Decision ID: cdfcdd78-4574-5b2d-a87c-2d9f038e4053
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
, la procédure C/7368/2010 opposant B_ à A_.
Vu la demande d'appel en cause formée par A_ à l'encontre de C_, E_ et D_, inscrite sous référence C/26426/2010.
Attendu que par décisions
JTPI/6799/2011
rendue dans la cause C/26426/2010 et
JTPI/6800/2011
rendue dans la cause C/7368/2010, le Tribunal de première instance a rejeté la demande d'appel en cause formée par A_.
Que A_ a recouru à l'encontre de la décision
JTPI/6800/2011
rendue dans la cause C/7368/2010.
Qu'elle a, par ailleurs, recouru à l'encontre de la décision
JTPI/6799/2011
rendue dans la cause C/26426/2010.
Que par arrêt
ACJC/778/2010
rendu le 25 mai 2012 dans la cause C/7368/2010, la Cour de justice a, notamment, rayé la cause C/7368/2010 du rôle, a arrêté les frais de la procédure à 3'000 fr., les mettant à la charge de A_, et a condamné A_ à verser, à titre de dépens, 10'000 fr. à E_ ainsi que 10'000 fr. à D_, aucun dépens n'étant alloué à B_ et à la C_.
Que par arrêt
ACJC/779/2010
rendu également le 25 mai 2012 dans la cause C/26426/2010, la Cour de justice a, notamment, rayé la cause C/26426/2010 du rôle, a arrêté les frais de la procédure à 3'000 fr., les mettant à la charge de A_, et a condamné A_ à verser, à titre de dépens, 10'000 fr. à E_ ainsi que 10'000 fr. à D_, aucun dépens n'étant alloué à B_ et à la C_.
Que dans le cadre de ces deux décisions, la Cour a notamment arrêté les dépens dus E_ et à D_ compte tenu de la responsabilité encourue par leurs conseils et de l'activité utile déployée, estimée à 20 heures d'activité pouvant être rémunérées à raison de 450 fr. de l'heure.
Attendu que par requête déposée au greffe de la Cour de justice le 3 juillet 2012, A_ a requis l'interprétation des dispositifs des décisions précitées.
Qu'elle fait valoir, en substance, que dans les considérants, rigoureusement identiques, des deux décisions, la Cour de justice a estimé à vingt heures l'activité des conseils respectifs de E_ et de D_ et fixé leur rémunération horaire à 450 fr. de l'heure, les dépens ayant ainsi été arrêtés à 10'000 fr., débours et TVA compris.
Que, cela étant, les mémoires de réponse déposés en procédure de recours par les parties étaient quasiment identiques de sorte que le dédoublement des procédures n'avait pas engendré une surcharge d'activité pour les conseils.
Qu'elle ne comprend donc pas si le montant de 10'000 fr. mentionné dans les deux arrêts représente le montant total dû à E_, respectivement à D_, pour l'activité de leurs conseils respectifs dans la procédure de recours pour les deux causes ou si le montant de 10'000 fr. doit être cumulé entre les deux arrêts de sorte que le montant total des dépens s'élèverait à 20'000 fr. pour E_, respectivement pour D_.
Attendu que E_ comme D_ concluent au rejet de la requête en interprétation avec suite de dépens, que la C_ s'en rapporte à la justice et que B_ ne s'est pas exprimée dans le délai qui lui a été imparti.
Considérant,

Considerations:
en droit
, que selon l'art. 404 al. 1 CPC, les procédures en cours à l'entrée en vigueur de la présente loi sont régies par l'ancien droit de procédure jusqu'à la clôture de l'instance.
Qu'à teneur de l'art. 405 al. 1 CPC, les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de la décision aux parties.
Qu'en revanche, selon l'art. 405 al. 2 CPC, la révision de décisions communiquées en application de l'ancien droit est régie par le nouveau droit.
Qu'il convient de soumettre au nouveau droit la procédure d'interprétation ou de rectification se rapportant à une décision notifiée postérieurement au 1
er
janvier 2011 (
ACJC/1197/2012
du 17 août 2012 consid. 2.1.).
Que les décisions querellées ont été communiquées en 2012, de sorte que la requête en interprétation dont la Cour est saisie doit être examinée sous l'angle de l'art. 334 CPC.
Que selon l'art. 334 al. 1 CPC, si le dispositif de la décision est peu clair, contradictoire ou incomplet ou qu'il ne correspond pas à la motivation, le Tribunal procède, sur requête ou d'office, à l'interprétation ou à la rectification de la décision, et que la requête indique les passages contestés ou les modifications demandées.
Que la présente requête en interprétation apparaît recevable, compte tenu de l'intérêt de la requérante à la déposer (SCHWEIZER, Code de procédure civile commenté, 2011, n. 13 ad art. 334 CPC).
Qu'il y a lieu à interprétation notamment lorsque le dispositif est en contradiction avec les motifs qui le sous-tendent et lorsque l'erreur est patente et manifestement due à une inadvertance (SCHWEIZER, op. cit., n. 7 et 11 ad art. 334 CPC).
Que la contradiction, comme l'erreur, doivent trouver appui dans le texte de la décision, dès lors que la correction d'erreur qui procède d'une mauvaise application du droit ou d'une constatation inexacte des faits doit être modifiée par la voie du recours (OBERHAMMER, Kurzkommentar ZPO, 2010, n. 4 ad art. 334 CPC).
Qu'en l'espèce, la requérante ne fait pas valoir, à juste titre, qu'il existe une contradiction entre les considérants - qui fixe le travail de chaque conseil à environ 20 heures rémunérées à 450 fr. de l'heure, soit 9'000 fr. hors TVA - et les dispositifs des décisions - qui arrêtent les dépens à 10'000 fr. par conseil, TVA et débours compris - mais expose ne pas comprendre pourquoi elle est condamné à verser deux fois 10'000 fr. de dépens par partie alors que les conseils de chacune des parties n'ont effectué le travail qu'une seule fois en déposant des écritures identiques dans les deux procédures.
Qu'il y a lieu de constater qu'il n'existe aucune contradiction entre les considérants et le dispositif de l'
ACJC/778/2012
rendu dans la cause C/7368/2010, ni entre les considérants et le dispositif de l'
ACJC/779/2012
rendu dans la cause C/26426/2010, pas plus qu'entre les dispositifs de ces deux arrêts.
Qu'il ressort, en revanche, de la requête formée par la requérante qu'elle estime que les dépens accordés sont trop importants par rapport au travail fourni par les conseils de E_ et D_, question qui ne peut être revue par la Cour dans le cadre d'une requête en interprétation.
Qu'il s'en suit que la requête en interprétation sera rejetée.
Que les frais judiciaires, fixés à 200 fr., seront mis à la charge de la requérante qui succombe (art. 106 al. 1 et 3 CPC; art. 105 CPC et 44 RTFMC).
Que, compte tenu d'une valeur litigieuse de 10'000 fr. et du caractère sommaire de la procédure en interprétation (LUSCHER/HOFMANN, Le Code de procédure civil suisse, 2010, p. 206), les dépens dus à E_ seront arrêtés à 200 fr. et ceux dus à D_ à 200 fr. également, ces dépens étant cumulables avec ceux fixé dans le cadre de la procédure en interprétation dans la cause C/26426/2010.
* * * * * *