Decision ID: 3975fcb9-4ac4-4396-81b5-f23faf11dd53
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE10.006925-JLR
instruite d'office par le Juge d'instruction du canton de Vaud contre
S._
pour infraction et contravention à la Loi fédérale sur les stupéfiants (Loi fédérale sur les stupéfiants; RS 812.121),
vu l'ordonnance du 7 avril 2010, par laquelle le magistrat instructeur a ordonné le séquestre, en mains de S._, de la somme de 300 fr. et d'un sachet de marijuana d'un poids de 3.6 g brut,
vu le recours exercé en temps utile par S._ contre cette décision,
vu les pièces du dossier;
attendu
que le recourant conteste le séquestre des espèces,
qu'il invoque un impérieux besoin d'argent pour payer l'écolage de ses enfants au Nigeria;
attendu qu'aux termes de l'art. 223 al. 1 CPP, le juge a le droit de séquestrer tout ce qui peut avoir servi ou avoir été destiné à commettre une infraction, tout ce qui paraît en avoir été le produit, ainsi que tout ce qui peut concourir à la manifestation de la vérité,
que le séquestre a non seulement pour but d'assurer la conservation des moyens de preuve, mais également de garantir l'exécution d'une éventuelle confiscation ou le dédommagement du lésé (Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, Zurich 2006, n. 911, pp. 589-590, JT 1995 III 88),
que dans l'hypothèse où les valeurs sujettes à confiscation ne sont plus disponibles, le juge peut placer sous séquestre des éléments du patrimoine de la personne concernée, même si ceux-ci n'ont aucune relation avec l'infraction, en vue de l'exécution d'une future créance compensatrice (art. 71 al. 3 CP);
attendu, en l'occurrence, que le recourant reconnaît avoir vendu deux sachets de marijuana pour 50 fr. le 23 mars 2010,
qu'il est soupçonné de s'être livré à un trafic de produits stupéfiants de plus grande ampleur,
qu'une quantité de cannabis d'un poids de 19.5 g répartie dans onze sachets minigrip ainsi que des emballages vides ont été découverts dans son casier au centre EVAM de Nyon le 10 mars 2010 (cf. dossier B; P. 6),
que des vérifications sont en cours afin de déterminer l'étendue de son activité délictueuse,
qu'à ce stade, l'origine licite de la somme mise sous main de justice n'est pas démontrée,
qu'en effet, le recourant déclare recevoir 280 fr. par mois de l'EVAM (cf. P. 4),
qu'il prétend également être un gros consommateur de cannabis,
qu'il est donc invraisemblable qu'il ait pu économiser sur son pécule remis par l'EVAM la somme trouvée en sa possession le 23 mars 2010,
que, cela étant, le séquestre litigieux est aussi justifié au regard de l'art. 71 al. 3 CP puisqu'il pourrait garantir l'exécution d'une éventuelle créance compensatrice;
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,
que les frais d'arrêt sont mis à la charge du recourant (art. 307 CPP).

Considerations: