Decision ID: 63ac6459-e9e0-49f5-8fa2-ee7d832c6957
Year: 2017
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: approval

Facts:
II. Statuant en faits
2.
2.1 Y _, est titulaire d’un doctorat ès sciences économiques. A une
époque, il a exercé la fonction de directeur général de E _ (p. 90). Il
enseigne, en outre, dans différentes universités, ainsi qu’à l’école de commerce de xxx
_ (p. 11; rép. 7 et 9 p. 172).
F _, est titulaire d’une maîtrise d’informatique appliquée à la gestion
d’entreprise. Il est consultant international.
2.2. Au printemps 2012, F _ et Y _ sont convenus de créer
une société de placement financier. Y _ devait exercer une activité de
gestionnaire de fortune (trader). F _ était, pour sa part, chargé de développer
une clientèle «sur la base de son large réseau commercial» (all. 2.46 s. : admis).
Le 12 septembre 2012, F _ et Y _ ont ainsi constitué X S.A.
_, active notamment dans toutes opérations relatives à la gestion de
patrimoine et au conseil en placement, toutes recherches et analyses financières ainsi
que tous services et toutes prestations dans le domaine économique et financier. Le
capital-actions s’élève à 100'000 francs. Il est divisé en 60 actions nominatives liées de
type A et 40 actions nominatives liées de type B, d’une valeur nominale de 1000 fr.
https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2017&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-III-224%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page224 https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2017&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-III-534%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page534
- 6 -
chacune (p. 8). Y _ détient les actions de type A et F _ celles de
type B (all. 21 : admis). Celui-ci, titulaire de la signature individuelle, préside le conseil
d’administration de la société; celui-là y siège en qualité de membre et dispose de la
signature collective à deux (p. 8).
Pour exercer son activité d’intermédiaire financier, X S.A. _ devait obtenir
une autorisation de la FINMA (p. 52). Y _ disposait de la formation requise
pour pouvoir être affilié à l’organisme d’autorégulation des gérants de patrimoine
(OAR-G), reconnu par celle-ci (all. 26 : admis; p. 54).
2.3 Le 7 août 2012, Y _ s’est obligé à travailler au service de X S.A.
_, à compter du 25 février 2013 et pour une durée indéterminée, «en qualité
de conseiller financier et gestionnaire de fortune» (p. 9). Les parties sont convenues,
dans le contrat de travail conclu en la forme écrite, d’un taux d’occupation de 80 % et
d’un salaire brut mensuel de 4500 fr., versé 12 fois l’an (art. 2 et 3). Elles ont stipulé
une clause en vertu de laquelle, en cas de litige, les tribunaux ordinaires du siège de la
société étaient compétents et les articles 319 ss CO applicables (art. 9).
2.4 Le 1 er octobre 2012, F _, agissant pour Y _, a pris à bail
auprès de H _ une chambre individuelle avec douche commune, à
G_. Le loyer mensuel s’élevait à 500 fr. (p. 18). Le même jour, X S.A.
_ a versé les sûretés d’un montant de 1500 fr. et les loyers des mois
d’octobre, de novembre et de décembre, soit un montant total de 3000 fr. (1500 fr. +
[500 fr. x 3]). Hormis le loyer du mois de janvier 2013, payé par F _ ou par Y
_, X S.A. _ a, par la suite, versé les loyers mensuels jusqu’à
l’échéance du contrat de bail au mois de septembre 2013 (all. 2.15 : admis; p. 21 ss;
rép. 3 p. 170).
Dans une déclaration écrite du 16 mai 2014, H _ a exposé que, du mois
d’octobre 2012 au mois de septembre 2013, Y _ avait occupé la chambre
prise à bail à six ou sept reprises, souvent le samedi ou le dimanche. A une reprise, il y
avait séjourné durant une semaine (p. 15).
2.5 Au mois d’octobre 2012, F _ et Y _ ont défini la phase
initiale de la campagne publicitaire. Ils ont établi la brochure commerciale et mis en
œuvre le site internet (p. 65 ss). La présentation de X S.A. _, sur celui-ci, est
introduite par les termes suivants : «BIENVENUE CHEZ F _ & Y _
FINANCE».
- 7 -
2.6 Au mois de juillet 2013, les relations entre F _ et Y _ se
sont détériorées. Le 24 juillet 2013, Y _ a adressé un courriel au conseil de F
_. Il a, en substance, exposé qu’il n’avait jamais eu l’intention de cesser son
activité de salarié. Il a spécifié que, «malgré [s]es demandes répétées», il n’avait pas
perçu son salaire. Il n’avait pas, pour autant, agi en justice pour le réclamer, ce qui
constituait la preuve de sa volonté de coopérer avec F _ et de privilégier les
chances de réussite du bon développement, à long terme, de X S.A. _ (p. 73
ss).
Les pourparlers transactionnels entrepris par la suite n’ont pas abouti. Le 19 novembre
2013, X S.A. _ a résilié le contrat de travail de Y _ pour le 31
décembre suivant (p. 17). Le 13 décembre 2013, celui-ci a pris acte de la fin des
rapports contractuels. Il a rappelé que la demanderesse devait encore s’acquitter des
arriérés de salaire (p. 79).
Le 12 mars 2014, Y _ a fait notifier à X S.A. _ un commandement
de payer le montant de 45'829 fr. 50 en capital, à titre de salaires des mois de février à
décembre 2013. La poursuivie a formé opposition au commandement de payer délivré
dans la poursuite n° xxx _ de l’office des poursuites du district de A
_. Par décision du 19 mai 2014, la juge suppléante des districts de A
_ et de B _ a levé provisoirement l’opposition à concurrence de
45'829 fr. 50, avec intérêt à 5 % dès le 1 er mars 2013 sur 829 fr. 50, et à compter du 1
er
de chaque mois, du 1 er avril 2013 au 1
er janvier 2014 compris, sur 4500 fr. (p. 30 ss).
3.
3.1 A l’appui de son action en libération de dette, la demanderesse a exposé que
le défendeur n’avait jamais travaillé. Celui-ci l’a contesté. Il a allégué qu’il s’était
«largement investi dans son travail» (all. 36). Il avait ainsi effectué de nombreuses
simulations financières (all. 37). Il s’était, en outre, rendu à de multiples rendez-vous à
Lugano, Londres, Paris et Luxembourg «afin de rencontrer des clients potentiels» (all.
38). Il a, initialement, étayé ces allégués par le dépôt d’un échange de courriels des 18
et 19 octobre 2012, antérieurs à la date - 25 février 2013 - à laquelle le contrat de
travail prenait effet, ainsi que par un e-mail du 6 juin 2013 au terme duquel F
_ lui indiquait qu’ils feraient «le point» le lendemain matin sur un objet
déterminé, «le recap de I _» (p. 64 ss). Il a également versé en cause deux
courriels relatifs à des rendez-vous à Londres, le 28 mars 2013, et à Lugano, le 25 juin
suivant, ainsi que de nombreux billets de train (p. 68 ss). Ces titres de transport font
état de déplacements notamment à Bruxelles, Lugano, Milan, et Paris. L’intéressé n’a
- 8 -
articulé aucun fait qui portait sur les causes de ces déplacements. Il n’a, par ailleurs, ni
prétendu ni, a fortiori, établi que la demanderesse lui avait remboursé les frais y
relatifs.
Aux débats d’instruction, le défendeur a encore déposé la correspondance
électronique entretenue de février à juillet 2013 avec F _ et des tiers. Ces
moyens de preuves portaient sur l’activité qu’il avait exercée. Il n’a pas, pour autant,
introduit des faits nouveaux à cet égard, tendant à préciser la nature et l’ampleur de
ses prestations. Il s’est, en effet, référé aux allégués 36 à 38.
3.2 Les faits que le demandeur n’a pas formellement allégués, mais auxquels il
s’est borné à faire allusion en se référant aux courriels déposés, ne peuvent être
retenus (consid. 5.1.3).
Au demeurant, même si elle devait être prise en considération, la correspondance
électronique versée en cause ne révèle pas, à elle seule, une activité intense de Y
_ en qualité de conseiller financier et/ou de gestionnaire de fortune.
Au mois de février, Y _ a ainsi interpellé la société de courtage de devises en
ligne F _. parce que, lorsque X S.A. _ se connectait sur la
plateforme destinée aux transactions, son compte n’affichait pas le montant disponible,
à cette époque, de 100'000 francs. Durant le même mois, F _ et lui-même
sont convenus de fixer à 30 % les ordres de vente destinés à limiter les pertes en cas
de baisse du cours («stop loss»). Y _ a encore remis à F _ le
«reporting» financier, dont il n’a pas déposé une copie en cause, et le relevé des
transactions effectuées. Au mois de mars 2013, Y _ a indiqué la date à
laquelle il était disponible pour aménager, à Genève, une séance avec des clients; il a
sollicité F _ d’organiser les rendez-vous. Il lui a remis, par la suite,
l’historique des chiffres réels réalisés («track record»). Dans le courant du mois, il l’a
invité à lui faire parvenir les brochures commerciales. Les parties sont également
convenues des modalités d’un rendez-vous à Londres. A la fin mars 2013, Y
_ a remis à F _ un document intitulé «proposition de service de
gestion sous mandat», ainsi que la description de la stratégie de gestion. Il lui a, en
outre, indiqué un site sur lequel il pouvait obtenir des informations sur une monnaie -
«xxx _» -, dont un «contact» de F _ leur avait parlé à plusieurs
reprises. Au mois d’avril 2013, Y _ a invité F _ à lui faire parvenir
«le mandat de gestion». Il a exposé que le conseiller en gestion de patrimoine
indépendant français (ci-après : CGPI français) entendait soumettre «notre produit» à
- 9 -
ses clients, mais, à défaut de mandat de gestion, n’était pas à même de le faire. Il a
ajouté que, faute pour «J _» de remettre à F _ le mandat de
gestion, «nous sommes en train de perdre notre crédibilité auprès de cette personne».
Il convenait, en outre, d’établir le mandat de gestion entre F _ et X S.A.
_, afin de préciser la stratégie d’investissement et «l’effet de levier». Les
parties ont, par la suite, débattu de la possibilité de réinvestir les gains générés. Y
_ a signifié à F _ le modèle de mandat de gestion, ainsi que le
contrat de celui-ci. Durant la deuxième semaine du mois, il lui a indiqué qu’il convenait
de rédiger «un contrat d’apporteur d’affaire» avec le cabinet CGPI, dont les frais de
gestion s’élevaient à 1 %, et qui souhaitait «que l’on travaille avec K_». Il
s’apprêtait à s’entretenir le lendemain avec «le client à 200 000 euros», que ce cabinet
entendait lui présenter. Il espérait que les pourparlers aboutissent; il s’agirait alors de
«notre premier client». Dans le courant du mois, les parties ont encore échangé sur les
«certificats», soit «des produits financiers émis par des établissements financiers»,
ainsi que sur l’accès à la plateforme L _. Au début du mois de mai 2013, Y
_ a adressé à F _ un compte rendu des anomalies des marchés
s’agissant de la parité euro-dollar. Il a envisagé de changer de parité de monnaie.
Dans les semaines qui ont suivi, il lui a fait part de l’évolution des marchés et de la
situation de la société. Il lui a également indiqué que, avec un tiers, ils avaient procédé
à des tests économétriques tendant à déterminer «la réaction de la parité EUR/USD
aux annonces macroéconomiques, VIX, emploi, GDP, etc.». Au cours de la deuxième
semaine du mois, Y _ a rencontré les représentants d’une compagnie
d’assurance; il entendait connaître la prime à payer «pour garantir un minimum de
rémunération de 2 % du certificat». La veille, il a questionné F _ de la
manière suivante : «Quoi de neuf de ton côté ?». Quelques jours plus tard, il lui a fourni
des informations relatives à l’investissement de clients. Il lui a encore remis le certificat
d’investissement avec les différents articles qui le composaient (11 pages), puis le
prospectus y relatif, et enfin la fiche de présentation de ce produit financier. Au début
du mois de juin 2013, Y _ a rapporté à F _ la situation du marché
et les motifs pour lesquels il n’y avait pas eu d’opportunité. Il a fait état de la perte
subie - 1273 fr. - et de la performance négative hebdomadaire - «- 250 frs.» -, ainsi que
des causes de celles-ci. Les jours suivants, Y _ a encore fait parvenir à F
_ des graphiques sur les parités EUR/USD et GBP/USD qu’il a commentés.
Durant la troisième semaine du mois, il a constaté une tendance à la baisse. Il
entendait exploiter les signaux y relatifs, à compter de maintenant et pour les prochains
jours, voire semaines. Vers la fin du mois, il s’est rendu à Lugano pour rencontrer un
éventuel investisseur. Le même jour, F _ a invité Y _ à extraire le
- 10 -
montant des marges du mois de juin «afin de préparer [le] salaire [de celui-ci]». Au
mois de juillet 2013, Y _ a notamment échangé avec un représentant de
I_. sur le nouvel accès «à la plateforme O_ sur l’environnement
P_». Il a aussi fait parvenir à F _ la version finale du plan
d’investissement journalier sur le marché des devises.

Considerations:
III. Considérant en droit
4.
4.1 Les parties ne contestent pas l’application du droit suisse, qu’elles ont, au
demeurant, choisi pour régir leur contrat (consid. 2.3).
4.2 Introduite le 27 juin 2014, l’action en libération de dette est intervenue dans le
délai de vingt jours à compter de la notification, le 7 juin au plus tôt, du prononcé de
mainlevée (art. 83 al. 2 LP).
Il convient de rappeler que l'action en libération de dette se caractérise par la
transposition du rôle des parties. Autrement dit, le créancier est défendeur au lieu
d'être demandeur. La répartition du fardeau de la preuve est en revanche inchangée. Il
incombe donc au défendeur d'établir que la créance litigieuse a pris naissance (arrêt
5A_398/2017 du 28 août 2017 consid. 4.1.2; ATF 131 III 268 consid. 3.1).
