Decision ID: d7315880-0654-57ec-8894-b8f6c55d4b71
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
A.
a.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 9 décembre 2019, A_ SA recourt contre la décision du 26 novembre 2019, notifiée par pli simple, par laquelle le Ministère public a refusé d'entrer en matière sur ses plaintes.
La recourante conclut, avec suite de frais et dépens, à l'annulation de ladite décision, au renvoi de la cause au Ministère public pour qu'il ouvre formellement une instruction à l'encontre de B_ SA, C_, D_, E_, ainsi que toute autre personne (notamment F_), et procède à divers actes d'enquêtes.
b.
La recourante a versé les sûretés en CHF 1'000.- qui lui étaient réclamées par la Direction de la procédure.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_ SA est une société ayant son siège à Genève, dont le but social est le commerce, la construction, l'exploitation et l'entretien de tous biens mobiliers et immobiliers en Suisse ou à l'étranger. Elle possède plusieurs biens immobiliers à Genève. Depuis sa création, G_ en est l'administrateur et actionnaire unique.
b.
B_ SA est une société ayant son siège à Fribourg, dont le but social est les services financiers de toutes sortes en Suisse et à l'étranger. C_ en est président et D_ membre du conseil d'administration, tous deux avec la signature individuelle.
c.
Le 4 mai 2017, A_ SA et B_ SA ont conclu un contrat intitulé
"Mandate Letter & Non-Circumvention Agreement for the arrangement of debt and equity finance",
que A_ SA qualifie de courtage. Selon cette dernière, le contrat portait
"formellement sur la vente des immeubles appartenant
[à G_],
à
[l']
épouse
[de ce dernier]
, ainsi qu'à ceux
[lui]
appartenant, dans le but de trouver le financement nécessaire au remboursement des créances de la banque".
A_ SA n'excluait
"toutefois pas de céder
[son]
capital-actions si
[elle]
trouvait preneur, le contrat en question s'étendant à toute opportunité
[lui]
permettant de solder ses dettes à l'égard de la banque"
. En contrepartie, une commission de 3% du montant total fixé avec le repreneur présenté par B_ SA était prévue pour cette dernière.
d.
Le 21 mars 2018, B_ SA a adressé une facture à A_ SA d'un montant de CHF 538'500.-, à titre de
"Reference - Deposit for our Professional Fees and Disbursements for our advisory mandate on the A_ property portfolio".
e.
À une date indéterminée, mais postérieure à la facture précitée, A_ SA a versé CHF 538'000.- à B_ SA. C_ a confirmé que cette dernière avait reçu un montant de cet ordre lors de son audition par-devant la police le 20 mai 2019.
f.
Courant 2018, B_ SA a présenté H_ SA à A_ SA qui, le
15 août 2018, a accepté l'offre d'acquisition de l'intégralité de son capital-actions par H_ SA, pour CHF 178'000'000.-, sous certaines conditions.
g.
Par lettre du 24 décembre 2018, A_ SA a résilié
"le contrat de courtage"
avec effet immédiat.
h.
Le 3 janvier 2019, B_ SA a envoyé à A_ SA une facture intitulée
"Invoice 1_"
d'un montant de CHF 4'050'000.-, hors taxes, à titre de
"Fees"
.
i.
Par courrier du 28 janvier 2019, A_ SA a notamment contesté la facture en question, expliquant qu
"en l'état A_ SA ne doit rien"
à B_ SA alors, qu'à l'inverse, cette dernière devait lui restituer un montant de CHF 538'000.-.
j.
Le 7 mars 2019, A_ SA a fait opposition totale au commandement de payer que lui avait fait notifier B_ SA pour le montant correspondant à sa facture du 3 janvier 2019.
k.
Par lettre du 8 mars 2019, A_ SA a expliqué à B_ SA ne lui devoir aucun montant, dans la mesure où la transaction avec H_ SA n'avait toujours pas été conclue.
l.
Le 29 mars 2019, G_ a, au nom de A_ SA, déposé plainte pénale contre inconnu pour tentative de contrainte, voire extorsion et chantage.
Par l'intermédiaire de F_, homme d'affaires rencontré à l'occasion d'un évènement social, il avait fait la connaissance de E_, de la société B_ SA. A_ SA avait résilié le contrat de courtage avec B_ SA en raison de la détérioration des relations avec E_ et F_, qui avaient outrepassé le cadre de leur intervention, et le refus de B_ SA de rembourser la somme de CHF 538'000.-. Conformément au contrat de courtage, aucune rémunération n'était due tant que la transaction avec l'acheteur présenté n'avait pas abouti. Selon la plainte, A_ SA et H_ SA étaient toujours en pourparlers.
m.
Entendu le 20 mai 2019, C_ a expliqué ne pas avoir vraiment de fonction opérationnelle dans la société, mais plutôt de surveillance. Le contrat signé avec A_ SA prévoyait une commission de 3% du prix de vente, estimé à CHF 178'000'000.-. En juillet 2018, B_ SA avait présenté H_ SA, et le mois suivant, A_ SA avait signé l'offre proposée par cette dernière. Le montant de CHF 538'000.- avait été versé par A_ SA à titre d'avance sur la commission due, de 3%. Ensuite, d'un commun accord, la commission avait été réduite à 2.5%. En l'absence de paiement du solde et à la suite de la résiliation du contrat, B_ SA n'avait eu d'autre choix que d'envoyer une facture pour le solde de ses honoraires.
C_ a produit plusieurs documents, notamment un amendement au contrat, daté du 1
er
août 2018, non signé, mentionnant une diminution de la rémunération totale de 3% à 2.5%.
n.
Le 30 août 2019,A_ SA a déposé une plainte pénale complémentaire contre B_ SA pour avoir, le 8 précédent, déposé une requête de sursis concordataire provisoire, subsidiairement de faillite sans poursuite préalable.
C.
Aux termes de sa décision querellée, le Ministère public a considéré que l'envoi d'un commandement de payer par B_ SA à A_ SA ne tombait pas sous le coup de l'art. 181 CP, celle-là pensant être créancière de celle-ci. Au surplus, il n'était pas établi que B_ SA aurait eu l'intention d'utiliser ce moyen de pression pour obtenir un avantage indu, ayant trouvé un investisseur pour A_ SA, qui, par la suite, avait accepté l'offre proposée.
D.
a.
À l'appui de son recours,A_ SA reproche au Ministère public de ne pas avoir suffisamment instruit la cause et de s'être uniquement basé sur les déclarations de C_, qui n'avait pas de lien direct avec les faits, alors qu'il aurait dû analyser le contrat de courtage, procéder à une confrontation du prénommé avec G_ et entendre E_, D_ et F_. Quant à l'infraction à l'art. 156 CP, elle n'avait pas été traitée, de sorte que le Ministère public avait commis un déni de justice.
Par ailleurs, le montant réclamé dans le commandement de payer était objectivement de nature à entraver sa liberté d'action et disproportionné par rapport à l'activité alléguée. S'agissant du montant de CHF 538'000.- versé à B_ SA, il devait servir pour de prétendus frais futurs en lien avec l'activité de courtier.
"Le versement de ce montant - qui n'a aucun fondement faute d'être prévu par le contrat de courtage et de correspondre à une quelconque contre-prestation de B_ SA (de tels frais n'ont en réalité pas été encourus) - fait l'objet d'une procédure de recouvrement"
.
b.
À réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni débats.

Considerations:
EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP) - les formalités de notification (art. 85 al. 2 CPP) n'ayant pas été observées -, concerner une décision sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la partie plaignante qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP).
Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
3.
La recourante fait grief au Ministère public de ne pas avoir retenu l'infraction de tentative de contrainte.
3.1.
Selon l'art. 310 al. 1 let. a CPP, le Ministère public rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en matière s'il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments constitutifs de l'infraction ou des conditions à l'ouverture de l'action pénale ne sont manifestement pas réunis.
3.
2.
Le principe
in dubio pro duriore
découle du principe de la légalité (art. 5 al. 1 Cst. et 2 al. 2 CPP en relation avec les art. 19 al. 1 et 324 CPP ; ATF
138 IV 86
consid. 4.2). Il signifie qu'en principe, un classement ou une non-entrée en matière ne peuvent être prononcés par le ministère public que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne sont pas punissables ou que les conditions à la poursuite pénale ne sont pas remplies.
Le ministère public et l'autorité de recours disposent, dans ce cadre, d'un certain pouvoir d'appréciation. La procédure doit se poursuivre lorsqu'une condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les probabilités d'acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes, en particulier en présence d'infraction grave (ATF
138 IV 86
consid. 4.1.2 ;
137 IV 285
consid. 2.5 ; arrêt du Tribunal fédéral
1B_112/2012
du 6 décembre 2012).
3.3.
Une non-entrée en matière s'impose également lorsque le litige est de nature purement civile (ATF
137 IV 285
consid. 2.3).
4.
4.1.
