# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4c2db07f-466e-5416-8206-78805cbd49c5
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2004
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Par jugement du 27 janvier 2004, la 7
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame T_, née en septembre 1966, et de Monsieur T_, né en août 1963, qui s’étaient mariés en date du 18 septembre 1987.
Selon le chiffre 7 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage et a transmis le dossier au Tribunal cantonal des assurances sociales, pour procéder aux calculs.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 11 mars 2004.
L’instruction menée par le Tribunal de céans a permis de déterminer les éléments suivants :
a.
avoirs de Madame T_
:
- prestation de sortie arrêtée au 11 mars 2004 auprès de la Caisse de retraite de l’Union Suisse des Banques Raiffeisen USBR : 44’581 fr. 15 ;
b.
avoirs de Monsieur T_
:
- prestation de sortie arrêtée au 11 mars 2004 auprès de SWISSLIFE, y compris la prestation de sortie versée par la Caisse paritaire de prévoyance de l’industrie de la construction, d’un montant de 2'327 fr.85 au 25 juillet 1989 : 42’975 fr. ;
- prestation de sortie arrêtées au 31 mars 2004 auprès la Caisse d’assurance du personnel de la Ville de Genève et des Services industriels de Genève (CAP) : 41'157 fr. ;
- total des prestations de sortie accumulées pendant le mariage : 84'132 fr.
Par lettre du 10 août 2004, le Tribunal de céans a communiqué aux parties que, selon ses calculs, il appartiendra à la Caisse de prévoyance professionnelle de Monsieur T_, la CAP, de transférer à la caisse de retraite de Madame T_, à savoir la Caisse de retraite de l’Union Suisse des Banques RAIFFEISEN USBR, la somme de 19'775 fr.40. Il leur a par ailleurs donné la possibilité de se déterminer sur ce calcul. Seules les caisses de retraite ont fait usage de ce droit. Selon la lettre du 17 août 2004, la CAP a fait observer que Monsieur T_ n’était pas affilié à sa caisse au moment du mariage et qu’elle n’avait reçu aucun transfert de prestations de libre passage d’un précédent employeur depuis son affiliation à son institution. La prestation de libre passage aquise par Monsieur T_ dans sa caisse du 1
er
juillet 1998 au 31 mars 2004 s’élevait à 41'157 fr. et présentait à ce jour un caractère réalisable. Quant à la caisse de retraite de l’Union Suisse des Banques RAIFFEISEN USBR, elle a communiqué, par courrier du 6 octobre 2004, son accord pour le calcul du partage des avoirs de vieillesse des ex-époux T_.

## Considerations

EN DROIT
1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
2. Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 du Code civil (CC); les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
3. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de vieillesse accumulés par les époux durant le mariage. Les dates pertinentes sont d’une part celle du mariage, à savoir le 18 septembre 1987, et d’autre part le 11 mars 2004, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les pièces du dossier, les prestations acquises pendant le mariage par Monsieur T_ sont de 84’132 fr., tandis que celle acquise par Madame T_ est de 44'581 fr.15, les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi Monsieur T_ doit à son ex-épouse le montant de 42’066 fr. (84'132 : 2) et celle-ci doit à ce dernier la somme de 22'290 fr. 60 (44'581,15 : 2), de sorte qu’il appartient à Monsieur T_ de verser à la prénommée le montant de 19'775 fr. 40.
Dans la mesure où les prestations de libre passage de Monsieur T_ se trouvent réparties sur deux caisses de prévoyance professionnelle différentes, chacune de celles-ci devra transférer à celle de Madame T_ la moitié de cette somme, à savoir le montant de 9'887 fr. 70.
4. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003)
5. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 – LPA).
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