# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2b14483e-fabe-5943-bbfe-6e9f77a74e58
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, le jugement
JTPI/13021/2015
du 9 novembre 2015, notifié le
12 novembre 2015 à A_, aux termes duquel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a, notamment, attribué à B_ la garde sur les enfants C_ et D_ (ch. 2), réservé à A_ un large droit de visite (ch. 3), condamné celui-ci à verser, par mois, à son épouse les sommes de 500 fr. à titre de contribution à l'entretien de chaque enfant et de 2'800 fr. pour celui de l'épouse (ch. 4 et 5) et a statué sur les frais judiciaires (ch. 9);
Vu l'appel déposé le 23 novembre 2015 par A_ au greffe de la Cour de justice, qui conclut, les chiffres précités du dispositif étant mis à néant, à la garde partagée, à ce qu'il soit dit que les époux se partagent les vacances scolaires par moitié, qu'ils auront la garde des enfants un Noël sur deux et pour les fêtes de Pâques une année sur deux, qu'il soit donné acte à l'appelant de ce qu'il s'acquittera de l'intégralité des frais relatifs aux enfants jusqu'à ce que son épouse ait trouvé du travail et qu'il soit dit qu'il ne doit aucune contribution à l'entretien de celle-ci;
Que l'appelant requiert, à titre préalable, l'effet suspensif, exposant que le paiement des contributions d'entretien mises à sa charge porte atteinte à son minimum vital;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimée s'y oppose, relevant en particulier que l'appelant dispose des moyens financiers lui permettant de s'acquitter des montants dus;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que compte tenu de la présence d'enfants mineurs, les maximes d'office et d'instruction sont applicables (art. 296 CPC);
Que la Présidente de la Chambre civile a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, l'appelant soutient que son salaire mensuel se monte à 7'738 fr.;
Qu'au vu du certificat de salaire 2014, il apparaît que l'appelant a réalisé un revenu mensuel moyen de 7'738 fr. ([95'264 fr. – 2'400 fr. (prime enfants)] : 12);
Qu'il sera retenu,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, que l'appelant ne percevra plus la prime enfants de 2'400 fr. au total par année, dès lors qu'il n'en a pas la garde;
Que le Tribunal a retenu pour l'appelant des charges incompressibles de 4'140 fr., comportant le loyer de 1'660 fr., la prime d'assurance maladie de 384 fr. 05, les frais de véhicule de 283 fr. 70, les impôts de 412 fr. 50, les frais de repas extérieurs de 200 fr. et le montant de base OP de 1'200 fr.;
Qu'au vu de ce qui précède, le paiement des contributions d'entretien arrêtées par le Tribunal expose l'appelant à subir une atteinte à son minimum vital à hauteur de 200 fr. par mois (7'738 fr. – 4'140 fr. - 2 x 500 fr. – 2'800 fr.);
Que, partant, il convient d'accueillir partiellement sa requête de suspension de l'effet exécutoire du jugement querellé en tant que la contribution d'entretien en faveur de l'intimée dépasse la somme de 2'600 fr. par mois;
Qu'il n'y a pas lieu de prononcer la suspension de l'effet exécutoire sur les autres points contestés, dès lors que celle-ci n'est, d'une part, pas sollicitée;
Que, d'autre part, il y a lieu, pendant la procédure d'appel, d'éviter aux enfants des changements successifs à court terme, de sorte que la requête d'effet suspensif est refusée en ce qui concerne la garde et les modalités du droit de visite;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1) et de l'art. 98 LTF (ATF
137 III 475
consid. 2).
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