Decision ID: e152180a-9307-4ba3-bde4-4b09fd8da9cc
Year: 2012
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
Vu les faits suivants
A.
Inscrite le 30 août 2004 au registre du commerce, X._ Sàrl a pour but l'assainissement financier et la gestion de dettes. Elle a pour directrice Z._ et pour fondé de procuration A._.
B.
A.Y._, fils de B.Y._ et de Z._, né le 26 juillet 1983, a une formation d'assistant en restauration. Par décision du 8 mars 2007, le centre social régional de Lausanne (CSR) l'a mis au bénéfice du revenu d'insertion avec effet au 1
er
juillet 2006.
Le 21 décembre 2009, A.Y._ a obtenu le Certificat d'assistant audiovisuel délivré par le Centre de formation aux métiers du son (CFMS) à Lausanne. Dans le cadre de sa formation, qui a duré deux ans, A.Y._ a effectué deux stages d’une durée moyenne de trois mois.
Le 2 septembre 2010, A.Y._ a été inscrit en suivi professionnel auprès de l'Office régional de placement (ORP) de Lausanne.
C.
Le 18 octobre 2010 (le 7 octobre selon décision de l’ORP du 9 novembre 2011), X._ Sàrl et A.Y._ ont signé un contrat de travail par lequel la première engageait le second en qualité d'employé de commerce pour un revenu mensuel brut de 4'000 francs. Les chiffres 5 et 6 du contrat de travail contenaient ce qui suit :
"5. Le contrat de travail est conclu pour une durée indéterminée, sauf stipulation contraire.
Le temps d'essai est de 1 mois. Durant cette période, la résiliation du contrat est possible par les deux parties moyennant préavis de sept jours.
6.
Le délai de résiliation après le temps d'essai est de 1 mois pour la fin d'un mois, quel que soit le nombre d'années de service.
Chacune des parties peut se départir du contrat en tout temps en respectant le délai ci-dessus."
Le 19 octobre 2011, X_ Sàrl déposait auprès du Service du travail et de l'intégration une demande de confirmation d'allocations cantonales d'initiation au travail (ACIT) en faveur de A.Y._ pour une durée de six mois, soit du 18 octobre 2010 au 17 avril 2011; la demande contenait, outre le contrat de travail, le plan de formation suivant:
"mois 1
Présentation de l'entreprise, des services, des collaborateurs
Introduction à la place de travail
Organisation interne de l'entreprise
Utilisation du logiciel vimax
mois 2
Gestion des lignes téléphoniques
Accueuil (sic) clients
Enregistrement nouvelles demandes sur vimax
Gestion des lignes téléphoniques sur vimax
Saisie des mémo téléphoniques sur vimax
mois 3
Gestion des tâches vimax
Gestion des agenda des conseillers externes, vimax + google
Planification des rdv du service externes
mois 4
Contrat "mandat d'analyse"
Analyse de la structure budgétaire
Analyse de la liste des dettes
mois 5
Suite avec mandat d'analyse
Assainissement financier du client
Présentation web de l'entreprise
mois 6
Confirmation des acquis
Révision de lois: poursuite, faillite, CO, CC, LaMal, etc...
Prise d'autonomie
Révision des 1
er
mois
De plus, 2 à 4 heures par semaine seront consacrées à la formation et à la philosophie d'entreprise par un juriste et une spécialiste en finances et comptabilité. Le droit, l'économie, le marketing, le français et l'informatique sont également des branches étudiées dans notre processus de formation."
A la question de savoir si le requérant avait un lien de parenté avec l'employeur, il a été répondu par la négative. La "Demande et confirmation d'allocations cantonales d'initiation au travail (ACIT)", signée par X._ Sàrl, contient en outre les avertissements suivants:
"
[...]
5.
L'employeur s'engage à
·
initier l'assuré(e) au travail dans son entreprise selon le plan de formation établi d'entente avec l'Office régional de Placement (ORP),
·
conclure avec l'assuré(e) un contrat de durée indéterminée.
