# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ad255ff2-bc52-5b59-9418-19619bf4905f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Le 31 mai 2019, A._ a déposé une plainte pénale contre B._ pour atteinte à l'honneur, diffamation et calomnie. En substance, il allègue que le 26 avril 2019, B._ a adressé à 19 personnes, par courriel, une copie d'un courrier recommandé dans lequel il l'accuse, outre de n'avoir pas tenu ses promesses (dont celles de lui réserver un emplacement au Salon des inventions de Genève, ou de le mettre en relation en vue du financement de son invention), d'avoir effectué sans son accord cinq copies du prototype d'un dispositif permettant l'entraînement de golf dans un espace réduit, pour lequel il avait déposé une demande de brevet.
Auparavant, le 22 mai 2019, B._ avait lui-même porté plainte contre A._, membre de l'association C._, pour abus de confiance et contrefaçon, pour les faits précités.
Par décisions des 5 et 6 juin 2019, le Ministère public a ouvert une instruction pénale et émis des mandats d'investigation, demandant à la police de procéder à l'audition des deux parties (DO/5000 ss). A cette occasion, B._ a notamment déclaré n'avoir pas diffamé A._, mais avoir juste voulu avertir les membres du club des agissements de ce dernier. Il a ajouté qu'il allait se renseigner sur la validité du brevet pour son prototype (DO/2044). Un rapport de dénonciation a été établi le 27 août 2019 (DO/2037-2045).
Le 2 août 2019, A._ a déposé une nouvelle plainte pénale pour contrainte et abus de droit, B._ n'étant au bénéfice d'aucun brevet (DO/2080-2081).
En date du 2 septembre 2019, B._ a retiré sa plainte pénale, exposant à l'appui de son retrait que contrairement à ce qu'il pensait au départ, il n'était titulaire d'aucun brevet sur le dispositif de golf en question (DO/2095). Il a également adressé ses excuses à A._, par courrier séparé, reconnaissant avoir agi de manière impulsive, sous le coup de l'énervement et sans se rendre compte des conséquences de ses actes. Il a également indiqué avoir envoyé une copie de ce courrier aux membres de l'association (DO/2096).
B. Par décision du 18 septembre 2019, rectifiée le 12 novembre 2019, le Ministère public a informé A._ et B._ de son intention de rendre une ordonnance de classement dans les deux procédures, leur impartissant un délai pour formuler d'éventuelles réquisitions de preuves (DO/9000 ss). A._ s'est manifesté par courriers des 8 et 18 novembre 2019; en substance, il conteste le classement envisagé de la plainte déposée à l'encontre de B._, exposant avoir été abordé par plusieurs destinataires du courrier du 26 avril 2019, dont D._, E._ ou encore F._ (DO/9010-9011). B._, pour sa part, ne s'est pas manifesté.
C. Par ordonnances du 7 juillet 2020, le Ministère public a classé les procédures ouvertes tant contre A._ (F 19 5587) que contre B._ (F 19 5925), les frais étant mis à la charge de l'Etat et aucune indemnité, ni aucune réparation du tort moral n'étant allouées (DO/10004 ss).
D. Par acte du 8 juillet 2020, A._ a contesté auprès du Ministère public l'ordonnance de classement, requérant un délai supplémentaire de 20 jours pour faire part de ses considérations et éventuellement récolter les avis des 19 personnes auprès desquelles son honneur a été sali. Le Ministère public a transmis son écrit à la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre) comme objet de sa compétence et fait part de ses observations, concluant au rejet du recours et s'en remettant pour l'essentiel aux considérants de l'ordonnance attaquée.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 9
E. Le 10 juillet 2020, le Président de la Chambre a informé A._ du fait que le délai de recours ne pouvait être prolongé et qu'il devait faire valoir tous ses arguments dans le solde du délai restant.
Le 17 juillet 2020, A._ a motivé son recours, concluant en substance à la condamnation de B._ et au paiement par ce dernier des frais de justice.
F. B._ s'est déterminé par courrier du 7 septembre 2020: en substance, il souhaite que cette affaire soit classée.

## Considerations

en droit
1.
1.1. En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP ainsi que de l'art. 85 al. 1 de la loi sur la justice (LJ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de 10 jours, à l'autorité de recours. L'ordonnance querellée, datée du 7 juillet 2020, a été notifiée au plus tôt le lendemain, de sorte que le recours, déposé le 8 juillet 2020, puis complété le 17 juillet 2020, l'a été en temps utile.
1.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le Ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art. 104 al. 1 CPP). En l'espèce, la partie plaignante recourante a intérêt à ce que la décision prononçant le classement de la procédure soit annulée ou modifiée.