# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 0a9bf6a6-a488-5460-a70b-bfc86486b94f
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2017
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** Criminal
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

considérant en fait
A. Suite à des placements à risque, B._, auquel était affiliée comme employeur C._, a perdu une importante partie de sa fortune et s’est retrouvé en liquidation. Des procédures pénales ont été ouvertes à la suite de la débâcle de cette caisse de pension fribourgeoise. En particulier, plusieurs membres du conseil de fondation de la caisse de pension ont été mis en prévention d’abus de confiance et de gestion déloyale. Il leur est reproché d’avoir confié au directeur d’une société anonyme lausannoise un mandat de gestion de fortune discrétionnaire sur les actifs de la caisse de pension dont le conseil de fondation avait la charge et que, sur la base de ce mandat, des investissements à risque portant sur une importante partie de la fortune de la caisse avaient été effectués.
L’autorité de poursuite vaudoise a aussi ouvert une enquête pénale pour abus de confiance contre le gestionnaire de fortune.
B. Le 3 octobre 2014, le Président du comité de direction de C._, soit le Préfet de la Sarine, informait le Ministère public qu’il avait ouvert une instruction préliminaire destinée à examiner sous l’angle de la législation sur les communes l’activité des représentants de C._ au sein du conseil de fondation de la caisse de prévoyance, et requérait de celui-ci un accès au dossier pénal. L’autorité d’instruction pénale ne lui a transmis que la dénonciation de C._.
Le 15 avril 2015, donnant suite à une nouvelle requête du Président du comité de direction de C._, le Ministère public lui a refusé l’accès à l’entier du dossier pénal, motif pris qu’aucune procédure administrative n’était pendante.
Par décision du 23 avril 2015, le Président du comité de direction de C._ a alors ordonné l’ouverture d’une enquête administrative contre D._ et E._ (également membre du comité de direction de C._ et siégeant à ce titre au sein du conseil de fondation de la caisse de prévoyance). Il a désigné comme enquêteur administratif Me F._.
C. Par décision du 11 septembre 2015, une instruction pénale a été ouverte à l’encontre de A._, administratrice de la société G._ AG et experte en prévoyance professionnelle, pour délit au sens de l’art. 76 al. 5 LPP en relation avec l’art. 53 al. 1 LPP (version 2011). Il lui est reproché d’avoir gravement violé son devoir d’analyser si l’institution de prévoyance était en tout temps en mesure d’offrir la garantie de pouvoir remplir ses engagements. Ensuite de son audition finale du 19 janvier 2017, le Ministère public a étendu l’instruction au chef de prévention d’infraction commise dans la gestion d’une entreprise au sens de l’art. 77 al. 2 et 3 LPP, lui reprochant d’avoir omis de prévenir une infraction commise par un subordonné.
D. Le 3 octobre 2016, l’enquêteur administratif a demandé au Ministère public de pouvoir consulter les derniers procès-verbaux d’audition dans le dossier pénal. Auparavant, dans une procédure concernant un autre prévenu, il avait déjà été autorisé sous certaines cautèles à accéder au dossier pénal (arrêt TC FR 502 2016 2 du 25 avril 2016).
E. Par courrier du 26 octobre 2016, le Ministère public a précisé que la demande visait l’intégralité des procès-verbaux d’audition en lien avec le Fonds de prévoyance.
Invitée à se déterminer sur la requête de consultation, A._ s’y est opposée par courrier du 3 novembre 2016, invoquant que l’enquêteur n’était pas une autorité administrative et que ses
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
intérêts privés, notamment à ne pas divulguer publiquement sa mise en prévention pour préserver la réputation de sa société, s’opposaient à cette consultation.
F. Par décision du 8 novembre 2016, le Ministère public a autorisé l’enquêteur administratif à consulter le dossier pénal.
G. Le 18 novembre 2016, A._ a interjeté recours contre la décision précitée, requérant l’effet suspensif à son recours.
H. Par décision du 30 novembre 2016 et après déterminations des parties, le Juge délégué a ordonné que la décision attaquée ne serait pas exécutoire jusqu’à droit connu sur le recours.
I. Invité à se déterminer, le Ministère public a conclu, par courrier du 24 novembre 2016, au rejet du recours. En substance, il soutient qu’il n’appartient pas à l’autorité pénale de déterminer si l’autorité administrative a respecté sa propre procédure lorsqu’elle a désigné l’enquêteur administratif. Il fait valoir que l’intérêt privé de la prévenue à préserver la réputation de son entreprise n’est pas prépondérant face aux intérêts publics en cause, précisant que la mise en prévention repose sur des soupçons concrets, laquelle est encore tempérée par la présomption d’innocence.
J. A._ a également interjeté recours contre une autre décision du Ministère public refusant de modifier le procès-verbal d’une témoin; ce recours fait l’objet d’une procédure séparée (502 2016 270). Elle a en outre demandé la récusation de la Procureure en charge du dossier (502 2017 54).

## Considerations

en droit