Decision ID: 85019bfb-7211-59ba-bd89-0199cfda4869
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
A.
a.
Le 20 mars 2017, le Tribunal de première instance, à la requête de A_, créancier, a ordonné le séquestre, n° 1_, dans la cause C/2_/2017, à l'encontre de B_, débiteur, sur la base de l'art. 271 ch. 4 LP, à concurrence de 116'535 fr. 30, plus intérêts à 5% dès le 1er août 2016, notamment des droits de B_ dans la société simple gérant le restaurant C_, des revenus perçus par B_ dans l'exploitation du restaurant C_, des comptes bancaires dont B_ est titulaire auprès de [la banque] D_ à _ [GE], des parts de B_ dans la société E_ SARL en liquidation et de la créance en distribution des deniers de B_ contre la masse en faillite de E_ SARL. ![endif]>![if>
Le titre de créance était un contrat de bail à ferme du 22 janvier 2009 avec ses deux avenants du 15 octobre 2015. Le montant réclamé correspondait à des loyers impayés depuis novembre 2015.
b.
Le 6 novembre 2017, l'Office des poursuites (ci-après: l'Office) a dressé un procès-verbal de non-lieu de séquestre salaire, avec la mention que le débiteur ne percevait aucun revenu, sous quelque forme que ce soit, de son activité au sein du restaurant C_, déclarations confirmées par F_, associé-gérant.
Suite à la plainte déposée par A_ contre ce procès-verbal, en ce qu'il constatait le non-lieu de salaire, la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites (ci-après: la Chambre de surveillance) a, par décision
DCSO/217/2018
du 12 avril 2018, admis la plainte et renvoyé la cause à l'Office pour instruction complémentaire.
c.
Le 12 juin 2018, l'Office a adressé à A_ un nouveau procès-verbal de séquestre, constatant à nouveau le non-lieu de séquestre salaire de B_ dans l'exploitation du restaurant C_.
B.
a.
Par acte déposée le 10 juillet 2018 à la Chambre de surveillance, A_ a formé plainte contre le procès-verbal de séquestre n° 1_, reçu le 14 juin 2018. Il a conclu à ce que sa plainte soit considérée comme déposée en temps utile, subsidiairement à l'octroi d'un nouveau délai de plainte de dix jours, dans la mesure où il avait été empêché d'agir sans sa faute dans le délai fixé.![endif]>![if>
Il a exposé que le lundi 25 juin 2018 vers 23h30, Me G_, avocate-stagiaire de l'Etude du conseil du plaignant, et H_, assistante, s'étaient rendues à un automate "MyPost24" situé [à l'adresse] 3_ Genève.
Après avoir déposé le colis contenant la plainte dans la case sélectionnée, lequel portait le numéro de recommandé 4_, et refermé la porte de celle-ci, l'automate n'avait pas confirmé la prise en charge du colis et s'était réinitialisé sans délivrer de quittance. Un témoin pouvait confirmer ce qui précède. Le témoin avait envoyé un pli selon le même système quelques minutes plus tard, et avait reçu une quittance. Il ressort du "Track & Trace" de la Poste relatif à cet envoi, portant le numéro 5_, que celui-ci a été déposé le 25 juin 2018 à 23h49.
Le mardi 26 juin 2018 à 00h20, Me G_ et H_ ont adressé un courriel à la Poste afin d'obtenir confirmation de leur envoi, malgré l'absence de quittance. Le 27 juin 2018 à 9h53 elles ont consulté le "Track & Trace" de la Poste relatif à leur envoi, sur lequel figure la mention "recherche déclenchée".
Le 5 juillet 2018, la secrétaire de l'Etude informait H_ que la Poste avait indiqué que l'envoi était perdu et qu'une réclamation pouvait être envoyée par courriel.
b.
Dans des déterminations du 15 août 2018, B_ a conclu à l'irrecevabilité de la plainte, tardive, subsidiairement à son rejet.
c.
Dans son rapport du 31 août 2018, l'Office a confirmé le non-lieu de séquestre et conclu au rejet de la plainte.
d.
Les parties et l'Office ont été informés par courrier du greffe du 3 septembre 2018 de ce que l'instruction de la cause était close.

Considerations:
EN DROIT
1.
1.1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; 126 al. 2 lit. c LOJ; 6 al. 1 et 3 et 7
al. 1 LaLP) contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP), tel qu'un procès-verbal de séquestre.![endif]>![if>
La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).
1.1.2
Quiconque a été empêché sans sa faute d'agir dans le délai fixé peut demander à l'autorité de surveillance ou à l'autorité judiciaire compétente qu'elle lui restitue ce délai. L'intéressé doit, à compter de la fin de l'empêchement, déposer une requête motivée dans un délai égal au délai échu et accomplir auprès de l'autorité compétente l'acte juridique omis (art. 33 al. 4 LP).
La restitution du délai est subordonnée à l'absence de toute faute quelconque (empêchement non fautif). Entrent en ligne de compte non seulement l'impossibilité objective ou la force majeure, mais aussi l'impossibilité due à des circonstances personnelles ou à une erreur excusable (Gillieron, Commentaire LP, ad art. 33 n. 40). Parmi les exemples d'empêchement non fautif tirés de la jurisprudence, on trouve l'incapacité passagère de discernement, un accident ou une maladie subite et grave, un renseignement erroné donné par l'autorité compétente au sujet des voies de droit, une erreur provoquée par une décision peu claire. En revanche, une absence momentanée ou une brève maladie ne constituent pas un motif de restitution du délai (cf. Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, 1990, vol. I, ad art. 35 p. 247 et ss.).
1.2
En l'espèce, il peut être considéré que le plaignant a été empêché de déposer sa plainte le 25 juin 2018, soit dans les dix jours suivant la réception de la décision querellée, sans faute de sa part. Le dysfonctionnement du service "MyPost 24", dont il n'y a pas lieu de douter, ne saurait en effet lui être imputé.
Cela étant, dès le lendemain 26 juin 2018, le plaignant n'était plus empêché de déposer sa plainte directement au greffe de la Chambre de céans ni de l'envoyer par la poste. Il lui incombait, dès lors, dans le délai de dix jours dès la fin de l'empêchement, de déposer une requête motivée et d'accomplir auprès de l'autorité compétente l'acte juridique omis. En procédant de la sorte le 10 juillet 2018 seulement, le plaignant a agi tardivement. Peu importe que la poste ne lui ait confirmé que le 5 juillet 2018 que son envoi était perdu. Dûment représenté par un mandataire qualifié, il appartenait à ce dernier d'agir rapidement, au risque que la plainte parvienne à deux reprises à la Chambre de céans.
Il résulte de ce qui précède que la requête de restitution de délai doit être rejetée et la plainte déclarée irrecevable, car tardive.
2.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucun dépens dans cette procédure (62 al. 2 OELP). ![endif]>![if>
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