Decision ID: 16d64831-8e7c-400e-a6d9-a0bb887d7ace
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_019
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 
Law Sub-area: nan
Label: dismissal

Facts:
Vu l'enquête n° PE10.006379-JGA
instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois contre
A.Y._
et
B.Y._
pour dommages à la propriété, sur plainte de
H._
, et contre
H._
et
I._
, notamment pour voies de fait, dommages à la propriété et injure, sur plainte de
C.Y._
,
A.Y._
et
B.Y._
,
vu le prononcé du 6 mai 2010, par lequel le Président du Tribunal d'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois a refusé de désigner un conseil d'office au sens de la Loi sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI, RS 312.5) à A.Y._, B.Y._ et C.Y._,
vu l'ordonnance du 31 mai 2010 par laquelle le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois a refusé d'accorder le statut de victime au sens de la LAVI à A.Y._, B.Y._ et C.Y._,
vu les recours exercés en temps utile par les prénommés contre ces décisions,
vu les pièces du dossier;
attendu
que les recours interjetés par A.Y._, B.Y._ et C.Y._ tendent à pouvoir bénéficier du statut de victime au sens de la LAVI, ainsi que des garanties de procédure liées à ce statut, en particulier, la désignation d'un défenseur d'office,
que la question de savoir si les plaignants peuvent bénéficier d'un conseil d'office dépend de la question de savoir si la qualité de victime au sens de la LAVI peut ou non leur être reconnue,
que les deux recours peuvent dès lors être traités simultanément;
attendu qu'en vertu de l'art. 12 al. 1 de la Loi vaudoise d'application de la LAVI (LVLAVI, RSV 312.41), la victime peut demander la désignation d'un avocat d'office lorsque la défense de ses intérêts et sa situation personnelle le justifient,
que la disposition précitée reprend les principes définis à l'art. 14 al. 1 LAVI,
que celui qui entend obtenir l'assistance prévue par l'art. 12 al. 1 LVLAVI doit dès lors justifier préalablement de sa qualité de victime au sens de la LAVI,
qu'il doit ainsi rendre vraisemblable qu'il a subi, du fait d'une infraction, une atteinte directe à son intégrité physique, psychique ou sexuelle (art. 1 al. 1 LAVI; ATF 129 IV 97 c. 1.6; Corboz, Les droits procéduraux découlant de la LAVI, in: SJ 1996, pp. 53ss, spéc. p. 57),
que le plaignant ne peut prétendre agir à titre de victime que si, d'après les faits de la cause, il a subi une atteinte d'une certaine gravité (ATF 127 IV 236 c. 2b/bb; ATF 125 II 265 c. 2a/aa; Bovay / Dupuis / Monnier / Moreillon / Piguet, Procédure pénale vaudoise, 3
ème
éd., Bâle 2008, n. 1.2 ad art. 2 LAVI, pp. 594-595),
que l'atteinte doit donc présenter une certaine importance, avoir un certain poids et ne pas constituer une bagatelle (ATF 131 I 455 c. 1.2.2; ATF 128 I 218; ATF 127 IV 236; Bovay et al., op. cit., n. 1.2 ad art. 2 LAVI, p. 594),
qu'en l'espèce, un litige de voisinage oppose H._, d'une part, à A.Y._, B.Y._ et C.Y._, d'autre part,
que H._ a déposé plainte les 14 mars, 4 et 25 avril 2010 contre A.Y._ et B.Y._ pour dommages à la propriété,
qu'A.Y._, B.Y._ et C.Y._ ont à leur tour déposé plainte contre H._ et contre I._, le 27 avril 2010, pour voies de fait, dommages à la propriété, calomnie, injure et menaces,
que la cause ne présente pas de difficultés particulières, que ce soit de fait ou de droit,
que, tels qu'allégués par les recourants, les faits ne permettent pas de conclure à une atteinte psychique suffisamment grave pour fonder la qualité de victime LAVI,
que les infractions de dommages à la propriété, d'injure, de calomnie et de menaces, ne fondent pas la qualité de victime au sens de la LAVI, sous réserve de cas particuliers non réalisés en l'espèce (Bovay et al., op. cit., n. 2.3, 2.5 et 3 ad art. 2 LAVI),
que l'infraction de voies de fait, relevant ici d'un cas bagatelle, ne fonde pas non plus la qualité de victime LAVI, excepté dans certains cas bien précis qui ne sont pas non plus réalisés en l'espèce (Bovay et al., op. cit., n. 2.7 ad art. 2 LAVI),
que le refus du Président du Tribunal de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois de désigner un conseil d'office à A.Y._, B.Y._ et C.Y._ s'avère dès lors bien fondé,
qu'il en va de même de l'ordonnance du Juge d'instruction,
que, partant, les recours doivent être rejetés et les décisions confirmées,
que les frais d'arrêt sont mis à la charge des recourants solidairement entre eux (art. 307 CPP).

Considerations: