# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** bfb898da-0d70-5203-9382-4a1ba68dcc9a
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2014
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. Les 31 janvier et 17 février 2014, B._ a déposé plainte pénale pour injures et menaces contre sa belle-sœur A._. Il lui reproche de lui avoir envoyé, entre le 15 décembre 2013 et le 11 février 2014, plusieurs SMS à contenu injurieux et menaçant.
B. Par ordonnance pénale du 6 août 2014, le Ministère public a reconnu A._ coupable d’injures et de menaces et l’a condamnée à une peine pécuniaire de 30 jours-amende, sans sursis.
C. Le 28 août 2014, A._, par l’intermédiaire de son mandataire, a déclaré faire opposition à l’ordonnance pénale, respectivement demander la restitution du délai pour faire opposition à celle-ci. Elle a allégué n’avoir jamais été invitée par la poste à aller retirer le courrier recommandé et soutient que, lors de son audition par le Greffier le 8 mai 2014, celui-ci l’avait informée qu’il ne fallait pas s’attendre à une ordonnance avant septembre 2014, raison pour laquelle elle ne s’était pas méfiée.
Le Greffier a admis avoir informé les parties qu’une décision ne serait pas rendue dans l’immédiat mais dans quelques semaines, mais ne s’est pas souvenu avoir dit qu’une décision ne serait pas rendue avant septembre 2014. Il a aussi précisé qu’il parlait toujours en semaines quant à la notification d’une décision (selon note au dossier du 1er septembre 2014).
Le Ministère public a pris contact avec le Service clientèle de La Poste afin d’obtenir une preuve matérielle que la recourante avait été informée du courrier recommandé par le facteur (courriel du 1er septembre 2014). La Poste a répondu ne pas pouvoir prouver que l’invitation à retirer le recommandé avait été mise dans la boîte aux lettres de la recourante (courriel du 5 septembre 2014). Elle a expliqué que les facteurs remplissaient l’avis de retrait devant les boîtes aux lettres et les distribuaient ensuite en cas d’absence du destinataire, évoquant différents cas de figure imputables au facteur ou au destinataire dans lesquels ce dernier ne voyait pas l’avis (notamment distribution du retrait dans la mauvaise boîte aux lettres ; omission du facteur de remplir l’avis ; retrait qui passe à la poubelle avec de la publicité ; destinataire qui « affirme » ne pas avoir reçu l’avis précisant que tel était souvent le cas avec les actes de poursuites et judiciaires ; cf. courriel du 5 septembre 2014).
D. Par ordonnance du 12 septembre 2014, le Ministère public a déclaré l’opposition irrecevable, retenant qu’elle était tardive ; il a refusé d’en restituer le délai et a confirmé l’ordonnance pénale du 6 août 2014. Le Ministère public a considéré que l’envoi avait été effectué à l’adresse indiquée par la partie, que le délai d’opposition qui commençait à courir à la fin du délai de garde le 15 août 2014 avait expiré le lundi 25 août 2014, que A._ devait s’attendre à la notification d’une décision à partir du mois de juin 2014, que ses allégations ne s’appuyaient sur aucun élément probant et qu’au demeurant le délai d’opposition n’était pas encore échu lorsque l’ordonnance lui avait été retournée sous pli simple.
E. Le 23 septembre 2014, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance du 12 septembre 2014, demandant la restitution du « délai de recours ». Elle soutient avoir déclaré au Ministère public que son courrier était régulièrement volé dans sa boîte aux lettres et qu’elle s’en était déjà plainte à de nombreuses reprises à la police de proximité de C._ et à la Poste. Elle allègue qu’elle a essayé sans succès de se faire attribuer une case postale.
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## Considerations

en droit
1. a) Le recours devant la Chambre pénale du Tribunal cantonal est ouvert contre les décisions du ministère public (art. 393 al. 1 let. a et 20 du Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 [CPP], art. 85 al. 1 de la Loi du 31 mai 2010 sur la justice [LJ]), comme en l’espèce contre l’ordonnance du 12 septembre 2014 par laquelle le Ministère public a constaté la tardiveté de l’opposition formée contre l’ordonnance pénale du 6 août 2014 et a refusé la restitution du délai au sens de l’art. 94 CPP.
b) Déposé le 23 septembre 2014 à un office postal contre une ordonnance notifiée le 15 septembre 2014, l’acte de recours respecte à l’évidence le délai de recours de dix jours (art. 396 al. 1 CPP).
c) A._ a indéniablement qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP).
d) La Chambre statue sans débats (art. 390 CPP).
e) Le recours contre les décisions notifiées, par écrit ou oralement doit être motivé (art. 396 al. 1 CPP). La personne ou l’autorité qui recourt doit indiquer précisément : a les points de la décision qu’elle attaque ; b. les motifs qui commandent une autre décision ; c. les moyens de preuves qu’elle invoque (art. 385 al. 1 CPP).
En l’espèce, la recourante fait valoir qu’elle a fait part au Ministère public qu’elle se faisait régulièrement voler son courrier. Elle allègue qu’elle s’est déjà plainte de ces vols à de nombreuses reprises à la police de proximité du C._ et à la Poste et qu’elle ne dispose à cet égard d’autre preuve que sa parole et celle de Monsieur D._ (son ex-mari). Elle indique aussi avoir essayé de louer une case postale pour se prémunir contre ces vols, et qu’on lui aurait dit qu’il n’y avait pas de case libre pour les privés. La recourante demande dès lors que le Ministère public lui restitue son « délai de recours ».