# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8613b2c1-b160-543a-8e77-f89c293ffd0e
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2010
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu, en fait, que :
1. Madame A_ et Monsieur B_ (ci-après : les époux) sont arrivés en Suisse respectivement en 1999 et en 2000, y séjournant valablement jusqu'au 31 juillet 2006, au bénéfice de cartes de légitimation en qualité de fonctionnaires internationaux.
2. Le 5 novembre 2006, l'OCP a refusé de leur délivrer une autorisation de séjour dès lors qu'ils ne pouvaient se prévaloir d'aucun droit à leur délivrance et que les conditions d'octroi d'un permis humanitaire n'étaient pas réalisées. Leur renvoi était prononcé et un délai imparti pour quitter la Suisse. Un recours interjeté contre cette décision a été rejeté le 3 avril 2007 par la commission cantonale de recours de police des étrangers (ci-après : CCRPE).
3. En 2007, les époux ont obtenu un visa de trois mois sur requête du 16 avril 2007 pour leur permettre de chercher un nouvel emploi dans le cadre des organisations internationales.
4. Le 23 octobre 2008, l'OCP, constatant que la décision du 5 novembre 2006 était en force, a imparti un nouveau délai aux époux au 23 novembre 2008 pour quitter la Suisse.
5. Le 27 octobre 2008, les époux ont déposé une nouvelle demande d'autorisation de séjour auprès de l'OCP traitée par ce dernier comme une demande de reconsidération.
6. Le 15 mars 2010, l'OCP a refusé de préaviser favorablement leur dossier auprès de l'Office fédéral des migrations (ci-après : ODM) en vue de la délivrance d'un permis pour cas de rigueur personnelle, prononçant leur renvoi et leur impartissant un délai de départ au 15 juin 2010. Cette décision était exécutoire nonobstant recours.
7. Le 18 novembre 2010, la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : la commission) a rejeté le recours des époux. Elle n'a pas statué sur les conclusions des recourants en restitution de l'effet suspensif, compte tenu de la décision de rejet du recours.
8. Les époux ont interjeté recours contre la décision de la commission précitée concluant préalablement à la restitution de l'effet suspensif, subsidiairement à l'ordonnance de mesures provisionnelles permettant d'autoriser les époux à résider en Suisse pendant la durée de la procédure.

## Considerations

Considérant, en droit, que :
1. Selon l'art. 48 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), une demande en reconsidération ne peut entraîner ni interruption de délai, ni effet suspensif.
2. Le recours contre une décision de l'administration refusant de reconsidérer une de ses décisions n'a pas d'effet suspensif automatique (art. 66 al. 1 LPA).
3. L'effet suspensif ne peut être restitué lorsque le recours est dirigé contre une décision négative, soit contre une décision qui porte refus d'une prestation, car cela reviendrait à accorder au recourant d'être mis au bénéfice d'un régime juridique dont il n'a jamais bénéficié (
ATA/485/2010
du 15 juillet 2010 ;
ATA/280/2009
du 9 juin 2009, consid. 2 let. c, et les réf. cit.).
4. Au vu de ce qui précède, la requête de restitution d'effet suspensif sera traitée comme demande de mesures provisionnelles (
ATA/316/2010
du 7 mai 2010 ;
ATA/311/2010
du 4 mai 2010 et les références citées).
5. A teneur de l'art. 21 al. 1 LPA, l'autorité administrative peut ordonner des mesures provisionnelles lorsqu'il est nécessaire de régler transitoirement la situation en cause jusqu'au prononcé de la décision finale.
6. La jurisprudence a toutefois précisé que de telles mesures n'étaient légitimes que si elles s'avéraient indispensables au maintien d'un état de faits ou à la sauvegarde d'intérêts compromis et qu'elles ne pouvaient anticiper sur le jugement définitif (ATF
109 V 506
;
ATA/318/2009
du 29 juin 2009 et les réf. cit.).
7. En l’espèce, le statut légal des recourants en Suisse a fait l’objet d’un règlement définitif à la suite de la confirmation le 3 avril 2007 par la CCRPE de la décision du 6 novembre 2006.
8. Le dispositif de cette décision déploie ses effets même pendant la procédure de réexamen, et il n'est pas possible de revenir sur celui-ci sauf à compromettre gravement la sécurité du droit (
ATA/485/2010
et
ATA/318/2009
précités) ;
9. En conséquence, la demande de mesures provisionnelles sera rejetée ;
10. Le sort des frais de la présente décision sera tranché dans l'arrêt à rendre au fond.
Vu les art. 21 al. 2 et 66 al.2 LPA ;
vu l’art. 5 du règlement du Tribunal administratif du 5 février 2007 ;
LE VICE-PRÉSIDENT DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF
rejette la demande de restitution de l’effet suspensif au recours traité comme demande de mesures provisionnelles ;
réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ;
dit que, les éventuelles voies de recours contre la présente décision, les délais et conditions de recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF -
RS 173.110
), dont un extrait est reproduit ci-après. Le mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être jointes à l'envoi ;
communique la présente décision, en copie, à Me Christian Fischele, avocat des recourants, à la commission cantonale de recours en matière administrative, ainsi qu'à l'office cantonal de la population.
Le vice-président du Tribunal administratif :
Ph. Thélin
Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties.
Genève, le