Decision ID: 2de7fa36-90bb-542f-9106-83f693d32549
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Attendu, EN FAIT, que par acte déposé au Tribunal de première instance le 5 mai 2015, A_ a requis la reconnaissance d'un jugement (rôle n° 1_, répertoire : 2_) du _ 2014, par lequel le Tribunal d'_ (Algérie) a prononcé le divorce "Khol'" de celle-ci et de son époux B_;
Que par ordonnance du 21 mai 2015, le Tribunal de première instance, considérant que la requête ne comportait pas la désignation de la partie citée (nom, prénom et adresse), a imparti à A_ un délai au 22 juin 2015 pour rectifier sa demande et a l'a informée qu'à défaut celle-ci serait déclarée irrecevable;
Que selon le suivi des envois de La Poste, A_ a retiré le pli recommandé contenant ladite ordonnance le 29 mai 2015 à la poste de _ (Genève);
Que par jugement
JTPI/10436/2015
du 14 septembre 2015, reçu le 18 septembre 2015 par A_, le Tribunal, constatant que celle-ci n'avait pas donné suite à l'ordonnance du 21 mai 2015 dans le délai imparti, a déclaré irrecevable la requête du 5 mai 2015 (ch. 1 du dispositif) et condamné A_ à verser un émolument forfaitaire de 200 fr. (ch. 2);
Que le Tribunal a indiqué au pied du jugement que celui-ci pouvait faire l'objet d'un recours devant la Cour de justice dans les 30 jours suivant sa notification;
Que par acte expédié le 6 octobre 2015 au Tribunal, A_ recourt contre le jugement du 14 septembre 2015, en alléguant qu'elle n'a pas été informée du délai imparti pour compléter son dossier;
Que ledit acte a été transmis à la Cour pour raison de compétence;
Considérant,

Considerations:
EN DROIT
, que la reconnaissance des décisions étrangères est de la compétence du tribunal de l'exécution (art. 335 al. 3 CPC), qui statue en procédure sommaire (art. 339 al. 2 CPC);
Que contre une décision du tribunal de l'exécution rendue en procédure sommaire, seul un recours écrit et motivé formé dans les dix jours à compter de la notification de la décision est recevable (art. 309 let. a, 319 let. a, 321 al. 1 et 2);
Qu'en vertu du principe général de la bonne foi, consacré notamment par l'art. 5 al. 3 Cst. féd., le justiciable ne doit subir aucun préjudice du chef d'une indication inexacte des voies de droit par un tribunal (ATF
138 I 49
consid. 8.3.2; arrêt du Tribunal fédéral
5A_614/2014
du 20 novembre 2014 consid. 4.1), que ce soit quant à l'instance compétente ou au délai mentionnés (ABBET, Le principe de la bonne foi en procédure civile, in SJ 2010 II p. 221 et ss, p. 242), lorsqu'il s'est fié à ces indications (ATF
117 Ia 297
consid. 2);
Que seule peut bénéficier de cette protection la partie qui ne pouvait constater l'inexactitude indiquée en faisant preuve de l'attention commandée par les circonstances; qu'ainsi, un justiciable assisté d'un mandataire professionnel n'est pas protégé lorsque l'erreur eût pu être décelée à la seule lecture du texte légal, sans recourir à la consultation de la doctrine ou de la jurisprudence (ATF
138 I 49
précité; arrêt du Tribunal fédéral
5A_545/2012
du 21 décembre 2012 consid. 5.1);
Qu'en l'espèce, la recourante, qui n'est pas assistée d'un mandataire professionnel, pouvait se fier aux indications erronées figurant sur le jugement querellé et former, comme elle l'a fait, le recours dans le délai de 30 jours en lieu et place du délai légal de 10 jours;
Que le recours sera donc déclaré recevable malgré sa tardiveté;
Que la demande contient la désignation des parties et, le cas échéant, celle de leur représentant (art. 221 al. 1 CPC, applicable en procédure sommaire par le renvoi de
l'art. 219 CPC);
Que selon l'art. 56 CPC, le tribunal interpelle les parties lorsque leurs actes ou déclarations sont peu clairs, contradictoires, imprécis ou manifestement incomplets et leur donne l'occasion de les clarifier et de les compléter; que le tribunal fixe un délai pour la rectification des vices de forme tels que l'absence de signature ou de procuration; à défaut, l'acte n'est pas pris en considération (art. 132 al. 1 CPC);
Qu'en l'espèce, la recourante n'a pas indiqué les nom, prénom et adresse de sa partie adverse dans sa requête du 5 mai 2015 et que l'ordonnance de rectification du Tribunal, au sens de l'art. 132 CPC, n'a pas reçu de suite dans le délai imparti, soit avant le 22 juin 2015;
Que, contrairement à ce qu'elle soutient, la recourante a bien reçu l'ordonnance du Tribunal du 21 mai 2015, puisqu'elle l'a retirée à la poste le 29 mai 2015;
Que c'est ainsi à bon droit que le Tribunal a prononcé l'irrecevabilité de la demande
(art. 132 al. 1 deuxième phrase CPC), frais à charge de la partie recourante (art. 106
al. 1 deuxième phrase CPC);
Que le recours sera donc rejeté;
Que les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 200 fr. (art. 26 et 38 RTFMC), mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC), et compensés avec l'avance fournie par celle-ci, qui reste acquise à l'Etat de Genève à due concurrence
(art. 111 al. 1 CPC), les Services financiers du Pouvoir judiciaire étant invités à restituer 300 fr. à la recourante.
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