# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a78fe58b-1286-5f70-b865-0b01b3ca0149
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, né en 1964, domicilié à B._, est affilié depuis le 1er janvier 2008 auprès de la Caisse de compensation du canton de Fribourg (ci-après la Caisse) en tant que personne sans activité lucrative.
Sur la base d'une communication du Service cantonal des contributions (ci-après SCC) concernant le patrimoine de l'assuré et ses revenus de rentes pour 2015, 2016 et 2017, la Caisse a rendu le 15 février 2018 quatre décisions rectificatives relatives à ses cotisations AVS/AI/APG. Elle a encore établi le 21 février 2018 une facture relative aux cotisations 2015, 2016 et 2017. Suite à l'opposition du 25 février 2018 de l'assuré, qu'elle a estimé dirigée contre la seule décision concernant les cotisations 2015, la Caisse a rendu le 6 avril 2018 une nouvelle décision rectificative pour cette année-là. Le 13 septembre 2018, elle lui a adressé une facture d'acomptes des cotisations pour le 3ème trimestre 2018, puis une sommation en lien avec cette facture le 19 octobre 2018. L'assuré ayant fait opposition au commandement de payer notifié le 15 novembre 2018, elle a requis la mainlevée définitive de celle-ci.
Par arrêt du 29 avril 2019, la IIe Cour d'appel civil du Tribunal cantonal a admis le recours de l'assuré contre la décision du Président du Tribunal civil de l'arrondissement de C._ et a rejeté la requête de mainlevée définitive de l'opposition de A._ au commandement de payer du 15 novembre 2018. Elle a considéré que l'assuré avait fait opposition aux quatre décisions rectificatives, y compris celle relative aux acomptes de l'année 2018, de sorte qu'elles n'étaient pas définitives et exécutoires.
B. Le 13 mai 2019, suite à une nouvelle communication du SCC concernant le patrimoine et les rentes de l'assuré pour les années 2015 à 2018, la Caisse a rendu quatre nouvelles décisions rectificatives relatives aux cotisations pour ces mêmes années, en remplacement de celles du 15 février 2018, respectivement du 6 avril 2018. Dans ses calculs, elle a à chaque fois retenu un revenu sous forme de rentes de CHF 66'924.-, qu'elle a multiplié par 20 pour obtenir une fortune déterminante de CHF 1'338'480.-, et a déduit les montants des cotisations et les frais d'administration déjà versés. Par décision du 15 mai 2019, elle a également réclamé des intérêts moratoires pour une somme de CHF 261.25, correspondant aux intérêts dus du 1er janvier 2017 au 15 mai 2019 sur le montant de CHF 2'200.-.
Le 28 juin 2019, la Caisse a rejeté l'opposition du 19 mai 2019 de l'assuré contre les décisions des 13 et 15 mai 2019 et a fourni des explications sur la façon de calculer les cotisations et les intérêts moratoires.
C. Le 29 juillet 2019, A._ interjette recours contre la décision sur opposition du 28 juin 2019. Il conclut implicitement à son annulation et réclame la somme de CHF 5'000.- à titre de tort moral. Il allègue en substance n'avoir jamais reçu de décompte clair et précis pour la période de 2015 à 2018, avoir versé plus d'argent qu'il n'en devait à la Caisse et recevoir encore malgré cela des factures à payer (facture pour les cotisations du 2ème trimestre 2019). Il estime également qu'en l'absence de décompte précis et compte tenu d'une part qu'il a parfois versé plus de CHF 2'000.- (notamment en 2017 et 2018), soit plus de 25% du montant dû, et d'autre part que la Caisse n'a pas établi d'échéancier pour l'informer sur les montants qu'il remboursait, il est improbable qu'elle puisse calculer de manière formelle et indiscutable les intérêts moratoires dus.
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S'agissant du tort moral, il soutient que la Caisse aurait pu lui éviter du tracas: il ne peut pas contracter de prêt, a plusieurs procédures d'exécution forcée dirigées contre lui, sa situation financière est précaire et tout déséquilibre dans ses échéanciers signifierait « la fin ». Enfin, il demande au Tribunal d'examiner l'interprétation pour le moins opportune de la Caisse de l'arrêt du TF 9C_119/113 du 29 août 2013, qui se baserait sur un décompte établi en bonne et due forme.
Dans ses observations du 6 septembre 2019, la Caisse allègue que, contrairement à la situation qui prévalait lors de la notification de l'arrêt de la IIe Cour d'appel civil, elle est désormais en possession depuis mai 2019 de communications fiscales contenant des données définitives pour la période concernée. Elle conclut dès lors au rejet du recours.
