# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 219ac5bb-fa1a-53b7-a7d9-b179ab431130
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 20 mai 2021, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 10 mai 2021, par laquelle le Ministère public a refusé d'entrer en matière sur sa plainte contre B_ pour faux témoignage (art. 307 CP).
Le recourant déclare contester ladite ordonnance.
b.
Le recourant a versé les sûretés de CHF 800.- qui lui étaient réclamées par la Direction de la procédure.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Au terme de la procédure pénale ouverte à son encontre en 1991 sous P/1_/1991, A_ a été reconnu coupable, par arrêt de la Cour d'Assises du canton de Genève du 7 décembre 1992, d'actes d'ordre sexuel sur des enfants (art. 187 ch. 1 CP) et de contrainte sexuelle (art. 189 ch. 1 CP).
Le condamné avait commis lesdites infractions alors qu'il était moniteur auprès du [club sportif] C_ depuis 1967 et âgé de plus de 45 ans au moment des faits, en 1983 au préjudice de D_, et en 1991 au préjudice de B_, alors que ceux-ci étaient âgés d'environ 13 ans.
La Cour d'Assises, dans la motivation de son arrêt, a considéré qu'il n'y avait aucune raison de mettre en doute les déclarations de B_, le jeune homme n'étant
"ni menteur (déclaration A_ : pièce 118), ni affabulateur (déclaration E_ : pièce 459)"
. Les actes décrits par B_ et ses réactions étaient
"parfaitement possibles selon l'expert F_ (pièces 722 ss.)"
. ( ).
"La crédibilité des déclarations de B_ [était] encore renforcée par le comportement que A_ a[vait] eu à l'égard d'autres jeunes garçons (déclarations G_ : pièce 104, H_ : pièce 106, D_ : pièces 200 ss., I_ : pièce 660, J_ : pièce 672, K_ : pièce 125) et par les tendances pédophiles de l'accusé (expertise L_ : pièce 813)"
.
b.
Le pourvoi en cassation formé par A_ contre cet arrêt a été rejeté, tout comme, ensuite, ses deux recours interjetés par-devant le Tribunal fédéral.
c.
Dans sa plainte pénale du 6 novembre 2020, A_ explique que dans le cadre de la procédure susmentionnée, B_ avait été manipulé par son entourage, plus particulièrement sa mère adoptive, ce qui l'avait amené à faire diverses affirmations mensongères à son égard, lesquelles avaient conduit à sa condamnation. Il en détenait la preuve et produisait à cet égard une déclaration écrite datée du 16 juin 1992, non signée, de M_, un de ses anciens élèves au club de _, à teneur de laquelle il était pour lui un moniteur
"modèle"
, de sorte que sa condamnation
"pour une histoire de mœurs"
lui était inconcevable. Il avait renoncé à l'époque à demander une révision du procès, une telle épreuve lui eut été insupportable. Il demandait au Ministère public d'ouvrir une procédure préliminaire contre B_ pour faux témoignage et fasse interroger celui-ci par la police.
"Entre quatre yeux"
, il l'innocenterait. Cela lui permettrait de retrouver son honneur, étant précisé qu'en tant que membre actuellement de la direction de la Fédération suisse de _, on lui demandait de démissionner en raison de sa condamnation.
C.
Dans la décision querellée, le Ministère public, après avoir rappelé les faits topiques, a estimé que les éléments constitutifs de l'infraction de faux témoignage n'étaient pas réunis (art. 310 al. 1 let. a CPP).
D.
a.
À l'appui de son recours, A_ réitère les motifs exposés dans sa plainte pénale. B_ avait été manipulé par sa mère et son procès avait été
"truqué"
. Un interrogatoire de B_ permettrait qu'il révèle
"les dessous de cette affaire"
et l'innocente.
b.
À réception des sûretés, la cause a été gardée à juger.

## Considerations

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la partie plaignante qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
3.
3.1.
Selon l'art. 310 al. 1 let. a CPP, le Ministère public rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en matière s'il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments constitutifs de l'infraction ou les conditions à l'ouverture de l'action pénale ne sont manifestement pas réunis.
Une ordonnance de non-entrée en matière doit également être rendue lorsqu'il existe des empêchements de procéder (art. 310 al. 1 let. b CPP), par exemple lorsque l'action publique est prescrite (L. MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND, CPP,
Code de procédure pénale
, Bâle 2016, 2ème éd., n. 13 ad art. 310).
3.2.1.
L'art. 307 CP (faux témoignage) réprime d'une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire celui qui, en tant que témoin, aura fait une déposition fausse sur les faits de la cause.
Quant à l'art. 306 al. 1 CP, qui réprime la fausse déclaration d'une partie en justice, elle est passible d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.
3.2.2.
Selon l'art. 97 al. 1 CP, l'action pénale se prescrit par quinze ans si la peine maximale encourue est une peine privative de liberté de plus de trois ans (let. b), et par dix ans si la peine maximale encourue est une peine privative de liberté de trois ans (let. c).
3.2.3.
En vertu de l'art. 98 let. a CP, la prescription court dès le jour où l'auteur a exercé son activité coupable.
3.3.
En l'espèce, le recourant reproche à B_ d'avoir porté de fausses accusations contre lui dans le cadre de la procédure pénale ouverte en 1991 et ayant conduit à sa condamnation, en décembre 1992. Partant, les prétendues fausses déclarations ont été faites au plus tôt en 1991.
La prescription de l'action pénale pour les infractions de faux témoignage et de fausse déclaration en justice, de quinze, respectivement dix ans, est ainsi acquise, en vertu du droit actuel.
Elle l'est encore plus si l'on applique, au titre de
lex mitior
, l'ancien art. 70 CP en vigueur jusqu'au 31 décembre 1994, lequel prévoyait que l'action pénale pour des infractions passibles de l'emprisonnement, se prescrivait par cinq ans (FF
1991 II 933
).
La prescription étant à l'évidence acquise, il existe un empêchement de procéder définitif qui justifiait la non-entrée en matière, ce que l'acte d'enquête proposé par le recourant ne saurait remettre en question.
4.
La Chambre de céans n'étant pas liée par les motifs invoqués par les parties (art. 391 al. 1 let. a CPP), la non-entrée en matière déférée sera donc confirmée, par substitution de motifs (arrêt du Tribunal fédéral
6B_1335/2015
du 23 septembre 2016 consid. 2.3 et
1B_137/2012
du 25 juillet 2012 consid. 4.3).
5.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *