# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** ef0af92c-8208-4ef1-a20f-02edf8dff24d
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_002
**Year:** 2022
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/3582/2022
du 21 mars 2022, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, a prononcé la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1_ sous imputation de 400 fr. (ch. 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance effectuée par l'ETAT DE GENEVE, SOIT POUR LUI LA PERCEPTION DE L'AFC, mis à la charge de A_, condamné à les verser au précité (ch. 2 et 3), et dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 4).
B. a. Par acte expédié à la Cour de justice le 5 avril 2022, A_ forme recours contre ce jugement, qu'il a reçu le 26 mars 2022, faisant valoir qu'il a payé le montant en poursuite. Il ne prend pas de conclusion ni ne formule de critique sur le jugement entrepris.
Il produit une pièce nouvelle.
b. L'ETAT DE GENEVE, SOIT POUR LUI LA PERCEPTION DE L'AFC ne s'est pas déterminé sur le recours dans le délai imparti à cette fin par la Cour.
c. Les parties ont été informées par courrier du greffe de la Cour du 27 mai 2022 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits suivants ressortent du dossier soumis au Tribunal.
a.
Par requête du 2 décembre 2021 au Tribunal, l'ETAT DE GENEVE, SOIT POUR LUI LA PERCEPTION DE L'AFC a conclu au prononcé de la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1_, portant sur les montants de 1'534 fr. 10 plus intérêts à 3% dès le 13 septembre 2021 et de 18 fr. 65 à titre d'intérêts moratoires au 13 septembre 2021, sous imputation de 400 fr., dus selon bordereau 2_/
IFD/2020/1
, 3_du 30 juin 2021.
b.
La citation à l'audience devant se tenir le 21 mars 2022 devant le Tribunal n'a pas été retirée par A_ et aucune des parties n'était présente ni représentée lors de celle-ci.

## Considerations

EN DROIT
1.
S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte (art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique (art. 251 let. a CPC).
Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure sommaire.
Le recours a été formé dans le délai prescrit par la loi. Compte tenu des considérations qui suivent, il n'y a pas lieu d'examiner plus avant sa recevabilité.
2.
Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC).
3.
Selon l'art. 138 al. 1 CPC, les citations, les ordonnances et les décisions sont notifiées par envoi recommandé ou d'une autre manière contre accusé de réception. L'acte est réputé notifié lorsqu'il a été remis au destinataire, à un de ses employés ou à la personne de seize ans au moins vivant dans le même ménage. Aux termes de l'art. 138 al. 3 let. a CPC concernant les envois recommandés, la notification est réputée avoir eu lieu si l'envoi n'a pas été retiré à l'expiration du délai de sept jours à compter de l'échec de la remise.
Les règles de la citation, permettant aux parties d'assister à l'audience, visent à garantir au débiteur son droit d'être entendu, institué par les art. 29 al. 2 Cst. et 53 CPC (ATF
131 I 185
consid. 2.1 et la jurisprudence citée; arrêt du Tribunal fédéral
5A_37/2010
du 21 avril 2010 consid. 3.1; Bohnet, in Code de procédure civile commenté, 2019, n. 34 ad art. 133 CPC).
Le droit d'être entendu accorde aux parties le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à leur détriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves et de se déterminer à leur propos (ATF
136 I 265
consid. 3.2;
135 II 286
consid. 5.1;
129 II 497
consid. 2.2).
Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel, dont la violation entraîne en principe l'annulation de la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recours au fond.
La notification fictive d'un pli recommandé ne s'applique à l'échéance du délai de garde de sept jours que dans l'hypothèse où le destinataire devait, vraisemblablement, s'attendre à recevoir une communication d'une autorité (arrêt du Tribunal fédéral
5A_454/2012
du 22 août 2012 consid. 4.2.1 et les références citées). Ce devoir existe dès que le destinataire est partie à une procédure ayant cours (ATF
130 III 396
consid. 1.2.3 = JdT
2005 II 87
). Ainsi, c'est seulement à partir de la litispendance que naît une relation procédurale contraignant les parties à se comporter selon les règles de la bonne foi, c'est-à-dire, notamment, à veiller à ce que les actes officiels concernant la procédure puissent leur être notifiés (ATF
138 III 225
consid. 3.1 = JdT
2012 II 457
).
En matière de droit des poursuites, le Tribunal fédéral a jugé que l'instance de mainlevée consécutive à l'interruption de la procédure de poursuite par l'effet d'une opposition constitue une nouvelle procédure. Le débiteur ne doit pas s'attendre, en raison de la seule notification d'un commandement de payer et de l'opposition qu'il a formée à cet égard, à une procédure de mainlevée ni à la notification de décisions dans ce contexte. C'est pourquoi la fiction de notification ne joue pas de rôle pour le premier envoi notifié au débiteur en relation avec la mainlevée (ATF
138 III 225
consid. 3.1 = JdT
2012 II 457
;
130 III 396
consid. 1.2.3 = JdT
2005 II 87
; arrêts du Tribunal fédéral
5A_710/2010
du 28 janvier 2011 consid. 3.1;
5A_552/2011
du 10 octobre 2011 consid. 2.1).
3.2
En l'occurrence, la fiction de notification ne trouve pas application, vu la jurisprudence précitée, s'agissant d'une procédure de mainlevée d'opposition formée à un commandement de payer.
Le recourant, qui n'a pas retiré le pli le citant à l'audience du Tribunal, n'a ainsi pas été régulièrement convoqué.
Il s'ensuit que le jugement entrepris sera annulé.
La cause sera retournée au premier juge pour qu'il cite régulièrement le recourant, puis rende une nouvelle décision.
4.
Vu l'issue du recours, les frais du recours, arrêtés à 300 fr., seront mis à la charge de l'Etat de Genève (art. 107 al. 2 CPC); l'avance de frais versée par le recourant lui sera restituée.
Il n'y a pas lieu à l'allocation de dépens, le recourant n'en ayant pas sollicité et ne justifiant pas de démarches en justifiant l'octroi.
* * * * *