# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 30b29759-1e23-52fa-a112-a547f89ca1d9
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1) Madame A_ exerce la fonction de « chargée de formation 2 » auprès des Établissements publics pour l’intégration (ci-après : EPI).![endif]>![if>
2) À la suite d’une formation complémentaire qu’elle a suivie en vue d’exercer cette fonction et qu’elle a terminée avec succès le 7 avril 2017, elle est passée de la classe salariale 14 annuité 20 à la classe 16 annuité 11, à compter du 1
er
mai 2017.![endif]>![if>
3) Estimant que son changement de classe aurait dû d’abord passer par l’octroi en classe salariale intermédiaire 15 à l’issue de la formation, pour être porté à la classe salariale 16 annuité 12 après l’obtention de son diplôme, Mme A_ a sollicité des services des ressources humaines des EPI, par messagerie électronique et oralement, que son salaire soit modifié dans ce sens.![endif]>![if>
4) Par message électronique du 2 octobre 2017, Monsieur B_, chef de service des _ aux EPI, a indiqué à Mme A_ que sa demande était rejetée, en raison du principe de non-rétroactivité d’un droit. Il se tenait volontiers à sa disposition pour exposer plus longuement les motifs invoqués.![endif]>![if>
5) Par recours expédié le 1
er
novembre 2017 à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) Mme A_ recourt contre le contenu du courriel précité, dont elle demande l’annulation. Elle conclut, principalement, à ce qu’il soit dit que sa classe salariale se situe en classe 16, annuité 12 dès le 1
er
avril 2017 et à ce que les différences de salaire en résultant, soit CHF 227.20 et CHF 478.80, lui soient versées.![endif]>![if>
6. Le recours a été transmis aux EPI pour information.

## Considerations

EN DROIT
1) Le recours a été interjeté en temps utile devant la juridiction compétente (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) Il est des cas où les vices affectant une décision sont si graves et si évidents qu'ils empêchent celle-ci d'avoir une existence - et donc des effets - quelconques. La décision nulle est censée n'avoir jamais existé. L'écoulement des délais de recours non utilisés n'a aucun effet guérisseur. Une décision nulle n'a que l'apparence de la décision. La nullité renverse ainsi la présomption de validité des décisions formellement en force. ![endif]>![if>
La possibilité de la nullité d'une décision crée une grande insécurité juridique. La nullité ne peut être admise qu'exceptionnellement. Elle n'est reconnue que si le vice dont la décision est entachée est particulièrement grave, s'il est manifeste ou du moins facilement décelable, et si en outre, la constatation de la nullité ne met pas sérieusement en danger la sécurité du droit. Ces conditions sont cumulatives et elles ont pour conséquence que la nullité n'est que très rarement admise. Par ailleurs, des vices de fond n'entraînent que très exceptionnellement la nullité d'une décision alors que de graves vices de procédure sont des motifs de nullité (ATF 132 II 21 consid. 3.1 ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_270/2011
du 29 août 2011 consid. 5.1 ;
ATA/1221/2017
du 22 août 2017 consid. 2). La nullité d'une décision peut être constatée en tout temps et d'office par n'importe quelle autorité, y compris en instance de recours (ATF
136 II 415
consid. 1.2 ;
132 II 342
consid. 2.1). En cas de constat de nullité, le recours n'a pas ou plus d'objet, ce qui conduit en principe à son irrecevabilité (ATF
136 II 415
consid. 1.2).
3) a. Les décisions sont des mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité dans les cas d’espèce fondées sur le droit public fédéral, cantonal et communal (art. 4 al. 1 LPA).![endif]>![if>
Elles doivent être désignées comme telles, motivées et signées, et indiquer les voies et délais de recours. En cas de communication électronique au sens de l’article 18A LPA, une signature manuscrite n’est pas exigée (art. 46 al. 1 LPA). Une notification irrégulière ne peut entraîner aucun préjudice pour les parties (art. 47 LPA).
b. La communication électronique entre les parties, les tiers et les autorités est admise (art. 18A al. 1 LPA) dans les domaines où le Conseil d’État l’a autorisée par voie réglementaire (art. 18A al. 4 LPA) pour autant qu’elle respecte les principes de la sécurité des communications, de la coordination avec les normes édictées par la Confédération et de la protection de la bonne foi (art. 18A al. 2 LPA).
Le règlement sur la communication électronique du 3 février 2010 (RCEL -
E 5 10.05
) autorise l’usage de ce mode de communication pour certaines prestations de droit fiscal, du service de la législation et pour certaines autorisations de manifestations et de commerce, mais pas dans le domaine de la fixation des classes salariales.
4) En l'espèce, la « décision » n’a pas été notifiée en la forme écrite, qui présuppose en principe la signature olographe (
ATA/1221/2017
précité consid. 3), mais par courrier électronique, dont l’utilisation n’est pas autorisée.![endif]>![if>
Elle est de ce seul fait si profondément viciée que sa nullité ne peut qu'être constatée par la chambre de céans.
Au vu de ce qui précède et conformément à la jurisprudence constante de la chambre de céans, la nullité de la « décision » rendue le 2 octobre 2017 par les EPI sera constatée, et le recours sera déclaré irrecevable.
5) Compte tenu des circonstances particulières du cas d’espèce, il ne sera pas perçu d'émolument (art. 87 al. 1 LPA), ni alloué d'indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
* * * * *