# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 6d279bfe-53fa-570a-aa8b-824d3e5aa661
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_012
**Year:** 2009
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 2 juin 2009, A_ recourt contre la décision rendue le 14 mai 2009, dans la cause P/3539/09, par laquelle ce magistrat a refusé d’octroyer des autorisations de visite à son frère V_ et, s’agissant de la restitution de son dépôt, a émis «
des réserves
» et sollicité la détermination de la partie civile - précisant ensuite dans ses observations que ladite restitution ne serait acceptée qu’à certaines conditions.
Le recourant conclut à l'annulation de cette décision et à ce que le Juge d’instruction lui accorde un «
n’empêche
» pour qu’il puisse immédiatement récupérer ses affaires au dépôt et autorise la visite de V_.
B.
Il ressort des pièces du dossier les éléments de fait suivants:
a) a)
Le 27 février 2009, S_ s’est rendue à la police pour y déposer plainte pénale contre A_, son père « officiel » (étant précisé qu’au cours de la procédure, il a été établi que ce dernier n’était pas le père biologique de la plaignante).
S_ a expliqué que, depuis la séparation de ses parents et le départ définitif de sa mère au Portugal, elle vivait seule à Genève avec A_. Dès qu’elle a eu atteint l’âge de 15 ans, il avait commencé à la caresser au niveau des seins et des fesses, alors qu’elle prenait son bain. Ensuite, il avait, de manière réitérée, introduit un doigt dans son vagin. Un jour, il lui avait demandé si elle préférait être pénétrée au niveau de l’anus, du vagin ou de la bouche puis, suite à sa réponse, l’avait pénétrée analement à plusieurs reprises, à raison d’une fois toutes les deux à trois semaines. Il lui avait également demandé de lui prodiguer des fellations. Enfin, à partir de ses 17 ans, il l’avait contrainte à entretenir avec lui des relations sexuelles complètes, à raison d’une à trois fois par semaine. Il lui avait également fait visionner des films pornographiques.
S_ a ajouté qu’en sus des violences sexuelles, elle avait subi des violences physiques de la part de A_; elle a joint à sa plainte une attestation médicale du 27 février 2009, attestant de « quelques ecchymoses d’aspect récent ?, des membres supérieurs et du membre inférieur gauche ». Ledit certificat mentionnait également que S_ était enceinte de 26 semaines. S_ a précisé qu’elle avait fini par déposer plainte car elle sentait qu’elle allait tuer son père.
a) b)
Dans une déclaration complémentaire à la police du 2 mars 2009, la plaignante a ajouté que son père avait également utilisé «
des jouets sexuels
» qu’il avait introduits dans son vagin. Ces objets ont été retrouvés à son domicile, dissimulés dans l’armoire du salon.
b)
Entendu à la police le 27 février 2009, A_ a intégralement contesté les faits. S’agissant des violence physiques, il a admis avoir parfois donné «
une petite tape au visage
» de sa fille; concernant les lésions corporelles constatées dans le certificat susvisé, il a affirmé que sa fille lui avait dit «
qu’elle était tombée dans la neige
». S’agissant des infractions de nature sexuelle, il a déclaré que S_ mentait. Pour le surplus, il n’avait jamais eu de conflit avec sa fille avant qu’elle lui annonce qu’elle était enceinte.
c)
A_ a été inculpé, le 28 février 2009, par le Juge d’instruction de contrainte sexuelle, viol, actes d’ordre sexuel avec des enfants, actes d’ordre sexuel avec des personnes dépendantes, inceste, violation du devoir d’assistance et d’éducation et pornographie pour les faits susvisés. Il a intégralement contesté ces inculpations, précisant : «
D’après moi, elle a inventé ces histoires car je lui ai demandé d’avorter
». Il a été placé sous mandat d’arrêt à l’issue de l’audience.
d)
Les actes d’instruction suivants ont, notamment, été effectués suite à cette inculpation :
- une audience de confrontation entre l’inculpé et la partie civile a eu lieu le 17 mars 2009, lors de laquelle cette dernière a confirmé ses précédentes déclarations.
- J_, ami intime de S_, entendu à l’instruction le 20 mars 2009, a expliqué les conditions dans lesquelles son amie lui avait appris ce qu’elle avait subi; il avait d’ailleurs constaté des marques sous les bras et sur les épaules de S_. Sur question du conseil de la partie civile, il a précisé que, depuis que S_ avait déposé plainte, beaucoup de gens la critiquaient, notamment sur le lieu de travail de son père. Elle subissait également des pressions de la part de la famille de son père «
dont son oncle qui est même venu jusqu’à l’appartement de S_ en frappant fortement contre la porte et en disant « S_ je sais que tu es là »
». Elle avait également été critiquée par sa marraine qui lui avait envoyé des SMS disant qu’elle faisait honte à sa famille, ce qui l’avait faite pleurer.
- B_, mère de S_, a déclaré le même jour qu’elle avait également été victime de violences de son mari, qui la battait régulièrement et l’avait contrainte à entretenir des relations sexuelles.
- C_ a, quant à elle, déclaré à l’instruction qu’un collègue de travail de A_ avait «
en gros
» demandé son intervention pour que S_ retire sa plainte.
- le rapport d’expertise d’analyses d’ADN du 27 mars relevait que l’analyse de deux prélèvements effectués sur le fil et au niveau de la partie la plus large d’un godemiché et sur les grandes lèvres (vagin) de la victime avait mis en évidence un profil ADN de mélange, qui correspondait au profil de S_ et A_.
e)
Par courrier du 17 mars 2009, le conseil de S_ a informé le Juge d’instruction que sa mandante avait appris, par le biais d’une collègue de travail et amie de l’inculpé, que «
des membres de la famille de ce dernier, soit plus particulièrement son frère, se permettent de transmettre à qui veut bien l’entendre des information sur le contenu de la procédure, fallacieusement de surcroît. Ces rumeurs sont notamment communiquées, et certainement amplifiées, sur le lieu de travail de S_
».
f)
Par nouveau courrier du 26 mars 2009, ledit conseil a écrit à celui de l’inculpé, sollicitant qu’il intervienne auprès de son mandant afin qu’il procède au virement d’un montant de frs 8'748,30, actuellement sur son compte bancaire et correspondant au salaire gagné par S_ en 2008.
g)
Selon la «
note du greffier
» du 7 mai 2009, V_, frère de l’inculpé a téléphoné au Juge d’instruction pour avoir des explications au sujet du refus d’autorisation de visite; il a alors affirmé que S_ était une «
garce
» et qu’elle mentait.
h)
Selon la «
note du greffier

## Considerations