# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e7dd5329-caea-5f3f-920d-1ded9f05f4a7
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait
quel’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OCAI) a refusé l’octroi de toutes prestations à Madame J_, née en 1950 , par décision du 19 mars 2008, au motif que l’assurée ne présenterait pas de pathologie invalidante aux plans somatique et psychiatrique ;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 28 avril 2008, recours qui fut complété par acte du 15 mai 2008 dans le cadre du délai fixé par le Tribunal pour ce faire. Elle concluait, principalement, à l’annulation de la décision de l’OCAI et à la reconnaissance d’une invalidité de 100%, et subsidiairement à la mise sur pied d’une expertise pluridisciplinaire ;
Que dans sa réponse du 18 juin 2008, l’OCAI a conclu au rejet du recours et à la confirmation de sa décision ;
Que par courrier du 13 août 2008, l’assurée persista dans ces conclusions ;
Que lors de l’audience de comparution personnelle des parties, qui s’est tenue en date du 2 octobre 2008, l’assurée a persisté à solliciter la mise sur pied d’une expertise bidisciplinaire en rhumatologie et psychiatrie ;
Que le Tribunal a toutefois ordonné l’audition de la Dresse L_, laquelle audition a eu lieu en date du 27 novembre 2008 ;
Qu’au terme de ladite audition et au vu de l’ensemble des faits de la cause, le Tribunal a acquis la conviction que la mise sur pied d’une expertise psychiatrique était indispensable, alors qu’une expertise rhumatologique n’était pas nécessaire ;
Que le Tribunal de céans a informé les parties par courrier du 26 février 2009, de son intention de mettre en œuvre une expertise et leur a communiqué le nom de l’expert et les questions qu’il avait l’intention de lui poser, tout en leur impartissant un délai au 17 mars 2009 pour faire valoir d’éventuels motifs de récusation de l’expert et compléter les questions à poser ;
Que la recourante, par courrier du 10 mars 2009, a indiqué n’avoir aucun motif de récusation de l’expert et a proposé des questions complémentaires ;
Que l’OCAI, par courrier du 11 mars 2009 a indiqué n’avoir pas de motif de récusation de l’expert, ni de questions complémentaires à poser ;
Que le Tribunal de céans a partiellement accepté de compléter les questions posées ;

## Considerations

Attendu en droit
quele Tribunal de céans est compétent en la matière (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l’AI à résoudre est de savoir si la recourant souffre d’une affection invalidante de sa santé psychique ;
Que selon la jurisprudence (DTA 2001 p. 169), le juge qui estime que les faits ne sont pas suffisamment élucidés a en principe le choix entre deux solutions: soit renvoyer la cause à l'administration pour complément d'instruction, soit procéder lui-même à une telle instruction complémentaire ;
Qu’un renvoi à l'administration, lorsqu'il a pour but d'établir l'état de fait, ne viole ni le principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni le principe inquisitoire ;
Qu’il en va cependant autrement quand un renvoi constitue en soi un déni de justice (par exemple, lorsque, en raison des circonstances, seule une expertise judiciaire ou une autre mesure probatoire judiciaire serait propre à établir l'état de fait), ou si un renvoi apparaît disproportionné dans le cas particulier (RAMA 1993 n° U 170 p. 136, 1989 n° K 809 p. 206) ;
Qu’à l'inverse, le renvoi à l'administration apparaît en général justifié si celle-ci a constaté les faits de façon sommaire, dans l'idée que le tribunal les éclaircirait comme il convient en cas de recours (voir RAMA 1986 n° K 665 p. 87) ;
Qu’en l’espèce, le Tribunal a acquis la conviction qu’une expertise psychiatrique était indispensable, sans toutefois qu’il apparaisse que l’OCAI ait constaté les faits de manière sommaire ;
Que par ailleurs, la demande de prestations AI de la recourante a été déposée le 6 juin 2001, de sorte que le renvoi du dossier à l’OCAI serait susceptible de consacrer un déni de justice ;
Qu’il convient ainsi d’ordonner une expertise, laquelle sera confiée au Dr M_, médecin-psychiatre, Département de psychiatrie des HUG.