# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 8155a10b-e648-5287-9820-b00c1db33edf
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_005
**Year:** 2016
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** Criminal Procedure

## Facts

considérant en fait
A. En août 2015 et février 2016, le mineur B._, né en 2000 et fils de A._, a fait l’objet de condamnations pour contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants (affaires TM 2015/876 et TM 2016/42). Aucune mesure signalétique n’a été ordonnée dans ces deux cas.
Dans le cadre d’une troisième affaire (TM 2016/534), le mineur a été dénoncé pour délit et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants (notamment vente de marijuana). Cette affaire est pendante. Le 22 avril 2016, B._ a accepté et coopéré volontairement à l’exécution de mesures signalétiques (signalement et empreintes digitales, prélèvement ADN). Le 26 avril 2016, la Juge des mineurs a ordonné l’analyse du prélèvement ADN.
B. Le 4 mai 2016, A._ a déposé un acte intitulé « Recours contre l’exécution forcée. Affaire N 2016/42 B._ ». Elle demande que les prélèvements effectués sur son fils soient détruits. La Juge des mineurs s’est déterminée le 20 mai 2016 sans toutefois prendre de conclusions.

## Considerations

en droit
1. a) Sauf dispositions particulières de la loi fédérale du 20 mars 2009 sur la procédure pénale applicable aux mineurs (PPMin; RS 312.1), le CPP est applicable aux procédures concernant des mineurs (art. 3 al. 1 PPMin), sous réserve des exceptions prévues à l’art. 3 al. 2 PPMin.
b) Lorsque le CPP s'applique, ses dispositions doivent être interprétées à la lumière des principes définis à l'art. 4 PPMin. Ainsi, la protection et l'éducation du mineur sont déterminantes dans l'application de la loi. L'âge et le degré de développement du mineur doivent être pris en compte de manière appropriée. Les autorités pénales respectent les droits de la personnalité du mineur à tous les stades de la procédure et lui permettent de participer activement à celle-ci. Sous réserve de dispositions de procédure particulières, elles l'entendent personnellement. Elles veillent à ce que la procédure pénale n'empiète pas plus qu'il ne le faut sur la vie privée du mineur et sur la sphère d'influence de ses représentants légaux. Lorsque cela paraît indiqué, les autorités pénales impliquent les représentants légaux ou l'autorité civile (not. arrêt TF 1B_311/2015 du 18 mai 2016 consid. 3.2).
c) La personne mineure ainsi que ses représentants légaux ont qualité pour recourir devant la Chambre pénale (art. 38 PPMin et 382 CPP).
d) Le recours peut être formé pour violation du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, déni de justice et retard injustifié, pour constatation incomplète ou erronée des faits et inopportunité (art. 39 al. 1 PPMin et 393 al. 2 CPP).
e) La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).
2. Même si la Chambre pénale comprend ce que la recourante veut – soit que les prélèvements effectués sur son fils soient détruits –, il n’apparaît pas clairement, à l’examen de l’écrit du 4 mai 2016, contre quelle décision précisément elle entend recourir, son acte étant intitulé « Recours contre l’exécution forcée. Affaire N 2016/42 B._ ». Dans la mesure où la recourante agit sans l’assistance d’un avocat et que la présente affaire concerne un mineur, la
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Chambre va procéder à un examen large du recours. Ceci est d’autant plus justifié que le dossier de l’affaire concernée (TM 2016/534) ne fait état d’aucun écrit qui aurait été communiqué à la recourante ou à son fils en relation avec les prélèvements dont elle demande la destruction.
3. a) S’agissant de la saisie des données signalétiques et de l’ADN, la Chambre pénale a eu l’occasion récemment de rappeler que seul l’ordre pour dite saisie peut faire l’objet d’un recours, non son exécution (cf. arrêt TC/FR 502 2016 90 du 24 mai 2016 consid. 1 et les réf. citées; RFJ 2012 411). Aucun recours ne peut donc être déposé contre l’exécution à proprement parler.
b) Dans le même arrêt, la Chambre pénale a rappelé que la voie du recours n’est pas ouverte lorsque la mesure émane de la police. Ainsi, en ce qui concerne l’ordre pour la saisie des données signalétiques et de l’ADN, il ressort du formulaire utilisé par la police et intitulé « ordre pour la saisie des mesures signalétiques (Art. 255 et 260 CPP) » que « la personne [soit B._] a accepté et coopéré volontairement aux mesures ordonnées ». Or, si la recourante désirait s’opposer à la saisie des données signalétiques et de l’ADN de son fils, elle, respectivement ce dernier aurait dû formuler son refus à l’ordre donné par la police (cf. rubrique du formulaire « La personne s’est formellement opposée à l’exécution des mesures signalétiques ordonnées, elles ont toutefois pu être exécutées sans recours à la force »). Suite à cela, la Juge des mineurs aurait dû rendre une décision contre laquelle un recours à la Chambre pénale aurait été possible (cf. art. 260 al. 4 CPP).
Se pose toutefois la question de savoir si le mineur et sa mère savaient en l’espèce ce qui précède, en particulier qu’ils avaient le droit de s’opposer à l’ordre de saisie, étant rappelé que l’art. 260 al. 3 CPP prévoit que dite saisie fait l’objet d’un mandat écrit, brièvement motivé; en cas d’urgence, elle peut être ordonnée oralement, mais doit être confirmée par écrit et motivée. Or, à l’examen du dossier et en particulier du formulaire préétabli utilisé par la police, rien ne permet de retenir qu’un quelconque mandat – ne serait-ce que sous la forme d’un simple formulaire – aurait été communiqué au jeune prévenu et/ou à sa mère. En ce sens, le cas diffère de celui qui a fait l’objet de la publication in RFJ 2012 411; dans cette affaire, l’ordre de saisie avait été signé par le mineur et il mentionnait « la personne soussignée, ou son représentant légal, atteste avoir également reçu le formulaire d’information concernant la procédure et sur les voies de recours selon les art. 379ss CPP », ce qui excluait tout recours, conformément au principe de la bonne foi. Certes, la saisie des données n’est pas encore une mesure particulièrement incisive, contrairement à leur utilisation et leur stockage, lesquels constituent une atteinte à la liberté personnelle et à l’autodétermination informationnelle, protégées par la Constitution fédérale (art. 13 al. 2 Cst.) et la CEDH (art. 8 ch. 2 CEDH); il n’en demeure toutefois pas moins que le législateur a voulu un mandat écrit et brièvement motivé, mandat qui ne fait guère de sens s’il n’est pas communiqué à la personne concernée, qui plus est lorsqu’elle n’est pas assistée d’un avocat. De plus, si le prélèvement ADN doit encore faire l’objet d’une nouvelle décision qui porte sur l’analyse ou non de l’échantillon prélevé, décision émanant cette fois-ci du Ministère public, respectivement du Juge des mineurs et ainsi sujette à recours, tel n’est pas le cas pour les données signalétiques comme les empreintes digitales; une fois saisies, elles ne font pas l’objet d’une seconde décision et leur suppression est régie par l’art. 261 CPP, respectivement par l’art. 17 de l’Ordonnance sur le traitement des données signalétiques biométriques du 6 décembre 2013 (RS 361.3).
Au vu de ce qui précède et des particularités du cas d’espèce, la Chambre entre en matière sur un recours contre l’ordre pour la saisie des données signalétiques et de l’ADN.
c) Quant à l’ordre donné le 26 avril 2016 par la Juge des mineurs de procéder à l’analyse du prélèvement ADN, cette décision peut bien entendu être attaquée par un recours, ayant été
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prise ultérieurement, en l’absence du mineur et n’étant de toute évidence pas couverte par l’accord donné par ce dernier à la saisie des données.
Au sujet de cet ordre également, la Chambre pénale rappelle qu’il s’agit d’une mesure de contrainte et qu’au vu de son importance, il est nécessaire que la décision soit notifiée à la personne touchée, avec indication des voies de droit (cf. arrêt TC/FR 502 2016 72 du 24 mai 2016 consid. 2b), ceci même si les art. 255 ss CPP ne prévoient pas expressément un mandat écrit et motivé, contrairement à l’art. 260 CPP pour la saisie des données signalétiques. A noter que cela peut se faire sous la forme d’un formulaire, à l’instar de celui utilisé dans le cas d’espèce, mais en l’adaptant et en le remettant à la personne concernée. En l’occurrence, l’ordre donné le 26 avril 2016 ne contient aucune voie de droit et, le dossier n’indique pas qu’il aurait été notifié au prévenu ou à sa mère.
d) La Chambre pénale examine ainsi le recours du 4 mai 2016 en relation avec les deux ordres donnés, soit l’ordre pour la saisie des données signalétiques et de l’ADN et l’ordre portant sur l’analyse du prélèvement ADN.
e) Le délai de recours de dix jours (art. 396 al. 1 CPP) est considéré comme respecté. En effet, aucun des ordres n’a été formellement notifié au mineur, ni à sa mère, du moins rien au dossier ne permet de conclure à une telle notification, des informations ayant été données oralement par la police; la recourante le confirme dans son pourvoi. S’agissant en particulier de l’ordre pour l’analyse du prélèvement ADN, le délai de recours est en tout état de cause respecté, la décision ayant été rendue le 26 avril 2016 et l’acte déposé le 4 mai 2016.