Decision ID: 51d24b18-1a3f-5105-88ca-23bfca680e56
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 1
er
mai 2017, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 18 avril 2017, notifiée le 20 suivant, dans la cause P/23810/2016, par laquelle le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : TMC) a prolongé sa détention provisoire jusqu'au 30 mai 2017.![endif]>![if>
Le recourant conclut à sa libération immédiate. Subsidiairement, il déclare s'en rapporter à justice s'agissant d'éventuelles mesures de substitution, qu'il accepte par anticipation.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :![endif]>![if>
a.
Le 14 décembre 2016, A_, comptable, et son avocat ont fait appel à la centrale d'engagement de la police car trois individus (B_ et C_ et D_) tentaient de forcer la porte palière des locaux sis _. A l'arrivée des policiers, les individus avaient quitté les lieux. A_ a alors expliqué vouloir se dénoncer pour des malversations financières commises au détriment des frères B_ et C_. Depuis le 9 décembre précédent, des menaces de mort avaient été proférées contre lui et sa famille par les précités.
A teneur du rapport d'intervention, du 15 décembre 2016, A_ faisait déjà l’objet d’une plainte du 30 novembre 2016 déposée par E_ (P/1_), pour faux dans les titres et obtention frauduleuse d’une constatation fausse commise lors de la création de la société F_.
b.
Entendu par la Brigade financière le 16 décembre 2016, A_ a expliqué travailler comme comptable pour les frères B_ et C_, depuis 2010, qui lui avaient confié peu à peu la comptabilité de toutes leurs sociétés, soit G_, H_, I_ et la holding J_, qui regroupait ces trois sociétés – holding détenue par les frères B_ et C_, K_ et L_ par l'intermédiaire d'autres sociétés –. Il était également responsable financier des sociétés M_, N_ et O_, appartenant en tout ou partie aux sociétés des frères B_ et C_.
Il avait les procurations sur les comptes bancaires de ces sociétés et avait détourné, depuis 2013, environ CHF 1.5 million, des comptes P_ de I_, G_ et H_, qu'il avait transféré sur ses deux comptes auprès de Q_ ouverts aux noms de "
R_, S_ en raison individuelle
" et "
T_, S_ en raison individuelle
" – faisant croire à sa banque qu'il exerçait d'autres activités en nom propre –.
Il avait conclu, avec les frères B_ et C_, deux prêts qu'il pensait rembourser grâce à la vente de terrains au _ qui n'avait finalement pas eu lieu. Selon lui, les intérêts de sa dette représentaient environ CHF 30'000.- par mois, versés de ses comptes Q_ sur les comptes personnels des frères B_ et C_. Le premier prêt, en 2015, de CHF 600'000.- avait été utilisé à des travaux de rénovation et d'achat de marchandises destinés à la société F_ qui avait pour but d'éditer un journal de luxe commercialisé à _ et qui avait une boutique à _. Il ne travaillait plus avec son associée U_, qui avait volé dans la caisse. Le second prêt de CHF 1 million, en 2016, avait servi à rembourser les CHF 600'000.- du premier prêt, et à payer, pour CHF 100'000.-, les frais de deux nouvelles sociétés, V_ et W_ qui avaient des comptes bancaires dans cet Etat. Il avait également remboursé un crédit personnel contracté chez X_ de CHF 100'000.-. Le solde avait été utilisé de façon indéterminée; il avait dépensé beaucoup d’argent pour son train de vie au contact des frères B_ et C_ qui l'avaient sommé, peu auparavant, de leur remettre les montres de luxe qu'il avait achetées.
Il était propriétaire de deux maisons, hypothéquées, à _, avait plusieurs sociétés et des comptes bancaires auprès de Q_, Y_ et la banque Z_, ainsi qu'à _ et à _.
