# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 41f40b0f-0ef1-4d2b-a254-1e95ec84a068
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_002
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

En fait :
A.
Par jugement du 20 octobre 2016, dont la motivation a été envoyée pour notification aux parties le 10 février 2017, le Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne a dit que le demandeur B._ n'était pas le débiteur des défenderesses A.H._ et A._ et ne leur devait pas paiement d'un montant de 100'000 fr., plus intérêts à 5% l'an dès le 5 mai 2010 (I), a constaté que la poursuite n° [...] de l'Office des poursuites du district de l'Ouest lausannois était dénuée de tout fondement (II), a arrêté les frais de justice à 8'054 fr. pour A.H._ et A._, solidairement entre elles (III), a dit que A.H._ et A._ étaient les débitrices, solidairement entre elles, de B._ et lui devaient 6'000 fr. à titre de dépens (IV), a fixé l'indemnité de Me Tony Donnet-Monay, conseil d'office du demandeur B._, à 5'506 fr. 40, débours et TVA inclus, pour la période du 24 juin 2014 au 12 octobre 2016 (V), et a dit que le bénéficiaire de l'assistance judiciaire était, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenu au remboursement de cette indemnité, mise à la charge de l'Etat (VI).
Les premiers juges avaient à juger la validité d’une reconnaissance de dette qui aurait été signée par le demandeur en faveur de son épouse B.H._ le jour de l’audience de leur divorce et qui ne mentionnait pas la cause de l’obligation. Ils ont considéré en substance que le fondement de la créance alléguée par les défenderesses – héritières de feu B.H._ – devait être considéré comme relevant du régime matrimonial, cela même si la dissolution de celui-ci rétroagissait au jour du dépôt de la procédure de divorce, puisque l’ensemble des versements opérés par feu B.H._ en faveur du demandeur, dont se prévalaient les défenderesses et qui figuraient sur les extraits bancaires produits, avaient eu lieu durant le mariage de demandeur et de la défunte. Les juges ont ajouté à cet égard que le fait que la mention « pour solde de tout compte et de toute prétention » ne figure pas dans le jugement de divorce rendu le 25 juin 2010 ne signifiait pas que le régime matrimonial n'avait pas été dissous et liquidé et qu'il fallait au contraire considérer qu'il s'agissait d'une inadvertance du Tribunal. Les magistrats en ont conclu qu'il n'existait plus aucune dette à faire valoir contre le demandeur au titre de liquidation du régime matrimonial, le contraire n'ayant en tout cas pas été établi.
Par surabondance, les premiers juges ont retenu, sur la base d’un rapport d’expertise en écriture, qu'il était possible que la défunte ait été en mesure de contrefaire la signature du demandeur, puisqu’elle s’occupait de toutes les démarches administratives et financières du couple. Ils ont par ailleurs relevé qu’il était troublant de constater que le montant de la reconnaissance de dette contestée était presque identique au montant de la prévoyance professionnelle auquel le demandeur aurait eu droit en cas de partage par moitié de celle-ci et qu’il était ainsi probable que la défunte ait écrit et signé ce document pour le cas où le juge du divorce aurait refusé la renonciation au partage des avoirs LPP et l’aurait obligée à « céder » la somme de 100'000 fr. au demandeur. En conséquence, le Tribunal a considéré que les défenderesses n'avaient pas apporté suffisamment d'éléments prouvant que le demandeur avait bien signé la reconnaissance de dette litigieuse.
Pour ces motifs, les premiers juges ont admis l'action en libération de dette du demandeur.
B.
Par acte du 15 mars 2017, A.H._ et A._ ont interjeté appel contre le jugement précité, en concluant, avec suite de frais et dépens de première et de deuxième instance, à sa réforme en ce sens que l’action en libération de dette introduite par B._ soit rejetée, B._ étant reconnu le débiteur de A.H._ et A._ et leur devant immédiat paiement d’un montant de 100'000 fr., plus intérêt à 5% l’an dès le 24 décembre 2011, libre cours étant définitivement laissé à la poursuite n
o
[...] de l’Office des poursuites du district de l’Ouest lausannois dirigée contre B._.
L’intimé B._ a déposé sa réponse le 6 juin 2017, en concluant au rejet de l’appel, avec suite de frais et dépens. Il a requis le bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure d’appel.
C.
La Cour d'appel civile retient les faits pertinents suivants, sur la base du jugement complété par les pièces du dossier :
1.
B._ et B.H._ se sont mariés le [...] 2001, à [...] (VD). Au vu des difficultés de B._ en français lors de son arrivée en Suisse, B.H._ effectuait elle-même toutes les démarches administratives et financières liées au couple. Il ressort des relevés bancaires périodiques de celle-ci que, de 2006 à février 2010, elle a effectué des versements en faveur de son époux, pour un montant total de 320'218 fr. 45. Quant à celui-ci, il travaillait en qualité de plâtrier/peintre en bâtiment, son certificat de salaire pour l'année 2010 faisant état d'un salaire annuel net de 47'502 francs.
2.
En 2006, alors qu’elle était âgée de 53 ans, B.H._ a décidé de déménager en Italie, pays dans lequel elle n'avait jamais vécu auparavant. Elle a donc quitté son emploi au service des sinistres de la compagnie d'assurances [...], dont elle était satisfaite, et qu'elle occupait depuis plusieurs années, pour s'installer chez ses parents, dans la campagne lombarde, à [...].B._ est quant à lui resté en Suisse. Après avoir quitté son employeur, B.H._ a perçu, le 10 octobre 2006, la somme de 453'017 fr. de l'assurance [...].
3.
Les époux ont saisi le président du Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne d'une requête commune en divorce du 29 janvier 2010 et ont produit une convention réglant l'ensemble des effets accessoires du divorce.
4.
Dans une lettre écrite par B._ à B.H._ le 31 janvier 2010, celui-ci exprime des regrets quant à son comportement et mentionne à plusieurs reprises qu'il lui versera 500 fr. par mois, mais n'explique pas à quel titre.
5.
L'audience de jugement de divorce s'est tenue le 5 mai 2010 en présence des parties, non assistées. Celles-ci ont renoncé à leur audition séparée et ont confirmé que c'était après mûre réflexion et de leur plein gré qu'elles avaient conclu au divorce et signé la convention qui en réglait les effets. Le jugement de divorce a été rendu le 25 juin 2010, sa teneur étant la suivante :
1. B._, né le [...] 1975, ressortissant de Serbie et Monténégro, et B.H._, née [...] le [...] 1952, de nationalité suisse, se sont mariés le [...] 2001 à [...] VD.
Aucun enfant n'est issu de cette union.
2. Les époux ont saisi le président du tribunal de céans par une requête commune du 29 janvier 2010 tendant au divorce et à la ratification de la convention du même jour qui en règle les effets, laquelle est reproduite dans le dispositif du présent jugement.
Les requérants ont été entendus ensemble à l'audience de jugement qui s'est tenue le 5 mai 2010. IIs ont renoncé à leur audition séparée après avoir confirmé que c'était après mûre réflexion et de leur plein gré qu'ils avaient conclu au divorce et signé la convention.
3. Chacun des époux est indépendant financièrement.
Le montant des avoirs de prévoyance professionnelle accumulés par les parties durant le mariage s'élevait à fr. 197'939.- au 30 septembre 2006, pour la requérante, et à fr. 4'319.85, au 31 décembre 2009, pour le requérant.
4. La compétence territoriale du juge de céans est donnée et le droit suisse est applicable en vertu des articles 54 alinéa 1 lettre e, 59 lettre b, 61 alinéa 1 et à 3 LDIP.
Les conditions des articles 111 et 140 alinéa 2 CC sont remplies en l'espèce, de sorte que le divorce doit être prononcé et la convention qui en règle les effets ratifiée.
La renonciation du requérant à une part de la prestation de libre passage de son épouse est admissible (art. 123 al. 1 CC), eu égard à leur importante différence d'âge et au fait qu'il aura tout loisir de se constituer à l'avenir une prévoyance convenable.

## Considerations