Decision ID: eada834e-1137-5545-a24e-b5598993996c
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
, l'ordonnance
OTPI/936/2021
du 9 décembre 2021, par laquelle le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal), statuant sur mesures provisionnelles en matière de mesures protectrices de l'union conjugale, a attribué à B_ la garde de l'enfant C_, née le _ 2005 (chiffre 1 du dispositif), réservé à A_ un droit aux relations personnelles devant s'exercer d'entente avec la mineure (ch. 2), donné acte à A_ de son engagement de continuer à assumer les charges de la maisons sis 23, chemin de la Paumière à Conches (intérêts hypothécaires, amortissement, assurances, charges d'entretien) et les primes d'assurance maladie (obligatoire et LCA) de B_ et de la mineure, l'y condamnant en tant que de besoin (ch. 3), donné acte à A_ de son engagement de verser en mains de son épouse, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, un montant de 1'000 fr. à titre de contribution à l'entretien de l'enfant, l'y condamnant en tant que de besoin (ch. 4), condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d'avance, un montant de 880 fr. à titre de contribution à son entretien (ch. 5), attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal et du mobilier le garnissant, ladite jouissance comprenant le jardin et le garage (ch. 6), donné acte à B_ de son engagement de donner accès au domicile conjugal à son époux à une reprise, en présence de tiers et à une date convenue entre les parties, pour qu'il puisse récupérer ses effets personnels (ch. 7), condamné A_ à verser à B_ une
provisio ad litem
de 10'000 fr. (ch. 8), renvoyé le sort des frais à la décision finale (ch. 9) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 9);
Vu l'appel formé le 23 décembre 2021 par A_ contre l'ordonnance du 9 décembre 2021, reçue le 14 décembre, concluant à l'annulation des chiffres 6, 7 et 8 de son dispositif et à l'attribution à lui-même de la jouissance exclusive du domicile conjugal et au déboutement de B_ de ses conclusions en versement d'une
provisio ad litem
;
Que préalablement, A_ a sollicité l'octroi de l'effet suspensif;
Que sur ce point, il a allégué avoir l'obligation, à l'égard de D_, créancière hypothécaire, d'occuper personnellement la maison familiale, qu'il avait financée seul; que faute d'obtenir l'effet suspensif, le prêt hypothécaire serait dénoncé et une procédure visant la vente dudit bien serait initiée; qu'à l'appui de ses allégations, il a produit un courriel de D_ du 17 décembre 2021, mentionnant le fait qu'au vu de l'attribution à B_ de la jouissance exclusive du domicile conjugal, une libération des deux polices d'assurance 3
ème
pilier avait été "avancée" (sic) et que sans amortissement extraordinaire de la dette hypothécaire, le dossier serait transféré au service du recouvrement de la banque, pour dénonciation de l'engagement pris, ledit service devant convenir avec A_ des modalités futures et des prochaines étapes relatives à la "tenue" du dossier de crédit;
Que dans sa réponse, B_ s'est opposée à l'octroi de l'effet suspensif, rappelant que son époux avait été condamné à quitter le domicile familial par ordonnance rendue sur mesures superprovisionnelles du 29 avril 2021;
Qu'il ressort du dossier que A_ ne vit plus au domicile familial;
Considérant,

Considerations:
EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, il ressort du dossier que A_ ne vit désormais plus au domicile familial;
Que le seul argument qu'il invoque pour solliciter le prononcé de l'effet suspensif est le risque qu'une procédure visant la vente de la maison soit initiée par la banque, au motif qu'il s'était engagé, en sa qualité de débiteur hypothécaire, d'occuper personnellement les lieux;
Que toutefois ce risque n'est pas rendu suffisamment vraisemblable;
Qu'il ressort certes du courrier de la banque que son dossier fait l'objet d'un examen par le service du recouvrement; que toutefois, ledit courriel ne fait aucune mention d'une procédure de vente forcée, qui n'apparaît en rien imminente;
Que pour le surplus, la Cour relève que le prononcé de l'effet suspensif ne permettrait pas le retour de A_ au sein du domicile familial, dans la mesure où la situation des parties serait alors à nouveau réglementée sur ce point par l'ordonnance rendue sur mesures superprovisionnelles le 29 avril 2021, qui a attribué la jouissance dudit domicile à l'épouse;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête formée par A_ sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais de la présence décision dans l'arrêt au fond;
* * * * *