·
limiter le temps d'essai à un mois: après la période d'essai, le congé ne peut pas être donné dans les trois mois qui suivent la fin de l'initiation, les cas de justes motifs au sens de l'art. 337 CO demeurent réservés. Au terme de cette période, le contrat de travail peut être résilié en respectant le délai de congé prévu par l'art. 335c CO.
·
(...)
CES DISPOSITIONS PRIMENT SUR TOUT ACCORD CONTENANT DES CLAUSES CONTRAIRES.
Le non respect du présent accord entraîne la restitution des allocations déjà perçues.
L'employeur accepte les conditions énumérées et les valide par sa signature."
Par courriel du 22 octobre 2010, une conseillère en personnel – "
Répondante Entreprises
" – du Service de l'emploi a adressé le courriel suivant:
"
[...]
En effet, en raison de résiliations par l'employeur de la moitié des AIT/ACIT versées, avec l'accord de Jasmine, il a été décidé de suspendre toute aide versée à cette entreprise. D'ailleurs, une assurée de l'ORP de Lsne, Madame B_ a été concernée par une résiliation après l'AIT.
Il faut savoir que l'entreprise a procédé à 7 licenciements en 2010, et a engagé 4 candidats avec AIT/ACIT.
[...]
"
Par décision du 9 novembre 2010, l'ORP a refusé la demande ACIT au motif que "
les conditions pratiquées par l'entreprise dans le passé ne correspondent pas aux usages professionnels et locaux
". La décision indiquait les voie et délai de recours.
Le 1
er
décembre 2010, l'ORP notait que A.Y._ était encore employé chez X._ Sàrl.
D.
Le 9 décembre 2010, X._ Sàrl, sous la plume de A._, a fait opposition à cette décision auprès du Service de l'emploi (SDE). Elle reproche à sa motivation d'être "
totalement incompréhensible
", faute d'indiquer "
en quoi l'entreprise aurait
«
par le passé
» (?) pratiqué des «conditions» (??) qui ne correspondaient pas «aux usages professionnels et locaux» (???)
"
.
Le 14 décembre 2010, A.Y._ a été informé qu’il n’était plus inscrit à l'ORP en raison de son emploi auprès d’X._ Sàrl.
Le 22 juin 2011, le SDE, "Instance juridique chômage", a rejeté le recours d'X._ Sàrl et confirmé la décision de l'ORP du 9 novembre 2010. Les arguments avancés sont essentiellement les suivants:
"4. Dans le cas présent, l'ORP a motivé le refus d'octroyer des ACIT par le fait que les conditions pratiquées par l'entreprise dans le passé ne correspondent pas aux usages professionnels et locaux. En effet, deux demandeurs d'emploi ont bénéficié d'une allocation d'initiation au travail auprès du même employeur durant la première partie de l'année 2010. Or, un demandeur d'emploi a été licenciée avant la fin de l'AIT et le deuxième a été licencié deux mois après la fin de l'octroi de l'AIT. Ainsi, il ressort de ces deux cas, que l'employeur ne respecte pas le but de l'octroi de l'AIT, à savoir le placement durable du demandeur d'emploi.
Toutefois, il n'appartient pas à l'assurance-chômage de financer des mesures lorsqu'il apparaît que l'employeur ne respecte pas le but d'une mesure conformément aux directives du SECO."
E.
Le 5 août 2011, X._ Sàrl, représenté par son fondé de procuration, a déposé un recours auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal. Elle conclut, sous suite de frais et dépens, à ce que la décision du SDE du 11
[
recte
22]
juin 2011, ainsi que la décision de l'ORP du 9 novembre 2010 soient annulées et que les allocations cantonales d'initiation au travail soient accordées à A.Y._ pour une période de six mois.
Le 31 août 2011, le SDE, Instance juridique chômage, s'est déterminé et a conclu au maintien de sa décision.
X._ Sàrl n’a pas déposé de mémoire complémentaire dans le délai imparti pour ce faire.
Le tribunal a statué par voie de circulation.

Considerations:
Considérant en droit
1.
