Decision ID: 85d309bc-7518-56be-8ae5-4345b1dcef24
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 12 juin 2017, A_ recourt
contre l'ordonnance de procédure
datée du 23 mai 2017, notifiée le 31 suivant, par laquelle le Ministère public a dit que le retrait de l'opposition formée le 20 mars 2017 contre l'ordonnance pénale du 20 mars 2017 (sic) était inopérant.
Le recourant conclut à l'annulation de la décision querellée, à ce qu'il soit dit que le retrait d'opposition est "
opérant
" et que la cause soit renvoyée à l'autorité inférieure pour prendre acte dudit retrait.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Dans le cadre de la P/1_, le Ministère public a condamné, le 18 janvier 2017, par deux ordonnances pénales séparées, A_ et un autre prévenu.![endif]>![if>
Seul A_ a formé opposition, le 25 janvier 2017.
b.
Dans le cadre de la P/2_, le Procureur l'a condamné, le 12 mars 2017, par ordonnance pénale et l'instruction s'est poursuivie contre un autre prévenu.![endif]>![if>
Le 20 mars 2017, A_ a formé opposition.
Le 3 avril 2017, le Procureur a ordonné la disjonction de la P/3_, relative à A_, de la P/2_.
c.
Dans le cadre de la P/6345/2017, une nouvelle procédure a été ouverte contre A_, le 23 mars 2017, qui a été prévenu, et placé en détention provisoire.![endif]>![if>
d.
Le 30 mars 2017, le Procureur a ordonné la jonction de la procédure P/1_à la P/6345/2017.![endif]>![if>
e.
Le 10 avril 2017, le Procureur a ordonné la disjonction de la procédure P/3_de la P/6345/2017 (sic).![endif]>![if>
f.
Lors de l'audience du 11 mai 2017, le Procureur a entendu A_ sur les faits reprochés dans les ordonnances pénales des 18 janvier et 12 mars 2017.![endif]>![if>
g.
Le même jour, le Procureur lui a adressé un avis de prochaine clôture de l'instruction l'informant qu'un acte d'accusation serait prochainement rédigé. Il lui a fixé un délai au 22 mai 2017 pour présenter ses éventuelles réquisitions de preuves.![endif]>![if>
h.
Par courrier du 22 mai 2017, envoyé par fax le même jour à 11h06, et reçu au Ministère public le lendemain, A_ a retiré son opposition formée le 20 mars 2017 contre l'ordonnance pénale du 12 mars 2017.![endif]>![if>
i.
Par décision datée du 23 mai 2017, le Procureur a rendu la décision querellée.![endif]>![if>
j.
Le 26 mai 2017, le Procureur a adressé au Tribunal pénal l'acte d'accusation daté du 23 mai 2017. ![endif]>![if>
C.
Dans la décision querellée, le Ministère public relève que, consécutivement aux oppositions pénales formées par A_ aux deux ordonnances pénales, il n’avait pas décidé de maintenir celles-ci au sens de l’art. 355 al. 3 let. a CPP, avait joint les deux procédures à la procédure P/6345/2017 et indiqué, par avis de prochaine clôture, son choix de porter l’accusation devant le Tribunal pénal au sens de
l’art. 355 al. 3 let. d CPP, et dès lors de renoncer à la procédure de l’ordonnance pénale, de sorte que l’art. 356 al. 3 CPP ne trouvait pas application. Le retrait de l’opposition ne semblait admissible que dans l’hypothèse où le ministère public avait maintenu son ordonnance pénale mais n'était guère possible en présence d’une mise en accusation ou d’une nouvelle ordonnance pénale. A_ n’était ainsi plus fondé à retirer son opposition à l’ordonnance pénale précitée, de sorte que le retrait signifié par courrier du 22 mai 2017 était inopérant.
D.
a.
A l'appui de son recours,
A_ allègue que la décision du Ministère public est arbitraire et viole l'art. 356 CPP. Il avait formellement retiré son opposition le 22 mai 2017, dans le délai fixé pour déposer des réquisitions de preuves soit avant que le Ministère public ne rende un acte d'accusation portant également sur les faits reprochés dans l'ordonnance pénale du 12 mars 2017. L'art. 356 al. 3 CPP devait être compris dans le sens qu'une opposition pouvait être retirée avant qu'une nouvelle décision ne soit prise dans la procédure.
b.
Dans ses observations, le Ministère public considère que l'art. 356 CPP, qui se situe dans le chapitre CPP consacré à l'ordonnance pénale, ne s'applique plus lorsqu'il a décidé de porter l'accusation devant le tribunal de première instance.
c.
A_ a répliqué.

Considerations:
EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).![endif]>![if>
On aurait pu se demander si "
l'ordonnance de procédure
" rendue par le Procureur était bien une décision sujette à recours; la question peut rester ouverte vu la solution donnée.
2.
2.1.
L'art. 356 al. 3 CPP prévoit que l'opposition peut être retirée au plus tard à l'issue des plaidoiries devant le tribunal de première instance. Il découle de la logique du système mis en place par l'art. 355 CPP que cette règle ne prévaut que lorsque le ministère public a choisi de maintenir l'ordonnance pénale, celle-ci faisant alors office d'acte d'accusation devant le tribunal de première instance (art. 355 al. 3 let. 1 et 356 al. 1 CPP). Dans tous les autres cas (art. 355 al. 3 let. b à d CPP), l'opposition a définitivement mis à néant l'ordonnance pénale et la suite de la procédure obéit sans réserve aux règles ordinaires (Y. JEANNERET / A. KUHN (éds),
Procédure pénale suisse : approche théorique et mise en oeuvre cantonale
, Neuchâtel 2010, n. 74 pp. 99-100). ![endif]>![if>
Lorsqu'une opposition est formée, le ministère public est à nouveau saisi du dossier. Il procède, s'il y a lieu, à une enquête préliminaire. Cela fait, il dispose de quatre voies possibles (art. 355 al. 3 CPP) dont celle de dresser un acte d'accusation et renvoyer le prévenu devant le tribunal de première instance, selon les règles ordinaires des art. 324 ss CPP. Le ministère public est libre de choisir parmi ces quatre possibilités d'action et n'est nullement lié par l'ordonnance pénale ayant fait l'objet de l'opposition; la décision qu'il prend à cet égard n'est pas sujette à recours (Y. JEANNERET / A. KUHN,
Précis de procédure pénale
, Berne 2013, n. 17024). Dans le cadre d'une mise en accusation ou d'une nouvelle ordonnance pénale, l'opposant n'est plus en mesure de pouvoir retirer son opposition et l'autorité ignore un tel retrait, ceci afin que l'opposant ne puisse empêcher le ministère public de décerner une nouvelle ordonnance pénale ou une mise en accusation à l'issue d'une instruction qui lui est défavorable (arrêt du Kantonsgericht des Grisons SK2 16 17 du 3 juin 2016 consid. 3d; A. KUHN / Y. JEANNERET (éds),
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse
, Bâle 2011, n. 11 ad. 356).
2.2.
En l'espèce, après l'audition du prévenu-opposant, le Ministère public a fait le choix de dresser un acte d'accusation, choix lui appartenant selon l'art. 355 al. 3 CPP, et a manifesté cette intention par courrier du 11 mai 2017.
Le recourant ne pouvait dès lors plus retirer son opposition à l'ordonnance pénale du 12 mars 2017.
Peu importe que, ce nonobstant, le Ministère public ait choisi de rendre la décision querellée, qui reste bien-fondée dans son résultat.
3.
Infondé, le recours doit être rejeté.![endif]>![if>
4.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 500.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).![endif]>![if>
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