# Swiss Legal Decision

**Decision ID:** 18788ae8-8b1d-56d3-acb6-ab73431b209b
**Court:** FR_TC
**Chamber:** FR_TC_001
**Year:** 2019
**Language:** fr
**Jurisdiction:** FR / Espace_Mittelland
**Law Area:** $law_area
**Law Sub-area:** nan

## Facts

considérant en fait
A. A._, née C._ en 1971, et B._, né en 1966, se sont mariés en 2004. Ils sont les parents de D._, née en 2006.
B. Les rapports entre les parties ont été régis par une décision de mesures protectrices de l’union conjugale rendue le 15 septembre 2011 par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine. A cette occasion, une curatelle de surveillance du droit de visite a été instaurée, qui a été levée le 25 juillet 2013.
C. Le 13 mars 2017, A._ a déposé une demande unilatérale de divorce auprès du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : le Tribunal). Elle a conclu notamment à l’attribution exclusive de l’autorité parentale ainsi qu’à la garde sur D._ et à la suspension du droit de visite du père. B._ a répondu le 30 mai 2017, concluant entre autres à une autorité parentale conjointe, avec garde à la mère et droit de visite large voire usuel au père, requérant par la même occasion l’assistance judiciaire.
Le 31 mai 2017, les parties ont comparu à l’audience de conciliation, durant laquelle le Président a constaté l’existence d’un motif de divorce. La conciliation a toutefois échoué.
Le 4 septembre 2017, A._ a déposé son mémoire de divorce motivé. Elle concluait notamment à l’autorité parentale exclusive en sa faveur et à l’attribution de la garde de D._, à la suspension du droit de visite du père et à ce que celui-ci verse en faveur de sa fille une contribution d’entretien de CHF 1'000.- jusqu’à 12 ans, respectivement de CHF 1'200.- dès 12 ans jusqu’à la majorité. Elle concluait également à ce que chaque partie conserve ses prestations LPP de sortie acquises durant le mariage.
B._ a répondu le 9 octobre 2017, concluant notamment au maintien de l’autorité parentale conjointe, la garde étant confiée à la mère. Il a sollicité un droit de visite en sa faveur, en principe un week-end sur deux. Il a également demandé à ce que la contribution d’entretien qu’il devrait pour sa fille soit suspendue jusqu’à retour à meilleure fortune. Il a aussi conclu au partage par moitié des prestations de prévoyance acquises durant le mariage.
Le 14 décembre 2017, A._ a déposé sa réplique et B._ a dupliqué le 5 février 2018. Ils n’ont alors pas modifié leurs conclusions.
Le 20 avril 2018, les parties, chacune assistée de son mandataire, ont comparu devant le Tribunal. Elles ont trouvé un accord partiel s’agissant des effets du divorce liés à leur fille, s’accordant ainsi sur une autorité parentale conjointe avec garde à la mère, sur un droit de visite du père d’entente entre les parties respectivement usuel, ainsi que sur une contribution d’entretien de CHF 650.- par mois, allocations familiales en sus, versée par le père en faveur de la fille. Elles ont également pris des conclusions conjointes sur la liquidation du régime matrimonial et sur le sort des frais. Elles ont requis des premiers Juges qu’ils tranchent le sort des avoirs de prévoyance.
Les parties plaident au bénéfice de l’assistance judiciaire (décisions des 14 mars 2017 et 31 mai 2017).
D. Par jugement du 23 août 2018, le Tribunal a prononcé le divorce des parties. Il a homologué la convention passée entre elles le 20 avril 2018 sur le sort de l’enfant et prononcé le partage des avoirs de prévoyance, donnant ainsi ordre à la caisse de pension de A._ de transférer un montant de CHF 25'611.55 sur le compte de libre-passage de B._.
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E. Le 24 août 2018, A._ a interjeté appel, doublé d’une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles et d’une requête d’assistance judiciaire. Elle a pris les conclusions suivantes sous suite de frais:
« I. Par voie de mesures superprovisionnelles : 1. La requête de mesures superprovisionnelles est admise. 2. Le droit de visite sur l’enfant D._ est provisoirement retiré à B._. 3. Les frais et dépens de la présente procédure sont réservés.
II. Par voie de mesures provisionnelles : 1. La requête de mesures provisionnelles est admise. 2. Le droit de visite sur l’enfant D._ est provisoirement retiré à B._. 3. La première Cour d’appel civil du Tribunal cantonal prendra les mesures nécessaires, afin qu’une enquête
sociale concernant l’enfant D._ soit ordonnée. Cette enquête sociale est confiée au Service de l’enfance et de la jeunesse dans le cadre d’un examen sur les capacités éducatives de B._ de prendre en charge sa fille lors de l’exercice de son droit de visite.
4. Les frais et dépens de la présente procédure sont réservés.
III. Sur le fond : 1. L’appel est admis. 2. Partant, le jugement de divorce du 23 août 2018 rendu par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement
de la Sarine est modifié. Il a désormais la teneur suivante : « 2. L’autorité parentale sur l’enfant D._ est confiée à A._. 4. Le droit de visite de B._ est exercé selon les termes de la convention passée lors de la
séance du 20 avril 2018, homologuée par le jugement de divorce du 23 août 2018, sous réserve de l’approbation du SEJ.
9. Chaque partie conserve les prestations LPP de sortie acquises durant le mariage. » 3. Les frais et les dépens de la présente procédure sont mis à la charge de B._. »
Par décision du 29 août 2018, l’assistance judiciaire a été accordée à l’appelante.
F. Le Juge délégué a procédé à l’instruction de la cause, en invitant notamment D._ à prendre contact avec lui en ce qui concerne l’exercice du droit de visite, ce qu’elle a fait en le contactant téléphoniquement le 31 août 2018. Le 4 septembre 2018, il a adressé aux parties un courrier résumant l’entretien téléphonique.
G. Le 10 septembre 2018, B._ a déposé sa réponse, concluant au rejet de la requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles et à celui de l’appel. Il a sollicité le bénéfice de l’assistance judiciaire. Par voie de mesures provisionnelles et « reconventionnellement », il a conclu à ce que D._ bénéficie d’une curatelle de représentation et d’une curatelle de surveillance des relations qu’elle entretient avec ses deux parents.
H. Le 17 septembre 2018, l’appelante a déposé un mémoire complémentaire à son appel ainsi qu’une détermination spontanée à la réponse de l’intimé. Elle n’a pas adhéré aux curatelles requises par le père ; au fond, elle a modifié ses conclusions en prenant des conclusions subsidiaires, soit le renvoi de la cause au Tribunal pour nouvelle décision.
I. Le 1er octobre 2018, l’intimé a conclu au rejet des conclusions subsidiaires et à l’irrecevabilité en raison de leur tardiveté des éléments et moyen de preuve évoqués par
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l’appelante en lien avec les prétendus avoirs 3A ou économies privées. Il a maintenu son chef de conclusions tendant au rejet total de l’appel.
J. Les parties ont comparu à l’audience du Juge délégué le 14 novembre 2018 ayant trait à la requête de mesures provisionnelles. A cette occasion, elles ont conclu l’accord suivant: les mesures provisionnelles sont devenues sans objet étant donné que l’intimé a accepté que son droit de visite soit suspendu; s’agissant de l’appel, il a été requis de la Cour qu’elle prenne des renseignements concernant l’évolution de la situation de l’enfant auprès du SEJ et du Service de pédopsychiatrie.
K. Par courrier du 14 janvier 2019, les pédopsychiatres ont indiqué que le suivi de D._ avait débuté le 30 mai 2018 suite à une demande urgente de la mère qui avait recueilli des révélations de la part de sa fille sur un harcèlement scolaire dont elle faisait l’objet et sur les scarifications qu’elle s’infligeait. Ils ont aussi souligné que l’état psychologique de l’adolescente est très instable (atténuation du harcèlement scolaire, mais persistance des scarifications et plaintes de la fille par rapport à des pressions psychologiques faites par sa mère). Ils ont mentionné le contexte familial empreint de violences importantes et d’humiliation, l’absence de protection du père ainsi que les répercussions sur la jeune fille de l’événement du 20 août 2018 (altercation entre le père et la fille au cours de laquelle celui-là a porté un coup à celle-ci). Selon eux, l’évolution de l’adolescente est réservée sans la mise en place d’un appui extérieur important (suivi psychologique, médiation à l’école, mise en place d’un suivi AEMO). Ils rappellent enfin que la mère a participé à plusieurs entretiens psychologiques avec sa fille et un en individuel, alors que le père n’a jamais donné suite à leur invitation.
L. Par courrier du 11 février 2019, l’appelante s’est déterminée sur les courriers du SEJ et des pédopsychiatres, concluant en substance à ce que les recommandations des pédopsychiatres soient suivies. Elle a indiqué à cette occasion que D._ avait été hospitalisée au Centre de soins hospitaliers de E._ le 24 janvier 2019 et que l’intimé n’avait pas assisté à la réunion avec les médecins pour définir les suites du traitement.
Le 18 février 2019, l’intimé a également déposé ses déterminations; il s’est référé expressément à sa conclusion tendant à l’instauration d’une curatelle et a conclu à ce que les recommandations des pédopsychiatres soient suivies. Il a indiqué avoir pris contact avec sa fille suite à un appel de cette dernière peu avant son hospitalisation et qu’il lui a rendu visite les 26 et 30 janvier 2019, entretenant par la suite des contacts par sms. Il a expliqué qu’il n’avait pas eu connaissance de la réunion avec les médecins.
M. Me Christian Delaloye a produit sa liste de frais le 19 mars 2019. Me Jacques Meuwly a déposé la sienne le 28 mars 2019.

## Considerations

en droit
1.
1.1. L'appel est recevable (art. 308 CPC), l’affaire étant de nature non pécuniaire dans son ensemble, l’autorité parentale et le droit de visite étant notamment litigieux (arrêts TF 5A_837/2017 consid. 1 et 5A_425/2016 du 15 décembre 2016 consid. 1 et les références citées). Le recours en
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matière civile au Tribunal fédéral est également ouvert (art. 72 al. 1 loi sur le Tribunal fédéral [LTF; RS 173.10]).