# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4492b1a3-4c3a-5f61-8dc8-b3fc4588da16
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
B_ (ci-après : B_), sise à Genève, a pour but l'acquisition, la détention, la gestion et la réalisation de tous types de participations en Suisse et à l'étranger. C_ en est l'administrateur unique.
A_ (ci-après : A_), sise à Genève, a pour but la prise de participations dans des sociétés ayant une activité dans les domaines de l'industrie, de la technologie, de la recherche et du développement, ainsi que l'achat de biens mobiliers, de biens de propriété intellectuelle et de biens immobiliers, notamment en Eurasie et en Suisse. D_ en est l'administrateur président.
E_, au capital social de 20'000 fr., a pour but les prestations liées à l'informatique, aux réseaux de communication, aux automates et aux machines industrielles. A_ et B_ en sont les associées, chacune pour 10 parts de 1'000 fr. D_ et C_ en sont les gérants.
F_, au capital-actions de 100'000 fr. divisé en 100 actions nominatives liées de 1'000 fr., a pour but le commerce et la fabrication de moules et de pièces électromécaniques. C_ en a été administrateur jusqu'en juillet 2014 et D_ administrateur président jusqu'en novembre 2014.
b.
Par convention du 25 février 2014, B_, représentée par C_, a vendu à A_, représentée par D_, sa participation au sein de F_, à savoir 33 actions nominatives d'une valeur de 1'000 fr., pour le prix de 42'000 fr. Le paiement devait intervenir par virement "sur les comptes" de B_ dans les 60 jours suivant la signature de l'acte de vente.
Le même jour, le conseil d'administration de F_ (à savoir D_ et C_) a entériné la cession des 33 actions par B_ à A_.
c.
Le 15 janvier 2016, sur réquisition de B_, l'Office des poursuites a notifié à A_ un commandement de payer, poursuite n° 1_ portant sur la somme de 42'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 25 avril 2014, fondé sur le contrat de vente du 25 février 2014.
La poursuivie y a formé opposition.
d.
Par acte expédié le 15 avril 2016 au Tribunal de première instance, B_, représenté par son conseil, a requis la mainlevée provisoire de l'opposition précitée, à concurrence de 40'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 25 avril 2014, avec suite de frais et dépens.
Elle a allégué qu'à l'exception d'un acompte de 2'000 fr. versé le 22 octobre 2014, A_ n'avait pas payé le prix de vente des actions.
Elle a produit notamment un avis de crédit de la somme de 2'000 fr. précitée, lequel comprend la mention "SOLDE DE ACHAT F_".
e.
Lors de l'audience du Tribunal du 22 août 2016, B_ a persisté dans sa requête.
A_ a conclu au rejet de celle-ci, avec suite de frais et dépens. Elle a déclaré qu'elle produisait "un chargé de pièces, en particulier un décompte, lequel régl[ait] l'affaire entre les deux parties par versement final des CHF 2'000.-" et que "la compensation figur[ait] dans l'échange de courriels et le requérant y répond[ait]".
Elle a produit sous pièce 3 notamment un échange de courriers électroniques intervenus en octobre et novembre 2014 entre D_ et C_.
Un message électronique du 13 octobre 2014 de D_ à C_ a la teneur suivante :
"Nous venons de procéder aux différents transferts. Le compte courant de E_ envers F_ est donc compensé à 0. Par apport en compte courant de 33'000 de B_ à E_ et de 77'000 de A_ à E_. Le surplus de 7'000 est réglé ce jour à B_ sous forme d'une compensation du solde de 5'000 Sfr, reliquat de la libération de capital de 10'000 Sfr. de E_ [et] d'un virement de 2'000 SFr sur le compte bancaire de B_. Merci de me redonner IBAN du compte. Pour impôt. Une déclaration sera faite à l'impôt anticipé pour la plus value de 7'000 SFr réalisée. Je le ferai à mon retour. J'ai 30 jours pour faire la déclaration. Le solde comptable du CC B_ chez E_ est de 132539 Sfr.".
Le 20 octobre 2014, C_ a interrogé au sujet du virement de 2'000 fr. D_, qui lui a répondu que celui-ci allait probablement être effectué le lendemain.
Le 11 novembre 2014, C_ a écrit à D_ ce qui suit : "
Suite à la vente de la société F_, il faudrait me transmettre les comptes de clôture de la société. Je vois dans les relevés de compte de E_ que F_ a versé à E_ : 35000 CHF le 24.02.2011, 15000 CHF le 25 mars 2011, 8174 CHF le 4 février 2011, soit 58174 CHF, que sont devenus les 41826 qui constituaient le capital de F_ à sa création 22.07.2010 ?
".
D_ lui a répondu le jour même ce qui suit : "
Frais de création. 35000 non versé par _ avancé par A_. Puis décomptés lors de la dernière régularisation. Et a vue de nez 3 ou 4 x 3000 EUR de tax pro et impôts. Sur la régulation de vente j'ai dû faire 57600 E_-F_, 37000 A_ -E_, 33000 B_ -E_
".
A_ a produit également, toujours sous pièce 3 (p. 1), un document intitulé "Devises _ CHF B_ ", comprenant la date du 30 mai 2014, ainsi que la mention de 33'000 fr. sous "Mont. Crédit Devise" et de 132'539 fr. 05 sous "Report devise".
Aucune explication n'a été fournie en première instance par les parties au sujet des pièces précitées.
Lors de l'audience du Tribunal, B_ a fait valoir qu'aucune preuve du paiement n'avait été apportée et que la compensation n'avait jamais été évoquée "formellement". Il n'appartenait pas au juge de la mainlevée de "vérifier les compensations évoquées", étant précisé qu'il y avait "au moins cinq sociétés en relation avec l'affaire".
Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience.
B.
Par jugement
JTPI/13213/2016
du 24 octobre 2016, communiqué pour notification aux parties le 4 novembre 2016, le Tribunal a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1_, à concurrence de 40'000 fr., plus intérêts à 5% dès le 27 avril 2014 (chiffre 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 400 fr., mis à la charge de A_ et compensés avec l'avance fournie (ch. 2 et 3) et condamné A_ à verser à B_ 400 fr. à titre de frais judiciaires et 1'354 fr. TTC à titre de dépens (ch. 4 et 5).
Le Tribunal a considéré que A_ n'avait rendu vraisemblables ni l'existence, ni le montant de la créance compensante qu'elle invoquait, ni le paiement du prix de vente au moyen d'autres modalités que celles qui avaient été convenues.
Il a retenu qu'à la lecture des courriers électroniques produits, on pouvait comprendre que le solde du prix de vente de 40'000 fr. avait été payé par apport en compte courant de 33'000 fr. de B_ à E_, par compensation à hauteur de 5'000 fr. pour un solde de libération de capital de E_ et par un virement de 2'000 fr. sur le compte bancaire de B_ et qu'ainsi, les 33'000 fr. avaient été versés par A_ sur le compte courant de B_ au sein de E_ et que ce transfert avait permis que le compte courant de E_ envers F_ se trouve être à zéro. Si ces transferts étaient rendus vraisemblables, l'on ne pouvait toutefois pas en déduire qu'ils avaient permis le paiement du prix de vente de 33% du capital-actions de F_. Cela était d'autant plus vrai qu'il ressortait de l'une des pièces produites par A_ que la somme de 33'000 fr. avait été débitée d'un compte de B_ en faveur de F_ le 30 mai 2014, portant le solde débiteur de ce compte à 132'539 fr. 05. C'était ainsi au détriment de B_ que son compte courant au sein de E_ avait bénéficié d'un apport en 33'000 fr.
C. a.
Par acte expédié le 17 novembre 2016 au greffe de la Cour de justice, A_ recourt contre le jugement précité, dont elle demande l'annulation. Elle conclut, avec suite de frais et dépens, à ce que la Cour dise que la dette de
40'000 fr. de A_ envers B_ est éteinte, rejette la requête de mainlevée provisoire et donne acte à B_ qu'un montant de 2'000 fr. lui avait été versé au titre du rachat des actions F_, avec suite de frais et dépens.
Elle allègue des faits nouveaux, notamment en relation avec sa libération. A cet égard, elle allègue nouvellement que 33'000 fr. sur le prix de vente des actions ont été réglés par la reprise par A_ d'une dette que B_ avait contractée envers F_ et que 5'000 fr. pouvaient être compensés avec une avance du même montant que A_ avait consentie à B_ en relation avec la libération du capital social de E_.
A_ n'a pas fait figurer dans son acte de recours l'élection de domicile de B_ en l'étude du conseil qui représentait celle-ci en première instance.
b.
Par ordonnance du 2 décembre 2016, reçue le 5 décembre 2016, la Cour a imparti à B_ un délai de dix jours pour répondre au recours.
Le 6 décembre 2016, le conseil de B_ a attiré l'attention de la Cour sur sa constitution avec élection de domicile et a requis la notification de l'acte de recours en son étude, le délai de dix jours pour répondre ne devant prendre effet qu'à partir de la "notification régulière" de celui-ci.
c.
Par ordonnance du 14 décembre 2016, reçue le lendemain au domicile élu, la Cour a imparti à B_ un nouveau délai au 27 décembre 2016 pour répondre au recours.
d.
Le 21 décembre 2016, A_ a écrit à la Cour que la Commission du barreau avait fait injonction au conseil de B_ de cesser de représenter C_ et E_ dans le litige qui les opposait ainsi qu'à l'encontre de D_. Comme cela ressortait de la décision de ladite Commission, D_ était l'unique ayant droit économique de A_ et C_ l'unique ayant droit économique de B_. Ainsi, représenter B_ revenait de fait à représenter C_ à l'encontre de D_, ce qui allait à l'encontre de la décision de la Commission du barreau. Par ailleurs, le Ministère public avait fait interdiction au conseil de B_ de représenter celle-ci dans le cadre de la procédure pénale P/1_ opposant D_ à C_.
A_ a joint audit courrier une décision du Bureau de la Commission du barreau du 3 novembre 2016 et une ordonnance du 8 décembre 2016 du Ministère public.
Le 22 décembre 2016, la Cour a adressé au domicile élu de B_ le courrier de A_ du 21 décembre 2016, ainsi que ses annexes.
e.
B_ n'a répondu au recours ni personnellement, ni par l'intermédiaire de son conseil.
f.
Par avis du 12 janvier 2017 à leurs conseils, le greffe de la Cour a informé les parties de ce que la cause était gardée à juger, l'intimée n'ayant pas déposé de réponse.

## Considerations

EN DROIT
1.
1.1
En matière de mainlevée d'opposition, seule la voie du recours est ouverte
(art. 309 let. b ch. 3 et 319 let. a CPC).