Decision ID: e10f074c-f33f-4095-b8bb-4b1d2ca8b53b
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE10.020455-YNT
instruite d'office par le Juge d'instruction du Canton de Vaud contre
L._
et
F._
, pour escroquerie qualifiée et blanchiment d'argent qualifié,
vu l'ordonnance du 30 novembre 2010, par laquelle le magistrat instructeur a refusé de lever le séquestre sur le compte n° [...] au nom de L._ auprès de la [...] (I) et a refusé de restituer le solde du compte précité à la société
G._ Sàrl
(II),
vu le recours exercé en temps utile par
G._ Sàrl
contre cette décision,
vu les pièces du dossier;
attendu
que le 23 août 2010, le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent a dénoncé au magistrat instructeur deux transactions douteuses en relation avec le compte ouvert par L._ auprès de la [...],
que le magistrat instructeur a en conséquence ordonné le blocage dudit compte,
que l'un des virements suspects, portant sur une somme de 62'500 euros, a été effectué par la société G._ Sàrl, le 16 août 2010,
que dite société a demandé la restitution des fonds à la [...] le 18 août 2010, expliquant qu'elle soupçonnait une violation du contrat (P. 4/6),
que par requête du 10 octobre 2010, G._ Sàrl a demandé une nouvelle fois la levée du séquestre en sa faveur (P. 57),
que par ordonnance du 30 novembre 2010, le magistrat instructeur a refusé de lever le séquestre en faveur de la recourante,
que G._ Sàrl conteste cette décision;
attendu qu'aux termes de l'art. 223 al. 1 CPP, le juge a le droit de séquestrer tout ce qui peut avoir servi ou avoir été destiné à commettre une infraction, tout ce qui paraît en avoir été le produit, ainsi que tout ce qui peut concourir à la manifestation de la vérité,
que le séquestre a non seulement pour but d'assurer la conservation des moyens de preuve, mais également de garantir l'exécution d'une éventuelle confiscation par le juge du fond fondée sur les art. 69 ou 70 CP (Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, Zurich 2006, n. 911, pp. 589-590 et nn. 930ss, pp. 600-601),
que des objets ou des valeurs patrimoniales doivent dès lors être saisis s'il existe des indices suffisants qu'ils ont servi à commettre une infraction ou qu'ils en constituent le produit ou le résultat (JT 1997 III 30; Piquerez, op. cit., n. 912, p. 590),
qu'en l'occurrence, la société G._ Sàrl a exposé dans son courrier à la [...], du 24 août 2010, qu'un investisseur aurait souhaité acquérir des biens immobiliers en Allemagne,
que, dans ce but, ledit investisseur aurait voulu transférer un montant de quelque 30 millions de dollars en Allemagne,
que cette somme se serait trouvée en Suisse,
que son transfert aurait cependant nécessité une attestation de provenance licite,
que le mandataire de cet investisseur aurait par conséquent prié G._ Sàrl de bien vouloir régler les frais nécessaires à l'obtention de ladite attestation,
que G._ Sàrl se serait exécutée en versant la somme de 62'500 euros sur le compte de L._ auprès de la [...],
que le gérant de G._ Sàrl, [...], n'a toutefois pas voulu révéler l'identité de l'investisseur,
qu'il n'a pas non plus fourni d'information sur les circonstances dans lesquelles G._ Sàrl avait été amenée à négocier avec cet investisseur,
que le contexte dans lequel se sont déroulées les transactions entre la recourante et l'investisseur inconnu sont donc peu claires,
que, selon les investigations de la police de sûreté, la pièce d'identité fournie par le mandataire de l'investisseur à la société G._ Sàrl est vraisemblablement un faux,
qu'au vu de ces éléments, il est probable que la somme séquestrée corresponde au résultat d'une infraction commise par les prévenus ou soit le produit d'une infraction commise au détriment de la recourante,
que c'est donc à bon droit que le juge d'instruction a rejeté la requête de levée de séquestre présentée le 10 octobre 2010 par la recourante;
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,
que les frais du présent arrêt sont mis à la charge de la recourante en vertu de l'art. 307 CPP.

Considerations: