# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 878fa851-596b-5f1e-a6f1-15739a5ae37c
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A. a.
A_ SA est une société anonyme ayant pour but toutes opérations fiduciaire et financières, l'administration, la représentation et la domiciliation de sociétés. Depuis 2008, A_ SA a pour administrateur unique C_.
b.
D_ SA est une société holding détenant plusieurs sociétés immobilières, dont E_ SA. De 2010 à août 2016, D_ SA avait pour administrateur unique F_.
c.
G_ SA est une sociétéholding, actionnaire de D_ SA. G_ SA a pour administrateur unique H_.
d.
I_ SA est une société de gestion et de conseil. Elle fournit notamment des services aux sociétés de son groupe, G_ SA et D_ SA. Son administrateur unique est F_.
e.
B_, domicilié à Genève, est l'ayant droit économique de G_ SA, de D_ SA et de I_ SA.
f.
J_ SA est une société holding détenant plusieurs sociétés immobilières. Son administrateur unique est Me K_. L'ayant droit économique de
J_ SA est L_. M_ et N_ sont en relation d'affaires avec L_ depuis plusieurs années.
g.
O_ est actif notamment dans le domaine du courtage immobilier. Il connait M_ et N_ de longue date.
h.
P_ est architecte et en cette qualité, est intervenu sur des immeubles de D_ SA.
i.
En 2010, J_ SA a vendu à G_ SA l'ensemble du capital-actions de D_ SA.
j.
En mars 2013, J_ SA a fait notifier à G_ SA un commandement de payer pour un montant de 5'650'000 fr., au titre du solde de prix de vente non acquitté relatif à la transaction susmentionnée.
k.
A l'automne 2014, P_ a proposé à B_ de rencontrer O_, lequel voulait lui présenter divers immeubles à la vente et lui soumettre une offre d'achat de E_ SA d'un de ses clients.
l.
Lors d'une rencontre qui s'est déroulée le 3 octobre 2014 entre P_, B_ et O_ dans les locaux de I_ SA, ce dernier a fait part à B_ de ce qu'il était au courant du litige qui l'opposait indirectement à L_ via leurs sociétés G_ SA et J_ SA. Il l'a informé connaître des personnes très proches de L_, à savoir N_ et M_, ainsi que son conseiller financier, Q_, lesquelles pourraient débloquer la situation en proposant le règlement du contentieux par la vente d'un immeuble - restant à définir - par D_ SA à J_ SA (décl. O_; décl. B_; tém. P_) dès lors que B_ ne souhaitait pas "sortir" de liquidités (décl. O_), G_ SA n'en ayant alors pas (décl. B_).
Lors de cet entretien la question du versement d'une commission par
D_ SA à O_ pour cette intervention a été évoquée (mémoire réponse du 15 décembre 2016 ad. 26). B_ a proposé de formaliser un accord par écrit, ce que O_ a refusé, au motif qu'il fallait d'abord que l'affaire se résolve (tém. P_; décl. O_).
m.
Une deuxième rencontre a été organisée le 4 octobre 2014 à l'hôtel R_, à laquelle ont participé B_, O_, N_, M_ et P_.
Les personnes présentes se sont accordées sur le principe de proposer la vente d'un immeuble à J_ SA en guise de règlement du litige (tém. N_). Il était clair pour N_ et M_ qu'ils percevraient une commission de la part de L_/J_ SA (tém. N_; tém. M_).
N_ ayant demandé, devant B_, à O_ si ce dernier et l'architecte étaient "couverts" par une commission pour leur travail au cas où la proposition se réaliserait, il lui avait été répondu qu'ils seraient commissionnés par B_ (tém. N_).
Pour sa part, M_ a indiqué que si la question de la commission avait été discutée entre B_ et O_, il ne pouvait pas affirmer que le premier se serait effectivement engagé à la verser à celui-là.
Quant à P_, il a affirmé ne pas se souvenir que la question d'une commission à verser à O_ ait été abordée, tout en rappelant qu'il y avait eu plusieurs discussions croisées lors de cette réunion.
n.
Par courriel du 17 octobre 2014, M_ a proposé à l'administrateur de J_ SA de résoudre le litige opposant J_ SA à G_ SA au moyen d'une compensation, à savoir la cession en sa faveur d'un immeuble, dont la valeur nette serait égale ou supérieure à la créance revendiquée par J_ SA. Il a réclamé, si cette cession devait intervenir, à être rémunéré comme un courtier immobilier, à savoir que J_ SA lui verserait, lors de la signature de l'acte notarié, une commission de négociation de 2,5% + TVA de la valeur vénale de l'immeuble.
o.
Parallèlement, M_ et N_ sont parvenus à convaincre L_ qu'un transfert immobilier était une bonne solution.
p.
Par courriel du 20 octobre 2014, P_ a informé B_ avoir rencontré O_, lequel lui avait demandé de lui confirmer le montant de la commission que B_ était prêt à lui verser pour résoudre le litige, un montant de
200'000 fr. ayant été articulé. Il a précisé que O_ lui avait indiqué s'être d'ores et déjà engagé à partager cette somme avec les personnes dont l'intervention avait été requise pour le succès de l'opération.
q.
Par courriel du 22 janvier 2015, P_ a rappelé à B_ les discussions intervenues entre lui et O_ concernant la résolution du litige G_ SA-J_ SA, ainsi que les interventions de N_ et M_, qualifiés d'associés de O_, auprès de L_ et son entourage qui avaient permis d'aboutir à un accord. Il mentionnait également le fait que O_ s'était engagé à partager la commission discutée le 3 octobre 2014 avec ses associés, de sorte que ce dernier était aujourd'hui préoccupé d'avoir à respecter ses engagements sans avoir reçu de son côté de commission de la part de B_.
r.
Par courriel du 31 janvier 2015 adressé à P_ par B_, ce dernier expliquait que, dans le cas où O_ arriverait à parvenir à un accord avec L_, une commission aurait pu être discutée, ce sous certaines conditions ; il fallait notamment que le montant total de l'accord, incluant les commissions, soit inférieur au montant qu'il était prêt à payer à J_ SA en lien avec le litige pendant (point 1 du courriel) et que les termes de cet accord soient consignés dans un contrat écrit rédigé avec l'aide des avocats (points 2 à 4).
s.
Divers courriels ont été échangés dans ce contexte, lesquels étaient presque exclusivement adressés et expédiés depuis l'adresse professionnel de B_ (B_@I_ SA.com) sous concerne "D_ SA fund - agreement", "D_ SA Fund: follow up", "D_ SA", "Buildings for sale & D_ SA" ou encore "D_ SA litigation".
t.
Par courriel du 20 avril 2015, O_ a réclamé à B_ une commission en soulignant que l'accord obtenu avec J_ SA l'avait été grâce à lui et ses associés.
u.
Par courriel du 21 avril 2015, B_ a expliqué à O_ que, si et quand il recevrait la proposition de L_, ses avocats aborderaient la question de la commission avec lui ("
if and when we receive the proposal from L_, our lawyers will address the issue of the commission with the introducer
").
v.
Finalement, le 20 octobre 2015, D_ SA a vendu à J_ SA les actions d'une de ses filiales, E_ SA, propriétaire d'un immeuble de rendement à S_ [VD]. De son côté, J_ SA a renoncé à sa prétention de
5'650'000 fr. contre G_ SA, tandis que cette dernière a reconnu devoir ce montant à D_ SA.
w.a
Le 18 novembre 2015, A_ SA a adressé à D_ SA une note d'honoraires n° 1_ concernant le "transfert des actions de la société E_ SA à J_ SA" de 216'000 fr. TTC (200'000 fr. d'honoraires + 16'000 fr. de TVA [pièce 30 intimé]).
