Decision ID: 74b3c984-4cc6-59e9-82ed-8dccf2217939
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
A.
Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 21 septembre 2020, B_ et Entreprise A_ SA (ci-après, A_ SA) recourent contre l'ordonnance du 9 septembre 2020, notifiée le 11 suivant, par laquelle le Ministère public, après avoir classé la procédure P/3755/2016 à l'égard de B_, a maintenu en leurs mains le séquestre conservatoire prononcé le 16 juin 2017 et portant sur une somme de CHF 15'000.- (ch. 2 du dispositif).
Les recourants concluent, sous suite de frais et dépens, chiffrés à CHF 2'638.65, à l'annulation du chiffre 2 du dispositif sus-énoncé et, cela fait, à la levée immédiate du séquestre. Subsidiairement, au renvoi de la cause au Ministère public pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_ SA est une société anonyme inscrite au Registre du commerce du canton de Genève, dont le but est l'exploitation d'une entreprise de carrelage et de revêtement. B_ en est son administrateur unique avec signature individuelle.
b.a.
C_ était le propriétaire et principal animateur de D_ SA, société anonyme genevoise active dans le domaine de la construction immobilière.
b.b.
Cette entreprise, responsable de plusieurs chantiers, vendait des villas "
clé en main
" et surveillait les travaux avec des contrats d'entreprise générale. Elle choisissait les différents corps de métier nécessaires et suivait leur travail.
b.c.
En proie à d'importantes difficultés financières, D_ SA_ n'a, au cours de l'année 2015, plus été en mesure de payer intégralement divers prestataires mandatés par ses soins.
c.
Précédemment, soit en 2013 et 2014, cette société a conclu deux contrats d'entreprise générale pour la construction de villas sises au 1_, à E_, le premier avec les époux F_ et G_ et le second avec les époux H_ et I_.
Afin de financer les travaux, chacun des maîtres d'ouvrage mandaté disposait d'un crédit de construction (ci-après, également le compte principal) ouvert auprès de banques différentes (soit de la I_ (ci-après, J_) pour le premier des deux couples précité et de K_ SA (ci-après, K_) pour le second). D_ SA était, pour sa part, titulaire d'un compte de construction dit "
miroir
" au sein de chacun de ces établissements. Au fur et à mesure de l'avancement des travaux, le compte principal était débité de montants au profit du compte "
miroir
". D_ SA s'acquittait des acomptes et factures qu'elle recevait des sous-traitants, en débitant ce compte ; à des fins de vérifications, la banque devait toutefois, avant de procéder au règlement, recevoir un bon de paiement explicatif établi par D_ SA, document qui désignait, entre autres, l'entreprise prestataire.
d.
A_ SA a été mandatée par D_ SA_ pour effectuer les travaux de carrelage et de faïence dans les deux villas sus-évoquées. Toutefois, elle a uniquement oeuvré dans la villa des époux G_, le chantier afférant à celle des époux H_ et I_ ayant subi du retard.
e.a.
A_ SA a requis de D_ SA le paiement d'acomptes en automne 2015, puis d'une facture finale en 2016.
e.b
Au mois d'octobre 2015, une somme de CHF 15'000.- a été débitée du compte "
miroir
" de D_ SA alimenté par les époux H_ et I_, moyennant présentation, par ladite société, d'un bon de paiement détaillé au K_. Était annexée à ce bon une demande d'acompte de CHF 21'600.-, établie le 8 septembre 2015 à l'en-tête de A_ SA et intitulée "
Situation n° 1
" ; cette demande portait le numéro 2_ et comprenait l'indication suivante : "
Concerne [:] CHEMIN 1_
".
Le 9 octobre suivant, A_ SA a reçu un avis de crédit de sa banque, l'informant que D_ SA lui avait versé CHF 15'000.- en provenance du compte qu'elle détenait auprès de K_, au titre de "
SIT.1 1_ 2_ SELON AVANCEMENT
".
e.c.
Toujours dans le courant du mois d'octobre 2015, une somme de CHF 10'000.- a été prélevée sur le compte "
miroir
" de D_ SA alimenté par les époux G_, moyennant la présentation, par ladite société, d'un bon de paiement détaillé à la J_. Une demande d'acompte de CHF 21'600.-, établie le 8 septembre 2015 à l'en-tête de A_ SA et intitulée "
Situation n° 1
", était annexée audit bon; cette demande portait le numéro 2_ et comprenait l'indication suivante : "
Concerne [:] VILLA G_ CHEMIN 1_
".
Le 15 du même mois, A_ SA a reçu un avis de crédit de sa banque, l'informant que D_ SA lui avait versé CHF 10'000.- en provenance du compte qu'elle détenait à la J_, au titre de "
FACT. 2_ TRAVAUX DE BASE
".
f.
Le 29 janvier 2016, A_ SA a transmis à D_ SA une facture finale d'un montant de CHF 89'338.60 pour son travail, réalisé dans la villa des époux G_. De ce montant a été déduite la somme de CHF 15'000.- provenant du compte de construction des époux H_ et I_.
g.a.
Également au mois de janvier 2016, C_ a vendu D_ SA à un tiers. Le nouveau propriétaire et administrateur a résilié le 5 février 2016, avec effet immédiat, les deux contrats d'entreprises susmentionnés, et a démissionné de ses fonctions quelques jours plus tard. À cette suite, D_ SA, dont la raison sociale venait d'être modifiée en L_ SA, a été dissoute et liquidée selon les règles de la faillite.
g.b.
Les travaux sur les villas sises au 1_ n'ont pas été achevés, à défaut pour certains sous-traitants d'avoir été intégralement payés. Si l'état d'avancement de la maison des époux G_ leur a permis d'y emménager, tel n'a toutefois pas été le cas de celle des époux H_ et I_.
g.c.
Les 3 mars 2016 et 18 avril 2017, les deux derniers nommés ont déposé plainte pénale, notamment, contre C_ et B_, du chef d'abus de confiance (art. 138 CP).
Ils reprochaient, en substance, au premier d'avoir utilisé les valeurs patrimoniales qu'ils lui avaient confiées, singulièrement les CHF 15'000.- évoqués
supra
, à d'autres fins que celles de payer intégralement les travaux qui devaient être réalisés dans/sur leur villa. Quant au second, la société dont il était l'administrateur avait encaissé la somme précitée pour des prestations qu'elle n'avait jamais effectuées.
h.
Le 16 juin 2017, le Ministère public a ordonné le séquestre conservatoire, en mains de A_ SA, des acomptes de CHF 15'000.- et de CHF 10'000.- susvisés (cf. lettres
B.e.b
et
B.e.c
), au motif qu'ils se rapportaient au chantier de la villa des époux H_ et I_. Cette société ne pouvait prétendre de bonne foi avoir ignoré que ces avances concernaient ledit chantier, sur lequel elle n'avait jamais oeuvré.
Cette décision n'a pas fait l'objet d'un recours.
i.
Prévenu, entre autres infractions, d'abus de confiance (art. 138 CP) et de gestion déloyale (art. 158 CP), C_ a dénié tout caractère pénal à ses agissements.
j.
Le 7 juin 2018,B_ a, quant à lui, été mis en prévention de faux dans les titres (art. 251 CP) et de complicité d'abus de confiance (art. 138 CP), pour avoir, en sa qualité de dirigeant de A_ SA, notamment, établi une fausse facture le 8 septembre 2015, soit celle comportant la mention "
Concerne [:] CHEMIN 1_
" (cf.
lettre B.e.b.
supra
) et encaissé indument la somme de CHF 15'000.-, à la suite du bon de paiement établi par C_.
Il a contesté avoir commis une quelconque infraction ou avoir permis, par son concours, qu'un tiers en perpètre une. A_ SA avait uniquement établi les factures qui contenaient le libellé "
VILLA B G_ CHEMIN 1_
", à l'exclusion de tout autre document. Il n'avait pas été surpris de recevoir, en octobre 2015, une somme supérieure (CHF 15'000.- + CHF 10'000.-) aux CHF 21'600.- réclamés, puisque les ouvriers avaient, dans l'intervalle, poursuivi le travail sur le chantier; l'ensemble des montants perçus avait d'ailleurs été déduit de la facture finale.
k.a
H_ et I_ ont requis du Ministère public la restitution immédiate des CHF 15'000.- saisis en mains de A_ SA.
Cette dernière société, soit pour elle B_, s'y est opposée, requérant le maintien du séquestre concerné.
k.b.
Par ordonnance du 7 février 2019, le Ministère public a considéré que la traçabilité des CHF 25'000.- litigieux (CHF 15'000.- + CHF 10'000.-), qui avaient été débités du compte de construction des époux H_ et I_ pour rétribuer A_ SA, pouvait être reconstituée. En conséquence, la restitution immédiate desdits montants aux lésés se justifiait (art. 267 al. 2 CPP).
l.
Par arrêt du 15 août 2019 (
ACPR/619/2019
), la Chambre de céans, statuant sur le recours interjeté par A_ SA, a annulé cette décision, au motif que la situation juridique relative au transfert, respectivement au statut des fonds querellés, n'était pas suffisamment claire. Il était certes établi que la somme de CHF 15'000.-, versée à A_ SA, provenait du compte "
miroir
" de D_ SA_, qui avait été alimenté par les époux lésés. Cela étant, B_ contestait que ce versement procédât d'une infraction. Par ailleurs, le droit de propriété sur cette somme était contesté aussi, puisque tant les lésés que A_ SA, acquéreur qui arguait de sa bonne foi, le revendiquaient. En conséquence, les conditions de l'art. 267 al. 2 CPP n'était pas réunies s'agissant de la somme précitée.
m.
