# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 156a6205-1890-479b-96e4-87841569277f
**Court:** CH_BSTG
**Chamber:** CH_BSTG_001
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** CH / Federation
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** 

## Facts

continuent à être conduites séparément, comme prévu par l'art. 34 al. 2
CPP». Cette règle s'applique également lorsque l'ordonnance pénale a fait
l'objet d'une opposition (recommandations CAPS sur le for, chiffre 9). Il
estime que ce principe s'applique sans égard au fait que le canton ayant
rendu l'ordonnance soit requérant ou requis dans la procédure de for
subséquente.
[...]
2.2 Les dispositions sur le for en cas d'infractions commises en des lieux
différents (art. 34ss CPP) concrétisent le principe d'unité de la procédure
(BERTOSSA, Commentaire romand CPP, Bâle 2011, n° 1 ad art. 29 CPP). De
jurisprudence constante, ce dernier doit servir l'efficacité de la procédure et
l'application uniforme du droit; les exceptions ne sont envisageables que là
où désigner un for unique nuirait auxdits objectifs et ne servirait pas la
maxime d'économie de procédure (ATF 127 IV 135 consid. 2e; SCHWERI,
Interkantonale Gerichtsstandsbestimmung in Strafsachen, Berne 1987,
n o
10). En principe, lorsque la Cour de céans est saisie d'un conflit de fors, il
lui incombe de fixer un for unique, sauf exception au sens de la
jurisprudence précitée.
2.3 A cet égard, l'art. 34 al. 2 CPP a pour but d'éviter que la réunion de
procédures à des stades différents par un seul canton ralentisse et complique
la marche de la justice. Ainsi, la reprise d'une procédure au stade de
l'instruction alors qu'une procédure est déjà au stade des débats entraînerait
possiblement, en vertu de l'art. 29 CPP, des conséquences telles que la
suspension des débats, le renvoi de toute l'affaire à l'instruction, etc.
(Message relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du
21 décembre 2005 [ci-après: Message CPP], FF 2006 1057, 1119). L'art. 34
al. 2 CPP établit donc une limite temporelle au-delà de laquelle la
désignation d'un canton unique n'est plus valable; en ce sens, l'acte
d'accusation ne doit pas nécessairement être pris au sens formel mais en sa
qualité matérielle d'acte qui met fin à la procédure préliminaire (cf. art. 328
al. 2 CPP).
2.4 La doctrine s'accorde à considérer qu'une ordonnance pénale équivaut
en ce sens à un acte d'accusation (MOSER, Basler Kommentar, Bâle 2011,
n° 14 ad art. 34 CPP; SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung,
Praxiskommentar, Zurich/Saint-Gall 2009, n° 4 ad art. 34). La Cour de
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céans, citée par les auteurs susmentionnés à l'appui de leur thèse (infra,
consid. 2.3) a admis, sous l'empire des anciens droits de procédure
cantonaux et fédéral, que le canton qui prononçait une ordonnance pénale
alors que des pourparlers de for étaient en cours avec d'autres cantons
reconnaissait implicitement son for et ne pouvait, si l'ordonnance pénale
était frappée d'opposition, remettre en question sa compétence (arrêts du
Tribunal pénal fédéral BG.2007.2 du 1 er
mars 2007, let. C et BG.2008.19 du
21 octobre 2008, consid. 3.2). Sa décision BG.2008.19 tenait compte de
l'ancien Code de procédure pénale bernois (aRSB 321.1), qui prévoyait en
son art. 270 que les mandats de répression frappés d'opposition étaient
transmis directement au tribunal de jugement; l'opposition provoquait donc
ipso iure la clôture de la procédure préliminaire et l'ouverture de la phase
des débats devant le juge du fond. Dès lors, entamer ou poursuivre une
procédure de for après opposition revenait ainsi à demander à un canton
