Decision ID: b4f954b5-eb33-5aac-8ff3-b613c4d6184a
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
, que par ordonnance du 15 mars 2018, le Tribunal, statuant sur mesures provisionnelles, a notamment attribué à B_, née _, la jouissance exclusive du box n° 1_ dépendant de l’ancien domicile conjugal sis _ (ch. 1 du dispositif) et ordonné à A_ de lui restituer les clés dudit box dans un délai d’un mois (ch. 2), condamné A_ à verser à B_ une
provisio ad litem
de 5'000 fr. (ch. 3) et confirmé pour le surplus les jugements JTPI/2_/2015 et JTPI/3_/2017 (ch. 4);
Que le Tribunal a retenu que B_ ne disposait pas d’une situation financière aisée; que même si un revenu hypothétique devait lui être imputé, elle couvrirait à peine ses charges; que A_ disposait de son côté d’un solde disponible mensuel de 1'000 fr. après couverture de toutes ses charges; qu'il bénéficiait ainsi d’une aisance suffisante pour verser une
provisio ad litem
de 5'000 fr. à B_, mais pas les 16'000 fr. réclamés qui paraissaient disproportionnés par rapport à la complexité du dossier;
Que par acte expédié au greffe de la Cour le 29 mars 2018, A_ a formé appel contre cette ordonnance; qu'il a conclu à son annulation et au déboutement de B_ de toutes ses conclusions, avec suite de frais;
Qu'il a conclu, préalablement, à la suspension de son exécution; qu'il a expliqué à cet égard que sa situation financière, vu son disponible mensuel de 1'400 fr., ne lui permettait pas de verser la
provisio ad litem
de 5'000 fr. et qu'il ne pourrait pas récupérer ce montant;
Que B_ a conclu au rejet de cette requête au motif que A_ avait un disponible de 2'714 fr., et non de 1'400 fr. et que le versement de la
provisio ad litem
de 5'000 fr. ne risquait pas de lui causer un préjudice difficilement réparable;
Considérant,

Considerations:
EN DROIT
, que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du
28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, l'appelant soutient que son disponible mensuel de 1'400 fr. ne lui permet pas de verser un quelconque montant à titre de
provisio ad litem
; qu'il n'étaye toutefois d'aucune manière cette affirmation; qu'il ne rend ainsi pas vraisemblable qu'il ne dispose pas du montant de 5'000 fr. et que son versement l'exposerait par conséquent à d'importantes difficultés financières;
Que si l'intimée a reçu un montant de 22'000 fr. qui lui permettrait de couvrir ses frais de procès comme le soutient l'appelant, elle sera vraisemblablement en mesure de lui rembourser, dans l'hypothèse où l'appel était admis, le montant de 5'000 fr. versé par l'appelant;
Que pour le surplus, l'appelant, qui a conclu à l'annulation de l'ordonnance attaquée et à la suspension du caractère exécutoire de celle-ci, n'explique pas pour quel motif l'effet suspensif à son appel devrait être accordé concernant les autres chiffres du dispositif de ladite ordonnance que le ch. 3 relatif à la
provisio ad litem
;
Qu'au vu de ce qui précède, la demande tendant à suspendre le caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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