Decision ID: 645fec60-6e4c-4d53-829d-9ab13032472e
Year: 2017
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
Faits:
A. Le 29 mars 2016, l'Etat d'Israël a formé auprès des autorités de la
République et canton de Genève une demande d’entraide fondée sur la
Convention de la Haye sur l'obtention des preuves à l'étranger en matière
civile ou commerciale du 18 mars 1970 (in: arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2016.247-248 du 4 janvier 2017).
B. Par décision du 11 avril 2016, le Ministère public de la République et canton
de Genève (ci-après : le MP-GE) est entré en matière (in: arrêt du Tribunal
pénal fédéral RR.2016.247-248 du 4 janvier 2017).
C. Le même jour, le MP-GE a rendu une ordonnance d'exécution portant sur la
saisie probatoire de documentation bancaire relative à des comptes dont B.
et C. étaient titulaires, ayants droit ou fondés de procuration, "notamment le
compte n° 1 auprès de la banque D. (devenue banque E., aujourd'hui F.)"
(in: arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2016.247-248 du 4 janvier 2017).
D. Par missive du 20 septembre 2016, le MP-GE a transmis le dossier de la
cause aux autorités judiciaires civiles, en précisant que la demande avait
«été traitée comme une demande pénale, émanant du Ministère public
israélien, alors qu’il semble s’agir en réalité d’une demande civile» (in: arrêt
du Tribunal pénal fédéral RR.2016.247-248 du 4 janvier 2017).
E. Par courriers des 14 et 20 octobre 2016 au MP-GE, B. et C. ont demandé à
cette autorité de statuer sur la fin de la procédure, laquelle avait, selon eux,
été ouverte à tort (in: arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2016.247-248 du
4 janvier 2017).
F. Le 31 octobre 2016, les prénommés ont adressé à la Cour de céans un
mémoire de recours par lequel ils ont conclu (1) à ce que soit constatée
l’existence d’un déni de justice et (2) à ce qu’il soit ordonné au MP-GE de
statuer sans délai sur la fin de la procédure d’entraide internationale en
matière pénale (in: arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2016.247-248 du
4 janvier 2017).
G. Par arrêt du RR.2016.247-248 du 4 janvier 2017, la Cour de céans a
partiellement admis le recours. Elle a renvoyé la cause au MP-GE afin que
celui-ci rende une décision de clôture mettant fin à la procédure.
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H. Le 3 février 2017, le MP-GE a rendu une décision de clôture par laquelle il a
1) constaté que les pièces saisies avaient été transmises à l'autorité civile
compétente le 20 septembre 2016, 2) clos, avec effet à cette date, la
procédure d'entraide ouverte par la décision d'entrée en matière du 11 avril
2016 et 3) alloué à C. et B., "solidairement, une indemnité de CHF 800.--
pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de leurs droits
de procédure (art. 429 al. 1 let. a CPP, par renvoi de l'art. 15 EIMP)".
Il a notifié cet acte, notamment, à A. (act. 1.1).
I. Par mémoire du 8 mars 2017, A. interjette un recours contre cette décision,
dont il demande l'annulation en tant que la procédure d'entraide a été close
sans qu'il eût été interpellé sur ses prétentions en indemnisation,
respectivement été indemnisé. Il conclut à ce que la cause soit renvoyée au
MP-GE, afin que celui-ci l'interpelle puis lui octroie une indemnité de
CHF 4'320.-- (act. 1).
J. Au cours de l'échange d'écritures ordonné par la cour de céans, l'OFJ
(autorité de surveillance), a renoncé à se déterminer, tandis que le MP-GE
a conclu au rejet du recours (act. 6 et 7). Le recourant n'a pas donné suite à
l'invitation (act. 8) de la Cour de céans à déposer une réplique.
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

Considerations:
La Cour considère en droit:
1.
1.1 Au vu du dispositif de l'acte litigieux, ainsi que des conclusions du recourant
et de l'argumentation développée à l'appui de celles-ci, le litige porte sur
l'indemnisation du recourant – qui prétend être titulaire du compte n°1 auprès
de la banque D. (devenue banque E., aujourd'hui banque F.) –, au sens de
l'art. 15 EIMP, pour la procédure menée par le MP-GE à la suite de la
demande d'entraide déposée le 29 mars 2016 par l'Etat d'Israël.
1.2 L'art. 15 EIMP dispose que les art. 429 et 431 CPP sont applicables par
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analogie à la procédure menée en Suisse conformément à la présente loi,
ou à l'étranger sur demande d'une autorité suisse. Aux termes de l'art. 429
al. 1 let. a CPP, si le prévenu est acquitté totalement ou en partie ou s'il
bénéficie d'une ordonnance de classement, il a droit à une indemnité pour
les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de
procédure.
2.
2.1 En vertu de l'art. 37 al. 2 let. a LOAP, mis en relation avec les art. 25 al. 1 et
80e al. 1 EIMP et 19 al. 1 du règlement sur l'organisation du Tribunal pénal
fédéral (ROTPF; RS 173.713.161), la Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral est compétente pour connaître des recours dirigés contre les
décisions de clôture de la procédure d'entraide rendues par l'autorité
fédérale ou cantonale d'exécution (arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2012.81 du 17 janvier 2013, consid. 2.1).
2.2 Dans le cadre d'un litige contre une décision de clôture portant sur une
indemnisation au sens de l'art. 15 EIMP, la qualité pour recourir se détermine
sur la base de l'art. 48 PA (cf. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2015.126
du 28 décembre 2015, consid. 2.2). Cette dernière disposition légale prévoit
qu'a qualité pour recourir, notamment, quiconque a un intérêt digne de
protection à son annulation ou à sa modification (al. 1, let. c).
Dès lors que le recourant prétend que le MP-GE lui a dénié à tort le droit à
une indemnisation pour les dépenses occasionnées par l'exercice
raisonnable de ses droits de procédure, cette condition est remplie en
l'occurrence.
2.3 Formé dans les trente jours à compter de la notification de l'ordonnance
attaquée, le recours a été déposé en temps utile (art. 80k EIMP).
2.4 Au vu de ce qui précède, il y a lieu d'entrer en matière.
3.
3.1 Le recourant se plaint d'une violation de son droit d'être entendu. Il affirme
que le MP-GE ne lui a pas donné l'occasion de s'exprimer avant de rendre
l'acte querellé.
3.2 Le droit d'être entendu comprend notamment le droit pour la personne
concernée de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment
(ATF 132 II 485 consid. 3.2; 129 II 497 consid. 2.2, et les références).
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3.3 Le MP-GE admet qu'il n'a pas invité le recourant à s'exprimer avant de rendre
la décision entreprise; cela n'est d'ailleurs pas contesté. Il a donc violé le
droit d'être entendu de l'intéressé, lequel s'était manifesté auprès de lui le
18 mai 2016 (act. 1.2). La Cour de céans ne peut pas réparer ce vice, dès
lors qu'elle ne dispose notamment pas des éléments nécessaires pour se
prononcer sur le principe même de l'indemnisation. En effet, ne figure au
dossier aucune pièce permettant d'établir si l'intéressé est ou non titulaire de
la relation bancaire précitée. Or, ce point est pertinent pour l'issue du présent
litige: si le recourant ne revêt pas cette qualité, on voit mal a priori à quel titre
il aurait pu être touché par la procédure d'entraide; partant, dans cette
hypothèse, il est difficilement imaginable que l'intéressé puisse prétendre à
une indemnité pour les dépenses occasionnées par l'exercice
raisonnable de ses droits de procédure. A noter que le MP-GE ne s'est
manifestement pas penché sur cette question, puisque dite autorité a
affirmé, dans sa réponse au recours, que le "statut procédural" du recourant
(dans la procédure menée devant elle) n'était "pas établi" (act. 7, verso).
4. Il suit de ce qui précède que le grief tiré de la violation du droit d'être entendu,
et partant le recours, est bien fondé. La cause est renvoyée au MP-GE pour
nouvelle décision au sens du considérant qui précède.
5. En tant que partie qui succombe, le MP-GE devrait en principe supporter les
frais de la cause. Cependant, aucun frais de procédure n'est mis à la charge
des autorités inférieures, ni des autorités fédérales recourantes et déboutées
(art. 63 al. 2 PA); il y a donc lieu de statuer sans frais. La caisse du Tribunal
pénal fédéral restituera au recourant l'avance de frais versée par CHF 500.-
-.
6. Dans la mesure où le recourant a obtenu gain de cause, il a droit à une
indemnité au sens de l'art. 64 al. 1 PA (TPF 2008 172 consid. 7.2). Son
conseil n'a pas produit de liste des opérations effectuées. Aussi, vu l'ampleur
et la difficulté de la cause, et dans les limites du règlement du Tribunal pénal
fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure
pénale fédérale du 31 août 2010 (RFPPF; RS 173.713.162), l'indemnité est-
elle fixée ex aequo et bono à CHF 1'000.--, à la charge de la partie adverse.