Se rend coupable de contrainte selon l'art. 181 CP celui qui, en usant de violence envers une personne ou en la menaçant d'un dommage sérieux, ou en l'entravant de quelque autre manière dans sa liberté d'action, l'aura obligée à faire, ne pas faire ou à laisser faire un acte.
4.2.
La menace est un moyen de pression psychologique consistant à annoncer un dommage futur dont la réalisation est présentée comme dépendante de la volonté de l'auteur, sans toutefois qu'il soit nécessaire que cette dépendance soit effective (ATF
117 IV 445
consid. 2b;
106 IV 125
consid. 2a) ni que l'auteur ait réellement la volonté de réaliser sa menace (ATF
105 IV 120
consid. 2a). La loi exige un dommage sérieux, c'est-à-dire que la perspective de l'inconvénient présenté comme dépendant de la volonté de l'auteur soit propre à entraver le destinataire dans sa liberté de décision ou d'action. La question doit être tranchée en fonction de critères objectifs, en se plaçant du point de vue d'une personne de sensibilité moyenne
(ATF
122 IV 322
consid. 1a;
120 IV 17
consid. 2a/aa). Cette exigence vise à fixer un degré minimum pour qu'un dommage soit sérieux, étant entendu que tout dommage n'atteignant pas ce degré de sérieux serait sans pertinence pour une contrainte. Il est, en effet, très difficile d'évaluer le degré de sensibilité d'une personne au cas par cas, raison pour laquelle la fixation d'un critère objectif le rend valable pour tous, quel que soit le degré de sensibilité effectif (arrêt du Tribunal fédéral
6B_378/2016
du 15 décembre 2016 consid. 2.2). On admet ainsi que la menace du dépôt d'une plainte pénale (ATF
120 IV 17
consid. 2aa) ou l'envoi d'un commandement de payer d'une importante somme d'argent (arrêt du Tribunal fédéral
6B_1188/2017
du 5 juin 2018 consid. 3.1) constituent la menace d'un dommage sérieux.
4.3.
Lorsque la victime ne se laisse pas intimider et n'adopte pas le comportement voulu par l'auteur, ce dernier est punissable de tentative de contrainte (art. 22 al. 1 CP; ATF
129 IV 262
consid. 2.7;
106 IV 125
consid. 2b). Pour qu'il y ait tentative de contrainte, il faut que l'auteur ait agi avec conscience et volonté, soit au moins qu'il ait accepté l'éventualité que le procédé illicite employé entrave le destinataire dans sa liberté de décision (ATF
120 IV 17
consid. 2c).
4.4.
En application de ces principes, le Tribunal fédéral a retenu que la notification de trois commandements de payer d'un montant de CHF 910'000.- chacun, ne reposant sur aucune créance valable, notifiés à des dirigeants d'une société avec laquelle l'auteur se trouvait en litige et portant, comme cause de l'obligation, une référence à un courrier du ministère public envoyé dans le cadre d'une procédure pénale, était constitutive d'une tentative de contrainte (arrêt du Tribunal fédéral
6B_8/2017
du 15 août 2017 consid. 2.2; cf. également les faits à la base de l'arrêt du Tribunal fédéral
6S.853/2000
du 9 mai 2001).
Il en allait de même de la notification d'un commandement de payer de plus de
CHF 800'000.-, somme qualifiée d'exorbitante par la Chambre pénale d'appel et de révision, ceci plus de 13 ans après les faits et sans démarches judiciaires parallèles (arrêt du Tribunal fédéral
6B_153/2017
du 28 novembre 2017 consid. 3.2.2).
Aussi, un commandement de payer de plus de CHF 600'000.-, représentant les loyers de la totalité du contrat de bail conclu pour une durée de 10 ans, précédé d'un courrier électronique proposant un règlement amiable du litige pour une somme moindre, sous peine de poursuites, de saisie de salaire en mains de l'employeur voire d'action en justice, sans suite donnée au refus de la mainlevée de l'opposition, constitue un moyen de pression abusif (arrêt du Tribunal fédéral
6B_378/2016
précité consid. 2.3).
Sur cette base, la Chambre de céans a également retenu que faire l'objet d'un commandement de payer de CHF 176'250.- constitue, pour une personne de sensibilité moyenne, une menace d'un dommage sérieux au sens de la jurisprudence (
ACPR/468/2018
du 24 août 2018 consid. 3.3.).
Ainsi, le fondement de la créance invoquée, le montant indiqué sur le commandement de payer et le contexte de sa notification sont autant d'éléments pertinents dans l'appréciation des circonstances du cas d'espèce (cf. R. JORDAN,
Les poursuites injustifiées: point de situation,
in Revue de l'avocat 2017 p. 131 s. et les arrêts cités).
