Decision ID: e14cdd8b-806a-49ba-bf9d-e6f440ea560c
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE09.021897-DBT
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne contre
M._ SA
, pour contrainte, d'office et sur plainte de
B._
,
vu l'ordonnance du 10 août 2010, par laquelle le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur de M._ SA et a mis les frais à la charge de l'Etat,
vu le recours exercé en temps utile par B._ contre cette décision,
vu les déterminations de M._ SA,
vu les pièces du dossier;
attendu
que B._ a déposé plainte le 31 août 2009 contre M._ SA, pour contrainte,
qu'il lui reproche d'avoir conditionné la reformulation du certificat de travail signé le 30 avril 2009 et le versement en espèces du solde de vacances à la conclusion d'un accord global sur le litige qui les oppose en droit du travail,
que le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur de M._ SA, considérant que, faute d'illicéité, l'infraction de contrainte n'était pas réalisée,
que B._ conteste cette décision;
attendu que se rend coupable de contrainte au sens de l'art. 181 CP, celui qui, en usant de violence envers une personne ou en la menaçant d'un dommage sérieux, ou en l'entravant de quelque autre manière dans sa liberté d'action, l'aura obligée à faire, à ne pas faire ou à laisser faire un acte,
qu'en d'autres termes, l'infraction consiste à employer intentionnellement un moyen de contrainte illicite et à obliger ainsi une personne à un comportement déterminé (Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, Berne 2002, n. 1 ad art. 181 CP),
que selon la jurisprudence, une contrainte est illicite lorsque le moyen ou le but est contraire au droit ou lorsque le moyen est disproportionné pour atteindre le but visé ou encore lorsqu'un moyen de contrainte conforme au droit utilisé pour atteindre un but légitime constitue, au vu des circonstances, un moyen de pression abusif ou contraire aux mœurs (Corboz, op. cit., n. 21 ad art. 181 CP et les arrêts cités),
qu'en l'espèce, le recourant allègue que chaque employeur est tenu de délivrer un certificat de travail,
que le Code des obligations prévoit effectivement que l'employeur est tenu de délivrer un tel certificat (art. 320a CO),
qu'en délivrant un certificat de travail à B._ au mois d'avril 2009, M._ SA a donc satisfait à ses obligations,
que contrairement à ce que semble croire le recourant, l'obligation ne tient toutefois qu'au fait de délivrer l'acte,
que l'employeur reste en effet libre de rédiger le document comme il l'entend,
que si l'employé conteste la teneur du document, il peut saisir la justice civile,
que le fait de conditionner la modification du certificat de travail en des termes plus favorables à la conclusion d'un accord global n'est donc pas illicite,
que la jurisprudence invoquée par le recourant (ATF 107 IV 35, JT 1982 IV 111) vise le cas de la menace de refus de délivrer un certificat de travail en tant que moyen de pression,
qu'elle ne lui est par conséquent d'aucun secours dans le cas présent puisqu'il a obtenu un tel certificat, même si son contenu ne lui convient pas,
que M._ SA n'a donc pas agi de manière illicite,
que l'infraction de contrainte n'est dès lors pas réalisée,
que, dans ces circonstances, c'est à juste titre que le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu en faveur de M._ SA;
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,
que le Code de procédure pénale ne prévoit pas de dépens alloués à la partie qui obtient gain de cause devant le Tribunal d'accusation (Bovay, Dupuis, Monnier, Moreillon, Piguet, Procédure pénale vaudoise, Bâle 2008, n. 6.3 ad art. 163 CPP, p. 182; JT 1962 III 64),
que les frais d'arrêt sont mis à la charge du recourant (art. 307 CPP).

Considerations: