Decision ID: 23fcb328-1cc2-5562-a271-15a818f5f880
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
A.
a.
Le 16 août 2016, B_ SARL a changé sa raison sociale en C_ SARL et a déplacé son siège social de D_ (VD) à Genève. Suite à sa dissolution intervenue le 7 juin 2017 en application de l'art. 153b ORC, sa raison sociale est aujourd'hui C_ SARL EN LIQUIDATION.![endif]>![if>
Son unique organe, en qualité d'associé gérant et aujourd'hui de liquidateur, a toujours été E_, supposé domicilié à F_.
b.
Le 23 novembre 2016, A_ SA a adressé à l'Office des poursuites de Genève (ci-après : l'Office) une réquisition de continuer à l'encontre de C_ SARL la poursuite n° 1_ engagée dans le canton de Vaud à l'encontre de B_ SARL, annexant à ladite réquisition l'original du commandement de payer notifié le 19 octobre 2016 à la débitrice et non frappé d'opposition.
Cette réquisition a été enregistrée par l'Office le 24 novembre 2016 sous n° de poursuite 16 xxxx04 Z.
c.
Une première réquisition de faillite a été établie le 3 février 2017 par l'Office et remise le même jour à la Poste pour notification à l'adresse genevoise de la débitrice, telle que figurant au Registre du commerce. Cet acte a toutefois été retourné à l'Office avec la mention
"destinataire introuvable"
.
Une nouvelle commination de faillite a été établie le 17 mars 2017 et remise à la Poste pour notification à la débitrice à l'adresse F_ de son unique organe. A nouveau, cet acte a été retourné à l'Office, cette fois avec la mention
"non réclamé"
.
L'Office a alors établi le 30 juin 2017 une troisième commination de faillite et l'a remise à la Poste pour notification à l'organe de la débitrice, à son adresse F_. Au moment où la présente cause a été gardée à juger, l'issue de cette tentative de notification n'était pas connu.
d.
L'Office n'a pas donné suite aux relances que lui a adressées la poursuivante les 21 février et 20 mars 2017.
B.
a.
Par acte adressé le 19 juin 2017 à la Chambre de surveillance, A_ SA a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP pour retard injustifié de la part de l'Office, concluant à ce que celui-ci établisse un procès-verbal de saisie.
b.
Dans ses observations datées du 10 juillet 2017, l'Office a rendu compte des démarches accomplies jusqu'à cette date en vue de la notification de la commination de faillite et a indiqué avoir l'intention, en cas d'échec de la tentative alors en cours, de déléguer la notification à l'Office des poursuites de La Broye – Vully. Il s'en est rapporté à justice sur le bien-fondé de la plainte.
c.
La cause a été gardée à juger le 12 juillet 2017, ce dont les parties ont été informées par avis du même jour.

Considerations:
EN DROIT
1.
1.1
La voie de la plainte au sens de l'art. 17 LP est ouverte contre les mesures de l'Office ne pouvant être contestées par la voie judiciaire (al. 1), ainsi qu'en cas de déni de justice ou de retard à statuer (al. 3). La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). Elle peut également être déposée en tout temps en cas de retard à statuer et de déni de justice (art. 17 al. 3 LP).
1.2
La plainte respecte en l'occurrence les exigences de forme prévues par la loi. Reprochant à l'Office un retard non justifié, elle pouvait par ailleurs être déposée en tout temps.
Elle est donc recevable.
2. 2.1
Il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe – d'office ou à la suite d'une requête régulière – dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (Cometta/Möckli, in BAK SchKG I, 2
ème
édition, 2010, n° 31-32 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl, in KUKO SchKG, 2
ème
édition, 2014, n° 32 ad art. 17 LP; Erard, in CR LP, 2005, n° 55 ad art. 17 LP).
A réception d'une réquisition de continuer la poursuite, l'Office des poursuites vérifie sa compétence à raison du lieu, la validité formelle de la réquisition, l'existence d'un commandement de payer entré en force et le respect des délais prévus par l'art. 88 al. 1 et 2 LP. Si ces vérifications ne le conduisent pas à refuser de donner suite à la réquisition, il détermine le mode de continuation de la poursuite et, si le débiteur est sujet à la poursuite par voie de faillite (art. 39 al. 1 LP), est tenu de lui adresser
"sans retard"
une commination de faillite (art. 159 LP). Il s'agit là d'une prescription d'ordre, qui impose à l'Office d'agir sans désemparer mais en tenant compte de l'ensemble des circonstances, tout en respectant les temps prohibés, féries et suspensions prévus par les art. 56 et suivants LP.
2.2
Il résulte en l'espèce du dossier et des explications de l'Office que plus de deux mois se sont écoulés entre la réception de la réquisition de continuer la poursuite et la première tentative de notification de la commination de faillite. Plus d'un mois a encore passé entre la constatation de l'échec de cette première tentative et un nouvel essai, puis encore à tout le moins deux mois entre l'échec de ce nouvel essai et un nouvel envoi. De tels délais sont contraires aux exigences de célérité et de diligence prévues par l'art. 159 LP, avec pour conséquence qu'un retard non justifié doit être constaté.
La plainte est pour le surplus mal fondée : dès lors que la débitrice est soumise à la poursuite par voie de faillite (art. 39 al. 1 ch. 9 LP), en effet, il ne saurait être ordonné à l'Office d'établir un procès-verbal de saisie.
3.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *