# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 89e678f8-89b4-559f-91ed-99911829cd9d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après : l'assuré ou le recourant) s'est inscrit le 15 février 2014 à l'office cantonal de l'emploi (ci-après : l'OCE ou l'intimé) en indiquant que son domicile se trouvait au chemin B_ _ au Petit-Lancy, et un délai cadre-d'indemnisation a été ouvert en sa faveur dès cette date.![endif]>![if>
2. Le 25 février 2014, l'intéressé a annoncé comme nouveau domicile : _, route C_ à Genève.![endif]>![if>
3. Le 30 avril 2015, sur demande de l'Office régional de placement (ci-après : ORP), le bureau des enquêtes du service juridique de l'OCE a ouvert une enquête afin de clarifier le lieu de domicile effectif de l'assuré.![endif]>![if>
4. Dans son rapport du 2 juillet 2015, le bureau des enquêtes a notamment relevé :![endif]>![if>
- que l'assuré n'avait pas été entendu dès lors qu'il n'avait pas pu se rendre aux rendez-vous fixés ; ![endif]>![if>
- le 25 juillet 2011, venant de France, il s'était domicilié à Genève et avait obtenu un permis B ; ![endif]>![if>
- son épouse et ses trois enfants vivaient en France à Villeurbanne. Son véhicule Opel était immatriculé en France ; ![endif]>![if>
- le 1
er
mars 2014, il avait annoncé (à l'OCPM) être domicilié _, route C_ ; ![endif]>![if>
- depuis le 1
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septembre 2014, Monsieur D_ (ci-après : le sous-locataire) était domicilié _, route C_, au bénéfice d'un contrat de sous-location relatif au studio d'une pièce à l'usage d'une personne (ci-après : le studio), conclu avec l'assuré, valable du 1
er
septembre 2014 au 31 mai 2015, (renouvelable tacitement de mois en mois), moyennant un loyer mensuel de CHF 1100.-; les factures d'électricité du studio étaient adressées au sous-locataire ; ![endif]>![if>
- le 24 avril 2015, le sous-locataire avait écrit à la régie E_ SA (ci-après : la régie) : il possédait un bail depuis le 30 août 2014 concernant ce studio ; il s'acquittait régulièrement du loyer auprès de la régie, en mains propres, en échange d'une quittance, selon justificatifs annexés, jusqu'au 28 janvier 2015. Il ne comprenait pas les raisons pour lesquelles la régie avait refusé le règlement du loyer pour les mois de mars et avril 2015 ;![endif]>![if>
- en mai 2015, le sous-locataire a relevé, dans un nouveau courrier recommandé à la régie qu'il n'avait reçu aucune réponse à son précédent courrier ; il répétait être le sous-locataire du studio et avoir convenu avec l'assuré qu'il s'acquitterait du loyer directement auprès d'elle, ce qu'il avait fait jusqu'au mois de janvier 2015 ;![endif]>![if>
- le 1
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juin 2015, l'assuré avait adressé un courrier recommandé au sous-locataire, pour lui signifier la résiliation de son bail, et pour lui demander la restitution de l'appartement dans un délai de quinze jours ;![endif]>![if>
- le 3 juin 2015 le sous-locataire avait notamment attesté qu'il habitait bien _, route C_ depuis le 30 août 2014, qu'il était le seul à occuper le studio dès cette date, que l'assuré n'y avait laissé que du mobilier (un sofa, une table et deux chaises), que l'assuré n'était pas son ami ni ne faisait partie de son cercle d'amis, et confirmait la teneur de ses courriers à la régie.![endif]>![if>
5. Le dossier de l'assuré a été annulé le 9 juillet 2015 en raison d'une prise d'emploi.![endif]>![if>
6. Selon les données CALVIN de l'office cantonal de la population (OCPM), au 27 juillet 2015, l'intéressé était sans domicile connu.![endif]>![if>
7. Par décision du 29 juillet 2015, le service juridique de l'OCE a nié le droit à l'indemnité de l'assuré dès le 1
er
septembre 2014, faute d'avoir un domicile en Suisse depuis cette date.![endif]>![if>
8. L'assuré a formé opposition contre cette décision par courrier daté du 26 août 2015, mais reçu le 14 septembre 2015. Reprenant chacun des éléments ressortant du rapport d'enquête susmentionné, ![endif]>![if>
- il a tout d'abord donné diverses explications par rapport aux rendez-vous fixés auxquels il ne s'était pas présenté ; il a produit diverses pièces à ce sujet ;![endif]>![if>
- il avait quitté son domicile français en 2011 à la suite de violences conjugales et avait loué un appartement de six pièces au Petit-Lancy le 16 juillet 2011. En raison de son problème de violence de la part de son ex-épouse, il n'avait pas pu scolariser ses enfants en Suisse et avait continué à travailler à Genève et Lausanne pour la société F_. Il avait informé l'ORP et la caisse de chômage de sa séparation dès février 2014, et était inscrit comme tel au chômage. Il a produit le contrat de bail et son contrat de travail de l'époque ;![endif]>![if>
- Il a allégué : «
Lors de ma visite aux enfants le week-end j'ai encore été victime de coups et blessures par la suite (pièce 8) et j'ai déposé une plainte à la police (pièce 9). Je vous prie de trouver également le certificat médical de 2011 pour violence à la maison de la part de mon ex-épouse
. » ![endif]>![if>
La pièce 8 porte le commentaire manuscrit suivant : «
preuve d'agression + violence conjugale qui m'a obligé à quitté (sic !) le domicile conjugal.
» Il s'agit d'un certificat de coups et blessures, établi par une doctoresse du service des urgences des hôpitaux du Léman à Thonon-les-Bains le 9/11/2012, par lequel le médecin certifie avoir examiné (l'assuré) le 9/11/2012 à 21h42, qui lui a déclaré avoir été victime de coups et blessures le 9/11/2012 à 20h30.
La pièce 9 porte le commentaire manuscrit suivant : «
preuve d'agression + violence lors de ma visite d'enfant malade 14/12/2014 entre dimanche soir lundi 15/12/2014 1h du matin ».
Il s'agit d'un récépissé de déclaration (de plainte) établi le 15/12/2014 par le commissariat de police de Vaulx-en-Velin constatant qu'à la date du récépissé l'assuré a déclaré avoir été victime de violences légères sur conjoint/dégradation de biens privés ;
- il avait été engagé chez F_ Suisse SA le 20 septembre 2011 et s'était inscrit le 18 janvier 2012 à l'université de Genève. Il a produit les justificatifs à ce sujet;![endif]>![if>
- s'agissant de son épouse et de ses enfants vivant à Villeurbanne, il a indiqué que les caisses d'allocations familiales suisses et françaises étaient au courant depuis 2011 qu'il vivait séparé ; les allocations familiales étaient versées en France à Madame dès le mois de mars 2014 ; il versait les pensions alimentaires à ses enfants ; ses enfants avaient été radiés de l'école (de Villeurbanne) et vivaient à l'étranger avec leur maman depuis le 30 janvier 2015. Il précise que les visites à ses enfants constituent le seul centre d'intérêt personnel qu'il possède encore en France mais là encore, suite à sa plainte pour coups et blessures, son ex-femme avait pris les enfants dans son pays d'origine (Djibouti);![endif]>![if>
- il indique encore :
« Comme le mariage a eu lieu dans son pays d'origine, mon épouse a demandé le divorce et le jugement statué le 27/01/2014, nous a été communiqué par voie postale le 28/08/2014.
» Il produit une photocopie réduite d'un document partiellement illisible, sur formule pré-imprimée dont les rubriques sont complétées de façon manuscrite, dont il résulte que l'époux aurait répudié son épouse et qu'en conséquence de cette répudiation les droits de l'épouse ont été fixés comme suit : (illisible) ;![endif]>![if>
- le véhicule Opel et immatriculé en France. Il appartient à Madame qui vit en France comme le prouve le certificat d'assurance (produit) ;![endif]>![if>
- il affirme : «
j'ai versé les loyers de l'appartement situé à la route C_ _, jusqu'au 30 juin 2015 selon preuves de règlement (pièce 16).
