Decision ID: 1448f6a0-c56e-44b3-836d-020abcf26431
Year: 2017
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Faits:
A. Par envoi du 6 juillet 2016, B. SA a déposé plainte pénale contre C. GmbH,
A. et D. auprès du Ministère public du canton de Vaud (ci-après: MP-VD).
Les faits dénoncés portent en substance sur une tentative d'escroquerie (art.
146 CP) dont se serait rendu coupable notamment A. en se prétendant man-
daté par B. SA, auprès d'un client de celle-ci, pour la promotion d'un projet
immobilier (act. 4.1, annexe). La tentative d'escroquerie aurait pris la forme
d'un courriel adressé le 27 juin 2016 au client en question.
B. Ensuite d'un échange de vues intervenu entre le MP-VD et le Ministère public
du canton de Bâle-Ville (ci-après: MP-BS), ce dernier a, par ordonnance du
26 juillet 2016, accepté de reprendre la procédure à son compte, et ce no-
tamment en suivant le motif invoqué par le MP-VD dans sa requête, et selon
lequel "le mail litigieux a très certainement été envoyé depuis les bureaux de
la société C. GmbH" (act. 4.1, annexe).
C. Par courrier du 29 novembre 2016, A. a informé le MP-BS que "jene Mail,
bei der ich dieses Dokument geschickt habe, wurde in Genf geschickt" (act.
4.1, annexe).
Par courrier du 30 novembre 2016, A. a, une nouvelle fois, fait savoir au MP-
BS que "jene Mail, bei der ich dieses Dokument geschickt habe, wurde in
Genf geschickt" (act. 4.1, annexe).
Entendu en présence de son avocat le 1er décembre 2016 par le MP-BS, A.
s'est notamment vu poser la question suivante: "Von wo aus haben Sie die
E-Mails verschickt? Von wo aus tätigen oder tätigten Sie überhaupt Ihre Ge-
schäftstätigkeit der Firma C. GmbH?". Ce à quoi il a répondu: "Von Genf aus,
von Bibliothecken oder einen PC bei einer öffentlichen Verwaltung" (act. 4.1,
annexe).
D. Sur le vu de ces déclarations, le MP-BS a, en date du 6 décembre 2016,
requis du Ministère public du canton de Genève (ci-après: MP-GE), la reprise
de la procédure au motif que "[a]ngesichts dieser neuen Ermittlungserkenn-
tisse ist davon auszugehen, dass der Tatort für die deliktischen Handlungen
in Genf liegt" (act. 4.1, annexe).
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Par courrier du 11 décembre 2016 au MP-BS, A. a indiqué à cette autorité
que "[n]ach Wiederherstellung meines Schedules für den betroffenen Tag
komme ich zum Schluss, am 27. Juni war ich bei der Stadt Fribourg. Auf
jeden Fall stellt mir gar kein Problem, Basel-Stadt als Gerichtsstand zu ha-
ben" (act. 3.2).
E. Par ordonnance du 13 décembre 2016, le MP-GE a accepté la requête du
MP-BS et prononcé la reprise de la procédure en ses mains, au motif qu'il
"ressort du dossier que les courriels ont été adressés depuis Genève (audi-
tion du prévenu du 1er décembre 2016, p. 5)" (act. 1.2).
F. Par acte du 30 décembre 2016, A. a recouru contre la décision susmention-
née et conclu à ce que les autorités de poursuite pénale du canton de Bâle-
Ville soient déclarées compétentes pour instruire et juger les faits dénoncés
dans la plainte pénale de B. SA (act. 1, p. 10).
Appelés à répondre au recours, tant le MP-BS que le MP-GE ont conclu à
son rejet (act. 3 et 4). Le recourant a déposé une réplique en date du 21
janvier 2017 (act. 6), laquelle a été transmise pour information aux ministères
publics concernés (act. 7).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

Considerations:
La Cour considère en droit:
1.
1.1 Lorsque plusieurs autorités paraissent compétentes à raison du lieu, les mi-
nistères publics concernés se communiquent sans délai les éléments essen-
tiels de l'affaire et s'entendent aussi vite que possible sur le for (art. 39 al. 2
CPP). En présence d'une décision formelle, les parties peuvent attaquer
dans les dix jours, devant l'autorité compétente, l'attribution du for décidée
par les ministères publics concernés (art. 41 al. 2 CPP; BERTOSSA, in Com-
mentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, n° 4 ad art. 41;
JEANNERET/KUHN, Précis de procédure pénale, 2013, n° 3032 et les réfé-
rences citées).
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1.2 L'art. 41 al. 2 CPP aménage une voie de recours permettant aux parties de
soumettre à l'autorité compétente – soit la Cour de céans lorsque se pose la
question de la compétence intercantonale (art. 40 al. 2 CPP en lien avec les
art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur l'organisation des autorités pénales de la
Confédération [LOAP; RS 173.71] et 19 al. 1 du règlement sur l'organisation
du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; RS 173.731.161]) – l'attribution du for dé-
cidée par les ministères publics concernés. Cette règle découle de l'art. 30
al. 1 Cst. qui garantit le droit d'être jugé par un tribunal compétent. L'exercice
de ce droit suppose en effet que les parties disposent, à une reprise au
moins, de la faculté de soumettre à une autorité de recours toute décision
d'un ministère public en matière de compétence ou de for (BERTOSSA, op.
cit., ibidem). Il s'agit en d'autres termes d'éviter que le droit de l'intéressé à
être jugé par un tribunal compétent soit violé. La démarche du recourant
s'inscrit précisément dans le cadre susmentionné, puisqu'il s'en prend à l'at-
tribution de for décidée d'entente entre le MP-BS et le MP-GE.
