# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 1142a410-9f25-5ad1-a3aa-9df5f37a818c
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Le 23 octobre 2019, A._ a porté plainte pénale contre B._ et C._ pour banqueroute frauduleuse, diminution de l’actif au préjudice des créanciers, banqueroute simple ou toute autre infraction que l’instruction du Ministère public pourrait révéler. Elle leur reproche les faits suivants : dans le cadre de la procédure de faillite de D._ SA, dont C._ était administrateur unique avec signature individuelle et B._ était inscrit au registre du commerce avec signature individuelle et organe de fait, A._ a produit des créances pour un montant de CHF 44'322.70. La société en question étant surendettée, A._ n’a pas touché le montant des créances produites. Elle reproche à C._ et à B._ d’avoir choisi de vider la société de sa substance et d’avoir fait le choix de repartir à zéro avec un autre nom de société, soit E._ SA.
Le 24 avril 2020, n’ayant pas reçu de nouvelles suite à sa plainte pénale, A._, par le biais de son mandataire, a interpellé le Ministère public.
Par courrier du 15 mai 2020, le Ministère public a répondu qu’une procédure avait été ouverte le 21 mai 2019 contre B._ et C._ pour différentes infractions dans la faillite suite à une dénonciation de l’Office cantonal des faillites (ci-après : OCF) du 30 avril 2019. Une ordonnance pénale, ainsi qu’une ordonnance de classement avaient été rendues le 24 janvier 2020. Concernant la plainte de A._, le Ministère public a constaté que les ordonnances citées ci-dessus ne la mentionnaient pas et a reconnu qu’il s’agissait d’une erreur de sa part. Dans le même courrier, le Ministère public a fait parvenir une copie des ordonnances pénales du 24 janvier 2020 et a précisé que ces dernières allaient être corrigées. Il a fait également parvenir un avis de clôture d’instruction fixant un délai pour que A._ puisse formuler d’éventuelles réquisitions de preuves.
B. Par courrier du 15 juin 2020, A._ a formulé quelques réquisitions de preuves et a demandé une prolongation de délai pour en formuler éventuellement d’autres.
Par courriers du 29 juin 2020, respectivement du 16 juillet 2020, A._ a interpellé le Ministère public, puisqu’aucune suite n’avait été donnée aux réquisitions de preuves formulées le 15 juin 2020.
Par courrier du 24 juillet 2020, A._ a formulé de nouvelles réquisitions de preuves ainsi que quelques observations.
Par courrier du 5 octobre 2020, A._ a interpellé le Ministère public, puisque toujours aucune suite n’avait été donnée aux réquisitions de preuves formulées le 15 juin, respectivement le 24 juillet 2020.
C. Le 12 mars 2021, le Ministère public a rendu une ordonnance pénale ainsi qu’une ordonnance de classement à l’encontre de B._ et C._.
Le 17 mars 2021, A._ a interpellé le Ministère public sur certaines carences des ordonnances pénales et s’est étonnée également qu’aucune suite n’avait été donnée à certaines infractions pour lesquelles elle avait porté plainte.
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Par entretien téléphonique du 24 mars 2021, il est apparu que des ordonnances de classement auraient dû être notifiée aux parties en même temps que les ordonnances pénales. F._ a précisé qu’elle n’avait reçu que les deux ordonnances pénales et pas d’ordonnance de classement.
Par courrier du 25 mars 2021, A._ a formé opposition auxdites ordonnances pénales, bien qu’elle n’ait toujours pas reçu les ordonnances de classement. A cette occasion, le mandataire de A._ a demandé que le dossier lui soit transféré pour consultation.
Par courrier du 26 mars 2021, le Ministère public a notifié les ordonnances de classement à A._ qui les a reçues le 29 mars 2021.
Par courrier du 6 avril 2021, A._ a confirmé que les ordonnances de classement lui avaient cette fois bien été notifiées et a reformulé sa demande de consultation du dossier.
Le 8 avril 2021, le dossier a été envoyé par la Poste au mandataire de A._.
D. Par mémoire du 8 avril 2021, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de classement du 12 mars 2021 (ci-après : l’ordonnance querellée) pour violation des art. 107, 318 al. 1 et 2, 319 CPP, 163 à 165 CP, ainsi que pour abus du pouvoir d’appréciation. Elle a conclu à l’annulation et au renvoi de la cause au Ministère public pour nouvelle décision au sens des considérants. Elle a en outre requis l’octroi d’une équitable indemnité de partie.
Par courrier du 23 avril 2021, le Ministère public a déposé des observations et a conclu au rejet du recours. Il a remis son dossier.
Par courrier du 21 juillet 2021, B._ et C._ ont été invités à se déterminer. A ce jour, ils ne se sont pas manifestés.

## Considerations

en droit
1.
1.1. En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP, ainsi que de l'art. 85 al. 1 de la loi sur la justice (LJ ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après la Chambre) est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2 Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de 10 jours, à l'autorité de recours. L'ordonnance querellée, datée du 12 mars 2021, a été notifiée à la recourante le 29 mars 2021, de sorte que le recours, déposé le 8 avril 2021, l'a été en temps utile.
1.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art. 104 al. 1 CPP). En l'espèce, A._, partie plaignante pour des infractions protégeant ses droits de créancière, a intérêt à ce que la décision prononçant le classement de la procédure soit annulée ou modifiée. Par conséquent, elle a qualité pour recourir.
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