# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** f680f169-a2bc-476b-8621-f0e838f75d8a
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2018
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants:
A.
Le 24 juillet 2017, l'Administration cantonale des impôts (ACI) a adressé à A._ une sommation. Elle lui a imparti un ultime délai de trente jours pour déposer sa déclaration d'impôt 2016, à défaut de quoi elle serait dans l'obligation d'évaluer d'office ses revenus et fortune imposables. Elle a précisé qu'un émolument de 50 fr. serait perçu pour la sommation précitée et qu'il lui serait notifié avec le décompte final.
B.
Selon les informations transmises par l'ACI, A._ aurait déposé sa déclaration d'impôt le 6 décembre 2017 (la déclaration ne figure toutefois pas au dossier).
C.
Le 25 février 208, l'Office d'impôt des districts de Lausanne et Ouest lausannois (ci-après: l'office d'impôt) a adressé à A._ le décompte final 2016 relatif à l'impôt sur le revenu et la fortune (ICC) 2016 et l'impôt fédéral direct (IFD) 2016. L'émolument de 50 fr. annoncé dans la sommation du 24 juillet 2017 y figurait.
D.
Le 5 mars 2018, A._ a recouru contre cette décision auprès de l'office d'impôt, qui l'a transmis à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal le 10 avril 2018, comme objet de sa compétence. Le recourant a conclu à l'annulation de la décision entreprise. Il a expliqué avoir adressé à l'office d'impôt une demande de remise d'impôts le 20 novembre 2017 et qu'un émolument n'a dès lors pas raison d'être réclamé jusqu'à ce que sa demande précitée ait été traitée de manière définitive.
E.
L'ACI, agissant également au nom de l'office d'impôt, a produit sa réponse et son dossier le 7 mai 2018 en concluant au rejet du recours. Selon elle, le recourant a cru – à tort – être dispensé de retourner sa déclaration d'impôts suite à sa demande de remise d'impôts du 20 novembre 2017. Or celle-ci a été présentée plusieurs mois après le délai imparti au 15 mars 2017 pour produire sa déclaration d'impôts. De plus, une demande de remise d'impôts ne dispense de toute façon pas le contribuable de déposer sa déclaration d'impôts.
F.
Le recourant a produit des observations complémentaires spontanées le 7 mai 2018, dans lesquelles il a maintenu sa position. Il expose ne pas avoir eu la possibilité de retourner sa déclaration d'impôts dans le délai au 15 mars 2017 car son employeur ne lui avait pas encore transmis à cette date le formulaire "certificat de salaire" 2016. Le recourant a joint à ses écritures diverses pièces, dont il ressort notamment ce qui suit:
-
le 24 juillet 2017, le recourant a informé l'office d'impôts de sa situation, en l'invitant à faire le nécessaire auprès de son employeur;
-
le 14 août 2017, il a renouvelé sa demande auprès de l'office d'impôts;
-
le 12 octobre 2017, l'office d'impôts lui a transmis son certificat de salaire 2016 et un délai au 30 novembre 2017 lui a été accordé pour retourner la déclaration d'impôts 2016.
G.
Les arguments des parties seront repris ci-dessous dans la mesure utile.

## Considerations

Considérant en droit:
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l'art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD. Il convient dès lors d'entrer en matière.
2.
a) L'art. 124 de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11) prévoit les règles suivantes en matière de dépôt de la déclaration d'impôt:
"
1
Les contribuables sont invités par publication officielle ou par l'envoi de la formule à remplir et à déposer une formule de déclaration d'impôt. Les contribuables qui n'ont pas reçu de formule doivent en demander une à l'autorité compétente.
2
Le contribuable doit remplir la formule de déclaration d'impôt de manière conforme à la vérité et complète; il doit la signer personnellement et la remettre à l'autorité compétente avec les annexes prescrites dans le délai qui lui est imparti.
3
Le contribuable qui omet de déposer la formule de déclaration d'impôt, ou qui dépose une formule incomplète, est invité à remédier à l'omission dans un délai raisonnable."
L'art 130 al. 2 LIFD précise que l'autorité de taxation effectue la taxation d'office sur la base d'une appréciation consciencieuse si, "malgré sommation", le contribuable n'a pas satisfait à ses obligations de procédure ou que les éléments imposables ne peuvent être déterminés avec toute la précision voulue en l'absence de données suffisantes.
b) En droit cantonal, la question est réglée par l'art. 174 de la loi vaudoise du 4 juillet 2000 sur les impôts directs cantonaux (LI; RSV 642.11), qui a la teneur suivante:
"
1
La déclaration, signée personnellement par le contribuable, doit être renvoyée avec les annexes prescrites, dans le délai fixé par le Département des finances, à l'adresse indiquée.
1bis
Le contribuable peut également déposer sa déclaration d'impôt par voie électronique. Dans ce cas, il reçoit dans les 10 jours par courrier le résumé de cette déclaration. Faute de réclamation ou de nouvelle déclaration dans un délai de 30 jours, la déclaration d'impôt est réputée valablement déposée.
2
La personne qui conteste être contribuable doit exposer les motifs pour lesquels elle estime ne pas être astreinte à l'impôt.
3
Le délai de dépôt de la déclaration peut être prolongé par l'autorité de taxation sur demande écrite et motivée.
4
Si le contribuable ne dépose pas de déclaration dans les délais prescrits, l'autorité de taxation lui adresse une sommation l'invitant à déposer sa déclaration dans un délai de trente jours.
Le règlement du 14 décembre 2016 sur le dépôt de la déclaration d'impôt des personnes physiques et des personnes morales, en particulier par voie électronique (RDVE; RSV 642.11.9.7), donne les précisions suivantes:
"
Art. 2 – Dépôt de la déclaration d'impôt
1
Le contribuable peut déposer sa déclaration d'impôt signée par courrier ou la faire parvenir par voie électronique en utilisant l'application informatique mise en place par l'Administration cantonale des impôts (ci-après: l'ACI) disponible sur le site internet de l'Etat de Vaud.
2
[...]
[
...
]
Art. 4 – Délai
1
Le délai pour déposer la déclaration est fixé par le Département des finances. Il peut être prolongé par l'autorité fiscale, sur demande écrite et motivée.
2
Si le contribuable ne dépose pas de déclaration d'impôt dans les délais prescrits, l'autorité fiscale lui adresse une sommation l'invitant à déposer sa déclaration dans un délai de 30 jours et l'avisant qu'à défaut son revenu et sa fortune imposables, respectivement son bénéfice et son capital imposables, seront taxés d'office."
Conformément à la directive "
Délais pour le dépôt de la déclaration d'impôt
" adoptée le 30 janvier 2017 par le Département des finances et des relations extérieures, le délai général de dépôt des déclarations d'impôt des personnes physiques est fixé au 15 mars de chaque année. Les contribuables et mandataires disposent toutefois d'un délai de tolérance au 30 juin, sans qu'il soit nécessaire de requérir spécialement une prolongation de délai.
Entré en vigueur le 1
er
janvier 2017, l'art. 7 ch. 2bis du règlement du 8 janvier 2001 fixant les émoluments en matière administrative (RE-Adm; RSV 172.55.1) prévoit la perception d'un émolument de 50 fr. pour la sommation de déposer la déclaration d'impôt des personnes physiques.
c) En l'espèce, le recourant ne conteste pas n'avoir pas déposé sa déclaration d'impôt 2016 dans le délai imparti. Il explique en revanche avoir rencontré des problèmes avec son employeur pour obtenir son certificat de salaire 2016, ce dont il a informé l'autorité concernée le 24 juillet 2017.
Comme le relève l'ACI, aucune déclaration d'impôt 2016 n'a été déposée valablement avant le délai imparti, l'intéressée n'ayant produit sa déclaration d'impôt en cause que le 6 décembre 2017. Certes, le recourant a expliqué les raisons de ce défaut de production. Il n'en reste pas moins qu'il aurait dû intervenir auprès de l'office d'impôts bien plus tôt, soit avant son courrier du 24 juillet 2017. A cette date en effet, cela faisait déjà près d'un mois que le délai de tolérance au 30 juin était échu et le recourant n'a ni allégué ni établi qu'il aurait été empêché sans sa faute d'exposer sa situation à l'office d'impôts avant le l'échéance du délai précité.
Quant à l'argument relatif à la demande de remise d'impôts présentée le 20 novembre 2017, il ne résiste pas plus à l'examen. Comme le relève à juste titre l'autorité intimée, cette demande est largement postérieure au délai de retour de la déclaration; de plus, même déposée dans le délai susmentionné, elle ne saurait dispenser le recourant de déposer sa déclaration.
Dans ces conditions, tant la sommation du 24 juillet 2017 que l'émolument y relatif sont justifiés et ne peuvent qu'être confirmés.
3.
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Un émolument sera mis à la charge du recourant débouté (art. 49, 91 et 99 LPA-VD). Il n'y a pas matière à allocation de dépens (art. 55 al. 1
a contrario
, 56 al. 3, 91 et 99 LPA-VD).