Decision ID: e888ac33-ac2a-4857-a55c-5d4a364c2dbd
Year: 2009
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE06.017940-RIV
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de La Côte contre
V._
pour représentation de la violence, pornographie et ivresse au volant qualifiée, d'office et sur dénonciation de l'
I._
,
vu l'ordonnance du 9 janvier 2009, par laquelle le magistrat instructeur a renvoyé V._ devant le Tribunal de police de l'arrondissement de La Côte comme accusé des infractions précitées,
vu le jugement du 7 juillet 2009, par lequel le Tribunal de police de l'arrondissement de La Côte a notamment libéré V._ de l'accusation de représentation de la violence, l'a déclaré coupable de pornographie mais l'a exempté de toute peine, l'a condamné pour ivresse au volant qualifiée, à 20 jours-amende, le montant du jour-amende étant fixée à 30 fr., avec sursis pendant 2 ans et 750 fr. d'amende, la peine privative de substitution en cas de non paiement étant de 25 jours et mis une part des frais, par 2'000 fr., à la charge de V._, le surplus demeurant à la charge de l'Etat,
vu la demande d'indemnité formulée par V._ le 22 juillet 2009,
vu le préavis du Ministère public,
vu les pièces du dossier;
attendu
liminairement, que la demande d'indemnité est recevable dans la mesure où elle a été adressée à la cour de céans dans un délai de vingt jours dès la communication de la décision d'acquittement (art. 163a al. 2 CPP);
attendu qu'aux termes de l'art. 163a al. 1 CPP, l'inculpé et l'accusé libérés des fins de la poursuite pénale, qui ne l'ont ni provoquée ni compliquée fautivement, peuvent obtenir de l'Etat, du plaignant ou de la partie civile une indemnité équitable pour le préjudice résultant de l'instruction et pour leurs frais de défense,
que l'indemnité fondée sur l'art. 163a CPP peut cependant être réduite ou supprimée lorsque, par un comportement répréhensible au regard des règles du droit civil, le prévenu a donné lieu à l'ouverture de l'action pénale ou en a compliqué l'instruction (ATF 116 Ia 162, JT 1992 IV 52; ATF 112 Ib 446 consid. 4; Thélin, L'indemnisation du prévenu acquitté en droit vaudois, in: JT 1995 III 98, spéc. pp. 103-104);
attendu, en l'espèce, que le requérant a été renvoyé en jugement comme accusé de représentation de la violence, pornographie et ivresse au volant qualifiée,
qu'il lui était reproché d'avoir, dans le courant du mois de juin 2006, commandé par Internet trois DVD et sept cassettes VHS contenant des représentations de la violence et des scènes pornographiques prohibées,
qu'il lui était également reproché d'avoir circulé en étant sous l'influence de l'alcool en date du 9 février 2008,
que V._ a été libéré du chef d'accusation de représentation de la violence,
qu'en revanche, pour ce qui est de la pornographie, il a été reconnu coupable de cette infraction au sens de l'art. 197 ch. 3 CP, mais exempté de toute peine, par application de l'art. 20 aCP, en vigueur au moment des faits,
qu'il a également été condamné pour ivresse au volant qualifiée,
qu'en ce qui concerne les frais, une partie de ceux-ci a été mise à la charge du requérant,
que le Tribunal de police de l'arrondissement de La Côte a en effet, d'une part, considéré qu'il devait supporter les frais liés à l'ivresse au volant qualifiée,
qu'il a, d'autre part, estimé qu'une part modeste du solde des frais devait être mise à sa charge, au vu de la grande légèreté avec laquelle il avait agi en commandant des films de pornographie dure, dont il ignorait sans doute le contenu exact, mais en sachant très bien ce qu'il entendait acquérir, et a précisé que la générosité dont il avait fait preuve en prononçant une exemption de peine après déclaration de culpabilité ne devait pas se retrouver entièrement au niveau des frais face à un comportement civilement critiquable,
qu'au vu de ces éléments, l'on ne peut que constater que les conditions d'une indemnité au sens de l'art. 163a CPP ne sont pas réalisées en l'espèce;
que, pour le surplus, en ce qui concerne la décision sur les frais mis à la charge du requérant par le jugement du 7 juillet 2009, elle doit être considérée comme définitive et exécutoire, faute de recours contre ledit jugement,
que ladite décision ne saurait dès lors être contestée dans le cadre d'une demande d'indemnité;
attendu, en définitive, que la demande d'indemnité est rejetée,
que les frais du présent arrêt sont mis à la charge du requérant.

Considerations: