Decision ID: 5bdea790-61b0-48f2-aa78-80379d58f06f
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
Vu l'enquête n° PE10.004495-VFE
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois contre
F._
pour escroquerie et contravention à la LASV (Loi sur l'action sociale vaudoise; RS 850.051), d'office et sur plainte du
SERVICE DE PREVOYANCE ET D'AIDE SOCIALES
,
vu le prononcé rendu le 18 mai 2010, par lequel le Président du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois a refusé de désigner un défenseur d'office à F._,
vu le recours exercé en temps utile par le prénommé contre cette décision,
vu les pièces du dossier;
attendu
qu'aux termes de l'art. 29 al. 3 de la Constitution fédérale (RS 101), le prévenu a droit à l'assistance d'un défenseur dans la mesure où la sauvegarde de ses droits le requiert,
que la jurisprudence admet en effet que le prévenu a droit à un défenseur d'office lorsque son cas présente en fait et en droit des difficultés telles qu'on ne peut raisonnablement exiger de lui qu'il les surmonte seul (ATF 128 I 225 c. 2.5.2, JT 2006 IV 47),
qu'il faut tenir compte des circonstances concrètes de l'affaire, de la complexité des questions de fait et de droit, des particularités que présentent les règles de procédure applicables, des connaissances juridiques du requérant ou de son représentant, du fait que la partie adverse est assistée d'un avocat, et de la portée qu'a pour le requérant la décision à prendre, avec une certaine réserve lorsque sont en cause principalement ses intérêts financiers (ATF 131 I 350 c. 3; ATF 129 I 281 c. 3; ATF 123 I 145 c. 2b/cc),
que la désignation d'un défenseur d'office dans la procédure pénale est en tout cas nécessaire lorsqu'au regard de la gravité de la cause, le prévenu doit s'attendre à une peine dont la durée exclut l'octroi du sursis ou à une grave mesure privative de liberté (JT 2000 III 50 et 52; ATF 123 I 145 c. 2b/cc; ATF 122 I 49 c. 2c/bb; ATF 120 Ia 43, JT 1996 IV 53 c. 2a et les références citées),
qu'en droit vaudois, l'art. 104 CPP prévoit qu'un inculpé doit être pourvu d'un défenseur d'office dans toutes les causes où le Ministère public intervient ou si la détention préventive dure depuis plus de trente jours (al. 1),
qu'hormis ces cas, il peut être pourvu d'un défenseur d'office, même contre son gré, quand les besoins de sa défense l'exigent, notamment pour des motifs tenant à sa personne ou en raison des difficultés particulières de la cause (al. 2);
attendu en l'espèce que F._ a été inculpé d'escroquerie et de contravention à la LASV,
qu'il lui est reproché d'avoir perçu indûment plus de 46'000 francs (P. 4),
qu'au vu du montant du dommage, la cause revêt un certain degré de gravité,
que la peine privative de liberté qu'il encourt, dans l'hypothèse où il serait reconnu coupable des infractions qui lui sont reprochées, ne peut pas être qualifiée de peine de courte durée au sens de la jurisprudence (ATF 120 Ia 43, JT 1996 IV 53 c. 2b; ATF 128 I 225 c. 2.5.2; ATF 129 I 281 c. 3),
que contrairement à ce qu'indique le prononcé attaqué, l'affaire ne peut pas être qualifiée de simple,
qu'au vu de tous ces éléments, un défenseur d'office doit dès lors être désigné au recourant;
attendu, en définitive, que le recours est admis et le prononcé annulé,
qu'un défenseur d'office est désigné à F._ en la personne de Nicolas Mattenberger, avocat, d'ores et déjà consulté,
que l'indemnité du défenseur d'office pour son recours est fixée à 360 fr., plus la TVA, par 27 fr. 35, soit 387 fr. 35,
que les frais d'arrêt ainsi que l'indemnité du défenseur d'office précitée sont laissés à la charge de l'Etat.

Considerations: