Decision ID: f283aed9-dfb5-453c-8e71-70180710a5e5
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
Vu:
-
la plainte déposée par A_ le 31 janvier 2022 contre B_ et C_ pour menaces, contrainte, dommages à la propriété et voies de fait;
-
l'ordonnance rendue le 18 juillet 2022 par le Ministère public, aux termes de laquelle il a décidé de ne pas entrer en matière sur cette plainte;
-
la lettre assimilée à un recours, non-datée, envoyée par pli recommandé le 6 août 2022 par A_, et ses annexes;
-
la lettre, datée du 15 août 2022, adressée par A_ au Ministère public, qui la transmise par la suite à la Chambre de céans;
-
le versement des sûretés en CHF 500.- dans le délai imparti par la Direction de la procédure.
Attendu que:
-
au moment de déposer sa plainte, A_ a fourni une attestation médicale du 26 janvier 2022 assurant de sa pleine capacité de discernement;
-
dans son recours, A_ déclare avoir reçu "
dans
[s]
a boîte aux lettres en date du 19 juillet 2022 le courrier susmentionné
", en référence à "[l']
ordonnance de non-entrée en matière n° P/1_/2022 dans la procédure pénale dirigée contre C_ et contre le fils de Mme C_, B_
" (sic);
-
elle explique ne pas être représentée par un avocat ni disposer de connaissances légales et avoir besoin de "
temps afin de pouvoir former opposition
";
-
parmi les annexes – à savoir des explications complémentaires au recours et des pièces liées au fond de la cause – A_ précise être "
au SPAd
[Service de protection de l'adulte]
avec un curateur (côté administratif et non pas de portée générale)
". Son curateur avait tardé à faire le nécessaire pour prouver ses dires à elle et n'avait pas souhaité se déplacer au poste de police pour suivre le dossier, affirmant qu'elle était "
apte à le faire
[d'elle]
-même
";
-
dans sa lettre du 15 août 2022, A_ réaffirme avoir reçu l'ordonnance querellée en date du 19 juillet 2022. Sa situation s'était péjorée en "
handicap supplémentaire
" et elle avait "
plus de peine
" à faire ses "
courriers administratifs à teneur juridique
" dans les délais.

Considerations:
Considérant en droit que:
-
les autorités pénales notifient leurs prononcés par lettre signature ou par tout autre mode de communication impliquant un accusé de réception, notamment par l'entremise de la police (art. 85 al. 2 CPP);
-
le délai de recours contre l'ordonnance de non-entrée en matière est de dix jours (art. 396 al. 1 CPP);
-
les délais fixés en jours commencent à courir le jour qui suit leur notification ou l'événement qui les déclenche (art. 90 al. 1 CPP);
-
le délai est réputé observé si l'acte de procédure est accompli auprès de l'autorité compétente au plus tard le dernier jour du délai (art. 91 al. 1 CPP);
-
selon l'art. 93 CPP, une partie est défaillante si elle n'accomplit pas un acte de procédure à temps;
-
elle peut toutefois demander la restitution d'un délai imparti pour accomplir un acte de procédure si elle a été empêchée de l'observer et si elle est, de ce fait, exposée à un préjudice important et irréparable. Elle doit toutefois rendre vraisemblable que le défaut n'est imputable à aucune faute de sa part (art. 94 al. 1 CPP);
-
une restitution d'un terme au sens de l'art. 94 CPP ne peut intervenir que lorsqu'un événement, par exemple une maladie ou un accident, met la partie objectivement ou subjectivement dans l'impossibilité d'agir par elle-même ou de charger une tierce personne d'agir en son nom dans le délai (arrêts du Tribunal fédéral
6B_360/2013
du 3 octobre 2013 consid. 3.1 ;
6B_158/2012
du 27 juillet 2012 consid. 3.2 et les références citées). En d'autres termes, il faut comprendre par empêchement non fautif, toute circonstance qui aurait empêché une partie consciencieuse d'agir dans le délai fixé (
ACPR/196/2014
du 8 avril 2014);
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dans le cas d'espèce, l'ordonnance querellée ayant été communiquée par pli simple, la date de notification n'est pas établie;
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cela étant, la recourante affirme l'avoir reçue le 19 juillet 2022, ce qu'il n'y a pas lieu de mettre en doute, de sorte que même si la décision n'a pas été notifiée selon les réquisits de l'art. 85 al. 2 CPP, sa notification est réputée avoir eu lieu à la date invoquée par la recourante;
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le délai de recours, de dix jours, a dès lors commencé à courir le lendemain, pour échoir le 29 juillet 2022;
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expédié par pli recommandé le 6 août 2022, le recours est, partant, tardif;
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la recourante a, certes, allégué un empêchement de former recours dans le délai légal, dont on peut comprendre qu'elle demande la restitution du délai;
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elle n'invoque néanmoins aucun motif valable, expliquant, dans un premier temps, n'avoir simplement pas eu le temps de préparer sa défense;
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sa curatelle – dont elle ne fournit aucune pièce pour en définir la portée mais qui, selon ses dires, se limite aux aspects "
administratifs
" – n'apparaît pas comme un obstacle l'empêchant d'agir par elle-même. Le certificat médical produit à l'appui de sa plainte attestant de sa capacité de discernement, elle est réputée apte à exercer elle-même ses droits procéduraux (art. 106 al. 3 CPP), avis qui semble par ailleurs être partagé par son curateur;
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la péjoration de sa situation évoquée ultérieurement au dépôt de son recours n'est finalement étayée par aucune preuve;
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en résumé, aucun empêchement non fautif ne peut être retenu pour lui restituer sa défaillance à agir dans le délai de dix jours;
-
il s'ensuit que son recours doit être déclaré irrecevable;
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en tant qu'elle succombe, la recourante supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 500.- (art. 428 al. 1 CPP
cum
art. 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale [RTFMP;
E 4 10.03
]).
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