# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6a6aac18-8683-49ce-a6b9-33884f812c6d
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
X._ est propriétaire de la parcelle n° ******** du cadastre de la Commune de 1********. Cette parcelle, d’une surface totale de 13’803 m
2
(selon mensuration numérisée), supporte un bâtiment d’habitation occupé par X._ et sa famille. Elle se situe à l’embouchure de l’Aubonne, dans un secteur dénommé « Y._ » qui fait partie du delta de ce cours d’eau. L’ouest de la parcelle jouxte la rive gauche de l’Aubonne alors que le sud de la parcelle borde le lac Léman. La partie du terrain située au sud et à l'ouest du bâtiment d'habitation est grevée par le plan d’extension cantonal n°19a-b du 12 mars 1946 qui la classe en zone inconstructible. Le plan général d’affectation de la Commune de 1******** du 28 mars 1990 classe le bâtiment d'habitation en zone de verdure, qui se prolonge à l'arrière de ce dernier ; le solde du terrain est soumis à l'aire forestière.
Le plan cadastral de la parcelle n° ******** a été mis à jour dans le cadre de la nouvelle mensuration officielle de la Commune de 1******** afin de remplacer les anciens plans en carton par des données numérisées. Cette mensuration a fait l’objet d’une mise à l’enquête publique du 10 juillet au 8 août 1995. X._ conteste depuis lors la délimitation entre le domaine public et son bien-fonds, plus particulièrement le statut des atterrissements qui se sont formés à l’embouchure de l’Aubonne, sur la rive gauche de cette dernière et à l'arrière de la grève du lac.
B.
X._ a formé une opposition contre la nouvelle mensuration cadastrale le 7 août 1995 dans laquelle il demandait que la surface de sa parcelle soit augmentée par rapport au domaine public, opposition qui a été levée par la décision du Service du cadastre et du Registre foncier du 1
er
novembre 1995. Dans le cadre de la procédure relative au recours déposé contre cette décision devant le Tribunal administratif (actuellement Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal [CDAP]), le Service des eaux et de la protection de l’environnement a procédé, le 4 septembre 1996, au piquetage d’une nouvelle limite en vue de pourparlers transactionnels, lesquels n’ont toutefois jamais aboutis. Le Tribunal a partiellement admis le recours par arrêt du 21 mars 2006 (GE.1995.0107) et a renvoyé la cause pour nouvelle décision au Service de l’information sur le territoire (ci-après : OIT; lequel a succédé au Service du cadastre et du Registre foncier). Dans sa décision du 22 juin 2007, ce dernier a fixé les limites de la parcelle n° ******* conformément à l’arrêt précité, soit selon le piquetage préalablement effectué par le Service des eaux et de la protection de l’environnement.
C.
Par acte du 16 juillet 2007, le recourant s’est pourvu contre cette décision auprès du Tribunal administratif en concluant à son annulation. Par arrêt du 10 août 2010 (GE.2007.0121), la CDAP a partiellement admis ce recours en ce qui concerne la fixation de la limite entre le domaine public et la parcelle litigieuse le long de la rive du Lac Léman et a renvoyé la cause pour nouvelle décision à l’OIT. Il a en revanche constaté que la décision attaquée ne prêtait pas flanc à la critique sous l’angle de la limite entre ladite parcelle et le domaine public le long de la rive gauche de l’Aubonne, celle-ci correspondant au rivage jusqu’à la limite des hautes eaux normales (selon le piquetage antérieurement effectué). Il a en outre constaté que, le long de la rivière, il n’y avait aucun atterrissement. Cet arrêt a fait l’objet d’un recours au Tribunal fédéral, lequel a été déclaré irrecevable par arrêt du 18 novembre 2010 (ATF 5A_649/2010), la IIe Cour de droit civil considérant que l’arrêt de la CDAP qui renvoyait le dossier à l’autorité de première instance pour nouvelle décision n’était pas une décision finale et ne pouvait dès lors pas faire l’objet d’un recours au Tribunal fédéral.
D.
Interpellé par X._ quant à la délimitation de sa propriété conformément à l’arrêt cantonal précité, l’OIT a indiqué dans une lettre datée du 17 avril 2012 qu’il renonçait à rendre une nouvelle décision et qu’il « abandonnait » la nouvelle mensuration de la parcelle litigieuse. Le 16 mai 2012, le recourant a saisi la CDAP d’un recours pour déni de justice formel. Celui-ci a été instruit sous référence GE.2012.0070. Par décision du 29 août 2012, l’autorité intimée a rendu une nouvelle décision concernant la position de la limite de la parcelle litigieuse côté lac conformément à l’arrêt GE.2007.0121 du 10 août 2010. Elle y a joint un tableau de mutation ainsi qu’un plan cadastral figurant des modifications effectuées. Elle a précisé que, côté cours d’eau, le nouveau plan de mutation reprenait la limite fixée dans sa décision du 22 juin 2007 telle que confirmée par l’arrêt précité. Suite à cette nouvelle décision, le juge instructeur a, par décision du 12 septembre 2012, déclaré le recours déposé pour déni de justice formel (refus de statuer) sans objet et a rayé l’affaire du rôle.
E.
Par acte du 1
er
octobre 2012, X._ a saisi la CDAP d’un recours contre la décision de l’OIT du 29 août 2012 en formant, sous suite de dépens, les conclusions suivantes :
« I. Le recours est admis.
Principalement :
II. La décision entreprise est réformée en ce sens que la délimitation de la parcelle n° ******** du RF de 1******** par rapport au cours de l’Aubonne correspond à la limite des hautes eaux normales depuis la borne implantée en limite ouest de la parcelle, à hauteur de l’angle nord-ouest du bâtiment ECA No ********. Par ailleurs, toutes indications figurant les lisières et la nature forestière sur la parcelle No ******** sont retranchées du plan cadastral joint à la décision entreprise.
Subsidiairement :
III.
La décision entreprise est annulée. »
En substance, le recourant fait valoir que la délimitation du domaine public le long de l’Aubonne retenue par la décision querellée est erronée dans la mesure où elle ne correspond pas à la limite des hautes eaux. Il souligne à ce titre que la limite fixée sur la base du piquetage effectué en 1996 se trouve à plusieurs mètres du bord de la rivière, au milieu d’une portion de terrain plantée d’herbes. Il dénonce également la représentation d’une forêt et d’une lisière sur le plan cadastral joint à la décision querellée alors même qu’aucune procédure de constatation de la nature forestière du bien-fonds n’a été effectuée en l’espèce. A titre de mesure d’instruction, le recourant requiert que le dossier GE.2007.0121 soit versé au dossier de la présente cause.
Dans sa réponse du 19 octobre 2012, le Service des eaux, sols et assainissement (ci-après : SESA) déclare s’en remettre à la justice quant à la suite de la procédure.
Dans sa réponse du 7 novembre 2012, l’OIT conclut au rejet du recours. Il estime pour l’essentiel que la délimitation du domaine public le long de l’Aubonne a été définitivement tranchée dans le cadre de l’arrêt GE.2007.0121 du 10 août 2012 dont les injonctions ont été correctement retranscrites dans la décision querellée. Il expose que la représentation graphique de la forêt sur le plan cadastral joint à la décision entreprise correspond à la surface délimitée lors de la nouvelle mensuration numérique mise à l’enquête en 1995 et n’avait à l’époque fait l’objet d’aucune contestation. Il souligne encore à ce propos que le changement de trame graphique et l’utilisation du terme de « forêt » en lieu et place de « bois » sur les documents cadastraux découlent d’une évolution dictée par la Confédération et n’emportent aucune conséquence sur le plan géométrique.
Dans sa réponse du 29 novembre 2012, le Service des forêts, de la faune et de la nature (ci-après : SFFN) conclut au rejet du recours. En substance, il estime que les limites forestières représentées dans la mensuration officielle ne revêtent qu’un caractère descriptif et ne sont pas déterminantes pour le statut juridique de la forêt.
Dans son mémoire complémentaire du 30 novembre 2012, le recourant estime pour l’essentiel que la délimitation du domaine public le long de l’Aubonne peut faire l’objet d’une nouvelle procédure dans la mesure où l’arrêt GE.2007.0121 précité ne constituait pas une décision finale, mais uniquement un jugement incident, non susceptible de recours devant le Tribunal fédéral (cf. ATF 5A_649/2010 précité). Il estime également que la délimitation de la forêt telle que prévue dans les plans soumis à l’enquête publique du 10 juillet au 8 août 1995 peut toujours être contestée dans la mesure où ceux-ci ne sont jamais entrés en force.
