Decision ID: 23f674ae-b7a7-40d1-a850-b02c7b0d8fd2
Year: 2011
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE06.020468-PGT
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois contre
Q._
pour faux dans les titres, d'office et sur plainte de
J._
,
vu l'ordonnance du 24 décembre 2010, par laquelle le magistrat instructeur a refusé la mise en œuvre du complément d'expertise requis, a prononcé un non-lieu, a mis les frais du rapport d'expertise du 18 novembre 2010 à la charge de J._ à hauteur de 5'000 fr. et a laissé le solde à la charge de l'Etat,
vu le recours exercé en temps utile par J._ contre cette décision,
vu les déterminations de Q._,
vu les pièces du dossier;
attendu
qu'en vertu de l'art. 453 al. 1 du CPP (Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007, RS 312.0), les recours formés contre les décisions rendues avant l'entrée en vigueur du nouveau code sont traitées selon l'ancien droit par les autorités compétentes sous l'empire de ce droit;
attendu que, le 3 août 2006, J._ a déposé plainte pénale contre sa sœur, Q._, l'accusant d'avoir rédigé un faux avenant, daté du 5 janvier 1993, au testament de leur mère, X._, du 13 juillet 1992 (P. 4 et 4/1),
que, dans ledit testament du 13 juillet 1992, feu X._ confirmait la qualité d'héritiers à parts égales de ses deux enfants, soit le recourant et l'intimée (P. 10, p. 3),
que l'avenant stipule quant à lui que feu X._ laisse à sa fille, Q._, le solde de tous ses biens (P. 4/1),
que, par décision du 17 avril 2008, le juge d'instruction en charge de l'enquête a refusé de faire droit à la requête de J._ demandant une expertise graphologique permettant de déterminer l'auteur de l'avenant,
que, par décision du 19 mai 2008, le Tribunal d'accusation a annulé l'ordonnance et renvoyé le dossier au Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois afin qu'il procède à une expertise graphologique,
que l'expert commis a rendu son rapport le 18 novembre 2010,
qu'il estime que X._ a bien rédigé l'avenant et qu'il ne s'agit pas d'un faux (P. 46),
que, par courrier du 8 décembre 2010, J._ a requis un complément d'expertise (P. 49);
attendu que le magistrat instructeur a refusé de faire droit à cette requête et a prononcé un non-lieu en faveur de Q._, considérant en substance, en se référant à l'expertise, que l'avenant n'était pas un faux,
que J._ conteste cette décision et conclut au renvoi du dossier au magistrat instructeur pour complément d'enquête;
attendu, en premier lieu, que Q._ soutient que le recours est irrecevable car il n'aurait pas été déposé en temps utile,
que l'ordonnance datée du 24 décembre 2010 a été envoyée en courrier B, le recours ayant été déposé le 8 janvier 2011,
qu'il revient à l'autorité de prouver la date de la recevabilité,
que vu la période des fêtes et l'envoi par courrier normal, il n'est pas possible de déterminer la date exacte de réception de l'ordonnance,
que, par conséquent, le recours est présumé recevable;
attendu que J._ recourt contre le refus de complément d'expertise,
que d'une manière générale, si le juge d'instruction n'est pas lié par l'expertise, il n'en reste pas moins qu'il ne peut s'écarter des conclusions d'un rapport que pour des raisons exceptionnelles (Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, 2
ème
éd., Bâle 2006, n. 813, pp. 516-517),
qu'il résulte du rapport d'expertise que X._ a écrit l'avenant et que "l'hypothèse de l'imitation est pratiquement irrecevable" (P. 46, p. 10),
que les conclusions du rapport sont claires et ne laissent aucun doute sur ce point,
que le recourant soutient également que la date à laquelle l'avenant aurait été rédigé n'a pas été établie,
qu'en l'espèce, il paraît vain d'aller plus loin dans les recherches à partir du moment où l'avenant est de la main de la défunte,
que vouloir déterminer le moment de la rédaction relève de la justice civile puisqu'il n'existe aucun indice d'infraction pénale qui serait lié à ce fait précis,
qu'en conséquence, le refus de la mise en œuvre du complément d'expertise doit être confirmé;
attendu que, s'agissant du non-lieu, le juge d'instruction pouvait se fonder sur le résultat de l'expertise, déterminante en l'espèce,
qu'aucune pièce de procédure n'aurait permis au magistrat instructeur de faire une autre appréciation,
que le non-lieu est dès lors justifié;
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,
que les frais du présent arrêt sont mis à la charge du recourant (art.
307 CPP-VD),
que le Code de procédure pénale vaudois ne prévoit pas de dépens alloués à la partie qui obtient gain de cause devant le Tribunal d'accusation (Bovay / Dupuis / Monnier / Moreillon / Piguet, Procédure pénale vaudoise, Bâle 2008, n. 6.3 ad art. 163 CPP-VD, p. 182; JT 1962 III 64).

Considerations: