Decision ID: 696fbe10-2db9-44d7-8e53-f1ada61c9884
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE09.002146-SJI
instruite d'office par le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne contre
I._
suite au décès de
D.W._
,
vu l'ordonnance du 28 septembre 2010, par laquelle le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu (I), a ordonné le maintien au dossier du livre d'écrits et de la clé USB versés sous fiches n° 44080 et 47020 (II) et a laissé les frais à la charge de l'Etat (III),
vu le recours exercé en temps utile par
C.W._
et
B.W._
, parents de D.W._, contre cette décision,
vu le mémoire d'I._ et de R._,
vu les pièces du dossier;
attendu
que le 3 février 2009, D.W._ a été reconduit à son domicile depuis la Fondation [...] par R._,
qu'ayant constaté, durant le trajet, que la tête de D.W._ ne reposait plus sur l'appuie-tête de son fauteuil roulant, I._ a tenté en vain de la replacer correctement sur l'appuie-tête,
qu'il a dès lors continué sa route jusqu'au domicile de D.W._, lequel a été retrouvé inconscient et transporté dans un état critique au CHUV,
que D.W._ est décédé le 9 février 2009,
que C.W._ et B.W._ se sont constitués partie civile dans le cadre de la présente procédure,
que par ordonnance du 30 septembre 2009, le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne a prononcé un non-lieu en faveur d'I._, considérant qu'il n'avait pas été possible de déterminer les causes exactes du décès de D.W._,
que par arrêt du 13 novembre 2009, le Tribunal d'accusation a annulé cette ordonnance et renvoyé le dossier de la cause au magistrat instructeur pour qu'il procède à un complément d'instruction,
que par ordonnance du 28 septembre 2010, le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur d'I._, considérant qu'en l'absence de directives en matière de sécurité durant les déplacements, aucune faute ne pouvait lui être reprochée,
que C.W._ et B.W._ conteste cette décision;
attendu, en premier lieu, que les recourants invoquent une mauvaise interprétation des déclarations du Dr [...],
que dans son audition, ledit témoin a expliqué que "
Je sais toutefois que ces appareillages sont conçus de cas en cas pour s'adapter à la particularité de chacun des patients. Il s'agit avant tout de s'assurer que la personne qui bénéficie d'un fauteuil roulant soit positionné de la manière la plus confortable possible
" (PV aud. 12),
que selon eux, on ne peut déduire de ces déclarations que l'appareillage n'était pas destiné à assurer la sécurité du patient durant les trajets,
que, contrairement à ce que soutiennent les recourants, on ne peut toutefois lire autre chose dans cette déposition que le fait que le bandeau du siège avait un but de confort,
que si le bandeau avait été destiné à un autre but précis, le médecin l'aurait mentionné,
qu'il n'existe donc aucune zone d'ombre nécessitant un complément d'instruction sur ce point;
attendu que les recourants reprochent ensuite au magistrat instructeur de n'avoir pas instruit suffisamment les questions de sécurité et d'utilisation du fauteuil roulant,
que le Juge d'instruction a cependant interpellé de multiples organismes spécialisés, sans autre succès que d'obtenir confirmation qu'il n'existe pas de directives concernant les mesures particulières à prendre lors du transport des patients,
que les recourants n'évoquent d'ailleurs aucune autre piste,
que C.W._ et B.W._ reproche ensuite au magistrat instructeur de n'avoir pas instruit plus avant la question de savoir quel usage avait été fait des sommes versées par différentes institutions pour le financement du fauteuil roulant,
qu'à défaut de développement, on peine à comprendre ce que les recourants tentent de démontrer,
que les recourants font encore valoir que le Juge d'instruction aurait dû procéder à l'audition de la tante de D.W._, afin d'établir les devoirs et incombances de chacun des intervenants,
qu'elle n'est toutefois pas spécialiste des règles de sécurité,
que son audition n'aurait donc eu aucune incidence sur la décision;
attendu enfin que les recourants invoquent une violation du principe
in dubio pro duriore
,
que, selon cet adage, un renvoi en jugement s'impose si la culpabilité du prévenu apparaît vraisemblable ou simplement possible (ATF 6B_627/2008 du 9 décembre 2008 c. 2; ATF 6B_588/2007 du 11 avril 2008 c. 3.2.3),
que pour que ce principe s'applique, il faut préalablement qu'il existe des indices suffisants de culpabilité (Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, 2
ème
éd., Zurich 2006, n. 706),
que tel n'est cependant pas le cas en l'espèce,
que c'est donc à bon droit que le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur d'I._,
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée, les motifs à l'appui de la décision étant pour le surplus convaincants,
que l'indemnité du conseil d'office de C.W._ et de B.W._ est fixée à 360 fr., plus la TVA, par 27 fr. 35, soit 387 fr. 35,
que les frais du présent arrêt, ainsi que l'indemnité allouée à leur défenseur d'office sont mis à la charge des recourants (art. 307 CPP), solidairement entre eux,
que le remboursement à l'Etat de cette indemnité ne sera toutefois exigible que pour autant que la situation économique de C.W._ et de B.W._ se soit améliorée.

Considerations: