# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 92af0ad8-d378-5609-9876-877a4bca5559
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. A._ et B._ sont les parents de C._, née en 2014, et sont opposés dans un conflit relatif à leur fille depuis de nombreuses années.
Par décision du 16 novembre 2015, la Justice de paix de la Sarine a fixé le droit aux relations personnelles de B._ sur sa fille C._. Par décision du 9 novembre 2016, la Justice de paix de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) a instauré une curatelle éducative et une curatelle de surveillance des relations personnelles, au sens de l’art. 308 al. 1 et 2 CC, en faveur de C._, fixant les modalités du droit de visite de B._ sur sa fille. Par décision du 21 décembre 2017, le droit aux relations personnelles du père sur C._, après avoir été suspendu selon décisions des 17 mars et 30 mai 2017, a été restitué.
Selon décision du 12 mars 2019, la Justice de paix a pris acte de l’accord de médiation intervenu entre les parents le 26 octobre 2018, duquel il ressort que l’autorité parentale sur leur fille demeure conjointe.
B. Le 8 janvier 2020, A._ a requis la suspension du droit aux relations personnelles et le retrait de l’autorité parentale de B._ sur leur fille, en raison d’un événement intervenu lors du week-end des 4 et 5 janvier 2020. Par décision de mesures superprovisionelles du 9 janvier 2020, la Juge de paix de la Gruyère (ci-après: la Juge de paix) a retiré l’autorité parentale et suspendu le droit aux relations personnelles de B._ sur sa fille, craignant pour le  et le développement de l’enfant, lesquels auraient été sérieusement mis en danger lors de l’exercice du droit de visite: il serait apparu que B._ recevait C._ dans un environnement inadéquat, qu’il avait adopté un comportement violent à son égard, respectivement à l’égard de ses enfants d’un premier lit en présence de C._ et que des plaques rouges étaient apparues sur le corps de celle-ci suite à la dernière visite chez son père, lesquelles étaient probablement liées à un choc émotionnel.
Les parties ont comparu à l’audience par-devant la Justice de paix le 28 janvier 2020, lors de laquelle elles ont été entendues. Divers rapports ont été établis tant par les enseignantes et le pédiatre de l’enfant que par le psychiatre de B._.
Le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: le SEJ) a déposé son rapport annuel  en date du 9 avril 2020. La Dresse D._ et E._, qui suivent C._ à leur cabinet depuis le 11 février 2020, ont également déposé un rapport, le 19 mai 2020, puis tant les intervenants du SEJ que A._ se sont déterminés par courriers du 8 juin 2020.
C. Par décision du 6 juillet 2020, la Justice de paix a restitué à B._ le droit d’exercer son autorité parentale et rétabli avec effet immédiat le droit aux relations personnelles de ce dernier sur sa fille, lequel doit s’exercer au Point Rencontre Fribourg, pour une durée indéterminée, selon les disponibilités de l’association et les modalités fixées dans le règlement de dite institution, en collaboration avec le curateur F._ (dispositif chiffres II et III). Mission a été donnée à F._ d’organiser sans délai la mise en place des visites entre B._ et C._ au sein du Point Rencontre Fribourg (dispositif chiffre IV), ainsi que d’informer l’autorité de la date de la première visite et de faire parvenir un rapport sur l’évolution de la situation et l’opportunité de modifier les modalités d’exercice du droit aux relations personnelles dans un délai fixé au 30 novembre 2020 (dispositif chiffre V).
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S’agissant de l’autorité parentale, la Justice de paix a considéré en substance qu’elle ne pouvait retenir qu’il existait une menace concrète qui pesait sur le bien-être et le bon développement de l’enfant, ce qui ne saurait justifier un retrait de ladite autorité; pour ce qui a trait au droit de visite, elle a considéré que si toutes les personnes impliquées ont reconnu l’importance de maintenir un lien relationnel entre C._ et son père, il y avait lieu de ne pas sous-estimer l’affect psychologique qu’a eu l’événement du mois de janvier 2020 sur l’enfant, de sorte que la reprise des relations personnelles se ferait par le biais du Point Rencontre Fribourg, pour une durée indéterminée.
Un éventuel recours a été démuni de l’effet suspensif (dispositif chiffre IX).
D. Par ordonnance pénale du 31 juillet 2020, B._ a été reconnu coupable d’injure et menaces envers A._, pour des faits survenus le 3 janvier 2020.
E. Le 21 octobre 2020, A._ a interjeté un recours à l’encontre de la décision du 6 juillet 2020, assorti d’une requête de mesures superprovisionnelles et d’une requête tendant à la restitution de l’effet suspensif. Elle conclut en substance, outre à la suspension du caractère exécutoire de la décision du 6 juillet 2020 quant à l’exercice de l’autorité parentale et du droit aux relations personnelles de B._ sur sa fille, à ce que la restitution de l’autorité parentale et la reprise des relations personnelles sur C._ soient subordonnées à la réception d’une expertise psychiatrique favorable de B._ (modification en ce sens des chiffres II à V du dispositif de la décision attaquée).
A._ a également requis le bénéfice de l’assistance judiciaire.
F. Par arrêt du 2 novembre 2020, le Juge délégué a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles tendant à suspendre l’exécution de la décision s’agissant de la restitution de l’autorité parentale et de la reprise des relations personnelles jusqu’à droit connu sur la requête d’effet suspensif (106 2020 123).
G. Le 2 novembre 2020, A._ a informé la Cour du refus de B._ de se soumettre aux tests de dépistage d’alcool et de stupéfiants auxquels il a été astreint, maintenant que la reprise des relations personnelles est vaine et prématurée en l’état.
H. Le 30 novembre 2020, la Justice de paix a transmis à la Cour un courrier du SEJ du 26 novembre 2020 informant du fait que le processus auprès du Point Rencontre Fribourg avait démarré, ajoutant qu’il était important de poursuivre le processus des visites, compte tenu de la longue période sans visite et sans contact entre le père et sa fille.
I. B._ a déposé sa réponse par acte du 9 décembre 2020, concluant au rejet tant du recours que de la requête tendant à la restitution de l’effet suspensif.
Il a également formé un appel joint, lequel a été déclaré irrecevable par arrêt du Juge délégué du 14 décembre 2020.
J. Par arrêt du 22 décembre 2020, le Juge délégué a rejeté la requête en restitution de l’effet suspensif (106 2020 124).
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## Considerations

en droit
1.
1.1. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie aux procédures relatives aux enfants devant les autorités de protection (art. 314 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC. Les décisions de la Justice de paix peuvent dès lors faire l’objet d’un recours auprès de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (art. 450 al. 1 CC, art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l’enfant et de l’adulte [LPEA; RSF 212.5.1], art. 14 al. 1 let. c du règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]; ci-après: la Cour).