5. L’appelante fait valoir que l’appelé «n’est jamais entré [à son] service». Selon
elle, il n’a pas «produit la moindre activité de trader à proprement parler». Il n’a
d’ailleurs «pratiquement» pas occupé la chambre prise à bail. A supposer avérée, les
prestations de l’intéressé ne relevaient, au demeurant, pas des rapports de travail,
mais de ses obligations d’administrateur et de fondateur de la société, «rôle lui
imposant de supporter le risque économique» (déclaration d’appel, ch. 4.2.2). L’appelé,
pour sa part, se prévaut des dispositions sur le contrat de travail, en particulier de
l’obligation de l’employeur de payer le salaire convenu.
5.1 Par le contrat individuel de travail, le travailleur s'engage, pour une durée
déterminée ou indéterminée, à travailler au service de l'employeur et celui-ci à payer
un salaire fixé d'après le temps ou le travail fourni (art. 319 al. 1 CO). Les éléments
caractéristiques de ce contrat sont une prestation de travail, un rapport de
subordination, un élément de durée et une rémunération (arrêts 4A_10/2017 du 19
juillet 2017 consid. 3.1; 4A_200/2015 du 3 septembre 2015 consid. 4.2.1; 4P.337/2005
du 21 mars 2006 consid. 3.3.2).
https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/f00fc08f-a93b-4ea5-a101-ce5968be2a4d/4d9d2b98-b3e4-4479-ba73-63990c402c97?source=document-link&SP=2|1x5xth https://www.swisslex.ch/Doc/ShowDocComingFromCitation/1b7d956b-5b6d-461b-8bc3-ebefd70353b8?citationId=9f9bb92f-0d30-439b-b13d-96d7ee904d92&source=document-link&SP=2|1x5xth
- 11 -
5.1.1 Le contrat de travail se distingue avant tout des autres contrats de prestation
de services, en particulier du mandat, par l'existence d'un lien de subordination (arrêt
4A_10/2017 du 19 juillet 2017 consid. 3.1; ATF 125 III 78 consid. 4 p. 81; 112 II 41
consid. 1a/aa et 1a/bb), qui place le travailleur dans la dépendance de l'employeur
sous l'angle personnel, organisationnel et temporel ainsi que, dans une certaine
mesure, économique. Le travailleur est assujetti à la surveillance, aux ordres et
instructions de l'employeur; il est intégré dans l'organisation de travail d'autrui et y
reçoit une place déterminée (arrêts 4A_10/2017 du 19 juillet 2017 consid. 3.1;
4A_200/2015 du 3 septembre 2015 consid. 4.2.1, et réf. cit.).
Les critères formels, tels l'intitulé du contrat, les déclarations des parties ou les
déductions aux assurances sociales, ne sont pas déterminants. Il faut bien plutôt tenir
compte de critères matériels relatifs à la manière dont la prestation de travail est
effectivement exécutée, tels le degré de liberté dans l'organisation du travail et du
temps, l'existence ou non d'une obligation de rendre compte de l'activité et/ou de suivre
les instructions, l'identification de la partie qui supporte le risque économique (arrêts
4A_10/2017 du 19 juillet 2017 consid. 3.1; 4A_592/2016 du 16 mars 2017 consid. 2.1;
2C_714/2010 du 14 décembre 2010 consid. 3.4.2). En principe, des instructions qui ne
se limitent pas à de simples directives générales sur la manière d'exécuter la tâche,
mais qui influent sur l'objet et l'organisation du travail et instaurent un droit de contrôle
de l'ayant droit, révèlent l'existence d'un contrat de travail plutôt que d'un mandat (arrêt
4A_10/2017 du 19 juillet 2017 consid. 3.1; cf. arrêt 4C.216/1994 du 21 mars 1995
consid. 1a).
Le critère de la subordination doit être relativisé pour les fonctions dirigeantes ou les
professions qui présentent un aspect libéral et qui peuvent être exercées à titre
indépendant ou dépendant, par exemple le vétérinaire, le médecin ou l’avocat.
L’indépendance de l’employé est alors beaucoup plus grande et la subordination est
essentiellement organisationnelle (WYLER/HEINZER, Droit du travail, 3 e éd., 2014, p.
21). Dans un tel cas, plaident notamment en faveur du contrat de travail la
rémunération fixe ou périodique, la mise à disposition d’une place de travail et des
outils de travail, ainsi que la prise en charge par l’employeur du risque de l’entreprise
(arrêt 4A_200/2015 du 3 septembre 2015 consid. 4.2.3, in JAR 2016 p. 321;
STAEHELIN, Commentaire zurichois, n. 33 ad art. 319 CO; cf. aussi
REHBINDER/STÖCKLI, Commentaire bernois, n. 44 ad art. 319 CO); le travailleur
renonce à participer au marché comme entrepreneur assumant le risque économique
et abandonne à un tiers l’exploitation de sa prestation, en contrepartie d’un revenu
https://www.swisslex.ch/Doc/ShowDocComingFromCitation/b0369ed4-e01b-4cd1-ae54-71702a9f8ca0?citationId=cd7f0df9-d9ae-4ede-bcc4-ecb5cf8b84a8&source=document-link&SP=2|1x5xth https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/f00fc08f-a93b-4ea5-a101-ce5968be2a4d/4d9d2b98-b3e4-4479-ba73-63990c402c97?source=document-link&SP=10|1x5xth https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/f00fc08f-a93b-4ea5-a101-ce5968be2a4d/4d9d2b98-b3e4-4479-ba73-63990c402c97?source=document-link&SP=10|1x5xth
- 12 -
assuré (arrêts 4A_200/2015 du 3 septembre 2015 consid. 4.2.3, in JAR 2016 p. 321;
4A_602/2013 du 27 mars 2014 consid. 3.2; REHBINDER/STÖCKLI, n. 64 ad art. 319 CO).
5.1.2 Les rapports juridiques entre une personne morale et ses organes,
singulièrement entre une société anonyme et les membres du conseil d’administration
ou la direction, peuvent relever à la fois du droit des sociétés et du droit des contrats.
La tendance est plutôt de considérer que les directeurs sont liés par un contrat de
travail et les administrateurs par un mandat ou un contrat sui generis analogue au
mandat. En tous les cas, lorsque l'organe dirigeant exerce son activité à titre principal,
le critère décisif en faveur du contrat de travail est le rapport de subordination,
l'intéressé étant alors soumis à des instructions, par exemple du conseil
d'administration (arrêts 4A_10/2017 du 19 juillet 2017 consid. 3.1; 4A_293/2015 du 10
décembre 2015 consid. 5; 4C.39/2005 du 8 juin 2005 consid. 2.3, in RVJ 2006 p. 131;
ATF 130 III 213 consid. 2.1; 128 III 129 consid. 1a/aa).
Par définition, il n'existe aucun rapport de subordination lorsqu'il y a identité
économique entre la personne morale et son organe dirigeant; un contrat de travail ne
saurait ainsi lier une société anonyme et son actionnaire et administrateur unique (ATF
125 III 78 consid. 4). N’a également pas été qualifié de contrat de travail le rapport
juridique qui liait le prestataire de services, actionnaire important, mais minoritaire -
49% du capital-actions - et coadministrateur, à la société, parce qu’il n’exécutait pas
ses tâches de gestion sur la base d’instructions de l’actionnaire majoritaire - 51 % - et
coadministrateur (arrêt 4A_10/2017 du 19 juillet 2017 consid. 3.2). L’administrateur
d’une société anonyme, qu’il dirige conjointement avec son frère et dont ils détiennent
le capital-actions chacun à raison de la moitié, est lié par un mandat et non un contrat
de travail (RJJ 1996 p. 149 consid. 1). Il en va de même pour deux actionnaires
uniques d’une société, détenteurs de parts égales et tous deux administrateurs (GVP
1986 n° 39).
Le fait que les parties ont décidé de conclure un contrat de travail, selon leur propre
dénomination, ne permet pas de retenir l'existence d'un tel contrat s'il s'avère que le
rapport de subordination fait défaut; pour les mêmes motifs, le fait que les relations
entre la société et l’administrateur ont cessé à la suite d'une "lettre de résiliation du
contrat de travail pour justes motifs" et que celle-ci se soit considérée "obligée
d'invoquer de justes motifs de licenciement immédiat" n'est pas déterminant (arrêt
4C.39/2005 du 8 juin 2005 consid. 2.5, in RVJ 2006 p. 131; cf. ég. arrêt 4A_592/2016
du 16 mars 2017 consid. 2.2.2). Seul l'examen de l'ensemble des circonstances du cas
concret permet de déterminer si l'activité en cause est exercée de manière dépendante
https://www.swisslex.ch/Doc/ShowDocComingFromCitation/aaea07ba-cbfc-4cd9-8727-692187c815e7?citationId=2541c9f9-ca31-4e4d-9aad-01e8098f9e49&source=document-link&SP=10|1x5xth https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/f00fc08f-a93b-4ea5-a101-ce5968be2a4d/4d9d2b98-b3e4-4479-ba73-63990c402c97?source=document-link&SP=10|1x5xth https://www.swisslex.ch/Doc/ShowDocComingFromCitation/0ee656a8-91a5-4c76-aa4d-aba5780d14ed?citationId=56504ab9-05e1-4680-ab83-20ee762ab4f6&source=document-link&SP=2|1x5xth https://www.swisslex.ch/Doc/ShowDocComingFromCitation/0ee656a8-91a5-4c76-aa4d-aba5780d14ed?citationId=56504ab9-05e1-4680-ab83-20ee762ab4f6&source=document-link&SP=2|1x5xth
- 13 -
ou indépendante (arrêt 4A_10/2017 du 19 juillet 2017 consid. 3.1; ATF 130 III 213
consid. 2.1; 129 III 664 consid. 3.2; 128 III 129 consid. 1a/aa).
5.1.3 En vertu de la règle de l'article 8 CC sur la répartition du fardeau de la
preuve, il appartient au créancier de prouver l'existence du rapport juridique sur lequel
il fonde sa créance, alors que c'est au débiteur qu'il incombe d'en établir l'extinction.
Appliquée aux prétentions déduites d'un rapport de travail, cette répartition signifie que
le travailleur doit apporter la preuve des faits nécessaires à démontrer la conclusion
d'un contrat de travail (art. 55 al. 1 CPC; ATF 125 III p. 78 consid. 3b, et réf. cit.; arrêt
4C.39/2005 du 8 juin 2005 consid. 2.1, in RVJ 2006 p. 131). Les faits doivent être
expressément introduits en cause. Les exigences à cet égard dépendent, d’une part,
des éléments de fait de la norme invoquée et, d’autre part, du comportement adopté en
procédure par la partie adverse. La partie qui a la charge de l’allégation et qui voit son
affirmation, en soi décisive, contestée par son adversaire, peut être contrainte
d’exposer les faits pertinents en détail, et pas seulement dans leurs traits essentiels, de
telle sorte qu’ils puissent faire l’objet de preuve (arrêts 4A_7/2012 du 3 avril 2012
consid. 2.3.1; 4A_210/2009 du 7 avril 2010 consid. 3.2).
Celui qui agit contre la société dont il a été un administrateur ne peut pas se contenter
d’invoquer un document intitulé «contrat de travail» à l’appui de ses prétentions. Il doit
alléguer et, le cas échéant, prouver les éléments de fait propres à faire admettre qu’il
était bien lié par un contrat de travail, nonobstant sa fonction d’administrateur (arrêt
4C.39/2005 du 8 juin 2005 consid. 2.3, in RVJ 2006 p. 131). Les faits auxquels il s’est
borné à faire allusion en se référant à un dossier, fût-il censé allégué et reproduit dans
son entier, ne sont pas valablement allégués et ne peuvent donc être retenus par le
juge. Pour agir correctement, la partie doit énoncer régulièrement en procédure les
faits qui résultent de ce dossier et qu’elle entend invoquer, annoncer leur preuve par
pièces et requérir à cet effet, comme moyen de preuve, la production de telle ou telle
pièce dudit dossier (HOHL, Procédure civile, t. I, 2 e éd., 2016, n° 1259).
S'il n'est pas possible de conclure à l'existence d'un contrat de travail sur la base des
faits constatés de manière complète par l'autorité cantonale, la partie qui entendait
déduire des droits d'un tel contrat devra supporter l'échec de la preuve sur ce point; ce
sera le cas de celle qui élevait des prétentions de salaire en alléguant avoir été liée à
l'autre partie par un contrat de travail (arrêts 4C.39/2005 du 8 juin 2005 consid. 2.2, in
RVJ 2006 p. 131; 4C.135/2000 du 1er septembre 2000, consid. 3a; ATF 125 III 78
consid. 3b).
https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22A+ses+d%E9buts%2C+le+conseil+d%27administration%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-III-78%3Afr&number_of_ranks=0#page78
- 14 -
5.2 En l’espèce, le défendeur a consacré trois allégués de la réponse à la
présentation de l’activité exercée soi-disant au service de la demanderesse. Bien qu’ils
fussent contestés, il s’est contenté de se référer à un échange de courriels
électroniques, sans énoncer expressément les faits qui en résultaient, en sorte que
ceux-ci ne sauraient être retenus.
L’appelé prétend, en outre, que, dès lors qu’il était disposé à offrir une prestation
conforme au contrat, il appartenait à la demanderesse de supporter le risque
d’entreprise. Elle doit, partant, lui payer son salaire. La demeure de l’employeur,
auquel il se réfère, suppose la conclusion d’un contrat de travail. Il convient dès lors
d’examiner, au regard de l’ensemble des circonstances, si l’intéressé a exercé l’activité
en cause de manière dépendante ou indépendante.
5.2.1 Le contrat conclu par les parties présentait certes les éléments
caractéristiques du contrat de travail, en ce sens qu’il s’inscrivait dans la durée et que
l’appelé devait percevoir une rémunération fixe mensuelle. Il portait, par ailleurs, la
dénomination de «contrat de travail» et, le 19 novembre 2013, la demanderesse l’a
résilié pour le 31 décembre suivant. Ces indices en faveur de l’application des
dispositions des articles 319 ss CO doivent cependant être examinés à la lumière des
autres éléments qui ressortent des actes de la cause. A cet égard, la position occupée
par le défendeur au sein de la société n’est pas sans importance. Membre fondateur
de la demanderesse aux côtés de F _, il détenait 60 actions nominatives
liées de type A et occupait un des deux sièges d’administrateur. Cette position, en
particulier celle d’actionnaire majoritaire, est, pour le moins, difficilement compatible
avec celle de travailleur.
5.2.2 Dans la réponse, sous l’intitulé «pourparlers précédant la constitution de la X
S.A. _», le défendeur a exposé que, avec F _, ils étaient convenus
«que [celui-ci] apporterait la masse financière [qu’il {Y _}] s’engageait à
gérer» (all. 28). Les deux actionnaires/administrateurs s’étaient ainsi répartis, selon
leurs compétences, les tâches nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise.
Nonobstant la conclusion d’un contrat de travail, ils n’ont pas modifié cette répartition.
Le défendeur a ainsi reproché à F _ de «n’a[voir] jamais pu apporter
l’encours minimal (CHF 5'000'000.--) nécessaire à une gestion pérenne de X S.A.
_» (all. 32). Celui-ci a, pour sa part, fait grief à celui-là de n’avoir pas géré le
montant à disposition - 132'000 fr. -, conformément à la méthode convenue. Les
reproches réciproques sont de nature à convaincre la cour de céans que l’activité de
l’un et de l’autre s’est confondue avec celle que l’intéressé s’était, en qualité de
- 15 -
fondateur de X S.A. _, obligé à accomplir pour assurer la pérennité de
l’entreprise.
Dans les courriels qu’il adressait à F _, le défendeur utilisait le pronom
personnel «nous» lorsqu’il exposait les démarches entreprises ou celles à effectuer.
L’emploi de la première personne du pluriel signifie qu’il considérait appartenir au
même groupe que le destinataire. Autrement dit, l’un et l’autre échangeaient sur un
pied d’égalité. Il est, à cet égard, significatif que chacun d’entre eux prenait l’initiative, à
intervalles réguliers, de se réunir pour faire le point de la situation. L’appelé s’adressait
d’ailleurs à F _ comme à un partenaire. Au mois de mai 2013, il l’a
questionné sur les démarches entreprises en des termes éloquents : «Quoi de neuf de
ton côté ?». A une reprise, il l’a invité à aménager un rendez-vous avec un tiers.
Le défendeur s’est ainsi comporté comme un dirigeant de l’entreprise, dont l’action
tendait au succès de celle-ci.
5.2.3 F _ présidait, il est vrai, le conseil d’administration. Il n’a pas, pour
autant, usé des prérogatives y relatives dans l’organisation du travail du défendeur. Du
point de vue temporel, celui-ci n’était pas tenu de respecter un horaire de travail. Les
dates de ses vacances ne lui étaient pas non plus imposées. Sous l’angle spatial, il
avait la faculté de travailler où il l’entendait. Il a ainsi œuvré, pour l’essentiel, en dehors
de l’entreprise. Quant à l’aspect hiérarchique, le défendeur n’a ni allégué ni, a fortiori,
établi qu’il devait se conformer, dans l’exécution de son travail, à des instructions, voire
à des directives données par F _. Lorsque leurs relations se sont tendues,
celui-ci n’a pas invité celui-là à se soumettre à de véritables injonctions. L’appelé a
ainsi constamment disposé d’une liberté d’action et d’une totale indépendance.
F _ et Y _ sont convenus de constituer X S.A. _ L’appelé
a participé à la définition des objectifs de celle-ci au même titre que F _. Ils
ont, de concert, coordonné leurs activités. Le défendeur ne s’est ni placé sous la
sphère d’influence du président du conseil d’administration ni soumis à l’organisation
de l’entreprise. Il n’a pas non plus agi sous le contrôle et l’autorité de son
coadministrateur, qui n’a, au demeurant, pas cherché à interférer dans son activité.
L’appelé a exposé que, dans le cadre de son activité, il s’était rendu notamment à
Lugano, Londres, Paris et Luxembourg. Il n’a pas prétendu que, à défaut d’indemnité
convenue, son employeur lui avait remboursé, conformément à l’article 327a al. 1 CO,
les frais liés à ces déplacements (transport, le cas échéant hébergement, repas, etc.),
dont il n’a, au demeurant, pas précisé la cause exacte. La demanderesse ne s’est pas
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non plus acquittée du salaire du défendeur. Celui-ci fait valoir qu’il a réclamé oralement
sa rémunération à F _ à plusieurs reprises. Il ne l’a pas établi. La première
interpellation est, en effet, intervenue par un courriel du 24 juillet 2013 alors que les
rapports entre les parties s’étaient péjorés. L’intéressé a, par la suite, fait état des
«arriérés de salaire» le 13 décembre 2013, quelques jours après avoir reçu sa lettre de
congé. Le défaut de remboursement des frais imposés par l’exécution du travail et de
versement du salaire, ainsi que l’absence de réclamation régulière de ces derniers sont
de nature à exclure une dépendance économique de l’intéressé. Il s’agit, en revanche,
d’un indice que celui-ci supportait, au même titre que F _, le risque
d’entreprise.
5.2.4 En définitive, la position d’actionnaire majoritaire et d’administrateur du
défendeur, la répartition des tâches convenue, l’action coordonnée des deux
actionnaires et administrateurs tendant au succès de l’entreprise, l’absence de tout lien
de subordination temporelle, spatiale, hiérarchique, organisationnelle et économique
sont de nature à convaincre la cour de céans que l’activité litigieuse a été exercée de
manière indépendante. Il n’y a dès lors pas lieu de qualifier de contrat de travail le
rapport juridique qui liait les parties, nonobstant la dénomination du contrat et la lettre
de résiliation des rapports de travail signifiée par la demanderesse au défendeur. Les
conclusions tendant au paiement du salaire jusqu’à l’échéance du contrat de travail
allégué doivent, partant, être rejetées.
L’absence des allégations nécessaires pour qualifier les relations juridiques nouées
entre les parties empêche, par ailleurs, la cour de céans, qui applique le droit d’office,
d’examiner si les prétentions de l’intéressé pourraient être allouées sur la base d’un
autre contrat que celui invoqué, le cas échéant à hauteur de quel montant. L’action en
libération de dette doit dès lors être admise. La poursuite n° xxx _ de l’office
des poursuites du district de A _ est, partant, arrêtée définitivement; elle
tombe, ce qui entraîne la caducité de la décision de mainlevée provisoire prononcée
par la juge suppléante des districts de A _ et de B _ le 19 mai 2014
(arrêts 5A_127/2010 du 7 septembre 2010 consid. 3.1 in SJ 2011 I p. 133).
6. A teneur de l’article 318 al. 3 CPC, si l’instance d’appel statue à nouveau, elle
se prononce sur les frais de la première instance.
6.1 Les frais sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).
La demande est, en l’occurrence, admise, en sorte que le défendeur supporte les frais
de première instance, dont le montant non contesté, fixé conformément aux
- 17 -
dispositions applicables (art. 10, 13, 16 al. 1 LTar), à 3000 fr., débours compris, est
confirmé. Ces frais sont prélevés sur l’avance effectuée par la demanderesse, à
charge pour le défendeur de la lui rembourser.
Eu égard à l’activité utile de son conseil, les dépens de la demanderesse, chiffrés par
le premier juge à 4400 fr., débours compris, montant non contesté, sont également
confirmés (art. 27, 28 al. 1 et 32 al. 1 LTar). Supportant ses propres frais d’intervention
en justice, le défendeur versera dès lors à l’intéressée ce montant à titre de dépens
pour la procédure de première instance.
6.2 Vu le sort de l’appel, les frais de seconde instance sont mis à la charge de
l’appelé.
L'émolument est calculé par référence au barème applicable en première instance, et
peut tenir compte d'un coefficient de réduction de 60 % (art. 19 LTar). Eu égard à la
valeur litigieuse, au degré de difficulté usuel de la cause, ainsi qu’aux principes de la
couverture des frais et de l’équivalence des prestations (art. 13 LTar), les frais
judiciaires en instance d’appel, qui se limitent à l’émolument forfaitaire de décision (art.
95 al. 2 let. b CPC), sont arrêtés à 2500 fr. (art. 16 et 19 LTar), montant prélevé sur
l’avance de l’appelante. L’appelé versera dès lors à celle-ci le montant de 2500 fr. à
titre de remboursement d’avance.
Les honoraires sont calculés par référence au barème applicable en première instance,
compte tenu d'un coefficient de réduction de 60 % (art. 35 al. 1 let. a LTar). L’activité
du conseil de l’appelante a, pour l’essentiel, consisté à rédiger la déclaration d’appel et
un courrier qui faisait état de nova, ainsi qu’à prendre connaissance de la réponse de
l’appelé. Le degré de difficulté de la cause doit être qualifié d’ordinaire. Dans ces
circonstances, les dépens de l’appelante, supportés par l’appelé, sont arrêtés au
montant de 1900 fr., débours compris.