# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f2a57a70-f38c-40b3-9460-8f12c7d42ec5
**Court:** JU_TC
**Chamber:** JU_TC_003
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** JU / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Substantive Criminal

## Facts

Vu le jugement du juge pénal de première instance du 7 août 2018 par lequel l’appelant a été déclaré coupable d’infractions au CPC pour avoir, en qualité d’automobiliste, parqué son véhicule sur une place mise à ban sur la parcelle no X1 du ban de U., infractions commises les 14, 17, 20 et 31 octobre 2017, ainsi que les 10, 13, 14 novembre 2017 et condamné à une amende contraventionnelle de CHF 350.-, ainsi qu’aux frais judiciaires par CHF 338.- ;
Vu l’appel interjeté contre ce jugement par annonce d’appel du 13 août 2018 et déclaration d’appel du 24 août 2018 ;
Vu les motifs invoqués par l’appelant ;
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Vu que les plaintes pour violation de la mise à ban ont été déposées par le concierge de l’immeuble qui appartient à la société B. SA à V. ;
Vu la procuration versée au dossier selon laquelle C. SA, gérante de la parcelle no X1, donne mandat aux concierges de déposer plainte pour non-respect de l’interdiction prononcée en application de l’article 258 CPC ;
Attendu que l’appel, déposé dans les forme et délai légaux, est recevable ;
Attendu que depuis l’introduction du CPC et indépendamment de la formulation qui a prévalu jusqu’au 1er janvier 2018 dont le texte français utilisait le terme de dénonciation, l’infraction réprimée par l’article 258 CPC est un délit à requête ; que le dépôt d’une plainte en bonne et due forme par une personne habilitée à agir constitue ainsi une condition de l’action publique ; que le droit de porter plainte appartient à toute personne lésée, soit celle dont le bien juridique est directement atteint par l’infraction ; qu’il ne peut pas s’agir de celui qui n’est atteint qu’indirectement en qualité de proche ou de créancier par exemple ; que le droit de porter plainte est de nature strictement personnelle et intransmissible, le lésé pouvant toutefois déléguer ce droit à un représentant civil ou commercial ;
Attendu que le bien juridique protégé par l’article 258 CPC est le droit de propriété ; qu’en tant que tel, il appartient au seul propriétaire ; que celui-ci est donc seul habilité à porter plainte pour non-respect d’une mise à ban ; qu’il a ainsi été jugé que l’administrateur ou le gérant d’un immeuble ne peut porter plainte à titre personnel pour violation de l’article 258 CPC (Tribunal cantonal de Fribourg, 501 2015 135, consid. d, du 22 août 2016 ; Tribunal cantonal des Grisons, SK2 17 26, consid. 3.3, du 28 juillet 2017) ; que, dans le même sens, le Tribunal fédéral a jugé qu’une gérance immobilière n’était pas habilitée à porter plainte pour violation de domicile, dès lors qu’elle n’est pas titulaire du bien juridiquement protégé par l’article 186 CP (TF 6B_960/2017 du 2 mai 2018) ;
Attendu, en l’occurrence, que le concierge de l’immeuble a déposé plainte en se prévalant du mandat qui lui a été confié par la Société C. SA, chargée de la gérance de l’immeuble, et en produisant une procuration émanant de ladite société ;
Attendu que ladite société n’est pas lésée directement par l’infraction reprochée à l’appelant ; qu’elle ne pouvait, en conséquence, pas déposer plainte en son nom conformément à l’article 30 al. 1 CP, ni a fortiori déléguer ce droit au concierge de l’immeuble ; qu’il convient dès lors de constater qu’aucune plainte n’a valablement été déposée ;
Attendu qu’une condition de l’action publique fait ainsi défaut ; qu’il n’y a dès lors pas lieu de donner d’autres suites à la procédure, les frais y relatifs étant laissés à la charge de l’Etat ;
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## Considerations