4.5.
En l'espèce, la recourante ne s'est pas laissée intimider par le commandement de payer litigieux, puisqu'elle y a fait opposition et ne s'est pas acquittée de la somme réclamée, si bien que seule une tentative de contrainte (art. 22 al. 1
cum
181 CP) pourrait entrer en considération.
Le montant du commandement de payer qui lui a été notifié pour un montant total de CHF 4'050'000.- est susceptible de constituer, objectivement, une entrave à sa liberté d'action.
Reste toutefois à examiner si, en application des critères susmentionnés, cette démarche était en l'occurrence illicite, soit que le moyen utilisé ou le but poursuivi étaient contraires au droit, soit que le procédé constituait un moyen de pression abusif.
Premièrement, le moyen utilisé - soit la notification d'un commandement de payer - est conforme à la Loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889 (LP;
RS 281.1
).
Quant au but poursuivi, les éléments du dossier ne permettent pas de penser que la mise en cause ne serait pas de bonne foi quant à l'existence d'une créance contre la recourante. En effet, le contrat prévoyait une commission de 3%. La mise en cause a présenté une personne intéressée au sens de cette convention. La recourante a accepté l'offre de CHF 178'000'000.-, proposée par le repreneur présenté par B_ SA. Par conséquent, cette dernière pouvait, à ce stade, légitimement croire que la commission prévue lui était due. Dès lors qu'en résiliant le contrat et en ne s'acquittant pas de la facture, la recourante a manifesté son intention de ne pas payer la commission, la mise en cause était fondée
a priori
à en réclamer le paiement par la voie - légale - de la poursuite pour dettes. Le fait que la recourante et H_ SA n'aient finalement pas conclu d'accord n'est pas pertinent pour juger de la bonne foi de B_ SA au moment de la notification du commandement de payer, dans la mesure où cette dernière n'a été au courant de ce fait que postérieurement à sa réquisition de poursuite.
Il existe donc, sur le plan pénal, un lien suffisant entre la créance invoquée par la mise en cause et le montant réclamé - sans qu'il n'appartienne aux autorités pénales de décider si une commission était fondée et exigible, cette question étant de nature civile -.
Au regard de ce qui précède, les actes d'enquêtes sollicités n'apparaissent pas susceptibles d'apporter d'élément probant complémentaire, car l'on ne voit pas pour quelles raisons les parties modifieraient leurs versions, ni ce que les auditions d'autres personnes impliquées dans le contrat conclu entre celles-là apporteraient, dans la mesure où la position de la société mise en cause a été clairement expliquée.
Faute de prévention pénale suffisante, la décision querellée ne prête pas le flanc à la critique.
5.
La recourante reproche au Ministère public un déni de justice pour ne pas avoir examiné les faits dénoncés sous l'angle de l'art. 156 CP.
5.1.
Si l'autorité refuse de statuer sur une requête qui lui a été adressée, soit en l'ignorant purement et simplement, soit en refusant d'entrer en matière, elle commet un déni de justice formel (
ACPR/187/2012
du 8 mai 2012 ; G. PIQUEREZ/ A. MACALUSO,
Procédure pénale suisse : Manuel
, 3e éd., Zurich 2011, n. 187).
5.2.
Aux termes de l'art. 156 CP, l'extorsion punit celui qui, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime, aura déterminé une personne à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers, en usant de violence ou en la menaçant d'un dommage sérieux.
5.3.
La doctrine précise au sujet du dessein d'enrichissement illégitime que celui-ci fait défaut lorsque l'auteur est titulaire d'une créance à l'égard de la personne visée ou croit être titulaire d'une créance à son encontre. Dans un tel cas, seule la contrainte entre en ligne de compte (M. DUPUIS / L. MOREILLON / C. PIGUET / S. BERGER / M. MAZOU / V. RODIGARI (éds),
Code pénal - Petit commentaire, 2e éd.
, Bâle 2017, n. 19 ad art. 156 CP et les références citées).
5.4.
En l'occurrence, dans sa décision litigieuse, le Ministère public n'a pas examiné les faits sous l'angle de l'art. 156 CP. Néanmoins, au regard de ce qui a été développé précédemment (cf. 4.5.) et conformément aux principes sus-rappelés, la tentative d'extorsion doit d'emblée être écartée. Le soupçon d'enrichissement illégitime est, en effet, nullement rendu vraisemblable.
Partant, ce grief sera rejeté.
6.
Justifiée, la décision querellée sera donc confirmée.
7.
La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 1'000.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *