Decision ID: 51d6c30d-fae5-5921-a047-5a48d35620f3
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
:
A.
a.
Par acte expédié le 28 octobre 2019 au greffe de la Chambre de céans, A_ recourt contre l'ordonnance
du 24 octobre 2019, par laquelle le Ministère public a joint les procédures pénales P/1_/2019 et P/17602/2017 sous ce dernier numéro.
Il conclut à l'annulation de l'ordonnance précitée.
b.
À réception, la cause a été gardée à juger sans échange d'écritures ni débats.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
B_ et A_, vivent séparés depuis 2016, et sont en procédure de divorce.
B_ vit avec C_ tandis que A_ vit avec D_ laquelle a pour grand-mère E_.
b.
Le 11 octobre 2017, le Ministère public a prévenu B_ de dénonciation calomnieuse au préjudice de A_.
La procédure avait été ouverte sous P/17602/2017.
c.
Le 4 juin 2018, le Procureur a ordonné la jonction de la P/2_/2018 à la P/17602/2017.
La P/2_/2018 a été ouverte à la suite des plaintes des:
- 7 février et 6 avril 2018 de B_ contre A_ pour injures, contrainte et violation d'une obligation d'entretien;
- 20 mars 2018 de C_ contre A_ pour menaces et injures;
- 6 avril 2018 de D_ contre B_ pour insultes et calomnie;
- 6 avril 2018 de A_ contre B_ pour menace, calomnie et insoumission à une décision de l'autorité, appropriation illégitime.
d.
Le 25 juin 2018, le Procureur ordonné la jonction à la P/17602/2017 de la P/3_/2018 ouverte à la suite de la plainte du 14 février 2018 de A_ contre B_ pour faux dans les titres.
e.
Le 25 septembre 2018, C_ a adressé au Ministère public une nouvelle plainte pour injures et contrainte contre A_.
f.
Le 28 janvier 2019, le Procureur a mis en prévention B_ pour faux dans les titres, tentative de menaces, concurrence déloyale, appropriation illégitime, diffamation et infraction à l'art. 292 CP au préjudice de A_, ainsi que pour injure, diffamation voire calomnie à la suite de la plainte de D_ du 6 avril 2018.
g.
Le 9 avril 2019, A_ a été prévenu d'injures, violation d'une obligation d'entretien et contrainte au préjudice de B_ ainsi que de menaces, injures et contrainte au préjudice de C_.
h.
Le même jour, le Procureur ordonné la jonction à la P/17602/2017 de la P/4_/2019 ouverte à la suite des plaintes pour menaces, diffamation, discrimination raciale et utilisation abusive d'une installation de télécommunication de D_, A_ et E_ contre C_.
i.
Le 19 septembre 2019, le Procureur ordonné la jonction à la P/17602/2017 de la P/5_/2019 ouverte à la suite de la plainte pour dommages à la propriété et obtention frauduleuse d'une prestation de E_ contre C_.
j.
Le 30 août 2019, le SCARPA a déposé plainte pour violation d'une obligation d'entretien, envers B_, contre A_. La procédure a été ouverte sous P/1_/2019.
C.
Dans sa décision querellée, le Procureur a justifié la jonction par le fait que la procédure P/1_/2019 avait été ouverte du chef de violation d'une obligation d'entretien contre A_ lequel était également poursuivi, dans la procédure P/17602/2017, des chefs d'injures, menaces, contrainte et violation d'une obligation d'entretien. Par économie de procédure et en applications des art. 29 et 30 CP, il se justifiait de traiter l'ensemble des infractions reprochées à A_ dans une seule et même procédure.
D.
Dans son recours, A_ ne souhaite pas que les deux procédures soient traitées en une seule. Il s'agissait d'affaires complètement différentes; il avait lui-même déposé plainte contre C_, de même que E_ et D_, pour divers motifs qui n'avaient rien à voir avec les contributions d'entretiens de son ex-femme; il ne souhaitait pas que la grand-mère de sa compagne soit au courant de choses qui ne la concernaient pas; E_ témoignait uniquement du harcèlement téléphonique à son égard de C_.

Considerations:
EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu, également partie plaignante, qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a et b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
2.1.
À teneur de l'art. 29 CPP ("Principe de l'unité de la procédure"), les infractions sont poursuivies et jugées conjointement lorsqu'un prévenu a commis plusieurs infractions (al. 1 let. a) ou s'il y a plusieurs coauteurs ou participants (al. 1 let. b).
Si des raisons objectives le justifient, le ministère public et les tribunaux peuvent ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales (art. 30 CPP).
Le principe d'unité de la procédure découle déjà de l'art. 49 CP et, sous réserve des exceptions qu'il convient d'admettre, s'applique à toutes les situations où plusieurs infractions, respectivement plusieurs personnes, doivent être jugées ensemble (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds),
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse
, Bâle 2011, n. 1 ad art. 29).
La disjonction des causes en vertu de l'art. 30 CPP doit cependant rester l'exception et l'unité de la procédure la règle, dans un but d'économie de procédure, d'une part, mais aussi afin de prévenir le prononcé de décisions contraires, d'autre part. Ainsi, le Tribunal fédéral a considéré qu'en vertu du principe de l'unité de procédure, le Ministère public était tenu de joindre des procédures à l'encontre du même prévenu quand bien même la nature des infractions était fort différente, en l'occurrence violences domestiques et escroquerie (ATF
138 IV 214
consid. 3.6 et 3.7 ; L. MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND,
op. cit.
, n. 5 ad art. 29 ;
ACPR/581/2016
du 14 septembre 2016).
2.2.
En l'espèce, les deux procédures sont, notamment, dirigées contre le recourant pour la même infraction de violation de l'obligation d'entretien envers son épouse. Il a déjà été mis en prévention pour cette infraction le 9 avril 2019, à la suite de la plainte de B_ avant que le SCARPA n'ait déposé plainte le 30 août 2019. Cette connexité justifie que les deux causes soient instruites en même temps.
Les procédures ouvertes à la suite des plaintes de D_ et de E_ ont d'ores et déjà été jointes à la procédure sans que le recourant s'y oppose. La question d'accès au dossier est à distinguer. Une jonction des causes n'a pas, en elle-même, pour effet de rendre accessibles à d'autres participants les pièces du dossier joint, les conditions d'accès au dossier étant régies par des normes spécifiques (cf. art. 101, 102 al. 1 et 108 CPP). L'éventuel accès d'une partie plaignante au dossier n'étant pas l'objet de la décision querellée, il n'y a pas lieu que la Chambre de céans s'en saisisse à ce stade.
Justifiée,
l'ordonnance
querellée sera donc confirmée.
3.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *