Decision ID: d28208d3-ac3d-5128-ae06-be2e949b55da
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 5 janvier 2021, A_ recourt
pour déni de justice par suite de la plainte qu'elle dit avoir déposée le 20 octobre 2020 auprès du Ministère public.
Elle conclut, préalablement, à l'octroi de l'assistance juridique gratuite et, principalement, à ce qu'il soit ordonné au Ministère public d'ouvrir une instruction.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_ est en conflit depuis 2016 avec B_, père de sa fille, née en 2011. Ils s'opposent dans différentes procédures, tant civiles que pénales.
b.
Par ordonnance sur mesures super-provisionnelles du 12 décembre 2018, le Tribunal de première instance a retiré à A_ la garde de C_, qui a été confiée de manière exclusive à B_ dès cette date.
c.
Par lettre du 20 octobre 2020 - produite à l'appui de son recours -, A_ aurait écrit au Ministère public une lettre avec, sous la rubrique "
concerne
", la mention : "
D_ et B_
". À cette lettre était joint l'extrait d'un procès-verbal d'audition de E_, père de B_, apparemment devant le Tribunal de police, à une date non précisée, dans la procédure P/1_/2017.
Dans sa lettre, A_ informait le Procureur général que E_, dans le procès-verbal précité, confirmait que le juge D_ avait "
appelé
B_ pour
exécuter la garde avant la décision du TPAE
". Elle se demandait si tout était permis dans ce canton "
par les seigneurs
", si tous [les citoyens] n'étaient pas égaux devant la loi, comment le Ministère public permettait que B_ ne soit pas puni pour toutes ses plaintes abusives [contre elle] et si cette autorité allait continuer à la dénigrer à cause de sa défaillance à s'exprimer par écrit. Elle estimait que "
les faits sont là
", on ne pouvait pas les démentir. Lorsqu'"
on
" était intègre "
on
" protégeait les mineurs et les citoyens, "
en dépit des liens avec les fautifs
". En tant que mère et citoyenne "
de qualité
", elle refusait de se bâillonner sur les injustices et le danger que représentaient les parents de B_, ainsi que sur le fait que ce dernier avait menti devant le Ministère public au sujet de l'existence d'une lettre qui avait finalement été retrouvée lors de la perquisition.
C.
a.
Dans son recours, A_ se plaint que le Ministère public n'instruise pas sa plainte du 20 octobre 2020.
b.
À réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni débats.

Considerations:
EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 2 CPP), et émaner de la partie qui se prévaut de la qualité de partie plaignante et, à ce titre, a un intérêt juridiquement protégé à obtenir une décision de l'instance sollicitée (art. 104 al. 1 let. b et 382 al. 1 CPP).
2.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
3.
3.1.
À teneur de l'art. 5 al. 1 CPP, les autorités pénales engagent les procédures pénales sans délai et les mènent à terme sans retard injustifié. Cette disposition concrétise le principe de célérité, et prohibe le retard injustifié à statuer, posé par l'art. 29 al. 1 Cst., qui garantit notamment à toute personne, dans une procédure judiciaire ou administrative, le droit à ce que sa cause soit traitée dans un délai raisonnable. Un déni de justice ou un retard injustifié est établi lorsqu'une autorité s'abstient tacitement ou refuse expressément de rendre une décision dans un délai convenable (Message concernant la révision totale de l'organisation judiciaire fédérale, FF 2001 4132). Si l'autorité refuse de statuer sur une requête qui lui a été adressée, soit en l'ignorant purement et simplement, soit en refusant d'entrer en matière, elle commet un déni de justice formel (
ACPR/187/2012
du 8 mai 2012 ; G. PIQUEREZ/ A. MACALUSO,
Procédure pénale suisse : Manuel
, 3
e
éd., Zurich 2011, n. 187).
3.2.
La plainte pénale est une déclaration de volonté inconditionnelle par laquelle le lésé demande l'introduction d'une poursuite pénale (M. DUPUIS / L. MOREILLON / C. PIGUET / S. BERGER / M. MAZOU / V. RODIGARI (éds),
Code pénal - Petit commentaire
, 2ème éd., Bâle 2017, n. 1 ad art. 30 CP et les références citées).
3.3.
En l'espèce, dans sa lettre du 20 octobre 2020, la recourante s'exprime sur les déclarations du père de son ancien compagnon, sans manifester son intention de déposer plainte pénale contre l'une ou l'autre des personnes mentionnées. Dans le corps du texte, si la recourante critique divers comportements ou situations en lien avec les procédures en cours l'opposant à B_ et les parents de ce dernier, elle ne dénonce aucune (nouvelle) infraction pénale.
Partant, en l'absence de plainte pénale, la recourante ne saurait déplorer aucun déni de justice.
4.
Le recours sera en conséquence rejeté.
5.
Le recours étant manifestement voué à l'échec, la demande d'assistance juridique gratuite est infondée (art. 136 al. 1 let. b CPP).
6.
La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixés en totalité à CHF 200.-, y compris un émolument pour la présente décision (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *