# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4d31e91b-a706-5be1-a58c-790aa8844d6f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, l'ordonnance
OTPI/739/2015
du 21 décembre 2015, notifiée le lendemain à A_, aux termes de laquelle le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a, notamment, fixé la contribution due à l''entretien de la famille, allocations familiales non comprises, à 8'000 fr. par mois, à compter du
1er octobre 2015 (ch. 5);
Vu l'appel expédié le 4 janvier 2016 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel il conteste le point précité, dont il sollicite l'annulation;
Vu la requête d'effet suspensif formée par l'appelant, qui expose ne pas être en mesure de s'acquitter du montant mis à sa charge;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, B_ s'y oppose, se prévalant des revenus d'environ 1'000'000 fr. par année de l'appelant et de sa très modeste situation financière;
Que la curatrice ne s'est pas déterminée sur la requête;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'en présence d'un enfant mineur, les maximes d'office et inquisitoire sont applicables (art. 296 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion se distinguant de celle de "préjudice irréparable" au sens notamment de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (sur cette dernière notion, cf. arrêt du Tribunal fédéral
4A_458/2010
du 18 novembre 2010 consid. 1.1), permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, l'appelant ne conteste pas que son revenu s'est élevé à 41'100 fr. par mois en moyenne en 2014, année pendant laquelle d'importants bonus lui ont été versés en janvier et février 2014;
Qu'il a derechef perçu en janvier et février 2015 d'importants bonus, de respectivement 434'000 fr. et 472'000 fr.;
Que l'appelant ne donne aucune explication au sujet des déductions importantes figurant sur ses fiches de salaire de janvier et février 2015 aboutissant au salaire net de 8'851 fr., montant ressortant également des fiches de salaire établies pour les autres mois de l'année 2015;
Qu'il apparaît ainsi,
prima faci
e et sans préjudice de l'examen au fond, que les revenus de l'appelant en 2015 étaient comparables à ceux réalisés en 2014;
Que, par ailleurs, l'appelant ne conteste pas les charges mensuelles de 4'312 fr. 90 retenues par le Tribunal;
Qu'ainsi, les revenus de l'appelant lui permettent aisément de s'acquitter de la somme mensuelle de 8'000 fr. mise à sa charge;
Que même si, comme il l'allègue, ses revenus actuels ne s'élevaient qu'à 8'851 fr. par mois, l'appelant, qui ne soutient pas avoir dépensé l'intégralité de ses revenus réalisés en 2014, dispose
prima facie
d'économies lui permettant de s'acquitter de la somme mensuelle de 8'000 fr. pendant la procédure d'appel;
Qu'il convient encore de relever que le revenu d'environ 1'500 fr. par mois de l'intimée ne lui permet pas de couvrir ses charges et celles de l'enfant du couple, arrêtées à
4'635 fr. par le Tribunal;
Qu'au vu de ces éléments, la requête d'effet suspensif sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et de l'art. 98 LTF (ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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