# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** d25969e1-088e-5e31-b194-605e0252e44b
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_006
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Par jugement du 22 mai 2018, A._ a été reconnu coupable de délit contre la loi fédérale sur les armes (art. 33 al. 1 let. a LArm), a été condamné à une peine pécuniaire de 5 jours-amende à CHF 85.-, avec sursis pendant 2 ans, et à une amende de CHF 80.-. Il a également été astreint au paiement des frais de procédure.
Le Juge de police a retenu, en substance, les faits suivants:
Lors d'une perquisition au domicile de B._ effectuée le 19 octobre 2016, les agents de la Police cantonale ont constaté que ce dernier était en possession d'un pistolet de marque WALTHER (P99) que lui avait prêté A._ et pour lequel il n'avait pas obtenu de permis d'acquisition.
B. Par mémoire de son conseil, A._ a annoncé l'appel le 1er juin 2018. Le jugement motivé lui a été notifié le 13 juin 2018. Il a déclaré l'appel en date du 2 juillet 2018, concluant principalement à ce qu'il soit acquitté du chef de prévention de délit contre la loi fédérale sur les armes, subsidiairement à ce qu'aucune peine ne lui soit imputée et, encore plus subsidiairement, à ce que la peine soit une amende.
Le 9 juillet 2018, le Ministère public n'a pas présenté de demande de non-entrée en matière ou d'appel joint.
C. La Cour a siégé le 15 février 2019. Ont comparu à la séance A._, assisté de Me Charles-Henri de Luze. Le Ministère public, à sa demande, a été dispensé de comparaître. Le prévenu a confirmé les conclusions prises à l'appui de sa déclaration d'appel. Il a ensuite été entendu, puis la procédure probatoire a été close. Me Charles-Henri de Luze a plaidé. À l'issue de la séance, le prévenu a eu l'occasion d'exprimer le dernier mot, prérogative dont il a fait usage.

## Considerations

en droit
1. Recevabilité
1.1. L'appel, déposé en temps utile contre un jugement final rendu par un tribunal de première instance (art. 398 al. 1, 399 al. 1 et 3 CPP), est recevable. Le prévenu a qualité pour interjeter appel (art. 104 al. 1 lit. a, 382 al. 1 et 399 al. 1 et 3 CPP).
1.2. Saisie d'un appel contre un jugement ne portant pas que sur des contraventions, la Cour d'appel jouit d'un plein pouvoir d'examen sur tous les points attaqués du jugement (art. 398 al. 2 CPP): elle revoit la cause librement en fait, en droit et en opportunité (art. 398 al. 3 CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs conclusions, sauf lorsqu'elle statue sur l'action civile (art. 391 al. 1 CPP). Elle n'examine toutefois que les points attaqués du jugement de première instance, sauf s'il s'agit de prévenir – en faveur du prévenu – des décisions illégales ou inéquitables (art. 404 CPP).
Le prévenu remet en cause l'entier du jugement.
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1.3. La procédure est orale (art. 405 CPP), sauf exceptions non réalisées en l'espèce (art. 406 al. 1 et 2 CPP). Cela signifie que, comme en première instance, la Cour d'appel procède en règle générale à l'audition du prévenu. Elle se fonde en principe sur les preuves administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première instance (art. 389 al. 1 CPP). Elle peut toutefois répéter l'administration des preuves déjà examinées en première instance si les dispositions en matière de preuves ont été enfreintes, si l'administration des preuves était incomplète ou si les pièces relatives à l'administration des preuves ne semblent pas fiables (art. 389 al. 2 CPP). À l'instar du tribunal de première instance, elle conserve en ces cas la possibilité de faire administrer une nouvelle fois toutes les preuves qui lui sont essentielles pour juger de la culpabilité et de la peine ou qui sont importantes pour forger la conviction intime des membres du tribunal (CALAME, in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, art. 389 n. 5). La Cour d'appel peut également administrer, d'office ou sur requête, les preuves complémentaires nécessaires au traitement du recours (art. 389 al. 3 CPP). En l'espèce, les réquisitions de preuve formulées par le prévenu dans sa déclaration d'appel ont été rejetées par ordonnance du 5 novembre 2018. Le dossier étant complet, il n'y a pas lieu d'aller au-delà de l'audition du prévenu afin d'actualiser sa situation personnelle.
2. Délit contre la loi sur les armes
2.1. Aux termes de l'art. 33 al. 1 let. a LArm, est puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire quiconque, intentionnellement, sans droit, offre, aliène, acquiert, possède, fabrique, modifie, transforme, porte, exporte vers un Etat Schengen ou introduit sur le territoire suisse des armes, des éléments essentiels d'armes, des composants d'armes spécialement conçus, des accessoires d'armes, des munitions ou des éléments de munition, ou en fait le courtage.
Le Juge de police a retenu que A._, en prêtant son pistolet à B._ qui ne possédait pas de permis d'acquisition pour celui-ci, avait aliéné sans droit son arme car, au sens de la LArm, l'aliénation comprend aussi bien le transfert de propriété que de possession (ATF 143 IV 347 consid. 3). Il convient cependant de relever que la personne qui remet une arme soumise à un permis d'acquisition selon l'art. 8 LArm à un tiers qui ne possède pas ce permis ne se rend pas coupable d'une infraction selon l'art. 33 al. 1 let. a LArm car la loi ne prévoit pas un devoir de l'aliénateur de contrôler que le tiers est en possession d'un tel permis. Ceci n'exclut toutefois pas une violation de l'art. 34 al. 1 let. i en relation avec l'art. 9c LArm (ASLANTAS, Handkommentar Waffengesetz, 2017, art. 33 n. 8).
En outre, il ressort des déclarations du prévenu, notamment en séance de ce jour (cf. PV p. 4), qu'il ne pensait pas faire faux s’agissant d’un prêt et non pas d’une vente et qu'il n'avait pas l'intention d'enfreindre la loi. C’est d’ailleurs pour agir en toute transparence et avoir une trace qu’il a établi un contrat de prêt. Par conséquent, la condition du caractère intentionnel de l'infraction fait également défaut.
Partant, force est de constater que A._ ne s'est pas rendu coupable de délit contre la loi fédérale sur les armes (aliénation sans droit; art. 33 al. 1 let. a LArm) en prêtant son pistolet à B._ qui ne disposait pas d'un permis d'acquisition pour cette arme. Son appel est ainsi admis et A._ est acquitté de ce chef de prévention.
Quant à la question de l'application éventuelle de l'art. 33 al. 2 LArm, elle ne se pose pas dans la mesure où le prévenu n'a pas été renvoyé pour cette infraction, seul l’art. 33 al. 1 let. a LArm étant mentionné dans l’ordonnance pénale du 27 décembre 2017 (DO 41) qui vaut arrêt de renvoi.
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2.2. La Cour examine si A._ aurait pu être condamné sur la base de l'art. 34 al. 1 let. i en relation avec l'art. 9c LArm s’il avait fait l’objet d’un renvoi pour cette infraction.