# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 42e38f77-ae31-5b47-9a9c-e636e11ed31d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

EN FAIT
, le contrat de sous-bail conclu par A_, sous-locataire, et D_, sous-bailleur, portant sur la location d'un appartement de 6 pièces au 24
ème
étage de l'immeuble sis 1_, à Genève;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 3'110 fr. par mois;
Que B_ SA est propriétaire de l'appartement en cause;
Qu'elle a a résilié le contrat de bail principal pour le 31 août 2018, pour défaut de paiement du loyer;
Que ce congé n'a pas été contesté;
Que lors de l'état des lieux de sortie, A_ a indiqué à la régie en charge de la gestion de l'immeuble qu'il occupait le logement en cause et souhaiter "reprendre" le bail;
Que le 11 février 2019, la propriétaire a conclu un accord avec les locataires principaux valant jugement d'évacuation dès le 12 février 2019;
Que les locaux n'ont pas été restitués par le sous-locataire;
Que, par requête du 30 août 2019 au Tribunal des baux et loyers, la propriétaire a requis l'évacuation du sous-locataire, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 21 novembre 2019 devant le Tribunal, la propriétaire a persisté dans ses conclusions;
Que A_ a déclaré vivre dans le logement avec son épouse, laquelle percevait un salaire mensuel de 6'500 fr.; qu'il était en arrêt maladie; qu'il a exposé avoir cessé de payer le sous-loyer depuis le mois d'août 2018, de 1'000 fr., D_ ayant refusé de l'encaisser; qu'il a requis un sursis à l'exécution de l'évacuation de six mois;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/1128/2019
rendu le 21 novembre 2019, reçu par A_ le 29 novembre 2019, le Tribunal a condamné ce dernier à évacuer de sa personne et de ses biens ainsi que de toute autre personne faisant ménage commun avec lui l'appartement litigieux (ch. 1 du dispositif), a autorisé B_ SA à requérir l'évacuation par la force publique du sous-locataire dès le 31
ème
jour suivant l'entrée en force du jugement (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 4);
Que, par jugement rectificatif
JTBL/1165/2019
du 4 décembre 2019, le Tribunal a complété le jugement en ce sens que A_ était condamné à verser à
B_ SA la somme de 59'927 fr. 10 avec intérêts à 5% dès le 15 février 2019;
Vu "l'appel" expédié le 9 décembre 2019 par A_ contre le jugement
JTBL/1128/2019
du 21 novembre 2019;
Qu'il a conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, la propriétaire a, par écriture du 16 décembre 2019, conclu au rejet de la requête d'effet suspensif, et, sur le fond, à l'irrecevabilité de l'appel, respectivement du recours formé par A_;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que le recourant a formellement conclu à l'annulation du jugement entrepris et à l'"octroi d'un contrat de bail à loyer aux occupants de bonne foi"; que toutefois, dans sa motivation, le recourant a requis que la Cour sursoie à l'évacuation "en plein hiver", arguant de la difficulté de se retrouver "dans la rue en cette période de froid";
Qu'ainsi, seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par le recourant, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts du recourant;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que le recourant a en effet fait état de problèmes de santé, justifiés par pièces;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC), l'intimée ayant par ailleurs d'ores et déjà répondu au fond;
Qu'en conséquence, la requête du recourant sera admise.
* * * * *