Decision ID: 4cc722f7-1bb5-5028-b13e-77b86ab6cf7b
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
EN FAIT
, qu'une procédure civile (C/1_/2018) a opposé D_ à A_, comparant par son conseil, Me B_, devant le Tribunal de première instance;
Que cette procédure a pris fin au début de l'année 2019, le Tribunal ayant rendu une ordonnance le 22 janvier 2019 qui n'a fait l'objet d'aucun recours;
Qu'à une date non spécifiée, D_ a formé une réquisition de poursuite à l'encontre de A_ portant sur la somme de 3'760 fr., intérêts en sus, réclamée sur la base de l'ordonnance susmentionnée;
Que, faisant suite à cette réquisition, l'Office cantonal des poursuites (ci-après : l'Office) a édité le commandement de payer, poursuite n° 2_, dirigé contre "
A_
[...]
Rue 3_ [no.] _,
[code postal]
Genève
"; que, selon l'exemplaire pour le débiteur du commandement de payer, l'acte devait être notifié en l'Etude de Me B_, "
C_
& Associés, Rue 4_ [no.] _,
[code postal]
Genève
";
Que ce commandement de payer a été notifié en mains de E_, réceptionniste au sein de l'Etude C_ & Associés, en date du 10 octobre 2019;
Que la poursuite n° 2_ a été frappée d'opposition totale le jour même;
Que par acte adressé à la Chambre de surveillance le 21 octobre 2019, A_, comparant par Me B_, a formé plainte contre la notification de ce commandement de payer, concluant à son annulation; qu'il a requis l'octroi de l'effet suspensif à titre préalable;
Que des observations n'ont pas été requises;
Considérant,

Considerations:
EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; 125 et 126 al. 2 let. c LOJ;
6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'Office qui ne peuvent être attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP); que la plainte doit être formée dans un délai de dix jours à compter de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure visée (art. 17 al. 2 LP);
Que l'art. 72 LPA (applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP) permet à la Chambre de surveillance d'écarter ou de rejeter, sans instruction préalable et par une décision sommairement motivée, une plainte manifestement irrecevable ou mal fondée;
Qu'en l'espèce, le plaignant reproche à l'Office d'avoir notifié le commandement de payer à l'avocat qui le représentait dans le cadre du procès civil l'ayant opposé au créancier poursuivant; qu'il expose n'avoir jamais désigné l'avocat concerné en qualité de représentant habilité à recevoir des actes de poursuite pour son compte; que la notification du commandement de payer était donc viciée et devait être annulée;
Considérant qu'un commandement de payer est un acte de poursuite qui doit faire l'objet d'une communication revêtant la forme qualifiée de la notification (art. 72 LP); que cette dernière consiste en la remise par un employé de l'Office ou de la poste de l'acte ouvert au débiteur ou, en l'absence de ce dernier, à l'une des personnes de remplacement désignées par la loi et aux lieux prévus par la loi, au besoin au terme d'une recherche sérieuse du poursuivi ou, à défaut, d'une des personnes de remplacement (cf. RUEDIN, CR-LP, 2005, n. 2 ad art. 72 LP);
Que la jurisprudence admet la notification qualifiée (art. 64 ss LP) d'un acte de poursuite déterminé à un représentant contractuel (par ex. un avocat) que le destinataire - personne physique ou morale - a désigné spécialement à l'office des poursuites dans ce but ou à qui il a délivré une procuration générale (ATF
43 III 18
consid. 3; arrêts du Tribunal fédéral
5A_750/2013
et
5A_752/2013
du 8 avril 2014 consid. 4.1 et les références);
Que l'avocat mandaté pour la conduite d'un procès n'est toutefois pas présumé autorisé à recevoir les actes de poursuite en lien avec ce procès, à moins que le mandat ne comporte expressément cette faculté (arrêt du Tribunal fédéral
5A_45/2015
du 20 avril 2015 consid. 3.2 et les références citées);
Que la sanction d'une notification viciée consiste, lorsque malgré le vice le destinataire de l'acte en a eu connaissance, en l'annulabilité sur plainte de la notification (ATF
128 III 101
consid. 2); qu'il n'y a toutefois pas lieu d'ordonner une nouvelle notification si le destinataire n'y a aucun intérêt juridique, ce qui sera le cas s'il a acquis du contenu de l'acte une connaissance telle qu'une nouvelle notification ne lui apporterait aucun renseignement supplémentaire et qu'il a été en mesure de faire valoir ses droits nonobstant le vice (ATF
112 III 81
consid. 2b);
Qu'en l'espèce, la question de savoir si l'avocat mandaté par le plaignant dans la cause C/1_/2018) était habilité ou non à recevoir le commandement de payer litigieux peut demeurer indécise;
Qu'en effet, un éventuel vice entachant la notification ne justifie de toute façon pas l'annulation de celle-ci;
Qu'à cet égard, force est d'admettre que, par le biais de son conseil, le plaignant a acquis une connaissance de l'acte telle qu'une nouvelle notification ne lui apporterait aucune information supplémentaire; qu'en outre le plaignant a été en mesure de préserver ses droits par l'opposition formée au moment de la remise du commandement de payer;
Que, dans ces circonstances, le fait de procéder à une nouvelle notification de l'acte ne répondrait à aucun intérêt digne de protection et constituerait un formalisme excessif;
Qu'au vu des considérations qui précèdent, la plainte s'avère manifestement mal fondée, de sorte qu'elle sera rejetée sans instruction préalable (art. 72 LPA);
Qu'en conséquence, point n'est besoin de statuer sur la requête d'effet suspensif;
Que la procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et ne donne pas lieu à l'allocation de dépens (art. 62 al. 2 OELP).
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