Decision ID: 729026bf-8bea-44cb-a01b-7e6493333e7b
Year: 2013
Language: fr
Court: VS_BZG
Chamber: VS_BZG_999
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Faits
A. X_, né en 1973, travaillait comme maçon pour l’entreprise C_,
à D_. A ce titre, il était assuré auprès de la Caisse nationale suisse
d'assurance en cas d'accidents (CNA).
Le 25 octobre 2010, il a annoncé s’être tordu le bras droit en déchargeant sa caisse à
outils du véhicule et être en incapacité de travail totale depuis lors.
Le 3 novembre 2010, une IRM du coude droit a été réalisée, mettant en évidence une
importante chondrolydose de l’ensemble de l’articulation du coude et une synovite
nette sous forme d’épanchement articulaire, épaississement et rehaussement synovial.
A l’IRM de l’épaule droite du 17 novembre 2010, une rupture pratiquement complète du
tendon du sus-épineux ainsi qu’une déchirure d’environ 50% des fibres du tendon
sous-scapulaire ont été décelées.
Dans son rapport du 16 novembre 2010, le Dr E_ a indiqué qu’il avait
adressé le patient en urgence au Dr F_ du service de traumatologie du RSV
et qu’avec lui, en l’absence de traumatisme net du coude, il avait postulé une lésion
dégénérative suite à de multiples microtraumatismes dans l’activité professionnelle.
Consultée, la Dresse G_, spécialiste FMH en chirurgie de la main et
orthopédie, a posé, le 25 novembre 2010, les diagnostiques d’arthrose du coude droit,
probablement sur microtraumatismes à répétition (maçon droitier) s’étant
décompensée subitement à la suite d’un mouvement pour soulever une caisse lourde,
et de rupture du tendon sus-épineux et sous-scapulaire de l’épaule droite.
Par décision du 14 janvier 2011, la CNA a refusé d’allouer des prestations d’assurance
à X_, au motif que l’on n’était en présence ni d’un accident ni d’une lésion
corporelle assimilée à un accident.
B. Le 14 février 2011, l’intéressé s’est opposé à cette décision par l’entremise de
M e A_. Il a relevé que si ses atteintes au bras ne pouvaient effectivement
être qualifiées d’accident ou de lésion assimilée, elles devaient en revanche être
qualifiées de maladie professionnelle. Le 23 mars 2011, il a complété son
argumentation en produisant deux études scientifiques démontrant une prévalence
particulièrement accrue des lésions de la coiffe des rotateurs chez les travailleurs
manuels.
Le 13 mai 2011, la CNA a adressé une demande à son médecin d’arrondissement, le
Dr H_, afin qu’il se prononce sur l’existence ou non d’une maladie
professionnelle au sens de l’article 9 alinéa 1 ou 2 LAA. Le 16 mai suivant, celui-ci a
noté qu’il s’agissait d’une rupture de la coiffe des rotateurs de l’épaule droite d’origine
dégénérative et a répondu par la négative, sans autre justification.
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Par décision sur opposition du 23 mai 2011, la CNA a déclaré l’opposition irrecevable,
dans la mesure où les conclusions de l’assuré dépassaient le cadre de la décision
querellée, et a renvoyé la cause à l’agence de I_ pour examiner si les
conditions pour l’octroi des prestations d’assurance à titre de maladie professionnelle
étaient remplies.
Le 20 juin 2011, X_ a formé recours auprès de la Cour des assurances
sociales du Tribunal cantonal, qui l’a rejeté par jugement du 17 février 2012 (S2 11 58).
C. Le 14 juin 2011, la CNA a sollicité une appréciation de son centre de compétence à
J_. Après avoir repris l’anamnèse de l’assuré et avoir présenté une sélection
de l’imagerie médicale, le Dr K_, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique,
a relevé, dans son rapport du 14 juin 2011, que la présence de corps libres au niveau
du coude permettait d’évoquer quatre diagnostics différentiels ; cependant, la fracture
ostéochondrale devait être exclue et l’ostéochondrite disséquante ainsi que l’arthrose
primitive du coude ne pouvaient pas être formellement posées ; seule demeurait donc
envisageable le diagnostic de chondromatose du coude. Selon le spécialiste, l’énigme
diagnostique et, partant, l’incertitude étiologique ne permettaient pas de conclure que
l’affection du coude dont souffrait l’assuré était d’origine micro-traumatique et ainsi
imputable (pour le moins partiellement) à l’activité professionnelle. S’agissant de
l’épaule, le Dr K_ a confirmé le diagnostique de rupture du tendon du sus-
épineux et en a ensuite examiné l’étiologie en citant plusieurs auteurs. Selon Luck et
Anderson, les symptômes d’une affection sous-jacente existant à l’épaule pouvaient se
développer dans un contexte d’activités particulières requérant une surélévation des
bras, ce qu’a également retenu une étude du NIOSH. Pour leur part, Halpern et al. ont
observé notamment que si jusqu’à 15% des sujets souffraient de troubles de l’épaule
durant leur travail, cela ne signifiait pas forcément que celui-ci en était la cause. Quant
à Cohen et Williams, ils ont rappelé que différents facteurs étiologiques étaient
impliqués dans le développement d’un conflit sous-acromial et d’une tendinite du sus-
épineux et que l’activité professionnelle particulière (à savoir impliquant des activités
répétitives en élévation du bras entre 60° et 90°) n’était qu’exceptionnellement le
facteur étiologique isolé. S’agissant du métier de l’assuré, le Dr K_ a relevé
que les activités étaient variables, même si l’on pouvait admettre que parfois elles
avaient un caractère répétitif, et qu’elles ne s’effectuaient guère au-dessus du niveau
de la tête, de sorte que le risque étiologique était relativement faible au regard de la
littérature médicale. Il a ajouté que la cause des tendinopathies de la coiffe des
rotateurs était multifactorielle et qu’ainsi, l’activité professionnelle et les
microtraumatismes n’en constituaient qu’une des nombreuses facettes, de sorte qu’on
ne pouvait en tout cas pas lui imputer toute la charge étiologique lorsqu’une tendinite,
voire une rupture de la coiffe des rotateurs était mise en évidence chez un travailleur
manuel. Il a noté que Radas et al. avaient conclu, au terme de leur étude, qu’environ
40% des hommes présentant une rupture de la coiffe étaient travailleurs manuels. En
définitive, le Dr K_ a considéré que s’il était possible voire probable qu’une
activité dans une position astreignante pour le bras puisse assumer un rôle de facteur
déclenchant des symptômes de la pathologie sous-jacente siégeant à la coiffe des
rotateurs, elle n’était jamais seule en cause.
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Sur la base de cette appréciation, par décision du 14 mars 2012, le CNA a rejeté la
qualification de maladie professionnelle et refusé d’allouer des prestations.
D. Le 16 avril 2012, l’intéressé a formé opposition contre cette décision. Il a contesté
l’avis du Dr K_, au motif qu’il était un employé de la CNA et présentait une
apparence de partialité, et qu’il était contredit par le Dr E_ et la Dresse
G_.
Par décision sur opposition du 13 juillet 2012, la CNA a confirmé sa position, en
indiquant qu’elle n’entendait ni auditionner les médecins-traitant ni mettre sur pied une
expertise, dès lors qu’elle ne voyait pas de raison de s’écarter de l’analyse fouillée,
précise et documentée du Dr K_, tout en précisant que, selon la
jurisprudence, les rapports des médecins internes à l’assureur avaient entière valeur
probante s’ils étaient concluants, sans contradictions intrinsèques et qu’il n’y avait pas
d’indices contre leur bien-fondé.
E. X_ a recouru céans le 13 septembre 2012, en mettant, une nouvelle fois,
en doute la valeur probante du rapport du Dr K_. A l’appui de son recours, il
a produit les commentaires de la Dresse G_ ainsi que du Dr L_
quant à l’appréciation du Dr K_ et a observé que les conclusions de ce
dernier n’excluaient pas clairement la possibilité de conclure à l’existence d’une
maladie professionnelle. Il a dès lors sollicité la mise en œuvre d’une expertise par un
médecin indépendant.
Dans son avis du 27 août 2012, le Dr L_ a suggéré de demander au Dr
K_ quelles étaient les autres causes, vu que le patient était très jeune pour
avoir une telle pathologie, qu’il était droitier et qu’il n’avait aucune autre activité pouvant
expliquer une évolution si rapide. Quant à la Dresse G_, dans son rapport du
4 septembre 2012, elle a relevé, article à l’appui, que si l’étiologie de la chondromatose
retenue par le Dr K_ n’était pas claire, elle semblait quand même avoir une
origine de traumatismes à répétition. Elle a noté que le Dr K_ ne mentionnait
pas l’apparition d’arthrose auprès traumatismes répétitifs chroniques du coude, alors
même qu’il s’agissait d’une pathologie très bien connue dans la médecine du sport.
Prenant position le 15 octobre 2012, la CNA a observé que le recourant ne disposait
pas d’arguments médicaux pour contrecarrer l’appréciation médicale détaillée et
documentée du Dr K_ et a estimé qu’il n’y avait pas lieu de mettre en œuvre
une expertise dans la mesure où il était établi que l’on ne se trouvait pas dans
l’hypothèse d’une maladie professionnelle qui impliquait une lésion due exclusivement
ou de manière prépondérante à certains travaux.
Après de brèves réplique et duplique, l’échange d’écriture a été clos.
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Considerations:
Considérant en droit
1. Selon l'article 1 alinéa 1 de la loi fédérale sur l'assurance-accidents (LAA), les
dispositions de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des
assurances sociales (LPGA) s'appliquent à l'assurance-accidents, à moins que la LAA
n'y déroge expressément.
Posté le 13 septembre 2012, le recours à l'encontre de la décision sur opposition du 13
juillet 2012 a été interjeté dans le délai légal de trente jours (art. 60 LPGA), compte
tenu des féries estivales (art. 38 al. 4 let. b LPGA), devant le tribunal compétent (art.
56, 57 et 58 LPGA ; art. 81bis al. 1 LPJA). Il répond par ailleurs aux autres conditions
formelles de recevabilité (art. 61 let. b LPGA), de sorte que la cour doit entrer en
matière.
2. Le litige porte sur l'existence ou non d’une maladie professionnelle s’agissant des
troubles au membre supérieur droit dont souffre le recourant.
2.1.1 Dans les cas d’affection ne ressortant pas de la liste exhaustive figurant en
annexe I à l'OLAA, l’article 9 alinéa 2 OLAA dispose que sont aussi réputées maladies
professionnelles (selon la clause dite générale) les autres maladies dont il est prouvé
qu'elles ont été causées exclusivement ou de manière nettement prépondérante par
l'exercice de l'activité professionnelle. Cette clause générale répond au besoin de
combler d'éventuelles lacunes qui subsisteraient dans la liste que le Conseil fédéral est
chargé d'établir en vertu de l'article 9 alinéa 1 LAA (ATF 116 V 141 consid. 5a et les
références). Selon la jurisprudence, l'exigence d'une relation exclusive ou nettement
prépondérante est réalisée lorsque la maladie professionnelle résulte à 75% au moins
de l'activité professionnelle (ATF 119 V 201 consid. 2b). En d'autres termes, il faut que
les cas d'atteintes pour un groupe professionnel déterminé soient quatre fois plus
nombreux que ceux enregistrés dans la population en général (cf. ATF 116 V 143
consid. 5c ; RAMA 1999 n. U 326 p. 108 sv. consid. 2).
2.1.2 Consacré à l'article 61 lettre c LPGA, le principe inquisitoire impose au juge de
constater les faits d'office, avec la collaboration des parties, et d'administrer les
preuves nécessaires (cf. ATF 125 V 193 consid. 2). Le devoir d'instruction s'étend
jusqu'à ce que les faits nécessaires à l'examen des prétentions en cause soient
suffisamment élucidés (arrêt du Tribunal fédéral 8C_364/2007 du 19 novembre 2007
consid. 3.2). En cas de doute sur le sérieux de l'existence d'un fait, il appartient au juge
de compléter l'instruction de la cause, pour autant que l'on puisse attendre un résultat
probant des mesures d'instruction entrant raisonnablement en considération (ATF 130
II 425 consid. 2.1 et les références). L'article 61 lettre c LPGA prévoit également le
principe de la libre appréciation des preuves, selon lequel le juge est tenu de procéder
à une appréciation complète, rigoureuse et objective des rapports médicaux en relation
avec leur contenu (ATF 132 V 393 consid. 2.1) ; il doit examiner objectivement tous les
documents à disposition, quelle que soit la provenance, puis décider s'ils permettent de
porter un jugement valable sur le droit litigieux. S'il existe des avis contradictoires, il ne
peut trancher l'affaire sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une
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opinion plutôt qu'une autre (ATF 125 V 351 consid. 3a). Le Tribunal fédéral a par
ailleurs précisé que lorsqu'une décision administrative, rendue dans une procédure
portant sur l'octroi ou le refus de prestations d'assurances sociales s'appuie
exclusivement sur l'appréciation d'un médecin interne à l'assureur social et que l'avis
d'un médecin traitant ou d'un expert privé auquel on peut également attribuer un
caractère probant laisse subsister des doutes suffisants quant à la fiabilité et la
pertinence de cette appréciation, la cause ne saurait être tranchée en se fondant sur
l'un ou sur l'autre de ces avis et il y a lieu de mettre en œuvre une expertise par un
médecin indépendant selon la procédure de l'art. 44 LPGA ou une expertise judiciaire
(ATF 135 V 465 ; arrêt 9C_237/2013 du 22 mai 2013 consid. 4.1).
2.2 En l’espèce, les critiques du Dr L_ et de la Dresse G_ des 27
août et 4 septembre 2012 ne sont pas susceptibles, comme on le verra ci-dessous, de
remettre en cause l'appréciation du Dr K_, laquelle répond en tous points
aux exigences en matière de preuves (cf. ATF 125 V 351 consid. 3a et 3b/bb). Ainsi, le
dossier médical étant suffisamment étayé, il est superflu d'ordonner une nouvelle
expertise comme le demande le recourant.
A l’examen de l’IRM du coude droit, le Dr K_ a constaté une arthrose avec
formation d’ostéophytes et présence de « corps libres » assez volumineux. Au vu de
cette configuration, il a retenu, par élimination, le diagnostic de chondromatose,
affection dont l’étiologie et la pathogénèse n’étaient pas totalement éclaircies. Devant
l’incertitude du diagnostique et, partant, de l’étiologie, il a conclu qu’il n’était pas
possible d’affirmer que l’affection du coude droit était d’origine micro-traumatique et
ainsi imputable, pour le moins partiellement, à l’activité professionnelle du recourant.
Sur ce point, la Dresse G_ ne remet pas en cause l’analyse du Dr
K_, mais remarque que, même si l’étiologie de la chondromatose n’est pas
claire, celle-ci semblerait quand même avoir une origine de traumatismes à répétition.
Une telle appréciation relève d’une simple hypothèse et ne permet pas de retenir, au
degré de vraisemblance prépondérante appliqué dans l’assurance sociale, que
l’affection est due exclusivement ou de manière prépondérante à l’activité
professionnelle du recourant.
Quant à la rupture du sus-épineux à l’épaule droite, le Dr K_ a relevé que,
selon la littérature médicale, son étiologie était multifactorielle. De l’avis de Cohen et
Williams, différents facteurs individuels, comme l’âge, l’anatomie particulière de la
coiffe des rotateurs, une pathologie préexistante, pouvaient entrer en ligne de compte.
En outre, il ressort de l’étude de Radas et al., citée par le spécialiste, qu’environ 40%
des hommes présentant une rupture de la coiffe sont travailleurs manuels. En
conséquence, il appert que, dans la profession d’ouvrier dans le bâtiment, il n’y a pas
de cas d’atteinte quatre fois plus nombreux que ceux enregistrés dans la population en
générale. De surcroît, force est de constater que la profession du recourant n’implique
pas nécessairement de lever continuellement le bras au-dessus de l’épaule. Le
recourant ne le soutient d’ailleurs pas. Enfin, rien au dossier ne permet de retenir que
l’affection dont le recourant souffre serait exclusivement ou de manière nettement
prépondérante la conséquence de l’exercice de son activité professionnelle. Dans son
courrier du 27 août 2012, le Dr L_ se contente de demander qu’elles
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pourraient être les autres causes dans le cas du recourant, sans se prononcer sur la
fréquence des cas de cette affection dans le groupe professionnel auquel appartient ce
dernier.
Faute d’une fréquence nettement prépondérante dans la profession en cause, les
conditions d’application de l’article 9 alinéa 2 LAA ne sont pas réunies. C’est dès lors à
juste titre que l’intimée a refusé d’allouer des prestations à titre de maladie
professionnelle.
3. Mal fondé, le recours doit être rejeté, sans qu’il soit perçu de frais, ni alloué de
dépens (art. 61 let. a et g LPGA).