# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e65b4da6-953f-413e-837d-ae9eec708abf
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2005
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
A._ a revendiqué le 28 novembre 2002 l'allocation d'indemnités d'assurance-chômage, un 5
ème
délai-cadre d'indemnisation lui étant ouvert à cette date.
Le 6 janvier 2004, lors d'un entretien de contrôle, l'ORP de Lausanne l'a enjoint de prendre contact avec l'entreprise X._ (ci-après : X._), M. B._, le plus rapidement possible. Cette entreprise avait un poste de monteur-électricien à repourvoir d'une durée d'un mois.
Le 8 janvier 2004, B._ a adressé un courrier électronique à l'ORP dans lequel il indique : "
Pas de nouvelle et son tél. 2******** fonctionne pas
". Le 26 janvier 2004, l'assuré a proposé ses services à X._. Toutefois, le poste avait déjà été repourvu.
Par lettre du 12 février 2004, l'ORP a demandé à l'assuré de justifier le fait qu'il a répondu tardivement à l'assignation. Dans un courrier du 23 février 2004, A._ a rétorqué qu'il avait eu un entretien téléphonique avec M. B._ qui lui avait déclaré que le poste d'électricien était repourvu. Il dit être en contact depuis longtemps avec celui-ci et lui téléphoner presque toutes les semaines.
Par courrier électronique du 2 mars 2004, B._ a exposé : "
J'ai pas reçu de la part de M. A._une réponse assez rapide, son natel était coupé et avait pas de répondeur ce jour-là, et n'a pas pu voir mon numéro car ils sortent de chez nous cachés. La place était déjà prise par la concurrence à son appel. Mi-janvier, j'ai placé un aide monteur-électricien avec un véhicule"
.
Par décision du 5 mars 2004, l'ORP a suspendu l'assuré dans son droit à l'indemnité pour une durée de 15 jours au motif qu'il ne s'est pas annoncé suffisamment rapidement à un employeur. Le 2 avril 2004, A._ a formé opposition à l'encontre de cette décision affirmant que le poste d'électricien proposé par X._ supposait que le candidat soit en possession d'un véhicule, ce qui n'est pas son cas. Il soutient que l'e-mail du 8 janvier de B._ signifie que celui-ci voulait simplement le rencontrer pour mettre à jour son curriculum vitae et ses références, raison pour laquelle un rendez-vous a été fixé fin janvier 2004.
Le 18 mai 2004, l'ORP a préavisé pour le maintien de sa décision précisant que l'assignation du 6 janvier 2004 ne précisait pas que l'assuré devait être détenteur d'un véhicule, mais seulement d'un permis de conduire. Dans un courrier du 3 juin 2004, A._ explique qu'il a téléphoné à X._ qui lui a indiqué que l'emploi à repourvoir nécessitait la possession d'un véhicule.
Par décision sur opposition du 18 novembre 2004, le Service de l'emploi, Instance juridique chômage, a rejeté son opposition et confirmé la décision du 5 mars 2004 de l'ORP. Cette décision retient que l'assuré a attendu le 26 janvier 2004 pour se manifester et que le poste avait été repourvu entre-temps. Le fait que l'assuré était régulièrement en contact avec X._ ne lui permettait pas d'avoir la certitude que le poste proposé correspondait à l'emploi dont il avait entendu parler. L'assuré était donc tenu de présenter immédiatement ses services, ce qu'il n'a pas fait. La durée de la suspension est proportionnelle à la gravité de la faute légère qu'il a commise.
B.
Par acte du 16 décembre 2004, A._ a recouru contre cette décision en concluant à son annulation. Il expose que lors de l'entretien du 6 janvier 2004, il a informé sa conseillère que le poste d'aide-électricien qu'elle lui proposait impliquait qu'il soit véhiculé. Malgré ses affirmations, sa conseillère lui a remis l'assignation et a insisté pour qu'il se présente. Le 6 janvier 2004, l'après-midi, il a téléphoné à B._ qui a confirmé que le candidat devait être véhiculé et que le poste avait déjà été repourvu. Il dit encore avoir été en contact en décembre 2003 et à de nombreuses reprises avec B._.
Dans sa réponse du 18 janvier 2005, l'autorité intimée a conclu au rejet du recours. Le 28 janvier 2005, l'ORP de Lausanne a également conclu au rejet du recours. La Caisse Unia a produit son dossier.
Dans une écriture complémentaire du 3 mars 2005, le recourant a confirmé sa version des faits.
Interpellée par le juge instructeur, X._ a exposé le 15 mars 2005 qu'elle était en contact avec le recourant depuis le 10 mars 2000 et qu'elle avait eu plusieurs entretiens téléphoniques avec lui pour des missions temporaires. Elle ne peut confirmer avoir eu un entretien téléphonique avec le recourant le 6 janvier 2004 et ajoute qu'il était plus aisé de placer A._ s'il était détenteur d'un véhicule.
Après avoir pris connaissance des courriers électroniques des 8 janvier et 2 mars 2004, le recourant a affirmé le 22 mars 2005 que B._ a confirmé qu'un aide-monteur électricien avec véhicule était recherché, de sorte qu'il ne remplissait pas les conditions de cet emploi.
Il a été statué par voie de circulation.

## Considerations

Considérant en droit
1.
Dans le domaine des assurances sociales, le juge et l'administration fondent leur décision, sauf dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d'être établis de manière irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance prépondérante. Il n'existe pas de principe selon lequel l'administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de l'assuré (ATF 121 V 47, consid. 2a; Rubin, Assurance-chômage, note 11.2.12.5.2, p. 502; RAMA 1993, p. 159 consid. 3b).
En l'espèce, il est établi que le recourant avait des contacts réguliers avec l'entreprise X._. Il a affirmé qu'il savait déjà le 6 janvier 2004 que le poste auquel il a été assigné nécessitait d'être détenteur d'un véhicule, qu'il en a informé sa conseillère et qu'il a téléphoné le même jour à cette entreprise. Or, cette dernière affirmation est contredite par le courrier électronique du 8 janvier 2004 de B._, confirmé le 2 mars 2004, qui soutient n'avoir eu aucun contact avec le recourant et avoir tenté en vain de l'atteindre depuis le 6 janvier 2004. Dans ces circonstances, force est de retenir, comme l'établissent ces pièces, que le recourant n'a pas pris contact le 6 janvier 2004, ni les jours suivants, avec X._ et qu'il n'a donc pas répondu à l'assignation.
2.
Selon l'art. 30 al. 1 LACI, l'assuré sera suspendu dans l'exercice de son droit à l'indemnité lorsqu'il n'observe pas les prescriptions de contrôle du chômage ou les instructions de l'autorité compétente, notamment refuse un travail convenable, ne se présente pas à une mesure du marché d travail ou l'interrompt sans motif valable, ou encore compromet ou empêche, par son comportement, le déroulement de la mesure ou la réalisation de son but (litt d). Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances, il y a refus d'un travail convenable assigné au chômeur, non seulement lorsque celui-ci refuse explicitement un emploi par une déclaration que les circonstances exigeaient qu'il fît. Afin de ne pas compromettre la possibilité de mettre un terme à son chômage, l'assuré doit, lors des pourparlers avec l'employeur futur, manifester clairement qu'il est disposé à passer un contrat (DTA 1984 n° 14 p. 167; ATFA du 22 octobre 2002 C.207/02 consid. 2). Les éléments constitutifs du refus d'un travail convenable sont réunis également lorsque le chômeur ne se donne pas la peine d'entrer en pourparlers avec l'employeur, bien qu'un travail lui ait été proposé par l'office du travail (DTA 1986 n° 5 p. 22 et ATFA précité, consid. 2). Une faute au sens de la législation sur l'assurance-chômage ne suppose pas nécessairement, comme en droit pénal et en droit civil, qu'on puisse reprocher à l'assuré un comportement répréhensible; elle peut être réalisée sitôt que la survenance du chômage n'est pas à mettre au compte de facteurs objectifs, mais réside dans un comportement que l'assuré pouvait éviter au vu des circonstances et des relations personnelles en cause (DTA 1982 No 4). La faute de l'assuré doit cependant être clairement établie.
Le Tribunal administratif vérifie d'abord, au regard de l'ensemble des circonstances du cas concret, si l'assuré peut être tenu pour responsable d'avoir refusé un emploi convenable, respectivement si son comportement peut être assimilé à un tel refus, ensuite s'il ne peut se prévaloir d'aucun motif qui puisse justifier le refus de l'emploi en cause, auquel cas seulement il sera réputé avoir commis une faute justifiant une suspension au sens de l'art. 45 OACI (arrêt du Tribunal administratif PS.2002.0034 du 3 juin 2004).
En l'espèce, le recourant était en rapports réguliers avec l'entreprise X._. Devant l'insistance de sa conseillère, il ne pouvait en aucun cas se contenter des informations qu'il avait eues précédemment. Il ne pouvait pas en effet avoir la certitude que l'emploi dont on lui avait parlé en décembre 2003 était le même que celui mentionné dans l'assignation du 6 janvier 2004. En outre, X._ a essayé de le joindre entre le 6 et le 8 janvier 2004, ce qui est un indice que cet emploi lui convenait et qu'il n'impliquait pas que le travailleur possède un véhicule A défaut, on ne comprendrait pas pourquoi cette entreprise qui connaissait son profil voulait faire appel à lui. Force est donc de constater qu'en ne répondant pas rapidement à l'assignation du 6 janvier 2004 pour un emploi convenable, le recourant a commis une faute et qu'il n'a pas rempli ses obligations vis-à-vis de l'assurance-chômage de diminuer le dommage.
3.
Aux termes de l'art. 45 al. 3 OACI, il y a faute grave lorsque l'assuré abandonne un emploi réputé convenable sans être assuré d'obtenir un nouvel emploi ou lorsqu'il refuse un emploi réputé convenable sans motif valable. En cas de faute grave, la durée de la suspension dans l'exercice du droit à l'indemnité est de 31 à 60 jours (art. 45 al. 2 litt. c). La jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances (ATF 130 V 125; SVR 8-9- 2005 n° 7 p. 22) considère que lorsqu'un assuré peut se prévaloir d'un motif valable, il n'y a pas forcément faute grave même en cas de refus d'un emploi assigné et réputé convenable; par motif valable, il faut entendre un motif qui fait apparaître la faute comme étant de gravité moyenne ou légère; il peut s'agir d'un motif lié à la situation subjective de la personne concernée ou à des circonstances objectives.
En l'espèce, le recourant ne pouvait ignorer les conséquences d'un refus d'assignation dans la mesure où il a déjà connu une longue période de chômage. Toutefois, le poste proposé était d'une durée déterminée d'un mois Dans ces circonstances, il y a lieu de considérer qu'une suspension de 15 jours pour faute légère n'est pas critiquable.
4.
Des considérants qui précèdent, il résulte que le recours doit être rejeté.