Dans ses déterminations du 21 décembre 2012, l’OIT estime que, selon la réglementation topique, la couverture du sol comprend également la forêt et que cette dernière doit à ce titre figurer sur le plan cadastral. Il rappelle également que la surface forestière actuellement figurée sur le plan est plus favorable au recourant que celle inscrite lors de l’acquisition de la parcelle en 1972, passant de 11'391 à 10'160 m
2
, tout en soulignant son caractère purement indicatif.
Dans ses déterminations finales du 7 janvier 2013, le recourant fait pour l’essentiel valoir que même si l’indication de la forêt sur les plans cadastraux n’a qu’un caractère descriptif, elle ne saurait trop s’éloigner de la situation qui prévaut sur le terrain, ce qu’il estime être le cas en l’espèce.
F.
La Cour a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Le recourant reproche à l’autorité intimée que le plan cadastral joint à la décision entreprise ne figure pas de manière pertinente la délimitation entre sa parcelle et le domaine public le long de l’Aubonne. La mensuration de la parcelle litigieuse ayant déjà fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires, il convient en premier lieu de déterminer dans quelle mesure cette question peut encore être soulevée dans le cadre de la présente procédure.
a) Selon l’art. 90 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD ; RSV 173.36), l’autorité peut, si le recours est recevable, réformer la décision attaquée ou l’annuler et renvoyer la cause à l’autorité intimée pour nouvelle décision. En cas de renvoi de la cause pour nouvelle décision, l’autorité inférieure voit sa cognition limitée par les motifs de l’arrêt de renvoi, en ce sens qu’elle est liée par ce qui a déjà été jugé définitivement par l’autorité supérieure. Les considérants de l’arrêt retournant la cause lient l’autorité et les parties, ces derniers ne peuvent plus faire valoir dans un nouveau recours contre la nouvelle décision des moyens qui avaient été rejetés ou admis dans l’arrêt de renvoi (
Bovey/Blanchard/Grisel Rapin
, Procédure administrative vaudoise annotée, commentaire ad. art. 90 LPA-VD).
Devant la juridiction administrative, ne peuvent en outre être examinés et jugés que les rapports juridiques à propos desquels l’autorité administrative s’est prononcée préalablement, d’une manière qui la lie sous forme de décision. Dans cette mesure, la décision détermine l’objet de la contestation qui peut être déférée en justice par la voie du recours.
L’objet du litige peut être réduit devant l’autorité de recours, mais pas étendu, ni modifié (ATF 136 V 362 consid. 3.4.2).
Le juge administratif n’entre pas en matière sur des conclusions qui vont au-delà de l’objet du litige qui lui est soumis (ATF 134 V 418 consid. 5.2.1; 125 V 413 consid. 1a et les références citées).
b) En l’espèce, il ressort du dossier que la limite du domaine public à l’ouest de la parcelle litigieuse, le long de l’Aubonne, a valablement été fixée dans le cadre de la décision rendue par l’autorité intimée le 22 juin 2007 et confirmée par la cour de céans dans son arrêt du 10 août 2010. Dans la mesure où, saisi d’un recours, le Tribunal fédéral a conclu à l’irrecevabilité du moyen de droit déposé sur la base de l’art. 93 al. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF ; RS 173.110), on ne saurait toutefois considérer que l’arrêt précité ait acquis force matérielle de chose jugée. En effet, celui-ci pourrait encore faire l’objet d’une contestation devant cette autorité sur la base de l’arrêt à rendre dans le cadre de la présente procédure (art. 93 al. 3 LTF). Pour autant, la délimitation de la parcelle litigieuse telle qu’effectuée dans l’arrêt cantonal précité ne saurait être revue. Quand bien même il s’agit d’un arrêt de renvoi (art. 90 LPA-VD), celui-ci fixe sans équivoque la limite du domaine public sur le flanc ouest de la parcelle litigieuse et lie la cours de céans, laquelle ne saurait s’écarter de ses propres conclusions sur ce point (ATF 135 III 334 consid. 2 = JdT 2010 I 251).
Faute pour le recourant d’établir que la limite de propriété arrêtée sur le plan joint à la décision querellée diffère de celle retenue dans la cadre de la précédente procédure, les autorités ne sauraient connaître à nouveau de la délimitation entre la parcelle litigieuse et le domaine public le long de l’Aubonne. C’est dès lors à juste titre que, suite au recours pour dénis de justice introduit ultérieurement, l’autorité intimée a limité le contenu de sa nouvelle décision, objet du présent recours, à la délimitation du domaine public au sud de la parcelle litigieuse (coté lac). En ce sens, les conclusions présentées par le recourant en ce qui a trait à la limite du domaine public à l’ouest de cette dernière (côté cours d’eau) excèdent également l’objet du litige tel que circonscrit par la décision du 29 août 2012. Elles doivent par conséquent être déclarées irrecevables.
2.
Le recourant conteste également la représentation graphique d’une aire forestière sur le plan cadastral joint à la décision querellée et critique le fait que la mensuration officielle n’ait pas été accompagnée d’une procédure de constatation au sens de l’art. 10 de la loi fédérale du 4 octobre 1991 sur les forêts (LFo; RS 921.0). Dans ce contexte, il y a lieu d’examiner la portée juridique des mensurations officielles relatives à l’aire forestière.
a) aa) Selon l’art. 5 let. c de l’Ordonnance du 18 novembre 1992 sur la mensuration officielle (OMO; RS 211.432.2),
cette dernière comprend, entre autres, le plan du registre foncier. Le plan du registre foncier (ou plan cadastral) est un produit graphique établi sous forme analogique ou numérique à partir des données de la mensuration officielle et qui, en tant qu’élément constitutif du registre foncier, délimite notamment les biens-fonds; il acquiert la force juridique des inscriptions au registre foncier (art. 7 al. 1 OMO). Il fait état de plusieurs couches d’informations, parmi lesquelles figure la couverture du sol (art. 7 al. 2 OMO). Selon l’art. 7 al. 1 let. b de l’
Ordonnance technique du
Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS)
du 10 juin 1994 sur la mensuration officielle (OTEMO
; RS 211.432.21
)
, la couche d’information «couverture du sol» indique notamment la présence de surfaces boisées (ch. 5). Ce thème est lui-même subdivisé en plusieurs objets : forêt dense, pâturage boisé (lui-même subdivisé en «pâturage boisé dense» et «pâturage boisé ouvert») et autre surface boisée. Les surfaces boisées comprennent notamment la forêt au sens de l’art. 2 al. 1 LFo (art. 18 al. 1 OTEMO). La délimitation géométrique de celle-ci est effectuée, au besoin, d’entente avec les organes forestiers compétents (art. 18 al. 3 OTEMO).
L’exécution de la mensuration officielle est déléguée aux cantons (art. 34 al. 2 de la loi fédérale du 5 octobre 2007 sur la géoinformation [LGéo; RS 510.62] et art. 43 al. 1 OMO)
.
La loi vaudoise du 8 mai 2012 sur la géoinformation (LGéo-VD, RSV 510.62) attribue cette tâche à l’OIT, lequel a notamment pour compétence de gérer les documents cadastraux, de veiller à leur mise à jour, à leur renouvellement ou à leur amélioration (art. 18 al. 1 let. h LGéo-VD).
bb) La procédure de constatation de l’aire forestière permet quant à elle d’établir si un boisé est une forêt au sens de l’art. 2 al. 1 LFo. Aux termes de cette disposition, on entend par forêt toutes les surfaces couvertes d’arbres ou d’arbustes forestiers à même d’exercer des fonctions forestières.
Leur origine, leur mode d’exploitation et la mention au registre foncier ne sont en revanche pas pertinents.
Des critères quantitatifs minimaux relatifs à la surface, à l’âge et à la largeur de la forêt fixés par le droit fédéral (cf. art. 1 de l’ordonnance
du 30 novembre 1992
sur les forêts
[OFo; RS 921.01]) ainsi que par le droit cantonal (cf.
art. 2 al. 1
de la loi forestière du 19 juin 1996 [LVLFo; RSV 921.01])
complètent cette définition. La notion juridique de forêt est conçue selon une approche dynamique, celle-ci pouvant s’étendre si
les surfaces concernées se couvrent naturellement de végétation ligneuse.
Le moment décisif pour apprécier la nature forestière d'un peuplement boisé est celui de la décision de première instance (ATF 1A.223/2005 du 6 avril 2006 consid. 2.2; ATF 124 II 85 consid. 4d).
Quiconque prouve un intérêt digne d'être protégé peut ainsi demander au canton de décider si un peuplement boisé est soumis à la législation sur les forêts ou non par le biais d’une procédure de constatation (art. 10 al. 1 LFo). Lors de l’édiction et de la révision des plans d’aménagement locaux, une constatation de la nature forestière doit impérativement être ordonnée là où les zones à bâtir confinent ou confineront à la forêt (art. 10 al. 2 LFo). La notion dynamique de la forêt disparaît alors dans l’intérêt de la sécurité juridique; une limite statique de celle-ci étant imposée par la loi.
b) En l’espèce, on ne saurait faire grief à l’autorité intimée d’avoir graphiquement représenté sur les plans cadastraux un secteur qui figure une forêt et une lisière sur la parcelle du recourant sans avoir préalablement effectué une procédure de constatation de l’aire forestière (art. 10 LFo). La législation sur la mensuration officielle exige en effet que le plan cadastral figure les surfaces boisées au même titre que les autres couvertures du sol (art. 6 al. 2 let. b OMO). Cette représentation n’emporte toutefois pas une qualification de forêt au sens de la législation éponyme (art. 2 al. 1 LFo) et n’exige pas la conduite préalable d’une procédure de constatation de l’aire forestière (art. 10 LFo). Celle-ci ne s’impose en effet que lors de l’édiction et de la révision des plans d’aménagement locaux là où les zones à bâtir confinent ou confineront à la forêt (al. 2). Or, tel n’est pas le cas en l’occurrence puisque la parcelle du recourant est située en zone inconstructible. Moyennant un intérêt digne d’être protégé, le recourant peut néanmoins demander aux services cantonaux compétents de décider si les peuplements boisés présents sur son bien-fonds doivent ou non être considérés en tant que forêt (al. 1).
Cela dit, on peine à discerner l’intérêt pratique du recourant à agir contre la représentation graphique de l’aire forestière sur le plan cadastral joint à la décision querellée dans la mesure où, en l’espèce, cet élément n’emporte aucune conséquence de nature juridique. Comme précédemment mentionné, les surfaces boisées désignées en tant que telles dans les documents cadastraux ne permettent pas de préjuger de l’existence d’une forêt au sens de la définition donnée par la loi éponyme et encore moins des restrictions qui sont liées à cette qualification pour le propriétaire foncier (permis de coupe obligatoire, respect d’une distance minimale entre les bâtiments et la forêt, interdiction de défricher). La notion dynamique de forêt retenue par le droit fédéral implique en effet que la surface forestière n'est pas fixée une fois pour toute, mais qu'elle est susceptible de se modifier constamment en fonction de l'évolution naturelle de la forêt sur le terrain. Tout espace gagné par la forêt au sens juridique est ainsi automatiquement régi par les règles de la législation forestière ; peu importe à cet égard la limite retenue par le registre foncier (à ce propos notamment : AC.2010.0156 consid. 3 et les références citées). Si le recourant devait solliciter la mise en œuvre d’une procédure de constatation de l’aire forestière concernant sa parcelle (art. 10 al. 1 LFo), il serait ainsi tenu compte de la surface devant effectivement être qualifiée de forêt en fonction de ses caractéristiques au moment de la décision correspondante et non sur la base des constatations retenues antérieurement par l’autorité intimée dans le cadre de la mensuration officielle (dans le même sens : arrêt AC.98/0133 du 15 juin 1999 consid. 2a).
Faute pour le recourant d’être lésé dans ses intérêts dignes de protection, la surface représentée graphiquement en tant que forêt sur le plan cadastral et son dimensionnement dans le feuillet correspondant ne peuvent donc faire l’objet d’une quelconque contestation (cf. art. 75 let. a LPA-VD). Sur ce point également, le recours doit être déclaré irrecevable.
3.
Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être déclaré irrecevable dans son intégralité. Au vu de ce résultat, il y a lieu de mettre à la charge du recourant les frais de justice arrêtés à 2’500 francs (art. 49 et 99 LPA-VD). Il ne lui est en outre pas alloué de dépens (art. 55 et 99 LPA-VD).