Formé en temps utile, compte tenu des féries (art. 95 et 96 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative
[LPA-VD; RSV 173.36]),
et dans les formes prescrites par la loi (art. 79 et 99 LPA-VD), le recours est recevable. En tant qu'employeur, la recourante est directement touchée par la décision attaquée refusant d'accorder au tiers intéressé des allocations cantonales d'initiation au travail (ACIT) au sens de l'art. 28 de la loi du 5 juillet 2005 sur l'emploi (LEmp; RSV 822.11).
2.
Selon l'art. 28 LEmp, des ACIT peuvent être versées en faveur du demandeur d'emploi dont le placement est difficile et, lorsqu'au terme d'une période de mise au courant, il peut escompter un engagement aux conditions usuelles dans la branche et la région (al. 1). Pendant cette période, le demandeur d'emploi est mis au courant par l'employeur et reçoit de ce fait un salaire réduit (al. 2). Le demandeur d'emploi présente la demande d'allocation à l'autorité compétente avant le début de la prise d'emploi (al. 3). L'art. 29 LEmp précise que les ACIT couvrent la différence entre le salaire effectif et le salaire normal auquel le travailleur peut prétendre au terme de sa mise au courant. Le règlement fixe les modalités relatives aux financements (al. 1). Les allocations sont fixées pour six mois au plus (al. 2). Elles sont versées par l'intermédiaire de l'employeur, en complément du salaire convenu. L'employeur doit payer les cotisations usuelles aux assurances sociales sur l'intégralité du salaire et prélever la part du travailleur (al. 3).
Aux termes de l'art. 16 du règlement d'application du 7 décembre 2005 de la loi du 5 juillet 2005 sur l'emploi (RLEmp; RSV 822.11.1), les ACIT sont allouées pour la période de formation prévue. A cet effet, l'employeur soumet un plan de formation à l'ORP. L'employeur s'engage à former le bénéficiaire (al. 1). L'octroi des allocations est soumis à la conclusion d'un contrat de travail de durée indéterminée ou de douze mois au minimum. Le contrat de travail doit prévoir des conditions d'emploi et de salaire conformes aux usages professionnels et locaux. Le temps d'essai est fixé à un mois. Après la fin de la période d'essai et pendant la période pour laquelle une allocation cantonale d'initiation au travail est versée, le contrat de travail ne peut être résilié que pour de justes motifs conformément à l'article 337 du Code des obligations du 20 mars 1911 (al. 2). La demande d'ACIT est accompagnée des pièces nécessaires, notamment le contrat de travail et le plan de formation.
Quant à l'art. 36 LEmp, il dispose ce qui suit:
"1 La violation des obligations liées à l'octroi des mesures cantonales d'insertion professionnelle peut donner lieu à leur suppression et à la restitution des sommes perçues indûment, avec intérêt et frais. L'article 41 de la LASV demeure réservé.
2 L'autorité compétente réclame, par voie de décision, au bénéficiaire ou à sa succession, le remboursement de toutes prestations perçues indûment.
3 (...)."
La directive cantonale, éditée par le Service de l'emploi - Coordination ORP et disponible sur le site de l'Etat de Vaud (
http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/economie_emploi/chomage/fichiers_pdf/fice-ACITRI.pdf
), pose notamment les conditions suivantes pour pouvoir bénéficier des ACIT:
"
Conditions de participation :
Être bénéficiaire du revenu d’insertion RI et être suivi par un Office Régional de Placement (ORP), avoir signé un contrat de travail respectant les conditions salariales en usage et avoir obtenu de votre nouvel employeur l’assurance d’être formé à votre emploi.
Partenaires
Tout employeur respectant les conditions susmentionnées peut engager un demandeur d’emploi au bénéfice d’une telle mesure."
Selon la jurisprudence de la cour de céans, les dispositions cantonales applicables s'inspirent des normes fédérales relatives aux conditions d'octroi des allocations d'initiation au travail (art. 65 et 66 de la loi fédérale sur l’assurance-chômage obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité
[
LACI ; RS 837.0
]
et 90 de l’ordonnance du 31 août 1983 sur l’assurance-chômage obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité
[
OACI ; RS 837.02
]
). Il peut ainsi être statué à la lumière de la jurisprudence rendue en application du droit fédéral (PS.2008.0076 du 23 février 2010 consid. 4a; PS.2007.0013 du 27 avril 2007 consid. 5), jurisprudence qui s'inspire de la Circulaire relative aux mesures du marché du travail version 2009 éditée par le Secrétariat d'Etat à l'économie (seco) (
http://www.espace-emploi.ch/dateien/Kreisschreiben/Circulaire_MMT_2009.pdf
), dont les articles J2, J18 à J23, J30 et J36 MMT 2009 prévoient ce qui suit:
"
J2
Les AIT ne sauraient être utilisées pour favoriser économiquement des entreprises ou des régions (p. ex. attirer de nouvelles entreprises ou faciliter les reprises d'entreprises en allégeant les charges salariales). Le critère déterminant est l'intérêt du travailleur à obtenir un emploi durable.
J18
L'initiation au travail est une mesure spécifiquement conçue pour les cas particuliers. Elle vise à faciliter l'insertion durable de l'assuré en même temps qu'à prévenir le dumping des salaires dont risquent d'être victimes les personnes dont l'entrée ou la réinsertion sur le marché du travail serait difficile sans une telle mesure. (...).
J19
Les mises au courant normales usuelles dans toute entreprise (initiation à un nouveau poste de travail) et les remises au courant à la suite d'innovations usuelles dans la branche (modernisation, rationalisation, introduction de nouvelles technologies) ne constituent pas un motif suffisant pour justifier l'octroi AIT.
J20
Enfin, la conclusion d'un contrat de travail avec un employeur qui n'est pas en mesure de garantir une véritable initiation (p. ex. service extérieur non contrôlé ou salaire lié exclusivement aux prestations) ne remplit pas les conditions d'octroi des AIT.
J21
L'employeur s'engage à remplir les obligations suivantes:
J22
• Initier l'assuré au travail dans son entreprise avec un encadrement adéquat.
J23
• Conclure avec le travailleur un contrat de travail d'une durée indéterminée; si le contrat prévoit un temps d'essai, celui-ci ne doit si possible pas excéder un mois. L'autorité cantonale peut exiger que la condition légale d'un engagement aux conditions usuelles dans la branche et la région, après la période d'initiation (art. 65 let. c LACI), fasse l'objet d'un contrat écrit (art. 90 al. 3 OACI). Pour le moins, l'employeur devra informer le travailleur et l'autorité compétente par écrit des points suivants: le nom des parties, la date du début du rapport de travail, la fonction du travailleur, le salaire et les éventuels suppléments salariaux ainsi que la durée hebdomadaire du travail (art. 330b al. 1 CO). Afin que l'employeur soit parfaitement informé, il est recommandé d'introduire une clause dans la Confirmation relative à l'initiation au travail qui protège les assurés contre les licenciements pendant les AIT et/ou durant une période après l'échéance des AIT. Cela signifie que le contrat de travail ne peut être résilié durant les périodes précitées. L'employeur peut ainsi être tenu de restituer les allocations perçues si les rapports de travail sont résiliés sans justes motifs (art. 337 al. 2 CO) avant l'échéance du délai indiqué par l'autorité compétente; cette restitution s'opère conformément à l'art. 95 al. 1 LACI. S'il apparaît après le début de l'initiation que celle-ci ne pourra raisonnablement être menée à bien, le rapport de travail doit être cependant résilié. L'autorité compétente doit être avisée au préalable du possible échec de l'initiation afin de tenter de rétablir l'entente entre le travailleur et l'employeur.
J30
L'autorité compétente vérifie si les conditions générales de l'assurance et les conditions spécifiques de marché du travail sont remplies. Elle requiert la confirmation de l'employeur et le contrat de travail ad hoc ainsi qu'un plan de formation pour la période d'initiation. Si toutes les conditions sont remplies, l'autorité compétente prononce une décision relative aux AIT. Cette décision est adressée à l'assuré; une copie est envoyée à l'employeur.
J36
L'octroi d'AIT est prévu pour initier les travailleurs à un emploi fixe et durable, non limité dans le temps. Les AIT ne sauraient conduire à encourager indirectement le travail temporaire."
Il résulte également de la jurisprudence du Tribunal fédéral que le versement des allocations d'initiation au travail a lieu sous la condition résolutoire du respect du contrat de travail, de la confirmation de l'employeur et du plan de formation (cf. ATF 126 V 42 consid. 2b p. 46). Si les rapports de travail sont résiliés sans justes motifs avant l'échéance du délai indiqué dans la décision d'octroi des prestations, l'administration est en droit - et même doit - réclamer leur remboursement." (8C_205/2009 du 27 mai 2009 consid. 6.2).
Initialement, la recourante s'est vu refuser les ACIT parce que "
les conditions de travail pratiquées dans le passé ne sont pas conformes aux usages professionnels et locaux
". La décision sur opposition explicite quelque peu cette motivation elliptique en indiquant que deux demandeurs d'emploi avaient bénéficié d'AIT auprès de la recourante durant la première partie de l'année 2010, dont un avait été licencié avant la fin de la période d'initiation et le second deux mois après. Elle en déduit "
que l'employeur ne respecte pas le but de l'octroi de l'AIT, à savoir le placement durable du demandeur d'emploi
".
On observera tout d'abord que les conditions d'octroi des AIT n'ont rien à voir avec les usages professionnels et locaux. Rien dans le dossier n'indique que ceux-ci ne seraient pas respectés par la recourante, de sorte que c'est à juste titre que cette dernière a reproché à la décision de l'ORP une motivation incompréhensible.
Le motif pour lequel le Service de l'emploi a confirmé le refus d'ACIT est que la recourante, par deux fois, a licencié des travailleurs ayant bénéficié de cette mesure, l'un avant la fin de la période de formation, l'autre deux mois après. Le premier de ces cas est connu du tribunal, qui a jugé que le licenciement prématuré ne reposait pas sur de justes motifs, ce qui a conduit à la révocation de la décision octroyant l'ACIT (arrêt PS.2011.0008 du 23 novembre 2011). Les circonstances du second licenciement sont en revanche inconnues. Le dossier ne contient aucun élément à cet égard. La recourante affirme, sans être contredite par l'autorité intimée, qu'elle s'est strictement conformée aux règles en attendant douze mois avant de signifier le congé. Elle affirme également avoir engagé dans le cadre des mesures d'initiation au travail non pas deux, mais cinq demandeurs d'emploi dont le placement était difficile. Que l'expérience se soit soldée par un échec dans un, voire deux cas, ne permet pas de conclure, comme le fait l'autorité intimée, que l'employeur ne remplit pas les conditions nécessaires au versement d'ACIT. A tout le moins ne pouvait-elle pas, sans instruire ni motiver davantage, décréter de manière préventive l'exclusion de la recourante du régime des ACIT pour tout nouvel employé qui remplirait les conditions légales, et ce pour une durée indéterminée.
A cet égard, il ne faut pas perdre de vue que le législateur a prévu un système de sanction
a posteriori
pour les éventuels employeurs qui ne respecteraient pas leur engagement et tenteraient d'abuser de ces allocations.
S'arrêtant à une motivation sommaire, pour ne pas dire arbitraire, l'autorité intimée n'a pas vérifié si la demande d'ACIT remplissait en l'occurrence les conditions posées par la législation et, en premier lieu, satisfaisait à l'intérêt du travailleur à obtenir un emploi durable. L'art. 28 al. 1 LPA-VD prévoit que l'autorité doit établir les faits d'office, et il résulte de l'art. 42 let. c LPA-VD que les décisions doivent indiquer les faits, les règles juridiques et les motifs sur lesquels elle s'appuie. Ces dispositions ne sont pas respectées en l'espèce.
Il convient dès lors d'admettre partiellement le recours, de réformer la décision attaquée en ce sens que la décision de l'ORP du 9 novembre 2010 est annulée et la cause renvoyée à cette autorité pour complément d'instruction et nouvelle décision.
La recourante n'ayant pas procédé par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel, elle n'a pas droit à des dépens (art. 52, 55 et 91 LPA-VD).