# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** cadc2b22-4355-5db4-a57b-6b99f306181a
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2004
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
Madame N_, née en septembre 1952, est au bénéfice de prestations de l’assurance-invalidité depuis de nombreuses années.
Le 22 octobre 2002, l’assurée a requis la prise en charge d’un matelas anti-escarres « TEMPUR COMFORT PLUS ». Par décision du 8 novembre 2002, l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après l’OCAI) a refusé la demande, au motif que le matelas sollicité ne figure pas dans l’ordonnance sur les moyens auxiliaires, de sorte que l’assurance-invalidité ne saurait le prendre en charge.
Le 14 novembre 2002, l’assurée a interjeté recours auprès de la Commission cantonale recours en matière AVS-AI ; elle a exposé qu’elle était paraplégique depuis 17 ans et qu’en prenant de l’âge, les risques de lésions corporelles nécessitant une hospitalisation surviennent de manière plus réelle. Elle tient à prévenir cette situation, notamment les escarre de décubitus et les douleurs dorsales. Son médecin traitant lui conseillait vivement l’acquisition dudit matelas.
Dans son préavis du 13 février 2003, l’OCAI a conclu au rejet du recours, relevant que la remise d’un moyen auxiliaire par l’assurance-invalidité ne peut se faire que dans les limites contenues dans la liste annexée à l’Ordonnance sur les moyens auxiliaires. Or, le moyen auxiliaire requis par l’assurée n’y est pas mentionné et ne peut être assimilé à aucune des catégories y figurant, pas plus d’ailleurs qu’à une mesure médicale de réadaptation.

## Considerations

EN DROIT
1. La loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) est entrée en vigueur le 1
er
janvier 2003 et a entraîné la modification de nombreuses dispositions dans le domaine de l’assurance-invalidité. Le cas d’espèce demeure toutefois régi par les dispositions en vigueur jusqu’au 31 décembre 2002, eu égard au principe selon lequel le juge des assurances sociales n’a pas à prendre en considération les modifications du droit ou de l’état de fait postérieur à la date déterminante de la décision litigieuse (ATF
127 V 467
, consid. 1,
121 V 386
, consid. 1B ; cf. également dispositions transitoires article 82 alinéa 1 LPGA). Le présent litige sera en conséquence examiné à la lumière des dispositions de la LAI du 19 juin 1959 et du règlement sur l’assurance-invalidité du 17 janvier 1961 (ci-après RAI) en vigueur jusqu’au 31 décembre 2002. Les dispositions légales seront dès lors citées dans leur ancienne teneur.
Il convient au préalable de préciser que la loi genevoise sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 (LOJ) a été modifiée et qu’un Tribunal cantonal des assurances sociales a été institué dès le 1
er
août 2003, statuant en instance unique, notamment sur les contestations relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité (cf. art. 1, let. r et 56V, al. 1, let. a, chiffre 2 LOJ). Conformément à l’art. 3, al. 3 des dispositions transitoires de la loi du 14 novembre 2002 modifiant la LOJ, entrée en vigueur le 1
er
août 2003, la présente cause, introduite avant l’entrée en vigueur de la loi précitée et pendante devant la Commission cantonale de recours en matière d’assurance-invalidité, a été transmise d’office au Tribunal cantonal des assurances sociales qui est dès lors compétent pour statuer.
Pour le surplus, interjeté en temps utile, le recours est recevable conformément aux articles 69 LAI et 84 LAVS alors applicables.
2. Selon l’article 21 alinéa 1 LAI, l’assuré-e a droit, d’après une liste que dressera le Conseil Fédéral, aux moyens auxiliaires dont il-elle a besoin pour exercer une activité lucrative ou accomplir ses travaux habituels, pour étudier ou apprendre un métier ou à des fins d’accoutumance fonctionnelle. Le Conseil fédéral a délégué la compétence au département fédéral de l’Intérieur d’édicter une ordonnance relative à la liste des moyens auxiliaires (cf. article 14 RAI).
Faisant usage de cette compétence, le département a édicté l’Ordonnance concernant la remise de moyens auxiliaires par l’assurance-invalidité du 29 novembre 1976 (ci-après OMAI), qui contient une énumération exhaustive des moyens auxiliaires (cf. article 2 OMAI ; chiffre 1001 de la Circulaire concernant la remise des moyens auxiliaires par l’assurance-invalidité – CMAI – en sa teneur valable jusqu’au 31 décembre 2003).
En l’espèce, force est de constater que le matelas sollicité par la recourante ne figure dans aucune des catégories énumérées dans l’OMAI. C’est en conséquence à bon droit que l’intimé a refusé l’octroi d’une telle prestation. La procédure étant gratuite, aucun émolument ne sera perçu (art. 89H LPA).