# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 628fd6a6-3f2a-50d3-adc7-8eb807a09333
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_004
**Year:** 2020
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Family

## Facts

considérant en fait
A. A._, né en 1966, et B._, née en 1974, sont les parents mariés, mais séparés, de C._, née en 2003, et D._, né en 2007.
Par décision du 19 janvier 2017, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a pris acte de l'institution de la curatelle de surveillance des relations personnelles, au sens de l'art. 308 al. 2 CC, par le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine (ci-après: le Président du Tribunal civil), par décision du 28 novembre 2016, en faveur des enfants C._ et D._, et a nommé E._, intervenant en protection de l'enfant au Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: le SEJ), à la fonction de curateur (DO/15 ss).
Le 19 décembre 2018, la Ie Cour d’appel civil du Tribunal cantonal a arrêté que le dispositif de la décision du 28 mars 2018 rendue par le Président du Tribunal civil demeurait inchangé, sous réserve du chiffre 3 relatif aux contributions d’entretien, soit que la garde des enfants a été confiée à leur père à compter du 1er juillet 2018, un droit de visite ayant été fixé pour la mère, selon les modalités usuelles; elle a en outre ordonné un suivi thérapeutique en faveur des enfants, à charge pour le SEJ de veiller à sa mise en œuvre (DO/84 ss).
B. Le 20 septembre 2019, A._ a demandé le changement de la personne du curateur, alléguant en substance que sa relation avec E._ s’était avérée particulièrement compliquée depuis le début de la collaboration, que celui-ci faisait preuve d’un manque d’, voire d’un certain parti pris, puisque chaque doléance de la mère était imposée à la famille par son intermédiaire, indépendamment du rapport du SEJ sur la situation de famille et des décisions judiciaires rendues, qu’il était l’objet de reproches répétitifs et parfois déplacés et que le curateur avait officié comme porte-parole de la mère, cautionnant et encourageant celle-ci à ne pas  de communication directe avec lui ou à modifier unilatéralement le droit de visite. Il a indiqué s’être adressé au SEJ dans l’espoir de recadrer le mandat confié au curateur, mais que son courrier n’avait eu aucun effet sur la poursuite du mandat de curatelle. A._ a en outre relevé que, le 13 août 2019, sa fille avait quitté son domicile et interrompu toute communication directe avec lui, qu’il était sans nouvelles de sa part depuis un mois, que lors des récents échanges qu’il avait pu avoir avec le curateur sur ce qui précède, force était de constater que la collaboration avec celui-ci n’était plus envisageable et que les propos tenus par ce dernier n’était pas conformes à son rôle. Il a relevé, à titre d’exemple, que le curateur lui avait notamment déclaré, lors d’un entretien téléphonique, que cette situation n’était « qu’un retour du boomerang bien mérité » et qu’alors qu’en fin 2017, le curateur menaçait les enfants de placement lorsque ceux-ci avaient avancé vouloir vivre chez leur père, il indiquait aujourd’hui au père comprendre que l’enfant souhaitait vivre chez sa mère et refusait de communiquer avec son père et ne rien pouvoir faire de plus (DO/96 ss).
B._ s’est déterminée le 25 novembre 2019, concluant au rejet de la demande de  de curateur. Pour sa part et au vu d’une prétendue absence de réactivité de F._, psychologue-psychothérapeute spécialisée enfants et adolescents FSP, elle a signalé au  du Tribunal civil qu’un changement de thérapeute pourrait être envisagé (DO/123 ss).
Par courriel du 29 novembre 2019, G._, adjoint du chef de secteur en protection de l’enfant au SEJ, et E._, curateur, ont indiqué que A._ avait adopté une posture rejetant une collaboration avec le SEJ, ce qu’ils regrettaient vivement. S’agissant de la question du changement de curateur, ils ont relevé que le père et la mère n’avaient pas appréhendé de la même manière le conflit qu’ils rencontraient avec leur(s) enfant(s). Concernant B._, ils ont observé qu’elle s’était montrée collaborante et demandeuse d’aide auprès du SEJ. A propos de
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A._, ils ont indiqué qu’il avait toujours écarté, ignoré, contesté leurs conseils et recommandations, qu’il prenait rarement contact avec eux et qu’il n’avait pas suivi leurs indications selon lesquelles, à la mi-août 2019, il devait laisser sa fille venir chercher des affaires chez lui sans la questionner. Ils ont souligné que la comparaison des situations du père et de la mère divergeait complètement sur les faits reprochés par les enfants à leur parent respectif, soit que les faits reprochés par C._ à son père en août 2019 et qui ont motivé son départ de chez son père (selon C._: pression, aliénation de la part du père sur ses enfants depuis plusieurs mois) ne pouvaient pas être comparés à ceux que la jeune fille reprochait à sa mère au début du mandat (printemps 2017) (selon les enfants, présence du compagnon de leur mère et ils ne se sentaient pas bien chez elle). Les intervenants ont rappelé que leur mandat, depuis son début jusqu’au départ de C._ de chez son père (février 2017 à août 2019), avait eu pour objet une garde alternée qui ne se déroulait plus convenablement, en raison du fait que les enfants ne se rendaient pas chez leur mère, sans aucune raison valable, ce qui avait posé la question de l’aliénation du père et le placement des enfants. Ils ont ajouté que A._ n’avait pas souhaité forcer ses enfants à visiter leur mère, alors même que son rôle de père l’exigeait et qu’ils lui demandaient de collaborer, et qu’il avait également refusé tout suivi pour ses enfants auprès d’un pédopsychiatre, malgré leurs demandes insistantes. Ainsi, concernant le changement du curateur des enfants, les intervenants ont souligné qu’il n’avait pas lieu d’être puisque le curateur avait toujours œuvré dans l’intérêt des enfants, y avait consacré beaucoup de temps au niveau de ses interventions et avait été attentif aux droits et devoirs de chacun des parents (DO/130).
Par courriel du 4 décembre 2019, E._ a informé B._ et A._ que H._, psychologue auprès de I._, pouvait s’occuper de suite du travail familial relatif à leur situation (DO/132). En effet, de son avis, un travail familial est nécessaire afin que la fratrie se rencontre, que le garçon reprenne des visites chez sa mère et la fille chez son père, celui-ci refusant le contact avec le curateur et voulant faire appel à la psychologue F._ alors que la mère refuse cette dernière (DO/134).
Par courriel du 5 décembre 2019, A._ a indiqué qu’il maintenait sa position – soit entretien auprès de la thérapeute F._ et refus d’une rencontre au sein du SEJ (DO/137) – et qu’il ne se déterminerait plus jusqu’à droit connu sur la requête déposée auprès de la Justice de paix (DO/135).
Le 16 décembre 2019, A._ a néanmoins pris position sur la détermination de G._ et E._ du 29 novembre 2019. Il s’est en particulier référé au rapport de F._ du 14 octobre 2019, réalisé à la demande du Président du Tribunal civil, duquel il ressortirait, selon l’intéressé, que les comportements de la mère ne sont pas adéquats et contreviennent au bon développement des enfants, que la mère nourrit la rupture du lien parental et fraternel, qu’elle ne se positionne pas comme figure d’autorité auprès de sa fille et agit par projection. A._ a souligné qu’il n’y est jamais fait mention d’une éventuelle aliénation de la part du père. Il s’est également référé au rapport du 30 janvier 2018 de la précédente thérapeute, la Dresse J._, qui aurait souligné, selon l’intéressé, que le cadre de vie offert par le père était adéquat et avait soutenu le souhait des enfants de vivre auprès de celui-ci. Enfin, A._ a requis que F._ soit invitée à se déterminer sur la situation actuelle des parties et sur la position défendue par le curateur des enfants et relevé que les prises de position du curateur témoignaient à nouveau d’un manque d’impartialité, notamment que le curateur légitimait la décision de la mère des enfants de ne pas se conformer aux décisions judiciaires et d’arrêter le suivi thérapeutique mis en place (DO/159 ss).
C. Par décision du 18 décembre 2019, la Justice de paix a rejeté la demande de changement de curateur, confirmé E._ dans sa fonction de curateur de surveillance des relations
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personnelles, rejeté la demande tendant à ce que F._ soit invitée à se déterminer sur la situation actuelle des parties et sur la position défendue par le curateur des enfants, et exhorté les parents à s’entendre sur le choix d’un thérapeute pour le suivi thérapeutique de leurs enfants, dans les plus brefs délais (DO/174 ss).
D. Le 5 février 2020, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant, , à l’admission de sa demande de changement de curateur, à la nomination par le SEJ d’un(e) autre curateur/trice en lieu et place de E._ et au maintien de F._ dans son rôle de thérapeute des enfants. Subsidiairement, il demande que la cause soit renvoyée à la Justice de paix afin qu’elle complète les faits et invite F._ à se déterminer sur la situation actuelle des parties et sur la position défendue par le curateur des enfants.
Le 12 février 2020, la Justice de paix a produit son dossier, relevant que le recours ne suscite pas d’observations de sa part.

## Considerations

en droit
1.
1.1. Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux procédures relatives aux enfants devant les autorités de protection (art. 314 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC. Les décisions de la Justice de paix peuvent dès lors faire l'objet d'un recours auprès de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte du Tribunal cantonal (art. 450 al. 1 CC, art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA], art. 14 al. 1 let. c du règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]; ci-après: la Cour).