Decision ID: c09f8836-1838-5327-8435-81bc44d6e6e2
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
1. Le 4 juillet 2007 a paru dans la Feuille d'Avis Officielle (ci-après : FAO) une communication de la présidente de la Cour de Justice de Genève faisant état de l'élection le 26 juin 2007 de plusieurs membres du Conseil supérieur de la Magistrature (ci-après : CSM). Était notamment élu M. Z_, juge.
Cet avis mentionnait que les recours contre la procédure électorale devaient être adressés au Tribunal administratif dans un délai de six jours à dater de la publication dudit communiqué.
2. Par acte posté le 10 juillet 2007, M. X_, avocat, a recouru en son nom et en celui de sa cliente, Mme A_, contre l'élection de M. Z_.
En application de l'article 2 alinéa 3 de la loi instituant un Conseil supérieur de la magistrature du 25 septembre 1997 (
E 2 20
- ci-après : la loi), un magistrat ayant fait l'objet d'une sanction ne pouvait siéger au conseil pendant une période de 5 ans à compter du prononcé de la sanction.
M. Z_ ne pouvait ainsi pas siéger valablement au sein du CSM puisqu'une procédure était pendante contre lui devant cette autorité. Les recourants indiquaient en effet avoir déposé une plainte le 7 mai 2007, complétée par une dénonciation le 29 mai 2007, contre M. Z_, en sa qualité de vice-président du Tribunal de première instance, celui-ci ayant refusé à plusieurs reprises d'accorder l'assistance juridique à Mme A_.
Les recourants concluaient préalablement à l'octroi de l'effet suspensif et principalement à l'annulation de l'élection de M. Z_.
3. Par décision du 13 juillet 2007, le juge délégué, p.o. le président du tribunal de céans, a constaté que le recours avait effet suspensif de par la loi, la décision attaquée n'ayant pas été déclarée exécutoire nonobstant recours.
Un délai au 15 août 2007 a été fixé à M. Z_ et au CSM pour répondre sur le fond.
4. Le 16 juillet 2007, M. Z_ a conclu au rejet du recours dans la mesure où il était recevable. A ce jour, il n'avait fait l'objet d'aucune sanction de la part du CSM.
5. Le 19 juillet 2007, la présidente du CSM a relevé que ledit conseil n'était pas partie à la procédure pas plus qu'il n'était autorité intimée.
Au surplus, M. Z_ n'avait fait l'objet d'aucune sanction disciplinaire à ce jour.
Etait jointe une formule officielle datée du 21 mai 2007 aux termes de laquelle, en application de l'article 1 alinéa 1 in fine du règlement relatif à l'élection de certains membres du CSM du 8 juin 1998 (
E 2 20.03
- ci-après : le règlement), la présidente de la Cour de Justice et Monsieur le Procureur général avaient constaté que les juges candidats à cette élection - dont M. Z_ - répondaient entièrement aux exigences légales (art. 2 LCSM).
6. Le 23 juillet 2007, ces pièces ont été transmises aux recourants avec la mention que la cause était gardée à juger.

Considerations:
EN DROIT
1. Le recours a été interjeté dans le délai de six jours prescrit par l'article 63 alinéa 1 lettre c de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).
2. La question de savoir si les recourants disposent d'un intérêt direct et actuel à voir cette élection annulée, comme le requiert l'article 60 lettre b LPA, peut rester ouverte, le recours devant être rejeté dans la mesure où il est recevable.
3. La loi sur l'exercice des droits politiques du 15 octobre 1982 est applicable à titre supplétif (art. 5 du règlement).
Le Tribunal administratif, autorité supérieure ordinaire de recours en matière administrative (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 12 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
), est la juridiction instituée par l'article 180 de la loi sur l'exercice des droits politiques du 15 octobre 1982 (LEDP -
A 5 05
).
4. L'article 2 de la loi fixe la composition du CSM. Son alinéa 3 prévoit qu'"un magistrat ayant fait l'objet d'une sanction ne peut siéger au conseil pendant une période de 5 ans à compter du prononcé de la sanction".
5. Il résulte des réponses de M. Z_ et de la présidente du CSM qu'à ce jour, M. Z_ n'a fait l'objet d'aucune sanction, malgré la plainte et la dénonciation déposées contre lui par les recourants.
Les conditions d'application de l'article 2 alinéa 3 de la loi ne sont ainsi pas remplies.
6. Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge des recourants, pris conjointement et solidairement, en application de l'article 87 LPA, l'article 10 a contrario du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 (
E 5 10.03
) ne prévoyant pas la gratuité pour ce type de procédure (
ATA/174/2007
du 17 avril 2007 ;
ATA/817/2005
du 29 novembre 2005 ;
ATA/513/2005
du 19 juillet 2005).
* * * * *