# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4b7016d7-1c2d-44f2-b289-1d850d6280cd
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
Née le 3 avril 1951, X._ était assistée depuis le 1
er
septembre 2014 par l'Office régional de placement de Lausanne (ci-après: l'ORP) dans ses démarches pour retrouver un emploi. A cet égard, elle a suivi une séance d'information centralisée le 12 septembre 2014, durant laquelle ses obligations en matière de recherches d'emploi ont été rappelées. Elle a ensuite eu un premier entretien avec son conseiller en placement le 19 septembre 2014, en présence de son mari qui notamment lui servait d'interprète.
B.
Par décision du 11 novembre 2014 entrée en force faute de recours, l'ORP a prononcé à l'égard d'X._ une réduction de son forfait mensuel d'entretien de 15% pour une période de trois mois, au motif que l'intéressée n'avait pas remis les preuves de ses recherches d'emploi du mois de septembre 2014 dans le délai légal.
C.
X._ a transmis le 24 novembre 2014 les preuves de ses recherches d'emploi pour le mois d'octobre 2014.
D.
Par décision du 9 décembre 2014, l'ORP a prononcé à l'égard d'X._ une réduction de son forfait mensuel d'entretien de 25% pour une période de quatre mois, au motif que l'intéressée n'avait pas remis les preuves de ses recherches d'emploi du mois d'octobre 2014 dans le délai légal.
Le 9 janvier 2015, X._ a recouru contre cette décision auprès du Service de l'emploi (SDE), en concluant implicitement à son annulation. A l'appui de son recours, elle a fait valoir qu'elle était de retour des Philippines depuis le 1
er
septembre 2014 et qu'elle n'avait pas reçu d'information quant au formulaire de recherches d'emploi. Elle ne comprenait pas, ni ne parlait le français. Son conseiller ORP l'aurait par ailleurs informée au premier entretien qu'elle était libérée des recherches d'emploi six mois avant son droit à l'AVS, savoir dès le 1
er
novembre 2014.
Par décision du 6 mars 2015, le SDE a rejeté le recours et confirmé la décision attaquée.
E.
Le 9 avril 2015, X._ a recouru contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), en concluant en substance à son annulation. Elle fait valoir que n'ayant avec son mari pas droit au chômage, elle ne perçoit que le RI à hauteur de 1'765 fr. par mois. La sanction prononcée ne lui permettra plus de disposer du minimum vital durant quatre mois.
Le SDE a conclu au rejet du recours. L'ORP et le Centre social régional de l'Est lausannois-Oron-Lavaux ont renoncé à procéder.
La cour a statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD.
2.
a) L'art. 13 de la loi vaudoise du 5 juillet 2005 sur l'emploi (LEmp; RSV 822.11) prévoit que les ORP sont à la disposition des personnes qui recherchent un emploi et des entreprises qui souhaitent engager des collaborateurs (al. 1). Les ORP exercent notamment les compétences suivantes conformément à la LACI: conseiller et placer les chômeurs (al. 2 let. a), exécuter les prescriptions de contrôle édictées par le Conseil fédéral (al. 2 let. e) et suspendre l'exercice du droit à l'indemnité dans les cas prévus à l'art. 30 al. 2 et 4 LACI (al. 2 let. f). Selon l'art. 13 al. 3 let. b LEmp, les ORP assurent également la prise en charge des demandeurs d'emploi au bénéfice du RI et, dans ce cadre, rendent les décisions sanctionnant les bénéficiaires qui ne respectent pas leurs devoirs. L’art. 23a LEmp dispose que les demandeurs d'emploi au bénéfice du RI doivent, avec l'assistance de leur ORP, tout mettre en œuvre pour favoriser leur retour à l'emploi. En leur qualité de demandeurs d'emploi, ils sont soumis aux mêmes devoirs que les demandeurs d'emploi pris en charge par la LACI (al. 1). En particulier, il leur incombe d'effectuer des recherches d'emploi et d'en apporter la preuve (al. 2). Selon l'art. 26 al. 2 de l'ordonnance du 31 août 1983 sur l'assurance-chômage (OACI; RS 837.02), le demandeur d'emploi doit remettre la preuve de ses recherches d'emploi pour chaque période de contrôle au plus tard le cinq du mois suivant ou le premier jour ouvrable qui suit cette date; à l'expiration de ce délai, et en l'absence d'excuse valable, les recherches d'emploi ne sont plus prises en considération.
b) En l'espèce, la recourante ne conteste pas avoir remis tardivement – le 24 novembre 2014 – ses preuves de recherches d'emploi pour le mois d'octobre 2014. Dans le cadre de son recours devant l'autorité de céans, elle ne cherche plus à trouver des excuses à son omission, qui justifieraient qu'elle ne soit pas sanctionnée. A juste titre d'ailleurs, dès lors que, comme l'a fort à propos rappelé l'autorité intimée dans le cadre de la décision entreprise, la recourante avait suivi le 12 septembre 2014 une séance d'information centralisée durant laquelle ses obligations en matière de recherches d'emploi lui avaient été rappelées. Par ailleurs, elle avait eu tout loisir de poser les questions qui lui paraissaient utiles au sujet de ses obligations lors de l'entretien du 19 septembre 2014 avec son conseiller ORP. Enfin, le formulaire de preuve des recherches d'emploi effectuées contenait une rubrique qui rappelait expressément l'obligation de respecter le délai échéant le cinq du mois. En réalité, la recourante se plaint de ce que la sanction prononcée porterait atteinte à son minimum vital du RI durant quatre mois.
3.
a) L’art. 23b LEmp prévoit expressément que le non-respect par les bénéficiaires de leurs devoirs dans le cadre de leur prise en charge par l'ORP est sanctionné par une réduction des prestations financières au sens de la loi du 2 décembre 2003 sur l'action sociale vaudoise (LASV; RSV 850.051).
L’art. 12b al 1 du règlement d'application du 7 décembre 2005 de la LEmp (RLEmp; RSV 822.11.1) dispose que les prestations financières du RI sont réduites sans procédure d'avertissement préalable notamment en cas d'absence ou insuffisance de recherches de travail. Selon l'alinéa 3 du même article, le montant et la durée de la réduction, fixés en fonction du type, de la gravité et de la répétition du manquement, sont de 15% ou de 25% du forfait, pour une durée de 2 à 12 mois. La réduction du forfait ne touche pas la part affectée aux enfants à charge.
Le noyau intangible, qualifié de minimum vital absolu, peut être déterminé à hauteur de 75% du forfait pour l'entretien (voir notamment arrêts PS.2014.0073 du 20 août 2014; PS.2011.0027 du 3 octobre 2011; PS.2009.0052 du 15 février 2010).
b) En l'espèce, la recourante a été sanctionnée une première fois le 9 novembre 2014 pour avoir omis d'apporter dans le délai les preuves de ses recherches d'emploi pour le mois de septembre 2014. La réduction de son forfait mensuel d'entretien RI a alors été fixée à 15% pour une période de trois mois. On peut se demander pour quels motifs l'autorité intimée s'est écartée du minimum légal s'agissant d'une première inobservation de ses obligations par la recourante. Cela étant, cette dernière n'a pas contesté cette décision. Dans la présente cause, la sanction contestée porte sur le non respect du délai de production des preuves de recherches d'emploi pour le mois d'octobre 2014. S'agissant d'une nouvelle inobservation de ses obligations par la recourante, l'autorité intimée était parfaitement légitimée à infliger une sanction dont la quotité et la durée étaient supérieures à la première. En prononçant une réduction du forfait RI de la recourante de 25% durant quatre mois, l'autorité intimée n'est pas sortie du cadre légal et n'a pas fait un mauvais usage de son pouvoir d'appréciation.
Cette réduction de 25% permet de maintenir chez la recourante le 75% de son forfait d'entretien, qui peut être qualifié de minimum vital absolu, comme rappelé sous lettre a) ci-dessus. Le moyen de la recourante selon lequel la réduction contestée porterait atteinte à son minimum vital doit ainsi être écarté.
4.
Il résulte de ce qui précède que mal fondé, le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. Le présent arrêt sera rendu sans frais (art. 4 al. 3 du Tarif du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière administrative [TFJDA; RSV 173.36.5.1]). Il n'est pas alloué de dépens (art. 55 al. 1
a
contrario
et 56 al. 3 LPA-VD).