# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8a5c3d6c-6873-5639-b971-72409781a7da
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Entré en Suisse une première fois le 14 août 1993 dans le cadre d'une demande d'asile, A._, ressortissant algérien né en 1965, a disparu dans la clandestinité peu de temps après le rejet définitif de sa requête, le 12 février 1994. Il est revenu le 17 mars 1999 pour déposer une deuxième demande d'asile, qui a été rejetée sur recours le 5 novembre 1999.
B. Le 8 mars 2002, A._ a épousé une ressortissante française résidant en Suisse et a obtenu pour ce motif une autorisation de séjour UE/AELE valable jusqu'au 1er août 2010 dans le cadre du regroupement familial pour vivre avec son conjoint. Un enfant est issu de cette union: B._, né en 2005.
Le couple s'étant séparé le 1er avril 2007, l'intéressé s'est vu octroyer dès 2010 un permis de séjour annuel avec approbation du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM; précédemment Office fédéral des migrations).
L'épouse a ouvert action en divorce le 19 août 2010. Après avoir dans un premier temps suspendu le droit de visite du père dès le 20 août 2010, le Président du Tribunal civil de la Gruyère l'a rétabli par ordonnance du 23 septembre et a indiqué qu'à défaut d'entente, le droit de visite s'exercerait un week-end sur deux ainsi que pendant quatre semaines de vacances par an. Une contribution d'entretien de 200 francs par mois a été mise à la charge du père.
Par jugement du 17 janvier 2012, le divorce a été prononcé. L'autorité parentale sur l'enfant a été attribuée à la mère qui dispose également du droit de garde. A défaut d'entente, le droit de visite du père a été prévu 3 week-ends sur 4, du vendredi soir au dimanche soir ainsi que pendant 4 semaines de vacances par an. La contribution d'entretien due par le père a été fixée à 600 francs jusqu'à l'âge de 12 ans révolus et 750 francs par la suite.
Par décision de la Justice de paix de la Gruyère du 18 août 2014, sur demande de la mère, qui ne pouvait plus faire face au comportement de son fils, l'enfant a été placé dans un foyer, le droit de garde de la mère a été retiré pour la durée du placement et le droit de visite du père a été modifié pour s'exercer désormais un week-end sur deux. Le 5 septembre 2014, cette autorité a rejeté une demande du père tendant à obtenir la garde de l'enfant.
C. Sur le plan professionnel, A._ a travaillé de manière très épisodique, par le biais d'emplois temporaires entrecoupés d'arrêts maladie et de périodes de chômage. En 2005, face ses difficultés à trouver un emploi stable, il a obtenu de la part de l'assurance-chômage une formation d'aide installateur sanitaire, qui n'a pas changé fondamentalement son rapport pour le moins distant au travail. Une tentative de travailler de manière indépendante s'est soldée par un échec en 2011. Depuis le 12 novembre 2008, date du premier relevé disponible de l'Office des poursuites, le montant de ses dettes s'est régulièrement accru pour atteindre 12'401 francs de poursuites et 33'197 francs d'actes de défaut de biens au 29 janvier 2014. Parallèlement, l'intéressé, sans revenu stable, a régulièrement bénéficié de subsides provenant de l'aide sociale; il avait une dette sociale de 16'461 francs au 4 novembre 2010 qui est passée à 73'725 francs le 21 août 2014 compte tenu d'une aide mensuelle de 2'185 francs. Vu sa situation financière, A._ ne verse pas la pension alimentaire qu'il doit pour son fils et qui est payée par les avances du Service de l'action sociale. Par ailleurs, en raison de ses difficultés à gérer ses biens,
Tribunal cantonal TC Page 3 de 8
une curatelle a été instituée en sa faveur le 21 novembre 2013 par la Justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère.
D. Sous l'angle pénal, A._ a été condamné par ordonnance du 25 mars 2013 du Ministère public à une amende de 150 francs pour contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants. Le 4 février 2015, il a été placé en détention provisoire pour trois mois en tant que prévenu soupçonné de délit contre la loi fédérale sur les stupéfiants (art. 19 al. 1 LStup), à la limite du cas grave (art. 19 al. 2 LStup). Il ressort de l'interrogatoire par le Juge du Tribunal des mesures de contrainte du 6 février 2015 que, sur 42 grammes d'héroïne retrouvés dans sa voiture, l'intéressé a admis être propriétaire de 18 grammes; il a reconnu par ailleurs avoir acheté 25 grammes d'héroïne depuis le début de l'année et en avoir revendu 10 à 5 acheteurs différents. D'autres prévenus ont déclaré qu'en réalité, il aurait vendu beaucoup plus et sur une période plus longue, ce que dément le concerné à ce stade de l'enquête.
E. Saisi d'une demande de A._ de lui accorder un permis d'établissement et de permettre la venue en Suisse de sa fiancée en vue d'un mariage, le SPoMi a procédé à l'audition de l'intéressé le 24 mai 2012 et a refusé, par décision du 14 novembre 2012, de lui délivrer l'autorisation d'établissement sollicitée. S'agissant de la fiancée, l'autorité a déclaré attendre pour statuer que celle-ci dépose formellement une demande d'entrée en Suisse, ce qu'elle n'a pas fait à ce jour.
Au vu de la situation économique de A._, le SPoMi l'a informé le 26 juin 2014 qu'il envisageait de prendre à son encontre une décision de refus de prolongation de son permis de séjour et de prononcer son renvoi de Suisse.
Invité à présenter ses éventuelles objections, l'intéressé a laissé au Service des curatelles de Haute-Gruyère le soin de se déterminer à sa place. Ce service a souligné que A._ devait débuter prochainement à nouveau une activité professionnelle dès le 7 juillet 2014 pour une période de deux mois. Il avait des difficultés à trouver un emploi, mais contactait régulièrement les agences de placement. Afin de s'assumer financièrement, il avait l'intention de devenir indépendant en créant un service de taxis, mais attendait le renouvellement de son autorisation de séjour avant d'entreprendre des démarches concrètes. Il a été souligné que l'étranger entretenait de très bons contacts avec son fils, qu'il accueille de manière régulière et davantage si la maman le sollicite. Il se montre un père soucieux et il lui semble très important de pouvoir rester proche de lui pour contribuer à son bon développement.
Le Service de l'enfance et de la jeunesse a confirmé le 28 août 2014 que le père entretenait des relations interpersonnelles de manière régulière avec son fils.

## Considerations