# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2a186447-7800-4eb7-964a-5ed52317d857
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
X._, ressortissant turc né en Suisse le 26 avril 1980, est titulaire d’une autorisation d’établissement délivrée par les autorités fribourgeoises. Il a épousé Y._, une compatriote née *************** le 26 août 1983 qui a bénéficié d’une autorisation de séjour par regroupement familial jusqu'au 11 octobre 2012. De cette union est né Z._ le 5 novembre 2009, lequel est également titulaire d’une autorisation d’établissement.
A une date indéterminée, X._ a introduit une demande de naturalisation sur laquelle l'autorité compétente n'a pas encore statué à ce jour.
B.
X._ s’est rendu coupable de plusieurs infractions. Il a notamment été condamné à plusieurs reprises pour violation des règles de la circulation routière : le 9 mars 2000, à une peine d’emprisonnement de 5 jours avec sursis et à une amende de 600 fr ; le 22 février 2001 à une peine d’emprisonnement de 10 jours avec sursis et à une amende de 500 fr ; le 8 novembre 2002 à une peine d’emprisonnement de 10 jours avec sursis et à une amende de 600 fr.
X._ s’est également vu infliger le 27 janvier 2006 par le Tribunal correctionnel de La Côte à Nyon une peine de 4 ans de réclusion pour infraction et contravention à la loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup; RS 812.21). Il a fait l’objet d’une libération conditionnelle le 13 novembre 2006 moyennant un délai d’épreuve de quatre ans, une assistance de probation ainsi que des règles de conduite.
C.
Le 1
er
octobre 2011, X._ a quitté Bulle/FR pour s’installer à Morges/VD avec sa famille. Il a annoncé son arrivée le 27 octobre 2011 au bureau des étrangers de la ville de Morges, lequel a transmis sa demande de changement de domicile aux autorités cantonales.
Par décision du 14 mai 2012, le Service de la population (SPOP) a refusé le changement de canton de la famille XY._.
Par arrêt du 14 janvier 2013 (PE.2012.0231), la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) a rejeté le recours déposé par X._ et confirmé la décision attaquée.
Par arrêt du 30 mai 2013 (2D_7/2013), le Tribunal fédéral (TF) a rejeté, dans la mesure où il était recevable, le recours constitutionnel subsidiaire interjeté par X._ à l'encontre de l'arrêt de la CDAP.
D.
Le 10 juillet 2013, X._ a sollicité du SPOP le réexamen de sa décision du 14 mai 2012. Il a en particulier fait valoir que son épouse et lui-même exerçaient désormais une activité lucrative. Ils avaient en effet tous deux été engagés pour un travail à plein temps au 1
er
septembre 2012 par le café-restaurant 1.************** à 2.************, dont ils avaient même repris l'exploitation, créant en mars 2013 une société à responsabilité limitée dont ils étaient les employés. Il a également invoqué le fait que les actes délictueux pour lesquels il avait été condamné pénalement remontaient à presque dix ans et que son comportement était depuis lors irréprochable.
E.
Par décision du 18 juillet 2013, le SPOP a déclaré la demande de considération irrecevable, subsidiairement l'a rejetée, et maintenu à l'égard de X._, Y._ et Z._ le délai au 24 juillet 2013 qui leur avait été imparti pour quitter le canton.
F.
Par acte du 19 août 2013, X._ a interjeté recours auprès de la CDAP contre la décision précitée, concluant principalement à la réforme de la décision attaquée en ce sens que le changement de canton en sa faveur et celle de Y._ et Z._ est accordé, subsidiairement à son annulation.
L'autorité intimée a produit son dossier.
G.
Le tribunal a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Lorsque, comme en l'espèce, l'autorité saisie d'une demande de réexamen refuse d'entrer en matière, un recours ne peut porter que sur le bien-fondé de ce refus (cf. ATF 126 II 377 consid. 8d p. 395; voir aussi arrêts 2C_172/2013 du 21 juin 2013 consid. 1.4; 2C_504/2013 du 5 juin 2013 consid. 3).