dont la procédure était en phase préliminaire de reprendre une cause déjà au
stade des débats, procédé qui allait clairement à l'encontre des principes
susmentionnés. Il va sans dire que ceux-ci prévalaient déjà avant l'entrée en
vigueur du CPP.
2.5 Le CPP unifié prévoit explicitement qu'après opposition à une
ordonnance de condamnation, le ministère public administre d'autres
preuves (art. 355 al. 1 CPP) puis seulement rend une nouvelle ordonnance
pénale (art. 355 al. 3 let. c CPP) ou une décision qui a pour effet de clore la
procédure préliminaire par la saisie du tribunal de jugement (art. 355 al. 3
let a et d CPP) ou par le classement (art. 355 al. 3 let. b CPP). Certes, il est
manifeste que dans nombre de cas l'administration de la preuve prévue à
l'art. 355 al. 1 CPP sera réduite à sa portion congrue et que le parquet fera
usage immédiatement des facultés que lui offre l'art. 355 al. 3 CPP; il n'en
demeure pas moins qu'à rigueur de texte et selon la volonté claire du
législateur, l'opposition ne met pas fin à la procédure préliminaire mais,
pour un temps au moins, la prolonge (cf. Message CPP, p. 1274).
2.6 De plus, la logique amène à considérer que les conflits de for au sujet
d'une procédure dans laquelle une ordonnance de condamnation a déjà été
prononcée ne surgiront que dans les cas où le parquet mène effectivement
une administration des preuves subséquente, peu importe qu'il soit autorité
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requérante ou requise: en effet, s'il fait usage de l'art. 355 al. 3 let. a ou b,
voire d CPP, immédiatement après l'opposition, il n'aura aucune raison de
requérir d'un autre canton la reprise de sa procédure et, puisque la procédure
préliminaire sera close en ce qui le concerne, toute requête à lui adressée de
reprendre un for se heurtera à l'art. 34 al. 2 CPP. Il sied de remarquer ici,
puisque le conflit de for y trouve son origine, que comme l'art. 34 CPP est
évidemment de droit impératif, les cantons ont l'obligation non seulement
de mener des pourparlers de for afin de déterminer leur compétence au plus
vite mais, en amont, de se donner mutuellement un état précis et actuel des
procédures en cours par le biais du casier judiciaire (art. 367 al. 4 CP), le
délai d'inscription étant en principe de deux semaines après l'ouverture
d'une procédure pénale (Ordonnance sur le casier judiciaire, art. 11 al. 3;
RS 331).
2.7 Par conséquent, il y a lieu de dire que les principes fondamentaux
évoqués ci-avant (consid. 2.2), concrétisés par le législateur à l'art. 34 CPP,
imposent que des pourparlers de fors au sujet d'infractions commises en des
lieux différents doivent être menés, et un canton unique désigné, tant que
deux procédures sont au stade préliminaire. Une ordonnance pénale frappée
d'opposition ne met pas fin à la procédure préliminaire et ne tombe donc pas
dans le champ d'application de l'art. 34 al. 2 CPP.
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14. Auszug aus dem Beschluss der Beschwerdekammer in Sachen A. gegen
Bundesanwaltschaft vom 3. Juli 2013 (BB.2013.75)
Akteneinsicht; Koordination mit der Datenschutzgesetzgebung.
Art. 99 Abs. 1 StPO
Zwischen formeller Eröffnung und rechtskräftiger Beendigung des
Strafverfahrens richtet sich die Akteneinsicht nach der Strafprozessordnung
selbst. Bei abgeschlossenem Strafverfahren verweist sie für die Einsicht auf das
Verfahren nach Datenschutzrecht, wo keine strafprozessuale Beschwerde
möglich ist (E. 2.2–2.3).
Die Vorinstanz vermeidet Lücken im Rechtsschutz, indem sie bei ihrer
Interessenabwägung nach Datenschutzgesetz die Besonderheiten des
Strafverfahrens berücksichtigt (E. 2.4).

## Considerations