Decision ID: 7a88d8c9-1517-5f62-b2d2-0db49f023c65
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
Vu, EN FAIT, l'ordonnance
OTPI/104/2020
du 17 février 2020 par laquelle le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a rejeté la requête formée par A_ SA (ci-après : A_ SA) (chiffre 1 du dispositif), révoqué en conséquence et mis à néant avec effet immédiat l'ordonnance C/16789/2019 SP rendue le 23 juillet 2019 sur mesures superprovisionnelles par la vice-présidente du Tribunal de première instance ordonnant la suspension provisoire de la poursuite n° 1_ A initiée par B_ (ci-après : B_) à l'encontre de A_ SA (ch. 2), arrêté les frais judiciaires à 8'000 fr. compensés à due concurrence par l'avance versée par A_ SA (ch. 3), les a mis à la charge de A_ SA (ch. 4), a condamné A_ SA à verser à B_ 8'000 fr. à titre de dépens (ch. 5), les parties étant déboutées de toutes autres conclusions (ch. 6);
Que le 28 février 2020, A_ SA a formé appel contre l'ordonnance du
17 février 2020, reçue le lendemain, concluant à son annulation et à ce que la suspension provisoire de la poursuite n° 1_ A soit prononcée, avec suite de frais à la charge de B_;
Qu'à titre préalable, A_ SA a conclu à l'octroi de l'effet suspensif;
Que sur ce point, elle a exposé que la poursuite n° 1_ A dirigée contre elle en était au stade de la réquisition de faillite;
Qu'une audience avait été convoquée pour le 29 août 2019, puis annulée après le prononcé, par le Tribunal, de son ordonnance du 23 juillet 2019 sur mesures superprovisionnelles, laquelle avait suspendu la poursuite;
Que l'appelante a soutenu que si l'effet suspensif n'était pas accordé par la Cour,
A_ SA serait, pendant l'instruction de l'appel, à nouveau convoquée à une audience, au cours de laquelle sa faillite serait prononcée;
Que ce résultat serait irrémédiable, dans la mesure où, même dans l'hypothèse où elle obtiendrait ultérieurement gain de cause devant la Cour, elle ne pourrait obtenir l'annulation de la faillite prononcée contre elle dans l'intervalle, car les conditions temporelles posées par l'art. 174 LP ne seraient pas remplies;
Que par ailleurs, sa faillite entraînerait la suspension de l'action en annulation de la poursuite qu'elle avait introduite le 22 juillet 2019 et prétériterait sa position dans la procédure arbitrale initiée le 4 juillet 2019 à l'encontre de sa partie adverse, ce qui la priverait définitivement de la possibilité d'obtenir l'examen, par le juge du fond, de la question de l'extinction de sa dette;
Que B_ ne s'est pas prononcée sur la requête d'effet suspensif;
Considérant,

Considerations:
EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Qu'en l'espèce et à défaut d'octroi de l'effet suspensif, il existe un risque que la faillite de l'appelante soit prononcée ce qui, comme elle l'a exposé de manière convaincante, l'exposerait à un dommage difficilement réparable;
Qu'à l'inverse, l'intimée n'a pas allégué qu'elle subirait un quelconque préjudice en cas d'octroi de l'effet suspensif;
Qu'au vu de ce qui précède, il sera fait droit à la requête;
Que la question des frais sera renvoyée à la décision au fond.
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