w.b
Le 20 novembre 2015, O_ a adressé un courrier à D_ SA, à l'attention de B_, afin de lui adresser la facture concernant le travail effectué avec "ses associés" (pièce 12 intimé).
x.a
Le 11 janvier 2016, A_ SA a adressé à D_ SA une note d'honoraires n° 2_ concernant le "transfert des actions de la société E_ SA à J_ SA" de 216'000 fr. TTC (200'000 fr. d'honoraires + 16'000 fr. de TVA [pièce 31 intimé]).
x.b
Le 14 janvier 2016, O_ a écrit à nouveau à D_ SA exigeant le versement d'une commission de 216'000 fr. pour son travail ainsi que celui de N_ et M_(pièce 11 intimé).
y.
En date du 1
er
mars 2016, O_ a cédé ses prétentions contre D_ SA et B_ à A_ SA, sa société fiduciaire.
z.
Le 23 juin 2016, J_ SA a versé, à destination de M_, une commission de courtage de 199'800 fr. en lien avec le "transfert des actions E_".
aa.
Le 5 août 2016, A_ SA a fait notifier à D_ SA un commandement de payer, poursuite n° 3_, pour un montant de 200'000 fr. plus TVA à 8%, soit 216'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 12 janvier 2016, auquel cette dernière a fait opposition totale. La cause de l'obligation indiquée est "honoraires de courtage selon facture 2_".
ab.
Le même jour, un second commandement de payer, poursuite n° 4_, pour la même affaire et du même montant a été notifié au domicile de B_. Aucune opposition n'a été formée à réception de cet acte. La cause de l'obligation indiquée est "honoraires de courtage selon facture 5_".
Aucune facture ne portant ce numéro n'a été versée à la procédure.
ac.
B_ a finalement formé opposition le 17 août 2016.
ad.
Par décision du 22 août 2016, l'Office des poursuites de Genève a refusé de tenir compte de son opposition, considérant qu'elle était tardive.
B. a.
Par acte expédié au greffe du Tribunal de première instance le 27 septembre 2016, B_ a déposé une action en annulation de la poursuite n° 4_ en application de l'article 85a LP. Il a conclu à ce qu'il soit dit et constaté que le montant de 216'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 12 janvier 2016 réclamé par A_ SA n'était pas dû, à l'annulation de la poursuite n° 4_ et à ce que sa radiation soit ordonnée, avec suite de frais et dépens. Sur mesures provisionnelles, il a conclu à la suspension de la poursuite.
Il a contesté s'être engagé oralement auprès de O_ à lui verser une commission de courtage de 200'000 fr. à la suite de son intervention qui avait permis de résoudre le litige entre G_ SA et J_ SA. Par ailleurs, si un tel engagement avait été pris, il l'aurait été au nom et pour le compte de G_ SA qui avait été la bénéficiaire directe de cette transaction, et non en son nom propre. En outre, A_ SA n'était pas légitimée à agir car la cession en sa faveur par O_ de la créance contestée aurait dû être opérée également par M_ et N_ qui avaient toujours été présentés comme les associés de O_. Enfin, en agissant tant pour l'ayant droit de J_ SA que pour B_, dont les intérêts étaient opposés, O_ et ses associés avaient perdu leur droit à la commission en rapport avec les deux contrats, conformément à
l'art. 415 CO.
b.
Dans sa réponse du 15 décembre 2016, A_ SA a conclu, sur mesures provisionnelles et au fond, au déboutement de B_ de toutes ses conclusions et à ce qu'il soit dit que la poursuite n° 4_ irait sa voie, avec suite de frais et dépens.
c.
