# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4485c194-f5f4-4cd7-bbbf-b936e6576330
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2002
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A. Depuis 1964, les communes d'Epalinges, Lausanne, Prilly, Pully et Renens ont formé le Service intercommunal de taxis de l'arrondissement de Lausanne, soumis à un règlement (RIT) calqué sur des règles lausannoises antérieures. L'arrondissement s'est progressivement étendu à Chavannes-près-Renens, Crissier, Ecublens, Belmont-sur-Lausanne, Paudex, le Mont-sur-Lausanne et Bussigny-près-Lausanne.
Le conseil communal de chacune des communes concernées a adopté un texte unique qui est le "Règlement intercommunal sur le service des taxis" (ci-dessous "RIT"), approuvé pour le première fois par le Conseil d'Etat le 28 avril 1964 et entré en vigueur, dans les premières communes qui l'avaient adopté, le 1er novembre 1964. Ce règlement (RIT), approuvé en dernier lieu par le Conseil d'Etat en date du 24 juillet 1992, contient notamment les dispositions suivantes:
Chapitre troisième Des autorisations
A. - Autorisation d'exploiter
Art. 12 - Les types d'autorisations
Nul ne peut exploiter un service de taxis sur le territoire de l'arrondissement sans en avoir obtenu l'autorisation.
Il y a trois types d'autorisations:
a) l'autorisation A, avec permis de stationnement sur des emplacements désignés par les directions de police (stations officielles de taxis);
b) l'autorisation B, sans permis de stationner sur le domaine public;
c) l'autorisation C, pour voitures de grande remise.
Est considérée comme voiture de grande remise celle qui est louée, avec chauffeur, exclusivement:
a) pour la demi-journée au minimum;
b) pour des courses dépassant les limites des districts limitrophes de celui de Lausanne;
c) pour les cérémonies publiques ou privées (enterrements, mariages, etc.);
d) aux hôtels, agences de voyage ou bureaux de tourisme pour le service de leur clientèle.
Art. 13 - Conditions générales
Pour obtenir l'autorisation d'exploiter un service de taxis, il faut:
a) avoir une bonne réputation;
b) pour les autorisations de type A avec permis de stationnement, que l'entreprise soit exploitée et ait son siège dans l'arrondissement. Pour les entreprises individuelles, cette condition est remplie lorsque le candidat a son domicile dans l'arrondissement; la Commission administrative peut, toutefois, accorder des dérogations si le candidat justifie de motifs pertinents inhérents à sa situation personnelle ou à celle de sa famille;
c) pour les autorisations de type B ou C, que l'entreprise ait son siège dans le canton;
d) disposer sur le territoire de l'arrondissement de locaux suffisants pour garer les véhicules et les entretenir, ainsi que, pour les titulaires d'une autorisation B, d'un téléphone placé à proximité du lieu de stationnement des véhicules. La Commission administrative peut toutefois accorder des dérogations lorsque le candidat a son domicile en dehors de l'arrondissement et qu'il établit être à même d'exploiter son autorisation dans des conditions normales;
e) offrir au conducteur des conditions de travail garantissant la sécurité du service, notamment en ce qui concerne le repos et les vacances. Au besoin, la Conférence des directeurs de police détermine ces conditions ou exige du requérant qu'il adhère à un contrat collectif approuvé par elle.
L'octroi de l'autorisation d'exploiter un service de taxis avec permis de stationnement ne peut en outre intervenir que si le candidat soit exerce la profession de chauffeur de taxi, soit exploite ou dirige une entreprise de taxis ou un central d'appel dans l'arrondissement depuis un temps suffisant, mais deux ans au moins.
Art. 14 - Procédure (...)
Art. 15 - Nombre des autorisations A
L'autorisation du type A, avec permis de stationnement n'est délivrée, aux conditions mentionnées à l'article 13, que dans la mesure où les exigences de la circulation, de la place disponible et des besoins du public le permettent.
Les municipalités arrêtent d'un commun accord, après consultation des associations professionnelles intéressées, le nombre total des permis de stationnement.
Art. 16. - Nombres des autorisations B et C
Les autorisations des types B, sans permis de stationnement, et C (location de voitures avec chauffeur) sont accordées sans limitation quant au nombre.
Art. 17 - Personnes morales
Les autorisations peuvent être délivrées à une société dont le détenteur économique et le représentant légal remplissent les conditions prévues.
La Commission administrative peut exiger des garanties lui permettant de connaître en tout temps l'identité du détenteur économique.
Art. 18 Octroi et durée d'une autorisation
Si les conditions fixées aux articles 13, 15 et 1 7 sont remplies, le requérant reçoit une autorisation valable jusqu'au 31 décembre. Celle-ci doit être renouvelée chaque année, avant le 15 décembre, auprès du préposé intercommunal.
(...)
Art. 19. - Intransmissibilité
Les autorisations sont personnelles et intransmissibles.
Toutefois, en cas de décès ou de renonciation du bénéficiaire, l'autorisation peut être délivrée au nouveau titulaire de l'entreprise si celui-ci remplit les conditions du règlement. Les municipalités fixent d'un commun accord, compte tenu de la disposition de l'article 15, les conditions du transfert d'un permis de stationnement.
L'article 13, alinéa 2, n'est pas applicable en cas de transfert à un proche.
Est assimilé à un transfert de permis de stationnement tout transfert ou souscription de part, action ou autre titre de sociétaire d'une personne morale bénéficiant d'une autorisation A.
B. -Autorisation de conduire
Art. 20. - Conditions
Celui qui se propose de conduire professionnellement un taxi d'une entreprise de l'arrondissement doit obtenir au préalable l'agrément du préposé intercommunal et la délivrance d'un carnet de conducteur.
Pour obtenir un tel carnet, il faut:
(...)
C. - Autorisation d'exploiter un central d'appel téléphonique ou radio
Art. 23 bis
Nul ne peut exploiter un central d'appel téléphonique ou radio sans en avoir obtenu préalablement l'autorisation.
Est réputé central d'appel téléphonique ou radio au sens du présent règlement. le dispositif destiné à recueillir les commandes de la clientèle, à les diffuser par téléphone ou par radio et à les faire exécuter au moyen de plusieurs taxis.
L'autorisation est délivrée par la Commission administrative, à condition que:
a) les principales installations techniques et l'appareil administratif inhérent à l'exploitation du central soient situés dans l'arrondissement;
b) le requérant ait une bonne réputation.
Le requérant adresse au préposé intercommunal une demande écrite à laquelle il joint un acte de bonnes moeurs, un extrait du casier judiciaire vaudois et. s'il est confédéré ou étranger, du casier judiciaire central.
L'article 17 est applicable par analogie.
(...)
Chapitre quatrième Des véhicules
(...)
Chapitre cinquième Exploitation
A.- Exploitants
Art. 40 - Activité de l'exploitant
L'exploitant doit diriger lui-même son entreprise de taxis.
En outre, l'exploitant de taxis avec permis de stationnement doit en assurer personnellement et de façon régulière la conduite, sauf dispense de la Commission administrative, accordée notamment lorsqu'en raison de l'importance de son entreprise, il doit se consacrer entièrement à la direction de celle-ci, ou qu'en raison de son âge ou d'invalidité permanente, il ne peut plus conduire personnellement, ni exercer une autre activité.
En cas d'incapacité temporaire de conduire, la Commission administrative peut accorder une dispense pour une durée limitée et, le cas échéant, autoriser l'exploitant à exercer provisoirement une autre activité.
Art. 41 - Personnel
L'exploitant doit établir que les conducteurs à son service répondent aux exigences du présent règlement. Il choisit son personnel avec soin, lui donne des instructions appropriées et le contrôle de façon suivie.
Il est à même de fournir en tous temps, aux directions de police et au préposé intercommunal, des renseignements exacts sur le mode d'occupation, les heures de travail et de présence et le nombre des jours de travail et de repos de chaque conducteur.
Il prend les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des conducteurs, des voyageurs et des tiers.
La Conférence des directeurs de police peut édicter des prescriptions sur les objets mentionnés dans le présent article.
Art. 42 - Etat des conducteurs et des véhicules
L'exploitant doit remettre au préposé intercommunal un état détaillé des conducteurs à son service et des véhicules utilisés.
Toute modification doit être immédiatement annoncée.
L'engagement de nouveaux conducteurs ne peut s'effectuer qu'après avis préalable au préposé intercommunal.
Art. 43 - Contrôles de police
L'exploitant est tenu de se prêter aux contrôles exercés par les directions de police.
Art. 44. - L'exploitant de taxis qui entend utiliser un moyen d'appel radio doit en informer le préposé intercommunal en lui communiquant, le cas échéant, le central d'appel auquel il prévoit de s'affilier.
Il ne peut s'affilier qu'à un central d'appel faisant l'objet d'une autorisation délivrée en vertu de l'article 23 bis.
L'exploitant de taxis avec permis de stationnement ne peut être affilié à un autre central d'appel que celui des taxis de place.
B. - Conducteurs (...)
C. - Centraux d'appel (...)
Art. 58ter
L'affiliation à un même central d'appel d'exploitants de taxis pratiquant des tarifs différents est interdite.
(...)
Chapitre septième Stations officielles de taxis, emplacements de stationnement et installations techniques.
Art. 65 - Stations officielles de taxis
La Conférence des directeurs de police désigne les emplacements permanents sur lesquels les titulaires d'autorisations du type A peuvent seuls mettre leurs véhicules en stationnement (stations officielles de taxis).
Il est interdit:
a) de les utiliser pour l'arrêt hors service ou d'y abandonner un véhicule;
b) en principe, d'y mettre un véhicule en stationnement pendant l'attente momentanée du client.
La Conférence des directeurs de police réglemente, pour le surplus, l'utilisation des emplacements où le stationnement est autorisé et le comportement des conducteurs sur ces places.
Art. 66 - Occupation des stations
L'autorisation A donne le droit et implique l'obligation d'occuper les stations officielles de taxis.
La Conférence des directeurs de police arrête, après avoir consulté les associations professionnelles intéressées, les mesures propres à assurer l'occupation régulière des stations. Elle fixe notamment la station que doit rejoindre un conducteur après une course. A défaut d'une telle règle, le conducteur doit rejoindre la station la plus proche.
Art. 67 - Installations téléphoniques
L'installation d'appareils téléphoniques sur les stations officielles de taxis est de la compétence des directions de police.
Ces appareils peuvent être reliés à un central téléphonique. L'autorisation du type A donne le droit et implique l'obligation, pour l'exploitant et les conducteurs à son service, d'utiliser les installations téléphoniques et de répondre aux appels téléphoniques.
Art. 68 - Installation radio
La Conférence des directeurs de police peut autoriser ou obliger les titulaires d'autorisations A ou certaines catégories d'entre eux à munir leur véhicule d'installations radio émettrices-réceptrices assurant la liaison avec le central d'appel des taxis de place.
Elle peut également imposer l'installation d'un dispositif d'identification uniforme à tous les titulaires dont le véhicule est équipé d'un poste radio émetteur-récepteur.
Les titulaires d'autorisations A et les conducteurs à leur service sont tenus d'utiliser les installations radio émettrices-réceptrices dont sont munis leurs véhicules et de répondre aux appels leur parvenant par cette voie.
Art. 69 - Central Mode d'exploitation
La Municipalité de Lausanne peut confier à un organisme privé l'exploitation du central téléphonique et radio des taxis de place.
En cas d'abus ou de mauvaise gestion, elle peut, sur préavis de la Conférence des directeurs de police, ordonner, avec effet immédiat, l'exploitation provisoire par la Direction de police de Lausanne.
La Direction de police de Lausanne a le droit de procéder à tous les contrôles qu'elle estime utiles concernant l'activité de l'organisme privé chargé de l'exploitation.
Art. 70 - Frais d'exploitation: a) en cas d'exploitation par un organisme privé
Si l'exploitation du central téléphonique et radio des taxis de place est confiée à un organisme privé, celui-ci répartit les frais d'exploitation et d'abonnement entre les titulaires des autorisations A.
Si cet organisme est une personne morale constituée par les titulaires d'une autorisation A, la Conférence des directeurs de police peut subordonner l'octroi ou le maintien du permis de stationnement à la condition que le bénéficiaire en fasse partie.
(...)
Chapitre huitième Tarifs
Art. 73. Montants
Le tarif appliqué par les exploitants doit être clair et précis et ne contenir aucun élément susceptible d'induire le public en erreur.
Les exploitants au bénéfice d'une autorisation du type B fixent librement les tarifs qu'ils entendent appliquer. Ils les communiquent au préalable au préposé intercommunal.
Les titulaires d'une autorisation du type A appliquent un tarif uniforme; celui-ci ne peut être mis en application avant d'avoir été approuvé par la Conférence des directeurs de police. Au besoin, les municipalités édictent, d'un commun accord, un tarif obligatoire, après consultation des associations professionnelles intéressées.
Art. 74. Application
Le tarif double est appliqué lorsque le véhicule roule en dehors du périmètre urbain fixé d'un commun accord par les municipalités:(...)
Art. 77 Tarif forfaitaire
Les courses à forfait ne sont autorisées que si le prix convenu est inférieur ou égal au tarif applicable. Le taximètre doit être enclenché comme dans le cas d'une course ordinaire.
Le RIT fait l'objet de "Prescriptions d'application du Règlement intercommunal sur le service des taxis" adoptées par les diverses municipalités (pour la première fois le 17 juin 1966 par la Municipalité de Lausanne) et approuvées par le Conseil d'Etat en dernier lieu le 30 septembre 1992. Ces prescriptions contiennent notamment les dispositions suivantes:
Art. 18 Conditions à l'octroi et au renouvellement d'autorisations A
La Commission administrative peut assortir l'octroi ou le renouvellement des autorisations A de conditions. Elle pourra notamment fixer certaines heures ou certains jours pendant lesquels le titulaire devra obligatoirement mettre son taxi à la disposition du public.
Elle pourra imposer toutes mesures permettant de connaître le détenteur économique des personnes morales, notamment en fixant des conditions relatives à leur forme juridique.
Art. 19 - Transfert des autorisations A
Le transfert d'une autorisation A ne peut intervenir que s'il n'a aucun caractère spéculatif.
Il ne pourra dès lors être admis que :
a) lorsque le candidat au transfert de l'autorisation A aurait obtenu de toute manière une telle autorisation en cas de renonciation du titulaire cédant ;
b) lorsqu'il est un proche du précédent détenteur de l'autorisation et exerce la profession de conducteur de taxi;
c) lorsqu'il était, depuis cinq ans au moins, conducteur au service de l'ancien.
La Conférence des directeurs de police peut toutefois autoriser, exceptionnellement et sous certaines conditions, la Commission administrative à admettre le transfert à un proche qui n'exerce pas la profession de conducteur de taxi, notamment à la veuve.
Tout changement de détenteur économique d'une société titulaire d'une ou de plusieurs autorisations A est assimilé à un transfert et peut être subordonné aux conditions de l'alinéa 2 ci-dessus.
Art. 20 - Dispense de conduire
Une dispense partielle, au sens de l'art. 40 al. 2 RIT, peut être accordée à celui qui, outre son taxi, conduit pour son propre compte une autre voiture automobile légère servant au transport professionnel de personnes, et ce principalement dans les limites de l'arrondissement.
On notera encore que le RIT instaure divers organes intercommunaux qui sont notamment:
- la "Conférence des directeurs de police" formée des conseillers municipaux compétents des différentes communes de l'arrondissement (art. 7 al. 3 RIT)
- la "Commission administrative" formée de fonctionnaire communaux (art. 7 al. 4 RIT)
- le "Préposé intercommunal aux taxis", également fonctionnaire communal (art. 7 al. 5 RIT)
La Conférence des directeurs de police est notamment l'autorité de recours contre les décision de la Commission administrative et du Préposé intercommunal (art. 107 RIT). Il résulte toutefois de l'art. 9 al. 3 lit. c RIT que la Conférence des directeurs de police nomme une "Délégation" chargée de statuer sur les recours. Cette Délégation est formée de trois membres de la Conférence.
B. Le 4 septembre 2000, les recourants ont adressé au Tribunal administratif un recours pour déni de justice pour refus de la Conférence des directeurs de police de statuer sur leur recours du 5 juillet 1999 contestant la décision de la Commission administrative rejetant les requêtes qu'ils avaient présentées en juin 1998 au Préposé intercommunal. Tant le recours du 4 septembre 2000 que les requêtes individuelles présentées en juin 1998 tendaient à ce qu'il soit constaté que les intéressés, titulaires d'une autorisation B d'exploiter une entreprise de taxi, ont le droit de stationner sur les emplacements du domaine public réservés aux taxis.
Les recourants se sont acquittés d'une avance de frais de 1'000 francs.
Le 9 novembre 2000, la Délégation de la Conférence des directeurs de police a rendu la décision suivante:
I EN FAITS :
1. Jusqu'en 1955, il n'y avait à Lausanne qu'un nombre restreint de luxueux taxis, dits de place, au bénéfice d'une concession d'utilisation du domaine public; la situation de monopole dont ils jouissaient a eu pour conséquence des prix prohibitifs.
A la suite d'un arrêt rendu par le Tribunal fédéral, l'autorité lausannoise a admis l'existence de petits taxis de garage et édicté le Règlement du 31 mai 1955 sur le service des taxis. Ce règlement distinguait déjà les taxis A, ou taxis de place, (avec autorisation de stationnement sur le domaine public) et les taxis B, ou taxis de garage, (sans autorisation de stationnement).
La création des taxis de garage a eu un réel succès puisque, le 1er juin 1959, il y avait 311 taxis, soit 39 taxis A pour 272 taxis B. Ces derniers créant le chaos en maraudant et en stationnant dans la rue, il a été jugé indispensable qu'une majorité de taxis n'occupent plus "sauvagement" la chaussée, mais seulement des emplacements réservés à leur intention sur le domaine public (stations officielles de taxis). Ces emplacements ont été équipés d'un téléphone relié à un central d'appel, téléphone que les conducteurs étaient tenus d'utiliser. Une nouvelle réglementation du service des taxis adoptée par le Conseil communal dans sa séance du 29 septembre 1959 est ainsi entrée en vigueur le 2 mai 1960
Compte tenu, entre autres critères de choix, des besoins de la clientèle, des exigences de la circulation et du nombre des taxis exploités, l'autorité a fixé à 200 la quantité d'autorisations A qui pourraient être délivrées à l'entrée en vigueur du règlement; elle a porté ce chiffre à 220 en décembre 1960, puis à 240 en 1961. Parallèlement, 33 stations ont été balisées et équipées.
2. A partir du 1er novembre 1964, les communes d'Epalinges, Lausanne, Prilly, Pully et Renens ont formé le Service intercommunal de taxis de l'arrondissement de Lausanne, soumis à un règlement (RIT) calqué sur les règles lausannoises qui avaient fait leurs preuves. L'arrondissement s'est progressivement étendu à Chavannes-près-Renens, Crissier, Ecublens, Belmont-sur-Lausanne, Paudex, le Mont-sur-Lausanne et Bussigny-près-Lausanne.
Sur son territoire, chacune des communes de l'arrondissement prend à sa charge les frais engendrés par les signaux routiers délimitant le périmètre, ainsi que ceux de balisage, de signalisation et d'équipement des stations officielles de taxis. La Commune de Lausanne supporte, en sus, les frais d'installation du central téléphonique ou radio des taxis de place, lequel a été renouvelé à deux reprises, en 1978 et en 1991, la dernière fois par un système de distribution informatisée des courses. La gestion de ce central a toutefois été confiée à la Coopérative des exploitants de taxis de la région lausannoise (Taxi Service).
3. Peu après l'introduction du RIT, les municipalités ont arrêté le nombre d'autorisations A à 280, nombre qui est resté stable jusqu'en 1994, quand il a été décidé de ramener à 264 le nombre de taxis A, notamment en raison d'une constante baisse de fréquentation et d'une diminution des places en station.
A la fin 1999, les communes mettaient, à disposition des titulaires d'autorisations A, seulement 210 places de stationnement réparties sur 45 stations de taxis, alors qu'il y en a eu jusqu'à 231, dans 49 stations.
A la fin d'une course, les exploitants de taxis A ont l'obligation de rallier la station la plus proche, sauf appel du central auquel ils doivent se raccorder. Ils doivent accepter toutes les courses, qu'ils soient requis par le central ou par un client lors d'un arrêt en station. Même si c'est presque systématiquement le cas, ils ne sont pas tenus d'être membres de la Coopérative qui a, elle, l'obligation d'accueillir les postulants qui exercent la profession de chauffeur de taxi et qui sont autorisés à stationner sur le domaine public.
Enfin, les taxis A doivent tous appliquer un tarif uniforme, décidé par la coopérative mais qui ne peut être mis en application avant d'avoir été approuvé par la Conférence des directeurs de police. Ils peuvent cependant convenir d'un forfait avec un client, si le prix négocié est inférieur ou égal au tarif en vigueur .
4. En 1999, on dénombrait 85 exploitants de taxis B, dont 73 avaient choisi d'être reliés à quatre centraux d'appel différents de celui géré par la coopérative, les 12 autres travaillant en indépendants. Les taxis B ne peuvent - tout comme les taxis A d'ailleurs - stationner sur les emplacements dévolus aux automobilistes, mais ils doivent regagner un emplacement sis sur propriété privée, sitôt leur course achevée. Ils fixent librement leurs tarifs, qu'ils doivent seulement communiquer préalablement au préposé intercommunal, mais qu'ils sont tenus de respecter, sauf négociation d'un prix inférieur avec le client.
5. Les 8 et 18 juin 1999, une vingtaine de chauffeurs de taxis, se présentant comme titulaires d'une autorisation B d'exploiter une entreprise de taxis pour l'année en cours, ont sollicité le droit de stationner sur les emplacements du domaine public réservés aux taxis.
Les requérants ont fait valoir en substance que le RIT est illégal. Selon eux, le numerus clausus des autorisations A est contraire à l'égalité entre concurrents et n'est justifié par aucun motif d'intérêt public prépondérant; il constitue donc une atteinte à la liberté du commerce et de l'industrie, atteinte prohibée par l'art. 31 de la Constitution fédérale. Ils ont remis en cause l'obligation pour les titulaires d'autorisations A de s'affilier au central d'appel concessionnaire de l'Etat, tout comme le tarif uniforme imposé aux taxis A, qu'ils jugent contraire au droit de la concurrence. Ils ont ajouté que l'obligation faite aux concessionnaires B de retourner à leur place de stationnement après chaque course avait des conséquences importantes sur le trafic et la pollution en ville de Lausanne alors que ces taxis pourraient utiliser des stations de taxis qui ne sont aujourd'hui pas complètement occupées. Enfin, ils ont estimé que l'abrogation des dispositions protégeant les autorisations A introduirait une concurrence plus claire, ce qui irait dans l'intérêt du consommateur.
6. Par une décision unique du 24 juin 1999, la Commission administrative a refusé d'accéder à ces requêtes et a invité les requérants à suivre la procédure prévue par le RIT.
Elle a expliqué, en bref, que la limitation du nombre des autorisations A, en fonction des exigences de la circulation, des places disponibles et des besoins du public, n'était pas contraire à la liberté du commerce et de l'industrie, car le domaine public n'était pas extensible à l'infini. Elle a relevé que Genève, qui avait libéralisé le système, avait réinstauré récemment un numerus clausus; elle a rappelé que plus de 230 candidats attendaient une autorisation. Elle a conclu en disant que, à son avis, les différences entre les requérants ne permettaient pas de les traiter de manière identique,
7. Le 5 juillet 1999, dix-huit des requérants se sont pourvus à la Conférence des directeurs de police, en prétendant que la décision était sommaire et ne répondait pas à leurs arguments. Ils ont demandé que l'autorité de recours annule la décision et prononce que les recourants disposent à titre individuel et immédiatement du droit de stationner sur les emplacements du domaine public réservés aux taxis.
D'après eux, l'intimée ne démontre pas quel intérêt public justifie des autorisations d'un type différent pour des personnes autorisées à exercer la même profession, car la place est disponible. Ils prétendent que la limitation des places de stationnement ne sert qu'à obliger illégalement les chauffeurs de taxi à adhérer à une société coopérative liée aux services publics et à imposer une entrave à la concurrence par le biais d'un tarif uniforme. Ils ne contestent pas que l'autorité devrait accorder une autorisation A aux 230 candidats en attente s'ils la requièrent. Ils relèvent ensuite que la décision ne se prononce pas non plus sur les inconvénients présentés par l'autorisation B, entre autres sur le plan du trafic et de la pollution, en raison de l'obligation faite aux concessionnaires de retourner à leur place de stationnement après chaque course. Finalement, ils s'insurgent contre le fait que la décision ne comporte aucune voie de recours, ce qui est manifestement illégal.
8. Dans ses déterminations du 30 juillet 1999, l'intimée doute que les conclusions du recours, élargies par rapport à la requête, soient recevables, a fortiori si les recourants entendent s'en prendre globalement à diverses dispositions de base du RIT.
En sus des arguments déjà mentionnés précédemment sur les différences existant entre les recourants, elle observe que certains d'entre eux ne sont même pas titulaires d'un carnet de conducteur de taxi, condition fondamentale pour conduire un taxi dans le périmètre de l'agglomération lausannoise.
A son sens, lorsque les recourants revendiquent la dispense d'être membres de la coopérative des taxis de place, ils ne prétendent pas à l'égalité avec les exploitants A, mais à un démantèlement du système, ce qui n'est pas pareil. L'imposition d'un tarif uniforme aux membres de la coopérative est l'un des éléments essentiels du RIT, car le client qui fait venir un taxi par téléphone ou qui en prend un en station payera le même prix pour la même course, quel que soit le véhicule. La négociation du prix, avec les avantages et inconvénients que cela comporte, ne correspond ni à la mentalité du pays, ni à la volonté du législateur. Il n'est pas interdit de faire des rabais sur le prix officiel, le tarif commun protégeant le client contre des hausses abusives, plutôt qu'il n'empêche une éventuelle réduction.
L'intimée rappelle ensuite que l'autorité n'a aucune obligation d'affecter à des stations de taxis plus d'espace qu'actuellement. Sans doute certaines stations (Gare, St-François, St-Pierre) sont souvent totalement occupées et des stations périphériques le sont moins. Mais les recourants n'ont pas indiqué vouloir utiliser les disponibilités des stations périphériques plutôt que de converger vers les stations du centre déjà suroccupées, ce qui fait craindre une augmentation du nombre des taxis à l'arrêt ou en attente. L'afflux de 200 taxis supplémentaires, voire davantage, amènerait à doubler le parc actuel, ce qui compromettrait la qualité et la crédibilité d'un élément constitutif du système de transports de l'agglomération lausannoise aux yeux du public et des visiteurs étrangers.
9. Dans leur mémoire complémentaire du 30 août 1999, les recourants ont ajouté en substance que l'on ne peut lier l'adhésion à une coopérative de droit public au droit de stationner sur le domaine public, surtout si le but est d'imposer un tarif uniforme, ce qui est contraire à la loi sur la concurrence et à l'intérêt du client. Selon eux, l'imposition d'un tarif unique ne vise pas à protéger le client, une simple prescription d'affichage des tarifs dans le règlement étant suffisante pour clarifier le marché.
A leur avis, le service des taxis fait partie d'une offre nécessaire à Lausanne et il est erroné de dire que l'on augmentera le nombre de taxis en circulation. Les taxis B se trouvent bien dans la circulation et doivent, au contraire, polluer plus puisque après chaque course ils doivent retourner à leur place de parc. L'autorisation d'utiliser les stations qui sont loin d'être suroccupées permettrait d'éviter ce trafic et cette pollution supplémentaire, ce qui semble aller dans le sens des voeux des autorités lausannoises qui veulent contrôler le trafic en ville. La profession de chauffeur de taxi ne veut pas échapper à toute réglementation, mais simplement que des privilèges accordés sans justification par une affiliation obligatoire cessent.
L'argumentation développée par l'intimée reprend les éternels prétextes invoqués pour supprimer la concurrence et imposer une réglementation de droit public qui n'est ni dans l'intérêt des professionnels concernés ni dans celui de la clientèle. Le Service intercommunal n'a pas répondu aux arguments juridiques développés, tant sur le plan constitutionnel que sur le plan légal. Force est, dès lors, de constater que ces arguments ne sont pas contestés et que le service compétent admet implicitement que le règlement actuel viole l'égalité de traitement et qu'il n'a aucune justification de fond.
10. A l'audience du 2 novembre 1999, les parties ont repris leur argumentation avec quelques adjonctions.
Les recourants ont, à nouveau, qualifié le tarif imposé d'illégal, car contraire aux règles sur la concurrence, citant cette fois expressément l'art. 5 de la Loi sur les cartels du 6 octobre 1995 et les art. 94 et 96 de la nouvelle Constitution fédérale du 18 avril 1999. Pour les mêmes raisons, ils ont critiqué l'obligation d'appartenance à la société de droit public que constitue la coopérative des taxis de place. Soulignant que c'est ici une question de principe qui est en discussion, ils ont considéré que certains articles du RIT, manifestement dépassés, nécessitaient adaptation et ne pouvaient fonder le refus d'utilisation des stations du domaine public qu'on leur avait opposé.
L'intimée, pour sa part, a expliqué à nouveau que le numerus clausus, plus durement ressenti depuis que le fossé s'est creusé entre une offre accrue et une clientèle en baisse, se justifie notamment eu égard à l'activité en cause, apparentée au service public, qui met en jeu l'image des autorités. Elle a aussi rétorqué, s'agissant du tarif unique, que ce tarif, même supérieur à ceux des taxis B, ne saurait être taxé d'abusif puisqu'il est l'un des moins chers de Suisse. Elle a, pour terminer, exprimé l'avis qu'en supprimant la distinction entre taxis A et B tout le système se trouverait bouleversé et qu'il faudrait, peut-être, alors songer à ne garder des stations de taxis qu'aux points névralgiques telle la gare ferroviaire.
11. Parallèlement ou postérieurement à la présente procédure, diverses actions ont été menées par des exploitants de taxis B dont une plainte déposée par un exploitant de taxi B le 4 avril 2000, auprès de la Commission de la concurrence, à Berne.
II DISCUSSION :
A) Recevabilité :
Même si la Commission administrative n'a pas indiqué les voies et délais de recours et s'est contentée de ne pas " accéder" aux requêtes, la délégation considère la lettre du 24 juin 1999 comme une décision formelle, de sorte que le présent recours, formé en temps utile et par des personnes directement touchées, est recevable. Au demeurant, contrairement à ce qu'avance l'intimée, les arguments développés dans le recours ne sont pas très différents de ceux invoqués dans la requête et ne sortent pas du cadre du litige, surtout eu égard à la souplesse de la procédure.
Il est, en revanche, douteux que la conclusion des recourants, exigeant que l'autorité de céans prononce qu'ils disposent, à titre individuel et immédiatement, du droit de stationner sur les emplacements du domaine public réservés aux taxis, soit recevable. En effet, en vertu de l'article 42 al. 2 de la Loi sur les communes du 28 février 1956 (ci-après LC), l'octroi d'un tel droit d'usage du domaine public est de la seule compétence des Municipalités concernées. L'autorité de recours ne pourrait ainsi que constater l'inconstitutionnalité et renvoyer la cause aux communes pour leur permettre d'adapter leur réglementation; ce serait le seul moyen de respecter leur autonomie (cf dans le même sens ATF 123 l 56, JdT 1999 I 522 sp. c. 3). Cette retenue serait d'autant plus de mise que, même si le RIT et certains principes qu'il défend étaient remis en cause, il serait manifestement possible de choisir d'autres options que celle préconisée par les recourants, par exemple en modifiant le système d'attribution des autorisations ou les incombances imposées aux exploitants. Le cas échéant, les communes pourraient même purement et simplement renoncer à mettre des emplacements sur le domaine public à disposition des taxis ou, du moins, les limiter au strict minimum en les conservant à quelques endroits stratégiques.
De même, les recourants, qui n'en sont pas titulaires, n'ont-ils probablement pas non plus qualité pour remettre en cause les obligations qui incombent aux titulaires d'une autorisation A.
Mais, compte tenu de l'issue du recours, la question de la recevabilité de la conclusion 2 du recours et des critiques des obligations imposées aux titulaires d'autorisations A peut rester ouverte. Cette réserve est d'autant plus de mise que, comme l'intimée, l'autorité de céans se contentera de prendre ici une décision de principe sans examiner si chacun des recourants remplit, à titre individuel, toutes les conditions pour obtenir une autorisation.
B) Sur le fond :
1. De jurisprudence constante, les taxis bénéficient de la liberté du commerce et de l'industrie (actuellement: liberté économique), même si l'utilisation de places de stationnement est considérée comme un usage commun accru du domaine public (ATF 2P.16711999, non publié, du 25 mai 2000 en la cause M. et 36 consorts c/ Grand Conseil du canton de Genève, c. 2a; JdT 1998 I 784 c. 3b bb; ATF 121 I 129, JdT 1997 I 258 c. 3b; SJ 1993 p.581; ATF , P.1271/82 non publié, du 27 avril 1983 en la cause G. c/ Conseil d'Etat du canton de Vaud, c. 2b; ATF 108 la 135, JdT 1984 l 2 c. 3; ATF 102 la 438 c. 4).
Il en découle que, comme toute activité économique, leur exploitation ne peut, en principe, pas être subordonnée à l'exigence d'un besoin et limitée par le souci d'éviter une trop forte concurrence. En résumé, sont exclues les interventions dans la libre concurrence tendant à favoriser certains individus ou certaines formes d'entreprises et à diriger l'activité économique selon un plan déterminé. En effet, celles-ci devraient être considérées comme des mesures de politique économique, mesures que les cantons n'ont précisément pas la compétence d'adopter (ATF 125 I 431 c. 4b aa; 114 la 36, JdT 1990 I 25 c. 2a; ATF 113 la 38 c. 4b; 111 la 186, JdT 1987 l 35 c. 2b; ATF 110 la 99 c. 5a; 109 la 122 c 4b, JdT 1985 l 62 [résumé]; ATF 97 1653, JdT 1973 I 194 c. 5a; ATF 91 I 462, JdT 1967 I 354 c.2 et 3).
Cependant, les cantons peuvent limiter la liberté économique tant pour préserver des biens de police comme l'ordre, la tranquillité, la santé, la moralité et la sécurité publics ou la bonne foi en affaires que pour des considérations fondées sur des motifs de politique sociale. L'art. 31 al. 2 de l'ancienne constitution (aCst.) réserve en effet les prescriptions cantonales sur l'exercice du commerce et de l'industrie et les dispositions de la nouvelle Constitution fédérale (nCst.), notamment les articles 27 et 36, n'y changent rien (ATF 117 1440, JdT 1993 I 194 c. 2; ATF 111 la 186, JdT 1987 l 35 c. 2a; ATF 110 la 99 c. 5a; 109 la 61 c. 3a; 106 la 267, JdT 1982 1151 c. I; ATF 103 la 594, JdT 1979 1366 c. 1; ATF 103 la 259 c. 2a; 100 la 169 c. 3a; 99 la 370 c. 2 et les arrêts cités; enfin Auer/Malinverni/Hottelier, Droit constitutionnel suisse, vol II: Les droits fondamentaux, Berne 2000, pp. 351-354 avec des renvois à d'autres arrêts récents). En outre, comme l'utilisation du domaine public relève de leur souveraineté, les cantons et les communes ont la compétence, en vertu de l'art. 664 al. 3 CC, de restreindre, par des lois au sens matériel, la liberté économique des entreprises qui ont besoin du domaine public pour exercer leur activité; ainsi en est-il des taxis (ATF 95 II 18, JdT 1969 I 580 c. 3). Les seules limites qui leur sont imposées, c'est le respect des principes généraux du droit administratif, notamment celui de la proportionnalité, ainsi que l'obligation de fonder leur choix sur des critères objectivement défendables, tout en évitant de vider de leur sens les droits constitutionnels des citoyens, singulièrement celui de la liberté économique (ATF P.1271/82 du 27 avril 1983 en la cause G. c/ Conseil d'Etat du canton de Vaud; ATF 108 la 135, JdT 1984 12 c. 3; ATF 99 la 394, JdT 1975 l 199 c. 2b aa; ATF 97 l 653, JdT 1973 I 194; ATF 79 I 334, JdT 1954 I 391; R. Rhinow, Commentaire de la Constitution fédérale, 1988, ad art. 31, n. 162 p. 52). De surcroît, indépendamment de ses droits en tant que gestionnaire du domaine public, l'Etat peut exercer un contrôle sur le service de taxi, car celui-ci, par sa fonction et son importance, se rapproche d'un service public (ATF 2P.167/1999, non publié, du 25 mai 2000 en la cause M. et 36 consorts c/ Grand Conseil du canton de Genève, c. 2a).
2. Pour être valables, ces limitations doivent reposer sur une base légale suffisante, être justifiées par un intérêt public prépondérant et respecter le principe de la proportionnalité, c'est-à-dire se borner à ce qui est nécessaire pour atteindre le but d'intérêt public poursuivi. Elles doivent également se fonder sur des critères objectifs, ne pas vider les droits fondamentaux de leur substance et être soucieuses des principes constitutionnels, singulièrement l'égalité de traitement (ATF 126 I 133 c. 4d; 108 la 135, JdT 1984 12 c. 3 concernant précisément les taxis).
a) Il n'est pas contesté que les restrictions critiquées en l'espèce s'appuient sur une base légale suffisante, puisque le Service intercommunal des taxis est fondé sur un règlement édicté en vertu des art. 2 al. 2 litt. c et 94 LC ainsi que 8 al. 1 de la Loi vaudoise sur la circulation routière.
b) Pour ce qui est des taxis, le Tribunal fédéral reconnaît aux cantons et aux communes la possibilité de limiter la liberté économique des détenteurs, si l'atteinte est fondée sur un intérêt public prépondérant et si elle est conforme au principe de la proportionnalité. Sont possibles des atteintes motivées par des raisons de police ou de politique sociale (ATF 121 I 129, JdT 1997 1258 c. 3b; ATF 120 la 126, JdT 1996 I 146 c. 4a; ATF 118 la 175, JdT 1994 1643 c. 1, avec les références). Reste ainsi à examiner si la distinction entre taxis A, titulaires d'emplacements réservés sur le domaine public, et taxis B, qui doivent stationner sur propriété privée uniquement, de même que la décision de circonscrire l'usage du domaine public à un nombre limité de titulaires d'autorisations A sont justifiées par un intérêt public suffisant et si, le cas échéant, le principe de proportionnalité est respecté.
aa) Déjà, lorsque, pour une activité donnée, il y a trop de candidats à l'utilisation du domaine public, la collectivité peut en limiter l'accès, pour autant qu'elle respecte au mieux l'égalité. Les exigences du droit constitutionnel sont préservées, si l'autorité prend en considération non seulement le besoin invoqué par le requérant ou ceux de ses concurrents, mais aussi les intérêts du public et des voisins à une utilisation appropriée du domaine public (ATF 105 la 91, JdT 1981 l 78 c. 3; ATF 100 la 392, JdT 1976 I 202 c. 5). Cette jurisprudence, développée à propos de la liberté d'expression, doit aussi s'appliquer quand l'utilisation du domaine public est requise à des fins commerciales (ATF 121 I 279, JdT 1997 I 264 c. 3d; ATF 119 la 445, JdT 1995 I 313 c. 3c; ATF 102 la 438 c. 5).
Au surplus, contrairement à ce que pensent les recourants, la constitutionnalité et la pertinence de la distinction entre autorisations A et B et de la limitation du nombre de places sont expressément reconnues dans une jurisprudence constante. Le "numerus clausus" des autorisations emportant le droit d'utiliser le domaine public ne viole pas la liberté économique, puisque ce domaine public n'est pas extensible à l'infini et ne peut être soustrait à l'excès au trafic automobile, ce qui créerait des embarras de circulation. Il paraît aussi qu'il faut un rapport raisonnable entre le nombre des utilisateurs potentiels et l'espace mis à disposition, pour éviter des querelles entre chauffeurs, sans que l'autorité doive apporter la preuve qu'une ouverture à tous les exploitants de taxis conduirait à une situation intenable. Le danger virtuel de perturbations permet déjà à la collectivité, propriétaire du domaine public, de limiter le nombre des autorisations A, en fonction de la place disponible. Le seul moyen d'y arriver, sans restreindre de façon disproportionnée l'exercice de cette profession, c'est de prévoir que l'octroi d'une autorisation d'exploiter une entreprise de taxis n'implique pas automatiquement celle d'utiliser les stations officielles. Il faut souligner à cet égard que, dans l'arrêt concernant la loi genevoise du 26 mars 1999, le Tribunal fédéral a jugé vraisemblable l'affirmation des autorités genevoises que les lois du marché ne suffiraient pas à réguler l'offre et la demande en cas de suppression de la limitation du nombre des permis de stationnement (ATF 2P.167/1999 du 25 mai 2000 en la cause M. et 36 consorts c/ Grand Conseil du canton de Genève c. 2a, respectivement 3c; RDAF 1984 p. 384 c. 6; ATF 108 Ia 135, JdT 1984 12 c. 3a, 4 et 5; ATF du 27 avril 1983 P.1271/82 c. 2b dans une affaire lausannoise; ATF 102 la 438; 97 l 653, JdT 1973 I 194 c. 5b et d). La doctrine admet également la légitimité d'une distinction entre taxis A et B (P. Moor, Droit administratif, vol. Ill, Berne 1992, 6.4.4.1 pp. 297 ss, sp. p.301 ou 6.4.4.4 pp. 304 ss, sp. pp. 306-307; A. Grisel, Traité de droit administratif, vol. II, Neuchâtel 1984, p. 561).
La récente jurisprudence concernant Montreux ne remet pas en cause la possibilité de distinguer entre exploitants A et exploitants B ou le "numerus clausus" des autorisations emportant usage du domaine public. Les juges ont clairement reconnu qu'il était évident que la municipalité ne pouvait accorder un nombre illimité d'autorisations de type A, eu égard aux risques d'embouteillage qu'une augmentation des autorisations en cause entraînerait. La situation était, au demeurant, très différente, puisqu'il s'agissait de passer de 17 à 18 autorisations et qu'il était peu probable que l'octroi d'une autorisation supplémentaire fasse péricliter le secteur économique concerné; de surcroît, il n'était pas démontré que les autorisations de type A étaient largement suffisantes pour couvrir les besoins en taxis de l'agglomération montreusienne (Arrêt du Tribunal administratif du canton de Vaud GE 97/203 : C. c/ Municipalité de Montreux du 23 septembre 1998 sp. c. 4b cc, confirmé par l'arrêt du Tribunal fédéral 2P.368/1998 du 7 janvier 1999).
bb) Comme cela ressort des faits qui précèdent, les règles introduites par le RIT sont dans la parfaite ligne de ce qui a été jugé admissible par la doctrine et la jurisprudence. La limitation du nombre des autorisations A vise essentiellement à juguler les excès que pourrait amener une dérégulation totale de la profession et les inconvénients qui pourraient en résulter; elle ne tend nullement à sauvegarder l'intérêt des exploitants de taxis A en place, au détriment des exploitants de taxis B. Point n'est besoin de démontrer qu'il y a un intérêt public évident à éviter l'anarchie qu'engendrerait le stationnement sur la chaussée de taxis en trop grand nombre par rapport aux places réservées au stationnement, la maraude et les querelles entre chauffeurs qui rechercheraient désespérément un client ou une place.
De nombreuses autres villes de Suisse connaissent, d'ailleurs, la même limitation du nombre des autorisations permettant le stationnement des taxis sur le domaine public, certaines ayant fait machine arrière, après un essai peu convaincant de libéralisation. Cela a été le cas à Bâle où une utilisation des places officielles par tous les taxis sans distinction, au début des années septante, a, semble-t-il, créé des problèmes, puisque la distinction entre taris A et B a été réintroduite assez rapidement (JdT 1973 I 194 c. 2b in fine). A Genève, comme l'a, à juste titre, relevé l'intimée, la nouvelle loi sur les services de taxis du 26 mars 1999 est aussi revenue à une limitation du nombre de permis de stationnement qui avait été abandonnée, en octobre 1992, à la suite d'une initiative populaire; la possibilité, pour tout exploitant de taxi justifiant de trois ans de pratique d'occuper les stations officielles s'est, en effet, avérée impossible à gérer. De même, Neuchâtel a-t-elle, malgré une certaine ouverture, maintenu, en 1999, le numerus clausus des droits de stationnement. Enfin, Berne, qui a depuis peu totalement libéralisé le régime des taxis, s'apprêterait à revenir sur cette décision.
Ces craintes sont d'autant moins dénuées de pertinence à Lausanne que c'est justement ce qui avait poussé les autorités à réglementer l'usage du domaine public en prévoyant des stations officielles de taxis, aménagées en nombre suffisant pour répondre aux besoins de la clientèle, et un central téléphonique de réservation. Le Tribunal fédéral dans l'arrêt P.1271/1982 du 27 avril 1983 en la cause G. c/ Conseil d'Etat du canton de Vaud (c. 2b et c), avait d'ailleurs admis que, à Lausanne, une certaine limitation du nombre des chauffeurs de taxis autorisés à stationner sur des emplacements officiels s'imposait en raison de circonstances de fait. Il avait également constaté que dite limitation résultait de dispositions légales puisque, dans l'arrondissement, le nombre d'autorisations de type A est arrêté d'un commun accord entre les municipalités, après consultation des associations professionnelles, en tenant compte des exigences de la circulation, de la place disponible et des besoins du public (art. 15 RIT). Il avait également pu se rendre compte que l'offre d'autorisations A est sensiblement inférieure à la demande, de sorte que des mesures de sélection sont nécessaires et justifiées au regard de la jurisprudence.
Il est vrai que les données ont changé depuis, car les autorisations ont diminué, mais cela s'explique par le fait que le nombre des voitures privées a considérablement augmenté, ce qui a induit une baisse de la demande de taxis. De plus, l'intérêt de voir des taxis sur les stations officielles, pour accroître leur rapidité d'intervention, est moins grand depuis que celles-ci ne sont plus toutes pourvues d'installations téléphoniques, puisque les courses sont distribuées par informatique. Malgré cette réduction du nombre de places en station, il n'en reste pas moins d'intérêt public de mettre au service de la clientèle des taxis A, à certains points stratégiques, et d'assurer une réservation centralisée, pour que les taxis soient disponibles, rapidement et à toute heure du jour ou de la nuit. C'est seulement avec cette organisation, couplée tant à l'obligation d'utiliser les places de stationnement qu'à celle d'être en liaison permanente avec un central et d'accepter les courses qui ont été attribuées, que la collectivité peut soustraire une partie du domaine public au trafic automobile.
cc) Par surabondance, on peut rappeler que les juges de Mon-Repos se sont déjà demandé s'il était envisageable de supprimer le privilège des détenteurs d'autorisations A, privilège qui leur paraissait influer négativement sur les conditions de concurrence, pour le remplacer par un autre système. Ils sont arrivés à la conclusion que le maintien des places se justifiait car, autrement, il serait difficile de trouver des taxis en attente aux endroits importants du centre de la ville et aux abords immédiats des gares, étant donné qu'il n'était pas possible d'établir des places de stationnement privées en ces endroits. Les juges ont ainsi estimé que la suppression de toutes les places de stationnement sur le domaine public serait contraire à l'intérêt public, car c'est précisément au centre des affaires et aux alentours des gares que se manifeste un besoin spécial de taxis. D'autre part, il ne leur a pas paru souhaitable que les taxis tournent en rond à la recherche de clients et roulent dans des rues très fréquentées (ATF 97 I 653, JdT 1973 I 194 c. 5b).
Ils ont également constaté que, si le droit d'utiliser les places de stationnement municipales existantes était reconnu à tous les taxis, cela provoquerait des difficultés de circulation, vu qu'il ne serait guère envisageable de pouvoir augmenter de façon sensible les places de stationnement réservées aux taxis, surtout lorsque le nombre des places existantes semble suffire aux besoins des clients. L'utilisation de ces places ne pourrait se faire sans difficulté qu'aux heures de forte demande, tandis que, dès que la demande diminuerait, on assisterait à une ruée des chauffeurs sur les places les plus favorables, ce qui pourrait provoquer des embouteillages et obliger les chauffeurs qui ne trouvent pas de place de stationnement à circuler à vide et à charger ainsi inutilement le trafic au centre de la ville.
En raison de tous ces inconvénients et désagréments, ils sont arrivés à la conclusion que l'adaptation du nombre des permis d'utilisation au nombre des places de stationnement à disposition paraissait objectivement justifiée.
Cette vision semble toujours actuelle, les juges ayant récemment estimé que les places intéressant les taxis sont des endroits très précis du domaine public, soit des stations centrales, en des lieux déjà extrêmement encombrés soumis à une multitude d'usages conjoints à arbitrer (bus, cyclistes, taxis) et que la création de stations périphériques ne changerait rien à la surcharge des autres (ATF 2P .167/1999, non publié, du 25 mai 2000 en la cause M. et 36 consorts c/ Grand Conseil du canton de Genève, c. 3c).
dd) L'adoption d'un tarif uniforme soumis au contrôle de l'autorité tend à défendre un intérêt public reconnu suffisant par la doctrine et la jurisprudence, soit celui de la bonne foi commerciale (cf. à propos de la soumission à un tarif: ATF 79 I 334 sp. p. 340, JdT 1954 I 391 sp. p. 393).
Dans la mesure où le client a affaire à un chauffeur anonyme, il doit pouvoir connaître d'avance le tarif maximum qui peut lui être imposé et savoir que celui-ci a été dûment contrôlé par l'autorité. Contrairement au client d'un taxi B, celui qui veut utiliser un taxi de place est essentiellement voué au hasard. En effet, soit il prend un taxi en station et c'est, en principe, celui qui est en tête de station qui assurera la course, soit il réserve un taxi par le biais du central de réservation et c'est le taxi libre le plus proche qui lui sera envoyé. L'application d'un tarif uniforme et son approbation par la Conférence des directeurs de police permet un meilleur contrôle des chauffeurs de taxis de place, que l'anonymat de la course pousserait à la faute; le contrôle n'a pas besoin d'être aussi strict pour les taxis B qui n'agissent généralement que sur commande. Le Tribunal fédéral partage l'idée d'un contrôle sur les tarifs des taxis A, lorsqu'il juge que le client, notamment en cas d'urgence pour se rendre à l'hôpital ou chez un médecin, doit pouvoir compter sur un chauffeur de confiance rapide et calculant correctement le prix de la course, parce qu'il n'a pas la possibilité de choisir (ATF 2P.167/1999, non publié, du 25 mai 2000 en la cause M. et 36 consorts c/ Grand Conseil du canton de Genève, c. 2a; in fine).
Au demeurant, il s'agit d'un tarif maximal, au-dessous duquel les conducteurs ont toute latitude d'aller s'ils le souhaitent, par exemple pour favoriser les clients fidèles.
3. Les recourants se prévalent ensuite de l'égalité de traitement pour demander la délivrance d'une autorisation A.
a) Leurs griefs seraient probablement sans pertinence s'ils invoquaient uniquement l'art. 4 aCst. (art. 8 et 9 nCst.), dans la mesure où les dissemblances de situations ainsi que de droits et d'obligations entre les exploitants A et B sont suffisamment importantes pour justifier un traitement différent. Mais la jurisprudence a reconnu récemment que la liberté économique offrait aux concurrents directs une protection plus étendue, l'art. 31 aCst. (27 nCst.) complétant la règle générale de l'égalité de traitement prévue à l'art. 4 aCst. (ATF 125 Il 129 c. 10b; RDAF 1999 Il p. 263 ss sp. 265 ATF 121 I 129, JdT 1997 I 258 c. 3d concernant précisément les taxis; cf. également JAAC 62 no 82 p. 831 ss). Désormais, des différences de traitement peuvent être contraires à l'art. 31 aCst., quand bien même les distinctions seraient fondées sur des motifs sérieux et objectifs et seraient par-là conformes à l'art. 4 aCst. Or, les recourants - du moins ceux qui exploitent un service de taxis - sont en concurrence directe avec les titulaires des autorisations A permettant le stationnement sur le domaine public. Pour respecter la liberté économique, les restrictions à l'exercice de la profession de chauffeur de taxi doivent non seulement permettre un traitement semblable des exploitants de taxis B, lorsqu'ils sont dans des situations semblables à celle des titulaires d'autorisations de stationnement, mais encore être neutres et ne pas fausser les rapports de concurrence (ATF 121 I 129, JdT 1997 I 258 c. 3b; ATF 120 la 236, JdT 1996 l 154 c. 1a).
b) Mais, malgré tout, l'art. 31 aCst. ne garantit pas une égalité de traitement générale et absolue. Des disparités inhérentes au système ou qu'on ne saurait objectivement empêcher, sont admissibles; du moins si tout a été fait pour en réduire l'importance.
Souvent le nombre de candidats à un usage accru est supérieur à celui que le domaine public peut contenir; il ne peut alors y avoir une "libre concurrence" et une partie seulement des intéressés pourra obtenir satisfaction. Dans ces cas, comme ici, la portée du principe de l'égalité de traitement entre concurrents n'est pas la même que lorsque les autorisations peuvent être octroyées sans être influencées par des limites de capacité. Le fait que l'espace disponible soit restreint implique, en effet, d'emblée un choix parmi les intéressés et il est dans la nature des choses que tous les candidats à l'utilisation ne puissent pas obtenir satisfaction en même temps (ATF 117 Ib 387 c. 6d; Arrêt non publié du Tribunal administratif du canton de Vaud GE 00/0021 du 11 juillet 2000 en la cause D c/ Municipalité de Lausanne, c. 6b s'agissant de forains). Comme la rentabilité d'une entreprise dépend alors largement de la pratique administrative, l'autorité doit faire son choix sur la base de critères objectifs et neutres sans favoriser régulièrement certains au détriment d'autres dans l'affectation de places, ce qui violerait la liberté économique. Elle doit alors prendre en considération cette liberté, en tant que garantie institutionnelle, et créer les rapports de concurrence les plus loyaux possibles, sans que cela l'oblige à traiter tous les candidats à l'utilisation du domaine public absolument de la même manière. Dans une constellation où des intérêts contradictoires sont en jeu - ceux des entreprises rivales, qui peuvent se prévaloir de l'égalité de traitement et ceux de la collectivité chargée d'assurer une utilisation adéquate du domaine public - l'autorité doit peser soigneusement ces divers intérêts (ATF 121 l 279, JdT 1997 I 264 c. 6c dd; ATF 108 la 135, JdT 1984 I 2 c. 4). Comme la gestion du domaine public relève de l'autonomie communale et laisse une large marge de manoeuvre, ce n'est que si la pesée des intérêts n'avait pas été faite ou faite sans tenir compte de l'importance de l'inégalité de traitement, qu'une décision pourrait apparaître contraire à l'art. 31 aCst.
Tel n'est pas le cas en l'espèce; le système instauré par le RIT n'est nullement figé et ne crée pas de droits acquis en faveur des titulaires actuels d'autorisations A. Il offre à de nouveaux candidats des possibilités équitables d'exercer à leur tour leur activité dans les mêmes conditions que les titulaires actuels (Arrêt du Tribunal administratif du canton de Vaud GE 97/203 : C. c/ Municipalité de Montreux du 23 septembre 1998 c. 4 c bb). L'autorité de céans constate, à cet égard, que, contrairement à ce qui se passait à Montreux et même si les postulants qui attendent depuis plusieurs années souhaiteraient que le tournus s'effectue plus rapidement, la rotation est importante à Lausanne, puisque 13 autorisations A ont changé de mains pour la seule année 1999. Ainsi, la délégation est-elle d'avis que le système lausannois résiste au grief d'inégalité de traitement entre concurrents.
4). Enfin, même si les objections des recourants sur le caractère illicite de devoir adhérer à la Coopérative des exploitants de taxis lausannois étaient recevables, elles tomberaient à faux et reposeraient sur une mauvaise appréciation de la situation, puisque, si l'affiliation est la règle, elle n'est pas impérative, le chauffeur n'ayant que l'obligation d'être en liaison avec le central et de répondre aux appels. Il lui est ainsi loisible de conclure un contrat d'abonnement au central téléphonique, sans pour autant faire partie de la coopérative.
Vu ce qui précède, le recours doit être rejeté et les frais mis à la charge des recourants, qui succombent dans l'entier de leurs conclusions.

## Considerations