# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** adc372e3-7faa-597c-8657-958d2e23b8be
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. A._, né en 1969, et B._, née en 1980, sont mariés et parents de quatre enfants, soit C._, né en 2002, D._, née en 2005, E._, née en 2010, et F._, née en 2013.
Depuis 1993, A._ est au bénéfice d’une mesure de curatelle en raison de ses difficultés dans la gestion et l’administration de ses affaires. Son épouse bénéficie également d’une mesure de curatelle depuis 1998 et leurs enfants font l’objet d’une curatelle éducative.
Suite au changement législatif en matière de protection de l’adulte, la Justice de paix de l’arrondissement de la Glâne (ci-après : la Justice de paix) a procédé à l’adaptation au nouveau droit des anciennes mesures et a institué en faveur de A._ et B._, par décision du 11 novembre 2013, une curatelle de représentation et de gestion selon les art. 394 al. 1 et 395 al. 1 CC. De plus, les intéressés ont été privés de la faculté d’accéder à leur compte bancaire.
Par décision du 22 septembre 2016, la Justice de paix a restreint l’exercice des droits civils des intéressés en matière de gestion. Cette décision a été confirmée par la Justice de paix le 9 janvier 2017.
B. Par décision du 8 octobre 2018, la Justice de paix a rejeté les requêtes de mainlevée de la curatelle, respectivement d’allègement de la mesure, formulées par A._ et B._. Elle a confirmé provisoirement la décision du 9 janvier 2017, par laquelle la Justice de paix a privé A._ et B._ de l’exercice de leurs droits civils en matière de gestion, pendant la durée de l’instruction en vue d’une éventuelle adaptation de la mesure. La requête de A._ tendant à un changement de curateur a été rejetée et G._, Chef de service et curateur auprès du Service officiel des curatelles de la Glâne, a été maintenu dans son mandat, lequel a par ailleurs été étendu à la gestion des affaires administratives et financières de C._, fils aîné du couple, en apprentissage. Enfin, la Justice de paix a ordonné l’expertise psychiatrique de A._ et B._.
Pendant la période courant du 5 août au mois de décembre 2019, G._ a testé la capacité des époux A._ et B._ à gérer leur situation financière en réglant uniquement les factures de loyer, d’assurances maladie et du foyer, l’intégralité des revenus restants étant versés aux époux A._ et B._ pour régler les autres factures courantes.
Le 27 mai 2019, le Centre de psychiatrie forensique, respectivement les Dres H._, médecin adjointe et I._, médecin assistante, ont rendu leur expertise concernant B._. Il en ressort, pour l’essentiel, que la patiente présente une faiblesse intellectuelle et un trouble de la personnalité, le diagnostic posé étant celui d’un retard mental léger. Les expertes considèrent qu’elle souffre d’une incapacité durable de discernement s’agissant des questions administratives et financières, que la perception de la réalité peut être altérée et que la présence d’une tierce personne pourrait être nécessaire. Enfin, elles pensent que le risque qu’elle puisse agir contre son intérêt ou être exploitée par des tiers ne saurait être exclu.
En date du 29 mai 2019, les Drs J._, médecin-adjoint, et K._, médecin chef de clinique adjoint auprès du Secteur de psychiatrie et de psychothérapie pour adultes du Réseau fribourgeois de santé mentale, ont rendu leur expertise concernant A._. Il en ressort en substance que l’expertisé ne souffre pas d’une déficience mentale, mais que l’examen neuropsychologique met cependant en évidence un dysfonctionnement exécutif, plus marqué sur
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le plan comportemental que cognitif, et des troubles de la cognition sociale. L’examen a mis en évidence un trouble mixte de la personnalité avec un comportement impulsif et par moments dyssocial, une incapacité répétée d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières, une tendance marquée à rejeter la faute sur les autres ou à rationaliser des excuses plausibles pour des comportements amenant le sujet en conflit avec la société, des achats inconsidérés et des activités annexes non déclarées. Les experts considèrent que l’expertisé ne souffre pas d’une incapacité durable de discernement mais relèvent qu’en cas de stress émotionnel, son caractère impulsif et ses troubles de la cognition sociale peuvent engendrer une diminution transitoire de sa capacité de discernement. Ils indiquent que le besoin d’assistance patrimoniale est présent, en raison de la présence de quatre enfants, qui doivent être protégés, et puisque dans le passé il y a eu des difficultés à gérer le patrimoine de la part de l’expertisé. Enfin, s’il ne risque pas, au sens strict, d’agir contre son intérêt ou de s’exposer à être exploité par des tiers, les experts notent une certaine interdépendance avec sa femme, susceptible d’influencer sa capacité à prendre des décisions pondérées.
Par courrier du 10 décembre 2019, G._ a tiré un premier bilan de la gestion des revenus opérée par le couple A._ et B._, sur la période du 1er août au 30 novembre 2019, soulignant que l’objectif fixé n’avait pas été atteint et que le couple A._ et B._ n’était pas capable de gérer l’entier de sa situation financière. Il estime en outre qu’une curatelle de représentation et gestion, avec restriction de l’exercice des droits civils, est un outil minimal et indispensable pour mener à bien sa mission.
Les 20 et 29 janvier 2020, A._ s’est déterminé sur la situation, tout en réitérant sa demande de levée de mesure.
