# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2c078bca-291c-4d12-8929-09554bbfe786
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2002
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants :
A. X._ est entré en Suisse le 9 avril 2001 sans visa. Le 15 juin suivant, il s'est annoncé auprès de la Commune de Savigny en requérant la délivrance d'une autorisation de séjour pour études. Il a expliqué qu'après avoir terminé ses études de comptable en 1998 dans son pays d'origine, il avait saisi la chance de venir en Suisse pour y apprendre le français et de poursuivre une formation d'ingénieur informaticien. Selon l'attestation du 3 juin 2001 d'Interlangues, l'intéressé s'est inscrit à un cours de français dans cette école du 14 mai 2001 au 30 avril 2002 à raison de trois heures par jour, dans le but d'obtenir le diplôme de l'Alliance française et de suivre ensuite une école d'ingénieur en informatique, selon les précisions apportées le 7 août 2001.
B. Par décision du 7 décembre 2001, le SPOP a refusé de délivrer une autorisation de séjour en faveur de X._ et lui a imparti un délai de départ d'un mois pour les motifs suivants :
"(...)
Motifs
Compte tenu :
que Monsieur X._ est entré en Suisse le 9 avril 2001 afin de suivre des études de français intensif auprès de l'école Interlangues à Lausanne,
que selon une pratique constante, une autorisation de séjour pour études n'est délivrée que lorsqu'un minimum de 20 heures hebdomadaires est prévu,
que tel n'est pas le cas en l'espèce, ce dernier suivant un cours de 3 heures chaque jour,
qu'il prévoit de faire ensuite une formation d'ingénieur en informatique,
que l'intéressé ne possède pas les connaissances linguistiques suffisantes pour entreprendre la formation principale souhaitée (article 31, lettre d OLE),
que bien que les motivations de l'intéressé soient dignes d'intérêt, nous considérons que les études de français envisagées peuvent être suivies, au moins en ce qui concerne l'acquisition des connaissances de base, dans son pays d'origine,
que de plus, il est entré en Suisse avec un visa touristique limité à 90 jours,
qu'à teneur de l'article 10 du règlement de la Loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers, l'intéressé est tenu par les termes et conditions dudit visa,
on constate que l'intéressé séjourne actuellement en Suisse dans le but de suivre des études auprès de l'école Interlangues à Lausanne,
qu'étant tenu par les termes et conditions de son visa, l'intéressé aurait dû quitter la Suisse à l'issue de son séjour touristique et n'aurait dû solliciter une autorisation de séjour pour études qu'une fois de retour dans son pays.
Décision prise en application des articles 4 et 16 de la Loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers ainsi que des articles 31 et 32 de l'Ordonnance du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers.
Un délai d'un mois, dès notification de la présente, lui est imparti pour quitter notre territoire.
(...)".
C. Recourant auprès du Tribunal administratif, X._ conclut à l'octroi de l'autorisation de séjour pour études sollicitée. Le recourant s'est acquitté d'une avance de frais de 500 francs. Par décision du 7 février 2002, le juge instructeur a refusé de suspendre l'exécution de la décision attaquée. Cette décision a été révoquée le 28 février 2002 et il a été suivi à l'instruction de la cause.
Le juge instructeur a interpellé le Consulat général de Suisse à Rio de Janeiro pour savoir s'il était exact que le recourant se serait vu conseiller de déposer sa demande de permis de séjour seulement lors de son arrivée en Suisse. Le 10 mai 2002, le consul a répondu qu'après vérification auprès de la collaboratrice en charge des visas et des autres membres de la représentation susceptibles d'avoir donné des informations concernant les visas, il rejetait catégoriquement les allégations contenues dans le point 4 du recours de X._. A cette occasion, il a assuré au juge instructeur que les règles concernant l'octroi de visas ou les demandes d'autorisations de séjour pour études étaient connues du consulat.
L'autorité intimée conclut au rejet du recours dans ses déterminations du 7 juin 2002. Le 8 juin 2002, le recourant a déposé des observations complémentaires, en produisant un certificat d'inscription auprès de l'Ecole professionnelle d'électronique SA à Lausanne. Le tribunal a ensuite statué sans organiser de débats.

## Considerations

et considère en droit :
1. Selon l'art. 1er al. 2 du règlement d'exécution du 1er mars 1949 de la loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers (RSEE), l'étranger est réputé entré légalement en Suisse lors qu'il s'est conformé aux prescriptions concernant la production de pièces de légitimation, le visa, le contrôle à la frontière, etc., et qu'il n'a pas contrevenu à une défense personnelle, telles qu'une expulsion, une interdiction ou une restriction d'entrée. Aux termes de l'art. 3 de l'Ordonnance concernant l'entrée et la déclaration des étrangers du 14 janvier 1998, tout étranger doit en principe avoir un visa pour entrer en Suisse.
S'agissant des ressortissants brésiliens, ceux-ci doivent requérir un visa dans la mesure où leur séjour dépasse la durée de trois mois ou en cas d'exercice d'une activité lucrative (directives OFE, état 07.01.1999, annexe au ch. 21, tableau synoptique des prescriptions en matière de visa et de pièce de légitimation régissant l'entrée des étrangers en Suisse, répertoire b, liste 1).
2. En l'espèce, il n'est pas contesté que le recourant X._, d'origine brésilienne, devait obtenir un visa dès lors qu'il avait l'intention d'effectuer un séjour supérieur à trois mois en Suisse. L'instruction n'a pas permis d'établir que le recourant aurait bénéficié d'assurance du consulat. En particulier, il n'a pas été démontré qu'une personne du Consulat suisse de Rio de Janeiro lui aurait conseillé de déposer sa demande de permis de séjour seulement à son arrivée en Suisse. En l'absence de telles assurances, la protection de la bonne foi du recourant n'entre pas en considération et il faut lui reprocher d'avoir enfreint l'obligation de visa. Il pouvait et devait d'ailleurs se douter que son projet d'études en Suisse nécessitait certaines formalités préalables, la Suisse, comme la plupart des Etats n'autorisant pas une immigration libre. Sa parenté en Suisse aurait pu aussi se renseigner et se prémunir aisément de la situation dans laquelle le recourant se trouve aujourd'hui et qui, conformément à la jurisprudence du tribunal, justifie de ne pas entrer en matière sur la délivrance d'une quelconque autorisation de séjour, sous peine de priver le contrôle à l'immigration de tout sens (PE 01/0034 du 8 juin 2001 et réf. cit.). Aucune circonstance en l'espèce ne justifie de revenir sur cette jurisprudence. En renonçant à la délivrance d'un visa le recourant a volontairement limité son séjour à trois mois, ce qui conduit déjà au rejet du recours.
Les dispositions prises par le recourant dans l'intervalle n'entament pas la liberté de l'autorité intimée, selon l'art. 8 al. 2 RSEE. Si le recourant persiste à vouloir étudier en Suisse, il doit présenter sa requête depuis l'étranger où il attendra que l'autorité de police des étrangers compétente statue sur sa demande. La décision attaquée doit être confirmée en l'état sans qu'il soit nécessaire d'examiner au fond si les conditions pour la délivrance d'une autorisation de séjour pour études sont réunies.
3. Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours aux frais du recourant qui succombe. Vu l'issue du pourvoi, un nouveau délai de départ doit être imparti.