# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bbe02afc-9a33-5c5e-a564-d6beb593b24a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après l’assuré), né le _ 1983, a travaillé en qualité de vendeur par téléphone avant de bénéficier d’indemnités de l’assurance-chômage, à compter du 14 février 2014. À ce titre, il était assuré obligatoirement contre le risque d’accidents par la Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (ci-après la SUVA).![endif]>![if>
2. Le 4 février 2015, l’assuré a glissé et chuté dans sa douche (cf. déclaration de sinistre du 17 février 2015).![endif]>![if>
3. Le lendemain, il a consulté le docteur C_, médecin praticien auprès du Centre médico-chirurgical de Chantepoulet, lequel a attesté d’une totale incapacité de travail jusqu’au 15 février 2015, incapacité prolongée jusqu’au
25 février, puis 15 mars 2015 (cf. certificats médicaux du Dr C_ des 5, 16 et 25 février 2015).![endif]>![if>
4. La SUVA a alloué à l’assuré des prestations d’assurance pour les suites de son accident, en lui versant notamment des indemnités journalières à compter du
7 février 2015 (cf. courrier de la SUVA du 16 juin 2015).![endif]>![if>
5. Par rapport du 13 mars 2015, le Dr C_ a diagnostiqué un traumatisme cranio-cervico-dorso-lombaire, sans fracture. L’assuré signalait des maux de tête, ainsi que des douleurs cervicales, dorsales et lombaires. Il était difficile de mesurer les plaintes sans lésion osseuse sous-jacente. Le traitement consistait en une mise au repos, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et des massages. L’incapacité de travail était totale du 5 février au 15 mars 2015.![endif]>![if>
6. Le 13 mars 2015, une imagerie par résonnance magnétique (ci-après IRM) dorso-lombaire a révélé une discarthrose en D6-D7 avec une petite hernie discale paramédiane droite sans signe de conflit, une discopathie en D11-D12 avec une petite protrusion latéralisée à gauche sans signe de conflit, ainsi que des discopathies en C5-C6 et C6-C7 avec deux petites hernies latéralisées à droite. ![endif]>![if>
7. Répondant à un questionnaire de la SUVA, l’assuré a indiqué le 26 mars 2015 qu’il avait glissé dans sa baignoire le soir du 4 février 2015 et qu’il s’était rendu aux urgences, où on lui avait recommandé de revenir le lendemain.![endif]>![if>
8. Le 1
er
avril 2015, le docteur D_, médecin praticien auprès du Centre médico-chirurgical de Chantepoulet, a attesté d’une pleine capacité de travail dès le 1
er
avril 2015 (sic). ![endif]>![if>
9. À partir du 13 avril 2015, ce médecin a certifié d’une incapacité de travail totale, laquelle a été régulièrement renouvelée (cf. certificats médicaux des 13 avril,
27 mai, 1
er
et 30 juin, 30 juillet, 3 septembre et 1
er
octobre 2015). ![endif]>![if>
10. Parallèlement, le Dr D_ a signé la feuille-accident LAA lors de ses consultations, mentionnant que l’incapacité de travail était de 100% dès le
5 février 2015 et de 0% dès le 1
er
avril 2015 (feuille-accident remplie les
15, 19, 26 et 28 mars, 9, 10, 13 et 29 avril, 19 et 27 mai, 26 juin, 30 juillet et
3 septembre 2015).![endif]>![if>
11. Par rapport du 27 mai 2015, le Dr D_ a relevé la bonne évolution des troubles et une tendance à la stabilité. Les consultations intervenaient à la demande de l’assuré et le traitement, dont la durée n’était pas prévisible, consistait en la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires. Le pronostic était bon.![endif]>![if>
12. Dans une appréciation du 15 juin 2015, le docteur E_, médecin d’arrondissement de la SUVA et spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie, a estimé que l’incapacité de travail était justifiée pour les suites de l’accident jusqu’au 30 juin 2015, mais qu’une reprise de l’activité professionnelle pouvait être attendue dans l’activité habituelle dès le 1
er
juillet 2015. Le médecin-conseil a conclu « à revoir si problème ».![endif]>![if>
13. Par courrier du 15 juin 2015, la SUVA a indiqué à l’assuré que son médecin d’arrondissement le considérait apte à reprendre une activité professionnelle à 100% dès le 1
er
juillet 2015, de sorte que les indemnités journalières ne lui seraient allouées que jusqu’au 30 juin 2015.![endif]>![if>
14. En date du 28 juillet 2015, l’assuré a contesté être apte à reprendre le travail, se référant à l’avis de son médecin-traitant. ![endif]>![if>
15. Par décision du 6 août 2015, la SUVA a mis un terme au versement des indemnités journalières au 30 juin 2015.![endif]>![if>
16. En date du 31 août 2015, l’assuré a formé opposition. Il a relevé qu’il présentait encore des douleurs au dos et à la nuque, que l’IRM du 13 mars 2015 avait mis en évidence de nombreuses discopathies et que son médecin-traitant l’avait adressé auprès d’un neurologue. ![endif]>![if>
17. Dans une appréciation du 15 septembre 2015, le Dr E_ a conclu, sur la base du rapport du Dr C_ du 13 mars 2015 et du Dr D_ du
27 mai 2015, que compte tenu de l’évolution favorable et de l’absence de lésion osseuse traumatique mise en évidence sur les radiographies, on pouvait s’attendre, cinq mois après le sinistre, soit dès le 1
er
juillet 2015, à une reprise de l’activité professionnelle réalisée avant le chômage, à savoir celle de vendeur par téléphone. ![endif]>![if>
18. Par rapport du 15 septembre 2015, le docteur F_, spécialiste FMH en radiologie, a conclu, à l’issue d’une IRM cervicale réalisée le jour même, que l’assuré présentait des dégénérescences discales avec une discarthrose C5-C6 et C6-C7, une protrusion discale ostéophytaire C4-C5 de localisation paramédiane gauche en conflit modéré avec la racine C5 gauche, une uncarthrose en C3-C4 et C4-C5 sans rétrécissement significatif des canaux radiculaires, une hernie discale ostéophytaire C5-C6 de localisation médiane et paramédiane à prédominance droite en conflit avec la racine C6 droite associée à une uncarthrose rétrécissant les canaux radiculaires, une hernie discale ostéophytaire C6-C7 de localisation médiane et paramédiane en contact modéré avec les racines C7 avec une uncarthrose rétrécissant les canaux radiculaires, et une légère compression du cordon médullaire dans sa partie antérieure en C5-C6 et C6-C7, mais de signal homogène sans signe de myélomalacie. ![endif]>![if>
19. Par rapport du 16 septembre 2015, le Dr F_ a constaté que l’IRM dorsale réalisée le jour même avait mis en évidence des dégénérescences discales D6-D7, D7-D8, D8-D9, une ostéophytose marginale gauche en D3-D4, une protrusion discale médiane en D6-D7 sans contrainte radiculaire, une hernie discale D7-D8 de faible épaisseur couverte partiellement par une ostéophytose appuyant sur la partie antérieure droite du cordon médullaire sans répercussion sur les racines, une hernie discale D11-D12 de localisation paramédiane gauche en contact modéré avec la racine D12, et une légère compression du cordon médullaire dans sa partie antérieure en D7-D8, mais de signal homogène sans signe de myélomalacie. ![endif]>![if>
20. En date du 23 septembre 2015, le docteur G_, spécialiste FMH en neurologie, a rendu un rapport et conclu que son examen neurologique de l’assuré réalisé la veille était normal, en dehors d’un syndrome vertébral algique. Il ne retenait pas de déficit moteur ou sensitif et les réflexes, bien que peu vifs, étaient toujours présents. Des douleurs axiales persistaient depuis plusieurs mois suite à une chute, mais il n’y avait pas d’élément pour une pathologie neurologique. Le
Dr G_ a en outre relevé que le rapport de l’IRM du 16 septembre 2015 montrait des troubles dégénératifs pluri-étagés avec deux hernies discales, ajoutant ne pas avoir vu les rapports des images « cervicales et lombaires ».![endif]>![if>
21. Dans une nouvelle appréciation du 28 octobre 2015, basée notamment sur les examens d’IRM et le rapport du Dr G_, le Dr E_ a considéré que le bilan clinique neurologique et l’IRM de l’ensemble du rachis n’avaient pas mis en évidence de lésion post-traumatique récente. Les hernies discales cervicales étaient de type dégénératif avec l’existence de lésions arthrosiques témoignant de leur ancienneté. Le 27 mai 2015, le médecin-traitant avait d’ailleurs noté que l’évolution était favorable. Partant, le médecin d’arrondissement a maintenu qu’on pouvait s’attendre à une reprise d’activité cinq mois après ce traumatisme simple.![endif]>![if>
22. Par décision sur opposition du 4 novembre 2015, la SUVA a rejeté l’opposition de l’assuré et confirmé sa décision du 6 août 2015. Elle a relevé que son médecin d’arrondissement estimait qu’il pouvait reprendre l’activité professionnelle exercée avant le chômage dès le 1
er
juillet 2015, que les hernies discales étaient de type dégénératif et que les lésions arthrosiques témoignaient de leur ancienneté.![endif]>![if>
23. En date du 3 décembre 2015, l’assuré s’est adressé à la SUVA pour contester ladite décision, soutenant que depuis son accident, il était incapable d’exercer tous les métiers, ce qui était attesté par son médecin-traitant.![endif]>![if>
24. Le 15 décembre 2015, la SUVA a transmis la correspondance de l’assuré à la chambre de céans, pour objet de sa compétence.![endif]>![if>
25. Par écriture du 15 février 2016, l’intimée a conclu au déboutement du recourant de toutes ses conclusions. Elle a maintenu que les troubles n’étaient plus en lieu de causalité avec le sinistre assuré au-delà du 30 juin 2015. En outre, l’existence d’une incapacité de travail postérieure à cette date ne pouvait être d’emblée admise, dès lors que les Drs D_ et « H_ » reconnaissaient le recourant capable de travailler dès le 1
er
avril 2015. ![endif]>![if>
26. Invité à se déterminer sur la position de l’intimée et à joindre toutes pièces utiles jusqu’au 15 mars 2016, le recourant ne s’est plus manifesté.![endif]>![if>

## Considerations

EN DROIT
1. Conformément à l’art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l’organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA -
RS 832.20
).![endif]>![if>
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
2. À teneur de l’art. 1 al. 1 LAA, les dispositions de la LPGA s’appliquent à l’assurance-accidents, à moins que la loi n’y déroge expressément.![endif]>![if>
Toutefois, les modifications légales contenues dans la LPGA constituent, en règle générale, une version formalisée dans la loi de la jurisprudence relative aux notions correspondantes avant l’entrée en vigueur de la LPGA ; il n’en découle aucune modification du point de vue de leur contenu, de sorte que la jurisprudence développée à leur propos peut être reprise et appliquée (ATF
130 V 343
consid. 3).