Decision ID: a973317c-6a40-44ae-8804-954e42534d0d
Year: 2021
Language: fr
Court: VS_BZG
Chamber: VS_BZG_005
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
II. Faits
1. Le chalet de ZZ _
1.1. Selon l’extrait du registre du commerce daté du 26 février 2018 (pce 3, p. 23), la
société Y _ SA, de siège social à A _ et inscrite au registre du
commerce du xxx depuis le 14 novembre 1983, avait pour but l’importation, l’exportation
et la production de toutes marchandises, biens ou services, ainsi que la réalisation de
toutes opérations financières liées directement ou indirectement à ce but. La société était
également active dans l’achat, la vente et la construction d’immeubles, ainsi que toutes
les opérations financières s’y rapportant. X _, né le xxx, en était
l’administrateur unique, engageant la société avec sa signature individuelle.
Selon l’extrait du registre du commerce daté du 26 février 2018 (pce 4, p. 24),
Z _ SA, de siège social à A _ et inscrite au registre du commerce du
Valais central depuis le 6 mars 2006, avait pour but l’acquisition, la construction, la
transformation, la rénovation, la gestion financière et technique, le courtage, ainsi que la
revente de tous immeubles et de tous droits immobiliers. X _ était membre du
conseil de cette société ; il bénéficiait d’une signature individuelle.
1.2. Durant le courant de l’année 2004, V _, né xxx, de nationalité xxx, a fait la
connaissance de X _, homme d’affaires et promoteur immobilier, domicilié à
A _. Il souhaitait investir en Suisse et s’y établir avec son épouse,
J _, née le xxx. X _ a alors proposé à V _ d’acquérir un
chalet de 370 m2, situé à ZZ _, sur la commune de A _ (R. 263 s.).
1.3. Par acte de vente instrumenté le 24 décembre 2004 par Me F _, notaire
de résidence à AAA _, X _ a vendu à V _ et à son épouse
J _ la parcelle « A » de 870 m2, à détacher de la parcelle no xx1 du cadastre
de la commune de A _. Par cette vente, le vendeur cédait, en toute propriété
et jouissance, avec les garanties légales ordinaires, tel que vu et connu, l’immeuble
susmentionné.
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Le prix de vente a été fixé à x’xxx’xxx fr. ; un montant de xxx’xxx fr. devait être acquitté
dans les 10 jours dès l’instrumentation de l’acte, xxx’xxx fr. à la mise sous toit du chalet
et le solde, soit la somme de xxx’xxx fr., à la remise des clés (p. 35).
Le contrat fixait la prise de possession et le transfert des risques et profits à l’obtention
de l’autorisation de vente, conformément à la clause no 9 de l’acte. Dite clause réservait
l’obtention de l’autorisation de vente à délivrer par le Service juridique du Registre foncier
(SJRF), à B _, à teneur de la loi fédérale sur l’acquisition d’immeubles par des
personnes domiciliées à l’étranger (LFAIE). L’al. 2 de cette clause prévoyait qu’un
mandat était d’ores et déjà confié à Me F _ pour déposer la requête y relative.
Selon la clause n° 11 de l’acte de vente, les parties s’étaient engagées à transmettre au
notaire toutes les pièces utiles et nécessaires destinées à faire produire à l’acte sa pleine
efficacité juridique.
Le 24 décembre 2004, le notaire Me F _ a notamment requis auprès du
Registre foncier de B _ la transcription au nom de V _ et
J _ de la parcelle no xx2 NE, sise à ZZ _ sur commune de
A _ (p. 38).
1.4. L’acte de vente du chalet n’a pas pu être inscrit au Registre foncier faute
d’autorisation LFAIE (all. 6 ; V _, R. 183, p. 1260).
Les pièces nécessaires au dépôt d’une requête LFAIE n’ont été requises de
V _ et de son épouse, par l’intermédiaire de X _, que le 25 avril 2005,
à savoir quatre mois après l’instrumentation de l’acte de vente (all. 213 ; V _,
R. 188 p. 1261 ; pce 81, p. 653).
X _ n’a pas indiqué à quelle date il avait transmis à Me F _ les
documents requis dans son courrier du 25 avril 2005 (all. 214). Interrogé en qualité de
témoin, le notaire F _ n’a pas pu préciser si X _ lui avait remis tous
les documents devant aboutir à l’inscription de l’acte (F _, R. 37, p. 1159).
Enfin, les demandeurs soutiennent que la requête d’autorisation LFAIE en faveur de
V _ et son épouse n’a été déposée auprès du SJRF que le 27 mars 2006
- 30 -
(all. 215). Ils s’appuient en particulier sur le courrier du SJRF du 4 avril 2006 (pce 79,
p. 651), duquel il ressort effectivement qu’un dossier relatif à la LFAIE lui été adressé
par le notaire F _, lequel remplissait les conditions fixées par la LFAIE et la
LAIE.
S’agissant de l’obtention de l’autorisation de vente, X _ a indiqué qu’à sa
connaissance, l’autorisation de vente avait été délivrée par le Service juridique du
Registre foncier à B _ (all. 75). Or, aucune autorisation de vente à des
personnes domiciliées à l’étranger ne ressort du dossier relatif à la demande LFAIE,
produit en cause par le SJRF, dont X _ se prévaut (p. 948 ss). Tout au plus,
dans la lettre du 4 avril 2006 adressée par le SJRF au notaire F _, en réponse
à son envoi du 27 mars 2006, des réserves sont formulées concernant l’insuffisance du
contingent à disposition du canton du Valais (p. 966 ; R. 268).
1.5. Le dossier relatif à la parcelle no xx1, à savoir la construction d’un chalet d’habitation
à ZZ _, a été mis à l’enquête par DD _, architecte epf/sia,
à B _ (DD _, R. 56, p. 1162). La construction de ce chalet résidentiel
« A » correspondait à une surface brute de 301.5 m2, avec une surface de garage de
38.4 m2 et des surfaces de terrasses et de balcons de 130 m2. Selon DD _,
cette mise à l’enquête a été effectuée courant 2005 ou 2006 (DD _, R. 61, p.
1163).
1.6. En lien avec ce chalet, V _ a commandé toute une série de meubles
auprès de l’entreprise YY _ SA, à BBB _. Dite commande
correspondait notamment à des canapés-lits, des fauteuils, des tables de salon, une
crédence, des chaises, un meuble paroi, des meubles d’angle, une chambre d’enfant,
une chambre de parents, de la literie, des étagères murales et d’autres éléments de
mobilier usuels (p. 41 ss).
V _ a précisément choisi tous les meubles ; pour ce faire, il s’est rendu à
plusieurs reprises auprès du magasin YY _ SA, à BBB _, afin de
procéder à un pré-choix, la commande finale étant intervenue ultérieurement
(HH _, R. 106 s., p. 1248).
- 31 -
Le total de la commande effectuée correspondait au prix spécial net de xx’xxx francs.
Un acompte a été reçu par YY _ SA pour un montant de xx’xxx fr. Un solde de
xx’xxx fr. restait dû par V _, ramené à xx’xxx fr. (p. 44 ; HH _, R. 103,
p. 1247 ; pces 36 et 37).
X _ s’est porté personnellement garant du versement du montant de xx’xxx fr.
envers l’entreprise YY _ SA (HH _, R. 104 s., p. 1247). Ce montant
a été acquitté par X _ (HH _, R. 105, p. 1247).
X _ a fait notifier à V _ un commandement de payer, poursuite
no vv1, par l’Office des poursuites et faillites du district de B _, pour les
montants suivants : xxx’xxx fr. avec intérêts à 6% dès le 15 août 2012 et xx’xxx fr. avec
intérêts à 5% dès le 1er octobre 2008. Sous la rubrique « titre et date de la créance ou
cause de l’obligation » figuraient les indications suivantes : « loyers appartements +
place de parc K _ (contrat de bail du xxx), codébiteur solidiaire avec
CCC _ à Rue du xxx à B _ », ainsi que « remboursement meubles
YY _ » (pce 8, p. 91 s.).
Un commandement de payer, poursuite n° vv2, a également été adressé à
W _, portant sur les mêmes montants (pce 7, p. 89 s.).
Dits commandements de payer ont été notifiés séparément aux poursuivis le
8 novembre 2017 ; ceux-ci y ont formé opposition totale le même jour.
Par mémoire-demande du 25 octobre 2017 déposé par-devant le tribunal de
SS _, YY _ SA, représentée par Me N _, a introduit une
action en paiement à concurrence de xx’xxx fr. à l’encontre de JJ _ (all. 12 ;
pce 9).
1.7. L’acte de vente du 24 décembre 2004 passé entre X _ et X _ et
J _ a finalement été annulé par le notaire Me F _, sans toutefois
qu’un acte d’annulation n’ait été instrumenté (F _, R. 40 et 42, p. 1160). Le
notaire a précisé qu’à l’époque de l’acte, il était de coutume d’annuler purement et
simplement sans autre forme particulière un acte (F _, R. 43, p. 1160). D’après
lui, les parties l’ont invité à procéder à l’annulation de l’acte par oral (F _, R.
44, p. 1160).
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1.8. Selon X _, à un moment donné, les époux V-W _ ont considéré
qu’il convenait de trouver une solution, d’entente avec lui, pour revendre le chalet de
ZZ _ à un tiers (all. 93). V _ lui aurait manifesté, dans le courant de
l’année 2008, sa volonté de se débarrasser du chalet de ZZ _ (all. 109 ;
X _, R. 274, p. 1273).
Or, d’après V _, c’est X _ qui lui aurait proposé de vendre ce chalet
à JJ _, né le xxx, ressortissant xxx (V _, R. 204, p. 1262) (mémoire-
conclusions de Me M _, p. 2).
1.9. Par acte de vente instrumenté le 2 mars 2009 par Me F _, notaire de
résidence à AAA _, X _ a vendu à JJ _ la parcelle no xx2
de 778 m2, plan no xxx, au lieu-dit « ZZ _ », sise sur la commune de
A _. Par cette vente, le vendeur cédait, en toute propriété et jouissance, avec
les garanties légales ordinaires, tel que vu et connu, l’immeuble susmentionné (p. 46
ss).
Le prix de vente était fixé à x’xxx’xxx fr., payable, à raison de xx’xxx fr. par reprise de
dette s/PJ no xxx-2006 et à raison de xxx’xxx fr. par versement à effectuer d’ici au
31 mars 2009 (p. 48). Les montants susmentionnés devaient être versés sur le compte
du vendeur ouvert auprès de E _ SA, à B _. L’acte stipulait que la
prise de possession devait intervenir à l’obtention de l’autorisation de vente,
conformément à la clause no 9 de l’acte de vente, tous les risques et profits passant aux
acquéreurs à cette date. La clause n° 9 de l’acte de vente réservait l’obtention de
l’autorisation de vente à délivrer par le Service juridique du Registre foncier, à
B _, à teneur de la loi fédérale sur l’acquisition d’immeubles par des personnes
domiciliées à l’étranger. L’al. 2 de cette clause n° 9 pévoyait qu’un mandat spécifique
était confié à Me F _ pour déposer la requête y relative (p. 50).
L’acte de vente du 2 mars 2009 a été enregistré et JJ _ a été inscrit en qualité
de propriétaire du chalet (F _, R. 41, p. 1160).
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1.10. Selon X _, le bien immobilier a été vendu à JJ _ pour le compte
du couple V-W _ (all. 94). L’acte de Me F _ n’indique pas cet élément
(p. 46 ss). Comme l’atteste l’acte, V _, quant à lui, a indiqué ne pas avoir
participé à la vente de ce bien immobilier à JJ _ (V _, R. 205,
p. 1263).
X _ a expliqué avoir agi en qualité de fiduciaire de V _ (all. 103). Il
indiquait être un intermédiaire compte tenu du fait que, selon lui, le chalet était toujours
enregistré au nom de sa société Y _ SA et que l’acte n’était pas encore
enregistré (X _, R. 272, p. 1273). L’acte de Me F _ n’indique pas cet
élément ; le propriétaire inscrit est X _ (p. 46 ss, 47). V _ a quant à
lui déclaré qu’il n’avait « pas été invité à l’acte » (V _, R. 209, p. 1263).
Interrogé en qualité de témoin, le notaire F _ a confirmé que X _ était
partie à l’acte de vente du 2 mars 2009 avec JJ _, à l’exception de
V _ (F _, R. 52, p. 1161), ce qu’atteste l’acte (p. 47). En l’absence
de procuration ou de contrat de fiducie ou de décomptes bancaires, rien n’atteste que
X _ ait agi autrement qu’en son nom et pour son propre compte.
X _ soutient en outre que, dans le cadre de la vente à JJ _, le prix
de vente n’était pas de x’xxx’xxx fr., mais plutôt de x’xxx’xxx fr. (all. 100 ; X _,
R. 270, p. 1272). L’acte de Me F _ n’indique pas cet élément ; le montant
indiqué dans l’acte authentique est de x’xxx’xxx fr. (p. 48). Selon X _, le
bénéfice réel que V _ – qui n’est pas partie à l’acte – aurait réalisé dans le
cadre de la vente du 2 mars 2009 était de xxx’xxx fr. (all. 101 ; X _, R. 271, p.
1272) (x’xxx’xxx fr. – x’xxx’xxx fr.) et non pas xxx’xxx fr. (x’xxx’xxx fr. – x’xxx’xxx fr.).
X _ a déclaré que V _ aurait reçu de JJ _ la somme de
xxx’xxx fr., non mentionnée dans le corps de l’acte, à VV _ (all. 102). Toutefois,
V _ conteste avoir rencontré JJ _ à VV _ (V _,
R. 208, p. 1263). X _ soutient finalement que, dans le cadre de la vente de
X _ à JJ _, V _ aurait réalisé un bénéfice réel de
xxx’xxx fr. (all. 108). Cet élément n’est pas documenté ; de surcroît, aucun reçu, aucun
décompte bancaire n’a été déposé en cause.
