Decision ID: 541c4bbd-459a-4e29-9dab-100bc9680cbe
Year: 2020
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_010
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
En fait et en droit :
1.
1.1
Par courrier du 8 octobre 2019, M._ a déposé auprès de la Juge de paix du district d’Aigle (ci-après : la juge de paix ou le premier juge) une « demande de mise à ban du parking extérieur » de l’immeuble sis sur la parcelle n° [...] de la commune de [...], à la route [...]. Il était précisé qu’elle intervenait « en qualité de gérant[e] de l’immeuble ». Etaient joints à cette requête un extrait du guichet cartographique cantonal, un extrait du Registre foncier dont il ressort que K._ est propriétaire de la parcelle susmentionnée et une copie d’un contrat signé le 31 août 2019 par lequel K._ confie à M._ le mandat de gérer l’immeuble précité et dont la clause 6
in fine
dispose que « l’accord exprès du mandant est nécessaire pour le cas où un procès civil ou pénal devrait être intenté ».
1.2
Par lettre recommandée du 10 octobre 2019, la juge de paix a accusé réception de cette requête et a invité M._ à lui verser dans un délai au 30 octobre 2019 un montant de 200 fr. à titre d’avance de frais pour la procédure engagée et à lui faire parvenir, dans le même délai, «
une procuration ou un accord exprès signé(e) d’une personne habilitée à représenter K._
» (ndr : en gras dans le texte).
Par courrier recommandé du 10 novembre 2019 adressé à M._, la juge de paix a constaté que l’avance de frais n’avait pas été versée dans le délai imparti et lui a accordé un délai supplémentaire échéant au 18 novembre 2019 pour effectuer le dépôt de 200 fr. requis, précisant qu’à défaut, il ne serait pas entré en matière sur sa demande. La juge l’a derechef invitée à lui faire parvenir, dans le même délai, «
une procuration ou un accord exprès signé(e) d’une personne habilitée à représenter K._
» (ndr : en gras dans le texte).
1.3
Le 11 novembre 2019, M._ a écrit à la juge de paix qu’elle faisait suite au courrier reçu le jour même « concernant le paiement de 200 fr. pour la demande de mise à ban » et qu’elle avait « relancé le propriétaire ce jour ».
2.
2.1
Par décision du 4 décembre 2019, notifiée à M._ le lendemain, la juge de paix a dit qu’elle n’entrait pas en matière sur la demande de mise à ban et que la cause était rayée du rôle, sans frais.
A l’appui de cette décision, elle a indiqué qu’elle avait reçu l’avance de frais de 200 fr. mais pas la procuration requise autorisant la prénommée à représenter K._ dans la procédure de mise à ban.
2.2
Par acte du 10 décembre 2019, M._ a déclaré « faire part de [sa] demande de recours afin que la mise à ban aboutisse ». Elle a produit une procuration datée du 9 décembre 2019 lui donnant pouvoir de représenter K._ « dans la procédure de mise à ban ouverte auprès de la Justice de paix du district d’Aigle ». Les autres pièces produites figurent déjà au dossier de première instance.
3.
3.1
Selon l'art. 68 al. 3 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272), le représentant conventionnel d'une partie doit justifier de ses pouvoirs par une procuration.
Le défaut de procuration valable est un vice formel qui, dans la mesure où il n'est pas volontaire, peut être guéri dans le délai fixé par le juge selon l'art. 132 CPC ou par ratification
a posteriori
des actes déjà entrepris au sens de l'art. 38 CO (TF 5A_822/2014 du 4 mai 2015 consid. 2.3, publié in RSPC 2015 p. 438).
Aux termes de l'art. 132 al. 1 CPC, le tribunal fixe un délai pour la rectification des vices de forme telle l'absence de signature ou de procuration ; à défaut, l'acte n'est pas pris en considération.
3.2
En l’espèce, la recourante n’a pas déposé la procuration dans le délai imparti à deux reprises par le premier juge. Les pouvoirs de représentation de l’auteur de la signature de la requête de mise à ban n’ayant ainsi pas été démontrés, la juge de paix était fondée à ne pas entrer en matière sur cette requête. Le fait que la procuration requise ait été produite en deuxième instance n’y change rien.
4.
En conséquence, le recours doit être rejeté selon le mode procédural de l’art. 322 al. 1 CPC et la décision entreprise confirmée. La cause sera toutefois renvoyée à la juge de paix pour toute suite utile au vu de la procuration produite en deuxième instance.
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (art. 69 al. 1 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV 270.11.5]), seront mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

Considerations: