Decision ID: 43b34f15-ebc4-44f5-be2f-8c59b5f2efdf
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE09.019834-JGA
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois contre
G._
pour injure et menaces, sur plainte de
V._
,
vu l'ordonnance du 9 décembre 2009, par laquelle le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur de G._ et a laissé les frais à la charge de l'Etat,
vu le recours exercé en temps utile par V._ contre cette décision,
vu le mémoire de G._,
vu la réponse de V._ au mémoire de G._,
vu le courrier de V._ du 30 janvier 2010,
vu les pièces du dossier;
attendu
que V._ et G._ sont tous les deux détenus aux [...],
que
V._ a déposé plainte le 3 août 2009 à l'encontre de G._ pour injure et menaces,
que le plaignant a expliqué s'être adressé à deux reprises au chef de l'atelier d'imprimerie,
X._
, alors que ce dernier s'entretenait avec le prévenu,
que lors de la deuxième intervention du plaignant auprès de
X._
,
G._ se serait levé et aurait saisi une paire de ciseaux,
que X._
se serait interposé pour calmer la situation et
G._ l'aurait alors insulté,
que le plaignant aurait refusé les excuses que le prévenu lui aurait présentées quelques minutes plus tard;
attendu que le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur de
G._
, considérant que les infractions en cause n'étaient pas réalisées,
que
V._ conteste cette décision,
que son recours ne porte que sur le non-lieu prononcé en faveur de
G._
sur le chef d'accusation de menaces,
que l'ordonnance n'est pas contestée pour le surplus;
attendu que se rend coupable de menaces au sens de l'art. 180 al. 1 CP, celui qui, par une menace grave, aura alarmé ou effrayé une personne,
que la réalisation de l'infraction suppose d'une part que la victime ait fait l'objet d'une menace grave, c'est-à-dire que l'auteur lui ait volontairement fait redouter la survenance d'un préjudice au sens large (TF 6S.377/2005 du 17 novembre 2005 c. 2; ATF 122 IV 97 c. 2b),
que pour déterminer si l'auteur a proféré une menace grave, il faut tenir compte de l'ensemble des circonstances dans lesquelles elle a été émise (ibidem; Corboz,
Les infractions en droit suisse, vol. I, Berne 2002, p. 644),
qu'il faut d'autre part que la victime ait effectivement été alarmée ou effrayée, le fait que le destinataire ait conscience d'être menacé ne suffisant pas (Corboz, op. cit., p. 645),
qu'en l'espèce, G._ a été entendu sur ce qui lui était reproché et a déclaré que le plaignant l'avait énervé en interrompant la discussion qu'il avait avec X._
(PV aud. 2),
qu'il a expliqué avoir alors pris un ciseau qui se trouvait sur la table, s'être levé et avoir dit au plaignant: "maintenant tu te tires" (ibidem),
qu'il a précisé que le plaignant était à 6 ou 7 mètres de lui et qu'il y a avait des tables ainsi que
X._
entre eux,
que le prévenu a déclaré que
X._
lui avait fait signe de se calmer et avait dit au plaignant de partir,
qu'il a affirmé être allé vers
V._ quelques minutes plus tard afin de s'excuser en lui tendant la main, ce dernier refusant toutefois ses excuses,
que X._
a été entendu en qualité de témoin et a déclaré que
G._ avait pris un ciseau dans la main et s'était levé (PV aud. 3),
qu'il a affirmé que le prévenu n'avait pas proféré de menaces à l'encontre du plaignant (ibidem),
que X._ a ajouté qu'il n'y avait de toute façon aucun risque pour V._ puisque lui-même se trouvait entre eux et que le prévenu n'avait pas fait mine de vouloir se déplacer vers le plaignant,
qu'au vu de ces éléments, le comportement de
G._ n'est pas constitutif de menaces au sens de l'art. 180 al. 1 CP,
qu'en effet, il n'a pas proféré de menaces pouvant être considérées comme graves par un geste ou une parole à l'encontre du plaignant,
qu'en outre, V._ n'a pas pu être alarmé ou effrayé par le comportement du prévenu distant de lui de plus de 5 mètres et étant donné que X._
se trouvait entre eux et s'est interposé,
qu'il n'a ainsi pas manifesté de craintes lorsque le prévenu s'est rendu vers lui afin de s'excuser,
que le recourant ne conteste pas les déclarations du prévenu s'agissant de la distance et les tables qui les séparaient,
qu'au vu de ces circonstances, c'est donc à juste titre que le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur de
G._
;
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,
que les frais du présent arrêt sont mis à la charge du recourant (art. 307 CPP).

Considerations: