# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2b748ceb-d3cd-4de7-9517-f002f9b648ab
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
La fiche 1242-014 du Plan directeur des carrières (PDCar), dans sa dernière version de 2014 (adopté par le Grand Conseil le 16 juin 2015), recense un gisement de graviers sableux au lieu-dit "********", sur les communes de Ballens, Bière, St-Livres et Yens. Le volume de gravier est estimé à 18'500'000 m
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. Ce site se trouve essentiellement en zone forestière et agricole. Il est également colloqué en secteur A
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de protection des eaux. Ce gisement est retenu en priorité 1 selon le Programme de gestion des carrières (PGcar) élaboré en 2016 par le Département territorial de l'environnement (DTE) en application de l'art. 7 al. 1 du règlement du 26 mai 2004 d'application de la loi du 24 mai 1988 sur les carrières (RLCar; BLV 931.15.1).
B.
A une date indéterminée, B._ (composée des sociétés C._, D._ et E._), ainsi que la société anonyme A._ (par la société F._), ont manifesté leur intérêt à exploiter ce gisement. Le 10 juillet 2017, la Direction générale de l'environnement (DGE) a pris acte de cet intérêt et a informé les sociétés précitées que deux projets d'extraction simultanés sur le même gisement n'étaient pas utiles pour l'approvisionnement en matière première du Canton de Vaud et pas acceptables du point de vue des nuisances et de la protection de l'environnement. Se référant à l'art. 11 de la loi du 24 mai 1988 sur les carrières (LCar, BLV 931-15), à l'art. 7 RLCar et au chiffre 4.4 du Programme de gestion des carrières de 2016 (PGCar), elle informait les parties que le Département du territoire et de l'environnement (DTE) entendait procéder à une analyse des deux projets, en étudiant, pour la région concernée, l'adéquation entre les ressources autorisées, celles projetées, les besoins et les nuisances engendrées, notamment par le trafic. Cette analyse prendrait principalement en compte les critères suivants: protection de l'air et du climat, protection contre le bruit et les vibrations, protection des personnes (raccordement au rail, optimisation des transports et réduction des nuisances engendrées par le trafic des véhicules en provenance et à destination de la gravière; utilisation mesurée du sol; protection des eaux superficielles et souterraines, protection de la forêt, de la nature et du paysage naturel et bâti; protection du patrimoine bâti, des monuments et archéologie; préservation des terres agricoles).
Afin de pouvoir procéder à une telle analyse, la DGE a imparti un délai au 30 septembre 2017 aux sociétés précitées pour lui faire parvenir un projet d'exploitation comprenant les pièces suivantes: (1) plan d'extraction; (2) demande de permis d'exploiter, comprenant un plan et un mémoire technique; (3) dossier de défrichement comprenant un plan de défrichement, un plan de reboisement, un rapport de défrichement et un formulaire de défrichement; (4) rapport d'impact sur l'environnement (RIE), en précisant que les chapitres permettant l'évaluation des critères précités seront traités dans leur intégralité et que le chapitre relevant des procédures détaillera toutes les procédures nécessaires pour aboutir à l'octroi du permis d'exploiter, ainsi que leur coordination dans le temps. Un schéma explicatif est requis; (5) rapport exposant la propriété des surfaces concernées et la maîtrise qu'en a l'entreprise requérante, accompagné des justificatifs correspondants; (6) rapport exposant l'intérêt du projet vis-à-vis de l'approvisionnement en matière première du Canton (relation entre lieux de production et de consommation, nuisances induites, etc.); (7 et ss) autres rapports, plans nécessaires pour les procédures coordonnées et/ou nécessaires à la compréhension de chaque projet (par ex. projet routier selon la loi sur les routes, etc.).
C.
Dans une lettre commune du 12 septembre 2017 adressée à la DGE, les sociétés F._ et G._, H._ (I._, C._ et J._) et B._ (C._, D._ et E._) ont mis en doute l'opportunité de procéder à un tel arbitrage, mais proposaient que chaque société dépose un dossier complet pour examen préalable par les autorités cantonales, selon la procédure habituelle. La DGE a répondu en substance, le 29 septembre 2017, que la suggestion de différer l'arbitrage après l'examen préalable de plusieurs projets n'était pas opportune dès lors que la démonstration du besoin de l'ensemble des projets n'apparaissait pas pouvoir être faite. Elle estimait que l'art. 7 al. 3 RLCar, ainsi que le chiffre 4.4 du PGCar, permettent de différer les demandes de permis d'exploiter et non les permis d'exploiter. Elle indiquait être disposée à renoncer à un arbitrage si un seul projet d'extraction rationnel par région était déposé.
D.
La société B._ a déposé un dossier en vue de l'arbitrage entre les deux projets de gravière, le 26 octobre 2017. Il résulte du dossier produit que ce projet porte sur une partie du gisement du ********, sis sur quatorze parcelles, en particulier sur la parcelle n° 476 de la Commune de Ballens et propriété de cette dernière.
Le 30 octobre 2017, la société F._, sous entête du groupe G._, a déposé un dossier en vue de l'arbitrage entre les deux projets précités. Ce projet porte sur une autre partie du gisement du ********, sis sur les parcelles n
os
524 et 544 de la commune de Ballens. Ces parcelles sont propriété de la société A._ depuis le 18 juin 2018. A teneur du registre foncier, ces parcelles sont grevées d’une servitude d’usage pour l’exploitation d’une gravière (ID.002-2003/000180), en faveur de la société C._. La parcelle n° 524 est aussi grevée d'une restriction du droit d'aliéner (ID.010-2015/001176) en faveur de K._, de D._ et de E._. La servitude d'exploitation de gravière prévoit en particulier ce qui suit:
"Cette servitude s'exerce sur toute la surface des parcelles grevées. L'assiette exacte sera déterminée lors de la délivrance du permis d'exploiter.
Cette servitude confère à la société bénéficiaire le droit exclusif d'exploitation des gisements de sable et gravier des parcelles 524 et 544 de Ballens, aux conditions fixées entre parties par la convention du 15 décembre 1989.
[...]"
Le projet de B._ n’inclut pas les parcelles n
os
524 et 544.
B._ a été entendue par la DGE le 6 juin 2018 et la société A._, le 13 juin 2018. Ces sociétés ont complété leur dossier à l'issue de ces auditions.
E.
Par décision du 3 octobre 2018, notifiée le 4 octobre 2018, le DTE (actuellement DES) a procédé à une comparaison des projets présentés. Dans ce contexte, il a notamment relevé que l'accès aux bien-fonds concernés et à la ressource à exploiter étaient démontrés pour le projet B._. En revanche, s'agissant du projet A._, il ressort du registre foncier que si cette société est bien propriétaire des parcelles n
os
524 et 544 de la Commune de Ballens, celles-ci sont grevées d'une servitude conférant à C._ le droit exclusif d'exploitation des gisements de sable et gravier s'y trouvant. La décision précitée indique encore que cette servitude ferait actuellement l'objet d'une procédure civile pendante dont l'issue est incertaine. Selon les indications fournies par la Chambre patrimoniale cantonale, le délai jusqu'à droit connu sur ce litige pourrait se chiffrer en années. Un tel délai s'avère incompatible avec la nécessité d'assurer au plus vite la continuité de l'approvisionnement conformément au programme de gestion des carrières. A l'issue d'une pesée des intérêts tenant compte des autres critères indiqués, le DTE a rendu le dispositif suivant:
"5. Décisions

## Considerations