Decision ID: 9063e85f-73c9-5ee4-aaa1-8f761423f701
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 14 mai 2021 au Tribunal des mesures de contrainte, qui l'a transmis à la Chambre de céans, A_, agissant en personne, recourt
contre l'ordonnance
du 11 mai 2021, notifiée le 14 suivant, par laquelle le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : TMC) a ordonné sa mise en détention pour des motifs de sûreté jusqu'au 6 août 2021.
Le recourant conteste cette décision.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.
A_, ressortissant guinéen né en 1996, a été placé en détention provisoire par ordonnance du TMC du 23 juin 2020, régulièrement prolongée depuis.
b.
Par acte d'accusation du 7 mai 2021, le Ministère public a renvoyé A_ devant la Cour correctionnelle pour rixe (art. 133 al. 1 CP) et tentative de lésions corporelles graves (art. 22 al. 1
cum
art. 122 CP), entrée et séjour illégal (art. 115 al. 1 let. a et b LEI), ainsi que contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (art. 19a ch. 1 LStup).
c.
A_ est, principalement, accusé d'avoir, le 21 juin 2020, à Genève, pris part à une bagarre opposant C_ et D_.
Il lui est, en substance, reproché d'avoir asséné des coups de poing et de pied sur le corps, la tête et le visage de C_, ainsi que d'avoir frappé, notamment au niveau des parties génitales, E_, lequel était intervenu pour séparer les protagonistes.
C_ a subi diverses plaies, notamment au cou, à la nuque et au cuir chevelu, ainsi que des ecchymoses et dermabrasions (cf.
ACPR/248/2021
du 16 avril 2021).
d.
Durant l'instruction, A_ a contesté les faits reporchés, déclarant être intervenu pour séparer les antagonistes.
e.
Parallèlement au renvoi en jugement de A_, le Ministère public a requis sa mise en détention provisoire pour des motifs de sûreté.
C.
Dans l'ordonnance querellée, le Ministère public a retenu l'existence de charges suffisantes. Le gendarme F_ avait vu A_ asséner à C_ - qui gisait au sol et était blessé -, de nombreux coups de poings et de pied au visage. Un témoin, G_, mettait également en cause A_ pour avoir frappé C_ à coups de poings et lui avoir porté un coup de pied à la tête "
comme s'il l'écrasait
". E_ se souvenait avoir reçu des coups de A_ et que ce dernier avait également frappé, notamment à la tête, C_. Les images issues des caméras de surveillance confirmaient que A_ avait frappé C_, qui se trouvait au sol. Le précité avait déclaré, à la police et au Ministère public, qu'un second individu lui avait asséné de nombreux coups. Le constat de lésions traumatiques subies par C_ faisait état de deux plaies, l'une au niveau de l'arrière de la tête et l'autre au niveau du cou, ainsi que de lésions défensives sur les membres supérieurs. Il ressortait en outre du constat de lésions traumatiques de A_, que ses habits et ses baskets étaient entachés de sang et son t-shirt endommagé, sans qu'il ne puisse en expliquer les raisons. Il présentait aussi des traces de sang sur les mains et avait des lésions à la lèvre supérieure gauche et au niveau de la jambe droite pouvant entrer chronologiquement en lien avec les évènements, ce qui corroborait le fait qu'il avait bel et bien participé à la bagarre. Ainsi, les infractions retenues contre A_ reposaient sur des éléments suffisants.
Le TMC a, en outre, retenu l'existence de risques de fuite et réitération.
La détention pour des motifs de sûreté a été prononcée pour une durée de trois mois, en vue du jugement de A_.
D.
a.
Dans son recours, A_ relève qu'alors qu'il avait "
sauvé des personnes en danger de mort
" et leur avait porté secours, il se retrouvait en prison depuis onze mois. Il souffrait beaucoup en détention. Il demande que la prolongation soit ramenée à un mois.
b.
Le Ministère public conclut au rejet du recours. Au vu des éléments du dossier, les charges étaient suffisantes à justifier le maintien en détention de A_ pour la durée ordonnée par l'ordonnance querellée.
c.
Le TMC maintient les termes de son ordonnance, sans formuler d'observations.
d.
Dans sa réplique, A_, par son conseil, s'en rapporte à justice.

Considerations:
EN DROIT
:
1.
Le recours, bien que déposé devant une autorité non compétente pour en connaître, est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 91 al. 4, 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
Le recours paraît circonscrit à la durée de la détention ordonnée pour des motifs de sûreté. En tant que le recourant, en alléguant être intervenu pour sauver des personnes en danger de mort, persisterait à contester l'existence de charges suffisantes, il y a lieu de renvoyer, en tant que de besoin, à la motivation détaillée adoptée par le premier juge (art. 82 al. 4 CPP; arrêt du Tribunal fédéral
1B_252/2020
du 11 juin 2020 consid. 2.1.;
ACPR/547/2020
du 18 août 2020 consid. 2 et les références; N. SCHMID / D. JOSITSCH,
Schweizerische Strafprozessordnung : Praxiskommentar
, 3ème éd., Zurich 2018, n. 15 ad art. 82), laquelle énumère les indices graves et concordants pesant sur le recourant.
3.
Le recourant conteste la durée de la détention ordonnée.
3.1.
À teneur des art. 197 al. 1 et 212 al. 3 CPP, les autorités pénales doivent respecter le principe de la proportionnalité lorsqu'elles appliquent des mesures de contrainte, afin que la détention provisoire ne dure pas plus longtemps que la peine privative de liberté prévisible. Selon une jurisprudence constante, la possibilité d'un sursis, voire d'un sursis partiel, n'a en principe pas à être prise en considération dans l'examen de la proportionnalité de la détention préventive (ATF
133 I 270
consid. 3.4.2 p. 281-282 ;
125 I 60
; arrêts du Tribunal fédéral
1B_750/2012
du 16 janvier 2013 consid. 2,
1B_624/2011
du 29 novembre 2011 consid. 3.1 et
1B_9/2011
du 7 février 2011 consid. 7.2).
3.2.
En l'espèce, le recourant a été renvoyé le 7 mai 2021 devant le Tribunal correctionnel. La date du jugement n'est pas encore connue. Bien qu'il soit détenu depuis bientôt un an, la prolongation de la détention pour des motifs de sûreté, d'une durée de trois mois, ne viole pas le principe de la proportionnalité, au vu de la gravité des infractions retenues contre le recourant, s'il devait être reconnu coupable de tous les chefs d'accusation.
4.
Le recours s'avère ainsi infondé et doit être rejeté.
5.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *