# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** a2072fb3-416a-5fa9-a0bd-08a09e972c23
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2010
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par acte déposé le 14 juin 2010 au greffe de la Cour de justice, A_ Ltd recourt contre un jugement prononcé le 31 mai 2010, notifié aux parties le 3 juin 2010, par lequel le Tribunal de première instance a déclaré irrecevable pour cause de tardiveté, son opposition au séquestre prononcé le 1
er
février 2010 à la requête de B_ et a mis à la charge de A_ Ltd les dépens, comprenant une indemnité de procédure de 3'000 fr en faveur de B_.![endif]>![if>
A_ Ltd, tiers séquestré, conclut à l'annulation de ce jugement et, reprenant ses conclusions formulées devant le premier juge, demande à la Cour d'admettre son opposition, d'annuler en conséquence l'ordonnance de séquestre prononcée le 1
er
février 2010 à l'encontre de C_SAL, avec suite de dépens, et d'inviter l'Office des poursuites à lever ce séquestre portant sur les actifs de A_ Ltd.
Dans sa réponse à cet appel, B_ conclut à la confirmation du jugement entrepris, avec suite de dépens.
B.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure :![endif]>![if>
A_ Ltd est une société de droit libérien possédant des avoirs auprès de la BANQUE D_SA (ci-après : la BANQUE).
B_, domicilié en Jordanie, est au bénéfice de trois jugements de la High Court of Justice de Londres des 4 mai 2007, 15 juin 2007 et 20 décembre 2007, condamnant notamment C_ SAL à lui payer, respectivement, 30'000'000 USD, 2'175'915.69 USD et 2'612'715.79 USD.
C.
Le 1
er
février 2010, B_ a requis le séquestre des avoirs de C_ SAL, déposés à Genève auprès de la BANQUE, sous son nom propre ou sous le nom de tiers, notamment au nom de A_ Ltd, à hauteur de respectivement, 36'537'000 fr. (contre-valeur de USD 30'000'000 au taux de change moyen de CHF 1.21790 du 16 mai 2007), avec intérêts à 8% dès le 16 mai 2007, de 1'430'031 fr. 07 (contre-valeur de USD 1'175'915.69 au taux de change moyen de CHF 1.21610 du 6 juillet 2007), avec intérêts à 8% dès le 6 juillet 2007 et de 2'946'098 fr. 32 (contre-valeur de USD 2'612'715.79 au taux de change moyen de CHF 1.12760 du 3 janvier 2008), avec intérêts à 8% dès le 3 janvier 2008.![endif]>![if>
Le Tribunal de première instance a fait droit à cette requête par ordonnance prononcée le même jour, notamment au motif que B_ avait rendu vraisemblable le droit de propriété de C_ SAL sur les actifs détenus par A_ Ltd auprès de la BANQUE, et a dispensé B_ de fournir des sûretés.
Cette ordonnance de séquestre a été communiquée le jour même, soit le 1
er
février 2010, à l'Office des poursuites, qui a immédiatement adressé à la BANQUE un avis d'exécution dudit séquestre, indiquant le montant de la créance pour laquelle ce séquestre avait été ordonné, l'identité du débiteur et les actifs à séquestrer, soit en particulier ceux déposés au nom de A_ Ltd.
Ne figurait sur ledit avis ni l'identité du créancier séquestrant ou de ses mandataires, ni lequel des cas de séquestre visés par l'art. 271 LP fondait la décision de séquestre.
Le 3 février 2010, la BANQUE a avisé l'Office des poursuites que ledit séquestre avait porté et a informé A_ Ltd du séquestre de son compte, en lui transmettant l'avis susmentionné par télécopie.
Le 2 mars 2010, A_ Ltd a demandé au Tribunal de première instance la copie de la requête de séquestre et de ses annexes; le même jour, elle a reçu cette copie ainsi que celle de l'ordonnance de séquestre du 1
er
février 2010, mais pas la copie des pièces jointes à ladite
requête, qui n'étaient plus en la possession du Tribunal.
Ce même 2 mars 2010, A_ Ltd a alors demandé copie de ces pièces à B_, qui les lui a refusées au motif que A_ Ltd n'était qu'un tiers à la procédure de séquestre. Sur requête de A_ Ltd, le Tribunal a, le 10 mars 2010, ordonné à B_ de s'exécuter le 12 mars 2010 au plus tard et A_ Ltd a finalement reçu copie de ces pièces le 15 mars 2010.
D.
Par acte reçu par le greffe du Tribunal de première instance le 26 mars 2010, A_ Ltd s'est opposée au séquestre précité. ![endif]>![if>
Elle a fait valoir qu'elle avait agi dans le délai fixé par l'art. 278 al. 1 LP, en soutenant n'avoir eu connaissance du séquestre, au sens de cette disposition légale, que le 15 mars 2010, soit le jour où elle avait reçu les pièces jointes à la requête de séquestre du 1
er
février 2010.
Au fond, elle a dit être une société indépendante de C_ SAL et la seule propriétaire des actifs séquestrés auprès de la BANQUE, en contestant la force probante d'une déclaration écrite émise par une certaine Madame E_, sur lequel s'était fondé B_ pour démontrer la vraisemblance du droit de propriété de C_SAL sur les actifs séquestrés litigieux.
E.
Lors de l'audience du 17 mai 2010 devant le premier juge, A_ Ltd a persisté dans les conclusions de son opposition à séquestre.
B_ a déposé des notes de plaidoirie et a conclu à l'irrecevabilité de cette opposition, en tant qu'elle était tardive, A_ Ltd ayant eu en mains tous les éléments nécessaires pour former cette opposition dès qu'elle avait été informée de l'existence du séquestre, sans devoir attendre de connaître la teneur des pièces jointes à la requête de séquestre. Au fond, il a conclu au rejet de l'opposition, en affirmant que A_ Ltd agissait pour le compte de C_ SAL, réelle propriétaire des avoirs séquestrés.
F.
Dans sa décision sur opposition du 31 mai 2010, le Tribunal de première instance a retenu que le tiers détenteur des biens séquestrés, qui souhaite en revendiquer la propriété, était réputé avoir eu connaissance du séquestre au sens de l'art. 278 al. 1 LP dès qu'il avait reçu les indications suffisantes lui permettant de former son opposition à séquestre.
Or, à compter du 2 mars 2010, A_ Ltd disposait de toutes les informations utiles, soit celles contenues dans l'avis de séquestre, ainsi que dans l'ordonnance et la requête de séquestre préalable, qui détaillaient les moyens soulevés par B_ à l'appui de ses prétentions, les pièces jointes à cette requête, reçues le 15 mars 2010, ne lui étant, en revanche, pas indispensables pour se déterminer sur l'opportunité et les modalités procédurales d'une éventuelle opposition, de sorte que cette dernière, formée le 26 mars 2010 seulement, était tardive et, dès lors, irrecevable.
G.
Dans son appel, A_ Ltd soutient qu'en sa qualité de tiers séquestré, elle ne pouvait connaître la teneur des pièces fondant la décision de séquestre, de sorte qu'elle ne pouvait pas se déterminer sur le bien fondé dudit séquestre sans disposer de ces pièces.
En effet, au sens des art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale et 6 al. 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, elle avait droit au dossier complet à disposition du juge ayant ordonné le séquestre pour pouvoir former son opposition en connaissance de cause.
En conséquence, le délai d'opposition de 10 jours fixé par l'art. 278 al. 1 LP n'avait commencé à courir que le 15 mars 2010, date à laquelle elle avait reçu copie de toutes les pièces lui permettant de comprendre la motivation de la requête et de l'ordonnance de séquestre, de sorte que son opposition, reçue par le premier juge le 26 mars 2010, soit dans ce délai de 10 jours, n'était pas tardive.
Au fond, elle reprend ses arguments sur opposition déjà présentés devant le Tribunal de première instance.
En réponse à cet appel, B_ se réfère également aux moyens fondant sa requête de séquestre du 1
er
février 2010, ainsi qu'à ses notes de plaidoiries sur opposition déposées le 14 mai 2010 devant le premier juge. Il souligne que le présent appel a une teneur identique au mémoire d'opposition à séquestre déposé par A_ Ltd en première instance, sans argument nouveau venant contredire la motivation relative au non respect du délai d’opposition retenue par le Tribunal de première instance.
H.
Les parties ne se sont pas présentées lors de l'audience d'appel des causes du 15 juillet 2010, à l'issue de laquelle la cause a été gardée à juger par la Cour.

## Considerations

EN DROIT
1.
Interjeté selon la forme et dans le délai prescrits, le présent appel est recevable
(art. 278 al. 3 LP, 354 al. 1 et 356 al. 1 LPC).