# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 80d67d87-d8dc-4cc4-91ff-62a10c31db37
**Court:** BE_VB
**Chamber:** BE_VB_006
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** BE / Espace_Mittelland
**Law Area:** Public
**Law Sub-area:** $law_sub_area

## Facts

Faits
A.
A._ est propriétaire des immeubles feuillets nos 1000 et 2000 sis dans la
commune de B._, où il a pris domicile le 5 janvier 2018. A._ a requis
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l’inscription de l’acquisition auprès du Bureau du registre foncier C._ (ci-
après: bureau du registre foncier) le 12 octobre 2016. Il a déposé par la même
occasion une demande d’exonération fiscale a posteriori et de sursis au paiement
de l’impôt sur les mutations au motif que le logement était destiné à son usage
personnel. Par sa décision du 8 septembre 2017, le bureau du registre foncier a
accordé le sursis au paiement de 11 462 francs 50, correspondant au montant de
l’impôt sur les mutations, pour une période de trois ans.
Par sa décision du 4 décembre 2019, le bureau du registre foncier a révoqué la
décision de sursis et exigé le paiement du montant dû au titre de l’impôt sur les
mutations, intérêt et émolument compris, de 12 776 francs 95. Le bureau du re-
gistre foncier a fondé sa décision sur le fait que les conditions d’une exonération
fiscale n’étaient pas réunies, puisque l’immeuble n’a pas servi à des fins d’habita-
tion pendant au moins deux ans à compter de l’acquisition.
B.
Par courrier du 30 décembre 2019, A._ a formé recours auprès de la Direc-
tion de la justice, des affaires communales et des affaires ecclésiastiques (JCE;
devenue la Direction de l’intérieur et de la justice [DIJ] le 1er janvier 2020) contre
la décision rendue par le bureau du registre foncier le 4 décembre 2019 con-
cluant en substance à son annulation et à l’octroi de l’exonération fiscale a poste-
riori.
Dans son courrier du 20 janvier 2020, le bureau du registre foncier a renoncé à
prendre position et renvoyé à la décision attaquée.

## Considerations

La Direction de l’intérieur et de la justice considère:
1.
1.1 En vertu de l’article 26, alinéa 1 de la loi du 18 mars 1992 concernant les
impôts sur les mutations (LIMu; RSB 215.326.2), la procédure de recours est régie
par les dispositions de la loi du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction admi-
nistratives (LPJA; RSB 155.21) à moins que la loi n’en dispose autrement. L’ar-
ticle 27 LIMu ne contient pas de disposition relative aux voies de droit permettant
d’attaquer les décisions des bureaux du registre foncier relatives à l’exonération
fiscale a posteriori. Conformément à l’article 62, alinéa 1, lettre a LPJA, la DIJ con-
naît des recours formés contre des décisions rendues par les bureaux du registre
foncier. La DIJ est dès lors compétente pour statuer sur le présent recours contre
la décision rendue par le bureau du registre foncier le 4 décembre 2019.
1.2 A qualité pour former recours quiconque a pris part à la procédure devant
l’autorité précédente, est particulièrement atteint par la décision attaquée et a un
intérêt digne de protection à son annulation ou à sa modification (art. 65, al. 1
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LPJA). Le recourant a pris part à la procédure devant l’autorité précédente, est
touché par la décision attaquée et a donc qualité pour recourir. Le recours respecte
les conditions de forme et a été déposé dans les délais. Il y a donc lieu d’entrer en
matière.
2.
Un impôt est dû au canton pour toute acquisition d’immeuble (art. 1 en relation
avec les art. 4 et 5 LIMu). L’impôt est taxé par le bureau du registre foncier et la
taxation est faite sur la base de la déclaration de la personne imposable et des
pièces justificatives jointes à la réquisition d’inscription (art. 16 et 17, al. 1 LIMu).
En vertu de l’article 11a LIMu, l’acquéreur ou l’acquéreuse d’un immeuble peut
déposer lors de la réquisition d’inscription au registre foncier une demande d’exo-
nération fiscale intervenant a posteriori, s’il ou elle veut faire de cet immeuble son
domicile principal. Si la demande n’apparaît pas d’emblée vouée à l’échec, le bu-
reau du registre foncier accorde le sursis au paiement de l’impôt sur les mutations
sur les 800 000 premiers francs de la contre-prestation convenue pour l’acquisition
de l’immeuble, pour quatre ans au maximum à partir de la date d’acquisition de
l’immeuble (cf. art. 11a, al. 2 et 3 en relation avec l’art. 17, al. 2 LIMu).
L’impôt qui a fait l’objet d’un sursis n’est pas perçu lorsque l’immeuble sert de do-
micile principal à son acquéreur ou à son acquéreuse, est utilisé personnellement
par l’acquéreur ou l’acquéreuse pendant au moins deux ans, sans interruption, et
exclusivement à des fins d’habitation (art. 11b, al. 1 LIMu). Il convient d’élire le
domicile principal dans le bâtiment prévu, si celui-ci existe déjà, dans un délai d’un
an à compter de l’acquisition de l’immeuble. Si le bâtiment est à construire, il doit
être habité dans les deux ans qui suivent l’acquisition de l’immeuble (art. 11b, al. 2
LIMu). Dans des cas exceptionnels et motivés, le bureau du registre foncier peut
prolonger ces délais (art. 11b, al. 2 LIMu).
L’acquéreur ou l’acquéreuse doit spontanément prouver au bureau du registre fon-
cier, avant l’expiration du sursis selon l’article 17, alinéa 2 LIMu, que toutes les
conditions d’une exonération fiscale selon l’article 11b LIMu sont réunies ou
qu’elles le seront à la date de l’expiration du sursis (art. 17a, al. 1 LIMu). Si les
conditions d’une exonération fiscale sont réunies, le bureau du registre foncier ap-
prouve la demande d’une exonération fiscale a posteriori (cf. art. 17a, al. 2 LIMu).
Si le bureau du registre foncier conclut que les conditions d’une exonération fiscale
ne sont pas réunies, il rejette la demande et révoque le sursis (art. 17a, al. 3 LIMu).
3.
3.1 Par sa décision du 8 septembre 2017, le bureau du registre foncier a accordé
le sursis au paiement d’un montant de 11 462 francs 50 dû au titre de l’impôt sur
les mutations pour une durée de trois ans à compter de la date d’acquisition de
l’immeuble. La décision de sursis est entrée en force sans avoir été contestée.
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Selon le rapport du 4 mars 2013 présenté par la commission du Grand Conseil,
qui portait sur le contre-projet direct à l’initiative «Pour en finir avec le renchérisse-
ment légal des coûts du logement pour locataires et propriétaires» relatif à la mo-
dification de la loi concernant les impôts sur les mutations (Journal du Grand Con-
seil du canton de Berne, 2013, annexe 17, p. 5, commentaire de l’art. 11b, al. 2),
la date déterminante concernant l’acquisition est celle de l’inscription au registre
foncier. Le transfert de propriété et l’inscription déterminante au registre foncier ont
eu lieu en l’occurrence le 12 octobre 2016, de sorte que le délai d’une année pour
l’installation expirait le 12 octobre 2017. Selon l’attestation fournie par la commune
municipale de B._ versée au dossier, le recourant n’a cependant pris son
domicile à l’adresse de la nouvelle acquisition qu’après l’échéance de ce délai, à
savoir le 5 janvier 2018. Par conséquent, le bureau du registre foncier a rejeté la
demande d’exonération fiscale a posteriori.
3.2 Le recourant fait valoir en substance que le bien acquis a dû être complète-
ment rénové. En outre, il a séjourné pendant la semaine à Genève, d’octobre 2016
à novembre 2017, pour des raisons professionnelles, ce qui fait qu’il n’a eu que
peu de temps pour s’occuper de la rénovation. Le recourant indique également
avoir donné le mandat de la réfection des sols en avril 2017 à une entreprise qui a
trouvé de manière inattendue des matériaux contenant de l’amiante, de telle ma-
nière que les travaux ont duré plus de temps que prévu, jusqu’au 15 novembre
2017. Il mentionne aussi qu’il a fallu ensuite faire des travaux de peinture et que
son déménagement n’était par conséquent pas possible avant fin 2017.
Si la personne acquiert un objet déjà construit, elle dispose d’un délai d’un an à
compter du transfert de propriété pour emménager dans son logement (art. 11,
al. 2 LIMu). Ainsi, le recourant aurait normalement dû utiliser l’immeuble acheté
comme domicile principal à partir du 12 octobre 2017 pour que la condition à l’exo-
nération a posteriori de l’impôt soit remplie. Dans des cas exceptionnels et moti-
vés, le bureau du registre foncier compétent peut prolonger le délai (art. 11b, al. 2
LIMu). Une telle prolongation est envisageable en priorité lors de retards imprévi-
sibles ou non imputables à l’acquéreur ou l’acquéreuse dans la construction ou le
déménagement. La demande de prolongation doit être déposée auprès du bureau
du registre foncier avant l’échéance du délai pour l’installation dans le logement.
En l’espèce, le recourant n’a pas déposé de demande en ce sens au cours du
délai, même s’il aurait dû clairement lui apparaître qu’il ne pourrait pas respecter
le délai vu la rénovation plus longue que prévue et qu’il ne pouvait par conséquent
pas remplir une des conditions à satisfaire pour l’exonération de l’impôt.
3.3 Lorsqu’aucune faute n’a été commise, le délai non respecté (fixé par la loi
ou par l’autorité) peut être restitué (art. 43, al. 2 LPJA). Un motif est valable lorsque
la partie défaillante a été empêchée d’agir dans le délai imparti pour des causes
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suffisantes, objectives ou subjectives et qu’elle ne peut pas être taxée de négli-
gence. Tous les motifs n’entrent donc pas en considération, c’est seulement le cas
de ceux d’une certaine envergure. Ainsi, une surcharge de travail ou des vacances
ne donnent pas lieu à une restitution du délai, contrairement au service militaire, à
une maladie grave, un accident ou un autre cas de force majeur, à une incapacité
soudaine d’exercer les droits civils, au décès inattendu d’un membre de la famille
proche (ATF 119 II 86, c. 2; ATF 114 II 181; ATF 112 V 255, c. 2a). Le recourant
n’avance en l’occurrence aucun motif susceptible de justifier une restitution du dé-
lai.
Le recours s’avère par conséquent infondé et doit être rejeté.
4.
Vu l’issue de la procédure, les frais sont mis à la charge du recourant (art. 108,
al. 1 LPJA). La procédure n’a pas occasionné de dépens susceptibles de rembour-
sement (art. 108, al. 3 en relation avec l’art. 104, al. 1 et 3 LPJA).