# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** c93da3a7-210b-53e9-9840-aed7954c4a0f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. A._ fait l’objet d’une procédure pénale conduite par les autorités de D._ pour délit manqué de meurtre, éventuellement lésions corporelles graves, mise en danger de la vie d’autrui, infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants, infractions à la loi fédérale sur la circulation routière, vols, violations de domicile etc. Placé en détention avant jugement, il est actuellement détenu à E._.
Le 7 décembre 2020, il a déposé plainte pénale contre B._ et C._, cadres auprès de E._, pour diffamation, calomnie, injure « et/ou pour tout autre fait que le Ministère public pourra bien qualifier ». Il leur reproche d’avoir signalé faussement, en date du 5 octobre 2020, à F._, cheffe de projet et directrice des établissements de détention du canton de D._, qu’il ne voulait plus travailler en prison à la cuisine avec une personne de couleur noire, l’accusant ainsi de racisme et lui portant préjudice. Il a souligné que, par la suite, E._ a, par courrier du 30 novembre 2020, reconnu qu’il n’avait pas eu d’attitude raciste en prison, que sa détention se poursuit dans de bonnes conditions et que son travail donne pleine et entière satisfaction. Il en conclut que l’attitude de B._ et C._ a eu une incidence sur la décision du Juge des mesures de contrainte qui, par prononcé du 7 octobre 2020, a prolongé sa détention en en tenant compte.
B. Par ordonnance du 21 janvier 2021, le Ministère public n’est pas entré en matière sur la plainte pénale du 7 décembre 2020 en retenant que les éléments constitutifs d’une infraction ne sont manifestement pas remplis.
C. Le 24 janvier 2021, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de non-entrée en matière du 21 janvier 2021. Il a conclu à ce qu’il soit entré en matière sur sa plainte pénale
Invité à se déterminer, le Ministère public, par écrit du 4 février 2021, n’a pas contesté la recevabilité du recours, s’est référé à l’ordonnance querellée et a relevé que la perception que le recourant a de son affaire pénale, qu’il qualifie d’altercation qui a mal tourné, diffère de celle posée par les autorités judiciaires de D._ (délit manqué de meurtre notamment). Il conclut au rejet du recours, avec suite de frais.
Invités à se déterminer, B._ et C._ l’ont fait par des courriers du 30 mars 2021. Ils concluent tous deux au rejet du recours, indiquant n’avoir jamais fait état d’un ressentiment de A._ à l’égard de son collègue de travail du fait de sa couleur de peau, mais bien uniquement du fait de la différence de rythme de travail.

## Considerations

en droit
1.
1.1. En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 CPP et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (RSF 130.1; LJ), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. Ce délai a été respecté, l’ordonnance querellée ayant été notifiée le 22 janvier 2021 et le recours déposé le 24 janvier 2021.
1.3. Toute partie qui a intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). La notion de partie visée à l’art. 382 al. 1 CPP doit être comprise au sens des art. 104 et 105 al. 1 CPP (arrêt TF 6B_753/2012 du 25 février 2013 consid. 3.3.1). La partie plaignante a notamment la qualité de partie (art. 104 al. 1 let. b CPP). En l’espèce, le recourant, partie plaignante, a indubitablement un intérêt juridiquement protégé à l’annulation de l’ordonnance de non-entrée en matière.