Decision ID: 26603c84-fa17-5d22-891c-f0d592c090a7
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
A.
Par jugement du 25 septembre 2017, le Tribunal de première instance a prononcé à hauteur de 28'384 fr. plus intérêts à 5% dès le 15 mars 2015 la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite
1_ (ch. 1 du dispositif) et mis à la charge de A_ les frais judiciaires, arrêtés à 200 fr. (ch. 2 et 3) ainsi que les dépens, arrêtés au montant de 500 fr. qu'elle a été condamnée à verser à B_ (ch. 4).
B. a.
Par acte expédié au greffe de la Cour le 5 octobre 2017, A_ a formé recours contre ce jugement, concluant, avec suite de frais, principalement, à son annulation et au déboutement de B_ des fins de sa requête en mainlevée et, subsidiairement, au prononcé de la mainlevée à hauteur de 20'000 fr.
Elle a produit des pièces nouvelles.
b.
B_ a conclu, avec suite de frais, principalement, au rejet du recours et à la confirmation du jugement attaqué "en ce sens qu'il prononce la mainlevée provisoire de l'opposition au commandement de payer 1_" et, subsidiairement, à ce qu'il confirme le jugement attaqué "en ce sens qu'il prononce la mainlevée de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite 1_, à hauteur de 38'384 fr., plus intérêts à 5% l'an dès le 15 mars 2015, sous déduction d'un acompte de 10'000 fr. payé en date du 6 octobre 2015 et de 8'584 fr. payé en date du 22 mars 2017".
c.
A_ a persisté dans ses conclusions au terme de sa réplique du 10 novembre 2017.
Elle a produit des pièces nouvelles.
d.
En l'absence de duplique, les parties ont été informées par avis du greffe de la Cour du 12 décembre 2017 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits pertinents suivants résultent la procédure.
a.
Le 20 mai 2016, l'Office des poursuites a fait notifier à A_, sur requête de B_, un commandement de payer, poursuite 1_, portant sur un montant de 38'384 fr. avec intérêts à 5% dès le 15 mars 2015. Etait mentionnée, à titre de créance, l'indication "2015/7300* CONTRAT D'ENTREPRISE TRAVAUX DANS LE C_ CLUB FACTURE".
Il a été formé opposition audit commandement de payer.
b.
Par requête expédiée au Tribunal le 20 avril 2017, B_ a requis la mainlevée de l'opposition formée au commandement de payer.
Elle a expliqué qu'elle avait effectué différents travaux dans le club C_ en vertu de différents contrats portant sur la rénovation dudit club, la confection de rideaux et de nappes ainsi que divers autres travaux. A_ restait lui devoir un montant de 28'384 fr., après versement d'un montant supplémentaire de 10'000 fr. intervenu après la notification du commandement de payer.
Elle a produit à l'appui de sa requête différentes offres adressées au C_ Club, signées, pour les travaux précités, un avis relatif au crédit sur son compte bancaire d'un montant de 14'000 fr. versé par A_ le 12 février 2015 et d'un autre montant de 14'000 fr. effectué le 23 mai 2015 par D_, un courriel de ce dernier du 14 avril 2015 indiquant à B_ que sa facture 2015/7300 du 30 mars 2015 serait réglée la semaine suivante, un reçu du 25 août 2015 faisant état d'un versement par D_ d'un montant de 5'000 fr., portant la mention manuscrite selon laquelle un montant de 38'384 fr. restait à payer, lequel serait réglé par un versement hebdomadaire de 5'000 fr. dès le 2 septembre 2015, étant précisé que ce document valait reconnaissance dette au sens de l'art. 82 LP, ainsi qu'un reçu du 6 octobre 2015 portant sur la somme de 10'000 fr.
c.
Par courrier adressé au Tribunal le 11 septembre 2017, A_ a contesté devoir la somme réclamée car les travaux n'avaient pas été commandés par elle, n'étant que l'exploitante du club en qualité de gérante, mais en aucun cas propriétaire. D_ avait par ailleurs effectué un versement de 8'542 fr. 20 le 22 mars 2017, qui devait venir en déduction du montant réclamé.
d.
Lors de l'audience devant le Tribunal du 15 septembre 2017, B_ a persisté dans ses conclusions, contestant avoir reçu un montant supplémentaire de
8'534 fr. 20.
A_ n'était ni présente ni représentée lors de cette audience.
e.
Dans son jugement du 25 septembre 2017, le Tribunal a rejeté l'argument selon lequel D_ serait le cocontractant de B_ en sa qualité de propriétaire en nom propre du C_ Club, cet argument n'étant étayé par aucune pièce. Il fallait bien plus considérer que A_ était partie au contrat en sa qualité d'exploitante et de gérante du club, D_ en étant l'administrateur avec signature individuelle. Il n'a pas pris en compte le versement allégué de 8'534 fr. 20 au motif que l'avis produit portait également la mention "11.2016" et qu'il convenait de retenir, sur la base de la vraisemblance des faits allégués, que c'était un montant de 28'534 fr. 20 qui restait dû par A_, de sorte que la mainlevée serait prononcée à concurrence de ce montant.

Considerations:
EN DROIT
1.
1.1
S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte (art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique (art. 251 let. a CPC).
Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours doit, en procédure sommaire, être introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée.
Interjeté dans le délai prescrit et selon la forme requise par la loi, le recours est recevable.
1.2
Les conclusions, allégations de fait et preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC).
Les pièces nouvelles déposées par les parties sont dès lors irrecevables.
1.3
Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits
(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et motivés par la partie recourante (Hohl, Procédure civile, Tome II, 2
ème
édition, Berne, 2010, n° 2307).
Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a
a contrario
et 58 al. 1 CPC).
2.
La recourante conteste sa qualité de débitrice de la somme qui lui est réclamée.
2.1
Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire (art. 82 al. 1 LP). Le juge prononce la mainlevée si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération (art. 82 al. 2 LP).
Constitue une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi - ou son représentant -, d'où ressort sa volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou aisément déterminable, et échue (ATF
140 III 456
consid. 2.2.1;
139 III 297
consid. 2.3.1;
136 III 624
consid. 4.2.2;
136 III 627
consid. 2 et la jurisprudence citée).
La procédure de mainlevée est une pure procédure d'exécution forcée (ATF
94 I 365
consid. 6 p. 373;
72 II 52
p. 54), un incident de la poursuite: le juge n'est compétent que pour examiner le titre - public ou privé - qu'est la reconnaissance de dette dans le cas d'une requête de mainlevée provisoire, ainsi que les trois identités : l'identité entre le poursuivant et le créancier désigné dans ce titre, l'identité entre le poursuivi et le débiteur désigné et l'identité entre la prétention déduite en poursuite et la dette reconnue et à statuer sur le droit du créancier de poursuivre le débiteur, c'est-à-dire à décider si l'opposition doit ou ne doit pas être maintenue (ATF
139 III 444
consid. 4.1.1).
Le poursuivi peut se prévaloir de tous les moyens de droit civil - exceptions ou objections - qui infirment la reconnaissance de dette (ATF
131 III 268
consid. 3.2 p. 273). Il n'a pas à apporter la preuve absolue (ou stricte) de ses moyens libératoires, mais seulement à les rendre vraisemblables, en principe par titre (art. 254 al. 1 CPC; arrêts du Tribunal fédéral
5A_467/2015
du 25 août 2016 consid. 4;
5A_884/2014
du 30 janvier 2015 consid. 5.2).
Le juge n'a pas à être persuadé de l'existence des faits allégués; il doit, en se fondant sur des éléments objectifs, avoir l'impression qu'ils se sont produits, sans exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés autrement (ATF
142 III 720
consid. 4.1; ATF
132 III 140
consid. 4.1.2).
2.2
En l'espèce, la recourante soutient que les travaux dont le prix est réclamé n'ont pas été commandés par elle, mais par son administrateur en personne, dont seul le nom apparait sur les différents titres produits, sans la mention du fait qu'il aurait agi en sa qualité d'administrateur.
Le document relatif à l'engagement de payer pour les travaux réalisés dans C_ Club une somme hebdomadaire de 5'000 fr. à concurrence de 38'384 fr. est effectivement signé par D_, sans référence à sa qualité d'administrateur de la recourante. Cela étant, les offres de travaux dont le paiement du prix est réclamé étaient adressées au C_ Club, et non à D_ lui-même, à l'adresse dudit club, qui est également celle de la recourante. Le montant litigieux se rapporte en outre à des travaux effectués dans le club dont la recourante reconnaît être l'exploitante. Elle avait ainsi un intérêt direct à la réalisation de ces travaux. La recourante n'explique enfin pas pourquoi, si elle n'avait pas commandé les travaux, elle a versé à l'intimée un montant de 14'000 fr. le 12 février 2015.
La recourante qui affirme, pour fonder son argumentation, que D_ est le propriétaire de l'établissement C_ Club ne conteste par ailleurs pas de manière motivée le jugement attaqué en tant qu'il a considéré que ladite affirmation n'était étayée d'aucune manière, étant relevé qu'il renvoie uniquement, devant la Cour, à l'appui de cette affirmation, à une pièce nouvelle et, partant, irrecevable. La prétendue qualité de propriétaire du club de D_ ne permet donc pas de rendre vraisemblable que les travaux ont été commandés par celui-ci à titre personnel, et non en sa qualité d'administrateur de la recourante.
Au vu de ce qui précède, il doit être admis que les travaux ont été commandés par la recourante et l'identité entre la recourante et le débiteur de la somme réclamée est ainsi acquise.
Le recours sera donc rejeté sur ce point.
3.
La recourante soutient avoir versé un montant supplémentaire de 8'534 fr. 20 le 22 mars 2017, dont le Tribunal n'avait pas tenu compte à tort. L'intimée, tout en concluant principalement à la confirmation du jugement attaqué, ne conteste plus avoir reçu ce montant.
Le chiffre 1 du dispositif du jugement attaqué sera dès lors annulé et la mainlevée de l'opposition sera prononcée pour un montant de 19'849 fr. 80 (28'384 fr. – 8'534 fr. 20).
4.
La recourante, qui, si elle succombe sur le principe même du prononcé de la mainlevée, obtient néanmoins gain de cause quant au montant pour lequel ladite mainlevée est prononcée, sera condamnée aux trois-quarts des frais judiciaires du recours (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés au total à 600 fr. (art. 48 et 61 al. 1 OELP) et compensés avec l'avance de frais fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). L'intimée sera dès lors condamnée à lui verser 150 fr. à titre de frais judicaires.
La recourante sera également condamnée aux trois-quarts des dépens, arrêtés à 500 fr., soit la somme de 375 fr. qu'elle sera condamnée à verser à l'intimée.
* * * * *