# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 2551cbc7-e660-5f6c-9b82-59d4138c6339
**Court:** GE_CJ
**Chamber:** GE_CJ_013
**Year:** 2010
**Language:** fr
**Jurisdiction:** GE / Région lémanique
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

EN FAIT
1. De 2002 à 2006, Monsieur B_ exploitait l'entreprise individuelle A_, sise à Genève, dont le but était notamment le service d'auto-taxis, la location de voitures, l'auto-école, ainsi que le commerce de véhicules automobiles et atelier de réparations mécaniques.
Dans le cadre de son activité, il était titulaire de trente-six permis de service public.
2. En date du 26 janvier 2000, M. B_ a fondé l'entreprise de taxis U_ S.A. (ci-après : U_).
3. La nouvelle loi sur les taxis et limousines (transport professionnel de personnes au moyen de voitures automobiles) du 21 janvier 2005 (LTaxis -
H 1 30
) est entrée en vigueur en date du 15 mai 2005.
4. Le jour même, M. B_ a demandé au service des autorisations et patentes (ci-après : SAP) l'autorisation de transférer ses permis de service public à U_.
5. Par décision du 21 décembre 2005, le SAP a autorisé A_ à transférer ses trente-six permis de service public à U_.
6. En date du 1
er
décembre 2007, le SAP est devenu le service du commerce (ci-après: SCom ou le service).
7. La faillite d'U_ a été prononcée par le Tribunal de première instance (ci-après : TPI) le 24 juin 2008, puis confirmée par le Tribunal fédéral le 3 décembre 2008.
8. Durant le mois de juillet 2008, douze permis de service public ont été restitués au SCom contre versement du montant compensatoire.
9. En octobre puis en décembre 2008, seize autres permis de service public ont été restitués au SCom. Le service a refusé de payer l'indemnité compensatoire au vu de la procédure de faillite en cours.
10. Dans le cadre de la procédure de faillite de la société U_, l'office des faillites (ci-après : OF) considérait que les huit permis de service public restants étaient détenus par U_, alors que M. B_ estimait être le seul et unique propriétaire desdits permis.
11. Suite à un accord conclu entre la masse en faillite d'U_ et M. B_, le TPI a prononcé un jugement le 21 janvier 2010 par lequel il constatait que M. B_ était seul et légitime propriétaire de trois permis de service public saisis dans la faillite d'U_ et donnait acte à ce dernier de ce qu'il renonçait à revendiquer les cinq autres permis de service et créances correspondantes.
12. Suite à ce jugement, l'OF a restitué au SCom le montant compensatoire relatif aux trois permis de service public appartenant à M. B_.
13. En date du 9 février 2010, M. B_ a constitué la société de taxis T_ Sàrl (ci-après: T_), dont il était l'associé gérant.
14. Le 12 février 2010, M. B_ a déposé une requête en vue de l'obtention d'une autorisation d'exploiter l'entreprise T_, conformément à l'art. 12 LTaxis.
15. Par courrier du 7 mai 2010, M. B_ a transmis au SCom le contrat de cession du 9 février 2010 entre lui-même et T_ afin que le service l'examine et le ratifie, en application de l'art. 10 al. 5 du règlement d’exécution de la LTaxi du 4 mai 2010 (RTaxis -
H 1 30.01
).
Les comptes du dernier exercice de l'entreprise A_ et l'expertise de sa valeur, laquelle était réduite à la valeur des trois permis de service public, ne pouvaient être produits au vu des circonstances.
16. Par décision du 7 juillet 2010, le SCom a refusé la demande d'autorisation de transférer les trois permis de service public de M. B_ à T_ ainsi que l'autorisation de T_ d'exploiter une entreprise de taxis en vertu de l'art. 12 LTaxis.
M. B_, soit A_ n'était pas titulaire d'une autorisation d'exploiter une entreprise de taxi de service public. Le SCom ne pouvait donner l'autorisation de transférer son entreprise de taxis comprenant trois permis de service public à T_.
Pas plus M. B_ lui-même que la société T_ n'était propriétaire de 3 permis de service public. La condition de l'art. 12 al. 1 let. b LTaxis, soit le fait que la requérante d'une autorisation d'exploiter soit au bénéfice d'un permis de service public pour chacun des véhicules de son entreprise n'était pas remplie.
17. En date du 9 août 2010, M. B_ et T_ ont fait recours contre la décision du SCom du 7 juillet 2010 et ont conclu à son annulation.
M. B_ était autorisé à transférer les trois permis de service public dont il était titulaire à T_. Le SCom devait autoriser l'exploitation de T_, entreprise de service public.
Dans le cadre de la fondation d'U_, une convention de partenariat avait été conclue entre Monsieur S_ et M. B_. M. S_ s'était engagé à apporter du financement dans U_, et M. B_ à transférer l'ensemble des actifs et passifs de A_ à U_.
La décision du SAP du 21 décembre 2005 autorisant A_ à transférer ses trente-six permis de service public à U_ avait été prise suite à un examen manifestement insuffisant de la situation.
Le transfert des permis de service public de M. B_ à U_ était nul et inefficace. Il avait été réalisé en violation des règles de la LTaxis et sans titre d'acquisition juridiquement valable.
En raison d'un conflit entre M. B_ et M. S_, le transfert formel des plaques n'avait jamais eu lieu. Comme le mentionnait le SAP dans l'attestation du 24 mars 2006, M. B_ était resté inscrit en tant que titulaire de permis de service public.
M. B_ demeurait l'unique propriétaire des trois permis qu'il avait revendiqués dans la faillite d'U_, comme le confirmait l'accord conclu avec l'OF.
Dans le courant du mois de janvier 2010, le chef des autorisations du SCom avait indiqué à M. B_ que l'autorisation d'exploiter serait délivrée à T_.

## Considerations