# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4e81bcd0-1658-5017-b936-6cea38ae3c0f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
a.
A_ et C_ ont divorcé selon le jugement du Tribunal de première instance du 3 décembre 2003, confirmé et complété par arrêt de la Cour de justice du 18 juin 2004.
b.
Conformément à l'accord des époux, l'unique enfant du couple, B_, né en 1994, a été confié à la responsabilité de sa mère qui en a assumé l'autorité parentale et la garde.
A_ a bénéficié d'un large droit de visite devant être exercé, à défaut d'accord contraire entre les parties, au minimum un week-end sur deux et pendant la moitié des vacances scolaires.
La Cour de justice a d'office instauré une curatelle de surveillance des relations personnelles en faveur de B_, qui avait souffert des circonstances de la séparation de ses parents.
c.
Concernant l'entretien de B_, le jugement du Tribunal de première instance, qui ratifiait sur ce point l'accord des parties, a donné acte à A_ de ce qu'il s'engageait à verser à C_, à titre de contribution à l'entretien de B_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, les sommes suivantes :
- 1'300 fr. jusqu'à l'âge de 10 ans;
- 1'500 fr. jusqu'à l'âge de 15 ans;
- 1'700 fr. jusqu'à la majorité;
- 2'000 fr. au-delà de la majorité, mais au maximum jusqu'à 25 ans si l'enfant bénéficiaire poursuivait des études ou une formation professionnelle de manière sérieuse et régulière, cette contribution devant être indexée à l'indice genevois des prix à la consommation et réadaptée le 1
er
janvier de chaque année, l'indice retenu étant celui du prononcé du jugement.
d.
Aucun recours n'a été introduit à l'encontre de l'arrêt de la Cour de justice du 18 juin 2004.
e.
Les relations personnelles entre B_ et son père n'ont cessé de se détériorer depuis le divorce.
Par ailleurs, B_, en raison de son comportement, a été placé dans divers internats et une assistance éducative a été mise en place en sa faveur par décision du Tribunal tutélaire du 11 mars 2009.
f.
A_ s'est acquitté de la contribution d'entretien due à B_ jusqu'à la majorité de celui-ci, intervenue le 14 août 2012.
Le dernier versement de A_, de 1'700 fr., couvrait l'intégralité du mois d'août 2012.
g.
A_ a cessé de contribuer ultérieurement à l'entretien de son fils, qui avait rejeté toutes ses avances, l'insultait et se montrait occasionnellement violent à son égard.
De surcroît, malgré ses démarches, A_ n'avait jamais pu obtenir de renseignements récents sur la scolarité de son fils.
B. a.
Par courrier du 24 septembre 2012, le conseil de B_ a invité A_ à s'acquitter à nouveau des pensions prévues par le jugement de divorce, sous menace de poursuites tant civile que pénale, exposant que B_ effectuait des études à l'Ecole de commerce D_. Une attestation de cette école était jointe au courrier.
b.
Le 2 novembre 2012, B_ a déposé plainte pénale contre son père pour violation d'obligation d'entretien. Il a joint à cette plainte, entre autres pièces, une attestation de l'école E_, indiquant qu'il fréquentait cet établissement depuis le 3 septembre 2012 en vue de l'obtention, en 2015, d'un CFC de commerce.
Parallèlement, en date du 4 février 2013, B_ a fait notifier à son père un commandement de payer poursuite n
o
1_ pour les montants de 150 fr. avec intérêts à 5% dès le 14 août 2012 et 4 x 2'000 fr. avec intérêts à 5% respectivement dès les 1
er
septembre, 1
er
octobre, 1
er
novembre et 1
er
décembre 2012 à titre de contribution à son entretien pour la période du 14 août 2012 au 31 décembre 2012 selon jugement du Tribunal de première instance du 3 décembre 2003 confirmé par arrêt de la Cour de justice le 18 juin 2004.
A_ a formé opposition à cette poursuite.
c.
Par requête déposée auprès du Tribunal de première instance le 14 mars 2013, B_ a sollicité que soit prononcée la mainlevée définitive de l'opposition faite à la susdite poursuite et que le débiteur soit condamné aux frais et dépens.
d.