A la demande des frères B_ et C_, il avait falsifié, depuis 2012, les comptes des différentes sociétés lors d'opérations destinées à leur permettre de financer des rénovations d'appartements privés ou d'acheter du mobilier à leur profit, en détournant des entrées ou gonflant des factures d'entreprises et ce au préjudice des autres actionnaires. Leurs sociétés fraudaient la TVA, les charges sociales et les impôts, dans de grandes proportions. Le personnel non déclaré était payé en espèces ou par virement bancaire comptabilisé comme paiement de fournisseurs. Il devait se débrouiller pour que les comptes présentés aux conseils d'administration "
jouent
" et avait comptabilisé ces opérations frauduleuses dans les exercices 2011-2015.
c.
B_ et C_ ont déposé plainte contre A_ en leurs noms personnels et au nom de leurs sociétés. Ils ont produit une convention transactionnelle signée par A_ et leurs sociétés, le 10 décembre 2016, dans laquelle le premier reconnaissait ses malversations, et trois conventions signées, le 13 décembre 2016, par A_ concernant des prêts accordés en juin et août 2016 pour un total de CHF 1.1 million.
d.
Le 16 décembre 2016, A_ a déposé plainte pour vol et violation de domicile (P/2_) après avoir constaté, à l'occasion de la perquisition de l'appartement qu'il sous-loue à _, et dont les frères B_ et C_ lui avaient pris, de force, les clés, que les classeurs contenant des factures privées et de sa fiduciaire avaient disparu, et pour la tentative de cambriolage par D_, ami de la famille de B_ et C_, dans les bureaux de sa fiduciaire AA_.
e.
A_ a été mis en prévention, par le Ministère public, le 16 décembre 2016, d'abus de confiance (art. 138 CP), escroquerie (art. 146 CP) et faux dans les titres (art. 251 CP), pour avoir, à _, de 2010 à décembre 2016, alors qu'il tenait la comptabilité des sociétés I_, H_, G_ et J_, laquelle détient les trois sociétés précitées, ainsi que M_, AB_ et O_ et disposait d'une procuration sur les comptes bancaires ouverts au nom de ces sociétés auprès de P_,
premièrement, pour son propre profit:
- ouvert deux comptes bancaires à son nom, en faisant précéder l'intitulé de chaque compte du nom d'un fournisseur des sociétés précitées, soit AC_, respectivement T_, laissant ainsi l'apparence dans les relevés bancaires que les virements effectués en faveur de ces comptes l'étaient au bénéfice des fournisseurs concernés;![endif]>![if>
- donné des instructions à P_ de débiter l'un ou l'autre des comptes bancaires des sociétés précitées en faveur des comptes bancaires en son nom, précédés des mentions AC_ ou T_;![endif]>![if>
- inscrit dans la comptabilité des sociétés les mouvements de fonds ci-dessus comme des frais des fournisseurs concernés;![endif]>![if>
- s'être approprié les fonds ainsi détournés, totalisant un montant de l'ordre de CHF 1'500'000.-; ![endif]>![if>
deuxièmement, au profit de B_ et C_:
- instruit P_ d'effectuer des virements au débit de l'un ou l'autre des comptes des sociétés précitées en faveur de B_ et/ou C_, administrateurs et actionnaires indirects à concurrence de 40% respectivement 50% desdites sociétés;![endif]>![if>
- couvert des détournements de fonds au préjudice desdites sociétés en faveur de B_ et/ou C_ au moyen de faux documents, notamment de fausses factures, qu'il avait confectionnées lui-même pour partie;![endif]>![if>
troisièmement, au profit des sociétés I_ et al.
- entré de fausses écritures comptables afin de comptabiliser au titre de frais de fournisseurs, des salaires non déclarés, de sorte à éviter le paiement des charges sociales.![endif]>![if>
A_ a confirmé ses déclarations faites à la police. Il reconnaissait les détournements à son profit et maintenait avoir effectué les actes au profit des frères B_ et C_ à leur demande. Il contestait le reste.
f.
Par ordonnance du 16 décembre 2016, le TMC a placé A_ en détention provisoire jusqu'au 16 mars 2017.
Sur recours du prévenu, la Chambre de céans a confirmé cette décision (ACPR/_ du _), retenant un risque de collusion concret, à tout le moins tant que les états financiers des sociétés et des comptes n'avaient pas été analysés. Ce risque étant suffisant, il n'était pas nécessaire d'examiner le risque de fuite, également retenu par l'ordonnance querellée.
g.
Depuis, le Ministère public a ordonné divers séquestres bancaires, notamment s'agissant des relations dont le prévenu était titulaire, ayant droit ou fondé de procuration, et tenu des audiences.
h.
i.
Le 10 mars 2017, le Ministère public a requis la prolongation de la détention provisoire de A_ pour une durée de trois mois, en invoquant les risques de collusion, réitération et fuite.
ii.
Par ordonnance du 14 mars 2017, le TMC a limité la prolongation de la détention pour une durée de six semaines, soit au 25 avril 2017, considérant cette durée suffisante pour permettre au Procureur d'obtenir le résultat des analyses financières encore en cours et d'opérer les dernières confrontations utiles à l'enquête. Le juge a retenu un risque de collusion encore très concret, le prévenu pouvant influencer le témoignage des frères B_ et C_ et toute autre personne qui aurait pris part aux faits reprochés. Ce risque ne pouvait être pallié par une interdiction d'entrer en contact avec les précités, au vu des enjeux très importants pour le prévenu à ce stade de la procédure. Un risque de fuite a également été retenu, A_ voyageant régulièrement tant à _, où il possédait deux sociétés – V_ et W_ – qu'au _, son pays d'origine, risque qui pourrait toutefois, selon le TMC, être pallié par le dépôt de l'ensemble de ses documents d'identité en mains de la Direction de la procédure.
i.
Le lendemain, soit le 15 mars 2017, le Procureur a annulé l'audience d'instruction qu'il avait appointée au 29 mars suivant, et l'a reportée au 3 mai 2017.
j.
Le 13 avril 2017, la prolongation de la détention de A_ a, à nouveau, été requise par le Ministère public, pour une durée de trois mois, en raison des risques de collusion, réitération et fuite.
k.
Lors de l'audience d'instruction du 3 mai 2017, le Procureur a fait savoir, en début d'audience, qu'un rapport de police était "
arrivé
" le 4 avril 2017, analysant les détournements commis par le prévenu. Un tableau des flux de fonds serait prochainement effectué sur la base de ce rapport et remis aux parties pour détermination. Une prochaine audience se tiendrait, sur la base de ce rapport de police, qui était une pièce essentielle au sens de l'art. 101 CPP et n'était donc pour l'instant pas versé à la procédure.
A_ a été mis en prévention complémentaire de blanchiment d'argent (art. 305
bis
CP) "
de l'infraction d'abus de confiance (art. 138 CP) et de gestion déloyale (art. 158 CP)
", pour avoir commis un acte propre à entraver l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de valeurs patrimoniales dont il savait ou devait présumer qu'elles provenaient d'un crime, en l'occurrence en ayant blanchi l'argent qu'il avait détourné par les sommes retirées en cash des comptes bancaires de AC_ et T_, par l'envoi de sommes d'argent "
à la banque _ à _ à _, à Q_ sur d'autres comptes
", et par l'injection de fonds dans les sociétés AD_, AA_, F_, AE_ et AF_.
Répondant aux questions des avocats, A_ a détaillé son mode de procéder et les motifs l'ayant guidé ("
cela a commencé comme un jeu
", "
j'ai continué les transferts car c'était comme de l'adrénaline pour moi
[...]"). Il a expliqué que l'argent détourné avait servi à alimenter ses sociétés, V_ et W_, la société de location de voitures, ainsi que les leasings de vingt voitures, la fiduciaire, étant précisé qu'il "
[avait] dû en oublier une ou deux
". Il avait payé les loyers de la rue _, du quai _, de _ et de _.
Il a expliqué avoir réussi à dissimuler les détournements en ne montrant aux frères B_ et C_ que les comptes de pertes & profits, sans leur montrer le
cashflow
, donc en occultant ce qu'il se passait réellement à la banque. Il n'avait jamais créé de fausses factures pour AC_ ou T_, mais s'il y avait onze paiements, dix étaient véridiques et le onzième était fictif. Il n'avait aucune idée du montant exact détourné. Cela pouvait être CHF 3 millions, comme CHF 3.5 millions.
l.
Une nouvelle audience d'instruction est agendée au 31 mai 2017.
m.
S'agissant de sa situation personnelle, A_, de nationalité _ et titulaire d'un permis C, est arrivé en Suisse en 2003 et s'est marié en 2006. Il a deux enfants nés en 2010 et 2012, qui vivent avec sa femme, de nationalité _, assistante médicale à _. Sa mère et ses frères vivent au _. Il a acquis une formation de comptable au _ et créé sa société en 2009, AA_, dont il est l’unique associé-gérant et dans laquelle il travaille essentiellement seul, et qui n'a pas beaucoup de clients, I_ et AG_ étant ses plus gros clients.
Son casier judiciaire suisse est vierge, mais il fait l'objet d'une procédure judiciaire en France, ouverte en 2004, pour fausse facture. Il est au bénéfice d'un permis lui permettant de vivre à _.
C.
Dans son ordonnance querellée, le TMC a retenu que l'instruction se poursuivait, le Ministère public devant déterminer l'étendue des détournements et le mode opératoire utilisé, dans la mesure où le prévenu avait utilisé l'argent détourné dans une multitude de sociétés, tant en Suisse qu'à l'étranger ainsi que pour payer divers loyers pour plusieurs appartements dont l'usage n'était pas encore connu. Une audience était fixée au 3 mai 2017 pour le questionner sur ces divers points, mais probablement que d'autres audiences seraient nécessaires pour instruire ces faits complètement. ![endif]>![if>
Le risque de fuite a également été retenu, A_ voyageant régulièrement tant à _ qu'au _, risque renforcé par la peine-menace et concrètement encourue. Le TMC a toutefois rappelé avoir déjà retenu que ce risque pourrait être pallié par le dépôt des documents d'identité du prévenu en mains de la Direction de la procédure.
Dans ces circonstances, la détention provisoire du prévenu était prolongée pour une nouvelle durée de six semaines, soit jusqu'au 30 mai 2017. Toutefois, le juge a annoncé que si le Ministère public n'opérait pas, dans ce délai, les confrontations encore utiles à l'enquête, et sauf faits nouveaux, il n'entrerait pas en matière sur une nouvelle demande de prolongation de la détention.
D.
a.
A l'appui de son recours, A_ relève que depuis l'arrêt de la Chambre de céans, du _, il avait été confronté neuf fois (y compris dans les procédures parallèles P/1_ et P/2_) – une dixième audience étant prévue le 3 mai 2017 – sans qu'aucun élément nouveau à charge, autre que ceux qu'il avait d'ores et déjà inlassablement avoués et répétés, ne vienne s'ajouter au dossier. Son mode opératoire, qu'il avait exhaustivement expliqué, et qui avait été constaté lors des premières investigations policières, était à présent bien compris. Il consistait en des virements, dont la traçabilité était – par définition – inaltérable, en provenance des comptes bancaires des sociétés lésées, à destination d'autres comptes bancaires. Rien n'était venu infirmer ou mettre en doute le caractère complet et exact de ses aveux et déclarations constantes.![endif]>![if>
Après l'arrêt de la Chambre de céans, une première prolongation de sa détention avait été admise par le TMC, alors même qu'il avait mis en exergue, dans ses observations,
(1)
qu'aucune de ses sociétés n'avait jamais été mise en cause en lien avec ses détournements,
(2)
qu'un libre accès au dossier avait été accordé aux parties depuis le 1
er
février 2016 (
sic
), sans que des faits nouveaux ne soient constatés par la suite, et
(3)
que toutes les clés permettant l'accès à ses appartements et locaux commerciaux avaient été restituées, les scellés ayant été levés par la police. Le TMC avait accordé la prolongation pour une durée de six semaines, afin de permettre "
certaines investigations
", sans toutefois préciser lesquelles.
