# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8fbc524f-723b-4367-8af6-eab3b457f945
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
Ressortissant portugais né le ******** 1978, A._ est arrivé en Suisse le 1
er
avril 2013. Sur le formulaire d'annonce d'arrivée, il a annoncé un séjour antérieur en Suisse remontant à une vingtaine d'années environ. Il a obtenu une autorisation de séjour UE/AELE avec activité lucrative le 1
er
juin 2013, dès lors qu’il avait été engagé en tant que vendeur au sein d'un supermarché à compter du 1
er
juin 2013. Son activité auprès de cet employeur a toutefois cessé le 31 juillet 2013. Il a ensuite effectué des missions temporaires en 2013 pour le compte d’une agence de placement, puis il a travaillé au CHUV en qualité d'employé de restauration du 1
er
janvier 2014 au 16 septembre 2014. Il s’est à inscrit à l’Office régional de placement à compter d'octobre 2014 et a depuis lors bénéficié des prestations de l’assurance-chômage. Ses indemnités de chômage ont été complétées par le Revenu d’insertion.
B.
Le 20 novembre 2013, A._ a annoncé l'arrivée de sa compagne B._, ressortissante portugaise née le ******** 1985, et de leur fils C._, né le ******** 2007. Il a signé une attestation de prise en charge financière en leur faveur le 21 novembre 2013. Une autorisation de séjour UE/AELE par regroupement familial leur a été accordée.
Selon un rapport de dénonciation de la Police de Lausanne du 6 novembre 2014, A._ a été dénoncé 4 fois entre 2004 et 2014 pour infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants.
C.
En 2018, A._ et B._ ont requis la prolongation de leurs autorisations de séjour, respectivement leur transformation en autorisations d'établissement. Le dossier du Service de la population (ci-après: SPOP) comporte une décision du 15 octobre 2018, aux termes duquel cette autorité semble avoir refusé la transformation des autorisations de séjour des intéressés en autorisations d'établissement et les avoir rendu attentifs au fait que leur dépendance à l'aide sociale pourrait conduire à un non-renouvellement de leur droit de séjour. Il ne ressort toutefois pas de ce document que cette décision aurait été notifiée. Au contraire, dans une lettre du 15 avril 2019, le SPOP a informé A._ et B._ qu'il envisageait de rejeter leur requête dès lors qu'ils n'étaient pas en mesure de subvenir à leurs besoins et qu'ils bénéficiaient du revenu d'insertion pour un montant global à ce jour de 140'556 francs.
A._ et B._ ont fait valoir leur droit d'être entendus dans des déterminations du 15 mai 2019, sous la plume de leur conseil juridique. Ils ont notamment fait valoir que leur fils présentait des besoins particuliers nécessitant une scolarité spécialisée ainsi qu'un suivi psychothérapeutique. Ils ont produit un certificat médical du 6 mai 2019 de la Dresse D._, pédopsychiatre, et de la psychologue E._, selon lequel l'enfant bénéficiait d'un suivi régulier depuis le mois d'avril 2018, précisant qu'un renvoi du territoire suisse serait préjudiciable pour son développement. Ils ont également produit une attestation de scolarité de l'établissement spécialisé de X._, ainsi qu'une attestation d'un enseignant spécialisé de cette école indiquant notamment que l'enfant montrait un retard de développement et que les progrès rencontrés grâce à sa scolarisation adaptée seraient mis à mal en cas de changement d'école.
D.
A._ a fait l'objet d'un acte de défaut de biens du 21 janvier 2019 pour un montant de 429 francs.
E.
Depuis le mois d'août 2019, B._ est employée par la société de nettoyage ******** à raison d'environ 40 heures par mois.
F.
Selon décompte du mois de septembre 2019, A._ et sa famille ont bénéficié du revenu d'insertion pour un montant de 159'185 fr. depuis le mois de septembre 2014.
G.
Par décision du 6 janvier 2020, le SPOP a refusé le renouvellement des autorisations de séjour, respectivement la transformation des autorisations de séjour en autorisations d'établissement A._A._ et B._, considérant qu'ils n'avaient pas les moyens d'assurer leur autonomie financière et n'avaient pas la qualité de travailleurs. En outre, le SPOP a considéré que la famille ne se trouvait pas dans une situation d'extrême gravité et que l'enfant C._ pourrait poursuivre son traitement thérapeutique dans son pays d'origine.
H.
Par acte du 27 janvier 2020, A._, B._ et leur fils C._ ont formé recours contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), concluant à son annulation et à la prolongation de leurs autorisations de séjour, fondée sur leur statut de travailleurs, subsidiairement fondée sur leur droit de demeurer, plus subsidiairement fondée sur l’existence d’un cas 20 OLCP/8 CEDH.
A l’appui de leur recours, ils invoquent le séjour prolongé du recourant en Suisse, qui allègue y avoir vécu une partie de son enfance, entre sa 3
ème
et sa 13
ème
année. Ils invoquent aussi les emplois actuels de la recourante et les difficultés psycho-sociales de leur fils.
Dans ses déterminations du 6 mars 2020, le SPOP a conclu au rejet du recours.
Les recourants ont répliqué le 16 mars 2020, par l'intermédiaire de leur mandataire. Ils ont produit diverses pièces, dont notamment un nouveau contrat de travail de durée indéterminée conclu par la recourante en qualité d'aide au ménage auprès d'un particulier à raison de 3 heures par semaine pour un salaire mensuel de 325 francs.
I.
Les recourants ont en outre produit divers certificats, actuels et antérieurs, de personnes intervenant auprès de l'enfant C._.
Ainsi, par attestation du 4 février 2020, ********, enseignant spécialisé à l'Ecole de X._, a expliqué ce qui suit:
"C._ est dans ma classe pour la deuxième année scolaire. Il est actuellement au cœur de l'apprentissage de la lecture en français. Il a enfin acquis la fusion syllabique après plusieurs années de soutien individuel, il commence à la généraliser pour des mots entiers et arrive parfois à l'utiliser aussi pour déchiffrer de courtes phrases. Il est à l'émergence de la lecture et commence à oser croire en son potentiel de lecteur. La construction de ces apprentissages a demandé une énergie importante et un soutien massif. L'interrompre maintenant rendraient extrêmement fragiles ces apprentissages et demanderait certainement de repartir proche de zéro dans une autre langue (construction et déchiffrage, sons complexes, différences de prononciation entre les deux langues par exemple).
Le langage oral demande aussi à C._ de gros efforts de participation, de compréhension, de structuration de l'oral mais surtout de l'écrit. Sa langue de communication à l'école est exclusivement le français, je ne l'ai jamais entendu parler le portugais.
C._ a pris beaucoup de temps pour construire les relations sociales qu'il peut maintenant investir au quotidien. Il a longtemps et souvent été dans son monde; ce fut une construction pas à pas, longue et patiente. C'est un enfant timide qui doute souvent de sa manière d'entrer en relation comme de ses compétences en général. Il a besoin d'être en confiance pour se lancer dans une relation. Je crains qu'un changement important de contexte ne le perturbe énormément et qu'il se renferme sur lui-même.
C._ a besoin d'une prise en charge spéciale et d'un projet scolaire d'apprentissage qui soit adapté à son rythme et à son potentiel. Les projets pédagogiques individualisés dont il peut bénéficier ici lui ont permis de progresser à son rythme tout en respectant ses difficultés mais aussi en utilisant ses intérêts et son potentiel. Changer de système scolaire pour cet enfant, qui a pris plusieurs années pour investir complètement notre école, pourrait mettre en péril la suite de sa scolarité. Il a besoin de pouvoir se baser sur des repères clairs et connus pour évoluer dans une certaine sécurité affective qui est une condition sine qua non pour les apprentissages.
Son rythme de travail est lent, il a besoin de temps pour comprendre les informations et stimuli de son environnement. Il lui a fallu longtemps pour connaître les noms des personnes, investir les relations avec ses camarades, construire des apprentissages, prendre sa place dans le groupe, investir l'école. Lui imposer un changement de contexte trop important et brusque nuirait à ses apprentissages et à la construction de sa personnalité et risquerait d'hypothéquer son développement futur.
L'entrée dans l'adolescence est une période charnière dans le développement des enfants et en particulier pour des enfants comme C._. Il a pris plus de temps que d'autres enfants pour construire les notions scolaires et les qualités de relations qu'il peut montrer maintenant. Ces éléments sont encore fragiles et une trop grande charge émotionnelle peut bloquer C._. Il a besoin de stabilité et de confiance dans ce qu'il a pris beaucoup de temps à construire ici en suisse. Il est important que cette période d'instabilité et de construction qu'est l'adolescence puisse être vécue dans un environnement stable et connu."
Dans un rapport du 5 février 2020, ********, logopédiste, a expliqué que l'enfant C._ était suivi depuis octobre 2018 à raison d'une séance individuelle par semaine. Un bilan logopédique effectué entre septembre et octobre 2018 avait mis en évidence d'importantes difficultés langagières, un gros retard dans l'acquisition du langage écrit ainsi que des difficultés instrumentales associées. Elle relevait qu'à son arrivée dans l'école, l'enfant avait eu besoin d'une période d'adaptation importante. Il avait fait énormément de progrès depuis lors, mais pour apprendre, il avait besoin de beaucoup de temps, de stabilité de répétition dans un contexte motivant et rassurant. Ainsi, selon la logopédiste,
"un changement si radical de milieu, de langue et de fonctionnement risque de fortement péjorer son développement affectif, émotionnel et de mettre à mal tous les processus impliqués dans ses apprentissages"
. Dans un rapport logopédique antérieur, du 24 mars 2016, il est notamment relevé que la langue parlée au domicile est le portugais, l'enfant C._ ayant appris le français en immersion depuis fin 2013.
La psychologue E._ a indiqué, dans son certificat psychothérapeutique du 27 janvier 2020, que le suivi thérapeutique initié en 2018 se poursuivait. Elle relevait que l’enfant C._ était par ailleurs au bénéfice de mesures médicales de l'Assurance Invalidité depuis juin 2018, qui visaient à le soutenir dans ses apprentissages et son suivi thérapeutique en vue de son autonomisation future. Elle relevait en outre ce qui suit:
"Comme mentionné dans le rapport daté du 6 mai 2019, co-signé par Mme E._ et la Dre D._, pédopsychiatre, l'évolution de C._ reste favorable mais est également tributaire de la stabilité et de la régularité du suivi et il est donc important qu'il puisse se poursuivre. Dans ce contexte, un renvoi du territoire suisse serait préjudiciable pour son développement. En effet, les capacités d'adaptations requises chez un enfant de cet âge contraint à émigrer dépassent les capacités de C._, en raison de sa pathologie."
L'enfant C._ fréquente par ailleurs un groupe de jeu dramatique au sein de l'école de X._, à raison de 45 minutes par semaine. Dans une lettre du 7 février 2020, ********, psychomotricien en charge de cette activité, a exprimé sa grande inquiétude concernant le sort de l'enfant C._ en cas d'expulsion du territoire suisse. Selon lui, le mode de thérapie offert, qui implique de mettre en jeu son monde interne et imaginaire par des jeux de rôle proposé par ses camarades, profiterait au bon développement psycho-affectif de l'enfant, développement jusqu'alors grandement entravé par ses difficultés développementales. Le thérapeute dit être convaincu qu'il serait très dommageable pour le développement futur de l'enfant de le priver des liens thérapeutiques et amicaux tissés dans ce groupe jusqu'à présent.
********, responsable de l'école de X._ s'est également exprimée dans une attestation du 3 février 2020, expliquant que l'enfant effectuait sa quatrième année dans cette école et nécessitait selon elle la poursuite de son suivi dans cette institution, qui lui offrait des conditions favorables comme un enseignant spécialisé, des effectifs réduits par classe, et la présence de thérapeutes sur place. Elle a joint à son attestation divers documents en lien avec le signalement pour enseignement spécialisé qui avait été faits concernant l'enfant lorsqu'il fréquentait l'école publique.
J.
Il ressort des extraits de compte individuel de la Caisse de compensation AVS d'A._, celui-ci avait déjà exercé une activité lucrative en Suisse en 1996 et 2001.
K.
B._ a produit ses dernières fiches de salaires auprès de la société de nettoyage qui l'emploie, avec des salaires nets suivants:
Juillet 2019: 396 fr. 20
Août 2019: 609 fr. 60
Septembre 2019: 640 fr. 10
Octobre 2019: 701 fr. 00
Novembre 2019: 640 fr. 10
Décembre 2019: 975 fr. 20
janvier 2020: 702 fr. 95
Les recourants ont en outre indiqué, le 16 mars 2020, qu'une demande de prestations complémentaires (PC famille) devait prochainement être déposée sur la base des deux activités professionnelles amenant un revenu estimé actuellement à 900 francs. Ils relevaient qu'en raison des mesures sanitaires liées au coronavirus, les démarches auprès de l'agence d'assurances sociales étaient en l'état devenues impossibles.
Le recourant a par ailleurs expliqué avoir connu une incapacité de travail due à un accident survenu en 2019. Il a produit un certificat médical attestant d'incapacités de travail successives à 100 % du 29 juillet 2019 au 1
er
septembre 2019, ayant pour cause un accident.
Le SPOP s'est encore déterminé le 23 avril 2020, indiquant qu'il maintenait sa décision.
La Cour a statué par voie de circulation.
Les arguments des parties seront repris ci-après dans la mesure utile.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l'art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il satisfait également aux conditions formelles de recevabilité énoncées à l'art. 79 LPA-VD (applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
Les recourants contestent le refus de renouveler leurs autorisations de séjour UE/AELE et leur renvoi de Suisse.
a) De nationalité portugaise, les recourants peuvent se prévaloir des droits conférés par l’accord conclu le 21 juin 1999 entre la Confédération suisse, d’une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d’autre part, sur la libre circulation des personnes (ALCP; RS 0.142.112.681).
b) D'après l'art. 2 par. 1 al. 1 annexe I ALCP (en relation avec l'art. 4 ALCP), les ressortissants d'une partie contractante ont le droit de séjourner et d'exercer une activité économique sur le territoire de l'autre partie contractante selon les modalités prévues aux chapitres II à IV. Aux termes de l'art. 6 par. 1 annexe I ALCP,
le travailleur salarié ressortissant d'une partie contractante qui occupe un emploi d'une durée égale ou supérieure à un an au service d'un employeur de l'Etat d'accueil reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au moins à dater de sa délivrance. Il est automatiquement prolongé pour une durée de cinq ans au moins. Lors du premier renouvellement, sa durée de validité peut être limitée, sans pouvoir être inférieure à un an, lorsque son détenteur se trouve dans une situation de chômage involontaire depuis plus de douze mois consécutifs. D’après l'art. 6 par. 6 annexe I ALCP, le titre de séjour en cours de validité ne peut être retiré au travailleur salarié du seul fait qu'il n'occupe plus d'emploi, soit que l'intéressé ait été frappé d'une incapacité temporaire de travail résultant d'une maladie ou d'un accident, soit qu'il se trouve en situation de chômage involontaire dûment constatée par le bureau de main-d'œuvre compétent.
La qualité de travailleur salarié constitue une notion autonome de droit de l'UE, qui doit s'interpréter en tenant compte de la jurisprudence de la Cour de Justice (ATF 131 II 339 consid. 3.1 ; arrêts TF 2C_374/2018 du 15 août 2018 consid. 5.3.1; 2C_99/2018 du 15 mai 2018 consid. 4.2; 2C_567/2017 du 5 mars 2018 consid. 4.2.1). Cette dernière estime que la notion de travailleur, qui délimite le champ d'application du principe de la libre circulation des travailleurs, doit être interprétée de façon extensive, tandis que les exceptions et dérogations à cette liberté fondamentale doivent, au contraire, faire l'objet d'une interprétation stricte. Doit ainsi être considérée comme un "travailleur" la personne qui accomplit, pendant un certain temps, en faveur d'une autre personne et sous la direction de celle-ci, des prestations en contrepartie desquelles elle touche une rémunération. Cela suppose l'exercice d'activités réelles et effectives, à l'exclusion d'activités tellement réduites qu'elles se présentent comme purement marginales et accessoires (cf. ATF 141 II 1 consid. 2.2.4; arrêts TF 2C_374/2018 précité consid. 5.3.1; 2C_99/2018 précité consid. 4.2; 2C_567/2017 précité consid. 4.2.1).
En vertu de l’art. 23 al. 1 de l’ordonnance fédérale du 22 mai 2002 sur l’introduction progressive de la libre circulation des personnes entre, d’une part, la Confédération suisse et, d’autre part, l’Union européenne et ses Etats membres, ainsi qu’entre les Etats membres de l’Association européenne de libre-échange (ordonnance sur l’introduction de la libre circulation des personnes, OLCP; RS 142.203), les autorisations de séjour de courte durée, de séjour et frontalières UE/AELE peuvent être révoquées ou ne pas être prolongées, si les conditions requises pour leur délivrance ne sont plus remplies.
Procédant à une interprétation de ces principes, le Tribunal fédéral a jugé qu'un étranger au bénéfice d'une autorisation de séjour UE/AELE peut perdre le statut de travailleur au sens de l'ALCP et par conséquent se voir refuser la prolongation, respectivement se voir révoquer l'autorisation de séjour dont il est titulaire s’il se trouve dans un cas de chômage volontaire, si on peut déduire de son comportement qu'il n'existe (plus) aucune perspective réelle qu'il soit engagé à nouveau dans un laps de temps raisonnable ou s’il adopte un comportement abusif par exemple en se rendant dans un autre État membre pour y exercer un travail fictif ou d'une durée extrêmement limitée dans le seul but de bénéficier de prestations sociales meilleures que dans son État d'origine ou que dans un autre État membre (ATF 141 II 1 consid. 2.2.1; arrêts TF 2C_374/2018 précité consid. 5.5; 2C_99/2018 précité consid. 4.4; 2C_567/2017 précité consid. 4.4).
c) En l’occurrence, l’autorité intimée a retenu que les recourants ne pouvaient plus, respectivement pas, se prévaloir de la qualité de travailleur.
Le recourant n'exerce plus d'activité lucrative depuis 2014. Durant les années 2013 et 2014, il a alterné des périodes d’activité professionnelle, essentiellement comme employé intérimaire, avec des périodes de chômage. Même à considérer qu'il avait alors acquis la qualité de travailleur, il l'a perdue depuis lors. Par ailleurs, il ne peut pas se prévaloir du droit de demeurer, dès lors qu'il ne prétend pas être en incapacité de travail et qu'il n'est pas au bénéfice d'une rente AI. Le recourant fait valoir son long séjour en Suisse et le fait qu'il aurait déjà vécu en Suisse pendant une dizaine d'années dans son enfance. Cela dit, il a vécu l'essentiel de sa vie au Portugal. Durant son séjour en Suisse depuis 2013, il n'a pas exercé d’activité régulière lui procurant un revenu suffisant à tout le moins depuis fin 2014. Il dépend du revenu d'insertion depuis 2015. En septembre 2019, le montant total perçu à ce titre s'élevait à 159'185 francs. Il n'allègue pas avoir retrouvé d'emploi à ce jour. Il convient ainsi de considérer qu’il n’existe aucune perspective réelle qu’il soit engagé à nouveau dans un laps de temps raisonnable. Le recourant ne peut donc plus se prévaloir de la qualité de travailleur et n’a plus le droit de séjourner en Suisse en application de l’art. 6 annexe I ALCP.
Si le recourant fait état d'un accident de travail en été 2019, il indique avoir depuis lors récupéré sa capacité de travail. Il n'y a ainsi pas de motifs justifiant d'examiner un éventuel droit de demeurer au sens de l'art. 4 annexe I ALCP.
Quant à la recourante, ses deux contrats de travail cumulent une activité à un taux de moins de 50 %, pour lesquels elle perçoit un revenu total mensuel d'environ 900 francs. Ces revenus correspondent à une activité marginale et accessoire et ne permettent pas de subvenir aux besoins de la famille. Dans ces circonstances, l'autorité intimée n'a pas excédé ni abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant qu'elle n'avait pas acquis la qualité de travailleuse au sens de l'art. 6 annexe I ALCP.
3.
Pour le surplus, les recourants ne contestent pas n'avoir pas droit à des autorisations de séjour pour personnes n'exerçant pas d'activité économique en application de l’art. 24 annexe I ALCP, faute de disposer des moyens financiers nécessaires. Leur intention de solliciter des prestations complémentaires, au demeurant non étayée à ce jour, n'apparaît par ailleurs pas déterminante dès lors que, conformément à la jurisprudence, de telles prestations complémentaires constituent de l'aide sociale au sens de l'art 24 annexe I ALCP (cf. ATF 135 II 265 consid. 3.7; arrêts TF 2C_374/2018 du 15 août 2018 consid. 6.4; 2C_567/2017 du 5 mars 2018 consid. 5.1, et les références citées; PE.2019.0131 du 13 mai 2020 consid. 6).
4.
Les recourants invoquent l'art. 3 al. 6 Annexe I ALCP, soutenant que leur enfant disposerait d'un droit à poursuivre et terminer sa scolarité obligatoire en Suisse.
a) Selon l'
art. 3 al. 6 Annexe I ALCP
, les enfants d'un ressortissant d'une partie contractante qui exerce ou non, ou qui a exercé une activité économique sur le territoire de l'autre partie contractante, sont admis aux cours d'enseignement général, d'apprentissage et de formation professionnelle dans les mêmes conditions que les ressortissants de l'Etat d'accueil, si ces enfants résident sur son territoire. Cette disposition accorde à ces enfants un droit à la poursuite de leur séjour dans l'Etat d'accueil, afin d'y terminer leur formation lorsqu'un retour dans leur pays d'origine ne peut pas être exigé (ATF 142 II 35 consid. 4.1 p. 41; arrêt 2C_997/2015 du 30 juin 2016 consid. 2.1). Le but du droit de séjour fondé sur l'art. 3 al. 6 Annexe I ALCP est d'encourager la poursuite de l'intégration des enfants en formation. Partant, un tel séjour est soumis à la condition que le retour de l'enfant dans son pays d'origine n'apparaisse pas exigible (ATF 139 II 393 consid. 4.2 p. 399; cf. arrêt 2C_669/2015 du 30 mars 2016 consid. 6.3). Pour le cas où l’enfant disposerait d’un droit propre à cet égard, le parent qui en a la garde peut revendiquer un droit dérivé à la poursuite de son séjour en Suisse (arrêt 2C_997/2015 déjà cité consid. 4).
Dans un arrêt 2C_669/2015 du 30 mars 2016, le Tribunal fédéral a laissé ouverte la question de savoir si un enfant de neuf ans avait commencé une formation au sens de cette disposition, dès lors que son retour au Portugal avec sa mère, de nationalité portugaise, qui en avait la garde et avec laquelle il habitait, n'apparaissait pas inexigible (consid. 6.3).
Dans le cas d'une ressortissante portugaise n'exerçant plus d’emploi depuis plusieurs années et dépendant entièrement de l’assistance publique pour son entretien et celui de ses enfants, la Cour de céans a considéré que ni elle, ni ses enfants, qui n'avaient pas encore débuté le cycle de scolarité secondaire, ne pouvaient invoquer un droit à la libre circulation (PE.2018.0507 du 15 août 2019 consid. 4d).
b) Les recourants invoquent un arrêt du Tribunal fédéral 2C_673/2019 du 3 décembre 2019, dans lequel la Haute Cour a considéré qu'on ne pouvait pas exiger d'un adolescent âgé de 13 ans, qui était né et avait grandi en Suisse, qu'il retourne dans son pays d'origine avant la fin de son école obligatoire (consid. 5.2)
.