A l'appui de sa requête, B_ a produit notamment le jugement précité du 3 décembre 2003, ainsi que l'arrêt de la Cour de justice du 18 juin 2004, un certificat de non-recours du Tribunal fédéral contre la susdite décision et une attestation de l'école E_ datée du 7 mars 2013 confirmant qu'il était inscrit dans cet établissement.
e.
Par mémoire du 7 mai 2013, A_ a conclu à ce qu'il soit dit et prononcé que les conditions d'exigibilité de la créance n'étaient pas réunies et a sollicité que le demandeur soit débouté de ses conclusions et condamné aux frais de la cause.
f.
A_ a produit un volumineux chargé de pièces (correspondances, rapport du Service de Protection des mineurs, décisions des autorités, etc) afin de mettre en évidence les problèmes de scolarité et de comportement qu'avait connus B_, ainsi que les relations conflictuelles qui s'étaient instaurées entre celui-ci et son père.
A_ a également relevé que l'attestation d'inscription de son fils à l'école E_ ne suffisait pas à justifier que celui-ci suivait sérieusement et régulièrement les cours de cet établissement scolaire.
g.
Selon jugement no
JTPI/7865/2013
, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, a prononcé la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite no 1_, arrêté les frais judiciaires à 300 fr. qu'il a mis à la charge de A_ et condamné ce dernier à payer à B_ la somme de 440 fr. au titre des dépens.
h.
En substance, le premier juge a retenu que les décisions judiciaires produites étaient entrées en force de chose jugée et valaient titres de mainlevée définitive.
Par ailleurs, il a considéré qu'il n'appartenait pas au juge de la mainlevée d'examiner si, comme le soutenait le poursuivi, les circonstances ne permettaient plus d'exiger de lui qu'il continue à subvenir à l'entretien de son fils majeur; le moyen tiré de l'art. 277 al. 2 CC, qui impliquait de prendre en compte les rapports existant entre le parent et l'enfant, ainsi que le parcours scolaire de ce dernier, devait être réservé au juge du fond qui était le mieux à même d'apprécier la situation après avoir administré tous les moyens de preuve nécessaires.
C. a.
Par acte expédié le 17 juin 2013 à l'attention du greffe de la Cour de justice, A_ a fait recours contre le susdit jugement, communiqué le 6 juin 2013, qu'il a indiqué avoir reçu le 7 juin 2013.
A_ a sollicité, à titre préalable, que lui soit accordé l'effet suspensif puis, sur le fond, que ledit jugement soit annulé.
Cela fait, le recourant a demandé préalablement, comme il l'avait déjà requis du premier juge, que soient ordonnés l'apport du dossier du SPMi concernant son fils, l'apport du dossier pénal consécutif à la plainte déposée par celui-ci et des mesures probatoires telles que la comparution personnelle et l'audition de témoins.
A titre principal, A_ a invité la Cour à constater que les conditions d'exigibilité de la créance n'étaient pas réunies dans le cas d'espèce et à dire que son opposition au commandement de payer, poursuite no 1_ était fondée.
Il a enfin demandé que l'intimé soit condamné en tous les frais de la cause.
b.
L'effet suspensif sollicité a été accordé par décision du 28 juin 2013.
c.
Par acte expédié le 15 juillet 2013 à l'attention de la Cour de justice, B_ a répondu au recours, concluant à son rejet, à la confirmation du jugement dont était recours et à la condamnation du recourant aux frais.
d.
Les parties ont été avisées de la mise en délibération de la cause par courriers du greffe du 16 juillet 2013.

## Considerations

EN DROIT
1.
Les décisions rendues en matière de mainlevée d'opposition sont soumises à la procédure sommaire (art. 251 let. a CPC) et peuvent faire l'objet de recours (art. 319 let. a et 309 al. 1 let. b ch. 3 CPC) dans un délai de 10 jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2 CPC).
En l'occurrence, la décision entreprise, qui statuait par voie de procédure sommaire sur une requête de mainlevée définitive était sujette à recours. Ce dernier a, en outre, été déposé dans le délai de 10 jours suivant la notification de ladite décision intervenue le 7 juin 2013. Il est à cet égard recevable.
2.