Lors de l'audience du 1
er
juin 2017 du Tribunal, O_, entendu en qualité de représentant de A_ SA, a exposé que, lors de la rencontre du 3 octobre 2014, B_ avait indiqué qu'il lui verserait une commission de 200'000 fr. si le litige pouvait être résolu. Il s'était engagé à partager cette commission avec P_ pour son travail d'intermédiaire et pour le fait de lui avoir présenté B_, d'une part, et M. "C_" (sic), administrateur de A_ SA, d'autre part, pour le support administratif. Lors de la cession de sa créance à A_ SA, il avait été convenu que, sur les montants que parviendrait à récupérer cette dernière, il toucherait une commission de 10 à 15% et que P_ recevrait pour sa part une commission de 10%.
d.
Par ordonnance
OTPI/274/2017
du 6 juin 2017, le Tribunal a admis la requête de mesures provisionnelles en suspension provisoire de la poursuite.
e.
P_, entendu en qualité de témoin lors de l'audience du 20 septembre 2017, a précisé que O_ lui avait expliqué que N_ et M_ n'étaient pas ses associés mais qu'il devait les rémunérer pour leurs interventions dans le cadre du litige G_ SA - J_ SA. Il avait d'ailleurs été très fâché et s'en était ouvert à lui, lorsqu'il avait appris que ces derniers avaient été commissionnés par L_ dans ce même cadre.
f.
M_, entendu en qualité de témoin le 28 septembre 2017, a affirmé qu'en 2015 il avait été contacté par O_ qui voulait lui exposer une solution afin de résoudre le litige pendant depuis plusieurs années entre les sociétés de B_ et de L_.
g.
Lors de l'audience du 13 novembre 2017, B_, entendu en comparution personnelle, a souligné que les conditions posées dans son courriel du 31 janvier 2015 adressé à P_ n'avaient jamais été réalisées, notamment le point 1, dans la mesure où en définitive, cette opération s'était soldée par un résultat net défavorable pour G_ SA, après prise en compte des impôts et des prêts immobiliers. En outre, s'il avait su que N_ et M_ avaient négocié de leur côté une commission directement avec J_ SA, jamais il n'aurait ne serait-ce qu'initié une quelconque discussion avec O_ sur le versement d'une seconde commission pour la même affaire. Il a précisé que le montant d'une éventuelle commission dépendait en outre de l'immeuble qui serait finalement rétrocédé, de sorte qu'il n'était pas possible d'arrêter un montant tant que le choix de l'immeuble concerné n'avait pas été arrêté par les parties. D'ailleurs, les discussions des 3 et 4 octobre 2014 avaient porté sur le principe de l'échange d'un immeuble et non sur un immeuble en particulier. Il n'avait plus eu de discussion avec O_ après ces deux réunions.
h.
Les parties ont persisté dans leurs conclusions respectives à l'audience de plaidoiries finales du 11 décembre 2017, à l'issue de laquelle le Tribunal a gardé la cause à juger.
C.
Par jugement
JTPI/16422/2017
du 12 décembre 2017, reçu le lendemain par A_ SA, le Tribunal a constaté l'inexistence de la créance réclamée par
cette dernière dans la poursuite n° 4_ dirigée contre B_ (ch. 1 du dispositif), annulé en conséquence ladite poursuite (ch. 2) et ordonné à l'Office des poursuites de Genève de procéder à sa radiation du registre (ch. 3). Il a également arrêté les frais judiciaires à 3'000 fr., les a compensés avec l'avance versée par B_ et les a mis à la charge de A_ SA en la condamnant à rembourser ce montant à B_ (ch. 4) ainsi qu'à lui payer 3'654 fr. à titre de dépens (ch. 5). Il a enfin débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6).
En substance, le Tribunal a retenu que A_ SA avait échoué à prouver qu'un accord avait été conclu sur tous les points constitutifs d'un contrat de courtage, notamment sur la commission. B_ ne pouvait, en tout état de cause, pas être débiteur d'une commission, l'affaire pour laquelle O_ était intervenu concernait en effet D_ SA, seule potentielle débitrice dans cette affaire.
D.
a.
