Decision ID: 39ec4451-3c38-5dbd-8974-eb3575cc9500
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
A.
a.
A une date indéterminée en 2015, A_ a engagé à l'encontre de B_ SA (ci-après : B_) une poursuite ordinaire tendant au paiement de divers montants dont, sous poste 7, celui de 43'973 fr. 30 avec intérêts au taux de 5% à compter du 1
er
janvier 2014, allégué être dû au titre d'une partie du prix de vente d'un fonds de commerce.![endif]>![if>
b.
Un commandement de payer, poursuite n° 1_, a été établi le 2 juillet 2015 par l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) et notifié le 2 septembre 2015 à la poursuivie, qui a formé opposition.
c.
Saisi le 26 novembre 2015 par A_ d'une requête en procédure sommaire tendant au prononcé de la mainlevée provisoire de cette opposition, le Tribunal de première instance, par jugement
JTPI/4338/2016
rendu le 5 avril 2016, a
"prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1_, à l'exception du poste 7 pour lequel
la mainlevée provisoire sera prononcée à concurrence de CHF 41'295.85"
.
Il résulte des considérants

Considerations:
"EN DROIT"
de cette décision que le Tribunal a considéré que, s'agissant du poste 7 du commandement de payer, A_ n'avait pas produit de titre valant reconnaissance de dette, mais que B_ reconnaissait lui devoir un montant de 41'295 fr. 85. La mainlevée provisoire devait dès lors être prononcée à hauteur de ce montant
"sans les intérêts moratoires, puisque la mainlevée provisoire est accordée en raison de la reconnaissance de dette de [B_]"
.
Sur recours déposé par B_, le jugement du 5 avril 2016 a été confirmé par arrêt de la Cour de justice
ACJC/1105/2016
rendu le 26 août 2016.
d.
Parallèlement au recours interjeté contre le jugement du 5 avril 2016, B_ a formé le 2 mai 2016 une action en libération de dette, qui a toutefois été rejetée par jugement
JTPI/10500/2017
rendu le 23 août 2017 par le Tribunal. L'appel qu'elle a ensuite déposé contre ce jugement a été déclaré irrecevable par arrêt
ACJC/1679/2017
rendu le 21 décembre 2017 par la Cour de justice.
e.
Le 9 janvier 2018, A_ a requis la continuation de la poursuite
n° 1_ en mentionnant, pour le poste 7, un montant de 41'295 fr. 85 avec intérêts au taux de 5% l'an à compter du 2 janvier 2015.
f.
Par décision datée du 30 janvier 2018, reçue le 1
er
février 2018 par le conseil de A_, l'Office a refusé de donner suite à la réquisition de continuer la poursuite en ce qui concernait les intérêts réclamés en relation avec le montant de 41'295 fr. 85.
B.
a.
Par acte adressé le 5 février 2018 à la Chambre de surveillance,
A_ a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP contre la décision rendue le 30 janvier 2018 par l'Office, concluant à son annulation et à ce qu'il soit dit que, en relation avec le poste 7 du commandement de payer, la poursuite devait être continuée à hauteur d'un montant de 41'295 fr. 85 avec intérêts au taux de 5% l'an dès le 2 janvier 2015.
Selon elle, l'absence de mention des intérêts dans le dispositif du jugement de mainlevée du 5 avril 2016 constituerait un
"silence qualifié"
, en ce sens que seul le montant du capital était modifié alors que les intérêts, mentionnés au chiffre 4 de la partie en fait du jugement, demeuraient dus.
b.
Dans ses observations datées du 19 février 2018, l'Office a conclu au rejet de la plainte, relevant que le dispositif du jugement de mainlevée ne faisait pas état d'intérêts et que les considérants de la décision indiquaient que le Tribunal n'avait entendu écarter l'opposition qu'à hauteur du seul montant de 41'295 fr. 85 en capital.
c.
Par courrier daté du 22 février 2018, B_ a indiqué faire siens les motifs invoqués par l'Office dans la décision attaquée.
d.
La cause a été gardée à juger le 1
er
mars 2018, ce dont les parties ont été informées par avis du même jour.
EN DROIT
1.
Déposée en temps utile (art. 17 al. 2 LP) et dans les formes prévues par la loi
(art. 9 al. 1 et 2 LALP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicables par renvoi de l'art. 9 al. 4 LALP), auprès de l'autorité compétente pour en connaître (art. 6 al. 1 et 3 LALP; art. 17 al. 1 LP), à l'encontre d'une mesure de l'Office pouvant être attaquée par cette voie (art. 17 al. 1 LP) et par une partie lésée dans ses intérêts (ATF
138 III 219
consid. 2.3;
129 III 595
consid. 3;
120 III 42
consid. 3), la plainte est recevable.![endif]>![if>
2.
2.1
L'opposition formée au commandement de payer a pour effet de suspendre la poursuite (art. 78 al. 1 LP). Le créancier qui en requiert la continuation doit donc établir, au moment du dépôt de sa réquisition, que cette opposition a été retirée ou expressément écartée par une décision judiciaire exécutoire. La mainlevée de l'opposition doit résulter clairement du dispositif de la décision judiciaire invoquée, auquel s'attache l'autorité de la chose jugée (Hohl, Procédure civile, Tome I, 2
ème
édition, 2016, N 2350). Il peut toutefois s'avérer nécessaire, pour dégager le véritable sens de ce dernier, de recourir aux motifs de la décision
(ATF
142 III 210
consid. 2.2; Hohl, op. cit., N 2352).![endif]>![if>
2.2
Il résulte en l'espèce clairement du dispositif du jugement de mainlevée rendu le 5 avril 2016 que, s'agissant du poste 7, l'opposition n'a été écartée qu'à hauteur de 41'295 fr. 85. L'absence de mention des intérêts réclamés ne peut être comprise que dans le sens que la mainlevée n'a pas été prononcée pour ces derniers.
Même s'il fallait considérer que le dispositif laisse subsister un doute, ce qui n'est pas le cas, la consultation de la motivation de la décision ne ferait qu'en confirmer le sens littéral, à savoir que la mainlevée n'a pas été écartée pour les intérêts réclamés en relation avec le poste 7. Il en résulte en effet que le juge n'a prononcé la mainlevée pour ce poste que dans la mesure où la poursuivie l'a reconnu, soit sans intérêts, dès lors que la poursuivante n'avait pas produit de titre de mainlevée.
Le chiffre 4 de la partie
"EN FAIT"
du jugement du 5 avril 2016, invoqué par le plaignant, est à cet égard dénué de pertinence puisqu'il ne comporte qu'une relation des montants réclamés par elle dans le commandement de payer.
C'est donc à juste titre que l'Office a refusé de donner suite, pour ce qui concerne les intérêts réclamés en relation avec le poste 7, à la réquisition de continuer la poursuite déposée par la plaignante. Mal fondée, la plainte doit dès lors être rejetée.
3.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *