Decision ID: 780819b8-854b-4844-be49-f4a2850bca24
Year: 2016
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_009
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
En fait :
1.
A la réquisition de l’Etat de Vaud, représenté par le Service juridique et législatif, l’Office des poursuites du district de l’Ouest lausannois a notifié le 24 août 2015 à C._, dans la poursuite n° 7'570'332, un commandement de payer la somme de 9'102 fr. sans intérêt, indiquant comme titre de la créance ou cause de l’obligation : «
Montant dû au 06.08.2015 selon : Frais pénaux no [...] dans l’enquête [...] – Prononcé du 17 mars 2015
».
Le poursuivi a formé opposition totale.
2.
Le 21 octobre 2015, le poursuivant a requis du Juge de paix du district de l’Ouest lausannois la mainlevée définitive de cette opposition, A l’appui de sa requête, il a produit, outre le commandement de payer susmentionné, une première expédition du jugement rendu le 17 mars 2015 par le Tribunal d’arrondissement de Lausanne, définitif et exécutoire dès le 17 mars 2015, selon attestation du 24 avril 2015, dont le chiffre II du dispositif est le suivant :
«
MET
les frais, par CHF 3'000.- à la charge de C._, le solde demeurant à l’Etat, ainsi que le montant de l’indemnité au conseil d’office, par CHF 6'102.-, dont le remboursement à l’Etat n’est exigible que si la situation financière du débiteur le permet. ».
Par courrier recommandé du 20 novembre 2015, la Juge de paix du district de l’Ouest lausannois a transmis la requête au poursuivi et lui a imparti un délai au 21 décembre 2015 pour se déterminer.
Le poursuivi n’a pas procédé.
3.
Par prononcé rendu sous forme de dispositif le 14 janvier 2016, la Juge de paix du district de l’Ouest lausannois a rejeté la requête de mainlevée, fixé les frais judiciaires à 210 fr., les a mis à la charge du poursuivant et n’a pas alloué de dépens. Ce pli a été notifié au poursuivant le 18 janvier 2016.
Le même jour, le poursuivant a requis la motivation du prononcé.
Les motifs du prononcé ont été adressés aux parties le 9 mars 2016 et notifiés au poursuivant le lendemain. En bref le premier juge a considéré que le poursuivant n’avait pas établi que la situation financière du poursuivi lui permettait de rembourser les frais en cause, condition posée par le dispositif du jugement du 17 mars 2015.
4.
Le poursuivant a recouru contre ce prononcé le 18 mars 2016 en concluant, avec suite de frais, à sa réforme en ce sens que la mainlevée définitive de l’opposition est prononcée à concurrence de 3'000 francs.
L’intimé ne s’est pas déterminé dans le délai qui lui avait été imparti.

Considerations:
En droit :
I.
La demande de motivation et le recours ont été déposés dans les délais de dix jours des art. 239 al. 2 et 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272). Le recours, motivé conformément à l’art. 321 al. 2 CPC, est recevable.
II.
Le recourant soutient que la condition posée par le jugement du 17 mars 2015 ne vise que le montant de l’indemnité de conseil d’office et non les frais de justice mis à la charge de l’intimé, par 3'000 francs.
Il n’est pas contesté que le jugement du 17 mars 2015 constitue un titre à la mainlevée définitive.
L’art. 426 CPP (Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0) prévoit à ses alinéas 1 et 2 que le prévenu supporte les frais de procédure s’il est condamné, ou s’il est acquitté mais a de manière fautive et illicite provoqué l’ouverture de la procédure ou l’a rendue plus difficile. Font toutefois exception des frais afférents à la défense d’office, l’art. 135 al. 4 CPP étant par ailleurs réservé. Selon cette dernière disposition, le prévenu condamné aux frais peut être tenu de rembourser les frais de défense d’office dès que sa situation financière le permet. D’après la jurisprudence du Tribunal fédéral, il découle du système légal que lorsque le prévenu est indigent et est condamné aux frais, le jugement doit énoncer que les frais de défense d’office sont mis à sa charge, mais que ceux-ci sont assumé par l’Etat et qu’est réservé un remboursement aux conditions de l’art. 135 al. 4 CPP, ce dernier aspect devant le cas échéant faire l’objet d’une procédure ultérieure au sens des art. 363 ss CPP (TF 6B_112/2012 du 5 juillet 2012 consid 1.3 ; Cf. Ruckstuhl, in Niggli/Heer/Wiprächtiger, (éd.), Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozess-ordnung, Praxis Kommentar, 2009 n. 2 ad art. 426 CPP). La cour de céans a été amenée à plusieurs reprises à appliquer ces principes ; en revanche les art. 135 al. 4 et 426 al. 1 CPP ne posent aucune condition pour le paiement des frais de justice (cf. CPF, 12 mars 2015/78 et les références).
En l’espèce, est déterminante la teneur du dispositif du jugement au fond. Or, il apparaît à la lecture du chiffre II du dispositif du jugement pénal du 17 mars 2015 que c’est uniquement le remboursement de l’indemnité d’office qui est soumise à la condition que la situation du poursuivi le permette. En effet, en principe, le terme « dont » ne renvoie pas à plusieurs termes différents, mais au dernier cité.
Il y a donc lieu d’admettre que les frais de justice, par 3'000 fr., n’étaient pas soumis à cette condition et que la mainlevée définitive devait être prononcée à concurrence de ce montant.
III.
En conclusion, le recours doit être admis et le prononcé réformé en ce sens que la mainlevée définitive de l’opposition est prononcée à concurrence de 3'000 francs.
Vu l’issue du recours, et dès lors que la mainlevée était réclamée pour 9'102 fr. les frais judiciaires de première instance doivent être mis à raison des deux tiers, par 140 fr., à la charge du poursuivant et d’un tiers, par 70 fr., à la charge du poursuivi.
Dès lors que le recours portait sur la somme de 3'000 fr., les frais judiciaires de deuxième instance, fixés à 315 fr., doivent être mis entièrement à la charge de l’intimé.