Le 9 mars 2020, A._ et B._ ainsi que leur curateur ont comparu à la séance de la Justice de paix lors de laquelle ils ont été entendus.
Le même jour, G._ a remis à la Justice de paix une analyse de la comptabilité mensuelle tenue pour la famille de A._ et B._ pendant la période d’août à octobre 2019, avec les objectifs qui leur avaient été fixés et les résultats obtenus, mettant en exergue de manière précise les difficultés de gestion rencontrées.
Dans son rapport annuel pour l’année 2019, daté du 14 avril 2020, le curateur a rapporté que, comme les années précédentes, la famille de A._ et B._ avait reçu plusieurs avertissements et menaces de résiliation de bail de la part de la régie et du propriétaire (objet des courriers reçus : cigarettes jetées par terre, sacs de poubelle entreposés à l’extérieur, parcage du véhicule gênant les autres usagers, crottes d’animaux, bruit ou propreté des lieux communs). Il a également précisé que la collaboration avec le couple avait été en dent de scie pendant l’année 2019, jusqu’à devenir inexistante en fin d’année. Il a évoqué le projet d’autonomisation mis en place, tout en relevant que les époux n’avaient jamais payé la moindre pension pour le cheval, ni la facture du camp de ski de l’année précédente, alors qu’ils avaient reçu l’argent pour et l’instruction de le faire. La facture d’impôt pour le chien ne lui avait pas été transmise, avec pour conséquence un commandement de payer. Il avait également dû payer une amende convertie en jours d’arrêts, A._ ne la lui ayant pas transmise. Au terme de son rapport, il a expliqué que son objectif pour 2020 était de rétablir la situation financière des intéressés.
Par courrier électronique du 11 mai 2020, G._ a informé la Justice de paix qu’il avait déposé une plainte pénale contre A._, essentiellement parce qu’il l’avait menacé.
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Du rapport de la Police cantonale du 2 juin 2020, il ressort notamment que A._ a avoué avoir effectivement déclaré à la secrétaire du Service officiel des curatelles de la Glâne qu’il allait venir avec un fusil à pompe et tirer dans les jambes de son curateur. De même, il avait également déclaré qu’il allait lui « casser la gueule » et l’envoyer à l’hôpital, précisant toutefois que c’étaient des paroles qu’il avait dites sous le coup de la colère et que son but était de faire bouger les choses, ne voulant plus être sous curatelle.
Par courriers des 15 juin, 11 août et 2 septembre 2020, A._ a contesté que son contrat de bail allait être résilié et s’est plaint du comportement de G._, tout en réitérant sa requête de levée de mesure.
En date du 31 août 2020, G._ a porté à la connaissance de la Justice de paix des courriers électroniques échangés avec L._, éducatrice de D._ auprès du Foyer M._, entre le 27 et 31 août 2020. Il en ressort que D._ n’a plus de vêtements et de chaussures à sa taille de sorte que l’éducatrice a requis un budget pour en acheter. De plus, l’éducatrice a relevé que D._ et ses sœurs ne mangeaient pas à leur faim à la maison. D._ et sa mère en attribuent la cause au fait que l’argent dévolu à la nourriture est en partie utilisé par le père pour l’achat de cigarettes. Des vacances ont été organisées de ce fait, en alternance entre le foyer et la maison, pour protéger l’enfant.
Invitée à rendre un rapport intermédiaire sur les problèmes rapportés, N._, curatrice éducative des enfants, a expliqué, en date du 8 septembre 2020, que les parents étaient investis dans leurs rôles parentaux, malgré leurs difficultés personnelles. Cependant, la famille devait subir une diminution de son revenu en raison de la majorité de C._, ce qui occasionnait beaucoup de tensions au sein de la famille et un budget extrêmement limité. Les parents lui avaient indiqué ne plus pouvoir nourrir leurs enfants, tout en n’étant d’autre part pas prêts à diminuer leurs charges (box de rangement de matériel pour A._, frais liés à leur cheval). Elle a conclu son rapport en exprimant que les époux A._ et B._ avaient besoin d’aide à la gestion financière, pour leur permettre de prioriser les besoins vitaux de leurs enfants.
Le 24 septembre 2020, A._ a déposé au greffe de la Justice de paix une enveloppe contenant des mégots de cigarettes.
Le 28 septembre et 8 octobre 2020, A._ a déposé des déterminations spontanées.
C. Par décision du 24 septembre 2020, la Justice de paix a rejeté les requêtes de levée de curatelle formulées par A._ et B._ et a maintenu la curatelle de représentation et de gestion ainsi que la restriction de l’exercice de leurs droits civils. De plus, elle a rejeté la requête tendant au changement de curateur et G._ a été confirmé dans son mandat. Elle a en outre ratifié tous les actes de gestion opérés à ce jour par G._ et l’a invité à prendre de plus amples mesures de restriction budgétaires. La Justice de paix a également indiqué que C._ sera prochainement convoqué en vue d’instaurer une éventuelle mesure de protection le concernant. Enfin, les frais judiciaires ont été mis à la charge de A._ et B._.
D. Par acte daté du 9 novembre 2020 et remis à la poste le lendemain, A._ a interjeté recours contre cette décision. B._ n’a quant à elle pas contesté la décision.
E. Par courrier du 27 novembre 2020, la Justice de paix a renoncé à se déterminer sur le recours, se référant à la teneur de sa décision.
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## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte (ci-après : la Cour ; art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).