette société avec signature individuelle.
B. Par décision du 19 novembre 2001, le Service de l'emploi, Instance juridique chômage, a fait opposition au paiement de l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail en se fondant sur l'art. 31 al. 3 let. c de la loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité du 25 juin 1982 (LACI) puisque l'indemnité avait été requise par A._, directeur de X._ SA disposant de la signature individuelle. A._, pour X._ SA, a manifesté son opposition à la décision précitée par pli du 18 décembre 2001 adressé le lendemain au Service de l'emploi. Il y relève qu'il est effectivement le seul employé de X._ SA, qu'étant spécialisé dans le domaine de l'électro-érosion qui concernait deux entreprises en Suisse, une en Espagne et deux au Japon, il avait obtenu un contrat de mandat avec condition d'exclusivité de la société Y._ SA et que s'il n'obtenait plus de mandats de cette dernière société, il ne pouvait plus exercer dans ce domaine pendant un an. Il a donc sollicité la révision de la décision litigieuse en insistant sur le fait qu'il payait une cotisation de chômage de 3 % et a informé le Service de l'emploi que la direction de Y._ SA lui avait fait part de l'introduction d'une période de chômage à temps partiel de 50 % de janvier à mars 2002, si bien qu'il allait déposer une demande d'indemnisation pour cette nouvelle période.
Par pli du 4 janvier 2002, le Service de l'emploi a informé X._ SA que les motifs précités ne lui permettaient pas de modifier sa décision du 19 novembre 2001 et que sa correspondance du 18 décembre 2001 était transmise au Tribunal administratif, autorité de recours compétente.
D. X._ SA a déposé le 7 janvier 2002 un nouveau préavis de réduction de l'horaire de travail pour la période du 4 janvier au 28 mars 2002, avec mention d'une perte de travail probable de 50 %. Elle a expliqué dans une des lettres d'accompagnement de la même date que cette réduction était due au chômage partiel à 50 % pour les trois premiers mois de l'année 2002 de sa contractante exclusive Y._ SA.
Par décision du 17 janvier 2002, le Service de l'emploi a fait opposition au versement de l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail pour cette nouvelle période pour les mêmes motifs que ceux déjà présentés à l'appui de la décision du 19 novembre 2001. X._ SA n'a pas recouru contre cette décision.
E. Le Service de l'emploi a transmis son dossier et sa réponse au recours au tribunal de céans le 25 janvier 2002. Il y relève que les éléments contenus dans la lettre de X._ SA du 18 décembre 2001 ne lui permettaient pas de modifier sa décision et que A._ ne pouvait pas bénéficier d'indemnités en cas de réduction de l'horaire de travail dès lors qu'il faisait partie des personnes qui fixaient les décisions prises par l'employeur.
La recourante n'a pas déposé d'observations complémentaires dans le délai imparti à cet effet.
F. Le Tribunal administratif a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit:
1. Déposé dans le délai de trente jours fixé à l'art. 103 al. 3 LACI, le recours, formé en temps utile, est au surplus recevable en la forme (art. 103 al. 6 LACI; 31 LJPA).
2. Le présent recours porte uniquement sur la décision négative du Service de l'emploi du 19 novembre 2001 relative aux périodes du 19 au 23 novembre et 17 au 21 décembre 2001. X._ SA n'a en effet pas recouru contre la décision négative du 17 janvier 2002 refusant le versement d'indemnités en cas de réduction de l'horaire de travail pour le premier trimestre 2002.
a) Selon l'art. 31 al. 3 let. c LACI, n'ont pas droit à l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail (RHT) les personnes qui fixent les décisions que prend l'employeur - ou peuvent les influencer considérablement - en qualité d'associé, de membre d'un organe dirigeant de l'entreprise ou encore de détenteur d'une participation financière à l'entreprise.
En écartant ainsi du cercle des ayants droit aux prestations de RHT les travailleurs dont la situation dans l'entreprise est analogue à celle d'un employeur, le législateur entendait prévenir un risque d'abus (v. FF 1980 III p. 497), par exemple des certificats de complaisance, des codécisions ou coresponsabilités dans l'introduction de l'horaire réduit (cf Gerhards, Kommentar zum Arbeitslosenversicherungsgesetz, Berne et Stuttgart 1988, t. I, no 43 ad 31 LACI; Saviaux, Les rapports de travail en cas de difficultés économiques de l'employeur et l'assurance chômage, thèse, Lausanne, 1993, p. 217). C'est pourquoi le droit à l'indemnité des personnes mentionnées à l'art. 31 al. 3 LACI est absolument exclu (cf ATF 122 V 270; ATF 113 V 74, références citées).
Le tribunal de céans a rappelé, conformément à la pratique du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), que, pour déterminer si un assuré exerce une influence sur les décisions de l'employeur, les circonstances propres à chaque cas doivent être examinées. En règle générale, il convient de considérer les personnes qui ont un droit de signature individuelle ou dont la participation dans l'entreprise s'élève à 20 % ou plus, comme personnes exerçant une influence sur les décisions de l'employeur. L'appartenance d'un travailleur à l'organe supérieur de décision de l'entreprise (Conseil d'administration ou direction) permet à priori de conclure à l'existence d'une situation analogue à celle d'un employeur (arrêt TA PS 99/0019 du 31 août 1999 et les références citées).
b) De plus, et toujours d'après la jurisprudence, un travailleur qui jouit d'une situation professionnelle comparable à celle d'un employeur n'a pas droit à l'indemnité de chômage (art. 8 ss LACI) lorsque, bien que licencié formellement par une entreprise, il continue à fixer les décisions de l'employeur ou à influencer celles-ci de manière déterminante. Dans le cas contraire, en effet, on détournerait par le biais des dispositions sur l'indemnité de chômage la réglementation en matière d'indemnités en cas de réduction de l'horaire de travail, en particulier l'art. 31 al. 3 let c LACI (TFA arrêt du 6 juillet 2001, référence C 291/99 Tn; TFA arrêt du 28 mars 2001 publié in DTA 2001 no 25 p. 218 et les références citées). Ainsi et par exemple, l'administrateur qui est en même temps salarié d'une société anonyme et qui est titulaire de la signature collective à deux, doit être considéré comme appartenant au cercle des personnes visées par l'art. 31 al. 3 let c LACI, quelle que soit l'étendue de la délégation des tâches et le mode de gestion interne de la société et nonobstant le fait que le président du Conseil d'administration détienne 90% des actions et dispose quant à lui, de la signature individuelle (TFA, arrêt du 6 juillet 2001 précité). Notre Haute Cour considère ainsi qu'il existe un étroit parallélisme entre le droit à l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail et le droit à l'indemnité de chômage. La situation est en revanche différente quand le salarié, se trouvant dans une position assimilable à celle de l'employeur, quitte définitivement l'entreprise en raison de la fermeture de celle-ci; en pareil cas, on ne saurait parler d'un comportement visant à éluder la loi. Il en va de même lorsqu'une entreprise continue d'exister mais que le salarié, par suite de résiliation de son contrat, rompt définitivement tous liens avec la société. Dans un cas comme dans l'autre, l'intéressé peut en principe prétendre des indemnités (TFA arrêt du 6 juillet 2001, référence C 291/99 Tn, DTA 2001, no 25 p. 18 et les références citées).
c) En l'espèce, le texte même de l'art. 31 al. 3 let. c LACI, empêche X._ SA, donc A._, de pouvoir bénéficier des indemnités en cas de réduction de l'horaire de travail. La recourante se résume en effet dans les faits à la seule personne de A._ qui occupe la fonction de directeur avec signature individuelle, comme en atteste l'extrait du registre du commerce figurant au dossier. Cette situation est confirmée par les préavis de réduction de l'horaire de travail figurant au dossier et ayant entraîné la décision litigieuse, puisqu'il y est clairement indiqué que X._ SA n'emploie qu'une seule personne. A._, pour X._ SA, l'a également expressément indiqué dans sa correspondance du 18 décembre 2001 adressée au Service de l'emploi et traitée comme un recours. Les indemnités requises le sont donc par le directeur et l'unique employé de X._ SA.
3. Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. Conformément à l'art. 103 al. 4 LACI, les frais sont laissés à la charge de l'Etat. Il n'est pas alloué de dépens (art. 55 LJPA).