Decision ID: 20f5e67e-93a7-5c40-abf2-cbe26639d4a6
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
Attendu, EN FAIT, que par jugement
JTPI/9642/2018
du 15 juin 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux A_ et B_ à vivre séparés et a notamment condamné l'époux à verser en mains de l'épouse, par mois et d'avance, allocations pour enfants non comprises, le montant de 1'775 fr. pour l'entretien de l'enfant C_, né le _ 2007 et la somme de 1'775 fr. pour l'entretien de la mineure D_, née le _ 2009 (chiffre 5, 1
er
paragraphe du dispositif) et a dit que les montants précités étaient dus dès le
10 octobre 2016, sous déduction de 3'000 fr. par mois versés dès le mois de septembre 2017 (chiffre 5, 2
ème
paragraphe du dispositif);
Que par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 28 juin 2018, A_ a formé appel contre le jugement du 15 juin 2018, reçu le 18 juin 2018;
Qu'il a conclu, préalablement, à la restitution de l'effet suspensif en ce qui concerne le chiffre 5 du dispositif du jugement entrepris, en tant qu'il concerne l'arriéré de contributions alimentaires en faveur des enfants C_ et D_ pour la période du 10 octobre 2016 au 31 août 2017;
Qu'il a également conclu à la restitution de l'effet suspensif en ce qui concerne le
chiffre 5 du dispositif du jugement entrepris pour le surplus;
Qu'il a allégué qu'il ne serait pas en mesure de récupérer un éventuel trop-versé s'il obtenait gain de cause devant la Cour de justice;
Que par ailleurs et s'il devait s'acquitter des arriérés dès octobre 2016, sa capacité financière se verrait grandement affectée, à tel point qu'il ne pourrait pas s'acquitter des contributions d'entretien dues pour l'avenir;
Que sur le fond, l'appelant a soutenu que son revenu avait été surévalué par le Tribunal;
Qu'il a également contesté les charges des différents membres de la famille comptabilisées par le premier juge, ainsi que le montant des contributions d'entretien fixées en faveur des enfants, concluant à la fixation de montants de 800 fr. par mois et par enfant;
Qu'il a enfin remis en cause le
dies a quo
de la contribution d'entretien, expliquant s'être, durant la période allant du 10 octobre 2016 jusqu'à fin août 2017, directement acquitté des frais relatifs aux enfants, soit par le paiement de factures les concernant, soit en versant différents montants à son épouse et ce pour un montant total de
58'265 fr. 65;
Que dès le mois de septembre 2017, il avait versé à son épouse un montant mensuel de 3'000 fr. pour les enfants;
Que l'intimée s'est opposée à l'octroi de l'effet suspensif sollicité;
Considérant,

Considerations:
EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement attaqué portant sur des mesures protectrices de l'union conjugale, assimilées à des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient en particulier à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours
(ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que la Cour doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, l'appelant n'a pas rendu vraisemblable que le paiement mensuel des contributions d'entretien mises à sa charge par le premier juge, à compter du prononcé du jugement litigieux, le placerait dans une situation financière difficile;
Que par conséquent, il ne se justifie pas d'accorder l'effet suspensif requis pour la période postérieure au prononcé du jugement attaqué;
Que s'agissant en revanche de la période allant du 10 octobre 2016 jusqu'au prononcé du jugement querellé, l'effet suspensif sera prononcé;
Que l'appel n'apparaît en effet pas d'emblée voué à l'échec;
Que si, comme il l'affirme, l'appelant s'est d'ores et déjà acquitté de montants importants à titre de contributions à l'entretien de ses enfants pendant la période considérée, il risque, si l'effet suspensif n'est pas accordé, de payer deux fois;
Que pour ces motifs, il sera partiellement fait droit aux conclusions prises par l'appelant sur effet suspensif;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
* * * * *