# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 78130f21-25bf-503a-804b-3de496547f11
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
que A._ a été engagé en février 2008 par la Direction des finances (ci-après: DFIN) en tant que technicien infocentre auprès de B._;
que, le 1er mai 2017, il a donné suite à un courriel de sa cheffe de secteur et lui a répondu, ainsi qu’à l’ensemble des destinataires initiaux "No comment... Meilleures salutations";
que, le 12 mai 2017, l’intéressé a répété le même comportement, en déclarant: "Je dirais même comique. Cela fait plusieurs mois que C._ forme quatre personnes et il y en a qu’un seul qui a pu atterrir au service desk à ce jour. Le taux est élevé ! Bon, on finira par accepter et dira que c’est normal !!! Messieurs, Dames Bon week-end";
qu’en conséquence, le 1er juin 2017, il a fait l’objet d’une évaluation intermédiaire au cours de laquelle seul le critère "comportement", en particulier "contact avec autrui", a été apprécié et qualifié d'insuffisant (note D);
qu'il ressort de cette évaluation que "[...] par son comportement A._ a démontré un manque de respect vis-à-vis de sa hiérarchie et s’est montré tout sauf digne de confiance en proliférant des propos écrits et non justifiés et en exprimant son état d’âme à ses collègues directs ainsi qu’aux collaborateurs externes [...] Il n’a donc pas rempli ses devoirs généraux comme le stipule l’article 56 de la LPers [loi cantonale du 17 octobre 2001 sur le personnel de l’Etat, RSF 122.70.1] alinéa 3";
que, sous cet angle, sa supérieure a dès lors considéré qu'il ne correspondait pas aux exigences de sa fonction;
que, par décision non susceptible de recours du 13 juillet 2017, le contenu de l'évaluation précitée a été maintenu par l’autorité de réexamen;
que, par décision du 16 août 2017, en se fondant sur les manquements relatés dans la qualification du 1er juin 2017, la DFIN a signifié au collaborateur un avertissement et lui a imparti un délai de six mois pour y remédier, à défaut de quoi elle ouvrirait une procédure de licenciement;
que cette injonction formelle n'a pas été contestée;
que, le 5 octobre 2017, la DFIN s'est adressée au Service du personnel et d'organisation (ci-après: SPO) pour obtenir son préavis (art. 131a LPers) en vue du blocage du palier 2018 de l'intéressé. Par courriel du lendemain, le service a préavisé positivement le projet tout en précisant que si une date était prévue pour la prochaine évaluation, elle devait figurer dans la décision au sens des art. 29 al. 2 et 3 du règlement cantonal du 17 décembre 2002 du personnel de l’Etat (Rpers; RSF 122.70.11);
que, le 6 octobre 2017, le collaborateur a écrit à sa hiérarchie ainsi qu’à ses collègues externes et internes: "Il est temps pour moi de prendre un peu d’air frais, ça commence à être irrespirable. Si tout va mal à dans un mois et si tout va bien à jamais;o) Bonne chance Meilleures salutations";
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
que, par décision du 7 novembre 2017, la DFIN a informé l’intéressé que le palier ordinaire ne lui serait pas octroyé au 1er janvier 2018 et que sa situation serait réexaminée en cours d’année, compte tenu des résultats de ses prochaines évaluations;
que, par courrier du 7 décembre 2017, le collaborateur s’est adressé à son autorité d’engagement pour lui demander "de revenir sur [sa] décision du 7 novembre 2017, et d’octroyer le palier dès le 1er janvier 2018";
que, par acte du 22 décembre 2017, la DFIN a répondu qu’ "[a]près examen [...] nous ne saurions revenir sur cette décision. En effet, les reproches formulés à l’attention de A._, en lien avec son comportement, sont tout à fait justifiés. Aussi, c’est à bon droit qu’une décision d’avertissement lui a été signifiée. En outre sur la base de cette décision d’avertissement, le cadre de l’art. 89 LPers relatif au refus de l’augmentation annuelle a été correctement respecté";
qu’agissant le 1er février 2018, A._ a interjeté recours devant le Tribunal cantonal et a conclu à ce qu’il soit constaté que la suppression de son palier au 1er janvier 2018 ne respecte pas les conditions habituellement prévues par la LPers et la pratique constante à l’Etat de Fribourg. Partant, la décision du 22 décembre 2017, respectivement du 7 novembre 2017, devaient être annulées, et la DFIN condamnée à lui octroyer l’augmentation annuelle. A l’appui de ses conclusions, le recourant fait essentiellement valoir que l’évaluation effectuée le 1er juin 2017 n’a pas porté sur ses prestations de travail au sens propre, mais uniquement sur le critère relatif au "contact avec autrui". Il n’est pas acceptable de supprimer le droit à son palier uniquement sur la base de cette évaluation partielle, alors même qu’il donne satisfaction sur l’ensemble des autres critères. En outre, pour des raisons d’équité et d’égalité de traitement, il considère que son cas ne présente pas suffisamment de gravité pour justifier le refus de l'augmentation annuelle;

## Considerations