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 12 janvier 2018, A_ SA a appelé de ce jugement, dont elle a sollicité l'annulation. A titre préalable, elle a sollicité l'audition de O_. Principalement, elle a conclu à ce qu'il soit dit que la poursuite n° 4_ irait sa voie et à ce que B_ soit débouté de toutes ses conclusions, sous suite de frais et dépens.
b.
B_ a conclu au rejet de l'appel et au déboutement de A_ SA de toutes ses conclusions, sous suite de frais et dépens.
c.
Dans leurs réplique et duplique, les parties ont persisté dans leurs conclusions.
d.
Par courrier du 8 mai 2018 du greffe de la Cour, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
e.
A_ SA a déposé une écriture spontanée le 11 mai 2018 à laquelle B_ a répondu le 15 mai 2018.

## Considerations

EN DROIT
1. 1.1
Le jugement attaqué constitue une décision finale de première instance
(art. 308 al. 1 let. a CPC). La valeur litigieuse étant supérieure à 10'000 fr., la voie de l'appel est ouverte (art. 308 al. 2 CPC).
1.2
Interjeté dans le délai et la forme prescrits par la loi (art. 130, 131, 311
al. 1 CPC), l'appel est recevable.
2.
L'appel peut être formé pour violation du droit (art. 310 let. a CPC) et constatation inexacte des faits (art. 310 let. b CPC). Le juge d'appel dispose ainsi d'un plein pouvoir d'examen de la cause en fait et en droit (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1). En particulier, le juge d'appel contrôle librement l'appréciation des preuves effectuée par le juge de première instance (art. 157 CPC en relation avec l'art. 310 let. b CPC) et vérifie si celui-ci pouvait admettre les faits qu'il a retenus (arrêt du Tribunal fédéral
4A_55/2017
du 16 juin 2017 consid. 5.2.3.2).
La maxime des débats et le principe de disposition sont applicables (art. 55 al. 1 et 58 al. 1 CPC).
3.
L'appelante requiert préalablement l'audition de O_.
3.1
L'instance d'appel peut ordonner des débats et administrer les preuves (art. 316 al. 1 et 3 CPC), lorsqu'elle estime opportun de renouveler leur administration ou de donner suite à une offre que l'instance inférieure a refusé d'accueillir, de procéder à l'administration d'un moyen nouveau ou d'instruire à raison de conclusions et/ou de faits nouveaux (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_851/2015
du 23 mars 2016 consid. 3.1; Jeandin, in Code de procédure civile commenté, 2011, n. 5 ad art. 316 CPC). Le droit à la preuve, comme le droit à la contre-preuve, découlent de l'art. 8 CC ou, dans certains cas, de l'art. 29 al. 2 Cst., dispositions qui n'excluent pas l'appréciation anticipée des preuves. L'instance d'appel peut en particulier rejeter la requête de réouverture de la procédure probatoire et d'administration d'un moyen de preuve déterminé présentée par l'appelant si celui-ci n'a pas suffisamment motivé sa critique de la constatation de fait retenue par la décision attaquée. Elle peut également refuser une mesure probatoire en procédant à une appréciation anticipée des preuves, lorsqu'elle estime que le moyen de preuve requis ne pourrait pas fournir la preuve attendue ou ne pourrait en aucun cas prévaloir sur les autres moyens de preuve déjà administrés par le tribunal de première instance, à savoir lorsqu'il ne serait pas de nature à modifier le résultat des preuves qu'elle tient pour acquis
(ATF
138 III 374
consid. 4.3.1. et 4.3.2; arrêt du Tribunal fédéral
5A_851/2015
du 23 mars 2016 consid. 3.1).
3.2
En l'espèce, le Tribunal a déjà entendu O_, en comparution personnelle, lors de l'audience du 1
er
juin 2017 et l'appelante n'expose pas en quoi sa nouvelle audition apporterait des faits supplémentaires susceptibles d'avoir un impact sur l'issue du litige. En effet, les nombreuses pièces produites ainsi que les différentes écritures des parties suffisent à trancher la question litigeuse, de sorte que cette audition ne serait pas de nature à apporter des éléments complémentaires pertinents, ni à prévaloir sur les pièces versées au dossier. Partant, il ne se justifie pas de procéder à l'audition sollicitée.
