# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 835b909c-62b3-5ea4-99d6-2a66eb6a546e
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, née en 1971, et B._, né en 1966, se sont mariés en 2005. Ils sont les parents de C._ née en 2010 et D._ née en 2013.
B. Par décision du 2 octobre 2018, le Tribunal civil de la Sarine (ci-après : le Tribunal) a, notamment, prononcé le divorce (ch. I) de ces époux, le maintien de l’autorité parentale conjointe (ch. II) ainsi que la garde conjointe de leurs enfants exercée une semaine chez chacun d’eux, le changement ayant lieu le vendredi après l’école (ch. III). Il a également instauré une curatelle de surveillance des relations personnelles (ch. IV) et une curatelle éducative (ch. V). B._ a été astreint au versement d’une contribution d’entretien, les allocations familiales en sus, en faveur des enfants d’un montant mensuel de CHF 385.- jusqu’à leurs dix ans révolus et dès cet âge de CHF 420.- jusqu’à la majorité et au-delà aux conditions de l’art. 277 al. 2 CC.
C. Le 16 novembre 2018, A._ a interjeté appel contre la décision précitée auprès de la Cour d’appel civil (ci-après : la Cour). Elle a pris les conclusions suivantes :
« 1. L’appel est admis.
2. Le ch. II du dispositif de la décision du Tribunal civil de la Sarine du 2 octobre 2018 est modifié pour prendre la teneur suivante :
‘ L’autorité parentale sur les enfants C._, née en 2010, et D._, née en 2013, est attribuée exclusivement à A._.’
3. Le ch. III du dispositif de la décision du Tribunal civil de la Sarine du 2 octobre 2018 est modifié pour prendre la teneur suivante :
‘ Les enfants C._ et D._ sont confiées à A._ pour leur garde et leur entretien.
Le droit de visite de B._ est réservé, il s’exercera d’entente entre les parties, à défaut comme suit :
- un week-end sur deux, du vendredi 18h00 au dimanche 18h00, A._ pouvant choisir unilatéralement de faire obstacle sans compensation à ce droit de visite une fois par an durant les vacances d’été pour passer deux semaines consécutives avec les enfants;
- une semaine durant les vacances de Noël, en alternance d’abord la première semaine chez l’un puis la deuxième chez l’autre, le 24 et le 25 décembre étant passés alternativement chez l’un puis chez l’autre, étant précisé que si une passation de garde doit intervenir entre le week-end précédant les vacances et la première semaine des vacances, celle-ci interviendra le lundi de la première semaine à 9h00;
- une semaine durant les vacances de Pâques, précisément la semaine suivant le  durant lequel B._ exercerait normalement le droit de visite, la passation de la garde en retour se faisant le vendredi à 18h00 suivant le vendredi lors duquel B._ a commencé à exercer le droit de visite;
- deux semaines durant les vacances d’été, B._ devant annoncer ses vacances avant la fin du mois de février de chaque année.
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Si le weekend lors duquel l’un des deux parents a la garde précède ou suit un jour férié tel que l’Ascension, la Pentecôte ou la Fête-Dieu, le weekend comprend le jour férié en question ainsi que l’éventuel vendredi faisant le pont.
D._ et C._ peuvent téléphoner à l’autre parent une fois par semaine lorsqu’elles se trouvent chez l’autre parent, pour autant qu’elles en fassent implicitement ou explicitement la demande.’.
4. Le ch. VI du dispositif de la décision du Tribunal civil de la Sarine du 2 octobre 2018 est modifié pour prendre la teneur suivante :
‘ B._ contribuera à l’entretien de D._ et C._ par le versement pour chacune d’elles, en mains de A._, des contributions mensuelles suivantes, les allocations familiales et patronales perçues par B._ étant payables en sus :
- CHF 670.00 jusqu’à 6 ans révolus;
- CHF 930.00 entre 6 et 10 ans révolus;
- CHF 760.00 entre 10 et 12 ans révolus;
- CHF 1'100.00 dès 12 ans et jusqu’à leur majorité ou au-delà aux conditions fixées par l’art. 277 al. 2 CC.
Ces contributions d’entretien permettent d’assurer l’entretien convenable de D._ et C._’.
5. Le ch. X du dispositif de la décision du Tribunal civil de la Sarine du 2 octobre 2018 est modifié pour prendre la teneur suivante :
‘ L’entretien convenable de C._ et D._ est fixé comme suit, pour chacune d’entre elles :
- CHF 971.25 jusqu’à 6 ans révolus;
- CHF 1'226.25 entre 6 et 10 ans révolus;
- CHF 1'056.25 entre 10 et 12 ans révolus;
- CHF 1'401.25 dès 12 ans et jusqu’à leur majorité ou au-delà aux conditions fixées par l’art. 277 al. 2 CC.
Les allocations familiales et patronales n’ont pas été portées en déduction des montants précités.’
6. Le dispositif de la décision du Tribunal civil de la Sarine du 2 octobre 2018 est confirmé pour le surplus.
7. Les frais judiciaires dus à l’Etat pour l’appel ainsi que les dépens sont mis à la charge de B._.
8. Une équitable indemnité de partie est octroyée à A._ pour la présente procédure d’appel. »
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Par requête de mesures provisionnelles du même jour, A._ a, en substance, requis que l’autorité parentale, la garde et l’entretien des enfants lui soient confiées jusqu’à droit connu sur l’issue de l’appel. Le 8 février 2019, l’intimé a conclu à son rejet.
Sa demande d’assistance judiciaire a été admise par décision présidentielle du 10 décembre 2018.
D. Le 8 février 2019, B._ a répondu à l’appel, concluant à son rejet dans la mesure de sa recevabilité et à ce que les frais de la procédure d’appel soient mis à la charge de l’appelante. Il a, également, demandé à être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure d’appel.
E. Le 15 mars 2019, l’appelante a complété la motivation et les allégués de son appel et de sa requête de mesures provisionnelles. Le 2 avril 2019, elle a produit une nouvelle pièce à l’appui de ses écrits.
Le 4 avril 2019, l’intimé s’est déterminé tant sur le complément que sur la pièce produite.
F. Le 31 mai 2019, la Justice de paix de la Sarine (ci-après : la Justice de paix) a confié à E._, intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : le SEJ), le mandat de curatelle éducative et de surveillance de relations personnelles.
G. Le 17 octobre 2019, le Juge délégué a rejeté les réquisitions de preuve formulées le 12 septembre 2019 par l’appelante.
H. A la demande du Juge délégué, les parties ont mis à jour leur situation tant financière que personnelle les 31 octobre, 14 novembre et 29 novembre 2019.
I. Le 24 avril 2020, le SEJ a transmis son rapport d’activité 2019 qui a été examiné par la Justice de paix le 14 mai 2020.
J. Le 2 juin 2020, le Juge délégué a rejeté les réquisitions de preuve formulées par l’appelante le 10 mars 2020 en retenant que le rapport d’activité précité informait suffisamment sur l’évolution de la situation familiale sans qu’il ne soit nécessaire d’ordonner des mesures d’instruction complémentaires.
K. Le 3 juin 2020, le SEJ a communiqué son avis s’agissant des modalités du droit de visite et la poursuite de celles-ci. Les parties ont pu se déterminer à ce sujet le 15 juin 2020.
L. Par arrêt du 16 juin 2020 (101 2018 357), le Juge délégué a très partiellement admis la requête de mesures provisionnelles du 16 novembre 2018. Il a décidé que jusqu’à l’issue de la procédure d’appel, les enfants des parties seront confiées à leur père du mercredi 12h00 au dimanche 19h00. Cette nouvelle modalité du droit de garde correspond à ce que les parties pratiquaient depuis mars 2020 en raison de la situation causée par la pandémie.
M. Le 17 septembre 2020, la curatrice s’est adressée à la Cour pour connaître la date à laquelle il sera statué sur la présente cause ainsi que l’issue de celle-ci. A l’appui de sa demande, elle a, notamment, exposé que la situation restait hautement problématique et que les parents étaient dans l’incapacité totale de s’entendre au sujet de leurs enfants et cela sur tous les points.
N. Le 23 septembre 2020, A._ a transmis les courriers de ses enfants du 22 septembre 2020 dans lesquels elles s’expriment par rapport à la garde et les cours de musique.
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O. A la demande du Juge délégué, le 28 septembre 2020, le SEJ a complété les informations transmises par la curatrice en concluant que le comportement des parents avait un impact sur les enfants qui souffraient du conflit parental. De l’avis du SEJ, il était urgent que les parents parviennent à mettre de côté leurs différends pour se centrer ensemble sur le bien-être de leurs filles.
Le 9 octobre 2020, A._ s’est déterminée, en produisant des pièces nouvelles, sur l’envoi précité du SEJ en concluant, qu’en l’état, l’exercice d’une garde partagée était tout simplement impossible, tout comme l’autorité parentale conjointe. Elle a relevé que les enfants avaient de grandes difficultés à pouvoir s’exprimer librement et naturellement avec leur père. Elle a estimé que, sur la base de ce que mentionnait le SEJ dans son courrier, la situation n’avait pas changé et s’était même péjorée depuis 3 ans. Elle s’est rangée à l’avis du SEJ, à savoir que la situation actuelle n’était pas favorable aux enfants.
Le même jour, B._ s’est également déterminé en expliquant se sentir, à ce jour, complètement épuisé et désemparé face à l’actuelle situation. Il a ajouté que le présent conflit durait depuis plus de six ans et pesait lourdement sur sa nouvelle vie. Il a ensuite estimé que, compte tenu des éléments qui ressortaient du rapport du SEJ, il fallait désormais placer le  et la santé de ses filles au premier plan. A son avis, la seule solution pour mettre fin à ce conflit était l’instauration en sa faveur d’un droit de visite usuel d’un week-end sur deux, du vendredi (fin de l’école) au lundi matin (début de l’école), ainsi que la moitié des vacances scolaires. Fondé sur ce qui précède, il s’est remis à justice concernant la garde et les modalités de son droit de visite. Par contre, il a demandé que ses filles suivent les cours de musique les mardis, à 16h30 pour D._ et à 17h00 pour C._, chez lui et que ce soit leur mère qui les y amène et vienne les chercher.
Le 12 novembre 2020, A._ a indiqué être d’accord avec les modalités du droit de visite demandées par l’intimé. Elle a relevé que les questions relatives au droit de visite et à la garde seraient ainsi réglées. Pour le reste, elle a maintenu ses conclusions.

## Considerations

en droit
1.