# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f79e1e9f-a059-5d9f-8850-a086653568ae
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_003
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Employment Contract

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPH/231/2014
rendu le 17 juin 2014, reçu par les parties le lendemain, le Tribunal des prud'hommes (ci-après: le Tribunal) a déclaré recevable la demande formée le 27 juin 2013 par C_ contre A_ Sàrl (chiffre 1 du dispositif), a condamné A_ Sàrl à verser à C_ la somme brute de 9'687 fr. 26 (ch. 2), a dit qu’il n’était pas perçu de frais, ni alloué de dépens (ch. 3) et a débouté les parties de toute autre conclusion (ch. 4).![endif]>![if>
Le Tribunal a retenu que C_ - qui avait travaillé durant douze mois comme cuisinier, moyennant un salaire mensuel brut de 3'661 fr. 85, dans l'établissement de restauration exploité par A_ Sàrl, dont B_ est l'associée gérante - n'avait pris qu'un jour de repos hebdomadaire durant les rapports de travail au lieu des deux prévus par la Convention collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants et cafés du 6 juillet 1998 (ci-après: CCNT). Il a ainsi condamné A_ Sàrl à verser à C_ 7'490 fr. 15 à ce titre, indemnité calculée sur la base de l'art. 16 CCNT pour 45 jours de repos (1/22 x 3'661 fr 85 x 45). Par ailleurs, les premiers juges ont considéré que C_, à la fin du contrat, bénéficiait d'un solde de dix-huit jours de vacances non pris, de sorte que A_ Sàrl lui devait 2'197 fr. 11 à ce titre (1/30 x 3'661 fr. 85 x 18), indemnité calculée sur la base de l'art. 17 CCNT. La quittance pour solde de tout compte dont se prévalait A_ Sàrl, dont il n'était d'ailleurs pas établi qu'elle portait la signature de C_, contrevenait à l'art. 341 CO et était en tout état dépourvue d'effet juridique.
Le Tribunal s'est fondé essentiellement sur le décompte des heures de travail établi par C_ et sur les témoignages de D_ et de E_.
B.
Par acte expédié le 16 juillet 2014 au greffe de la Cour de justice (ci-après: la Cour), A_ Sàrl (ci-après: la recourante ou l'employeur) recourut contre ledit jugement, dont elle demande l'annulation. Elle conclut au déboutement de C_ de toutes ses conclusions.![endif]>![if>
Elle motive son recours comme suit :
"Vu les pièces produites (...) non conformes à la durée du travail";
"Vu les allégations de D_ (cité comme témoin par C_) ancien client du restaurant depuis des heurts sur place avec B_ il est interdit d'auberge depuis août 2013. Gendarmerie du Bourg de Four - îlotier en charge M. I_ 022 _";
"Vu les allégations de E_ (citée comme témoin par C_) indiquant des horaires de travail non conformes au contrat de travail de C_".
C_ (ci-après: l'intimé ou l'employé) conclut au rejet du recours et à la confirmation du jugement attaqué.
Les parties ont été informées le 27 octobre 2014 par le greffe de la Cour de ce que la cause était gardée à juger, la recourante n'ayant pas fait usage de son droit de répliquer.
C.
a.
C_ a été employé par A_ Sàrl, dont B_ est l'associée gérante et qui exploite un établissement de restauration (crêperie) à l'enseigne "F_" à Genève, du 1
er
juillet 2011 au 30 juin 2012, en qualité de cuisinier, moyennant un salaire mensuel net de 3'000 fr., correspondant à 3'661 fr. 85 brut en 2011 et 3'658 fr. 90 brut en 2012, versé treize fois l'an. L'employeur a résilié le contrat le 31 mai 2012 avec effet au 30 juin 2012 et a libéré l'employé de son obligation de travailler durant le mois de juin 2012.![endif]>![if>
b.
Par acte déposé en conciliation le 21 février 2013, ayant fait l'objet d'une autorisation de procéder du 4 juin 2013 et porté devant le Tribunal le 27 juin 2013, C_ a assigné A_ Sàrl en paiement de la somme brute de 9'825 fr. 95 avec intérêts moratoires à 5% l’an dès le 1
er
juillet 2012, à titre d’indemnité pour jours de vacances (2'197 fr. 10) et jours de congé (7'628 fr. 85) non pris.
L'employé a allégué que durant les rapports de travail il avait pris dix-sept jours de vacances soit du vendredi 23 décembre 2011 au dimanche 8 janvier 2012. Il n'avait eu qu'un jour de repos hebdomadaire, soit le dimanche, de sorte qu'il avait droit à la rémunération de 50 jours de repos non pris. Enfin, il avait effectué 156 heures supplémentaires.
Il a produit un décompte, qu'il a lui-même établi sur un carnet fourni par le syndicat SIT, mentionnant ses horaires de travail du 3 août 2011 au 1
er
juin 2012 et les heures supplémentaires effectuées, calculées sur la base d'un horaire de 42 heures par semaine. Le décompte indique 41 samedis travaillés, y compris le samedi 24 décembre 2011. Il mentionne également un jour de vacances ("congé aniversario") pris le mercredi 4 avril 2012.
c.
Par réponse du 25 septembre 2013, A_ Sàrl a conclu au déboutement de C_ de toutes ses conclusions et à ce qu’il soit constaté que ce dernier n’avait pas effectué d’heures supplémentaires.
Selon A_ Sàrl, C_ avait toujours eu deux jours de repos hebdomadaire, soit le samedi et le dimanche. Il avait pris son solde vacances, soit quatorze jours, durant le délai de congé, soit en juin 2012, et n'avait pas effectué d'heures supplémentaires. L'horaire de travail convenu était de 4,5 heures par jour, soit un mi-temps pour un petit établissement au sens de la CCNT.
De plus, selon A_ Sàrl, l'employé avait signé le décompte de salaire de juin 2012, qui valait quittance pour solde de tout compte pour les vacances. Elle a produit une copie de ce décompte portant une signature manuscrite, sur laquelle l'employé ne s'est pas exprimé.
Enfin, A_ Sàrl a relevé que le décompte d’heures produit par C_ contenait des erreurs et contradictions. En particulier, l'employé prétendait avoir travaillé certains jours, alors que l'établissement était fermé (12 décembre 2011 et (sic) 15 avril 2012), qu'il était en vacances (les 23 et 24 décembre 2011) ou en arrêt maladie (le 16 avril 2012 selon une attestation médicale produite par la recourante). Le décompte ne pouvait ainsi pas être retenu comme preuve des allégations de l'employé.
d.
Le Tribunal a invité les parties à déposer leurs listes de témoins ainsi que les moyens de preuve dont elles entendaient se prévaloir.
A_ Sàrl a sollicité la comparution personnelle des parties et l'audition de B_ et d'F_, comme témoins. Elle a déposé un chargé de pièces complémentaire comportant notamment un tableau mentionnant les heures effectives de fermeture de la crêperie du 1
er
août 2011 au 31 mai 2012 ainsi que celles alléguées par l'employé. Selon elle, il résultait de ce tableau que les jours et horaires de travail allégués par C_ ne correspondaient pas à la réalité.
C_ a sollicité l'audition de D_ et de E_ comme témoins.
Le Tribunal a admis les titres produits par les parties, ainsi que l'audition en qualité de témoins de D_ et de E_. Il a dit que B_, organe de la recourante, et F_, qui avait représenté A_ Sàrl à l'audience de conciliation, seraient entendues en qualité de partie. Il a autorisé C_, qui avait quitté définitivement la Suisse pour le Brésil, à se faire représenter.
e.
Lors de l'audience du Tribunal du 14 mai 2014, la recourante a retiré sa conclusion en constatation du fait que l'employé n'avait pas effectué d'heures supplémentaires.
B_ a déclaré que C_ n’avait travaillé qu’à temps partiel, du lundi au vendredi de 10h30 à 15h. Le service de fin d’après-midi et du soir était effectué par un autre employé. L'intimé était remplacé par G_ et par H_ le samedi, son jour de congé. L'établissement était fermé le dimanche. Elle n’avait pas établi de décompte d’heures, ni de décomptes de vacances, dans la mesure où ses employés connaissaient leur horaire. S’agissant des vacances, l'intimé avait un solde de quatorze jours de vacances non pris en nature à la fin du mois de juin 2012 (calculé sur un total de vingt-cinq jours de vacances par année). Il avait toutefois été convenu avec ce dernier que les jours de vacances non pris seraient compensés durant les derniers jours du délai de congé.
Le témoin D_ a déclaré qu’il travaillait à proximité de la crêperie, de sorte qu’il s'y rendait chaque jour pour prendre un café ou une boisson, soit dans l'après-midi soit vers 19 heures. Il y voyait fréquemment l'intimé, qui faisait principalement la cuisine, laquelle était apparente. Il le voyait parfois, mais rarement, le soir et la plupart des samedis. Le témoin, qui connaissait bien B_ depuis 3 ans et demi et avait entretenu une relation avec elle, aidait celle-ci et C_ à décharger les courses. D_ avait contacté l'intimé pour un problème privé et ce dernier lui avait dit avoir besoin de témoins, dans la mesure où son employeur contestait qu'il avait travaillé les samedis. Le témoin ignorait si l'intimé avait pris des vacances.
Le témoin E_ a déclaré avoir travaillé du 10 avril au 20 août 2011 pour A_ Sàrl en tant que serveuse à plein temps, de 9 heures à 19 heures, tous les jours de la semaine, sans jours de congé. Elle n'avait pas pris de vacances. Son salaire était de 2'000 fr. nets par mois, versés de main à main, sans établissement de fiches de salaire. Elle ne se souvenait plus exactement des horaires de l'intimé. Il arrivait au travail après elle, soit à 9h30 environ, il avait environ une heure de pause vers 14 ou 15 heures et travaillait aussi le soir jusqu'à 22 heures. Pour sa part, elle restait parfois également jusqu'à 22 heures. Elle ne se souvenait pas si l'intimé avait pris des vacances.
A l'issue de l'audience du 14 mai 2014, les parties ont plaidé et le Tribunal a gardé la cause à juger.

## Considerations

EN DROIT
1. 1.1
Lorsque la valeur litigieuse est inférieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC), seule la voie du recours est ouverte (art. 319 let. a CPC).
En l'espèce, le recours a été introduit auprès de l'autorité compétente (art. 124 let. a LOJ), dans le délai utile et par écrit (art. 321 al. 1 CPC).
1.2