Decision ID: 987af81b-eb31-4c35-ba74-87a620ca1e8c
Year: 2009
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE09.000841-DJA
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne contre
G._
et consorts
, notamment pour vol, vol d'importance mineure, dommages à la propriété, recel, violation de domicile et infraction à la loi fédérale sur les étrangers, d'office et sur diverses plaintes,
vu le mandat d'arrêt notifié au prévenu le 17 janvier 2009,
vu l'ordonnance du 15 juin 2009, par laquelle le magistrat instructeur a rejeté la demande de mise en liberté provisoire présentée par G._,
vu le recours exercé en temps utile par G._ contre cette décision,
vu les pièces du dossier;
attendu
que le prévenu à l'égard duquel existent des présomptions suffisantes de culpabilité peut être mis en détention préventive s'il présente un danger pour la sécurité ou l'ordre publics, si sa fuite est à craindre ou si sa liberté offre des inconvénients sérieux pour l'instruction (art. 59 al. 1
er
CPP),
que le prévenu doit être libéré dès la disparition des motifs de détention (art. 59 al. 2 CPP),
que la détention préventive, qui porte une atteinte grave aux droits fondamentaux du prévenu et peut compromettre sa considération, doit respecter le principe de proportionnalité des intérêts en présence,
qu'en l'espèce, le recourant a été inculpé de vol, dommages à la propriété, recel, violation de domicile et infraction à la loi fédérale sur les étrangers (PV aud. 5 et 16),
qu'il existe contre lui des présomptions de culpabilité suffisantes, compte tenu en particulier de ses déclarations (PV aud. 16; P. 56),
que la question n'est pas litigieuse;
attendu que l'ordonnance attaquée se fonde sur le risque de récidive,
que l'intensité du risque de récidive doit s'apprécier en fonction du passé, des antécédents judiciaires de l'inculpé, de sa fragilité psychique, de ses fréquentations, de la nature des infractions commises, du nombre et de la fréquence des infractions en cause (Piquerez, Les mesures provisoires en procédure civile, administrative et pénale, RDS 1997 II p. 50),
qu'en l'espèce, la situation du recourant d'une point de vue administratif et socio-économique est précaire,
qu'il n'a pas de domicile fixe, vivant en Suisse dans la clandestinité,
qu'il a travaillé deux ans et demi sans autorisation comme nettoyeur, ce qui lui a procuré environ 3'000 fr.,
qu'au moment où il a été placé en détention préventive, il était sans ressources (PV aud. 3 R. 3, p. 2),
que le rapport de police du 7 mai 2009 dénombre, outre le recel et l'infraction à la loi fédérale sur les étrangers, neuf cas de cambriolages - consommés ou sous forme de tentative -, auxquels le recourant est soupçonné d'avoir participé entre septembre 2009 et le 15 janvier 2009 (P. 56), ce qui dénote une certaine intensité dans l'activité délictueuse,
que le recourant aurait commis les actes qui lui valent d'être l'objet de la présente enquête après avoir été pris en flagrant délit de vol à l'étalage (PV aud. 3 R. 9, p. 4),
qu'aux arguments du recourant selon lesquels les actes qui lui sont reprochés ne sont pas graves au sens de la jurisprudence fédérale (cf. ATF 133 I 270 c. 2.2), on objectera que la durée et l'importance des infractions peuvent aussi être prises en compte, lorsqu'elles rendent le risque de réitération concret, même si l'inculpé est un délinquant primaire (cf. Bovay, Dupuis, Monnier, Moreillon, Piguet, Procédure pénale vaudoise, Bâle 2008, n. 2.2.5 ad art. 59 CPP, p. 84, et référence citée),
que dans ces circonstances, il est à craindre que, poussé par l'appât du gain, le recourant ne commette à nouveau des infractions de même nature que celles qui lui sont reprochées pour améliorer ses conditions d'existence,
que le risque de récidive est concret et fait obstacle à la relaxation du recourant;
attendu que le recourant, originaire du Kososo, est arrivé en septembre 2008 en Suisse, projetant d'y demander l'asile (PV aud. 3, R. 3, p. 2),
qu'il y demeure illégalement, sans emploi stable,
qu'il n'y a pas de famille,
qu'à l'évidence, il ne présente avec la Suisse aucune attache,
que compte tenu de la peine qu'il encourt, il est à craindre qu'il ne se soustraie d'une manière ou d'autre aux poursuites engagées contre lui (ATF 125 I 60 c. 3a; ATF 117 Ia 69 c. 4);
attendu, pour le surplus, que le principe de proportionnalité des intérêts en présence demeure respecté, compte tenu de la gravité des charges retenues contre le recourant et de la durée de la détention préventive déjà subie (ATF 132 I 21 c. 4.1; 128 I 149 c. 2.2; 126 I 172 c. 5a);
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,
que l'indemnité due au défenseur d'office du recourant est fixée à 220 francs,
que les frais d'arrêt ainsi que l'indemnité du défenseur d'office sont mis à la charge du recourant (art. 307 CPP).

Considerations: