# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 69d8cc40-9af2-5eaf-9e1e-4ea493728495
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, née en 1965, mère de quatre enfants majeurs, était ouvrière de production à plein temps en mécatronique de précision. Elle a été victime de lésions ischémiques cérébrales sur rétrécissement de deux artères intracérébrales en 2007, qui ont entraîné une incapacité totale de travail dès le 20 août 2007 puis à 50 % depuis le 5 novembre 2007. Elle souffre en outre d'un diabète insulino-dépendant depuis 2004, qui s'est compliqué avec une rétinopathie bilatérale prédominant à droite avec diminution drastique de l'acuité visuelle, puis avec une insuffisance rénale devenue terminale à partir de mai 2012, avec indication à la dialyse depuis septembre 2012. L'assurée a subi une greffe rénale en 2014.
Elle a été mise au bénéfice d'abord d'un quart de rente depuis le 20 août 2008, puis d'une  AI depuis le 1er juillet 2011, en raison plus spécifiquement de ses problèmes de vision, et, enfin, d'une rente entière depuis le 1er novembre 2012, en raison de son insuffisance rénale.
Dans le cadre d'une révision d'office, initiée en octobre 2017, l'assurée a été considérée comme apte à reprendre un emploi adapté à mi-temps, avec quelques limitations fonctionnelles, par son néphrologue traitant, le Dr B._ (rapport médical sur formule officielle du 2 mars 2018, dossier OAI p. 360). Sur cette base, le médecin du Service médical régional (ci-après: SMR) de l'Office AI a estimé que l'intéressée présentait clairement un potentiel de réinsertion et a proposé de mettre sur pied des mesures de nouvelle réinsertion dans une activité légère, ne nécessitant pas une vision binoculaire ni acuité visuelle parfaite, avec des horaires réguliers et uniquement de jour.
Des mesures d'entraînement à l'endurance ont ainsi été réalisées au cours du printemps 2019 puis interrompues le 29 juillet 2019. Selon le rapport de la Dre C._, spécialiste en médecine interne générale, médecin répondant du secteur évaluation réinsertion professionnelle Crescendo du Centre d'intégration socioprofessionnelle (ci-après: CIS), l'assurée se plaint d'une fatigue limitant toute activité physique, couplée à de gros problèmes de sommeil. Mais la limitation de sa capacité de travail est surtout liée à une série de symptômes (souffle court, vertiges, transpiration, tremblements etc.) au moindre effort. L'intéressée signale aussi des céphalées dès qu'elle doit se concentrer sur une activité visuelle (rapport du 24 juin 2019, dossier OAI p. 425).
Dans un projet de décision du 17 octobre 2019, l'OAI a annoncé qu'il entendait réduire la rente entière de l'assurée à une demi-rente, ce à quoi cette dernière s'est opposée.
Suite à ses objections, l'OAI a interrogé son médecin SMR, D._, spécialiste en anesthésiologie, lequel, dans son rapport du 30 janvier 2020 (dossier OAI, p. 471), reprend les constatations consignées par la Dre C._ et constate que les plaintes de l'assurée relèvent toutes du domaine de la médecine interne et qu'elles sont non spécifiques. Il propose dès lors de la soumettre à une expertise de médecine interne, spécialisation la mieux à même d'évaluer sa situation dans sa globalité.
L'OAI a dès lors invité l'intéressée à se soumettre à une expertise monodisciplinaire en médecine interne, par courrier du 4 mars 2020, auprès du Dr E._, spécialiste en médecine interne générale, ce à quoi l'assurée s'est refusée, invoquant l'absence d'attribution aléatoire du mandat.
B. Par décision formelle du 3 juin 2020, l'OAI a confirmé qu'il entendait confier au Dr E._ l'expertise sur la personne de l'assurée. Pour lui, les motifs invoqués par cette dernière demeurent
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abstraits et ne permettent pas d'établir un quelconque préjugé de la part de l'expert désigné. Par ailleurs, dès lors que l'expertise ne porte que sur un seul volet médical, ainsi que prôné par le SMR, le choix du spécialiste n'a pas à se faire de manière aléatoire, étant précisé que, si l'expert devait estimer ne pas être à même de se prononcer sur une atteinte, il ne manquera pas d'en faire part dans son rapport. S'agissant enfin de la présence d'un traducteur, celle-ci sera signifiée à l'expert avec le mandat qui lui sera confié.
C. Contre cette décision, A._, représentée désormais par Me Benoît Sansonnens, avocat, interjette recours de droit administratif auprès du Tribunal cantonal le 6 juillet 2020. Elle conclut, avec suite de frais et dépens, à son annulation et au renvoi de la cause à l'autorité intimée afin qu'elle décide des spécialités des experts qui devront statuer sur son cas ainsi que du type de procédure qui servira à leur désignation. A l'appui de ses conclusions, elle reproche à l'office de considérer curieusement que les diabète, amblyopie de l'œil, greffe du rein et accident ischémique relèvent de la médecine interne. A son sens, l'OAI part en outre d'ores et déjà du principe qu'il sera nécessaire de désigner successivement de nouveaux experts, ce au motif qu'il lui a été répondu que, si l'expert ne s'estime pas compétent pour juger de tous les aspects de son état de santé, il en fera mention dans son rapport. La recourante estime qu'il s'agit de la tactique du salami, destinée à pouvoir désigner les experts à sa convenance, sans devoir passer par l'attribution aléatoire des mandats d'expertise pluridisciplinaire, ce qui constitue un abus de droit manifeste.
Dans ses observations du 22 juillet 2020, l'autorité intimée propose le rejet du recours, tout en renvoyant à la motivation contenue dans la décision attaquée.
Aucun autre échange d'écritures n'a eu lieu entre parties.
Il sera fait état des arguments, développés par ces dernières à l'appui de leurs conclusions, dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.