# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 453c90ca-a9a5-5028-8967-efc2fd61ac0e
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Le 19 janvier 2015, B._, assistante sociale auprès du Service social du Réseau Santé et Social de la Gruyère (ci-après: le Service social), a signalé à la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) la situation de A._, divorcée, maman d’une fille de 11 ans, sans emploi, qui présente des troubles de la personnalité et à qui il arrive de s’alcooliser. L’assistante sociale s’inquiète pour la fille de l’intéressée, C._, et souhaite que le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ) évalue la situation (DO 2).
A._ a été entendue par la Justice de paix en date du 3 février 2015, dans le cadre de la procédure relative à l’examen de la situation de sa fille. Elle a en particulier relevé qu’elle était sans emploi, soutenue par le Service social et qu’elle percevait chaque mois une contribution d’entretien de CHF 777.- pour sa fille de la part du père (DO 3 ss).
Le 12 mars 2015, la Dresse D._, médecin spécialiste FMH en médecine générale, a livré un rapport sur sa patiente, A._, duquel il ressort que son état psychique est moyennement bon et qu’une évaluation psychiatrique serait souhaitable. Elle a également relevé qu’elle ne présente pas de dépendance à l’alcool même si elle en consomme épisodiquement et qu’elle a besoin d’aide et d’encadrement pour gérer ses affaires (DO 9).
Le 28 août 2015, la police a été appelée par les ambulanciers au domicile de A._ au motif que l’intéressée, blessée à la tête à la suite d’une chute due à sa consommation d’alcool et de médicaments, refusait d’être soignée et conduite à l’hôpital et adoptait un comportement agressif. Les policiers ont en outre constaté que son appartement était dans un état d’insalubrité avancée et que les denrées stockées dans le frigidaire étaient avariées (DO 18 ss).
Le 11 septembre 2015, la Dresse D._ a livré un nouveau rapport sur la situation de sa patiente. Elle a relevé qu’elle n’avait plus eu de contact avec elle depuis le 10 mars 2015 et qu’elle ne souhaitait plus être suivie. Elle a confirmé que sa patiente a certainement un trouble psychique et qu’elle consomme épisodiquement de l’alcool de sorte qu’une évaluation psychiatrique serait nécessaire (DO 26).
A._ ne s’est pas présentée à la séance de la Justice de paix du 15 septembre 2015 concernant la situation de la fille (DO 29 ss). Elle a été entendue par la Juge de paix de l’arrondissement de la Gruyère, le 17 septembre 2015. Elle a en substance expliqué qu’elle était à la recherche d’un emploi, que son appartement était rangé, et qu’elle ne consommait pas d’alcool devant sa fille (DO 31 ss).
Par courrier du 17 septembre 2015, B._ a informé la Justice de paix que depuis le départ de la fille de A._ chez son père, cette dernière recherchait activement un emploi (DO 33).
Par décision du 18 septembre 2015, la Justice de paix a confié la garde de C._ à son père, réservant un droit de visite à sa mère, pour autant qu’elle soit sobre, que son appartement soit en ordre et qu’elle entreprenne un suivi psychologique ou psychiatrique.
Lors d’un contrôle, le 1er octobre 2015, il a été constaté que l’appartement de A._ avait été nettoyé et que des rangements avaient été effectués si bien que l’état du logement a été considéré comme acceptable (DO 40).
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Le 6 avril 2016, l’intervention de la police a été requise au domicile de l’intéressée par son ex-mari, lequel avait été appelé par sa fille qui était en visite chez sa mère dès lors que cette dernière était furieuse et hurlait sans raison. Etant donné que A._ était hystérique et s’opposait aux ordres des policiers, ces derniers ont dû la menotter pour la conduire au poste. Les policiers ont constaté lors de leur intervention que l’appartement était dans un état d’insalubrité avancée. Compte tenu de l’état psychique de l’intéressée, un placement à des fins d’assistance au Centre de soins hospitaliers du Réseau fribourgeois de santé mentale, à Marsens (ci-après: CSH Marsens), a été ordonné (DO 45-46).
Par courrier du 6 juin 2016, B._ a exposé que A._ n’a toujours pas trouvé d’emploi et qu’elle est soutenue financièrement par le Service social. Etant donné que l’intéressée a des difficultés à gérer son argent, son entretien lui est versé en deux fois par mois, le loyer et la caisse-maladie étant payés directement pas le Service social. A._ banaliserait en outre sa consommation d’alcool. L’assistante sociale s’est prononcée en faveur de l’instauration d’une mesure de protection (DO 52).
Le 21 juin 2016, A._ a comparu à la séance de la Justice de paix. En substance, elle a déclaré qu’elle n’avait pas trouvé d’emploi, qu’elle cherchait une activité dans la restauration ou le nettoyage, et qu’elle était inscrite dans toutes les agences de placement et avait envoyé de nombreux curriculum vitae. Elle a relevé qu’elle était toujours soutenue par le Service social qui lui payait notamment le loyer et l’électricité, puis lui versait la différence. Elle a indiqué qu’elle n’avait pas consommé d’alcool le jour où la police est intervenue chez elle et a contesté que son appartement était insalubre. Elle a déclaré être suivie par les Dresses E._, médecin spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, et D._. L’intéressée a en outre déclaré qu’elle n’avait pas de problème d’alcool (DO 54 ss).
En date du 1er juillet 2016, la Dresse D._ a indiqué à la Justice de paix qu’il fallait s’adresser à la Dresse E._ s’agissant de l’état psychique de A._ (DO 60).
Le 13 septembre 2016, la Dresse E._ a livré son rapport sur l’état de santé psychique de sa patiente. Elle a indiqué qu’elle l’avait rencontrée à deux reprises (23.08.16 et 13.09.16) et qu’elle était sobre, authentique et ponctuelle aux rendez-vous. Elle a relevé que l’état de santé physique de sa patiente était bon mais que l’état psychique n’est pas bon et qu’elle a besoin de soutien et de renforcement « de son moi ». Selon la Doctoresse, l’intéressée semble engagée dans une relation thérapeutique avec son infirmière, laquelle se rend chaque deux semaines chez elle, ce qui est positif selon le médecin. Enfin, la Dresse E._ a indiqué qu’elle estime que A._ est capable de gérer ses affaires courantes, étant précisé qu’il serait selon elle judicieux qu’elle perçoive son argent en deux fois par mois et qu’elle apprenne à faire un budget. L’intéressée a en outre dit à sa Doctoresse qu’elle était à jour avec ses « petites dettes ». Elle n’a personne dans son entourage qui pourrait lui être désigné comme curateur (DO 63 et 64).
B. Par décision du 27 septembre 2016, la Justice de paix a instauré en faveur de A._ une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens des art. 394 al. 1 et 395 al. 1 CC ayant pour objet de la représenter dans le cadre du règlement de ses affaires administratives, de gérer avec diligence ses revenus et sa fortune et de la représenter dans ce domaine, de lui apprendre à gérer seule ses affaires administratives et financières, et de la soutenir dans le cadre de ses recherches d’emploi. F._, curateur auprès du Service des curatelles des communes de Bulle, Riaz et Morlon, a été désigné curateur de l’intéressée.
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C. Par courrier du 17 novembre 2016, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant en substance à son annulation et soutenant être en mesure de s’occuper de ses affaires.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix s’est référée à sa décision.

## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).