# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 4ac7fdfc-3e6a-4b4b-8c54-c0ea8b023523
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

Le juge rapporteur, vu:
la procédure pénale SV.12.1845 ouverte par le Ministère public de la Confédéra-
tion (ci-après: MPC) à l'encontre du dénommé A., sous le chef de blanchiment
d’argent au sens de l'art. 305 bis
CP,
le courrier du MPC du 25 janvier 2013 par lequel cette autorité "prend acte" du fait
que "la banque B. s'est constituée partie plaignante par le dépôt de sa plainte pé-
nale contre inconnus pour blanchiment d'argent du 30 novembre 2012" et constate
que "[e]n application des art. 115 et 118ss CPP et sur la base des faits décrits et
des arguments développés par la banque B., il se justifie d'accepter son interven-
tion en qualité de partie plaignante dans le cadre de la présente procédure pénale"
(dossier BB.2013, act. 1.1);
le recours déposé le 7 février 2013 par A. auprès de la Cour des plaintes du Tribu-
nal pénal fédéral à l'encontre de ladite décision, concluant en substance à l'annu-
lation de celle-ci et, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif (act. 1),
l'effet suspensif superprovisoire octroyé par le Président de la Cour de céans le
11 février 2013 (act. 2),
les déterminations du MPC du 19 février 2013, par lesquelles ce dernier indique ne
pas s'opposer à l'octroi de l'effet suspensif (act. 3),
les déterminations de la banque B. du 19 février 2012, aux termes desquelles cet-
te dernière indique pour sa part s'opposer à la demande d'effet suspensif (act. 4),
la réplique spontanée de A. adressée le 26 février 2013 à l'autorité de céans, avec
copie à la banque B. et au MPC (act. 8),

## Considerations

considérant:
que selon l’art. 387 CPP, les voies de recours n’ont pas d’effet suspensif sauf si la
direction de la procédure de l’autorité de recours en décide autrement (arrêt du
Tribunal fédéral 1B_258/2011 du 24 mai 2011, consid. 2.3);
que le but premier de l’effet suspensif est le maintien d’un état qui garantit
l’efficacité de la décision ultérieure, quel que soit son contenu;
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que l’octroi ou le refus de l’effet suspensif dépend de la pesée des intérêts en pré-
sence et doit être fonction de chaque cas d’espèce (ATF 107 Ia 269 consid. 1
p. 270);
que l'octroi de l'effet suspensif ne saurait toutefois avoir pour conséquence de
compromettre l'efficacité de la mesure ordonnée, la décision à rendre ne devant
pas être anticipée ou rendue impossible (BÖSCH, Die Anklagekammer des
Schweizerischen Bundesgerichts [Aufgaben und Verfahren], thèse Zurich 1978,
p. 87);
qu’en l’espèce, l’acte attaqué "prend acte" de ce que la banque B. s'est constituée
partie plaignante dans la procédure SV.12.1845 (dossier BB.2013.10, act. 1.1);
que pareille formulation – et la Cour de céans a déjà eu l'occasion de le relever
(v. ordonnance du Président de la Ire Cour des plaintes BP.2011.73 du 21 dé-
cembre 2011, p. 3) – a pour effet d’ouvrir à la précitée tous les droits dont bénéfi-
cie une partie, en particulier celui de consulter le dossier (art. 107 CPP; arrêt du
Tribunal pénal fédéral BB.2009.92 du 17 mars 2010, consid. 2.1);
que, selon la jurisprudence et la doctrine, il appartient au requérant de démontrer
qu’il est sur le point de subir un préjudice important et – sinon irréparable – à tout
le moins difficilement réparable (v. notamment les ordonnances présidentielles du
Tribunal pénal fédéral BP.2011.69 du 21 novembre 2011, ainsi que BP.2010.6 et
BP.2010.18-23 des 10 février et 11 juin 2010; JdT 2008 IV 66, n o 312 p. 161; KOL-
LY, Le pourvoi en nullité à la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral: un
aperçu de la pratique, Berne 2004, p. 58 s. n o 5.3.6; CORBOZ, Commentaire de la
LTF, Berne 2009, n os
26 et 28 ad art. 103; DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal fédéral –
Commentaire, Berne 2008, n o 4166);
que, dans le cas d'espèce, le requérant fait valoir qu'à défaut d'effet suspensif au
recours, la banque B. "pourrait prétendre à exercer les droits de la partie plai-
gnante, notamment celui de l'accès au dossier, jusqu'à droit jugé sur le recours" et
qu'"[u]ne telle situation aurait pour conséquence de rendre sans objet la décision
du MPC ayant reconnu la qualité de partie civile à la banque B., et contre laquelle
le présent recours est formé" (act. 1, p. 23);
que le préjudice difficilement réparable tel qu’invoqué par le requérant pour fonder
sa demande d’effet suspensif est formulé de façon générale, sans spécification
particulière;
que toutefois, si, de jurisprudence constante, la constitution de partie plaignante
dans une procédure pénale ne cause en général au prévenu aucun préjudice irré-
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parable qu’une décision finale ne ferait pas disparaître entièrement (arrêt du Tri-
bunal fédéral 1B_347/2009 du 25 janvier 2010, consid. 2), il convient de relever
que s’agissant de l’accès au dossier par la partie plaignante, le Tribunal fédéral a
déjà relevé, qu’une fois celui-ci exercé, les informations qui s’y trouvent sont con-
nues, de sorte qu’ordonner, le cas échéant, à la fin de la procédure de plainte rela-
tive à la constitution de partie plaignante la restitution des copies du dossier serait
une mesure dépourvue d’efficacité (arrêt du Tribunal fédéral 1P.615/2003 du
4 février 2004, consid. 6; cf. aussi l’arrêt 1B_347/2009 précité ibidem);
qu'en la présente espèce, le MPC ne mentionne aucunement, dans l'acte attaqué,
respectivement dans sa prise de position sur la question de l'effet suspensif, que
l'accès au dossier garanti à la banque B. du fait de son admission comme partie
plaignante à la procédure SV.12.1845 ferait l'objet d'un aménagement particulier à
ce stade;
que dès lors et au vu des considérations qui précèdent, l’intérêt public à ne pas
laisser la banque B. prendre connaissance du dossier de la procédure jusqu’à droit
connu sur le sort de sa constitution en tant que partie plaignante l’emporte sur son
intérêt privé à y avoir accès;
que l'octroi de l'effet suspensif ne préjuge en rien de la décision au fond et ne lui
enlève nullement toute efficacité, au cas où celle-ci devait être confirmée;
que dans ces conditions, il y a lieu d’admettre la requête d'effet suspensif;
que le sort des frais suivra celui de la cause au fond.
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