# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** b06c7996-e6fc-50d0-a589-b45f1621c8cb
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_007
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu
que, ressortissant portugais né en 1965, A._ est entré en Suisse le 17 juillet 2006 pour exercer une activité lucrative de monteur en ascenseurs et s'est installé dans le canton de Fribourg où il a été rejoint un mois plus tard par son épouse B._, de même nationalité née en 1969, accompagnée de leurs quatre enfants, nés entre 1989 et 1995;
qu'actuellement, tous les membres de la famille résident en Suisse et bénéficient d'un permis d'établissement, hormis un des enfants qui est titulaire d'une autorisation de séjour de courte durée. Deux des enfants font l'objet d'une procédure de révocation de leur titre de séjour et de renvoi;
qu'en octobre 2006 et juin 2007, A._ a subi deux accidents de travail. Par la suite, après une période de chômage de janvier 2008 à décembre 2009, il n'a plus exercé d'activité lucrative. Il s'est vu reconnaître le droit à une rente d'invalidité de 29 % par l'assurance-accidents SUVA, soit CHF 1'826.30 par mois (état au 1 janvier 2017);
que, le 8 septembre 2008, il a déposé une première demande de prestations auprès de l'Office de l'assurance-invalidité (Office AI), qui a été refusée par décision du 3 mai 2010. Son degré d'invalidité, estimé à 30%, ne lui ouvrait pas le droit à une rente. De plus, tous les avis des spécialistes consultés étaient également concordants quant à sa capacité de travail. En effet, les différents médecins interrogés, et même son médecin traitant, ont estimé que, si sa capacité de travail résiduelle était nulle dans son ancien métier, elle était en revanche entière dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles et ce, sans diminution de rendement. Cette décision a été confirmée par le Tribunal cantonal le 9 juillet 2013, puis par le Tribunal fédéral le 4 juin 2014;
que l'intéressé a déposé, le 14 septembre 2019, auprès de l'Office AI une nouvelle demande qui a été rejetée le 3 mai 2019 sur la base d'une expertise médicale pluridisciplinaire dont il ressort que la capacité de travail de l'assuré dans une activité adaptée est entière. Cette décision fait actuellement l'objet d'un recours devant le Tribunal cantonal (procédure 605 2019 152);
que, pour sa part, B._ n'a jamais exercé d'activité lucrative en Suisse. Se plaignant de problèmes de santé l'empêchant d'accomplir les travaux ménagers habituels, elle a également sollicité des prestations de l'AI le 2 février 2015. Sa requête a été rejetée le 4 janvier 2016 en raison d'un degré d'invalidité insuffisant pour ouvrir le droit à une rente (15.10%). Le 18 mars 2016, l'Office AI n'est pas entré en matière sur une seconde demande de rente parce que l'assurée n'avait pas rendu plausible que les conditions de faits s'étaient modifiées de manière essentielle depuis le dernier prononcé. Une troisième demande de rente, formulée le 15 novembre 2016, a été rejetée le 22 novembre 2017, dès lors qu'en tenant compte de l'obligation de réduire le dommage en lien avec les tâches ménagères, il n'existe aucun degré d'invalidité;
que la famille de A._ a perçu une aide de la part du Service social de C._ à compter du 15 février 2010. Selon un relevé de compte du 7 mars 2016, leur dette sociale s'élevait à CHF 205'266.85. Depuis le 6 août 2014, le couple dépend du Service social de D._ et, selon un décompte au 16 novembre 2017, leur dette atteignait CHF 50'307.20;
que, le 18 février 2016, ayant appris l'existence de cette aide sociale, le Service de la population et des migrants (SPoMi) a invité A._ à s'expliquer en soulignant que cette situation pouvait remettre en cause leur titre de séjour. Une longue instruction s'en est suivie, ponctuée par l'attente du résultat des démarches visant à obtenir une rente AI. Outre les éléments déjà indiqués ci-
Tribunal cantonal TC Page 3 de 8
dessus, il est apparu que le couple était en poursuites (auprès de l'Office des poursuites de E._ et celui de F._) pour un montant global de CHF 89'953.95 et faisait l'objet d'actes de défaut de biens pour un montant de CHF 22'335.20;
que, le 21 décembre 2017, le SPoMi a fait savoir aux intéressés qu'il entendait révoquer leur autorisation d'établissement et ordonner leur renvoi de Suisse.
que, le 15 mars 2018, le représentant du couple a déposé ses objections aux mesures annoncées en relevant pour l'essentiel que l'époux se bat depuis des années pour obtenir une rente et que, s'il devait y avoir droit, l'aide sociale sera remboursée. Il a fait valoir que la dépendance à l'aide sociale n'était pas un motif pour renvoyer un ressortissant de l'union européenne atteint dans sa santé;

## Considerations