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Faute de preuves suffisantes, ces éléments ne peuvent pas être retenus. Le prix de
vente effectif retenu est de x’xxx’xxx fr., tel qu’il ressort de l’acte de vente du 2 mars 2009
instrumenté par le notaire F _ (p. 48). Comme l’atteste l’acte, V _ n’a
pas du tout participé à la vente du 2 mars 2009.
2. L’appartement K _, MM _, chemin xxx
2.1. Par acte de vente instrumenté le 27 juin 2008, par Me DDD _, notaire de
résidence à B _, EEE _ et FFF _ ont notamment vendu à
X _ la PPE no yy1, 52/1000 de la parcelle de base no xx3, plan no xxx, lieu-dit
« XX _ », sise sur la Commune de B _, et la PPE no yy2, 75/1000
de la parcelle de base précitée (p. 305 ss). Par cette vente, les vendeurs cédaient, en
toute propriété et jouissance, avec les garanties légales ordinaires, tel que vu et connu,
l’appartement no xxx au 1er étage et la cave no xxx au niveau -1. La vente portait
également sur le droit d’utiliser une place de parc couverte, à savoir la place « C » du
garage collectif no xxx au niveau -1/-2, représentant une quote-part de 1/25 du parking.
Le prix de vente global a été fixé à xxx’xxx fr., xxx’xxx fr. devant être acquitté dans les
10 jours dès la signature de l’acte sur le compte « clients » no xxx du notaire
DDD _, auprès du GGG _, à B _, un montant de
xxx’xxx fr. payable par reprise de la dette des vendeurs auprès de la
Banque D _, à B _, et le solde, soit xxx’xxx fr., payable à la valeur
au 31 août 2008 (p. 308).
Le contrat fixait la prise de possession des immeubles, avec transfert des profits et
risques, au 1er septembre 2008 (p. 309).
La situation se présente comme suit (avec les parcelles n° xx3, n° xx4, n° xx5) :
[...]
2.2. Dans le cadre de l’acquisition par X _ de l’appartement de MM _
de EEE _ et de FFF _, V _ a opéré un versement d’un
- 35 -
montant de xxx’xxx fr. en faveur de X _ (all. 117 ; V _, R. 215, p.
1264). X _ a indiqué avoir acquis l’appartement pour le compte de
V _ (R. 276, 278).
2.3. X _ prétend qu’à la suite de l’acte de vente du 27 juin 2008, il a décidé la
conclusion d’un contrat de location préservant la possession immédiate de la chose
immobilière par V _ (all. 118 ; X _, R. 280, p. 1274). Selon
X _, ce point aurait été important pour V _, mais la demande émanait
surtout de la Banque D _ (X _, R. 280, p. 1274). Dès lors,
X _ a conclu, en date du 21 juillet 2008, un contrat de bail à loyer avec
V _, portant sur l’appartement de 3.5 pièces sis au chemin xxx, à B _
(all. 121 ; X _, R. 283, p. 1274 ; R. 163). Une copie a été déposée en cause
par les demandeurs (p. 71 s.). Selon Me N _, le contrat de bail était un contrat
simulé pour cacher la vente réelle découlant de l'acte de vente immobilière du 27 juin
2008 (all. 122). Egalement d’après X _, ce contrat de bail à loyer est un contrat
simulé pour cacher la vente réelle découlant de l’acte de vente immobilière du 27 juin
2008 (X _, R. 284, p. 1274). Selon X _, V _ a réalisé des
travaux à l'intérieur de l'appartement, avec l’autorisation de X _ mais sans
engagement de sa part, au frais de V _. Selon X _, V _ est
débiteur de xxx’xxx fr. (100 mois de loyer à x’xxx fr.), de xxx’xxx fr. (travaux commandés),
de xx’xxx fr. de charges (all. 131 à 133).
Selon X _ encore, il aurait lui-même cédé à la Banque D _ le bail à
loyer lié à l’appartement en PPE no xx1 (all. 200) (R. 280). Il se prévaut à cet égard de
la pièce 61 (p. 395), datée du 4 septembre 2008 et signée par lui le 9 septembre 2008,
ainsi que par BB _ et CC _, fondés de pouvoir au sein de la Banque
D _ ; cette pièce indique que X _ a cédé à la banque précitée la
créance portant sur le bail à loyer de l’appartement en PPE no xx1 et la place de parc
« C » inscrite sous le 1/25ème de la PPE yy2 dans l’immeuble K _ à
B _, soit parcelle de base no xx3, plan no xxx, au lieu-dit « XX _ ».
Selon les demandeurs, au contraire, aucun contrat de bail n’a été conclu et encore moins
signé entre X _, V _ et W _ (V _, R. 163, p.
1259). Selon eux, le seul contrat de bail dont ils ont été parties était un contrat de bail
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établi pour le mois de janvier 2013, utilisé pour l’obtention du permis de séjour
(V _, R. 163, p. 1259 ; X _, R. 296). Sur ce point, selon
Me N _, X _ a fait le nécessaire pour l'obtention d'un permis
d'établissement en faveur de la famille V _ ; X _ a mis toutes ses
connaissances et son entregent pour convaincre les autorités de délivrer un permis, pour
permettre d’acquérir l'appartement de MM _ ; V _ a obtenu un
permis d'établissement B ; l'obtention de ce permis a été rendue possible par la
constitution de HHH _ ; le succès revient au travail de X _ auprès de
la Bourgeoisie de B _ pour obtenir un terrain et permettre la réalisation
(mémoire-conclusions de Me N _, n. 88 ss). Les parties n’ont pas requis
d’entendre les autorités concernées sur ce point.
Selon les demandeurs, X _ a cédé à la banque D _ le bail à loyer
précité en garantie des prétentions présentes et futures de la banque contre le cédant
et a transmis à la banque un exemplaire du bail que V _ n’a jamais signé (all.
220). Ils se prévalent à cet égard de la pièce 61 (p. 395), laquelle indique que « les
documents nécessaires à justifier le droit de créance (originaux de contrats,
reconnaissance de dette, copies de factures, etc.) sont annexés au présent contrat ».
Or, aucun justificatif n’y est annexé. Par ailleurs, lors de son audition en qualité de
témoin, BB _, employé de commerce au sein de la Banque D _,
à B _, a indiqué ne pas pouvoir confirmer que X _ avait cédé à dite
banque un bail à loyer prétendument conclu avec V _ (BB _, R. 13,
p. 1154). De plus, à la question de savoir si X _ lui avait remis le bail à loyer,
en original, BB _ a rétorqué ne pas même le connaître (BB _, R. 14
p. 1154). En ce qui concerne CC _, également auditionné en qualité de témoin,
ce dernier a déclaré ignorer la conclusion d’un quelconque bail entre V _ et
X _ (CC _, R. 19, p. 1156). Il n’a pas non plus pu confirmer la cession
par X _ à la banque du bail à loyer prétendument conclu avec V _
(CC _, R. 28, p. 1157). De plus, CC _ a indiqué ignorer si
X _ lui avait remis le bail à loyer en original (CC _, R. 29 p. 1157).
Le 6 mai 2019, le Dr R _, responsable de recherche au sein de la Faculté de
droit, des sciences criminelles et d’administration publique de l’Université de
O _, a été mandaté par le tribunal du district de Sion pour établir l’authenticité
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de la signature contestée de V _ apposée sur l’exemplaire du bail litigieux
(p. 1145).
Invité à produire l’original du contrat de bail, la Banque D _ a déposé, en date
du 13 juin 2019, les documents requis, tout en précisant néanmoins qu’il n’était pas
certain que le contrat de bail transmis revête un caractère original, la pièce en question
étant signée en noir (p. 1303 ss).
Par correspondance du 11 juillet 2019, l’expert R _ a indiqué qu’un exemplaire
original de la pièce à expertiser lui avait bien été remis en mains propres lors de sa visite
au tribunal le 21 juin 2019 (p. 1387).
Le 18 septembre 2019, l’expert R _ a rendu son rapport d’expertise (p. 1468
ss). Ce dernier a estimé que « les observations effectuées sur les documents soumis à
l’examen soutiennent très fortement la proposition selon laquelle la signature au nom de
V _ figurant sur le contrat de bail du 21 juillet 2008 est bien de sa main, plutôt
qu’une imitation réalisée par un tiers ». Il a également ajouté que « le tracé au stylo à
bille de la signature au nom de V _ figurant sur le contrat de bail du 21 juillet
2008 a été apposée après l’impression au toner ». Enfin, il a déclaré que « les signatures
aux noms de X _ et de V _ du contrat de bail du 21 juillet 2008 remis
en original au soussigné diffèrent de celles figurant sur les copies du contrat de bail
litigieux, telles qu’elles figurent au Dossier Principal sous Pièces 71-72, 317-318 et 890-
891. Par conséquent, il doit exister au moins un second exemplaire du contrat examiné
en original par le soussigné ».
2.4. X _ prétend que V _ aurait vécu 100 mois à l’intérieur de
l’appartement de MM _ (all. 129). Selon la copie du bail litigieux (pce 40),
V _ aurait occupé cet appartement à compter du 1er août 2008, le prétendu
bail courant alors à compter de cette date.
Or, V _ a affirmé avoir vécu dans l’appartement de MM _ depuis
janvier 2013 à mai 2016 (V _, R. 164, p. 1259). Selon lui, jusqu’au mois de
janvier 2013, l’immeuble était inhabitable en raison des travaux ; il n’a alors commencé
à y habiter qu’à partir de cette date, qui coïncide avec l’octroi de son permis de séjour
- 38 -
(V _, R. 218, p. 1264). V _ a indiqué avoir signé un contrat de bail à
loyer avec X _ en janvier 2013 seulement (V _, R. 219, p. 1264).
Le bail produit par X _ en pièce 40 (p. 317) indique que le début du bail
remontait au 1er août 2008 et la fin du bail au 1er août 2013, soit 61 mois. Le raisonnement
de X _, qui soutient que les époux V-W _ ont, sur la base du contrat
de bail prétendument établi, vécu 100 mois dans l’appartement de MM _, ne
peut pas être suivi.
2.5. D’après X _, le bail à loyer simulé fixait initalement une durée de bail du
1er août 2008 au 1er août 2013, laquelle a été prolongée, en incluant un loyer de x’xxx fr.
par mois, payable personnellement sur son compte xxx, connu de V _ (all.
123 ; X _, R. 285, p. 1274). Auditionnée en qualité de témoin, LL _
n’a pas pu le confirmer (LL _, R. 118, p. 1252). La valeur probante de la pièce
40 (p. 317), dont se prévaut X _, est faible, dans la mesure où cette pièce est
litigieuse et son authenticité n’a pas été clairement établie.
X _ soutient qu’en lien avec la prétendue conclusion du contrat de bail à loyer,
V _ serait débiteur d’un montant de xxx’xxx fr., charges non comprises
(all. 131 ; X _, R. 292, p. 1275).
Appelé à se déterminer sur la question, V _ a contesté devoir ce montant de
xxx’xxx fr., dans la mesure où le seul bail qu’il avait signé, en un seul exemplaire, datait
de janvier 2013, et qu’il l’avait signé uniquement dans le but de pouvoir obtenir le permis
de séjour (V _, R. 228, p. 1265). Le service de la population et des migrations
n’a pas été interpellé sur ce point. Il convient de souligner que, à l’allégué 131,
X _ réclame un montant de xxx’xxx fr. (à savoir selon lui 100 mois de loyer à
x’xxx fr.). En réalité, ce montant ne peut pas correspondre à 100 mois de loyer à
x’xxx fr. (erreur) ; le contrat prévoit en effet un loyer de x’xxx fr.
- 39 -
2.6. Par ordre de paiement du 4 septembre 2008, X _ a requis de la Banque
D _ de procéder au versement d’un montant de xxx’xxx fr. en faveur de Me
DDD _, selon acte de vente du 27 juin 2008, « contre remise de la CHP de
xx’xxx fr. » (pce 62, p. 406).
2.7. Par contrat hypothécaire passé avec la Banque D _ le 9 septembre 2008,
X _ s’est vu accorder un prêt hypothécaire d’un montant de xxx’xxx fr. sur
l’immeuble PPE no yy1 et 1/25ème de la PPE yy2 de la parcelle de base no xx3, plan no
xx, au lieu-dit « XX _ », sis sur la commune de B _, ayant pour but
l’« achat d’un appartement à B _ » (pce 62, p. 396 ss). Selon le contrat, le taux
d’intérêt était de 3.25% par an et les intérêts étaient payables par semestre, la première
fois le 31 décembre 2008. Quant aux amortissements directs, ceux-ci s’élevaient à
x’xxx fr. par semestre, la première fois le 30 juin 2009.
2.8. V _ a voulu réaliser des travaux à son goût à l’intérieur de l’appartement
de MM _ (all. 125, réplique) (mémoire-conclusions de Me M _, p. 3).
Tous les travaux réalisés dans l’appartement en question ont été exécutés à la demande
de V _ et à ses frais (V _, R. 225, p. 1265).
En 2008, une demande d’autorisation a été déposée pour modifier l’appartement inscrit
au nom de X _ (AA _, R. 1, p. 1151). L’entreprise I _ SA
est alors intervenue en tant que bureau technique pour suivre les travaux
(AA _, R. 2, p. 1152), sous les directives de X _ (R. 6).
