# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e77dbb72-bbe5-441d-9c7a-71d2384bed8a
**Court:** JU_TPI
**Chamber:** JU_TPI_006
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** JU / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu la décision du Tribunal pénal du 24 janvier 2022 rejetant la demande de placement immédiat de A._ (ci-après : le prévenu) en détention pour des motifs de sûreté, ainsi que le jugement dudit Tribunal du 28 janvier 2022 et la décision de sa présidente ordonnant la prolongation/modification de diverses mesures de substitution imposées au prévenu, pour une durée de 6 mois, soit jusqu’au 28 juillet 2022, respectivement jusqu’à l’entrée en force du jugement prononcé le 28 janvier 2022 (dossier TPI 181/2021) ;
Vu la requête du 10 mars 2022 de mise en détention du prévenu pour des motifs de sûreté déposée par la présidente du Tribunal pénal auprès du juge des mesures de contrainte aux motifs que le prévenu ne respecte pas bon nombre des mesures de substitution ordonnées ;
Vu la décision du juge des mesures de contrainte du 11 mars 2022 ordonnant la détention du prévenu pour des motifs de sûreté pour une durée d’un mois, durée devant permettre à ce
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dernier, en collaboration avec la Probation, d’organiser et de respecter le suivi des mesures de substitution ordonnées, indispensable pour pallier au risque de récidive ;
Vu la requête du 31 mars 2022 à fin de prolongation jusqu’au 10 juillet 2022 de la détention du prévenu pour des motifs de sûreté déposée par la présidente du Tribunal pénal auprès du juge des mesures de contrainte ;
Vu la décision de ce dernier du 7 avril 2022, ordonnant la libération du prévenu de la détention pour des motifs de sûreté le 11 avril 2022 et lui imposant, en lieu et place, diverses mesures de substitution auxquelles il doit se soumettre, dès sa libération jusqu'au 11 juillet 2022 ;
Vu le recours et la requête de mesures provisionnelles datés et déposés le 7 avril 2022 par la présidente du Tribunal pénal, concluant, à titre de mesures provisionnelles, à ce que soit ordonné le maintien du prévenu en détention pour des motifs de sûreté jusqu’à droit connu sur le recours ; sur le fond, à l’annulation de l’ordonnance du juge des mesures de contrainte du 7 avril 2022 et à ce que soit ordonnée la prolongation de la détention du prévenu jusqu’au 10 juillet 2022, sous suite des frais ;
Attendu que la Chambre pénale des recours est compétente pour statuer sur les recours formés à l’encontre des décisions du juge des mesures de contrainte dans les cas prévus par le CPP (art. 393 al. 1 let. c CPP et 23 let. c LiCPP) ;
Attendu qu’il convient encore, au stade de la recevabilité du recours, d’examiner la qualité pour recourir de la présidente du Tribunal pénal à l’encontre d’une décision du juge des mesures de contrainte refusant de prolonger la détention pour des motifs de sûreté ;
Attendu que dite qualité ne résulte pas de l’art. 222 CPP ; la jurisprudence a certes reconnu au ministère public la qualité pour recourir contre une décision ordonnant la mise en liberté du prévenu (ATF 137 IV 22) ; cette jurisprudence est fondée sur une approche globale des voies de droit : comme le ministère public dispose de la qualité pour recourir au Tribunal fédéral (art. 81 al. 1 let. b ch. 3 LTF), il doit aussi pouvoir recourir sur le plan cantonal, conformément à l’art. 111 al 1 LTF prescrivant que la qualité de partie à la procédure devant toute autorité cantonale précédente doit être reconnue à quiconque a qualité pour recourir devant le Tribunal fédéral (art. 111 al. 1 LTF ; CR CPP-Chaix, art. 22 N 7) ;
Attendu, selon la LTF, que le juge pénal, respectivement le président du Tribunal pénal n’ont pas qualité pour recourir au Tribunal fédéral, si bien que la jurisprudence précitée reconnaissant au Ministère public la qualité pour recourir à l’encontre des décisions du juge des mesures de contrainte ne saurait être appliquée par analogie pour leur reconnaître une telle qualité ; l’attribution de la direction de la procédure au président du tribunal, s’agissant d’une procédure devant un tribunal collégial (art. 61 let. c CPP) ne change rien à cette conclusion ;
Attendu que le recours et la requête de mesures provisionnelles du 7 avril 2022 doivent en conséquence être déclarés irrecevables ;
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Attendu que les frais de la présente décision sont laissés à la charge de l’Etat ;

## Considerations