# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 92a5d4fd-ccdf-581c-8a22-b98d16a92338
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. Le 4 août 2015, A._ SA (ci-après: la demanderesse) a ouvert action devant le Président du tribunal civil de la Broye (ci-après: le Président du tribunal) par requête de citation aux fins de conciliation contre B._ (ci-après: le défendeur), concluant au paiement par ce dernier d’une somme de CHF 15'824.93 avec intérêt à 5.5 % l’an dès le 25 novembre 2014, l’opposition formée au commandement de payer n° ccc OP Broye étant définitivement levée pour ce montant ainsi que pour des sommes accessoires. Elle fondait sa prétention sur un contrat de leasing conclu entre les parties le 8 mars 2014 portant sur un véhicule BMW D._, prévoyant notamment que le défendeur pouvait parcourir 15'000 km par an, chaque kilomètre supplémentaire lui étant facturé CHF 0.37. A la suite de retards dans le paiement des mensualités du leasing, le contrat a été résilié avec effet immédiat le 9 octobre 2014 et le véhicule restitué le 29 du même mois. Il affichait alors 92'818 kilomètres au compteur, contre 72'000 lors de la livraison, de sorte que, pour les huit mois d’utilisation, l’appelante lui a réclamé CHF 4'002.66 pour les 10'818 km parcourus en sus des 10'000 km que lui octroyait le contrat pour une période équivalente. Ensuite, elle lui a demandé de s’acquitter des quatre mensualités de retard, par CHF 3'261.20 (la mensualité étant de CHF 815.30). Enfin, elle a allégué que son dommage comprenait également une somme de CHF 8'561.07 prévue à titre d’indemnité pour dépréciation du véhicule à l’annexe 1 du contrat lorsque celui-ci est résilié avant terme après huit mois.
La conciliation a été en vain tentée le 16 octobre 2015 et l’autorisation de procéder alors délivrée.
La demanderesse a suivi en cause le 5 novembre 2015, concluant, en sus des montants déjà réclamés le 4 août 2015, au paiement de dépens pour la procédure de conciliation.
Le défendeur a répondu le 21 mars 2016. Son mémoire a été régularisé le 30 septembre 2016. Il a conclu au rejet de la demande et, reconventionnellement, au paiement par A._ SA d’une somme de CHF 6'461.20 avec intérêt à 5 % l’an dès le 30 septembre 2016 représentant les mensualités déjà versées. Il a allégué n’avoir rien compris au contrat établi en allemand qu’il avait signé le 8 mars 2014 et que la demanderesse avait gravement enfreint ses obligations lors de la conclusion de cet acte.
A._ SA a répondu le 27 février 2017 à la demande reconventionnelle, concluant à son rejet. Elle a contesté en particulier que le défendeur eut signé un contrat sans en comprendre son contenu et ses conséquences, étant précisé qu’il avait déjà acquis en 2013 un véhicule en leasing auprès du même vendeur.
Le défendeur a déposé une détermination le 18 août 2017.
Les parties ont comparu le 21 août 2017 et ont été entendues.
Le 22 février 2018, le Président du tribunal a rejeté la requête du défendeur tendant à la mise en œuvre d’une expertise sur la valeur résiduelle du véhicule objet du contrat.
Une seconde audience s’est tenue le 3 mai 2018. Le vendeur de la voiture BMW D._ ainsi que l’épouse du défendeur ont été entendus comme témoins. La procédure probatoire a été close et les avocats ont plaidé.
B. Par décision du 15 mai 2018, le Président du tribunal a condamné B._ au paiement d’une somme de CHF 7'263.85 avec intérêt à 5 % l’an dès le 25 novembre 2014 sur la somme de CHF 3'261.20 et dès le 21 janvier 2015 sur celle de CHF 4'002.65. Il a levé pour ces montants
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l’opposition formée au commandement de payer. Il a enfin jugé que chaque partie supporterait ses propres dépens, sous réserve de l’assistance judiciaire accordée au défendeur, ainsi que la moitié des frais de justice.
En substance, il a retenu que le contrat était a priori valable car rien ne permettait de retenir que le défendeur aurait signé un acte dont il n’avait pas compris le contenu. Il a également considéré que B._ n’avait pas prouvé que le contrat en question contrevenait à des dispositions impératives de la loi du 23 mars 2001 sur le crédit à la consommation (LCC), en particulier que la demanderesse n’aurait pas respecté son obligation d’examiner la situation financière du défendeur. Il a ensuite jugé que A._ SA pouvait résilier le contrat, le montant en suspens étant supérieur à trois mensualités, et qu’elle pouvait ainsi exiger le paiement des quatre loyers impayés (CHF 3'261.20) et des kilomètres parcourus en trop (CHF 4'002.65). En revanche, le premier Juge a refusé d’allouer à la demanderesse une indemnité calculée selon l’annexe 1 du contrat car, à son avis, le tableau prévu à l’art. 11 al. 2 let. g LCC ne s’applique pas lorsque c’est le donneur de leasing qui résilie le contrat en raison de la demeure du preneur, le contrat ne pouvant déroger aux dispositions de la LCC au détriment du consommateur. Par ailleurs, la preuve d’un dommage supplémentaire du fait de la résiliation anticipée, par exemple la perte de valeur du véhicule, n’a pas été apportée par la demanderesse.
C. A._ SA a déposé le 30 août 2018 un appel contre cette décision, concluant à ce que sa créance soit arrêtée à CHF 15'824.93, soit le montant retenu par le premier Juge auquel s’ajoute l’indemnité de CHF 8'561.07 prévue à l’annexe 1 du contrat. Elle a conclu en outre à ce que l’intérêt moratoire soit arrêté à 5.5 %, et à ce que le défendeur soit condamné au paiement des dépens d’appel et de première instance.
B._ étant sans domicile connu, un délai de trente jours lui a été fixé par publication dans la Feuille Officielle du canton de Fribourg du 2 novembre 2018 pour répondre à l’appel. Il ne s’est pas manifesté.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Dans les causes patrimoniales, l’appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de CHF 10'000.- au moins (art. 308 al. 2 CPC). Lorsque, comme en l’espèce, les conclusions principales et reconventionnelles s’opposent, la valeur litigieuse se détermine d’après la prétention la plus élevée (art. 94 al. 1 CPC). En l’occurrence, la valeur litigieuse est ainsi de CHF 15'824.93 et ouvre la porte à l’appel.
Au stade de l’appel, elle est de CHF 8'561.05 et est ainsi inférieure à CHF 30'000.- (art. 74 LTF).