# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4c9b95f1-33cd-5662-b1e1-265aa2c8742d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2001
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Madame S_, née en 1961, a fait l'objet, le 25 novembre 1997, d'une ordonnance de non-lieu prononcée par la Chambre d'accusation de la République et canton de Genève, aux termes de laquelle son hospitalisation dans un établissement approprié était ordonnée, en application de l'article 43 chiffre 1 alinéa 1 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CPS - RS - 331.0). Cette décision reposait notamment sur l'expertise psychiatrique effectuée par la Dresse Gelez, médecin assistant au département de psychiatrie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), visée par le Professeur T. Harding, directeur de l'Institut universitaire de médecine légale (IUML) le 10 juillet 1997, posant le diagnostic d'une maladie mentale sous forme d'un trouble délirant induit.
2. Par décision du 3 mai 1999, le Conseil de surveillance psychiatrique (CSP) a autorisé la levée à l'essai de l'hospitalisation de Mme S_. Le CSP a retenu que la cause de la mesure (anomalie psychique) n'avait pas totalement disparu, mais que le danger s'était atténué de façon notable et que le traitement ambulatoire organisé proposé était de nature à prévenir la commission de nouvelles infractions. Mme S_ a été soumise à un régime médico-légal ambulatoire, placé sous la responsabilité du Dr Vucetic, chef de clinique adjoint à la Consultation, remplacé, dès le 25 octobre 1999, par le Dr Rey-Bellet, chef de clinique au département de psychiatrie HUG, Consultation des Eaux-Vives. Elle honore ponctuellement les entretiens à la Consultation.
Mme S_ vit actuellement avec son ami, Monsieur P_.
3. Le 16 avril 2000, Mme S_ a fait l'objet d'une admission non volontaire à l'hôpital de Belle-Idée. Dans sa séance plénière du 8 mai 2000, le CSP a décidé le maintien du statut actuel, sans intervenir dans le plan des soins.
4. Le 8 juin 2000, Mme S_ a donné naissance à un fils E_, issue des oeuvres de M. P_. L'accouchement a eu lieu à l'hôpital de Belle-Idée, unité des Lilas.
Mme S_ a quitté Belle-Idée le 27 juin 2000, mais suite à une recrudescence des éléments délirants, une nouvelle hospitalisation en entrée non volontaire est intervenue du 5 au 18 août 2000.
Quant au bébé, il est resté, dans un premier temps, en observation dans le service de pédiatrie, puis il a été placé au foyer Piccolo, avec un suivi très régulier de la protection de la jeunesse (PdJ). Selon un planning établi par la PdJ, le retour complet de l'enfant, au domicile de ses parents, devait être organisé dès le mois de janvier 2001, avec une prise en charge par l'intermédiaire du service des infirmières à domicile, de la consultation des nourrissons et de la pédiatrie.
5. Le 29 novembre 2000, le Dr Rey-Bellet a établi un rapport destiné au CSP. Depuis la sortie de la clinique de Belle-Idée du 18 août 2000, l'état clinique de Mme S_ restait stable, avec une relativement bonne compliance médicamenteuse et aux rendez-vous à la Consultation. Un encadrement très important avait été nécessaire eu égard à la situation de l'enfant E_. Mme S_ avait commencé, par l'intermédiaire d'une avocate de Psytchex, une demande de levée de l'article 43 CPS. Il avait rencontré cette dernière pour lui permettre de consulter le dossier médical. Cette demande, bien que faite de manière très posée, semblait représenter un acting out de la patiente, avec le désir de se libérer de toute contrainte, sans vraiment prendre en compte les difficultés actuelles qu'elle rencontrait. Pour cette raison et vu le risque toujours très présent de décompensation psychotique, une levée de l'article 43 CPS ne semblait pas du tout souhaitable.
