Decision ID: 6351998b-6583-53c2-acc6-84f0e2b5b6ce
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
A.
a)
Le _ 2002, A_, née le _ 1966, de nationalité suisse et française, a donné naissance, à Genève, hors mariage, à un garçon prénommé B_.![endif]>![if>
L'enfant a été reconnu devant l'état civil par C_, né le _ 1952, de nationalité française.
A_ et C_ se sont séparés durant l'année 2005.
Par jugement du 21 juin 2007, le Tribunal de première instance de Genève a condamné C_ à contribuer à l'entretien de son fils. A l'époque, tant l'enfant et sa mère que C_ étaient domiciliés à Genève.
b)
En 2013, C_ a fait part au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) des problèmes qu'il rencontrait pour entretenir des relations régulières et suivies avec son fils. Il aurait idéalement souhaité pouvoir s'occuper de B_ à mi-temps, ou à défaut, pouvoir bénéficier d'un droit de visite élargi.
Par ordonnance DTAE/1_ du 27 novembre 2013, le Tribunal de protection a accordé à C_ un droit de visite élargi sur son fils et a instauré une curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite.
c)
Selon les informations figurant à la procédure, A_ et son fils ont déménagé à _ (Ain/France) au mois de juillet 2014. B_ est scolarisé en France depuis la rentrée de septembre 2014. A_ a toutefois continué de mentionner sur sa correspondance une adresse à Genève. Quant à C_, bien qu'il ait également conservé une adresse officielle à Genève, il vit en réalité à _ (Ain/France).
d)
Par jugement du 16 juin 2016, le Tribunal de Grande instance de Bourg-en-Bresse (Ain/France) a dit que l'autorité parentale sur l'enfant B_ sera exercée en commun par ses deux parents, a fixé la résidence habituelle de l'enfant chez son père et a accordé à la mère un large droit de visite, celle-ci étant par ailleurs condamnée à contribuer à l'entretien de son fils à hauteur de 500 euros par mois, hors allocations familiales. S'agissant de sa compétence, le Tribunal de Grande instance de Bourg-en-Bresse a relevé que les parties sont de nationalité française et qu'elles résident, tout comme l'enfant, sur le territoire français.
e)
Par courrier du 5 juillet 2016 adressé au Tribunal de protection de Genève, A_ a exposé être revenue s'établir à Genève et s'opposer à C_ au sujet de l'éducation de leur fils, lequel était devenu froid, voire agressif à son égard. A_ requérait l'aide du Tribunal de protection, bien qu'admettant que B_ avait continué de vivre en France, chez son père.
B.
Par décision du 12 juillet 2016, le Tribunal de protection s'est déclaré incompétent pour connaître de la requête formée par A_, le mineur B_ ayant sa résidence habituelle en France. A_ était dès lors invitée à s'adresser aux autorités françaises.
C.
a)
Le 21 juillet 2016, A_ a formé recours contre cette décision auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice. Elle a notamment allégué que la nouvelle organisation avait été définie sans concertation. Elle sollicite par conséquent une modification de l'autorité parentale et du droit de visite, "voire éventuellement le report à Genève des procédures liées à la protection de la stabilité de B_" et se prévaut de sa "résidence" et de celle de B_ à Genève et du fait qu'elle travaille dans ce canton, de même que le père de l'enfant.
b)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité faire usage des facultés prévues par l'art. 450d CC.
c)
La recourante a été informée, par avis du 22 septembre 2016, de ce que la cause était mise en délibération.

Considerations:
EN DROIT
1.
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie pour les mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).![endif]>![if>
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours devant la Chambre de surveillance de la Cour de justice dans un délai de trente jours à compter de leur notification (art. 450 et 450b al. 1 CC; art. 53 al. 1 LaCC).
Le recours, interjeté par une partie à la procédure, dans le délai utile et suivant la forme prescrite par l'art. 450 al. 3 CC, est recevable.
2.
Le recours porte sur la question de la compétence des juridictions genevoises pour statuer sur les questions portant sur l'autorité parentale, la garde et les relations personnelles entre le mineur B_ et ses parents.![endif]>![if>
2.1.1
A teneur de l'art. 85 LDIP, la compétence des autorités judiciaires ou administratives suisses, ainsi que la loi applicable, sont régies par la Convention de La Haye du 19 octobre 1996 concernant la compétence, la loi applicable, la reconnaissance, l'exécution et la coopération en matière de responsabilité parentale et de mesures de protection des enfants (CLaH96). Cette convention, laquelle a pour objet les mesures tendant à la protection de la personne et des biens de l'enfant, régit l'attribution de l'autorité parentale, le règlement de la garde et des relations personnelles, ainsi que l'instauration d'une curatelle (art. 1 et 3 CLaH96).
Tant la Suisse que la France sont parties à cette Convention.
2.1.2
Conformément à l'art. 5 ch. 1 CLaH96, les autorités, tant judiciaires qu'administratives, de l'Etat contractant de la résidence habituelle de l'enfant sont compétentes pour prendre des mesures tendant à la protection de sa personne ou de ses biens.
La résidence habituelle est basée sur une situation de fait et implique la présence physique dans un lieu donné; la résidence habituelle de l'enfant se détermine ainsi d'après le centre effectif de sa propre vie et de ses attaches (ATF
110 II 119
consid. 3;
5A_427/2009
du 27 juillet 2009 consid. 3.2 publié in FamPra.ch 2009, p. 1088). La résidence habituelle doit être définie pour chaque personne séparément; cependant, celle d'un enfant coïncide le plus souvent avec le centre de vie d'un des parents, les relations familiales du très jeune enfant avec le parent en ayant la charge étant en règle générale déterminantes (arrêt du Tribunal fédéral
5A_808/2012
du 9 janvier 2013 consid. 2.3.3 et les références citées).
2.2
Dans le cas d'espèce et contrairement à ce que prétend la recourante, la résidence habituelle de B_ se trouve en France, même si l'enfant a conservé, suite à son départ avec sa mère, une adresse officielle dans le canton de Genève. Il résulte en effet de la procédure que le mineur et sa mère ont quitté Genève pour s'installer à _ (Ain/France) durant l'été 2014, l'enfant ayant depuis lors poursuivi sa scolarité sur territoire français, où il réside par ailleurs toujours, au domicile de son père. Il y a dès lors lieu d'admettre que les principaux centres d'intérêt de l'enfant, tant familiaux que sociaux, se trouvent en France. En dernier lieu, c'est d'ailleurs le Tribunal de Grande instance de Bourg-en-Bresse qui a statué sur les questions concernant l'autorité parentale, la garde et le droit de visite, cette juridiction ayant relevé la nationalité française des parties et le fait que toutes résidaient sur le territoire français. Sur ce dernier point, il convient de relever que la recourante, laquelle s'est toujours prévalue d'une adresse à Genève lorsqu'elle s'adressait aux autorités suisses, a par contre mentionné devant les tribunaux français son adresse à _.
Au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que le Tribunal de protection s'est déclaré incompétent pour connaître de la requête formée par A_ et l'a renvoyée à mieux agir devant les autorités françaises du lieu de résidence de son fils. Le recours sera dès lors rejeté et la décision attaquée confirmée.
3.
Les frais de la procédure seront arrêtés à 400 fr. (art. 19 LaCC; art. 67B du Règlement fixant le tarif des frais en matière civile), mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC) et compensés avec l'avance de même montant, qui reste acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC).
* * * * *