# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6b00c6ce-5850-5b57-8178-a9b308f67686
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. C._, né en 2007, est le fils de A._ et de B._. Depuis février 2007, C._ est au bénéfice d’une tutelle de mineur au sens de l’art. 368 aCC, respectivement au sens des art. 327a à 327c CC. Le 27 août 2012, une cotutelle a été instituée en faveur de sa sœur D._, née en 2012 (DO 6 ss, 105 ss, 301 ss).
Dans le cadre de son rapport annuel 2015, le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ) a proposé de placer C._ pendant trois mois à la Fondation Transit en raison de la péjoration de son comportement, notamment de faits de violence à l’égard de ses camarades et d’adultes, et de placer temporairement D._ auprès de l’institution Le Bosquet dans le but de les protéger des conditions de vie qu’ils ont chez leurs parents (DO 309 ss).
B. Par décision du 21 mars 2016, la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (: la Justice de paix) a placé avec effet immédiat C._, pour une observation de 3 mois, au sein de la Fondation Transit, et D._, pour une durée indéterminée, au sein du secteur socio-éducatif de l’Association Le Bosquet. En outre, les parents ont été privés du droit de déterminer le lieu de résidence de leurs enfants pendant la durée du placement (DO 367 ss).
C. Par décision de la Justice de paix du 15 juin 2016, les placements ont été maintenus, pour C._ jusqu’au 8 juillet 2016 et pour D._ pour une durée indéterminée. Le retrait du droit de A._ et de B._ de déterminer le lieu de résidence de leurs enfants a également été maintenu. De plus, mission a été donnée au curateur d’explorer toutes les pistes possibles qui permettraient de réunir les deux enfants au sein d’une même institution ou famille d’accueil, de présenter, dans les meilleurs délais, une solution à la Justice de paix et, dans tous les cas, de veiller à ce que C._ puisse poursuivre son placement, dès le 9 juillet 2016, dans une institution adaptée à ses besoins (DO 437 ss).
Par courriel du 23 juin 2016, E._, intervenant en protection de l’enfant auprès du SEJ et curateur de C._ et de D._, a informé la Justice de paix qu’une place avait été trouvée auprès du Foyer F._, pour accueillir C._ à partir du 11 juillet 2016 et que D._ pourrait y rejoindre son frère dès qu’une nouvelle place se libérerait (DO 455).
Les 24 et 30 juin et 3 juillet 2016, G._, curatrice auprès du Service des curatelles H._ et I._ en charge des affaires administratives et financières de C._ et D._, a indiqué à la Juge de paix que A._ et B._ s’opposent au placement de leur fils au Foyer F._, estimant que la structure est trop grande; elle a précisé qu’une petite structure serait effectivement préférable pour C._ mais qu’aucune autre solution de placement n’a pu actuellement être trouvée. Les parents voient également un problème dans le fait que M. J._, auprès de qui est placée K._, fille aînée de A._, travaille au Foyer F._ (DO 460, 473, 480).
Les 27 et 30 juin 2016, E._, a exposé qu’il n’y a pour l’heure pas d’autre place disponible pour accueillir C._, hormis celle du Foyer F._, lequel est également prêt à accueillir sa sœur avant son entrée à l’école. De plus, il a relevé que la poursuite du placement de C._ à la Fondation Transit présenterait peu de stabilité pour l’intéressé car elle accueille en principe des enfants de passage. S’agissant d’un éventuel placement extra-cantonal, E._ a déclaré que cette solution n’était pas envisageable (DO 462 et 475).
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Par courriel du 30 juin 2016, la Fondation Transit a confirmé que C._ pouvait y demeurer jusqu’à son placement dans une autre institution, étant relevé que cette éventuelle prolongation de placement devrait être la plus courte possible, pour le confort de l’intéressé (DO 477).
Le 4 juillet 2016, la Fondation Transit a transmis à la Justice de paix son rapport d’évaluation du 30 juin 2016 concernant C._. Elle a préconisé la poursuite d’une mesure de placement afin que l’enfant puisse se construire et se développer dans un climat sécurisant que son contexte familial ne garantit pas (DO 482 ss).
Le 4 juillet 2016, A._ et B._, tous deux assistés par leur avocat, ainsi que E._, ont comparu devant la Justice de paix. Lors de cette séance, le curateur a en particulier confirmé qu’une place pour C._ est disponible au Foyer F._ et que sa sœur pourrait le rejoindre avant son entrée à l’école. Les parents ont quant à eux confirmé, sans être contre le principe du placement, qu’ils s’opposent au placement de leur fils au Foyer F._ en raison du fait qu’il n’est pas adapté et que M. J._ y travaille. Selon eux, leur fils devrait rester à la Fondation Transit en attendant de trouver une structure plus petite. En outre, ils se sont montrés favorables à un placement extra-cantonal. Le père a par ailleurs émis l’idée que son frère puisse œuvrer en qualité de famille d’accueil pour C._ et D._. Ni A._, ni le curateur n’avaient toutefois entendu parler de cette éventualité auparavant (DO 492 ss).
Le 4 juillet 2016, la Juge de paix a entendu C._, lequel a déclaré qu’il était déjà au courant du fait qu’il allait être placé au Foyer F._ mais qu’il préfèrerait être dans une famille d’accueil (DO 500).
D. Par décision du 4 juillet 2016, la Justice de paix a maintenu le placement de C._ auprès de la Fondation Transit jusqu’au 17 juillet 2016, et l’a placé, dès le 18 juillet 2016 et pour une durée indéterminée, au sein du Foyer F._. De plus, E._ a été chargé d’informer la Justice de paix dès qu’une place au Foyer F._ se sera libérée pour accueillir D._. Il a également été chargé de continuer à explorer toutes les autres pistes possibles qui permettraient de réunir les deux enfants au sein d’une même institution ou d’une famille d’accueil. De surcroît, l’autorité intimée a privé les parents du droit de déterminer le lieu de résidence de C._ pendant la durée du placement. En outre, la Justice de paix a retiré l’effet suspensif à un éventuel recours (DO 503 ss).
E. Par mémoire du 11 juillet 2016, les parents ont recouru contre cette décision, concluant, avec suite de dépens, à ce qu’elle soit annulée, ordre étant donné au SEJ d’investiguer les possibilités de placement des enfants auprès des familles des frères du père des enfants, respectivement auprès d’institutions adaptées en dehors du canton de Fribourg, en particulier du canton de Vaud. En outre, ils ont sollicité la restitution de l’effet suspensif au recours.
Par arrêt du 14 juillet 2016, la Présidente de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte a rejeté la requête de restitution de l’effet suspensif.
Invitée à se déterminer sur le recours, la Juge de paix a conclu le 14 juillet 2016 à son rejet et à la confirmation de sa décision.
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## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).
c) En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions du code de procédure civile (CPC) s'appliquent par analogie (art. 450f CC).