6. Le 5 décembre 2000, l'avocate de Mme S_ a déposé auprès du CSP une demande de levée au sens de l'article 43 chiffre 4 CPS. Le traitement médical ordonné par le juge pénal, sur la base de l'article 43 CPS, devait être levé si son but - la prévention de nouvelles infractions - était atteint ou si la cause, l'anomalie psychique, avait disparu. Depuis trois ans et malgré les vives craintes exprimées par le milieu médical aucune infraction n'avait été relevée à l'encontre de Mme S_. La représentante de la PdJ qui avait rencontré, pour la première fois, Mme S_, à l'occasion de la naissance d'E_, avait constaté qu'elle avait un comportement adéquat. Il était nécessaire afin de préserver ce nouvel équilibre de lever l'entrave et la menace que constituait une mesure au titre de l'article 43 CPS.
En annexe, figurait un courrier de la PdJ du 18 octobre 2000 adressé au Tribunal tutélaire concernant l'évolution de la situation depuis la naissance d'E_ et préconisait le retour de l'enfant chez ses parents. Etait également jointe une lettre du 23 juin 2000 du Dr Baier Aujeski, chef de clinique de l'unité de développement, département de pédiatrie HUG, adressée au Tribunal tutélaire, attestant que Mme S_ et M. P_ se montraient adéquats par rapport à leur enfant. Cela étant, l'équipe soignante pluridisciplinaire de l'unité de développement avait encore besoin de plusieurs semaines pour pouvoir évaluer la situation qui manifestait des inquiétudes majeures en connaissance de la situation parentale représentant un risque important de maltraitance et de négligence envers l'enfant.
7. Le CSP a accusé réception de la demande précitée par courrier du 12 octobre 2000 (sic!) (recte 12 décembre 2000) adressé au mandataire de Mme S_. Il l'informait que la demande serait instruite et qu'elle serait tenue au courant de la décision qu'il serait amené à prendre à la fin de l'hiver.
8. Ce même 12 décembre 2000, dans le cadre de la surveillance des patients soumis aux articles 43 et 44 CPS, le CSP a convoqué Mme S_ personnellement pour un entretien fixé au 22 janvier 2001 à 18 heures.
9. Le 22 janvier 2001, une délégation du CSP, formée des Drs Dubuis, Petite et M. Weber, a rencontré Mme S_. Selon une note établie par le Dr Dubuis, Mme S_ avait insisté sur son mieux être, sa lucidité, son rôle positif de mère et réfutait l'obligation d'un suivi de son traitement. Une demande AI était en cours depuis août 2000. Elle se rendait chaque semaine à la Consultation du XXXI Décembre, mais en contestait la nécessité. Elle acceptait le traitement médicamenteux avec réticence, sans en ressentir le besoin. Son désir était de "sortir de la psychiatrie" encore anosognosique de tout problème psychologique. A l'entretien, en opposition, Mme S_ était calme, rigide, froide dans un fonctionnement qu'elle estimait adéquat, sans reconnaître l'effet du traitement ambulatoire (note du 26 janvier 2001, Dr Dubuis).
10. Par décision du 5 février 2001, le CSP, se basant notamment sur le préavis négatif émis par la délégation du CSP qui avait rencontré Mme S_ le 22 janvier 2001, a refusé la levée de la mesure. Il ressortait clairement des faits énoncés que Mme S_ n'était pas guérie et que la poursuite d'un traitement psychiatrique s'imposait.
Dite décision a été notifiée à Mme S_ ainsi qu'à son conseil par pli recommandé du 12 février 2001.
11. Dans l'intervalle, soit le 8 février 2001, l'avocate de Mme S_ s'était adressée au CSP. Elle était étonnée de ne pas avoir été informée de la convocation de sa cliente pour le 5 février 2001 (sic) à 18 heures, alors qu'elle avait personnellement adressé une demande de levée de l'article 43 CPS. Elle demandait au CSP que lui soient communiqués le rapport établi par le médecin traitant de Mme S_ ou tout autre document émanant de tiers dont le CSP aurait sollicité l'avis. Elle demandait également la communication du procès-verbal de l'audition de Mme S_ et enfin l'autorisation de consulter le dossier médical, tout en se réservant le soin d'exprimer ses observations dès que ces documents auraient été portés à sa connaissance.

## Considerations