# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 72cb16ad-c21f-598b-a3c8-350d47178244
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, le jugement
JTPI/13998/2021
du 4 novembre 2021 par lequel le Tribunal de première instance (ci-après: le Tribunal), statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux B_ et A_ à vivre séparés (chiffre 1 du dispositif), attribué à l'épouse la jouissance exclusive du domicile conjugal (ch. 2), lui a attribué la garde des enfants C_, née le _ 2009 et D_, né le _ 2014 (ch. 3), réservé un droit de visite en faveur du père, dont les modalités ont été fixées (ch. 4), condamné ce dernier à verser en mains de son épouse, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, du 1
er
mai 2020 au 31 janvier 2022, la somme de 80 fr. à titre de contribution à l'entretien de chacun des enfants (ch. 5) et l'a condamné, à partir du 1
er
février 2022, à verser à B_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, 800 fr. à titre de contribution à l'entretien de l'enfant C_ et 600 fr. pour D_ (ch. 6);
Que le Tribunal a retenu que A_ percevait, en l'état, un revenu mensuel net de 2'933 fr. pour une activité à 70% en tant que responsable du E_ Bar;
Que dans la mesure où il était en bonne santé et âgé de 50 ans seulement, il pouvait être exigé de lui qu'il travaille à 100%, ce qui lui permettrait de réaliser un revenu mensuel net de l'ordre de 4'300 fr.;
Qu'un délai à fin janvier 2022 devait lui être laissé pour lui permettre d'augmenter son temps de travail;
Que s'agissant de ses charges, le Tribunal a retenu un montant de 2'773 fr. par mois comprenant le loyer (1'161 fr.), la prime d'assurance maladie de base, subside déduit (411 fr. 85) et le minimum vital (1'200 fr.);
Que le Tribunal a retenu, pour C_, des charges non couvertes par les allocations familiales de 800 fr. par mois et pour D_ de 600 fr. par mois;
Vu l'appel formé le 12 novembre 2021 par A_ contre le jugement du 4 novembre 2021, reçu le lendemain, concluant à l'annulation des chiffres 5 et 6 de son dispositif et à sa condamnation à verser, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, pour une durée indéterminée dès le 1
er
mai 2020, la somme de 80 fr. à titre de contribution à l'entretien de chacun de ses enfants;
Qu'à l'appui de son appel, A_ a soutenu que son épouse percevait un revenu supérieur à celui retenu par le Tribunal;
Que lui-même n'était pas en mesure de réaliser un supérieur à celui annoncé, son employeur ne pouvant augmenter son temps de travail;
Que les charges non couvertes des enfants auraient par ailleurs dû être arrêtées à 767 fr. par mois pour C_ et à 567 fr. pour D_, puisqu'il avait lui-même financé l'achat de deux cartes junior CFF;
Qu'à titre préalable, A_ a sollicité la restitution de l'effet suspensif s'agissant du chiffre 6 du dispositif du jugement litigieux;
Que sur ce point, il a affirmé que le montant des contributions d'entretien mis à sa charge conduirait à "sa ruine financière", étant manifestement disproportionné par rapport à son solde disponible;
Vu la réponse de B_ sur effet suspensif, concluant au rejet de la requête;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, le Tribunal a retenu pour l'appelant, à partir du 1
er
février 2022, un revenu hypothétique supérieur à celui qu'il perçoit actuellement, devant lui permettre de contribuer de manière plus importante à l'entretien de ses deux enfants;
Que la possibilité de se procurer ce revenu hypothétique est contestée par l'appelant;
Que ce point fera l'objet d'un examen approfondi sur le fond;
Que si l'appel était fondé et s'il devait être admis que le revenu hypothétique retenu par le Tribunal n'est pas réalisable, l'appelant se retrouverait à devoir verser, à défaut d'octroi de l'effet suspensif, des contributions d'entretien qui porteraient atteinte à son minimum vital;
Qu'il se justifie par conséquent de faire droit à sa requête et de suspendre le caractère exécutoire attaché au chiffre 6 du dispositif du jugement attaqué, en tant que le montant des contributions d'entretien dues dépasse la somme de 80 fr. par mois et par enfant, que l'appelant devra continuer de verser;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision avec l'arrêt au fond.
* * * * *