# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 75cb1b18-3ecb-577f-95d7-f1cbd66370c4
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Rental and Lease

## Facts

EN FAIT
, que par ordonnance
OTBL/87/2020
rendue le 21 septembre 2020, le Tribunal a ordonné la reprise de la procédure, considérant que le motif de suspension n'existait plus;
Que cette ordonnance a été reçue par la MASSE EN FAILLITE DE LA SUCCESSION DE A_ le 1
er
octobre 2020;
Que par acte du 12 octobre 2020, la précitée a formé recours contre cette ordonnance;
Qu'elle a également formé, le même jour, un recours contre un jugement
JTBL/626/2020
non motivé rendu le 21 septembre 2020 par le Tribunal;
Que ce recours a été déclaré irrecevable par arrêt
ACJC/1734/2020
du 2 décembre 2020, ledit recours étant prématuré, une demande de motivation du jugement ayant été déposée;
Que dans son acte, la MASSE EN FAILLITE DE LA SUCCESSION DE A_ a conclu à l'annulation de l'ordonnance et du jugement rendus le 21 septembre 2020;
Qu'elle n'a toutefois pas motivé son recours en tant qu'il porte sur l'ordonnance de reprise de la procédure;
Qu'elle a en revanche explicité les motifs pour lesquels elle requerrait l'annulation du jugement;
Que dans sa réponse au recours formé contre l'ordonnance susmentionnée, C_ a appuyé les conclusions de la MASSE EN FAILLITE DE LA SUCCESSION DE A_; que ces conclusions ont toutefois trait au jugement
JTBL/626/2020
et non à l'ordonnance présentement entreprise;
Que les parties ont été avisées par plis du greffe du 1
er
décembre 2020 de ce que la cause était gardée à juger;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, qu'il convient en premier lieu de qualifier la décision de reprise de la procédure;
Que le recours est recevable contre les "autres décisions" et ordonnances d'instruction de première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ainsi que lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC);
Que les décisions de suspension, au sens de l'art. 126 al. 1 CPC, entrent dans la catégorie des ordonnances d'instruction (Jeandin, in Commentaire romand, Code de procédure civile, 2
ème
éd. 2019, n. 18 let. g ad art. 319 CPC; Tappy, Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile, in JdT 2010 III p. 115 ss, n. 1.2.4 p. 123);
Que l'art. 126 CPC concerne également les hypothèses dans lesquelles la loi prévoit d'office et de plein droit la suspension de la procédure, comme par exemple la suspension des procès civils en cas de faillite, au sens de l'art. 207 LP (Haldy, in Commentaire romand, Code de procédure civile, 2
ème
éd. 2019 n. 2 ad art. 126 CPC; Bornatico, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, Spühler et al. [éd.], 2
ème
éd. 2013, n. 6 ad art. 126 CPC);
Que la loi prévoit que l'ordonnance de suspension peut faire l'objet d'un recours (art. 126 al. 2 CPC);
Que seul le prononcé d'une suspension tombe dans le champ de l'art. 319 let. b ch. 1 CPC; qu'un refus de suspension ne peut faire l'objet d'un recours que dans la mesure où il est susceptible de causer un préjudice difficilement réparable, en application de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC (Jeandin, op. cit., n. 18 let. g ad art. 319 CPC; Frei, in Berner Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, Hausheer/Walter [éd.], 2012, n. 22 ad art. 126 CPC; Staehelin, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, Sutter-Somm et al. [éd.], 2
ème
éd. 2013, n. 8 ad art. 126 CPC);
Que la loi ne prévoit pas davantage de disposition concernant la reprise de l'instance après suspension, laquelle doit également faire l'objet d'une décision d'instruction (cf. Bornatico, op. cit., n. 14 ad art. 126 CPC; Frei, op. cit., n. 19 ad art. 126 CPC); que la décision de reprise d'instance ne peut ainsi faire l'objet d'un recours que dans la mesure où elle est susceptible de causer un préjudice difficilement réparable (Colombini, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise relative à l'appel et au recours en matière civile, in JdT 2013 III p. 157, avec réf. à l'arrêt de la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal vaudois n. 172 du 23 septembre 2011;
ACJC/221/2017
du 27 février 2017;
ACJC/879/2014
du 16 juillet 2014);
Que la notion de "préjudice difficilement réparable" au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC est plus large que celle de "préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (cf. ATF
137 III 380
consid. 2, in SJ
2012 I 73
;
138 III 378
consid. 6.3); qu'est considérée comme "préjudice difficilement réparable", toute incidence dommageable (y compris financière ou temporelle), pourvu qu'elle soit difficilement réparable; qu'il y a toutefois lieu de se montrer exigeant, voire restrictif, avant d'admettre la réalisation de cette condition, sous peine d'ouvrir le recours à toute décision ou ordonnance d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu (Jeandin, op. cit., n. 22 ad art. 319 CPC; Hohl, Procédure civile, Tome II, 2010, n. 2485; Blickenstorfer, Kommentar Schweizerische Zivilprozessordnung, Brunner et al. [éd.], 2011, n. 39 ad art. 319 CPC);
Qu'il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision incidente lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse d'emblée aucun doute (par analogie ATF
134 III 426
consid. 1.2 et
133 III 629
consid. 2.3.1; Haldy, op. cit., n. 9 ad art. 126 CPC);
Que si cette condition n'est pas remplie, la partie doit attaquer l'ordonnance avec la décision finale sur le fond (Message du Conseil fédéral CPC, FF 2006 6841, ad art. 316 CPC p. 6984; Blickenstorfer, op. cit., n. 40 ad art. 319 CPC; Oberhammer, Kurzkommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung ZPO, 2
ème
éd. 2013, n. 13 ad art. 319 CPC; Brunner/Gasser/Schwander, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2011, n. 40 ad art. 319 CPC);
Qu'en l'espèce, la reprise de la procédure constitue une décision d'instruction; que le recours n'est ainsi ouvert que si cette ordonnance peut causer au recourant un préjudice difficilement réparable;
Que la recourante requiert la mise à néant de l'ordonnance entreprise, en tant qu'elle ordonne la reprise de la procédure; que toutefois, elle n'allègue pas, ni ne rend vraisemblable, subir un préjudice difficilement réparable du fait de la reprise de la procédure; que l'existence d'un tel préjudice ne fait, pour le surplus, pas d'emblée aucun doute;
Que,partant, son recours sera déclaré irrecevable;
Que comme rappelé ci-avant, la recourante, pour autant qu'elle s'y estime fondée, pourra s'opposer à la décision présentement querellée avec le jugement final;
Que la procédure est gratuite (art. 22 al. 1 LaCC; ATF
139 III 186
consid. 2.6).
* * * * *