L'affaire est ainsi en état d'être jugée.
4.
L'appelante reproche au premier juge d'avoir établi les faits de manière manifestement inexacte en constatant qu'elle avait échoué à prouver l'existence d'un contrat de courtage. Elle se plaint également d'une violation des art. 412ss et 18 CO, ainsi que de l'art. 85a LP.
4.1.1
Le débiteur poursuivi peut agir en tout temps au for de la poursuite pour faire constater que la dette n'existe pas ou plus, ou qu'un sursis a été accordé
(art. 85a al. 1 LP). S'il admet la demande, le tribunal ordonne l'annulation ou la suspension de la poursuite (art. 85a al. 3 LP).
L'action fondée sur l'art. 85a LP a une double nature. D'une part, en tant qu'action de droit matériel, elle tend à faire constater soit l'inexistence de la dette, soit l'octroi d'un sursis; d'autre part, elle produit des effets en droit des poursuites, étant donné qu'elle tend à faire annuler ou suspendre la poursuite, ce qui constitue son but principal, raison pour laquelle elle n'est ouverte que si la poursuite est pendante, à savoir jusqu'à la distribution des deniers ou l'ouverture de la faillite (ATF
132 III 89
consid. 1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_271/2013
du 26 juillet 2013 consid. 1). En effet, l'introduction de cette action suppose l'existence d'un commandement de payer passé en force. La demande n'est donc recevable que si la poursuite est encore pendante au moment du jugement (Schmidt, Commentaire romand LP, 2005, n. 5 ad art. 85a LP).
Dans l'action en annulation de la poursuite, c'est au créancier qu'il incombe d'établir sa prétention (arrêt du Tribunal fédéral
4A_96/2012
du 7 mai 2012 consid. 4 et les références citées).
4.1.2
Le contrat de courtage est celui par lequel le courtier est chargé, moyennant un salaire, soit d'indiquer à l'autre partie l'occasion de conclure une convention (courtage d'indication), soit de lui servir d'intermédiaire pour la négociation d'un contrat (courtage de négociation) (art. 412 al. 1 CO). La pratique distingue
encore le courtage de représentation, lorsque l'activité du courtier consiste à amener un tiers à entrer en relation avec le mandant en vue de négocier un contrat (Rayroux, in Commentaire romand, CO I, 2ème éd., 2012, n. 1 et 4 ad
art. 412 CO).
Le courtier a droit à son salaire dès que l'indication qu'il a donnée ou la négociation qu'il a conduite aboutit à la conclusion du contrat (art. 413 al. 1 CO). Le droit du courtier à être rémunéré est ainsi subordonné à une condition potestative suspensive qui est l'acceptation du contrat par le mandant (arrêt du Tribunal fédéral
4A_309/2016
du 31 août 2016 consid. 2.1 et les références citées).
La rémunération du courtier revêt un caractère aléatoire puisque, sauf convention contraire, il ne la percevra que si le contrat qu'il est tenu de négocier ou d'indiquer est effectivement conclu. Les efforts et le temps consacrés à son activité ne sont pas récompensés, seul le succès de son intervention étant pris en compte (arrêt du Tribunal fédéral
4A_309/2016
du 31 août 2016 consid. 2.1 et les références citées).
4.2
En l'espèce, les griefs de l'appelante concernant l'existence d'un contrat de courtage peuvent souffrir de demeurer ouverts, pour les motifs qui vont suivre.
Il ressort du dossier que les sociétés G_ SA et J_ SA étaient en litige depuis plusieurs années concernant une transaction passée et que O_ a proposé ses services à B_, ayant droit économique de G_ SA, afin de débloquer la situation.
