# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** fec6e55d-2acf-4c19-a545-a01de5bf3373
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2007
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Les parcelles n° 125 et 190, situées sur la commune de Buchillon, et la parcelle n° 1228, située sur la commune d’Etoy, font, entre autres, partie d'un site recensé comme gisement de matériaux à exploiter en première priorité, sous le n° 1242-004, au Plan directeur des carrières (PDCar) du Canton de Vaud, adopté par le Grand Conseil le 18 septembre 1991. Dans le cadre de l’adaptation du Plan directeur des carrières (PDCar 2, adopté par le Grand Conseil le 9 septembre 2003), ce site a été étendu vers le nord. Le volume disponible dans l’entier du gisement défini au PDCar2 est estimé à environ 2'300'000 m
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; le site couvre une surface d’environ 20 ha. Seule une partie réduite du gisement est qualifiée d’exploitable.
La partie exploitable du gisement est située sur un plateau de pente très faible orientée au sud, à cheval sur les communes de Buchillon et d’Etoy, de part et d’autre de la route communale des Bruyères. Elle se trouve au nord-ouest du village de Buchillon, dont quelques habitations éparses sont érigées directement à proximité. La partie exploitable du gisement est bordée au sud par l'aire forestière du territoire communal de Buchillon. Les parcelles situées au nord du gisement ont fait l’objet d’un plan cantonal d’affectation (PAC Littoral Parc n° 299, ci-après: PAC 299), visant à développer les activités au sud de l’autoroute des communes d’Allaman, Aubonne, Etoy et St-Prex. Cette zone s’est considérablement construite accueillant de nombreuses entreprises. Dans ce cadre, la Société immobilière Littoral Parc SA a développé sur les parcelles jouxtant immédiatement au nord la route des Bruyères (parcelles n° 652, 1224, 1225, 1227 et 1228, sises sur le territoire de la commune d’Etoy) un projet immobilier comprenant notamment la construction d’un EMS (permis de construire délivré le 6 mars 2006) ainsi que d’un hôtel et de bâtiments administratifs (permis de construire délivrés le 25 mai 2005). Les parcelles situées au sud-ouest de la partie exploitable du gisement, secteur dit " des Croix-Blanches ", ont fait l’objet d’un plan partiel d’affectation, adopté par le Conseil communal de Buchillon en date du 30 mai 2006, et sont destinées à l’habitat de faible densité.
B.
Le 27 octobre 2004, le bureau Impact-Concept SA a soumis au Service des eaux, sols et assainissement (SESA) un dossier d’intention portant sur une demande de permis d’exploiter une gravière sur les communes de Buchillon et d’Etoy au lieu-dit " Les Bruyères ". Le dossier contenait un plan d’extraction (comportant trois aires: A, B et C), un plan pour demande de permis d’exploiter portant sur les aires A et B, un mémoire technique et un rapport d’impact.
C.
Le projet, comprenant le plan d’extraction et la demande simultanée de permis d’exploiter, assortis d’un rapport d’impact sur l’environnement, au lieu-dit " Les Bruyères " a été mis à l'enquête publique du 12 août au 11 septembre 2005. Portant initialement sur l’exploitation des aires A et B, couvrant environ 3,7 ha, il devait permettre l’extraction d’un volume de graviers d’environ 150'000 m
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(90'000 pour l’aire A et 60'000 pour l’aire B). La durée totale de l’exploitation des aires A et B était estimée à environ 2,5 à 3 ans, y compris la remise en état du site. Aucun traitement des matériaux n’était envisagé sur place. Il était prévu que les camions emportant les matériaux graveleux ne rouleraient pas sur la route des Bruyères, mais partiraient vers le nord en direction de la RC 1 et de l'autoroute en utilisant une route récemment construite en limite des parcelles n° 1225 et 116. Ensuite 80% des matériaux graveleux emprunterait l’autoroute, 10% serait acheminé en direction d’Allaman, et 10% en direction de St-Prex. Concernant les zones d’habitation situées à proximité, deux villas, situées sur les parcelles n° 127 et 128, se trouvent à moins de 100 m de l’aire B. Le bâtiment administratif, l’EMS et l’hôtel dont la construction est prévue au nord de la route des Bruyères se trouvent également à moins de 100 m l’aire B et/ou de l’aire A. Le bâtiment abritant l'EMS se situe ainsi à environ 50 mètres de la limite de l'aire A.
D.
Le projet a suscité les oppositions et remarques de 285 intervenants. Le SESA a organisé leur audition le 31 janvier 2006, séance au cours de laquelle les opposants ont pu faire part de leurs griefs à l’encontre de ce projet.
E.
Par décision du 31 mai 2006, le Département de la sécurité et de l’environnement (DSE) a levé les oppositions et a adopté le plan d’extraction avec la seule aire A, sans les aires B, ni C. Il a décidé de l’octroi du permis d’exploiter la gravière des " Bruyères 1 ", aire A seule, lequel serait délivré conformément à l’article 16 al. 2 de la loi sur les carrières du 24 mai 1988 (LCar; RSV 931.15), au terme de la procédure d’adoption du plan d’extraction. La décision reportait les différents préavis des services concernés de l’administration cantonale. Elle comportait les conclusions suivantes:
" 6.1 Pour l’aire A, le projet de plan d’extraction et la demande de permis d’exploiter présentés sont compatibles avec les exigences liées à la protection de l’environnement.
6.2 Pour l’aire B, la distance entre le périmètre de la zone d’exploitation projetée et les immeubles n° 366A et 331 habités respectivement par une et trois familles opposantes, est de l’ordre de 20 à 25 mètres. Bien que le projet de gravière respecte les exigences minimales en matière de protection contre le bruit, il y a lieu par mesure de précaution, d’exiger une distance largement supérieure de l’ordre de 60 à 80 mètres, en application du principe de la prévention (articles 1
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, alinéa 2 LPE et 7 OPB). Cette contrainte supplémentaire rendrait techniquement impossible l’extraction des matériaux de l’aire B, compte tenu d’une part de la faible surface subsistante et d’autre part d’un volume trop modeste lié à l’obligation de constitution d’un talus bordant la Route des Bruyères. Dès lors, l’aire B est supprimée du plan d’extraction.
6.3 L’aire C étant différée, au sens du règlement sur les carrières et des directives départementales, n’a pas fait l’objet d’investigations en vue d’une demande de permis d’exploiter. Il y a lieu de renoncer à inclure l’aire C dans le plan d’extraction. Toute demande ultérieure concernant cette aire devra être soumise à une nouvelle procédure complète.
6.4 Après l’exécution par l’exploitant des obligations prévues à l’article 17 LCar, le permis d’exploiter la gravière des " Bruyères 1 ", aire A seulement, sera accordé par le Département de la sécurité et de l’environnement, sans nouvelle mise à l’enquête, selon l’article 16, alinéa 4 LCar, avec les réserves et conditions exprimées par les services consultés de l’Etat. Elles seront reprises dans les prescriptions d’exploitation et feront partie intégrante des permis.
Sa délivrance fera l’objet d’une publication dans la Feuille des avis officiels du Canton de Vaud (FAO) et d’un avis personnel aux propriétaires riverains, ainsi qu’aux bénéficiaires de servitudes.
(...)

## Considerations