La nouvelle demande de prolongation de la détention n'était pas étayée, le Ministère public retenant uniquement que des confrontations étaient encore nécessaires. Or, plusieurs avaient déjà eu lieu, toutes procédures confondues, et aucune n'avait permis de faire apparaître des éléments nouveaux, d'une part, et l'on ignorait, d'autre part, concrètement les actes d'instruction qui pourraient être compromis par sa libération. Au demeurant, d'hypothétiques manœuvres de sa part, visant à altérer les preuves, seraient impossibles puisque les détournements en cause visaient des virements inaltérables, de compte à compte. Sa libération ne faisait donc pas obstacle à la procédure. Le 6 avril 2017, le Procureur avait même levé le séquestre du compte de sa fiduciaire, puisqu'il avait pu se convaincre définitivement que cette société, pas plus que celles dont il était le garant, n'avait jamais été impliquée, de quelque manière que ce soit.
Il était prêt à se soumettre à toute mesure de substitution relative au risque de fuite retenu par le TMC.
b.
Dans ses observations du 4 mai 2017, le Ministère public propose le rejet du recours. Les aveux du recourant, s'agissant des détournements de 1,5 à 2 millions au préjudice des frères B_ et C_ et de leurs sociétés, ne suffisaient pas à ordonner sa mise en liberté. Les services de police avaient rendu un rapport le 4 avril 2017, sur lequel le prévenu devait être auditionné, puis les avocats pourraient poser leurs questions. Lors de l'audience du 3 mai 2017, A_ avait d'ailleurs été prévenu, à titre complémentaire, de blanchiment d'argent du produit des infractions d'abus de confiance et gestion déloyale. Les charges s'étaient donc alourdies à son endroit.
Plusieurs procédures étaient en cours d'instruction, à savoir la présente (P/23810/2016), celle relative à la plainte de A_ contre les frères B_ et C_ (P/1_) et celle concernant la plainte de A_ contre D_ et ses comparses (P/2_).
Le risque de fuite était concret. A_ pouvait en effet se sentir en danger à _ puisque les frères B_ et C_ s'étaient montrés menaçants à son encontre et avaient cherché à s'en prendre à son intégrité physique. Il pourrait vouloir s'enfuir dans son pays d'origine, le _, et ce malgré qu'il soit titulaire d'un permis d'établissement en Suisse. Au moment des faits, il ne vivait d'ailleurs pas avec sa famille, à _, mais au centre-ville de _.
Le risque de collusion était également concret, aucun acteur des procédures susmentionnées n'ayant été entendu en audience contradictoire à ce jour. A_ pouvait influencer le témoignage des frères B_ et C_, de D_ et ses acolytes, ou encore dissimuler des preuves s'agissant des détournements commis.
Un risque de réitération existait également, dans la mesure où le prévenu avait agi dans la durée.
Des éventuelles mesures de substitutions étaient prématurées, aucune n'étant à même de pallier les risques sus-évoqués.
c.
Le TMC maintient les termes de son ordonnance, sans formuler d'observations.
d.
Par courrier de son conseil du 7 mai 2017, A_ a fait savoir qu'il ne souhaitait pas répliquer.

Considerations:
EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).![endif]>![if>
2.
Des charges suffisantes et graves, au sens de l'art. 221 al. 1 1
ère
phrase CPP, ont d'ores et déjà été retenues dans le précédent arrêt de la Chambre de céans (ACPR/_), charges qui ne se sont pas amoindries dans l'intervalle et dont l'existence, et la gravité, ne sont du reste pas remises en cause par le recourant.![endif]>![if>
3.
Le recourant conteste l'existence d'un risque de collusion.![endif]>![if>
3.1.
Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations (art. 221 al. 1 let. b CPP). On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manœuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF
137 IV 122
consid. 4.2 p. 127 s. ;
132 I 21
consid. 3.2 p. 23 ;
128 I 149
consid. 2.1 p. 151 ;
123 I 31
consid. 3c p. 35 et les références).
3.2.
En l'espèce, l'ordonnance querellée a retenu l'existence d'un risque de collusion en prévision de l'audience d'instruction du 3 mai 2017, au cours de laquelle le recourant devait être questionné sur l'étendue des détournements et le mode opératoire utilisé. Le premier juge n'a pas exclu que d'autres audiences soient nécessaires pour instruire ces faits complètement.
L'audience susmentionnée a eu lieu et le recourant s'est exprimé sur les points précités. Le prévenu y a été mis en prévention complémentaire pour blanchiment d'argent mais, à elle seule, cette infraction ne fait pas naître un risque nouveau de collusion – et le Ministère public ne l'allègue d'ailleurs pas dans ses observations pourtant datées du lendemain de l'audience – puisque le blanchiment d'argent retenu est lié aux infractions précédemment retenues, de sorte que les charges, certes plus lourdes, ne paraissent pas se fonder sur des faits nouveaux.
Lors de l'audience du 3 mai 2017, le Procureur a, par ailleurs, annoncé qu'un rapport de police était "
arrivé
" le 4 avril 2017, sur la base duquel le recourant devait ultérieurement être entendu, d'une part, et qui devait, d'autre part, être complété d'un tableau des flux d'argent. Il paraît toutefois osé d'invoquer à cet égard un fait "
nouveau
", générant un nouveau risque de collusion, alors que ce rapport a été reçu par le Ministère public avant même la précédente demande de prolongation de la détention provisoire, du 13 avril 2017 (cf.
B.j.
supra
), et aurait donc pu être discuté lors de l'audience prévue le 25 avril 2017 si elle n'avait pas été annulée – pour des motifs non expliqués à teneur du dossier –, voire à celle du 3 mai 2017. Ce rapport aurait également pu, entretemps, soit depuis plus d'un mois, être complété du tableau des flux sus-évoqué.
Quoi qu'il en soit, ce document n'étant en l'état pas versé à la procédure (cf.
B.k.
supra
) – et donc ne figurant pas au dossier soumis à l'autorité de recours –, il n'est pas possible de déterminer s'il est de nature à faire perdurer le risque de collusion retenu par la Chambre de céans dans son précédent arrêt ACPR/_ du _. Le recourant ayant toutefois renoncé à répliquer aux observations du Ministère public, on ignore sa détermination sur les événements survenus lors de l'audience du 3 mai 2017, postérieure à son recours.
Dans ces conditions, il y a lieu de retenir que c'est à juste titre que le TMC a retenu l'existence d'un risque de collusion en prévision de l'audience du 3 mai 2017, sans préjudice des éventuelles audiences ultérieures, de sorte que la prolongation de la détention provisoire du recourant jusqu'au 30 mai 2017 n'est pas critiquable.
4.
Compte tenu de ce qui précède, point n'est besoin de se pencher sur le risque de fuite retenu par le TMC et celui de réitération également invoqué par le Ministère public.![endif]>![if>
5.
Le recourant ne formule aucune proposition de mesure de substitution à sa détention provisoire, au sens de l'art. 237 CPP, pour pallier le risque de collusion, au motif que ce dernier n'existerait tout simplement pas. En l'occurrence, la seule mesure visant à lui interdire d'entrer en contact avec les parties plaignantes apparaît à l'évidence insuffisante, et aucune autre n'est suggérée, de sorte qu'il n'existe, en l'état, pas de mesure de substitution de nature à pallier le risque retenu.![endif]>![if>
6.
Compte tenu des charges, non contestées, retenues contre le recourant et, partant, la peine menace et concrètement encourue, la détention ordonnée jusqu'au 30 mai 2017, soit au total cinq mois et demi, ne viole pas le principe de la proportionnalité, au sens des art. 197 al. 1 et 212 al. 3 CPP.![endif]>![if>
7.
Le recours s'avère ainsi infondé et doit être rejeté.![endif]>![if>
8.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).![endif]>![if>
* * * * *