1.3 Les conditions de forme préalables à la recevabilité du recours ne prêtent en
l'espèce pas à discussion, de sorte qu'il convient d'entrer en matière sur le
fond.
2. Le recourant reproche en substance au MP-GE de ne pas avoir tenu compte
de sa demande de rectification du procès-verbal d'audition du 1er décembre
2016, rectification qui, selon lui, aurait eu pour conséquence de modifier le
lieu de commission de l'infraction à lui reprochée (act. 1, p. 2 s.; v. supra
let. D).
2.1 L'art. 31 al. 1 CPP dispose que l’autorité du lieu où l’acte a été commis est
compétente pour la poursuite et le jugement de l’infraction. S'agissant d'une
escroquerie, cette dernière est commise au lieu où l'auteur a astucieusement
induit en erreur une personne par des affirmations fallacieuses ou par la dis-
simulation de faits vrais et a de la sorte déterminé la victime à des actes
préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d’un tiers (décision du
Tribunal pénal fédéral BG.2014.6 du 21 mars 2014, consid. 2.7;
SCHWERI/BÄNZIGER, Interkantonale Gerichtsstandsbestimmung in Straf-
sachen, 2e éd. 2004, no 65).
2.2 En l'espèce, la tentative d'escroquerie reprochée au recourant a pris la forme
d'un courrier détaillé, adressé par messagerie électronique, dans lequel il se
faisait passer pour un courtier immobilier (C. GmbH) affirmant être en rela-
tion avec E. "depuis près de vingt ans" et avoir reçu l'autorisation de ce der-
nier pour la promotion du projet immobilier décrit dans ledit courrier.
- 5 -
Le dossier de la cause permet de retenir ce qui suit s'agissant du lieu où le
recourant a déployé l'activité liée à l'élaboration du courrier litigieux:
Avant d'être entendu par les autorités de poursuite bâloises en date du
1er décembre 2016, le recourant a adressé deux courriers au MP-BS, soit les
29 et 30 novembre 2016, en indiquant en toutes lettres que le courrier liti-
gieux avait été envoyé de Genève (v. supra let. C).
Dans le prolongement de ces déclarations écrites, le recourant a été entendu
en présence de son avocat le 1er décembre 2016 par le MP-BS. Il a notam-
ment été expressément interrogé sur deux éléments connexes, soit le lieu à
partir duquel il avait envoyé le courriel litigieux, d'une part, et le lieu à partir
duquel il déployait son activité par l'intermédiaire de la société C. GmbH,
d'autre part (v. supra let. C). Le recourant a répondu qu'il le faisait à partir de
Genève, dans des bibliothèques ou à partir d'un PC d'une administration pu-
blique (v. supra let. C in fine).
2.3 Les éléments qui précèdent permettent de retenir que c'est bien dans le can-
ton de Genève qu'a été développé et concrétisé le processus ayant mené à
la tentative d'escroquerie aujourd'hui sous enquête. La demande de "rectifi-
cation" formée par le recourant et tendant à revenir sur ses déclarations de-
vant le MP-BS (v. supra let. D) ne change rien à ce constat. Qu'il se soit
trouvé, le 27 juin 2016, à Genève ou à Fribourg au moment d'appuyer sur le
bouton "envoi" du courriel en question ne joue pas de rôle, dès lors que cette
action ne constitue qu'un maillon de la chaîne d'actions ayant conduit à la
tentative d'escroquerie. Or l'ensemble des déclarations du recourant devant
l'autorité de poursuite bâloise constitue un faisceau d'indices suffisant, au
moment d'arrêter la compétence ratione loci, que ledit recourant a déployé
la majeure partie de son activité en terres genevoises, ainsi que cela ressort
notamment de sa réponse à la double question du MP-BS (v. supra consid.
2.2 in fine et let. C in fine).
Sur le vu de ce qui précède, force est de constater que le lieu de commission
de l'infraction reprochée au recourant se trouve à Genève. Partant, c'est à
juste titre que le MP-GE a repris la procédure pendante devant les autorités
bâloises. Les motifs d'opportunité – soit en substance les difficultés et les
coûts liés au changement de défenseur (act. 1, p. 8) – invoqués par le re-
courant pour tenter de déroger au for légal ne sont pas pertinents. Admettre
le contraire reviendrait à interdire de facto tout transfert de procédure d'un
canton à l'autre.
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3. Le recours se révèle en définitive mal fondé et doit partant être rejeté.
4. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge des parties dans
la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé (art. 428 al. 1
CPP). Ainsi, en application des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal
pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la
procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162), ils seront fixés à
CHF 500.-- pour le recourant.
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