# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 81ccdbc6-a8b2-5571-8c0f-900c3be6fa05
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Civil
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A.
A.a. C._ est née en 2018. Elle est la fille hors mariage de A._, née en 1980, et de B._, né en 1987. A._ est également la mère de D._, née en 2014, avec qui elle vit. B._ est le père de E._, née en 2011, qu’il accueille en droit de visite.
A.b. B._ et A._ ont vécu en concubinage depuis 2017. Peu avant la naissance de C._, ils ont passé une déclaration écrite concernant l’autorité parentale de leur future enfant, qu’ils exerceraient conjointement.
Le couple s’est séparé en 2019 mais a continué à vivre sous le même toit à F._. Dans le courant du mois d’août 2019, les difficultés se sont exacerbées, B._ abordant la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Justice de paix) car se déclarant inquiet du fait que A._ était « complètement décalée et dans le déni qu’il faut travailler pour gagner sa vie » et qu’elle s’isolait socialement, A._ déposant plainte pénale car se disant menacée par son ancien compagnon. La Juge de paix a entendu A._ le 1er octobre 2019, qui a alors indiqué que, malgré les difficultés relatées, le couple s’était reformé. Vers la fin 2019 toutefois, B._ a abordé à nouveau la Justice de paix, revenant tout d’abord sur les difficultés financières du couple puis, une nouvelle séparation étant survenue, s’alarmant du fait que A._ envisageait de quitter la Suisse avec ses enfants pour G._ en France, dans le département de H._, à près de cinq heures de route de son domicile; il s’est opposé à ce que C._ aille y vivre.
Le 20 décembre 2019, le Juge de paix a interdit à A._ de quitter le territoire suisse avec C._ et a cité les parents à une séance qui s’est tenue le 13 janvier 2020. Avant celle-ci, B._ a déposé des conclusions, revendiquant la garde de l’enfant et proposant de l’accueillir tous les week-ends et un jour par semaine, subsidiairement demandant la mise en place d’une garde alternée. A._, qui entretemps avait emménagé avec ses filles chez ses parents à I._ dans le canton de J._, a indiqué que son déménagement en France n’était alors qu’à l’état de projet, mais qu’elle y cherchait une maison, y avait des amis et un projet professionnel, mais s’est défendue d’agir à l’insu de B._; elle s’est opposée à la mise en place d’une garde partagée.
A.c. Par décision du 13 janvier 2020, la Justice de paix a instauré une garde partagée : à défaut d’entente, C._ devait résider chez son père une nuit et deux jours par semaine puis, dès la fin avril 2020, deux nuits et trois jours par semaine. L’autorité de première instance a fixé le domicile légal de l’enfant chez son père, a interdit à A._ de déplacer ledit domicile sans l’accord du père sous menace des peines de droit de l’art. 292 CP, et a pris acte que B._ verserait chaque mois CHF 300.- pour C._.
B.
B.a. A._ a recouru contre cette décision le 25 mai 2020. Elle a conclu à ce que la garde de C._ lui soit confiée, son domicile étant fixé à I._, l’interdiction lui étant faite de déplacer le domicile de l’enfant étant annulée. Elle a proposé que le père accueille C._ un week-end sur deux ainsi que quatre semaines durant les vacances scolaires. Elle a en outre indiqué qu’elle chiffrerait ultérieurement les pensions dues pour l’enfant.
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B._ a déposé sa réponse le 10 juillet 2020, concluant au rejet du recours.
B.b. Une audience devait se tenir devant la Cour de céans le 4 novembre 2020, et a dû être annulée, l’un des participants étant infecté par le Covid-19. Dans un courrier du 3 novembre 2020, le Juge délégué, relevant que selon les écritures une garde alternée semblait se mettre en place, a requis les parties de lui indiquer si une solution avait effectivement pu être trouvée, étant précisé que la Cour ne serait en outre pas compétente pour trancher les questions litigieuses en lien avec l’entretien de C._. Il lui a été répondu que des pourparlers étaient effectivement en cours, de sorte que la procédure a été suspendue jusqu’au 1er février 2021.
B.c. Le 1er février 2021, B._ a requis d’urgence par mesures provisionnelles qu’interdiction soit faite à A._ de quitter le territoire suisse avec C._, ainsi que d’entreprendre toutes démarches dans ce sens. En bref, il a indiqué qu’alors qu’une garde alternée avait été mise en place et fonctionnait bien, A._ lui avait annoncé il y a quelques jours qu’elle allait s’installer avec C._ dès la mi-février en France, à K._, non loin de G._.
Dans une écriture du même jour, A._ s’est défendue d’avoir agi en catimini, la garde alternée exercée jusqu’alors n’étant qu’une solution transitoire. Elle a confirmé son intention d’aller vivre en France avec ses filles, mais pas sans l’accord du père ou de l’autorité judiciaire, afin d’y mettre en œuvre son projet professionnel non réalisable en Suisse, soit une formation « Shamanic Lifestyle » qui lui permettra d’entretenir sa famille.
Le 2 février 2021, le Juge délégué a refusé de prononcer les interdictions requises mais a indiqué que la garde de l’enfant serait exercée de façon alternée conformément au calendrier 2021 produit au dossier.
A._ a déposé une écriture supplémentaire le 15 février 2021, dans laquelle elle a modifié ses conclusions, détaillant le droit de visite qu’elle propose en faveur du père. B._ s’est déterminé le 1er mars 2021.
B.d. A._ et B._ ont comparu devant la Cour le 2 mars 2021. Ils ont été entendus. Ils ont trouvé un accord provisoire jusqu’au prononcé du présent arrêt, à savoir que C._ sera chez sa mère durant deux semaines, puis chez son père pour la même période et ainsi de suite, ce dont le Juge délégué a pris acte à titre de mesures provisionnelles.
Il a été convenu que les avocats déposeraient des plaidoiries écrites, ce qu’ils ont fait le 7 avril 2021.
Chaque partie en a alors profité pour préciser ses conclusions.
S’agissant de A._, elle a conclu principalement à ce que le domicile de C._ soit désormais à K._. Elle a proposé que le droit de visite de B._ soit fixé comme suit :
« Le droit de visite du père est réservé. Il s'exercera d'entente entre les parties. A défaut d'entente entre les parents, le droit de visite s'exercera de la manière suivante compte tenu notamment de l'éloignement des domiciles respectifs des parents :
- durant 9 jours d'affilée toutes les 5 semaines, du vendredi soir 18.00 heures au dimanche soir suivant 18.00 heures, la première fois ayant lieu dans les cinq semaines qui suivent l'arrêt de la cour de protection de l'enfant et de l'adulte;
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- durant la moitié des vacances scolaires d'été et d'hiver, les parents veillant à ce que C._ passe les fêtes alternativement chez l'un et l'autre;
- durant leur garde, les parents s'engagent à mettre en place, régulièrement et à la demande de l'autre parent, des visio-conférences avec C._.
Pour l'exercice du droit de visite, il appartient à A._ de venir amener C._ au domicile de son père vendredi, puis à B._ de venir ramener C._ dimanche à la fin de la semaine de garde au domicile de sa mère. »
Quant à B._, il a conclu à ce que la garde de sa fille lui soit confiée, sa mère bénéficiant d’un large droit de visite et, à défaut d’entente, voyant sa fille durant la moitié des vacances scolaires et les week-ends moyennant un préavis de deux mois à l’avance, C._ restant alors en principe dans la région de son domicile.
Les deux parties se sont accordées pour que la question de l’entretien de l’enfant ne soit pas revue dans le cadre de la présente procédure.
B._ a déposé une détermination le 28 avril 2021 sur la plaidoirie de A._. Celle-ci a déposé une « ultime » détermination le 12 mai 2021 et B._ en a fait de même le 31 mai 2021, ce qui a entraîné une nouvelle détermination de A._ du 9 juin 2021.
Chaque partie plaide à l’assistance judiciaire. Les avocats ont chacun produit leur liste de frais.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA; RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]; ci-après: la Cour).
1.2. Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 ss CC. Pour les points non réglés à ces articles et en l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).