# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ab1408a2-231f-59b9-ae4d-98436edfa683
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2013
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. La société X_ SA (ci-après la société), active notamment dans les domaines de l’informatique, la robotique et l’électronique, a été inscrite au Registre du commerce de Genève le 23 avril 1999. Elle était affiliée en tant qu’employeur auprès de la Caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après la caisse ou l’intimée).![endif]>![if>
2. Selon l’extrait du Registre du commerce, la société avait pour organes notamment les personnes suivantes :![endif]>![if>
- Monsieur W_, titulaire d’une procuration individuelle, puis inscrit en tant qu’administrateur dès le 22 septembre 2003, d’administrateur-président dès le 18 janvier 2005, au bénéfice d’une signature collective à deux et d’une signature individuelle dès le 20 mars 2007; ![endif]>![if>
- Monsieur V_, administrateur vice-président, du 18 janvier 2005 au 8 juin 2009, au bénéfice d’une signature collective à deux;![endif]>![if>
- Monsieur U_, administrateur secrétaire, du 18 janvier 2005 au 20 mars 2007, au bénéfice d’une signature collective à deux;![endif]>![if>
- Monsieur T_, administrateur, du 18 janvier 2005 au 20 mars 2007, au bénéfice d’une signature collective à deux;![endif]>![if>
- Monsieur S_, administrateur secrétaire, du 20 mars 2007 au 3 septembre 2008, au bénéfice d’une signature collective à deux. ![endif]>![if>
3. La société a rencontré des difficultés dans le paiement des cotisations sociales, de sorte que la caisse a dû engager des poursuites à son encontre. ![endif]>![if>
4. Par jugement du 9 août 2009, le Tribunal de première instance de la République et canton de Genève a prononcé la faillite de la société. Le 4 novembre 2009, la faillite a été suspendue pour défaut d’actifs et la société a été radiée d’office le 24 février 2010. ![endif]>![if>
5. Au moment de la faillite de X_ SA, la caisse était créancière de la société pour un montant de 98'567 fr. 25, correspondant aux cotisations sociales impayées, frais d’administration, taxes de sommation et intérêts moratoires inclus. ![endif]>![if>
6. Par cinq décisions datées du 17 mai 2011, la caisse a demandé à Messieurs W_, V_, S_, U_ et T_, pris conjointement et solidairement en leur qualité d’organes de la société faillie, la réparation du dommage subi à concurrence de 79'054 fr. 15 pour les trois premiers, représentant les cotisations paritaires impayées au 31 juillet 2008, et de 17'389 fr. 15 pour les deux derniers, représentant les cotisations paritaires impayées au 28 février 2007.![endif]>![if>
7. Monsieur S_ s’est opposé à la décision en date du 18 mai 2011, considérant qu’il s’était comporté assez correctement en tant qu’administrateur pour une période très limitée envers les créanciers de la société. Il a expliqué avoir démissionné du conseil d’administration à fin 2007, a produit copie de sa lettre de démission datée du 27 décembre 2007 et conclu à l’annulation de la décision. ![endif]>![if>
8. Monsieur U_ a formé opposition par courrier du 25 mai 2011. Il a contesté toute responsabilité, motif pris qu’il avait été dans l’incapacité d’exercer son rôle d’administrateur secrétaire. De plus, il avait démissionné de son poste en décembre 2006 en vendant ses actions. A la requête de la caisse, il lui a communiqué copie d’un courriel du 5 janvier 2007 relatif à un contrat de vente de ses actions à Monsieur S_.![endif]>![if>
9. Monsieur T_ a formé opposition le 17 mai 2011. Il a contesté sa responsabilité, alléguant s’être trouvé dans l’impossibilité d’exercer son rôle d’administrateur vu le manque d’informations fiables et avoir démissionné de son poste d’administrateur le 18 septembre 2006. Il a communiqué à la caisse copie de sa lettre de démission. ![endif]>![if>
10. Par décisions séparées datées du 16 avril 2012, la caisse a admis partiellement les oppositions de Messieurs S_, U_ et T_. La caisse a considéré que la responsabilité des précités était engagée. Elle a toutefois ramené le montant du dommage réclamé à Monsieur S_ à 48'772 fr. 80; compte tenu de sa démission le 27 décembre 2007, il demeurait responsable des cotisations impayées jusqu’au 30 septembre 2007. Elle a également ramené à 8'062 fr 70 le montant du dommage réclamé à Monsieur U_, considérant qu’après la vente de ses actions fin décembre 2006, il n’était plus actionnaire et par conséquent plus membre du conseil d’administration. Quant à Monsieur T_, la caisse a admis qu’il avait quitté ses fonctions d’administrateur le 18 septembre 2006 et réduit le montant du dommage réclamé à 6'582 fr. 40. ![endif]>![if>
11. Monsieur S_ (ci-après S_ ou le recourant _) interjette recours le 20 avril 2012 (cause A/1152/2012). Il conteste l'argumentation de négligence grave et de laxisme pour justifier une responsabilité et le montant dont il serait redevable. Le recourant S_ expose en substance qu'en dépit d'une signature collective à deux, il ne pouvait engager la société. Il n'avait accès à aucun compte bancaire de la société, aucun PV ou réunions du conseil d'administration n'ont été agendées, bien que demandées à plusieurs reprises durant la période en cause, et allègue que la caisse ne dispose d'aucun élément comptable fiable. Selon S_ la deuxième signature devait obligatoirement être celle de M. W_ ou de M. V_, tous deux directeurs exécutifs au sein de la société. L'impossibilité d'exercer son mandat d'administrateur a précipité son départ de la société, ainsi que celui de M. T_. Le recourant S_ soutient que selon les directeurs exécutifs, le non-paiement des charges sociales était dû à une difficulté passagère de trésorerie, la société était en phase de croissance avec un chiffre d'affaires en progression. Concernant le montant réclamé, S_ le conteste et relève que selon un courriel du 25 mai 2011, le montant échu au 18 janvier 2005, date de son inscription au RC, était de 8'521 fr. 50, et de fr. 9'330 fr. 60 au 27 février 2007, correspondant aux montants forfaitaires dus. Il allègue que lors de son entrée en fonction, la société était insolvable. ![endif]>![if>
12. Par réponse du 8 mai 2012, la caisse conclut au rejet du recours, considérant que la responsabilité de S_ est engagée, solidairement avec les autres organes de la société. ![endif]>![if>
13. Monsieur U_ (ci-après U_. ou le recourant U_) interjette recours par acte daté du 23 avril 2012, posté le 30 avril 2012 (cause A/1261/2012). Il conteste sa responsabilité, motif pris qu'il ne pouvait pas engager la société, faute d'accès aux comptes, et que les directeurs exécutifs étaient Messieurs W_ et V_. Il allègue qu'il ne possédait que 5 % des actions et que dès qu'un nouvel investisseur s'est présenté, en la personne de Monsieur S_; il a transmis la totalité de ses parts à ce dernier, en contrepartie d'une dette postposée en sa faveur qui le plaçait automatiquement en dernière ligne en cas de faillite. La société avait un potentiel d'affaires très important, le business plan pour l'année 2007 et l'année suivante était de plusieurs millions de francs de chiffre d'affaires. Durant son mandat, aucun tantième ou rémunération d'administrateur n'ont été versés. U_ conteste également le montant du dommage réclamé, se référant à un courriel du 25 mai 2011 faisant état d'un montant échu au 18 janvier 2005, date de son inscription au RC, de 8'521 fr. 50 et de 9'330 fr. 60 au 28 février 2007. Quoi qu'il en soit, le montant du dommage devrait tenir compte de sa participation de 5 % du capital-actions et de la période incriminée. Le recourant U_ conclut à l'annulation de la décision. ![endif]>![if>
14. Dans sa réponse du 16 mai 2012, la caisse conclut au rejet du recours interjeté par U_ relevant que le calcul du dommage ne peut se faire par rapport au pourcentage des actions qu'il détenait. Quant au surendettement de la société à l'entrée en fonction de U_, cette allégation ne tient pas et n'est en tout cas pas étayée par des documents, notamment les bilans de la société. Après l'investissement massif et conséquent de Monsieur S_, le recourant U_ aurait dû s'assurer qu'une partie de ce montant soit affecté au paiement des arriérés de cotisations AVS. La responsabilité de U_ est engagée. Pour le surplus, l'intimée demande la jonction de la cause à celle enregistrée sous le numéro A/1152/2012. ![endif]>![if>
15. Par ordonnance du 21 mai 2012, la Cour de céans a joint les causes A/1261/2012 et A/1152/2012 à celle enregistrée sous le numéro A/1151/2012. ![endif]>![if>

## Considerations