# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ae23b557-23e2-59c9-9808-4ca679301c3f
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu, EN FAIT, le jugement
JTPI/17602/2019
du 10 décembre 2019 par lequel le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal), statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux A_ et B_ à vivre séparés (chiffre 1 du dispositif) et a notamment prononcé la garde alternée entre les deux parents sur les enfants C_ et D_ (ch. 3), fixé le domicile légal des deux enfants chez leur mère (ch. 4), fixé l'entretien convenable de C_ et de D_ à 1'450 fr. par mois chacun (y compris la contribution de prise en charge), dont à déduire les allocations familiales (ch. 5 et 6) et condamné A_ à verser en mains de son épouse, par mois, d'avance et par enfant, allocations familiales éventuelles non comprises, la somme de 600 fr. au titre de contribution à l'entretien de C_ et D_, ce dès le 20 septembre 2018 sous déduction des sommes déjà versées à ce titre et a condamné par conséquent A_ à verser en mains de son épouse la somme de 9'967 fr. pour la période du 20 septembre 2018 au 31 décembre 2019 à titre de contributions d'entretien échues au jour du prononcé du jugement pour les enfants C_ et D_ (ch. 7);
Que le 27 décembre 2019, A_ a formé appel du jugement du
10 décembre 2019, concluant à l'annulation des chiffres 4 à 7 de son dispositif;
Que préalablement, il a conclu à la restitution de l'effet suspensif en ce qui concerne le chiffre 7 du dispositif du jugement attaqué;
Que sur ce point, il a exposé que le paiement du montant mis à sa charge portait atteinte à son minimum vital;
Que le paiement des contributions d'entretien fixées avec effet rétroactif le mettrait par ailleurs dans une situation financière très difficile;
Qu'il n'aurait de surcroît aucune garantie d'être remboursé par l'intimée en cas de trop versé, celle-ci étant assistée par l'Hospice général;
Que B_ a conclu au rejet de la requête de restitution de l'effet suspensif formée par l'appelant;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du
14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le Tribunal fédéral accorde généralement l'effet suspensif pour le paiement des arriérés de pensions (arrêts du Tribunal fédéral
5A_954/2012
du 30 janvier 2013 consid. 4;
5A_783/2010
du 8 avril 2011, let. D);
Que l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, l'atteinte portée au minimum vital de l'appelant, compte tenu des contributions d'entretien fixées par le Tribunal, n'est pas d'emblée évidente;
Qu'au demeurant, l'intimée ne perçoit aucun revenu et est entièrement dépendante de l'aide de l'Hospice général, de sorte qu'elle n'est pas en mesure d'assurer elle-même l'entretien des enfants, étant rappelé que l'aide sociale est subsidiaire au devoir d'entretien des parents;
Que par conséquent, la suspension de l'effet exécutoire ne saurait être accordée s'agissant des contributions d'entretien courantes, soit celles dues à compter du prononcé du jugement attaqué;
Qu'en revanche, le paiement de l'arriéré de contributions d'entretien, qui représente un montant non négligeable, étant relevé que le Tribunal a retenu, pour l'appelant, un revenu mensuel net de 5'423 fr. pour des charges de 3'378 fr. avant versement des contributions d'entretien litigieuses, est destiné à couvrir les besoins des enfants pour des périodes échues;
Que l'intimée n'invoque pas de dommage difficilement réparable si elle n'obtenait pas immédiatement le paiement de l'arriéré, qui peut dès lors attendre l'issue de la procédure au fond devant la Cour;
Que dès lors, la requête d'effet suspensif sera admise en tant qu'elle porte sur le paiement des arriérés de contributions d'entretien pour la période allant du
20 septembre 2018 au 31 décembre 2019;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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