À l'issue de l'instruction de la cause, le Ministère public a tenu, le 6 août 2020, une audience finale, lors de laquelle il a informé les parties de son intention de renvoyer C_ devant le Tribunal de police, et de rendre une ordonnance de classement à l'égard de B_.
C.
Dans sa décision querellée, le Ministère public a considéré qu'aucun élément au dossier ne permettait d'établir que B_ était conscient de l'intention délictueuse - soupçonnée en l'état - de C_. Rien ne permettait non plus de retenir qu'il serait intervenu auprès de D_ SA_ pour que les bons de paiement soient libellés faussement et envoyés en vue de débiter le compte d'un propriétaire pour lequel il n'avait pas encore fourni de prestation. Il n'avait pas participé à l'infraction principale reprochée à C_ et n'avait, en particulier, pas apporté une contribution causale à sa réalisation. Ainsi, faute d'intention, les éléments constitutifs de l'infraction d'abus de confiance (art. 138 CP) n'étaient pas réunis.
Par ailleurs, il apparaissait que B_ n'était pas l'auteur de la facture qui aurait été falsifiée afin de pouvoir débiter le compte des plaignants sans qu'aucune prestation n'ait été accomplie. Partant, les éléments constitutifs de l'infraction de faux dans les titres (art. 251 CP) n'étaient pas non plus réalisés.
Enfin, le droit de propriété sur la somme de CHF 15'000.- séquestrée en mains du précité et de A_ SA était contesté, tel que la Chambre de céans l'avait relevé dans son arrêt du 15 août 2019. Par conséquent, il incombait au juge du fond qui serait, le cas échéant, saisi de "
l'autre complexe de faits de la procédure"
, de statuer sur son sort.
D.
a.
À l'appui de leur recours, B_ et A_ SA invoquent une violation de l'art. 320 al. 2 CPP. La procédure ouverte à l'encontre du premier nommé avait été classée, de sorte qu'il incombait au Ministère public de statuer sur le sort du séquestre conservatoire prononcé le 16 juin 2017. Il ne restait, en effet, plus de place pour une procédure indépendante au sens de l'art. 376 CPP.
Cette autorité avait, en se basant sur l'arrêt de la Chambre de céans du 15 août 2019, retenu que le sort de la somme séquestrée devait être tranché par le juge du fond. Or, l'arrêt susmentionné avait été rendu lorsque B_ était encore soupçonné d'avoir commis des actes pénalement relevants.
Le Ministère public avait, depuis, retenu que B_ était totalement étranger aux faits notamment reprochés à C_ et qu'il avait été rémunéré pour ses services sans se douter que les fonds pouvaient provenir d'une infraction. Cette autorité avait ainsi reconnu sa bonne foi et, corollairement, son ignorance quant à l'origine illicite des fonds reçus.
B_, respectivement A_ SA, n'avaient donc pas participé à la commission d'une infraction et devaient désormais être considérés comme tiers acquéreurs de bonne foi.
Cette dernière société avait, enfin, fourni une contre-prestation adéquate. Elle avait oeuvré dans la villa des époux G_ et les factures qu'elle avait émises l'avaient été en lien avec l'activité effectivement réalisée. Aussi, elle ne s'était pas enrichie illégitimement, puisque que la somme de CHF 15'000.- avait été déduite de la facture finale transmise aux époux susnommés. Par conséquent, les conditions cumulatives de l'art. 70 al. 2 CP étaient réalisées et il convenait d'ordonner la levée du séquestre contesté.
b.
À réception du recours, la cause a été gardée à juger.

Considerations:
EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner un aspect d'une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner tant du prévenu (art. 104 al. 1 let. a CPP) que du tiers saisi (art. 105 al. 1 let. f CPP), qui, parties à la procédure, ont qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
Les recourants considèrent que le maintien du séquestre litigieux, nonobstant le classement prononcé le 9 septembre 2020, contrevient à l'art. 320 al. 2 CPP.
2.1.
Lorsqu'il classe la poursuite, le ministère public lève dans l'ordonnance de classement les mesures de contrainte en vigueur et peut ordonner la confiscation d'objets (art. 320 al. 2 CPP). Nonobstant la formulation potestative de cette seconde phrase, le ministère public doit ordonner la confiscation à l'occasion du classement, si les conditions en sont remplies : il n'a pas à engager de procédure indépendante au sens des art. 376 ss. CPP (ATF
142 IV 383
consid. 2.1; N. SCHMID / D. JOSITSCH,
Schweizerische Strafprozessordnung
:
Praxiskommentar
, 3e éd., Zurich 2018, n. 11 ad art. 320).
2.2.
Une mesure de séquestre est en principe proportionnée du simple fait qu'elle porte sur des valeurs dont on peut vraisemblablement admettre qu'elles pourront être confisquées en application du droit pénal (art. 70 et 71 CP). Tant que l'instruction n'est pas achevée et que subsiste une probabilité de confiscation, de créance compensatrice ou d'une allocation au lésé, la mesure conservatoire doit être maintenue (ATF
141 IV 360
consid. 3.2 p. 364). Le séquestre ne peut donc être levé (art. 267 CPP) que dans l'hypothèse où il est d'emblée manifeste et indubitable que les conditions matérielles d'une confiscation ne sont pas réalisées, et ne pourront l'être (arrêts du Tribunal fédéral
1B_311/2009
du 17 février 2010 consid. 3 in fine et
1S.8/2006
du 12 décembre 2006 consid. 6.1).
2.3.
L'art. 70 al. 1 CP autorise le juge à confisquer des valeurs patrimoniales qui sont le résultat d'une infraction, si elles ne doivent pas être restituées au lésé en rétablissement de ses droits. Inspirée de l'adage selon lequel "
le crime ne paie pas
", cette mesure a pour but d'éviter qu'une personne puisse tirer avantage d'une infraction (ATF
139 IV 209
consid. 5.3 p. 211 s. et les arrêts cités).
2.4.
L'art. 70 al. 2 CP précise que la confiscation n'est pas prononcée lorsqu'un tiers a acquis les valeurs dans l'ignorance des faits qui l'auraient justifiée, et cela dans la mesure où il a fourni une contre-prestation adéquate ou si la confiscation se révèle d'une rigueur excessive. L'esprit et le but de la confiscation excluent en effet que la mesure puisse porter préjudice à des valeurs acquises de bonne foi dans le cadre d'un acte juridique conforme à la loi (ATF
115 IV 175
consid. 2b/bb p. 178; arrêt du Tribunal fédéral
1B_3/2014
du 5 février 2014 consid. 3.2
in
RtiD 2014 II p. 227).
Les deux conditions posées à l'art. 70 al. 2 CP sont cumulatives. Si elles ne sont pas réalisées, la confiscation peut être prononcée alors même que le tiers a conclu une transaction en soi légitime, mais a été payé avec le produit d'une infraction. Le tiers ne doit pas avoir rendu plus difficile l'identification de l'origine et de la découverte des actifs d'origine criminelle ou leur confiscation (arrêts du Tribunal fédéral
1B_222/2015
du 10 novembre 2015 consid. 2.1 ;
1B_166/2008
du 17 décembre 2008 consid. 4.3).
2.5.
S'il est vrai que l'art. 320 al. 2 CPP prescrit de lever dans l'ordonnance de classement les mesures de contrainte en vigueur, il présuppose néanmoins que le motif du séquestre ait disparu (art. 267 CPP), ce qui n'est pas le cas en l'occurrence.
En effet, le séquestre litigieux a été prononcé le 16 juin 2017 dans le cadre de l'instruction de faits potentiellement constitutifs d'abus de confiance (art. 138 CP), de gestion déloyale (art. 158 CP) et de faux dans les titres (art. 251 CP) à charge de plusieurs prévenus, dont B_. Certes, le Ministère public a reconnu que ce dernier n'avait pas apporté de contribution causale à la réalisation des infractions notamment reprochées à C_ et, partant, a classé la procédure ouverte contre lui. Cela étant, le prénommé sera, quant à lui, prochainement renvoyé en jugement devant le Tribunal de police, lequel devra établir si la somme de CHF 15'000.- constitue le résultat d'une infraction ou si elle était destinée à décider ou à récompenser l'auteur de cette infraction. Le juge du fond devra, en d'autres termes, déterminer si les fonds séquestrés constituent un avantage illicite et doivent être confisqués en application de l'art. 70 al. 1 CP ou, le cas échéant, examiner si la réserve en faveur du tiers de bonne foi (art. 70 al. 2 CP) doit s'appliquer. À cet égard, le droit de propriété sur la somme saisie est, en l'état, contesté, puisque tant les époux lésés que les recourants, acquéreurs qui arguent de leur bonne foi, le revendiquent. Par conséquent, il apparaît prématuré de lever le séquestre sur la base de l'art. 70 al. 2 CP. Cette mesure conservatoire peut ainsi continuer à subsister et c'est à bon droit que le Ministère public a retenu qu'il appartiendrait au juge du fond de statuer sur son sort dans le jugement final.
3.
Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée.
4.
Les recourants, qui succombent, supporteront les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 1'500.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
), émolument de décision compris.
* * * * *