# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e469477e-a964-442d-9ca0-e7a2f36d7248
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

procédure d'entraide pouvait faire l'objet d'un recours immédiat. Elle avait en effet retenu qu'au vu de la jurisprudence du Tribunal fédéral rendue en
matière de procédure pénale, une telle décision, incidente, est susceptible de
causer un préjudice immédiat et irréparable (arrêt du Tribunal fédéral
1B_59/2014 du 28 juillet 2014, consid. 1.1 et référence citée; arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2015.20 du 22 avril 2015, ibidem). L'Office
fédéral de la justice (OFJ) ne partage pas ce point de vue. Il considère qu'à
l'instar de ce qui prévaut en matière de scellés, la décision du TMC ne
devrait pouvoir être attaquée que conjointement avec le recours contre la
décision de clôture.
5.3.2 A teneur de l'art. 80e EIMP, peuvent faire l'objet d'un recours devant
la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, la décision de l'autorité
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cantonale ou fédérale d'exécution relative à la clôture de la procédure
d'entraide et, conjointement, les décisions incidentes (al. 1). Les décisions
incidentes antérieures à la décision de clôture peuvent faire l'objet d'un
recours séparé si elles causent un préjudice immédiat et irréparable en
raison: de la saisie d'objets ou de valeurs (al. 2 let. a), ou de la présence de
personnes qui participent à la procédure à l'étranger (al. 2 let. b). La
possibilité d'attaquer des décisions incidentes ne peut dès lors être reconnue
que dans une mesure très limitée. Dès lors, l'art. 80e al. 2 EIMP énumère en
principe exhaustivement les cas où l'on admet l'existence d'un dommage immédiat et irréparable au sens de cette disposition. On trouve pourtant des
dérogations à cette règle. Ainsi, le juge est-il entré en matière sur des
recours dirigés contre des décisions incidentes relatives notamment à la
vidéoconférence (ZIMMERMANN, op. cit., n o 512 et références citées).
5.3.3 En l'espèce, la décision querellée du TMC a pour effet d'autoriser le
MPC à procéder aux écoutes téléphoniques en temps réel ainsi que requis
par les autorités françaises. Il est indubitable qu'elle constitue une décision
incidente. Certes, ainsi que le relève l'OFJ, cette décision n'entraîne pas, en
tant que telle, la transmission d'informations à un pays étranger ou à ses
agents; il faut pour cela une décision de l'autorité d'exécution. Il reste que
sans ladite décision du TMC, le MPC n'aurait pu rendre la décision d'entrée en matière aux termes de laquelle il a autorisé le principe de la transmission
immédiate aux autorités requérantes d'éléments relevant du domaine secret,
obtenus par moyens de contrainte. Or, cette dernière décision, si elle exclut
l'utilisation probatoire des éléments communiqués à la France, autorise la
possibilité d'en faire usage pour obtenir, fonder ou motiver des mesures
d'enquêtes, au nombre desquelles figurent entre autre des arrestations
provisoires. Dès lors, les conséquences de la décision rendue par le TMC
sont résolument plus incisives que celles relatives aux scellés et à la
présence de fonctionnaires étrangers. Dans le cas des scellés en effet, à
l'inverse de la situation présente, les moyens de preuve ne sont pas
communiqués à l'autorité requérante avant la décision de clôture. Ainsi, dans cette situation, la transmission d'éléments relevant du domaine secret
n'intervient qu'après que les personnes concernées ont dûment pu exercer
leur droit d'être entendu. En ce qui concerne la présence de fonctionnaires
étrangers, contrairement à la situation sous examen, il est fait interdiction à
ces derniers d'utiliser d'une quelconque façon les informations obtenues
avant le prononcé de la décision de clôture (ZIMMERMANN, op. cit., n° 409). La décision incidente rendue par le TMC est donc susceptible de causer un
préjudice immédiat et irréparable (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1A.165/2000
du 24 août 2000, consid. 2b), de sorte qu'elle doit pouvoir faire l'objet d'un
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recours immédiat. Il n'y a pas lieu de revenir sur la jurisprudence de la Cour
à ce sujet.
6.4.5 Il est vrai qu'en date du 10 décembre 2014, les représentants de
l'autorité requérante ont pu accéder aux actes de la procédure. Lors de cette
séance de tri, ils ont pu consulter les retranscriptions des conversations
téléphoniques enregistrées entre le 17 novembre et le 10 décembre 2014,
sous réserve de celles non pertinentes ou couvertes par un secret
professionnel. Les recourants font valoir que cette consultation correspond à un cas d'application de l'art. 65a EIMP, mais que les garanties fournies par
l'autorité requérante par courrier électronique le 19 novembre 2014 ne
correspondent pas à celles normalement requises dans ce genre de situation.
Il convient de rappeler cependant que l'objet du présent recours ne porte pas
sur la présence de fonctionnaires étrangers, mais sur l'exécution des mesures
de surveillance sollicitées et sur la transmission des résultats ainsi obtenus.
Par conséquent, la question de la présence de fonctionnaires étrangers ne
peut être l'objet de la présente procédure de recours. Quoi qu'il en soit, la
réserve d'utilisation émise par l'autorité d'exécution à la France est
suffisante pour empêcher l'utilisation prématurée des informations relatives
aux écoutes téléphoniques. Au surplus, une mesure de surveillance active,
comme dans le cas sous examen, a pour but de permettre le suivi en temps réel des conversations entrantes et sortantes afin que l'autorité de poursuite
pénale soit informée immédiatement du contenu des conversations et
partant puisse intervenir sans délai (PITTELOUD, Code de procédure pénale
suisse, Commentaire à l'usage des praticiens, Zurich/St-Gall 2012, n o 663 et
références citées). Sous peine de vider la mesure de sa substance, il apparaît
logique de permettre à l'autorité requérante d'avoir accès immédiatement
aux données concernées. Dans ce contexte, il n'y a pas lieu d'appliquer un
régime différent suivant si les données recueillies sont envoyées
immédiatement à l'étranger ou si les représentants de l'autorité requérante en
prennent connaissance à l'occasion de leur présence sur notre territoire. Il
importe par contre que dans les deux cas, les garanties requises propres aux régimes de la surveillance téléphonique – et qui, au vu de ce qui précède,
sont par la force des choses moins restrictives que dans le cas de l'art. 65a
EIMP – soient respectées.

## Considerations