Decision ID: 6225a2d6-d6bb-4ac2-99a8-39d75ac8f1df
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE06.024705-JPC
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois contre
P._
pour vol d'importance mineure, escroquerie, gestion déloyale, injure, menaces, violation de domicile, incendie intentionnel, tentative d'instigation à incendie intentionnel, faux dans les titres, faux dans les certificats, insoumission à une décision de l'autorité et concurrence déloyale, contre
W._
pour complicité d'escroquerie, complicité de gestion déloyale, complicité de faux dans les titres et complicité de faux dans les certificats et contre
X._
pour complicité d'escroquerie, faux dans les titres et complicité de faux dans les certificats, d'office et sur plainte d'W._ et des sociétés
R._SA
et
B._SA
,
vu l'ordonnance du 30 mars 2010, par laquelle le magistrat instructeur a renvoyé P._, W._ et X._ devant le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de l'Est vaudois comme accusés des infractions précitées et a prononcé un non-lieu en faveur de P._ sur deux points de l'instruction, soit sur les plaintes de la société R._SA des 26 juin 2007 et 14 septembre 2007 portant sur le paiement d'un loyer d'avril 2007, respectivement concernant un document signé par la prévenue en date du 6 octobre 2006,
vu le recours exercé en temps utile par P._ contre cette décision,
vu le préavis du Ministère public,
vu les déterminations de P._ sur le préavis du Ministère public,
vu le mémoire de la société R._SA,
vu les pièces du dossier;
attendu
que le recours de P._ tend à l'annulation de l'ordonnance de renvoi rendue à son encontre et, subsidiairement, à un complément d'enquête,
qu'elle ne conteste pas le non-lieu prononcé en sa faveur;
attendu que la recourante invoque tout d'abord qu'une instruction a été ouverte par le magistrat instructeur à l'encontre de la société plaignante R._SA, suite à une dénonciation de sa part (dossier n° PE10.000574-JPC),
qu'elle soutient qu'une jonction de l'enquête pénale ouverte à son encontre avec celle ouverte à l'encontre de la société R._SA serait dès lors judicieuse,
que toutefois, pour une partie, les arguments présentés par P._ relèvent de l'autorité de jugement,
que pour l'autre partie et s'agissant de la plainte déposée par cette dernière à l'encontre de la société plaignante précitée, il se justifie que cette plainte soit traitée séparément au vu des éléments exposés,
qu'en outre, plaidant le fond, elle expose sa version des faits et demande que des mesures d'instruction complémentaires soient mises en œuvre,
qu'elle requiert la production de certains documents ainsi que l'audition [...], [...], de [...] et une confrontation avec W._,
que les moyens invoqués par la recourante ont déjà été écartés par le tribunal de céans par arrêt du 21 décembre 2009 (TACC, 21 décembre 2009/805),
qu'il en va de même pour le présent recours,
qu'en effet, l'enquête, suffisamment instruite, a révélé des indices de culpabilité justifiant que la recourante, W._ et X._ soient renvoyés en jugement sous les charges retenues contre eux par l'ordonnance attaquée,
que cette appréciation n'a pas à être motivée (art. 306 al. 3 CPP),
que selon l'adage « in dubio pro duriore », un renvoi en jugement s'impose si la culpabilité du prévenu apparaît vraisemblable, ou simplement possible (TF 6B_627/2008 du 9 décembre 2008 c. 2; TF 6B_588/2007 du 11 avril 2008 c. 3.2.3),
qu'en effet, le doute ne doit pas nécessairement profiter à l'accusé au stade du renvoi (Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, 2
ème
éd., 2006, n. 1098, p. 693; TF 6B_206/2007 du 30 août 2007 c. 4.2.7 i. f., ad TACC, 31 janvier 2007/148; TACC, 8 décembre 2008/663),
que la recourante pourra réitérer ses réquisitions tendant à la mise en œuvre de mesures d'instruction complémentaires conformément à l'art. 320 CPP, présenter sa version des faits et développer ses moyens de défense devant le tribunal correctionnel;
attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,
que l'indemnité due au défenseur d'office de P._ est fixée à 540 fr., plus la TVA, par 41 fr. 05, soit un total de 581 fr. 05,
que le Code de procédure pénale ne prévoit pas de dépens alloués à la partie qui obtient gain de cause devant le Tribunal d'accusation (Bovay, Dupuis, Monnier, Moreillon, Piguet, Procédure pénale vaudoise, Bâle 2008, n. 6.3 ad art. 163 CPP, p. 182; JT 1962 III 64),
que les frais du présent arrêt, ainsi que l'indemnité allouée à son défenseur d'office sont mis à la charge de la recourante (art. 307 CPP),
que le remboursement à l'Etat de cette indemnité ne sera toutefois exigible pour autant que la situation économique de P._ se soit améliorée.

Considerations: