Decision ID: 37ce55d4-5bc8-41bd-a962-0874df4a2839
Year: 2009
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE09.007828-ALA
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois contre
H._
pour diffamation, sur plainte de
F._
,
vu la demande présentée le 14 décembre 2009 par F._ tendant à la récusation du juge R._,
vu les déterminations du juge en charge de l'enquête du 18 décembre 2009,
vu l'ordonnance du 21 décembre 2009, par laquelle le juge d'instruction du canton de Vaud a renoncé à se saisir de la cause, respectivement à en saisir l'un de ses substituts,
vu les pièces du dossier;
attendu
que
les magistrats de l'ordre judiciaire peuvent être récusés ou se récuser spontanément si leurs relations avec une des parties sont de nature à compromettre leur impartialité (art. 29 al. 1
er
CPP),
qu'il n'est cependant tenu compte que des motifs importants tels que la parenté, l'alliance, l'intérêt matériel ou moral au procès (art. 29 al. 2 CPP),
que, sur le plan des droits fondamentaux, la garantie d'un tribunal indépendant et impartial instituée par les art. 30 alinéa 1
er
Cst. et 6 § 1 CEDH permet, indépendamment du droit cantonal, d'exiger la récusation d'un juge dont la situation ou le comportement est de nature à faire naître un doute sur son impartialité (ATF 133 I 1 c. 6.2),
qu'il suffit que des circonstances déterminées, constatées objectivement, donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat,
qu'en revanche, les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont pas décisives (ATF 134 I 20 c. 4.2; 133 I 1 c. 5.2; 131 I 24 c. 1.1),
qu'en l'espèce, le requérant semble reprocher au juge R._ d'avoir transmis sa plainte contre H._ à la Gendarmerie de [...],
que la fait d'adresser une réquisition à la police pour qu'elle procède à des investigations visant à établir si les faits allégués dans la plainte sont prouvés (cf. P. 8), est conforme tant au Code de procédure pénale (cf. art. 170 CPP) qu'à la pratique des autorités d'instruction pénale,
que la délégation générale permet en effet au juge d'instruction de faire instruire une enquête par la police judiciaire (Bovay, Dupuis, Monnier, Moreillon, Piguet, Procédure pénale vaudoise, Bâle 2008, n. 1 ad art. 170 CPP, p. 195),
que le juge visé n'a d'ailleurs fait que se conformer aux considérants de l'arrêt du Tribunal d'accusation du 7 septembre 2009, qui lui enjoignait d'instruire la plainte déposée par F._,
que l'on ne saurait voir dans cette délégation à la police une manière de retarder l'avancement de l'enquête et, selon l'expression du requérant, de « protéger certaines personnes »,
que le requérant reproche encore au juge R._ de lui avoir fait comprendre qu'il n'y avait aucune chance pour que sa plainte aboutisse,
que ce fait n'est pas établi,
que F._ n'a d'ailleurs pas encore été entendu par le juge d'instruction,
qu'il le sera une fois que les enquêteurs, leurs investigations terminées, auront livré leurs conclusions,
qu'au demeurant, la garantie du juge impartial ne permet pas au justiciable de récuser un magistrat au motif que celui-ci aurait statué précédemment en sa défaveur (ATF 1B_144/2009 du 4 juin 2009; ATF 116 Ia 14 c. 5),
qu'enfin, selon la jurisprudence, le droit à un juge impartial n'est pas violé lorsqu'après l'admission d'un recours, la cause est renvoyée au juge qui a pris la décision invalide,
que l'on peut en effet attendre du magistrat qu'il continue de traiter l'affaire de manière impartiale et objective, en se conformant aux motifs de l'arrêt rendu sur recours, et il n'est pas suspect de prévention du seul fait que son appréciation du dossier diffère de celle de l'autorité de recours (cf. ATF 113 Ia 407 c. 2b),
que compte tenu de ce qui précède, il n'y a aucun motif justifiant la récusation du juge concerné;
attendu, en définitive, que la demande de récusation doit être rejetée, aux frais de son auteur (art. 307 CPP, par analogie).

Considerations: