# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 08b436e7-4151-5d0a-9fc7-a07eaa9aceea
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_001
**Year:** 2021
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
, que par ordonnance du 7 janvier 2021, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a modifié le ch. 5 du jugement
JTPI/131/2018
du 10 janvier 2018 (ch. 1) et cela fait, statuant à nouveau, a notamment condamné B_ à verser à A_, par mois et d'avance, le montant de 340 fr. à titre de contribution à l'entretien de l'enfant C_ (ch. 4) et 1'030 fr. à l'entretien de l'enfant D_ (ch. 5) et supprimé le ch. 6 du dispositif du jugement
JTPI/131/2018
dès le 21 septembre 2020 (ch. 6);
Que le jugement
JTPI/131/2018
du 10 janvier 2018 avait donné acte à B_ de son engagement à verser une contribution à l'entretien des enfants de 570 fr. par mois par enfant (ch. 5) et une contribution à l'entretien de A_ de 870 fr. (ch. 6);
Que par acte expédié le 21 janvier 2021 à la Cour de justice, A_ a formé appel contre l'ordonnance du 7 janvier 2021; qu'elle a conclu à son annulation et à la confirmation, sur mesures provisionnelles, des ch. 5 et 6 du dispositif du jugement du 10 janvier 2018;
Qu'elle a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son appel; qu'elle a invoqué à cet égard qu'elle allait subir une baisse importante de ses revenus, sans qu'il y ait d'urgence particulière à modifier les contributions d'entretien convenues d'entente entre les parties; que l'ordonnance attaquée, si elle n'était pas suspendue, ne ferait que cautionner l'abus de droit manifeste de B_ qui s'était trouvé au chômage "par sa faute quasiment délibérée";
Qu'invité à se déterminer, B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

## Considerations

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que l'ordonnance querellée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, l'appelante invoque qu'elle subirait une baisse importante de ses revenus si l'ordonnance attaquée était appliquée, sans que la situation présente d'urgence; qu'elle n'explique pas de la sorte à quel préjudice difficilement réparable la baisse des contributions d'entretien versées par l'intimée l'exposerait; qu'elle ne soutient pas davantage que l'intimé ne serait pas en mesure de lui verser, rétroactivement, les contributions dues selon les ch. 5 et 6 du dispositif du jugement du 10 janvier 2018 dans l'hypothèse où son appel était admis;
Qu'il ne peut être considéré,
prima facie
, que le recours est d'emblée manifestement fondé, de sorte que l'intimé n'est dès lors vraisemblablement pas en mesure de s'acquitter des contributions d'entretien fixées par le jugement
JTPI/131/2018
du 10 janvier 2018 sans entamer son minimum vital;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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