# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 744bfd9b-17c7-4574-acd1-9b75cb0e79c2
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
A._, B._, C._, D._, E._, F._, G._, H._, I._, J._, K._, L._, M._, N._, O._, P._, Q._, R._ et S._ ont toutes leur siège à la même adresse: "********, c/o BSB Service SA, 1164 Buchillon".
B.
Le 3 mai 2017, la Municipalité de Buchillon a adressé a chacune de ces entreprises une facture de 100 fr., correspondant à la taxe forfaitaire "entreprise" 2017 pour la gestion des déchets.
Par acte du 1
er
juin 2017, BSB Service SA a contesté ces factures. Elle a fait valoir en substance que les entreprises en question n'avaient pas d'activité dans la commune et qu'elles étaient uniquement domiciliées dans ses locaux.
Dans sa séance du 20 juin 2017, la Commission de recours en matière d'impôts et de taxe de la Commune de Buchillon (ci-après: la commission communale de recours) a décidé de rejeter ce recours.
La municipalité a communiqué cette décision à BSB Service SA par courrier du 19 juillet 2017.
C.
Par acte du 28 juillet 2017, BSB Service SA a recouru devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) contre la décision de la commission communale de recours. Elle a repris les mêmes arguments que ceux soulevés dans son recours du 1
er
juin 2017.
Un délai au 28 août 2017, prolongé au 29 septembre 2017, a été imparti à BSB Service SA pour produire, pour chacune des entreprises recourantes, une procuration attestant de ses pouvoirs de représentation; elle a été avertie que, si elle ne donnait pas suite à cette injonction dans le délai imparti, le recours serait déclaré irrecevable.
BSB Service SA a produit des procurations pour 18 des 19 entreprises recourantes le 29 septembre 2017. Elle a transmis la dernière procuration concernant la société S._ le 2 octobre 2017.
Constatant à la lecture du dossier des autorités intimée et concernée que les recourantes n'avaient pas été auditionnées par la commission communale de recours, la juge instructrice les a interpellées, pour savoir si elles exigeaient une telle audition ou si elles y renonçaient.
Par lettre du 11 octobre 2017, BSB Service SA a indiqué que ses mandantes voulaient être auditionnées par la commission communale de recours.
La cour a statué sans autre mesure d'instruction, selon la procédure simplifiée de l'art. 82 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36).

## Considerations

Considérant en droit:
1.
a) Aux termes de l'art. 16 LPA-VD, les parties peuvent se faire représenter en procédure, sauf si elles doivent agir personnellement en vertu de la loi ou pour les besoins de l’instruction; elles peuvent se faire assister (al. 1). L'autorité peut exiger du représentant qu'il justifie de ses pouvoirs par une procuration écrite. Les avocats inscrits au registre cantonal des avocats sont réputés disposer des pouvoirs nécessaires. Ils justifient de leurs pouvoirs s'ils en sont requis (al. 3).
b) En l'espèce, BSB Service SA, auteure du recours, n'est pas inscrite au registre cantonal des avocats. Elle a dès lors été invitée à produire, pour chacune des entreprises recourantes, une procuration attestant de ses pouvoirs de représentation. Elle a été expressément avisée que, si elle n'obtempérait pas dans le délai prescrit, le recours serait irrecevable. Dans le délai imparti prolongé au 29 septembre 2017, BSB Service SA a produit des procurations pour 18 des 19 entreprises recourantes, la dernière procuration concernant S._ n'ayant été transmise que le 2 octobre 2017. Le recours en tant qu'il concerne S._ est par conséquent irrecevable (cf. en particulier, arrêt FI.2014.0035 du 16 avril 2014 consid. 1b et la référence citée).
Pour le surplus, le recours a été déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 LPA-VD et respecte les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD. Il convient donc d'entrer en matière sur le recours en tant qu'il concerne A._, B._, C._, D._, E._, F._, G._, H._, I._, J._, K._, L._, M._, N._, O._, P._, Q._ et R._.
2.
a) L'art. 47 de la loi vaudoise du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux (LICom, RSV 650.11) a la teneur suivante:
"Audition du recourant
1
La commission de recours convoque le recourant et ordonne toutes mesures d'instruction qu'elle juge nécessaires.
2
Abrogé."
La violation de cette prescription conduit en principe à l'annulation pure et simple de la décision viciée, à moins que celui qui n’a pas été entendu dans la procédure devant la commission communale de recours renonce formellement à ce droit (cf., en dernier lieu, arrêts FI.2015.0082 du 3 août 2015, FI.2015.0040 du 2 juin 2015; FI.2014.0101 du 9 avril 2015 et FI.2014.0011 du 3 octobre 2014).
b) En l'espèce, l'autorité intimée a statué sans entendre préalablement les recourantes. Elle a ainsi violé l'art. 47 LICom. Ce vice n'est pas réparable, les recourantes n'ayant pas renoncé formellement à leur droit d'être auditionnées. Dans la lettre de leur mandataire du 11 octobre 2017, elles ont au contraire expressément demandé à être entendues par la commission de recours.
3.
Manifestement bien fondé, le recours en tant qu'il concerne A._, B._, C._, D._, E._, F._, G._, H._, I._, J._, K._, L._, M._, N._, O._, P._, Q._ et R._ doit être admis pour violation de l’art. 47 LICom et la décision attaquée annulée. La cause sera renvoyée à l'autorité intimée pour qu’elle statue à nouveau, après avoir entendu les recourantes.