# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cd3304cb-f823-5081-9cbf-844ab35d4c7f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_011
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. L'assurée, née en 1960, a déposé une demande de prestations AI le 15 décembre 2009, que refusa l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après: OAI) le 29 février 2012.
Le 17 octobre 2012, elle déposa une nouvelle demande. Par arrêt du 10 août 2015 (608 2013 95), la Cour de céans admet le recours contre la décision du 13 juin 2013 refusant l'octroi de prestations, le dossier étant renvoyé à l'OAI pour mise en place d'expertises rhumatologique et psychiatrique, en application de la nouvelle jurisprudence en matière d'affection psychosomatique.
Le 4 mai 2016, l'assurée s'oppose à des expertises dans les deux disciplines précitées, réclamant qu'une pluridisciplinaire intervienne. Celle-ci (médecine interne, rhumatologie, psychiatrie) sera confiée à B._ (ci-après: la clinique), après choix intervenant de manière aléatoire ensuite d'une inscription de l'assurée sur la plate-forme informatique fédérale. Dans le rapport d'expertise du 21 février 2017, sont retenus les diagnostics avec effet sur la capacité de travail de trouble somatoforme douloureux persistant (F45.4) et de trouble dépressif récurrent d'intensité moyenne à sévère (F33.2), tous deux ressortant du rapport d'expertise psychiatrique du 31 janvier 2017, du Dr C._.
Invité à se prononcer sur le rapport d'expertise pluridisciplinaire, le Service médical régional (SMR) de l'office, Dr D._, spécialiste en anesthésiologie, le remet en cause quant à son volet psychiatrique le 23 mars 2017. Il propose, le 6 avril 2017, l'obtention d'un complément et correctif de la clinique; si la réponse obtenue ne devait cependant toujours pas permettre la validation du rapport d'expertise, une nouvelle expertise psychiatrique seule sera nécessaire.
Après avoir été invitée par l'OAI, le 27 juillet 2017, à se soumettre à un examen psychiatrique confié au Dr E._, l'assurée s'oppose, le 11 août 2017, à cette nouvelle expertise psychiatrique ordonnée et demande que les experts de la clinique soient invités à compléter leur rapport dans le sens des remarques du SMR; avis est donné que dans le cas contraire, la récusation du Dr E._ sera demandée.
Le 16 novembre 2017, à la demande de l'office, la clinique, par le psychiatre Dr C._, se détermine relativement à l'avis du SMR précité et complète son rapport. Le 6 décembre 2017, le SMR, même médecin, indique notamment que ce complément ne répond pas à toutes les questions posées, que le rapport d'expertise pluridisciplinaire reste donc insuffisant, et qu'une expertise psychiatrique (seule) doit être mise en œuvre, la partie somatique de l'expertise n'étant pas contestée.
Par décision incidente du 6 décembre 2017, l'OAI maintient la mise en œuvre d'une expertise psychiatrique auprès du Dr E._.
B. Contre cette décision, l'assurée recourt auprès du Tribunal de céans le 19 janvier 2018, concluant, sous suite de dépens, principalement, à son annulation et à ce que l'OAI soit invité à requérir de la clinique qu'elle complète son rapport d'expertise du 21 février 2017; subsidiairement, à sa réformation en ce sens que l'expertise psychiatrique n'est pas confiée au Dr E._. La recourante se plaint d'une violation du principe de célérité gouvernant la procédure de première instance (art. 61 let. a LPGA); il n'y a pas de vices tellement graves qu'on ne puisse attendre un avis médical impartial, de sorte qu'il n'y a pas lieu de changer de centre d'expertise; il serait plus
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
rapide et efficient que les experts de la clinique, institution reconnue dont les médecins sont parfaitement aptes à établir un rapport, précisent et complètent une nouvelle fois ce dernier, plutôt qu'un nouvel expert-psychiatre ne doive étudier son dossier et réaliser un nouvel examen clinique. Ensuite, initier une nouvelle expertise psychiatrique unique (hors expertise pluridisciplinaire) est une manière inacceptable pour l'OAI de contourner la règle du choix aléatoire de l'expert selon l'art. 72bis RAI, pour recueillir un second avis, le premier ne lui convenant pas. Enfin et subsidiairement, le Dr E._ doit être récusé, au vu des forts doutes quant à son impartialité.
La restitution de l'effet suspensif est en sus requise.
Le 6 février 2018, la recourante s'acquitte d'une avance de frais de CHF 400.-.
C. Dans ses observations du 26 février 2018, l'OAI propose que sa décision soit confirmée et qu'il soit autorisé à mandater le Dr E._. Il ne cherche en rien à contourner la règle du choix aléatoire du centre d'expertise pluridisciplinaire. Mais cette dernière n'est pas probante sur le plan psychiatrique; une simple expertise (nouvelle) dans ce domaine est suffisante. Rien ne justifie la récusation du Dr E._, détenteur d'une certification en expertises médicales.
Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

## Considerations

en droit
1.