# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 612b0cd5-9afe-49e9-9277-8fb776d5c351
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
C._ est propriétaire, depuis le 20 décembre 2016, de la parcelle n° 72 de la Commune de Grancour (ci-après: la commune). D'une surface de 194 m
2
et de forme allongée du Nord-Ouest au Sud-Est, ce bien-fonds comprend un bâtiment d'habitation avec un logement (n° ECA 73) sur une surface bâtie de la parcelle de 96 m
2
, un autre bâtiment (n° ECA 72) de 17 m
2
ainsi qu'une place-jardin de 81 m
2
. Il est longé au Sud-Est par la rue ******** (********) et au Nord-Ouest par la rue ******** (********).
C._ est également propriétaire, depuis le 20 décembre 2016, des parcelles n° 64 et 65, toutes deux contiguës et situées en face du bien-fonds n° 72, au Nord-Ouest, dont les sépare la rue ********. La parcelle n° 64, d'une surface de 85 m
2
, comprend une place-jardin, tout comme le bien-fonds n° 65, qui est d'une surface de 60 m
2
.
C._ a acquis de E._, F._ et G._ ainsi que de D._ les trois parcelles précitées. Celles-ci sont régies par le Plan partiel d'affectation "Village de Grandcour" (ci-après: le PPA) et le Règlement communal sur le plan d'affectation et la police des constructions (ci-après: le RPGA), approuvés par le Conseil d'Etat le 27 mars 1996. Les bâtiments n° ECA 73 et 72 constituent au sens du PPA des bâtiments existants à conserver, le reste du bien-fonds n° 72 étant en outre affecté à l'aire des aménagements extérieurs (espaces non construits). Les parcelles n° 64 et 65 sont également affectées à l'aire des aménagements extérieurs. Le bâtiment n° ECA 73 a reçu la note *4* lors du recensement architectural de la commune.
B.
Le 26 juillet 2016, l'architecte des anciens propriétaires des parcelles n° 72, 64 et 65 ainsi que de C._, promettant-acquéreur, a requis du Service Immeuble, Patrimoine et Logistique (SIPAL) qu'il se prononce sur leur projet de transformation du bâtiment d'habitation n° ECA 73.
Le 10 août 2016, le SIPAL a informé l'architecte qu'il préavisait négativement à la réalisation du projet et à la délivrance des autorisations requises. Il a en particulier précisé ce qui suit:
"
Examen du projet:
Les interventions proposées en toiture sont importantes et mériteraient d'être diminuées. La hauteur des lucarnes devrait être réduite. La Section préconise des dimensions de 130cm/180cm hors tout. La suppression d'une partie de la toiture au profit d'une terrasse est très dommageable. En effet, les toitures sont des éléments importants dans le site et devraient subir le moins d'interventions possibles
".
Le 16 août 2016, l'architecte a transmis à la commune les plans qu'il souhaitait mettre à l'enquête publique. Il précisait avoir procédé aux ajustements requis par le SIPAL s'agissant des lucarnes, mais tenait à modifier la partie arrière de la toiture.
C.
Le 29 août 2016, les anciens propriétaires des parcelles n° 72, 64 et 65 ainsi que C._, promettant-acquéreur, ont formellement déposé une demande de permis de construire ayant pour objet la rénovation du bâtiment d'habitation existant n° ECA 73 et la démolition d'une partie des combles, la création de trois lucarnes, d'un velux et d'une cheminée ainsi que la création de cinq places de parc extérieures sur les parcelles n° 64 et 65. Ce projet comprend notamment la création d'un appartement dans les combles ainsi qu'un décrochement en plan et en élévation de la façade Nord-Ouest, un escalier longeant cette façade de manière à permettre l'accès au 1
er
étage et aux combles. Ce décrochement serait pourvu, au niveau des combles, de portes-fenêtres, d'une largeur de 2 m 80, respectivement de 0,98 m, et d'une hauteur de 2 m 10, permettant notamment l'accès à l'appartement situé dans les combles. L'installation de ces portes-fenêtres impliquerait la suppression d'une partie de la toiture existante, qui serait par ailleurs intégralement remaniée et refaite. La création d'une lucarne, d'une largeur de 1 m 10, et d'un velux, de 0,55 m de large, ainsi que la démolition d'un autre velux, sont par ailleurs prévues sur le pan du toit couvrant la façade Nord-Ouest, d'une longueur de 9 m 20, du bâtiment n° ECA 73. Le garage se trouvant actuellement dans la partie Ouest de ce bâtiment, au rez-de-chaussée, serait en outre supprimé, au profit d'une augmentation de la surface habitable.
Mis à l'enquête publique du 14 septembre au 13 octobre 2016, le projet a en particulier suscité l'opposition de A._ et B._. Ces derniers sont copropriétaires, chacun pour une demie, de plusieurs parcelles, dont la n° 71, contiguë au Nord-Est du bien-fonds n° 72.
Le 17 novembre 2016, la Centrale des autorisations CAMAC a adressé à la Municipalité de Grandcour (ci-après: la municipalité) sa synthèse (n° 164061) contenant les préavis nécessaires. Le SIPAL précisait en particulier ce qui suit:
"
Le Service Immeuble, Patrimoine et Logistique, Section monuments et sites (SIPAL/MS2)
préavise favorablement au présent projet dont l'exécution devra respecter les conditions impératives ci-dessous:
Le Service immeuble, patrimoine et logistique, Section monuments et sites (SIPAL-MS):
PREAVISE
(...)
Examen du projet:
Réaménagement et rénovation intégrale de la maison.
En façade sud, le remplacement de la porte de garage par une porte-fenêtre en retrait de la façade n'est pas adéquat. La nouvelle ouverture devrait conserver l'emplacement existant dans la façade.

## Considerations

En façade nord, l'agrandissement de la porte arrière de cette même pièce est superflu. Considérant l'amenée de lumière de cette dernière, l'agrandissement de la fenêtre adjacente n'est pas nécessaire et peut être conservée en l'état, d'autant que la fenêtre horizontale ne correspond pas à la rhétorique de ce type de bâtiment.
La circulation externe vient modifier de façon excessive la façade nord et ce pan de toiture. Une circulation interne devra être préférée afin de maintenir l'aspect de cette façade et de conserver la toiture.
Conclusion:
Le SIPAL-MS constate que la réalisation de ce projet porterait atteinte au bâtiment, aux abords des bâtiments protégés et au site ISOS. Il préavise négativement à sa réalisation et à la délivrance des autorisations requises. La protection de ce patrimoine local relève cependant de la compétence et de la responsabilité de l'autorité communale
".
D.
Par décisions du 24 novembre 2016, la municipalité a levé l'opposition de A._ et B._ et délivré le permis de construire requis.
E.
Par acte du 20 décembre 2016, A._ et B._ ont interjeté recours auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) contre les décisions du 24 novembre 2016 levant leur opposition et délivrant le permis de construire, concluant à l'annulation des décisions entreprises et au refus du permis de construire requis.
Le 28 mars 2017, la municipalité a conclu au rejet du recours.
Le 18 avril 2017, C._ et D._ ont également conclu au rejet du recours.
Le 30 mai 2017, les recourants ont confirmé leurs conclusions.
Les 20 juin et 5 juillet 2017, C._ et D._, respectivement la municipalité, ont maintenu leurs conclusions.
Le 6 juillet 2017, le juge instructeur a informé les parties en particulier que, sous réserve d'une éventuelle inspection locale ou d'autres mesures d'instruction supplémentaires ordonnées par la Cour, celle-ci statuerait par voie de circulation selon l'état du rôle (un jugement étant alors prévu en principe pendant le deuxième semestre de l'année en cours) et les a rendues attentives au fait que la Cour consultait également le site Internet google view pour des prises de vue (celles-ci étant versées au dossier).
Le 11 octobre 2017, à la requête de C._ et D._, le juge instructeur a une nouvelle fois indiqué aux parties le délai dans lequel la Cour devrait pouvoir statuer.
Dans la mesure utile, les arguments des parties seront repris par la suite.
F.
La Cour a statué par voie de circulation.
Considérant en droit:
1.
Les décisions attaquées, levant l'opposition de voisins et octroyant le permis de construire, peuvent faire l’objet d’un recours de droit administratif au Tribunal cantonal (art. 92 ss de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36]). Les copropriétaires de la parcelle n° 71 notamment, voisine du bien-fonds litigieux, qui ont pris part à la procédure devant l'autorité précédente, ont manifestement qualité pour recourir (art. 75 let. a LPA-VD). Les autres conditions de recevabilité du recours sont remplies, de sorte qu’il y a lieu d’entrer en matière.
2.
Il ressort du registre foncier que, depuis le 20 décembre 2016, C._ est propriétaire individuel des parcelles n° 64, 65 et 72 de Grandcour. La demande de permis de construire a été déposée par E._, F._ et G._ ainsi que D._, alors propriétaires des parcelles précitées, et par C._, alors promettant-acquéreur. Dans le cadre de la présente procédure de recours, C._ et D._ sont intervenus à titre de constructeurs. Si l'on voit bien l'intérêt de C._ à intervenir, tel n'est en revanche pas le cas de D._, qui n'est plus propriétaire des biens-fonds en cause depuis le 20 décembre 2016. Il s'ensuit qu'en principe seul peut intervenir à titre de constructeur C._.
3.
Les recourants requièrent la fixation d'une inspection locale.
L'autorité peut mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a acquis la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376; 136 I 229 consid. 5.3 p. 236; cf. aussi TF 2C_1172/2016 du 26 juillet 2017 consid. 2.1; 2C_218/2017 du 17 juillet 2017 consid. 3.1; 6B_1155/2015 du 14 mars 2016 consid. 2.2). Vu les pièces du dossier, en particulier les plans accompagnant la demande de permis de construire ainsi que les prises de vue provenant de google view versées par le Tribunal au dossier, la mesure d'instruction requise n'apparaît ni nécessaire ni utile à l'établissement des faits pertinents pour l'issue du litige; elle ne pourrait amener la Cour de céans à modifier son opinion.
4.
Les parcelles litigieuses, soit les n° 72, 64 et 65 sont régies par le PPA ainsi que par les art. 7 ss RPGA ("Titre II Règles générales sur les constructions"), applicables à toutes les zones, et les art. 60 ss ("Titre III Règles particulières aux zones", "Chapitre I Village de Grandcour"), applicables aux parcelles régies par le PPA.
5.
Les recourants invoquent tout d'abord une violation de l'art. 30 RPGA sur la façade Nord-Ouest du bâtiment litigieux.
a) Selon l'art. 30 RPGA, disposition applicable à toutes les zones, à l'exclusion des toitures existantes, les lucarnes sont inscrites soit dans le gabarit du toit (lucarnes négatives), soit en saillie sur celui-ci (lucarnes positives à un ou plusieurs pans); le choix de l'une de ces possibilités exclut l'autre sur un même pan de toit (al. 1). En complément aux lucarnes définies ci-dessus, les fenêtres de toitures inscrites dans la pente du toit sont autorisées; leurs dimensions ne peuvent excéder 78/140 maximum pour les bâtiments de note 1, 2 ou 3 dans le cadre du recensement architectural établi par le canton de Vaud et 135/160 pour les autres bâtiments; elles seront de forme rectangulaire et posées dans le sens de la hauteur (al. 2). Des dérogations sont possibles en cas de transformations de toitures existantes (al. 3).
Les lucarnes inscrites dans le gabarit du toit sont appelées "lucarnes négatives" et celles en saillie sur celui-ci "lucarnes positives" (v. notamment CDAP AC.2013.0397 du 19 août 2014 consid. 7; AC.2007.0251 du 20 mars 2008 consid. 3). Un balcon baignoire peut ainsi être qualifié de "lucarne négative" lorsqu'il consiste en une ouverture percée dans le toit et entourée de toute part par la toiture environnante, à la manière d'un bassin circonscrit par des parois (CDAP AC.2013.0397 du 19 août 2014 consid. 7; AC.2009.0196 du 30 septembre 2010 consid. 6d; AC.2007.0326 du 17 novembre 2008 consid. 3d).
b) Il ressort des plans d'enquête qu'il est prévu que la façade Nord-Ouest comprenne une lucarne positive et un velux. Sachant que l'art. 30 al. 2 RPGA autorise, en complément aux lucarnes, les fenêtres inscrites dans la pente du toit, ce qui est le cas du velux projeté, qui, d'une surface de 55 cm sur 98 cm respecte en outre les dimensions règlementaires s'agissant d'un bâtiment de note *4*, l'on ne voit pas qu'il y ait une violation de l'art. 30 RPGA. Il convient toutefois de noter que si, conformément à l'art. 30 al. 2 dernière phrase RPGA, le velux est représenté dans le sens de la hauteur sur le plan de situation ainsi que sur les plans de la toiture et des aménagements, tel n'est pas le cas sur le plan de la façade Nord, le velux y étant représenté dans le sens de la longueur et avec des dimensions incorrectes. Le Tribunal partira toutefois de l'idée que c'est bien ce dernier plan qui, sur ce point, n'est pas correct.
L'on ne saurait par ailleurs considérer que la façade Nord-Ouest comprend, outre la lucarne positive, une lucarne négative, soit un balcon baignoire. Est en effet prévu, ainsi que le relève la municipalité, un décrochement en plan et en élévation de la façade principale de manière à permettre notamment l'accès au niveau supérieur, qui est relié par un escalier, décrochement pourvu de portes-fenêtres, et non à proprement parler une lucarne négative, compte tenu du fait que cette ouverture n'est pas entourée de toute part, en particulier sur le bas, par la toiture environnante à la manière d'un bassin circonscrit par des parois.
Le grief des recourants n'est en conséquence pas fondé.
6.
Les recourants voient ensuite une violation de l'art. 31 RPGA, dans le fait que, concernant la façade Nord-Ouest, les proportions ne seraient pas respectées, de même que l'expression architecturale par l'ouverture de type balcon-baignoire dans la toiture.
a) Aux termes de l'art. 31 RPGA, par leur forme et leurs proportions, les lucarnes s'intègrent de façon harmonieuse dans la toiture et respectent l'expression architecturale des niveaux inférieurs, notamment le rythme des pleins et des vides des façades correspondantes (al. 1). Les largeurs additionnées des lucarnes et fenêtres de toiture d'un pan de toit ne peuvent excéder le 1/3 de la longueur de la façade correspondante (al. 2).
b) La réglementation concernant les ouvertures en toitures a essentiellement pour objet de protéger l'aspect de celles-ci, en veillant à ce qu'elles ne soient pas dénaturées par des ouvertures trop importantes qui auraient pour seul but d'augmenter les surfaces habitables dans l'espace des combles (cf. CDAP AC.2013.0397 du 19 août 2014 consid. 7; AC.2002.0111 du 10 juillet 2003 consid. 4b).
Les normes fédérales et cantonales ne définissent pas le terme de lucarne et ne se prononcent pas non plus sur le point de savoir si et quand des lucarnes ou d’autres ouvertures en toiture peuvent être autorisées. Certes, les art. 28 et 29 du règlement du 19 septembre 1986 d'application de la LATC (RLATC; RSV 700.11.1) mentionnent les lucarnes. Mais l’art. 28 RLATC contient uniquement des dispositions sur les dimensions minimales des baies, lucarnes ou tabatières afin de garantir une certaine ventilation et un éclairage suffisant d’un local servant à l’habitation ou au travail sédentaire. Quant à l’art. 29 RLATC, il prévoit la garantie d’une vue directe horizontale au moins par une fenêtre à tabatière ou une lucarne dans chaque local susceptible de servir à l’habitation ou au travail, lorsque les lucarnes et fenêtres à tabatière sont les seules surfaces éclairantes du local en question.
De pratique cantonale constante, lorsqu’une réglementation communale ne contient aucune disposition régissant les ouvertures dans un étage de combles, le constructeur peut en principe apposer des lucarnes sur son toit (cf. arrêt de l’ancien Tribunal administratif vaudois [TA] AC 1997/0078 du 13 mars 1998 consid. 5, in : RDAF 1999 I 116 consid. 5). Cependant, faute de dispositions expresses, la possibilité d’aménager des combles habitables n’entraîne pas la faculté de créer en dehors du pan du toit des excroissances dont la saillie aurait pour but ou effet d’augmenter le volume habitable (prononcé de l’ancienne Commission cantonale vaudoise de recours en matière de police des constructions [CCRC] du 27 décembre 1973 in : RDAF 1975 413 ch. 2). A défaut de dispositions expresses ou en présence de dispositions imprécises du règlement communal, sont considérés comme lucarnes, respectivement comme lucarnes qui peuvent être autorisées, uniquement des "petites fenêtres pratiquées dans le toit d’un bâtiment pour donner du jour à l’espace qui est sous les combles sans en augmenter sensiblement le volume" ; cette dernière condition est remplie lorsque l’augmentation du volume par l’excroissance ne dépasse pas le 10
ème
du volume total des locaux éclairés par celle-ci (cf. CDAP AC.2015.0064 du 29 février 2016 consid. 6c; AC.2007.0154 du 9 septembre 2008 consid. 6 et TA AC 1997/0078 du 13 mars 1998 consid. 5, in : RDAF 1999 I 116 consid. 5).
A moins que le règlement communal n'en dispose autrement, il faut tenir compte dans le calcul des dimensions des lucarnes non seulement de la dimension de la fenêtre, mais aussi des dimensions extérieures de l'élément de construction dans laquelle elle s'insère (cf. RDAF 1978 p. 123, confirmé par CDAP AC.2014.0275 du 11 février 2015 consid. 5a; AC.2010.0043 du 30 mars 2011 consid. 3; AC.2007.0326 du 17 novembre 2008 consid. 3d; AC.1996.0072 du 26 mai 1998 consid. 5). Il s'agit ainsi, pour calculer les dimensions d'une lucarne, de prendre en considération la face latérale verticale (cf. CDAP AC.2000.0020 du 29 août 2000 consid. 2, qui, pour calculer la largeur de lucarnes, n'a ainsi pas tenu compte de la largeur des avant-toits les recouvrant; cf. aussi AC.2014.0275 du 11 février 2015 consid. 5a).
c) L'on ne saurait en l'occurrence considérer que le projet litigieux respecte, sur sa façade Nord-Ouest, l'art. 31 al. 2 RPGA, dès lors que les largeurs additionnées des ouvertures en toiture dépassent, et de loin, le 1/3 de la façade en cause. Il se justifie en effet de tenir compte, dans ce calcul, des portes-fenêtres liées au décrochement de la façade. Ces portes-fenêtres, dont l'installation implique la démolition d'une partie de la toiture existante, se trouvent entourées de tous côtés, à l'exception du bas, par la toiture et apparaissent visuellement comme des ouvertures se situant en toiture, même si l'on ne saurait les qualifier de lucarnes négatives au sens strict du terme (cf.
supra
consid. 5b). L'on ne voit dès lors pas qu'elles puissent ne pas être prises en compte dans le calcul de la largeur maximale de telles ouvertures. Il convient en outre de prendre en compte, pour calculer la largeur de la lucarne, la face latérale verticale, ce qui aboutit à une largeur de 1 m 10. Il ressort ainsi des éléments du dossier qu'alors même que la longueur de la façade Nord-Ouest est de 9 m 20 et que le 1/3 de cette longueur correspond à 3 m 07, la largeur cumulée de toutes les ouvertures, soit des portes-fenêtres (3 m 78), de la lucarne (1 m 10) et du velux (0,55 m) est de 5 m 43, ce qui implique que la largeur totale des ouvertures en toiture dépasse de 2 m 36 le maximum autorisé par l'art. 31 al. 2 RPGA, respectivement excède le 1/3 de la longueur de la façade correspondante.
Il s'ensuit que le grief des recourants relatif au non-respect des proportions des ouvertures en toiture sur la façade Nord-Ouest est fondé.
d) S'agissant du grief des recourants selon lequel l'expression architecturale de l'ouverture dans la toiture ne respecterait pas l'art. 31 al. 1 RPGA, il est renvoyé au consid. 9f
infra
, lequel traite du grief des recourants concernant l'art. 63 ch. 3 RPGA.
7.
Les recourants invoquent le fait que le dossier d'enquête ne ferait référence à aucune demande de dérogation au sens de l'art. 32 RPGA.
a) L'art. 32 RPGA, disposition applicable à toutes les zones, prévoit que, lorsqu'il s'agit de favoriser une solution architecturale témoignant d'un effort particulier de recherche, la municipalité peut accorder, dans les limites de la législation cantonale (art. 85 LATC), des dérogations à la proportion et à la situation des lucarnes.
Aux termes de l'art. 85 de la loi vaudoise du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC; RSV 700.11), dans la mesure où le règlement communal le prévoit, des dérogations aux plans et à la réglementation y afférente peuvent être accordées par la municipalité pour autant que des motifs d'intérêt public ou des circonstances objectives le justifient; l'octroi de dérogations ne doit pas porter atteinte à un autre intérêt public ou à des intérêts prépondérants de tiers (al. 1). Ces dérogations peuvent être accordées à titre temporaire ou définitif et être assorties de conditions et charges particulières (al. 2).
b) Les dispositions exceptionnelles ou dérogatoires ne doivent pas nécessairement être interprétées de manière restrictive, mais selon les méthodes d'interprétation ordinaires. Une dérogation importante peut ainsi se révéler indispensable pour éviter les effets rigoureux de la réglementation ordinaire (ATF 120 II 112 consid. 3b/aa p. 114; 118 Ia 175 consid. 2d p. 178 s.; 108 Ia 74 consid. 4a p. 79, et les références citées; cf. aussi TF 1C_92/2015 du 18 novembre 2015 consid. 4.2). En tous les cas, la dérogation doit servir la loi ou, à tout le moins, les objectifs recherchés par celle-ci: l'autorisation exceptionnelle doit permettre d'adopter une solution reflétant l'intention présumée du législateur s'il avait été confronté au cas particulier. L'octroi d'une dérogation suppose une situation exceptionnelle et ne saurait devenir la règle, à défaut de quoi l'autorité compétente pour délivrer des permis de construire se substituerait au législateur cantonal ou communal par le biais de sa pratique dérogatoire (ATF 112 Ib 51 consid. 5 p. 53; cf. également Thierry Tanquerel, Manuel de droit administratif, 2011, n. 862; Moor/Flückiger/Martenet, Droit administratif, vol. I, 3
ème
éd. 2012, p. 640; Tschannen/Zimmerli/Müller, Allgemeines Verwaltungsrecht, 2014, p. 429 s.). Il implique une pesée entre les intérêts publics et privés de tiers au respect des dispositions dont il s'agirait de s'écarter et les intérêts du propriétaire privé requérant l'octroi d'une dérogation, étant précisé que des raisons purement économiques ou l'intention d'atteindre la meilleure solution architecturale, ou une utilisation optimale du terrain, ne suffisent pas à elles seules à conduire à l'octroi d'une dérogation (cf. TF 1C_92/2015 du 18 novembre 2015 consid. 4.2; 1C_458/2011 du 29 février 2012 consid. 4.4, et les références citées). La clause dérogatoire est une émanation du principe de la proportionnalité. Elle ne peut porter atteinte à des intérêts publics importants ou heurter des intérêts privés prépondérants; elle doit résulter d'une pesée globale des intérêts en présence, prenant en compte l'ensemble des circonstances (cf. CDAP AC.2016.0366 du 31 août 2017 consid. 4a; AC.2017.0014 du 18 mai 2017 consid. 5a, et les références citées).
c) Il importe peu que le dossier d'enquête ne fasse référence à aucune demande de dérogation au sens de l'art. 32 RPGA, dès lors qu'une telle dérogation ne saurait de toute manière être admise. La largeur totale des ouvertures en toiture est de 5 m 43, soit supérieure de près de 77% à la largeur maximale admissible (3 m 07). Il ne s'agit dès lors pas d'une dérogation de minime importance. L'on ne voit pas non plus quels motifs d'intérêt public ou quelles circonstances objectives justifieraient que la largeur des ouvertures en toiture puisse faire l'objet d'une dérogation, sachant notamment que la solution architecturale choisie ne témoigne pas spécifiquement d'un effort particulier de recherche. Le constructeur ne se trouve pas non plus dans une situation rigoureuse qui justifierait l'octroi d'une dérogation.
8.
Les recourants invoquent des violations de la règlementation communale en matière de places de stationnement. Ils font en particulier valoir que le projet prévoirait un nombre insuffisant de places de parc et ne respecterait pas les règles relatives au nombre minimum de places couvertes.
a) Conformément à l'art. 41 RPGA, les emplacements de stationnement pour véhicules doivent être aménagés simultanément à toute nouvelle construction ou toute transformation de bâtiment impliquant des besoins nouveaux (al. 1). Les exigences minimales en la matière sont les suivantes: bâtiments d'habitation collective (dès trois logements): deux emplacements de stationnement par logement, quel que soit le type de logements et une place pour trois logements ou fraction de trois logements à l'usage des visiteurs (al. 2 let. a). Selon l'art. 42 RPGA, la moitié des emplacements de stationnement exigibles, compte non tenu des places visiteurs, doit être aménagée dans des garages à l'intérieur des bâtiments ou dans des dépendances, à l'exception des emplacements exigés dans la zone artisanale (al. 1). Aux termes de l'art. 43 RPGA, en cas de transformation ou d'agrandissement impliquant des besoins nouveaux et si l'aménagement ou l'accès des places entraîne des difficultés exceptionnelles, la municipalité peut dispenser le constructeur d'aménager tout ou partie des places de stationnement exigées à l'art. 41 RPGA (al. 1). Pour chaque place de stationnement que le constructeur est dispensé d'aménager, la municipalité exige, par le biais d'une condition accompagnant le permis de construire, le paiement d'une taxe compensatoire selon un tarif spécial établi par la municipalité et approuvé par le Conseil d'Etat (al. 2).
Conformément à l'art. 65 ch. 5 RPGA, applicable aux parcelles affectées à la zone du Village de Grandcour, en cas de transformation ou d'agrandissement de la surface habitable brute d'un logement existant et si l'aménagement et l'accès des places se révèlent impossibles, la municipalité peut dispenser le constructeur d'aménager tout ou partie des places de stationnement exigées à l'art. 41 RPGA, moyennant une taxe dont la municipalité fixera le montant (al. 1). Cette dérogation ne peut pas être appliquée en cas de création de nouvelles constructions dans les périmètres d'évolution (al. 2).
L'art. 40a RLATC dispose que la réglementation communale fixe le nombre de places de stationnement pour les véhicules à moteur et les deux-roues légers non motorisés, dans le respect des normes de l'Association suisse des professionnels de la route et des transports et en fonction de l'importance et de la destination de la construction (al. 1), soit les normes VSS. A défaut de réglementation communale conforme aux normes en vigueur, celles-ci sont applicables aux véhicules motorisés et aux deux-roues légers non motorisés (al. 2). Cependant, le Tribunal cantonal a jugé que l'art. 40a RLATC ne disposait pas d'une base légale suffisante dans la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions et que les normes VSS ne peuvent être appliquées que si le règlement communal y renvoie directement (cf. CDAP AC.2015.0200 du 9 janvier 2017 consid. 3a; AC.2014.0157 du 16 avril 2015 consid. 3c, et les références citées), ce qui n'est pas le cas en l'espèce.
S'agissant de l'application concrète des normes VSS, le Tribunal fédéral considère que, d'une manière générale, l'appréciation d'intérêts publics supérieurs parfois contradictoires peut conduire à une offre en cases de stationnement plus élevée ou plus faible que celle obtenue en appliquant la norme (TF 1C_477/2009 du 17 juin 2009 consid. 5.3).
b) Il ressort des éléments du dossier que cinq places de parc extérieures non couvertes sont ajoutées à celle existante, l'une se trouvant devant le bâtiment n° ECA 73, au Sud-Est de ce dernier, les cinq autres sur les parcelles n° 64 et 65. Le projet prévoit en outre d'éliminer un garage dans le bâtiment à transformer pour gagner de la surface habitable.
Dès lors que c'est la règlementation communale, et plus particulièrement l'art. 41 RPGA, qui doit être prise en compte, et non les normes VSS, auxquelles cette dernière ne renvoie pas, ce sont toutefois sept places de stationnement qui devraient être prévues pour les trois logements: deux par logement et une place de visiteurs. La villa préexistante avec un logement présentait déjà deux places de stationnement, une à l'extérieur et le garage; comme le projet prévoit la suppression du garage, il faut ajouter une nouvelle place de stationnement en remplacement (cf. CDAP AC.2013.0173 du 9 décembre 2013 consid. 5d).
Selon les art. 43 et 65 ch. 5 RPGA cependant, la municipalité peut dispenser le constructeur, moyennant le paiement d'une taxe compensatoire, d'aménager tout ou partie des places de stationnement exigibles. Peut toutefois rester ouverte la question de savoir si tel pourrait être le cas en l'espèce, sachant notamment que la municipalité a délivré le permis de construire requis, qui comprenait l'établissement de six, et non pas de sept, places de parc, sans exiger le paiement d'une taxe compensatoire, mais a précisé, dans ses écritures au Tribunal, qu'elle prélèverait une telle taxe si cela se révélait indispensable.
En effet, conformément à l'art. 42 RPGA, trois places de stationnement devraient en l'occurrence être aménagées dans des garages à l'intérieur des bâtiments ou dans des dépendances. Or, tel n'est pas le cas puisque plus aucun garage, ni dépendance n'est prévu. L'art. 42 RPGA ne laisse en outre pas de marge de manoeuvre à la municipalité, contrairement à la réglementation semblable d'une autre commune qui, s'agissant de la question des places de stationnement, prévoyait qu'"
en principe
"
,
la moitié de ces places doit être en garages construits à l'intérieur des immeubles ou sous des terrasses enterrées et arborisées (cf. CDAP AC.2016.0056 du 17 mai 2017 consid. 6).
c) Se pose toutefois la question d'une dérogation à l'art. 42 RPGA.
Conformément à l'art. 57 RPGA, la municipalité peut accorder des dérogations aux conditions fixées par l'art. 85 LATC; dans des cas exceptionnels, des dérogations aux prescriptions réglementaires concernant l'affectation, la surface bâtie, la longueur, les hauteurs et les toitures des constructions, s'il s'agit d'édifices publics dont la destination ou l'architecture réclament des dispositions spéciales, peuvent être accordées. Aux termes de l'art. 135 RPGA, la municipalité peut autoriser des dérogations de minime importance aux dispositions du RPGA, à condition qu'il n'en résulte aucune atteinte aux objectifs du plan ou pour les tiers, dans les limites fixées par les dispositions de l'art. 85 LATC et lorsque: il s'agit de tenir compte de cas non prévus par le RPGA; l'application stricte d'une mesure d'aménagement du plan ou du règlement empêche la réalisation d'une solution architecturale intéressante à dire d'expert; une réalisation d'utilité publique est nécessaire à un service public qui exige des mesures appropriées.
La question de savoir si la prise en compte des art. 57 et 135 RPGA est envisageable peut rester indécise, dès lors qu'une dérogation à l'art. 42 RPGA n'est de toute manière pas admissible. Il ressort en effet de cette disposition que trois places de stationnement devraient être couvertes. Or, aucune ne l'est. Il ne s'agit en conséquence pas d'une dérogation de minime importance. L'on ne voit pas non plus quels motifs d'intérêt public ou quelles circonstances objectives justifieraient une telle dérogation. Le constructeur indique à ce propos que la municipalité aurait écarté la solution consistant à couvrir une partie des places de parc pour des motifs d'intégration dans le site. L'on ne voit pas qu'une telle appréciation soit déterminante, sachant en particulier que l'on ne saurait dire que la présence de voitures à l'air libre constitue un élément d'intégration à un site. Le constructeur ne se trouve pas non plus dans une situation rigoureuse qui justifierait l'octroi d'une dérogation, compte tenu en particulier du fait qu'il prévoit de supprimer le garage se trouvant au rez-de-chaussée, dans la partie Ouest du bâtiment n° ECA 73, au profit d'une augmentation de la surface habitable.
d) Le grief des recourants relatif à une violation de l'art. 42 RPGA est en conséquence fondé.
e) Dans l'hypothèse où le constructeur envisagerait de couvrir certaines des places de parc se trouvant sur les parcelles n° 64 et 65, l'on peut toutefois relever ce qui suit.
aa) L'art. 66 ch. 2 RPGA, disposition relative à la zone du village de Grandcour, concernant les espaces non construits et plus particulièrement l'aire des aménagements extérieurs, prévoit que cet espace est destiné à assurer le dégagement nécessaire des bâtiments aux accès véhicules, aux parkings extérieurs, aux chemins piétons, aux espaces verts et à permettre l'aménagement de jardins en prolongement des habitations (al. 1). Les dépendances, au sens de l'art. 39 RLATC, et dont l'utilisation est liée à l'occupation du bâtiment principal y sont autorisées (al. 3). Elles ne peuvent en aucun cas servir à l'habitation ou à l'activité professionnelle (al. 4).
Aux termes de l'art. 39 RLATC, à défaut de dispositions communales contraires, les municipalités peuvent autoriser la construction de dépendances de peu d'importance, dont l'utilisation est liée à l'occupation du bâtiment principal, dans les espaces réglementaires entre bâtiments ou entre bâtiments et limites de propriété (al. 1). Par dépendances de peu d'importance, on entend des constructions distinctes du bâtiment principal, sans communication interne avec celui-ci et dont le volume est de peu d'importance par rapport à celui du bâtiment principal, telles que pavillons, réduits de jardin ou garages particuliers pour deux voitures au plus; ces dépendances ne peuvent en aucun cas servir à l'habitation ou à l'activité professionnelle (al. 2). Ces règles sont également valables pour d'autres ouvrages que des dépendances proprement dites: murs de soutènement, clôtures, places de stationnement à l'air libre notamment (al. 3). Ces constructions ne peuvent être autorisées que pour autant qu'elles n'entraînent aucun préjudice pour les voisins (al. 4).
Les dépendances ne peuvent être autorisées que si elles sont situées sur le même fonds que la construction principale (Bovay/Didisheim/Sulliger/Thonney, Droit fédéral et vaudois de la construction, LAT-OAT-LATC-RLATC annotés, 4
ème
éd., Bâle 2010, ad art. 39 RLATC ch. 1, et les références citées).
bb) Les parcelles n° 64 et 65 sont en l'occurrence entièrement affectées à l'aire des aménagements extérieurs (espaces non construits) et ne comprennent aucune construction. Si, au vu de la réglementation et de la doctrine précitées, la construction de places de parc extérieures destinées à des logements compris dans un bâtiment sis sur une autre parcelle, tel qu'en l'espèce, paraît admissible sur les biens-fonds n° 64 et 65, la question peut se poser s'agissant de places de parc couvertes, cela d'autant plus que la Municipalité relève elle-même qu'on se trouve proche de l'église, secteur qui jouit d'une protection particulière. Cette question peut toutefois rester indécise, dès lors qu'elle ne fait pas l'objet du présent litige.
9.
Les recourants invoquent ensuite une violation de l'art. 63 ch. 3 RPGA.
a) aa) Aux termes de l'art. 63 ch. 2 RPGA, relatif aux bâtiments protégés, ces derniers, ayant obtenu les notes 2 (remarquable) et 3 (intéressant) dans le cadre du recensement architectural établi par le Canton de Vaud, sont indiqués sur le plan (al. 1). Ces bâtiments ou parties de bâtiments remarquables ou intéressants du point de vue architectural ou historique doivent être conservés dans leur intégralité; des transformations, de modestes agrandissements, un changement d'affectation sont toutefois possibles si ces modifications sont compatibles avec la conservation et la mise en valeur du ou des bâtiments (al. 2).
L'art. 63 ch. 3 RPGA, qui concerne les bâtiments à conserver, prévoit que les bâtiments à conserver indiqués sur le plan ont obtenu la note 4 (bien intégré) dans le cadre du recensement architectural établi par le Canton de Vaud ou encore sont bien assimilés dans le tissu villageois (al. 1). Pour des raisons objectivement fondées, ils peuvent être modifiés pour autant que soit respecté le caractère spécifique de leur intégration; les gabarits (plan-coupe) doivent être conservés de même que le rythme et la forme des percements ainsi que la nature des matériaux; ces bâtiments doivent être entretenus; ils peuvent être transformés ou modifiés à condition de respecter leur intégration au site; la municipalité peut, pour des raisons de sécurité ou pour d'autres raisons majeures, autoriser exceptionnellement la démolition et la reconstruction de tout ou partie de ces bâtiments; les adjonctions inopportunes peuvent être supprimées (al. 2). En cas de reconstruction, les bâtiments seront implantés dans les limites existantes et pourront conserver leur gabarit initial; cependant, en aucun cas, le nombre de niveaux existants initial ne peut être augmenté; au surplus, les dispositions sur les constructions nouvelles sont applicables (al. 3). Avant toute autorisation de démolir, la hauteur aux corniches mesurées sur le chéneau, au faîte ainsi que les pentes de toitures seront attestées par un géomètre officiel (al. 4). De même, un dossier photos du bâtiment sera produit avant sa démolition (al. 5). La municipalité peut autoriser des agrandissements de peu d'importance dont la surface bâtie n'excèdera pas 10% de la surface bâtie totale du bâtiment, cadastrée au moment de l'entrée en vigueur du plan partiel d'affectation et dans la mesure où ils ne portent pas atteinte à la silhouette générale du bâtiment et du secteur (al. 6).
bb) Le
recensement architectural n'est pas prévu dans la
loi vaudoise sur la protection de la nature, des monuments et des sites du 10 décembre 1969 (LPNMS; RSV 450.11)
. L’art. 30 al. 1 du règlement du 22 mars 1989 d'application de la LPNMS (RLPNMS; RSV 450.11.1) dispose que le département établit le recensement architectural des constructions en collaboration avec les communes concernées. Il
implique l'attribution de notes (v. à ce sujet "
Recensement architectural du canton de Vaud"
, plaquette éditée par la Section des Monuments historiques et archéologie du Service des bâtiments, novembre 1995, rééditée en mai 2002), qui sont les suivantes: *1*: Monument d'importance nationale; *2*: Monument d'importance régionale; *3*: Objet intéressant au niveau local; *4*: Objet bien intégré; *5* Objet présentant des qualités et des défauts; *6*: Objet sans intérêt; *7*: Objet altérant le site. Il résulte de la plaquette précitée que la note *4* est attribuée à un objet bien intégré, ce qui signifie que l'objet est bien intégré par son volume, sa composition et souvent encore sa fonction. Les objets de cette catégorie forment en général la majorité des bâtiments d'une localité. Ils sont donc déterminants pour l'image d'une localité et constitutifs du site. A ce titre, leur identité mérite d'être sauvegardée. Toutefois, ils ne possèdent pas une authenticité ni une qualité architecturale justifiant une intervention systématique de la section des monuments historiques en cas de travaux (plaquette précitée, p. 17).
A l’exception des notes *1* et *2* (qui impliquent une mise à l’inventaire, voire un classement), les notes attribuées ont un caractère indicatif et informatif; elles
n'entraînent pas en soi de mesures de protection spéciale (
cf. CDAP AC.2016.0253 du 9 mai 2017 consid. 3e; AC.2016.0126 du 13 avril 2017 consid. 5c/bb;
AC.2015.0153 du 15 septembre 2016 consid. 2c, et les références citées).
Elles sont en revanche un élément d'appréciation important pour les autorités chargées de l'aménagement du territoire, notamment lors de l'adoption des zones à protéger prévues par l'art. 17 al. 1 de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700) ou, dans la procédure de permis de construire, lorsque ces autorités appliquent les règles concernant l'intégration et l'esthétique des constructions ou statuent sur une autorisation cantonale spéciale (cf. notamment CDAP AC.2016.0253 du 9 mai 2017 consid. 3e;
AC.2016.0043 du 22 mars 2017 consid. 5e; AC.2015.0153 du 15 septembre 2016 consid. 2c, et les références citées).
b)
Selon la jurisprudence, la municipalité jouit d'un certain pouvoir d’appréciation dans l’interprétation qu’elle fait des règlements communaux et dispose notamment d’une latitude de jugement pour interpréter des concepts juridiques indéterminés dont la portée n'est pas imposée par le droit cantonal; ainsi, dans la mesure où la lecture que la municipalité fait des dispositions du règlement communal n'est pas insoutenable, l'autorité cantonale de recours s'abstiendra de sanctionner la décision attaquée (CDAP AC.2016.0431 du 17 juillet 2017 consid. 1e; AC.2013.0237 du 12 décembre 2013 consid. 4c/aa). Le tribunal n'est toutefois pas définitivement lié par l'interprétation faite d'une disposition réglementaire communale et peut adopter une autre interprétation si celle-ci repose sur des motifs sérieux, objectifs et convaincants, tirés du texte ou de la systématique de la norme, de sa genèse ou de son but (cf. TF 1C_138/2010 du 26 août 2010 consid. 2.6, et les références citées). D'une façon générale, lorsque plusieurs interprétations sont envisageables, il convient de s’en tenir à celle qui respecte l’exigence d’une base légale précise pour les restrictions du droit de propriété issues du droit public (CDAP AC.2016.0431 du 17 juillet 2017 consid. 1e; AC.2014.0098 du 20 mai 2015 consid. 3c; AC.2014.0151 du 30 juillet 2014 consid. 1a, et les références citées).
En matière d'esthétique des constructions, l'autorité communale qui apprécie les circonstances locales dans le cadre de l'octroi d'une autorisation de construire, bénéficie d'une liberté d'appréciation particulière, que l'autorité de recours contrôle avec retenue (cf. art. 3 al. 2 LAT). Dans la mesure où la décision communale repose sur une appréciation soutenable des circonstances pertinentes, l'instance de recours doit la respecter. En dépit de son pouvoir d'examen complet, elle ne peut intervenir et, cas échéant, substituer sa propre appréciation à celle des autorités communales que si celle-ci n'est objectivement pas soutenable ou contrevient au droit supérieur (TF 1C_493/2016 du 30 mai 2017 consid. 2.2; 1C_92/2015 du 18 novembre 2015 consid. 3.1.3; 1C_849/2013, 1C_853/2013, 1C_855/2013 du 24 février 2015 consid. 3.1.2, et les arrêts cités; dans ce sens: Olivier Schuler, Kognition zwischen Rechtsweggarantie und Gemeindeautonomie in bau- und planungsrechtlichen Verfahren, 2015, p. 75-77). C'est le cas notamment lorsqu'il s'agit de savoir si une construction ou une installation est de nature à compromettre l'aspect ou le caractère d'un site, d'une localité, d'un quartier ou d'une rue (ATF 115 Ia 114 consid. 3d p. 118, 363 consid. 3b p. 367; TF 1C_452/2016 du 7 juin 2017 consid. 3.1.3; 1C_340/2015 du 16 mars 2016 consid. 6.1.3; 1C_154/2015 du 22 décembre 2015, et les arrêts cités).
c) Les recourants font valoir une violation de l'art. 63 ch. 3 RPGA, applicable au bâtiment litigieux, en tant que celui-ci prévoit que, pour des raisons objectivement fondées, les bâtiments à conserver peuvent être modifiés pour autant que soit respecté le caractère spécifique de leur intégration et que les gabarits (plan-coupe) doivent être conservés de même que le rythme et la forme des percements ainsi que la nature des matériaux. Selon eux, le fait que le projet litigieux prévoie une ouverture dans la toiture sur une terrasse de 7,93 m
2
et crée une voie d'accès par un escalier extérieur pour atteindre les combles, ce qui modifierait la forme des percements dans l'immeuble, n'est ainsi pas réglementaire.
Il ressort certes de l'art. 63 ch. 3 al. 2 RPGA que les bâtiments à conserver peuvent être transformés ou modifiés. Cette même disposition prévoit toutefois en particulier que les gabarits (plan-coupe) doivent être conservés, de même que le rythme et la forme des percements. Or, l'on ne saurait considérer en l'occurrence que tel est le cas, s'agissant en particulier de l'ouverture projetée en toiture sur la façade Nord-Ouest. Il est en effet prévu qu'une partie de la toiture soit supprimée et un décrochement créé au profit d'une terrasse et de larges portes-fenêtres aménagées, qui, reliées à un escalier longeant la façade en cause, viseraient notamment à permettre l'accès au logement situé dans les combles. Le rythme et la forme des percements sont modifiés de manière importante par une telle ouverture, ce qui ne saurait être admis, même s'agissant d'un bâtiment ayant reçu la note *4* au recensement architectural et qui bénéficie dès lors d'une protection moindre que les bâtiments recensés en notes *2* et *3*, visés à l'art. 63 ch. 2 RPGA. Alors même que le bâtiment ne présente à cet endroit actuellement aucune ouverture, les portes-fenêtres prévues couvriraient une dimension totale de près de 8 m
2
(3m78 x 2m10), et alors même que leur largeur est largement supérieure à ce que la réglementation prévoit pour des ouvertures en toiture (cf.
supra
consid. 6). Une telle ouverture, qui ne saurait être assimilée à un balcon-baignoire (cf.
supra
consid. 5), présente par ailleurs un aspect assez particulier, puisqu'elle implique notamment un espace ouvert dans une partie de la toiture qui donne directement sur une terrasse accessible de l'extérieur par un escalier. On ne saurait ainsi considérer qu'elle correspond au rythme et à la forme, assez conventionnels, des percements dont est actuellement pourvu le bâtiment litigieux. Si certes le bâtiment en question s'est vu attribuer une note *4* au recensement architectural et pourrait ainsi être démoli, il n'en demeure en outre pas moins qu'il constitue un bâtiment à conserver auquel certaines règles particulières du règlement communal sont applicables.
Le constructeur fait valoir que l'ouverture en toiture projetée le serait à l'arrière du bâtiment, soit à un endroit qui serait nettement moins sensible du point de vue de l'intégration dans le voisinage, et que la façade Nord-Ouest ne serait en grande partie pas visible depuis la rue, dans la mesure où la vue serait obstruée par une dépendance et le mur clôturant la propriété. Les photographies tirées de google view versées au dossier permettent certes de constater que la vue sur la façade Nord-Ouest est obstruée. Elle ne l'est toutefois que partiellement et le percement problématique en cause concerne l'ouverture dans la toiture, ouverture qui sera ainsi plus visible que celles des étages inférieurs. Le fait en outre que la modification envisagée serait située à l'arrière du bâtiment n'est pas déterminant, s'agissant d'un bâtiment qui se trouve au centre du village et dont l'arrière est important également. Le constructeur invoque enfin le fait, en se référant à la jurisprudence du Tribunal fédéral, qu'en matière d'esthétique des constructions, l'autorité communale bénéficie d'une liberté d'appréciation particulière, que l'autorité de recours contrôle avec retenue. L'art. 63 RPGA, relatif aux bâtiments à conserver, contient toutefois des dispositions précises relatives aux transformations et modifications qui peuvent être apportées aux bâtiments à conserver, concernant notamment le rythme et la forme des percements, dont on ne saurait en l'occurrence considérer, au vu notamment de l'ouverture très particulière qui est prévue en toiture, qu'elles sont respectées.
Il s'ensuit que le grief des recourants est fondé s'agissant du non-respect de l'art. 63 ch. 3 RPGA concernant l'ouverture en toiture. L'on peut relever que tel est également le cas de la fenêtre d'une dimension de 1,3 m de large x 1,2 m de hauteur prévue au rez-de-chaussée de la façade Nord-Ouest, dès lors que, comme le relève le SIPAL dans son préavis du 17 novembre 2016, cette fenêtre horizontale ne correspond pas à la rhétorique du bâtiment en cause, qui se caractérise par l'aspect vertical de ses fenêtres.
d) Les recourants invoquent par ailleurs une violation de l'art. 63 ch. 3 al. 3 RPGA, dès lors que le projet prévoit d'aménager un nouveau niveau dans les combles. L'on ne voit toutefois pas que cette disposition doive trouver application, dans la mesure où elle se réfère au cas d'une reconstruction, ce qui n'est clairement pas le cas en l'occurrence.
e) Les recourants estiment encore que le projet litigieux ne serait pas conforme à l'art. 63 ch. 3 al. 6 RPGA. Se référant à la demande de permis de construire (p. 4), ils relèvent qu'une surface brute utile de plancher (SBP) de 108 m
2
serait ajoutée à la SBP existante de 157 m
2
, une SBP de 5 m
2
étant par ailleurs supprimée. Une telle augmentation ne serait pas conforme à l'art. 63 ch. 3 al. 6 RPGA. Contrairement à ce qu'affirment les recourants, cette disposition a trait à des agrandissements de la surface bâtie, qui peuvent aller jusqu'à un maximum de 10%, et non pas de la SBP. Or, il n'est pas prévu que la surface bâtie, de 113 m
2
avant travaux (p. 4 de la demande de permis de construire), soit modifiée. Il s'ensuit que le grief des recourants concernant l'art. 63 ch. 3 al. 6 RPGA n'est pas fondé.
f) S'agissant enfin du grief des recourants selon lequel l'expression architecturale de l'ouverture de type balcon-baignoire dans la toiture ne respecterait pas l'art. 31 al. 1 RPGA, lequel prévoit que, par leur forme et leurs proportions, les lucarnes s'intègrent de façon harmonieuse dans la toiture et respectent l'expression architecturale des niveaux inférieurs, notamment le rythme des pleins et des vides des façades correspondantes, il ne se révèle pas nécessaire de le traiter, puisque l'ouverture en toiture litigieuse au Nord-Ouest ne peut être admise, dès lors qu'elle n'est pas conforme à l'art. 63 ch. 3 al. 2 RPGA.
10.
a) Conformément à l'art. 64 RPGA, disposition applicable, en zone du Village de Grandcour, aux bâtiments nouveaux, la hauteur des façades mesurée à la corniche ne dépassera pas 6 m 50; elle est calculée conformément à l'art. 22 RPGA; le nombre de niveaux est limité à deux sous la corniche; le rez compte pour un niveau; les combles sont habitables (ch. 2). Les toitures sont en principe à deux pans et leur pente sera comprise entre 29° et 42° (56% et 90%) (ch. 4 al. 1).
b) Les recourants invoquent le fait que, contrairement à ce que prévoit l'art. 64 ch. 2 RPGA, sur la façade Nord, la moitié de la corniche serait supérieure à 6 m 50 et que, contrairement à l'art. 64 ch. 4 al. 1 RPGA, la pente de la toiture passerait de 28° à 25°. Le projet litigieux ne respecterait ainsi pas même les obligations imposées aux constructions nouvelles en créant un nouveau niveau et en modifiant la pente de la toiture.
Conformément au PPA, le bâtiment litigieux n° ECA 73 constitue un bâtiment existant à conserver. Dès lors qu'il ne s'agit pas d'un bâtiment nouveau, l'on ne voit pas que l'art. 64 RPGA, disposition applicable aux bâtiments nouveaux, doive en l'occurrence trouver application.
Le grief des recourants n'est en conséquence pas fondé.
11.
Les recourants font par ailleurs valoir que l'art. 65 ch. 3 RPGA ne serait pas non plus respecté.
a) L'art. 65 (dispositions générales applicables à la zone du village de Grandcour) ch. 1 (utilisation et éclairage des combles) al. 1 RPGA prévoit que, partout où cela est réalisable, les combles doivent prendre jour sur les façades pignon; à titre exceptionnel, la municipalité peut autoriser la réalisation de tabatières ou de lucarnes; ces constructions ne doivent pas compromettre l'aspect de l'architecture du bâtiment et leurs dimensions doivent être réduites au minimum fixé par les exigences de salubrité. Conformément à l'art. 65 ch. 1 al. 2 RPGA, les combles ne sont aménageables que sur un seul niveau; de manière exceptionnelle, la municipalité peut autoriser l'aménagement d'un surcomble pour autant que celui-ci n'abrite que des locaux strictement dépendants (galeries, mezzanines). L'art. 65 ch. 3 (architecture) prévoit pour sa part ce qui suit:
"
Le caractère architectural des transformations et des constructions nouvelles, doit tenir compte des éléments significatifs de l'architecture du village, notamment:
-
Le respect du système structurel du bâtiment (murs porteurs, charpente, etc.).
-
La prise en compte de la typologie de l'habitat rural des bâtiments.
-
Le maintien, dans la mesure du possible de la typologie du logement existant initialement dans le bâtiment.
-
Les dimensions et les proportions des pleins et des vides des façades.
-
La prise en compte du degré d'exposition à la vue des interventions en façades ou en toitures.
-
Le respect des façades pignons, et favoriser l'éclairage des combles par les pignons.
-
La possibilité d'utiliser les combles, de manière modérée et en minimisant les ouvertures en toiture.
-
La lecture des interventions nouvelles
".
b) Les recourants font valoir que le projet litigieux ne permettrait pas, contrairement à ce que prévoit l'art. 65 ch. 3 1
er
tiret RPGA, d'assurer le respect du système structurel du bâtiment, dès lors que la charpente serait complètement modifiée par l'ouverture en toiture ainsi que par la création de plusieurs lucarnes et la modification de la pente. Dans la mesure où le recours doit de toute manière être admis pour les motifs qui précèdent et le projet invalidé en l'état, il ne s'avère pas nécessaire de répondre à ce grief des recourants. L'on peut toutefois relever que, conformément à l'art. 65 ch. 1 al. 1 RPGA, il est possible d'assurer l'éclairage des combles par des lucarnes (ou des tabatières), tout en respectant l'art. 31 al. 2 RPGA.
Au vu de l'art. 65 ch. 1 al. 1 2
ème
phr. RPGA, qui prévoit qu'à titre exceptionnel, la municipalité peut autoriser la réalisation de tabatières ou de lucarnes, se pose également la question de savoir si l'ouverture en toiture projetée, qui comprend une terrasse et des portes-fenêtres et qui ne constitue ni une lucarne ni une tabatière, peut être autorisée, sachant en outre que les dimensions de ces types d'ouvertures doivent en particulier être réduites au minimum fixé par les exigences de salubrité (art. 65 ch. 1 al. 1 3
ème
phr. RPGA) et qu'en présence de dispositions communales, telles que l'art. 65 ch. 1 al. 1 RPGA, la jurisprudence est stricte quant à l'admissibilité d'ouvertures en toiture (cf. CDAP AC.2015.0064 du 29 février 2016 consid. 4 et 6; AC.2013.0041, AC.2013.0323 du 12 juin 2014 consid. 4, confirmé sur recours par le TF, 1C_353/2014 du 10 mars 2015 consid. 6). Cette question peut toutefois aussi, compte tenu du sort du recours, rester indécise. Tel peut également être le cas s'agissant du grief des recourants selon lequel les dimensions et les proportions des pleins et des vides des façades du projet litigieux ne seraient pas respectées (art. 65 ch. 3 4
ème
tiret RPGA).
c) Les recourants voient par ailleurs une violation de l'art. 65 ch. 3 7
ème
tiret RPGA. Ils estiment que la création d'un nouveau logement dans les combles ne saurait être qualifiée d'une utilisation modérée de ces dernières.
aa) Aux termes de l'art. 27 RPGA, les combles peuvent être affectées à l'habitation sous réserve des règles architecturales définies aux articles du chapitre VII –titre II (art. 30 à 32 concernant les lucarnes) (al. 1). La hauteur mesurée sur la panne sablière ne peut pas dépasser 1 m au-dessus du niveau supérieur de la dernière dalle (al. 2).
Lorsque la réglementation communale ne définit pas la notion de combles, il convient de s'en tenir à la jurisprudence constante rendue à ce propos. Il en résulte que les "
combles
" sont les constructions de bois, de fer ou de maçonnerie placées au-dessus d'un édifice pour en soutenir la couverture, habituellement désignées comme la charpente de la toiture; un "
étage de combles
" est donc un étage aménagé dans les combles. Sont ainsi qualifiés de combles les espaces - habitables ou non - aménagés sous la toiture et entièrement inscrits à l'intérieur de la charpente couronnant l'ouvrage. Est notamment un étage de combles un niveau dont la dalle inférieure se trouve à quelques centimètres de la corniche ou du chéneau du toit (cf. RDAF 1973 p. 221). Pour que l'espace sous la toiture soit qualifié de combles, la hauteur du mur d'embouchature, sur lequel la structure de la toiture prend appui, doit être inférieure à un mètre, sous réserve de dispositions contraires du règlement communal (CDAP AC.2016.0330 du 24 mars 2017 consid. 3c/aa; AC.2016.0096 du 17 février 2017 consid. 5c/aa; AC.2015.0185 du 28 juillet 2016 consid. 5b, et la référence citée). En principe, un logement réalisé entièrement dans la toiture est de dimensions plus réduites qu'un étage ordinaire délimité par les murs verticaux, s'agissant tant de la surface de plancher utilisable que du volume. La limitation de la hauteur du mur d'embouchature à un mètre tend à éviter que la construction de véritables murs sous la sablière ne transforme pratiquement en un niveau ordinaire ce qui doit être et rester un étage de combles (CDAP AC.2016.0330 du 24 mars 2017 consid. 3c/aa; AC.2016.0096 du 17 février 2017 consid. 5c/aa, et les références citées, notamment TF 1C_401/2009 du 11 février 2010 consid. 2.3).
bb) Il est en l'occurrence indéniable, au vu de l'art. 27 al. 2 RPGA et de la jurisprudence précitée, que l'étage existant sous la charpente constitue un étage de combles, ce que ne remettent d'ailleurs pas en question les parties. Conformément aux art. 27 al. 1, 65 ch. 1 al. 2 et 65 ch. 3 7
ème
tiret RPGA, les combles peuvent être affectées à l'habitation, aménagées et utilisées. L'on ne voit ainsi pas que la règlementation communale interdise l'aménagement d'un appartement sous les combles dans le bâtiment litigieux. Dans la mesure où le recours doit être admis pour d'autres motifs et le projet invalidé en l'état, il n'est pas nécessaire d'examiner le point de savoir si l'appartement tel que projeté respecte toutefois les conditions posées à l'existence d'un étage de combles. La possibilité d'un tel aménagement devra cependant, ainsi que le prescrit la règlementation, se faire de manière modérée et en tenant compte du fait que les ouvertures en toiture doivent être minimisées (cf. art. 65 ch. 1 al. 1 et 65 ch. 3 7
ème
tiret RPGA). Les conditions posées par l'art. 27 al. 2 RPGA et la jurisprudence quant à la définition de la notion de combles devront également être respectées, sachant en particulier que l'on ne saurait considérer que la transformation d'un étage de combles en un étage qui ne pourrait plus être qualifié de combles ne saurait être considérée comme une utilisation modérée des combles au sens de l'art. 65 ch. 3 7
ème
tiret RPGA. En effet, cette question pourrait en l'occurrence se poser au vu de la surface de l'appartement prévu sous les toits par rapport à celles du rez-de-chaussée et de l'étage ainsi que de la hauteur mesurée sur l'une des pannes sablières, supérieure à 1 m au-dessus du niveau supérieur de la dernière dalle (cf. coupe A-A).
12.
Les recourants voient également une violation de l'art. 80 LATC, en particulier de son al. 2.
Aux termes de l'art. 80 LATC, les bâtiments existants non conformes aux règles de la zone à bâtir entrées en force postérieurement, relatives aux dimensions des bâtiments, à la distance aux limites, au coefficient d'occupation ou d'utilisation du sol, ou à l'affectation de la zone, mais n'empiétant pas sur une limite des constructions, peuvent être entretenus ou réparés (al. 1). Leur transformation dans les limites des volumes existants ou leur agrandissement peuvent être autorisés, pour autant qu'il n'en résulte pas une atteinte sensible au développement, au caractère ou à la destination de la zone; les travaux ne doivent pas aggraver l'atteinte à la réglementation en vigueur ou les inconvénients qui en résultent pour le voisinage (al. 2).
Les recourants font valoir une violation de l'art. 80 al. 2 LATC, invoquant le fait que la création d'un étage supplémentaire, dans les combles, en modifiant la pente ainsi que la façade Nord constituerait une atteinte à la réglementation en vigueur et provoquerait des inconvénients pour le voisinage. L'on ne voit toutefois
a priori
pas en quoi le bâtiment actuel ne serait pas conforme à la règlementation qui lui est applicable entrée en force postérieurement – les recourants ne l'expliquent d'ailleurs pas – et que l'art. 80 LATC doive trouver application. La question de savoir si cette disposition doit ou non être prise en compte peut cependant rester, au vu du sort du recours, indécise.
13.
Les recourants font enfin valoir que le projet litigieux serait problématique du point de vue de l'intégration à son environnement et de l'esthétique et ne permettrait pas la sauvegarde de l'harmonie des lieux. Dès lors que le recours doit de toute façon être admis pour d'autres motifs, il n'est pas nécessaire d'examiner ce grief.
14.
Il résulte de ce qui précède que le recours doit être admis pour les motifs précités (cf. en particulier consid. 6, 7, 8 et 9) et les décisions attaquées annulées. Les recourants, qui obtiennent gain de cause par l'intermédiaire d'un mandataire, ont droit à des dépens, fixés à 2'500 fr. Conformément à la jurisprudence de la Cour, les frais judiciaires et les dépens doivent être mis à la charge des constructeurs, qui succombent (art. 49, 51, 55, 57, 91 et 99 LPA-VD; art. 4 al. 1, 10 et 11 du Tarif du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière administrative [TFJDA; RSV 173.36.5.1]; CDAP AC.2016.0096 du 17 février 2017 consid. 10, et les références citées). La commune, dont les décisions sont annulées, n'a pas droit à des dépens.