». Il produit en réalité un relevé de compte de la régie au 22 janvier 2015 montrant qu'à cette date le loyer est à jour, et en outre les justificatifs de paiement de « loyers » des mois d'avril et mai 2015 ; il produit encore la copie d'un avis de résiliation de bail avec effet au 31 janvier 2015.![endif]>![if>
- s'agissant de la présence du sous-locataire dès le 1
er
septembre 2014, et du fait que les factures d'électricité étaient adressées à ce dernier, il commente :
« j'ai accueilli un ami, M. D_ chez moi et je lui demandais de participer aux charges en payant la facture d'électricité tandis que moi je payais le loyer. Comme j'étais en mission, le 1
er
juin 2015, j'ai adressé une lettre recommandée à M. ... (le sous-locataire) pour l'informer du fait que le bail était résilié malgré plusieurs recours devant la commission de conciliation ».
![endif]>![if>
En conclusion il pensait avoir apporté la preuve de sa résidence dans le canton de Genève depuis la séparation d'avec son épouse et de la perte consécutive de son centre d'intérêt en France. Il conclut au rétablissement de son droit aux indemnités de chômage dès le 1
er
septembre 2014.
9. L'OCE a rejeté l'opposition de l'assuré par décision sur opposition du 18 novembre 2015. L'assuré n'apportait aucun élément permettant de revoir la décision litigieuse. Le fait que l'intéressé se soit séparé de son épouse, laquelle habitait en France avec leurs trois enfants avant leur départ pour l'étranger au début de l'année 2015 n'est pas pertinent, puisqu'il ne démontre pas pour autant qu'il avait sa résidence habituelle en Suisse, au _, route C_, dès le 1
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septembre 2014. D'ailleurs les déclarations de l'assuré n'étaient absolument pas corroborées par les éléments et pièces du dossier. Ainsi était-il manifeste que l'assuré n'occupait plus le studio depuis le 1
er
septembre 2014, n'ayant ni payé le loyer mensuel ou les charges relatives depuis cette date. C'était donc à juste titre que son droit à l'indemnité a été nié depuis le 1
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septembre 2014, faute d'avoir un domicile en Suisse.![endif]>![if>
10. Par courrier recommandé mentionnant l'adresse de l'intéressé _, route C_ à Genève, mais daté «
Djibouti, le 17 décembre 2015
», l'enveloppe portant la date du timbre postal du 17/12/15 à 17h34 à 1200 Genève 20, et reçu par son destinataire le 21 décembre 2015, l'assuré a saisi la chambre des assurances sociales de la Cour de justice de Genève d'un recours contre la décision susmentionnée. Par de longs développements, le recourant prétend pour l'essentiel démontrer que le sous-locataire était un ami à qui il avait voulu rendre service en l'hébergeant gratuitement, et dont il a réalisé qu'il ne s'agissait que d'un calculateur qui était là dans l'unique but de le mettre à la porte de chez lui, afin de récupérer son bail ; dans la mesure où la régie n'avait pas accepté la sous-location, il n'existait pas de relations contractuelles entre lui et cet « ami » et en conséquence il conclut « à la confirmation de l'absence de relations contractuelles entre lui et le sous-locataire » ; il demande réparation et dommages et intérêts pour le préjudice qu'il subit et qu'il évalue à plus de CHF 49'000.- , - soit le montant de CHF 49'434.35 - que la caisse de chômage lui réclame au titre de restitution de prestations versées à tort, selon décision du 10 août 2015, contre laquelle il a formé opposition
« car le service juridique ne m'a jamais reçu et s'est basé uniquement sur les courriers de Monsieur D_ .
».![endif]>![if>
11. L'intimé a conclu au rejet du recours par une écriture du 25 janvier 2016. Les déclarations du recourant ne sont absolument pas corroborées par les éléments et pièces du dossier. Au contraire, il est établi que le sous-locataire occupait seul le studio depuis la conclusion du contrat de sous-location le 30 août 2014 et qu'il a régulièrement payé le loyer depuis cette date jusqu'à fin janvier 2015 directement auprès de la régie, ainsi que les factures d'électricité y relatives. Dans la mesure où il est établi que l'intéressé ne résidait plus à la route C_ _ à Genève depuis le 1
er
septembre 2014, c'est à juste titre que son droit à l'indemnité a été nié depuis cette date, faute d'avoir un domicile en Suisse.![endif]>![if>
12. Le 22 janvier 2016, le recourant a répliqué. Il conclut derechef à la confirmation de l'absence de relations contractuelles entre lui et le sous-locataire, à ce qu'il soit tenu compte de toutes ses preuves de résidence (factures SIG, Sunrise, assurances, factures médicales à l'adresse litigieuse; considérer nulle et caduque la décision de l’OCE du 29 juillet 2015 puisque le service juridique a ignoré l'avis de la commission de SAI en le convoquant les 9 et 30 juin 2015 alors qu'il était hors contrôle ORP; noter sa disponibilité à la convocation du 20 mai 2015 annulée par l'enquêteur du service juridique de l'OCE; tenir compte du fait qu'il n'a jamais été sanctionné ; annuler la demande de remboursement d'un montant de CHF 49'000.- de la caisse UNIA pour la période de septembre 2014 à juin 2015. Il persiste à prétendre que la preuve de sa résidence à l'adresse litigieuse depuis février 2014 à juin 2015 tient à la production de la preuve du paiement des loyers pendant toute la période, et de même des charges à son nom (assurance-ménage, électricité et téléphonie ainsi que des factures de son médecin traitant, envoyées à l’adresse litigieuse) ; le 27 juillet 2015, il est sorti de la base de données de l'office cantonal de la population en raison de la résiliation de son bail et malgré plusieurs tentatives de conciliation. Il n'avait pas à répondre aux convocations de l'autorité du 9 juin au 8 juillet 2015, période pendant laquelle il n'était pas soumis au contrôle de l'ORP, selon décision SAI. Il avait participé à tous les stages d'insertion et au cours de formation. Il n'avait jamais été sanctionné. Depuis 2011 il paie ses impôts en Suisse, tous ses amis et son centre d'intérêt se trouvent à Genève. Depuis 2011, il a poursuivi ses études à Genève, fait partie de l'amicale UNIGE et son médecin traitant est basé à Genève. Depuis 2011 il est séparé de ses trois enfants et de son épouse qui vivent en France à Villeurbanne. Il reprend pour le surplus son argumentation précédente au sujet de ses relations avec le sous-locataire et la poursuite de l'hébergement gratuit de ce dernier après refus de la régie d'autoriser la sous-location.![endif]>![if>
13. Par écriture spontanée du 17 février 2016, le recourant a pour l'essentiel repris son argumentation antérieure, produisant à nouveau de nombreuses pièces dont bon nombre avait déjà été produites à plusieurs reprises, considérant que toutes les factures produites constituent " des preuves indéniables de domicile habituel ": se référant à la définition du domicile au sens de l'art. 23 du Code civil, il affirme que sa vie et ses centres vitaux personnels et professionnels sont depuis 2011 à ce jour à Genève, qu'il ne se voit nulle part ailleurs, qu'il est genevois dans l'âme, qu'il a ses habitudes ici à Genève, qu'il mange toujours à midi avec ses anciens collègues de l'ONU au palais des Nations ou au restaurant de l'OMPI.![endif]>![if>
14. L'intimé a brièvement dupliqué ; il persiste dans ses conclusions : le recourant n'apporte aucun élément nouveau dans ses écritures des 22 janvier et 17 février 2016. Il ressort clairement des éléments et des pièces du dossier que l'intéressé n'occupait plus le studio litigieux depuis la conclusion du contrat de sous-location de 30 août 2014, et ce à tout le moins jusqu'au mois de juin 2015. Le recourant avait d'ailleurs adressé le 1
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juin 2015 un courrier recommandé au sous-locataire, dans lequel il lui signifiait la résiliation du contrat de sous-location, et lui demandait de lui restituer l'appartement dans un délai de quinze jours. De plus l'intéressé était sans domicile connu selon les données informatiques de l'OCPM, état au 27 juillet 2015.![endif]>![if>
15. Sur quoi, le 17 mars 2016, la chambre de céans a convoqué les parties à une audience de comparution personnelle fixée au 4 avril 2016.![endif]>![if>
16. Par courrier fax et sous pli simple du 30 mars 2016, un avocat s'est constitué pour la défense des intérêts du recourant : afin de prendre connaissance du dossier et avoir un temps raisonnable de préparation, il sollicitait un report d'audience ainsi que la possibilité de compléter le recours de son mandant.![endif]>![if>

## Considerations