# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bca170b9-ad07-537d-acdc-0acb9b87cc5b
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2006
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait que par décision du 11 février 1997, l'OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE (ci-après OCAI) a mis Monsieur F_, né le 1959, au bénéfice d'une rente entière d'invalidité à compter du 1
er
janvier 1996, en raison d'une fracture bi-malléolaire de la cheville droite, d'un status post-réduction et ostéosynthèse, d'une algoneurodystrophie post traumatique, d'un status post ablation du matériel d'ostéosynthèse et d'une déficience mentale;
Que lors de la révision de son dossier, un stage de réentraînement au travail à la fondation PRO a été mis en place dès le 22 novembre 1999; que selon le rapport d'évaluation établi le 17 mai 2000 à l'issue du stage, il résulte que toute possibilité de placement en entreprise dans des activités industrielles simples et répétitives, que ce soit moyennant une formation pratique ou une mise au courant, est exclue;
Que dès lors la rente entière d'invalidité a été reconduite;
Que l'OCAI a interrogé le 15 mars 2005 le Dr A_;
Que dans sa réponse du 18 mars 2005, celui-ci a confirmé l'incapacité de travail entière depuis le 26 janvier 1995 et indiqué que l'état de santé de son patient était stationnaire;
Qu'il a sur demande de l'OCAI réalisé des radiographies complémentaires;
Que le Dr B_, médecin généraliste au SMR a, sur la base de ces radiographies, constaté que les troubles osseux observés n'expliquent pas l'intensité de la symptomatologie persistante au niveau de la cheville droite; qu'il rappelle qu'en 2002 l'assuré a été ré-appareillé pour sa surdité car l'appareil précédent ne donnait pas satisfaction; qu'il se demande dès lors si l'évaluation professionnelle en 2000 en a été influencée et si malgré un QI bas cela n'expliquerait pas la lenteur observée lors du stage PRO;
Que l'OCAI a mandaté le Docteur C_, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, afin d'examiner l'assuré; que celui-ci a rendu un rapport d'expertise le 17 février 2006; que selon l'expert
"du point de vue orthopédique je n'ai pas d'explication claire à la limitation fonctionnelle et aux douleurs présentées par l'assuré au niveau de la cheville droite. Sur un plan théorique en principe j'estime qu'il devrait être capable d'effectuer la plupart des activités envisageables. Tout au plus au vu des examens effectués, la cheville droite peut entraîner quelques douleurs à la marche prolongée ou dans des activités en position accroupie, à genoux etc. La symptomatologie douloureuse subjective présentée par
l'assuré
ne s'explique pas par les constatations objectives du point de vue orthopédique. (...) Pour ce qui concerne les séquelles orthopédiques pures, on peut estimer que
l'assuré
présente une capacité de travail complète dans la plupart des professions envisageables. Dans son travail antérieur d'agriculteur, une certaine diminution du rendement peut être théoriquement envisagée. (...) On peut estimer cette diminution du rendement à 20% dans une profession d'agriculteur";
Qu'il résulte du rapport de réadaptation professionnelle du 9 janvier 2006 que des mesures professionnelles ne sont pas indiquées; qu'il a été procédé à la comparaison des gains; qu'un degré d'invalidité de 35,11% a été obtenu;
Que par décision du 12 octobre 2006, l'OCAI a informé l'assuré qu'il lui supprimait sa rente d'invalidité dès le premier jour du deuxième mois suivant la notification de la décision; qu'il a expressément retiré l'effet suspensif à un éventuel recours;
Que l'assuré, représenté par Maître Jean-Marie FAIVRE, a interjeté recours le 15 novembre 2006 contre ladite décision; qu'il rappelle qu'il n'exerce plus d'activité lucrative depuis onze ans; que la fondation PRO avait constaté qu'il obtenait 52 de QI de performance, ce qui correspond à un niveau de déficience mentale, conséquence de la méningite dont il a souffert enfant; que si des mesures professionnelles ne sont pas accordées, le maintien de la rente AI s'impose; qu'enfin il n'y a pas eu de modification de son état de santé; qu'il conclut dès lors à l'annulation de la décision du 12 octobre 2006; qu'il requiert par ailleurs le rétablissement de l'effet suspensif;

## Considerations

Considérant en droit que
la loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, dès le 1
er
août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales, composé de 5 juges, dont un président et un vice-président, 5 suppléants et 16 juges assesseurs (art. 1 let. r et 56 T LOJ);
Que suite à l’annulation de l’élection des 16 juges assesseurs, par le Tribunal fédéral le 27 janvier 2004 (ATF
130 I 106
), le Grand Conseil genevois a adopté, le 13 février, une disposition transitoire urgente permettant au Tribunal cantonal des assurances sociales de siéger sans assesseurs à trois juges titulaires, ce, dans l’attente de l’élection de nouveaux juges assesseurs;
Que conformément à l'art. 56 V al. 1 let. a ch. 5 LOJ, le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) qui sont relatives à la loi sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI);
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie;
Que le recours, interjeté le 15 novembre 2006 contre la décision sur opposition du 12 octobre 2006, est ainsi recevable;
Que le Tribunal de céans ne se prononcera pas sur la question préalable du rétablissement de l'effet suspensif sollicité par le recourant;
Qu'il constate en effet que l'assuré présente d'autres atteintes qu'orthopédiques; que sur ces autres atteintes, le Dr C_ auquel l'OCAI a fait appel, et qui est spécialiste en orthopédie, ne pouvait se prononcer;
Que dès lors il se justifie vu l'incomplétude de l'instruction de l'OCAI dans le cadre de cette nouvelle révision, d'annuler la décision litigieuse;
Que le recours est dès lors admis;