# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 493633db-7417-533a-975b-503559ece075
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2006
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

attendu qu’il en résulte en fait et en droit que :
1. M. X_ est inspecteur de police judiciaire, qu’il est entré dans le corps de police le 5 mars 2001. Il est ainsi soumis à la LPol (art. 6 al. 1 litt f).
Le recours auprès de la commission de recours des fonctionnaires de police et de la prison (ci-après : CRPP), constituée conformément à l’article 40 alinéa 2 LPol, a été admis par voie jurisprudentielle contre un arrêté prononçant la suspension provisoire, avec ou sans traitement, d’un fonctionnaire de police (
ACOM/47/1999
du 7 mai 1999). S’agissant d’une décision incidente, le délai de recours est de 10 jours en application de l’article 63 alinéa 1 lettre b de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - (LPA -
E 5 10
). Cette voie de recours est celle qui figure au pied de l’arrêté querellé et le recours a été interjeté dans ce délai. Il est ainsi recevable.
2. Le recours a effet suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours. Dans ce cas, la CRPP peut, sur demande du recourant, accorder l’effet suspensif (art. 49 al. 7 et 8 LPol).
La demande de restitution de l’effet suspensif suppose une pesée des intérêts en présence, en application de l’article 66 alinéa 2 LPA. En l’espèce, il convient de comparer d’une part, l’intérêt public à éviter que le recourant n’exerce ses fonctions, les reproches qui lui sont adressés étant prima facie incompatibles avec celles-ci et d’autre part, son intérêt privé à travailler, le recourant contestant les faits, souhaitant poursuivre sa carrière et continuer à percevoir son traitement, dont la suppression le placerait dans une position particulièrement délicate, sans autre précision.
L’autorité doit enfin tenir compte des chances de succès du recours. Comme la commission de recours de céans l’a déjà jugé (
ACOM/47/1999
précité) et comme le Tribunal administratif l’a fait à réitérées reprises (
ATA/225/2006
du 25 avril 2006 et
ATA/716/2005
du 25 octobre 2005), il convient de rappeler que la suspension provisoire revêt un caractère temporaire et ne préjuge en rien de la décision finale. Il s’agit en fait d’une sorte de mesure provisionnelle (
ATA/924/2004
du 29 novembre 2004).
3. A supposer que les faits reprochés au recourant soient avérés, ils sont manifestement incompatibles avec la poursuite de l’activité d’inspecteur de police judiciaire. L’intérêt de la police et du public au bon fonctionnement de cette institution doit primer l’intérêt privé du recourant à exercer la profession qu’il a choisie. L’intérêt public à l’éloignement de M. X_ pendant l’enquête est ainsi prépondérant et aucune autre mesure moins incisive que la suspension provisoire de fonction ne permet d’atteindre ce but.
4. Quant à la suppression de traitement, force est d’admettre qu’elle sera de brève durée puisque l’enquête administrative est en cours et devrait être terminée d’ici la fin de ce mois-ci, selon la requête du Conseil d’Etat, et que l’enquête pénale est fort avancée. Il en résulte que dans ces conditions la suppression de traitement n’est nullement disproportionnée.
Enfin, les violations alléguées par M. X_ relatives au droit d’être entendu sont infondées. D’une part, l’article 39 LP ne prévoit pas que la suspension provisoire doive être précédée d’une audition par le Conseil d’Etat. D’autre part, s’agissant d’une mesure urgente elle souffre, comme toute mesure provisionnelle, d’être prise sans l’audition de l’intéressé. Or, en l’espèce, M. X_ a été entendu par ses supérieurs directs quels que soient les rapports conflictuels qu’il entretiendrait avec M. Cheneval, celui-ci étant son supérieur hiérarchique. En outre, M. X_ a été auditionné par le chef de la police judiciaire, M. Chevalier, de sorte que pour ce motif également ce grief doit être écarté. Quant au grief de la violation de la présomption d’innocence, il s’avère que tant l’enquête administrative que l’enquête pénale ont pour but d’établir des faits contestés par le recourant. On ne saurait reprocher au Conseil d’Etat d’avoir tardé puisque l’arrêté querellé, et celui du 18 octobre également nommant l’enquêteur administratif, ont été pris le lendemain de l’inculpation de M. X_ par le juge d’instruction, inculpation qui permet d’inférer qu’à cette date, la prévention d’abus d’autorité était suffisante.
5. La demande de restitution d’effet suspensif sera ainsi rejetée et le sort des frais réservé jusqu’à droit jugé au fond
* * * * *

## Considerations