Decision ID: a3c58db8-1d8f-50b8-9522-2bde5c602ca0
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
A. a.
A la requête de C_ SA, le Tribunal de première instance a, le 4 septembre 2020, ordonné le séquestre, en faveur de la précitée, de deux comptes bancaires ouverts dans les livres de D_ à Genève, dont la bénéficiaire est A_ La créance invoquée, de 33'063 fr. 583 (sic), résultait selon la première nommée d'un contrat de mandat de conseil en investissement l'ayant liée à A_, laquelle ne s'était pas acquittée des frais de gestion pour le second trimestre 2019 (séquestre n° 1_).
b.
Le 14 septembre 2020, l'Office cantonal des poursuites (ci-après: l'Office) a communiqué le procès-verbal de séquestre aux parties.
c.
Par jugement du 21 décembre 2020, le Tribunal de première instance a admis l'opposition à séquestre formée par A_ et révoqué l'ordonnance du 4 septembre 2020.
C_ SA a recouru contre ce jugement.
d.
Par courrier daté du 21 décembre 2020, reçu par l'Office cantonal des poursuites (ci-après: l'Office) le 12 janvier 2021, C_ SA a annoncé qu'elle avait cédé la créance fondant le séquestre n° 1_ à B_ LTD.
C_ SA a joint à son courrier un contrat de cession du 15 décembre 2020.
e.
Le 28 janvier 2021, l'Office a communiqué à A_ un avis de changement de créancier, à teneur duquel la poursuivie disposait de dix jours pour "former opposition devant le juge du for de la poursuite" (sic!).
f.
Par courrier du 11 février 2021, l'Office a formellement annulé l'avis du
28 janvier 2021, tout en admettant la substitution de créancier, en ce sens que B_ LTD remplaçait C_ SA en qualité de créancier séquestrant. Dans la mesure où la poursuite en validation de séquestre n'avait pas encore été introduite, la "décision" n'ouvrait pas la voie de l'opposition au sens de l'art. 77 LP.
B. a.
Par acte posté le 23 février 2021, A_ a formé plainte contre la décision de l'Office du 11 février 2021, reçue le 15 février suivant.
La cession opérée par C_ SA en faveur de B_ LTD n'était pas valable, faute d'accord de A_ Cette cession soulevait aussi d'autres problèmes, s'agissant en particulier de la clause de confidentialité convenue entre A_ et C_ SA.
b.
Dans sa détermination du 17 mars 2021, B_ LTD a fait valoir que la substitution de créancier séquestrant était parfaitement valable, le contrat entre A_ et C_ SA ne contenant aucune clause d'incessibilité. De plus, les arguments avancés par B_ LTD dans la plainte devaient être soulevés devant le juge civil, déjà saisi d'une action au fond (C/2_/2020).
c.
L'Office a conclu au rejet de la plainte, rappelant qu'il ne lui appartenait pas de procéder à un examen approfondi de la validité matérielle de la cession.
d.
Sur ce, la cause a été gardée à juger.

Considerations:
EN DROIT
1. 1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP).
La plainte doit poursuivre un but concret; le plaignant doit être matériellement lésé par les effets de la décision attaquée et avoir un intérêt digne de protection à sa modification ou à son annulation. De pratique constante, la plainte n'est ainsi recevable que si elle permet d'atteindre un but concret sur le plan de l'exécution forcée (cf. ATF
139 III 384
consid. 2.1; ATF
138 III 219
consid. 2.3;
120 II 5
consid. 2a, JT
1995 I 189
).
1.2.
En l'espèce, la plainte a été déposée dans les dix jours auprès de l'autorité compétente contre une mesure de l'Office, en principe sujette à plainte, soit une décision relative au changement de créancier (cf. BSK-SchKG, n° 14 ad art. 77 LP).
Toutefois, il apparaît que la plaignante ne poursuit aucun but concret sur le plan de l'exécution forcée, le changement de créancier séquestrant ayant été annoncé après l'exécution du séquestre mais avant l'introduction d'une poursuite en validation de séquestre, de sorte que ce changement de créancier n'a pas fait partir le délai de dix jours de l'art. 77 LP, en l'absence d'une quelconque poursuite en cours. D'ailleurs, la plaignante n'a fait valoir aucune violation par l'Office de dispositions de la LP, les griefs soulevés relevant tous du droit matériel.
Il s'ensuit que la plainte apparaît irrecevable.
2.
En tout état de cause, il est douteux que l'art. 77 al. 5 LP, qui régit l'avis de changement de créancier, s'applique lorsque ce changement n'intervient pas dans le cadre d'une poursuite en cours. L'Office semble d'ailleurs s'en être rendu compte, dès lors qu'il a annulé l'avis notifié le 28 janvier 2021.
De plus, pour ne pas préjuger les décisions des tribunaux, l'examen de la cession par les autorités de poursuite ne peut qu'être sommaire. Cet examen se rapporte, d'une part, à la validité de la cession quant à la forme, et, d'autre part, à la question de savoir s'il existe manifestement de sérieuses raisons de douter de la validité de la cession quant au fond, en particulier si la cession se trouve entachée d'erreur manifeste ou si le débiteur soulève contre sa validité une exception de portée décisive et évidente. Si le résultat est incertain, l'office doit admettre la vocation du cessionnaire qui a justifié de ses qualités à la forme, sous réserve pour le débiteur de faire opposition (ATF
91 III 7
, JdT
1965 II 43
).
Or, dans le cas d'espèce, sur la base des éléments fournis, soit en particulier l'acte de cession, l'Office n'avait pas de raisons de douter de la validité de la cession quant à la forme ou au fond. Il appartiendra le cas échéant au juge civil de décider si la présence d'une clause de confidentialité dans les contrats passés entre A_ et C_ SA pourrait valoir interdiction de cession conventionnelle au sens de l'art. 164 CO, comme l'allègue la plaignante.
Aussi, à supposer qu'elle soit recevable, la plainte doit être rejetée.
3.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *