# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** baf45ba3-5183-5a23-a70a-77f4c1cd217d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_014
**Year:** 2012
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

Attendu en fait
que Madame M_ (ci-après l’assurée ou la recourante) , née en 1955, a déposé une première demande de prestations auprès de l’OFFICE CANTONAL DE L’ASSURANCE-INVALIDITE (ci-après l’OAI ou l’intimé) en date du 24 juin 1994 ;
Qu’après la reprise d’une activité en qualité d’aide-hospitalière non qualifiée à partir du 26 novembre 1994, l’OAI a, par décision du 19 octobre 1995, rejeté sa demande ;
Qu’en date du 20 octobre 2004,l’assurée a déposé une nouvelle demande de prestations en raison d’angoisses et d’une dépression ;
Que par décision du 28 mai 2008, l’OAI a rejeté la demande ;
Que l’assurée a interjeté recours auprès du Tribunal cantonal des assurances sociales (TCAS), alors compétent, joignant un rapport du Dr A_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, attestant qu’elle était incapable de travailler depuis le 1
er
mai 2008 au moins en raison d’une anxiété généralisée et d’un trouble dépressif récurrent, dont l’épisode actuel était d’intensité moyenne ;
Que par arrêt du 11 février 2009, le TCAS a partiellement admis le recours et renvoyé la cause à l’OAI pour instruction complémentaire ;
Que par décision du 29 mars 2010, l’OAI a rejeté la nouvelle demande, au motif qu’après examen des documents médicaux, notamment de l’expertise multidisciplinaire du CEMed, le Service Médical Régional de l’AI (SMR) est d’avis que malgré les atteintes à la santé présentées, la capacité de travail de l’assurée est entière sur le plan somatique et psychique, sans limitations ni diminution de rendement ;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 11 mai 2010 auprès du TCAS (depuis le 1
er
janvier 2011 : Cour de justice, Chambre des assurances sociales), en concluant à l’annulation de la décision ainsi qu’à l’octroi d’une rente entière d’invalidité dès le 1
er
mai 2004 ;
Qu’elle soutenait qu’il eût fallu suivre les conclusions du Dr A_, confirmées et développées dans un nouveau rapport du 30 mars 2010, plutôt que celles du CEMed dont la valeur probante était contestée ;
Que dans sa réponse du 11 juin 2010, l’intimé a conclu au rejet du recours ;
Qu’en cours de procédure, la recourante a produit un rapport du Dr B_, médecin portugais, daté du 3 août 2010, faisant état de problèmes d’ordre psychique de longue date (idées obsessionnelles compulsives, agoraphobie, hypocondrie avec des idées délirantes, idées suicidaires ruminantes sans passage à l’acte, affect émoussé sans volonté d’avoir du plaisir) qui s’étaient aggravés (dépression majeure avec des symptômes psychotiques) ;
Qu’interpellé par la Cour de céans, le Dr C_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, médecin au CEMed, a, par rapport du 3 février 2011, précisé et confirmé les diagnostics ressortant de l’expertise tout en rejetant l’avis du Dr A_ ;
Que la Cour de céans a procédé à l’audition du Dr A_, qui a exposé les raisons pour lesquelles il ne pouvait partager l’avis du Dr C_, ainsi qu’à celle de l’époux et de la fille de l’assurée ;
Que les parties ont maintenu leurs conclusions, le SMR considérant que l’avis des Drs C_ et D_ étaient convaincants, l’assurée sollicitant la mise en œuvre d’une nouvelle expertise ;
Que par arrêt du 23 novembre 2011, la Cour de céans a rejeté le recours, considérant que le rapport d’expertise du CEMed revêtait pleine valeur probante ;
Que l’assurée a interjeté recours auprès du Tribunal fédéral ;
Que par arrêt du 13 juillet 2012, le Tribunal fédéral a admis le recours, au motif notamment que la Cour de céans n’avait pas fait une analyse concrète des critères fixés par la jurisprudence pour reconnaître pleine valeur probante à l’expertise du CEMed, ni précisé quels étaient les éléments subjectifs pour lesquels elle a écarté l’avis du Dr A_, pourtant confirmé par les Drs E_, F_ et B_ ;
Qu’il a ainsi annulé l’arrêt du 23 novembre 2011 et renvoyé la cause à la Cour de céans, afin qu’elle procède à une appréciation correcte et motivée des preuves, en procédant au besoin à une instruction complémentaire pour lever les importantes contradictions résultant des différents documents produits ;
Attendu que le juge des assurances sociales doit mettre en oeuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 282
consid. 4a; RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; ATFA non publié I 751/03 du 19 mars 2004, consid. 3.3) ;
Que tel est le cas en l’occurrence ;
Que dans certaines circonstances, les coûts de l'expertise peuvent être mis à la charge de l'assureur social (ATF
137 V 210
consid. 4.4.2) ;
Que la Cour de céans a informé les parties, par courrier du 15 août 2012, de son intention de mettre en œuvre une expertise psychiatrique et leur a communiqué le nom de l’expert ainsi que les questions qu’elle avait l’intention de poser à l’expert, tout en leur impartissant un délai au 5 septembre 2012 pour compléter celles-ci et faire valoir une éventuelle cause de récusation ;
Que par courriers des 4 et 5 septembre 2012, les parties ont indiqué n’avoir aucune question complémentaire à poser à l’expert ni de motif de récusation à faire valoir à son encontre ;
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## Considerations