Selon X _, V _ est débiteur d’un montant de xxx’xxx fr.
correspondant aux travaux commandés par lui et sa famille pour l’appartement de MM
_ (all. 130 et 132 ; R. 291 et 293, p. 1275). Interrogé à ce sujet, AA _,
de l’entreprise I _ SA a indiqué l’ignorer, tout en faisant remarquer que
l’ensemble des entreprises engagées avaient été payées (AA _, R. 5, p. 1152)
(mémoire-conclusions de Me M _, p. 3). S’agissant du montant même des
travaux, AA _ a déclaré ne pas pouvoir le chiffrer au franc près mais que celui-
ci correspondait aux devis (AA _, R. 4, p. 1152). Ce dernier a déclaré que les
factures étaient envoyées à X _ et ont été payées, mais a annoncé ne pas
savoir si c’était X _ ou W _ qui s’en était réellement acquitté
- 40 -
(AA _, R. 8, p. 1152). Lors de son audition, LL _ a déclaré ne pas
avoir connaissance du montant exact des travaux commandés et ignorer l’identité de la
personne qui s’était acquittée du montant de XXX’XXX fr. lié à la modification réalisée
dans l’appartement de MM _ (LL _, R. 128 et 129, p. 1253).
Appelé à se déterminer sur le montant de xxx’xxx fr. réclamé par X _ au
titre des travaux commandés pour l’appartement de MM _, V _ a
expliqué que, sur la facture que lui a présenté X _, c’était effectivement ce
montant qui y apparaissait (V _, R. 227, p. 1265).
Le 3 juin 2019, l’expert EE _, architecte epf/sia à FF _, a été mandaté
par le tribunal du district de Sion pour analyser les travaux d’aménagement, de
transformation et de rénovation effectués pour le compte des époux V _ par
X _ et ses sociétés Y _ SA et Z _ SA, sur la parcelle no xx3,
PPE yy2 et PPE yy11, à MM _, chemin xxx, sur commune de B _.
Appelé à se déterminer sur les travaux réalisés en lien avec l’appartement de
MM _, l’expert EE _ a tout d’abord tenu à préciser qu’il ne se
prononcerait pas sur la question de savoir si le montant des travaux avait été commandé,
puis réglé par V _ ou pas. Il a identifié le maître d’ouvrage en la personne de
X _, lequel agissait en tant que personne de contact de V _, avec la
charge de lui communiquer les devis et autres informations sur les travaux
(EE _, R. 1, p. 1527).
Il a ensuite établi le détail des travaux exécutés dans l’appartement de MM _,
soit :
- Échafaudages : x’xxx fr. + x’xxx fr.
- Maçonnerie et béton armé : x’xxx fr.
- Menuiserie intérieure : x’xxx fr.
- Menuiserie extérieure : x’xxx fr.
- Plâtrerie-peinture : xx’xxx fr.
- Fermetures extérieures mobiles : x’xxx fr.
- Installation électrique : x’xxx fr.
- Cuisine : xx’xxx fr.
- Construction métallique : xx’xxx fr.
- Chapes : x’xxx fr.
- Carrelages et faïences : x’xxx fr. + x’xxx fr.
- 41 -
- Revêtements de sol : xx’xxx fr.
- Nettoyage : x’xxx fr.
- Honoraires : xx’xxx fr.
- Divers : x’xxx fr.
L’expert judiciaire EE _ s’est notamment référé au « devis initial et actualisé »
du 20 juin 2011 remis en séance par l’ingénieur AA _, dont le montant total
s’élevait à xxx’xxx fr (TTC) et qui mentionnait un solde de xxx fr., à verser sur le compte
de la société I _ SA (annexe 1 au rapport, p. 1554). L’expert a indiqué qu’il
s’agissait, d’après l’ingénieur AA _, du dernier devis, correspondant à un
décompte final des travaux remis au maître d’ouvrage le même jour (dossier xxx, p. 757).
L’expert EE _ a ainsi considéré que les montants du devis de xxx’xxx fr.
correspondaient aux travaux effectués et aux prix du marché de la construction
(EE _, R. 1, p. 1534).
2.9. Entre 2008 et 2016, V _ et W _ se sont acquittés de frais relatifs
à divers travaux, charges de PPE, frais de notaire et frais divers, en faveur de
X _ et Y _ SA, pour la somme totale de xxx’xxx fr. et non pas
xxx’xxx fr.) (all. 23). Le paiement de l’intégralité des montants susmentionnés est attesté
par les pièces 12 (p. 96 ss) et 13 (p. 104 ss) produites en cause.
Ainsi, V _ et W _ ont payé, entre 2008 à 2016, les travaux, les
charges de PPE, le frais de notaire et les autres frais en faveur de X _ et de
Y _ SA pour xxx’xxx fr. (19.11.2008, virement à Y _ SA, xxx’xxx fr. ;
01.04.2009, virement III _ prêt hypothécaire, x’xxx fr., 04.08.2009, virement
III _ prêt hypothécaire, x’xxx fr. ; 10.08.2009, virement à Y _ SA
charges PPE, x’xxx fr. ; 13.08.2009, virement à X _, x’xxx fr. ; 14.10.2009,
virement à JJJ _, x’xxx fr. ; 30.10.2009, virement à X _ charges PPE,
x’xxx fr. ; 10.12.2009, virement à X _, x’xxx fr. ; 25.10.2010, virement à
Me DDD _, note frais cédule, x’xxx fr. ; 27.10.2010, virements à X _,
x’xxx fr. ; 10.11.2010, virement à KKK _, peinture, x’xxx fr. ; 14.09.2011,
virement à X _, x’xxx fr. ; 23.09.2011, virement à X _ charges PPE,
x’xxx fr. ; 17.10.2011, virement à X _ charges PPE, x’xxx fr. ; 22.12.2011,
virement à X _, x’xxx fr. ; 06.07.2012, virement à X _, xx’xxx fr. ;
20.03.2012, virement à Me DDD _, acte X/EEE _, x’xxx fr. ;
- 42 -
02.10.2012, virement à X _, x’xxx fr. ; 21.12.2012, virement à X _,
x’xxx fr., 22.05.2013, virement à X _ charges PPE, x’xxx fr. ; 04.02.2014,
virement à X _, x’xxx fr. ; 05.05.2014, virement à X _ charges PPE,
x’xxx fr. ; 18.08.2014, virement à X _, x’xxx fr. ; 14.10.2014, virement à
X _ annuités hypothèques, x’xxx fr. ; 04.02.2015, virement à X _,
x’xxx fr. ; 17.02.2015, virement à X _, x’xxx fr. ; 28.04.2015, virement à
X _ charges PPE, x’xxx fr. ; 11.08.2015, virement à X _, x’xxx fr. ;
29.10.2015, virement à X _, x’xxx fr. ; 02.02.2016, virement à X _,
xxx fr.) (pces 12 et 13 ; extrait du compte E-zz1de V _ du 17.11.08 au
30.11.10 ; extrait du compte E-zz2 de V _ du 1.10.11 au 03.02.2016). Le
virement allégué du 08.07.2008 à X _ de xxx’xxx fr. ne se retrouve pas sur les
pièces 12 et 13 ; il n’est pas retenu.
X _ a refusé de vendre l'appartement aux demandeurs (mémoire-conclusions,
p. 3). Selon les demandeurs, X _ y vit actuellement avec son épouse, après
avoir quitté ZZ _ (pce 14).
X _, quant à lui, soutient avoir dû assumer, dans le cadre de l’acquisition de
l’appartement de MM _, à titre fiduciaire pour le compte de V _, des
frais d’hypothèque à hauteur de x’xxx fr. (2% de xxx’xxx fr.) (all. 194). Cette allégation
n’est pas documentée. Interrogée à ce sujet, LL _, a indiqué savoir qu’à
l’époque, un financement par un autre établissement bancaire que E _ existait,
mais elle n’avait pas le souvenir de chiffres exacts (LL _, R. 134, p. 1254).
De plus, X _ soutient qu’il se serait acquitté d’une commission de vente de
xx’xxx fr. (3% du prix de vente de xxx’xxx fr.) (all. 134 et 195), des frais de notaire à
hauteur de xx’xxx fr. (3% du prix de vente de xxx’xxx fr.) (all. 134 et 196), ainsi que de
divers frais de publicité pour cet appartement, à hauteur de x’xxx fr. (all. 197). Cette
allégation n’est pas documentée ; les éventuelles pièces y relatives n’ont pas été
déposées en cause. S’agissant de la commission de vente pour l’appartement de
MM _, qu’il déclare avoir assumé, X _ a indiqué une première fois
ignorer qui l’avait payée à l’agence immobilière (X _, R. 294, p. 1275) – alors
qu’il alléguait l’avoir payée lui-même (all. 134) - puis, il a affirmé que cette commission
avait été payée à la société qui lui avait vendu l’appartemment, en l’occurrence la société
LLL _ dont le propriétaire était EEE _ (R. 325, p. 1279). Cette
- 43 -
allégation n’est pas documentée. En ce qui concerne les frais de notaire, X _
confirme s’en être acquitté (X _, R. 294, p. 1275 et R. 396, p. 1279). Cette
allégation n’est pas documentée ; les éventuelles pièces y relatives n’ont pas été
déposées en cause. Par ailleurs, X _ soutient que V _ est débiteur
de charges PPE à hauteur d’un montant de xx’xxx fr. (all. 133). Toutefois, ce montant,
tout comme les autres montants réclamés par X _ (all. 194 ss), n’est pas
documenté. Ces montants ne sauraient ainsi être retenus.
De plus, X _ a par ailleurs indiqué qu’il assumait depuis plusieurs années les
frais relatifs à la dette hypothécaire, aux charges et à l’entretien de l’immeuble « destiné
à la famille V _ » (all. 136). Cette allégation n’est pas documentée ; les
éventuelles pièces y relatives n’ont pas été déposées en cause. Interrogé au sujet de
ces frais qu’il prétend assumer depuis plusieurs années, X _ a déclaré :
« Certaines parties et certaines charges que j’ai payé en supplément de ce que lui a
payé mais je peux les justifier ». Or, vu le défaut de motivation relatif à l’existence de ces
frais, ainsi qu’à leur montant, les frais allégués ne peuvent pas être retenus.
2.10. L’appartement du chemin xxx a été rendu à la mi-septembre 2011 (cf. dossier xxx,
p. 756 ; expertise EE _, p. 1527).
2.11. X _ soutient que l’occupation de l’appartement de MM _ par
les époux V-W _ a occasionné des frais de remise en état, notamment de
peinture, à hauteur d’un montant de xx’xxx fr. (all. 193). Cette allégation n’est pas
documentée ; les éventuelles pièces y relatives n’ont pas été déposées en cause.
Interrogé à ce sujet, l’architecte G _ a déclaré ne pas pouvoir se prononcer à
ce sujet (G _, R. 73, p. 1165). A titre de preuve, X _ se prévaut d’un
document intitulé « Compte rendu relation X _ et V _ », établi par
lui-même, sur lequel sont listés les divers frais en relation avec l’appartement de
MM _ et la villa de XX _ (pce 60, p. 394). Ce document non signé et
établi par lui-même ne peut pas prouver l’étendue du montant réclamé.
Dans son rapport d’expertise, l’expert EE _ a indiqué qu’il trouvait ce montant
très élevé pour une remise en état. Lors de la vision locale, il a questionné X _
sur les frais de rénovation allégués. Selon EE _, « X _ a relevé que
des rafraîchissements de peinture avaient été faits par V _, ce que ce dernier
- 44 -
a confirmé en séance, et non par lui. Il n’a pas pu donner d’autres informations sur le
montant allégué concernant des travaux, si ce n’est qu’il a peut-être effectué un
nettoyage de l’appartement après le départ de V _. Le montant qui pourrait
être articulé serait plutôt de x’xxx fr. et non de xx’xxx fr. » (rapport EE _,
p. 1534). Le montant de xx’xxxcom fr. réclamé par X _ au titre de frais de
rénovation, n’est pas plausible et ne peut pas être retenu faute de motivation suffisante.
De surcroît, cette allégation n’est pas documentée.
2.12. Le 8 novembre 2017, sur réquisition de X _, les commandements de
payer nos vv1 et vv2 de l’Office des poursuites du district de B _, portant sur
les sommes de xxx’xxx fr., avec intérêt à 6% dès le 15 août 2012, et de xx’xxx fr. avec
intérêt à 5% dès le 1er octobre 2008, ont été notifiés à V _ et à W _.
Ces commandements de payer se référaient aux « loyers appartement et place de parc
K _ (contrat de bail du 21 juillet 2008) », par xxx’xxx fr., ainsi qu’au
« remboursement YY _ », par xx’xxx fr. Les poursuivis y ont fait opposition
totale.
Par courrier du 24 novembre 2017 adressé à l’Office des poursuites et faillites de
B _, l’avocate des demandeurs a sollicité que X _ soit requis de
produire l’original du contrat de bail du 21 juillet 2008. Dans son courrier daté du 29
novembre 2017, l’Office des poursuites et faillites du district de B _ a indiqué
que X _ s’était présenté ce même jour à l’office et avait produit l’original du
contrat de bail.
3. La villa de XX _
3.1. Selon X _, les époux V-W _ lui auraient demandé de l’aide pour
trouver une habitation plus C _e (all. 144-145). En réalité, V _ a
expliqué avoir été « viré » de l’appartement de MM _ par X _ et a
précisé que c’est ce dernier qui s’est rendu auprès d’eux avec des plans de constructions
futures (V _, R. 237, p. 1266).
- 45 -
3.2. Le 9 avril 2014, une promesse de vente, en la forme écrite (et non pas authentique),
a été signée entre X _, vendeur, et les acquéreurs V _ et
W _ (p. 319 ss). L’objet de la promesse de vente était la parcelle no xx4 NE,
plan no xxx, XX _, xxx m2, dont autre bâtiment 11 m2, autre surface verte
xxx m2 et route, chemin 100 m2.
Il était précisé que X _ n’était pas encore propriétaire de la parcelle concernée
et que l’acte de division de parcelle, duquel la parcelle no xx4 NE était issue n’avait pas
encore été instrumenté (p. 319). En vue de la conclusion de l’acte de vente, X _
s’engageait, à ses frais, à réaliser toutes les modalités nécessaires concernant l’achat
de terrain et la division de parcelle. La vente comprenait l’obligation à la charge du
vendeur de construire les immeubles vendus conformément au descriptif de construction
et aux plans de constructions annexés à la promesse de vente (p. 319).
La vente était consentie pour le prix forfaitaire de x’xxx’xxx fr., payable à raison de 30%
du montant lors de la signature de la promesse de vente, 30% du montant d’adjudication
au début du terrassement, 30% du montant à la pose du toit, et le solde de l’adjudication,
soit 10% du prix de vente, payable à la remise des clés (p. 320). La prise de possession
devait avoir lieu environ un an et demi après la signature de l’acte authentique de vente.
Demeuraient réservées les dispositions en matière d’acquisition d’immeubles par des
personnes à l’étranger.
3.3. Un contrat d’entreprise générale daté du 30 avril 2014 a été conclu entre
Y _ SA, d’une part, et V _ et W _, d’autre part, lequel
portait sur la construction clés en mains d’une villa sur la parcelle no xx4, plan no xxx, au
lieu-dit « XX _-MM _ », à B _, selon les plans et descriptif
de l’architecte G _. La livraison de l’ouvrage était prévue au plus tôt le 30 juin
2015 (pce 16, p. 130).
3.4. Un premier versement de xxx’xxx fr. a été effectué par V _ en faveur de
Y _ SA, en date du 8 mai 2014 (pce 13, p. 112) (mémoire-conclusions de
Me M _, p. 4). En divers versements, V _ et W _ ont en
tout versé xxx’xxx fr. (et non pas xxx’xxx fr.) à Y _ SA et à Z _ SA
- 46 -
(08.05.2014, virement à Y _ SA, xxx’xxx fr. ; 13.04.2015, virement à
Z _ SA, xx’xxx fr. ; 30.04.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ;
01.07.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ; 03.08.2015, virement à
Z _ SA, xx’xxx fr. ; 29.10.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ;
03.12.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr.) (pce 13, extrait du compte E-zz2 de
V _ du 1.10.11 au 03.02.2016 ; pce 23). Le versement allégué du 03.06.2015
à Z _ SA de xx’xxx fr. ne se retrouve pas dans la pièce 13, contrairement aux
versements susmentionnés ; dit versement n’est pas documenté de sorte qu’il ne peut
pas être retenu.
3.5. X _ soutient être intervenu auprès de la banque, sur demande de
V _, afin que ce dernier obtienne un crédit de x’xxx’xxx fr. (all. 158). Interrogée
à ce sujet, LL _, de la Banque MMM _, à B _, n’a pas pu
répondre à cette question ; toutefois, elle a expliqué que X _ lui avait présenté
quelques années auparavant V _ pour des services bancaires (LL _,
R. 121, p. 1252). Elle a par ailleurs confirmé qu’une demande de financement avait été
effectuée par V _ (LL _, R. 131, p. 1254). LL _ a toutefois
indiqué que, par son intermédiaire, la banque avait refusé de procéder à l’octroi de ce
crédit tant que la villa n’était pas construite et qu’elle n’avait pas obtenu une confirmation
du paiement des factures des entreprises (LL _, R. 122, p. 1252 et R. 132, p.
1254). Elle a expliqué que, vu le refus d’entrer en matière de la banque, X _
et V _ avaient convenu de financer la construction par leurs fonds respectifs
(LL _, R. 133, p. 1254).
3.6. X _ soutient avoir prêté, le 28 octobre 2014, à bien plaire, un montant de
xxx’xxx fr. à V _ pour l’acquisiton de la villa et le financement des travaux sur
celle-ci (all. 161). Il se prévaut à ce titre de la pièce 42 (p. 321).
Or, il ressort de l’avis de débit daté du 1er novembre 2014 relatif au compte courant
personnel E _ de X _ (compte no zz1) (pce 79) (p. 437) que, selon
ordre du 20 octobre 2014, un virement d’un montant total de xxx’xxx fr. a été opéré en
faveur de V _ au titre de « remboursement du prêt contracté en 2008 ». Ce
- 47 -
motif du paiement n’apparaît toutefois pas sur la pièce 42 ; cette information semble en
effet avoir été ocultée, dans la mesure où il s’agit de deux copies du même document
(comparaison des deux pièces, pce 42, p. 321, et pce 79, p. 437).
Par ailleurs, interrogé sur ce prétendu prêt de xxx’xxx fr. de la part de X _,
V _ a répondu : « En fait, ce n’était pas un prêt, c’était un remboursement
d’argent que j’avais investi dans l’appartement de MM _ » (V _,
R. 243, p. 1267). Ces explications de V _ corroborent le motif du versement
de X _ qui ressort de la pièce 79 (« remboursement du prêt contracté en
2008 ») et qui semble avoir été masqué à la pièce 42.
3.7. Comme indiqué, V _ a opéré plusieurs autres versements en faveur de
Z _ SA, soit xx’xxx fr. le 13 avril 2015 (p. 117), xx’xxx fr. le 30 avril 2015
(p. 119), xx’xxx fr. le 1er juillet 2015 (p. 120), xx’xxx fr. le 3 août 2015 (p. 121), xx’xxx fr.
le 29 octobre 2015 (p. 123) et xx’xxx fr. le 3 décembre 2015 (p. 124).
Ainsi, comme indiqué, en divers versements, V _ et W _ ont versé
xxx’xxx fr. (et non pas xxx’xxx fr.) à Y _ SA et à Z _ SA (08.05.2014,
virement à Y _ SA, xxx’xxx fr. ; 13.04.2015, virement à Z _ SA,
xx’xxx fr. ; 30.04.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ; 01.07.2015, virement à
Z _ SA, xx’xxx fr. ; 03.08.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ;
29.10.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ; 03.12.2015, virement à
Z _ SA, xx’xxx fr.) (pce 13, extrait du compte E-zz2 de V _ du 1.10.11
au 03.02.2016 ; pce 23). Comme indiqué, le versement allégué du 03.06.2015 à
Z _ SA de xx’xxx fr. ne se retrouve pas dans la pièce 13, contrairement aux
versements susmentionnés ; dit versement n’est pas documenté de sorte qu’il ne peut
pas être retenu.
3.8. X _ soutient que V _ et son épouse sont intervenus
personnellement sur le chantier de la villa de XX _ en fonction de leurs propres
exigences, ce qui a occasionné de sérieux problèmes, notamment avec l’architecte
G _ (all. 164). Ceci étant confirmé par l’architecte G _ (G _,
R. 63, p. 1164), ce dernier a également ajouté que les époux V-W _ avaient
changé plusieurs fois d’avis et que partant, il avait été difficile pour les entreprises de
- 48 -
travailler correctement (all. 165 ; G _, R. 64, p. 1164). G _ a par
ailleurs confirmé que ces interventions à répétition avaient créé un C _ tort à
la construction et engendré des coûts très importants (all. 166 ; G _, R. 65, p.
1164). Selon lui, les multiples changements dans la construction ont été opérés sur la
base des seules indications des époux V _ (all. 167 ; G _, R. 66, p.
1164).
X _ soutient que les époux V-W _ ont posé maintes difficultés au
maître d’ouvrage et à l’architecte (all. 189). L’architecte G _ l’a confirmé (G
_, R. 71, p. 1165). A l’appui de ses dires, X _ a produit un courrier
du 10 février 2016 adressé à V _ par l’architecte G _, dans lequel ce
dernier a expliqué que le carreleur mandaté pour les travaux lui avait fait part d’une
situation grave, soit le risque d’infiltration d’eau résultant du choix des époux
V-W _, avalisé par leur architecte d’intérieur, de faire poser le carrelage sans
joints (pce 51, p. 367). Par ailleurs, selon le courriel de G _ à V _
daté du 1er février 2016 (pce 52, p. 368), le premier reproche aux époux V-W _
de ne pas s’être rendus au rendez-vous fixé au magasin NNN _ à 14h30 le
jour en question en vue de définir la pose de tous les parquets et réclame que soient
fournis, le lendemain au plus tard, les plans concernant la pose du parquet. La pièce 54
(p. 370 s.), qui est une liste des travaux de base relatifs à la villa de XX _, que
le maître d’ouvrage souhaitait voir terminés d’ici au 15 février 2016, fait état de plusieurs
problèmes : commandes d’appareils sanitaires passées trop tardivement par les époux
V-W _, problème de pose de certains appareils en lien avec le revêtement
choisi par ces derniers, retard relatif au choix de carrelage et, tel que mentionné
précédemment, risque de dégâts d’eau lié à l’absence volontaire de joints en ciment.
Selon l’architecte G _, le carreleur avait dû démonter les parois de la douche
à l’étage ainsi que le sol, sur demande directe des époux V-W _, et refaire ce
travail sans poser de joints en ciment, ceci sans en référer à l’architecte. Il estimait dès
lors probable que des dégâts d’eau puissent avoir lieu dans le futur.
3.9. D’après X _, V _ a exigé toute une série de travaux
supplémentaires en lien avec la villa de XX _ (all. 185), ce que confirme
l’architecte G _ (G _, R. 69, p. 1164).
- 49 -
Questionné sur le fait de savoir si ces plus-values avaient, au préalable, fait l’objet
d’acceptations claires successives par les époux V-W _ (cf. all. 170),
l’architecte G _ a répondu que lorsqu’une modification lui était demandée, il
faisait une demande d’offre à l’entreprise concernée et qu’ensuite de cela, il réalisait un
avenant qu’il transmettait à X _ (G _, R. 68, p. 1164).
S’agissant du montant de ces plus-values complémentaires, X _ a tout d’abord
soutenu que celles-ci s’élevaient à xxx’xxx fr. (all. 168), puis a déclaré que celles-ci
s’élevaient finalement à un montant de xxx’xxx fr. (all. 169), montant confirmé par
G _ (G _, R. 67, p. 1164). Par la suite, il a indiqué que les travaux
supplémentaires exigés par V _ pour la villa de XX _ se montaient à
xxx’xxx fr. (all. 191).
Le 3 juin 2019, l’expert EE _, architecte epf/sia à FF _, a été mandaté
par le tribunal du district de Sion pour analyser les travaux d’aménagement, de
transformation et de rénovation effectués pour le compte des époux V-W _ par
X _ et ses sociétés Y _ SA et Z _ SA, sur la parcelle no xx5,
villa mitoyenne à XX _, Chemin xxx, sur commune de B _. Le 7
octobre 2019, l’expert judiciaire a rendu son rapport. Invité à se déterminer sur les
décomptes de plus-values en lien avec la villa de XX _, l’expert EE _
a tout d’abord expliqué que, comme pour l’appartement de MM _, le maître
d’œuvre G _ avait eu contact avec son mandant X _, lequel a
notamment approuvé les devis des travaux. Celui-ci relève que le dossier ne contient
que peu de devis approuvés par V _. Il a également déclaré qu’il ne se
prononcerait pas sur la question de savoir si V _ avait voulu ou accepté ces
travaux complémentaires, mais qu’il allait effectuer une analyse de ceux-ci (rapport
EE _, R. 2, 3, 7, p. 1535) (mémoire-conclusions de Me M _, p. 5).
Parmi les trois montants différents invoqués par les défendeurs, l’expert EE _
a considéré que le montant des travaux supplémentaires à prendre en considération
pour son analyse était celui de xxx’xxx fr. (cf. all. 191), montant sur lequel a été imputé
la déduction « balustrade escalier » à hauteur de x’xxx fr. Il a précisé que seul le devis
récapitulatif susmentionné devait être retenu, les autres récapitulatifs, relatifs à des
- 50 -
situations intermédiaires antérieures, étant de fait annulés par le dernier d’entre eux
(rapport EE _, R. 2, 3, 7, p. 1537).
Le montant total des plus-values admises par l’expert judiciaire s’est finalement élevé à
xxx’xxx fr. (et non pas xxx’xxx fr.), ce dernier ayant retenu les montants suivants :
garages et murs extérieurs : xxx’xxx fr., ouverture escalier et mur sous-sol : x’xxx fr.,
plus-value sur choix du parquet : xx’xxx fr., « % cuisine de base xx’xxx fr. » : xx’xxx fr.,
cheminée : xx’xxx fr., exécution résine sur escaliers xxx : x’xxx fr., balustrades sur murs
extérieurs : xx’xxx fr., plus-values électricité : xx’xxx fr., porte dans mur est : x’xxx fr.,
plus-value sanitaire : xx’xxx fr.. Les postes 12 et 13 du devis récapitulatif, relatifs au
carrelage, par xx’xxx fr., ainsi qu’à l’aménagement de dalettes, par x’xxx fr., n’ont pas
été retenus par l’expert, ces frais n’étant pas documentés (rapport EE _, R. 2-
3-7, p. 1548).
Selon X _, les travaux supplémentaires voulus par V _ ont
également engendré des honoraires supplémentaires de xx’xxx fr. en faveur du bureau
d’architecture G _ Sàrl (all. 187). L’architecte G _ le confirme
(G _, R. 70, p. 1165). Selon le bon de paiement xxx, daté du 5 juin 2014, établi
par le mandataire G _ Sàrl (pce 50, p. 366), relatif à l’ouvrage « Villas à
XX _ », le maître d’ouvrage Y _ SA devait s’acquitter d’un montant
de xx’xxx francs.
Egalement invité à se déterminer sur le montant de xx’xxx fr. retenu au titre d’honoraires
de l’architecte G _ (cf. all. 187), l’expert EE _ a indiqué que la
pièce 50 (p. 366), à laquelle se réfère X _, concerne des prestations ordinaires
selon G _, et non supplémentaires. En lieu et place du montant de xx’xxx fr.,
l’expert judiciaire retient le montant de xx’xxx fr. tel qu’il ressort de la facture
complémentaire du 1er décembre 2015 établie par l’architecte G _ et produite
à l’annexe 13 de son rapport (rapport EE _, p. 1644). L’expert précise que,
bien que G _ n’ait pas donné de détails de calculation, ce montant de xx’xxx
fr. correspond au 10% du coût des travaux supplémentaires d’environ xxx’xxx fr.,
pourcentage qu’il estime admissible (rapport EE _, p. 1549).
- 51 -
3.10. Une séance s’est tenue sur le chantier de la villa de XX _, à laquelle ont
participé les époux V-W _, OOO _, l’architecte G _, ainsi
que PPP _ et QQQ _ de la société RRR _ SA. Il ressort
du procès-verbal de séance dressé par G _ Sàrl le 17 novembre 2015 (pce
59, p. 391 ss) que le premier choix de sanitaires avait été effectué le 29 mai 2015 et
qu’en date du 10 novembre 2015, soit cinq mois plus tard, ce choix n’avait toujours pas
été finalisé, de sorte qu’à ce stade, il n’était pas possible de terminer l’installation
sanitaire, de fermer les gaines et de suivre avec la pose des carrelages. W _
a alors confirmé qu’elle allait faire les démarches pour finaliser le choix de sanitaires. A
cette fin, une séance entre tous les intervenants avait été fixée au jeudi 19 novembre
2015 auprès de l’entreprise SSS _ SA à TTT _. S’agissant de la
menuiserie intérieure, il ressort du procès-verbal produit en pce 59 (p. 391 ss), que le
choix des finitions des portes de communication n’avait toujours pas été transmis par les
époux V-W _. L’architecte s’est plaint du fait que ceux-ci ne lui avaient toujours
pas envoyé le plan d’étage avec les informations nécessaires à la commande des portes.
A l’occasion de la séance du 11 novembre encore, l’architecte a également remis aux
époux V-W _, relativement à une armoire, l’offre de l’entreprise
UUU _, selon choix fait avec UUU _. Enfin, l’architecte a demandé
à ce que les prochaines séances se tiennent en présence de OOO _ ou des
époux X _, ce afin d’éviter tout quiproquos possible en raison de la langue.
Interrogé, l’architecte G _ a confirmé que le comportement des époux
V-W _ avait occasionné de multiples retards sur le chantier de la villa de
XX _ (G _, R. 72, p. 1165).
3.11. V _ et W _ ont par la suite acquis l’immeuble de la société
Z _ SA. En effet, par acte de vente-constitution de servitudes instrumenté le
20 novembre 2015 par Me Q _, notaire de résidence alors à VVV _,
Z _ SA, de siège social à A _, a déclaré vendre à V _ et
W _, lesquels acquéraient en copropriété à raison d’une demie chacun, la
parcelle no xx5, plan no xxx, XX _, de xxx m2, sise sur la Commune de
B _ (pce 17, p. 132 ss ; pce 44, p. 323 ss) (mémoire-conclusions de
Me M _, p. 4).
- 52 -
Un prix global et forfaitaire avait été fixé à x’xxx’xxx fr. (TTC) (p. 325). L’acte indiquait
qu’un montant de xxx’xxx fr. avait été acquitté auprès du vendeur antérieurement à la
conclusion de l’acte de vente, selon les déclarations communes des parties et quittance,
et que le solde, par x’xxx’xxx fr., devait être payé d’ici au 20 janvier 2016 sur le compte
clients du notaire pour une villa conforme au descriptif de construction et aux plans,
éventuellement modifiés selon accord écrit postérieur concernant des plus ou moins-
values. Hormis le premier acompte, tous les paiements devaient se faire sur le compte
du notaire Q _ (p. 325).
La prise de possession (remise des clés) devait intervenir le 31 janvier 2016 (p. 326).
L’immeuble vendu était en cours de construction. L’attestation de l’architecte
G _ du 29 octobre 2015, annexée à l’acte de vente, démontrait notamment
que les travaux de gros œuvre, de mise hors d’eau du bâtiment et du garage, de
l’exécution des séparatifs intérieurs et de l’isolation extérieure ainsi que certaines
demandes complémentaires des acquéreurs avaient été réalisés à cette date et que
divers travaux étaient encore en cours d’exécution ou devaient encore être terminés. La
vente en question incluait la construction de la villa à terminer sur parcelle no xx5, ceci
conformément au descriptif de construction de la villa construite sur parcelle no xx5 et
aux plans de construction communs aux deux villas construites sur parcelles nos xx4 et
xx5.
3.12. Selon X _, le montant de xxx’xxx fr., dont il ressort de l’acte de vente du
20 novembre 2015 que celui-ci a « été acquitté auprès du vendeur antérieurement à la
conclusion de l’acte selon les déclarations communes des parties et selon quittance »,
n’aurait « jamais été crédité par les demandeurs » (all. 176). Il se réfère aux pièces nos
77 à 79 (p. 435 à 437).
Comme indiqué, X _ a encore proposé aux époux V-W _ une villa
en remplacement de l'appartement, pour le prix de x’xxx’xxx fr., puis avec un
agrandissement du bâtiment, pour le prix de x’xxx’xxx fr. (pces 15, 16, 23) en leur faisant
signer une promesse de vente écrite sur un bien d’autrui (9 avril 2014), sans passer par
un notaire pour la forme authentique, et un contrat de construction de villa clé en main à
sa société Y _ SA (pce 16). V _ et son épouse ont acquis l'immeuble
- 53 -
de Z _ SA (pce 17 ; 15.11.2015). Le 20 novembre 2015, devant
Me Q _, ils ont acheté la parcelle n° xx5, pour le prix de x’xxx’xxx fr. (pce 17).
V _ et W _ ont versé xxx’xxx fr. à Y _ SA et à Z _
SA (08.05.2014, virement à Y _ SA, xxx’xxx fr. ; 13.04.2015, virement à
Z _ SA, xx’xxx fr. ; 30.04.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ;
01.07.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ; 03.08.2015, virement à
Z _ SA, xx’xxx fr. ; 29.10.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr. ;
03.12.2015, virement à Z _ SA, xx’xxx fr.) (pce 13, extrait du compte E-zz2 de
V _ du 1.10.11 au 03.02.2016 ; pce 23). Le versement allégué du 03.06.2015
à Z _ SA de xx’xxx fr. n’est pas retenu.
3.13. Par courrier du 28 janvier 2016, WWW _, expert immobilier mandaté par
V _ et W _, a signifié à l’architecte G _ la résiliation avec
effet immédiat de son mandat d’architecte, en raison de graves défauts de construction,
de tromperie dans les décomptes de plus-value notamment, tout en réservant les droits
des demandeurs (pce 18, p. 151). Par courrier du même jour, il a également signifié à la
société Y _ SA la résiliation de son mandat d’architecte (pce 19, p. 152).
3.14. Sur demande de WWW _, un mandat d’expertise a été confié à
XXX _, architecte hes auprès de YYY _ SA, à ZZZ _, (pce
20, p. 153 ss).
Le 3 février 2016, une vision locale s’est tenue sur le chantier de la villa XX _
à MM _, à laquelle ont pris part WWW _, en qualité de représentant
du maître d’ouvrage, XXX _, en qualité d’architecte consultatif, ainsi que
V _ et W _, en leur qualité de futurs propriétaires (pce 20, p. 155).
Une séance s’est ensuite tenue le jour suivant entre les architectes XXX _ et
G _ dans le bureau de ce dernier (pce 20, p. 155).
Le 6 février 2016, l’architecte XXX _ a rendu son rapport d’expertise, dans
lequel sont listés, de manière exhaustive, les défauts graves et moyennement graves,
- 54 -
ainsi que les travaux de finitions et de retouches de fin de chantier qu’il restait à effectuer
(pce 20, p. 153 ss). L’architecte XXX _ a relevé, au titre de défauts graves,
que l’entier de la surface du local technique commun aux deux villas se situait sur la
parcelle de V _, ce qui impliquait notamment une diminution de la surface
habitable. L’entrée en possession, prévue initialement le 31 janvier 2016, finalement
retardée de trois mois, faisait également partie des défauts graves soulevés par l’expert
XXX _. Au titre de défauts moyens, l’expert relevait un problème d’étanchéité
de l’éclairage zénithal de l’étage, une absence d’accès sur la partie terrain au pied du
mur de soutènement des terrasses de l’entresol, des murs intérieurs non conformes au
type béton apparent souhaité par V _, mais également des cadres de fenêtres
non adaptés dépassant de 0.5 à 0.8 cm à l’intérieur. De nombreux travaux de finition et
travaux de retouches de fin de chantier devaient encore être exécutés (p. 156 s.).
Dans sa conclusion (p. 158), XXX _ a relevé que la majorité des travaux
intérieurs restant à exécuter étaient des travaux sensibles (pose parquet, pose cuisine
laquée, pose menuiseries peintes, appareils sanitaires, etc.) et le délai de 5 jours
ouvrables tel que prévu était insuffisant pour travailler dans de bonnes conditions. Selon
lui, il était dès lors inévitable de trouver des défauts sur les finitions lors de la remise de
l’ouvrage. XXX _ a également recommandé que soit organisée une séance
avec tous les corps de métier, ainsi qu’avec V _ et l’architecte. L’expert
XXX _ a ajouté que la transmission d’un décompte complet des plus ou moins-
values serait exigée afin de se déterminer sur l’acceptation de celles-ci. Finalement,
l’expert indiquait qu’une attention particulière devait être accordée lors de la pose, vu les
demandes très précises sur le style et la façon de poser les finitions (p. 158).
3.15. Le 30 août 2016, une convention a été signée entre V _ et W _,
d’une part, et X _, d’autre part, laquelle mettait fin au bail liant les parties et
portant sur l’appartement de 3,5 pièces sis Chemin xxx à B _, pour le 30
septembre 2016 (pce 21, p. 160). Dite convention prévoyait également, en son chiffre 2,
que les parties annulaient l’acte d’achat portant sur l’acquisition de la parcelle no xx5,
plan no xxx, XX _, x’xxx m2, pour le prix global et forfaitaire de x’xxx’xxx fr.,
instrumenté le 20 novembre 2015 par Me Q _, notaire alors à VVV _.
Le chiffre 3 de cette convention était libellé comme suit : « Les parties conviennent de
réserver leurs prétentions financières respectives en lien avec les accords pris sous
chiffres 1 et 2 ci-dessus et de les régler hors de la présente convention ».
- 55 -
Par acte d’annulation instrumenté le 6 septembre 2016 par le notaire Q _ (pce
22, p.161 ss), Z _ SA, d’une part, et V _ et W _, d’autre
part, ont déclaré annuler purement et simplement l’acte de vente – constitution de
servitudes du 20 novembre 2015, conformément à la convention signée le 30 août 2016,
laquelle fait partie intégrante de l’acte (mémoire-conclusions de Me M _, p. 4).
L’accord financier fixé au chiffre 3 de la convention du 30 août 2016 a abouti à
l’acceptation, dans l’acte d’annulation, de la restitution au GGG _, à
B _, du montant de x’xxx’xxx fr., consigné sur le compte du notaire depuis le
20 janvier 2016.
3.16. Le 27 septembre 2016, V _ et W _ ont restitué la possession
de l’appartement sis au chemin xxx, à B _ (all. 45 admis).
4. Par courrier du 21 avril 2017 adressé à Me AAAA _, conseil de
X _, Me M _ a sollicité, en vain, le remboursement par les
défenderesses, des montants acquittés par V _ et W _ en vue des
acquisitions, finalement avortées, de l’appartement sis à la rue xxx, puis de la villa de
XX _, soit xxx’xxx fr., respectivement xxx’xxx fr., sommes auxquelles s’ajoutait
un montant de xx’xxx fr., réclamés à titre de participation aux honoraires de WWW
_, de l’architecte XXX _ et de Me M _ (p. 164 ss).
La villa de XX _ a été revendue par la société Z _ SA à
BBBB _ pour le prix de x’xxx’xxx fr. (V _, R. 251, p. 1268).
5. Par requête de conciliation déposée le 8 septembre 2017 par devant le juge de
commune de B _, V _ et W _ concluaient à ce que
X _, Y _ SA et Z _ SA soient reconnus devoir payer aux
demandeurs, solidairement entre eux ou individuellement dans la proportion que justice
dira, le montant de x’xxx’xxx fr. avec intérêts à 5% dès le 30 août 2016 et à ce que tous
les frais de justice, y compris de conciliation, ainsi qu’une équitable indemnité de dépens,
soient mis à la charge des défendeurs.
Le 31 octobre 2017, X _ a adressé un courrier au juge de commune de
B _, dans lequel il a indiqué prendre les conclusions suivantes : « en tenant
- 56 -
compte du montant acquitté auprès de YY _ à BBB _ de
CHF xx’xxx, des loyers et dommages et intérêts dus en relation avec l’appartement de
MM _ estimé à hauteur de CHF xxx’xxx, tel qu’il ressort de mon courrier du
9 mai 2017, et du dommage subi pour la villa XX _ chiffré actuellement à
CHF xxx’xxx, les époux V-W _ sont débiteurs envers mes sociétés et moi-
même d’un montant global de CHF x’xxx’xxx avec intérêts. Ce montant est à compenser
avec les prétentions des époux V-W _ ».
Le 9 novembre 2017, à la suite du défaut de conciliation, le juge de commune de
B _ a délivré une autorisation de procéder aux demandeurs (xxx fr.) (p. 179).
- 57 -
III. Droit
1. Les demandeurs ont d’abord invoqué la responsabilité délictuelle et la responsabilité
contractuelle. Dans son mémoire-conclusions, Me M _ n’invoque plus que
l’inexécution contractuelle (p. 7).
Selon l’art. 41 al. 1 CO (conditions de la responsabilité) (responsabilité délictuelle), celui
qui cause, d’une manière illicite, un dommage à autrui, soit intentionnellement, soit par
négligence ou imprudence, est tenu de le réparer. Selon l’art. 42 al. 1 CO (fixation du
dommage), la preuve du dommage incombe au demandeur. Selon l’art. 42 al. 2 CO,
lorsque le montant exact du dommage ne peut être établi, le juge le détermine
équitablement en considération du cours ordinaire des choses et des mesures prises
par la partie lésée. Selon l’art. 43 al. 1 CO (fixation de l’indemnité), le juge détermine le
mode ainsi que l’étendue de la réparation, d’après les circonstances et la gravité de la
faute. Selon l’art. 44 al. 1 CO (réduction de l’indemnité), le juge peut réduire les
dommages-intérêts, ou même n’en point allouer, lorsque la partie lésée a consenti à la
lésion ou lorsque des faits dont elle est responsable ont contribué à créer le dommage,
à l’augmenter, ou qu’ils ont aggravé la situation du débiteur.
Selon l’art. 97 al. 1 CO (responsabilité du débiteur) (responsabilité contractuelle), lorsque
le créancier ne peut obtenir l’exécution de l’obligation ou ne peut l’obtenir
qu’imparfaitement, le débiteur est tenu de réparer le dommage en résultant, à moins qu’il
ne prouve qu’aucune faute ne lui est imputable. Selon l’art. 99 al. 1 CO (étendue de la
réparation), en général, le débiteur répond de toute faute. Selon l’art. 99 al. 3 CO, les
règles relatives à la responsabilité dérivant d’actes illicites s’appliquent par analogie aux
effets de la faute contractuelle.
- 58 -
Selon l’art. 50 al. 1 CO (responsabilité plurale, en cas d’acte illicite), lorsque plusieurs
ont causé ensemble un dommage, ils sont tenus solidairement de le réparer, sans qu’il
y ait lieu de distinguer entre l’instigateur, l’auteur principal et le complice. Selon l’art. 50
al. 2 CO, le juge appréciera s’ils ont un droit de recours les uns contre les autres et
déterminera, le cas échéant, l’étendue de ce recours. Selon l’art. 51 al. 1 CO (concours
de diverses causes du dommage), lorsque plusieurs répondent du même dommage en
vertu de causes différentes (acte illicite, contrat, loi), les dispositions légales concernant
le recours de ceux qui ont causé ensemble un dommage s’appliquent par analogie.
Selon l’art. 51 al. 2 CO, le dommage est, dans la règle, supporté en première ligne par
celle des personnes responsables dont l’acte illicite l’a déterminé et, en dernier lieu, par
celle qui, sans qu’il y ait faute de sa part ni obligation contractuelle, en est tenue aux
termes de la loi.
Selon l’art. 60 al. 1 CO (prescription), l’action en dommages-intérêts ou en paiement
d’une somme d’argent à titre de réparation morale se prescrit par trois ans à compter du
jour où la partie lésée a eu connaissance du dommage ainsi que de la personne tenue
à réparation et, dans tous les cas, par dix ans à compter du jour où le fait dommageable
s’est produit ou a cessé. Selon l’art. 60 al. 2 CO, si le fait dommageable résulte d’un acte
punissable de la personne tenue à réparation, elle se prescrit au plus tôt à l’échéance
du délai de prescription de l’action pénale, nonobstant les alinéas précédents. Si la
prescription de l’action pénale ne court plus parce qu’un jugement de première instance
a été rendu, l’action civile se prescrit au plus tôt par trois ans à compter de la notification
du jugement. Selon l’art. 60 al. 3 CO, si l’acte illicite a donné naissance à une créance
contre la partie lésée, celle-ci peut en refuser le paiement lors même que son droit
d’exiger la réparation du dommage serait atteint par la prescription.
2. Me M _ relève que X _ avait proposé à V _ d'acquérir
un chalet à ZZ _ pour x’xxx’xxx francs. L'acte de vente n'a pas pu être inscrit.
V _ a renoncé. X _ a vendu le chalet à JJ _. X _
s’est porté garant du paiement de xx’xxx fr. pour les meubles commandés à
YY _ SA par V _ et W _. Il a néanmoins poursuivi ces
derniers pour le remboursement de xx’xxx fr., lesquels ont fait opposition. Agissant pour
YY _ SA, Me N _, a également agi contre JJ _ en paiement
de xx’xxx. Par la suite, X _ a proposé à V _ et W _
- 59 -
l’appartement de 3,5 pièces sis chemin xxx A à B _ pour xxx’xxx francs.
X _ l'a acquis en son nom propre. V _ et W _ l’ont occupé
de fin 2008 à fin avril 2016, sans être propriétaires. Selon X _, un contrat de
bail à loyer aurait été conclu. En novembre 2017, X _ a poursuivi V _
pour xxx’xxx fr. pour des loyers. Malgré la demande de production de l'original dudit
contrat de bail du 21 juillet 2008, l’autre original du contrat n’a pas été produit. Pour
financer l'appartement litigieux, X _ avait contracté un emprunt hypothécaire
auprès de E _ SA. Les intérêts et amortissements ont été payés par
V _ (pce 12 et 13). Ainsi, comme indiqué, en divers versements, V _
et W _ ont payé, entre 2008 à 2016, les travaux, les charges de PPE, le frais
de notaire et les autres en faveur de X _ et de Y _ SA pour
xxx’xxx francs.
X _ a refusé de vendre l'appartement aux demandeurs. X _ vit
actuellement avec son épouse, après avoir quitté ZZ _, au chemin xxx (pce
14).
X _ a encore proposé aux époux V-W_ une villa en remplacement
de l'appartement, pour le prix de x’xxx’xxx fr., puis avec un agrandissement du bâtiment,
pour le prix de x’xxx’xxx fr. (pces 15, 16, 23) en leur faisant signer une promesse de
vente écrite sur un bien d’autrui (9 avril 2014), sans passer par un notaire pour assurer
la forme authentique, et un contrat de construction de villa clé en main à sa société
Y _ SA (pce 16). V _ et son épouse ont acquis l'immeuble de
Z _ SA (pce 17 ; 15.11.2015). Le 20 novembre 2015, devant Me Q _,
ils ont acheté la parcelle n° xx5, pour le prix de x’xxx’xxx fr. (pce 17). Comme indiqué,
en divers versements, V _ et W _ ont versé xxx’xxx fr. (et non pas
xxx’xxx fr.) à Y _ SA et à Z _ SA.
Le 28 janvier 2016, agissant pour les demandeurs, WWW _ a résilié avec effet
immédiat le mandat d'architecte de G _. WWW _ a aussi résilié le
mandat d'architecte de Y _ SA. L'expertise privée de YYY _ SA
(XXX _) a révélé des défauts (étanchéité de l'éclairage zénithal de l'étage).
L’acte de vente du 20 novembre 2015 a été annulé le 6 septembre 2016 ; il a été mis fin
- 60 -
au bail de l'appartement de xxx, par convention sous seing privé du 30 août 2006.
L’avocate des demandeurs a réclamé à X _ et ses sociétés, le 21 avril 2017,
le remboursement des versements effectués selon elle (xxx’xxx fr. ; xxx’xxx fr.). Elle a
encore réclamé un montant de xx’xxx fr. correspondant à la moitié des frais payés par
les demandeurs à WWW _, à l’architecte XXX _ et à
Me M _ (all. 46). Cela représente x’xxx’xxx fr., avec intérêts à 5% dès le 30
août 2016. X _ réclamait xx’xxx fr. pour les meubles, xxx’xxx de loyers
(MM _) et xxx’xxx fr.(villa de XX _), à savoir un total de x’xxx’xxx
francs.
3. Dans son mémoire-conclusions, s’agissant de la villa de XX _ (p. 8 ss),
Me M _ relève que V _ a effectué un premier versement de
xxx’xxx fr. le 8 mai 2014 en faveur de Y _ SA (pce 13), et les autres versements
(xxx’xxx fr.) avant la signature de l'acte. Les parties ont annulé l'acte de vente du
20 novembre 2005 par convention sous seing privé du 30 août 2006 (pce 21), puis par
l’acte d'annulation du 6 septembre 2016 (pce 22). Selon Me M _ (p. 9 s.), la
résolution du contrat de vente immobilière a modifié le contenu du contrat. Selon elle,
chaque partie doit restituer les prestations déjà faites (ATF 114 II 152, c. 2c/aa). Selon
elle, l'obligation de restitution est une obligation contractuelle, soumise selon elle à la
prescription décennale de l'art. 127 CO. Selon elle, les parties doivent être replacées
dans la situation qui serait la leur si elles n'avaient jamais conclu le contrat (ATF 123 III
16). Selon elle, l'acheteur doit restituer la chose (art. 208 al. 1 CO) et le vendeur le prix
payé (art. 208 al. 2, 2ème ph. CO). Selon Me M _ (p. 10), les parties
défenderesses doivent réduire leur dommage, selon l'art. 44 al. 1 CO, applicable à la
responsabilité contractuelle. Selon elle, elles n'ont pas démontré qu'elles n'avaient pas
pu inclure les plus-values, notamment celles retenues par l'expert EE _, dans
le prix de revente, ni démontré avoir dû procéder à des travaux de xxx’xxx fr. pour
permettre cette revente. Me M _ indique que les demandeurs ont récupéré le
montant de l'emprunt bancaire qui a été restitué à la banque à concurrence de
x’xxx’xxx fr. Selon Me M _ (p. 10), les demandeurs n’ont pas reçu en retour
xxx’xxx fr. (xxx’xxx fr. et xxx’xxx fr.).
- 61 -
Dans son mémoire-conclusions, s’agissant de l’appartement de MM _ (p. 14
s.), Me M _ relève que ses clients ont donné mandat à X _ d'acquérir
un appartement, puis de le leur vendre une fois en possession de leur permis de séjour.
Selon Me M _, reprenant la teneur de ses écritures, ses clients ont payé :
1) 08.07.2008: virement à X _ Fr. xxx’xxx.-
2) 19.11.2008: virement à Y _ SA Fr. xxx’xxx.-
3) 01.04.2009: virement III _ prêt hypothécaire Fr. x’xxx.-
4) 04.08.2009: virement III _ prêt hypothécaire Fr. x’xxx.-
5) 10.08.2009: virement à Y _ SA charges PPE Fr. x’xxx.-
6) 13.08.2009: virement à X _ Fr. x’xxx.-
7) 14.10.2009: virement à JJJ _ Fr. x’xxx.-
8) 30.10.2009 : virement à X _ charges PPE Fr. x’xxx.-
9) 10.12.2009: virement à X _ Fr. x’xxx.-
10) 25.10.2010: virement à Me DDD _, note frais cédule Fr. x’xxx.-
11) 27.10.2010: virement à X _ Fr. x’xxx.-
12) 10.11.2010: virement à M. KKK _, peinture Fr. x’xxx.-
13) 14.09.2011: virement à X _ Fr. x’xxx.-
14) 23.09.2011: virement à X _ charges PPE Fr. x’xxx.-
15) 17.10.2011: virement à X _ charges PPE Fr. x’xxx.-
16) 22.12.2011: virement à X _ Fr. x’xxx.-
17) 06.07.2012: virement à X _ Fr. xx’xxx.-
18) 20.03.2012 :virement à Me DDD_; acte X//EEE _ Fr. xx’xxx.-
19) 02.10.2012: virement à X _ Fr. x’xxx.-
20) 21.12.2012: virement à X _ Fr. x’xxx.-
21) 22.05.2013: virement à X _ charges PPE Fr. x’xxx.-
- 62 -
22) 04.02.2014: virement à X _ Fr. x’xxx.-
23) 05.05.2014: virement à X _ charges PPE Fr. x’xxx.-
24) 18.08.2014: virement à X _ Fr. x’xxx.-
25) 14.10.2014: virement à M. X _ annuités hypothèques Fr. x’xxx.-
26) 04.02.2015: virement à X _ Fr. x’xxx.-
27) 17.02.2015: virement à X _ Fr. x’xxx.-
28) 28.04.2015: virement à X _ charges PPE Fr. x’xxx.-
29) 11.08.2015: virement à X _ Fr. x’xxx.-
30) 29.10.2015: virement à X _ Fr. x’xxx.-
31) 02.02.2016: virement à X _ Fr. xxx.-
Total : Fr. xxx’xxx.-
En réalité, comme indiqué plus haut, il n’est pas établi qu’un des montants de
xxx’xxx fr. a été versé.
Me M _ relève qu’on doit admettre que, conformément à la réalité économique,
qu’il y a identité de personnes et que les rapports de droit liant l'une lient également
l'autre (arrêt 5A_113/2018 du 12 septembre 2018, consid. 8.3.1), de sorte que, selon
elle, X _ et Y _ SA en liquidation doivent être tenus solidairement
entre eux du paiement de xxx’xxx francs.
Dans son mémoire-conclusions, s’agissant du récapitulatif de la villa de XX _
(p. 16), Me M _ relève que selon la promesse de vente, nulle, du 9 avril 2014,
le prix était de x’xxx’xxx fr., que les demandeurs ont conclu un contrat d'entreprise
générale avec Y _ SA pour ce prix, que xxx’xxx fr. avaient déjà été payés au
vendeur, que les versements suivants ont été effectués :
1) 08.05.2014: virement à Y _ SA Fr. xxx’xxx.-
2) 13.04.2015: virement à Z _ SA Fr. xx’xxx.-
- 63 -
3) 30.04.2015 : virement à Z _ SA Fr. xx’xxx.-
4) 03.06.2015: virement à Z _ SA Fr. xx’xxx.-
5) 01.07.2015 : virement à Z _ SA Fr. xx’xxx.-
6) 03.08.2015: virement à Z _ SA Fr. xx’xxx.-
7) 29.10.2015: virement à Z _ SA Fr. xx’xxx.-
8) 03.12.2015 : virement à Z _ SA Fr. xx’xxx.-
Total : Fr. xxx’xxx.-
En réalité, comme relevé plus haut, il n’est pas établi qu’un des montants de xx’xxx fr. a
été versé.
4. Les défendeurs invoquent la prescription. Selon l’art. 127 CO, toutes les actions se
prescrivent par dix ans, lorsque le droit civil fédéral n’en dispose pas autrement. Selon
l’art. 128 CO, se prescrivent par cinq ans : 1. les loyers et fermages, les intérêts de
capitaux et toutes autres redevances périodiques ; 2. les actions pour fournitures de
vivres, pension alimentaire et dépenses d’auberge ; 3. les actions des artisans, pour leur
travail; des marchands en détail, pour leurs fournitures; des médecins et autres gens de
l’art, pour leurs soins; des avocats, procureurs, agents de droit et notaires, pour leurs
services professionnels; ainsi que celles des travailleurs, pour leurs services. Selon l’art.
129 CO, les délais de prescription fixés dans le présent titre ne peuvent être modifiés
conventionnellement. Selon l’art. 130 al. 1 CO (début de la prescription), la prescription
court dès que la créance est devenue exigible. Selon l’art. 130 al. 2 CO, si l’exigibilité de
la créance est subordonnée à un avertissement, la prescription court dès le jour pour
lequel cet avertissement pouvait être donné. Selon l’art. 131 al. 1 CO (prestations
périodiques), en matière de rentes viagères et autres prestations périodiques
ana-logues, la prescription court, quant au droit d’en réclamer le service, dès le jour de
l’exigibilité du premier terme demeuré impayé. Selon l’art. 131 al. 2 CO, la prescription
de la créance entraîne celle des arrérages. Selon l’art. 132 al. 1 CO (supputation des
délais), dans le calcul des délais, le jour à partir duquel court la prescription n’est pas
compté et celle-ci n’est acquise que lorsque le dernier jour du délai s’est écoulé sans
avoir été utilisé. Selon l’art. 132 al. 2 CO, les règles relatives à la computation des délais
en matière d’exécution des obligations sont d’ailleurs applicables. Selon l’art. 133 CO
(prescription des accessoires), la prescription de la créance principale entraîne celle des
- 64 -
intérêts et autres créances accessoires. Selon l’art. 135 CO (actes interruptifs), la
prescription est interrompue: 1. lorsque le débiteur reconnaît la dette, notamment en
payant des intérêts ou des acomptes, en constituant un gage ou en fournissant une
caution; 2. lorsque le créancier fait valoir ses droits par des poursuites, par une requête
de conciliation, par une action ou une exception devant un tribunal ou un tribunal arbitral
ou par une intervention dans une faillite. Selon l’art. 136 al. 1 CO (effets de l’interruption
envers des coobligés), la prescription interrompue contre l’un des débiteurs solidaires
ou l’un des codébiteurs d’une dette indivisible l’est également contre tous les autres, si
l’interruption découle d’un acte du créancier. Selon l’art. 137 al. 1 CO, un nouveau délai
commence à courir dès l’interruption. Selon l’art. 137 al. 2 CO, si la dette a été reconnue
dans un titre ou constatée par un jugement, le nouveau délai de prescription est toujours
de dix ans. Selon l’art. 138 al. 1 CO (fait du créancier), la prescription interrompue par
l’effet d’une requête en conciliation, d’une action ou d’une exception recommence à
courir lorsque la juridiction saisie clôt la procédure. Selon l’art. 138 al. 2 CO, si
l’interruption résulte de poursuites, la prescription reprend son cours à compter de
chaque acte de poursuite. Selon l’art. 142 CO (invocation de la prescription), le juge ne
peut suppléer d’office le moyen résultant de la prescription.
Selon l’art. 60 al. 1 CO (prescription), l’action en dommages-intérêts ou en paiement
d’une somme d’argent à titre de réparation morale se prescrit par trois ans à compter du
jour où la partie lésée a eu connaissance du dommage ainsi que de la personne tenue
à réparation et, dans tous les cas, par dix ans à compter du jour où le fait dommageable
s’est produit ou a cessé (en vigueur dès le 1.1.2020). Selon l’art. 60 al. 2 CO, si le fait
dommageable résulte d’un acte punissable de la personne tenue à réparation, elle se
prescrit au plus tôt à l’échéance du délai de prescription de l’action pénale, nonobstant
les alinéas précédents. Si la prescription de l’action pénale ne court plus parce qu’un
jugement de première instance a été rendu, l’action civile se prescrit au plus tôt par trois
ans à compter de la notification du jugement (en vigueur dès le 1.1.2020). Selon l’art. 60
al. 3 CO, si l’acte illicite a donné naissance à une créance contre la partie lésée, celle-ci
peut en refuser le paiement lors même que son droit d’exiger la réparation du dommage
serait atteint par la prescription.
L’art. 60 CO est soustrait au renvoi de l’art. 99 al. 3 CO (ATF 80 II 256, c. 4 ; CR CO –
THÉVENOZ, n. 24 ad Intro. art. 97-109 CO). La prescription d’une année de l’art. 60 al. 1
- 65 -
CO (en vigueur lors des faits) ne s’applique ainsi pas, sous l’angle de la responsabilité
contractuelle.
5. Les défendeurs invoquent l’enrichissement illégitime. Selon l’art. 62 al. 1 CO, celui
qui, sans cause légitime, s’est enrichi aux dépens d’autrui, est tenu à restitution. Selon
l’art. 62 al. 2 CO, la restitution est due, en particulier, de ce qui a été reçu sans cause
valable, en vertu d’une cause qui ne s’est pas réalisée, ou d’une cause qui a cessé
d’exister. Selon l’art. 63 al. 1 CO (paiement de l’indu), celui qui a payé volontairement ce
qu’il ne devait pas ne peut le répéter s’il ne prouve qu’il a payé en croyant, par erreur,
qu’il devait ce qu’il a payé. Selon l’art. 63 al. 2 CO, ce qui a été payé pour acquitter une
dette prescrite ou pour accomplir un devoir moral ne peut être répété. Selon l’art. 64 CO,
il n’y a pas lieu à restitution, dans la mesure où celui qui a reçu indûment établit qu’il
n’est plus enrichi lors de la répétition; à moins cependant qu’il ne se soit dessaisi de
mauvaise foi de ce qu’il a reçu ou qu’il n’ait dû savoir, en se dessaisissant, qu’il pouvait
être tenu à restituer. Selon l’art. 65 al. 1 CO (droits résultant des impenses), le défendeur
a droit au remboursement de ses impenses nécessaires ou utiles; néanmoins, s’il était
déjà de mauvaise foi lors de la réception, les impenses utiles ne lui sont remboursées
que jusqu’à concurrence de la plus-value existant encore au moment de la restitution.
Selon l’art. 65 al. 2 CO, les autres impenses ne lui donnent droit à aucune indemnité,
mais il a la faculté d’enlever, avant toute restitution, ce qu’il a uni à la chose et qui en
peut être séparé sans dommage pour elle, si le demandeur ne lui offre la contre-valeur
de ses impenses. Selon l’art. 67 al. 1 CO (prescription), l’action pour cause
d’enrichissement illégitime se prescrit par trois ans à compter du jour où la partie lésée
a eu connaissance de son droit de répétition et, dans tous les cas, par dix ans à compter
de la naissance de ce droit (en vigueur depuis le 1er janvier 2020 ; RO 2018 5343; FF
2014 221). Selon l’art. 67 al. 2 CO, si l’enrichissement consiste en une créance contre
la partie lésée, celle-ci peut en refuser le paiement lors même que ses droits seraient
atteints par la prescription. Avant le 1er janvier 2020, selon l’art. 67 al. 1 CO (prescription),
l’action pour cause d’enrichissement illégitime se prescrit par un an à compter du jour où
la partie lésée a eu connaissance de son droit de répétition et, dans tous les cas, par dix
ans à compter de la naissance de ce droit. L’ancien art. 67 al. 1 CO est applicable en
l’espèce, conformément à l’art. 49 Tit. fin. CC. A cet égard, le nouvel art. 49 al. 1 Tit. fin.
CC indique : « Lorsque le nouveau droit prévoit des délais de prescription plus longs que
l’ancien droit, le nouveau droit s’applique dès lors que la prescription n’est pas échue en
vertu de l’ancien droit ». Le nouveau délai plus long n’est applicable que si le délai de
- 66 -
prescription court encore au moment de l’entrée en vigueur du nouveau droit, à savoir
en l’espèce le 1er janvier 2020 ; il est exclu de raccourcir, par le biais du droit transitoire,
un délai en cours ; si l’action est déjà prescrite selon l’ancien droit, l’entrée en vigueur
du nouveau droit n’entraîne pas une annulation rétroactive de la prescription et une
application du nouveau délai : l’action reste prescrite (LF du 15 juin 2018 ; Révision du
droit de la prescription ; Message, p. 221 ss, 254 ; TERCIER/PICHONNAZ, Le droit des
obligations, 6e éd., n. 1662).
6. Avec leur convention d’annulation, puis avec leur acte authentique d’annulation, les
parties ont volontairement mis fin à leurs relations contractuelles, de manière réciproque
et concordante. Leurs relations contractuelles n’ont ainsi pas pris fin à la suite d’une
résolution prononcée par une partie créancière en raison de la demeure d’une partie
débitrice (art. 107 al. 2 CO). En l’absence d’une résolution, les rapports contractuels ne
se sont pas transformés en rapports de liquidation. Une telle transformation n’a d’ailleurs
été ni alléguée, ni prouvée. En réalité, les prestations effectuées par les demandeurs
aux défendeurs ont été reçues par ces derniers en vertu de causes qui ont cessé
d’exister (art. 62 al. 2 CO). Un acte d'annulation a notamment été signé le 6 septembre
2016 (p. 346). Ainsi, avec raison, les défendeurs invoquent la prescription de l’art. 67
CO, dans sa teneur lors des faits. Selon Me N _, la convention de ne pas
maintenir le contrat de vente enlève au transfert toute cause valable ; la propriété reste
au disposant qui peut la revendiquer ; le prix payé doit être restitué selon l'art. 62 CO.
Comme indiqué, l'action pour cause d'enrichissement illégitime se prescrit par un an à
compter du jour où la partie lésée a eu connaissance de son droit de répétition, et, dans
tous les cas, par dix ans dès la naissance de ce droit (art. 67 CO, ancienne teneur).
Sous l’angle de la responsabilité délictuelle – que les demandeurs n’invoquent plus dans
leur mémoire-conclusions – l’action en dommages-intérêts se prescrit par un an à
compter du jour où la partie lésée a eu connaissance du dommage ainsi que de la
personne qui en est l’auteur (art. 60 al. 1 CO, ancienne teneur, cf. art. 49 Tit. fin.).
S’agissant des effets de l’inexécution des obligations (art. 97 ss CO), l’art. 60 CO n’est
pas applicable par le renvoi de l’art. 99 al. 3 CO (ATF 80 II 256, 258). De plus, en
l’absence d’un éventuel acte pénalement punissable – que les demandeurs n’invoquent
pas –, un éventuel délai de prescription de l’action pénale (art. 60 al. 2 CO) n’entre pas
en ligne de compte.
- 67 -
Par contre, contrairement à l’opinion de Me M _ (mémoire-conclusions, p. 8),
l'action pour cause d'enrichissement illégitime se prescrit par un an à compter du jour où
la partie lésée a eu connaissance de son droit de répétition, et, dans tous les cas, par
dix ans dès la naissance de ce droit (art. 67 CO dans sa teneur lors des faits, art. 49 Tit.
fin.). Les délais de l’art. 67 CO s’appliquent à toutes les actions en enrichissement
illégitime. On ne saurait en conséquence appliquer la prescription de l’art. 127 CO à une
action découlant de l’art. 62 CO, au motif que les délais de prescription ne font pas partie
de la règlementation de l’enrichissement illégitime (ATF 129 III 264, c. 4.1 ; CR CO –
CHAPPUIS, n. 2 ad art. 67 CO).
Ainsi, le départ du délai relatif d'un an – applicable en l’espèce – est le moment de la
connaissance effective par le créancier de son droit. Une convention signée le 30 août
2016 entre X _ et V _ et W _ prévoyait en son chiffre 2
l’annulation de l’acte authentique du 20 novembre 2015 (p. 322). L’acte d'annulation de
l'acte authentique du 20 novembre 2015 a été signé le 6 septembre 2016 (p. 346). Dès
le 30 août 2016, voire dès le 6 septembre 2016, les demandeurs savaient que les
paiements intervenus préalablement avaient été faits sans cause valable. Ces
paiements ont fait l'objet d'opérations de virements et de crédits sans cause valable.
L’action introduite le 8 septembre 2017 par devant le juge de commune a été initiée plus
d’un an après la connaissance de l’acte le 30 août 2016.
Ainsi, sous l’angle de l’art. 67 CO (ancienne teneur), applicable en l’espèce, l’action est
ainsi prescrite.
Dans son mémoire-conclusions, Me N _ indique à nouveau que la convention
d'annulation de l'acte authentique du 20 novembre 2015 a été signée le 30 août 2016,
confirmée dans tous ses aspects le 6 septembre 2016. Par conséquent, comme déjà
indiqué, dès le 30 août 2016, à tout le moins dès le 6 septembre 2016, les deux parties
demanderesses savaient que les éventuels paiements intervenus préalablement avaient
été faits sans cause juridique valable. Ainsi, les paiements ont fait l'objet d'opérations de
virements et de crédits sans cause valable. Ainsi, comme le rappelle Me N _
- 68 -
dans son mémoire-conclusions, l'action introduite le 8 septembre 2017 par devant le
juge de la commune de B _ a été initiée au-delà du délai d'un an. Eu égard à
l'exception de prescription, l'action doit ainsi être rejetée.
Sous cet angle, l’action est ainsi prescrite.
De surcroît, Me N _ indique qu’eu égard au contrat de bail, un montant qu’il
estime à 300'000 fr. doit être compensé avec les loyers.
7. Selon Me N _ le décompte de xxx’xxx fr. correspond aux prestations de
Y _ SA pour les demandeurs. Selon lui, n'y a pas d'enrichissement illégitime
de Y _ SA, car elle aurait réalisé des travaux. Selon Me N _ le
décompte lié à l'appartement de MM _ a été liquidé. De plus, s’agissant de
l’appartement de MM _, Me N _ excipe encore de la compensation.
Selon lui, les xxx’xxx fr. sont compensés avec les loyers et les charges liés à
l’appartement. Me N _ fait état des travaux de plus-values commandés par les
demandeurs pour xxx’xxx fr. (cf. aussi mémoire-conclusions, p. 20 ss). Selon
Me N _, V _ aurait réalisé un bénéfice de xxx’xxx fr., car il aurait
bénéficié des montants versés par DDDD _ lors de la vente du chalet à
ZZ _, propriété de X _ (cf. aussi mémoire-conclusions, p. 8). Selon
Me N _, le contrat de bail était un contrat simulé pour cacher la vente réelle
découlant de l'acte de vente immobilière du 27 juin 2008 (all. 122). Selon lui,
V _ a réalisé des travaux à l'intérieur de l'appartement, avec l’autorisation de
X _, mais sans engagement de sa part, aux frais de V _. Selon lui,
V _ serait ainsi débiteur de xxx’xxx fr. (100 mois de loyer à x’xxx fr.), de
xxx’xxx fr. (travaux commandés), de xx’xxx fr. de charges. Me N _ présente
un décompte final (mémoire-conclusions, p. 24) :
Décompte final Versement V _, appartement Fr. xxx’xxx.- Virements V _, villa Fr. xxx’xxx.- Versement V _, villa Fr. xxx’xxx.- TOTAL VERSE PAR V _ Fr. xxx’xxx.- Loyers non versés, appartement (Fr. xxx’xxx.-) Charges non versées, appartement (Fr. xx’xxx.-) LOYERS ET CHARGES NON VERSES (Fr. xxx’xxx.-) Plus-values V _, appartement (Fr. xxx’xxx.-)
- 69 -
Versement V _ Fr. xxx’xxx.- Plus-values V _, villa (Fr. xxx’xxx.-) Réparations V _, appartement (Fr. xx’xxx.-) Refaçonnement Villa après refus V _ (Fr. xxx’xxx.-) Avance fonds propres, X _ (Fr. xxx’xxx.-) TOTAL DES PLUS-VALUES ET AVANCES (Fr. xxx’xxx.-) TOTAL PLUS-VALUES, LOYERS ET CHARGES (Fr. x’xxx’xxx.-) SOLDE DÛ PAR V _ EN FAVEUR DE X _ x’xxx’xxx fr../. xxx’xxx.- (Fr. xxx’xxx.-) AFFAIRE JJ _ (Fr. xxx’xxx.-) SOLDE DÛ A X _ (sic! ) (Fr. x’xxx’xxx)
Eu égard à la prescription retenue, la question de la compensation peut rester indécise.
De surcroît, ces faits n’ont pas été pleinement allégués et encore moins prouvés. Une
expertise comptable sur ces points n’a pas été requise par les parties.
8. Me N _ relève encore que Z _ SA n'a pas participé à l'opération
de l'appartement de MM _, laquelle concerne X _ et
Y _ SA. Il relève que X _ n'a pas participé à la vente de
XX _, laquelle concerne Y _ SA et Z _ SA. Il relève que
Y _ SA n'est pas intervenue en qualité de propriétaire-vendeur. Il relève que
X _ n'est pas intervenu en qualité de propriétaire pour XX _. Il relève
que Y _ SA n'est pas intervenue en qualité de propriétaire pour
MM _. Il relève que Y _ SA n'est pas intervenue en qualité de
propriétaire pour XX _. Il relève que X _ n'est pas intervenu en
qualité d'entrepreneur. Il relève que Z _ SA est concernée par l'acte
d'annulation du 6 septembre 2017. Comme déjà indiqué, selon la théorie de la
transparence (ou Durchgriff), on ne peut pas s'en tenir dans tous les cas à l'existence
formelle de deux personnes juridiquement distinctes lorsque tout l'actif ou la quasi-
totalité de l'actif d'une société anonyme appartient soit directement, soit par personnes
interposées, à une même personne, physique ou morale; malgré la dualité de personnes
à la forme, il n'existe en réalité pas deux entités indépendantes, du moment que la
société est un simple instrument dans la main de son auteur, lequel, économiquement,
ne fait qu'un avec elle. On doit dès lors admettre, à certains égards, conformément à la
réalité économique, qu'il y a identité de personnes et que les rapports de droit liant l'un
lient également l'autre. Ce sera le cas chaque fois que le fait d'invoquer la dualité des
sujets constitue un abus de droit ou a pour effet une atteinte manifeste à des intérêts
légitimes. Ainsi, l'indépendance juridique entre l'actionnaire unique et la société
anonyme ne peut pas être invoquée dans un but qui ne mérite pas la protection de la loi,
comme par exemple pour éluder un contrat, une prohibition de concurrence ou encore
pour contourner une interdiction (arrêt 4A_417/2011 du 30 novembre 2011 et les réf.).
L'application du principe de la transparence suppose donc, tout d'abord, qu'il y ait identité
- 70 -
des personnes, conformément à la réalité économique, ou, en tout cas, la domination
économique d'un sujet de droit sur l'autre. Il faut ensuite que la dualité soit invoquée de
manière abusive, c'est-à-dire pour en tirer un avantage injustifié (arrêt 4A_58/2011 du
17 juin 2011 consid. 2.4.1 ; arrêt 5A_205/2016 du 7 juin 2016). En l'absence d'un abus
de droit, la dualité juridique reste la règle (ATF 113 II 31 consid. 2c p. 36). L’application
du principe de la transparence (Durchgriff) a lieu essentiellement lorsqu’un débiteur et
un tiers ont la même identité d’un point de vue économique (identité de personnes), ou
qu’il y a domination économique du premier sur le deuxième et l’invocation de
l’indépendance juridique entre les deux sujets juridiques apparaît manifestement
abusive. La jurisprudence distingue entre la transparence directe (Durchgriff) et la
transparence inversée (umgekehrter Durchgriff) (ATF 144 III 541, c. 8.3.4). La première
permet au créancier de rechercher l’actionnaire pour des dettes de la société, alors que,
inversement, la deuxième permet au créancier de rechercher la société pour des dettes
de l’actionnaire. De manière générale, la transparence (au sens large) peut porter sur
des dettes découlant d’actes illicites mais également d’un contrat (ATF 145 III 351).
En l’espèce, comme déjà indiqué, au moment des faits, Z _ SA, de siège social
à A _, au capital de xxx’xxx fr. avait X _ comme membre du conseil
au bénéfice d’une signature individuelle. Au moment des faits, Y _ SA, de
siège social à A _, au capital de xx’xxx fr. avait X _ comme
administrateur unique au bénéfice d’une signature individuelle. Comme l’attestent les
actes de la cause, X _ en est le propriétaire économique, lequel agissait seul
dans le cadre des divers contrats déposés en cause. Les défendeurs n’ont pas établi
une éventuelle intervention d’une éventuelle autre personne que X _ dans les
contrats et les manifestations de volonté litigieuses. Dans ces conditions, les défendeurs
ne peuvent pas invoquer de manière non abusive une éventuelle dualité juridique.
Comme dans les actes de la cause, au moment des faits, les défendeurs étaient en
réalité la seule et même personne, X _. Ils ne peuvent pas invoquer une
éventuelle violation de l’art. 85 CPC, en relevant que les demandeurs ne les distinguent
pas dans leurs conclusions. Comme déjà indiqué, les demandeurs sont ainsi en droit de
déposer à l’encontre des défendeurs des conclusions solidaires (art. 50 al. 1 CO,
également applicable par le renvoi de l’art. 99 al. 3 CO ; CR CO – THÉVENOZ, n. 22 ad
art. 99 CO).
9. Dans ces conditions, eu égard à ce qui précède, en raison de la prescription (cf.
supra), l’action doit être rejetée.
- 71 -
10. Selon l’art. 104 al. 1 CPC, le tribunal statue sur les frais en règle générale dans la
décision finale. Selon l’art. 105 al. 1 CPC, les frais judiciaires sont fixés et répartis
d'office. Selon l’art. 106 al. 1 CPC, les frais sont mis à la charge de la partie
succombante. La partie succombante est le demandeur lorsque le tribunal n'entre pas
en matière et en cas de désistement d'action ; elle est le défendeur en cas
d'acquiescement. L’art. 106 al. 2 CPC se réfère à une répartition proportionnelle et à la
mesure où chacune des parties a succombé. Pour déterminer cette mesure, il faut en
principe comparer ce que chaque partie obtient par rapport à ses conclusions. S’agissant
de prétentions en argent, un calcul mathématique est concevable (CR CPC -TAPPY, n.
34 ad art. 106 CPC). S’agissant des frais de la procédure de conciliation, ils suivent le
sort de la cause lorsque la demande est déposée (art. 207 al. 3 CPC).
Comme les parties demanderesses n’obtiennent pas gain de cause, les frais et les
dépens sont mis à leur charge. Les frais comprennent les débours et l’émolument. Ils
sont fixés conformément à la LTar.
11. L’émolument est fixé en fonction de la valeur litigieuse, de l’ampleur et de la difficulté
de la cause, de la façon de procéder des parties, ainsi que de leur situation financière
(art. 13 LTar). La valeur litigieuse déterminante pour le calcul de l'émolument de justice
est celle qui résulte des conclusions prises par les parties au débat final (RVJ 1971 p.
39, 1968 p. 35 ; RVJ 1986 p. 309), soit 1'059'178 fr. Selon l’art. 16 al. 1 LTar, l’émolument
de justice pour les contestations civiles de nature pécuniaire, soumises à la procédure
ordinaire ou simplifiée, et tranchées en première ou unique instance, est fixé, pour une
valeur litigieuse de plus de x’xxx’xxx fr. entre xx’xxx fr. et xxx’xxx francs.
Le degré de difficulté de la cause est ordinaire. Conformément aux principes de la
couverture des frais et de l'équivalence des prestations (art. 13 al. 2 LTar), les frais de
justice, à savoir ceux du tribunal de district pour la présente procédure C1 18 xxx, sont
de xx’xxx fr. [xx’xxx fr. d'émolument de justice de 1ère instance + xx’xxx fr. de débours
au sens des articles 5 ss LTar (à savoir xxx fr. + xxx fr. d'indemnités aux témoins, xxx fr.
de frais d’interprète, xxx fr. de frais de la D _, x’xxx fr. de frais d’expertise xxx
(R _), xx’xxx fr. de frais d’expertise (EE _), xx fr. pour les services
d'un huissier)].
Les frais sont couverts par les avances (xx’xxx fr.) faites par les demandeurs (xx’xxx fr.
= xx’xxx fr. + xx’xxx fr. + xxx fr. + x’xxx fr.), et par celles faites par X _
- 72 -
(xx’xxx fr. = x’xxx fr. + xxx fr.). Les demandeurs supportent les frais à hauteur de
xx’xxx fr., solidairement entre eux. Le greffe versera xx’xxx fr. aux défendeurs en
remboursement de leurs avances.
12. Les dépens, arrêtés globalement, comprennent les débours nécessaires, le
défraiement d’un représentant professionnel et, lorsque la partie n’a pas de représentant
professionnel, une indemnité équitable pour les démarches effectuées, dans le cas où
cela se justifie (art. 95 al. 3 CPC). Selon l’art. 32 al. 1 LTar, les honoraires des avocats
dans les contestations civiles de nature pécuniaire d’une valeur litigieuse de plus de
x’xxx’xxx fr. sont de 3,3% sans dépasser xxx’xxx fr. Les honoraires sont arrêtés entre le
minimum et le maximum prévu par le tarif, d’après la nature et l’importance de la cause,
ses difficultés, l’ampleur du travail, le temps utilement consacré par le conseil juridique
et la situation financière de la partie (art. 27 al. 1 LTar). Ils sont en règle générale
proportionnels à la valeur litigieuse (art. 27 al. 2 LTar).
En l’espèce, les parties défenderesses sont assistées d’un avocat professionnel. La
cause a nécessité des moyens de preuve simples (dépôt de documents, audition de
témoins et des parties). En la procédure C1 18 xxx, Me N _ est notamment
intervenu en déposant une réponse de 37 pages (7.5.18) avec annexes, une duplique
de 3 pages (10.9.18), en participant aux débats d’instruction (12.12.18) (14h30-15h35),
en déposant les pièces et les questionnaires (16.1.19), une détermination de 4 pages
(30.1.19), une détermination de 3 pages (19.2.19), en déposant d’autres questionnaires
(15.4.19), en assistant à l’audition des témoins (7.5.19) (09h00-11h50), en déposant
d’autres questionnaires (14.5.19), en assistant à l’audition des témoins et des parties
(28.5.19) (13h45-18h25), en écrivant une détermination de 2 pages (17.2.20), des lettres
d’une page, ainsi qu’un mémoire-conclusions de 26 pages, reprenant la teneur de ses
écritures (23/26.3.21).
Eu égard au temps utilement passé, il y a lieu de lui allouer des dépens à ce titre, au
sens de la LTar, ainsi que ses débours.
Eu égard aux actes de la cause et à la valeur litigieuse notamment, les dépens
(honoraires, TVA et débours compris) s’élèvent à xx’xxx francs. Ainsi, W _ et
V _ verseront, solidairement entre eux, xx’xxx fr. aux défendeurs, à titre de
dépens.
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Considerations: