Decision ID: 0913ef53-cf9a-484c-916f-a1bca1547d7d
Year: 2018
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Statuant en faits et considérant en droit
3. L’appelant ne remet pas en cause les faits succinctement décrits dans la décision
entreprise (cf. consid. 3) de la manière suivante :
En 2012, X _ a confié à Y _ SA, qui exploite un garage, un
véhicule agricole de marque C _, model D _, afin de le préparer
pour « l’expertise » (i.e. le contrôle périodique obligatoire au sens de l’art. 33 OETV)
qui devait avoir lieu avant le 30 avril 2013. A cette occasion, le véhicule a aussi subi un
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contrôle « anti-pollution ». Selon le demandeur, ce contrôle a été réalisé par la
défenderesse. Celle-ci le conteste, alléguant que le contrôle a été réalisé par E
_ SA qui, du reste, a aussi procédé à l’expertise, en sa qualité de garage
agrée par le Service cantonal de la circulation routière et de la navigation.
4. Le premier juge a considéré que les parties ont conclu un contrat d’entretien,
soumis aux règles du contrat d’entreprise. Relevant ensuite que le mauvais
fonctionnement du moteur, allégué par le demandeur, devait être analysé en relation
avec les règles sur la garantie pour les défauts de l’ouvrage, il a considéré que son
action était prescrite, le délai de deux ans prévu par l’article 371 al. 1 1 ère
phrase CO
étant déjà échu lorsqu’il avait cité la défenderesse en conciliation.
5. L’appelant conteste la qualification retenue par le juge intimé du contrat passé avec
l’appelée. Il relève qu’en effectuant un « test anti-pollution », la partie défenderesse a
agi dans le cadre d’un contrat de mandat, puisque le « résultat du travail n’a apporté
aucune modification d’un état antérieur, ni chose nouvelle comme par exemple le
changement d’une pièce du moteur ». Par conséquent, les règles du contrat
d’entreprise ne peuvent s’appliquer et le délai de prescription ne serait pas de deux
ans, comme retenu par le premier juge, mais de dix ans. Dans un argument
supplémentaire, l’appelant précise que la question de la qualification juridique du
contrat peut être laissée ouverte, puisque l’appelée a mal exécuté le contrat en
changeant le moteur de son véhicule alors qu’une « simple réparation » aurait été
suffisante. Elle devrait partant réparer le dommage sur la base des articles 97 ss CO.
6.
6.1 Le contrat d’entretien (der Wartungsvertrag), appelé parfois contrat de
maintenance, désigne en pratique le contrat par lequel une partie s’engage à l’égard
d’une autre, contre rémunération, à contrôler un objet et à le maintenir en état de
fonctionner. C’est le cas notamment des services, contrôles et réparations nécessaires
(TERCIER/BIERI/CARRON, Les contrats spéciaux, 2016, n os
3549 ss). Les parties a un
contrat de maintenance s’engagent en principe pour une certaine durée ; il s’agit là
d’une des principales caractéristiques de ce contrat (MORAND, Le contrat de
maintenance, 2007, n o 103). Dans l’ATF 130 III 458, le Tribunal fédéral a considéré en
substance que si le contrat d’entretien tendait à une révision unique, il s’agissait d’un
contrat d’entreprise ; en revanche, s’il avait une durée déterminée, il s’agissait d’un
contrat innommé (TERCIER/BIERI/CARRON, op. cit., n 3551 ; HONSELL, Schweizerisches
Obligationenrecht, 2017, p. 301).
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6.2 En l’espèce, l’appelant soutient qu’en effectuant le test anti-pollution, la
défenderesse n’a pas réalisé un ouvrage au sens de l’article 363 CO, puisque le
résultat de son travail n’a apporté aucune modification d’un état antérieur, ni chose
nouvelle.
6.2.1 MORAND distingue la maintenance curative, par laquelle le mainteneur s’oblige à
procéder à la remise en état de la chose à maintenir à chaque fois que celle-ci ne
fonctionne plus correctement et la maintenance préventive (ou maintenance stricte),
par laquelle le mainteneur procède au simple entretien de la chose, qui implique
souvent le démontage, nettoyage, réglage de l’objet, ainsi qu’un contrôle de
fonctionnement (cf. MORAND, op. cit., n os
21 et 22, p. 12 et 13). Cet auteur précise
encore que, dans le cadre de la maintenance curative, l’intervention fait suite à une
défectuosité et le mainteneur effectue une réparation, de sorte que le produit de cette
activité est incontestablement un ouvrage. Dans le cadre de la maintenance
préventive, le mainteneur intervient à intervalles réguliers pour contrôler l’état de
fonctionnement de la chose ; dans la mesure où ces travaux de maintenance se
concrétisent par un certain résultat (travaux d’entretien et de réglage), il faut considérer
que le mainteneur est débiteur d’une obligation de résultat. Cette activité s’apparente à
celle du réparateur de sorte qu’on peut également considérer qu’il produit un ouvrage
(MORAND, n os
172, p. 74-75).
Dans l’ATF 130 précité, où le Tribunal fédéral avait à trancher la qualification du contrat
visant à la révision d’extincteurs, les juges fédéraux ont considéré, d’une part, que
l'objet du contrat résidait dans le bon fonctionnement des extincteurs en cas d'incendie,
activité dont le résultat, objectivement mesurable, pouvait être garanti, et d’autre part,
qu’en l’absence de tout élément de durée pouvant impliquer d'éventuels conseils sur
les mesures à prendre pour la lutte contre l'incendie et l'entretien à long terme des
extincteurs, on ne pouvait que confirmer la qualification juridique de contrat d'entreprise
(cf. consid. 4).
6.2.2 La situation du cas d’espèce est similaire à celle jugée par le Tribunal fédéral
dans l’arrêt susmentionné. Selon les faits retenus par le premier juge - et non
contestés en appel -, l’appelant a confié son véhicule à l’appelée afin de le préparer
pour l’expertise (cf. consid. 3). Il faut ainsi admettre que celle-ci s’est engagée à
contrôler l’état dudit véhicule, et au besoin, à effectuer les réparations nécessaires afin
qu’il puisse subir avec succès le contrôle périodique obligatoire. Il s’agit là d’une
obligation de résultat, de sorte que la qualification juridique du contrat d’entreprise ne
fait aucun doute. La motivation de l’appelant est du reste contradictoire, puisqu’il
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prétend d’une part que le travail effectué par la défenderesse n’a apporté aucune
modification à l’état antérieur (cf. appel, ch. 2.3, p. 4), tout en soutenant d’autre part
que cette dernière a changé le moteur alors que cela n’était pas nécessaire (cf. appel,
ch. 3.1, p. 4). La situation juridique est au demeurant différente de celle où le
mainteneur s’engage, pour une certaine durée, à contrôler, vérifier et assurer le bon
fonctionnement d’un appareil. En l’espèce, le contrat d’entretien a été conclu pour une
prestation unique, soit la révision ponctuelle du véhicule afin de présenter celui-ci à
l’expertise. Suivant la jurisprudence et la doctrine susmentionnée, force est de
considérer que l’absence de tout élément de durée fait pencher la balance en faveur
ducontrat d’entreprise.
7. Dans un grief subsidiaire, l’appelant soulève que la qualification juridique du contrat
peut être laissée ouverte, puisqu’il est reproché à l’appelée d’avoir changé le moteur
alors qu’une simple réparation était suffisante, ce qui constituerait, selon lui, un cas
d’inexécution du contrat au sens des articles 97 ss CO.
Il perd cependant de vue que le contrat d'entreprise se distingue par le régime
applicable à la garantie des défauts (cf. art. 367 à 371 CO), singulièrement en ce qui
concerne les délais de prescription, qui sont raccourcis par rapport aux dispositions
générales, et que ces règles spéciales absorbent alors les règles plus générales sur la
violation positive du contrat (art. 97 ss CO ; ATF 111 II 170 consid. 2 ; RVJ 1991 250
consid. 3a ; CHAIX, Commentaire romand, 2012, n. 13 ad art. 364 CO ; GAUCH, Der
Werkvertrag, 2011, n o 853 ; BÜHLER, Commentaire zurichois, 1998, n. 40 ad art. 364
CO ; KOLLER, Commentaire bernois, 1999, n. 419 ad art. 363 CO). Ainsi, si la violation
du devoir de diligence occasionne un dommage chez le maître, l'entrepreneur doit en
répondre selon les principes posés aux articles 97 ss et 364 al. 1 CO. Toutefois,
lorsque cette violation se manifeste par un défaut de l'ouvrage lui-même, l'entrepreneur
répond selon les articles 367-371 CO (GAUCH, op. cit., n o 853 et réf. cit.). Ainsi, ces
dispositions s'appliquent au garagiste qui endommage le moteur d'une voiture qu'il était
chargé de réparer. En revanche, si, à l'occasion de la réparation du moteur, il raye le
vernis de la carrosserie, sa responsabilité s'appréciera à l'aune des articles 97 ou 364
CO (KOLLER, op. cit., n. 42 ad art. 365 CO).
En l’espèce, l’appelant a allégué un dysfonctionnement du moteur (cf. demande, partie
I, ch. 4 ; dossier, p. 3), résultant selon lui d’une surchauffe du moteur lors du contrôle
anti-pollution (cf. demande, partie II, ch. 2 ; dossier, p. 4). Dans la mesure où l’ouvrage
tel que restitué ne correspond pas à ce que le maître était en droit d’attendre, soit à
récupérer son véhicule en parfait état de fonctionnement, cette avarie représente un
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défaut de l’ouvrage, de sorte que ce sont bien les dispositions spéciales des articles
367 ss CO qui s’appliquent, et non les règles générales des articles 97 ss CO. Le grief
est partant mal fondé.
8. L’appelant ne conteste pas subsidiairement, dans l’hypothèse où son grief relatif à
la qualification juridique du contrat serait rejeté, que la prescription de deux ans prévue
par l’article 371 al. 1 1 ère
phrase CO serait acquise. Dans ces conditions, il n’y a pas
lieu de revenir sur ce point.
9. En définitive, l’appel est entièrement rejeté.
10.
10.1 Cette issue conduit à la confirmation du jugement de première instance,
également sur la question des frais et dépens, non mis explicitement en cause.
10.2 Vu le sort de l’appel, les frais sont mis à la charge de l’appelant (art. 106 al. 1
CC).
10.3 L’émolument qui peut osciller entre 900 fr. et 3600 fr. pour la valeur litigeuse en
cause (art. 16 al. 1 LTar) et être réduit de 60% en appel (art. 19 LTar) est arrêté à 800
fr., compte tenu de l’ampleur et de la difficulté ordinaire de la cause. Ce montant sera
prélevé sur l’avance effectuée par l’appelant à qui le greffe restituera 200 francs.
10.4 En appel, l’honoraire peut osciller, pour la valeur litigieuse en cause, entre 2900
fr. et 4000 fr., et être réduit de 60 % (cf. art. 32 et 35 al. 1 let. a CPC). Au vu de
l’activité utilement déployée par le mandataire de Y _ SA, qui a, pour
l’essentiel, consisté à rédiger une détermination motivée sur l’appel, l’appelant versera
à la partie appelée un montant de 1000 fr. (débours compris) à titre de dépens.
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Considerations: