# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 9d71086a-cc43-4d0b-a1e8-9d8a4183e712
**Court:** VD_TC
**Chamber:** VD_TC_031
**Year:** 2007
**Language:** fr
**Jurisdiction:** VD / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Vu les faits suivants
A.
X._, ressortissant macédonien, né le 4 avril 1961, est entré en Suisse en automne 1990. Depuis cette date, il vit en Suisse et travaille sans autorisation auprès du restaurant 1.**************, à Lausanne.
Le 14 juillet 2004, l'intéressé a déposé une demande d'autorisation de séjour et son dossier a été transmis par le Service de la population (ci-après : SPOP), qui a déclaré être disposé à délivrer une autorisation, à l'autorité fédérale sous l'angle de l'art. 13 let. f OLE. Le 21 septembre 2005, l'Office fédéral des migrations (ci-après : ODM) a rendu une décision de refus d'exception aux mesures de limitation à l'encontre de l'intéressé. Le recours interjeté contre cette décision a été rejeté par le Département fédéral de justice et police le 21 août 2006. Le 6 décembre 2006, le Tribunal fédéral a également rejeté le recours déposé contre cette dernière décision.
Par décision du 28 septembre 2004, le Service de l'emploi avait également rejeté la demande d'autorisation de séjour avec activité lucrative déposée par le restaurant 1.************** en faveur de l'intéressé.
B.
Le 20 février 2007, le SPOP a imparti à l'intéressé un délai de départ au 20 mars 2007 au vu de la décision fédérale.
Par courrier du 23 février 2007, X._, agissant par l'intermédiaire de son représentant, a requis qu'une autorisation de séjour au sens de l'art. 8 al. 3 let. a OLE lui soit délivrée et qu'il soit formellement statué sur cette demande. Le SPOP a transmis la requête au Service de l'emploi, contrôle du marché du travail et protection des travailleurs, et a suspendu le contrôle de départ. Le 16 mai 2007, le Service de l'emploi a requis de l'intéressé la confirmation de son départ effectif et du maintien de la demande, sans quoi il ne pourrait statuer sur la requête sur le fond. Par courrier du 23 mai 2007, X._, agissant par l'intermédiaire de son conseil, a déclaré maintenir la demande d'autorisation de travail déposée par le restaurant 1.************** et a relevé qu'aucun délai de départ ne pouvait être imparti à l'intéressé tant qu'une décision concernant sa requête d'autorisation de séjour n'avait pas été rendue. Il a ainsi précisé qu'il appartenait au Service de l'emploi de se prononcer sur l'octroi d'une autorisation de séjour au sens de l'art. 8 al. 3 let. a OLE.
Par courrier du 25 mai 2007, le Service de l'emploi a constaté que le délai de départ de l'intéressé était toujours exécutoire et qu'en l'absence de certitude sur le respect de cette injonction, il n'était pas en mesure d'examiner la requête sur le fond. Il déclarait ainsi prendre note du maintien de la demande déposée par le restaurant 1.************** mais demeurer dans l'attente de la confirmation du départ effectif de l'intéressé.
Le 29 mai 2007, le SPOP, constatant qu'aucune exception aux mesures de limitations au sens de l'art. 13 let. f OLE ne pouvait être accordée à X._, son séjour ne pouvant dès lors plus être toléré, a fixé à ce dernier un délai de départ au 30 juin 2007 pour quitter le territoire.
C.
Par mémoire du 19 juin 2007, X._, représenté par Claude Paschoud, conseiller juridique à Lausanne, a déposé un recours contre la décision du Service de l'emploi du 25 mai 2007 ainsi que contre la décision du SPOP du 29 mai 2007. Il conclut, sous suite de frais et dépens, à ce qu'une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 al. 3 let. a OLE lui soit accordée, subsidiairement, à ce que le dossier soit renvoyé au service de l'emploi pour qu'il statue sur l'octroi d'une unité du contingent des autorisations annuelles et à ce que le dossier soit ensuite transmis au SPOP pour décision formelle sur la demande d'autorisation déposée le 14 juillet 2004. Il soutient que la demande d'autorisation doit être traitée et que le service de l'emploi ne peut subordonner sa décision à la question de savoir si le requérant a quitté la Suisse.
Invité à se déterminer sur la recevabilité du recours, le recourant a constaté dans son courrier du 25 juin 2007 que le refus d'entrer en matière opposé par le service de l'emploi et la fixation par le SPOP d'un délai de départ avant toute décision sur la requête d'autorisation de séjour modifiaient sa situation juridique et constituaient des décisions susceptibles de recours. Le 28 juin 2007, le Service de l'emploi a relevé que son courrier du 25 mai 2007 ne constituait pas une décision dès lors qu'il ne faisait que prendre note de la demande déposée par l'employeur, tout en demeurant dans l'attente de la confirmation du départ effectif de l'intéressé imposé par le SPOP après épuisement des voies de recours.
D.
Le Tribunal a statué sans autre mesure d'instruction, par voie de circulation, conformément à la procédure prévue par l'art. 35a LJPA.

## Considerations

Considérant en droit
1.
a) En procédure administrative, un recours ne peut être dirigé que contre une décision (art. 29 al. 1 LJPA). Aux termes de l'art. 29 al. 2 LJPA, est une décision toute mesure prise par une autorité dans un cas d'espèce et ayant pour objet de créer, de modifier ou d'annuler des droits ou des obligations (let. a), de constater l'existence, l'inexistence ou l'étendue de droits ou d'obligations (let. b), de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou obligations (let. c).
b) En l'espèce, dans la mesure où le recourant conteste le délai de départ fixé par le SPOP dans sa correspondance du 29 mai 2007, le recours est irrecevable. En effet, selon la jurisprudence constante du Tribunal administratif (PE.2006.0641 du 28 novembre 2006, PE.2006.0171 du 17 novembre 2006, PE.2006.0385 du 4 septembre 2006), la fixation d'un tel délai de départ n'est pas une décision susceptible de recours au sens de l'art. 29 LJPA. Elle ne constitue qu'une mesure d'exécution de la décision de l'ODM, confirmée par le Tribunal fédéral le 6 décembre 2006, et selon laquelle aucune exception aux mesures de limitations ne pouvait être accordée au recourant. Le fait que le SPOP ait déclaré dans sa prise de position du 29 avril 2005 être favorable à l'octroi d'une autorisation n'est pas déterminant dès lors qu'il n'est en l'occurrence pas seul compétent pour prendre une telle décision, cette compétence revenant en dernier lieu aux autorités fédérales. Le recourant n'étant ainsi au bénéfice d'aucune autorisation de séjour et l'octroi d'une mesure d'exception aux mesures de limitations lui ayant été refusé, un délai pour quitter le territoire pouvait lui être imparti sans qu'une décision formelle de refus d'octroi d'une autorisation de séjour ne soit prononcée. Le courrier du SPOP fixant un délai de départ au recourant ne modifie dès lors pas sa situation juridique ni ne constate l'existence de droits ou d'obligations à son endroit. Il en résulte que l'ordre signifié ne constitue pas une décision au sens de l'art. 29 LJPA.
2.
Le recours est également irrecevable en tant qu'il conteste le courrier du Service de l'emploi du 25 mai 2007, selon lequel ce service refuse d'entrer en matière, en l'état, sur la demande d'autorisation de séjour avec activité lucrative.
Il faut constater que même si le SPOP a transmis le dossier au Service de l'emploi afin qu'il se détermine, un délai de départ exécutoire a toutefois été fixé au recourant, qui n'a dès lors pas de droit à rester en Suisse durant l'examen de la requête. Il appartient également de relever que le Service de l'emploi avait déjà rendu une décision négative à l'encontre du recourant le 28 septembre 2004. Dans son courrier du 25 mai 2007, qui ne comporte aucune indication des voies de recours, le Service de l'emploi n'a pas refusé de statuer sur la demande d'autorisation de séjour avec activité lucrative mais a déclaré attendre le départ effectif de l'intéressé. Ce courrier ne modifie dès lors pas la situation juridique du recourant et la voie du recours au Tribunal administratif n'est également pas ouverte.
Le recourant soutient certes qu'il est en droit d'obtenir une décision de la part de l'autorité cantonale. Il apparaît toutefois, comme relevé précédemment, qu'une décision, entrée en force après épuisement des voies de recours, a été rendue par les autorités fédérales. Le Service de l'emploi n'a en outre pas refusé de statuer mais a juste constaté qu'il ne pouvait le faire avant le départ effectif du recourant. Aucun déni de justice ne peut dès lors être invoqué.
3.
Le recours doit dans ces conditions être déclaré irrecevable, aux frais du recourant. Il ne sera en outre pas alloué de dépens (art. 55 LJPA).
Il appartiendra au SPOP de fixer un nouveau délai de départ.