# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 33670487-a81e-4dfc-ad50-0defe6a00f57
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_013
**Year:** 2015
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

En fait :
A.
Le 25 mars 2015, H._ et P._ ont déposé une plainte pénale contre K._ pour "crime de détournement et vol qualifié de brevets et de marchandises". Il ressort de la plainte et des documents annexés à celle-ci que, le 18 mai 2009, H._, K._ et N._ ont fondé la société W._ Sàrl Energy Development Sàrl, notamment afin de développer et de commercialiser une nouvelle technologie inventée et brevetée par le plaignant (réacteur électromécanique, P. 5/3). L'apport de H._ à la société a consisté à fournir tous les brevets et le nom déposé de W._ Sàrl, ainsi que la propriété des brevets déposés par ses soins au Brésil. H._ a travaillé à la création d'un prototype pour le compte de la société W._ Sàrl de 2009 à 2013, dont la faillite a été prononcée le 26 juin 2014. H._ reproche en substance à K._, associé-gérant de cette société, de ne pas lui avoir versé de salaires, d'être responsable de la perte des brevets précités en raison du prononcé de la faillite de la société ainsi que de la vente, dans le cadre de la faillite, du prototype de son invention.
B.
Par ordonnance du 20 mai 2015, le Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois a décidé de ne pas entrer en matière sur cette plainte, les frais étant laissés à la charge de l'Etat.
C.
Par acte du 5 juin 2015, H._ a recouru contre cette ordonnance. Il sollicite implicitement sa réforme en ce sens qu'il soit entré en matière sur sa plainte.
Par avis du 10 juin 2015, la Cour de céans a imparti au recourant un délai au 1
er
juillet 2015 pour effectuer un dépôt de 550 fr. à titre de sûretés (art. 383 al. 1 CPP). H._ s’est acquitté de ce montant en temps utile.
Le 1
er
juillet 2015, le recourant a déposé une écriture complémentaire, à laquelle étaient jointes diverses pièces.
Il n'a pas été ordonné d'échanges d'écritures.

## Considerations

En droit :
1.
1.1
Les parties peuvent attaquer une ordonnance de non-entrée en matière rendue par le Ministère public (cf. art. 310 CPP [Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007; RS 312.0]) dans les dix jours devant l’autorité de recours (art. 310 al. 2, 322 al. 2 CPP; cf. art. 20 al. 1 let. b CPP), qui dans le canton de Vaud est la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal (art. 13 LVCPP [loi d’introduction du code de procédure pénale suisse; RSV 312.01]; art. 80 LOJV [loi d’organisation judiciaire; RSV 173.01]).
1.2
En l’espèce, interjeté dans le délai légal auprès de l’autorité compétente par la partie plaignante qui a qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP), le recours déposé le 5 juin 2015 est recevable. Tel n'est en revanche pas le cas de l'écriture complémentaire déposée le 1
er
juillet 2015, postérieurement à l'échéance du délai de recours. Il n'en sera donc pas tenu compte dans l'examen de la présente cause.
2.
2.1
Conformément à l'art. 310 let. a CPP, le Procureur rend immédiatement – c'est-à-dire sans qu'une instruction soit ouverte – une ordonnance de non-entrée en matière lorsqu'il apparaît, à réception de la dénonciation (cf. art. 301 s. CPP) ou de la plainte (Cornu, in: Kuhn/Jeanneret [éd.], Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, nn. 1 et 2 ad art. 310 CPP) ou après une procédure préliminaire limitée aux investigations de la police (art. 300 al. 1 et 306 s. CPP), que les éléments constitutifs d'une infraction ou les conditions d'ouverture de l'action pénale ne sont manifestement pas réunis (TF 1B_709/2012 du 21 février 2013 c. 3.1 ; TF 1B_67/2012 du 29 mai 2012 c. 2.2).
2.2
En l'espèce, le Procureur a considéré que les griefs formulés par le plaignant à l'encontre de K._ étaient infondés dès lors qu'il apparaissait que, contrairement à ses allégations, H._ avait lui-même organisé la vente des brevets et du prototype à différents partenaires au Brésil (cf. P. 6). Quoi qu'il en soit, les éventuelles infractions à la LBI (loi fédérale du 25 juin 1954 sur les brevets d'invention, RS 232.14) qui auraient pu être reprochées à K._ étaient prescrites puisque le délai pour déposer plainte se prescrivait par 6 mois à compter du jour où le lésé avait connu l'auteur de l'infraction (art. 81 al. 2 LBI). S'agissant enfin de salaires qui ne lui auraient pas été versés, il s'agissait d'un litige de nature civile, pour lequel il appartenait au plaignant de saisir le juge civil compétent.
2.3
Le recourant qui, dans son mémoire, s'exprime de manière peu claire, ne démontre pas en quoi K._ aurait commis une infraction pénale. Le litige est de nature essentiellement civile. En outre, la plupart des faits sont anciens et, comme le Ministère public l'a relevé, le délai de prescription de six mois prévu par l'art. 81 al. 2 LBI était échu le 25 mars 2015, jour du dépôt de la plainte. En tout cas, le recourant ne présente aucun indice permettant de supposer qu'il a connu l'auteur de l'infraction éventuelle postérieurement au 25 septembre 2014.
2.4
Dans ces circonstances, c’est à juste titre que le Procureur a décidé de ne pas entrer en matière sur la plainte de H._.
3.
En définitive, le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté sans autres échanges d’écritures (art. 390 al. 2 CPP) et l'ordonnance attaquée confirmée.
Les frais de la procédure de recours, constitués du seul émolument d’arrêt, par 550 fr. (art. 20 al. 1 TFIP [Tarif des frais de procédure et indemnités en matière pénale du 28 septembre 2010, RSV 312.03.1]), seront mis à la charge de H._, qui succombe (art. 428 al. 1 CPP). Le montant de 550 fr. déjà versé par le recourant à titre de sûretés (art. 383 al. 1 CPP) sera imputé sur les frais mis à sa charge (art. 7 TFIP).