# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f914fc96-94ae-50dd-9104-ce1202b0ba8f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 13 décembre 2017, le Ministère public a condamné A._ à une amende de CHF 300.- et à la prise en charge des frais judiciaires par CHF 145.- pour acte illicite portant sur des dispositifs d’avertissement de contrôles de trafic. Il a été retenu qu’il avait tenté d’importer des Pays-Bas par voie postale un détecteur de radar, le colis étant intercepté à la douane. Cet appareil a été séquestré et sa destruction ordonnée.
Le 23 décembre 2017, A._ a formé opposition à l’ordonnance pénale. Il soutient s’être trompé sur la nature du produit qu’il avait commandé, précisant ne pas avoir de voiture. Le Juge de police de la Gruyère (ci-après: le Juge de police) l’a cité à son audience du 15 mai 2018 à 10 heures. A._ ne s’est pas présenté. Par décision du même jour, le Juge de police a dès lors pris acte que l’opposition était considérée comme retirée. Il n’a pas perçu de frais de justice.
B. A._ recourt le 7 juin 2018.
Tant le Juge de police que le Ministère public ont renoncé à se déterminer sur ce recours.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Le recours est recevable contre les décisions et les actes de procédure de la police, du ministère public et des autorités pénales compétentes en matière de contravention (art. 393 al. 1 let. a du Code de procédure pénale [CPP]). L’acte doit être adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours, soit la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 396 al. 1 CPP et 85 al. 1 LJ). Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). En l’espèce, l'ordonnance querellée a été notifiée au recourant le 28 mai 2018, si bien que le recours, remis à un bureau de poste le 7 juin 2018, a été déposé dans le délai légal de dix jours (art. 322 al. 2 CPP). La décision querellée touche directement A._ qui a un intérêt à ce qu’elle soit annulée ou modifiée.
1.2. La Chambre jouit d'une pleine cognition, en fait, en droit et en opportunité (art. 393 al. 2 CPP). Elle statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).
2.
2.1. Lorsqu’un prévenu forme opposition à une ordonnance pénale mais ne comparait pas à l’audience sans être excusé et sans se faire représenter, l’art. 356 al. 4 CPP prescrit que son opposition est réputée retirée.
En l’espèce, il n’est pas contesté que A._ ne s’est pas présenté à l’audience du 15 mai 2018, ni personne en son nom. Il n’est pas non plus litigieux qu’il n’avait pas requis le renvoi de l’audience, ni annoncé son absence en raison d’un motif excusable. Enfin, dans la citation envoyée par le Juge de police au recourant figurait en gras, sur la seconde page, la mention suivante: « si l’opposant fait défaut aux débats sans s’être excusé et sans se faire représenter, son opposition est réputée retirée (art. 356 al. 4 CPP) ». Dans ces conditions, le Juge de police a fait
Tribunal cantonal TC Page 3 de 4
usage à bon escient de la présomption irréfragable de l’art. 356 al. 4 CPP (PC CPP, 2ème édition, 2016, art. 356 n. 15) et le recourant n’adresse aucune critique circonstanciée et partant recevable sur ce point.
2.2.
2.2.1. Même s’il ne le formule pas expressément – le fait qu’il ne soit pas assisté d’un avocat justifie de se montrer peu strict s’agissant de l’exigence de motivation – le recourant semble plutôt requérir la fixation d’une nouvelle audience, la jurisprudence acceptant l’application par analogie de l’art. 94 CPP en cas d’absence d’un opposant aux débats (arrêt TF 6B_289/2013 du 6 mai 2014 consid. 11.3). Il prétend en effet que des ennuis de santé (mal aux dents) l’ont empêché de se présenter.