# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** e6339af9-4168-59c3-b3d1-1970454cc3df
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_011
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 23 octobre 2020, A_ a demandé, avec suite de frais et indemnité de procédure, la récusation du procureur C_.
Le magistrat a fait parvenir sa détermination, le 9 novembre suivant.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_ et D_ (ci-après, D_) sont les parents de trois enfants, E_ (née en 2009), F_ et G_ (nés en 2015).
b.
À teneur de l'extrait du casier judiciaire suisse, D_ a été condamné pour voies de fait le 10 octobre 2011, pour lésions corporelles le 12 novembre 2014 et pour menaces et voies de fait le 9 septembre 2015, à chaque fois sur sa conjointe. S'agissant de cette dernière condamnation - à 240 heures de travail d'intérêt général - il a bénéficié d'une libération conditionnelle le 1
er
janvier 2019.
c.
A_ a à nouveau déposé plainte pénale, le 13 février 2020, contre son époux, pour lésions corporelles simples - fracture du nez - et injures.
d.
La procédure a été attribuée au procureur C_, qui a ouvert une instruction, le 14 février 2020, et entendu le prévenu, lequel a été relaxé moyennant des mesures de substitution, notamment l'interdiction de tout contact avec son épouse.
e.
Le 15 février 2020, M
e
B_ s'est constitué pour la défense des intérêts de A_, qui a sollicité le bénéfice de l'assistance judiciaire gratuite, laquelle a été refusée par C_, par ordonnance du 25 février 2020.
Sur recours, la Chambre de céans a, par arrêt
ACPR/448/2020
du 24 juin 2020, annulé l'ordonnance précitée et accordé le bénéfice de l'assistance judiciaire gratuite à la plaignante.
f.
Le 17 février 2020, A_ a déposé un complément de plainte pénale, expliquant que son époux lui avait laissé un message vocal disant "
tu n'oses pas me dire que tu es allée voir la Police, parce que tu as peur de ne plus revoir tes enfants
", et s'était rendu chez sa soeur, en France, où il avait tenté de briser les vitres du logement pour récupérer leur fille.
g.
D_ a été entendu par le Ministère public, le 18 février 2020, sur ces faits nouveaux et placé en détention provisoire.
h.
Il a été libéré à l'issue de l'audience de confrontation, le 25 février 2020, avec des mesures de substitution consistant notamment en l'interdiction de tout contact avec son épouse, l'interdiction de voir ses enfants autrement que dans le cadre de l'association H_, et l'obligation d'entreprendre et se soumettre à un traitement psychothérapeutique en lien avec la gestion de la violence conjugale, par exemple auprès de I_, sous surveillance du Service de probation et d'insertion (ci-après, SPI).
i.
Le 19 mai 2020, la police a procédé à l'audition EVIG de E_, qui venait de faire part à une amie de sa mère de violences subies de la part de son père deux ans plus tôt.
j.
D_ a été entendu par la police le 8 juillet 2020 sur ces faits, qu'il conteste.
k.
Lors de l'audience d'instruction du 5 juin 2020, D_ a été prévenu, à titre complémentaire, d'injure, car il avait écrit sur les réseaux sociaux, en mars 2020, à propos de A_ : "
Vous croyez que c'est une sainte mais une merde a encore plus de valeurs
", et, le 29 mai 2020, l'avait traitée de "
sale pute
" devant ses collègues de travail (à elle) du Département J_.
l.
Le rapport de police contenant le résumé des déclarations de E_, daté du 10 juillet 2020, auquel est annexé le DVD de l'audition EVIG, a été versé à la procédure à une date non précisée par le dossier. Le rapport mentionne que la retranscription de l'audition serait envoyée ultérieurement au Ministère public. Elle ne figure pas, en l'état, au dossier.
m.
Le 24 août 2020, le SPI a informé C_ que D_ poursuivait avec régularité et engagement le suivi initié "
avec K_
" le 5 mars 2020. Les attestations du directeur de K_ Genève, association active dans le "
soutien aux _
", mentionne qu'un accompagnement régulier de soutien psychologique et social avait été mise en place en faveur de D_ "
en raison des violences conjugales dont il nous a expliqué être la victime
" (sic).
n.
Fin septembre 2020, les parties ont été convoquées à une audience d'instruction fixée le 20 octobre suivant.
o.
À teneur des éléments à la procédure, l'avocate de D_ a demandé, le 2 octobre 2020, à consulter le dossier le 7 suivant, ce qui lui a été accordé. Le jour de la consultation, elle a demandé une copie de certaines pièces du dossier, ainsi que du DVD de l'audition EVIG. Le 9 octobre 2020, C_ a adressé une lettre à l'avocate ayant pour sujet "
P/1_/2020 - copie audition EVIG - E_
", l'informant que "
s'agissant de la copie du cd-rom, celle-ci est acceptée
" et lui rappelant diverses mesures de précautions, notamment que le visionnement ne pouvait avoir lieu hors de sa présence à elle.
p.
Le 18 octobre 2020, l'avocat de A_ a écrit à C_ pour lui demander la transmission d'une copie de l'intégralité du dossier, comprenant le rapport de police relatif à l'enfant commun, avant la prochaine audience.
Le Procureur y a apposé son "
n'empêche
", le 19 octobre 2020.

## Considerations