Decision ID: a908658e-a547-4ca6-a9e1-04256ed48141
Year: 2014
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
II. Statuant en faits
3. a) Le 15 février 2010, Z_, né en 1939, a présenté à la Chambre pupillaire
une demande de mise sous tutelle. Selon l'avis de son médecin traitant, le
D r P_, l'intéressé n'était alors plus en mesure de gérer ses affaires en raison
d'altérations de ses fonctions intellectuelles. Z_ vivait séparé de son épouse
et avait été invité à quitter son propre domicile de D_. Il se trouvait
hospitalisé depuis le 7 février 2010. Le 16 avril 2010, après avoir constaté qu" ́un
travail de recherche considérable a été effectué par Y_ afin de déterminer la
situation financière de son père M. Z_", la Chambre pupillaire a décidé de
"prendre une mesure de tutelle volontaire au sens [de l’]art. 372 CCS" et de nommer
Y_ comme tuteur de Z_, la durée de ce mandat étant limitée à un
an.
b) La rémunération du tuteur a été arrêtée par la décision entreprise.
Le recourant conteste le nombre d’heures de travail retenues par la Chambre pupillaire
(193 h) pour fixer cette rétribution. Il reproche à l’autorité intimée de s’être bornée à
énumérer les activités dictées par Y_, sans contrôler l’exactitude de ces
informations. A son avis, la situation du pupille n’avait rien de spécialement complexe.
Il soutient que la Chambre pupillaire a tenu compte de faits antérieurs à la nomination
du tuteur (interventions à la suite de retraits non autorisés, transfert de banque,
intervention en urgence suite à une fugue etc.) et a retenu à tort des sollicitations
"quotidiennes" du pupille, ou encore des contacts "réguliers" avec le home et/ou
l'hôpital et les intervenants. Il expose que Y_ n’a plus rendu visite à son
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pupille lorsqu'il a su qu'il voulait changer de tuteur et qu’il n'a pas établi d'inventaire
d'entrée conformément aux prescriptions de la tutelle.
aa) La Chambre pupillaire a pris en considération le rapport d’activité et la note de
frais remis par le tuteur. L’autorité intimée a désigné comme suit les catégories de
tâches entrant en compte :
- effectuer les paiements habituels (1) (i. e. paiements e-banking)
- établir un inventaire et protéger les biens de valeur (2)
- collaborer avec le mandataire, pour entamer des procédures et établir les
pièces justificatives nécessaires pour justifier ces procédures (3)
- faire les recherches auprès des institutions bancaires, contrôler les comptes et
intervenir à la suite à des retraits non autorisés, procéder à des transferts de
banque pour éviter tout problème (4)
- intervenir d’urgence à la suite d’une fugue (5)
- visiter plusieurs EMS et rechercher une place (6)
- répondre aux sollicitations quotidiennes du pupille (7)
- entretenir des contacts réguliers avec le home et/ou l’hôpital et les intervenants
(8),
Il convient préalablement de relever que le mandat de tuteur de Z_ ne portait
pas sur une simple gestion courante. Il s'agissait en effet de suivre un pupille
hospitalisé et présentant une certaine intempérance, de lui trouver un lieu de séjour
approprié et de l’y installer. Z_ ayant séjourné à l'EMS Q_ à
I_ dès le 9 août 2010, le tuteur a ensuite eu la tâche de surveiller l'évolution
du pupille. Il devait également réajuster à la baisse les obligations financières de
Z_ (et, en particulier, la contribution d’entretien en faveur de l’épouse, de
5'000 fr. au début du mandat) afin garantir le financement du séjour à l'EMS et des
autres besoins du pupille. Par ailleurs, la situation matrimoniale de l'intéressé devait
occuper le tuteur puisqu’une procédure de divorce était envisagée.
Y_ n’a pas tenu le relevé systématique de ses interventions. Le dossier
démontre toutefois qu’il s’est investi dans tous les domaines désignés par la Chambre
pupillaire (1 à 8 ; repris ci-après en italiques).
- (1) effectuer les paiements habituels. Les paiements opérés par le tuteur (25 e-
banking) résultent des comptes qu’il a présentés.
- (2) établir un inventaire et protéger les biens de valeur. Le 26 juillet 2010,
Y_ a remis à la Chambre pupillaire l’inventaire des biens de valeur du
pupille (49 lots), accompagné d’un dossier photographique. Si l'on s'en tient au
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courriel du 29 avril 2010 de l'épouse du pupille, c'est le tuteur lui-même qui avait
déménagé ces objets du domicile de ce dernier, le 29 avril 2010. Il a ensuite
protégé ces biens à son domicile, comme l’indique le procès-verbal de leur
remise au nouveau tuteur (pièces en ivoire [cartons I à III et 2 pièces emballées
hors carton] ; livres et documents des collections de timbres [cartons IV à VII];
pièces de monnaie [carton VIII] ; divers tableaux [cartons X et XI). C'est le lieu de
relever que le ch. 2 de la décision du 11 avril 2011 (auquel renvoie la décision
querellée) omet ces biens (cf. Procédure let. A supra) pourtant existants lors de
la remise des comptes (cf. inventaire du tuteur L_ du 9 novembre
2011). Il en va de même des actifs immeuble et mobilier.
- (3) collaborer avec le mandataire, pour entamer des procédures et établir les pièces
justificatives nécessaires pour justifier ces procédures. Selon le courrier du
6 septembre 2010 adressé à la Chambre pupillaire par M e O_, avocat
de Z_, une procédure de divorce avait été ouverte ; le pupille devait
aussi défendre ses intérêts dans les deux procédures initiées par son épouse
(requête d’avis au débiteur / requête de mainlevée). L’avocat a souligné
l’urgence d’une demande de mesures provisoires en vue de réduire la
contribution d’entretien due à l’épouse et a précisé que "M. Y_ [...]
rest[e] bien entendu à votre entière disposition pour fournir tous renseignements
[...] pour prendre une décision concernant ces procédures" ; la Chambre
pupillaire a donné son accord à ces opérations, le 20 septembre 2010. Les
9 novembre 2010, 7 janvier et 21 février 2011, le tuteur a informé la Chambre
pupillaire sur les procédures en cours (cf. lettre du tuteur du 9 novembre, notice
téléphonique de la présidente de la Chambre pupillaire (ci-après : la présidente)
du 7 janvier 2011 et procès-verbal de la séance du 21 février 2011). Dans son
rapport du 6 avril 2011, le tuteur fait état du suivi d'une procédure pénale
(ordonnance pénale de condamnation prise à l'encontre de son pupille et à
laquelle le tuteur a fait opposition). Cette procédure est confirmée par le nouveau
tuteur qui indique qu'une ordonnance de classement a ensuite été rendue.
- (4) faire les recherches auprès des institutions bancaires, contrôler les comptes et
intervenir à la suite de retraits non autorisés, procéder à des transferts de
banque pour éviter tout problème. Le relevé du compte G_ de
Z_ indique un retrait en espèce de 1'000 fr., le 19 mai 2010, alors que
le pupille se trouvait à la Clinique R_. Y_ a informé la
Chambre pupillaire que, selon les dires de son pupille, son fils X_ l'a
conduit à la Banque G_ de S_ pour y retirer 1'000 fr.,
montant immédiatement remis à X_ (cf. détermination du 7 octobre
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2010). Le 16 juin 2010, le tuteur a indiqué, en relation avec l'interception d'une
procuration de Z_ en faveur de son épouse, qu'il avait bloqué le
compte bancaire ; le 13 juillet 2010, il a soulevé ses difficultés de gestion liées
aux sollicitations financières de l’épouse et de X_ auprès de son
pupille (cf. notices téléphoniques de la présidente des 16 juin et 13 juillet 2010).
Ces difficultés sont corroborées par la position exprimée par le pupille, le
22 juillet 2010 : Z_ fait état de la situation financière précaire de son
épouse tandis que lui-même dispose d'un revenu confortable, et se plaint que
son tuteur "bloque son compte G_".
- (5) intervenir d’urgence à la suite d’une fugue. Un courrier du D r P_ du
15 novembre 2010 relève que Z_ ne respecte pas le cadre mis en
place et qu’il a été retrouvé ivre en ville de I_, incapable de rentrer à
l’EMS. Quelques jours auparavant, le tuteur avait informé la Chambre pupillaire
que, le 8 novembre 2010, vers 19h, un appel de l’EMS Q_ l’a informé
que son pupille n’était toujours pas rentré ; lui-même l’a retrouvé sur la route du
T_, vers 19h40, fortement alcoolisé et blessé.
- (6) visiter plusieurs EMS et rechercher une place. Le 17 mai 2010, le médecin
traitant de Z_ a indiqué à la Chambre pupillaire qu’il était
"indispensable" qu'un tiers [i. e. le tuteur] organise la sortie de la Clinique
R_ et "la suite de l'existence pratique" de son patient. Selon la note
téléphonique de la présidente du 27 juillet 2010, le tuteur concluait que son père
allait bien dans un environnement très encadré, alors que, dans un
environnement ouvert "ça va dans tous les sens" et que, partant, Z_
avait été inscrit dans des EMS du Valais central. Le rapport d’activité du tuteur
fait état de 8 inscriptions et visites d’institutions.
- (7) répondre aux sollicitations quotidiennes du pupille. La qualification
"quotidiennes" résulte d’une inadvertance de l’autorité intimée : elle est
inconciliable avec le temps de travail total qu’elle a retenu par ailleurs. Le dossier
indique que le tuteur était fréquemment requis par son pupille pour des besoins
très divers. Entre autres, lors d'un entretien avec la présidente, le 16 juin 2010,
Y_ expose qu'il a remis à son pupille les 200 fr. demandés, lors d'une
visite du 15 mai précédent (le relevé de compte G_ mentionne un
retrait "bancomat" à I_ le 14 mai 2010; cf. ég. notice de la présidente
du 16 juin 2010). L'indication du tuteur selon laquelle il a déménagé de l'ancien
domicile de D_ les biens que le pupille désirait conserver absolument à
l'EMS ("visite avec son pupille dans son logement, identification des biens,
organisation du déménagement, installation dans l'EMS"; cf. détermination du
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7 octobre 2010) est confortée par les clichés de la chambre du pupille à l'EMS,
figurant à l'inventaire d'entrée du nouveau tuteur. Dans une écriture à la
Chambre pupillaire du 7 octobre 2010, le tuteur a indiqué avoir réglé des
questions d'argent de poche, d'achats de vêtements, de matériel de toilette etc.
et refusé de restituer à son pupille des poignards qu'il lui avait enlevés, sur
demande de l'EMS. Le 7 janvier 2010, le tuteur est requis de procurer une veste
chaude à son pupille (note téléphonique de la présidente du 7 janvier 2010). Le
rapport d’activité de celui-là mentionne 49 visites au pupille (y. c. transports
divers) dont 45 effectuées jusqu’à fin septembre 2010.
- (8) entretenir des contacts réguliers avec le home et/ou l’hôpital et les intervenants.
Dans ses informations à la Chambre pupillaire des 7 octobre 2010 et
9 novembre 2010, à l'occasion d'entretiens téléphoniques avec la présidente,
ainsi que lors de la séance tenue par cette autorité le 21 février 2011, le tuteur a
fait état de ses différents contacts avec les D rs U_ et V_,
ainsi qu’avec le D r
P_ et les responsables de l'EMS Q_.
L’hospitalisation du pupille, l’évaluation des mesures à prendre au terme de
celle-ci et le suivi du séjour à l’EMS Q_ obligeait le tuteur à des
contacts réguliers avec les intervenants des deux institutions qui ont accueilli
Z_.
bb) Le tuteur a également œuvré dans des domaines autres que ceux inventoriés aux
ch. 1 à 8 ci-dessus. Il a ainsi négocié avec l'office cantonal de recouvrement et
d'avances de pensions alimentaires (en vue de différer le règlement des dettes de son
pupille [cf. son courrier du 12 janvier 2011]) et avec F_ SA (pour obtenir la
libération de l’obligation de débiteur solidaire [cf. inventaire du 21 septembre 2012 et
Procédure let. A supra]). Il a exécuté la remise des biens de valeur au nouveau tuteur,
le 13 avril 2011, les opérations ayant duré 4 h selon le décompte de ce dernier. Pour la
conduite du dossier par la Chambre pupillaire, il a donné des renseignements au
travers de ses contacts téléphoniques avec la présidente, de sa participation à la
séance du 21 février 2011 (d'une durée de 45') ou encore de ses écritures des
7 octobre 2010 et 9 novembre 2010. La description fouillée que celles-ci donnent de la
situation et des moyens mis en œuvre démontrent l'attention soutenue que le tuteur a
portée à l'exécution de ses tâches.
cc) L’autorité intimée a, d'autre part, fondé le montant de la rémunération sur
l'exécution des tâches de base décrites au "Tarifs d'un tuteur privé", telles que
l’ouverture, le tri et classement quotidien du courrier, les paiements mensuels (sans les
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ordres e-banking), les préparations des déclarations d’impôts, les envois de factures
médecins à la caisse maladie et les contrôles des décomptes de prestations, les
séances à la Chambre pupillaire pour les inventaires d’entrée et les redditions de
compte (cf. le courrier du 27 avril 2012 de la Chambre pupillaire à M e C_ et le
renvoi de la décision du 3 août 2012 à la détermination de M e C_ du 9 mai
2012 p. 2]).
L'inventaire d'entrée effectué par Y_, dans un document de 4 pages
accompagné de 14 annexes, a permis à la Chambre pupillaire de fixer la situation du
pupille au début de l’instauration de la tutelle (cf. Procédure let. A supra). La reddition
des comptes a été précédée de l'établissement, par le tuteur, du rapport d'activité et de
"notes utiles pour le nouveau tuteur" et a donné lieu à la participation de Y_
aux séances des 11 avril 2011 (1h30) et 23 avril 2012 (2h), sans compter la
détermination écrite du tuteur du 8 juin 2012.
dd) Au moment où Y_ a été remplacé par un nouveau tuteur, Z_
bénéficiait d'un lieu de vie adapté à son état, il pouvait financer ses besoins par ses
revenus (la contribution d'entretien grevant son revenu a été réduite à 1'000 fr.), il était
libéré de la dette de 450’000 fr. auprès de F_ SA et ses comptes étaient bien
tenus.
En définitive, compte tenu de la nature des tâches confiées au tuteur, dont l’exécution
est démontrée tant par les opérations ressortant des actes du dossier que par les
résultats obtenus et la situation prévalant lors de la désignation du nouveau tuteur,
l'estimation de l'autorité intimée selon laquelle le tuteur a consacré 193 h (environ 16 h.
en moyenne par mois) à l'exécution de son mandat échappe à la critique.
c) Pour fixer les frais, la Chambre pupillaire a pris en compte des déplacements de
1'240 km au total, par véhicule privé. Cette évaluation n'est nullement excessive au
regard des nombreux déplacements (et transports) nécessités par l'exécution du
mandat, étant en outre relevé que le lieu d'hospitalisation du pupille jusqu'à début août
2010 (S_) était distant de 20 km du domicile du tuteur, à I_ (40 km
AR). Les autres dépenses du tuteur, en relation avec les prestations exécutées, ont
trait aux frais de téléphone, de courrier, de copie, de port, d'extraits de registre ou
encore d'emballage des objets de valeur.
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Considerations:
III. Considérant en droit
4. Le recourant considère que la rémunération allouée au tuteur sur le fondement de
l'art. 416 aCC est disproportionnée "au vu du réel travail accompli [par ce dernier] et au
vu des revenus disponibles du pupille".
a) Conformément à l’art. 14 al. 1 tit. final CC, depuis l’entrée en vigueur du nouveau
droit, le 1 er janvier 2013, celui-ci est seul applicable sur le plan matériel. Il en résulte
que les mesures ordonnées sous l’empire de l’ancien droit (tutelle, curatelle, conseil
légal, etc.) sont en principe régies par le nouveau (Geiser, Protection de l’adulte, n. 3
ad art. 14/14a tit. final CC). Toutefois, l’art. 14 tit. final CC ne prescrit pas comment
doivent être traitées les questions autres que les mesures, notamment celle de la
rémunération (art. 416 aCC, désormais art. 404 CC). Selon la jurisprudence et la
doctrine, si un comportement a pris fin lors de l’entrée en vigueur du nouveau droit, la
question juridique à résoudre (par exemple celle de rémunération) est régie par
l’ancien droit, indépendamment du moment auquel ladite question est invoquée (arrêt
du Kantonsgericht Graubündens, I. Zivilkammer, ZK1 13 17 du 29 avril 2013 consid.
2a; arrêt de la cour administrative du tribunal cantonal du Jura, Adm 112/2013 du
18 mars 2014 consid. 3.1; Geiser, Protection de l’adulte, n. 17-18 ad art. 14/14a tit.
final CC).
b) aa) L’art. 416 aCC prévoit que le tuteur a droit à une rémunération prélevée sur les
biens du pupille; celle-ci est fixée par l'autorité tutélaire pour chaque période
comptable, eu égard au travail du tuteur et aux revenus du pupille.
La loi ne précise pas comment procéder à la fixation du salaire du tuteur. La
rémunération "équitable" doit être fixée de cas en cas selon l'importance de la mission
confiée ainsi que les difficultés, le travail qu'elle comporte et, comme l’exige le texte de
l'article 416 CC, la capacité financière du pupille. L'autorité prendra en considération
les circonstances de chaque tutelle. Par exemple, le travail nécessaire pour obtenir des
revenus identiques dépend largement de la composition des biens du pupille ; de
même, la tâche du tuteur sera en général plus lourde dans les mois qui suivent
l’institution de la tutelle (inventaire, liquidation d’une succession, etc.) que par la suite
(Deschenaux/ Steinauer, Personnes physique et tutelle, 2001, n. 953). L'autorité
tutélaire jouit d'un large pouvoir d'appréciation dans la fixation de la rémunération du
tuteur prévue à l'art. 416 CC (arrêt 5D_215/2011 du 12 septembre 2012 consid. 2.1).
https://www.swisslex.ch/LawDetail.mvc/Show?normalizedReference=CH%2F210%2F416
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Le tuteur a également droit au remboursement de toutes les dépenses faites dans
l’exercice régulier de ses fonctions (Deschenaux/Steinauer, op. cit., n. 953 in fine,
p. 366 ; cf. ég. Geiser, commentaire bâlois, n. 14 ad art. 416 aCC). Les frais
(téléphone, transports, frais de ports et de repas etc.) ne sont ainsi pas compris dans le
tarif horaire ou la rémunération forfaitaire.
bb) Si la fixation du montant de la rémunération du tuteur relève de la compétence de
l’autorité pupillaire, l’autorité de surveillance peut émettre des directives à ce sujet
(Geiser, Commentaire bâlois, n. 6 ad art. 416 aCC). Une directive administrative n'a
cependant pas force de loi et ne lie ni les administrés, ni les tribunaux, ni même
l'administration qui doit donc tenir compte des circonstances de l'espèce (ATF 133 II
305 consid. 8.1 ; arrêt 2C_132/2010 du 17 août 2010 consid. 3.3).
En Valais, l’art. 46 de l’ordonnance sur la tutelle, du 27 octobre 1999 (OT ; RS/VS
211.250), en vigueur jusqu’au 31 décembre 2012 et qui explicitait l’art. 43 al. 1 aLACC
("rémunération des tuteurs et curateurs"), disposait que le tuteur avait droit à une
rémunération équitable pour les soins personnels et pour l’administration des biens,
conformément aux dispositions du code civil suisse (al. 1) et qu’il avait en outre droit au
remboursement de ses débours et autres dépenses rendues nécessaires par l’exercice
régulier de sa fonction, calculés conformément à la loi fixant le tarif des frais et dépens
devant les autorités judiciaires ou administratives (LTar ; RS/VS 173.8). Sur la base de
l’art. 46 OT, le Conseil d’Etat – en tant qu’autorité exerçant la haute surveillance sur les
chambres pupillaires et les chambres de tutelle (cf. art. 18 al. 1 aLACC) –, a édicté, le
1 er décembre 2005, une directive exposant que la rémunération horaire de 35 fr.
respectivement de 50 fr., fixée dans l’arrêté du 23 juin 1999 (rétribution de 35 fr. par
heure isolée pour les membres et 50 fr. pour les membres "spécialistes [formation
universitaire]" des commissions administratives et consultatives nommées par le
Conseil d’Etat) constituait une référence minimale (cf. Häfeli, Protection de l'adulte,
Leuba et al. [éd.], 2013, n. 5 ad art. 404 CC et le Guide Pratique, Droit de la protection
de l'adulte, Copma (éd.), 2012, n. 6.44, qui indiquent des tarifs horaires allant de 50 à
100 fr.).
c) En l'espèce, il a été retenu que le tuteur avait consacré un temps de travail de 193 h
à l'exécution de son mandat. Le tarif horaire de quelque 45 fr. (8'732 fr. [indemnité
allouée par l’autorité intimée après déduction des frais] : 193 h) appliqué par la
Chambre pupillaire est justifié. Il aurait même pu être fixé à un taux plus élevé.
L'exécution du mandat de curatelle n’était en effet pas exempte de difficultés en raison
de la nature de la plupart des tâches, de la diversité de celles-ci, de la situation
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matrimoniale du pupille ou encore de son comportement. Par ailleurs, la condition
économique de l’intéressé était favorable (cf. Procédure let. A et p. 9 in limine, supra).
S'agissant des débours, le montant de 400 fr. calculé par l'autorité intimée pour couvrir
les frais administratifs (de téléphone, de courrier, de copie, de port, d'extraits de
registre, d'emballage etc.) exposés durant tout le mandat ne prête pas flanc à la
critique, les prestations du tuteur nécessitant de fréquents échanges et démarches
écrits et oraux ou encore des opérations d'emballage. Les déplacements justifient une
indemnité de 868 fr. (1'240 km x 0 fr. 70 ; art. 8 al. 2 aLTar et 9 al. 2 LTar; art. 9 du
règlement sur les indemnités de déplacements du 24 juin 2010 et son annexe [RS
172.431]).
En définitive, l’indemnité de 10'000 fr. (8'732 fr. [rémunération] + 1'268 fr. [400 fr. +
868 fr. ; débours]) allouée au tuteur est confirmée.
Il s'ensuit le rejet du recours.
Comme les conclusions prises en instance de recours étaient d’emblée dépourvues de
chances de succès pour les motifs exposés dans le présent jugement, la requête
d'assistance judiciaire doit être rejetée (art. 117 al. 1 let. b CPC).
5. Les frais judiciaires se limitent à l’émolument forfaitaire de décision (art. 95 al. 2 let.
b CPC). Cet émolument qui peut osciller entre 90 fr. et 4000 fr. (art. 18 al. 1 et 19 LTar)
est fixé, compte tenu de l’ampleur du dossier et de la difficulté ordinaire de la cause, à
400 francs. Il sera supporté par le recourant qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).