Decision ID: 8c126c6a-65f0-496c-a590-d769e9dbce15
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
Vu l'enquête n° PE10.003731-SJI
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne contre
K._
et contre
INCONNUS
,
pour brigandage et vol d'usage, d'office et sur diverses plaintes,
vu l'ordonnance du 9 juillet 2010, par laquelle le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu (I), a ordonné la destruction du couteau séquestré sous fiche n° 46775 (II) et a mis les frais à la charge de l'Etat (III),
vu le recours exercé en temps utile par le
MINISTERE PUBLIC
contre cette décision,
vu les pièces du dossier;
attendu
que diverses personnes ont déposé plainte contre K._ et contre inconnus, pour brigandage et vol d'usage,
que par ordonnance du 9 juillet 2010, le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu, pour le motif que l'enquête n'avait pas fourni suffisamment d'éléments pour ordonner un renvoi en jugement,
que le Ministère public ne conteste pas la décision de non-lieu en soi, mais uniquement la décision de destruction du séquestre;
attendu qu'aux termes de l'art. 223 al. 1 CPP, le juge a le droit de séquestrer tout ce qui peut avoir servi ou avoir été destiné à commettre une infraction, tout ce qui paraît en avoir été le produit, ainsi que tout ce qui peut concourir à la manifestation de la vérité,
que le séquestre a notamment pour but d'assurer la conservation des moyens de preuve ou de garantir l'exécution d'une éventuelle confiscation fondée sur les art. 69 ou 70 CP (Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, Zurich 2006, n. 911, pp. 589-590 et nn. 930ss, pp. 601-602),
que contrairement à la confiscation qui est une mesure définitive prononcée par le juge de fond et qui comporte un transfert de propriété, la saisie n'a qu'un caractère provisoire et est ordonnée par le juge d'instruction au cours de l'enquête (Piquerez, op. cit., n. 911, p. 590),
que la saisie peut également être une mesure conservatoire commandée pour les besoins de la preuve dans le procès pénal,
qu'il s'agit dans ce cas d'une saisie probatoire qui permet de séquestrer tous les objets dont la vision ou l'examen peuvent servir à la manifestation de la vérité et à la conviction du juge en rapport avec l'infraction poursuivie (Piquerez, op. cit., n. 928, p. 600);
attendu en l'espèce, que le non-lieu prononcé le 9 juillet 2010 n'est pas une décision finale mais uniquement une décision provisoire,
que l'enquête pourra en effet être réouverte si K._ est arrêté ou se met à la disposition du juge (art. 309 let. b CPP),
que, comme le soutient à juste titre le Ministère public, le séquestre doit par conséquent être conservé en vue d'une reprise de l'instruction, voire d'un jugement ultérieur,
qu'en outre, l'arme séquestrée est actuellement le seul lien entre les infractions pour lesquelles les plaignantes ont déposé plainte et K._,
qu'au vu des éléments qui précèdent la décision de destruction du séquestre est prématurée;
attendu, en définitive, que le recours du Ministère public est admis et le chiffre II de l'ordonnance réformé en ce sens que le couteau séquestré est maintenu au dossier,
que les frais du présent arrêt sont laissés à la charge de l'Etat.

Considerations: