# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6d3bf178-82ea-42d7-ad53-ea7c62670f53
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2003
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. X._, née le 28 août 1985, célibataire, de nationalité française, vit au Sentier, auprès de A. et B. C._, ses parrain et marraine, depuis le 3 août 1997. L'intéressée ne connaît pas son père. Sa mère, domiciliée en France, s'est trouvée dans l'incapacité de s'occuper de sa fille en raison de problèmes d'ordre personnel; elle l'a confiée aux époux C._ qui en assument tous les frais d'entretien. Les parrain et marraine ont été nommés curateurs de X._ par décision de la Justice de paix du cercle du Z._ du 11 août 1997.
B. Par demande du 8 octobre 2002 X._ et ses curateurs ont sollicité l'octroi d'une bourse pour la première année du gymnase du CESSNOV.
L'office, selon décision du 27 septembre 2002, a refusé le soutien matériel requis pour le motif que les parents de l'intéressée n'étaient pas domiciliés dans le canton de Vaud.
C. C'est contre cette décision que A. et B. C._ ont recouru, par acte du 14 octobre 2002.
A l'appui de leur recours, ils ont notamment fait valoir qu'ils s'occupaient de X._ comme de leurs trois enfants depuis le mois d'août 1997, qu'ils assumaient entièrement tous ses frais, que l'intéressée n'avait plus de contact avec sa mère, toxico-dépendante, qu'elle était bien intégrée dans sa famille d'accueil et qu'elle souhaitait entreprendre une formation d'infirmière.
D. L'office a adressé ses déterminations au tribunal en date du 3 décembre 2002. Il y a repris et développé le motif de refus invoqué dans la décision attaquée et a conclu au rejet du recours.
E. Dans un mémoire complémentaire du 24 janvier 2003, Me Nicolas Mattenberger a invoqué en substance une violation de l'art. 12 al. 1 de la loi du 11 septembre 1973 sur l'aide aux études et à la formation professionnelle (LAE), en ce sens que le domicile des parents ne devait pas être pris en considération si d'autres personnes domiciliées dans le canton de Vaud, en l'espèce les époux C._, subvenaient à l'entretien de la requérante.
F. Les représentants de X._ ont procédé dans le délai imparti à cet effet au paiement de l'avance de frais requise.

## Considerations

Considérant en droit:
1. Déposé en temps utile, le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 LJPA. Il y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.
2. a) Toute personne remplissant les conditions fixées par la loi a droit au soutien financier de l'Etat pour la poursuite d'études et d'une formation professionnelle. Pour l'essentiel, ces conditions sont de deux ordres : des conditions de nationalité et de domicile d'une part, des conditions financières de l'autre. Les conditions financières reposent sur l'un des principes cardinaux de la LAE, exprimé à son art. 2 :
"le soutien de l'Etat est destiné à compléter celui de la famille, au besoin à y suppléer"
. C'est dire que ce soutien a un caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le principe de la responsabilité première des parents.
b) S'agissant des conditions de nationalité et de domicile, l'art. 11 al. 1 let. a LAE dispose que les ressortissants des Etats membres de l'union européenne bénéficient de l'aide aux études et à la formation professionnelle à la condition que leurs parents soient domiciliés dans le canton de Vaud, sauf exceptions prévues aux art. 12 et 13. La recourante étant de nationalité française, elle a droit, en principe, au soutien financier de l'Etat, indépendamment de toute condition de durée de séjour en Suisse.
3. L'art. 12 al. 1 ch. 1 LAE prévoit que le domicile des parents n'est pas pris en considération si d'autres personnes domiciliées dans le canton de Vaud subviennent à l'entretien du requérant. Dans ce cas, seule est prise en compte la capacité financière de ces personnes.
En l'espèce, la recourante a été accueillie dès le 3 août 1997 par ses parrain et marraine qui subviennent depuis lors à son entretien, en totalité. L'élément décisif au regard de l'art. 12 al. 1 ch. 1 LAE n'est pas de savoir quel est le statut juridique des personnes qui apportent leur soutien financier mais de déterminer si le requérant dépend bien, au plan matériel, des personnes qui l'ont accueilli. A cet égard, il faut relever que les époux C._ ne sauraient être considérés comme parents légitimes de la recourante, comme en a attesté, à tort, la Justice de paix du cercle du Z._. Le transfert de l'autorité parentale concédé par la mère de la recourante à M. et Mme C._ le 3 août 1997 ne saurait en outre avoir d'effet au plan de l'état civil de l'intéressée. Au plan juridique, les époux C._ ne sont donc que les curateurs de la recourante. Dans la mesure où ils assument l'entretien complet de la recourante depuis le mois d'août 1997, ils doivent être rangés parmi la catégorie des personnes visées par l'art. 12 al. 1 ch. 1 LAE. Le domicile français de la mère de la recourante ne fait ainsi pas obstacle à l'intervention de l'office. Le Tribunal administratif s'est déjà prononcé dans ce sens à quelques reprises (voir notamment BO 93/0134 du 3 juillet 1995 et BO 95/0081 du 18 avril 1996).
L'autorité intimée devra dès lors examiner, au vu de la situation matérielle des époux C._ et de la composition de leur famille, si l'octroi d'une bourse à la recourante se justifie, en fonction des frais de formation. Le dossier doit dès lors être retourné à l'office pour qu'il examine, sous cet angle, la nécessité de l'octroi d'une bourse.
4. Vu ce qui précède, le recours doit être admis et la décision de l'office du 27 septembre 2002 annulée. Le présent arrêt sera rendu sans frais. Ayant procédé, pour une partie de la procédure, par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel, la recourante a droit à des dépens (art. 55 LJPA), qui seront fixés en fonction de l'intervention limitée du mandataire constitué.