O_ a ensuite oeuvré en tant qu'intermédiaire afin de négocier un contrat de vente immobilière entre D_ SA - dont B_ était également l'ayant droit économique - et J_ SA, concernant des actions de la société E_ SA. Son intervention a permis de conclure un contrat de vente, en date du 20 octobre 2015, entre D_ SA et J_ SA, permettant de solutionner le litige initial entre G_ SA et J_ SA.
A teneur des pièces du dossier, deux notes d'honoraires de 216'000 fr. portant des numéros différents, soit n° 1_ et n° 2_ ont été établies par A_ et adressées par elle les 18 novembre 2015 et 11 janvier 2016 à D_ SA pour l'activité de "transfert des actions de la société E_ SA à J_ SA", sans qu'il ne soit exposé les motifs des numéros de factures différents. Quoi qu'il en soit, ces notes portent toutes deux sur la même activité et sont adressées par A_ à D_ SA. Ces factures n'ont pas été établies par O_ et aucune d'elles n'a été adressée à B_ à titre personnel. La seule mention, dans le courrier du 20 novembre 2015, de ce que ce dernier était adressé à l'attention de l'intimé c/o D_ SA ne modifie pas cette appréciation. O_ ne conteste pas que A_ a agi en ses lieux et place pour l'établissement de la facture et le recouvrement de la commission de courtage litigieuse, puisqu'il a cédé ses droits à cette dernière. La question de savoir si cette cession est valable peut demeurer indécise, au vu des considérations qui suivent.
O_ a en effet admis, dans son écriture de réponse, qu'une commission devait être versée par D_ SA pour le transfert des actions de la société E_ SA et il résulte de la procédure que les courriels échangés entre les différents intervenants ont quasiment toujours été adressés et expédiés depuis l'adresse électronique du groupe I_ SA et faisaient mention, sous "concerne", d'une affaire mettant en cause la société D_ SA ("D_ SA fund - agreement", "D_ SA Fund: follow up", "D_ SA", "Buildings for sale & D_ SA", "D_ SA litigation"). En outre, O_, suite à l'envoi des deux factures citées ci-avant, s'est à nouveau adressé à D_ SA, le 14 janvier 2016, en vue du règlement de la commission de courtage.
O_ est un courtier expérimenté. Ainsi, en adressant les notes d'honoraires à D_ SA par l'intermédiaire de A_ et en réitérant sa demande de règlement de la commission, auprès de D_ SA, il y a lieu d'admettre qu'il était clair, dans l'esprit de O_ que celle-ci était due par D_ SA et non par B_. Cette appréciation scelle dès lors l'issue du litige.
Pour le surplus, il y a lieu de relever que le titre invoqué dans le commandement de payer poursuite n° 4_ est une note d'honoraires ("facture n° 5_") non produite à la présente procédure et ne correspondant pas à celles susmentionnées. Aucune précision, ni explication n'a été fournie par l'appelante à cet égard.
Par conséquent, en l'absence d'une créance entre l'intimé et O_, c'est à bon droit que le premier juge n'a pas admis la légitimation passive de l'intimé dans la présente cause et a ainsi constaté l'inexistence de la créance qui lui était réclamée en poursuite.
Au vu des motifs qui précèdent, le jugement entrepris sera entièrement confirmé.
5.
L'appelante, qui succombe entièrement, supportera les frais de son appel (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés à 8'600 fr. (art. 95, 96, 104 al. 1 et 105 al. 1 CPC; art. 17 et
35 RTFMC), compensés avec l'avance de frais du même montant déjà versée, qui reste ainsi acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC).
L'appelante sera également condamnée aux dépens de l'intimé, qui seront arrêtés à 6'000 fr., débours et TVA inclus (art. 95, 96, 104 al. 1 et 105 al. 2 CPC; art. 20, 23, 25 et 26 LaCC; art. 25 al. 1 LTVA; art. 84, 85 et 89 RTFMC), au regard de l'activité déployée par le conseil de ce dernier.
* * * * *