En l'occurrence, l'enfant des recourants est âgé de bientôt 13 ans et se trouve au début de l'adolescence, période essentielle du développement personnel et scolaire où un soudain déplacement du centre de vie peut constituer un véritable déracinement et s'accompagner de grandes difficultés d'intégration. Sa situation diffère cependant de l'affaire précitée, dès lors qu'il n'est pas né en Suisse et que, souffrant d'un important retard scolaire, il n'apparaît pas proche de la fin de sa scolarité obligatoire. Sans minimiser ses importantes difficultés d'apprentissage, un retour au Portugal doit être considéré comme exigible dès lors que ce pays dispose aussi d'infrastructures destinées aux enfants présentant des difficultés scolaires, ce que les recourants ne contestent au demeurant pas. Il a d'ailleurs vécu ses six premières années dans ce pays avec ses parents et la langue parlée en famille est le portugais. Dans ces conditions, il pourra poursuivre sa scolarité dans son pays d'origine et l'art. 3 al. 6 annexe I ALCP ne saurait s'opposer à un retour dans ce pays.
5.
Il convient encore d’examiner si les recourants peuvent prétendre à la délivrance d’autorisations de séjour en raison d’un cas de rigueur sur la base de l’art. 20 OLCP.
a) En vertu de cette disposition, si les conditions d'admission sans activité lucrative ne sont pas remplies au sens de l'accord sur la libre circulation des personnes, une autorisation de séjour UE/AELE peut être délivrée lorsque des motifs importants l'exigent.
L’art. 20 OLCP doit être appliqué en relation avec l’art. 31 de l'ordonnance fédérale du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201; cf. PE.2018.0017 du 6 juin 2018 consid. 3a et la référence citée; PE.2017.0466 du 27 mars 2018 consid. 4a; PE.2017.0435 du 8 février 2018 consid. 6a). D'après l'art. 31 al. 1 OASA, une autorisation de séjour peut être octroyée dans les cas individuels d'extrême gravité. Lors de l'appréciation, il convient de tenir compte notamment de l'intégration du requérant, du respect par ce dernier de l'ordre juridique, de la situation familiale, particulièrement de la période de scolarisation et de la durée de la scolarité des enfants, de la situation financière ainsi que de la volonté de prendre part à la vie économique et d'acquérir une formation, de la durée de la présence en Suisse, de l'état de santé et des possibilités de réintégration dans l'Etat de provenance.
La jurisprudence n'admet que restrictivement l'existence d'un cas personnel d'extrême gravité. L'étranger doit se trouver dans un cas de détresse personnelle. Il ne suffit pas que, comme d'autres compatriotes appelés à rentrer dans leur pays d'origine, cet étranger se voie alors confronté à une mauvaise situation économique et sociale. Il faut que ses conditions de vie, comparées à celles applicables à la moyenne des étrangers, soient mises en cause de manière accrue et comportent pour lui des conséquences particulièrement graves. Lors de l'appréciation, il y a lieu de tenir compte de l'ensemble des circonstances. Par ailleurs, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialement et professionnellement et que son comportement n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d'extrême gravité; il faut encore que la relation du requérant avec la Suisse soit si étroite qu'on ne saurait exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail, d'amitié ou de voisinage qu'il a pu nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec notre pays qu'ils justifieraient une exemption des mesures de limitation du nombre des étrangers (ATF 130 II 39 consid. 3 et les références citées; PE.2018.0017 du 6 juin 2018 consid. 3a).
Des motifs médicaux peuvent, suivant les circonstances, conduire à la reconnaissance d'un cas individuel d'une extrême gravité, lorsque l'intéressé démontre souffrir d'une sérieuse atteinte à la santé qui nécessite, pendant une longue période, des soins permanents ou des mesures médicales ponctuelles d'urgence, indisponibles dans le pays d'origine, de sorte qu'un départ de Suisse serait susceptible d'entraîner de graves conséquences pour sa santé. En revanche, le seul fait d'obtenir en Suisse des prestations médicales supérieures à celles offertes dans le pays d'origine ne suffit pas (TF 2C_2016/2009 du 20 août 2009 consid. 4.2; PE.2018.0265 du 19 décembre 2018 consid. 4a et les références citée; cf. également PE.2017.134 du 13 décembre 2017 consid. 3c, où la Cour de céans a considéré que le Portugal possédait des structures médicales comparables à celles de la Suisse).
b) Dans le cas présent, les recourants vivent en Suisse de manière continue depuis sept ans. Le recourant aurait précédemment séjourné dans notre pays une dizaine d'années pendant son enfance. Il a toutefois vécu ensuite l'essentiel de sa vie au Portugal. Quant à la recourante, née en 1985, elle est arrivée pour la première fois en Suisse en 2013, de sorte qu'elle aussi a vécu l'essentiel de sa vie au Portugal. Si le séjour en Suisse des recourants atteint une certaine durée, il ne constitue toutefois pas un séjour spécialement long et on peut considérer qu'ils conservent leurs attaches sociales et familiales principales dans leur pays d'origine, de sorte qu'un retour dans ce pays apparaît possible sans difficultés insurmontables.
La recourante n’a exercé en Suisse que des activités professionnelles accessoires et le recourant n’exerce plus d’activité lucrative depuis 2014 et ne dispose d’aucune perspective d’emploi concrète. Les recourants ne peuvent donc pas se prévaloir d’une intégration professionnelle réussie. A cela s’ajoute qu’ils perçoivent des prestations de l’aide sociale de manière continue depuis juillet 2015. Pour le surplus, les recourants n’allèguent pas avoir tissé en Suisse des liens sociaux particulièrement étroits, qui rendraient un retour dans leur pays d’origine inexigible.
S'agissant du fils des recourants, il est né au Portugal où il a vécu jusqu'à l'âge de 6 ans. Âgé de presque 13 ans, il a ainsi passé un peu moins de la moitié de sa vie dans son pays d'origine et l'autre moitié en Suisse. L'autorité intimée considère que, nonobstant ses difficultés, l'enfant C._ pourra poursuivre sa scolarité et son traitement psychothérapeutique dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 6 ans, le Portugal disposant d'infrastructures sociales et médicales similaires à la Suisse. Les attestations au dossier, en particulier celle de la psychothérapeute de l'enfant font certes état de difficultés importantes d'apprentissage. Selon sa psychologue, un renvoi du territoire suisse serait préjudiciable pour son développement, dans la mesure où
"les capacités d'adaptations requises chez un enfant de cet âge contraint à émigrer dépassent les capacités de C._, en raison de sa pathologie"
. Il est également avéré que l'enfant a besoin d'une prise en charge spéciale et d'un projet scolaire d'apprentissages qui soit adapté à son rythme et à son potentiel. Cela étant, comme on l'a vu, il convient d'admettre avec l'autorité intimée qu'une prise en charge adéquate demeure possible dans son pays d'origine, qui offre des infrastructures médicales et scolaires comparables à celles de la Suisse. Il n’y a dès lors pas lieu de craindre qu’un départ de Suisse entraîne de graves conséquences pour la santé de l'enfant des recourants (cf. PE.2018.0265 précité, consid. 4b). Il convient ainsi d'admettre que si un retour au Portugal posera certes des difficultés à l'enfant des recourants en tout cas dans un premier temps, ces difficultés n'apparaissent pas insurmontables, moyennant un suivi approprié.
Tout bien pesé, il n'apparaît ainsi pas que les recourants se trouvent dans une situation exceptionnelle par rapport à l'ensemble de la population portugaise. Dans ces circonstances, il y a lieu d’admettre que les recourants ne se trouvent pas dans un état de détresse personnelle justifiant une exception aux mesures de limitation du nombre des étrangers et l’autorité intimée a considéré à juste titre que les conditions pour la délivrance d’une autorisation de séjour au sens de l’art. 20 OLCP n’étaient pas remplies.
6.
Il résulte des considérants qui précèdent que la décision attaquée apparaît conforme à la loi et proportionnée. Elle peut donc être confirmée et le recours doit en conséquence être rejeté.
Vu la situation financière précaire des recourants, il se justifie exceptionnellement de renoncer à un émolument de justice (art. 50 LPA-VD). Succombant, les recourants n'ont pas droit à des dépens (art. 55 LPA-VD).