2.
a) Aux termes de l'art. 64 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), une partie peut demander à l'autorité de réexaminer sa décision (al. 1). L'autorité entre en matière sur la demande si l'état de fait à la base de la décision s'est modifié dans une mesure notable depuis lors (al. 2 let. a) ou si le requérant invoque des faits ou des moyens de preuve importants qu'il ne pouvait connaître lors de la première décision ou dont il ne pouvait pas ou n'avait pas de raison de se prévaloir à cette époque (al. 2 let. b). Les faits et les moyens de preuve invoqués doivent être "
importants
", soit de nature à modifier l'état de fait à la base de l'acte attaqué et à aboutir à un résultat différent en fonction d'une appréciation juridique correcte (cf. arrêt PE.2013.0176 du 2 juillet 2013 consid. 2a, et la référence citée). Le réexamen de décisions administratives entrées en force ne doit pas être admis trop facilement. Il ne saurait en particulier servir à remettre sans cesse en cause des décisions exécutoires ou à détourner les délais prévus pour les voies de droit ordinaires. Le droit des étrangers n'échappe pas à cette règle (cf. ATF 136 II 177 consid. 2.1; voir aussi arrêts 2C_172/2013 du 21 juin 2013 consid. 4.1; 2C_349/2012 du 18 mars 2013 consid. 4.2.1).
b) Le recourant invoque, à l'appui de sa demande de réexamen, le fait que son épouse et lui-même exercent désormais une activité lucrative. Il relève qu'ils ont en effet tous deux été engagés pour un travail à plein temps au 1
er
septembre 2012 par le café-restaurant 1.************** à 2.************, dont ils ont même repris l'exploitation, créant en mars 2013 une société à responsabilité limitée dont ils sont les employés. Il fait également valoir que les actes délictueux pour lesquels il a été condamné pénalement remontent à presque dix ans et que son comportement est depuis lors irréprochable. Ces faits ne sont néanmoins pas nouveaux. La CDAP et le Tribunal fédéral ont en effet déjà tenu compte tant de la prise d'une activité lucrative par le recourant et son épouse que du temps écoulé depuis les faits reprochés ainsi que du comportement adopté par l'intéressé depuis sa condamnation pénale. Comme l'a relevé le Tribunal fédéral, ces deux derniers éléments ne suffisent pas à compenser la gravité des actes délictueux reprochés au recourant, qui a été condamné à quatre ans de réclusion pour infraction à la législation sur les stupéfiants, ce qui représente une atteinte très grave à la sécurité et à l'ordre publics (cf. arrêt précité 2D_7/2013 consid. 5.3).
Le fait que, ainsi que le relève l'intéressé dans son recours, son fils soit inscrit au sein d'une structure d'accueil préscolaire à Morges depuis le 1
er
août 2013 et que son épouse ait décidé d'entreprendre des études à l'Université de Lausanne à partir de septembre 2013 constituent certes des circonstances nouvelles. On ne saurait cependant les qualifier d'importantes au sens de l'art. 64 al. 2 let. a LPA-VD. Au vu de l'intérêt public à l'éloignement du recourant, qui a commis de graves infractions, ces éléments ne sont en effet pas de nature à aboutir à un résultat différent de celui retenu dans la décision dont l'intéressé demande le réexamen. Il convient au surplus de rappeler que le simple écoulement du temps et une évolution normale de l'intégration en Suisse, en l'occurrence dans le canton de Vaud, n'entraînent pas une modification des circonstances de nature à admettre une demande de reconsidération (cf. ATF 2A.7/2004 du 2 août 2004 consid. 1; voir aussi PE.2013.0201 du 29 juillet 2013 consid. 1b).
Faute d'éléments nouveaux et importants, c'est à juste titre que l'autorité intimée n'est pas entrée en matière sur la demande de réexamen déposée par le recourant, en sa faveur, celle de son épouse et de son fils.
3.
Manifestement mal fondé, le recours doit être rejeté et la décision attaquée, confirmée, sans qu'il soit nécessaire de procéder à un échange d'écritures (art. 82 LPA-VD). Succombant, le recourant supporte les frais de justice. Il n'est pas alloué de dépens (art. 49, 55, 91 et 99 LPA-VD).