# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f99686a1-47c3-56f5-a4e1-caa938869e0a
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. A._, âgé de 78 ans, est marié à B._ depuis 52 ans. Ils ont cinq enfants âgés de 44 à 51 ans. Le couple habite à C._ dans un appartement de 6 1⁄2 pièces dont le loyer mensuel est de CHF 2'745.- y compris le garage et l’acompte de charges. A._ perçoit une rente LPP mensuelle de CHF 5'438.- au moyen de laquelle sont réglés le loyer et les autres dépenses du ménage. Chacun des époux dispose d’une rente AVS de CHF 1'763.- versée sur leurs comptes privés respectifs.
En 2006, le recourant a été hospitalisé à l’Hôpital psychiatrique de D._ pour une sévère dépression. Depuis sa sortie d’hôpital, le 5 septembre 2006, il est régulièrement suivi par le Dr E._, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, lequel a attesté, le 21 mars 2014 et le 24 avril 2015, que son patient était « actuellement en stabilisation thymique (depuis 2006, sans rechute ni récidive), sous traitement ambulatoire » (DO I/95 et 194). Il est également suivi par le Dr F._, médecin-chef de clinique adjoint au D._, depuis le 10 juillet 2014 avec un suivi de consultation environ tous les deux mois (P. 7 du bordereau du recourant du 29 juin 2015). Dans son rapport du 23 juin 2015, le Dr F._ a indiqué que son patient « s’est montré compensé sur le plan psychique avec toute sa capacité de discernement ».
B. Le 10 février 2014, B._ a sollicité l’aide de la Justice de paix. Elle a indiqué que suite à sa dépression, son époux était devenu un acheteur compulsif, qu’il avait contracté des dettes importantes et qu’il vendait pour un prix dérisoire des objets de valeur pour se procurer de l’argent (DO I/1 s.). Par courriel du 10 mars 2014 adressé à la Justice de paix, la fille des époux A._ et B._, G._, a formulé ses inquiétudes au sujet de la situation financière et personnelle de son père, indiquant avoir été témoin de la dernière tentative d’achat compulsif de son père, soit une voiture dont la vente a finalement pu être annulée (DO I/11 s.).
Après avoir entendu le recourant et son épouse, la Justice de paix a, par décision de mesures provisionnelles du 17 mars 2014, instauré en faveur de A._ une curatelle de portée générale à titre provisoire et a nommé une curatrice avec des cercles de tâches couvrant tous les domaines. Par arrêt du 11 avril 2014, la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte a admis le recours interjeté par A._ et annulé la décision de la Justice de paix, considérant qu’aucun motif ne justifiait le prononcé d’une curatelle de portée générale à titre provisionnel.
C. Par lettre du 17 mars 2014, la Juge de paix a confié une expertise au sens de l’art. 446 al. 2 CC au Centre de psychiatrie forensique (DO I/48) sans toutefois en adresser copie au recourant ou à son mandataire qui a annoncé la constitution de son mandat le 24 mars 2014 (DO I/84 et 161). Le 8 octobre 2014, le mandataire du recourant a soulevé des questions en rapport avec l’expertise en particulier et avec la procédure suivie en général, notamment un problème de récusation dans la mesure où le recourant est suivi par un médecin du Réseau fribourgeois de santé mentale et que l’expertise a été confiée au Centre de psychiatrie forensique qui fait partie de ce réseau ; il a fait remarquer que les questions à soumettre à l’expert ne lui avaient pas été communiquées (DO 171 ss). Cette lettre est restée sans réponse de la part de la Juge de paix et l’expertise n’a finalement pas eu lieu sans qu’elle soit formellement révoquée.
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Le 27 mars 2015, l’un des fils du recourant, H._, a écrit à la Justice de paix pour dénoncer les manquements de son père, soit le défaut de paiement des loyers depuis février 2015 ainsi que des primes d’assurance maladie de sa mère depuis janvier 2015. Il indique avoir eu une discussion le 26 mars 2015 avec son père qui a confirmé qu’il ne voyait pas d’objection à ce qu’il s’occupe de veiller sur les intérêts du couple ainsi que sur le respect de leurs engagements financiers. Il précise qu’ils s’étaient déjà mis d’accord, avec ses parents, sur des solutions similaires par le passé mais que sans mandat clair de la justice, ces accords n’ont jamais fait long feu. Il invoque l’absence de discernement de son père en matière de gestion des dépenses et demande, avec ses frère et sœurs, l’aide de la justice pour pouvoir garantir le minimum vital à leurs parents (DO I/177 s). Le 13 avril 2015, il a confirmé qu’il était disposé à être désigné en qualité de curateur, cas échéant (DO I/184). Le 22 avril 2015, le recourant a contesté les allégations de son fils, annexant la preuve du paiement des trois derniers loyers et des primes d’assurance maladie ; il a rappelé qu’il dispose de toute sa capacité de discernement, faisant référence au rapport du Dr E._ du 21 mars 2014 (DO i/186).
A._ a été entendu lors de la séance de la Justice de paix du 27 avril 2015. Après avoir exposé sa situation personnelle, il s’est engagé à collaborer avec un curateur, déclarant ne pas souhaiter une curatelle de portée générale. Au début de la séance, il a produit une attestation du Dr E._ confirmant que les observations, considérations et conclusions émises dans son rapport du 21 mars 2014 étaient toujours valables (DO I/194).
Par lettre remise à la poste le 20 mai 2015, H._ a porté à la connaissance de la Justice de paix que son père avait demandé à sa mère un prêt de CHF 10'000.- pour pouvoir payer un certain nombre de factures incluant le loyers dus, et que sa mère subvient à elle seule à toutes les dépenses du couple alors que son père dilapide tous les mois en quelques jours ses rentes LPP et AVS en dépenses inutiles. Il indique n’avoir pas d’autre alternative que de demander une décision de justice afin de protéger sa mère qui n’est en rien responsable de cette situation (DO I/199 s.). H._ avait préalablement téléphoné à la Justice de paix le 19 mai 2015 selon la notice téléphonique qui figure au dossier (DO I/197). Une autre notice téléphonique du 21 mai 2015 fait état d’un entretien avec Mme I._, de l’agence J._, au sujet des loyers du couple de A._ et B._ (DO I/198). Ces documents n’ont pas été transmis au recourant ou à son mandataire.
D. Par décision du 27 mai 2015, la Justice de paix a institué en faveur de A._ une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens de l’art. 394 CC en lien avec l’art. 395 CC ainsi qu’une curatelle de coopération au sens de l’art. 396 CC avec limitation de l’exercice de ses droits civils. Elle l’a privé de l’accès à ses comptes bancaires en vertu de l’art. 395 al. 3 CC. Elle lui a désigné une curatrice. Elle a confié une expertise au Centre de psychiatrie forensique, unité d’expertises psychiatriques, à Fribourg en se référant au questionnaire remis en annexe. Elle a retiré l’effet suspensif à un éventuel recours au sens de l’art. 450c CC.
Par courrier du même jour, la Juge de paix a adressé le questionnaire au Centre de psychiatrie forensique, unité d’expertises psychiatriques en priant l’expert d’y répondre dans un délai de quatre mois.
E. Par mémoire du 29 juin 2015, A._ a interjeté recours contre cette décision dont il conclut à l’annulation avec suite de frais. Il demande également à la Cour de constater que la
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Justice de paix a commis un déni de justice en ne statuant pas sur les réquisitions formulées le 8 octobre 2014. Il a également requis la restitution de l’effet suspensif.
La Justice de paix a déposé sa détermination le 6 juillet 2015. Elle a conclu implicitement au rejet du recours.

## Considerations

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) Le recours a été déposé en temps utile (art. 450b al. 1 CC).
c) La personne concernée a qualité pour recourir (art. 450 al. 2 ch. 1 CC).