Le 16 septembre 2019, le recourant relève que, selon les avis de taxation 2015, 2016 et 2017 qu'il produit en annexe à son courrier, il a des dettes pour plus de CHF 500'000.-, de sorte qu'il n'a pas de fortune. Il maintient que la Caisse a commis une erreur et que la situation lors de la notification de l'arrêt du 29 avril 2019 de la IIe Cour d'appel civil du Tribunal cantonal prévaut toujours.
Aucun autre échange d'écriture n'a été ordonné entre les parties.
Il sera fait état des arguments, développés par elles à l'appui de leurs conclusions, dans les considérants en droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.
Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l'autorité judiciaire compétente par un assuré directement touché par la décision attaquée, le recours est recevable en ce qui concerne le calcul des cotisations AVS/AI/APG et les intérêts moratoires.
Le recourant réclame l'octroi d'un montant au titre de tort moral. Cette question n'ayant pas fait l’objet de la décision attaquée et pas de la compétence des tribunaux des assurances sociales, la conclusion y relative est irrecevable.
2.
2.1. En vertu de l'art. 3 al. 1 de la loi du 20 décembre 1946 sur l’assurance-vieillesse et survivants (LAVS; RS 831.10), les assurés sont tenus de payer des cotisations tant qu’ils exercent une activité lucrative. Les personnes sans activité lucrative sont tenues de payer des cotisations à compter du 1er janvier de l’année qui suit la date à laquelle elles ont eu 20 ans. Cette obligation cesse à la fin du mois où les femmes atteignent l’âge de 64 ans, les hommes l’âge de 65 ans.
A teneur de l'art. 10 al. 1 1ère et 2ème phr. LAVS, dans sa teneur au 1er juin 2019, les assurés n’exerçant aucune activité lucrative paient une cotisation selon leur condition sociale. La cotisation minimale est de CHF 409.-, la cotisation maximale correspond à 50 fois la cotisation minimale.
Selon l'art. 28 al. 1 du règlement du 31 octobre 1947 sur l’assurance-vieillesse et survivants (RAVS, RS 831.101), dans sa teneur au 1er mai 2019, les cotisations des personnes sans activité lucrative, pour lesquelles la cotisation minimale de CHF 395.- par année (art. 10 al. 2 LAVS;
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montant adapté à CHF 409.- par modification du 13 novembre 2019) n’est pas prévue, sont déterminées sur la base de leur fortune et du revenu qu’elles tirent des rentes. Les rentes versées en application des art. 36 et 39 LAI ne font pas partie du revenu sous forme de rente.
L'art. 29 RAVS prévoit que les cotisations sont fixées pour chaque année de cotisation. L’année de cotisation correspond à l’année civile (al. 1). Les cotisations se déterminent sur la base du revenu sous forme de rente acquis pendant l’année de cotisation et de la fortune au 31 décembre. Le revenu sous forme de rente n’est pas annualisé (...) (al. 2). Pour établir la fortune déterminante, les autorités fiscales cantonales se fondent sur la taxation passée en force de l’impôt cantonal. Elles tiennent compte des valeurs de répartition intercantonales (al. 3). La détermination du revenu acquis sous forme de rente incombe aux caisses de compensation qui s’assurent à cet effet la collaboration des autorités fiscales du canton de domicile (al. 4).
Les directives sur les cotisations des travailleurs indépendants et des personnes sans activité lucrative dans l’AVS, AI et APG (DIN), dans leurs diverses versions en vigueur depuis le 1er janvier 2008, prévoient au chiffre 2082 notamment que les dettes doivent être déduites de la fortune brute.
D'après la jurisprudence fédérale, toute taxation fiscale est présumée conforme à la réalité. Cette présomption ne peut être infirmée que par des faits. Dès lors que les caisses de compensation sont liées par les données fiscales, et que le juge des assurances sociales examine, en principe, uniquement la décision de la caisse quant à sa légalité, le juge ne saurait s'écarter des décisions de taxation entrées en force que si celles-ci contiennent des erreurs manifestes et dûment prouvées, qu'il est possible de rectifier d'emblée, ou s'il s'impose de tenir compte d'éléments de fait sans pertinence en matière fiscale mais déterminants sur le plan des assurances sociales. A cet égard, de simples doutes sur l'exactitude d'une taxation fiscale ne suffisent pas. La détermination du revenu est, en effet, une tâche qui incombe aux autorités fiscales, et il n'appartient pas au juge des assurances sociales de procéder lui-même à une taxation (arrêts TF 9C_253/2014 du 28 juillet 2014 consid. 6.3.1; H 381/01 du 7 juin 2002 consid. 3).
2.2. Selon l’art. 14 al. 4 let. c LAVS, le Conseil fédéral édicte des dispositions sur le paiement a posteriori de cotisations non versées.