# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e2fe9417-eba7-5438-bcd0-aba5c19fe65e
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2005
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait
Quepar décision du 8 avril 2004,l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OCAI) a refusé l’octroi de toutes prestations à Monsieur M_, né en 1950, au motif que son incapacité de gain est due avant tout à sa toxico-dépendance et qu’il n’y a pas d’invalidité au sens de la loi ;
Que l’OCAI s’est fondé sur les rapports médicaux des Docteurs A_, spécialiste en ophtalmologie, et de l’expertise psychiatrique réalisée par le Docteur B_ ;
Que l’assuré a formé opposition en date du 24 avril 2004, contestant les conclusions médicales ;
Qu’il a fait valoir que ses problèmes de toxicomanie sont réglés depuis longtemps et qu’il ne souffre pas de problèmes psychiques particuliers ;
Qu’en revanche, il a perdu la vision de l’œil gauche et que celle de l’œil droit est en régression, ce qui ne lui permet plus de travailler ;
Que par décision du 27 mai 2004, l’OCAI a rejeté l’opposition, au motif qu’il avait tenu compte des problèmes de santé de l’assuré, et notamment du problème oculaire qui n’avait pas de répercussion sur sa capacité de travail ;
Que l’assuré a interjeté recours contre cette décision en date du 17 mai 2004 ;
Qu’au vu des incompréhensibles changements d’avis du Docteur A_ alors que sa vue reste extrêmement diminuée, il a conclu à la mise en oeuvre d’une expertise qui pourra confirmer son handicap ;
Que dans sa réponse du 30 septembre 2004, l’OCAI a persisté dans ses conclusions ;
Que par courrier du 12 octobre 2004, le recourant a rappelé qu’il avait perdu la vision de l’œil gauche et que l’acuité visuelle de l’œil droit était en constante régression ;
Que contrairement à ce que soutient l’OCAI, il a exercé une activité indépendante d’antiquaire, activité qu’il ne lui est plus possible de pratiquer en raison de ses troubles oculaires ;
Qu’il a joint copies d’un rapport du Docteur A_ du 11 juin 2004 et d’un courriel du Dr C_ ;
Que le Tribunal de céans a convoqué les parties à une audience de comparution personnelle qui s’est tenue le 20 avril 2005 ;
Qu’à cette audience, les parties ont convenu qu’il était nécessaire de soumettre l’assuré à une expertise de type COMAI ;
Qu’elles ont convenu que le Tribunal de céans mandatera le COMAI à cet effet ;
Que par pli du 26 mai 2005, l’OCAI a fait parvenir au Tribunal de céans les questions qu’il souhaitait voir poser aux experts du COMAI ;
Que le Tribunal a communiqué aux parties les questions qu’il avait l’intention de poser à l’expert, tout en impartissant au recourant un délai pour compléter celles-ci ;

## Considerations

Attendu en droit
Quele Tribunal de céans est compétent en la matière, depuis sa création le 1
er
août 2003 (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les forme et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l’AI à résoudre est de savoir de quelles atteintes à la santé souffre le recourant, notamment sur les plans ophtalmologique et psychiatrique ;
Qu’au cas où le recourant souffrirait de toxico-dépendance, il convient de déterminer si la toxicomanie est la conséquence ou non d’une atteinte à la santé invalidante, auquel cas elle est du ressort de l’AI ou s’il s’agit d’une toxicomanie dite primaire (cf. ATFA I 64/02 du 30 janvier 2003 et jurisprudence citée) ;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 1994, t.1, p. 438) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ;
Qu’en matière d’AI la première solution est en principe préférée, à moins que les parties ne soient d’accord avec la seconde, comme en l’espèce (ATFA I 431/02 du 8 novembre 2002) ;
Qu’au vu des rapports médicaux contradictoires et des déclarations de l’assuré, il convient d’ordonner une expertise multidisciplinaire, notamment sur le plan ophtalmologique et psychiatrique, afin de clarifier la situation médicale et de déterminer, de manière certaine, la capacité de travail du recourant ;
Qu’en application de l’art. 39 de la loi sur la procédure administrative (LPA), un délai de 10 jours a été accordé aux parties pour éventuelle récusation de l’expert ;
Que les parties n’ont pas fait valoir de motif de récusation ;
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